Un point de vue sur les mécanismes de gouvernance

disciplinaires et cognitifs en Equity Crowdfunding.

A propos de la gouvernance en Equity Crowdfunding, on peut
mentionner plusieurs mécanismes. Ces mécanismes ont pour
objectif commun de délimiter les pouvoirs ainsi que de donner de
l’importance aux décisions prises par les porteurs du projet.
(Charreaux 1997)

Il y a plusieurs types de risques concernant les conflits
d’intérêts, ces derniers peuvent influer sur le fonctionnement du
Crowdfunding. Dans ce cas là, le mécanisme de gouvernance joue
un rôle disciplinaire.

En 1976, Michael C. Jensen et William H. Meckling ont défini
une théorie de l’agence. Cette dernière agirait, d’après eux, comme
un contrat selon lequel une ou plusieurs personnes engagent une
autre personne pour exécuter en son nom une tâche quelconque qui
implique une délégation de décision à l’agent 1 (agence ?). Cette
théorie est fondée sur deux grands rôles opposés dans la
gouvernance de l’entreprise, dont une part détient les fonds avec
les “actionnaires”, et une autre part exerce les activités avec les
“dirigeants”. On a alors souvent une asymétrie de l’information,
c’est cette asymétrie qui va provoquer quelques risques potentiels.

D’ailleurs, les conflits sont aussi inévitables entre les deux
partis de la gouvernance: les actionnaires veulent rentabiliser leurs
capitaux, et les dirigeants veulent garder les pouvoirs décisionnels.
Par conséquent, plusieurs modalités préventives sont mise en place
pour éviter les risques de mécontentement.

L’asymétrie de l’information décrit une situation d’échange
dans laquelle un parti dispose de plus d’informations que l’autre.
Cette inégalité de détention d’information peut aboutir à deux types
de risques dans le cadre du crowdfunding. Tout d’abord on a le
1 Michael C. Jensen et Willim H. Meckling, «Theoory og the firm:
Managerial behavior, agency costs and ownership structure»,
Journal of Financial Economics, vol. 3. N°4, Octobre 1896, p.308.
risque d’aléa moral, quand l’un des deux partis prend un risque
après l’échange afin d’obtenir plus de bénéfices. Vient ensuite le
risque d’anti-sélection ou sélection adverse, lorsqu’un parti cherche
à faciliter les transactions par (pour ?) perturber une partie des
informations.

Quand les investisseurs ne peuvent pas vérifier si le créateur
du projet fait des efforts après avoir obtenu les fonds nécessaires,
pour récupérer leurs investissements, le risque d’aléa moral
commence à avoir une influence plus importante, surtout lorsque la
distance géographique entre eux augmente, dans ce cas-là, la
vérification devient de moins en moins faisable ou de plus en plus
coûteuse.

Pour résoudre ce problème, les Business Angels et les autres
investisseurs professionnels en capitaux par exemple comme
Venture Capital, sont dans une position beaucoup plus avantageuse.
Comparés aux les investisseurs particuliers, les Business Angels et
les Venture Capital sont plus dynamiques et plus actifs, ils suivent
beaucoup plus les projets financés que la foule. Etant donné leur
statut de professionnels, leurs choix sont plus raisonnables qu’un
individu lambda. Afin de fiabiliser et professionnaliser les prises
d’actions des Business Angels et des Venture Capital, on a la mise
en place de conseils pratiques des Business Angels et une présence
au conseil d’administration des Venture Capital. Sur la plateforme
d’ECF, on met l’accent sur la gouvernance juridique et financière,
pour assurer qu’il y a un siège d’administrateur.

En même temps, il existe deux modèles selon Tomszak et Brem
(2013), pour mettre les investisseurs individuels dans le suivi et
l’accompagnement du projet. Le modèle holding crée une entité
juridique et place l’ensemble des investisseurs dedans afin qu’ils
puissent discuter et conclure un accord qui représente les intérêts
des investisseurs. C’est une tâche de plateforme. Le modèle
« club » vise à se prémunir contre tous les risques de conflit
d’intérêts entre le créateur du projet et les investisseurs.
Néanmoins, les communications répétées et directions sont
indispensables pour compléter ce modèle, sinon la réputation sera
réduite (Agrawal et al. 2013).

Par rapport à l’anti-sélection, certaines plateformes décides de
sélectionner les investisseurs en demandant par exemple un
montant minimum de contribution (Hornuf et Schwienbacher 2014)
ou en demandant une syndication avec des Business Angel
réduisant ainsi le risque d’antisélection. Généralement, il y a plus de
risque d’antisélection en Equity Crowdfunding que d’autre mode
classique de financement (Tomboc 2013).

Souvent, les porteurs de projets ne rendent pas publiques
toutes les informations concernant le projet en raison de la
confidentialité, de la communication etc., cette asymétrie
d’information place les investisseurs dans une position
désavantageuse et ils ne sont alors pas en mesure d’estimer si la
qualité du projet est bonne ou mauvaise et fini par le considéré
comme étant de piètre qualité. Dans ce cas là, certains projets de
bonne qualités sont sous-évalués voire même retirés de la
plateforme de crowdfunding. Une barrière à l’entrée plus haute ou
contribution plus élevée peuvent aider à distinguer certains projets.

La syndication est aussi une solution pour lutter contre l’anti-
sélection. La syndication va nommer un investisseur professionnel
pour maîtriser le processus de due diligence (?) (Agrawal et al.
2015). Les investisseurs professionnels préfèrent généralement
investir dans des projets géographiquement proches de leur
localisation afin de faciliter la communication régulière. Néanmoins,
nous devons faire attention à la syndication parce que elle est assez
complexe et peut avoir un effet négatif sur la valeur (Sévenot-Guéry
2007) surtout quand les Business Angels et la foule n’ont pas le
même objectif.
Il y a aussi un risque de fraude, selon Tomczak et Brem (2013).
Pour prévenir ce risque, beaucoup de plateforme utilisent un modèle
de tout ou rien. C’est-à-dire que si le projet n’a pas réussi à collecter
le montant visé, tous les fonds collectés seront remboursés aux
investisseurs. Mais dans ce cas là, les porteurs de projets s’exposent
dans un risque potentiel. De ce fait, un deuxième modèle qui
s’appelle take it all est aussi utilisé par certaines plateformes. Avec
ce modèle, la plateforme fixe un seuil minimum, par exemple 75%
selon le Code de commerce français. Si le seuil est atteint, le fonds
sera versé aux porteurs, sinon les investisseurs seront remboursés.

Un dernier risque est le risque de mécontentement. Comment
nous avons présenté, le temps d’attente pour le retour de l’Equity
Crowdfunding est souvent entre 5 à 10 ans. Il faut que les
investisseurs soient très patients pour espérer obtenir les bénéfices
des investissements. Selon Ley et Weavenn, les clauses de sortie
doivent être prédéterminées et rapides. Ces options vont aider les
investisseurs à récupérer leurs fonds plus facilement. Néanmoins, il
n’est pas toujours facile à mettre en accord les investisseurs et les
porteur de projets parce que les porteurs espèrent réutiliser les
fonds.

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