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La carte du monde n’est pas le monde

Le rapport d’activité que vous avez entre les mains a pour objectif de vous présenter
une photographie de la Fondation Estérelle-Arcadie (FEA) en 2008. Son ambition est
de refléter le travail effectué tout au long de ces 366 jours, chaque image donnant un
éclairage, une couleur contrastée, comme l’ont été les années écoulées et le seront
aussi celles à venir.
Nous évoquerons bien sûr le taux d’occupation, les statistiques, les finances, des
données quantifiables incontournables parce qu’importantes à la survie d’une
fondation telle que la nôtre. Cependant, parce que la carte du monde n’est pas
le monde, nous évoquerons aussi et surtout des éléments plus qualitatifs, certes
souvent plus subjectifs, où il est question de personnes qui se remettent debout, qui
prennent conscience que leur dépendance n’est pas une fatalité. La parole leur sera
largement donnée dans le présent rapport.
A leurs côtés, chaque membre de la FEA a un rôle important à jouer. Nous sommes
toutes et tous acteurs d’une alcoologie rationnelle, déculpabilisante et créative, parce
que nous mettons ensemble nos compétences, nos valeurs et nos complémentarités
plutôt que de les opposer. Etre entouré d’un personnel compétent, motivé et attentif
aux besoins de chaque personne accueillie est un privilège sans cesse renouvelé pour
la direction. Je tiens ici à lui exprimer ma reconnaissance et ma gratitude pour sa
contribution à la qualité de nos deux institutions.

C. Chenaux, directeur

Notre mission
La FEA gère deux institutions: l’Estérelle à Vevey et l’Arcadie à Yverdon-les-Bains.
La FEA a pour mission de favoriser la réinsertion sociale des personnes en difficulté avec
l’alcool et/ou d’autres produits psychotropes non prescrits, ainsi qu’avec des conduites
menant à la dépendance. Concrètement il s’agit de promouvoir la construction de
nouveaux projets de vie par un encadrement bio-psycho-social personnalisé, assuré
par des professionnels dans un lieu de vie et à un rythme adaptés.
Un des objectifs de la FEA est développer au mieux les capacités d’adaptation et
d’intégration des personnes dans leur environnement social et professionnel. Une
telle réalisation passe par coordination entre les différents partenaires du réseau en
vue d’une intégration. 
La FEA, sensible à l’évolution du champ alcoologique vaudois, s’est sentie interpellée.
Elle a donc mené une réflexion approfondie sur son approche thérapeutique afin de
renforcer et d’étendre la collaboration avec les milieux médico-sociaux.
« Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part »
A. de Saint Exupéry
1
Il y a de multiples façons de devenir alcoolique et le passage d’une consommation
non problématique à la dépendance à l’alcool doit être vu comme un continuum
dynamique et non comme une réalité irréversible. Même s’il s’agit d’une maladie
psychobiologique et psychosociale marquée par l’angoisse, la perte du lien et la perte
de sens, la dépendance à l’alcool n’est pas une fatalité ; elle n’est pas sans solution
non plus.
Forte de ces convictions, notre approche tient compte des différences entre les
personnes qui ont développé un problème d’alcool et de l’existence d’autres
problèmes qui peuvent y être associés. C’est tout le défi qui est lancé à une fondation
telle que la nôtre. Nous n’avons de cesse de répondre, en nous adaptant, aux besoins
de personnes présentant des troubles concomitants à leur dépendance. Il s’agit
chaque fois de tenir compte de la personne accueillie, de ses ressources et aussi du
degré de la nature et de la gravité des problèmes présentés.
Notre objectif est de le motiver à prendre conscience qu’il est acteur et responsable
de sa vie, en travaillant à découvrir les origines de son mal-être. Selon nous, la façon
de vivre la plus harmonieuse possible relève des ressources internes de la personne
elle-même, quels que soient ses antécédents. Pour ce faire, nous le motivons à agir
pour changer ses habitudes et son comportement face à l’alcool. Nous privilégions
l’investissement soutenu à long terme afin de se maintenir en équilibre et prévenir la
rechute.

Photo: Joëlle Saffore

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Le choix d’un type d’intervention associé à chaque personne en particulier - «  le
matching » - est fondamental. Il fait ressortir l’importance de bien évaluer la demande
et d’élaborer avec le résident un accompagnement individualisé. Les besoins exprimés
par le résident et les demandes d’aide forment une partie importante du processus
d’évaluation et d’un traitement efficace. Évaluer le contexte social du résident et
faire participer, au besoin, sa famille et ses proches participent aussi au succès de la
thérapie proposée.
La motivation de la personne concernée et la personnalité du thérapeute sont
des facteurs essentiels pour l’issue du traitement. Pendant longtemps, la motivation
semblait alors être une donnée statique et exclusive de la personne qui débutait un
séjour résidentiel. Des études ont alors suggéré que la motivation d’un sujet pouvait
évoluer et être influencée par les intervenants et les lieux de traitement. Selon
notre conception, la motivation devient alors un objet d’intervention sur lequel nous
pouvons travailler afin de l’augmenter.
Les équipes de l’Estérelle et de l’Arcadie portent une attention toute particulière à
leurs propres attitudes thérapeutiques. Nous sommes convaincus en effet qu’elles
constituent une variable importante quant à l’efficacité du traitement. Ainsi, la capacité
d’ajustement personnel de chaque membre de l’équipe, son intérêt à aider les autres,
son empathie sont des facteurs qui permettent de prédire l’amélioration du résident.
D’autres caractéristiques comme ses croyances, sa personnalité, sa formation, son
expérience, sonl’année
Tout au long de comportement, son Estérelle-Arcadie
2008, la Fondation style, sa perspective thérapeutique
a accueilli sont2/3des
111 résidents, dont de
déterminants dans l’évaluation d’un traitement donné et auxquels nous sommes très
nouveaux. En tenant compte des personnes suivies de manière ambulatoire, cela signifie que 39 % de
attentifs.
nos usagers relèvent désormais des nouvelles consultations. Cela veut dire aussi que la dépendance à
l’alcool doit être considérée comme un problème de société de tout premier plan et que, dans
Statistiques
l’évolution de la politique alcool, nos deux institutions résidentielles occupent une place essentielle,
en complémentarité avec le champ ambulatoire et le réseau médico-social.
Tout au long de l’année 2008, la Fondation Estérelle-Arcadie a accueilli 111 résidents,
dont 2/3 de de
Pour l’ensemble nouveaux. En tenant
la FEA, la durée moyenne compte
d’un séjourdes personnes
résidentiel se monte suivies de manière
à 126 jours.

Estérelle Arcadie Total

Personnes ayant 52 59 111


fréquenté l’institution
Hommes 35 36 71

Femmes 17 23 40

Entrées 34 40 74

Sorties 30 38 68

Nombre de journées 7946 6077 14023

Age moyen 48 46.5 47.25

Externes 32 47 79

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ambulatoire, cela signifie que 39 % de nos usagers relèvent désormais des nouvelles
consultations. Cela veut dire aussi que la dépendance à l’alcool doit être considérée
comme un problème de société de tout premier plan et que, dans l’évolution de la
politique
besoins dealcool, nos accueillie.
la personne deux institutions
En 2008, résidentielles occupent
29 résidents n’avaient une
pas été placeparessentielle,
évalués le nouveau
en complémentarité avec le champ ambulatoire et le réseau médico-social.
dispositif, car leur séjour était soit antérieur à l’entrée en vigueur d’Evita (18), consistait en un
Pour l’ensemble
placement de pénal
à caractère la FEA,
(5) la
oudurée moyenne
encore financé d’unpropres
par leurs séjourmoyens
résidentiel
(6). se monte à 126
jours.
Selon le tableau ci-dessous, 50 usagers ont été orientés vers le dispositif Evita par notre Fondation,
après un premier entretien d’informations. 45 d’entre eux (90%) ont concrétisé leur projet initial par
Evita : un partenaire de choix
un séjour sur l’un de nos deux sites. Evita, de son côté, nous a adressé 21 demandes de placement pour
La volonté de développer un dispositif d’indication et de suivi alcoologique s’inscrit
des personnes qui n’avaient entrepris de démarches initiales auprès de la FEA ; un séjour a été
dans le plan cantonal d’action alcool. Le but est développer les axes de prise en
entreprisetpar
charge de18suivi
d’entre ellesle(85.7
dans %). alcoologique
milieu Il s’agit là de premières
spécialiséindications,
vaudois. encore
Dans difficiles
le soucià
d’optimaliser les les
interpréter. Dans ressources disponibles
années à venir, et en
il importera de tenant compte
les étudier et d’en du développement
connaître les raisons et de
les
la conséquences
Politique nationale alcool, le Département
pour les personnes concernées. de la Santé et des affaires sociales du

er
Estérelle 1 janv. 2008 au Admis à l’Estérelle
31 déc. 2008
Usagers orientés vers le binôme Evita par
l’Estérelle 28 25

Usagers orientés par le binôme Evita vers


l’Estérelle 6 5

Situations SPEN 7 3

Privés 2 1

Extra-cantonal - -

Total 43 34

er
Arcadie 1 janv. 2008 au Admis à l’Arcadie
31 déc. 2008
Usagers orientés vers le binôme Evita par
l’Arcadie 22 20

Usagers orientés par le binôme Evita vers


l’Arcadie 15 13
Situations SPEN 4 2

Privés 8 5

Extra-cantonal 1 -

Total 50 40

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canton de Vaud a décidé de mandater le Centre de traitement en alcoologie (CTA)
et la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA) pour développer un dispositif
cantonal d’indication et de suivi alcoologique : EVITA. Les objectifs qui ont été posés
lors de l’élaboration de ce dispositif sont de proposer une «porte d’entrée unique»
cantonale au réseau de soin alcoologique avec une évaluation globale des patients
alcoolo-dépendants, une prise en charge ajustée à la sévérité de la situation et à
la demande de l’usager (approche par paliers), de faciliter le passage du traitement
résidentiel à l’ambulatoire, et d’optimaliser à terme l’offre de soins disponibles.
Nous avons apprécié l’étroite collaboration mise en place avec chacun des binômes
formés d’un médecin et d’un intervenant social spécialisé en alcoologie. Nos
compétences complémentaires et nos regards croisés ont permis d’établir un projet
thérapeutique le plus adapté et centré possible aux besoins de la personne accueillie.
En 2008, 29 résidents n’avaient pas été évalués par le nouveau dispositif, car leur
séjour était soit antérieur à l’entrée en vigueur d’Evita (18), consistait en un placement
à caractère pénal (5) ou encore financé par leurs propres moyens (6).
Selon le tableau ci-dessous, 50 usagers ont été orientés vers le dispositif Evita par
notre Fondation, après un premier entretien d’informations. 45 d’entre eux (90%)
ont concrétisé leur projet initial par un séjour sur l’un de nos deux sites. Evita, de son
côté, nous a adressé 21 demandes de placement pour des personnes qui n’avaient
entrepris de démarches initiales auprès de la FEA ; un séjour a été entrepris par 18
d’entre elles (85.7 %). Il s’agit là de premières indications, encore difficiles à interpréter.
Dans les années à venir, il importera de les étudier et d’en connaître les raisons et les
conséquences pour les personnes concernées.

L’importance d’un suivi au long cours…


Plus qu’une hospitalisation, le suivi au long cours est un élément important du
traitement des personnes dépendantes à l’alcool. Les rechutes sont moins fréquentes
chez celles assistant régulièrement à des rencontres de groupe ou profitant d’un suivi
personnalisé après un séjour résidentiel (Ouimette, Journal of Studies on Alcohol,
1998, 59). La durée de la post-cure influe également le taux d’abstinence à plus long
terme. Nous avons fourni un effort considérable ces dernières années pour offrir ce
type d’accompagnement à nos anciens résidents. 79 personnes ont ainsi profité de
ces différentes prestations en 2008 ; cela représente une augmentation 254% en sept
ans.

A l’Arcadie
Durant l’année 2008, 47 personnes ont bénéficié du suivi ambulatoire proposé par
l’Arcadie (+ 50 % par rapport à l’année 2007).
Ce suivi prend la forme d’entretiens individuels, thérapies de famille, groupes postcure,
repas dans l’institution, participation au programme hebdomadaire institutionnel,
camps à l’étranger.
5
Chaque personne a pu choisir une partie ou l’ensemble des prestations selon ses
besoins, ses envies et ses disponibilités.
Ces prestations ambulatoires facilitent la transition entre le séjour résidentiel et la
vie à l’extérieur.
Le lien établi pendant le séjour est un outil qui permet de consolider le travail hors
institution et sert aux objectifs de la personne.
Bien que le contexte institutionnel accueille les personnes dans une démarche
d’abstinence, le suivi individuel ambulatoire s’étend aussi aux personnes ayant fait un
choix de consommation contrôlée.
L’année 2008 a permis de réfléchir et de finaliser dès début 2009 un projet
d’appartements protégés individuels dans le Nord Vaudois.
L’équipe socio-thérapeutique de l’Arcadie

Photo: Joëlle Saffore

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A l’Estérelle - groupe des externes
A l’Estérelle, le groupe des externes se réunit le mardi soir à quinzaine, avec un travail
centré sur la prévention de la rechute. Les participants sont des personnes non
seulement motivées à garder le lien avec l’Estérelle mais aussi intéressés par un travail
thérapeutique après le séjour institutionnel.
Ce groupe donne la possibilité d’échanger autour de la vie hors institution (vie
privée, affective, familiale, sociale, professionnelle, etc.). Ce groupe reste facultatif et
ouvert à des personnes qui maintiennent leur abstinence. A la fin du groupe, un
moment convivial est aussi partagé (café, biscuits). Durant l’année 2008, une dizaine
de personnes a fréquenté ce groupe.
Fariba Perrier, intervenante en dépendances

Les groupes de parole à l’Arcadie


Les groupes de parole font partie des outils quotidiens de l’Arcadie depuis 2004
et l’équipe sociale se réjouit de voir combien les résidents s’investissent dans la
démarche. Espaces de régulation, d’organisation, de partage, de crise, de structuration,
ces groupes permettent à chacun se faire une place et de la défendre, de s’affirmer et
d’exercer d’autres armes acquises dans d’autres activités du programme (affirmation
de soi, sophrologie, atelier d’écriture, etc.). La fin de l’année 2008 a vu le groupe
« Ici et Maintenant » opter pour un travail en profondeur sur la prévention de la
rechute  : préparation de sujets alcoologiques chauds traités en petits groupes et
repris pour un échange en séance plénière. Toute l’équipe s’implique fidèlement dans
cette démarche est c’est un réel plaisir de préparer, de vivre et d’échanger ensuite
autour de ce qui se vit dans les groupes. Un grand merci à tous de prendre de leur
précieux temps pour ces espaces, année après année.
Joëlle Saffore, intervenante en dépendances

Paroles de résidentes
Après mûres réflexions personnelles et conseils d’Evita et de professionnels de Prangins,
mon choix s’est porté sur la FEA. La structure, son organigramme, son encadrement,
son suivi personnalisé, ses activités physiques et mentales m’ont convaincus et surtout
satisfaites. Je remercie sincèrement la FEA pour cela, pour le bénéfice apporté au
moment où j’en avais besoin et qui représente aujourd’hui encore un soutien réel.
Je suis reconnaissante pour l’aspect humain et attentif de l’encadrement socio-
thérapeutique. L’équipe et la direction sont à l’écoute et apportent l’aide nécessaire
à celui qui désire et ose prendre l’initiative, en essayant de cultiver le potentiel qui
émerge en chacun de nous.
Je dois sincèrement relever que dans mon cas le team de la cuisine entre autre m’a
permis de m’affirmer, de m’exprimer sans avoir l’impression d’en vouloir trop. Ils
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m’encadrent, m’aident et surtout font partie de mon développement personnel. Pour
cela merci encore !
Puisque la parole m’est donnée, je me permets aussi quelques remarques : je déplore
que certains résidents ne profitent pas plus de la chance qui nous est accordée
d’avancer, de construire notre avenir, de se préparer à la vie réelle. Certains rappels à
l’ordre ne feraient pas de mal.
Je remercie la direction d’être à l’écoute notamment de mes demandes d’activités,
bien que certaines soient malheureusement freinées par manque de budget, mais
c’est aussi une réalité.
Houria

Quand je suis arrivée, j’étais sauvage. Pas facile de se retrouver en communauté avec
25 personnes que l’on ne connaît pas. Je ne vais pas vous raconter mes cinq ans de
rue, ce serait trop long, mais j’ai eu plein de courage pour avancer pas à pas.
J’ai apprécié les groupes de parole, les cours d’affirmation de soi, la sophrologie, le
sport que j’ai fait pendant cinq mois.
Je remercie ma référente avec qui je me suis sentie revalorisée. Merci à la cuisinière
avec qui j’ai repris peu à peu confiance.
J’ai essayé de trouver un appartement. Mais où vivre ? J’ai trouvé un emploi à Polyval et
un petit appartement de deux pièces à deux minutes de mon travail. Un appartement
protégé ; pour moi c’est une nouvelle vie, un nouveau départ. Protégé… pour moi
cela veut dire que je ne serai pas seule dans mes ddémarches et qu’il y aura quelqu’un
pour voir si je vais bien. Merci à tous de m’avoir laissé une chance de m’en sortir. Cela
fait maintenant sept mois et demi que j’ai arrêté de boire.
Brigitte

Service social
Lien et continuité dans le suivi…
Le Service social rencontre chaque personne qui envisage un séjour résidentiel. Lors
de la journée de stage, un entretien est organisé avec l’assistante sociale. Elle donne
à l’intéressé/e les informations nécessaires en vue d’une éventuelle entrée et se tient
à sa disposition pour des questions. Une évaluation de sa participation financière
aux frais de séjour est faite. Il est important, aux yeux de l’institution, que le/la futur/e
résident/e puisse avoir une idée précise des conditions financières de son séjour.
Le Service social assure le suivi administratif lié au séjour institutionnel dès lors
que le/la nouveau/nouvelle résident/e est entré. Le lien entre ce/cette dernier/ère
et les services payeurs (SPAS, Caisse de compensation AVS, CSR, etc.) est assuré
par l’assistante sociale. L’entretien de contacts avec le réseau socio-administratif du/
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de la résident/e prend une place importante afin d’assurer une continuité dans les
démarches. Le cas échéant, à la fin du séjour du/de la résident/e, le Service social prend
contact avec le futur répondant en charge du dossier et lui transmet les informations
nécessaires.
Les anciens résidents toujours suivis par l’institution peuvent bénéficier d’entretiens
individuels au Service social qui se tient à leur disposition.

Les entretiens individuels


Les entretiens individuels représentent l’activité centrale du Service social. Le/la
résident/e profite de faire un maximum de démarches afin d’éclaircir, voire d’améliorer
leur situation socio-administrative et financière.
L’assainissement de l’assurance-maladie du/de la résident/e est la première tâche à
réaliser. Désendetter la caisse-maladie permet la reprise des remboursements et le
retour à la liberté de choix de l’assuré.
De nombreuses autres démarches sont effectuées. Elles varient en fonction des
problématiques propres à chacun/e mais ont toutes pour fonction d’améliorer la
situation tout en tenant compte des limites imposées par le contexte.
Au fil du temps, et en fonction des besoins, l’assistante sociale accompagne le/la
résident/e dans le tri et le classement de ses papiers. Elle lui transmet ses connaissances
dans le domaine et des outils pour gagner de l’autonomie dans la gestion de ses
dossiers administratifs.

Des collaborations interinstitutionnelles


Le Service social de l’Arcadie collabore régulièrement avec celui de l’Estérelle. Dans
le cadre de son programme de formation, les deux institutions organisent des ateliers
administratifs à l’intension des résidents. Ces ateliers portent sur des thématiques
intimement liées aux problématiques majeures rencontrées lors des entretiens
individuels : dettes, amendes, budget, impôts, caisse-maladie, etc.
Initié en automne 2008, un important projet d’échange de prestations, Barcadie, est
développé et prend place avec la Fondation Bartimée à Grandson. Le but de cette
collaboration est de créer des synergies et des pôles de coordination afin d’améliorer
la réinsertion sociale et professionnelle des résidents des deux institutions. Dans ce
cadre, sept ateliers sont proposés dans les deux institutions durant la seconde partie
de l’année 2008.
L’ensemble de ce pôle d’activités bénéficie de l’assistance d’une stagiaire qui est d’une
aide importante, en particulier pour la réalisation du projet Barcadie.

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Barcadie : un nom propre pour une collaboration riche
Dans le cadre de la collaboration entre les fondations Estérelle-Arcadie et Bartimée,
des ateliers de gestion administrative et financière ont été mis sur pied. Le choix des
thématiques abordées par ces ateliers est déterminé par les carences repérées chez
nos résidents dans le cadre des suivis individuels du Service social.
Au début de l’année 2008, les trois ateliers suivants sont déjà en fonction à l’Arcadie :
Dettes et amendes, Caisse-maladie, Impôt. Afin de compléter ce programme par la
création de nouveaux ateliers, Mme Nadia Perez est engagée au mois de mai comme
stagiaire sur les deux sites pour neuf mois. Elle apporte une aide importante pour le
développement de quatre ateliers supplémentaires : Budget, Recherche de logement,
Paiements et Gestion du courrier.
Entre octobre et décembre 2008, cinq de ces sept ateliers sont dispensés. Le dernier
(Gestion du courrier) est alors encore en préparation. En moyenne, 5 à 6 résidents
de l’Arcadie et de Bartimée participent aux ateliers qui ont eu lieu en majorité dans
le bâtiment du SEMOY (Semestre de motivation Yverdon), les jeudis entre 16h00 et
17h30. Ce premier cycle d’ateliers est envisagé comme phase-test. C’est pourquoi,
pour chacun d’eux, trois collaboratrices du projet Barcadie participent : Mmes Serex
(assistante sociale à la Fondation Bartimée), Repetti (assistante sociale à l’institution
de l’Arcadie) et Perez (stagiaire sur les deux sites). Suite à ce cycle et en fonction de
notre expérience et des remarques des résidents, nous corrigeons et améliorons les
ateliers sur le fond. Nous enlevons notamment certaines redondances et ajoutons des
informations importantes. La forme est aussi modifiée. Nous cherchons à l’envisager
de manière plus interactive.
En termes de temps, cette activité occupe en moyenne une heure pas semaine sur
toute l’année. Les retours des résidents sont positifs et il semble que les thématiques
abordées durant ces ateliers soient adéquates pour eux. Cependant, 2008 doit
réellement être envisagée comme une phase d’essai. Pour 2009 l’objectif est de
proposer des ateliers améliorés et le plus adaptés possibles aux besoins et demandes
de nos résidents. Cette ambition nous anime constamment et nous encourage dans
nos démarches.
Marion Repetti, assistante sociale

Perspectives
En 2008, la Fondation Estérelle-Arcadie, comme toutes les institutions résidentielles
alcool du canton, a connu une baisse du nombre de journées, avec des conséquences
financières importantes.
La FEA doit être très attentive à ses liquidités courantes, du fait que les charges
d’exploitation (organigramme et autres) sont accordées sur la base d’un taux
d’occupation attendu de 85 %, alors que les recettes sont encaissées sur la base
du taux d’occupation effectif (75.12 %). Au cours des quatre derniers exercices
10
comptables, la diminution des liquidités a été importante et provient essentiellement
des faits suivants :
Depuis fin 2003, le SPAS a supprimé l’amortissement comptable de l’immeuble de
Fr. 50’000.- de leur budget et par conséquent de leur prix de pension journalier, alors
que la Fondation était tenue par contrat de verser l’amortissement hypothécaire, à
la banque, pour environ Fr. 95’000.- par an. Ce qui représente de 2004 à 2008 Fr.
475’000.- ;
Divers investissements ont été financés par le SPAS, par le biais des amortissements
comptables (donc sur plusieurs exercices), alors que la FEA a dû effectuer le paiement
de ses investissements sur un seul exercice ;
Certaines dépenses ne sont pas financées par le SPAS mais nécessaires à l’activité
de la FEA : investissements, frais liés à la recherche de sens commun entre les deux
institutions, etc. ;
Restitution au SPAS de la subvention reçue d’avance suite à la participation de l’OFAS
et calcul ajusté du prix de pension journalier  : la FEA a réglé le solde des années
antérieures.
C’est tout le paradoxe actuel : moins de journées de placement pour un travail toujours
plus complexe, nous en voulons pour preuve l’augmentation des comorbidités
psychiatriques. Il est inutile de se perdre en conjectures  ; la FEA veut se montrer
une fois de plus proactive en apportant une réponse thérapeutique adéquate et
cohérente à une problématique en évolution. En accord avec le SPAS, nous allons
donc diminuer de deux places notre capacité d’accueil résidentiel dès le 1er janvier
2009 et proposer de nouvelles places en appartements protégés, démarrer notre
plate-forme thérapeutique. Une étude détaillée des besoins nous a convaincu de ces
nouvelles orientations.

Des appartements protégés comme lieu de transition


Soucieux de répondre à l’évolution des besoins de ces personnes et de la politique
cantonale, nous allons proposer six appartements protégés. Ce projet est approuvé
et encadré par le Département de la Santé et de l’action sociale. Il va se dérouler en
deux temps : dès janvier puis mars 2009.
Ces appartements ont pour but de permettre une transition entre le cadre protégé
de nos deux institutions et une vie la plus autonome possible.Trois objectifs principaux
sont visés :
• donner au résident la possibilité d’expérimenter cette nouvelle phase de la
vie sans alcool, avec l’appui et la sécurité procurés par la FEA ;
• offrir un cadre de vie proche de celui qu’il aura à reconstruire dans sa vie
hors cadre protégé ;

11
• permettre au résident de se consacrer à la recherche d’un emploi, d’une activité
stable, d’un logement, en bénéficiant d’un accompagnement institutionnel.
Les personnes qui en bénéficieront seront suivies et encadrées par deux référents,
intervenants en dépendances. Des entretiens, visites et contrôles auront lieu très
régulièrement à domicile.
Le séjour en appartement protégé est régi par un contrat, qui s’appuie sur les
principaux éléments de développement personnel et les objectifs déterminés en
collaboration avec le réseau. Les deux référents sont les garants institutionnels du
respect de ces contrats qui font l’objet de rencontres formelles avec la direction, tant
pour leur établissement que pour leur renouvellement.
Administrativement les baux à loyer seront signés par la Fondation Estérelle-
Arcadie.

La plate-forme thérapeutique
La plate-forme thérapeutique a pour objectif de renforcer la coordination et la
cohérence interne du réseau alcoologique vaudois, de maintenir et de créer de
nouveaux liens. Au plan cantonal, elle doit permettre d’améliorer la collaboration
avec le réseau alcoologique, veut promouvoir l’échange avec le dispositif EVITA et
coordonner le résidentiel avec celui-ci.
Il s’agit d’un positionnement fort de la FEA dans le réseau cantonal  : traitement
approprié à la personne avec une approche médico-psycho-sociale et en réseau,
prise en charge des comorbidités psychiatriques, évaluation et adaptation du suivi
thérapeutique. En lien avec un médecin-psychiatre, des prestations déléguées seront
mises en place.

Remerciements
Nous tenons à adresser tous nos remerciements à nos partenaires principaux, le
Département de la Santé et des affaires sociales, le Service de prévoyance et de
l’action sociale (SPAS), ainsi qu’aux services prescripteurs : le Centre de traitement
en alcoologie (CTA), la Fondation de Nant, l’Hôpital psychiatrique de Prangins et
le Centre psychiatrique du Nord vaudois (CPNVD), pour la confiance qu’ils nous
accordent.
Notre reconnaissance et notre gratitude vont aussi à tous les partenaires du réseau
pour leur collaboration fructueuse et indispensable. Citons notamment :
les services sociaux et les services spécialisés du canton de Vaud ;
les autorités civiles et pénales ;
les différents services des tutelles et curatelles ;
12
les différents services médicaux et les médecins (sevrages, hospitalisations d’urgence,
consilium, etc.)
les binômes médico-sociaux (EVITA) ;
le Service de la protection de la jeunesse ;
la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme ;
la Croix-Bleue ;
la Fondation Bartimée ;
la Fondation Les Oliviers ;
la Fondation L’Epi ;
Zone Bleue ;
Infodrog ;
la Coordination romande des institutions et organisations oeuvrant dans le domaine
des addictions (CRIAD).
Un MERCI tout particulier à tous les intervenants extérieurs qui nous permettent
d’offrir à nos résidents des approches complémentaires et de leur proposer un
programme des plus cohérents.

Fondation Estérelle-Arcadie
2 institutions attentives à vos besoins

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14

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15
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 
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  
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 
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 
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  
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16
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    
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
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    
    

    

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
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
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    
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17
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Liste du personnel
Estérelle Chenaux Christian Directeur
Klaus Jean-Paul Directeur-adjoint
Agosta Marcello Resp. socio- thérapeutique
Lopez Juan Médecin-conseil
Kaser Catherine Adjointe administrative
Ducrey Denis Resp. secteur ambulatoire
Estoppey Pierre Resp. atelier et intendance
Chassot Chantal Auxiliaire atelier
Falcy Frédérique Assistante sociale
Milliot Franck Co-répondant
Michoud Liliane Co-répondante
Perrier Fariba Co-répondante
Rossier Gérald Co-répondant
Santacroce Valérie Co-répondante
Schneider A.- Marie Co-répondante
Vurlod Delphine Co-répondante
Progin Hubert Chef cuisinier
Schmoutz Yvan Cuisinier
Andreu Catherine Polyvalente
Da Cunha Sonia Intendance
Gonçalves Paula Remplaçante intendance
Leite Maria Remplaçante intendance
Cherix Isabelle Veilleuse
Eastgate Sally Veilleuse
Gerster Valérie Veilleuse
Leyvraz Jeanne Veilleuse remplaçante
Monnier Daniel Veilleur
Mottier Ariane Veilleuse
Pahud Mireille Veilleuse
Arcadie Chenaux Christian Directeur
Klaus Jean-Paul Directeur-adjoint
Agosta Marcello Resp. socio- thérapeutique
Lopez Juan Médecin-conseil
Kaser Catherine Adjointe administrative
Viquerat Eliane Secrétaire
Ballif Céline Co-répondante
Milliot Franck Co-répondant
Pinto Dominique Co-répondante
Repetti Marion Assistante sociale
Saffore Joëlle Co-répondante
Tombois Patricia Co-répondante
Jaeggi Anne Polyvalente
Jaeggi Werner Intendance-Veilleur
Prêtre Florence Chef cuisinière
Cardoit Martine Cuisinière-Veilleuse
Despland Basile Veilleur
Jutzi Nathalie Veilleuse
Pahud Mireille Veilleuse
Paris Catherine Veilleuse
Rossier Christine Veilleuse
Steinmann Rebecca Cuisinière-Veilleuse
Stucki-Roulet Walburga Veilleuse
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