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Cours de droit civil français : d'après la méthode de Zachariae (4e édition revue et

Cours de droit civil français :

d'après la méthode de Zachariae (4e édition revue et complétée) par MM. C.

Aubry,

C. [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Aubry, Charles (1803-1883). Auteur du texte. Cours de droit civil français : d'après la méthode

Aubry, Charles (1803-1883). Auteur du texte. Cours de droit civil français : d'après la méthode de Zachariae (4e édition revue et

complétée) par MM. C. Aubry,

C. Rau,

1869-1872.

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COURS

DROIT

DE

CIVIL

FRANÇAIS

D'APRÈS

LA

MÉTHODE DE ZACHARIAE

G.

AUBRY

PAR

Conseiller honoraire à la Cour de cassation,

Commandeur de la Légion d'humeur.

MM.

C.

Conseiller à

la

RAU

Cour de

cassation,

Officier de la Légion d'honneur.

QUATRIEME EDITION

REVUE

TOME

ET

COMPLÉTÉE

DEUXIEME

PARIS

IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE JURISPRUDENCE

MARCHAL ET

BILLARD, IMPRIMEURS-ÉDITEURS

LIBRAIRES DE

LA

COUR DE CASSATION

Place Dauphine, 27

1869

Tous droits réservés.

JOURNAL

DROIT

DU

CRIMINEL

ou

JURISPRUDENCE CRIMINELLE DE LA FRANCE

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DES DÉCISIONS JUDICIAIRES

ET ADMINISTRATIVES SUR LES MATIÈRES CRIMINELLES

CORRECTIONNELLES ET

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SIMPLE POLICE

FONDÉ EN 1829 PAR

MM. CHAUVEAU ADOLPHE et FAUSTIN HELIE

M.

CONTINUÉ

PAR

ACHILLE MORIN

ET RÉDIGÉ PAR

M. EDOUARD SAUVEL,

Avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.

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et Faustin Helie, longtemps rédigé

teur du Répertoire

Godin et M. Sauvel, tence.

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et alors qu'ils sont

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Des observations

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jurisprudence antérieure, signalent les questions

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consultes éminents, s'est

importantes des articles et des

connues

à étudier ou à appliquer

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La rédaction, en s assurant le concours de plusieurs magistrats et juris-

vue en mesure de donner sur toutes les questions

pour

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Ce recueil offre ainsi aux magistrats, aux avocats appelés journellement

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lois pénales, un

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rapide de

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moyen

l'état le plus récent de la ju-

point spécial de leurs études.

COURS

DE

DROIT CIVIL FRANÇAIS

PARIS.

IMPRIMERIE L,

BAUDOIN ET Ce, 2, RUE CHRISTINE,

COURS

DE

DROIT CIVIL FRANÇAIS

D'APRÈS LA MÉTHODE DE ZACHARIAE

TOME

PAR MM.

DEUXIEME

PARIS

IMPRIMERIE ET

LIBRAIRIE GÉNÉRALE

DE

JURISPRUDENCE

MARCHAL ET

BILLARD,

IMPRIMEURS-ÉDITEURS

LIBRAIRES DE LA COUR DE CASSATION

ET DE L'ORDRE DES AVOCATS

A LA MÊME COUR ET AU CONSEIL D'ÉTAT.

Place Dauphine, 27

1869

DROIT

CIVIL

THÉORIQUE

FRANÇAIS

SECONDE PARTIE.

DES DROITS CIVILS CONSIDÉRÉS SOUS LE RAPPORT

DES OBJETS AUXQUELS ILS S'APPLIQUENT.

INTRODUCTION.

I. DES OBJETS DES DROITS CIVILS EN GENERAL.

§162.

Les objets des droits civils sont corporels ou incorporels, selon

qu'ils tombent

par

sous les sens, ou qu'ils ne peuvent être perçus que

qui, tels que le corps, la liberté,

même des

personnes.

de

l'entendement 1. Parmi ces objets, il en est

personne

l'honneur, se confondent avec l'existence

Il en est d'autres qui existent en dehors et indépendamment

la

derniers

investie des droits dont ils forment la matière. Ces

sont appelés objets extérieurs.

Les droits relatifs aux objets de la première espèce ne pouvant

donner lieu à réclamation qu'autant qu'ils ont été lésés

par d'un délit ou d'un quasi-délit, et produisant alors une action en

suite

dommages et intérêts, se résolvent, en droits sur des objets extérieurs.

quant à leurs effets juridiques,

Les

objets extérieurs des droits civils sont des personnes ou

des choses.

Les rapports juridiques de personne à personne sont de deux

1 Les principaux objets incorporels dont s'occupe le Droit sont les droits

les obligations, les actions, les productions de l'esprit, le patrimoine.

H.

.1

et

2

INTRODUCTION A

LA

SECONDE PARTIE.

espèces : ou bien une

se trouve placée dans une posi-

personne, investie à son

personne

tion de dépendance vis-à-vis d'une autre

égard d'un droit de puissance; ou bien une

est simple-

personne

ment obligée au profit d'une autre à l'accomplissement d'un fait

(prestation). Au premier cas, c'est la

elle-même qui

personne

forme l'objet du droit. Au second, c'est moins

gée, que

On

la prestation, qui en est la matière.

la personne obli-

peut considérer les objets des droits civils, soit en eux-

mêmes et d'après leur nature ou leur forme constitutive, soit

sous le rapport de l'utilité qu'ils offrent à la

droits à exercer sur eux. Envisagés sous ce dernier

qui a des

vue,

personne

point de

conséquent abstraction faite de leur individualité, ces ob-

et par

jets

s'appellent des biens.

On a coutume d'appeler biens innés les objets qui se confon-

dent avec l'existence même de

avantages matériels ou moraux

qu'ils procurent, soit de l'action en dommages-intérêts à laquelle

la lésion de pareils objets peut donner ouverture. Dans le lan- du Code, le mot biens ne comprend, ni les biens innés, ni

la personne,

en tant qu'on les con-

sidère sous le rapport, soit des

gage

même les droits de puissance envisagés comme tels, et indépen-

damment des avantages pécuniaires qui peuvent y être attachés.

Cpr. art. 516 et 2092.

Lorsque plusieurs

personnes

en

un objet, l'utilité juridique

ont simultanément des droits sur

est répartie entre elles. Les mêmes

objets peuvent donc constituer des biens à l'égard de différentes

personnes.

La

distinction des objets des droits civils, en corporels et incor-

porels 2,

en meubles et immeubles 3, n'est point à la rigueur

2 La distinction des biens en corporels et incorporels peut cependant s'expli- quer par les considérations suivantes : Le droit de propriété, absorbant toute l'utilité de l'objet qui y est soumis, se confoud en quelque sorte avec cet objet,

qui en est comme la représentation. Lors donc

l'objet d'un droit de

que

pro-

priété est une chose corporelle, l'utilité de ce droit se trouve, pour ainsi dire,

matériellement représentée par la chose, et peut, par ce motif, être envisagée

comme constituant un bien corporel. Il en est autrement des droits réels autres

la propriété. Ces droits n'absorbant pas toute l'utilité de l'objet sur lequel

que

portent, ne peuvent, en aucune manière, être considérés comme étant maté-

riellement représentés par cet objet. 3 La distinction des biens en meubles et en immeubles est entièrement de Droit positif, et ne peut être rationnellement expliquée. Elle se rattache à la distinction des droits en mobiliers ou immobiliers. Cpr. § 165.

ils

DES

OBJETS DES DROITS

CIVILS. § 162.

3

applicable aux biens, car ce terme n'exprime qu'une abstrac- tion 4.

constitue son patrimoine.

L'ensembledes biens d'une

personne Les éléments du patrimoine consistent donc dans les objets des

droits civils, considérés en leur qualité de biens ; et comme ces

objets ne revêtent celte qualité qu'à raison des droits auxquels

on peut aussi, en substi-

tuant en quelque sorte la cause à

ils sont soumis envers une

personne,

l'effet, définir le patrimoine,

l'ensemble des droits civils d'une personne sur des objets consti-

tuant des biens.

Le patrimoine est une universalité de droit, en ce sens queles

biens forment, en vertu de l'unité même

de la personne à laquelle

ils appartiennent, un ensemble juridique.

Les lois positives reconnaissent, à côté du patrimoine, plu- sieurs autres universalités juridiques. Tels sont : les objets sou- mis au droit de retour successoral dans les hypothèses prévues

les art. 351, 352, 747 et 766; les biens composant un ma-

par

jorat.

Il ne faut

confondre avec les universalités juridiques, des

par

le propriétaire à l'effet de servir à

telles qu'une bibliothè-

pas

collections d'objets réunis

une destination ou à un usage commun,

que, un troupeau, etc. Les

objets qui composent de pareilles col-

lections, appelées communément universalités de fait 5, sont à

considérer, au point de vue juridique, comme restant distincts

les uns des autres; et, à moins de modifications résultant de la

volonté du propriétaire ou d'une disposition spéciale de la loi,

les droits ou engagements qui s'y rapportent sont régis

mêmes principes

que

objets qui ne

les droits ou engagements relatifs

les

à des

par

feraient pas partie de collections de cette espèce.

Cpr. art. 616 et 1800.

Du reste, une universalité juridique peut, dans certains cas et à

la

par volonté du propriétaire; c'est ce qui a lieu, par exemple, lors-

certains égards, être convertie en une universalité de fait

1 En effet, l'expression biens désigne l'utilité

qu'une personne peut retirer

par

des objets sur lesquels elle a des droits à exercer, et,

qualité de ces objets, ou, si l'on veut, le résultat des droits dont ils sont la

conséquent, une simple

matière.

6 Le lien qui unit les objets dépendant d'une collection de cette espèce n'est pas un lien juridique et nécessaire, comme celui qui unit entre eux les biens composant le patrimoine d'une personne.

4

INTRODUCTION A

LA SECONDE PARTIE,

qu'une personne

même une

lègue titulo singulari une part héréditaire, ou

hérédité entière qui lui est dévolue 6.

II. DES DIFFÉRENTES DIVISIONS DES CHOSES ET DES BIENS.

SOURCES. Code Napoléon, art. 516-543. Coutume de Paris,

art. 88-95. —BIBLIOGRAPHIE. —Pothier, Traité de la commu-

nauté, nos 24 à 95. Proudhon, Traité du domaine privé et de la

distinction des biens, I,

86 à 366. Essai sur la distinction des

p.

biens,par Malapert; Paris, 1844,1 vol. in-8. De la distinction des

biens, par Vaugeois; Paris, 1861, 1 vol. in-8.

A. De la distinction des choses considérées en elles-mêmes.

§163.

1. De la division des choses en meubles et en immeubles.

Généralités.

Les choses corporelles sont meubles ou immeubles, selon

qu'elles peuvent ou non se transporter d'un lieu à un autre, sans

changer de nature. Art. 528 et

de cet article.

arg.

La loi a étendu la même distinction aux choses incorporelles,

qui, de leur nature, ne sont ni meubles ni immeubles. Cpr. art.

526 et 529.

En général, toute chose est comprise dans l'une ou l'autre de

ces classes, mais ne saurait appartenir à toutes les deux à la fois.

Art. 516. Il est cependant des cas où la loi considère la même chose, tantôt comme mobilière, tantôt comme immobilière : c'est ce qui

a lieu pour les récoltes. Art. 520.

D'un autre côté, on peut,

par

contrat de mariage, donner à un

immeuble le caractère de meuble, et réciproquement, attribuer

à un meuble la qualité d'immeuble. Mais cet ameublissement

ou cette immobilisation n'ont d'effet que sous le point de vue

formant l'objet de la convention. Cpr. art. 1500 à 1510.

Enfin, il existe certains meubles incorporels

les lois

que

per-

mettent, sous les conditions qu'elles déterminent, d'immobiliser

même à l'égard des tiersl.

« Toullier, V, 510.

Zacharioe, § 168, texte in fine, et note 8.

1 Cpr.

§ 165,

texte n° 1,

lett. c.

DES

DIVISIONS

DES

CHOSES ET

§164.

DES

BIENS.

§

164.

5

Continuation. Des immeubles corporels.

Les immeubles corporels sont tels par leur nature ou par leur destination. Art. 517 1.

Des immeubles par nature.

A la rigueur, les fonds de terre sont les seules choses véritable-

ment immobilières de leur nature. Les objets unis ou incorporés

au sol, et notamment les bâtiments ou autres constructions, qui

sont le produit de l'industrie de l'homme, n'ont point

mêmes ce caractère. Toutefois, comme la propriété du

par eux-

sol em-

porte celle du dessus et du dessous, la loi

des immeubles

par

dans la classe

nature, en les opposant aux immeubles par

range

destination, tous les objets unis ou incorporés au sol.

Tels sont les édifices élevés au-dessus du sol, ainsi

que les con-

structions faites au-dessous, et tout ce qui en forme partie inté-

grante 2. Art. 518. Il en est de même de toute espèce de machines ou d'ouvrages fixes ou posés sur maçonnerie ou sur piliers 3,

1 Les immeubles

l'objet auquel ils s'appliquent,

mentionne égale-

par

que

ment l'art. 517, sont les immeubles incorporels, dont il sera traité au § 166.

2 Il ne faut

confondre les objets qui forment partieintégrante et consti-

pas

tutive d'un bâtiment avec ceux qui, tout en s'y trouvant attachés à perpétuelle

demeure, peuvent en être détachés sans subir de détérioration, et sans que le

impropre à l'usage auquel il est affecté par sa nature même.

bâtiment devienne

Les objets de la première

espèce sont seuls immeubles par leur nature ; ceux

par

leur destination. Cpr. texte et notes 62 et 63

de la seconde ne le sont que

infrà; Civ. cass., 25 février 1824, Sir., 24, 1, 199.

3 L'art. 519 n'emploie pas le terme fixés, qui indiquerait sans aucun doute

la nécessité d'une jonction artificielle, opérée à l'aide de ciment ou de crampons.

Elle se sert du mot fixes, qui n'emporte

nécessairement l'idée d'une jonc-

pas

tion de cette nature. Si donc la machine, posée sur maçonnerie ou sur piliers,

y adhère par son propre poids, cela doit suffire

la faire considérer comme

pour

formant un seul et même tout avec les parties incorporées dans le sol, qui sont précisément destinées à lui servir d'appui. Garnier, Rép. de l'Enreg., n° 3687. Vaugeois, n° 166. Demolombe, IX, 125. Demante, Cours, II, 341 bis, I.

Zaeharioe, § 170, texte et note 18 bis. Civ.

489. Voy. en sens contraire : Championnière et Rigaud, Des

ment, IV, 3174; Douai, 12 février 1862, Sir., 62,2, 321

12 mai 1834, Sir., 34, 1,

droits d'enregistre-

;

Civ. rej., 19avril

par-

cass.,

4864, Sir., 64, 1, 286. Ces derniers arrêts rendus dans des circonstances

ticulières, et sur une question de conflitd'attribution entre officiersministériels,

6

INTRODUCTION A

LA

SECONDE PARTIE.

encore qu'ils ne

C'est ce qui peut avoir lieu

fassent pas partie intégrante d'un bâtiment 4.

pour

des moulins à eau ou à vent,

de

arg. cet article. Il en est encore ainsi des tuyaux servant à la conduite ou à l'écoulement des eaux, lorsqu'ils se trouvent incorporés dans un bâtiment ou dans le sols. Art. 523.

des scieries, des machines hydrauliques, etc Art. 519 et

Les bâtiments ou autres

ouvrages unis au sol sont immeubles

été

construits par

un

le propriétaire du

un loca- où le tiers

par

fermier,

leur nature, qu'ils aient

par

un tiers,

par

par

fonds ou

exemple, par

taire, ou par un usufruitier; et ce,

constructeur

dans le cas même

se serait réservé la faculté de les démolir lors de la

cessation de sa jouissance 6. Mais, lorsque des constructions ont été faites

un tiers qui

par

n'avait aucun droit réel sur le fonds, et qui, en l'absence de toute

renonciationde la part du propriétaire du sol au bénétice de l'ac-

acquérir sur ces constructions elles-mêmes

pas un droit de superficie 7, la jouissance qui lui appartient, ne con-

cession, ne devait

ne nous paraissent pas devoir fixer la jurisprudence sur le point de doctrine

résolu au texte.

4 Arg. à contrario art. 531. Duranton,IV, 22. Marcadé, sur l'art. 519, n° 1.

Taulier, II, p. 145. Demplombe, IX, 124.

5 Duranton, IV, 19. Du Caurroy, Bonnier et Roustain, II, 20. Demolombe,

397. n° 21. Voy. cep.

Toullier, III, 15; Championnière et Rigaud, op. cit., IV, 3160; Taulier, II,

IX, 149. Coin Delisle, Revue critique, 1858, XII,

p.

p. 147. Suivant ces auteurs, les objets dont s'agit ne seraient immeubles que

par destination, et non par nature.

6 Cpr. art. 555. Duvergier sur Toullier, III, 11, note e. Marcadé sur l'art. 519, n° 2. Du Caurroy, Bonnier et Roustain, II, 16. Demante, Cours II, 341,

bis, II. Demolombe, IX, 104. Vaugenis, n° 167. Douai, 19 juillet 1844, Sir.,

44,2, 554. Civ. cass., 3 juillet 1844, Sir., 44,

1, 682. Douai, 10 juillet

1844, Sir

44, 2, 551. Civ. cass., 1er juillet 1845, Sir., 45, 1, 491. Rouen,

,

20 août 1859, Sir., 59, 2, 647.

Civ. rej.,

7 avril 1862,

Sir., 62, 1, 459.

Paris, 30 mai et 27 août 1864. Sir., 64,

2,

266 et 267. Voy. en sens con-

traire : Grenoble, 2 février 1827, Sir., 27, 2, 107.

7 Lorsqu'il compète au constructeur un droit réel sur le fonds, le caractère

immobi ier de ce droit s'étend aux bâtiments

même titre. C'est ce qui aurait li u, par exemple, pour les constructions faites

par un usufruitier. Championnière et Rigaud,

lui élevés, et il en jouit au

cit., IV, 3184 Demolombe,

par

op.

IX 170 et 171. Voy. cep. Pont. Des hypothèques, n° 635. Il en serait de

même si, par suite de la renonciation du propriétaire du sol

au bénéfice de l'ac-

cession, le constructeur avait acquis sur ses constructions un droit de superficie. Cpr. sur cette hypothèse : § 223, texte n° 2, lettre c.

DES DIVISIONS DES

CHOSES ET DES

BIENS.

§164.

7

stitue à son profit qu'un droit mobilier 8. A. plus forte raison, en

serait-il ainsi de la simple indemnité qu'il aurait à réclamer du

propriétaire du fonds. Il résulte entre autres de là, teur tombe dans la communauté

qu'il a élevées ne sont susceptibles, ni d'être hypothéquées

le droit de ce tiers construc-

que

les constructions

par

que

légale 8, et

lui, ni d'être frappées de son chef d'une saisie immobilière 10.

Il en résulte encore

si un fermier, après avoir élevé des

que

par

luidue, une pareille

que, constructions sur le terrain affermé, venait à céder avec son bail la

le droit de réclamer, lecas

échéant,dupropriétaire du sol l'indemnité

cession ne serait pas passible des droits de vente immobilière 11,

jouissance de ces constructions,ainsi

8 En dehors des hypothèses particulières dont il est question à la note précé-

dente, il nous paraît impossible de reconnaître au tiers constructeur un droit

réel sur des bâtiments qui sont devenus, dans leur forme constitutive, un ac-

cessoire du fonds. Et quant à la jouissance qui peut lui appartenir sur ses con-

structions, en qualité de locataire ou de fermier, elle ne saurait être d'une autre

nature que celle qui lui compète sur le fonds même. Or, cette dernière est,

comme nous le verrons, essentiellement personnelle et mobilière. Demolombe, IX, 168.

9 Pothier, De la communauté,

n°

37.

Championnière et Rigaud,

cit.,

op.

IV, 3177, noie lre. Persil, Questions hypothécaires, II, p. 291. Demolombe,

IX, 168.

10 Merlin, Rép., v° Hypothèques, sect. III, § 3, art. 3, n° 6. Persil, op. et

loc. citt

Championnière et Rigaud,

et loc. citt. Duranton, XXI, 6. Demo-

op.

lombe, loc. cit. Martou, Des hypothèques, 111. 955. Besançon, 22 mai 1845,

Sir., 47, 2, 273. Req. rej., 14 février 1849, Sir., 49,

1, 261. Voy. en sens

contraire : Pont, Des hypothèques, II, 634 . Cpr. encore sur d'autres consé- quences de la règle énoncée au texte : Douai, 17 novembre 1846, Sir., 47, 2,

276; cass., 8 juillet 1851, Sir., 51, 1, 682.

11 La proposition, telle qu'elle est formulée au texte, ne nous semble pas

susceptible de sérieuse contestation. Voy. en ce sens : Civ. rej., 2 juillet 1851,

Sir., 51, 1, 535. Mais devrait-on admettre la même solution dans le cas où, en cédant son droit au bail, le fermier ne se serait pas borné à céder également la la jouissance des constructions par lui faites, mais aurait déclaré vendre ces constructions elles-mêmes? La Cour de cassation décide d'une manière con- stantequ'une pareille vente est passible des droits de vente immobilière, en se

fondant sur ce qu'en matière d'enregistrement, la quotité des droits se déter-

mine par la nature et la qualité le la chose vendue au moment la vente es

effectuée.

Civ. cass., 2 février 1842, Sir., 42,

i,

682 ; Civ.

cass.,

lui ;

Voy.

1,

Civ

cass.,

708 ;

3 juillet 1844, Sir., 44,

Civ. cass., 1er juillet 1843, Sir., 45, 1, 491

26 août 1844, Sir., 44, 1,

;

Civ. rej., 5 janvier 1848, Sir.,

48,1,+197. Ces décisions, qui ont été vivement critiquées, nous paraissent ce-

8

INTRODUCTION A LA

SECONDE PARTIE.

et ne serait pas davantage sujette à la formalité de la transcrip-

tion 12. Sont encore

dants

par

immeubles par nature, les fruits ou récoltes

par

racines. Art. 520. Ainsi,

pen-

exemple,

pas parés du fonds au moment du décès du testateur 18. Toutefois,

branches ou

par droit aux fruits non encore sé-

le légataire du mobilier n'a

les récoltes sur pied peuvent être frappées de la saisie mobilière appelée saisie-brandon. Code de procédure, art. 626. La règle

l'art. 520 n'est plus applicable, lorsqu'il s'agit de ré-

posée

par

coltes appartenant à un fermier, qui rentrent à tous égards dans la catégorie des meubles 14.

Sont enfin

immeubles par nature, les plantes, arbustes et arbres

sur pied 15. Art. 521.

Il n'y a

à cet égard de distinction à faire entre les arbres

pas

isolés, et ceux qui font partie, soit d'une pépinière, soit d'une forêt, soumise ou non à un aménagement régulier.

pendant se justifier, au point de vue de la législation fiscale, par la double

considération, que la Régie de l'enregistrement, à laquelle on présente un acte de vente portant sur des constructions dont le caractère immobilier est incon-

testable, n'a point à s'enquérir du point de savoir si le vendeur est ou non

propriétaire de ces constructions, et

les droits, une fois régulièrement per-

que

çus d'après la teneur d'un acte, ne sauraient être répétés sous le prétexte que les énonciations, d'ailleurs parfaitement claires de cet acte, n'expriment pas le

véritable caractère des conventions intervenues entre les parties. Voy. en sens

contraire :

169 à

IX,

Championnière et Rigaud, op. cit., IV, 3177 et suiv., Demolombe,

172.

12 Mourlon, De la transcription, I,

13.

Voy. en sens contraire.: Flandin,

De la transcription, I, 32. Les explications données aux notes précédentes nous dispensent de réfuter spécialement l'opinion de ce dernier auteur.

13 La Cour de cassation avait également jugé,

application de l'art. 520,

par

que, sauf le cas de saisie-brandon, les notaires sont seuls compétents, à l'exclu-</