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Livret de Paul-Louis Courier, vigneron, pendant son séjour à Paris en mars 1823. N°3. 5e

Livret de Paul-Louis Courier, vigneron, pendant son séjour à Paris en mars 1823. N°3. 5e édition

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Courier, Paul-Louis (1772-1825). Livret de Paul-Louis Courier, vigneron, pendant son séjour à Paris en mars

Courier, Paul-Louis (1772-1825). Livret de Paul-Louis Courier, vigneron, pendant son séjour à Paris en mars 1823. N°3. 5e édition.

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LIVRET

dE PAUL-LOUIS VIGNERON,

Avis

DU

LIBRAIRE-EDITEUR.

Nous ne donnons

des extraits du Livret

dans lequel se trou-

que

de PAUL-LOUIS VIGNERON

vent beaucoup de choses

,

intelligibles pour lui

le temps, et

pour

fâcheuses affaires.

seul, d'autres trop hardies

qui pourraient lui faire de

Nous avons supprime' ou adouci ces traits. Il faut respecter les puissances établies de Dieu sur la terre, et ne pas abuser de la liberté de la presse.

LIVRET

DE PAUL-LOUIS VIGNERON.

Monsieur de Talleyrand

pour

l'empêcher de

dans son discours

au

Roi

faire la guerre,

,

a dit: Sire,

je suis

vieux. C'était dire

vous êtes vieux ; car ils

a

sont de même âge. Le Roi, choqué de cela, lui

répondu

,

Non, Monsieur de Talleyrand,

n'êtes point vieux ; l'ambition ne vieillit pas. non, vous

:

( 2)

Talleyrand parle haut et se dit responsable de La restauration.

Ces

vieillesse et mort sont durs à la vieille

sur-

que

mots

Louis XI les abhorrait, celui de mort

ne

le point entendre, il voulut

l'avertir de

sa

cour.

et afin de

tout,

quand on le verrait à l'extrémité, on lui dit seule-

ment parlez

situation. Mais

l'ordre, et lorsqu'il en vint là,lui

crûment le mot qu'il trouva bien amer. Voir

peu, pour

oublièrent

ses gens

dirent

Philippe de Comines.

Marchangy, lorsqu'il croyait être député, se

Peyronnet, examinait l'ap-

qui lui

logeable

seulement il

parut assez

;

orné, l'anti-chambre plus

cour et la ville,

peu

qui connut et résolut de

gascon

trouvant chez Monsieur

partement

eût voulu le. salon plus

afin d'y

sa

faire attendre et la

vaste,

content d'ailleurs de l'escalier. Le

pensée, eut peur

comme

de cette ambition

l'arrêter,

il fit en laissant paraître les nullités

de son élection, dont sans cela on n'eût dit mot.

Quatre gardes- du-corps ont battu

cela

le parterre

est

au

contraire

Gymnase dramatique. On dit

y

Louis XIII, que qui leur défend de

le

parterre ne

que

qui plaisent

aux la victoire en

à l'ordonnance de

maltraiter ni frapper les sujets du Roi sans raison.

Mais il

veut point applaudir des couplets

avait une raison; c'est

gardes-du-corps et leur

Espagne,

ment

s'ils

y

promettent

font la guerre, ce

qui n'est nulle-

vraisemblable.

Près des Invalides, six suisses ont assailli quelques

Ceux-ci ont tué deux suisses et blessé tous

laissant sabres et

bouchers devraient quelquefois aller

bouchers.

les autres qui se

schakots. Les

sont sauvés

en

parterre et les suisses toujours se souvenir du

au

dix août.

—Lebrun trouve dans mon Hérodote

un peu trop

de vieux français, quelques phrases traînantes. Be-

(3)

de même, fans blâmer

On est content

cependant

cette

ranger

pense

façon de

traduire.

de la

préface.

Le boulevard est plein de caricatures., toutes

contre le peuple. On le représente grossier, débou-

ché, crapuleux, semblable à

Afin de le

corrompre

dultère est le sujet

un mari avec sa

sous

,

ou bien

scène de

par

la

la cour, mais en laid.

L'a-

corrompu. estampes. C'est

des-

on le peint

ordinaire de ces

,

un

femme sur

lit et le galant

le galant dessus et le mari dessous.

le mari

femme,

autre,

sa

voit les ébats de

serrure,

Ce théâtre aura bientôt le privi-

Des paroles expliquent cela. Dans une

lorgnant

Variétés.

lège exclusif d'en représenter de pareilles. Il jouera

seul les pièces qu'on appelle grivoises, c'est-à-dire sales, dégoûtantes, comme la marchande de goujons.

Les censeurs ont soin

inspirer quelque sentiment généreux.

d'en ôter tout ce

qui pourrait

La pièce

est

de li-

y

de

bonne,

qu'il n'y soit point question

berté, d'amour pourvu du

leurs créanciers,

elle est excellente, s'il

avec

pays; a des rendez-vous de charmantes femmes

charmans

militaires, qui battent leurs valets, chassent

escroquent

leurs

païens;

c'est le

bel air qu'on recommande.Corromprele peuple est

l'affaire, la grande affaire maintenant. A l'église et

théâ-

dans les écoles on lui enseigne l'hypocrisie,

tre l'ancien régime et toutes ses ordures.

au

On lui

tient

prêtes des maisons il

pratiquer ces leçons.

les caricatures

Angleterre tout au contraire va

En

et les farces

se font contre les grands livrés à la risée

,

qui conserve ses moeurs et corrige la

j'ai vu arrive d'Amérique. Il

que

que

sans entendre parler de ce

a

l'autorité. Nul ne lui

ni

ce

demandé

qu'il venait faire, ni d'où,

Il

a vécu trois ans sans

du peuple,

cour.

Un homme

est resté trois ans nous appelons ici qualité,

y

son

nom, sa

ni pourquoi, ni comment.

(4)

être gouverné , de salons. Se

çais, peuple

partout

faire

sa

s'ennuyant à périr. Il n'y a point

de salons

impossible au

Fran-

s'étend

passer

éminemment courtisan. La cour

,

premier

en France; le

des besoins c'est de

cour. Tel brave à la tribune les grands, les

et le soir devant

potentats,

fondément, n'ose

s'asseoir chez

s'incline

pro- lui

qui

frappe sur l'épaule et l'appelle

maux naissent, dit Labruyère , de ne pouvoir être

cher. Que de

mon

seul.

A Boulogne-sur-Mer

M. Léon de Chanlaire

avait établi une école d'enseignement mutuel, dans

,

une salle bâtie

lui exprès avec beaucoup de dé-

cents enfans apprenaient l'arith-

pour

ha-

par

trois

penses. métique et le dessin. Les riches payaient

,

sur

la rétribution des autres

;

les

pauvres, et de ceux-ci cinquante se tronvaient

billés mieux du

taient point fouettés. Les frères ignorantins qui

monde. Ces enfans s'instruisaient et n'é-

tout allait le

fouettent et n'instruisent cole, et de plus ont

M. Chanlaire leur fût donnée

ont fait fermer l'é-

la salle

de

que

les

ici

Jésuites ,

pour par-

que

pas

demandé

,

maîtres de tout. Chanlaire est accouru par

ler aux

jésuites et défendre son

affaire se décide à Paris

conquis )

;

toute

traitées comme

sinous qui

bien. ( Nota,

les provinces sont

il va voir Frays-

que

j'ai dé-

pays lui répond ces moisi Ce

;

cidé, nulle puissance au monde ne le saurait chan-

Parole mémorable et digne seulement d'A-

lexandre ger. ou de lui.

Tous ces

célibataires fouettant les petits garçons

me sont un peu suspects.

moins

et confessant les filles

Je voudrais

mariés

;

que

les confesseurs fussent

,

il

au

mais les frères fouetteurs,

faudrait,

ce me

sauf meilleur avis

les mettre aux galères

semblé.

Ils

cassent les bras aux enfans qui ne s»

,

,

( 5)

laissent point fouetter. On a vu

naux de la

semaine passée.

cela dans les jour-

Quelle rage! Flagel-

landi tàm dira aipido !

—Un Anglais m'a dit : Nos ministres ne

que

les vôtres. Ils

corrompent

récompensent la

la

valent

Nation

pas mieux

par

le Gouvernement

bassesse

punissent toute espèce fausses conspirations

,

de générosité. Ils font de

,

ils niellent ceux qui leur

déplaisent

puis de faux jurys

,

pour juger ces cons-

vous. Mais il n'y

pirations. C'est tout comme chez

a point de police. Voilà la différence.

,

Grande; très-grande cette différence

à l'avan-

de l'Anglais. La police est le plus puissant de

,

moyens inventés pour

courage

rendre

peuple

un

avoir l'homme élevé n'osant ni parler haut,

peut

gendarmes,

tage

tous les

vil et lâche. Quel

dans la

peur

ni bouger

des

qui craint

Pour faire

sans passeport, à qui tout est espion, et

que son ombre ne le

fuir

nos

collet?

prenne au

conscrits , les

Espagnols n'ont

qu'à s'habiller en gendarmes.

— Quand Marchangy voulut parler aux Députés,

raye

se

voir contredit et perdit la

être au

per-

croyant

du tableau; en

prison les

requérons

nous vous

la tribune,

son

sans

bonnet

il fut tout étonné de

tête d'abord. Il lui échappa de dire,

Palais: Qu'on le

turbateurs; M. le président,

Plaisante chose qu'un Marchangy à

robe et

bonnet carré

; mais avec

sans

,

Jefferies

songe à exclure les indignes.

Laubardemont

!

Il sera , dit-on , réélu et

Les

journaux de

le duc

pas

la Cour insultent le

:

duc

le

Eh

d'Orléans.

faire

bien ,

On le hait; Le Roi lui

Sire,

on le craint;

on veut

disait l'autre jour

voyager.

M.

d'Orléans, vous allez donc en Ita-

que

je

sache. Mon Dieu si,

vous le dis,

et

vous,

n'entends point

,

lie ? Non

vous y

allez; c'est moi qui

,

bien. Non ,

m'entendez

Sire, je

( 6)

et je ne quitte

la France que quand je ne puis pas

faire autrement.

Ce Deftiat,

député en ma place

est petit-fils

de Ruzé Deffiat qui donna l'eau de chicorée à Ma- dame Henriette d'Angleterre. Leur fortune vient

,

de-là.

Monsieur récompensa ce serviteur fidèle.

Monsieur vivait avec le chevalier de Loraine

Madame n'aimait

était troublé. que

,

Le

ménage

pas. Deffiat arrangea tout

sieur

depuis

ce

avec l'eau de chicorée. Mon-

les grands n'oublient

eut toujours du contre- Deffiat le lui fournissait.

que et qui élèvent une famille noble. Mon rem-

temps ,

et

poison dans sa poche

,

Ce sont-là de

point

ces

services

,

plaçant n'est

,

ni poison

,

un homme à donner

;

il

princes

pas

ni

aux

contre-poison

ferait quelques

,

Il

peut.

collége

quiproquo. C'est une espèce d'imbécille qui sert la

messe

fait le reste. J'en avais

et commume le plus souvent qu'il

cinquante voix dans le

n'avait, dit-on,

,

que électoral : ses scrutateurs ont

deux cent vingt connues.

L'empereur

,

Alexandre a

dit

à

M.

de Chateau-

briand :

ligion

Pour l'intérêt de

mon peuple et de ma re-

au Turc

;

mais j'ai

guerre. J'aime bien

je ne hais

que

bête noire.

je devais faire la

;

guerre cru voir qu'il s'agissait de révolution entre la Grèce

et le Turc

je n'ai point fait la

,

moins mon peuple et ma religion

la révolution

qui est proprement ma

,

Je

réjouis

je voulais vous

! Et

empereur

Tout dans

me

que vous soyez venu ;

confidence d'un

conter cela. Quelle

le romancier qui publie cette confidence

!

discours

bizarre.

est

son

Il entend sortir les paroles de la bouche de l'em-

On entend sortir un

mais qui

Et

que

la

carrosse ou des che-

pereur.

de l'écurie sortir des paroles ?

vaux

;

diantre entendit jamais

ne dit-il :

Je les ai mon bon ami

vu

sortir , ces paroles, de

bouche de

(7)

qui

plus positif, et l'on douterait moins de sa haute fa-

veur Notez à la qu'il cour

huit cent mille hommes sur pied? cela serait

de Russie.

avait lu cette belle pièce aux dames

;

lui parla d'en retrancher quelque

,

n'y a rien de

:

Cham-

a

quand on

avant

se

et

chose

,

de la lire à la Chambre

fondant

sur

il n'en voulut

l'approbation de madame

rien faire,

,

Est-ce

bres

que

de

Recamier. Or, dites maintenant qu'il

nouveau. Avait-on vu cela ? Nous citons les Anglais

M. Canning, voulant parler aux

de la guerre, consulte

la paix

les ladys,

les mistriss de la cité ?

,

,

Les

de lettres

en général, dans les emplois,

les affaires.

gens

perdent

leur talent, et

se

n'apprennentpoint

,

d'avoir

Bolinbroke Addisson et

repentit

appelé près de lui

Steele.

Socrate

, avant Boissy d'Anglas

de mettre

aux

refusa

, au

as-

lu

péril

de sa vie

voix du

,

peuple

semblé une proposition illégale. Ravez n'a point

,

cela

car il eût fait de même dans l'affaire de Ma-

est

vrai que Socrate, présidant les tribus

cour,

ni gendarmerie à

,

jours

;

c'est

Qu'il

quatre

à présent?

;

nuel. Il

n'avait ni traitement de la

ses ordres.

Manuel

a été grand

beaucoup. Que faudrait-il

qu'il fît

mourût, afin de ne point déchoir.

D'Arlincourt est

à la

cour, et a dit: Voilà

qui n'en doi-

,

venu

mon Solitaire et mes autres romans

vent guère au Christianisme de Chateaubriand. Mon

galimathias vaut le

au

sien ; faites-moi conseiller-d'état

il quitte

moins. On ne l'a

écouté. De

pas

rage

le parti, et se

fait libéral. C'est le maréchal d'Hoc-

,

quincour,

sa

jésuite

janséniste, selon l'humeur de

maîtresse, et l'accueil ou qu'il reçoit au Louvre.

( 8)

Ceux qu'il sert lui reprochent de s'y être mal pris,

disent que c'est un

dre

et

qu'avec un

,

Sosie l'a Ravez veut

dit ;

sot , qu'il devait éviter l'esclan-

peu

de prévoyance

il eût em-

ou l'eût fait sortir sans va-

,

,

celle d'un valet !

contens.

que

sont jamais

pêché l'homme d'entrer

carme. Fâcheuse condition

les

maîtres ne bien faire.

Hyde de Neuville

trop

va je vois là-

mieux, et l'entend à merveille. Je vois

bas

les ministres de mon roi. Il a son roi comme

,

:

Mon roi m'a pardonné. Voilà le vrai

Pardessus

dévouement. Le dévouement doit être toujours un

idiot. Cela plaît bien plus à un maître , que ces

peu

gens qni tranchent du capable.

Serons-nous capucins, ne le serons-nous

?

pas

Voilà aujourd'hui la question.

Nous disions hier :

Serons-nous les maîtres du monde ?

Ce

U

matiu, me promenant

passe

et me

, garde

dit

;

:

dans le Palais-Royal,

Prends garde

Paul-

te

feront

,

as-

que

je

M

Louis

rd

prends

les cagots

sassiner. Quelle garde

,

?

prenne

frère Paul

lui dis-je,

;

ils ont

veux-tu

Ils ont fait tuer des rois

,

l'autre Paul

à

manqué

Venise ,

Fra Paolo

Sarpi. Mais il l'échappa belle.

,

,

Fabvier me disait un jour

que le

,

:

Vos phraseurs gâtent

tout : voulant être applaudis

à la place du bon sens

ils mettent leur esprit

peuple entendrait. Le éloquence, les

lui

dis-je ,

;

peuple n'entend point la

longs raisonnemens.

pompeuse

Il vous

paraît

aisé de faire un discours

croyez

le peuple

,

pour

vous

commune et facile à

le bon sens une chose

bien exprimer !

Le vicomte de Foucault nous parle de sa race.

dit-il

commandaient à la

Il

guerre.

Mais la

Ses ancêtres

cite leurs batailles et leurs actions d'éclat.

,

,

postérité d'Alphane et de Boyard,

qu'un gendarme aux ordres d'un

quand ce n'est

préfet, ma foi,

(9)

c'est peu de chose. Le vicomte de Foucault

point de batailles; il

ne pouvant

empoigne les gens.

se

être valets de cour

ne gagne Ces nobles

font archers ou

geôliers. Tous les gardes-du-corps veulent être gen- darmes.

,

Les Mémoires de mad- Campan méritent peu

qui

de confiance. Faits

la cour ils ont

de Bonaparte été revus depuis

,

pour

avait besoin de leçons,

des

tout ment de des

personnes

gens

voit

par

intéressées à les altérer.

et

L'auteur

dans l'étiquette

la monarchie

à

attribue le renverse-

l'oubli du cérémonial. Bien

,

sont de cet avis. Henri III fonda l'étiquette,

On négligea quelque

et cependant fut assassiné.

chose

apparemment ce jour-là. L'étiquette rend les

la

cour.

rois esclaves de

Dans ces Mémoires il est dit qu'une fille de garde-

,

madame Campan

femme de chambre

sous

dix-huit mille francs de traitement;

c'est

,

robe

avait

trente-six mille d'aujourd'hui. Aussi tout le monde

voulait être de la

passent

taigne quelque

temps

pelle ménage domestique. Allez

garde-robe.

Que de

gens encore

Mon-

de son

ap-

leur vie à espérer de tels emplois

part se moque de ceux qui

!

s'adonnaient à l'agriculture, et à ce qu'il

,

disait-il,

vous

voulez

vous

enrichir.

,

;

chez les

rois, si

Les rois

Et Demosthènes :

moment,

cela ne

dit-il, font l'homme riche

;

chez

vous

Athéniens en un

et d'un seul mot

,

peut, et

se

à Genève un

tera l'horlogerie

valets du prince

il faut travailler ou

,

roi avec un

pour

la

gros

ont

hériter. Qu'on mette

,

budjet, chacun quit-

comme les

; et,

eux-mêmes en

garde-robe

des valets, qui

se

ont d'autres, un peuple

veté

fait laquais. De l'oisi-

la bassesse , tous les vices, et une charmante

société.

,

Madame Campan fait de la reine

modèle de

un

toute vertu ; mais elle en parlait autrement, et l'on

(

10

)

voit dans O'Meara ce qu'elle en disait à Bonaparte;

exemple,

que la reine avait un homme

que cet

comme, par

dans

son

lit

la nuit du

6 octobre

5

et

au

homme

rent

toire est

croit point. Bonaparte

,

en se sauvant

perdit ses

fu-

Campan. Celte his-

chausses qui

,

trouvées par elle, madame

.

,

un peu

suspecte.

a

M. de la Fayette ne la

madame Campan. madame de Motte-

chambre. Madame

va paraître.

menti, ou

pas

Elle écrit mal

qui

et ne vaut

ville

était aussi femme de

,

du Hausset,

,

autre femme de chambre

On imprime

les vrais historiens de la monarchie légitime.

ses Mémoires très-curieux. Ce sont

,

Quelqu'un montre une lettre de M. Arguelles

mots : Votre Roi nous menace

;

où sont ces propres

régler

et cent mille hom-

il veut nous mes

Voici

nous lui enverrons Mina et dix mille hommes avec

envoyer un prince

affaires

selon le droit divin.

,

pour notre réponse : Qu'il exécute la Charte

nos

le drapeau tricolore; qu'il chasse ses émigrés et ses

vils

courtisans , parce que nous craignons la conta-

gion morale.

Horace va faire un

sergent

que

le

tableau de la

scène de

Manuel.

Mais quel moment

: Empoiguez

choisira-t-il? Celui où

le

Député, ou bien

Foucault dit

quand le Car

refuse? J'aimerais mieux ceci.

mot

empoignez

ne

il

se peut

y

aurait

outre

peindre

,

( grand dommage sans doute )

personnages

n'y était

,

deux ignobles

sident

on

Foucault et le pré-

,

pas

mais auquel

l'o-

qui à dire vrai

penserait toujours. Dans cette composition

,

,

dieux dominerait, et cela ne saurait plaire, quoi-

,

qu'en dise Boileau.

L'instant du refus, au contraire,

Manuel et le non pas au même

,

le

sergent

degré,

offre deux caractères nobles

qui tous deux intéressent,

mais de la même manière et

plus bel acte

par dont l'homme soit capable, résister au pouvoir. De

(

11

)

pareils traits sont

représenter

,

part, on peut

ses

les

il faut les recueillir et les

D'autre

rares;

recommander au peuple.

que

Manuel

dire aussi

Foucault,

et

gendarmes donneraient beaucoup à

,

;

penser ;

le président derrière la toile

que

l'art

judicieux

et

car il est

des objets

La constance de Manuel

;

la bassesse des autres formeraient un contraste

ceux-ci servant des maîtres et calculant d'avance le

profit

la

récompense

toujours

se

proportionnée à

l'infamie de l'action; celui-là

,

proposant l'appro-

bation publique et la gloire à venir.

Les fournisseurs de l'armée sont tous bons

gentilshommes, et des premières families. Il faut

faire des

dans la partie des souliers. Les

dans la viande ou femmes y ont de partagent

amans

on

;

leur

preuves

;

pour entrer

gros intérêts

comtesses,

fait

à tous

les maîtresses, les

duchesses

barons, marquis,

bon marché des subsistances du soldat.

,

La noblesse autrefois

tenant s'enrichit et spécule très-bien

ruinait à la

de

port

main-

sur Strasbourg à Bayonne

se

guerre

la

fidélité.

,

Les bateaux

venus le roulage, coûteront de

cent vingt mille

par

francs et seront trois

un mois

à

Bayonne

mille francs.

Brest à Bayonne

aucuns frais. Mais

Les

,

ports par

sont

terre

mois en chemin. Construits en

quarante

expédie de

ils eussent coûté

par

compagnie

munitions qu'on

,

iraient

par terre ,

il

y a

une

mer sans

des trans-

, dans laquelle

et

l'on

des gens de la

ce

moyen.

cour

intéressés,

préfère

Il faut

la mo-

relever d'anciennes familles

narchie si elle culbute en Espagne.

qui relèveront

Les

imitent les

de bonne

ar-

de

parvenus

sa

gens

,

maison. Victor

femme, son fils

prennent

gent de toutes mains. Ou

,

cinquante mille écus.

parle de pots-de-vins

Tout s'adjuge à huis-clos et

(

12

)

publication. Ainsi se prépare une

l'ancien régime.

à

sans

campagne

la manière de

Cependant Mar-

cellus danse avec miss Canniug.

La

guerre monde. Madame

y

sa poupée

se faire enfin maigré tout le

Madame du Cayla

consulté

que

la

ayant

ainsi

va

ne

la veut pas.

paraît fort contraire. Mademoiselle

se

déclare

pour

la paix

nourrice et toutes les remueuses de Monseigneur

,

,

le duc de Bordeaux. Personne ne

Mais voici le

temps

seurs refuscut

de Pâques

elle

se fera donc.

Le duc

de Guiche l'autre

salon

montrant le confesseur de

et

veut la

tous les confes- guerre.

l'absolution si on ne fait la guerre ;

,

jour disait

dans un

Monsieur et d'au-

tres prêtres : Ces cagois nous perdront.

,

nos jé-

et

On

ne

contre un que

feront me propose

pas

cent

suites

la conquête de l'Espagne

je suis tenté de tenir. Sous Bonaparte, je

qu'il ferait la conquête de

j'aurais perdu ;

cent contre un

personne

fois

ne

tint,

gagnerais-je.

proposai

,

l'Espagne :

peut-être cette

—Mille contes plaisans du héros pacificateur, poin-

calembourgs de

Il crève les che-

quatre

mais

Bonaparte,

,

dévotions l'arrê-

tes

toutes parts.

vaux sur la route de Bayonne, fait, dit-on

,

lieues à l'heure

n'arrive

pas

va plus vile que

parce que ses

sitôt,

,

tent en chemin.