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PROPOSITION DE MORATOIRE SUR TOUTES LES NOUVELLES UNITÉS D’INCINÉRATION DE DÉCHETS

TOUTES LES NOUVELLES UNITÉS D’INCINÉRATION DE DÉCHETS Faire appliquer la demande de moratoire de la Commission

Faire appliquer la demande de moratoire de la Commission Européenne 1 en suspendant, sur l’ensemble du territoire français et dans l’Aube les projets d’incinérateurs pour remettre à plat les plans de gestion au regard des dernières évolutions.

Le SDEDA envisage la construction d’un incinérateur d’une capacité de 60 000 tonnes dans l’agglomération troyenne. Notre association « Aube-Durable » a, à de nombreuses reprises, alerté les citoyens et les élus sur l’impasse dans laquelle nous mènerait ce projet. En résumé, voici les principaux éléments qui nous invitent à demander la suspension de ce projet :

- La priorité doit désormais, selon l’ADEME et la Commission Européenne, se porter sur la réduction des

OMR 2 . Or, les incinérateurs, qu’il faut nourrir pour en maintenir la rentabilité économique, constituent des freins avérés à la mise en place de ces politiques. Le montant exigé pour la construction de ce projet (78 millions d’euros) représente également une somme considérable dont ne bénéficieraient pas les programmes de réduction des OMR nécessaires. Il nous semble donc raisonnable de rendre effectif cette priorité vers la réduction en orientant les investissements vers le développement d’outils favorables au tri, à la prévention ou au recyclage.

- Localement, le projet du SDEDA s’appuie sur une hypothèse de baisse des déchets qui nous semble

extrêmement éloignée des réalités. Le SDEDA prévoit une production d’OMR d’environ 220kg/an/hab en 2026 pour justifier son projet. Or, le rapport de l’ADEME publié en avril dernier estime qu’une réduction significative, permettant d’atteindre le chiffre de 150kg/an/han, est d’ors et déjà accessible, s’appuyant sur les retours de plusieurs centaines de collectivités 3 . Un programme de réduction ambitieux des déchets, favorable à l’essor de l’économie circulaire, est donc parfaitement possible, cohérent avec les objectifs fixés par l’ADEME et la Commission Européenne. Il permettrait, sans le moindre doute, d’éviter la construction d’un incinérateur dans l’agglomération troyenne.

- Le parc existant au niveau national ou européen est jugé suffisant et même trop important. De

nombreuses installations en fonctionnement subissent des « vides de fours » qui devraient encore s’accroître à mesure que se réduiront les tonnages de nos OMR. Cette situation témoigne du suréquipement de notre pays. En toute logique, l’ADEME invite donc les collectivités à prendre en compte cette situation notamment en mutualisant les installations existantes plutôt que d’en construire de nouvelles. A cet égard, nous savons qu’autour de nous les incinérateurs déjà en fonctionnement connaissent des vides de fours plus ou moins importants (20 000 tonnes pour le seul incinérateur de Chaumont). Cette piste d’une mutualisation des installations a d’ailleurs été considéré en 2012 par le SDEDA comme « la plus intéressantes sur tous les critères (coût traitement, investissement, acceptabilité) », sans pour autant être retenue

- Commission Européenne et ADEME s’accordent pour recommander une évolution de la fiscalité sur le

traitement des déchets. L’orientation est claire : Cette fiscalité devrait demain favoriser le tri et le recyclage et pénaliser l’incinération et l’enfouissement. Construire un incinérateur, c’est à moyen terme se lier les pieds et les mains en matière fiscale pour les 40 ans à venir et faire peser un risque financier important sur les contribuables.

- La construction d’une telle unité en pleine agglomération pose d’évidentes questions sanitaires et

environnementales. Même si des progrès ont eu lieu en ce domaine, ces installations émettent des polluants très nombreux, aux effets parfois encore méconnus. Il nous semble donc indispensable, au regard de ces éléments et des solutions alternatives possibles d’appliquer le principe de précaution.

1 Commission Européenne, Waste to energy, 26 janvier 2017

2 Ordures Ménagères Résiduelles

3 Sans quitter notre département, le territoire de la Forêt d’Orient a réduit en seulement 2 ans sa production d’OMR de 243kg/an/hab à 170kg/an/hab.