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INTRODUCTION AU DROIT

Avant-propos

Le droit est la diversité dans les aspects du phénomène juridique. Cette diversité est d’abord géographique avec une dispersion de systèmes
juridiques différents dans l’espace.
Il existe trois grands systèmes juridiques :  la jurisprudence (droit anglo-saxon)
 droit écrit (droit français)
 droit socialiste
Cette diversité du droit s’exprime également dans le temps c’est à dire que le droit est amené à évoluer. Le droit est une entité c’est à dire
qu’il est l’expression d’une civilisation. Pour les romains, chaque société n’est pas vide de droit et chaque société a donc généré son droit
« il n’y a pas de société sans droit, ni de droit sans société ». Le droit désigne donc un ensemble de règles de conduite destinées à régir la
vie des hommes en société. Le droit est une discipline qui a une organisation (=juridiction) mais c’est aussi une technique avec des
méthodes de raisonnement.

Le droit en tant qu’ensemble de règles est susceptible de deux sens qui permettent de le distinguer des autres règles de conduite dans la
société. Ce sont le Droit objectif et les Droits subjectifs.

Le Droit objectif est ce qui concerne les règles édictées par les autorités constituées afin d’aménager au mieux les rapports des
particuliers entre eux. Par exemple l’article 1382 établit les règles de responsabilité délictuelle. L’article 312 du code civil établit lui que
« tout enfant a pour père le mari de sa mère ». Dans le droit objectif, tout le monde est objet de droit. Ce droit objectif précise ce qu’il
convient de faire, de ne pas faire et de ce qu’il faut s’abstenir de faire.
Cette définition serait trop réductrice de la notion de Droit, le Droit va donc désigner également des droits subjectifs envisagés du
côté du sujet de Droit.
Ces droits subjectifs désignent les prérogatives ou pouvoirs accordés à chaque individu. C’est le droit objectif (en tant
qu’ensemble de règles de Droit) qui délimite les droits subjectifs envisagés comme les prérogatives ou pouvoirs accordés aux individus.

Le Droit objectif et les Droits subjectifs sont également désignés sous les termes de Droit positif c’est à dire l’ensemble des règles qui
existent dans un pays donné à un moment donné.
Chapitre 1 : L’identification de la règle de Droit
I. Les caractères de la règles du Droit commun à toutes règles

A. La généralité de la règle de Droit

Règle de Droit est générale car elle s’applique à tout les individus sans distinction dans une situation déterminée, impersonnelle dans le fond, abstraite dans la
forme et appliquée de manière uniforme à toute personne entrant dans la catégorie visée. Les autres règles, morales ou religieuses comportent également ces
critères à condition que les personnes adhérent à ces règles. Existence de droits catégoriels afin d’éviter l’arbitraire.

B. La permanence de la règle de Droit

La règle de Droit doit avoir une certaine permanence, c a d qu’elle ne peut changer tt le tps afin d’éviter l’arbitraire et pr des raisons d’égalité. Elle a un
caractère obligatoire « nul n’est censé ignorer la loi » c a d que la méconnaissance de la loi n’est pas une raison. La règle de droit a une durée de vie : naissance
à abrogation. Cette permanence de la rdd est exprimé par le Droit positif « droit existant à un moment donné » mais cette permanence doit être relativisée car
droit est amené à évoluer.

C. La finalité sociale de la règle de Droit

La rdd a par essence une finalité sociale car vouée à régir la vie des hommes en société, c’est l’utilité même de la rdd qui est chargée de régir la vie des hommes
en société. La règle religieuse et la règle morale s’intéressent plus à l’individu qu’à la société. Mais la règle religieuse assure tout de même cette finalité car
elles assurent d’une certaine façon le maintien de l’ordre dans la société. Il existe des comités consultatifs d’éthique pour les sciences de la vie, concernent les
limites et précautions que la morale impose à la recherche scientifique

D. Le critère d’extériorité de la règle de Droit

La rdd ne peut être qu’extérieure à l’individu c a d qu’elle n’est pas une règle que l’individu s’impose seul car elle est un ordre positif, négatif ou suggestion
fait à l’individu pr réguler la conduite de celui-ci ds la soc. l’individu ne participe pas à l’élaboration de la rdd. On parle de Justice sociale c a d une justice
médiane déterminée par la pression du gp. Mais cette extériorité doit être atténuée par 2 facteurs : le premier est d’après Rousseau ds le contrat social, la volonté
de l’homme de déléguer un peu de sa liberté à une autorité supérieure, le gvt, et la seconde est la prise en compte de la coutume (pratique habituelle et
généralisée des individus vivants en société).

II. Le critère spécifique de la règle de Droit

A. La notion de coercition ou contrainte étatique

Elle s’exprime de 2 manières: par le caractère obligatoire de la rdd mais égalemt par 1 arsenal de sanct°.

1. Le caractère obligatoire de la règle de Droit

La rdd est respectée grâce à ce caractère obligatoire repris dans l’adage « nul n’est censé ignorer la loi » c a d que dès qu’une règle est promulguée, il est
obligatoire de la respecter. Mais cette rdd connaît des degrés dans l’obligation. Cette distinction n’affaiblit en rien la règle mais en limite la contrainte. Il
existe trois types de règles :
- règl impérativ: règl auxquelles on ne peut déroger par d convent° particulières parce qu’elles protègt l’intérêt gal.
- règl interprétativ : règles qui viennent préciser le sens d’une règle obscure à laquelle il va être possible de déroger
- règl supplétiv de volonté qui ne s’appliq que si la pers bénéficiaire n’a pas exprimé de volonté contraire expresse.

2. La sanction étatique de la règle de Droit

Ne pas confondre droit civil et droit pénal ! le droit pénal est la sanction du justiciable vis à vis de la société. le droit civil n’édicte pas de menaces claires.
La rdd seule assortie à une sanction peut assurer l’observation voire la punition de la méconnaissance. Il existe pour cela un arsenal de sanctions dont la
diversité varie selon la nature et la gravité des faits. trois objectifs : l’exécution, la réparation, la punition.

a. La sanction exécution

Sanction inhérente au caractère obligatoire de la rdd c a d que toute rdd doit être exécuter. Plusieurs types de solution à la sanction exécution :
- la sanction exécution à titre préventif : deux sortes : les oppositions à mariage (permettent de différer une opération juridique tant que la situation reste
illégale) et les saisies conservatoires (permet de geler juridiquement certains biens meubles au cas où la situation du débiteur ne rentrerait pas dans l’ordre).
- la saisie exécution dans laquelle l’huissier vient procéder à l’enlèvement des biens saisis et l’astreinte (paiement d’intérêts à chaque jour de retard). Ils
remplacent la contrainte par corps.
- le recours à la force publique avec l’intervention manu militari.

b. La sanction réparation

Il n’existe que 2 sources d’obligat°: soit parce qu’on l’a voulu (contrat) parce qu’on y est obligé (responsabilité).
La sanct° d’un acte juridiq peut être de deux sorte : la 1ère est l’annulat° de l’acte, la 2nd est la réparat° par équivalent c a d l’octroi de l’attribut° de
dommag et intérêts (D.I.). Acte juridiq (volonté de s’obliger) ≠ fait juridiq (dénué de volonté).
la sanction d’un fait juridique est la responsabilité civile délictuelle. La victime d’un dommage doit apporter la preuve de trois choses dans la
responsabilité. Il faut d’abord prouver un fait générateur, puis prouver un dommage ou un préjudice et enfin prouver un lien de cause à effet entre les deux.

c. La sanction punition.
Elle relève du dt pénal. Il existe une échelle des peines : la contravent° (perte de pts et suppression du permis de conduire par ex), au dessus les délits
(amendes ou peines de prison) puis les crimes (réclusion perpétuelle, existe aussi avec des peines de sûreté incompressibles). Mais remise en cause par la
Doctrine (auteurs réfléchissant sur le Droit). Emerge un nouveau droit - coercitif au niveau communautaire notamment : le droit vert ou la soft law.

B. Le fondement de la règle de Droit : Relève de la philosophie et moins du Droit : les positivistes et les naturalistes

1. Les doctrines du Droit naturel

il existe un droit immuable et universel dont le droit objectif doit s’inspirer comme principe supérieur de justice. Selon Calvin, la désobéissance aux lois
injustes est un devoir.

a. Le droit naturel religieux

Auteurs : Platon, Cicéron, Stoïciens… : atteinte du juste par l’observation de la Nature.


Aristote : deux justices : la justice commutative (stricte égalité) ou distributive (méritocratie).
saint Thomas d’Aquin : trois types de lois existent : la loi humaine, au dessus la loi naturelle (par la raison) puis la loi divine (révélée aux hommes par
Dieu). « si une loi est contraire au droit positif, il faut se soumettre, par contre si la loi humaine est contraire à la loi divine, il faut se rebeller ». « Il vaut
mieux une injustice qu’un désordre ».

b. Le droit naturel laïc

Il s’est développé au 17éme avec Grotius : Droit naturel se découvre non pas par l’observation de la Nature mais par la raison humaine. Même constat avec
Rousseau le contrat social, et aux EUA, inspirés par cette théorie. Détracteurs sont notamment Voltaire qui doute du caractère immuable et universel de la
règle de droit naturel.

2. Les doctrines positivistes

a. Le positivisme étatique

Le droit ne se justifie que par le fait qu’il est engendré par l’état. « Ainsi la loi fut elle injuste doit être respectée parce qu’elle est loi ». Dura lex, sed lex
(la loi est peut-être dure mais c’est la loi). Montaigne a écrit « la loi se maintient non pas parce qu’elle est juste mais parce qu’elle est loi ». Hegel a écrit
« tt ce qui est juridiq est étatiq et tt ce qui est étatiq est juridiq ». L’Etat par la constitution représente la norme supérieure, on dit aussi la norme d’origine.

b. Le positivisme sociologique

Il repose sur le fait de société. deux auteurs : Durkheim qui met en évidence une sorte de conscience collective qui justifierait le Droit. L’autre auteur est le
doyen Duguit parle plutôt d’un droit produit de la masse des consciences individuelles qui est le résultat d’un jugement de valeur qui est porté sur la règle.

c. Le marxisme

Droit est le produit de la lutte des classes et ainsi est le produit d’une société à un moment donné. Il est amené à disparaître avec l’avènement du
communisme puis du socialisme. Il doit être soutenu par la majorité du corps social et cette volonté est conditionné par le respect des valeurs
fondamentales de l’homme. Le droit n’est pas qu’un conflit il est aussi jugement de valeurs sur la règle s’appuyant sur des valeurs du droit naturel.

Chapitre 2 : La spécialisation des règles de Droits


I. la distinction Droit public / Droit privée

A. Les critères

Droit privée prend en compte les particuliers et recherche la satisfaction des particuliers privés. Le droit public organise l’état et les collectivités publiques
tout en recherchant la satisfaction de l’intérêt général. La différence décisive est le recours à la puissance publique que seul le droit public utilise.

B. la remise en cause

Les deux branches du Doit coopèrent. On peut seulement dire que le Droit public organise l’Etat et les collectivités locale, l’Etat représentant la puissance
publique tandis que le droit privé se préoccupe prioritairement des intérêts particuliers des individus.

II. les subdivisions du Droit

A. les subdivisions du droit public

1. le droit constitutionnel
Il traite de l’organisation de l’Etat tant sur un plan politique qu’institutionnel ainsi que du fonctionnement de l’Etat, ces questions relèvent en France des
lois constitutionnelles qui s’attachent à la Constitution.

2. le droit administratif
Il concerne toutes les règles régissant l’Administration et les services publics aussi bien en ce qui concerne leur organisation et de leurs moyens d’action.
Existences d’autres matières devenues autonomes : droit financier…
3. le droit international public
Ce Droit traite des rapports entre Etats et régit les diverses organisations internationales.

B. Les subdivisions du Droit privé

1. la branche internationale du droit privé


Ce droit organise les relations entre particuliers de nationalités différente . C’est ce droit qui détermine la juridiction compétente en cas de litige mais aussi
traite des questions de nationalités et de conditions des étrangers en France.

2. La branche interne du droit privé

a. Le Droit civil

C’est le droit applicable aux pers physiq ou morales et qui détermine leur situation (âge, sexe, profession, nationalité…) et leur obligation (droits
matrimoniaux, à la propriété).

b. Le droit commercial ou droit des affaires

Appelé également droit économique il est le droit qui réglemente l’acte de commerce et touche au commerçants. Le code de commerce date de 1804. Des
matières sont devenues autonomes : droit rural (régime de l’exploitation agricole), droit des assurances, droit de la propriété industrielle et intellectuelle…

C. les droits mixtes

tout droit combinant les deux sphères de droit mais en allant plus vers le privé.

1. le droit pénal

le droit pénal est l’ensemble des règles juridiques organisant la réaction de l’Etat vis à vis des infractions et des délinquants. Il peut être aussi un droit
d’amendement (ré éducation, réinsertion).

2. le droit social

Il regroupe le droit du Travail et le droit de la sécurité sociale. Le droit du Travail fixe les conditions de Travail des salariés (contrat de travail) à la fois sur
le plan individuel mais aussi au niveau collectif (l’organisation des syndicats) mais aussi il s’occupe de la vie dans l’entreprise.

3. Le droit judiciaire ou procédural ou processuel ou La procédure

Cette matière détermine la compétence des juridictions ainsi que le déroulement de tout procès. La procédure peut être civile, pénale ou administrative. Ce
sont les partis qui ont la maîtrise de la procédure au civil et également en matière administrative.

4. Le droit communautaire

Le droit communautaire s’intéresse toujours à l’Etat et au particulier.

III. Les sciences auxiliaires du droit

A. Les disciplines traditionnelles auxiliaires du Droit

1. L’histoire du droit

Histoire est un élèment essentielle pour la compréhension notamment pour expériences et de constatations qui ont perdurés tout au long des siècles.

2. L’anthropologie et l’ethnologie juridique

L’ethnologie s’intéresse aux peuples en recherchant les règles et institutions qui existaient dans les sociétés archaïques.

3. la sociologie juridique ou du droit

la sociologie juridique apporte au Droit une analyse de tout les phénomènes juridiques qu’il considère comme des faits sociaux.

B. les disciplines auxiliaires contemporaines du Droit

1. Le droit comparé
il s’agit de comparer des règles écrites ou orales et se rattachant à des sociétés juridiquement différentes. Il permet de mieux comprendre le droit national et
d’avoir une meilleure capacité à le faire évoluer.

2. L’économie politique
étude de tout les phénomènes concernant la production, la circulation, la distribution, la répartition des richesses et des biens, et enfin leur consommation

3. L’informatique juridique
technique ou d’un langage permettant sur le plan documentaire une mise en mémoire des données.
Chapitre 3 : les sources historiques du droit

I. L’évolution antérieure au Code civil

A. L’ancien Droit

1. les sources

Il existe différentes sources : la division de la France au XIIéme siècle (Au nord de la ligne allant de Genève à la Charente, zone de
coutume et langue d’Oïl. Au sud, zone de droit romain et d’Oc),le droit canonique, les ordonnances royales, la doctrine (commentaire de
jurisconsultes), la jurisprudence des parlements (qui jugeaient et légiféraient).

2. L’esprit de l’ancien droit

L’ancien droit traduit un pouvoir absolu de droit divin. Trois principes dominent ce droit.
- Il existe une grande hiérarchie dans la famille et dans la société.
- Prédominance de la fortune immobilière.
- Une liberté des conventions en matière d’obligation

B. le droit intermédiaire

révolution réalise l’unité politique de la France avec la fin des privilèges (droit d’aînesse, privilège de la masculinité…) et l’égalité.
Cambacérès chargé d’élaborer un projet de loi échoue car trop philosophique et conservateur. Mariage et état des personnes deviennent
laïcs.

II. Le code civil

Depuis la révolution, le droit francais est essentiellement législatif c a d qu’il vient d’une codification.

A. l’élaboration du code civil

NB fait appel en 1800 à une commission de quatre membres de zones et idées politiques différentes pour l’élaboration d’un code. Comme
Adepte du droit écrit, c’est Portalis et Maleville (sud) et comme adepte de droit coutumier tronchet et Bigot de Préameneu. Le 21 mars
1804, il promulgue 36 lois sous le titre de « code civil des Français », abrogeant ainsi toutes les dispositions de l’ancien régime

B. Les caractères du code civil

Trois caractères : œuvre très technique c a d œuvre de praticiens du droit, œuvre laïque, très individualiste (égalité pour enfants légitimes
seuls, contrats plus libérés).

III. L’évolution contemporaine du Code civil

A. La période de stabilité (1804-1880)

Une seule réforme (suppression du divorce en 1816), code reprend la mentalité sociale (conservatisme) et économique (libéralisme) de
l’époque. Code très technique sur la forme. Son interprétation repose sur la méthode de l’exégèse de l’époque « la loi, rien que la loi dans
l’esprit et dans la lettre ».

B. la crise du code civil

1. les défauts du code civil

- la France qui était rurale s’est industrialisée, or à l’époque seuls deux articles font référence vaguement au contrat de Travail.
- la propriété mobilière parfois à autant de valeur que la propriété immobilière or le code civil privilégie les immeubles.
- La supériorité du père de famille ne résiste pas à l’évolution des mœurs.

2. Les réformes législatives

Il y a remise en cause de la méthode de l’exégèse. Elaboration rapide d’un droit du travail en 1936 avec les congés payés, évolution sur le
plan familial (le père et la mère sont égaux), juristes peuvent désormais s’appuyer sur Histoire, sociologie ou équité pour interpréter la Rdd
(grâce à étude du prof Gény).

B. le renouveau du Code civil depuis 1945


en 1945, une commission de révision du code civil est créée mais c’est un échec. Toutefois grâce au doyen Carbonnier plusieurs pans du
Code civil ont été révisés dans certains domaines :
- les incapables mineurs
- les régimes matrimoniaux (comment gérer les biens une fois marié)
- l’adoption
- les incapables majeurs (réformée en 2008)
- l’autorité parentale (4 juillet 1970, les deux parents ont vocation à s’occuper des enfants)
- l’égalité des enfants
- le divorce (1975 et réformée en 2007)
- L’absence : pendant 10ans après la disparition d’une personne, celle-ci est déclarée morte et ses biens autrefois intouchables,
deviennent touchables. Si la personne revient après les 10 ans (cas à Bayonne), problème de la « résurrection », la personne doit se
« refaire » un Etat civil.
On dit que le droit civil a accomplit sa révolution tranquille.
Les trois faits qui expliquent cette révolution tranquille :
- Tout d’abord le Droit privé tente de se désengager : veut donner plus de libertés
- La proposition par le droit de modèles : le PACS par exemple
- Le pouvoir modérateur du juge s’accroît : c a d que notamment en cas de crise, le juge peut recourir à un allégement de peine et peut
essayer de trouver des solutions d’équité.
Le plus grand succès ou progrès du code civil et du droit reste dans sa défense des droits et Libertés fondamentaux de l’homme c a d que
l’homme est le centre des préoccupation du droit.
Chapitre 4 : Les sources contemporaines du Droit

Intro : depuis révolution, droit français est législatif c a d légaliste, principalement écrit. Mais existence d’autres sources du droit, coutume,
doctrine, jurisprudence.

I. la loi écrite

A. l’existence de la règle de Droit

1. L’élaboration de la règle de Droit

Plusieurs étapes dans l’élaboration de la loi.


- vote de la loi ; si initiative parlementaire : proposition de loi, si initiative gouvernementale : projet de loi. Qu’elle que soit la teneur du
texte, il doit être accepté dans les mêmes termes par les deux assemblées « navette parlementaire ». en cas de désaccord, le gouvernement
peut décider de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale.
- promulgation par le président de la république qui prend un décret dans les 15 jours suivant le vote. Il peut aussi demander au parlement
une nouvelle lecture de la loi.
- mise en vigueur de la loi par la publication du texte au journal officiel
Depuis 2004, loi applicable dès le lendemain de sa publication c a d elle prend son caractère obligatoire (rf adage) mais cela est une
présomption simple, elle n’est pas irréfragable (impossible à détruire) et ainsi il est possible de soulever l’exception d’ignorance. Trois cas
où l’exception d’ignorance est valable :
- si contravention dans un délais de trois jours franc à dater de la mise en vigueur de la loi : loi nouvelle donc peut encore être jugée comme
méconnue.
- tout erreur de droit effectué sans le savoir (ex : téléphone en voiture pour un étranger en Fr)
- en cas de complicité si le complice a tout fait pour cacher la connaissance du droit à l’autre.

2. l’abrogation de la règle de droit

abrogation = disparition de la loi


deux types d’abolitions : l’abolition expresse contenue dans un texte formel qui fixe la portée de cette abolition. L’abolition
tacite découlant de l’incompatibilité entre une loi nouvelle et une loi obsolète. La désuétude de la loi n’est pas reconnu dans la Constitution
malgré qu’une loi ancienne ne soit plus appliquée.

B. Le domaine d’application de la loi

1. l’application de la loi dans l’espace

a. le principe de territorialité de la loi

d’après l’article 3 du code civil, la loi française s’applique à tout individu présent sur le sol français c a d en métropole, dans les DOM
(Guadeloupe, Martinique, Guyane et réunion), dans les TOM (Polynésie française, Nouvelle-calédonie, Les terres Australes et Antarctique
française, l’archipel de Wallis et Futuna) et les collectivités territoriales (Saint Pierre et Miquelon et Mayotte  parfois certaines
adaptations sont faites comme en Alsace Lorraine. Dans les TOM et CT, les lois de la Métropole ne s’appliquent qu’après décision,
promulgation et publication spécifique (règle de spécialité de la législation).

b. le principe de personnalité de la loi

la loi française s’appliquent à tout les Français même hors de France si elles concerne l’Etat civil et la capacité des personnes (alinéa 3).

2. l’application de la loi dans le temps

a. la position des problèmes concernant les conflits de lois dans le temps ( trois parties)

♥Les modalités envisageables d’application d’une loi dans le temps


3 possibilités :
- application de la loi nouvelle à toutes les situations même celles qui sont antérieures à sa publication c a d la rétroactivité de la loi
nouvelle.
- application de la loi nouvelle à toutes les situations à venir, la norme ancienne restant valables pour toutes les situations passées c a d
l’effet immédiat de la loi nouvelle
- non-application du moins temporaire de la loi nouvelle même pour les situations à venir c a d la survie de la loi ancienne

♥la réponse du code civil


article 2 « la loi ne dispose que pour l’avenir, et n’a point d’effet rétroactif ». ainsi pas de problème dans l’application de cette article dans
deux cas :
- situation nait après la loi nouvelle, celle-ci s’applique sans conteste.
- lorsqu’une situation juridique a épuisé tout ses effets avant l’apparition de la loi nouvelle, c’est la loi ancienne qui s’appliquera car la loi
nouvelle ne peut s’appliquer sans rétroagir.
Difficultés si une situation juridique née avant la loi nouvelle continue à produire des effets après publication de cette loi nouvelle.
Législateur tente de remédier par lois transitoires et ensuite fait appel à des règles de conflits.

♥les théories proposées pour interpréter le code civil


Doctrine mise en œuvre au XIXéme siècle fait distinction entre droits acquis (ceux qui sont d’ores et déjà entrés dans le patrimoine) et
simple expectatives (simples espérances pour le particulier). D’après cette théorie, loi nouvelle peut porter atteinte aux simples espérances
mais pas aux droits acquis.
Mais situation jugée trop conservatrice , la jurisprudence élabore un autre système avec le doyen Roubier, il distingue : les situations
légales (statutaires) dont le traitement vient de la loi et Les situations contractuelles qui sont fondées sur la volonté des particuliers. Ensuite
il fait distinction en trois temps : création d’une situation juridique, situation en cours et abrogation.

b. les principes de solution : l’interprétation de l’article 2

♥ le principe de non rétro-activité : caractéristique des mécanismes qui prennent effet au jour de leur constitution et qui n’ont pas d’effet
pour le passé.

♥ l’effet immédiat de la loi nouvelle. Il se déduit du principe de non rétro-activité :


- la loi nouvelle s’applique aux conditions de création ou d’extinction d’une situation née au lendemain de sa parution.
- la loi nouvelle s’applique aux effets futurs de situations juridiques constituées avant son entrée en vigueur. Principe pour des situations
ayant une origine légale, les lois ont donc un régime légal unique.

♥ les exceptions aux solutions de principe. Les exceptions à la non rétroactivité :


- Législateur peut édicter des lois expressément rétroactive
- Les lois interprétatives qui ne comportent logiquement aucune disposition nouvelle et qui ont pour but de préciser le sens d’une loi
antérieure vont rétroagir à la date d’entrée en vigueur du texte interprété.
- Si une loi pénal nouvelle passe et si la sanction qu’elle impose est plus forte, les cas antérieures auxquels la loi fait référence gardent
leur peine d’avant. En revanche, si la peine est plus douce, les cas antérieures ont droit à un assouplissement de peine en vertu du
principe de rétroactivité de la loi nouvelle.

♥ L’exception à l’effet immédiat : c’est le cas pour les situations contractuelles, effets du contrat demeurent régis par la loi du moment où
le contrat a été passé.

♥ l’exception à l’exception : quand loi est d’ordre public en matière contractuelle, elle s’applique directement.

II. la jurisprudence

A. l’organisation juridictionnelle
existence de deux types de juridictions, civiles et pénales. Ordre juridictionnel repose à la fois sur juridictions proprement dites mais aussi
sur personnel judiciaire.

1. Les juridictions de l’ordre judiciaire


Interviennent au civil et au pénal. Juridictions pénales tranchent contentieux entre individu et société, juridictions civiles tranchent
contentieux d’ordre privé. Chaque juridiction a des compétences c a d l’aptitude à connaître, instruire ou juger une affaire. Il y a deux types
de compétences :
- les compétences matérielles, RATIONAE MATERIAE (quelle juridiction).
- Les compétences territoriales, RATIONAE LOCI : selon l’article 42 du code de Procédure civile, juridiction territorialement
compétente est celle du lieu où vit le défendeur. En matière immobilière, lieu de situation de l’immeuble. En matière successorale, lieu du
dernier domicile du défunt. En matière de délai correctionnel, lieu de résidence du prévenu ou lieu d’arrestation ou de détention. En matière
de terrorisme, compétence concurrente des juridictions parisiennes.
2 degrés de juridiction + cour de cassation.

a. les juridictions du premier degré


 juridiction de droit commun et juridiction d’exception.

♥ les juridictions judiciaires de droit commun

TGI : seule juridiction de droit commun en 1ére instance.


TI, juge de proximité : compétences très proches entre elles.
Elles ont une compétence générale en matière civile, concurrente avec les autres et une compétence spéciale non partagée.
Critère de répartition suivant le taux de ressort fixé à 4000euros :
Moins de 4000€ : juge de proximité ; de 4000€ et un centime à 10 000€ : TI ; plus de 10 000€ : TGI .
Moins de 4000€ : pas d’appel mais possibilité de pourvoi en cassation.
A partir de 4000€ : possibilité d’appel et de pourvoi en cassation.

Le TGI au civil.
C’est une juridiction collégiale formée de 3 juges qui siégent publiquement.
Compétences : - si pas de tribunal de commerce, TGI peut statuer
- comporte un JAF
- compote un juge des tensions et des libertés
- comporte un juge délégué aux victimes
TGI a deux types de compétences matérielles quel que soit le montant de la demande : Etat et capacité des personnes, propriété
immobilière, brevets et propriétés intellectuelles, fiscalité indirecte.
Compétence générale et résiduelle pour tout litige de moins de 10 000€. Si demande de moins de 4000€ pas d’appel, si demande supérieure
à 4000€, appel possible et aussi pourvoi en cassation.

Le TGI au pénal.
En matière pénale, distinction entre juridictions de jugement et juridictions d’instruction. 3 degrés d’infractions pénales : contraventions,
délits, crimes.
Juridiction de jugement est le tribunal correctionnel qui juge les délits.
Juridiction d’instruction est obligatoire en matière de crimes, facultatives en matière de délits et rares en matière de contravention. Si
charge évidente : affaire directement portée devant juridiction de jugement.
Procureur de la République va présenter réquisitoire introductif d’instance et ainsi déclencher l’action publique.
Juge instruction instruit à charge et à décharge
Parmi les juridictions d’instruction, juge des libertés et de la détention, Juge d’application des peines…

♥ les juridictions d’exceptions

TI : statue en juge unique, remplace juge de paix. Compétence générale et résiduelle au delà de 4000€. Compétences spéciales pour
pensions alimentaires, PACS, litiges relatifs à la consommation. Compétences non contentieuses, il est juge des tutelles, reçoit le serment
des experts assermentés, litiges relatifs à l’habitation. Au pénal, TI est tribunal de police.
tribunaux de commerce : compétents dans trois domaines : engagement entre commerçants et établissements de crédit, les sociétés
commerciales, les litiges relatifs à des actes de commerce. Juridiction collégiale formée de commerçants élus pour 4 ans par leurs pairs.
Demande de moins de 4000€, pas d’appel, possibilité de pourvoi en cassation. Plus de 4000€, appel et pourvoi.
le conseil des Prud’hommes : un par département depuis 1979. compétence pour régler par voie de conciliation obligatoire et de jugement
en cas d’échec tout les litiges individuels entre employeurs et salariés procédant d’un contrat de travail ou d’apprentissage. Moins de
4000€, pas d’appel mais pourvoi, plus de 4000€, appel et pourvoi. Conseil divisé en 5 divisions autonomes : encadrement, industrie,
commerce, agriculture, activités diverses.
Tribunaux des baux ruraux : statuent sur litiges entre preneurs de bail et bailleurs (proprios de fonds ruraux). Tribunal constitué de deux
assesseurs représentant les bailleurs et de deux autres représentant les preneurs, présidé par la président du TI, toujours situé prés de
chaque TI. Moins de 4000€ sans appel, plus de 4000€ avec appel.
juridictions de sécurité sociale : pour affaires de moins de 4000€, c’est le TAS (tribunal des affaires sociales), pour affaire de plus de
4000€, juridiction compétente est la chambre sociale de la cour d’appel. Présidés par le président du TI assisté d’un représentant des
salariés, un des employeurs et un des travailleurs. Pour contentieux médical, commissions régionales statuant auprès de la DRASS
(direction régionales des affaires sanitaires et sociales).

♥ les juridictions spécialisées de l’ordre judiciaires

la haute cour de Justice (1) et la cour de Justice de la république (2) : (1) statue en cas de haute trahison du président de la république, 24
membres titulaires élus. (2) créée en 1993, juger les membres du gouvernements auteurs de délits ou de crimes dans exercice de leurs
fonctions.
juridictions propres à la délinquance des mineurs :
- juge des enfants : venant du TGI, instruit et juge à la fois
- tribunal des enfants : présidé par le juge des enfants, compétent pour contraventions et délits commis par mineurs de moins de 18 ans
et crimes commis par mineurs de moins de 16 ans.
- Cour d’assise des mineurs : s’occupe des crimes commis par les mineurs de 16 à 18 ans.
les juridictions militaires : siégent en tant de guerre. en temps de pais, litiges impliquant des militaires sont confiés désormais aux
juridictions judiciaires.

b. les cours d’appel


juge en droit et en fait. On peut le saisir après un mois à partir de la signification du jugement de premier degré. 35 en métropole et 3 en
outremer. Conseillers sont des magistrats de carrière et les cours d’appel comporte chambre spécialisées.
Au civil : second degré pour toutes décisions rendues en premier degré sauf contentieux de sécurité sociale
Au pénal : on trouve trois juridictions d’appel :
- la chambre d’instruction : contre ordonnances rendues par juge d’instruction
- la chambre des appels correctionnels : contre les jugements des tribunaux de police (contraventions) et correctionnels (délits).
- Cour d’assise des majeurs qui intervient pour juger des crimes et dont les décisions peuvent être passible d’appel depuis 2001.

c. la cour de cassation
elle ne constitue pas un troisième degré de juridiction et elle assure l’unité de la Jurisprudence. Elle juge en droit et non pas en faits (acquis
pour elle). Sert à sanctionner la non-conformité de toute décision à la loi.

 sa composition :
6 chambres, 5 civiles et 1 criminelle. Les trois premières sont purement civiles, la quatrième commerciale et financière, la cinquième est la
chambre sociale.
Elle es présidée par le président de la cour de cassation et par le président de chaque chambre. 89 conseillers, 66 référendaires,11 magistrats
en surnombre. Le parquet est dirigé par un procureur général assisté d’un premier avocat général, 27 avocats généraux, 2 substituts chargés
du secrétariat, 12 auditeurs de justice plus un greffe de la cour de cassation et un barreau spécifique.
Délai du pourvoi : n’est pas suspensif sauf en matière de divorce ou de condamnation pénale. Au civil = 2 mois. Au pénal = 5 jours.
cas de cassation :
- irrégularité de la composition du tribunal
- incompétence ou excés de pouvoir
- défaut de motivation
- non réponse à la conclusion des partis
- violation de la loi
Comporte des formations ordinaires et des formations plus exceptionnelles :
- formation ordinaire :

 mécanisme du pourvoi en cassation


mécanisme permettant à la cour d’exercer son contrôle sur les décisions de fond rendues en dernier ressort.
Selon l’article 604 du code de Procédure civile, son objet est la censure de la non-conformité aux règles de droit de tout jugement.
2 types d’arrêts rendus :
- un arrêt de rejet : le pourvoi en cassation est alors rejeté car décision de la cour d’appel conforme au droit, fin du procès.
- Un arrêt de cassation : le pourvoi est admis et l’affaire est renvoyée devant une juridiction de même nature et de même degré que
celle dont la décision a déjà été cassé ou la même mais avec une formation différente. Juridiction reprend l’affaire et soit elle
s’incline et l’affaire est terminée soit elle résiste à la cour de cassation. Il y a un second pourvoi qui aboutit devant l’assemblée
plénière de la cour de cassation. Dés lors, 3 solutions :
(1) cour rejette pourvoi, affaire terminée c’est le revirement de la Jurisprudence
(2) cour casse sans renvoi, impossible au pénal. Possible autrement si la cassation intervient pour le même motif qu’au
premier pourvoi.
(3) Casse avec renvoi : renvoi de l’affaire devant juridiction de même nature et de même degré que celle dont la
décision a été cassée ou la même avec une formation différente. Juridiction de renvoi peut revenir sur faits mais
pas au niveau du droit.

2. le personnel judiciaire
les magistrats (a) et les auxiliaires de la justice (b).

a. les magistrats
nommés par l’Etat, plus indépendant que les autres fonctionnaires. Il existe deux types de recrutement, le recrutement direct et le
recrutement latéral pour pallier à la faiblesse des effectifs (pour 7 ans, assistants de justice formation juridique de 4 ans). Interdits de
cumuls.

 les magistrats du siége


Juges, inamovible, qui rendent une décision conformément à la loi et au nom du peuple français.

 les magistrats du parquet


ne jugent pas mais veillent au respect des lois en défendant l’intérêt de la société. monopole de l’action publique, partie jointe au civil,
amovibles, soumis au garde des sceaux.

 le conseil supérieur de la magistrature


16 membres. Propose les nomination pour magistrat du siége assurant une présidence( TGI, cour d’appel…). Les autres magistrats du siége
ne font objet que d’un seul avis conforme.
Pour les magistrats du Parquet, objet d’un avis pour nomination sauf ceux nommés en conseil des ministres.
En matière disciplinaire, ministre de la J doit transmettre aux magistrats et chefs de cour une liste des actions condamnant l’Etat concernant
les actions en J objets de révision. Par ailleurs gvt doit présenter chef du gvt bilan actions engagées contre Etat pour mauvaise
administration de la J.

b. les auxiliaires de Justice


2 types d’auxiliaires de Justice

 les auxiliaires du Juge


- les greffiers : soit fonctionnaires, soit officiers ministériel. Assiste magistrats à l’audience, donne authenticité aux actes du juge, assiste
aux audiences, dépositaire des archives.
- Experts et enquêteurs sociaux : certains ont déjà un métier et servent occasionnellement, d’autres demandent l’assermentation auprès
de juridictions. Eclairent tribunaux sur certains aspects techniques.
- Au pénal, la police judiciaire (police, personnel pénitentiaire, gendarmerie, maire). Maire = OPJ officier de police judiciaire.
- Les administrateurs judiciaires : nommés par juge, gèrent patrimoine des particuliers.
- Mandataire liquidateurs en cas de faillite d’une entreprise
- Experts en généalogie.

 les auxiliaires des plaideurs


- officier ministériels titulaires d’une charge, avocats de la cour de cassation, avocats du conseil d’Etat. Ils rédigent certains actes de
procédure signifie tout les actes et procèdent à l’exécution des jugements.
- L’avocat : assiste, défend, représente client, effectue actes de procédure. Présence non obligatoire devant les juridictions d’exception
(TI). A rôle de conseil car remplace le conseiller juridique.

B. le pouvoir juridictionnel
Jurisprudence, LATO SENSU, ensemble des décisions rendues par toutes les juridictions en France
STRICTO SENSU, solution habituellement et généralement donnée à une question de droit quoique non obligatoire.
Article 4 et 5 du code civil traite des limites de la Jurisprudence.

1. le rôle du juge
selon article 4 du code civil « le juge qui refusera de juger sous prétexte de silence, obscurité ou insuffisance de la loi pourra être poursuivi
comme coupable de déni de Justice », ainsi juge a obligation de statuer dès qu’il est saisi. Les juges édictent des actes juridictionnels c a d
que leur décisions ont un aspect juridique.

a. le rôle du juge dans l’application du droit


Juge doit définir quelle loi abstraite définit bien la situation concrète qu’il doit traiter. Ensuite il applique la loi au cas en présence. L’article
12 du code de Procédure civil énonce que le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui son applicable. Si règle claire :
pas de rôle créateur. Rôle commence quand il doit interpréter la loi.

b. le rôle du juge dans l’interprétation du droit


si loi insuffisante ou obscure, juge doit l’interpréter notamment quand il faudra l’appliquer à un cas concret non prévu. De même, juge
intervient si le besoin est de donner une interprétation plus claire ou plus étendue à un texte imprécis ou incomplet. Problématique est de
savoir si la jurisprudence peut créer du droit ex nihilo.

c. le rôle du juge dans le complément du droit


Juge obligé interpréter les creux de la loi par des notions cadres comme les bonnes mœurs, l’ordre public… peut aussi adapter la règle.

2. les limites au pouvoir juridictionnel du juge

a. les principes de séparation des pouvoirs et d’autorité relative de la chose jugée


selon l’article 5, juge ne peut se prononcer par voir de disposition générale et réglementaire sur les causes qui lui sont soumises. Désormais
décision de justice ne vaut que pour un cas unique. De même jugement n’a de valeur qu’entre les personnes ayant été parties au procès.

b. la formation de la jurisprudence

 la répétition
c’est la reprise des motifs déterminants de la décision. Ainsi, si difficulté, juge recherche les précédents judiciaire c a d interprétation déjà
donné par d’autres juridictions sur la même question de droit. Réflexe d’imitation plus que d’obligation.

 la hiérarchie judiciaire
tout les précédents n’ont pas la même valeur. Hiérarchie judiciaire conditionnée par double degré de juridiction et par les deux voies de
recours : appel, cassation. Cassation prédomine sur autres juridictions, ses deux formations assure unité jurisprudence (chambre mixte et
assemblée plénière).
c. les limites techniques inhérentes à la jurisprudence
Jurisprudence :
- changeante c a d existence de revirements donc moins sure que la loi.
- jurisprudence ne produit pas de données chiffrés à la différence de la loi (%)
- lente et tributaire des voies de recours
- mauvaise qualité rédactionnelle des arrêts

C. Les méthodes d’interprétation du droit

1. le syllogisme juridique
 Tout les hommes sont mortels / Or Socrate est un homme / donc Socrate est mortal.
Deux types de syllogisme :
- inductif c a d partir des faits pour remonter vers la règle de droit.
- Déductifs de la règle (majeure) pour descendre vers les faits (mineure)

2. le recours aux arguments juridiques


Il y en a trois :
- le raisonnement par analogie ou A PARI : situations similaires passibles de mêmes sanctions.
- Le raisonnement à fortiori : si motifs pour appliquer une règle de droit se trouve renforcer dans les faits, la règle sera appliquée.
- Le raisonnement A CONTRARIO : régle appliquée selon les spécification du texte, raisonnement restrictif appliqué en matière
pénale.
Autres arguments : retour à l’équité, aux présomptions, au raisonnement par l’absurde, aux maximes d’interprétation.

III. La coutume

A. définition et caractères
un usage doit présenter deux conditions pour être considérer comme une coutume : il doit avoir un élèment matériel et un élèment
psychologique.
Elèment matériel : usage doit avoir quatre qualités :
- l’usage doit être ancien, on dit immémorial
- l’usage doit être constant c a d qu’il doit présenter un contenu identique
- l’usage doit être notoire c a d connu de tous mais de tous dans le sens ceux qu’il intéresse.
- L’usage doit être général c a d que tout ceux qu’il concerne s’y soumettent.
L’élément psychologique = l’expression OPINIO SUIS NECESSITATIS ( sentiment de sa nécessité) c a d que le personne qui suit cette
usage doit avoir la conviction d’agir en vertu d’une règle qui s’impose comme telle quoique non exprimée (ex étrennes, pourboire).

B. le rôle actuel de la coutume


deux types d’usages

1. les usages dépendants de la loi : la coutume seconde loi ou SECUNDUM LEGEM


la délégation peut être de deux natures : directe ou indirecte. le législateur peut se référer à la coutume pour statuer. il y a délégation directe
quand elle se fait en dehors de toutes volontés. Il fait alors référence à des notions cadres telles que ordre public, bonnes mœurs… la
délégation indirecte est de deux sortes : usages supplétifs de la vlonté des parties, contrats type et la réglementation prof par usage.

2. les usages règle de droit autonome

a. la coutume PRAETER LEGEM


en cas de lacune de la loi, la coutume supplée celle-ci.

b. la coutume CONTRA LEGEM


dans ce cas il y a contrariété entre la loi et la coutume. La loi nouvelle peut abroger la coutume qui lui est contraire mais certaines coutumes
résistent.

C. la preuve de la coutume et sa reconnaissance par la Jurisprudence


certaines coutumes notamment en matière commerciale ont a être prouvé par les justiciables. Existence de certificats de coutumes : les
parères. La cour de cassation contrôle si la non-application ou l’application de la coutume constitue une violation de loi. Jurisprudence
consacre coutume en favorisant sa constitution mais aussi les maximes coutumières.

IV. La doctrine

A. La définition de la doctrine
Ensemble des opinions publiées par les théoriciens et les praticiens du droit. Désigne l’analyse, l’ensemble des travaux relatifs au droit et
les auteurs qui écrivent sur le droit.
B. le rôle de la Doctrine
rôle incontestable, influence le droit par sa critique. Permet clarification du droit, dégager de nouvelles solutions innovantes. Elle est en
perte de vitesse à cause enseignement de masse, informatique, inflation des travaux universitaires.

Partie 2 : les droits subjectifs

On appelle Droits Subjectifs les prérogatives ou pouvoirs accordés aux particuliers par le Droit Objectif. Ces droits font l'objet d'une
classification et de la preuve.

Chapitre 2 : La preuve des droits subjectifs

Section 1 : le régime de la preuve

I - l’objet de la preuve

A. Le rôle des parties


Selon l’article 9 du code de procédure civile, chaque partie doit présenter des faits pertinent et nécessaires qui démontrent qu’elle a
raison. Seront retenus un faisceau de présomptions graves, précises et concordantes. selon l’adage « à l’impossible nul n’est tenu ». Loi n’a
pas à être prouvé mais loi étrangère et coutume pourront l’être.

B. Le rôle du juge
Deux systèmes :
- système accusatoire : Juge est neutre, il arbitre sans intervenir dans la recherche de preuve, œuvre de chacune des parties.
- Système inquisitoire : juge intervient directement dans la recherche de preuves. C’est le système au pénal avec le Juge d’instruction.
 système français en réalité mixte, avec au pénal un système inquisitoire. D’après conception classique, civil gouverné par le système
accusatoire cependant son rôle dans les mesures d’instruction s’accroît. Selon l’article 11 du code de procédure civile les parties sont
tenues d’apporter leur concours aux mesures d’instruction sauf au juge à tirer toutes les conséquences d’une abstention ou d’un refus. Le
juge peut ordonner des mesures en référées et peut même ordonner des mesures pour l’avenir (in futurum).

II - la charge de la preuve

A. Le principe de la charge de la preuve


C’est l’article 1315-1 du code civil « celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver », c’est le demandeur qui doit fournir
la preuve car c’est lui qui réclame. L’article 1315-2 du code civil énonce que dans un second temps c’est le défendeur qui doit apporter la
preuve. règle justifiée par l’apparence car quand le défendeur présente sa preuve, le demandeur essaiera de la détruire. C’est le va-et-vient
de la charge de la preuve.

B. L’exception : les présomptions légales


Présomption est la conséquence que la loi (présomption légale) ou un magistrat (présomption de fait ou de l’homme) tire d’un fait connu à
un fait inconnu. Seules présomptions légales (présomption de paternité) constituent des dispenses de preuves. 2 types de présomptions
légales : les simples pouvant être combattue par preuve contraire et les irréfragables pour lesquelles la preuve du contraire n’est pas admise.

Section 2 : les modes de Preuves

I - Les différents procédés de preuves

A. l’obligation de la preuve écrite


loi du 13 mars 2000 adapte le droit de la preuve à la société de l’info. Avant, preuve écrite sur support papier avec signature manuscrite,
aujourd’hui signature peut être électronique.
L’article 1316 du code civil énonce qu’un écrit est une suite de lettres, de chiffres ou tout autre signe ou symbole dotés d’une signification
intelligible quelque soit le support et le mode de transmission. Signature électronique est sécurisé a trois conditions : propre au signataire,
effectuée par moyens que le signataire peut garder sous son contrôle exclusif, garantie avec l’acte auquel elle s’attache un lien tel que toute
modification ultérieure de l’acte soit détectable. Acte a double rôle : négocium (support d’un engagement) et instrumentum (preuve de
l’engagement).

1. les actes authentiques


selon l’article 1317, acte authentique est acte dressé par des officiers publics (huissiers, notaires, commissaires priseurs et officier d’Etat
civil) qui respecte une rédaction précise (mentions obligatoires…). Valeur probante très forte.
2. les actes sous seing privé
acte écrit établi par de simples particuliers (les parties de l’acte). Contraintes formelles réduites. Il n’y en a que deux. La première concerne
les actes synallagmatiques pour lesquels est exigé un double car obligation réciproques des parties. L’article 1325 du code civil exige qu’il
soit fait « autant d’originaux qu’il y a de parties ayant un intérêt distinct ». la seconde concerne les sous seing privé unilatéral (chèque),
nécessité de noter la somme en chiffre et en lettre, si désaccord, lettre l’emporte.
Les sous seing privé ont une valeur équivalente à condition d’être complets. Contenu fait foi jusqu’à preuve du contraire écrite. Date de
l’acte n’est pas opposable à l’autre partie si acte a acquis une date certaine (décès d’une des parties, enregistrement de l’acte chez notaire,
mention de l’acte sous seing privé dans autre acte authentique).

3. les écrits exceptionnellement admis


- les copies mais selon article 1304 du code civil concernant les copies ordinaires, original peut toujours être exigé. Selon article 1348,
certaines copies feront foi si elles sont la reproduction fidèle et durable de l’original ayant entraîné modification irréversible du support
(copies microfilm ou copies carbones).
- Les actes recognitifs (lettres journaux intimes, livres de compte, papiers domestiques) ayant valeur variable, juge décide de
l’appréciation ou non de ces preuves « imparfaites ».

B. les preuves non écrites

1. la preuve testimoniale
témoignage (déposition de personnes qui relatent les faits qu’elles ont constatées). Admission aussi de la commune renommée c a d le brut
d’une rumeur, mais seulement à titre de sanction.

2. les présomptions de faits ou de l’homme


conséquences que le magistrat tire d’un fait connu à un fait inconnu, juge exige faisceau présomptions graves, précises et concordantes.

3. l’aveu
reconnaissance défavorable d’un fait à son auteur. Deux types : aveu judiciaire, effectué à la barre du tribunal, preuve parfaite, indivisible et
irrévocable. Aveu extra-judiciaire, non effectué à la barre du tribunal.

4. le serment
affirmation solennelle et formelle d’un fait devant le tribunal. Deux sortes :
- serment décisoire : enjeu qui met fin au litige. Créancier n’ayant pas de preuve de son droit peut déférer le serment à son débiteur lui
demandant de jurer qu’il n’est pas débiteur. Si débiteur refuse, il perd. Débiteur peut déférer serment créancier. Si créancier jure, il
gagne sinon il perd car son refus considéré comme un aveu.
- Serment déféré d’office ou supplétoire permet au juge de compléter sa conviction en demandant à une des parties de jurer que la
preuve est authentique.

Paragraphe 2 : l’admissibilité des différents procédés de preuves

A. La preuve des actes juridiques : le système légal de preuves


Selon l’article 1341 du code civil, double exigence de l’écrit : preuve d’un acte juridique par écrit que s’il excède une somme ou valeur
supérieure à 1500€, inversement pour contester écrit supérieur à 1500€, nécessité d’un écrit.
1. le principe de la preuve par écrit
hypothèses selon lesquelles possible de prouver en ayant recours à preuves imparfaites

2. les limites et exceptions à la preuve par écrit

a. les limites à l’exigence de l’écrit


- conventions < 1500€ prouvées par tout moyens
- preuve libre en matière commerciale, financière et pénale
- dispense de preuve écrite en système probatoire (utilisation CB)
- tiers à l’acte peuvent prouver dol et fraude par tout moyens.

b. les exceptions à la preuve écrite


- commencement de la preuve par écrit selon l’article 1347 sous trois conditions : écrit ou assimilé, émane de la personne à laquelle on
l’oppose, rend vraisemblable le fait allégué.
- Article 1348, copie fidèle et durable
- Impossible matérielle (disparition) ou morale (famille) de se procurer un écrit.

B. La preuve des faits juridiques


Par principe, la preuve juridique s’effectue par tout moyen de preuve c a d qu’elle est libre sauf dans trois cas : la preuve de la naissance, du
décès ou de l’affiliation maternelle.

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