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Lexistentialisme est un

humanisme

Jean-Paul Sartre

1. Introduction : les différentes objections faites à lexistentialisme.

critiques marxistes

critiques catholiques

Elles procèdent dune mauvaise compréhension de cette philosophie. Il faut donc lexpliquer.

2. Lantithèse de lexistentialisme : lessence précède lexistence 2.1. La conception théologique du monde et la métaphore techniciste 2.2. Une conception post-théologique qui est incohérente

3. Lexistence précède lessence : lhomme est responsable de son existence 3.1. Lexistence précède lessence 3.2. Lhomme est responsable de ses choix et de son existence

3.3. Sa responsabilité est responsabilité devant tous les hommes

4. L’affect de la responsabilité : l’angoisse

4.1. L’angoisse profonde de l’homme est angoisse devant l’ampleur de sa responsabilité

4.1. L’angoisse profonde de l’homme est angoisse devant l’ampleur de sa responsabilité Captain Saros

Captain Saros

4.1. L’angoisse profonde de l’homme est angoisse devant l’ampleur de sa responsabilité Captain Saros

4.2. Angoisse explicite et angoisse implicite

4.3. La fuite devant notre responsabilité : la mauvaise foi.

4.4. Langoisse dAbraham

4.4. L ’ angoisse d ’ Abraham Le sacrifice d ’ Isaac , Caravagio 1601-1602 Huile

Le sacrifice dIsaac, Caravagio 1601-1602

Huile sur toile, 104 x 135 cm Galerie des Offices, Florence

, Caravagio 1601-1602 Huile sur toile, 104 x 135 cm Galerie des Offices, Florence Ibidem, (vers

Ibidem, (vers 1603),

huile sur toile

Interprétation de S Ø ren Kierkegaard : L ’ angoisse devant l ’ ampleur de

Interprétation de SØren Kierkegaard :

Langoisse devant lampleur de sa responsabilité devant sa propre liberté La liberté est dans lacte de soumission à Dieu

4.5. L’angoisse ne mène pas au quiétisme

sens courant l’angoisse peut être paralysante mais elle peut être aussi transitive : être angoissé pour quelqu’un, quelque chose

5. Le « délaissement »

5.1. Conséquences morales de la mort de Dieu

Contre la morale laïque de la fin du 19eme siècle

« délaissement » 5.1. Conséquences morales de la mort de Dieu ● Contre la morale laïque
« délaissement » 5.1. Conséquences morales de la mort de Dieu ● Contre la morale laïque

Si Dieu est mort, il ny a aucune morale a priori. « tout est permis »

Considéré par son auteur comme son œuvre la plus aboutie, Les Frères Karamazov constitue

l'expression la plus achevée de son art romanesque. Dostoïevski y () aborde la question

ultime de l'existence de Dieu, qui l'a tourmenté toute sa vie. De nombreux thèmes chers à l'auteur y sont développés : l'expiation des péchés dans la souffrance, l'absolue nécessité d'une force morale au sein d'un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le

bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle. () Le roman permet ainsi

au grand écrivain russe de développer sa conception de l'âme humaine à travers l'opposition entre les personnages athées (principalement Ivan, mais aussi Kolia Krassotkine - au moins au début - et Rakitine) et ceux qui croient pieusement (Aliocha, Zosime). Tout le raisonnement des premiers se termine par la conclusion que Dieu nexistant pas, il s'ensuit que l'homme est livré à lui-même. Il n'y a plus de morale et chacun peut se comporter comme il l'entend,

puisqu'il devient lui-même Dieu. Pour Dostoïevski, le scepticisme d'Ivan ainsi que le matérialisme socialiste sont à condamner. En effet, le socialisme censé satisfaire les besoins et le bien-être de l'humanité entraîne en fait une insatisfaction constante (l'homme est tenté d'obtenir toujours plus que ce qu'il a). Cette perversion se retrouve chez des personnages violents comme Fiodor Karamazov, qui sombre dans l'alcoolisme et le désir sexuel. Au

contraire, seul un retour à Dieu peut sauver l'humanité : Aliocha incarne cet espoir face à ses

frères dépravés. Ivan est donc le contradicteur de la pensée de Dostoïevski qui, lui, ne voit le salut que dans le Christ et l'Église orthodoxe. Pour l'auteur, il existe bien un espoir de rédemption pour l'humanité.

le Christ et l'Église orthodoxe. Pour l'auteur, il existe bien un espoir de rédemption pour l'humanité.

conclusion libertine, immoraliste ? Non.

Sartre veut dire : la valeur des valeurs le choix des valeurs

dépendent de nous

5.2. Nous sommes donc condamnés à être libre :

nous sommes condamnés à être libres idée dinévitabilité : toujours tout le temps libre, responsable idée de souffrance (angoisse)

rappel le péché et la chute : alors que dans le christianisme, cest notre nature qui nous rend pecheur et nous contraint à souffrir, ici

cest linverse : cest le fait de ne pas avoir de nature qui nous

angoisse, et nous « condamne »

L’homme ne peut s’abandonner à la passion

Traditionnellement on considere que passion et liberté sont contradictoire

- éty, histoire : passion ≠ action. Fait de subir qqch

- passion est devenu : fait de subir un intérêt intense, durable pour une personne, une chose, une activité; etc. qui s’impose à nous s’impose à tel point que cela devient exclusif ca nous emlpeche de faire autre chose, notamment ce que l’on doit

on est soumis a l’objet de sa passion : même s’il nous fait souffrir

bref; la passion se présente comme contraire à notre liberté/ cf tragédie : la passion dévastatrice, fatale; etc/

Mais Sartre s’oppose à cette idée : nous sommes responsable de nos passions

Marcel Proust, du côté de chez Swann : un exemple de passion volontaire

Sartre généralise : toute passion est volontaire

explication possible : sans être construite par le sujet, elle est au moins consentie. Je peux prendre telle ou telle attitude par rapport à ma passion.

prendre telle ou telle attitude par rapport à ma passion. Charles Swann interprété par Jeremy Irons,

Charles Swann interprété par Jeremy Irons, Un amour de Swann, Schlöndorf (1984)

Il ne peut pas non plus trouver des signes

qui laideraient

5.3. Aucune morale a priori ne peut nous aider dans les cas de conflit de devoirs : un exemple personnel (p.41)

Exposé de la situation

a priori ne peut nous aider dans les cas de conflit de devoirs : un exemple

Il y a dilemme

car il y a conflit de devoirs

Il y a dilemme car il y a conflit de devoirs
Il y a dilemme car il y a conflit de devoirs
Il y a dilemme car il y a conflit de devoirs
Il y a dilemme car il y a conflit de devoirs
Il y a dilemme car il y a conflit de devoirs

Faiblesse des morales des règles (chrétiennes et kantiennes), trop générales, trop

vagues

(chrétiennes et kantiennes), trop générales, trop vagues Tout ce que vous voulez que les hommes fassent
Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour
Tout ce que vous voulez que
les hommes fassent pour vous,
faites-le de même pour eux
agis de telle sorte que tu traites l’humanité dans ta personne aussi bien que dans
agis de telle sorte que tu traites
l’humanité dans ta personne
aussi bien que dans la personne
de tout autre toujours en même
temps comme une fin, jamais
simplement comme un moyen

Emmanuel Kant (1724-1804)

Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct »

● Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct » Sentiment patriote Sentiment filial
● Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct » Sentiment patriote Sentiment filial
● Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct » Sentiment patriote Sentiment filial

Sentiment patriote

● Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct » Sentiment patriote Sentiment filial

Sentiment filial

● Limite de la morale des sentiments, de « l’instinct » Sentiment patriote Sentiment filial

Comment savoir quel est mon sentiment le plus fort ?

Plus généralement comment savoir si jai tel ou tel sentiment ?

comment savoir si j ’ ai tel ou tel sentiment ? ≠ Le sentiment est un
comment savoir si j ’ ai tel ou tel sentiment ? ≠ Le sentiment est un
comment savoir si j ’ ai tel ou tel sentiment ? ≠ Le sentiment est un
comment savoir si j ’ ai tel ou tel sentiment ? ≠ Le sentiment est un

Le sentiment est un état intérieur, qui peut se manifester à lextérieur

état intérieur, qui peut se manifester à l ’ extérieur Le sentiment est une certaine capacité
état intérieur, qui peut se manifester à l ’ extérieur Le sentiment est une certaine capacité
état intérieur, qui peut se manifester à l ’ extérieur Le sentiment est une certaine capacité
état intérieur, qui peut se manifester à l ’ extérieur Le sentiment est une certaine capacité

Le sentiment est une certaine capacité à accomplir certains actes et éprouver certaines émotions

Gide : un sentiment qui se vit et un sentiment qui se jouent sont presque indiscernable

- En général

- Dissimulation et simulation

- la double vie

on ne peut donc pas se fonder sur le sentiment pour justifier le choix, lacte,

puisque actes et sentiments sont une seule chose

donc pas se fonder sur le sentiment pour justifier le choix, l ’ acte, puisque actes

Conclusion : la valeur de nos choix dépend de la seule sincérité du choix lui-même.

5.4. suivre des conseils ou des signes dans nos choix impliquent déjà un choix

nos choix peuvent être aidés par un conseiller dictés par un tuteur

Mais on choisit déjà son conseiller; on saliene à un tuteurlibrement

nos choix peuvent être aidés par des « signes » trouvés dans le monde, signes qui nous parlent

librement ● nos choix peuvent être aidés par des « signes » trouvés dans le monde,
En l ’ an 64, un grand incendie détruit Rome. Les premiers chrétiens l ’

En lan 64, un grand incendie détruit Rome. Les premiers chrétiens

linterprètent comme le signe de la venue imminente de la fin des temps et du

jugement dernier.

venue imminente de la fin des temps et du jugement dernier. Nombre d ’ islamistes ont

Nombre dislamistes ont interprété les innondations de la nouvelle-orleans (2007) comme un signe divin : Dieu punit les impies et par ce présage annonçe la venue du jugement dernier

Les événements naturels expriment un sens si un dieu sadresse à nous à travers eux.

par une action (ex: châtiment)ou par un signe anonciateur : un présage.

Sujet

S u j e t Signe. Message Interprétation Signification Auteur de l ’ évenement signifiant
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Signe. Message

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Interprétation

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Signification

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Auteur de lévenement signifiant

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Sujet

Sujet Interprétation Signification
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Interprétation

Sujet Interprétation Signification

Signification

Sujet Interprétation Signification
Sujet Interprétation Signification

lexemple du curé jésuite.

● l ’ exemple du curé jésuite.

6. le « désespoir » : ne pas compter sur ce qui ne dépend pas de ma volonté

1. Exposé

je ne dois compter que sur les choses qui se présentent dans ma situation concrète. Il est vain d’espérer au-delà de mon champ d’action de compter sur des possibilités qui ne dépendent plus du tout de moi

Le « desespoir », ici, c’est ne pas « espérer » en vain

Une inspiration cartésienne : ne compter que sur ce qui dépend de nous

cartésienne : ne compter que sur ce qui dépend de nous "Ma troisième maxime était de

"Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et

à changer mes désirs que l'ordre du monde et généralement, de m'accoutumer à

croire qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir, que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux, touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est, au regard de nous, absolument impossible. Et ceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à

l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour me rendre content. Car notre volonté ne se

portant naturellement à désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possibles, il est certain que, si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne

posséder pas les royaumes de la Chine ou de Mexique; et que faisant, comme on dit,

de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains, étant malades, ou d'être libres, étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux. Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice, et d'une méditation souvent "

réitérée, pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses

Descartes, Discours de la méthode

"Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde et

généralement, de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit

entièrement en notre pouvoir, que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux, touchant les choses qui nous sont

extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est, au regard de nous, absolument impossible. Et ceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je n'acquisse, et ainsi pour

me rendre content. Car notre volonté ne se portant naturellement à

désirer que les choses que notre entendement lui représente en

quelque façon comme possibles, il est certain que, si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés

sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de

la Chine ou de Mexique; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains, étant malades, ou d'être libres, étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux. Mais j'avoue qu'il est besoin d'un

long exercice, et d'une méditation souvent réitérée, pour s'accoutumer

à regarder de ce biais toutes les choses

"

Sefforcer toujours de

- me vaincre moi plutôt que le monde

- changer mes désirs plutôt que lordre du monde Shabituer à croire

- quil ny a rien dautre en notre pouvoir que nos pensées

- quune fois quon a fait tout notre possible pour réussir une actio son résultat ne dépend plus de nous Ne rien désirer que je ne puisse pas avoir, acquérir Ainsi je serais toujours satisfait de moi, donc heureux

Explication par les facultés de lesprit : ce quon considere comm

possible dépend de notre entendement, notre raison. Cest donc lu dabord, que nous devons dompter.

Précision : il sagit là dune sagesse qui sacquiere par un exercic difficile et quotidien

2. contre la philosophie marxiste de laction

philosophie marxiste de laction

- laction individuelle est de portée limitée

- mais elle sinscrit dans un mouvement collectif qui dépasse lindividu (lutte collective)

de portée limitée - mais elle s ’ inscrit dans un mouvement collectif qui dépasse l
de portée limitée - mais elle s ’ inscrit dans un mouvement collectif qui dépasse l
Guevara au Zaïre Ho Chi Minh
Guevara au Zaïre Ho Chi Minh
Guevara au Zaïre Ho Chi Minh

Guevara au Zaïre

Guevara au Zaïre Ho Chi Minh

Ho Chi Minh

- et cette lutte collective s’inscrit elle-même dans le destin de l’Histoire (mécanismes

économiques qui va mener à la fin du capitalisme et l’avenement du socialisme)

Toute société sorganise à travers des rapports de force qui opposent différentes

classes sociales, quon peut ramener à deux grandes classes : exploitants/exploités.

Maître

Seigneur

Bourgeois capitaliste

Esclave

Serf

prolétaire

Ce dernier stade pour Marx est celui de la production ou du système capitaliste. Celui-ci contient en lui-même les principes de sa destruction/ son dépassement

dans une économie collectivisée

Celui-ci contient en lui-même les principes de sa destruction/ son dépassement dans une économie collectivisée

Parier sur le sens de lhistoire de Pascal à Marx Eric Rohmer, Ma nuit chez Maud

Parier sur le sens de l ’ histoire – de Pascal à Marx Eric Rohmer, Ma

critique de Sartre - je ne peux compter que sur les pouvoirs qui se présentent dans ma situation concrète - lHistoire est contingente : il ny a ni providence divine, ni Nécessité, Destin des sociétés inscrits dans leur structure économique.

Ce sont les individus qui font lHistoire pas linverse

Il ne faut donc rien attendre de lHistoire; pas plus que de la Providence

Dés-espoir existentialiste espérance chrétienne attentes marxistes

l ’ Histoire; pas plus que de la Providence Dés-espoir existentialiste ≠ espérance chrétienne attentes marxistes

7. les circonstances ne justifient pas nos choix

1. contre le quiétisme, qui sen remet aux autres pour justifier son inaction

2. Le projet de lhomme, ce sont ses actes

3. Le lâche se fait lâche, le héros se fait héros

8. Conclusions sur les réponses aux objections.

1. Synthèse

2. Mais résiste lobjection subjectiviste

8. L’existentialisme n’est pas un subjectivisme

1. Le reproche de subjectivisme fait à la conception cartésienne

On nous reproche () de murer l'homme dans sa subjectivité individuelle.

Notre point de départ est en effet la subjectivité de l'individu, et ceci pour des raisons strictement philosophiques (). Il ne peut pas y avoir de vérité autre, au point de départ, que celle-ci : je pense donc je suis, c'est là la vérité absolue de la conscience s'atteignant elle-même. Toute théorie qui prend l'homme en dehors de ce moment où il s'atteint lui-même est d'abord une théorie qui supprime la vérité, car, en dehors de ce cogito cartésien, tous les objets sont seulement probables, et une doctrine de probabilités, qui n'est pas suspendue à une vérité, s'effondre dans le néant ; pour définir le probable il faut posséder le vrai. Donc, pour qu'il y ait une vérité quelconque, il faut une vérité absolue ; et celle-ci est simple, facile à atteindre, elle est à la portée de tout le monde ; elle consiste à se saisir sans intermédiaire.

est simple, facile à atteindre, elle est à la portée de tout le monde ; elle
Sciences physiques « métaphysique » Sciences de l’ingénieur
Sciences physiques « métaphysique »
Sciences
physiques
« métaphysique »

Sciences de l’ingénieur

Principes

Principes conséquences Vérité « métaphysique » ● Cogito ergo sum : il existe un sujet pensant,

conséquences

Principes conséquences Vérité « métaphysique » ● Cogito ergo sum : il existe un sujet pensant,

Vérité « métaphysique »

Cogito ergo sum : il existe un sujet pensant, Moi Il existe être infini et parfait

sujet pensant, Moi • Il existe être infini et parfait méthode : là où il y

méthode : là où il y a évidence directe ou démonstrative, je ne peux pas me tromper. Ainsi,

Vérités « physiques »

existence dun monde physique (spatial et matériel)

principes de la physiques

lois de la nature

Principes

Principes conséquences Moi – sujet pensant Le Monde

conséquences

Principes conséquences Moi – sujet pensant Le Monde

Moi sujet pensant

Principes conséquences Moi – sujet pensant Le Monde

Le Monde

Descartes : la subjectivité est au principe de toute perception et toute connaissance du monde
Descartes : la subjectivité est au principe de toute perception et toute connaissance du monde

Descartes : la subjectivité est au principe de toute perception et toute connaissance du monde

Un problème : où sont les autres dans sa théorie ?

Est-ce que un sujet (Moi), peut engendrer une seule connaissance ? Et la morale ? Nai-je pas besoin dautrui ?

= « reproche de subjectivisme »

2. Le sujet est connecté à autrui, en lui-même

Nous avons démontré que dans le cogito, on ne se découvrait seulement soi-même, mais aussi les autres. Par le je

pense, () nous nous atteignons nous-mêmes en face de l'autre, et l'autre est aussi certain pour nous que nous- mêmes. Ainsi, l'homme qui s'atteint directement par le cogito découvre aussi tous les autres, et il les découvre comme la condition de son existence. Il se rend compte qu'il ne peut rien être (au sens où l'on dit qu'on est spirituel, ou qu'on est méchant, ou qu'on est jaloux) sauf si les autres le reconnaissent comme tel. Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre. L'autre est indispensable à mon existence, aussi bien d'ailleurs qu'à la connaissance que j'ai de moi. Dans ces conditions, la découverte de mon intimité me découvre en même temps l'autre, comme une liberté posée en face de moi, qui me pense, et qui ne veut que pour ou contre moi. Ainsi découvrons-nous tout de suite un monde que nous appellerons l'intersubjectivité, et c'est dans ce monde que l'homme décide ce qu'il est et ce que sont les autres.

l'intersubjectivité, et c'est dans ce monde que l'homme décide ce qu'il est et ce que sont

Sa structure est intentionnelle, elle est appréhension honteuse de quelque

chose et ce quelque chose est moi. J'ai honte de ce que je suis. La honte réalise donc une relation intime de moi avec moi: j'ai découvert par la honte un aspect de mon être. Et pourtant, bien que certaines formes complexes et dérivées de la honte puissent apparaitre sur le plan réflexif, la honte n'est pas originellement un phénomène de réflexion. En effet, quels que soient les résultats que l'on puisse obtenir dans la solitude par la pratique religieuse de la honte, la honte dans sa structure première est honte devant quelqu'un. Je viens de faire un geste maladroit ou vulgaire : ce geste colle à moi, je ne le juge ni ne le blâme, je le vis simplement, je le réalise sur le mode du pour-soi. Mais voici tout à coup que je lève la tête ; quelqu'un était là et m'a vu. Je réalise tout à coup toute la vulgarité de

Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même: j'ai honte de moi tel que

j'apparais à autrui. Et par l'apparition même d'autrui, je suis en mesure de porter un jugement sur moi-même

La honte est par nature reconnaissance. Je

comme un objet, car c'est comme objet que j'apparais à autrui reconnais que je suis comme autrui me voit.

"Considérons par exemple la honte

mon geste et j'ai honte

Sartre, L'être et le néant (1943)

« Autrui est le médiateur entre moi et moi- même »

« Autrui est le médiateur entre moi et moi- même »

« l'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des

rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les

rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous

essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont

déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes

rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet,

je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance

capitale de tous les autres pour chacun de nous. »

http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Sartre_L%27EnferC%27EstLesAutres.htm

2. Pas de nature humaine, mais une universalité de condition

Le problème : comment la compréhension dautrui est-elle possible ?

- nos expériences ordinaires

- lexpérience de létranger pour nous ou pour lethnologue

- pour lhistorien

pour nous ou pour l ’ ethnologue - pour l ’ historien Paul Ricoeur L’historien doit

Paul Ricoeur

L’historien doit savoir faire preuve de subjectivité
L’historien doit savoir faire preuve de
subjectivité

Objection : pas de nature humaine Donc comment le sujet peut-il comprendre un autre sujet humain, sils nont pas dessence commune ?

Réponse : pas de nature commune qui constituerait les sujets, mais des situations communes auxquelles ils font face. Cela permet au sujet de se projeter dans le point de vue de lautre sujet, et de le comprendre

au sujet de se projeter dans le point de vue de l ’ autre sujet, et

Claude Lévi-strauss

au sujet de se projeter dans le point de vue de l ’ autre sujet, et
au sujet de se projeter dans le point de vue de l ’ autre sujet, et

Un nambikwara

Claude Lévi-strauss Un nambikwara

Claude Lévi-strauss

Claude Lévi-strauss Un nambikwara
Claude Lévi-strauss Un nambikwara

Un nambikwara

Henri Guillemin, historien Maximilien de Robespierre

Henri Guillemin, historien

Henri Guillemin, historien Maximilien de Robespierre
Henri Guillemin, historien Maximilien de Robespierre

Maximilien de Robespierre

André Leroi-Gouran, préhistorien

André Leroi-Gouran, préhistorien

Peintures de la grotte de Chauvet (entre 27000 et 34 000 ans)

Peintures de la grotte de Chauvet (entre 27000 et 34 000 ans)

3. Trois objections anti subjectivistes demeurent

Réponse à lobjection du choix arbitraire (qui vaut pour Gide, mais pas pour nous). La morale est créatrice, mais sancre dans une situation et sinspire de règles.