Vous êtes sur la page 1sur 91

LA CRIMINOLOGIE

Plan général du cours

Chapitre Ier : Définitions et objet de la criminologie

Chapitre II : Histoire des théories criminologiques

Section 1 : - les origines de la criminologie

Section 2 : - les théories criminologiques en sociologie

Section 3 : - Psychologie de la délinquance

Chapitre III : Développement de questions contemporaines

· Délinquance et victimes

· Criminalité et ethnicité

· Tendance de politique criminelle en matière de
délinquance urbaine

Chapitre IV : Victimologie et politique en faveur des victimes

· La victime comme objet scientifique

· Les enquêtes de victimation

· Assistance, droit et aide aux victimes

· Peur du crime et victime

· Victimes et justice restauratrice

Chapitre V : Les courants psychologiques, psychanalytiques et
cliniques au 20ème siècle

Chapitre VI : Tendances de politiques criminelles en matière de
délinquance urbaine.

Chapitre Ier : Définitions et objet de la
criminologie

1. La diversité des définitions de criminologie

Définition d'Emile DURKHEIM (1795) : "Nous constatons
l'existence d'un certain nombre d'actes qui présentent
tous ce caractère extérieur que, une fois accompli, ils
déterminent de la part de la société cette réaction
particulière appelée peine. Nous faisons de ces actes un
groupe sui generis. Nous appelons crime tout acte puni et
nous faisons du crime l'objet d'une science spéciale: la
criminologie.

DURKHEIM définit le crime en fonction de la réaction
sociale, la peine. Les actes qui intéressent sont ici, les
actes figurants dans le code pénal.

Définition générale : étude scientifique du phénomène
criminel ou science du crime.

Ces définitions ne tiennent pas compte des divergences et
des controverses à propos de l'extension du concept de
criminologie.

1.1 Définitions larges et définitions étroites

Enrico FERRI, membre de l'école positiviste italienne où la
criminologie fut institutionnalisée, définit la criminologie
comme la somme de toutes les sciences criminelles
(pénologie, criminalistique, politique criminelle, balistique)
en ce compris le droit pénal.

Edwin SUTHERLAND (sociologue américain) définit la
criminologie comme la science qui étudie l'infraction en
tant que phénomène social.

Il assigne à la criminologie un vaste domaine englobant les
processus d'élaboration des lois (criminalisation primaire,
qui renvoie aux modes et causes d'élaboration des lois) ou
sociologie législative, l'infraction aux lois (étiologie), les
réactions provoquées par l'infraction aux lois (pénologie).

Cette conception contenait des développements nouveaux
notamment que la criminologie ne peut se départir du
processus de réaction sociale.

Les définitions "étroites" donnent comme but exclusif
l'étude de l'étiologie et de la dynamique criminelle.

Les définitions étroites écartent du domaine de la
criminologie le droit pénal, la sociologie et la prophylaxie
criminelle (prévention des crimes).

Jean Pinatel, juriste français, père de la théorie du noyau
central de la personnalité criminelle, découpe la
criminologie en deux branches distinctes:

La criminologie clinique, qu'il définit comme la science
pratique consistant en l'approche multidisciplinaire du cas
individuel en vue de son traitement et la prévention de la
récidive.

La criminologie clinique, à l'instar de la médecine
s'applique en trois phases. Premièrement, le diagnostic
qui a pour but de comprendre les causes et les raisons du
passage à l'acte. Ensuite le traitement, et pour terminer le

Objectivistes Les conceptions subjectivistes (ou science du délinquant) trouvent leurs origines à l'essence même de la criminologie. 2) Le criminel : tentative d'établissement d'une typologie 3) Le crime : classement des comportements contraires aux normes pénales 4) La victimologie : (étude des victimes (forme de victimalisation secondaire) et méthodes de "soulagement" des victimes. 1. . Concept de stigmatisation (réaction à "l'étiquette" collée par la société). La criminologie générale comprend cinq sous-secteurs : 1) La criminalité (ensemble des infractions produites en un moment donné sur un territoire donné. La criminologie générale définie comme la science théorique qui va coordonner les diverses données qui sont recueillies sur les facteurs et les mécanismes de la délinquance.2 Conceptions subjectivistes vs. La réaction sociale impliquerait le crime. La question du pronostic renvoie au concept de dangerosité. certains comportements délinquants le deviennent à cause de la réaction sociale.Réaction sociale : mouvement des années 1960. dans l'école positiviste italienne et dans la définition de "l'homme criminel".diagnostic. Pour eux. le crime est un indice de l'homme délinquant.

L'affinement des méthodes de statistiques tentent de mettre en évidence des causes de délinquances ainsi que des lois de son apparition. est apparu un nouveau courant nommé criminologie critique ( ou criminologie radicale. Dans les années 60-70. ou criminologie nouvelle ou criminologie néo-marxiste). Dynamiques Au début des années 1950. Conception objectivistes : Les objectivistes essayent d'établir des régularités objectives (des structures et des lois) indépendantes des consciences et volontés personnelles. dans les pays anglo-saxons. L'option causaliste ne donne cependant que des résultats très minces et est finalement abandonnée.3 Conceptions étiologiques vs. Walton et Young " The new criminology" (1967). se démarque des positivistes par rapport au déterminisme de l'homme criminel. Dans le l'ouvrage de Taylor. un refus de l'organisation sociale de la société capitaliste qui créent des discriminations (majorité des criminels en prison ont fait des atteintes à la propriété.. . l'action criminelle doit être considérée comme un acte politique par lequel un délinquant exprime son rejet du pouvoir en place. Il travaille sur l'acte à travers la vision que le criminel a de lui-même. médecin et anthropologue belge qui travaillait dans les prisons. Les efforts sont concentrés sur le processus d'apparition de la délinquance. Il a déterminé un processus du passage à l'acte criminel. DEGREEFF fait une enquête biographique et personnelle des criminels.Etienne DEGREEFF. Elle fait du délit et de la réaction sociale l'objet de l'étude. le débat subjectif/ objectif se double d'une nouvelle controverse. les personnes nanties bénéficies d'un système de règlement des conflits différents.) 1.

Ce processus désigne toute succession d'événements se déroulant selon un certain ordre marqué par un commencement. Plus de 70% des sujets préviennent par des paroles ou des signes avant leur passage à l'acte. un déroulement et une fin. Il a constaté que le processus est identique qu'il soit en présence d'homme normaux. Cette période peut varier de quelques jours à quelques années. 2) L'assentiment formulé : ils commencent à accepter qu'eux même pourront faire disparaître leur femme. La théorie dynamique : Etienne DEGREEFF a mis en évidence des étapes progressives conduisant au passage à l'acte. Il existerait un état dangereux pré-délictuel. Etude du crime passionnel : la plupart des hommes ayant tué leur femme mûrissent cet acte pendant une longue période et passent par plusieurs phases: 1) l'acquiescement mitigé : ils prennent conscience du bénéfice de la disparition de leur femme mais n'osent pas admettre qu'il seront l'agent de cette disparition. On constate l'importance de la dimension temps. DEGREEFF dirigeait l'école criminologique de Louvain dite "école de l'acteur social". semi-normaux ou pathologiques. Ils essayent d'atteindre leur femme par des moyens "légaux" (calomnie…) . La vision causaliste n'envisage la dimension temps que par rapport à l'antériorité de la cause quant aux faits. Ces avertissements doivent être perçus comme une dynamique avant le passage à l'acte.

Howard BECKER s'intéressant à la déviance. augmente sa consommation et apprend à gérer socialement sa consommation.4 Etude du passage à l'acte et étude de la réaction sociale Ce clivage apparaît dans les années 1960. introduit le concept de carrière criminelle. la criminologie constructiviste reprochent aux positivistes de ne pas s'être interrogé sur la notion de crime et d'en avoir fait un acte naturel. Comment un acte en vient-il à être criminalisé? Pourquoi certains délinquants sont-ils punis et d'autres pas? Quelles sont les conséquences de la stigmatisation? . la criminologie critique. Une inversion des relations cause/effet est envisagée. L'existence même du crime tient d'une loi. La criminologie était autrefois considérée comme une discipline permettant de comprendre les causes du fait criminel. la réaction sociale mène au crime et plus l'inverse. Il apprend d'abord à en reconnaître les effets. Des courants de pensées tels l'interactionnisme symbolique. l'individu se sent mal et là. "La prison est l'école" Victor Hugo. Ex: les consommateurs de Marijuana commençant avec des copains. la sociologie de la déviance. 4) Passage à l'action Il y a des processus sociologiques présentants des processus à étapes. La réaction sociale était envisagée comme criminogène. l'abolitionnisme.3) Période de crise : ils constatent qu'ils vont devoir passer à l'acte. 1. la nouvelle criminologie. Tout le processus de définition sociale de la déviance est crucial. apparaissent des faits révélateurs. la théorie de l'étiquetage.

ayant pour but la compréhension et l'élucidation du problème criminel au sens large (c-à-d allant des comportements au phénomène social) . Le champ d'étude désigne des savoirs ayant des thèmes communs et différentes rationalités. La variable dépendante cesse d'être le crime ou le criminel mais devient la réaction sociale à la déviance. Ils perçoivent le système de politique criminelle comme une machine à crimes fonctionnant à coups de stigmatisations et d'impartialité. La déviance est une construction sociale. Ils voulaient savoir si les lois et les mesures produisent les effets dérivés. . de nature à la fois scientifique et éthique. Les criminologues du passage à l'acte traitent de la prison et des peines comme variable indépendante. La criminologie critique récuse la légitimité du droit pénal et le problème criminologique se situerait dans le système pénal. Les criminologues de la réaction sociale s'intéressent à la réaction sociale pour elle-même et la considère de manière critique.Les théories de la réaction sociale sont fort différentes de la criminologie du passage à l'acte.5 La définition d'Alvaro Pires: La criminologie est un champ d'étude et une activité complexe de connaissances interdisciplinaires. 1. La criminalisation est une arme aux mains des puissants et la stigmatisation va amplifier la déviance. La criminologie doit effectuer ses contrôles sans tris préalables.

sur le statut scientifique de la criminologie. On peut relier l'origine du droit pénal à la publication du Traité des délits et des peines de Cesare Beccaria paru en 1764. Criminologie et droit pénal La distinction entre ces deux disciplines est reliée à l'histoire du droit pénal. les juges disposaient d'un pouvoir absolu sur ceux qu'ils étaient amenés à juger. l'étendue des privations de liberté…) Il résume ses principes sous l'adage " Nullum crimen nulla poena sine lege". agent d'ordre…) 2. . Beccaria plaide pour cinq grands principes de justice: 1) La justice doit être égale pour tous 2) Les lois doivent être écrites et codifiées afin que nul ne l'ignore 3) Les lois doivent être sûrement et prestement appliquées (la certitude d'être jugé et la célérité du jugement peuvent avoir un effet préventif) 4) La peine doit être définie par la loi 5) La punition doit être humaine (Beccaria prône l'abolition de la peine de mort. la classification des détenus.L'activité complexe signifie que la criminologie doit articuler différentes disciplines (dont le droit). des éthiques et des valeurs. Cela conduisait à des séances de torture en public. sur l'identité du criminologue ( contrôleur social. des théories des pratiques. La naissance de la criminologie est liée à la contestation de ce régime. Il existe un débat sur l'appellation des savoirs. Il régnait une insécurité et un arbitraire juridique total. Dans cette optique. Ce traité est une forme de révolte contre le système de justice de l'ancien régime.

est introduit le principe de la fourchette. 2) L'homme est responsable de ses actes (principe de l'Homo Economicus). enfant ou adulte…) Dans le code français de 1810. La rigidité des codes pénaux ne permet cependant pas de tenir compte de la personnalité du criminel ni des circonstances. . Les idées de Beccaria sont à la base de la convention des droits de l'homme et de la rédaction des codes pénaux. surtout en ce qui concernent le discernement des criminels. Les principes de Beccaria ont une influence capitale sur de nombreux codes pénaux. Les psychiatres commencent à établir des typologies. Les circonstances atténuantes subjectives sont introduites en 1832.Trois idées sous-tendent au droit pénal: 1) L'homme est rationnel. Au 19 ème siècle. Le principal obstacle est que le même traitement est d'application pour tous (criminel primaire ou récidiviste. des lois instaurent les circonstances atténuantes objectives. il est doté du libre arbitre. les médecins interviennent beaucoup dans la politique criminelle. En 1819. 3) La peine est considérée comme ayant un effet dissuasif. Le médecin Pinel fait supprimer les chaînes dans les pénitenciers. la médecine se forge une place dans le procès pénal. La peine doit étroitement coller au crime avec une certaine forme d'automatisme. Peu à peu.

tente d'approcher la réalité. Il faut distinguer le droit pénal général du droit pénal spécial (qui dicte les comportements interdits). disant ce qui doit être. Le droit pénal est un axe par lequel la criminologie effectue ses recherches. Le crime nécessite une approche particulière. Le droit procède à une analyse des sources et des textes. la simple déduction et la métaphysique. La conception de certains auteurs est celle d'un droit pénal criminologique où la criminologie doit fournir des indications pour empêcher la récidive et le passage à l'acte. La vision du droit pénal criminologique était défendue par les positivistes italiens.La criminologie se forme contre le droit pénal. Quelle est l'influence de la criminologie sur le droit pénal ? Les positions multi-factorielles considèrent que le droit pénal est le résultat de sources multiples (histoire. Les pénalistes ne peuvent ignorer la criminologie. de--SS--ive. définissant en cadre les comportements à adopter par les individus. elle puise dans le réservoir des sciences sociales. La criminologie part de l'observation. Le droit pénal et la criminologie sont liés par certaines relations. de rendre compte de la criminalité. de dépeindre le criminel. pression philosophique…). La criminologie tente de mesurer les résultats de la politique criminelle. Les sciences empiriques écartent la spéculation. Les . La criminologie est une science empirique. Plusieurs positions se forment par rapport à l'imbrication des deux disciplines. Le droit pénal est une discipline normative. évoluant notamment autour de la justice réparatrice.

Elle désigne l'ensemble des mesures à prendre pour tenter de faire diminuer le crime. les enjeux de la politique criminelle doivent être déterminé dans un débat démocratique entre deux pôles: le pôle "défense de la société/ sécurité/ maintien de l'ordre public" le pôle "justice/ protection des droits de l'homme/ protection des libertés individuelles" 3. La politique criminelle s'attache également à la raison des punitions. la criminologie est beaucoup moins présente. ce sont les petits commerces qui sont maintenant cibles de hold-up). Au sein du droit pénal spécial. 4. La criminologie et la politique criminelle De la distinction entre criminologie et politique criminelle La politique criminelle est l'organisation rationnelle de la lutte contre le crime sur base des données de la science criminologique. Elle indique des techniques de préventions sociales et de situation préventionnelle (target hardening). la criminologie et la criminalistique . Le target hardening conduit à un déplacement de criminalité (les banques étant mieux protégées. Au sein d'une démocratie.incriminations du droit pénal spécial reflètent les valeurs et les fondamentaux de chaque société.

La pénologie a pour objet le traitement des délinquants. De 1810 à 1819. le cerveau est composé d'une juxtaposition de zones marquées par des penchants. Elle englobe la médecine légale. La criminologie et la pénologie L'ancien nom de la pénologie est la science pénitentiaire. il publie les quatre volumes "anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier". Le comportement humain serait contraint par le jeu de ces différents penchants. La contextualisation scientifique du positivisme en criminologie 1.1 La phrénologie La phrénologie (ou cranioscopie) est fondée par Franz Joseph Gall (1768-1828). Elle est devenue la science des peines avec l'apparition des peines alternatives. 5. Le latent serait perceptible à partir du manifeste. l'individu aura tendance au comportement . 1. la police scientifique. La criminalistique a un but exclusivement probatoire et est annexée à la procédure pénale. Ils s'intéresse aux localisations.La criminalistique est l'ensemble des sciences et des techniques utilisées en justice pour établir le fait matériel de l'acte délictueux et la culpabilité de l'individu. Le comportement se moule dans la forme du crâne. la balistique. la psychologie judiciaire. Selon lui. l'entomologie cadavérique. Si le crâne est développé en un point. Chapitre 2 : Origines et premiers développements de la criminologie.

les juristes reprochaient à Gall de porter atteinte à la religion. à l'oisiveté et à l'orgueil. Il constate que certains pencant sont communs aux hommes et aux mammifères : l'instinct de défense de soi-même (conduisant aux rixes) l'instinct carnassier (conduisant au meurtre) l'instinct de convoitise (conduisant au vol) La phrénologie permettrait de prédire les comportements. correspond à l'instinct de défense de soi-même. Il estime que sa théorie peut servir à la détermination des peines et à leur modulations. à un goût pour les bagarres au dessus du conduit auditif externe. au dessus de l'arcade sourcilière. La liberté de se laisser aller à ses penchants ou de leur résister fonde le droit de punir. s'associe à la lascivité. remarqué chez les chiens et les hommes ayant un penchant pour le meurtre. caractéristique de l'instinct de propriété. l'individu ne leur a pas résisté . des chiens et des coqs de combat. Cette théorie empiétant sur le domaine juridique. au libre arbitre et à la liberté. Il distingue alors deux types d'infractions: 1) les crimes reliés directement au penchant. caractéristique des classes dangereuses. Il reconnaît que l'homme est habité par des penchants qui inclinent sa conduite dans un sens ou un autre mais sans la déterminer complètement. Trois saillies intéresseraient le droit pénal : le conduit auditif externe.caractérisé par le penchant. Gall n'entendaient pas trancher la liberté humaine ou le déterminisme. mène au vol.

collaborateur de SAINT-SIMON. Il rêve de faire converger les esprits vers une doctrine unique.2. on passe du fétichisme au polythéisme et du polythéisme au monothéisme. il propose une évolution de l'individu et de la société en plusieurs stades : . Au point de vue de la religion. non pas en fonction de la gravité de l'infraction mais pour protéger la société. .Stade théologique et militaire : stade caractérisé par une explication imaginative et surnaturelle des phénomènes.2) les crimes où le penchant fait défaut et le comportement du criminel s’expliquent par les circonstances. (ex: un père veuf assassine un goujat ayant engrossé puis abandonné sa fille unique serait poussé par un sentiment d'honneur) La cranioscopie permet de révéler une saillie indiquant la présence de l'instinct carnassier. Le conflit entre médecins et juristes se tend sur le débat du libre arbitre et du déterminisme. Le positivisme d'Auguste COMTE (1798-1857) COMTE est un philosophe. Ce débat trouve son importance lors de l'apparition des circonstances atténuantes. Il veut faire de la politique une science positiviste. Un penchant révélé imposerait une peine fort longue. Cela permettrait de définir la probabilité de récidive. Le courant italien plaide pour une prédominance des scientifiques dans ce débat. . COMTE est un positiviste évolutionniste. 1. Ces pensées s'inscrivent dans une période d'euphorie industrielle.Stade métaphysique et légiste : les explications surnaturelles sont remplacées par des explications abstraites.

se développe la statistique criminelle. 1. Il fonde une théorie de l'Etat dont le Dieu doit être le grand être de l'Humanité. Ils se contentent de découvrir les fondements des lois effectives par l'observation et le raisonnement. La lignée statisticienne d'Adolphe QUETELET (1796 – 1874) Au cours du 19 ème siècle. QUETELET utilise les données criminelles pour en faire une analyse scientifique. Ces travaux ont un objectif sociologique. La pensée de COMTE est calculante et inductive. COMTE avait pour ambition de classer les hommes. ces statistiques sont sensées être un indicateur des phénomènes sociaux. "L'amour pour principe.3. Selon QUETELET. Ces statistiques doivent résoudre des problèmes dont la criminalité. Essai de physique sociale" paru en 1869. notamment au Brésil. Il consacre une partie de son œuvre à la recherche de lois régissant la criminalité et de facteurs induisant les phénomènes sociaux. Les pouvoirs publics donnent à ces chiffres une finalité politique. Le penchant au crime est défini comme une possibilité plus ou moins grande de commettre un crime. Son ouvrage principal s'intitule "Sur l'homme et le développement de ses facultés.Stade positif et industriel : Stade où les hommes renoncent à chercher les causes profondes de l'essence des choses. l'ordre pour base et le progrès pour but". Ce penchant est une probabilité statistique portant sur l'Homme ou sur un . Il émet une thèse d'un passage selon les zones d'une criminalité musculaire à une criminalité rusée. Cette idéologie a eu une influence considérable outre- Atlantique. QUETELET fait partie de l'école cartographique.. Il avait l'ambition de réorganiser la société.

Le milieu social est le bouillon de culture de la société. Quels sont les penchants sociaux menant à la criminalité? Il est difficile de hiérarchiser les causes. Le microbe est le criminel. Ces causes se trouvent dans la société qui renferment en elle-même les germes de la criminalité. La justice de prévention est un recours plus efficace qu'une justice de répression. QUETELET découvre des départements très pauvres ayant des taux de criminalité très faibles tandis que d'autres départements plus riches ont des taux de criminalité très élevés. .groupe d'homme. La prévention est primordiale. le passage du bien-être à la misère est dangereux. surtout si les personnes souffrant du changement d'état sont irrités par le luxe et les différences de fortune. QUETELET s'aperçoit que ce penchant au crime ne coïncide pas avec la moralité d'une population. Il existe une relation entre moralité d'une population et penchant au crime mais le penchant est souvent influencé par les tentations auxquelles sont exposés les individus et les occasions de passage à l'acte se présentant. QUETELET étudie des groupes suffisamment grands et dégage une population majoritaire représentée par l'homme moyen. A. L'ambition est de connaître les causes sociales de la criminalité est liée à la volonté de combattre le crime en incitant les gouvernements à la réforme. Des brusques changements d'état donnent naissance aux crimes. Il conclut que les distorsions entre les possibilités matérielles et les aspirations des individus mènent à la criminalité. Aux extrémités se trouvent d'un coté des hommes au penchant au crime très fort. Il faut intensifier l'instruction et l'éducation morale. de l'autre des hommes au penchant très faible. Il confond normalité et majorité statistique. Selon lui. Il n'a d'impact que s'il trouve le bouillon. L'Homme Moyen est un groupe d'homme majoritaire et statistiquement majoritaire. Il met en évidence des facteurs démographiques : "les sociétés ont les délinquants qu'elles méritent". LACASSAGNE.

les théories de Gall tombent en désuétude mais on conserve la distinction entre infractions liées aux circonstances et celles liées aux penchants. les facteurs du milieu social sont présentés comme des facteurs accessoires pour expliquer des comportements fondamentalement basés sur l'hérédité. A la fin du 19 ème siècle. Il est déterminé par son passé et ses antécédents biologiques. Les phrénologues croyaient au déterminisme biologique mais ne pouvaient expliquer pourquoi deux personnes ayant les mêmes caractéristiques crâniennes. L'idée centrale de DARWIN est la persistance des plus aptes à la conservation et à l'élimination des sujets qui présentent des variations nuisibles. les tares héréditaires expliquant les différences.1. L'existence d'instinct dépravé est expliqué par l'hérédité. Il veut " mettre de l'ordre".4. Le facteur héréditaire constituerait le point de jonction. Selon Prosper LUCAS dans son "traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle". L'homme est envisagé comme une créature de l'univers comme les autres sans lien privilégié avec Dieu. L'évolutionnisme de Charles DARWIN DARWIN a les mêmes préoccupations que QUETELET et COMTE. Il développe une idée selon laquelle les individus vivant dans le prolétariat vive dans un milieu si défavorable que leur penchant . Les ancêtres de l'homme constituent un lien de continuité avec les formes de vie les plus simples. Le comportement de l'homme ne peut être le résultat du libre arbitre. soumises aux même conditions extérieures pouvaient avoir des comportements différents.

professeur d'anthropologie médicale à Paris. On y recherche des signes.1. L 'école positiviste italienne 2. à partir d'une collection de crâne de guillotinés.Une importance de la région pariétale et un renflement des arcades sourcilières témoignent d'une monstruosité cérébrale. Certains anatomistes affirment que la race criminelle est une variété humaine marquée par des caractéristiques particulières. un retour atavique de l'homme de l'âge de la pierre taillée. met ne évidence des traits régressifs : . selon lui. observe un volume crânien considérable qui. Le criminel est une image vivante des origines préhistoriques (…) un débris. des stigmates.Une faible courbe frontale mettant en évidence une infériorité mentale quasi-préhistorique . A partir de la deuxième moitié du 19 ème siècle. on dégage les typologies de la "race criminelle". Lucas affirme que l'homme est libre de céder ou non à la prédisposition biologique. le germe fécondé de l'animal supérieur est bourré de caractères invisibles éloignés nous de plusieurs milliers de générations.Le positivisme en criminologie . Arthur Bordier. Le déterminisme est ici modéré.supérieur s'en retrouvent atrophiés tandis que les penchants animaux sont souvent sollicités. des constantes relevant un différentiel d'évolution. 2. Selon DARWIN.

ces pensées n'étant que vaine spéculation. Ils récusent la pensée déductive et abstraite d'auteurs comme BECCARIA. La seule réalité qui importe est l'examen scientifique du criminel.L'objet de la criminologie est le criminel. il a une perspective déterministe. Est considéré comme positiviste celui qui adhère aux trois principes suivants : . Le crime ne serait qu'une abstraction juridique sans intérêts.LOMBROSO est plus un héritier culturel qu'un pionnier. Le crime ne résulte pas d'un choix. mesurer les faits sur l'observation plutôt que sur la théologie. .L'explication du comportement criminel se retrouve dans des dispositions installées à demeure chez des êtres distincts des autres hommes Conséquence pratique : le problème criminel tient à une minorité d'être trop enclin au crime. Le criminel est perçu comme différent du non criminel. Il faut traiter les prédispositions et éliminer les individus les plus dangereux. un principe selon lequel il existerait un ordre des faits suivants lesquels les conditions d'apparition d'un phénomène étant déterminées. L'œuvre des positivistes est la cristallisation d'un nouveau courant. Le déterminisme est une doctrine philosophique. Les positivistes sont fidèles au programme de COMTE : fixer la connaissance sur l'expérimentation et sur l'observation."L'empirisme et pas les spéculations". le phénomène ne peut que se produire. Ils sont hostiles à la théorie du criminel né. . Ce principe renvoie au paradigme de LAPLACE : "Un observateur omniscient qui se pencherait sur l'univers s'apercevrait que le monde est déterminé et il est possible .

Ces creux sont des particularités des primates inférieurs. LOMBROSO est considéré comme le père fondateur de l'école positiviste. quelques années plus tard. 2.2. La multiplicité des conditionnements permet de garder quant à soi son conditionnement. le bilan de ces lois est mitigé. il en fait plus de 900. LOMBROSO fait l'autopsie du célèbre criminel VILELLA. négligeant la place du chaos. Il découvre sur son crâne un creux qu'il nomme fosse occipitale médiane ainsi qu'un autre creux. La première édition de son ouvrage "l'homme criminel" ne contient que 262 pages . Il essaye de corréler des attitudes psychiques et étudie leurs tatouages. Cependant. du libre arbitre… Le fatalisme donne la vision d'un univers où règne le hasard.de déterminer l'apparition d'un phénomène. Il conclut de ces découvertes que les criminels seraient des atavus. Il serait possible d'établir des lois sociales des répartitions des faits. Cet échec de la recherche de lois a mené vers une revue des ambitions plus limitée . Les sociologues étant chargés de rechercher des faits sociaux. Le refus du déterminisme ne conduit pas aux refus de reconnaissance de conditionnements multiples. Il est ensuite nommé médecin des armées où il note systématiquement les caractéristiques physiques de plus de 3000 soldats. Il est possible d'établir des lois car l'univers reprend des régularités". Cesare LOMBROSO (1835 – 1909) LOMBROSO est médecin. Il devient ensuite médecin des prisons. Le criminel atavique (traduit par la suite par FERRI en . il a une approche biologisante de la criminologie. Il s'intéresse à la psychiatrie et devient professeur d'anthropologie culturelle à l'université de Turin. on se base plus sur des modèles et certains sociologues renoncent à établir des lois.

Criminel dément . Atavus . Sa typologie distingue : . avorteuse) LOMBROSO préconise pour les femmes des peines légères les privants de leur féminité (tonsure…) La démarche de LOMBROSO est inductive et expérimentale. sous le poids de certaines influences. Gabriel TARDE émet une critique en insistant sur la relativité du crime. se focalisant sur le criminel. les stigmates décrits par LOMBROSO se retrouvent souvent chez des non criminels.Criminaloïde (caractérisé par l'absence de stigmates physiques et de désordres mentaux reconnaissables mais qui. Femme délinquante (prostituée. Comment un criminel naturel peut-il être conditionné à commettre des crimes divers selon le lieu où il vit ? De plus. caractérisé par un certain niveau de raffinement. peut passer à l'acte) . Ce qui est incriminé dans un lieu donné en une époque donnée ne l'est pas ailleurs où à un autre moment.criminel né) constitue une des classifications des criminels.Criminel par passion ( opposé au criminel né. Il relève des anomalies sous-tendues par l'idée de bestialité originelle. il n'envisage pas la société. . de sensibilité) . Il constitue un atlas des régions de France où il repère 40% de criminels nés. il contribue à changer les idées des juristes de l'époque mais. Sa théorie étant fortement critiquée. LOMBROSO entreprend des recherches sur de nombreux sujets. LOMBROSO tente de tempérer et commence à corréler le crime avec certains facteurs sociaux pouvant mener au crime. En 1886.

Se servant de méthodes statistiques fort avancées. Selon LOMBROSO. Il conclut qu'il n'existe que peu de différences statistiques à l'exception de trois variables : poids. taille et Q. En plaçant le crime au sein de l'individu.I. Ses recherches auraient servis à confirmer sa thèse : "Dans chaque sauvage sommeille un criminel".En 1913. on déresponsabilise le pouvoir en place. Les différences sont surtout fonctions de l'alimentation. En 1906. l'Anglais GORING attaque cette thèse dans son ouvrage "the english convict". l'adaptation est fonction de la symétrie du corps (les blancs sont érigés en corps parfaits) . . lors d'un congrès. L'ethnographie du crime est la reconnaissance de comportements incompatibles avec le développement linéaire imaginé par les européens de l'époque. A l'époque. le crime est un agent important de l'histoire sociale. Il refait des mesures de manière sérieuse et systématique au moyen d'instruments (LOMBROSO se servait de ses mains). Les détenus anglais sont moins grands. Il compare les détenus anglais avec un groupe contrôle (comprenant des étudiants et des officiers de l'armée). il distingue 37 traits physiques et 6 traits psychiques. . Il fait remonter la découverte de sa théorie à 1870. La théorie lui serait apparue en une seule fois (comme une impétration divine). LOMBROSO explique comment l'idée lui est venue. les classes laborieuses étant assimilées aux classes dangereuses par la bourgeoisie. Ces classes sont caractérisées par des différences sociales. Il dégage la distance entre les classes. moins lourds et moins intelligents. On associe à des objets de la criminalité certains comportements : le tatouage serait le propre des sauvages et des asociaux. Il présente les peuples colonisés comme des attardés de la civilisations.

Quant aux autres infractions du code pénal. 2. GAROFALO déclare. En 1880 dans "Criminologia". La capacité criminelle est la "dangerosité" de l'individu. En 1878. magistrat et professeur de droit criminel à Naples. CORRE pose que "Les races les plus rapprochées de l'état primordial sont considérées comme les plus criminelles or. Il propose pour classifier les crimes de s'appuyer sur des constatations sociologiques universelles et non pas sur des classifications légales. De tels actes constituent des crimes naturels.3. il tente de définir sociologiquement le crime : "serait Crime. que comme toute entité naturelle. la société doit éliminer ses tares. il propose de les insérer dans un code de désobéissance. Rafaël GAROFALO (1852 – 1934) GAROFALO est juriste de formation." Il démontre que ces peuplades sont fortement perturbées par le colonialisme.En 1884. c'est dans ces races que l'on constate la plus grande solidarité. GAROFALO invente le terme de "criminologie" et propose de rassembler toutes les sciences criminologiques derrière cette appellation. Fortement influencé par DARWIN. il lance le concept de "Temibilita". Cette idée renvoie à la capacité criminelle d'un individu et sa capacité de réadaptation après le passage à l'acte. il propose trois moyens : . caractérisées par la criminalité. La base organique de la dangerosité serait héritée. ces actes qu'aucune société civilisée ne peut refuser de considérer comme tel et de punir comme tel parce qu'il affecterait deux sentiments altruistes de base communs à tous les êtres humains et à tous les âges : le sentiment de probité (honnêteté scrupuleuse) dans le cas des infractions contre les biens et le sentiment de piété heurte dans les cas d'infractions contre les personnes. Pour l'élimination.

3. 2.La peine de mort. Il est un réformateur des institutions criminelles. FERRI .4.L'isolement dans des colonies agricoles. pour les individus dont les actes renvoient à une anomalie permanente . Ce mode d'élimination ne doit pas voir sa durée fixée par le code pénal. il s'intéresse à la statistique appliquée au crime. il distingue le crime comme fait individuel et le crime comme fait social. . il conclut qu'il est dû au grand taux de peines capitales et d'exil prononcées. La punition doit être suffisamment intimidante. 2. Il préside la commission préparant le nouveau code pénal. homme politique socialiste (voire marxiste) au début de sa carrière. Enrico FERRI (1856 – 1928) Juriste. Jamais GAROFALO n'évoque la resocialisation des individus. Observant..L'élimination directe par l'emprisonnement de longue durée et par la déportation. La sélection sociale qui en résulte finira par éliminer les criminels et leurs progénitures de la société. GAROFALO propose trois conditions nécessaires pour une politique criminelle efficace : 1. l'étude de l'étiologie criminelle constitue un moyen contribuer à l'évolution des institutions de contrôle social. le taux de criminalité relativement bas du Royaume Uni. pour les délinquants juvéniles. issu d'une famille de commerçants. L'école positiviste doit protéger la société contre le crime. Dans "Sociologia Criminale" (1884). La politique criminelle doit satisfaire la demande de punition de l'opinion publique. il rallie le fascisme et fait partie de la commission présentant le code fasciste. A la fin de sa carrière. Selon FERRI.

constituant la plus grande part des délinquants. sans . famille…) A partir de ces facteurs. Les criminels fous agissant sous l'influence d'une maladie mentale. " Le libre arbitre n'est qu'une illusion". 4. Il imagine une théorie multifactorielle de la criminalité déterminée par trois sorte de facteurs : 1. Il y a parmi eux des criminels d'envergure. densité de population. 3. Les criminels d'habitude : récidivistes endurcis sous l'influence de facteurs sociaux. Ils ont peu de sensibilité morale. résultant du milieu social (religion. Ils ne sont pas fondamentalement liés au crime. Les criminels nés présentant les caractéristiques dépeintes par LOMBROSO.est conscient qu'il existe une multiplicité de facteurs entrant en jeu dans le phénomène criminel. Le crime est déterminé comme par une série de facteurs contre lequel l'homme n'a aucune liberté. classe sociale…) 2. profession. il entreprend d'améliorer la typologie criminelle. Ils passent à l'acte au grand jour. 5. Les criminels passionnels : Individus sanguins et impulsifs. des professionnels du crime et des inadaptés sociaux. 3. relatif au milieu où les individus baignent. les facteurs physiques ou "cosmo – tellurique". Les facteurs sociaux. Les criminels d'occasion. 1. âge. Les facteurs anthropologiques : facteurs "constitution organique" facteurs " constitution psychique" (anomalie de l'intelligence et des sentiments) caractère personnel (race. 2. résultant d'un milieu social défavorable et d'une constitution psychique faible.

mesures préventives destinées à protéger la société en neutralisant le potentiel criminel des individus. création de refuge nocturne. Il est plus important d'empêcher le délinquant de récidiver. Ces mesures préviennent le crime et la récidive. . Il pense que le législateur peut intervenir sur la marche du crime. mesures dans l'ordre familial… Un des problèmes de ces substituts est que FERRI pense pouvoir élever le niveau moral sans toucher à la sphère économique. Ils deviennent des détenus modèles. La responsabilité ne peut être fondée que sur l'idée du risque que le délinquant fait courir à la société. par les "substituts pénaux".processions. ne peut être basée sur la faute. selon lui. FERRI remet en cause le fondement de la responsabilité pénale qui. FERRI envisage de réunir ces mesures dans un code préventif qui démontrerait l'importance des facteurs sociaux du crime. éclairage nocturne des rues. FERRI pense que le pouvoir dissuasif est très faible et que l'Etat est l'instrument qui doit mettre en place les mesures de prévention. limitation des ghettos. Il veut substituer les peines par des mesures de défense sociale. Ces mesures sont fondées. Des lois diverses de la sociologie criminelle: FERRI produit une étude statistique où il compare la criminalité en France entre 1826 et 1878 et celle de l'Italie à la même période. d'autre part. Ils avouent immédiatement leurs crimes et sont pris par le remords. d'une part. sur l'élimination des individus dangereux. L'homme criminel est déterminé par ces facteurs. suppression des taudis. Ex: limitation des horaires de travail.

la quantité de crime augmente. les positivistes voulaient un traitement médical. L'environnement social donné influence les crimes.La loi de régularité de la criminalité : La criminalité est constante dans le temps. Suite à un événement social. la criminalité comporte un nombre déterminé de délits se produisant avec régularité . comme une plus grande quantité de sel peut se dissoudre si la température augmente. se dissout une quantité donnée de substance chimique. de même dans un milieu social donné avec des conditions individuelles et physiques déterminées. La loi de saturation. Au milieu du19ème siècle. d'autres ont un impact social. Il a suscité des résistances de juristes qui voulaient gardé une peine déterminée . Conclusion du positivisme : Le positivisme peut se résumer par le poids des recherches empiriques sur la criminalité et l'environnement du criminel. Tant que subsiste les conditions ordinaires de la vie sociale. si des perturbations accidentelles se produisent dans la vie sociale. Certains facteurs ont un impact individuel. L'opposition entre pénalistes et positivistes. cette régularité est perturbée. il se produit un nombre donné de phénomène criminel. La sursaturation a lieu dans un changement de régularité. articulée avec la loi de sursaturation : comme dans un volume de liquide donné à une température donnée. Le comportement est dans une large mesure déterminée. Il a pesé dans la réforme des mesures pénales. des conflits opposent des auteurs comme CARRARA qui défend des principes néoclassiques et des penseurs comme ELLERO qui développe une conception .

3. Cette constance serait le signe que le comportement humain est soumis à des lois. "Sociologia criminale" est une œuvre centrale. L'école socialiste a deux grands représentants : ENGELS et MARX. Crime et naissance de la sociologie au 19 ème siècle. Ils seront essentiellement réformiste. Le crime n'est . E. La prévention s'oppose au classicisme et se structure à la fin du 19 ème siècle par la création d'une série de revues. GUERRY dans son "essai sur la statistique morale en France" se penche sur des chiffres de 1825 et 1830. La criminalité serait la conséquence d'un dysfonctionnement de la structure sociale. se diffuse et contribue à influencer le droit pénal surtout en matière de défense sociale. Cette prise de conscience ne va pas remettre en cause l'ordre social capitaliste. DUCPETIAUX analyse la condition physique et morale des jeunes ouvriers.préventive de la peine. Le positivisme devient une doctrine de droit pénal. ENGELS met en avant un déterminisme de nature économique. il dispose de disciple. Ils proposent des solutions radicales. Cette critique sociale est suivie par les philosophes libéraux et les catholiques.M. il répartit les départements en cinq régions et met en évidence une constante et une régularité des chiffres de la criminalité. FERRI affiche sa sympathie pour le mouvement fasciste et pour le programme de politique sociale dont l'axe central consiste à réaffirmer l'autorité de l'Etat vis-à-vis des abus du principe de liberté. Elle fait passer la défense de l'Etat avant la protection des individus. Ils ont l'idée d'un impérialisme scientifique sur le droit pénal. En 1845. A. urbaine et pauvre). jeune. En 1843. Il met en évidence un profil type de la criminalité (Masculine. Il met en évidence entre misère et crise économique d'une part et la criminalité d'autre part.

"un criminel produit des crimes mais produit aussi le droit pénal. les jurés. les avocats. En biologie. DURKHEIM et SPENCER empruntent les explications organicistes pour les appliquer au modèle social. la présentation faite de la criminalité et de la classe sert a appuyer l'oppression. on fait la distinctions entre organes et fonctions.pas un élément central mais il sert d'indicateur dans leurs démonstrations. de la littérature… Le crime éliminerait une partie excédentaire de la population du marché du travail. une production sociale résultant logiquement de l'Etat des rapports sociaux existants. la fonction évoque une correspondance entre deux quantités. les professeurs de droit criminel… Il produit aussi la police. le crime absorbe une partie de la population (agents carcéraux…) 3. Un phénomène social ne peut s'expliquer que par sa fonction et les fonctions sont reliées aux besoins . Selon MARX. En biologie. Le crime diminue la concurrence entre les ouvriers et empêche les salaires de tomber sous un certain minimum. Les parties constituantes de la société ont une fonction. Par la réaction sociale.1 Emile DURKHEIM Le fonctionnalisme : En mathématiques. les juges. Ils ne considèrent pas la criminalité comme un désordre social mais comme une caractéristique de l'ordre social capitaliste. la fonction est l'ensemble d'opération que les organes effectuent pour le maintien de la vie. Lorsque ENGELS analyse en 1845 la classe laborieuse au Royaume-Uni. La société est conçue comme une collectivité harmonieuse d'individus. le droit judiciaire.

(ex: Le diplôme fonction manifeste: donner à l'emploi . DURKHEIM cherche à identifier les propriétés intrinsèques du crime. Manifeste. fonction intentionnelle ou non . DURKHEIM propose une autre approche du phénomène criminel. la fonction est reconnue par la société. un noyau dur. Latente. Il faut chercher l'explication des phénomènes sociaux dans d'autres phénomènes sociaux et pas dans la psychologie individuelle. Les faits sociaux maintiennent l'équilibre social. La fonction est de maintenir l'homéostasie. R. Cette comparaison ne rassemblant qu'un petit nombre de crimes. Les tensions dans la société sont une préparation à un monde meilleur (liaison à une vision du progrès). certains éléments sont-ils appelés crimes et provoquent cette réaction sociale appelée peine ? Pourquoi érige-t-on un comportement en crime ? Il envisage successivement trois hypothèses : . 2) Ce qui est commun à tous les crimes. MERTON distingue la fonction manifeste et la fonction latente. 1) Il recherche cet élément en étudiant les convergences entre crime punis en tous temps et en tous lieux.intentionnelle mais non – reconnue.sociaux. fonction latente : effectuer un tri social). la méthode est abandonnée. c'est le fait d'être universellement réprouvé par les membres d'une société donnée. son élément permanent et général. Pourquoi dans chaque société. Le phénomène lui est extérieur. elle est intentionnelle. "un fait social s'imposant à l'individu".K.

DURKHEIM ouvre une brèche importante. le processus de définition est lié à la réaction sociale. 2) Les actes incriminés sont ceux qui altèrent des sentiments moraux reconnaissables (Cf. c'est le fait que dans toutes sociétés. GAROFALO). Il est normal car il s'observe dans les sociétés de tous types. Seraient criminalisés les actes à danger social.1) Ces actes provoquent de la nuisance sociale (critère utilitariste). Est donc criminel un acte qui froisse les états forts et définit la conscience collective. Un acte n'est crime que si nous le réprouvons . 3) Un caractère commun à tous les crimes. Le crime n'a pas de carton ontologique. Le crime peut présenter des formes et des taux anormaux mais il reste normal s'il ne dépasse pas un certain seuil. les sentiments moraux étant variables et changeants. . DURKHEIM élimine cette hypothèse car elle n'est pas scientifique. il récuse le crime naturel. les crimes sont des actes qui froissent avec une certaine intensité les sentiments communs d'une grande moyenne des individus composant une société. Il rejette cette hypothèse pour trois raisons : On trouve un nombre d'actes érigés en crime sans que par eux-mêmes ils ne soient nuisibles pour la société. Il est relatif à un ensemble de croyance. il n'existe pas en tant que tel. il rejette le crime par essence. Le crime est normal et utile. le criminel pathologique. Nombre d'actes font l'objet d'une répression sans aucune relation avec leur degré de nuisance alors qu'il existe des actes plus nuisibles pour le corps social qui sont moins réprimés Il existe des actes désastreux pour la société qui ne sont réprimés du tout. Il ne constitue pas une maladie mais un phénomène sociologique normal. Implicitement.

la dissolution sociale. Selon lui. la crise de religion… Les lois de l'imitation (1890) : TARDE utilise l'idée d'imitation. Dans cette approche. tous les actes importants sont dictés par un mécanisme de copie. Ils deviennent des criminels non pas par atavisme mais parce qu'ils en ont choisis le métier. Il utilise ces lois pour expliquer l'évolution historique du crime.2.Son utilité émane de l'évolution de la conscience sociale. Gabriel TARDE TARDE ne renie pas le facteur anthropologique mais renvoie le crime au milieu social et à l'environnement. 3. Ils ont fait ce choix à l'intérieur d'une série de contraintes dictées par la misère. Cependant. 2. Les hommes s'imitent d'autant plus qu'ils sont rapprochés. le criminel a un rôle d'agent social régulier. 3. Ainsi. Les modes jouent un grand rôle dans le choix de l'imitation. . Quand deux modèles sont incompatibles. Il émet trois règles de l'imitation : 1. la responsabilité pénale doit subsister et la peine doit être individualisée sur des bases psychologiques. la mode la plus récente l'emporte sur la plus ancienne. La majorité des voleurs et des meurtriers ont été livrés à eux- mêmes. Les campagnes imitent les villes. ces mécanismes ne sont pas inéluctables et comme ces lois ne sont pas automatiques. le crime peut être une anticipation de la morale à venir (ex: la liberté de pensée n'a put être consacrée que parce que les règles la prohibant ont été violées). Le supérieur est plus imité que l'inférieur. Le peuple ne fait qu'imiter les vices des aristocrates et des classes dirigeantes.

le discours médical prime. On part d'une criminologie empirique qui se développe vers une criminologie stabilisée et considérée comme juridiquement correcte. On emprunte des éléments cliniques pour approcher le criminel. les grands courants de la sociologie de la déviance américaine Pourquoi la sociologie de la déviance se développe-t-elle au début du 20 ème siècle aux USA ? a) La première guerre mondiale affecte fort l'Europe et ses sociologues.Conclusion : L'individu ne choisit pas. Ils trouvent aux USA un terrain fertile : d'énormes problèmes sociaux. A partir du 20 ème siècle. Les villes sont confrontées à des problèmes d'inadaptations. Ils tentent d'imposer le juridique comme cadre nécessaire d'analyse. les villes prennent des dimensions spectaculaires. les juristes tentent de s'imposer dans les congrès d'anthropologie. La société est représentée comme un organisme biologique qu'il faut protéger d'une maladie. Il est engagé par des influences psychosociologiques. On assiste aux USA à une perpétuation des travaux sociologiques dès les années 1920. Ils ont été à l'école du crime et pratiquent le crime comme un métier. Le droit fera bon ménage avec la criminologie clinique. Les juristes n'appartiennent pas aux écoles positivistes et du milieu social. Dès l'origine. 1. Les pouvoirs publics américains font appel aux sociologues car il est urgent de . Chapitre 3 : La criminologie sociologique au XXème siècle. La criminologie en Europe trouve refuge dans le droit.

Les sociologues américains ont une façon différente d'appréhender le crime. Les éléments d'analyse résident dans l'observation des forces de l'environnement. culture. Les USA deviennent leaders de la sociologie mondiale. Un des premiers objets d'étude des sociologues sera le crime car la délinquance va être liée à des problèmes sociaux. A partir d'un schéma de recherche. interactions… Il est classique de distinguer différents courants en fonction des secteurs d'analyse. Les sociologues contribuent à la mise en place d'une politique publique. Suite à la première guerre mondiale. liens sociaux. Les éléments d'analyse sont l'observation des groupes d'individus. les problèmes. Chaque courant propose un cadre d'analyse qui énonce les problèmes à poser. L'ordre social vacille. fonction. il y a une fuite des cerveaux vers les Etats-Unis. Les facteurs d'explication sont imaginés en termes d'organisation ou de désorganisation. La sociologie de la déviance américaine analyse le crime en terme de milieu (quartiers. Les conflits sont difficilement séparables de l'évolution de la société américaine. . L'école de Chicago à comme concept fondamental le milieu au sens de la communauté écologique. Ils interviennent dans la "prise du pouls" de la société. b) Le développement d'un marché de la recherche criminologique dans les universités américaines. cités.réagir à cette réaction sociale. les facteurs d'explication sont trouvés en termes d'acculturation. les phénomènes à observer dans la réalité et la manière de les mesurer. de déculturation et de socialisation. Le culturalisme : la délinquance est un système culturel. zone de la ville…). ils envisagent la sociologie du crime.

réformiste et empirique. Les éléments d'analyses seraient l'étude des statuts des individus. L'interactionnisme symbolique a comme concept l'interaction. enseignants et étudiants de l'école. La délinquance serait le produits d'interactions entre individus. tactiques. Les théories critiques (ou néo-marxistes) : mise en avant du système politique et économique. .Le fonctionnalisme (dans les années 1950) : le fonctionnalisme a comme concept fondamental. stratégies. Le rationalisme : "l'acteur rationnel choisit les moyens qui conviennent à son but". Le rationalisme considère les précédentes approches comme trop déterministes. Urbaine : L'école de Chicago s'est consacrée aux problèmes des villes et surtout de l'immigration (en 1840. On observe les rôles. 1.1 L'école de Chicago L'école de Chicago désigne l'ensemble des travaux réalisés entre 1915 et 1940 par les chercheurs. les facteurs d'explications. C'est une sociologie militante envisageant le crime comme un résultat d'une domination. Ils visent la transformation des rapports sociaux. l'étiologie qui renvoie à des dysfonctionnements. La délinquance est envisagée comme la conséquence du mauvais fonctionnement de la structure sociale. la structure sociale. Les explications sont trouvées en termes d'étiquetage social. L'école de Chicago a trois caractéristiques : il s'agit d'une sociologie urbaine.

elle en compte 3 500 000) En 1900. Après 1914. l'assimilation sont des dimensions culturelles mais l'école de Chicago ne se réfère pas au culturalisme. Des thèmes tels que l'immigration. Cela suppose un modèle de causalité particulier. Ils font des anamnèses des délinquants. affectant le développement des grands centres urbains américains.Chicago compte 4500 habitants. analysent les archives des tribunaux. il faut s'en imprégner longuement. L'habitat et les habitants prennent le trait d'un système clos. La désorganisation sociale est le déclin de l'influence des règles de comportement sur les membres . plus de la moitié de la population américaine est née hors du territoire des USA. Ils ne prennent pas la culture comme objet d'analyse. L'ensemble des rapports et interactions est à chercher dans un espace limité. Réformiste : L'école de Chicago a une ambition pratique. Leur modèle théorique est emprunté à l'écologie animale (étude des rapports entretenus entre les êtres vivants et leur milieu). Ce système est un équilibre précaire entre des individus différents et un environnement. L'école de Chicago enregistre un nombre élevé d'événements mais limités dans un espace restreint. en 1930. Tout élément peut être impliqué dans une relation causale. Les théories écologiques de la délinquance apparaissent ainsi que le concept de désorganisation sociale. Ils participent à la formation de travailleurs sociaux. Elle désire apporter des solutions. un nouveau flux d'immigration noire venant du sud grossit les populations des villes. Empirique : L'école de Chicago descend sur le terrain et est très créative en matière sociale Pour appréhender la réalité.

Il y a un affaiblissement des contraintes sur le groupe primaire. La délinquance remplit les zones de fractures sociales. L'accoutumance ne se fait pas sans problème et la population y change souvent. Il y a deux recherches majeures sur le sujet : "The gang. Il l'explique par une théorie de l'urbanisation.d'un groupe. La symbolique de l'espace est prégnante et fait appartenir à une bande. Selon lui. " Elle résulte d'une interprétation des changements sociaux liés au développement des grandes industries et aux transformations du contrôle social qui en découlent. TRASHER constate la localisation géographique de la délinquance juvénile. La notion de désorganisation sociale est précisée par Robert PARK. Cette définition rompt avec les notions de problèmes sociaux et de pathologies sociales. Un étranger ne peut connaître les limites d'un territoire mais les autochtones les connaissent. Les quartiers résidentiels se trouvent dans la périphérie. Cet espace est appelé espace interstitiel. Historiquement. les membres du gang considèrent l'espace urbain comme un espace particulier échappant à la propriété commune. Il est direct." Le contrôle social dans les zones rurales est informel et régule le comportement. Ils défendent leurs territoires contre les invasions des membres d'autres gangs. la ville industrielle s'est développée de sorte que le centre-ville comporte bureau et magasins. Selon TRASHER. Cet affaiblissement est responsable de l'augmentation de la délinquance. se rassemblent les immigrés et les noirs. Dans les villes. . le contrôle repose sur des principes abstraits mis en œuvre par des institutions formelles. la délinquance juvénile est un phénomène d'acclimatation de conditions socio-démographiques difficiles. Dans l'espace intermédiaire entre périphérie et centre-ville. A study of 1313 gangs in Chicago" de Frederik TRASHER en 1927. Les immigrants y prennent racine.

MC KAY est statisticien. Ces quartiers ont un taux de délinquance élevé alors que la population s'est considérablement modifiée. La sociabilité ne peut pas être articulée avec les institutions de la société. Dès que les jeunes ont goûté à la vie palpitante des gangs. Il conclut que pour comprendre ces pratiques.L'appartenance a un quartier est plus déterminante que l'origine ethnique. SHAW est un praticien. Les zones de délinquance se retrouvent dans un anneau entourant le centre-ville où le taux de chômage est très élevé.. Les gangs sont instables. Ils reportent sur une carte le lieu d'habitation des jeunes. création spontanée des adolescents. elles sont une forme de structure sociale. Les bandes ne sont pas désorganisées. 1917-1923. Les gangs naissent spontanément de rencontres fortuites. TRASHER analyse la structure des gangs. de problèmes sociaux. le taux diminue. il faut partir de l'espace urbain où vivent ces bandes. La . toutes les activités et les programmes des autres institutions paraissent insipide. Quand un groupe entre dans ces zones. Progressivement. "Juvenile deliquency and urban areas" de Clifford SHAW et Henry MC KAY en 1942. se restructurent sans cesse ou disparaissent (départ du leader…). Ils partent de la même problématique que TRASHER mais utilise une méthodologie différente. quand il le quitte. La société conventionnelle ne leur convient pas. La désorganisation est le produit du développement des forces non contrôlées de l'environnement. Les gangs comblent un manque chez les jeunes. A cet isolement spatial correspond un isolement culturel où certaines activités ont une symbolique particulière (ex : le vol est considéré comme une activité sportive). Ils analysent des dossiers judiciaires répartis en trois périodes de temps1900-1906.. où il y a beaucoup de maladies. C'est dans ces conflits que le gang peut dégénérer. de familles divorcées. le gang se structure (émergence des leaders…). la délinquance au sein de ce groupe augmente. 1927-1933. se soude par l'expérience du conflit avec d'autres gangs ou avec la société.

Il insiste sur l'importance de la proximité. surtout en été. Dans les condamnations prononcées en 1928. SHAW et MC KAY développent le concept de "zone urbaine de détérioration morale" caractérisé par un taux élevé de criminalité et des conditions économiques défavorables. l'hétérogénéité de la population et une forte mobilité des populations conduisent à un relâchement des contrôles sociaux traditionnels et des formes sociales de contrôles. il lance lui-même le programme des "Chicago area project" pour faire baisser le taux de délinquance. SHAW préconise la prévention prenant forme à partir d'habitant du quartier.délinquance est un aspect de la vie sociale. Le culturalisme . Le travail "The Jack Roller" de Clifford SHAW est un travail visionnaire. il apparaît que 82% des jeunes n'ont pas agis seuls. En 1932. Il démontre à quel point la justice pénale peut être inefficace et peut avoir des effets pervers. Il conclut que le traitement n'est pas dissuasif mais favorise l'encrage dans une carrière. Ils constatent que la socialisation entre pairs est important dans la délinquance. Ils relèvent trois facteurs : Un statut économique précaire. Il crée des associations ayant une harmonie culturelle conseillée par des personnes extérieures.2. 1. Ces contacts sont personnels et collectifs dans ces zones. Le but est de créé des programmes d'activités récréatives. Les zones urbaines de détérioration morale fournissent 60% des jeunes condamnés. Il met en évidence que le formalisme du traitement nuit aux jeunes.

S'ajoute au facteur culturel. . On constate que les populations connaissant un taux élevé de criminalité sont. La délinquance est transmise comme par tradition. Dans la culture existe un répertoire de rôle définissant les règles de société. La culture est un patrimoine commun à tous les membres d'une société. ont observé que chaque culture est organisée selon une configuration marquée par des traits saillants. qui s'opposent à la nature. un facteur économique. des individus plus ou moins similaires. les dernières arrivées dans la ville et les plus démunies. Margaret MEAD et Ruth BENEDICT. Sans le facteur culturel. La culture est un ensemble 2. L'idée de transmission culturelle. Le culturalisme : la culture couvre les activités créées par l'homme. susceptible de se transmettre de génération en génération en gardant sa cohérence. Cette cohérence implique que la socialisation donne des produits. L'école culturaliste américaine développe deux axes de théories 1. Il y a un culturalisme en germes dans les travaux de SHAW et MC KAY. on se contente d'une simple observation. d'hérédité sociale est dominante. On note un glissement du milieu écologique au milieu culturel.Les principaux organes de transmissions de la délinquance sont les bandes de jeunes. La thèse du relativisme culturel conduit à accorder un même degré de dignité à toutes les cultures. C'est un enchaînement de voir le culturalisme succéder à l'école de Chicago. en général. Ce modèle culturel forge une personnalité typique pour ses membres. Tous les peuples ont une culture. La transmission de la délinquance est un facteur culturel qui permet d'introduire une relation entre taux important de délinquance et aires de désorganisation sociale. anthropologues.

on ne tient pas compte de ses origines. Une analyse psycho-culturaliste prédomine. vivre dans une société déterminée correspond à adopter des normes de conduites précises. La théorie d'Edwin SUTHERLAND insiste sur les variables situationnelles. Comment des nouveau-nés sont-ils transformés en individus particuliers ? La délinquance est envisagée soit comme le produit d'une transmission culturelle. l'acquisition que par des traits de personnalité. soit comme un conflit de culture. Une des critiques formulées à l'égard du culturalisme est qu'à trop vouloir attacher un individu à une société. croyances doivent d'abord exister dans un environnement culturel dans lequel baigne le délinquant avant d'être incluse dans sa personnalité comme tous les . Une personnalité doit être unique et entière. On ne peut vivre deux cultures à la fois. Elle ne nie pas l'importance de variables comme la personnalité mais considère que cela s'explique d'avantage par l'apprentissage. Il considère qu'existe une culture délinquante comprenant des techniques (vols…) mais aussi une culture morale par rapport à ce comportement et des définitions de situations particulières qui exigent où justifient la délinquance. Le culturalisme substitue au problème de distribution géographique de la population. connaissances. Les attitudes.système permet les formes de la délinquance dans des situations particulières. Ce sous. le problème de socialisation et de différence des cultures entre individus.La culture détermine les comportements. soit comme le produit du développement d'une sous- culture. aux questions d'équilibre et de déséquilibre.

Qu'est-ce qui conduit un individu à entrer ou non dans le crime ? La théorie des "associations différentielles" : le comportement criminel n'est ni inhérent au délinquant. ni inventé par lui. Chiffre noir). Il critique les corrélations entre délinquance et désorganisation sociale. l'orientation des pulsions. l'échantillon est donc biaisé. principalement au sein de petits groupes. SUTHERLAND réalise un travail sur les criminels en col blanc. Ils se donnent des bonnes raisons de commettre des délits. . théorie générale de la délinquance. Il s'aperçoit que la criminalité se rencontre dans toutes les classes sociales. Cette voie de recherche est liée au fait que dans les bas. Il se concentre aussi sur les apprentissages. tous les habitants n'ont pas de conduites délictueuses. Les enregistrements des tribunaux ne rendant pas compte de la criminalité réelle (cf. Cet apprentissage comprend les techniques. des mobiles et des rationalisations.quartiers. Il est appris. Ces théories minimise la particularité du crime et maximise l'humanité du délinquant. Il propose d'élargir le champ d'étude à tous les actes violant la loi. La procédure est la même pour la délinquance et le conformisme. SUTHERLAND propose la théorie des associations différentielles.autres types de culture. même s'il n'y a pas eu de poursuite. Il critique la méthodologie de SHAW et MC KAY. SUTHERLAND est diplômé de l'école de Chicago. Certaines classes sociales bénéficient d'une protection face au système répressif.

On devient délinquant parce qu'on s'associe à un modèle criminel sans avoir accès à des modèles contraires. de nombreuses formes de comportements criminels peuvent paraître défavorables. Certaines associations ont un impact variant selon quatre facteurs : fréquence. . condamnation des censeurs (ne pas reconnaître la légitimité des institutions répressives). "appeal to higher loyalties" (code d'honneur) … L'orientation des mobiles.Cf. SUTHERLAND ne parle pas d'associations entre criminels et non. Ils utilisent pour s'accommoder des techniques de neutralisation qui maintiennent des images d'eux-mêmes assez proche du conformisme. Tous les délinquants adhèrent aux mêmes valeurs que les conformistes. des pulsions est fonction de l'interprétation favorable ou défavorable que fait un individu de la violation des dispositions légales. Le délinquant ne se voit pas comme plus mauvais malgré le fait qu'il reconnaît son activité de délinquant. Les attitudes pro- délictueuses peuvent être enseignées par une personne pro. Ex: un voleur peut être défavorable au meurtre ou au viol. On peut côtoyer peu de criminels et être très exposé à la tentation. durée. Un individu devient délinquant quand les interprétations favorables à la transgression de la loi sont plus attirantes que l'interprétation défavorable. Chaque individu apprend la culture de son milieu d'autant plus qu'il n'a pas de modèle contraire. antériorité et intensité.criminels mais d'associations entre interprétation favorables et défavorables à la transgression de la loi. Concept de David MATZA : les techniques de "neutralisation". négation de la victime (lui refuser la reconnaissance d'être humain).conformiste. : minimisation du mal causé. Même si l'on fréquente beaucoup de criminels. SUTHERLAND observe que toutes les associations différentielles ne sont pas de poids égal.

Le fonctionnalisme "Chaque statut (position sociale) définit le rôle (comment se comporter avec les autres)" . les mécanismes d'apprentissage criminels sont les mêmes que tout autre apprentissage. Le prestige du modèle culturel n'est pas le même pour tous. SUTHERLAND a cependant trop accentué l'entourage du délinquant. Les facteurs macro. plus le risque augmente. les conduites individuelles dépendent de celles des autres non pas mécaniquement mais par un jeu d'ajustement mettant en œuvre une activité d'interprétation.3. Ex: la délinquance de l'individu peut être reliée à des expériences sociales diverses comme le rejet des institutions. Durée : plus les contacts sont longs. Il problématise l'interaction. Antériorité : un comportement criminel adopté dès la petite enfance peut persister toute la vie. Intensité : l'intensité renvoie au prestige du modèle criminel ou non criminel. Les individus font des choix parmi les modèles proposés. 1. Selon lui. D'un point de vue technique. Un enfant peut être élevé à la délinquance. l'échec scolaire… On lui reproche de ne pas pouvoir expliquer l'existence de la culture criminelle et de ne pas tenir compte des problèmes liés à la personnalité.sociaux jouent aussi un rôle important. cela dépend de variables individuelles. plus le risque augmente. La théorie de SUTHERLAND ne peut pas être ramenée à une posture de sens commun.Fréquence : plus on est exposé à un modèle criminel.

Il n'est pas utile de s'interroger sur la personnalité de base d'un individu. c'est- à-dire avoir tel ou tel statut conduit à tenir tel ou tel rôle. l'accent est mis sur la grande diversité des conduites d'individus appartenant à une même culture. les conduites sont différentes car au sein d'un même système culturel. . Chaque individu occupe diverses positions simultanément. on peut signaler que chez les culturalistes. père de famille… Cet individu occupe successivement les différents rôles. En comparaison avec le culturalisme.Le statut est une position sociale dans un réseau de relation sociale. le fonctionnalisme s'intéresse à la façon dont la structure sociale attribue les statuts aux individus. conservateur. les statuts sociaux sont très divers. A partir du moment où les rôles et les statuts que les membres d'une culture peuvent exercer sont différents. marié. Chaque statut définit pour celui qui l'occupe un ensemble de relations bien définies avec les autres. il est préférable de rechercher le type d'individu définit comme pertinent pour occuper tel ou tel statut. on ne peut régler le problème de l'apprentissage à partir de l'intériorisation d'un modèle culturel commun. Ex: un magistrat peut être à la fois catholique. De la même façon qu'un individu entretient plusieurs relations sociales. Le contenu des contrats est appelé le rôle. Plutôt que de s'interroger sur la personnalité des individus. les conduites sont différentes car les cultures sont différentes . Chaque position définit un contrat vis-à-vis des autres positions. il occupe plusieurs positions. L'asocialisation n'est pas un problème culturel car il n'y a pas de modèle culturel commun à intérioriser. Chez les fonctionnalistes. La socialisation est un mécanisme de sélection des individus dont la fonction est de pourvoir à des positions définies par la structure sociale. Pour les fonctionnalistes.

le système se limite à la relation individu / société. l'homéostasie (cf. L'individu s'interdit les écarts de comportement qui pourraient rompre l'équilibre du système. ce n'est pas parce qu'ils ont.Comment les fonctionnalistes peuvent-ils expliquer les conduites à caractère standardisé s'il n'y a pas de culture ? La théorie de l'anticipation : si dans la grande majorité des cas. Ex: dans une vision fonctionnaliste. l'individu qui désire devenir magistrat évite d'adopter des comportements illicites et répréhensibles et adopte le profil du "bon sujet". Il faut répondre à l'attente des individus avec qui il sera en relation. mais parce qu'ils anticipent les rôles qu'ils peuvent être à même d'occuper. Dans le culturalisme. Le système social global est composé d'éléments interdépendants. Le problème de la motivation des conduites renvoie à un problème central. les individus n'enfreignent pas les systèmes de normes régissant les relations sociales. E. .DURKHEIM). L'adoption de ces comportements s'appelle l'anticipation statutaire. des sous-systèmes. dès l'enfance. Robert King MERTON produit un travail dans lequel la délinquance s'inscrit dans une théorie de l'anomie. l'équilibre du système social global est menacé. A terme. "Le cercle des poètes disparus" un professeur ne remplissant pas son statut social est renvoyé). celui du fonctionnement du système social. (Cf. intériorisé un modèle.

étudiée et critiquée. 1) Les buts culturels qui sont les désirs et aspirations que la culture inculque aux hommes. MERTON approfondit une distinction entre trois points (qui se retrouvent implicitement chez DURKHEIM).Ex: l'achat de biens de consommation : le but de l'accumulation de biens a pour fonction manifeste la consommation. 2) Les normes sont l'ensemble des règles sociales prescrivant aux hommes les façons de faire que l'on peut légitimement employer pour atteindre les buts culturels. Il y a un paradoxe dans le sens où les gens achètent des choses chères moins parce qu'elles sont meilleures que parce qu'elles sont tout simplement chères. par la suite. un criminologue ou un sociologue doit prendre en compte la fonction latente des biens de consommation. Le fonctionnement de la société repose sur ces trois variables. Parmi les fonctions latentes de la persistance de la consommation. il y a celle de symboliser une puissance pécuniaire. Ces buts constituent un aspect de la structure sociale. La consommation ostentatoire maintient une certaine forme de prestige. DURKHEIM a appliqué le concept d'anomie au suicide ou à la division du travail social. en 1928. établit les fondations d'une théorie générale sur base de l'anomie. . MERTON. reprise. Cette théorie sera. 3) Les moyens institutionnalisés : sont les possibilités offertes par la société pour accomplir les buts culturels d'une manière compatible avec les normes. Selon VEBLEN. en 1938. L'anomie serait la maladie d'une société privée de règles morales ou juridiques conduisant à la désagrégation d'une société. Il y a donc une satisfaction de consommer mais aussi le résultat d'élever ou de confirmer son statut social.

Cette situation engendre frustration et développement de tension sociale (surtout dans les classes inférieures). Cela conduit à une situation d'anomie. La structure culturelle peut prescrire des buts identiques pour tous les membres de la société ou des buts différents pour tous les individus occupant différentes positions sociales. La structure sociale est plus importante que la pauvreté dans la déviance (la criminalité est moins élevée dans les pays très pauvre que dans certains pays riches). l'anomie n'est pas la conséquence d'un état morbide de la société (opposition à DURKHEIM). d'injustice. Pourtant. L'un des buts portés sur l'échelle des valeurs est l'argent. Cette disjonction conduit à un affaiblissement des hommes envers les buts culturellement prescrits et les moyens institutionnalisés. Des conduites sociales en apparence différentes peuvent relever de la même explication (on peut expliquer tant la criminalité en col blanc que celles des pauvres). Les normes ne diffèrent cependant pas selon la classe sociale.MERTON observe que les sentiments de frustrations. or les mécanismes économiques ne permettent pas à tous d'accéder à la richesse. Cela peut pousser les individus à ne pas respecter les normes. Ces éléments ne dépendent pas directement de ces variables mais de la relation entre elles. Chaque individu tente à sa façon de réduire la . les possibilités d'accomplir les buts varient considérablement selon les positions sociales. Selon MERTON. L'interaction entre les trois variables détermine la tension socialement structurée. De tous cotés s'exerce sur les individus une pression valorisant un combat sans relâche. ce qu'il appelle la tension sociale (théorie de la tension). Il remarque que la société américaine prescrit le but culturel de réussir dans la vie en termes de biens pécuniaires et matériels. de désespoir.

pression sociale. MERTON met en évidence cinq façons
d'éviter et de s'adapter aux disjonctions.

Mode d'adaptation Buts Moyens
1. Conformisme + +

2. Innovation + -
3. Ritualisme - +
4. Evasion - -
5.Rébellion -/+ -/+

Ces types d'adaptations ne prennent pas en compte la
psychologie mais le rôle de la société économique. Il
envisage l'adaptation en fonction en fonction de deux
variables : le but (les accepter ou les rejeter) et les
moyens (idem).

Le conformisme : l'individu adhère au but et aux moyens.
Vu que la société est relativement stable, ce mode est le
plus répandu.

Les modes suivants constituent des genres de
comportement déviant.

L'innovation : les innovateurs adhèrent au but mais rejette
les moyens légitimes (ex: le voleur adhère au but de
l'argent mais rejette les moyens légaux) Il y a des
innovateurs chez les délinquants en col blanc. Il y a des
innovations douteuses à la limite de la malhonnêteté. Ce
mode d'adaptation se retrouve surtout dans les classes
inférieures car les moyens légitimes y sont moins
accessibles.

Le ritualiste n'adhère pas au but mais fait des moyens une
vertu. Ils sont surconformistes quant aux moyens (ex: le

bureaucrate suivant les règles aveuglement sans tenir
compte du but final auquel elles ont été affectées). Ce
mode est très répandu dans les classes moyennes
inférieures.

L'évasion : ceux qui s'évadent se retirent de la compétition
sociale (ex : vagabonds, alcoolique…). Les personnes
utilisant ce mode sont rares et sont, en général, condamné
par les bien pensants.

La rébellion : les rebelles se détournent du système social
et culturel qu'ils trouvent injuste et essayent de
reconstituer une société sur de nouvelles bases. Ces
personnes ont compris qu'étant donné que l'origine de
leur frustration est la situation sociale, il faut en changer.

Cette explication est plus large qu'une simple conception
de la délinquance. Les comportements délinquants sont
déviants mais tous les comportements déviants ne sont
pas forcément délinquants.

Cette théorie demeure incomplète. MERTON examine les
déterminants de la tension, les réponses à la tension. Il ne
présente pas de classification des facteurs déterminants,
ni de règles faisant la liaison entre le modèle et le facteur
d'adaptation.

Selon la position de l'individu dans la structure sociale,
l'individu est ou n'est pas en situation de se conformer aux
pre--SS--ions du système culturel.

Par conséquent, pour définir l'inégalité sociale, il ne faut
pas partir comme les culturalistes des différences entre
les classes sociales mais selon les conditions dans
lesquelles vivent les individus. La situation socio-
économique de ces individus empêche l'accès à des statuts
pourtant très prisés. Dès le départ, les individus ont un

retard et, ainsi, sont créées les conditions d'un sous-
système déviant.

CLOWARD et OHLIN posent que le dysfonctionnement des
structures sociales créent les conditions de la sous-culture
délinquante. "Les jeunes des classes populaires font
l'expérience du désespoir ; désespoir qui naît du fait que
leur position économique est fixée. Ce désespoir est
d'autant plus poignant qu'ils sont exposés à l'idéologie
culturelle dans laquelle l'incapacité de s'élever
socialement est considérée comme une faute morale. Cet
échec à la mobilité ascendante est regardé comme preuve
de cette tare.

MERTON dégage le concept de groupe de référence qu'il
oppose au concept de groupe d'appartenance. Il existe une
frustration relative qui produit une contradiction : se
référer au groupe auquel on n'appartient pas et qui
sécrètent des normes contradictoires celles du groupe
d'appartenance. Si un individu adopte les normes du
groupe de référence, il y rentrera plus facilement. Une
anticipation sociale est possible uniquement dans les
sociétés où la mobilité sociale est possible.

1.4 Les théories rationalistes

Dans les années 1960, émergent des travaux considérants
les théories antérieures comme braquées sur l'étiologie.
Certains des travaux rationalistes se situent dans une
filiation des travaux de Jérémie BENTHAM. BENTHAM
utilise une théorie utilitariste. Il pense que tout
comportement obéit à un calcul des plaisirs et des peines,
un procédé utilitariste coût/bénéfice. Les théories
rationalistes s'inscrivent aussi dans le courant de théories
sociologiques qui portent le délinquant comme centre
telles celles de WEBBER ou BOUDON.

La délinquance est une activité pratique à des règles de rationalité identiques à celles de tous les autres comportements sociaux. Existe-t-il une rationalité chez des individus exerçant continuellement des activités qui rapportent peu ? Pour ceux qui présentent un comportement compulsif. elle a quelque chose de profitable. Dans le cadre des contraintes inhérentes à toutes actions et au regard du contexte social dans lequel il évolue. HIRSHI rejette toute analyse causale. Il s'agit d'une théorie mixte entre sociologie et psychologie. Travis HIRSHI publie en 1969 "Causes of delinquency"(Berckley. Au contraire. . Il ne considère pas que le crime est un dysfonctionnement social. MATZA explique le comportement compulsif par l'effet social des comportements. fondamentalement amoral.Le délinquant n'est plus considéré comme le jouet de forces. quelqu'un qui développe des stratégies pour atteindre des buts. l'individu doit maîtriser les techniques de neutralisation qui lui permet de violer les règles sociales. selon lui. il possède toujours une marge de manœuvre suffisante pour exercer son activité. La violation des règles est attrayante . les liens favorisant la conformité. university of California). Le caractère déviant de l'homme est la règle. Cf. La nature de l'homme est. Il ne met pas l'accent sur les causes de l'acte mais sur la rationalité du délinquant. Théorie de David MATZA : pour apprendre à être délinquant. le délinquant doit être analyser comme un acteur exerçant des choix. Il renverse les interrogations en " pourquoi certains individus sont-ils conformes ?". ils peuvent relever d'un problème pathologique. de contraintes. Quels sont les freins par rapport à ce penchant naturel ? Il analyse les forces du contrôle social.

D'un point de vue méthodologique, HIRSHI se situe dans
une tradition de travaux quantitatifs. Il s'appuie sur des
enquêtes de délinquance auto- révélée. Il soumet un
questionnaire à quelque 4000 adolescents scolarisés. La
théorie de HIRSHI consiste à affirmer que les liens sociaux
conventionnels jouent un rôle essentiel dans l'inhibition
des comportements déviants. La déviance résulte de la
fragilité, de l'affaiblissement ou de la rupture avec les
liens sociaux. HIRSHI décompose le lien social en quatre
éléments qui agissent cumulativement :

1) L'attachement : l'attachement est entendu au sens
psychologique. Il se mesure à la tendance qu'à un sujet à
s'identifier à des personnes de référence, à la sensibilité
que manifeste l'individu aux regards, aux attentions
qu'auront ces personnes par rapport à lui. Plus l'individu
est sensible au regard des modèles (parents, instructeurs,
curé…) moins il est probable qu'il adopte un
comportement déviant. L'enquête démontre que plus le
contrôle parental est fort, plus la communication est aisée,
plus l'identification est grande, moins la délinquance auto-
révélée sera grande.

2) L'engagement ("commitment") : sentiment d'être
tenu par ses engagements antérieurs. Le sujet ayant
investi son énergie et son temps dans un milieu aura plus
de difficultés à se détacher de ce milieu s'il sait que l'acte
qu'il va commettre peut le couper de ce milieu. Ce
processus sert à défendre une réputation acquise.

3) L'implication ("involvment") : le sujet impliqué est
absorbé par ses activités. Il n'a plus beaucoup de temps
pour commettre des actes déviants ("l'oisiveté est la mère
de tous les vices"). Ex : l'écolier attaché à son statut
d'écolier passe le plus clair de son temps à conserver son
rôle (emprisonnement positif). L'implication fait que
l'adolescent accepte son statut d'adolescent, et il peut
ainsi différer sa participation à des activités d'adulte qui
n'apportent pas de profit (tabagie, consommation
d'alcool). Ce trait de l'implication est plus évoqué par
rapport aux adolescents car ils sont dans une phase où ils

ne sont plus considérés et surveillés comme des enfants et
on n'a pas encore avec eux des attentes d'adultes. Ces
implications amenuisent les périodes d'oisiveté.

4) La croyance en la valeur des normes (ou en la
moralité des lois) : certaines personnes n'ont pas en elles
le sentiment d'obligation de se conformer à la loi. Le
respect des règles est corrélé avec les valeurs qu'on y
rapporte. Si les valeurs ne sont pas intégrées, les
comportements délinquants ne choquent pas. Pour
chacun, il existe des forces centrifuges et centripètes. Les
forces centripètes doivent être les plus fortes.

Critiques de la théorie de HIRSHI : Cette théorie est en
contradiction avec les théories culturalistes où les groupes
de pairs sont importants. Ici, les délinquants sont
envisagés comme ayant peu de capacités relationnelles
(>< Théorie de SUTHERLAND). HIRSHI survalorise la
dimension de socialisation verticale, du processus de
transmission de valeurs par les parents et l'école au
détriment des interactions horizontales. Il occulte les
relations conflictuelles dans le comportement. Les
relations sociales se forgent rarement sans heurts.

Dans les années 1970 et 1980, le modèle de l'acteur social
rationnel recueille beaucoup de succès. Des théories se
développent et présentent le délinquant comme un
individu calculateur qui recherche un maximum de profit
pour un minimum d'effort. Le délinquant choisit les
moyens les mieux adaptés pour les buts qu'il convoite. Il
prend en charge divers éléments comme l'efficacité de la
police, la probabilité d'être condamné…Ces auteurs font le
constat d'une forte augmentation de la délinquance
acquisitive prédatrice durant les années 1960 et ce malgré
la situation économique florissante. Il s'ensuit une
contestation des conceptions expliquant la délinquance
par les théories de structure sociale.

Ils envisagent d'autres formes d'explications. Ce type de
délinquance n'est pas la résultante de facteurs sociaux
mais de l'affaiblissement de la conscience sociale. Elle

pose les fondements d'une nouvelle stratégie de
prévention de la délinquance s'affichant en concurrence du
modèle de travail social. Ce modèle est appelé situationnel
dont l'idée est de sécurisé les espaces fragiles (~target
hardening).

Marcus FELSON partant du dicton "l'occasion fait le larron"
pose une nouvelle logique situationnelle. On ne cherche
plus à agir sur les causes mais on tente d'inhiber la
délinquance. On se détourne du criminel et on s'attache à
la situation et surtout à la victime.

MARTINSON procède à l'évaluation des évaluations des
programmes de réinsertion des délinquants. Il conclut par
ces mots "What works ? Nothing works !"

Dans les années 1970, le chômage réaugmente, le statut
de salarié s'affaiblit. Les services publics subissent les
assauts de la pensée libérale. La délinquance est perçue
en terme de coût. Cette criminologie est réaliste et
s'attarde peu sur le délinquant. Ce faisceau réduit
d'éléments fait bon ménage avec une criminologie dite
administrative.

1.5. L'interactionnisme symbolique

Les interactionnistes introduisent le paradigme de la
réaction sociale. Ils peuvent être considérés comme le
courant précurseur de la criminologie sociale.

G.H. MEAD pose les fondements de l'interactionnisme
symbolique dans son ouvrage "Mind, self and society".

Howard BECKER introduit les premiers concepts tels celui
de "stigmatisation". Les théories causalistes se bornent à
rechercher les causes individuelles ou sociales de la
délinquance. Les théories rationalistes focalisent sur

La démarche interactioniste symbolique considère qu'il est peu scientifique de se demander qui est le vrai criminel sans tenir compte d'une analyse de la façon dont la société définit le crime. à Berkley. Dans les années 1950. On y développe des approches ancrées. la sociologie des organisations… Des courants ultérieurs se développent tels la criminologie critique et la sociologie pénale. dans les universités californiennes.l'agent délinquant et les stratégies entre l'agent et les agences de contrôle social. Les nouveaux courants introduisent le concept de "chaînon manquant". sur l'observation participante. par exemple. alors. La réaction sociale est envisagée comme un objet spécifique de la recherche. MATZA qui s'inscrivent dans une filiation des travaux menés à l'école de Chicago. On met en évidence une rupture méthodologique. certains types de comportement font-ils l'objet d'une incrimination et pas d'autres ? Quels sont les effets du système répressif sur la carrière délinquante et le plan collectif ? Ce changement de paradigme nécessite de nouveaux outils d'analyse comme la sociologie du droit. Ces théories peinent à rendre compte de l'effet de la réaction sociale sur les comportements sociaux. des séminaires rassemblent des auteurs comme BECKER. GOFFMAN. la sociologie politique. Ces chercheurs sont hostiles à la domination fonctionnaliste. ils plaident pour le retour au . Ils développent un courant de travaux critiques. La réaction sociale va de la réaction informelle (famille. La définition du délinquant dépend des types de conduites faisant l'objet d'un traitement pénal. entourage proche) à des réactions formelles (justice…). surtout d'un point de vue méthodologique. Pourquoi.

L'individu doit indiquer à lui-même le genre d'objet avec lequel il doit traiter. La conception des acteurs du monde social doit être l'objet d'étude. Il est vain de vouloir dégager une différence étant entendu la complexité des relations entre les attitudes déviantes et conformistes. un ensemble d'attentes est ."field work". le stimulus implique d'abord une interprétation puis la réaction (et pas le stimulus implique directement une réaction MEAD expose sa théorie des rôles : Pour que les individus puissent communiquer avec les uns avec les autres. Leur posture méthodologique consiste à prendre en compte le vécu des acteurs et pas le point de vue des institutions. La délinquance serait tantôt influencée par la culture. La critique des analyses précédentes peut se résumer en trois points: 1. L'interactionnisme symbolique se base sur la théorie des rôles conception pavlovienne). L'objet étant identifié. 3... ils doivent apprendre à identifier. Ils se démarquent des travaux antérieurs car ils n'ont pas une conception déterministe de la délinquance. tantôt par le but social. définir et classer les objets qui nous entourent. Une deuxième rupture s'exprime sur le fond. L'existence du chiffre noir entrave la recherche scientifique dans la recherche de différence car il pose des auteurs délinquants non reconnus comme non délinquants ce qui fausse les données. Les analyses sociologiques passent sous silence le rôle du droit pénal. Ils tentent de rechercher une différence entre délinquant et non délinquant. des institutions répressives dans la définition du crime. 2.de Georges Herbert MEAD. Pour MEAD.

nous sommes . Les catégories où l'on classe les objets sont socialement construites (ex : les catégories de personnes socialement reconnues sont des rôles sociaux). On apprend des critères définissant les rôles. un système de rôle. c'est-à-dire adopter les critères culturels du rôle. Qu'est-ce que le "self" (le soi dans la traduction) ? Le self est l'image que nous avons de nous même. Ce que nous tentons de faire de nous même dépend en premier lieu de l'objet social que nous pensons ou désirons être. Nous pouvons ambitionner d'entrer dans une certaine catégorie mais cette revendication doit prendre un sens dans les termes de la culture de ceux avec qui nous communiquons et nous devons la rendre possible la rendre plausible en la validant. Ces rôles existent en nombre limité et sont plus ou moins imposés. L'entourage peut contraindre à nous faire accepter un rôle auxquels nous nous résignons.provoqué. En communiquant avec les autres. La validation du rôle est réussie quand les autres indiquent par leurs réactions qu'ils nous acceptent comme spécimen valable dans ce rôle. On peut refuser certains rôles et en accepter d'autres par résignation. Les types de soi possible dépendent de la culture. Il s'agit aussi d'un objet social. MEAD pose que durant toute sa vie. Ces attitudes et attentes déterminent en grande partie le comportement par rapport à l'objet. Ces catégories nous amènent à développer au cours de l'enfance. de l'adolescence et de la vie adulte. Le soi est élaboré au cours des processus d'interaction avec les autres. nous découvrons les catégories dans lesquelles nous sommes. Une fois prix dans ce rôle. les attentes par rapports au comportement que cette personne doit avoir. de maintien et de confortation de soi or. tous les rôles auxquels nous sommes identifiés ne sont pas activement recherchés et cultivés par nous même. chacun est engagé dans un processus de construction.

 Le nœud central de la théorie de MEAD est le processus d'acquisition et d'engagement des rôles. distribution de tenues particulières) qui marquent la perte de l'ancien statut social. Dans son ouvrage "Asiles. Il fait référence à des univers tels les prisons. Etudes sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus". La déviance secondaire marque un engagement de l'auteur dans la délinquance . GOFFMAN dépeint aussi des techniques de mortification : elles commencent par des rituels d'admission (fouille au corps. on subit la . cet ancrage est présenté comme découlant de l'effet stigmatisant de la réaction sociale. coupé du monde extérieur pour une durée longue. éventuelles réitérations suite à la réaction sociale. les homes. Les auteurs s'inscrivant dans l'interactionnisme symbolique opèrent une distinction entre le premier passage à l'acte (appelé déviance primaire) et les autres passages à l'acte (la déviance secondaire). Erving GOFFMAN observe l'effet d'un univers totalitaire sur l'image de soi des malades. Il existe des institutions totalitaires ouvertes. dépersonnalisation. mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont minutieusement réglées et minutées. Le manque d'espace contraint à la promiscuité.disposer à adopter tous les comportements soutenants ce rôle. L'espace réduit suppose des concessions à la vie quotidienne. Elles forcent l'individu à se défaire de son moi antérieur pour le rendre vulnérable. les camps de concentrations. Il définit une institution totale comme un lieu de résidence et de travail où un grand nombre d'individus placé dans la même situation.

L'individu perd le contrôle sur sa vie. Outsiders. Ces actes amènent à un effritement de l'image positive que l'homme peut avoir de lui-même. Dans ce but. la déviance reprend les comportements qui transgressent les normes acceptées par le groupe social ou par telle institution. Son ouvrage "Outsiders" marque la sociologie de la déviance. d'âges différents…). Un individu à qui on ne peut faire confiance pour vivre selon les normes. à ses heures perdues. Il reprend dans ses catégories déviantes les musiciens de jazz. Les musiciens de jazz ne s'excluent de la société conventionnelle que par leur mode de vie ou leur goût de la musique. BECKER va noter que la définition sociologique de la . Les détenus doivent faire signe de déférence obligatoire à l'égard du personnel. Il apprécie le décalage entre des univers de représentations qui ne communiquent pas ensemble. qui signifie "étranger". musicien de jazz "underground". Il se crée une vie artificielle entre personne de même sexe. a un double sens : L'individu qui a transgressé une norme et qui est perçu par le groupe social comme étranger. étudie la sociologie à Chicago. Ces actes attentent à la dignité humaine. Il est. une perte de crédibilité. de conditions. Howard BECKER. La promiscuité entraîne également une contamination physique (impossibilité de préserver certains domaines intimes comme le corps et les pensées). Selon BECKER. il peut dénier la compétence pour son juge. Il se peut qu'il n'accepte pas la norme selon laquelle on le juge."contamination morale" (le fait d'être obligé de cohabiter avec des personnes de cultures. L'individu ainsi étiqueté peut voir les choses autrement. il y a un assujettissement au gardien. né en 1928. Le monde conventionnel méprise le monde du jazz. le monde du jazz méprise le monde conventionnel.

Les délinquants ne constituent pas une catégorie homogène. La délinquance est une conséquence de la création et de l'application par d'autres de normes et de sanctions à un transgresseur. Selon BECKER. Le comportement déviant est celui auquel la collectivité attache cette étiquette. d'autre part. Il est donc vain de rechercher des facteurs de crimes communs à la catégorie. le processus n'est pas infaillible (des individus peuvent être considérés comme déviants alors qu'il y erreur (cf. naturelle car. Erreur judiciaire)). c'est le partage de l'étiquette de déviant ainsi que l'expérience d'être considéré comme outsiders.déviance (défaut d'obéissance aux normes) oublie un élément central : la déviance est créée par la société. Cette affirmation ne signifie pas que les causes de la délinquance sont dans le contexte social. Or face à un acte donné. La norme et son application créent la déviance comme le droit pénal crée la délinquance. La seule chose qui est commune. . Le déviant est celui à qui l'étiquette a été collée avec succès et le comportement déviant est celui à qui la société attache cette étiquette. la réaction sociale peut varier. Il pose que les groupes sociaux créent la déviance en instituant des normes dont les transgressions créent la déviance et en étiquetant les transgresseurs comme déviants. la catégorie n'est pas exhaustive. d'une part. Le caractère déviant ou non d'un acte dépend de la réaction sociale. la déviance est un processus par lequel on colle une “étiquette” à un individu. On ne peut donc pas être assuré que la catégorie qualifiée de déviante comprendra tous les individus déviants (entre autres les déviants secrets). La réaction sociale peut également varier selon l'appartenance sociale de la victime et de l'auteur.

il n'y a pas une volonté délibérée de violer les normes sociales. elle peut avoir un rôle négligeable dans une autre. Il y a une succession de phases. Dans ce premier acte. . Si une cause peut jouer un rôle important dans une phase. La carrière déviante BECKER applique sa théorie de la carrière déviante aux fumeurs de marijuana. le maintien d'apparences conformes ne représente pas un effort constant. Les différents facteurs de l'interaction n'agissent pas simultanément sur l'individu.La déviance n'est donc pas une propriété de l'acte mais une propriété de l'interaction entre l'auteur de l'acte et les personnes qui sont amenées à juger l'acte. Il y a le plus souvent une conformisation au mode d'agir et de penser dans le milieu de la vie de l'acteur. Il présente un modèle séquentiel (prenant en compte le fait qu'une déviance se développe dans le temps selon une manière organisée). Une tentation déviante est réprimée en pensant aux conséquences de l'acte. L'étiquetage dépend d'un processus interactif mais il ne faut pas considérer que ce processus est synchronique. BECKER présente quatre étapes: 1) Le premier acte : commettre une transgression. Il convient dès lors de se demander comment procèdent ceux qui ne passent pas à l'acte? La raison est à chercher dans une série d'engagements que l'on contracte tout au long de sa vie. Chercher des motivations à cette acte est peu opérant car chacun d'entre nous est confronté à des tentations déviantes. Cette hypothèse est cependant rare. Pour les individus qui succombent aux tentations.

Il faut neutraliser les différents types de contrôles sociaux qui pèsent sur ces pratiques mais aussi pénétrer un réseau d'approvisionnement. On apprend à cacher les effets susceptibles d'entraîner le rejet des autres.2) Ce qui n'est qu'une impulsion fortuite peut parfois devenir un goût durable voire un mode de vie. il va être présumé capable de commettre d'autres infractions. On élabore des rationalisations pesant sur la pratique pour supporter les interdits sociaux. Le seul fait d'être stigmatisé a des conséquences considérables sur la vie sociale future de l'individu et sur l'image qu'il aura de lui- même. Ce type de réaction sociale à la . certaines techniques (on ne plane pas dès la première fois). L'étiquette transforme l'individu aux yeux des autres et il va être traité en conséquence. au contact d'un groupe. 3) Pour être déviant. Cette phase est cruciale dans la formation d'un comportement déviant stable. Les premiers effets ne sont pas toujours agréables. Le statut d'une personne est composé de caractéristiques principales et accessoires. La déviance est une caractéristique principale qui induit une large gamme de caractéristiques accessoires. Pour être qualifié de déviant. Si un homme est arrêté pour cambriolage. Comment passe-t-on d'un stade à l'autre? Par un processus d'apprentissage et par interactions avec d'autres déviants qui permet l'acquisition des motifs et des intérêts déviants. il faut avoir objectivement commis un fait déviant. Il faut percevoir les effets de la consommation et la considérer comme une source de plaisir. il ne suffit pas de se livrer à une activité déviante encore faut-il être pris et désigner comme déviant. Comment devient-on consommateur de drogue? Il faut d'abord apprendre. éviter des comportements sociaux trop visibles.

Ce retour à la normalité est vain si. Il y existe également une vaste gamme de traditions qui sont rapidement intégrées par les nouvelles recrues. Un individu peut retrouver le droit chemin. .déviance revient à énoncer une prophétie qui contribue à sa propre réalisation (discours performatif). BECKER tempère cependant les effets du mécanisme en précisant que toutes les prophéties ne se réalisent pas. Cela engendre une sous-culture déviante (un ensemble d'idées sur le monde et sur la manière de s'adapter au monde mais aussi un ensemble de pratiques quotidiennes). 4) Entrer dans un groupe déviant organisé : les personnes rejetées par la société se regroupent ensemble pour diminuer le poids du stigmate et car elles ont la conscience de partager un monde commun. L'attachement à cette sous-culture est constitutif d'une identité déviante. BECKER conclut sa théorie en quatre dimensions: 1) Démystification de la déviance : la déviance s'acquiert de manière identique aux activités les plus ordinaires 2) Une activité collective dans laquelle l'individu apprend à tenir un rôle au sein d'une sous-culture. malgré tout. Des mécanismes se déclenchent et concourent à modeler l'individu sur l'image qu'en ont les autres. Ces sous-cultures offrent une idéologie qui fournit des raisons solides de maintenir une ligne de conduite. Il est difficile pour un individu ainsi envisagé de participer à la vie de groupes respectant la norme sociale. l'entourage de l'individu continue à le percevoir comme un déviant. Dans la sous-culture. on apprend à pratiquer les caractères déviants de la meilleure manière qui soit.

Dans ce processus interviennent les entrepreneurs sociaux. les questions suscitées par la guerre du Vietnam. Ce courant est influencé par les thèses marxistes et la sociologie du conflit. Une fois étiqueté. Les travaux interactionnistes attirent l'attention sur l'effet pervers de la stigmatisation mais ne fournissent pas de réponses s'il existe de bonnes réactions sociales. Critiques de l'interactionnisme symbolique : Les interactionnistes ne fournissent aucune explication sur la propension de certains individus à transgresser les normes. Elle conçoit le crime comme la résultante d'un rapport politique ou économique de domination. la révolte de la jeunesse (jeunesse bourgeoise. Cette criminologie est militante. Elle est également marquée par des théories radicales (telles les luttes sociales et le féminisme). Ces membres valorisent l'apraxis. Cette criminologie a pour ambition de montrer que l'analyse du crime ne peut se concevoir indépendamment des systèmes économiques et politiques dans lesquels s'inscrit le crime. des groupes capables d'influer sur le contenu des normes sociales mais aussi des gens qui rendent effectives ou non l'application des normes. Section 2 : la criminologie critique (où criminologie radicale ou néo-marxiste) La criminologie critique est un mouvement qui apparaît en opposition à l'interaction symbolique. Elle . il est plus difficile de poursuivre dans la normalité.3) La déviance est l'aboutissement d'un processus d'attribution de statut. 4) Le fait d'être étiqueté va avoir des conséquences considérables sur la carrière déviante des individus. mai 1968).

de religion. La sociologie du conflit peut être représentée par TURK.. par conséquent. une petite part de la population (la bourgeoisie) détient une très grande part des richesses. Les conflits peuvent porter sur des richesses mais également sur des problèmes de cultures.. Le droit pénal serait. dispose du pouvoir d'influencer le droit. L'analyse se base donc sur la répartition des richesses. Dans nos sociétés. chaque groupe luttant pour le contrôle et la domination.WALTON & YOUNG) critique l'approche du conflit au motif que cette dernière prend trop peu en considération la nature fondamentalement économique du conflit social..c'est uniquement pour en faire un bouc émissaire dans le but de renforcer le mythe de la neutralité de la loi. Elle considère la société comme composée de groupe en compétition . Lorsque la loi pénale est appliquée à un membre de la classe dominante. en fait. à assurer son maintien. Cette conception amène à considérer le droit non pas comme le produit d'un consensus social mais comme le reflet des valeurs du groupe dominant et qui. La structure sociale serait donc criminogène..poursuit un objectif de transformation des rapports politiques et sociaux. de santé. un instrument politique mis en place par la classe dominante pour maintenir l'ordre social et économique et pour criminaliser ceux qui menacent la position dominante du groupe. Elles parviennent à détourner l'attention des délits qu'elles commet sur les crimes commis par la classe populaire. La criminologie néo-marxiste (caractérisée par un ouvrage collectif de TAYLOR. Le droit pénal ne sert qu'à la défense du système en place. La loi pénale n'est appliquée qu'à la classe dominée. . La criminologie critique démontre que les grandes puissances peuvent impunément violer les lois de protections de l'environnement.

on envisage plus aisément le type de situation qui pourra être éclairé valablement. (ex: SUTHERLAND et HIRSHI expliquent la délinquance juvénile. un acte de refus à l'égard d'une organisation sociale totalitaire et capitaliste.. les combinaisons se justifiant au vu de certaines convergences. on peut interpréter les faits : . Les théories s'insèrent bien dans le contexte qui les à vu naître mais beaucoup ont entamé une montée généralisante dans l'ambition de pouvoir expliquer tous crime commis à n'importe quelle époque. le crime est envisagé comme un acte politique.. Ces travaux arrivent dans la criminologie de langue française à travers les travaux de Michel FOUCAULT et de Robert CASTEL.GRAHAM illustre ces théories en démontrant comment les grandes industries pharmaceutiques ont tout mis en oeuvre pour empêcher la criminalisation de leurs produits : des lobby's ont fais pression pour empêcher l'interdiction des amphétamines. Cette montée est rarement convaincante suite à l'effacement du contexte de leur fabrication. L'utilisation de ces théories implique le mariage entre plusieurs théories . SHAW et MCKAY expliquent les quartiers intersticiels. pour expliquer un problème particulier. Ex: tentative de combinaison de paradigme : La population carcérale est massivement composée de prolétaire. une théorie permettant de compléter une autre (théories intégratives).. Dans cette perspective. du Valium©.. En gardant le contexte en vue. Elle se consacre progressivement à la procédure de la gestion de la déviance Propos d'étape Chacune des théories naît dans un contexte particulier.).

Ces découvertes vont. Section 3 : La sociologie pénale et les comptes du crimes L'apport des théories démontre que la transgression n'implique pas nécessairement la répression mais la répression nécessite la réussite d'un processus de labelisation. à savoir " Sur quelles données travailler? " Avant cela.➔ Paradigme étiologique : la pauvreté mène au crime ➔ Paradigme de la réaction sociale : la surprésence des pauvres est la conséquence de la fragilité de leur groupe. La pauvreté peut mener à des actes prohibés et le système a tendance à stigmatiser les individus dont les indicateurs d'insertion sont les moins tangibles. . Le crime n'apparaît pas de façon isolée. donner un nouveau souffle à un des débats les plus anciens de la criminologie. Beaucoup de théories appauvrissent la scène en se focalisant sur l'auteur. la mesure du crime n'a pas susciter la création de bases de données. On ne peut faire abstraction de la situation dans laquelle le crime s'inscrit (Auteurs-victimes-tiers-témoins-loi-justice). L'auteur n'est alors pas perçu comme l'acteur d'une scène sociale. Cela rend difficile l'analyse. à partir des années 1960. il constitue un élément parmi d'autre de la scène sociale. elle s'est bornée à utiliser les comptages officiels opérés par les diverses institutions pénales qui sont effectués pour les besoins de leur fonctionnement.

Ces efforts ne permettent cependant pas d'écarter les doutes sérieux qui planent sur la pertinence des comptages officiels pour mesurer la délinquance. arithmétique sociale. les criminologues ont conseiller de récolter leurs données le plus en amont possible ( à savoir. on a penser que ces chiffres disponibles était représentatifs de l'ensemble des cas. CELINE propose d'améliorer la statistique policière en pondérant chaque enregistrement pour évaluer la gravité des faits. Les comptages policiers sont alors utilisés comme sources de données. Dans les années 1960. Au 20ème siècle. Dès le début de la criminologie. Les chances d'un acte d'être enregistrer dépend de la propension des victimes et des témoins à informer les services officiels (" renvoi des affaires "). Elles pris par la suite le sens de de collection de données chiffrées qui était appelée. En France. au sein des services de police). paraît annuellement le " compte général de l'administration de la justice ". de sa visibilité ainsi que d'une multitude de considérations variables d'un cas à l'autre. La statistique désigne à l'époque les mémoires d'allure littéraire qui synthétisait pour le Princeps la situation de son Etat. cette aptitude de l'administration à mesurer le crime est examinée. dès 1827. à l'époque.Cette situation tient au fait que les données officielles préexistait à l'étude de la délinquance. . Pendant un temps relativement long pourtant. on s'interroge sur la pertinence de cette économie d'effort. ces données étant plus proches des délits. Ces chances sont également fonction de la priorité accordée à l'acte par les services d'enregistrement.

Criminalité cachée : Chiffre noir : [criminalité réelle] – [criminalité enregistrée] Chiffre gris : [criminalité enregistrée apparente] – [criminalité enregistrée légale] Cette criminalité fait l'objet d'un mécanisme de diversion. Cela amène alors les criminologues à faire leur propre recherche de données. Notions: Criminalité réelle : l'ensemble des infractions commises durant un temps déterminé sur un territoire donné. connue Crim. 1 2 3 Crim.apparente : les faits portés à la connaissance de la police et du parquet. Cette criminalité existe à deux niveaux : . Criminalité enregistrée : l'ensemble des faits portés à la connaissance du système pénal. inconnue .Il apparaît finalement de moins en moins pertinent de se baser sur les données officielles. .légale : les faits qui ont fait l'objet d'un jugement.

Les statistiques officielles servent surtout à mesurer l'efficacité des services qui les enregistrent. hold-up Comment décomposer le mécanisme d'enregistrement? Il existe des biais dans les statistiques officielles. Au sein des institutions pénales. On retient deux mécanismes : 1) La reportabilité du fait : dépend de deux éléments – la visibilité et le renvoi. viols 2 – Escroquerie 3 – meurtres. . le groupe social de l'auteur ou de la victime.1 – Violences familiales. La visibilité varie selon les circonstances de l'infraction. l'auto-alimentation est faible. le contenu émotionnel. Des infractions faites à l'abri des regards ou à contenu émotionnel moindre suscitent moins de renvois. Certains types d'infractions sont plus exposées au regard de l'intervention policière.

L’ouverture des différents filtres de tri dépendent des interactions entre les agences du système pénal. Cependant. famille. Sous l’influence des médias. La reconstruction d’objet Il ne suffit pas pour qu’un fait soit enregistré qu’il soit reconnu mais également que le système pénal accepte d’y donner suite. Certaines infractions sont prises en charge par l’institution elle- même (église. La perception que la victime a des institutions judiciaires ou de la police entre également en ligne de compte. les infractions d'atteinte contre les biens sont beaucoup plus à même d'être dénoncées. les chances de renvoi diminuent fortement.) et les chances de renvoi sont donc très faibles. il existe des infractions qui ne suscitent pas pas de sentiment personnel d'être victime (infraction à l'environnement. A l'inverse. en général. les plus motivées à rapporter les faits. Le système pénal opère également un tri : · La police peut refuser d’enregistrer la demande (main courante) · La plainte peut être classée sans suite. Les victimes sont. La reconstruction d’objet peut être définie comme le traitement par les agences répressives de la matière première fournie ou découverte..2) Le renvoi : la capacité du fait à être signalé à la justice pénale. escroquerie à la sécurité sociale. Les chercheurs se résolvent donc à produire eux-mêmes des données. un témoin peut être à même de se rendre compte que des agissements qu’il a vu sont en réalité des délits. Elles reconstruisent cette matière première pour la modeler à la logique propre de leur institution. école). piratage. Le renvoi est variable parfois en fonction de l’institution où l’acte a été commis.. Si la victime est trop proche de l’auteur ou si elle en est effrayée. . Les mécanismes d’enregistrement sont conditionnés par l’anticipation des agents (un policier ne poursuivra pas une enquête si il sait que le parquet conclura à un non-lieu).

· Elles ne sont applicable qu’à la petite délinquance. sans s’occuper des suites éventuelles. Historique : Ce type d’enquêtes prend forme aux USA à la fin des années 1940. Elles portent presque systématiquement sur la problématique de la délinquance juvénile.3) Les enquêtes QUETELET a émis l’hypothèse que l’écart entre la criminalité enregistrée et la criminalité réelle est constant. Les criminologues de la réaction sociale utilisent ces enquêtes pour mesurer la réaction sociale. Ce genre d’enquête renseigne sur le type de criminalité et l’identité de l’auteur. On a prouvé que le chiffre noir varie fortement selon l’époque et le lieu. Les catégories de réponses sont. Ce type d’enquête dispose de plusieurs biais : · Il est impossible de déterminer la véracité des propos recueillis. · Elles sont généralement coûteuses. fixes. D’autres l’utilise pour reconstruire les carrières criminelles. au sujet des délits qu’ils ont commis et ce. en général. · Une réponse donnée ne correspond peut être pas à la catégorie émise par le chercheur. . L’objectif des enquêtes a une dimension quantitative. pris au hasard dans la population. Elles transitent par l’Angleterre et les pays scandinaves avant d’arriver dans les pays francophones dans les années 1970.1 L’enquête de Self-Report (ou enquête confessée ou auto rapportée) Le principe consiste en l’interrogation d’un groupe d’individus. · Les adultes émettent des résistances à ces enquêtes. 3.

Il appert que la victimation s'accorde assez mal avec le sentiment d'insécurité. Elles ont suscité un certain engouement. 3. · Le facteur « difficulté scolaire » garde une importance certaine. Au moins une enquête de ce type est lancée chaque année aux USA. Il apparaît également que le statut matrimonial est un facteur important. Leur historique est à peu près le même que les enquêtes de self-report mais leur influence a persisté au-delà des années 1980. En effet.2 Les enquêtes de victimation Le principe consiste en l’interrogation d’un grand nombre de personnes sur les infractions dont elles ont été victime sur une période donnée. Elles ont délivrés un certain nombre de résultats globaux au sujet de certains thèmes d’études : · Comment la victimation se distribue-t-elle au sein de la population ? Elle est plus fréquente dans certaines catégories sociales.Ces enquêtes ont cependant livré certains résultats : · La délinquance sérieuse paraît être l’apanage des jeunes hommes. . Selon un sondage international. essentiellement chez les jeunes célibataires issus des minorités ethniques. · Les statistiques officielles reflètent mal la criminalité réelle. la tranche de population se situant entre 16 et 34 ans a trois fois plus de chances d’êtres touché par un délit. les célibataire ont trois fois plus de risque d'être victime d'un crime que les gens mariés ( cela est bien évidemment à mettre sur le compte du mode de vie du groupe social en question). Le taux de victimation est par contre relativement proche de la courbe de criminalité. · La délinquance est distribuée dans la population des adolescents de manière relativement éparpillée.

Chapitre 4 – Victimologie et politiques en faveur de la victime. Le lien de contact est modulé par le style de vie du délinquant et de la victime. Aux USA. · Permet de connaître du renvoi des affaires.). environ 3% par des membres de la famille. Biais : · Néglige les crimes sans victimes (travail au noir. 86% des homicides impliquent un lien entre la victime et l'auteur.. 56% des agressions sexuelles sont commises par un ami ou ou une connaissance.. l'accessibilité et la valeur. La proximité est très importante et il existe un rapport entre la visibilité. piratage de musique sur le net. Ex: Au Canada. Section 1: La victime comme objet d'étude scientifique .Une explication dominante est dégagée en matière de style de vie. · Protocoles de recherche permettant des comparaison entre pays et époques. La probabilité de la survenance d'un délit serait fonction de la rencontre dans le temps et l'espace d'un délinquant motivé et d'une cible pouvant l'intéresser et ce en l'absence d'une personne pouvant empêcher le délit. Avantage des enquêtes de victimation: · Conviennent mieux que le self-report pour évaluer la nature du délit. · Certaines victimes amplifient la délinquance · Tributaire des pertes de mémoire. Il y a des convergences entre la cible et le délinquant. 23% par un ami ou un amant.

Longtemps. le bannissement est aboli. L'impératif de vengeance est effacé au profit du statut de victime. Les travaux forcés. Cette dernière est remplacée par la notion de princeps. Il s'agit d'une justice privée où la victime a son importance selon son clan. Ils s'intéressent de façon systématique à la victime en ce qu'elle constitue un facteur susceptible de peser sur l'apparition du comportement criminel. Aujourd'hui. Une des philosophies sous-tendant les peines intermédiaires provient du système traditionnel.. La présence d'un clan pour soutenir la victime a un effet dissuasif. exécution sanglante. On ne se focalise désormais plus sur l'auteur mais sur le dommage subit par la victime.. Le système pénal retire la victime du conflit. Les peines alternatives (ou intermédiaires) apparaissent.. Deux auteurs sont considérés comme les pères fondateurs de la victimologie: VON HENTIG et MENDELSHON. sa caste. .. le fauteur de trouble est considéré comme portant atteinte au princeps. L'évolution des moeurs entraîne l'abolition des tortures et de la peine de mort. le système vindicatif sert à maintenir la stabilité sociale. Leurs travaux apparaissent à la fin des années 1940.) Avec l'avènement du contrat social. cela coupant avec une attitude vengeresse. Un impératif de vengeance empêche la recherche du statut de victime qui est réservé (ou laissé) aux personnes dénuées de pouvoirs qui supplient une réparation de l'offense auprès des puissants. le corps du coupable été l'objectif d'exposition de la puissance du princeps (torture.Avant l'apparition de l'Etat moderne. L'enfermement régresse au cours du Xxème siècle en Europe occidentale cependant. l'enfermement deviennent les peines standards. Les travaux anthropologique ont démontré que le modèle vindicatif n'a pas engendré d'escalade de violences. Ils mettent en évidence des facteurs: · L'existence d'un phénomène d'interchangeabilité des rôles entre l'auteur et la victime. les peines s'allongent. on affirme le statut de victime.

L'objet de recherche " victime " connaît une évolution et se rapproche d'une vision sociologique. WOLFGANG analyse. Ce mouvement est militant et réagi au concept des recherches..· Des facteurs tels la marginalisation et l'isolement social diminuent la protection de la victime potentielle. c) Assistance. droit et aide aux victimes La recherche victimologique se développe. Recherche de AMIR sur les victimes de viol) b) Enquêtes de victimation voir supra. Dans 26% des cas. médicales. A la fin des années 1950. en 1958. femmes battues. un moyen de pression à l'égard de l'auteur. L'intérêt pour la victime permet de se détacher de la vision dichotomique du pénal qui oppose l'auteur soit à la société. On essaye de mettre en lumière . On s'interroge sur les méthodes sociales. On y retrouve l'activisme du mouvement féministe. a) La victimogenèse La victime est d'abord envisagée comme paradigme de catalyseur. Dans les années 1970 et 1980. Les premiers services d'aides sont catégoriels : femmes victimes de viol. Il introduit le concept de victime catalyseuse. la victimologie est subordonnée aux questions étiologiques traditionnelles. les relations entre auteurs et victimes d'homicide. Ce concept voit naître des critiques à son égard surtout concernant une tendance culpabilisante (cf. Le concept de précipitation (acception chimique) naît de cet intérêt. soit à la victime. pour aider les victimes et sur les manières de sortir des conséquences pénales.. On ne focalise plus sur " qui sont les victimes ? " mais " comment les aider ? ". La victimologie indique des actions à mener. Il y a une dynamique complexe dans la relation victime / auteur. juridiques. la victime joue un rôle actif dans le délit en utilisant une arme. des recherches sur les victimes remettent en cause la précipitation (victim precipitation).

Les violences à l'égard des femmes apparaissent au grand jour. Cela peut s'expliquer par l'anticipation des événements redoutés. on considère que la victime a un rôle a joué. subsidiées et orientées vers tous les types de victimes. le risque et la réalité de ce risque est fort complexe. Dans les années 1980. En Belgique. Les féministes organisent des permanences d'accueil des victimes. Dans ces politiques. Les enquêtes de victimation mettent en évidence un public qui craint d'être victime alors qu'il est le moins exposé. Daniel MARTIN est militant et chercheur (Il a soutenu les parents LEJEUNE et RUSSO). soit à la préoccupation des problèmes sociaux. Il n'existe alors pas encore de fond d'indemnisation des victimes. soutient les victimes et entame une campagne en faveur de l'indemnisation des victimes. L'écoute aux victimes est privilégiée et ce mouvement est favorable à l'augmentation de la punitivité. En Grande-Bretagne. Daniel MARTIN développe des activités de recherches sur les conséquences du crime. Ce courant est le domaine est où l'effort en matière de recherche est le plus importante. qui a pour vocation la réinsertion sociale. d) Peur du crime et victime Les gouvernements se préoccupent de la montée du sentiment d'insécurité. La démarche d'aide aux victimes est plus pragmatique que scientifique.l'expérience commune des victimes. Ce mouvement mettent en avant le machisme de la société et les idées reçues qui en résultent. On débat sur l'articulation entre la peur du crime et la victimation. . Elles refusent le soutien des autorités publiques. La relation entre la peur. la fusillade est de Hannut (qui a fait de nombreuses victimes) est à la base de l'attention portée aux victimes. apparaissent des réseaux et des centres d'aides de victimes. Une association de Huy " Aide et reclassement ".

. il y a la garantie d'une vengeance. La restitution peut se faire en nature ou de manière tarifiée. Pour le clan de la victime. 2. Le pouvoir royal se désacralise et la prison devient la sanction type de l'Etat libéral. Les dommages entre clans se règlent par la vengeance. Selon Philippe ROBERT. les peines physiques sont remplacées par des peines privatives de liberté. Dans le système pénal. Les occasions sont créées par des victimes potentielles. en deux périodes : 1. e) victimes et justice restauratrice Evolution du point de vue de la peine Dans les sociétés traditionnelles. il n'y a pas de droit pénal.Certains pensent qu'il y a un lien entre victimation et sentiment d'insécurité . Dans la mesure où ce système a lieu entre groupes. On procède à l'éloignement (galères. la violence est contenue par l'instauration d'un déséquilibre entre le Princeps et l'individu ( le délinquant). L'acquittement de la dette replace l'équilibre antérieur et pacifie à nouveau les relations sociales. la victime est mise de coté. cette sanction est souvent accompagnée d'une peine de travail. colonie pénitentiaires) Au 19ème siècle. il convient d'infliger à l'auteur du trouble un dommage équivalent. d'autres sont convaincus qu'il n'y a justement pas d'impact. la pénalité opère de deux façons. La peine s'attaque de manière spectaculaire au corps du condamné. Nul ne peut résister à ce déséquilibre et cela engendre de la crainte. Dans une société étatisée. L'Etat moderne développe des mesures de protections nouvelles qui induisent un Target Hardening.

de la . Ce système est sensé promouvoir la participation de la victime. on assiste à une économie de la peine. Les délinquants sont pris en charge et sont surveillés en milieu ouvert. Dans ces cas. Selon GALLOWAY et HUDSON. On use de la menace avec l'instauration du sursis. Les peines alternatives se développent et se multiplient. L'emprisonnement est diminué. l'approbation de la victime est capitale et peut être néfaste pour le délinquant. Les peines d'enfermement sont moins prononcées mais les peines prononcées sont plus longues. Des innovations. les peines courtes ne sont plus exécutées. des politiques de préventions sont mises en place. apparaissent. La réparation du dommage rentre au sein des solutions envisagées. principalement tournées vers la victime et la réparation du lien social. Ex: " Concertation restauratrice en groupe "(HERGO). En se focalisant sur le dommage. du délinquant.Lorsque l'Etat social émerge. cependant. Le but du processus est la réparation du dommage. surpeuplée. La justice restauratrice se démarque par sa préoccupation pour la victime et pour le dommage causé par l'infraction. Ces nouvelles mesures ont un effet réintégratif. Pour les mineurs. Si les conditions de détention s'humanisent. on restaure un lien entre l'auteur et le pôle victime/communauté. le crime est avant tout considéré comme un conflit entre individus et secondairement comme un conflit entre auteur et Etat. Les prisons restent. Qu'est ce que la justice restauratrice ? Ce mouvement démarre d'une réflexion théorique et vise à prendre du recul par rapport à la justice pénale et à la justice protectionnelle (interprétant la délinquance comme un symptôme). la symbolique de l'enferment reste très importante.

Ils prônent la mise en place de petites communautés où chacun pourrait intégrer des normes. La justice restauratrice est traversée de nombreuses controverses.communauté pour réparer le dommage plutôt que de laisser la décision entre les mains d'un juge ou d'un expert. Influences communautaristes : Ce mouvement considère la société actuelle comme trop fragmentée. Plusieurs sous-courants de la justice restauratrice ont pris une coloration religieuse. Les abolitionnistes remplacent la notion de crime par celle de situation problème. Les individus ne sont plus capables de s'identifier à une communauté. Le mouvement communautariste contribue à poser de bonnes questions et met en doute le fait que le droit pénal se focalise trop sur l'individu. Ils prônent la disparition du droit pénal et s'inscrivent dans le sillage de la criminologie critique. Influences victimologiques: De nombreux victimologues sont séduits par cette approche car elle permet de transcender une question importante : " est-ce que l'aide aux victimes est compatible avec la resocialisation du délinquant ? Il apparaissait difficile de réintégrer des délinquants tout en tout en s'occupant des victimes. . du courant communautariste et du courant abolitionniste. trop individualiste. Ce courant se situe au croisement de la victimologie. Ils veulent utiliser un système de résolution des conflits où les parties du conflit proposent des solutions et pourraient faire appel à un système officiel travaillant sur le mode civil. Le droit pénal a une vision partielle et partiale des problèmes. Cette situation serait à la base de nombreux problèmes. Influences abolitionnistes : Ce courant est porté par le Hollandais Luc HULSMAN et le Scandinave N. Le droit pénal est perçu comme un mal social car il n'atteint aucun de ses objectifs tout en créant de nouveaux problèmes. Il est caractérisé par des réponses stéréotypées. CHRISTIE.

plus enclin à commettre des crimes violents. au corps velu.. Jusque 1960. psychanalytiques et cliniques au 20ème siècle. Les délinquants violents passant à l'acte de manière irréfléchie ont un QI très peu élevé. . pour 47% d'entre eux. Des statistiques montrent que les délinquants auraient des carences de la pensée abstraite et du QI verbal. Cependant. des membres de classes sociales très peu élevées) ont. E. – Eptomorphe : individu frêle. Des théories mettent en relation le QI et la propension à commettre des délits. l'approche criminologique en Europe s'axe essentiellement sur l'individu. le QI d'enfants de 13 ans. avec le temps. La débilité mentale se transmettrait de manière héréditaire. à la chevelure drue. de 70% à 20%. sujet à des bouffées épileptique. serait enclin à commettre des vols. chauve serait enclin à commettre d'abord des vols et ensuite des crimes. au visage fin.. SUTHERLAND remarque que le pourcentage de délinquants débiles est passé. Leur thèse est que le physique d'un individu reflète la constitution psychique. certaines contre-expertises ont démontrer que les premières lignes. la " chair à canon " de la première guerre mondiale (autrement dit. en manque affectif. Le courant constitutionnaliste (courant lié à la biologie) cherche à établir une morphologie caractéristique du délinquant appelée somatotype. – . – Pictomorphe : individu corpulent.Chapitre 5 : Les courants psychologiques. KRETCHMER propose une typologie : – Athlétomorphe : individu à la charpente puissante.

. L'échelle de HARE " psychopathology check-list revisited " . duplicité (mensonges répétés). On utilise deux instruments. La psychiatrie propose des démarches pour diagnostiquer les troubles sociopathiques. Le DSM-4 : chez le psychopathe. Selon FREUD. Ce mode de fonctionnement est détecté à travers au moins trois critères parmi une une liste ( manquement aux normes sociales de comportement. Les désordres fonctionnels (tels la criminalité) sont des conséquences de ces pulsions. 2. Il semble être incapable de se comporter normalement. absence de préoccupation pour sa propre sécurité et celle des autres. Le psychopathe est un délinquant multi-récidiviste irrécupérable. On distingue la psychopathologie des travaux de ceux qui étudient les traits de personnalité des psychopathes. 1.. absence de remords. le comportement humain est fonction de pulsions inconscientes. Des énergies refoulées cherchent à être satisfaites et arrivent à l'exprimer en cas de carences sociales. il y a un mode généralisé de fonctionnement où le sujet ne manifeste pas d'intérêt pour les droits d'autrui et ce depuis l'âge de quinze ans. Le comportement criminel est prévu comme une réponse substitutive. Il y a deux types d'explications psychanalytiques. irritabilité et agressivité. D'aucuns utilisent le terme de sociopathie . irresponsabilité. 1. La figure du psychopathe : La psychopathologie classifie une maladie mentale.D'autres théories criminologiques sont avancées dans le sillage du courant psychanalytique. selon eux le trouble n'est pas intra-psychique mais se trouve dans la conduite sociale. Le délinquant a un surmoi trop rigide. Le délinquant a un surmoi atrophié.) 2. dominant. La socialisation est déficiente et entraîne une absence de refoulement des pulsions. qui refoule excessivement et crée des sentiments de culpabilité profond. labilité. L'individu cherche alors à braver les limites dès qu'il le peut. impulsivité.

il envisage le crime de l'intérieur. Son éventuelle disparition est rationalisée. très proche du passage à l'acte. en général. 70% des criminels annoncent leur crime. source de son problème. On est. 3) Acceptations et crises Les objections morales sont balayées. Il ne manque que l'occasion. Il vit un conflit qui l'oppose à de nombreux obstacles moraux. à l'agression et aux situations où une dissolution des barrières morales est nécessaire. déshumanisé. se résorbe spontanément. Plus les barrières des phases précédentes ont été fortes. Ce premier stade. On exagère les torts de l'autre . puisse disparaître émerge mais pas nécessairement de sa propre action. Le sujet est mal dans sa peau durant cette phase. il marque le champ de la criminologie par son exposé sur la psychogénèse des délinquants. Il faut voir ces avertissement dans une dynamique qui qui précède le passage à l'acte. 1) Assentiment inefficace (ou acquiescement mitigé) Lorsque l'individu est confronté à une situation problématique. De tels comportements sont applicables aux vols. plus l'acte sera sauvage. alors. Lorsque l'individu a une capacité de contrôle des pulsions bien établi.1) Etienne DEGREEFF (1928 -1961) " Théorie du processus criminogène " Psychiatre attaché à la prison centrale de Louvain. semi-normal ou pathologique. torts qui peuvent devenir un motif à sa disparition (début d'agression verbale). Le processus est le même que l'individu soit normal. l'idée que l'autre. 2) Assentiment formulé Des individus accèdent parfois à cette phase où l'autre est dévalorisé. L'instinct de sympathie est affaibli et les probabilité de passage à l'acte augmentent. . L'individu s'envisage comme auteur de la disparition de l'autre. Il innove dans les théories criminologiques car il a une approche de vécu. L'acte sera d'autant plus violent que la sympathie pour l'autre était forte. L'autre est protégé par des fonctions morales issues de la socialisation. Il met en évidence un état dangereux prédélictuel. il peut envisager d'autres solutions que le passage à l'acte. Il éprouve une grande résistance face au passage à l'acte. Il cherche à comprendre comment le criminel envisage son crime. DEGREEFF décrit le processus avant le passage à l'acte.

Le noyau central de la personnalité criminelle: L'idée de PINATEL est l'abandon de l'idée selon laquelle il existerait une différence de nature entre délinquant et non-délinquant. Il conçoit cette théorie sur base d'une synthèse d'observation réalisée par des cliniciens dont E. PINATEL (1913-1999) " Théorie du noyau central de la personnalité criminelle ". Le noyau central de la personnalité criminelle est le noyau qui va gouverner la passage à l'acte. ce trait empêche de prendre en compte le jugement des autres. Il développe l'idée d'une criminologie clinique ainsi que la théorie du noyau central de la personnalité criminelle. il peut fuir la culpabilité. La présence simultanée et organisée des ces quatre traits détermine le passage à l'acte. Il est président de la société internationale de criminologie. 1. Ce noyau est composé de quatre traits particuliers constituant une nouvelle organisation de personnalité chez le délinquant grave. Normal chez l'enfant. .L'homme moyennement honnête ne marche qu'à reculons vers un acte aussi avilissant que le crime. 1963 Criminologue français. PINATEL travaille dans l'administration. L'égocentrisme renvoie à l'indifférence par rapport aux jugements d'autrui. Cette constellation de traits est un élément déclencheur qui facilite le passage à l'acte. 2) J. L'égocentrisme (ou égocentrisme moral) Il s'agit de la propension à situer les personnes et les événements uniquement en rapport avec soi-même. un continuum allant du plus petit délinquant jusqu'au multi-récidiviste endurci. Il s'intéresse aux examens psycho-médicaux et aux traitements des détenus. Le délinquant parvient à passer à l'acte sans se poser de questions. Il n'y aurait qu'une différence de degré. DEGREEFF.

C. naïve. de degré. L'agressivité Il s'agit de la tendance à agir et réagir avec violence. Pour PINATEL. La vision du délinquant est statique or une personnalité évolue.2. Ces individus n'ont pas une conduite stable. il ne s'agit que de l'accentuation de traits normaux . Cette théorie statique conduit à des dérives sur le plan du traitement du délinquant. GAROFALO). Ce trait explique pourquoi le criminel est insensible à la menace pénale. DEBUYST considère que cette théorie est réductrice. 3. ni du futur. La labilité Il s'agit de l'incapacité à prévoir les conséquences d'un acte. cette structure est différentes des classifications cliniques. L'individu est mû par une énergie fort circonstanciée qui le pousse vers ses buts. étant uniquement basée sur des rapports de psychiatre. Chapitre 6 : Tendances de politiques criminelles en matière de délinquance urbaine. PINATEL relie cette indifférence à une carence affective de l'individu. Il se préoccupe du désir immédiat sans tenir compte ni du passé. 1) Approche du concept de prévention . La réunion de ces quatre traits définissent la dangerosité de l'individu (cf. 4. Ne pas percevoir le coté odieux du crime. être insensible à la souffrance d'autrui. L'indifférence affective Être sourd et aveugle .

De nombreuses actions institutionnelles sont structurées sur base de la prévention. d'où vient le concept de prévention? Ce concept est très utilisé quel que soit le domaine (politique.) afin d'agir sur les causes des maladies. l'homme tente d'expliquer les risques par des lois rationnelles qui progressivement mettent le pas aux explications déistes. Il plaide pour une prévention pénale générale. F. Les fléaux sont reliés à des explications déistes ou démonologiques. mesures d'hygiène.). ERWALD " l'état providence "). la première balise est le traité de BECCARIA.. La prévention est présentée comme un idéal.. L'arrivée d'une pensée scientifique est une deuxième balise historique. Ces deux pôles sont cependant d'accord sur la gestion des risques. envahissant et transversal. La gauche privilégie des actions préventives sur le social. Jusqu'au 18ème siècle. Un nouveau schéma de pensée s'installe. . La typologie des préventions apparaissent avec l'épidémiologie. médecine. Les philanthropes réfléchissent au moyen de lutter contre les épidémies. Les rapports de spécialistes argumentent vers des mesures préventives (égouttages. les grands fléaux sont perçus comme des risques sociaux incalculables et immaîtrisables. Origine de la prévention par rapport au savoir Dans la pensée criminologique.. Apparaît l'idée de gestion préventive (cf. b. Les peines sont sensées jouer un rôle dissuasif. La droite politique privilégie un axe de prévention situationnelle (chacun doit faire sa part de prévention) et d'actions de responsabilité de la famille. Il sert de référence pour de nombreux intervenants de terrain. Ce concept est lourd.a..

Prévention secondaire : programmes visant des groupes plus vulnérables où le phénomène risque de se présenter. Cette idée de prévenir la délinquance apparaît au croisement de deux phénomènes : les premiers développements scientifiques sur l'étiologie et l'avènement de l'Etat libéral . D'autres part. se développe la criminologie. A partir de cette question. pour éviter la récidive. Il paraît possible de convertir le risque criminel en menace calculable sur lequel on pourrait exercer un contrôle qui se ferait sur des facteurs individuels ou sur des composantes sociales. l'autre tendance est centrée sur la primauté du contexte social. Les spécialistes de l'époque (tels FERRI) se demandent si les pathologies sociales touchent beaucoup les mineurs d'âge et ne risquent pas de ramener la société à son état sauvage. La tendance biologisante-psychologisante expliquant pourquoi la menace pénale ne fonctionne pas. Deux tendances s'opposent. on essaye de développer des forces qui ramènent vers des comportements respectant les normes. Un savoir embryonnaire sur la criminalité. Un nombre important d'individus semblent insensibles à la menace pénale. état qui a pris du poids dans l'intervention sociale. Les sciences définissent les facteurs et les politiques publiques essayent d'agir sur ces causes en éliminant les facteurs.Prévention primaire : actions dont les effets empêchent le développement des causes générales d'un phénomène et qui visent les populations où le phénomène n'est pas encore présent. Prévention tertiaire : prévention orientée vers les individus chez qui le phénomène s'est déjà produit. . Apparaît une stratégie qui paraît être une alternative au droit pénal.

De façon générale. élastique. La prévention est un des fondements des pratiques professionnelles. Inconvénients : La prévention est quelque chose de flou. Elle a tendance à " polluer " l'action sociale. Par contre. Cette approche spécialisée reste dominante. Tout est prévention. en général. Elle est conçue pour venir en aide au droit et à la justice perçus comme inefficaces. elle apparaît proche de la logique pénale dans les finalités de contrôle. Ce concept est difficile à circonscrire et renvoie beaucoup à des entreprises de contrôle social. La prévention est fort reliée au contrôle social. c. La théorisation du concept de prévention aboutit à une impasse en raison de son caractère ambigu... Tout en se présentant comme différent du droit pénal. Des auteurs proposent des typologies où l'on peut classer différents types d'approches se revendiquant de la prévention. il y a des investissements importants dans la prévention socio-pénale. La prévention générale reste souvent cantonnée à la simple déclaration d'intention. de protection. se développe et se professionnalise le travail social. de correction de l'individu. PONSAERS 3) Le sentiment d'insécurité voir rapport Fondation Roi Baudouin .Durant l'après deuxième guerre mondiale. l'idéologie de la prévention s'identifie en opposition à l'appareil de répression préventive. 2) La théorie de la fenêtre brisée voir article de P. deux objectifs: – le développement de préventions générales – le développement de préventions plus spécialisées. Les politiques publiques ont.