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L’intercession de la Vierge Marie & des Saints Par C. GRELET Des musulmans et des

L’intercession de la Vierge Marie & des Saints

Par C. GRELET

Des musulmans et des protestants pensent à tort, ou veulent propager sciemment la fausseté selon laquelle les Catholiques, en demandant l’intercession de la Vierge Marie et des Saints, mettent les vénérables personnes en question au même pied d’égalité que le Christ Rédempteur dans le rôle de Médiateur entre le Père et les hommes. Ils regardent en effet la Doctrine Catholique en vis-à-vis avec ce que déclara le Saint Apôtre Paul dans sa Première Epître à Timothée lorsqu’il déclara :

« Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus- Christ homme » (1 Timothée 2,5)

Le regard protestant et musulman montre, malheureusement, qu’ils ne connaissent pas la Doctrine Catholique. Cette parole apostolique, témoignant du rôle Unique de Notre Sauveur auprès de Son Père Céleste, est en réalité un témoignage de la Divinité de Notre Rédempteur lorsqu’on la met en parallèle avec la Doctrine Apostolique transmise dans l’Eglise Catholique. Que dit exactement l’Eglise Catholique sur l’intercession des Saints, et plus particulièrement l’intercession de la Vierge Marie ?

A/ L’intercession des Saint de rang égale à celle du Christ ?

Certains, en voulant honteusement se reposer sur le Catéchisme de l’Eglise Catholique, veulent faire croire à qui veut l’entendre que l’Eglise enseigne que la prière doit être adressée seulement au Père au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ et que Notre Seigneur, Lui, ne fait qu’intercéder auprès du Père au même titre que la Vierge Marie ou les autres Saints. Quelle tromperie et surtout quelle preuve de méconnaissance totale de la Sainte Doctrine Catholique ! La première erreur de laquelle découle l’autre, est de croire que le Christ, tout comme les Saints, « intercèdent auprès de Dieu », sous-entendant qu’ils sont sur un même pied d’égalité en manière d’intercession. Le Concile Vatican II, dans la Constitution Dogmatique Lumen Gentum réfute ce point en parlant de l’intercession spécifique de la Vierge Marie :

« La bienheureuse Vierge est invoquée dans l'Eglise sous les titres d'avocate, d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle

sorte que nulle dérogation, nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'unique Médiateur, le Christ. Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l'unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l'unique source. Ce rôle subordonné de Marie, l'Eglise le professe sans hésitation ; elle ne cesse d'en faire l'expérience ; elle le recommande au cœur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s'attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur » (Lumen Gentum, §62)

La médiation de la Vierge est subordonnée au Christ Rédempteur. La Vierge devient médiatrice grâce au Christ Rédempteur. Il n’y a donc, avant toute chose, une inégalité entre la médiation des Saints et celle du Christ Notre Sauveur. Comment cette inégalité se manifeste- t-elle et qu’implique-t-elle ? Ces questions nous amènent à la seconde erreur des négateurs. Si les Saints et le Christ intercèdent, alors ils ne peuvent être Dieu. Mais en ce cas, la question face à cette objection est de savoir auprès de qui les Saints intercèdent. Personne ne contestera que les Saints intercèdent et prie Dieu. En ce cas, je propose qu’on se penche plus sérieusement sur la Doctrine Catholique et constater, frères et sœurs, auprès de qui les Saints intercèdent. Pour le savoir, prenons deux orateurs Catholiques et le Catéchisme de l’Eglise. Tout d’abord, le père Louis Bourdaloue (1632-1704) qui déclarait dans l’un de ses sermons :

« Que trouvons-nous aujourd’hui dans la personne de Marie ? Une avocate toute- puissante auprès de notre juge, et une mère de miséricorde pour les pécheurs […] Oui, mes frères, disait saint Bernard, nous avons Marie dans le ciel pour avocate auprès du Fils, comme nous avons Jésus-Christ pour avocat auprès du Père » 1

L’Unique Médiateur entre le Père et les Hommes, c’est le Christ dans son Humanité. Mais, n’oublions pas, chers frères, chères sœurs, que la Saine Doctrine Apostolique nous enseigne que le Seigneur Christ est à la fois pleinement Homme (Jn 1,14) et pleinement Dieu (Jn 1,1). Qu’est-ce que l’une et l’autre nature implique dans le cadre de notre sujet qu’est l’intercession des Saints et plus particulièrement de la Vierge Marie ? Bourdaloue explique que la Vierge est « avocate auprès du Fils ». L’Evêque Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) continue en ces termes :

« Si les Catholiques romains disent publiquement qu’ils n’ont point une autre sorte de confiance aux saints qu’aux vivants, dont ils demandent les prières :

qu’en quelques termes que soient conçues les prières qu’on leur adresse, elles doivent toujours être entendue par manière d’intercession ; par exemple, que

1 Cf. Sermon XIX sur l’Assomption, dans Collection intégrale et universelle des Orateurs Sacrés du premier ordre, savoir : Bourdaloue, Bossuet, Fénélin, Massillon…, édité par l’abbé Migne, tome quatorzième, 1845,

p.1330.

lorsqu’on dit : Sainte Marie, délivrez-moi à l’heure de la mort, le sens est : Sainte Marie, priez pour moi votre Fils qu’à l’heure de la mort il me délivre ; si, dis-je, les catholiques s’expliquent ainsi, tout le péril que les protestants trouvent dans ces prières cessera » 2

L’explication de l’Evêque Bossuet est d’une clarté sans équivoque. La Vierge intercède auprès du Fils. Est encore plus claire l’explication des « Instructions Générales en forme de Catéchisme » imprimées sur ordre de l’Evêque de Montpellier Charles Joachim Colbert de Croissy (1667-1738) où nous lisons :

« Ne fait-on pas injure à Jésus-Christ de prier les Saints ; n’est-ce pas reconnaître d’autres médiateurs avec lui ? (Note : ce que pensent les protestants) Réponse : Non. On ne lui fait pas plus d’injure, que d’engager les Fidèles vivants à prier pour nous. Jésus-Christ est le seul Médiateur par lequel nous pouvons avoir accès auprès de Dieu (c’est-à-dire le Père); parce qu’il nous a rachetés. On n’invoque les Saints que comme des intercesseurs auprès de Jésus-

de

Christ.

Médiateurs. Jésus-Christ est donc le seul Médiateur absolu ; Médiateur de rédemption. Si les Saints peuvent être appelés Médiateurs, c’est d’intercession seulement » 3

Ce

n’est

qu’en

ce

sens

qu’on

leur

donne

quelque

fois

le

nom

Dans le « Catéchisme à l'usage de toutes les Eglises de l'Empire français » publié en 1810 avec imprimatur d’Arnaud-Ferdinand de la Porte, Evêque de Carcassonne, nous lisons très distinctement :

« Que la Sainte Vierge, les saints Anges et tous les Saints intercèdent pour nous auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ » 4

Maintenant regardons comment cette explication s’applique avec une prière dédiée à la Vierge Marie. Le père Nicolas Thibault (1680-1742) expliqua le déroulement des prières du chapelet dans son livre « Prières et instructions chrétiennes, avec un abrégé de l'histoire sainte » publié en 1737. Et voici ce qu’il dit à propos de l’Ave Maria :

« Enfin on récite sur les petits grains la salutation Angélique (note : Ave Maria) pour honorer la sainte Vierge par rapport à Jésus-Christ son Fils, de qui elle tire toute sa gloire, & pour la prier d’intercéder pour nous auprès de ce divin Fils » 5

La Doctrine Catholique est donc très claire : les saints n’intercèdent pas auprès du Père, mais auprès du Fils, Notre Juge. De fait, l’intercession des Saints nous amène à nous poser cette autre question : dans quelle mesure les Saints intercèdent auprès du Fils Unique ?

2 Cf. Œuvres complètes de Bossuet, Evêque de Meaux, tome septième, Paris, chez Lefèvre, Librairie-éditeur, 1836, p.375.

3 Cf. Instructions générales en forme de Catéchisme…, édité par Nicolas Simart, Paris, 1707, p.257.

4 Cf. Catéchisme à l'usage de toutes les Eglises de l'Empire français, Perpignan, 1810, pp.12-13.

5 Cf. p.200.

B/ Le Fils prié par les Saints en tant que Dieu

Comme nous venons de le voir, l’intercession des Saints se fait auprès du Fils Unique, le Verbe de Dieu qui est Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette intercession des Saints exprime quelque chose qui est refusée, comme nous le constatons dans tous les débats avec eux, par les musulmans : la Divinité du Messie. Le père Nicolas Thibault n’avait fait, dans son commentaire de l’Ave Maria, que transmettre ce que dit l’Eglise sur l’intercession de la Vierge et plus généralement des Saints, à savoir qu’ils intercèdent auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et Nicolas Thibault nous donnera une paraphrase (une explication) de l’Ave Maria. Ecoutez bien sa paraphrase car elle démontrera que les critiques ne comprennent pas dans quelle mesure nous demandons l’intercession de la Vierge et des Saints. Sur la partie « sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous » de l’Ave Maria, il dira :

« C’est pour vous remercier, ô mon Dieu, du ministère de l’incarnation, que je salue votre sainte Mère ; c’est pour vous honorer & vous féliciter, ô Vierge sainte, dans le sein de laquelle ce ministère a été accompli, & pour vous demander votre intercession auprès de votre Fils, que je vous adresse présentement les paroles de l’Ange, celles de sainte Elizabeth remplie du Saint-Esprit, & la prière que la sainte Eglise nous a apprise […] Faites, ô sainte Vierge, par votre intercession auprès de votre Fils, que nous détachant de nous-mêmes & nous vidant de tout amour propre, nous remplissions notre esprit de la présence de Dieu & notre cœur de son amour […] [Vous] qui avez conçu & enfanté Jésus-Christ, qui est Dieu, vous avez en cette qualité de Mère de Dieu un grand pouvoir auprès de lui, & une grande bonté » 6

Si la Vierge est invoquée afin de la solliciter à prier pour nous, à intercéder auprès du Fils, c’est que le Verbe de Dieu, le Fils Unique, est Dieu. Et étant sa Mère à travers l’Incarnation, elle est celle qui, de par ce lien maternel, est la mieux placée pour présenter notre sollicitude. Cette disposition sera exprimée par exemple dans la liturgie de St. Jean Chrysostome datant du IV/Vè siècle :

« Que le Christ notre vrai Dieu, par les prières de sa très sainte Mère, de notre père parmi les saints Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, et de tous les saints, ait pitié de nous et nous sauve, lui qui est infiniment bon et ami des hommes »

Comme nous le constatons, si les saints intercèdent auprès du Fils, c’est en raison du fait qu’Il est Dieu. A ce constat je vais simplement donner le Catéchisme de l’Eglise Catholique :

« 2614. Quand Jésus confie ouvertement à ses disciples le mystère de la

prière au Père, il leur dévoile ce que devra être leur prière, et la nôtre, lorsqu’il

6 Cf. pp.103, 104, 105.

sera retourné, dans son Humanité glorifiée, auprès du Père. Ce qui est nouveau maintenant est de "demander en son Nom" (Jn 14,13). La foi en Lui introduit les disciples dans la connaissance du Père, parce que Jésus est "le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 14, 6). La foi porte son fruit dans l’amour : garder sa Parole, ses commandements, demeurer avec Lui dans le Père qui en Lui nous aime jusqu’à demeurer en nous. Dans cette Alliance nouvelle, la certitude d’être exaucés dans nos demandes est fondée sur la prière de Jésus (cf. Jn 14,13-14) »

Notons ici que le Catéchisme fait référence à Jn 14,13-14. Le texte nous donne clairement l’interprétation de Jn 14,13, à savoir qu’il faut prier Notre Père au Nom du Christ Notre Sauveur, c’est-à-dire en faisant valoir les mérites de Notre Seigneur qui nous couvre de Ses fruits. Mais elle ne donne pas son interprétation concernant le verset 14 où il est dit :

« Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai »

Certains penseront que le verset 14 est introduit dans l’explication du § 2614, donc que le verset 14 devrait être entendu comme de l’intercession du Fils auprès du Père. D’une certaine manière, l’explication du verset 14 se trouve dans le paragraphe, mais pas comme les négateurs pourraient le croire. La clé pour comprendre la lecture de l’Eglise sur le verset 14 se trouve justement dans la phrase où la référence est invoquée : « Dans cette Alliance nouvelle, la certitude d’être exaucés dans nos demandes est fondée sur la prière de Jésus ». Les mots clés importants dans cette phrase sont « la prière de Jésus » Deux paragraphes plus loin, au §2616, le Catéchisme va la reprendre et la définir :

« 2616. La prière à Jésus est déjà exaucée par lui durant son ministère, à travers des signes qui anticipent la puissance de sa Mort et de sa Résurrection :

Jésus exauce la prière de foi, exprimée en paroles (le lépreux : cf. Marc 1,40-41 ; Jaïre : cf. Marc 5, 36 ; la cananéenne : cf. Marc 7, 29 ; le bon larron : cf. Luc 23, 39-43) ou en silence (les porteurs du paralytique : cf. Marc 2, 5 ; l’hémorroïsse qui touche son vêtement : cf. Marc 5, 28 ; les larmes et le parfum de la pécheresse : cf. Luc 7, 37-38). La demande pressante des aveugles : "Aie pitié de nous, fils de David" (Matthieu 9,27) ou "Fils de David, Jésus, aie pitié de moi" (Marc 10,48) a été reprise dans la tradition de la Prière à Jésus : "Jésus, Christ, Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi, pécheur !" Guérison des infirmités ou rémission des péchés, Jésus répond toujours à la prière qui l’implore avec foi : "Va en paix, ta foi t’a sauvé !". Saint Augustin résume admirablement les trois dimensions de la prière de Jésus : "Il prie pour nous en tant que notre prêtre, il prie en nous en tant que notre tête, il est prié par nous en tant que notre Dieu. Reconnaissons donc en Lui nos voix et sa voix en nous " (Psal. 85,1 ; cf. IGLH 7) (Psal. 85, 1 ; cf. IGLH 7) » 7

Ainsi l’intercession des Saints témoigne de deux choses. La première est que l’intercession des Saints est à mettre sur un autre plan que le rôle unique de Médiateur du Christ Notre

7 cf. CEC, Quatrième partie : la prière chrétienne ; Première section : La prière dans la vie chrétienne, article n°2, § 2616.

Seigneur. Elle découle de Son rôle, est dépendante d’elle. La seconde est que le Christ, auprès de qui les Saints intercèdent, est Dieu. C’est un fait qu’aucun ne peut nier et rejeté. Le Catéchisme publié aujourd’hui est simplement en continuité avec ce que Catéchisme a toujours enseigné. Par exemple, dans le Catéchisme dogmatique publié par le père J.-P. Migne qui synthétise l’enseignement des Théologiens Catholiques de son temps, nous lisons :

« En tant qu’homme il prie pour nous, suivant la promesse qu’il en fit à ses disciples, par ces paroles : ‘je prierai le Père pour vous’. Mais en tant que Dieu, il nous donne les biens que nous lui demandons par nos prières » 8

La grande erreur que font les négateurs est le fait de croire qu’en priant le Père au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils Unique, cela exclut de facto le Fils et le Saint-Esprit. Résultat, lorsqu’ils se penchent sur la Doctrine Catholique et voit la manière dont nous prions le Père, ils pensent que la prière possède un caractère exclusif, écartant les Hypostases du Fils et du Saint-Esprit. Mais comme le disait l’Abbé Huet en 1837 dans son livre « Anthologie Catholique » ayant reçu l’imprimatur de l’Archevêque de Paris :

« Quand nous prions Dieu, c’est Dieu en trois Personne que nous prions ; quand nous prions le Père, nous adorons également le Fils et le Saint-Esprit ; quand nous prions le Fils, nous adorons également le Père et le Saint-Esprit ; quand nous invoquons le Saint-Esprit, nous invoquons également le Père et le Fils, parce que les trois Personnes, quoique distinctes, ne font qu’un seul Dieu […] L’Eglise invoque les trois Personnes de la sainte Trinité dans toutes ses prières ; mais celles qui sont spécialement adressées au Père ou au Saint-Esprit sont toujours terminées par l’invocation de Jésus-Christ notre Sauveur, parce que c’est par lui que nous pouvons mériter et obtenir, et que, comme le dit l’apôtre, il n’est point d’autre nom par lequel nous puissions être sauvés » 9

Toute personne donc, quelle qu’elle soit, tentant de faire croire à qui veut l’entendre que l’Eglise Catholique enseigne que la prière va uniquement au Père, que le Fils est uniquement le Médiateur entre le Père et les hommes de sorte que la prière faite exclusivement au Père soit faite en Son Nom, écartant de fait le Fils de la dignité et l’adoration inhérente à la prière, que les Saints sont priés de la même manière que le Fils est prié, cette personne-là dis-je, est clairement un usurpateur, un menteur, un calomniateur, un prosélyte de la pensée anti- catholique, un diffamateur et finalement un pervers dont le vice n’a de borne que sa haine.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour des siècles et des siècles. Amen.

8 Cf. Catéchismes philosophiques, polemiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires,

canoniques, pratiques, ascetiques et mystiques de Feller

9 Cf. Anthologie catholique, ou Instructions dogmatiques et morales sur les vérités de la religion, 1837, Paris,

pp.232-233.

, vol. 2, 1842, Paris, col.254.