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LA REFORME DE LA LEGISLATION SUR LES

MAJEURS PROTEGES EN FRANCE

LE DEROULEMENT DE LA PROTECTION

La présentation des différents chapitres se fera à la lumière des innovations apportées par
la loi du 5 mars 2007, entre rupture et continuité.

I - MODALITES GENERALES DE LA MESURE

A / LA MISE EN PLACE

Cas d’ouverture : altération des facultés mentales ou corporelles de nature à empêcher


l’expression de la volonté.
Cette altération doit être constatée par un médecin figurant sur la liste des experts établie
par le Procureur de la République et non plus par le médecin de famille.
La saisine d’office est désormais prohibée, seuls peuvent demander l’ouverture d’une
mesure de protection judiciaire le juge des tutelles, les membres de la famille, les
membres entretenant des rapports étroits et stables avec le protégé, le Procureur de la
République.

Le curateur ou le tuteur sera désigné par le juge ou le Conseil de famille parmi les
proches. L’ordre retenu par le législateur : la volonté, la famille, les proches et en dernier
lieu les professionnels.
Ceux-ci devront dorénavant agir en protégeant les intérêts patrimoniaux et extra-
patrimoniaux du majeur.
Innovation : est prévue une possible division de la curatelle ou de la tutelle pour une
meilleure répartition des charges (articles 447 et 456 al. 3) mais aussi pour tenir compte
de la diversité des compétences.

La mise en place des mesures de protection doit obéir aux trois principes suivants :
nécessité (articles 425 et 428), subsidiarité et proportionnalité.
L’idée est d’éviter la mise en place d’une mesure toutes les fois qu’un autre moyen de
protection permet d’assurer les prises en charge des intérêts patrimoniaux et personnels
d’un individu.
Cf. les règles du régime primaire (articles 217 et 219), celles du régime matrimonial
(articles 1426 et 1429).
Théorie du mandat ou de la gestion d’affaires, mandat de protection future.

B / LA DUREE DE LA MESURE

Désormais les mesures de protection sont à durée limitée afin de permettre leur
réévaluation périodique (règle de la proportionnalité).

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La sauvegarde de justice devient caduque au bout d’une année (articles 430) et n’est
renouvelable qu’une seule fois.
La curatelle et la tutelle sont ouvertes pour une durée maximum de cinq ans renouvelable
pour une même durée (article 441) toutefois lorsque l’altération des facultés mentales
apparaît comme définitive le renouvellement pourra être d’une durée supérieure sans
toutefois être indéterminée (apparemment question ouverte).
En toute hypothèse il pourra être mis fin à la mesure à tout moment.

C / LA FIN DE LA MESURE

La loi du 5 mars 2007 prévoit trois nouvelles causes de cessation de mesures de


protection.

Aujourd’hui, quatre causes : le jugement de mainlevée, l’arrivée du terme, le décès et


l’éloignement géographique.

1°) Le jugement de mainlevée

Également prévu par la loi de janvier 1968. Pour obtenir la mainlevée il faut que la cause
qui a déterminé la mesure ait cessé. La loi du 5 mars 2007 exige que la personne protégée
soit entendue ou appelée. Il s’agit d’une obligation, si le juge décide du contraire, sa
décision doit être motivée. La personne protégée peut être accompagnée d’un avocat. Le
juge doit également recueillir l’avis de la personne chargée de la mesure de protection

Les personnes habilitées à demander la mainlevée sont les mêmes que celles à demander
la mesure de protection. A ceci près que contrairement à l’ouverture de la mesure de
protection, le juge pourra d’office modifier ou prononcer la cessation des mesures de
protection. La loi de 2007 précise que la mesure de protection prend fin lorsque le
jugement est passé en force de chose jugée. Il faut donc exclure toute exécution
provisoire du jugement de mainlevée

2°) Le décès de le personne protégée

Bien que semblant aller de soi cette cause a été rappelée par le législateur pour empêcher
que le tuteur ou le curateur poursuive la gestion des biens du protégé après son décès.
(Un tempérament nécessaire : admission des règles de la gestion d’affaires où les
dépenses avancées par le gérant d’affaires ne seront remboursées qu’à condition que la
gestion ait été utile).

3°) L’arrivée du terme

Article 441 : le juge fixe la durée de la mesure sans qu’elle ne puisse excéder cinq ans.
Le terme imposé par la loi oblige le juge à opérer une révision quinquennal du dossier
(principe de proportionnalité et de nécessité). Seule exception admise en cas d’altération
insusceptible d’amélioration, le juge pourra renouveler la mesure pour une durée plus
longue. La loi parle d’une durée plus longue et non indéterminée. De la même façon il est
question de renouvellement d’où apparemment impossibilité de fixer dès l’ouverture de
la protection une durée plus longue sauf à courir le risque d’une nullité de la procédure.
La sanction du non renouvellement de la mesure dans le délai de cinq ans est la caducité
de la mesure. Aux termes du délai fixé la personne protégée retrouve sa pleine capacité
juridique

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Que décider s’il apparaît que l’état de la personne nécessite le renouvellement de la
mesure de protection ? Responsabilité de l’Etat par la faute du juge des tutelles,
responsabilité de la personne qui assurait la protection et notamment celle du mandataire
professionnel.

4°) L’éloignement géographique

Article 443 al. 2 : le juge peut mettre fin à la mesure de protection lorsque la personne
protégée réside hors du territoire national si cet éloignement empêche le suivi et le
contrôle de la mesure.
Seules sont visées les personnes de nationalité française, puisque c’est la loi nationale qui
détermine la loi personnelle qui détermine les règles de capacité. Cf. Convention de la
Haye du 13 janvier 2000 sur la protection des adultes.

Mesures transitoires
La loi de 2007 prévoit que le terme s’appliquera pour toutes les mesures ouvertes après
l’entrée en vigueur de la loi soit le 1er janvier 2009, mais l’article 45 prévoit que la cause de
cessation de la mesure s’appliquera aux mesures de protection ouvertes antérieurement.
Ainsi, les mesures de protection ouvertes avant le 1er janvier 2009 qui étaient à durée
déterminée deviendront des mesures prises pour cinq ans. Le point de départ de la durée
est la date de publication de la loi, soit le 7 mars 2007. Par conséquent, toutes les mesures
deviendront caduques le 7 mars 2012, faute de renouvellement.

Publicité au répertoire civil


Il n’est pas prévu que le terme ni la mesure de renouvellement fassent l’objet d’une
inscription au répertoire civil. Ce qui signifie pour les notaires d’interroger le juge des
tutelles pour toutes les mesures ouvertes avant le 1er janvier 2009 qui n’auraient pas fait
l’objet d’une révision du dossier alors qu’en théorie la personne protégée a retrouvé sa
pleine capacité civile.

II - LA GESTION DU PATRIMOINE DU MAJEUR

A / LA GESTION DU COMPTE BANCAIRE

L’article 427 du Code Civil institue un droit au compte bancaire pour le majeur protégé
en proscrivant la pratique des comptes pivots.

Comptes pivots
Certaines associations tutélaires n’ouvraient pas de compte de dépôts au nom des
majeurs dont-elles avaient la charge. Les dépenses et recettes réalisées pour le compte du
protégé étaient effectuées sur un compte unique, qui était crédité et débité des revenus et
des dépenses des majeurs dont l’association avait la charge. Parfois, ce compte pivot était
adossé à un compte rémunéré alimenté par l’excédent du compte pivot. Le produit de ce
placement était conservé par l’association pour financer ses dépenses courantes ou ses
investissements
Les articles 427 al. 1, 2 et 4 ont pour effet de prohiber tout recours à une forme
quelconque de compte pivot.
Article 427 al. 6 : « les fruits, produits et plus-values générés par les fonds et valeurs appartenant à la
personne protégée lui reviennent exclusivement ».
De plus l’article, l’article 427 interdit de modifier les comptes et livrets de la personne

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protégée déjà ouverts. Il s’en déduit l’interdiction de les clôturer. L’article 427 énonce
également l’interdiction d’ouvrir d’autres comptes ou livrets. Est également prévue
l’obligation de souscrire un compte au nom du protégé lorsque celui-ci n’en dispose pas.

L’article 427 al. 5 oblige d’effectuer les paiements, de recevoir les encaissements et
d’effectuer les opérations de gestion patrimoniale exclusivement sur un compte ouvert au
nom de la personne protégée.
Si le protégé a fait l’objet d’une interdiction bancaire la personne chargée de sa protection
pourra faire fonctionner ces comptes sous sa signature (article 427 al. 7) sous réserve de
l’autorisation du juge ou du conseil de famille.

Fonctionnement des comptes


En cas de curatelle simple, le protégé continue à percevoir et utiliser ses revenus pour les
dépenses courantes. En cas de curatelle renforcée, le curateur perçoit seul les revenus et
les verse sur un compte ouvert au nom du protégé et réglera les dépenses courantes le
reliquat doit être placé sur un autre compte, laissé à la libre disposition du protégé soit
versé directement entre ses mains.

En matière de tutelle, le tuteur a pour fonction de percevoir les revenus et d’assurer les
dépenses. Le juge pourra cependant autoriser le majeur sous tutelle à faire fonctionner un
compte bancaire sous des conditions et des plafonds que sa décision énoncera.

Utilisation des capitaux


En matière de curatelle, toute opération de placement doit être décidée d’un commun
accord entre le curateur et son protégé.
En matière de tutelle, pas d’innovation : il appartient au conseil des familles ou à défaut
au juge de déterminer la somme à partir de laquelle le tuteur doit employer les capitaux
liquides et l’excédent des revenus. Ces modalités peuvent être déterminées au choix par
avance ou au cas par cas.
Au titre des modifications, l’article 501 a supprimé le délai de 6 mois imposé au tuteur
pour procéder à l’emploi des capitaux.

Responsabilité du banquier
Elle est énoncée à l’article 499 al. 2 qui laisse subsister la règle ancienne d’irresponsabilité
des tiers et donc celle du banquier dans la gestion des capitaux. Cependant, la loi du 5
mars a souhaité associer les tiers à la surveillance des actes effectués par le tuteur « les tiers
peuvent informer le juge des actes ou omissions du tuteur qui paraissent de nature à porter préjudice aux
intérêts de la personne protégée ». Implicitement l’article (article 499 al. 1) vise le banquier.
D ‘autre part, l’alinéa 2 prévoient que si de tels actes compromettent manifestement les
intérêts de la personne protégée, c’est un devoir de le signaler au juge qui pèse sur les
tiers et par voie de conséquence sur le banquier.

B / L’ASSURANCE-VIE

Le nouvel article L.132-3-1 du Code des Assurances autorise désormais la souscription


mais aussi le rachat ou bien la désignation du bénéficiaire d’un contrat souscrit par un
majeur placé sous tutelle ou sous curatelle. S’agissant du bénéficiaire du contrat le
législateur autorise la révocation du bénéficiaire

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L’assuré majeur protégé

L’art L.132-3 du Code des Assurances prohibe la souscription d’une assurance décès sur
la tête d’une personne sous tutelle, d’un mineur de moins de 12 ans ou bien d’une
personne placée dans un établissement psychiatrique d’hospitalisation (donc par
définition possible sur la tête d’une personne sous curatelle ou sauvegarde de justice du
moment où la personne protégée n’est pas visé placée dans un hôpital psychiatrique).
Antérieurement à la loi du 5 mars 2007, la pratique avait réservé cette prohibition aux
seuls contrats « purement décès » impliquant le versement du capital en cas du décès de
l’assuré. Mais cette prohibition ne visait les contrats d’assurance en cas de vie où le capital
est versé si l’assuré (par définition le protégé) est vivant passé une date déterminée car
tout le monde à intérêt à ce que le protégé soit vivant au terme du contrat à la différence
des contrat « purement décès ».

La loi du 5 mars 2007 lève définitivement les doutes en autorisant la souscription d’un
contrat en cas de vie sur la tête du majeur protégé.

Souscription d’un contrat par le majeur protégé

S’agissant d’un contrat de prévoyance et non pas d’épargne, la souscription d’une telle
assurance au bénéfice d’un tiers constitue le plus souvent une libéralité indirecte. Le
majeur sous sauvegarde de justice restait libre, le curatélaire devait être assisté et le majeur
sous tutelle ne pouvait pas le souscrire compte tenu de l’interdiction de l’article L.132-3
du Code des Assurances et de l’article 502 du Code Civil.
Le nouvel article L.132-1 al. 1 du Code des Assurances énonce que la majeur sous
curatelle ou sous tutelle peut souscrire un contrat d’assurance vie avec l’autorisation du
juge des tutelles ou du conseil des familles. Les mêmes règles s’appliquent en cas de
rachat ou de désignation du bénéficiaire.
Cet article a été modifié par la loi du 17 décembre 2007 qui permet au majeur sous
curatelle de souscrire, racheter ou modifier la clause bénéficiaire non plus sous
autorisation du juge des tutelles mais avec la simple assistance de son curateur.

Le bénéficiaire du contrat

Se pose ici la question de la désignation ou de la modification du bénéficiaire du contrat


alors que le souscripteur fait l’objet d’une mesure de protection.
Avant la réforme le Code des Assurances disposait que le droit de révocation
n’appartenait qu’au souscripteur et ne pouvait être exercé par ses représentants légaux.
Les règles nouvelles permettent de remettre en cause la désignation du bénéficiaire tant
que celui-ci n’en a pas accepté le bénéfice. Cette modification devra être autorisée par le
juge des tutelles ou avec assistance du curateur.
En revanche en cas d’acceptation préalable du bénéficiaire il n’est plus possible de
modifier le contrat. Pour éviter des acceptations « sauvages » la loi permet l’annulation de
l’acceptation du bénéficiaire si ces contrats ont été conclus moins de 2 ans avant la
publicité du jugement d’ouverture de la curatelle ou de la tutelle. Malheureusement
échappent les acceptations effectuées pour les contrats conclus avant cette période de
deux ans. Pour obtenir la nullité il suffit d’apporter la preuve que l’incapacité était notoire
ou connue du cocontractant à l’époque ou les actes ont étés passés.
Toutefois la loi reste muette sur les titulaires de l’action, son délai pour agir et le point de
départ de la prescription.

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C / LES LIBERALITES

Ce chapitre traite bien évidemment des donations et des testaments avec une double
distinction selon si l’incapacité concerne le disposant ou le gratifié.

1 - L’incapable disposant

Un majeur incapable peut-il disposer de ses biens par donation ou testament ?

Le donateur incapable :

Le majeur en tutelle ne pouvait (ne peut jusqu’au 1er janvier 2009) disposer qu’au profit
de sa famille et ce avec l’autorisation du conseil de famille ou du juge des tutelles
(incapacité de jouissance et incapacité d‘exercice).
Le législateur a levé totalement l’incapacité de jouissance. Le majeur en tutelle reste
titulaire du droit de donner et ce sans aucune restriction, les donataires pouvant être non
seulement de la famille mais également un partenaire, un concubin, des proches. A été
maintenu l’incapacité d’exercice puisque le législateur a conservé la condition
d’autorisation.

Le majeur en curatelle ne souffre d’aucune incapacité de jouissance mais doit être assisté
de son curateur.

Le testateur incapable :

Le majeur en tutelle : article 504 al. 1er : Aucune incapacité de jouissance mais le
testament sera nul s’il n’a pas été préalablement autorisé par le conseil de famille.
Toutefois le majeur en tutelle conserve le droit de révoquer seul son testament qu’il ait
été rédigé avant ou après sa mise sous tutelle. La majeur ne peut as être représenté dans la
rédaction du testament mais il devra être assisté ce qui se manifestera matériellement par
l’apposition de la signature du tuteur sur le testament à l’exclusion de toute formule.
La loi du 5 mars 2007 n’a modifié que l’incapacité d’exercice en l’allégeant puisque
dorénavant le tuteur ne peut le représenter ni l’assister.

Le majeur sous curatelle : ce dernier reste libre de tester seul sans représentation ni
assistance. La validité de cet acte pourra toujours être contestée pour insanité d’esprit.
Pas de modification apportée par la loi de 2007.

2 - L’incapable donataire ou héritier

L’incapable donataire :

La loi n’a visé que le cas du majeur en tutelle, le texte applicable aujourd’hui n’a pas été
modifié par la loi de 2007.
Le majeur en tutelle ne souffre d’aucune incapacité de jouissance, il est bénéficiaire du
droit d’être gratifié mais il ne peut exercer seul ce droit, il doit être représenté par son
tuteur.

Le majeur en curatelle n’est pas visé par la loi, il pourra donc accepter seul la donation
sauf si cette dernière était consentie avec charge auquel cas il devrait être assisté de son
curateur.

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L’incapable héritier ou gratifié d’un legs :

A l’égard des dévolutions successorales la loi n’a visé que le cas du majeur en tutelle.
L’acceptation pure et simple de la succession ou sa renonciation ne pourra être
valablement effectué par le tuteur qu’après autorisation du conseil des familles ou du juge
des tutelles. Idem pour le majeur sous curatelle qui devra être assisté de son curateur.

Il est à noter que l’article 509 du Code Civil interdit au tuteur d’un majeur protégé de
consentir à la renonciation anticipé à l’action en réduction. Cet interdit est absolu puisque
le juge des tutelles ne peut lever cet interdit.

III - LA REGULARITE DES ACTES JURIDIQUES

Si les sanctions frappant les actes passés irrégulièrement n’ont pas beaucoup évolué, en
revanche a été retenu le principe d’une période suspecte. Ainsi les actes passés dans les
deux ans précédant une curatelle (innovation de la loi) et une tutelle peuvent être attaqués
dans les cinq ans d’ouverture de la mesure de protection (article 464).

Il faut rappeler qu’en dehors de toute mesure de protection, un acte peut être annulé s’il a
été passé sous l’empire d’un trouble mental. Principe repris par le futur article 414-1 du
Code Civil. Cette action en nullité n’appartient de son vivant qu’à l’intéressé. Si de dernier
devait faire l’objet d’une mesure de protection cette action appartiendrait au curateur ou
au tuteur.
Après sa mort les actes faits par la victime du trouble mental ne pourront être attaqués
que par ses héritiers mais à des conditions strictes et spécifiques.

La régularité des actes du majeur placé sous sauvegarde de justice

Le majeur sous sauvegarde de justice conserve l’exercice de ses droits sauf si l’acte qu’il a
accompli entrait la mission du mandataire spécial. Celle nullité n’est soumise à aucune
condition de préjudice subi par le majeur.

En toute hypothèse les actes passés par le majeur sous sauvegarde de justice pourront
être soit rescindés pour simple lésion (lorsque l’acte fait apparaître un déséquilibre entre
les prestations) soit réduits en cas d’excès (si l’acte passé par le majeur paraît somptuaire
ou disproportionné) eu égard à ses facultés. Ces actions ne supposent ni l’une ni l’autre
que l’acte ait été passé sous l’empire d’un trouble mental, le juge devra pour se prononcer
prendre en compte l’utilité ou l’inutilité de l’opération ainsi que la bonne ou mauvaise foi
de ceux avec qui elle aura contracté. Il ne sera pas possible de contrer l’action en
rescision en rachetant la lésion.

La régularité des actes du majeur sous curatelle ou sous tutelle

C’est dans ce domaine que la loi apporte le plus d’innovations regroupées dans une
section spécifique intitulée « de la régularité des actes » et concernent la régularité des
actes passés avant ou après l’ouverture de la mesure de protection.
La loi de 2007 instaure une véritable période suspecte qui remonte deux ans avant la
publicité du jugement d’ouverture. L’acte pourra être réduit ou annulé.

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S’agissant de la régularité des actes postérieures à l’ouverture de le mesure de protection,

Le futur article 465 distingue les actes accomplis par le protégé de ceux accomplis par la
personne chargée de sa protection.
Si l’acte accompli pouvait être fait sans l’assistance ou la représentation de la personne
protégée cet acte pourra être rescindé ou réduit sauf si cet acte avait été préalablement
autorisé par le juge ou le conseil de famille.
Si le majeur a accompli seul un acte pour lequel il aurait dû être assisté il pourra être
annulé à condition que soit rapporté un préjudice, si le majeur a accompli un acte pour
lequel il aurait dû être représenté, cet acte sera nul de plein droit sans qu’il soit besoin de
justifier d’un préjudice.

Pour les actes accomplis par la personne chargée de la protection l’article 465 al. 4
prévoit que si le tuteur ou le curateur a accompli seul un acte qui aurait dû être fait par le
majeur seul ou avec son assistance ou bien qui ne pouvait être accompli qu’avec
l’autorisation du juge ou du conseil de famille, cet acte sera nul de plein droit soit qu’il
soit nécessaire de justifier d’un préjudice subi par la personne protégée. Le juge ou le
conseil de famille pourra toutefois autoriser la confirmation de l’acte. Cette confirmation
ne pourra intervenir que pendant le délai quinquennal de l’acte et tant que la mesure de
protection reste ouverte (article 465).

Quelle que soit l’action envisagée, le législateur a prévu un délai de prescription de cinq
ans (article 1304 du Code Civil).

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