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l’Observatoire

JUILLET 2010 - N° 37

de la Petite Entreprise
Fédération des Centres de Gestion Agréés • Banque Populaire
Étude réalisée auprès des petites entreprises adhérentes
des Centres de Gestion Agréés, membres de la FCGA
1er Trimestre 2010

Tendances
0,0 %
1 trimestre 2010/
er

1 trimestre 2009
er
ZOOM
Le gros succès du petit
avril 2009 - mars 2010/ Stimulé par un renouvellement
électroménager !
1,3 % avril 2008 - mars 2009 constant de l’offre et une baisse ten-
dancielle des prix, le secteur reprend
Début d’année poussif pour l’indice d’activité des des couleurs au premier trimestre
TPE qui ne parvient toujours pas à prendre son 2010. Si les produits "blancs" (froid,
envol, même s’il rompt avec une série de résultats lavage…) et "bruns" (hifi, téléviseurs,
négatifs. Au 1er trimestre 2010, la morosité est équipements vidéo…) ne renouent

© Nasser NEGROUCHE
toujours de mise avec une tendance mollassonne pas encore avec la croissance : - 2 %
(0,0 %) qui reste une nouvelle fois insensible à la en moyenne en 2009, selon une
hausse timide de la consommation des ménages étude du Groupement interprofes-
en produits manufacturés (+ 1,2 % en volume). Sur sionnel des fabricants d’appareils
les trois premiers mois de l’année, ces dépenses d’équipement ménager (GIFAM), le
reculent toutefois de 1,9 % selon l’INSEE. Annoncée petit électroménager vit en revanche
avec un peu trop d’optimisme par certains experts un véritable boom commercial ! qui comptent moins de 10 salariés.
médiatiques, la reprise marque le pas en ce début Confort de la maison, préparation Derrière le prestige des grandes
d’année. Avec une croissance de seulement + 0,1 % culinaire, beauté et hygiène : dans enseignes à forte notoriété, une multi-
au 1er trimestre, l’économie française patine et tous les domaines, les consommateurs tude de commerces de proximité
l’activité des petites entreprises de l’artisanat, du plébiscitent ces accessoires domes- spécialisés constitue donc l’essentiel
commerce et des services tourne au ralenti. Tandis tiques, truffés d’innovations technolo- des acteurs de ce secteur en renou-
que l'essor des exportations (+ 3,9 % au 1er trimestre) giques, qui leur facilitent tant la vie veau. Ce sont surtout les petits appa-
enjolive la comptabilité nationale, la consommation, quotidienne. reils électroménagers qui rencontrent
toujours atone, fige l’économie de proximité Avec un chiffre d’affaires en hausse un impressionnant succès commercial.
dans l’incertitude. de + 6,4 %, les commerces indépen- Les ventes de machines à fabriquer le
dants spécialisés dans la vente de ces pain, hachoirs sophistiqués, robots
articles réalisent la meilleure perfor- pâtissiers haut de gamme et autres
Évolution du Baromètre CGA mance de l’équipement de la mai-
son sur les trois premiers mois de l’an-
pressoirs électroniques ont connu des
progressions spectaculaires ces der-
1er semestre 2009 née (Observatoire de la petite entre- nières années : + 20 à 37 % ! Soucieux
2ème semestre 2009
prise FCGA). Composé de plus de d’améliorer la qualité de leur alimen-
1er semestre 2010
12000 entreprises (revendeurs indé- tation, les consommateurs raffolent
50,1 51,4 pendants, grandes surfaces spéciali- des ces appareils qui leur permettent
47,1
39,6 sées, enseignes du commerce asso- "de manger plus sain" tout en leur
31,6 32,2
cié…) employant 85000 salariés, le apportant un plaisir ludique à l’usage.
11,7 10,9 marché de l’électrodomestique et du En moyenne, les ventes de robots
7,3 6,0 6,2 5,4
multimédia est évalué à 12,5 milliards culinaires ont progressé de 17 % et
Optimistes Indécis Pessimistes NSP d’euros (INSEE). 95 % de ces structures celles des friteuses de 5 % en 2009
sont en réalité des petites entreprises selon le GIFAM.
Tendances
Taux d’accroissement du chiffre d’affaires
1 trimestre 2010 / 1 trimestre 2009
er er
1 trimestre 2010 / 1 trimestre 2009
er er

AGRICULTURE SYLVICULTURE OSTREICULTURE : CULTURE & LOISIRS :


Parcs et jardins - 4,6% - 0,6% Librairie-papeterie-presse - 2,0% - 0,8%
AUTOMOBILE - MOTO : Articles sport, pêche et chasse + 0,4%
Carrosserie automobile + 2,1% Tabac-journaux-jeux - 1,0%
-+4,5%
Auto, vente et réparation + 4,5% Studio photographique + 4,6%
Moto vente et réparation - 3,2% Commerce-réparation cycles - 7,0%
CAFÉ - HÔTELLERIE - RESTAURATION : scooters
Jouets-jeux - 2,5%
Hôtel-Restaurant + 0,4% + 1,0%
Hôtellerie de plein air NS* ÉQUIPEMENT DE LA MAISON :
Restauration + 1,5% Electroménager - TV - HIFI + 6,4% - 0,4%
Café - 3,4% Magasins de bricolage - 6,8%
BÂTIMENT : Fleuriste - 1,3%
Couverture - 3,5% Vaisselle-verrerie-faïence - 2,1%
-4,6%
Maçonnerie - 12,5% Meuble - 4,8 %
Electricité - 3,4% Bimbeloterie-cadeaux-souvenirs - 3,2%
Plomberie-Chauffage-Sanitaire - 4,7% ÉQUIPEMENT DE LA PERSONNE :
Plâtrerie-Staff-Décoration - 8,8% - 2,9%
Mercerie-Lingerie-Laine + 0,1%
Menuiserie + 4,2%
Vêtements enfants - 2,3%
Carrelage-faïence - 5,9%
Prêt-à-porter - 3,8%
Peinture bâtiment - 0,7%
Chaussures - 0,7%
Terrassements-Travaux publics - 5,5%
Horlogerie-Bijouterie - 0,8%
BEAUTÉ - ESTHÉTIQUE : Maroquinerie-Articles de voyages NS*
Parfumerie + 2,7% + 0,7% SANTÉ :
Coiffure - 0,2%
Pharmacie + 0,4% + 0,7%
Esthétique + 0,7%
Optique-lunetterie + 3,1%
COMMERCE DE DÉTAIL ALIMENTAIRE :
Prothésiste dentaire - 5,4%
Charcuterie - 0,4%
- 0,4% SERVICES :
Boulangerie-Pâtisserie - 0,8%
Pâtisserie + 4,3% Laverie pressing 0,0% + 12,8%
Alimentation générale + 1,0% Entreprise de nettoyage + 5,1%
Fruits et Légumes - 3,0% Agences immobilières + 30,5%
Boucherie-Charcuterie - 1,3% TRANSPORTS :
Poissonnerie-Primeurs - 1,5%
Taxis-Ambulances - 3,8% + 0,3%
Crémerie - 5,7%
Transport de marchandises + 3,6%
Vins-spiritueux-boissons diverses NS*
* Non Significatif

Le transport de marchandises redémarre !


Après une année 2009 chaotique, les petites entreprises ports routiers (FNTR) : "Après une activité plus faible les
de transport de marchandises retrouvent le chemin de deux premiers mois de l’année, la légère amélioration
la croissance au premier trimestre 2010. Avec un chiffre constatée au mois de mars semble plus soutenue en
d’affaires en progression de 3,6 %, les transporteurs indé- avril". La situation financière des entreprises reste toutefois
pendants enregistrent un volume d’activité plus dyna- tendue en raison du gel des tarifs et de l’allongement
mique. Une tendance positive confirmée par une note des délais de paiement.
de conjoncture de la Fédération nationale des trans-

Le blues des prothésistes dentaires


Avec un chiffre d’affaires en recul de 5,4 % au premier concurrence étrangère low-cost en plein essor (Chine,
trimestre 2010, les laboratoires indépendants de pro- pays de l’Est, Madagascar, Maroc…). Pour se démar-
thèse dentaire s’interrogent sur leur avenir. Depuis le quer les 4650 prothésistes dentaires jouent la carte de la
mois de juillet 2009, la loi est pourtant venue à leur qualité des alliages utilisés et mettent en avant le service :
secours en obligeant les quelque 40 000 chirurgiens den- proximité, sécurité, essayages multiples, personnalisation…
tistes à indiquer aux patients la provenance des implants Applicable depuis le 21 mars 2010, la nouvelle loi n’a
posés ainsi que leur prix d’achat. Une manière de soutenir pas encore produit les effets escomptés sur l’activité
les prothèses "made in France", confrontées à une des laboratoires.
2
Les relations banques & TPE

Qualité du climat relationnel, impact de la crise sur la confiance, niveau de satisfaction des dirigeants
de TPE, réponses concrètes des banques aux demandes des entrepreneurs : l’enquête de la FCGA lève
le voile sur les relations entre les patrons de petites structures et leurs partenaires financiers.

La qualité de la relation
Pas loin de 65 % des dirigeants de TPE interrogés estiment
entretenir une relation satisfaisante (55,4 %) ou très satisfai- Trés satisfaisante 8,9%
sante (8,9 %) avec leur partenaire financier. Presqu’un
miracle au moment même où le chef de l’Etat vient d’an- Satisfaisante 55,4%
noncer la pérennisation de la Médiation du Crédit.
"Un dispositif essentiel et indispensable pour assister les PME Moyenne 25,6%
et les TPE dans leurs relations avec les banques", a martelé
Nicolas Sarkozy. Selon l’enquête menée par la FCGA, la Peu satisfaisante 6,6%
qualité de cette relation est indépendante de la tendance
de l’activité et sans rapport avec l’âge du chef d’entreprise.
Pas du tout satisfaisante 3,4%
Plus d’un quart des patrons de petites structures qualifient,
en revanche, de "moyenne" la relation qu’ils entretiennent
avec leur banquier. Tandis que 10 % d’entre eux expriment RELATION AVEC VOTRE (VOS) PARTENAIRE(S) FINANCIER(S)
ouvertement leur insatisfaction.

L'impact de la crise économique C’est la révélation de cette enquête ! Dans leur immense
majorité (78 %), les entrepreneurs questionnés n’ont pas
observé d’altération de la relation bancaire depuis le
Amélioration 3% début de la crise. Un résultat inattendu qui tord le cou aux
habituels clichés sur la frilosité des banquiers et le fantasme
Dégradation 19% de la réduction drastique des lignes de crédit et autres
facilités de caisse qui leur étaient octroyées avant la crise.
Pas de changement 78% Toutefois, depuis le début de la récession, plus de 25000
entreprises ont fait appel au Médiateur du crédit pour
obtenir un concours financier initialement refusé par leur
IMPACT DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE ACTUELLE SUR CETTE RELATION banque. D’autre part, pour 19 % des chefs d’entreprises
sondés, la situation s’est incontestablement dégradée en
raison de la mauvaise conjoncture.

Les réponses des banques


Au cours des 18 derniers mois, 47 % des dirigeants de TPE
interrogés ont sollicité leur partenaire financier. Quel que
Accord Refus En cours
soit le service bancaire demandé (emprunt, découvert,
escompte…), dans la grande majorité des cas, les réponses 87,1%
Emprunt pour investissement 6,6%
des banques sont positives : 70 à 87 % d’accords notifiés 6,3%
aux entrepreneurs selon le type de prestation. Des pro- 83,8%
portions qui pourraient d’ailleurs être revues à la hausse Découvert bancaire 8,0%
8,2%
puisque de nombreux dossiers sont toujours en cours Maintien des lignes 78,7%
d’étude. Sans surprise, le plus fort taux de refus observé 8,3%
(escomptes, Dailly ...) 13,0%
concerne les demandes d’emprunts pour restructuration
70,7%
financière de l’entreprise (14,6 % de réponses négatives). Emprunt pour restructuration 14,6%
14,6%
A l’inverse, les demandes de crédit pour investissement
sont largement soutenues par les banques (87,1 %).
Seulement 6,6 % des dossiers de ce type ne sont pas satis- RÉPARTITION DES RÉPONSES APPORTÉES AUX DEMANDES
faits. L’enquête de la FCGA révèle par ailleurs que, dans la
grande majorité des cas (79 %), les garanties demandées
(cautions, hypothèques…) n’ont pas été augmentées.
3
Parole à
Pierre BOCQUET
Directeur Banque de détail et banque à distance à la Fédération bancaire française
(FBF)
© FBF

L’Observatoire de la Petite Entreprise (OPE) : Pouvez-vous de financer l’économie, notamment les petites entreprises,
nous rappeler la manière dont les banques françaises se selon des pratiques responsables fondées sur l’analyse de la
mobilisent en faveur des TPE-PME dans le contexte écono- situation commerciale, financière de l’entreprise et donc sur
mique actuel ? sa capacité de remboursement. Même en 2009, alors que le
PIB a reculé la même année (- 2,50 %), les crédits aux TPE/
Pierre BOCQUET : Les banques sont mobilisées pour financer PME indépendantes ont augmenté de 2,6 %, s’élevant à 182
l’économie française, en particulier les TPE/PME. Pour l’année milliards d’euros (Banque de France). En France, plus de 80 %
2010, elles ont annoncé qu’elles mettaient 96 milliards d’euros des PME ont eu accès aux crédits demandés en 2009, un
à la disposition des TPE/PME, sous forme de crédits à court, taux très élevé et inégalé en Europe. Les banques ont égale-
moyen et long terme. ment souhaité faire évoluer les délais de réponses, en fixant
Les chiffres de la Banque de France confirment la poursuite un plafond à 15 jours pour les besoins de financements cou-
de la croissance des encours de crédits aux entreprises : + 3,3 % rants dans le cadre de dossiers complets. Enfin, grâce la forte
pour les seuls crédits mobilisés des TPE/PME indépendantes, à mobilisation des banques françaises dans le dispositif de
fin avril. La France se démarque ainsi fortement des grands médiation du crédit, des solutions impliquant tous les acteurs
pays voisins, qui connaissent encore une contraction des ont pu être trouvées pour des cas difficiles. On observe, en
crédits aux entreprises (- 2,8 % en Allemagne ou - 4,4 % pour 2010, une évolution favorable des encours de crédits aux
l’Espagne). TPE/PME avec des signes plus positifs d’activité, ce qui
explique sans doute le recul significatif des dossiers déposés
OPE : L'étude réalisée par la Fédération des centres de gestion auprès de la médiation du crédit aux entreprises depuis la fin
agréés démontre que 64,3 % des dirigeants de TPE interrogés du premier trimestre.
se disent "très satisfaits" ou "satisfaits" de leurs partenaires
financiers. Que vous inspire ce résultat ? OPE : D'une manière générale comment les banques appré-
hendent-t-elles le marché des TPE ? Ces dernières expriment
Pierre BOCQUET : C’est positif et nécessaire car la relation souvent, au-delà des chiffres bruts, un manque de recon-
banque-client, c’est d’abord une affaire de confiance. Les naissance…
résultats d’une enquête réalisée par l’IFOP, en avril 2010,
confirment que la qualité du dialogue est au cœur des pré- Pierre BOCQUET : Les TPE/PME constituent une part impor-
occupations pour 9 PME sur 10 et que la relation avec leur tante de l’activité des réseaux bancaires. La confiance réci-
conseiller bancaire au cours des 12 derniers mois s’est amé- proque constitue le socle d’une bonne relation banque/
liorée ou est stable. entreprise. Elle doit se construire par un dialogue récurrent,
nourri de données tangibles, de présentation d’activité, pour
OPE : Les dirigeants de petites entreprises sondés sont aussi amener à des analyses partagées, à des solutions construites
87,1 % (emprunt investissement) et 83,8 % (découvert ban- ensemble. Dans la période actuelle, le chef d’entreprise doit
caire) à avoir obtenu des réponses positives de leurs banques. anticiper les opportunités ou les difficultés, et ainsi expliquer
C'est la fin d'une certaine rigidité qui avait prévalu au début le plus tôt possible à sa banque les écarts dans l’activité
de la crise ? comme dans les finances de l’entreprise. C’est un élément
fondamental pour faciliter l’accompagnement attendu de
Pierre BOCQUET : Les banques françaises ont toujours continué son partenaire financier.

Méthodologie Partenariat
Les indices d’activité sont calculés chaque trimestre, à partir des chiffres La FCGA et le Groupe Banque Populaire s’associent pour publier chaque trimestre
d’affaires d’un échantillon de 15 000 petites entreprises de l’artisanat, l’évolution des chiffres d’affaires des principaux métiers de l’artisanat, du
du commerce et des services. commerce et des services. Les chiffres publiés proviennent de l’exploitation,
Pour toute demande d'information sur les indicateurs, contactez la FCGA : par la FCGA, de données communiquées volontairement par les adhérents
01.42.67.80.62 - E-mail : info@fcga.fr des CGA répartis sur l’ensemble du territoire.

Co-éditeurs : FCGA - 2, rue Meissonier 75017 PARIS - www.fcga.fr / BPCE - 50, avenue Pierre Mendès France - 75201 PARIS Cedex 13 - RCS Paris N° 493 455 042
www.banquepopulaire.fr • Directrice de la publication : Christiane COMPANY • Directeur de rédaction : Christian LE SEAC'H • Rédaction en chef : Nasser
NEGROUCHE • Maquette : VE design • Impression : Vincent Imprimeries • Crédit photos : Nasser NEGROUCHE / FBF • Tirage 37 965 exemplaires •
Périodicité trimestrielle • Cible : acteurs économiques, organisations professionnelles et consulaires, collectivités territoriales, presse professionnelle, éco-
4 nomique et financière, nationale et régionale • N° ISSN : 1632.1014