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SCHEMA DE COHERENCE TERRITORIALE

Rapport de Présentation 17 avril 2009

PAYS D’AURAY
AURAY . BANGOR . BELZ
. BREC’H . CAMORS .
CARNAC . CRAC’H . ER-
DEVEN . ETEL . HOEDIC
. HOUAT . LANDAUL .
LANDEVANT . LOCMA-
RIA . LOCMARIAQUER
. LOCOAL-MENDON .
LE PALAIS . PLOEMEL
. PLOUHARNEL . PLU-
MERGAT . PLUNERET
. PLUVIGNER . QUIBE-
RON . SAINT-PHILI-
BERT . SAINT-PIERRE-
QUIBERON . SAUZON .
LA TRINITE-SUR-MER .
SAINTE-ANNE D’AURAY
2
RAPPORT DE PRESENTATION
SOMMAIRE

PARTIE 1 PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE

QU’EST-CE QUE LE SCOT 7


Les principes du SCOT 7
Contenu et composition du SCOT du Pays d’Auray 9
Contenu du rapport de présentation 10

METHODE D’ELABORATION DU SCOT 11

PARTIE 2 SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT INITIAL DE


L’ENVIRONNEMENT

POSITIONNEMENT DU PAYS ET STRUCTURATION URBAINE 16

DEMOGRAPHIE ET HABITAT 17

SOMMAIRE
EQUIPEMENTS ET SERVICES A LA POPULATION 18

DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET EMPLOI 20

ENVIRONNEMENT, PAYSAGE ET PATRIMOINE 21

RAPPORT DE PRESENTATION
PARTIE 3 COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX

ARTICULATION AVEC LES DOCUMENTS SUPRA-COMMUNAUX 22

JUSTIFICATION DES CHOIX RETENUS 27

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


PARTIE 4 EVALUATION ENVIRONNEMENTALE 33

OBSERVATIONS PRELIMINAIRES 33

LES INCIDENCES DU SCOT SUR L’ENVIRONNEMENT 36

les incidences sur l’environnement physique 36

les incidences sur l’environnement biologique 42

les incidences sur les ressources naturelles 55

les incidences en termes de pollutions et nuisances 69

les incidences en termes de risques 81

les incidences sur la vie quotidienne 90

LES PARTIS D’AMENAGEMENT ET LEURS INCIDENCES 105

LES MESURES COMPENSATOIRES 109

PARTIE 5 RESUME NON TECHNIQUE 111

LES CARACTERISTIQUES DU PAYS D’AURAY 112

EXPOSE DES CHOIX RETENUS 117


RAPPORT DE PRESENTATION

RESUME DE L’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE 118

4
PRESENTATION DU PAYS

LE PERIMETRE DU SCOT
DU PAYS D’AURAY :

PRESENTATION DU PAYS
RAPPORT DE PRESENTATION

5
La pertinence de ce territoire a été reconnue par un arrêté préfectoral de juillet 2004
délimitant le périmètre du SCOT du Pays d’Auray tel que représenté ci-dessus.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Le territoire du Pays d’Auray regroupe cinq cantons :

- Le canton d’Auray : 7 communes, hors les communes du Bono et de


Plougoumelen.
- Le canton de Belle-île : 4 communes.
- Le canton de Belz : 5 communes.
- Le canton de Quiberon : 7 communes, dont Houat et Hoëdic.
- Le canton de Pluvigner : 5 communes.
Carnac - La Trinité sur Mer

Le Pays d’Auray est composé de de cinq communautés de


communes (CC) et quatre communes isolées :

- La CC du Pays d’Auray, associe autour d’Auray, une dizaine de


communes ;
- La CC de la Ria d’Etel, autour du canton de Belz ;
- La CC de la Côte des Mégalithes : Plouharnel, Carnac et La Tri-
nité sur Mer ;
- La CC de Belle-Ile en Mer : Le Palais, Bangor, Locmaria et Sauzon
Etel - Belz - Erdeven
;
- La CC des trois rivières: Locmariaquer, Crac’h, Saint-Philibert ;
- Les communes de Quiberon, St Pierre-Quiberon, Houat et Hoëdic

Le Pays d’Auray, c’est :

28 communes et 82 300 habitants en 2006.

Un Pays qui s’étire sur une vingtaine de kilomètres d’est en ouest, et une
soixantaine du nord au sud.

Un des plus petits Pays de Bretagne de par sa superficie : environ 620 km².
RAPPORT DE PRESENTATION

Un territoire très contrasté entre intérieur des terres et littoral, tant dans son
organisation que dans ses paysages.
Auray - Pluneret

Rivière de Crac’h
PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE

QU’EST-CE QUE LE SCOT ?


Le Schéma de cohérence territoriale, créé par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain
(SRU) du 13 décembre 2000, est un document d’urbanisme et de planification à l’échel-
le intercommunale. Outil essentiel pour l’aménagement du territoire, il vise à organiser
un développement urbain cohérent, solidaire et durable sur un territoire donné.

Un Schéma...

Le SCOT exprime un projet qui définit à moyen terme (15-20 ans) les grandes orienta-
tions et grandes lignes des politiques publiques en matière d’aménagement de l’espace.

PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE


Ce projet se traduit par un certain nombre de règles ou d’objectifs en matière de plani-
fication. Mais planification ne signifie pas zonage... Le SCOT n’a pas vocation à définir
de manière précise les modalités d’occupation de l’espace : cela relève des prérogati-
ves de chaque commune. Il ne donne qu’une vision globale et schématique de l’aména-
gement de l’espace intercommunal.

... de Cohérence ...

La cohérence est l’objectif central du SCOT. Il cherche à harmoniser les politiques sur
un espace donné et à mettre en cohérence les différentes politiques sectorielles qui y
sont menées : cohérence entre répartition des zones d’habitat et réseaux de transport,
entre développement urbain et pérennité des activités agricoles, entre préservation des
espaces naturels et développement touristique, etc...

... Territoriale

Pour parvenir à cette cohérence, l’échelle du SCOT doit être pertinente : ni trop petite,
ni trop grande. On raisonne en termes de « bassin de vie », c’est-à-dire de territoire de
vie de la population, l’espace où elle trouve à la fois emploi et équipements. C’est pour-
quoi le SCOT est pris en charge par un ensemble de communes liées par des intérêts
ou des problématiques communes ou convergentes.

LES PRINCIPES DU SCOT RAPPORT DE PRESENTATION

Le SCOT exprime un projet de développement durable du territoire alliant la recher-


che de l’efficacité économique, de l’équité sociale et du respect de l’environnement.
Il doit ainsi, au sens de l’article L 121-1 du code de l’urbanisme :
- Assurer l’équilibre entre le développement urbain, le développement rural et la pré-
servation des espaces naturels,
- Assurer la diversité des fonctions urbaines sur le territoire (commerces, activités,
logements, loisirs...) et la mixité sociale de l’habitat
- Préserver l’environnement par une utilisation économe de l’espace et des ressour-
ces naturelles, par la sauvegarde du patrimoine naturel et bâti et par l’amélioration
du cadre de vie. 7

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Article L. 110

L’article L. 110 du code de l’Urbanisme définit le cadre général d’intervention


des collectivités . Le SCOT doit en respecter les fondements.

« Le territoire français est le patrimoine commun de la Nation. Chaque collec-


tivité publique en est le gestionnaire et le garant, dans le cadre de ses compé-
tences.

Afin d’aménager le cadre de vie, d’assurer sans discrimination aux populations


résidentes et futures des conditions d’habitat, d’emploi, de services et de trans-
ports répondant à la diversité de ses besoins et de ses ressources, de gérer le
sol de façon économe, d’assurer la protection des milieux naturels et des pay-
sages ainsi que la sécurité et la salubrité publiques et de promouvoir l’équilibre
entre les populations résidant dans les zones urbaines et rurales et de ratio-
naliser la demande en déplacements, les collectivités publiques harmonisent,
dans le respect réciproque de leur autonomie, leurs prévisions et leurs décisions
d’utilisation de l’espace. »

Article L. 121-1

L’article L. 121-1 du code de l’Urbanisme définit les principes communs à tous


les documents d’urbanisme.

« Les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d’urbanisme et les car-
tes communales déterminent les conditions permettant d’assurer :

1/ L’équilibre entre le renouvellement urbain, un développement urbain maî-


trisé, le développement de l’espace rural, d’une part, et la préservation des es-
paces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des espaces
naturels et des paysages, d’autre part, en respectant les objectifs du dévelop-
pement durable ;

2/ La diversité des fonctions urbaines et la mixité sociale dans l’habitat urbain et


RAPPORT DE PRESENTATION

dans l’habitat rural, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilita-


tion suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et
futurs en matière d’habitat, d’activités économiques, notamment commerciales,
d’activités sportives ou culturelles et d’intérêt général ainsi que d’équipements
publics, en tenant compte en particulier de l’équilibre entre emploi et habitat
ainsi que les moyens de transport et de la gestion des eaux ;

3/ Une utilisation économe et équilibrée des espaces naturels, urbains, périur-


bains et ruraux, la maîtrise des besoins de déplacement et de la circulation
automobile, la préservation de la qualité de l’air, de l’eau, du sol et du sous-sol,
des écosystèmes, des espaces verts, des milieux, sites et paysages naturels
8 ou urbains, la réduction des nuisances sonores, la sauvegarde des ensembles
urbains remarquables et du patrimoine bâti, la prévention des risques naturels
prévisibles, des risques technologiques, des pollutions et des nuisances de toute
nature. »
PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE

CONTENU ET COMPOSITION DU SCOT DU PAYS D’AURAY

La composition du dossier de Schéma de cohérence territoriale du Pays d’Auray


est régie par les articles L. 122-1 et R. 122-1, R. 122-2, R. 122-2-1 et R. 122-3
du Code de l’urbanisme.

Article L. 122-1

« Les schémas de cohérence territoriale exposent le diagnostic établi au regard

PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE


des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en
matière de développement économique, d’agriculture, d’aménagement de l’es-
pace, d’environnement, d’équilibre social de l’habitat, de transports, d’équipe-
ments et de services.

Ils présentent le projet d’aménagement et de développement durable retenu, qui


fixe les objectifs des politiques publiques d’urbanisme en matière d’habitat, de
développement économique, de loisirs, de déplacements des personnes et des
marchandises, de stationnement des véhicules et de régulation du trafic auto-
mobile.

Pour mettre en œuvre le projet d’aménagement et de développement durable


retenu, ils fixent, dans le respect des équilibres résultant des principes énoncés
aux articles L. 110 et L. 121-1, les orientations générales de l’organisation de
l’espace et de la restructuration des espaces urbanisés et déterminent les grands
équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces naturels et agri-
coles ou forestiers. Ils apprécient les incidences prévisibles de ces orientations
sur l’environnement.

A ce titre, ils définissent notamment les objectifs relatifs à l’équilibre social de


l’habitat et à la construction de logements sociaux, à l’équilibre entre l’urbanisa-
tion et la création de dessertes en transports collectifs, à l’équipement commer-
cial et artisanal, aux localisations préférentielles des commerces, à la protection
des paysages, à la mise en valeur des entrées de ville et à la prévention des
risques.
RAPPORT DE PRESENTATION
Ils déterminent les espaces et sites naturels, agricoles ou urbains à protéger et
peuvent en définir la localisation ou la délimitation.

Ils peuvent définir les grands projets d’équipements ou de services, en particulier


de transport, nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs. Ils précisent les
conditions permettant de favoriser le développement de l’urbanisation priori-
taire dans les secteurs desservis par les transports collectifs. Ils peuvent, le cas
échéant, subordonner l’ouverture à l’urbanisation de zones naturelles ou agrico-
les et les extensions urbaines à la création de desserte en transports collectifs et
à l’utilisation préalable de terrains, situés en zone urbanisée et desservis par les
équipements.
9

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


[...] Les programmes locaux de l’habitat, les plans de déplacements urbains, les
schémas de développement commercial, les plans locaux d’urbanisme, les plans de
sauvegarde et de mise en valeur, les cartes communales, les opérations foncières
et les opérations d’aménagement définies par décret en Conseil d’Etat doivent être
compatibles avec les schémas de cohérence territoriale et les schémas de secteur.
Il en est de même pour les autorisations prévues par les articles 29 et 36-1 de la loi
n°73-1193 du 27 décembre 1973 d’orientation du commerce et de l’artisanat. »

Le SCOT du Pays d’Auray se compose ainsi de trois documents (Article R.


122-1) :

- Le rapport de présentation, contenant des éléments informatifs. Il décrit le


diagnostic et l’état initial de l’environnement ; il explique les choix retenus pour
établir le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) et le docu-
ment d’orientations générales. Il évalue les incidences prévisibles des orientations
du schéma sur l’environnement et expose la manière dont le schéma prend en
compte le souci de sa préservation et sa mise en valeur dans le cadre de l’évalua-
tion environnementale.
- Le projet d’aménagement et de développement durable (PADD), cons-
tituant le projet politique des élus du Syndicat mixte du Pays d’Auray. Il fixe les
objectifs des politiques publiques d’urbanisme en matière d’habitat, de développe-
ment économique, de déplacements, de stationnement des véhicules et de régula-
tion du trafic automobile. Le projet d’aménagement et de développement durable
ne s’impose pas juridiquement mais il fonde le document normatif (dit document
d’orientations générales) qui le suit.
- Le document d’orientations générales et les documents graphiques qui l’ac-
compagnent constituent des orientations opposables, notamment aux plans locaux
d’urbanisme (PLU) et aux cartes communales, et permettent la mise en œuvre ré-
glementaire du PADD. Seuls les documents graphiques du document d’orientations
générales ont un caractère normatif.

CONTENU DU RAPPORT DE PRESENTATION


RAPPORT DE PRESENTATION

Conformément à l’article R. 122-2 du code de l’Urbanisme, le présent rapport de


présentation comprend :

1) le diagnostic prévu à l’article L. 122-1. Toutefois, celui-ci étant trop important


il fait l’objet d’un résumé dans ce rapport et est annexé à celui-ci dans sa version
intégrale ;
2) un descriptif de l’articulation du schéma avec les autres documents d’urba-
nisme et avec les plans ou programmes mentionnés à l’article L. 122.4 ;
3) une analyse de l’état initial de l’environnement. De la même façon le docu-
10 ment complet est annexé au présent rapport ;
PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE

4) une évaluation des incidences prévisibles des orientations du schéma sur l’en-
vironnement et un exposé des mesures envisagées pour éviter, réduire ou com-
penser celles-ci ;
5) une explication des choix retenus pour établir le projet d’aménagement et de
développement durable et le document d’orientations générales ;
6) un résumé non technique des éléments précédents.

PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE


METHODE D’ELABORATION DU SCOT

ETABLISSEMENT PUBLIC EN CHARGE DE L’ÉLABORATION DU SCOT :

Article L. 122-4

« Le schéma de cohérence territoriale est élaboré par un établissement public de


coopération intercommunale ou par un syndicat mixte constitués exclusivement
des communes et établissements publics de coopération intercommunale compé-
tents compris dans le périmètre du schéma. Cet établissement public est égale-
ment chargé de l’approbation, du suivi et de la révision du schéma de cohérence
territoriale.

[...] La dissolution de l’établissement public emporte l’abrogation du schéma, sauf


si un autre établissement public en assure le suivi.»

Conformément à cet article, et pour pouvoir porter le SCOT, le Syndi-


cat mixte du Pays d’Auray a été créé en lieu et place du Syndicat Inter-
communal de Développement Economique du Pays d’Auray (SIDEPA) le
17/12/2003. Il est chargé de l’élaboration, de l’approbation et du suivi
du SCOT. Celui-ci est établi en concertation avec les différents acteurs
locaux du territoire et la population.
RAPPORT DE PRESENTATION

PROCESSUS D’ELABORATION

les études préalables

Le Pays d’Auray travaille de longue date sur les problématiques d’aménagement


liées à l’équilibre du territoire. La croissance récente, qui s’est largement accélérée
par rapport aux périodes précédentes, a conduit les élus à se poser, au-delà du
simple développement du territoire, la question de la durabilité de ce développe-
ment.
11

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Avant de se traduire par l’élaboration d’un SCOT, cette réflexion sur un aménagement
et un développement équilibré du territoire a pris corps dans la rédaction de la charte
du Pays et dans la réalisation en 2004 du «Livre Blanc du Pays d’Auray». Les réflexions
et propositions stratégiques de ce dernier inspirent ainsi largement le Projet d’Aména-
gement et de Développement Durable du SCOT.

L’élaboration du SCOT s’est d’autre part appuyée sur de nombreuses études et diagnos-
tics réalisés à l’échelle du territoire sur des thématiques variées. Programme Local de
l’Habitat (PLH), étude foncière, étude paysagère, charte forestière, diagnostic écono-
mique, touristique, étude sur la caractérisation et la définition de projets de village...
sont autant de démarches qui ont pu nourrir la réflexion et alimenter les débats.

Par ailleurs, des études plus localisées réalisées en partenariat avec les acteurs locaux,
ou encore l’accompagnement des communes dans la réalisation de leurs documents
d’urbanisme ou de leurs projets d’urbanisme (Zones d’Aménagement Concerté notam-
ment) ont permis au Pays de construire progressivement sa vision de l’aménagement
du territoire et ses grands principes.

une concertation large

Fort de cette réflexion, les élus du Pays d’Auray ont souhaité ouvrir largement la con-
certation dans le cadre de l’élaboration du SCOT. Cette notion de concertation est assez
délicate. Loin d’être une phase de simple information de la population, elle revêt plu-
sieurs objectifs complémentaires :

- proposer des orientations nouvelles sur la base d’un diagnostic partagé, avec une vi-
sée pédagogique et de sensibilisation qui ne saurait être absente de la réflexion,
- tester les propositions pour voir si elle trouvent un écho solide parmi les acteurs du
territoire, et les compléter, les ajuster ou y renoncer en fonction des attentes et des
remarques des personnes présentes. Une large représentativité et l’importance de la
participation sont alors les gages nécessaires de la recevabilité des options proposées.
- présenter le document pour s’assurer de son caractère compréhensible et acceptable
pour le public et les acteurs qui assureront ensuite sa mise en oeuvre. Cette phase vise
RAPPORT DE PRESENTATION

aussi à vérifier que les «arbitrages» entre des acteurs aux visées diverses ont été faits
de manière équilibrée.

Cette concertation s’est déroulée en plusieurs phases :


- la définition d’un comité de pilotage, ouvert aux élus de toutes les communes,
mais aussi aux membres des différentes administrations et chambres consulaires, et
aux associations : ce comité de pilotage a ainsi bénéficié des diagnostics et propositions
réalisées dans le cadre des différentes études.
- un débat d’élus : la procédure d’élaboration du SCOT prévoit un débat sur les orien-
tations du SCOT au Conseil syndical. Le PADD a ainsi fait l’objet d’une séance en juin
12 2006.
PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE

- l’organisation d’une phase active de concertation : en juin 2007 et juillet


2007, avant l’élaboration du document d’orientations, une série de deux fois quatre
réunions thématiques a été organisée sur les thèmes qui n’avaient pas encore (con-
trairement à la problématique de l’habitat dans le cadre de l’élaboration du PLH)
été débattus :

• les activités primaires du territoire,


• les services et les équipements,
• la structuration urbaine et les transports,

PORTEE DU SCOT ET METHODOLOGIE


• les activités économiques.

Cette phase s’est aussi déroulée en deux temps, avec tout d’abord une présentation
du diagnostic et un débat ouvert, puis une série de réunions consacrées aux pistes
de propositions pour le Document d’Orientations Générales (DOG) du SCOT.

L’ouverture large de ces réunions, la possibilité d’assister à l’ensemble d’entre elles,


leur tenue sur une période relativement brève à permis de faire ressortir les enjeux
de cohérence à mettre en oeuvre entre ces différents thèmes. En particulier, alors
que la préservation de l’environnement ne constituait pas une thématique en soi,
elle est apparue comme une thématique transversale, et figure en bonne place dans
la mouture finale du DOG. Ne pouvant, en l’absence de pratique intercommunale
ancienne, être d’une exigence très forte, c’est sur ce point de la cohérence que
le DOG a voulu insister, pour cette toute première version du SCOT à l’échelle du
Pays.

- la présentation des propositions en amont de la finalisation du document.


Après une phase de première rédaction, loin d’être définitive sur la forme comme
sur le fond, les propositions ont été présentées à l’ensemble des acteurs, avec de
nombreuses réactions qui ont très largement permis d’amender la rédaction finale.

- la présentation au public du document finalisé : à l’automne 2007, ce docu-


ment finalisé a ensuite été confronté à un public plus large. L’organisation de 5 réu-
nions publiques, une dans chacun des cantons, a rassemblé quelques 200 person-
nes. Si les enjeux plus propres à chacun des territoires ont été abordés, l’ensemble
des problématiques du SCOT a été traité. RAPPORT DE PRESENTATION
La présentation du travail a aussi fait l’objet de panneaux qui ont été exposé durant
15 jours dans chaque canton, accompagné d’un registre.

A la suite de ces réunions, le Document d’Orientations Générales a été largement


réécrit pour tenir compte des remarques. Cette réécriture a aussi tenu compte des
courriers et participations sur le site du Pays, les documents étant consultables sur
ce dernier. Les modifications n’ont toutefois pas remis en cause l’équilibre général
du document, qui a fait l’objet d’une validation par le comité de pilotage du 26 jan-
vier 2008.

13

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Une évaluation continue

Le Syndicat mixte a souhaité confier à un bureau d’étude indépendant la réali-


sation de l’évaluation environnementale du document. Loin de venir se greffer
après-coup sur la réflexion, les responsables de cette évaluation sont intervenus
aux différentes phases de la procédure :
- en participant aux réunions de concertation
- en évaluant le diagnostic réalisé dans le cadre du SCOT, et notamment en de-
mandant des compléments sur la partie « état initial de l’environnement »
- en analysant le Document d’Orientations Générales dans le courant de sa rédac-
tion, permettant ainsi des ajustements et compléments nécessaires.

Des démarches intégrées, qui se nourrissent les unes les autres

Le SCOT exprime un projet, une stratégie globale pour le territoire. La mise en


oeuvre de ceux-ci ne pourra se faire uniquement par la mise en compatibilité des
documents d’urbanisme locaux. Le projet porté par le SCOT trouvera également
sa traduction dans le lancement de mesures opérationnelles, de projets concrets,
et dans son articulation à d’autres programmes ou procédures tels que le PLH.

Un certain nombre de réflexions encore au stade d’ébauche dans le SCOT devront


par exemple être précisés par des études et plans d’actions spécifiques. Il en ainsi
de la réflexion sur les déplacements et transports ou encore de celle sur les équi-
pements et services à la population.

Le Syndicat mixte du Pays d’Auray anticipe d’ores et déjà la mise en oeuvre du


SCOT en orientant son action dans le sens des principes qui y sont exposés. Tout
comme les réflexions d’autres études ont inspiré la rédaction de ce document, les
orientations du SCOT viendront alimenter les démarches, schémas ou projets à
venir en lien avec le territoire.

Suivi et mise en oeuvre du SCOT

Conformément à l’article L. 122-14 du Code de l’urbanisme, le Syndicat mixte pro-


RAPPORT DE PRESENTATION

cédera à une analyse des résultats de l’application du schéma au plus tard à l’ex-
piration d’un délai de 10 ans à compter de la délibération portant approbation du
SCOT. Cette analyse donnera suite à une délibèration sur son maintien en vigueur
ou sur sa mise en révision complète ou partielle.

Pour anticiper ce travail et suivre l’évolution du territoire au regard des orientations


du SCOT, un Comité de suivi sera constitué à l’issue de son élaboration. Des indi-
cateurs pertinents seront définis et feront l’objet de mesures régulières permettant
d’évaluer les effets du SCOT et si besoin de l’adapter.

Par ailleurs, le Syndicat mixte suivra l’application du SCOT dans les documents
14 d’urbanisme locaux. Pour cela, il accompagnera les communes dans la mise en
oeuvre de leur document d’urbanisme et leur apportera conseil dans la mise en
compatibilité de ceux-ci avec le SCOT.
SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT
INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT

Le présent chapitre constitue la synthèse des éléments exposés dans le diagnostic


socio-économique et l’état initial de l’environnement annexés à ce rapport. Il met en
exergue les enjeux et perspectives du territoire à l’horizon 2020-2025.

SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT INITIAL


Durant des décennies le Pays d’Auray a été fortement marqué et modelé par
les activités primaires tant rurales (agriculture, sylviculture), que littorales
(pêche, conchyliculture). A la fin du XXème siècle, l’exceptionnelle croissance
démographique, touristique et plus généralement économique du Pays, en grande
partie due à sa situation géographique privilégiée (littoral, proximité d’aggloméra-
tions dynamiques, infrastructures de transport importantes), n’a pas toujours été
maîtrisée. Victime de son attractivité, le Pays subit aujourd’hui une très forte pres-
sion foncière et suscite de nombreux conflits d’usage, plus particulièrement sur sa
zone côtière, que la seule « loi Littoral » n’a su réguler.

La faiblesse des outils de planification et le passage brutal d’une situation où l’on


cherchait à accueillir à une situation où il faut gérer et maîtriser, expliquent en partie
la situation actuelle et les nombreux déséquilibres constatés dans l’aménagement et
le développement du Pays.

Celui-ci doit désormais trouver une nouvelle voie pour garantir une croissance équi-
librée et durable du territoire, et, une gestion rationnelle et concertée de l’espace.
Tel est le défi de ce SCOT : assurer un développement durable du territoire, alliant la
recherche de l’efficacité économique, de l’équité sociale et du respect de l’environne-
ment. Les enjeux sont en effet multiples et interdépendants les uns des autres.

RAPPORT DE PRESENTATION

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Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


POSITIONNEMENT DU PAYS ET STRUCTURATION URBAINE

Positionnement géographique et administratif

Points clés :
- Un périmètre « Pays » cohérent, correspondant à une structuration administrative
historique (limites de 5 cantons, périmètres DDASS, DDE, CCI…), et à des réalités
de fonctionnement propres, qui en font un bassin de vie pertinent et reconnu (SCOT,
PLH, Pays touristique...).
- Un espace – pivot majeur entre les 2 grands pôles urbains du Morbihan, inscrit dans
une aire d’activités et de déplacements quotidiens allant de Quimper à Vannes.
- Un territoire de petite taille (620 km², 9% de la superficie du Morbihan), inséré dans
des limites géographiques fortes, et composé de 28 communes.
- Une longue pratique de coopération de niveau Pays (1er contrat de Pays avec l’Etat
en 1978), mais une intercommunalité partielle (4 communes « isolées »), récente et
éclatée en 5 Communautés de communes (CC).
- Auray : une porte d’entrée et un pôle d’échanges pour l’ensemble du Pays, situé à
15 mn de Vannes et 30 mn de Lorient.

Enjeux :
- Structurer et renforcer la cohésion du territoire.
- Conforter la place du Pays d’Auray dans le Morbihan et dans la Bretagne.

Structuration urbaine et consommation foncière

Points clés :
- Un fort développement urbain depuis les années 60, mais peu encadré et organisé,
notamment au travers des documents d’urbanisme. Un passage nécessaire et difficile
d’une stratégie d’accueil et de recherche de population à une stratégie de gestion du
RAPPORT DE PRESENTATION

développement.
- Une consommation foncière toujours plus importante (près de 180 ha par an) et un
développement qui se traduit par un étalement urbain autour des bourgs et villages
et par un mitage des paysages et de l’espace agricole.
- Une urbanisation qui ne cesse de progresser et touche de plus en plus les commu-
nes nord du territoire.
- Une perte progressive de lisibilité de l’espace et une destructuration de l’organisa-
tion urbaine du Pays, coûteuse en équipements et services, et génératrice de dépla-
cements.
- L’agglomération d’Auray, située à l’intersection de nombreuses infrastructures de
transport, joue un rôle de centralité sur le Pays, relayé par un certain nombre de pô-
16
les secondaires (chefs-lieux de canton).
- Une spécialisation progressive de l’espace entre zones d’habitat, d’emploi, de con-
sommation.
SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT
INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT

Enjeux :
- Conforter l’agglomération d’Auray pour renforcer le poids du Pays en Bretagne,
structurer le maillage urbain et diffuser les activités et services sur le territoire.

SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT INITIAL


- Rechercher un aménagement plus équilibré du territoire, bénéficiant à chacun des
pôles du Pays, et renforcant la mixité et la proximité.
- Favoriser un développement moins consommateur d’espace, plus cohérent, créant
du lien entre les différents pôles urbains.

DÉMOGRAPHIE ET HABITAT

Démographie

Points clés :
- Un territoire attractif et une croissance démographique qui s’accélère : plus de
82000 habitants en 2007, soit une hausse de 13 % entre 1999 et 2007.
- Une croissance démographique portée par les migrations (solde migratoire parmi
les plus forts de la région : +0,65 %) et un solde naturel qui redevient positif à partir
de 2000.
- Une croissance inégale sur le territoire : un certain déclin du secteur de Belz-Etel et
une croissance plus marquée sur les espaces rétro-littoraux depuis 1999.
- Une population vieillissante (+ 16,7% de plus de 60 ans en dix ans), notamment
sur le littoral, et plus âgée que dans les autres pays bretons : arrivée massive de
personnes âgées et exode régulier des plus jeunes.
- 60% de la population du Pays vit dans des espaces à dominante rurale, mais les zo-
nes les plus densément peuplées se situent sur le littoral et dans la proche périphérie
alréenne.
- Une population plus aisée à l’est et sur le littoral et un poids important des pensions
et retraites dans les revenus du Pays.
RAPPORT DE PRESENTATION
Enjeux :
- Rééquilibrer la structure de la population du territoire en favorisant l’installation de
populations permanentes.
- Favoriser la mixité sociale sur l’ensemble du territoire et assurer la diversité de la
population.
- Atténuer les déséquilibres sociaux-spatiaux en diffusant la croissance sur l’ensem-
ble du territoire. Renforcer l’attractivité des pôles connaissant un certain déclin.
- Adapter l’offre d’équipements et services aux évolutions de population.

17

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Logement
Points clés :
- Un parc de 63 300 logements en forte augmentation : + 19% entre 1999 et 2007.
- Un phénomène de desserrement des ménages qui engendre des besoins de loge-
ments supplémentaires. Il faut plus de logements pour loger la même population.
- Un territoire fortement impacté par les résidences secondaires (37 % du parc en
2007, contre 17 % pour le Morbihan), en particulier sur le littoral.
- Un taux de vacance faible (4%) et en diminution, des niveaux de prix qui augmen-
tent (+ 42 % de 2000 à 2006) et excluent les ménages à faibles ressources de l’ac-
cession à la propriété, ou les renvoient toujours plus au nord.
- Une structure de parc nettement dominé par les maisons individuelles (près de 80
%) et les propriétaires occupants (3 ménages sur 4) dont la moyenne d’âge se situe
autour de 60 ans.
- Un parc locatif en croissance mais encore restreint : 19 % de locataires privés et
seulement 6 % de locataires HLM (10 % pour le Morbihan). Un parc social peu impor-
tant et essentiellement concentré sur Auray et Quiberon.
- Une demande locative sociale en hausse et un faible taux de satisfaction des de-
mandes. Une extrême précarité des demandeurs : 80 % sont en dessous de 60% des
plafonds HLM.
- Une densité de logements parmi les plus fortes de Bretagne : 91,1 logts/km².

Enjeux :
- Diversifier l’offre de logements pour permettre le parcours résidentiel de chacun
et développer une offre pour les populations spécifiques (saisonniers, jeunes tra-
vailleurs, personnes âgées ou à mobilité réduite...).
- Développer le logement social sur tout le territoire pour favoriser le maintien de
populations permanentes, l’accueil de jeunes actifs et répondre à l’importance de la
demande.
- Développer des politiques publiques foncières permettant de rééquilibrer l’offre de
logements et de limiter les coûts du foncier.
RAPPORT DE PRESENTATION

EQUIPEMENTS ET SERVICES À LA POPULATION

Transports et déplacements

Points clés :
- Une bonne desserte du territoire par un réseau routier dense et 2 axes structurants
: l’A 82 (avec de forts trafics vers Vannes : 40 à 50 000 véhicules/jours en 2006), et
la RD 768.
- Une augmentation des déplacements pendulaires tant vers l’extérieur (Vannes- Lo-
18 rient) qu’à l’intérieur du Pays : 39 % des actifs travaillent en dehors du territoire.
SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT
INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT

- Un trafic routier en constante augmentation et une forte fréquentation estivale qui


induisent des problèmes de saturation du trafic (points noirs de Plouharnel et de
l’échangeur de Kerbois) et des risques de paralysie des activités économiques.
- 3 lignes ferroviaires dont une desserte TGV de la gare d’Auray, mais une sous-uti-
lisation des potentialités offertes par le réseau. Un début de reconquête marqué par

SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT INITIAL


le succès de la réouverture de la gare de Plouharnel.
- Un réseau de transports collectifs par bus et cars sous-utilisé (principalement des
scolaires), peu structuré et manquant d’interconnexions avec les autres modes.
- Des liaisons vers les îles satisfaisantes, mais des infrastructures portuaires qui arri-
vent à saturation et une continuité territoriale à développer hors-saison.
- Un développement progressif du réseau de pistes cyclables.

Enjeux :
- Limiter le développement des migrations domicile-travail, en favorisant la mixité
urbaine et en rapprochant zones d’emploi et de zones de vie.
- Développer un réseau de transport en commun cohérent et efficace, s’appuyant
sur un maillage urbain densifié, et contribuant à structurer le développement urbain
du Pays.
- Favoriser les modes de déplacements doux (vélo-marche), en particulier pour les
mobilités de proximité, et développer l’intermodalité pour offrir des alternatives
crédibles à la voiture.

Autres équipements et services

Points clés :
- Des équipements scolaires répondant bien à la demande (20 établissements dans
l’enseignement secondaire), mais un déficit d’équipements de formation et un man-
que de liens avec les activités économiques du territoire.
- Une offre en équipements de santé de bon niveau, mais concurrencée par les pôles
voisins de Lorient et Vannes.
- Une prise de conscience du déficit d’équipements et de services pour les personnes
âgées : un développement des structures d’accueil et une réflexion sur les services
d’aide et de maintien à domicile.
RAPPORT DE PRESENTATION
- Un développement des équipements pour la Petite Enfance pour répondre au déficit
actuel et faciliter l’accueil de populations permanentes.
- Un tissu associatif dense et dynamique en matière culturelle et sportive, qui s’ap-
puite sur de nombreux équipements notamment dans la partie sud du Pays. Des
besoins émergeants en matière d’équipements sportifs.

Enjeux :
- Favoriser le maintien d’une population permanente par une offre de services et
d’équipements diversifiée, notamment en matière d’accueil de la petite-enfance
- Développer les structures d’accueil et d’aide aux personnes âgées en perspective
des besoins à venir.
19
- Engager une réflexion sur les besoins en matière d’équipements et services, et
réfléchir à leur localisation sur le territoire et à leur nécessaire mutualisation.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET EMPLOI

Points clés :
- Une économie majoritairement « résidentielle » : tournée vers les services, le com-
merce et la construction (51 % des emplois, 10 points de plus qu’en Bretagne).
- Une activité touristique très importante, pilier de l’économie (18 % de l’emploi
salarié, 180 000 lits), qui induit une forte saisonnalité et une certaine précarité de
l’emploi.
- Un dynamisme économique (taux important de création d’entreprise : 14,7 %,
solde positif de transferts d’établissement), mais une attractivité qui n’enraye pas la
hausse des migrations domicile-travail.
- Un chômage structurel persistant, mais une nette baisse du nombre de demandeurs
d’emplois depuis 2003. Une population active marquée par l’importance des plus de
40 ans et l’exode important des 20-39 ans.
- Un tissu industriel peu développé, dominé par l’agro-alimentaire, mais qui se con-
solide avec le développement et la spécialisation des zones d’activités.
- Une baisse constante du poids des activités primaires sous les effets conjugués de
la déprise agricole (44 % d’exploitations en moins entre 1988 et 2000), de l’urbani-
sation (baisse de la SAU, développement des friches) et d’un certain déclin du secteur
de la pêche.
- Un tissu très dense de PME, notamment dans le secteur de l’artisanat, et un poids
croissant du secteur nautique.
- La partie nord du territoire (nord de l’A82) devient le principal pôle de développe-
ment et d’activités du Pays.
- Une multitude de zones d’activités dont la plupart ne sont pas attractives.

Enjeux :
- Développer l’emploi permanent, en particulier sur les îles et le littoral, pour affir-
mer le Pays d’Auray comme lieu de vie et de travail.
- Développer et diversifier les activités économiques pour améliorer la situation de
l’emploi sur le Pays et déconnecter la croissance économique de la consommation
RAPPORT DE PRESENTATION

d’espace ou du seul secteur résidentiel.


- Pérenniser et améliorer la compétitivité des activités primaires qui participent à
l’image et l’identité du Pays et assurent de l’emploi permanent.
- Développer de nouvelles filières économiques et conforter celles à potentiel com-
me le nautisme.
- Elargir dans le temps et dans l’espace les flux touristiques en diversifiant l’offre et
valorisant l’arrière-littoral.
- Renfocer l’attractivité et la compétitivité des zones d’activités (requalification, dé-
veloppement des services aux entreprises, spécialisation...).

20
SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT
INITIAL DE L’ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT, PAYSAGE ET PATRIMOINE

Points clés :

SYNTHESE DU DIAGNOSTIC ET DE L’ETAT INITIAL


- Une mosaïque de paysages et de milieux naturels d’une grande qualité, qui font
l’objet de nombreux classements et protections (en particulier sur le littoral) et qui
fondent la notoriété et l’attractivité du territoire.
- Une proximité entre espaces naturels et urbains qui diminue et un risque de cloison-
nement et d’appauvrissement des milieux par le développement urbain.
- Un patrimoine bâti et historique riche, dont le patrimoine mégalithique constitue la
figure de proue, mais mis en valeur de façon hétérogène.
- Des ressources naturelles : convoitées pour ce qui est des sols, de l’espace, sous-
pression pour l’eau (notamment sur les îles), inexploitées ou peu valorisées du point
de vue des énergies renouvelables (forte dépendance énergétique).
- Une qualité de l’eau acceptable, mais qui reste fragile (agriculture, assainisse-
ment…), et qui est au centre d’enjeux importants (conchyliculture, tourisme bal-
néaire, eau potable…).
- Des risques naturels et technologiques peu importants principalement liés à l’éro-
sion côtière, aux feux de forêt ou au transport de matières dangereuses.
- Une gestion des déchets à renforcer par la limitation des tonnages et la gestion sur
le territoire des volumes produits.
- Une prise de conscience des enjeux du développement durable à consolider et à
concrétiser par des projets novateurs et respectueux de l’environnement.
- De nombreuses structures créées pour porter des actions visant à la reconquête de
la qualité de l’environnement, mais des actions parfois trop sectorielles, cloisonnées
ou dont la pérennité n’est pas assurée.

Enjeux :
- Structurer le développement autour d’une armature urbaine forte pour limiter les
effets négatifs du mitage et préserver les espaces naturels.
- Maîtriser les pressions diverses pesant sur les écosystèmes et les espaces naturels
(qu’elles soient touristiques, liées au développement urbain, à la gestion des pollu-
RAPPORT DE PRESENTATION
tions...).
- Veiller à l’utilisation économe et valorisante des ressources naturelles.
- Inscrire les projets de développement et les projets de territoire dans des démar-
ches de développement durable.
- Préserver et mettre en valeur le patrimoine : naturel, culturel, architectural...
- Sensibiliser, informer, et favoriser l’accès à la nature.
- Assurer la qualité et la diversité des paysages, notamment en veillant à l’équilibre
entre les grands types d’espace.

21

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


ARTICULATION AVEC LES DOCUMENTS
SUPRA-COMMUNAUX

Article L. 122-1

« [...] Les schémas de cohérence territoriale prennent en compte les programmes


d’équipement de l’Etat, des collectivités locales et des établissements et services
publics. Ils doivent être compatibles avec les chartes des parcs naturels régionaux
(PNR) et des parcs nationaux.

Ils doivent également être compatibles avec les orientations fondamentales d’une
gestion équilibrée de la ressource en eau et les objectifs de qualité et de quan-
tité des eaux définis par les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des
eaux (SDAGE) en application de l’article L. 212-1 du Code de l’Environnement, ainsi
qu’avec les objectifs de protection définis par les schémas d’aménagement et de ges-
tion des eaux (SAGE) en application de l’article L. 212-3 du même code.

[...] Lorsque le périmètre d’un schéma de cohérence territoriale recouvre en tout ou


partie celui d’un Pays ayant fait l’objet d’une publication par arrêté préfectoral, le
projet d’aménagement et de développement durable du schéma de cohérence terri-
toriale tient compte de la charte de développement du Pays ».

Ainsi, tout comme un certain nombre de documents devront être compati-


ble avec le SCOT (Programmes Locaux de l’Habitat, Plans Locaux d’Urba-
nisme...), celui-ci doit lui même être compatible avec des documents supé-
rieurs. Il s’agit ici, outre les divers textes de loi (Littoral, Solidarité et Renouvellement
Urbain...), de la future charte de PNR, du SDAGE Loire-Bretagne, de la charte
du Pays d’Auray ou encore du Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM)
du golfe du Morbihan.

Compatibilité avec la charte du Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan

Le Parc Naturel Régional (PNR) du Golfe du Morbihan est aujourd’hui en cours d’éla-
boration: le SCOT anticipe sur l’adoption de la Charte, qui a déjà fait l’objet d’un avis
RAPPORT DE PRESENTATION

intermédiaire du Conseil National pour la Protection de la Nature.


Le Projet de de PNR couvre 6 communes du Pays, 4 sont riveraines du Golfe du Mor-
bihan (Locmariaquer, Crac’h, Pluneret, Auray), et 2 autres ont été intégrées au péri-
mètre d’étude de par la proximité des réflexions et des problématiques (Sainte-Anne
d’Auray et Saint-Philibert).

La Loi du 8 janvier 1993 sur la protection et la mise en valeur des paysages précise
le rôle des parcs naturels régionaux et l’importance de leur charte.

« Les parcs naturels régionaux concourent à la politique de protection de l’envi-


ronnement, d’aménagement du territoire, de développement économique et social,
22 d’éducation et de formation du public. Il constitue le cadre privilégié des actions me-
nées par les collectivités publiques, en faveur de la préservation des paysages et du
patrimoine naturel et culturel. »
COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION
DES CHOIX

Le périmètre d’étude du projet comprend 38 communes, autour d’un espace mariti-


me constitué par le Golfe du Morbihan, soit une superficie de 92 000 hectares (75000
ha pour la partie terrestre et 17000 ha pour la partie maritime).

La charte du Parc s’articule autour de 3 axes et de 8 grandes orientations :


Axe 1 : Faire des patrimoines un atout pour le territoire
- Préserver et sauvegarder la biodiversité du territoire

COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX


- Préserver l’eau, patrimoine universel
- Valoriser la qualité des paysages du territoire
- Contribuer à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel du territoire
Axe 2 : Assurer pour le territoire un développement durable et solidaire
- assurer un développement et un aménagement durables du territoire
- assurer une gestion économe de l’espace
Axe 3 : Mettre l’homme au coeur du projet de territoire
- promouvoir un développement économique, respectueux des équilibres
- développer «l’Ecole du Parc» ouverte sur le monde

L’ensemble des orientations du SCOT va dans le sens de ce qui est évoqué dans le
corps de la Charte du Parc, même si celle-ci n’est pas encore validée et peut encore
évoluer. Le SCOT devra si nécessaire être rendu compatible avec cette charte dans
les 3 ans qui suivront son approbation.

Dans le cadre de la concertation préalable à l’arrêt du SCOT, le Syndicat Intercommu-


nal d’Aménagement du Golfe du Morbihan (SIAGM) a été consulté sur le document
en cours d’élaboration et a émis un avis positif en soulignant la concordance des
documents.

Il précise toutefois la nécessité de coordonner les actions sur le territoire pour éviter
toute redondance, certains outils étant évoqués dans les deux documents. Le Pays
pourra donc utilement s’appuyer sur les travaux menés dans le cadre du SIAGM, ou
établir des partenariats qui permettront une synergie des actions et autant d’écono-
mie de moyens.
RAPPORT DE PRESENTATION
Compatibilité avec le SDAGE et le SAGE Blavet

La directive cadre sur l’eau du 23 octobre 2000 adoptée par le Conseil et par le Par-
lement européen définit un cadre par grand bassin hydrographique pour la gestion
et la protection des eaux intérieures (superficielles ou souterraines), des eaux de
transition et des eaux côtières. Elle fixe un objectif ambitieux de résultat : le bon état
écologique et chimique des eaux à l’horizon 2015.

La transcription de la directive en droit français a été réalisée avec l’article 7 de la loi


du 21 avril 2004, qui vise à renforcer la cohérence entre les SDAGE, les SAGE et les
documents d’aménagement et d’urbanisme. Il est ainsi précisé que les SCOT doivent
être compatibles ou rendus compatibles avec « les orientations fondamentales d’une
23

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


gestion équilibrée de la ressource en eau et les objectifs de qualité et de quantité
des eaux définis par les SDAGE ainsi qu’avec les objectifs de protection définis par
les Schémas d’Aménagement des Eaux (SAGE). Lorsqu’un de ces documents est ap-
prouvé après l’approbation d’un schéma de cohérence territoriale, ce dernier doit, si
nécessaire, être rendu compatible dans un délai de trois ans ».

Le Pays appartient en totalité au SDAGE Loire Bretagne. Une partie de son périmètre
est couverte par le SAGE Blavet. Le SCOT, à travers les mesures évoquées dans le
DOG est compatible avec les orientations générales du SDAGE Bretagne, d’une part,
et avec les orientations plus précises du SAGE Blavet, d’autre part.

Le SDAGE Loire-Bretagne fixe les orientations fondamentales d’une gestion équili-


brée de la ressource en eau.
Il prend en compte les principaux programmes arrêtés par les collectivités publiques
et définit de manière générale et harmonisée des objectifs de quantité et de qualité
des eaux ainsi que les aménagements à réaliser pour les atteindre.

Le SCOT prend en compte les orientations du SDAGE Loire-Bretagne, notamment les


sept objectifs vitaux pour le bassin :
- gagner la bataille de l’alimentation en eau potable,
- poursuivre l’amélioration de la qualité des eaux de surface,
- retrouver des rivières vivantes et mieux les gérer,
- sauvegarder et mettre en valeur les zones humides,
- préserver et restaurer les écosystèmes littoraux,
- réussir la concertation avec l’agriculture,
- savoir mieux vivre avec les crues.

Le SAGE Blavet ne concerne le Pays d’Auray que pour la moitié de la commune de


Camors située dans ce bassin versant. Il est doté d’un plan de prévention des risques
d’inondations, et insiste entre autres sur la gestion des abords des cours d’eau et la
sauvegarde des zones humides.

L’ensemble des presciptions et recommandations de préservation de l’hydrosphère


figurant au Document d’Orientations Générales du SCOT conforte ces orientations.
RAPPORT DE PRESENTATION

Prise en compte de la Charte de Pays

La charte du territoire, élaborée en 2000 a été définie à l’horizon 2015. Elle détermi-
ne trois grands objectifs de développement et une volonté d’anticiper les évolutions,
par la réalisation d’un programme prospectif de développement et la mise en place
d’outils d’observation du changement et d’outils financiers innovants.

OBJECTIF N°1 : Compétitivité et Attractivité


• Soutenir les activités et faciliter leur développement.
• Créer les conditions pour l’essor de nouvelles activités
24
et la recherche de nouveaux débouchés.
COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION
DES CHOIX

OBJECTIF N°2 : Équilibre et Cohésion Spatiale


• Veiller à un développement équilibré du territoire.
• Veiller à la qualité de l’eau.
• Lutter contre la dégradation des milieux naturels et des paysages.

OBJECTIF N°3 : Solidarités et Cohésion Sociale

COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX


• Vivre la culture.
• Vivre la solidarité.
• Lutter contre la précarité.
• Renforcer le sentiment d’appartenance au Pays.
• Mettre en place une politique d’information et de communication

Le SCOT vient conforter et abonder la démarche initée dans le cadre de la charte du


Pays d’Auray. Il en constitue une étape importante qui permet de préciser les objec-
tifs et de leur donner une réalité territoriale.

Compatibilité avec la loi Littoral

Les communes littorales du Pays (au nombre de 23) sont soumises à l’application de
la loi « Littoral» du 3 janvier 1986.

Le travail réalisé par les services de la Direction Départementale de l’Equipement


(DDE) sur le littoral du Pays d’Auray a traduit la vision de l’Etat en termes :
- d’espaces à préserver au titre des articles L. 146-6 et R. 146-1 du Code de l’urba-
nisme ;
- de coupures d’urbanisation au titre de l’article L. 146-2 du Code de l’urbanisme :
le document produit par la DDE en identifie trois types, avec les coupures d’intérêt
intercommunal, communal ou local ;
- d’espaces proches du rivage au titre de l’article L. 146-4 II du Code de l’urba-
nisme.

Le SCOT s’est appuyé sur ce document (sans valeur juridique) pour mettre en oeuvre
certains principes de la loi Littoral. Le DOG reprend et détaille les différentes obliga-
tions issues de cette loi, à savoir : RAPPORT DE PRESENTATION
- l’interdiction d’urbaniser dans les espaces concernés par une coupure d’urbanisa-
tion,
- le classement en zone Nds des espaces littoraux remarquables,
- la délimitation des espaces proches du rivage avec un principe d’extension limitée
de l’urbanisation dans ces secteurs. La délimitation proposée dans le SCOT n’est
toutefois qu’indicative, car la définition précise relève de nombreux paramètres plus
locaux.
- la définition de la capacité d’accueil
- ...

25

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


L’application de la loi Littoral précise que l’élaboration des SCOT permettra d’ana-
lyser à une échelle convenable la question de la capacité d’accueil des communes
littorales, en précisant les objectifs de développement et de protection des espaces
naturels et agricoles. Ainsi, des opérations d’aménagement qui, envisagées au seul
niveau du plan local d’urbanisme, ne sauraient être considérées comme ayant un
caractère limité, peuvent être autorisées par le SCOT dès lors que celui-ci, à son
échelle, les a prévues dans une politique globale et équilibrée entre développement
et préservation.

La définition de la capacité d’accueil est laissée dans le SCOT à la responsabilité des


élus communaux. Toutefois, le DOG précise des critères de définition de cette capa-
cité d’accueil (compatibles avec ceux évoqués dans la loi Littoral). Le Pays d’Auray
assurera une assistance aux communes pour définir cette capacité d’accueil dans le
cadre de l’élaboration de leur documents d’urbanisme.

Compatibilité avec le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM) du Golfe


du Morbihan

Le SMVM concerne 4 communes du territoire. C’est un document de planification


élaboré à l’initiative de l’Etat qui définit des objectifs et des orientations générales
dont quelques-unes seulement touchent aux surfaces terrestre.

Il vise à maintenir ou favoriser le développement harmonieux des différentes acti-


vités, tout en veillant à leur compatibilité avec la préservation des équilibres biologi-
ques ou patrimoniaux. Il précise à quelle activité principale sont affectés les espaces
maritimes et littoraux, les prescriptions qui y sont associées et les conséquences pour
les autres activités. Il renvoie à des programmes en cours ou à lancer et s’appuie sur
des actions déjà initiées qu’il conforte.

Les orientations définies dans le cadre du SCOT entrent parfaitement dans le cadre
des préconisations définies par le SMVM, notamment en ce qui concerne les règles
d’urbanisation et les mesures d’insertion paysagère des constructions.

Le SCOT doit en outre prendre en compte les programmes d’équipement de


l’Etat, des collectivités locales et établissements publics. Le porter-à-con-
RAPPORT DE PRESENTATION

naissance du Préfet mentionnait à cet égard :

- Les projets d’aménagement routiers de l’Etat (A82).

- L’opération Grand Site Gâvres-Quiberon.

- La réhabilitation des sites mégalithiques de Carnac.

- Les projets d’aménagements ferroviaires.

26
COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION
DES CHOIX

JUSTIFICATION DES CHOIX RETENUS

Dans ce chapitre, seuls sont repris les principaux éléments explicatifs des orientations proposées par
le SCOT. En effet pour permettre à chacun de comprendre le positionnement du SCOT, un chapeau
introductif a été ajouté dans chacune des rubriques du Document d’Orientations Générales et vient
justifier les éléments ayant conduits au choix des orientations développées.

COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX


UN SCOT POUR PRÉPARER L’AVENIR

Le Schéma de Cohérence Territoriale du Pays d’Auray constitue un premier pas dans


la construction d’un projet de territoire partagé et défini à l’échelle des 28 communes
du Pays.

Si le document proposé présente sans doute des insuffisances, il constitue un point


de départ important et une réelle avancée pour le territoire et ses habitants car
présente une première vision commune et globale de l’aménagement et du dévelop-
pement du Pays. Ce document montre à l’ensemble des communes un cap vers un
territoire durable.

Il permet de prendre acte des évolutions et dysfonctionnements actuels du territoire,


pour réorienter et rééquilibrer le développement vers les objectifs que les élus ont
fixé comme prioritaires : permettre aux habitants du Pays de vivre et de travailler
à l’année sur le territoire, en évitant d’axer le développement sur la seule économie
résidentielle, en favorisant le logement pour les populations permanentes, en préser-
vant l’attractivité du territoire (qualité des paysages, des espaces naturels…), etc…

PERMETTRE LE DÉVELOPPEMENT DU PAYS D’AURAY POUR


AFFIRMER SA PLACE DANS LE MORBIHAN ET LA BRETAGNE

Le Pays d’Auray connaît une croissance rapide et importante de sa population qui RAPPORT DE PRESENTATION
s’accentue encore ces dernières années. Loin de remettre en cause cette dynami-
que de croissance, le Pays fait le choix de poursuivre ce rythme, pour assurer défi-
nitivement au territoire et à l’agglomération d’Auray un poids suffisant permettant
d’affirmer leur place entre les agglomérations de Vannes et Lorient, et de rayonner à
l’échelle départementale et régionale.

Cette croissance est aussi l’occasion de rééquilibrer le territoire sans bouleverser les
fonctionnements actuels pour permettre aux jeunes actifs de se loger : rééquilibrer
la population à l’échelle du territoire, dans sa localisation comme dans ces compo-
santes, rééquilibrer les emplois.

27

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Le poids de l’agglomération permettra aussi d’atteindre un seuil critique, permettant
à terme :
- d’organiser les déplacements dans de bonnes conditions, notamment les transports
collectifs,
- d’éviter l’effet dortoir en renforçant le poids économique du Pays et de limiter ainsi
les évasions (commerciales, de main d’œuvre…) vers les territoires voisins.

S’il n’y a pas d’incompatibilité entre la poursuite d’une croissance et le respect de


l’environnement et du cadre de vie, des mesures suffisantes doivent être mises en
œuvre, visant à assurer une croissance qualitative, économe en espace, limitant
les impacts environnementaux. Dès lors, le SCOT se doit de donner les garanties
d’un développement qualitatif, en précisant les modalités d’application de la loi (no-
tamment de la loi Littoral) et assurant ainsi une sécurité juridique aux documents
d’urbanisme locaux et plus globalement à tous ceux qui entreprennent sur le Pays
(entrepreneurs, particuliers pour leur logement…).

FAIRE RÉSOLUMENT LE CHOIX D’UN DÉVELOPPEMENT


DIFFÉRENT, DANS LA QUALITÉ

Le SCOT s’inscrit dans une logique de développement durable : il souhaite pouvoir


répondre aux besoins de la population actuelle sans hypothéquer les possibilités des
générations futures de répondre aux leurs.

Le SCOT affirme le choix de nouvelles formes de développement, qui tranchent avec


celles ayant eu cours dans le passé.

Différence dans la méthode :

- il envisage une réflexion collective sur le long terme, pour préserver les possi-
bilités de développement actuelles mais aussi futures, et renforcer les solidari-
tés et la cohésion du territoire ;
- il anticipe sur les défis environnementaux liés à l’évolution du climat, à la ges-
tion des ressources, à la préservation de la biodiversité ;
- il contribue à l’amélioration du cadre de vie (préservation des paysages, ré-
RAPPORT DE PRESENTATION

duction des nuisances, accessibilité de la nature…) ;


- il met l’accent sur la concertation, en établissant plus de lien entre les nom-
breux acteurs du territoire, les collectivités et les différentes échelles d’interven-
tion ;
- il recherche la cohérence et la complémentarité des équipements, services,
zones d’activités… ;
- il présuppose une volonté de maîtrise du développement à travers des pro-
cédures publiques maîtrisées, qui, en partenariat avec les acteurs privés sont
susceptibles de remettre l’équilibre du territoire au cœur des choix d’aménage-
ment.
28
COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION
DES CHOIX

Différence dans les formes de développement souhaitées :

- le SCOT affirme la nécessité de revenir vers des formes d’urbanisation plus


compactes, plus économes en ressources naturelles (énergie, eau, matériaux
non renouvelables…), dans un souci d’économie d’espace et de proximité ;
- Il cherche à restaurer un développement fondé sur la mixité urbaine, sociale,
et l’émergence d’un réseau de pôles urbains qui irriguent le territoire ;

COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX


- Il promeut la proximité et la limitation des déplacements et repense l’urbani-
sation dans ce sens ;
- …
Ces choix nécessitent une évolution profonde, pour le long terme, des formes et des
logiques actuelles de développement. Sans remettre en cause les capacités du Pays
à se développer, il intègre dans ces formes de développement les enjeux environne-
mentaux, les enjeux de solidarité et de dynamisme de l’ensemble du territoire. Cette
recherche d’équilibre et d’un développement plus qualitatif explique la place impor-
tante accordée aux questions d’environnement dans les documents du SCOT.

PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT ET LE VALORISER COMME


ÉLÉMENT FONDATEUR DE LA QUALITÉ DE VIE

Le Schéma de Cohérence Territoriale place la préservation de l’environnement et du


cadre de vie, qui constitue son principal facteur d’attractivité, au cœur des politiques
de développement.

Cette préservation prend de multiples formes et intervient de manière transversale


parmi toutes les thématiques du Document d’Orientations Générales : environne-
ment, mais aussi habitat, développement économique, et prise en compte du rôle
social des proximités ville/campagne.

Il s’agit plus précisément de :


- préserver les richesses écologiques, paysagères et patrimoniales ;
- préserver les ressources : eau (qualité et quantité), énergie, sols… ;
- limiter la consommation d’espace, redéfinir les formes du développement pour éco-
nomiser l’espace (densification, extensions limitées…) ;
RAPPORT DE PRESENTATION
- favoriser les activités respectueuses de l’environnement et garantes de la qualité
des paysages et de l’identité du Pays ;
- assurer une accessibilité effective de la nature depuis les zones d’habitat en favori-
sant la proximité et la desserte des zones naturelles par les modes de déplacement
doux.

29

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


FIXER DES ORIENTATIONS POUR ENRAYER LES
DÉSÉQUILIBRES ET ÊTRE UN TERRITOIRE PLUS SOLIDAIRE

Le développement touristique ancien et prédominant sur le littoral engendre de la


gêne pour l’ensemble des résidents permanents (notamment en termes de dépla-
cements) et plus globalement génère des déséquilibres sociaux et spatiaux impor-
tants.

Le recentrage du développement vers l’accueil de populations et d’emplois perma-


nents est donc fondamental et doit se traduire par des orientations fortes :

Un équilibre social sur l’ensemble des communes.

A une logique de ségrégation spatiale à l’échelle du Pays, où les populations les plus
aisées résident sur la côte tandis que les jeunes ménages sont contraints de s’ins-
taller au nord du territoire, doit se substituer une logique où chaque commune doit
pouvoir offrir une diversité de types de logements.

La maîtrise des opérations d’aménagement et des programmes d’habitat, par une


production de logements majoritairement située dans des Zones d’Aménagement
Concerté, sur toutes les communes, devient dans cette optique une nécessité, en
particulier pour maîtriser la proportion de résidences secondaires construites sur la
côte.

Les logements sociaux ne doivent plus non plus être concentrés sur les seuls pôles
urbains importants d’Auray et Quiberon, mais se répartir de manière plus harmonieu-
se sur l’ensemble des communes. Une proportion de logements sociaux publics aidés
est pour cela imposée dans le SCOT quelle que soit la localisation de l’opération.

un équilibre sur le plan spatial :

A l’échelle du territoire, un rééquilibrage est aussi nécessaire pour répartir de manière


équilibrée la population et les activités sur l’ensemble du territoire. La structuration
d’un réseau de ville, appuyé sur le pôle central d’Auray et sur les pôles d’équilibre,
permettra d’assurer un développement équilibré de l’ensemble du territoire. Le main-
tien de pôles d’équilibre sur le littoral n’a pas pour but d’accentuer les disparités entre
RAPPORT DE PRESENTATION

le nord et le sud mais au contraire de permettre au littoral de retrouver une activité


et une population pérenne.

un équilibre sur le plan environnemental :

L’accueil de population ne doit plus constituer une menace pour la préservation de


l’environnement. La prise en compte de la capacité du territoire à supporter l’apport
de population nouvelle doit être au cœur des réflexions des municipalités pour déter-
miner la capacité d’accueil des communes. Ainsi, seront particulièrement étudiés les
capacités et l’état des stations d’assainissement, la consommation d’espace induite
par l’ouverture de nouvelles zones d’urbanisation, l’impact des mobilités induites en
termes de pollution et d’infrastructures, etc…
30
COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION
DES CHOIX

Un équilibre saisonnier :

L’activité touristique engendre sur le territoire un afflux massif de population durant


la saison estivale. Cette situation génère des phénomènes de « pics », avec une sa-
turation des réseaux (routiers notamment), une saisonnalité des emplois, une forte
concentration sur le littoral.

COMPATIBILITE ET JUSTIFICATION DES CHOIX


Tous les efforts des élus doivent permettre de limiter ce phénomène : en limitant la
proportion de résidences secondaires, en étalant le flux touristique sur l’année et à
l’intérieur du territoire, en développant une capacité d’accueil touristique sur l’arrière
littoral, en lien avec les activités primaires du territoire. Sur les territoires insulaires
en particulier, le Pays devra accompagner le développement des activités économi-
ques pour s’orienter vers une pérennité des emplois à l’année.

Ces recherches d’équilibre sont à prendre en compte par toutes les communes, qui
doivent avoir une action complémentaire et solidaire.

ORGANISER LE DÉVELOPPEMENT DU PAYS D’AURAY AUTOUR


D’UN MAILLAGE URBAIN FORT ET VIVANT

Le Pays s’est développé jusqu’ici selon une logique de dispersion de l’habitat, engen-
drant des déplacements nombreux, effectués pour l’essentiel en voiture. La structu-
ration d’un réseau de villes hiérarchisées s’appuyant sur les pôles existants et reliées
par des transports en commun s’avère nécessaire pour enrayer ce fonctionnement.

Il s’appuie sur quatre conditions :

- l’émergence de pôles complémentaires d’importances différentes, avec une loca-


lisation des services dans ces pôles en fonction de leur aire d’influence et de leur
fréquentation. Le pôle d’Auray doit acquérir un caractère central à l’échelle du Pays,
tandis que des pôles secondaires peuvent permettre d’offrir des services mutualisés
à l’échelle de territoires de plus grande proximité, en complémentarité des bourgs
qui doivent assurer les besoins quotidiens. Cette perspective permet de rationaliser
les déplacements.

- l’articulation des zones d’activités à ce réseau de ville, en relation avec un réseau RAPPORT DE PRESENTATION
de transport en commun à structurer. Le développement de zones spécifiques per-
mettant d’accueillir en particulier des activités incompatibles avec l’habitat est né-
cessaire au développement économique du Pays d’Auray. Ces zones doivent s’inscrire
en complémentarité du renforcement des pôles urbains.
Situées pour la plupart aux abords des grandes infrastructures de transport dont
elles ont besoin, elles doivent cependant pouvoir être desservies par les axes de
transport collectifs.

- l’émergence d’un véritable réseau de transport en commun, irriguant l’ensemble du


territoire et confortant le maillage urbain du Pays. Il convient pour cela de s’appuyer
sur l’ensemble des solutions de transports qui existent sur le territoire : voies SNCF
(grandes lignes et TER), transport du Conseil général, réseau de transport urbain sur 31
l’agglomération d’Auray, liaisons maritimes…

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


- une restructuration interne des pôles urbains, pour faciliter l’efficacité de la des-
serte par les transports en commun, favoriser la proximité et donc l’usage des dé-
placements doux. La recherche de plus de mixité urbaine ou fonctionnelle est pour
cela indispensable.L’objectif est de permettre aux habitants du Pays d’Auray de pou-
voir résider à proximité de leur lieu de travail, ce qui s’avère relativement difficile
aujourd’hui.

FAVORISER UN DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ENDOGÈNE :


POUR FAIRE VIVRE LE TERRITOIRE TOUTE L’ANNÉE

La vie économique du Pays est partiellement aujourd’hui dépendante des pôles voi-
sins de Vannes et de Lorient, et largement marquée par les activités touristiques et
l’économie résidentielle. Ces éléments expliquent la multiplication des migrations
journalières, génératrices de nombreux déplacements, et une certaine précarité de
l’emploi.

Développer un tissu économique à l’échelle du bassin d’emploi du Pays.

En termes de nature des activités, le Pays doit poursuivre le développement de


secteurs diversifiés qui sont déjà présents sur son territoire. L’activité nautique, par
exemple fournit de nombreux emplois à l’année, et donne une image de marque
certaine au Pays. De même, les activités primaires (ostréicultures et agricultures)
constituent un pôle d’emploi non négligeable.

De nouvelles filières doivent aussi émerger, pour orienter les nouvelles activités vers
des objectifs de développement durable (filière bois et filière énergétique par exem-
ple). En termes touristiques, le Pays doit aussi s’efforcer de ne plus dépendre du seul
tourisme balnéaire : la présence de nombreux éléments de patrimoine reconnus doit
permettre le développement d’un tourisme culturel dont les retombées profiteraient
au territoire une plus grande partie de l’année.

En terme d’aménagement, le Pays doit pouvoir offrir des conditions de travail et de


développement adaptées à chacune de ces filières. C’est pourquoi le SCOT cherche
à la fois à :
RAPPORT DE PRESENTATION

- Conforter les zones d’activités existantes. Ces zones doivent toutefois être
commercialisées dans un souci d’économie d’espace, de limitation des nuisances par
rapport aux zones d’habitat et de limitation des impacts sur l’environnement.

- Développer une offre de locaux d’activité dans les pôles urbains pour favo-
riser la mixité urbaine par l’installation d’activités compatibles avec l’habitat dans les
zones urbaines. il s’agit par là même de redynamiser les villes et d’éviter qu’elles ne
prennent un caractère purement résidentiel.

Le développement des activités doit évidemment se faire en complémentarité des


pôles de Vannes et Lorient, l’agglomération d’Auray n’ayant pas vocation à concen-
trer tous les équipements métropolitains nécessaires à la population.
32
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

OBSERVATIONS PRELIMINAIRES A
L’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

STRUCTURE ET MÉTHODE DE L’ÉVALUATION


ENVIRONNEMENTALE

La structure et la méthode employées suivent les dispositions du décret n° 2005-608


du 27 mai 2005 relatif à l’évaluation des incidences des documents d’urbanisme sur
l’environnement et modifiant le Code de l’urbanisme. Ce texte dispose notamment
que « le rapport de présentation du SCOT :
[...]

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
3° Analyse l’état initial de l’environnement et les perspectives de son évolution en
exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d’être touchées de
manière notable par la mise en oeuvre du schéma ;

4° Analyse les incidences notables prévisibles de la mise en oeuvre du schéma sur


l’environnement et expose les problèmes posés par l’adoption du schéma sur la pro-
tection des zones revêtant une importance particulière pour l’environnement telles
que celles désignées conformément aux articles R. 214-18 à R. 214-22 du Code de
l’environnement ainsi qu’à l’article 2 du décret n° 2001-1031 du 8 novembre 2001
relatif à la procédure de désignation des sites Natura 2000 ;

5° Explique les choix retenus pour établir le projet d’aménagement et de développe-


ment durable et le document d’orientations générales et, le cas échéant, les raisons
pour lesquelles des projets alternatifs ont été écartés, au regard notamment des
objectifs de protection de l’environnement établis au niveau international, commu-
nautaire ou national et les raisons qui justifient le choix opéré au regard des autres
solutions envisagées ;

6° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser
s’il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en oeuvre du schéma sur
l’environnement et rappelle que le schéma fera l’objet d’une analyse des résultats
de son application, notamment en ce qui concerne l’environnement, au plus tard à
l’expiration d’un délai de dix ans à compter de son approbation ». RAPPORT DE PRESENTATION

Les particularités suivantes de la présente évaluation sont à signaler :

1 - L’analyse des perspectives d’évolution de l’environnement est ponctuelle-


ment traitée dans le volet « état initial de l’environnement », elle est reprise dans
l’analyse des impacts puisque chaque thème environnemental est analysé sous cet
angle en introduction. Par « perspectives d’évolution », on entend les évolutions rai-
sonnablement prévisibles pour les années à venir.

2 - La question des « zones susceptibles d’être touchées de manière notable


par la mise en oeuvre du schéma » est abordée ci-après. 33

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


3 - L’analyse des incidences du SCOT est effectuée en confrontant les différents
types de dispositions du document (objectifs du PADD, préconisations et prescrip-
tions du document d’orientations générales) à chacun des thèmes analysés dans la
présentation de l’état initial de l’environnement. Une réflexion critique est menée sur
les impacts positifs et négatifs que l’on peut attendre du SCOT. La question de l’ap-
port propre du SCOT est également abordée ; en d’autres termes, il s’agit de savoir
quels sont les outils spécifiques que le SCOT apporte en complément des dispositifs
déjà existants.

4. – Les thèmes environnementaux sont délimités conformément au document


méthodologique de la DIREN Bretagne publié en 2006.

5 - Les mesures dites « compensatoires » sont présentées, s’il y a lieu, dans le


cadre de chacun des thèmes environnementaux. La mention « sans objet » apparaît
lorsqu’aucun impact négatif n’a été identifié. Une partie spécifique est par ailleurs
consacrée à la notion de mesures compensatoires dans le SCOT d’une manière gé-
nérale.

6 - En ce qui concerne les partis d’aménagement envisageables, la solution rete-


nue consiste à comparer les incidences environnementales de la mise en oeuvre du
SCOT avec celles qui auraient résulté de l’absence de SCOT, c’est à dire d’une pour-
suite des tendances actuellement observées dans les domaines de l’urbanisme et de
l’environnement.

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

1. La nature juridique et la forme des SCOT posent des problèmes spécifiques


pour l’évaluation environnementale. A la différence de ses prédécesseurs (Schéma
Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme et du Schéma Directeur), le SCOT ne con-
tient pas de document graphique localisant les principaux aménagements projetés sur
le territoire, tels que les extensions d’urbanisation, les zones d’activités et les grands
équipements publics. Les cartes insérées dans le dossier constituent des illustrations
des objectifs du PADD et des prescriptions fixées par le document d’orientations gé-
nérales, mais le régime juridique des SCOT ne permet pas de définir des localisations
RAPPORT DE PRESENTATION

précises. C’est en effet aux plans locaux d’urbanisme qu’il incombe de localiser les
aménagements, dans le respect des orientations fixées par le SCOT (l’article L. 122-2
du Code de l’urbanisme institue un rapport de compatibilité entre PLU et SCOT).

Dans ce cadre, il n’est pas possible de savoir à priori quels seront les espaces con-
cernés par les grands aménagements, ce qui n’autorise pas une évaluation envi-
ronnementale, par secteur géographique, comparable aux études d’impacts. Il est
toutefois possible de déterminer les espaces qui demeureront à l’écart de tout amé-
nagement important, puisque le SCOT définit des objectifs et des prescriptions précis
en matière de protection des ensembles naturels et des liaisons naturelles.

Il en résulte donc que l’étude des « zones susceptibles d’être touchées de manière
34
notable par la mise en oeuvre du schéma » n’est pas possible autrement que sous
une forme très générale.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

2. Les dispositions du SCOT sont de natures diverses, et donc d’une portée varia-
ble. On y trouve en effet, parfois imbriquées :

- des prescriptions, qui constituent pour partie l’apport propre du SCOT au droit
de l’urbanisme à l’échelle du territoire, et pour partie le rappel de règles instituées
par des politiques nationales (lois et décrets) ou locales (programme local de l’habi-
tat...)

- des préconisations, qui ont une portée plus limitée que les précédentes.

Par ailleurs, le SCOT dans son ensemble a aussi une fonction pédagogique impor-
tante, puisqu’il s’agit à la fois de promouvoir une vision commune du territoire, une
nouvelle culture de l’urbanisme et une ouverture à l’innovation dans les domaines
relevant du développement durable.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
L’évaluation environnementale privilégie les prescriptions qui sont contenues dans
le document d’orientations générales, mais prend aussi en compte les autres dis-
positions du SCOT, y compris les objectifs fixés par le projet d’aménagement et de
développement durable.

3. Des indicateurs sont proposés, dans la mesure du possible, pour permettre l’éva-
luation environnementale de la mise en oeuvre du SCOT dans le temps.

4. Le processus d’évaluation : le présent document expose et analyse les impacts


du SCOT tels qu’ils se présentent au terme d’un processus itératif engagé en 2006, et
au cours duquel l’évaluation environnementale a participé à l’évolution de l’ensemble
du projet (état initial de l’environnement, PADD, document d’orientations générales)
vers une meilleure prise en compte de l’environnement.

RAPPORT DE PRESENTATION

35

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


PARTIE 1 : LES INCIDENCES DU SCOT SUR
L’ENVIRONNEMENT

I. INCIDENCES SUR L’ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

I a) Incidences sur le relief

1. Les perspectives d’évolution

Le cadre physique du Pays d’Auray (géologie, climat, hydrographie) n’évolue que très
lentement d’une manière générale, sauf bouleversements ponctuels liés à des grands
travaux ou carrières. Sur le continent, il ne semble pas que de grands travaux soient
susceptibles de modifier prochainement des caractéristiques locales du relief. L’éven-
tualité d’une déviation de l’A82 au nord d’Auray peut toutefois avoir de fortes inci-
dences. Par ailleurs il a été noté le fort impact paysager lors de la phase de travaux
de la zone d’activités de Mané-Craping à Landévant ; celle-ci se situe en position de
versant, dominant la A80 et avec un « effet vitrine ».

Le trait de côte a connu dans la période historique des mouvements naturels de sé-
diments qui ont pu localement modifier les rapports entre les terres et la mer. D’an-
ciens marais salants se retrouvent aujourd’hui isolés de la côte (Carnac) suite aux
aménagements de la station. Depuis la fin des années 1970, peu de bouleversements
sont maintenant à attendre dans les zones côtières, du fait de la mise en place de
politiques de protection. Des remblaiement comme à Etel au niveau du terrain de
football ne devraient plus se produire. Aujourd’hui, des projets d’extraction de sables
et graviers au large d’Erdeven posent question. Des études de faisabilité sont en
cours. On rappellera que les besoins de consommation (5.5 à 6 millions de tonnes)
tous matériaux confondus sont supérieurs pour le département à la production (5.1
millions de tonnes) dont la consommation moyenne par habitant est de 8,9 tonnes,
donc bien supérieure à la moyenne nationale qui est de 7 t.

Comme sur tout le littoral breton, les principales évolutions susceptibles de concer-
ner le milieu physique dans les années à venir pourraient en fait être surtout liées
RAPPORT DE PRESENTATION

au réchauffement climatique et à l’accélération de la remontée du niveau marin. Ce


processus devrait aggraver la tendance dominante au recul du trait de côte dans les
secteurs bas, qu’ils soient constitués d’accumulations sédimentaires (Etel, Erdeven,
Quiberon où un vrai problème de continuité terrestre pourrait se poser à l’arrêt ferro-
viaire de Penthièvre…) ou de micro-falaises et platiers sur la côte des Mégalithes.

Un accroissement de la fréquence de submersion des terres basses pourrait se mani-


fester en fond d’anses, comme en arrière du Men-Du dans les marais de Kerdual à la
Trinité, ou encore à l’Ouest de la pointe de Kerpenhir à Locmariaquer dans les points
bas situé à moins de 5 m d’altitude.

36
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

2. Les objectifs du SCOT

Le DOG prévoit de préserver le littoral et les espaces naturels remarquables contre


l’urbanisation, de protéger les liaisons naturelles identifiées sur le territoire ainsi
que les zones humides. L’ensemble de ses orientations contribue à la bonne prise en
compte de l’intégrité physique du territoire même si elle n’apparaît pas comme un
sujet développé spécifiquement. Ainsi, des prescriptions visent à protéger l’intégrité
physique des zones humides, il est préconisé d’intégrer le bâti au relief…

3. Les incidences du SCOT


3.1. Incidences positives

L’objectif d’économie d’espace contribue à préserver le cadre physique du territoire,

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
tout comme les dispositions en faveur du réseau hydrographique et des zones humi-
des.
La prise en compte du respect du relief est particulièrement bien venue, surtout dans
un territoire au modelé modeste.

3.2. Incidences négatives

Le doublement attendu des surfaces réservées aux activités économiques entraînera


obligatoirement des travaux (terrassements, déblais, remblais, talus, merlons…) qui
peuvent se révéler importants, comme on l’a vu à Landévant par exemple.

Même s’il est étranger aux orientations du SCOT, le projet de déviation de l’A82 au
nord d’Auray serait également susceptible de modifier notablement la topographie
locale sur tout son linéaire.

3.3. Mesures compensatoires

Des mesures compensatoires adaptées à chaque opération seront définies dans le


cadre des études d’impacts auxquelles elles sont soumises.

4. Propositions d’indicateurs

Suivi de l’évolution quinquennale des postes CORINE Land Cover : territoires artifi- RAPPORT DE PRESENTATION
cialisés (1.1., 1.2, mines, décharges, chantiers (1.3.)

I b) Incidences sur le climat

1. Les perspectives d’évolution

L’augmentation des températures en France au cours du XXè siècle a été de l’ordre


de 1°C. Le réchauffement est légèrement plus marqué sur le Sud que sur le Nord du
Pays. Le Pays d’Auray n’échappe pas à ce constat. Un des problèmes auxquels il est
confronté est celui de la montée du niveau des océans, qui s’est élevé de 12 à 22 cm 37
au cours du XXè siècle. Cette élévation s’est accélérée durant la seconde moitié du

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


siècle, puisque le niveau moyen de la mer a crû de l’ordre de 1,8 mm (entre 1,3 à 2,3
mm) par an de 1961 à 2003, et encore plus rapidement de 1993 à 2003, l’élévation
étant de l’ordre de 3,1 mm (entre 2,4 à 3,8 mm) par an (données Météo France).

Pour les décennies à venir, les climatologues émettent l’hypothèse d’un accroissement
des pluies hivernales et donc des risques d’inondations, ainsi qu’une forte augmenta-
tion des vagues de chaleur en été et en corollaire des risques accrus d’incendies.

Le SCOT a peu traité le thème du climat dans l’état initial de l’environnement et il n’a
pas non plus signalé d’enjeux à ce sujet. Toutefois, celui-ci est pris en compte dans
certains objectifs et présent au travers de certaines recommandations.

2. Les objectifs du SCOT

Les préconisations sont les suivantes :


- Promotion de toutes les mesures visant à limiter les émissions de gaz à effet de
serre sur le territoire afin de limiter les impacts du réchauffement climatique.
- Les collectivités sont invitées à s’engager dans des démarches qualitatives et res-
pectueuses de l’environnement : opérations labellisées HQE Aménagement®, éco-
quartiers, opérations s’inscrivant dans des démarches d’Approche Environnementale
de l’Urbanisme (AEU®), dans le dispositif régional Eco-faur...
- Limiter le recours à la voiture en rendant attractive une vie de quartier « à portée de
main » : proximité des services, écoles, chemins piétons sécurisés vers ceux-ci...
- Démarches AEU pour toute opération d’extension ou de création de zones d’activi-
tés.
- Lors de la révision des documents d’urbanisme, les communes pourront envisager
les actions d’organisation du foncier forestier à mettre en oeuvre pour développer la
filière bois.

En matière d’énergies renouvelables, il est proposé de « favoriser l’émergence d’une


agence locale de l’énergie », « sensibiliser les aménageurs et constructeurs à la mise
en oeuvre de sources d’énergies renouvelables collectives ou individuelles » et « in-
viter les collectivités à s’engager dans des démarches d’exemplarité ».

En ce qui concerne les prescriptions :


RAPPORT DE PRESENTATION

- Toute opération d’aménagement « de taille significative » doit être accompagnée


d’une évaluation environnementale et énergétique du projet permettant d’envisager
les mesures propres à économiser et/ou produire de l’énergie.
- Les règlements des PLU doivent être suffisamment souples pour permettre la mise
en oeuvre de formes urbaines compactes, économes en espace et en énergie. Des
reculs sur voie pourront être autorisés dès lors qu’ils favorisent l’ouverture des faça-
des des logements orientées au sud.
- Ces règlements doivent permettre d’implanter sur les constructions des ouvrages
nécessaires à une production énergétique autonome, et autoriser le recours à des
matériaux ou formes architecturales utilisés en éco-construction (bois, terre, chan-
vre, toitures végétales, matériaux de recyclage...).
38
- Dans toute opération d’aménagement, une réflexion doit être engagée sur les im-
plantations, hauteurs et volumétries des constructions afin de mieux tenir compte
des contraintes d’ensoleillement.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

- Les Zones d’Aménagement Concerté doivent avoir des objectifs de préservation des
ressources naturelles et de performance énergétique.
- Les boisements importants doivent être protégés par les PLU, notamment pour ga-
rantir le maintien de la ressource en bois en vue du développement d’une filière bois
ou bois-énergie sur le Pays.

Il est également prescrit d’ engager sur les énergies renouvelables une réflexion
intercommunale à mettre en cohérence à l’échelle du Pays. Elle mettra notamment
en évidence les zones propices au développement de l’éolien, des énergies marines
(énergie hydrolienne, maréethermique, osmotique, des vagues, marémotrice...) et
de la micro-hydraulique (moulins à marée et de rivières...). Elle pourra se traduire
par la réalisation de schémas locaux de développement (schéma éolien par exem-
ple), en lien avec les Pays voisins.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Enfin, le SCOT recommande aux communes de réfléchir aux mesures à mettre en
oeuvre pour protéger les biens et les personnes dans les zones basses du territoire
ou dans les zones à risque connu.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

L’ensemble des orientations ci-dessus est susceptible d’avoir des répercussions fa-
vorables sur le climat. On pourrait par ailleurs attendre des bénéfices de la part
d’opérations d’aménagement urbain ou de sites d’activités intégrant des notions de
confort climatique par le traitement de la végétation ou de l’eau. C’est un domaine
dans lequel un savoir-faire reste à développer localement.

3.2. Incidences négatives

Le SCOT ne propose pas d’objectifs chiffrés en matière d’émissions de gaz à effet de


serre, mais il est vrai que le cadre juridique de l’urbanisme ne permet pas pour l’ins-
tant d’intervenir efficacement dans ce domaine. La croissance de la population ainsi
que la poursuite du développement économique et l’augmentation des déplacements
associés auront pour effet de maintenir la tendance à une augmentation locale des
rejets de gaz. La mise en œuvre de mesures compensatoires peut cependant atté-
nuer cette tendance. RAPPORT DE PRESENTATION

3.3. Mesures compensatoires

Le SCOT préconise logiquement le développement de pratiques innovantes en génie


écologique, tant en milieu urbain que péri-urbain ou rural, et la qualité de la vie au
quotidien : soins portés à l’aménagement de micro-paysages dans les espaces pu-
blics ou d’opérations privées collectives, création d’ambiances…

Le SCOT contient diverses mesures allant dans le sens d’une limitation des rejets
de gaz à effet de serre (promotion de modes de déplacement non polluants et d’une
forme urbaine plus compacte, invitation à développer des sources d’énergie renou-
velables, etc). 39

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


4. Propositions d’indicateurs

- Relevés des stations météo locales : Auray, Carnac, Bangor, Quiberon, Camors et
Landévant (site : http://climatheque.meteo.fr/) sur les paramètres suivants : préci-
pitations, températures, ensoleillement, vent… (si disponibles). Toutefois, l’analyse
de ces données doit reposer sur des séries suffisamment longues pour pouvoir dé-
gager des informations exploitables, lesquelles refléteront davantage des tendances
générales que l’efficacité du SCOT en matière énergétique.
- « Bilan carbone » du territoire ou de certaines collectivités au sein de celui-ci.

I c) Incidences sur l’hydrosphère

1. Les perspectives d’évolution

Les cours d’eau ont été modifiés dans le passé par l’aménagement et le fonctionne-
ment de nombreux moulins, qui ont nécessité l’aménagement de barrages et de dé-
rivations. Dans un passé plus récent, on a assisté à la multiplication des plans d’eau
d’agrément ainsi que des busages liés à des aménagements routiers. L’augmentation
des surfaces étanches dans les bassins versants a contribué à la perturbation du
régime naturel des cours d’eau. Actuellement, les dispositions de la loi sur l’Eau sem-
blent relativement respectées, tandis que les PLU offrent de nouveaux moyens pour
limiter l’imperméabilisation des sols et mieux gérer les eaux pluviales. On peut donc
espérer une stabilisation de l’état physique des cours d’eau, voire même des actions
de reconquête à l’image du programme de restauration et d’entretien mené depuis
2004 sur l’Evel.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT fixe l’objectif de recenser l’ensemble du réseau hydrographique et des zo-


nes humides du territoire. La finalité est de demander aux communes de classer ces
milieux en zones naturelles dans leur document d’urbanisme.

Par ailleurs, en classant les liaisons naturelles dans les plans locaux d’urbanisme et
en proscrivant les coupures de ces liaisons par l’urbanisation, le SCOT fixe un objectif
qui renforce la protection des cours d’eau.
RAPPORT DE PRESENTATION

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Sur le plan de la protection physique des cours d’eau, le SCOT reprend une mesure
phare du SAGE Blavet, qui consiste à imposer aux communes de réaliser un inven-
taire des zones humides et des cours d’eau sur leur territoire lors de l’élaboration de
leur PLU.

40
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Par ailleurs, il impose des règles visant à assurer leur protection dans leur règlement
d’urbanisme :
- « Classer les zones humides, les cours d’eau et les boisements associés en zones
naturelles, notamment dans les secteurs proches de l’urbanisation ;
- Interdire la transformation de leur état initial et tout aménagement dans ces zones,
sauf pour des projets dont l’intérêt général serait démontré et sous réserve de la
mise en œuvre de mesures compensatoires ; »

Au delà du classement de ces écosystèmes dans les PLU, le SCOT apporte des pres-
criptions complémentaires :
« La continuité du réseau hydrographique et l’interconnexion des zones humides
depuis les sources jusqu’à l’embouchure des cours d’eau est à rechercher. Les opéra-
tions d’aménagement et d’extension urbaine ne devront pas avoir pour conséquence

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
l’isolement ou l’enserrement des zones humides. Pour les sites ne présentant pas
d’enjeux directs liés à la lutte contre les inondations, le cheminement naturel des
cours d’eau doit être conservé ainsi que l’état naturel des rives et berges. »

Le SCOT fixe également des prescriptions en vue réduire l’impact du développement


de l’urbanisation sur le régime hydraulique et la qualité des cours d’eau (interdiction
des rejets sans prétraitement).

Par ailleurs, l’ensemble des prescriptions qui visent à limiter et réguler le débit des
eaux de ruissellement des nouvelles opérations d’urbanisme (cf chapitre Va « Inci-
dences sur les risques naturels : le risque d’inondation ») permettront de ne pas alté-
rer le régime hydraulique des cours d’eau par rapport à l’état actuel. En effet, sans la
mise en place de mesures compensatoires imposées par le SCOT, le développement
de l’urbanisation induirait une augmentation artificielle des débits des cours d’eau ;
les plus fortes crues dégraderaient davantage les caractéristiques physiques et biolo-
giques des cours d’eau (lit, berges, végétation, zones de frayère…).

Enfin, l’ensemble des mesures ayant pour objectif de poursuivre l’amélioration des
systèmes d’assainissement, d’améliorer la gestion des eaux pluviales et de garantir la
sécurité de l’alimentation en eau potable (ces thèmes sont étudiés plus précisément
dans la suite du document) vont dans le sens d’une préservation de la qualité des
cours d’eau.

3.2. Incidences négatives RAPPORT DE PRESENTATION

Les dispositions du SCOT ne paraissent pas susceptibles d’avoir des incidences néga-
tives sur les caractéristiques physiques de l’hydrosphère. On mentionnera toutefois la
préconisation d’autoriser dans les zones humides la réalisation de « projets dont l’in-
térêt général serait démontré ». La notion d’intérêt général ne paraît pas suffisante
pour éviter certaines dérives, il faudrait surtout pouvoir démontrer que le projet en
question ne peut pas être réalisé ailleurs ou selon d’autres modalités.

3.3. Mesures compensatoires

Dans le cas de « projets dont l’intérêt général serait démontré », que le SCOT con-
sidère comme potentiellement recevables dans les zones humides, des efforts par- 41

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


ticuliers doivent être déployés pour les réaliser ailleurs que dans des zones humides
ou, si ce n’est pas possible, selon des modalités permettant une stricte limitation des
impacts, lesquels devront être compensés.

4. Propositions d’indicateurs

Le schéma départemental de vocation piscicole et halieutique contient différents indi-


cateurs relatifs aux caractéristiques physiques des principaux cours d’eau, par exem-
ple en ce qui concerne le caractère perturbé ou non des débits.

II. INCIDENCES SUR L’ENVIRONNEMENT BIOLOGIQUE

II a) Incidences sur les milieux naturels

1. Les perspectives d’évolution

La question des perspectives d’évolution des espaces naturels est complexe. Les
évolutions peuvent être liées à des facteurs locaux aussi bien qu’extérieurs au terri-
toire, leur évaluation pose des problèmes d’échelle selon que l’on se place à celle d’un
quartier ou de l’aire du SCOT. Des évolutions négatives dans certains secteurs peu-
vent aussi être contrebalancées par des évolutions positives ailleurs, ce qui suggère
l’intérêt d’appréciations globales en plus des approches par thèmes ou par secteur
géographique. Enfin, le facteur « temps » doit être pris en compte : ainsi, l’arasement
d’un talus constitue un bouleversement immédiat, tandis que le retour spontané
de la chênaie sur les bois de pins maritimes, fréquemment observable dans le Pays
d’Auray, est un processus lent.

S’il existe aujourd’hui des données suffisamment précises sur la répartition des mi-
lieux naturels à travers le territoire d’étude (carte « CORINE » de l’occupation du
RAPPORT DE PRESENTATION

sol, inventaire forestier national, recensements de zones humides…), on manque de


données permettant de retracer les évolutions intervenues au cours des 10 ou 20
dernières années, à partir desquelles il serait possible d’esquisser des perspectives
d’évolution.

De façon relativement empirique, on constate que sur la partie du territoire s’éten-


dant au nord de la A82, la distribution des espaces naturels s’est simplifiée dans les
dernières décennies, ce qui ne signifie pas nécessairement que la part de ces espa-
ces aurait régressé. L’imbrication très forte entre espace agricole et milieux naturels
(bosquets, bocage, landes, prairies...) a laissé la place à une distinction tranchée en-
tre des plateaux affectés à l’agriculture, à l’urbanisation et aux équipements, et des
42 vallées laissées à leur évolution naturelle. Cette évolution, précipitée par les remem-
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

brements des années 1960-70, semble arrivée à son terme et le contour des princi-
paux ensembles naturels est aujourd’hui stabilisé, notamment grâce à l’existence de
dispositifs de protection. Au sud de la A82, la part des espaces naturels apparaît plus
importante, en raison de la forte représentation des landes et friches, et l’imbrication
entre nature et espace cultivé est restée forte, du fait de la médiocre qualité des ter-
res et de l’absence de remembrement dans certaines communes. Dans ce territoire,
l’avenir des bois de pins maritimes devient une grande interrogation.

Pour les années à venir, le principal problème ne serait pas tant de protéger les
espaces naturels contre les emprises de l’urbanisation, que de leur éviter la déshé-
rence et de les gérer de manière à préserver leur diversité biologique, si possible
y réintroduisant des modes de valorisation économique. En outre, la césure entre
espaces naturels et espaces « agro-industriels » n’est pas satisfaisante au plan envi-
ronnemental, et il pourrait être intéressant de ramener de la nature sur les plateaux

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
agricoles sous la forme de haies bocagères, de pratiques agricoles moins soutenues,
de prairies, etc.

Les milieux maritimes posent des problèmes spécifiques et peut-être plus préoccu-
pants : déséquilibres biologiques liés à l’eutrophisation des eaux côtières, prolifé-
ration ou disparition de certaines espèces d’algues, réduction des biotopes par les
aménagements littoraux, surexploitation de certaines ressources, etc. La tendance
à l’amélioration de la qualité des eaux continentales devrait commencer à se faire
sentir sur le littoral dans les années qui viennent, mais le réchauffement climatique
pourrait poser à son tour de nouveaux problèmes en modifiant les conditions de vie
des organismes marins dans les eaux côtières. Les eaux du Mor-Braz paraissent par-
ticulièrement exposées à de tels dysfonctionnements.

2. Les objectifs du SCOT

Le document d’orientation générales contient de nombreuses dispositions concernant


les milieux naturels terrestres.

1. Prise en compte pour définir la capacité d’accueil des communes


Parmi les critères de la capacité d’accueil figurent la protection et la gestion de l’envi-
ronnement (fragilité des espaces naturels, fonctionnement des écosystèmes…), l’ob-
jectif fondamental étant de limiter la consommation d’espace par l’urbanisation.
RAPPORT DE PRESENTATION

2. Protection du littoral
Le SCOT demande une protection durable des espaces proches du rivage, dans les-
quels se trouvent des milieux naturels remarquables et fragiles.

3. Protection des espaces boisés


Le SCOT demande aux PLU de protéger les « boisements significatifs et/ou structu-
rants » par un classement en «espaces boisés classés», tant pour leur valeur paysa-
gère que pour garantir le maintien de la ressource en bois. Le volume des espaces
boisés classés devra être maintenu à l’échelle du Pays. Par ailleurs, lors de la révision
des PLU, et dans l’esprit de la charte forestière du secteur de Carnac, les communes
pourront envisager les modalités de maintien et de développement des espaces boi- 43
sés et les actions d’organisation du foncier forestier à mettre en œuvre.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


4. Protection des espaces naturels remarquables et des sites à forte valeur écologi-
que.
Le SCOT prévoit que ces zones ne sont pas urbanisables et que les PLU peuvent éten-
dre les limites des zones à enjeux écologiques forts au delà des périmètres de pro-
tection actuels. Les espaces remarquables du littoral peuvent être ouverts au public à
la condition que cette fréquentation ne menace pas les caractères fondamentaux qui
ont conduit à la mise en protection, et des aménagements sont autorisés selon les
termes de l’article R. 146-2 du code de l’urbanisme.

5. Protection des milieux humides


Les communes doivent réaliser un inventaire des zones humides et cours d’eau lors
de l’élaboration de leur PLU. Les règles suivantes doivent être appliquées :
- classer les zones humides, les cours d’eau et les boisements associés en zones na-
turelles, notamment dans les secteurs proches de l’urbanisation ;
- interdire la transformation de leur état initial (affouillement, drainage, exhausse-
ment du sol, retournement de prairies humides, dépôts de matières quelle que soit
leur nature) et tout aménagement dans ces zones, sauf pour des projets dont l’intérêt
général serait démontré et sous réserve de la mise en oeuvre de mesures compen-
satoires ;
- réaliser une analyse des risques et établir des mesures compensatoires pour tout
projet venant perturber le fonctionnement ou remettre en cause l’existence d’une
zone humide ;
- privilégier la non-destruction d’une zone humide plutôt que la mise en place de
mesures compensatoires.

6. Gestion des espaces naturels


Le DOG recommande à ce titre que les PLU recensent et préservent les sites d’inté-
rêt écologiques secondaire mais participant à la qualité paysagère, à l’identité de la
commune, au cadre de vie et à la proximité de la nature au cœur du tissu urbain. En
outre, l’état initial de l’environnement figurant dans les PLU peut être complété d’une
analyse de la sensibilité des espaces à leur ouverture au public et ainsi permettre de
définir les sites pouvant faire l’objet d’une telle ouverture.
Le DOG indique également que les mesures de protection doivent être encouragées
pour limiter les impacts de toute fréquentation ou de toute activité, et que la circu-
lation des véhicules à moteur au sein des espaces naturels et sur les itinéraires de
RAPPORT DE PRESENTATION

randonnée devra être réglementée. Enfin, les communes peuvent proposer des péri-
mètres d’acquisition sur l’ensemble des espaces naturels présentant un fort enjeu de
biodiversité, tels que les habitats présents dans les espaces du réseau Natura 2000,
les espaces naturels remarquables du littoral…

Ces mesures pourront s’étendre sur des espaces intérieurs d’intérêt écologique moin-
dre mais essentiels pour offrir à terme une plus grande offre de sites attractifs pour
la population. Elles permettront notamment de diminuer la pression de fréquentation
sur les espaces sensibles du littoral. Les acquisitions sont à renforcer pour disposer
d’une maîtrise foncière sur des ensembles cohérents.

44
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

7. Protection et régénération du bocage


Il est demandé à chaque commune d’identifier les haies bocagères ou talus qui mé-
ritent d’être sauvegardés, en vue de leur affecter un classement en espaces boisés
classés. L’établissement de schémas bocagers communaux est à encourager, afin
d’identifier les secteurs de réhabilitation du maillage bocager. Des actions visant à
conforter la valorisation économique des haies et les bonnes pratiques de gestion
pourront être engagées. Enfin, un travail sur les arbres remarquables pourra être
réalisé.

8. Milieu marin
Le milieu marin n’est pas traité en tant que tel par les documents du SCOT. Ce sujet
est toutefois abordé indirectement au travers des activités aquacoles et liées à la
pêche. Ainsi, le DOG demande aux communes de prévoir des aires de carénage pro-

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
pres pour les navires professionnels, afin d’améliorer la qualité des eaux. Il demande
aussi de rechercher des sites pour le développement d’ «activités de pisciculture non
polluantes», que le règlement des PLU ne devra pas pénaliser, et de reconquérir la
qualité des eaux conchylicoles.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les dispositions ci-dessus seront incontestablement favorables à la préservation des


milieux naturels. Il convient toutefois d’opérer une distinction entre ce qui relève de
l’apport propre du SCOT, c’est à dire des règles nouvelles instituées par celui-ci, et
ce qui relève d’un simple rappel d’outils juridiques, de politiques ou de possibilités
d’action qui existent déjà et peuvent évoluer en l’absence de SCOT.

Préalablement, il y a lieu d’examiner la prise en compte des milieux naturels dans la


détermination de la capacité d’accueil des communes. A l’arrière-plan de ce principe
se trouve l’idée selon laquelle la sensibilité des milieux naturels pourrait constituer
un facteur limitant pour la croissance urbaine. Sa mise en œuvre se heurte à des
problèmes pratiques difficiles. La capacité de résistance des milieux naturels dépend
en effet de la manière dont ils sont protégés et gérés. Des milieux naturels fragiles
peuvent cohabiter avec une urbanisation dense, ou être anéantis dans un contexte de
faible urbanisation mais de fréquentation anarchique, en l’absence de toute gestion. RAPPORT DE PRESENTATION
Pour déterminer si la sensibilité des milieux peut être un facteur limitant et pour pou-
voir extraire de ce constat des éléments de cadrage, il conviendrait préalablement
d’effectuer un diagnostic de l’état de conservation et de la gestion des milieux natu-
rels ; il serait ainsi plus aisé de savoir si ces milieux peuvent ou non supporter un ac-
croissement de la capacité d’accueil permanente ou saisonnière. L’échelon communal
n’est d’ailleurs pas nécessairement adapté à ce type de démarche. Une telle réflexion
sur la capacité d’accueil des communes au regard de la sensibilité des milieux natu-
rels est déjà imposée depuis 1986 par l’article L 146-2 du code de l’urbanisme (loi «
Littoral »), mais dans les faits, elle est rarement conduite. La portée pratique de la
disposition sus-visée du DOG paraît donc limitée.
45

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Protection du littoral
Le SCOT rappelle les dispositions de la loi Littoral.

Protection des espaces boisés


La prise en compte des espaces boisés par les PLU est dès à présent très correcte et
va même au-delà de ce qui apparaîtrait parfois nécessaire, en particulier dans des
communes où les surfaces boisées sont en accroissement. Dans toutes les commu-
nes littorales, la protection des boisements « les plus significatifs » est en outre une
obligation légale.

Protection des espaces naturels remarquables


Dans la mesure où il s’agit d’espaces « à statuts », y compris des ZNIEFF, leur prise
en compte par les PLU est généralement satisfaisante. L’apport du SCOT réside dans
le rappel de la faculté qu’ont les communes de délimiter des espaces protégés au-delà
du périmètre des protections existantes. Cette possibilité est déjà utilisée, puisque
les zonages de type N vont très au-delà des espaces naturels à statuts particuliers.

Protection des milieux humides


L’inventaire et la protection des milieux humides sont aujourd’hui systématiquement
demandés par l’Etat. Par ailleurs les projets susceptibles de perturber des zones
humides sont soumis au respect des obligations de la loi sur l’Eau et c’est principale-
ment dans ce cadre que des mesures compensatoires peuvent valablement être étu-
diées, compte tenu des caractéristiques du projet. Il n’appartient pas à un document
d’urbanisme de déterminer a priori les mesures compensatoires applicables à des
projets de nature et d’importance indéterminées.

Gestion des espaces naturels


La question de la capacité des espaces à recevoir une ouverture au public peut être
traitée par le rapport de présentation du PLU, mais il ne peut y avoir de préconisa-
tions efficaces en la matière que sur la base d’un diagnostic écologique et du fonc-
tionnement de chaque site, ce qui relève plutôt des objectifs d’un plan de gestion. De
telles études, s’ajoutant à celles imposées dans le cadre juridique des PLU, doivent
être expressément prévues par les cahiers des charges. Compte tenu du fait que
beaucoup de sites couvrent plusieurs communes, elles pourraient être réalisées à
l’échelle du Pays.
RAPPORT DE PRESENTATION

En ce qui concerne la circulation des véhicules à moteur dans les espaces naturels,
elle est régie par la circulaire du 6 septembre 2005 qui se réfère elle-même à plu-
sieurs textes antérieurs.

Enfin, en ce qui concerne les « périmètres d’acquisition foncière » évoqués par le


DOG, la commune a toute latitude pour acquérir par ses propres moyens des espaces
naturels dont elle souhaite assurer la sauvegarde. Elle peut aussi inscrire dans son
PLU des emplacements réservés à cet effet. Elle peut également exercer son droit
de préemption urbain dans des espaces naturels zonés au PLU en tant que tels, mais
sous réserve d’une délibération spécifique. En ce qui concerne les zones de préemp-
tion instituées spécifiquement en faveur des espaces naturels, elles sont destinées à
46 titre principal au Conservatoire du Littoral et au Département. Les communes peuvent
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

demander à ces collectivités de créer des zones de préemption, d’étendre celles qui
existent déjà, d’y acquérir certains terrains ; elles peuvent aussi se substituer à ces
collectivités dans l’hypothèse où elles n’exerceraient pas leur droit de préemption. Il
serait surtout souhaitable que le Conseil Général étende le périmètre de perception
de la taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS) à l’ensemble du
département, et que la politique des zones de préemption soit mise à jour pour être
étendue à des espaces intérieurs et à de nouveaux objets de protection.

Protection du bocage
Le SCOT demande aux communes d’identifier et de préserver leur maillage boca-
ger et d’utiliser leur PLU à cette fin, en choisissant le moyen le mieux adapté. Cette
solution est préférable à la protection de type « espace boisé classé » qui avait été
évoquée dans une version antérieur du DOG.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Gestion des friches
Les dispositions antérieurement envisagées pour la gestion des friches ont été aban-
données, ce qui va dans un sens favorable à la biodiversité.

Milieu marin
Les dispositions proposées ci-dessus en faveur du milieu marin (aires de carénage, «
reconquête » de la qualité des eaux conchylicoles) ne peuvent qu’avoir des incidences
positives. On peut toutefois s’interroger sur la notion d’ « activités de pisciculture non
polluantes », qui paraît a priori séduisante mais soulève divers problèmes pratiques.
Avant de demander aux PLU de ne pas entraver le développement de telles activités,
il conviendrait de préciser de quoi il s’agit, et plus précisément de démontrer le ca-
ractère « non polluant » de ces nouvelles pratiques.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions précitées ne sont pas susceptibles d’avoir une influence négative
sur l’environnement. On mentionnera toutefois la préconisation d’autoriser dans les
zones humides la réalisation de « projets dont l’intérêt général serait démontré ».
La notion d’intérêt général ne paraît pas suffisante pour éviter certaines dérives, il
faudrait surtout pouvoir démontrer que le projet en question ne peut pas être réalisé
ailleurs ou selon d’autres modalités.
RAPPORT DE PRESENTATION

Par ailleurs, compte tenu du fait que l’intérêt écologique des pinèdes et landes boi-
sées du Pays d’Auray demeure relativement mal connu, il convient d’être attentif aux
incidences possibles d’un développement de la « filière bois », susceptible de modifier
la nature de ces milieux.

La suggestion d’identifier dans les communes littorales des « secteurs propices au


reboisement » peut poser des problèmes environnementaux puisque si ces secteurs
ne sont pas délimités sur des espaces agricoles, ils le seront sur des milieux naturels
qui n’ont pas nécessairement besoin d’être boisés ou reboisés, d’autant qu’il existe
actuellement une forte tendance au boisement spontané dans les communes littora-
les. Il conviendra de veiller à ce que de tels périmètres ne soient pas institués sur des 47
milieux d’intérêt patrimonial tels que les landes, les dunes et les marais.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Enfin, certains projets de création ou d’extension de zones d’activités peuvent avoir
des incidences marquées sur les milieux naturels. La proposition de « port à sec » à
Erdeven a été abandonnée, ce qui renforce la protection du massif dunaire, mais les
zones d’activités de Lissaden (Pluneret), Kergroix (Carnac) et la Madeleine (Ploemel)
peuvent affecter un environnement relativement fragile avec des bois, des cours
d’eau, des zones humides etc. Ces opérations seront soumises à étude d’impacts.

3.3. Mesures compensatoires

Les études d’impacts relatives aux zones d’activités définiront les mesures spécifi-
ques à chaque projet.
L’abandon du projet de port à sec à Erdeven fait partie des mesures destinées à éviter
un impact qui s’annonçait défavorable à l’environnement.

4. Propositions d’indicateurs

Plusieurs indicateurs peuvent être commodément utilisés ici :


- La superficie des principales catégories de milieux naturels, selon la classification et
la cartographie CORINE-biotopes.
- La superficie et la typologie des végétations forestières, selon les données de l’In-
ventaire forestier national.
- La superficie et la typologie des zones humides, à mesure que les inventaires par
commune seront réalisés.
- La superficie des habitats d’intérêt communautaire à l’intérieur des sites Natura
2000.
- Le linéaire de haies bocagères par commune. Il conviendrait toutefois d’avoir un
protocole d’inventaire commun à tout le territoire, et de telles données ne sont pas
disponibles à l’heure actuelle.

L’évolution des superficies protégées par voie réglementaire ou contractuelle peut


être analysée, mais elle ne constitue pas un indicateur de l’état de conservation des
milieux naturels. Cette donnée reflète en revanche les efforts déployés par les collec-
tivités publiques pour protéger les espaces naturels.
RAPPORT DE PRESENTATION

II b) Incidences sur la faune et la flore

1. Les perspectives d’évolution

Le thème est trop vaste pour être traité en quelques lignes dans le présent cadre.
Les changements dans le statut des populations d’espèces sont dus à d’innombrables
causes, dont toutes ne sont pas connues, et qui peuvent être à rechercher à l’exté-
rieur du territoire. A titre d’exemple, à la date de la présente étude, il est beaucoup
question des incidences du réchauffement climatique sur les écosystèmes maritimes
48 et littoraux. Ces incidences sont incontestables et mesurables sur le statut de certai-
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

nes espèces ; pour autant, tous les changements observables (tels que l’explosion
des populations sauvages d’huîtres creuses, ou la raréfaction des peuplements d’al-
gues brunes) ne peuvent pas nécessairement être imputés à ce phénomène. Les mi-
lieux littoraux sont également affectés par la surexploitation de certaines ressources
; ainsi, la pêche à pied telle qu’elle est pratiquée contribue à l’appauvrissement des
estrans.

En ce qui concerne les milieux terrestres, la perte de diversité biologique dans la


campagne est un phénomène marquant et inquiétant. La simplification du paysage
rural, avec d’un côté de grandes étendues d’agriculture intensive et de l’autre des
couloirs de vallées à l’abandon, a été spectaculaire dans toutes les communes re-
membrées et a mis un terme à l’extraordinaire imbrication de terres agricoles, de bo-
cage et de milieux de toute nature qui régnait jusque dans les années 1960. Il en est
résulté un effondrement des populations de nombreuses espèces (insectes, oiseaux,

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
amphibiens, reptiles…). Cette tendance est actuellement freinée et il existe des in-
dices positifs (réimplantation de haies, extension des boisements…). Par ailleurs, la
multiplication des voiries et des zones d’urbanisation compartimente les espaces na-
turels, tandis que la doctrine du « propre » qui prévaut dans la gestion des espaces
verts publics et privés contribue également à la perte de diversité biologique. Les
perspectives pour les années à venir semblent assez médiocres pour la faune et la
flore sauvages, notamment en raison de la pression de l’urbanisation, d’un possible
besoin d’extension des surfaces cultivées et d’un accroissement de la fréquentation
des milieux naturels.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT ne contient pas de dispositions spécifiques en matière de faune et de flore.


Celles-ci sont concernées par le SCOT au travers des dispositions applicables à la
protection des espaces naturels.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les principales incidences positives sont liées à l’identification d’un réseau de « liaisons
naturelles » qui bénéficieront de protections contre les coupures par l’urbanisation.
RAPPORT DE PRESENTATION
Ce réseau permettra de maintenir à long terme des couloirs de circulation pour les
espèces sauvages. Toutefois, le SCOT n’aura pas d’incidences sur les pratiques agri-
coles ni sur la gestion du milieu marin.

La dernière version du DOG rappelle à juste titre que les « liaisons naturelles » sont
destinées en premier lieu à la flore et à la faune et qu’elles n’ont pas nécessairement
à être empruntées par des chemins ouverts au public.

3.2. Incidences négatives

Toutes les opérations d’aménagement prévues par le SCOT sont susceptibles d’avoir
des incidences négatives sur la faune et la flore, mais aucune n’est localisée ni défi- 49
nie de façon suffisamment précise pour que ces incidences puissent être mesurées.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Il appartiendra aux études d’impacts et aux autres études environnementales éven-
tuellement nécessaires (dossiers d’incidences au titre de la loi sur l’Eau ou de Natura
2000) de les définir et de proposer les mesures compensatoires nécessaires.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs

L’idée de prendre des espèces animales ou végétales « emblématiques » comme in-


dicateurs de la réussite des objectifs du SCOT peut paraître séduisante. Elle n’est ce-
pendant pas retenue a priori, compte tenu du fait que les évolutions des populations
sont la plupart du temps déterminées par des facteurs sans lien direct avec le SCOT
lui-même, qu’il s’agisse des peuplements piscicoles, des colonies d’oiseaux marins,
des plantes rares du bord de mer, des effectifs de loutres, etc. Cette observation n’ex-
clut pas que des indicateurs exploitables puissent être trouvés ultérieurement.

II c) Incidences sur la protection des espaces naturels en réseaux


cohérents

1. Les perspectives d’évolution

La tendance à la fragmentation des ensembles naturels s’observe dans le Pays d’Auray


comme ailleurs, sous l’effet du développement de l’urbanisation et des équipements.
Ce processus pose des problèmes non seulement écologiques mais aussi sociaux,
lorsque des ouvrages difficilement franchissables s’intercalent entre les espaces ha-
bités et la campagne. Cette évolution va se poursuivre dans les années à venir, si
l’on en juge par l’existence de projets routiers (non portés par le SCOT) qui aggra-
veront des coupures existantes (mise à 2x2 voies d’une section de la route Auray
– Quiberon) ou en créeront de nouvelles (éventualité d’un doublement de la A82 par
le nord, impliquant la traversée de plusieurs grands ensembles naturels aujourd’hui
préservés).
RAPPORT DE PRESENTATION

Cette multiplication des coupures n’est cependant pas inéluctable. A partir du mo-
ment où l’existence de continuités naturelles est connue, il peut exister des solutions
techniques pour éviter ou limiter des effets de coupure. Ce que l’on sait aujourd’hui
faire pour maintenir la continuité biologique des cours d’eau, on peut l’appliquer dans
d’autres domaines. Il est aussi possible d’imposer la localisation des extensions d’ur-
banisation à l’écart des continuités naturelles, c’est là une mesure qui relève pleine-
ment des compétences d’un SCOT.

2. Les objectifs du SCOT

50 Le document d’orientations générales « affirme les liaisons naturelles comme un élé-


ment structurant du territoire » ; il les identifie sur un document cartographique, et
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

demande de «conforter la présence des liaisons naturelles par leur classement dans
les Plans Locaux d’Urbanisme ». Il est à noter que cette notion de liaisons naturelles
anticipe sur celle de « trame verte et bleue »contenue dans la loi dite « Grenelle 1 ».

Selon le D.O.G., les documents d’urbanisme doivent assurer, à long terme, le main-
tien des liaisons naturelles par un zonage approprié, en veillant à la cohérence de ce
zonage avec celui proposé par les communes limitrophes. Pour cela, les communes
devront effectuer lors de l’élaboration de leur PLU, un travail d’identification et d’in-
ventaire de ces liaisons en s’appuyant sur un travail de terrain permettant de préciser
et d’affiner la cartographie des liaisons naturelles annexée au SCOT. Après inscription
au PLU, toute coupure de ces liaisons par l’urbanisation sera proscrite. Toutefois, les
extensions urbaines ou les aménagements d’infrastructures sont possibles dans la
mesure où ils ne portent pas atteinte à l’équilibre des écosystèmes naturels ou si des
mécanismes de compensation pour les écosystèmes endommagés sont envisagés

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
: création de nouveaux espaces naturels, recréation d’écosystème naturels... Les
infrastructures de transports, les réseaux et équipements liés à la gestion de l’eau
et à la production d’énergie renouvelable, y sont autorisés, sous réserve que ces
aménagements ne compromettent pas la continuité des liaisons. Des mesures de
compensation (passage à faune, ouvrages de franchissement pour les modes doux,
rétablissement des continuités hydrologiques...) devront être mises en oeuvre pour
garantir la continuité de ces liaisons s’il n’existe pas de solutions alternatives.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les incidences favorables du SCOT sur la préservation des continuités d’espaces na-
turels devraient être très importantes, puisqu’il ne sera plus possible d’urbaniser ces
espaces. En outre, le fait d’avoir identifié ces continuités à l’échelle de l’ensemble
du territoire sera un facteur de cohérence entre les différents PLU. Ceux-ci pourront
d’ailleurs compléter le dispositif prévu par le SCOT en greffant sur ces grandes con-
tinuités naturelles des secteurs d’intérêt plus local. Toutefois, l’expérience d’autres
territoires suggère qu’un travail de formation et de sensibilisation des chargés d’étu-
des de PLU est nécessaire pour que ceux-ci soient pleinement à même de « porter »
l’idée des liaisons naturelles tout au long des études, du diagnostic communal jusqu’à
son articulation avec des projets urbains précis.
RAPPORT DE PRESENTATION
Les dispositions du SCOT en faveur des continuités naturelles trouvent leur limite
à l’égard des grands projets d’équipements soumis à déclaration d’utilité publique
(DUP). Dans la mesure où celle-ci prévaut sur les dispositions des documents d’ur-
banisme, il paraît juridiquement difficile d’imposer des principes d’aménagement à
ce type d’opération ; la prise en compte des continuités naturelles relèvera donc en
grande partie de la bonne volonté du maître d’ouvrage et de sa capacité financière
à prévoir des mesures compensatoires à la hauteur des enjeux écologiques et so-
ciaux.

51

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


3.2. Incidences négatives

Il n’a pas été noté d’incidences négatives du SCOT sur la préservation des espaces
naturels en réseaux cohérents. Toutefois, certains projets de zones d’activités s’ap-
prochent de liaisons naturelles identifiées (à titre d’exemples : Lissaden sur la com-
mune de Pluneret, Kergroix sur la commune de Carnac) et peuvent avoir une inci-
dence négative si leur délimitation et leurs schémas d’aménagement ne prennent pas
suffisamment en compte l’environnement. La question des nuisances périphériques
(au-delà de la seule emprise physique du projet) devra être étudiée avec soin dans
le cadre des études d’impacts, et faire l’objet de mesures compensatoires adaptées
; il peut s’agir notamment de la production de déblais, des rejets d’eaux pluviales et
usées, des vues, des nuisances sonores, de la propagation de déchets à l’extérieur
du site…

3.3. Mesures compensatoires

Les dispositions contenues dans le document d’orientations générales du SCOT cons-


tituent par elles-mêmes un programme de mesures compensatoires pour les opé-
rations d’aménagement de toute nature, puisqu’il s’agit d’éviter les impacts sur les
liaisons naturelles, ou de les limiter s’ils ne peuvent être évités, ou de compenser
ceux qui ne peuvent être ni évités, ni limités.

Conséquence du paragraphe 3.2 « Incidences négatives », un haut niveau d’exi-


gence et vigilance s’impose pour les opérations prévues par le SCOT au voisinage
des liaisons naturelles. Il en va de même à l’égard de projets d’aménagement, no-
tamment de projets routiers, indépendants du SCOT et soumis à déclaration d’utilité
publique, compte tenu de l’ampleur de leurs impacts potentiels. Les études d’impacts
relatives aux zones d’activités et aux routes définiront les mesures spécifiques à cha-
que projet.

4. Propositions d’indicateurs

La carte des liaisons naturelles établie dans le cadre du SCOT peut servir de référence
et permettra de localiser les nouvelles coupures qui apparaîtraient au fil des ans.
RAPPORT DE PRESENTATION

II d) Incidences sur les sites Natura 2000

Le décret n° 2005-608 du 27 mai 2005 prévoit que l’évaluation environnementale «


expose les problèmes posés par l’adoption du schéma sur la protection des zones re-
vêtant une importance particulière pour l’environnement telles que celles désignées
conformément aux articles R. 214-18 à R. 214-22 du code de l’environnement ainsi
qu’à l’article 2 du décret n° 2001-1031 du 8 novembre 2001 relatif à la procédure de
désignation des sites Natura 2000 ». Ces dispositions visent les zones de protection
spéciale et les zones spéciales de conservation constituant le réseau des « sites Na-
52 tura 2000 ».
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Le territoire du Pays d’Auray est concerné par cinq sites Natura 2000 : la rivière
d’Etel, Belle-Ile en Mer, l’archipel de Houat et Hoëdic, le Golfe du Morbihan, le massif
dunaire de Gâvres à Quiberon.
A ces sites étendus s’ajoute l’église de Crac’h, qui présente un intérêt pour les chi-
roptères.

1. Les perspectives d’évolution

Les perspectives actuelles d’évolution des sites Natura 2000 du Pays d’Auray pré-
sentent des aspects divergents. Comme la plupart des sites littoraux, ils bénéficient
actuellement de toute une palette de mesures de protection, et dans certains cas de
gestion, d’où il résulte qu’ils sont désormais préservés contre les dégradations « lour-
des » telles que l’urbanisation ou les gros équipements touristiques. Par ailleurs, des

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
travaux de restauration ont été entrepris en divers endroits, et se traduisent par une
nette amélioration de l’état de conservation des milieux naturels. En sens inverse, la
pression de fréquentation est de plus en plus forte et pose des problèmes difficiles
aux gestionnaires. D’autres problèmes, comme les plantes invasives, sont apparus.
Pour les années à venir, les perspectives d’évolution sont relativement encouragean-
tes, à la condition que les budgets publics affectés à la gestion soient à la hauteur des
problèmes liés à la fréquentation des sites, et qu’il existe une volonté politique locale
de diminuer les pressions en reculant les dispositifs d’accès et de stationnement.

2. Les objectifs du SCOT

Le D.O.G. prévoit de « préserver les espaces naturels à forte valeur écologique »


parmi lesquels figurent les sites Natura 2000. Il indique que ces zones ne sont pas
urbanisables et que les PLU peuvent étendre les limites des zones à enjeux écologi-
ques forts au delà des périmètres de protection actuels, afin de créer ou de préserver
plus largement des écosystèmes.

Il prévoit également de favoriser la gestion des espaces par une politique foncière
adaptée, en rappelant que les communes peuvent proposer des périmètres d’acqui-
sition sur l’ensemble des espaces naturels présentant un fort enjeu de biodiversité,
tels que les habitats présents dans les espaces du réseau Natura 2000, les espaces
naturels remarquables du littoral…
RAPPORT DE PRESENTATION
3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les grandes orientations du SCOT, notamment le principe d’économie d’espace et


l’identification d’un réseau de liaisons naturelles protégées, vont dans le sens d’un
renforcement de la préservation des sites Natura 2000 contre l’urbanisation disper-
sée, l’implantation de projets qui ne tiendraient pas compte de l’environnement et
les risques de coupure des liens avec des espaces naturels périphériques. Il s’agit là
du principal apport spécifique du SCOT en la matière, au-delà du rappel des règles et
des possibilités d’action existantes.
53

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Par ailleurs les mesures proposées pour diversifier les modes d’accès au littoral,
notamment la promotion du train et du vélo, peuvent avoir des incidences positives
pour le secteur d’Etel à Quiberon, dans la mesure où elles permettront de limiter la
capacité de stationnement.

3.2. Incidences négatives

La perspective d’une maintien de l’expansion démographique du Pays d’Auray à un


niveau soutenu pose des problèmes pour la conservation des sites Natura 2000 et
plus largement, des milieux naturels fragiles. Il en résultera un accroissement de la
pression de fréquentation et donc des risques d’altération des milieux si des mesu-
res de gestion adaptées ne sont pas prises. Ces mesures passeront souvent par des
travaux de « mises en défens » qui s’apparentent à une fermeture temporaire ou
définitive de portions d’espaces naturels. Une réduction de la liberté de mouvement
du public dans les espaces naturels littoraux est donc inéluctable, à moins de recourir
à une autre solution qui consiste à reculer les voies d’accès et les aires de stationne-
ment. La question de l’accès à ces sites reste d’ailleurs posée. L’augmentation pré-
visible de la fréquentation ne saurait légitimer une expansion indéfinie des capacités
de stationnement des voitures dans les espaces naturels ou à leur périphérie et les
collectivités territoriales compétentes devront rechercher d’autres solutions.

En dehors de ces considérations d’ordre général, la seule disposition du SCOT ma-


nifestement problématique pour la conservation d’un site Natura 2000 portait sur
un secteur des dunes d’Erdeven ( projet de création de port à sec), mais elle a été
abandonnée.

En dehors des dunes d’Erdeven, il n’est pas noté d’incidence négative du SCOT sur
les sites Natura 2000 de la rivière d’Etel, de Belle-Ile, de l’archipel de Houat et Hoëdic
et du golfe du Morbihan.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs
RAPPORT DE PRESENTATION

Dans les sites Natura 2000, des indicateurs permettent d’évaluer de façon relative-
ment simple l’évolution de l’état de conservation des habitats à partir d’une situation
initiale donnée :
- La cartographie des habitats : elle permet de calculer précisément la superficie cou-
verte par les habitats d’intérêt communautaire, et de connaître son évolution dans le
temps. Tous les sites Natura 2000 en disposeront à terme.
- La cartographie de l’état de conservation des habitats : elle permet aussi de mesu-
rer l’évolution dans le temps, mais repose sur des critères moins fiables que la carte
des habitats.
- L’observatoire photographique : il donne la possibilité d’évaluer « à vue », mais
de façon très précise, l’état des habitats à un moment donné. Chaque mise à jour
54 permet d’analyser les évolutions. Un observatoire photographique constitué de vues
aériennes a été réalisé pour le Grand Site de Gâvres à Quiberon.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

III. INCIDENCES SUR LES RESSOURCES NATURELLES

III a). Incidences du SCOT en matière d’utilisation des sols

1. Les perspectives d’évolution

En 1960, 10% du territoire était urbanisé, en 2004 ce taux était de 15% soit une
augmentation de 50%. Cette pression ne cesse pas et gagne aujourd’hui les com-
munes du Nord du Pays. Cette situation entraîne divers problèmes, particulièrement
pour l’agriculture et la conchyliculture soumises à une forte pression foncière et à
des conflits d’usages. Face à cette situation, le Pays d’Auray doit encadrer avec une

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
grande rigueur ce mouvement.

Pour pouvoir maintenir et développer des activités primaires, il faut adapter et mieux
accompagner l’inéluctable urbanisation des bourgs et des hameaux (PLH,application
de la loi SRU, démarche de densification, maintien d’une agriculture périurbaine…)
Si les pôles d’équilibre « traditionnels » Auray et sa première couronne, Belz/Etel,
Quiberon, Pluvigner peuvent aider à la structuration du maillage urbain, de fortes
tendances de développement de l’urbanisation affectent aujourd’hui l’ensemble des
espaces situés au Sud de la A82. Les conséquences paysagères sont lisibles, par
exemple dans le développement des friches qui découle de deux phénomènes : le
refus de baux par les propriétaires dans la perspective de réaliser une plus-value si le
terrain devient constructible, et l’arrêt d’exploitation de surfaces du fait de l’accrois-
sement des problèmes d’accès.

Pour les années qui viennent, une des grandes questions qui se posent consiste à
savoir si l’agriculture et les espaces semi-naturels doivent indéfiniment demeurer la «
variable d’ajustement » de la croissance urbaine, ou si la préservation d’exploitations
viables et durables constitue une limite incompressible à l’urbanisation, au même
titre que la protection des espaces naturels. Le début des années 2000 marque le
début d’une prise de conscience du problème. A partir du moment où l’on additionne
les espaces naturels à protéger et les espaces agricoles indispensables au maintien
d’exploitations viables, on s’aperçoit qu’il reste dans certaines communes fort peu de
marge de manœuvre pour d’éventuelles extensions d’urbanisation. Or, cette notion RAPPORT DE PRESENTATION
de limites à l’extension urbaine est intellectuellement difficile à admettre après des
décennies de culture de la croissance et de consommation insouciante d’espace. A cet
égard, le SCOT intervient au bon moment pour parachever la prise de conscience et
en tirer toutes les conséquences sous la forme de nouvelles règles d’aménagement
du territoire et d’économie des sols.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT vise une répartition équilibrée du territoire, entre espaces naturels, agricoles
et urbains en assurant une urbanisation économe en espace. La structure multipo-
laire de l’agglomération y est envisagée comme propice à un développement conjoint 55

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


de l’habitat et des services en aidant à limiter l’étalement urbain « dévoreur d’espace ».
Une structure urbaine basée sur la notion de proximité entre habitat services et ac-
tivités mais aussi avec la préservation de la proximité ville/nature peut favoriser une
culture de prise en compte de la richesse que représente la diversité et la mixité des
espaces. Mais il est certain qu’une telle organisation territoriale peut menacer forte-
ment les équilibres environnementaux en général et l’activité agricole en particulier,
si le mode d’étalement urbain constaté ces dernières décennies n’est pas stoppé.

Pour les espaces naturels, l’objectif de préservation passe par une protection des
secteurs à forte valeur écologique ou au paysage remarquable. Pour les espaces agri-
coles et forestiers, l’objectif de pérennité est soutenu par l’idée qu’aujourd’hui, ils ne
peuvent, plus être considérés comme une simple variable d’ajustement au profit des
besoins des d’espaces urbanisés. Enfin, pour les secteurs ouverts à l’urbanisation, le
principe retenu est que l’urbanisation actuelle, qu’elle soit pour l’habitat ou les activi-
tés, doit devenir économe en espace, privilégiant les logiques de densification à celles
d’extension, de réseau à celle d’éclatement.

Pour cela il préconise :


- L’accompagnement des communes dans leurs projets de territoire, notamment en
matière d’urbanisme et de gestion foncière.
- L’évaluation du potentiel constructible dans les zones urbanisées, corrélée aux be-
soins de la commune en matière de développement, ce qui pourra conduire à réduire
la surface des zones d’extension urbaine dans les documents d’urbanisme.

Il prescrit en outre :
- pour chaque commune, d’établir son projet de développement urbain à partir d’un
état des lieux, d’une analyse prospective de ses besoins et d’une définition de la
capacité d’accueil de la commune avec laquelle il doit être cohérent. Ce projet sera
décliné dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) du Plan
Local d’Urbanisme (PLU), et le cas échéant, en orientations d’aménagement précises
(espaces de respiration à maintenir, densités recherchées par site, typologie de loge-
ments, équipements à prévoir...).
- un développement de l’urbanisation devant se faire selon des formes économes en
espace en privilégiant le renouvellement urbain et la densification des secteurs dédiés
à l’urbanisation, y compris pour les zones d’activités.
- des extensions urbaines devant se faire de manière contiguë au tissu urbain exis-
tant.
RAPPORT DE PRESENTATION

- des règlements d’urbanisme favorisant la recherche de densité et l’évolution de


celle-ci dans le temps (hauteur, coefficient d’occupation du sol, formes urbaines,
marges de recul...).
- des documents d’Urbanisme tenant compte du potentiel constructible et de den-
sification des zones déjà urbanisées avant d’établir les besoins en nouvelles zones
d’extension urbaine

3. Les incidences du SCOT

3.1 Incidences positives


56 Les dispositions principales du DOG pour mettre en œuvre le principe d’économie
d’espace sont les suivantes :
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Pour les sols dédiés à la préservation du patrimoine naturel :


- Les sites protégés pour leur valeur forte écologique ne sont pas urbanisables.
Leur accessibilité doit être adaptée à la sensibilité de chaque site.
- Les documents d’urbanisme doivent assurer, à long terme, le maintien des liaisons
naturelles par un zonage approprié, en veillant à la cohérence de ce zonage avec
celui proposé par les communes limitrophes. Toute coupure de ces liaisons par
l’urbanisation sera proscrite.

Pour les sols dédiés à l’agriculture :


- Préserver le foncier agricole dans les principales coupures d’urbanisation.
- Des transitions franches entre ville et campagne assurent la qualité paysagère et
urbaine emblématique du Pays.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
- Lorsqu’une exploitation agricole a son siège dans un village ou un hameau, la
priorité sera donnée à la préservation de son outil de production dans les pro-
jets de développement ou d’aménagement. D’une façon plus générale, tout projet
d’aménagement susceptible d’avoir un impact sur le milieu agricole devra faire
l’objet d’une étude de ses effets directs et indirects sur l’activité agricole. Dans
tous les cas la surface de la zone d’activités agricoles devra être garantie.
- Dans les îles et sur les communes littorales, le maintien de l’agriculture est à en-
courager pour préserver une qualité d’accueil, des paysages et éviter l’extension
des friches.

Pour les sols dédiés à l’urbanisation :


- Urbaniser dans la continuité des pôles existants.
- La croissance urbaine des bourgs doit être maîtrisée en rapport avec une capa-
cité d’accueil (restant à préciser).
- Des efforts de densification sont à engager.
- Poser comme priorité l’arrêt de la consommation d’espace sur le littoral.
- Toute extension de l’urbanisation à partir d’habitat isolé est « à éviter ».

Pour les sols dédiés au développement économique et aux réseaux de communica-


tions :
- Mettre en oeuvre les outils et les procédures foncières permettant le développe- RAPPORT DE PRESENTATION
ment et la création de parcs d’activités.
- Réserver les espaces d’activités proches des grands axes de communication et
isolés des foyers de population aux activités industrielles et logistiques.
- Permettre, à plus long terme, l’ouverture de nouveaux espaces d’activités spé-
cialisés.
- Favoriser l’intégration des zones d’activités et du bâti économique à leur envi-
ronnement. Les extensions de zones en « cordon linéaire » le long des routes sont
interdites.

57

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


1.3.2 Incidences négatives

Le renforcement, le développement ou encore la création de zones d’activités straté-


giques et l’amélioration de leur desserte concerneront 30 sites sur le Pays. On arrive
ainsi à un quasi doublement des surfaces des sites, ce qui aggravera logiquement les
pressions sur les espaces naturels et agricoles. Même si des mesures d’intégration
environnementale sont prises, la consommation des sols jusque là naturels ou agri-
coles se poursuivra. Les conséquences en sont toutefois difficilement évaluables en
l’absence de précisions sur les projets.

La gestion de l’urbanisation en zone rurale dans les communes non littorales appa-
raît particulièrement permissive puisqu’il est indiqué que « Tout groupement d’ha-
bitations, dont l’importance, l’organisation ou les caractéristiques géographiques le
justifie, peut faire l’objet d’une extension ». Le SCOT renoue ainsi avec des pratiques
antérieures à la loi Solidarité et renouvellement urbains. Les conditions posées (pas
d’atteinte à un siège d’exploitation agricole, étude d’un projet de village au-delà
d’une extension de « quelques maisons » ne sont pas de nature à empêcher le «
mitage » de l’espace agricole pour des motifs étrangers à l’intérêt général, et qui ré-
sident en réalité dans la satisfaction d’intérêts particuliers liés à la propriété foncière.
Le terme même de « limiter le mitage des espaces naturels et agricoles », semble
manifestement insuffisant au regard des enjeux de consommation d’espace et des
problèmes de partage de l’espace. Le terme proscrire aurait été à la fois plus clair et
plus conforme aussi bien à la lettre qu’à l’esprit des lois en vigueur.

Il s’agit là du principal point faible du SCOT sous l’angle de ses incidences sur l’envi-
ronnement.

3.3 Mesures compensatoires

Elles sont développées dans l’ensemble des chapitres et participent pour partie au
corpus des incidences positives.

Les impacts des zones d’habitat sur les sols peuvent être réduits dans le cadre d’une
approche urbanistique et architecturale. Cela passe par de nouveaux principes d’im-
plantations (prise en compte du relief), de forme, de structure des bâtiments nou-
veaux. Des démarches pédagogiques doivent accompagner cette révolution des
attitudes. Les impacts des zones d’activités doivent être diminués en évitant une
RAPPORT DE PRESENTATION

atomisation des sites, en réhabilitant les zones d’activités existantes dans une lo-
gique d’économie d’espace, favorisant l’intégration des zones d’activités et du bâti
économique à leur environnement.

4. Propositions d’indicateurs

Les principaux types d’occupation des sols du territoire du SCOT peuvent faire l’objet
de calculs de surfaces à partir d’un travail sur photographies aériennes. Le tableau
simplifié ci-dessous les présente, adaptés au Pays d’Auray. Les catégories correspon-
dent pour la plupart à la nomenclature CORINE Land Cover.

58
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

TYPES D’OCCUPATION DES SOLS Superficies Superficies de Variation Part totale


actuelles projet en % à terme
en km² en km² en %

TERRITOIRES ARTIFICIALISÉS
Zones urbanisées
Tissu urbain continu
Tissu urbain discontinu
Bâti isolé (comme défini dans le SCOT)
Zones industrielles/commerciales/réseaux de transports :
Zones industrielles, tertiaires, ou commerciales
Réseaux routiers, ferroviaires

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Zones portuaires
Aérodromes
Carrières
Espaces verts artificialisés non agricoles
Territoire agricole
Terres arables
Cultures permanentes (vergers…)
Prairies
Zone agricole hétérogène
Zones ostréicoles (établissements terrestres + parcs)
Forêt
Feuillue et mélangée
Conifères (bois de pins)
Milieux à végétation arbustive et landes
Espaces ouverts sans ou avec peu de végétation :
Dunes, plages RAPPORT DE PRESENTATION
Zones humides intérieures :
Marais, terres basses inondées
Eaux continentales :

Cours d’eau, plans d’eau


Zones humides maritimes :
Marais
Vasières
Eaux maritimes : 59
Lagunes littorales

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


On peut envisager un deuxième tableau plus simple pour permettre de présenter
les apports propres du SCOT dans l’organisation équilibrée de son territoire. Celle-ci
se définit dans une trilogie : ensembles naturels (carte des ensembles naturels du
DOG), espaces agricoles stricts, espaces urbains (artificialisés au sens large).

- Évolution des ensembles naturels : les ensembles naturels du SCOT sont à mettre
en parallèle avec les espaces naturels à forts enjeux écologiques (voir carte). Les
différences de surface mais aussi de localisation constituent l’apport propre du SCOT
en la matière.

- Évolution des espaces agricoles : les espaces agricoles définis dans les documents
d’urbanisme communaux (type « zones d’activités agricoles ») sont à mettre en pa-
rallèle avec les liaisons naturelles et augmentées des zones agricoles hors liaisons
naturelles. Les différences de surface et de localisation constituent l’apport propre du
SCOT en la matière.

- Évolution des espaces urbains (habitat et activités) : l’évaluation s’établira dans une
comparaison entre les documents d’urbanisme et la carte de synthèse des orienta-
tions du PADD.

III b) Incidences sur la ressource en eau potable

1. Les perspectives d’évolution

L’alimentation en eau potable du Pays d’Auray est tributaire de ses importations depuis
les syndicats voisins : la Vilaine et le Blavet constituent les deux sources d’appoint
du Pays d’Auray. Les variations de la consommation d’eau potable sont très fortes
en raison de l’afflux de touristes en été. Ainsi, bien que le Pays possède des sources
d’approvisionnement telles que le barrage de Tréauray, l’interconnexion des réseaux
d’eau potable avec les syndicats voisins ou encore l’alimentation de Belle-Île, en cas
de besoin par barges, témoignent de la forte sensibilité de l’approvisionnement.

Une étude prospective menée par le Syndicat Départemental de l’Eau du Morbihan


RAPPORT DE PRESENTATION

sur l’évolution des consommations d’eau à l’échéance 2010, fait état d’une augmen-
tation des besoins en eau de 37 à 38-39 millions de m3 (soit +2.5 à 5%) entre 2002
et 2010 sur le département. Les hypothèses retenues pour cette évaluation sont,
pour le littoral à fort caractère touristique, une augmentation des besoins en eau à
raison de 6.5%. Pour le reste du département, il est prévu une stabilisation des be-
soins en eau.

Les périmètres de protection des captages d’eau potable, institués par la loi sur l’Eau
du 3 janvier 1992, ont presque tous été mis en place. La qualité de l’eau distribuée
est passable à mauvaise du point de vue des teneurs en nitrates, mais reste dans la
fourchette basse si on se réfère à la qualité moyenne des eaux bretonnes. Les teneurs
60 restent bien en-dessous de la norme de 50 mg/l : entre 25 et 40 mg/l sur l’essentiel
du territoire, voire inférieure à 25 mg/l, à Belle-Île notamment.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Dans ce contexte, la fiabilité des interconnexions avec les syndicats d’eau extérieurs
au Pays d’Auray, la protection de la ressource et une politique très volontariste d’éco-
nomies d’eau sont les enjeux de la sécurité de l’approvisionnement sur le territoire,
et ce dans un contexte de croissance de la population et du tourisme.

2. Les objectifs du SCOT

Sur le plan quantitatif le SCOT s’engage à promouvoir les économies d’eau dans les
nouvelles opérations d’urbanisme. Par ailleurs, au delà des nombreuses prescriptions
visant à protéger la qualité des milieux aquatiques, le SCOT intervient à plusieurs
niveaux afin de préserver la qualité de l’eau brute des captages situés sur le terri-
toire.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Face à l’enjeu de la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable sur le ter-


ritoire, le SCOT accorde une attention particulière aux politiques d’économie d’eau.
Ainsi, « les communes sont invitées, dans leurs projets d’équipements et d’amé-
nagements, à s’inscrire dans une démarche d’exemplarité en matière d’économies
d’énergie, d’eau,… ». De plus, « La récupération, le stockage et la réutilisation des
eaux de pluie est à favoriser dans une perspective d’économie des ressources en eau
potable, et en particulier sur les îles où l’autonomie en matière d’alimentation en eau
potable, et en particulier sur les îles où l’autonomie en matière d’alimentation en eau
potable est à rechercher ».

En outre, « les communes sont invitées à sensibiliser les particuliers ou les opéra-
teurs privés dans ce type de démarche lors des dépôts de demandes de permis de
construire ou d’aménager. Elles pourront demander à introduire des critères qualita-
tifs en faveur de l’environnement dans les règlements de lotissement. »

Sur le plan qualitatif, le SCOT contient de nombreuses prescriptions visant à préser-


ver et améliorer la qualité des eaux. L’adéquation entre les projets d’urbanisation et
la capacité des infrastructures de collecte de traitement des eaux usées (évitant la
saturation des réseaux et des stations d’épuration), la gestion des eaux de ruisselle-
RAPPORT DE PRESENTATION
ment dans les nouvelles opérations d’urbanisme, la préservation des zones humides
concourent à préserver la qualité de la ressource.

Par ailleurs, le SCOT intervient plus précisément sur la protection des captages : «
Des périmètres de protection doivent être mis en œuvre autour de l’ensemble des
points de captage en eau potable et en particulier le captage de Tréauray. A proximité
de zones aquatiques sensibles (plan d’eau, cour d’eau, sites à forte valeur écologi-
que, captage d’eau potable, zone conchylicole, de baignade, zone humide), tout rejet
d’eau pluviale dans le milieu naturel doit faire l’objet d’un traitement adapté, en par-
ticulier lorsque les rejets proviennent d’une zone d’activités. Dans les sites urbanisés
les plus exposés (abords des sites ostréicoles, périmètres éloignés ou rapprochés
de captages d’eau en particulier), le niveau des constructions pourra être gelé à son 61
niveau actuel. Dans les périmètres de protection de captage, les aménagements et

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


constructions, lorsqu’ils sont autorisés, doivent prévoir les mesures de nature à éli-
miner tout risque de pollution de la nappe phréatique. Tout rejet d’eau usée ou d’eau
de ruissellement sans prétraitement dans le milieu hydraulique superficiel est interdit
en amont des cours d’eau traversant les périmètres de captage d’eau.

Lorsqu’un tracé d’infrastructure, en particulier routière, se situe dans un périmètre


de captage d’eau potable, son aménagement ne peut être admis que sous réserve
d’assurer la pérennité de l’approvisionnement en eau et d’éviter tout risque de pol-
lution du captage. C’est particulièrement le cas autour du barrage de Tréauray qui
assure la quasi-totalité de l’approvisionnement en eau du Pays. »

Enfin, le SCOT intervient en amont afin de réduire les pollutions d’origine agricole
en favorisant la préservation et la régénération des bocages. En effet, les réseaux
de haies ainsi reconstituées assureront une meilleur rétention des eaux pluviales
ruisselant sur les parcelles agricoles et limiteront la diffusion des polluants agricoles,
engrais et produits phytosanitaires, vers les cours d’eau. De même, la promotion des
actions de concertation entre les ostréiculteurs et les agriculteurs vont dans le sens
d’une meilleure politique de protection de la ressource en eau sur le territoire du Pays
d’Auray.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions du SCOT ne sont pas susceptibles d’avoir une influence négative sur
l’environnement. Toutefois, les informations fournies ne permettent pas d’apprécier
la nature, l’ampleur et la localisation des aménagements susceptibles d’être réalisés
sur le territoire et d’avoir une incidence sur la ressource en eau potable, notamment
en termes de consommation. La faculté donnée à chaque commune de définir ses
propres objectifs de croissance crée une incertitude importante en ce qui concerne
l’évolution future de la consommation.

3.3. Mesures compensatoires

Dans le cadre de la politique d’économie d’eau préconisée par le SCOT, on recom-


mandera que les communes réalisent les études et les travaux nécessaires à l’amé-
lioration des rendements des réseaux de distribution d’eau potable.
RAPPORT DE PRESENTATION

4. Propositions d’indicateurs

Indicateurs Données Source


Qualité des eaux brutes du Concentrations en nitrates et en pes- Syndicats d’eau,
point de vue des teneurs en ticides dans les eaux brutes destinées DDASS
nitrates et en pesticides à l’alimentation en eau potable
Programmes de bassin versant Nombre de communes concernées
et actions de concertation entre par un programme de bassin versant
agriculteurs et ostréiculteurs et/ou une action de concertation
Volume d’eau prélevé Volume d’eau brute prélevé sur le Syndicats d’eau,
territoire DDASS
62 Volume d’eau consommé Volume d’eau facturé Syndicats d’eau,
DDASS
Volume d’eau importé Volume d’eau importé depuis des Syndicats d’eau,
Syndicats extérieurs au SCOT DDASS
Rendement des réseaux de Rapport entre le volume consommé Syndicats d’eau,
distribution et le volume produit DDASS
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

III c) Incidences sur les ressources du milieu marin

1. Les perspectives d’évolution

En ce qui concerne les ressources halieutiques, les données manquent pour qu’il
soit possible d’esquisser des perspectives d’évolution. Le phénomène de raréfaction
n’affecte pas nécessairement toutes les espèces, la question de la pression sur la res-
source (de la part des professionnels locaux, des pêcheurs étrangers à la région ou
des plaisanciers) n’est pas connue, non plus que les initiatives éventuellement prises
par la profession pour mieux gérer les stocks. Les interrogations sur les incidences
possibles d’extractions de sable au large d’Erdeven confirment le manque de données
sur les ressources marines.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Au delà de la composante incontournable qu’elle représente dans l’économie, la con-
chyliculture participe à l’image culturelle du Pays d’Auray et façonne les paysages
du littoral. Cette activité est totalement dépendante de la ressource en eau dont la
qualité est soumise à la pression urbaine, touristique, agricole et industrielle.

A première vue, le développement de l’urbanisation et des activités touristiques et


économiques sur le territoire et notamment sur le littoral, dont le SCOT se fait l’écho,
tend à fragiliser la conchyliculture. De même, le renforcement prochain des normes
sanitaires européennes constitue une pression supplémentaire. La qualité des eaux
devient donc l’enjeu numéro un pour le maintien durable de l’activité conchylicole sur
le territoire.

2. Les objectifs du SCOT

L’objectif du SCOT à l’égard de la conchyliculture est d’inscrire cette activité dans une
logique de développement durable. Ainsi, en complément des prescriptions visant à
faciliter l’activité à terre des professionnels, le SCOT fixe un objectif ambitieux de re-
conquérir la qualité des eaux conchylicoles du point de vue sanitaire et de préserver
son potentiel trophique.

3. Les incidences du SCOT


RAPPORT DE PRESENTATION
3.1. Incidences positives

En compensation du développement et de la densification de l’urbanisation, le SCOT


fixe des prescriptions contraignantes en matière d’assainissement et de gestion des
eaux de ruissellement.

L’obligation de recourir aux techniques alternatives (infiltration, stockage) visant à


gérer les eaux pluviales à la parcelle dans les aménagements futurs permet de piéger
la pollution à la source. Le principe d’autoriser l’urbanisation à la condition de ne pas
saturer les infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées limitera les
risques de dysfonctionnement des réseaux, lesquels sont susceptibles de provoquer
des rejets directs d’eaux usées et donc une contamination des zones de production 63
conchylicole.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Par ailleurs, le SCOT intervient directement dans la protection des zones conchyli-
coles : « A proximité de zones aquatiques sensibles (plan d’eau, cour d’eau, sites à
forte valeur écologique, captage d’eau potable, zone conchylicole, de baignade, zone
humide), tout rejet d’eau pluviale dans le milieu naturel doit faire l’objet d’un trai-
tement adapté, en particulier lorsque les rejets proviennent d’une zone d’activités.
Dans les sites urbanisés les plus exposés (abords des sites ostréicoles, périmètres
éloignés ou rapprochés de captages d’eau en particulier), le niveau des constructions
pourra être gelé à son niveau actuel ».

De même, l’objectif de régénérer les haies bocagères en bordure des terres culti-
vées participera à la réduction de la pollution d’origine agricole. La volonté du SCOT
d’étendre les démarches de concertation entre les ostréiculteurs et les agriculteurs va
également dans le sens d’une amélioration durable de la qualité des eaux littorales.

La préservation des zones humides ou encore l’aménagement de nouvelles aires de


carénage propres pour les navires professionnels font également partie de la palette
de prescriptions fixée par le SCOT, dont l’objectif est d’atteindre une qualité des eaux
compatible avec un développement durable de la conchyliculture.

Il convient de préciser que la thématique de la qualité de l’eau est développée plus


précisément dans un chapitre spécifique.

3.2. Incidences négatives

Bien que le SCOT accorde une attention particulière au contrôle des dispositifs d’as-
sainissement autonomes (fosses septiques) au travers du Service Public d’Assainis-
sement Non Collectif que les communes ont l’obligation de mettre en place, la mul-
tiplication de ces installations liée au développement de l’urbanisation peut tendre
vers une augmentation des risques de pollution accidentelle des eaux littorales. De
même, le raccordement de nouvelles habitations aux infrastructures vieillissantes
de collecte des eaux usées (collecteur, stations de refoulement) peut augmenter les
probabilités de pollution accidentelle.

Le développement durable des activités conchylicoles est donc largement dépendant


de la fiabilité de ces équipements. Le dysfonctionnement d’une fosse septique ou
encore l’arrêt brutal d’une pompe de relevage peuvent constituer des incidents ba-
naux à première vue, alors que dans la réalité, ils suffisent à contaminer une zone
RAPPORT DE PRESENTATION

conchylicole.

Il est donc primordial que les communes et les structures intercommunales chargées
de l’assainissement mettent en place une réelle politique visant à fiabiliser ces in-
frastructures et ces équipements : pose de téléalarmes sur les stations de relevage,
inspections vidéos des égouts visant à détecter les fuites et les infiltrations, travaux
de réhabilitation des égouts… Une telle politique d’assainissement doit être mise en
place au minimum dans les communes littorales.

3.3. Mesures compensatoires

64 Sans objet.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

4. Propositions d’indicateurs

Objectifs Indicateurs Données Source


Suivi de la Classement sanitaire des % des zones classées en DDAM
qualité des eaux zones de production de A,B,C et D
conchylicoles coquillage
Contrôle de Raccordement aux ré- % de la population raccor- Commune,
l’assainissement seaux communaux dée à une STEP communale INSEE
Contrôle de Rendement des STEP Flux de pollution rejeté Commune
l’assainissement par les STEP dans le milieu
(DCO, MES et Azote)
Contrôle de Niveau de sécurité des Nombre de stations de Commune
l’assainissement stations de relevage relevage équipées de télé-

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
alarme
Contrôle de Contrôle des réseaux Linéaire de canalisations
l’assainissement inspectées par vidéo
Contrôle de Contrôle des dispositifs % des équipements Commune
l’assainissement d’assainissement autonome
autonome contrôlés

III d) Incidences sur la gestion des déchets

1. Les perspectives d’évolution

Le territoire du Pays d’Auray présente aujourd’hui une déficience en matière de col-


lecte et d’infrastructures de traitement des déchets. La collecte sélective n’est pas
encore généralisée à l’ensemble des communes et les déchets ménagers sont massi-
vement transférés en Mayenne en vue d’être traités. Enfin, sept décharges sur onze
n’ont toujours pas été réhabilitées.
RAPPORT DE PRESENTATION
Bien que l’usine d’incinération des ordures ménagères de Plouharnel ait été récem-
ment mise aux normes et que le réseau de déchetteries soit correctement réparti sur
le territoire, la gestion des déchets constitue un enjeu important sur le territoire pour
les années à venir.

Sans renforcement de la collecte sélective des déchets ménagers et en absence de


projet visant à assurer leur valorisation et leur traitement à l’échelle locale, la ges-
tion des déchets deviendra de plus en plus critique sur le plan environnemental, et
ce d’autant plus que la production des déchets suivra sensiblement la courbe de la
démographie. En effet, l’évacuation actuelle des déchets ultimes, par la route, à plus
de 200 kilomètres du Pays d’Auray, en vue d’assurer leur traitement, présentent
aujourd’hui un fort impact environnemental en termes de circulation de camions et 65
de production de gaz à effet de serre.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT s’engage à favoriser la gestion et la valorisation des déchets sur le terri-


toire.

En application notamment du plan départemental de traitement et d’élimination des


déchets ménagers du Morbihan, les objectifs du SCOT sont d’assurer sur le territoire
du Pays d’Auray :
- Une réduction des déchets à la source,
- Une amélioration du tri sélectif,
- Un traitement des déchets au plus près de leur lieu de production.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

En recommandant aux communes de localiser, après diagnostic, dans leur document


d’urbanisme, les sites potentiels pour le stockage des déchets inertes, le SCOT ap-
porte son concours en vu de limiter sur le territoire les aires sauvages de dépôt des
déchets inertes. De même, le SCOT impose d’identifier les éventuelles décharges afin
de les réhabiliter et donc de limiter leur impact (pollution de l’eau et des sols) sur
l’environnement.

Le traitement des déchets au plus près de leur lieu de production permettra ainsi
de réduire considérablement les multiples nuisances occasionnées par les allées et
venues de camions : bruit, émission de produits polluants et de gaz à effet de serre,
etc.

Par ailleurs, le SCOT apporte sa contribution au renforcement du tri sélectif sur le


territoire en prescrivant les mesures suivantes :
- Renforcer la collecte individuelle et le tri sélectif par apport volontaire et à do-
micile,
- Mettre en œuvre les dispositions relatives aux déchets des équipements électri-
ques et électroniques,
- Prévoir dans toutes les opérations d’aménagement des espaces pour containers
RAPPORT DE PRESENTATION

intégrés au paysage environnant.

Il est par ailleurs important de noter que l’un des objectifs du SCOT est de réduire
le mitage de l’espace rural et de favoriser une densification de l’urbanisation. Cette
mesure facilitera la collecte des déchets pour les services d’exploitation.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions du SCOT ne sont pas susceptibles d’avoir une influence négative sur
l’environnement eu égard à la gestion des déchets.

3.3. Mesures compensatoires


66
Sans objet.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

4. Propositions d’indicateurs

Indicateurs Données Source


Quantité de déchets Quantité de déchets collectés par les Communes, structures
collectivités intercommunales
Quantité de déchets enfouis Quantité de déchets enfouis dans
des CET
Valorisation des déchets % de valorisation des déchets (recy-
clage, compostage)
Nombre de déchetteries sur
le territoire

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
III e) Incidences sur les énergies renouvelables

1. Les perspectives d’évolution

En raison du risque d’épuisement des ressources non renouvelables, de la dégrada-


tion de la qualité de l’air et de l’effet de serre générant un dérèglement du climat,
l’économie d’énergie constitue un enjeu fort pour l’avenir.

On constate sur le territoire une quasi-absence de production en matière d’énergies


renouvelables. Ce territoire présente pourtant un potentiel tout à fait satisfaisant
pour le développement de l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne, l’énergie solaire,
la géothermie, le biogaz…

Les documents du SCOT mentionnent cependant la réflexion engagée sur quelques


communes du Pays, en association avec le Centre Régional de la Propriété Forestière
(CRPF), qui a abouti à la rédaction d’une « charte forestière ». Cette charte, qui pour-
rait être étendue à l’ensemble du territoire, vise notamment à assurer les boisements
comme gisement potentiel de production d’énergie, en vue de la structuration d’une
filière bois à l’échelle du Pays. RAPPORT DE PRESENTATION

Le SCOT incite les collectivités, au titre du devoir d’exemplarité, à ouvrir la voie à de


nouvelles pratiques, plus respectueuses de l’environnement.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT prescrit différentes mesures qui consistent à promouvoir les économies


d’énergie et la production autonome d’énergie. Il est demandé aux communes :
- une évaluation environnementale et énergétique des opérations d’aménagement
de taille significative permettant d’envisager les mesures propres à économiser et/ou
produire de l’énergie.
67

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


- une souplesse des règlements des documents d’urbanisme pour permettre la mise
en oeuvre de formes urbaines compactes, économes en espace et en énergie.
- la possibilité, dans les règlements des documents d’urbanisme, d’implanter sur les
constructions des ouvrages nécessaires à une production énergétique autonome, à
la récupération d’eau, et d’autoriser les matériaux ou formes architecturales utilisés
en éco-construction (bois, terre, chanvre, toitures végétales, matériaux de recy-
clage...).
- d’engager une réflexion sur les implantations, hauteurs et volumétries des cons-
tructions afin de mieux tenir compte des contraintes d’ensoleillement.
Les communes et intercommunalités sont invitées,
- à être exemplaires en matière d’économies d’énergie, d’eau, de production d’éner-
gies renouvelables, d’utilisation de matériaux d’origine renouvelable ou issus du re-
cyclage, et plus globalement de développement durable.
- à sensibiliser les particuliers ou les opérateurs privés sur ce type de démarche lors
des dépôts de demandes de permis de construire ou d’aménager. Elles pourront de-
mander à introduire des critères qualitatifs en faveur de l’environnement dans les
règlements de lotissement.

Le SCOT prescrit également différentes mesures visant à favoriser l’émergence d’une


filière énergétique locale.
Une réflexion intercommunale en matière de développement des énergies renouve-
lables doit mettre en évidence les zones propices au développement de l’éolien, des
énergies marines (énergie hydrolienne, marée thermique, osmotique, des vagues,
marémotrices...) et de la micro-hydraulique (moulins à marée et de rivières...).
Le SCOT préconise l’émergence d’une agence locale de l’énergie pour sensibiliser,
aider et accompagner la mise en oeuvre de projets énergétiques sur le Pays. Les
communes sont invitées à sensibiliser les aménageurs et constructeurs à la mise en
oeuvre de sources d’énergies renouvelables collectives ou individuelles (chaudière
bois, pompe à chaleur, panneaux solaires photovoltaïques, éoliennes individuelles…).
Les collectivités sont également invitées à étudier les possibilités d’alimentation éner-
gétique de leurs bâtiments publics par les filières de production locales (bois énergie,
Bio-gaz notamment).

Le SCOT prescrit enfin des mesures visant à protéger les espaces boisés et à main-
tenir les ressources en bois (classement en Espace Boisé Classé (EBC) dans les do-
cuments d’urbanisme).
RAPPORT DE PRESENTATION

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

L’émergence d’une filière énergétique locale sur le territoire du Pays d’Auray et la


valorisation des ressources inexploitées (bois de haies, incinération des déchets, mé-
thanisation des effluents agricoles, ressources éolienne et solaire…) devraient, en
stimulant l’emploi et la création d’entreprises, avoir des effets positifs sur l’économie.
Elle permettra, en outre :
- de valoriser et de diversifier les ressources du territoire : le solaire, le vent, la
68 biomasse, …
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

- de réduire les dépenses en matière de consommation d’énergie ;


- d’entretenir, de valoriser le patrimoine forestier et de limiter le risque d’incen-
die.

3.2. Incidences négatives

Le développement du chauffage collectif ou individuel au bois peut avoir des inciden-


ces négatives sur la qualité de l’air, parce que la plupart de ces installations échap-
pent à toute norme de rejets et que la combustion de bois de provenances diverses
peut dégager des substances toxiques. Le problème se pose en particulier dans les
zones d’habitat. Il existe cependant des matériels performants ainsi que des disposi-
tifs de filtration des fumées, qui se traduisent par un surcoût.

3.3. Mesures compensatoires

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Sans objet, sous réserve du point évoqué ci-dessus concernant les chaudières à
bois.

4. Propositions d’indicateurs

Au minimum : nombre de subventions accordées par l’Ademe sur les projets d’équi-
pements privés et publics utilisant les énergies renouvelables.

IV. INCIDENCES EN TERMES DE POLLUTIONS ET NUISANCES

IV a) Incidences sur la qualité de l’eau

1. Les perspectives d’évolution

La qualité des cours d’eau et des eaux littorales est primordiale sur le territoire du
RAPPORT DE PRESENTATION
SCOT tant l’eau est un élément fondateur de son développement écologique et éco-
nomique.

La qualité des eaux de baignade est une condition nécessaire au bon développement
des activités touristiques. Les lourds investissements menés ces dernières années
par les collectivités pour mettre aux normes leurs infrastructures de collecte et de
traitement des eaux usées permettent aujourd’hui d’offrir aux baigneurs des eaux
globalement de qualité satisfaisante. Les efforts sont néanmoins à poursuivre : plu-
sieurs plages, depuis la Trinité-sur-Mer jusqu’à Etel, présentent encore une eau de
qualité moyenne, alors que les deux plages du Palais, à Belle Ile, présentent une eau
pouvant encore être momentanément polluée.
69

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


La qualité bactériologique des zones de production conchylicole sur l’ensemble du lit-
toral est globalement satisfaisante. Cependant, le renforcement prochain des normes
européennes relatives à la qualité sanitaire des coquillages nécessite une veille et
une attention permanentes portées à la qualité des eaux littorales et à la prévention
des pollutions.

Les phénomènes de prolifération des algues vertes observés chaque année sur le
littoral confirment que la bataille de la qualité des eaux reste un sujet d’actualité sur
le territoire du SCOT. Les apports de sels nutritifs et de produits phytosanitaires issus
des activités agricoles pratiquées sur les bassins versants restent un problème sur le
territoire. Les actions menées auprès des agriculteurs des bassins versants du Loch
(Bretagne Eau Pure) et de la ria d’Etel (Programme « Gestion intégrée des zones cô-
tières ») montrent qu’une cohabitation durable entre les principaux usagers de l’eau
est possible.

Le contrôle des dispositifs d’assainissement non collectif ainsi que le renforcement


de l’efficacité des dispositifs de collecte et de traitement des eaux usées constituent
des enjeux importants pour les années à venir. Sans maîtrise du développement de
l’urbanisation, l’objectif de construction de 1250 logements par an peut rentrer en
opposition avec l’objectif de « bon état des eaux à l’horizon 2015 » fixé par la Direc-
tive cadre sur l’eau : débordement des stations de relevage, saturation des stations
d’épuration, risques accrus de pollutions accidentelles liées au développement de
l’assainissement autonome…

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT traite la problématique de la qualité des eaux dans sa globalité, depuis les
bassins versants jusqu’au littoral, en intervenant sur l’ensemble des sources de pol-
lution : agriculture, assainissement, ports de plaisance. Il fixe ainsi plusieurs objectifs
qui concourent à renforcer la qualité globale des eaux :
- Identifier et préserver les zones humides,
- Structurer les projets urbains autour de la capacité d’accueil des communes,
- Améliorer la gestion et la qualité des eaux usées,
- Favoriser la préservation et la régénération du bocage,
- Garantir la sécurité de l’amélioration en eau potable, notamment sur le plan
qualitatif,
RAPPORT DE PRESENTATION

- Améliorer la gestion des eaux pluviales,


- Reconquérir la qualité des eaux conchylicoles.

Les usages de l’eau sur le littoral du SCOT tels que la pêche à pied, la conchylicul-
ture ou encore la baignade sont subordonnés à une bonne qualité bactériologique
des eaux qui est dépendante du bon fonctionnement des infrastructures d’assai-
nissement. Sur cette thématique, le SCOT s’engage à poursuivre l’amélioration des
systèmes d’assainissement en imposant aux communes de réaliser des schémas di-
recteurs d’assainissement et en leurs imposant de gérer le développement de l’ur-
banisation en fonction des capacités des réseaux de collecte des eaux usées et des
stations d’épuration. Le SCOT accorde également toute son attention aux dispositifs
70 d’assainissement non collectifs en recommandant aux communes de veiller à ce que
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) réalise un contrôle rigou-


reux et régulier des installations, en particulier sur la frange littorale.

L’amélioration de la gestion des eaux de ruissellement dans les opérations d’urba-


nisme, objectif fixé par le SCOT, concourt également au renforcement de la qualité
des milieux aquatiques.

En fixant l’objectif d’améliorer les dispositifs de lutte contre les pollutions dans les
ports de plaisance, le SCOT s’attaque à l’ensemble des sources de pollution des eaux
littorales.

Ces objectifs du SCOT relatifs à l’assainissement et à la qualité des milieux aquati-


ques sont compatibles et en adéquation avec les orientations fondamentales d’une
gestion équilibrée de la ressource en eau et les objectifs de qualité et de quantité des

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
eaux définis par le SDAGE Loire-Bretagne.

En outre, le SCOT concourt à l’atteinte de l’objectif ambitieux du « bon état des eaux
à l’horizon 2015 » fixé par la Directive cadre sur l’eau du 23 octobre 2000 adoptée
par le Conseil et par le Parlement européens et qui définit un cadre par grand bassin
hydrographique pour la gestion et la protection des eaux intérieures, de surface, des
eaux de transition, des eaux côtières et des eaux souterraines.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Poursuivre l’amélioration des systèmes d’assainissement :


Afin d’éviter les dysfonctionnements et la saturation des réseaux de collecte des eaux
usées et des stations d’épuration, le SCOT prescrit aux communes de prendre en
compte les extensions urbaines dans les zones d’assainissement que les communes
doivent établir. Tout projet d’extension de l’urbanisation devra être en adéquation
avec la capacité actuelle ou potentielle des réseaux et la capacité de la station d’épu-
ration à accepter ces nouveaux volumes et charges de pollution. Ceci empêchera le
raccordement de tout nouveau lotissement ou autres habitations alors que la station
d’épuration communale ne répond plus aux normes de rejets.
RAPPORT DE PRESENTATION
Les communes sont ainsi encouragées à réaliser des schémas directeurs d’assainis-
sement leur permettant de planifier les ouvertures à l’urbanisation en fonction des
travaux d’extension des réseaux ou d’agrandissement de la station d’épuration. Le
bon fonctionnement des infrastructures d’assainissement devient une condition préa-
lable à tout développement de l’urbanisation. Cette mesure vient donc en rupture
avec les usages passés qui consistaient trop souvent à urbaniser dans un premier
temps puis agrandir en urgence la station d’épuration, laquelle ne traitait que très
partiellement les eaux usées pendant cette période intermédiaire.

De même, le SCOT préconise que les formes urbaines et la localisation des zones à
urbaniser soient guidées par la recherche d’une maîtrise des coûts induits en matière
d’assainissement. 71

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Le contrôle de l’impact des stations sur les milieux aquatiques constitue un objectif du
SCOT. Les communes ou communautés de communes, chargées de l’assainissement,
devront ainsi s’assurer de la qualité des eaux rejetées par les stations d’épuration, en
établissant des points de mesures dans le milieu récepteur en amont et aval du point
de rejet. Cette mesure va au-delà des obligations fixées par la loi sur l’eau.

Par ailleurs, le SCOT s’intéresse aux très nombreux dispositifs d’assainissement non
collectif éparpillés sur l’ensemble du territoire, lesquels peuvent générer des impacts
significatifs sur la qualité bactériologique des eaux conchylicoles et de baignade en
cas de dysfonctionnement ou de mauvaise conception. Ainsi, le SCOT recommande
aux communes d’assurer un contrôle régulier de ces installations, notamment celles
implantées sur la frange littorale, dans le cadre du Service Public d’Assainissement
Non Collectif (SPANC).

La gestion des eaux de ruissellement :


Les eaux pluviales ruisselant dans les zones urbanisées représentent une source de
pollution significative pour les milieux aquatiques. Aujourd’hui, ces eaux collectées
dans les réseaux séparatifs ne sont pas traitées et génèrent ainsi des flux de métaux
lourds, d’hydrocarbures ou encore de germes bactériens.

Le SCOT s’attaque à cette source de pollution, souvent passée sous silence, en as-
surant la promotion des techniques alternatives de gestion des eaux pluviales dans
les nouvelles opérations d’urbanisme. La limitation de l’imperméabilisation des sols,
l’infiltration des eaux dans les sols ou encore l’aménagement de bassins de retenue
permettent de traiter les eaux de ruissellement avant rejet dans le milieu naturel.

Ainsi, en promouvant le principe selon lequel le débit des eaux de ruissellement après
aménagement ne doit pas être supérieur au débit de la parcelle avant urbanisation,
le SCOT fixe un objectif quantitatif (réduction des débits) mais également qualitatif
(piégeage de la pollution).

En adoptant ces principes, l’impact sur la qualité des milieux aquatiques des nou-
velles opérations d’urbanisme (zones d’activités, lotissements…) sera très limité. Le
SCOT précise ainsi : « à proximité de zones aquatiques sensibles (plan d’eau, cours
d’eau, sites à forte valeur écologique, captages d’eau potable, zone conchylicoles,
de baignade, zones humides...), tout rejet d’eau pluviale dans le milieu naturel de-
RAPPORT DE PRESENTATION

vra faire l’objet d’un traitement adapté, en particulier lorsque les rejets proviennent
d’une zone d’activités ».

Le traitement des eaux et des déchets liés aux activités de plaisance :


Le développement des activités de plaisance est un enjeu économique important
pour le Pays de d’Auray. Les opérations de carénage des bateaux et le rejet direct
d’eaux vannes (les eaux des toilettes de bord), constituent des sources de pollution
des eaux littorales : rejet de métaux lourds lié aux peintures antifouling et rejet
d’eaux usées.

Afin de limiter l’impact des activités de plaisance sur la qualité des eaux littorales, le
72
SCOT apporte une réponse concrète : « des aires de carénage propres doivent être
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

prévues pour les navires professionnels sur le Pays d’Auray, qu’elles soient spécifi-
ques à ceux-ci ou mixtes avec le domaine de la plaisance, afin d’améliorer la qualité
des eaux et de répondre aux difficultés techniques rencontrées actuellement par les
professionnels pour caréner leurs bateaux. ». De plus, « sur le littoral, les systèmes
de collecte et de traitement des déchets, des eaux usées et eaux de carénage des
ports de plaisance sont à améliorer et à développer : récupération des effluents, réa-
lisation d’aires de carénage propres. »

Renforcer la concertation entre les ostréiculteurs et les agriculteurs :


Aujourd’hui, la cohabitation des activités agricoles sur les bassins versants avec l’os-
tréiculture n’est pas un sujet aisé. En Bretagne, l’agriculture est trop souvent res-
ponsable des marées vertes observées sur le littoral ou encore de contamination des
eaux liées à l’utilisation intensive des engrais et à l’épandage des effluents d’élevage.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Même si ces phénomènes ne sont pas aussi sévères que sur la côte nord de la Bre-
tagne, elles touchent néanmoins le littoral du Pays d’Auray : les phénomènes de
prolifération d’algues vertes sont régulièrement observés et causent des nuisances
pour l’exploitation des parcs à huîtres. Le SCOT s’intéresse à cette problématique en
précisant que « des démarches de concertation ostréiculteurs/agriculteurs à l’instar
de celle développées dans le cadre du programme de Gestion Intégrée des Zones
Côtières (ZIGC) de la Ria d’Etel pourront être étendues à d’autres secteurs dans le
but d’améliorer la qualité des eaux».

Fiabiliser les réseaux de collecte des eaux usées, étudier les capacités des réseaux et
des stations à accepter des nouvelles charges liés au développement de l’urbanisa-
tion, promouvoir les techniques alternatives, contrôler rigoureusement les dispositifs
d’assainissement autonome sont les mesures prescrites par le SCOT qui permettront
un développement maîtrisé de l’urbanisation sans remettre en cause les usages sen-
sibles des milieux aquatiques.

Alors que les autorités préfectorales, dans leur mission de police de l’eau fixée par la
Loi sur l’eau assurent un contrôle du fonctionnement des ouvrages d’assainissement,
le SCOT joue un rôle complémentaire en permettant de contrôler le développement
de l’urbanisation au regard du fonctionnement de ces ouvrages. Ceci constitue une
véritable avancée.

3.2. Incidences négatives RAPPORT DE PRESENTATION

Les dispositions du SCOT ne sont pas susceptibles d’avoir une influence négative sur
l’environnement.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

73

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


4. Propositions d’indicateurs

Objectifs Indicateurs Données Source


Suivi de la qualité des Classement sanitaire % des zones classées en DDAM
eaux conchylicoles des zones de produc- A,B,C et D
tion de coquillage
Suivi de la qualité des Classement sanitaire % des zones classées en DDASS
eaux de baignade des eaux de baignade A,B,C et D
Contrôle de Raccordement aux % de la population rac- Commune,
l’assainissement réseaux communaux cordée à une STEP (station INSEE
d’épuration) communale
Contrôle de Rendement des STEP Flux de pollution rejeté Commune
l’assainissement par les STEP dans le milieu
(DCO, MES et Azote)
Contrôle de Schémas directeurs Nombre de communes ayant Commune
l’assainissement d’assainissement réalisé un schéma directeur
d’assainissement
Contrôle de Niveau de sécurité des Nombre de stations de rele- Commune
l’assainissement stations de relevage vage équipées de téléalarme
Contrôle de Contrôle des réseaux Linéaire de réseau d’eaux Commune
l’assainissement usées inspecté par vidéo
Contrôle de Réhabilitation des Linéaire de réseau d’eaux Commune
l’assainissement réseaux usées réhabilité
Contrôle de Contrôle des dispositifs % des équipements Commune
l’assainissement auto- d’assainissement autonome
nome contrôlés
Contrôle des activités Aires de carénage Nombre d’aires de carénage Communes,
de plaisance équipées de dispositifs de ports de plai-
traitement des eaux sance
RAPPORT DE PRESENTATION

IV b) Incidences sur la qualité de l’air

1. Les perspectives d’évolution

La pollution atmosphérique est la modification de la composition naturelle de l’air, par


introduction de substances étrangères ou par variations importantes des proportions
de ses composants. C’est un phénomène complexe qui affecte, à des degrés divers,
toutes les zones urbaines ou industrielles et certaines zones rurales.

74 Il n’existe pas de stations de mesures qui permettent de surveiller la qualité de l’air


sur le territoire du Pays d’Auray. Toutefois, on peut avancer que des polluants atmos-
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

phériques émis par l’homme, présents dans l’air en plus ou moins grande quantité,
résultent d’un grand nombre de sources :

- les sources fixes : activités industrielles, domestiques, agricoles, chaudières et


foyers de combustion...
Sur le territoire du Pays d’Auray, le principal rejet provient de l’incinérateur géré
par l’entreprise Geval, soumise à déclaration annuelle pour ses rejets de dioxyde
de soufre (SO2), d’oxyde d’azote (NO), d’acide chlorhydrique (HCl) et de Composés
Organiques Volatiles Non Méthaniques (COVNM) dans l’air. Les travaux de l’usine
d’Incinération des Ordures Ménagères de Plouharnel (réalisés en 2001) ont permis
de réduire de manière conséquente les rejets d’acide chlorhydrique : de 55 à moins
de 2T. Les émissions de dioxine produites à la même époque sur la commune se sont
avérées satisfaisantes au regard de la réglementation.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
- les sources mobiles : il s’agit du trafic routier pour l’essentiel. La A82, la RD 781, la
RD 768 qui traversent le Pays d’Auray génèrent des flux importants et mixent diffé-
rents types de trafic (local, d’échange, de transit). Or, la voiture est le mode de dé-
placement prédominant et le trafic ne cesse d’augmenter en raison notamment de la
croissance démographique, de la dispersion de l’urbanisation et de l’allongement des
trajets domicile-travail. Il apparaît que les principales émissions polluantes, issues
du trafic routier, contribuent pour une part importante à l’émission de gaz à effet de
serre et ne sont pas sans conséquences néfastes pour la santé humaine.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT ne fixe pas d’objectif précis, mais s’engage à préserver la qualité de l’air en
recherchant un urbanisme de proximité favorisant les transports en commun et les
modes de déplacements « doux ». Ainsi, le SCOT s’attache notamment à privilégier
l’urbanisation au cœur des centres bourgs et à y maintenir une offre de services et
de commerces de proximité.

Plusieurs prescriptions du SCOT encouragent la réduction de la circulation automo-


bile :
- l’élaboration d’un plan de déplacement à l’échelle du Pays d’Auray. La structuration
du réseau de transports proposée devra permettre d’assurer la desserte par les trans-
ports en commun ou les transports à la demande de chaque pôle de proximité.
RAPPORT DE PRESENTATION
- le confortement et le développement des réseaux de transport collectifs existants.
- la création d’un réseau urbain de transport en commun sur l’agglomération d’Auray,
et éventuellement jusqu’à la communes de Ste Anne d’Auray, en interconnexion avec
le réseau de transport interurbain du Département.
- le renforcement de l’intermodalité. Pour chaque commune, une complémentarité
entre tous les modes de transport sera recherchée : transports en commun, trans-
port à la demande, covoiturage, taxis, bateaux, modes doux... Des aménagements
appropriés seront réalisés pour encourager le covoiturage.
- l’essor des modes doux notamment le cheminements piéton et vélo (permettant
de renforcer et sécuriser les déplacements de proximité et d’accéder rapidement
aux écoles, commerces, services, espaces naturels avoisinants...), la continuité pié- 75
tonne avec les différents quartiers ou rues avoisinants, des itinéraires de déplace-

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


ments doux (vélos, piétons, chevaux...) connectés les uns aux autres afin d’aboutir
à la constitution d’axes intercommunaux cohérents et sécurisés. Des stationnements
pour les deux-roues seront réalisés sur les espaces publics situés à proximité d’équi-
pement publics, de parcs-relais, d’aires de covoiturage, de gares et d’arrêts de car.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les différentes dispositions du SCOT, qui consistent à développer une urbanisation


mieux connectée aux transports collectifs et favorisant les modes de déplacements
alternatifs à l’automobile, auront pour incidences de limiter les émissions de gaz à
effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air.

3.2. Incidences négatives

Rappel du point traité à la rubrique « Energies renouvelables » :

Le développement du chauffage collectif ou individuel au bois peut avoir des inciden-


ces négatives sur la qualité de l’air, parce que la plupart de ces installations échap-
pent à toute norme de rejets et que la combustion de bois de provenances diverses
peut dégager des substances toxiques. Le problème se pose en particulier dans les
zones d’habitat. Il existe cependant des matériels performants ainsi que des disposi-
tifs de filtration des fumées, qui se traduisent par un surcoût.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet, sous réserve du point évoqué ci-dessus concernant les chaudières à
bois.

4. Propositions d’indicateurs

- Nombre moyen de véhicules par jour sur les principaux axes de circulation (source
: Service Gestion de la Route du Conseil Général pour les routes départementales et
Centre d’Ingénierie et de Gestion du Trafic – District de Vannes – DIrection des Rou-
tes Interdépartementales Ouest pour les routes Nationales).
RAPPORT DE PRESENTATION

- La loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie a été votée le 30 décembre


1996. Son principe : appliquer le droit reconnu à chacun « de respirer un air qui ne
nuise pas à sa santé et d’être informé de la qualité de l’air qu’il respire ». Elle rend
obligatoire à compter du 1er janvier 1998 la surveillance de la qualité de l’air dans
les agglomérations de plus de 100 000 habitants. Cette action d’intérêt général con-
siste à prévenir, à surveiller, à réduire ou à supprimer les pollutions atmosphériques,
à préserver la qualité de l’air et, à ces fins, à économiser et à utiliser rationnellement
l’énergie.

Bien que le Pays d’Auray ne comporte pas d’agglomération de plus de 100 000 ha-
bitants, il pourrait être envisagé de mettre en place un réseau de surveillance de
76 qualité de l’air en collaboration avec l’association Air Breizh (l’une des 39 associations
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

de surveillance de la qualité de l’air en France, agréées par le Ministère de l’Environ-


nement). Ses missions consistent à mesurer en continu les polluants urbains nocifs
(SO2, NOx, HC, CO, O3 et Poussières) dans l’air ambiant de la Bretagne et d’informer
les services de l’Etat, les élus, les industriels et le public, notamment en cas de pic
de pollution. Air Breizh étudie aussi l’évolution de la qualité de l’air et vérifie la con-
formité des résultats

IV c) Incidences sur la pollution des sols et des sédiments marins

1. Les perspectives d’évolution

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
L’étal initial de l’environnement constitue un premier recensement de sites industriels
soumis à une pollution des sols :
- Le site de Bretagne Chrome à Pluvigner, pour lequel une surveillance de la qualité
des eaux souterraines est à instaurer,
- L’ancienne usine à gaz d’Auray pour laquelle un diagnostic et des travaux de dé-
pollution ont été réalisés,
- L’ancienne usine à gaz du Palais dont le diagnostic fut établi en 2004.

Cet inventaire n’est pas exhaustif et devra être complété par une analyse de la base
de données BASIAS. En effet, la politique nationale en matière de pollution des sols
à conduit les pouvoirs publics à réaliser, à l’échelle régionale, une base de données,
BASIAS (http://basias.brgm.fr), qui recense les anciens sites industriels susceptibles
d’être affectés par une pollution des sols.

Concernant la pollution des sédiments marins, il est important de préciser que les
estuaires et les zones portuaires sont fréquemment sujets à des phénomènes de
pollution des sédiments, liés à la décantation des eaux issues des bassins versants
et des rejets des réseaux d’assainissement (eaux pluviales et eaux usées). Ainsi, les
pollutions industrielles et celles véhiculées par les eaux de ruissellement viennent se
concentrer dans les sédiments marins.

Les métaux lourds, les hydrocarbures et autres micropolluants ainsi piégés présentent RAPPORT DE PRESENTATION
des risques de toxicité pour la faune et la flore marines. En outre, cette pollution po-
tentielle des sédiments portuaires peut générer des travaux de dragage forts coûteux
en raison de l’obligation réglementaire de traiter à terre les produits contaminés.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT ne fixe pas d’objectifs précis quant à la pollution des sols et des sédiments.
Cependant, d’autres objectifs concourent à réduire ces pollutions :
- La gestion des eaux de ruissellement,
- Les objectifs dans le domaine de la gestion des déchets,
77
- La création d’aires de carénage propres pour les navires professionnels.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Vis à vis de la pollution des sols, la politique du SCOT qui encourage l’amélioration du
système de traitement des déchets, la mise en place d’une filière de traitement des
Déchets des Equipements Electriques et Electroniques (DEEE) ou encore la réhabi-
litation des décharges est donc de nature à réduire les dépôts sauvages de produits
toxiques dans le milieu naturel susceptibles de polluer les sols et l’eau.

A l’égard de la problématique de la pollution des sédiments marins, les prescriptions


du SCOT visant à assurer un traitement des eaux de ruissellement des nouvelles
zones urbanisées est de nature à limiter l’un des principaux flux de pollution des
sédiments marins. Par ailleurs, afin de limiter l’impact des activités de carénage de
bateaux (source de pollution par les métaux lourds) sur la qualité des sédiments, le
SCOT apporte une réponse concrète : «Des aires de carénage propres doivent être
prévues pour les navires professionnels sur le Pays d’Auray, qu’elles soient spécifi-
ques à ceux-ci ou mixtes avec le domaine de la plaisance, afin d’améliorer la qualité
des eaux et de répondre aux difficultés techniques rencontrées actuellement par les
professionnels pour caréner leurs bateaux. ». De plus, « sur le littoral, les systèmes
de collecte et de traitement des déchets, des eaux usées et eaux de carénage des
ports de plaisance sont à améliorer et à développer : récupération des effluents, réa-
lisation d’aires de carénage propres.

Enfin, le développement de la filière nautique doit s’appuyer sur le développement


de ports à sec et de « nautiparcs ». « Les surfaces portuaires seront maintenues à
un niveau proche de leur niveau actuel (à l’exception du port de Palais dont le rema-
niement, voire l’agrandissement est stratégique pour la vitalité économique de l’île)
». Ces ports à sec présentent effectivement l’avantage d’être facilement équipés en
dispositifs de traitement des pollutions (traitement des eaux de ruissellement et des
déchets).

3.2. Incidences négatives

Les prescriptions du SCOT dans le domaine de la gestion des eaux de ruissellement


sont de nature à provoquer ici et là des pollutions des sols. En effet, le SCOT prescrit
le recours nécessaire aux techniques alternatives en matière de gestion des eaux plu-
RAPPORT DE PRESENTATION

viales : infiltration, noues paysagères, bassins de retenue traités en espaces verts.


Ainsi, des déversements accidentels de produits polluants sur les voiries peuvent
donc s’infiltrer dans les sols et les polluer.

Il importe donc pour la gestion des eaux dans les sites industriels et autres zones
d’activités, pour lesquelles les risques de pollution accidentelle sont significatifs, de
réaliser des bassins de stockage étanches munis de cloisons siphoïdes qui retiennent
les flottants (macrodéchets et hydrocarbures).

3.3. Mesures compensatoires

78 On recommandera que les bassins de retenue destinés à stocker les eaux de ruis-
sellement potentiellement polluées issues des zones d’activités à risques, telles que
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

les parkings de grande capacité ou encore les zones industrielles, soient conçus afin
d’éviter toute infiltration des eaux brutes dans le sol. L’objectif devra être d’imper-
méabiliser le fond des bassins et de les munir de cloisons siphoïdes.

Par ailleurs, on recommandera que les communes recensent, dans la base de don-
nées BASIAS, l’ensemble des sites potentiellement pollués sur leur territoire.

4. Propositions d’indicateurs

Indicateurs Données Source


Inventaire des sites potentielle- Nombre de sites potentiellement DRIRE, Basias
ment pollués pollués (BASIAS) par commune
Inventaire des sites dont la pollu- Nombre de sites dont la pollution DRIRE, Commune

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
tion a été avérée dans le passé et a été démontrée
de ceux qui ont été réhabilités
Inventaire des aires de carénage Nombre d’aires de carénage Communes, ports de
équipées de dispositifs de traite- plaisance
ment des eaux

IV d) Incidences sur le bruit

1. Les perspectives d’évolution

Les sources de bruit que représentent les infrastructures de transport (ferroviai-


res et routières) et la circulation aérienne aux abords des aérodromes, constituent
aujourd’hui, pour la population, les premiers facteurs de nuisance sonore. Ce constat
va en s’aggravant compte tenu de l’augmentation du trafic automobile.

L’exposition aux bruits du voisinage est par ailleurs un motif fréquent de rejet de
l’habitat collectif ou urbain et de repli vers l’habitat pavillonnaire, où l’on risque moins
d’être soumis aux bruits des autres.
RAPPORT DE PRESENTATION
Le problème dépasse le simple confort. Il est désormais considéré comme un enjeu
de santé publique. La réduction de l’exposition de la population aux nuisances so-
nores fait l’objet de réglementations, définissant un certain nombre de contraintes
portant sur la nature des constructions autorisées, sur leur implantation et sur les
niveaux d’isolation phonique.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT cherche à limiter les nuisances sonores pour les habitants :


- les communes annexeront à leur document d’urbanisme les « Plans d’exposition au
bruit » définis autour des aérodromes et la carte du « classement sonore des voies 79
de transport terrestre ».

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Les opérations d’aménagement situées à proximité de ces infrastructures veilleront à
la qualité acoustique des constructions et mettront en oeuvre les mesures et traite-
ments adéquats pour limiter les volumes sonores.
- Les documents d’urbanisme doivent également instaurer des zones tampons et
des marges de recul pour éviter les implantations d’habitation à proximité des zones
d’activités bruyantes. L’étude de l’impact des nuisances sonores des zones d’activités
bruyantes est recommandée.
- Par ailleurs, le plan de déplacements qui sera mis en place sur le Pays d’Auray
établira les modalités de desserte du territoire par les transports en commun (infras-
tructures, équipements, dessertes...) en mettant en perspectives les besoins actuels
et futurs de la population et des acteurs économiques. La structuration du réseau
de transports proposée par ce plan doit permettre de conforter la place des pôles
d’équilibre au sein de leur aire d’influence et au sein du maillage urbain du Pays. Elle
doit également assurer la desserte par les transports en commun ou les transports
à la demande de chaque pôle de proximité, et notamment vers le pôle d’équilibre le
plus proche.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

En prescrivant :
- la prise en compte du bruit dans les documents d’urbanisme,
- la mise en place du plan de déplacement qui a pour objectif d’augmenter l’usage
des transports en commun, du vélo et de réduire la part de la voiture individuelle,

… les dispositions du SCOT auront pour incidences de diminuer le nombre de person-


nes exposées aux nuisances sonores.

3.2. Incidences négatives

L’évolution prévisible de la forme urbaine compte tenu des orientations du SCOT,


avec des terrains plus petits et des logements plus rapprochés, aura pour incidence
d’augmenter les risques d’exposition aux bruits du voisinage.
RAPPORT DE PRESENTATION

3.3. Mesures compensatoires

Le problème des bruits du voisinage peut en partie être résolu par les normes récen-
tes en matière d’isolation phonique des bâtiments. Mais il appelle aussi, vraisembla-
blement, un engagement plus fort des collectivités dans le domaine de la lutte contre
les bruits du voisinage (formation et motivation des services de police, équipement
en sonomètres…) compte tenu d’une certaine montée de l’individualisme. Il faut
souligner avec force que les tentatives de densification de l’habitat risquent d’être
vouées à l’échec si elles ne s’accompagnent pas d’un minimum de respect d’autrui,
ce qui passe à la fois par de l’éducation, des mesures de police et par des formes de
dialogue ou de gestion des conflits de voisinage qui restent à trouver.
80
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Enfin, parallèlement aux efforts en faveur de la réduction du trafic, des aménage-


ments adaptés aux infrastructures existantes devront être mis en place pour limiter
les nuisances sonores (revêtements, dispositifs anti-bruit comme des murs ou des
bâtiments écrans...).

4. Propositions d’indicateurs

- Identification, cartographie et suivi des « Points noirs phoniques » (d’après l’Institut


Français pour l’Environnement : zone sur laquelle une route ou une voie ferrée exis-
tante provoque, en façade des bâtiments existants, des niveaux sonores supérieurs
à 70 dB(A) de jour) ;

- Suivi du linéaire et du classement des voies bruyantes (réalisé par la DDE / Service

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
de la Gestion de la Route) ;

- Mise en place d’un suivi des dépôts de plaintes en rapport avec les bruits du voisi-
nage.

V. INCIDENCES SUR LES RISQUES MAJEURS

V a) Incidences sur les risques naturels : le risque d’inondation

1. Les perspectives d’évolution

Seule la commune de Camors est identifiée dans le Dossier Départemental des Ris-
ques Majeurs comme nécessitant une sensibilisation des responsables locaux aux
risques d’inondation liées au débordement de l’Evel, affluent du Blavet.

Par ailleurs, le développement de l’urbanisation et l’augmentation du degré d’imper-


méabilisation des sols peuvent induire, ici et là, une augmentation brutale des débits
et des niveaux des cours d’eau faisant suite à des événements pluvieux de forte in- RAPPORT DE PRESENTATION
tensité. Lesquelles crues peuvent provoquer des inondations endommageant biens et
matériels. De même, dans les centres urbains, la densification de l’urbanisation pré-
sente des risques significatifs de saturation des réseaux de collecte, lorsqu’ils n’ont
pas été initialement dimensionnés pour de tels apports.

Dans ces conditions, les risques d’inondation, bien que faibles aujourd’hui, sont sus-
ceptibles d’augmenter dans les années à venir en raison du développement envisagé
des zones d’habitation et d’activités sur le territoire du SCOT. Une urbanisation non
maîtrisée et sans prise en compte de la problématique de la gestion des eaux de ruis-
sellement pourrait faire apparaître de nouveaux risques sur le territoire, notamment
dans les centres urbains tels qu’Auray.
81

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


2. Les objectifs du SCOT

Dans le périmètre du Pays d’Auray, le SCOT s’engage, directement ou indirectement,


à plusieurs niveaux pour réduire les risques d’inondation et leurs effets sur les biens
et les équipements :
- En imposant l’inscription et la préservation des zones humides dans les docu-
ments d’urbanisme,
- En recherchant la continuité du réseau hydrographique,
- En intégrant la gestion des eaux pluviales dans la conception des nouvelles opé-
rations d’aménagement et en promouvant les techniques alternatives au « tout
tuyau »,
- En structurant les projets urbains en fonction des capacités des réseaux.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

En premier lieu, les prescriptions du SCOT tendent à interdire tout développement de


l’urbanisation dans les zones inondables naturelles. Ainsi, toutes les constructions,
hormis les projets d’intérêt général, dans les zones humides ou encore dans le lit
majeur des cours d’eau sont interdites.

La préservation des zones humides qui constitue un objectif fort du SCOT constitue
également un enjeu important à l’égard des risques d’inondation. En effet, les zones
humides sont considérées comme des infrastructures naturelles qui assurent une
fonction de tampon et de stockage des eaux.

Par ailleurs, le SCOT assure la promotion du principe de la gestion de l’eau à la par-


celle pour toutes les nouvelles habitations, conduisant ainsi à ne pas augmenter les
débits des eaux ruissellement par rapport à l’état de la parcelle avant urbanisation.

Dans la même optique, le SCOT fixe des prescriptions pour les nouvelles opérations
d’aménagement qui visent à limiter le débit des eaux de ruissellement :
« Les solutions suivantes sont à promouvoir et envisager dès leur conception :
- Limiter l’imperméabilisation des sols,
RAPPORT DE PRESENTATION

- Favoriser dès que possible l’infiltration au plus près de la source (chaussées drai-
nantes, noues...), et si nécessaire développer des ouvrages de rétention,
- Prévoir des zones de débordements contrôlés ou d’expansion de crues, avec éven-
tuellement une mutualisation des espaces pour d’autres fonctions : parkings, terrains
de jeux, espaces verts…
- Optimiser la dimension des réseaux d’eaux pluviales et limiter le débit de sortie à la
capacité du réseau hydrographique existant ».

En outre, le SCOT précise que les communes « pourront imposer un coefficient d’im-
perméabilisation maximum des sols afin de faciliter cette infiltration, ou imposer un
rejet maximal par hectare imperméabilisé ».
82 L’objectif du SCOT visant à favoriser la préservation et la régénération du bocage
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

concourt également à réduire les ruissellements d’eaux pluviales depuis les parcelles
agricoles jusqu’aux cours d’eau : les haies, en bordure de parcelle agricole, favorisent
la rétention et l’infiltration des eaux.

Au delà des mesures précédentes, le SCOT traite également des risques de saturation
des réseaux d’assainissement. Ainsi, il impose aux communes d’établir leur projet
de développement urbain en fonction de leur capacité d’accueil, dont notamment la
capacité des réseaux d’eaux pluviales à accepter de nouveaux débits. Dans ces con-
ditions, un tronçon de réseau d’eaux pluviales déjà saturé en cas de forte pluie ne
pourra pas faire l‘objet de nouveaux raccordements.

Toutes ces mesures visant à gérer les eaux pluviales à la parcelle, à réduire le débit
des eaux de ruissellement ou encore à ne pas saturer les réseaux d’eaux pluviales
existants concourent à ne pas aggraver les risques d’inondation liés au développe-

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
ment de l’urbanisation.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions du SCOT ne sont pas susceptibles d’avoir une influence négative sur
l’environnement.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs

Indicateurs Données Source


Rétention des eaux pluviales Volume des bassins de retenue et commune
dans les nouvelles opérations autres infrastructures de stockage
d’urbanisme Surface imperméabilisée dans les
nouvelles opérations
Superficie des zones humi-
des
RAPPORT DE PRESENTATION

V b) Incidences sur les risques naturels : le risque d’érosion côtière

1. Les perspectives d’évolution

Si certains secteurs du littoral sont peu sensibles à l’érosion côtière, d’autres con-
naissent une évolution préoccupante sous l’action de différents facteurs (la houle, le
vent, le piétinement, le ruissellement / l’infiltration des eaux pluviales) qui agissent 83

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


seuls ou de manière combinée. Les prévisions de l’élévation du niveau de la mer pour
la fin du XXIème siècle (source : Commission Intergouvernementale sur l’Evolution
du Climat) amènent à penser que des dommages significatifs sont à craindre sur le
littoral du Pays d’Auray, notamment au niveau des zones submersibles (marais ar-
rière-dunaires), des structures sédimentaires sableuses (plages, flèches sableuses,
cordons et massifs dunaires, tombolo, …) ainsi que au niveau des ouvrages côtiers.
Les enjeux sont de trois ordres : des enjeux humains liés aux risques d’accidents ;
des enjeux économiques liés aux risques de détérioration des zones d’habitat et zo-
nes d’activités, des routes, des sentiers littoraux ; enfin, des enjeux environnemen-
taux liés à l’endommagement ou la destruction des habitats naturels et des espèces
présentes (flore, faune).

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT prescrit l’évaluation de l’incidence des projets de constructions maritimes


(digues, cales...), sur la courantologie, le transport de sédiments au-delà du site
d’implantation de l’ouvrage, et les répercussions éventuelles sur le trait de côte.
Par ailleurs, il préconise la réalisation d’une étude spécifique sur le risque d’érosion
et de submersion marine (par exemple dans le cadre d’un « Plan de Prévention des
Risques Littoraux » porté par l’Etat). Elle permettrait aux communes d’identifier les
secteurs à risques et de définir de manière adéquate les mesures de préservation des
biens et des personnes à mettre en oeuvre.
Le SCOT préconise également une réflexion menée par les communes pour la mise en
œuvre de mesures visant à protéger les biens et les personnes dans les zones basses
du territoire ou dans les zones à risque connues. Elles pourront par exemple y limiter
le développement urbain.
Il préconise enfin que soit abandonné le recours systématique à la protection lourde
(enrochement, perrés,...) et que soient favorisées des solutions plus douces (opéra-
tions de rechargement des plages avec du sable marin par exemple).

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Dans un contexte défavorable lié à l’élévation du niveau de la mer, le SCOT permet


de réduire les risques sur les biens et les personnes exposés. En effet, il s’engage à
RAPPORT DE PRESENTATION

évaluer et donc à limiter les incidences des constructions d’ouvrages (cales, digues…)
sur la modification des rivages.

Par ailleurs en recommandant de limiter le développement urbain à proximité du


trait de côte, le SCOT devrait permettre d’éviter ultérieurement l’implantation de tout
ouvrage de protection qui aurait pour conséquence de modifier le régime sédimento-
logique des plages.

Enfin, les dispositions prises pour limiter le phénomène d’érosion ne seront réelle-
ment efficaces que si elles s’attaquent directement aux causes des faits constatés,
c’est-à-dire le déficit sédimentaire des plages et des estrans. Aussi, le SCOT recom-
mande l’utilisation de techniques douces de défense côtière, notamment le recharge-
84
ment massif des plages avec du sable marin.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

3.2. Incidences négatives

Le DOG mentionne que « les sites naturels doivent autant que possible être rendus
accessibles au public. Cette accessibilité doit cependant être adaptée à la sensibilité
de chaque site et la fréquentation ne doit en aucun cas menacer les caractères fonda-
mentaux qui ont conduit à leur éventuelle mise en protection.». Il convient ici de rap-
peler que la surfréquentation (ou la fréquentation mal gérée) des dunes et des hauts
de falaises entraîne une disparition de la végétation et une accélération de l’érosion
provoquée par des facteurs naturels (pluie, vent, houle).

3.3. Mesures compensatoires

Les opérations de rechargement des plages avec du sable marin, apparaîtront dans

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
l’avenir comme l’une des solutions les plus intéressantes à l’érosion côtière en termes
d’efficacité, d’impacts socio-économiques et paysagers. C’est déjà le cas aujourd’hui,
dans le Nord/Pas-de-Calais (baie de Wissant), en Charente-Maritime (Châtelaillon) ou
en Vendée (projet à Noirmoutier), où les collectivités locales et les services de l’Etat
ont élaboré de véritables plans de gestion des sédiments.

La mise en œuvre de cette stratégie sur le littoral du Pays d’Auray implique d’engager
une réflexion à l’échelle de l’espace maritime qui s’étend sur deux unités (ou cellu-
les) hydro-sédimentaires : celle qui s’étend de la Laïta à Quiberon et celle qui va de
Quiberon à la Vilaine. Il s’agit notamment de réaliser un bilan des gisements sous-
marins de sables, de leurs caractéristiques (granulométrie et qualité physico-chimi-
que des sédiments, faune et flore, présence d’une zone de pêche ou autre activité…)
dans l’objectif de préserver pour l’avenir la ressource en sable et les sites potentiels
d’extraction.

Il semble ici important de mentionner les conclusions de l’étude intitulée « Living


with Coastal Erosion in Europe : Sand and Space for Sustainability », commandée en
2001 par la direction générale de l’environnement de la Commission européenne, sur
une initiative du Parlement européen (elle avait pour objectif d’évaluer les incidences
sociales, économiques et écologiques de l’érosion des côtes européennes et d’étudier
des moyens d’action). Les quatre recommandations émises en vue de lutter contre
l’érosion côtière en Europe sont les suivantes :
1 – Renforcer la résistance côtière en restaurant le bilan sédimentaire, ce qui né- RAPPORT DE PRESENTATION
cessite de répertorier les « réserves stratégiques » où des sédiments peuvent être
prélevés sans compromettre l’équilibre naturel.
2 – Prendre en compte le coût de l’érosion côtière dans les décisions d’aménagement
et d’investissement.
3 – Anticiper l’érosion côtière et planifier des solutions pour y remédier. Plutôt que
d’agir au coup par coup, il semble plus judicieux de planifier des solutions à long
terme qui reposeraient sur des « plans régionaux de gestion des sédiments côtiers en
vue de rétablir la résistance du littoral ».
4 – Consolider la base des connaissances en matière de gestion et de planification
de l’érosion côtière pour garantir l’adoption de décisions avisées et l’application des
meilleures pratiques. 85

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


4. Propositions d’indicateurs

Mettre en place un suivi photographique des segments littoraux dans la continuité


du « Programme de surveillance de l’érosion côtière entre la Laïta et la Ria d’Etel »,
établi par Cap l’Orient en 2003. Il s’agit de caractériser le trait de côte en fonction de
3 critères (nature du trait de côte, occupation de l’arrière-côte, protection), d’iden-
tifier les signes d’érosion (dégradation des structures sédimentaires et des parties
sommitales des falaises rocheuses) et d’estimer le degré de sensibilité de la frange
littorale ; puis de dégager les enjeux ainsi que les secteurs d’intervention priori-
taires, sur lesquels devront être ultérieurement définies des opérations spécifiques
d’aménagement et / ou de gestion. Ce suivi photographique reconduit sur plusieurs
années donnera la possibilité d’observer l’évolution de chaque segment (dégradation,
stabilité, amélioration) et d’évaluer notamment les opérations d’aménagement ou de
restauration qui auront été effectuées.

V c) Incidences sur les risques naturels : le risque de feux de forêts

1. Les perspectives d’évolution

Les espaces boisés du territoire du Pays d’Auray se caractérisent par les grandes
forêts de Floranges et de Camors ainsi que par une multitude de bois de superficies
variables, qui, reliés par des éléments bocagers constituent des ensembles relative-
ment importants. Le Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques
(SDACR) a identifié 11 zones boisées sensibles en Morbihan, concernant des forma-
tions aussi bien forestières (dominées par des arbres et des arbustes) que subfores-
tières telles que les landes). Les secteurs considérés « à risque élevé » sur le Pays
d’Auray sont les suivants :
- de Bieuzy au Blavet (communes de Camors et de Pluvigner)
- bois de Languidic à Plouhinec : (communes de Landaul et Landévant)
- landes alréennes : Auray, Belz, Carnac, Erdeven, Locoal-Mendon, Ploemel, Plou-
harnel.
RAPPORT DE PRESENTATION

La destruction d’habitations, de zones d’activités ainsi que des réseaux de commu-


nication, provoque généralement des coûts importants et des pertes d’exploitation.
L’incidence d’un feu est également considérable au plan biologique, de la qualité des
sols et de la modification de paysages.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT cherche à limiter le risque de feu de forêt. Il prescrit l’arrêt de la construc-


tion d’habitat diffus en zone forestière et le maintien de zones tampons entre les zo-
nes d’habitat et les zones de forêt. Par ailleurs l’obligation de débroussaillage autour
des axes et habitations à risque sera mise en oeuvre par les communes (art. L 322.3
86 du code Forestier).
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Il préconise, en prolongement de la charte forestière du territoire de Carnac et des


communes environnantes, l’identification sur tout le territoire des massifs forestiers
ou boisements présentant un risque de feux de forêt. Il sera alors envisagé des me-
sures et des équipements nécessaires à la protection contre l’incendie (débroussaille-
ments, pistes de Défense de la Forêt Contre les Incendies (DFCI), signalétique…).
Le SCOT préconise également le développement d’une filière bois-énergie afin de
tirer meilleur partie des bois et haies qui jalonnent le territoire et d’entretenir le pay-
sage bocager (l’installation de chaudières bois dans les équipements publics ou la
vente de bois au particulier par des systèmes de concessions pourraient contribuer
au développement de cette filière).

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Le respect des dispositions du SCOT concernant la maîtrise de l’urbanisation et la
gestion des espaces boisés devrait permettre de diminuer la vulnérabilité des popu-
lations face aux incendies et de réduire les risques de dommages sur les biens et les
équipements. Par ailleurs, le développement de la filière bois devrait avoir pour con-
séquence à terme une possible augmentation de la part des énergies renouvelables
sur le territoire du Pays d’Auray (diversification énergétique).

3.2. Incidences négatives

Sans objet.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs

Informations pouvant être recueillies auprès du Service Départemental Incendie et


Secours (SDIS) :
- Moyenne des surfaces brûlées par sinistre et par an sur le territoire du SCOT
- Impacts humain, économique, matériel et environnemental sur le territoire du RAPPORT DE PRESENTATION
SCOT

V d) Incidences sur les risques technologiques : le risque industriel

1. Les perspectives d’évolution

Les établissements industriels présentant des risques significatifs sur l’environnement


sont peu nombreux sur le territoire d’étude. Sont identifiées à risques, les communes
de Landévant pour l’entreprise 3S qui présente un risque de dégagement toxique
87

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


(ammoniac), et du Palais du fait de l’entreprise TOTAL qui présente un risque d’incen-
die et d’explosion. Le Pays d’Auray ne compte aucun établissement classé SEVESO.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT prévoit de mettre à l’écart des zones urbanisées toute nouvelle activité
industrielle, et de limiter le développement de l’habitat à proximité des industries
présentant des risques technologiques.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Le SCOT prévoit des mesures pour réduire les risques technologiques sur les zones
urbanisées. Ainsi, « toute nouvelle implantation industrielle doit être réalisée sur des
zones d’activités spécifiques à l’écart de zones urbanisées afin de limiter les nuisan-
ces et risques éventuels pour le voisinage. De même, toute activité classée (ICPE,
SEVESO) devra être préférentiellement implantée sur ces zones. Les documents d’ur-
banisme devront garantir des espaces tampons autour de l’ensemble des sites indus-
triels pour assurer l’isolement des activités et la pérennité de celles-ci. »

De même, le développement des zones d’habitat sera subordonné à l’absence de


sites industriels à risques à proximité de celles-ci : en effet, l’objectif du SCOT est
que les communes structurent leur projet urbain autour de leur capacité d’accueil,
laquelle intègre les risques naturels et technologiques.

Ainsi, en complément de l’arsenal réglementaire relatif aux installations industrielles


dangereuses (Loi sur les Installations classées pour la Protection de l’Environnement,
directive SEVESO), le SCOT intervient sur la maîtrise de son territoire en prescrivant
aux communes d’isoler au maximum l’urbanisation des activités dangereuses exis-
tantes ou à venir. Dans ces conditions, le SCOT assurera une maîtrise du développe-
ment économique de son territoire sans compromettre la sécurité de la population vis
à vis des risques industriels.

3.2. Incidences négatives


RAPPORT DE PRESENTATION

Il n’a pas été identifié d’incidences négatives.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Les indicateurs

Indicateurs Données Source


Sites soumis à autorisation au titre de Nombre de sites soumis à autori- DRIRE,
la loi sur les Installations Classées pour sation au titre des ICPE DSV, Com-
88 la Protection de l’Environnement munes
Surface des zones d’aléas Surface communale concernée par
les risques technologiques
Population dans les zones d’aléas Nombre d’habitants exposés au
risque technologique
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

V f) Incidences sur les risques technologiques : le risque lié au


transport de matières dangereuses

1. Les perspectives d’évolution

Sur le territoire du SCOT, les risques liés au transport de matières dangereuses con-
cernent :
- Le transport routier de marchandises. Toutes les communes sont concernées à
plus ou moins grande échelle, le risque étant proportionnel à la densité du trafic
sur les axes routiers.
- Le transport par canalisation de gaz. Sont concernées les communes de Brec’h,
Camors, Carnac, Locoal-Mendon, Ploemel, Plouharnel, Plumergat, Pluneret et Plu-

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
vigner. Les servitudes liées à la présence de ces canalisations sont présentes dans
les documents d’urbanisme de ces communes.
- Les principales gares du département sont intégrées au titre des risques liés aux
transports ferroviaires. Auray est concernée par ce risque.

Le développement des zones d’activités en bordure des principaux axes routiers tra-
versant le territoire du SCOT tend à accroître le risque d’exposition lié au transport
de marchandises. Cependant, les marges de recul des constructions vis à de ces axes
limitent le risque.

L’augmentation possible du trafic de marchandises par voie ferroviaire dans les an-
nées à venir tend à développer l’exposition aux risques, notamment au niveau de la
gare d’Auray.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT prévoit la mise en place de marges de recul le long des principaux axes de
transport.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives RAPPORT DE PRESENTATION

La prescription imposant aux communes de structurer leur projet urbain autour de


leur capacité d’accueil tend à réduire la population exposée, le long des axes routiers
majeurs, au transport de matières dangereuses. En effet, l‘objectif est d’isoler l’habi-
tat des zones du territoire soumises aux risques technologiques. En outre, l’objectif
visant à limiter les nuisances liées au bruit et à l’exposition du bâti a pour conséquen-
ce de réglementer l’implantation des zones d’habitat en bordure des routes classées
« à grande circulation » et des voies ferrées. Cette mesure réduit également le risque
lié au transport des matières dangereuses. Par ailleurs, « Les documents d’urbanisme
devront instaurer des espaces tampons autour de l’ensemble des sites industriels
pour assurer l’isolement des activités et la pérennité de ces dernières.»
89

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Enfin, « concernant le transport de matières dangereuses des marges de recul sont à
prévoir le long des principaux axes de transport. Dans le cas où ces axes traversent
un périmètre de protection de captage, un système de récupération et de traitement
des eaux étanche doit être mis en oeuvre. »

Globalement, la politique du SCOT qui vise à mettre en œuvre le principe « d’une


bonne implantation au bon endroit » permettra de réduire l’exposition des popula-
tions aux risques liés au transport de matière dangereuses.

3.2. Incidences négatives

Il n’a pas été identifié d’incidences négatives.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs

Il n’a pas été déterminé d’indicateur sur ce thème.

VI. INCIDENCES SUR LA VIE QUOTIDIENNE

VI a) Incidences sur la vie quotidienne : la santé

1. Les perspectives d’évolution

Les documents du SCOT ne contiennent pas de données sur l’état sanitaire de la po-
RAPPORT DE PRESENTATION

pulation d’Auray, susceptibles de mettre en évidence des caractéristiques favorables


ou défavorables, ou des évolutions susceptibles d’être liées à l’environnement. De ce
fait, il n’est pas possible d’envisager des perspectives d’évolution.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT ne contient pas d’objectifs particuliers en matière de santé publique. En


revanche, plusieurs dispositions du document d’orientations générales sont suscepti-
bles de concerner ce thème :
- les mesures de lutte contre les pollutions et nuisances
- la préservation de « liaisons naturelles » entre ville et campagne
90 - la promotion des « déplacements doux ».
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

3. Les incidences du SCOT


3.1. Incidences positives

Les dispositions précitées auront des incidences favorables sur la santé publique,
notamment dans l’éventualité où elles inciteraient les habitants à se déplacer davan-
tage à pied ou à vélo pour leurs activités quotidiennes ou leurs loisirs.

3.2. Incidences négatives

Le SCOT ne contient pas de dispositions de nature à avoir une incidence négative sur
la santé publique.

3.3. Mesures compensatoires

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Sans objet.

4. Propositions d’indicateurs

Il n’existe pas actuellement, à l’échelle du territoire du Pays d’Auray, de données épi-


démiologiques pouvant être mises en relations avec des caractéristiques positives ou
négatives de l’environnement. Si certaines pathologies (maladies cardio-vasculaires,
cancers, obésité…) ont dans certains cas des liens avec l’environnement, elles relè-
vent également d’autres facteurs.

VI b) Incidences sur la vie quotidienne : l’accès à la nature

1. Les perspectives d’évolution

L’analyse de l’état initial de l’environnement a mis en évidence les perspectives


d’évolution en matière d’accès à la nature : augmentation constante de la demande
du public et saturation de certains lieux de promenade, en particulier sur le littoral ;
insuffisance persistante de l’offre dans les communes intérieures remembrées ; et
enfin, réduction des possibilités globales d’accès à la nature, par embroussaillement, RAPPORT DE PRESENTATION
coupures d’itinéraires, perte d’agrément… avec des risques particulièrement élevés à
la périphérie des villes et des bourgs. Ces perspectives sont donc assez peu favora-
bles si les collectivités ne parviennent pas à relancer vigoureusement les initiatives
dans ce domaine.

2. Les objectifs du SCOT

La « pièce maîtresse » du dispositif prévu parle SCOT réside dans le réseau des
liaisons naturelles, qui a vocation à demeurer ou être rendu accessible aux prome-
neurs sous réserve de la sensibilité écologique, et ne devra plus faire l‘objet de cou-
pures, sauf mesures compensatoires intégrant le franchissement des aménagements 91
par les promeneurs.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


Les objectifs du SCOT sont exprimés dans le chapitre du DOG intitulé « Favoriser
l’accès à la nature et la pénétration de la nature dans la ville ». Il y est demandé aux
communes de prévoir la constitution d’itinéraires de randonnée de façon à valoriser
le patrimoine naturel et à offrir un cadre de promenade et de randonnée agréable et
sécurisé à la population. La réalisation d’un axe de randonnée reliant le nord au sud
du Pays par ces espaces est par exemple à envisager. Les communes doivent égale-
ment veiller à assurer l’accessibilité des liaisons naturelles depuis les zones d’habitat,
en promouvant des continuités naturelles jusqu’au cœur des sites urbanisés.

En outre, les schémas d’organisation des zones AU pourront faire apparaître des iti-
néraires en vue d’assurer des continuités piétonnes entre espace urbain et espace
rural, à la charge des aménageurs des zones. Pour assurer l’accessibilité des espaces
naturels depuis le cœur des espaces urbanisés, les communes pourront créer des
cheminement et mettre en réseau les parcs et espaces verts dont elles disposent, en
ayant par exemple recours à des emplacements réservés.

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les dispositions précitées devraient avoir des incidences très favorables sur l’accès
du public à la nature, à conditions que toutes les communes intègrent ces principes
dans leur document d’urbanisme et, plus largement, dans leurs décisions de gestion
de leur territoire. Il s’agit en particulier de délimiter les zones urbaines ou à urbani-
ser en tenant compte de la proximité des zones naturelles, de mener une politique
d’achat d’espaces naturels, d’aménager des réseaux cohérents de chemins publics
reliant les secteurs d’habitat aux espaces de campagne et de nature, de favoriser les
traversées de routes par des aménagements spécifiques, etc. Sur ce dernier point, il
est évident que les maîtres d’ouvrages devront respecter les dispositions du SCOT.

Au-delà de ces mesures, les dispositions prises pour préserver les liaisons vertes et
empêcher toute forme de «mitage» de l’espace rural devraient permettre de préser-
ver durablement de vastes secteurs contre l’urbanisation, ainsi que contre les phéno-
mènes de «privatisation» qui se manifestent par exemple par l’apparition de clôtures
autour de grands terrains affectés à l’habitat ou aux loisirs.

La dernière version du SCOT propose aux communes d’élaborer un réseau cohérent


RAPPORT DE PRESENTATION

d’itinéraires de promenades, respectueux des sensibilités écologiques des liaisons


naturelles.
La réalisation d’un itinéraire nord/sud, préconisée par le DOG, serait une excellente
mesure mais nécessite un grand volontarisme de la part des communes. Les ob-
servations effectuées dans la vallée du Loc’h, qui serait le tracé le plus intéressant,
montrent que les difficultés foncières sont multiples.

En ce qui concerne l’aménagement des zones AU, les solutions proposées vont dans
le bon sens mais relèvent seulement du bon vouloir des communes, puisque la créa-
tion de liaisons piétonnes entre ces zones et la campagne reste comme aujourd’hui
facultative. Le fait que la plupart des zones AU soient implantées dans des espaces
92 agricoles pose d’ailleurs un problème qui mériterait réflexion : dans un tel contexte,
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

la création d’ouvertures vers la campagne peut apparaître au mieux inutile, et au


pire dommageable pour les activités agricoles. A long terme, pourtant, ce genre de
dispositif peut se révéler bénéfique à mesure que l’urbanisation s’étend. On voit ainsi
l’intérêt d’une bonne planification à long terme de l’urbanisation et de l’accessibilité
des espaces naturels.

3.2. Incidences négatives

Des incidences négatives du SCOT sur les conditions de fréquentation des espaces
naturels par le public pourraient provenir des dispositions prises pour renforcer les
villes et les bourgs. Un remplissage systématique des vides actuels par de nouveaux
quartiers, au nom d’une doctrine de la « ville compacte » et de l’économie d’espace,
risquerait d’avoir pour effet de repousser la campagne et de rendre plus difficiles les
relations entre les secteurs centraux et les espaces de campagne périphériques. Les

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
voiries de desserte de ces nouveaux quartiers peuvent aussi constituer des coupures
plus ou moins difficilement franchissables. Ces problèmes sont cependant bien abor-
dés par la partie du DOG intitulée « Définir des limites nettes entre espace urbain et
espace rural ».

D’une manière générale, le maintien durable d’espaces non constructibles au cœur


des secteurs urbains ou à urbaniser est une cause très difficile à plaider tant que
ces espaces ne sont pas affectés d’une forte vocation sociale, ce qui suppose que la
collectivité soit en mesure d’élaborer ce type de projet, de lui donner du contenu,
de l’inscrire réglementairement dans son PLU et d’en tirer les conséquences au plan
foncier.

Certains aménagements routiers prévus ou envisagés dans le Pays d’Auray indépen-


damment du SCOT peuvent poser des problèmes de grande ampleur pour l’accès à
la nature, en particulier le projet de doublement par le nord de la A82, qui risque de
sectionner une multitude de liaisons existantes ou potentielles entre la zone côtière
et l’arrière-pays.

3.3. Mesures compensatoires

Mesures relatives au développement de l’urbanisation des villes et des bourgs : elles


sont intégrées dans le DOG qui exige l’élaboration de projets de quartiers prenant en
compte l’environnement et les déplacements, et demande que les extensions d’urba- RAPPORT DE PRESENTATION
nisation respectent les liaisons naturelles identifiées par le SCOT.

Mesures relatives à l’effet de coupure par les aménagements : le DOG prescrit que
les infrastructures de transports, les réseaux et équipements liés à la gestion de
l’eau et à la production d’énergie renouvelable sont autorisés dans les liaisons natu-
relles, sous réserve que ces aménagements ne compromettent pas la continuité des
liaisons. Des mesures de compensation (passage à faune, ouvrages de franchisse-
ment pour les modes doux, rétablissement des continuités hydrologiques...) devront
être mises en oeuvre pour garantir la continuité de ces liaisons s’il n’existe pas de
solutions alternatives. Ces aménagements étant en général soumis à étude d’im-
pacts, on peut s’attendre à ce que ces considérations soient intégrées dès le début
des études techniques. 93

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


4. Propositions d’indicateurs

Deux indicateurs au moins pourraient être mis en oeuvre :

- les superficies d’espaces naturels publics et affectés à l’usage du public, rapportées


à la population.
- le linéaire de chemins de promenade non goudronnés affectés à l’usage du public.

Ces formulations apparemment simples posent toutefois des problèmes de définition


et d’identification des objets.

Dans le premier cas, il est possible de totaliser les superficies des forêts domaniales,
et des espaces acquis par le Conservatoire du Littoral et le Département. La prise
en compte des biens communaux pose davantage de problèmes puisque dans les
données cadastrales, rien ne permet a priori de distinguer les espaces réellement
affectés à l’usage du public et ceux qui, à l’abandon, clos ou affectés à des services
publics, ne sont pas accessibles. Une étude spécifique serait particulièrement utile
pour permettre de disposer d’un indicateur exploitable.

Dans le deuxième cas, la solution la plus simple est de comptabiliser les linéaires des
itinéraires de promenade aménagés par les communes et d’autres acteurs publics. Le
problème est que ces itinéraires empruntent, parfois sur des longueurs importantes,
des voies goudronnées qu’il serait abusif de comptabiliser parmi les « chemins ». Par
ailleurs il existe une multitude de chemins non aménagés qui ne sont comptabilisés
nulle part mais qui de fait sont très fréquentés par les promeneurs. Leur inventaire
nécessiterait un travail important, mais la tâche ne paraît pas insurmontable.

En tout état de cause, il conviendrait qu’un territoire comme le Pays d’Auray, avec
une vocation touristique de premier plan à l’échelle nationale et une urbanisation qui
se développe rapidement, se dote d’un indicateur fiable concernant les conditions
d’accès du public à la nature.

VI c) Incidences sur la vie quotidienne : les déplacements


RAPPORT DE PRESENTATION

1. Les perspectives d’évolution

Le diagnostic du territoire a mis en évidence le caractère hégémonique de la voiture


particulière par rapport à tous les autres modes de transport. Cette situation rend le
Pays d’Auray très dépendant d’un mode de déplacement quasi unique et pénalise les
personnes qui, par choix de vie ou par nécessité, souhaiteraient pouvoir vivre sans
voiture. Les transports collectifs par autocar pourraient toutefois augmenter notable-
ment leur part de marché dans les années à venir, dans le cadre d’un service reliant
Auray à un certain nombre de communes périphériques. Par ailleurs la pratique du
94 vélo pourrait être favorisée pour les déplacements à courte distance moyennant des
aménagements relativement simples. Les initiatives en faveur des « déplacements
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

doux » ne porteront cependant leurs fruits que si elles ne sont pas concurrencées
par des investissements beaucoup plus lourds en faveur de la voiture individuelle,
ce qui pose le problème de la cohérence des actions publiques dans le domaine des
déplacements.

2. Les objectifs du SCOT

Le SCOT prévoit d’agir dans plusieurs domaines pour limiter les besoins de déplace-
ment et privilégier les « déplacements doux » :

- rapprocher lieux de travail et lieux d’habitat


- implanter l’habitat et les activités à proximité des réseaux de transport en com-
mun

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
- meilleure utilisation des voies ferrées, gares et haltes ferroviaires
- développement du co-voiturage
- promotion des « modes doux » par la sécurisation des voies, la réalisation d’amé-
nagements cyclables…

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les nombreuses propositions du SCOT en matière de déplacements auront une inci-


dence globalement positive sur l’environnement. Encore faut-il qu’elles soient mises
en œuvre, ce qui suppose notamment qu’elles soient financées, et que les initiatives
favorables à l’environnement ne soient pas concurrencées par des aménagements
continuant de privilégier la voiture individuelle. Sur ce dernier point, des projets tels
que la mise à 2X2 voies d’une partie de l’itinéraire d’Auray à Plouharnel, ou le double-
ment de la A82 par le nord, peuvent être analysés comme relevant d’une politique de
fuite en avant en faveur de la voiture. De plus, des aménagements de cette ampleur
nécessitent des investissements sans commune mesure avec ceux habituellement
affectés aux transports collectifs ou aux « modes doux ». Il est toutefois à souligner
qu’au travers du SCOT, les élus du Pays d’Auray expriment leur souhait de ne pas voir
de « développement de voies de transit autres que les déviations de bourg, y compris
le projet de contournement d’Auray par l’A82. » (DOG, page 60).
RAPPORT DE PRESENTATION
En matière ferroviaire, la situation excentrée de la gare d’Auray rend très probléma-
tique le développement du transport par train pour les relations domicile / travail à
l’intérieur du Pays.

En ce qui concerne le vélo, le DOG se réfère au « schéma cyclable du Pays d’Auray ». Ce


document privilégie « la pratique du vélo en tant que loisir », ce qui semble laisser
de côté l’aspect utilitaire de ce mode de déplacement. De fait, le schéma met l’ac-
cent sur la promenade et l’accès aux sites touristiques du littoral. Le souci de limiter
au strict minimum (3,2 % du linéaire total) les aménagements spécifiques conduit
à mettre bout à bout des passages sur des chemins de terre existants et des passa-
ges sur route, ces derniers représentant 72 % du total. Le schéma ne tranche pas
clairement la question de savoir si les aménagements doivent être d’abord efficaces, 95
c’est à dire rapides et directs, ou s’ils doivent privilégier la découverte et la flânerie,

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


ce qui autorise les sinuosités. Il en résulte un mélange de section d’itinéraires « ef-
ficaces » (Ploemel – Erdeven par exemple) et de sections sinueuses. Grosso modo
on peut s’attendre à voir émerger des itinéraires tels que Auray - Erdeven, Etel
– Penthièvre – Quiberon, Auray Carnac, Auray – Le Bono, Auray – Crach – Locma-
riaquer, Carnac – La Trinité. Ces dispositifs amélioreront la sécurité et la qualité de
vie des vacanciers, mais il est dommage que le plan ne porte pas sur la création de
dessertes des zones d’activités. Toutefois, le DOG indique que « dans les PLU et dans
toute opération d’aménagement, il convient de chercher à développer un maillage de
cheminements piéton et vélo, déconnecté des chaussées permettant de renforcer et
sécuriser les déplacements de proximité dans les parties urbaines des communes et
d’accéder rapidement aux écoles, commerces, services et espaces naturels avoisi-
nants, en connexion avec les liaisons naturelles ou itinéraires de randonnée présents ».
Cette préconisation va dans le bon sens, on regrettera seulement qu’elle ne soit pas
exprimée de manière plus directe (« il convient de chercher à développer… » aurait
pu être remplacé par « toute opération devra prévoir… »).

Les dispositions précitées bénéficieront aussi aux piétons, à condition que les trottoirs
ne soient pas conçus et utilisés de fait pour le stationnement des voitures comme
c’est la plupart du temps le cas dans les quartiers récents. La protection de l’espace
dévolu au piéton et au cycliste passe par une gestion sérieuse du stationnement des
voitures au niveau de chaque quartier, et des progrès importants sont à attendre en
la matière.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions permissives déjà relevées en faveur du « mitage » dans les commu-
nes non littorales auront pour incidence de placer un nombre accru de ménages dans
une situation de totale dépendance à l’égard de la voiture individuelle pour toutes les
activités de la vie quotidienne ; elles contredisent de ce fait les objectifs affichés par
le SCOT en matière de déplacements.

Le souhait d’un rapprochement des lieux de travail par rapport aux zones d’habitat
va, lui, dans le bon sens mais peut poser divers problèmes et notamment de nuisan-
ces, comme le relève d’ailleurs le DOG. S’agissant des activités dites « compatibles
avec l’habitat », la « mixité fonctionnelle » est déjà inscrite dans les règlements de
PLU, puisque ces activités sont presque toujours tolérées au côté de l’habitat. De fait,
il n’est pas rare de trouver des artisans et travailleurs indépendants dans les quar-
RAPPORT DE PRESENTATION

tiers d’habitat. Pour ce qui est des activités à nuisances, il est d’usage de leur affecter
des zones spécifiques, en général à proximité de dessertes routières pouvant elles-
mêmes être sources de nuisances. L’idée de les rapprocher des quartiers d’habitat,
ou à l’inverse d’en rapprocher ces derniers, peut poser des problèmes non seulement
pour le voisinage, mais aussi pour les activités elles-mêmes qui peuvent se trouver
confrontées à des contraintes si elles veulent évoluer ou s’agrandir.

3.3. Mesures compensatoires

Sans objet.

96
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

4. Propositions d’indicateurs

L’indicateur le plus approprié est celui qui permet d’apprécier la part des différents
modes de locomotion dans les déplacements quotidiens de la population résidente.

Les comptages peuvent aisément être mis en œuvre pour mesurer les flux d’automo-
biles et d’usagers des transports collectifs.

Le taux de motorisation des ménages est également une donnée intéressante. En ef-
fet, contrairement à une croyance répandue, il existe une proportion non négligeable
de ménages (en général de 10 à 15 %) qui n’ont pas de voiture, et dont les conditions
de déplacement peuvent donc poser problème.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
VI d) Incidences sur la vie quotidienne : les patrimoines

1. Les perspectives d’évolution

La question des évolutions actuelles et futures des patrimoines culturels dans le Pays
d’Auray n’est pas particulièrement abordée dans les documents du SCOT.

On peut penser qu’à l’heure actuelle, compte tenu des mesures de protection déjà
en place, les principaux problèmes portent sur l’évolution des espaces entourant les
éléments de patrimoine, ainsi que sur les mutations culturelles et économiques qui
réduisent le patrimoine à des fonctions décoratives dès lors que ses fonctions utili-
taires ont disparu. La question de savoir si un élément de patrimoine doit demeurer
dans un environnement intact ou s’il est possible d’admettre des constructions neu-
ves dans son environnement est tranchée de façon très différente selon les cas. Si
certains villages ou hameaux à forte valeur patrimoniale ont, çà et là, été protégés
de toute urbanisation et en quelque sorte « muséifiés », la tendance générale à favo-
riser l’urbanisation en campagne ces dernières années s’est traduite par des cohabi-
tations souvent difficiles entre le bâti ancien et les constructions modernes. Bien des
hameaux et villages montrent un contraste entre d’anciennes longères délabrées,
même si beaucoup ont été restaurées avec soin, et un environnement de maisons RAPPORT DE PRESENTATION
neuves en rupture avec les modes d’implantation, les volumes et les matériaux tra-
ditionnels.

Pour les années à venir, trois tendances sont à prendre en compte :

- Le ralentissement prévisible de la construction en campagne, du fait de l’entrée en


vigueur des règles du SCOT. Ce phénomène devrait réduire sensiblement les mena-
ces pouvant peser sur l’environnement de certains éléments de patrimoine.

- L’apparition de nouveaux matériaux de construction, en relation avec la recherche


d’une moindre consommation énergétique. Cette évolution appelle des prises de po-
sitions très claires de la part de tous ceux qui, au nom de la défense du patrimoine, 97

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


tendent à récuser les matériaux et techniques de constructions étrangers à la tradi-
tion locale. Il est en effet évident que la construction à l’ancienne, en granite appa-
rent et toiture de chaume, n’a pas d’avenir.

- La poursuite de la diminution du nombre de sièges d’exploitations agricoles, avec


pour corollaire l’abandon d’un nombre croissant de bâtiments anciens.

2. Les objectifs du SCOT

Le DOG contient un volet intitulé « préserver le patrimoine urbain, rural et maritime


». Il y est demandé aux communes de « poursuivre l’identification et la protection du
patrimoine », notamment dans le cadre des PLU, et d’instituer davantage de Zones
de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP), ainsi que
de solliciter le classement des sites ou des bâtiments. Les communes sont invitées,
sur la base de leur inventaire, à prendre les mesures de protection qu’elles jugeront
nécessaires.

Les PLU pourront autoriser la restauration de ruines dès qu’il reste deux murs por-
teurs, afin de préserver et faire revivre le patrimoine du bâti traditionnel, à des fins
culturelles et touristiques.

A proximité du patrimoine ancien, le DOG demande que l’on veille « à limiter les
nouvelles constructions ou à les intégrer dans les meilleurs conditions possibles :
réflexion sur l’implantation, la volumétrie, l’aspect extérieur des constructions, le
traitement des parcelles... ».

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Au-delà des mesures qui viennent d’être évoquées, les dispositions les plus efficaces
du SCOT en faveur du patrimoine rural sont à rechercher dans le dispositif de maîtrise
de l’urbanisation en zone rurale, qui permettra de mettre un terme à la multiplication
de constructions neuves autour de simples hameaux ou écarts, constitués d’ancien-
nes fermes pouvant présenter un intérêt patrimonial par la qualité de leur architec-
ture et leur insertion dans le site. C’est là que réside l’essentiel de l’apport du SCOT
RAPPORT DE PRESENTATION

en la matière, les autres mesures étant essentiellement un rappel de possibilités


d’action qui existent déjà.

3.2. Incidences négatives

Les dispositions favorables au « mitage » dans les communes non littorales (autorisa-
tion de bâtir à proximité de tout noyau bâti, quelle que soit son importance), auront
pour effet d’apporter des constructions neuves au voisinage d’un bâti ancien sans
aucun schéma d’implantation d’ensemble, puisque le SCOT fait échapper ce mode
d’urbanisation à l’obligation d’un « projet de village ». La construction de maisons
en bord de route, de manière déconnectée de l’habitat traditionnel avoisinant, ris-
que d’altérer la perception de celui-ci et de contribuer à la banalisation du paysage
98
rural.
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

3.3. Mesures compensatoires

Le SCOT ne prévoit pas de mesures susceptibles de supprimer, réduire ou compenser


les impacts de l’urbanisation en zone rurale sur le patrimoine bâti.

4. Propositions d’indicateurs

Il n’existe pas, dans l’aire d’étude, d’indicateur relatif à l’état de conservation des
différents types de patrimoines culturels. L’existence de mesures de protection ne
saurait être considérée par elle-même comme un indicateur valable de l’état de con-
servation d’un élément de patrimoine et de ses abords. La pratique montre en effet
qu’une mesure de protection telle que l’inscription ou le classement d’un monument
historique au titre de la loi de 1913 ne garantit pas toujours que l’environnement de

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
ce bâtiment soit en harmonie avec celui-ci.

La technique de l’observatoire photographique pourrait être une manière simple et


efficace de suivre les transformations susceptibles d’affecter certains éléments carac-
téristiques du patrimoine local ainsi que leurs abords.

VI e) Incidences sur la vie quotidienne : les paysages

1. Les perspectives d’évolution

En se basant sur les sept entités paysagères diagnostiquées, on peut faire état des
perspectives suivantes :
- Hauteurs et coteaux forestiers des Landes de Lanvaux : ce secteur est fragilisé par
les extensions linéaires (habitat, activités) le long des routes qui menacent les conti-
nuités forestières et les ouvertures visuelles tant vers les reliefs de Lanvaux que vers
les parties basses du Pays.
- Campagne vallonnée agricole et bocagère du Loc’h : territoire menacé de la dispa-
rition des micro-boisements, du maillage bocager, de la dégradation des contacts de
l’urbanisation avec les espaces agricoles et naturels. RAPPORT DE PRESENTATION

- Entre rivières d’Auray et de Crac’h : secteur affecté dans sa partie aval par les
éventuelles dégradations des contacts complexes qui relient zones humides, zones
ostréicoles, chantiers navals, bocage et petits boisements résiduels confrontés au
développement de l’artificialisation des sols diffuse mais généralisée.
- Ria d’Etel : des problèmes d’urbanisation en ligne de crête ou en fond d’estran,
d’abandon local des pratiques agricoles (landes et parcelles agricoles littorales) me-
nacent les horizons et les vues sur la ria. Des ensembles fragiles du petit patrimoine
rural sont menacés tels que les systèmes de murets de pierres, les sites d’anciens
moulins à marée, les ouvrages patrimoniaux anti-érosif, les éléments du bocage litto-
ral. Les chantiers ostréicoles et les parcs à huîtres constituent un élément identitaire
fort à préserver. 99

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


- Campagne des mégalithes : cette mosaïque végétale et minérale, d’un caractère
exceptionnel, est parcourue par un dense réseau de routes. Le long de celles-ci,
s’égrènent villages, hameaux, habitat dispersé et zones d’activités qui génèrent des
problèmes de continuités naturelles et de qualité paysagères de façon structurelle
tout le long de leurs linéaires.
- Littoral atlantique : fait de dunes, plages, marais, vasières, fronts urbains balnéai-
res, ports de pêche et nautiques, secteurs ostréicoles, rivières…
La densité urbaine de Plouharnel à Locmariaquer à laquelle s’ajoutent des pratiques
touristiques balnéaire et nautiques intenses pèsent intensément sur les espaces en-
core libres et ouverts. Le maintien des coupures d’urbanisation encore existantes (loi
littoral) y est fondamental pour la préservation des paysages naturels littoraux et
maritimes majeurs : pointes, falaises, plages, dunes, cordon dunaire…
- Iles de Belle-Île, Houat et Hoedic : le maintien d’une l’agriculture garante des pay-
sages représente en enjeu majeur avec le respect des typologies et de la hiérarchie
urbaine en place qui a su ménager un équilibre général.

Le pôle centre d’Auray constitue une huitième entité, urbaine, dans un site en relation
étroite avec la rivière. Son enjeu paysager majeur réside dans la préservation des
coupures d’urbanisation entre les bourgs périphériques et la ville.

D’une manière générale, les paysages sont menacés par des phénomènes de mitage
et d’extensions linéaires peu contrôlées autour des axes routiers. Une pression ur-
baine et péri-urbaine forte s’exerce presque partout sur l’agriculture et les espaces
naturels dont les continuités fonctionnelles et donc paysagères sont compromises.
Particulièrement préoccupants sont les développements à partir des anciens centres
urbains des secteurs littoraux : Carnac, La Trinité, Quiberon, Belz/Etel, Erdeven, ou
encore plus en retrait, les extensions au Nord-Ouest d’Auray, ou de Pluneret vers
Sainte Anne d’Auray. L’ étalement des zones industrielles et commerciales remet
également en cause le long des A82 et RD 22 Auray/Etel la perception des paysages
dans lesquels elles sont implantées.

2. Les objectifs du SCOT

Le thème du paysage est « transversal » puisqu’il apparaît tout au long des docu-
ments du SCOT (PADD et DOG) et inspire de multiples objectifs, préconisations et
prescriptions, au point d’en constituer un des principaux facteurs de cohérence. Le
RAPPORT DE PRESENTATION

SCOT propose ainsi une répartition « équilibrée » du territoire, entre espaces na-
turels, espaces agricoles et espaces urbains. La prise en compte de cet équilibre
dans les politiques d’aménagement devrait permettre d’agir contre un phénomène
de banalisation paysagère très installé. Dans ce cadre, le SCOT s’engage à faire de la
qualité des paysages un élément fort de l’image du territoire en :
- Améliorant la qualité des transitions ville / campagne et les ambiances paysagè-
res autour des axes majeurs.
- Préservant et valorisant la diversité des paysages
- Identifiant et mettant en valeur le patrimoine urbain, rural et maritime.

100 Pour cela, il prescrit dans ses mesures essentielles :


- Limiter les pressions urbaines et éviter de générer des paysages confus dans les
espaces interurbains, en veillant à ce que les PLU préservent les principales cou-
pures d’urbanisation identifiées ;
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

- Traduire les projets urbains communaux dans les PLU par des limites d’urbani-
sation franches.
- Conserver autant que possible les éléments paysagers et les continuités existan-
tes vers les espaces ruraux ou naturels (haies, murets, chemins, ruisseaux…)
- Eviter les extensions d’urbanisation linéaires le long des axes routiers.

Il préconise par ailleurs :


- Que, en plus des coupures d’urbanisation identifiées dans le SCOT, les commu-
nes pourront définir leurs propres respirations dans une réflexion sur la qualité
paysagère de leur territoire et mettre en oeuvre les mesures qu’elles jugent né-
cessaires pour les préserver.
- De qualifier et de valoriser les espaces de transition ville / campagne, le paysa-
gement des franges urbaines en encourageant l’aménagement de lisières ou de «

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
ceintures vertes » s’appuyant sur des espaces plantés à conserver ou créer.
- Par commune, des prises en compte différenciées de l’environnement en fonction
de leurs entités paysagères.
Pour les communes littorales et îliennes, le SCOT contient des préconisations par-
ticulières :
- veiller au maintien des horizons emblématiques, des panoramas ;
- maîtriser l’urbanisation par le respect et l’introduction de coupures d’urbanisa-
tion dans les documents d’urbanisme ;
- protéger et gérer les sites naturels remarquables ;
- maintenir des activités agricoles littorales et des espaces ouverts ;
- tendre vers des aménagements touristiques durables et de qualité…

3. Les incidences du SCOT

3.1. Incidences positives

Les enjeux paysagers relevés dans le profil environnemental régional (2006) con-
sistent à maintenir l’attractivité des espaces littoraux et renforcer celle des espaces
intérieurs, préserver et gérer les sites les plus fréquentés ; développer la connais-
sance des paysages du Pays (abordé dans le livret paysage du SCOT) ; promouvoir
des alternatives à la polarisation urbaine et à la saturation des espaces littoraux ; RAPPORT DE PRESENTATION
promouvoir la qualité de l’urbanisation ; renforcer les liens ville - campagne, et réha-
biliter l’habitat rural dans les espaces périurbains.

Les apports propres du SCOT en la matière y répondent en grande partie. En traduc-


tion de ces objectifs dans le DOG, le SCOT du Pays d’Auray s’engage à :
- préserver les principales coupures d’urbanisation identifiées au SCOT ;
- préserver le foncier agricole sur ces espaces ;
- penser l’urbanisation des périphéries de bourg en quartiers fonctionnels et dans
un souci d’intégration paysagère prenant en compte la co-visibilité avec les espa-
ces ruraux voisins ;
- qualifier paysagèrement les entrées de ville et les axes routiers; 101
- proscrire les extensions d’urbanisation linéaires le long des axes routiers ;

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


- définir des limites nettes et intangibles entre espace urbain et espace rural qui
doivent être préservées (carte d’orientation) .
- Adopter des préconisations différenciées en fonction des entités paysagères du
territoire.

Des prescriptions s’imposent aux PLU : identifier les co-visibilités, stopper la densi-
fication des secteurs côtiers déconnectés des pôles urbains, limiter la hauteur des
constructions aux franges des espaces naturels, promouvoir des teintes et des ma-
tériaux de construction susceptibles d’assurer l’intégration des constructions dans
un milieu végétal, organiser (ou réorganiser) le stationnement en retrait du front de
mer… Des recommandations les accompagnent, par exemple : diversifier les formes
de la densification pour offrir des paysages urbains riches et variés, assurer la pré-
sence de la nature dans la ville et l’intégration du bâti au paysage, identifier les haies
bocagères ou talus présentant une valeur paysagère…

Ces mesures sont complétées par les divers engagements pris en faveur de la pré-
servation de l’environnement afin d’assurer les équilibres entre les grands types d’es-
paces ou pour la préservation du patrimoine naturel. La cohérence d’ensemble s’en
trouve renforcée.

3.2. Incidences négatives

Le souhait actuel des communes de poursuivre la dynamique de croissance démo-


graphique du territoire ne peut se réaliser sans impact sur les paysages. L’augmen-
tation de la population sur laquelle table le SCOT peut avoir des impacts négatifs sur
le paysage, au travers de l’extension (non chiffrée) des zones urbaines. Ainsi, 260
hectares environ sont inscrits en disponible ou potentiel d’urbanisation pour les sites
d’activités économiques soit bien plus qu’un doublement de l’existant (207 ha). Il
n’est pas fourni de chiffres concernant d’autres équipements et infrastructures, or
les projets de contournements de bourgs qui sont évoqués peuvent aussi avoir des
conséquences importantes sur les paysages. De même, les prescriptions relatives à
la maîtrise des extensions d’urbanisation linéaires le long des axes routiers sont lar-
gement atténuées par les justifications avancées permettant un contournement de
l’objectif. Ainsi, quelle entreprise n’aurait pas besoin de la proximité de la route pour
le bon fonctionnement de son activité ?

Les dispositions favorables au « mitage » dans les communes non littorales (auto-
RAPPORT DE PRESENTATION

risation de bâtir à proximité de tout noyau bâti, quelle que soit son importance),
auront pour effet d’apporter des constructions neuves encampagne, éventuellement
au voisinage d’un bâti ancien, sans aucun schéma d’implantation d’ensemble sus-
ceptible d’en atténuer l’impact paysager, puisque le SCOT fait échapper ce mode
d’urbanisation à l’obligation d’un « projet de village ». La construction de maisons
le plus souvent en bord de route, de manière déconnectée de l’habitat traditionnel
avoisinant, risque d’altérer la perception de celui-ci et de contribuer à la banalisation
du paysage rural.

102
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

3.3. Mesures compensatoires

Ce sont toutes celles préconisées dans les opérations d’aménagement diverses de


requalification ou d’extension de zone urbaine :
- Limitation de la hauteur des constructions aux franges des espaces naturels
- Promotion des teintes et des matériaux de construction susceptibles d’assurer
l’intégration des constructions dans un milieu végétal
- Requalification de sites délaissés
- Invitation des collectivités à s’engager dans des démarches qualitatives et res-
pectueuses de l’environnement, telles que des opérations labellisées HQE Aména-
gement®, ou s’inscrivant dans des démarches d’éco-quartier, d’Approche Environ-
nementale de l’Urbanisme (AEU) ou dans le dispositif régional Eco-Faur.
- Diversification les formes de densification pour offrir des paysages urbains riches

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
et variés
- Recherche d’une cohérence entre le traitement des espaces publics et la structu-
re du bâti et intégration du bâti au paysage : préservation des éléments naturels,
adaptation des formes du bâti au relief et perspectives, préservation ou création
de cheminements pour les modes doux sur des axes propres, réalisation d’aména-
gements paysagers, de plantations au sein des aménagements urbains, de jardins
publics ou privés...
- Limitation de l’impact des aménagements destinés aux voitures…

Le SCOT ne prévoit pas de mesures susceptibles de supprimer, réduire ou compenser


les impacts de l’urbanisation en zone rurale sur les paysages, à la différence des «
projets de village » qui permettront de mieux intégrer les constructions neuves dans
leur environnement.

4. Propositions d’indicateurs

Des indicateurs d’évolution de surfaces à échéance quinquennale pourraient repren-


dre les grandes structures paysagères identifiées cernées au niveau de chacune des
8 entités du Pays. Pour le Pays d’Auray, on proposera 14 mesures de suivi à adapter
suivant les entités :
(Entre parenthèses : correspondances plus ou moins regroupées de la nomenclature
RAPPORT DE PRESENTATION
CORINE Land Cover)

- les eaux, zones humides et espaces ouverts maritimes (5.2, 4.2., 3.2.2., 3.3.1.,
3.3.2.)
- les zones humides intérieures (4.1.)
- les rivières et leur berges. Largeur minimale de 100 m (5.1.)
- l’ostréiculture (contours spécifiques à reprendre, installations terrestres +
parcs)
- les bocages (2.3.1.)
- les cultures (2.1., 2.2, 2.4)
- les boisements et micro boisements, landes… (3.1., 3.2) 103

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


- les zones urbanisées (1.1., 1.3., 1.4.)
- les zones industrielles ou commerciales (1.2.1.)
- les réseaux routiers ferroviaires et espaces associés (1.2.2.)
- les zones portuaires et leurs infrastructures (1.2.3.)
- les extractions de matériaux (1.3.1.)
- les espaces verts inclus dans le tissu urbain (1.4.1.)
- les équipements de loisirs (1.4.2.)

Par ailleurs, l’observatoire photographique et l’enquête auprès de la population peu-


vent constituer des indicateurs adaptés au thème du paysage.
RAPPORT DE PRESENTATION

104
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

PARTIE 2 : LES PARTIS D’AMENAGEMENT


ET LEURS INCIDENCES
Il convient ici de comparer l’évolution prévisible du territoire et ses incidences sur
l’environnement en présence du SCOT d’une part, et en son absence d’autre part
(hypothèse dite « au fil de l’eau »). Cet exercice suppose quelques précisions préa-
lables :

1. Comme on l’a vu plus haut, il a été décidé de ne pas faire appel à la notion de
« scénarios », compte tenu du fait que celle-ci n’a pas été mise en œuvre dans le
Pays d’Auray.

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
2. L’éventualité d’une absence de SCOT ne signifie évidemment pas que le territoire
du Pays d’Auray évoluerait sans règles. Une multitude de lois encadrent les politiques
d’urbanisme et d’environnement, il existe aussi des politiques conduites à des échel-
les supra-communales ou intercommunales qui imposent aux communes de respec-
ter des objectifs et des principes d’aménagement. On ne saurait donc donner à pen-
ser qu’en l’absence de SCOT, le Pays d’Auray serait livré à un « scénario-catastrophe »
qui se traduirait par un laisser-aller total dans le domaine de l’environnement.

3. L’analyse de l’évolution du territoire « avec le SCOT » supposerait que celui-ci soit


appliqué dans toutes ses dispositions. Or, les échecs de certains schémas directeurs
d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) rappellent qu’un document de planification
intercommunal peut rester lettre morte sur certains points s’il n’y a pas une forte
volonté, de la part des communes comme des services de l’Etat, de veiller à ce qu’il
soit respecté non seulement en tant que norme juridique, mais aussi en tant que
référence et source d’ambitions nouvelles pour toutes les politiques locales. C’est ce
qu’exprimait l’agence d’urbanisme de Grenoble sur son site Internet à propos de la
loi SRU : « L’efficacité de cette loi dépend pour une large part d’une appropriation po-
litique, qui, si elle fait défaut, accentuera les dysfonctionnements urbains qui avaient
à l’origine motivé son vote ». Par ailleurs, au-delà des questions de volonté politique,
le fait que le SCOT soit le premier document d’urbanisme dépourvu de plan de zo-
nage impose, pour toutes les personnes chargées de l’appliquer, l’acquisition d’une
nouvelle culture et de nouvelles méthodes de travail qui ne vont pas de soi.
RAPPORT DE PRESENTATION

L’hypothèse « au fil de l’eau »

Cette hypothèse n’est pas spécifiquement évoquée dans les documents du SCOT,
à la différence d’autres schémas qui traitent ce sujet et évoquent également des
« scénarios » ayant pu être évoqués au cours des études. Cette approche du Pays
d’Auray ne pose pas de problème majeur, si ce n’est que l’on pourrait éventuellement
s’attendre à ce que l’existence de certaines variantes envisagées au cours des études
soit rappelée, qu’il s’agisse des grandes options de développement retenues pour le
105

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


territoire ou de la localisation de certains aménagements. On évoquera ici pour mé-
moire ce que pourrait être l’évolution du Pays d’Auray en l’absence de SCOT :
- consommation effrénée d’espaces par l’urbanisation, aux dépens des espaces
agricoles et naturels ;
- hypertrophie de noyaux d’urbanisation dépourvus des équipements essentiels ;
- augmentation constante des besoins de déplacements et dépendance accrue à
l’égard de la voiture individuelle, impossibilité de mettre en place des dessertes
efficaces par les transports collectifs ;
- accroissement des déséquilibres démographiques, économiques et sociaux ;
- saturation de la frange littorale ;
- uniformisation des paysages ruraux et péri-urbains par duplication de formes
urbaines standardisées ;
- dévitalisation des secteurs centraux, sous-utilisation des équipements collectifs ;
- coûts financiers exorbitants de l’habitat dispersé…

En effet, malgré la prise de conscience de diverses réalités environnementales (ame-


nuisement des ressources naturelles et notamment énergétiques, pollutions, ris-
ques de changement climatique...), les manières d’aménager l’espace n’évoluent
pas beaucoup, le poids des habitudes et le conservatisme ayant toujours tendance
à l’emporter sur l’esprit d’innovation, sur la capacité à anticiper les changements au
lieu de les subir.

LE PARTI D’AMÉNAGEMENT RETENU

Le parti d’aménagement retenu pour le SCOT du Pays d’Auray comporte des aspects
innovants, marquant une rupture à l’égard de pratiques qui s’étaient développées au
cours des dernières décennies. Mais cette volonté de changement et d’innovation a
aussi ses limites.

1. L’économie d’espace et de ressources, une idée neuve et une


RAPPORT DE PRESENTATION

grande ambition

Le SCOT clôt une période durant laquelle le développement de l’urbanisation s’est


accompagné d’une consommation considérable d’espace et de ressources, dont on
constate aujourd’hui qu’elle crée de multiples problèmes et des déséquilibres inquié-
tants. Il ouvre une nouvelle ère de l’aménagement, marquée par un plus grand res-
pect de l’environnement, des ressources naturelles et de la mixité sociale. Parmi les
innovations inscrites dans le SCOT, on mentionnera particulièrement :

- L’obligation de concevoir partout des formes urbaines compactes, économes en


106
espace, desservies par les transports collectifs ainsi que par des liaisons pour piétons
et vélos, respectueuses de leur environnement naturel...
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

- Les mesures en faveur de la mixité sociale, de la diversification de l’offre de loge-


ments et du parcours résidentiel.

- L’identification d’un réseau de « liaisons naturelles » qui existent dès à présent sur le
territoire et dont la préservation est imposée dans le cadre des PLU, pour des motifs
non seulement écologiques, mais aussi sociaux. La préservation de ces continuités
doit être assurée, ainsi que leur mise en relation avec les secteurs bâtis ou à urbani-
ser.

- Les dispositions en faveur de la protection et de la gestion économe de la ressource


en eau.

Ce nouvel esprit devrait se traduire rapidement dans les documents d’urbanisme, mais
dans la pratique, le chemin qui sépare les dispositions du SCOT de la réalisation des

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
opérations publiques ou privées est long, et il existe un risque de perte d’efficacité au
travers de ce parcours. L’un des plus gros problèmes réside dans le caractère géné-
ralement schématique et léger des prescriptions imposées par les PLU aux opérations
dans les zones d’urbanisation future. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que
beaucoup de réalisations demeurent davantage inspirées par la routine que par l’es-
prit d’innovation. Les PLU pourraient contenir des schémas d’aménagement plus pré-
cis, allant jusqu’aux plans de masse, mais cela nécessiterait des moyens importants
pour que ces plans soient techniquement crédibles et applicables. Un gros travail de
pédagogie, consistant par exemple à faire connaître des réalisations exemplaires, de-
vra aussi être entrepris à destination des communes et des aménageurs privés, pour
promouvoir « l’esprit du SCOT » et montrer ses implications pratiques.

Il faut enfin rappeler que le cadre juridique actuel des PLU n’autorise pas à réglemen-
ter les matériaux de construction ou les sources d’énergie, qui constituent pourtant
des thèmes essentiels du développement durable. Cette réalité juridique limite la
portée pratique des ambitions affichées par le SCOT dans le domaine de la qualité
environnementale de l’habitat.

2. Des changements limités

RAPPORT DE PRESENTATION
Par rapport à une version antérieure du DOG, l’évaluation environnementale avait pu
mentionner parmi les innovations du SCOT « le freinage de l’urbanisation en cam-
pagne, qui doit désormais respecter des critères strictement définis. Cette rigueur a
été a juste titre préférée à une souplesse qui aurait probablement autorisé certaines
dérives, compte tenu des intérêts en jeu. ». La dernière version du SCOT, qui autorise
des extensions d’urbanisation dans les communes non littorales selon des modalités
particulièrement souples, annule ce progrès et revient à des pratiques de consomma-
tion d’espace et de gestion de l’urbanisme antérieures à la loi « Solidarité et renou-
vellement urbains ».

La seconde partie du DOG propose de « conforter le maillage urbain », « conforter


l’armature urbaine existante », « conforter l’attractivité des communes chefs-lieux 107
de cantons », « conforter la vocation de chaque commune ». Ces formulations con-

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


duisent à prévoir un certain statu-quo dans l’organisation urbaine du Pays d’Auray.
Toutefois, il n’en découle a priori aucune conséquence positive ou négative pour l’en-
vironnement.

Plus problématique est la tentative de définir la capacité d’accueil de chaque com-


mune sur la base de plusieurs critères. Cette approche est par elle-même innovante
et potentiellement utile, mais sa mise en œuvre se heurte à divers problèmes tant
conceptuels que pratiques. Derrière cette notion transparaît clairement l’idée qu’il
puisse exister des facteurs limitants objectifs à l’égard du développement démogra-
phique et urbain. Cette idée est parfaitement fondée sur un plan général, ne serait-ce
que par le caractère limité d’un certain nombre de ressources, mais au plan local, elle
peut aisément être contestée en arguant du fait qu’il est toujours possible de trouver
des dispositifs d’adaptation. En pratique, quel que soit le critère, on voit mal en quoi
il constitue une réelle contrainte et de quelle manière il peut être mis en œuvre pour
chiffrer par exemple un seuil de population ou d’espace urbanisé à ne pas dépasser.
A titre d’exemples :
- La sensibilité des espaces naturels dépend en grande partie de la manière dont ils
sont gérés, un espace naturel fragile mais bien géré peut coexister avec une popu-
lation dense.
- L’impact sur les surfaces agricoles est chiffrable de différentes manières, mais la
diminution de ces surfaces peut résulter d’un choix politique parfaitement légitime.
En termes d’impact environnemental, la conversion d’une parcelle cultivée intensi-
vement en quartier d’habitat de bonne qualité environnementale ne présente pas
nécessairement un bilan négatif.
- Les capacités des infrastructures n’ont jamais constitué un problème ; au cours de
l’Histoire, les infrastructures ont toujours été adaptées à l’évolution démographique.
Il en va de même pour les équipements et services divers, l’offre de déplacement...
On peut sans doute discuter la question de savoir si le développement démographique
procure réellement de nouveaux moyens financiers ou s’il n’est pas plutôt une fuite
en avant, mais il est difficile de contester que le vieillissement et le dépeuplement
n’apportent pas par eux-mêmes les moyens d’améliorer les services à la population,
de densifier la desserte par les bus ou de réaliser des pistes cyclables.

Dans la mesure où les critères proposés peuvent être utilisés pour justifier aussi bien
un statu-quo qu’une forte expansion, ils seraient à utiliser avec beaucoup de précau-
RAPPORT DE PRESENTATION

tion. On rappellera qu’une notion de calibrage de la capacité d’accueil sur la base de


critères limitants est inscrite dans la loi Littoral depuis plus de 20 ans, mais qu’elle
n’est que très rarement mise en œuvre.

On en conclura donc que cette tentative de justification de la capacité d’accueil n’est


pas de nature à infléchir des choix d’aménagement qui sont fondamentalement politi-
ques, et que l’on ne peut donc en attendre de changements notables dans la manière
dont le territoire est aménagé. S’il existe des facteurs limitants, ils sont certainement
davantage d’ordre sociologique qu’environnemental : la peur du changement, l’in-
quiétude à l’égard de nouveaux arrivants, le conservatisme par rapport au « cadre
de vie » semblent plus puissants que jamais, et trouvent aujourd’hui une légitimité
accrue par des arguments qui se réfèrent à la protection de l’environnement.
108
EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

PARTIE 3 : LES MESURES


COMPENSATOIRES
L’appellation « mesures compensatoires » recouvre en fait les « mesures envisagées
pour éviter, réduire et, si possible, compenser s’il y a lieu, les conséquences domma-
geables de la mise en oeuvre du schéma sur l’environnement ».

Cette notion, directement issue de la législation des études d’impact, pose des pro-
blèmes spécifiques si l’on veut l’appliquer au domaine de l’urbanisme. En effet :

- Elle repose sur un certain degré de dissociation entre l’élaboration d’un projet ré-
puté avoir des effets dommageables sur l’environnement, et la mise au point d’un

EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
programme de mesures compensatoires. Si cette méthode est couramment utilisée
dans les études d’impact d’ouvrages, par exemple, opérations dans lesquelles la con-
ception technique de l’aménagement et l’étude d’impact sont conduites par des in-
tervenants différents, elle est moins appropriée pour des documents d’urbanisme qui
sont conçus par des équipes pluridisciplinaires, en capacité d’intégrer la dimension
environnementale à tous les stades et dans tous les volets du projet, sans qu’il y ait
lieu de traiter de façon spécifique les « mesures compensatoires ».

- Elle est d’autant plus difficile à mettre en oeuvre que le projet lui-même exprime
et concrétise des ambitions environnementales qui irriguent la totalité du document.
A partir du moment où le SCOT dans son ensemble traduit la recherche du moindre
impact environnemental, la notion de « mesures compensatoires » perd une partie
de son sens et se dilue dans l’économie générale du projet.

- Enfin, on rappellera de nombreuses opérations d’aménagement prévues ou autori-


sées par un SCOT devront faire l’objet d’études d’impact qui définiront dans chaque
cas les mesures compensatoires appliquées à des localisations géographiques pré-
cises, ce que ne permet pas le SCOT. Ces mesures compensatoires s’ajouteront au
respect des prescriptions du SCOT.

Il n’en reste pas moins que certaines dispositions du SCOT peuvent poser des problè-
mes pour l’environnement, comme on l’a vu dans l’analyse des impacts sur les diffé-
rents thèmes environnementaux. En général, ces problèmes ont aussi été identifiés
RAPPORT DE PRESENTATION
par les concepteurs du projet, qui ont pris soin d’imposer aux opérations susceptibles
de pénaliser l’environnement (urbanisation, activités, infrastructures, aménagements
portuaires...) le respect de principes de conception, d’intégration, de localisation, etc.
Sont notamment concernées :

- La perspective de croissance démographique (+ 28 % à l’échéance de 2030).

- La poursuite du développement urbain dans le maintien de sa configuration actuel-


le, chaque commune pouvant se développer dans la proportion de son poids démo-
graphique au sein du territoire, peut avoir des impacts environnementaux marqués,
notamment sous l’angle de la consommation d’espace et des besoins de déplace-
ment, mais le SCOT cherche à limiter ces impacts en imposant des règles d’économie
d’espace et de proximité par rapport aux réseaux de transports collectifs. Néanmoins,
109

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


en ce qui concerne les transports, ce dispositif trouve ses limites dans le fait que le
renforcement de l’urbanisation dans les communes périphériques se traduira d’abord
par une croissance des déplacements en voiture individuelle, quelles que soient les
mesures prises pour inciter à l’utilisation des transports en commun.

- L’implantation de nouvelles zones d’activités ou l’extension des zones existantes,


qui sont des opérations à fort impact environnemental potentiel, sont encadrées par
des prescriptions qui peuvent être analysées comme autant de mesures compensa-
toires.

- Les dispositions très permissives en matière de construction en zone rurale dans les
communes non littorales, avec des impacts élevés notamment sur les déplacements
et les paysages.

L’évaluation environnementale, dans les développements qui précèdent, identifie


pour chaque thème les éventuels impacts négatifs du SCOT et indique, lorsque cette
individualisation est possible, les mesures compensatoires qui sont inscrites dans le
document.

Enfin, les opérations soumises à déclaration d’utilité publique (DUP) posent des pro-
blèmes particuliers par rapport au SCOT. La législation et la jurisprudence imposent
une cohérence entre ces opérations et les SCOT, mais elles posent aussi la préémi-
nence de la DUP dans la mesure où un dispositif est prévu pour mettre en cohérence
le document d’urbanisme avec la DUP lorsqu’une incompatibilité apparaît. Les opéra-
tions soumises à DUP sont susceptibles de faire l’objet de mesures compensatoires
dans le cadre de leur étude d’impact, mais les prescriptions imposées par le SCOT
leur sont difficilement opposables. Si cette prise en compte ne peut s’opérer par la
voie juridique, il reste la solution de la voie politique, qui consisterait pour les com-
munes et leurs groupements à exprimer leurs attentes auprès des maîtres d’ouvra-
ges et à leur demander de prendre en considération les principes d’aménagement
posés par le SCOT.
RAPPORT DE PRESENTATION

110
EVALUATION
RESUMEENVIRONNEMENTALE
NON TECHNIQUE

LE SCOT : UN DOCUMENT DE PLANIFICATION

Le Schéma de Cohérence Territoriale est un document de plannification territoriale,


né de la loi Solidarité Renouvellement Urbain (Loi SRU) du 13 décembre 2000.

Le SCOT du Pays d’Auray vise à définir les grands axes stratégiques de développe-
ment du territoire à l’horizon 2025/2030, en vue d’organiser et de maîtriser à long
terme ses évolutions. Il offre un cadre de référence pour le développement et l’amé-
nagement du territoire, et fixe les lignes directrices de l’action locale dans un souci de
cohérence, d’équilibre et d’efficacité. Il cherche pour cela à harmoniser les différentes
politiques publiques des communes et intercommunalités.

Le SCOT s’inscrit dans une volonté forte de positionner durablement le Pays entre
Vannes et Lorient, de pérenniser la qualité de vie de ses habitants et son dynamisme
économique, tout en préservant la qualité du territoire notamment d’un point de vue

RESUME NON TECHNIQUE


environnemental. Les composantes naturelles fondent en effet l’attractivité du Pays
d’Auray.

A cet effet, le SCOT détermine les orientations générales d’occupation des sols afin de
respecter un certain équilibre entre zones naturelles, forestières, agricoles et zones
urbanisées ou à urbaniser. Il détermine également les grands équilibres en termes
d’habitat, de mixité sociale, de déplacements, d’équipements, d’aménagements et de
protection de l’environnement.

Il s’articule de manière complémentaire et cohérente avec les documents qui lui sont
supérieurs (textes de loi, schéma d’aménagement et de gestion des eaux, charte de
parc naturel régional...), ou avec les autres SCOT limitrophes. De la même manière
les documents d’urbanisme locaux et certains documents ou opérations d’amanége-
ment devront être compatible avec le SCOT pour aboutir à un aménagement cohé-
rent et équilibré du territoire.

En cohérence avec les réflexions issues du Livre Blanc du Pays d’Auray (document
préfigurateur du SCOT), le SCOT s’appuie sur une intercommunalité forte du terri-
toire pour que chacun parvienne à vivre en commun, afin d’en consolider les forces RAPPORT DE PRESENTATION
et d’en gommer les faiblesses. La volonté prioritaire de donner aux habitants «un
habitat, un toit» et de transmettre aux générations futures un patrimoine préservé
est le coeur de cette réflexion.

111

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


CARACTERISTIQUES DU PAYS D’AURAY

Loin en mer... Loin en terre...

Situé dans le département du Morbihan, au bord de l’océan Atlantique, le Pays d’Auray


est délimité géographiquement à l’est par la rivière d’Auray et, à l’ouest, par les Lan-
des de Lanvaux et la rivière d’Etel. Il s’étire du nord au sud, de Camors à Belle-Ile-
en-Mer, loin.
Le Pays d’Auray s’ouvre sur une large façade maritime avec près de 260 km de côtes.
L’importance de ce littoral s’explique par un grand espace insulaire autour de Belle-
île, Houat et Hoëdic, et par des mers intérieures et rivières qui pénètrent le Pays très
loin dans les terres (Ria d’Etel et rivière d’Auray dans le Golfe du Morbihan).

Le Pays se caractérise également par son territoire rural et son arrière pays, proches
des paysages typiques du centre Bretagne et par une grande diversité de panoramas.
Il jouit d’un microclimat, qui rend la vie fort agréable été comme hiver. L’ensoleille-
ment y est important, dépassant largement les moyennes régionales.

Il possède d’indéniables atouts naturels, dont la richesse est à l’image de la diversité


du territoire.

Au coeur du Morbihan... et de la Bretagne.

Le Pays d’Auray bénéficie d’une très bonne desserte routière, car traversé d’est en
ouest par l’A82. La ville d’Auray constitue la principale porte d’entrée du Pays. Son
importance et sa situation, au carrefour de nombreuses infrastructures de transport,
en font une plaque-tournante permettant l’accès aux différentes activités touristi-
ques, aux métropoles de Rennes et Nantes (situées à 1h15), et aux agglomérations
de Vannes et Lorient respectivement à 30 et 15 minutes d’Auray.

Cette position stratégique dans le morbihan et dans la Bretagne offre au Pays la pos-
RAPPORT DE PRESENTATION

sibilité de jouer un rôle clef en matière de développement économique, de tourisme,


d’accueil de nouvelles populations... Elle doit lui permettre de s’affirmer clairement
comme un bassin de vie et un pôle urbain spécifique entre Lorient, Vannes et Pon-
tivy.

112
RESUME NON TECHNIQUE

LES ATOUTS DU PAYS D’AURAY

UN TERRITOIRE UNIQUE ET CONTRASTE


1 Le Pays d’Auray jouit d’une configuration exceptionnelle, associant un grand nom-
bre d’entités géographiques distinctes : il s’étire entre espace maritime, espace
insulaire, espace urbain et espace rural, révélant une large palette de milieux et de
paysages entre landes, bois, massifs dunaires, rias, rivières, falaises, îlots, îles…,
ponctué de menhirs, de dolmens, de tumulus… et autres richesses culturelles et
patrimoniales.

Tous ces éléments concourent à consolider son importante attractivité, d’une part
sur le littoral auprès d’une population touristique ou permanente (composée en
grande partie de retraités), et, d’autre part, au cœur du Pays et au nord de l’A82
auprès d’une population de jeunes ménages actifs.

RESUME NON TECHNIQUE


2 UN TERRITOIRE ATTRACTIF
Le Pays d’Auray se positionne en tant que première zone touristique bretonne et RAPPORT DE PRESENTATION
troisième zone touristique française en terme de fréquentation. Depuis les congés
payés, la vocation balnéaire du territoire fait l’objet d’un engouement croissant et
permet d’asseoir la notoriété de la destination.

Doté d’une économie dynamique, portée par cette attractivité et ce dynamisme de


l’activité touristique, ainsi que par le développement des services à la personne, le
Pays d’Auray oriente désormais son activité économique vers un secteur tertiaire en
plein essor.

Le Pays véhicule également l’image positive d’un territoire largement tourné vers le
nautisme. Celle-ci peut lui permettre de se positionner comme un pôle d’excellence
en la matière, tant au niveau régional, que national, voire international. Elle peut
113
également contribuer à attirer de nouveaux acteurs économiques et à renforcer et
diversifier l’emploi sur le Pays.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


UN TERRITOIRE PIVOT
3 La position économique du Pays d’Auray est renforcée par sa situation de « carrefour »
géographique, à la croisée des chemins entre les agglomérations de Vannes et Lorient,
mais également entre le nord et l’ouest de la Bretagne et le sud, voire la Loire-Atlanti-
que.

Il apparaît ainsi comme un pôle d’attraction majeure pour certains jeunes actifs en
quête d’habitat, en provenance des agglomérations avoisinantes, elles-mêmes victimes
de l’étalement urbain et de la pression foncière.

4 UN TERRITOIRE DE CARACTERE
RAPPORT DE PRESENTATION

Le Pays d’Auray est un territoire façonné par son identité historique et culturelle, à la
fois rurale et maritime. De nombreux sites sont fortement évocateurs et leur notoriété
dépasse les frontières régionales, voire nationales.

Si le Pays a, au fil du temps, forgé son patrimoine et sa richesse sur un passé rural et


agricole, il sait aujourd’hui également puiser d’autres sources de richesses en profitant
de la diversité de ses paysages, de la diversité de ses activités, de la dualité de sa sai-
son, dont il tire constamment de nombreux avantages pour construire les fondements
de son avenir.

114
RESUME NON TECHNIQUE

LES FAIBLESSES DU PAYS D’AURAY

UN TERRITOIRE A «DEUX VITESSES»


1 Deux saisons : Le Pays d’Auray est marqué par une dichotomie saisonnière, entre
une saison estivale, carcatérisée par une recrudescence de la fréquentation et une
accélération de l’activité - et - une saison hivernale nettement moins effervescente.

Des disparités sociales : Deux types d’habitants semblent se partager un territoire


éclaté : avec, au nord et à l’est, l’essor d’une population jeune et active, en quête
d’un habitat accessible, au sud une population vieillissante plus aisée et essentiel-
lement retraitée ou en villégiature, et à l’ouest une population en déclin. Le Pays
d’Auray dans son ensemble peine à capter ou maintenir des jeunes actifs résidents.

Un déséquilibre du territoire : La pression immobilière est à l’origine de l’ambiva-


lence de ce territoire, segmenté de part en part par l’A82, avec une offre attractive
vers l’intérieur des terres et une offre réservée à une clientèle plus fortunée sur le
littoral. Cette césure du Pays d’Auray tend à ordonner le territoire, selon des critères

RESUME NON TECHNIQUE


essentiellement sociologiques, et à exacerber les disparités spaciales de population.

2 UN TERRITOIRE FRAGMENTE
Une urbanisation très consommatrice d’espace : Le Pays d’Auray présente des RAPPORT DE PRESENTATION
espaces fragmentés, un mitage de ses zones rurales et une tendance dominante à
l’étalement de l’espace urbain... Depuis longtemps attractif, en terme de villégiature,
et du fait de sa situation insulaire ou semi-insulaire, le territoire s’est organisé selon
une structure multipolaire et discontinue.
Cette dilution de l’urbanisation sur l’ensemble du territoire n’a pas permis l’émer-
gence d’un réseau de transports en commun efficace. Elle a au contraire favoriser
l’hégémonie et la dépendance automobile, seule solution rapide de déplacements
permettant de raccorder les espaces entre eux.

Une diversité territoriale à l’origine de son hétérogénéité : Les secteurs ruraux


connaissent un développement récent important, alors que les secteurs urbains ou
littoraux présentent une urbanisation déjà structurée, qui s’étoffe. 115
Les communes jalonnant le Pays d’Auray, sont ainsi de natures très hétérogènes en-
tre zones urbaines, périurbaines, rurales et littorales.

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


3 UN TERRITOIRE PRIS EN ETAU

Une position enclavée : De morphologie relativement étirée et étroite, le Pays


d’Auray s’insère entre les deux grandes entités de Vannes et de Lorient. Le dévelop-
pement de celle-ci est croissant ces dernières années, et le Pays se trouve englobé
dans leurs aires d’influence.

Trop proche... trop loin : Le Pays d’Auray montre des signes de dynamisme éco-
nomique, mais les effets d’attraction en direction de Vannes, aussi bien pour les ac-
tivités commerciales, que pour les bassins d’emploi, font qu’une part croissante de
la population du Pays est constitué d’actifs de ce pôle, recherchant un habitat à prix
abordable. Les déplacements liés aux migrations quotidiennes sont ainsi de plus en
plus importants.

Pris en étau, le Pays d’Auray peine à trouver sa place et conserver son identité. Il a
ainsi besoin de consolider sa position stratégique et d’affirmer ses spécificités, notam-
ment par une mise en cohérence des politiques d’urbanisme et de développement.

4 UN TERRITOIRE SOUS PRESSION


RAPPORT DE PRESENTATION

Un territoire fragile : le Pays d’Auray se caractérise par une mosaïque de paysages


d’une grande richesse, qui fonde l’attractivité du territoire. Mais il se caractérise éga-
lement par des milieux fragiles, en interaction les uns avec les autres, entre zones
littorales, insulaires, dunaires, rurales... Des zones ne pouvant supporter de trop
grandes perturbations pour l’équilibre de leurs éco-systèmes.

Une territoire victime de son succès : Territoire attractif où il fait bon vivre, le
Pays d’Auray connait une pression urbaine et touristique importante. Celle-ci défigure
et banalise les paysages, mais met également en danger la qualité de l’environne-
ment et des écosystèmes. La qualité de l’eau se trouve ainsi être au coeur des enjeux
de développement pour continuer à assurer par exemple l’avenir des activités con-
chylicoles et balnéaires du Pays.
116
RESUME NON TECHNIQUE

LES CHOIX RETENUS

Le SCOT poursuit 4 grands objectifs :

- assurer la sécurité juridique des documents d’urbanisme et de tous ceux qui entre-
prennent ;

- permettre la réalisation de programme ambitieux qui ne pourraient voir le jour sans


le SCOT ;

- permettre le développement économique et démographique du territoire, sans re-


mettre en cause ce qui fait son attractivité, sa diversité (paysages, activités, usage,
culture...) ,

- préserver l’avenir des générations futures en sauvegardant l’espace et l’environne-


ment qui sont des biens communs.

RESUME NON TECHNIQUE


Pour cela, et pour répondre aux obligations fixées par le Code de l’urbanis-
me, il fait le choix de l’équilibre. Equilibre entre :

- Le développement économique et la préservation de l’environnement ;

- Les agglomérations de Vannes et Lorient, afin de se positionner comme pôle auto-


nome entre celles-ci ;

- la croissance démographique et la répartition de la population, afin de combler la


fracture entre le littoral et l’intérieur des terres.

- L’économie et l’habitat, afin de limiter les migrations pendulaires et de capter des


jeunes actifs résidents ;

- Les activités et la qualité du cadre de vie, afin de structurer de manière cohérente


le territoire, entre équipements, attrait touristique et préservation des sites... ;
RAPPORT DE PRESENTATION
- La « haute » et la « basse » saison, afin d’étaler la saison sur toute l’année et de
proposer une qualité de services équivalente quelle que soit la saison ;

- Les différents modes de déplacement et le « tout voiture », afin de désencombrer


le territoire, d’apporter davantage de cohérence au maillage existant et de préserver
l’environnement.

117

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


L’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE

Le cadre de l’évaluation environnementale

Le décret n° 2005-608 du 27 mai 2005, relatif à l’évaluation des incidences des do-
cuments d’urbanisme sur l’environnement et modifiant le code de l’urbanisme, de-
mande que le rapport de présentation du SCOT :
- analyse l’état initial de l’environnement et les perspectives de son évolution,
- analyse les incidences notables prévisibles de la mise en oeuvre du schéma sur
l’environnement,
- explique les choix retenus pour établir le projet d’aménagement et de dévelop-
pement durable et le document d’orientations générales,
- présente les mesures envisagées pour éviter, réduire ou compenser les consé-
quences dommageables de la mise en oeuvre du schéma sur l’environnement.

La prise en compte de ces dispositions est effectuée de la façon suivante dans le pré-
sent rapport de présentation :
- l’analyse de l’état initial de l’environnement fait l’objet d’une partie spécifique
- l’évaluation environnementale du SCOT est contenue dans une partie qui traite
des incidences du projet sur chacun des thèmes analysés dans l’état initial, après
avoir mis en évidence les perspectives d’évolution. Des mesures dites «compen-
satoires» sont présentées lorsque des impacts négatifs sont identifiés. Des indica-
teurs d’évaluation de la mise en œuvre du SCOT sont en outre proposés.

Cette évaluation environnementale traite également :


- les incidences du SCOT sur les sites Natura 2000
- les partis d’aménagement envisagés.

Au plan de la méthode, l’évaluation environnementale d’un SCOT pose des problèmes


particuliers par rapport à celle d’un PLU ou à l’étude d’impact d’un projet d’aménage-
ment. En effet, les dispositions du SCOT ont une portée très variable, selon qu’il s’agit
RAPPORT DE PRESENTATION

de prescriptions ou de préconisations, ces dernières ayant plutôt une fonction incita-


tive et pédagogique. D’autre part, l’absence de document graphique comparable au
plan de zonage d’un PLU ne permet pas toujours d’avoir une traduction spatiale des
dispositions du SCOT, ou de connaître avec suffisamment de précision la localisation
et l’étendue de certains aménagements. De ce fait, des dispositions très générales
ne peuvent être évaluées que dans des termes très généraux. Ce n’est qu’à l’échelle
des PLU qu’il sera possible d’analyser précisément les incidences des projets, mais
les PLU couverts par un SCOT sont dispensés d’évaluation environnementale au sens
du décret de 2005.

118
RESUME NON TECHNIQUE

Les incidences du SCOT sur l’environnement

Cette analyse comporte six parties, qui correspondent aux grandes catégories de
thèmes qui constituent le champ de l’environnement.

Incidences sur l’environnement physique

Ce thème recouvre le relief, le climat et l’hydrosphère. Par hydrosphère, on entend le


domaine de l’eau considéré sous son aspect physique (cycle de l’eau) et non en tant
que milieu biologique, ce thème étant étudié plus loin.

Le SCOT n’est pas susceptible d’avoir des incidences marquées sur le relief, hormis
des modifications locales liées à des aménagements importants tels que des zones
d’activités. La question du climat peut être étudiée à des échelles extrêmement diffé-
rentes, allant du climat global de la planète aux ambiances climatiques d’un quartier
urbain. Le SCOT apporte son concours à la réduction des émissions de gaz à effets de
serre au travers de ses nombreuses dispositions relatives à l’économie d’espace, à la

RESUME NON TECHNIQUE


promotion d’une forme urbaine plus compacte, à la limitation des besoins de déplace-
ments, au développement des modes de déplacement non polluants et des énergies
renouvelables. Au plan local, il veut promouvoir des formes urbaines plus respec-
tueuses de l’environnement, notamment dans la conception de nouveaux quartiers
tirant le meilleur parti de l’exposition, de la topographie, etc.

Dans le domaine de l’eau, le SCOT demande aux PLU de renforcer la protection de


l’intégrité physique des cours d’eau et des zones humides ; il cherche également à
promouvoir une gestion plus économe de la ressource, par exemple au travers de
diverses dispositions applicables aux eaux pluviales.

Les risques d’incidences négatives du SCOT qui ont pu être identifiés portent sur les
mouvements de terrain nécessaires à l’important développement des zones d’activi-
tés, ainsi que sur la tendance à un accroissement de production locale de gaz à effet
de serre lié au fort développement de la population et des déplacements dans les
années à venir.

Incidences sur l’environnement biologique RAPPORT DE PRESENTATION

Cette rubrique traite des incidences sur :


- les milieux naturels
- la faune et la flore
- la protection des milieux naturels en réseaux cohérents
- les sites Natura 2000

Le SCOT contient de nombreuses dispositions qui vont permettre de renforcer la pro-


tection des milieux naturels, en particulier au travers de l’identification sur l’ensemble
du territoire d’un réseau de « liaisons naturelles » dont les PLU devront assurer la
préservation et la continuité ; ces mesures bénéficieront aussi bien à la flore et à la 119

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


faune qu’aux paysages et à l’agrément de la population. Les mesures en faveur de
l’économie d’espace vont également dans le sens d’une plus forte protection des es-
paces naturels d’une manière générale, et des sites Natura 2000 en particulier.

Les principaux problèmes proviennent de l’accroissement prévisible des pressions


liées à l’urbanisation et à la fréquentation touristiques. Il peut cependant y être re-
médié par un renforcement des dispositifs de gestion des espaces naturels, qui né-
cessite un engagement financier accru des collectivités.

Incidences sur les ressources naturelles

L’évaluation examine les incidences prévisibles sur :


- l’utilisation des sols
- la ressource en eau potable
- les ressources du milieu marin
- les énergies renouvelables

L’intégration du principe d’économie d’espace dans le SCOT aura des incidences po-
sitives notables sur l’utilisation des sols ; le rythme de consommation d’espaces
agricoles par l’urbanisation devrait se réduire fortement, notamment par le fait que
la construction éparse en campagne ne sera plus possible.

Le SCOT contient diverses dispositions en faveur d’une gestion plus économe de l’eau
potable et d’une amélioration de l’état de la ressource (protection des zones humides
et du bocage, régulation des rejets d’eaux pluviales, renforcement de la protection
des captages, etc).

La principale mesure spécifique au SCOT concernant le milieu marin porte sur l’amé-
nagement d’aires de carénage propres.

En matière d’énergies renouvelables, le SCOT veut promouvoir les économies d’éner-


gie et la production autonome d’énergie, favoriser l’émergence d’une filière énergéti-
que locale, et demande aux PLU de protéger les espaces boisés afin de maintenir les
ressources en bois.
RAPPORT DE PRESENTATION

Ces diverses dispositions auront des incidences globalement positives sur l’environ-
nement. En sens inverse, la perspective d’une croissance démographique soutenue
maintiendra des pressions fortes sur les ressources naturelles, et exige donc des
mesures très strictes dans des domaines comme la réalisation de quartiers économes
en espace et en énergie, les « déplacements doux », le traitement des effluents do-
mestiques, les économies d’eau et d’énergie, en particulier dans l’habitat. La mise en
œuvre d’indicateurs appropriés permettra de vérifier dans la durée si et dans quelle
mesure les orientations prises par le SCOT ont des effets sur le terrain.

120
RESUME NON TECHNIQUE

Incidences sur les pollutions et nuisances

Cette rubrique analyse les incidences du SCOT sur :


- la qualité de l’eau
- la qualité de l’air
- la pollution des sols et des sédiments marins
- le bruit

Les mesures en faveur de la qualité de l’eau ont déjà été évoquées pour l’essentiel,
on rappellera pour mémoire : la poursuite de l’amélioration des systèmes d’assainis-
sement, la gestion des eaux de ruissellement, le traitement des eaux et des déchets
liés aux activités de plaisance, le renforcement de la concertation entre ostréiculteurs
et agriculteurs. Le fait de subordonner le renforcement de la capacité d’accueil des
communes à la capacité des dispositifs d’assainissement constitue une avancée im-
portante.

En matière de qualité de l’air, il n’est pas fixé d’objectifs particuliers, mais les mesures

RESUME NON TECHNIQUE


du SCOT en faveur d’une forme urbaine plus compacte ainsi que dans le domaine des
déplacements peuvent contribuer à limiter les émissions polluantes, ou tout au moins
à atténuer dans une certaine mesure les effets de la croissance démographique.

En ce qui concerne la prévention de la pollution des sédiments marins, toutes les


mesures précédemment évoquées concernant la qualité de l’eau auront des réper-
cussions positives.

Sur le thème du bruit, le SCOT ne contient pas de mesures spécifiques mais rappelle
la nécessité d’intégrer dans les PLU les règles applicables aux abords des installations
et infrastructures bruyantes. Par ailleurs la perspective d’un schéma de déplacement
du Pays d’Auray peut permettre de mieux gérer le problème des émissions sonores
liées aux transports.

Dans ces différents domaines, il n’a pas été identifié de risque notable d’incidences
négatives du SCOT. L’attention est toutefois attirée sur les risques de pollution at-
mosphérique liés au développement des chaudières à bois, qui ne sont soumises à
aucune norme de rejets, ainsi que sur les risques de multiplication des problèmes de
bruit de voisinage dans l’hypothèse d’une densification de l’habitat. Sur ce dernier RAPPORT DE PRESENTATION
point, les communes doivent être en mesure de réagir dans la mesure de leurs com-
pétences.

Incidences sur les risques majeurs

Il s’agit ici des risques naturels (inondation, érosion côtière, feux de forêt) et des
risques technologiques (risque industriel, transport de matières dangereuses).

Le risque d’inondation n’est pas un problème majeur sur le territoire, mais des pro-
blèmes ponctuels peuvent apparaître, notamment dans les zones urbanisées. Les
dispositions du SCOT concernant la gestion des eaux de ruissellement éviteront d’ag- 121

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


graver les risques. En ce qui concerne l’érosion côtière, la perspective d’une élévation
notable du niveau marin augmente les risques de submersion des terres basses, qui
couvrent des superficies non négligeables sur le territoire. Les mesures prises par
le SCOT pour freiner l’urbanisation littorale et préserver les espaces naturels côtiers
permettront de limiter ces risques. Enfin, le risque de feux de forêts, qui est assez
élevé sur le territoire, pourra être limité dans ses effets par le fait que le SCOT limite
considérablement les possibilités de construction dans les espaces naturels ou à leur
voisinage.

En ce qui concerne les risques technologiques, le SCOT impose des principes d’im-
plantation et des marges de recul qui permettront de ne pas les aggraver par rapport
à leur niveau actuel.

Incidences sur la vie quotidienne

La rubrique « vie quotidienne » recouvre les thèmes suivants :


- la santé
- l’accès à la nature
- les déplacements
- les patrimoines
- les paysages

En matière de santé, le SCOT ne définit pas d’objectifs spécifiques. L’évaluation re-


lève d’ailleurs que l’on ne dispose pas, pour le territoire du Pays d’Auray, d’indicateurs
de santé susceptibles d’avoir un rapport avec l’état de l’environnement. On peut
toutefois considérer que les dispositions du SCOT, notamment celles concernant les
déplacements et la promotion des « déplacements doux » ainsi que la préservation
des liaisons naturelles, auront globalement des incidences favorables sur la santé
publique.

Le SCOT cherche à renforcer les possibilités d’accès de la population à des espaces


de campagne et de nature à la fois préservés et ouverts aux promeneurs. A cette
fin, il identifie et protège un réseau de « liaisons naturelles » qui s’étendent jusqu’au
contact des villes et des bourgs. Il demande aux PLU de préserver durablement ces
continuités, de les ouvrir aux promeneurs, et de prévoir dans les schémas d’amé-
RAPPORT DE PRESENTATION

nagement des futurs quartiers, des communications avec les espaces naturels. Ces
dispositions permettront de limiter les risques liés aux perspectives de densification
de l’urbanisation.

En ce qui concerne les déplacements, le SCOT prévoit de rapprocher lieux de travail


et lieux d’habitat, d’implanter l’habitat et les activités à proximité des réseaux de
transport en commun, de mieux utiliser le réseau ferré, de développer le co-voiturage
et de promouvoir les « déplacements doux » par des aménagements adaptés. Cette
politique aura des incidences favorables sur l’environnement. L’évaluation mentionne
toutefois les limites des mesures de rapprochement entre habitat et activités, qui
peuvent poser des problèmes de nuisances. Elle aborde également les incidences dé-
122 favorables de certaines dispositions facilitant la construction éparse en campagne.
RESUME NON TECHNIQUE

Le SCOT ne contient pas de prescriptions spécifiques concernant le patrimoine, mais


il demande aux communes de poursuivre son recensement et sa protection dans
le cadre des PLU. La réouverture de possibilités de construction en campagne peut
poser de nouveaux problèmes pour la protection du patrimoine rural dans son envi-
ronnement.

L’ensemble du contenu du SCOT aura des répercussions sur les paysages, au-delà
des dispositions spécifiques portant sur les liens entre espace urbain et espace ru-
ral, la protection du littoral, la « qualification des axes de découverte du territoire »,
la production d’un « paysage quotidien de qualité dans les opérations d’aménage-
ment » et la préservation des patrimoines. Les dispositions les plus efficaces sont
probablement la perspective d’une diversification des formes urbaines et d’un plus
grand souci de la qualité générale des nouveaux quartiers, ainsi que l’identification
d’une structure verte protégée. Le principal risque d’incidence négative réside dans
le risque de « mitage » de la campagne et dans le quasi doublement des surfaces
affectées aux activités économiques. Si la dégradation des paysages par ces derniers
aménagements n’est pas inéluctable et s’il est parfaitement possible de réussir des
opérations de grande qualité paysagère, il n’en va pas de même pour les construc-

RESUME NON TECHNIQUE


tions éparses en campagne, implantées au hasard des opportunités foncières.

Les partis d’aménagement et leurs incidences

Il n’a pas été envisagé de « scénarios » ou de partis d’aménagement différenciés pour


l’établissement du SCOT du Pays d’Auray, le choix ayant été fait d’orienter d’emblée
le territoire dans la voie d’une gestion économe des ressources, d’une diversification
des types d’habitat et d’une intégration des principes du développement durable.
Toutefois, l’évaluation environnementale évoque ce que pourrait être l’évolution du
territoire « au fil de l’eau », en l’absence de SCOT, pour comparer cette éventualité
aux perspectives qui sont inscrites dans le SCOT. Celles-ci manifestent à plusieurs
égards une rupture par rapport à certaines pratiques antérieures, notamment sous
l’angle de la consommation d’espace par l’urbanisation, de la standardisation de l’of-
fre de logements et des tendances à la sélection sociale par le jeu du marché. L’éva-
luation souligne le caractère positif de la nouvelle direction prise par le Pays d’Auray,
en application de plusieurs lois votées ces dernières années. Elle attire cependant
l’attention :
- sur les risques liés aux perspectives de forte croissance démographique, RAPPORT DE PRESENTATION
- sur la faible portée pratique du dispositif proposé pour calibrer la capacité d’accueil
de chaque commune,
- sur les dispositions anormalement permissives permettant une reprise du « mitage
» de la campagne par les constructions dans les communes non littorales.

Les mesures compensatoires

Il est rappelé que dans la mesure où la nature et le niveau de précision des dispo-
sitions du SCOT ne permettent pas d’évaluer avec suffisamment de précision les
incidences des aménagements futurs sur l’environnement, la définition des mesu-
res compensatoires est renvoyée aux études d’impact auxquelles ces opérations se- 123

Schéma de Cohérence Territoriale - Rapport de présentation - 17 avril 2009.


ront pour la plupart soumises. Par ailleurs, la notion de mesures compensatoires est
consubstantielle au SCOT lui-même, qui intègre dans toutes ses composantes une
dimension environnementale, de sorte que ces mesures ne peuvent être individua-
lisées et présentées comme des contreparties à des dispositions réputées domma-
geables pour l’environnement. Il est enfin signalé que les opérations d’aménagement
soumises à déclaration d’utilité publique ont un régime juridique en grande partie
autonome par rapport au SCOT, et qu’une grande vigilance est donc de mise par rap-
port aux mesures compensatoires prévues par les maîtres d’ouvrages.
RAPPORT DE PRESENTATION

124