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Classification pneumatique

par Pierre BLAZY

et

Professeur à l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) Directeur du Centre de Recherche sur la Valorisation des Minerais (CRVM)

El-Aïd JDID

Docteur ès Sciences Ingénieur de Recherche au Centre de Recherche sur la Valorisation des Minerais (CRVM) Laboratoire Environnement Minérallurgie LEM URA 235

1.

Paramètres dépendant du matériau et de l’appareil

A 5 160 - 2

2

3

1.1

Paramètres dépendant du matériau

1.2

Paramètres dépendant de l’appareil

— —

2.

Analyse dimensionnelle des séparations gaz-solides

3

3.

Rendement et qualité d’une classification industrielle

— 3

3.1

Relation entre rendement et bilan massique

— 3

3.2

Détermination de la qualité et de la limite de séparation à partir de la courbe de partage

4

3.3

Prévision du rendement de classification à partir de la courbe de partage

— 5

4.

Types de sélecteurs pneumatiques

5

4.1

Chambres de sélection à courant gazeux horizontal ou vertical

5

4.1.1 Analyse théorique

5

4.1.2 Chambre de sélection à courant gazeux horizontal

6

4.1.3 Chambre de sélection à courant gazeux vertical

6

4.1.4 Appareil de conception mixte

6

4.2

Appareils utilisant la force centrifuge

7

4.2.1 Cyclones statiques

7

4.2.2 Sélecteurs mécaniques à spirale

8

4.2.3 Sélecteurs mécaniques à rotors horizontaux

9

4.2.4 Sélecteurs mécaniques à axe vertical

9

5.

Applications

13

6.

Consommation énergétique, usure et prix de revient

16

Pour en savoir plus

Doc. A 5 160

L a classification ou sélection pneumatique s’effectue très souvent à tempé- rature ambiante avec une suspension de solides dans un gaz, afin d’obtenir

deux fractions séparées dont l’une contient les particules de dimension supé- rieure à une dimension donnée et l’autre les particules de dimension inférieure

à cette dimension. Elle est basée sur la différence pouvant exister entre les

vitesses de chute des solides dans un gaz. En général, les solides sont suffi- samment fins pour que leurs mouvements obéissent à la loi de Stokes.

La classification pneumatique est différente du dépoussiérage dont le but est l’élimination quasi totale de particules solides contenues dans un gaz porteur (article Dépoussiérage des gaz et dévésiculage [J 3 580] dans ce traité). C’est ainsi que, pour le dépoussiérage, il n’existe pas de spécification optimale du matériau

à traiter, tandis que pour une classification pneumatique il existe une relation

entre la finesse de l’alimentation du classificateur et celle du produit fin classifié.

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

Tous les appareils de séparation pneumatique utilisent un courant gazeux. Bien

que l’on s’efforce d’employer au mieux les forces en présence, la classification pneumatique qui, suivant la théorie, peut être nette, l’est imparfaitement en pratique. En effet peuvent intervenir des forces externes au mélange gaz-solide dues à des champs d’accélération créés par la gravité, le magnétisme ou l’électrostatique, ou des forces internes au mélange gaz-solide dues à la

centrifugation, la diffusion, la coagulation électrostatique

Ces forces peuvent

s’ajouter ou s’opposer, être ou non modulées, créer ou non des effets pertur- bateurs. Ces effets se manifestent au niveau de la précision de la coupure granulométrique, de l’assemblage des appareils et de l’économie du procédé.

Le lecteur se reportera, dans ce traité, à l’article Fragmentation. Généralités. Théorie [A 5 050].

1. Paramètres dépendant du matériau et de l’appareil

Les principaux paramètres affectant la classification dépendent du matériau, de l’appareil et de son réglage.

1.1 Paramètres dépendant du matériau

Densité et forme des particules Tout sélecteur pneumatique classe les particules selon leur vitesse de chute dans un gaz porteur. Cette vitesse dépend de leur densité et de leur forme. Ainsi, plus la forme d’une particule s’écarte de celle de la sphère, plus la particule se comporte comme si elle était moins lourde qu’une même particule sphérique. On est donc amené à défi- nir un coefficient de forme F, rapport entre la dimension de la par- ticule selon la méthode de mesure choisie et le diamètre de la sphère de même nature et équitombante (on appelle particules équitom- bantes les particules dont les vitesses limites de chute dans le fluide sont identiques). Si d s est la densité des particules solides de dimension a faisant l’objet d’un essai de séparation et si s 0 est le diamètre de la sphère équitombante avec un matériau de référence, on a les relations :

ou

a = s 0 F (1/d s ) 1/2

(1)

a = s 0 K

(2)

Le paramètre K est appelé facteur limite de séparation.

La farine calcaire, avec une densité de 2,6 et une forme approxi- mativement cubique, est la référence pour une large gamme de produits.

Le tableau 1 donne, en fonction de la méthode de détermination de la dimension, les valeurs de F qui sont très utiles en matière de prévision de coupures granulométriques.

Dimension des particules

La détermination de ces dimensions est un point délicat. Les méthodes ont été présentées dans les articles Fragmentation. Géné- ralités. Théorie [A 5 050] et Techniques de mises en contact entre phases solides et gazeuses [A 5 850] de ce traité. En résumé, il faut rappeler que toute méthode permettant d’analyser la dimension des particules tient compte d’un ensemble de grandeurs inhérentes au système de mesure. Il convient donc toujours de préciser les carac- téristiques de la méthode d’analyse utilisée, lors de l’indication de mesures granulométriques.

Humidité des solides

On considère que, pour qu’une opération de séparation pneuma- tique soit possible, les solides doivent être secs. Il existe cependant des molécules d’eau fortement adsorbées à la surface des solides, retenues dans les pores fins du matériau, ayant échappé au séchage, ou réadsorbées sur la surface sèche des solides par condensation

(0)

de l’humidité atmosphérique.

Tableau 1 – Facteur de forme F de particules pour différentes méthodes de détermination de dimension

Méthode de détermination de la dimension

 

Forme de la particule

 

sphère

cube

bloc

esquille

paillette

aiguille

fibre

Tamis

1

1,2

1,2

1,5

2

à 5

1,5

 

Microscope :

             

Épaisseur maximale Diamètre moyen de la particule se présentant en forme aplatie Longueur maximale

1

1

1

1

0,8

1

1

1

1,3

1,9

2

3 à 8

1

1,7

2

3

4 à 10

3 à 8

5 à 50

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

1.2 Paramètres dépendant de l’appareil

Débit gazeux et chute de pression

Il existe une relation entre la chute de pression statique p et le débit-volume gazeux Q, qui dépend de la configuration de l’appareil. Cette relation s’écrit :

(3)

constante aérodynamique, dite coefficient de traînée, fonction du nombre de Reynolds Re et d’autres variables opératoires telles que la concentration en solide du mélange gaz-solide, la température, etc,

v vitesse du gaz calculée à partir du débit-volume gazeux Q en fonction de la surface caractéristique du sélecteur (on considère en général l’aire de la section perpendiculaire au courant gazeux),

ρ masse volumique du gaz.

C t

p = (1/2) C t v 2 ρ

avec

Limite de séparation, dimension de coupure ou de partage

et imperfection La limite de séparation est théoriquement la dimension de la particule qui représente la limite entre la fraction fine et la fraction grossière. Or, aucune sélection industrielle, ou même en laboratoire, n’est parfaitement nette ; les dimensions des fractions grossières et fines se chevauchent, car l’action du sélecteur est imparfaite et la méthode d’analyse granulométrique souvent mal adaptée à la déter- mination de la finesse des produits entrant et sortant du sélecteur. Pour cette raison, Eder (1951) introduisit la notion du diamètre a 50 de la particule pour laquelle la probabilité d’être classée dans la frac- tion grossière ou dans la fraction fine est la même. Cette dimension est appelée indistinctement dimension de coupure ou dimension de partage. La courbe obtenue en portant en abscisse la dimension des particules a et en ordonnée la probabilité en pourcentage pour qu’une particule donnée se trouve dans la fraction grossière est la courbe de partage de Tromp. Cette courbe correspond à une fonction G (a ) gaussienne entièrement définie par l’abscisse a 50 de son point d’inflexion et par son écart-type. Elle permet de définir l’imperfection qui est l’écart-type divisé par a 50 . Dans le cas d’un réglage de l’appa- reil et d’un débit donné de matière, ce n’est que la limite de sépa- ration selon la même probabilité, c’est-à-dire la dimension a 50 qui est théoriquement invariable alors que la répartition granulo- métrique de la matière à traiter peut varier. La valeur de l’imper- fection permet ainsi de comparer plusieurs appareils travaillant avec un même matériau à la même dimension de coupure. Dans la pratique, on tient compte d’autres définitions se rapportant à la finesse du produit telles que la dimension maximale des particules de la fraction fine, le taux de récupération des particules fines par rapport à leur proportion initiale dans la matière, les dimensions a 97 ou a 95 données par la courbe de partage, etc. Toutefois, ces valeurs se déplacent sensiblement lorsque la granulométrie de l’alimenta- tion varie et ne permettent pas de comparer deux sélecteurs sur le plan de la netteté de la séparation.

sont les dimensions des particules pour lesquelles

50 %, 95 %, 97 % en masse des particules ont respectivement une dimension inférieure

à a 50 , a 95 et a 97 .

Nota : les dimensions a 50 , a 95 , a 97

2. Analyse dimensionnelle des séparations gaz-solides

Nota : pour la loi de Stokes, le lecteur se reportera à l’article Dépoussiérage des gaz et dévésiculage [J 3 580] dans ce traité.

Svarovsky [15] a proposé des groupes adimensionnels issus de la loi de Stokes, permettant de modéliser la sélection pneumatique et de changer d’échelle pour des nombres de Reynolds Re faibles

(Re 1)

Re = a|v u | /ν

(4)

avec a dimension de la particule,

avec :

u vitesse de la particule,

v vitesse du gaz,

ν viscosité cinématique du gaz.

Lorsque la particule est accélérée, l’équation du mouvement s’écrit :

c (du /dt ) = v u + cγ

avec γ l’accélération due aux forces externes de la particule et c une constante ayant la dimension d’un temps, donnée par la relation :

c = a 2 ρ s /18 µ

µ étant la viscosité dynamique du gaz et ρ s ρ a masse volumique des particules solides. En négligeant la turbulence, l’action de la température, la pression exercée sur la particule et la masse des gaz déplacés avec la particule, Svarovsky déduit pour un système d’origine (en général, à l’échelle laboratoire), de variables γ, c, l, u, v, et pour un système similaire (à l’échelle industrielle), de variables γ , c , l , u et v proportion- nelles aux variables d’origine, les groupes adimensionnels suivants :

(6)

(5)

u /v = u /v = Cte

(7)

cv /l = c v /l = N s

(8)

γ l/v 2 = γ l /v 2 = N f

(9)

avec

N f

N s

nombre de Froude, nombre de Stokes,

l grandeur ayant la dimension d’une longueur et caractérisant le sélecteur. Le nombre de Stokes est surtout utilisé pour le calcul des sélecteurs statiques simples tels que les chambres de détente, mais il peut aussi, avec certaines précautions, servir pour les cyclones (Breuer, 1961). Le nombre de Froude est surtout utilisé pour montrer l’effet de la gravité (γ = g, accélération due à la pesanteur) sur l’efficacité de séparation des dépoussiéreurs. On ne fait pas appel aux nombres de Schmidt, liant viscosité cinématique et diffusivité thermique moléculaire, ni au nombre de Péclet, utilisé dans le transfert de masse et de chaleur, ni au nombre de Prandtl, utilisé dans les phénomènes de convection forcée et libre ayant lieu dans un courant gazeux. En effet, les mouvements aléatoires des particules causés par les mouvements browniens des molécules de gaz, les fluctuations turbulentes dues à la diffusion thermique et les transferts de matière en résultant sont peu déter- minants dans des sélecteurs dynamiques fonctionnant à température ordinaire.

3. Rendement et qualité d’une classification industrielle

3.1 Relation entre rendement et bilan massique

Si l’on considère une opération de classification pneumatique (figure 1) avec :

M, M g et M f les débits-masse, respectivement de l’alimenta-

tion du séparateur, du produit grossier et du produit fin ;

a la dimension de la particule ;

F (a ), F g (a ) et F f (a ) les distributions cumulées des particules

de dimension a, respectivement dans l’alimentation, dans le produit grossier et dans le produit fin, la différentielle dF /da décrit le poids statistique que représente les particules de dimension a.

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

On

peut

écrire

l’équation

du

bilan

massique

général

[relation (10)] [relation (11)] :

et

celle

relative

aux

particules

de

dimension

a

M = M g + M f

(10)

(11)

Les débits-masse totaux des particules de dimension a dans l’alimentation (M ) a , dans le matériau grossier (M g ) a et dans le matériau fin (M f ) a sont respectivement M dF (a )/da, M g dF g (a )/da et M f dF f (a )/da. Le bilan massique faisant intervenir les fractions de particules de dimension a dans les matériaux s’écrit donc :

(M )a = (M g ) a + (M f ) a

M dF (a )/da = M g dF g (a )/da + M f dF f (a )/da (12)

On définit le rendement E comme étant le rapport de la masse de matériau grossier à la masse de l’alimentation :

(13)

(14)

E = M g /M

ou encore

E = 1 – (M f /M )

(14) E = M g / M ou encore E = 1 – ( M f

Figure 1 – Schéma de principe d’une classification pneumatique

La combinaison des équations (12) et (14) donne :

(15)

Si l’on fait appel aux pourcentages cumulés (article Fragmentation. Généralités. Théorie [A 5 050] dans ce traité) pour une dimension donnée, on obtient alors :

E = [F (a ) – F f (a )]/[F g (a ) – F f (a )]

(16)

dF (a )/da = [E dF g (a )/da ] + [(1 – E ) dF f (a )/da ]

3.2 Détermination de la qualité et de la limite de séparation à partir de la courbe de partage

La qualité d’une séparation est donnée par l’imperfection calculée à partir de la courbe de partage 1.2 et figure 2). Plus la pente de la tangente en son point d’inflexion est grande, plus la séparation est nette. Théoriquement, cette courbe passe par l’origine (figure 2a ) mais en réalité elle démarre à partir d’une ordonnée non nulle (figure 2b ) car un volume d’air important sort avec le matériau grossier. Ce flux mort entraîne de très fines particules dans la fraction grossière (sousverse). Il apparaît donc que la qualité d’une sépara- tion a un caractère probabiliste et ne peut être déterminée par un calcul exact. La limite de séparation de l’appareil (§ 1.2) peut être définie théoriquement comme la dimension maximale a max des particules grossières qui restent dans les particules fines à l’issue de la sépa- ration. Cette limite est difficile à déterminer en pratique, ce qui fait que l’on prend couramment a 97 ou a 99 , la dimension des particu- les correspondant à une valeur de G (a ) de 97 à 99 %.

les correspondant à une valeur de G ( a ) de 97 à 99 %. Figure

Figure 2 – Courbe de partage d’une classification pneumatique

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3.3 Prévision du rendement de classification à partir de la courbe de partage

La courbe de partage correspondant à une fonction G (a) est liée à l’expression du rendement E car :

G (a) = (M g ) a /(M ) a

(17)

ce qui peut s’écrire :

(18)

soit encore en utilisant les relations (13) et (15) :

(19)

(20)

ou

G (a) = (M g /M ) [dF g (a)/da ] / [dF (a)/da ]

G (a) = E [dF g (a)/dF (a)]

G (a) = 1 – (1 – E ) [dF f (a)/dF (a )]

Sachant que :

0

[

dF g

(a )/da] da

=

1

(21)

on peut alors écrire, en ne considérant plus les poids statistiques des tranches granulométriques mais leur distribution cumulée :

E

=

0

1

G (a )dF (a )

(22)

Connaissant la fonction G (a) correspondant à un appareil de sélection et G (a) correspondant à un autre, il est possible d’obtenir G t (a) lorsque les deux appareils fonctionnent en série :

(23)

(24)

selon que le deuxième classificateur est alimenté par les produits fins [relation (23)] ou les produits grossiers [relation (24)] du premier sélecteur.

ou

G t (a) = G (a) + G (a) – G (a)G (a)

G t (a) = G (a) G (a)

4. Types de sélecteurs pneumatiques

La classification pneumatique des solides dispersés dans un milieu gazeux effectue des coupures fines (1 à 100 µm) et parfois relativement grossières (250 µm, voire plus), avec des débits solides allant de quelques grammes en laboratoire à environ 100 t/h dans l’industrie. Les techniques mises en œuvre visent à traiter des maté- riaux caractérisés par de larges dispersions granulométriques [11]. Il existe deux types principaux de sélecteurs industriels :

— les chambres de sélection statiques utilisant un courant gazeux horizontal ou vertical avec ou sans chicanes ; — les appareils utilisant la force centrifuge, tels que les cyclones statiques, les séparateurs à rotor à axe horizontal et les séparateurs mécaniques à axe vertical. Si les coupures supérieures à 50 µm sont relativement aisées à obtenir, on ne saurait trop insister sur les prouesses technologiques correspondant à la mise en œuvre de coupures précises à des dimen- sions de l’ordre de quelques micromètres. Notamment, la réussite d’un procédé est liée à la qualité de la dispersion des solides fins dans le volume gazeux. Celle-ci doit être très intense afin de casser les agrégats sans effectuer un broyage des grains. Des recherches technologiques ont été réalisées [6] [12] afin d’améliorer la précision de la coupure et d’augmenter le débit de solide du sélecteur.

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

Remarque : en général, sur les figures, le trajet des particules fines est schématisé par des points, celui des particules grossières par des ronds et celui de l’air par un trait plein ou des flèches.

4.1 Chambres de sélection à courant gazeux horizontal ou vertical

Dans tous les séparateurs de ce type, le principe est basé sur les contrastes existant entre les vitesses de sédimentation dans l’air des particules grossières et des particules fines.

4.1.1 Analyse théorique

L’expansion d’un courant gazeux porteur de particules à l’intérieur d’un volume constitué par une chambre de détente fait chuter la vitesse des particules. Les plus grossières sédimentent alors que les fines continuent à être portées par le courant gazeux. Dans le cas le plus fréquent des appareils à configuration horizontale, on suppose que la vitesse du courant gazeux est constante dans la chambre, que les particules entraînées sont répar- ties uniformément dans le courant gazeux et ne sont pas remises en suspension après leur sédimentation et que la vitesse du courant gazeux à l’entrée du système est identique à celle des particules. Selon la vitesse du courant gazeux, on se situe dans le domaine de l’écoulement laminaire ou turbulent.

4.1.1.1 Cas d’un écoulement laminaire ou approximativement laminaire

Une chambre de détente (figure 3) peut être assimilée à un parallélépipède rectangle de hauteur h, de longueur L et de largeur . La vitesse v du courant gazeux de débit-volume Q et le nombre de Reynolds sont déterminés, respectivement, à partir des relations (25) et (26) :

 

v

=

Q / h

 

(25)

Re

=

vΦ/ν =

2Q/[ν ( + h)]

(26)

avec

ν

viscosité cinématique du gaz,

Φ

diamètre hydraulique, donné par l’expression :

 

Φ

=

2 h/( + h)

(27)

Théoriquement, la particule de dimension a max , dont la trajectoire s’identifie avec la diagonale de la section rectangulaire de la chambre, est la particule la plus grossière qui soit recueillie avec un rendement de 100 % (figure 3a ). Toutes les particules de dimensions supérieures sont recueillies avec le même rendement, alors que les plus fines le sont avec un rendement inférieur à 100 %. Si C s (a ) est la concentration des particules solides de dimension a inférieure à a max dans le flux entrant, le débit-masse (M g ) a des solides de dimension a sédimentés sur le fond de la chambre en

et de la composante verticale v 2 (a )

de la vitesse de la particule de dimension a s’écrit :

(28)

(M g ) a = v 2 (a ) C s (a )A

fonction de la surface A = L

La fonction G (a ) (probabilité pour qu’une particule de dimension a se trouve dans la fraction grossière) peut être expri- mée par la relation :

G (a ) = [v 2 (a ) C s (a )A ] / [Q C s (a )] = v 2 (a )A /Q (29)

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 3 – Coupe schématique d’une chambre de sélection pneumatique à courant horizontal

Figure 3 – Coupe schématique d’une chambre de sélection pneumatique à courant horizontal (d’après [15])

4.1.1.2 Cas d’un écoulement turbulent

On écrit que, dans une section d’épaisseur dL, la variation du flux des solides est égale à celle du flux de sédimentation. Si C s est la concentration en solide du flux gazeux, le bilan massique s’écrit (figure 3b ) :

(30)

v 2 C s

dL

=

A 1 v 1 dC s

Étant donné que A = L C s1 , on obtient :

et que A 1 v 1 = Q, en intégrant entre C s2 et

(C s2 /C s1 ) = exp (– v 2 A /Q )

(31)

G (a ) = [C s1 (a ) – C s2 (a )]/C s1 (a ) = 1 – exp[– v 2 (a )A /Q ]

(32)

Si toutes les particules sont mélangées, dès l’entrée, C s1 atteint rapidement C s2 ; le bilan massique de la chambre de détente s’écrit alors :

(33)

(34)

et

G (a ) = [v 2 (a ) A /Q ]/[1 + v 2 (a ) A /Q ]

C s2 v 2 A = (C s2 C s1 )Q

4.1.1.3 Conclusion

Dans les deux régimes d’écoulement, le rendement [relation (22)] dépend donc bien du groupe adimensionnel v 2 A /Q [relations (29) et (34)]. Si l’on se place dans le cas de l’écoulement laminaire, le calcul

des appareils conduit à une aire considérable pour la section

de la chambre, ce qui entraîne des dimensions importantes de l’appareil. Dans le cas d’un écoulement turbulent, les surfaces

obtenues sont aussi importantes mais les sections sont plus réduites.

Dans la pratique, on optimise l’appareillage en faisant

et en prenant pour la vitesse de l’air 0,2 à 0,8 m/s (par exemple 0,5 m/s). Le choix de la hauteur résulte d’un compromis entre la vitesse du courant gazeux et la remise en suspension des particules déjà déposées.

h

L

=

=

A
A

4.1.2 Chambre de sélection à courant gazeux horizontal

Dans les appareils industriels, on impose de brusques change- ments de direction à l’écoulement gazeux afin de sédimenter les particules par inertie. Par exemple, le séparateur Louvre, représenté sur la figure 4, est une chambre de détente cylindrique pourvue de fentes inclinées sur l’horizontale et disposées selon un cône tronqué. Les particules grossières passent dans la sousverse qui est extraite à l’extrémité tronquée du cône. Les coupures aux environs de 20 µm restent peu précises même pour des courants gazeux peu chargés (quelques g /m 3 ).

pour des courants gazeux peu chargés (quelques g /m 3 ). Figure 4 – Coupe schématique

Figure 4 – Coupe schématique du séparateur Louvre (d’après [15])

4.1.3 Chambre de sélection à courant gazeux vertical

Ces chambres sont munies de plusieurs tubes de sélection verticaux en forme de zigzag (figure 5) parcourus par le courant gazeux et alimentés par le produit à séparer [3] [10]. Dans chaque élément se forme un tourbillon traversant à chaque changement de direction le courant vertical de sélection. Il se crée ainsi une succession de zones de sélection que parcourent les particules, avec autant de resélection pour les particules égarées. Il en résulte une coupure très précise. L’alimentation en produit peut être faite à la base comme dans le Multiplex MZF adapté aux produits granuleux ou à mi-hauteur des canaux de sélection comme dans le Multiplex MZM adapté aux produits fibreux et floconneux. Il faut noter que, dans ce dernier cas, un tambour centrifuge casse les fibres et les flocons. Les per- formances de ces appareils sont données dans le tableau 2. (0)

Tableau 2 – Performances des sélecteurs Multiplex Alpine

Appareil

Limite de

séparation

Capacité

maximale

(t /h)

Multiplex MZF

0,1 à 10 mm

150

Multiplex MZM

0,1 à 10 mm

1 (par canal)

Multiplex 1-40 MZM

0,1 à 10 mm

0,05

4.1.4 Appareil de conception mixte

Un autre appareil de configuration horizontale, le sélecteur Birtley (figure 6), travaille sur des solides préfluidisés en utilisant de l’air pulsé [3]. Le réglage de la coupure est obtenu en agissant sur

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 5 – Sélecteur pneumatique Alpine en forme de zigzag l’admission d’air et sur

Figure 5 – Sélecteur pneumatique Alpine en forme de zigzag

l’admission d’air et sur la forme de la veine gazeuse au-dessus de la tôle perforée. On peut traiter de 80 à 100 t /h de charbon de granulométrie 0 à 10 mm ou 0 à 20 mm, avec enlèvement de 10 à 20 t /h de particules fines. Les coupures sont comprises entre 0,3 et 0,7 mm.

4.2 Appareils utilisant la force centrifuge

L’appareil le plus commun est le cyclone statique, pour lequel existent des approches théoriques permettant de modéliser les différents paramètres de son fonctionnement. Tous les autres appareils comportent à l’intérieur d’une enveloppe des organes

et des

mobiles tels que ventilateur, plateau de dispersion, turbines

organes statiques tels que déflecteurs, chicanes, etc. La complexité de leur conception explique qu’il n’existe que peu de modèles

théoriques, souvent incomplets, rendant compte de leur fonction- nement.

4.2.1 Cyclones statiques

Les cyclones, traitant des suspensions de solides dans un gaz, sont conçus comme les cyclones hydrauliques avec injection tangentielle du fluide (ici, le gaz) qui provoque une centrifugation des particules et une séparation entre les particules fines et grossières. Les parti- cules fines sont évacuées grâce au vortex existant à l’intérieur de

évacuées grâce au vortex existant à l’intérieur de Figure 6 – Sélecteur pneumatique Birtley (d’après

Figure 6 – Sélecteur pneumatique Birtley (d’après [3])

l’appareil et en sens contraire des particules grossières qui sont éva- cuées à la pointe (figure 7). Dans d’autres types d’arrangement, les particules grossières et fines cheminent dans le même sens. Le cyclone est très utilisé dans le dépoussiérage (article Dépoussiérage des gaz et dévésiculage [J 3 580] dans ce traité), souvent d’ailleurs avec des arrangements multicellulaires. Pour un débit-volume gazeux Q, une masse volumique de gaz ρ, une vitesse de gaz v, un coefficient de traînée C t et un diamètre D, la chute de pression p est donnée par la relation (3) :

p = (1/2) C t v 2 ρ

Le coefficient C t est un nombre sans dimension indépendant du diamètre du cyclone (tableau 3). La vitesse est donnée par la relation :

(35)

v = 4 Q /π D 2

On déduit alors à partir des relations (3) et (35) que la chute de pression est proportionnelle au carré du débit d’alimentation :

p Q 2

(36)

Les constructeurs donnent indifféremment deux types de rela- tions, p = f (Q ) ou p H = f (Q ), avec p H la pression d’une colonne de gaz de section unité et de hauteur H pour un gaz ne contenant pas de particules. Cependant, la chute de pression dans le cas d’un gaz chargé de particules est inférieure à celle correspondant à un gaz pur. Pour tenir compte de la concentration en solides du gaz C s en g/m 3 , Smolik [13] donne une relation qui s’écrit :

p 0 /p

=

1

αC

β

s

(37)

p 0 est la chute de pression pour le mélange gaz-solide et α et β des constantes dépendant du matériau, qui valent respectivement 0,02 et 0,6. Pour les cyclones, le groupe adimensionnel qui permet de mieux extrapoler, en première approximation, les résultats entre deux appareils géométriquement similaires, est le nombre de Stokes N s défini par la relation (8) en prenant l = D :

N s = cv /D

(38)

(0)

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A 5 160 7

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

Tableau 3 – Caractéristiques dimensionnelles du cyclone (figure 7) en prenant comme base D = 1

   

Lh

i

e

f

C t

N s, 50

Stairmand [14]

4,0

1,5

0,5

0,2

0,5

0,5

320

1,2 × 10 –4

Stairmand [14]

4,0

1,5

0,875

0,375

0,75

0,75

46

6 × 10 –3

Breuer [4]

3,53

1,59

0,80

0,32

0,74

0,59

86

2,1 × 10 –4

0,80 0,32 0,74 0,59 86 2,1 × 10 –4 Figure 7 – Cyclone pneumatique (d’après [3]

Figure 7 – Cyclone pneumatique (d’après [3] [15])

Il en résulte alors, en combinant les relations (6), (38) et (35) pour un cyclone donné caractérisé par une constante N s, 50 , correspon- dant à une dimension de partage a 50 pour des particules de masse volumique ρ s , la relation :

N s, 50 = 4 (a 50 ) 2 ρ s Q /18 µπ D 3 (39)

La dimension de coupure peut donc être estimée pour n’importe quels débit et diamètre de cyclone. Le tableau 3 donne quelques résultats expérimentaux de N s, 50 pour quelques configurations de cyclones. De même, à partir des relations (3), (35) et (39), on déduit la relation :

(40)

D = [(a 50 ) 2 ρ s (2 p /C t ρ ) 1/2 ] / (18 µN s, 50 )

Pour prévoir la dimension de la particule la plus grossière contenue dans la fraction fine, il existe [3] une relation entre la

dimension a max de la plus grosse particule évacuée par la chemi- née et les dimensions du cyclone (figure 7). Cette relation s’écrit :

a max = 6R 0 (µk /2Kρ s ) 1/ 2

(41)

K = -----------------------------------------

plg

k = -------------------------------

Q

(

π

R

2

(

R

1

(

R

2

/R

R

1

+

R

)

2

)

0

)

avec Q (m 3 · s –1 ) débit-volume,

R 0 (m) R 1 (m) R 2 (m)

rayon de la cheminée centrale, rayon du cyclone, distance entre l’axe de l’appareil et la partie

µ (kg · s –1 · m –1 ) ρ s (kg · m –3 ) p (m d’eau)

externe de la buse d’injection, viscosité dynamique du gaz, masse volumique des particules solides, chute de pression.

Les cyclones ont leur domaine optimal de séparation pour des coupures à des dimensions supérieures à 40 µm. Ils ont une effica- cité réduite sur les matériaux qui abondent en très fines particules ainsi que sur des poussières assez cohésives et ils sont peu effica- ces sur les matières fibreuses.

4.2.2 Sélecteurs mécaniques à spirale

Dans ce type d’appareil (figure 8), les particules sont soumises à deux forces opposées (figure 8b ), la force centrifuge F c produite par un rotor et la force centripète F r produite par la friction avec le courant gazeux. Il est possible d’appliquer les relations suivantes, lorsque la résistance exercée par le gaz obéit à la loi de Stokes :

F c

=

[ (

π a

3

)

(

ρ

s

ρ) v

F r = 3 π µ av r

2

]/6R r

(42)

t

 

(43)

avec

R r v r et v t

rayon du rotor, composantes radiale et tangentielle de la vitesse,

et la dimension de coupure théorique a 50 est obtenue à partir de la relation :

(44)

La figure 8a représente une coupe de ce type de séparateur. Le produit est entraîné dans la chambre de sélection CS par un cou- rant d’air créé par un ventilateur. Il se dirige porté par le courant gazeux le long des aubes directrices AD réglables, qui ont pour but de permettre à certaines particules fines d’être évacuées au centre [3]. Les particules grossières sont déviées par le biseau B et recueillies et transportées par une vis sans fin Vi. Les particules fines sont refoulées par le ventilateur dans un séparateur de pous- sières. On voit que l’ajustement des aubes directrices permet de modifier la pente de la spirale de la ligne de courant LC et la vitesse de l’air, ces deux paramètres déplaçant la limite de sépara- tion dans le même sens. Les performances de ces appareils dépendent de la matière à

traiter, de la limite de séparation et

a 50 = (1/v t ) [(18µR r v r )/(ρ s ρ )] 1/ 2

de

la présence ou non de

A 5 160 8

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 8 – Sélecteur mécanique à spirale Mikroplex Alpine matières collantes. Selon les

Figure 8 – Sélecteur mécanique à spirale Mikroplex Alpine

matières collantes. Selon les types industriels, on peut réaliser des coupures de 2,5 à 15 µm et de 8 à 20 µm avec des débits-masse respectifs de 30 à 200 kg/ h et de 500 à 6 000 kg/ h.

4.2.3 Sélecteurs mécaniques à rotors horizontaux

Ces sélecteurs commercialisés par Alpine sous le nom de Turbo- plex (figure 9) sont constitués d’un ou de plusieurs rotors cannelés horizontaux. Les fines particules sortent avec l’air alors que les produits grossiers sont rejetés par le rotor et évacués à la base de l’appareil. L’air est introduit dans le bas de l’appareil. Le produit est alimenté soit par le haut par l’intermédiaire d’une écluse alvéolaire étanche à l’air (cas de la figure 9), soit directement avec l’air. La finesse est réglée en modifiant la vitesse du rotor. La plage de séparation est comprise entre 3 et 150 µm. L’utilisation sur le même appareil de 3 ou 4 rotors disposés en croix permet d’augmenter le débit pour des séparations de particu- les ultrafines (tableau 4).

des séparations de particu- les ultrafines (tableau 4 ). Figure 9 – Sélecteur pneumatique Turboplex Alpine

Figure 9 – Sélecteur pneumatique Turboplex Alpine à plusieurs rotors horizontaux

4.2.4 Sélecteurs mécaniques à axe vertical

Ces sélecteurs, s’apparentant à des cyclones munis d’un dispositif mécanique, permettent d’augmenter la netteté de séparation par rapport à celle que l’on obtiendrait avec des cyclones statiques (§ 4.2.1). Les limites de séparation sont alors poussées vers des dimensions de plus en plus fines, tout en gardant la possibilité d’assez grands débits de solides. Austin et al. [2] ont conçu un modèle théorique en considérant que le séparateur agissait comme deux classificateurs en série. (0)

Tableau 4 – Performances des sélecteurs Turboplex Alpine

 

Nombre

Finesse a 97

Débit-masse

Puissance

Type

de

rotors

 

(µm)

(kg/ h)

(kW)

100

1

4

à 100

50 à 200

4

100/4

4

3

à 60

150

à 400

16

200

1

5

à 120

200

à 1 000

5,5

200/4

4

4

à 70

600

à 3 000

22

315

1

6

à 120

500

à 2 500

11

315/3

3

6

à 120

1 500 à 7 500

33

500

1

8

à 120

240

à 2 400

15

750

1

10

à 150

160

à 1 600

30

1 000

1

15

à 180

120

à 1 200

45

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A 5 160 9

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

4.2.4.1 Sélecteurs à ventilateur et à plateau de dispersion

Dans ce type de sélecteur (figure 10), connu sous le nom général de sélecteur à whizzer, les produits sont admis dans la partie haute et distribués par un plateau de dispersion dans une chambre de sélection. Des trajectoires différentes pour les particules fines et les particules grossières sont obtenues par effet de ventilation à l’aide du whizzer situé au-dessus du plateau de dispersion. De l’air recyclé grâce à un chemisage interne permet un rinçage des produits grossiers. Diverses variantes ont été conçues par les constructeurs. Le sélecteur Poittemill (figure 11) utilise des déflecteurs avec retour d’air à orientations réglables. Le sélecteur Ventoplex Alpine (figure 12) comporte un ventila- teur additionnel VR de hauteur réglable, permettant d’effectuer des séparations fines en position supérieure et plus grossières en posi- tion inférieure. Un rinçage des particules grossières est prévu par l’air. Ce type de séparateur travaille dans un champ très vaste de coupures : a 97 compris entre 30 et 300 µm, avec des débits-masse d’alimentation allant de 0,2 à 5 t/ h pour les coupures de 30 à 45 µm, et de 20 à 80 t/h pour les coupures comprises entre 60 et 150 µm. Polysius propose le système MKT (figure 13) comportant un plateau de dispersion et quatre étages de ventilation, constituant autant d’étages de lavage des poussières. Le séparateur est équipé d’un cyclone de recyclage d’air et possède quatre sorties de pro- duits fins [1]. Dans une conception voisine tenant compte de l’intérêt de multiétages de ventilation, Humboldt Wedag propose un appareil muni de deux cyclones (figure 14).

propose un appareil muni de deux cyclones (figure 14 ). Figure 10 – Séparateur pneumatique à

Figure 10 – Séparateur pneumatique à whizzer (d’après [3])

4.2.4.2 Sélecteurs à rotor vertical

Ils agissent grâce à un rotor pourvu de fentes, les particules fines étant poussées à travers les fentes du rotor pour être séparées des particules grossières. La classification est réalisée en régime transitoire entre les régimes laminaires et turbulents. Le calcul des forces agissant sur les particules solides n’est pas possible car aux caractéristiques physiques des solides s’ajoutent les frottements et les courants secondaires. En conséquence, les calculs théoriques sont basés sur des modèles simplifiés de circulation. Ces sélecteurs nécessitent généralement d’être couplés à un collecteur des fractions fines qui agit comme un dépoussiéreur. Dans l’exemple de la figure 15 (séparateur super MSS de Hoso- kawa Micron), l’air primaire et le matériau à traiter entrent tangen- tiellement à la périphérie du corps de l’appareil et circulent de l’extérieur vers l’intérieur. Les particules fines passent alors à tra- vers les fentes du rotor et s’évacuent vers le collecteur grâce au vortex qui se crée à l’intérieur de l’appareil. Il se produit alors sous l’effet de la force centrifuge une préséparation des grosses particu- les qui, avec celles qui sont refusées par le rotor, sont soumises à une dispersion répétée par des jets d’air secondaires, pour termi- ner la sélection des particules fines qui n’ont pu être séparées au stade précédent. Avec ce type de sélecteurs, il est possible d’attein- dre des finesses a 97 < 2 µm. Dans d’autres variantes qui combinent toujours une séparation par force centrifuge et par fluidisation des particules solides, l’alimentation de l’appareil se fait par le côté latéral alors que l’air primaire est introduit au bas de l’appareil (séparateur standard MS-N de Hosokawa Micron). La dimension de coupure a 50 se situe entre 20 et 180 µm.

de coupure a 5 0 se situe entre 20 et 180 µ m. Figure 11 –

Figure 11 – Classificateur mécanique à air (Poittemill)

A 5 160 10

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Une conception sensiblement différente est mise en œuvre dans le sélecteur Poittemill (figure 16). L’originalité de cet appareil consiste à collecter les fines particules dans une gaine à la base du rotor et à évacuer les produits par un système collecteur. Un autre séparateur, le Microdyn de Poittemill (figure 17), utilise un conduit télescopique pour alimenter le produit à séparer dans l’axe du rotor, sous son cône inférieur. Le produit se répartit alors

sous son cône inférieur. Le produit se répartit alors Figure 12 – Sélecteur pneumatique Ventoplex Alpine

Figure 12 – Sélecteur pneumatique Ventoplex Alpine

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

dans la chambre de sélection. Le mélange air primaire-particules acquiert ainsi un mouvement rotatif. Les particules grossières sont projetées sur les parois de la chambre, soumises à une agitation vio- lente au niveau de l’anneau de dispersion où se produit également l’élutriation des particules dans l’air secondaire. Le Microdyn, selon ses dimensions, peut traiter de 0,250 à 30 t/h en réalisant des cou- pures de 3 à 150 µm avec des puissances installées de 7,5 à 65 kW.

150 µ m avec des puissances installées de 7,5 à 65 kW. Figure 13 – Sélecteur

Figure 13 – Sélecteur pneumatique multiétages MKT (Polysius) (d’après [1])

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 14 – Sélecteur pneumatique à deux cyclones ZUB 50 (Humboldt Wedag) A 5

Figure 14 – Sélecteur pneumatique à deux cyclones ZUB 50 (Humboldt Wedag)

A 5 160 12

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CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 15 – Sélecteur pneumatique MSS à rotor à axe vertical pour particules ultrafines

Figure 15 – Sélecteur pneumatique MSS à rotor à axe vertical pour particules ultrafines (Hosokawa Micron)

axe vertical pour particules ultrafines (Hosokawa Micron) Figure 16 – Sélecteur haut rendement (Poittemill) Figure

Figure 16 – Sélecteur haut rendement (Poittemill)

Figure 16 – Sélecteur haut rendement (Poittemill) Figure 17 – Microclassificateur Microdyn (Poittemill)

Figure 17 – Microclassificateur Microdyn (Poittemill)

5. Applications

La classification à sec est une nécessité lorsqu’elle est couplée avec un broyage à sec, ou lorsque l’on doit classer des matières réagissant avec l’eau ou des produits dont la finesse nécessiterait des sépa- rations liquide-solide très difficiles. Si l’on considère la dimension de partage a 50 des appareils, on définit en pratique deux domaines : celui inférieur à 30 µm et celui supérieur à 30 µm. Cependant, si l’on considère les produits résul- tant de la classification, Hukki [8] propose trois domaines d’appli- cation basés sur leurs caractéristiques granulo-pondérales :

— celui

pour

lequel

95 %

en

masse

du

produit

ont

des

dimensions supérieures à 100 µm ;

 

— celui

pour

lequel

95 % en

masse

du

produit

ont

des

dimensions inférieures à 100 µm ;

 

— celui

pour

lequel

95 %

en

masse

du

produit

ont

des

dimensions inférieures à 30 µm.

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A 5 160 13

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

Les appareils peuvent être utilisés :

— en circuit ouvert, il s’agit alors la plupart du temps d’un

dépoussiérage ;

— en circuit fermé, avec un appareil de broyage (figure 18), soit

pour régler la finesse du broyage, soit pour effectuer avant le broyage, une préclassification, surtout lorsqu’il s’agit, pour les matiè- res minérales, d’éliminer une fraction grossière ;

— en cascade (figure 19), selon que l’on cherche soit à obtenir

différentes tranches granulométriques, soit à soulager les appareils réalisant des coupures fines avec des débits unitaires peu importants. Pour des classifications de haute précision intéressant des matériaux tels que encres en poudre (toner ), poudres époxydes, poudres métalliques, abrasifs, etc., il apparaît qu’un circuit ouvert sans séparation préliminaire des particules fines avant la classifi- cation peut s’avérer insuffisant. Dans ce cas, une séparation par- tielle préliminaire des particules fines dans un cyclone ou un recyclage partiel de l’air à l’intérieur du circuit peuvent s’avérer extrêmement efficaces. D’une façon générale, il faut insister sur le fait que la sélection de particules ultrafines ne peut s’appliquer qu’à des débits horaires limités. Pour le domaine 5 à 30 µm, on fait appel à des chambres de sélection à courants gazeux horizontal et vertical, des sélecteurs mécaniques à axe vertical, à rotor horizontaux et à spirale. La circulation des produits pulvérulents entre les appareils impose généralement des contraintes souvent difficiles à résoudre. En effet, lorsque l’on implante un sélecteur, la distance entre le point d’alimentation et l’évacuation revêt une grande importance. Quand il s’agit d’un couplage broyeur-sélecteur, le produit grossier retourne généralement au broyeur par des conduits de descente et l’alimentation en produit est généralement réalisée au moyen d’un élévateur à godets. Pour éviter ce genre d’alimentation contraignante

et augmenter la souplesse de l’atelier, il semble que l’on s’oriente vers des transports de matières pulvérulentes (charbon, cendres volantes, laitier, farine, calcaire) à l’état fluidisé au moyen d’air. Les références des différents constructeurs pour chaque type de sélecteurs montrent que la sélection pneumatique concerne une gamme très large de produits (tableau 5). Enfin, en ce qui concerne la qualité des séparations, le tableau 6 donne les imperfections 1.2) de quelques appareils [3]. L’imperfection est cependant peu parlante pour des fabricants de produits nécessitant des caractéristiques de distribution granulo- métrique très étroites ; aussi est-il généralement admis de donner, pour chaque type de séparation, la capacité d’alimentation, la capacité de production des produits fins et la répartition granulo- métrique des particules entrantes, fines et grossières. La connaissance des dimensions a 97 ou a 98 est un critère de qualité primordial pour les coupures fines. Une mention particulière doit être faite aux industries cimentières pour lesquelles le point le plus important consiste à améliorer le broyage en circuit fermé en augmentant l’action de séparation du classificateur pneumatique (figure 18). Le broyage en circuit fermé permet d’atteindre des finesses Blaine supérieures à 4 500. L’opti- mum de la production est atteint pour des charges circulantes comprises entre 200 et 400 % de l’alimentation. Une bonne sélection permet d’améliorer la qualité (distribution granulométrique, surface spécifique, tonnage, dimension de

coupure

des produits fins et permet d’abaisser les consommations

énergétiques [9]. Il apparaît que, pour augmenter le pouvoir sépa- rateur, il est nécessaire d’effectuer des classements à deux étages ou d’utiliser des séparateurs multiétages [1]. Il est évident que le diamètre du classificateur, la capacité et le débit-masse en produit fin et la finesse du produit fin (a 95 ) sont liés. Les relations sont de type linéaire sur des diagrammes biloga- rithmiques (figure 20).

)

sur des diagrammes biloga- rithmiques (figure 20 ). ) Figure 18 – Exemple de circuit fermé

Figure 18 – Exemple de circuit fermé broyage-classification à sec (Hosokawa Micron)

A 5 160 14

(0)

(0)

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie des procédés

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 19 – Exemple de circuit en cascade de classificateurs (Hosokawa Micron) Tableau 5

Figure 19 – Exemple de circuit en cascade de classificateurs (Hosokawa Micron)

Tableau 5 – Applications de quelques sélecteurs pneumatiques

Type de sélecteurs

Applications

 

Matières minérales

Chambres de sélection

Produits agricoles

Matières plastiques

Appareils utilisant la force centrifuge

 

  Poudres métalliques

Produits forestiers et agricoles

Matières minérales

Cyclones et sélecteur à whizzer

Charges minérales

Classificateurs à rotor

Pigments colorants

  Encres en poudre (toner )

Carbures de tungstène

Poudres métalliques

Sciures de bois

  Produits chimiques, alimentaires

Insecticides

et pharmaceutiques

Tableau 6 – Imperfections de divers sélecteurs pneumatiques

Type de sélecteur

Imperfection

Chambre de sélection à courant gazeux horizontal

0,6 à 0,8

Chambre de sélection à courant gazeux vertical en forme de zigzag

0,1 à 0,3

Appareil de conception mixte type Birtley

0,3

Cyclones statiques

0,4 à 0,7

Sélecteur à axe vertical à whizzer

0,25 à 0,35

Sélecteur à spirale type Mikroplex

0,1

Sélecteur multiétage type MKT

0,15 à 0,45

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A 5 160 15

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE

CLASSIFICATION PNEUMATIQUE Figure 20 – Capacité de production de produit fin en fonction de la finesse

Figure 20 – Capacité de production de produit fin en fonction de la finesse a 95 et du diamètre du sélecteur (d’après [9])

6. Consommation énergétique, usure et prix de revient

Les consommations énergétiques massiques en kWh/ t croissent avec la finesse de la coupure (a 95 décroît) étant donné que les débits solides traités décroissent (figure 20a ) et que le volume d’air à mettre en mouvement croît. Il faut aussi souvent compter sur la nécessité de travailler avec des appareils en cascade. Aussi les consommations énergétiques qui figurent dans le tableau 7 sont purement indicatives et varient largement avec les caractéristiques des solides, leur concentration, leur forme, etc. La concentration en solide des gaz est responsable de deux phénomènes : le bouchage et l’usure des appareils. Le bouchage des appareils peut se produire quand la concentration en solide C s est trop élevée. Smolik [13] donne les règles empiriques suivantes pour les cyclones, en exprimant C s en g/m 3 et D le diamètre du cyclone en millimètres, afin d’évaluer la concentration à partir de laquelle se produit le bouchage :

— poussières non cohésives : C s = D /2 ;

— poussières cohésives :

D/4 C s D/8

.

L’ usure est intense dans les appareils utilisant la centrifugation, surtout s’ils traitent des matériaux abrasifs. Les constructeurs, pour tenir compte de cet inconvénient, ont prévu des revêtements anti-usure (caoutchouc/polyuréthanne, etc.) ou des matériaux de type basalte fondu, fonte blanche Ni-Hard, céramique, etc. Le prix de revient, rapporté à l’unité de masse, d’une classification à 300 µm doit être multipliée par 10 pour une classification à 25 µm et par un coefficient proche de 100 pour une classification à quelques

micromètres.

(0)

 

Tableau 7 – Ordre de grandeur des consommations énergétiques selon la finesse de coupure

 

Finesse a 97 (µm)

Énergie consommée

 

Type de sélecteur

(kWh/ t)

Cyclone statique

   

simple vortex

60

4

à 7,5

double vortex

60

2

à 1,5

 

150

2

à 7

Sélecteur mécanique

100

2,8 à 5

à

axe vertical

80

3

à 7

type whizzer

60

4,5 à 9

40

8

à 16

 

120

1,9 à 4,5

60

7,4 à 14

10

10,5 à 20

Sélecteur mécanique

8

12

à 20

à

un rotor horizontal

6

22

à 40

 

5

28

à 53

4

70

à 100

3

> 100

A 5 160 16

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Classification pneumatique

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par Pierre BLAZY

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Professeur à l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) Directeur du Centre de Recherche sur la Valorisation des Minerais (CRVM)

El-Aïd JDID

Docteur ès Sciences Ingénieur de Recherche au Centre de Recherche sur la Valorisation des Minerais (CRVM) Laboratoire Environnement Minérallurgie LEM URA 235

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Doc. A 5 160 2

(1) Chambres de sélection à courant horizontal ou vertical

(2) Sélecteurs utilisant la force centrifuge

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