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G-WARRIORS

Bernard VIALLET

BERNARD VIALLET G-WARRIORS Editions Emma Jobber .

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Bookless & Amazon Kindle) « Montburgonde » (CSP & Amazon Kindle) « L’aéronaute embourbé » (CSP & Amazon Kindle) . DU MÊME AUTEUR ————————— « Le Mammouth m’a tué » (Editions Tempora & Bookless) « Ulla Sundström » (TheBookEdition) « Dorian Evergreen » (TheBookEdition) « Les Faux As » (TheBookEdition) « Bienvenue sur Déliciosa » (L’IvreBook/TheBookEdition) « Opération Baucent » (TheBookEdition) « Expresso Love » (CSP.

» (Sénèque) « C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l’écoute pas. Marianne et Benoît. surtout lorsqu’elle est pressée de se détruire. » (Victor Hugo) Pour Joëlle. « Rien n’est difficile à la nature. . Emmanuelle.

C.B. Fenrik s’y était rendu un peu par désœuvrement. Une fois de plus. le rival de toujours. marchons joyeux dans une nature saine et propre… » L’orateur suivant expliqua dans le détail comment il envisageait de muscler la campagne électorale pour ne pas se laisser déborder sur leur aile gauche. Le slogan qui accompagnait cette œuvre d’art publicitaire ne valait pas tripette : « Tous derrière J. la réunion hebdomadaire de la cellule des naturalistes du 3ème arrondissement de la ville d’Arseille se déroulait dans une monotonie à bâiller aux corneilles et dans un ennui à mourir. avec le soutien du parti naturaliste. Sur la grosse trentaine de participants. une petite brune boulotte qu’il connaissait depuis ses premières années de Gymnasium. les jeunes présents devaient se compter sur les doigts d’une seule main. Le parti solidariste. il avait fallu se farcir la péroraison de l’adjoint à la stratégie électorale qui avait présenté d’un air gourmand le tout nouveau matériel de propagande : une belle affiche bleue avec un petit village niché dans un vallon verdoyant servant d’arrière-plan à un Bourdin majestueux et enthousiaste tendant le bras droit sans doute pour montrer la direction d’un avenir radieux alors que le gauche entourait paternellement les épaules d’une jolie petite gamine à la peau café au lait et aux yeux d’un vert presque irréel. Il faut dire que le spectacle avait tout du soporifique. comptait bien présenter Ploukratov. Ils étaient assis l’un à côté de l’autre au milieu d’une assistance dont la moyenne d’âge se situait quelque part entre 50 et 60 ans. Il y avait retrouvé Mylette. une . Il la soupçonnait d’être vaguement amoureuse de lui alors que de son côté un statut de bonne copine marrante lui semblait amplement suffisant. un peu par habitude et pas mal par fidélité à ses deux mères. Après le discours d’ouverture du Président Roger Louis Ricard qui avait longuement tartiné sur la nécessité de soutenir les actions du Bourgmestre Jean-Claude Bourdin et de préparer activement la campagne en vue de sa réélection.

sociales et climatiques empiraient dans la Fédération.célébrité locale. le Président passa la parole à Ségureine Layole. ce n’était pas compliqué. lesquels devaient à plus ou moins long terme disparaître après l’avènement du monde solidaire dont ils rêvaient. aller coller nuitamment des affiches et se présenter chez les gens par équipes de deux pour essayer de décrocher de nouvelles adhésions au parti. mais qui marquaient des points au fur et à mesure que les conditions économiques. qui intervint pour tenter d’organiser de façon concrète la fameuse campagne. elle pourrait servir de vitrine ou de laboratoire d’expérimentation en grandeur réelle. le bras en l'air et brailla sans attendre d’avoir la parole : « VOUS N’AVEZ TOUJOURS RIEN COMPRIS. Ayant bien endormi son auditoire. le logement. Il bondit de sa chaise. sorte d’apatride chouchou des médias toujours friands de faire le buzz avec des zozos branchés et autres décadents illuminés. Mettre en commun l’argent. la responsable logistique. il suffisait de tout partager en abolissant la propriété privée. les objets. Dernier avatar du marxisme céliniste. BANDE DE NULS ! ». les moyens de transports et même les partenaires sexuels. ce qui jeta immédiatement un froid. La conquête d’une ville moyenne comme Arseille semblait à leur portée. le solidarisme mettait en avant la solidarité avec les plus pauvres. sms ou courriels. d’où l’inquiétude dans les rangs des naturalistes un peu endormis sur leurs lauriers en raison des six mandats successifs de leur leader. Des utopistes. Quand on passa enfin aux questions diverses. les appareils ménagers. les têtes chenues et les chevelures blanches ou bleutées se tournèrent interloqués vers cet hurluberlu à la tignasse hérissée de dreadlocks blond sale et à la parka . démarcher indécis et sympathisants par téléphone. Les visages ridés. les habits. Pour eux. apparemment très minoritaires. la nourriture. Fenrik n’en pouvait plus de ronger son frein. Il lui fallait trouver des volontaires pour mettre des tracts sous enveloppe. source de tous les maux actuels.

Ce damné contradicteur allait faire s’éterniser une réunion déjà bien ennuyeuse. de la tambouille politicienne. que dis-je. Pourquoi vouloir à tout prix réélire un J. faisons alliance avec eux pour nous lancer dans la vraie bataille. J’affirme que sous votre impulsion le Parti fait fausse route ! Et il se jeta dans l’allée centrale pour foncer à grandes enjambées vers l’estrade.militaire d’un autre temps qui venait brusquement interrompre leur sieste de l’après-midi. il se lança dans une harangue qu’il croyait être de nature à soulever cette assemblée quasi endormie : « Camarades. qu’entendons- nous ? Du blablabla. camarade ? Interrogea le Président d’une voix peu amène. Un peu de piment dans ce brouet fadasse n’était pas pour déplaire à cette minorité. Bourdin qui n’a jamais fait de miracles alors que nous . D’autorité. Certains se réjouissaient de l’incident qui se profilait à l’horizon et qui allait alimenter les conversations autour de la soupe du soir. de misérables calculs électoraux de gens qui s’accrochent à leurs petites sinécures comme berniques à leur rocher ! Alors que la gravité de la situation actuelle nécessiterait d’autres projets bien plus ambitieux. d’autres décisions bien plus drastiques et d’autres actions bien plus spectaculaires… Et cette rivalité de boutique avec les solidaristes.C. — Je n’insinue pas. franchement. — Que veux-tu donc insinuer. de la magouille qui ne veut pas dire son nom. qu’est-ce qu’on en a à cirer ? Au lieu de nous démarquer. frères et sœurs naturalistes. La majorité grimaça de mépris ou d’agacement. du haut du perchoir. il s’empara d’un micro et. je vous prends tous à témoins ! Depuis plus d’une heure d’horloge. du bricolage minable. des péroraisons sans intérêt ! Des propositions sans envergure ! Et des perspectives sans panache ! De la cuisine. mais qui semblait tirer vers sa fin. reprit Paul Simon Fenrik avec un aplomb à la limite de l’insolence.

J. Il avait donné du travail. était attachée à ses privilèges et à ses avantages aussi minimes fussent-ils. quelque part dans l’assistance. les adjoints. tous ses copains. Ah. ce jeune malotru n’allait pas se permettre de les insulter tous. Et pour quel bilan ? Trois malheureuses pistes cyclables. sous la place du Partage et sous la bretelle de la Fraternité. SALOPARD D’EXTREMISTE ! Hurla une voix haineuse. respirait. Rien que dans cette salle. les conseillers sportifs ou culturels.C. Il avait fidélisé une clientèle qui. Quelques couloirs de bus. les agents. des chicanes et une dizaine de bacs à fleurs au milieu de la chaussée. vivait du naturalisme. des avantages. transformés d’ailleurs en pissotière et en coupe gorge. non. buvait et pensait naturalisme. Arseille baignait dans le naturalisme. les experts et autres responsables d’associations. Une ligne de tramway semi-circulaire totalement insuffisante. tous ses plus fidèles militants et sympathisants.devrions rassembler nos forces pour SAUVER MERE NATURE… Trente-six ans aux affaires. à l’employé communal ancien chômeur de longue durée en passant par les secrétaires. six mandats. Depuis la première élection de Bourdin. des subventions et des allocations à des milliers de gens. Autant dire… QUE DALLE ! » Il eut besoin de reprendre son souffle alors que l’assemblée commençait déjà à grogner toute sa réprobation haineuse. mangeait. une éternité que ce gros crétin se prélasse à la tête de notre ville. Il s’était ainsi créé toute une frange d’affidés et d’inféodés. combien en croquaient ? Du jardinier ex-SDF. Il avait placé aux postes clés toute sa famille. tout autant que lui. Bourdin était leur leader incontesté depuis des décennies. . Et pourtant qu’est-ce que toute cette agitation avait réellement changé ? Pas étonnant que les paroles enflammées de Fenrik les brûlent autant qu’un jet de vitriol… — FERME TA GUEULE. Deux souterrains piétonniers.

Résultat : après 36 années de naturalisme à la Bourdin.C. jacuzzis et spas et sur la quantité de déchets contenus dans les poubelles. intervint le Président. Impôts sur la consommation d’oxygène. — Pourquoi l’ai-je qualifié de « centriste » ? Tout simplement parce que J. voilà comment on est remercié… se lamentait une vieille militante en se drapant dans son poncho péruvien. Un concours d’ingéniosité et un festival de système D. — Avec tout ce qu’on a fait pour les jeunes. veules. La qualité de l’air s’est améliorée de 18% en quinze ans. Poussant tout le monde à tricher. Boudin s’est toujours contenté de demi-mesures. frauder. péages et autres sottises comme cette circulation alternée en centre-ville. contourner. invivable et proche de l’asphyxie comme jamais elle ne l’a été… — Là. sans consistance. Vignettes sur les véhicules les plus polluants. Parce que vous êtes tous vieux. Rien que du bricolage. Avez-vous remarqué combien elles se font rares dans vos rangs ? Pourquoi ont-elles déserté ? Je vais vous le dire. mous. sur la surface des piscines. Et vous en êtes toujours à admirer ce gros poussah centriste ! — CENTRISTE ? Mais il ose insulter notre lider maximo. sur le rejet de CO2. sur les évacuations d’eau. je m’inscris en faux. Tout cela grâce à l’action vigoureuse de notre bien-aimé Bourgmestre… — 18% ! Pas de quoi pavoiser ! Nous sommes encore loin . sans véritable efficacité. des mesurettes minables. Arseille est polluée. Jour pair pour véhicules avec numéros impairs et inversement. — …Vous êtes-vous une seule fois demandé pourquoi les jeunes générations ne vous suivaient plus depuis longtemps ? Reprit Fenrik en ignorant les interruptions. taxes ou taxettes. hammams. hurla un naturaliste barbu sans doute de lointaine origine cubaine.

elle commence à réagir avec le dérèglement climatique et toutes les catastrophes qui vont en découler. la situation est trop grave pour continuer nos petites compromissions. D’ailleurs. connard ! Fenrik tenta bien de poursuivre son speech en criant dans le micro : « Mais. Toute circulation de ce genre devrait être entravée par des postes de garde avec des barrières ou de grosses chaînes. notre Terre chérie. bien sûr. éco-terroriste ! — Tu vas pas nous ramener au Moyen Âge. C’est tellement plus facile de se laisser transporter dans un tas de ferraille polluant ! Non. Le brouhaha montait graduellement. marcher ou pédaler sur un vélo. on pourrait autoriser le passage de quelques charrettes tirées par des chevaux ou des bœufs pour le transport des matériaux encombrants ou lourds… — AU FOU ! AU MALADE ! AU DECROISSANT ! Hurlèrent de nombreuses voix de naturalistes en furie. est en danger de mort. Avoir le vent dans la figure. camarades.du taux 0 ! Plus un seul véhicule dégageant ne serait-ce qu’un microgramme d’oxyde de carbone ne devrait pouvoir apparaître dans nos rues. nous nous retrouvons avec les températures que connaissait autrefois . c’est fatigant. QU’IL LA FERME ! — FAITES-LE TAIRE ! — COUPEZ-LUI LE SIFFLET ! — Toujours pareil avec les extrémistes… Jamais rien de raisonnable… — Ta gueule. se faire doucher par la pluie. À la rigueur. la marche ou le bus propre. Tout le monde devrait avoir le choix entre le vélo. — MAIS BON SANG. Beaucoup de militants étaient debout et réagissaient assez violemment. GAÏA. dans notre bonne ville d’Arseille. Aujourd’hui. c’est désagréable.

Il faudrait prendre des mesures radicales. les bateaux et même les bus et les trams. Tout le monde tombait toujours d’accord pour interdire la pollution. Mais des véhicules électriques. Paulo. bouts de sandwichs entamés atterrissaient en rafales sur l’estrade. Tout penaud. maculant le vert de la parka qui prit une couleur camouflage. c’en était trop. les bagnoles. Fenrik regagna sa place sous les huées et les regards haineux. Toutes sortes de projectiles. cela devrait convenir ? On ne fait pas plus propre… — Encore une fausse bonne idée. Certains firent mouche. les avions. Tu as complètement raison. — Non. — Il faut tout interdire. On n’arrivera à rien sans mesures drastiques. boulettes de papiers. Paulo. les camions. ta gueule… » sur l’air des lampions. ta gueule. — On pourrait quand même autoriser les véhicules qui fonctionnent avec des bio-carburants… suggéra Mylette d’une voix douce. lui dit Mylette admirative. fit Fenrik. Les gens hurlaient : « Ta gueule. Le micro fut coupé. Ton . Ils lui en voulaient d’autant plus qu’ils sentaient qu’il n’avait pas tout à fait tort. mais toujours celle des autres et jamais la sienne… — Qu’est-ce que tu leur as mis. mener des actions spectaculaires pour réveiller les consciences… Et vous en êtes toujours à vos petits tracts et à vos ridicules affiches visant à reconduire pour six années de plus cette grosse loche de politicard incapable ! » Cette fois. utiliser ce genre de produits. en s’accrochant à son bras alors que les gens se dirigeaient vers la sortie de la salle sans attendre leur reste.Golgograd qui est placée au niveau du cercle polaire arctique. lui objecta Fenrik. cela revient à gaspiller la nourriture que mère Nature nous octroie si généreusement… — Sans doute. canettes de bière ou de soda.

Non. elle viendra d’où ? Des centrales nucléaires encore en service avec leurs déchets radio-actifs nocifs pour mille ans et plus ! Si nous voulions vraiment calmer la colère de Gaïa. répondit Fenrik. je suis resté quatre longues années au . grogna Fenrik. Mal payé. Quels progrès formidables nous accomplirions si les gens comprenaient votre démarche et acceptaient de vous suivre. approuva Djembé. ils bénéficient du label « transport vert » — Vert. Mais. agent d’ambiance dans les quartiers nord… — « Agent d’ambiance ». » — Merci. et pourtant. la voile et la traction animale. ce n’est pas un métier facile. tu n’as pas de véhicule à moteur. Harrison Djembé. nous ne nous connaissons pas… — Excusez-moi. c’est facile. — Oui.électricité. il n’y a pas d’autre alternative crédible que la marche. remarqua la jeune fille. les aborda sur le trottoir : « Excusez-moi de m’immiscer dans votre conversation. — Les tramways aussi roulent à l’électricité. C’est tout de même simple à comprendre. Ils en étaient là de leur conversation quand un grand jeune homme. le vélo. nous devrions les fermer toutes sans plus attendre. Après un master de chimie moléculaire. Vous seul êtes dans le vrai. mais j’étais dans la salle et j’ai beaucoup apprécié votre intervention. vous êtes trop aimable. s’étonna Mylette. Plutôt ingrat. Jamais à l'abri d’une balle perdue. c’est à voir. pour toi. Vous faites partie de ces gens qui se dévouent pour apporter du lien. Mais je n’ai rien trouvé d’autre. répandre l’amour et installer la paix sociale dans ces zones toujours prêtes à exploser… — Bien sûr. Et dangereux. je n’ai pas eu la politesse de me présenter. visiblement d’origine africaine.

fit Paul-Simon. Nous circulons dans les rues. Alors quand mon oncle.V. nous faisons coup double. Si nous arrêtons définitivement la machine. J’ai pointé 47 fois au Môle-Emploi. chef de groupe à la brigade des feuilles de la ville a pu me pistonner pour cette place. seules des mesures naturalistes radicales pourraient tout solutionner. vous pensez bien… — Fonctionnaire territorial.chômage. la ganja est en vente libre. D’un côté. — Ouais. je l’espère. vous n’avez pas à vous plaindre. aussi paradoxal que cela paraisse. fit Fenrik. D’un autre. reconnut Harrison avec une grande bonne foi. fit Mylette sur un ton un peu acerbe. — Tant qu’il y aura de l’insécurité et de la délinquance dans les « quartiers »… — Et de l’argent dans les caisses pour vous verser un salaire. dans vos quartiers. nous . Et je n’ai eu que 3 entretiens d’embauche qui n’ont débouché sur rien. Vous n’empêchez ni les car- jackings ni les cambriolages et encore moins les règlements de compte entre bandes rivales à grands coups de sulfateuses… — Toute notre bonne volonté ne peut rien en effet contre les sinistres réalités sociales et économiques… soupira Harrison Djembé. approuva Paul-Simon. saluons les uns et les autres. je n’ai pas dit non. — Absolument. mais ça s’arrête là. Mais. vous avez la sécurité de l’emploi. nous sauvons Gaïa qui. rien de mieux pour remettre la société sur de bons rails. Et j’en ai fait des démarches : j'ai dû envoyer pas moins de 3000 C. se calmera et cessera de nous accabler de tous ses cataclysmes. les cailleras font « tourner » les filles et les petites vieilles doivent tenir fermement leurs sacs à main. — J’admets le peu de réelle efficacité de nos méthodes. empêchons quelques bagarres. tout comme le crack ou la coke.

je me sers encore d’un deux roues à moteur. admit- il. on commence quand ? On attaque par quoi ? Pas question de se payer de belles paroles. — Moi. Et comme charité bien organisée doit toujours commencer par soi-même. Et par la même occasion. nous éradiquons la délinquance qui a sa source dans le désoeuvrement et la relégation sociale. « SAUVONS GAÏA ! Que le feu calme sa colère et console sa tristesse tout en nous débarrassant des engins polluants ! » Sur un fond sonore de musique de cirque. . Ce qui fut dit fut fait. Le lendemain. mais de solides bûcherons avec des haches. — Vous avez tout compris ! Fit Fenrik tout heureux de se sentir entouré par deux compagnons qui se trouvaient sur la même longueur d’onde que lui. il suggéra que chacun montre l’exemple aux autres en immolant son propre véhicule à moteur sur l’autel de la nature bafouée. ils déployèrent une grande banderole verte sur la façade de l'Hôtel de Ville d’Arseille. il s’agit de passer le plus vite possible à des actions concrètes. des cognées et des scies passe partout. ce qui n’a pas que des inconvénients. sur le coup de midi. même s’il est toujours autorisé en ville avec ses filtres à particules.retrouvons immédiatement le plein emploi et la croissance. Plus de gros tracteurs. Alors. mais des hordes de gentils paysans bossant avec des houes et des pioches. Je suis volontaire pour être le premier à le brûler solennellement dans l’endroit le plus fréquenté de la ville. C’est un engin plutôt polluant et bruyant. s’écria joyeusement Mylette. car il faudra à nouveau tout fabriquer à la main ou avec des machines et des outils très rudimentaires. à des opérations coup de poing ! Harrison Djembé proposa d’organiser des sortes d’autodafés d’engins à pétrole. Plus de tronçonneuses pétaradantes. — Génial.

Ils ne restèrent pas bien longtemps à admirer leur réussite pyrotechnique.ils arrosèrent copieusement d’essence le deux roues de Djembé. car ils durent décamper à toutes jambes dès qu’ils entendirent au loin le concert des sirènes et qu’ils aperçurent les véhicules de police et de pompiers déboucher sur la place… . cela réchauffe l’ambiance. un turbo-scoot de marque Biaggio. puis lancèrent dessus une allumette enflammée ce qui provoqua immédiatement un embrasement devant une masse de gens ébahis et un tantinet ricaneurs. remarqua Harrison se sentant soudain plus léger d’être libéré des contraintes et des facilités de cet objet pétaradant et limite dangereux. — Voilà.

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