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Centre pour la liberté de la presse et de la culture

Beyrouth, le 25 février 2010

Communiqué de presse

Des poursuites en masse contre les journalistes et les écrivains en


Jordanie :
Assauts, convocations, arrestations et procès…en un seul jour

Nombre de journalistes jordaniens et de rédacteurs de sites électroniques ont


accusé, le mardi 23 février 2010, le gouvernement de mener une campagne
d’harcèlements sécuritaires contre eux allant des assauts perpétrées contre
les locaux de certains journaux et sites et contre le domicile d’un journaliste,
jusqu’à l’arrestation d’un autre journaliste et la convocation de plusieurs
autres pour comparaitre devant le Procureur général.
Selon le journaliste Jamal Al Mouhtasab, des forces de la police ont fait
assaut mardi midi aux locaux de la revue électronique « Jrassa News » et de
l’hebdomadaire « le miroir » sans qu’aucune justification ou raison soit
avancée. Dans un communiqué de presse publié sur le site « Ammoun
News », le journaliste Mouhtasab a indiqué que l’opération d’assaut est à
l’origine de certains dossiers et sujets critiques abordés, tout en la qualifiant
de pratique sécuritaire irresponsable. Et d’ajouter « le siège d’une revue
jordanienne a été pris en assaut sans motif », tout en notant que « le suivi du
département d’exécution ne nécessite qu’un appel téléphonique. Nous
obéissons à la loi et il n’est pas nécessaire de nous poursuivre par force et de
cette façon humiliante qui a embarrassé l’administration du journal et les
employés ». Et d’ajouter « les procédures sécuritaires prises sont exagérées
et injustifiables et ne représentent qu’une tentative de domination et
d’intimidation sans aucune raison valable ».

Arrestation d’un éditeur


Dans un contexte similaire, le site « Saraya News » a fait savoir qu’une force
du service d’exécution judiciaire a arrêté mardi soir, l’éditeur du quotidien
« Al Bilad », Tajeddine Al Huroub après avoir fait irruption dans son
domicile pour l’emmener aux locaux du service d’exécution judiciaire. A été
également perquisitionné, le domicile de l’éditeur du site « Ayla News » et
de l’hebdomadaire « Al Bayda’ » le journaliste Ahmad Al Tayeb dans la
Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
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ville de Maadaba au sud d’Amman. Des heurts ont éclaté entre les frères du
journaliste et les agents de la police qui ont insisté pour perquisitionner le
domicile en vue de l’arrêter. La direction de l’exécution judiciaire avait
appelé, le lundi 22 février, Ahmad Al Tayeb pour mettre fin à des jugements
rendus contre lui, pour un délai ne dépassant pas le lendemain matin. Al
Tayeb a affirmé « l’exécution judiciaire n’a pas examiné ses dossiers depuis
des années ». Il a précisé qu’une voiture de chevrolet le recherchait depuis
un certain temps et les agents du service de sécurité interrogeaient les autres
journalistes sur son lieu de résidence en vue de procéder à son arrestation.

Notifications et procès
Dans le même contexte, le site « Saraya News » a indiqué que « le rédacteur
en chef du journal « Al Mehwar » et le président du comité des libertés au
syndicat des journalistes, le journaliste Hachem Al Khalidi a reçu un coup de
fil du procureur général d’Amman qui lui a demandé de comparaître devant
le Parquet général pour interrogation, le mercredi 24 février. De même, le
parquet général a demandé au journaliste Jihad Abou Baydar, rédacteur en
chef du journal « Chihan » de comparaître devant le Parquet pour
investigation.
Le rédacteur du site « Al Khandaq » et l’écrivain au journal « Al Ra’y »
Khaled Mahadin a comparu aujourd’hui devant le juge d’instruction
d’Amman dans le procès intenté contre lui par le président du conseil
d’administration de la télévision jordanienne Saleh Qalab.
L’écrivain Abdelhadi Raji Al Majali doit également comparaître devant le
Procureur général d’Amman sur la base du procès intenté conte lui par le
ministre de l’information et de la communication Nabil Al Charif.
Suite à ces développements, le site « Saraya News » a accusé le
gouvernement jordanien de mener « une campagne d’harcèlements
sécuritaires à l’encontre des journalistes en ayant recours aux services
d’exécution judiciaire ».
« Cette campagne menée contre les rédacteurs des sites et les journalistes
vient en coordination entre le ministre de la justice Ayman Audi, le directeur
de la Sûreté Générale Mazen Al Qadi et le directeur d’exécution judiciaire
Walid Battah ».
Selon le site, « des directives ont été adressées, le lundi 22 février, au service
d’exécution judiciaire portant sur la nécessité de fouiller les dossiers des
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journalistes pour les contraindre à payer leurs engagements financiers durant


24 heures alors que les amendes atteignent des milliers de dinars ».
Et d’ajouter « cette campagne est la résultante de l’étouffement du
gouvernement suite aux critiques acerbes formulées dans des rapports
publiés sur les sites « Jrassa », « Saraya » et « Al Mouharir » sur l’existence
d’intérêts pour la société « Dubai Capital » présidée par le Premier ministre
Samir Rifai avant sa prise de fonction, suscitant ainsi la colère du président
et provoquant la suspension des contrats publicitaires avec les sites ayant
critiqué le gouvernement.
Cette campagne fut également à l’origine des propos publiés sur le site
« Saraya », « Amou » et « Jrassa » faisant savoir le souhait des juges de jouir
d’une indépendance financière et administrative en dehors du ministère de la
Justice qui a considéré que la presse soutient les juges à l’issue de la
conférence judiciaire qui a été tenue à la mer morte sous le patronage du
royaume. Le ministre de la justice a fait l’objet d’une attaque claire et nette
lors de cette conférence, ce qui l’a poussé à exercer davantage de pressions
sur le service d’exécution judiciaire pour sanctionner tout site et journaliste
ayant soutenu les juges au profit des prérogatives du ministère de la Justice
qui refuse d’abandonner le système judiciaire.
Le centre « Skeyes » pour la liberté de la presse et de la culture exprime sa
crainte de voir la campagne d’harcèlement et de convocation judiciaire
s’intensifier contre les journalistes et écrivains jordaniens. Il exprime
également son regret face à la dégradation de la liberté d’opinion et
d’expression dans le royaume hachémite et sollicite le gouvernement
jordanien à éclairer l’opinion publique locale et internationale sur la
situation prévalent, à mettre terme aux poursuites judiciaires à l’encontre des
journalistes et écrivains et à abandonner tous les dossiers visant à condamner
les journalistes. Le centre appelle également le gouvernement à réexaminer
les lois en vigueur visant à restreindre la liberté de la presse et de la culture
en vue de l’annuler.

Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
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