Vous êtes sur la page 1sur 3

Centre pour la liberté de la presse et de la culture

Beyrouth, le 12 février 2010

Communiqué de presse

Des photographes de Jérusalem agressés par des soldats israéliens pour


les empêcher de photographier des arabisants attaquant de jeunes
palestiniens

Jérusalem – Spécial « Skeyes »


Les forces israéliennes poursuivent leurs agressions contre les journalistes et
les photographes palestiniens pour la 2ème fois pendant 48 heures. 5
photographes originaires de Jérusalem ont été battus et humiliés par des
soldats israéliens dans le camp de Shaafat, alors qu’ils essayaient de couvrir
l’attaque des arabisants qui ont assailli le camp pour arrêter des jeunes de la
région. Il s’agit des 2 photographes de la revue « Al Quds » les journalistes
Atta Oueissat et Mahmoud Alyan, le correspondant de l’agence France
Presse Ahmad Gharabilat et les 2 photographes de l’agence « Reuters »
Ammar Awad et Sanan Abou Mizer. Ce qui suit les propos et détails
accordés par les photographes à la correspondante du centre « Skeyes ».
Sanan Abou Mizar qui a été également attaqué avec son collègue Ammar
Awad 2 jours avant, a affirmé : « j’ai été agressé et battu par les soldats
israéliens qui ont essayé de m’empêcher de photographier les arabisants qui
se sont introduits à visage découvert. 3 soldats m’ont attaqué dont l’un
d’entre eux m’a battu à coups de mains, le deuxième a détruit mon appareil
photo et le 3ème m’a frappé avec la crosse du fusil ».
Ammar Awad a relaté les détails de cette agression en disant « une unité
d’arabisants s’est introduite dans le camp de Shaafat pour arrêter de jeunes
palestiniens. Nous avons voulu prendre quelques photos, cependant une
force de l’armée israélienne a pris d’assaut le camp nous empêchant de les
photographier alors qu’ils étaient démasqués. Ils ont violemment battus les
jeunes et les mineurs et lorsque j’ai essayé de photographier cette scène, l’un
des soldats m’a battu en essayant de s’emparer de mon appareil photo. J’ai
réussi à me libérer et à prendre quelques photos avec beaucoup de difficulté,
notamment après l’agression et les coups que nous avons reçus.
Mahmoud Alayan a souligné que « l’agression a eu lieu lorsqu’ une force
des arabisants a pris d’assaut le camp procédant à des arrestations. Nous
Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
Centre pour la liberté de la presse et de la culture

avons essayé de nous approcher pour prendre des photos, cependant les
soldats d’occupation nous ont empêchés de photographier en essayant de
nous disperser par coups de mains et par les crosses des fusils. Au moment
de l’arrestation d’un des jeunes, nous nous sommes approchés pour les
photographier mais les soldats nous ont retenu mon collègue Ahmad
Gharabilat et moi dans une tentative de détruire nos appareils photos par les
crosses des fusils, cependant nous avons pu leur échappé ».
Quant à Ahmad Gharabilat, il a relaté : « des arabisants ont fait incursion
dans le camp de Shaafat, 4 d’entre eux ont essayé d’arrêter un jeune et
lorsque nous avons essayé de prendre des photos, les soldats nous ont
empêchés en ayant recours à la force et à la violence, ils nous ont battus à
coups de crosse de fusils et essayé d’arracher l’appareil photo suspendu à
mon cou. Certains collègues ont accouru pour nous défendre et éloigner les
soldats qui n’ont pas réussi à m’arracher mon appareil photo. Suite à cette
agression physique j’ai souffert d’un gonflement de la main. Et d’ajouter « je
suis titulaire d’une carte de l’agence France presse et d’une carte du syndicat
des journalistes étrangers, cependant cela ne m’a pas servi, et ce n’est pas la
première fois que je suis victime d’attaque. Il s’avère que cette technique est
désormais adoptée par l’armée israélienne de façon violente. Personne ne
défend les journalistes de Jérusalem ».
Atta Oueissat qui a été en confrontation avec les arabisants des dizaines de
fois auparavant a déclaré : « je me trouvais dans les lieux lorsqu’un groupe
d’arabisant ont fait incursion suivi de l’intervention de l’armée et d’une
force paramilitaire de soutien. Ils ont tiré à balles réelles, lancé des bombes
sonores et agressés physiquement les photographes pour les empêcher de
photographier. Je me rappelle qu’une bombe sonore a explosé tout près de
moi provoquant de la fumée. Un groupe des forces militaires spéciales se
dirigeaient vers moi, je me sentis un peu bouleversé et agité cependant j’ai
poursuivi ma mission. Avec la fin de cette attaque, j’ai senti des douleurs au
niveau du ventre. La bombe sonore a provoqué des contusions et une odeur
de soufre sur mes vêtements. Ce qui s’est passé est désormais chose
habituelle. Je n’ai pas été attaqué directement mais harcelé pour m’empêcher
de photographier. Il a souligné : « être en contact avec les arabisants est
dangereux surtout si le photographe ou le journaliste est seul sans collègue.
Ils se faufilent dans tous les événements pour créer une sorte de confusion et
toute personne arrêtée par ses arabisants est férocement battue et agressée,
Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
Centre pour la liberté de la presse et de la culture

c’est pourquoi la police israélienne procède à l’interdiction de prise de


photos de ces arabisants pour garder l’anonymat et éviter la diffusion de
telles attaques. Tous ceux qui tentent de se défendre sont violemment battus.
Ces attaques traduisent en quelque sorte la situation dans laquelle nous
vivons qui est sans aucun doute dépourvue de toute liberté d’opinion et
d’expression ».
Le centre « Skeyes » pour la liberté de la presse et de la culture dénonce
cette vague d’attaques israéliennes perpétrées quotidiennement contre les
journalistes et les photographes palestiniens qui sont cibles parfois de
bombes à gaz, de bombes sonores, de balles réelles ou en caoutchouc,
d’agression physique à coups de mains, de matraques et de crosses de fusils.
Le centre Skeyes appelle également les organisations internationales de
défense des droits de l’Homme et les organisations de défense et de
protection des journalistes de part le monde à une intervention immédiate et
à exercer une pression sur Israël par tous les moyens disponibles pour
l’inciter à changer de position et de comportement envers les journalistes
palestiniens et à mettre terme aux attaques perpétrées par les soldats, les
policiers, les arabisants et les colons contre les journalistes sur tous les
territoires palestiniens.

Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org