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Centre pour la liberté de la presse et de la culture

Beyrouth, le 17 février 2010

Communiqué de presse

Un jugement sans précédent dans l’histoire des médias palestiniens


Le journaliste Tarek Abou Zeid condamné à 1 an et demi de prison par
le tribunal militaire

Cisjordanie – Spécial « Skeyes »


Le tribunal militaire palestinien a rendu, le 16 février 2010, un jugement
condamnant le journaliste Tarek Abou Zeid, correspondant de la chaîne
satellitaire « Al Aqsa » liée au mouvement « Hamas » à 1 an et demi de
prison.
Ce jugement rendu par un tribunal militaire spécial contre le journaliste
palestinien est sans précédent depuis la fondation de l’autorité nationale
palestinienne même après la dégradation des relations entre l’autorité et le
mouvement « Hamas » en juin 2007.
Le jugement du tribunal militaire fut inattendu et surprenant pour la famille
Abou Zeid et pour le centre de Jérusalem pour l’assistance juridique et les
droits de l’Homme qui s’est chargé de la défense du journaliste depuis sa
détention, le 8 novembre 2009, par les services des renseignements
militaires palestiniens.
Le père de Abou Zeid a déclaré : « nous avons été informés du jugement du
tribunal par les nouvelles, nous n’avons pas été avisés de la date ou du lieu
du procès ».
La cour suprême à Ramallah avait rendu un jugement, le 12 janvier 2010,
portant sur la libération de Tarek Abou Zeid, cependant le service des
renseignements a refusé d’exécuter ce jugement.
Selon l’avocat du centre Jérusalem Bassam Karaja, « la défense de Tarek
Abou Zeid a abouti à la décision rendue par la cour suprême palestinienne
ordonnant sa libération et l’abrogation de la décision d’arrestation prononcée
par le juge de l’instance judiciaire militaire ».
Et d’ajouter : « malheureusement, nous avons attendu que le service des
renseignements exécute la décision de libération cependant la décision n’a
pas été respectée. Sur ce, le centre Jérusalem a envoyé une copie de la
Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
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décision de libération au cabinet ministériel pour ordonner au service des


renseignements la mise en libération du journaliste Abou Zeid ».
Karaja a confirmé : « la non exécution du jugement par l’instance judiciaire
militaire constitue une infraction à l’article 106 du code fondamental
palestinien qui stipule que les jugements judiciaires doivent être exécutés et
la non exécution du jugement constitue une infraction à la loi sanctionnée
par l’emprisonnement et la destitution de poste si l’auteur de l’infraction est
un fonctionnaire public ».
Selon des sources du Parquet militaire de Naplouse, Tarek Abou Zeid a été
condamné à 18 mois de prison pour accusation « de provocation, de
divulgation d’informations et de contrebande pour des parties opposantes à
l’autorité nationale palestinienne de façon illégale et contraire aux lois
palestiniennes ».
Certains défenseurs de droits de l’Homme et experts juridiques palestiniens
confirment que l’instance judiciaire militaire n’a pas de pouvoir sur les civils
et sa décision représente une violation des compétences de l’institution
judiciaire civile. Les civils ne doivent, en aucun cas, comparaitre devant le
tribunal militaire vu que cela va à l’encontre de la loi palestinienne
fondamentale considérée comme la constitution palestinienne ».
L’instance judiciaire militaire procède, à travers les tribunaux militaires, à la
mise en application de la loi de sanctions révolutionnaires et les principes
des procès pénaux, considérés comme les lois de l’organisation de libération
de la Palestine de 1978 qui étaient en vigueur et régissaient les procès
militaires empiriques lors de sa présence au Liban.
A mentionner que le gouvernement du Dr Salam Fayad a interdit l’activité
de la chaine télévisée « Al Aqsa » liée au mouvement « Hamas » en
Cisjordanie le 16/9/2007.
Le jugement rendu à l’encontre du journaliste Abou Zeid a suscité une vague
de protestation et de colère dans les milieux médiatiques qui ont considérés
sa condamnation comme un crime politique et un coup à la liberté de presse.
Le journaliste Tarek Abou Zeid qui est originaire de la ville de Jnin, a été
arrêté auparavant par les forces israéliennes et détenu dans la prison
désertique Al Naqab pendant 11 mois, avant d’être libéré le 16 décembre
2008.
Le 27 aout 2009, il a été également détenu par le service des renseignements
palestiniens pendant 22 jours.
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Quant à la dernière arrestation, elle a eu lieu le 8 novembre 2009 et depuis


Abou Zeid est maintenu en détention dans la prison Al Jnid dans la ville de
Naplouse.
Le centre « Skeyes » pour la liberté de la presse et de la culture dénonce
violemment les agressions prenant pour cible les journalistes, et les procès
intentés auprès des tribunaux militaires pour étouffer les voix dissidentes et
accabler les plumes. Il sollicite l’annulation du jugement rendu à l’encontre
du journaliste Abou Zeid et la libération immédiate d’Abou Zeid et des
journalistes détenus dont Yazid Khodr, Mouaz Al Slouday, Mohamad
Bcharat et Moustapha Sabri des prisons des services sécuritaires en
Cisjordanie ainsi que le respect de la liberté d’expression et d’opinion.

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