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Centre pour la liberté de la presse et de la culture

Beyrouth, le 21 février 2010

Communiqué de presse

Un intellectuel soudanais et une maison d’édition jordanienne


condamnés à une amende par le tribunal pénal d’Amman pour
accusation « de porter atteinte à l’Islam »

Le juge d’instruction de la cour pénale de la capitale jordanienne Amman


Nazir Chehadé a rendu, le dimanche 21 février 2010, un jugement
condamnant un intellectuel soudanais et une maison d’édition jordanienne à
une amende de 10 milles dinars pour chacun pour accusation d’avoir porté
atteinte aux religions en violation à l’article 38 de la loi sur les publications
et l’impression.
L’avocat de défense Zid Al Majali a déclaré au site « Khaberni » : « un
jugement a été rendu aujourd’hui (hier) condamnant l’écrivain soudanais
résident non permanent en Jordanie Al Nayel Abdelqader Abou Quroun et
« Dar Ward » pour la publication et la distribution à une amende de 10
milles dinars pour chacun, suite au procès intenté contre le livre « lettres du
Cheikh Al Nayels...Critiques sur la pensée islamique », en notant que le livre
n’a pas été distribué en Jordanie. Il a précisé que « Dar Ward » a présenté
l’ouvrage au Directorat pour l’impression et les publications pour
approbation. Après avoir examiné l’ouvrage, le Directorat pour l’impression
et les publications ont noté 12 remarques et considéré l’écrivain comme
partisan du Chiisme, en ordonnant sa comparution devant le parquet général
pour infraction des dispositions de la loi sur l’impression et les publications
de façon à porter atteinte et diffamation aux religions ». Al Majali a noté que
l’ouvrage « a abordé des hadîth figurant dans hadith Sahih Muslim et Sahih
Al Bukhari. Abou Qaroun a affirmé qu’ils ne peuvent être attribués au
prophète et à Oum el mouminine Aïcha (Mère des Croyants, et que
l’ouvrage a abordé des discussions détaillées sur les hadîth qui ont été
considérées par le Directorat pour l’impression et les publications comme
offensant à la religion ».
A mentionner que c’est la première fois qu’un intellectuel arabe est poursuit
en justice par la cour pénale d’Amman sur la base d’un ouvrage publié par
une maison d’édition jordanienne.
Fondation Samir Kassir, Immeuble Aref Saghieh (Rez-de-chaussée), 63, rue Sioufi, Achrafié, Beyrouth, Liban
Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
Centre pour la liberté de la presse et de la culture

Le Directorat pour l’impression et les publications a traduit Abou Qaroun et


« Dar Ward » en justice en avril dernier pour accusation de porter atteinte
aux compagnons du prophète Mohamed (que la paix et le salut d'Allah
soient sur lui) dans l’ouvrage « lettres du Cheikh Al Nayels…Critiques sur
la pensée islamique », suite à la décision du directeur du Directorat pour
l’impression et les publications Nabil Al Moumani en vertu de la loi sur les
publications et l’impression interdisant la publication de toute matière
portant atteinte aux religions. Le Directorat a déposée une plainte inculpant
l’écrivain et l’éditeur « d’humilier les compagnons du prophète Abou Bakr
Al Sidiq, Omar Bin Khatab et Aîcha » tout en accusant l’intellectuel
« d’avoir un penchant pour le chiisme, d’avoir mis en doute la crédibilité des
hadîth de Muslim et d’Al Bukhari, de ne pas avoir reconnu l’infaillibilité des
compagnons et confirmé l’infaillibilité du prophète seulement (que la paix
et le salut d'Allah soient sur lui).
Le Directorat pour l’impression et les publications a soumis l’ouvrage au
ministère des Awqafs et Affaires islamiques dont le secrétaire général Dr
Mohamad Al Raoud a décidé l’interdiction de sa distribution dans un rapport
soumis au Directorat pour l’impression et les publications. Dans son rapport,
il a mentionné que le livre abonde en contradictions portant atteinte à la
chariaa islamique et qu’il est préférable de ne pas approuver sa publication
et sa distribution en Jordanie ».
Le centre « Skeyes » pour la liberté et la culture, réitère sa désapprobation à
tous les jugements rendus contre les écrivains et les intellectuels en Jordanie,
liés à la liberté intellectuelle, la liberté d’opinion et d’expression, et à la
censure préalable imposée sur les livres et les publications littéraires et
culturelles. Elle condamne également les arrestations des journalistes lors de
l’exercice de leurs fonctions, les interpellations et les cautions élevées contre
leur libération tel que fut le cas hier pour le journaliste Khalil Qandil. Le
centre sollicite le gouvernement jordanien à annuler les jugements rendus
contre les journalistes et à considérer la nécessité de réexaminer les lois en
vigueur en vue de les abroger complètement du fait qu’elles portent atteinte
à la réputation du royaume hachémite et met en danger l’avenir des libertés
en Jordanie notamment la liberté d’expression et d’opinion.

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Tel /Fax:00961 1 397334, cell: 00961 3 372717, Courriel: info@skeyesmedia.org
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