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Revue archéologique Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Revue archéologique

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Société française d'archéologie classique. Revue archéologique. 1881. 1/ Les contenus accessibles sur le site

Société française d'archéologie classique. Revue archéologique.

1881.

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REVUE

ARCHÉOLOGIQUE

SÉRIE

Janvier à juin 1881.

XLI

PARIS. IMPRIMERIE PILLET ET DUMOULIN

5, RUE DES GRANDS-AUCUSTINS

REVUE

ARCHEOLOGIQUE

DE

OU

RECUEIL

DOCUMENTS ET

DE

L'ÉTUDE DES MONUMENTS, A LA

POULIÉS

DE

L'ANTIQUITÉ ET

DU

PAR

LES

PRINCIPAUX

MÉMOIRES

FRANÇAIS ET ÉTRANGERS

et

accompagnés

DE PLANCHES GRAVÉES D'APRES LES MONUMENTSORIGINAUX

NOUVELLE

SÉRIE

VINGT-DEUXIÈME ANNÉE. QUARANTE ET UNIÈME

VOLUME

AUX

BUREAUX

DE

PARIS

LA REVUE ARCHÈOLOGIQUE

LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER et C"

QUAI

DES

AUGUSTINS, 35

1881

SUR

NOTE

UN

BRONZE

DÉCOUVERT A

LANDOUZY-LA-VILLE (Aisne).

Au mois de mai 1874, j'ai communiqué à res de France (1) une note sur une figurine

sant partie du cabinet'de M. Verdier de la Tour,

la Société des antiquai-

antique en bronze, fai-

receveur des finan-

ces à Vervins. Cette figurine avait été découverte en novembre 1872,

au lieu dit le Fond-Pré, commune de

par Tour, est une prairie en forme d'entonnoir, dont

Fond-Pré, d'après les renseignements fournis

Landouzy-la-Ville(Aisne). Le

M. Verdier de la la base peut avoir

40 mètres d'étendue tuiles romaines et on

tions ravagées par le feu. Cette statuette en bronze appartient

Saint-Germain. Elle a été trouvée en trois

pied, l'attribut qui l'accompagne, et le

on y recueille fréquemment des débris de

remarque les restes d'anciennes construc-

aujourd'hui au musée de

là figure

morceaux, piédestal. La figure mesure

en

y

0m,22 de

Om,07; ses faces latérales sont

hauteur. Le socle,

de forme rectangulaire, est. haut de

un peu

moins larges que sa face anté-

que

la

statuette est pleine, et

on

observe sur la fi-

argent qui semble

monument

reproduit d'après une

exécuté avec une

rieure

même d'un poids

il est.creux à l'intérieur, tandis

la planche I,

en a

grammes.

61.

relativement considérable

(2);

sur le socle les restes d'un revêtement

en

feu. On peut juger de

l'ensemble du

sur

laquelle il

a

été

gure et

avoir été appliqué au

en consultant

photographie.

En 1878, un dessin

été publié (3); mais il est

antiquaires de France,

(1) Bulletin de la Société des

(2) Elle pèse 1 kilog. 897

(3) Edouard Fleury,

1874, p. 101 et suiv.

Antiquités

et monuments du département de l'Aisne, 2e par-

tie, p.

telle mollesse et une exactitude si contestable qu'on ne peut y recou- rir qu'avec réserve, surtout pour l'étude de l'inscription gravée sur

le socle

Le caractère très barbare de cette statuette est frappant; l'exécu-

de savoir-faire. A première

une représentation d'Hercule. La

tête a une expression sauvage et

bouclée; les cheveux, traités de la même façon, couvrent le front; ils

sont courts et fournis. Le cou est très large et déborde sur les épau-

tion accuse plus de bonne volonté

vue, on croirait avoir sous des

yeux

que

brutale

la barbe .ést

.rudement

les. Mais l'inscription gravée sur la base ne

peut laisser aucun doute

sur le nom qu'il convient de donner à cette divinité. On y lit

ET

I

N

OM

·

AUG

J(ovi) o(ptimo) m(àximo) et

(2)

C'est donc un Jupiter qu'on a voulu représenter, mais un Jupiter

local, ,une divinité topique, assimilée

gaulois, c'est-à-dire .un

dieu

probablement depuis la conquête romaine'au maître de l'Olympe, et

qui, sous son nom nouveau,

conservait encore des caractères anciens

qui .lui étaient propres. Cette conf.usion entre les dieux de Rome et

ceux des peuples soumis est fréquente; elle.a été -déjà prouvée !par de .nombreux exemplestirés.des,textes lapidaires aussi bien que des monuments figurés.

(1) Les pointsis"6paratifs indiqués par 'le dessin en

n'existent pas sur

dans les inscriptions latines, ¡les points ne sont jamais placés

question

l'original. D'ailleurs,

à la base des lettres, mais à la hauteur de leur ipartie centrale. Si le dessin donné

dans les Antiquités de

Én outre, la

l'Aistje était exact,

du monument

cette .seule ,par,ticularité suffirait

aù moins de l'inscription.

pour

faire

rejeter

l'authenticité

ou

forme des lettres est mal rendue; elle est

trop soignée. L'inscription a été tracée à

l'aide d'une pointe sèche; la lettre A n'est point barrée et la lettre N est surmon-

tée d'un trait horizontal qui

importance.

n'a pas été rendu tpar l'artiste et qui cependant ta son

(2) L'abréviation N doit certainement

traduire par numen. 11 y en a d'autres

se cf.'C. I. L., t. VII, nos 332, 457, 888, 996. Dans une inscription de Mar-

exemples

tos, l'antique Tucci (C. I. L., t. II, no

l'abréviation,de numen dans le N qui suit

tre V est à moitié arrondie (U), ainsi qu'on peut le constater sur la planche. L'as-

pect des lettr.es accuse une,épogue qui ne peut être antérieure à la seconde meitié

du IIIe siècle de notre ère.

VINDICI. Dans AVG, la forme de la let-

1662), il me semble qu'il faut également voir

Ce n'est pasla première fois

le nom de Jupiter est inscrit au-

que

dessous d'une figure dont le type paraît plutôt appartenir à la série

.des représentationsd'Hercule (d ).

Il existe, au reste,

de statuettes provenant pour la

groupe plupart du pays gaulois, et sur

chéologues ne sont pas complètement d'accord. On les a générale- ment classées avec les Jupiter gaulois, en considérant certains des

personnes ont cru y

reconnaître Hercule

de la peau de lion qui couvre la tête et les épaules, et dont les pattes sont nouées sur la poitrine (2). Lebeau bronze trouvé à Vienne pré- sente un exemple très frappant de ce double caractère (3). La dé-

pouille de lion qui sert de manteau au dieu lui a fait donner par les

ces figures sont, en effet, quelquefois revêtues

un

l'interprétation desquelles les ar-

attributs qui les accompagnent; mais d'autres

uns le nom d'Hercule, tandis

dans la main droite et le faisceau de maillets disposé au-dessus de

sa tête, en forme d'une roue à 6

ont autorisé les autres à voir

dans cette figure un dieu suprême

le .petit vase rond (4) qu'il tient

que

rayons,

des Gaulois, maître de la foudre

et du

de

Le bronze de Landouzy-la-Ville est accompagné d'un attribut très

le dieu tient de la main

que

gauche abaissée et

qui repose sur

le chapiteau d'un petit

retrouvé.

placé prés de

lui. Dahsfia

hauteur de la poitrine

le dieutportait un

-main droite à demi fermée ièt relevée à la

autre attribut qui n'a pas été

Dans la salle des bronzes antiques, au Louvre,

on peut voir une

curieuse figurine de Jupiter appuyé .égalementsur :une roue à six râis. Ce petitbronze a été découvert en 1774 au Çhâtélet,près Saint-

(1) Une petite tessère en os, de la collection Campana, qui fait aujourd'hui partie

d'un côté d'une tête d'Hercule très caractérisée, et

du Musée du Louvre, est

ornée

porte au revers la légende ZC

810).

Sur un autel antique,

découvert aux environs

dédicace à Jupiter,

et de l'autre une

(2) :Anatolè,de Barthélemy, De la divinité

(Catal. des

Napoléon III, 1053).

de Trèves, on remarque d'un côté une R.,

gauloise assimilée à Dis-Pater, à l'é-

poque gallo-romaine(dans la Revue celtigue, t. I, p. 4).

(3)

Bulletin de la

Société France,

1866, p. 99 et 109.

(4) Il est tont à fait différent du scyphus que tient souvient Hercule, jet semble parent par sa forme du vase à boire qu'on voit dans la main de toutes les figurines

dites Jupiter gaulois.

Musée archéologique, t. II, Monnaies consulaires, pl. XLI), on voit l'image de Jupiter Anxur qui porte une grande couronne à rayons.

Dizier, dans les fouilles faites par Grignon, juste un siècle avant le bronze de Landouzy-la-Ville il a appartenu à G.rivaud de la Vin-

celle (1). Le Jupiter du Châtelet tient le foudre dans la main droite,

1. Roue du Jupiter de Landouzy-la.Ville (grandeur de l'original).

et la comparaison de ces deux figures, si curieuses à rapprocherl'une

de l'autre, suffirait à démontrer

le Jupiter de Landouzy-la-Ville

les mêmes attributs.

que

portait aussi, le foudre. Sur un autel trouvé à Vaison, et dont je.par-

lerai plus loin, le dieu est désigné

par

En décrivant le Jupiter du Châtelet, M. A. de Longpérier a savam-

ment rappelé un certain nombre de monuments consacrés aux divi-

nités

l'éminent archéologue a cité, entre autres, le vase de Canosa con-

servé aujourd'hui à Munich, et sur lequel

suspendues au-dessus du trône de Jupiter (3). On peut compléter ces

les anciens représentaient

accompagnées

d'une roue (2);

que

on remarque deux roues

(1) Grignon, Bultin (sic) des fouilles faites

par ordre du Roi, etc., p. XIV

représentés

par.

Gri-

vaud de la Vincelle, Arts et ,métiers des anciens

les monuments,

pl. CXIII, nos 1 et 2; Ed. Lambert, Essai sur la numismatique gauloise.du nord-

ouest de la France, 2e partie, pl. XIX, 1; A. de Longpérier, Notice des bronzes

antiques du Louvre, no 14; Maxe-Verly,

lies au Chàtel de Boviolles de 1802 à 1874)

Etudes sur lesmonnaies.antiques recueil-

p. 66.

(2) A. de Longpérier, Notice des bronzesantiques du Louvre, n° 14. M. le ba.

ron de Witte (CatalogueBeuùnot, n° 28) a donné la liste.des divinités infernales ou vengeresses qui paraissent sur les monuments accompagnées d'une ou de plusieurs roues.

(3)

Millin, Description des tombeaux de Canosa, pl. III;

Gerhard, Archaeologi-

A-

sche Zeitung, 1 (1843), taf. XII;

cltaeol: Zeit., II (1844), taf. XIII.

cf. le vase de l'antiquaire Pacileo, de Naples,

curieux rapprochements par l'étude d'une suite intéressante de mo- numents romains relatifs au même dieu, découverts en Gaule ou en

Bretagne, et portant tous cet attribut particulier, la roue. Je n'ai pas

2. Roue du Jupiter du Châtelet (grandeur de l'original).

la prétention d'avoir dressé le cataloguecomplet de ces monuments,

mais la nomenclature de,

j'ai réunis éveillera peut-être

l'attention et contribuera, je l'espère, à en faire connaître de nou-

veaux. Plusieurs de ces monuments portent des textes votifs dont le sens n'est point douteux ils sont tous ornés du symbole de la roue. On néglige souvent, en copiant les inscriptions, de noter les re- présentations qui les accompagnent. Il est cependant de la plus haute importance de décrire les moindres détails, car ces détails

peuvent servir à éclaircir ou à compléter le texte de même texte peut souvent aider à comprendre la signification des

tures. C'est ainsi que l'épigraphie et l'archéologie se prêtent un

mutuel secours.

ceux que

le

que

sculp-

GAULE

1. Vaison (Vaucluse).

Autel trouvé à Vaison, sur la face antérieureduquel est sculpté un groupe de deux divinités Junon tenant la patère, et accompagnée du paon, son oiseau ordinaire; Jupiter cuirassé et casqué, les jambes et les pieds nus; il tient le foudre de la main droite et une roue dans

la main gauche; un aigle est posé à ses pieds (Collection de M. E.

Raspail, à Gigondas) (1).

2. Séguret (Vaucluse).

Statue de Jupiter, découverte à Séguret (Vaucluse), en 1876. Le

dieu est cuirassé; il porteunechlamyde sur lesépaules. Le monument est au Musée d'Avignon, on l'a restauré avec une roue à droite,

sans doute parce

ret, au moment de la découverte, et je n'avais pas remarqué cet attri-

qu'on en ai retrouvé les traces. Je l'avais vu à Ségu-

but (2)

3;. Nimes (Gard). Autel sans inscription, portant sur sa face antérieure une roue à

huit rayons

l'honneur

sculptéé au-dessus d'un foudre. Le caractère votif en

de Jupiter n'est pas douteux. Le monument est conservé à

la Porte d'Auguste, àNîmes (3).

4. Nîmes (Gard).

Petit autel, sans inscription,portant seulementsurl'une de ses faces

une' roue' à huit

fulgurants, ce qui prouve qu'il' était dédzé' à M. Aurès, d'ans l'enclos' Gilly, à Nîmes, au

rayons

Jupiter. Recueilli par

mois de d'écembref869' (4).

.5. Saint-Privat (Gar,d).;

Autel votif existant au château de Saint-Privat (Gard). SANCTI

TATI il IOVIS-ET

AVGVSTI SACRVM

L·LVCILIVs

CESTI.

A la hauteur des deux dernières lignes étaitsculptée une roue à sept r,ayons; un éclat, à l'angle inférieur de droite, n'a laissé subsister

(1) Bulletin de la Soc. des antiquaires de Fránce, 1878, p. 189; Gazette archéo-

log., t. IV, 1878,

(2) Op. laud., loc. cit. du Vocontium,p. 83.

p.

145.

Cf. Florian Vallentin,Essai sur les divinités indigètes

(3)' Germer-Durand,Dfcouvertes

Nîmes et dâns le Gar,d

en 1872, p. 103.

(4) Germer-Durand, Découv.

archéol. en 1869, second semestre, p. 44. J'ai vu le

monument à Nlmésa chez M. Aurès.

qu'un quart de) la

éti les extrémités d'a tuois rayons.

(Gard).

Autel découvert à Collias (Gard). IOVI

CORIOSSEDENSes

ET

la face antérieure est rempli

au-dessous du texte par une grande roue à sept rayons (2).

7. Tresques (Gard).

Autel votif, découvert ep

IOVI

T ·

V

LLVS ·

V

· S · L · M· Au-dessousdu texte est sculptée, une

roue à

sept rayons avec moyeu

face antérieure (3). Sur

apparent, qui occupe toute la largeur de

la

le bandeau, de chaque côté du mot IOVI, se

trouve une rosace à sept pétales (Musée de Bagnols).

Autel conservé à Montpellier dans le; du Musée, Fab,re,

Sur la face

antérieure,au-dessous même du texte, est sculptée une, grande

roue avec:moyeu à jour, qui devait avoir- dix rayons. Une eass,ur,e: a

enlevé la moitié inférieure de la roue (1). Cet autel a été trouvé,

(1')\ J'emprunte le texte de l'inscription à M. Allmer, Rev.

les' détails relatifs à la

épigr. du midi de la

roue à Gërmer-Düràndl Découv. archéol.

France, n° 162, et

éf. Gruter, Inscript. antiq., X-, 1'; Ménard, Histoire de Nîmes

320.

cet autel engagé dans le mur de la chapelle de l'hermitage à

en, 1873, p. 24;'

(nouv. édit'.)', t. VII, p.

(2) M. Allmer a vu

Collias, prè's dé' Rémoüliris (Rév. épïgr.

soi-disant inscription funéraire publiée

f873; p. 40 et suiv.) l'a considéréperdu.

par D.

d?une

Martin (Voyage, I, p. 306) et par Mu-

IBVDERINENSI AEOTAE.

dans' ce texte les 7e et 8elignes

Germer-Durand(Décoùv. archéol. en

-M. R. Mowat a très ingénieusementretrouvé'

ratori (Novus Thesaurus, p. 1'482; 3): CORI·FIDELIS

H a supposé, avec raison, que

la dernière ligne AEOTAE n'était autre chose que

le signe graphique

caractères épigràphiques comme le reste de

destinée à représenter

l'annotation ROTA du mss. de Muratori,

de la roue, et mise par le typograplieen

(3) Germer-Durand, Découv. drchéol, en 1872,p.

(4) Un estampage de ce texte m'a été communiqué

103.

par M. Maxe-Verly.

en 1842, dans les démolitionsde l'église Notre-Dame des Ports, com- mune de Massilargues.Transporté d'abord à Lunel, on le plaça dans le mur des cuves vinaires de M. de Bernis. 1l en a été retiré

par les soins de M. Aurès et donné à la Société archéologique de Mont- pellier, par M. de Bernis, le 25juillet 1847(1).

9. Jublains (Mayenne).

Autel quadrangulairetrouvé

IOVI OPTIMO MA

à Jublains (Mayenne),

AVG

en XIMO. (le reste de l'inscription est

1867

DEO

illisible). « On remarque sur le bandeau

branches, sur la joue gauche une [roue à six branches, et sur la joue

antérieur une roue à quatre

droite, trois

en creux (2).

roues à six branches placées deux et un, toutes gravées

10. -Naix (Meuse).

Une statuette trouvée à Naix (Nasium), mais en partie détruite au moment de la découverte, représente une figure assise. Sur le côté du siège sont sculptées deux cornes d'abondance au-dessus desquel- les apparaît une roue à six rayons, placée précisément à la hauteur de la main gauche (3). Malheureusementtout le haut du

que jusqu'au-dessous de la ceinture. C'était probablement un Jupiter

corps man-

assis, tenant la roue de'la main gauche, comme ceux duChâtelet,de

Landouzy-la-Ville, et de Vaison (4).

(t) Emilien Dumas, Statistique géologique, minéralogique, métallurgique et

paléontologiquedu département duGard, 1875, première partie,

Je dois une excellente copie de l'inscription à

M. Charles Revillout, professeur à la

faculté des lettres de Montpellier, qui a bien voulu me fournir également des ren-

p. 194, note 2.

seignements sur l'histoire du monument.

(2) R. Mowat,

Remarques sur

les inscriptions antiques du

des planches; elle y porte le no 4.

Maine, p. 78,

pour

n°

10.

L'inscription est gravée sur une

(3) Note et dessin de M. Maxe-Verly. (4) Mon obligeant confrère M. Maxe-Verly, si compétent

tout ce qui con-

cerne les antiquités de l'est de la Gaule, a bien voulu

me communiquer le dessin

d'un cippe avec inscription trouvé à Soulosse et

conservé dans le Jardin de la sous-

préfecture à Neufchâteau

ce cippe porte deux roues gravées sur sa face antérieure.

Le texte parait très fruste et je ne suis pas assez sûr de son caractère votif

pour tercaler dans ma liste. M. Dufresne a également trouvé à Soulosse un bas-relief

funéraire représentant un Gaulois appuyé sur un, dé qui porte, l'empreinte d'une roue. Ce bas-relief a été acquis par l'Académie de Metz. Du reste, dans les Vosges

l'in-

11. Le Châtelet (Haute-Marne).

Bronze du Châtelet (cité plus haut)

12. Landouzy-la-Ville (Aisne).

Bronze.de Landouzy-la-Ville(décrit plus haut).

BRETAGNE

13. Birdoswald (Angleterre).

Autel conservé à Birdoswald (Angleterre). I O M

VO DA

MO

VO Le monument est, comme on le voit,

consacré à Jupiter; sur la plate-bande supérieure sont gravées deux

roues à quatre rayons(1).

VM N.

O IIIVV VA

14. Castle-Steeds (Angleterre).

Autei, découvert en 1818, à Castle-Steeds(Angleterre).a M COH

II · TVNGR

M

EQ · C ·

L · CVI

PRAEEST · ALB

SEVERVS ·

PR

11 AEF

TVNG ·

IN

STA · VIC ·SEVeRO

PRINCIPI.

Sur le

bandeau supérieur sont'gravées six roues à quatre rayons; sur

la

face latérale droite se trouve une roice à six rnyons. en relief; sur la

face latérale gauche, un foudre (2).

15. Cambeckfort (Angleterre).

Cambeckfort et conservé à Lazonby (Angléterre).

N ·

COH

·

II

·

TVNGROR · GOR ·

Autel trouvé à

0 ·

EQ

m

c

i

·

M ·

ET · NVMIni aug

· L · CVI PRAE

EST· TI · CL · CLAV Dianus PRA

parfois sur les monuments funéraires antiques la repré-

petites roues (Mémoires de la Société d'archéologie lor-

que,

même sur les monuments funéraires, une idée

et en Alsace, on remarque

sentation d'une ou.de trois

raine, j868, p.

361). Je pense

religieuse est attachée à ce

symbole, et qu'il a été gravé sur les tombes dans un but

superstitieux.

(1) C. I.

L.t. VIJ, n° 825.

(2)

C.

1.

L., t.

VII, n° 879

un dessin complet du monument a été gravé dans le

Lapidariumseptentrionale, p. 215.

EF · INSTANTE

G AVG II et

AEL

MARTINO

PRINC ·

X

·

KAL I

IMP ·

DN

·

241). Sur la face laté-

rale droite est sculptée une roue; sur la:façe latérale gauche un fou-

dre (1).

L'examen de'7ces quinze monuments démontre

la roue était,

que

à l'époque romaine; au

moins dans les Gaules ef en Bretagne, un

attribut particulier au culte, de

Jupiter. Or on ne peut

méconnaître

l'analogie évidente qui existe entre les rou'es jointes a nos deux

figures de: bronze (celle du Châtelet et celle de Landouzy) et les

petites roues en or, [en argent, en; bronze, en plomb, qu'on ren- contre si fréquemment dans les collections d'antiquités, et qu'on désigne sous le nom[ On a beaucoup disserté sur la nature des rouelles. Trois opinions

gués. La plus ancienne,qui paraît

archéologues ont soutenu

ces petits monuments étaient des em-

populaires, des signes symboli-

que

blèmes de croyances religieuses ou

ques

reconnaître dans les petites rouelles d'es boutons, et dans les grandes

des. boudes de ceintures

bant et pour traiter scientifiquement sujet,

bliç une classification entre les différents

le

ou des amulettes (3). D.'après la troisième opinion .on voulait

arriver à un résultat

pro-

il fallait d'abord éta-

obj,ets désignées, sous

nom de rouelles. C'est la méthodequi a été employée

LQngpérier (5). Il est parvenu,

par

Flenri. de

que

par

d'autres considérations

M. Ch. Cournault, et en éliminant tout ce q,ui était étranger à, la

question, à

établir qu'une classe bien déterminée de ces objets

(1)

C. 1: L., t.

VIII, n° 882.

(2) V. la bibliographierelative à cette opinion dans le Bull. de la Soc. des antiq.

de France, 1867, p.

sur les rouelles métalliques

93,

note 1

cf. Dufresne,

Essai classificationet observations

trouvées au Châtelet(Meuse) (dans l'Austrasie, revue

p.

265, et suiv.); comte de Widranges, Dés

récent, Etudes sur les monnazes antiques recueillies

1874, à' résumé

les

travaux parus avant 1876.

Victor Simon, Observations sur l'origine

du nord-est de la France, t. IV, 1839,

anneaux et des rouelles, cntique monnaie des Gaulois, Bar-le-Duc, 1861 M. Léon

Maxe-Verly,dans

un ouvrage

au Châtelde Boviolles dë' 1802 à

(3) Ackermann, Num. Journal, 1837;

et la d'estinationdés rouelles (dans l'Austrasie; 1839); Hucher, Revue numisma-

tique;

(4) Ch. Cournault, Journal de la Société d'archéologielorraine, t. XIV, 1865.

(5) Bulletin de la Soc. des antiq. de France,

1867, p. 92 et suiv.; cf.

Revue

ar-

chéologique, nouv. série; t. XVI (1867)

Des rouelles et, des anneaux antiques

considérés comme agents de suspension.

comprenait, pour me servir de son expression, des agents de sus-

pension. Dans

son ingénieux mémoire il divise les rouelles en trois,

d'e, celles qù'ip a classées dans le

« D'autres enfin ont

que

désignées

et semblent en être de petits

Je n'ai à, m'occaper ici

genre,

et. qu'il ai ainsi

l'aspect d'une roue

modèles.

Ces rouelles offrent, en effet, l'image exacted'une' roue dont on

3. Roue en bronze trouvée en Champagne (grandeur de l'original).

a eu soin de représenter ou d'indiquer en saillie le moyeu, tantôt plein, tantôt percé comme, po,ur recevoir un essieu. Celle que je reproduis ici, comme type, appartient

I!: été. découverte en

Champagne. (1).

toutes celles qui rentrent dans cette catégorie doivent être consi-

dérées comme des

se rapportant au culte du

Jupiter gaulois (2), symboles auxquels on

idée,

les choses. Cette

personnesou;

comme je. l'ai dit plus haut, n'est pas

nouvelle, mais; on l'a

appliquée à

toutes les rouelles indistinctement, et sans préciser le

énu-

culte auquel on devait la' rattacher. Les

mérés me paraissentfaire'la

Un bas-relief

trouvé

lumièresur ce dernier point.

à Metz en 1749, et publié par tes Bénédic-

(1) Comte de Widranges(mémoirecité, pl. VI, n" 3) en a reproduit une exacte

ment semblable, trouvée à Boviolles.

(2) C'était

sans

doute l'attribut d'un'dieu gaulois dont le culte aura été confondu,

romaine, avec celui de Jupiter; car l'empreinte de cette rouelle: plus

six rayons, se rencontre fréquemment sur les monnaies de différents

antérieures à la couquête.

à l'époque

souvent à

peuples de ta Gaule, monnaies pour fa plupart

tins, représente un jeune homme qui porte au cou une rouelle à six

rayons, supportée

préservatif attribué à cette petite roue (1). D'autres découvertes

peuvent encorefaire

M. Terninck possède, dans son cabinet, une chaînette antique en

or, trouvée près de Thérouanne; à laquelle sont suspendues unie

par

un collier. C'est

du caractère

une preuve

supposer que ces rouelles servaient d'amulettes.

petite roue et une massue (2). M. B. Fillon avait exposé, en 1878,

une petite roue, en or, à huit

rayons, portée par

une chaînette de

même métal.

troisième petite pension, et reliée

Je ne puis terminer cette note sans rappeler combien ont été fréquentes dans l'est de la France, et particulièrement en Cham-

pagne, les