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Les Éditions Albouraq – Revivification des sciences de la religion –

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1434-2013

ISBN 978-2-84161-953-5 // EAN 9782841619535

Abû Hâmid

Al-Ghazâlî

Le livre du rappel de la mort et de l’au-delà

(Kitâb dhikr al-mawt wa mâ ba‘dahu)

La Revivification des sciences religieuses (Ihyâ ‘ulûm al-Dîn) [Livre X, tome IV]

Traduit et annoté par Hassan Boutaleb

des sciences religieuses ( Ihy â ‘ulûm al-Dîn ) [Livre X, tome IV] Traduit et annoté

INTRODUCTION

C’est par Le Livre de la mort et de l’au-delà que l’imâm Al-Ghazâlî achève son immense summa, la Revivification des sciences de la Religion, (Ihya ‘ulûm al-Dîn), que les savants des différentes époques considèrent comme le plus exhaustif en la matière. L’auteur (que Dieu lui fasse miséricorde et soit satisfait de lui) a divisé ce livre en deux grandes parties. Dans la première, il nous livre les détails concernant les prémices et les conséquences de la mort. Dans la seconde partie, il nous parle de la condition des morts. S’appuyant sur le Livre saint et la tradition prophétique, et se référant aux récits des anciens et à la vision des saints, Ghazâlî commence par nous décrire les différentes phases de la mort jusqu’au soufflement de la Trompe, puis nous fournit une large description de la terre où seront rassemblés les morts ; du jour de la Résurrection et ses vicissitudes ; de l’interrogatoire par les anges Munkîr et Nakîr ; de la Balance où seront pesées les actions ; du pont que devront traverser les hommes ; de l’intercession des prophètes, des saints et des vertueux ; du bassin ; de l’Enfer et ses calamités ; du Paradis et ses délices et enfin, de l’infinie miséricorde de Dieu. Ainsi, ce livre nous décrit le voyage inéluctable vers la mort, auquel personne n’échappe, et nous invite à nous le rappeler et à nous y préparer, car comme le dit la Tradition, cette existence n’est rien d’autre qu’insouciance et sommeil, alors que l’autre est vigilance et éveil. Il nous invite aussi à ne jamais condamner nos semblables et à ne jamais désespérer de l’indulgence, de la compassion et de la miséricorde divines. En effet, Abû al-Dardâ’ (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu récita le verset suivant : « Celui qui aura craint la station de son Seigneur, aura deux jardins. » 1 . Je lui ai alors demandé : « Ô Envoyé de Dieu , même s’il a volé et forniqué ? » Il répondit : « Celui qui aura craint la station de son Seigneur, aura deux jardins. » J’insistai : « Même s’il a volé et forniqué ? » Et il répondit encore : « Celui qui aura craint la station de son Seigneur, aura deux jardins. » Je l’interrogeai à nouveau et cette fois il dit : « Oui, et en dépit d’Abû al-Dardâ’ ! » 2 ».

» Je l’interrogeai à nouveau et cette fois il dit : « Oui, et en dépit
» Je l’interrogeai à nouveau et cette fois il dit : « Oui, et en dépit

Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Louange à Dieu qui a brisé, par la mort, le cou des tyrans (al-jabâbira), le dos des Chosroes et coupé court aux aspirations des Césars, tous ces gens dont le cœur se détournait du rappel de la mort jusqu’à ce que la véritable promesse (al-wa‘d al-haqq) les cueillît et les précipitât dans la fosse (al- hâfira). Ils furent ainsi transportés des palais aux tombeaux, et passèrent de la clarté des divans [royaux] (al-muhûd) à l’obscurité des sépulcres (al-luhûd). Des distractions animées par les jeunes servants et servantes, aux tourments des insectes et des vers ; des plaisirs de la nourriture et des boissons, à l’agitation et à l’ensevelissement (al-tamazzugh) dans la poussière de la terre. De l’intimité de la compagnie, à la solitude; des larges canapés, à une fin tourmentée (al-masra‘ al- wabîl). Considère donc s’ils ont trouvé secours ou remparts contre la mort, ou dressé des voiles et des obstacles pour la tromper. Vois-tu l’un d’entre eux ou entends-tu le moindre bruit de leur part ? Gloire à Celui qui Se singularise par le pouvoir et l’emprise, qui S’est attribué de droit la permanence et qui contraint, par Son décret, toutes les catégories de créatures à l’extinction, et qui a fait en sorte que la mort soit, pour les pieux, l’occasion de Sa rencontre. Il a établi que la tombe serait une prison pour les malheureux (al-ashqiyâ’) et une geôle étroite jusqu’au jour de la Décision et du Jugement (yawmu al-fasl wa al-qadâ’). C’est à Lui que revient l’octroi de faveurs manifestes et la vengeance impérieuse. C’est à Lui que revient la pleine reconnaissance dans les cieux comme sur Terre et à Lui la louange au début et à la fin. Que la prière de Dieu se répande sur Muhammad, [le Prophète] aux miracles évidents et aux signes éclatants, sur sa famille et ses compagnons, ainsi que Sa paix en abondance. Il incombe à celui dont la mort est le terme, la terre, sa couche ; les vers, ses intimes ; Munkir et Nakir 3 , ses compagnons ; la tombe, sa demeure ; les entrailles de la terre, son lieu de séjour ; la résurrection, son retour ; le Paradis ou l’Enfer, sa destinée, de n’avoir de pensées et de souvenirs que pour la mort, de n’avoir de prédisposition et de considération que pour elle. Que ses expectatives, ses intérêts et ses efforts ne soient que pour elle ; que son élévation ne soit que vers elle ; qu’il la guette et n’attende qu’elle ! Il lui incombe de se compter parmi les morts et de se considérer comme faisant partie des habitants des tombes. Tout ce qui doit arriver est imminent et ce qui ne l’est pas est écarté ! L’Envoyé de Dieu a dit : « Le perspicace (al-kayyis) est celui qui examine ses actions et œuvre pour l’au-delà […] » 4 . Se préparer à une chose n’est jamais facile, à moins d’en faire constante mention dans le cœur. Et on ne peut s’en souvenir qu’en la mentionnant souvent et en considérant ses signes précurseurs, c’est-à-dire les prémices de la mort et ses conséquences, les conditions inhérentes à l’au-delà, à la Résurrection, au Paradis et à l’Enfer, choses que le serviteur doit se remémorer, auxquelles il doit s’habituer et qui doivent faire l’objet de sa réflexion et de sa méditation, car cela renforcera sa disposition pour le voyage dans l’au-delà. La vie est brève et les créatures, insouciantes, or il ne reste pas grand-chose : « Le règlement de leurs comptes approche pour les hommes mais, dans leur insouciance, ils s’en détournent. » 5 Nous parlerons donc de la mort dans deux grandes parties selon l’ordre suivant :

ils s’en détournent. » 5 Nous parlerons donc de la mort dans deux grandes parties selon

PREMIÈRE PARTIE

PRÉMICES ET CONSÉQUENCES DE LA MORT JUSQU’AU SOUFFLEMENT DE LA TROMPE

(Muqaddimât wa tawâbi‘ al-mawt ilâ nafkhat al-sûr)

Cette partie compte les huit chapitres suivants :

Chapitre I : Du mérite du souvenir de la mort et de l’incitation à la mentionner souvent.

Chapitre II : Des projets à long terme et du mérite des projets à court terme.

Chapitre III : De l'agonie, des affres de la mort et des états qu'il convient d'assumer à sa venue.

Chapitre IV : De la mort de l’Envoyé de Dieu

Chapitre V : Des propos des califes, des émirs et des saints au moment de leur mort.

Chapitre VI : Des propos des gnostiques lors de funérailles ou de la visite des cimetières et l’avis concernant la visite des tombes.

Chapitre VII : De la réalité de la mort et de ce qui attend le défunt dans la tombe jusqu’au soufflement dans la Trompe.

Chapitre VIII : De la connaissance des états des morts à travers les dévoilements reçus en rêve.

la connaissance des états des morts à travers les dévoilements reçus en rêve. et de celle

et de celle des califes bien guidés.

CHAPITRE I

DU MÉRITE DU SOUVENIR DE LA MORT ET DE L’INCITATION À LA MENTIONNER SOUVENT

Sache que le cœur de celui qui s’affaire aux choses de ce monde, qui donne libre cours à sa vanité et qui est dominé par ses plaisirs, se détourne inévitablement du rappel de la mort. Il n’en fait pas mention et s’il venait à le faire, ce serait avec dédain et chasserait aussitôt cette pensée. Ce genre d’individu fait partie de ceux pour lesquels Dieu a dit : « Dis : La mort, que vous fuyez, vous atteindra certainement ! Vous serez ensuite ramenés à Celui qui connaît parfaitement ce qui est caché et ce qui est apparent. Alors, Il vous instruira de ce que vous faisiez. » 6 L’homme est soit trop affairé (munhamik), ou un nouveau repentant (tâ’ib mubtadi’), ou encore un gnostique accompli (‘ârif muntahi). L’homme affairé ne se souvient pas de la mort ; s’il le fait, c’est avec regret (ta’assuf) pour sa vie et il s’emploie alors à dénigrer la mort. Cette absence de souvenir ne fait que l’éloigner de Dieu. Le repentant fait abondante mention de la mort de sorte que celle-ci suscite peur et inquiétude en son cœur. Il remplit ainsi les conditions du repentir, bien qu’il craigne secrètement d’être emporté par la mort avant d’avoir complété son repentir et fait les provisions nécessaires pour l’au-delà 7 . Son aversion pour la mort est alors excusable, il n’est pas concerné par cette parole de l’Envoyé de Dieu rapportée par Abû Hurayra : « Celui qui déteste la rencontre avec Dieu, Dieu répugnera à le rencontrer. » 8 Il n’a pas en aversion la mort ni la rencontre avec Dieu, mais ce qu’il craint, c’est de ne pas avoir rempli suffisamment les conditions pour cette rencontre et d’en avoir négligé certaines. Son cas ressemble à l’individu qui arrive en retard à la rencontre qu’il doit avoir avec la personne aimée en raison du grand soin qu’il met à se préparer afin que celle-ci en soit satisfaite. Cet individu n’éprouve aucune aversion, au contraire, il se languit de désir pour elle. Le signe qui caractérise le repentant, c’est qu’il se prépare en permanence à la Rencontre [de Dieu] et ne se soucie de rien d’autre, sans quoi il ressemblerait à l’homme affairé. Quant au connaisseur (al-‘ârif), il se souvient toujours de la mort, car celle-ci marque le moment de la rencontre avec son Bien-Aimé. L’amoureux se remémore toujours l’instant de sa rencontre prochaine avec l’objet de son amour ! Généralement, le connaisseur considère que la mort est trop lente à arriver ; il brûle du désir qu’elle vienne, afin qu’il puisse se libérer de la demeure des rebelles pour se rendre auprès du Seigneur des mondes. C’était, par exemple, le cas de Hudhayfa 9 (que Dieu soit satisfait de lui) qui, lorsque la mort se présenta, dit : « L’ami cher est venu dans un moment de besoin (fâqa). Le remords est désormais inutile. Ô mon Dieu, si Tu sais que la pauvreté m’est plus chère que la fortune, que la maladie m’est plus agréable que la santé et que je désire davantage la mort que la vie, alors facilite mon trépas afin que je puisse venir à Ta rencontre ! »

et que je désire davantage la mort que la vie, alors facilite mon trépas afin que

Aussi, le repentant est-il excusable en raison de son aversion pour la mort, tout comme le connaisseur l’est pour son désir de mourir. Le degré le plus élevé correspond à l’état de celui qui confie son sort à Dieu, Éxalté soit-Il. Il ne choisit ni la mort ni la vie, mais désire ce que son Maître désire pour lui. Son profondamour et sa loyauté le conduisent à la station de l’abandon [de tout choix] (al-taslîm) et du contentement (al-ridâ). Voilà le but et la limite suprêmes. Dans tous les cas, le souvenir de la mort comporte mérite et rétribution. Et même l’homme affairé tire avantage du rappel de la mort. L’indifférence et le mépris pour ce bas monde et ses tentations, et la sujétion à tous les plaisirs, appétits et désirs qui troublent l’homme, sont parmi les causes qui conduisent au salut.

[Exposition du mérite du souvenir de la mort]

a dit : « Abondez dans la mention de ce qui met fin (litt., le destructeur, Abondez dans la mention de ce qui met fin (litt., le destructeur,

hâdim) aux plaisirs. » 10 . Cela signifie qu’il faut considérer les plaisirs de façon aussi déplaisante que possible afin ne plus en être tenté, et qu’il faut se tourner vers Dieu, exalté soit-Il ! Il a dit aussi : « Si les bêtes avaient la même connaissance de la mort que les humains, vous n’en trouveriez certainement aucune assez en chair pour vous nourrir. » 11 [La Mère des croyants] ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) lui demanda : « Ô Envoyé de Dieu, est-ce que quelqu’un ressuscitera avec les martyrs ? » Il répondit : « Certes, celui qui se souvient, de jour comme de nuit, vingt fois de la mort. » 12 . La raison de cette grâce est due à la mention fréquente de la mort, qui suscite l’aversion et l’indifférence pour cette demeure illusoire, et dans la préparation que requiert l’autre demeure. Ne pas se soucier de la mort signifie succomber aux désirs mondains.

L’Envoyé de Dieu

L’Envoyé de Dieu a dit : « Le don le plus précieux accordé au croyant est la mort. » 13 . Il a dit cela car ce monde est la prison du croyant. Sa vie est exposée à toutes sortes de vicissitudes et il est contraint de lutter contre ses désirs et de se défendre contre les assauts de son propre démon. Seule la mort le libère de ses tourments et c’est pourquoi elle est le « don le plus précieux » qui lui soit accordé.

a dit : « La mort est une expiation (kaffâra) pour chaque musulman » 14 Il

entend ici le vrai croyant musulman et sincère, dont les musulmans sont à l’abri de sa langue et de sa main, et dont les qualités sont celles des croyants authentiques. La mort lavera celui qui est entaché de fautes légères et sans conséquences qu’il aura expiées tout en échappant aux grands péchés, et qui aura accompli ses devoirs religieux.

‘Atâ al-Khurâsânî 15 a dit : « L’Envoyé de Dieu passa devant un groupe de personnes qui riaient à haute voix. Il leur dit : « Animez donc votre assemblée par le souvenir de ce qui contrarie (mukaddir) les plaisirs. » 16 Anas 17 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu a dit :

Souvenez-vous souvent de la mort, car cela efface les fautes et permet de ne pas céder [aux vains plaisirs] d’ici-bas.” 18 Le Prophète a dit aussi : “ La mort suffit comme cause de division.19 , et “La mort suffit comme avertisseur.20 » L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes qui parlaient et

» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes

L’Envoyé de Dieu

» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes
» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes
» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes
» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes
» L’Envoyé de Dieu se rendit à la mosquée. Il y trouva un groupe de personnes

riaient à haute voix. Il leur dit : « Souvenez-vous de la mort. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup. » 21 On fit un jour l’éloge d’un tel en présence du Prophète , il demanda alors : « Comment est la mention de la mort chez votre compagnon ? » Ils lui répondirent :« On ne l’a presque jamais entendu l’évoquer ! » Il leur dit : « Alors votre compagnon n’est pas comme vous le décrivez ! » 22

Ibn ‘Umar, fils d’al-Khattâb 23 (que Dieu soit satisfait d’eux deux) a dit : « Je me rendis chez le Prophète avec dix personnes. L’un des Ansârs 24 lui demanda : “ ÔEnvoyé de Dieu, quel est l’homme le plus sagace et le plus noble ? ” Il répondit : “Ceux qui se souviennent le plus de la mort et qui s’y préparent, ceux-là acquièrent les honneurs de ce monde et la dignité de l’autre.

» 25 .

de ce monde et la dignité de l’autre. ” » 2 5 . Citons à présent
de ce monde et la dignité de l’autre. ” » 2 5 . Citons à présent

Citons à présent certains récits et propos des pieux anciens

Al-Hasan 26 (que Dieu exalté lui fasse miséricorde) a dit : « La mort divulguera [les fautes commises en] ce monde et il ne restera alors, dans le cœur, aucun motif de joie ! » Al-Rabî‘ b. Khuthaym 27 a dit : « Il n’y a pas meilleur absent attendu par le croyant que la mort. », et : « Ne laissez personne me manquer, consolez-moi plutôt par mon Seigneur. » Un sage a écrit à un de ses frères : « Prends garde à la mort en cette demeure, avant de rejoindre l’autre où tu espéreras la mort sans la trouver. » Lorsqu’on mentionnait la mort chez Ibn Sirîn 28 , chacun de ses membres mourrait. ‘Umar b. ‘Abd al-Azîz 29 réunissait chaque nuit les juristes chez lui. Ils se rappelaient la mort les uns aux autres, la Résurrection et l’au-delà, puis éclataient en sanglots comme s’ils assistaient aux funérailles [de l’un de leurs proches]. Ibrâhîm al-Taymî 30 a dit : « Deux choses ont fait cesser en moi tout désir du monde : le souvenir de la mort et la pensée de me retrouver face à Dieu, Puissant et Majestueux. » Ka‘b 31 a dit : celui qui est conscient de la mort surmonte aisément les difficultés et les soucis de la vie. » Mutarrif 32 a dit : « J’ai vu en songe untel qui se trouvait au milieu de la mosquée de Basra et qui disait : « Au souvenir de la mort, le cœur des pieux se brise. Par Dieu, tu ne les vois qu’à l’aise [face aux épreuves]. » ? Ash‘ath a dit : « Lorsque nous rendions visite à al-Hasan, la conversation tournait autour de l’Enfer, de l’au-delà et du souvenir de la mort. » Safiyya (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Une femme alla se plaindre de la dureté de son cœur auprès de [la Mère des croyants] ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle). Celle-ci lui dit : “ Rappelle-toi souvent la mort, cela adoucira ton cœur. ” Ce que fit la femme et son cœur s’adoucit. Elle alla remercier ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle). » Lorsqu’on mentionnait la mort devant Jésus (que la paix divine se répande sur lui), des gouttes de sang sortaient de sa peau. Lorsque David (que la paix divine se répande sur lui) se souvenait de la mort, il pleurait tant et si fort qu’il perdait connaissance [litt., que les jointures de ses membres se disloquaient]. Puis, lorsqu’il se souvenait de la miséricorde divine, il revenait à lui.

Al-Hasan a dit : « Je n’ai jamais vu une personne rationnelle ne pas se prémunir contre la mort et ne pas en être affligée. » ‘Umar b. ‘Abd al-Azîz dit à un savant : « Réprimande-moi ! » Le savant dit alors : « Tu n’es pas le premier calife à mourir. » ‘Umar lui dit alors : « Encore ! » et le savant ajouta : « Nul de tes pères, depuis Adam, n’a échappé à la mort. Ton tour est venu ! » ‘Umar pleura. Al-Rabî‘ b. Khuthaym avait creusé une tombe dans sa maison et y sommeillait plusieurs fois par jour, pouravoir en permanence le souvenir de la mort. Il disait : « Si le souvenir de la mort abandonnait mon cœur pendant une heure, il se corromprait. » Muttarif b. ‘abd Allâh b. al-Shikhîr a dit : « Cette mort a gâché (naghasa) le plaisir des jouisseurs, cherchez donc le plaisir qui ne trépasse pas. » ‘Umar b. ‘Abd al-Azîz a dit à ‘Anbasa : « Évoque souvent la mort. Si ta vie est aisée, elle deviendra plus ardue et si elle est difficile, elle te sera rendue plus facile. » Abû Sulaymân al-Dârânî 33 a dit : « J’ai demandé à la mère de Hârûn : « Aimes-tu la mort ? » Elle

me répondit : « Je ne dis pas non ! Certes, si je désobéissais à un être humain, je n’aimerais pas aller

à sa rencontre. Et comment voudrais-je aller à la rencontre [de Dieu] sachant que je Lui ai désobéi? »

Exposition de la méthode de réalisation du souvenir de la mort

Sache que la mort est [une chose] terrible et que ses périls sont immenses. L’insouciance des gens

à son égard est le résultat de leur insuffisante méditation et remémoration de la mort. En fait, ceux qui

se la rappelle ne le font pas le cœur vide de tout souci, mais plutôt le cœur occupé [et accroché] aux passions de ce monde. Aussi, le souvenir de la mort ne produit-il aucun effet sur leur cœur. La bonne voie consiste à ce que le serviteur vide son cœur de toute chose, sauf du souvenir de la mort qui l’attend. Son état doit être celui de l’individu qui entend se rendre dans un lieu hostile et semé d’embûches ou de celui qui entend voyager en mer, et qui ne cesserait d’y penser. Lorsque le souvenir de la mort exerce son action sur le cœur et l’en imprègne, la joie et l’allégresse suscitées par les passions mondaines diminuent et le cœur se brise. La meilleure méthode pour obtenir ces résultats consiste à se remémorer ses semblables, morts avant lui. Il se souviendra de leur mort et de leur destination sous terre ainsi que de l’aspect et de la condition qui étaient les leur de leur vivant. Il réfléchira à la dégradation de leurs beaux aspects et méditera sur la décomposition de leurs membres dans la tombe ; à la condition de veuvage dans laquelle ils ont laissés leurs compagnes ; à l’état d’orphelins dans lequel ils ont laissés leurs enfants et à l’abandon de leurs biens. Il envisagera leur absence dans les mosquées et dans les assemblées et la disparition de leurs traces. Il se souviendra alors de l’aspect de ces gens, de leur état et des conditions de leur mort, de leur affairement, de leurs allées et venues, de leur attachement à la vie et à la permanence, de leur oubli de la mort, de leur déception pour l’inefficacité des causes, de leur foi en leur force et jeunesse, de leur inclinaison pour le rire et les loisirs, et de leur insouciance à l’égard de la mort qui les attendait et de leur disparition soudaine. Il se souviendra de leurs allées et venues passées et de la décomposition présente de leurs jambes et de leurs articulations ; de leur langage passé, et des vers qui se sont nourris de leur langue ; de leur rire et de la terre qui s’est nourrie de leurs dents ; de leur souci à mettre de côté des provisions supplémentaires, suffisantes pour dix années, alors qu’il ne leur restait qu’un mois à vivre ; de leur

insouciance de ce qui avait été établi à leur sujet jusqu’à ce que, pris au dépourvu, la mort les ait cueillis par surprise, que l’ange leur apparût dans leur tombeau et qu’on leur dévoilât leur sort : le Paradis ou l’Enfer ! Alors, le serviteur s’apercevra qu’il était comme eux, que son insouciance était semblable à la leur et qu’il en était de même pour son propre terme. Abû al-Dardâ’ 34 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Lorsque tu te souviens des morts, compte- toi parmi eux. » Ibn Mas‘ûd 35 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Bienheureux est celui qui accueille les réprimandes d’autrui ! » ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz a dit : « N’êtes-vous pas conscients que chaque jour, matin et soir, vous préparez un voyageur à aller vers Dieu, Éxalté et Magnifié ? [N’êtes-vous pas conscients] que vous le placez dans une fosse où il prend la poussière pour oreiller, qu’il abandonne derrière lui ses bien- aimés et qu’il se coupe des moyens de subsistance ? » Habitue-toi à ces pensées et à d’autres semblables, visite les cimetières et observe les malades, renouvelle le souvenir de la mort au point que le cœur s’y soumet et ne la perde plus de vue et permet à l’individu de s’y préparer et de se détourner de la demeure de l’illusion. Autrement, la mention apparente et superficielle de la mort, dans le cœur et à travers de douces paroles, ne produit pas la mise en garde et la vigilance attendues. Si le cœur se réjouit pour une chose de ce monde, il faut vite qu’il se souvienne qu’il devra fatalement s’en séparer. Ibn Mutî‘ 36 considérait un jour sa maison et se délectait de sa beauté. Il se mit alors à pleurer et dit : « Par Dieu, n’était-ce la mort, je me réjouirais de ta vue, et n’était-ce l’étroitesse de la tombe qui nous attend, nous nous réjouirions de ce bas monde. » Il pleura ensuite si fort qu’on entendit ses sanglots.

CHAPITRE II

DES PROJETS À LONG TERME ET DU MÉRITE DES PROJETS À COURT TERME. DES RAISONS DE LEUR LONGUEUR ET COMMENT EN GUÉRIR

Du mérite des projets à court terme

ET COMMENT EN GUÉRIR Du mérite des projets à court terme L’Envoyé de Dieu a dit

L’Envoyé de Dieu a dit à ‘Abd Allâh b. ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui et de son père) : « À ton réveil, au matin, ne te soucie pas de ta soirée; et le soir ne te soucie pas du lendemain. Réserve une part de ta vie à ta mort et une part de ta santé à la maladie, car en vérité, ô ‘Abd Allâh, tu ne sais pas quel nom tu porteras demain ! » 37 . ‘Alî (que Dieu ennoblisse sa face) rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ce que je crains le plus pour vous, ce sont ces deux choses : suivre les passions et les longs espoirs. Ces derniers détournent de la réalité, quant au premier, c’est le désir de la vie » Puis, il a dit : « En vérité, Dieu, exalté soit-Il, donne la vie à ceux qu’Il aime et à ceux qu’Il déteste. Et lorsqu’Il aime un serviteur, Il lui donne la foi. Certes, la religion a ses enfants et le monde aussi. Soyez les enfants de la religion et non ceux du monde ! En vérité, ce bas monde passe et est éphémère alors que l’autre arrive et perdure. En vérité, vous êtes en un jour où l’action n’est pas comptée, puis vous serez ramenés à Celui à qui on rend des comptes et pour Lequel il n’y aura plus d’actions. » 38 Umm al-Mundhir 39 (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « L’Envoyé de Dieu se présenta, un soir, aux gens et leur dit : « Ô vous, n’éprouvez-vous pas de honte vis-à-vis de Dieu ? » Ils répondirent : « Comment cela ? » Il leur dit : « Vous accumulez ce dont vous ne pourrez vous nourrir, vous espérez en ce que vous ne pourrez accomplir et construisez ce que vous n’habiterez pas. » 40 Abû Sa‘îd al-Khudrî 41 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Usâma b. Zayd 42 avait acheté une jeune esclave appartenant à Zayd b. Thâbit 43 pour une somme de cent dinars, avec un différé de payement de trente jours. J’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire à ce propos : “N’êtes-vous pas étonnés du comportement d’Usâma qui a différé son payement d’un mois ? Certes, Usâma a des espoirs à long terme ! Par Celui qui tient mon âme en Sa main, je n’ai jamais fermé les yeux sans penser que mes paupières ne se rencontreraient plus après que Dieu aura saisi mon esprit et je ne les ai jamais ouvertes sans penser les (r)ouvrir une ultime fois avant mon trépas. Je n’ai jamais mis non plus un morceau de nourriture dans ma bouche sans penser que la mort pouvait me saisir avant de l’avoir avalé. ” Puis il a dit : “ Ô fils d’Adam, si vous êtes sensés, comptez-vous alors parmi les morts, car par Celui qui tient mon âme en Sa main, ce qui vous est promis surviendra et vous ne pourrez l’empêcher ! ”. » 44 . Ibn ‘Abbâs (que Dieu soit satisfait du père comme du fils) a dit que l’Envoyé de Dieu sortait parfois [pour la prière] et bien qu’il y eût de l’eau à proximité, il faisait des ablutions pulvérales (tayammum). Il lui disait alors : « Ô Envoyé de Dieu, l’eau est proche de toi ! » Le Prophète répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 45 . On rapporte aussi qu’il

répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 4 5 .
répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 4 5 .
répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 4 5 .
répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 4 5 .
répondait : « Et qu’est-ce qui m’assure que je pourrai l’atteindre ? » 4 5 .

aurait pris trois rameaux. Il en mit un devant lui, un à coté et un autre loin de lui, puis dit : « Savez- vous ce qu’est ceci ? » On lui répondit : « Dieu et Son Envoyé en savent plus ! » Il dit : « Ceci représente l’homme ; ceci, son terme et cet autre [le rameau le plus distant], les espoirs à long terme nourris par l’homme. Son terme arrive avant que ne se réalisent ses espoirs. » 46 Il a dit aussi

: « C’est comme si quatre-vingt-dix-neuf types de mort (muniyya) étaient à l’affût de l’homme qui

tomberait en décrépitude s’ils le manquaient. » 47 Ibn Mas‘ûd (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Ceci est l’individu et autour de lui, les chemins empruntés par la mort, qui conduisent jusqu’à lui et derrière lesquels se trouve la vieillesse. Derrière cette dernière se trouve l’espoir. L’individu espère [y échapper] alors que les chemins conduisent inévitablement à Lui. Celui d’entre eux qui Le croise, l’emporte et si l’individu en réchappe, la vieillesse le tuera alors qu’il espère encore. »

‘Abd Allâh b. Mas‘ûd (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu dessina un carré, traversé en son centre par une ligne, à l’intérieur et à l’extérieur duquel il traça des lignes latérales, puis il nous interrogea : « Savez-vous ce qu’est ceci ? » Nous lui répondîmes : « Dieu et Son Envoyé en savent plus ! » Il dit : « La ligne au centre représente l’homme et celles-ci [les lignes périphériques du carré], son terme. Les autres correspondent aux différentes fortunes qui tentent de le mordre ; si l’une le rate, l’autre s’en empare. Quant à ces autres [les lignes extérieures], ce sont ses espoirs. » 48

a dit : “ Le fils d’Adam avance

en âge accompagné de deux choses : la cupidité et l’espoir en ce bas monde.” » 49 . L’Envoyé de Dieu a dit : « Les premiers de cette Communauté seront sauvés par leur certitude et leur renoncement au monde ; les autres seront anéantis par la cupidité et l’espoir en des choses éphémères. » 50 On rapporte que Jésus (que la paix divine se répande sur lui) était assis à côté d’un vieil homme qui creusait la terre avec une bêche. Jésus pria alors Dieu d’enlever l’espoir à cet homme. L’homme mit alors de côté sa bêche et se coucha. Après une heure, Jésus pria Dieu de lui redonner espoir :

l’homme se leva et se remit au travail. Jésus lui demanda des explications et le vieil homme répondit

« Pendant que je travaillais, mon âme me dit : “Jusqu’à quand travailleras-tu alors que tu es très âgé ?” J’ai donc jeté la bêche et je me suis couché. Puis elle m’a dit : “Par Dieu, tu dois chercher les moyens de ta subsistance tant que tu es en vie !” J’ai donc repris ma bêche. » Al-Hassan (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu a dit : “Aimeriez-vous tous entrer au Paradis ?” Nous répondîmes : “Oui !” Il dit :“Amoindrissez alors vos vains espoirs, ne perdez pas de vue votre terme et soyez vraiment honteux devant Dieu.” » 51 . Le Prophète disait aussi dans ses prières : « Ô mon Dieu, je me réfugie en Toi contre un monde qui empêcherait d’obtenir le bien de l’autre monde, contre une vie qui détournerait le bien que réserve la mort et contre un espoir qui éviterait le bien acquis par les œuvres. » 52

qui éviterait le bien acquis par les œuvres. » 5 2 Anas (que Dieu soit satisfait

Anas (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu

Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu : Récits et propos
Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu : Récits et propos

:

Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu : Récits et propos
Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu : Récits et propos

Récits et propos des anciens

Mutarrif b. ‘Abd Allâh a dit : « Si je savais quand arrivera le terme de ma vie, je craindrais de perdre la raison, mais Dieu a fait la faveur à Ses serviteurs de leur accorder l’insouciance de la mort. N’était cette insouciance, ils auraient renoncé à chercher les moyens de leur subsistance et il n’y aurait eu aucun commerce entre les hommes. »

Al-Hasan a dit : « L’insouciance et l’espoir sont deux immenses grâces aux être humains. Sans elles, les musulmans n’auraient même pas marché dans les rues. » Al-Thawrî 53 a dit : « On m’a rapporté que l’homme avait été créé sot, sans quoi, la vie ne lui aurait été d’aucun plaisir. » Abû Sa‘îd b. ‘abd al-Rahmân a dit : « Le monde a été rempli par la faiblesse d’esprit de ses habitants. » Salmân al-Fârisî 54 (que Dieu soit satisfait delui) a dit : « Trois choses m’étonnent jusqu’à en rire :

l’individu qui espère encore de la vie alors que la mort le demande, l’insouciant qui ne sera pas oublié et celui dont les rires explosent alors qu’il ignore si le Seigneur des mondes est satisfait de lui ou en colère. Et trois choses m’attristent jusqu’à en pleurer : le fait de quitter mes biens aimés, Muhammad et ses partisans ; [le souvenir] des affres de la Résurrection et la comparution devant Dieu ; le fait que j’ignore si on ordonnera de me conduire en Enfer ou au Paradis. » Un ancien a dit : « J’ai vu Zurâra b. Abû Awfâ 55 après sa mort, dans un rêve. Je lui demandai :

“Quelle est l’œuvre la plus méritoire pour vous ?” Il répondit : “La remise et l’abandon confiants en Dieu (al-tawakkul) et le fait d’avoir des projets à court terme.” » Al-Thawrî a dit : « Renoncer au monde consiste à avoir des projets à court terme et non à manger une pitance peu appétissante ou à enfiler une bure. » Al-Mufaddal b. Fudâla 56 pria son Seigneur de lui ôter l’espoir, il perdit alors le désir de manger et de boire. Puis, il pria son Seigneur de le lui rendre et il retrouva aussitôt l’envie de manger et de boire. On demanda à al-Hasan : « Ô Abû Sa‘îd, pourquoi ne laves-tu pas tes vêtements ? » Il répondit : « Il y a une affaire bien plus urgente que cela. » Il a dit aussi : « La mort est liée à vos toupets et le monde sera replié à votre départ. » Un ancien a dit : « Je suis comme l’homme qui tend son cou vers le sabre et qui attend qu’on le lui tranche. » Dâwud al-Tâ’î 57 a dit : « Si j’espérais vivre un mois de plus, je commettrais alors une faute immense. Comment pourrais-je espérer une chose pareille alors que je vois, à chaque heure de la nuit et du jour, des calamités investir les créatures ? » On rapporte que Shaqîq al-Balkhî 58 rendit visite à l’un de ses maîtres, nommé Abû Hâshim al- Rummânî. Il transportait dans son vêtement une chose qui produisait un bruit sec. Le maître lui demanda : « Que portes-tu donc ? » Shaqîq répondit : « Des amandes qu’un frère m’a offert. J’aimerais tant que tu rompes le jeûne avec. » Le maître lui dit alors : « Ô Shaqîq, as-tu donc dit à ton âme que tu vivrais jusqu’au soir ? Puissé-je ne jamais plus te parler ! » Le maître rentra chez lui en claquant la porte au visage de Shaqîq. Au cours d’un sermon, ‘Umar b. ‘abd al-‘Azîz dit : « Chaque voyage requiert inévitablement des provisions. Faites donc provision de piété pour votre voyage de ce monde à l’autre et soyez comme celui qui a vu de ses yeux ce que Dieu a préparé comme rétribution que vous désirez et comme tourment que vous craignez. N’aspirez pas à un trop long terme, car vos cœurs durciraient et vous les soumettriez à votre ennemi. Par Dieu, l’homme qui ignore s’il survivra au-delà de sa nuit ou s’il survivra jusqu’au soir, et qui ignore s’il échappera aux crochets du destin qui guettent entre ces deux [extrémités du jour ], ne peut avoir de espoirs à long terme. Ô combien ai-je vu, et vous aussi, de personnes séduites par ce bas monde ? Pourtant, la satisfaction devrait être le lot de celui qui est

et vous aussi, de personnes séduites par ce bas monde ? Pourtant, la satisfaction devrait être

certain d’être épargné du châtiment de Dieu, exalté soit-Il, et de celui qui se réjouit d’échapper à la frayeur de la Résurrection. Comment pourrait être heureux celui qui, à chaque fois qu’il panse une blessure, est accablé par une autre ? Je me réfugie en Dieu contre le fait de vous ordonner une chose que je m’interdirais, ce qui ferait échouer mon négoce, ferait apparaître mes défauts et montrerait mon indigence au jour où richesse et pauvreté se manifesteront clairement et où les balances seront apprêtées. Vous avez été chargés d’une affaire si lourde, que si on l’avait confié aux étoiles, elles se seraient éteintes ; aux montagnes, elles auraient été dissoutes, et à la terre, elle se serait fissurée. Ne savez-vous pas qu’il n’y a aucune demeure entre l’Enfer et le Paradis, et que vous êtes destinés à l’un ou à l’autre ? » Un ancien écrivit à l’un de ses frères : « La vie est un rêve, l’autre monde un réveil et entre les deux, il y a la mort. Et nous [nous vivons] dans des rêves confus (adghâth ahlâm) 59 . Et paix ! » Un autre écrivit à l’un de ses frères : « L’affliction pour ce monde est longue alors que la mort est toute proche de l’homme. Chaque jour apporte une part de déclin et de lentes épreuves pour le corps. Aussi, hâte-toi avant que l’on t’appelle pour le grand départ ! Et paix ! » Al-Hassan a dit : « Avant qu’Adam (que la Paix soit sur lui) ne commette sa faute, son espoir était derrière lui et son destin devant. Lorsqu’il la commit, l’espoir prit la place du destin et celui-ci, de l’espoir. » ‘Abd Allâh b. Sumayt a dit : « Mon père disait : “Ô toi qui es séduit par la bonne et longue santé, as-tu déjà vu un individu mourir sans cause ? Ô toi qui es séduit par le long répit, as-tu déjà vu un individu être saisi sans préavis ? Si tu réfléchissais à la longueur de ta vie, tu oublierais tous les désirs que tu as assouvis ! Êtes-vous séduits par la santé ou par la longévité dont vous jouissez ? Êtes-vous assurés contre la mort ou mépriseriez-vous l’ange de la mort ? Lorsque ce dernier viendra, ni la fortune des rois ni ta nombreuse escorte ne l’empêcheront de te saisir ! Ignores-tu que l’heure de la mort est accompagnée de malheurs, de suffocation et de remords ? Que Dieu fasse miséricorde à celui qui œuvre pour après sa mort. Que Dieu fasse miséricorde à celui qui scrute son âme avant sa mort !” » Abû Zakariyya al-Taymî a dit : « Alors que Sulaymân b. ‘abd al-Malik 60 se trouvait dans la Mosquée sacrée, on amena une pierre gravée. Il demanda alors que l’on aille chercher une personne capable d’en déchiffrer le sens. On fit amener Wahb b. Munabbih 61 qui en fit la traduction suivante :

“Ô fils d’Adam, si tu savais ce qu’il te restait à vivre, tu renoncerais à tes espoirs, tu désirerais avoir accompli des œuvres supplémentaires et tes ruses et tes ambitions diminueraient. Ce qui t’attend demain, c’est le remord. Quand tes pieds glisseront, que ton épouse et ta suite t’abandonneront, que ton père et tes proches se sépareront de toi, que tes fils et tes alliés te dénigreront, tu ne pourras revenir au monde, ni faire de bonnes actions. Aussi, œuvre pour le Jour de la Résurrection avant d’être happé par le désespoir et le regret” ». Sulaymân éclata alors en sanglots. Un ancien a dit : « J’ai vu une lettre de Muhammad b. Yûsuf adressée à ‘Abd al-Rahmân b. Yûsuf qui disait : “Je loue Dieu en dehors Duquel il n’y a nulle divinité ! Je tiens à t’avertir de ton transfert de la demeure de ta perte à celle de ta résidence et de la rétribution des œuvres. Tu finiras dans le ventre de la terre après avoir vécu sur sa surface ; tu y recevras la visite de Munkir et Nakir qui s’assiéront près de toi et t’interrogeront durement. Si Dieu est avec toi, il n’y aura alors aucun désespoir, aucun bouleversement ni besoin. Dans le cas contraire, que Dieu nous protège tous les deux d’une mort pénible et de l’étroitesse de la tombe. Puis te parviendront le cri rassembleur (sayhat al-hashr) et le souffle dans la Trompe (nafkh al-sûr), et le Tout-Puissant Se dressera pour le

verdict des créatures. La terre se videra de ses gens et les cieux de ses habitants, les secrets apparaîtront au grand jour, le feu sera attisé, les balances seront préparées, les prophètes et les martyrs « seront amenés, une juste sentence sera prononcée sur tous les différends et nul ne sera lésé » 62 et il sera dit : « Louange à Dieu, le Seigneur des mondes » 63 . Que de secrets seront dévoilés et que de secrets seront occultés ! Combien seront anéantis et combien seront saufs ! Que de châtiés et que d’épargnés ! Ah ! Quelle condition sera la notre en ce jour ? Puissions-nous être de celle où les désirs auront été réprimés, les passions détournées, les espoirs abrégés ! Celle où les dormeurs se seront réveillés et les insouciants, avertis ! Que Dieu nous apporte à tous deux Son aide contre ces dangers immenses et fasse que ce bas monde et l’autre soient pour nos cœurs ce qu’ils sont pour celui des pieux. C’est à Dieu que nous appartenons et c’est à Lui que nous devons notre subsistance. Et Paix ! ” » Au cours d’un sermon, après avoir loué Dieu, ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz a dit : « Ô gens, vous n’avez pas été créés par frivolité ni par pure perte [ou : ne serez pas abandonnés sans bienfait (lan tutrakû sadan ou sudan)]. Vous avez un une rencontre fixée avec Dieu et au cours de laquelle il y aura sentence et arbitrage entre vous. Malheureux et perdant sera celui que Dieu chassera de Sa miséricorde qui embrasse toute chose et de Son Paradis dont la largeur contient les cieux et la terre. La garantie de la sécurité (al-amân) ne sera donnée demain qu’au pieux qui craint son Seigneur, qui a troqué le peu contre l’abondant, l’éphémère contre ce qui perdure et l’infortune contre le bonheur. Ne voyez-vous donc pas que vous êtes de ceux qui trépasseront et que d’autres viendront après vous ? Ne voyez-vous donc pas que chaque jour qui passe de votre existence, matin et soir - durant votre voyage vers Dieu - est un jour qui expire, un espoir interrompu que vous enterrez sans oreiller, ni préparation ; un jour qui s’est dépourvu des causes, qui sépare des amis et qui est désormais confronté au jugement. Et Dieu m’est témoin que je tiens ces propos sans savoir si l’un d’entre vous a plus de péchés que je n’en porte moi-même et que je connais. Mais il s’agit d’usages équitables émanant de Dieu, par lesquels Il ordonne Son obéissance et interdit Sa désobéissance. Je demande pardon à Dieu ! » Puis, [‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz] se couvrit le visage de sa manche et pleura si fort que ses larmes baignèrent sa barbe. Ce fut là son dernier sermon. Al-Qa‘qâ‘ b. Hakîm 64 a dit : « Cela fait trente ans que je me prépare à la mort. Si elle devait se présenter, je n’aimerais pas retarder une chose par une autre. » Al-Thawrî a dit : « J’ai vu à la mosquée de Kûfa un vieil homme dire : « Je me trouve dans cette mosquée depuis trente ans à attendre que la mort descende me prendre. Lorsqu’elle se présentera, je ne lui demanderai ni ne lui refuserai quoique ce soit. Nul ne me doit quelque chose et je ne dois rien à personne. » ‘Abd Allâh b. Tha‘laba 65 a dit : « Vous riez alors que vos linceuls sont peut-être déjà sortis de chez le blanchisseur. » Abû Muhammad b. ‘Alî al-Zâhid a dit : « Nous sortîmes un jour pour des funérailles à Kûfa où nous rencontrâmes Dâwud al-Tâ’î. Il se tenait assis à l’écart des gens, pendant qu’on enterrait la dépouille. J’allai vers lui et m’assis à ses côtés ». Il dit : « Celui qui craint le destin se voit raccourcir ce qui est éloigné, et celui qui a des projets à long terme verra ses actions amoindries, et tout ce qui doit arriver est proche. Ô mon frère, sache que toute chose qui te distrait de ton Seigneur est un mauvais présage et que tous les habitants du monde feront partie des habitants des tombes qui regretteront ce qu’ils auront omis et se réjouiront de ce qu’ils présenteront. Et ce dont les habitants

des tombes se plaindront sera ce pourquoi les gens de monde se disputent, se combattent et se poursuivent devant les juges. » On rapporte que Ma‘rûf al-Karkhî 66 , que Dieu lui fasse miséricorde, appela à la prière collective et invita Muhammad b. Abû Tawba à la diriger. Ce dernier dit alors : « Si je conduis cette prière, je n’en conduirais plus une autre ! » Ma‘rûf lui dit alors : « T’imagines-tu que tu pourras prier de nouveau ? ». Que Dieu nous protège des projets à long terme car ils empêchent les bonnes actions ! » Au cours d’un sermon, ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz a dit : « Le monde n’est pas la demeure de votre ultime résidence. Demeure dont Dieu a décrété la disparition et destiné ses habitants à la quitter. Combien de ses habitants confiants seront déçus et combien de résidents joyeux la quitteront. Apprêtez-vous donc, que Dieu vous fasse miséricorde, à la quitter de la meilleure façon, apprêtez, pour le voyage, la plus belle monture que vous ayez. Et « faites des provisions [de voyage]; mais, en vérité, la meilleure provision est la piété. » 67 Le monde est semblable à l’ombre qui rétrécit puis s’évanouit pendant que le fils d’Adam s’y complaît et s’y accroche avec acharnement. Dieu l’interpelle alors par son destin, le transperce à l’aide du jour de son trépas et le prive de ses traces et de la vie, et ce qu’il a bâti, ainsi que ses biens, passent alors à autrui. Le monde afflige bien plus qu’il ne réjouit : il suscite peu d’allégresse et beaucoup de chagrin. » Abû Bakr al-Siddîq 68 (que Dieu soit satisfait de lui) disait dans ses sermons : « Où sont les hommes subtils et propres (al-wadhâ’a), ceux au visage éclatant et fiers de leur jeunesse ? Où sont les rois bâtisseurs de cités et de remparts ? Où sont les coutumiers des victoires sur les champs de bataille ? Le temps les a emportés et les voilà prisonniers de l’obscurité des tombeaux : hâtez-vous, hâtez-vous ! Sauvez-vous, Sauvez-vous ! »

Exposition des causes à l’origine des projets à long terme et comment en guérir

Sache que le long espoir a deux causes : la première est l’ignorance et la seconde l’amour du monde. Quant à l’amour de ce monde, il procède de l’habitude, des désirs, des passions et de l’attachement de l’homme aux choses de la vie. Ils sont tellement ancrés en lui, que l’homme éprouve la plus grande peine à s’en séparer, ils empêchent le cœur de penser à la mort alors que celle-ci est la cause même de cette séparation. Celui qui déteste une chose, la chasse [de ses pensées et de son cœur]. L’homme se prend d’engouement pour de vains espoirs et se remplit toujours de ce qui répond à ses attentes, et notamment, le désir d’immortalité qu’il ne cesse d’imaginer et auquel il prétend. Aussi évalue t-il les outils de la permanence et ce que celle-ci requiert en fait de richesse, de famille, d’habitation, d’amis, de bétail et toutes sortes d’autres moyens. Son cœur s’attache et s’incline devant cette idée qui devient fixe et qui le distrait du souvenir de la mort et l’en éloigne. S’il lui arrive parfois de songer à la mort et aux préparatifs qu’elle réclame, il hésite et se dit : « [Je suis encore jeune et] j’ai encore assez de temps devant moi pour me repentir ! » Une fois âgé, il se dit : « Je me repentirai lorsque j’atteindrai la vieillesse ! » Vieux, il se dit : « Lorsque j’aurai terminé la construction de cette maison… » ou « Après que je me serai établi dans cette ferme… » ou encore « À mon retour de voyage, après avoir pourvu aux besoins de mon fils et lui avoir trouvé une maison qu’il faudra meubler… », ou « Après avoir pris le dessus sur un ennemi qui se réjouit de mes malheurs… »

Il ne cesse de tergiverser, de reporter et ne plonge que dans une tâche qui en requiert dix autres pour être achevée. Aussi, tergiverse-t-il, jour après jour, tâche après tâche, jusqu’à ce que la mort le saisisse à un moment inattendu et que son regret se prolonge indéfiniment. Affectés par leurs tergiversations, le cri le plus fréquent des habitants de l’Enfer est le remords. Le malheureux indécis ignore que ses atermoiements présents l’accompagneront demain, et qu’avec le temps, ils augmentent en intensité et en résolution. Il s’imagine, à tort, que celui qui plonge dans le monde et s’y attache, peut avoir du temps à perdre. Cela ne peut se concevoir ! Nul ne peut y perdre son temps, sauf celui qui s’y étale :

« Nul ne parvient à satisfaire tous ses souhaits, un désir ne conduit qu’à un autre ! »

L’origine de tous ces espoirs est à rechercher dans l’amour du monde et l’habitude à y vivre, de même que dans la distraction pour cette parole du Prophète : « Aime qui tu désires, et certes, tu en seras séparé ! » 69 Quant à l’ignorance, elle consiste chez l’homme à compter sur sa jeunesse et à écarter toute proximité de la mort. Ce pauvre malheureux ne considère pas le fait que le nombre de vieux de sa cité est inférieur à dix, du fait que les jeunes périssent plus souvent et que pour une personne âgée qui décède, mille enfants et jeunes gens meurent. Il écarte l’idée de mourir à cause de sa bonne santé et nie qu’elle puisse le surprendre. Il ne sait pas qu’elle n’est pas si loin de lui. En effet, la maladie est proche et frappe à l’improviste et lorsque l’homme tombe malade, la mort non plus n’est pas si éloignée. Si cet insouciant réfléchissait, il saurait que la mort n’a pas d’heure fixe et qu’elle n’épargne ni la jeunesse ni la maturité (al-kuhûla) ni la vieillesse. Elle ne connaît ni hiver, automne ou printemps ni nuit ni jour. L’homme aurait alors meilleure conscience et s’afférerait à l’accueillir. Mais l’ignorance et son amour pour ce monde le conduisent aux longs espoirs et à négliger la proximité de la mort. Il s’imagine que la mort est encore loin devant et ne compte pas qu’elle puisse descendre le faucher. Il continue de penser qu’il assistera aux funérailles des autres sans prendre en compte les siennes. Il s’est habitué à voir les autres décéder, mais pas à l’idée qu’il puisse mourir. Il ne parvient pas à s’y accoutumer ni même ne s’imagine le faire. Cela n’a presque jamais lieu et lorsque, rarement, il lui arrive d’y penser, il chasse immédiatement cette idée. Il s’agit alors de la première et dernière fois. Ce qu’il lui convient de faire alors, c’est de se comparer aux autres et savoir que ses funérailles et son inhumation sont inévitables. Et peut-être même que les briques qui recouvriront sa tombe ont déjà été fabriquées à son insu. Son atermoiement est donc pure ignorance. Une fois que tu as compris que les causes de ces tergiversations sont l’ignorance et l’amour de ce monde, tu chercheras alors le moyen qui permet d’éliminer ces causes. L’ignorance est chassée par la pensée pure qui procède du cœur présent et par l’écoute des sagesses qui jaillissent des cœurs purifiés. Quant à l’amour de ce monde, le chasser du cœur est une chose extrêmement pénible. Il s’agit d’un mal rebelle qui a mis à rude épreuve les premiers et les derniers. Son seul remède consiste à avoir foi en le Jour ultime et en ce qu’il comporte comme terrible châtiment et généreux salaire. Après en avoir acquis la certitude, l’amour de ce monde quitte le cœur : l’amour pour le sublime efface celui pour l’insignifiant. Lorsque l’individu prend conscience de l’insignifiance du monde et du bien inestimable que représente l’autre monde, il cesse

prend conscience de l’insignifiance du monde et du bien inestimable que représente l’autre monde, il cesse

de se tourner vers le premier, même si on lui offrait le royaume de la terre, de l’Orient à l’Occident. Et comment en serait-il autrement alors qu’il n’a de ce monde qu’une faible part souillée et trouble ? Et comment cela pourrait-il le réjouir ou s’enraciner dans son cœur, après sa foi en l’autre monde ?

Prions Dieu, Exalté, qu’Il nous montre le monde tel qu’Il l’a montré à Ses serviteurs les plus vertueux

!

Il n’existe pas de moyens qui permettent au cœur d’évaluer et de mesurer la mort, pas même le fait d’assister à la mort de ses semblables, de ses compagnons ou savoir qu’elle les a saisis par surprise. Celui qui s’y prépare, obtiendra un énorme succès et celui qui nourrit de vains et longs espoirs, échouera clairement. Aussi, l’homme doit-il se tourner à toute heure vers ses membres et les extrémités de son corps, considérer qu’ils seront inévitablement dévorés par les vers et que ses os se gâteront. Il devra méditer sur le fait que les vers commenceront d’abord par sa paupière droite, ou la gauche, et qu’aucune partie de son corps ne sera épargnée. Il ne lui restera donc que la science et les œuvres accomplies sincèrement en vue de la face de Dieu. Il devra méditer sur ce qui l’attend dans la tombe, sur l’interrogatoire de Munkir et Nakir, sur le rassemblement, la résurrection, la réunion, les tourments et la sonnerie de l’appel le jour de la Grande Comparution. Ce sont ces idées qui renouvellent le souvenir de la mort dans le cœur et qui l’incitent à s’y préparer.

Exposition des différents degrés d’espoir

Sache que les hommes occupent, en la matière, différents degrés :

Il y a celui qui espère l’immortalité et ne cesse de la désirer. Le Très-Haut a dit à son sujet : « Tel d’entre eux voudrait pouvoir vivre mille ans, mais avoir sa vie prolongée ne lui évitera pas le châtiment. » 70 Puis, celui qui espère atteindre l’âge de la décrépitude - le plus vieil âge qu’il ait vu et dont il est témoin – et qui aime ardemment la vie. L’Envoyé de Dieu a dit à son sujet : « Le désir de ce monde ne cesse d’user le vieil homme, même quand la vieillesse déforme ses clavicules. Sauf ceux qui sont pieux, et ils sont bien rares. » 71 Il y a celui dont l’espoir s’étend à un an et qui ne se soucie guère de l’après. Il ne compte pas vivre une année supplémentaire et se prépare donc dès l’été pour l’hiver, et dès l’hiver pour l’été. Dès qu’il parvient à faire des provisions suffisantes pour une année, il se consacre alors à l’adoration. Un autre espère en la durée de l’été ou de l’hiver. Il ne stocke pas en été pour l’hiver ni en cette dernière saison pour la première. Un autre espère en la durée d’un jour et d’une nuit. Il ne se prépare que pour la journée et non pas pour le lendemain. Jésus – que la paix divine se répande sur lui – a dit : « Ne vous souciez pas des moyens de subsistance de demain, car si demain fait partie de vos destins, ils vous viendront en leur compagnie. Autrement, ne prêtez pas attention au destin d’autrui. » L’espoir d’un autre ne dépasse pas une heure, conformément à la parole de notre Prophète : « Ô ‘Abd Allâh, à ton réveil, le matin, ne te soucie pas de ta soirée; et le soir ne te soucie pas du lendemain. » 72 Un autre n’espère pas vivre plus d’une heure. L’Envoyé de Dieu faisait des ablutions

du lendemain. » 7 2 Un autre n’espère pas vivre plus d’une heure. L’Envoyé de Dieu
du lendemain. » 7 2 Un autre n’espère pas vivre plus d’une heure. L’Envoyé de Dieu

pulvérales bien qu’il avait la faculté de les faire avec de l’eau un peu plus tard, et disait : « Peut être ne l’atteindrais-je pas ! »

Un autre voit la mort de ses yeux ; c’est comme si elle était venue le prendre et qu’il l’attendait. Ce dernier est celui qui fait la prière de l’adieu, et c’est à lui que se réfère cette tradition rapportée par Mu‘âdh b. Jabal 73 (que Dieu soit satisfait de lui) :

l’interrogea sur la réalité de sa foi, Mu‘âdh répondit : « À chacun

de mes pas, je doute de pouvoir en faire un autre. » 74 On rapporte qu’une nuit, al-Aswad, l’Abyssin faisait la prière en se tournant sur sa droite et sur gauche. Un tel lui demanda : « Que fais-tu ? » Il répondit : « Je regarde de quel côté l’ange de la mort viendra à moi ! » Voici donc les différents degrés des gens en matière d’espoir. Et chaque individu en occupe un auprès de Dieu, Exalté. Celui qui espère vivre un mois n’est pas comme celui qui veut vivre un mois et un jour, il y un degré qui les sépare auprès de Dieu, Exalté. Et certes, « Dieu ne lèse personne, ne fût-ce que du poids d’un atome » 75 et « Celui qui aura fait le poids d’un atome de bien le verra. » 76 L’effet du bref espoir se manifeste ensuite à travers l’action. Tous les individus prétendent ne pas trop espérer, mais ils mentent et cela transparaît dans leurs actions. Ils s’occupent de choses dont ils n’ont nul besoin pour une année, et c’est là une preuve de leurs longs espoirs. Le signe du succès, c’est quand la mort se tient devant les yeux et que l’individu ne s’en distrait pas, même une heure, et qu’il s’y prépare. S’il survit jusqu’au soir, il rendra grâce à Dieu, Exalté, de lui avoir obéi, se réjouira de ne pas avoir perdu sa journée, et se satisfera plutôt d’avoir obtenu son lot et d’en avoir économisé une part pour lui. Il en fait de même jusqu’à l’arrivée du matin et ainsi de suite. Cela n’est facile que pour celui qui vide son cœur du lendemain et de ce que celui-ci comporte. Si ce dernier venait à mourir, il serait réjoui et rétribué et s’il doit vivre, il est heureux de ses préparatifs et se réjouit du plaisir que lui procurent ses épanchements. La mort est pour lui un motif de joie et la vie, un avantage. Ô malheureux ! Fasse que la mort occupe tes pensées; le parcours y conduit fatalement alors que tu persistes dans ton insouciance. Il se peut même que tu sois tout proche de la station [de la mort] et que tu aies déjà franchi la distance qui t’en séparait. Hâte-toi donc et profite de chaque souffle qui t’a été accordé.

Lorsque l’Envoyé de Dieu

qui t’a été accordé. Lorsque l’Envoyé de Dieu Exposition de l’accomplissement des œuvres en grande

Exposition de l’accomplissement des œuvres en grande hâte et du défaut que comporte leur report

Sache que celui qui a deux frères absents et qui attend le retour de l’un pour le lendemain et celui de l’autre pour le mois prochain ou l’année suivante, doit se préparer à accueillir le premier, car la disposition (à accueillir) est le résultat de la proximité de [celui qu’on attend]. Celui qui s’attend à ce que la mort arrive dans un an, ne se soucie uniquement que d’œuvrer pour cette durée et néglige l’après. Aussi, attend-il chaque matin l’écoulement de l’année, diminuée du jour qui vient de s’écouler. Cette attente l’empêche toujours d’agir promptement, car il s’imagine avoir suffisamment de temps devant lui, et elle le conduit à reporter l’exécution des œuvres. Comme l’a dit l’Envoyé de Dieu : « Pas un seul d’entre vous ne peut attendre de ce monde autre chose

des œuvres. Comme l’a dit l’Envoyé de Dieu : « Pas un seul d’entre vous ne

que richesse qui oppresse ; pauvreté qui conduit à l’oubli ; maladie qui anéantit ; vieillesse qui affaiblit ou mort qui accélère. » 77

a fait la recommandation suivante à un tel : « Tire avantage

de cinq choses avant cinq autres : de ta jeunesse avant ta vieillesse, de ta santé avant ta maladie,

de ta richesse avant ta pauvreté, de ton loisir avant ton travail et de ta vie avant ta mort. » 78

a dit aussi : « Il y a deux grâces qui lèsent la majorité des gens : la santé et Il y a deux grâces qui lèsent la majorité des gens : la santé et les

loisirs. » 79 C’est-à-dire que les gens n’en tirent pas l’avantage attendu et n’en connaissent la valeur que lorsqu’elles cessent.

a dit aussi : « Celui qui a peur [de ne pas arriver] voyage de nuit, et le voyageur Celui qui a peur [de ne pas arriver] voyage de nuit, et le voyageur

nocturne arrive à destination. Certes, la provision de Dieu est chère ! Oui, la provision de Dieu est le Paradis ! » 80 et : « Le premier son [de la Trompe] est arrivé, suivi du second 81 , ainsi que la mort et ce qu’elle comporte . » 82

Lorsque l’Envoyé de Dieu percevait chez ses compagnons quelque distraction ou inattention, il leur disait en élevant la voix : « La mort est proche de vous, tout prête et inévitable, et votre destinée sera alors heureuse ou malheureuse. » 83

Abû Hurayra 84 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu l’Avertisseur, la mort est, la Bouleversante et l’Heure est la rencontre. » 85

sortit un jour alors que le

soleil était sur le point de se coucher et dit : « Il ne reste à ce monde que la brève durée qui reste à

ce jour. » 86 L’Envoyé de Dieu

a dit aussi : « Le monde est semblable à un vêtement déchiré d’une

extrémité à l’autre et qui ne tient qu’à un fil encore intact à son bout. Ce fil aussi sera tranché. » 87 Jâbir 88 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit que lorsque l’Envoyé de Dieu évoquait l’Heure dans ses sermons, il élevait la voix et ses joues devenaient rouges ; on aurait cru qu’il nous avertissait de l’arrivée imminente d’une armée. Il disait alors : « Je vous fais mes adieux matin et soir. L’Heure et moi sommes comme ces deux [doigts]. » 89 Il montrait alors ses deux doigts unis. Ibn Mas‘ûd 90 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu récita ce verset : “Et quiconque que Dieu veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l’islam.” 91 , puis dit : “ Lorsque la lumière pénètre dans la poitrine, elle le dilate.” On lui demanda : « Y a-t-il un signe qui permette de reconnaître cet état ? ” Il répondit : “ Oui. Se détourner du monde des illusions pour se tourner vers le monde de l’éternité et se préparer à la mort avant sa descente.” » 92 Al-Sudday 93 a commenté le verset, « Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver [et de savoir] qui d’entre vous est le meilleur en œuvres. » 94 , en disant que par le meilleur en œuvres, il faut entendre celui qui se souvient le plus de la mort, qui s’y prépare le mieux, qui la craint et s’en inquiète le plus. Hudhayfa (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Pas un matin ne passe, ni un soir, sans qu’une voix n’appelle : « Ô gens, le grand départ, le grand départ ! ». Et la preuve de cela est Sa parole : « Il s’agit de l’un des plus grands [signes], un avertissement pour les humains. Pour celui d’entre vous qui veut avancer ou reculer » 95

a dit : “ Je suis Je suis

Ibn ‘Abbâs a dit que le Prophète

5 a dit : “ Je suis Ibn ‘Abbâs a dit que le Prophète Le Prophète

Le Prophète

Le Prophète

‘Abbâs a dit que le Prophète Le Prophète Le Prophète Ibn ‘Umar (que Dieu soit satisfait

Ibn ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète

Dieu soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète S uh aym, client des Banû
Dieu soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète S uh aym, client des Banû
Dieu soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète S uh aym, client des Banû
Dieu soit satisfait de lui) a rapporté que le Prophète S uh aym, client des Banû

Suhaym, client des Banû Tamîm, a dit : « J’attendais que ‘Amir b. ‘Abd Allâh 96 ait fini sa prière pour l’interroger. Il l’abrégea puis me dit : “ Soulage-moi vite de ta question, car je suis pressé ! ” Je

lui demandai alors : “ Qu’est-ce donc qui te presse? ” Il répondit : “ L’ange de la mort. Que Dieu te fasse miséricorde ! ” Je me levai et il retourna à sa prière. » Dâwud al-Tâ’î répondit à un tel qui l’interpellait à propos d’une tradition, alors qu’il d’un pas pressé : « Laisse-moi, je dois me hâter avant que mon âme ne quitte ce monde ! » ‘Umar [b. al-Khattâb] 97 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « La temporisation est une bonne chose, sauf pour ce qui est des belles œuvres pour l’au-delà. » Al-Mundhir rapporte avoir entendu Mâlik b. Dînâr 98 faire le reproche suivant à son âme : « Malheur à toi ! Hâte-toi avant que l’ordre ne te rattrape ! Hâte-toi avant que l’ordre ne te rattrape […] ». Il répéta cette phrase soixante fois. Je l’entendais, mais il ne me voyait pas. Al-Hasan faisait la recommandation suivante : « Hâtez-vous, Hâtez-vous ! Quand vos souffles vous seront ôtés, les œuvres par lesquelles vous vous rapprochez de Dieu – Exalté et Magnifié – cesseront. Que Dieu fasse miséricorde à celui qui regarde son âme et pleure pour ses fautes. » Puis il récita ce verset : « Nous tenons un compte précis. » 99 [et continua :] « C’est-à-dire, [le compte] des souffles dont le dernier correspond à l’expulsion de l’âme, à la séparation de la famille et à l’enterrement dans la tombe. » Avant sa mort, abû Mûsa al-Ash‘arî 100 (que Dieu soit satisfait de lui) s’adonnait à d’éprouvants exercices spirituels. On lui dit alors : « Tu devrais te reposer et prendre un peu plus soin de toi ! » Il répondit : « Lorsque les chevaux sont lâchés, ils donnent tout ce qu’ils ont à l’approche de leur destination. Le temps qu’il me reste est bien plus bref que cela. » Il persévéra dans ses exercices jusqu’à la mort. Il disait à son épouse : « Tiens-toi prête pour le voyage car il n’y a pas de passerelle au-dessus de l’Enfer. » Un calife a dit lors d’un sermon : « Ô serviteurs de Dieu, craignez Dieu autant que faire se peut ! Soyez de ceux qui perçoivent le cri et qui savent que le monde n’est pas leur demeure, et qui l’échangent contre l’autre. Préparez votre mort, car son ombre vous recouvre déjà. Retirez-vous [du monde] car elle vous poursuit. En vérité, ce qui est à peine distant et que l’Heure peut réduire à néant est une nécessité éphémère, tout comme ce qui est absent, et que les jours et les nuits rapprochent toujours un peu plus, et qui s’en retourne aussi vite. Ou comme celui à qui sont accordés succès et afflictions et qui devra tirer le meilleur parti de ses préparatifs. Pour le Seigneur, le pieux est celui qui se réprimande, offre son repentir et soumet ses désirs ; son terme lui est voilé, son espoir l’abuse, et Satan exerce sur lui sa tutelle et stimule en lui l’espoir de repentance, tant et si bien qu’il ajourne cette dernière. Le démon lui embellit ses fautes et lui en fait commettre d’autres jusqu’à ce que la mort l’assaille, au moment où il s’y attend le moins. Il n’y a entre vous, l’Enfer et le Paradis, que la mort. Quel malheureux sort attend l’insouciant ! Sa vie témoigne contre lui et ses jours l’exposent aux adversités. Que Dieu nous compte parmi ceux qui ne montrent aucune ingratitude envers Ses faveurs, pour qui aucune faute ne saurait le détourner de Son obéissance et qui ne connaîtront pas le malheur après la mort. Il entend les invocations, tout le bien est à jamais entre Ses mains et Il fait ce qu’Il veut ! » À propos du verset « Vous vous êtes laissés tenter, vous avez tergiversé, vous avez supputé; et de vains espoirs vous ont trompés, jusqu’à ce que vînt l’ordre de Dieu. Et le séducteur vous a trompés au sujet de Dieu. » 101 , un exégète a dit : « Vous vous êtes laissés tenter » par les désirs et les passions ; « vous avez tergiversé » avec le repentir ; « vous avez supputé », c’est-à-dire douté ; «

jusqu’à ce que vînt l’ordre de Dieu » c’est-à-dire la mort, et « le séducteur vous a trompés au sujet de Dieu », c’est-à-dire Satan. Al-Hasan a dit : « Soyez patients et résolus. Il ne s’agit que de quelques jours seulement. Vous êtes comme une troupe de cavaliers que l’un d’entre eux appelle et qui lui répondent sans se retourner. Vous passez ainsi à côté de ce qu’il y a de meilleur et qui est à votre portée. » Ibn Mas‘ûd (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Chacun d’entre vous, à son réveil, est un invité, dépositaire d’un prêt. L’invité doit partir et le prêt doit être restitué. » Abû ‘Ubayda al-Bâjî a dit : « Nous rendîmes visite à al-Hassan au cours de sa maladie fatale. Il nous accueillit en disant : “Bienvenue ! Que Dieu vous accorde paix et salut, et nous accorde, ainsi qu’à vous, la demeure de l’éternité ! Puissiez-vous être patients, sincères et pieux. Cette affaire est vraiment de bon augure. Ne laissez pas, que Dieu vous fasse miséricorde, [la faveur procurée par] cette nouvelle entrer par une oreille et sortir par l’autre. Sachez qu’à celui qui [a eu le privilège] de voir Muhammad [en rêve], qui le voit aller et venir, on a levé un voile; aussi doit-il retrousser ses manches et se hâter. Hâtez-vous donc et sauvez-vous ! Ne vacillez pas ! Par le Seigneur de la Ka‘ba, l’ordre et vous êtes presque venus ensemble ! Dieu fasse miséricorde à l’humble serviteur qui se nourrit de croûtons de pain, s’habille de haillons, s’assoit par terre, s’astreint à une rude discipline, pleure pour ses erreurs, fuit les tourments, désire la miséricorde et demeure ainsi jusqu’à la fin de sa vie.” » ‘Asim al-Ahwal 102 rapporte qu’il interrogea Fudhayl al-Ruqâshî 103 et que celui-ci lui répondit : « Ô toi ! Que la multitude ne te détourne pas de ton âme, car l’ordre te parviendra malgré eux. Et ne dis pas : “Je dois me rendre ici ou là, tu dépenserais vainement ta journée. L’ordre a été mis de côté pour toi, et tu ne verras ni ne percevras avec autant de célérité jamais rien de plus agréable qu’une belle action, nouvellement exécutée, pour s’acquitter d’une faute ancienne” ».

rien de plus agréable qu’une belle action, nouvellement exécutée, pour s’acquitter d’une faute ancienne” ».

CHAPITRE III

DE L’AGONIE, DES AFFRES DE LA MORT ET DES ÉTATS QU’IL CONVIENT D’ASSUMER À SA VENUE

Sache que si le pauvre serviteur n’avait devant lui que terreur, calamités et tourments de la seule agonie de la mort, cela suffirait à rendre son existence malheureuse, à ombrager son bonheur et à écarter de lui toute distraction et insouciance. Il est vrai que cela le conduirait à y réfléchir plus longuement et à s’y préparer grandement, surtout qu’à chacun de ses souffles, elle se trouve dans le voisinage. Comme a dit un sage : « Tu ne sais jamais quand le tord d’autrui peut te frapper ! » Et Luqmân 104 a dit à son fils : « Ô mon fils, dispose-toi à accueillir à l’avance une chose dont tu ignores quand elle surviendra. » Le plus étonnant, c’est que l’individu qui se livre aux plus grandes passions, s’adonne aux loisirs les plus plaisants, anticipe les cinq coups de bâton qu’on lui assène [en guise de punition] et qui voit son plaisir et sa vie gâchés par [le bourreau] et [ oublie ] que derrière chacun de ses souffles se trouve l’ange de la mort, qui est prêt à le saisir dans un moment de distraction. Hormis l’ignorance et l’insouciance, il n’y a pas d’autres causes à cette attitude. Sache qu’en dehors de celui qui en fait l’expérience directe, nul ne connaît vraiment la douleur de l’agonie. Celui qui n’en a pas fait l’expérience ne peut la percevoir qu’à travers l’analogie ou après avoir assisté aux souffrances des agonisants. Quant à l’analogie, il s’agit d’établir que tout membre dénué d’esprit ne ressent pas de douleur et que tout autre, doté d’esprit, procure la sensation de douleur à ce dernier. Qu’il s’agisse de blessure ou de brûlure, l’effet est ramené à l’esprit et la souffrance que celui-ci ressentira sera à la mesure de son degré de perception de la douleur. La douleur se répand à travers la chair, le sang et tous les autres organes de sorte que seule une partie parvient jusqu’à l’esprit. Si la douleur parvenait directement à l’esprit, sans préalablement passer par autre chose, elle lui procurerait alors une intense et terrible souffrance. Les affres 105 de la mort ne sont rien d’autre que des souffrances qui envahissent l’esprit et se propagent dans toutes ses ramifications, de sorte qu’aucun de ses éléments n’échappe à la douleur. Si un individu est piqué par une épine, la douleur qu’elle lui procure se propage à la partie de l’esprit concernée. En revanche, l’effet de la brûlure est bien plus intense encore, car le feu se propage à l’ensemble des parties du corps et aucun membre ou organe, interne ou externe, n’y échappe ; aussi, les zones de l’esprit localisées dans ces parties du corps en ressentent-elles la douleur. Une blessure concerne uniquement la partie touchée par la lame, c’est pourquoi la douleur suscitée par cette lame est moins intense que celle provoquée par le feu. Le tourment que provoque la mort attaque l’esprit et se propage à l’ensemble de ses parties. Le moribond ressent alors qu’on le désunit brutalement de ses veines, de ses nerfs, de l’extrémité de ses membres, de la racine de ses cheveux et de sa tête. Ne t’interroge donc pas sur ces souffrances et ces douleurs ! Il a été dit : « La mort est bien plus terrible qu’un coup d’épée ou une souffrance provoquée par une scie ou par une paire de

ciseaux. Car transpercer le corps avec une épée provoque une douleur en raison du fait que le corps se rattache à l’esprit. Que dire alors de la douleur quand elle touche directement l’esprit ?

Celui qui est poignardé parvient encore à crier grâce aux forces qui lui restent dans le cœur et dans sa langue, bien que l’intense douleur provoquée par la mort fasse taire toute voix et cris du moribond. La souffrance se propage dans son corps et atteint son cœur de sorte qu’elle anéantit toutes ses forces, affaiblit tous ses membres et ne lui laisse aucune énergie pour appeler de l’aide. Quant à la raison du mourant, elle est ombragée et bouleversée et sa langue est frappée de mutisme. Ses extrémités sont affaiblies, il aspire au soulagement qu’il manifeste à travers les gémissements, les cris et les appels à l’aide, mais il n’y parvient pas. S’il lui reste quelque ultime force, tu entends alors, lors du ravissement et de l’extraction de son esprit, un dernier geignement et un bruit sec sortir de sa gorge et de sa poitrine, et tu vois son visage devenir aussi gris que la cendre : il prend la couleur de la poussière, à l’origine de sa nature. Chacune de ses veines est arrachée et la douleur se propage à l’intérieur et à l’extérieur de son corps. Ses yeux remontent au-dessus de ses orbites, ses lèvres sont tirées vers l’arrière, la racine de sa langue se raidit, ses testicules remontent et se contractent dans leur bourse et ses doigts se colorent d’un vert sombre. Ne questionne donc pas sur un corps dont on arrache toutes les veines, car même si l’on ne devait en arracher qu’une seule, la douleur serait insupportable. Que dire alors de la douleur ressentie quand c’est l’esprit même qui est arraché ? Ce n’est plus alors d’une veine dont il s’agit mais de l’ensemble. Ensuite, chacun de ses membres, l’un après l’autre, meurent à son tour. Les premiers à

refroidir sont ses pieds, puis la partie supérieure, puis ses cuisses

agonie et une souffrance qui parviennent jusqu’à la gorge. À ce stade, sa perception du monde et de ses habitants cesse, la porte de la conversion lui est fermée et il est assailli par le remords et le regret conformément à cette Parole de l’Envoyé de Dieu : « La conversion du serviteur est

acceptée tant qu’il ne râle pas ! » 106

Mujâhid a dit à propos du verset « Mais il n’y a pas de repentir [accepté] pour ceux qui commettent de mauvaises actions, jusqu’au moment où la mort se présentant à l’un d’entre eux, il s’écrie : oui, maintenant je me repens ! » 107 : il s’agit du moment où l’individu voit de ses yeux les messagers (de la mort). Autrement dit, lorsque lui apparaît le visage de l’ange de la mort… Ne cherche pas à connaître l’amertume et la douleur de l’agonie, l’Envoyé de Dieu disait : “Ô mon Dieu, allège les souffrances de l’agonie de Muhammad.” Malheureusement, les hommes ne cherchent pas à s’en protéger et ne l’estiment pas à sa juste valeur, du fait qu’ils l’ignorent. Il est possible d’appréhender les choses avant qu’elles ne surviennent, par le biais de la lumière prophétique et de la sainteté. C’est pourquoi les prophètes (que la Paix soit sur eux) et les saints avaient une grande peur de la mort, au point de faire dire à Jésus (que la Paix soit sur lui) : « Ô vous les apôtres, demandez à Dieu de me rendre cette agonie [c’est-à-dire la mort] supportable. Je crains tellement la mort que ma peur la frôle. » On rapporte qu’un groupe d’israélites passèrent à côté d’un cimetière. Certains d’entre eux dirent aux autres : « Pourquoi ne prieriez-vous pas Dieu, Exalté, de vous faire sortir un mort pour l’interroger ? » Ils prièrent Dieu et voilà qu’un homme portant encore les traces de ses prosternations sur le front surgît de l’une des tombes et leur dit : « Qu’attendez-vous de moi ? [Sachez que] quoique j’aie goûté à la mort il y a cinquante ans, son amertume n’a jamais quitté mon cœur.

] ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Après avoir assisté à la

terrible mort de l’Envoyé de Dieu, je n’envie plus ceux dont la mort est facile ! »

Chacune des parties connaît une

de Dieu, je n’envie plus ceux dont la mort est facile ! » Chacune des parties
de Dieu, je n’envie plus ceux dont la mort est facile ! » Chacune des parties

[L’épouse du Prophète

de Dieu, je n’envie plus ceux dont la mort est facile ! » Chacune des parties

On rapporte que l’Envoyé de Dieu disait : « Ô mon Dieu, Tu extirpes l’esprit à partir des tendons, des os du nez et du bout des doigts ! Ô Mon Dieu, aide-moi à supporter la mort et rends- la moi facile à porter ! » 108

parla de la mort, de sa suffocation et de sa

douleur, puis dit : « Elle équivaut à trois cent coups d’épée ! » 109

On l’interrogea aussi sur la mort et sur sa rigueur, et il répondit : « La mort la plus facile est celle qui ressemble à l’écharde enfoncée dans la laine. Peut-on extraire l’écharde sans emporter de la laine avec elle ? » 110

éprouve ! Aucune de ses artères

n’échappe, individuellement, à la douleur de la mort. » 111 ‘Alî (que Dieu ennoblisse son visage) encourageait les gens à combattre, en leur disant : « Si vous ne tuez pas, vous mourrez. Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, mille coups d’épée me sont plus supportables que la mort dans un lit ! » Al-Awzâ‘î 112 a dit : « On nous a rapporté que le mort continue de ressentir les douleurs tant qu’il n’est pas ressuscité. » Shaddâd b. Aws 113 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « La mort est la chose la plus effrayante et la plus redoutable en ce monde et dans l’autre pour le croyant. Elle est bien plus terrible que la douleur provoquée par la scie ou les ciseaux qui découpent le corps, ou par l’ébullition dans des chaudrons. Si le mort revenait sur terre et informait les vivants à propos de la mort, ils ne profiteraient plus de la vie et perdraient le goût du sommeil. »

Zayd b. Aslam 114 rapporte ces propos de son père : « Chaque fois qu’il reste au croyant des degrés qu’il n’a pas atteint par ses œuvres et de son vivant, sa mort lui est alors rendue plus pénible pour que, par son agonie et ses souffrances, il complète ses degrés et rejoigne sa place au Paradis. Quant à l’incroyant qui aurait à son compte une bonne action et pour laquelle il n’a pas encore été rétribué, sa mort lui sera rendue plus facile en guise de récompense pour sa bonne action, il rejoindra ensuite sa place en Enfer. » Un tel, qui interrogeait souvent les personnes gravement malades sur les douleurs qu’elles ressentaient, tomba à son tour gravement malade. On lui demanda : « Que ressens-tu? » Il répondit : « C’est comme si les cieux s’étaient repliés sur la terre et comme si mon âme passait par le chas d’une aiguille ! »

a dit : « La mort soudaine est soulagement pour le croyant et chagrin pour

le débauché ! » 115 Makhûl 116 rapporte cette tradition du Prophète : « Si un des cheveux du mort était posé sur les habitants des cieux et de la terre, ils mourraient par ordre de Dieu, Exalté. Car la mort est présente dans chaque cheveu du défunt, et elle ne touche jamais une chose sans la faire périr ! » 117 On dit que si une goutte de la souffrance de la mort était versée sur les montagnes du monde, elles se liquéfieraient. On rapporte qu’à la mort d’Abraham (que la Paix soit sur lui), Dieu, Exalté, lui demanda : « Ô Mon Ami (khalîli) ! Comment as-tu trouvé la mort ? » Il répondit : « Comme une brochette qu’on enfonce dans de la laine humide et qu’on retire ensuite. » Dieu lui dit alors : « Pourtant, Nous te l’avons rendue légère ! »

alors : « Pourtant, Nous te l’avons rendue légère ! » Al- H asan rapporte [qu’un

Al-Hasan rapporte [qu’un jour] l’Envoyé de Dieu

! » Al- H asan rapporte [qu’un jour] l’Envoyé de Dieu Il rendit visite à un

Il

rendit visite à un malade, puis dit :

«

Je

sais

ce qu’il

L’Envoyé de Dieu

[qu’un jour] l’Envoyé de Dieu Il rendit visite à un malade, puis dit : « Je
[qu’un jour] l’Envoyé de Dieu Il rendit visite à un malade, puis dit : « Je

On rapporte que lorsque l’esprit de Moïse (que la Paix soit sur lui) revint à Dieu, Exalté soit-Il, son Seigneur lui demanda : « Ô Moïse, comment as-tu trouvé la mort ? » Il répondit : « Tel un

moineau que l’on rôtit vivant : incapable de mourir et de trouver le repos, et incapable de s’envoler.

» On rapporte qu’il a également dit : « C’était comme si j’étais une brebis écorchée vive par les

mains d’un boucher ! » On rapporte que durant ses derniers instants, le Prophète tenait un récipient d’eau près de lui, il

y trempait la main, se rafraîchissait le visage et disait : « Ô Mon Dieu, rends-moi supportable

l’agonie de la mort. » 118 [Présente à ses cotés, sa fille Al-Sayyida] Fâtima (que Dieu soit satisfait d’elle) lui dit alors : « Ô père, si tu savais combien je souffre pour tes douleurs ! », il lui répondit :

« [Sache] Que plus aucune souffrance n’affligera ton père après ce jour. » 119 . ‘Umar [b. al-Khattâb] (que Dieu soit satisfait de lui) a dit à Ka‘b al-Ahbâr :

« Ô Ka‘b parle nous de la mort ! » Il répondit : « Certainement, ô Prince des Croyants ! La mort est comme une branchette couverte d’épines que l’on introduit dans la gorge d’un homme et dont chaque épine s’accroche à une artère. Puis, un homme robuste retire violemment la branche : il en arrache ce qu’il peut arracher et y laisse ce qu’il laisse. » Le Prophète a dit : « Le serviteur subira certainement la douleur et l’agonie de la mort. Ses jointures se salueront l’une l’autre en disant : “ Que la Paix soit sur toi, je te quitte et tu me quittes et nous demeurerons séparés jusqu’au Jour de la Résurrection”. » 120 . Telle est l’agonie des saints et des amis de Dieu. Qu’en sera-t-il de nous qui sommes plongés dans les péchés ? L’agonie sera accompagnée d’autres épreuves qui sont au nombre de trois. La première épreuve : la violence du ravissement que nous avons déjà mentionné La seconde épreuve : la vue de l’aspect de l’ange de la mort, l’épouvante et l’horreur qu’il suscite dans le cœur. Même si l’homme le plus puissant le voyait dans la forme qu’il endosse lorsqu’il s’empare de l’esprit d’un pécheur, il serait incapable d’en supporter la vue. On rapporte que l’Ami de Dieu, Abraham (que la Paix soit sur lui), a dit à l’ange de la mort : « Peux-tu me montrer la forme que tu prends lorsque tu saisis l’esprit du dissolu ? » L’ange répondit : «

Tu ne pourrais pas la supporter ! » Abraham (que la Paix soit sur lui) lui dit : « Certes, je le pourrais ! » L’ange dit : « Tourne-toi ! » et Abraham (que la Paix soit sur lui) s’exécuta. Lorsqu’il se retourna,

il vit un homme noir, aux cheveux noirs, à l’odeur fétide et revêtu de noir. Des flammes et de la fumée

jaillissaient de sa bouche et de ses narines. Abraham (que la Paix soit sur lui) s’évanouit. Lorsqu’il revint à lui, l’ange avait reprit sa forme initiale. Abraham (que la Paix soit sur lui) lui dit alors : « Ô ange de la mort, si le dissolu ne devait affronter à sa mort que l’aspect de ton visage, cela lui serait suffisant [comme châtiment]. » Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit : « David était très zélé et dévoué (ghayûr) [à sa femme]. Lorsqu’il sortait, il fermait toujours la porte à clé. Un jour, alors qu’il était sorti après avoir bien fermé la porte, son épouse se retrouva face à un étranger dans sa maison. Elle s’écria, alarmée : “Mais qui donc a fait entrer cet homme? David va bientôt entrer et cet homme sera certainement un motif de grand désarroi !” David revint et trouva l’homme dans sa demeure. Il lui dit : “Qui es-tu ?” L’homme répondit : “Je suis celui qui ne craint pas les rois et qu’aucun voile 121 n’arrête.” David dit alors : “Par Dieu, tu es certainement l’ange de la mort !” Après quoi, David regagna précipitamment (zamala) sa place. » 122

tu es certainement l’ange de la mort !” Après quoi, David regagna précipitamment (zamala) sa place.
tu es certainement l’ange de la mort !” Après quoi, David regagna précipitamment (zamala) sa place.
tu es certainement l’ange de la mort !” Après quoi, David regagna précipitamment (zamala) sa place.

On rapporte qu’une fois, Jésus (que la Paix soit sur lui) passa à coté d’un crâne. Il lui donna un coup de pied et dit : « Parle par la permission de Dieu ! » Le crâne répondit : « Ô esprit de Dieu, je suis le roi de telle époque. Un jour, dans mon royaume, alors que j’étais assis sur le trône royal, portant ma couronne et étant entouré de mes soldats et de mes courtisans, l’ange de la mort m’apparût. Tous mes membres s’engourdirent à sa vue puis, mon âme alla à sa rencontre. Derrière ces grands rassemblements, il n’y avait que séparation et derrière cette intimité, que solitude ! » Voilà les malheurs qui frappent les rebelles et dont sont exempts les obéissants. Les prophètes (que la Paix soit sur eux) n’ont parlé que des convulsions de l’agonie et non de l’épouvante qui envahit celui qui voit la forme de l’ange de la mort. S’il le voyait en rêve, le restant de sa vie serait irrémédiablement gâché. Que dire alors de celui qui, réveillé, le voit dans sa forme véritable ? Quant à l’obéissant, il le voit sous son meilleur jour.

‘Ikrima 123 rapporte d’Ibn ‘Abbâs, qu’Abraham (que la Paix soit sur lui) était un homme zélé et dévoué. Il possédait une maison où il adorait Dieu et qu’il fermait toujours à clé lorsqu’il en sortait. Un jour, de retour chez lui, il trouva un homme dans sa maison. Il lui dit : « Qui t’a fait entrer dans ma demeure? » L’homme répondit : « Son seigneur m’y a fait entrer ! » Abraham dit alors : « C’est moi le seigneur de cette maison ! » L’homme répondit : « Celui qui m’y a fait entrer en détient la propriété bien plus que toi et moi ! » Abraham dit alors : « Quel ange es-tu? » Il répondit : « Je suis l’ange de la mort. » Abraham lui demanda alors : « Peux-tu me montrer l’aspect que tu prends quand tu saisis l’esprit du croyant? » L’ange de la mort lui dit : « Oui, mais détourne ton regard. » Abraham se détourna, puis quand il se retourna il vit un beau jeune homme, vêtu d’habits somptueux et délicatement parfumé. Il lui dit alors : « Ô ange de la mort, si le croyant ne devait voir à sa mort que ta forme, cela lui suffirait [comme récompense]. » Un autre malheur consiste à voir les deux anges enregistreurs (al-hâfidhîn). Wuhayb a dit : « Il nous est parvenu que nul ne meurt sans que les deux anges scribes (al-kâtibân) ne lui montrent ses œuvres. S’il s’agit d’un individu obéissant, ils lui diront : « Que Dieu te récompense de belle manière pour nous avoir fait asseoir dans des assemblées sincères et pour nous avoir fait assister à de belles œuvres. » En revanche, s’il s’agit d’un débauché, ils lui diront : « Que Dieu ne te rétribue pas de belle manière pour nous avoir fait asseoir dans des assemblées malveillantes, pour nous avoir fait assister à de mauvaises œuvres, pour nous avoir fait écouter des paroles immorales. Que Dieu ne t’accorde aucune belle rétribution ! » Le regard du mourant reste fixé sur eux sans possibilité de revoir le monde. La troisième épreuve : la vision que les désobéissants auront de leur sort en Enfer et de la peur qu’ils éprouveront avant cette vision. Lors de l’agonie, leurs forces s’affaiblissent progressivement et s’éteignent à l’extraction de leur esprit (ils n’en ont qu’un). Ces derniers ne sortent qu’après avoir entendu la voix de l’ange de la mort, porteuse de deux nouvelles : [Soit celle adressée au damné] : « Ô ennemi de Dieu, réjouis-toi de l’Enfer qui t’attend ! » Soit [celle adressée au béat] : « Ô ami de Dieu, réjouis-toi du Paradis. » C’est cela que les personnes les plus intelligentes ont toujours craint le plus.

a dit : « Nul d’entre vous ne quittera ce monde avant d’avoir connu son sort et

vu la place qu’il occupera au Paradis ou en Enfer ! » 124 Il a dit aussi : « Celui qui désire rencontrer Dieu, Dieu aime le rencontrer, et qui déteste rencontrer Dieu, Dieu répugne à sa rencontre. » On lui dit alors : « Mais chacun de nous déteste la

Le Prophète

rencontrer Dieu, Dieu répugne à sa rencontre. » On lui dit alors : « Mais chacun

mort ! » Il répondit : « Ce que nous entendons, c’est que lorsque le croyant est délivré [furrija lahu] de ses actions passées, il désire alors rencontrer Dieu, et Dieu aime le rencontrer. » 125 On rapporte qu’un matin, très tôt, Hudhayfa b. al-Yamân dit à Ibn Mas‘ûd (que Dieu soit satisfait d’eux) : « Lève-toi et va voir l’heure qu’il est » Ibn Mas‘ûd s’exécuta puis revint et dit : « La rouge (al-hamrâ) s’est levée ! » Hudhayfa lui dit : « Je me réfugie en Dieu contre le voyage du matin vers l’Enfer ! »

Marwân rendit visite à Abû Hurayra (que Dieu soit satisfait d’eux) et dit : « Ô mon Dieu, allège son fardeau ! » Abû Hurayra répondit : « Ô mon Dieu, alourdis-le davantage ! » Il éclata en sanglots et ajouta : « Ce n’est pas le regret de quitter ce monde, ni la douleur d’être séparé de vous qui me fait pleurer, mais plutôt l’attente de l’une des deux nouvelles de mon Seigneur : Paradis ou Enfer ! »

Le Prophète

de mon Seigneur : Paradis ou Enfer ! » Le Prophète a dit : « Lorsque

a dit : « Lorsque Dieu est satisfait d’un serviteur, Il dit à l’ange de la mort :

“Rends-toi auprès d’un tel et apporte-Moi son esprit afin que Je le soulage. Ses œuvres Me suffisent; Je l’ai mis à l’épreuve et il a agi comme Je le désire.” L’ange de la mort descend alors accompagné de cinq cent anges portant tous des plants de basilic (al-rayhân) 126 et des racines de safran 127 . Chacun de ces anges lui annonce une nouvelle différente de celles confiées par les autres. Puis, les anges portant le basilic se mettent en deux rangs et attendent la sortie de l’esprit. Lorsque Satan les voit, il prend sa tête entre ses mains et hurle. Ses soldats lui demandent alors :

“Ô Maître, pourquoi hurles-tu?” Il leur répond : “Ne voyez-vous donc pas l’honneur qui est accordé à ce serviteur? Où étiez-vous donc [de son vivant] ?” Ils répondent : “Nous avons tout tenté, mais il était protégé !” » 128 Al-Hasan a dit : « Nul repos pour le croyant avant de rencontrer Dieu, Exalté soit-Il. Le jour de sa mort est pour lui un jour de gaieté, de joie, de sécurité, de gloire et d’honneur. » On dit à Jâbir b. Zayd 129 à ses derniers instants : « Que désires-tu? » Il dit : « Voir al-Hasan ! » On le lui ramena. Il leva ses yeux vers lui et dit : « Ô mes frères, l’Heure est arrivée, et par Dieu je dois vous quitter pour le Paradis ou l’Enfer ! » Muhammad b. Wâsi‘ 130 a dit à ses derniers instants : « Ô mes frères, adieu ! Soit l’Enfer soit le Pardon de Dieu ! » Certains souhaitent demeurer pour toujours dans leur agonie et ne pas ressusciter, pour recevoir châtiment ou récompense. La peur d’un terme funeste a toujours épouvanté les cœurs des gnostiques. Il s’agit de l’un des plus terribles malheurs qui accompagnent la mort. Nous avons déjà mentionné et expliqué le terme funeste (sû’ al-khâtima) et la peur qu’en ont les gnostiques dans le livre Crainte et Espérance 131 . Il est donc inutile de nous attarder ici sur ce sujet.

Exposition des états souhaitables à l’approche de la mort

Sache que face à la mort, il est souhaitable que le mourant ait un aspect serein et résigné, que sa langue prononce la profession de foi et que son cœur se fasse une bonne opinion de Dieu, Exalté. Quant à l’aspect souhaité, il est rapporté que le Prophète a dit : « Surveillez ces trois signes chez le mourant : si son front transpire, ses yeux pleurent et ses lèvres deviennent sèches, cela signifie que la miséricorde de Dieu est descendue sur lui. En revanche, s’il étouffe comme l’individu qu’on étrangle, si le teint de son visage devient rouge et si ses lèvres bavent, cela signifie que le châtiment de Dieu est descendu sur lui. » 132

visage devient rouge et si ses lèvres bavent, cela signifie que le châtiment de Dieu est

Quant à la formulation de la profession de foi par la langue, il s’agit d’un signe de bien (‘alâmat al-khayr). Abû Sa‘îd al-Khudrî (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit :

« Faites répéter à vos mourants [la profession de foi] : il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu ! » 133 Et dans la version transmise par Hudhayfa (que Dieu soit satisfait de lui) : « Elle [la profession de foi] anéantit les fautes passées ! »

a dit : «

Celui qui meurt en sachant qu’il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu, entrera au Paradis. » 134 ‘Ubayd Allâh a ajouté : « [S’il meurt] en faisant ce témoignage. » ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Quand l’individu est proche de la mort, faites lui répéter qu’il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu. Aucun serviteur ne conclut sa vie par cette formule sans que celle-ci ne lui soit de provision au Paradis. » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Soyez présents aux derniers instants du mourant, incitez-le à se rappeler, car il voit ce que vous ne voyez pas et faites-lui répéter : “Il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu.” » Abû Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : “ L’ange de la mort se présenta à un mourant. Il regarda dans son cœur et n’y trouva rien. Il écarta les poils de sa barbe et vit que le bout de sa langue était collée au palais et répétait : “Il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu”. Il lui fut alors pardonné en raison de sa formulation de la foi sincère (kalimat al-ikhlâs).” » 135 Il est préférable que le souffleur [de la profession de foi au mourant] (al-mulaqqin) ne soit pas insistant, mais use plutôt de douceur, car il se pourrait que sa langue soit incapable de prononcer la formule. Cela évite que, par dépit, ce dernier en éprouve de l’aversion, ce qui pourrait le conduire vers un terme funeste. Le sens profond de cette phrase, c’est que l’individu meurt en n’ayant rien d’autre que Dieu dans le cœur. Car s’il n’a pour toute nostalgie que celle de l’Unique, le Vrai, alors le rapprochement avec son Bien-Aimé à travers la mort sera son ultime bonheur. Mais lorsque le cœur est occupé par le monde, s’y incline, en regrette les délices et que la formule de profession de foi soit sur le bout de la langue sans que le cœur ne la confirme, alors l’affaire relève du risque de la Volonté (khatar al-mashî’a), car le simple remuement de la langue n’est pas d’un grand avantage, sauf si Dieu, Exalté, consent à l’accepter.

Quant à la bonne opinion, il s’agit d’une attitude louable en ces instants. Nous en avons déjà parlé dans le livre de l’Espérance (kitâb al-rajâ’), et il y a diverses traditions et récits des anciens à ce sujet : « Une fois, Wâthila b. al-Asqa‘ 136 rendit visite à un malade et lui demanda : “Dis-moi, quelle opinion as-tu de Dieu?” L’homme répondit : « Je me noie dans mes péchés et l’anéantissement est proche, mais j’espère en la miséricorde de mon Seigneur !” Wâthila s’écria alors : “ Dieu est le plus grand ! ” - et tous les proches du malade firent de même, puis il ajouta qu’il avait entendu l’Envoyé de Dieu dire : “ Dieu, Exalté, dit : “Je suis selon l’opinion que se fait de Moi Mon serviteur. Qu’il se fasse donc l’opinion qu’il veut de Moi.” » 137

rendit visite à un jeune mourant et lui demanda : « Comment vas-tu? » Il répondit

: « J’ai espoir en Dieu et je crains pour mes fautes ! » Le Prophète dit : « Ces deux sentiments ne s’unissent jamais dans le cœur d’un serviteur mourant sans que Dieu ne lui donne ce qu’il espère et le rassure de ce dont il a peur ! » 138 Thâbit al-Bunânî 139 a dit que la mère d’un jeune frivole l’exhortait sans cesse en lui disant : « Ô

[Le calife] ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que l’Envoyé de Dieu

lui disant : « Ô [Le calife] ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que
lui disant : « Ô [Le calife] ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que
lui disant : « Ô [Le calife] ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que

Le Prophète

lui disant : « Ô [Le calife] ‘Uthmân (que Dieu soit satisfait de lui) rapporte que

mon fils, ton jour viendra, rappelle-toi ! » Lorsque le décret divin le concernant vint à lui, elle se pencha sur lui et dit : « Ô mon fils, je t’avais pourtant averti de ce moment et te disait que ton jour viendrait […]. » Le fils répondit : « Ô mère, j’ai un seigneur à la bonté immense, et j’espère qu’Il ne me privera pas de Sa bonté en ce jour ! » Thâbit dit alors : « Dieu lui fasse miséricorde pour la bonne opinion qu’il s’est faite de son Seigneur ! » Jâbir b. Wadâ‘a a dit : « La mère d’un jeune mourant, souffrant de démence, lui demanda : « Ô mon fils, as-tu un dernier souhait? » Il répondit : « Oui, ne retire pas ma bague car elle contient la mention de Dieu, Exalté. Peut-être que Dieu me pardonnera ! » Après son enterrement, un tel le vit en songe. Il lui dit : « Informez ma mère que la parole m’a été utile et que Dieu m’a pardonné ! » Un jeune bédouin tomba malade et on lui annonça qu’il allait mourir. Il demanda : « Où me conduira-t-on? » On lui répondit : « Auprès de Dieu. » Il dit : « Comment détesterais-je aller auprès de Celui de qui tout le bien découle ? » Abû al-Mu‘tamir b. Sulaymân 140 rapporte que durant les derniers instants de son père, ce dernier lui demanda : « Ô Mu‘tamir, parle-moi des concessions légales (al-rukhas) susceptibles de me faire rencontrer Dieu, Exalté et Magnifié soit-Il, en ayant une bonne opinion de Lui. » Les Anciens aimaient rappeler au serviteur mourant ses bonnes actions afin de favoriser la bonne opinion de son Seigneur. Exposition de l’affliction ressentie lors de la rencontre avec l’ange de la mort. Ash‘ath b. Aslam 141 a dit : « Abraham (que la Paix soit sur lui) demanda à l’ange de la mort - dont le nom est ‘Azrâ’îl, “l’ange qui possède un œil sur la face et un autre sur la nuque” - : « Ô ange de la mort, que fais-tu [lorsque tu dois saisir] une âme à l’Est et une autre à l’Ouest, qu’une épidémie frappe une terre et que deux armées s’affrontent? ” » L’ange de la mort répondit : « J’appelle les esprits avec la permission de Dieu, et ils viennent se placer entre mes deux doigts. » [Abraham ajouta] : « Puis la terre lui est rendue plate et prend la forme d’une cuvette (tasht) d’où il extrait [les âmes] ». Puis, Ash‘at ajouta : « Ce fut à cette occasion que l’ange annonça à Abraham (que la Paix soit sur lui) que Dieu, Exalté et Magnifié, avait fait de lui Son ami. Salomon, fils de David (que la Paix soit sur eux) demanda à l’ange de la mort : « Pourquoi ne te vois-je pas agir équitablement avec les gens? Tu saisis certains et tu laisses d’autres vivre ! » Il répondit : « Je n’en sais pas plus que toi. Il s’agit de noms, inscrits sur des feuillets et sur des livres, qui me sont envoyés. » Wahb b. Munabbih a dit : « Un certain roi voulut se rendre dans une contrée. Il ordonna qu’on lui porte des vêtements d’apparat; mais les habits qu’on lui présenta n’étaient pas à son goût. Il en demanda d’autres. Après plusieurs essais, il en trouva finalement un qui lui plut. Il fit de même avec les chevaux qu’on lui portait et ne monta que le plus beau. Le diable vint ensuite lui souffler dans les narines et le roi s’enfla d’orgueil. Entouré de chevaux [et de cavaliers], il partit sans même daigner accorder un regard pour les gens. Un homme misérablement accoutré vint alors près de lui et le salua sans recevoir de salutations en échange. L’homme saisit la bride du cheval royal, le roi lui dit :

“Lâche immédiatement cette bride, tu viens de commettre une grave erreur !” L’homme lui dit alors :

“J’ai une chose importante à te dire !” Le roi dit : “Attends que je descende.” Tirant violemment les rênes du cheval, l’homme répondit : “Non, immédiatement !” Le roi dit alors : “Parle !” et l’homme

répondit : “Il s’agit d’un secret.” Le roi tendit son oreille vers lui et l’homme lui chuchota : “Je suis l’ange de la mort !” Le roi devint pâle, puis la voix confuse, dit : “Accorde-moi de revenir près des miens, de régler mes affaires et de leur faire mes adieux.” L’ange répondit : “Non. Par Dieu, tu ne reverras plus les tiens, ni ta richesse !” Il saisit son esprit et le roi tomba raide mort comme un morceau de bois sec. L’ange continua son chemin et rencontra un serviteur croyant qu’il salua. Après que le croyant l’ait salué à son tour, l’ange lui dit : “Je dois te dire une chose à l’oreille.” L’homme répondit : “Dis-moi !” Et l’ange : “Je suis l’ange de la mort.” L’homme : “Bienvenue à celui qui s’est fait tant attendre. Par Dieu, je n’ai jamais désiré rencontrer un absent sur terre autant que toi !” Et l’ange : “Fais donc ce pourquoi tu es sorti !” L’homme : “Je ne devais rien faire.” L’ange : “Choisis la condition dans laquelle tu veux que je saisisse ton esprit.” L’homme : “As-tu ce pouvoir?” L’ange :

“Oui. Il en va ainsi de ce qu’il me fut ordonné.” L’homme : « “Fort bien. Attends alors que je fasse mes ablutions et que je prie. Saisis mon esprit lorsque je serai prosterné.” L’ange saisit l’esprit de l’homme, alors qu’il était en prosternation. »

Abû Bakr b. ‘Abd Allâh al-Mazanî 142 a dit : « Près de mourir, un israélite qui avait amassé beaucoup de biens dit à son fils : “Montrez-moi mes richesses !” Et son fils apporta certains chevaux, chameaux, esclaves et autres biens. Lorsque le mourant les vit, il pleura de chagrin. L’ange de la mort lui demanda : “Pourquoi pleures-tu? Sache, par Dieu qui t’a accordé tous ces bienfaits, que je ne sortirais pas de ta demeure avant d’avoir séparé ton esprit de ton corps.” L’homme dit : “Accorde- moi un peu de répit, pour que je puisse les distribuer ” L’ange : “ Malheur à toi ! Le répit accordé a cessé. Il aurait été préférable que tu le fasses avant l’échéance du délai.” Puis, il saisit son esprit. » On rapporte qu’un homme, qui avait amassé toutes sortes de richesses et qui avait construit un palais fermé par deux solides portes et protégé par de jeunes gardes, fit réunir un jour sa famille à qui il offrit un repas. Il s’installa confortablement sur son divan, une jambe sur l’autre, et les observait manger. Lorsqu’ils terminèrent de manger, il dit : « Ô mon âme, jouis donc de ces biens pendant des années. J’ai amassé pour toi ce qui te suffit […] » Il n’avait pas encore terminé son discours que l’ange de la mort, sous l’aspect d’un misérable, revêtu de guenilles et un sac de toile pendu au cou, frappa avec une violence inouïe à la porte. L’homme en trembla. Les gardes allèrent à la porte et lui demandèrent : « Que veux-tu? » L’ange répondit : « Appelez votre maître ! » Les gardes lui répondirent avec mépris : « Tu crois que notre maître s’incommoderait pour un individu tel que toi ?

» Il dit : « Oui, appelez-le ! » Les gardes s’en retournèrent et informèrent leur maître, qui leur

répondit : « Vous avez bien fait. » Un instant plus tard, un coup plus violent que le précèdent fit

trembler la porte. Les gardes se précipitèrent et l’homme leur dit : « Dites à votre maître que je suis l’ange de la mort ! » À ses mots, les gardes furent envahis par la peur et leur maître fut recouvert d’opprobre et d’humiliation. Il ordonna à ses derniers : « Parlez-lui poliment et demandez-lui s’il est venu chercher quelqu’un dans cette maison? » L’ange fit alors irruption et dit au maître des lieux : « Fais donc de tes richesses ce qui te plait ! Sache que je ne quitterai pas ce lieu sans avoir saisi ton esprit. » L’homme ordonna qu’on lui porte ses biens. À leur vue, il s’exclama : « Que Dieu vous maudisse ! Vous m’avez détourné de l’adoration de mon Seigneur et empêché de me consacrer à Lui.

» Dieu donna alors la parole aux biens qui répondirent : « Pourquoi nous insultes-tu? [As-tu donc

oublié] que c’est à cause de nous que la porte des princes interdite aux pieux, t’était ouverte ? Que c’est à cause de nous que tu t’unissais aux filles de joie, que tu t’asseyais à la table des monarques et que tu nous dépensais dans les mauvaises actions ? Nous n’avons jamais été protégés de tes mauvaises actions, et si tu nous avais dépensés pour de bonnes œuvres, nous t’aurions certainement été utiles [aujourd’hui]. Ô fils d’Adam vous avez été créés de poussière, certains font le bien et

d’autres, le mal ! » Sur ce, l’ange de la mort saisit son esprit, et l’homme tomba raide mort. Wahb b. Munabbih a dit : « Une fois, l’ange de la mort saisit l’esprit de l’un des plus grands tyrans de la terre. De retour au ciel, les anges lui demandèrent : « De tous ceux que tu as saisi, avec lequel t’es tu montré le plus compatissant? » Il répondit : « On m’a ordonné, une fois, de saisir l’âme d’une femme dans un endroit désert. Lorsque j’arrivai, elle venait de mettre au monde un enfant. J’eu de la peine pour sa solitude et pour l’enfant qui venait de naître dans ce désert, alors qu’il n’y avait personne pour s’occuper de lui. » Les Anges lui dirent alors : « Sache que le terrible tyran dont tu viens de saisir l’esprit est cet enfant pour lequel tu avais éprouvé tant de peine. » L’ange de la mort dit alors : « Gloire à Dieu qui répand Sa bonté où Il veut ! » ‘Atâ’ b. Yasâr 143 a dit : « La nuit de la mi-Sha‘bân 144 , une feuille est remise à l’ange de la mort et on lui dit : “Cette année, saisis ceux dont les noms figurent sur cette liste !” Puis, ‘Atâ’ a ajouté : « L’homme cultive ses terres, se marie et construit sans savoir que son nom figure sur cette liste. » Al-Hasan a dit : « Pas un jour ne passe sans que l’ange de la mort ne visite trois fois une demeure. S’il trouve celui dont le nom figure sur sa liste, dont les provisions sont terminées et le délai achevé, il saisit son esprit. Lorsqu’il le saisit, la famille du défunt pleure et se lamente, alors l’ange de la mort pose ses mains sur les chambranles de porte et dit : “Par Dieu, je n’ai pas mangé de ses provisions, ni ne lui ai ravi de son âge ni réduit son délai ! [Sachez que] Je reviendrai une autre fois, de manière à n’épargner la vie à aucun d’entre vous.” Puis al-Hasan a ajouté : “Par Dieu, s’ils parvenaient à voir où il se tient et à entendre ce qu’il dit, ils oublieraient leur défunt et pleureraient sur leur sort.” » Yazîd al-Ruqâshî 145 a dit : « Alors qu’un des pires tyrans israélites était assis chez lui en compagnie de son épouse, un homme pénétra par la porte de sa maison. Surpris, le tyran se leva en colère et demanda en hurlant : “ Qui es-tu, et comment oses tu rentrer chez moi? ” L’homme répondit :

“ Quant à Celui qui m’a fait entrer, il s’agit de Son propriétaire [véritable]. Quant à moi, je suis celui qu’aucun chambellan ne repousse, celui qui ne demande pas la permission d’entrer auprès des rois, celui qui ne craint pas la force de l’adversaire puissant et celui que ne peut chasser le tyran obstiné et le démon rebelle. ” Le tyran enfouit son visage entre ses mains et se mit à trembler si fort qu’il tomba sur son visage. Il leva ensuite les yeux et, implorant et geignant, demanda : “ Tu es donc l’ange de la mort? ” L’ange répondit : “ Oui, c’est bien moi ! ” L’homme dit : “ M’accorderas-tu un répit afin que je puisse m’amender? ” L’ange répondit : “ Malheur à toi ! Ton délai a cessé ; tes souffles sont dépensés ; tes heures terminées et tu n’as plus droit à un répit. ” Le tyran demanda : “Où me conduis- tu?” L’ange : “Vers les œuvres que tu as accomplies et la demeure que tu t’es préparée ! ” L’homme :

“ Mais je n’ai aucune bonne œuvre à mon compte, ni de belle demeure préparée ! ” L’ange répondit :

“Au brasier qui a hâte de te faire rôtir !” 146 . Puis, il saisit son esprit et l’homme tomba raide mort devant ses proches qui hurlaient et pleuraient. » al-Ruqâshî ajouta : « S’ils avaient su quel triste sort les attendait, leurs jérémiades auraient été pires. » Al-A‘mash 147 rapporte, d’après Khaythama 148 : « L’Ange de la mort se rendit auprès de Salomon, fils de David (que la Paix soit sur eux), et se mit à fixer intensément un des hommes présents. Lorsqu’il sortit, l’homme demanda à Salomon : “Qui est cet homme?” Il répondit : “L’ange de la mort. ” L’homme dit alors : “Je l’ai vu me fixer si intensément qu’on aurait dit qu’il me voulait. ” Salomon lui demanda : “ Et qu’attends-tu de moi?” L’homme lui dit : “Je veux que tu m’en libères. Ordonne donc au vent de me conduire jusqu’en Inde !” [Salomon accéda à sa demande] et le vent emporta l’homme jusqu’en Inde. Puis, Salomon dit à l’ange de la mort qui était revenu lui rendre

visite : “Je t’ai vu regarder intensément l’un de mes hôtes.” L’ange répondit : “Oui, je m’émerveillais du fait qu’on m’avait ordonné de saisir son âme bientôt à l’extrémité de l’Inde, alors qu’il était présent chez toi. Cela m’avait grandement surpris.” »

CHAPITRE IV

DE LA MORT DE L’ENVOYÉ DE DIEU

CHAPITRE IV DE LA MORT DE L’ENVOYÉ DE DIEU ET DE CELLES DES CALIFES BIEN-GUIDÉS La

ET DE CELLES DES CALIFES BIEN-GUIDÉS

La mort de l’Envoyé de Dieu

DES CALIFES BIEN-GUIDÉS La mort de l’Envoyé de Dieu Sache que vivant ou mort, par ses

Sache que vivant ou mort, par ses actions et ses paroles, l’Envoyé de Dieu constitue le meilleur exemple, et que tous ses états sont une leçon et une lumière pour tous ceux qui considèrent et scrutent profondément (al-mustabsirîn) les choses, car il n’existe personne de plus noble que lui auprès Dieu. Il est l’ami de Dieu, Son bien-aimé, Son intime (najîh), Sa plus pure créature, Son Envoyé et Son Prophète. Regarde donc s’Il a accordé une heure supplémentaire à son terme ou s’il a retardé d’une seconde sa mort ? Non, au contraire, Il lui a envoyé les nobles anges chargés de saisir les esprits des hommes. Ils se chargèrent de saisir son esprit, pur et noble, et le préparèrent à quitter son noble corps afin de le transporter vers la miséricorde et la satisfaction, vers « les plus belles plaines de la grâce » (al-khayyirât al-hisân) 149 et vers un « havre [de paix et] de sincérité » 150 (maq‘ad sidq), près du Tout-Miséricordieux. Malgré toutes ces grâces, durant ses ultimes instants, sa douleur était si intense qu’il en gémissait. Son inquiétude s’aggrava et le ton de sa voix exprimait sa grande souffrance. Son teint changea et son front était inondé de sueur. À chaque souffle, ses flancs droit et gauche s’agitaient tellement que les personnes présentes en pleuraient, et ceux qui le voyaient dans cet état ne cessaient de sangloter. Crois-tu donc que la fonction de prophétie pouvait repousser ce qui lui avait été destiné ? Et crois- tu que l’ange de la mort a eu plus de considération pour lui, eu égard à sa famille ou à son clan ? Et s’est-il plié à ses propres souhaits bien qu’il s’agisse de celui qui avait contribué à la vérité et qui avait été envoyé aux créatures en tant qu’annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur ? Prends garde ! [L’ange] n’a fait que se soumettre à ce qui lui avait été ordonné et n’a suivi que ce qu’il a trouvé inscrit sur la Table.

, même s’il occupe auprès de Dieu la « Station

louée et enviée » (al-maqâm al-mahmûd), qu’il est le possesseur du « Bassin qui désaltère » (al- hawd al-mawrûd); qu’il est le premier pour qui la terre se fendra et l’intercesseur (sâhib al-shafâ‘a) au Jour de la Comparution (yawm al-‘ard). Il est surprenant que tout cela ne nous serve pas de leçon et que nous doutions de ce qui nous attend ! Bien plus, nous continuons à être otages de nos passions et complices de nos péchés et de nos fautes. Qu’est-ce donc qui nous empêche de tirer des enseignements de la mort de Muhammad , le seigneur des envoyés, le guide des pieux et le bien-aimé du Seigneur des mondes ? Peut-être nous croyons-nous immortels ou que, malgré nos fautes, nous serons honorés auprès de Dieu ? Prenons garde, prenons garde ! Nous devons plutôt nous convaincre, tous, d’aller en Enfer, duquel ne seront épargnés que les pieux. Nous devons nous persuader de cette funeste destinée que seules nos illusions contredisent. Certes, si tel est notre état, alors nous aurons été vraiment injustes envers nous-mêmes de nous être rempli de vains espoirs. Par Dieu, notre comportement n’aura alors rien de

rempli de vains espoirs. Par Dieu, notre comportement n’aura alors rien de Ainsi donc en était-il

Ainsi donc en était-il du terme du Prophète

rempli de vains espoirs. Par Dieu, notre comportement n’aura alors rien de Ainsi donc en était-il
rempli de vains espoirs. Par Dieu, notre comportement n’aura alors rien de Ainsi donc en était-il

pieux ! Dieu, le Seigneur des mondes, a dit : « Il n’est aucun d’entre vous qui ne devra s’approcher [de L’Enfer] : c’est là un arrêt fixé, irrévocable de ton Seigneur. Ensuite, Nous délivrerons ceux qui étaient pieux et Nous y laisserons les injustes agenouillés. » 151 Que chaque serviteur considère son âme : est-il plus proche des injustes ou des pieux ?

Considère donc ton état après avoir examiné la conduite des pieux anciens (al-salaf al-sâlih); malgré les faveurs divines qui leur ont été accordées, ils n’ont jamais cessé d’être de ceux qui craignent pieusement Dieu. Considère ensuite le seigneur des envoyés , il était certain de sa condition, du fait qu’il était aussi bien le seigneur des prophètes que le chef des pieux (qâ’id al- muttaqîn). Considère ses souffrances à l’approche des adieux et comment son état s’est aggravé avant de rejoindre le Paradis Ma’wâ. Ibn Mas‘ûd (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Nous rendîmes visite à l’Envoyé de Dieu , dans la maison de notre mère ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle), lorsque la séparation devint proche. À notre vue, des larmes coulèrent de ses yeux. Il dit alors : “Bienvenus ! Que Dieu vous accorde longue vie, refuge et aide. Je vous exhorte à craindre Dieu et vous confie à Lui. Je suis, pour vous, Son avertisseur : ne vous exaltez pas devant Lui, sur Sa terre et devant Ses serviteurs, car la fin se rapproche [chaque jour davantage], le retour est vers Dieu, vers le Lotus de la limite (sidrat al-muntahâ), le Paradis Ma’wâ et la Coupe la plus pleine (al-ka’s al-awfâ). Recevez donc mon salut et transmettez-le à ceux qui, après mon départ, entreront en Islâm, ainsi que la miséricorde de Dieu.” » 152 Il est rapporté qu’à sa mort, le Prophète a dit à l’ange Gabriel (que la Paix soit sur lui) : « Qu’en sera-t-il de ma Communauté après moi? » Dieu, Exalté, révéla alors à Gabriel : « Annonce à Mon bien-aimé que Je ne le décevrai pas en ce qui concerne sa communauté. Annonce lui qu’il sera l’homme le plus leste à sortir de terre, le Jour de la Résurrection; qu’il sera le seigneur des hommes lors de leur rassemblement et que le Paradis sera interdit à toutes les communautés tant que la sienne n’y sera pas entrée. » Le Prophète dit alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis.

dit alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis. » 153 [La Mère des Croyants] ‘Aisha
dit alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis. » 153 [La Mère des Croyants] ‘Aisha
dit alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis. » 153 [La Mère des Croyants] ‘Aisha
dit alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis. » 153 [La Mère des Croyants] ‘Aisha

» 153

alors : « Maintenant, mes yeux sont réjouis. » 153 [La Mère des Croyants] ‘Aisha (que

[La Mère des Croyants] ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « L’Envoyé de Dieu nous a ordonnés de le laver avec l’eau de sept récipients, puisée dans sept puits. Après l’avoir lavé, il trouva quelque repos. Il se leva donc et alla conduire la prière à la mosquée. Il demanda à Dieu de pardonner aux Gens d’Uhud 154 , invoqua Dieu en leur faveur, fit des recommandations concernant les Ansârs 155 , puis dit : « Ô Émigrés [Mecquois], vous êtes chaque jour plus nombreux, alors que le nombre des Ansârs restera le même qu’aujourd’hui. Sachez que je suis redevable aux Ansârs (litt. mes créanciers) car c’est auprès d’eux que j’ai trouvé refuge. Aussi, honorez leurs nobles, c’est-à- dire les vertueux d’entre eux, et pardonnez à ceux d’entre eux qui commettent des erreurs. » Puis, il ajouta : « On demanda à un serviteur de choisir entre ce monde et ce qui se trouve auprès de Dieu. Il porta son choix sur ce qui est auprès de Dieu ! » Ayant compris qu’il s’agissait Prophète, Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) éclata alors en sanglots. Le Prophète lui dit : « Ô Abû Bakr, moins de hâte ! Fermez toutes les portes de la mosquée, qui donnent sur la rue, sauf celle d’Abû Bakr, car je ne connais aucun homme plus digne de compagnie que lui ! » 156 [La Mère des Croyants] ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « L’Envoyé de Dieu mourut chez moi, durant le jour qui m’était consacré, entre ma poitrine et mon cou. Et à sa mort, Dieu a uni nos salives. Mon frère, ‘Abd al-Rahmân, entra tenant en sa main un siwâk 157 . Le

à sa mort, Dieu a uni nos salives. Mon frère, ‘Abd al-Ra h mân, entra tenant
à sa mort, Dieu a uni nos salives. Mon frère, ‘Abd al-Ra h mân, entra tenant

Prophète le regarda avec envie et je compris qu’il le voulait. Je lui demandai : “Veux- tu que je le prenne ?” Il hocha la tête. Je le lui donnai et il le mit dans sa bouche. Mais le siwâk était trop dur, aussi lui demandai-je s’il voulait que je l’attendrisse avec mes dents. Il hocha à nouveau la tête, et je m’exécutai avant de le lui redonner. Il y avait près de lui un récipient d’eau où il plongeait la main et disait : “Il n’y a de divinité que Dieu ! Certes, la mort a des rigueurs !” Puis, il leva la main et dit : “Le Compagnon suprême … le Compagnon suprême !” Je dis : “Par Dieu, Il ne nous préférera certainement pas [à lui ] !” » 158 Sa‘îd b. ‘abd Allâh rapporte la tradition suivante de son père : « Lorsque les Ansârs virent que l’état du Prophète s’aggravait, ils se réunirent autour de la mosquée. Al-‘Abbâs (que Dieu soit satisfait de lui) se rendit chez le Prophète et l’informa de leur chagrin et de leur présence. Fadl en fit de même. Puis ce fut le tour de ‘Alî (que Dieu soit satisfait de lui) qui l’informa de la même chose. Il tendit la main et dit : “ Ici ! ” Ils s’approchèrent alors de lui et il leur demanda : “ Qu’en dites- vous? ” Ils répondirent : “Nous craignons que tu meurs !” Les femmes se lamentaient auprès de leur mari qui entouraient le Prophète . L’Envoyé de Dieu se redressa alors et, soutenu par ‘Alî et Fadl, et précédé par al-‘Abbâs, sortit la tête bandée et traînant les pieds sur le sol. Il alla s’asseoir sur la marche la plus basse de sa chaire (al-minbar), pendant que les gens prenaient place autour de lui. Il glorifia et loua Dieu, puis dit : “Ô gens, on m’a appris que vous craignez que je ne meurs. C’est comme si vous exécriez la mort ! Qu’est ce que vous ne supportez pas dans la mort de votre Prophète ? Est-ce que la nouvelle [de ma mort] ne vous a pas été préalablement annoncée (alam un‘a ilaykum) 159 , de même que celle de vos âmes ? Est-ce qu’un prophète, parmi ceux qui m’ont précédé, a été rendu immortel pour que j’y prétende moi aussi ? En vérité, je m’en vais rejoindre mon Seigneur et vous aussi Le rejoindrez. Je vous recommande de bien traiter les premiers Émigrés et recommande aux Émigrés de bien agir entre eux. Dieu, Puissant et Majestueux, a dit :

“Par le Temps ! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance.” 160 (le § suivant à la suite, car il reste dans la continuité du dialogue prophétique) Les choses suivent, par la permission de Dieu, leur cours. Ne permettez pas que la lenteur [naturelle] d’une chose vous incite à la hâter, car Dieu, Puissant et Majestueux, ne hâte pas les choses pour satisfaire l’empressement de quelqu’un. Celui qui chercher à renverser Dieu, Dieu le renverse, et celui qui cherche à Le tromper, Dieu le trompe. “Si vous vous détournez, ne serez-vous pas capables de semer la corruption sur la terre et de rompre vos liens du sang?” 161 . Je vous recommande de bien traiter les Ansârs car “ils sont ceux qui s’étaient établis dans cette cité [Médine] et dans la foi […]” 162 avant vous. Honorez-les ! N’ont-ils pas partagé avec vous la moitié de leurs récoltes ? Ne vous ont-ils pas fait de l’espace dans leurs demeures ? Ne vous ont- ils pas préférés à eux-mêmes alors qu’ils étaient dans le besoin ? Celui d’entre vous qui a autorité pour juger entre deux hommes [d’entre eux], qu’il accueille favorablement le plus vertueux d’entre eux et soit indulgent envers celui qui faute ! Et ne préférez personne à eux ! [Sachez] que je vous précède et que vous me rejoindrez [bientôt], et que votre lieu de rencontre sera le Bassin, mon bassin qui est plus vaste que la distance qui sépare Basra, au Shâm [Syrie], de San‘a, au Yémen. Son eau découle du Kawthar : sa couleur est plus blanche que le lait, elle est plus tendre que la crème et plus douce que le miel, et celui qui en boit n’aura plus jamais soif. Ses galets sont des perles et son lit, du musc. Quiconque en sera privé demain, sera privé du Bien dans son entier. Que celui qui désire m’y rencontrer demain, retienne sa langue et sa main, sauf en ce qui convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous des recommandations

convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous
convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous
convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous
convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous
convient et ce qui est nécessaire.” Al-‘Abbâs dit alors : “Ô Prophète de Dieu, fais nous

sur les Qurayshites !” Il répondit : “Voici ce que je recommande au sujet des Qurayshites et de leurs partisans : la justice envers leurs hommes justes et la rigueur envers leurs injustes ! Ô gens, les péchés transforment les faveurs et changent les parts. Si les gens sont bons, leurs chefs le seront envers eux et s’ils sont mauvais, leurs dirigeants seront cruels. Dieu, Exalté, a dit : “C’est ainsi que Nous plaçons certains iniques sous l’autorité d’autres iniques pour les payer de ce qu’ils ont commis.” 163 ” ». Ibn Mas‘ûd rapporte que le Prophète a dit à Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) : « Ô Abû Bakr, pose ta question ? » Abû Bakr demanda : « Ô Envoyé de Dieu, la fin est-elle proche ? » Il répondit : « Le terme s’est rapproché et est suspendu [au dessus de nous] ! » Abû Bakr : « Ô Prophète de Dieu, que ce qui se trouve auprès de Dieu te soit d’une infinie réjouissance ! J’aurais aimé savoir où nous serons conduits lors de notre retour ? » Le Prophète : « Vers Dieu et le Lotus de la limite, puis vers le Paradis al-Ma’wâ, puis vers le [Paradis] Firdaws élevé et la Coupe pleine, vers le Compagnon suprême, et enfin vers un sort fortuné et une vie heureuse. » Abû Bakr demanda : « Ô Prophète de Dieu, qui se chargera de te laver ? » Il répondit : « Les hommes les plus proches de ma famille ! » Abû Bakr : « Dans quoi veux-tu qu’on enveloppe ton corps ? » Il répondit :

« Dans les vêtements que je porte, un manteau yéménite, et une étoffe blanche. » Abû Bakr : « Comment devrons-nous prier sur toi ? » Sur ce, nous pleurâmes et lui aussi pleura. Puis, il dit : « Doucement, que Dieu vous pardonne et vous rétribue, de la part de Son Prophète, de la plus belle des manières. Une fois que vous aurez lavé et enveloppé mon corps, posez-moi sur mon lit dans cette maison à côté de ma tombe et sortez pendant une heure. Car le premier à prier sur moi sera Dieu, Puissant et Majestueux, « C’est Lui qui prie sur vous, ainsi que Ses anges. » 164 Puis, Il ordonne aux anges de prier sur moi. La première créature de Dieu qui entrera pour prier sur moi sera Gabriel, puis Mikâ’îl, puis Isrâfîl, puis l’ange de la mort et une multitude d’autres, et enfin tous les anges, que la prière de Dieu soit sur eux tous ! » Ensuite, ce sera votre tour : entrez par groupes, les uns après les autres, et priez sur moi. Puis, évoquez sur moi la Paix en abondance. Ne me causez pas de tort par des louanges excessives, par vos cris et vos lamentations. Le premier à entrer sera l’imam, puis mes parents, les plus proches d’abord, ensuite les femmes, suivies des enfants. » Abû Bakr demanda : « Qui devra te mettre dans ta tombe ? » Il répondit : « Les plus proches parmi les miens. Ils seront accompagnés d’une foule d’anges que vous ne verrez pas, mais qui, eux, vous verront. Levez-vous et agissez en mon nom pour ceux qui viendront après moi. » 165 ‘Abd Allâh b. Zam‘a 166 a dit : « Au début du mois de Rabî‘ al-Awwal, Bilâl (que Dieu soit satisfait de lui) se présenta et appela à la prière. L’Envoyé de Dieu dit alors : “Dites à Abû Bakr de diriger la prière collective !” Je sortis et ne vis à la porte de la mosquée que ‘Umar [b. al- Khattâb] (que Dieu soit satisfait de lui) en compagnie d’autres personnes, mais pas Abû Bakr. Je dis alors : “Ô ‘Umar, lève-toi pour conduire la prière !” ‘Umar se leva et dès qu’il fit le takbîr de sa voix haute, l’Envoyé de Dieu reconnut immédiatement sa voix. Il répéta alors trois fois de suite : “Où est Abû Bakr ? Dieu et les musulmans refusent cela !” Puis ajouta : “Dites à Abû Bakr de diriger la prière collective !” ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) lui dit alors : “Ô Envoyé de Dieu, Abû Bakr a un cœur trop sensible ! S’il devait prendre ta place, il serait dominé par les pleurs.” Il dit : “Ô femmes, vous êtes telle cette gente féminine de [l’histoire de] Joseph ! Dites à Abû Bakr de diriger la prière collective !” Abû Bakr dirigea la prière, successive à celle conduite par ‘Umar. Plus tard, ‘Umar fit ces reproches à ‘Abd Allâh b. Zam‘a : “Malheur à toi ! Qu’as-tu fait de moi ? Si je n’étais pas persuadé que c’était l’Envoyé de Dieu qui te l’avait ordonné, je n’aurais jamais [dirigé cette prière].“ ‘Abd Allâh répondit : “[Ne le trouvant pas lorsque l’Envoyé de Dieu

n’aurais jamais [dirigé cette prière].“ ‘Abd Allâh répondit : “[Ne le trouvant pas lorsque l’Envoyé de
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m’envoya le chercher] Je n’ai trouvé personne de plus digne que toi pour cela.” ‘Aisha a dit : “Je n’avais dit cela d’Abû Bakr [au Prophète ] que pour lui épargner ce monde, car la fonction de chef (al-wilâya) comporte péril et destruction [pour celui qui l’exerce] hormis pour celui que Dieu sauve. Je craignais également que les gens n’aiment jamais plus, à moins que Dieu ne le veuille autrement, celui qui prierait à la place du Prophète , alors que ce dernier était encore en vie. Ils l’auraient jalousé, lui en auraient voulu et auraient vu en ce geste un mauvais augure. Aussi, s’agit-il d’une affaire qui relève de Dieu et de Son décret ! Dieu l’a protégé de ce que je craignais pour lui, en ce qui concerne ce monde et la religion. ” » 167 ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Le jour de sa mort, tôt le matin, certains virent que l’Envoyé de Dieu allait mieux. Réjouis de son état, les hommes regagnèrent leurs demeures et vaquèrent à leurs occupations, laissant les femmes en sa compagnie. Alors que nous nous réjouissions et espérions en son amélioration, l’Envoyé de Dieu dit : “ Sortez, laissez-moi ! Cet ange me demande la permission d’entrer. ” Tous ceux qui étaient à l’intérieur de la maison sortirent, sauf moi. Il avait la tête posée sur mes genoux, puis il se redressa et s’assit. Je me retirai au fond de la pièce. Après avoir longtemps conversé avec l’ange, il m’appela, reposa sa tête sur mes genoux et dit aux femmes : “Entrez !” Je lui dis alors : “Ce n’était pas la voix de Gabriel !” L’Envoyé de Dieu répondit : “Tu as raison, c’était l’ange de la mort. Il est venu et m’a dit : “Dieu, Puissant et Majestueux, m’a envoyé à toi et m’a ordonné de n’entrer qu’avec ta permission. Aussi, si tu ne me le permets pas, je m’en retournerais. Puis il m’a ordonné de te saisir qu’après que tu l’aies ordonné. Que m’ordonnes-tu donc ?” Je lui ai alors répondu : “Retiens-toi jusqu’à ce que Gabriel (que la Paix soit sur lui) vienne. C’est son heure.”” » ‘Aisha a dit : « Nous fûmes alors en présence d’une affaire sur laquelle nous n’avons aucune réponse ni opinion. Nous fûmes pétrifiées; ce fut comme le choc terrible et violent de deux lames (sâkha) ! Nous étions incapables du moindre mouvement. Une immense frayeur envahit notre être et nous empêcha d’émettre le moindre son. Puis, Gabriel arriva à son heure, il fit ses salutations et je reconnus sa voix. Les gens de la maison sortirent, Gabriel entra et dit au Prophète : “Dieu, Puissant et Majestueux, te salue et m’envoie te dire : “Comment te sens-tu ?” Bien qu’Il connaisse mieux que toi ta condition et désire ajouter à ton honneur et à ta noblesse, en faisant que ta dignité et ton honneur soient supérieurs à ceux des autres créatures, et pour que cela devienne une norme (sunna) pour ta communauté.” Le Prophète répondit : “ Je souffre !” Gabriel (que la Paix soit sur lui) lui dit alors : “C’est là une bonne nouvelle ! Dieu, Exalté, t’annonce ainsi ce qu’Il t’a préparé [dans l’au-delà].” Le Prophète lui dit : “Ô Gabriel, l’ange de la mort m’a demandé la permission d’entrer !” Puis, il lui raconta ce qui s’était déroulé entre eux. Gabriel (que la Paix soit sur lui) lui dit alors : “Ô Muhammad, ton Seigneur aspire à te voir. Ne t’a-t-il pas informé de ce qu’il te voulait ? Par Dieu, Exalté, sache que l’ange de la mort n’a jamais demandé à personne la permission d’entrer et ne le fera jamais plus. Sache aussi que par cela, ton Seigneur veut parachever ton rang et [te signifier] combien Il aspire à toi !” Il lui dit : “Alors ne m’abandonne pas jusqu’à ce qu’il vienne !” Il autorisa ensuite les femmes à entrer et dit [à sa fille] : “Ô Fâtima, approche !” Elle se pencha sur lui, et il lui murmura quelque chose à l’oreille. Elle releva la tête, ses yeux étaient pleins de larmes et elle ne pouvait pas parler. Puis il lui dit encore : “Approche ta tête !” Il lui murmura quelque chose à l’oreille après quoi elle releva la tête. Elle riait, mais ne pouvait pas parler. Cette situation nous étonna. Plus tard, je lui demandais la raison de ses pleurs et de ses rires, et elle me répondit : “La première fois, il me dit : “Je mourrai aujourd’hui ! ” et je me suis mise à pleurer de chagrin. La seconde fois, il me dit : “J’ai prié Dieu afin que tu sois la première parmi mes proches à me rejoindre et à t’installer près de moi.” Alors, j’ai ri de joie.” Ensuite, Fâtima approcha de lui ses

à me rejoindre et à t’installer près de moi. ” Alors, j’ai ri de joie.” Ensuite,
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à me rejoindre et à t’installer près de moi. ” Alors, j’ai ri de joie.” Ensuite,

deux fils et il sentit leur odeur. Puis, l’ange de la mort demanda la permission d’entrer et le Prophète l’y autorisa. L’ange lui demanda : “Ô Muhammad, que m’ordonnes-tu ?” Il lui répondit : “Que tu me conduises à présent auprès de mon Seigneur.” L’ange lui dit : “Certes, en ce jour qui est le tien, Ton Seigneur aspire vraiment à toi et Il n’a hésité pour aucun autre homme autant que pour toi. Il ne m’a jamais interdit l’entrée, sans permission, auprès de qui que ce soit d’autre. Mais ton heure est arrivée.” Puis l’Ange sortit. » ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a ajouté : « Gabriel arriva et lui dit : “Que la Paix soit sur toi, ô Envoyé de Dieu ! C’est la dernière fois que je descends sur terre ! La Révélation est close et la vie est repliée. Je n’avais d’autre but sur terre que toi et je n’y ai d’autre but que ta présence. Après quoi, je retournerai à ma place. Par Celui qui a envoyé Muhammad avec la Vérité, nul parmi les présents dans cette demeure, ne peut changer un mot de ce que j’affirme. Il ne sera jamais plus renvoyé malgré les sublimes éloges entendus le concernant et malgré notre affection et notre grande compassion pour lui.” Je me levai et allai vers le Prophète . Je posai doucement sa tête sur ma poitrine et l’enlaçai. Il commença alors à suffoquer jusqu’à l’évanouissement. Son front était inondé de sueur et je n’avais jamais vu personne transpirer autant du front. J’essuyai sa sueur et je n’ai jamais senti une odeur aussi parfumée que celle-ci.

Lorsqu’il revint à lui, je lui dis : “Par mon père, ma mère, mon âme et mes proches, que ton front transpire !” Il répondit : “Ô ‘Aisha, l’âme du croyant s’en va par sa sueur, et celle de l’incroyant par les coins de sa bouche (shadqayh), comme le braiment des ânes.” Ensuite, nous fûmes pris de peur et fîmes appeler nos familles. Le premier à entrer, sans assister à son départ, fut mon frère, envoyé mon père. L’Envoyé de Dieu mourut avant que quiconque n’arrive. En fait, Dieu les en avait empêchés, car Il l’avait confié aux soins de Gabriel et Mîkâ’îl. Lorsqu’il s’évanouissait, il disait : “Non, plutôt le Compagnon ultime !”, comme si on lui avait encore offert le choix. Lorsqu’il parvenait à parler, il disait : “La prière, la prière ! Vous resterez unis tant que vous prierez ensemble. La prière, la prière !” Il insista tellement sur la prière qu’il mourut en disant : “La prière, la prière !168 »

mourut un lundi, entre le

matin et la mi-journée. » 169 Fâtima (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Qu’est-ce donc qui m’affligea un lundi ? Par Dieu, la communauté ne cessera pas d’être frappée de calamités en ce jour ! » Le jour où ‘Alî, que Dieu ennoblisse sa face, fut touché à Kûfa, Umm Kulthûm 170 (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit sensiblement la même chose : « Qu’est-ce donc qui m’affligea un lundi ? C’est le jour où l’Envoyé de Dieu mourut ; le jour où on tua mon époux [‘Umar], le jour où l’on tua mon père [‘Alî]. Voilà ce que me réserva le lundi ! » ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Lorsque l’Envoyé de Dieu mourut, les gens furent comme foudroyés. On entendit de grandes lamentations et les anges le couvrirent de son vêtement. Il y eut des différends : il y avait ceux qui niaient sa mort, ceux qui furent frappés de mutisme et ne purent s’exprimer que bien plus tard; ceux qui déliraient et disaient des choses insensées, ceux qui avaient gardé leur raison et ceux qui étaient devenus incapables du moindre pas. ‘Umar b. al-Khattâb fut de ceux qui nièrent sa mort, ‘Alî de ceux qui ne pouvaient plus marcher et ‘Uthmân, de ceux qui étaient devenus muets. ‘Umar alla vers les gens et dit : « L’Envoyé de Dieu n’est pas mort et certainement Dieu, Puissant et Majestueux, [nous] le renverra ! Que les mains et les pieds des hypocrites qui souhaitent la mort de l’Envoyé de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant

de l’Envoyé de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a
de l’Envoyé de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a

‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « L’Envoyé de Dieu

de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :
de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :
de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :
de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :
de Dieu soient tranchés ! Dieu, Puissant ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :

et Majestueux, l’a uniquement appelé pour qu’il Le rencontre comme Il l’avait fait auparavant pour Moïse. Sachez qu’il sera de retour bientôt ! » Dans une autre version, il aurait dit : « Ô gens, retenez vos langues au sujet de l’Envoyé de Dieu : il n’est pas mort. Par Dieu, si je devais entendre l’un d’entre vous affirmer que l’Envoyé de

Dieu
Dieu

est mort, je lui trancherai le cou de mon sabre. »

[‘Aisha a ajouté :] « ‘Alî était incapable de sortir de chez lui. Quant à ‘Uthmân, il ne parlait à personne. On le prenait par la main et on le conduisait ici et là. Et nul d’entre les musulmans ne fut aussi lucide qu’Abû Bakr et al-‘Abbâs. Dieu, Puissant et Majestueux, leur avait apporté soutien et réconfort. Les gens n’écoutèrent alors que les paroles d’Abû Bakr jusqu’à l’arrivée d’al-‘Abbâs [qui confirma les paroles du premier en] disant : “ Par Dieu, hormis lequel il n’y a nulle autre divinité que Lui, l’Envoyé de Dieu vient de faire l’expérience de la mort. ” [Dieu] lui a dit alors qu’il était encore parmi vous : “ Tu mourras, et eux aussi mourront. Puis, le Jour de la Résurrection, vous vous querellerez près de votre Seigneur. ” » 171 La nouvelle de la mort parvint à Abû Bakr alors qu’il se trouvait chez les Banû Hârith b. al- Khazraj. Il partit immédiatement et se rendit auprès de l’Envoyé de Dieu . Il le regarda, se pencha vers lui, l’embrassa puis dit : « Ô Envoyé de Dieu, par mon père et ma mère, Dieu ne te fera certainement pas goûter la mort deux fois. Par Dieu, l’Envoyé de Dieu est vraiment mort ! » Il sortit et dit aux gens regroupés au dehors : « Ô gens, que celui qui adore Muhammad sache qu’il est mort, et que celui qui adore le Seigneur de Muhammad sache qu’Il est vivant et qu’Il ne meurt pas ! Dieu, Exalté, a dit : « Muhammad n’est qu’un envoyé parmi d’autres qui l’ont précédé. S’il venait à mourir ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? » 172 On aurait dit que les gens n’avaient jamais entendu ce verset ! » 173 Dans une autre version, lorsque la nouvelle arriva à Abû Bakr, il se précipita chez l’Envoyé de Dieu . Il récitait des prières sur lui et des larmes coulaient de ses yeux. Il sanglotait, gémissant abondamment et bruyamment, mais ses gestes et ses paroles étaient fermes. Il se pencha sur lui, découvrit son visage, l’embrassa sur le front et lui essuya le visage. Il pleura encore et dit : « Par mon père, ma mère, mon âme et les miens, tu étais bon et parfumé de ton vivant et tu es bon et parfumé à ta mort. Ce qui n’a pas cessé par la mort des autres prophètes et par la prophétie, a cessé par ta mort. Tu es trop noble pour qu’on te décrive et trop élevé pour qu’on te pleure [suffisamment] ! Tu étais tel que ta présence était une source intarissable de joie et ton universalité un moyen [pour nous] d’être égaux. Et si la mort n’avait été ton choix, nous aurions péri de la douleur de ta perte. Et si tu n’avais pas interdit les pleurs, nous aurions asséché, par nos pleurs sur toi, nos yeux de leur eau. Mais nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une digne douleur ni faire le deuil de ce qui ne passera jamais. Ô Dieu, fais-lui parvenir nos propos. Ô Muhammad, que Dieu prie sur toi, mentionne-nous auprès de ton Seigneur et pense à nous. N’était la quiétude que tu as laissé derrière toi, nul ne pourrait résister à la solitude qui nous a investis après ton départ. Ô Dieu, transmets tout cela de notre part à Ton prophète et raffermit l’estime que nous avons pour lui ! » Selon Ibn ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui), lorsque Abû Bakr entra auprès de lui, et après qu’il a prié et louangé, les gens de la mosquée entendirent des cris provenir de la maison. À chaque fois qu’Abû Bakr ajoutait quelque chose, les cris augmentaient. Le vacarme ne cessa que lorsque apparut sur le pas de la porte un homme au ton grave et puissant qui dit : « Ô gens de la Maison, que la Paix soit sur vous ! « Toute âme goûtera la mort. Et vous n’acquerrez au Jour de la Résurrection que la rétribution qui vous a été réservée. Quiconque sera écarté du feu et

au Jour de la Résurrection que la rétribution qui vous a été réservée. Quiconque sera écarté
au Jour de la Résurrection que la rétribution qui vous a été réservée. Quiconque sera écarté
au Jour de la Résurrection que la rétribution qui vous a été réservée. Quiconque sera écarté

introduit au Paradis aura atteint la félicité. La vie de ce monde n’est que vaine jouissance. » 174 En vérité, Dieu est le successeur de chaque homme ! En Lui se réalisent tous les désirs et Il est le refuge contre tout danger. Placez tous vos espoirs et toute votre confiance en Lui ! » Bien qu’ils ne reconnurent pas la voix, ils écoutèrent ses paroles et cessèrent de pleurer. Après s’être calmés, la voix disparut et quelqu’un alla voir à la porte, mais n’y trouva personne. Ils se remirent alors à pleurer lorsqu’une autre voix qu’ils ne reconnaissaient pas dit à son tour : « Ô gens de la Maison, rappelez-vous Dieu, Exalté, et louez-Le en toute circonstance, vous serez alors des dévots loyaux (mukhlisîn) ! Le réconfort contre tout malheur est en Dieu, de même que la compensation pour toute perte chérie. Obéissez donc à Dieu et faites ce qu’Il vous ordonne ! » Abû Bakr dit alors : « Ce sont al-Khizr 175 et Élie (al-Yasa‘) venus assister au départ du Prophète . » 176 Al Qa‘qâ‘ b. ‘Umar a rapporté, dans son intégralité, le sermon d’Abû Bakr. Il a dit : « Après la clameur et les pleurs, Abû Bakr se dressa devant les gens. Il pria longuement sur le Prophète , loua et glorifia Dieu en toute circonstance, puis dit : “J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu seul ! Il a tenu Sa promesse, assisté Son serviteur et vaincu Seul les différentes factions. Louange, donc, à Dieu seul ! Et j’atteste que Muhammad est Son serviteur, Son envoyé et le Sceau de Ses prophètes. J’atteste que le Livre est tel qu’il a été révélé, que la Religion est telle qu’elle a été instituée, que la Tradition (al-hadîth) est telle qu’elle a été rapportée, que les discours (al-qawl) sont tels qu’ils ont été prononcés et que Dieu est la Vérité manifeste (al-haqq al-mubîn). Ô Dieu, répands sur Muhammad, Ton serviteur, Ton messager, Ton prophète, Ton bien-aimé, Ton confident, Ton élu et Ton préféré, la plus belle des prières, celle jamais accordée à nulle autre de Tes créatures. Ô Dieu, fais que Tes prières, Ta protection et Ta miséricorde se répandent sur le seigneur des envoyés, le Sceau des prophètes, le guide des pieux, Muhammad ! Celui qui mène vers le bien, le guide vers le bonheur et le messager de la Miséricorde. Ô Dieu, rapproche-le davantage encore de Toi ; rends plus puissant son argument ; anoblit son rang ; envoie-le à la Station louée à laquelle aspirent les premiers et les derniers, et fasse que nous puissions tirer avantage de sa station louée le Jour de la Résurrection ; remplace-le pour nous en ce monde et dans l’autre et accorde-lui le Degré (al-daraja) et le Moyen (al-wasîla) [suprêmes] au Paradis ! Ô Dieu, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, et bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as prié et béni Abraham ! Tu es le Digne de louange, le Majestueux ! Ô gens, que celui qui adore Muhammad sache qu’il est mort, et que celui qui adore Dieu sache qu’Il est vivant et qu’Il ne meurt pas ! Dieu vous a manifesté Sa volonté à travers lui, ne Le priez donc pas en état d’angoisse ! Dieu, Puissant et Majestueux, a choisi pour lui ce que est auprès de Lui et non ce qui est auprès de vous, et Il vous a laissé Son Livre et la tradition de Son Prophète . Celui qui se saisit des deux et les adopte obtient la connaissance, et celui qui les sépare, les conteste : “Ô les croyants ! Observez strictement la justice.” 177 Ne laissez pas le diable vous distraire par la mort de votre Prophète, qu’il ne vous écarte pas, par sa séduction, de votre religion. Hâtez-vous à accomplir de bonnes œuvres pour neutraliser le diable ; ne lui donnez aucun répit, sans quoi il vous atteindrait et vous conduirait à la sédition ! ” ». Ibn ‘Abbâs a dit que lorsque Abû Bakr (que Dieu soit satisfait d’eux) eut achevé son sermon, il dit : « Ô Umar, est-ce donc bien toi qui aurais dit, selon ce qui m’a été rapporté, que le Prophète de Dieu ne serait pas mort ? Ne te souviens-tu donc pas que le Prophète de Dieu a dit tel et tel jour, ceci et cela […] [et que] Dieu, Exalté, a dit : “En vérité tu mourras et ils mourront eux aussi.” 178 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par Dieu, c’est comme si je n’avais jamais

1 7 8 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par
1 7 8 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par
1 7 8 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par
1 7 8 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par
1 7 8 ? » ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) répondit : « Par

entendu cela du Livre de Dieu avant cet instant, à cause de ce qui vient de nous tomber dessus ! J’atteste que le Livre est tel qu’il a été révélé, que la Tradition est telle qu’elle a été rapportée et que Dieu est vivant et ne meurt pas. “Certes, nous appartenons à Dieu, et c’est vers Lui que nous retournerons » 179 !” Que les prières de Dieu se répandent sur Son Envoyé, et nous croyons que Son Envoyé est auprès de Dieu [pour recevoir sa récompense]. » Puis, ‘Umar s’assit près d’Abû Bakr. ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « Lorsqu’ils se rassemblèrent pour son lavage funéraire, ils dirent : “Par Dieu, nous ne savons pas comment laver l’Envoyé de Dieu ? Doit-on le déshabiller comme nous faisons pour nos morts ou devons-nous le laver dans ses vêtements ?” » [‘Aisha a ajouté] : « Dieu les a alors plongés dans le sommeil. Chacun d’entre eux s’endormit, la barbe sur la poitrine. Puis une voix inconnue dit : “Lavez l’Envoyé de Dieu dans ses vêtements !” Les hommes s’éveillèrent et s’exécutèrent. Ils lavèrent l’Envoyé de Dieu dans sa longue chemise puis, l’enveloppèrent d’un linceul. » ‘Alî (que Dieu ennoblisse sa face) a dit : « Lorsqu’on a voulu relever sa chemise, une voix nous interpella : “Ne découvrez pas le vêtement de l’Envoyé de Dieu !” Nous le lavâmes dans ses vêtements en l’allongeant sur le dos comme nous faisons pour nos morts. À chaque fois que l’eau n’atteignait pas une partie, celle-ci se retournait vers nous de sorte que nous la lavions. Il y avait dans la pièce, une sorte de murmure aussi léger que la brise qui disait : “Soyez doux (arfiqû) avec l’Envoyé de Dieu , vous en serez récompensés !” ».

. Il ne laissa derrière lui aucun cheveu ni

poil qui ne furent enterrés avec lui. Abû Ja‘far (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « On mit dans sa tombe son tapis, son manteau et

on les recouvrit des vêtements qu’il portait lorsqu’il était éveillé. Puis on l’enterra dans son linceul.

»

Il ne laissa derrière lui ni bien ni propriété, fut-elle de brique ou de paille. Sa mort constitue un enseignement parfait, et les musulmans ont en sa personne le meilleur des modèles.

les musulmans ont en sa personne le meilleur des modèles. C’est ainsi qu’eut lieu la mort
les musulmans ont en sa personne le meilleur des modèles. C’est ainsi qu’eut lieu la mort
les musulmans ont en sa personne le meilleur des modèles. C’est ainsi qu’eut lieu la mort
les musulmans ont en sa personne le meilleur des modèles. C’est ainsi qu’eut lieu la mort

C’est ainsi qu’eut lieu la mort de l’Envoyé de Dieu

C’est ainsi qu’eut lieu la mort de l’Envoyé de Dieu La mort d’Abû Bakr le Véridique

La mort d’Abû Bakr le Véridique – que Dieu soit satisfait de lui –

Lorsqu’Abû Bakr (que Dieu, Exalté soit satisfait de lui) fut sur le point de mourir, ‘Aisha - que Dieu soit satisfait d’elle – vint le voir et récita ce vers :

« Par ta vie, la fortune n’est pas de grand secours à l’homme,

lorsque le râle arrive et que la poitrine se comprime. »

Il découvrit son visage et dit : « Ne dis pas cela ! Dis plutôt : “L’étourdissement de la mort fait apparaître la vérité. Voilà ce dont tu t’écartais. ”. 180 Vous voyez mes deux vêtements, lavez-les et ensevelissez-moi dedans. Le vivant a plus besoin de ce qui est neuf que le mort. » À l’approche de la mort de son père [Abû Bakr], ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit :

« Les colombes s’abreuvent de sa face blanche,

et le printemps des orphelins est un bouclier pour les veuves. »

! On entra et on lui demanda : “Veux-tu

qu’on appelle un médecin?” Il répondit : “ Mon Médecin m’a déjà ausculté et a dit : “ Je fais ce que bon Me semble ! ” » Salmân al-Fârisî (que Dieu soit satisfait de lui) lui rendit visite et dit : « Ô Abû Bakr, fais-nous tes recommandations ! » Il répondit : « Dieu vous a concédé le monde, n’en prenez que ce qui vous suffit. Sache que celui qui exécute la prière du matin est sous la protection (fi-dhimmati) de Dieu. Ne violez pas l’engagement par lequel Il vous protège, sans quoi Il vous ferait précipiter en Enfer, la tête devant. » Lorsque l’état d’Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) s’aggrava, les gens voulurent qu’il désignât son successeur. Il désigna alors ‘Umar - que Dieu soit satisfait de lui. Les gens lui dirent : « Tu as désigné pour te succéder un homme rude (fazzan) et austère (ghalîzan), que diras-tu alors à ton Seigneur? » Il répondit : « Je lui dirai : “J’ai désigné pour successeur [et commandant de] Tes créatures, la meilleure de Tes créatures !” » Puis il fit appeler ‘Umar (que Dieu soit satisfait de lui) et lui dit : « Je te fais la recommandation suivante : Sache que Dieu a des droits sur toi durant la journée

qu’Il n’accepte pas la nuit, et qu’Il a des droits sur toi la nuit qu’Il n’accepte pas durant le jour. Sache qu’Il n’accepte les actes volontaires (al-nâfila) qu’après l’exécution des actes obligatoires. La balance sera lourde, au Jour du Jugement, pour ceux qui, bien que le fardeau fût lourd à porter, suivirent la Vérité de leur vivant. Il est donc juste que la balance qui ne porte que la Vérité soit lourde. Elle sera légère, le Jour de la Résurrection, pour ceux qui auront suivi le mensonge, car celui-

ci est bien léger à porter. Et il est juste que la balance qui ne porte que le mensonge soit légère. Sache

que Dieu a mentionné les gens du Paradis pour les belles œuvres qu’ils ont accomplies et a ignoré leurs fautes, de sorte que l’homme peut dire : « Je suis inférieur à ces gens et n’atteindrai pas ce qu’ils ont atteint ! » Il a mentionné les gens de l’Enfer pour leurs mauvaises actions et a rejeté ce qu’ils ont fait de bien, de sorte que l’homme peut dire : « Je suis meilleur que ces autres ! » Sache que Dieu a mentionné les versets de la Miséricorde et ceux du Châtiment afin que le croyant ressente, en même temps, crainte et désir, ne se ruine pas de ses propres mains et n’espère de Dieu que la vérité. Si tu suis ces conseils, que je te donne, alors tu n’aimeras aucune chose absente autant que la mort à laquelle tu ne peux échapper ; mais si tu t’égares de mes conseils, alors aucune chose absente

te sera autant détestable que la mort à laquelle tu ne peux échapper, ni empêcher. Sa‘îd b. al-Musayyib 181 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Lorsque la fin d’Abû Bakr (que Dieu soit satisfait de lui) fut proche, des compagnons, venus lui rendre visite, lui demandèrent : « Ô Lieutenant de l’Envoyé de Dieu , donne-nous des provisions supplémentaires [par tes conseils], car nous voyons clairement dans quelle condition tu te trouves ? » Il répondit : « À celui qui prononce ces paroles [énoncées plus bas] puis meurt, Dieu établit son esprit dans l’Horizon visible (al-Ufuq al-mubîn) ! » On demanda : « Qu’est-ce donc que l’Horizon visible ? » Il répondit : « Une vallée située devant le Trône. Elle contient des jardins, des fleuves et des arbres et, chaque jour, cent miséricordes divines la recouvrent. » Celui qui prononce ces paroles verra son esprit établi par Dieu en cet endroit : « Ô Dieu, Tu as créé les créatures sans que Tu n’aies nul besoin d’eux, puis Tu les as divisées en deux groupes. Un groupe pour les délices paradisiaques (al-na‘îm) et un autre pour [alimenter] le brasier (al-sa‘îr). Compte-moi parmi les gens des délices et non ceux du brasier. Ô Dieu, Tu as réparti les créatures lors de Ta création et tu les as distinguées avant même de les créer. Tu en as décrété certains malheureux et d’autres, heureux ; certains, égarés et d’autres bien-guidés, fais que je ne sois pas malheureux en Te désobéissant ! Ô Dieu, Tu sais ce que chaque âme acquiert avant de la créer, et elle

ne

À ces mots, Abû Bakr dit : « C’était l’Envoyé de Dieu

ce que chaque âme acquiert avant de la créer, et elle ne À ces mots, Abû
ce que chaque âme acquiert avant de la créer, et elle ne À ces mots, Abû

ne peut certes pas échapper à ce que Tu sais déjà, fais que je sois de ceux que Tu voues à Ton obéissance ! Ô Dieu, nul ne veut qu’après que Tu as voulu, fais en sorte que Ta volonté soit que je veuille ce qui me rapproche de Toi ! Ô Dieu, Tu as déterminé les mouvements des serviteurs et aucune chose ne se meut sans Ta permission, fais que mes mouvements soient animés de crainte pieuse pour Toi ! Ô Dieu, Tu as créé le Bien et le Mal et les individus qui font l’un ou l’autre, fais que je sois parmi les gens du Bien ! Ô Dieu, Tu as créé le Paradis et l’Enfer et destiné des habitants pour chacun des deux, fais que je sois de ceux qui habitent Ton Paradis ! Ô Dieu, Tu as voulu que certains soient égarés et Tu as comprimé leur poitrine, fais que je sois de ceux qui ont la poitrine élargie à la foi et rends-la belle à mon cœur ! Ô Dieu, Tu gouvernes toutes choses et Tu as voulu qu’elles reviennent à Toi, vivifie-moi après la mort, accorde-moi une belle vie et rapproche-moi davantage de Toi ! Ô Dieu, malgré l’espoir et la confiance que certains, nuit et jour, placent en d’autres, fais que ma confiance et mes espoirs soient en Toi ! Et il n’y a de pouvoir et de force qu’en Dieu ! Et tout ceci se trouve dans le Livre de Dieu, le Puissant et Majestueux ! »

La mort de ‘Umar b. al-Khattâb – que Dieu soit satisfait de lui –

‘Amrû b. Maymûn 182 a dit : « Le jour où ‘Umar fut blessé, je me trouvais derrière lui [durant la prière] et à coté de ‘Abd Allâh Ibn ‘Abbâs. ‘Umar passait en revue les rangs des orants, lorsqu’il remarqua une irrégularité dans un rang. Il dit : “Redressez-vous !”. Il n’avait de cesse que lorsque tous les rangs étaient bien droits. Puis, il s’avança pour conduire la prière et fit le takbîr 183 . Puis, il commença la récitation au cours de la première unité de prière, soit la Sourate de Joseph ou celle des Abeilles ou une autre […], laissant ainsi assez de temps aux retardataires de se joindre à la prière. À peine a-t-il fait le takbîr, que je l’entendis dire : “Le chien m’a tué !”, ou “Le chien m’a mordu !”, lorsque Abû Lu’lu’a 184 le poignarda. Puis, cet étranger infidèle (‘ilj) se mit à poignarder à tout va, de sa dague à deux lames, tous ceux qu’il croisait sur son chemin. Il poignarda treize hommes, dont neuf décédèrent – et selon une autre version sept moururent -. Un homme, parmi les musulmans, jeta alors sur lui un manteau. Pensant ne pas pouvoir en réchapper, l’infidèle se suicida. ‘Umar saisit ‘Abd al- Rahmân b. ‘Awf 185 et le mit devant [pour continuer la prière à sa place]. Ceux qui se trouvaient derrière ‘Umar virent ce que je vis, mais ceux qui étaient plus loin dans la mosquée ne s’aperçurent de rien. [La seule chose qui les surprit] C’était que la voix de ‘Umar s’était tue. Ils dirent alors :

“Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu !” Ce fut ‘Abd al-Rahmân b. ‘Awf qui dirigea la prière. Il en fit une brève. Lorsque les gens quittèrent la mosquée, ‘Umar dit : “Ô Ibn ‘Abbâs, va voir qui m’a poignardé !” Ce dernier disparut pendant une heure, puis revint et dit : “Il s’agit du serviteur de Mughîra b. Shu‘ba 186 .” ‘Umar dit alors : “Que Dieu le fasse périr ! J’avais pourtant ordonné qu’on le traite convenablement ! […] Louange à Dieu qui a fait que l’auteur de ce crime ne soit pas musulman ! Ton père et toi aimiez que les infidèles soient nombreux à Médine ! [Ton père] Al-‘Abbâs était de ceux qui avait le plus d’esclaves infidèles.” Ibn ‘Abbâs répondit : “Si tu le veux, nous les exécuterons !” ‘Umar dit : “ [Vous ferez cela] Après qu’ils auront appris votre langue, prié dans la même direction que la vôtre et fait le même pèlerinage que le vôtre !” » On le fit porter chez lui et nous l’accompagnâmes. On aurait dit que les gens n’avaient jamais connu pire catastrophe que ce jour là. L’un dit : “ Je crains pour lui !”, un autre, “Il n’y a pas de mal !” On lui fit porter un jus de fruit. Il le but, mais vomit aussitôt. Il en fut de même pour le lait. Les gens comprirent alors qu’il était sur le point de rendre l’âme. Nous entrâmes alors dans la maison et

tout le monde affluait en faisant son éloge. Un jeune homme se présenta alors et dit : “Ô Commandeur des croyants, réjouis-toi de la bonne nouvelle que Dieu, Puissant et Majestueux, t’envoie ! Tu as eu le privilège de la compagnie de l’Envoyé de Dieu , la préséance en islam que tu sais, puis tu as commandé et exercé ton autorité avec justice. Et maintenant, le martyr !” ‘Umar répondit : “J’espère que cela suffira et ne sois pas un argument contre moi !” Le jeune homme, qui portait une longue chemise dont un pan traînait par terre, tourna le dos. ‘Umar dit alors : “Appelez-le !” Lorsque il revint, ‘Umar lui dit : “Ô mon neveu, relève un peu ta chemise, car cela est bien plus propre, et crains ton Seigneur !” Puis, s’adressant à ‘Abd Allâh, il dit : “Ô ‘Abd Allâh, vois donc si j’ai des dettes ?” Ils firent les comptes et trouvèrent, à peu de choses près, un montant de quatre-vingt-six mille [dirham]. Il dit : “Si la fortune de la famille de ‘Umar suffit, alors paie mes créanciers, sinon, adresse-toi à la tribu des Banû ‘Adî b. Ka‘b. Si leur fortune ne suffit pas, demande alors aux Qurayshites. Ne t’adresse à nul autre et rembourse mes dettes. Puis, rends-toi auprès de la Mère des Croyants, ‘Aisha, et dis lui : “‘Umar te salue”, et ne lui dis pas le Commandeur des Croyants te salue, car à partir d’aujourd’hui, je ne suis plus leur commandeur. Dis lui aussi : “‘Umar b. al- Khattâb demande ton autorisation d’être inhumé à côté de ses deux amis [le Prophète et Abu Bakr].”” ‘Abd al-Rahmân se rendit auprès d’elle, la salua et demanda l’autorisation d’entrer. Une fois à l’intérieur, il la trouva assise, en pleurs. Il lui dit : “‘Umar b. al-Khattâb te salue et demande ton autorisation d’être inhumé à côté de ses deux amis.” Elle dit : “Je désirais cette place pour moi, mais aujourd’hui, je l’en ferai certainement hériter !” ‘Abd al-Rahmân s’en alla et se rendit auprès de ‘Umar. On annonça son retour à ‘Umar qui dit : “Redressez-moi !”. Un homme le souleva et il demanda : “Quelle nouvelle me portes-tu ?” ‘Abd al-Rahmân répondit : “Ô Commandeur des Croyants, ce que tu as désiré m’a été accordé !” Il répondit : “Dieu soit loué, rien ne m’était plus important que cela. Lorsque je mourrai, porte-moi là-bas, salue-la et dis-lui : “‘Umar demande l’autorisation d’entrer !” Si elle te le permet, porte-moi à l’intérieur, si elle refuse, conduisez-moi au cimetière des musulmans. Hafsa, la Mère des Croyants, arriva alors cachée par un groupe de femmes. Lorsqu’elle s’approcha, nous nous retirâmes respectueusement. Elle entra aussitôt en pleurant. Une heure plus tard, des hommes demandèrent l’autorisation d’entrer et elle se retira à côté où on entendait ses pleurs. Les hommes dirent à ‘Umar : “Fais-nous des recommandations et désigne ton successeur !” Il dit : “Je ne vois personne de plus digne que ceux qui ont enterré l’Envoyé de Dieu , et dont il était satisfait.” Il nomma alors ‘Alî, ‘Uthmân, al-Zubayr, Talha, Sa‘d et ‘Abd al- Rahmân, puis dit : “Que ‘Abd Allâh b. ‘Umar soit votre témoin, il n’incline pas à l’exercice de l’autorité et cela lui apportera quelque consolation. Si votre choix se porte sur Sa‘d, soit ! Sinon, que celui sur lequel se portera votre choix cherche son aide, car je ne l’ai relevé de sa charge, ni pour incompétence ni pour trahison 187 . Je recommande les Premiers Émigrés [les Mecquois] au calife qui me succédera, qu’il reconnaisse leur rang et défende leur honneur ! Je lui recommande de bien traiter les Ansârs [les Médinois] qui ont ouvert leurs demeures et accueilli la foi. Qu’il rétribue leurs vertueux et soit indulgent avec leurs fautifs. Je lui recommande de bien traiter les habitants des villes garnisons (al-amsâr), ils sont les remparts de l’islam, les collecteurs d’impôts et ceux qui font enrager l’ennemi ! Qu’on ne prenne d’eux que ce qui est en excèdent et qu’avec leur accord. Je lui recommande de bien traiter les Bédouins, ce sont les ancêtres des Arabes et la substance de l’islam, qu’on ne prenne d’eux que le surplus et qu’on le redistribue à leurs pauvres. Je lui recommande, par l’alliance de protection scellée (dhimma) avec Dieu, Puissant et Majestueux, et par celle scellée avec l’Envoyé de Dieu , de respecter ses promesses envers eux, de combattre en leur nom et de ne leur imposer que ce qu’ils peuvent porter.” Puis, lorsque ‘Umar mourut, nous le portâmes [vers la maison de la Mère des Croyants, ‘Aisha]. ‘Abd Allâh b. ‘Umar la salua et dit : “‘Umar b. al-Khattâb

la maison de la Mère des Croyants, ‘Aisha]. ‘Abd Allâh b. ‘Umar la salua et dit
la maison de la Mère des Croyants, ‘Aisha]. ‘Abd Allâh b. ‘Umar la salua et dit
la maison de la Mère des Croyants, ‘Aisha]. ‘Abd Allâh b. ‘Umar la salua et dit
la maison de la Mère des Croyants, ‘Aisha]. ‘Abd Allâh b. ‘Umar la salua et dit

demande l’autorisation d’entrer.” Elle les autorisa à le porter à l’intérieur, et ils l’enterrèrent à côté de ses deux amis. »

a dit : « Gabriel (que la Paix soit sur lui) m’a dit : “L’Islam pleurera la mort de

‘Umar. » 188 Ibn ‘Abbâs a dit : « ‘Umar fut installé sur son lit, et avant qu’on ne soulevât son corps, les gens l’enveloppèrent dans un linceul, puis récitèrent des prières et des invocations en sa faveur. J’en faisais de même lorsqu’une main se posa sur mon épaule. Je me retournai et vis qu’il s’agissait de ‘Alî b. Abû Tâlib (que Dieu soit satisfait de lui). Il invoqua la miséricorde divine sur ‘Umar et dit :

“Il n’y a aucun homme dont j’envierai autant les œuvres, lors de la rencontre avec Dieu, que toi. Par Dieu, je n’ai plus jamais douté que Dieu t’installe auprès de tes deux Compagnons, depuis que j’ai entendu, maintes fois, le Prophète dire : “Je suis allé avec Abû Bakr et ‘Umar […]. Je suis sorti avec Abû Bakr et ‘Umar […]. Je suis entré avec Abû Bakr et ‘Umar […]. ” J’ai tant espéré et tant supposé que Dieu t’installe près d’eux !”” »

Le Prophète

que Dieu t’installe près d’eux !”” » Le Prophète La mort de ‘Uthmân b. ‘Affân –
que Dieu t’installe près d’eux !”” » Le Prophète La mort de ‘Uthmân b. ‘Affân –

La mort de ‘Uthmân b. ‘Affân – que Dieu soit satisfait de lui –

Le récit de son assassinat est bien connu. ‘Abd Allâh b. Salâm 189 a dit : « Je me rendis auprès de mon frère ‘Uthmân pour le saluer, alors qu’il était assiégé. Une fois entré, il me dit : “Ô mon frère, sois le bienvenu ! J’ai vu cette nuit [en songe] l’Envoyé de Dieu dans la lucarne (khûkha) de cette chambre, il m’a dit : “Ô ‘Uthmân, on t’a assiégé ?” Je répondais : “Oui !” Il dit : “On t’a assoiffé ?” Je répondais : « “Oui !” Il me tendit alors une cruche pleine d’eau grâce à laquelle j’étanchai ma soif. La fraîcheur de l’eau envahit ma poitrine jusqu’aux épaules. Puis il me dit : “Si tu veux, on te donnera la victoire sur eux ou, si tu le désires, tu rompras ton jeûne chez nous !” J’ai préféré rompre le jeune chez lui.” » ‘Uthmân mourut ce jour là, que Dieu soit satisfait de lui ! ‘Abd Allâh b. Salâm demanda à ceux qui, après l’agression mortelle subie par ‘Uthmân, assistèrent à son agonie : « Que disait-il alors qu’il agonisait? » Ils répondirent : Il répéta trois fois : « Ô Dieu, rassemble la communauté de Muhammad ! ». ‘Abd Allâh dit alors : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, s’il avait prié Dieu de ne pas les unir, ils ne se seraient jamais réunis jusqu’au jour de la Résurrection ! » Thumâma b. Hazn al-Qushayrî a dit : « Je me trouvais en face, lorsque ‘Uthmân entra dans la maison qui abritait ses agresseurs. Il dit : “Amenez les deux compagnons qui vous ont instigués contre moi !” Ils furent amenés devant lui. On aurait dit deux singes ou deux baudets. ‘Uthmân se tourna vers eux et leur dit : “ Je vous en conjure, par Dieu et par l’islâm ! Savez-vous que lorsque l’Envoyé de Dieu arriva à Médine, où il n’y avait pour unique point d’eau que le puits de Rûma, il dit : “Qui veux acheter Rûma et poser son seau à côté de celui des musulmans, en échange de quelque chose de meilleur au Paradis ?” C’est moi, ‘Uthmân, qui l’ai acheté avec mon propre argent. Vous voulez aujourd’hui m’empêcher d’y boire ou de boire à d’autres sources d’eau ?” Ils répondirent : “Oui, par Dieu !” Il leur dit : “Je vous en conjure, par Dieu et par l’islâm ! Savez- vous que j’ai équipé l’armée de ‘Usra, avec mon propre argent ?” Ils répondirent : “Oui !” Il leur dit : “Je vous en conjure, par Dieu et par l’islâm ! Savez-vous que lorsque la mosquée devint étroite pour les croyants, l’Envoyé de Dieu a demandé : “Qui achètera cette portion de terre, de la

devint étroite pour les croyants, l’Envoyé de Dieu a demandé : “ Qui achètera cette portion
devint étroite pour les croyants, l’Envoyé de Dieu a demandé : “ Qui achètera cette portion
devint étroite pour les croyants, l’Envoyé de Dieu a demandé : “ Qui achètera cette portion

tribu Unetelle, et l’annexera à la mosquée en échange d’une part bien meilleure au Paradis ?” C’est moi, ‘Uthmân, qui l’ai achetée avec mon propre argent. Vous voulez aujourd’hui m’empêcher d’y prier deux unités de prière ?” Ils répondirent : “Oui, par Dieu !” Il leur dit : “Je vous en conjure, par Dieu et par l’islâm ! Savez-vous que l’Envoyé de Dieu se trouvait sur le mont Thabîr, à la Mecque, en compagnie d’Abû Bakr, de ‘Umar et de moi-même, lorsque le mont trembla et que les rochers tombèrent jusqu’au fond de la vallée ? Savez-vous qu’il frappa le sol de son pied et dit : “Ô Thabîr, calme-toi ! Il n’y a personne d’autre qu’un prophète, un véridique et deux martyrs sur toi !” Ils répondirent : “Oui, par Dieu !” « Uthmân dit alors : “Dieu est le plus grand ! Par le Seigneur de la Ka‘ba, ils ont témoigné de mon statut de martyr !” » 190 Un ancien de la tribu Dabba rapporte que lorsqu’il fut blessé et que le sang coula sur sa barbe, ‘Uthmân récita ce verset : « Il n’y a de dieu que Toi ! Gloire à Toi ! J’étais parmi les iniques ! » 191 , puis ajouta : « Ô Dieu, j’implore Ta protection contre eux, Ton appui dans toutes mes affaires et la patience dans Ton épreuve ! »

toutes mes affaires et la patience dans Ton épreuve ! » La mort de ‘Alî b.

La mort de ‘Alî b. AbûTâlib – que Dieu soit satisfait de lui –

Al-Asbagh al-Hanzalî a dit : « La nuit de la mort de ‘Alî (que Dieu ennoblisse son visage), Ibn al- Tayyâh 192 alla le chercher pour la prière du matin. Il le trouva profondément endormi. Il revint une seconde fois et le trouva à nouveau dans le même état. Il revint alors une troisième fois et ‘Alî se leva en disant :

« Ceins fermement tes lombes pour la mort,

car la mort vient sûrement à ta rencontre !

Ne sois pas en colère contre elle,

lorsqu’elle apparaît dans ta vallée ! »

Lorsqu’il arriva devant la petite porte de la mosquée, Ibn Muljim 193 bondit sur lui et le frappa. Umm Kulthûm, la fille de ‘Alî, sortit alors et se mit à crier : « Qu’est ce donc qui m’afflige autant, à la prière de l’aube ? Mon époux, le Commandeur des Croyants fut assassiné au cours de la prière de l’aube, et mon père aussi ! » Un ancien Qurayshite a dit que lorsque ‘Alî (que Dieu ennoblisse son visage) fut frappé par Ibn Muljim, il s’écria : « Par le Seigneur de la Ka‘ba, j’ai obtenu la victoire ! »

dernières

recommandations, puis ne dit plus rien, sauf : « Il n’y a de divinité que Dieu ! » et mourut. Lorsque al-Hassan b. ‘Alî 195 (que Dieu soit satisfait de lui) fut sur le point de mourir, son frère al- Hussayn 196 (que Dieu soit satisfait de lui) vint le voir et lui demanda : « Ô frère, qu’est ce donc qui te fait souffrir autant ? Tu te joindras bientôt à tes pères, l’Envoyé de Dieu et ‘Alî b. Abû Tâlib, à tes mères, Khadîja bint Khuwaylid et Fâtima bint Muhammad et à tes oncles Hamza et Ja‘far ! » Il répondit : « Ô mon frère, je vais me rendre là où je ne me suis jamais rendu auparavant ! » Muhammad b. al-Hassan (que Dieu soit satisfait de lui et de son père) a dit : « Lorsque les gens se lancèrent contre al-Hussayn (que Dieu soit satisfait de lui) et que ce dernier comprit qu’ils allaient le

Muhammad b. ‘Alî 194 a

dit

qu’après

avoir

été

blessé,

son

père

lui

fit

ses

qu’ils allaient le M uh ammad b. ‘Alî 1 9 4 a dit qu’après avoir été

tuer, il se dressa au milieu de ses compagnons, loua et glorifia Dieu, puis dit : « L’affaire est telle que vous la voyez ! Le monde a changé, il s’est corrompu et a tourné le dos au bien ! Il s’est recroquevillé sur lui-même et il n’en reste que l’équivalent d’une goutte au fond d’une cruche. J’en ai assez d’une vie semblable à d’exécrables pâturages ! Ne voyez-vous pas qu’on a cessé d’agir avec vérité et qu’on ne renonce plus au mensonge ? Que le croyant ne cesse donc de désirer ardemment de rencontrer Dieu, Exalté [au plus tôt] ! Je ne vois que bonheur en la mort, et ne vois qu’outrage à vivre au milieu de criminels ! »

CHAPITRE V

DES PROPOS DES CALIFES, DES ÉMIRS ET DES SAINTS AU MOMENT DE LEUR MORT

La mort de Mu‘âwiyya 197

À l’approche de sa mort, Mu‘âwiyya b. Abû Sufyân dit : « Aidez-moi à m’asseoir ! » Une fois assis, il glorifia Dieu, fit des invocations et pleura; puis dit : « Ô Mu‘âwiyya, tu te souviens de ton Seigneur après la décrépitude et la déchéance. Pourquoi ne pas l’avoir fait quand le rameau de la jeunesse était vigoureux et vert ? » Il pleurait si fort qu’on entendait ses sanglots. Il a dit aussi : « Ô Seigneur, fais miséricorde au vieux rebelle au cœur dur ! Ô Dieu, omets les faux pas, pardonne les dérapages et sois indulgent avec celui qui n’a placé ses espoirs et sa confiance qu’en Toi ! » Un ancien Qurayshite rapporte avoir rendu visite à Mu‘âwiyya en compagnie d’autres personnes, au cours de la maladie de ce dernier. Ils notèrent aussitôt la gravité de son état. Mu‘âwiyya loua et glorifia Dieu puis dit : « La vie ne serait-elle donc rien de plus que ce que nous en avons expérimenté et vu ? Par Dieu, en vérité, nous en avons accueilli les atours de toutes nos forces et en avons assouvi tous nos désirs ! Et cela jusqu’à ce que la vie n’ait commencé inexorablement à réduire l’une après l’autre, nos conditions et nos attaches (‘urwa) et ne nous ait leurrés et épuisés. Que cette demeure est indigne ! Que cette demeure est indigne ! » Il est rapporté qu’au cours de son dernier sermon, Mu‘âwiyya a dit : « Ô gens, celui qui sème, récolte. Et nul ne vous dirigera après moi sans être pire que moi, comme ce fut le cas pour moi par rapport à ceux qui m’ont précédé et qui m’étaient supérieurs. Ô Yazîd 198 , lorsque mon tour viendra, charge un homme doué d’intellect (labîb) de laver ma dépouille, car l’homme intelligent occupe une place prestigieuse auprès de Dieu. Qu’il me lave correctement et doucement, et qu’il hausse le ton durant son takbîr. Va chercher ensuite, dans le coffre, le tissu qui contient l’un des vêtements, des cheveux et des rognures d’ongles du Prophète . Tu mettras ces deux derniers dans mes narines, ma bouche, mes oreilles et mes yeux et tu recouvriras ma peau de son manteau, jusqu’en dessous de mes épaules. Ô Yazîd, respecte la recommandation divine concernant les parents. Lorsque vous m’aurez descendu dans la tombe et placé dans ma crevasse, laissez Mu‘âwiyya seul avec Le plus Clément des Miséricordieux ! » Muhammad b. ‘Uqba rapporte que lorsque Mu‘âwiyya fut près de la mort, il aurait dit : « Ah, que n’ai-je été qu’un simple Qurayshite de Dhû Tawâ 199 , sans n’avoir jamais eu à exercer une quelconque autorité ! »

n’avoir jamais eu à exercer une quelconque autorité ! » La mort de ‘Abd al-Mâlik b.

La mort de ‘Abd al-Mâlik b. Marwân 200

À l’approche de sa mort, ‘Abd al-Mâlik b. Marwân vit, à la périphérie de Damas, un laveur (ghassâl) nouer un vêtement avec ses mains, qu’il battait contre un bac. Il dit : « Ah ! Si seulement

j’avais été comme ce laveur qui se nourrit du fruit quotidien de son labeur et non l’homme qui a exercé son autorité en ce monde ! » Ces propos arrivèrent à l’oreille d’Abû Hâzim 201 qui dit : « Dieu soit loué pour leur avoir fait envier notre condition à l’approche de leur mort ! Et lorsque celle-ci s’approche de nous, nous ne les envions pas ! » On dit à ‘Abd al-Mâlik b. Marwân durant sa maladie : « Ô Commandeur des Croyants, comment te sens-tu ? » Il répondit : « Je me sens comme a dit le Très-Haut : “Vous voici donc venus à Nous, esseulés, comme lorsque Nous vous avons créés la première fois, laissant derrière vous les biens dont Nous vous avions gratifiés. Et Nous ne voyons pas auprès de vous ces intercesseurs que vous prétendiez avoir comme associés. Il y a eu rupture entre vous, et vos prétentions se sont évanouies. » 202 ” », puis il mourut !

La mort de ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz

Fâtima 203 , fille de ‘Abd al-Mâlik b. Marwân et épouse de ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz, a dit : « Au cours de sa maladie fatale, j’ai entendu ‘Umar dire : “Ô Dieu, fais qu’ils ne souffrent pas trop de ma perte, pas même une heure.” Le jour de sa mort, je le quittais et entrais dans une pièce mitoyenne de celle où il se trouvait. Seule, une porte nous séparait et j’ai pu l’entendre dire : “Telle est l’ultime demeure : Nous la réservons à ceux qui ne veulent être ni condescendants ni fauteurs de trouble sur la terre. Et un terme heureux attend les pieux timorés !” 204 . Puis, il se tut et je n’ai plus entendu ni parole ni bruit provenant de sa chambre. J’ai alors demandé à l’un de ses valets : « Va voir s’il s’est endormi ? » Le valet entra et hurla. Je me précipitais dans la pièce et le trouvais mort ! On lui demanda à l’approche de sa mort : « Ô Commandeur des Croyants, fais-nous tes recommandations. » Il répondit : « Je vous avertis d’une mort semblable à la mienne ! Vous ne pourrez y échapper ! » On rapporte que lorsque son état devint critique, on fit amener un médecin à son chevet. Ce dernier dit alors : « Je constate que l’homme a été empoisonné et je crains de ne pouvoir empêcher sa mort ! » ‘Umar leva les yeux vers le médecin et dit : « La mort n’épargne pas non plus celui qui n’est pas empoisonné ! » Le médecin lui demanda : « Ô Commandeur des Croyants, l’as-tu ressenti ? », et ‘Umar répondit : « Oui, je l’ai ressenti dès qu’il a pénétré dans mon ventre. » Le médecin dit alors : « Ô Commandeur des Croyants, accepte ce médicament, car je crains que ton âme ne s’en aille ! » Il répondit : « Mon Seigneur est la meilleure destination. Par Dieu, même si le remède était tout près du lobe de mon oreille, je ne tendrais pas la main pour le prendre ! Ô Dieu, permets à ‘Umar de préférer Ta rencontre ! » Il mourut quelques jours plus tard. On rapporte aussi qu’à l’approche de sa mort, il pleura. On lui dit : « Ô Commandeur des Croyants, pourquoi pleures-tu ? Tu devrais plutôt te réjouir du fait que Dieu a vivifié les traditions et rétabli la Justice, à travers toi ! » Il pleura encore et dit : « Ne comparaîtrais-je donc pas ? Ne serais- je donc pas interrogé sur l’état de ces hommes ? Par Dieu, même si j’avais été juste envers les hommes, je craindrais que les arguments de mon âme ne soient pas suffisamment convaincants devant Dieu, sauf si Dieu les prend en considération ! Que dire alors de toutes ces choses que nous avons négligé ? » Il mourut quelque temps plus tard. On rapporte aussi qu’à l’approche de sa mort, il aurait demandé qu’on l’aide à s’asseoir puis aurait répété par trois fois : « C’est moi celui auquel Tu as donné des ordres et qui T’a désobéi, celui auquel Tu as interdit et qui a transgressé ! Mais il n’y a de divinité que Dieu. » Puis, il leva la tête et

se mit à fixer devant lui. On lui demanda : « Que regardes-tu ? » Il répondit : « Je vois des formes [… ], il ne s’agit ni d’humains ni de djinns. » Après quoi, il mourut. Que Dieu lui fasse miséricorde !

La mort de Harûn al-Rashîd 205 , al-Ma’mûn 206 , al-Mu‘tasim 207 , al-Muntasir 208 , ‘Amrû b. al-‘As 209 et al-Hajjâj 210

On rapporte qu’à l’approche de sa mort, Harûn al-Rashîd aurait choisi de ses propres mains son linceul. Il l’attendait en disant : « Ma fortune ne m’a servi à rien et mon pouvoir m’a abandonné !

» 211

Al-Ma’mûn fit un lit de cendres et s’y allongea en disant : « Ô Toi dont le règne ne cesse jamais, fais miséricorde à celui dont le règne a été interrompu ! »

À sa mort, al-Mu‘tasim disait : « Si j’avais su que ma vie serait aussi courte, je n’aurais jamais agi

[ainsi] ! »

À l’approche de sa mort, al-Muntasir s’agita. On lui dit alors pour le calmer : « Ô Commandeur

des Croyants, pas de danger ! » Il répondit : « Il n’en est qu’ainsi ! La vie s’en va et la mort s’en vient

! »

À sa mort, ‘Amrû b. al-‘As regarda des coffres et dit à ses enfants : « Qui les prend avec leur

contenu ? Il ne s’agit de rien d’autre que de fumier ! »

À l’approche de sa mort, al-Hajjâj a dit : « Ô Dieu, pardonne-moi car les gens affirment que Tu ne

me pardonneras pas ! » Ces paroles plaisaient à ‘Umar b. al-‘Azîz qui les lui enviait. Lorsqu’on les rapporta à al-Hasan, celui-ci demanda : « A-t-il vraiment dit cela ? » On lui répondit : « Oui ! » Il dit alors : « Peut-être. »

Exposition des propos de certains vertueux et pieux parmi les Compagnons et la génération suivante, et de ceux des soufis qui leur ont succédé.

À l’approche de sa mort, Mu‘âdh [b. Jabal] 212 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Ô Dieu, je Te

craignais et aujourd’hui je T’implore. Ô Dieu, Tu sais que je ne désirais pas ce monde, ni une longue vie ni [contempler] la course des fleuves ou planter des arbres. J’ai plutôt aimé les jours de soif terrible, l’endurance pendant des heures et me mêler, à genoux, aux savants durant les séances de dhikr […] ». Lors de sa terrible et incomparable agonie, il s’évanouit, ouvrit les yeux puis dit : « Ô Seigneur, quelle que soit la force de Ton étouffement, par Ta puissance, Tu sais que mon cœur T’aime

» À l’approche de sa mort, Salmân [al-Fârisî] (que Dieu soit satisfait de lui) pleura. On lui en demanda la raison et il dit : « Ce n’est pas la perte de ce monde qui me fait pleurer, mais plutôt cette injonction de l’Envoyé de Dieu : “ Le strict nécessaire de cette vie doit être semblable aux provisions du voyageur. ” 213 . Après sa mort, on fit l’inventaire de ce qu’il avait laissé : à peine un peu plus de dix dirhams.

À l’approche de la mort de Bilâl 214 (que Dieu soit satisfait de lui), son épouse lui dit : « Quelle

tristesse ! » Il répondit : « Quelle joie plutôt ! Demain nous rencontrerons les bien-aimés :

!

joie plutôt ! Demain nous rencontrerons les bien-aimés : ! M uh ammad et son parti.
joie plutôt ! Demain nous rencontrerons les bien-aimés : ! M uh ammad et son parti.

Muhammad et son parti. » On rapporte que ‘Abd Allâh b. al-Mubârak 215 , à sa mort, ouvrit les yeux, rit puis dit : « Voilà ce pour quoi doivent œuvrer ceux qui œuvrent ! » 216

On a dit qu’à sa mort, Ibrâhîm al-Nakh‘î 217 pleura. On lui en demanda la raison et il répondit : « J’attends de la part de Dieu un messager qui m’annonce le Paradis ou l’Enfer. »

À l’approche de sa mort, Ibn al-Munkadir 218 pleura. On lui en demanda la raison et il répondit : «

Je ne pleure pas pour les fautes commises, mais plutôt pour celle que je jugerais « insignifiante

alors qu’auprès de Dieu cela est énorme. » 219

À sa mort, ‘Amir b. ‘Abd al-Qays 220 pleura. Il expliqua ses pleurs en disant : « Ce n’est pas la

crainte de la mort, ni par regret pour ce monde que je pleure, mais plutôt pour les jours de soif et les veilles en prière d’hiver que j’ai délaissés. »

À l’approche de la mort, Fudhayl 221 s’évanouit. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il dit : « Que le voyage

est long et les provisions rares ! »

À l’approche de sa mort, Ibn al-Mubârak dit à Nasr, son client : « Pose ma tête sur la poussière. »

Nasr pleura et Ibn al-Mubârak lui en demanda la raison. Il répondit : « Je me suis souvenu de ta belle vie, et te voilà maintenant mourant pauvre et seul ! » Il lui répondit : « Tais-toi donc ! J’ai demandé à Dieu, Exalté, de m’accorder la vie des riches et la mort des pauvres. » Puis il ajouta : « Fais-moi répéter la profession de foi, et ne la reformule que si je parle à nouveau ! » ‘Atâ’ b. Yasâr a dit : « Satan se présenta à la mort d’un tel et lui dit : « Tu es sauf ! » L’homme répondit : « Pas encore de toi ! » Un homme pieux pleura à sa mort. On lui demanda : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit :

« Ce verset du Livre de Dieu, Exalté et Magnifié : “Dieu n’accepte que de ceux qui Le craignent !” 222 » Al-Hasan rendit visite à un tel qui rendait l’âme et dit : « Certes, le terme de toute question, dont le prélude est ainsi, doit être craint ! Et certes, le début de toute question, dont le terme est ainsi, doit être vécu dans l’ascèse ! »

Al-Jurayrî a dit : « Un vendredi, le jour de Nayrûz 223 , je me trouvai chez Junayd 224 , alors agonisant, qui récitait le Coran. Une fois sa lecture terminée, je lui dis : “À Abû al-Qâsim, [tu lis le Coran] dans ta condition ?” - “Et qui en est plus digne que moi, alors que ma page est sur le point d’être tournée?”

»

Ruwaym a dit : « J’ai assisté à la mort de Abû Sa‘îd al-Kharrâz 225 , il disait :

« Le désir des cœurs des gnostiques,

et leur souvenir du Secret survient lors de leurs entretiens intimes.

Les coupes du destin ont circulé parmi eux,

ils se détournèrent du monde, tel l’enivré qui se détourne.

Leurs soucis voguent dans un campement,

où, tels des étoiles brillantes, se trouvent les amoureux de Dieu.

Leurs corps sur terre sont comme morts dans Son Amour,

et leurs esprits voyagent vers le Haut, de nuit, à travers les Voiles.

Ils ne font jamais de halte, sauf en proximité de leur Bien-Aimé,

pas plus qu’un tort ou un mal ne les en fait dévier. »

On a dit à al-Junayd : « À l’approche de sa mort, Abû Sa‘îd al-Kharrâz était très souvent en état d’extase [mystique] (tawâjud). » Il répondit : « Il n’y rien d’extraordinaire à ce que son esprit s’envole par ardent désir [de Dieu]. » À l’approche de sa mort, on demanda à Dhû al-Nûn : « Que désires-tu ? » Il répondit : « Le connaître avant ma mort, ne serait-ce qu’un instant ! » On a dit à l’un d’entre eux avant sa mort : « Dis : “Dieu”. » Il répondit : « Jusqu’à quand direz- vous “Dieu”, alors que je brûle de Dieu. » Un autre a dit : « Je me trouvai chez Mimshâd al-Dînawarî 226 lorsqu’un pauvre en Dieu (faqîr) arriva et dit : “Que la Paix soit sur vous ! Y aurait-il ici un endroit propre où un individu peut mourir ?” On lui indiqua alors un endroit. Il y avait une source où le faqîr fit ses ablutions, puis il pria autant que Dieu voulut. Après avoir terminé ses prières, il se dirigea vers l’endroit qu’on lui avait indiqué, étendit ses jambes et mourut. » Une fois, alors qu’Abû al-‘Abbâs al-Dînawarî parlait au milieu d’une assemblée, une femme, en extase, hurla. Il lui dit alors : « Meurs ! » La femme se leva, se tourna vers lui et dit : « Je suis morte ! » Et elle tomba morte. On rapporte que Fâtima, la sœur de Abû ‘Alî al-Rûdhbârî, a dit : « Lorsque s’approcha la mort d’Abû ‘Alî al-Rûdhbârî, alors qu’il avait la tête sur mes genoux, il ouvrit les yeux et dit : “Voici que les portes du ciel s’ouvrent et que les jardins sont embellis, et voilà qu’une Voix dit : “Ô Abû ‘Alî, voilà que Nous te faisons parvenir au plus haut degré bien que tu ne le cherchais pas !” Puis il se mit à déclamer :

“Par Ta Vérité, je n’ai rien vu d’autre que Toi

par l’œil de l’amour jusqu’à ce que je Te voie

Je Te vois en tant que persécuteur qui affaiblit mon regard

et mes joues rougissent par pudeur de Toi.”

On a dit à al-Junayd : « Dis : “Il n’y a de divinité que Dieu !” » Il répondit : « Je ne L’ai jamais oublié pour m’en souvenir à présent. » Ja‘far b. Nusayr demanda à Bakrân al-Dînawarî, le serviteur de Shiblî 227 : « Qu’as-tu vu de Shiblî? » Il répondit : « Il m’a dit : “J’ai acquis, une fois, de manière injuste un dirham et bien que j’en ais distribué des milliers en guise de compensation, il continue d’être le plus grand souci pour mon cœur.” Puis il me dit : « Aide-moi à faire mes ablutions pour la prière. » Je l’aidais, mais j’oubliais de passer mes doigts dans sa barbe. Il fut alors empêché de parler. Il prit ma main et l’introduisit dans sa barbe, puis mourut. » Ja‘far pleura et dit : « Que dites-vous d’un homme qui, jusqu’à ses derniers instants, n’a jamais manqué aux règles de convenance (adâb) de la Loi ? » On a dit à Bishr qui souffrait au cours de ses derniers instants : « On dirait que tu aimes la vie ! » Il répondit : « S’approcher de Dieu est [vraiment] dur (shadîd). » On a dit à Sâlih b. Mismâr : « Ne confies-tu donc pas ton fils et ta famille à quelqu’un ? » Il

répondit : « J’aurais honte de Dieu de les confier à un autre que Lui. » À l’approche de la mort d’abû Sulaymân al-Dârânî, ses compagnons vinrent le voir et lui dirent : « Sois heureux, tu vas à la rencontre d’un Seigneur qui pardonne et qui est Miséricordieux. » Il répondit : « Que ne diriez vous plutôt : “Tu vas à la rencontre d’un Seigneur à qui tu rendras compte de tes petites fautes et qui châtie les grands péchés.” »

des

recommandations. » Il dit : « Consentez à ce que Dieu veut pour vous ! » À l’approche de la mort de l’un d’entre eux, son épouse se mit à pleurer. Il lui demanda ce qui la faisait pleurer et elle répondit : « Je pleure pour toi. » Il lui répondit : « Si tu dois pleurer, fais-le donc pour toi; quant à moi, cela fait quarante ans que je pleure pour ce jour. » Al-Junayd a dit : « Je suis allé faire mes adieux à Sarî al-Saqatî durant sa maladie fatale, et lui demandais : « Comment te sens-tu? » Il répondit :

À

l’approche

de

la

mort

d’Abû

Bakr

al-Wâsitî 228 ,

on

lui

demanda

:

«

Fais-nous

« Comment me plaindrais-je de mon état auprès de mon Médecin,

alors que ce qui m’afflige procède de mon Médecin »

[Junayd] prit alors un éventail pour lui faire de l’air et Sarî dit : « Comment peut ressentir l’air de l’éventail celui dont l’intérieur brûle ! » Puis il dit :

« Le cœur brûle et la larme court

L’affliction est rassemblée et la patience s’en va

Quelle constance pour qui n’en a pas ?

Et qui est lésé par la passion, le désir et l’inquiétude ?

Ô Seigneur, y a-t-il une chose en guise de soulagement ?

Fais m’en alors don tant qu’en moi demeure un souffle. »

On rapporte qu’un groupe de compagnons de Shiblî lui rendirent visite alors qu’il était mourant. Ils lui dirent : « Dis : “ Il n’y a de divinité que Dieu ! ” » Il répondit :

« La demeure où tu résides

n’a nul besoin de lanterne

L’espoir de Ta face [suffit et] sera notre preuve

au jour où les gens viendront avec les preuves

Que Dieu ne m’accorde alors aucune issue

le jour où je Te demanderai de m’en accorder ».

On rapporte qu’Abû al-‘Abbâs b. ‘Atâ’ rendit visite à Junayd peu avant la mort de ce dernier. Il le salua mais Junayd ne le fit qu’une heure après et lui dit : « Pardonne-moi, mais j’étais en train de réciter mon wird 229 . » Puis il se tourna vers la Qibla, récita le takbîr 230 et mourut.

On a dit à al-Kattânî peu avant sa mort : « Que furent tes œuvres? » Il répondit : « Si je n’étais pas près de mourir, je ne vous en informerais pas. Je me suis placé devant la porte de mon cœur pendant quarante ans, à chaque fois qu’y passait autre que Dieu, je l’en chassais. » On rapporte qu’al-Mu‘tamir a dit : « J’étais parmi ceux qui ont assisté à la mort de Hakam b. ‘Abd al-Malik. Je dis alors : “Ô Dieu, allège son agonie, car il avait fait ceci et cela […]” Il s’éveilla alors et dit : “Qui a dit cela ?” - “Moi.”, répondis-je. Il dit alors : “L’ange de la mort (que la Paix soit sur lui) m’a dit : “ Je suis tendre avec toute personne généreuse. ” Puis, il s’éteignit. » Hudhayfa assista aux derniers instants de Yûsuf b. al-Asbât, le trouvant étrangement inquiet, il lui dit : « Ô Abû Muhammad, est-ce le moment de l’inquiétude et de l’angoisse (al-jaz‘) ? » [Yûsuf] répondit : « Ô Abû ‘Abd Allâh, comment ne pas être inquiet et angoissé alors que j’ignore si j’ai été sincère envers Dieu dans chacune de mes œuvres ! » [Hudhayfa] dit alors : « Quel homme merveilleux et vertueux ! Même à sa mort, il jure d’ignorer si ses actes d’obéissance ont été sincèrement voués à Dieu. » Al-Maghâzilî a dit : « Je rendis visite à mon maître qui possédait ce même genre de vertus, alors qu’il était gravement malade. Il dit : “Tu peux faire ce que Tu veux, mais sois doux à mon égard.” » Un maître rendit visite à Mimshâd al-Dînawarî quelque temps avant la mort de ce dernier et lui dit, en guise d’invocation en sa faveur : « Que Dieu, Exalté soit-Il, fasse ceci et cela […] ». [Mimshâd] se mit alors à rire, puis dit : « Cela fait trente ans que le Paradis et ce qu’il contient me sont offerts. Je n’y ai pourtant jeté qu’un bref regard. » On dit à Ruwaym avant sa mort : « Dis : “Il n’y a de divinité que Dieu.” » Il répondit : « Je ne saurais rien dire de mieux. » On dit à al-Nûrî 231 avant sa mort : « Dis : “Il n’y a de divinité que Dieu.” » Il répondit : « N’y a-t- il pas un ordre ? » Al-Mazinî rendit visite à al-Shâfi‘î (que Dieu leur fasse miséricorde) durant sa maladie fatale et lui dit : « Ô Abû ‘Abd Allâh, comment te sens-tu ce matin ? » Il répondit : « Je me suis réveillé prêt à quitter ce monde, à me séparer des frères, à aller à la rencontre de mes mauvaises actions, à boire à la coupe de la mort et à entrer auprès de Dieu, Exalté soit-Il, mais sans savoir si mon esprit ira au Paradis pour l’en féliciter, ou en Enfer pour lui faire mes condoléances. » Puis il dit :

« Lorsque mon cœur s’endurcit et que les voies rétrécirent

je plaçai mon espoir dans l’échelle de Ton pardon.

Mes péchés me semblèrent énormes, mais lorsque je les ai comparés

à Ton pardon, ô Seigneur, Ton pardon m’apparut alors bien grand encore.

Tu ne cesses d’être constamment celui qui pardonne les péchés

Celui qui élargit et pardonne par générosité et magnificence.

Sans Toi, aucun serviteur n’aurait été séduit par le diable

comment en serait-il autrement, alors que même Adam, Ton pur, en a été séduit. »

On posa une question à Ahmad mourant, il pleura et dit : « Ô mon fils, c’est une porte à laquelle je

frappe depuis quatre-vingt-quinze ans et qui est sur le point de s’ouvrir. J’ignore si elle sera ouverte sur la félicité ou le malheur ! Voici donc venu le temps de la réponse. » Voici donc leurs propos [sur la mort] selon la variété de leur état. Certains étaient dominés par la peur, d’autres par l’espoir, et d’autres encore par le désir et l’amour. Ainsi, chacun d’eux s’exprima selon l’état qui était le sien et, par rapport à ce dernier, ils étaient tous dans le vrai.

CHAPITRE VI

DES PROPOS DE GNOSTIQUES LORS DE FUNÉRAILLES, OU DE LA VISITE DES CIMETIÈRES ET L’AVIS CONCERNANT LA VISITE DES TOMBES

Sache que les funérailles sont un exemple pour celui qui est doté de bon sens, et qu’elles comportent un avertissement et un rappel destiné aux gens distraits (ahl al-ghafla). Elles ne procurent à ces derniers, qui y assistent, que majeure dureté et ils s’imaginent qu’ils assisteront toujours aux funérailles des autres, sans prendre en considération le fait que leur corps aussi sera inévitablement porté. Et même s’ils le pensent, ils ne croient pas que les leurs soient proches ni ne les prennent en compte ni ne réfléchissent au fait que ceux que l’on enterre [aujourd’hui] pensaient eux aussi de la sorte, et bientôt la durée de vie qui leur a été concédée prendra aussi fin. Aussi, aucun serviteur ne devra assister à des funérailles sans imaginer que le corps que l’on transporte aujourd’hui sera le sien demain ou après-demain. On rapporte que lorsque Abû Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui) voyait passer une procession funéraire, il disait : « Précédez-nous, nous sommes sur vos traces. » Quant à Makhûl al-Dimashqî, il disait : « Allez-y, nous nous y rendrons nous aussi. C’est là un rappel éloquent suivi rapidement d’insouciance, le premier s’en va et l’autre demeure sans y réfléchir. »

jamais assisté aux funérailles d’Untel sans me dire : “

Qu’adviendra-t-il de lui et vers quoi est-il conduit ? » Lorsque le frère de Mâlik b. Dînâr mourut, ce dernier alla aux funérailles en pleurant et dit : « Mes yeux ne cesseront de pleurer tant que je ne saurai pas vers quoi tu seras conduit, et je ne le saurai tant que je demeurerai en vie. » Al-A‘mash a dit : « Nous assistions aux funérailles sans savoir à qui nous devions présenter nos condoléances, car le chagrin dominait l’ensemble des personnes présentes. » Thâbit al-Bannânî a dit : « Nous assistions aux funérailles et nous n’y voyions que des gens recouvrant leur visage, en pleurs. » Voici comment était leur crainte de la mort. Or, de nos jours, on voit la plupart des gens, qui assistent aux funérailles, rire, échanger des propos légers ou parler de l’héritage du défunt et de ce qu’il a laissé à ses héritiers. Ses semblables et ses parents ne pensent qu’au moyen de s’accaparer, par la ruse, une part de ce qu’il a laissé derrière lui, et nul d’entre eux – sauf ceux que Dieu veut – ne songe à ses propres funérailles ou à son état lorsque son tour viendra. Il n’y a d’autre cause à cette insouciance que la dureté des cœurs procurée par les nombreux actes de désobéissance et les péchés, qui nous ont fait oublié Dieu, Exalté soit-Il, le Jour dernier, les calamités qui nous attendent et qui nous ont entraînés au divertissement, à la distraction et à nous occuper de ce qui ne nous concerne pas.

Usayd b. Hudayr

a

dit

:

«

Je

n’ai

Nous demandons à Dieu, Exalté soit-Il, de nous éveiller de cette insouciance. Le plus bel état de ceux qui assistent aux funérailles consiste à pleurer le mort, or s’ils réfléchissaient, ils pleureraient sur leur sort et non sur le défunt. Ibrâhîm al-Zayyât vit des gens invoquer la Miséricorde sur le défunt, il leur dit : « Si vous invoquiez la Miséricorde sur vous, cela serait meilleur pour vous, car lui est sorti indemne des trois grandes épreuves : la vision du visage de l’ange de la mort qu’il a déjà vu ; l’amertume de la mort qu’il a déjà goûtée et la peur du terme [fâcheux] dont il est sorti indemne. » Abû ‘Amrû b. al-‘Alâ’ a dit : « J’étais assis près Jarîr alors qu’il dictait un poème à son secrétaire, quand une procession passa devant nous. Il garda le silence, puis dit : “ Par Dieu, ces enterrements m’ont vraiment blanchi la tête !’ Puis, il ajouta :

« Les funérailles nous alarment à leur approche

et dès qu’elles s’en vont, nous retombons dans le divertissement.

Comme le troupeau de brebis qui tremblent à la descente du loup,

et qui, dès qu’il disparaît, reviennent paître paisiblement. »

Les règles à observer durant les funérailles

Méditer, être vigilant, s’y préparer et marcher devant le cercueil en adoptant un comportement humble, ainsi que nous en avons décrit les règles et les traditions dans l’art de la jurisprudence 232 . Parmi ces règles, il y a celle de se faire une bonne opinion du défunt, même s’il était dépravé de son vivant, et de s’en faire une mauvaise de celui qui, en apparence, semblait vertueux, car le terme de la vie (al-khâtima) n’est pas sans risque et sa réalité nous est inconnue. On rapporte à ce propos qu’à la mort d’un voisin de ‘Umar b. Dharr, connu pour être de ceux qui ne se privaient de rien, peu de gens se rendirent à ses funérailles. ‘Umar y assista, pria pour le défunt puis, lorsque le corps fut descendu dans la tombe, il se tint près de celle-ci et dit : « Ô père d’Untel, que Dieu te fasse miséricorde, tu as passé ta vie en compagnie du tawhîd, tu as couvert de poussière (‘afarta) ton visage par tes prosternations rituelles (sujûd), et s’ils disent que tu étais un pécheur couvert de fautes, qui parmi nous ne l’est pas ? » On rapporte qu’un individu, qui avait sombré dans la débauche, mourut dans les environs de Basra. Son épouse ne trouva personne pour l’aider à transporter la dépouille, car aucun de ses voisins ne lui avaient prêté la moindre attention du fait de sa mauvaise réputation. Elle fit alors appel à des porteurs professionnels qui le menèrent à la mosquée, mais personne ne pria pour lui. Elle le fit alors porter hors de la ville, dans un endroit désert pour l’enterrer. Il y avait près de cet endroit, une montagne où vivait l’un des plus grands ascètes. Lorsque la femme arriva avec le corps, elle trouva l’ascète dans l’attente de ce corps. Alors qu’il s’apprêta à prier sur le défunt, la nouvelle [de sa présence] se répandit et les gens accoururent pour participer à la prière sur le mort. Une fois la prière achevée et ayant vu la surprise sur leur visage, l’ascète dit : « Il m’a été dit dans un rêve : “ Descends à tel endroit, tu y verras les funérailles d’Untel auxquelles personne n’assistera, exceptée une femme. Prie sur lui, car il lui a été pardonné. ” » Les gens furent doublement surpris par ses paroles. Il appela alors son épouse et l’interrogea sur la conduite et l’état de son époux. Elle répondit : « Comme tout le monde le sait, il passait ses journées entières à s’enivrer de vin dans une taverne. » L’ascète lui dit :

« Sais-tu s’il a accompli quelque bonne action ? » Elle répondit : « Oui, trois choses. Chaque matin, dès qu’il sortait de son état d’ivresse, il changeait de vêtements, faisait ses ablutions et allait accomplir la prière collective du matin, puis il revenait à la taverne et se livrait encore à la débauche. La deuxième chose : sa maison n’était jamais vide d’un ou de deux orphelins qu’il traitait mieux que ses propres enfants et veillait scrupuleusement [à ce qu’ils ne manquent de rien]. La troisième, c’est qu’il s’éveillait au milieu de la nuit, au cours de son ivresse, se mettait à pleurer et disait : “ Ô Seigneur, quel angle de l’Enfer veux-Tu remplir avec ce scélérat [que je suis] ? » L’ascète s’en alla alors après que cette sombre affaire eut été éclaircie. On rapporte que lorsque l’un des frères de Sila b. Ashyam fut enterré, il dit devant sa tombe :

« Si tu en sors indemne, alors tu es sauf de quelque chose de vraiment

terrible,

sinon, je ne te vois aucun salut. »

[Exposition sur la condition dans la tombeet ce qu’ils ont dit près des tombeaux]

Al-Dahhâk 233 a dit : « Un homme a demandé au Prophète : “Ô Envoyé de Dieu, quel est le plus ascète des hommes ?” Il répondit : “Celui qui n’oublie pas la tombe et la décomposition (al-bilâ) [des corps], qui renonce aux excès des parures de ce monde, qui préfère ce qui demeure à ce qui disparaît, qui ne compte pas le jour suivant d’entre ses jours [d’existence] et qui se compte parmi les habitants des tombeaux.” » 234

On a demandé à [l’imâm] ‘Alî (que Dieu ennoblisse son visage) : « Pourquoi habites-tu à proximité du cimetière ? » Il répondit : « Je trouve qu’ils [les morts] sont les meilleurs voisins, des voisins sincères qui retiennent leur langue et rappellent l’au-delà. »

a dit : « Je n’ai jamais vu un spectacle plus effrayant que celui de la

tombe. » 235 ‘Umar b. al-Khattâb (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Nous nous rendîmes avec l’Envoyé de Dieu au cimetière, il s’assit près d’une tombe et j’étais le plus proche de lui. Il se mit à pleurer et les autres et moi en fîmes de même. Le Prophète demanda : “Qu’est ce qui vous fait pleurer ?” Nous répondîmes : “Nous pleurons car nous te voyons pleurer.” Il dit alors : “Cette tombe est celle de ma mère, Amina bint Wahb, j’ai demandé à mon Seigneur la permission de lui rendre visite et Il me l’a accordée. Je Lui ai ensuite demandé la permission d’invoquer Son pardon en sa faveur, mais Il me l’a refusé. J’en ai alors été très affecté, comme le sont les enfants”. » 236 Lorsque ‘Uthmân b. ‘Affân (que Dieu soit satisfait de lui) s’approchait d’une tombe, il éclatait en sanglots au point que ses larmes baignaient sa barbe. On lui dit alors : « Le souvenir du Paradis et de

l’Enfer ne te font pas pleurer, alors que tu pleures devant les tombes ? » Il répondit : « J’ai entendu

l’Envoyé de Dieu

dire : “La tombe est la première demeure de l’au-delà, celui qui en sort

indemne trouvera les autres plus accessibles, mais s’il n’en sort pas indemne, il trouvera les autres bien plus effroyables.” » 237 On rapporte que ‘Amrû b. al-‘Âs (que Dieu soit satisfait de lui) aperçut un cimetière. Il descendit et y pria deux unités de prière. On lui en demanda la raison et il répondit : « Je me suis souvenu des habitants des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu [en priant en

des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu

L’Envoyé de Dieu

des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu
des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu
des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu
des tombes et ce qui les sépare de Lui, j’ai alors désiré me rapprocher de Dieu

ce lieu]. » Mujâhid a dit : « La première chose qui s’adressera au fils d’Adam [défunt] sera son tombeau qui lui dira : “Je suis la demeure des vers, celle de la solitude, de l’esseulement (al-ghurba) et de l’obscurité ; voilà, ce que je t’ai préparé ! Et toi, que m’as-tu préparé ?” » Abû Dharr 238 (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Voulez-vous que je vous parle du jour de mon grand dénuement ? Il s’agit du jour où je serai placé dans ma tombe. » Abû al-Dardâ’ 239 (que Dieu soit satisfait de lui) s’asseyait souvent dans les cimetières. Lorsqu’on lui en fit la remarque, il répondit : « Je fréquente ceux qui me rappellent mon rendez-vous [final] et qui lorsque je les quitte ne me décrient pas. » Ja‘far b. Muhammad se rendait la nuit au cimetière et disait : « Ô vous les habitants des tombes, pourquoi ne répondez-vous pas lorsque je vous appelle ? Par Dieu, une barrière les empêche de me répondre ! [J’ai le sentiment] d’être l’un d’eux. » Puis, il y priait jusqu’à l’aube. ‘Umar b. ‘Abd al-Azîz dit à un de ceux qui le fréquentaient : « Ô toi, j’ai passé toute la nuit à réfléchir à la tombe et à son locataire. Si tu voyais le mort trois jours après son enterrement dans sa tombe, tu en éprouverais de la répulsion, même si tu étais très proche de lui [de son vivant]. Tu verrais une demeure où circulent les cadavres (al-hawâm), où coulent des substances purulentes, où les corps se décomposent, où l’odeur est repoussante et où pénètre la vermine, et cela après le bel aspect, la bonne odeur et la propreté des vêtements [durant l’existence]. » Puis, il sanglota si fort qu’il s’évanouit. Yazîd al-Ruqâshî disait : « Ô toi l’enterré dans le tombeau, abandonné dans sa solitude, qui ne trouve que le réconfort de ses œuvres dans le ventre de la terre. Ah ! si je pouvais connaître les œuvres qui te réjouissent et les frères qui te font exulter ! » Puis, il pleurait si fort que ses larmes mouillaient son turban et ajoutait : « Par Dieu, il se réjouit de ses belles œuvres et de ses frères qui s’entraident dans l’obéissance à Dieu, Exalté soit-Il. » Lorsqu’il voyait une tombe, il mugissait (yakhûr) comme un buffle. Hâtim al-Asamm 240 a dit : « Celui qui passe devant un cimetière sans réfléchir sur son sort, ni prier pour les morts, trahit son âme et les défunts. » Bakr al-‘Âbid 241 disait : « Ô mère, ne pouvais-tu être stérile ! Un long séjour attend ton fils dans la tombe, et ensuite un grand périple. » Yahya b. Mu‘âdh 242 disait : « Ô fils d’Adam, ton Seigneur t’a appelé à la Demeure de la Paix (Dâr al-Salâm), réfléchis donc d’où tu lui répondras ! Si tu lui réponds de ton lieu de séjour en ce monde et que tu t’es préparé au voyage, alors tu y entreras, mais si tu lui réponds de ton tombeau, tu en seras écarté. » Lorsqu’il se rendait dans un cimetière, al-Hasan b. Sâlih 243 disait : « Que ton aspect extérieur est beau, or l’effroi se cache en ton sein. » Quand la nuit tombait, ‘Atâ’ al-Salamî 244 se rendait au cimetière et disait : « Ô vous les habitants de tombes, vous êtes morts : quelle mort ! Et vous avez vu vos œuvres : quelles œuvres ! ». Puis, il ajoutait : « Demain ce sera le tour de ‘Atâ’ dans la tombe, demain ce sera le tour de ‘Atâ’ dans la tombe… » Il répétait cela toute la nuit. Sufyân disait : « Celui qui mentionne souvent la tombe, la trouvera tel un des jardins du Paradis. Celui qui se distrait de sa mention, la trouvera tel un gouffre de l’Enfer. »

Al-Rabî‘ b. Khaytham 245 avait creusé une tombe dans sa maison. À chaque fois que son cœur durcissait, il y entrait, s’y allongeait, y demeurait autant que Dieu le voulait et récitait plusieurs fois [ces versets] : « Lorsque la mort vient visiter l’un d’eux, il s’écrie :“Seigneur, que l’on me fasse revenir ! Peut-être accomplirai-je le bien que j’ai négligé”. Mais non ! Ce n’est là qu’une parole dite par la langue, mais derrière eux se dresse une barrière jusqu’au Jour où ils seront ressuscités. » 246 Puis, s’adressant à lui-même, il disait : « Ô Rabî‘, te voilà revenu, œuvre donc ! »

Ahmad b. Harb 247 a dit : « La terre s’étonne de celui qui étend sa couche et prépare son lit pour dormir. Elle dit : “ Ô fils d’Adam, pourquoi ne te rappelles-tu pas la longue décomposition [de ton corps qui t’attend] alors qu’aucune chose ne te sépare de moi ? ” » Maymûn b. Mihrân 248 a dit : « Je me rendis, avec ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz, au cimetière. À la vue des tombes, il se mit à pleurer, puis il se tourna vers moi et dit : “Ô Maymûn, ce sont les tombes de mes pères, les Banû Umayya. On dirait qu’ils n’ont jamais pris part à la vie, ni aux réjouissances des gens de ce monde. Ne les vois-tu pas trépassés, sujets aux peines, à la décomposition et dévorés par la vermine ?” Puis, il pleura et ajouta : “Par Dieu, je ne connais personne de plus heureux que ceux qui sont conduits dans ces tombes et qui sont épargnés du châtiment de Dieu.” ». Thâbit al-Bunânî 249 a dit : « Une fois, je me suis rendu dans un cimetière et lorsque je m’apprêtai à le quitter, une voix dit : “Ô Thâbit, que le silence de ses habitants ne te leurre pas. Combien d’âmes y étouffent !” » On rapporte que lors des funérailles d’al-Hasan [al-Muthannâ] b. al-Hasan 250 , l’époux de Fâtima bint al-Husayn 251 , celle-ci se couvrit le visage et dit :

« Ils étaient tout espoir, puis sujets à la calamité (raziyya),

grave était cette calamité, et plus terrible encore ! »

On dit aussi qu’elle aurait dressé une tente sur sa tombe et y serait demeurée une année entière. Au bout d’un an, la tente fut enlevée et elle revint à Médine. On entendit alors une voix s’élever d’un côté [du cimetière] d’al-Baqî‘ : « Ont-ils trouvé ce qu’ils ont égaré ? » Une voix répondit de l’autre côté : « Ils ont perdu espoir, et s’en sont retournés. » Abû Mûsa al-Tamîmî a dit : « L’épouse d’al-Farazdaq 252 mourut, et tous les principaux notables de Basra, y compris al-Hassan, se rendirent aux funérailles. Al-Hassan dit alors à al-Farazdaq : « Ô Abû Firâs, qu’as-tu donc préparé pour ce jour ? » Il répondit : « Le témoignage qu’« il n’y nulle divinité en dehors de Dieu » pendant soixante ans. » Lorsque son épouse fut enterrée, il se tint devant la tombe et dit :

« Je crains derrière la tombe que Tu ne me pardonnes,

les flammes bien plus brûlantes que la tombe et son étroitesse.

Lorsque viendra à moi au Jour de la Résurrection, un chef

terrible qui contraindra al-Farazdaq à partir.

Malheureux le fils d’Adam qui marchera

vers l’Enfer couvert de chaînes et [le visage] blême. »

On a composé, au sujet des tombes et de ceux qui y demeurent, les vers suivants :

Arrête-toi devant les tombes et dis sur leurs étendues :

Qui d’entre vous est immergé dans ses ténèbres ?

Quel est celui qui est honoré dans ses entrailles

et qui a goûté à la fraîcheur de la sécurité, à partir de leur terreur ?

Quant à la quiétude de celui qui y assiste, elle est une,

car l’écart entre ses degrés n’est pas discernable.

S’ils te répondaient, ils t’informeraient de leur langue,

Et te décriraient certaines réalités de leur condition.

Quant à l’obéissant, il descend dans un jardin

où il se délassera entre de grands arbres.

Quant au criminel rebelle, il se débat et est renversé

dans un gouffre en compagnie de serpents.

Des scorpions se dirigent alors vers lui

et par leurs piqûres lui imposent de terribles souffrances.

Dâwud al-Tâ’î vit une femme pleurer et dire devant une tombe :

« Tu as perdu ta vie et n’en a rien obtenu

lorsqu’on t’a enterré dans la tombe.

Comment apprécierai-je le goût du repos

alors qu’on t’a allongé sur ton coté droit. »

Puis, elle ajouta : « Ô père, par laquelle des tes joues la vermine a-t-elle commencé ? » À ces mots, Dâwud fut comme foudroyé et il perdit connaissance. Mâlik b. Dînâr 253 a dit : « Je suis passé devant un cimetière et je me mis à dire :

“Tu es venu au cimentière et tu as appelé

Où sont donc ceux qu’on honorait et ceux qu’on méprisait ?

Où est donc celui qui se réjouissait de sa puissance et celui qui ne se

vantait pas de sa pureté?” ».

Une voix m’appela, alors que je ne voyais personne, et dit :

« Ils ont tous péri et il ne reste plus personne pour informer.

Ils sont tous morts, de même que leurs nouvelles.

Les filles de la terre viennent et s’en vont

Et la beauté de leurs formes disparaît elle aussi.

Ô toi qui interroge sur des gens qui ont disparu

N’as-tu pas, en ce que tu vois, un exemple à méditer ? » Il dit : « Je revins en pleurs. »

[De certains vers trouvés inscrits sur des tombes]

On a trouvé dans certaines épitaphes :

Les tombes (ajdâth) t’interpellent, bien qu’elles soient silencieuses.

Et leurs habitants murmurent sous terre :

“Ô toi, qui amasses en ce monde sans jamais être satisfait,

Pour qui donc amasses-tu tout cela, alors que tu mourras ?”

Et sur une autre :

Ô toi, qui es couronné de succès, ton abri est bien spacieux

et les parois de ta tombe sont bien étroites.

Il est inutile au défunt de construire son tombeau,

car une fois dedans, son corps y sera détruit. Ibn al-Sammâk 254 a dit : « J’ai visité un cimetière dont les tombes portaient l’inscription suivante :

Mes proches passent [indifférents] devant ma tombe

on croirait qu’ils ne me connaissent pas.

Mes héritiers se partagent mes biens

sans se soucier de rembourser mes dettes.

Ils ont pris leur part et s’en sont allés vivre.

Par Dieu, ils m’ont vite oublié.” Et sur une autre tombe, on a trouvé écrit :

“Les parents se détournent de l’être cher

Et aucun portier ni garde ne peut empêcher la mort

Comment se réjouir de ce monde et de ses plaisirs,

alors que tes mots sont comptés de même que tes souffles.

Ô insouciant, te voilà submergé par tes carences

et tu passes ta vie entière plongé dans les passions.

La mort n’épargne pas l’ignorant pour son aspect,

ni celui dont on a puisé des connaissances.

Que de fois la mort est restée silencieuse près des tombes où je me suis

arrêté − Sa langue, muette, n’ayant jamais donné de réponse

Autrefois, ton palais était richement construit et réputé

alors qu’aujourd’hui, ta tombe est effacée au milieu des tombeaux.” Et sur une autre tombe, on a trouvé écrit :

“Je me suis tenu debout devant les proches lorsque furent alignés

leurs tombeaux, comme les chevaux de course sur la ligne de départ.

Lorsque je pleurais et que mes yeux versèrent des larmes

je vis alors ma place au milieu d’eux.” Sur la tombe d’un médecin, on a trouvé écrit

“Je répondis lorsque Untel m’a dit :

“Voilà que Luqmân [le Sage] s’en est allé

où est donc ce que l’on a décrit de sa médecine

de ses solutions amères et de son tâter-le-pouls ?

Prends garde : ne peut protéger les autres

celui qui ne se protège pas lui-même.”” Et sur une autre tombe, on a trouvé écrit :

“Ô vous les gens, j’avais un espoir

mais mon temps était trop court pour pouvoir le réaliser

Que craigne Dieu, son Seigneur, l’homme

qui de son vivant est en mesure d’agir.

Je ne suis pas le seul à avoir été conduit à ce que tu vois

et vers quoi tous seront inévitablement conduits.

Ces vers ont été inscrits sur des tombes car ceux qui les habitent n’en ont pas méditer la signification de leur vivant. Le perspicace est celui qui, en présence des tombes d’autrui, voit sa place et s’apprête à en rejoindre [les habitants], et qui sait qu’ils ne quitteront pas leur place avant son arrivée. C’est aussi celui qui est pleinement conscient que si une seule de ses journées perdues leur était offerte, cela serait pour eux un présent bien plus précieux que la vie entière. Car ils connaissent [à présent] la valeur de la vie, et parce que la réalité des choses leur a été dévoilée. Ils aspirent à un jour d’existence supplémentaire pour réparer leur faute et se mettre à l’abri du tourment; quant à ceux qui n’ont rien à se reprocher, ils aspirent à un jour de plus pour se consacrer à ce qui leur fera obtenir un degré supérieur au Paradis et une double récompense. Ils ont connu la valeur de la vie après son interruption et ils n’aspirent qu’à une heure d’existence, alors que toi, qui as ce temps et plus encore, tu le gaspilles dans ce qui n’est d’aucune utilité. Prépare-toi donc à profiter de ton temps, avant de regretter celui que tu perds inutilement et avant que cela ne soit plus de ton ressort. Un saint a dit : « J’ai vu un frère en Dieu dans un rêve, je lui ai dit : “Ô Untel, tu as vécu, louange à Dieu, le Seigneur des mondes !” Il répondit : “Si je pouvais encore le dire [c’est-à-dire : louange à Dieu, le Seigneur des mondes], cela me serait plus cher encore que le monde et ce qu’il contient.” Puis, il ajouta : “Te souviens-tu de mon enterrement et d’Untel qui se leva et exécuta deux unités de prière ? Si je pouvais encore prier deux unités de prière, cela me serait plus cher encore que le monde et ce qu’il contient.” »

[Exposition de leurs propos à la mort de l’enfant]

Il incombe à celui dont l’enfant ou un proche meurent avant lui, de considérer [leur mort] comme un voyage et qu’ils sont arrivés à la destination qui sera leur résidence et leur pays. Aussi, son chagrin devra être de courte durée, car il sait qu’il les rejoindra bientôt et que ce qui les sépare n’est qu’avance ou retard. Car la mort signifie précéder un autre dans la course vers la destination [finale], jusqu’à ce que les retardataires le rattrapent. Après cette certitude, l’angoisse et le chagrin diminuent, surtout quand on connaît les traditions rapportées sur la récompense qui attend celui qui perd un enfant et qui consolent celui qui est affligé par la perte.

a dit : « Voir partir [avant moi] un fœtus avorté (siqt) m’est bien plus cher

L’Envoyé de Dieu

( si qt ) m’est bien plus cher L’Envoyé de Dieu que quitter cent preux cavaliers

que quitter cent preux cavaliers qui combattent dans la voie de Dieu. » 255 Il a mentionné le fœtus en sous-entendant la supériorité du mérite pour un enfant d’âge supérieur, car le mérite et la rétribution sont à la mesure de l’affection que l’on porte pour l’enfant défunt.

Zayd b. Aslam a dit : « Un enfant du [Prophète] David (que la Paix soit sur lui) mourut, et David en fut considérablement affligé. On lui dit : “Combien t’était-il cher ?” Il répondit : “Plus encore que l’équivalent de la terre en or.” On lui répondit : “Tu auras une récompense égale dans l’au-delà.” »

a dit : « Jamais un musulman ne perd trois enfants et ne souffre de leur

perte, sans qu’ils ne deviennent pour lui une protection contre l’Enfer. » Une femme dit alors : «

L’Envoyé de Dieu

sans qu’ils ne deviennent pour lui une protection contre l’Enfer. » Une femme dit alors :

Ou deux enfants? » Il répondit : « Ou deux. » 256 Le père devra prier sincèrement pour l’enfant défunt, car sa prière est la plus susceptible et la plus prompte à être exaucée. Muhammad b. Sulaymân se tint près de la tombe de son fils et dit : « Ô mon Dieu, j’implore [Ton pardon], en ce matin, pour lui et je crains pour lui Ton châtiment. Exauce mon vœu et soulage mes craintes. » Abû Sinân dit devant la tombe de son fils : « Ô mon Dieu, je lui pardonne ce qu’il me devait, pardonne-lui ce qu’il Te doit, car Tu es bien plus large et bien plus généreux. » Un Bédouin dit devant la tombe de son fils : « Ô mon Dieu, je lui pardonne son manque de piété filiale, pardonne-lui donc son manque d’obéissance à Ton égard. » Lorsque Dharr b. ‘Umar b. Dharr mourut, et après qu’on l’eut mis dans sa tombe, son père ‘Umar b. Dharr dit : « Ô Dharr, le chagrin pour ta perte nous a distrait de la tristesse pour ton sort. Ah ! Si je pouvais savoir ce que tu as dit et ce qui t’a été dit ! » Puis, il ajouta : « Ô mon Dieu, voici Dharr dont Tu m’as fait tirer un grand plaisir aussi longtemps que Tu as voulu, que Tu as fait arriver jusqu’au terme [de sa vie] et que Tu as sustenté sans jamais lui faire du tort. Ô mon Dieu, Tu lui avais ordonné de T’obéir et de m’obéir. Ô mon Dieu, la récompense que Tu m’as promise pour cette grande épreuve, je l’échange contre son châtiment, et ne le punis donc pas ! » Alors que les gens se mirent à pleurer, il ajouta en partant : « Ô Dharr ! Après toi, nous ne connaîtrons pas la pauvreté, et Dieu étant avec nous, nous n’aurons plus besoin de personne. Nous nous en allons et t’abandonnons, car même si nous restions, nous ne te serions d’aucune utilité. » Un homme vit une femme à Basra et [lui] dit : « Je n’ai jamais vu autant de gaieté. Cela ne peut être que la conséquence de l’absence de tristesse ! » Elle répondit : « Ô serviteur de Dieu, je suis dans un état de chagrin tel que nul autre n’aimerait s’y associer. » Il dit : « Comment est-ce possible? » Elle répondit : « Mon époux a égorgé un mouton pour la fête du sacrifice, et j’avais deux beaux enfants qui jouaient à ce moment-là. L’aîné dit alors à son frère : “Veux-tu que je te montre comment père a égorgé le mouton?” Le plus jeune répondit par l’affirmative et l’aîné l’égorgea. Nous ne nous aperçûmes de rien, jusqu’à ce que nous le trouvâmes agonisant dans son sang. À ses hurlements, l’aîné prît la fuite et se cacha dans une montagne où il fut capturé et dévoré par un loup. Son père se mit à sa recherche, mais la chaleur torride le fit mourir de soif. Comme tu peux le voir, voilà ce que le temps m’a réservé !” » Ces malheurs doivent être rappelés à la mort des enfants afin de consoler et alléger le chagrin. Il n’y a aucun malheur sans qu’il y en ait un plus grand encore, et [les malheurs] que Dieu repousse, en toute circonstance, sont pires. [Exposition de la visite des tombeaux, des invocations en faveur du défunt et des autres questions en la matière] La visite des tombes est louable pour le rappel et la considération qu’elle suscite, de même que celle des tombeaux des saints pour la bénédiction qui en découle et la leçon qui en est tirée. L’Envoyé de Dieu avait interdit la visite des tombes, mais l’a ensuite permise 257 . On rapporte de ‘Alî que l’Envoyé de Dieu a dit : « Je vous avais interdit la visite des tombes, mais vous devrez [désormais] vous y rendre car elles vous rappelleront le rendez-vous de l’au- delà, mais n’y prononcez pas des propos indécents. » 258 L’Envoyé de Dieu a rendu visite à la tombe de sa mère au milieu de mille cavaliers et on ne l’a

. » 2 5 8 L’Envoyé de Dieu a rendu visite à la tombe de sa
. » 2 5 8 L’Envoyé de Dieu a rendu visite à la tombe de sa
. » 2 5 8 L’Envoyé de Dieu a rendu visite à la tombe de sa

jamais vu pleurer autant qu’en ce jour 259 . Il a dit à cette occasion : « On m’a permis la visite, mais pas la demande de pardon. » Ibn Abû Mulayka 260 a dit : « ‘Aisha (que Dieu soit satisfait d’elle) se rendit un jour au cimetière. Je lui demandai : “Ô Mère des Croyants, d’où viens-tu?” Elle me répondit : “De la tombe de mon frère, ‘Abd al-Rahmân.” Je lui demandai : “L’Envoyé de Dieu n’avait-il pas interdit la visite des tombes ?” Elle dit : “Oui, mais ensuite il l’avait recommandée.” » Toutefois, il ne convient pas de s’appuyer sur cette tradition pour exhorter les femmes à se rendre aux cimetières, car elles abondent en indécence au pied des tombes et le bien qui découle de cette visite se voit ainsi dépassé par le tort qu’elles se font. De même qu’elles n’hésitent pas sur leur chemin à s’afficher et à user de leur charme, deux attitudes qui constituent des fautes graves. Or, la visite des cimetières fait partie des normes traditionnelles (sunna), comment tolérer alors ces attitudes ? Il n’y a donc aucun mal à ce que la femme se rende au cimetière, pour peu qu’elle revête un vêtement humble qui n’attire pas le regard des hommes, et à condition qu’elle limite ses invocations et garde le silence devant les tombes. Abû Dharr [al-Ghifârî] (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « L’Envoyé de Dieu a dit : “Visite les tombes, tu te souviendras de l’au-delà ! Lave les morts, car le contact avec un corps vide comporte une éminente leçon. Et prie durant les funérailles, car cela te procurera, peut être, de la tristesse et parce que celui qui est saisi de chagrin est à l’ombre de Dieu.” » 261

a dit : “Visitez vos morts, et saluez-les, car il y a

Ibn Abû Mulayka a dit : « L’Envoyé de Dieu en cela une leçon. » 262

Nâfi‘ 263 rapporte que Ibn ‘Umar [b. al-Khattâb] (que Dieu soit satisfait de lui) ne passait jamais devant une tombe sans en saluer l’hôte.

, rendait visite à la

tombe de son oncle, Hamza, durant les jours consacrés. Elle priait et pleurait devant la tombe.

jours consacrés. Elle priait et pleurait devant la tombe. Ja‘far b. M uh ammad 2 6
jours consacrés. Elle priait et pleurait devant la tombe. Ja‘far b. M uh ammad 2 6

Ja‘far b. Muhammad 264 rapporte de son père que Fâtima, la fille du Prophète

rapporte de son père que F ât ima, la fille du Prophète Le Prophète a dit

Le Prophète

son père que F ât ima, la fille du Prophète Le Prophète a dit : «

a dit : « À celui qui rend visite à la tombe de ses parents, ou de l’un des deux,

tous les vendredis, le pardon est accordé et il sera enregistré [parmi les] pieux qui respectaient

leurs parents. » 265 D’après Ibn Sirîn : « L’Envoyé de Dieu

a dit : “Le fils rebelle (‘âqqun), dont les parents

meurent et qui prie Dieu en leur faveur après leur disparition, est enregistré avec ceux qui sont

pieux envers leurs parents.” » 266

L’Envoyé de Dieu tombe. » 267

a dit : « Celui qui me rend visite à Médine, confiant en la récompense qui en découle, je

serais son intercesseur et son témoin au Jour de la Résurrection. » 268 Ka‘b al-Ahbâr a dit : « Aucune aube ne se lève sans que soixante-dix mille anges ne descendent sur sa tombe, ne l’entourent et ne déploient leurs ailes en priant sur le Prophète , et ce jusqu’au soir. Ils sont ensuite remplacés par un nombre égal d’anges qui font de même, et cela jusqu’au jour où la terre se fendra et qu’il sortira à la tête de soixante-dix mille anges qui l’honoreront (yuwaqqirûnahu). »

a dit : « Mon intercession devient obligatoire pour quiconque visite ma

intercession devient obligatoire pour quiconque visite ma Et il Lors de la visite des tombes, il
intercession devient obligatoire pour quiconque visite ma Et il Lors de la visite des tombes, il

Et il

devient obligatoire pour quiconque visite ma Et il Lors de la visite des tombes, il convient
devient obligatoire pour quiconque visite ma Et il Lors de la visite des tombes, il convient

Lors de la visite des tombes, il convient de se mettre en direction de la Qibla 269 en ayant le défunt face à soi, de le saluer sans essuyer la tombe, la toucher ou l’embrasser, car il s’agit de coutumes

chrétiennes.

Nâfi‘ a dit : « J’ai vu une centaine de fois, ou plus, Ibn ‘Umar venir près de la tombe [du Prophète ] et dire : “Que la Paix soit sur le Prophète, que la Paix soit sur Abû Bakr, que la Paix soit sur mon père.” Puis, il s’en allait. »

. Il se tint et s’en alla.

debout et leva les mains de sorte que je croyais qu’il allait prier. Il salua le Prophète

»

‘A’isha (que Dieu soit satisfait d’elle) a dit : « L’Envoyé de Dieu a dit : “Aucun homme ne rend visite à la tombe de son frère et ne reste auprès de lui, sans que le défunt ne s’approche à son tour et ne lui réponde, et ce jusqu’à ce que le visiteur s’en aille.” » 270 Sulaymân b. Suhaym a dit : « J’ai vu l’Envoyé de Dieu dans un rêve et je lui ai demandé : « Ô Envoyé de Dieu, entends-tu ceux qui viennent te saluer [dans ta tombe]? » Il répondit : « Oui et je leur réponds. » Abû Hurayra (que Dieu soit satisfait de lui) a dit : « Lorsqu’un individu passe devant la tombe d’un autre qu’il connaissait et le salue, ce dernier le reconnaît et répond à ses salutations. Et s’il passe devant celle d’un homme qu’il ne connaissait pas et le salue, ce dernier lui répond à son tour. » Un parent de ‘Asim al-Jahdarî a dit : « J’ai vu ‘Asim dans un rêve, deux ans après sa mort. Je lui ai dit : “N’es-tu donc pas mort?” Il dit : “Certes !” Je demandai : “Où es-tu à présent?” Il dit : “Par Dieu, je suis dans un des jardins du Paradis en compagnie d’un groupe parmi mes compagnons. Nous nous réunissons tous les vendredis soir et le lendemain matin, autour d’Abû Bakr b. ‘Abd Allâh al- Mazanî, et nous recevons de vos nouvelles.” Je lui demandai : “Vous les recevez avec vos corps ou vos esprits?” Il dit : “Prends garde à ce que tu dis ! Les corps sont désormais décomposés, et c’est par l’esprit que nous recevons.” J’ajoutai : “Êtes-vous au courant de nos visites sur vos tombes?” Il répondit : “Oui, nous en avons connaissance tous les jeudis soir et durant toute la journée du vendredi, ainsi que le samedi jusqu’au lever du soleil.” Je demandai : “Pourquoi [seulement le vendredi] et pas les autres jours?” Il répondit : “Pour le mérite inhérent au jour du vendredi et sa grandeur.” » Muhammad b. Wâsi‘ se rendait au cimetière le vendredi. On lui dit : « Pourquoi ne t’y rends-tu pas le lundi? » Il répondit : « Il m’a été rapporté que les morts sont conscients de leurs visiteurs le vendredi, ainsi qu’un jour avant et celui d’après. » Al-Dahhâk a dit : « Le défunt est conscient de la visite de celui qui se rend sur sa tombe avant le lever du soleil du samedi. » On lui demanda : « Et pourquoi donc? » Il dit : « Pour le rang [éminent] du vendredi. » Bishr b. Mansûr a dit : « À l’époque de la peste, un homme se rendait souvent au cimetière pour assister aux prières mortuaires. Le soir venu, il se tenait à la porte du cimetière et disait : « Que Dieu vous apporte réconfort dans votre solitude, qu’Il répande sur vous Sa miséricorde dans votre exil, qu’Il ignore vos péchés et accepte vos bonnes œuvres. » Puis, il s’en allait sans rien ajouter d’autre. L’homme dit : « Un soir, je revins chez moi sans passer par le cimetière et sans prononcer ces paroles [pour les morts]. Au cours de mon sommeil, [je vis en rêve] qu’un groupe composé de nombreux individus vint à moi. Je leur demandai qui ils étaient et ce qu’ils me voulaient, et ils répondirent : « Nous sommes les habitants des tombes. » Je leur demandai alors la raison de leur présence et ils dirent : « Tu nous avais habitué à un cadeau avant de t’en aller rejoindre ta famille. » Je demandai : « De quoi s’agit-il? » Ils dirent : « Tes invocations en notre faveur. » Je leur promis alors que je les

en notre faveur. » Je leur promis alors que je les Abû Umâma a dit :

Abû Umâma a dit : « J’ai vu Anas b. Mâlik venir près de la tombe du Prophète

» Je leur promis alors que je les Abû Umâma a dit : « J’ai vu
» Je leur promis alors que je les Abû Umâma a dit : « J’ai vu

reprendrai; c’est ce que je fis et je n’y ai jamais plus renoncé. »

Bashâr b. Ghâlib al-Najrânî a dit : « Une fois, je vis en rêve la grande dévote Rabî‘a al-‘Adawiyya 271 , pour laquelle je faisais de fréquentes et d’abondantes invocations. Elle me dit : « Ô Bashâr b. Ghâlib, tes présents me sont portés recouverts de soieries sur des plateaux de lumière. » Je lui demandai : « Comment cela? » Elle répondit : « Il en est ainsi des invocations exaucées des vivants pour les morts, elles sont recouvertes dans des étoffes de soie et portées sur des plateaux de lumière au défunt, puis on lui dit : “Voici le présent d’untel.” »

a dit : « Le mort dans sa tombe est comme le noyé qui appelle au secours

et qui attend que la prière de son père, de son frère ou d’un ami l’atteigne. Lorsqu’elle l’atteint, elle lui est plus chère encore que le monde et ce qu’il contient. Les présents des vivants pour les morts consistent en leur prière et la demande de pardon pour eux. » 272 L’un d’eux a dit : « L’un de mes frères mourut et je le vis en rêve. Je lui demandai ce qu’il était advenu de lui lorsqu’on le mit dans sa tombe, et il répondit : « Un individu vint à moi armé d’un tison de feu, et n’était [l’intervention] de la prière d’un tel en ma faveur, il m’en aurait frappé. » C’est pourquoi il convient de répéter la formule du témoignage de foi après l’enterrement et de faire des invocations pour le défunt.

Sa‘îd b. ‘Abd Allâh al-Azadî a dit : « J’ai assisté à l’agonie de Abû Umâma al-Bâhilî 273 . Avant sa mort, il me dit : « Ô Sa‘îd, quand je mourrai, faites de moi ce qu’a ordonné l’Envoyé de Dieu , c’est-à-dire : “Lorsque l’un d’entre vous meurt et que vous le recouvrirez de terre, que l’un d’entre vous se lève, se tienne à la tête de la tombe et dise : ‘Ô Untel, fils d’Unetelle’, [le défunt] entend alors, mais sans répondre ; puis, qu’il le dise une seconde fois, [le défunt] s’assoit alors ; puis, qu’il le répète une troisième fois, [le défunt] dira alors : ‘Conseille-moi que Dieu te fasse miséricorde !’, mais vous n’entendrez pas sa voix. Puis il devra dire : ‘Rappelle-toi ce avec quoi tu as quitté ce monde : le témoignage qu’il n’y a nulle divinité en dehors de Dieu, que Muhammad est l’Envoyé de Dieu, que tu as été satisfait d’avoir Dieu pour Seigneur, l’islam pour religion, Muhammad pour Prophète et le Coran pour guide’. Nâkir et Munkir s’attardent alors en disant : “Allons-nous-en ! Qu’est qui nous retient près de cet homme alors que son argument vient d’être répété ?” Dieu, Puissant et Majestueux, sera alors son Défenseur vis-à-vis d’eux.” Un homme dit alors : “Ô Envoyé de Dieu, et si on ne connaît pas le prénom de sa mère ?” Il répondit :

Qu’on lui attribue alors celui d’Eve.” » 274 Il n’y a aucun mal à réciter le Coran devant les tombes. On rapporte que ‘Alî b. Mûsa al-Haddâd a dit : « Je me trouvais en compagnie d’Ahmad b. Hanbal 275 et de Muhammad b. Qudâma al-Jawharî 276 à des funérailles. Lorsque l’on enterra le défunt, un aveugle se mit à réciter le Coran près de la tombe. Ahmad lui dit : “Ô Untel, la récitation près de tombes est une innovation !” Lorsque nous quittâmes le cimetière, Muhammad b. Qudâma dit à Ahmad : “Ô Abû ‘Abd Allâh, que penses-tu de Mubashir b. Ismâ‘îl al-Halabî 277 ?” Il répondit : “C’est un homme digne de confiance.” [Ibn Qudâma] ajouta : “As-tu transmis quelque chose de provenant de lui ?” Ahmad répondit : “Oui.” [Ibn Qudâma] dit alors : “Mubashir b. Ismâ‘îl m’a rapporté d’après ‘Abd al-Rahmân b. al-‘Alâ b. al-Lajlâj 278 que son père lui a recommandé, une fois qu’il serait enterré, de réciter pour lui les premiers et les derniers versets de la sourate La Vache. J’ai entendu aussi Ibn ‘Umar faire la même recommandation.”Ahmad dit alors : “Retourne près de lui, et dis-lui de réciter [le Coran].” ». Muhammad b. Ahmad al-Marwazî a dit : « J’ai entendu Ahmad b. Hanbal dire : “Lorsque vous entrez dans un cimetière, récitez la [première sourate du Coran] al-Fâtiha, les deux [sourates]

L’Envoyé de Dieu

dans un cimetière, récitez la [première sourate du Coran] al-Fâti h a , les deux [sourates]
dans un cimetière, récitez la [première sourate du Coran] al-Fâti h a , les deux [sourates]
dans un cimetière, récitez la [première sourate du Coran] al-Fâti h a , les deux [sourates]

protectrices (al-mu‘awwidatayn) 279 et Qul Huwwa Allâhu Ahad 280 , et destinez le mérite de leur récitation aux habitants des cimetières car il leur parviendra.” ». Abû Qulâba a dit : « Je revins de nuit à Basra après un séjour en Syrie et je descendis au Khandaq où je fis mes ablutions et priai deux unités de prières. Je posai ensuite ma tête sur une tombe et m’endormis lorsque la plainte du défunt m’éveilla. Il me dit : “Tu m’as causé du tort toute la nuit !” Puis, il ajouta : “Vous [les vivants, agissez] sans savoir alors que nous [les morts] savons, mais nous ne pouvons plus rien faire. [Sache que] Les deux unités de prière que tu as exécutées valent bien plus que le monde et ce qu’il contient. Puisse Dieu récompenser de la meilleure manière, en notre nom, les gens de ce monde. Transmets-leur mes salutations car [à chacune de leur prière] une montagne de lumière pénètre dans nos tombes.” ». Le but visé par la visite des tombes repose sur la leçon qu’on en tire et, pour le défunt, l’avantage procuré par nos prières. Aussi, le visiteur ne devra pas négliger l’invocation pour soi et pour le mort, ni n’oubliera pas d’en tirer des conclusions. Ainsi, il devra se représenter, en son cœur, le démembrement du corps du défunt et comment il sera ressuscité dans sa tombe et que, bientôt, il rejoindra le défunt. À ce propos, on rapporte que Mutraf b. Abû Bakr al-Hudhalî a dit : « Une vieille femme de la [tribu] des ‘Abd al-Qays s’adonnait à une grande dévotion. La nuit venue, elle serrait sa ceinture et se dirigeait vers le mihrâb [où elle passait sa nuit en prières], et au matin, elle allait rendre visite aux morts dans les cimetières. [Un jour] Qu’on la réprimanda pour sa constante fréquentation du cimetière, elle répondit : “Lorsque le cœur endurci devient rugueux, on ne peut l’adoucir qu’en l’exposant aux épreuves. Lorsque je viens au cimetière, c’est comme si je voyais les détenus en émerger, le visage putréfié, le corps gâté et les linceuls maculés. Quel horrible spectacle ! Si les serviteurs abreuvaient leur cœur de cette image, une immense amertume saisirait alors leurs âmes et leurs corps en dépériraient. » Bien plus, l’image du défunt que l’on doit avoir à l’esprit devrait être celle décrite par ‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz. En effet, lorsqu’un juriste vint lui rendre visite et fut surpris de voir que la discipline ascétique et les grands actes de dévotion avaient modifié le corps de ‘Umar, ce dernier lui dit : « Ô Untel, [que dirais-tu] si tu me voyais trois jours après avoir été enterré ? Lorsque mes pupilles sortiront et tomberont sur mes joues ; quand mes lèvres s’écraseront sur mes dents