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Été 2009 N° 149 5 € DOSSIER SAGE : Où Où va va ma ma
Été 2009 N° 149 5 € DOSSIER SAGE : Où Où va va ma ma
Été 2009 N° 149 5 € DOSSIER SAGE : Où Où va va ma ma

Été 2009 N° 149 5

Été 2009 N° 149 5 € DOSSIER SAGE : Où Où va va ma ma rivière

DOSSIER SAGE :

va va

ma ma rivière rivière ? ?

SAGE : Où Où va va ma ma rivière rivière ? ? 4 VERS UN LITTORAL

4

SAGE : Où Où va va ma ma rivière rivière ? ? 4 VERS UN LITTORAL

VERS UN LITTORAL VIVANT

7

LES SITES POLLUÉS PAR LA RADIOACTIVITÉ

UN LITTORAL VIVANT 7 LES SITES POLLUÉS PAR LA RADIOACTIVITÉ 24 TOMALT DES AZTËQUES 10 LES

24

TOMALT DES AZTËQUES

10

LES HÉRITIËRES

D’ARACHNÉ

UN LITTORAL VIVANT 7 LES SITES POLLUÉS PAR LA RADIOACTIVITÉ 24 TOMALT DES AZTËQUES 10 LES
SOMMAIRE
SOMMAIRE
SOMMAIRE ÉDITORIAL COUVERTURE : ???? Sommaire Page 3 Éditorial Page 4 Des orientations pour un littoral

ÉDITORIAL

COUVERTURE : ???? Sommaire Page 3 Éditorial Page 4 Des orientations pour un littoral vivant
COUVERTURE : ???? Sommaire Page 3 Éditorial Page 4 Des orientations pour un littoral vivant

COUVERTURE :

????

Sommaire

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Éditorial

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Des orientations pour un littoral vivant

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Tous à Gestel le 11 octobre

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La

réduction d’instrants

10

ans après

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Une multitude de sites pollués par la radioactivité

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Association De la source à la mer

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L’arc-en-ciel

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Les héritières d’Arachné

Pages 11-22

Dossier:

Où va ma rivière ?

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40 ans - La Rand’Eau de Gwern

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Lycopersicum ?

Pages 25-29

Brèves

Page 30

A lire

Page 31

Écho des marais

Illustrations

Nono

Michel Riou

Fiers !

Peu d’entre nous se souviennent de l’acte de naissance de l’Association Pour la Pro- tection du Saumon en Bretagne dont est issue Eau & Rivières. C’était le 16 novembre 1969 à Carhaix, en centre Bretagne, là où aussi naissent la plupart de nos rivières.

Du saumon à l’eau, de l’homme à l’eau, de l’eau au développement durable, des mil- liers de bénévoles passionnés ont donné de leur énergie, de leurs compétences, pour ce combat désintéressé au service du Bien Commun.

Révoltés au plus profond d’eux-mêmes par la mort silencieuse des truites et des sau- mons, ou conscients des impasses écologiques auxquelles mènerait la société de consommation qui déferlait sur l’Europe, ces simples citoyens ont concrètement démontré que les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mène pas.

Nettoyer les rivières abandonnées, sauver les cours d’eau anéantis par les rejets des premières usines agro-alimentaires, combattre les délinquants de l’environnement, alerter sur les impasses de l’agriculture intensive, défendre la gestion de l’eau des sources à la mer, éviter les barrages prévus sur l’Aulne ou le Trieux, élever la conscience

écologique de nos concitoyens et d’abord des enfants, depuis 40 ans les chantiers

n’ont pas manqué…

En agissant ainsi chaque jour sur le terrain et dans tous les lieux de décision, nous « militants de l’eau pure » avons participé à écrire quelques-unes des pages de l’his- toire de la Bretagne. En même temps nous lui avons permis, de préserver ce qui consti- tue, au même titre que ses chapelles ou que sa langue, son patrimoine et son identité.

Mais notre action va au-delà : en permettant aux citoyens d’être non pas les specta- teurs mais des acteurs du développement régional et des politiques environnementales, notre association n’a-t-elle pas également contribué à enrichir la vie démocratique ? Les cris d’alarme que nous avons lancés, les enjeux écologiques que nous avons fait partager par la population, les questions que nous avons soulevées sur nos modèles de

production et de consommation, n’ont-ils pas permis d’animer le débat démocratique

dans notre région ?

Un débat, qui sans cet engagement associatif – relayé depuis toujours par les medias régionaux que nous remercions ici – serait aujourd’hui bien fade.

Car ne nous y trompons pas : les forces et les intérêts qui veulent nous faire confondre l’être et l’avoir, n’ont pas baissé la garde. Et seuls des citoyens formés, conscients des enjeux et soucieux des intérêts collectifs de la planète, peuvent changer le monde, et d’abord là où ils vivent.

C’est pour cela qu’il nous faut poursuivre notre action : par solidarité avec les géné- rations qui nous succéderont et par fidélité à notre région et à ceux qui depuis qua- rante ans, ont engagé cette magnifique démarche.

Une démarche dont nous sommes fiers.

Eau et Rivières de Bretagne

Organe de l’association Eau et Rivières de Bretagne

Directeur de la publication:

Marcel Benot Eau et Rivières - 6, rue Pen ar Créach, 29200 Brest revue@eau-et-rivieres.asso.fr

GIRARD, David GUEGAN, Jean HAMON, Gilles HUET, André HYVERNAGE, Annick HYVERNAGE, Youenn LE CŒUR, Maryvonne LE COUSTUMER, Dominique LE GOUX, Estelle LE GUERN, Alain LE MOUEL, Jacques PRIMET, Mickael RAGUENES, Camille RIGAUD, Michel RIOU, André ROBBE, Giovanina SALTON, Jean SARASIN, Emmanuelle THAREAU Correcteur: Denise Huard. Copyright Eau et Rivières de Bretagne Dépôt légal à parution N° CPPAP 0910G87124 ISSN 01 82-0567

Fabrication:

Secrétaire de rédaction: Arnaud Clugery Photothèque: Arnaud Clugery Impression: Cloître Imprimeurs

Comité de rédaction:

Marcel BENOT, Arnaud CLUGERY, Patrice DESCLAUD, André HYVERNAGE, Annick HYVERNAGE, Dominique LE GOUX, Alain LE MOUEL, Giovanina SALTON, Jean SARASIN

Rédacteurs:

Marcel BENOT, Lucie BLONDIAU, Camille CHRETIEN, Arnaud CLUGERY, Patrice DESCLAUD, Miguel GAR- CIA, Martine GERDIL, Camille GILLARD, Henri

Miguel GAR- CIA, Martine GERDIL, Camille GILLARD, Henri Le magazine Eau et Rivières est imprimé avec

Le magazine Eau et Rivières est imprimé avec des encres végétales sur du Reprint 50 % recyclé post-consommation sauf

les 4 pages de couverture. L’imprimeur est labellisé Imprim’Vert. Cela signifie qu’il respecte trois règles au minimum:

- la bonne gestion des déchets dangereux,

- la sécurisation des stockages de produits dangereux,

- l’exclusion des produits toxiques des ateliers.

Reproduction autorisée après accord écrit du directeur de la publication. Adhésion/abonnement: 30 . Abonnement seul: 20 . Diffusé aux lycées de Bretagne avec l'aide du Conseil régional

+ d’informations sur nos sites:

eau-et-rivieres.asso.fr

educatif.eau-et-rivieres.asso.fr

La gestion des abonnements/adhésions de l’asso-

ciation est réalisée sur fichier informatisé. Confor-

mément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 rela- tive à l’information et aux libertés, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification sur les infor- mations vous concernant. Ce droit peut s’exercer exclusivement sur demande écrite auprès du secré- tariat de la revue.

LITTORAL

Des orientations pour un littoral vivant

Créée en 1969 par des pêcheurs et des naturalistes, Eau et Rivières garde auprès du public une image fortement liée à la préservation et à la reconquête de la qualité des eaux douces et des rivières. Le magazine n° 145 « spécial littoral » en septembre 2008 et le dernier colloque en décembre de la même année montrent l'intérêt qu'elle y porte. Ce récent travail nous a permis d'avancer et de défi- nir des orientations de sa politique en la matière. Celles-ci seront sans doute d’un précieux secours pour nos nombreux militants qui siègent dans les SAGE bretons et diverses instances mais aussi aux simples défenseurs d’un littoral préservé.

• Concevoir les politiques de bassin-versant et les pro- grammes de restauration de la qualité des eaux à par- tir des impératifs de protection des écosystèmes marins

• Respecter les seuils d'acceptabilité de développement d'urbanisation définis par la loi et dans les SCOT et prévenir l'étalement urbain

• Privilégier sur la bande côtière le développement équi- libré des activités primaires (agriculture paysanne, pêche côtière durable, conchyliculture…)

• Achever le traitement complet (azote, phosphore, bac- tériologie) des rejets d’eaux usées des zones littorales, et dans l’attente stopper toute extension urbaine des communes concernées.

• Maîtriser les pollutions par les eaux pluviales qui impactent notamment les activités de baignade, de conchyliculture, et de pêche à pied

• Mettre en place des Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux pour couvrir l’ensemble de la bande côtière et donner dans ces documents plus de place aux enjeux littoraux.

• Réduire avec efficacité la pollution en nitrates et phos- phates des cours d’eau se jetant dans des zones touchées par les marées vertes, en accompagnant par des mesures financières incitatives la reconversion vers des agri- cultures à moindres intrants dont la part du biologique devra atteindre 50 % au plus tard en 2021.

© A. Lefebvre
© A. Lefebvre
devra atteindre 50 % au plus tard en 2021. © A. Lefebvre S’ENGAGER POUR FAIRE VIVRE

S’ENGAGER POUR FAIRE VIVRE LE LITTORAL.

• Équiper l’ensemble des infrastructures portuaires, pro- fessionnelles ou de plaisance, d’équipements de col- lecte et de traitement des déchets et eaux usées.

• Renforcer l’évaluation de la qualité biologique du lit- toral (vasières, estran, estuaires, mer côtière) et inté- grer ce bilan dans la publication annuelle « L’eau en Bretagne »

• Suivre régulièrement l’évolution des espèces invasives (faune et flore) et mettre en œuvre les mesures adé- quates pour empêcher leur prolifération

• Réguler ou interdire les prélèvements sur les ressources marines (comme les sables et le maerl) qui mettent en péril les équilibres naturels

Un "grenelle" sinon rien !

Eau et Rivières n’est pas seule à se préoccuper des enjeux littoraux, ouf! Cela n’a échappé à personne qu’un « gre- nelle » de la mer avait été appelé à la rescousse par le ministre de l'écologie. Celui-ci a accouché d’une foultitude d’orien- tations en voici quelques-unes:

Créer une Trame Bleu Marine étendant la trame verte et bleue à la mer et au littoral. Lancer un plan « France- Estuaires 2015 » sur les estuaires et deltas. Généraliser d’ici 2015 la couverture des régions littorales par des SCOT comportant un volet mer. Prendre systématiquement en compte le climat et les risques naturels dans l’aménagement du littoral. Écrire une stra- tégie nationale pour la gestion du trait de côte. Renforcer l’action maritime des agences de l’eau à façade maritime, Désigner quelques tribunaux (TGI et TA) compétents en matière d’environnement marin, littoral et bassin-versant, plus spécialisés. Gestion des sédiments de dragage des ports et estuaires (70 M tonnes rejetées tous les ans dans l’Atlantique): traiter à terre les plus pollués, développer les filières économiques de tri et traitement. Zéro rejet urbain non traité en mer en 2030. Accélérer la réduction des nitrates et phosphates venant de tous les acteurs, et viser l’objectif de -40 % pour 2012/2014 dans les bassins situés en zone vulnérable et dont le littoral est eutrophisé (algues vertes, plancton toxique…).

4 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

ANNIVERSAIRE

Tous à Gestel le 11 octobre

Tous à Gestel le 11 octobre On a coutume de dire : « 40 ans, c’est

On a coutume de dire : « 40 ans, c’est la force de l’âge ». Peut-on appliquer ce cliché à l’entreprise humaine qu’est une association de protection de l’environnement ? Sans doute non. Mais il a fallu quand même beaucoup de force, du courage et de la ténacité aux créateurs, aux militants et aux salariés d’Eau et Rivières de Bretagne, pour poursuivre pendant 40 ans la difficile et ambitieuse mission qu’ils s’étaient donnée : la préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques en combattant les causes de leur détérioration.

Pour autant, l’actualité et les divers bilans nous incitent à pour- suivre nos actions. Les forces qui ont été à l’origine des excès que nous connaissons sont toujours à l’œuvre, et malgré nos efforts, les mentalités n’ont pas encore assez évolué. Cet anniversaire sera fêté le 11 octobre à Gestel, près de Lorient. Fêté en chansons, en musique, en spectacles, pour que nous rejoignent tous ceux et celles qui ne nous connaissent pas encore… et qui demain renouvelleront les équipes de l’associa- tion. Fêté aussi, en remettant en mémoire à travers une exposition d’articles de presse, quelques-uns des temps forts de l’action d’Eau et Rivières: chantiers rivières propres, bagarres contre les pollutions industrielles, combats juridiques, ou cris d’alarme…

industrielles, combats juridiques, ou cris d’alarme… Le sens de l’engagement Fêté aussi en réfléchissant

Le sens de l’engagement

Fêté aussi en réfléchissant collectivement sur le sens de notre engagement associatif: deux temps forts sont prévus. Le matin, avec nos partenaires régionaux, Jean- Yves Le Drian président du conseil régional, Françoise Noars Directrice régionale de l’environnement, Jean- Claude Pierre co-fondateurs et ancien président de l’as- sociation, Jean-François Piquot lui aussi ancien prési- dent aujourd’hui porte-parole, et Fabrice Nicolino

dent aujourd’hui porte-parole, et Fabrice Nicolino journaliste spécialiste des questions environnemen- tales,

journaliste spécialiste des questions environnemen- tales, nous ferons le point de la situation de l’eau 40 ans après la création de l’APPSB. Et, entre ceux qui plaident pour une action associative plus contestataire et radi- cale, et ceux qui estiment que les associations doivent privilégier l’évolution des consciences, le débat, ali- menté par les questions et réflexions du public, sera vif et utile.

Vision élargie

L’après-midi, deux éclairages extérieurs, nous aideront à élargir notre réflexion. Le témoignage de l’écrivain Erik Orsenna, auteur de « L’avenir de l’eau, petit précis de mondialisation » nous amènera aux quatre coins de la planète. Quant à Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, avocate, ses responsabilités actuelles de vice-présidente de la commission envi- ronnement-santé du parlement européen nous replon- geront dans l’actualité des OGM, des algues vertes, ou des pesticides… La qualité et la notoriété des interve- nants qui ont accepté notre invitation confirment, s’il en était besoin, la crédibilité de notre association.

Un nouveau départ

Soyons nombreux à Gestel le dimanche 11 octobre:

pour débattre du présent et de l’avenir de notre asso- ciation, pour témoigner notre reconnaissance à tous ceux et celles qui ont participé à ce beau parcours de l’association mais aussi pour montrer à ceux qui pour- raient en douter, que nous sommes toujours là, soli- daires, pour poursuivre notre combat en faveur d’une véritable politique de l’eau en Bretagne.

Je compte sur votre présence à tous, adhérents et sym- pathisants pour que cette journée anniversaire reste dans les annales d’Eau et Rivières comme le signal réussi d’un nouveau départ.

Camille Rigaud

Président

le signal réussi d’un nouveau départ. Camille Rigaud Président Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

AGRICULTURE

La réduction d’intrants 10 ans après Le Cedapa, est une association d'agriculteurs qui est née
La réduction d’intrants
10 ans après
Le Cedapa, est
une association
d'agriculteurs
qui
est
née
en 1982, à
l'initiative d'André
Pochon
et
de six
autres agriculteurs.
Ces
paysans ont
fait le
pari
de
produire autant
en dépensant moins :
équilibre
entre élevage
et sol
(liaison
au sol),
un assolement
et des
rotations raisonnés, des
cultures
adaptées
au sol
et au
climat, l'exploitation rationnelle
des prairies
temporaires à
base de
et
trèfle

ray-grass anglais

financements

en long

blanc, bâtiments sur

Ces

paille plutôt

que sur

de

terme bonifiés.

principes sont

à

la base

lisier, investissements mesurés,

l'

« Agriculture Durable ».

investissements mesurés, l' « Agriculture Durable ». © ERB Dans le courant des années 80, la
© ERB
© ERB

Dans le courant des années 80, la qualité de l’eau deve- nant une préoccupation majeure, enfin tout du moins dans l’esprit de quelques paysans… les modèles à domi- nantes herbagères reviennent quelque peu au goût du jour et de nombreux agriculteurs démontrent qu’on peut vivre dans un système à moindres intrants. C’est là qu’ap- parait le fameux modèle CEDAPA, dont le cahier des charges fera l’objet d’une « reprise » par l’Europe et deviendra une MAE aujourd’hui appelé SFEI. Mais avant d’en arriver là il aura fallu notamment, que le CG22 et l’INRA conduisent une étude sur 20 exploitations, qui durera cinq années (entre 1993 et 1998). Ce programme de recherche-action, STEREO démontrera que ce système de production, qui n’interdit pas le maïs mais le limite autour de 10% de l’assolement, est adapté à des situations de sol et de climat variées. Il démontrera surtout que le système tient la route économiquement même s’il lui fau- dra trouver (mais pas plus qu’en conventionnel) un sou- tien public, à défaut de pouvoir valoriser financièrement sa production, à l’instar de la bio. Il pointait aussi que des progrès environnementaux étaient encore à réaliser tout en admettant que ces systèmes présentaient « de nom- breux avantages liés à la couverture en herbe et aux structures bocagères qui l’accompagnent ». Dix ans après STEREO, les agriculteurs du RAD se penchent à nouveau sur l’efficacité de leur cahier des charges. Gestion de l’azote organique, achat d’engrais, utilisation de pesti-

: 44

fermes ont été passées au crible et analysées au regard des

cides, de fuel, résultats techniques et économiques

références régionales.

120 kg d'azote par ha de SAU

La pression en azote tout confondu (restitution au pâtu- rage, engrais organique et minéral et éventuellement plan

6 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

d’épandage extérieur) est de 120 kg/ha SAU pour les signataires dont 14 kg sous forme minérale. A titre de comparaison, une enquête DRAF menée en 2003/04 sur 3600 fermes bretonnes donne des pressions en azote allant jusqu'à 204 kg/ha de SAU avec une différence principale avec les signataires de la SFEI résidant dans l’utilisation d’azote minéral (56 kg minimum pour les fermes conventionnelles). Sur prairies (75 % de l’assole- ment en moyenne), les apports moyens (sans restitution par les animaux) en azote sont de 55 kg/ha dont 6 sous forme minérale. 60% des fermes signataires n’apportent pas du tout d’azote minéral. La pression totale est de 135 kg/ha de prairie. Sur céréales, les apports moyens d’azote sont de 64 kg par hectare dont 80% sous forme minérale.

Un tiers de dose de pesticides

En moyenne, l’IFT sur les fermes signataires est de 0,33. Cela signifie que chaque hectare reçoit l’équivalent d’un tiers de dose homologuée ou bien encore qu’un tiers de la surface reçoit l’équivalent d’une dose de produit. Sur prairie, plus de la moitié des fermes signataires n’utilise aucun herbicide. Aujourd’hui plus que jamais la Bretagne a besoin de nou- veaux « modèles » de production. Pourtant l’horizon de ces agriculteurs d’exception n’est pas dégagé… Celui-là (hors la certification AB) est aujourd’hui ce qu’on connait de plus encourageant pour la Bretagne, encore faudrait- il qu’il soit protégé de la tourmente provoquée par la crise du lait. C’est là qu’on attend que s’exprime la soli- darité nationale, pas ailleurs!

Arnaud Clugery d'après article "Echo du CEDAPA"

CEDAPA

Centre d'études pour un développement agricole plus autonome

MAE

Mesure agri-environnementale

SFEI

Système fourrager économe en Intrants

RAD

Réseau agriculture durable

SAU

Surface agricole utile

STEREO

(pour Système TERRE et EAU)

IFT

Indice de fréquence de traitement

URANIUM

Une multitude de sites pollués par la radioactivité

   

Un collectif s’est créé pour faire l’état des lieux des anciennes mines d’uranium en Finistère et Morbihan. Si celles-ci ne sont plus exploitées, elles sont loin d’être inoffensives.

 

L’affaire a (re)démarré à l’été 2008, à l’occasion de la venue à Tregunc d’André PARIS, géologue indépen- dant. Il a profité de sa visite pour effectuer des inves- tigations sur l’ancienne mine d’uranium de Rosglas. Les analyses effectuées ensuite par le laboratoire de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) ont conclu à une forte radioactivité en certains endroits: « l’exploitation de l’uranium a conduit à la production de déchets radio- actifs (…) dont le suivi sur le long terme pose des pro- blèmes non résolus à ce jour ». La radioactivité mesu- rée sur les stériles miniers (rebuts de l’extraction), sur le chemin où s’écoulait les eaux d’exhaure, et sur les berges du ruisseau ayant reçu ces eaux, présentent des « risques sanitaires non négligeables ». (extrait du Rap- port « Analyses radiologiques de solides dans le secteur de l’ancienne mine d’uranium de Rosglas », 21 juillet 2008) Le rapport signale aussi des « risques de pollution des eaux de surface et/ou souterraines par entraîne- ment de particules radioactives ».

entre Pontivy et Guilligomarc’h, et propose d’informer de façon objective sur les risques que font courir ces anciens sites d’extra- ction d’uranium, et d’exiger leur décontamination avec la colla- boration des communes concer- nées. Le collectif a débuté ses actions par des visites de terrain. Il s’avère que les mesures effec- tuées jusqu’ici montrent des taux de radioactivité très pré-

© E. Thareau

occupants, jusqu’à 50 fois supé- rieurs à la radioactivité natu- relle. Ces taux peuvent être constatés non seulement près des anciennes mines, mais aussi sur les zones où les rebuts de l’extraction ont été utilisés comme rem- blai! Ainsi, un terrain de boules, des voies de circula- tion, des terrains de loisirs…

PAR SORTIR DU NUCLÉAIRE.

Eau et Rivières membre de Roz glas

Déjà dans les années 80

L’association Sortir du Nucléaire Cornouaille a alors pris l’initiative d’alerter la presse et les habitants, puis un collectif de personnes et de représentants associatifs s’est constitué en septembre 2008: le collectif Roz glas. Il vise à mieux connaître les 20 sites miniers localisés

Ces constats contredisent les déclarations rassurantes de l’ancien exploitant et des services de l’État: la COGEMA et la DRIRE affirment en effet que ces sites ont été lais- sés propres. L’émission pièces à conviction « le scandale de la France contaminée » diffusée le 11 février à 20h35 sur France 3 a contribué à dénoncer ces mensonges. Le combat de Roz Glas prolonge la lutte menée dans les années 80 contre l’exploitation de mines d’uranium en Bretagne. Un article de Jean-Claude Pierre dans la revue n°63 de 1988 « L’uranium ou le développement rural, il faut choisir » donne le contexte de l’époque (à retrou- ver dans la rubrique publication sur notre site Internet). Le collectif Roz Glas a récemment rencontré avec des élus municipaux. Ceux-ci étudient les mesures de pré- vention à prendre en signalisant les sites dangereux, ont interpellé la préfecture début juin 2009 dans cet objec- tif de sécurisation des sites, et sont en attente d’une réponse du représentant de l’Etat. La moindre des choses serait un signalement de ces zones, pour éviter d’y sta- tionner ou d’y faire du camping… Lucie Blondiau

 
Info détaillées sur les sites internet de “Sortir du Nucléaire Cornouaille”

Info détaillées sur les sites internet de “Sortir du Nucléaire Cornouaille”

(www.sortirdunucleairecor-

(www.criirad.org).

nouaille.org) et de la CRIIRAD

EXTRAIT DU RAPPORT DE LA CRIIRAD, JUILLET 2008.

Pour rejoindre le collectif: roz- glas@laposte.net

PANNEAU APPOSÉ SYMBOLIQUEMENT EN JUILLET 2008

© D. Le Goux

PORTRAIT D’ASSOCIATION

Association De la source à la mer

(Ic et Sud Goelo)

« Pour des plages propres » : c’était le cri d’une population locale écœurée par les marées vertes estivales et par l’indifférence en haut lieu de ce phénomène qu’on a fini par appeler :

le fléau des marées vertes.

qu’on a fini par appeler : le fléau des marées vertes. EN AVRIL DERNIER NOUS DÉFILIONS
qu’on a fini par appeler : le fléau des marées vertes. EN AVRIL DERNIER NOUS DÉFILIONS

EN AVRIL DERNIER NOUS DÉFILIONS À NOUVEAU POUR MONTRER NOTRE MÉCONTENTEMENT FACE À LA FERMETURE DE LA PRISE D'EAU DE L'IC.

L’association s’est créée en décembre 1995 à Binic à l’éxu- toire de l’Ic, petite rivière d’une trentaine de kilomètres (80 km avec ses affluents), une des plus polluées par les nitrates. Nous nous sommes retrouvés autour d’un thème bien précis: pour des plages propres, pour une rivière

propre, pour de l’eau propre

ciation a regroupé des adhérents de nos communes lit- torales du Sud Goëlo, nous ont également rejoints des

commerçants, des pêcheurs

adhérents, aujourd’hui, nous sommes 180. L’objectif général était d’intervenir auprès des élus et des responsables pour préserver la qualité de vie, sauvegar- der l’intégrité de l’environnement, supprimer toutes les pollutions, en particulier, celles dues aux marées vertes et obtenir une eau consommable sans risque.

En 1995, nous étions 80

Très vite, notre jeune asso-

Défense qualité de l’eau brute de l’Ic

Les enjeux sont de taille: une prise d’eau en dérogation et des marées vertes à répétition. Dès décembre 1995, avec le soutien de la mairie de Binic, nous avons orga- nisé une conférence sur le phénomène des marées vertes avec IFREMER et sur l’agriculture durable avec le CEDAPA. Enfin des informations claires et objectives ont été données à la population locale. Très vite nous avons adhéré à des organisations environnementales dont le terrain d’action est plus vaste. En Juin 1998 nous prenions part à une grande manifestation, à Binic. Nous étions plus de 5000 personnes pour dénoncer l’inexorable pro- gression des taux de nitrates (50 mg/L de nitrates dans l’IC en 1986, 75 mg 12 ans plus tard). Les quelques seaux d’algues vertes transportés de la plage à l’usine n’ont guère entamé le stock d’algues ramassées cette année là (plus de 4000 tonnes). 3 ans plus tard (14 avril 2001)

8 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

nous étions de nouveau dans les rues à Lamballe avec le collectif des victimes des pollutions des bassins-versants.

Jamais perso

Notre association a toujours eu le souci de travailler avec les organisations sensibles aux pollutions des bassins- versants, pêcheurs professionnels (comité de St Brieuc – Erquy), mytiliculteurs de la baie de la Fresnaye, com-

), clubs nau-

tiques, pêcheurs plaisanciers (fédération nationale), offices

du tourisme. Ce fut le cas aussi en 2004, lorsque nous avons déposé au tribunal administratif de Rennes avec Eau et Rivières, Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor, un recours contre l’Etat Français responsable d’une politique qui a permis le développement des marées vertes.

merçants, des municipalités (Binic, Fréhel

Concertations

Ces manifestations et action juridique ne nous ont pas empêchés de participer activement au comité de pilotage du SMCG en 1995. Les débats, les échanges, les affron- tements ont permis d’afficher clairement notre position:

« une reconquête de la qualité de l’eau de l’Ic ». Malheureusement, notre prise d’eau, concernée par le contentieux européen, a été fermée le 31 mars 2009. Le 4 Avril 2009, nous nous sommes rassemblés à Binic pour dire non à cette fermeture et exiger que le captage soit remis en service avant 5 ans. Abandonner cette prise d’eau, ce serait accepter l’échec, mais ce serait aussi admettre que nos plages continuent à être envahies par les marées vertes.

Défense du cadre de vie

Au-delà notre association s’est investie dans la défense du littoral (chemin des douaniers, sites remarquables de la Rognouse). Ce monde en équilibre fragile, nous tentons de le construire avec 700 enfants des écoles du bassin- versant de l’Ic, chaque année ; depuis cinq ans, en par- tenariat avec le SMCG, devenu aujourd’hui le SMEGA et L’AAPPMA. Nous accompagnons les enfants « au fil de l’Ic » à la découverte de leur rivière et de son environne- ment.

Joelle Le Guern Présidente

Association De la source à la mer

18 rue de la Croix Rouge 22520 BINIC

Collectif

associations environnemen- tales, pêcheurs professionnels (comité de St Brieuc – Erquy),

mytiliculteurs de la baie de la Fresnaye, commerçants, municipalités (Binic, Fréhel clubs nautiques, pêcheurs plaisanciers (fédération nationale FNPPSF), offices du tourisme.

),

Organisations

à savoir FAPEN 22, Eau et Rivières, Vivarmor, Collectif Eau Pure

FAPEN

Fédération des Associations pour la Protection de l’Environnement et de la Nature

SMCG

Syndicat mixte de la Côte du Goëlo

SMEGA

Syndicat mixte environnement du Goëlo et de l’Argoat

SMCG

Association agréée pour la protection du milieu aquatique

CONTES ET PATRIMOINE

© ERB

L’arc-en-ciel

'avais peut-être cinq ou six ans, lorsque par une fin de journée, m'ennuyant sans doute dans l'unique pièce de la maison de ma grand- mère, au milieu des conver-

sations compliquées des adultes, je décidai de

prendre l'air. Il avait plu cet après-midi là, mais le soleil cherchait à s'imposer, et, comme sou- vent, je contemplais les nuages dont les formes évoquaient pour moi, tantôt des personnages surprenants, tantôt des animaux fantastiques que j'imaginais se rencontrer tout là-

haut

soudain, je vis apparaître pour la

première fois de ma jeune vie, fendant de toute leur force la voûte céleste, ces merveilleuses routes colorées qu'on appelle arc-en-ciel.

Comme tout enfant étonné, curieux et aussi un peu inquiet face à ce phénomène jusqu'alors inconnu pour lui, je rentrai précipitamment dans la maison à la recherche du giron de ma mère: « - Viens vite maman, il y a quelque chose dehors!

- Ah! Ah! s'écria-t-elle, c'est l'arc-en-ciel que le Bon Dieu t'envoie; il voit tout et il sait que tu n'as pas été sage; il veut te le montrer pour te dire qu'il n'est pas content et que tu pourrais être punie. »

Que de propos peu rassurants! Je regrettai déjà ma curiosité, et surtout cette bien encombrante présence divine doublée d'une sévère mise en garde m'inquiétait pour l'avenir

Car mes occasions de désobéissance étaient fréquentes Aujourd'hui, bien sûr, je n'avais pas été très sage, mais cela justifiait-il un tel déploiement de lumière dans le ciel pour m'impressionner?

Les jours qui suivirent, je veillais scrupuleusement à ne déclencher dans mon entourage, aucun reproche, aucun mécontentement, et pour m'assurer de ma bonne conduite au regard du Saint-Père, je scrutais réguliè- rement le ciel dans lequel je ne retrouvais que les chers

nuages de mes rêves

Jusqu'au jour où la palette de

couleurs censée me menacer quelque temps aupara-

pour me rap-

vant, réapparut dans sa splendeur

peler à l'ordre, me rassura ma mère mais sans aucun

(c'est cela la justice!).

doute, pour un enfant du village

Mais dans la maison voisine de ma grand-mère, vivait Baptiste, un paysan, charretier, traitant son cheval avec une telle rudesse que l'animal bavait, se cambrait, hen- nissait sous la violence des coups de fouet, jusqu'à ce que son maître, exténué par sa cruauté, se décide enfin

J

lorsque

pas

à laisser son cheval en paix. Alors qu'un jour, j'assis- tais, blottie dans un coin du jardin, à l'une de ces hor- ribles scènes, prise de pitié pour la pauvre bête et de colère envers le charretier, je courus vers ma mère : "- Maman, mais pourquoi donc le Bon Dieu qui voit tout, n'a pas envoyé l' arc-en-ciel à Baptiste? »

La question était bien sûr embarrassante pour qui aimait la justice et n'obtint sa réponse que bien plus

tard

pliquera cela quand tu seras grand!"

aux enfants, on a coutume de dire: "On t'ex-

car

Annie Hyvernage

De tous temps, l'arc-en-ciel a fasciné les hommes.

Si les scientifiques le décrivent comme étant "un phénomène optique et météorologique qui rend visible le spectre continu de la lumière du ciel

quand le soleil brille pendant la pluie", on le trou- ve très présent dans de nombreuses mythologies:

• En Grèce, l'arc-en-ciel serait un chemin entre ciel et terre, créé par la messagère Iris.

• La mythologie nordique prétend qu'il est le pont permettant de rejoindre Asgard, royaume des Dieux.

• En Chine, il était présenté comme une fente dans le ciel, scellée avec des pierres de 7 couleurs dif- férentes, le nombre 7 étant sacré. Selon Houai

Nan-Tseu, « Quand un état est en danger de

périr, l'aspect du ciel change montre ».

Un

arc-en-ciel se

• Tandis qu'en Colombie, l'arc-en-ciel est un pré- sage de bonheur: il protège les femmes enceintes !

© Michel Riou

© Michel Riou

NATURE

Les héritières d'Arachné

Effrayantes, les araignées ? Très utiles surtout ! En France, cet été, pas moins de 3 millions de tonnes d'insectes ont été englouties chaque jour par ces petits prédateurs à huit pattes. Un insecticide vieux de 400 000 ans, très efficace et totalement inoffensif, que n'ont pas encore réussi à égaler Monsanto et compagnie ! Mais comment s'y prennent les tisseuses à huit pattes ?

Mais comment s'y prennent les tisseuses à huit pattes ? LA TOILE DE L'ÉPEIRE DIADÈME DANS

LA TOILE DE L'ÉPEIRE DIADÈME DANS LA ROSÉE DU MATIN

Certaines hypothèses avancent qu’avec le temps, les insectes seraient devenus volants pour échapper aux araignées au sol. Et

celles-ci auraient alors trouvé la parade en construisant des toiles

En effet,

une des particularités des araignées est de posséder au bout de l'abdo- men plusieurs petits cônes appelés filières. Celles-ci sont reliées à des glandes séricigènes internes qui pro- duisent le fil de soie. Ce fil est en fait constitué de nombreuses fibrilles

pour capturer les fuyards

entrelacées pour atteindre un dia- mètre de 25 à 70 microns (0,000070

mm). Ses propriétés sont remar- quables : outre son extrême légèreté, sa résistance est évaluée à 150 kilos par m_ et son élasticité lui permet de s'étirer d'un tiers de sa longueur! Le fil est également imprégné d'un bactéricide et d'un fongicide qui explique

la lente dégradation des toiles dans la nature. Le métier de tisseuse, l'araignée l'applique à toutes les étapes de sa vie, du cocon douillet à la terrible toile. Et selon son

), le fil

usage (chasse, camouflage, protection thermique

n'aura pas la même composition. Ainsi, certaines soies seront collantes, d'autres sèches voire colorées.

L'ARGIOPE FRELON EMMAILLOTE SA PROIE.

qu'ils récupèrent ensuite à l'aide de leurs pédipalpes.

Enfin, et il s'agit bien sûr de la fonction la plus connue, nos sympathiques octopodes tissent des toiles meurtrières. Instruments de détection et de capture des proies, ces oeuvres d'art existent sous toutes les formes: géomé-

L'insecte,

triques, en nappe, verticales, en entonnoir

englué dans le piège, se démène et fait vibrer le fil d'alerte. L'araignée surgit alors, inflige une morsure para-

lysante et emmaillote sa proie dans un linceul soyeux. Le festin peut commencer

Plus inoffensif, tu meurs!

On entend souvent: « Je me suis fait piquer par une arai- gnée! » Mon oeil! Premièrement, l'araignée ne possède ni aiguillon, ni dard. De plus, la peau humaine est bien trop épaisse pour les chélicères de la plupart des araignées. Et enfin, elles ne sont pas agressives et quand morsure il y a, la douleur est insignifiante. Rien à voir avec un Rott- weiler. Alors, cessons de détester sans raisons ces petits êtres géniaux. Au pire, oublions-les et au mieux, appre- nons à mieux les connaître. Observez la toile d'une épeire diadème dans la rosée du matin, la robe magnifique de l'argiope frelon, la subtilité mimétique des araignées-

crabes, la silhouette étirée de la tétragnathe sur une feuille

de roseau

les arachnides. A partir de maintenant, vous ne les écra- serez plus, promis?

Le spectacle est toujours au rendez-vous chez

Michel Riou

Arachné

Selon la mythologie grecque, Athena, déesse de la sagesse, transforma en araignée une jeune fille (nommée Arachné) tisseuse au talent insolent.

Fibrilles

Ce sont simplement des petits fils extrêmement fins.

Phéromones

Substances chimiques émises par les femelles jouant un rôle dans l’attraction sexuelle.

Pédipalpes

Sortes de pattes-mâchoires propres aux arachnides. Elles ne servent pas à la locomotion, mais ont un rôle tactile.

Paralysante

Les araignées inoculent un venin qui paralyse ou tue et liquéfie les organes internes de la proie.

Chélicères

Ce sont les crochets venimeux. Ils servent à mordre et à traîner les proies.

Morsure

En fait, toute piqûre d’origine inconnue est attribuée aux araignées…

Les mille et une fonctions de la soie

Le premier contact d'une araignée avec la soie, c'est avant la naissance. En effet, les oeufs sont toujours pondus dans des sacs plus ou moins élaborés. Après l'éclosion, certaines espèces surveillent même leur progéniture sur des toiles appelées pouponnières! Une des fonctions les plus étonnantes du fil est celle du parachute ascension- nel: la jeune araignée en mal d'émancipation grimpe sur un support élevé et émet un fil de soie qui finit par prendre le vent. La petite bête peut ainsi être emportée à des kilomètres! Les filières sont également sollicitées pour la construction d'abri (deux feuilles reliées par exemple), pour contrôler les chutes (fil de sécurité) et pour effectuer leur mue (une loge ou un fil suspendu). Les fils jouent aussi un rôle lors de la reproduction. Les mâles, errants et solitaires, repèrent ainsi les femelles en sui- vant leur fil imprégné de phéromones. Ils construisent aussi un petit édifice de soie pour déposer leur semence

10 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

LES SAGE BRETONS

LES SAGE BRETONS

Dossier Dossier

SAGE SAGE : :

Où va ma rivière ?

« L a gestion de l’eau change. Elle change pour s’adapter à de nouveaux enjeux: nécessaire sobrié- té dans la consommation des ressources naturelles, préservation de la biodiversité, protec-

tion vis-à-vis des nouveaux polluants comme les substances chimiques ou les résidus médica- menteux. Elle évolue aussi pour permettre à tous les acteurs concernés, parmi lesquels les citoyens, d’être partie prenante dans la définition des politiques, dans leur mise en œuvre, et dans leur éva- luation. Enfin, elle s’améliore et se précise, pour répondre aux exigences de cohérence et d’effica- cité qui s’imposent – et c’est tant mieux – à toutes les politiques publiques. À la dilution des com- pétences et des responsabilités qui hier caractérisaient la gestion de l’eau, au découpage adminis- tratif qui faisait de nos rivières des frontières là où nous avons au contraire besoin de solidarité et de cohésion, le législateur a substitué un outil de gestion globale et concertée de la ressource en eau. Cet outil c’est le SAGE : Schéma d’aménagement et de gestion des eaux. Inspirée par l’expérience des « contrats de rivières » - le premier fut signé à l’initiative de notre association en 1983 sur le Trieux - puis des programmes « bassins-versants », la Bretagne est aujourd’hui couverte en totali- té par ces SAGE. La Vilaine a ouvert la voie en 2003, et depuis lors, vallée après vallée, les dynamiques pour mettre en œuvre cette gestion locale de l’eau n’ont cessé de se développer. Comme toute nou- velle démarche, la mise en œuvre de ces SAGE suscite espoir, interrogations, mais aussi parfois quelques craintes. Chacun en tout cas est conscient que leur mise en œuvre doit générer une réel- le plus-value au regard de ce qui existe déjà sur nos bassins-versants.

En écho à la publication d’un guide technique entièrement consacré à cette question (et bientôt télé-

chargeable sur www.eau-et-rivieres.asso.fr « rubrique » publication) nous avons voulu donner la paro-

le aux très nombreux militants d’Eau et Rivières qui vaillamment se rendent disponibles pour repré- senter notre association dans ces nouveaux « parlements de l’eau ». Qu’ils en soient ici remerciés.

Camille Rigaud

Président

»

SAGE

Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau

DOSSIER LES SAGE BRETONS Les Sage: une ambition au service de l’eau Aujourd’hui, nous devons

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

Les Sage:

une ambition au service de l’eau

Aujourd’hui, nous devons réussir le pari de satisfaire les besoins essentiels des usagers, tout en préservant nos rivières, depuis leurs sources jusqu’à la mer. Pour cela, il est indispensable d’imaginer de nouvelles formes de solidarité autour de l’eau, de mettre en oeuvre une gestion économe et partagée de cette ressource si précieuse.

En France, la gestion intégrée de l’eau s’organi- se à travers les Schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE). Ce sont des documents de planification qui déterminent des priorités et des objectifs de gestion au niveau d’un territoi- re hydrographique cohérent. Les SAGE définissent les orientations nécessaires pour garantir le “bon état écologique des eaux” d’ici 2015, en accord avec la Directive cadre sur l’eau (DCE).

Comment détermine-t-on le périmètre d’un Sage?

D’abord il fait référence à la délimitation en masse d’eau (superficielle ou souterraine) du bas- sin-versant et non pas aux limites communales. Ensuite, il tient compte de la faisabilité d’une ges- tion concertée sur le territoire choisi. Enfin, sa taille doit rester opérationnelle. Sauf exception il ne doit pas y avoir recoupement entre les péri- mètres de plusieurs SAGE. (cf circ du 21 avril

2008).

mètres de plusieurs SAGE. (cf circ du 21 avril 2008). A savoir : Le périmètre et

A savoir :

Le périmètre et la constitution de la CLE sont validés par arrêté préfectoral. La CLE procède ensuite à l’éla- boration du projet de SAGE. Elle valide chaque étape du projet (diagnostic, scénario, stratégie, orienta- tion et règlement). Le projet adopté par la CLE est alors soumis à l’avis des chambres consulaires, des col- lectivités, du comité de bassin et du préfet. Puis il fait l’objet d’une enquête publique. La CLE adopte le SAGE qui est ensuite approuvé par arrêté préfectoral.

12 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

y ait cohérence globale ou qu’il n’y

vis-à-vis des objectifs généraux. La notion de conformité impose le scrupuleux respect

La notion de compatibilité exige quil

Compatibilité? Conformité?

est donc plus contraignante que la compatibilité.

de contradiction majeure

prescriptions. Cette dernière

ait pas de toutes les

r e prescriptions. Cette dernière ait pas de toutes les DOSSIER LES SAGE BRETONS Vers une

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

Vers une vision locale partagée Portée juridique des SAGE Elle diffère selon qu’il s’agisse de

Vers une vision locale partagée

Portée juridique des SAGE

Elle diffère selon qu’il s’agisse de son plan d’amé- nagement et de gestion durable de la ressource en eau (PAGD) ou de son règlement (C.env, Art. L. 212-5-2): Le PAGD est opposable aux seuls pouvoirs publics (l’État, les collectivités territo- riales et leurs établissements publics) ; leurs déci- sions dans le domaine de l’eau, les documents locaux d’urbanisme et les schémas départemen- taux de carrières doivent être compatibles ou ren- dus compatibles avec le PAGD dans un délai déterminé à compter de son approbation. Les autorisations ou déclarations administratives individuelles délivrées par ces pouvoirs publics (permis de construire, installations classées, tra- vaux sur les milieux aquatiques…) doivent être compatibles avec le PAGD. Le règlement et ses documents cartographiques sont opposables aux tiers et aux actes administratifs. Toute per- sonne publique ou privée, désirant réaliser des installations, des ouvrages, des travaux ou des activités sur le territoire du SAGE, devra se conformer à ses règles.

Le SAGE relève d’un objectif majeur: planifier la gestion de l’eau au sein d’un territoire cohérent, dans le but de satisfaire les usages en préservant les milieux naturels concernés. La construction de ce compromis ne peut être assurée que par la par- ticipation des différents acteurs de l’eau: élus, agriculteurs, représentants de l’État, propriétaires fonciers, membres d’associations de protection de la nature… Le SAGE n’a aucun caractère obliga- toire et l’émergence d’un tel projet résulte de la volonté politique des acteurs locaux. Le préfet, en concertation avec les élus locaux, délimite le péri- mètre et constitue la commission locale de l’eau (CLE). Cette commission va permettre d’intégrer les avis des usagers de l’eau du bassin, de dépas- ser les conflits d’usage et de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une vision locale partagée.

DOSSIER LES SAGE BRETONS Jean-Paul Glémarec, Président de la CLE de L’Élorn: “C'est la volonté

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

DOSSIER LES SAGE BRETONS Jean-Paul Glémarec, Président de la CLE de L’Élorn: “C'est la volonté des

Jean-Paul Glémarec, Président de la CLE de L’Élorn: “C'est la volonté des acteurs qui fait la qualité du SAGE”

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’élaboration d’un SAGE ? Permettre aux acteurs d’un territoire ni trop vaste ni trop restreint de débattre, afin de fixer des objectifs quant à la gestion de la ressource eau et des milieux aquatiques, c’est l’intérêt du SAGE ! Chacun peut ainsi mieux prendre conscience des interdé- pendances s’agissant de l’eau et des milieux aquatiques, comme supports d’activi- tés économiques, comme ressources pour des usages domestiques, comme éléments patrimoniaux, milieux de vie et sources de culture. De ce fait, la production collective d’un SAGE concrétise et manifeste l’ambition portée à la gestion du territoire. Quels sont, selon vous, les principaux intérêts de cette démarche ? L’élaboration du SAGE a permis aux membres de la CLE d’obtenir une bonne connaissance de l’état des lieux - information moins répandue qu’on ne le croit - et de mieux comprendre les enjeux. Sans cette base parta- gée, nous n’aurions sans doute pas été en mesure de fixer les objectifs de qualité bactériologique des eaux lit- torales, ou de réduction des sels nutritifs au niveau ambitieux où ils ont été approuvés, à la quasi-unanimité, par la CLE. Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Cette démarche n’a pas échappé aux difficultés à faire dépasser l’intérêt catégoriel, à faire sortir d’une logique singulière d’acteur pour produire une logique de gestion intégrée du territoire. Si toutes les résistances n’ont pu être abolies, des avancées ont malgré tout été enregistrées. Et puis demeure sans doute la fragilité des acquis, qu’il importe de préserver. Quels conseils donneriez-vous à vos homologues qui démarrent l’élaboration d’un SAGE ou qui souhai- tent débuter ? Je n’ai pas de conseils particuliers à donner aux élus, qui savent bien quelle est leur mission. Une observation toutefois : il n’y a pas de SAGE prédéterminé, ni sur l’Élorn, ni ailleurs. C’est la volonté col- lective des acteurs qui acceptent de s’impliquer dans la démarche qui fait la qualité du SAGE.

Le SAGE, maillon local de la politique de l’eau Échelle Texte de Instance de décision
Le SAGE, maillon local de la politique de l’eau
Échelle
Texte de
Instance de décision
Dispositions
territoriale
référence
Niveau
Directive
européen
Commission européenne
et Parlement européen
cadre
sur l’eau
Atteindre le bon état écologique des eaux en 2015 et har-
moniser les politiques de l’eau sur des bases objectives et
comparables à l’échelle européenne
Niveau
national
Ministère de l’écologie et
de l’environnement
Code de
l’environnement
(C.env)
L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa
protection, sa mise en valeur et le développement de la res-
source dans le respect des équilibres naturels sont d’inté-
rêt général (loi sur l’eau du 03/01/92, Art. L210-1 C.env)
Bassin
Comité de bassin
SDAGE
Loire-Bretagne
Le projet de SDAGE 2 009 retient 15 orientations princi-
pales déclinées en 4 rubriques :
(agence de
l’eau)
• préservation de la qualité de l’eau et des systèmes aqua-
tiques
• protection du patrimoine remarquable
• gestion des crues et des inondations
• gestion collective d’un bien commun
Unité
Commission locale
SAGE
hydrographique de l’eau
cohérente
Les SAGE doivent être compatibles ou rendus compatibles
avec le SDAGE. Leurs fonctions principales sont de :
(bassin-
• fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs à atteindre
dans un délai donné
versant)
• poser des règles afin de répartir l’eau entre les diffé-
rents usages
• identifier et protéger les milieux aquatiques sensibles
• définir des actions de protection de l’eau et de lutte
contre les inondations
Sous-bassin
Collectivités,
Programme
associations, acteurs
d’actions
socio-économiques
Mettre en oeuvre des actions concrètes afin de répondre
aux grandes orientations établies par le SAGE (s’il existe)
(Ex : Plan Bretagne eau pure, Contrat de rivière, Pro-
gramme Breizh bocage, Contrat restauration entretien…)

14 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

© M. Houdus

© M. Houdus DOSSIER LES SAGE BRETONS Tro breiz des Sage Après la théorie, nous vous

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

Tro breiz des Sage

Après la théorie, nous vous proposons une plongée dans la réalité, le quotidien des bénévoles représentants d’Eau et Rivières dans les CLE, les bureaux et les innombrables groupes de travail et commissions « bidule ». Dans des assemblées ou ils sont parfois les seuls « non professionnels », face à des armées de techniciens, experts en tous genres il est parfois bien difficile d’exister, et pourtant… En faisant appel à eux nous ne recherchions pas l’exhaustivité, mais le nombre de ces témoignages est à lui seul le signe de leur engagement passionnel. Mesurez derrière ces lignes, les heures de travail au service du bien commun.

SAGE Bassins côtiers de la région de Dol-de-Bretagne, par Michel Houdus

La CLE met en place l’inventaire des zones humides et des cours d’eau depuis de nombreux mois, ce qui n’est pas une mince tâche dans un marais. La première cartographie identifiait des « zones de transition », bande de transition entre le marais côtier et les terres. Ces zones de transition étaient logiquement incluses dans les zones humides. Lors de l’assemblée de la CLE du mois d’avril, 180 agri- culteurs se sont joints à la réunion afin de contester le classement des zones de transition en zone humide et demander la révision de la cartographie. La demande étant si courtoisement formulée, une cinquantaine de ces agriculteurs a été conviée à la réunion suivante par le Président de la CLE ! Une nouvelle visite de terrain fut organisée, au cours de laquelle les agriculteurs ne se sont pas pri- vés de dégainer la lettre inter-ministérielle (ministères de l’environnement et de l’agriculture) du 2 mars 2009 destinée aux préfets et stipulant que l’arrêté ministériel du 24 juin 2008, définissant les zones humides, était en cours de réécriture, et qu’il était autorisé de ne pas tenir compte de celui du 24 juin. Les exploitants agricoles ont alors obtenu le déclassement d’un grand nombre de zones de tran- sition.

Résultat, sur une commune comme La Fresnaie, alors que de multiples zones humides figurent à l’in- ventaire du PLU, la nouvelle version agricole de la cartographie n’en fait presque plus apparaître! Eau & Rivières, Bretagne Vivante, la Fédération de pêche et la Fédération de chasse ont alors déci- dé de co-signer un courrier à l’attention de la CLE rappelant que les sondages de sol initiaux avaient été effectués selon le cahier des charges défini par le SAGE, et qu’il n’y avait pas lieu de procéder à une telle modification de la cartographie. Rebelote, nous attendons la nouvelle version (version 3, pour ceux qui ne suivent pas) de la cartographie! A ce train là, le SAGE Bassins côtiers de la Région de Dol-de- Bretagne n’est pas près d’être signé…

de Dol-de- Bretagne n’est pas près d’être signé… TOUT LE MONDE N’A PAS LA CHANCE D’ADMIRER

TOUT LE MONDE N’A PAS LA CHANCE D’ADMIRER QUOTIDIENNEMENT LE MONT-ST-MICHEL DEPUIS LES MARAIS DE DOL…

D’ADMIRER QUOTIDIENNEMENT LE MONT-ST-MICHEL DEPUIS LES MARAIS DE DOL… Eau & Rivières Automne 2009 n° 149
DOSSIER LES SAGE BRETONS SAGE Côtiers morbihannais, par François Roche Bienvenue au petit dernier de
DOSSIER
LES SAGE BRETONS
SAGE Côtiers morbihannais, par François Roche
Bienvenue au petit dernier de la catégorie « SAGE en préparation »! Celui-ci recouvre les bas-
sins-versants des rivières côtières du Golfe du Morbihan et la Ria d’Etel. La délimitation du
périmètre est en cours. Les îles sont exclues car elles sont soumises à des problématiques qui
leurs sont spécifiques. Quant aux masses d’eau côtières et de transition, elles seront exclues
du périmètre car trop influencées par la Loire, de plus
leur gestion est raisonnée dans la Charte des zones
côtières intégrées. Les élus du territoire du bassin-ver-
sant vont être conviés à des réunions d’information (la
CLE devra être constituée d’élus à hauteur de 50% des
sièges). La structure porteuse du SAGE pourrait être le
SIAG (Syndicat intercommunal de l’aménagement du
Golfe, qui installe aussi le Parc naturel régional) ou le
Syndicat mixte du Loch et du Sal. Bref, bien du chemin
reste à accomplir.
PLUS QU'AILLEURS L'INTERFACE RIVIÈRES - EAUX LITTORALES
SERA AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS DE CE FUTUR SAGE.
© A. Lefevre
SAGE Estuaire de la Loire, par Miguel Garcia Le territoire du SAGE Estuaire de la
SAGE Estuaire de la Loire, par Miguel Garcia
Le territoire du SAGE Estuaire de
la Loire s’étend sur les départe-
ments de la Loire-Atlantique et du
Maine-et-Loire. 14% du territoi-
re est constitué de zones
humides! Certains y verraient
bien du maïs! Bien évidemment
les pressions sont extrêmes sur ces
milieux naturels à la biodiversité
unique, notamment par la mise en
culture.
© M. Garcia

SAGE Aulne, par Jacques Primet

Classé prioritaire par le SDAGE (Schéma directeur) de 1996,… débuté en 2002 et tombé en
Classé prioritaire par le SDAGE (Schéma directeur) de 1996,… débuté en
2002 et tombé en panne depuis janvier 2006,… le SAGE Aulne redémarre
enfin. La nouvelle CLE (commission locale de l'eau) s'est réunie le 15 sep-
tembre 2009. Sa présidence sera assurée par Mme Simon-Guillou présidente
de l'EPAGA (Etablissement public d'aménagement et de gestion de l'Aulne)
et 1ère vice présidente du conseil général du Finistère. Le bureau de la CLE
comprend 25 membres élus ou désignés.
L’absence d’un porteur de projet local légitime n’avait pas permis jusqu’ici
d’aller jusqu’au bout de la démarche. L’EPAGA créé en 2008 devient la struc-
ture porteuse du SAGE.
Inondation, canalisation, alimentation en eau potable, gestion hydro élec-
trique, biodiversité,… les sujets de discussion ne manquent pas. Au travail.
CANAL OR NOT CANAL, THAT IS THE QUESTION.
© A. Clugery

16 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

DOSSIER LES SAGE BRETONS SAGE Scorff, par Jean-Yves Bouglouan Le SAGE est en cours d’élaboration,

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

SAGE Scorff, par Jean-Yves Bouglouan Le SAGE est en cours d’élaboration, autour de 3 commissions:
SAGE Scorff, par Jean-Yves Bouglouan
Le SAGE est en cours d’élaboration, autour de 3 commissions:
zones humides et milieux aquatiques ; qualité et quantité de
la ressource ; économie et tourisme. Un siège a été ajouté au
bureau de la CLE du SAGE pour permettre à la chambre d’agri-
culture d’y siéger et ainsi équilibrer le bureau. Une des pro-
blématiques du bassin concerne les anciennes mines d’ura-
nium: les mesures sur site effectuées par le collectif Roz Glaz
révèlent des mesures anormales.
LE SAUMON COMME ENJEU DE TOURISME. ICI L'ODYSSAUM DE PONT-SCORFF
©
JP Allot

SAGE Vilaine, par Camille Rigaud

La révision du SAGE débute. Le bureau d’études retenu pré- sentera ses projets de travaux le 7 septembre, avant de pro- céder à des entretiens avec les membres de la CLE. Lors de la dernière plénière, des tensions ont accompagné les discussions sur l’avis de la CLE à formuler sur le SDAGE, ainsi que sur l’ac- cessibilité aux documents comptables des professionnels agri- coles pour effectuer un bilan azote à l’échelle du bassin-ver- sant.

VALLÉE DE L’AFF, SUR LE BASSIN DE LA VILAINE. ET UN PROJET DE BARRAGE DANS LES TIROIRS DU CONSEIL GÉNÉRAL…

PROJET DE BARRAGE DANS LES TIROIRS DU CONSEIL GÉNÉRAL… SAGE Couesnon, par Richard Giovanni Un SAGE
PROJET DE BARRAGE DANS LES TIROIRS DU CONSEIL GÉNÉRAL… SAGE Couesnon, par Richard Giovanni Un SAGE
SAGE Couesnon, par Richard Giovanni Un SAGE dont les soucis de qualité de l’eau trouvent
SAGE Couesnon, par Richard Giovanni
Un SAGE dont les soucis de qualité de l’eau trouvent leur source dans les pratiques agricoles. Une
des difficultés pour les agriculteurs est de comprendre l’inégalité qui s’imposera entre exploita-
tions, inégalité dans les prescriptions qui leur seront imposées, mais qui s’explique notamment par
la forte diversité des systèmes d’élevage. L'élimination de 50 % des pesticides semble impossible
pour les maraîchers de la Baie du Mont-St-Michel, qui craignent de modifier les critères de qua-
lité qu’ils défendent pour leurs produits. La définition des objectifs de la qualité des eaux et des
milieux devra –t-elle n’être que de nature réglementaire, dans la mesure où peu d’acteurs du bas-
sin n'admettent qu'une marge de sécurité de 10 à 15 mg/l de nitrates est acceptable pour antici-
per et assurer les aléas du long terme? En assemblée, la
fertilisation minérale semble tabou: personne ne
donne d’ordre de grandeur des pratiques individuelles
de son secteur ; parler des apports des sols est possible
mais semble virtuel pour certains, de même pour les
apports d’azote par l'air ou la fosse à lisier de la por-
cherie du voisin
Le raisonnement des systèmes four-
ragers économes en intrants ne séduit pas les agricul-
teurs conventionnels.
RÉDUIRE L’UTILISATION DES INTRANTS
EST INCONTOURNABLE POUR LE BASSIN DU COUESNON.
DOSSIER LES SAGE BRETONS SAGE Baie de St-Brieuc, par Célestin Le Roux, CANE, VIVARMOR, GAB,

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

SAGE Baie de St-Brieuc,

par Célestin Le Roux, CANE, VIVARMOR, GAB, et CEDAPA

Cinq bassins-versants principaux alimentent la baie en eau douce dont la salinité marine naturelle est diluée de maniè- re spécifique, et augmentée hélas d’apports terrigènes désé- quilibrants tels que le flux de nitrates considérable et lent à se diluer dans les eaux calmes de la baie peu profonde, et un flux de phosphates dissous ou particulaire qui sédimente dans l’estran immédiat, sans compter la potasse et les déri- vés de pesticides massivement employés dans les pratiques d’élevage et de culture intensives. Les eaux littorales de fond de baie voient se développer des marées d’algues vertes périodiques dont les dépôts amoncelés sur les estrans concourent à des dégagements d’hydrogène sulfuré toxique par fermentation. Ces maux sont principalement le fait d’une agro-pratique surintensive. Les eaux littorales sont aussi à la merci d’apports de charge de pollution bactério- logique qui se concentrent dans la chair des mollusques fil- treurs, qui sont redoutés aussi pour les eaux de baignade estivale, dont les normes européennes de contrôle de pol- lution sont prévues de durcir. Si les « urbains » sont impliqués dans ces pollutions bacté- riologiques, les contributions agricoles sont notoires. C’est donc un problème de fond à résoudre, quels emplois avec quel type d’agriculture? Le SAGE a débattu chaudement de 3 scénarios possibles d’ac- tion à venir:

Scénario 1: On ne modifie pas le système actuel, Scénario 2: Désintensification avec aides à une conversion des pratiques agricoles. Scénario 3: Désintensification envisagée sur des zones stra- tégiques pour les fournitures d’eau potable

envisagée sur des zones stra- tégiques pour les fournitures d’eau potable BOIRE OU S’ENSEVELIR, IL FAUT

BOIRE OU S’ENSEVELIR, IL FAUT CHOISIR !.

d’eau potable BOIRE OU S’ENSEVELIR, IL FAUT CHOISIR !. PLUS HAUT DANS LES TERRES… SAGE Isole

PLUS HAUT DANS LES TERRES…

IL FAUT CHOISIR !. PLUS HAUT DANS LES TERRES… SAGE Isole Ellé Laïta, par Jean-Luc Le
SAGE Isole Ellé Laïta, par Jean-Luc Le Delliou Le dernier SAGE signé (10 juillet dernier),
SAGE Isole Ellé Laïta, par Jean-Luc Le Delliou
Le dernier SAGE signé (10 juillet dernier), voté par un quorum tout juste atteint… Les gros dos-
siers en perspective pour le bassin-versant sont le projet d’enfouissement de résidus de broya-
ge automobile à Plouray (pour découvrir les pra-
tiques de l’exploitant, voir les travaux des associa-
tions Nature et patrimoine centre Bretagne,
Association Rocquancourt environnement et
urbanisme, Observatoire régional de l’écologie, de
l’environnement et de l’aménagement du territoi-
re), et le tout récent projet de carrières de granu-
lats à Arzano, à 200m de l’Ellé !
L’ELLÉ, MENACÉ PAR DE NOMBREUX PROJETS.

18 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

DOSSIER LES SAGE BRETONS © ERB SAGE Bas-Léon, par Alain Corre Les problématiques du SAGE

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

© ERB

SAGE Bas-Léon, par Alain Corre

Les problématiques du SAGE Bas-Léon ne se résument pas au risque de fermeture du captage de l’Aber Wrac’h pour cause de trop plein de nitrates. Pour la CLE du Bas-Léon, tous les clignotants sont au rouge afin de retrouver le bon état de ses eaux superficielles et souterraines. Nous vivons sur ce territoire une situation d'urgence sanitaire, car il y a un véritable risque de rupture d'approvisionnement en eau potable pour l'ensemble de ses habitants et de ses activités. La concentration des élevages et la multiplication des pollutions dites accidentelles d'origine indus-

trielle (Tanguy et Cargill), contribuent à dégrader davantage la qualité des eaux notamment bacté- riologique des estuaires de l'Aber Wrac'h et de l'Aber Benoît. Elles menacent la biodiversité des estuaires et les activités conchylicoles qui y sont implantées. Résultat: multiplication des records de France du nombre de jours de fermeture de ramassage et de commercialisation des coquillages, mais chuuuut, c'est mauvais pour l'image touristique et la valorisation des activités économiques locales. Sur le littoral, l'urbanisation anarchique est peu soucieuse du sous-dimensionnement des infrastruc- tures d'assainissement collectives. A terre, sous les surfaces d'épandages, la restauration des eaux souterraines est repoussée dans le scé- nario du SDAGE à 2027, si tout va bien. Les efforts entrepris par la commune de Lannilis pour pré- server ses eaux souterraines sont aujourd'hui menacés par un acte criminel d’empoisonnement aux pesticides du captage de Lanveur! Faudra-t-il toujours aller chercher de l'eau chez le voisin en interconnectant les réseaux? Mais la CLE n’en est pas encore là, dou-ce-ment! Les com- missions de travail se mettent en route: des visites d’en- treprises sont organisées, station d’épuration pilote, entre- prise agricole et usine exemplaires, puisque l'on vous dit que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, grâce à la technologie du troisième millénaire payée par les consommateurs d'eaux usées.

Peut-être qu’il en serait autrement s’il y avait de la place pour les représentants des associations agréées de défense de l’environnement et de défense des consom- mateurs dans le bureau de la CLE et au sein du conseil scientifique. Les associations se mobilisent, un collectif "captages" vient de voir le jour. A la vôtre (s’il en reste) !

vient de voir le jour. A la vôtre (s’il en reste) ! L’ASSAINISSEMENT, DIFFICILE À GÉRER

L’ASSAINISSEMENT, DIFFICILE À GÉRER EN CAS D’URBANISATION GALOPANTE

DIFFICILE À GÉRER EN CAS D’URBANISATION GALOPANTE LES POLLUTIONS DES CAPTAGES SERAIENT D’ORIGINE CRIMINELLE

LES POLLUTIONS DES CAPTAGES SERAIENT D’ORIGINE CRIMINELLE

SAGE Argoat Trégor Goëlo,

par Gilles Huet

DES CAPTAGES SERAIENT D’ORIGINE CRIMINELLE SAGE Argoat Trégor Goëlo, par Gilles Huet aquatiques (saumon, lamproies ).
DES CAPTAGES SERAIENT D’ORIGINE CRIMINELLE SAGE Argoat Trégor Goëlo, par Gilles Huet aquatiques (saumon, lamproies ).

aquatiques (saumon, lamproies

).

par Gilles Huet aquatiques (saumon, lamproies ). LE TRIEUX AU MOULIN DE KERNEVALET (PLOUEC DU TRIEUX)

LE TRIEUX AU MOULIN DE KERNEVALET (PLOUEC DU TRIEUX)

C'est Thierry Burlot, Président de la Communauté des communes de Lanvollon-Plouha, qui en a été élu Président. Trois repré- sentants des associations, Olivier Samica pour les pêcheurs, Jacqueline Caplat pour Côtes d'Armor Environnement, et Gilles Huet pour Eau et Rivières de Bretagne, feront partie de la commission permanente de la CLE. Les enjeux ne manquent pas sur ce territoire, qu'il s'agisse de la qualité des eaux (nitrates, phosphore, pesticides), des équilibres écologiques sur le littoral (marées vertes) ou de la préservation des espèces

Eau & Rivières Automne 2009 n° 149 - 19

DOSSIER LES SAGE BRETONS L'ELORN, COMME TOUS LES FLEUVES CÔTIERS BRETONS CHARRIE SON LOT DE

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

L'ELORN, COMME TOUS LES FLEUVES CÔTIERS BRETONS CHARRIE SON LOT DE POLLUTIONS VERS LA RADE DE BREST, OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS.

VERS LA RADE DE BREST, OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS. © A. Clugery SAGE Elorn, par

© A. Clugery

SAGE Elorn, par Patrick Gouez et Arnaud Clugery

On peut presque considérer qu’il s’agit du premier Sage appliquant les pré- conisations du SDAGE 2009, tant son calendrier s’est calqué sur celui des négociations du prochain Schéma directeur. Il en résulte un positionnement relativement ambitieux en terme d’objectif de flux de nitrates puisque la CLE a voté la réduction de 30 % de ce chiffre à horizon 2022. Pour tenter de mettre fin aux marées vertes qui encombrent la plage du Moulin blanc, c’est donc autour de 21 mg/L que les concentrations moyennes en nitrates devront se situer. Malheureusement, peu de moyens d’y parvenir ont été évoqués, « à réglementation constante, on devrait y parvenir!». Seule avancée significative en la matiè- re, la création d’une cellule d’animation et de promotion des agricultures à faibles niveaux d’intrants. Même si le Sage ne bénéficie pas encore d’un arrêté en bonne et due forme, on peut penser qu’il ne devrait plus subir de modification majeure. On y trouve ainsi beaucoup de dispositions dont on peut se réjouir (beaucoup ont d’ailleurs été proposées par Eau et Rivières). Sans être exhaustif: 50% des communes à « zéro phyto » en 2015, plusieurs dispositions consacrées à la gestion de la bactério (dia- gnostic exploitation agricole, aménagement points abreuvement, opérations groupées ANC, étude des branchements…), la création d’aires de carénage pour la plaisance « diffuse », l’inventaire et la com- pensation des pertes de zones humides, des actions volontaristes et innovantes en matière d’écono- mies d’eau comme l’établissement de cartes des pressions, la tarification progressive de l’eau ou la mise en place d’un observatoire des forages et captages publics (objectif assurer une veille et promouvoir la réouverture de captages abandonnés).

© ERB

SAGE Odet, par André Kerdranvat

Dans l'estuaire, des projets conchylicoles sont en cours, les nouvelles stations d'épu- ration réalisées ou en cours à Combrit, Bénodet et Fouesnant, vont réduire fortement les rejets dans l'estuaire. L'inventaire des zones humides va être repris sur les premières communes invento- riées, en intégrant cette fois-ci les zones humides cultivées et/ou « non remarquables ». Le SAGE de l'Odet avait été initié principalement suite aux crues de 2000 à Quimper. Si des travaux ont bien été réalisés sur Quimper et immédiatement en amont, un pro- jet de barrages anti-crues est encore à l'étude. On s'acheminerait vers la création d'un Etablissement public territorial de bassin, à la place de l'actuel syndicat intercommunal, en vue d'assurer la maîtrise d'ouvrage des travaux, estimés à 32 millions d'euros. L'approvisionnement en eau potable continue à poser quelques problèmes, notam- ment de débit réservé insuffisant et de matières organiques trop présentes sur la riviè- re du Steïr. L'entretien des cours d'eau pose problème: érosion importante de certaines berges, embâcles par troncs d'arbres couchés, dégradation par les bovins qui continuent à s'abreuver dans le lit des cours d'eau, augmentation des saulaies dans les anciennes prairies. Les contrats d'entretien sont revus à la baisse, ce qui compromet fortement l'avenir. Actuellement, la priorité de nos élus est donnée au SCOT de l'Odet: la "trame verte et bleue" semble oublier les fondements de notre environne- ment que sont les cours d'eau… Mais un Sage ne règle pas tout. Un comité associatif s'est créé sur le ruisseau du Quinquis (voir brève n° 148), suite à différents problèmes de pollutions et d'inondations dans ce sous-bassin versant de l'Odet.

L'ODET AU PIED DE LA PRÉFECTURE, COULE SAGEMENT DANS SON LIT JUSQU'À LA PROCHAINE CRUE ?.

PRÉFECTURE, COULE SAGEMENT DANS SON LIT JUSQU'À LA PROCHAINE CRUE ?. 20 - Eau & Rivières
PRÉFECTURE, COULE SAGEMENT DANS SON LIT JUSQU'À LA PROCHAINE CRUE ?. 20 - Eau & Rivières

20 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

© MJ Hélias

© MJ Hélias DOSSIER LES SAGE BRETONS SAGE Rance Frémur Baie de Beaussais, par Joël Le

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

SAGE Rance Frémur Baie de Beaussais,

par Joël Le Bourdellès

La révision du SAGE a débuté. Pas moins de 3 cabinets d’études ont procé- dé à l’évaluation du SAGE sur sa période 1999-2009. Un groupe de travail issu de la CLE s’est réuni afin d’étudier ce bilan. On peut regretter le manque d’agronomie de cette étude, orientée sur les aspects socio-économiques du bassin. De nombreuses priorités se dessinent, principalement la résorption et le traitement des excédents des flux de phosphore. Attendons de voir. Ce bassin-versant comprend la retenue du barrage de Rophémel sur la commune de Guenroc, un barrage costarmoricain qui alimente en eau la ville de Rennes à hauteur de 40 à 45% de ses besoins. Ainsi, le Syndicat mixte de produc- tion d’eau du bassin rennais est directement concerné par les pratiques agri- coles sur ce secteur, qui restent responsables de l’envasement et de l’eutro- phisation de ce captage. Le futur SDAGE a retenu cette zone parmi les plans d’eau à l’amont desquels la fertilisation équilibrée en phosphore devra être appliquée avant 2013, ce qui implique pour la CLE d’intégrer cet aspect dans la réécriture du SAGE. Trois commissions ont été créées afin de travailler à l’élabo- ration des futures prescriptions: zones humides et milieux aquatiques, agricultu- re, littoral. A noter la toute récente création du Syndicat mixte de portage du SAGE Rance Frémur.

L’ENVASEMENT DES POINTS D’EAU DEVRA ÊTRE RÉDUIT DE FAÇON PRÉVENTIVE.

SAGE Blavet, par Martine Gerdil

Le SAGE BLAVET est l’un des plus avancés: il a été approuvé début 2007 et un renouvellement de la CLE a eu lieu le 2 septembre 2008. L’avis rendu sur le projet de révision du SDAGE n’a porté que sur ce qui concer- nait le périmètre du SAGE avec essentiellement une révision du classement de certains cours d’eau, les avis précédemment donnés ayant été maintenus. Le sujet principal actuel concerne « la valorisation du Blavet canalisé entre Guerlédan et Pontivy ». Après d’importants et difficiles débats, il a été convenu d’initier une étude destinée à comparer les coûts et impacts de deux hypothèses: développement touristique de la navi- gation ou ouverture des grandes vannes en vue notamment d’accroître le potentiel salmonicole. Il s’agis- sait aussi de justifier le classement de cette partie du canal en « masse d’eau fortement modifiée » dans le cadre de l’application de la DCE. L’étude a été menée sous l’égide du conseil général du Morbihan qui a uni- latéralement modifié la première hypothèse en la réduisant à un maintien de l’existant, compte tenu du coût prohibitif des projets initiaux de restauration et remise en état des écluses, faussant ainsi la compa- raison entre les deux hypothèses, la seconde devenant automatiquement plus coûteuse Les conclusions de l’étude visent cependant à initier une expérimentation de débarrage sur trois biefs, confor- mément aux préconisations du SAGE, afin de mieux mesurer les conséquences d’un débarrage plus large. Les résultats de l’étude et l’acceptation ou non de l’expérimentation doivent être débattus le 24 septembre prochain.

Et ailleurs en Bretagne?

Les périmètres des SAGE « Baie de Lannion », et « Pays Bigouden Cap-Sizun » ont été arrêtés. Les CLE vont êtres installées. Les secteurs baie de Douarnenez, et baie de Concarneau restent vierges à ce jour. Si vous avez un doute, pour savoir par quel SAGE vous êtes concerné, entrez le nom de votre commune sur le site internet GEST’EAU, ou contactez-votre mairie !

le site internet GEST’EAU, ou contactez-votre mairie ! Dossier préparé par Camille Chrétien, Camille Gillard et
le site internet GEST’EAU, ou contactez-votre mairie ! Dossier préparé par Camille Chrétien, Camille Gillard et
le site internet GEST’EAU, ou contactez-votre mairie ! Dossier préparé par Camille Chrétien, Camille Gillard et

Dossier préparé par Camille Chrétien, Camille Gillard et les bénévoles du réseau régional Sage d'Eau et Rivières de Bretagne

LE SAGE PAYS BIGOUDEN AURA ENTRE AUTRE CHOSE LA LOURDE TÂCHE DE SE PENCHER SUR LES PRATIQUES DES BULBICULTEURS DE LA TORCHE.

TÂCHE DE SE PENCHER SUR LES PRATIQUES DES BULBICULTEURS DE LA TORCHE. Eau & Rivières Automne
TÂCHE DE SE PENCHER SUR LES PRATIQUES DES BULBICULTEURS DE LA TORCHE. Eau & Rivières Automne
TÂCHE DE SE PENCHER SUR LES PRATIQUES DES BULBICULTEURS DE LA TORCHE. Eau & Rivières Automne

Eau & Rivières Automne 2009 n° 149 - 21

DOSSIER LES SAGE BRETONS Les orientations défendues par ERB • Renforcer la lutte contre les

DOSSIER

LES SAGE BRETONS

Les orientations défendues par ERB

• Renforcer la lutte contre les pollutions Nitrates:

Au-delà de la concentration maximale admissible fixée à 50 mg/L, il est préférable de fixer comme objectif la valeur guide de 25 mg/L. Au niveau des baies à ulves, cette concentration des flux devra être encore abaissée. Parmi les moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ces objectifs, le développement de l’agriculture de Haute valeur environnementale (HVE), la diminution des apports en nutriments et la réduction volontaire des chep- tels sont fondamentaux. Pesticides:

Pour tous les usages (domestiques, collectivités, professionnels), il convient de fixer un objectif de réduction daté et chiffré. Il peut être par exemple proposé qu’à échéance du SAGE, au moins 1/3 des communes n’utili- sent plus de pesticides pour l’entretien des espaces publics. Des actions d’information au public et des jour- nées de démonstration doivent permettre d’atteindre cet objectif de réduction fixé localement. Phosphates:

Le SAGE doit fixer un niveau de qualité à atteindre cohérent avec le niveau d’eutrophisation des rivières et plans d’eau situés sur son territoire. Il doit décliner en actions le principe d’équilibre de la fertilisation en phospho- re et prévoir la déphosphatation des effluents. Autres substances:

Si l’état des lieux fait apparaître des insuffisances dans la connaissance de certaines formes de pollutions (rési- dus médicamenteux, substances chimiques…), le SAGE pourra prescrire la mise en oeuvre d’études et de suivi des rejets nécessaires pour améliorer la connaissance. Pollutions portuaires:

Le SAGE pourra prévoir la généralisation des systèmes de dépollution des ports et aires de carénage situés sur son territoire. Contaminations bactériennes:

L’importance d’une bonne qualité microbiologique de l’eau pour la baignade, la pêche à pied, ou dans les zones conchylicoles, justifie que le SAGE reprenne les objectifs généraux de qualité fixés pour ces usages, et planifie un objectif d’amélioration continue de la qualité de ces zones. Il doit fixer les différentes actions (assainisse- ment, reprise des réseaux…) à entreprendre pour permettre l’atteinte de ces objectifs.

naturels aquatiques

Restaurer et préserver les milieux

leau et de la biodiversité. Le

La présence dun maillage bocager cohérent est un atout pour la protection de

Bocage:

sa pro-

talus, fossés) et dassurer

(haies,

aux communes de procéder à son inventaire

SAGE doit donc prescrire

d’Urbanisme un règlement adapté.

Plan Local

tection en intégrant dans leur

petits cours deau (busage, recti-

Les principales menaces de dégradation se situent aujourd’hui au niveau des

Cours deau:

l’application de la réglementation sur

permettra déviter quils néchappent à

précis

Leur inventaire

fication…).

dans les PLU.

l’eau et de les intégrer

(saumon, truite) font déjà l’objet de dispositions de

Faune piscicole:

de nos cours deau

anguilles, lamproies marines et d’eau douce,

les plus emblématiques

Si les espèces

espèces mal connues:

pas de même pour plusieurs

gestion, il n’en est

des

et de létat

en fonction des connaissances disponibles sur le bassin-versant

aloses… Le SAGE pourra utilement fixer,

à la pérennité de ces espèces.

stocks, des orientations nécessaires

Le développement d’espèces invasives sur de nombreux cours d’eau de Bretagne doit conduire à fixer dans le

Flore:

pour freiner et si possible éradiquer ces invasions.

prescriptions indispensables

SAGE les

• Alimentation en eau potable Forages et ressource souterraine:

Le recensement des forages existants devra être réalisé. Le SAGE pourra affirmer la priorité donnée aux col- lectivités sur les usages privés pour l’utilisation d’eaux souterraines. Captages:

Il est fondamental de procéder à l’inventaire de tous les captages abandonnés dans le but de les réhabiliter. L’élaboration d’une liste des captages prioritaires permettra de remettre en fonction certains d’entre eux dans des délais précis. La révision des périmètres de protection les plus anciens pourra être programmée par le SAGE afin d’actualiser les mesures de protection.

22 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

ACTION ÉDUCATIVE

40 ans – La Rand’Eau de GWERNet Rivières

L’année des 40 ans est l’occasion de faire la fête (le 11 octobre). Elle a aussi été portée par de nombreuses manifestations locales dans les 5 départements bretons, grâce à l’implication des bénévoles et dans le but de mieux faire connaître Eau & Rivières aux bretons.

Organisée par le groupe de Pontivy cette balade (Rand’Eau!) de 7km le long de la Sarre a fait mar- cher (sur l’eau!) environ 200 personnes dans la gaieté, le bonheur d’être entre amis sur un site merveilleux qui fait oublier le quotidien des pol- lutions tous azimuts. De plus le temps s’était mis au beau, pas trop chaud, on marchait sur un nuage!

L’occasion de découvrir une vallée préservée

La Sarre est un affluent du Blavet, le site de Saint- Jean Gwern est dans le périmètre Natura 2000. C’est une belle rivière considérée comme le bon élève du SAGE-Blavet, même si tout n’est pas par- fait. Une belle rivière, un beau site il fallait bien ça pour fêter dignement les 40 ans d’ERB. En cet endroit la vallée est encaissée, boisée, variée et l’eau coule bruyamment entre les blocs de granite de moulin en moulin, aujourd’hui hélas recyclés en propriétés privés clôturées, limitant l’accès à la rivière. Le circuit a été choisi assez court pour per- mettre à tout le monde de le parcourir: débrous- saillage (soft), fléchage, c’est le b-a-ba des organi- sateurs de randonnée. Mais il fallait ici frapper fort pour attirer le chaland, alors un rallye? Des feuilles avec questions et réponses à choisir parsemaient le parcours, pas la peine de se prendre la tête, la bonne réponse est au dos de la feuille.

La contribution bénévole de nombreux artistes

Les marcheurs disposaient aussi d’un petit plan malin avec invitation à mobiliser tous leurs sens:

voir, entendre, toucher, sentir… l’eau, les arbres, les fleurs, les papillons…

Plus fort encore, des chanteurs ont été sollicités, des musiciens de haute volée invités et des sonneurs placés aux endroits remarquables faisaient vibrer la vallée. Trois générations d’artistes sur le front de l’eau, dans le bois, les fougères ou la chapelle St- Jean. Et des pêcheurs à la mouche en pleine action.

© Y. Le Cœur
© Y. Le Cœur

La nature dans tous ses états

Sur le circuit il y a un gros rocher du genre de ceux qui font gambader l’imagination des prome-

neurs. Un couple de jeunes chanteurs y était posté. Les randonneurs ont été invités à donner un nom

à

ce rocher. Après délibération laborieuse du jury

le

nom retenu est: « Bugul an Dour », soit en fran-

çais: « le berger de l’eau ». Un nom qui irait bien

à ERB!

A la fontaine Saint-Jean, lieu symbolique du carac-

tère sacré de l’eau, un manant tendait la main, non pas pour quêter quelques sous mais pour montrer un dragon tout mignon au doux nom de Gordius aquaticus (s’il-vous-plaît!), sorti de la fontaine d’eau claire où frétille une vingtaine de larves de salamandres. Cerise sur le gâteau, un escargot de Quimper se trouvait là aussi entre les pierres de l’édifice.

En fin de rando, son éminence le docteur Round- Up, Henri Girard, a donné son cours magistral dans l’amphithéâtre de la prairie d’Yves Pérès, devant un parterre digne des cours de la Sorbonne. Tan- dis que, sur cette même prairie, Yves Pérès pré- sentait son four solaire (avec appoint en bois) pour l’Afrique.

Et une bonne surprise attendait les marcheurs, même pas fatigués: un pot offert par l’association Callune, magasin bio de Pontivy, et un morceau de gâteaux confectionnés par des membres d’ERB- Pondi.

Youenn Le Cœur

CUISINE

Lycopersicum ?

Elle demande du soin et de l’attention…La meilleure c’est celle du potager.

Elle exige le temps pour mûrir et la patience du jardinier pour qu’au moment de la cueillette,

de sucre gorgée, colorée, tendre et lourde, elle tombe dans la paume de la main !

tendre et lourde, elle tombe dans la paume de la main ! Pour les industriels, le
tendre et lourde, elle tombe dans la paume de la main ! Pour les industriels, le

Pour les industriels, le temps c’est de l’argent, alors on la fait pousser vite, trop vite, sous serre, médicamentée à doses chimiques afin qu’elle reste « saine »….Coupée de sa tige avant maturité, elle supportera le long ruban asphalté qu’elle doit parcourir de l’usine de calibrage à l’étal de la distribution. Mais celle qui aura su retenir votre préfé- rence, méritant une élégante huile d’olive et de savoureux copeaux de Parmesan, viendra de votre balcon, de votre jardin ou du producteur bio respectant la saison et conju- guant les races anciennes.

Tomalt des Aztèques

Avant de débarquer en Europe dans les coffres des conquistadors vers 1530, on a longtemps pensé que son

lieu de naissance était les zones montagneuses des Andes. Or, sa forme domestique voit le jour sur les plateaux fer- tiles du Mexique cultivés par les Aztèques. De « LYCOS »:

loup, et « PERSICON »: pêche, la pêche de loup se décline en plus de 10 .OOO variétés différentes. Les industriels quant à eux, auraient voulu appauvrir l’offre à une dizaine de « modèles », les jardiniers et c’est tant mieux ont su les contredire en préservant au catalogue plus de

500 races anciennes

« Blanche d’Anvers », « Noire de

Crimée » ou « de Russie », « Cerise orange » ou « Rouge »,

« Délicieuse de Burpée », « Green Zébra », « Raisin vert »,

« Téton de Vénus »…autant de saveurs et couleurs diffé-

rentes à mettre en musique du jardin à l’assiette!

le fruit

charnu (Tomalt) des Aztèques a su conquérir le monde.

Légume ou fruit ?

Deuxième légume (ou fruit!) consommé en Europe après la pomme de terre, la France avec moins d’1 million de tonnes produites, se classait en 2006 au 21éme rang mon-

dial, loin derrière la Turquie (7 millions), les USA (11 mil- lions) et le mastodonte chinois qui avec plus de 20 mil- lions de tonnes représente le quart de la production mon- diale. Les rendements moyens sont de 23 tonnes à l’hectare, mais des records de 1000 tonnes/ha ont été obtenus à titre expérimental aux Pays Bas sous serre avec éclairage artificiel!! (Actuellement les Bataves se conten- tent d’un rendement de 445 tonnes/ha). Porte-drapeau des légumes anciens, la pleine saison de la tomate (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) va de juillet à mi octobre, la tomate industrielle qui pousse sur laine de roche ou fibre de coco est proposée toute l’année. Les Français consomment plus de produits dérivés à base de tomates que de tomates fraîches (ketchups, sauces cui- sinées, concentrés…) constat qui n’a pas échappé aux Chinois, qui en rachetant la première entreprise française de transformation de tomates, se positionnent de manière influente sur le marché hexagonal. Comme il n’existe aucune législation européenne obligeant à indiquer l’ori- gine des tomates transformées, le consommateur peut donc acheter une sauce « Provençale » élaborée à partir de tomates du Xinjiang !

Alain Le Mouel

La tomate au dessert :

«Petites tomates sucrées » : pour 6 personnes. 15 petites tomates avec leur pédoncule, 100gr de miel liquide, 100gr de sucre de canne, 1 c.à café de cannelle,1c.à café de muscade, 1c.à café de café concentré, 1 gousse de vanille Bourbon, et du pain d’épices rassis émietté. Réalisation : plonger 30 secondes 9 tomates dans l’eau frémissante, les égoutter, les passer sous l’eau froide, les peler, les égrainer et les couper grossièrement. Faire fondre 70gr de miel dans une casserole, ajouter les tomates concas- sées, les épices et le café, laisser réduire à feux doux 30 minutes environ. Découper un chapeau sur les tomates restantes (à la base, en préser- vant le pédoncule vert si possible) et les évi- der. Les farcir du concassé, les passer au four chapeau en haut, (th.4-5) à 150° 20 minutes environ. Les servir tièdes arrosées du miel res- tant, avec une boule de glace à la vanille et saupoudrer l’assiette de pain d’épices émietté. Un dessert qui place la tomate en situation inhabituelle et qui se mariera avantageusement avec un Rivesaltes ambré ou une eau pétillante. Accord gourmand et insolite avec un Banyuls Reserva, Domaine « La tour vieille » disponible chez Arnaud Dietrich (www.trink.fr).

Sources exploitées:

Wikipédia, "les tomates dans mon jardin" de Victor Renaud (la maison rustique, Flammarion) "Régal" tous les plaisirs de la table (n° 6 aout/septembre 2005) "De mémoire de potagers" édition Plume de carotte

24 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

LE COIN DES ASSOCIATIONS     Asso 22   Voir page 8 Asso 35 -

LE COIN DES ASSOCIATIONS

   

Asso 22

 

Voir page 8

Asso 35 - Ça bouge dans le Mené

L’association Mené Environnement est née au prin- temps 2008. Elle est la seule association environne- mentale dans les environs de Merdrignac. Son objec- tif premier est de permettre à tous ceux qui le souhaitent d'échanger, sous forme de rencontres ouvertes à tous, autour des gestes contribuant à la protection de l'environnement, des gestes simples et accessibles à tous : jardin sans produits de synthèse ou toxiques, produits ménagers, couches lavables, toi-

Asso 56 – Dix ans au che- vet de la Baie de Vilaine

L’association Défense et sauvegarde de la baie de Vilaine, qui compte environ 200 membres, fête cette année ses 10 ans de lutte pour protéger le patrimoine naturel de l’estuaire de la Vilaine. En effet, depuis la mise en eaux du barrage d’Arzal en 1970, la baie de la Vilaine s’envase. En moyenne, 2.5 mètres de vase bou- chent l’estuaire, allant même jusqu’à 6 mètres à cer- tains endroits ! Au total, 25 millions de mètres cube, perturbent ainsi la vie aquatique et l’ensemble des acti- vités du secteur. L’association, demande aujourd’hui l’application des mesures du SAGE, comme le creuse- ment d’un chenal externe pour une navigation perma- nente, le désenvasement des plages, l’accès au port de Billiers… Pour le moment, une modélisation hydrosé- dimentaire est en cours par l’IAV… mais l’association attend toujours les travaux de désenvasement. Pêcheurs professionnels, élus, plaisanciers, mytiliculteurs, pêcheurs à pied, baigneurs, promeneurs… étaient invi-

tés à venir participer à cet événement associatif le 12

lettes à compost, tri des déchets, transport

Mené

Environnement s'est créée pour réfléchir sur des alter- natives efficaces afin de nuire le moins possible à l'environnement. Ce point nécessite d'être informé, et l’association a donc choisi de s’ouvrir à toute forme de manifestations favorisant sa démarche : marchés, conférences, projections, partenariat lors de « fêtes bio », etc. Après avoir organisé notamment une soirée

Mené Environnement

débat-film sur la firme Monsanto, Mené Environne- ment a invité Eau et Rivières à tenir une conférence sur les pesticides. Belle réussite pour cette soirée mal- gré la très large diffusion du film « Home » au même

septembre à Arzal, lors d’une sortie en bateau sur l’es- tuaire, puis d’un buffet festif en soirée. E

09

65 12 63 47

Asso 44 – Demain la terre

 

moment (cinéma, télévision, internet, sortie DVD…). CG

Asso 29 – Nettoyons la nature… vraiment

Asphodèle est crée en 2003 par Isabelle Blanchet- Letrouve, ingénieur écologue toxicologue. La prési- dence est tenue par Marie-Thé Theriault. L'associa- tion compte environ 50 adhérents. Asphodèle a pour missions et pour objectifs de participer aux journées environnementales ; garantir le respect des lois envi- ronnementales ; la protection et la sensibilisation à l'environnement ; participer à l'élaboration, au suivi et à la concertation des projets lies à l'environnement ; organiser des conférences sur le thème de l'environ- nement. Depuis 4 ans, l'association organise des rando-nettoyages tous les 6 mois : elle invite la popu- lation à venir nettoyer les fossés, cours d'eau et che- mins de Savenay et des villes environnantes. Asphodèle mène un lourd combat depuis 4 ans contre le projet d'un centre d'enfouissement de 20 ha qui doit voir le jour à Savenay. Elle propose des alternatives à l'inci-

« Mais qu’est ce que tu fabriques ? » Regards sur notre société, Ecologie pratique et Promotion de la citoyen- neté, MKKTF pour les intimes, est née en 2002 à Lan- derneau. La quinzaine de jeunes militants de cette asso croise la route d’Eau et Rivières en 2007 lors d’« Elorn en Fête » dont ils deviendront l’une des che- villes ouvrières. Bien que récente dans le paysage MKKTF dispose déjà d’une belle carte de visite et peut s’enorgueillir d’avoir réveillé des énergies, toujours dans un registre drôle, décalé, mais porteur de sens.

MKKTF

Retrouvez toutes leurs actions en image sur fabricasso.free.fr

Asphodele

Le four, 44260 SAVENAY,

 

02

40 56 87 19

Les gobelets consignés au festival du Bout du monde, c’est elle. La « catapub’ », catapulte installée en centre ville lors de la semaine de réduction des déchets 2007

pour dénoncer le raz de marée publicitaire dans nos boites aux lettres, c’était eux. Aujourd’hui c’est à l’opé- ration de com’ des magasins Leclerc « Nettoyons la nature » qu’ils s’attaquent (dans la ville berceau du géant de la distribution le symbole est fort). Ils vien- nent d’adresser à toutes les écoles du coin un courrier de mise en garde contre cette introduction de la publi- cité à l’école qui rappelle à l’occasion que la grande distribution ne brille pas par ses vertus écologiques puisqu’elle persiste à vendre, notamment, des pesti- cides en libre service. Ils ont en conséquence décidé de mettre à disposition des écoles intéressées un « pack » nettoyage de la nature comprenant : des sacs pou- belles, des gants et des panneaux explicatifs sur la réduction à la source des déchets. Un exemple qui pourrait faire des émules. AC

nération et à l'enfouissement et se mobilise pour aler- ter la population sur les risques de pollution des cours d'eau. CG

 

www.demainlaterre.blog-

spot.com

 

Elles nous ont rejointes ce trimestre

   

Plouguerneau nature environnement

29880 PLOUGUERNEAU

 

Association Vivons la baie

29890 PLOUNEOUR TREZ

 

Association Regain

22630 LE QUIOU

 

Maure à pleines dents

35330 CAMPEL

 

Asphodele

44260 SAVENAY

 

Les Moucheurs nantais

44830 BOUAYE

 

Les Amis du littoral carnacois

56340 CARNAC

 

Nature et patrimoine en centre Bretagne

56770 PLOURAY

 

Association Bien-être

22100

TRELIVAN

 

Défense et promotion de la Grande Tranchée 22110

GLOMEL

 

Association Mené Environnement

22230 TREMOREL

 

Lampaul environnement

29400 LAMPAUL GUIMILIAU

 

Section régionale de la conchyliculture Bretagne Nord

29600 MORLAIX

 

mene.environnement@yahoo.fr

EN BREF…

LE LITTORALDU PAYS TRÉGORROIS

Région - Toujours plus

Le "monsieur environnement" de la FNSEA intervenait

à Paris le 3 juillet en conclusion de la table ronde sur

les risques des installations classées. Pour dire sur- tout que l'activité qu'il représente est victime des nui- sances de l'industrie, mais pas du tout elle-même créatrice de risques. Chacun appréciera. Mais, cerise sur le gâteau, il s'est lancé dans un brillant plaidoyer devant Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, pour réclamer le relèvement des seuils d'autorisation des élevages industriels, l'arrêt des interdictions d'ex- tension dans les zones excédentaires de lisier, et bien entendu l'application aux élevages industriels du nou- veau régime de l'enregistrement qui supprime étude d'impact, enquête publique et avis des conseils dépar- tementaux de l'environnement. Autant de mesures qui nous prépareraient un avenir radieux ! Mais pour la FNSEA, côté reculs du droit de l'environnement, le seul mot d'ordre ce doit être tou- jours plus !

22 - Des plumes et des

algues vertes

La venue de notre Premier ministre François Fillon ne semble pas effaroucher le maire de Plouzelambre qui

a accordé un permis de construire (et défend toujours

le projet à l'heure actuelle) à un agriculteur de cette localité qui veut implanter un poulailler de 12000 volailles près de la rivière du Roscoat juste au-dessus de la plage de Saint-Michel-en-Grève. Le prétexte invoqué par le maire est que l'agriculteur concerné a signé un contrat de mesure agri-environ- nementale. Le conseil municipal de Treduder com- mune voisine a été plus courageux et s'élève contre la construction de ce poulailler ; car le plan d'épandage concerne la commune, la décision dépend maintenant du préfet car il doit délivrer une autorisation d'ex- ploitation (il n'y aura pas d'enquête d'utilité publique). Ayant écouté les propos de notre premier ministre nous sommes certains que le préfet va prendre une décision négative ou alors nous n'aurions rien compris.

22 - Théâtre de l’Opprimé

Le Premier ministre, François Fillon, accompagné de trois de ses collègues est venu sur le front des algues vertes pour présenter les décisions prises par le gou- vernement et apaiser les esprits échauffés. Cette visite n'avait pas été annoncée, par crainte sans doute de réactions hostiles pouvant venir, d'une part de cer- tains agriculteurs et d'autre part des associations de protection de l'environnement ; seuls quelques mili- tants, informés à la dernière minute, ont essayé de déployer une banderole sur le lieu de la mort du che- val. Leurs intentions étaient pacifiques : ils souhai-

AU RENDEZ-VOUS DE LA GESTION CONCERTÉE.

taient former une chaîne humaine pour protéger Mon- sieur Fillon des algues tueuses. Mais un groupe de gendarmes mobiles, bien supérieur en nombre aux manifestants, et sur le pied de guerre, leur a fait savoir que Monsieur Fillon ne voulait pas voir de pancartes. Les armes de l'adversaire étant très dissuasives, les militants ont dû se replier hors de portée des regards ministériels, pendant que le Premier ministre et sa suite officielle esquissaient quelques pas sur une plage débarrassée de ses algues la veille, avec soin. Les cou- rageux efforts théâtraux du Président de Force 5, sou- cieux d'attirer quelques journalistes sur les lieux de la lutte militante, se sont soldés par un échec. Le Théâtre de l'Opprimé luttait à armes inégales avec les fastes de la République et leur pouvoir hypnotique. Les militants (dont deux adhérents d'Eau & Rivières de Bretagne) espèrent que le Premier ministre ne consi- dèrera pas sa tâche terminée après avoir reçu les représentants des associations, mais qu'il aura la volonté politique de faire appliquer des solutions effi- caces pour parvenir à la régression rapide de l'Ulva armoricana, solutions dont certaines sont bien connues de tous. Méfiants quant aux effets d'annonces, ils n'abandonneront pas le terrain. GS et JS

© JP Guyomac'h
© JP Guyomac'h

CHANTAL JOUANNO LA SECRÉTAIRE D'ETAT À L'ECOLOGIE RÉPONDANT À L'INTERPELLATION D'EAU ET RIVIÈRES LORS DE LA VISITE DU 1ER MINISTRE LE 20 AOUT DERNIERE.

22 - Feuilleton sur le bas- sin-versant de l’Urne…

Dossier ouvert en juin 2006, importante mobilisation associative, enquête publique exceptionnellement pro- longée d’un mois à la demande du Commissaire Enquêteur, conclusions de l’enquête en mars 2007, premier passage au CODERST 22 en mai 2008 (avis défavorable)…. après une longue « mise en sommeil » et quelques modifications à la marge de la demande initiale, le projet ressort pour une session de rattra- page au CODERST fin janvier 2009, avec cette fois l’aval du service rapporteur DSV 22,… il aura fallu pas moins de 2 ans _ à ce dossier de restructuration d’éle- vage porcin en baie de St Brieuc, pour faire valider un projet incluant un plan d’épandage de 190 ha qui

CODERST

DSV

Commission départementale de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques

Direction des services vétérinaires

26 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

EN BREF…

s’inscrit sur deux rivières emblématiques en matière de reconquête de qualité des eaux brutes : l’Urne et le Gouessant…les réserves du commissaire enquêteur n’ayant pas été levées, Eau et Rivières a décidé d'en- gager un recours en annulation et un référé suspen-

sion à l'encontre de l'autorisation préfectorale délivrée

à l'exploitant, avec le concours d'un avocat pour repré- senter l'association devant le tribunal administratif d'appel de Rennes ALM

22 - La vidange de

l'Etang Neuf interrompue

L'étang neuf est un plan d'eau d'une vingtaine d'hec- tares, situé tout en amont du cours principal du Trieux,

à St Connan. Fin juillet, à la suite d'une fuite interve- nue dans la digue, la communauté des communes du centre Bretagne présidée par J.Y Philippe, a obtenu du préfet l'autorisation de procéder en urgence à la vidange du plan d'eau. Par une simple lettre, dépour- vue du minimum de prescriptions techniques permet- tant de prévenir le départ des boues stockées depuis

Notre association, alertée

trente ans dans la retenue

par des riverains, et appuyée par le pisciculteur situé

à l'aval, est intervenue auprès du préfet, afin que

l'opération soit menée avec toutes les précautions

nécessaires pour éviter tout colmatage du Trieux à

l'aval. Après plusieurs réunions, le préfet a finalement signé un arrêté fixant des prescriptions pour cette vidange : mise en œuvre de moyens de décantation, suivi de la qualité des eaux, normes de rejet à ne pas

dépasser

qui se sont écoulées depuis la découverte de la fuite, l'opération n'était pas suffisamment préparée, puisque depuis début septembre la vidange est interrompue. Ouf, le Trieux a eu chaud !

Il faut croire que malgré les sept semaines

© ERB
© ERB

29 - Clap de fin sur le

chantier international

24 jeunes rassemblés dix jours durant à Plounéour- Menez. 24 jeunes venus de France, d’Allemagne et d’Ukraine. 24 jeunes venus chercher des échanges et découvrir la culture de l’autre, venus s’investir

ensemble autour d’un projet interculturel mêlant nature et patrimoine. Ce séjour, organisé à l’initiative d’Eau & Rivières et de Gwennili, suit les traces de ceux qui avaient eu lieu à Pluguffan en 2007 puis à Sizun l’été dernier. Cette année, en partenariat avec l’EPPC Chemins du patrimoine en Finistère, et nos amis alle- mands (BDP) et ukrainiens (France-Crimée Lumière), grâce au soutien financier de l’Office Franco-Alle- mand pour la Jeunesse, de Jeunesse et Sports et du conseil général du Finistère et à la mise à disposition des équipements communaux par la mairie de Plou- néour, le chantier avait pour cadre l’abbaye du Relec. Pour la première fois, il mêlait mise en valeur du patri- moine et environnement. Les travaux consistaient à mettre en valeur le bief de l’ancien moulin ainsi que deux fontaines, mais aussi à rétablir le potentiel bio- logique du cours d’eau, en le libérant de la végétation en excès (éradication du laurier palme et gestion des essences locales) et en rétablissant sa sinuosité à l’aide d’empierrements légers. Egalement au programme de ces dix jours, une heure quotidienne d’animation lin- guistique, trois soirées de découverte des cultures nationales, une randonnée dans les Monts d’Arrée, une journée de discussion sur notre rapport à l’envi- ronnement, une journée entre la visite de Morlaix et la plage de Carantec, un fest noz, une soirée crêpes et musique, un concours de pétanque et une fête de clô- ture réussie (avec mention spéciale au kig ha farz de Katell). Vivement l’année prochaine ! MR

© M. Raguénès
© M. Raguénès

29 - Engagez vous qu’ils disaient!

Lors de la dernière réunion de la CLE du Sage Elorn la représentante de la chambre d’agriculture s’est fendue d’un petit discours de fin de séance au cours duquel elle annonçait l’intention de la chambre d’agriculture de s’abstenir sur le vote du programme d’action qui venait d’être présenté à l’assemblée. Ainsi donc la « profession » agricole de la vallée de l’Elorn fait preuve d’un bel engagement et d’un soutien sans équi- voque à un programme qui n’en demande pas plus aux agriculteurs qu’aux autres acteurs de l’eau (ce qu’a d’ailleurs souligné le Président Glémarrec). La

EPPC

xxxxxxx

EN BREF…

seule chose que la chambre ait trouvé à reprocher au texte c’est la méthode, « la méthode de concertation est compliquée, […] la démarche complexe ». A Eau et Rivières on se pose quand même une petite question :

Comment la chambre d’agriculture 29 peut prétendre être le maître d’oeuvre d’actions qu’elle ne soutient pas ? AC

29 – Pauvre Laïta

Par le passé, la Laïta défrayait la chronique pour cause de rejets polluants de la papeterie de Quimperlé. Ce problème aujourd'hui résolu en tout ou partie, elle s'est à nouveau trouvée au printemps sous les feux de l'actualité pour pollution par polychlorobiphényles de type dioxine (PCB-DL). Employés entre autres usages comme isolant dans les transformateurs électriques (sous le nom de pyralène), les PCB sont interdits en France depuis 1987 en raison de leur toxicité qui était connue, mais cachée, depuis 1937 par les fabricants (d'après "le monde selon Monsanto". Toujours la même firme !). Les préfets du Finistère et du Morbihan ont dû prendre un arrêté interdisant la pêche en vue de la consommation humaine et animale de certaines espèces piscicoles (anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures, tanches), nos amis les poissons ayant une fâcheuse tendance à accumuler de telles cochonne- ries dans leur chair. La pêche des autres espèces est en sursis, mais jusqu'à quand ? Un plan pour leur élimi- nation est en cours (plan national d'actions sur les PCB http://www.developpement-durable.gouv.fr). Avec des demi-vies des PCB allant de 94 à 2700 ans, le plan a une longue vie devant lui d'autant que les techniques de dépollution dans les sédiments restent encore du domaine de la recherche appliquée. Le Rhône n'est plus seul. A quand le prochain ? JP

35 – La Vilaine à l’envers

Eau & Rivières avait rendu publiques ses observations sur le projet de connexion d’alimentation en eau potable entre l’usine de potabilisation de Férel (Bar- rage à Arzal sur la Vilaine) et l’usine de Rennes : inco- hérence quant à la remontée d’eau de l’aval vers l’amont ; nombreuses préconisations officielles exis- tantes de reconquête prioritaire de la qualité de l’eau de la Cantache, du Meu et du Frémur ; manque de réflexions sur les économies d’eau ; manque de réflexions sur la recherche de réserves souterraines de proximité ; prévisions de prélèvements plus qu’im- précises ; tarification de l'eau non incitative à une gestion économe de la ressource… Le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable au projet ! Nous ne parvenons pas à savoir si nous devrions lui préfé- rer ou pas le silence assourdissant du conseil général et autres autorités en charge de l’opération (IAV). Pro- bablement l’un des plus gros contre-exemples de poli-

tique de l‘eau au niveau national. Les tuyaux sont sur place, prêts à être enterrés, depuis début août. CG

place, prêts à être enterrés, depuis début août. CG 48, BD MAGENTA, NOUS SOMMES LES VOISINS

48, BD MAGENTA, NOUS SOMMES LES VOISINS IMMÉDIATS DES CHAMPS LIBRES, EN ALLANT VERS LA GARE. RÉUNION MENSUELLE LE 1ER MARDI DU MOIS ET SOIRÉE THÉMATIQUE LE 3ÈME MARDI (20H30).

44 – Flash-back gallo

Eau & Rivières a animé un débat public à Rezé sur la notion de sacrifice face aux économies d'eau. La ques- tion posée était : "Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour économiser l'eau au quotidien". Une question délicate a été soulevée lorsqu'il fut question des toi- lettes sèches : dans l'histoire les pires problèmes d'hy- giène publique ont été observés lorsque l'eau n'a plus été utilisée pour évacuer nos "déchets". A Moisdon-la- Rivière, les bénévoles ont assuré une animation autour du jeu "Gaspido" à l'occasion de l'anniversaire de l'as- sociation Bretagne Vivante. Plusieurs enfants ont ainsi pu s'amuser tout en apprenant à faire attention à leur utilisation de l'eau au quotidien. Au Pouliguen, Eau & Rivières a participé à la fête du jardin organisée pour inaugurer le jardin pédagogique animé et entre- tenu par l'association Les Korrigans (CPIE Loire Océane) : la tenue d’un stand et une conférence sur le rôle et l'entretien d'une mare ont agrémenté la jour- née. MGi

le rôle et l'entretien d'une mare ont agrémenté la jour- née. MGi SOLEIL, EAU ET RIVIÈRES

SOLEIL, EAU ET RIVIÈRES AU POULIGUEN.

IAV

Institut d’aménagement de la Vilaine

28 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

EN BREF…

44 – Rand’eau-crado!

Tout au long de l'année, les rivières et ruisseaux de Loire-Atlantique sont souillés par de nombreux

déchets. Plusieurs fois par an, quelques bénévoles se réunissent pour une promenade décontractée ; mais équipés de bottes ils ramassent plusieurs sacs poubelles de déchets noyés dans ces cours d'eau. Habitants du 44, si vous souhai- tez participer aux pro- chaines randonnées de nettoyage, contactez Matthieu GILLOIS - 06

64 35 69 19. MGi

44 – Pateforme Veolia Tour

Film de science-fiction ? Film d'horreur ? Non, ce sont les géomembranes d'une lagune de la plateforme de compostage de la société Veolia au Bignon (44), comme promis dans le précédent numéro. A suivre… Mga

comme promis dans le précédent numéro. A suivre… Mga AVANT. 56 – SPANC le contrôleur contrôlé

AVANT.

promis dans le précédent numéro. A suivre… Mga AVANT. 56 – SPANC le contrôleur contrôlé Le

56 – SPANC le contrôleur

contrôlé

Le SIAEP de Vannes-Ouest (56) groupe 8 communes. Il a formé un SPANC et opéré le 1er contrôle des ANC, dit diagnostic initial, par l'intermédiaire d'un marché confié à des entreprises privées, de 2006 à la fin 2008. L'annonce du tarif élevé de la redevance pour ce 1er contrôle (env. 95 dont la moitié subventionnée par l'Agence de l'eau) et pour les contrôles périodiques consécutifs (tous les 4 ans, 45 par an, ce qui amène le prix du contrôle à 180 ) a suscité de très fortes résistances dans la population locale. Le Service rendu est apparu hors de proportion avec les prix deman- dés. Un collectif, devenu association APANC (dont est membre Henri Girard ancien président d’Eau et Rivières), a suscité un fort groupe de récalcitrants qui ont subordonné le contrôle de leur installation à

l'abaissement des tarifs. Le SIAEP sous la pression de l'opinion et de l'APANC a abaissé le tarif de la rede- vance annuelle d'abord à 40 en 2007 puis à 36 en 2008. Les élections municipales de 2007 ont modi- fié les conseils municipaux et plusieurs membres de l'APANC ont été élus, dont l'un au SIAEP. Par sa com- pétence et son obstination dans la concertation il a obtenu en 2009 du SIAEP une décision importante :

l'abandon de la gestion des contrôles par une entre- prise privée, au profit de la gestion directe en régie. Cette décision entraîne la baisse significative du tarif annuel : de 36 à 25 pour un contrôle tous les 4 ans. Les récalcitrants ont annoncé qu’ils accepteront doré- navant le contrôle sous le nouveau régime, dès qu’il sera installé en début 2010. L’union et la persévérance citoyennes l’ont emporté pour l’intérêt public. HG

56 - Un pas en avant

Dans le cadre du CRE du Loch, le comité de pilotage du syndicat de rivière avait donné son accord pour la réduction de la Forêt à Brandivy afin qu’il retrouve l’état de zone humide qu’il avait avant 1970 (il avait alors été créé sans autorisation légale). Cet étang est envahi de cyanobactéries, alors qu’il est situé en amont de la réserve de Tréauray qui alimente le pays d’Auray. Il constitue aussi une rupture de continuité du cours d’eau et donc un obstacle à la remontée des poissons migrants. Or le 30 juin à la dernière réunion du CRE, il a été annoncé que ce projet n'était plus envisagé. D'autres solutions devraient être à nouveau mises sur la table. Espérons qu'elles seront compa- tibles avec les objectifs de qualité du milieu officiel- lement recherchés par les différentes collectivités. AR

56 – Insolite et tellement

drôle, quoique !?

On a reçu ça anonymement un matin sur nos messa- geries électroniques, on voulait vous le faire parta- ger. C'était accompagné d'un petit mot : "La guerre du glyphosate n'est pas encore gagnée." Peut-être pas gagné, mais avec le rire contre la bêtise il y a des rai- sons d’espérer ! AC

© F. Noulin
© F. Noulin

CRE

SIAEP

SPANC

Prix

ANC

APANC

« JE METS DU ROUND-UP ET JE VOUS EMMERDE »

Contrat de restauration

Syndicat intercommunal d'assainissement et d'eau potable

Service public d'assainissement non collectif

Voir l’article publié par la revue Eau et Rivières en 2006 (n°137) sous le titre: "Spanc, arnaque financière légale ?"

Assainissement non collectif

Association des particuliers usagers d'assainissement non collectif

À LIRE

Les affranchis jardiniers - Un rêve d’autarcie    

Les affranchis jardiniers - Un rêve d’autarcie

   

«

Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut » écri-

   

Editions ULMER Collection:

vait Cicéron, il y a bien longtemps. Aujourd'hui, si nos bibliothèques devaient s'enrichir d'un seul livre, « Les affranchis jardiniers » serait celui-là, témoignage d'un véritable

chant d'amour d'Annick Bertrand-Gillen pour la nature et par la même l'humanité. L’au- teur nous montre comment depuis 30 ans, avec Yves, leur rêve d'autarcie a pu se concré- tiser et leur permettre de savourer la liberté, loin d'une société de consommation outran- cière. Dans leur jardin du marais au nord de Saint-Nazaire, faune et flore sont reines et on imagine aisément leur bonheur dans leur joli cabanon écologique, savourant les pro- duits du potager que leurs mains expertes ont su bichonner. Que de bonheur dans ce monde en crise! Bonne lecture.

Les nouvelles utopies, 24,90 , avril 2009

L’eau douce en France: histoire d’un long combat

Un livre précieux qui en 100 pages petit format dresse un historique et un panorama

Un livre précieux qui en 100 pages petit format dresse un historique et un panorama clair,

Jean-Claude Lefeuvre Entretien avec Nicolas Pion Editions: Milan Collection:

pédagogique et passionnant de la problématique de l'eau en France en regard des objec- tifs de la directive cadre sur l'eau. Pour mieux illustrer son propos Jean-Claude Lefeuvre

sait faire appel à son expérience bretonne. N'a-t-il pas été le premier à alerter les auto- rités, les élus et la société civile de l'augmentation des taux de nitrates dans les eaux de la Vilaine avant de devenir secrétaire général d'Eau et Rivières de Bretagne? Conféren- cier, professeur émérite au muséum ancien directeur de l'institut d'écologie et de gestion de la biodiversité il ne craint pas la discussion et dialogue franchement avec les "éco- nomistes de l'eau" opérateurs privés, élus, responsables de syndicat d'eau offrant ainsi au militant un supplément d'arguments pertinents et un nécessaire retour en arrière en ces temps d'algues vertes. Au final un ouvrage destiné à parfaire les connaissances des mili- tants et à inciter les autres à s'investir dans le combat pour l'eau.

TERRE ! 12,50 , juin 2009

Bidoche, L’industrie de la viande menace le monde

Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont-

Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont- ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises? Pourquoi des techniciens inven- tent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la

De Fabrice Nicolino

Editions: LLL (les liens qui libèrent). Sept 2009

«

matière » à partir d’êtres vivants et sensibles? Pourquoi leurs laboratoires sont-il aussi

anonymes que secrets? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? À la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consom- mation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique en cours ? Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ? La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. À la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. Et peut-être même rejoindrez-vous celle qui ne veut plus. A-

 

t-on le droit de se révolter? On en a en tout cas le devoir. Un livre que l’on attendait avec impatience à Eau et Rivières puisque Fabrice est venu à plusieurs reprises « enquêter » tout près de chez nous.

Les papillons des Côtes d’Armor, guide-atlas des Rhopalocères

Les papillons des Côtes d’Armor, guide-atlas des Rhopalocères

Cet ouvrage a pour principal objectif de faire découvrir à tout un chacun les papillons qui nous entourent. Que vous soyez simple amateur ou naturaliste confirmé, vous trouverez dans ce guide une multitude d’informations sur la vie et les mœurs des papillons. Les dif- férentes espèces des Côtes d’Armor font l’objet d’une description accompagnée d’une carte de leur répartition connue. Enfin, ce guide est une incitation à regarder autour de soi la nature extra…ordinaire et à agir pour sa préservation.

Ouvrage collectif

des naturalistes

des Côtes d’Armor, 2009 Vivarmor Nature, Côtes d’Armor 104 pages Prix 9

30 - Eau & Rivières Automne 2009 n° 149

ÉCHO DES MARAIS

Apocalypse

La grande déglingue a le vent en poupe. Dans " Les der- niers jours du monde ", un film récent des frères Lar- rieu, le héros cherche éperdument son grand amour sur fond de catastrophe ambiante. La terre n’en a plus pour longtemps. Paris a déjà été rayé de la carte. Des hommes en blanc, masqués et gantés, analysent le sol, l’eau, l’air, sortent des égouts, remontent les rivières avec des détecteurs. Des cendres tombent du ciel. Les cadavres s’accumulent au bord des routes. Le film a été tourné au pays Basque. La Bretagne l’a échappé belle! Même si quelques signes prémonitoires peuvent inquiéter: la dernière des sept plaies d’Egypte était annoncée par une traînée de sang sur la porte. Chez nous, à Hillion, la catastrophe future s’annoncerait- elle avec trois roundball devant la maison?

Hydrogène

Raffarin, en visite officielle sur une plage de Vendée, décidé à nous montrer sa détermination à lutter contre les marées noires, avait naguère vaillamment shooté dans une galette de mazout. À Saint-Michel-en-Grèves, Fillon a fait beaucoup plus sobre. Aucun shoot dans un tas d’algues vertes. Son regard portait à l’horizon. On connaît sa passion pour les circuits automobiles. En voyant un si bel espace, désormais déserté de toute présence humaine, il y a sans doute découvert une opportunité pour exercer son sport favori. L’hydrogène sulfuré constitue un gisement prometteur. La bagnole du futur, c’est écrit partout, fonctionnera à l’hydro- gène. Souhaitons que le cheval vapeur soit plus coriace que le cheval de course. Quant au soufre, on pourra toujours en faire des allumettes. La situation devient explosive. Positivons mes frères.

Pas rassurant

Les marées vertes, pas un problème pour le Comité régional du tourisme (CRT). Son directeur, M. Dodds, a adressé début septembre à tous les offices de tourisme de Bretagne, un message électronique destiné à “ras- surer"! Pas question pour cet honorable comité “d'ali- menter la polémique" pendant que toute la presse inter- nationale évoquait les marées vertes bretonnes et leurs dangers pour la santé publique ; le C.R.T. s'est donc caché dans le sable et n'a donc pas “souhaité faire de communiqué à la presse". Mais pour que toutes les

structures touristiques "tiennent le même discours ras- surant", il s'est fendu d'un argumentaire particulière- ment travaillé dont voici quelques extraits: “les tou- ristes ne prennent aucun risque en allant sur les plages

accessibles au public d'un cheval est très rare

vertes en décomposition sont faciles à identifier et à évi-

ter

les concentrations d'algues

l'incident impliquant le décès

Nous voilà rassurés, sauf sur un point : la luci-

dité et le courage de tous ces éminents responsables touristiques bretons qui comme l'au-

truche, préfèrent mettre la tête dans le sable.

".

Hilarant? Ouai bof!

Non content de faire la une de l’actualité nationale avec ses algues vertes, le nitrate breton s’invite à la table des plus grandes publications scientifiques inter- nationales (Le Monde du 31 août 09). Ainsi donc, Nature Géoscience fait la lumière sur un effet collaté- ral oublié de l’agriculture intensive: l’émission par les déjections et engrais minéraux, de l’oxyde nitreux (N2O) plus connu sous le nom de protoxyde d’azote ou gaz hilarant. On connaissait le problème du « pet de

vache » fortement émetteur de méthane, il faudra désor- mais compter avec le N 2 O à la fois gaz à effet de serre mais aussi destructeur de la couche d’ozone (Science du 27 aout 09). Les déjections animales en produiraient, d’après Eric Davidson biogéochimiste (au Woods Hole Research Center), 2,8 millions de tonnes (Mt), les engrais minéraux 2,2 Mt (soit 2,5 % des engrais épan- dus). Plus grave la modification des régimes alimen- taires et l’augmentation de la consommation de viande

à l’échelle planétaire sont les principales causes de

l’augmentation de la production de lisier et en cascade du N2S. Produire toujours plus de cochons, vraiment pas très hilarant.

Celui qui dit, qui fait

Une des mesures phare du grenelle de la mer concerne l'eutrophisation des masses d'eau. Elle préconise d'“accélérer la réduction des nitrates et phosphates venant de tous les acteurs, et viser l’objectif de -40 % pour 2012/2014 dans les bassins situés en zone vul-

nérable et dont le littoral est eutrophisé (algues vertes, plancton toxique…)". Alors là, monsieur le ministre, bravo: 40 % de nitrates en moins de cinq ans, il fallait

y penser! Même les associations qui se battent sur le

sujet depuis des décennies n'y avaient pas songé. Au fait, avez-vous préalablement consulté la FNSEA et qu'en dit-elle? Maintenant, pourquoi pas? Mais plus une minute à perdre: depuis la mi-juillet la ruche ministérielle doit bourdonner un max! Attention quand même, en cra- chant en l'air, ça peut retomber sur la tête.

Eau & Rivières Automne 2009 n° 149 - 31
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