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COMMENTAIRES ET PRIÉRES DE DANIEL-ROPS PLANCHES PHOTOGRAPHIQUES DE LAURE ALBIN-GUILLOT

LIBRAIRIE

18, RUE

DU

ARTHÉME

SAINT-GOTHARD,

PARIS

FAYARD

XlVe

TABLE DES MATIÉRES

I

Préface Introíbo ad altare Dei

I

I

Confíteor

II

I

Le baiser á l’autel

I

V

Le signe de l’entrée

V

La pitié et la gloire

V I

Unis dans le Seigneur

VI I

VII I

Lecture au nom de Dieu

Interméde et préparation

I

X

Parole de Dieu

 

X

Régle de notre Foi

X

I

Offertoire

X

I

II

I

I

I

V

Par le Pain et par le Yin

X

Les mains purés

X

Aux Trois Personnes

X

V

I

XVI

I

Secrete

XV

Prologue á l’Eucharistie

Sanctus, Sanctus, Sanctus

XVII

I

L’Église au pied de la Croix

X

I

X

Ceci est mon corps

X

X

Ceci est mon sang

X

X

I

Mémorial

X

X I

X II

X I

X

I

I

V

V

Les morts et nous pécheurs

X

Action de gráces

X

Pater Noster

X

Le pain rompu

X

X V

I

Par le sang de l’agneau

X

X V I

I

Communion du prétre

XX V II I

Communion du fidéle

X

X I

X

Sous la main de Dieu

X

X X

Dans la gloire

du Verbe

XXYTT

y y v t t t

A X X U I

Dépot légal Nn 793

Priére du matin Pour chaqué instant du jour Priére du soir

2* trimestre 195!1

'SPlAYft^

ua San tita

SI. 278126

Madame,

Dal Vaticano, l¡

14 Jui£ 1952

Vous avez,

lors d’une récente audience,

remis entre les mains

de Sa Sainteté les photographies que vous avez exécutées pour

servir

d!illustrations au récent livre de Mr.

Daniel-Rops: MISSA EST.

Je suis heureux de vous assurer que le Saint-Pére a ágréé

cet

hommage et

feuilleté avec piáis ir ce bel álbum.

II me charge de vous

transmettre l’expression de Sa paternelle reconnaissance pour la dé-

licate pensée que vous avez eue de le Lui offrir.

gréer,

En vous communiquant cet auguste message, je vous prie

d1 a-

Madame,

l'assurance de mes sentiments bien devoués en N. S.

Madame LAURE ALBIN GUILLOT 43 Boulevard Beauséjour

PARIS

REVERENDISIM O

ORD. PRAEMONSTR. CANONICO

d o m .

y v o

n i

b o

s

s i é

r

e

REG ULARI

SANCTI MARTINI MONTIS D E I ABBATI

QUI DISCIPULUS FIT

MAGISTER

HUNC SIGNO SUO SIGILLATUM

LIBRUM

D. D.

D.

AMICUS SUUS

D. R.

P

R

É

F

A

C

i:

 

7

V 1 N S I chaqué jo u r, en queltjue

Messe de nos villa ges

et de nos villes entassées, Messe des m issionnaires dans le Grand

Nord ou dans quelque case équatoriale, Messe

dans Véglise presque déserte, au petit m atin , un prétre semble ne célébrer que pour trois humbles dévotes, et Messe de la foule et de la gloire lorsque, dans la basilique Saint-P ierre illum inée , le Vicaire du Christ entre, porté sur la Sed ia g e sta to ria , au fracas des accla- m ations. Une Messe innom brable, en tous les instants du jo u r ,

se célebre

par toutes les parties de la Terre. « Acte p rin cip a l du

cuite divin », a écrit S. S. Pie X I I dans VEncyclique M ed iato r D ei,

lieu que la Croix soit plantee, la M esse

de la solitude quarid.

« point culm inant et centre de la religión

chrétienne. »

M ais nous, nous qui assisterons á cet acte p rin cip a l du cuite

que nous voulons rendre á D ieu , nous qui face avec cette réalité manifeste de notre f o i ,

á

nous, Jidéles á la M esse,

allons étre places face

que sommes-nous pour elle? qifest-elle po u r nous? « lis redescendent du Golgotha et ils parlent de la tem pérature! » s'écriait, il y a quel- ques années, un jeune homme alors encore á la quéte de sa f o i . C ’esí a une exécution capitale que nous sommes conviés, á sa com m ém o- raison d'autant plus bouleversante que la victim e a voulu m ourir et n'est coupable de rien. C'est aux mystéres les p lu s profonds qui soient au monde que nous nous trouvons affrontés, a u x arcanes du sang qui rachete, de Vinnocent pa ya n t p o u r le coupable, de la fa ib lesse qui est forcé, et de la vie qui p eu t vaincre la m ort. II fa u t que la n é g li- ge/ice et la routine soient sur notre ame comme une croüte im p e n e ­

trable pour que, devant tant de contradictions et d 'in vra isem b la n ces résolues p a r la F oi, élucidées selon V A m o u r , ?ious 7ie jious sen tio n s pas la raison en déroute, Vesprit p le in d'angoisse m a is le cceur éperdu de tendresse, pour que nous p u issio n s assister á la M esse

a pour nous, il y

comme

un

spectacle

ou

va de tout.

a

une

quelconque

cérém onie,

alors

que,

La

Messe est essentiellement

le

m em orial

d 'u n

d ra m e *

un

dram e

éternelle-

sans cesse repris, sans

cesse présent

á

n o u s ,

une

tragédie

m entprolongée. Le

m ot

d o n t ,

d e p u i s

ie

F

J

e

s ¿écíe,

0 íl

í a

d e s i g n e ,

ce

m

o

t

de Missa emprunté á la formule qui ja d is la term inait /’lte Missa est peut sembler bien court pour désigner un si profond m ystere, et les termes ja d is en usage eussent p u paraitre plu s convenables :

action de gráces, liturgie, fraction du pain, synaxe ou assemblée, ou encore, comme écrivirent un Tertullien, un saint J u stin , un saint Cyprien, Dominica Passio, la Passion du Seigneur. Car la est la vérité: c'est la Passion du Christ qui est au centre de la Messe, appelée, annoncée, célébrée, consommée. C’est autour de cette donnée fondamentale de la fo i chrétienne, la Rédemption p a r le sacrifice de la Croix, qu'elle s'est ordonnée. C’est par rapport a elle qu il faut la comprendre et non selon les termes d'une petite formule de renvoi.

*

Originellement, la Messe garde le souvenir exact de cette derniere Cene oú, bien peu d'heures avant de souffrir et de m ourir, Jésus consacra le p ain et le vin afin qu'ils fussent Sa chair et Son sang, et ajouta : « Faites ceci en mémoire de moi. » Ces mystérieuses paroles, cette transsubstantiation de deux humbles especes issues des fru its de la terre en réalités surnaturelles, étaient chargées d'une double signification. La mort du Christ, so/i oblation volontaire, étaient annoncées par Zá, bien avant que les ennemis de Jésus fussent les agents de son sacrifice: « Chaqué fois que vous mangez ce p a in et buvez á ce cálice, dit saint Paul, vous proclamez la mort du Christ, jusqu'á ce qu'il vienne.» (I Cor., x i, 26.) E t, en méme temps, parce qu'il ojfrait aux siens le pain et le vin ineffablement changés, il les faisait participer á un bien autre banquet que celui de la Cene, au banquet de la Vie qui ne passe pas. A insi la Messe est-elle de trois fagons un mémorial: elle reproduit les gestes et les mots consécra- toires de la Cene; elle est le souvenir vivante tout chargé de tragique, du sacrifice du Calvaire; elle est le banquet oú chacun des baptisés est convié. Le noyau historique de la Messe est done la, dans la reproduction

Cene, dans ces gestes et ces paroles enseignées p a r le Christ et

dont la foi des premiers fideles savait percevoir Vinfinie signification.

On peut imaginer ainsi la toute premiere Messe, celle qu*au lende- main immediat de l Ascensión ou de la jj*entecóte, les Apotres durent célébrer: toute simple, réduite a la repétition exacte de ce qui avait été appris. Durant tous les temps apostoliques, elle dut conserver ce caractere d austere simplicite .* ainsi voitmon saint P aul, durant une de ses missions, célébrer « la fraction du pain » dans une modeste

de la

chambre, au troisihne

étage (Tune

m aison, p arm i les Jidhles lassés

mystere ne

á étouffer (Actes des Apotres, X X , 7, n).

Cette cene du

se distinguait méme pa s de Vagape, oú chaqué communauté prim i-

tive

assemblait

les

siens,

pour

m aintenir

entre

 

eux

la fraternité

dans le Seigneur. Pres de vingt siecles ont passé, et la

Messe

n

a

p a s

conserv^ cet

austére dépouillement. Des éléments autres se sont ajoutés aux don- nées fondamenlales venues de VÉvangile. Les p lu s essentiels p ro -

cedent directement du servia* divin selon la Loi d'Isra el; les Apotres

/i’étaient-ils pas des fd s de

M oíse? ne considéraient-ils p a s qu en

se donnant á la Révélation du Christ ils devaiént s*affirmer plus

fidéles aux saints préceptes? D ans les synagogues ju ives V É van ­ gile et le livre des Actes en sont témoins le service divin compre- nait deux p a rties: la priére et Venseignem ent: on chantait ou Vori psalm odiait des oraisons bibliques, surtout tels ou tels de ces adm i­ rables Psaumes oú la ferveur de Vhomme s’exprime en termes insur- passables; on écoutait lire des passages du saint L ivre, notamment de la Loi et des Prophetes. Les chrétiens ont continué ces usages et, lors méme qu'ils furent entierement détachés des observances ju d a i- ques, ils les transposerent sur leur plan ; les prieres du début de la Messe, les lectures de VÉpitre et de VÉvangile en proviennent tout droit.

était déjá fixée dans ses grandes

nous la connaissons ; telle ou telle partie a p u , dans

Vers la fin du I I I e siécle, la Messe

lignes ainsi que

la suite, se rétrécir ou se développer; Véconomie générale de la céré-

monie a

conservé ses structures. M ais cette Messe prim itive n avait

pas le caractére rigoureusement fixé de la notre ; autour des p oin ts fondamentaux, une certaine latitude était laissée á Vévéque, chef de la liturgie, au prétre méme, pour que la priere s'exprim át en effusion spontanée. Des différences marquées pouvaient exister entre les diverses faqons de célébrer la M esse, différences qu'on observe aisé-

ment en comparant entre eux les antiques sacram entaires, ces ntissefs

solennels aux nobles calligraphies, aux qui furent en usage durant tout le haut

on peut trouver la trace de ces différences dans les rits selon lesquels

ont encore le privilege de célébrer la M esse certains dioceses (tel

Lyon

cams ou les Prém ontrés), et surtout dans les dissem blances entre les somptueuses et prolixes liturgies orientales et celles. p lu s sim p les, de l Occident d aujourd'hui.

om em ents d'en lum inu res. moyen age. De nos jo u r s ,

les

C.hartreux.

les

D o m in i-

ou

M ilán ),

certains

ordres

(tels

La tradition vivante

de V É glise

a,

au

cours

des

siecles. in tro d u it

des éléments nouveaux: méme quand la m usiquequi les arcompagne

ne vient pas démontrer avec éclat, en rompant le sobre deroulemeni

du

données de la liturgie, ces ajouts se reconnmssent toujours a deux traits : ils coupent la ligne, Venchainement de la priere eucharistique ; ils sont tres souvent plus subjectifs, plus personnels. A m si le Gloria, était primitivement un chant d'acclamalion reserve a la premi'ere des trois Messes de Noel, oü il dit la joie du chrétien devant la nais- sanee du Sauveur; ainsi le Credo est-il une affirmation personnelle

chant

zrégorien.

qu'ils

n'appartiennent pas

aux plu s

antiques

de foi, introduite dans la Messe vers Van Mille, peut-etre pour repon­

dré á des menaces d'hérésie. Tels gestes qui nous semblent décisifs et indispensables, la Grande Élévation p a r exemple, sont aussi des ajouts .* quand des non-confonnistes essayerent de Tiier la Pre-

sence de Dieu en Vhostie, on leur repondit en la presentant solen- nellement au peuple fidéle. II y a quelque chose d'émouvant dans

ces couches superposées de la tradition qu'on retrouve au cours de la

M esse: elles

sont

comme la preuve d ’une Jiliation vivante, d'une

jidélité sans cesse réaffirmée.

*

Telle que nous la connaissons, sous sa forme rigoureuse actuelle,

qu a fixée, au lendemain du Concile

de Trente, le pape saint Pie V. En 1570, dans sa bulle Quo primurn,

la

Messe en Occident est celle

il déclarait vouloir ramener le Missel á ses normes

á-dire Vélaguer de maints éléments adventices, et en méme temps

Vimposer unanimement au monde chrétien latin .

son étroite avec la Primauté du Siége apostolique et sous la garantie

immédiate du

successeur de saint Pierre que la Messe a p ris sa forme

anciennes, ce st-

C'est done en liai-

définitive: le Missel adopté par le Concile de Trente n'était-il pas celui dont on usait dans la Ville Éternelle, le M issel romain? Aussi aucune de ses parties, dit le catéchisme du Concile de Trente « ne peut-elle étre tenue pour inutile et superflue » ; toutes, ju squ au x

moindres mots, ont leur sens et leur portée. Le plus petit verset, la phrase qui dure á peine quelques secondes á dire, font partie inté- grante d'un ensemble oú s'associent et se proclament le don de Dieu, l oblation du Christ et la Gráce que nous recevons. C’esí comme une

symphonie spirituelle, oú tous les themes se reprennent, se complétente

s umssent dans une seule intention.

Une división, traditionnelle, fait

allusion a un fait d'histoire: Messe des catéchuménes et Messe des

Commeni

s ordonne-t-elle?

fidéles, la premiére étant celle á laquelle les non-baptisés eux- rnémes pouvaient assister comme les baplisés, aprés quoi ils étaient renvoyés. M ais c’est le déroulernent méme de la liturgie, la courbe que suit son dessein, qui permet de marquer fondamenta-

lement des temps, des « actes » r/a/is Ze se/is í/u’o/i donne á ce mot

appliqué á un drame. Ils sont cinq.

Dans le prem ier, arrivant au

seuil du mystére, je prie, je demande á Dieu pardon de mes fautes, je lui dis mon désir de le connaitre, je le loue, je le supplie. Dans le second j ’écoute Venseignement de VÉglise, d'abord tel que Vont

transmis les Apotres ou tel que, prophétiquement, /e Livre inspiré Vavait annoncé, pius íeZ qrae Jésus lui-méme Va donné dans son Évangile, enfin je le répéte sous la forme résumée du Credo. Désor-

mais c*est au cceur d'une liturgie sacrificielle que je me trouve placé. Le Christ s'ojfre lui-méme dans une oblation qui est le centre méme

du

mystére, et, d ce don rédempteur moi-méme je m ’associe. J ’offre,

par les mains du prétre, mon témoin et mon représentant, ces pro- (Zaiís Je /a ierre qui vont étre changés, eí ce/a encore n est qu un signe, celui de Voblation plus essentielle, p/us intérieure que je fais de moi-méme, Voffrande étant Vojfrant. Le quatriéme temps, Ze pZus grave, est celui du sacrifice : Vimmolation de la victime, c’esf moi-méme qui Vaccomplis, intimement participara á ce qu'accom- plit le prétre, á la fois sacrificateur et victime ; la chair divine est clouée sur la croix; le sang divin est répandu. Enfin , comme le Christ Va voulu, je re^ois, je communie ; au banquet de la vie, je

suis rassasié.

*

A insi, pas a pas suivie, la liturgie de

la messe se déroule-t-elle

devant nous avec une harmonie et une majesté incomparables. Tous les actes religieux de Vhomme s y trouvent accomplis, toas ses désirs et ses espoirs assumés et comblés. Un échange s'opére entre D ieu

et

Dieu seul et moi seul quHl s'opére?

est d'aimer Dieu de tout son esprit et de toute son ame, le second, amsi quHl nous fu t appris, et qui est pareil au prem ier, est d'aim er

la

Messe

son prochain comme soi-méme. Et

commandemenls

moi, que ma priére a demandé, á peine prononcé le prem ier m ot, giu, graduellement va étre porté á son comble. M ais est-ce entre

que d oublier

un

seul

Si

c'est

instant que

le prem ier

commandement

ne

ces

rien

deux

comprendre

á

y sont sans cesse rappelés.

La

Messe

est

née priére

de

la

communauté,

priere

des

Dome

reunís, priére des premieres Églises, si fraternelles que tous les biens y étaient mis en commun, priére des Martyrs associés les uns aux autres par la libation du sang. Chacun des assistants á la Messe nest á la vérité qu^une cellule d'un corps unique, une brebis dans un seul troupeau. Les plus belles priéres de la liturgie elles sont aussi parmi les plus anciennes la collecte, la secrete, la post- communion, ne se comprennent vraiment que dans cette perspectiva communautaire, et les Mementos qui font escorte á la partie capitale de la Consécration sont la pour le rediré: par delá les temps et les espaces, par delá la mort elle-méme, selon le mystére de la Commu- nion des Saints, nous nous préparons á nous unir á Dieu dans la mesure méme ou, fraternellement, nous sommes tous unis. Tel est le double sens de la Messe. Elle est mon drame: c'est ma

ifie, c’est ma mort qui y sont en question. C'est pour moi, moi indigne, que chacune des Messes est célébrée: «j'ai versé pour toi telle goutte

». Mais ce drame n'a de sens que si la masse entiére des

enfants de Dieu s'y associe et monte avec moi dans la lumiére, car « toute ame qui s'éléve éléve le monde », et chacun est comptable de tous. Seule VÉglise entiére, prolongée vers ses origines comme elle

le sera dans les siecles des siecles, est digne et capable d'assumer ce

Messe est notre drame, á

tous. Et c'est comme un membre, le plus obscur, le plus indigne de cette humanité sur qui le Christ pleura mais qu’il racheta par Son Sang, uni á tous dans la foi et dans Vespérance, que j'assisterai á cette Messe, courbé d'amour, Váme déjá pleine de Vattente du Pardon.

de sang

sacrifice et de Voffrir á V Unique. Cette

I

INTROIBO AD ALTARE DEI

Voici le seuil de la M essc: introi'bo, je vais cntrcr

Ces premieres pribres sont d'appro-

Jche e% de préparation. Le pretre les recite , de nos jours ,

au bas de Vautel ; jadis cétait en venant de la sacristie, en oraison intime, el un certain caractere privé leur en est resté. Dans Vhistorique de la Messe elles sont récenles; le oerme nen apparaü point avant le V i l o siécle el cest en 1570 seulement que Vusage en devint général, partout ou suint Pie V rendit le Missel romain obligatoire. Le sens est beau, de ce psaurne X L I I que, déporlés « sur les bords des fleuves », les Juifs composérent dans la douleur de Vexil. lis y criaient le regret de leur autel

Demeure. M ais ils y affirmaient aussi

une foi plus forte que toute épreuve, une conjiance en Dieu illimitée. Aux versets de ce psaurne, Vespérance domine la tristesse. Et c'est pourquoi, au sein de la tres ancienne Église — o M ilán, par exemple, du temps de saint Ambroise lorsque, la nuit de Paques, les nouveaux baptisés se rendaient á leur premiére Messe, c'était ce psaurne qu'ils chantaient. « Je vais entrer jusqu'á Vautel de Dieu, du Dieu qui comble de joie mon ame rajeunie. » Dans la perspective de ce renouvellement, de cette jeunesse retrouvée, comme ils prennent tout leur sens, ces versets bibliques! Une ame jeune, une ame comblée de joie, voici done ce que nous apporterons au Dieu de vie.

PRIÉRES AUBAS jusqu'á Vautel de Dicu.

DE L’AUTEL

perdu, de la sainte

e viens ici, Seigneur, dans l’élan de mon áme, avec tout ce que je posséde d’espérance et d’amour. Je veux que

cette Messe soit une halte lieureuse dans ma vie, qu’elle me rende des forces pour en suivre, d’un cceur plus ferme, le chemin, et que ce poids, si souvcnt intolerable, que je suis á moi-méme, s allege par la Miséricorde et le Pardon. II est tant d lieures, mon Dieu, oü je suis détaché de Vous, absent de moi, abandonné á toutes les trahisons! Rendez-moi présent á Vous, présent á moi : c est la méme chose. Je veux que cette heure-ci, sanctifiée de votre Présence, soit de fidélité, de ferveur et de joie.

Enlevez de moi cette ácreté qui me séche la bouche, cette aigreur

J

et ce tourm ent dont je me fais cómplice, ce désespoir sans cesse

menagant.

ma misére intérieure, de to u t ce qui

Délivrez-moi de

me tire vers le bas, de ce mal que je hais et que je fais quand méme. Au seuil de cette Messe, préparez-moi tel que Vous me voulez. Ma confiance en Vous est totale. Mon prem ier m ot ici veut étre d’abandon. Je crois, j ’espére en Vous; Vous étes ma seule certi- tude et ma seule forcé. E t c’est parce que je me sens en Vous si faible, et tout entier remis entre vos Mains, Seigneur, que je me sais fort.

Joie done, oui joie en Dieu! C’est une jeunesse nouvelle qui m ’attend et dont mon áme va se trouver pleine. Dans ce face á face auquel je me présente, inondez-moi, Seigneur, de votre Lumiére, et que je sois sans cesse désormais, sur ma route, conduit par votre Verité, qui est amour.

II

A u

CONFITEOR

moment

de se laisser

emporíer par

la

jo ie . Varrie

CONFESSION

spnt

m

en e ltn poids

qui

la

retient.

Entre

Dieu

et

elle

GENERALE

barr^ re est

dressée.

Elle

sai-t

le

sens

de

ce

boulet,

de cet obstacle: son nom est peché. D ans la prim itive É°lise. plus proche du cceur du Christ, p lu s spontanée, on n éprouvait pas le besoin d'im plorer le pardon au seuil de la Messe. (Pourtant n était-ce po in t un rite pénitentiel que le lavement des pieds institué pa r Jésus avant la Céne?) Peu á p eu , Vusage de s'avouer pécheur et de réclamer la Miséricorde s'introduisit. Entre le

V I I I e et le X I e siécles , sous le nom <fApologies, furent rédigées par de saintes ames des « priéres ¡Texcuses », sortes de plaidoiries mélées d'aveux. Le M issel romain

de 1570 donna á Vune

avec ses quatre temps, comrne dans un procés : comparu- tion, aveu, intercession, pardon. Priére publique, q u á voix alternées, prétre et fidéles prononcent, priére collec- tive ou le péché, cessant d'étre une affaire privée, est evoqué devant VÉglise entiére, ses saints, ses tém oins, et méme les Puissances du Cíe/, le Confíteor donne pour la premiere f ois, á la M esse, son sens de com m unauté, de Communion. E t le geste répété de la m ain fra p p a n t la poitrine, la coulpe, vieux geste biblique et monastique, soulage dans le repentir Vangoissante tristesse du pécheur, car il est dit dans V É criture: « la priére de qui s^humilie

d'elles sa form e actuelle de drame,

va jusqu'aux cieux. » (Eccle. xxxv, 21.)

T

outes

les Puissances sont la, toutes

les

P

ré se n e s rxrm -

plaires,

pas seulement

Celui

á

qui

rien

n ’est secret, pas

les

saints

et les

m artyrs

seulement la mystérieuse clairvoyance de Ses Anges, mais ces liommes, ces femmes qui ont eu le courage de vivre selon

dont la seule existence rae

condamne.

l’ainour,

voix

qui va s’élever et me demander des comptes,

me

toute défense. Voici done mes actes, méme ceux qu’aucune justice hum aine ne réprouve, mais dont je sais pourtant combien ils furent medio-

m ’in terd it

E t

moi,

qui

suis

d’étre

devant

eux

en

posture

serre

la

d’accusé,

gorge

á

la

que répondrai-je?

et

La

certitude

coupable

eres, suspeets, ou pis eneore. Voici mes pensées secretes, ces bas-

cons-

fonds de misére et d ’abjection

que

cache la

surface

d une

cience

mes

d ’honnéte

abstentions,

homme.

mes

E t

voici to u t

mes

ce

dérobades,

que je

n ’ai

fait,

1 accab lan t

pas

láchetés,

to u t

fardeau de mes tacites complicités. Que, par trois fois, le geste du repentir, sur m a poitrine, secoue mon cceur, réveille mon áme engourdie d ’un m ortel somm eil. qu’il la rappelle á ses exigences! Mais le mystére est lá aussi, le m ystére de la M iséricorde. Toutes ces Présences, toutes ces Puissances, constituées en trib u n al pour le réquisitoire et le jugem ent, voici q u ’elles se font mes intercesseurs auprés de l’Unique. La pureté de la Vierge, et le sang des M artyrs, et la rayonnante patience des Saints, me deviennent sauvegarde. Mystére de la reversión des m érites et de la Communion des Saints. E t tandis que retentissent les paroles qui m ’absolvent, oubliant la crainte qui me traverse de retom ber demain et de sans cesse recommencer, je me redresse dans la joie retrouvée. comm e dans un subit, un indicible allégement.

III

LE BAISER A L’AUTEL

Les priéres au bas de Vautel n'étaient q u u n exorde:

LE PRÉTRE /e prétre va monter les degrés. Quelques versets, empruntés

¿ ce psaume L X X X I V , si conjiant, qu'on chante au temps de Xoel, ont supplié Dieu de tourner Sa Face

en Lui sa joie. M ais,

au moment méme ou il gravit les marches, un scrupule revient en son cceur et, par les rnots d une tres ancienne priére, qu'on disait déjá á Rome au V o siéele. il demande encoré au Seigneur de purifier cette ame qui va pénétrer

MONTE

A

L’AUTE L

vcrs Son peuple. afin q u il trouve

au sanctuaire.

plus

sainte de toute Véglise, son centre et son sommet, objet mystérieux, d'une signification inépuisable. Symbole du Christ. Vautel n'est-il pas tout ensemble le íieu ou reposent la chair et le sang du Criicijié\ vt. selon saint Ambroise, la figure méme de ce corps sacre, puis- quau jour de sa Consécration, il a été, comme un Messie. . oint du Saint Chréme? (Cinq croix burinées dans la

Maintenant

Vautel

est

devant

lu i,

la

chosv

la

pierre y rappellent les cinq plaies.)

est présente, par ses saints dont les reliques sont incrus- tées dans la table, par ce prétre méme qui la représente

et va y célébrer le sacrifice. Devant une telle grandeur et

tant de mystére, ce célébrant fa it un acte de religión :

il pose ses lévres sur Vautel. Ce baiser, c'est le signe de

Vunión,

s'accomplir ici n ’est rien d'autre que Vunión de VÉglise

a son Maitre, de Vátne á son Rédempteur. Et cet (dan

d'amour qui courbe le prétre est exactement celui q uen nos meilleurs moments, nous éprouvons au profond de nous-mémes, vers cet autel intérieur oii le Christ veut étre présent.

va

L ’Église

aussi

y

le

baiser de VÉpouse

á V É poux , car

ce qui

C om m e votre autel, Seigneur, est au cceur de cette église. en pleine lumiére, haut placé, dans la solitude des certi­

tudes spirituelles, faites qu’en moi votre souci occupe la place unique, la plus centrale et la plus exaltée. Comme ce tabernacle abrite votre Présence, vivante, certaine par 1affirmation de toute notre foi, faites que mon áine Vous éprouve, irrécusable, et Vous connaisse, Mon Dieu, plus intime á moi-méme que moi.

Com m e

cette

tab le

enferm e

les

souvenirs

de

vos

tém oins,

les

reliques de vos Saints, gages de perm anence, donnez-m oi de sen­ tir m on appartenance á votre É glise, et que mon ám e s’unisse á sa fidélité.

d evan t

s’incline religieusem ent á votre autel, faites-m oi reconnaitre ma petitesse et votre gloire, et que, vaincu Torgueil absurde d ’étre

moi, je

Com me

le

prétre,

courbé

la

grandeur

est.

et

le

m ystére,

m ’anéantisse

en

Celui-lá

seul

qui

E t

com m e

ce

baiser

est

un

aveu

d’am our,

la

prom esse

d’une

unión prés de laquelle toutes les unions de la terre sont vaines,

faites, Seigneur Jésus, qu’á l’autel intérieur de mon ám e, je Vous

aim e, je

Vous

posséde,

et

ne

fasse

qu’un

en

Vous.

IV LE SIGNE DE L’ENTRÉE

 

Se portant

du

cote

droit

de

Vautel,

ou

Vattendait

le

SIGNE DE CROIX

¡e célébrant

lit

une

courte priére.

C est

/’lutroít,

/'Entrée, — Z’Ingressa de la liturgie ambrosienne. PoUr

se référer au vieux rite dont ces

quelques versets gardent le souvenir. Tres anciennement, dans VÉglise (on trouve deja ce rile sous le pontifical de saint Célestin au V e siécle et il fu t embelli, amplifié par saint Grégoire le Grand), le cortege du P ape, de ses cleros, de ses diacres, de ses acolytes allait solennelle- ment, du palais du Latran au sanctuaire oii la Messe devait se célébrer. Plus tard, encore longtem ps, une pro- cession en tint la place. Des psaum es y étaient chantes en voix alternées, en antiphona, antiennes — ; leur choix correspondait aux intentions profondes du sacri- fice du jour, joyeux durant VAvent, douloureux en Carkme, glorieux pour louer les Saints, royaux á V Épiphanie ou á la Transfiguration. A in si était-ce doublement une entrée, une introduction. De nos jours une seule antienne, un verset des psaum es, p lus rarement, de quelque autre Écriture , suivis du Gloria Patri eí de VAntienne répétée, soní comme Vabrégé de ce rite som ptueux; mais cet Introit raccourci, elliptique, a gardé son sens d'intro- duction spirituelle: changeant de Messe en M esse, i/ caractérise en peu de mots celle sur laquelle il ouvre. Et, au moment d ’en prononcer les paroles, le prétre trace le signe sacré qui est, plus qu'aucun autre, celui par

la comprendre, il fa u t

qui tout

s'acheve, Ze gesíe qui contient la plénitude des mystkres, le signe de la Croix.

commence, comme tout se fa it par lui et tout

A ü nom du Pére, du Fils et du Saint-Esprit. — Seigneur, faites que ce geste familier á ma main, si familier qu’il préte

trop souvent á la négligence, je le trace ici comme si je le faisais pour la premiére fois, dans la plénitude de son sens et la joie de sa découverte. Au seuil de cette Messe, en face de votre sacrifice, qu’il me rende présente au cceur la croix qui me rachéte, qu’il associe ma vie á votre vie humaine, mes souffrances á celles que Vous avez accep- tée.s, et la mort, que j ’attends et subis dans la crainte, á cette mort d holocauste que Vous avez voulue et consommée d’amour.

Faites, Seigneur, que ce simple signe se charge du m ystere des Noms ineffables que je prononce, que vos trois Personnes ordon-

nent ma volonté, mon coeur et l ’élan de mon árne, et que Ja Gráce du Fils soit ma forcé et mon guide pour Vous atteindre, Pere, dans les certitudes et la lumiére de TEsprit.

du

front á la poitrine, de l ’épaule á l ’épaule, qu^ ce geste plenier rassemble toutes mes pensées, enveloppe tout mon étre, et que l ’homme de péché, dont Vous seul savez vraim ent toute la misére, se sache béni par Vous, apaisé, consacré.

Au

nom

du

Pére,

du

Fils

et

du

Saint-Esprit.

Seigneur,

Y

KYRIEET GLORIA

LA PITIÉ

 

ET

LA

GLOIRE

 
 

Les

deux

themes

qui

sans

cesse

vont

revenir

dans

la

M

esse,

comme

les

m otifs

m usicaux

sym p h o n ie,

les voici associés en

deux

priores

qui

d 'u n e se

c o m p lk en t,

le

Kyrie et le Gloria. Glorijier D icu

et Vim plorer

sont

les

deux

intentions

religieuses

de

V hom m e; c e st

parce

que

nous

savons

q u il

est

la

T oute-P uissance

que

nous

le

supplions

d'avoir p itié

de

E t

h

geste

si

beau

du

prétre.

étendant

les

m ains

nous. p u is

les

élevant,

enfin

les

rejoignant, n exp rim e-t-il p a s toutcs

onsemble

ces

in ten-

lions

inseparables?

M ouvem ent

qui

dit

Velan

vers

les

choses

celestes

et

implore

le

salut

avec

une

ferveur

redoublée.

Venu de VOrient grec, dont il conserve la lan g u e, p e u t- etre de Jérusalem ou la pelerine espagnole É théria Ven- tendit déjá chanter vers Van 500, le, Kyrie est un reste des

litanies dialoguees, des priores p a r acclam ations, que VÉ- glise prim itive laissait ja illir de son ame. A u mom ent oii. I Introit fra n ch i, 011 aborde vraim ent la cérémonie,

par trois versets em pruntes avoue, du fond du cceur, a

á V É criture, cette sobre priere

chacune des

T rois

Personnes

divines, le besoin el le désir irrésistible du salut.

de

Dieu. Tres ancienne priere. dont la trace se retrouve

connaissait au V I e, a u x anges le chant

»: toute Messe la venue du

dont ils louerent « Dieu dans les hauteurs

au 7 /e siecle, que la Messe rom aine le Gloria commence par em prunter

Puis, aussitót, Vhymne éclate pour diré

la

M ajesté

p a s siécles de grande

fo i firent couler la louange comme u n Jleuve d'am our

/i est-elle pas un Noel, ne célcbre-t-elle Seigneur? De ce verset d ’E va n g ile , les

et

de

confiant

abandon.

M ais cette gloire du Pere ne rappelle-t-elle p a s Vhomme

á

sa miskre? C'est pourquoi s'adressant au

Christ média-

teurl hymne reprend Vappel á la m iséricorde: parce qu il est S a in t, Seigneur, T rés-H aut, Jésu s nous sauve.

Et

salut, c’csí sur la gloire étincelante du F ils , de V E sprit

et

belles

qui

du croyant, la prom esse du

comme

lu it,

dans

Váme

cette

du

Pere, que se clot

soient,

d'une

hym ne , une

des p lu s

sublim e sim plicité.

C

KPKNDANT que. trois fois. le triple appel m onte ver* Vous.

du

pardon.

áines

de

fond

des siecles et

des

cri de

d¿sir. supplique

Cependant

que

le

ohcrur

des

de nos freres en la foi acclam ent

gráce au

nom de votre Gloire.

auges

et

les

voix

im iném oriales

rendent

votre G randeur et Vous

faites

seulem ent,

Seigneur.

que

dans

mon

áme

pacifiée

blisse

votre

silence.

ce silence

oü je

sais

que

Vous

étes

sé ta - présent.

a fin

que j'y

puisse

prononcer ces

simples

m ots

:

«» Mon

Dieu

je Vous im plore; mon Dieu, je Vous adore; mon Dieu, ayez pitié.

Car to u t

est dit par la.

»

VI UNIS

DANS

LE

SEIGNEUR

COLLECTE Adorer et implorer seul ne suffisent pas: toute M esse est communion. Dominus vobiscum! s'écrie le prétre, tourné face aux f deles, les bras ouverts, « Le Seigneur avec vous » — et dans ce geste, dans cet antique salut emprunté á la Bible, que huit fois la liturgie répétera en ses plus graves moments, il semble quHl veuille saisir tous les fideles, les réunir tous en son imploration. Tel est le dessein des oraisons de la Collecte qui vont se succéder, frappées en médailles, sobres comme des ins- criptions latines.

Voici done un des trois grands temps de priere durant

la Messe

(les autres sont la Secrkte et la Postcom-

munion) ;

ces oraisons, qui s1adressent á Dieu dans

et

son Unité, le prétre les dit, mains étendues, inclinant la tete vers la croix de Vautel, s'il prononce le nomde Jésus, et le peuple les écoute á genoux. Est-ce parce qu'elles résument et ramassent toutes les intentions du sacrifice du jour qu’elles portent ce nom de « collecte »? Histori- quement, le mot evoque la trés ancienne coutume qu'on

Rome, vers le I V e siecle, de réunir la

communauté chrétienne dans une église pour la mener solennellement au sanctuaire oü la Messe devait se célé- brer: la collecte est done la priere de la plebs collecta, du peuple rassemblé. Avaient-ils done tort, les chrétiens du moyen age qui, élargissant le sens, traduisaient le mot par «priere commune »? En pronon$ant ces oraisons, ce sont tous nos désirs, toutes nos intentions que le prétre ramasse en gerbe et offre. Et le baiser qu'il donne, de nouveau, á Vautel, avant de les dire, qu’est-ce, sinon le signe d'une unión plus totale de cette ame com m une avec le Christ Jésus?

pratiquait á

S

eigneur, ce n’est pas pour moi seul que je prie,

— prier pour soi seul n’est pas prier,

mais pour ce peuple, invisible ou visible, qui m’entoure,

marqué au front de votre sceau, aussi pour tous ceux qui Vous ignorent et Vous tous, nous sommes un en Vous.

trah issen t

Je répóterai done avec tous Tinvocation une et définitive

que

votre

Église

dit

chaqué jour

difíerente,

parce que chaqué jour qui passe a sa fa^on particuliére

de Vous louer, de Vous prier,

afin qu ’un vceu unique et

perm anent Vous atteigne :

de posséder ce qui ne passera pas.

D ’une áme sans réticences, d ’un cceur pareil á celui d ’un enfant, je m ’unirai aussi á ces priéres

qu ’hum blem ent votre

avec des mots simples et forts, pour que la persécution, la famine, tous les m aux, épargnent

la chrétienté entiére, et que Vous donniez de la pluie á nos champs.

Église en cet instant Vous adresse,

E t, par l’exemple de ces saints dont notre Messe fait mémoire, proches ou lointains, connus ou inconnus, je participerai au témoignage sans cesse repris et répété que des générations Vous donnérent, afin que, par mes lévres, le cri méme de l’Église universelle s’éléve jusqu’aux pieds de votre Éternité.

VIí

É

P

I

T

R

E

LEOTURE AU NOM DE DIEU

I n r

1' Vmrii

<pti term ine

la

(’ollocto

s'est

achevée /

prenuere

¡hutu*

de / Avant-M esse.

I

I arte

religi#ux

prier

va

succvder

¡'arte

religieux

d'écouler.

«

J

(t¡

Uf*

parolv du Seigneur pour toi ». dit la B ible (Jugos

20).

e'est

a

chacun

de

nous

que

la

parole

du

Seigneur

e<?¡

adressée.

Pour trouver Vorigine des lertures. il fu u t rernonter au plus loin des traditions chrétiennes, et mente, par déla

Le Service a la syna.

gogue les com portait: aussi voit-on Jé su s hre Isaie

devant

dans ses m issions, assister

lecturel

ellcs, au coeur des fd é lité s

ses compatriotes

d Israel.

iv.

á

de

(Luc,

16, 21)

et saint

Paul

sem blables

(Artos

des Apotres

xin.

14.

16).

1 /u sa g e

en f u t

gardé

pieusem ent par la p rim ilive É g lise : elle leur donnait

une am pleur considérable. et eüt été surprise de les voir

réduites aux deux brefs m orceaux , É p itre et É vangile, de

la

Messe

d'aujourd'hui.

Tour (i tour des passages de Í A n d e n Testamenta puis de lettres d'Apotres, en fin un fra g m e n t d' É vangile, étaient proposés a la méditation des fidéles, d ivisió n tripartite dont le venerable office du V endredi-Saint garde encore le souvenir. Ces lectures ríétaient p a s non p lu s découpées,

lisait en suivant le texle. laissant á

l ’évéque le soin d'arréter

suffisant. Ce n'>est pas avant le M issel rom ain de 1570 que l'usage prévalut définitivem ent de choisir deux fragm ents préalablement determ inés. adaptes par leur sens a la féte du jour.

délimitées d a vanee : on

quand il estim ait renseignem ent

Premier

texte

lu , /‘Épitre.

selon

son

n o m .

tola. — est un passage de le ttre: tous les di manches, c est d'une lettre d*Apótre qu'il est extrait. presque tou- jours de VApótre P aul. A u x autres messes, des Saints,

du Caréme ou des Q uatre-Tem ps, ce st souvent aux pro- phétes de l A n d e n Testam ent quHl est dem andé de nous instruiré: /’Épitre devient alors la Lecture, leetio. Dans

les deux cas P intention est évidem m ent la memo : c'est

par

l

entremise des hom m es que D ieu

d ’abord

nous

parle.

p ar

ses témoins, ses in sp irés, comme pour nous préparer recevoir directement son m essa g e; cette leñare est fa tle

au nom du Seigneur.

A

INSI qu’au bord des fleuves Israel en exil écoutait la voix

de vos prophétes lui

Ainsi

que

le

peuple

crier l’espérance.

opprimé

lisait

rt

relisait

votre

Loi

comme le plus sur garant de sa íidélité.

Ainsi

qu'aux

premiers

temps

TÉglise

éroutait

les

lettres

rl<*

vos Apotres lui expliquer la joie et Pamour du Sauveur.

Ainsi

enfin

qu’aux

jours

dVpreuve

vos

m artvrs

n*ervaif*nt

de ces textes

l’explication

ineme

de leur sacrifice.

trouvent

mon

et que j ’y sache entendre le son de la Parole, telle qu elle nous est adressée depuis Torigine du monde :

votre Voix. Seigneur, dont il est dit qu elle brise toute solitude et emplit de forcé ma poitrine. cette Voix, qui, un jour d’aoüt, sur la piste de sable, sut vaincre d’ún seul mot votre ennemi Saül, en le frappant au cceur.

Veuillez. Seigneur.

que

ces

phrases

de

vos

témoins

áme ferme, fervente. prete á Tenthousiasme et á la

foi.

DE

L’ ÉP IT R E

A

L 'Í V A N G I L E

INTERMÉDE

ET

PRÉPARATION

De /‘Épitre á /‘Évangile, voici un groupe de priores et de chants qui parnissont d'abord hotéroclites. ruáis dont Vensemblo est riche de signiji catión. La lecture s'est achevóe par le Don Gratias. la venerable formule de gratitude quon trouve si souvent dans les lettres de saint P aul: rendons gráces á Dieu parce qu'il a voulu que ces mots-lá fussent dits. En Israel. les lectures étaient interrompues par des psaumes . afin sans doute d'éviter toute monotonie et d'exiger du peuple qu il fút vraiment participant. Les chants d'intermede. dans notre Messe, en gardent le souvenir. Uusage en est tres anden dans VÉglise:

au IIIe siécle Tertullien en témoigne deja. Ces chants sont trois: le Graduel. dont un chantre, monté sur le gradus, le degré de Vambón, lan<;ait un verset auquel répondaient les jideles, et dont le texte fait ordinairement un discret echo á la lecture précédente; Z’Alleluia, le chant immémorial de Vallégresse juive, qui appelle la venue du Seigneur et ainsi introduit á VÉvangile; et le Trait qui, dans les temps liturgiques de pénitence et de tristesse, remplace Valhüuia, chanté en solo d'un seul « trait », sur une musique noble et grave, d'une résonance tout antique. A cet ensemble, le moyen age, pour meubler de paroles les vocalises qui prolongeaient Z’Alleluia en immenses variations de joie, ajouta en diverses occa- sions la Séquence, commentaire poétique de la Messe entiére. Admirables morceaux, joyaux de la ferveur chré- tienne: le Victimae paschali de Paques, le Lauda Sion de la jete du Trks Saint-Sacrement, le Yeni Sánete Spiritus de la Pentecóte, le Dies Irae des Messes de Requiem, et le bouleversant Stabat M ater que Jacopone de Todi écrivit pour louer Notre-Dame des Douleurs, sont sans doute des ajouts á la liturgie prim itive, mais quelles splendeurs! Et tandis que le livre est porté á la place exclusive, á la gauche de Vautel, du cote du cceur, ou sera prononcée la Parole du Christ, le prétre, qui va lui préter sa voix, se prepare á ce moment augusto en suppliant Dieu de rendre ses Ierres purés et saintes comme celles du Prophete ¡sale lorsque VAnge les toucha avec le charbon ardent.

M

\/m

(]or.

(ie ne

sciilcmcn!

res levres

, rliarbon ardent devrait puriíier, levres infideles, prom ptes aux niots de vanité et de colere.

sont

pas

que

le

mai>

oes

oreilles

aussi.

toujours

pretes

á

entendre

les

bruits

du

monde

plutót

que

la

Parole,

et

le

Mensonge

inieux

que

la

Yéritr. et res yeux qui ne savent plus s’ouvrir á la luiniere parce qu ils se sont f’aits les cómplices de la iiuit;

c'est tout

mon étre qui attend la brülure

de Tange, mon

ame,

ma conscience, mon im agination et ce tout trahi.

cceur

de

péchtf

qui

aura

Munda

cor! — Que

tout

l’im pur

en

que j'y

sais boueux, opaque, intolérable,

moi

brille

done,

to u t

ce

a fin que la Parole

me pénétre

dans

une atten tio n

lance, un amour sans reprise, dans réinerveillem ent Hévelation.

sans m em e

défail-

la

de

IX

ÉYANGILE

 

PAROLE

DE

D1EU

 

[A,

point

culm inant

de V A vunt-M osse

est

muinien<lni

atteint.

Jusqu'ici

nous

m orís

re^u

le

message

divin

par

des

hommes :

Dieu

va

se

faire

vntendre!

p ar

l'exemple

de

sa

vie,

par

sn

parole.

le

Christ

va

Jl0lis

enseigner.

A ussi cette lecture de l Évangilc a-t-elle été tenue pour

indispensable

des

les

tem ps

les

plus

recules

de

la

prim itive

É g lise :

aux

jours

des

Catacombes elle était

deja

une

piece

essentielle

de

la

ceremonie

liturgique,

Supreme preparaban

á

ce

Sacrifice ,

elle

marque

que

le

(.hrist qui va m ourir pour le salut de chaqué hornme est k meme que celui qui. á chacuiu apprend a croire et á vivre.

C'est pourquoi

ce moment

de

la

Messe

s*entoure d'une

particuliere solennité.

Le livre

des

É vangiles n'est-il pus

aussi un symbole du M aitre , ce livre dont

Chrysostome dit q u il ne Vouvrait jarnais sans trem- blement? A u x Messes chantees iencensem ent, les flam - beaux. aux Messes basses encare les beaux gestes du prétre posant la m ain sur le livre. le baisant, le signant,

saint

Jean

témoignent de cette vénération.

Cette

lecture,

les

Jideles

vont

l'écouter

debout,

apres

avoir marqué de la

croix

leur

fro n t,

leurs

levres,

leur

poitrine, pour

fíepuis

q u a u

la

vérité, qu’ils sont prets dans leur coRur.

choisir

d avance le morceau pris

pour étre lu , c’est Vidée essentielle de la M esse que veut

autres

á

comme des commentaires par

ou

Instant capital done. (Vest la voix meme du D ieu fa it homme que nous allons entendre. E t quand cette lecture est achevée, quand la voix fidele a acclamé le Christ pour cet enseignement, le sermón qui suit ne veut, en principe, qu en étre le développement. rexplication , le commen- taire, ajin que la Parole du M aítre illum ine les esprits et pénetre les ccpurs.

sont, pa r rapport

étroite,

affirmation,

affirmer

V le

q u ils

ne

rougissent

pas

de

á la proclam er, quHls

siecle

Vusa ge

dans

V un

prévalut

des

quatre

les

textes

dépendance p lu s

rapport

rapport

d

leur

ou

m oins

á

une

la portent

de

évangiles

dégager cette lecture;

celui-lá, dans

une

des promesses

par

a c c o m p l i s s e m e n t .

K ('.hri.-t

te parle

: éeoiilt'!

Voir.i la

N o uvd le

<l<* Sa

vm - <•(

de son message. qui ne fonl qu un.

 

a u r a

été

eet

e n f a n t

e o n e u

p a r

I

h s

p

r i t - S

a i n t

í l an s

le

s ei n

Y i e r g e .

L

II

(1*11110

ce nouveau-né de la grotte. promi> a 1 hum ilite et I abanílon. ce íils de travailleur, ce travailleur lui-meme dont la m ain a

tenu

ílu

lar de Tibériade.

Celui qui a guéri l‘esclave du Centurión, raimé les Hots furieux. ressuscité Lazare.

le m arteau

et

la varlope.

Celui (jui a parlé sur les eollines

íle (ralilée

et

sur les

eaux

Celui qui se montra lhornme paríait. runique

modéle. 1 image

insurpassable

:

 

tout

cela, écoute-le!

II

aura enseigné aux hommes

á saim er les

uns les autres.

á pardonner á leurs ennemis et á les traiter comme des fréres.

á étre pur comme il était pur, et humble de coeur comme il était, il leur aura appris á vivre en la Présence du Pére comme lui- méme il vécut.

^ il aura témoigné sans cesse de l’amour, de la vérité. de la ju stice,

^ des causes qui valent plus que la vie

:

écoute-le, écoute-le!

Et lorsqu’il aura été accablé par la haine, trahi, livré, abandonné á l’opprobre,

lorsque sa chair humaine aura souffrir,

affreusem ent,

pourras

souffert plus que tu ne

mais

plus

qu’il

sera

mort

comme

tu

mourras,

dans l’horreur et l’infamie du supplice,

alors, par son exemple, il aura engloutie dans la Victoire

révélé

que

la

M ort

p eu t

étre

et que, raclieté par lui, c'est á la vie que tu es promis :

écoute-le, mon cceur, écoute-le!

RÉGLE d e

NOTRE

Foi

 

vieiit de

m en seig n er , f y

crois

de

touip. mo

Ce q uon am e! Tel

est le sens du Credo.

 

°n

origines du christianism e, un acte de fo i étüit

exige pour recevoir le baptéme. II était tres simple sans aucun doute, semblable á celui que re$ut,

qUe

Jésus-Christ

bientot á del

naqui-

rent les Syinboles, résumés, signes concrets de la croyance, « regles de notre fo i », comme on disait en Afri.

que au

erreurs; il lui fa llu t se préciser, se d efin ir. A in s i

Des ¡es

Vofficier

Pthiopien,

est

le

diacre

P h ilip p e :

«

» (Actcs

se

heurta

J e

des

crois

le Jils la fo i

de D ieu. chrétienne

Apotres,

vm, 37.) M ais

I I l e siecle.

Uantique Symbole des Apotres, si sim ple et p u r ( celui

de

nos

priéres

privées)

ne

suffit

p o in t

quand les

grandes

hérésies

du

I V C siecle

m irent

en

cause

la

nature du Christ et les trois personnes divines ; aussi , en

deux Conciles, Nicée, 325, Constantinople, 381, fu i étaBli

le

dominicales.

nos Messes

texte

d'un

plus

complet symbole, celui de

C'est á Antioche, p u is á Constantinople que l'usage

gagna

s'établit

VEspagne,

il fu t admis peu aprés Van

de

Vinserer

la

France

dans

et

la

M esse;

de

la

il

V Á llem M ille.

agne,

Rom e

en fin

De nos jours, le Credo est reservé a u x Messes du dimanclie, Messes des vastes assemblées, et á celles des fétes qui, dans leurs intentions, évoquent directement un des versets. Tandis que le prétre le prononce avec une ferveur intim e et profonde , le peuple fidele le proclame debout, tout haut, d'une voix unie. « Faites retentir le Credo, ordonnait en 589 un concile de Tolede.

afín que, par ce chant, la fo i nerita ble s'afjirine avec éclat et que Váme du peuple catholique, recevant sa croyance, se prepare á recevoir la com m union du corps

et du sang

du

Christ. »

Le

Verbe

a

parlé

maintenant

á

leusement

incarné,

l autre partie de la

de lien.

aux

va

II

hom m es'

s'im moler a Vautel. De 1 une

VÉvangHe '

dans

M esse, le Credo sert done

m e r v e il"

Q

l F

1o rliant

de

ilion

haptóm o sr icnm ixello

chaqué íoi> <| 110 jo recite le (

rrdo.

dans

la

formo oonscioneo do mos cortiludo^

et

ladhósion

profondo

do

111011 ocrur!

Ouo le pourquoi ot le oom m ont do ma íoi so proolainont dobout. publiquem ent. dans runaniino oían, ooinmo il on fut jadis ot pout enooro 011 otro

risques

aux

tonips

des

grands

aooeptés !

One ¡non appartonance aussi totalomont saflirme

a rÉglise

Mere, gardienne

do mes

íidólités.

car oes mots qu'elle

nrapprend. elle les reí;oit elle-memo

dans Tinfaillible lumiére de T Esprit-Saint!

XI

DE

L’OFFERTOIRE

PRIÉRES

OFFERTOIRE

L'Avant-Messe vient de se clore, dite encoré « Messe d Catéchuménes » car les simples postulants á la f o i* assistaient. VAcle de foi achevé, on les invitait to¿ á sortir, eux, /es non-baptisés, et aussi les pécheUn astreints á une pénitence publique : au mystére gu¿ s'ouvre seules devaient assister les ames dignes.

demeurés

sons, énuméraient les intentions collectives de rÉglis<¡

au seuil de ce sanctuaire: le Dominus vobiscum et VOremus en sont les trh brefs et allusifs sourenirs.

Le premier acte du mystére va étre VOffertoire. £)e nos jours, un groupe de priores le marque : Vune, mobile, adaptée á chaqué jour, a chaqué fé te ; cinq autres, fixes, giu présentent á Dieu les offrandes et les offrants. Comme elle devait étre plus significative, Za cérémonie de VOffer■ íoire, aux temps anciens de V É glise! En procession¡ les fidéles venaient déposer eux-mémes leurs offrandes,

marquant ainsi fortement leur participadon. Que donnaient-ils? Du pain , du vin , d'autres nourritures, et aussi maintes autres choses, de Vor et de Vargent, ju sq u á des fleurs et des oiseaux! Sur la table spéciale, /e.s diacres

faisaient le tr i: d’un cote

les esphces retenues pour le

entre

eux,

/es ytáé/es, dcms une

su/fe

dVai!

Sacrifice. de Vautre tout le reste qui serait distribué aux

pauvres. Un chant te répons accompagnait ce défilé:

ainsi de la Messe entiére, VOffertoire était-il un des moments les plus frappants.

Au début du moyen age cette coutume peu a peu dis-

parut, sarcs doute par peur qu’elle tournát au

De nos jours, on cherche á la ressusciter syrnboliquement

par la trés belle pratique d?inviter les fidéles á placer eux-mémes dans le ciboire Vhostie de leur communion. Des traces pourtant subsistent de VOffertoire des premiers temps : la quéte qui correspond á son élément charitable:

le pain bénit , donné tour á tour par une famille , qui ?n evoque Vaspect communautaire: et méme la petite sornme versée au prétre quand on lui demande spécialement une

Messe et qui¡ en un sens,

tion ». Mais dans cette action devenue pri&re, Vessentiw demeure, la parole que le prétre va prononcer pour nous. Quand, tenant á deux mains la patkne oü il a posé Vhostia il la soul&ve dans un geste auguste , ce sont vraiment noíi

associe un don á une « inten*

désordre.

dons a tous, qu'il remet et présente au Seigneur.

\

C

E

pain

et

ce

vin que votre pretre Vous

presente, Seigneur,

je

veux

que ce soit vraim ent

mon pain, vrairnent nion vin.

(Test

moi

qui

Vous

les

offre

comme

si

je

pouvais

Ies

porter moi-méme, ainsi que jadis, sur la

table

pres de votre autel.

véritable-

m ent présent, par la foi et le don du cceur, par l ’attention et l ’accep-

tation

A

votre

Messe,

á

votre

sacrifice,

je

veux

me

sentir

de vos

mystéres.

Je

veu x

participer

á

cette

offrande

unánime

que

votre

Église

universelle,

de

siecle

en

siécle,

tend

chaqué

jour

vers

Vous.

Je

veux

étre

un

en

tous,

membre

d ’un

corps

unique,

brebis

d’un seul troupeau, afin que mon salut ne soit pas séparé du salut des autres.

á

Vous seul, pour qu’il en soit ainsi et que mon offrande soit agréée.

E t

c’est

á

Vous

maintenant

que

je

m ’en

remets,

Seigneur,

PRÉPARATION

PAI N

DU

ET

D

U

V

I

N

PAR LE PAIN

ET

PAR

Avec VOffertoire

commence

LE

cette

VIN

sanctijication

de lQ

matiére

dont la

Consécration

sera

Vaccomplissernent,

Deux esphces sont désignées pour étre ainsi présentées ¿

Dieu: le pain et le vin. Celles que Jésus lui-méme choisit á la derniere Cene pour étre les signes sensibles de son oblation. II est beau que ce soient d'humbles et simples produits de la Terre qui aient ainsi charge de donner q

Sauveur : le pain , la forte nourriture qui peut

suffire á la vie et jamais ne lasse : le vin , boisson qui faú

plus quapaiser la soif Car c'est pour le réconfort et lajoie que Noé le regut aprés les grandes douleurs du Déluge.

Vhomme un

Le pain de la Messe était originellement du pain de chaqué jour, pris seulement parmi le meilleur et fa$onné en galettes rondes afin qu’elles fussent fáciles á rompre, marquées de la Croix; c’est á partir du I X e siecle qu'on adopta le pain azyme, en souvenir de celui, non fermenté selon la Loi de Moise, que Jésus mangea pour sa supréme Páque. Le vin de la Messe est tout simplement

f le jus du « fruit de la vigne » que buvait le Maitre de son vivant sur terre; il n’est blanc que selon une coutume datant du X I V e sikcle, pour des raisons évidentes de propreté qui ne sont pas sans nuire un peu au symbole frappant du sang.

Car, en définitive, ce pain et ce vin , des Vinstant qu'ils sont présentés á Dieu, c’est en tant que symboles de la chair et du sang qu’ils sHmposent a Vesprit: VOffertoire anticipe sur la Consécration. Un geste liturgique le mani­ festé encore davantage: au vin versé dans le cálice, le prétre ajoute un peu d'eau. Ainsi que, dans le Christ, Verbe éternel et Sainte Humanité sont inséparables, ainsi que le Maitre est uni á son Église , les deux liquides se mélent. Au moyen age, on a souvent pensé que cette eau représentait aussi celle qui sortit de la poitrine ouverte de Jésus crucifié et la liturgie grecque, dans un rite pathé* tique, fait ici transpercer Vhostie d'un coup de lancette.

« Nous Vous offrons , Seigneur , ce cálice de Salut »» dit /e prétre. Mystiquement, le pain va devenir chair, vin va devenir sang: le Mystkre est commencé.

S

i

tu

ñ a s

rien

d ’au tre

seulem ent

tes

trav au x

beaucoup

de

d'hom m es la

repose

pain

qui

á

ofírir

au

Seigneur.

et

tes

peines,

i]

a

conté

beaucoup

sur

la

patene.

á

inorceau

présente-lui

d ’eflforts

ce

Si

ta

main

est vide

et

ta

bouche douloureusem ent seche,

offre

ton cceur blessé, to u t ce que tu as souíTert,

 

pour que

le vin

füt versé dans le

cálice

n ’a-t-il

pas

fallu

que

la grappe füt broyée et le grain ouvert?

Si tu n ’as rien en toi que le péché et l’am ertum e. la détresse de vivre et toute l’angoisse hum aine, que tes mains tendent au ciel ces pitoyables choses car la Misé- ricorde les a regues par avance á sa Cene.

E t si tu n ’as méme plus la forcé de présenter et d’im plorer, si tout en toi n ’est qu ’absence et abandon, en silence accepte seulement qu’un Autre se charge de toi pour toi et t ’assume, pour que l’Ofirande et l ’Offrant soient un seul don.

XIII

LES MAINS

PURES

l A VEMENT Aux Messes solennelles,

apres

VOffertoire, CojHm

 

DES MAINS

Vavait fait au début de la

Messe

des

Catéchumlnes

?

prétre erícense Vautel: « sacrificó des parfums »,

*

la liturgie d'Israel, et dont le sens est riche. La ^

de Vencens monte vers Dieu comme une prikre. « ¡je

ange se tenait á cote de Vautel, dit /’Apocalypse, Vencen soir d’or en mains