Vous êtes sur la page 1sur 115

'

Orient et Ouldent

OUVRAGES

DU

MtME AUTEUR

'""~tttM G~irok d 1ilf1dt- tks d«trJNS Jr,.ttdo,.s.

Ontfll t t OrciJ~111.

Autor,; Jpmtut llt ,

pou•oir ttmp«t l.

LI SJ•mbolt~''" dt /cJ Crqtx

us ltu11 mul11plt> U. r ltrt.

/.A nthJ.)()p/it~ntt hllttmt J "wtt p~lt/Jil()-UIJftOII,

L CntMr sp1ttlt

L Ht>mnw tt ~ Jt ~lttt nlott lt Vi-doAtd

Satftl ~tlfQrJ

Ûl \lilupltyvqw ontntolt

AJH rrvs sw 1 /luttUlHM

INIIUt/01'1 tl Rr~~.lt~tiOtlt .)pmtwllt .

,.,,(WS sw r il4llr~ duit i m

ituJt~ ~w lo Fru~te~\lu(Oitltnw tt k COif!lptutl'tOit""tt

ltiMits sur 1 H11vlo•r.nw Conrpus rtttthu

L tlOIUI.)ft~a, D.JJIIt

u Ro1 du Mollt.lt.

Lo CnJt du \loltdt nrodunt.

LI RC'f"' ût lu Quunm; ttlts S il tttJ dt.) Ttntps

L.tJ PnMtptl dw ~lt.J i rt/amtil imu /_

Lu Grultl!t Tmmt

Syn1/>oltJ

/Oitdumt• tuvx dt lu xrtn <r S«rtt

Aptt('llJ l W r t)OUtüMt /Jkmtu:pl# ~ ft Tœismt

Ft~rnws trudJtiOfiMilts tt C,cld co.lnuqws.

\liiiJitltl.

RENË

GUE.NON

ORIENT

E T

OCCIDENT

co.lnuqws. \liiiJitltl. RENË GUE.NON ORIENT E T OCCIDENT CUY TRÉDANlEL ~OrnONS DE LA MAISNŒ 76, rue
co.lnuqws. \liiiJitltl. RENË GUE.NON ORIENT E T OCCIDENT CUY TRÉDANlEL ~OrnONS DE LA MAISNŒ 76, rue

CUY TRÉDANlEL

~OrnONS DE LA MAISNŒ

76, rue Claude-Bernard 75005 PARIS

\liiiJitltl. RENË GUE.NON ORIENT E T OCCIDENT CUY TRÉDANlEL ~OrnONS DE LA MAISNŒ 76, rue Claude-Bernard
ISBN l·ISI2~U·IO Tous drol" de craduction, d'adapotlon <t de reproduction r é s m '

ISBN l·ISI2~U·IO

Tous drol" de craduction, d'adapotlon <t de reproduction

résm'és pour tOUJ pays

0 198) • LES 201'1'101<$ VEGA •· Paris

C

1987, l!ditlons de La Maùoic

A\'ANT-PROPOS

Rudyard Kiplin& a êuit un jour <tt mou : ê01t is

Easr orul IJ7eJt is JFeu. ond n a ·er tite tt<'Oin 1/tdJ m«t,

c L'Orirnt eot l'Orient et I'OccideDt eJt I'Oeddeot, et leo

4leax ne 1e rencontreront jamais. • Il e:Jt vrai qu~. C:Ùa.J

admenaot

I(Ue c la différente disparaît lorsque dewt hoiDIDes forts le trou, ·ent face à b ee aprt-J ilre ~caus des e:xtrémiti•

de la terre :t, maio. en rialiti. mtmt relit modific.ttioo D' <tl pas très sa tisfa isant<. rar il efl fo rt peu probable I(U'il ait son&é l i i une o: for<< ,. d'ordre spirituel. Quoi quïl rn •oit, l'babitud< ut d< tittr 1< prtmi<r

la •uito du texte, il

modifie cene af&nna tion.

\'tri

i1olément.

C'omme si

tout

C'C:

qui

rt l tait

daDJ

la

peno<e du lecteur était l'idée de la différence in1urmon· labie exprim<e dans re ''<rt: on ne peut doutrr que rene idée repréornte l'opinion de la plupart deo Européeoo, et DD y &<nt percer tout le dépit du ronquéran t qu i eJt

ceux qu'il c roi t a\'Oir va incu• et quelque chot& our quoi il ne nu ·

nit avo ir au cune pr·ise. Ma is. quel que 10it le sentiment

pea.t avoir donné n aina oce à une telle opinion. ce

.-,i DOUf intéreue avant tout. c'est de savoir si elle

.-ï

oWîai d'admettre qut NGJn ÏI pori<DI <D eux

Ht

fondée, ou

d an• qu<lle meoure

.,ne

1'<11.

Auuré-

-nl, à

eonsidé

,r

l'ttat actutl de•

ch otet. on

trou•e

.,ne 1'<11. Auuré- -nl, à eonsidé ,r l'ttat actutl de• ch otet. on trou•e

8 ORJ2NT

2T

OOCIDENT

de multipl~s indie6 qui oemhl~t la justifier ; et pour·

taat, ai noua étiont eutjèremeat de cet avi,

tiont qu'aucun rapprochement n'est poHihle et ne le

si noua pen·

ura jamai1

n oui n ·aurion.s

pu entreprit d•êcrire

t"t

livre.

Nou& avonl conscience, plw que personne autre peUt·

ëtro. de Ioule la distant e qui sépare l'Orient et I'Otori·

de.ot, I'Oec.ident moderne Jortout : du reste. daru notre Kinérak à fitulk <k1 docerinu IUNlo~•. 1

1~

n ou1 avo ns particulière ment insisté aur let d ifférence• , à

td point que certain• ont pu ~roire i quelque ex•&iU· lion de notre part. Now somm6 cepc11dant penuadê

que n ou.1 n'a,•ons rien dit qui ne fût risoureusement uaet : et noua envisasions en m~me tempt·, dans notre

eondusion. Ica condition& d'un rapproebe.ment iotdle.,. tud qui, pour être vraiaemblablement aues lointain, ne nou en apparaît pu moim comme poaaible. Si dour

D Oat noua élevions contre )es fauues usimiluions qu•ont

lcllÛca certain& Occidentaux, c'ell qu'el l e& ne lODI pu Wl des moindres obrtades qui s'oppoocnt à cc rapprocbr· me~~t ; quand on part d'une conception erronée, let ré· oultats vont souvent à l'encontre du but qu'on o'6t pro- poaé. En refwant de voir les chotcs telles qu'dlea 10nt

et de recon_nai tre «rtaints d iffêrtnees présentement i rré-

ductibles, on se coodamne à ne rie.n comprendre de la

qu'asgraver et

mentalité orieotale, et ainai oo ne fait

perpétuer 16 malentendus, alors qu'il faudrait s'attacher avant tout à les diuiper. Tant que les Occide.ntaux s'imo· fPJ>eront qu'il n'exiate qu'un seul type d'humanité, qu'il

n 'y a qu 'une « civiliution 1> à divers degr·és de d é,·e lop·

La vérité. c'est

pement

qu'il y a du civilisations multiples. sc diployant dans dea sens fort différents, ct que celle de l'Ocdde.nt mo-

derne préseote des caraetèrea qui en fonl une exception

uuUe entente ne •er• poMible.

en fonl une exception uuUe entente ne •er• poMible. 9 uoea AncuJière. On ue de'tTait jamais

9

uoea AncuJière. On ue de'tTait jamais parler de Jupério-

rité on d' ioiérionté d' UJio façon aboolue, aaua préeùer

-• quel npport ou euTiaeso Ica cboocs que l'on •eut comparer. en admettlllt même qu' ell6 ooient efJccôYe- - nt comparablea. n n'y • pa• de civilisation qui ooit 10périeoro aux autre& sono tout leo rapporta, parœ 'i"'il n'cat pas pOllible à l'homme d'appliquer éplemeot, ct à la foi.a, 100 activité dana toutes 16 clirectiou, et puce qu'il y a der déve.loppcments qui appan.iue.nt comme

incompatibl ea. Seule ment, il ett permi• d e penser qu'il y a nnc certaine himrcbic io obteroer, et que Ica chooeo de l'ordre iDtellectucl par exemple. mea t plos que celles de l'ordre matérid ; s'il en eu oinû, UJie eirilitation qu i ac montre îo f êrieure 1001 le prem ier rap · port, tout etl éeant iocontcatableme.nt IDpttieurc 110w le eecoad, 1e trouvera eaoore d.ésavaata&ée dans l'eMem· Iole, quelle• que puisJCDt être 16 apparence• extérie11· no ; et tel ett le cao de la civilitatioo occidentale, si on la compare au cit-iliaationa onentalea. Now aa•ona bi~ que ceue façon de \'oÎr choque la p-ande ma jorité d es Occidentaux. parce qu'elle cst contraire io tow Jeun pr é-

incé• : m.ais, toute quettion de •upériori:é à part

naillent bien admettre du moins que les cbooca auxqutl·

importance n 'intéreaen t

Y~itablement

qu'il•

Ica U. a uribuent l a

pins VIDde

paa forcément tous les bommes au mèmc degré, que cer· taiu a peuveat mëme les tenir pour parfaitement n~ i· et qu'on peut faire preUTe d'ioteJli&et>Ce autre- _, qu' en eonstnlÏIIDI dca machines. Ce tcrait déjl q11<lque chose ai IC4 Européen• arrivaient à eomprcntlrc

eela et se comportaieDt en conaéquence ; leur& rclatioaJ

nec 16 autres peup1C4 a' en trouYeraient quelque peu

IMC!i.fiéec. ct d'Wie façon fort nancacewe pour toul le

-ode. H•ia ce n'cal que

le té le plus extérieur de la

10 ORŒNT

ET

OCCtDENT

<JU~otioo : oi ln Occiclelllaox reeoonaiu aieot qu~ toUl

n_'nt pas forcément à dédaiper daru leo aotr

eiriliaa·

t~ooo poor la ~ule raiooo qo'eUn diffèraot de )a leur n~o oe lu empêd>erait phu d'étudier ca c:i<rilùatioo:

eo~me elle~doi•eot l'être. DotH •oulona dire oana parti pras de détUP'flDeDt et talll hottiJjté précoo~•e • et aJon

pu

tout 00 qui leur

~oque à eux-mêmn, aurtout au poiot de vue pur0.111eot •ote~leetuel. NatureUemeot, oou.o 1uppoto111 que eo ux - li ter~•eo~ par veo us, dant D.De œ rtaio e mnure tout au mouu, a la comprébentio.D véritable de l'etprit deo d.ilré· reotu c:iviliurioru, ce qui deœaude autre cbo.e que deo travaox de timple éruditioo ; tant doute, tout le moode n'ott pu apte à une teUe eomprébeotioo, llliÛ, ti quel·

que

P•?t. tuf&re pour ameuer tôt ou tard dn réou.hatt i.Dop·

ta ,

d'

'

~er , 1111

e~tre eux

par

oe

tarden.ieot

étude,

de

peut-être

~-

a apercnou ,

eette

U.Dt

le aout, comme c:'w probable malsré toul. c:ela

fait allutioo au r:VIe qoe

poun:a.n JOuer U.De ilite 111tellec:tueUe, oi elle arrivltÏt à 10

la

façon d un « ferment • pour préparer et diriser da 111 le ~no le ~l~ !a vor ab le une tra oslormatioo œeota l e qui

d,.\1-.endra lntYitl ble u_n jour ou t•antrf'. qu'oo le veuille

ou ooo. Certaina oommeoceot d'ailleurs i teotir pluo ou moi111 c:onfu.oémeot qoe les cbosea ne peuveot cootiouer i aller iodé&.Diment daus le même teno, et même i par· 1er. eonune d'U.De pouibilité, d'une « faill ite ., de la c(yj. li01ti~n ~i deol'lll~ ee qoe. oui n'aurait Olé la ire il 7 a peu d aooeeo ;. ~ ·ln n1.1eo eau.oeo qui peuveot proYo-

qner

5r~de par tie. Comme eel C&IQOI lODI pr&:ùéml'tll. CD meme kmps, eeUea qui empécbent toute entente eJitre I'Orieot et I'Occidenl. ou peut r etirer de leur ooD.Dai unce U.D double béoéliœ : travailler à préparer cette

pree:~~)~ No.,. •;?Dl. déjà

CODitllu~r da.Dt k moode occideotal, où elle aprait à

cette _failhte tcmbleot

eoeore

leur échapper 011

AVANT· PaOPOS

11

euttate, e'ett auui e'dforoer de détoorne:r la ea:tal'tro- phu don t I'Oecideot est menacé par u propre fank , ces deox hui! ~ tieonent de beaucoup phu prèa qo'oo ne pourrait le croire. Ce n'ell doue pu laire œune de

critique va ioe

comme nous nous le propoaooa ici eoeore e.D premier

lieü, leo erreura et leo illuoiooo occ:identaleo ; il y a à

cette

et purement oéptive qoe de déoooeer,

attitude deo ra t.Goo autrement profoudes, et nooa

n ' y apportoot au c u.De i.Dtention « oatirique re-tt~, co nv itndrah fon pe u à notre caractère ; ,

qwi ODt cru VOÎr ch ez DOUI qaeJ qoe chote de ce seore, ils te ooot étrao,cement trompét. Nous aimeriooa bieo

liner à

ce qui, da

il

en eat

m.ieax, pour notre part, n' a,·oir pom

ce travail plutôt iosrat, et pouvoir oouo contenter d' ex·

poR-r oe:rtaiDa vê.ritês UDJ a,·oir jamais à nous prêocea·

oous

ioterprétationJ qui ne foot que oompli·

qun et emhrooilkr lu queotioDS comme à plaùir ;

m.ai• force o ou.o at puû.que, si n ous n e

tout ce que nous pourro111 dire rüquero de demeuur iacompris. Du reale, li mime où aout eemblons uaJe- ment écarter d01 erreura ou répondre i deo objec:tioDJ, DOU! pouvo111 cependa.Dt trouver l'occ:aDoo d'upo•er des

cbo.H.I qui aieot une portée vraiment positive; et. par

exemple. m onlrt r pourquoi certaines tentatives de ra p·

procbemeot entr., l'Orient et l'Occident out échoué,

n 'ut -ce pat dEjà fa ire entrevoir, par contTOote, leo condi· lion' au:xquelleo uoe pareille ent.reprùe oerait anoeepti·

ble de réuuir ? Nout eopéroru

doue qu'on ne te mépreo·

tira pu eur not intentiont : et. sj noUJ ne eberebon1 pu

à cliuimuler leo dif&cu.ltéo et l es obotaeles, ai oow y iruâ-

d e tenir co mpte de œs cootio~oees, eommenço 01 par débl ayer le ttrram.

per des fa

-

IODS au eootraire:, c:"at que, pour pouv-oir les aplaniT oa leo ounnonter. il faut avant tout leo connaître. Now ne poaYODI a ou anê.tu à dea CODtidérations par trop •~n~

12 OJUENT

ET

OCODENT

daireo, now demander ce CJl'Ï plaira ou déplaira à du. cun; la CJ1>esbon CJl'C now envioqeom est autr<>Dent

&érie-use, même ei l'oo se bome à ce que nous pou"VODI

appeler seo aspecta extérieura, c'est-à-dire à ee qui ne eoocerne pas l'ordre de l'intellectnalité pure. Nous n'entendoll5 pao. en effet, faire ici un espo1é

~oetrinal, el ce CJl'" nous d.irona oera, d' une . manière géné.ral~, acœKible à un plus grand n omb re CJl'e lu

points de ,.,

CJ1>e nous avono traitéo dans notre l~&~rotkot:~

Cepen·

lion générak à r~ruk ti

tlodrines ~-

dant.

oet ouvra.se même

n'a

nu11eme.ot été écrit pour

CJl'CICJl'es

induit$ en e

tioJU sont d'ordinaire l'apanase des ~ruruu, qui les étu·

Went d'une façon pltl1ô·t rebutante et, à nos yeux, sana

intérêt véritable. Notre attitude est tout autre : il o'apl euentiellement pour now, non d'érudition. mais de

ce n'ett

titre a

à cet éprcl, c'est parce CJl'e Cel CJl'el·

« ~alirtes »; •'il

en

eJI

CJl'e son

compréhension "' ce qui est totalement différent;

point parmi les ct spécialisteo » CJl'• l'on a le plus de

chances de rencontrer les po

•.ion étendue et profonde, loin de là. et, sauf de bien

d'une compréhen·

U.ilités

rare1

t-xeeptiont

ce

n'est

pa.s aur

eux

qu"il

faudrait

compter pour former cette élite intellectuelle dont oou1

avon& parlé. li en est peut-être qu_i oot trouvé mauvaU que nous attaquions l'érudition, ou plutôt ses abot et su

dangers. quoique now now soyons abstenu soignewe- ment de tout ce qui aurait pn prbenter un cua etère de

polémique; mais une des railona pour lesquelles nou.s

l'avons fa_it

c'est précilémeot que «Ue érudition, al""ec

&eo méthode~ spéciale~, a pour elfet de détourner de cer· tai:nes chooea eeax-là mémes qui seraient le pluo capables de les comprendre. Bien des geno. voyant CJl''il s'apt des doctrines hindoues, et penUDt auKitôt aox travaox de CJ1>elqueo orientalirteo, oe dioent CJl'e c cela n'eu pu pour

orientalirteo, oe dioent CJl'e c cela n'eu pu pour 13 ewt »; or il en est

13

ewt »; or il en est certainement qui ont grand tort de penoer ai:noi, d à CJl'i il ne faudrait pas beaneoup d'ef. forto, peut-être, pour aCCJ1>érir des cotlllllissanœs qlli font

et feront toujoan défaal à ces

mêmes orientaliote~ :

r irud_ition est une eh~ Je U.YOÏr réd C-D est une autre.

d, s'ils ae sont pas toajoun i:neompatibles. ilo ne sont point néceiPÏrement solidaires. Aaorémeat. si rirüdi·

lion consentait à

, teDir au ran& d'auiliaire qui doit lui

uve:nir nonna.le.ment. noUi n"y trouverions plw rien à

rediff, puisqu'elle cesoerait par là même d'ëtre dange- reuoe. et qu'elle pourrait d'aillean noir quelque utilité; cbns ces limites., nous recoonaitriom doac très voloatien sa valeur rela tive. U y a des cas où la ct méthode bistori- CJl'O» e51 léptime. r.tais !"erreur contre laquelle now nous sommes ilevé consistoe à croire qu'elle e5t applicable à tout, et à vouloir en tirer autre ch<>&e que ce qu'elle

peut donner effectivement; nous pensons avoir moatri ailleurs 1 , et &a.JU nous mettre le moins du monde en CGDlrlldiction avec nous-même. qae nouJ aommes capa-

bi~ lorsqu'il

le faut,

d'appliquer

cette méthode

tout

ausai bien qu·un autre, et cela devrait auf6.rc à prouver

que noUJ n' avons point de parti priL Chaque question

doit être traitée SUÎ'"aat la mé thode qui eoovieu:t à sa

uture; e·est u.n singulier pb.éDDmène que cette coafwion des divers ordres et dea diven domaine~ dont l'Occident actuel nons donne habituellement le s pecUde. En IOCDIIle. il faut oavoir menre choque chose à sa place, d

aous n'avons jamais rie.n dit d'autre; mÙI, e.n faiaant

ainsi. on s'aperçoit forcément CJ1>'i l est d es ebOkS qui n"

peuvent être que secondaires d

port à d'autres, eu dépit des maoie~ ct égalitair~ ,. de

•ubordonnécs pu rap-

etrtaial d.e DOl CODiemporairu; et c'e1t 8ÙMÎ que rérudi·

ct égalitair~ ,. de •ubordonnécs pu rap- etrtaial d.e DOl CODiemporairu; et c'e1t 8ÙMÎ que rérudi·

01\J.ENT

n

OCCIDENT

tioa, là même où elle eot valable, ne saura.it jama.i• roo&ti· tuer pour a out qu'ua moyen, et noo u·ne 6.o en elle-

même.

Ces quelques explica tions aout ont paru oéceüairea

d'a.bord, noua tenons à dire re

pour plusieurs ra iaooa :

que nous pentona d 'une façon aussi netle qu'il nous est

<ourl i toute mépr ise s'il vieut à

pou ible, et i tôUper

s'e.n ~r~d~ire malçé nos préoaudooo, ce qu.i est à peu

pres aneVltable. Tout

en retonnai.uaot généralement 1 3

clarté de noa expoaés, on nous a prêté padou des inten·

tions que nous n'avon& jamais euea; nous auroos id l'oc·

rasion de diaaiper quelques équivoques et de prériser

cert.aina poi~ts sur lesqueh nous ne nous .ëtion, peutaëtre

pu .•uf6.~amm ent ~xpliqué pré cédem menL D'autre part, la davenJt<\ des IU)els que nou.t lra.itons clans nos études n'empêche point !"unité de la conception, qui y proftide.

et nou1 tenon• aussi à affirmer expretsém,ent cette unité, qui pourrait n'être pas aperçue de eeux qui envi&.a«ent

leo chotea trop anper6ciellement. Ces étu.des oonl même tellement liée• entre eUea que, sur bien dea points que n.o"' aborderons ici, nous aurions dil, pour plut de pr<lci·

e:ton. renvoyer aux indications compJémentair·es qui se trouvent dans not autres travaux; m•i• n oue ne ~'••ons

fait que

ble, et, pour tout le r este, nous nous cootentero<U de cel avertisPement d unni: une f ois pour toutes et d'uoe façon

go!nénle, afua de n e pas importuner le Jectear par de

trop nornbrcu aet références. Dans le

là où cela nous 1 par u sttietement indi.spenaa·

même ordre d'idëet.

nous devoot encore faire remarquer que. •qua_nd noa 1 ne

jnseono p

~ propoa de donner à l'expreuion de notre

peDtée une tournure proprement doelrinale, nout ne JlOllt en iatpiront pas moina eonstammen t des dottrinea

dont noua avons compris ),. vérité : c'est !"étude de• doc· trines OrÏentaJeo qut R OUS & {ait voi r let défauts de f'ÜC>-

AVANT·P ROPOS

15

eident et la fauu eté de ma.intea idées qu.i oat cou ra da~t• le moode moderne; c'est là, et là teulement, que nou.s

avont trouvé, comme nons avon& eu déjà l'oceasion de le

dire ailleura, deo cboaea dont l'Ooeident ne nous 1 jarn2ia offert le moindre équ.ivalent. Dano cet ouvrage pu plus que dans les autres, nous n'avon• aucunement la plilêiilÏôii d'tplliJer tootet lu

que.ttiona que noua seront amené à enviaa1er; oa ae peut,

~ee qu'il· noue semble, noua fa.ire çief de ne p mettre tout dana un seul livre, ce qu.i n oua eera.it d'.Ulenro tout

n e ferona ctu'iodiqner iei,

nous poun on.a peut-être le reprendre et l'expliquer plus eornplètemeut a.illenro, si lea eirconatan- nous le per·

meUent; aino~ ce1a pourra du moint auqérer à d'autres

des réBexiolM qui suppléeront, d'une fa çon t r èa pro6U· ble pour eux, aux développements que nous n'aurons pu apporter nouHDême. D eat dea cbosea qu'il eat parfois

même qu'on ne

peut s'y étendre, et noua ne penaona pu qu'il iOit p réfé- rable de lea puser entièrement tous silence; mais,

connaisaant la mentalilé de oertai.net se.na, nous croyi:ms

devoir avertir qu'il ne faut voir là rien d'extraordinaire. Nous ne savoru que trop ce que Ya!ent leo aoi-diaanl

« mystè res :o dont on 1 ti aouve.nt abuaé à notre époque,

à fait impouible.

Ce que nous

intéreaunt de noter incidemment,

Jors

et qui ne toni teh que parce que ceux qui en parlent sont le. premiers i n'y rien comprendre; il n'y a d e vrai mymre qU<: ce qui est inexprimable par •• nature même.

Nou-' ne voulons pas p rétend re. cependan t.

•ériaé 1o it toojoun ésa1em e.nl boo _ne à di r e. e: qu'il n ~y

ait pu des cas où une eertaine réserve a'impoae pour des ra.iaons d'epportunité, ou d ea cbosea qu'il aera.it plut da.n - letellx qu'u tile d'expoaer publiquement; maïa cela nr ae rencontre que dana certaina ordre• d e eor>naiuanee,

tout e

qu e

somme toute auez restrein t.a, et d'ailleura, a~l uout an"'e

16 O&JUCT

ET

OCCD>ENT

l dea chœea de ce seure ', noua

ne manquont pu de déclarer formdkment ce qu'il en Cil, una jamaia faire ÏJ>tervenir auCUDe de cet prohihi· tiooa chimériques que les écrivaint de quelquea écolea

mettent en avant à tout propot, soit pour provoquer la

curioaité de-1e urs l ect eun, aoit t out simplement pou r dia.-

aimwcr leur propre embarru. De teh artifi«s oouJ toot

tout à lait étransers, non moiJU que lu fiction• pllrtment littérairea; n oiu ne noua propotona qu.e de dire ce qui en, dant la meture où noua le con.naioaona, ct td que nou• le connaiuom. Noua ne pouvom dire tout ce que

touveot

noua pentolll, parc·e gue ed e nous e ntratoe

trop loiD de notre sujet. et auni parce qu.e la pentéc dé-poue toujours Ica limites de l'expression où on veut l'enfermer ; mais nous n e disoJU jamJOis que ce que noua peotons réellement. C'eat pourquoi noua ne aaurions

parfoio de faire

Ihuion

rait

admettre

qu'on

dénature

nos

i.ntentiona,

qu'on

nous

bue· dire autre chose que ce que nous disona, ou qu'on

cherche i

découvrir, derrière co que nous diJoo~ noua

ne uvont qudle pensée diuimulée ou dépilée, qui et1

parfaitement imapo.aire. Par cooue, noua seront tou·

jours

poinll au r leaquela il leur paraîtra aouhaitable d' avoir de plus amples édairciasemenu, et nous nons efforcerona de leur donner utisfaction par la auite; mais qu'ils veuil· lent bien a.ttendrc que now ayona la pouibilit<i de le faire. qu'ill ne se hâtent p oint de co:nclure sur du don· néea insuffisantes, et, sunoul, qu'ils se sardent de rendre auCUDe doetriDe reapo11.1able dea imperfectiona oa dea laeanet de aotre exposé.

reconnaisaant

à

ceux qui

noua •isnaleront

dea

de aotre exposé. reconnaisaant à ceux qui noua •isnaleront dea • PR.EMIERE PARTIE ILLUSIO!\"S OCCJDENTALES 1

PR.EMIERE

PARTIE

ILLUSIO!\"S OCCJDENTALES

de aotre exposé. reconnaisaant à ceux qui noua •isnaleront dea • PR.EMIERE PARTIE ILLUSIO!\"S OCCJDENTALES 1

1

ŒAPITRE PREMIER

CIVILIS~TION BT PR OGRÈS

L A eivilitatioa O«ideatale moderne appanlt dant l'hitto!re comme une "éritable anomalie : par- mi toutes ceJieo qui nous iont conaues plu• ou

- u complètement. cette ciolintioa «t la .eule qui te Mit dé,·eloppée daM un se.u purement matérieL et ce ~Yeloppement momtrueux. dont le début coïncide a\·ec te qu'on Hl con.-enu d'appeler la ReniÏUADtt, a iié etcompap~é. comme il deuil ntre fatalemeJil. d'=e

ricreuioa intdlectuelle corrtspondante : nous ne diton•

, équi.-alente. car il o'apt là de deux ordr« de cbo.es

ntn leoqueh il ne un rait 9 avoir aucune commune me- nre. Cette ré,rusion en el! arrivée à un tel point que lu o.ddentaux d'aujourd'hui ne oa•·eat plw ce que peut

l"intellectnalité pure. qu'il• ne !OUJ>tonnent mê-

, que rien de te-l puiue exilter : de là leur dédaio. non

- toment pour lu dvilisationJ orienllleJ. maio même .,.ar le moyen ir;e europien. dont l'esprit ne leur

ppe p~ère moin• comp l~ttmenL Comment fo ire eom- f"ll dre l'intér~l d 'une connaisoance t ou te opéeulative à ,eno pour qui l'intell ir;ence n'est qu'un moyeu d'asir -la œatihe et de la plier à des fi ru pratiques, er pour .U la Kience. daru le KIU r~treiut iiJ l'entendent.

ftut ourtout dans la me$Urt où

•noeep-

!le

est

pour .U la Kience. daru le KIU r~treiut où iiJ l'entendent. ftut ourtout dans la me$Urt

20 OIUE:'rT ET OCCUI.ENT

20 OIUE:'rT ET OCCUI.ENT 21 tible d'abouti.r à des applieatious indwtridl ? oatila ( C),

21

tible

d'abouti.r

à

des

applieatious

indwtridl

?

oatila (

C),

et d'en varier indé6nlment la fabrieatioo • '.

l'iow

n"exaséroiU

rien

 

il

n'y

a

qu'à

rtpnler

Et VM'Ore : c L' intelligence, même quand elle n'opère

qui sont cellea mêmes de la matière inorpnùée. Elle est

autou.r

de

soi

pour

se

rendre

compte

que

telte

plat mr la matière brute, auit le~babirodes qu'eUe a COD·

nt bien la mentalité de l'immense aujorité de nos con· temporaios; et l'examen de la philosophie. i partir de Bacon et de Descartes, oe pournit que coafinner encore te• constatation~. Now rappeUerono uulement que Des.

tractée~ dana eette opération : elle applique des formee

faite pour ce senre de trnail. Seul, ce seure de travail la utisfait pleinemenL Et e'ttt ce qu'elle exprime en

cart<'l a limité l'intdligence à la raüon, qu'il a ueigné

diunt qu'ainsi aeulement elle arrive à la dittinction et

pour unique rôle à ce qu'il croyait pouvoir appeler métaJ

i

)a darté • •. A cea derniers tniu~ on rt-conoait ianJ

physique de servir de fondement à la phy1ique, et que

peine que ce o'eat point l'intelliseoce elle-même qui <JI

cette pby1ique elle-même étùt eueotidlement destinée,

en ca~ mail tout ai_mplement la conception ea.rt<ésienne

daM •a penlée, à p réparer la con1titution de~ ecieoe<'l appliquéu. méeanique,médeeine et morale, dernler terme

de l'int.Uil!ienee, ce qui est bien différent ; et, à la super· atition de la raiton. la « philosophie nouvelle • · comme

du eavoir humain td qu'il le concevajt; le~ tendaneu

diuot tet adhérena

en subttitue une autre, plus j!rOt ·

qu'il af6rmait aioJi ne aout-eUes pas déjà odlu-là mêmes

aière encore par œrtairu côtés. la superstition de la ri~.

Le rational isme.

impuiuant à s ·élevu jwqu •à la ,~iritê

qui caractérieent à premjère vue tout le développement du monde modeme? Nier ou iptorer tou!le coanaùaa~~œ

pure et tup r a•rationaelle,. c"était ouvrir La voie qui de.-ai t

mener losique-nt, d'une part, au potitivàlme et à l"agnottic.isme. qui preoJJeot leur parti des plw écroitea limitatioae de l"intelliseoce et de aon objet, et. d'autre part, à toutu lu théories uotimentaliatea et voloataria-

aboolae, lùsait du moiot subt iiter la vérité l'dative; l"intuitionnüme contemporain rab.;ne cene vérité à aétre plus qu'une repréaentation de la réalité senJible, dana tout ce qu'elle a d'inc:ontinaot et d'inceiiamment c:~u.o&eant: eo6n. le prap;matitme achève de faire éYa· nooir la notion meme de '·érité en l'ideotwant à celle

tes. qui a'efJorcent de chercher dam l'infra·ratioaoel ce

d"utilité.

ce qui re,~ïent à la iupprimer purement et t im·

que la raiaon ne peut leur donner. En effet. ceWt qui, de

plement. Si nous 1\0RJ

un peu &ehêmatisé les cho~tt,

n ot joun, veu_leot

réagir

oontre

le.

ration•1iame,

n'en

acceptent pu moino l'identi.6cation de l'intelligence tout entière avec la aeule raison, et il• croient ~ celle-

ci n'ut qu'une f acultJé toute prllique, inup able de aortir

du domaine de la matière; Bersaon a éerit textuellement ceci : « L"intelligence, eovi!asée dam ce qu.i a> paraft être la démarche ofisineUe, est la faculté de fabriqtlft d e• objeta ar1mciels, en p artkulier d<'l outiiJ i fwe dea

(1)

L 'Eoolorioo -- · p. U1.

aou

ne

les avon1

nullement

défi.gu.rées,

et,

queUes

qu'aient pu ëtre les phases iotermédiairO$, les teodaocu fondamentale• sont bien œiles que nous venons de dire; let prapatillea. en allant jusqu'au bouL se montrent lea plat autheotiqutc reprélentanta de la pa>sée occidentale moderne : qu'importe la ,-érité dam un monde dont les upiratioD.L étant uniquement matérielles et aentimen· taka, et non iotellectneUes, trOnTeot toute utitfaction dans l'industrie el danJ la morale, deux domaines où l'on

(1)

llW.

p.

114

22 OatE~T ET OCCU>ENT

oe paue fort bien. en effet, de concevoir la vérité? SaM

doute, oa o·~oest pas a.nh•é d"u.o teul eoup à eette utti·

mité, et biea

des Europôens proteateN>DI qu'ils a 'en toDI

poiot encore là: mail nous peosoDJ JUrtout ici aux Amé·

ricains, qui en soat à une pbue plus « a•·aacée ». ti l'o~

peut dire, de la mime civiliJation : mentalemeat awu

bien que aéocnphiquement, l'Amérique aetuelle est o-œi. ment l' c Extrime·Occident » : et l'Europe suivra. uns aucun doute, si rien ne vieut arrêter le déroulement d-' con•équencet impliquiet dan s le présent état des cbouo. !\lait ce qu'il y a peut·itre de plus utraordinaire, c'est la prétention de faire de cette civiliution anormale le type même de tonte chilitation. de Il rtprder comme

c la chiliJation » par u«l1ence. ' 4 oire même comme la

aeule qui mérite ce nom. C'est aussi, comme complement de cette illusion, la croyance au c progrès», envisagé d'u,ne façon non moins absolue. et identifié naturel!~ ment. dan t ton uoence. avec ce développement matériel qui absorbe toute l'activité de J'Oocidental moderne. D

ett curieux de constater combien cert.ainu idéee ar·rive·at promptement à se répandre el à s'imposer. pour peu, é,i.

dcmment. qu'eUes répondent aux tendances aénéral011 d'un mil ieu el d'une époque; c'ts t le cu d~ <es idéel de

c ciwiliut ion • et de « proçi-s », que tant de &e:•

croient volontiers uaiverseUes et néeeNaires-. alors qu'elleJ aont en réalité d"iovention toute récente. et que., aujourd1lui encore. let troi1 quarts au moins de l'huma· n ité peniltt.nt à les Îp10rtr ou à n'en tenir aucun compte.

Jacquet Bainville a bit remarquer que. c si le verbe civiliser 1 e trou•·e déjl nec la sipificatioa que aout lui prêtono chez lu boat auteurs du XV!n" ti~de, le tUbflan· tif rivili.solwn ne ae reacontrc que cbez ),. économiste. de l'époque qui a précédé immédiatement la Révolution. littré cite un exemple prit ehez TursoL littré, qui avait

cite un exemple prit ehez TursoL littré, qui avait 23 dépouillé tonte aotre littératare. n'a pu

23

dépouillé tonte aotre littératare. n'a pu pu remonur plw loin. Aimi le mot ciri.Liaatioa n'a pu plw d '"" •iècle d demi d 'exitunce. D n'a fiDi par en~r d.uu le dictionnaire de l'Académie qu'en 1835, il y a ua peu

mu.in.i de cent aM

L'antiq-uité

doat oow vivoa.s encore.,

n'avait pu non plw de renne pour rendre « que nous

n~tendont par civilisation. Si l'on doDOait- « mot·là à traduire d.uu 110 tbème latin, le jeune élève oenit bien

tmburauê

la vie des idées. Le mot de civilisation. dont nos ancêtnt se p&llllient fort bien. pellt-être parce qu'ila noient la

<hoc. t ' ttt répandu an

nouvelles. Les déconnrtes ocienti!iques, le développe- ment de lïndwtrie. da commerce. de la prospérité et du

hien·ê:l.re, a,·aient créé UJle eorte d"eothouaiaame et même

de propbéù •m•. L.o ~on ception du pr~• indwi, appa· rue dans la >«<nde moitié du X'fln• .iède. coneonrat à tonnioere l'espèce humaine qu'elle était entrée dau une he oounlle, eelle de la eivilitAùon aboolae. C'011t à un prodipenx utopiote. ~:·n oublié aujourd'hui• .Fourier, que l'on doit d 'appeler la période coatemporatne celle tk la civili.,.tion et de confondre la civilUation avec l'qe

c'était donc 1• degré de déore-

loppement et de perfectionnement t uque! le. natiou

au xiX" siède. Ce terme,

L.o vie d011 mots n'est pas indépendante de

XIX" siècle tout l'iuftuenœ d'idées

mod.erae

La civilitatioa

eu ropéennes étaieot pan'tnu

tompris par tous. bien qu'il ne fùt dé6ui per personne, embraNait à la fois le propèt matériel et le progrà moral l'a:n portant l'autre. l'u:a uni à l'antre. inl<!pan- Lles tous deux. L.o civilisa tion. e'était en somme l'Europe

e1le·mérne, c'était 110 brevet qne te décerDOiit le monde •uropéen ,. •. C' t Il exactement ce que nous pcnsou

nou_s

même; ,

,.,

(1\

l

rP- $56.)17.

et DOU.6

4e r.

ct

avoD.J

il.-h••

ttau

:

.,

;f

l

c-

faire

cette

-~

,.a,

1

,

titatioD,

~l'ln 11'11.

Oan:NT ET OCODIENT bien qu'die soit Wl peu loftEUe, pour montru que nou! ne somma

Oan:NT ET OCODIENT

bien qu'die soit Wl peu loftEUe, pour montru que nou! ne somma pu teul li le penser.

pour montru que nou! ne somma pu teul li le penser. tS est très lé«i· bles,

tS

est très lé«i·

bles, c:' est autre ehose, et, comme c:e ~

lime, on ne peut dire qu'il •·.p en ee cu d'idéel ayant

e

AiAti. e~ deu x idéel de « civilii a tion •

e t

de

c pro-

pria n• i•Ance à un moment détumi.Dé;

pe:u

import.t

srès ., quJ fOOt

fo rt

Ôtroi~ment utocika,

De

date nt

qu'dlea aient été exprimée~ d'ut~e façon ou d'une autre.

l'ane et l'outre que de la seconde moitié du xvtn' sitde.

et, si un terme est commode. c:e n'at pu paree qu'il e<l

t'uc

à.dire

de l'époque qui. entre autres cbo~e~,.vit n~itre

auui le matérialiJme' ; et elle; forent iurtout propar;éeo et popularicéeo par les rëveurt soeialiJ tes du début du XJX' oiècle. 11 fout con,·e nir que l' hist oire des idée• per4 met de fi ire parfois du constatations assez •urprenontef. et de réduire certllines imar;inotiont à leur juste valeur; elle le pennellrait su rtout •i elle était faite e t étudiie comme elle devrait l'être. si die n'étoit, comme l'lùuoire ordinoire d'oilleun. fal•ifiëe par des interprétltions ten· doneieuses. ou bornée à de• tuvaux de simple érudition. à d'in1ir;niliontes recherches sur des points de détail. L'histoire vroie peu t èrre dan,ereu~e pour eertlin 1 inté. rèts politiques; et on est en droit de se demander si ee

n·e•t p&l pou_r C'eUe rai.son que eert.inu méthodes

en te

domaine. sont imposée• of6dellement à l'n:dusion de

toute• les

autres : conlCiemment ou

non.

on

écarte n

prWri tout ce qui permettrait de ••oir cloir en bien des

l' c opin ion publi·

cboses, et c'eot oinoi

que

se

forme

que ». M ai s r e v enon• •u~~ dtu"< idées dont noua venons

leur a5Sir;nant une origine

uniquement en vue celle

ocuption absolue. et illusoire selon nous, qui eil celle qu'on leur donne le plu! communément aujourd'hui. Ponr le •ens relotif dont les mêmes mots •ont su~œpti·

de p~rler.e t pr~cisono que. en

10111 ra pprochee. no ua a,·ons

e t pr~cisono que. en 10111 ra pprochee. no ua a,·ons de création rétente que nouJ

de création rétente que nouJ , ·oyom dea incon,-énienu à

aon e.mploL Alru i nouJ disons oou.s--même trê·s ,-.oJontieN

qu'il exùte c de1 eiviliutions • multiples et diverses; il oerait auez dif6eile de définir exactement cel ensemble complexe d 'éléments de différen u ordre~ qui constitue ce qu'on appdle une dvilisation. maù néanmoint cbac:un Ait auez bien ce qu'on doit entendre par là. Nous ne pensons même pu qu'il soit nêcc:üaire d'euayer de rea· fermer dans une formule riEide J., earac:tèreJ !éaéraax de tou:e civilisation. ou les earKtheo partic:uUen de telle eiviwatioa détermink; c'est là un procédé quelque peu arti.6cid. et noU< nous délions r;randement de ce< cadres étroits se complaît l'esprit ayatématique. De même CID'il y • c deo ciYilisatiouo ,., il y a auai. au coun du d~elop pemeat de chacune d'elles. ou de c:eru ines pério- de. plw ou moins restreinte~ de ce dévdoppement. c de•

prog-ès »

portant.

non

point sur tout

iodi.stincte:mmt.

mai; su r tel ou td domaine défini: ee n'est là. en ~<~mme. qu'une autre fa çon de dire qu'une eiviUsation se déYe·

loppe dans un certain te-nt,. dana une certa.ine direction ;

aaai o, comme il y a det progrès. il y a aw&i des réç lio01, et parfoil même les deux cboses se o roduùeot IÙDuhanément dana de1 domaines düférents. Donc. DODI 1 iasistont, tout cela est éminemment rdatif; si l'on veut pra~clre les mêmes mo:s dan& un seru ab1<1la. ih ne cor· -po ndent pluo à aucune réoliti. et c'est jastement aJon qu'ih rtpréeeutent cet idées noDYdles qui n'ont c:oun .- moins de denx sièdes. et dan• Je .eul Oc:ci- oieDL Certes. c le Progrès • et e la Ci'l'ilùatioa •· avec

de denx sièdes. et dan• Je .eul Oc:ci- oieDL Certes. c le Progrès • et e

26 OIIŒNT ET OCCIDENT

cka majuaculea, cela peut faire nn excdlent effet dans

certaiDeo pbraaea auui cuuaea que déclamatoiret, tna propret 1 impresaionner la foule pour qui la parole aert

moiDal

à ee t.itre, cela joue un raie d~ plue importa nil dana l'ar·

&enal do formulee dont les « diriseanto » contemporain•

ee aervent pour accomplir la siu~ère œuvre de eugsea· tion collective nua laquelle la mentalité apécifiquement moderne ne nu rait auboieter bien longtempa. A cet ësard,4 noua ne ttoyons pu qu'on ait jarnois remarqué auf6um· meat l'anal011ie, pourtant frappan te, que l'a.etion do l'orateur, notamment, présente avec celle de l'bypuoti· seur (et celle du domp:eur est ésalement du mlme ordre); noua aip>alous en pasaant ce sujet d'étudea à l'attention dea paycholo!Ues. Sana doute, le pouvoir des moll a'ell déji exercé plus ou moins en d'autns temps

que le nôtre: .,

cette sl3•nteeque hallucinotion collective por loquelle toute une portie de l'humouité en est orrh·ée i prendre les plua vaines chimères pour dïucontestables réolitéJ:

et, pormi cea idole• de l'eeprit moderne. celles que nouo

exprimer la pe&ée qu'à •uppléer laon abaenoe ;

;,

ce dont ou n'a pa• d'exemple. c'est

dinonçont préae.nte.ment

cieu1e1 de toutes.

Il noua fout revenir encore sur la senè•e de l'idée de progrèa; diaont, ai l'on veut, l'idée de prosrès indéfini. pour mettre hou de cause ces progrèa •péciaux et limitée

dunt nout n•entendons aucunement contester l"existençe.

C'eat proboblement chez Pascal qu'on peut trouver lo première troce de oette idée, oppliquée d'oilleura i un 1e ul point de vue : on eonnait le pasuge ' où il compare l'bamonité à c un même homme qui oub!i!te toujoura et qui apprend continuellement p"ndont le coura drt oii>·

sont peut--être

le.a plus

perni·

(1) ,.,_,

,

d

1'urill 4· J'id,,

le.a plus perni· (1) ,.,_, , d 1'urill 4· J'id,, 27' des :o, 1:1 où il

27'

des :o, 1:1 où il foit pr.,uve de oet esprit antitraditionnel qui est une dea putieuliTitts de J'Occident moderne, déClarant que c ceux que noua appelons oncieu• ét.•i.en~

vt.ritlblement nouveaux en toutes choses», et qu llnll

Ieura opioion• ont fort peu de poida; et, so~ ce rapport,

Pa!ell avait eu au moin1 un précurseur, pu11que Beoon

ovait dit déjà avec lo même intention : AntiquitoJ sœcuU, juventw mundi. Il ell facile de voir le sophi•~e iDcoo·

ae base une telle couceptton : ce

aophismr conoitte i ouppo1er que l'humanité, dant son eo•emhl e. ouit un développement continu et unilinéaire;

, en

scient sur lequel

cell là une vue <!minemment « simpliste», qui

contradiction avec tout le1 faiu connUJ. L'bi1toire nout

montre eu effet. i toute époque, dea dviluation• iDdépen· dantes lt1 un es des ou tns , oouvent même divergeutea,

dont c"rtain

niÏJI<nt ,, ae dtv.,Ioppent pendant que

d'autre• tombent en déeadr nce "t meurent. ou toDt anéon· ries brusquem.,nt dan1 quelque catacl)'Jme; et l"' civili·

01 tioru nonvellea ~ recueillent point toujours

l'btritase

des

ancien_nee.

Qul oaerait soutenir

1érieusemen~ pa~

exemple, que leo Occidentaux moderne. ont pr~fité, 11 indirectement que ce aoit, de la plupart des connauoa.acu qu'avaient oceumu.léea lee Chaldéens ou l es f.sypttens,

uni parler de• ciriliutiono doat le nom même n'el! pas porveou ju8qU'à no u 1? Du reste , ~1 n'7. a pa• beJ~ÏD de remonter ai loin dans le paué, puuqu tl est deo •• ,nee• qui étaient cultivée• daa1 le moy~nige ~uropé~n; et dont on n' 1 plua de no• jours la motndre tdée. St 1 on v~ut

con

qu'euvisa3e P aacal (qui l'oppelle trèa . improp~~ent c homme Wl.Îverael :o). il faudra doue dire que, a il u t dea périodea où il oporend. il en est d'antrea où il oublie, oa bien que, tandia qu'il apprend certainu ch01ea, il en oublie d'aarru ; mois!. réolité eat encore pluo complue,

,rver

Jo repré1eot1tion de l' «hom me collect1f »

28 ORIE<T ET OCCIDE:'ôT

puisqu'il y a simultanément, comme il y en a toujour; eu.

det eivili.utions qui ne se pénètrent pas, qui t'ignorent mutuellement : telle eu bien, aujourd'hui plus que jamais, la situation de la civiliution occidentale par rap· port aux civilisations orientales. Au fond, l'origine de l'illusion qui s'est exprimée chez Pascal est tout simple· ment celle-ci : les Occidentaux, à partir de la Rena is· eance. out pris l'habitude de se considérer exclusivement

comme les héritiers et les cont.inu.~~teuu de l'a_tlliquité

-et de mëcoona.itre ou d"ignore,r sy5têmati·

gréco

romaine.

quement tout le reste: c'est ce que n ous appeloru le « préjugé classique ». L'humanité dont parle Pascal corn· menee aux Grecs, elle se continue avec les Romaini, puis il y a dans son existence une discontinuité cor~pondant au moyen âge. dans lequel il ne peut voir, coaune tous 1••

gens du xvn• siècle, qu'une période de &omme,iJ; enfin

vient 1~ R enaiuance. c'est-à-dire le r éveil de cette huma· nité. qui. à partir de ce momenL sera composée de l"en· semble des peuples européens. C'est une bizarre erreur. et qui dénote un horizon mental oingulièrement borné, que celle qu i consiste a prendre ainoi la partie pour le

tout: on pourrait en découvrir l'inBuence en plus d'un

domaine :

les psych ologues. par exemple. limitent ordi·

nairemeot leurs obsen·ations à un seul type d'humanité.

ils étendent ab~aivemeot les

I'Occid<Ontal moderne. et

réiultats aio.ii obtenu_s jusqu·à préte.ndre en faire. un s

exception. des caractère• de l'homme en général. JI est esaentiel de noter que P a•cal n'envisageait encore qu'un progrès intellectuel. dans les limites où lui-mémt

et aon époque concevaient l'inteUectuaJjté; c"e&t bie.n ,~tri

la 6n du xvm• siècle qu'apparuL avec Turgot et Condo" cet, l'idée de proçès étendue à tous les ordrea d'activité:

et cette i dée était aJon ai loin d'êtr e généralement accep· tée que Voltaire s'empresaa de la tourn<Or en ridicule.

que Voltaire s'empresaa de la tourn<Or en ridicule. cmu54TION ET PIOCilÈs No~a ne ponvono sonr;er i

cmu54TION ET PIOCilÈs

No~a ne ponvono sonr;er i faire ici l'hùtoire complète des

divenea modifications que cette méme idée subit au conn du XIX" siècle, et des complications pseudo-scientifiques qui y furent apporté<Os Jonque, sous le nom d' c évolu· tion :1>, on voulut l'appliquer, non ploa seulement à l'bu· manité, mais i tout l'ensemble des êtres vivan~ L'évolu· tionnisme. en dépit de multiples diver~enc<OS plus ou moins importantes, eJt devenu un véritable dogme o!6-

comme une loi, qu'il est interdit de cfu.

ciel : on e.,

enter, ce qui n'est eo réalité que la plus gratuite et la phu mal fondée de toutes les hypothèses; à plus forte raison en eat·il ainsi de la conception du progrèa humain, qui n'apparaît plus li-dedans que comme un oimple cas particulier. lllais, ovant d 'en arriver li, il y a eu bien des

vieis1itudes, et., parmi les partisans même1 du progrès, il

<On eat qui n 'ont po s'empêcber

de formoler des rése"es

asses çaves : Auguii<O Comt"- qui avait commencé par être disciple de Saint-Simon. admettait un proçès indé· 6ni en durée, mais non ea étendue ; pour lai, la marche de l'humanité pouvait être repréoentée par une courbe qui a un<O asymptote, dont elle se rapproche indifiniment

!IDJ jamais l'atteindre, de telle façon que l'amplitude du proçès ponible. c'est·à-dire la di1tance de l'état actuel

,igne

i l'é~

idéal.

représentée

par celle

d<O

la

conrbe i

l'aoymp:ote, va sana c.- en décroiuanL Rien n·est plw facile que de montrer les confusions aur lesquelles rep060 la théorie (antaisute i laquelle Com1e a donné le nom

de « loi de s troü états », ~~ dont la principale contù t e

i tuppooer que l'unique objet de toute connaiuance

poNible .,.t l'explication dea pbéoomèn<Oo natnreù ;

- e Bacon et Pascal, il comparait le& anciens à des

eafants, tandia que d'autres, i

oat c:n1 mieux faire eo lea uaimilant aux aauvages, qu'il• ap pellent des c primitüa ». alo ra que, pour n otre p art,

une époque plua récen.t.,

30 OUI:rfT lET OCCIDE!'fT

noua les rqardona au contraire comme d D'un autre eôté, certainJ, ne pounnl faire autrement que de cotUtater qu' il y a dea hauta et dea bu datU ce qu'iJa counaiNeAt de 11Uatoire de l'bDJD&nité, eD SODI

TCUUI à p

d'uo c ryt1Jme du proçh Jt ; il aerait

d~éaérél •.

ler

peut-être phu aimple et pl01 l.,Pque, daaJ ceJ condi:ioni.

de ae plna parler de proçà du tout, mail, comme il faut aaungarder à tout pr:U: le dopne moderne, ou aup- pooe que c le proçh Jt exiote quand même comme ritul-1

taule 6nale de toua 1

rép-tllioru. Cea rut.riction• et cea dilcordan- denaieut do110er à réfléchir. mail bien peu aemblent s'eu aperee-

Toir ; lea différent

entre dies, maio il dem.eure entendu qu'on doit admeure

le prop-ê.a et l'évolution. oans quoi oo ne uurait proba· blemeat avoir droit i t. qualité de c civilisé ,

Ua autre point ett encor<: dipl e de remarque : oi l'on

reehercbe quelles aout l<:a branchu du préteadu prop-ès doat il est le pluJ souvent qu<:alion aujourd'hui, œlles

au.xquell<:t tout<:a lea autres oemblent u ramener d>n! la petUée de uoo contemporaim. on s'aperçoit qu'elles "' réduiocat à deux. le c pr o ;;rès nutériel Jt e t l e c pro~r~• moral Jt ; ce aout lea aeulea que Jacqu ea Bai o,.îJie oir meotioUDéea eomme comprises dans l' idée courante de

prop-èo partielo et de toutet lu

écoles ne peuvent oe mettre d'a~rd

« civilisation • , el DOUI pensons que c:·ut av e-c: r-

hon.

Sans doute, certains parlent bien encore de " proçès iutellectae.l Jt. mois cette expreo•ion. pour eux. etl et;en·

Jt. mois cette expreo•ion. pour eux. etl et;en· ll tiellemat ty110IIytae de c proçèt acieatihque Jt,
Jt. mois cette expreo•ion. pour eux. etl et;en· ll tiellemat ty110IIytae de c proçèt acieatihque Jt,
Jt. mois cette expreo•ion. pour eux. etl et;en· ll tiellemat ty110IIytae de c proçèt acieatihque Jt,

ll

tiellemat ty110IIytae de c proçèt acieatihque Jt, et elle l'applique aurtout au dévdoppemeat dea acie- apé- rimeatalea et de leurs applicatioaa. Ou voit doue repa· raitre ici cette dép-adation de l'iat~eace qui aboutit à l'idcatifier avec le pla.a restreint et le phu inférieur de loua ses oaasu, l'action sur la matière eu YUe de la

aeule u!ilit~ pratique ; le soi4isant c prop-èa iatelle~

tud Jt n'ott plus ainsi, eu déhitive, qu.e le c proçft

- térid Jt lui·mê.me, et, si l' iatclliseac:e il faudrait accepter la dé6aitioa qu' ca

a 'était que cela,

do110e B~rJS<~n.

A t. vérité, la plupan dea Oc:eidentaux aetaelo ne con· çowent pu que l' iatdli&eaee ooit autre cbœe ; elle ae ridait p o ur eux. IIOD pl111 même i la raison au 1et11 ear-

de cette raiJon, à

l<:t phu élê.mentair<S. à c:e qui demeure

loojoun en étr o it~ li mon a v ec ce m o ade se nsible doat

le c hamp uaique ~~ ex c huif de leur aetiYité.

Pour ceux qui savent qu·il y a autre cbose et qui per· siotent à d o nner aux m ots leur vraie ~i6cat ioo, ce n'e.t point de c proçès iateUectud ,. qu'il peut a'.P. i notre époque. mail bien au contraire de die•· denee, on mieox encore de déehê•nce iotelledllelle ; et. parce qu'il Cil d<:t voies de développemeul qui sont

iaœmpatibl

e ut li précùiment la rançon du c pro-

pèt matériel lt, le Knl dont l'exiJteuce an eonu de• 4enûen aiècle• soit un fait réd : proçès JcieutiJjqae •i l'na nut, mais dam une acception extrê.memeat limitée,

tésieo, .,

ia

à la pl us iafune pa<Ûe

ses opératiom

U. ont fait

proçès iadwtritl bien pl u• eoe<>re <;Ue acicutifiqu~

,,iavtne

que

l'on

remarque

-eu

OC.doppemen t n t at érid el intel!~tu • lité pare 10n1 vn i·

: qui •'en ron(' dans 1'110 • 'éloip e

bien.

~Mc-ai•tment de l'autre ;

ailleun,

que noUI disoaa ici intellu tual ité. non ratin-

•alité, ear

le

d o main e d e l•

ro iso n n 'esl qu'inr~rm.:.

~aire, •n qu•l•t u• fa r.o n. •ntre

~elui d e&

u ru

et

ctlu i

32 OIUENT ET OCCDENT

do l'iotelltct tapérieur : ai la raiaoa uçoit DA reOtt de ce dt.rnier, aJon même qu'die le nie et ee croit la plus

c'ett toujoun deo don-

hante faculté de l'ètre h~

c'ett toujoun deo don- hante faculté de l'ètre h~ 33 -nt rinrell~tnce a la matihe ltatut
c'ett toujoun deo don- hante faculté de l'ètre h~ 33 -nt rinrell~tnce a la matihe ltatut

33

-nt rinrell~tnce a la matihe

ltatut de s'en affra.a·

dùr iTa ide d'un iuJtincl uou mal dê&ni ;

oirement

eDt

telle ut plw

encore

des prapnatistet, pour qui la

nées aeaaihlet que 1<1at tirée! let notions qu'elle élabore

"tioa d'utilité dtitinée à remplacer tdle de vérité, sc

Nout voulon• dire que le t;énéral, objet propro de la rai-

pre

oente

à la foi. 1<1UJ l'aopect matériel ct l<lut l'upeet

son, et pu suite de la tcitnce qui 011 l'œuvre de celle-ei,

-rai

;

el

aout vo,-ons ~acore id i quel po i nt le praJ ·

•'il n'en pu do l'ordre sensîhle

l' iodhiduel, qui eot perçu par let tcD.I ; on peut dire

<ru'il

n'ctt de trantcendant que l'universel, objet de l'intellect

l'"'• au rtt;ord duquel le ,;énéral lui-même renlr< pure- meat et simplement dana l' iodividuel. C'est là la distioe- rion foodoment•le de la connaiuanoe métaphytique

tl de la connai

scientifique. telle que nous l'ltYons

procède cependant de

ut

ou

delà

du

tentihle, mais non au-deuut ; ill

ance

Dtatisme exprimt le. trndtnces spécialet du monde ~

la

fraction la plu• typique. En fait, matérialité et seniη JDCntalité, bien loin de t'oppoter, ne peuvent ,;uêre aller l'u e sans l'autrt. et toutes dtux acquièrtnt enumblt lellr développement le plus exlTème ; nous en nono la

deme, et turtout d u monde

,,Jo-saxon

qui en ut

preuve eo Amif'iqu~.

comme nou• avonJ eu l"oœ.uiou

4e le fa i re remarquer dans no• étudeo lut le thêooo-

exposée plut amplement ailleurs w ; et, ai nout la rappe·

lons ici, c'e11 que l'absence totale de l:a prem.ière et le

p!üame et le tpiriritme, let p ires extranvnces c pMuclo- IDyrtique. • naiueat et •• répandent ane U.De incroyable

dfp)oiement dél<lrdoJUlé de la seconde conllituent let

facilité

en

tempo

que

l'iodtlitrialï.me

tl

h

caractères let plus frappants de la civiliution oeciden·

ion

deo

c affaire• •

1<1nt

pouuét i

U.D

tale dans 1<1n état actuel

,

eedne à la folie ; quaed les cbo

co

de,;ré qui sont là. ce n',

t

Pour ce qui ett de la conception du

c

proJ<èo m~

rai •• elle reprétente

l' autre élém.eat

prédom.i

,n

t

de

la meo:alité moderoe. noa.s voulons dire la ae.ntimeot.l·

lité ; et la prétence d o cet élément n'ut poiot pour nouo foire modirier le ju,;ement que nous avont formulé en dioant que la civilisation occidentale til toute maté- rielle. Nous nvons hien que eertaino veulent oppooer le domaioe du tentiment i celui de la ma tière, fa ire du développement de l'un une aorte de contrepoids à

l'envahitaement de l ' autre

équilibre auui stable que p<JUible entre cet dtaX élé- ments complémentaires. Tdle est peut~tre, au fond, la peutée deo intnitioUAitttt qui, utoc:iant iodiuolable-

et prendre p ou r idéal UA

(1 1 ~o•.-

~~

,

lnl4 4 l'If-'< 4n -

-

·

,.

--

plus D.D équilihrt quo ,·.;c.blit entre leo deD.'I tenJaace<.

l'autr e et.

aa lieu de se torupenser, s'ow&\enr mutuellement. Lo raieon de ee pbiooatène ett facil e à apercevoir : 18 où

ai oonl delL< d~quilibreJ qui &ajouttnt l'un i

l'iattllectualité <•1 réduite au minimum. il est tout natu· rd que la sentùutnC.Iité prennt le deuus ; et d'ailleuro

Ollle<i,

riel : il n'y a rita, dans tout le domaine p•ycholopque.

i soit plu• étroitement dtptndant de l'or,;aoisme. et.

en en~·même, ttl

fort prodle de l'ordre mali

ft dépit de Beqson. c'ell le sentiment, el non l'intelli· pace. qui now apporait comme lié à la matière. !'iotU

'•Joni bien ee que ~u,~nt«C>Ondre à cela les ÎDLuitioa·

aùtes : l'iur<llittnce. telle qu'ils la ronçoivenL est lik • u matiêrt ;;o~nique (c'til toajoun le méeaniaDt

,.,rtb:ien et ~a dt-rh·i,. fJil

i

l -c o n t en mel

:Je ~ntiment

;;o~nique (c'til toajoun le méeaniaDt ,.,rtb:ien et ~a dt-rh·i,. fJil i l -c o n t

34

l'el! à la matière vivante, q ui leur [parait occuper ua dt·

plut é lev é dans l ' éche lle det exùteaces. Mait, Ï n<>fll· a.icpe ou •hante, e'est toujouu de la mati_ère. et _il ne •'acit jamaia là-dedans que du choteo oeatiblet ; il est décidément impouible à la mentalité moderne, et au.'< philotophlet qui la rtprélentent. de se dégager de eeU< limitation. A la r igue ur, el l'on lient à ce qu'il Y ait Il

une dualité de ltn danceo, il faudra ratUocber l'u ne à

matihe, l'autre à la vie. d cette dütinelion peut effecd- •emeat tervir à elauer, d'une manière aues lllitfaitante, l eo ~edu oupertliliont de notre époque ; mait, nous .l e

ne peut 1e d11·

toeier réellement ; eet choaes 10nt situées tUr un même

plan, et non auperpooéeo h iérarchiqutmtnt. Ainai, le

c m orali1me ,. de not contemporain• n 'ett bien que le

m orali1me ,. de not contemporain• n 'ett bien que le la r épétont, t out

la

r épétont, t out cela eot da mèm e ordre et

complément néces

et il oerait parfaitement iUusoire de vouloir exalter 1"11D

•u détriment de l'autre, pui1que,

solidai res , ilo oe

et dans le même sen•, qui u t celui de ce qu'on ell couve·

nu d'appeler la « dvi)jution •·

du

pro~a matériel ,. et du « progyèo m.ora l 1t sont in <i·

parables, et pourquoi la oeconde lient, de façon à pe? prèt ausoi eono ta n t e que la première, une pla ce oi cO?Il·

ire de leu.r matériali•me pratique'

étant

nécehiÎreme.nt

développ e nt touo deux •imuiUouémen t

de

voir

pourquoa

les

.

coneepuonl

Noua

veoon1

CIVWSATIOI'I J;T PROC&Î:S

35

teunt, que flut·il penaer de la réalité d u

« progrë.l

,. ? C'e1t là une qutotion qu'il n'eot guère poui·

Ille d o diJœt er oérieuoement, pure que, dans ce d o- -m e K-nrimenta l, tout n'ett q u'affaire d'appréciation et de préférences individuelle• ; chacun appellera « pro·

lfÔI » ce qui tera en conformit~ •vte •e• propreo dispo·

ollion o, et, en aommc, il n'y a p u à d onn e r u ioon à l'un

platôt qu'à

tendances sont en

ltannonie avee celles de leur ~poque ne peuvent bir" oatrernent qu e d'être sarimito du présent état dea cho10s.

d c'est ee qu'ils tuduinnt à ltor rnanitre tn disant qu,.

tette époque ell en progrèo aur celles qui l'ont préeédéc ;

nl

l'au tre.

Ceux don t l es

1111 i1

souvrnt !"C lt t• utirh cti 'm d e 1eun :u ~ir:Uionll l!~n li·

que rtlatin, parce que l eo événe·

•en to n e

tt e'eat pourquoi il• 1upp01ent que le prop-~s oe conti· 10era au court de1 époque• futu res. Let fait• vie.nntnl porfoio apporter un dt.nenti à ~eux qui oont perouadts

de la r é a lit~ ac tu elle du « progr~a mo ra l 10, suh ••nt le~

déroulent pas tou jour• au v< d e leuro d.;.ir•.

,tal u

n'est encore

f'Onceptions qu'on o'tn eeax-11 en sont qu itteo

loléeo i

fair lt plus hobiturllrmenl : un i• pour modifier qutlque ptu ltur•

«t égard, ou pour r<portu dans un ave.nir plu•

"" moin• lointa in la rialitation de leur idéal. et ils pour·

n

« rythme du progrè1 •· D'ailleur1, ce qu i el! en core

ient tt'

tirer d'embu-rat. eux aussi, en

parlant d 'un

dérabl e dano le•

préoccupation• de ao1 contemporatnt.

lttaa coup

plu o ~impie , i l s a'c mpr esoe nt o rdina i r e men t

N

ono n ' n ono nullèment contelté l'exiotenee du « pro-

oublier

la leçon de l'cXpérienee ; tdt oont eu rêveur•

~'"'" matériel •· mala seulement to n impor tance : oe que

qui, à chaque n ou,·dle sue.rre. ne man·

DOtu aoute:noos

c'eat qu'il ne veut pu ce qu'il f.it per·

ni ,,

dr 1•ropbétiJ<r qu'elle oero la tl r rnitre. Au

dre du côté intellectuel, et que. pour ètre d'an antre nit, il faat tout ignorer de J'intell ectualité vraie ; maiit·

faat tout ignorer de J'intell ectualité vraie ; maiit· Il fnd, la croyance au prosr,rt ind<fini

Il

fnd, la croyance au prosr,rt ind<fini n'tot que la plus aain ct l a plus r;ro nir r e de toutes le• formeo de l' . o: op · tiiD.ifme » : quelles que toirnt seo modalitét, elle est toujourt d'euenoe tentimentale, même lonqu'il •'"lit du c progrs matériel •· Si l'on nouo ohjnte que

d'euenoe tentimentale, même lonqu'il •'"lit du c progrs matériel •· Si l'on nouo ohjnte que

OIUE~T ET OCCIDENT

uou5 A\'On ~ reconnu

nous r é p ourlron;; que non .; u e l':woui reconnue que dans

nou s -même l' cx i s. tcu ce de

celui·d.

1\' i limites oi1

h~s

fai t :i

uOUi

La

m,on trt-nt, e t qu e nou !

1t 'aecnrc.lont- ft u t· unement p our cel a

qu'jJ doive ni même

qu ïl puiue SI." pouriUÎ\' re inJé6nimeut; du re$tC, cotnm e

il oe nous psrait point ètre ce qu'il

)'

a

de mieux

an

monde, au lieu de r appeler progl·è&, nous préférer ion&

rappeler tout :;implemen t dévelops)etnent ; ce n '<'it pas

par lui·mêm e qu e ce mot d e progrès ,

eët

c'ee.t e n rai~on de lïdte de

<< ' raleu.r » qui

gênan t, mail

n fiui

par s' y

prrsque arnène un e autn·

atwcbt&'

i n var'iablemeut.

a

:

e' est 'luÏI y

en

&iPn aussi une réaliti

Cette

remaa·que

qui c:~>- di ~in mlè ;o u s le prétendu « progr ès moral », ou

qui : ~i ron pr tfère, en en tr e t ient llllusion ; ceue r éa lité -e , .:1!5l Je dévdovpement de la se ntimentalité, qui . to nt e

effet Jans le

monde morltrne, aus5i incontestablement que celui de l'industrie et du commerce (et now avoui dit pourquoi J'un ne , .• pa• ean e l'autre ). Ce développement, excessif et anormal selon nou;. ne peut manquer d'appnraitte

qu ~ ti o n d ' appréci a tion à pa r t, e xiste en

comme un progtè-' à feux tjUÏ ntetlteut la s.:ntimcntaJit~ a u-dessus de tout ; et peut-être dira-t-on que. en pa rlant

le fo.i:;ions tout à

lïteure, nou~ nous eomrues enle,·é par avance le droit cle

nocu

disions

seul, daos ses variation.! d'un inrlivid11 à un autre ; a'il

s'agit de mettre le sentiment. considéré en généra), à 11

ropport à t'intellige·nce. il en va tout an· qu' il y a là une hiérarchie néeeSfaire

se ntiment. et au .se nùm e.Dt

dt- &i mp!es p références comme noui

l f>w · donne r tor-t.

l\{ais

il

n!en

es t

ri e n

:

ce que

al ors !· applique ·au

juste l'la er por :rement, pa rre

ob5erver. Le monde moderne a proprement renvereé let

fo is.

amoindris>tl, fll! de l 'ord re in :ell ec:uel (et même ah- ""nce de l'in tr llec tualité pure) , exagé ration de l'ordre

rnp!>ort ~: n:ttur e!6 des dh ·crs ordres ;

encore

un e

CIVtUSATtON ET noc; Ù$

37

tériel et de l'ordre sentimental, <OUI cela r.e tieDI, et e'eet tout cela qui fait de la ci•oilill8tiou oeeideaule ac· hlelle une anomalie, pour ne pas dire une monttruosité. Voilà eomment les chooes apporai•unt lonqn'on les

en dehors de tout préjugé ; d c·est ain1i que

J. voient les représe.ntaou les plw qualifiés dea ci•Uiaa-

aloD.s orientales, qui n'y apportent aucun parti pria, ear le parti pria est toujouu chose sen timentale, non intel·

lectuelle, et leur point de vue est purement iutellectuel. 'If lea Occidentaux ont quelque p eine à comprendre celle altitude, c'est qu'ils sont invinciblement portés à iu«er

J. autres d'après u qu'ils sont eux·mèm« et à leur prê·

1er leurs propres préooc:upations, comme ils leur prê~ot leurs façons de pense.r et n e se rendent même pas compte

ttU' il puiase en exister d'autres, tant leur horizon mental

viuge

t'Il étroit ; de là vient

leur

complète

incompré-heu.sion

Jes concep ti o n s ot·iental e.-. La réC'i1•roqu-.} n.!est

point '-' rti e :les Ori e- ntaux. fJttand ilt ton ont roccasiou ~"; .-nd ils veulent a'en donner la peine, n'éprounnt guè- re de diffi cul t é à p éné tr er et à comp r~ndce 1~• co tiD ais· -c:es spéciales de l'Oocidant, car ils sont habitué• à des epéca.btions autrement vnsles et profonde!, ct qui p-eut le plu s prut le moins : mais. en ~téoéra l, iù ne aon t gui:re IID* de se üvrer à ee travail, qui risq"Uerait de leur

laire perdr·e dtt vue ou tout au moio! ofgli@:t r, pou.r des ~~ qu' ils es~iment insig-nifiantes. ce qui ect p our eux r- ntiel. La science occidentole est analyse et ditper· llea ; l a conn ai s.s an ce orientale est s~·nthi-&e et conc en· lntion ; mai s nous aurons l'oeeasion d e r~,·enir là·deuua. Oaoi qu'il en •oit, ce que les Occidentaux appellent eivi-

tion, U

les autres l'appelleraient plutôt barbarie, puee

t out es

y manque prédsé.n'aeni l'essentiel, c'est·.â·dire un

llflocipe d'ordre supérieur ; d e quel droit le• Occiden· liU prétendrai~nt-ils imposer à tous leur pro;>re sppré-

'U

supérieur ; d e quel droit le• Occiden· liU prétendrai~nt-ils imposer à tous leur pro;>re sppré-
ciotion ? llo n~ denoient pu oublier. cfai])eun. 'JUÏI, ne oont qu' une minorité duu

ciotion ? llo n~ denoient pu oublier. cfai])eun. 'JUÏI,

ne oont qu' une minorité duu !"ensemble de

terre1t re ; évide,mment, cene con.tidération

p rouve rien à no• yeux, mais elle devrait

impr·f HÎou !Ur de! gens; qui ont ÎD\' t

o.lé

l"bumanité

de nombre a t faire quelque

Je • su.ffra~e u ai-

'tut:l » e t qui eroi.ent i sa vertu. Si e.ocore ils ne h i·

ient

que se comploire dans l' af6nruation de la supér io-

riti im.ap.naire qu"ils i"=auribuen•. cette illwion ne ferait

de tort qu'à eux-mêmta ; mail ce qui tot le plus terrible 1 t'eu leur fureur de p r oûlylilme : cb eux, l 'tapri t d•

con quétt se dé!uise iOUJ d

et test au nom de la c liberté • qu'ils veulent contrain·

dre fe monde entier à leJ imite r ! Le plu.& iton.oant. c'at

<rue. daou leur infatuation, ils s'imasinent de bonne foi qu'U s on t du « prbtise 10 auprès de tou s les antru peu· pies ; paree qu'on les redoute comme on redoute un• for ce bru:ale. ib ernient qu'on les admire ; l'homme qu i ~il menacé d'être éer.asé par une avalanche est·il pollr tt la froppé de re!p«l et d'adnùration ? La seule impra·

prétextt~ • moralistes •·

tion que le! inventions

méeaaiqu~ par exemple.

p,

dui•ent sur la zénérolité des OrientauJ<. c'e<t one impret· •ion de profonde répulsion ; tout celo leur poroit auuré·

me.at

plu.a

3érnnt

qu•a,·antaltUX.

et.

sÏ!.!i

se

troU\'Cnt

oblish

d'accepter

certaina

nécenitis

de l'époque • •·

tuelle, c·to;t avec: re spoi r de s·en di:ba_rra.!se:r Wl jour ou

J'autre ; ce1a ne les intértt\e

ou

et

ne

les

intér ene:ra

jomoia véritablement. ~ que les Occidentaux • ppellent prosrèJ, ce n'est pour les Orien:aux que eh.an!!emcnt et innabilité ; et le besoin de chaOf;ement, si CITietéristique de l'tpoque moderne, en à leurs yeux une marqu• d'in· fo!rioritt manifeote : celui qui est parvenu à on iut d'équilibre n'éprouve plu• ce besoin, de mime que celui q u j toit ne ehetthe pl u t. Dons cet conditions, il ~t ou u · rément d if6cile de s'enttnd re. puisque 1~ mémes foit•

d if6cile de s'enttnd re. puisque 1~ mémes foit• et 39 d'autre. à de& iluerprétatio.,. 4io1Ulent
d if6cile de s'enttnd re. puisque 1~ mémes foit• et 39 d'autre. à de& iluerprétatio.,. 4io1Ulent

et

39

d'autre. à de& iluerprétatio.,.

4io1Ulent lieu. de port

~ tralemtot oppoûa ; que oeroit-œ ai lta Ori<'lltata .-oulaieDt au11i, à l'ia1tar deo OccideollUIX, et pu 1 -.êmes moyens qu'eW<, impoett leur m1Dière de • oiz ? Mois qu'on se rassure : rien n'est plus contraire à lear rare que la pr op11ande, et ce •ont d« aoucù <pi leur ooot porfaitement étran&ers ; IIDI pricher la c Ji.

kné ». ils l1iuent 1« outres penser ce qu'il• veulent, et

-

fo rt iudilrére:aL

T- ce qn'il• demonden:. au fond. c'est qn'ou lta laiue lrallqDÜles ; moil <est ee que refusen t d'a~tre l es

Occideotlux, qui toDI allés les trounr ehes eux. il - faot pu l'oublier, et quj s'y soat comportés de telle façon que les bomma les plus paùibles peuvent à boa

ce

qu'ou

d'eux

leur

t

~·e

èo i:t e.a êt r e t'Xa tpér~a. Nous cous trou von• a inti m

pfê

- •e d'une 1ituatioa de foit qui ne uuroit durer iodé&·

IIÙDent ; il a'est qu'ua moyen pour les Ocàdcnuoux de ee rendre tapportables : e'esL pour employer le ~~~e llabitud de la politique coloniale. qu'ils recaoneent à

r c animila tion •

pour prariqo« r

a•H<iatioa •• t't

eel.a elus tons les domaiaeo ; mah rel• oeul uùe déjà

- certaine modifiution de leur mentalite', et la eom- frih ensioa de quelques-une• ou moia• da id<e. que

_, expo so n «- ic:i.

) CHAPITRE n L A SUPERSTITION DB
)
CHAPITRE n
L A SUPERSTITION DB

LA. SCIBNCB

L A dvilisatioa oecide.nt.ale moduue a, utre autrH

c sdmti·

pritentlo~ celle d 1 êtn éminemment

fique ;o

; il >ttait bon de prieistr un pen ~om·

ment on entend ce mot, mail c'est ee qu'on ne fait pu

1uxquels DOt

d'o·rdinairt , car il Hl du nombre

de ceu

,.

coa:emporoos fembkm atbeber une •orte d• rouvoir

my51~rieux. indépend1m.ment de leur """ ' · La "" Scien·

«

», avec une

eo mme Je

« Pro;rù Âl ct

l a

c

Chili.!ation ». comme le « D roit :t, la ., ]Uf-lÏt't tt

lo c Likrté ». H t eDeore un e de eu enlilt~ q11'il \"all i mieux ne pas eberd>er à définir, et qa.i ri"'uent de per· dre loat leur pre~• db qu'on lea e:11amine d"un peu

., dont le

trop près- Toute- les soi-disant o: eo nq11ët

monde moderne est si 6er se réduisent aiu!i à de çaadJ mou derriùe le5q11els il n' y a rien oo pu ~and'eb- :

111geoi:Îon collecrive, avon,.nous dit, illusion qui, poor

ku parta«êe par lant i 'indiYidus et pour u maiuteo>r

COIDJDe eDe le fait, ne aaurait être 1pont.anre

; pn~tooêtre

- ieront-nous quelq11e joar d' éeloi.rcir un peu ee côté

à li quution. Maù, pour le moment. œ n'est pas de eela

prillcipal~at qn'il a'apt ; nous constatoaa aeulement ~ I'Oecident ae!Del croit I Ull idko q11e nous •eaoat de 6e, ai bnt est que l'on puiue a ppeler cela dea idées, de .-f'll'e f.çoa que eette eroyanee lui 10it •enue. C.e ne

-~ pu naiment des idées, car bHueoup de œwc qui

.-f'll'e f.çoa que eette eroyanee lui 10it •enue. C.e ne -~ pu naiment des idées, car

Oal.PIT ET OCCIDr.NT

prononunt ces mor. anc le phu de eooVJcuon n'ont daot la pelllée rien de bien net qui y eorre&ponùe: au

fond, il n'y a là, da&1a plupart de1 eu , que l'expretJÎon.

O D pouna it même dir·e la personnifie~tion,

se,ntimentales plUJ ou moins v"'" idole.,)~ diviDitël d'une sorte de

n'ert pu nettement dilinie, sam dou~. et qui ne pent pu l'être, m.aia qui n'en a pa• moiau une exilteace trà réelle : ce n'~t pas de la reli;;ioo au tens propre du mot. mais c'ett ce qui prétend •'y subatituer, et qui mériterait mi.•?" d 'étre ~ppelé c eontre·relî&ion •· La p rtu~ih e onpne de eet etat de eboaes remonte au dibut m<me de l'époque moderne, où l 'esprit antitraditionnel ae mani· fetta immédiatement par la proclamation du c libre ex•· men •• e'eat·à·d ire d o l'abaenœ, dana l'ordre doctri.oal, de tout p rincipe supérieur ~wc opinions individuellct. L'anarebie intellectuelle devait fatalement en rétulter :

Ce 1001 de vEritables c relipoo laiqoe • qui

d'npiratioo.!

de là la multiplicité indéfinie dea sectes relipeuaes et f>&eudo-relipewes, dea 1y1tèmes pbilosopbiques Yiaut avant tout à l'originalité, des rbéories scienti_6queJ aw!i

épbé.mèret que prétentieuses: iuvraiaemblable cboo1 que rl~nune p ourta_nt une certaine unité, puitqu'il txitte bten un esprit •pêcifiquement moderne dont tout cela

y roeè~ e. mais une unité tou t e nésa1Î\ e e. a

<tu e c est

•a,ot por cette indifférence à l'égard de la vérité et dr l"erre ur qui a reçu. depuis le xvut oiède, le nom de c tolérance •• Qu'on nous eomprenDe bien : nouJ n'co· tendoua point blâmer la tolérance pratique, qui ,· •avera lu individul, moi• seulemmt la tolérance théo· rique, qui prétend a·ex:ercer enven let: idées et leo.r rec·OD·

ce qui denait losique·

prop r em ent une absence de principe, se tra do i·

tommt. pu.ia~

rtaltno ~ toutes les mêmes droir

ment •mpliquer un sceptieiome rad ical; et d'ailleun noua ne pou,·om nous empècher de conatattt que, commt>

LA

SUP E'I\STfTlON

DE LA

SC:Il~SCE

toua les propapodistet, les apôtret de la tolérance sool très IOUYellt, CD fait, let phu Îlltolérao~ des b ommes. ll J'est produit, rn det, eene chose qui eat d'une ironie ~ire : ceux qui ont voulu renvener toua !ea do&· mes out créé à leur unse, n oua ne diroua pu un dope

l'OL

-eau,

ma.iJ u.ne urieature de dope, qu'ils a.oot par·

YCJIUS i imposer à la &inérüit6 du monde oecideatsl:

aimi ae sont établies. SOUJ prétexte

ment de la pemée », let

qll'o.o ait jamais vuea en aucun te.mpt, soua la forme de

- diverses ido1es dont nous énumérioua toul à l'beure qndqu«-UDCS des principalea.

préebêcs par ce ux·li

d' c affranebi•e-

croyaneea les plUJ ebiauér iques

De

toutes

les

tuperatitiona

aaèmet qui font profeation de dêcl8Uier à tout propos

contre la c superstition,., celle de la c ocienee • et de

la seule qui ne aemble pas, à première

•-ue. reposer aur une base sentimentale; mau il y a par·

{oÎI UA ratiooalùme qui n'est que du aentimentall.me

~ comme ue le prouve que trop la pauiou qu'y apportent ses partilan a, la baine don t ils témoip>ent rootre tout ce qui contrarie Jeurt tcoda.nces ou députe leur compréhension o ·.weun. en tout cu, le ration•·

la «ra ison • est

lisme eorreapondant à un amoindrissement de l'ioteller· toalité, il e•t naturel que aoo développement e i.lle de pair avec cdui du sentimeotalitme, ainli que oons l'avons upliqué au chapitre précédent ; seulement, ebacune de

- deWI tendances peut êt.re repréaeotée piUJ apéciale·

-~ par cer:aines iDdividnalitéa ou par certaÎOJ cou· raall de prnfêc. et, rn raison des espretlions plua ou 8eÎI1I esdUJives et syatématiquet qu'elles aout amenées

r~vêtir, il peut même v avoir eotre elin det conflits appareoll qui dissimuleol leur solidarité profonde aux

Le ratiou aliame mo-

oler~~e eommence en somme à OesearteJ (il avait mème

JWS clea ob&ervateurt au perûcid

Le ratiou aliame mo- oler~~e eommence en somme à OesearteJ (il avait mème JWS clea ob&ervateurt

OaoENT l:T OCCIDENT

CU quclqutt prtCDfSCUr! l U X~l·siè(,Je ), <1 rou P<UI oui•

\"f'e. sa

m o ons

trac~ i trav e.rs tout e f a p hilo•ophie- modcrae, n o n

qu~ dan s le d oma ine proprement •ti enti6qne ; la