ÉLU(E)S EN 2017

Quel projet pour
les centres de loisirs et
les colonies de vacances ?
DES LOISIRS ÉDUCATIFS POUR UN FUTUR COMMUN
Élu(e)s en 2017,
quel projet pour les centres
de loisirs et les colonies de vacances ?

Q
uelques mois après les élections présidentielles et législatives
de 2017, la Jeunesse au Plein Air (JPA) initie une campagne
« Quel projet pour les centres de loisirs et les colonies de
vacances ? », en direction des nouveaux parlementaires afin de les inter-
peler et leur demander quel est leur projet pour les Accueils Collectifs de
Mineurs (ACM).
Aujourd’hui, la place des centres de loisirs et des colonies de vacances
ne fait pas partie des sujets les plus discutés. Pourtant, chaque année,
c’est 1,2 million d’enfants qui sont accueillis dans 39 000 séjours ; près de
30 000 accueils de loisirs sont déclarés ; 55 000 animateurs BAFA sont
formés ; 9 millions d’euros sont mobilisés au titre de la politique de la ville
pour le développement d’une offre de loisirs de proximité. Malgré ces
chiffres, chaque année 3 millions d’enfants ne partent pas en vacances.

Pourtant, les colonies de vacances et les centres de loisirs jouent
un rôle primordial dans l’apprentissage de la citoyenneté et dans
le développement du vivre-ensemble. En permettant à tous les
enfants de vivre durant leur temps libre une expérience éducative
et pédagogique, ils participent à la construction d’une société plus
ouverte, égalitaire, solidaire et citoyenne.
La position de nos représentants politiques est donc déterminante pour
garantir à tous un droit inconditionnel aux loisirs. Avec cette campagne
d’interpellation, la JPA demande à ce que la politique de soutien aux
loisirs éducatifs devienne un élément incontournable des politiques
éducatives et de jeunesse. Si elle est à la hauteur des enjeux, cette poli-
tique peut permettre à chaque jeune de vivre l’expérience des vacances,
des centres de loisirs et ainsi faire émerger le sentiment d’une apparte-
nance commune, en apprenant collectivement et en agissant ensemble.

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Jacques Durand, Président de la JPA :
« Les loisirs éducatifs restent fortement plébiscités par les parents. Cette
affirmation est d’autant plus vraie lorsque ceux-ci ont eux-mêmes vécu
une expérience de colonies ou de centre de loisirs. Ce qui confirme que ces
expériences gagnent à être vécues. Situés en dehors du cadre familial et
scolaire, les loisirs doivent être considérés comme le troisième pilier essen-
tiel dans la construction de la personnalité des jeunes.
La position des élu(e)s, notamment locaux, est déterminante pour accom-
pagner les familles et les structures qui, chaque jour, développent leurs
actions sur le terrain. »

Les recommandations de la JPA
Pour cela, la JPA propose d’agir, sur la base de constats partagés,
sur quatre grandes thématiques, à l’attention des nouveaux(lles)
élu(e)s :

Faire des loisirs un levier de développement éducatif, social et
économique des territoires.

CODE  econnaître les spécificités des Accueils Collectifs de Mineurs en
R
adaptant la réglementation aux réalités du terrain.

Valoriser la richesse éducative en formalisant un soutien aux
projets d’éducation populaire inscrits dans l’économie sociale et
solidaire.

Favoriser l’accès aux loisirs éducatifs en luttant contre les inégali-
tés économiques et sociales.

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Faire des loisirs un levier de développement
éducatif, social et économique des territoires

CONSTAT
Une reconnaissance de l’apport des Accueils Collectifs de
Mineurs par les politiques publiques en construction
L’intégration des temps de vacances, considérés comme extrascolaires, dans les
projets n’est pas systématisée, alors même qu’ils sont reconnus pour répondre aux
besoins éducatifs et sociaux des enfants et des jeunes comme nous l’avons démon-
tré, à deux reprises (étude de l’OVLEJ en 2011 et 2014) en soulignant la continuité
des pratiques d’accueils collectifs, du centre de loisirs, au mini-camp, jusqu’à la
colonie de vacances. Les activités extrascolaires offrent aux enfants la possibilité
de vivre des projets, de s’ouvrir à d’autres, de découvrir de nouveaux lieux, de nou-
velles activités, de nouvelles cultures. Elles permettent l’acquisition de nouvelles
compétences, notamment celles du vivre-ensemble, en offrant un cadre dans lequel
les enfants en côtoient d’autres, issus de milieux différents comme le soulignent
85 % des français.

POUR Y REMÉDIER
Intégration des centres de loisirs et des colonies de vacances
éducatifs dans les projets de territoires
L’objectif est de prendre en compte réellement, l’ensemble des temps éducatifs,
scolaires, périscolaires et extrascolaires en permettant aux organisations gestionnaires
d’Accueils Collectifs de Mineurs d’entrer dans une démarche de co-construction avec
les collectivités territoriales. Ainsi, nous défendons le développement d’une politique
éducative territoriale de qualité. Aujourd’hui, les membres confédérés de la JPA
contribuent d’ores et déjà au parcours éducatif des enfants et des adolescents. Il s’avère
donc indispensable que les collectivités territoriales puissent construire des projets
éducatifs qui prennent réellement en compte les activités et les temps extrascolaires.
Complémentaires de la famille et de l’école, les loisirs forment le troisième pilier sur
lequel les enfants et les jeunes peuvent pleinement se construire. Une reconnaissance à
la juste mesure de cet apport s’avère donc primordiale.

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CONSTAT
L’investissement dans le patrimoine du tourisme social
est en panne et ne permet pas de développer une offre
de qualité
Rénover un centre de vacances, le mettre aux normes, l’équiper et l’en-
tretenir sont des projets qui nécessitent des investissements lourds,
difficilement accessibles pour les organisations de l’économie sociale et
solidaire. Or, le sondage IFOP – JPA 2016 met en relief l’importance des
conditions d’accueil (hébergement, restauration et installations sportives),
jugées par 46 % des parents comme étant les éléments les plus importants
de la colonie de vacances idéale. Les difficultés d’accès pour les Accueils
Collectifs de Mineurs au fonds « Tourisme social investissement » (TSI)
corrélées à une diminution des contributions des pouvoirs publics
sont autant d’obstacles pour les organismes qui mènent de front, des
problématiques de gestion courante, d’entretien, tout en construisant une
politique d’investissement. Cette situation ne permet pas à l’ensemble des
territoires de maintenir et de développer des projets de tourisme social et
engendre des inégalités géographiques.

POUR Y REMÉDIER
Création d’un fonds d’intervention régional
Cette mesure permettra d’intégrer le tourisme social comme projet
structurant des territoires dans le cadre des Contrats de Plan Etat-
Région. La loi « Nouvelle organisation de la République  » (Notre) a
modifié l’exercice des compétences en faisant de la Région le chef de file
des deux compétences partagées que sont le tourisme et l’éducation
populaire. En tant qu’acteurs du développement éducatif et économique
des territoires, les organisations d’éducation populaire souhaitent
intégrer de manière transversale les orientations stratégiques des
prochains Contrats de Plan Etat-Région et ainsi être valorisées comme
une réelle ressource au service du développement local, et ce à différents
niveaux (éducatif, économique, touristique, emploi, etc.).

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Reconnaître les spécificités des Accueils
CODE
Collectifs de Mineurs en adaptant la
réglementation aux réalités du terrain

CONSTAT
Une législation morcelée, éparse et peu accessible
Qualifiée par le Conseil Economique, Social et Environnemental de lourde
et complexe, « essentiellement d’inspiration sécuritaire » (avis du 28 juin 2000
sur l’accueil des jeunes dans les centres de vacances et de loisirs), la régle-
mentation ne permet pas aux acteurs « occasionnels », « non professionnels »
d’évoluer dans un contexte sécurisant. L’existence de ce millefeuille régle-
mentaire s’explique par la multiplicité des codes dans lesquels s’inscrivent
les règles et par la non-codification de nombreux textes. Cette situation
ne peut aboutir à une prise en compte effective des réalités de terrain,
ignorant l’expérience des professionnels et des non professionnels de l’ani-
mation et nous force à constater l’urgence d’une clarification permettant
la lisibilité des textes juridiques relatifs aux ACM.

POUR Y REMÉDIER
Constitution d’un corpus législatif et régle-
mentaire unifié applicable aux ACM
En s’inscrivant dans la continuité des travaux
menés par la JPA dans le cadre du lancement du site
JuriACM-JPA.fr, cette démarche a pour objectif d’en-
rayer l’escalade réglementaire en regroupant toute
la réglementation des ACM de manière cohérente et
commentée, afin de palier au déficit d’accessibilité
constaté par les acteurs du secteur.

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CONSTAT
La nécessité de repenser le statut des animateurs
Ces cinquante dernières années, les colonies de vacances se sont
transformées, les acteurs aussi, tout en conservant leurs objectifs
éducatifs. Elles sont plus nécessaires que jamais. Les surveillants sont
devenus des moniteurs, puis des animateurs. Du militantisme pur, ils
sont aujourd’hui des animateurs occasionnels, engagés aux côtés de
professionnels. Ni vraiment salariés, ni vraiment bénévoles, ils ne
sont pourtant pas reconnus comme volontaires. Depuis les années
2000, les associations de jeunesse et d’éducation populaire militent
pour la création d’un statut du «volontariat de l’animation». En 2017,
il n’est toujours pas reconnu même s’il existe différents dispositifs
proches en France et en Europe.

POUR Y REMÉDIER
Reconnaissance du volontariat dans l’animation
Cette proposition est dédiée à l’encadrement occasion-
nel auprès des organismes sans but lucratif, des Accueils
Collectifs de Mineurs avec hébergement et des séjours de
vacances adaptés pour les personnes en situation de handi-
cap. Ce volontariat s’inscrit dans le cadre du projet éducatif
de l’organisme et s’exerce tout au long de la vie pendant une
durée annuelle limitée au service de l’accueil de tous les
enfants tel que la Jeunesse au Plein Air le défend depuis la
création de la plateforme du volontariat dans l’animation.

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Valoriser la richesse éducative en formalisant
un soutien aux projets d’éducation populaire
inscrits dans l’économie sociale et solidaire

CONSTAT
La socialisation permise par les colonies de vacances et
les centres de loisirs recueille largement l’intérêt des
familles
86 % des parents placent l’acquisition du lien social au sens large (apprentis-
sage de la vie en collectivité, socialisation et épanouissement au contact des
autres) comme le principal atout des colonies de vacances pour les enfants.
En dehors de toute démarche consumériste, c’est donc bien l’aspect éducatif
qui demeure le plus plébiscité. Ainsi, de par leur nature non marchande, les
structures de l’économie sociale et solidaire placent le projet éducatif au
centre de leur démarche, en mettant en place des espaces de loisirs éducatifs
complémentaires des apports scolaires et familiaux. Toutefois, la multitude
des organismes présents sur le secteur des Accueils Collectifs de Mineurs ne
permet pas toujours aux parents d’identifier leur projet éducatif.

POUR Y REMÉDIER
Développer un lien privilégié entre les associations laïques, com-
plémentaires de l’enseignement public, organisatrices d’ACM et
les établissements scolaires
Contractualiser les partenariats formels ou informels déjà existants sur
les territoires permettra, d’une part, de reconnaître les impacts éducatifs,
pédagogiques et civiques des actions de ces associations dans une perspec-
tive de valorisation des continuités éducatives et, d’autre part, de favoriser
la création d’un terreau favorable à l’identification et à l’émergence de nou-
veaux projets. Dans le même temps, ce partenariat facilitera l’identification
de l’expertise portée par les structures de l’économie sociale et solidaire
par les parents et plus largement, par l’ensemble des acteurs éducatifs.

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CONSTAT
La Jeunesse au Plein Air a mis en place une
expérimentation en 2016 et 2017 « Partir en
colo avec Ecole ouverte » dans les académies
de Créteil et d’Aix-Marseille
Ce projet propose une semaine de colonie à des élèves exclus
du départ en vacances. L’établissement scolaire propose à des
familles d’inscrire leur enfant en colonie de vacances. Ainsi, il
crée un lien privilégié avec elle. Les aspects innovants du projet
résident dans la continuité éducative entre l’école et les séjours
en colonies de vacances. Ce dispositif permet de lever le frein
financier des familles mais, au-delà, il met en relation les diffé-
rents acteurs éducatifs : enseignants, animateurs et parents et
permet de faciliter le dialogue social.

POUR Y REMÉDIER
Un soutien renforcé à l’expérience réussie « Partir en
colo avec Ecole ouverte »
Cette opération permet d’accueillir des jeunes qui vivent dans
des zones socialement défavorisées ou dans des contextes
culturels et économiques difficiles, qui ne partent pas en
vacances. Cette démarche a démontré l’apport des temps
extrascolaires dans l’amélioration des relations entre jeunes
et adultes, dans l’établissement d’un climat de confiance et
dans la lutte contre les violences à l’école. Elle permet, par
ailleurs, à l’élève de s’adapter plus facilement et de construire
un meilleur rapport aux autres et à soi-même.

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Favoriser l’accès aux loisirs éducatifs en luttant
contre les inégalités économiques et sociales

CONSTAT
Des inégalités d’accès aux séjours
Lors du sondage IFOP pour la Jeunesse au Plein Air réalisé en mai 2016 (Les
Français et les colonies de vacances), le premier frein au départ en vacances
identifié par les parents est le coût des séjours (59 % des parents). Cela se
constate notamment chez les enfants des familles à revenus moyens (de
1 000 € à 4 000 € mensuels), qui ont vu leur taux de départ stagner ou
baisser, conséquence d’une exclusion des dispositifs d’aide au départ et
d’une dégradation du pouvoir d’achat.

A l’inverse, les enfants des familles à faibles revenus (moins de
1 000 € par mois) ont vu leur taux de départ progresser. Celui
des ménages bénéficiant de revenus élevés (plus de 4 000 €
par mois), reste à un niveau important. (étude de l’OVLEJ en 2011)

POUR Y REMÉDIER
Mise en place d’un Compte épargne « loisir-vacances »
Cette mesure, devrait permettre aux enfants des familles à revenus moyens,
n’accédant pas aux mécanismes d’aide au départ, de partir en séjour tout en
valorisant les activités éducatives qui sont proposées. Elle serait financée
par une réduction d’impôts, reconnaissant ainsi l’apport éducatif des colo-
nies de vacances et des centres de loisirs.
Cette mesure, en projet au Québec, augmente le pouvoir
d’achat des classes moyennes, en permettant aux parents
d’épargner sur un compte spécifique, un montant annuel
maximal bonifié à 1 000 euros par enfant, non soumis aux
impôts et dont le niveau de bonification de l’épargne peut
être fixé de 10 à 20 % pour une période minimale d’épargne
de quatre mois.

10
CONSTAT
En moyenne, un séjour coûte 500 € par semaine
Ce montant ne permet pas à toutes les familles de proposer à leurs
enfants des colonies, notamment celles qui ne bénéficient pas
d’aides par l’intermédiaire d’un comité d’entreprise, d’une CAF, de
leur commune, etc.
Ainsi, chaque année, ce sont trois millions d’enfants qui ne partent
pas en vacances.

POUR Y REMÉDIER
Création d’un fonds national d’aide au départ ali-
menté par l’établissement d’une taxe sur l’hôtellerie
de luxe
Cet engagement serait un geste fort de solidarité entre
familles modestes et familles aisées, fréquentant ces éta-
blissements. Il permettrait de rétablir l’égalité entre les
enfants et les jeunes en favorisant le départ en vacances
des plus précaires, leur offrant ainsi l’accès à de nouvelles
expériences tout en sortant de leur quotidien.
En modulant cette taxe entre 2 et 6 %, elle
permettrait de récolter de 100 à 200 millions
d’euros par an. Elle financerait le départ d’une
partie des 3 millions d’enfants qui ne partent
pas en vacances tout en maintenant la compéti-
tivité du secteur de l’hôtellerie de luxe.

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L
es constats et les propositions exposés dans ce
document sont le produit d’un travail piloté par
la Jeunesse au Plein Air. Il vise à identifier les
contraintes, les menaces, mais également les attentes
portées par ceux qui forment les trois piliers de l’édu-
cation de l’enfant : la famille, l’école et les loisirs. C’est
donc dans une mission de soutien à l’accès aux loisirs
et aux vacances aux côtés de l’école et de la famille,
que l’ensemble des organisations membres de la JPA a
analysé et construit des propositions concrètes à porter
auprès des candidats aux élections présidentielles
et législatives de l’année 2017. Cette démarche s’est
enrichie par une rencontre réunissant les Présidents
et Secrétaires Généraux des comités départementaux
et unions régionales de la Jeunesse au Plein Air, le 15
mars 2017, finalisant le document ici présent, dans une
perspective d’essaimage.

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La Jeunesse au Plein Air milite pour le départ de tous
les enfants en vacances.
Elle soutient aussi financièrement le départ des
enfants en colonies de vacances, centres de loisirs
et classes de découvertes. Elle encourage la mixité
sociale et culturelle, le vivre-ensemble et l’accueil
des jeunes en situation de handicap. Une même
conviction réunit ses 37 membres (organisateurs de
séjours, syndicats, partenaires de l’école publique,
organisations de jeunes, comités d’entreprise et col-
lectivités territoriales) : l’école, la famille et les loisirs
façonnent, ensemble, l’éducation de l’enfant.

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14
« Il existe trois grands acteurs éducatifs complé-
mentaires et nécessaires au développement de
l’enfant et de l’adolescent : la famille, l’école et
les tiers-lieux. Les tiers-lieux sont des lieux de
socialisation secondaires (associations cultu-
relles et sportives, groupes spontanés…). Il est
nécessaire pour l’enfant que ces trois acteurs
aient une action spécifique mais également des
convergences. »
Philippe Meirieu,
professeur des universités en sciences de l’éducation.
Grand témoin des ateliers participatifs
du PEL de la ville de Rennes.

Reconnaissons l’apport
des colonies de vacances et des centres
de loisirs en faisant de ces derniers
un élément incontournable
des politiques éducatives !

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