Vous êtes sur la page 1sur 24

8

été
Europe & Soci
2 me exacerbé 8
Du libéralis
Présidente Bretagne
Edito de la e radicalité 2 en Grande- ion parisienn
e
onné : manifestat 10
De l’insoupç 17/10 2009
l’expression 4 es
de la liberté ts des femm 11
e du Vo ile pour les droi
Controvers isme, non à 3 Chronique
s 11
au pate rn al la vie
Non l’école m èd e à 13
n du voile à temps L’Etat, un re
l’interdictio ra it- il pas enfin 6 ou m on ar chie ?
Voile à l’éco
le : ne se République ique
ie, ni républ rs de réalité
) 15
de légiférer
?
signe religie
ux dans
7 Ni monarch de s promoteu
terdire tout dé co ns tr ui te 17
Pourquoi in res (Diatribe
ments scolai Ta le
les établisse The Law ye r’s
icipé
Ont part
l:
rnaal
tion deece
ctio n d cejojouurn
rs . à àla
la réréddaac o re,
leurs auteu
ti ci p é el
ure in
C ,
o Fl
rn et
e Ont par iaereM asFl
nt, qo
a g e nt q u B iaArenngt,élAinnetoBin n ss enins
el
n’eng g él
B in
ia e
re n t, m
ntojainein
M Ja
as q u
Les articles Lundt,ivAinne
re Ben
enres,, A
Ludivine Bia , Are enejaDmejin
Bin
n,to onJacknhssee Mise een n paag ge
ej C
o o
n rn
ck et
h ee od
Antoine D Lo ri s Ju n
Editeur responsable : Ludivine Biarent, 131 Avenue Buyl, 1050 Ixelles
De l’insoupçonnée radicalité
de la liberté l’expression
Par Ludivine Biarent
Un bout de tissu au centre immanquablement sur
du débat public… Préci- l’opinion de plusieurs de
sons d’emblée que nous nos membres actifs. Nos
parlons du foulard et en respectons la diversité
aucun cas de la burka, ins- des choix philosophiques
trument de négation de avant tout. Cela ne mène
l’identité. Avant d’entrer pas à l’immobilisme, au
dans le vif du sujet, on peut contraire, le débat n’en est
s’interroger sur la perti- que plus passionnant.
nence de faire de la ques-
tion du port du foulard Je souhaite à présent par-
islamique à l’école l’un des tager quelques points

A vant d’y arriver, j’ai


d’abord envie de
vous dire que cet édito-
thèmes centraux de la ren-
trée politique. Ne serait-ce
pas présenter une fois de
de réflexion sur la liberté
d’expression et de mise en
œuvre des idées s’écartant
aurait pu être écrit par plus une partie de la po- de la « norme » (qu’est-
n’importe quel membre pulation comme source de elle en réalité ?), j’entends
actif de notre cercle. En problèmes ? De mêler objet par là celles étiquetées
effet, je considère comme de conviction personnelle trop facilement comme
un non-sens cette « hié- et chose publique  ? De « extrémistes » et « dan-
rarchie » artificielle que s’immiscer sur un terrain gereuses  » par la bien-
représentent les postes ne nous regardant pas  ? pensance. J’aborderai suc-
au sein du comité du D’occulter les véritables cinctement le Honduras.
Cercle des étudiants so- questions sociales ? Bien Il s’agit là d’une question
cialistes indépendants. que légitimes, ces inter- fondamentale de démo-
En quoi mériterais-je rogations (et d’autres) ne cratie, pourtant bafouée
d’être mise en avant par freinent pas l’envie d’expri- par un certain nombre de
rapport à d’autres qui, mer son opinion à qui veut ceux s’en réclamant haut et
eux aussi, font vivre le l’entendre. Les positions fort. Comme le dit si bien
cercle quotidiennement des Etudiants socialistes Chomsky, « même Hitler
par leurs points de vue divergent sur ce sujet, par- et Staline admettaient la li-
critiques, leur présence, fois fortement. C’est aussi berté d’expression de ceux
leur aide précieuse. Je pour cela que nous avons qui partageaient leur point
vais donc me plier à décidé de communiquer de vue...  »1
l’exercice en ayant cela par l’intermédiaire de notre 1 Noam Chomsky, « Le lavage de
ancré en tête. journal et pas par d’autres cerveau en liberté », http://www.
monde-diplomatique.fr/2007/08/
moyens qui marcheraient CHOMSKY/14992
Le Honduras a fait face à quant de distorsion d’infor- Ce mécanisme insidieux
un coup d’Etat le 28 juin mations pour mieux décré- n’est que trop présent dans
2009. Je ne présenterai que dibiliser un autre modèle. les médias traditionnels,
quelques faits bien incom- Le message que je tente de tenter de s’en écarter est un
plètement et vous conseille faire passer ici est un mes- travail de tous les instants.
la référence ci-dessous2 [2]. sage de vigilance face aux Travail que nous tentons
Le président Zelaya avait pseudos vérités que l’on modestement de mener
proposé par vote une As- nous sert, peu importe la dans ce journal, dans notre
semblée constituante qui région du monde concer- cercle et en dehors. n
définirait la Constitution née et peu importe le sujet.
soumise ensuite par réfé-
rendum au peuple. Donné
réellement du pouvoir au
peuple en a effrayé plus
d’un. Rappelons que le
Honduras est corseté par
une présence massive de
multinationales et qu’une
oligarchie détient les
grandes entreprises et les
grands médias. Zelaya avait
décidé de promouvoir les
intérêts des pauvres plutôt
que ceux-là… La manière
de présenter la résistance
au coup d’Etat est symp-
tomatique d’une manipu-
lation de l’opinion par les
putschistes à travers les
médias. Des contre-vérités
sont sans cesse assénées,
ici et là-bas, pour décrédi-
biliser les tentatives fortes
pour plus de justice so-
ciale. Cela ne s’arrête pas
aux frontières du Hondu-
ras, le Venezuela est – par
exemple - un autre cas mar- Traduction dessin : « Jusqu’à ce que tombe la dictature et que les tyrans
2 Jérôme Duval, « Coup soient dehors ! »
d’Etat médiatique au Honduras »,
http://www.cadtm.org/Coup-d-
Etat-mediatique-au-Honduras
NON au paternalisme
NON à l’interdiction du voile à l’école
Par Angéline Biarent et Ludivine Biarent
le sens qu’ELLES veulent
lui donner. Comment par-
ler de liberté d’expression
ou d’émancipation des
filles alors que seul le «
droit » de ne pas porter le
voile leur serait accordé.

Nous dépasserons dans


cet article les frontières de
l’école et aborderons des
questions auxquelles sont

I l ne s’agira pas dans cet


article de se présenter
en surplomb comme déte-
ou seront confrontées ces
filles au sortir de celle-ci. Il
ne s’agit pas d’amalgamer,
en Flandre), fait courir un
risque de retrait de l’école
publique d’une partie des
nant la clé de l’émancipa- nous pensons simplement filles concernées. Source
tion des femmes, encore que ces différents angles de crispation, de repli éven-
moins de vouloir imposer sont intimement liés. tuel, cette interdiction ne
une manière de voir. Non, mènera en aucun cas à une
imposer ne mène à rien. L’argument « émancipa- plus grande égalité entre
« Imposons l’interdiction teur  » ? les élèves. A ce propos, ce
du voile dans les écoles n’est pas en la présence ou
pour lutter contre l’impo- Sous couverts d’arguments non d’un morceau de tissu
sition du voile aux filles. » émancipateurs se cachent que réside l’essence de la
Une imposition peut-elle parfois un discours aux ac- réalisation de cet objectif
lutter contre une imposi- cents paternalistes. Le ser- fondamental et loin d’être
tion ? Nous ne le pensons pent se mort la queue. De atteint. Lutter contre les
pas. De quel droit nous notre point de vue, défendre inégalités sociales, contre la
présenterions-nous face l’émancipation des femmes, formation d’écoles ghettos,
à une fille portant un fou- ici des filles, incarne égale- pour la mixité sociale, là est
lard et lui dirions-nous ment l’idée selon laquelle l’urgence.
que ce qu’elle a sur la tête cette émancipation ne peut
est un symbole de sou- être imposée de l’extérieur. Les mots laïcité, justice, éga-
mission de la femme, au L’obligation de retirer le lité sont souvent agités mais
nom de quoi ? Une telle voile venue « du haut », n’est-ce pas la négation de
attitude nie la liberté des c’est-à-dire des pouvoirs ces concepts que l’on prône
concernées d’y apporter publics (comme c’est le cas en voulant interdire à des
jeunes filles de pratiquer vent être confrontés. C’est se répandre dans l’entièreté
leur culte selon un choix comme cela qu’ils pourront de la société dans la mesure
personnel ? Ce que l’on ac- décider de leurs croyances, où peu de gens s’intéressent
corde volontiers aux uns de leurs choix de vie. réellement au pourquoi ce
serait arraché aux autres. voile leur tient tant à cœur.
En quoi le fait de porter un Au-delà du voile Il faudrait pour cela une ou-
morceau de tissu sur la tête verture d’esprit importante
est discriminant pour les Le voile est en fait un faux qui fait cruellement défaut
filles à partir du moment problème. L’agiter permet, dans cette société.
où il s’agit d’un choix per- entre autres, d’éluder les
sonnel ? Si tel était le cas, il questions structurelles par- On a affublé des mêmes
serait nécessaire d’imposer ticipant aux processus de maux d’autres populations
aux citoyens des vêtements discrimination genrée dans dans le passé, et cela peu
unisexes pour abolir toutes notre société : s’interroger importe leur origine géo-
distinctions vestimentaires davantage sur des problé- graphique et leur religion.
entre les sexes. Cela n’aurait matiques comme le pla- Se rendre compte de cela
bien entendu aucune inci- fond de verre, cette limite en dépassant les préjugés
dence sur l’intensité des dis- si difficile à franchir par les globalement rependus n’est
criminations genrées. femmes dans la hiérarchie ce pas cela avoir de l’esprit
professionnelle, alors critique ? L’école peut donc
Il serait peut-être plus in- qu’elles sont plus nom- jouer un rôle primordial
téressant de détecter les breuses que les hommes dans cette perspective afin
jeunes filles à qui le port à décrocher des diplômes que les jeunes de tous ho-
du voile est imposé et trou- d’études supérieures. Mais rizons puissent s’interroger
ver des solutions sans pour bien sûr, il s’agit d’un méca- sur le monde qui les entoure
autant enlever la liberté à nisme extrêmement difficile : les valeurs inculquées par
d’autres jeunes filles. Rien à saisir et donc à résoudre leur famille, les informa-
ne nous empêche d’aider en cela qu’il trouve ses tions émises par les médias
les filles victimes de pres- causes et ses conséquences mais aussi les enseigne-
sions familiales. Encore dans l’entièreté du monde ments dispensés à l’école.
faut-il que ce soit le but, ce social. Il est plus facile d’ac- Ils pourront par là se rendre
qui est peu vraisemblable à cuser une communauté de compte que tout cela n’est
l’observation des débats sur croyance qui est déjà atta- pas à « avaler » sans se po-
la question. Cette question quée de toute part et de l’af- ser de question comme s’il
étant trop souvent utilisée fubler de tous les maux. On s’agissait de LA vérité sur le
à d’autre fins : politiques, tire sur l’ambulance, pour monde. Il n’y a pas de vérité
vendre du papier, faire grim- reprendre une expression donnée sur un sujet mais
per l’audimat… De même, d’usage. Cet esprit critique bien une multiplicité de
essayons d’inculquer aux si prétendument absent des points de vue et c’est dans
jeunes un esprit critique par esprits des jeunes filles voi- cela que les jeunes peuvent
rapport à ce à quoi ils peu- lées ne mériterait-il pas de constituer le leur. n
Voile à l’école : ne serait-il pas temps
d’enfin légiférer ?
Par Antoine Dejonckheere

S eptembre de cette an-


née a vu la naissance
d’une énième polémique
et heure leurs filles dans un
autre établissement où le
port du voile est autorisé.
ment officiel où le voile
est admis, d’autres où il est
interdit. Cette réglementa-
autour du voile à l’école. tion - ou plutôt, cette ab-
A Dison, non loin de Ver- Cette polémique, qui n’est sence de réglementation -
viers, trois fillettes (âgées pas la première du genre, génère des inégalités entre
de 9 et 10 ans) se voient et hélas certainement pas les écoles. Ne doit-on pas
refuser l’accès à l’école la dernière, met en avant le craindre la création de ghet-
communale car elles por- manque criant de clarté des tos? Ne court-on pas tout
tent le voile. Le règlement autorités quant à la ques- droit à l’apparition d’écoles
d’ordre intérieur stipule tion du port du voile. L’in- fréquentées presque exclu-
en effet l’interdiction du terdiction ou l’autorisation sivement par des filles voi-
port de tout couvre-chef du port du voile est pour le lées? N’y aurait-il donc pas
à l’intérieur de l’établisse- moment laissée à l’appré- là un danger pour la mixité
ment. Le conseil commu- ciation des chefs d’établis- sociale dans les écoles, si
nal de Dison entame une sement (directeurs dans le chère à nos dirigeants?
procédure de renvoi défi- primaire, préfets des études
nitif des trois enfants. dans le secondaire). Qu’il faille légiférer pour ou
contre n’est pas la ques-
Leurs parents, quant à eux, Certains chefs d’établisse- tion de cet article. Le débat
saisissent le tribunal qui au- ment souhaitant interdire doit avoir lieu entre les te-
torise les élèves à fréquen- le port du voile le font par nants du «pour» et ceux du
ter l’école en attendant leur des voies détournées, sans «contre», qu’ils soient issus
exclusion. L’accès à l’école doute par peur de créer du monde politique, des
leur sera toutefois refusé des remous forcément nui- communautés culturelles
plusieurs jours. Finalement, sibles à la mission première concernées, du corps en-
le conseil communal décide de l’école : la formation des seignant, etc. Mais il est im-
l’exclusion des trois fillettes. citoyens de demain. Les pératif de mettre fin au flou
Les parents se tournent couvre-chefs ou les «signes dans lequel sont plongées
alors vers le Conseil d’Etat, religieux ostensibles» sont les écoles en Communauté
qui donne raison à la com- alors interdits par le règle- française. Un décret clair
mune de Dison. Motif : les ment de l’école. qui ne laisse pas place à des
parents étaient au courant interprétations divergentes
du nouveau règlement On a donc, actuellement, doit être le résultat de ce
d’ordre intérieur et auraient en Communauté Française, débat. n
très bien pu inscrire à temps des écoles de l’enseigne-
Pourquoi interdire tout signe religieux
dans les établissements scolaires ?
Par Flore Cornet.

P lusieurs raisons peu-


vent être invoquées à
l’interdiction de tout signe
tombent. Le port de signes signes religieux sont géné-
religieux constitue une en- ralement imposés par la tra-
trave à cette « égalité ». dition, par la famille. Il n’est
religieux dans les établis- que très rare de voir que
sements scolaires. Par Ensuite, cette interdiction c’est une conviction person-
signe religieux, j’entends permet aussi d’arrêter la nelle de l’enfant. Ils doivent
non seulement le voile pression sociale que les en- donc être proscris du milieu
musulman, mais aussi les fants pourraient subir à la scolaire.
croix chrétiennes, la kipa maison. Il est un fait certain
israélite, etc. Pourquoi que des parents obligent Et enfin, il est considéré
faut-il les interdire? leurs enfants à porter tel comme normal que les
ou tel signe religieux sans couvre-chefs soient inter-
Tout d’abord, les prohiber même penser aux convic- dits au sein des établisse-
permet à chacun de pouvoir tions propres de leurs en- ments scolaires. Alors pour-
garder sa liberté de penser fants. Je pense que les pa- quoi permettre le port de
tout en n’importunant pas rents devraient permettre à certains signes religieux qui
autrui. En effet, notre liberté leurs enfants de s’exprimer peuvent s’apparenter à un
d’expression (et notre li- par eux-mêmes, de faire couvre-chef ? Autant auto-
berté tout court) s’arrête où leurs propres expériences riser le port de la casquette
commence celle des autres. et de se forger leurs propres dans les bâtiments scolaires
Un élève qui montre osten- opinions sans subir de pres- et même dans les classes.
siblement qu’il est de tel ou sion. Et quel meilleur vec-
tel milieux religieux peut teur pour cela que l’école ! En conclusion, je pense qu’il
gêner la sensibilité de cer- L’école n’est-elle pas là jus- est préférable pour tout un
tains de ses congénères. Il tement pour permettre ces chacun de ne pas céder à
n’est effectivement pas rare découvertes ? Ne permet- la pression exercée par cer-
de constater que certaines elle pas à chacun de partir tains milieux quant à cette
personnes se sentent plus avec les mêmes chances interdiction des signes re-
à l’aise lorsque les barrières dans la vie ? Bien sûr! L’école ligieux à l’école. Céder à la
religieuses (ou autres) tom- est l’endroit idéal pour for- pression reviendrait à leur
bent. Il est évidemment cer les parents à ne pas abandonner une partie de
plus facile pour tout un cha- pressuriser leurs enfants. nos convictions profondes.
cun de rentrer en contact L’école se doit d’être un en- Bien sûr, cela n’engage que
quand nous nous trouvons droit où l’enfant se sent en mon opinion propre et
dans une situation d’égal à sécurité, sans pression et n’est en rien l’opinion par-
égal. L’école doit rester un où il est libre de se forger tagée par la majorité des
lieu où les barrières sociales ses propres opinions. Les membres ES. n
Du libéralisme exacerbé
en Grande-Bretagne
Par Flore Cornet

T out d’abord, un bref


rappel de ce qu’est le
libéralisme. Le petit La-
par un contrat de gestion.
Ce contrat permet à la STIB
d’être la seule à exploiter
férence » la plus grande par-
tie des bus afin de concocter
son trajet. Mais ce site, bien
rousse 2001 donne une les transports en commun que fait par le comté, est
définition courte et clair à Bruxelles. Comme elle est quasi incompréhensible.
de ce qu’est le libéralisme liée à la Région Bruxelloise, Ainsi, lorsque vous voulez
économique : c’est une elle ne peut pas faire tout ce vous rendre de A à B, armez-
« doctrine économique qu’elle veut. Le résultat est vous de patience.
de la libre entreprise », se- donc une ville assez bien
lon laquelle l’Etat ne doit desservie en transports en De plus, malgré la soi-di-
pas, par son intervention, commun. Bien sûr, le service sant libre-concurrence qui
gêner le libre jeu de la n’est pas parfait mais quand est censée, je dis bien cen-
concurrence. » En d’autres on veut se rendre de A à sée, se mettre en place, les
mots, l’Etat laisse aux en- B, il n’y a aucun problème prix de ces bus ne sont pas
treprises privées le soin pour savoir quel transport du tout démocratiques.
de se débrouiller. Voyons prendre. Le prix est encore Ainsi, un trajet à la STIB
le cas de l’Angleterre et relativement démocratique. sans concurrence sera net-
des moyens de transport En Angleterre, prenons le tement plus démocratique
afin de montrer les dé- cas du Warwickshire, centre qu’un trajet de la même
rives du libéralisme. Com- de l’Angleterre, à environ distance dans le comté du
parons cet exemple avec 100 km de Londres. Pour Warwickshire en Angleterre
les moyens de transport nous faciliter la tâche, pre- où la libre-concurrence est
bruxellois de la STIB et de nons la ville de Leaming- de mise.
la SNCB pour l’ensemble ton Spa. Dans cette ville, Et bien sûr, plusieurs socié-
du pays. au minimum 4 entreprises tés font les mêmes trajets
se partagent les transports aux mêmes heures. Avec
Tout d’abord, au niveau en commun. Jusque là, pas des bus pas spécialement
des bus bruxellois. Bien de problème ; on pourrait plein de chez plein…
que les bus TEC et De Lijn même se dire qu’au vu de
aient aussi quelques lignes la profusion de sociétés de
sur le territoire de la ville transports, il y aura des bus Passons au train. En Bel-
de Bruxelles, une seule en- pour aller partout où on gique, la SNCB exploite les
treprise s’en occupe. Cette veut et à n’importe quelle trains mais aussi les che-
entreprise, la STIB, est une heure, n’importe quel jour. mins de fer. C’est une so-
entreprise semi-publique. Que neni ! Non seulement, ciété semi-publique. Elle
En effet, elle est liée à la Ré- il faut se lever tôt pour trou- est donc la seule à pouvoir
gion de Bruxelles-capitale ver LE site internet qui « ré- exploiter les chemins de fer
en Belgique. Un seul train
fait donc le même trajet à deux compagnies (pour le s o -
la même heure. En Angle- Warwickshire du moins) se ciétés publiques pour
terre, après avoir dans un partagent les voies, certains voir leur fonctionnement.
premier temps rendu privé trains font les mêmes trajets Ça je peux l’admettre, et
les chemins de fer et les à quelques minutes d’inter- encore… Mais qu’on dé-
trains, ils ont fait marche ar- valles alors que le train pré- cide maintenant, grâce à
rière. En effet, suite aux trop cédent, de l’autre compa- l’Europe, de privatiser la
nombreux accidents, les gnie était quasi vide. Niveau poste et de libéraliser le
chemins de fer sont de nou- écologie, on repassera donc marché du courrier, laissez-
veaux exploités par l’Etat ! aussi. moi craindre le pire. D’ici
Les trains, quant à eux, sont quelques années, seule une
toujours privés. Et c’est là Par ce bête exemple, je vou- infime partie de la popula-
que le bât blesse ! Pour faire lais démontrer que malgré tion belge saura se payer les
un trajet de 100km, il faut tout ce que les libéraux veu- services de la poste. Mais
réserver au minimum 15 lent essayer de nous faire en plus, niveau écologie on
jours à l’avance pour avoir entendre, la libre-concur- a fait mieux ! A l’heure ac-
un prix plus ou moins dé- rence n’est pas le meilleur tuelle où nous parlons sans
mocratique. Et encore, il moyen. La baisse des prix cesse de réchauffement
faut rester dans certaines par la libre-concurrence climatique et d’économie
tranches horaires sinon est une vaste blague. Ca ne d’énergie, le libéralisme
vous devrez payer le prix fonctionne pas ! Je n’ai en- n’est donc, sans doute, pas
fort ! Alors la libre-concur- core eu que des exemples la meilleure solution ! n
rence qui est censée faire prouvant son non-fonction-
baisser les prix, person- nement. Alors passe qu’on
nellement, je la cherche essaie ces privatisations et
encore. De plus, comme libéralisations à la place des
17/10 2009 : manifestation parisienne
pour les droits des femmes
P lace de la Bastille,
14h30, le temps est
nuageux sur la capitale
et sous les bannières de
diverses organisations de
gauche.
française ou le groupe «
Osez le Féminisme » or- Mais pourquoi manifester
ganisait une manifesta- ? Telle est la question que
tion pour les droits des l’on m’a posée le matin
femmes. Cette organisa- même de la manifestation
tion présentait cette mo- alors que j’allais me mettre
bilisation avec l’accroche en route. Après tout les
suivante : femmes ont déjà tout ce
dont elles ont besoin, en- Par Antoine Masquelin.
« En France, en 2009, les tendis-je de nouveau. reculer la casse de tous les
femmes perçoivent des acquis obtenus par nos
salaires inférieurs de 21 % La défense des droits des luttes au XXe siècle.
à ceux des hommes, elles femmes a tendance à être
représentent 80 % des reléguée au second plan Mais pour en revenir à la
travailleurs pauvres, assu- alors qu’elle serait une ré- manifestation proprement
rent l’essentiel du travail ponse sociale à la crise dite, elle fut composée par
ménager et de l’éducation globale qui nous traverse des mouvements politiques
des enfants. 85 % des em- actuellement. Nous avons comme le NPA d’Olivier Be-
plois à temps partiels sont toutes et tous intérêt à sancenot, Lutte Ouvrière
occupés par des femmes l’égalité. Nous devons re- avec Arlette Laguiller, et le
et leurs retraites sont en mettre l’égalité des droits Parti Socialiste aperçu en
moyenne inférieures de sur le devant de la scène. fin de cortège mais mys-
600 € par mois. Une femme La lutte contre les préjugés térieusement évaporé a la
meurt tous les deux jours sexistes et l’homophobie fin de la manifestation sans
et demi sous les coups de doit être au coeur des pro- que l’on sache où ils étaient
son conjoint. Une femme jets du service public de passés alors que les autres
est violée toutes les 10 l’Éducation Nationale pour groupes politiques étaient
minutes. » répondre pleinement aux encore présents. On comp-
aspirations d’une future tait aussi sur des groupes
C’était donc naturel de ma- société égalitaire. Femmes plus ou moins politisés
nifester avec les féministes. et hommes, dans l’unité, comme les syndicats (UNEF,
Nous étions 15000 à battre nous imposerons d’autres CGT…) ou encore des orga-
le pavé entre la Place de la choix au gouvernement et nisations (Planning Familial,
Bastille et celle de l’Opéra, à l’ordre mondial pour faire Amnesty…).
Loin des clichés des fémi- du sort ce même jour en ser de leur corps, l’autono-
nistes frustrées sous tous Espagne deux millions de mie financière et temporelle
les angles, celles qui com- personnes manifestaient des femmes, l’application
posaient la manifestation contre le droit à l’avorte- des lois contre les violences
faisaient preuve d’ouver- ment, ce qui ne peut que faites aux femmes, la laï-
ture mais aussi d’un grand légitimer la lutte de tous cité de la société comme
optimisme pour l’avenir. les citoyens face à l’obscu- pilier fondateur, l’égalité
On ne peut que respecter rantisme et pour le droit politique, économique et
ces femmes qui ont mis en des gens à disposer d’eux- sociale, et la solidarité avec
place cette manifestation mêmes. Il était donc impor- les luttes pour les droits des
de 15000 personnes sur un tant de manifester avec les femmes dans le monde. n
tel sujet qui intéresse en- féministes ce jour là, pour la
core bien du monde. Ironie liberté des femmes à dispo-

L’Etat, un remède à la vie


Par Benjamin Janssens

C ombien de fois nos


politiques, ces singes
rongés par leur idéologie,
leur nom. Déshumanisés,
nous agissons dans leur
sens et contribuons par
dès leur plus jeune âge, ces
derniers n’en lutteront que
plus farouchement pour
n’ont-ils pas discouru sur notre folie à la continuité la boue étatique. Ainsi se
les bienfaits d’une société d’un système absurde. Au construit le cercle vicieux
bien organisée et d’un mépris de ce qu’il nous qui nous pousse vers notre
Etat apte à résoudre tous reste de dignité, nous bai- déclin ; de ce tumulte, seule
les problèmes ? gnons volontiers nos corps la chiure peut prétendre à la
dévastés dans cette fange victoire.
Ils nous assomment, mar- fétide qu’on appelle société
tèlent nos consciences de ; nous y noyons nos enfants. Mais revenons à ces dégé-
leurs idées et nous rendent Formatés, imbibés des ex- nérés que nous appelons
malades au point que nous créments idéologiques que « politiques ». Qu’ils soient
finissons par prêcher en nous leur faisons manger de droite, d’extrême droite,
de centre, de gauche ou L’abrutissement par la déterminé sauvagement
d’extrême gauche, tous règle  ? Sûrement. La voilà, comme bien, l’homme s’est
ne font qu’annihiler notre la vraie signification de perdu. Il s’est fébrilement
condition humaine : tous l’ordre. Les animaux ont-ils construit un édifice ma-
prônent l’Etat. Le fond de besoin de lois, d’obligations cabre, cercueil de sa pro-
leurs paroles reste le même, et de discipline pour vivre pension à vivre. Les règles,
seule la forme change. Varie ? Ne sommes-nous pas des dont il s’est doté pour agir
aussi, peut être, la manière animaux ? avec les autres, sont deve-
de baver son discours, de nues autant de cordes en-
se débattre de ses idées Tant que subsistera une en- serrant progressivement
comme un chien se débat tité quelconque, même abs- son cou, le condamnant
de ses puces. Aucune ten- traite, dont les « fonctions  » toujours plus à s’affilier aux
dance, si ce n’est peut être seront de régenter, de illusions qu’il a du nour-
l’anarchisme mais l’épisode contrôler ou de proscrire les rir, pour ne pas sombrer
reste anecdotique, n’a eu la actions humaines ; jamais dans l’abîme du désespoir,
volonté claire d’éradiquer, nous ne pourrons prétendre sur la dictature sociale. La
de condamner à la ruine cet à notre vraie nature : la li- mollesse humaine n’a plus
« ordre social » qui nous op- berté. En effet, quoi de plus d’égale désormais que les
presse, nous force à errer en contre nature que de blâ- faux semblants sur les-
lambeaux de vie… mer la violence, la haine, la quels notre race décrépie se
destruction… principes de construit. Tout se fait, se rat-
L’ordre… quel bien bel eu- vie ? Et ce… pour l’unique tache, doit s’accorder avec
phémisme, quelle consé- justification que cela va à l’Etat ou n’a pas lieu d’être.
cration à la définition ! Il l’encontre des valeurs péri-
fut encore nécessaire que mées sur lesquelles repose Dans le désert de sa réalité,
l’homme emprisonne, qua- l’organisation sociale. Avons l’homme, dont la tête n’est
lifie cette sordide métaphy- –nous seulement choisis plus qu’une confusion ab-
sique pour les macaques ces principes ? Et quelle ob- jecte, une perdition sans
de l’idée politique sous une session à vouloir les suivre  ! fin, n’est plus qu’un dément
dénomination aussi ab- Il a fallu que nous soyons amnésique. Il pensait trou-
surde : l’ordre. Que ne pour- fermentés par plus de 2000 ver bonheur et liberté dans
rions –nous pas justifier par ans de morale chrétienne la société, il n’y a trouvé que
ce nom  ? Les massacres, pour en arriver à penser que des privilèges et une cage à
les casses, les guerres, les l’homme devait nécessaire- ses idées. n
démolitions ? Triste asso- ment tendre vers le bien…
ciatif pour ces exutoires de Et pour associer, par l’entre-
vie, bien qu’ils aient perdus mise des prédicateurs de la
de leur attrait depuis que politique, que l’ordre allait
l’homme s’est mis en tête dans le sens de cet « idéal ».
de les réglementer, comme
tout le reste d’ailleurs. Dans la quête de ce qu’il s’est
République ou monarchie ?
Par Antoine Masquelin.

O n entend souvent
des discours pour
l’instauration d’une ré-
par rapport à sa vision de la
république française. Le roi
quant à lui ne peut pas pro-
publique en Belgique, ré- poser de loi ou réforme, car
gime extrêmement banal il n’appartient à aucun parti,
en ce début de XXIème et n’a pas le droit de vote.
siècle. Mais serait-ce un Quelque soit la couleur du
véritable changement ? parti, le roi ne peut faire
passer des lois au regard de
Par définition la monarchie sa vision du monde.
est un système politique
où l’unité du pouvoir est
symbolisée par une seule Un autre argument des En France en 2009, les cré-
personne. Actuellement le républicains est celui du dits alloués à l’Elysée sont
roi est le garant de l’unité coût de la monarchie, mais de 112,3 millions d’euros.
du pays, il règne mais ne il n’est pas aussi élevé que L’installation de Sarkozy à
gouverne pas. Les véri- cela lorsqu’on regarde l’en- l’Elysée a été suivie par des
tables pouvoirs sont entre semble des comptes. En travaux d’aménagement
les mains du parlement 2006 en Belgique, les frais (1,8 million d’euros), des
comme le prévoit la consti- de la Maison Royale (dota- investissements pour l’in-
tution. tions comprises) coûtent 12 formatique et la téléphonie
millions d’euros. Des cher- (900000 euros) et de nou-
Dans une république, le chef cheurs du Centre de Polito- velles voitures (300000 eu-
d’Etat est représenté par logie de la K.U.L. à Louvain ros) nécessitant l’inscription
le président élu pour une ont calculé que le montant d’un crédit complémentaire
durée limitée. Mais il peut des subsides des partis po- de 1,5 million d’euros. Et
avoir plus de pouvoir que le litiques, calculés selon l’in- n’oublions pas les frais de
roi. Le président mène la po- dice des prix de décembre déplacement en avion qui
litique dirigée par son parti 2004, est passé de 634.000 coûtent 10 millions d’eu-
et même propose des me- euros en 1972 à presque ros, les frais de vacances
sures, des lois, des réformes 48,5 millions en 2006. Les du président, et son salaire
pouvant passer outre l’as- partis reçurent également qui avoisine les 240000 eu-
semblée, comme c’est le un soutien indirect sous la ros par an. Naturellement
cas en France. Le président forme d’une partie du sa- c’est le contribuable qui
Sarkozy aidé par sa majorité laire que les parlementaires paie donc passer d’un fi-
parlementaire peut faire et leur personnel reversent nancement de 12 millions
presque passer toutes les à leurs partis. d’euros à 112,3 millions par
lois qui lui semblent juste an verrait aussi nos impôts
augmenter de manière si- domaine qui fait rêver cer- les mener à une attitude
gnificative. tains, les aident à se rac- de repli et de recherche de
crocher à quelque chose valeurs qui peuvent se révé-
Un autre point de vue est de concret. Durant notre ler extrémistes. Prenons le
le sociologique. Max Weber jeunesse toutes les histoires cas de pays du tiers-monde
parlait au début du XXème parlent de «  bons rois  », s’occidentalisant, perdant
siècle de  «  désenchante- de princesses, de princes, leurs valeurs ancestrales.
ment du monde  ». Il s’agit qui servent à faire rêver. Certains n’hésitent pas à
du recul des croyances Certains plus âgés conti- se tourner vers des valeurs
religieuses ou magiques nuent dans cette voie en extrémistes, on joue donc
comme mode d’explication regardant des programmes avec la stabilisation d’une
des phénomènes, et s’ac- consacrés aux familles société.
compagne d’une perte de royales ainsi que des revues
sens du monde, dès lors spécialisées. Dans notre Mais au final que ce soit
qu’il peut être scientifique- monde constamment à la une république ou une
ment expliqué. En effet, dès recherche du profit, pour monarchie, il y a toujours
lors que tout est explicable, que ce genre de médias quelqu’un à la tête de l’Etat,
on n’attribue plus une expli- existe il faut que des gens s’y l’un a juste plus de pouvoirs
cation divine ou mystique intéressent. Vu la constante et un contrat à durée déter-
à un phénomène naturel. de ce genre de médias, on minée. n
La royauté entre dans ce peut dire que beaucoup de
domaine de «magie», en personnes ont besoin de ce
France on croyait que le roi genre de choses.
pouvait guérir les écrouelles
en touchant les malades. Enlever une telle valeur
aux individus ne peut que
La royauté est encore un
Ni monarchie, ni république
(Diatribe déconstruite des promoteurs de réalité)
Par Benjamin Janssens.

I l m’est peu suppor-


table aujourd’hui, d’af-
firmer que, malgré les
tromperais la monotonie
des jours en brisant l’ennui,
douce déchirure du temps,
belle plume pour répondre
à l’article, voué à la po-
tence, de ce même journal,
acquis d’idées de nos par la destruction de l’exu- intitulé « République ou
membres  (funeste déri- bérance fabulatrice d’où Monarchie ? ». Bel exemple
sion) – bien que toute idée provient notre esclavage. de ce que le fade a pu en-
soit neutre par son origine Mais que me serait-t-il don- gendré de mieux. Perver-
et que l’homme y projette né à éprouver si, à l’image sité des couronnes contre
ses flammes, ses passions des prêcheurs de progrès, hypocrisie populaire… Il
infernales – il manque dans je m’avilissais par esprit en faut choisir ?
les têtes creuses du fond médecin du monde ? Je ne
commun de cet entou- serais dès lors qu’un dupe Si de nos jours, pour
rage pernicieux, le mor- parmi les oubliés de la vie, quelques attraits qu’elle
tel aliment qui lui referait un commun parmi la glaise puisse encore avoir, la rai-
conscience. Celle –ci étant impropre des perdus du son se propageait  ; si elle
toute relative, les fous eux- Vouloir Vivre. Il n’y aurait de moissonnait impitoyable-
mêmes ayant conscience corde assez grande et as- ment nos têtes, incisant
de maître à penser, ne nous sez serrée pour contribuer nos boîtes crâniennes et
épanchons pas ici sur ce au salut. Or, me confon- libérant nos cerveaux atro-
qui ferait son contenu mais dant dans l’instinct, je ne phiés de l’empire des apho-
sur la volupté dicible du peux que poursuivre cette rismes arbitraires  ; nous
réalisme pessimiste qu’elle nécessité impérieuse du re- jetterions à bas, dans un
peut donner. Si elle pouvait noncement : se garder des écrasant excès de vie, ces
ébranler la cage cadavé- affaires du monde. Dans la structures décadentes, dé-
rique, sinistre floraison de mare des affabulateurs de suètes et contre-nature.
nos attributs, qui oppresse l’omniscience, le silence, de Malheureusement, la po-
de ses faux semblants, la toutes les choses prédesti- litique a, de tout temps,
vitalité même qui en fut nées, demeure la plus belle embrasé l’esprit comme
la source, en un réalisme grimace à l’Absolu. rarement une maladie l’eut
mortifère – opposition dou- De cette optique, revenons fait ; d’elle, on ne retire que
teuse - à échapper au néant à nos moutons, car il s’agit la fièvre. La raison s’éclipse
et à la fin  ; je dispenserais bien de cela qu’il me faut pour le délire idéologique
la conscience, mère de rai- écrire. C’est à grands coups et l’homme se met à «  es-
son, à qui se ferait volonté de sacro-saintes prières pérer  ». Là, où il n’y a rien
de sortir de son cloaque, qu’il m’a été demandé, de à attendre, il se trouve des
notre humanité rongée la part de quelques radi- prétextes ; prétextes à agir,
par sa propension à espé- caux athéistes et républi- à se débattre dans le vide
rer. Agissant de la sorte, je cains, de prendre ma plus immense des solitudes vir-
ginales de l’être. Dans cette expurgatoire de tout ce morale, nous ne pouvons
perspective, tout acte de- que contient de purulent nous empêcher de valori-
vient un crime, une faute ces violences inadaptées. ser, de conseiller, de « faire
à l’inertie et une débâcle à Car ce n’est pas là la vo- remarquer »…
l’évident. lonté d’opposition vitale, Nous manipulons les
Démarche inconsidérée, principe de dépassement concepts, les triturons dans
l’homme se met à lutter et d’accomplissement, tous les sens alors qu’ils ne
lui-même contre sa vraie mais bien de l’amer four- sont qu’une vague allusion
nature  : le néant. Par peur, millement d’une ruche aux choses, qu’ils n’ont
il utilise la politique pour surpeuplée dans un es- d’autres significations que
empêcher cet état de cha- pace confiné. De ces luttes ce que nous voulons bien
os; de lui-même et vis-à-vis apostoliques, où le vertige leur donner, méprisable ar-
des autres. des passions ne surpasse bitraire, frontière à l’absolu.
Le philosophe disait, il y que les magistrales facé- Nous en construisons des
a quelques décennies de ties qu’elles vantent, ne se vérités, extatiques à sou-
cela, que tout esprit riche gagne que l’ivresse d’une hait lorsqu’il nous faut les
se cultive en contradic- victoire vaine, premier pas expliquer.
tions. Mais ne pensait-il pas vers les édifices que de
là davantage à un état de tout temps, l’homme s’est Sur cette abstraction se bâ-
vie plus qu’à la déprécia- éreinté à bâtir. Abattoir tissent les « réalités » ; men-
tion de l’homme par la vo- maudit au service de nos songes grotesques avec
lonté politique, sournoise mirages  ; quand compren- lesquelles nous abreuvons
obsolescence de sa condi- drons –nous qu’il y a dans nos enfants, succession
tion vers le pathétique à nos constructions, lors de d’engeances plus mépri-
force de nourrir les oppo- leur fondement même, les sables les unes que les
sitions inhérentes à toute premières fissures qui les autres, toutes formatées
question intraitable ? feront s’écrouler un jour ? dans une même continui-
té : la poursuite de l’erreur.
Et encore, s’il n’y avait dans Il serait inique de ma Comme leurs parents, ils
le dépotoir de notre monde part, de limiter ici les bel- brandissent les valeurs en
que des objecteurs viru- ligérants de ces batailles raison et en font le sacer-
lents et des figuristes dérai- idéologiques aux uniques doce de nouveaux com-
sonnables  ! Une idée brû- singes baveurs de politique bats.
lante posée en étendard et et ce, même si de tous les Avides de la bouffe norma-
le feu se répand déjà aux esprits dévastés, ils sont de tive pré mâchée pendant
poudres  ; se lèvent alors loin les plus efficaces à pol- des siècles, ils pérorent des
les affamés des condam- luer, à déféquer dans nos systèmes qu’ils établissent,
nations et les rigoristes cerveaux les rebuts de leur du triomphe des idées
dégénérés du conflit… Et plaidoirie vomitive. C’est qu’ils défendent.
le combat reprend. Plus bien de toute une race qu’il
sanglant qu’avant, tou- s’agit de traiter ! Marteleurs Triste apologie du ridi-
jours insatiable  ; sordide de conscience, faiseurs de cule.  n
À l’heure où l’université du libre examen augmente les barrières à l’expression de
propos jugés (par elle-même) inadéquats, à l’heure où des lois anti-terroristes réins-
taurent le délit d’opinion en occident, il nous a semblé opportun du publier une tra-
duction d’une partie de l’histoire de Jonathan Lubell. Jonathan Lubell, étudiant à
Harvard à l’époque et devenu depuis un avocat renommé, a pris le risque dans des
années sombres du maccarthysme de s’opposer à la pensée unique pour défendre la
liberté d’expression et d’opinion, alors même que son université renonçait à défendre
les valeurs auxquelles elle affirme être tellement attachée.
Puisse cette histoire nous rappeler que les initiatives individuelles sont toujours né-
cessaires lorsque les institutions manquent de protéger adéquatement les droits des
citoyens.
The Lawyer’s Tale
Jonathan Lubell on an Inglorious Chapter
in the History of the Harvard Law School

J e descendis en voiture
vers l’île de St. Simon
sur la côte de la Géorgie
terPunch depuis des années
et n’a jamais essuyé un seul
échec. Je l’ai souvent harce-
du Sud-Est pour y passer lé pour qu’il raconte en dé-
Thanksgiving avec Jona- tails comment la honteuse
than Lubell et sa femme hystérie anti-communiste
Dee. Jonathan est le l’a empêché d’accéder à un
meilleur avocat du pays poste mérité de la « Harvard
pour ce qui concerne les Law Review »1 au plus fort
affaires de diffamation de la chasse aux sorcières
et s’est fait un nom dans de McCarthy. Jusqu’ici, il
la profession par de véri- avait toujours dit qu’ « un les principaux épisodes de
tables prouesses telles que jour » il me le raconterait. l’histoire au cours d’un buf-
le procès qu’il a intenté au La future occupation de fet de Thanksgiving organi-
nom du Colonel Herbert la maison blanche par un sé dans l’un des restaurants
contre CBS à la fin des an- président issu de la Harvard de l’île.
nées soixante-dix, où il Law Review a peut-être
triompha en obtenant de rendu le principe de trans-
la Cour suprême des États- parence applicable à l’école Jonathan et son frère ju-
Unis la décision originale de droit. Quoi qu’il en soit, meau David avaient fré-
obligeant à révéler les faits il m’a finalement raconté quenté Cornell de 1947
et documents dans les af- 1 L’Harvard Law Review, publiée à 1951. Les deux jeunes
faires de diffamation. par un groupe d’étudiants de la Fa- hommes, ayant obtenus la
culté de droit de Harvard, est l’une bourse « Sidney Hillman » à
des revues de droit de référence
Jonathan représente Coun- aux États-Unis. Cornell, poursuivirent leurs
études à la faculté de droit gatoires sur les subversions dement7 s’appliquait uni-
de Harvard de 1951 à 1954. des rouges. « Ayant été fina- quement à ceux qui étaient
Dans leurs années à Cor- lement convoqués par plus impliqués dans des activités
nell, les fils Lubell avaient d’une de ces commissions  », criminelles. Neuf mois plus
été politiquement actifs sur se souvient Jonathan, « tard, il changeait d’opinion
la question des droits civils je comprends qu’il y avait et écrivait que le cinquième
et les problèmes de guerre une sorte de négociation, amendement s’appliquait
et de paix, en particulier et finalement c’est la sous- également aux innocents.
concernant la guerre de commission Jenner qui s’est Ceci était la position que
Corée. « Nous écrivions des chargée de notre cas. nous avions adoptée la pre-
articles et prenions la pa- mière fois que nous avions
role à des rassemblements, « Nous étions dans notre rencontré Grisworld.
défendant la position selon deuxième année et quand Peu après, les Lubells furent
laquelle les États-Unis, al- nous reçûmes les convoca- convoqués par trois profes-
liés avec la Corée du Sud, tions, nous allâmes dans le seurs de l’école de droit. «
étaient responsables de la bureau du doyen de la facul- La rencontre fut caractéri-
guerre. » Jonathan précisa té de droit, Erwin Griswold, sée par une absence totale
que les événements du Viêt qui demanda quelles de communication. Nous
Nam, des années plus tard, étaient nos intentions. Nous dîmes aux professeurs que
allaient confirmer leur point répondîmes que, bien sûr, nous n’avions aucune in-
de vue sur la guerre de Co- nous n’allions pas coopérer tention de coopérer avec la
rée. parce que nous pensions commission Jenner. Quand
que les activités de ces un des professeurs évoqua
Fin 1952 début 1953, la commissions violaient le le dommage qu’Harvard
sous-commission d’en- premier amendement6 et la pourrait souffrir si nous re-
quête permanente de Joe liberté académique qui de- fusions de coopérer, nous
McCarthy2, la commission vrait exister à la faculté de répondîmes que le dom-
de la Chambre sur les ac- droit de Harvard. Griswold
7 No person shall be held to answer
tivités antiaméricaines3et était furieux et nous dit que for a capital, or otherwise infamous
la sous-commission du Sé- d’autres personnes de la fa- crime, unless on presentment or
nat sur la sécurité interne culté nous parleraient. À ce indictment of a Grand Jury, except
des États-Unis4 (également moment, le doyen affirmait in cases arising in the land or na-
val forces, or in the Militia, when
connu sous le nom de « que le cinquième amen- in actual service in time of War or
commission Jenner »5) me- public danger; nor shall any person
naient toutes des interro- 6 Congress shall make no law be subject for the same offense
respecting an establishment of to be twice put in jeopardy of life
2 « Permanent Subcommittee on
religion, or prohibiting the free or limb; nor shall be compelled in
Investigations »
exercise thereof; or abridging the any criminal case to be a witness
3 « House Un-American Activities
freedom of speech, or of the press; against himself, nor be deprived
Committee » or the right of the people pea- of life, liberty, or property, without
4 « Senate Internal Security Sub- ceably to assemble, and to petition due process of law; nor shall pri-
committee » the Government for a redress of vate property be taken for public
5 « Jenner Committee » grievances. use, without just compensation.
mage à notre honneur et à que l’entrevue aurait eu nous indiquant de ne pas
ce que nous considérions lieu. Sans hésitation, David prendre un de ces avocats
comme les principes que et moi eûmes la même ré- communistes. Il était clair
l’école de droit devrait sou- ponse : « nous le saurions ». que les avocats proposés
tenir serait beaucoup plus L’offre était inacceptable. par l’université n’allaient
important. Il fallait protéger « Entre-temps, les étudiants nous aider à défendre notre
les droits stipulés dans la avaient appris que nous de- position d’aucune façon.
Constitution ; autrement, vions être interrogés par la En fait, leur rôle semblait
notre pays serait mis grave- sous-commission. Personne consister à nous convaincre
ment en danger. ne voulait dès lors plus s’as- de renoncer à invoquer nos
« Les trois professeurs seoir avec nous au réfec- droits et de changer d’avis. »
n’avaient pas un avis una- toire de la faculté. Et pour Jonathan et David Lubell
nime. L’un d’entre eux, John bien faire passer le mes- seront entendus par la
McGuire, avait travaillé au sage, plus aucun étudiant sous-commission Jenner
sein de la brigade spéciale ne s’est plus assis avec nous en 1953. « Nous avons briè-
du procureur général A. aux cours non plus. » vement expliqué que nous
Mitchell Palmer à la fin de la Outre l’ostracisme des étu- n’étions absolument pas
Première Guerre mondiale, diants et de la faculté, l’uni- prêts à coopérer, que les ac-
qui a persécuté les rouges versité pensa à accentuer la tivités de la sous-commis-
et suspecté les radicaux. Il pression par d’autres biais. « sion violaient le premier et
faut toutefois lui accorder Le vice-doyen, Livingstone le cinquième amendement
qu’il était certainement le Hall, a rencontré notre mère ainsi que les principes de
plus compréhensif à notre pour la convaincre de nous la liberté académique que
égard. Un autre professeur, demander d’interrompre Harvard s’enorgueillissait
réputé « libéral », devint nos études le temps que la de défendre depuis des an-
juge à la plus haute cour commission cesse ses ac- nées.
du Massachusetts. Durant tivités, une idée qu’elle ne
la période de quelques se- désirait pas soutenir. » « Nous avons clairement ex-
maines où se tenaient les Plus le jour de leur audition posé notre point de vue et
discussions avec les trois devant la sous-commission la sous-commission nous a
professeurs, David et moi Jenner approche, plus la dit que l’audition était ter-
fument appelés dans le pression augmente sur les minée. Peu de temps après,
bureau de l’un des profes- frères Lubell. « Nous avons certains professeurs de la
seurs pour une « discussion informé le vice-doyen de faculté de droit nous ont
privée ». Il dit qu’il avait notre intention de par- dit que nous courions le
de « grandes nouvelles ». ler avec une personne de risque de ne jamais pouvoir
L’avocat de la commission l’ACLU (organisation amé- un jour exercer la profes-
Jenner, Robert Morris, avait ricaine pour les libertés ci- sion d’avocat. De plus, nous
offert de nous interroger viles) pour nous représenter ne pouvions plus disposer
en privé à Washington, à l’audition. Hall s’est immé- d’une bourse. David et moi-
D.C. Personne ne saurait diatement mis en colère, même avons toutefois fait
bien comprendre que nous riode, la faculté de droit a téger les droits garantis par
avions l’intention de deve- fait tout ce qui était en son la constitution. Ce souci ne
nir avocats et de nous impli- pouvoir pour se débarrasser faisait toutefois pas le poids
quer dans la profession. » des deux frères : Jonathan face à la lutte des commis-
Le coup suivant a été as- et David ont appris qu’une sions du Congrès contre les
séné par la Harvard Law réunion avait été organisée activités subversives. Les
Review. Jusque là, il n’avait pour décider s’ils devaient temps étaient incertains. Il
été refusé à aucun étudiant être renvoyés ou non. « Peu est significatif de constater
de devenir membre de la de temps après, un membre qu’au début des années
Law Review si celui-ci avait de la faculté soixante-dix, les étudiants
le niveau requis. « Dans qui étaient membres de
notre cas, la Law Review la Harvard Law Review à
a convoqué une réu- notre époque étaient
nion extraordinaire d’avis que j’aurais
pour décider si dû être accueilli en
nous pouvions leur sein. »
travailler pour
la revue. Nous « Plus tard, plu-
avions tous les sieurs étudiants
deux réussi avec qui avaient été
grande distinc- sur les bancs
tion. » de l’école avec
nous entre
La Law Review 1951 et 1954
a tenu sa réunion. sont venus nous
Jonathan Lubell a été trouver moi ou Da-
informé que ni lui ni vid pour nous félici-
son frère ne seraient ad- ter d’avoir embrassé la
mis. Au fil du temps, d’autres carrière d’avocat (David est
événements concernant la nous a dit qu’une avocat dans les domaines
faculté de droit et la Law Re- réunion avait été organisée de la propriété intellec-
view se produisirent. « Nous et que nous pouvions nous tuelle et du divertissement).
avons été informés par des estimer heureux que toute Ils ne se sont évidemment
étudiants qui avaient été expulsion requiert une ma- pas appesantis sur l’ignoble
dans notre classe que ceux jorité des deux tiers des rôle qu’ils ont joué ni sur le
qui avaient voté pour nous voix. Nous avons compris fait que nous soyons deve-
exclure du journal avaient que la plupart des profes- nus avocats sans nous plier
pour principal objectif de se seurs s’étaient prononcés en aux exigences anticonstitu-
donner toutes les chances faveur de notre renvoi et ce, tionnelles de la sous-com-
de devenir un jour avocats. malgré le souci clairement mission Jenner. »
» Au cours de la même pé- affiché de la faculté de pro-
Lors d’une convention de End à Londres juste après « à l’époque, ces gens pen-
l’American Bar Association, la Deuxième Guerre mon- saient que les allemands al-
Jonathan Lubell a évoqué diale  : laient gagner. »
l’affaire Herbert. L’ancien « Un peu plus d’un an après
doyen de la faculté de droit la fin de la guerre, Mr Harry En plein maccarthysme, les
Erwin Griswold, qui est de- fit un voyage aux îles Anglo- étudiants qui fuyaient les
venu plus tard substitut du Normandes, le seul endroit frères Lubells et les profes-
ministre de la justice au- du Royaume-Uni à avoir été seurs qui essayaient de les
près de la LBJ, était présent. occupé par les Allemands obliger à témoigner cares-
«  Cette affaire aura été très pendant le conflit. Il était saient eux aussi les vain-
pénible pour l’université de enthousiaste. Il m’a raconté queurs dans le sens du poil
Harvard, » confiera-t-il à Jo- avoir vu une gigantesque pour s’assurer qu’ils ne leur
nathan. Ce à quoi Jonathan cave à bière que les soldats déplairaient pas. n
a répondu : « Monsieur le allemands avaient réamé-
doyen, elle le fut plus en- nagée et décorée dans le
core pour moi. » style munichois – un en- Référence: http://www.counter-
droit magnifique, qui, par punch.org/cockburn02202009.
J’ai en vain supplié Jo- son existence et les possibi- html.
nathan de me révéler au lités qu’il offrait au visiteur
moins quelques-uns des anglais, montrait que le mal La republication après traduction
noms de ceux qui refusaient peut parfois engendrer le a été autorisée par les éditeurs de
de s’asseoir à côté de lui ou bien. Counterpunch et l’auteur de l’ar-
David au réfectoire ou au ticle.
salon de lecture. C’est ainsi« Je fis quelques remarques
qu’une chasse aux sorcières désobligeantes pour signi-
se répand sournoisement, fier que j’avais lu quelque
par les lâchetés des gens part que la plupart des
apeurés qui visent leur pro- habitants de l’île avaient
tection ou leur promotion. I su tirer profit de la guerre
Will Bear Witness, le journal– avaient pleinement colla-
intime de Victor Klemperer boré avec les envahisseurs,
concernant la montée des leur avaient donné des
Nazis, contient de nom- listes de juifs locaux en vue
breux exemples de telles de leur déportation, etc.
lâchetés à la Technische Mr Harry indiqua qu’il avait
Universitât Dresden. entendu des affirmations
similaires dans les îles et les
Dans ses mémoires, I Claud, jugeait sensées.
mon père rapporte une
conversation avec le pro- « Mais vous ne comprenez
priétaire d’un pub de l’East pas, mon bon Claud », dit-il,
Comité du cercle des étudiants socialistes
Présidente : Ludivine Biarent
Trésorière : Angéline Biarent
Secrétaire à la promotion : Antoine Masquelin
Coordinateur : Mounir Laarissi

Comment nous joindre ?


Site web : www.es.site.ulb.ac.be/es-ulb
Mail : es@ulb.ac.be
Téléphone :
25 28 (en interne uniquement)
0473/ 34 75 25 (présidente)
Adresse :
« Maison de l’Assoc’», Avenue Buyl n°131
Campus du Solbosch - 1050 Bruxelles
Formulaire d’inscription

au Cercle des Etudiants Socialistes de l’ULB


2009-2010

Nom : …………………………………………………………………………………………...

Prénom : ……………………………………………………………………………………….

Faculté / Section / Année d’étude : …………………………………………………………

Adresse : ………………………………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………..

Adresse du kot : ………………………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………..

Téléphone : ……………………………………………………………………………………

E-mail : …………………………………………………………………………………………

Une  cotisation  annuelle  de  3  €  est  demandée  aux  membres.  Elle  donne  droit  
aux  votes  lors  des  réunions  et  au  vote  lors  de  l’Assemblée  Générale.  
Elle  peut  aussi  être  payée  par  virement  au  compte  :  001-­‐2914082-­‐84  avec  
votre  nom  en  communication.  

Date et signature,

Vos informations personnelles seront traitées conformément à la loi du 8 décembre 1992 relative à la
protection des données à caractère personnel. Elles ne seront donc communiquées à aucun tiers.
« La liberté sans le socialisme, c’est le privilège et l’injustice;

le socialisme sans la liberté, c’est l’esclavage et la brutalité »


Michel Bakounine
Déclaration de la Ligue de la Paix, septembre 1867