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A.

Propriétés anticorrosion de l’oxyde de cérium

La dégradation des revêtements à base d’oxyde de cérium en milieux aqueux est un


sujet très peu abordé dans la littérature, et notamment en ce qui concerne les
revêtements électrodéposées.
K. Aramaki a largement publié concernant l’effet du cérium sur la corrosion du zinc et
des aciers galvanisés utilisant le cérium comme inhibiteur cationique associé ou non
avec des anions inorganiques (parmi silicate Si2O52−, phosphate PO43−,
octylthiopropionate et C8H17S(CH2)2COO−, benzotriazolate C6H4N3−) dans des
solutions de NaCl à 0,5M. [71-84]. Ces travaux indiquent une efficacité inhibitrice de
la corrosion du zinc et des aciers galvanisés, notamment par l’ajout de faibles
quantités de cérium (III). En accord avec les travaux de Hinton et al. et Arenas et al.,
l’action inhibitrice agirait par la suppression du processus cathodique [85,86]. Cet
effet serait dû à la formation d’un film mixte composé à la fois d’hydroxyde riche en
cérium et d’hydroxyde de zinc et pourrait donc s’apparenté à un phénomène de
conversion. Néanmoins, ces différents travaux ont également noté que la
morphologie de surface était un paramètre à prendre en compte sérieusement. En
effet un état de surface fissuré ou non homogène peut ainsi conduire à l’effet inverse,
c'est-à-dire une augmentation de la vitesse de corrosion. Il a également conclu que
l’inhibition de la corrosion par incorporation de cérium nécessitait l’utilisation d’un
inhibiteur anodique. A cet effet, il a montré que l’utilisation de bain à base de nitrates,
considérés comme des inhibiteurs anodiques, améliorait la tenue des pièces à la
corrosion [87].
Dans le cas des revêtements à base de cérium, les différentes études menées
semblent également s’orienter vers une inhibition des réactions cathodiques lors du
vieillissement des pièces traitées. Ainsi Breslin et al. [88] ou encore Hinton et al. [89]
ont montré que les films à base d’oxyde de cérium agissent comme une barrière
physique à la diffusion de l’oxygène nécessaire pour le déroulement des réactions
cathodiques et par conséquent freinent le processus cathodique. Comme il a était
discuté précédemment, en fonction des paramètres de dépôts du film et de la
complexité du comportement de l’ion cérium en solution, la composition de ce film
peut être très complexe. Ainsi, les études menées par Motte et al. [90] ont montré
qu’en raison de leur plus faible solubilité les films composés d’oxy-hydroxyde de
Ce(IV) sont moins efficaces que ceux composés d’oxy-hydroxyde de Ce(III). En
outre, d’autres études ont également suggéré une possible évolution de ces couches
lors de leur immersion en milieu salin [90]. En effet, les films composés d’hydroxydes
de cérium (III) sont ainsi susceptibles d’évoluer durant le processus de corrosion dû
à l’oxydation du cérium (III) entraînant ainsi l’enrichissement de la surface des films
en cérium (IV) selon le mécanisme suivant :

2Ce(OH)3 + 2OH- → 2CeO2 + 4H2O + 2e- (20)

1/2O2 + H2O + 2e- → 2OH− (21)

En vu d’un possible remplacement des traitements à base de chrome VI, certains


auteurs ont également tenté de comparer le comportement de ces couches à base
d’oxyde de cérium avec les couches à base de chrome VI. Ainsi des travaux
d’impédance menés par Hosseini et al. [91] ont montré que la résistance à la
corrosion des revêtements à base d’oxyde de cérium était 2 fois supérieure à celle
des revêtements à base de chrome VI et 4 fois supérieure à celle du zinc pur.