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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017 73 E ANNÉE– N O 22594 2,50 €–
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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017
73 E ANNÉE– N O 22594
2,50 €– FRANCE MÉTROPOLITAINE
WWW.LEMONDE.FR―
FONDATEUR : HUBERT BEUVE-MÉRY
DIRECTEUR : JÉRÔME FENOGLIO
Sénat: les ambitions de Macron
se heurtent à la grogne des élus locaux
▶ Après le succès des
élections législatives,
LRM comptait obtenir
une majorité au Sénat,
à l’occasion du renouvelle-
ment du 24 septembre
▶ Mais les élus pourraient
sanctionner dans les urnes
la baisse des dotations
publiques, la réforme de la
taxe d’habitation et celle
des contrats aidés
▶ Le président de la Répu-
blique n’est plus sûr d’ob-
tenir une majorité de 3/5 e
au Parlement qui lui per-
mettrait de mener des ré-
formes constitutionnelles
▶ A Salon-de-Provence,
la fin programmée des
contrats aidés suscite l’in-
compréhension du maire
et des bénéficiaires
CES PARENTS
QUI CONTOURNENT
LA CARTE SCOLAIRE
PAGES 6 À 8
Débats
2017, révolution
de velours ?
Télévision
Yves Calvi:
«Travailler sur
Canal m’intrigue»
Ces quelques mois sem-
blent avoir profondément
changé le paysage politi-
que en France. Mais est-ce
si sûr ? Les points de vue
de plusieurs intellectuels
Le journaliste change de
maison et va animer, dès
lundi 4 septembre, «L’Info
du vrai », le soir, en clair.
Il explique son choix
Ils culpabilisent
parfois, mais disent
ne pas vouloir jouer
avec l’avenir de leurs
enfants, quitte à
sacrifier leurs idéaux.
Rencontre avec ces
pères et mères prêts
à toutes les stratégies
pour échapper à l’école
de leur secteur et
trouver la « bonne »
classe, dans le public
ou dans le privé
SUPPLÉMENT
PAGES 28-29
PAGE 24
AI WEIWEI : « LE CINÉMA, CET INSTRUMENT » ▶ Réalisateur d’un documentaire sur les
AI WEIWEI :
« LE CINÉMA,
CET INSTRUMENT »
▶ Réalisateur d’un
documentaire sur
les réfugiés, l’artiste
chinois explique au
«Monde» pourquoi
il a choisi cette fois
ce mode d’expression
PAGE 20
A Venise, le 30 août.
RICCARDO GHILARDI/CONTOUR BY GETTY IMAGES

Géopolitique La Finlande, avant-poste face à la Russie

Tout au long de son his- toire, le pays a appris à vi- vre avec son omniprésent voisin et ses humeurs

PAGES 12 À 14

1 É D I T O R I A L FAUT-IL FAIRE LE PROCÈS DES
1
É
D
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T
O
R
I
A
L
FAUT-IL FAIRE
LE PROCÈS
DES MÉDIAS ?
PAGE 30 ET LA CHRONIQUE
DE PHILIPPE RIDET PAGE 10

Paupérisées, les classes moyennes ne cessent de s’endetter

L a crise de 2008 n’a pas in- versé la tendance. L’ac- croissement des inégalités

de revenus reste l’un des traits dominants des économies occi- dentales. Et, les mêmes causes ayant les mêmes effets, il est à l’origine d’une instabilité finan- cière devenue structurelle. Explication : la paupérisation continue des classes moyennes, aux Etats-Unis comme en Eu- rope, gonfle la dette privée. Pour maintenir leur niveau de vie ou leur statut dans la société, les mé-

nages s’endettent massivement et dangereusement. Les derniers travaux d’écono- mistes américains et européens établissent l’évolution, largement parallèle, de ces deux courbes :

hausse des inégalités et hausse de l’endettement. Boom des inégali- tés et boom de la dette vont de pair avec tous les risques que cela présente. Au bout de cette spirale, il y a la perspective d’une nouvelle crise financière…

CAHIER ÉCO – PAGE 3

ALLER VITE C’EST BIEN, SANS SE PRESSER C’EST MIEUX.

Kenya Incertitudes après l’invalidation de la présidentielle

PAGE 4

Brésil Le président accusé de vendre l’Amazonie

PAGE 5

Diesel L’Europe renforce ses tests d’homologation

CAHIER ÉCO – PAGE 4

Reportage Avec les fidèles de Donald Trump

Un meeting de Donald Trump dans le Missouri, le 30 août. KEVIN LAMARQUE/REUTERS
Un meeting
de Donald Trump
dans le Missouri,
le 30 août.
KEVIN LAMARQUE/REUTERS

ls l’aiment toujours. L’été de Donald Trump a été désas- treux, mais le noyau dur de

ses électeurs lui reste fidèle. La

I

Maison Blanche a été le théâtre d’une série de départs et de no-

minations pour le moins brutale. Le bilan législatif des sept pre- miers mois est nul. Le président s’est brouillé avec les chefs du Parti républicain. Rien n’y fait. Une forte majorité de ses élec-

teurs le soutient sans réserve. Notre envoyé spécial, Gilles Paris, est allé dans le Kentucky, à la ren- contre de cette « base » qui est la force de M. Trump.

PAGES 2-3

Algérie 220 DA, Allemagne 3,00 €, Andorre 3,00 €, Autriche 3,10 €, Belgique 2,70 €, Cameroun 2 100 F CFA, Canada 5,20 $, Chypre 2,70 €, Côte d'Ivoire 2 100 F CFA, Danemark 33 KRD, Espagne 2,90 €, Finlande 4,50 €, Gabon 2 100 F CFA, Grande-Bretagne 2,40 £, Grèce 3,00 €, Guadeloupe-Martinique 2,90 €, Guyane 3,00 €,

Hongrie 990 HUF, Irlande 2,90 €, Italie 2,90 €, Liban 6 500 LBP, Luxembourg

2,70 €, Malte 2,70 €, Maroc 17 DH, Pays-Bas 3,00 €, Portugal cont. 2,90 €, La Réunion 2,90 €, Sénégal 2 100 F CFA, Slovénie 2,90 €, Saint-Martin 3,00 €, Suisse 3,90 CHF, TOM Avion 500 XPF, Tunisie 3,10 DT, Afrique CFA autres 2 100 F CFA

2 | INTERNATIONAL

S E P T

M O I S

D E

D O N A L D

T R U M P

0123

DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

La base électorale de Trump garde la foi

Le président américain aborde une session parlementaire décisive sur la réforme de la fiscalité et la réouverture du dossier de la protection sociale

REPORTAGE

louisville (kentucky) -

envoyé spécial

D es dames bien mises, des jeu- nes cravatés, quelques bi- kers… Une partie de la coalition

électorale qui a porté Donald Trump au pouvoir se presse dans le hall d’un grand hôtel de Louis- ville, dans le Kentucky, samedi 26 août. Le Parti républicain y tient ce soir-là son State Lincoln Dinner, une collecte de fonds an- nuelle qui est également propice à un bilan de santé politique. Devant des dizaines de tables installées dans une vaste salle de réception, Mac Brown, le prési- dent du Grand Old Party (GOP) du Bluegrass State, n’a guère à se for- cer pour trouver ce bilan excellent. Après avoir ravi aux démocrates le siège de gouverneur en 2015, les républicains ont obtenu en 2016, et pour la première fois depuis 1920, une large majorité à la Chambre de l’Etat, qui s’ajoute à celle déjà détenue au Sénat local. Non loin du gouverneur, Matt Bevin, et du nouveau speaker (président) de la Chambre des re- présentants du Kentucky, Jeff Hoover, Mitch McConnell attend de prendre la parole. Patron de la majorité républicaine au Sénat des Etats-Unis, époux de la secré- taire chargée des transports dans la nouvelle administration – Elaine Chao –, cette figure cen- trale de Washington partage de- puis quelques semaines avec d’autres élus républicains un pri- vilège peu enviable : celui d’être régulièrement pris à partie publi- quement par le président Donald Trump. Ce dernier ne cesse de lui reprocher son incapacité à faire voter, en juillet, la suppression de la couverture santé léguée par son prédécesseur, l’Obamacare, dont bénéficient plus de 20 mil- lions d’Américains.

« FRUSTRATION »

Les sept premiers mois de la nou- velle administration peuvent être résumés par cette relation incom- mode. Un président qui a passé plus de temps, en août, à critiquer les membres du parti qu’il dirige en principe, que ses adversaires démocrates. Des élus qui se sont souvent résignés à sa victoire et qui godillent face à une Maison Blanche en proie aux clans. Des promesses électorales qui se heurtent aux vieilles divisions ré- publicaines que l’élection d’un outsider n’a pas enterrées. L’été a été particulièrement tourmenté. Avec d’abord les dé- parts en série autour du prési- dent, dont ceux de son conseiller stratégique, l’ultranationaliste Stephen Bannon, et de son pre- mier chef de cabinet, Reince Prie-

bus, ancien responsable national du GOP. Puis la polémique ali- mentée par M. Trump lorsqu’il s’est refusé à désigner des respon- sables pour les violences qui ont opposé, le 12 août à Charlottes- ville (Virginie), des néonazis et des suprémacistes blancs à des antiracistes. Pour ne rien arranger, chaque semaine apporte son lot de révéla- tions qui maintiennent la tension à propos de l’enquête consacrée à une éventuelle collusion, niée avec énergie par le président, en- tre son équipe de campagne et les responsables russes accusés par le renseignement américain d’avoir voulu peser sur l’élection améri- caine au bénéfice de M. Trump.

SIGNES DE DÉSAFFECTION

L’abattement ne trouve pourtant guère de prises chez ces républi- cains du Kentucky, même s’ils avaient très majoritairement sou- tenu d’autres candidats lors des primaires. Méfiante vis-à-vis de la presse, une bonne partie d’entre eux est branchée sur Fox News et sur les talk-shows conservateurs de Rush Limbaugh, Larry Elder ou Mark Levin, favorables au prési- dent. Trey Brooks, un consultant dans le secteur de la santé, assure pour sa part ne pas croire « tout ce qu’on peut lire dans la presse » sur le président. Œcuménique en diable, Willee Cooper, la soixantaine, refuse de trancher entre son attachement ancien à M. McConnell et l’adhé- sion au nouveau président. « Les chamailleries sur la place publi- que, on pourrait s’en passer », maugrée Charlie Smith, dans une rare critique du président. La no- mination d’un juge conservateur, Neil Gorsuch, à la Cour suprême, vaut toutes les absolutions. Elle avait été un facteur de vote pour une part non négligeable de l’électorat le plus conservateur. Charlie Smith voudrait voir plus de réformes se concrétiser, mais il impute principalement sa « frus- tration » à la « résistance » oppo- sée par les démocrates. Il s’avoue même «positivement surpris» par l’ampleur des dérégulations déjà opérées par le président. « Cela va marcher, c’est juste une question de temps », assure Willee Cooper. Pour étayer leur espoir, les convi- ves de ce samedi sont nombreux à s’en remettre à un précédent inattendu : le démocrate Bill Clin- ton, qui essuya également quel- ques premiers mois de tempête avant de parvenir à fixer un cap à sa présidence. Ancien officier dans l’armée, Rich, le mari de Willee, se félicite de l’arrivée d’un ancien général des marines, John Kelly, comme chef de cabinet d’un président aussi impétueux. « C’est la pro- messe d’une plus grande disci- pline», veut-il croire, tout comme Trey Brooks. Les Cooper mettent

Harvey : une aide réclamée au Congrès

Donald Trump a demandé au Congrès de débloquer une pre- mière aide de 7,85 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) pour financer la reconstruction des zones sinistrées par le passage de la tempête Harvey dans le sud des Etats-Unis, a annoncé, ven- dredi 1 er septembre, Washington. Cette requête a été adressée par le directeur du budget de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, au président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Il s’agit, explique M. Mulvaney dans son courrier, « d’un pre- mier acompte sur la promesse du président d’aider les Etats affec- tés à se remettre de la tempête. Les futures requêtes concerneront les besoins de reconstruction à plus long terme ».

les besoins de reconstruction à plus long terme » . Le détail d’un sondage publié par

Le détail d’un sondage publié par CNN début août va dans le même sens : 88 % des personnes interrogées se présentant comme républicaines et 81 % de ceux qui se considèrent comme conserva- teurs approuvaient l’action de M. Trump en mars, ils ne sont plus respectivement que 77 % et 69 %. Le baromètre de Fox News note une évolution similaire. Début mars, 68 % des gens se présentant comme républicains et 61 % de ceux qui se définissent comme conservateurs approuvait «forte- ment » M. Trump. Ils sont respec- tivement 60 % et 51 % fin août.

HORS NORMES

La politologue Karlyn Bowman, qui épluche ces enquêtes à l’Ame- rican Enterprise Institute, un think tank conservateur de Washington, reste cependant prudente. « Il y a une légère éro- sion, mais je serais incapable de dire si c’est sérieux pour l’instant », estime-t-elle. « On peut compren- dre que ses électeurs puissent être un peu déçus. Les choses ne vont pas aussi vite qu’ils l’avaient ima- giné, mais c’est bien trop tôt pour en tirer des conclusions », poursuit Karlyn Bowman. « Je ne pense pas qu’il y ait beau- coup de preuves montrant que Trump commence à perdre sa base », renchérit Henry Olsen, grand expert du Parti républicain à l’Ethics & Public Policy Center, une autre institution conserva- trice. « Les sondages que je vois at- testent que les électeurs de Trump approuvent toujours le travail qu’il accomplit dans de grandes

marges. Il continue d’irriter ceux qui ne le soutiennent pas, ce qui peut lui causer des problèmes plus tard, mais il conserve le soutien de ceux qui ont voté pour lui en 2016. Ce n’est que lorsque son approba-

tion globale commencera à sta- gner en dessous de 35 % [soit ap- proximativement le poids du GOP dans l’opinion améri- caine] qu’on pourra en conclure qu’il commence à avoir des problè- mes de base électorale », ajoute Henry Olsen. Donald Trump reste en effet un président républicain hors nor- mes. A Louisville, Tres Watson, chargé de la communication pour le GOP du Kentucky, l’a re- connu à sa manière. « Vous ne trouverez pas ce soir parmi nous une partie de ceux qui ont voté pour lui, notamment les anciens démocrates qui ont été attirés par son discours » sur le protection- nisme ou l’immigration, expli- quait-il. « C’est pour cette raison qu’il est ainsi beaucoup plus popu- laire que Mitch McConnell. Ces électeurs ont pu basculer pour Trump, mais ils ne voteront jamais pour le sénateur », ajoutait-il. La coalition électorale rassem- blée par le président, qui n’a cessé pendant des semaines de vanter la naissance d’un « mouvement comme on n’en a jamais vu par le passé », a fait l’objet d’une étude approfondie d’Emily Ekins, du CATO Institute, un think tank li- bertarien fondé par le milliar- daire Charles Koch. A partir d’un échantillon de 8 000 personnes, des familles d’électeurs ont été identifiées, caractérisées par

77 % DES ÉLECTEURS DE TRUMP ONT APPROUVÉ SA RÉACTION AUX VIOLENCES DE CHARLOTTESVILLE

leurs priorités politiques et leur plus ou moins grande proximité avec ce qu’a représenté le Parti ré- publicain jusqu’à l’irruption du magnat de l’immobilier. A la veille d’une session parle- mentaire décisive pour que le pré- sident puisse présenter dans un an un bilan susceptible de lui per- mettre de conserver une majorité au Sénat, comme à la Chambre des représentants aux élections de mi-mandat, en 2018, cette étude, publiée fin juin, met en évidence des attentes parfois antagonistes. C’est le cas sur le libre-échange, la fiscalité, la taille de l’Etat et son rôle pour la préservation d’acquis sociaux, mais également sur la question de l’identité américaine. Deux blocs semblent voués en apparence à passer à terme de la cohabitation à l’opposition en fonction des choix qui seront faits par l’administration: les par- tisans du libre-échange et les ré- publicains classiques, partisans du moins d’Etat et d’une écono- mie ouverte ; les identitaires et les anti-élites, attachés au contraire aux filets sociaux fédéraux, han- tés par les délocalisations et par la concurrence induite, selon eux, par l’immigration. L’immobi- lisme du Congrès au printemps a différé l’instant de vérité, mais la réforme de la fiscalité et la réou- verture possible du dossier de la protection sociale risquent de di- viser ces familles. «Une coalition est par définition fragile et elle se transforme en per- manence, relativise Emily Ekins. Trump a su attirer d’anciens dé- mocrates, mais il a aussi perdu une partie des électeurs qui avaient soutenu le candidat répu- blicain en 2012, Mitt Romney. » « Tout ne se résume pas non plus à des politiques et à des législations, poursuit-elle. Dans la campagne

LE CHEF DE L’ÉTAT A PASSÉ PLUS DE TEMPS, EN AOÛT, À CRITIQUER LES MEMBRES DU PARTI RÉPUBLICAIN QUE SES ADVERSAIRES DÉMOCRATES

également en avant le rôle jugé stabilisateur du vice-président, Mike Pence, un conservateur tout

à fait orthodoxe. Renona Browning, juge de dis- trict jusqu’au mois de novem- bre 2016, soupire comme ses amis du GOP du Kentucky à l’évo- cation des messages souvent in- tempestifs publiés par M. Trump sur son compte Twitter. « Je ne crois pas qu’on puisse avoir la sub- tilité nécessaire sur beaucoup de sujets en 140 signes, mais je com- prends que cela puisse plaire à cer- tains », estime-t-elle néanmoins. Quant au style de M. Trump, elle est convaincue qu’« il a été élu pour ce qu’il est ». « C’est un New- Yorkais, renchérit Rich Cooper, ici on ne dirait pas les choses comme

ça, mais c’est lui le président. » « Il doit rester lui-même », assure Charlie Smith. Les électeurs de novembre sont- ils tous aussi loyaux que ces répu- blicains de Louisville ? Il y a déjà quelques mois que les experts de l’opinion publique traquent les si- gnes d’une désaffection. Nate Sil- ver, patron du site FiveThirtyEight,

a été l’un des premiers à l’évoquer

dans un article publié le 24 mai, étayé par le constat d’une baisse de huit points, en trois mois, des jugements les plus favorables portés sur l’action du président.

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

Des supporteurs de Donald Trump à l’occasion d’une visite du président à Springfield (Missouri), le 30 août. NATHAN PAPES/AP

à Springfield (Missouri), le 30 août. NATHAN PAPES/AP et encore aujourd’hui, Donald Trump a ainsi montré

et encore aujourd’hui, Donald Trump a ainsi montré qu’il accor- dait de l’importance aux inquiétu- des de ceux qui estiment que l’identité américaine est menacée par l’immigration, le libre- échange et la globalisation. »

PRISE DE DISTANCE

Ces signaux comptent. «Il n’a pas nécessairement besoin de faire. Les décrets anti-immigration, même s’ils ont été initialement bloqués par la justice, ont suffi » pour que, en quelque sorte, ces électeurs cochent une case, ajoute-t-elle. La polémique de Charlottesville, où l’extrême droite s’était rassem- blée pour protester contre le pro- jet de déplacement d’une statue de Robert E. Lee, le chef militaire des Etats sécessionnistes et escla- vagistes durant la guerre de Séces- sion, a d’ailleurs rappelé la puis- sance de ce ressort identitaire. Lorsque Donald Trump a choisi de renvoyer dos à dos les supré- macistes et les antiracistes, il a provoqué un trouble au sein du Parti républicain, du speaker de la Chambre des représentants, Paul Ryan, aux anciens présidents George H.W. et George W. Bush, en passant par de nombreux élus. Ce trouble a gagné ensuite son propre cabinet. Le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et le princi- pal conseiller économique de la Maison Blanche, Gary Cohn, ont pris nettement et spectaculaire- ment leurs distances vis-à-vis du président, qui a ensuite réorienté le débat vers la défense des mo- numents érigés en hommage aux confédérés, considérés comme des pièces du patrimoine mémo- riel américain. Le détail du sondage d’août réa- lisé par Fox News, qui a interrogé son échantillon sur ce point, comme les réactions des convives

LE CONTEXTE

sur ce point, comme les réactions des convives LE CONTEXTE DOSSIERS ÉPINEUX Le Congr ès, qui

DOSSIERS ÉPINEUX

Le Congrès, qui fait sa rentrée mercredi 6 septembre, va devoir se prononcer dans les prochai- nes semaines sur une série de dossiers épineux : le relèvement du plafond de la dette, le bou- clage du budget fédéral pour l’année fiscale qui débutera le 1 er octobre, ou la réforme des impôts promise par Donald Trump. Après de premiers échecs, il pourrait à nouveau s’attaquer au système de protec- tion sociale léguée par le démo- crate Barack Obama.

IMPOPULARITÉ

Donald Trump jouit du plus fai- ble taux d’approbation jamais recueilli par un président après sept mois à la Maison Blanche, avec entre 34 % et 35 % de sou- tien à son action, selon le baro- mètre Gallup.

de Louisville, montrent que la base trumpiste s’est une nouvelle fois retrouvée sur les positions du président plutôt que sur celles des grandes figures du Parti républi- cain. Ainsi, 77 % de ses électeurs de novembre ont approuvé sa réaction aux violences de Char- lottesville, et 90 % ont estimé comme lui que les monuments confédérés devraient rester en place. Et à la question de savoir qui des suprémacistes blancs ou des médias représentait une plus grande menace pour les Etats- Unis, 75 % de ces mêmes électeurs ont désigné les seconds. p

gilles paris

international | 3

Le casse-tête des «Dreamers»

Le président américain doit décider mardi du sort de 800 000 jeunes sans-papiers

washington - correspondant

L a Maison Blanche l’a pro- mis vendredi 1 er septembre, Donald Trump tranchera

mardi sur le sort d’environ 800 000 « Dreamers », ces sans- papiers sortis de la clandestinité à partir de 2012, sous l’administra- tion de Barack Obama, en échange d’un statut temporaire et d’un permis de travail. Le programme DACA (Deferred Action for Child- hood Arrivals), adopté par décret, concerne les personnes arrivées illégalement aux Etats-Unis alors qu’elles étaient mineures. Elles sont très majoritairement d’ori- gine mexicaine, selon le Migra- tion Policy Institute. Il faut, pour bénéficier de ce programme, être âgé d’au moins 15 ans, avoir résidé continuellement aux Etats-Unis

depuis 2007, et ne pas avoir de ca- sier judiciaire. Lors de sa campagne électorale centrée sur la lutte contre l’immi- gration, M. Trump avait juré de re- venir sur tous les décrets pris en la matière par M. Obama, considé- rés comme autant d’abus de pou- voir. Il avait cependant rapide- ment changé de ton une fois ar- rivé à la Maison Blanche sur le programme DACA, reconnaissant en février qu’il s’agissait de « l’un des sujets les plus difficiles qu’[il ait] » à traiter, et promettant de faire preuve « de cœur » à l’égard d’« enfants absolument incroya- bles qui sont arrivés ici comme ça ». Pour M. Trump, reculer sur ce dossier reviendrait à brouiller son discours d’extrême fermeté. Ce- lui-ci a été illustré une semaine plus tôt par le pardon accordé à un

ex-shérif de l’Arizona aux métho- des décriées, Joe Arpaio, jugé cou- pable par la justice d’avoir violé la loi en procédant systématique- ment à des profilages ethniques.

Se dessaisir du dossier

La pression ne cesse pourtant de monter pour que M. Trump n’opte pas pour un retour en arrière qui transformerait les «Dreamers» en cibles de choix pour la police de l’immigration. Jeudi, des centai- nes de patrons (dont ceux de Mi- crosoft, Apple, Google, Facebook et Starbucks) lui ont écrit, en souli- gnant le coût pour l’économie que représenterait une remise en cause de ce statut. Cette pression relayée par des responsables reli- gieux et des artistes a fini par ga- gner le Parti républicain. Le prési- dent de la Chambre des représen-

tants, Paul Ryan, le sénateur de l’Arizona, Jeff Flake, l’ex-candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle, Jeb Bush, et le gou- verneur de Floride, Rick Scott, ont ajouté, vendredi, leur voix à celles des républicains qui plaident pour un geste d’humanité. Ils ont des- siné une porte de sortie à M. Trump en lui suggérant de se dessaisir du dossier au profit du Congrès à qui reviendrait la tâche de transformer le décret, jugé « illé- gal », en texte de loi. Mais cette solution implique que le Parti républicain se déjuge sur un point important du dossier de l’immigration. Il ne cesse en effet d’exclure toute forme de régulari- sation pour les millions de sans- papiers présents parfois depuis des décennies aux Etats-Unis. p

g. p.

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avril 2017.

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

Kenya: la Cour suprême invalide la présidentielle

Les juges ont estimé que la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta était entachée d’« irrégularités »

nairobi - correspondance

L es épaules rentrées, les traits creusés, le prési- dent Uhuru Kenyatta avait, en cet après-midi

du vendredi 1 er septembre, la mine des très mauvais jours. Quelques heures plus tôt, la Cour suprême du Kenya avait in- validé sa réélection au scrutin du 8 août. « Personnellement, je suis en désaccord avec cette décision, mais je la respecte », a articulé pé- niblement le chef de l’Etat dans une allocution télévisée. « Nous ne sommes pas en guerre avec nos frères et nos sœurs (…) Paix. Amani », a-t-il répété, en anglais et en kiswahili. Comme pour mieux s’en convaincre. Mais le sourire forcé et le ton faussement apaisé ne sauraient cacher totalement sa colère. Car jamais dirigeant africain n’avait subi une telle humiliation. Sur le continent, c’est la première fois qu’une cour de justice annule l’élection d’un chef de l’Etat, selon l’opposition kényane. La victoire du président sortant a été décrite comme « invalide, nulle et non avenue » par le président de la Cour, David Maraga. Un verdict implacable, forçant le pouvoir à organiser un nouveau scrutin sous soixante jours.

« On n’a aucun plan »

Tout devait pourtant être donné à Kenyatta, ce président en col blanc, homme le plus riche du pays et fils du père de la nation, Jomo Kenyatta, premier prési- dent du pays (1964-1978). Il avait remporté haut la main la présidentielle du 8 août, avec 54,27 % des voix – soit plus d’1,4 million de voix d’avance – contre son adversaire, l’opposant Raila Odinga, 72 ans, qui avait obtenu 44,74 % des suffrages pour sa quatrième et dernière campa- gne présidentielle. Un scrutin salué par les observateurs. Depuis trois semaines, Ke- nyatta pavanait. Il se voyait déjà leader incontesté et démocrati-

Raila Odinga, adversaire d’Uhuru Kenyatta, à son arrivée à la Cour suprême, à Nairobi, vendredi
Raila Odinga, adversaire
d’Uhuru Kenyatta, à son
arrivée à la Cour suprême,
à Nairobi, vendredi
1 er septembre. BEN CURTIS/AP

« C’est un moment historique et un signal important pour la démocratie sur le continent »

NIC CHEESEMAN

université de Birmingham

que de l’Afrique centrale orien- tale. Le retournement de situa- tion a pris de court tout Nairobi. La décision de l’opposition, le 18 août, de saisir les tribunaux pour contester le résultat de l’élection, sonnait comme un re- noncement. « On n’a rien vu venir,

on n’a aucun plan, on est un peu perdu… », avoue ainsi, dépité, un diplomate en poste au Kenya. Mais ce vendredi, les rôles se sont brutalement inversés. Et le président, amer, pouvait bien ronchonner devant ses partisans, dans un rassemblement impro- visé au cours de l’après-midi, pes-

tant contre les juges « escrocs » de

la Cour suprême. Le 1 er septembre

était le jour d’Odinga. Celui-ci ne s’est d’ailleurs pas privé de para- der dans les rues de la capitale, en- touré de partisans exaltés, por- tant à la main branche d’arbre ou orange sucrée – son fruit fétiche. « Un nouveau Kenya est né ! », a lancé Raila Odinga vendredi, fus- tigeant la commission électorale indépendante (IEBC), décrite comme « pourrie », et ses diri-

geants, coupables aux yeux de l’opposant d’un « crime monu- mental contre le peuple », qu’il a appelés à démissionner avant de « faire face à des poursuites crimi- nelles ». Pourtant, à l’heure actuelle, nul ne connaît les raisons exactes qui ont poussé la Cour suprême à in- valider le scrutin du 8 août. Ven-

dredi, celle-ci n’a en effet donné que son verdict : un jugement complet et détaillé doit être rendu sous vingt et un jours. La décision n’a pas été prise à l’unanimité: deux des sept juges de l’institution ont publiquement déclaré s’opposer à la décision fi- nale de la Cour. La plus haute juri- diction du pays n’a par ailleurs dé- signé ni vainqueur ni vaincu et de pointer la responsabilité de la

commission électorale, qui n’aurait selon elle pas réussi à conduire le scrutin « en accord avec la Constitution ». L’essentiel des critiques devrait se concentrer sur la transmission électronique des résultats, enta- chée d’irrégularités. « Dans tous les cas, c’est une excellente déci- sion et un moment historique !, se réjouit Nic Cheeseman, profes- seur à l’université de Birmin- gham et expert de la vie politique kényane. Cela prouve que la Cons- titution ne peut pas être juste vue comme un texte creux. Qu’on ne peut pas se satisfaire d’un scrutin de second zone. L’Afrique a le droit de réclamer des élections de qua- lité. C’est un signal important pour la démocratie sur le continent. » Ce rebondissement soulève néan-

moins un nombre infini de ques- tions. « Quand et comment va se tenir le nouveau scrutin ? Com- ment améliorer le système en si peu de temps ? Qui va imprimer les bulletins? Quelle technologie élec- tronique utiliser ?, s’interroge M. Cheeseman. Si, comme Odinga l’exige, il faut démettre la commis- sion électorale et en nommer une nouvelle, cela prendra plus que soixante jours…»

Interrogations

Faudra-t-il reporter le scrutin à l’année prochaine ? Pour le mo- ment, le président sortant et le chef de l’opposition ont accepté de s’en remettre à nouveau au peuple d’ici deux mois. « Je suis de retour en mode campagne ! », a assuré Uhuru Kenyatta. Raila Odinga, de son côté, a appelé « tous les partis politiques et les parties prenantes » ainsi que le Parlement à « se rassembler » afin de réformer en profondeur la commission électorale. Une demande vraisemblable- ment destinée à gagner du temps et de l’argent – les comptes de l’opposition étant à sec après des mois de campagne –, mais aussi de précieuses voix. Car malgré la déroute des tribunaux, le Parti Jubilee (JP) d’Uhuru Kenyatta semble bel et bien majoritaire dans le pays. Ce dernier est en ef- fet sorti grand vainqueur des élec- tions locales et législatives, orga- nisées le même jour que la prési- dentielle, effectuant des percées notables dans plusieurs bastions de l’opposition, rassemblée au sein de la coalition Super Alliance nationale (NASA). Seule certitude, à l’heure ac- tuelle : dans un Kenya gangrené par la corruption et écœuré par ses politiques, il existe enfin une institution perçue comme réelle- ment indépendante par tous les partis, dont la décision est respec- tée et s’impose à tous. Une insti- tution qui aura la lourde charge de déclarer la validité du prochain scrutin. p

bruno meyerfeld

Pakistan: dix ans après, le meurtre de Benazi Bhutto reste obscur

La justice a acquitté cinq suspects, de jeunes islamistes présumés

new delhi - correspondance

A près dix ans d’enquête, le verdict de la justice pakis- tanaise n’aura pas dissipé

le mystère entourant l’assassinat, le 27 décembre 2007, de Benazir Bhutto, ancienne première minis- tre du Pakistan à deux reprises. Principal accusé, l’ancien prési- dent pakistanais Pervez Mushar- raf, a été déclaré « fugitif » par le tribunal, qui a déposé contre lui, jeudi 31 août, un « mandat d’arrêt perpétuel» et a ordonné la confis- cation de ses biens. Mis en examen en 2013, l’ex-dic- tateur a quitté le Pakistan en mars 2016 pour bénéficier de soins médicaux à Dubaï, sans jamais revenir dans le pays. Il a toujours nié être impliqué dans cet assassinat. Le tribunal a ac- quitté cinq suspects, de jeunes isla- mistes présumés qui étaient incar- cérés depuis presque dix ans. Deux responsables locaux de la police ont quant à eux été con- damnés à dix-sept ans de prison chacun et 4 000 euros d’amende « pour leur mauvaise gestion de la scène du crime » et leur « négli- gence criminelle». Au terme d’une enquête ralentie par le meurtre de témoins-clés et d’un procureur, les causes de l’as-

sassinat de la première femme à avoir dirigé un pays musulman demeurent une énigme. Deux mois avant sa mort, Bena- zir Bhutto rentrait d’un exil de neuf ans. Face au général Mushar- raf, affaibli par un mouvement prodémocratique mené par des avocats, M me Bhutto voulait recon- quérir le pouvoir malgré les mena- ces qui pesaient sur elle. Réputée libérale et pro-américaine, elle était haïe par les talibans pakista- nais et une partie de l’establish- ment militaire du pays.

« Déshonneur navrant »

M. Musharraf l’avait informée

qu’elle était menacée de mort par des groupes djihadistes. Le 18 oc- tobre 2007, elle avait survécu à une attaque-suicide au passage de son convoi, qui tua 139 de ses parti- sans. Le 27 décembre, un adoles- cent de 15 ans tira sur elle, pendant

qu’elle saluait la foule depuis le toit ouvrant de son véhicule après un meeting politique, et se fit explo-

ser. Le jeune kamikaze était un

proche des talibans pakistanais. M. Musharraf a accusé ces derniers d’avoir organisé cet assassinat. Une commission d’enquête de

l’ONU a remis en cause cette ver- sion. Elle a jugé, dans un rapport publié en 2010, que l’assassinat

aurait pu être «évité» si les autori- tés avaient fourni une «protection effective» à Benazir Bhutto. Les en- quêteurs de l’ONU ont fustigé une enquête bâclée. Une heure après l’assassinat, la scène du crime avait été lavée à grande eau et aucune autopsie sur le corps de

M me Bhutto n’avait été pratiquée.

En 2013, Heraldo Munoz, le prési- dent de la commission d’enquête de l’ONU, a résumé ainsi l’enchevê- trement des responsabilités: «Al- Qaida a donné l’ordre, les talibans pakistanais ont exécuté l’attaque, éventuellement appuyés ou au moins encouragés par des élé- ments de l’establishment, le gouver- nement de Musharraf a facilité le crime par sa négligence, les respon- sables de la police locale ont tenté de camoufler l’affaire. » Bilawal Bhutto, le fils de l’ex-pre- mière ministre, a qualifié le verdict de « décevant et inacceptable ». Mais les observateurs ne man- quent pas de rappeler que son père, Asif Ali Zardari, lorsqu’il était au pouvoir, n’a pas tout fait pour faciliter l’enquête. « C’est un dés- honneur navrant porté à la mé- moire de l’une des plus grandes diri- geantes du pays », conclut le quoti- dien Dawn, dans son éditorial de vendredi. p

julien bouissou

CORÉE DU NORD

Séoul et Washington vont revoir leur traité sur les missiles

A l’issue d’un entretien télé-

phonique, les présidents sud- coréen Moon Jae-in et améri- cain Donald Trump ont annoncé, samedi 2septem- bre, qu’ils allaient réviser le

traité bilatéral limitant le dé- veloppement des missiles ba- listiques de la Corée du Sud. Face aux menaces nord-co- réennes, la charge des missi- les devrait être augmentée. En vertu du traité en vigueur, révisé en 2012, les armes sud- coréennes ont une portée li-

mitée à 800 km et une charge maximale de 500 kg. Séoul voudrait la doubler. M. Trump

a donné son feu vert à l’achat par la Corée du Sud de nou- veaux matériels de guerre américains. – (Reuters)

DIPLOMATIE

Tensions persistantes entre Moscou et Washington

La Russie a accusé, vendredi 1 er septembre, les Etats-Unis de menacer la sécurité de ses ressortissants et d’ignorer l’immunité diplomatique en raison des perquisitions du FBI prévues dans son consu- lat à San Francisco, qu’elle a été sommée de fermer avant samedi. La mesure intervient après la réduction du person- nel diplomatique américain imposée en Russie. Moscou

a fustigé une «escalade» des tensions «initiée» par Washington. – (AFP.)

La Chine exige un respect total pour son hymne national

L a Chine a adopté, vendredi 1 er septembre, une nouvelle loi sanctionnant toute altération de l’hymne national chinois et exigeant que les participants aux cérémonies

où celui-ci est joué se tiennent droit et fassent montre de la so- lennité requise. L’hymne, « La Marche des volontaires », ne

pourra non plus être utilisé dans des publicités ni joué lors de cérémonies privées. Les contrevenants encourent quinze jours

de détention et d’autres sanctions encore floues. A l’origine, « la Marche des volontaires » fut composée pour le générique d’un film antijaponais de 1935, avant la prise de contrôle du pays par les communistes, qui en firent leur hymne national. Cette nouvelle loi ajoute une pierre à l’édifice « patriotique » du numéro

un chinois, qui a fait, depuis son arri- vée au pouvoir en 2012, une priorité de renforcer la suprématie d’un parti communiste chinois qu’il jugeait en péril. Xi Jinping doit soumettre sa re- conduction au poste de secrétaire général aux quelque 2200 délégués du 19 e Congrès, qui se réunira le 18 octobre à Pékin. Son maintien est

considéré comme acquis pour le pro- chain quinquennat. Assez peu discutée en Chine malgré une floraison de soutiens suspects sur Weibo, le Twitter chinois, où sévit une armée de commentateurs « patriotiques » à la solde du régime, la nou- velle loi fait des remous à Hongkong, la Région administrative spéciale (RAS) chinoise dont le mini-Parlement devra adapter cette loi à sa propre Constitution. Hongkong est en pleine effer- vescence identitaire et toute mesure visant à y inculquer l’obéis- sance à la Chine communiste hérisse une partie de la jeunesse. Les responsables du gouvernement considéré prochinois ont défendu cette loi. Le camp pan-démocrate, qui veut défen- dre les acquis démocratiques de Hongkong face à l’empiéte- ment de la Chine, y a vu un nouveau motif d’indignation : les possibilités infinies d’interprétation que présente la nouvelle loi laissent la porte ouverte à la criminalisation du « délit d’opi- nion », a ainsi réagi dans la presse la députée Tanya Chan, du Parti civique. p

brice pedroletti (pékin, correspondant)

UNE NOUVELLE LOI SANCTIONNE TOUTE

ALTÉRATION DE « LA MARCHE DES VOLON- TAIRES » PAR QUINZE JOURS DE DÉTENTION

0123

DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

planète | 5

Au Brésil, le président accusé de vendre l’Amazonie

La justice a suspendu un décret autorisant l’exploitation minière dans une réserve riche en or, cuivre et fer

sao paulo - correspondante GUYANA SURINAME VÉNÉZUELA A ntonio Carlos Fernan- des était, il y
sao paulo - correspondante
GUYANA
SURINAME
VÉNÉZUELA
A ntonio Carlos Fernan-
des était, il y a encore
quelques jours, un ci-
toyen ordinaire parmi
GUYANE
A
COL.
m
publié le 28 août, d’une teneur
identique, tout en assurant que
l’exploitation privée ne porterait
pas préjudice aux réserves natu-
Réserve
Forêt
Renca
a
les quelque 200 millions de Brési-
liens. Depuis le mercredi 30 août,
il est devenu un héros chez les dé-
fenseurs de l’environnement. A la
suite de son initiative, le juge fédé-
ral Rolando Spanholo a suspendu
le très polémique décret présiden-
tiel signé par Michel Temer et pu-
blié le 23 août autorisant l’exploi-
tation minière privée dans la ré-
serve amazonienne dite de Renca.
Un territoire de 46 450 km 2 , plus
grand que le Danemark, sis entre
les Etats de l’Amapa et du Para
dans le nord du pays, réputé pour
ses richesses en or, cuivre, fer,
nickel et manganèse, où cohabi-
tent trois réserves naturelles pro-
tégées et deux territoires indigè-
nes. Selon le juge, l’utilisation d’un
décret n’est pas appropriée pour
révoquer une loi (celle qui a créé la
réserve, en 1984). Le dispositif,
dit-il, réclame l’aval du Congrès.
La présidence de la République a
d’abord dit son intention de faire
appel, avant d’annoncer dans la
soirée du 31 août le gel de tout pro-
jet d’exploitation minière dans la
zone et l’ouverture d’un débat sur
le sujet. « Une stratégie pour dé-
mobiliser l’opinion, redoute le sé-
nateur Randolfe Rodrigues, du
parti écologiste Rede. Ce que nous
voulons c’est la révocation du dé-
cret. Il n’y a pas de débat possible
au sujet de la déforestation. » « La
société est révoltée, le Brésil vend
amazonienne
PÉROU
Brasilia
relles protégées ni aux territoires
indigènes de la Renca. « Un simple
habillage», persifle Osnilda Lima,
de la commission épiscopale
pour l’Amazonie.
e
BOLIVIE
BRÉSIL
Programme de privatisations
PARAGUAY
CHILI
OCÉAN
ARGENTINE
ATLANTIQUE
La Réserve nationale du cuivre et
associé (Renca) a été créée sous la
dictature, en 1984, à l’époque mo-
tivée par le nationalisme écono-
mique du régime militaire. La ré-
serve préservait les richesses mi-
nérales de la voracité des multina-
tionales. Seule une compagnie
publique dépendante du minis-
tère des mines et de l’énergie était
autorisée à effectuer des recher-
ches pour l’exploitation minière.
Confronté à une crise sans pré-
cédent, avide de capitaux étran-
gers et complaisant avec les indus-
triels miniers, le gouvernement
de Michel Temer n’a pas hésité à
inclure, dans un vaste programme
de privatisations, ce pan de l’Ama-
zonie. « L’endroit n’était pas un pa-
radis », a alors justifié la prési-
dence de la République, évoquant
la présence de garimpeiros (« pros-
pecteurs ») illégaux.
« Il existe aujourd’hui près de
vingt-huit pistes d’atterrissage
clandestines et mille personnes
pratiquant la prospection illégale,
et sans décret, il est impossible
d’agir dans cette zone », a ajouté le
ministre des mines et de l’énergie,
Fernando Coelho Filho, au risque
de mettre en évidence l’incurie de
l’Etat, incapable de protéger la
zone des déforestateurs.
Selon les experts de l’environ-
nement, cette « ruée vers l’or »
aurait des conséquences désas-
treuses. Au-delà de l’utilisation de
substances toxiques polluant les
eaux, tel le mercure utilisé pour
extraire l’or, la présence des in-
dustries d’extraction s’accompa-
gne d’effets pervers en cascade.
En témoigne la tragédie de cette
immense coulée de boue qui s’est
déversée, en novembre 2015, à la
suite de la rupture d’un barrage
de déchets miniers dans le fleuve
Rio Doce, dans l’Etat du Minas
Gerais, tuant dix-neuf personnes,
emportant des villages entiers et
dévastant la faune et la flore.
« Sous la pression des industriels,
le contour des zones protégées
pourrait être modifié. Cela a déjà
été le cas, s’inquiète Bruno Mila-
nez, professeur d’ingénierie à
l’université Juiz de Fora, membre
du Comité de défense des territoi-
res et expert en conflits liés à l’ex-
ploitation minière. L’arrivée d’une
multitude d’ouvriers sans aucune
z
URUGUAY
1 000 km
n
l’Amazonie par morceaux », sou-
pire Nilo D’Avila, directeur de
campagne au sein de l’organisa-
tion de défense de l’environne-
ment Greenpeace au Brésil.
Le président Michel Temer, da-
vantage réputé pour les enquêtes
anticorruption qui le visent que
pour sa conscience écologique,
n’avait sans doute pas mesuré
l’ampleur de l’indignation que
susciterait son initiative. Sur les ré-
seaux sociaux, l’action du chef de
l’Etat a donné lieu à un déluge de
commentaires outrés assortis du
mot-clé #toutpourlamazonie, re-
layé par des célébrités. Parmi elles,
le chanteur Caetano Veloso ou le
mannequin Gisele Bundchen, très
impliquée dans la préservation de
l’environnement, qui a qualifié la
démarche de « honteuse », accu-
sant le gouvernement de « mettre
aux enchères l’Amazonie ».
Embarrassé, M. Temer a sup-
primé le premier décret mais l’a
aussitôt remplacé par un autre,
o
option de loisirs à proximité des
terres indigènes s’accompagne fré-
quemment de problèmes d’alcoo-
lisme, d’abus sexuels…»
Le sujet est à ce point délicat
qu’il a suscité des tensions au
sein même du gouvernement. En
juin, le ministère de l’environne-
ment alertait sur les méfaits po-
tentiels de ce décret, redoutant
une déforestation massive, rap-
portait ainsi le quotidien O Globo
le 30 août. De fait, 646 demandes
ont déjà été déposées pour auto-
riser la culture dans la Renca,
dont 41 dans des zones protégées
et 600 sur des terres indigènes.
« L’exploration minière nous pré-
occupe », reconnaît Edson
Duarte, secrétaire à l’articulation
institutionnelle et à la citoyen-
neté environnementale du mi-
nistère de l’environnement.
« Mais seulement 30 % du terri-
toire était susceptible d’être ex-
ploité », souligne-t-il.
Sans foi ni loi
«Nous voulons
la révocation du
décret. Il n’y a pas
de débat possible
au sujet de
la déforestation »
RANDOLFE RODRIGUES
Pour tenter de gouverner mal-
gré tout, il glane les appuis parmi
ce que les Brésiliens qualifient de
« bas clergé », ces députés et séna-
teurs appartenant à des petits
partis sans foi ni loi, dont les inté-
rêts rejoignent souvent ceux de
l’agronégoce, de l’industrie mi-
nière ou forestière, les « ruralis-
tas ». Cet appui se monnaye par
des faveurs. Ainsi, pour échapper
à une demande de mise en accu-
sation qui aurait pu conduire à la
suspension de son mandat, Mi-
chel Temer a, au début du mois
d’août, ouvertement débloqué
des budgets millionnaires et des
amendements visant à satisfaire
les « ruralistas ».
Sonia Ara Mirim, 42 ans, fait par-
tie des victimes de cette inquié-
tante dérive. A Sao Paulo, mercredi
30 août, cette Indienne du peuple
Guarani, cacique de son village sur
le territoire Jaragua dans l’Etat de
Sao Paulo, est venue manifester
contre « ce président qui méprise
les indigènes ». En 2015, après des
années de lutte, les 700 Guarani
de Jaragua, réduits à vivre sur 1,7
hectare depuis 1987, avaient ob-
tenu l’extension de leurs terres à
plus de 500 hectares.
Mais le 21 août, le ministère de la
justice a annulé cette décision.
«Pour satisfaire des propriétaires
terriens», pense Sonia Ara Mirim.
«Dilma Rousseff avait déjà une re-
lation étroite avec l’agronégoce.
Michel Temer ne fait que confir-
mer ce penchant, et il est encore
pire », souligne Bruno Morais,
avocat des Guarani. p
parti écologiste Rede
Reste ce désaveu qui masque mal
l’inconfort du président Michel
Temer. « Un homme vendu au
lobby des propriétaires terriens»,
accuse Bruno Milanez. S’arro-
geant le costume de l’homme
providentiel capable de réformer
un pays au bord du chaos lors de
son arrivée au palais présidentiel
en 2016, après l’impeachment de
Dilma Rousseff, Michel Temer est
désormais à bout de souffle. Im-
populaire, suspecté de corrup-
tion, menacé par la justice, il a
perdu la plupart de ses soutiens
au Parlement.
claire gatinois
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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

É L E C T I O N S S É N AT O R

É L E C T I O N S

S É N AT O R I A L E S

É L E C T I O N S S É N AT O R I

Sénat: Macron revoit ses ambitions à la baisse

Le président, qui n’écartait pas l’idée d’emporter la majorité dans la foulée des législatives, a déchanté depuis

A u lendemain de leurs victoires à l’élection présidentielle et aux législatives, Emma-

nuel Macron et les stratèges de La République en marche (LRM) se projetaient déjà vers les élections sénatoriales, rêvant de faire bas- culer la majorité dans la seconde chambre parlementaire. Ils ima- ginaient déjà la « vague Macron » déferlant sur le Palais du Luxem- bourg, lors du scrutin du 24 sep- tembre, qui renouvellera la moi- tié des sièges (170 sur 348). Près de trois mois plus tard, les mêmes ont sérieusement revu leurs objectifs à la baisse. Lucide, l’exécutif a déjà intégré que la prise de cette institution se révé- lait désormais quasiment impos- sible. « Nous ne nous attendons pas à un raz-de-marée » au Sénat, a déclaré le porte-parole du gou- vernement et secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, le 27 août, sur BFM-TV. Un discours qui rompt avec celui entonné en juin, lorsque le pouvoir tablait sur un groupe LRM massif au Sénat, sus- ceptible de devancer celui du parti Les Républicains (LR), large- ment majoritaire (142 sièges). L’équation demeurait compli- quée mais « jouable », selon les stratèges de la majorité présiden- tielle. Cela supposait qu’à l’issue du scrutin, le groupe LRM totalise près de 90 sièges et noue une al- liance avec l’Union centriste (42 sièges), où cohabitent des UDI et des MoDem, ainsi qu’avec les 16 élus radicaux du Rassemble- ment démocratique et social européen (RDSE). Mais le scénario rêvé est loin de se réaliser.

Point faible

Alors qu’il a vocation à attirer des élus venus de tous horizons, le groupe LRM au Sénat – qui comp- tait 25 membres déclarés lors de sa création, le 27 juin – n’en compte à l’heure actuelle que 29, majoritairement issus du Parti socialiste. Ni les radicaux ni les centristes ne se montrent réelle- ment sensibles aux sirènes ma- cronistes. Les espoirs de con- quête du parti présidentiel sont d’autant plus minces que les deux tiers du groupe actuel sont renou- velables ou ne se représentent pas. Et avant le dépôt des candida- tures, qui s’ouvre lundi 4 septem- bre, LRM ne compte que 42 candi-

Quels départements voteront le 24 septembre 2017 ?

170 SÉNATEURS À RENOUVELER 7 11 Nombre de sénateurs par département Pas-de-Calais Nord 1 carré
170 SÉNATEURS À RENOUVELER
7
11
Nombre de sénateurs par département
Pas-de-Calais
Nord
1 carré représente un sénateur
Groupe communiste
3
Groupe socialiste
5
4
5
Manche
Groupe RDSE*
2
Val-d’Oise
Oise
Moselle
Groupe La République en marche
3
6
Meuse
2
Groupe Union centriste
Marne
Yvelines
4
Groupe Les Républicains
Orne
5
6
3
Non-inscrits
2
Meurthe-et-Moselle
Essonne
Seine-et-Marne
2
* Rassemblement démocratique
et social européen.
Morbihan
3
Mayenne
2
Haute-Marne
4
Loiret
TYPE DE SCRUTIN
5
Loir-et-Cher
2
Maine-
3
Scrutin proportionnel (136 sièges)
Loire-Atlantique
et-Loire
Nièvre
2
Indre-et-Loire
Scrutin majoritaire (34 sièges)
Jura
Département ne votant pas
le 24 septembre
4
3
Loire
Puy-de-Dôme
5
PETITE COURONNE
2
12
Isère
2
Haute-Loire
Paris
1
6
2
Lot
2
Lozère
Seine-Saint-Denis
Lot-et-Garonne
Landes
7
3
Hauts-de-Seine
Val-de-Marne
2
Pyrénées-
6
Atlantiques
Hautes-Pyrénées
2
Pyrénées-Orientales
OUTRE-MER
3
2
4 2
2
1 6
Guadeloupe
Martinique
La Réunion
Mayotte
Nouvelle-
Saint-Pierre-
Français
Calédonie
et-Miquelon
de l’étranger
SOURCES : LE MONDE ; OBSERVATOIRE
DE LA VIE POLITIQUE ET PARLEMENTAIRE
INFOGRAPHIE LE MONDE

dats officiellement investis. Autre point faible – structurel – pour En marche ! : le corps électoral. Con- trairement aux élections législati- ves, où les Français votent direc- tement pour désigner leurs dépu- tés, les sénateurs sont, eux, élus pour six ans par un collège de grands électeurs composé à 96 % de conseillers municipaux. Ce mode de scrutin favorise LR, qui devrait en principe profiter de sa percée aux élections municipales de 2014 pour gagner quelques siè- ges supplémentaires et conserver sa majorité. Un avantage considé-

rable sur le camp présidentiel, qui ne dispose pas d’élus locaux éti- quetés LRM. « Nous, on part de zéro car notre mouvement n’a été créé qu’en avril 2016 », souligne le sénateur de Côte-d’Or, François Patriat, que le chef de l’Etat a chargé de fédérer un groupe LRM au Sénat. « On sait très bien que la base électorale n’est pas la nôtre. Ce ne sont pas les Français qui votent, ce sont des gens qui ont été élus avec des réfé- rences qui sont celles du temps d’avant », observe à son tour M. Castaner, anticipant un résul-

tat décevant pour le pouvoir en place lors de cet ultime scrutin de la séquence électorale 2017.

Grogne des élus

« Ce sera un black sundaypour Macron le 24 septembre », prédit à son tour le sénateur de Paris Pierre Charon, tête de liste LR dans la capitale. Ce constat repose en grande partie sur le change- ment radical de climat politique depuis quatre mois. Alors que de nombreux élus locaux – surtout les non-encartés – portaient un regard bienveillant sur ce prési-

dent triomphant au mois de mai, une grande partie d’entre eux est désormais en colère contre M. Macron, après ses multiples annonces concernant les collecti- vités locales. Plan d’économie de 13 milliards d’euros sur l’ensem- ble du quinquennat, suppression de 300 millions d’euros de dota- tions dans le budget 2017, baisse du nombre d’emplois aidés, fin de la taxe d’habitation et de la ré- serve parlementaire… Le désir de sanctionner le pouvoir grandit, à mesure que les motifs de mécon- tentement s’additionnent.

« Notre objectif est d’être le deuxième groupe à l’issue du scrutin »

FRANÇOIS PATRIAT

sénateur LRM de Côte-d’Or

« J’ai rarement vu des élus aussi remontés. Ils se sentent mal aimés

et ont l’impression que l’exécutif

fait déborder le vase », témoigne l’ex-ministre Patrick Kanner, tête

de liste PS dans le Nord, reconnais- sant que cette grogne des élus con- tre M. Macron fournit des « argu- ments de campagne » porteurs aux candidats de l’opposition. No-

tamment aux socialistes, qui relè- vent la tête. Décimés aux législati- ves, ils espèrent cette fois pouvoir

limiter la casse en ne perdant qu’une vingtaine de sénateurs sur un groupe de 86 membres.

Même si le basculement de la

majorité ne devrait pas avoir lieu, le groupe LRM entend au moins faire une percée au Palais du

Luxembourg. «Notre objectif est d’être le deuxième groupe à l’issue du scrutin, avec près de 50 séna- teurs», affirme François Patriat. Avec une idée en tête: permettre à M. Macron de disposer de suffi- samment d’appuis au sein des deux chambres pour atteindre la majorité des trois cinquièmes au Parlement (555 parlementaires), afin de faire adopter ses réformes constitutionnelles sans recourir au référendum. Un objectif « difficile à atteindre mais réalisable», selon Jean-Paul Delevoye, président de la commis- sion d’investiture du parti macro- niste: «Les frontières politiques sont de plus en plus poreuses, donc nous pouvons former des majorités avec des parlementaires PS, centris- tes ou LR constructifs, qui soutien- draient une révision constitution- nelle. » Sachant qu’en cas de réu- nion du Congrès à Versailles, seuls les suffrages exprimés comptent et non les abstentions. « On passe d’un système d’obéissance à un sys- tème d’adhésion», veut-il croire. Susciter l’adhésion: c’est juste- ment le défi principal de la Macro- nie, au moment où le président voit sa cote de popularité chuter. p

alexandre lemarié

Les Constructifs veulent leur groupe au Palais du Luxembourg

Les élus de droite et du centre disposés à soutenir la politique d’Emmanuel Macron tentent de peser au Sénat, comme à l’Assemblée

A u tour du Sénat. Après l’émergence d’un groupe « Les Constructifs », fin

juin à l’Assemblée nationale, qui réunit 35 députés Les Républi- cains (LR) et Union des démocra- tes et indépendants (UDI) dispo- sés à soutenir la politique d’Em- manuel Macron, plusieurs séna- teurs de droite s’apprêtent à créer un groupe du même type au pa- lais du Luxembourg. « Une vingtaine de sénateurs Les Républicains proches d’Alain Juppé et de Bruno Le Maire sont in- téressés à l’idée de constituer un groupe au Sénat sur une philoso- phie constructive », annonce au Monde la sénatrice LR du Bas-

Rhin Fabienne Keller, confirmant une information de L’Opinion. Un nombre largement suffisant

pour formaliser la naissance de ce nouveau groupe au sein de la se- conde chambre parlementaire, où il suffit de réunir 10 élus (con- tre 15 à l’Assemblée). Outre ce noyau dur de juppéis- tes et de lemairistes, ce futur groupe pourrait s’étoffer en atti- rant des sénateurs d’autres sensi- bilités. « Si des centristes basculent avec nous, comme cela s’est pro- duit à l’Assemblée, on peut attein- dre 40 élus », se projette un pilier du groupe LR, qui s’active en cou- lisses pour convaincre des mem- bres de l’UDI et des radicaux de droite d’y participer. Proche d’Alain Juppé, Fabienne Keller pilote l’opération avec deux autres sénateurs ayant, eux aussi, soutenu le maire de Bordeaux lors de la primaire de la droite, en

L’idée a germé dès le mois de mai, au lendemain de l’élection présidentielle, lors de réunions d’élus juppéistes au Sénat

novembre 2016 : Jérôme Bignon (Somme) et Claude Malhuret (Al- lier). L’idée a germé dès le mois de mai, au lendemain de l’élection présidentielle, lors de réunions de ces élus juppéistes au Sénat, aux- quelles participait parfois Jean- Pierre Raffarin. D’autres élus LR

du palais du Luxembourg sont ve- nus prêter main-forte à ce trio ces

Alain

dernières

Marc (Aveyron) ou François Com- meinhes (Hérault).

semaines,

tels

Bienveillance

Tous ont un point commun : ils appartiennent à la droite modé- rée, en se définissant comme des «humanistes, libéraux, européens, girondins et ouverts sur les ques- tions de société ». Loin de la ligne conservatrice de LR, incarnée par le président du groupe au Sénat, le filloniste Bruno Retailleau. Alors que ce dernier veut mener une op- position frontale à la politique d’Emmanuel Macron, ces «cons- tructifs » du Sénat entendent faire preuve de bienveillance vis-à-vis de l’exécutif. « Nous sommes dans

une logique de soutien au gouver- nement, même si nous restons vigi- lants sur certains points, notam- ment sur la politique à l’égard des collectivités locales», explique Fa- bienne Keller. Leurs valeurs et leur ligne idéologique correspondent aux thèses défendues par Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, qui regardent la création de ce groupe d’un œil bienveillant. S’il prévoit de soutenir la candi- dature de Gérard Larcher pour la présidence du Sénat, ce futur groupe de sénateurs a vocation à devenir un point d’appui pour le premier ministre, Edouard Phi- lippe, afin de faciliter l’adoption de certaines réformes au Parle- ment. En particulier les réformes constitutionnelles annoncées par M. Macron, qui nécessitent

d’avoir une majorité des trois cin- quièmes dans les deux chambres. Début août, les chevilles ouvriè- res de cette opération ont in- formé le chef du gouvernement de leur projet, qui n’y a évidem- ment pas mis son veto. L’officialisation de ce nouveau groupe ne devrait pas avoir lieu avant les élections sénatoriales, prévues le 24 septembre. Restera à connaître son nom. Pour l’ins- tant, ses promoteurs ne se sont pas encore mis d’accord sur une appellation. D’après eux, cela ne sera sans doute pas « Les Cons- tructifs » comme à l’Assemblée, même si la démarche s’inspire di- rectement de celle de leurs collè- gues députés, réunis autour de Thierry Solère et Franck Riester. p

al. le.

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

france | 7

«Le Sénat a toujours été hermétique au changement»

Selon l’historien Jean Garrigues, les sénateurs font historiquement preuve de résistances culturelles et sociologiques

ENTRETIEN

J ean Garrigues est professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans et à Sciences Po, et président du comité d’histoire parlemen-

taire et politique.

Pourquoi le Sénat devrait-il résister à la vague Macron, qui a emporté l’Élysée et l’Assemblée nationale ? Cela tient à l’électorat de l’élec- tion sénatoriale, où ce sont des délégués municipaux qui votent et non l’ensemble des Français. La représentation du suffrage uni- versel est donc tronquée car l’on a une surreprésentation de la France rurale. Comme le disait le doyen Georges Vedel à propos du Sénat, « c’est l’Assemblée du seigle et de la châtaigne ». Dans la sensi- bilité conservatrice de cette France rurale, il existe a priori une réticence à voter pour la moder- nité qu’incarne Emmanuel Ma- cron et à aller vers un homme qui a l’image d’un homme de gauche, après avoir été un ministre socia- liste de François Hollande. La composition du corps électo- ral, en outre, est plutôt défavora- ble au chef de l’Etat : la droite est majoritaire au Sénat et l’a tou- jours été sous la V e République, excepté de 2011 à 2014. Tradition- nellement, les lignes ont toujours plus de mal à bouger au Sénat. Les résistances culturelles et sociolo- giques y sont très fortes, y com- pris du côté des socialistes. Cela a été le cas à toute époque.

Dans l’histoire de la V e Répu- blique, le résultat des élections sénatoriales a-t-il générale- ment reflété les résultats observés à la présidentielle et aux législatives ? Historiquement, le Sénat a tou- jours été hermétique au change- ment. Par exemple, après la vague gaullienne de 1958, il a constitué le seul pôle de résistance politi- que au général de Gaulle en ayant une composition beaucoup plus marquée au centre droit et au cen- tre gauche. Président du Sénat de 1958 à 1968, le représentant de cette nébuleuse centriste, Gaston Monnerville, était alors le fer de lance de l’opposition. Il avait for- tement combattu la tentation autoritaire que représentait le gé- néral de Gaulle, notamment en prenant la tête du « cartel des non », une coalition de partis op- posés au projet de réforme consti- tutionnelle proposé par le général de Gaulle, en 1962, qui prévoyait l’élection du président de la Répu- blique au suffrage universel. Jusqu’en 1969, de Gaulle a af- fronté une guérilla d’une partie

« En étant médiatisée, une fronde menée par le Sénat peut trouver un écho dans l’opinion »

du Sénat – en particulier des cen- tristes – à sa politique. Cet antago- nisme s’est traduit à l’élection présidentielle de 1969 lorsque le candidat des gaullistes, Georges Pompidou, a dû affronter un can- didat du centre, qui était le prési- dent du Sénat, en la personne d’Alain Poher.

Plus récemment, le Sénat a-t-il également joué le rôle d’oppo- sant face à l’exécutif ? Oui. De 1981 à 1984, à partir du moment où François Mitterrand a été élu avec une majorité abso- lue à l’Assemblée nationale, le Sé- nat – dominé par la droite – a en- core été un pôle de résistance face à l’Elysée. Cela s’est notam- ment manifesté en 1984 lorsque le Palais du Luxembourg était en pointe dans l’opposition à la loi Savary sur la réunification de l’enseignement privé au sein d’un service public de l’enseigne- ment. On se souvient qu’il avait voté à l’époque une motion de- mandant un référendum, qui n’avait pu avoir lieu. Lors du précédent quinquennat, François Hollande a évidemment dû affronter une opposition à l’As- semblée dans sa propre majorité avec les frondeurs, mais de 2014 à 2017, le Sénat s’est aussi situé dans l’opposition, même si cela s’expri- mait de manière feutrée. C’est donc une constante : quand la gauche est au pouvoir, le Sénat joue un rôle d’opposant. Aujour- d’hui, on peut considérer que la majorité sénatoriale de droite se situe plutôt dans une position d’opposition à la politique de Ma- cron. L’issue des prochaines élec- tions sénatoriales, conjuguée aux annonces de l’exécutif sur les col- lectivités locales, ne va faire que renforcer cette tendance.

A l’issue du scrutin du 24 sep-

tembre, le Sénat devrait être

le seul vrai contre-pouvoir

institutionnel à la politique d’Emmanuel Macron. Peut-il avoir un réel pouvoir de nuisance face à l’exécutif ? La mécanique parlementaire – notamment le fait que le der- nier mot aille à l’Assemblée – res- treint le pouvoir de nuisance du Sénat. Malgré ses limites, le Palais du Luxembourg peut toutefois avoir un pouvoir de nuisance par-

Composition actuelle du Sénat

Union centriste LREM 42 RDSE 29 16 LR 142 SER 86 347 SIÈGES dont 2
Union centriste
LREM
42
RDSE
29
16
LR
142
SER
86
347 SIÈGES
dont 2 sièges vacants
CRC
18
13
Communistes, républicains
et citoyens
Socialistes
et républicains

Rassemblement démocratique et social européen (RDSE)républicains et citoyens Socialistes et républicains Union centriste La République en marche Non-inscrits Dont

Union centristeRassemblement démocratique et social européen (RDSE) La République en marche Non-inscrits Dont 7 EELV Les

démocratique et social européen (RDSE) Union centriste La République en marche Non-inscrits Dont 7 EELV Les

La République en marche

européen (RDSE) Union centriste La République en marche Non-inscrits Dont 7 EELV Les Républicains N lementaire

Non-inscrits Dont 7 EELV

centriste La République en marche Non-inscrits Dont 7 EELV Les Républicains N lementaire dans des batailles

Les Républicains

N

lementaire dans des batailles d’amendements, d’obstruction et de retardement de l’adoption des lois. Son rôle peut aussi être déci- sif dans l’adoption ou le rejet d’une loi organique (nécessitant une majorité absolue pour don- ner le dernier mot à l’Assemblée) ou d’une loi constitutionnelle exigeant une majorité des trois cinquièmes des deux chambres réunies en Congrès. En étant médiatisée, une fronde menée par le Sénat peut égale- ment trouver un écho dans l’opi- nion avec une institution se pré- sentant comme la chambre qui défend les territoires face à une centralisation technocratique que représenterait Macron. Il y a là une thématique forte qui peut

catalyser des oppositions et sé- duire dans une partie de l’opi- nion, en particulier dans les zo- nes périphériques.

Le profil du président du Sénat aura également son importance… En effet, la personnalité de celui qui présidera le Sénat sera déter- minante. Gérard Larcher étant bien parti pour rester en place, ses choix stratégiques seront très importants. C’est une personna- lité qui compte beaucoup à droite, il a une très bonne image dans l’opinion publique, et c’est aussi quelqu’un qui a une forte capacité de négociation au sein du Sénat, en particulier entre les différents groupes. Choisira-t-il

une position d’hostilité déclarée au pouvoir, du type de celle de Laurent Wauquiez, ou construc- tive à la Thierry Solère ? Ou une position médiane? Dans la mesure où il s’est créé une tension entre l’exécutif et la majorité sénatoriale ces derniers mois – notamment à cause des mesures d’économies deman- dées aux collectivités locales –, la ligne de Gérard Larcher sera sans doute plus intransigeante qu’elle n’aurait pu l’être au début de la présidence Macron. Son position- nement déterminera le rapport qu’entretiendra la majorité séna- toriale avec le gouvernement d’Edouard Philippe et la prési- dence d’Emmanuel Macron. p

propos recueillis par al. le.

LES DATES

Macron. p propos recueillis par al. le. LES DATES 4 SEPTEMBRE Ouverture du d élai de

4 SEPTEMBRE

Ouverture du délai de dépôt des déclarations de candidatures

8 SEPTEMBRE

Clôture du dépôt des candidatures

24 SEPTEMBRE

Elections sénatoriales

2 OCTOBRE

Election du président du Sénat

votre rendez-vous politique du dimanche Ali Baddou avec Nathalie par Saint-Cricq, Françoise Fressoz et Carine
votre rendez-vous politique du dimanche
Ali Baddou avec Nathalie
par
Saint-Cricq, Françoise Fressoz et Carine Bécard
dimanche 3 septembre
à
à 12h en direct sur France Inter et franceinfo (TV canal 27)
12h
en direct sur France Inter et franceinfo
Invité :
ÉDOUARD PHILIPPE
TV canal 27

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

Contratsaidés:«Toutd’uncoup,touts’arrête»

A Salon-de-Provence, des bénéficiaires du dispositif se désespèrent de la perte de leur emploi

du dispositif se désespèrent de la perte de leur emploi De gauche à droite : Christine
du dispositif se désespèrent de la perte de leur emploi De gauche à droite : Christine
du dispositif se désespèrent de la perte de leur emploi De gauche à droite : Christine

De gauche à droite : Christine Nunes Lopes, 52 ans, secrétaire-comptable, Charles-Antoine Lemettez, 28 ans, policier municipal, et Aurélie Jesné, 20 ans, agente d’entretien. YOHANNE LAMOULERE/PICTURETANK POUR « LE MONDE »

REPORTAGE

salon-de-provence (bouches-

du-rhône) - envoyé spécial

C’ est la période des ins-

criptions, celle où ils

ont le plus besoin de

moi… Je ne sais pas

comment ils vont faire. » Avec un sourire triste, Alicia Chebil s’in- quiète de la surcharge de travail qui va s’abattre sur ses collègues de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Salon-de-Pro-

vence (Bouches-du-Rhône). Dans trois heures, ce jeudi 31 août, c’est pourtant bien son contrat de tra- vail, un contrat aidé de 26 heures

par mois pour 800 euros, qui s’ar-

rête brutalement. Il y a un an, cette femme de 55 ans, sans formation, a profité du dispositif CAE (contrat d’accompagnement dans l’em- ploi) pour intégrer cette structure fréquentée par plus de 2 500 Salo- nais chaque semaine. Renseignements, inscriptions des adhérents, accueil téléphoni- que… La direction apprécie son im- plication et Alicia Chebil comptait bien être renouvelée une année. « J’ai compris cette semaine que ça ne se ferait pas. Pôle emploi a dit “c’est terminé”, poursuit-elle, aba-

sourdie. Ici, j’ai gagné beaucoup d’assurance, j’aimais mon travail. Demain, je vais me réinscrire au chômage. A 20 ans, on peut rebon-

dir, à mon âge, qui va m’engager ? »

A Salon-de-Provence, coquette

ville de 44 000 habitants, la réduc-

tion programmée des contrats aidés par l’Etat frappe des centai- nes de personnes. « C’est un tsu- nami, s’étouffe Nicolas Isnard, le maire Les Républicains. Pour ma collectivité, mais aussi pour l’en- semble des associations, des struc- tures de services aux personnes, qui en dépendent directement.» Sur son bureau, l’élu a étalé l’en- tretien donné par Emmanuel Ma- cron à l’hebdomadaire Le Point. «Notre seule source d’information, s’agace-t-il. Hier, j’ai appelé la pré- fecture, Pôle emploi… J’alerte sur les conséquences de cette décision bru- tale de technocrate. Mais tout reste flou. On a fini par me dire : ni renou- vellement ni création sauf pour les assistantes de vie scolaire et les ad- joints de sécurité dans les commis- sariats. » Derechef, le maire a joint le député (LRM) de la circonscrip- tion, Jean-Marc Zulesi, «pour qu’il prenne ses responsabilités ». Ce der- nier, «d’accord sur le fond sur la di-

« Ce dispositif n’est pas la panacée, mais il rapporte plus qu’il ne coûte »

NICOLAS ISNARD

maire LR

de Salon-de-Provence

minution d’un dispositif qui préca- rise le monde du travail », assure avoir adressé une note au minis- tère du travail pour « faire remon- ter les inquiétudes du terrain et no- tamment du monde associatif ».

« Qui va payer ? »

Le 1 er janvier 2017, la municipalité employait 68 contrats aidés sur son millier de salariés, soit près de 7 % de l’effectif. « Dont douze se- niors, treize personnes en situation de handicap, énumère Nicolas 6Isnard, très éloignés de l’emploi et qui, chez nous, sont payés pour ren- dre un vrai service public. » « Ce dis- positif n’est pas la panacée mais il rapporte plus qu’il ne coûte, pour- suit le maire qui a fait voter une «charte des emplois aidés». Nous proposons une formation à tous nos jeunes en contrats aidés dans des secteurs qui embauchent: la sé- curité, l’entretien, la petite enfance, l’éducation, le bâtiment… 37 % ont trouvé un travail après. Au natio- nal, on parle de 20 %-25 %. Mais c’est déjà énorme. Quel dispositif d’insertion à l’emploi réussit cela?» Au centre de vidéoprotection municipal, Charles-Antoine Le- mettez, 28 ans, incarne avec fierté cette vertu des contrats aidés. Jus- qu’en 2014, ce titulaire d’un BEP de tourneur-fraiseur avait «empilé les petits métiers ». En contrat d’ave- nir, rémunéré 1189 euros par mois, il vient de passer trois années à scruter les écrans de surveillance de la ville, tout en préparant le con-

cours de policier municipal, qu’il a réussi. En septembre, il sera titula- risé. « Si la structure qui vous em- ploie fait l’effort de vous former, ces contrats sont très utiles », témoi- gne-t-il. A ses côtés, sa chef de ser- vice, Violaine Coste, abonde: «Sur douze personnes employées ici, sept sont en contrat aidé. On les ac- compagne et cela nous permet d’assurer un service 24 heures sur 24 qu’on ne pourrait tenir autre- ment.» Sans emplois aidés, la mu- nicipalité estime qu’elle devrait as- sumer une hausse de 5 % de sa masse salariale. «On ne peut pas se le permettre », tranche le maire. Ancien couvent totalement réa- ménagé à la sortie du centre-ville, l’Ehpad Saint-Léon accueille près d’une centaine de personnes âgées. Dans cette structure appar- tenant à une congrégation, six contrats aidés – sur 50 salariés – ont été titularisés en 2016. Kelly Kendi et Kevin Houdelet, 28 et 24 ans, entrés en contrat d’acces- sion à l’emploi comme agents d’entretien, ont basculé sur des contrats d’avenir pour suivre, avec succès, une formation d’aide médico-psychologique. Joamila Maillot, 36 ans, « en rupture avec l’emploi depuis longtemps» a inté- gré, elle, la blanchisserie. «Ces dispositifs permettent d’allé- ger nos coûts de fonctionnement, convient Stéphane Blanchard, di- recteur de l’établissement. On peut comprendre qu’on débatte de leur efficacité, mais la question, si on les

supprime véritablement, c’est qui va payer l’augmentation ? Bénéfi- ciera-t-on d’allégements de charge ou devrons-nous faire porter cela sur nos résidents?» Déjà, depuis l’été, l’administration a refusé deux renouvellements. En atten- dant d’y voir plus clair, le directeur de Saint-Léon a « un peu rogné sur [la] qualité de services » et « réflé- chit préventivement à une refonte de l’organisation ».

« Je suis dans la mouise »

Pendant que les pensionnaires sont au réfectoire, Aurélie Jesné, 20 ans, attaque, elle, le ménage des chambres du deuxième étage. Gants, blouse, balai en main, la jeune femme s’active. Elle a été en- gagée en contrat aidé le 27 jan- vier 2017 et s’imaginait assurée d’un emploi jusqu’au début 2020. « J’ai vu sur Internet que le gouver- nement ne voulait plus renouveler, confie-t-elle, incrédule. Si c’est vrai, je suis dans la mouise. J’ai pris un appartement, j’imaginais entamer une formation.» Dans sa petite cellule de béton, à l’entrée de la piscine municipale dont elle tient la caisse, Sylvie Gui- net, dite Mouchon, évoque, quant à elle, «une trahison». «J’ai voté Emmanuel Macron à la présiden- tielle et il n’a pas explicitement dit qu’il supprimerait les contrats aidés. Il ne se rend pas compte des dégâts qu’il fait», rage cette femme de 65 ans, peu ménagée par la vie. «J’ai longtemps été coiffeuse, j’avais

De nombreuses communes redoutent une rentrée scolaire compliquée

sur le portail Internet de la mairie de Montembœuf (Charente), 674 habitants, l’information est résumée en une phrase : « La rentrée scolaire du 4 septem- bre 2017 risque d’être perturbée. » Au stan- dard, on explique avoir tout tenté pour que le retour en classe puisse se faire nor- malement, y compris en lançant une de- mande de dérogation – en urgence – pour revenir à la semaine d’école de quatre jours, et faire ainsi l’économie des temps d’activités périscolaires pénalisés par la remise en cause des contrats aidés. En vain : dans ce secteur rural charentais, cinq écoles pourraient rester fermées ce lundi, même si une garderie est assurée. A Valorbiquet (Calvados), commune de 2 500 habitants propulsée sur le devant de la scène après avoir annoncé le report d’une semaine de la rentrée, une « solu- tion provisoire» a finalement été trouvée:

«On est en train d’appeler les familles pour les avertir qu’il y aura bien école lundi», dit l’édile, Christelle Bacq-de-Paepe, sans

donner plus de détails sur le devenir des cinq contrats aidés dont elle a besoin pour faire tourner ses trois écoles. Car c’est tout le paysage scolaire qui est tou- ché par la baisse des contrats aidés – 110 000 sont prévus pour le second se- mestre 2017, soit 40 % de moins que sur les six premiers mois de l’année –, des emplois pourtant nécessaires pour enca- drer le périscolaire, la cantine, les trans- ports, l’entretien des locaux…

« Solution transitoire »

Vendredi 1 er septembre, les principales associations d’élus ont été longuement reçues par les ministres de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et de la cohésion des territoires, Jacques Mézard. Des «élé- ments de souplesse » ont été introduits par le gouvernement, a expliqué Fran- çois Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF), à l’issue de la réunion. « Nous n’avons pas de chiffre, nous avons juste des engagements, c’est

de la technique budgétaire mais ça de- vrait permettre de régler les tensions, qui sont nombreuses depuis huit jours.» Après avoir passé la semaine à tenter d’obtenir des garanties auprès des direc- tions d’académies, des préfectures, c’est aux édiles de trancher s’ils ouvrent l’école au risque de vrais dysfonctionne- ments, ou s’ils en gardent les portes clo- ses, au grand dam de leurs administrés. A La Réunion, la rentrée, prévue le 18 août, avait été reportée de cinq jours. L’idée a, ces derniers jours, été agitée dans le Gard, en Guyane, en Martinique… Mais « la rentrée ne peut pas fonction- ner sous la menace », tempête Agnès Le Brun, maire LR de Morlaix (Finistère) et vice-présidente de l’AMF. Cette associa- tion faisait état, vendredi encore, de « cer- tains départements avec 10 à 15 commu- nes toujours dans l’incertitude ». Du côté de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), on estime que la rentrée s’annonce «extrêmement compliquée»,

explique son président, Vanik Berberian, maire (divers centre) de Gargilesse-Dam- pierre (Indre).

A Angoulême (Charente), jusqu’à mer-

credi, le retour en classe a semblé com- promis. «Après une réunion d’urgence avec tous les partenaires, une solution transitoire a été trouvée », raconte le maire Xavier Bonnefont. La rentrée aura lieu dans la trentaine d’écoles de la ville, mais sans offre périscolaire en mater- nelle. En élémentaire, les activités sont préservées jusqu’à la Toussaint. « Après, on verra », glisse l’édile.

Il n’est pas le seul, selon les associations

d’élus, à songer à sortir de la crise des contrats aidés en souhaitant remettre en cause, plus vite que prévu, la semaine d’école de quatre jours et demi à laquelle le gouvernement d’Edouard Philippe a permis de déroger. Reste à voir si ce chan- gement de rythme est possible en cours d’année. p

mattea battaglia

« Travailler, ce n’est pas qu’une question de salaire, c’est une renaissance sociale »

SYLVIE GUINET

caissière à la piscine de Salon-de-Provence

mon salon puis je suis tombée ma- lade », résume-t-elle, pudique- ment. Quand la municipalité lui a proposé un contrat aidé de 26 heures à 800 euros par mois, elle a accepté avec soulagement. « Je ramais depuis tant d’années… Travailler, ce n’est pas qu’une ques- tion de salaire, c’est aussi une re- naissance sociale. Les contrats aidés, ça permet d’espérer le mieux.» Sylvie Guinet secoue ses boucles teintes, «démoralisée». En août, elle a vu partir une collègue, touchée par la fin de son contrat aidé. Le sien s’achève le 19 octobre. « Je comptais arriver jusqu’à ma re- traite complète, en 2018… Là, je vais repartir au chômage », dit-elle. Aux Canourgues, puzzle de grands ensembles qui abritent près de 10 000 habitants au nord de la ville, Fayçal Zerguine pense aux dizaines de personnes qui, chaque année, tapent à la porte de son association Cellule accueil in- formation handicap. Il montre les médailles décernées par différents ministres, les piles de dossiers remplis chaque année pour les ad- hérents. Le 16 décembre, le contrat unique d’insertion (CUI) de sa se- crétaire comptable Christine Nunes Lopes, 52ans, s’achève.

« On a toujours fonctionné avec des contrats aidés, constate, amer, celui qui, lui-même handicapé, a fondé la structure en 1992. Si on n’en bénéficie plus, c’est terminé. Avec 4 000 euros de subventions du département et 1 500 de la mairie par an, je ne peux pas embaucher quelqu’un. » « Quand il parlait des abus sur les contrats aidés, Macron évoquait les entreprises, pas les

associations, s’étonne Christine Nunes Lopes. Personne ne nous a encore officiellement dit que mon contrat devait s’arrêter. J’attends novembre pour appeler Pôle em- ploi, mais je ne comprendrais pas. Mon emploi n’a rien d’abusif, et ici, on fait un boulot que les services publics ne font plus.» p

gilles rof

ECHOS DE CHINE

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La NBD-BRICS,une banque des pays émergents centrée sur la croissance durable

Par LIANG Nini, ZHENG Kaijun, ZHOU Rui et CHEN Jie

D ans la zone industrielle de Lingang,

la plus grande zone d’exploitation

économique de Shanghai et futur centre

de fabrication intelligente, outre le ballet

incessant des chariots élévateurs, votre

œil sera peut-être attiré par les toits des bâtiments où sont disposés de longues rangées de panneaux photovoltaïques de 1,6m2 chacun. «Nous avons mis en place une capacité de 3 mégawatts au stade d’essai. Chaque jour d’été ensoleillé comme aujourd’hui, on pourra produire entre 15 et 17 MWh et la production annuelle pourra atteindre 3.000 MWh», conie à Xinhua Zhu Hongming, directeur des opérations de cette centrale photovoltaïque. Le projet est divisé en plusieurs tranches qui seront mises en service successivement au cours des trois prochaines années. Après l’entrée en service de la première phase de la centrale en septembre, elle fonctionnera avec une capacité de 13MW. Selon une estimation préliminaire, les émissions du CO2 diminueront de 10.949 tonnes par an après le lancement de la première phase. Les entreprises installées dans la zone industrielle, spécialisées dans la manufacture et la logistique seront les premiers clients de cette énergie propre produite localement. Ensuite, toute production excédentaire sera reversée dans le réseau électrique national. La construction de cette centrale solaire, forte au inal d’une capacité totale de 100 MW, n’aurait pas été possible sans un soutien inancier solide, en raison de son coût énorme et de son rendement faible, mais stable. Celle-ci a bénéicié d’un prêt de 75 millions de dollars (environ 63,5 millions d’euros) sur 17 ans accordé en 2016 par la Nouvelle banque de développement des BRICS (NBD-BRICS). «La croissance des pays émergents, en particulier celle de la Chine, a mis en évidence l’importance d’une croissance durable», selon K.V. Kamath, le président de la NBD, lors d’une interview exclusive accordée à Xinhua en amont du neuvième sommet des BRICS qui se déroulera du 3 au 5 septembre à Xiamen, dans le sud-est de la Chine. Fondée par les pays membres des BRICS en 2014, la NBD-BRICS a été inaugurée à Shanghai en juillet 2015 et elle est devenue pleinement opérationnelle début 2016. Ce prêt à la Shanghai Lingang Distributed Solar Power Project, constitue l’un des cinq premiers crédits de l’institution inancière multipartite en faveur de ses cinq membres : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, notamment dans les domaines de l’énergie propre et des

infrastructures. Après avoir accordé des prêts à sept projets en 2016, la banque compte 23 projets à diverses phases préparatoires pour 2017-2018, pour un montant total

prépar at oires pour 201 7-2018, pour un montant to tal Le 7 juillet , le

Le 7 juillet, le président chinois Xi Jinping préside une réunion informelle des dirigeants des BRICS, tenue en amont du sommet du Groupe des 20 (G20) dans la ville allemande de Hambourg. Photo :

Xinhua

de six milliards de dollars. Selon sa stratégie générale pour 2017-2021, la banque accordera environ deux tiers de ses prêts au développement d’infrastructures durables, un secteur très en retard dans les pays émergents, dû à l’absence de moyens inanciers, mais qui constitue pourtant une source de création d’emplois et contribue à une croissance inclusive et équilibrée. En efet, cette banque ne ménage aucun efort pour aider les pays membres à parvenir à cet objectif. Le 17 août, le centre régional de la NBD- BRICS en Afrique a été oiciellement inauguré à Johannesburg. Le président sud-africain Jacob Zuma a qualiié l’ouverture historique de ce centre d’étape vitale tant pour son pays que pour tout le continent, soulignant l’engagement des BRICS en faveur du développement du continent africain et des marchés émergents. «Nous espérons que la banque, au travers du centre régional africain, contribuera à accélérer les investissements dans les infrastructures dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau et

autres», a-t-il poursuivi. «Nous avons de grandes attentes pour ce bureau régional». Par ailleurs, la NBD est à la recherche de davantage d’opportunités de inancement en devises locales dans les pays membres pour y soutenir des projets de construction d’infrastructures et de développement durable. Etant donné que l’émission en Chine des premières obligations vertes pour un montant de trois milliards de yuans (380 millions d’euros) a été bien accueillie par les marchés l’an dernier, M. Kamath a révélé que la banque comptait lancer une autre émission d’obligations de trois à cinq milliards de yuans (380 à 635 millions d’euros) au second semestre de cette année. En outre, la NBD compte émettre des obligations en devises locales dans les autres pays membres. «L’Inde serait l’un des premiers pays et notre dialogue avec des banques en Russie et dans d’autres pays membres montre qu’il existe une grande marge pour lever des obligations en monnaies locales dans ces pays», selon lui.

«Nous souhaiterions disposer d’ici cinq ans d’un portefeuille de créances de plus de 32 milliards de dollars (27 milliards d’euros) et c’est une estimation a minima. Si elle s’avère plus optimiste, nous pourrons avoir 45 milliards de dollars (38 milliards d’euros)», dit-il. Quant au futur élargissement du bloc, la NBD-BRICS adopte une approche progressive, qui ne mettra pas à l’épreuve ses capacités opérationnelles et son processus de prise de décision. L’expansion du nombre de membres de la banque devra reléter la diversité géographique et un mix de pays à revenus élevés, moyens et faibles. «Le sommet à Xiamen permettra aux cinq pays membres d’établir un partenariat économique plus fort et de bâtir un avenir plus brillant», estime K.V. Kamath. «Il est important de noter que le sommet tombe à un moment où l’on peut clairement voir que les cinq pays s’imposent comme une force économique», conclut-il.

Les BRICS continueront de jouer un le important dans la gouvernance mondiale, selon un responsable de l’OCDE

Par Yakhya MASSALY

L es BRICS, qui représentaient en 2015 près de 31% du PIB mondial, continueront de jouer un rôle important dans la gouvernance mondiale, malgré le ralentissement de la croissance observé

ces dernières années, estime Federico Bonaglia, directeur adjoint du Centre de développement de l’OCDE, dans un entretien récemment accordé à Xinhua. Selon lui, ce ralentissement n’aura pas d’impact signiicatif sur la part importante que ces pays occupent dans l’économie mondiale. L’économiste en voit pour preuve les récentes prévisions économiques de l’OCDE qui annoncent le retour à la croissance pour le Brésil et la Russie et prévoient pour 2018 un taux de croissance de plus de 6% pour la Chine et de plus de 7%

pour l’Inde. «La Chine et l’Inde continuent d’entretenir une croissance très soutenue. Une situation que la Russie et le Brésil devraient connaître l’année prochaine. Les BRICS continueront donc de jouer un rôle très important dans la gouvernance mondiale», estime- t-il. Les «Perspectives économiques» de l’OCDE publiées en juin dernier prévoient une croissance de 6,6% en Chine en 2017 et de 6,4% en 2018. «Ce sont les chifres les plus faibles depuis le début des années 2000. C’est une conséquence du changement du modèle de croissance qui est en train de s’opérer dans l’économie chinoise : une croissance qui se dirige davantage vers le secteur des services, la consommation intérieure, les investissements et moins vers les exportations, car la Chine est en train de réduire ses importations de matières premières», explique M. Bonaglia. L’Inde, seul pays des BRICS à ne pas connaître de ralentissement important, bénéficie

pas connaître de ralentissemen t important, bénéficie Vue nocturne des gratte-ciel jumeaux les plus hauts de

Vue nocturne des gratte-ciel jumeaux

les plus hauts de Xiamen (sud-est), ville

hôte du 9 e sommet

des dirigeants des

pays des BRICS. Photo : Xinhua

également d’une bonne situation économique. «L’Inde avait une croissance autour de 7,9% en 2015 et nous estimons que l’année prochaine (2018), la croissance sera autour de 7,7%. C’est le pays des BRICS qui maintient la performance la plus importante», note M. Bonaglia. Quant aux trois derniers pays, ils connaissent une récession plus ou moins accentuée, rappelle l’économiste. Mais désormais, l’espoir est de mise. «Le Brésil a eu une croissance négative en 2015, autour de 3,8%, et de 3,6% en 2016. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en 2017, il devrait renouer avec une croissance positive. Nous estimons qu’en 2018, il pourra atteindre une croissance autour de 1,5 à 1,6%», indique le responsable de l’OCDE. La Russie, qui a aussi connu «une situation très compliquée», pourra également sortir de la récession en 2017 et tendre vers un taux de croissance positif autour de 1,4 à 1,5%. L’Afrique du Sud reste le cas le plus problématique, selon l’économiste, bien qu’elle n’ait pas connu de récession en 2016. «Nous estimons que la croissance de l’Afrique du Sud sera positive, autour de 1% en 2017/2018, mais elle reste assujettie à des risques importants», prévoit M. Bonaglia. Il rappelle en efet que l’institut des statistiques sud- africain Stats SA a publié des données qui montrent une contraction de l’activité économique. En efet, on apprit en juin que le pays était entré en récession en 2017 après deux trimestres de recul consécutif (4e trimestre 2016 et 1er trimestre 2017). Selon le spécialiste, les BRICS occupent une part très importante dans l’économie mondiale grâce

à leur croissance très forte dans les années 2000. «En 2000, les BRICS représentaient 18,8% du PIB. En 2010, ils sont allés au-delà de 27% et, en 2015, ils ont atteint 30,8% du PIB mondial», rappelle Federico Bonaglia. La Chine, dit-il, est passée de 7,4% en 2000 à 17-18% du PIB mondial. Des chifres qui donnent une idée de l’importance du processus de croissance dont ont joui les économies des BRICS au cours de ces années. Celui-ci s’explique, selon M. Bonaglia, par le fait que les BRICS partaient d’un niveau de revenu par tête qui était beaucoup plus faible que celui observé dans les pays industrialisés. Seulement voilà, malgré ces fortes avancées, les BRICS sont confrontés à un problème de croissance de la productivité et de l’innovation. Pour M. Bonaglia, le changement de modèle économique des BRICS doit passer forcément par l’amélioration de la productivité et des investissements dans la recherche et le développement. Mais dans les BRICS, ces investissements dans la R&D sont souvent plus faibles que celui des pays de l’OCDE où l’on investit en moyenne presque 2,3% du PIB dans ce domaine. En Chine, c’est 2%, en Russie 1% et en Afrique du Sud 0,7%, relève-t-il. Outre cette question d’investissements, la cohésion sociale est le second déi à relever par les BRICS. «Comme on le voit au Brésil et en Afrique du Sud, il y a une classe moyenne qui a émergé et qui, maintenant, a des demandes importantes en termes de qualité des services publics, auxquelles les gouvernements ne sont parfois pas en mesure de répondre», ajoute M. Bonaglia.

parfois pas en mesure de répondre», ajoute M. Bonaglia. XINHU A NEWS AGENCY FO LL OW

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de répondre», ajoute M. Bonaglia. XINHU A NEWS AGENCY FO LL OW XINHUA ON Ne w

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10 | france

Le député LRM, M’jid El Guerrab, en garde à vue après une agression

Une violente altercation a opposé l’élu à Boris Faure, un responsable PS

a opposé l’élu à Boris Faure, un responsable PS M’jid El Guerrab, le 5 juillet, à

M’jid El Guerrab, le 5 juillet, à l’Assemblée nationale.

MARTIN BUREAU/

AFP

L e député de La République en marche (LRM) M’jid El Guerrab a été placé en garde à vue à Paris, ven-

dredi 1 er septembre, pour «violen- ces volontaires aggravées». Qua- rante-huit heures plus tôt, une en- quête avait été ouverte par le par- quet de Paris au sujet d’une altercation ayant opposé cet élu de 34 ans, député de la 9 e circonscrip- tion des Français de l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest), à Boris Faure, premier secrétaire de la fédération des Français de l’étranger du Parti socialiste (PS). Les faits se sont déroulés mer- credi 30 août dans le 5 e arrondisse- ment de Paris, à proximité du do- micile de M. El Guerrab, qui ra- conte sur sa page Facebook avoir été «violemment pris à partie par Boris Faure», tandis que les deux hommes se croisaient dans la rue. «C’est lui qui m’a apostrophé et non l’inverse », poursuit le député LRM, selon qui son interlocuteur «avait vraisemblablement la volonté d’en découdre ». « Des propos sont échangés, M. Faure tient le poignet de M. El Guerrab, qui va le dégager et lui infliger deux coups de casque [de moto] stupides, aux consé- quences qu’il n’avait à l’évidence pas calculées », précise Eric Du- pond-Moretti, l’avocat du député.

M. Faure tombe au sol, le visage en sang. Victime d’un trauma- tisme crânien et d’un hématome sous-cutané, il était toujours hos- pitalisé vendredi soir. Le matin, il avait pu être entendu par le par- quet, qui commente sobrement:

« Il n’a pas la même version des faits. » Sa femme, qui s’est entrete- nue avec lui avant son transfert à l’hôpital, l’a livrée à Franceinfo :

« Il m’a raconté qu’il est tombé tout à fait par hasard sur M. El Guerrab. Il lui a dit : “Il faut qu’on remette à plat nos conflits”, ils ont com- mencé à discuter, et tout d’un coup, il a vu M. El Guerrab prendre son casque, prendre de l’élan, et taper très fort. »

« Il n’a cessé de me harceler »

Les deux hommes se connaissent depuis 2013 et un différend les op- pose depuis fin 2016, lorsque M. El Guerrab, alors membre du PS sentant qu’il n’obtiendrait pas l’investiture socialiste pour la cir- conscription qu’il briguait aux élections législatives, décide de re- joindre le mouvement En mar- che !. « Dès lors, Boris Faure n’a cessé de me harceler (…), allant jus- qu’à me menacer de me mettre à mort voilà plusieurs mois», expli- que le député LREM, qui disait vendredi vouloir «porter plainte

Les deux hommes se connaissent depuis 2013 et un différend les oppose depuis fin 2016

contre Boris Faure afin que cesse enfin le harcèlement et les agres- sions dont je suis l’objet». En mai 2017, M. Faure publiait une tribune sur le site Mediapart, titrée « M’jid El Guerrab, portrait d’un opportuniste ordinaire », soulignant les manœuvres de son ralliement tardif au parti d’Emmanuel Macron. Cela n’avait pas empêché l’élection du candidat LRM avec près de 60 % des voix au second tour, alors que le socialiste Didier Le Bret, sou- tenu par M. Faure, avait été éli- miné dès le premier. Lors de l’incident mercredi, as- sure l’avocat du député, M e Du- pond-Moretti, « M. Faure a repro- ché à M. El Guerrab son élection, en l’accusant d’avoir utilisé les réseaux communautaristes pour parvenir à ses fins. Ensuite, il aurait pro-

noncé les mots “sale arabe” », ce qu’affirme également un témoin de la scène interrogé par l’hebdo- madaire Marianne. La famille de Boris Faure dénonce des alléga- tions «risibles et insultantes». M. El Guerrab a présenté des « excuses » à M. Faure, lui souhai- tant « le rétablissement le plus ra- pide » et affirmant « regretter sin- cèrement d’avoir cédé à la provo- cation ». « Personne n’imagine aujourd’hui que M’jid El Guerrab puisse encore incarner la Républi- que dans sa circonscription, et être un exemple pour celles et ceux qu’il aura face à lui», a commenté Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche (qui ras- semble les élus PS) à l’Assemblée nationale. L’avenir politique de M. El Guer- rab s’annonce incertain. Le député s’est mis de lui-même « en congé du parti et du groupe parlemen- taire LRM afin de permettre à l’en- quête de se dérouler de la manière la plus sereine possible et de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé». Une décision que Richard Ferrand, président du groupe LRM à l’Assemblée, a qualifiée de «sage». M. El Guerrab sera convo- qué pour un entretien en début de semaine au siège du parti. p

henri seckel

Les proches de Maréchal-Le Pen lancent une revue

« L’Incorrect » est destiné à établir des liens entre les différentes familles de la droite

acques de Guillebon le jure :

«Marion n’est pour rien dans cette entreprise. Ni au début, ni au milieu, ni à la fin. » Non, l’ex-

députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen, qui s’est mise provisoirement en retrait de la vie politique, à 27 ans, n’a rien à voir avec le lancement de la revue L’In- correct, en kiosque le 7 septembre. Même si le directeur de la rédac- tion, Jacques de Guillebon, un es- sayiste qui se revendique catholi- que traditionaliste, est un de ses amis, l’a conseillée bénévolement et a écrit certains de ses discours. Et que le directeur de la communi- cation de ce nouveau mensuel, Arnaud Stephan, a été l’attaché parlementaire et le bras droit de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen ces cinq dernières années. L’Incorrect poursuit néanmoins le même objectif que la jeune re- traitée de la politique : jeter des

J

ponts entre les différentes familles de la droite et faire de ce magazine d’environ 80 pages, qui doit être tiré à 10 000 exemplaires, une «maison commune», selon l’ex- pression d’Arnaud Stephan. Les principaux bailleurs de fonds du projet sont deux entre- preneurs membres de L’Avant- Garde, le think tank de Charles Millon : Laurent Meeschaert, directeur de la publication, et Charles Beigbeder, longtemps membre de la direction de l’UMP. Sur ce spectre de la droite, L’In- correct penche pour l’instant plus du côté de la droite extrême. L’ex- chef de file de Génération identi- taire, Damien Rieu, collaborateur de M me Maréchal-Le Pen au conseil régional de PACA devenu directeur de la communication de la mairie FN de Beaucaire (Gard), signe un reportage embedded avec les iden- titaires de « Defend Europe », qui

voulait perturber le travail des ONG venant en aide aux migrants en Méditerranée. La revue pro- pose aussi une interview d’un des chanteurs préférés de la « droite nationale », Jean-Pax Méfret, un nostalgique de l’Algérie française.

« Imaginer des passerelles »

Certaines signatures de L’Incorrect ont par ailleurs un engagement auprès de Marine Le Pen (comme Gabriel Robin, cadre du collectif culture du FN), ou ont rencontré la patronne du Front national pen- dant la campagne présidentielle (comme les philosophes Thibaud Collin, Bérénice Levet et Vincent Coussedière). Mais la ligne de la revue ne colle clairement pas à celle que porte la députée du Pas-de-Calais, souve- rainiste et articulée autour du « ni droite ni gauche ». En conclusion de son éditorial, Jacques de Guille-

bon écrit: «Quelqu’un l’a dit: “La stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conser- vatrice et des classes populaires (…). La droite traditionnelle et les clas- ses populaires ont un souci com- mun, celui de leur identité (…). A partir de ce constat, on peut imagi- ner des passerelles pour les rassem- bler et apporter des réponses en commun.”» L’identité de ce « quelqu’un » n’est pas précisée, mais il s’agit de Marion Maréchal-Le Pen, qui a li- vré ces considérations dans son «testament politique» publié par Valeurs actuelles, en mai. Comme le note un bon connaisseur de l’ex- trême droite, la revue présente clairement des airs de « poursuite du marionisme par d’autres moyens, sans être frontiste». Utile quand on n’a pas abandonné l’idée de revenir dans le jeu politique. p

olivier faye

0123

DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

p olivier faye 0123 DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017 CHRONIQUE PAR PHILIPPE RIDET Les

CHRONIQUE

PAR PHILIPPE RIDET

Les « bons clients » se sont installés en cuisine

A u départ, ils étaient déjà

ce qu’on appelle de

« bons clients ». Affables,

joignables sept jours sur sept, vo- lubiles « proches de » (au choix :

de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, de Jean-Luc Mélenchon, etc.), ils s’autorisaient à parler au nom de leur mentor, en off (« vous ne me citez pas ») comme en on (« vous pouvez me citer »). Une formule, une analyse, une anecdote tou- jours prête, ils semblaient com- prendre les impératifs du métier :

clarté, réactivité, disponibilité. La montée en puissance des chaînes de télévision et de radio d’infor- mation continue, le développe- ment des médias en ligne, les ont rendus plus indispensables en- core. Une matinale à 7 heures ? Pas de problème. Un plateau sur les coups de 22 heures ? J’y serai. Un commentaire avant le bou- clage? Mais bien sûr… Entre nous les journalistes qui les sollicitions, et eux, ces politi- ques qui nous répondaient avec aménité, le courant passait. Nous parlions le même langage, usions des mêmes codes. Chacun y trou- vait son compte : eux, la notoriété (parfois bien supérieure à leur in- fluence électorale); nous, des sou- tiers indispensables au bon fonc- tionnement de la machine. Nous aurions dû nous méfier. Des con- frères? Des faux frères plutôt! Les bons clients se sont emparés des cuisines. Ils avaient déjà leur table réservée, ils seront désor- mais au plus près des fourneaux, un œil sur le menu. Hôtes régu- liers des médias, plusieurs d’entre eux ont décidé de s’y installer non plus comme invités – et par con- séquent sensibles à l’humeur du maître queux (« Ah non celui-là, on l’a déjà eu hier ! ») – mais comme des collaborateurs atti- trés – et pour certains stipendiés – avec ronds de serviettes gravés à leurs noms. Jean-Pierre Raffarin (France 2), Julien Dray (LCI), Auré- lie Filippetti (RTL), Axelle Lemaire (France Culture), Henri Guaino (Sud Radio), Raquel Garrido (C8), Eduardo Rihan Cypel (Radio Nova), s’apprêtent à faire leur ren- trée médiatique comme chroni- queurs ou débatteurs réguliers. Le 31 août, M me Garrido, porte-parole de La France insoumise (LFI), s’est même invitée à la conférence de presse d’Edouard Philippe, qui présentait les ordonnances sur la réforme du code du travail. A cette liste d’anciens élus de droite comme de gauche, il faut encore ajouter, pour être tout à fait complet, le nom de l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, Gaspard Gantzer, qui lui aussi rejoint RTL. A ce stade, il ne s’agit plus de quelques cas isolés, mais d’une transhumance à la re- cherche de nouvelles pâtures qui, comme le rappelle Wikipe- dia, « a pour but l’engraissement du troupeau mais aussi sa repro- duction ». Le moins qu’on puisse dire est qu’on ne les aura pas vus venir. Nos nouveaux collègues ont avancé masqués, grimés sous les traits de pourfendeurs des mé- dias. «Les politiques ont rarement autant tapé sur le système

qu’aujourd’hui et, à peine battus, ils font tout pour le rejoindre », souligne Alexis Lévrier, historien de la presse et des médias, et auteur de Le Contact et la distance (Les petits matins, 2016). Jamais il est vrai, l’air du temps n’a été autant marqué par la défiance vis- à-vis des journalistes accusés d’être tout à la fois aveugles ou complaisants, ou les deux. Du Front national à La France in- soumise, le « media bashing » a connu son apogée au cours de la campagne présidentielle. Des confrères et consœurs ont été pris à parti dans des meetings sans que cela suscite beaucoup d’émo- tion dans les formations politi- ques en général. Les premiers pas du président Emmanuel Macron ont eux aussi été marqués par une défiance inédite vis-à-vis des journalistes politiques soupçon- nés de ne pas être à la hauteur de sa complexité même si, depuis, il s’est ravisé en embauchant l’un d’entre eux, Bruno Roger-Petit, comme porte-parole de l’Elysée.

Une « frontière poreuse »

« La frontière entre journalisme et politique a toujours été poreuse, relève encore Alexis Lévrier. Mais jusqu’à présent, ce sont surtout les journalistes passés au service de la politique qui ont fait parler d’eux. On assiste aujourd’hui à un phénomène symétrique et inverse probablement dû au fait que de nombreuses personnalités politi- ques n’ont pas été réélues et sont concrètement à la recherche d’une activité. » Quoi ? Ce serait donc ça ! Ce cher métier auquel certains et certai- nes d’entre nous ont rêvé dès l’âge le plus tendre ne serait plus qu’une voie de garage ou une salle d’attente pour les vaincus du suf- frage universel, une reconversion naturelle comme ces anciens ath- lètes de haut niveau qui assurent les commentaires techniques dans les retransmissions des épreuves sportives ? Quoi de mieux qu’un ancien élu/minis- tre/conseiller pour commenter la politique, plat principal des tran- ches info ? Au nom de la forma- tion sur le tas dont ils ont bénéfi- cié en squattant les médias (avec leur complicité), hommes et fem- mes politiques recalés par les élec- teurs ou ayant décidé de lâcher l’affaire intègrent directement les salles de rédaction sans passer par le b.a.-ba du métier : concours, sta- ges, chiens écrasés, radiotrottoirs. En 2012, Roselyne Bachelot, an- cienne ministre, la première à avoir inauguré ce passage de la politique à la télévision, où elle est désormais une figure fami- lière, analyse dans un entretien à Télé Obs : « Celui ou celle qui fait de la politique est devenu un objet médiatique en soi. Le public se passionne pour le jeu politique si on lui offre de la substance et des gueules. » Mais elle met en garde ses émules : « Ils ne doivent pas croire qu’on sait tout parce qu’on a été interviewé par tous les matina- liers du monde… Ils vont devoir bosser, et tous ne réussiront pas, il va y avoir des morts ! » Mais qui imagine Jean-Pierre Raffarin rédi- ger une brève? p

VIOLENCES CONJUGALES

En 2016, 123 femmes sont mortes

Selon des chiffres du minis- tère de l’intérieur rendus pu- blics vendredi 1 er septembre, 157 personnes au total – 123 femmes et 34 hommes – sont mortes, victimes de leur conjoint, petit ami, compa- gne, amant ou ex en 2016. C’est treize de plus que l’an- née précédente. Au sein des

couples officiels, on dénom- bre 138 décès: 109 femmes

ont été victimes de leur com- pagnon ou ex-compagnon,

28 hommes victimes de leur

compagne ou ex-compagne et un homme victime de son

compagnon. Sur les 28 fem- mes auteures d’homicide commis sur le conjoint,

17 d’entre elles étaient victi-

mes de violences de la part de leur partenaire. – (AFP.)

0123

DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

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Nouvelle-Calédonie: «Il faut que le premierministresoitaudacieux»

Jean-Jacques Urvoas propose de réfléchir à un nouveau statut pour l’île

ENTRETIEN

A ncien garde des sceaux, Jean-Jacques Urvoas, maître de conférences à

l’université de Bretagne-Occiden- tale, a rédigé en juillet une note publiée par le Club des juristes dans laquelle il propose des pistes pour l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Comment analysez-vous la si- tuation en Nouvelle-Calédonie à l’approche de l’échéance du référendum d’accession à la souveraineté ? Je suis préoccupé. Le terme est fixé, c’est l’automne 2018, et beau- coup de questions restent à régler pour éviter d’aboutir à une im- passe. Je crains un référendum qui serait vécu par une partie de l’opi- nion calédonienne soit comme un triomphe exalté, soit comme une défaite amère. Dans les deux cas, personne ne gagnerait.

moment, inconnues. Par exemple, ce à quoi je l’invite, a-t-il l’inten- tion d’agir pour que le prochain comité des signataires arrête l’inti- tulé de la question qui sera posée au référendum ?

Votre note sur l’avenir institu- tionnel de la Nouvelle-Calédo- nie évoque plusieurs pistes possibles… Pour m’intéresser à la Nouvelle- Calédonie depuis quelques an- nées, je veux croire qu’il n’y a pas un abîme entre les non-indépen- dantistes partisans d’une très large dévolution des pouvoirs à la Nouvelle-Calédonie et une partie des indépendantistes soucieuse de maintenir un lien fort avec la

France. Je fais le pari que l’on peut arriver à trouver quelque chose qui n’existe pas. Comme toujours quand il s’agit de la Nouvelle-Ca- lédonie, il faudra que le droit soit inventif. C’est la leçon de Michel Rocard et elle garde sa pertinence.

« Je crains un référendum qui serait vécu soit comme un triomphe exalté, soit comme une défaite amère »

Avec l’Etat associé, la souverai- neté n’implique pas nécessaire- ment l’indépendance mais, par le biais d’un droit permanent à l’autodétermination reconnu au peuple, la faculté de choisir des dépendances, de les modifier ou d’y mettre fin. Il existe une petite poignée d’Etats associés à travers le monde, généralement des peti- tes îles. Leurs constructions juri- diques sont très empiriques. Je crois que nous gagnerions à étu- dier cette forme étatique, même si

 

A

partir du travail réalisé en 2013 à

je sais qu’en Nouvelle-Calédonie

Le premier ministre, Edouard

la

demande de Jean-Marc Ayrault

ce mot est, pour le moment, piégé

Est-ce que, concomitamment à

Philippe, a dit vouloir s’engager pour mener à terme ce proces- sus. L’Etat vous semble-t-il avoir pris la mesure des enjeux ? La mention par le premier mi-

par Jean Courtial et Ferdinand Mélin-Soucramanien, qui avaient imaginé quatre hypothèses, je suis arrivé à deux épures: l’asso- ciation et la fédération.

par le souvenir d’Edgard Pisani. C’est pourtant une piste pour une société qui aimerait être indé- pendante mais qui est consciente des dommages que ça peut géné-

nistre de la Nouvelle-Calédonie, lors de sa déclaration de politique générale, et de son « engagement personnel» était une bonne nou- velle. Ce dossier est historique- ment un dossier du premier mi- nistre. Pour les Calédoniens, l’in- terlocuteur, c’est Matignon. Il lui faut maintenant être auda- cieux. Le prochain comité des si- gnataires, après les sénatoriales, est le rendez-vous à ne pas man- quer. Il doit être préparé et, pour le moment, il n’y a pas grand-chose. Cela ne tient pas qu’à Edouard Phi- lippe puisque les Calédoniens sont en train de recomposer leur gou- vernement et le Congrès n’a pas pu élire le président. Il n’en demeure pas moins que les intentions du premier ministre sont, pour le

Qu’est-ce qui différencie les deux statuts ? Il y a dans la Constitution fran- çaise des éléments qui permettent d’envisager un Etat fédéral. L’infi- nie souplesse du fédéralisme per- mettrait de répondre à bien des exigences des Calédoniens et, no- tamment, le fait que la souverai- neté est partagée entre l’Etat fédé- ral et les Etats fédérés. Quant à la répartition des compétences, on trouve dans le monde une multi- plicité de combinaisons. Je ne sous-estime pas, cependant, les conséquences que pourrait avoir en métropole la création d’un tel «Etat composé». D’autres régions, pas forcément ultramarines, pourraient aspirer à un tel statut.

rer pour son mode de vie. Evidem- ment, cela veut aussi dire que cela passe par une proclamation d’in- dépendance et, juste après, par une association avec la France. Mais, après tout, n’était-ce pas Jac- ques Lafleur, dont le nom n’est pas forcément associé à la revendica- tion d’indépendance, qui, en 1977, parlait de la Nouvelle-Calédonie comme d’une «petite nation»?

la démarche institutionnelle, la réflexion ne doit pas être menée sur l’avenir économi- que de la Nouvelle-Calédonie, notamment sur la structura- tion de l’industrie du nickel ? Bien sûr. C’est indissociable. La réponse ne peut pas être seule-

ment institutionnelle. Les accords de Matignon ont créé des lieux de pouvoir : les provinces, le Con- grès, le gouvernement, reconnais- sant ainsi aux Kanaks les moyens d’exercer pleinement des respon- sabilités politiques. L’accord de Nouméa répartit les compétences accordées aux structures créées en 1988. Aujourd’hui, ce qui doit être traité, c’est le financement et, donc, la question économique et sociale. C’est par conséquent la question du nickel car, un des atouts de la Nouvelle-Calédonie par rapport à d’autres territoires, c’est qu’il y a de grandes richesses.

Quel que soit le déroulement du processus, cela nécessitera une révision de la Constitution… Quoi qu’il arrive, effectivement, il faudra réviser la Constitution. Cette révision est programmée mais ce n’est pas suffisamment su. Cela nous rend très libres d’imaginer quelque chose. Si le comité des signataires parvient à arrêter l’intitulé de la question soumise au référendum, ce sera un pas immense. La deuxième étape, c’est la révision constitu- tionnelle et, la troisième, le scru- tin évidemment. Il faut prendre toutes les voies et les moyens pour que ce ne soit pas un réfé- rendum couperet et pour qu’il se déroule dans un climat apaisé. p

propos recueillis par patrick roger

Lessilhouettesféminines de Dannemarie ne seront pas retirées

Le Conseil d’Etat estime qu’il n’y avait pas de volonté de discriminer

C’ est un virage à 180 de- grés que le Conseil d’Etat a opéré par rap-

port au tribunal administratif de Strasbourg, qui avait ordonné le 9 août à la commune de Danne- marie (Haut-Rhin) de retirer de l’espace public 125 panneaux dont des silhouettes suggestives de femmes. « Le Conseil d’Etat a re- connu notre bonne foi», réagit Paul Mumbach, le maire alsacien, qui avait refusé de comprendre la po- lémique suscitée par les images stéréotypées de femmes que ren- voyait cette exposition décidée dans le cadre d’une « année de la femme » dans cette commune de près de 2 300 habitants. Saisi par l’association féministe Les Effronté-e-s, le juge des référés en première instance a dit que la mairie avait méconnu la loi de 2014 sur l’égalité réelle qui de- mande aux collectivités territoria- les de mener une politique desti- née à lutter contre les stéréotypes sexistes. Il en avait conclu que cette manifestation portait «une atteinte grave et manifestement il- légale au principe d’égalité entre les hommes et les femmes». Le Conseil d’Etat estime au con- traire dans son ordonnance du vendredi 1 er septembre qu’un tel grief, le non-respect du principe

d’égalité, ne justifie pas l’inter- vention du juge des référés, qui ne peut être saisi que lorsqu’il est porté atteinte à une liberté fonda- mentale. La haute juridiction ad- ministrative reconnaît que certai- nes discriminations, « eu égard aux motifs qui les inspirent et aux effets qu’elles produisent », peu- vent constituer une atteinte aux libertés fondamentales nécessi- tant l’intervention en urgence du juge. Mais « la méconnaissance du principe d’égalité ne révèle pas, par elle-même, une atteinte de cette nature ».

Tentative d’innovation

Le fait que la mairie, au cours de

l’année, ait organisé d’autres ma- nifestations en faveur des femmes

et par exemple baptisé l’une de ses

rues du nom d’une des fondatrices du Mouvement de libération des femmes (MLF), a joué. L’installa- tion des panneaux litigieux «n’a pas été inspirée par des motifs tra- duisant la volonté de discriminer (…) et n’a pas pour effet de restrein- dre une ou plusieurs libertés fonda- mentales», affirme l’ordonnance. La décision du tribunal adminis- tratif de Strasbourg était une ten- tative d’innovation jurispruden- tielle alors que le Conseil d’Etat n’avait encore jamais reconnu

l’égalité comme étant, « en soi », une liberté fondamentale. « Le Conseil d’Etat préfère protéger le champ de la procédure de référé, plutôt que de protéger les femmes des violences qu’elles subissent», a réagi, dépitée, Lorraine Questiaux, l’avocate des Effronté-e-s. Les conseillers d’Etat vont plus loin encore dans leur décision, en abordant la question de fond, celle de l’atteinte à la dignité humaine, retenue dans la procédure des ré- férés. Tout en reconnaissant que «les panneaux incriminés peuvent être perçus par certains comme vé- hiculant, pris dans leur ensemble, des stéréotypes dévalorisants pour les femmes (…), ou pour quelques- uns d’entre eux, comme témoi- gnant d’un goût douteux voire

comme présentant un caractère suggestif inutilement provoca- teur», ils concluent qu’il n’y a pas d’atteinte grave au droit au respect de la dignité humaine. L’avocate des Effronté-e-s prévoit de déposer un recours au fond, la voie du référé étant fermée. Le maire de Dannemarie songe à ne pas réexposer les quatre ou cinq silhouettes pour lesquelles il avait finalement reconnu à l’audience, mercredi 30 août, qu’elles « pou- vaient prêter à discussion». p

jean-baptiste jacquin

265

djihadistes français tués en Irak et en Syrie Une note confidentielle de l’Unité de coordination de la lutte antiterro- riste (Uclat), diffusée cet été à tous les préfets, et révélée par LCI, dresse le portrait des 265 Français (257 hommes et 8 femmes) que les services de renseignement pensent être morts après avoir rejoint l’Etat islamique en Irak ou en Syrie. Sur ce total, la moyenne d’âge atteint 28 ans, 52 % des combattants sont descendants d’immigrés et 56 % ha- bitaient avant leur départ dans un « quartier prioritaire ». L’Uclat note à ce sujet une « corrélation certaine entre cumul des inégalités sociales, économiques et scolaires et foyers de radicalisation ».

SANTÉ

Levothyrox : une femme dépose une plainte

Une quinquagénaire a décidé de déposer une plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour «mise en danger de la vie d’autrui» après avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox, un médicament prescrit notamment pour corriger l’hypothyroïdie. «J’ai déposé plainte car nous n’avons pas été informés d’un changement de formule, rien dans la notice ne l’indique», explique Anne-Catherine Colin-Chauley, 58ans. – (AFP.)

Fin de l’épidémie de dengue en Nouvelle-Calédonie

L’épidémie de dengue, qui a fait onze morts en Nouvelle- Calédonie depuis le mois de janvier, est terminée, a an- noncé, vendredi 1 er septem- bre, le gouvernement local à la suite de l’avis de la direc- tion des affaires sanitaires et sociales et de la consultation des experts. Cette maladie virale est transmise par le moustique Aedes aegypti lors

de la saison chaude et hu- mide (novembre à avril). Au total, 4 500 cas ont été offi- ciellement déclarés. En août, seuls 30 cas ont été recensés, contre 1 138 en mars lors du pic de l’épidémie.

DROITE

Bruno Retailleau réfléchit à se présenter à la présidence de LR

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a dé- claré vendredi 1 er septembre à l’Opinion, qu’il dira «d’ici une dizaine de jours » s’il rejoint la course à la présidence du parti, disputée pour l’instant entre quatre candidats.

FAITS DIVERS

Disparition de Maëlys :

deux hommes placés en garde à vue relâchés

Les deux hommes placés en garde à vue dans l’enquête sur la disparition de Maëlys, 9ans, recherchée depuis près d’une semaine en Isère où elle participait à un mariage, ont été relâchés, vendredi 1 er septembre au soir. « Les investigations continuent», a précisé une source proche du dossier. – (AFP.)

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12 | GÉOPOLITIQUE

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

12 | GÉOPOLITIQUE 0123 DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017 Finlande A l’avant- posteface à

Finlande A l’avant- posteface à la Russie

Visé par des campagnes de désinformation et de déstabilisation menées par Moscou, ce petit pays, qui partage 1 340 km de frontière avec son voisin de l’Est, fait preuve d’une résistance singulière, en partie liée à son histoire

anne-françoise hivert

helsinki - envoyée spéciale

L e 11 mars 2016, Sputnik, l’agence multimédia russe financée par le Kremlin, a annoncé qu’elle sus- pendait ses activités en finnois, après moins d’un an d’existence. Le concept n’a jamais fonctionné.

Il y avait la langue, d’abord, rare et complexe:

les éditeurs du site de propagande pro-Poutine ne l’ont jamais vraiment bien maîtrisée, ren- dant cocasse la lecture des articles. Et puis, les lecteurs n’ont pas accroché. Echaudés par l’histoire, les Finlandais, qui fêtent cette année le centenaire de leur courte indépendance, marquée par deux guerres avec l’encombrant voisin de l’Est, savent, depuis longtemps, se méfier des informations venant de Russie. Cette résistance aux tentatives de déstabili- sation russes, affirme-t-on à Helsinki, est l’une des raisons pour lesquelles la capitale finlandaise a été retenue pour héberger le nouveau centre d’excellence européen de lutte contre les menaces hybrides. En Fin- lande, beaucoup s’étonnent d’ailleurs que le reste du monde semble seulement décou- vrir le pouvoir de nuisance de Moscou et de sa guerre hybride. Bien avant les soupçons d’ingérence dans la campagne électorale américaine, rappelle l’ancien diplomate René Nyberg, « il y a eu la tempête médiatique en Allemagne soulevée par les déclarations de Lisa F., une jeune femme germano-russe, qui prétendait avoir été violée par des réfugiés ; et puis les fausses lettres du ministre suédois de la défense qui ont circulé sur Internet, faisant croire que Stockholm fournissait des armes à l’Ukraine…» La méthode et les outils utilisés varient en fonction du contexte, mais la stratégie de la guerre hybride menée par Moscou reste la même, constate Jarno Limnell, professeur à l’université Aalto et spécialiste en cyber- sécurité : « Il s’agit d’identifier, puis d’exploiter, les faiblesses de la société visée, en utilisant des moyens politiques, sociaux, informatiques, ainsi que la communication, simultanément, avec différents degrés d’intensité, afin d’ébran- ler la confiance des populations locales envers les institutions et les dirigeants du pays. » Si les relations entre Helsinki et Moscou s’étaient apaisées depuis la fin de la guerre froide, l’annexion de la Crimée, en 2014, a marqué un tournant. Les soubresauts du conflit se sont fait ressentir jusque dans la nordique Finlande. « Il faisait très chaud cet été-là, se souvient Minna Holopainen,

rédactrice en chef de l’agence de presse STT. C’était étrange, comme si on était revenu des années en arrière. Les gens étaient assis en terrasse et discutaient de la Russie. » A l’époque, les exercices militaires russes aux frontières du pays augmentent singuliè- rement, ainsi que les incursions impliquant des avions et navires russes. Chaque incident de ce type étant divulgué publiquement de- puis 2005 par leurs autorités, les Finlandais s’interrogent alors sur cette soudaine recru- descence. Simples erreurs de navigation, ou bien tentatives d’intimidation ? « On voyait passer sur les réseaux sociaux des photos d’appareils de l’OTAN et d’avions russes, raconte Minna Holopainen. C’était de la communica- tion stratégique. Il a fallu qu’on se forme très vite pour comprendre les documents dont nous disposions, les interpréter et expliquer à nos lecteurs ce qu’il se passait vraiment.»

« MOSCOU ACCEPTE QUE NOUS FASSIONS PARTIE DE L’UE, MAIS ESSAIE DE NOUS INTIMIDER POUR QUE NOUS NE REJOIGNIONS PAS L’OTAN »

ALEXANDER STUBB

ancien premier ministre finlandais

« GUERRE DE L’INFORMATION »

Surtout, au même moment, des sites Internet commencent à relayer de fausses informa- tions sur la situation en Crimée et la guerre en Ukraine: «Nous avons réalisé alors que nous avions affaire à une guerre de l’information », témoigne la journaliste. A l’automne 2014, l’agence de presse organise des entraînements «pour comprendre les différents récits qui s’op- posent et réagir au plus vite », rapporte-t-elle. Les responsables de la communication du gouvernement finlandais bataillent, de leur côté, contre une polémique alimentée par les médias russes qui accusent les services sociaux finlandais de kidnapper des enfants russes issus de mariages mixtes vivant en Finlande. « Certains affirmaient même que, comme nous vieillissons vite, nous avions besoin de sang neuf, relate Markku Mantila, ex-directeur de la communication du pre- mier ministre. Il nous a fallu un peu de temps avant de comprendre que c’était intention- nel. » Et imprimer des brochures en russe, pour combattre l’intox. La discrimination présumée de la minorité russophone de Finlande figure parmi les thèmes privilégiés des campagnes de désin- formation menées contre le pays. « Moscou cherche à influencer les 75 000 russophones qui vivent en Finlande, ainsi que la population russe, à laquelle on présente une image néga- tive de son voisin », indique Jori Arvonen, responsable des affaires européennes auprès du cabinet du premier ministre. La question de l’adhésion de la Finlande à l’OTAN est un autre thème prisé des médias pro-Kremlin. « Moscou accepte que nous fassions partie de l’Union européenne, mais

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

géopolitique | 13

0123 DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017 géopolitique | 13 essaie de nous intimider pour

essaie de nous intimider pour que nous ne rejoignions pas l’OTAN », explique l’ancien chef du gouvernement Alexander Stubb, qui milite pour une adhésion à l’Alliance atlanti- que. Le sujet est particulièrement sensible dans un pays où la majorité de la population continue de s’y opposer, soucieuse de main- tenir le fragile équilibre qui gouverne les relations avec la Russie. Pour autant, il n’est pas question de revenir à l’époque de la « fin- landisation », durant la guerre froide, quand Helsinki était accusé d’avoir une attitude trop conciliante à l’égard de l’URSS. Au total, le gouvernement finlandais dit avoir documenté plus d’une vingtaine de cam- pagnes de désinformation russes ces derniè- res années. «Elles visent à créer de la confusion, estime Vesa Häkkinen, chargée de la commu- nication au ministère des affaires étrangères. C’est la stratégie russe du “reflexive control” :

pousser l’adversaire à prendre des décisions qui sont dommageables pour lui, mais qui servent les intérêts de Moscou. » L’hiver 2015, en pleine crise des réfugiés, la Russie laisse ainsi passer 1713 demandeurs d’asile vers la Finlande, rompant avec une pratique en vigueur depuis plusieurs décen- nies, qui veut que chaque pays contrôle ses frontières. « C’était une tentative claire de

déstabilisation», assure l’ancien ambassadeur en poste à Moscou (2002-2004) René Nyberg. Au lieu de garder le silence, Helsinki a choisi la transparence. En octobre 2015, le président, Sauli Niinistö, reconnaît ainsi publiquement que la Finlande fait l’objet de tentatives de dés- tabilisation et souligne qu’il est de la responsa- bilité de chacun de défendre le pays. « En pro- tégeant son ordinateur contre les virus ou en ne propageant pas de fausses informations », détaille le professeur Jarno Limnell.

RESSOURCES MILITAIRES ET CIVILES

Le discours fonctionne dans un pays qui « n’a jamais perdu de vue que de sa sécurité dépend d’une défense crédible », analyse le lieutenant- colonel Petteri Lalu. Contrairement à ses voi- sins, la Finlande n’a pas renoncé à la conscrip- tion et dispose d’un contingent de près d’un million de réservistes (sur 5,5 millions habi- tants). « Cela contribue à ce que ses habitants se sentent concernés par la défense de leur pays », affirme le militaire. Helsinki n’a pas non plus abandonné sa doctrine de « défense totale », élaborée pen- dant la guerre froide, qui implique la mobili- sation coordonnée des ressources civiles et militaires, particulièrement efficace pour lutter contre la menace hybride, note Saara

« NOUS SOMMES PEUT-ÊTRE IMMUNISÉS CONTRE LA PROPAGANDE TRADITIONNELLE RUSSE, MAIS PAS CONTRE LE DISCOURS ANTI-IMMIGRATION »

SAARA JANTUNEN

chercheuse en communication militaire

Des marins russes en faction au centre de commandement de la flotte de la Baltique, à Saint-Pétersbourg.

MISHA FRIEDMAN/COSMOS

mais d’y opposer sa propre version des faits ». En janvier 2016, à la demande du gouverne- ment finlandais, il a dirigé une formation à Helsinki, sensibilisant une centaine de hauts fonctionnaires aux mécanismes de propa- gation des fausses informations et aux meilleures façons de les contrer. Le pays, assure Jed Willard, dispose de nom- breux atouts. Il figure régulièrement en tête des grands classements internationaux pour son système éducatif, considéré comme un des plus performants du monde – une force pour lutter contre la désinformation. L’ONG Transparency International le classe aussi au troisième rang des pays les moins corrompus du monde. « L’efficacité des attaques dépend du niveau de consolidation démocratique, pointe l’expert. Les Finlandais ont confiance en leurs institutions. C’est la raison pour laquelle l’his- toire des enfants kidnappés ne fonctionne pas :

les gens savent que c’est faux. Ils font preuve d’une résilience psychologique.» Face aux tentatives pour diviser la popula- tion, le pays doit avoir « une idée claire de son récit national, ou bien il s’expose à l’influence extérieure », juge le professeur Jarno Lim- nell. Les commémorations du 100 e anniver- saire du pays, le 6 décembre 2017, tombent à pic : « Elles seront l’occasion d’honorer ce pre- mier siècle et ce que nous avons accompli depuis notre rupture avec la Russie », observe le chercheur. « C’est un argument puissant face au Kremlin, qui veut nous faire croire que l’Occident est en train de se déliter », approuve Jed Willard.

« USINE À TROLLS »

L’accalmie, depuis l’automne 2016, ne doit pas faire oublier les efforts menés dans l’ombre pour influencer l’opinion publique, met en garde Saara Jantunen. La chercheuse remarque d’ailleurs un changement de stratégie avec « des opérations psychologi- ques qui visent désormais des personnalités actives dans le débat public, sur des questions comme l’immigration, l’Europe ou la Russie ». Le cas le plus éloquent est celui de Jessikka Aro, journaliste de la télé publique Yle, qui s’est intéressée, début 2014, aux trolls propageant de fausses informations sur la guerre en Ukraine : « Je voulais voir comment ils influen- çaient le débat finlandais », dit la journaliste, qui est remontée jusqu’à une «usine à trolls» dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, en Rus- sie. Depuis, elle est harcelée quotidiennement. Sa photo circule sur Internet. On la présente comme un agent de l’OTAN à la solde des Etats- Unis, une malade mentale, une droguée… Elle a reçu un SMS signé de son père, mort depuis vingt ans, disant qu’il la surveillait. «L’objectif est de m’influencer et de me réduire au silence. » Un des principaux acteurs de cette campa- gne de diffamation est l’universitaire ultra- controversé Johan Bäckman, employé à Helsinki par l’Institut russe d’études stratégi- ques (RISI), financé par le Kremlin et dirigé par un ancien directeur du FSB (l’ex-KGB) Mikhaïl Fradkov. Le 11 avril, lors de la signa- ture du mémorandum entérinant la création du centre d’excellence contre les menaces hy- brides à Helsinki, il a organisé une confé- rence dans un grand hôtel voisin en présence de l’intellectuel nationaliste russe Alexandre Douguine pour dénoncer les manœuvres de déstabilisation menées par l’Occident contre la Russie. Une « tentative visant à créer de la confusion », a dénoncé le ministre des affaires étrangères, Timo Soini. Mais qui a porté ses fruits : un ambassadeur en poste à Helsinki a confondu les deux événements. Autre instigateur des campagnes de dénigre- ment contre Jessikka Aro: le site anti-immigra- tion MV-lehti. Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, son fondateur, le Finlandais Ilja Janitskin, qui vivait en Espagne, se serait réfu- gié en Russie en octobre. Il est lié au mouve- ment d’extrême droite Suomi Ensin (La Fin- lande d’abord), dont le vice-président, Marco De Wit, s’est rendu l’été 2016 dans la région ukrainienne séparatiste du Donbass, où il a rencontré un autre Finlandais, Janus Putkonen, directeur de DONi, l’agence d’information d’Etat de la République populaire de Donetsk. C’est cette «synergie entre certains mouve- ments» finlandais qui inquiète Saara Jantunen. Car, constate-t-elle, «nous sommes peut-être immunisés contre la propagande tradition- nelle de la Russie, ce qui explique l’échec de Spu- tnik, mais pas contre le discours anti-immigra- tion. » Une inquiétude attisée par l’attaque au couteau de Turku, le 18 août, commise par un jeune demandeur d’asile marocain, qui a tué deux femmes. Qualifiée de « terroriste » par la police mais aux mobiles encore peu clairs, cette attaque pourrait bien être le premier acte de terrorisme dans l’histoire du pays. Ro- dée à la menace russe, la Finlande découvre aujourd’hui celle du terrorisme… p

Jantunen, chercheuse en communication mili- taire: «Puisque la guerre hybride vise l’ensemble de la société, nous faisons de la défense l’affaire de tous: c’est un modèle de défense hybride.» L’ancien responsable de la communication du premier ministre, Markku Mantila, rap- pelle ainsi avoir instauré des réunions régu- lières avec ses homologues des différents ministères et administrations pour coordon- ner leurs réactions. Parfois en urgence, comme le 4 décembre 2016, quand un hom- me a abattu trois femmes, dans la petite ville d’Imatra, dans le sud-est de la Finlande, près de la frontière russe. «Sur les réseaux sociaux, une rumeur cour- rait selon laquelle le tireur présumé était un soldat finlandais et ses victimes russes. C’était faux, évidemment. Un membre de notre groupe a réagi très rapidement en publiant tous les éléments dont nous disposions alors », se félicite Marrku Mantila, qui vient de quitter ses fonctions auprès du premier ministre pour fonder sa propre agence spécialisée dans la lutte contre la désinformation. Dans ces cas-là, la priorité, prévient Jed Willard, professeur à Harvard, aux Etats-Unis, et spécialiste de « public diplomacy », est de « ne pas reprendre la fausse information, car elle devient de plus en plus difficile à contredire,

Certains pays seront chargés de domaines de coopération particu- liers. Le centre mènera un dialogue au niveau stratégique ainsi que des travaux de recherche et des exerci- ces d’entraînement, essentiels, «car tous les pays ne sont pas également équipés pour faire face aux menaces hybrides», observe Jori Arvonen. Le manque de coordination entre différents services, par exemple, peut constituer un problème :

« Quand vous luttez contre un phé- nomène qui inclut divers types d’ac- tivités, il est essentiel qu’il y ait une collaboration au niveau de la dé- fense, de l’intérieur et de la com- munication, comme c’est le cas en Finlande », souligne Jori Arvonen, qui n’exclut pas la mise en place d’une force de réaction commune, « dans le cas où un Etat membre demanderait une assistance ». p

a-f. h. (helsinki, envoyée spéciale)

Helsinki abrite un centre d’excellence contre les menaces hybrides

face à la montée de la menace russe, neuf Etats ont signé, le 11 avril 2017, à Helsinki, le mémoran- dum entérinant la création du cen- tre d’excellence européen pour la lutte contre les menaces hybrides, qui sera opérationnel dès ce mois de septembre. Au cours de l’été, la Finlande, l’Allemagne, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Suède, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France ont été rejoints par l’Estonie, la Norvège et l’Espagne. D’autres pays pourraient suivre. Car la lutte contre les menaces hybrides est l’affaire de tous, mar- tèle Jori Arvonen, responsable des affaires européennes au cabinet du premier ministre finlandais, qui pilote le projet : « Il suffit qu’un pays, en Europe par exemple, soit compromis, que son opinion publi- que commence à soutenir des idées qui vont à l’encontre de nos valeurs ou questionnent les fondements du

projet européen, pour que nous soyons tous affectés », souligne-t-il. Lors de la signature du mémo- randum, le chef de la diplomatie finlandaise, Timo Soini, a souligné l’importance d’une coopération renforcée dans ce domaine entre l’UE et l’OTAN. Bruxelles définit les menaces hy- brides comme « le mélange d’acti- vités coercitives et subversives, de méthodes conventionnelles et non conventionnelles – c’est-à-dire di- plomatiques, militaires, économi- ques, technologiques –, susceptibles d’être utilisées de façon coordonnée par des acteurs étatiques ou non étatiques en vue d’atteindre cer- tains objectifs, sans que le seuil d’une guerre déclarée officiellement soit dépassé». Dans un communiqué publié en avril, l’Alliance atlantique mettait en garde contre le pouvoir de nui- sance des menaces hybrides, cons-

tatant que « la distinction entre guerre et paix se fait moins nette ». L’OTAN, qui n’a pas signé le mé- morandum mais qui participera aux activités du centre, dispose déjà de deux organismes similai- res dans le nord de l’Europe : le cen- tre d’excellence pour la communi- cation stratégique, basé à Riga (Let- tonie), et celui pour la cyber- défense coopérative, qui se trouve à Tallinn (Estonie).

« Développer la résilience »

Ils fonctionnent comme des cen- tres internationaux de recherche et de formation. Celui d’Helsinki emploiera une quinzaine d’ex- perts, chargés d’aider à « dévelop- per la résilience des sociétés », commente Jori Arvonen. Il sera financé, à parts égales, par la Fin- lande et les pays contributeurs, pour une enveloppe annuelle de 1,5 million d’euros.

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à se rapprocher de l’OTAN
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« Joint Sea » 2017
(exercices militaires
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« Baltops » 2017
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« Zapad » 2017
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« Saber Strike » 2017
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« Anaconda » 2016
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reliant les pays baltes
au reste de l’OTAN
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UN ESPACE D’ÉCHANGES
ENTRE L’EUROPE ET L’ASIE
UNE ZONE DE TENSION
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Commerce et tourisme
Pays membres de l’OTAN
Pays nordiques neutres
se rapprochant de l’OTAN
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Grand axe maritime
Dix principaux ports à conteneurs, en 2016
Principaux ports de croisière
Principales interfaces vers l’Asie
Pays membre de l’Alliance atlantique
Principaux exercices militaires (depuis 2016)
Bataillons déployés suite au sommet de Varsovie (2016)
Déploiement du bouclier antimissiles Patriot (juillet 2017)
Base aérienne de l’OTAN
Russie et allié (Biélorussie)
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SUÈDE
Pays traditionnellement neutre
se rapprochant de l’OTAN par crainte
de la Russie
Minorité russophone, instrument
de déstabilisation interne
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Port d’attache de la flotte de la Baltique
Ile remilitarisée à l’initiative du gouverne-
ment, suite à la guerre russo-ukrainienne
Déploiement de missiles Iskander, fin 2016
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Energie
Exercices militaires russes
Gazoduc Nord Stream, pour acheminer
le gaz russe (en fonction depuis 2012)
Gazoduc Nord Stream 2 (projet contesté)
Pays baltes craignant un expansionnisme russe
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Ex-pays soviétique ayant intégré l’OTAN en 2004
Cyberattaque massive d’origine russe, en 2007
Passage de Suwalki
Renforcement de la frontière terrestre
(barbelés installés ou en projet)
Port candidat à l’accueil d’une base navale de l’OTAN
Centre d'excellence, organisme
de recherche militaire international,
partenaire de l’OTAN
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Exercice militaire russo-chinois
Infrastructures militaires russes en Biélorussie
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Projet de base aérienne russe en Biélorussie
Incidents opposant la Russie et l’OTAN
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Cartographie : Francesca Fattori, Xemartin Laborde et Delphine Papin
Carte réalisée avec Nicolas Escach, maître de conférences en géographie à Sciences Po Rennes
Sources : N. Escach, Partage de la mer et nouveaux conflits géopolitiques en Baltique, Hérodote,
La Découverte, 2016 ; C. Bayou, Les Etats baltes face à la Russie, Politique internationale, 2017 ;
OTAN ; Actia Forum ; Cruise Baltic ; AFP ; Reuters ; Le Monde
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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

géopolitique | 15

TemirPorras «Au Venezuela, l’effort doit êtremisdans l’ouverture d’espaces de dialogue»

Pour l’ancien chef de cabinet de Nicolas Maduro, la politique économique du gouvernement chaviste a précipité le pays dans la crise actuelle

chaviste a précipité le pays dans la crise actuelle ENTRETIEN propos recueillis par carolina rosendorn T

ENTRETIEN

propos recueillis par carolina rosendorn

T emir Porras Ponceleon a été, entre 2007 et 2013, chef de cabinet et vice-ministre des affaires étrangères de Nicolas Maduro, lorsque ce dernier était ministre des relations

extérieures du Venezuela. Il fut également conseiller diplomatique d’Hugo Chavez, président de ce pays latino-américain de 1999 jusqu’à sa mort en 2013. Professeur à Sciences Po, Temir Porras analyse la crise po- litique actuelle, quatre ans après avoir rompu les liens avec le gouvernement chaviste.

Pourquoi avez-vous décidé de rompre avec le gouvernement de Maduro ? J’ai été renvoyé du gouvernement sur décision du président Maduro en octo- bre 2013, malgré notre proximité, parce que nous avions des divergences sur le plan macroéconomique. J’étais défavorable au con- trôle des changes mis en place pendant le gou- vernement Chavez, prolongé par M. Maduro, qui consistait à maintenir un taux de change artificiel qui surévaluait la monnaie, alors que l’économie vénézuélienne souffre structurel- lement d’un taux d’inflation élevé. Au début du mandat de M. Maduro, le pays connaissait déjà un problème de liquidités. Or, cette politique a provoqué une augmenta- tion très importante des importations, peu chères, asséchant les réserves internationales, alors que le pays a besoin de capital. Combiné avec une perception biaisée du « risque pays » du fait de l’orientation socialiste du gouverne- ment, cela n’a fait qu’aggraver la situation et précipiter le pays dans la crise.

Le chavisme est donc responsable de la crise ? On ne peut pas dire que les raisons de la crise se trouvent intrinsèquement dans le chavisme. Le problème n’est pas idéologi- que, il y a un contraste entre la volonté affichée de maintenir l’essentiel des politiques sociales et une inflation à trois chiffres qui rattrape très vite les augmenta- tions de salaire et les subventions. Quand M. Maduro a pris les commandes, on avait des problèmes surmontables, car le pays bénéficiait d’une situation infiniment meilleure que dans les années 1990. Mais la gestion inadéquate des instru-

les années 1990. Mais la gestion inadéquate des instru- TWITTER ments de politique économique et l’immobi-

TWITTER

ments de politique économique et l’immobi- lisme du gouvernement face à l’effondre- ment du prix du pétrole, combinés avec un secteur privé parasitaire fondé sur la spécula- tion, et des politiques inadaptées, ont créé les conditions pour une dégradation économi- que qui a transformé ces défis surmontables en problèmes de fond.

L’élection d’une Assemblée constituante, le 30 juillet, alors qu’il existe déjà un Parlement élu, marque-t-elle une étape décisive dans la mise en place d’une dictature ? Que l’on soit d’accord ou pas, l’installation d’une Assemblée constituante ne constitue pas en soi l’instauration d’une dictature. Les institutions vénézuéliennes, avec leurs diffi- cultés, fonctionnent. Je ne justifie pas le fait que l’Assemblée constituante se soit arrogé des fonctions de l’Assemblée nationale en matière économique et de sécurité. Mais il était impossible pour le Parlement [qui a tenté en 2016 de destituer le président Maduro] de voter le budget de l’Etat, car il y avait une situation de blocage institutionnel du fait que l’exécutif et le législatif ne se reconnaissent pas l’un l’autre.

C’est pourtant une forme de coup de force de la part de l’exécutif… Tout à fait. Mais il est important de situer les choses dans un contexte de conflit prolongé. La Constitution de 1999 est une Constitution chaviste, à laquelle l’opposi- tion, très minoritaire à l’époque, s’était opposée, qualifiant d’illégitimes le cadre institutionnel et la plupart des élections qui ont eu lieu depuis. Ce n’est qu’après la mort d’Hugo Chavez et la perte de popularité du gouvernement qu’elle a accepté le cadre constitutionnel, puisqu’elle s’est retrouvée, pour la première fois, en situation de gagner des élections. Il faut reconnaître les institu- tions indépendamment du résultat des élections. Or, selon les périodes, aussi bien l’opposition que le gouvernement ont soutenu des positions ambiguës à ce propos.

Que pensez-vous de la répression en cours dans votre pays ? Le droit de manifester de manière pacifi- que doit être garanti. Or, au cours des qua- tre derniers mois, on a assisté à des batailles entre des groupes minoritaires de manifes- tants et les forces de l’ordre. Une centaine de morts n’est pas le résultat de manifesta- tions pacifiques mais d’un affrontement de rue, parfois armé, où toutes les dérives sont possibles. Parmi les morts, il y avait des manifestants de l’opposition, mais aussi des chavistes et des membres des forces de l’ordre. Evidem- ment, c’est regrettable et condamnable, mais ce ne sont pas des manifestations pacifiques réprimées dans le sang : c’est le reflet de la tension accumulée par une sorte de dérive violente de la politique vénézuélienne.

« RETRATOS URGENTES» (« PORTRAITS URGENTS ») Des Vénézuéliens racontent sur Skype les événements qui agitent leur pays. Ces témoignages de personnes de tous horizons (étudiant, médecin, militant), disponibles sur une chaîne YouTube et Facebook, sont recueillis par des documentaristes vénézuéliens vivant en Argentine et en Espagne. Lancé au mois de mai, ce projet figure parmi les nommés pour le Visa d’or de l’information numérique, décerné le 7 septembre au Festival international du photojournalisme de Perpignan.

Va-t-on vers une guerre civile ? Le risque existe. Il y a aussi bien dans l’oppo- sition que dans le chavisme des sections minoritaires enclines à la violence. Elles peuvent et doivent être marginalisées. Mais malgré quatre mois de manifestations violen- tes, tous les groupes politiques, y compris l’opposition, ont accepté de participer au mois d’octobre aux élections régionales, laissant la porte ouverte à une résolution du conflit par la voie électorale, pourvu que le scrutin se déroule dans de bonnes conditions.

Comment l’armée se positionne-t-elle ? Un putsch est-il possible ? L’alignement et la discipline de l’armée sont la force du gouvernement. Le chavisme et le mouvement bolivarien des années 1980 ont inclus les forces armées, construisant en leur sein une conscience de leur rôle histori- que. Les cadres principaux de l’armée aujourd’hui restent donc loyaux à ce schéma idéologique. Mais c’est également un corps social, traversé par toutes les contradictions et tous les problèmes du pays.

Et les classes populaires ? Le chavisme militant est implanté au Venezuela surtout dans les classes populai- res, ce qui explique pourquoi M. Maduro peut se prévaloir de 20 % à 25 % d’opinions fa- vorables malgré un contexte turbulent. En Amérique latine, cela n’a rien d’exception- nel ; son gouvernement est, dans le pire des cas, aussi impopulaire que le reste. Le dilemme du chavisme aujourd’hui, c’est que la révolution bolivarienne se veut un mouve- ment de conquête et de transformation de la société. Or, bien qu’on puisse résister avec 20 % d’opinions favorables, on ne transforme pas la société sans une majorité large.

Comment considérez-vous Luisa Ortega, l’ex-procureure générale qui a fui le Venezuela après avoir rompu avec le régime Maduro ? Une vraie chaviste ou une traîtresse ? Je laisse le gouvernement la qualifier. Après, si elle-même se revendique chaviste, il faut qu’elle agisse en conséquence. Je trouve malheureux que, dans sa critique vis-à-vis du gouvernement – qui est parfaitement légitime –, elle adopte le point de vue de la droite conservatrice sur le continent. Ce n’est pas en allant au Brésil, où le gouvernement de Michel Temer a une légitimité pour le moins contestable, qu’elle construira une critique progressiste et crédible du gouvernement.

L’opposition porte-t-elle des revendications légitimes ? En son sein, il existe des intérêts et des héri- tages idéologiques divergents. Il y a des secteurs traditionnels de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne qui ont une évocation démocratique. En revanche, il y a aussi des partis de droite, voire d’extrême droite, comme le parti de Leopoldo Lopez,

Voluntad Popular, qui incarnent une vision archaïque de la société et se perçoivent comme engagés dans une lutte éthique contre ce qu’ils considèrent comme un régime communiste. C’est une droite qui n’est pas disposée à accepter une coexistence démocratique avec le chavisme. L’opposition doit marginaliser ses franges les plus radicales si elle veut construire une alternance. Cela dit, on ne règle pas les problèmes politi- ques par la voie judiciaire. C’est une grossière erreur de la part du gouvernement d’avoir accepté que le pouvoir judiciaire incarcère des opposants, puisque cela ne fait que les victimi- ser auprès de l’opinion internationale et aggra- ver le conflit. Un extrémiste comme Leopoldo Lopez, qui était minoritaire dans l’opposition vénézuélienne, a été transformé en héros de la démocratie aux yeux du monde, alors que sa mouvance n’a rien de démocratique.

Quel est l’impact des sanctions américaines ? Au Venezuela, elles tombent très mal puis- qu’elles ne font qu’alimenter la crise et braquer le gouvernement, tout en restant en quelque sorte bénéfiques pour M. Maduro, qui consolide grâce à cela son leadership au sein de son camp. La révolution bolivarienne n’a cessé de dire qu’elle est l’objet d’un complot international. En appliquant des sanctions, Washington ne fait que lui donner raison. Si l’intention est de trouver une solution démocratique à la crise au Venezuela, les efforts doivent être mis dans l’ouverture d’espaces de dialogue. Même les gouverne- ments conservateurs de la région ont pris leurs distances vis-à-vis de la position améri- caine, car ce n’est pas en imposant des sanc- tions que l’on s’achemine vers une solution.

Caracas est-il devenu un paria en Amérique latine ? On assiste davantage à une sorte de bataille diplomatique au sein de la région qui suit sur- tout des lignes idéologiques. Les gouverne- ments conservateurs qui ont pris le contrôle de pays importants, comme le Brésil et l’Argentine, voudraient isoler diplomatique- ment le Venezuela. A l’exception de l’Uruguay, les pays du Mercosur sont extrêmement hostiles, non seulement au gouvernement Maduro, mais au chavisme en général. Ils sont alliés aux Etats-Unis et à l’Organisation des Etats américains (OEA). Mais leur stratégie d’isolement atteint ses limites, car ils ne disposent pas de la majorité nécessaire au sein de l’OEA pour isoler le Venezuela. La relation du pouvoir avec Cuba reste très forte, notamment en raison de l’hostilité du président Trump à la normalisation entre Washington et La Havane engagée par Barack Obama. Au-delà de la région, Caracas garde encore deux alliés importants, la Chine et la Russie. Ce sont, à ses yeux, deux puissances émergentes avec la capacité à la fois économi- que et militaire de constituer un frein à l’hégé- monie des Etats-Unis dans le monde. p

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Palais Garnier - Opéra Bastille Théâtre des Bouffes du Nord Cinéma Gaumont Opéra

Bastille Théâtre des Bouffes du Nord Cinéma Gaumont Opéra 22-25 SEPTEMBRE 2017 4 E ÉDITION Partenaire
Bastille Théâtre des Bouffes du Nord Cinéma Gaumont Opéra 22-25 SEPTEMBRE 2017 4 E ÉDITION Partenaire
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Bastille Théâtre des Bouffes du Nord Cinéma Gaumont Opéra 22-25 SEPTEMBRE 2017 4 E ÉDITION Partenaire

Partenaire billetterie :

Bastille Théâtre des Bouffes du Nord Cinéma Gaumont Opéra 22-25 SEPTEMBRE 2017 4 E ÉDITION Partenaire

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DIMANCHE 3 - LUNDI 4 SEPTEMBRE 2017

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K Le Carnet du Monde Tél. : 01-57-28-28-28 AU CARNET DU «MONDE» Naissance « Un instant

AU CARNET DU «MONDE»

Naissance

« Un instant de bonheur vaut mille ans

dans l’histoire. »

Le 8 août 2017

Narjes et Guilhem ARMANET ont l’immense joie d’annoncer la naissance de

Zadig.

Zacharie et Suzanne sont déjà iers de leur frère.

41, rue de la Méthode,

44100 Nantes.

narjesetguilhem@gmail.com

Décès

Christian et Jacqueline Bonnal, Denis et Joëlle Bonnal, Sophie Bonnal, Isabelle Grellier-Bonnal, Nicolas Bonnal et Alessandro Riva, ses enfants, Edith et Olivier Tavignot, Marion et Gaétan, Claire et Frédéric Elissalde, Lorette et Martin, Loïc Robert-Bonnal, Anne Malo, Ronan et Lydie Malo, Dinan et Maël, Vincent Grellier et Laure Gascuel, Juliette et Clément, Noémie et Amir Grellier-Adedjouma, Annabelle et Samuel, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants,

ont la tristesse d’annoncer la mort, le 31 août 2017, de

Antoinette BONNAL,

née DENTAN,

dans sa quatre-vingt-seizième année.

Un culte d’action de grâces aura lieu le mercredi 13 septembre, à 15 heures, en l’Église protestante unie de Saint-Quentin- en-Yvelines, 9B, avenue de la Gare, Montigny-le-Bretonneux (Yvelines).

c.bonnal@numericable.fr

23A, rue Alexandre Dumas,

78370 Plaisir.

Le président de l’université Paris II Panthéon-Assas, Ses collègues, L’ensemble du personnel,

ont la tristesse de faire part du décès de

René CHAPUS,

professeur émérite de droit public de l’université Paris II Panthéon-Assas.

Professeur agrégé de droit public, René Chapus a été professeur à l’université de Tunis, de 1954 à 1968, puis à l’université Paris II, de 1968 à sa retraite en 1992. Au sein de cette université, il enseigna le droit et le contentieux administratifs et il créa le Centre de recherches en droit

administratif. Son œuvre constitue une source inépuisable de réflexion sur les droit et contentieux administratifs français, dont il fut l’un des plus éminents connaisseurs. Son ouvrage Droit du contentieux administratif fut couronné par l’Académie des sciences morales

et politiques. Il était docteur honoris causa des Facultés tunisiennes de droit.

Un hommage lui sera rendu le mardi 16 janvier 2018, au matin en l’amphithéâtre Liard de la Sorbonne.

Monique Chardon, son épouse, Jean-Luc et Martine Chardon, Jean-Marc et Lise Chardon, ses enfants, Sydney et Géraldine, Viridiana et Benoît, Milena, Lucas, ses petits-enfants Robinson, Lou, Anouk, Andrea et Basile, ses arrière-petits-enfants Et toute sa famille,

ont la profonde douleur d’annoncer le décès de

Jean-Claude CHARDON,

docteur en sciences odontologiques, ancien expert près la Cour d’appel de Versailles, chevalier de la Légion d’honneur,

survenu le 29 août 2017, à Paris,

à

l’âge de quatre-vingt-dix ans.

Les obsèques auront lieu le mercredi

6

septembre, à 14 h 30, au crématorium

du cimetière du Père-Lachaise, Paris 20 e .

Ni leurs ni couronnes. Dons à Médecins sans Frontières.

Cet avis tient lieu de faire-part.

122, Quai de Jemmapes,

75010 Paris.

Adeline Fogel, son épouse Nicolas, Arthur, Louise, Emma, ses enfants

ont la tristesse d’annoncer le décès de

Yves-Bernard FOGEL,

survenu le 29 août 2017,

à l’âge de soixante et onze ans.

Une cérémonie d’adieu aura lieu le mercredi 6 septembre, à 15 h 30, au crématorium du cimetière du Père- Lachaise, Paris 20 e .

Cet avis tient lieu de faire-part.

35, rue des Envierges,

75020 Paris.

Bérénice et Balthazar Golmann Pupponi, ses enfants,

ont la douleur de faire part du décès de

Pénélope GOLMANN,

survenu le 31 août 2017.

La cérémonie aura lieu le mardi

5 septembre, à 10 h 30, en la salle de la Coupole du cimetière du Père-Lachaise, Paris 20 e .

Lou Hakim Borg, Michèle Borg, Elisabeth Chailloux Et le Théâtre des Quartiers d’Ivry Ainsi que leurs proches et amis,

ont la douleur d’annoncer le décès de

Adel HAKIM,

auteur, metteur en scène, comédien codirecteur du Théâtre des Quartiers d’Ivry,

survenu le mardi 29 août 2017,

à Ivry-sur-Seine,

à l’âge de soixante-quatre ans.

Un hommage public lui sera rendu le lundi 4 septembre, à 14 h 30, au cimetière communal d’Ivry, 13, rue Gaston Monmousseau, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Françoise et Alain Planchot, Le professeur Christian Mazel et Catherine Himoun-Lafite, Catherine Blachère, ses enfants, Ses onze petits-enfants et leurs conjoints, Ses douze arrière-petits-enfants,

ont la tristesse de faire part du décès de

M. Jean MAZEL,

ingénieur diplômé de l’Institut Français du Pétrole, auteur du Catalogue raisonné de l’œuvre gravé de Jean Morin,

survenu le 28 août 2017, à Paris 14 e ,

à l’âge de quatre-vingt-onze ans.

Geneviève MAZEL

(† 2004)

demeure dans les pensées de tous.

La cérémonie religieuse sera célébrée le lundi 4 septembre, à 14 h 30, en l’église Saint-Louis de Garches, 2 bis, rue de l’Eglise, à Garches (Hauts-de-Seine).

Ni fleurs ni couronnes. Vous pouvez adresser vos dons à l’association IMAGINE for Margo sur www.imagineformargo.org