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ETAT ET MARCHÉ : ESSAI DE RÉFLEXION SUR LE RÔLE DE L’ETAT DANS LA DYNAMIQUE DE LA CROISSANCE DANS UNE ÉCONOMIE DE MARCHÉ

Driss CHKIRIBA

RÉSUMÉ

A travers l’histoire de la théorie économique, le rôle de l’Etat a fait l’objet de controverses

entre économistes. Fondée sur le dogme du marché autorégulateur, la théorie libérale considère que l'Etat doit se cantonner à ses fonctions régaliennes d'administration, de justice et de défense. Les différentes écoles néo-classiques considèrent qu'il incombe à l'Etat de corriger les imperfections de la régulation par le marché. Selon les néo-libéraux, une intervention de l’Etat exerce d’effets d’éviction sur les offres privées ce qui les incite à diminuer leur production et donc à fragiliser la croissance. L’Etat comme le marché souffre de l’asymétrie d’information et génère des externalités négatives. Les mécanismes d'autorégulation des marchés ont montré, toutefois, leurs limites (effets externes, biens collectifs, concurrence imparfaite). D’où la nécessité selon Musgrave d’une intervention de l’Etat pour garantir l’efficacité du marché, veiller à l’équité et assurer la stabilité des marchés. Cependant, la crise de l’Etat providence a mis fin à une croyance largement répandue qui faisait de l’Etat une clé de la croissance économique.

Il ressort, donc, qu’aucune stratégie pure, c’est-à-dire fondée, soit sur le « tout Etat », soit sur

le « tout marché» n’a réussi.

Seule une vision équilibrée du rôle de l’Etat qui peut clore ce vieux débat Etat ou marché. Cette vision devrait reconnaître les limites et les échecs du marché et de l’Etat, mais les considère comme des partenaires qui doivent coopérer. Ce partenariat pouvant revêtir plusieurs formes, diffère selon les pays, en fonction de leur niveau de développement politique et économique.

MOTS CLES Etat - Marché - Croissance - Externalités - Concurrence imparfaite.

SUMMARY Across the history of economic theory, the role of the State made the object of polemics between economists.

Founded on the dogma of the autoregulating market, liberal theory considers that the State must station in its regalian functions of administration, justice and defence.

The different neoclassical schools consider that he falls to the State to correct the imperfections of regulation by the market.

According to the neo-Liberals, an intervention of the State exercises effects of ousting over private offer what encourages them to diminish their production and therefore to weaken growth. The State as the market suffers from the asymmetry of information and generates negative external effects. The mechanisms of autogeneous regulation of markets showed their borders, nevertheless, (external effects, collective property, imperfect competition).

Where from necessity according to Musgrave of an intervention of the State to guarantee the effectiveness of the market, look after equity and assure the stability of markets.

However, the crisis of the State providence put an end to a broadly spread belief which made of the State a key of economic fast growth.

It emerges, therefore, that any pure strategy, that is to say justifiable, is on the « any State », is on the « any market » succeeds.

Alone a balanced vision of the role of the State which can round off this old debate State or market. This vision should acknowledge borders and chess of the market and the State, but considers them to be partners who have to collaborate. This partnership that can take several forms differs according to countries, according to their level of political and economic development.

KEY WORDS State - Market - Growth - external effects - imperfect Competition

ETAT ET MARCHÉ : ESSAI DE RÉFLEXION SUR LE RÔLE DE L’ETAT DANS LA DYNAMIQUE DE LA CROISSANCE DANS UNE ÉCONOMIE DE MARCHÉ

INTRODUCTION

En confrontant les concepts et les enseignements de la théorie économique aux stratégies de

développement, le débat sur le rôle économique de l’Etat peut prendre toute sa légitimité. Ce débat est d’autant plus légitime encore face au choc du système financier international suite à

la crise de l’immobilier, déclenchée aux Etats-Unis dans la sphère financière puis s’est

propagée pour affecter les économies du monde.

A travers l’histoire de la théorie économique, le rôle économique et social de l’Etat a fait

l’objet de controverses entre économistes.

De Adam Smith qui ne prêtait à l’Etat que des fonctions régaliennes, aux néo-classiques qui croient au seul mécanisme de marché pour l’allocation optimale des ressources avant de passer par Keynes qui prône une intervention provisoire de l’Etat pour promouvoir la demande effective et relacer la croissance par les dépenses publiques.

Toutefois, en se référant aux stratégies et aux politiques menées par les Etats, un marché auto-régulateur pur n’a jamais existé dans la réalité concrète. De même, une stratégie fondée sur l’Etat seul n’a pas réussi.

C’est dans ce contexte que ce papier consiste, à partir d’une revue de littérature, à mettre en

relief la voie qu’il faudrait emprunter pour assurer une croissance globale et équilibrée face à

la crise de l’Etat providence et aux échecs actuels du marché.

Pour ce faire, on va passer en revue, dans un premier temps, la notion du marché dans la théorie économique, pour détecter dans un second moment ses failles légitimant l’intervention de l’Etat. La crise de l’Etat providence ainsi que les inflexions historiques de son rôle économique vont être traitées en troisième lieu, pour terminer le papier par la vision qu’il faudrait emprunter face aux échecs des stratégies pures.

1. LE MARCHÉ DANS LA THÉORIE ÉCONOMIQUE La théorie libérale, fondée sur le dogme du marché autorégulateur, considère que l'Etat doit se cantonner à ses fonctions régaliennes d'administration, de justice et de défense.

Selon Adam Smith, l'Etat doit entreprendre des travaux indispensables (infrastructures, grands travaux) où les recettes seraient inférieures aux coûts de production en plus, des biens et services publics dont tout le monde doit pouvoir bénéficier (électricité, télécommunications mais qui sont contraignants pour le privé. De leur côté, les différentes écoles néo-classiques considèrent qu'il incombe à l'Etat de corriger les imperfections de la régulation par le marché. Cette vision a été depuis remise en cause, notamment au vu des événements des dernières décennies. Friedman fait une analyse monétaire de l'intervention publique. Il en ressort qu'elle est synonyme d'inflation d'une part à cause des politiques de relance inefficaces et ensuite à cause du déficit budgétaire. Les néo-libéraux pensent eux aussi que trop d'intervention étatique est nocif à l'économie. Tout d'abord, par sa fonction de redistribution, l'Etat ne favorise pas l'investissement. De plus, si les impôts sont trop élevés, d'après la courbe de Laffer, ils exercent d’effets d’éviction sur les offres privées ce qui les incite à diminuer leur production et donc à fragiliser la croissance. L’Etat comme le marché souffre de l’asymétrie d’information et génère des externalités négatives (évasion fiscale, corruption, développement de l’économie informelle, effets d’éviction…). Du point de vue de la théorie économique néo-classique du marché en concurrence parfaite, l’efficacité d’un Etat, entendu comme autorité de régulation, est d’autant plus grande que son intervention dans l’économie est discrète (Coppens, 2007). Enfin, les différentes aides sociales peuvent dissuader les individus de travailler, d'où baisse de la production. Les politiques de type keynésiennes sont inflationnistes. Les projets de développement devraient donc adopter en conséquence une stratégie d’encouragement du marché dans la plupart des domaines de l’activité économique. L’ouverture au capital productif et financier international apparaît comme une nécessité. Dès lors, le marché intérieur doit s'ouvrir et les exportations sont de plus en plus considérées comme le moteur de la croissance future (Boyer, 1998). Selon les adeptes du marché, l’intervention de l’Etat conduit nécessairement à une mauvaise allocation des ressources et les imperfections du marché ne légitime pas l’intervention de l’Etat. C’est dans cette logique que l’idéologie du Fonds Monétaire International voulait imposer le fanatisme du marché (Stiglitz, 2002) aux gouvernements des pays en transition ou en développement. Le Fonds recommande, en fait, à l’Etat d’accélérer le processus de la privatisation, de cesser de réglementer les prix des biens échangés, des biens domestiques ou

)

des biens des marchés spécialisés tels que les marchés financiers et de cesser de subventionner les produits de base (Tanzi, 1999). Interviennent de nombreuses privatisations et se multiplient les incitations favorables à

l’entreprise, tant nationales qu’étrangères. Le mécanisme des prix tend à remplacer les interventions publiques, de sorte que les relations de l’État et de l’économie enregistrent une transformation considérable. Non seulement les efforts, convergent pour réduire la taille des prélèvements publics, mais encore l’État se fait le promoteur du marché et de l’esprit d’entreprise (Boyer, 1998). Cette logique de promotion par le marché va être renforcée au milieu des années quatre-vingt-

dix par le succès des nouveaux pays industrialisés ayant été attribué à leur adhésion au marché

et à leur insertion réussie dans la division internationale du travail.

Par

ailleurs, et contrairement aux tenants de l’orthodoxie libérale et au discours véhiculé par

les

pays développés que l’économie des Etats-Unis est un modèle de libre concurrence, le

gouvernement des Etats-Unis est depuis l’origine profondément impliqué dans le fonctionnement de l’économie. Il façonne le fonctionnement des marchés par la réglementation, le soutien des entreprises à travers l’achat des produits ou le financement de la recherche et le développement de certains procédés et marchandises et enfin par le financement de la recherche universitaire et l’encouragement de la mise sur le marché de produits jugés socialement utiles (Fligstein, 2001). En Europe, l’Union soutient des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la pêche, l’aéronautique, la biotechnologie etc. Elle accorde également des aides aux PME destinées à

la création d’entreprises, à l’investissement et à la constitution des fonds propres

(Savajol, 1995).

Peu de gens aujourd’hui défendent cette grande hypocrisie (Stiglitz, 2002). On prétend aider

les pays en développement alors qu’on les force à ouvrir leurs marchés aux produits des pays

industriels avancés, qui eux-mêmes continuent à protéger leurs propres marchés. Ces politiques sont de nature à rendre les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres et plus furieux. 2. DES FAILLES DU MARCHÉ À LA LÉGITIMITÉ DE L’INTERVENTION DE L’ETAT Les mécanismes d'autorégulation des marchés ont montré leurs limites 1 . Les marchés se trouvent souvent défaillants. Ces défaillances sont liées donc soit aux caractéristiques des

1 Entretien accordé par Michel Aglietta au journal le monde, édition du 22 août 2008

biens échangés (effets externes et biens collectifs) soit aux modalités de fonctionnement du marché (concurrence imparfaite). Selon Musgrave [1959], l’Etat devrait intervenir pour assurer trois principales fonctions :

garantir l’efficacité du marché, il s’agit d’une logique allocative ;

veiller à l’équité entre les personnes, c’est une logique redistributive ;

assurer la stabilité des marchés.

2.1. FONCTION ALLOCATIVE

Dans la théorie économique, la réalisation d’un équilibre optimal au sens de Pareto suppose que les avantages et les coûts issus d’une action individuelle ne concernent que l’agent qui l’effectue. Il faut ensuite que les agents soient « preneur de prix ». Dans la réalité, ces conditions ne sont pas toujours réunies. Pour la première, les agents peuvent être interdépendants sans que cette interdépendance soit reconnue par un système de prix, il s’agit d’une situation où se manifeste une situation des effets externes. Il en va ainsi quand les droits de propriété sont mal définis ce qui est le cas des biens collectifs. Pour la seconde, il suffit d’évoquer les situations de monopole ou de concurrence imparfaite pour comprendre que l’optimum privé peut s’écarter de l’optimum social.

2.1.1. Effets externes Les effets externes se manifestent lorsqu’un agent (consommateur ou producteur) a des conséquences sur le bien-être d’au moins un autre agent sans que cette interaction transite par un mécanisme de prix Si les externalités positives permettent l’amélioration du bien-être des autres agents, tel le cas

notamment de la recherche développement, la santé, l’éducation, les assurances sociales

externalités négatives comme la pollution conduisent à la diminution du bien-être des autres. En présence donc des effets externes, ce fut naître un écart entre le rendement social et le rendement privé de l’activité. Ainsi, l’accès à l’éducation favorise l’innovation, améliore le recours au système de santé ; ce dernier contribue à relever l’offre de travail donc de la production tout en améliorant l’état de santé de la population ; la lutte contre le chômage peut éviter la formation de trappes à pauvreté, limiter l’impact négatif des externalités de demande, sans oublier les effets potentiels à long terme du chômage de masse sur les inégalités et l’insécurité (Boyer, 2007). Lorsqu’une activité s’accompagne d’une externalité positive et comme le producteur n’est pas incité à produire plus puisqu’elle n’est pas prise en compte par le marché, cette activité qui améliore le bien-être collectif devrait être encouragée.

les

Symétriquement, toute activité s’accompagnant d’une externalité négative devrait être découragée puisque le bien-être collectif est réduit par cette activité. La non prise en compte de ces externalités par le marché justifie l’action de l’État pour orienter les décisions économiques en internalisant certains effets externes par la réglementation, l’indemnisation ou la taxation. Il s’agît d’accroître le coût privé de la production ou de la consommation des biens générant des externalités négatives et réduire celui des biens à effets externes positifs.

2.1.2. Biens collectifs

Généralement, les produits destinés à être vendus ont deux propriétés fondamentales :

la rivalité, leur consommation par un individu rend impossible la consommation par un autre individu ;

la possibilité d’exclusion par le marché, pour disposer du bien il faut accepter de payer

son prix. Certains biens et services n’ont qu’un ou aucun de ces deux caractères. Lorsqu’ils sont caractérisés à la fois par la non rivalité et l’impossibilité d’exclusion par le marché, ce sont des « biens collectifs ». Les relations marchandes ne peuvent pas s’appliquer à toutes les relations économiques : dans le cas des biens collectifs purs ou pour les biens et services collectifs mixtes caractérisés par la rivalité et l’impossibilité d’exclusion (parce qu’ils sont indivisibles), il n’y a pas de marché possible. Cependant, l’intérêt général nécessite l’existence de ces biens collectifs que le marché ne peut pas prendre en charge. L’analyse théorique confirme l’existence de nombreux facteurs qui empêchent de recourir exclusivement à une logique de marché pour organiser la couverture sociale (Boyer, 2007). D’abord, certaines approches de philosophie morale et politique suggèrent que la dignité, la capacité de réalisation des potentialités de chacun, la sécurité sont des biens essentiels auxquels tout individu devrait avoir droit. Dès lors ils ne sont pas commensurables avec les biens typiques que sont les marchandises dont traitent les théories économiques (Sen, 2000).

2.1.3. L’imperfection de la concurrence

On considère qu’il y a une défaillance du marché chaque fois que son fonctionnement spontané engendre une situation qui n’est pas optimale au sens de Pareto. Les causes de défaillance liées aux modalités de fonctionnement du marché peuvent ne pas correspondre aux conditions de la concurrence pure et parfaite indispensables pour que l’équilibre du marché soit un optimum de Pareto.

C’est le cas lorsque l’information imparfaite entraîne des défauts d’ajustement pouvant créer un écart à l’optimum ou lorsque certains agents disposent d’un pouvoir de marché leur permettant de fixer les prix au dessus du coût marginal ou encore lorsque les coûts de transactions importants gênent le fonctionnement du marché. On peut s’attarder sur le cas des situations dites de « monopole naturel » parce qu’elles ont conduit généralement les pouvoirs publics à assurer la production du bien ou du service directement ou en confiant cette production à une entreprise sous contrôle public. L’entreprise en monopole naturel va tirer profit de cette position. La solution consiste à soumettre ce dernier à une réglementation visant à l’empêcher d’exploiter son pouvoir de marché ou à confier cette activité à l’État. Lorsqu’une industrie est caractérisée par des biens collectifs, des externalités ou des économies d’échelle importantes (monopole naturel), il est plus efficace d’en laisser la gestion aux pouvoirs publics. En appliquant une tarification qui prend en compte les externalités, en pratiquant une tarification au coût marginal, le monopole public offre des quantités plus importantes, à moindre prix et à moindre coût, qu’un équilibre de marché (Angelier, 2007).

2.2. FONCTION REDISTRIBUTIVE

En présence de l’asymétrie d'information et de l’inégalité des poids économiques des agents et face à la parité des revenus, l’Etat devrait assurer sa fonction de redistributeur par la répartition des surplus. Outre le social, l’Etat doit assurer également une équité territoriale à travers l’allégement des disparités en matière des revenus et potentialités entre les régions d’un même territoire. Dans le régime post-fordiste, le rôle redistributif de l'État a moins tendance à tenir dans sa qualité de distributeur de revenu et de richesses physiques, que dans sa qualité stratégique de distributeur principal de capacités immatérielles, de connaissances, de valorisation de l'individu à l'intérieur du marché global (Marazzi et al, 2001).

2.3. STABILISATION DES MARCHÉS

Cette fonction consiste d’abord au niveau micro-économique à contrôler la fluctuation des prix: risques, incertitudes, anticipations non rationnelles et garantir la stabilité du cadre macro-économique et contrôler la croissance et ajustements aux grandes variables macro- économiques (emploi, inflation, déficits…). Les économistes libéraux n’étaient pas tous catégoriques avec le fanatisme du marché. Paul Samuelson [1986] ne pense pas que toute interférence avec le marché soit, tout bien considérée, nocive. Selon l’auteur, les économistes néo-classiques de bonne volonté prônaient des impôts de redistribution et des transferts sociaux pour réduire les inégalités les plus

criantes. Dans l’économie mixte, l’Etat oriente une fraction du revenu national de plein emploi vers la formation du capital et organise une certaine planification pour régler les problèmes d’externalités et de prévision de futur. Pour montrer les limites du marché, les théoriciens Barbara Spencer et James Brander de l’Université de British Columbia ont repris la nécessité d’intervention étatique même au niveau international pour justifier le principe de la politique commerciale stratégique (Brander et al, 1985). Dans certaines industries, les auteurs soulignent qu’il y a seulement quelques entreprises qui se font effectivement de la concurrence. Ils constatent que face même à ce nombre limité d’entreprises, les hypothèses de la concurrence parfaite ne s’appliquent pas. Les firmes feront typiquement des sur-profits. Brander et Spencer préconisent, dans ce cas, l’intervention de l’Etat pour altérer les règles du jeu de manière à faire gagner ces sur- profits par des entreprises nationales (Krugman et al, 2004). Cependant, l’impératif du retour de l’Etat à la scène économique constitue un véritable défi à relever. Il s’agit de fixer exactement les frontières de l’action publique ainsi que ses objectifs. Comme l’intervention de l’Etat d’un côté, est permise du fait de l’échec relatif de l’allocation marchande, elle est contrainte de l’autre côté, par le fait que l’Etat doit désormais réaliser l’optimum (Greffe, 1997). Un Etat efficace ne doit pas gaspiller inutilement ses ressources et qu’il faut autant que faire se peut, que les moyens mobilisés soient proportionnés à la fin visée (Coppens, 2007). Cette conviction corrobore les développements récents de la banque mondiale en la matière. Le développement par l'Etat a échoué, mais un développement sans l’Etat échouera aussi (Banque mondiale, 1997). En effet, selon l’organisme international sus-indiqué, un Etat efficace est indispensable au développement. Son efficacité doit commencer par fixer les domaines d’intervention et les moyens correspondants et finir par l’assainissement de l’administration et l’augmentation de son efficience. De ce fait, l’action de l’Etat doit désormais partir d’une approche favorisant plus la nature et la qualité d’intervention qu’à l’ampleur et le volume de celle-ci. Les thèses développées par les experts de la Banque mondiale en matière du nouveau rôle de l’Etat et de l’intérêt de la politique économique ne viennent que corroborer les travaux menés par les auteurs de la croissance endogène (Romer, [1986] et Lucas [1988]). L’adjonction des dépenses publiques avec des rendements d’échelle croissants constituant la principale recommandation des modèles de ces auteurs. Certains travaux récents (Aschauer, 1989) sont parvenus également à confirmer l’existence d’une corrélation positive entre dépenses publiques et croissance. L’interprétation proposée par cet auteur consiste à confirmer

l’existence d’une externalité des dépenses publiques induisant des rendements d’échelle croissants dans la fonction de production des agents privés. La crise des subprimes déclenchée en 2008 aux Etats-Unis et les modes de réaction des Etats dans un souci d’amortir ses effets ne vient que corroborer les tenants d’une intervention raisonnée et indispensable de l’Etat. Depuis le début de la crise, la Banque d’Angleterre a été contrainte, en février 2008, de nationaliser la société de crédit immobilier Northern Rock, tandis qu’en mars 2008, la Fed a dû secourir la cinquième banque d’affaires américaine Bear Stearns. On peut également ajouter à cette liste le plan du Trésor américain pour protéger Freddie Mac et Fannie Mae, les deux principales agences de refinancement de l’immobilier américain (Artus et al, 2008). Le gouvernement des Etats-Unis a déversé des centaines de milles de millions de dollars avec très peu de résultats. Les citoyens nord-américains se sont convertis en propriétaires majoritaires d’un grand nombre de banques importantes. Mais ils n’ont pas le contrôle. Un système qui dissocie la propriété du contrôle c’est la recette du désastre. L’unique réponse est la nationalisation. Ces banques, certainement, sont en faillite 2 . Le marché financier ne considère que le court terme. Il ne s’inquiète pas de la croissance qui s’inscrit dans le long terme. C’est en fait une critique de la libéralisation des marchés financiers. Le libre marché ne fonctionne pas mais on peut utiliser sa force en le modelant 3 En conclusion, on peut croire avec Joseph Stiglitz [2002] que dans la théorie économique, le principe est clair. Chaque fois qu’il y a information imparfaite, l’Etat doit intervenir pour renforcer l’efficacité du marché, même si l’Etat souffre des mêmes imperfections de l’information. L’Etat peut jouer un rôle essentiel non seulement pour tempérer les échecs du marché (chômage, capital sous-utilisé …) mais pour assurer la justice sociale. Dans les pays où les modèles de l’économie de marché ont réussi (Etats-Unis et Asie Orientale), l’Etat a pris en charge des tâches que l’on croyait longtemps incombant au marché. Il a assuré, pour tous, une éducation de qualité et a mis en place les infrastructures notamment institutionnelles comme le système judiciaire nécessaire au fonctionnement efficace des

2 Entretien de Joseph Stiglitz accordé à « Deutsche Welle World » le 12 février 2009. En ligne sur http://socio13.wordpress.com/2009/02/20/entretien-avec-leconomiste-joseph-stiglitz/, consulté le 07 avril 2009. 3 Entretien de Joseph Stiglitz accordé à « L’humanité », paru au n° du 22 septembre 2009. En ligne sur http://www.humanite.fr/2006-09-22_International_-Le-libre-marche-ne-fonctionne-pas, consulté le 07 avril 2009.

marchés. Il a réglementé le secteur financier, crée des filets de sécurité pour les pauvres et développé la technologie des télécommunications (Stiglitz, 2002). 3. CRISE DE L’ETAT PROVIDENCE ET INFLEXIONS DU RÔLE ÉCONOMIQUE Après le premier choc pétrolier, le rôle économique de l’Etat providence a connu une triple inflexion :

3.1. CRISE DE LÉGITIMITÉ

Paradoxalement, c’est le succès de l’État développementiste qui conduit à sa remise en cause à partir des années quatre-vingt. La légitimité de l’action de l’Etat contestée notamment par les travaux des économistes de l’école des choix publics (public choice) qui ont montré que cette action répondait parfois davantage aux intérêts électoraux ou personnels des décideurs publics qu’à l’intérêt général. La multiplicité des interventions de l’État suscite donc la corruption de l’appareil de l’Etat et provoque des problèmes de gouvernance au niveau des établissements publics. Ces dysfonctionnements sont souvent retenus par l’idéologie du FMI pour imposer le fanatisme du marché surtout aux pays en développement marquant des niveaux de croissance faibles.

3.2. CRISE D’EFFICACITÉ

Le ralentissement de la croissance et l’instabilité économique qui en résulte suscitent d’importants déséquilibres dans les budgets publics, et souvent aussi dans les comptes extérieurs. La crise d’efficacité de l’Etat s’est traduite également par une croissance exponentielle de la dette publique avec laquelle, se trouvait incapable de résorber le chômage et l’inflation et assurer une sécurité sociale efficace pour la population.

3.3. DÉFIS DE LA MONDIALISATION

Compte tenu des incertitudes croissantes que véhicule le système international en termes de prix des matières premières, taux d’intérêt, croissance des marchés, les gouvernements commettent des erreurs stratégiques et les planificateurs accumulent les écarts entre prévisions et réalisations. Le secteur public apparaît comme de plus en plus inefficace, souvent sous l’effet de l’arrivée aux limites des stratégies de substitution d’importations. L'ouverture économique passe par une perte d'autonomie des politiques économiques et financières et leur harmonisation, sans quoi elles sont vouées à l'échec. De plus avec la globalisation financière, les flux des capitaux ne sont plus contrôlés. Après une période d’hésitation des gouvernements en matière de politique économique, traduisant la relative confiance qu’ils avaient envers les principes Keynésiens (Pouch, 1989), l’orientation générale s’est tournée au début des années 80, vers une politique dite de rigueur

basée sur la réduction de la fiscalité et de la dépense publique et sur la déréglementation en embrassant les thèses des économistes de l’offre dénonçant l’excès de l’intervention de l’Etat comme facteur de blocage de la croissance. Compte tenu du niveau élevé des prélèvements obligatoires, l’Etat altère la détermination des prix relatifs, ce qui est supposé dégrader les comportements relatifs au travail, à l’épargne et à l’investissement (Mistral, 1986). Après donc la crise de l’Etat providence soldée par des phénomènes de stagflation, de déficits budgétaires et extérieurs des économies dominantes de l’après guerre, les auteurs de l’économie de l’offre affirment que seul le retour aux forces du marché rétablirait le processus de croissance stable et durable (Pouch, 1989). Ces thèses ont été traduites, au début des années 80, dans les économies dominantes et en particulier celle du Royaume Uni et les Etats-Unis par une vague excessive de privatisation des entreprises publiques. Ce dernier est un processus qui n’a cessé de se développer depuis plus de deux décennies pour plusieurs raisons. Deux facteurs principaux ont justifié ces opérations de transfert : d’une part, le poids des contraintes budgétaires qui pousse au désengagement de l’Etat de la sphère productive afin de réduire les dépenses et endettement publics, d’autre part l’inefficience relative des entreprises publiques, en terme de rentabilité, de compétitivité, de gestion de risques et de flexibilité de structures (Voisin, 1991). Par ailleurs, ce processus de privatisation a bénéficié d’un cadre macro-économique favorable. Avec la mondialisation, la taille critique impose la croissance externe et pousse à l’ouverture du capital des entreprises publiques (Voisin, 1991). Toutefois, lorsque les opérations de privatisation sont associées à la réglementation, à la restructuration des firmes et à une gouvernance d’entreprise forte, cela stimule la croissance. L’inverse est certainement vrai. Dans certains pays dont ceux en transition, la privatisation réalisée sans l’infrastructure institutionnelle nécessaire et en l’absence de toute réglementation, a conduit au pillage des actifs et non à la création des richesses et les monopoles privatisés se sont montrés plus aptes à exploiter les consommateurs que les monopoles d’Etat (Stiglitz, 2002). 4. VERS UN ÉQUILIBRE ETAT MARCHÉ INDISPENSABLE AU DÉVELOPPEMENT L’inefficacité des entreprises publiques est un argument souvent mis en avant par les gouvernements qui privatisent. En effet, de nombreuses études sectorielles concluent à l’efficacité plus grande des entreprises privées dans la fourniture de certains services :

logement (Muth, 1973), collecte des ordures ménagères (Savas, 1977), transports scolaires

(Mc Quire et al, 1984). Toutefois, dans d’autres secteurs, on peut avoir des résultats inverses :

éducation (Prinsky, 1978) et santé (Hrebimia et Alotto, 1973). Comparons le coût du financement privé et public quand le contrôle des projets à réaliser doit être délégué à un intermédiaire (banque ou homme politique) (Grimaud et al, 1997). Le coût du financement privé provient de la différence entre la valeur sociale et la valeur privée du projet d’une part et de la nécessité d’accorder une rente à l’intermédiaire privé d’autre part (Arrow et al, 1970). Cette rente s’interprète comme une prime de risque, d’autant plus élevée que les marchés financiers sont imparfaits et donc que la banque est imparfaitement diversifiée. Symétriquement, le coût du financement public provient de la possibilité pour l’entreprise qui réalise le projet de corrompre l’homme politique chargé de la superviser et du contrôle imparfait qu’exerce le système politique sur la qualité de la gestion publique. Le coût du financement public sera d’autant plus élevé que le système politique est polarisé et que la corruption est imparfaitement combattue par le système judiciaire (Rochet et al, 1999). Les problèmes rencontrés aujourd’hui par l’Etat viennent moins de débats théoriques sur l’intérêt de son intervention que de ses difficultés à atteindre de manière satisfaisante les objectifs qui lui sont fixés. La déception a souvent été grande face à son incapacité à atteindre de manière correcte des résultats a priori réalistes, ou face à des dépenses de plus en plus élevées sans amélioration correspondante des quantités et qualités de services rendus (Greffe, 1997).

Si dans les années quatre-vingt, on pouvait attribuer certains cas de sous-développement à un

excès de dirigisme, la crise financière des années 1997-1998 a montré que l’extension du

marché à la finance et aux produits financiers dérivés pouvait aussi conduire à une déstabilisation des modes de développement les plus dynamiques, comme l’étaient ceux des pays du Sud-Est asiatique. Le Mexique en 1994 est sévèrement touché par le divorce entre la lente transformation de son appareil industriel et la rapidité du reflux des capitaux étrangers.

A nouveau, sont discutées les limites d’une stratégie entièrement gouvernée par la logique du

marché (Boyer, 1998).

Il existe, aujourd’hui, une certaine conscience des limites des marchés. Les consommateurs

sous-satisfaits de l’offre publique ont la possibilité de créer des organisations non lucratives afin d’accroître l’offre des biens collectifs, non assurés par le marché, jusqu’à ce que leur

demande soit satisfaite. En ce sens, le secteur non lucratif se situant à l’intersection de l’échec de marché en raison de l’asymétrie informationnelle et de l’échec de l’offre publique (Enjolras, 1995).

Plus globalement, on a compris que la perspective des marchés financiers, souvent à courte vue, était diamétralement opposée au développement, qui exige une réflexion et une planification à long terme. La solution est dès lors de compenser les failles du marché par des interventions publiques adéquates et vice versa dépasser les limites de l’État grâce à des processus favorisant la concurrence du marché. Il ressort des analyses comparatives des stratégies de développement et de la théorie économique moderne qu’aucune stratégie pure, c’est-à-dire fondée, soit sur le « tout Etat », soit sur le « tout marché» n’a réussi (Boyer, 1998). Si la question du pourquoi de l’intervention publique étant alors réglée, s’ouvre celle, épineuse, du comment (Croissant et al, 2003). Stiglitz [2002, 2006] préconise une vision équilibrée du rôle de l’Etat qui reconnaît les limites et les échecs du marché et de l’Etat, mais les considère comme des partenaires qui doivent coopérer. Ce partenariat diffère selon les pays, en fonction de leur niveau de développement politique et économique. Il n’y a pas un seul modèle d’économie de marché. Si le marché est au centre des versions suédoise et américaine du capitalisme, l’Etat y joue des rôles entièrement différents. En Suède, il assume une responsabilité bien supérieure dans la promotion du bien-être social (meilleurs systèmes de santé publique et d’indemnisation de chômage). En Asie, divers modèles ont réussi (Malaisie, Corée du Sud, Chine, Taiwan). Dès lors, il est permis de dépasser le dilemme État/marché. Aujourd’hui, le succès du développement tient à la complémentarité de ces deux logiques et non pas à l’affirmation de l’une d’entre elles. Le dynamisme de l’économie chinoise montre toute l’importance de l’État dans l’émergence d’une économie de marché. Loin d’en être l’ennemi, l’État peut être l’instituteur du marché, au double sens de ce terme. Le rôle de l’État devrait être re-légitimé de nouveau pour promouvoir la croissance et la justice sociale. Au marché la coordination des décisions au jour le jour qui n’engagent aucun choix social, à l’État les décisions stratégiques (Etat stratège). Le secteur public assure donc la cohésion sociale et les infrastructures collectives et veille au maintien d’un équilibre entre les besoins domestiques et la compétitivité extérieure. Dans certains pays de l’OCDE, ce partenariat public/privé est renforcé dans les secteurs de la recherche et développement, de la promotion de l’innovation et dans les secteurs qui nécessitent des investissements à grande échelle tels les infrastructures publiques (OCDE, 2002).

CONCLUSION En confrontant les concepts et les enseignements de la théorie économique aux stratégies et politiques menées par les Etats partout dans le monde, on se rend compte qu’un marché auto-régulateur pur n’a jamais existé dans la réalité concrète. De même, une stratégie fondée sur l’Etat seul n’a pas réussi.

Après l’examen donc, d’un certain nombre d’études théoriques et l’évaluation de certaines stratégies des pays optées soit pour l’Etat, soit pour le marché, on peut déduire que seule une vision équilibrée du rôle de l’Etat qui peut dépasser ce vieux débat Etat ou marché.

Cette vision devrait reconnaître les limites et les échecs à la fois du marché et de l’Etat, mais les considère comme des partenaires qui doivent coopérer. Ce partenariat pouvant revêtir plusieurs formes, diffère selon les pays, en fonction de leur niveau de développement politique et économique.

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