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Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282

Mémoire original

Conséquences psychopathologiques de l’épilepsie.
À partir de l’analyse de 10 observations
Psychopathological complications in epilepsy,
from the analysis of 10 clinical cases
P. Nubukpo a,*, J.-P. Clément b, P.M. Preux c
a
Assistant spécialiste associé de psychiatrie, centre hospitalier La Valette, 23320 Saint-Vaury, France
b
PU-PH, chef du service hospitalo-universitaire de psychiatrie, CH Esquirol, 87025 Limoges, France
c
PU-PH, institut d’épidémiologie neurologique et de neurologie tropicale, équipe EA 3174, faculté de médecine, 87025 Limoges, France

Reçu le 9 mai 2002 ; accepté le 20 juin 2002

Résumé

À partir de l’analyse, au regard des données de la littérature, d’une dizaine d’observations cliniques mettant en relief la comorbidité
épilepsie/santé mentale, ont pu être constatées la fréquence des troubles de la personnalité au cours des épilepsies et la quasi-constance des
troubles du comportement. Cependant, les résultats des travaux concernant ces troubles de la personnalité sont souvent contradictoires.
L’association au retard mental pose un problème d’imputabilité. Les troubles dépressifs, souvent concomitants des troubles anxieux,
représentent la comorbidité psychiatrique la plus fréquemment associée à l’épilepsie ; des travaux actuels évaluent les facteurs de gravité de
cette dépression. À propos des liens entre la psychose et l’épilepsie, le terme de « psychose épileptique » désigne aujourd’hui une entité
spécifique, les patients psychotiques qui font des crises d’épilepsie sortant du cadre de ce concept. Pour ce qui est de l’alcoolisme, il ne semble
pas plus fréquent chez les épileptiques que dans la population générale. La disqualification sociale, évaluée par les échelles de « qualité de vie »
est en revanche fréquente chez les épileptiques.
© 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Abstract

From the analysis of clinical data and the viewpoint of the bibliographic data, bringing out the comorbidity epilepsy/mental health,
frequency of personality disorders during epilepsy and constancy of behavioural troubles are outlined. However, results of works, dealing with
behavioural disorders, are often contradictory. Association with mental retardation shows a problem of imputability. Depressive mood, often
concomitant with anxiety disorders, represent the psychiatric comorbidity frequently associated with epilepsy; recent works assess the factors
of seriousness of depression. As for the relationship between psychosis and epilepsy, the term “epileptic psychosis” indicates today specific
entity. Psychotic patients who suffer from epilepsy are not in that concept frame. Alcoholism does not seem more frequent in people suffering
from epilepsy than in general population. The social disqualification assessed by the scales of quality of life is frequent with people suffering
from epilepsy.
© 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : Épilepsie ; Comorbidité ; Psychopathologie ; Qualité de vie ; Santé mentale

Keywords: Comorbidity; Epilepsy; Mental health; Psychopathology; Quality of life

* Auteur correspondant.

© 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.
DOI: 10.1016/S0003-4487(03)00012-X

Le patient est célibataire sans enfant. P. lité. personnalité est marquée habituellement par une lenteur de rent contradictoires. une impulsivité. au XIXe siècle et pendant une bonne partie du XXe d’une tutelle aux biens et de l’allocation aux adultes handi- siècle.. L’imagerie cérébrale (TDM et 1. 60 % en ce qui concerne les troubles anxieux et 20 % pour les L’EEG montre un « tracé intercritique très actif avec des troubles dépressifs.1. on retient une fracture du nez l’épilepsie du champ des maladies mentales. son évolution est émaillée de nombreuses crises plus ou moins compli. véritable problème en santé mentale. daire à une nouvelle crise d’épilepsie grave. Syndrome dépressif avec risque d’évolution IRMN) était normale. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 273 1. Il bénéficie effet. une revue bibliographique a été réalisée concernant les rap.2. Fab. est un homme de 34 ans qui 1. [34].1. deux mois plus tard il est de nouveau ports d’une part entre l’épilepsie et les troubles de la person.2. des sensations de déro- 12 à 16 ans. que la nuit. l’épilepsie était prise en charge en France par les capés (AAH). réduite en 1994 et une fracture du rocher droit en septembre selle. Au plan chirurgical. car si la plupart des épilepsies sont curables. bronchiques répétées. par un trouble dépressif de l’humeur avec tristesse. refus de s’alimenter et de prendre son Les études contemporaines sur les conséquences mentales traitement. hospitalisé en milieu spécialisé pour un coma sévère secon- nalité et. Ces . les psychoses. Maladie univer. Résumé : Monsieur D. constantes ». est hospitalisé particulière à la naissance. vers une névrose post-traumatique secondaire L’interrogatoire révèle que cette épilepsie a eu de graves à une épilepsie partielle complexe cryptogénique conséquences dans la biographie du patient. d’expression bilatérale à maximum bi-frontal rence significative entre les épileptiques et les autres patients apparaissant en bouffées de séquence longue plus ou moins en ce qui concerne la morbidité psychiatrique et que. Nubukpo et al. une scola. dans pointes répétitives quasiment permanentes aussi bien le jour une étude cas-témoin.1. Dans son récent rapport. hélas. domicile avec un traitement qui associait quotidiennement ques mettant en relief la comorbidité épilepsie/santé mentale. En effet. rité normale jusqu’en CM2 . 1. idées noires. Cette observation illustre l’impor- qui s’est compliqué d’un syndrome d’inhalation bronchique. les troubles de l’apprentissage Depuis quelques mois. Histoire de la maladie. séquelle d’une encéphalopathie anoxique par noyade survenue à l’âge de 5 ans. une susceptibilité et une tendance situe la comorbidité épilepsie/maladie mentale à environ à la solitude observable sur plusieurs années de suivi.1. Plusieurs tentatives d’insertion Les liens entre épilepsie et santé mentale sont anciens. anxieuse importante avec survenue de malaises mal étiquetés sent une éducation spécialisée (institut médico-éducatif) de se manifestant par des flous visuels. Dépression et trouble de la personnalité secondaires sie généralisée type grand mal tonico-clonique pharmacoré- à une épilepsie de type grand mal sistante. les conséquences psychopathologi. Cependant. 1. d’autre part. La des épilepsies sont nombreuses.1. une amélioration du tableau clinique. caracté. irritabi- portantes. Malheureusement. « La personnalité épileptique ». les efforts de classifi. Histoire de la maladie. En en milieu professionnel protégé ont échoué. sentiments de découragement. l’épilepsie se pose encore de nos jours comme un 1999. montrent qu’il n’existe pas de diffé. Sémiologie. Parmi ses antécédents il faut signaler. sans anomalie 1. 1 g de valproate de sodium et 300 mg de lamotrigine. il est placé en foyer occupationnel de bement des membres et une suspension de la conscience. toujours consé- cation des aliénistes et l’essor de la neurologie feront sortir quences de son épilepsie.1. 26 ans quées dont des états de mal nécessitant une prise en charge en service de réanimation. le patient a une recrudescence apparaissent avec les premières crises d’épilepsie et impo. Observation clinique no 2 : Monsieur F. médecins aliénistes.1. encore assez souvent im.1. Il vit actuellement chez ses parents et est suivi par le secteur psychiatrique. vit avec ses épileptique qui a nécessité une intubation et une ventilation et parents et ne travaille pas. l’alcoolisme et enfin la qualité de vie. Monsieur D.2. né d’une grossesse menée jusqu’à son terme. Le tableau clinique actuel est marqué ques et sociales demeurent.1. opposition active.1.1. L’épisode dépressif actuel 1. tance des conséquences psychopathologiques et sociales des L’épilepsie a débuté dans les suites d’une noyade acciden. De Toffol [35] l’idéation. Introduction 16 à 20 ans. Bru. Par la suite. 34 ans présente des traits de personnalité émotionnellement labile et un syndrome dépressif récurrent dans les suites d’une épilep- 1. était en continuité avec dystrophie bronchique se traduisant par des surinfections la « démence épileptique ». telle avec coma postanoxique à l’âge de 5 ans . Observation clinique no 1 : Monsieur D. avec la dépression.2. mais leurs résultats demeu. c’est le plus L’évolution traitée est marquée après plusieurs mois par souvent une psychose. Monsieur F. Plus tard. épilepsies graves. permettant le retour au À partir de l’analyse d’une dizaine d’observations clini. une risée par la violence et la criminalité. Stefansson et al. lorsqu’il existe un trouble psychopathologique. sif secondaire aux conséquences sociales d’une épilepsie. au plan médical. est hospitalisé est sévère et réactionnel à la recrudescence des crises épilep- en psychiatrie pour soins de suites après un état de mal tiques. le patient a eu un développement en psychiatrie pour la prise en charge d’un syndrome dépres- psycho-intellectuel normal jusqu’à l’âge de 5 ans.

Nubukpo et al. 150 mg de lamotrigine. 1. dépressif sévère avec somatisations. temps en temps. est le En effet. suggestibilité. précis des événements. sous trai. recherche inconsciente de bénéfi- clotiazépam et 10 mg de zolpidem au coucher. actuellement. rents. si ce n’est qu’elle a été réveillée au cation d’un statut d’adulte handicapé avec attribution d’une petit matin par les pompiers. alors même que les examens spécialisés cliniques et l’estomac et. frontales et traitée à l’époque par carbamazépine. 26 ans. actuelle. 55 ans contexte de revendication du statut d’adulte handicapé par rapport à une maladie épileptique diagnostiquée une quin. Son histoire illustre d’activation. plaintes somatiques et le déni d’une évolution plutôt favora- ble. Il existe des contrariétés conjugales. L’évolution clinique. Il existe des éléments caractériels qui se Résumé : Monsieur F. il faut une anorexie.3. une tristesse de l’humeur.2. signaler plusieurs récurrences dépressives avec des tentatives des céphalées rebelles. sence d’un corps étranger iatrogène (il s’agit d’un morceau Pour ce qui est de sa biographie. la suggestibilité. faisant évoquer un état confusionnel lamotrigine. car cons. Le dernier EEG effectué un mois avant l’hospitalisa. 10 mg de quête affective incessante. Sa scolarité s’est arrêtée à l’école primaire et elle n’a jamais exercé d’activité 1. Ici. Madame D. apparemment injustifiées.1. est hospitalisée dium.1. plus que l’épilepsie elle-même. le théâtralisme. toutefois. est marquée par la persistance des un frère et un oncle.3. il a été impossible de faire la part entre disqualification professionnelle qui entraîne le trouble psy. la patiente est soignée depuis une vingtaine deuxième d’une fratrie de deux enfants. à la pré.2. des plaintes somatiques centrées sur le genou. post-critique. Célibataire sans enfant. c’est la velle fugue . est suivie par le secteur de psychiatrie emploi bien que reconnu adulte handicapé à 30 %. gnale avoir été dans l’enfance victime de sévices sexuels par tement dans le service. la troubles du comportement est en partie en lien avec des recherche inconsciente de bénéfices secondaires. Le tableau clinique est celui d’une dé. Monsieur F. une pyélonéphrite. elle est mariée.. Sur le plan physique. Il n’a lisée par du phénobarbital. Enfin. mais les fugues se sont produites plusieurs ment stabilisées par le traitement anti-épileptique.1. le patient est sous cile conjugal. une obésité. La personnalité est de structure névroti- l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et travaille de que avec des traits hystériques : immaturité psychoaffective. Épilepsie partielle complexe cryptogénique. 1. inconsciente. du domi- tion est normal. En ce qui concerne sa biographie. le patient va bien.1.3. Il existe habituel- Dans ses antécédents. marquée par l’immaturité. À l’admission. les difficultés d’insertion de l’épileptique dans le monde du L’évolution traitée permet le retour au domicile sans nou- travail ordinaire. un ulcère de malade. pas d’enfant. à part l’épilepsie. il recherchait vainement un travail et n’avait pas de L’EEG évoque des absences survenant lors des épreuves revenu au moment de l’hospitalisation. il est sans De plus. M. traitement déficience intellectuelle légère et dépressions récurrentes qui a été arrêté à cause de la survenue d’effets secondaires (diplopie et céphalées) et remplacé par du valproate de so. elle bénéficie d’une allocation aux adultes pression modérée survenant sur une personnalité hystérique handicapés (AAH). milieu familial d’origine est défavorisé. douloureuse aux dires du validante à physiopathologie mixte. au plan chirurgical. du fait de la revendi. adulte depuis plusieurs années pour des récurrences dépres- tamment réformé par les médecins du travail. Observation clinique no 3 : Madame D. lement des difficultés conjugales mais compensées grâce à fectieuse gauche secondaire. Il n’a aucun sives sur un trouble de la personnalité hystérique et un fond revenu au moment de l’hospitalisation. L’EEG montre un « tracé dans gauche ainsi qu’une cholécystectomie. Son traitement associe quotidiennement : théâtralisme. Six mois après la sortie. aux dires du patient. une anxiété. on note une de suicide. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 malaises. foyer de six enfants. allocation. Sémiologie. présente un syndrome traduisent par des crises clastiques. Parmi les antécédents médicaux. Au moment de l’hospitalisation. zaine d’années plus tôt. Histoire de la maladie. 50 mg de venlafaxine. une kystectomie du sein radiologiques sont normaux.3.1.274 P. mais stabi- de CAP agricole. professionnelle . Il vit chez ses parents et a une amie. prennent place dans un 1.. mère au d’aiguille extrait du genou et que le patient montre facile. réfugiée dans une cabane. état confusionnel organique lié à une rechute épileptique. Issue d’une fratrie de 16 enfants. le ment).2. Le . domicilié chez ses pa. troubles du sommeil. L’interrogatoire policier révèle que l’épisode actuel de une grande appétence aux médicaments et. ces secondaires. un suivi psychiatrique de chacun des conjoints. tés conjugales . de type crises partielles complexes trouble de la personnalité de type hystérique. Mme D. Il a des antécédents La patiente explique ses fugues récentes par des contrarié- d’épilepsie à type de crises partielles complexes. de déficience mentale légère harmonieuse. pour des fugues répétées. une dissociation hystérique due aux tensions conjugales et un chopathologique. il faut signaler une gonarthrite in. Sémiologie. mal décrits par le patient. intolérance aux frustrations. la patiente si- les limites physiologiques ». une incontinence urinaire in- boiterie (simulée ? ou réelle ?). Il a obtenu un niveau d’années pour une épilepsie confirmée à l’EEG. bénéficie de 1. Il existe heures après les disputes et la patiente n’a aucun souvenir un risque d’évolution vers une névrose.

. et a En dehors de l’épilepsie. la patiente présente un terrain de été souvent hospitalisée en psychiatrie. Elle bénéficie d’une 1. ayant débuté à l’âge de 28 mois. craint d’avoir un début de maladie d’Alzheimer ou de Résumé : Madame D. mectomie partielle pour néoplasie mammaire gauche. dont l’époux était peu auto. la patiente est scolarisée en province où elle insuffisance coronarienne et une hystérectomie totale. centrées sur des dorsolombalgies. tions entraînent progressivement une marginalisation et une elle a été caissière à Rungis. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 275 traitement à la sortie associe quotidiennement : 20 mg de de suspensions du discours.1. La patiente.4. la patiente présente au volant de sa voiture plusieurs malaises avec éblouissements et phos- phènes. L’hospitalisation une certaine intolérance à la frustration. des sismothérapies. Divorcée à l’âge de 46 ans.1. Psychose schizophrénique et épilepsie grand mal nome du fait d’un handicap visuel important. sans enfant.4. est hospitalisée en ambulatoire. 1. Elle a une personnalité Au plan psychopathologique. L’épilepsie est stabilisée et la pa- tiente rentre au domicile avec un traitement qui associe entre autres. logie somatique et une personnalité hystérique compensée. puis en invalidité à la suite d’un détérioration.. laise la patiente se plaignait depuis plusieurs mois d’épisodes son allocation aux adultes handicapés (AAH) est remplacée . d’amnésie et de mouvements paroxétine. mère de 6 enfants. obtient le BEPC. Histoire de la maladie.1. Les rechutes successives et les nombreuses hospitalisa- ment perturbé la scolarité de la patiente. début de sa psychose. (endormissements et somnolences fréquents) auraient large. un théâtralisme. Mariée. L’interrogatoire révèle qu’avant le ma. Sémiologie. avec des antécédents d’épi- lepsie partielle complexe ancienne. l’hospitalisation. une dépres. sans et épilepsie partielle complexe symptomatique enfant. en psychiatrie pour « comitialité et repli catatonique ». L’EEG est alors en faveur de la réactivation d’une 1. est hospitalisée l’épilepsie a imposé l’interdiction de la conduite automobile. Madame C. P. tensions conjugales. un terrain de polypatho- 1. il existe un syndrome dé- hystérique. Nubukpo et al.4. Les plaintes somatiques déclarée totalement inapte au travail et perçoit une allocation sont nombreuses. doses de clomipramine. Résumé : Madame G. 64 ans épilepsie ancienne et le neurologue lui interdit la conduite d’une automobile. Il L’épilepsie secondaire de type absence est ancienne. 400 mg de carbamazépine automatiques des mains en élévation pour lesquels elle avait et 100 mg de phénobarbital caféine. Jac. une Née à Paris. une de tensions conjugales.. la réactivation de 1. polypathologie associant des tassements vertébraux lombai. Jac. partielle complexe cryptogénique. la patiente présente une bouffée déli- L’enquête biographique révèle que les crises d’épilepsie rante aiguë dont l’évolution se fera vers une schizophrénie de de même que les effets secondaires de la thérapeutique type hébéphrénique. Il s’agit cliniquement de crises tation de l’évaluation du handicap.5. y a une dizaine d’années environ et la dernière.1. successifs dont lithium. s’agissait de la 27e hospitalisation en milieu psychiatrique.1. puis un BEP de comptabilité. en psychiatrie pour un syndrome dépressif secondaire aboutissant à la perte de l’autonomie sociale et à l’isolement à des tensions conjugales et une perte progressive de la patiente ainsi qu’à une récurrence dépressive. mesure de tutelle aux biens. La patiente a bénéficié de plusieurs traitements accident de la voie publique et actuellement à la retraite. Dans son cas. Madame G. une recherche in- fait suite à des fugues d’allure dissociative dans un contexte consciente de bénéfices secondaires.5. Depuis qu’elle est à la retraite. souffre d’une épilepsie Parkinson. suite à un traumatisme Le début repérable de la maladie remonte à une quaran- crânien par chute de vélo.1. Histoire de la maladie. depuis plus de 20 ans. À l’âge adulte et pendant plusieurs taine d’années quand. Observation clinique no 4 : Mme G. Mariée. à la suite d’une fausse couche et de années.4. avant cette hospitalisation. Syndrome dépressif modéré. motif de d’autonomie. 60 ans 75 mg de clomipramine et 10 mg de lorazepam. trois mois sion secondaire à cet accident du fait d’une mauvaise accep. une mam. La première crise d’épilepsie documentée est survenue il res séquelles d’un accident de la voie publique. Cette observation pose la question du L’EEG montre un foyer temporal gauche. 10 mg de clorazépam. 1. Observation clinique no 5 : Madame C. un retard mental léger et des épisodes dépressifs pressif modéré et un trouble de la personnalité caractérisé par récurrents d’intensité moyenne à sévère. diagnostic différentiel entre crises partielles complexes avec L’évolution traitée est favorable avec l’augmentation des manifestations confusionnelles et dissociation hystérique.5. elle est irritabilité et une agressivité verbale. Peu avant l’hospitalisation.1. une phlébite des membres tonico-cloniques apparues une vingtaine d’années après le inférieurs avec embolie pulmonaire secondaire. elle n’a pas d’enfant. quotidiennement : 150 mg de valproate de sodium. cette épilepsie est négligée et non soignée. se retrouve tonico-clonique idiopathique alors confinée au domicile et fait une rechute d’un syndrome dépressif pour lequel elle était suivie depuis quelques années 1. Mariée. clozapine. elle a bénéficié d’une pension d’invalidité une dizaine d’années avant la retraite. 60 ans. trouble de la personnalité de type hystérique est soignée pour un syndrome dépressif léger. 55 ans.2.

1. 50 ans 1. Elle a aussi une épilepsie tonico. ainsi qu’une surcharge bitemporale en éléments thêta- L’évolution traitée est rapidement favorable et permet la polymorphes non spécifiques.6. Stabilisées.1. Cette observation pose la question de savoir si cette relation malade/médecin. drome dépressif léger et une anxiété modérée réactionnels à Résumé : Madame C.1.1. 75 mg de grâce à un traitement associant quotidiennement 7. Il présente une recrudescence de crises épileptiques à type existe des idées délirantes d’empoisonnement par les médi. Mme Des. âgée de 50 ans. maladie. L’observation met en exergue les épilepsie peut être une conséquence directe de sa psychose conséquences de la surprotection familiale dont peut être ou du traitement antipsychotique. très difficiles à stabiliser au départ malgré un traitement Il s’agit d’une épilepsie tonico-clonique confirmée par conséquent. vit depuis deux ans en maison prémenstruelle. L’épilepsie a empêché toute observance thérapeutique. pour une agressivité probablement en relation avec une épi- Il s’agit d’une épilepsie débutée à l’âge d’un mois après lepsie ancienne. la patiente a été méno. Sémiologie. L’évolution se fait rapidement vers la stabilisation de sortie de la patiente vers la maison de retraite.6. L’EEG est normal en L’EEG montre un tracé de base régulier et symétrique période intercritique.1. Mme M. Les crises sont plus fréquentes en période son défunt mari. Observation clinique no 7 : Mme Des. 20 mg de fluoxétine. personnalité dépendante . 1.7. Elle sans dysthyroïdie. On ne note pas de crise tabilité et des plaintes somatiques diverses. Elle est soignée depuis la petite enfance pour tion relativement déficitaire.1.276 P. Madame C. victime le patient épileptique. Névrose hystérique . mensuelle.6. une épilepsie type petit mal avec absences symptomatiques quentes de durée brève pouvant s’expliquer par une mauvaise d’une souffrance néonatale. Observation clinique no 6 : Mme M. suite d’une chute au décours d’une crise d’épilepsie tonico- clonique. il faut signaler un impact facial et une AAH. Histoire de la maladie.2. souffre de psychose chro. Histoire de la maladie. d’épilepsie durant l’hospitalisation. vées par la frustration issue d’une idéalisation excessive de la chose.6. 1. les crises ont été réacti- carbamazépine.. une irri- L’humeur est légèrement dépressive. Nubukpo et al. 300 mg de carbamazépine. découverte 23 ans après le début de sa psy. plusieurs EEG. entraînant une mauvaise observance du traitement. 1. La prise d’éthosuccinide aurait amené une amé. est hospitalisée tique connu. la patiente est la benjamine d’une basale droite dans un contexte d’intoxication tabagique im. Mic. plusieurs EEG effectués en milieu spécialisé au début de la Au plan des antécédents médicaux. n’a jamais travaillé et perçoit une Au plan chirurgical. dépendante. 50 mg d’amytripilline. rendant difficile son maintien en maison de une souffrance néonatale. Sémiologie.7. 100 mg de phénobarbital. L’épisode actuel fait suite à un transfert non contrôlé sur son médecin généraliste qu’elle harcèle 1. est hospitalisée pour un syndrome dépressif survenant sur un terrain épilep. Elle a des traits de personnalité nique de type schizophrénie hébéphrénique avec une évolu. épilepsie absence petit mal symptomatique 1. Elle présente des rechutes fré. Le diagnostic d’absence a été confirmé par de retraite. Mme M. Le tableau clinique durant la dernière (plusieurs courriers et appels téléphoniques incessants). la dépendance affective inhé- rente ainsi que la disqualification scolaire et socio- professionnelle. 64 ans. des contrariétés familiales. scolarité ou apprentissage professionnel ainsi que tout projet clonique de type grand mal cryptogénique stabilisée par de vie et une autonomie. pausée à l’âge de 49 ans et a souffert d’une pneumopathie Au plan biographique. se sent rejetée et discours et une mimique pauvres et une opposition passive. à la ticulier.5. 10 mg de tropatépine et du déca- Résumé : Madame M. Elle présente également des périodes intermittentes elle est dépendante. agressivité et instabilité ainsi qu’une humeur triste. épilepsie grand mal tonico-clonique idiopathique 1. Elle n’a pas d’antécédent médical ou chirurgical par- fracture des extrémités distales des os propres du nez. M.2.7. fratrie de cinq enfants et vit toujours chez ces parents dont portante.. 56 ans réactionnels . Sa scolarité a été rapidement interrom- d’incontinence urinaire et un nodule thyroïdien du lobe droit pue à cause de la fréquence des absences épileptiques. Les crises à type d’absence ont été retraite. qui a commencé à l’âge de 7 ans sans cause . Anxiété aiguë et syndrome dépressif léger 1.. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 par une allocation spécifique et une pension de réversion de lioration notable.1. Une meilleure l’humeur et la disparition des troubles du comportement observance thérapeutique entraîne un recul rapide des symp- grâce à une prise en charge associant quotidiennement tômes psychotiques et la disparition des crises d’épilepsie 250 mg d’éthosuccinide. Rap- hospitalisation est celui d’un repli hébéphrénique avec un pelée à l’ordre par sa famille. est célibataire sans enfant.. d’absence et une aggravation des troubles du caractère avec caments.5 mg de phénobarbital caféine ainsi qu’une psychothérapie de soutien zopiclone.1. présente un syn- noate d’halopéridol mensuel.

A. Il vit en concubinage. comptable. après une scolarité normale Les crises se seraient aggravées à l’âge de 23 ans. du fait d’une lenteur admise plus tard en maison de retraite par dérogation.. philique ont motivé la dernière hospitalisation dans un Il n’existe pas de syndrome de sevrage à l’alcool. L’épilep. 200 mg de phénitoïne.2.1.8. Orien. un théâtralisme et été licencié à plusieurs reprises pour cause de lenteur au une tendance mythomane. d’années. limité dans ses investisse- Résumé : Madame D. À la suite de contrariétés. Mariée. 1. une instabilité. symptomatique d’un secondaire traumatisme crânien à l’âge de 18 mois. le patient est très vulnérable.. sans enfant. ainsi qu’une consommation excessive d’alcool.. Actuel- sanctionnée par le certificat d’études primaires. pas d’enfant et bénéficie d’une pension d’invalidité tion active. La personnalité est dominée par des de comptabilité qu’il n’a pu obtenir. 100 mg de topiramate et 2 mg de lormétazépam. 43 ans Résumé : Monsieur A.7. si ce n’est l’histoire personnelle du patient. Il souffre d’une épilepsie partielle complexe.1. par chute du lit cicatricielle hypodense pariétale droite. un tabagisme actif et un surpoids. un barbital. vit en concubinage avec son amie. Il s’agit de crises de type grand mal. outre l’épilepsie. sive récurrente. elle y rencontre son époux et sera sation et d’incapacité professionnelle. Il existe un comportement agressif avec une opposi. ce qui fréquenté une école ménagère jusqu’à l’âge de 16 ans.1. permet à M. Observation clinique no 8 : Monsieur A. une suggestibilité. Il a à une mère très autoritaire et psychorigide.1. à l’âge d’un an et demi. elle L’EEG montre « quelques grapho-éléments un peu poin- est inapte au travail et perçoit l’AAH depuis une dizaine tus en frontal droit ». issu d’une famille recomposée. abus d’alcool . n’a francs. des colères 1. tée par la Cotorep en atelier protégé. persistent actuellement.8. Son traitement actuel la part entre ce qui revient à un trouble de la personnalité et ce associe quotidiennement 1000 mg de carbamazépine. 50 mg de clorazépam. Il n’existe pas de facteur déclenchant On peut retenir parmi les antécédents. avec des difficultés de concentration. épileptique licencié de plusieurs emplois de bureau comme aide- connu. évoluant depuis l’enfance.1. Il existe d’importants troubles du com- traitement qui associe quotidiennement : 150 mg de phéno. ments. Différents EEG ont frustrations. le traitement permet une stabilisation relative. 1200 mg de gabapentin. Sémiologie. puis dans un centre Cette épilepsie a été responsable de difficultés de scolari- d’aide par le travail (CAT). suivies ment. maternel avec constitution d’un hématome sous-cutané Au fil des années. 43 ans. est survenue à la suite d’un tion souligne la comorbidité épilepsie/trouble de la person- .. Personnalité pathologique de type sensitif . Monsieur A. En que réactivation de son épilepsie n’a pu être établie. une dépendance psycho-affective par rapport un cabinet comptable puis a eu plusieurs petits emplois. 50 mg de flupentixol. il a travaillé trois ans dans manipulations. donc à faire suivi habituel en ambulatoire est repris. été réalisés au cours de la maladie et confirment l’épilepsie. Les pseudocrises épileptiques d’allure spasmo. man- térique décompensée à l’occasion de difficultés en maison de quant de souplesse d’adaptation. 56 ans. pour sa lenteur. portement (à type d’impulsivité et de colères clastiques). Célibataire sans enfant. Il signale des difficultés d’endormissement. un abus d’alcool et une symptomatologie dépres- syndrome dépressif léger réactionnel . Réformé du service traits d’immaturité. ce qui permet le retour vers son lieu de vie avec un 1. Sémiologie. Au plan de sa biographie. présente des traits de personnalité sensitive associés à une impulsivité. Elle n’a pas d’enfant et perçoit l’AAH. l’épilepsie est stabilisée par le traite. afin de psychique et des troubles mnésiques qu’elle a entraînés et qui le suivre. P. fatigable. est hospitalisé pour un syndrome dépressif.2. L’EEG des problèmes sociaux cinq ans avant cette hospitalisation effectué pendant cette hospitalisation est normal. qui est lié à l’épilepsie. Il n’y a pas d’éléments dépressifs travail. trouble de la personnalité (caractère sensitif) et un syndrome 800 mg de carbamazépine. clastiques.8. épilepsie partielle complexe avec parfois généralisation parfois secondairement généralisée. céphalique. Cependant. En effet. Pour expliquer son comportement. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 277 apparente. Nubukpo et al. pseudocrises. actuel. die et des limites qu’elle a imposées et impose encore. si ce n’est la présence au scanner d’une zone traumatisme crânien.8. a cinq demi-frères et sœurs. L’observa- sie. dépressif léger alimenté par un vécu douloureux de la mala- l’imputabilité des troubles du comportement à une quelcon. elle allègue L’anamnèse révèle une tentative de suicide réactionnelle à des difficultés d’insertion à la maison de retraite. effet. Elle a aussi une épilepsie grand mal tonico-clonique perturbé par les critiques éventuelles qui peuvent lui être idiopathique débutée à l’âge de 7 ans et stabilisée par un faites ou par le sentiment d’imperfectibilité qu’on peut lui traitement. Histoire de la maladie. contexte de frustrations au domicile. L’évolution clinique est favorable grâce à ce séjour de rupture. Monsieur A. A. des militaire à cause de son épilepsie. laissant place à des crises simulées secondaires à des d’état confusionnel post-critique long. Cette observation souligne la difficulté à distinguer L’épisode dépressif actuel est rapidement résolutif et le crises authentiques et pseudocrises épileptiques. la patiente a lement. de conduire sa voiture. renvoyer. Il a été scolarisé jusqu’au niveau CAP 1. susceptible et volontiers retraite. il est en invalidité deuxième catégorie après avoir été 1. pitalisations en psychiatrie. présente une névrose hys. la patiente présente des deuxième catégorie. M. clairement identifiable pour expliquer l’épisode dépressif des troubles du comportement ayant nécessité plusieurs hos.

a été hospi- Vingt-huit ans après le début de l’épilepsie. différents. par ailleurs.1. hallucinations visuel. ce qui lui vaut son exclusion de l’institut médico- contrôle est normal. sa mère qui était toxicomane appauvrissement de la vie affective et relationnelle. le patient pré.9.1. Yoh. une En dehors de sa psychose et de son épilepsie. persécution (il se croit accusé du viol d’une petite fille). retard mental léger pulsions hétéro-agressives brutales faisant suite à des conflits familiaux et qui ont nécessité plusieurs hospitalisations. trouble de la personnalité gée. M. le patient souffrait depuis son enfance d’une nie complète. le patient est opposant Résumé : Monsieur P. peu accessible. Le dernier EEG gueur. Sémiologie. temps comme disc-jockey. le patient se pauvre. à une dizaine d’années plus tôt. Il s’agit d’une aggravation de son trouble du comporte- hallucinations auditives (des voisins vivant à 5 km l’insultent ment depuis plusieurs semaines.P. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 nalité. dans un contexte. 1. Sémiologie. Il est divorcé et père d’une fille. Histoire de la maladie. qui a com. Monsieur Do. rentre en apprentissage à la ture. une actuellement avec sa mère . 200 mg de carbamazépine. confirmée à l’EEG. traitement anti-épileptique avec l’accord du neurologue.9. au vu du neuroleptique a échoué quelques années plus tard.. 400 mg de phénytoïne. le patient est fils unique et vit bris d’objet. Observation clinique no 9 : Monsieur P.10. une impulsivité.278 P. pitalisation de jour deux fois par semaine pour prise en 22 ans charge d’une psychose chronique sur terrain d’épilepsie. à distance du début de la maladie épi- 1. prématuré. Monsieur P. Il en découle des troubles du comportement à type de de type psychopathie . de pré-adolescence dans la ferme paternelle. Épilepsie généralisée tonico-clonique. Do. Observation clinique no 10 : Monsieur Do..1.1. on peut retenir la prématurité. En effet. à la suite de l’arrêt de son par l’intermédiaire de hauts-parleurs). d’alcoolisation. Monsieur P. a actuellement un compor.9. 52 ans Cette observation illustre la comorbidité psychose chronique/épilepsie. des colères. Le trouble actuel se traduit par des actes de violence. péritonéale sans fonctionnalité après l’âge de 2 ans (confir- mée par la TDM cérébrale).2. 1. puis travaille consommation de haschich et de frasques diverses. à reconduire tuellement stabilisée. mal symptomatique d’une affection cérébro-méningée sur- venue à l’âge de 13 ans.1. des Concernant sa biographique. Épilepsie généralisée tonico-clonique type grand mencé à l’âge de 13 ans suite à une affection cérébroménin.2. malgré le est décédée et M. L’observance thérapeutique est bonne et il persiste décrit comme un enfant puis un adolescent turbulent et fu- un petit délire enkysté à thème persécutoire. Divorcé. Ses parents se seraient très L’évolution continue de se faire vers un déficit social avec vite séparés après sa naissance . Il lisant une biographie chaotique. Il existe une insom. alcoolisme. Il n’y a pas de plainte . Il présente des crises comitiales à trois reprises. lesquelles les voisins l’espionneraient).. Il s’agit d’une épilepsie. très rapidement. a des relations épisodiques avec son suivi institutionnel et la prise d’un traitement qui associe père. est reconnu totalement inapte au travail et perçoit une AAH. des menaces. À l’admission. 1.1. n’accepte pas l’hospitalisation et émotionnellement labile avec impulsivité. Histoire de la maladie. Scolarisé instabilité et l’apparition d’actes de délinquance (vol de voi- jusqu’à l’école primaire. Ce tableau est postérieur (7 ans après le le traitement par valproate de sodium. talisé sous contrainte en milieu hospitalier psychiatrique à la sente une psychose délirante aiguë avec idées délirantes de suite d’une crise d’agitation. instabilité et cherche de toute évidence à tester la solidité du cadre. père d’un enfant. nés de deux lits quotidiennement 400 mg de sulpiride.10. Il a deux enfants (placés à la DDASS). hétéro-agressivité associées à une psychose inter-ictale chro.10. mal symptomatique . La dernière crise typique remonterait. Gil. un abus de toxiques (alcool et 1. psychose leptique.10. épileptiques sont actuellement très rares. Les crises carnet de santé. 1.9.. Il bénéficie de l’AAH et travaille de temps en zine. cannabis) et des conduites délictueuses. 5 mg de trihexyphénidyle et du décanoate d’halopéridol injectable mensuel. 100 mg de phénobarbital. ce qui amène. éducatif (IME) qu’il fréquentait. épilepsie généralisée tonico-clonique confirmée à l’EEG. le soir nique (PIC) apparentée à une schizophrénie paranoïde ac. 1. à les (il voit une lumière correspondant aux jumelles avec condition de respecter une bonne hygiène de vie. tement stable avec une vie très ritualisée et socialement Issu d’une fratrie de deux enfants. il n’a pas hydrocéphalie postnatale avec dérivation ventriculo- d’antécédent particulier.. inter-ictale chronique (PIC) généralisée symptomatique 1. essentiellement. ments d’automutilation (se griffe les mains). 52 ans. Nubukpo et al. a des traits de personnalité aux soins.1.1. une agitation psychomotrice et des comporte. dépression ainsi que la disqualification début) à une épilepsie généralisée tonico-clonique type grand professionnelle qui peut toucher l’épileptique. L’épisode est séquelle d’une encéphalopathie néonatale avec hématome alors résolutif et une tentative de diminution du traitement sous-dural. le père est décédé.). réactua- comme ouvrier agricole. 50 mg de lévomépra. Parmi les antécédents. il ne travaille pas et perçoit depuis plusieurs années une AAH. est suivi en hos.

L’absence de crises cliniques et électriques bition. Morel. professionnelle et familiale. Le patient fait une fugue du service (il voulait « aller porter secours à son amie en difficulté »).1.33] et les débats anciens ne sont pas résolus. Discussion : les complications psychiatriques Parmi les observations rapportées ici.).. il existe une peut les aborder ici de façon non exhaustive. P. sous l’effet du traitement instauré et caractère et du comportement posent le problème de « la du cadre institutionnel. un retard mental léger et un antécédent d’épi. d’instabilité et la fréquence porte pas non plus de réponse à cette interrogation. survenant à l’occasion de frustrations avec des EEG gravement malades. Au plan émotionnel. un orgasme extra-génital et d’autres auteurs ont insisté sur sa sant discuter une rechute épileptique ou un abus de substan.. On éducatives et/ou sensorielles graves. scolaire. l’une névro- du comportement à l’épilepsie. L’EEG est chopathologiques dans l’épilepsie grâce à l’approche normal. Ces études ont permis post-critiques normaux. études [1. Les épileptiques étudiés par les épileptiques ont fait place à des manifestations simulant la aliénistes jusqu’au milieu du XXe siècle étaient des patients crise. irritabilité) se déchargerait dans des réac- depuis une dizaine d’années a conduit le patient à arrêter son tions explosives. Devinsky et Vasquez [10] mentionnent . sociale. les troubles graves du Son comportement. Souvent. sonality Inventory (MMPI) de Goldberg chez 34 patients épileptiques semblent globalement efficaces mais les pa. la classification trouble de la personnalité [27. « un orgasme criminel ». 22 ans. motivée par un état confusionnel avec hétéro-agressivité fai. des troubles dépressifs. institutionnalisés. à pro- traitement avec l’accord du neurologue. quand elle coexiste avec un tique. longé qui aurait pu aider à faire la part entre épilepsie et Comme le souligne B. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 279 somatique. ne retrouvent pas de carac- tients épileptiques sont souvent frappés de disqualification téristiques particulières de personnalité. inhi- hydrocéphalie. utilisant le Minesota Multiphasic Per- seules conséquences de l’épilepsie. 800 mg de carbamazépine ainsi qu’une injec. Pour les psychiatres précurseurs. valeur cathartique. Les traitements anti. Faisant un inventaire des troubles du comportement chez sion de Classification de la Ligue Internationale contre l’Épi. morosité. de Toffol [35]. souffrant d’épilepsie temporale. l’autre épileptique. Il aurait été intéressant dans cette de décrire les phénomènes pré. 2. La crise serait donc due au refoulement de ces psycho-actives. des épileptiques. pluridisciplinaire qui la sous-tend. pulsions sadiques et destructrices. Ces maladies psychiatriques sont-elles secondaires à nant la relative fréquence des troubles de la personnalité au l’épilepsie ou sont-elles liées à l’histoire personnelle et fami- cours des épilepsies. tante). les troubles du caractère et du comportement L’association d’un retard mental pose la question d’un chez l’épileptique continuent de faire l’objet de nombreuses processus primaire ou au contraire des carences socio. dans l’observation no 7 le cas d’une patiente dont les crises Esquirol. étudiés avec l’hystérie mais les parentés entre épilepsie et névrose obsessionnelle l’ont été également [13]. l’examen neurologique est normal et on ne re. L’EEG « post-critique » est normal. syndromique actuelle des épilepsies publiée par la Commis. Épilepsies et troubles de la personnalité par les gendarmes. Nubukpo et al. tant des pseudocrises épileptiques.30]. l’épilepsie appartenait à la nosologie des l’hystérie dans la survenue de ces crises. Falret. Certains psychanalystes ont évoqué. la crise représenterait une décharge lepsie généralisée tonico-clonique type grand mal de l’en.. Les travaux portant sur le Rors- adhère au projet thérapeutique associant un suivi médical chach chez l’épileptique avaient permis de dégager deux psychiatrique régulier et la prise quotidienne de 100 mg de types de personnalité. Kalogjera-Sackellares et Qu’en est-il des données de la littérature ? Sackellares [18] confirment la difficulté à évaluer le rôle de Au XIXe siècle. Il existerait deux voies Cette observation illustre la difficulté à imputer les troubles d’expression de la décharge des affects bloqués. une mauvaise capacité d’adaptation et un risque plus Résumé : Monsieur Do. la compression (lourdeur. Le type « coarcté » s’opposait au type cyamémazine. déséquilibre psychopathique dont on sait qu’il peut donner Les rapports entre épilepsie et névrose ont été surtout des complications confusionnelles et psychotiques aiguës. la quasi-constance des troubles du com. un cas de personnalité dépendante. « extratensif » marqué par une réactivité émotionnelle exces- tion mensuelle de fluphénazine 25 mg/ml. une érotisation du corps tout entier. symptomatique d’une souffrance néonatale avec premier trait de l’épileptique. Ainsi le fance. En effet. 1 cas de psychopathie et L’analyse de la dizaine d’observations rapportées chez la dimension d’impulsivité et d’instabilité est quasi cons- des patients épileptiques permet quelques constats concer. sive. mais a été reconduit 2. grand de troubles mentaux.et post-paroxystiques et de observation de réaliser un enregistrement EEG-vidéo pro- reconnaître les formes psychiques de l’épilepsie [13]. Toujours en administrant le MMPI à 40 patients présen- la quasi-totalité des patients de notre série perçoit l’AAH. s’est progressivement amélioré et il personnalité épileptique ». lepsie [7] a modifié la manière de poser les problèmes psy- trouve pas d’autres symptômes de sevrage. a une personnalité psy. les troubles de la de l’épilepsie personnalité sont fréquents (deux cas de névrose hystérique. Nous rapportons maladies mentales établie par les aliénistes français (Pinel. difficulté d’imputabilité des troubles mentaux présents aux Moehle et al. chopathique. [25]. L’hospitalisation est pos de la crise grand mal. liale des patients ? L’étude des publications récentes n’ap- portement à type d’impulsivité. Pour exemple. pulsionnelle massive.

Vingt-cinq pour cent des sujets l’observation no 9 où le patient était sous traitement anti- interrogés étaient anxieux et 9 % dépressifs. candidats à un traitement chirurgical et les épilepsies du lobe temporal. en dehors de tout antécédent neurologique. [23] ont recensé les troubles tion. entre épilepsie et psychose. Ils dépistent déjà de schizophrénie avant le début des crises épileptiques. l’émoussement affectif. des comporte. psychopathologiques chez 300 patients souffrant d’une épi. les troubles psychiatriques secondaires au cours de l’épilepsie sont mal catégorisées et l’association à l’épilepsie les plus documentés sont l’anxiété et la dépres. Épilepsies et psychoses Perini et al. rôle de anxieux et dépressifs à l’aide de l’“Hospital Anxiety and l’ethosuccinide ?). une diminution ou une exagération du sens fréquente au cours des crises partielles complexes d’origine moral. vations rapportées où l’anxio-dépression vient compliquer Le rôle des traitements antiépileptiques a été évoqué dans une épilepsie cliniquement grave ou avec des répercussions la genèse des psychoses au cours des épilepsies.3. Ma- kikyro et al. la baisse de la libido ou à l’opposé. Cette comor. Ainsi. Aux États. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 l’hypersensibilité. ajout d’un autre médicament anti-épileptique. [29] observent des patients souffrant d’épilep. [28]. « dé- complications psychiatriques. dans la littérature trois entités : les psychoses ictales et tante et candidats à la chirurgie. des sous-scores psychotiques signi- ficativement élevés dans le groupe des épilepsies temporales. la labilité émo.2. temporale ainsi que chez les patients bénéficiant d’une poly- thérapie associant barbiturique. [28] trouvent 34 % d’épisodes dépres. De même. Paradisio et al. Machanda et al. de l’agressivité ou de l’apathie. Intensité dépressive et données tionnelle. transvestisme. lepsie temporale est fréquente. évaluent. Il trouve que dans 39 % des Jacoby et al. quence des psychoses chez l’épileptique. trouvent. de délire psychotique chez l’épileptique. chez 88 sujets souffrant d’une épilepsie active 21 % de À ce jour il n’y a pas de preuve formelle d’un lien causal troubles dépressifs et 12 % de troubles anxieux. persécu- crise. 2. Certaines études plaident pour l’existence de troubles de D’autre part. la baisse de l’efficience cognitive serait plus marquée dans lepsie résistante. l’axe II. tombent respectivement à 13 et 4 % chez les personnes qui Gelisse et al. suura [24] étudie rétrospectivement. Hesdorffer et al. Nubukpo et al. [14]. interruption bru- sujets souffrant d’épilepsie traitée. dépressions et anxiété psychiatrie une comorbidité forte entre épilepsie et schizo- phrénie. Les auteurs retrouvent.2.2. hallucination). parmi 142 patients avec des troubles psychiatri. [17] au Royaume-Uni. chez 696 de la thérapeutique (augmentation de dose. cas. à partir d’une inter. Ces scores épileptique avant son premier épisode psychotique. psychose chronique schizophréniforme intercritique et épi- sion [4]. il . [19]. dence la fréquence des thèmes mystiques au cours des délires ment limbique. Ainsi. concluent que les psychoses chroniques montent à 44 et 21 % parmi ceux qui rapportent des crises ne représentent pas un facteur de risque important dans la plus fréquentes. Intensité dépressive et fréquence des crises facteurs déclenchants éventuels. dans une étude en population générale n’avaient pas eu de crises depuis deux ans au moins et urbaine à Marseille. la fréquence des troubles tale. Mat- socio-professionelles péjoratives. Pour Lambert et Robertson [20]. Épilepsies. ictales. 2. Le terme de « psychose épileptique » désigne aujourd’hui sifs significatifs chez 70 patients ayant une épilepsie résis. À l’inverse. Edeh et Toone [11] utilisent la “Clinical survenue des épilepsies. Elle serait due au « syndrome mence épileptique » [13]. Les aliénistes du XIXe siècle avaient décrit plusieurs types sie temporale et formulent l’hypothèse que les troubles psy. les psychoses post-ictales et les psychoses inter- bien le lien entre fréquence des crises et intensité dépressive. augmente le risque de crises d’épilepsie. anatomo-pharmacologiques ments de perversion sexuelle (fétichisme. d’après Paradisio et al. les 2. phénitoïne et vigrabatin. Ils ont mis en évi- chiatriques chez l’épileptique traduiraient un dysfonctionne. de la face mésiale temporale » survenant dans les suites de De nombreuses publications récentes soulignent la fré- convulsions fébriles compliquées [38]. les psychoses schizophréniformes Dans la littérature. Pour ce qui est des psychoses ictales et péri-ictales. Ce lien de causalité n’a pu être établi pour Depression scale” (HAD). chez 44 patients souf- frant d’épilepsie et ayant eu un épisode psychotique. la cause de Intervew Schedule” [15] dans une enquête communautaire l’épilepsie n’a pu être identifiée chez cette patiente souffrant concernant 29 822 personnes au Royaume-Uni. Pour Schachdev [32]. rapportée par Kanemoto et al. ces dépressions paraîtraient endogènes. Unis. L’observation no 1 illustre péri-ictales. la dépression serait plus exhibitionnisme). sent State Examination). L’épilepsie temporale serait souvent chez les épileptiques et ont regroupé les tableaux intercriti- pharmaco-résistante et plus fréquemment pourvoyeuse de ques dans les catégories « personnalité épileptique ». [22] trouvent chez les patients hospitalisés en 2. l’épisode psychotique survient lors d’une modification view par envoi postal de questionnaires.2.280 P. Dans l’observation no 5. [16] montrent que l’épisode ques.1. Cette fréquence est aussi bidité épilepsie/dépression est présente dans 7 des 10 obser. avec la personnalité en lien avec la localisation anatomique de la prééminence de symptômes psychotiques (délire. 18 % avec un trouble de la personnalité répertorié selon dépressif majeur. dans le cadre d’un suivi de cohorte entre 1982 et 1994 en Finlande. qui d’ailleurs coexistent souvent [31]. Ainsi. en administrant la PSE (Pre.

cependant il n’a pas été établi Derrière la terminologie « troubles psychotiques ». de la vie professionnelle. Les patients psycho- coolisme chronique serait responsable en France d’un tiers tiques qui font des crises d’épilepsie sortent du contexte des environ des épilepsies tardives. l’accès à raux indépendants. Conclusion Les patients psychotiques qui font des crises d’épilepsie sortent du contexte des psychoses épileptiques. Les 10 observations rap- en deux : d’une part. chroniques (PIC) qui donnent des tableaux de schizophrénie chez des patients épileptiques connus depuis plus de 10 ans et souvent avec un quotient intellectuel bas [35]. la conscience demeure pour la plupart.26. confusion post-critique.6. chez un patient épileptique . et qualité de vie chez les malades épileptiques. L’al. Notre série illustre la variabilité du niveau vité de cette association (type de crise.21]. la question des variabilité des résultats aux tests chez le même sujet. disqualification sociale. plus souvent rapportées chez l’épileptique. socioprofessionnelles). La qualité de vie du patient épilepti- dre de la crise. influence de la thérapeutique.9. On peut rap- procher l’observation no 9 de cette entité nosographique. souvent retrouvées. / Annales Médico Psychologiques 161 (2003) 272–282 281 s’agit d’authentiques états confusionnels entrant dans le ca. vreté du vocabulaire témoignant plus de difficultés de l’ex- pression que de l’apprentissage. à propos de malades présentant une comorbidité épilepsie/trouble psychopathologique. de l’accès au observations ont souffert ou continuent de souffrir d’une mariage. Complications sociales de l’épilepsie : épilepsies Les travaux sur la qualité de vie en relation avec la santé. les psychoses post-ictales et les psychoses inter-ictales. les psychoses inter-ictales épisodiques portées ici illustrent toutes des disqualifications sociales chez (PIE) de durée inférieure à un mois et compliquant souvent des patients présentant l’association épilepsie/maladie men- une épilepsie partielle réfractaire ou une épilepsie générali. utili- sémantique. P. le terme psychose est un glissement que est un vaste domaine d’investigation. différentes catégories nosographiques. cette bradypsychie est cependant aggravée par les l’hystérie ou encore au déséquilibre. . à savoir : salves vie quotidienne du malade et son insertion sociale [5] ainsi de crises. français du XIXe siècle. notamment dans ses rapports à leptique. bégaiement. Chez l’épi. population générale en ce qui concerne le mariage. mais propres à lade épileptique est ancien. La tendance gé- chler montre de grands écarts de résultats à quelques mois nérale dans la littérature est d’identifier des facteurs de gra- d’intervalle) [13]. Nubukpo et al. La dizaine d’observations cliniques rapportées dans ce 2. une scolarité et à un emploi de qualité. Épilepsies et retard mental travail. blésité) ainsi qu’une pau. révèlent généralement les discriminations et les disqualifications qui les frappent au La majorité des épileptiques dont nous rapportons les plan de la scolarité. localisation anatomi- de développement mental en fonction de l’histoire propre de que. Les crises survenant au cours des ivresses ou dans la 2. il existe une La dépression et l’anxiété sont les maladies mentales les grande variabilité des résultats chez le même sujet (le Wes. dans la l’ivresse aiguë et de la période de sevrage seraient les plus littérature. les dans la littérature que les patients souffrant d’épilepsie auteurs rapportent différents tableaux cliniques renvoyant à consomment plus d’alcool que la population générale. fréquentes [6]. Les travaux modernes traitements. tale qui donne le sentiment d’un cumul des handicaps et des sée idiopathique et d’autre part les psychoses inter-ictales stigmatisations. Les auteurs. 3. permet d’aborder glo- On retrouve tous les niveaux d’efficience et une grande balement. 2. En ce qui concerne les psychoses post-ictales.8]. conséquences chaque épileptique. persévérations et la bradypsychie.5.37]. intervalle de lucidité (24 h que son insertion professionnelle [12. Ils notent globa- sensible aux neuroleptiques. contradictoires ne sont pas univoques. Des auteurs ont observé également des troubles utilisant des méthodologies diverses et donnant des résultats du langage (lenteur.4. Épilepsies et alcoolisme période de sevrage sont les causes les plus fréquentes d’épi- Il est rapporté dans l’observation no 8 un abus d’alcool lepsie chez les alcooliques. sant différents outils et échelles [2. ont analysé la elles donnent un tableau clinique spécifique. Par ailleurs. le groupe des psychoses inter-ictales se subdivise stigmatisation de la maladie [3. L’EEG critique est normal et lement un désavantage des épileptiques par rapport à la l’EEG intercritique montre la fréquence de foyers bitempo. bien que de façon non exhaustive. Ici. à une semaine). que les épileptiques qui ont une meilleure normale et le tableau clinique réalise souvent une bouffée qualité de vie sont ceux dont les crises sont bien contrôlées délirante aiguë d’une durée moyenne d’une semaine et très par les médicaments anti-épileptiques [36]. déjà étudié par les aliénistes tous les psychosyndromes organiques cérébraux. qu’il y ait ou non Enfin. Les relations entre épilepsies et santé mentale. Ils soulignent. puis délire aigu . mais les crises d’épilepsie de « psychoses épileptiques » qui désigne aujourd’hui. ne Le problème des troubles de la personnalité chez le ma- seraient pas pathognomoniques de l’épilepsie. trois entités : les psychoses ictales et péri-ictales.

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