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Débitmètres à turbine pour liquides

par Dominique MÉTIVIER

Ingénieur de l’Industrie et des Mines Attaché à la Sous-Direction de la Métrologie du Ministère chargé de l’Industrie

1.

Généralités

R 2 280 - 2

1.1

Principe de fonctionnement

2

1.2

Caractères communs à tous les appareils

2

2.

Théorie succincte

3

2.1

Mesureur idéal

3

2.2

Mesureur réel

3

2.3

Mesure des débits variables

4

3.

Mesureurs

5

3.1

Caractères généraux

5

3.2

Dispositions particulières

6

3.3

Ajustage des débitmètres et compteurs à turbine

7

4.

Transducteurs

8

4.1

Transducteur mécanique

8

4.2

Transducteur électrique

8

5.

Équipements récepteurs

8

5.1

Amplification

8

5.2

Mise en forme

9

5.3

Mise à l’échelle. Correction

9

5.4

Expression des résultats

9

6.

Caractéristiques fonctionnelles

9

6.1

Pression maximale

9

6.2

Pression minimale

10

6.3

Débit maximal

10

6.4

Double sens d’écoulement

10

6.5

Perte de charge maximale

11

6.6

Exactitude et étendue de mesure

11

6.7

Fidélité et écart de linéarité

11

6.8

Résolution

11

6.9

Temps de réponse

11

6.10

Température

12

6.11

Courbes types

12

7.

Appareils pour liquides particuliers

13

7.1

Liquides chargés

13

7.2

Produits pétroliers

14

7.3

Liquides alimentaires ou pharmaceutiques et liquides corrosifs

14

7.4

Liquides cryogéniques

14

8.

Installation

14

9.

Étalonnage

16

9.1

Jauges

16

9.2

Tubes étalons

16

9.3

Étalons de débit secondaires

17

9.4

Pesée

17

10.

Comparaison avec d’autres types de débitmètres

17

Pour en savoir plus

Doc. R 2 280

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R 2 280 1

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

L es débitmètres à rotor hélicoïdal sont utilisés à des fins industrielles et commerciales sur quasiment tous les liquides dans des plages de tempé-

rature et de pression très étendues. Cette polyvalence, résultat d’efforts des fabricants depuis une trentaine d’années, a été obtenue sans que les caractéristiques métrologiques de ces instruments ne soient pour autant dégradées. Si la mesure des débits contribue aujourd’hui de manière importante à une meilleure maîtrise des procédés de fabrication et de manutention, la première application, dans le temps et par la taille, de la mesure des liquides est le mesurage (ou comptage) des volumes. À cette occasion, les compteurs à rotor hélicoïdal (ou à hélice) ont reçu des noms particuliers selon la nature des liquides mesurés :

compteur Woltmann pour l’eau ; — compteur turbine dans l’industrie pétrolière, cette dernière dénomination ayant été étendue au mesurage de tous les liquides autres que l’eau. Par souci de simplicité, le vocable rigoureux de débitmètre (ou compteur) à rotor hélicoïdal a été remplacé par celui de débitmètre (ou compteur) à turbine chaque fois que cela a été possible.

1. Généralités

1.1 Principe de fonctionnement

Lorsqu’un moulinet hélicoïdal est disposé dans l’axe d’une conduite où circule un liquide sous pression (figure 1), son hélice tourne à une vitesse qui dépend directement du débit du liquide. L’expérience montre que, sous certaines conditions et entre certaines limites qui seront précisées plus loin (§ 2), la vitesse angulaire de l’hélice est proportionnelle à la vitesse moyenne d’écoulement du liquide, c’est-à-dire au débit-volume. On peut écrire :

q = k ω

et

V

=

k

t

2

ω dt

t

1

avec q débit-volume instantané,

V

volume de liquide écoulé pendant l’intervalle de temps (t 2 t 1 ),

ω

vitesse angulaire de l’hélice à l’instant t,

k

constante.

Il est donc possible de construire sur ce principe des débitmètres et des compteurs de volume pour les liquides en circulation dans des conduites fermées.

1.2 Caractères communs à tous les appareils

Ces appareils se composent toujours des trois organes principaux suivants :

— un capteur (souvent appelé mesureur ) constitué essentielle-

ment par un rotor à pales hélicoïdales placé à l’intérieur d’un corps

cylindrique parcouru par le liquide considéré ;

— un transducteur (souvent appelé sortie ou émetteur ) trans-

formant la rotation du rotor en un signal exploitable par l’indicateur ;

— un indicateur de débit (ou de volume écoulé ) du liquide en circulation.

(ou de volume écoulé ) du liquide en circulation. Figure 1 – Organes d’un débitmètre à

Figure 1 – Organes d’un débitmètre à turbine

Un même capteur peut être utilisé indifféremment pour déterminer un débit ou un volume. Selon les cas, le rotor peut avoir une forme d’hélice, de roue de turbine ou de moulinet. Dans la plupart des réalisations, les éléments moteurs sont de forme hélicoïdale. Différents accessoires peuvent être adjoints à l’indicateur, pour remplir des fonctions complémentaires telles que : l’enregistrement, la sommation positive ou négative des résultats fournis par plusieurs appareils, la commande de divers organes d’une installation, la régulation automatique d’un processus industriel, l’aide à l’étalon- nage et au réglage, etc. Enfin, certains fabricants proposent des débitmètres dont le rotor présente des pales planes. Ces appareils peuvent être assimilés à des débitmètres à rotor hélicoïdal si et seulement si chaque pale plane présente une surface petite par rapport à la section de passage du liquide au droit du rotor (et non de la section de raccordement).

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2. Théorie succincte

2.1 Mesureur idéal

Considérons tout d’abord un mesureur tel que celui représenté schématiquement sur la figure 2 et plaçons-nous dans les hypothèses suivantes : ailettes sans épaisseur, rotor sans masse, c’est-à-dire que son mouvement ne demande aucune énergie, fluide sans viscosité dont l’écoulement s’effectue sans turbulence. Désignons par :

q le débit-volume instantané du liquide ;

A la section de passage au droit des ailettes ;

v la vitesse moyenne du liquide ;

ρ la masse volumique du liquide ;

r le rayon d’un petit élément d’ailette ;

α l’angle des ailettes par rapport à l’axe ;

ω

i

On démontre que le couple moteur vaut :

la vitesse angulaire du rotor à l’instant t ; sa vitesse angulaire de régime (mesureur idéal).

C m = Kρ (v tan α ωr ) 2

et que, en régime stable :

(1)

i

=

tan

α

v -----------------

r

=

q

------

A

tan α

----------------- (2)

r

r = q ------ A tan α ----------------- (2) r Figure 2 – Principe de fonctionnement

Figure 2 – Principe de fonctionnement d’un débitmètre à turbine

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

Si le rotor présente une surface hélicoïdale, le rapport (tan α)/r est une constante. A étant également une constante, la vitesse angulaire de ce mesureur idéal sera donc rigoureusement propor- tionnelle au débit-volume q du liquide le traversant. Si le rotor était muni de pales planes, aux petits rayons, l’incidence des pales étant positive, le rotor serait moteur et aux grands rayons, l’incidence étant négative, le rotor freinerait. Le rapport (tan α)/r n’étant pas constant, la théorie ci-dessus ne s’appliquerait plus.

2.2 Mesureur réel

En réalité, diverses causes de perturbation interviennent pour modifier le fonctionnement du mesureur.

a ) Le rotor a une masse non nulle ; pour cette raison, la vitesse

angulaire du rotor suit les variations du débit-volume avec un certain retard, en particulier au démarrage et à l’arrêt.

b ) L’épaisseur des ailettes n’étant pas nulle, il se produit une

légère turbulence sur les bords d’attaque et de fuite de celles-ci.

c ) Le liquide possède une certaine viscosité ; en conséquence, le

jet pénétrant entre deux ailettes voisines éprouve une petite résis- tance à circuler ; tous les filets liquides n’ont plus la même vitesse ; il s’ensuit une légère perte de charge et une réduction de la force faisant tourner le rotor.

d ) Les différentes parties du rotor tournent dans le fluide, certaines

en regard de pièces fixes très voisines telles que fonds de déflecteurs, supports de paliers, enveloppes, etc. ; or, la viscosité du liquide tend

à s’opposer au mouvement du rotor ; il en est de même des tur- bulences, aux endroits où il s’en produit. Ces perturbations b c d créent un couple résistant C h s’opposant au couple moteur. L’expérience a montré que l’expression de C h pouvait prendre trois formes différentes, selon le type d’écoule- ment caractérisé par le nombre de Reynolds Re (Re = ρvD/µ, avec D diamètre de la conduite et µ viscosité dynamique du liquide) :

— pour les faibles valeurs de Re (< 2 500), l’écoulement est laminaire et le couple résistant est proportionnel à µq ; — pour les fortes valeurs de Re (> 4 000), l’écoulement est tur- bulent et le couple résistant est proportionnel à ρq 2 ; — dans la zone des valeurs intermédiaires de Re, le couple résistant est une combinaison des deux.

En pratique, le régime turbulent est toujours atteint dans les forts débits ; par contre, selon la valeur de la viscosité, il est possible que l’écoulement dans les faibles débits ait lieu en régime laminaire ou en régime transitoire.

e ) L’arbre du rotor repose sur des paliers noyés dans le fluide.

Ceux-ci sont soumis au poids du rotor (poussée d’Archimède déduite) et à la poussée exercée par le liquide dans le sens de son écoulement. Ces deux forces engendrent des frottements

, avec

vitesse angulaire du rotor du mesureur réel.

f ) Le mouvement de l’indicateur et de ses organes de commande,

ou bien la production d’un signal électrique représentatif du débit nécessite aussi une petite quantité d’énergie. D’où un troisième type de couple résistant, fonction de la vitesse , dépendant du genre d’indicateur et du mode de commande de celui-ci.

provoquant un second couple freinant proportionnel à

Ω

En résumé, la vitesse de régime du mesureur réel sera plus faible que celle du mesureur idéal d’une quantité :

= i

qui dépendra non seulement de la valeur du débit, mais aussi du régime d’écoulement.

(3)

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

Remarques

— Le couple moteur, équation (1), est proportionnel à la masse

volumique du liquide. Il en résulte que, à dimensions égales et à

débit égal, on dispose d’un couple beaucoup plus important pour un liquide dense (exemple : de l’eau) que pour un liquide léger

(exemple : les gaz de pétrole liquéfiés de masses volumiques situées

entre 550 et 680 kg/m 3 ).

— Le couple moteur, équation (1), est proportionnel au carré de

la vitesse du liquide agissant sur les ailettes. On peut donc améliorer la réponse des appareils en réduisant la section de passage au droit de la section de mesure. Il en résulte toutefois une augmentation corrélative de la perte de charge dans le débitmètre et une aug- mentation de la poussée exercée par le liquide sur le rotor. Cet artifice permet, sous certaines conditions, de mesurer des liquides de faible masse volumique avec plus de facilité ou de s’accommoder de vitesses anormalement faibles du liquide à mesurer dans la tuyau- terie où est installé le débitmètre.

— La vitesse de régime, équation (2), est d’autant plus impor-

tante que le pas des hélicoïdes formés par les ailettes est plus petit

(angle α plus grand).

— La viscosité du liquide intervient sur les couples freinants

d’origine fluidique. L’exactitude des appareils est donc influencée par la nature du liquide et par le régime d’écoulement. Certains construc- teurs, pour diminuer cette influence, ont adopté différentes dispo- sitions qui seront indiquées plus loin 3.2.2).

— Les petits appareils ont, aux bas régimes, une exactitude

moindre que les gros, car le couple freinant, créé par l’indicateur et ses organes de transmission ou encore par la production de signaux électriques, a une influence relative plus importante par rap- port au couple moteur. C’est pourquoi les transmetteurs électriques

et les indicateurs électroniques se sont maintenant généralisés, car ils perturbent beaucoup moins le fonctionnement des mesureurs que les organes mécaniques assurant les mêmes fonctions.

— Pratiquement, la chute de vitesse , équation (3), du rotor

d’un appareil bien construit est faible et ne donne lieu qu’à une erreur relative négligeable, lorsque l’on admet la proportionnalité

du débit q à la vitesse angulaire du mesureur réel. Les constructeurs s’efforcent de trouver les compromis méca- niques et hydrauliques grâce auxquels leurs instruments peuvent être construits industriellement tout en reproduisant les per- formances des prototypes auxquels ils sont réputés conformes.

2.3 Mesure des débits variables

Le débitmètre à turbine ne répond pas instantanément aux variations du débit, en raison de l’inertie de ses pièces mobiles. Les mesures fournies pendant les périodes transitoires sont donc entachées d’une certaine erreur, dont l’importance, très variable, dépend de nombreux facteurs :

— caractéristiques de construction des ailettes motrices (dimen- sions, angle, nombre) ;

— moment d’inertie du rotor et des autres pièces mobiles ;

— valeur du débit initial ;

— importance et rapidité des variations de débit ;

— masse volumique et, dans une moindre mesure, viscosité du

liquide. L’étude mathématique du phénomène est difficile, car il est régi par une équation différentielle non linéaire, de la forme (en négligeant la viscosité et les frottements mécaniques) :

dω /dt = K 1 ρq 2 K 2 qω

avec les notations du paragraphe 2.1, K 1 et K 2 étant des constantes pour un appareil donné. Sa résolution, qui nécessite une trans- formation de Laplace, a été faite par plusieurs auteurs. Certains d’entre eux ont pu avoir confirmation de leurs résultats par des essais pratiques en régime de débit pulsatoire [6].

Conclusions Diverses conclusions peuvent être tirées de ces études.

a ) Une donnée numérique peut caractériser la réponse transitoire

du mesureur ; c’est sa constante de temps τ définie par la formule :

τ = K 3 I / ρq

dans laquelle K 3 est une constante relative à la construction de l’instrument, et I le moment d’inertie du rotor. Cette donnée dépendant de la masse volumique du liquide et de son débit après variation, il est nécessaire de préciser ces deux derniers facteurs. Par convention usuelle, la constante de temps d’un débitmètre est la durée nécessaire pour qu’il atteigne sa vitesse de régime, lorsque le débit passe instantanément de zéro à la moitié de sa valeur maximale ; le liquide de référence est l’eau pour les débitmètres à liquides. C’est cette donnée qui figure dans certaines notices de constructeurs.

b ) Si le débit varie par échelons brusques et suffisamment espacés

dans le temps, l’erreur est négative lorsque le débit croît (c’est-à-dire que le débit instantané indiqué est inférieur au débit réel). Elle est

au contraire positive lorsque le débit décroît. Il s’ensuit une certaine compensation des erreurs ; malheureusement celle-ci n’est pas par- faite, même si les accroissements sont égaux aux diminutions du débit, car les accélérations du rotor sont toujours plus rapides que les décélérations. La figure 3 représente, dans ce cas particulier, la forme des courbes du débit et de la vitesse angulaire du rotor en fonction du temps. Il en résulte qu’un appareil de ce type, utilisé pour le comptage des volumes du liquide circulant dans une installation où le débit varie périodiquement par échelons brusques, indique toujours des consommations supérieures à la réalité.

c ) Lorsque le débit du liquide oscille autour d’une valeur moyenne,

selon une loi sinusoïdale, les mesures sont entachées d’erreurs dont

l’importance dépend de la masse volumique du liquide, du débit moyen et de la fréquence des oscillations. L’analyse du phénomène conduit à considérer, par analogie avec les filtres électriques, que la loi de réponse du débitmètre présente une fréquence de coupure f c pouvant s’exprimer par la formule :

f c = (R 2 / I) · ρq 0

avec

I

moment d’inertie du rotor,

rayon de giration des ailettes, débit-volume moyen du liquide,

R

q 0

ρ masse volumique du liquide.

moyen du liquide, R q 0 ρ masse volumique du liquide. Figure 3 – Vitesse du

Figure 3 – Vitesse du rotor en fonction du temps lorsque le débit varie par échelons

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La fréquence de coupure dépend donc, non seulement des caractéristiques de construction du débitmètre considéré, mais aussi du débit-masse du liquide mesuré. Pour des oscillations de faible amplitude relative [6], les indica- tions présentent une erreur d’amplitude et une erreur de phase qui croissent avec la fréquence des oscillations. La relation entre débit indiqué et débit réel est de la forme :

q = q / [1 + j (f / f c )]

avec

q

débit-volume instantané indiqué,

q

débit-volume instantané réel,

f

fréquence de l’oscillation,

j

=

– 1
– 1

Ces phénomènes se rencontrent à l’occasion du mesurage de liquides manipulés sous haute pression avec des débits faibles, en général. De ce fait, ils sont rarement observés dans des installations

industrielles pour liquides autres que l’eau et à des débits supérieurs

à 60 m 3 / h.

3. Mesureurs

3.1 Caractères généraux

Il existe de nombreux modèles de mesureurs qui diffèrent selon le constructeur. Par ailleurs, l’importance du débit maximal, le mode de raccordement aux conduites, la nature du liquide à mesurer, les conditions de mesurage, etc., donnent lieu aussi à des différences de réalisation. On peut toutefois distinguer les organes principaux suivants que tous les mesureurs possèdent :

— un corps tubulaire ;

— un rotor, coaxial au précédent ;

— des paliers ou coussinets pour supporter l’arbre du rotor ; ainsi que, pour certains modèles :

— une chemise enveloppant le corps proprement dit ;

— des déflecteurs d’amont et d’aval.

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

La terminologie relative aux débitmètres à turbine est assez floue ; celle de la norme internationale ISO 2715 est indiquée sur la figure 4.

Le diamètre intérieur d’entrée du corps est généralement égal à celui de la canalisation sur laquelle l’instrument doit être installé, de façon à ne pas perturber l’écoulement. S’il en était autrement, des dispositions particulières devraient être prises. La présence du moyeu du rotor et, éventuellement, celle des déflecteurs provoquent nécessairement une augmentation de la vitesse du liquide au droit des pales, ce qui améliore la réponse de l’appareil, sans majorer appréciablement la perte de charge, car les pièces intéressées sont toujours judicieusement profilées. En ce qui concerne leur mode de raccordement, les gros appareils comportent tous des brides, alors que les petits sont généralement munis de tubulures filetées ou taraudées. Dans l’industrie agro- alimentaire, le raccordement est souvent réalisé au moyen de colliers démontables afin de permettre un nettoyage correct et sans risque des mesureurs. Les rotors des petits appareils n’ont que deux ou trois pales, les gros en comptent jusqu’à seize. Ils doivent être parfaitement équilibrés. Les déflecteurs participent à la tranquillisation et au condition- nement de l’écoulement du liquide dans le mesureur. La figure 5 représente, à titre d’exemple, un appareil de modèle classique : le compteur Héliflu de la société française Faure-Herman. Comme il a été exposé précédemment (§ 2.2), les résistances passives provoquées par les frottements doivent être aussi réduites que possible. Dans ce but, les constructeurs s’efforcent :

— d’alléger le rotor : on réduit l’épaisseur des pales et on évide le moyeu des gros appareils ;

— de réaliser judicieusement les paliers pour provoquer le couple

de frottement minimal. L’arbre du rotor est généralement usiné dans un acier inoxydable ; les paliers sont en graphite, téflon, saphir synthétique, acier ino- xydable ou nitruré, carbure métallique, ou même remplacés par des roulements à billes ou à aiguilles inoxydables. La nature du liquide conditionne également le choix des matières premières de toutes les autres pièces internes du mesureur. Les constructeurs fabriquent donc toute une gamme d’appareils dont les organes en contact avec le liquide à mesurer sont exécutés en divers matériaux tels qu’acier inoxydable, laiton, Monel, alliage d’alumi- nium, titane, matière plastique, etc.

alliage d’alumi- nium, titane, matière plastique, etc. Figure 4 – Nomenclature des parties d’un compteur à

Figure 4 – Nomenclature des parties d’un compteur à turbine (2 variantes de réalisation) (d’après ISO 2715)

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES Figure 5 – Compteur Héliflu (Faure-Herman) 3.2 Dispositions particulières

Figure 5 – Compteur Héliflu (Faure-Herman)

3.2 Dispositions particulières

Différentes dispositions sont appliquées par divers constructeurs :

— pour réduire la poussée axiale exercée sur le rotor et diminuer

ainsi les frottements sur les butées ;

— pour corriger l’influence de la viscosité sur la loi (2) liant vitesse du rotor et débit.

3.2.1 Réduction de la poussée axiale

Diverses solutions ont été imaginées dans ce but ; elles s’appuient toutes sur l’utilisation des forces exercées sur le rotor et engendrées par les variations de la pression dynamique s’exerçant sur celui-ci. Une réalisation de Schlumberger Industries est représentée sur la figure 6 . Les stators amont et aval du compteur Woltex de Schlumberger sont munis d’ogives profilées qui, sous l’effet du passage du liquide, créent une dépression sur la face amont du rotor et une surpression sur sa face aval. Le rotor reçoit donc, de la part du liquide, une poussée orientée en sens opposé à l’écoulement et tendant à le faire reculer. La forme du moyeu du rotor est telle qu’à partir d’une certaine valeur de ce recul, les filets d’eau pénètrent moins violemment dans l’ogive aval, entraînant de ce fait une diminution de la sur- pression aval. Il s’établit alors un autopositionnement hydrodynamique du rotor, lequel phénomène supprime, sinon diminue fortement, la poussée s’exerçant sur la butée aval de l’arbre. À petit débit, l’effet décrit ci-dessus ne s’observe pas ; c’est pourquoi la butée aval est équipée d’une bille destinée à réduire les frottements dus à la poussée axiale, ce qui contribue à diminuer la valeur du débit de démarrage.

contribue à diminuer la valeur du débit de démarrage. Figure 6 – Compteur Woltex (Schlumberger Industries)

Figure 6 – Compteur Woltex (Schlumberger Industries)

Nota

La poussée axiale exercée par le liquide sur le rotor est un paramètre important ; en

effet, le dimensionnement des axes et butées est directement lié à la valeur maximale de cette poussée axiale. Par conséquent, une réduction de la poussée axiale permet :

— de réduire le dimensionnement des axes et butées et, de là, d’améliorer les

performances du débitmètre à petit débit ;

— ou d’augmenter la résistance du débitmètre à l’ usure pour un même dimension- nement des axes et butées.

À très petit débit, avant que la poussée axiale ne devienne la composante prépondé-

rante du frottement, les forces transversales (poids et poussée d’Archimède) s’exerçant sur le rotor et donc sur les paliers constituent, pour une géométrie d’hélice donnée, la résistance principale à sa mise en mouvement ; ainsi un rotor de poids apparent nul (c’est-à-dire : poids réel égal à la poussée d’Archimède exercée par le liquide mesuré) participe à l’amélioration (c’est-à-dire à la diminution) de la valeur du débit de démarrage (c’est le cas du compteur

Woltex décrit ci-dessus et destiné au mesurage de l’eau froide : son rotor a une densité moyenne de 1).

3.2.2 Correction de viscosité

Les indications fournies par les appareils présentent une erreur par excès tendant à croître aux grands débits lorsqu’ils mesurent des liquides de viscosités croissantes. Certains fabricants ont cherché à corriger cette erreur. a ) La société Faure-Herman a utilisé une solution mécanique, aujourd’hui abandonnée, qui a été très répandue dans le domaine aéronautique. Elle consiste à placer autour du rotor un ajutage de forme profilée. Une crémaillère, solidaire de celui-ci, et un pignon conjugué permettent de régler à volonté sa position. On modifie ainsi la section de passage au droit des pales et donc, pour une même valeur du débit, la vitesse du rotor. Dans une variante de cette réalisation, le déplacement de l’ajutage est obtenu au moyen d’un mécanisme thermométrique, ce qui a pour effet de corriger la vitesse du rotor en fonction de la température du liquide ou encore de sa viscosité chaque fois que la fonction liant viscosité et température du liquide peut être considérée comme linéaire. b ) Certains constructeurs réunissent les extrémités des pales par un anneau concentrique. Outre l’augmentation de rigidité qu’il procure, cet anneau provoque un certain freinage de l’hélice, plus accentué aux grandes vitesses et aux fortes viscosités qu’aux petites. Cette disposition est utilisée, par exemple, dans les mesureurs Bopp & Reuther de gros diamètres (figure 7 ).

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES Figure 7 – Débitmètre Bopp & Reuther (distribué par Métra), modèle

Figure 7 – Débitmètre Bopp & Reuther (distribué par Métra), modèle RQ 150

3.3 Ajustage des débitmètres et compteurs à turbine

À l’heure actuelle, tous les débitmètres et compteurs à turbine sont ajustés (opération réalisée en usine ou laboratoire) d’une des deux manières suivantes :

— par action mécanique sur le mesureur ;

— par modification conventionnelle de la valeur du signal de sortie du mesureur.

3.3.1 Action mécanique sur le mesureur

Cette action a pour but de donner au signal de sortie du mesureur (rotation de l’axe de sortie, impulsion électrique) une valeur aussi proche que possible de sa valeur (conventionnellement) vraie. Pendant longtemps, les fabricants ont obtenu ce résultat par une action mécanique sur le profilage des pales du rotor ou sur l’orien- tation des aubes du redresseur, généralement constitué d’un croi- sillon placé immédiatement à l’entrée du mesureur. Ces procédés, qui nécessitent le démontage du mesureur, ont été peu à peu aban- donnés au profit de systèmes d’ajustage accessibles de l’extérieur. Ceux-ci sont principalement au nombre de deux :

— le premier, constitué d’un ajutage conique placé autour du

rotor est décrit dans son principe au paragraphe 3.2.2 a . Ce type de

réalisation est aujourd’hui abandonné ;

— le second est constitué d’un volet qui pivote autour d’un axe

perpendiculaire à l’écoulement du liquide à l’entrée du mesureur. L’orientation du volet peut être modifiée de l’extérieur et sa posi- tion repérée sur une échelle graduée. Le changement d’orientation du volet permet, pour une vitesse débitante donnée, d’accroître ou de diminuer la vitesse de rotation du rotor. Le système à volet se

rencontre dans le domaine du comptage de l’eau (compteurs entiè- rement mécaniques) et dans certaines applications particulières pour lesquelles le signal de sortie du mesureur doit avoir une valeur pré- déterminée (exemple : 0,5 L par impulsion).

3.3.2 Modification conventionnelle de la valeur du signal de sortie du mesureur

Cette action vise à attribuer au signal de sortie du mesureur une valeur aussi proche que possible de sa valeur (conventionnellement) vraie sans aucune action mécanique sur le mesureur. Ce type d’ajustage est électronique et donc applicable à tous les types de mesureurs. On appelle coefficient d’un mesureur le nombre d’impulsions élec- triques émises par unité de volume mesuré. Ce coefficient varie, comme l’erreur de mesurage, avec les conditions de mesurage (débit, viscosité, etc.). Le coefficient qui correspond aux conditions habituelles d’utilisation est appelé coefficient d’ajustage k du mesureur. Ce coefficient k est, en général, constant pour tout le domaine habituel d’utilisation. Il peut toutefois prendre des valeurs différentes (de manière continue ou discontinue) lorsque l’électronique de comptage est capable de prendre en compte les paramètres d’influence de k (débit, nature du liquide, viscosité, température) à l’aide d’instruments de mesurage ou de détection associés, si nécessaire, et lorsque l’adop- tion d’un coefficient k constant ne permet pas, ou permet mal, de respecter les erreurs maximales tolérées imposées par le type de mesurage effectué. Dans un tel cas, le fabricant et l’utilisateur doivent veiller à ce que l’adoption d’un coefficient k variable ne s’accompagne pas d’une dégradation (due au traitement des infor- mations) de certaines caractéristiques métrologiques du débitmètre (ou du compteur) complet telles que : erreur de répétabilité, erreur de poursuite, erreur d’hystérésis.

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

Remarque : un dispositif d’ajustage est :

— toujours opérationnel (et automatique dans le cas d’un coefficient k variable) ; — inaccessible à l’utilisateur et protégé par un dispositif de scellement ou un système de verrouillage approprié (serrures, codes secrets, etc.).

4. Transducteurs

La rotation du rotor constitue en fait l’information recherchée. Il faut recueillir celle-ci hors de l’enveloppe du mesureur. Deux grands principes de transmission sont employés : la voie mécanique et la voie électrique (ou électromagnétique).

4.1 Transducteur mécanique

Employé presque uniquement pour les compteurs d’eau, il est constitué par un axe métallique entraîné à l’une de ses extrémités par un renvoi d’angle et actionnant, à son autre extrémité, un dis- positif totalisateur. Dans cette chaîne cinématique est fréquemment incorporé un accouplement magnétique pour remplacer le presse- étoupe qui, à défaut, serait nécessaire afin d’assurer l’étanchéité de la sortie de l’axe. La transmission mécanique présente le grave défaut d’engendrer un fort couple résistant sur le rotor, particulièrement nuisible à petit débit ; il présente cependant deux grandes qualités :

— son fonctionnement (c’est-à-dire totalisation et mémorisation) ne nécessite aucune source d’énergie extérieure ;

— sauf cas particuliers, son principe de fonctionnement est tel qu’un reflux dans le mesureur se traduit par un décomptage.

4.2 Transducteur électrique

Il est d’emploi quasi universel, en particulier dans tous les débit- mètres, car ceux-ci doivent nécessairement comporter un dispositif électrique ou électronique pour calculer le débit à partir de l’infor- mation électrique recueillie, représentative de la vitesse instantanée de rotation du rotor. L’information recueillie est constituée d’impul- sions ou de signaux électriques dont la production peut être réalisée de plusieurs manières.

4.2.1 Émission directe

Cette méthode consiste à détecter le passage des pales du rotor devant un capteur placé dans l’enveloppe du mesureur et pouvant être du type :

— optoélectronique (dans le cas de liquides non opaques et

contenant peu de matières solides en suspension) ;

— à effet Hall (dans ce cas, chaque pale comporte un petit aimant

sur son bord externe de telle sorte qu’elle peut être vue par le détecteur). Cette méthode, qui permet d’obtenir des indications d’une grande résolution, présente l’inconvénient de fournir des indications (de volumes ou de débits) qui ne sont pas des valeurs rondes des multiples ou sous-multiples décimaux des unités légales de volume ou de débit. Cet inconvénient n’existe pas ou peu pour les débit- mètres équipés d’un transmetteur mécanique 4.1), pour lesquels le système d’émission directe peut être intercalé dans la chaîne ciné- matique, la détection de pales étant remplacée par la détection d’un disque perforé ou à secteurs contrastés ou d’un aimant tournant.

4.2.2 Induction électromagnétique

Dans ce cas, le rotor comporte soit un petit aimant permanent enrobé dans son moyeu, comme les débitmètres Héliflu (figure 5 ), soit une plaquette en ferrite magnétique, placée derrière l’hélice, soit encore des pastilles aimantées. Une variante de cette solution consiste à créer, par aimantation localisée, de petits pôles magné- tiques dans un anneau en acier de composition adéquate, disposé autour des ailetes. Les lignes de force du ou des aimants mobiles induisent, dans un bobinage fixe, une force électromotrice de fréquence propor- tionnelle au nombre de paires de pôles inducteurs et à leur vitesse, c’est-à-dire au débit de liquide. Lorsque le bobinage induit est situé à l’extérieur de l’enveloppe, cas le plus fréquent, celle-ci doit être faite en un matériau amagné- tique, afin de ne pas former écran pour les lignes de force émanant de l’inducteur. Cette obligation n’existe pas lorsque l’induit est logé dans une sonde pénétrant à l’intérieur du mesureur.

4.2.3 Variation de réluctance

Le transmetteur comporte un aimant fixe formant le noyau du bobinage induit. Ses lignes de force pénètrent à l’intérieur du débit- mètre (corps amagnétique) et la réluctance du circuit magnétique est modulée par le passage des pales de l’hélice, ou des ailettes de la turbine (matériau perméable). Il s’ensuit une variation périodique du flux embrassé par l’induit, qui est alors le siège d’une fém dont la fréquence est proportionnelle au nombre de pales du rotor et à leur vitesse.

5. Équipements récepteurs

Les transducteurs électriques produisent des signaux qui doivent être :

— amplifiés ;

— mis en forme ;

— mis à l’échelle et, facultativement, corrigés ;

— exprimés ou affichés en unités de mesure.

La troisième opération est effectuée par une unité électronique de traitement associée.

La dernière est effectuée ou pilotée par cette même unité.

5.1 Amplification

Par conception même des débitmètres à turbine, les puissances mises en œuvre pour la production de signaux électriques sont très faibles. La mise en place d’un préamplificateur à proximité ou à l’inté- rieur même du transducteur électrique s’avère indispensable chaque fois qu’il y a risque de perte d’informations ou de perturbations para- sites par le milieu extérieur. Le recours à des bobinages induits à haute impédance ne permet pas de résoudre tous les cas difficiles :

un tel bobinage à haute impédance présente, en effet, l’inconvénient d’amplifier naturellement non seulement les signaux produits par la turbine, mais aussi tous les parasites électromagnétiques présents dans l’environnement immédiat du débitmètre à un niveau tel que le bruit électromagnétique ainsi amplifié ne pourra pas forcément être gommé au moment de la mise en forme des signaux de mesure.

Remarques :

— un préamplificateur permet la transmission de signaux à des distances supérieures à 100 m ; — il est expressément recommandé d’utiliser des câbles blindés pour la transmission des signaux électriques, quel que soit leur niveau d’amplification.

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5.2 Mise en forme

Afin d’être exploitables par un dispositif électronique numérique, les signaux, éventuellement amplifiés, doivent être mis en forme. Ils acquièrent la forme de signaux carrés avec seulement deux niveaux possibles : un niveau bas (zéro) et un niveau haut (un).

Remarques :

— la mise en forme peut être effectuée soit au niveau du trans-

ducteur, soit au niveau de l’unité électronique de traitement ;

— les problèmes de fonctionnement liés à l’amplification et

à la mise en forme des signaux provenant d’un débitmètre se rencontrent, lorsqu’ils existent, à la première mise en service du débitmètre sur son lieu d’utilisation et lors des opérations d’étalonnage (à ces occasions, il est souvent nécessaire de modifier les montages électriques existants).

5.3 Mise à l’échelle. Correction

Pour être exploitables, les signaux de mesure doivent être mis à l’échelle, c’est-à-dire exprimés dans des unités de mesure compa- tibles avec l’utilisation prévue du débitmètre (expression en débits ou en volumes). En outre, ils doivent être corrigés des erreurs de mesure lorsque, d’une part, ces dernières sont connues et que, d’autre part, leurs valeurs sont incompatibles avec l’exactitude recherchée.

Mesure des volumes

La mise à l’échelle consiste en une multiplication (par un nombre décimal) des signaux de mesure mis en forme disponibles à l’entrée

de l’unité électronique de traitement, puis en l’incrémentation d’une unité des registres internes dédiés à la fonction de comptage, chaque fois que le volume mesuré a augmenté d’une unité de comptage

(exemples : 1 L, 1 m 3 ,

Correction

La correction des erreurs de mesure vise à adopter, à chaque multiplication, le nombre décimal conduisant à minimiser les erreurs de comptage en tenant compte des conditions de fonctionnement du débitmètre (débit) et éventuellement de la valeur de certains para- mètres d’influence liés à la nature ou aux conditions de manipulation du liquide mesuré (viscosité, pression, température).

Mesure des débits

La mesure des débits diffère de celle des volumes par le fait qu’il n’y a pas d’incrémentation des signaux de mesure. L’information prise en compte par l’unité électronique de traitement n’est plus le volume élémentaire attaché à chaque signal de mesure, mais le temps séparant chaque signal et par conséquent leur fréquence d’arrivée à l’unité électronique. La mise à l’échelle et la correction relèvent des mêmes principes que ceux évoqués ci-dessus, mais sans l’opération d’incrémentation.

).

5.4 Expression des résultats

Les résultats de mesure peuvent être indiqués, imprimés, mémorisés ou même transmis à distance par l’unité électronique de traitement. Les constructeurs de débitmètres peuvent fournir les différents appareillages permettant d’assurer ces diverses fonctions. Les unités électroniques de traitement peuvent être également prévues pour remplir des fonctions complémentaires, augmentant ainsi le champ d’application des débitmètres à turbine ; à titre d’exemples, on peut citer :

a ) la somme des volumes et des débits mesurés par deux ins- truments montés en parallèle et la comparaison de leurs écarts respectifs ; il est ainsi possible de déceler des anomalies de

répartition d’un liquide entre deux circuits identiques ou d’éventuels défauts de fonctionnement des mesureurs ; exemple d’application :

le comptage des hydrocarbures dans les oléoducs ; b ) la différence des volumes et des débits mesurés par deux appareils montés en circuit fermé ; exemple d’application : mesure de la consommation des brûleurs de fours ou des moteurs Diesel ; c ) la conversion des débits et volumes dans les conditions de mesurage en débits et volumes dans des conditions de référence ;

à cet effet, on associe au débitmètre des instruments de mesurage

tels que : sonde thermométrique, sonde manométrique, densimètre, ; exemples d’application : comptage des liquides cryogéniques, comptage d’alcool pur ; d ) la mesure des quantités de chaleur ou de froid ; dans ce cas l’unité électronique effectue automatiquement la multiplication de la quantité du liquide traversant le mesureur par la différence d’enthalpie correspondant à la différence des températures mesurées respectivement par deux sondes thermométriques placées l’une sur la canalisation d’alimentation et l’autre sur celle d’évacuation de l’installation considérée [12] ; e ) la mesure des débits-masses et des masses de liquides en cir- culation dans une installation ; à cette fin, on associe un densimètre en continu au débitmètre et à l’unité électronique adéquate. Les résultats de mesurage fournis par de tels appareils peuvent être exprimés en masse absolue (c’est-à-dire que l’on obtiendrait dans le vide) ou en masse conventionnelle (c’est-à-dire comparable à celle que l’on obtiendrait avec un instrument de pesage).

6. Caractéristiques fonctionnelles

6.1 Pression maximale

Sous l’effet de la pression, le corps des mesureurs peut se dilater, conduisant ainsi à une augmentation de la section de passage et donc à un sous-comptage (la courbe d’erreur se déplace vers les valeurs négatives).

Remarque : les variations de pression à prendre en compte sont :

— les variations de pression pouvant survenir au cours du mesurage ; — les différences de pression entre les opérations d’étalon- nage et les opérations de mesurage.

Pour remédier à cette faible source d’erreur (en général inférieure

à 5 · 10 5 bar 1 ), les constructeurs mettent en œuvre l’une des deux solutions suivantes :

— recours à une enveloppe de grande épaisseur qui minimise les effets de la pression ; — chemisage de l’enveloppe, qui annule les effets de la pression (la chemise est soumise à la même pression sur toute sa surface et ne se déforme donc pas). La pression maximale admissible d’un débitmètre à turbine est toujours précisée par le constructeur, car elle est directement liée aux dimensionnements de l’enveloppe et de ses raccordements. Il existe dans le commerce des appareils dont la pression maxi- male admissible (PMA) peut couramment atteindre de 40 à 350 bar selon le diamètre. Des réalisations spéciales peuvent être produites pour des PMA plus importantes.

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6.2 Pression minimale

La contraction de la veine liquide au droit du rotor provoque une augmentation de la vitesse et, de là, la création de zones de basse pression. Il faut donc veiller à ce que la pression à l’aval du mesureur soit toujours suffisante. La norme ISO 2715 préconise :

BP > 2 P + 1,25 pv

avec BP

pression absolue à l’aval du mesureur (à une distance

P

équivalente à quatre fois le diamètre de la conduite), chute de pression à travers le mesureur pour le débit

pv

maximal de l’installation, pression de vapeur saturante du liquide à la température maximale de fonctionnement.

6.3 Débit maximal

Il dépend directement du diamètre du mesureur et de la perte de charge admise.

a ) Petits calibres : on construit des débitmètres de très faible diamètre ; de nombreux fabricants commencent leurs séries

à 12,5 mm, certains à 5 mm de diamètre. Le débit maximal corres-

pondant varie d’environ 150 à 500 dm 3 / h. Il faut toutefois signaler que les performances métrologiques de ces petits appareils sont inférieures à celles des autres (§ 2.2), notamment l’étendue de

mesure. b ) Gros calibres : les plus gros diamètres courants atteignent environ 660 mm et permettent des débits de 13 600 m 3 / h. Les plus gros débitmètres installés sur l’oléoduc sud-européen ont un dia- mètre d’environ 400 mm et un débit nominal d’environ 5 000 m 3 / h.

Au-delà de ces diamètres, on installe sur les conduites des débit- mètres rétractables (dits aussi télescopiques ou à insertion ), que plu- sieurs constructeurs fournissent couramment. La figure 8 représente le principe d’un tel appareil. Son mesureur se compose essentiel- lement d’une hélice de petit diamètre B fixée à l’extrémité d’une tige

à crémaillère C. Celle-ci peut être déplacée en translation, par le

pignon d’un cabestan D, et arrêtée dans une position telle que l’hélice

soit située dans une partie (prédéterminée ou supposée telle) où la vitesse du liquide est égale à la vitesse moyenne dans la section droite de la conduite. Une vanne G à ouverture totale permet de sortir le mesureur sans qu’il soit nécessaire d’interrompre la circulation.

La précision de tels appareils est évidemment moindre que celle des débitmètres ordinaires. Ils présentent cependant un grand intérêt si l’on a seulement besoin de mesures comparatives, tout en offrant l’avantage de dégager complètement la conduite lorsque l’on désire la nettoyer avec un racleur, comme on le fait, par exemple, pour les oléoducs.

Remarque : il existe, dans le domaine de l’eau, une différence entre débit maximal et débit nominal :

— débit maximal : débit maximal auquel l’instrument peut fonctionner pendant des durées limitées ; — débit nominal : débit auquel l’instrument peut fonctionner en permanence, c’est-à-dire en régime continu ou discontinu ; le débit nominal est égal à la moitié du débit maximal. La norme ISO 4064-1 révisée appelle maintenant ces débits caractéristiques respectivement : débit de surcharge et débit permanent .

6.4 Double sens d’écoulement

Il est parfois nécessaire d’utiliser indifféremment un débitmètre pour faire des mesures dans les deux sens d’écoulement du liquide. L’appareil destiné à cet usage doit être conçu spécialement. Il doit en particulier :

— présenter une parfaite symétrie de construction ;

— être étalonné pour chacun des sens de rotation de son rotor ;

— comporter deux indicateurs, un pour chaque sens, commutés par un dispositif asservi au sens d’écoulement ;

— être installé de manière symétrique.

Remarque : il est possible d’utiliser un débitmètre ordinaire en l’installant dans un carré d’inversion (figure 9 ). Un tel dispo- sitif permet d’assurer la circulation du liquide dans le mesureur toujours dans le même sens, quel que soit le sens de circulation du liquide en ligne. Cette solution est à retenir chaque fois que la place disponible le permet

à retenir chaque fois que la place disponible le permet Figure 8 – Débitmètre rétractable R

Figure 8 – Débitmètre rétractable

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Figure 9 – Carré d’inversion 6.5 Perte de charge maximale La perte de charge occasionnée

Figure 9 – Carré d’inversion

6.5 Perte de charge maximale

La perte de charge occasionnée par les appareils de cette famille est toujours assez faible. Elle atteint en général 0,2 à 0,5 bar au débit maximal avec l’eau ; pour un même appareil, elle varie sensiblement de façon proportionnelle à la masse volumique du liquide et au carré du débit.

6.6 Exactitude et étendue de mesure

Les débitmètres à turbine sont, en général, très précis et per- mettent d’obtenir assez couramment une limite d’exactitude de ± 1 %, ± 0,5 % ou même ± 0,25 % sur la valeur mesurée. L’étendue de mesure est limitée, aux faibles débits, par l’inertie du rotor du mesureur et, aux forts débits, par la résistance à l’usure de ses paliers. Métrologiquement, elle se définit par les débits mini- mal et maximal entre lesquels le coefficient de proportionnalité de la vitesse du rotor au débit, après éventuelle correction par l’unité électronique du traitement, ne s’écarte, en plus ou en moins, de sa valeur moyenne que d’une petite quantité relative au plus égale aux limites d’exactitude choisies. L’étendue de mesure constitue un critère de qualité. Elle est évidemment d’autant plus grande que les limites d’exactitude sont plus écartées. Certains constructeurs font figurer sur leurs catalogues plusieurs étendues de mesure qui, pour un même appareil, correspondent à des valeurs différentes de cet écart.

Remarque : certains fabricants indiquent même la valeur des pointes occasionnelles du débit pouvant être maintenues pendant une courte durée, par exemple 15 min, sans dommage pour l’instrument. Remarquons que ce type d’assertion :

— doit être considéré davantage comme un gage de robus-

tesse que comme une qualité ou une caractéristique métro- logique reconnue ;

— n’a de sens que si la fréquence à laquelle peut se reproduire

ce genre de dysfonctionnement est défini (par 12 h, par jour, par

semaine, par mois,

).

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6.7 Fidélité et écart de linéarité

La fidélité peut s’exprimer pour les bons appareils par une valeur maximale de ± 0,1 % de la valeur mesurée sur toute l’étendue de mesure. Étant donné la nature du coefficient k d’un débitmètre, tel que défini au paragraphe 3.3.2, il y a identité entre écart de linéarité et limite d’exactitude.

Remarque : en ce qui concerne la linéarité, il faut distinguer la linéarité liée au signal recueilli à la sortie du mesureur et la linéarité liée aux informations recueillies à la sortie des unités électroniques de traitement (c’est-à-dire après correction). Cette distinction devient d’autant plus délicate que, les progrès de l’électronique aidant, la fusion du mesureur, du transducteur et de l’électronique de traitement en une seule boîte est non seule- ment possible, mais déjà proposée par certains constructeurs. Elle doit cependant faire l’objet d’une attention certaine de la part de l’utilisateur, lors du choix des méthodes d’exploitation des résultats de mesurage, et de la part des étalonneurs lors du choix des méthodes d’étalonnage.

6.8 Résolution

Cette notion s’applique aux informations accessibles en sortie de l’unité électronique de traitement. Pour les informations de débit, les horloges internes ont une précision telle que les valeurs disponibles peuvent être fournies avec une résolution quasi illimitée. Pour les volumes, la résolution des informations disponibles est métrologiquement limitée par le volume de liquide correspondant à une impulsion de mesurage produite par le mesureur.

Remarque : il existe un autre facteur de limitation de la résolution : il s’agit de l’incertitude de mesure liée aux opérations d’étalonnage (c’est-à-dire l’incertitude due aux étalons et l’incertitude due aux méthodes d’étalonnage) qui fixe le seuil à partir duquel les chiffres attachés à une mesure ont un sens et peuvent être qualifiés de significatifs : les décimales au-delà d’un certain rang sont inutiles.

6.9 Temps de réponse

La mesure précise des débits rapidement variables 2.3) est difficile avec les débitmètres à turbine. Elle nécessite l’emploi d’une chaîne de mesure présentant un faible temps de réponse. Outre le moment d’inertie du rotor, les facteurs suivants inter- viennent dans le temps de réponse total :

— nombre d’impulsions émises par tour ;

— constante de temps de l’unité électronique de traitement ;

— fréquence de lecture des valeurs de mesure fournies par l’unité électronique de traitement.

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Il en résulte que tout instrument affiche avec un léger retard, souvent négligeable, la valeur exacte du débit, lorsque celui-ci est variable. Comme précisé au paragraphe 2.3, la constante de temps figurant dans certaines notices ne caractérise que le mesureur proprement dit et pour une variation de 50 % du débit maximal. Les autres facteurs intervenant dans le temps de réponse total doivent donc, si besoin, être demandés aux constructeurs.

6.10 Température

L’emploi d’un appareil pour mesurer le débit (ou le volume écoulé) d’un liquide dont la température est très différente de celle à laquelle il a été étalonné entraîne une certaine erreur qui dépend de la nature du matériau constituant le corps du débitmètre. Une correction doit donc être apportée, si l’écart de température est important, en appliquant aux informations de débit (ou de volume) le facteur de correction ci-après, qui représente la dilatation du mesureur :

1 + 3a (T m T e )

avec

T m ( o C)

température du mesurage (c’est-à-dire celle du

T e ( o C)

liquide mesuré), température d’étalonnage,

a

coefficient de dilatation linéaire du matériau consti- tuant la partie interne du mesureur :

• 28 × 10 6 K 1

• 18 × 10 6 K 1 pour l’acier inoxydable.

pour les alliages d’aluminium,

C’est ainsi qu’il est admis que des débitmètres étalonnés à 20 o C peuvent être utilisés soit pour des produits réchauffés (80 à 120 o C), soit pour des liquides cryogéniques (exemple : oxygène liquide dont la température d’ébullition est – 183 o C à la pression atmosphérique), avec le facteur de correction ci-dessus.

Remarque : le facteur de correction mentionné ci-dessus n’est applicable que si la viscosité du liquide mesuré est voisine de celle du liquide qui a servi à l’étalonnage ou si le débitmètre compense correctement les variations de viscosité. Il faut noter également que cette correction n’a rien de commun avec l’opération que l’on doit effectuer pour tenir compte de la dilatation des liquides, et non plus de celle du mesureur, si l’on désire rapporter les résultats de mesure à une température de référence déterminée.

6.11 Courbes types

Les courbes (figure 10) données par la norme ISO 2715 indiquent l’allure classique des caractéristiques de la plupart des débitmètres à turbine. Les courbes de la figure 11 peuvent être considérées comme représentatives des caractéristiques des bons appareils. La ligne en

trait plein est relative à l’eau (viscosité cinématique 1

mm 2 /s) ; elle

reste valable tant que la viscosité cinématique ne dépasse pas 3 mm 2 / s. L’augmentation de la viscosité a pour conséquence pratique une réduction de l’étendue de mesure dans sa partie initiale et, pour les viscosités moyennes, un léger décalage de la courbe des erreurs dans le sens de l’avance (courbe en traits mixtes, figure 11) ; par contre, avec les fortes viscosités, la courbe est décalée vers le retard. Pour les gaz de pétrole liquéfiés (GPL), de très faible viscosité, il est très difficile de tirer des règles : par exemple, il n’est pas possible d’établir une bonne corrélation entre des courbes d’étalonnage avec deux GPL différents (exemple : butane et propane) ni entre une courbe avec un GPL et une courbe avec un autre produit (par exemple : de l’eau). La masse volumique des liquides n’intervient dans le fonction- nement des appareils qu’aux très bas régimes, leur sensibilité étant d’autant meilleure que la masse volumique est plus importante. Celle-ci n’influe pas sur l’exactitude. En fait, pour beaucoup de liquides, notamment pour les hydro- carbures, masse volumique et viscosité diffèrent de celle de l’eau. Il est pratiquement impossible de séparer l’influence de chacun de ces facteurs, qui interviennent d’ailleurs à l’opposé l’un de l’autre.

Remarque : il est parfois prévu d’utiliser un débitmètre succes- sivement avec plusieurs liquides de viscosités très différentes. Il est alors intéressant d’établir des courbes en fonction du nombre de Reynolds ou, plus simplement, en fonction du nombre Q /ν, où Q est le débit et ν la viscosité cinématique. On constate, en effet, que pour les débitmètres à rotor hélicoïdal, les différentes courbes se raccordent et se superposent avec une précision suffisante pour être remplacées par une courbe unique, souvent appelée courbe universelle en Q /ν.

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES Figure 10 – Caractéristiques du compteur à turbine (d’après ISO 2715)

Figure 10 – Caractéristiques du compteur à turbine (d’après ISO 2715)

du compteur à turbine (d’après ISO 2715) Figure 11 – Variation de l’erreur d’un compteur à

Figure 11 – Variation de l’erreur d’un compteur à turbine en fonction du débit et de la viscosité

7. Appareils pour liquides particuliers

7.1 Liquides chargés

Les débitmètres à turbine ne peuvent être utilisés qu’avec des liquides propres ou peu chargés en impuretés solides ; sinon, les pales ou les ailettes, ainsi que les pièces du pivotage, s’useraient rapidement. Ces dernières notamment seraient le siège de frotte- ments importants qui altéreraient progressivement la précision aux bas régimes. Pour y remédier, il est indispensable d’installer en amont de l’appareil un filtre efficace et facile à nettoyer. Lorsque cela est impos- sible, il est préférable de faire appel à un autre type de mesureur, par exemple à un diaphragme ou à une tuyère [13] ou à un débit- mètre électromagnétique [14].

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7.2 Produits pétroliers

C’est l’application pour laquelle on utilise le plus d’instruments de ce type, en raison de leur grande exactitude et de leur large étendue de mesure. Ils sont, par exemple, installés couramment sur les piquages des oléoducs. Il s’agit alors le plus souvent d’appareils de moyen et de gros calibres.

7.3 Liquides alimentaires ou pharmaceutiques et liquides corrosifs

Ces deux catégories de produits obligent à employer des matières spéciales. Pour les liquides alimentaires ou pharmaceutiques, il est impératif d’éviter toutes les causes susceptibles d’altérer leur qualité. Les appareils doivent donc pouvoir être très fréquemment nettoyés intérieurement avec des détersifs actifs, ou encore mieux par stéri- lisation à chaud. À cette fin, d’une part, il est largement fait appel aux aciers inoxydables et, d’autre part, le démontage et le remontage sont, par des dispositions appropriées, rendus très faciles et sans incidence sur les qualités métrologiques. Pour les liquides corrosifs, le problème essentiel réside dans le choix des matériaux constitutifs du mesureur, qui doivent lui conférer la résistance chimique voulue.

Remarque : le nettoyage à la vapeur est à proscrire (détériora- tion par survitesse).

7.4 Liquides cryogéniques

Les matières plastiques qui, en général, n’ont pas une bonne tenue aux basses températures, sont proscrites dans la fabrication des appareils destinés à cette application. Il est fréquemment fait usage de paliers en graphite. Il est nécessaire de procéder à la mise en froid de l’instrument avant de commencer les mesures. Cette opération a pour but de remplir parfaitement le mesureur et de réaliser l’équilibre des tem- pératures de toutes ses pièces. À cet effet (figure 12), on dispose une petite vanne B sur un piquage effectué à l’amont immédiat du débitmètre A et l’on pro- cède comme suit :

— fermer la vanne B et obturer la conduite D en fermant la vanne C située en aval ; mettre la conduite sous pression avec le liquide ; — à l’aide de la vanne B, purger complètement la conduite de son air et du gaz qui pourrait provenir de la vaporisation du liquide lui-même ;

pourrait provenir de la vaporisation du liquide lui-même ; Figure 12 – Schéma d’installation d’un débitmètre

Figure 12 – Schéma d’installation d’un débitmètre pour liquides cryogéniques

— fermer la vanne B en fin de purge, après avoir attendu un temps

suffisant pour que l’appareil ait pris la température du liquide ;

— ouvrir très lentement la vanne C, afin d’éviter que le rotor ne

prenne une vitesse exagérée, par suite d’un écoulement gazeux, tout en s’assurant que le rotor démarre normalement (il pourrait être bloqué par un glaçon dû à la congélation de l’humidité de l’air initial). Une autre méthode de mise en froid consiste à entourer l’appa- reil d’une chemise et à faire circuler, avant les mesures, le liquide cryogénique dans l’espace compris entre enveloppe et mesureur, tout en prenant les mêmes précautions que ci-dessus pour ouvrir la vanne aval.

8. Installation

Le mesureur peut être monté indifféremment à axe horizontal ou vertical (de préférence avec écoulement ascendant), exception faite pour les gros calibres qui doivent toujours être installés horizontalement.

Afin d’assurer l’exactitude des mesures, il est nécessaire de suivre certaines règles de pose :

— le sens d’écoulement indiqué sur l’enveloppe doit être respecté;

— le diamètre nominal doit être le même que celui de la canali-

sation. Exceptionnellement il peut être nécessaire d’employer un appareil de plus petit diamètre, pour bénéficier d’une augmentation

de l’exactitude. Dans ce cas, le raccordement doit être effectué au moyen d’éléments coniques disposés à distance suffisante du mesureur (10 à 15 D en amont, 5 à 7 D en aval) ;

— la conduite d’alimentation doit être lisse intérieurement,

rectiligne et exempte d’organes tels que : vanne, coude, partie non cylindrique, susceptibles de perturber l’écoulement ;

— il y a lieu de prévoir des dispositifs de tranquillisation destinés

à s’affranchir des perturbations d’écoulement du liquide et qui sont constitués par la combinaison d’un tranquilliseur disposé immédia- tement en amont du débitmètre et de canalisations droites disposées en amont du tranquilliseur et en aval du débitmètre. Un tranquilliseur est généralement constitué par un ensemble de tubes, de cloisons longitudinales ou d’autres éléments disposés longitudinalement

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dans une tuyauterie droite ; il peut être aussi constitué par une série de panneaux perforés ou d’écrans en toile métallique, mais ces systèmes conduisent à une chute de pression plus importante que les systèmes précédents. Les canalisations droites disposées en amont ont pour mission de supprimer ou d’atténuer l’éventuelle rota- tion imprimée au liquide par les irrégularités du circuit hydraulique. La canalisation droite disposée en aval a pour but d’éviter que le mouvement du rotor ne soit influencé par les ondes de choc dues

aux irrégularités hydrauliques se trouvant après le mesureur. Les brides et leurs joints doivent être alignés à l’intérieur de la tuyauterie et les joints ne doivent pas rétrécir le courant liquide ; les brides du débitmètre doivent être marquées pour assurer l’alignement du tranquilliseur et du débitmètre après assemblage ;

— la conduite doit être nettoyée sur toute sa longueur en amont

du mesureur, avant montage de celui-ci ; des vannes peuvent faciliter l’entretien de l’appareil ;

— lorsque le débit est réglé par une vanne, celle-ci doit toujours

être située en aval, afin d’éviter tout dégagement de gaz et toute

cavitation dans l’appareil ; lors de la mise en service, il risquerait même d’être mû par de l’air, de tourner à très grande vitesse et ses paliers pourraient en souffrir ;

— la liaison entre émetteur et récepteur (§ 5.1) doit être assurée

par un câble blindé bipolaire sous gaine isolante. Certains appareils sont munis de prises de courant normalisées, ce qui facilite les

raccordements. Le type antidéflagrant s’impose pour les installations où circulent des hydrocarbures ;

— l’installation doit être protégée, si nécessaire, par un filtre

capable de retenir les particules abrasives ou autres pouvant bloquer le mécanisme du mesureur ou provoquer son usure prématurée ;

— l’installation doit être réalisée de manière à éviter tout passage

d’air, de vapeur ou de gaz dans le débitmètre en plaçant, si néces- saire, un dispositif de dégazage en amont du débitmètre. Un tel dispositif est installé aussi près que possible du compteur, comme cela résulte des bonnes pratiques, mais cependant pas trop près pour ne pas provoquer de remous ou conduire à un profil non uniforme

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

des vitesses à l’entrée du débitmètre ; les vapeurs doivent être évacuées de façon inoffensive. Si cet éloignement minimal ne peut pas être respecté (pour des raisons d’encombrement), il y a lieu de prévoir impérativement un dispositif de raccordement à un moyen d’étalonnage, afin de connaître les caractéristiques métrologiques du débitmètre dans ses conditions réelles d’emploi ;

— il est vivement recommandé d’équiper l’installation d’un dis-

positif de raccordement à un moyen d’étalonnage, lequel dispositif est placé en aval du débitmètre mais en amont des organes

régulateurs de pression ; la distance entre débitmètre et moyen d’étalonnage doit être courte et le diamètre des tuyauteries les reliant doit être suffisamment important pour qu’il n’y ait pas de diminution notable du débit pendant les opérations d’étalonnage ; la tuyauterie doit être telle que le volume de liquide qui subsiste entre le débit- mètre et le point d’entrée dans le dispositif d’étalonnage demeure constant durant les étalonnages ;

— lorsque l’installation comporte une sonde de température, la

mise en place d’un doigt de gant, à proximité de la sonde, aux fins de contrôle à l’aide d’un thermomètre étalon est généralement

appréciée ;

— lorsque l’installation comporte une conduite de by-pass du

débitmètre, celle-ci doit être munie d’une vanne dont l’étanchéité doit être sûre.

La norme ISO 2715 propose des illustrations de tous ces prin- cipes d’installation ; nous en avons extrait :

— la figure 13 qui donne une base schématique pour la concep-

tion d’une installation de mesurage faisant appel à un débitmètre

à turbine et à ses accessoires annexes ;

— la figure 14 qui donne un exemple de dispositif de tranquilli- sation comprenant un tranquilliseur ;

— la figure 15 qui montre le risque d’erreur que peut causer une pression (ou contre-pression) insuffisante en aval du mesureur (risque de cavitation).

insuffisante en aval du mesureur (risque de cavitation). Figure 13 – Ensemble de mesurage par compteur

Figure 13 – Ensemble de mesurage par compteur à turbine (d’après ISO 2715)

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES Figure 14 – Exemples de dispositif de tranquillisation comprenant un

Figure 14 – Exemples de dispositif de tranquillisation comprenant un tranquilliseur (d’après ISO 2715)

comprenant un tranquilliseur (d’après ISO 2715) Figure 15 – Influence de la cavitation sur la vitesse

Figure 15 – Influence de la cavitation sur la vitesse du rotor (d’après ISO 2715)

9. Étalonnage

Les débitmètres et compteurs à turbine sont très souvent utilisés pour le mesurage de liquides de valeur marchande élevée. On exige donc qu’ils possèdent les qualités métrologiques les meilleures et, en conséquence, qu’ils soient étalonnés très soigneusement.

Les résultats d’étalonnage sont influencés par de nombreux

facteurs :

— la masse volumique, la viscosité et la température du liquide mesuré ;

— le débit ;

— l’usure mécanique.

Ce dernier paramètre, qui dépend de l’instrument lui-même, a pour principal effet de dégrader petit à petit son exactitude et, aux petits régimes, sa fidélité. Cette considération, applicable à coup sûr à tous les instruments comportant des pièces mobiles, conduit

à démontrer la nécessité du contrôle périodique.

Il est possible de renoncer à l’étalonnage au lieu d’installation et

de le remplacer par un étalonnage en station d’essais centra- lisée lorsque certaines conditions sont réunies sur la station d’essais :

— reproduction des débits de mesurage ;

— liquides d’essais identiques ou possédant des caractéristiques

analogues, en particulier la viscosité (les essais peuvent être réalisés

à pression et température différentes de celles du lieu d’utilisation,

si des corrections adéquates de dilatation-contraction sont apportées

aux indications du débitmètre au lieu d’utilisation, § 6.10) ;

— conditions d’installation en station identiques ou analogues à

celles du lieu d’utilisation :

• le débitmètre doit être étalonné avec son tranquilliseur,

• les dispositifs de tranquillisation doivent être reproduits avec

une fidélité suffisante pour que les résultats d’étalonnage soient réputés utilisables au lieu d’utilisation avec un niveau d’exactitude donné ; par exemple, une exactitude de 1 % exige la mise en œuvre de longueurs droites moins grandes qu’une exactitude de 0,2 % ; pour une exactitude encore meilleure (environ 0,1 %), certains utilisateurs complètent leurs exigences en matière de dispositifs de tranquillisation par des exigences en matière de conditions d’alimentation ; par exemple, on peut compléter une installation avec la mise en place d’un dispositif perturbateur type à forte perte de charge détruisant les effets des irrégularités du circuit hydraulique.

On mentionnera ci-après les caractéristiques propres à certaines méthodes d’étalonnage.

9.1 Jauges

Elles permettent de déterminer les volumes de liquides effective- ment mesurés, c’est-à-dire séparés de l’air, des gaz ou des vapeurs qu’ils contenaient au cours du mesurage. Elles présentent l’inconvénient d’être très délicates d’emploi avec les liquides chauds (température supérieure à 60 o C) et les liquides visqueux (viscosité cinématique supérieure à 20 mm 2 /s). Lors de leur utilisation, il convient de veiller à la bonne étanchéité de leur vanne de vidange.

Remarque : pour les gaz de pétrole liquéfiés, il existe des jauges à déplacement d’eau. Elles se révèlent d’emploi malaisé du fait des corrections en température et en pression qu’il faut effectuer pour connaître les volumes de liquides effectivement mesurés.

9.2 Tubes étalons

Ils présentent l’avantage d’être insensibles à l’évaporation et à la viscosité (pas de mouillage) du liquide, d’être dépourvus de vannes susceptibles de fuir, d’être utilisés dans des conditions voisines des conditions d’utilisation des débitmètres, de pouvoir être pilotés à distance et de minimiser les problèmes de remise en ligne des liquides mesurés.

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Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

Par contre, les résultats d’étalonnage sont perturbés par la présence d’air, de vapeurs ou de gaz dans le liquide mesuré. Les tubes étalons possèdent trois grandes limites d’emploi :

— débit maximal ;

— débit minimal ;

— température maximale.

Remarque : le problème d’un volume de tube étalon trop faible peut être résolu grâce à l’emploi de méthodes d’inter- polation. Dans le domaine pétrolier, ce sujet a fait l’objet de la norme ISO 7278-3.

9.3 Étalons de débit secondaires

Le recours à des débitmètres élevés au rang d’étalons s’impose dans le cas de gros appareils qu’il n’est pas possible d’étalonner à l’aide de jauges ou de tubes étalons. Cette méthode donne des résultats satisfaisants lorsque les débitmètres étalons, utilisés à poste fixe (exemple classique : sur un banc d’essais) et étalonnés sans démontage présentent une exacti- tude compatible avec celle des résultats d’étalonnage recherchés.

9.4 Pesée

Le recours à un instrument de pesage s’impose dans le cas de liquides difficiles à manipuler ; exemples : liquides cryogéniques, liquides corrosifs ou toxiques. Pour être efficace, la méthode nécessite une bonne connaissance de la masse volumique du liquide dans les conditions de mesurages (dans le débitmètre et au moment de la pesée) ; à ce sujet, l’emploi

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

de tables reconnues donnant la masse volumique en fonction de la température (et quelquefois de la pression) est chose fréquente à cause de la difficulté de manutention des liquides mesurés.

Le mesurage par débitmètre (ou compteur) à turbine en bref

On a regroupé ici les limites de fonctionnement raisonnables que l’on peut espérer d’un compteur à turbine ; ces limites s’appliquent à une technologie et non à un instrument donné (c’est pour cette raison que l’on ne donne pas de valeurs de débit minimal ni de débit maximal) :

limites de température : – 260 à + 500 o C ;

pression : jusqu’à 640 bar ;

diamètre de raccordement : de 1,25 mm à 1 200 mm ;

exactitude de mesure : de 0,25 à 2 % (de la grandeur mesurée) ;

dynamique de débit (Q max /Q min ) : de 10 à 25 ;

reproductibilité : de 0,05 à 0,2 % ;

perte de charge : de 0,3 à 0,6 bar à Q max ;

 

impulsions/fréquence pour tous liquides,

signal de sortie :

analogique également pour l eau.

10.Comparaison

avec d’autres types de débitmètres

Le tableau 1 compare les appareils à turbine avec d’autres techno- logies de mesurage des liquides.

 

Tableau 1 – Comparaison des débitmètres à turbine avec d’autres débitmètres

Comparaison avec

Avantages du débitmètre à turbine

Inconvénients du débitmètre à turbine

 

— indépendance de l’information de mesure vis-à-vis de la masse volumique du liquide ;

— plus grande fragilité ;

les appareils

déprimogènes

— usure mécanique ;

— proportionnalité de l’information au débit volumique ;

— plus grande étendue de mesure ;

— inadaptation à la mesure des liquides chargés de par- ticules solides ;

 

— meilleure exactitude.

— nettoyage à la vapeur à exclure.

 

— perte de charge plus faible ;

— plus grande sensibilité à la viscosité du liquide ;

— encombrement moindre à débit égal ;

— plus faible étendue de mesure ;

— non-génération de pulsations dans le liquide et dans l’information de débit ;

— construction plus facile pour les très gros appareils ;

— possibilité de montage à insertion ;

— pas d’interruption du débit en cas de blocage du rotor ;

— nécessité d’une source d’énergie extérieure ;

les compteurs

de volumes

à chambres

mesureuses

— nécessité de ménager des longueurs droites de conduites en amont et en aval ;

— prix généralement plus élevé (pour l’ensemble indis- sociable : mesureur + électronique de traitement).

— poids plus faible ;

— entretien plus facile.

 

— fonctionnement indépendant de la conductivité et du pH du liquide à mesurer ;

— plus grande fragilité ;

— usure mécanique ;

les débitmètres

électromagnétiques

— aucune précaution particulière de montage en matière d’isolation électrique vis-à-vis de la conduite ;

— inadaptation à la mesure des liquides chargés de par- ticules solides ;

— possibilité de montage à insertion ;

— nettoyage à la vapeur à exclure.

 

— meilleure résistance à l’agressivité chimique du liquide à mesurer.

 

— possibilité de mesurer des liquides dans des conditions d’écoulement telles que : Re < 4 000 ;

— sensibilité aux fortes variations de la viscosité ;

les débitmètres

— plus grande fragilité ;

à vortex

— possibilité de montage à insertion.

— usure mécanique ;

— nettoyage à la vapeur à exclure.

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Débitmètres à turbine pour liquides

par Dominique MÉTIVIER

Ingénieur de l’Industrie et des Mines Attaché à la Sous-Direction de la Métrologie du Ministère chargé de l’Industrie

Ouvrages et revue

[1]

TROSKOLANSKI (A.T.). – Théorie et pratique

[2]

des mesures hydrauliques. (Traduit du polonais par M. LARONDE) 848 p., 16 × 25, DUNOD, p. 550-5 (1963). HIGSON (D.J.). – The transient performance of a turbine flowmeter in water. J. Sci. Instr., mai 1964.

[3] GAGEY (E.). – Utilisation des compteurs

turbines pour la mesure des volumes et des débits de produits pétroliers. Société Hydro- tech, France, IX e Journées de l’hydraulique, Paris (1966). PENET (P.). – Le comptage des liquides dans l’industrie pétrolière. Pétrole Informations, avril 1967.

[4]

Références bibliographiques

[5]

MAUGEIN (G.). – L’évolution du mesurage des

[6]

produits pétroliers à l’aide de compteurs volumétriques. Revue de Métrologie pratique et légale, juin-juil. 1967. STEVENS (G.H.). – Dynamic calibration of

[7]

turbine flowmeters. Instrum. Control Systems, p. 109-111, avril 1970. BARRIOL (Y.) et CONVERT (J.L.). – Améliora-

[8]

tion de la précision des bancs de comptage du pipeline sud-européen. Bulletin de l’OIML n o 112, sept. 1988. OULHEN (G.). – Le compteur à turbine. Pétrole

[9]

et techniques n o 349, juin-juil. 1989. HENRY (R.), EL KHLIFI (M.) et VALLET (J.P.). – Sur le fonctionnement des compteurs à turbine aux faibles débits nominaux : effet de surcomptage. Bull. BNM n o 89, juil. 1992.

La Revue de Métrologie Pratique et légale publie les décisions d’approbation de modèles.

Articles des Techniques de l’Ingénieur

[11]

dans un fluide. R 2110, traité Mesures et Contrôle, mars 2000. [12] BALIAN (A.). – Compteurs d’énergie ther- mique. R 3 040, traité Mesures et Contrôle, janv. 1994.

[13]

DUPRIEZ (F.). – Mesures locales de la vitesse

[10]

GAILLEDREAU (C.). – Débitmètres à pression différentielle. R 2220, traité Mesures et Contrôle, mars 1999.

[14] STAUB (J.-N.) et BERGOUGNOUX (L.). – Débitmètres électromagnétiques. R 2275, traité Mesures et Contrôle, juil. 1994.

Normalisation

Normes internationales International Organization for Standardization ISO

ISO 2715

1981

Hydrocarbures liquides. Mesurage volumétrique au moyen de compteurs à turbine.

ISO 3354

1988

Mesure de débit d’eau propre dans les conduites fermées. Méthode d’exploration du champ des vitesses dans les conduites en charge et dans le cas d’un écoulement régulier, au moyen de moulinets.

ISO 4006

1991

Mesure du débit des fluides dans les conduites fermées. Vocabulaire et symboles. Édition bilingue.

ISO 4064-1

1977

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Partie 1 : Spécifications.

ISO 4064-2

1978

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Partie 2 : Conditions d’installation. Additif 1 : 1983 à l’ISO 4064-2 : 1978. Compteurs fonction- nant en parallèle et en groupe.

ISO 4064-3

1983

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Partie 3 : Méthodes et matériels d’essais.

ISO 5168

1978

Mesure de débit des fluides. Calcul de l’erreur limite sur une mesure de débit.

ISO 7066-1

1989

Évaluation de l’incertitude dans l’étalonnage et l’utilisation des appareils de mesure du débit. Partie 1 : Relations d’étalonnages linéaires.

ISO 7066-2

1988

Évaluation de l’incertitude dans l’étalonnage et l’utilisation des appareils de mesure du débit. Partie 2 : Relations d’étalonnages non linéaires.

ISO 7145

1982

Détermination du débit des fluides dans les conduites fermées de section circulaire. Méthode par mesure de la vitesse en un seul point.

ISO 7194

1983

Mesure de débit des fluides dans les conduites fermées. Mesure de débit dans les conduites circulaires dans le cas d’un écoulement giratoire ou dissymétrique par explora- tion du champ des vitesses au moyen de moulinets ou de tubes de Pitot doubles.

ISO 7858-1

1985

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Compteurs combinés. Partie 1 : Spécifications.

ISO 7858-2

1987

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Compteurs combinés. Partie 2 : Conditions d’installation.

ISO 7278-1

1987

Hydrocarbures liquides. Mesurage dynamique. Systèmes d’étalonnage des compteurs volumétriques. Partie 1 :

 

Principes généraux.

ISO 7278-2

1988

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Compteurs combinés. Partie 2 : Tubes étalons.

ISO 7278-3

1986

Mesurage de débit d’eau dans les conduites fermées. Compteurs d’eau potable froide. Compteurs combinés. Partie 3 : Techniques d’interpolation des impulsions.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite. © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

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DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

Réglementation

Lorsque les débitmètres à turbine sont utilisés pour des opérations concernant la garantie publique, opérations commerciales ou fiscales essen- tiellement, mais aussi détermination de salaires, expertises judiciaires, répartition de marchandises, ils entrent dans le champ de la métrologie légale et, à ce titre, sont soumis à la réglementation de la sous-direction de la Métro- logie les concernant :

— décret n o 72-145 du 18 février 1972 ;

— arrêté du 12 mai 1972 ;

pour ce qui concerne le mesurage des liquides autres que l’eau.

Décret n o 72-145 du 18 février 1972

réglementant la catégorie d’instruments de mesurage : ensembles de mesu- rage à compteur turbine destinés à déterminer le volume des liquides autres que l’eau.

Ce décret (JO du 24 février 1972) apporte deux définitions :

un ensemble de mesurage à compteur turbine est constitué par une

installation comportant un compteur turbine et les dispositifs nécessaires au bon fonctionnement et à l’utilisation de cette installation ;

— un compteur turbine est un compteur dans lequel le liquide provoque la

rotation d’un organe mobile à pales avec une vitesse proportionnelle au débit,

permettant ainsi de mesurer le volume de liquide qui traverse le dispositif mesureur ; il comporte un dispositif indicateur gradué en unités légales de volume.

Remarque : au sens de la réglementation, le rotor équipant un compteur turbine n’est pas forcément muni de pales hélicoïdales.

Ce décret fixe également les limites d’emploi applicables aux ensembles de mesurage :

— un ensemble de mesurage à compteur turbine ne doit être utilisé que pour

mesurer des volumes de liquides égaux ou supérieurs à une valeur, dénommée livraison minimale : pour les ensembles de réception, cette quantité est dénommée réception minimale ;

— l’erreur maximale tolérée sur les volumes délivrés par un ensemble de

mesurage à compteur turbine en service, dans les conditions usuelles d’emploi et dans les limites d’utilisation précisées par arrêtés ministériels (pris en application), est fixée, en plus et en moins, à :

• 0,5 % de la quantité mesurée pour tout volume égal ou supérieur à deux

fois la livraison minimale,

• 1 % de la livraison minimale pour tout volume compris entre une fois et deux fois la livraison minimale.

Remarque : les valeurs précédentes de l’erreur maximale tolérée peuvent être augmentées (jusqu’à être doublées) lorsqu’elles s’appliquent à des ensembles de mesurage présentant des difficultés particulières de contrôle, notamment si les liquides sont mesurés à des températures inférieures à – 10 o C ou supé- rieures à + 50 o C. Ces majorations sont fixées par les décisions d’approbation de modèles.

Arrêté du 12 mai 1972

relatif à la construction, la vérification et l’utilisation des ensembles de mesu- rage à compteur turbine destinés à déterminer le volume des liquides autres que l’eau.

Ce texte a été publié au Journal Officiel du 28 mai 1972.

Dispositions générales

Tout ensemble de mesurage à compteur turbine doit être conforme à un modèle approuvé.

Des décisions d’approbation peuvent également porter sur des éléments constitutifs d’un ensemble de mesurage (par exemple : un compteur ou encore un mesureur).

Les essais effectués en vue de l’approbation d’un modèle portent, en principe, sur trois exemplaires. Lorsqu’ils concernent un compteur turbine, ces essais doivent, en principe, comporter un essai d’endurance de 300 h au débit maximal du compteur. Après cette épreuve, la variation maximale de l’erreur du compteur ne doit pas excéder 0,3 % de la quantité mesurée.

Les décisions d’approbation relatives aux ensembles comportent en outre une description complète du montage : mode d’alimentation, filtres, dispositif de dégazage, dispositifs de tranquillisation, organe de régulation, etc., et fixent la valeur de la livraison minimale de ces ensembles de mesurage.

Construction

Les matériaux de construction doivent être adaptés à l’usage de destination pour ce qui est du liquide mesuré (pression, température, agressivité, alimen- tarité) et de l’environnement (entre autres, les influences électriques et électromagnétiques extérieures).

Lorsque le dispositif indicateur recueille des signaux électriques émis par le mesureur, les précautions nécessaires doivent être prises pour que tous ces signaux et eux seuls soient, avec certitude, transmis au dispositif indicateur.

Remarque : la solution universellement acceptée consiste à équiper les mesureurs de deux transducteurs décalés produisant deux voies d’impulsions de mesurage, la seconde voie servant au contrôle de la première.

Les compteurs turbines peuvent comporter un dispositif d’ajustage. L’ajus- tage par un canal de dérivation sur le compteur est interdit.

Le rapport entre le débit maximal et le débit minimal d’un compteur turbine doit être au moins égal à 10, lorsque les liquides mesurés ont une viscosité cinématique inférieure ou égale à 10 mm 2 /s à la température de mesurage.

Les compteurs turbines doivent être équipés de dispositifs de tranquillisation amont et suivis d’une canalisation droite d’une longueur au moins égale à 5 fois son diamètre.

Remarque : curieusement, rien n’est dit sur l’intérêt de maintenir une pression minimale dans le compteur turbine (§ 6.2).

Vérification

La vérification des ensembles de mesurage peut être effectuée avec des jauges ou des tubes étalons ou tout autre moyen adapté. Les capacités de ces moyens de vérification doivent être telles que l’indication des compteurs vérifiés peut être appréciée avec une erreur inférieure ou égale à un dix-millième de leur capacité.

Remarque : pour respecter cette exigence, le recours à une méthode d’inter- polation est admis (ISO 7278-3).

Les erreurs maximales tolérées en vérification primitive et en vérification périodique sont les mêmes que les erreurs maximales tolérées en service, avec une petite nuance pour la vérification primitive : au débit habituel d’utilisation de l’ensemble de mesurage, l’erreur maximale tolérée est divisée par deux de manière à éviter une exploitation systématique (et tendancieuse) de l’erreur maximale tolérée.

Le mesureur d’un compteur turbine neuf peut, si nécessaire, faire l’objet d’une vérification séparée avec le ou les liquides de destination ou des liquides de substitution présentant des caractéristiques analogues ; les erreurs maximales tolérées sont fixées à la moitié de celles en service.

Utilisation

Dans le cas de mesurages de liquides présentant entre eux des écarts tels que les variations de l’erreur dépassent la moitié des erreurs maximales tolérées des ensembles de mesurage en service, l’emploi de tels ensembles est admis sous réserve de l’application de coefficients de correction établis pour dif- férentes zones de fonctionnement.

L’établissement de ces coefficients est effectué sous le contrôle des autorités compétentes et en présence des parties intéressées qui désirent assister aux opérations d’étalonnage.

Remarque : cette disposition rend admissible le mesurage consécutif de produits très variés avec les mêmes instruments sur un oléoduc.

Observations. Évolution

La réglementation applicable aux ensembles de mesurage à compteur turbine est très sévère : deux fabricants seulement ont pu bénéficier d’appro- bations de modèles entre 1972 et 1990. On peut noter que les matériels approuvés possèdent des rotors effectivement hélicoïdaux.

Elle présente cependant un double inconvénient :

— elle est orientée très nettement vers le mesurage sur oléoduc ;

— elle impose la mise en service de moyens de vérification trop différents de ceux utilisés et autorisés avec d’autres compteurs réglementés

De ce fait, il est très probable que cette réglementation de 1972 fasse l’objet, dans un avenir relativement proche, d’une complète refonte permettant :

— une approche technique des problèmes de vérification indépendante de la technologie de mesurage employée ;

— une harmonisation internationale des exigences réglementaires appli-

cables aux instruments de mesurage de volumes de liquides autres que l’eau, grâce à l’adoption d’un consensus au sein de l’OIML (Organisation Inter-

nationale de Métrologie Légale), dans un premier temps, et à la CEE, dans un second temps ;

— une prise en compte de l’évolution des technologies en matière de

traitement de l’information et de miniaturisation des dispositifs électroniques conduisant à la mise au point d’appareils intelligents (fonctions d’auto-

correction et d’autodiagnostic incorporées) et autonomes.

Doc. R 2 280 2

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Constructeurs. Distributeurs

(Liste non exhaustive)

DÉBITMÈTRES À TURBINE POUR LIQUIDES

Alma Instruments.

Foxboro.

Bopp et Reuther, commercialisé par Métra.

George Fischer.

Cergydis.

Kobold Instrumentation.

Endress + Hauser.

Krohne.

Étoile International.

Mair Mesures.

Euro Air Instruments.

OTIC Fisher et Porter.

Faure Herman.

Rosemount sarl.

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