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C14.

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C14.2. Abaque de Smith. Smith chart.

Un abaque de Smith classique et très complet peut être trouvé en figure C14.2-a.
(désignation: The Complete Smith Chart -impedances).

Le même abaque se trouve en figure C14.2-b mais tout le réseau des admittances y
figure en plus, ce qui en fait un abaque moins classique que le précédent mais plus que
complet, pourrait-on dire ! (désignation: Smith Chart: normalized admittance/impedance).

Ces abaques peuvent être trouvés sur Internet (www.SSS-mag.com/pdf/smithchart.pdf)


(moteur de recherche sur « smith chart »).

Un abaque de Smith interactif vraiment remarquable est publié par Agilent à l'adresse
education.tm.agilent.com .

Une très bonne définition de l'abaque de Smith est extraite de [12]:

«L'abaque* de Smith** est une aide graphique ou un nomogramme* conçu pour les
électriciens ou électroniciens spécialisés en conception radio-fréquence, pour aider à la
résolution de problèmes relatifs aux lignes de transmission et circuits d'adaptation.
L'usage de l'abaque de Smith a augmenté fortement au cours des années et il est encore
largement utilisé de nos jours, non seulement comme aide à la résolution de problèmes, mais
comme représentation de la manière dont l'un ou l'autre paramètre RF se comporte en fonc-
tion de la fréquence, ou aussi pour utiliser des informations issues de tables. L'abaque de
Smith peut être utilisé pour représenter divers paramètres tels que impédances ou admittan-
ces, coefficient de réflexion, paramètres S (scattering), des cercles de chiffres de bruit, des
contours de gain constant et des zones de stabilité inconditionnelles.
L'abaque de Smith est le plus fréquemment utilisé sur ou à l'intérieur du cercle de rayon
unité (|Γ| =1). Cependant, l'extérieur du cercle est aussi mathématiquement significatif et est
utilisé, par exemple, pour l'étude d'oscillateurs ou l'analyse de stabilité ».

* Nomogramme: système de courbes permettant de trouver certains résultats par simple


lecture, sans calculs.
Abaque: diagramme, graphique donnant par simple lecture, la solution approchée d'un
problème numérique.

** Phillip Smith ( biographie sur Internet : www.pilloud.net)1905-1987. Ingénieur au Bell


Laboratories inventa cet abaque en 1939 et le perfectionna dans les quelques années suivan-
tes, pour résoudre facilement la plupart des équations apparaissant dans les calculs relatifs
aux circuits micro-ondes, surtout pour adapter les émetteurs à leurs antennes. Comme ces
équations font presque toujours appel aux nombres complexes, leur résolution est parfois
longue et fastidieuse. L'exemple le plus typique est l'équation Γ= (Z-1)/(Z+1).
Livre: Electronic Applications of the Smith Chart. Kay Electronic Company.
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C14.2.1 Représentation des impédances.

Un abaque de Smith est, d'abord, un moyen de représenter les impédances sous la forme
R ± jX. Mais, afin qu'il soit d'un emploi le plus universel possible, on représente les impé-
dances sous une forme normalisée (ou réduite), c'est à dire rapportée à une valeur quelconque
spécifiée au départ, le plus généralement 50 Ω. Cette valeur de référence que l'on adopte
initialement dépend évidemment de la configuration du circuit que l'on veut calculer. Elle doit
toujours être clairement indiquée quelque part. Nous verrons plus loin que l'abaque de Smith
permet aussi de calculer les réflexions qui prennent naissance dans les lignes (ROS, Γ et
Zin). C'est donc normalement la résistance caractéristique de la ligne de transmission qui
véhicule le signal qui est prise comme référence. On la désigne généralement sous le nom
générique de Zc ou Zo, mais il s'agit presque toujours d'une résistance pure, donc Rc ou Ro.

Voir la figure C14.2.1-a

L'axe horizontal central de l'abaque représente pratiquement toutes les valeurs de


résistances pures (de zéro à l'infini). On peut donc représenter sur cet axe, presque toutes les
valeurs d'impédances de la forme (R + j0)/Zc. On peut appeler cet axe « l'axe des résistances
pures ». Le point central indique la valeur 1.0 qui représente la valeur de référence choisie.
Par tous les points de cet axe, nous voyons qu'une série de cercles sont tracés. Ils passent tous
par le point R = ∞. Tous ces cercles représentent le lieu des point où la résistance reste
constante ( dont la valeur est indiquée sur l'axe horizontal).

Le plan au-dessus de l'axe horizontal est le lieu de tous les point d'impédances à
réactance positive (donc inductive). Une série d'arcs de cercles sont également représentés. Ils
sont gradués en valeur de réactance positive(que l'on peut trouver tout le long du cercle
extérieur).

Le plan en-dessous de l'axe horizontal est le lieu de tous les points d'impédances à
réactance négative (donc capacitive). Une série d'arcs de cercles sont encore représentés. Ils
sont gradués en valeur de réactance négative (que l'on peut trouver tout le long du cercle
extérieur).

N'importe quelle valeur d'impédance peut être représentée dans le plan qui vient
d'être défini.

Les valeurs de ces impédances sont évidemment aussi toujours rapportées à Zc, donc
(R + jX)/Zc dans le plan supérieur et (R – jX)/Zc dans le plan inférieur. L'échelle numérique
des réactances pures (où R = 0) se trouve tout le long du premier cercle extérieur (le cercle 1)

Le cercle 1 est le lieu de tous les points où la résistance ohmique est nulle; donc où
l'impédance est de la forme réduite (0 ± jX) / Zc. Ce cercle est appelé cercle des réactances
pures (inductives au-dessus, capacitives en-dessous)
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Remarque 1: Dans certains cas particuliers (lorsqu'il ne s'agit, par exemple, que de repré-
senter un résultat, l'axe horizontal peut être directement gradué en résistances vraies, non
réduites. Dans tout l'abaque, les impédances sont alors naturellement aussi représentées dans
leur valeur vraie, sous la forme R ± jX.

Remarque 2: Dans tout l'abaque, les résistance représentées sont positives. Tout le long du
cercle 1 qui borne l'abaque (le cercle des réactances pures), la résistance ohmique est nulle.
Au delà de ce cercle, donc à l'extérieur de l'abaque, les résistances sont négatives ( le coeffi-
cient de réflexion y est supérieur à 1). On est parfois appelé à tracer des figure dans cette
région extérieure de l'abaque.

Remarque 3: Le tracé de tous ces cercle répond à des relations mathématique bien détermi-
nées et assez simples. Il est donc possible de tracer soi-même un abaque de Smith.
A titre d'exemple, c'est ce qui a été fait dans la figure C14.2.1 rem 3. Mais il est clair que la
construction de cet abaque est un travail de patience et de grand soin... qu'il vaut mieux éviter
en utilisant un formulaire tout fait!

Exemple 1: Voir encore la figure C14.2.1-a

Adoptons 50 Ω comme valeur de référence:

Le point central représente donc 50 Ω (point a de la figure).


Le point 75 Ω, par exemple, se trouve sur 75/50 = 1,5 (point b). Une résistance de 25 Ω se
représente au point 25/50 = 0,5 (point c). Une résistance de 1kΩ se trouve en 1000/50 = 20
(point d).
Adoptons 75 Ω comme valeur de référence:

Le point central représente maintenant 75 Ω (point a). Une résistance de 50 Ω se trouve en


50/75= 0,667. Une résistance de 25 Ω se trouve au point 25/75= 0,333. Une résistance de
1 kΩ se trouve en 1000/75 = 13,33.

Exemple 2. Soit un générateur alimentant une impédance Rr ± jXr (r pour récepteur)


via un câble coaxial blindé de type RG58. Voir la figure C14.2.1-b.

Dans cet exemple, nous souhaitons représenter simplement des impédances et nous ne nous
occuperons pas des réflexions et des ondes stationnaires. La résistance de référence peut donc
être choisie à n'importe quelle valeur. Mais comme nous disposons d'une ligne dont nous
connaissons la résistance caractéristique (RG58 => 50Ω), choisissons 50Ω comme résistance
de référence.
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Résistances pures:

- Rr = 50Ω Xr = 0 point a
- Rr = 25Ω Xr = 0 point b

Réactances pures:

- Rr = 0 Xr => 1µH f= 100MHz point c 12,56


- Rr = 0 Xr => 100 pF f= 100MHz point d 0,32

Impédances quelconques (inductives et capacitives), fréquences variables:

- Rr =25Ω Xr => 10 nH f = 100, 200, 400, 600, 800, 1000 MHz points e => j
- Rr =25Ω Xr => 10 pF f = id. points k => p

Impédance R,L,C résonance série.

- Rr =5Ω, Xr => 10 nH + 10 pF f = 100, 200, 400, 800, 1000 MHz points q => v

1
NB: résonance à f = --------------------- = 500 MHz.
2 π √ 10nH.10pF

Nous voyons que tout circuit composé d'un ou de plusieurs éléments R,L,C en
série se traduit, dans l'abaque, lorsque la fréquence varie, par une série de points s'ali-
gnant sur une portion de cercle de résistance constante. S'il y a résonance, cette portion
de cercle traverse l'axe horizontal des résistances pures.

Exemple 3: Représentons l'impédance Z = 30 + j 25 Figure C14.2.1-b

En valeur normalisée à 50Ω, on obtient Z = 0,6 + j 0,5 => point w

Trouvons le point symétrique de w par rapport à 1 => point X, dont nous lisons les
coordonnées 0,98/99 – j 0,83/84 . Ce point est l'admittance Y = 1/Z.

Vérifions-le par calcul :


1 0,6 – J 0,5
Z = 0,6 + j 0,5, Y = 1/Z = ------------- = ---------------- = 0,984 – j 0,82 => OK.
0,6 + j 0,5 0,36 + 0,25

Ce point symétrique peut être obtenu en portant une longueur aw = ax ou en traçant


un cercle de centre a et de rayon aw.

Remarquons que le cercle wx coupe l'axe horizontal aux deux points de résistances
réduites 0,45 et 2,22 Ω (correspondant aux deux résistances réelles 22 et 111 Ω.).
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Notons au passage que si R = 2,22 Ω, 1/R = 0,45 Ω (et si R = 0,45 Ω, 1/R = 2,22 Ω).

Le cercle de centre 1.0 que l'on trace par n'importe quelle impédance réduite (ou
non) permet de trouver, diamétralement opposée, l'admittance réduite (ou non) cor-
respondante.

Remarque: On peut même observer que toutes les admittances se placent graphiquement sur
leurs impédances correspondantes si l'on retourne l'abaque gauche/droite et haut/bas (soit une
rotation de 180°). C'est ce qui a permis de tracer le graphique C14.2 – b où les cercles
admittances sont également représentés. Tout point d'impédance dans l'abaque normal
donne directement, au même endroit, la valeur correspondante de l'admittance dans
l'abaque retourné (de couleur différente) .

Exemple 4: impédances parallèles. Figure C14.2.1- c.

Soient les impédances suivantes placées en parallèles :

1. Rr = 25 Ω et Xr => 10 nH 100, 200, 400, 600, 800 et 1000 MHz. Points a => f

2. Rr = 25 Ω et Xr => 10 pF 100, 200, 400, 600, 800 et 1000 MHz. Points g => l

Nous voyons que tous les points s'alignent sur le cercle correspondant à l'admittance
1 1
Ycr = ----------- = -------------- = 2 (donc à l'impédance Zcr = 0,5 )
Rr / Rc 25Ω / 50Ω

Nous pouvons retrouver ce cercle sur l'abaque de la figure C14.2 – b.

3. Traitons maintenant du cas de la résonance parallèle :

Soit : Rr = 50Ω Xr => 10nH en parallèle sur 10 pF (notons que nous avons vu plus
haut que cet ensemble résonne à 500 MHz).

Représentons tous ces points aux mêmes fréquences que ci-dessus. Points m => r
Le point de résonance est le point s.

Nous voyons que tous les points s'alignent encore sur le cercle de l'admittance
( correspondant à 50 Ω => admittance réduite = 1 Ω-1).

Nous voyons que tout circuit composé d'un ou de plusieurs éléments R,L,C en
parallèles se traduit, dans l'abaque, lorsque la fréquence varie, par une série de points
s'alignant sur une portion de cercle d'admittance constante. S'il y a résonance, cette
portion de cercle traverse l'axe horizontal des résistances pures.
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Groupement d'impédances à fréquence constante. But à atteindre.

Soit une résistance de Rr = 45 Ω dans un système à 75 Ω.


Soit 0,6 Ω réduite placée dans l'abaque => point A. Voir la figure C14.2.1-d

Groupement série:

- Branchons, en série avec Rr une impédance inductive de 0,5 Ω => point B.

Si on ajoute encore, en série, de l'impédance inductive à ce groupement, le point se


déplacera davantage dans le sens horlogique sur le cercle de la résistance , d'où la
flèche C

- Branchons, en série avec Rr une impédance capacitive de 0,5 Ω => point D.

Si on ajoute encore, en série, de l'impédance capacitive, le point se déplacera


davantage dans le sens anti-horlogique sur le cercle de la résistance d'où la flèche E.

- Branchons en série avec la résistance, une inductance de 0,5 Ω et une capacitance de


0,5 Ω également. Le point A se déplace d'abord en B avec la self, puis recule de nouveau en A
avec la capacité (on a évidemment une résonance série où seule la résistance subsiste).

Groupement parallèle:

- Branchons en parallèle sur la résistance, une self de 0,5 Ω ( figure C14.2.1-d).


1 1 1 1
---- = ---- + ----- => Yz = YR + YL = 1,67 – j 2 S => Z = ------------ = 0,246 + j 0,295
Z R jX 1,67 - j 2

Dans l'abaque, effectuons la somme des deux admittances 1,67 et - j 2 :

Le mieux serait peut-être d'utiliser un formulaire d'abaque où figurent les admittances (tel que
celui de la figure C14.2-b). Mais on peut aussi « faire comme si » avec un formulaire normal
(qui a l'avantage d'être plus grand et plus lisible) tout en conservant un oeil sur le formulaire
admittances.

- Repérons d'abord le point d'impédance 0,6 Ω. Le point d'admittance 1 / 0,6 = 1,67 se trouve
au même endroit à condition de suivre maintenant les cercles d'admittances. Traçons ce cercle
au compas (diamètre 0Ω,0,6Ω). On obtient naturellement de nouveau le point A. Ajoutons
l'admittance – j 2 en traçant le cercle d'admittance – 2 (le centre de ce cercle se trouve sur la
verticale passant par le point 0 Ω). Le point de croisement des deux cercles (le point F) est le
point d'admittance cherché (1,67 - j 2). Si on lit le résultat sur le réseau des impédances, on lit
aussi, au même endroit, l'impédance cherchée (= 0,246 + j 0,295).
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Si nous branchons en parallèle une autre impédance selfique (ou si nous diminuons sa
valeur), le point F se déplace dans le sens anti-horlogique (=> flèche G).

-Branchons maintenant en parallèle sur la résistance, une capacité 1 / j 2 ou – j ½.

1 1 1 1
---- = ----- + -------- = 1,67 + j 2 => Z = ------------- = 0,246 – j 0,295.
Z R 1/jX 1,67 + j 2

Portons le point 0,6 Ω de la résistance qui est aussi le point de conductance 1/ 0,6 =
1,67 Ω-1. Le cercle correspondant à cette conductance est déjà tracé. Traçons le cercle
d'admittance J 2 . Nous obtenons le point H qui est l'admittance cherchée 1,67 (donc aussi
l'impédance si on lit le résultat sur le réseau des impédances => 0,75 – j 0,295) .

Si nous branchons en parallèle une autre capacité (ou si augmentons sa valeur), le


point H se déplace dans le sens horlogique (=> flèche I).

Quel que soit le point d'impédance dans l'abaque, nous voyons que nous pouvons
le déplacer en n'importe quel autre point (en particulier le point central) en branchant
des capacités ou des self en série ou en parallèle. Cette propriété est particulièrement
utile pour déterminer rapidement et facilement les éléments des circuits d'adaptation
d'impédances.

Résumons ce qui vient d'être dit au moyen de la figure C14.2.1-e.

- ajouter une self en série, déplace le point d'impédance dans le sens horlogique sur le
cercle de la résistance.

- ajouter un capacité en série, déplace le point d'impédance dans le sens anti-horlogique


sur le cercle de la résistance.

- ajouter une capacité en parallèle, déplace le point d'impédance dans le sens horlogique
sur le cercle de la conductance.

- ajouter une self en parallèle, déplace le point d'impédance dans le sens anti-horlogique
sur le cercle de la conductance.

L'abaque de Smith est un outil d'une qualité extraordinaire pour calculer à coup
sûr et simplement (« on voit ce que l'on fait ») les circuits d'adaptation d'impédances.

C14.2.2 Le cercle du ROS.

Quelle que soit l'impédance, donc quel que soit le point où l'on se trouve dans l'abaque,
il est possible d'y faire passer un cercle de centre 1.0. Le plus petit étant le point 1.0 lui-
même et le plus grand étant le cercle extérieur des réactances pures ( Le cercle 1 de la figure
C14.2.1-a ).
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Tous ces cercles coupent l'axe horizontal des résistances pures en deux points
« complémentaires », celui de gauche (par rapport au point 1.0) étant l'inverse de celui de
droite. A gauche, l'échelle des résistances pures va de 1,0 à 0 et à droite de 1,0 à l'∞. Nous
venons, par exemple, de voir dans l'exemple 3 que le cercle wx passant par l'impédance
0,6 + j 0,5 coupait l'axe horizontal aux deux points 2,22 et 0,45. Autre exemple, celui du
cercle 1 où le point de gauche vaut 0 et celui de droite vaut l'∞.

Nous savons, par l'étude des lignes de transmission, que si une ligne est chargée par une
résistance pure Rr :
Emax Rr Zc
S = ROS = TOS* = SWR = -------- = ----- ou ----- ( +1 < S < +∞ ).
E min Zc Rr

Or, tous les cercles tracés avec 1.0 comme centre coupent l'axe horizontal en deux
points valant Rr / Zc, inférieur à 1 à gauche, et supérieur à 1 à droite. Pour toutes les valeurs
de résistances situées à droite de 1, la graduation de l'axe donne directement la valeur de S (=
Rr / Zc). Pour toutes les résistances situées à gauche, le S vaut Zc / Rr. Or chaque point vaut
R= Rr / Zc ( la résistance réduite). Chaque point qui lui est diamétralement opposé sur le
cercle vaut l'admittance 1/R, donc Zc / Rr, c'est à dire S.

Chaque valeur de Rr (réduite) plus grande que 1 (donc située à droite du point 1,0)
donne une valeur de S directement lue sur l'échelle des résistances.
Pour toute valeur de Rr située à gauche, la valeur de S peut être trouvée en
traçant le cercle et en lisant le S sur le point diamétralement opposé sur l'échelle des
résistances.
Nous montrerons plus loin que toutes les impédances se trouvant sur ce cercle ont aussi
la même valeur du ROS. C'est pourquoi ce cercle est appelé « cercle du ROS » ou « cercle
du TOS ou du SWR ». Il est le lieu de tous les points qui ont le même ROS.

Exemple: le cercle wx coupe l'axe aux deux points 0,45 et 2,22 qui donnent tous deux
S = 2,22. En effet:

Pour R = 2,22, S = 2,22 et pour R = 0,45, S = 2,22 (car Zc / 0,45 = 1 / 0,45 =2,22).

* Nous définissons ROS et TOS de la même manière. Ils sont le plus généralement considérés
comme synonymes et ont donc la même valeur.
Toutefois, TOS désigne le TAUX d'ondes stationnaires. Certains estiment qu'il devrait
dès lors s'exprimer en % (comme le taux d'intérêt; mais, c'est oublier que d'autres taux
peuvent s'exprimer autrement, par exemple le taux de sucre dans le sang, qui s'exprime en
gr/litre). Ils définissent alors le TOS comme étant le rapport entre l'amplitude de l'onde
réfléchie et celle de l'onde incidente exprimée en %. Mais, ce rapport existe déjà. C'est le
module du coefficient de réflexion. Il est désigné par |Γ| ou par ρ. Donc TOS vaudrait tout
simplement 100 ρ. Par exemple, si ρ vaut 0,54, le TOS vaudrait dans ce cas 54%. Alors que
le ROS vaut 1 + ρ / 1 – ρ = 3,35. Pour éviter cette confusion, on recommande parfois
d'éviter d'utiliser le TOS et d'utiliser plutôt le ROS. Mais, le TOS est tellement implanté
dans les esprits et tellement populaire que nous pensons finalement qu'il vaut mieux consi-
dérer une fois pour toutes que TOS = ROS = SWR = S.
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Partout, sur ce cercle du ROS, l'onde stationnaire a le même aspect (le même
Emax/Emin) que celle obtenue avec le rapport Rr/Zc ou Zc/Rr que l'on peut lire au point où
le cercle coupe l'axe horizontal des résistances pures (donc à ROS constant).

D'un endroit à l'autre sur ce cercle (donc d'une impédance de charge à l'autre), la valeur
de Emax et Emin est la même (d'où S = Cte) mais leur position varie par rapport à celle qu'ils
auraient si la charge avait été purement résistive.

Voir la figure C14.2.2-a . Pour la commodité d'utilisation, les meilleurs graphiques


donnent en plus, une série d'échelles linéaires que l'on peut voir dans le bas de la figure. D'un
éditeur à l'autre, la disposition de ces échelles peut différer, mais en fin de compte, elles
donnent toutes les mêmes indications. L'échelle supérieure gauche donne toutes les valeurs
possibles du ROS (ou SWR) en abaissant des verticales depuis l'échelle de gauche de l'axe
des résistances pures. Par exemple, en abaissant une verticale depuis la valeur 0,45, nous
trouvons S = 2,22. En soi, cette échelle ne paraît pas très utile puisqu'elle est la même que
celle de droite de l'échelle des résistances pures. Mais le ROS étant lié mathématiquement à
d'autres grandeurs (voir plus loin, le coefficient de réflexion ou les « return loss », par
exemple) on peut les trouver directement, sans calcul, en passant aux autres échelles.

Exemple 5: Trouvez le ROS qui prend naissance, à 100 MHz, dans une ligne 50Ω
lorsque la charge est une résistance de 30 Ω en série avec une self de 40 nH.

A 100 MHz, l'impédance de charge Zr vaut 30 + j 25. Zr réduite vaut 0,6 +j 0,5 (c'est
celle de l'exemple 3). On obtient le point w.

Traçons le cercle du ROS passant par ce point => cercle 3. A droite, sur l'axe des
résistances pures, on trouve S = 2,22. A gauche, on trouve le point 0,45; par ce point,
abaissons la verticale sur les échelles rectilignes. On trouve à nouveau S= 2,22 ainsi qu'une
série d'autres valeurs sur lesquelles nous reviendrons.

Autre exemple: trouvez le ROS avec l'impédance réduite 0,72 + j 0,8 (exemple
trouvé dans [8] page 334).

- Plaçons le point 0,72 + j 0,8 => point Carr.


- Traçons le cercle du ROS => échelle de droite => S = 2,6.
échelle de gauche => 0,38 => verticale => échelle linéaire => S = 2,62/63.

C14.2.3. Le cercle « gamma » ( Γ ) ou cercle des coefficients de réflexion.

Reprenons les relations classiques ( voir l'étude des lignes de transmission ).

Emax Rr Zc 1 + |Γ| Vrefl Zr/Zc - 1 S-1


S = -------- = ----- ou ----- = --------- Γ = ------- = ------------- |Γ| = -------
Emin Zc Rr 1 - |Γ| Vinc Zr/Zc + 1 S+1

( Rappel: |Γ| peut aussi être représenté par ρ).


C14.2 – page 10

Nous voyons que le ROS et le module du coefficient de réflexion Γ sont liés par une
relation fixe. A toute valeur de ROS correspond une valeur bien définie de |Γ|. Donc, tout le
long d'un cercle à ROS constant, |Γ| est également constant. Les cercles à ROS constant
peuvent aussi s'appeler cercles à |Γ| constant.

Mais, Γ est une valeur vectorielle dont la phase de Vrefl par rapport à celle de Vinc
est significative et indique la position des sommets Emax et Emin de l'onde stationnaire
par rapport à la position de la charge. (Γ est donc une grandeur plus riche que S qui ne
s'occupe pas de la phase).

La grandeur de Γ est donnée par la grandeur du rayon du cercle par rapport à la


grandeur du rayon du cercle des réactances pures (où |Γ| = 1). Plus simplement, cette grandeur
est aussi donnée par l'une des échelles rectilignes. La phase de Γ est donnée en fraction de
demi-longueur d'onde ou en degrés sur l'un des cercles extérieurs; ce qui va nous amener à
parler de ces cercles extérieurs.

Insistons sur le fait qu'en tout point de l'abaque, donc pour toute valeur d'impé-
dance, correspond une valeur de Γ (en module et en phase). Ce point est très important
pour la mesure des coefficients de réflexion S11 et S22 auxquels on peut faire
correspondre directement (dans l'abaque ou par calcul) une valeur d'impédance.

Exemple 6: Voir la figure C14.2.2- a où nous avons précédemment positionné le


point w correspondant à une impédance 30 + J 25, donc à l'impédance réduite 0,6 + J 0,5.

En traçant le cercle de rayon 1,0-w, nous avons trouvé S = ROS = SWR = 2,22.

2,22 – 1 1,22
Calculons |Γ| = ---------- = ------ = 0,379
2,22 + 1 3,22

On peut lire cette valeur toute calculée sur l'axe rectiligne « RFL COEFF, E or I »; on
trouve environ 0,38.

On peut aussi mesurer la grandeur du rayon 1.0-w par rapport à la grandeur du rayon du
cercle des réactances pures, on trouve : (1 – 0,62)
------------ = 0,38.
1
Zr/Zc - 1
A partir de la formule Γ = ------------ on peut calculer Γ en module et en phase.
Zr/Zc + 1

0,6 + j 0,5 – 1 - 0,4 + j 0,5


Γ = ------------------ = ---------------- = - 0,139 + j 0,356
0,6 + j 0,5 +1 1,6 + j 0,5
_____________ 0,356
2 2
|Γ| = √ 0,139 + 0,356 = 0,382 tg Θ = -------- = - 2,56 Θ = - 68,7°
- 0,139
►►► comme Γ est de la forme – A + jB, l'angle Θ se situe dans le deuxième
quadrant. L'angle correspondant n'est donc pas – 68,7°, mais son supplément 111,3° (donnant
C14.2 – page 11

la même tangente) qui est la valeur correcte => valeur lue sur le cercle extérieur de l'abaque
« angle of reflection coefficient in degrees »: 111°/112°).

Exemple 7: Prenons un autre point quelconque du cercle 3 et vérifions que le


coefficient de réflexion |Γ| est encore le même (nous vérifions ainsi qu'il s'agit bien d'un
cercle à gamma constant).

Soit le point z, nous lisons l'impédance réduite 1,4 – j 0,9

Zr/Zc – 1 1,4 – j 0,9 - 1


Γ = ------------- = ------------------ = 0,269 – j 0,274
Zr/Zc + 1 1,4 + j 0,9 + 1
______________ - 0,274
|Γ| = √ 0,2692 + 0,2742 = 0,384 tg Θ = --------- Θ = - 45°5
0,269
On trouve encore que le module vaut 0,38

On peut vérifier aussi que la phase est encore lue sur le cercle extérieur « angle of
reflection coefficient in degrees » : - 45°5

C14.2.4 Les deux cercles extérieurs:


- le cercle des angles.
- et le cercle des longueurs d'ondes.

L'étude des lignes de transmission nous a montré que si une ligne est chargée par une
résistance pure, l'onde de tension réfléchie, au niveau de la charge, est en phase ou en oppo-
sition avec l'onde incidente si la résistance de charge est supérieure ou inférieure à la résis-
tance caractéristique de la ligne. Donc, sur l'axe horizontal de l'abaque (l'axe des résistances
pures), la phase de l'onde réfléchie est de 0° si la résistance réduite est à droite du 1, et elle
est de 180° si elle est à gauche. Ces deux déphasages peuvent être lus sur le cercle extérieur
marqué « angle of reflection coefficient in degrees ». Et nous venons de vérifier plus haut
que la phase de n'importe quel coefficient de réflexion (donc correspondant à n'importe quelle
impédance de charge) pouvait être lue sur ce cercle.

De plus, nous savons * que si Rr = 0 (donc pour Θ = 180°) l'onde stationnaire (de la
tension) est également à zéro. Par contre, si Rr = ∞, l'onde stationnaire est à son maximum,
c'est à dire λ/4 plus loin en se déplaçant vers le générateur. C'est pourquoi, sur le cercle le plus
extérieur « wavelength toward generator » à gauche, 0° d'angle de réflexion correspond à 0
de wavelength et à droite, 180° correspond à λ/4, soit 0,25. Remarquons de plus qu'un tour
complet de l'abaque correspond à un pont entier de l'onde stationnaire, soit λ/2 et 0°-180°-0°
pour le coefficient de réflexion.

Remarquons que si nous tournons dans le sens inverse, c'est à dire du générateur vers la
charge (« wavelength toward load »), les mêmes angles sont parcourus (les échelles d'angles
et de longueurs d'ondes sont parfaitement symétrique dans les deux sens de rotation).
C14.2 – page 12

* Rappelons que si la ligne est en court-circuit, au droit de la charge Rr = 0 et la tension réflé-


chie est en opposition de phase par rapport à l'onde incidente, donc Θ = 180°. Si la ligne est
ouverte, Rr = ∞ et la tension réfléchie est en phase avec l'onde incidente, donc Θ = 0°

C14.2.5 L'impédance en tout point de la ligne.

Ce dernier point est certainement le plus pratique et le plus utile de l'utilisation de


l'abaque, car il permet de trouver directement, au moyen d'une toute simple manipulation
graphique, l'impédance en tout point de la ligne de transmission; y compris, bien sûr, son
impédance d'entrée, donc à l'endroit où la source est branchée.

Nous venons de voir qu'une impédance quelconque, chargeant une ligne, avait son point
caractéristique quelque part dans l'abaque. Par ce point, passe le cercle du coefficient de
réflexion. Si nous remontons la ligne, vers la source, d'une fraction quelconque de λ/2 que
nous pouvons apprécier sur le cercle extérieur « Wavelength toward generator », le point
carctéristique de l'impédance se déplace sur ce cercle du coefficient de réflexion qui est
unique pour une impédance de charge donnée et reste donc le même, quel que soit l'endroit de
la ligne où l'on se trouve. L'impédance de la ligne en ce point est donc l'intersection du cercle
du coefficient de réflexion et de la droite joignant le nouvel angle et le point central 1,0.

Exemple 8 : Traitons encore d'un exemple qui illustre une fois de plus la puissance
et l'utilité pratique de l'abaque (tiré de [8] page 333).

Voyons la figure C14.2.5 de l'exemple 8: il s'agit d'un générateur à 4,5 Ghz, délivrant
1,5 watts dans une charge résistive de 36 Ω via un câble coaxial de 50Ω d'une longueur de
28 cm et d'un coefficient de vélocité de 0,80. Les connexions de la résistance de charge sont
un peu longues et présentent une self de 1,41 nH.

Solution:

La charge vaut R + jω L = 36 + j 40 Ω. Pour l'utilisation dans l'abaque, nous devons


d'abord la normaliser à 50Ω d'où Zr = 0,72 + j 0,8 (rigoureusement, nous devrions écrire Zrn
ou Zrr).
Portons ce point dans l'abaque et traçons le cercle du ROS ou du coefficient de réfle-
xion Γ. Traçons également la droite centre => point Zr et prolongeons-la jusqu'aux cercles
extérieurs. Nous lisons que le déphasage de l'onde stationnaire au droit de la charge vaut
0,1325 λ (ou aussi un poil en plus que 84° en arrière du maximum).

A 4,5 Ghz, la longueur d'onde du signal qui se propage dans la ligne vaut (compte tenu
du coefficient de vélocité de 0,8):
vp 0,8 c
λ = ---- = --------- = 0,0533 m, soit 5,33cm.
f 4,5 109

Les 28 cm de longueur de ligne comportent donc 28/5,33 = 5,253 longueurs d'onde.


Enlevons de ce nombre le plus grand nombre possible de demi-longueurs d'onde (=>10)
C14.2 – page 13

correspondant à un nombre entier de tours de l'abaque. Il reste 0,253 λ que nous ajoutons aux
0,1325 λ trouvés plus haut, il vient 0,3855 λ que nous devons porter sur l'échelle circulaire de
l'abaque (sens horlogique => « toward generator »). L'impédance d'entrée (réduite) vue par le
générateur vaut 0,61 – j 0,67. L'impédance réelle vaut (0,61 – j 0,67)50 = 30,5 – j 33,5 Ω.

Sur les échelles linéaires, on obtient:

S = ROS = SWR = 2,6 soit 8,3 dB. ( on peut lire aussi S = 2,6 de manière
précise sur l'échelle de droite de l'axe horizontal des résistances pure).

|Γ|puiss = 0,2 . Donc 20% de la puissance incidente est réfléchie par la charge et
renvoyée vers la source. Comme la puissance incidente vaut 1,5 watts,
la puissance réfléchie, dite aussi perte de retour, vaut 0,2 x 1,5 = 0,3 watts.
La différence, soit 1,2 watts est absorbée par la charge. Exprimées en dB,
les pertes de retour valent 7 dB => échelle RTN. LOSS (dB).

|Γ|v ou i = 0,445
S-1
(en calculant, on obtient |Γv| = -------- = 0,444 et |Γpuiss| = |Γv | 2 = 0,197 )
S+1
( les pertes de retour calculées en dB valent 10 log |Γpuiss | = - 7,05 dB).

L'angle du coefficient de réflexion vaut 84°3 (cercle « angle of ... »).

Zr – Zc Zrn – 1 0,72 + j 0,8 - 1


(en calculant Γ = ----------- = --------- = ------------------- = 0,447 ∟ 84°35 ).
Zr + Zc Zrn + 1 0,72 + j 0,8 + 1

Exemple 9 : Cet exercice est tiré de la bibliographie [9]. Résolvons-le en n'utilisant que
l'abaque de Smith .

Enoncé du problème: Une source dont Rs = 50 Ω injecte 25 Vrms dans une ligne dont
Rc = 50 Ω. La charge vaut 75 + j 60 Ω.

Calculez la puissance dissipée dans la charge et dans Rs. En déduire le rendement de la


transmission de puissance. On supposera deux cas :

1. la source est branchée à un point de maximum de l'onde stationnaire.


2. la source est branchée à un point de minimum de l'onde stationnaire.

Solution :
75 + j 60
Calculons d'abord l'impédance de charge réduite Rcr = ----------- = 1,5 + j 1,2
50
Plaçons ce point dans l'abaque. Voir la figure C14.2.5 Exemple 9 .

Traçons le cercle du ROS (ou du Γ ). On trouve Γ = 0,47 ∟ 41,7 ° et S = 2,76

V direct rms = 25 volts => Wdirect = 252 / 50 = 12,5 watts


C14.2 – page 14

V réfléchi rms = 0,47 x 25 v = 11,75 volts => Wréfléchi = 11,752 / 50 = 2,76 watts.
Puissance dans la charge (différence) = 9,74 watts.

1. En connectant la charge à un maximum de tension (axe horizontal droit de l'abaque), on lit


sur le cercle du ROS que l'impédance d'entrée de la ligne en ce point vaut 2,76 Ω réduite,
(= SWR) soit 2,76 x 50 = 138 Ω réelle.

La tension en ce point vaut 25 + 11,75 = 36,75 volts.

Le courant vaut donc 36,75 / 138 = 0,266 ampères. Ce courant parcourt Rs. Il y
dissipe une puissance de 50 x 0,2662 = 3,5378 watts
9,74
Le rendement de la transmission de puissance vaut donc ------------------ = 73,4 %
9,74 + 3,5378

2. En connectant la charge à un minimum de tension (axe horizontal gauche de l'abaque), on


lit sur le cercle du ROS que l'impédance d'entrée de la ligne en ce point vaut 0,362Ω, soit
0,362 x 50 = 18,1 Ω réel.

La tension en ce point vaut 25 – 11,75 = 13,25 volts.


Le courant vaut donc 13,25 / 18,1 = 0,732 ampères. Ce courant parcourt Rs. Il y
dissipe une puissance de 50 x 0,7322 = 26,79 watts.
9,74
Le rendement de la transmission de puissance vaut donc ---------------- = 26,7 %
9,74 + 26,79

Rappelons que si la charge avait été adaptée à 50 Ω au moyen d'un circuit adaptateur
d'impédances, la charge aurait absorbé la même puissance que la résistance de la source et le
rendement de la transmission aurait été de 50 %.

C14.2.6 Le coefficient de transmission.

Ce qui n'est pas réfléchi est naturellement transmis à la charge (ou au récepteur). Le
coefficient de transmission est donc le complément à 1 du coefficient de réflexion :

Vr Vr Vi Vi – Vr Vtr
En effet : ----- = ρ => ---- - ----- = ρ – 1 => --------- = 1 – ρ => ----- = 1 - ρ
Vi Vi Vi Vi Vi

La même démonstration peut être appliquée à la puissance :

Pr Pr Pi Pr – Pi Pi – Pr Ptr
---- = ρ2 => --- - --- = --------- = ρ2 – 1 => -------- = ---- = 1 – ρ2 = 1 - ρpuiss
Pi Pi Pi Pi Pi Pi
C14.2 – page 15

Ces deux notions sont introduites dans les échelles linéaires de l'abaque de Smith sous
les noms « Transm coeff, P » et « Transm coeff, E or I ». Et aussi, exprimées en dB, on trouve
l'échelle linéaire « Refl. Loss, dB ». A ne pas confondre avec « Return loss ».

La deuxième échelle de droite, donne le « S.W. LOSS COEFF » qui se traduit


littéralement par « coefficient de pertes de l'onde stationnaire » et que j'ai vu, traduit dans [8],
par CPT (Coefficient de Pertes de Transmission).
1 + ρp
La formule donnant cette échelle est CPT = Sp = ---------
1 – ρp

Comme la formule est analogue à celle de S = ROS = SWR, mais avec ρp, je traduirais
plutôt par « ROS en puissance ». D'où, ma désignation Sp.

C14.2.7 Résumé de l'ensemble des échelles linéaires: Voir la fig. C14.2.7-a

Partons, arbitrairement, d'une résistance de charge au récepteur Zr = Rr + J Xr =100 + j 0 Ω


connectée à une ligne de Zc = Rc + j Xc = 50 + j 0 Ω

Echelles de gauche:

Rr 100
SWR = ROS = S = ----- = ----- = 2 (échelle C).
Rc 50

SWR dBs = 20 log S = 6,02 dB (échelle C').

RET'N LOSS dB RL = 20 log ρ = 10 log ρp = 9,54 dB. (échelle D).

REFL COEFF, P ρp = ρ2 = 0,33332 = 0,111... (échelle A).

S – 1 Rr - Rc
REFL COEFF, E or I |Γ| = ρ = ------ = -------- = 0,3333... (échelle B).
S + 1 Rr + Rc

TRANSM COEFF., E or I (origin) 1- ρ = 1 – 0,3333... = 0,667 (échelle E).

Echelles de droite:

ATTEN, 1dB MAJ. DIV. Échelle de pertes dans la ligne (en dBs). Voir C14.2.8.

1 + ρp
S.W. LOSS COEFF. = CPT = Sp = --------- = 1,25
1 – ρp
C14.2 – page 16

Ptr
REFL. LOSS, dB 10 log ---- = 10 log (1 – ρp) = 10 log (1 – ρ2) = 0,51 dB
Pi

S.W. PEAK, CONST. P à voir ????

TRANSM. COEFF., P = 1- ρp = 1 – ρ2 = 0,888

TRANSM. COEFF., E or I échelle de droite => à voir ???


C14.2 – page 17

C14.2.8 Les lignes avec pertes.

Sur une ligne idéale, sans pertes, ou avec des pertes négligeables, l'onde directe et l'onde
réfléchie ont des amplitudes constantes. Le ROS est donc constant tout le long de la ligne
et se traduit par un cercle sur l'abaque de Smith.

Si la ligne présente des pertes non négligeables, l'onde directe est progressivement
atténuée en se dirigeant vers la charge tandis que l'onde réfléchie subit la même atténuation en
retournant vers le générateur. Le ROS s'élève donc progressivement de la charge vers le
générateur.

La représentation du ROS sous forme d'un cercle n'est plus valable et c'est sous la
forme d'une spirale que le ROS est représenté dans l'abaque de Smith.

Plus la ligne est longue (plus les pertes sont élevées), plus la spirale se resserre vers le
point central où on a ROS=1.

Exemple 10 (d'après [8]):

Soit une longueur de 100 ft (32,95* m) de coaxial RG58 Belden 7807 (50 Ω).
A 100 MHz, les pertes dans ce câble valent 3 dB. L'isolant est de la mousse de
polyéthylène avec un coefficient de vélocité de 0,85 (d'après [12] page 21.2). Chargeons ce
câble avec une impédance R= 60Ω en série avec X= 60Ω (soit 96 nH à 100 MHz).

Que vaut l'impédance vue par la source à l'entrée de la ligne?

* Note: La longueur a été légèrement augmentée pour que les chiffres correspondent pile avec
ceux de la figure... La longueur exacte correspondant à 100 ft est de 32,81 mètres !

Solution:

L'impédance réduite vaut 1,2 + j 1,2 que nous portons dans l'abaque de Smith. Voir la
figure C14.2.8-a. Traçons également le cercle du ROS (cercle B) et traçons la droite 1,Z ; elle
aboutit sur le cercle des longueurs d'onde au point 0,178 λ.

300.106 x 0,85
La longueur d'onde dans ce câble à 100 MHz vaut λ = ------------------- = 2,55 mètres
100.106
32,95
La longueur totale de ce câble comporte donc ---------- = 12,922 longueurs d'onde.
2,55

Enlevons de ce nombre, le plus grand nombre possible de demi-longueurs d'ondes (-12,5);


il reste 0,422 λ à ajouter à 0,178 trouvé plus haut, soient 0,6 λ (ce qui correspond, sur
l'abaque à 0,5 + 0,1 λ) . Traçons la droite 0,6λ, 1.

Traçons la verticale du point B vers l'échelle linéaire supérieure => ATTEN (db / maj
div). Portons, sur cette échelle, l'atténuation de 3 dB (toward generator) due au câble.
Remontons alors vers l'échelle horizontale de l'abaque (verticale C). Traçons le cercle du ROS
C14.2 – page 18

correspondant (ROS = 1,7). Le point de croisement de ce cercle avec la droite 0,6λ,1 nous
donne l'impédance réduite à l'entrée de la ligne compte tenu des pertes dans le câble: 0,76 +
j 0,4 ce qui correspond à une impédance réelle de 38 + j 20.

NB: Le tracé de la spirale entre les deux points d'impédances permet de trouver
l'impédance en tout point de la ligne.

Exemple 11 (d'après [11] ) :

Une antenne est alimentée par une ligne coaxiale genre RG58 d'une longueur physique
de 26,7 mètres et un coefficient de vélocité de 0,66. A la fréquence de 28 MHz, une mesure
d'impédance au bas de la ligne donne Ze = 60 + j 37,5 Ω. A cette fréquence, les pertes dans la
ligne sont de 1.8 dB. Trouver l'impédance Za de l'antenne.

Solution:

Normalisons l'impédance mesurée à 50 Ω et plaçons le point dans l'abaque => point Ze


(impédance réduite 1,2 + j 0,75). Voir la figure C14.2.8-b. Traçons le cercle du ROS (ROS =
SWR = 2). Traçons la droite 1,Ze et prolongeons-là jusqu'au cercle « wavelength toward
load » où on lit 0,33λ.
300.106 x 0,66
Calculons la longueur d'onde de l'onde stationnaire: λ = ------------------- = 7,071 mètres
28.106
26,7
La longueur du câble comporte donc -------- = 3,77 longueurs d'onde
7,071
Dont nous devons enlever le plus grand nombre possible de demi-longueurs d'onde,
(correspondant à un nombre de tours dans l'abaque). Il reste 3,77 – 3,5 = 0,27 λ à ajouter à
0,33 λ trouvé plus haut, soit 0,6 λ vers le générateur (0,5 + 0,1 dans le sens anti-horlogique).
On obtient le point D.

Traçons la droite D,1.

Du cercle Ze portons le point B sur l'échelle linéaire « Atten, 1 dB/maj div » et dépla-
çons-nous de 1,8 dB correspondant aux pertes dans la ligne. On obtient le point A. En remon-
tant ce point sur l'échelle des résistances on peut tracer le nouveau cercle du ROS (ROS =
SWR = 3) dont l'intersection avec la droite D,1 donne l'impédance réduite cherchée:
0,5 – j 0,6; et une impédance réelle de 25 – j 30.
C14.2 – page 19

C14.2.9 Bibliographie:

[1] Electronique appliquée aux hautes fréquences (F de Dieuleveult) – page 260.

[2] Data Handbook Philips: Book S3 – Small-signal transistors – page 45.

[3] Mesures sur les transistors (Arciszewski)

[4] HP- AN 154.pdf : S parameter Design & Smith Chart. TP 28016.

[5] HP- AN 95.1.pdf: S-parameters. TP28017.

[6] Motorola RF Data Manual – pages 16-126 et suivantes (TP26028, 26027, 85100, 85099).

[7] Interactive Impedance Matching Model – Smith Chart ( Agilent Technologies;


recherche sur AN-95-1). TP28015.

[8] Réception des hautes-fréquences – J.J. Carr.

[9] Power flow on transmission lines. D.Jefferies TP 27056.

[10] 2008 ARRL handbook.

[11] Manuel du Radioamateur F5ZV.

[12] Smith chart – Wikipedia the free encyclopedia.mht.

[13] Mysteries of the Smith Chart Stephen D. Stearns (K6OIK). fichier smith_chart.pdf