Vous êtes sur la page 1sur 2
12/10/2016 Hegel : la vie 3‐4 Distribution électronique Cairn pour Presses Universitaires de France © Presses Universitaires de France. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. Hegel : la vie Jean-Louis Vieillard-Baron Les  trois  études  qui  sont  ici  rassemblées,  à  l’occasion  du  bicentenaire  de  la 1 Phénoménologie  de  l’esprit,  sont  le  fruit  d’une  collaboration  effective,  visant  à dégager les différents niveaux de la vie dans l’œuvre de Hegel. Chez ce grand penseur, tout  va  en  effet  par  niveaux  de  réalité.  La  vie  est  d’abord  organique  ou  biologique (c’est la vie de ce qui naît et meurt), elle est ensuite phénoménologique (c’est la vie de la conscience), elle est enfin vie spirituelle, au sein de la science philosophique conçue comme système encyclopédique. Denis Rosenfield, connu pour ses travaux en langue française sur la pensée politique de Hegel et sur le problème du mal, pose la question catégoriale,  rappelant  utilement  le  caractère  heuristique  des  catégories  d’Aristote,  à propos  de  la  vie  selon  Hegel.  Avec  Hegel,  nous  pouvons  penser  la  vie  comme catégorie de la pensée. Mais la dimension logique de la vie prend tout son sens si on se  souvient  de  la  dialectique  de  la  vie  et  de  l’amour  dans  la  pensée  théologique  du jeune  Hegel,  en  particulier  dans  le  beau  texte  romantique  qui  ne  fut  redécouvert qu’en  1907  –  l’année  du  premier  centenaire  de  la  Phénoménologie  de  l’esprit  !  –  et qu’on appelle, depuis sa première publication par Nohl, L’esprit du christianisme et son  destin.  C’est  l’objet  de  l’étude  de  María  del  Carmen  Paredes  Martín.  Si  l’on s’attache  maintenant  au  grand  chef­d’œuvre  de  1807,  ouvrage  dont  l’unique  défaut serait, selon Alexis Philonenko, que chaque phrase est géniale, c’est­à­dire si dense de contenu  qu’elle  en  devient  incompréhensible,  il  apparaît  que  la  vie  de  la  conscience est marquée par le tragique fondamental de la vie. C’est pourquoi j’ai consacré mon étude à la tragédie de la vie, dans la mesure où il importe de ne jamais oublier le fond tragique  de  la  philosophie  hégélienne,  y  compris  lorsqu’on  lit  les  textes  les  plus techniques et les plus sobres de l’Encyclopédie. Heidegger a rendu hommage à Hegel d’avoir  conçu  son  projet  philosophique  de  façon  adéquate.  Et  pourtant  Heidegger récuse le concept hégélien de l’esprit. Mais la vitalité de la philosophie hégélienne ne se  marque  nulle  part  mieux  que  dans  le  thème  transversal  de  la  vie  en  toute  sa violence dialectique. http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=RPHI_071_0003 1/2 12/10/2016 Hegel : la vie Document téléchargé depuis www.cairn.info ­ ­ 197.28.73.147 ­ 12/10/2016 15h42.  http://www.cairn.info/article_p.php?ID_ARTICLE=RPHI_071_0003 2/2