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Les protecteurs ai enter que auteur nous fait protectionnel belge. S de l'état nifiant, les protection produit des doc livre tout ce qu’on vous a caché depuis quinze ans, v horrifié par pour raison d'état, ces intéréts us et de sexe qui influencent la politique de la Belgique, cette ‘omission et celle structure mafieuse a tous les nive 1s tant recherche ne sont pas de vulgaires s d'un Dutroux ou d'un Nihoul; c’est la structure de l'état auteur, Jean Nicolas, 46 ans, journaliste professionnel diplomé CNN aN a Tee Mle cour eee ere Mee dont le dernier, «les pédophiles sont parml nous», est sorti cet Cee crate eller Tea een ee Da ao Crier g mec CM MaMa any Fee eeu Lee Ta ee Ot a eS aie eee RO eee ice tele Ue Meu a Mare ue ek ae ee dégoiit aussi profond que lors de son enquéte pour le présent MMII eV ne MR e I aol ag CMe Une ccc eee ae a eee Nek tae re JEAN NICOLAS Bi VO AIF oo oN IRS ocean coer Rte fi EDITIONS JO LAENEN LES PROTECTEURS Jean Nicolas Copyright : Jo LAENEN, éditeur, Signeulx (Belgique) IBSN 2-95999-331-4 AVANT - PROPOS Les protecteurs sont parmi nous... Le titre peut paraitre ambitieux, démesuré, pour un essai docu mentaire d'un journaliste @’investigation qui n'a pas 4 sa disposition les moyens des services de police. Peut-il en découvrir plus que la force publique? Certainement pas. Mais il peut par contre avec certi- tude en dire plus! Car le journaliste investigateur recherche la vérité sans @tre d’une part sujet a dysfonctionnements et rend public d’autre part, allant sur ce point a contre courant des pratiques usuelles des forces de police en Belgique, tout ce qu'il a appris et verifié. Il va donc finalement, en ce qui concerne la finalité de sa recherche, beaucoup plus loin que les enquéteurs fonctionnaires. Ce qui m’amene a conclure que méme si le journaliste en sait finalement moins que les enquéteurs officiels, il en dit par contre nettement plus, puisqu'il dit tout ce qu'il sait. Encore que force est de constater qu’en Belgique, malheureusement, la grande majorité des journalistes ne disent justement pas tout ce qu’ils, savent, de peur de s‘attirer les foudres de quelque puissance politique ou économique ou parce qu’ils 9 sont tout simplement a la botte de tel ou tel lobby politique ou financier. On a constaté ce phénoméne tout au long de l’évolution des enquétes et la percée des informations dans le cadre des affaires Dutroux- Nihoul, ou encore de l’affaire Cools. La majorité écra- sante des journalistes belges a suivi la voie de la divulgation politique préalable, quelques rares percées flamandes exclues Dans un pays ol méme les facteurs des Postes sont censés vous espionner, o0 la Stireté de I'Etat travaille contre le citoyen, le systéme démocratique et pour ‘son propre compte (et ses propres intéréts), of une amoralité totale régne au niveau des institutions par Pintermédiaire de ceux qui donnent vie a ces institu- tions, ot on dépasse les limites de l'admissible a tout bout de champ en en ayant fait quasiment l'un des rouages du fonctionnement du pays, révéler la vérité sur des affaires ou sur l'emprise mafieuse sur l'Etat, correspond a déstabiliser cet Etat. Le présent livre en apporte un nouveau témoignage et foisonne de renseignements et d’informations allant dans ce sens. La multitude d’informations, de faits, prouvant que Ia gangrene a pris possession de tous les niveaux des institutions belges provoquera peut-étre des senti- ments de nausée chez certains lecteurs. Qui se diront aprés lecture quil fallait peut-étre mieux ne pas savoir tout cela, car le monde, non, le pays, dans lequel vit le lecteur, lui fera peur... et a raison. Tout est done fait dans cet état pour éviter que la vérité perce, quitte a ce qu'il y ait mort d’homme, | quite & ce qu'il y ait corruption et compromission, crime et péché, pour maintenir un systéme pourri de Fintérieur. Et chacun y joue son réle, volontairement ou malgré lui, avec entrain ou obligé. Et méme le bon peuple brille dans le sens négatif, soit en se démobi lisant face aux exces (voir la débandade des initia- tives blanches), soit en se ralliant a la cause négative, soit en s’exprimant dans des sondages qui prouvent (voir I'exemple du sondage sur Di Rupo) que la bétise humaine est décidément trés généralisée (1). 10 Lors des préparatifs de sortie de mon précédent livre «Les Pédophiles sont parmi nous», je croyais avoir vécu tout ce qu'un journaliste peut subir quand on tente de l'empécher de sortir un écrit qu! dérange. Quelle erreur! Perquisition, saisie de documents et de matériel informatique, harcélement policier et juridique, montage de faux dossiers, ce n’était pas encore assez. Demandes de saisie du livre, mandats d’amener, ce n’était pas encore tout. Car le systéme est bien installé, il est partout. Des contrats de distri- bution dudit livre préparés et préts a étre signés, annulés le jour de la signature, des sociétés de distribution A vocation monopolistique comme les Messageries de la Presse qui malgré les demandes de leurs clients les plus importants, refusent pour des motifs futiles de distribuer un livre et vous disent ouvertement (M™ Biondi des Messageries) que le contenu ne leur convient pas : les saboteurs et les protecteurs sont a tous les niveaux. Et tout ce réseau fait de son mieux pour que des informations génantes pour le pouvoir et le systéme protectionnel ne soient pas rendues publiques. Et pourtant, le livre «les pédophiles sont parmi nous» ne contenait qu'une fraction d'une vérité que le présent ouvrage exposera sans ménagement. Des journalistes, des journaux et des groupes de presse entiers qui font barriére, soit de leur propre initiative, soit parce qu’ils sont démarchés systémati quement par des manipulateurs (I'exemple de Michel Petit, ce journaliste de Florenville, porte-parole de Jean-Mar¢ Connerotte, est typique pour cette manipu. lation, mais également le comportement du journa- liste Claude Christophe de l'agence Belga) et qui essayent d’éviter au pouvoir et aux protecteurs d’étre mis en cause. Les Francophones pleurent souvent sur (1) Un sondage réalisé par «Field Research nous a révélé que 74,6% des Belges donnent raison & la Chambre d'avoirblanchi Elio Di Rupo, alors que dans le méme sondage, 60% des mémes personnes interrogées jugent cette décision purement politique. 1) ne faut décidément pas chercher 4 comprendre! 1" leur sort et ralent sur ces méchants Flamands qui ne leur veulent que du mal? Mais qu’ils y prennent de la graine, notamment en matiére de presse. J'estime que Te journalisme devrait se pratiquer aussi bien d'un coté de la frontiére linguistique que de l'autre. Or, il n'y a que les journaux néerlandophones a faire réel lement leur métier (exemple : les divulgations dans les affaires qui agitent le pays)... et Ia presse franco: phone a suivre parfois, a se taire parfois. Dans le cas du livre «les Pédophiles sont parmi nous», tous les journaux flamands sans exception ont parlé de lou Vrage et des remous qui l'entouraient. En Francopho- nie, a exception des journaux du groupe «La Meuse- ‘La Lanterne» et de I"hebdomadaire satyrique «Le Pére Ubu», qui ont fait leur boulot, tous les journaux sans autre exception se sont tus, avec application. C'est symptomatique pour la museliére et la censure qu’on impose ou que s'imposent les dits médias. C'est a la fois triste et déplorable. Et est surtout indigne! Mais c'est le reflet typique d'un espace francophone pourri par les affaires, les arrangements et la crimi- nalité en col blanc au plus haut niveau qui fait peur. Cest le reflet d'un Etat amoral qui n’est méme pas géné, alors que les Di Rupo et autres Grafé sont expo: és aux accusations les plus graves de pédophilie, de déléguer son vice premier ministre quelques jours aprés que le scandale ait éclaté et qu’il n’est donc pas encore blanchi (on verra dans les pages suivantes ce qu'il en est réellement), a Washington au Centre des enfants disparus ou de laisser son ministre de l'Edu- cation participer le 21 novembre 1996 a une réunion ministérielle européenne ayant comme theme «la lutte contre la pédophilie dans les écoles», alors que ce ministre est soupconné de pédophilie et qu'il libé- rera d’ailleurs son fauteuil quelques semaines plus tard... Od ily ade la géne, il n'y a pas de plaisir! Un état amoral qui vient de réitérer sa confiance & Melchior Wathelet en tant que juge européen alors quil a commis une bourde gigantesque en tant que ministre de la Justice belge en anticipant malgré les avis négatifs des spécialistes en la matiére la libéra~ tion de Marc Dutroux, libération qui a permis a ce 2 dernier d’étre a l'origine de la mort des Julie, Mélissa, An et Eefje Cette facon d’agir sans aucune géne, de prendre tout le monde pour des imbéciles, prouve que le systéme protectionnel que nous découvrirons tout au long de ce livre donne une totale assurance d’impunité aux membres de ce systéme qui savent que tout est 4 leur disposition : désinformation, étouffement, magistra- ture a leur botte, criminels leur service, etc, etc Ceci ne serait pas possible a ce point la dans les autres pays de la Communauté européenne. Mais en Belgique, les fusibles (Justice, presse, organes de contrdle divers) ont tous sauté depuis belle lurette et tous les niveaux de I'Etat belge, du simple flic a la Cour Royale, sont atteints par la gangréne. La grande majorité des hommes politiques, des magistrats, des leaders économiques, trainent des casseroles qui les empéchent de dénoncer celles des autres. Tout le monde tient tout le monde finalement. Et tout le monde arrive a écraser ceux qu'on ne tient pas encore ou a les tenir par leur carriére, leur vie quotidienne, leur survie économique... ou leur survie tout court. Voila of en est la Belgique d’aujourd’hui, surtout sa partie francophone, et ce n’est pas un hasard que son gouvernement et ses milieux de décideurs ont finale- ment la plus grande concentration mondiale de déviationnistes sexuels dans leurs rangs, puisqu’on se refuse a entreprendre quoi que ce soit contre la compromission politique, économique ou les affaires de moours. Pire : on réintégre méme des corrompus dans les instances dirigeantes d'un PS déja si malade, comme arrivé le 19 octobre 1997 avec M. Hermanus qui a ouvertement menacé les instances dirigeantes de son parti de déballer toutes les sales affaires sur la place publique si on voulait empécher sa «réinser tion» politique. Dire la vérité, divulguer cette corruption, c'est désta biliser le pays? Oui, parce que ce jeu abject dure depuis bien trop longtemps, parce que la téte de 13 PEtat est touchée autant que ses rouages quotidiens. Il faut donc faire taire par tous les moyens les divul- gateurs pour raison d’Etat. Mais la raison d’Etat vaut- elle encore qu’on s’en soucie? Certainement pas, car VEtat belge n’est depuis bien’ longtemps plus l'Etat des Belges, mais Etat des protecteurs et de leur systéme mafieux. Que personne n’arrive plus & contréler dans ses dysfonctionnements, méme plus les protecteurs: On risque encore de m’accuser d’étre trop virulent dans le ton, de faire du mal a la Belgique. J'assume! Mais j’estime que le ton employé nest pas encore assez adapté aux coups fourrés, aux exactions de YEtat, aux dysfonctionnements les plus divers, aux enterrements volontaires d'affaires qui pourraient géner. La situation est tellement grave qu'on ne voit plus d'issue pour un espace francophone tellement envahi par le cancer de la corruption, le mensonge, le meurtre pour raisons d’Etat, le déviationnisme sexuel et plein d'autres maux, si ce n'est un grand coup de balai. Mais qui le donnera? 4 Nous voila donc partis a la recherche de protecteurs du systéme mafieux protectionniste de la Belgique. Une Belgique déchirée par ses tourments linguis- tiques, par ses clivages économiques qui finalement, nest tenue que par une seule chose commune : la couronne royale qui donne encore un semblant d'unité au pays traillé. Or, cette couronne n’est pas au-dessus de tous soupcons, bien au contraire. Patrick Moriau, sur le cas duquel nous reviendrons plus loin dans ce livre, faisait clairement entendre dans son ouvrage «Les Cahiers d'un Commissaire» (2), que les protections pourraient remonter jusqu’au plus haut niveau de Etat et méme jusqu’a la Cour Royale. Visait- il le roi Baudoin, compromis dans la protection de la Sdreté de Etat et sur lequel les rumeurs les plus folles ont circulé a d'autres sujets ou pensait-il au roi Albert, dont de nombreux témoignages signalent limplica: tion dans les ballets roses et dans des affaires de partouzes et émergent d’un dossier tenu secret, (2) Les Cahiers dun Commissaire, édtions Luc Pir. 17 jamais examiné a fond, mais regorgeant de déclara tions précises dans le ‘cadre de Taffaire Pinon, une affaire et un dossier jonchés de cadavres et de morts suspectes? Olivier Deleuze, sénateur écolo, affirmait récemment dans une interview (3) : «Oui, les ballets roses ont impliqué des hauts personnages de I’Etat». Face a la question sur des «propos ténébreux tenus a Végard de la maison royale», Deleuze répond : «Sur base des quatre dossiers en notre possession, je peux affirmer ceci : oui, il y eut des ballets roses @ la fin des années 70 impliquant des hauts personages de l'Etat et du privé (...) Mais des dossiers ont disparu ou ont été planqués (...)» Et Deleuze de certifier que les respon- sables de ces réseaux de ballets roses «ont soit été Jjugés, arrétés et libérés en cing mois, soit ont bénéficié d'un non-lieu>. Le sénateur écolo raconte méme I'his- toire de l'un de ces proxénétes engagé ultérieurement par une firme maltaise de vente d’armes et de viande «dont l'un des responsables est une personnalité trés connue du monde politique belge». Et il conclut «Done, la, il y a clairement un probléme». Pour en revenir finalement a la famille royale et mettre quand méme de l'eau dans son vin : «Je nai pas constaté de faits répréhensibles au sens juridique du terme qui pourraient étre mis a sa charge». On observera la prudence de la formulation du «au sens juridique du terme». Et face a la question du journaliste selon laquelle il n'y a pourtant pas de fumée sans feu, il répond : «Jai dit ce que favais 4 dire @ ce propos». Tout comme Moriau, Deleuze avance & grands pas, recule un petit peu, remet de I’huile sur le feu, avance des certitudes, tout en les désamorcant légérement. On ne pourra jamais prétendre qu'il n’a rien dit tout en ne pouvant pas lul reprocher d’en avoir trop dit. Jai rencontré Deleuze et il est vrai que ce sénateur ne dispose pas de preuves formelles de délits commis par un membre du Palais Royal, puisque malgré des dépositions accusatrices et des piéces réelles, on n'a jamais voulu enquéter jusqu’au bout. Mais qu’en est- (5) Interview parve le 3 octobre 1997 dans Ciné Rewe. 18 j il alors vraiment? Qu’en est-il du dossier de ballets roses et de pédophilie du bon docteur Pinon, mettant en cause de hauts personages de I'Etat belge, tenu secret et non-instruit depuis presque vingt ans et ayant causé la mort d’innombrables témoins et de détenteurs du dossier. Les personnages sont plantés, les délits sont constatés, mais qui les a commis au nom de qui et pour protéger qui? Un dossier qui nous améne également vers T'affaire Latinus laquelle nous consacrons un chapitre de ce livre plus loin. Un dossier Pinon que le procureur Deprétre se vantait dans une lettre adressée le 13 mars 1985 au procureur général, @avoir pu minimi ser en convaincant le juge d’instruction de lui accor- der peu d’attention! Un dossier Pinon qui porte le nom du psychiatre Pinon qui dit en substance ceci mon épouse m’a avoué avoir réguliérement participé a des partouzes en compagnie de jeunes mineurs. Elle m'a mentionné certains noms, dont entre autres les docteurs C. et W. de Waterloo, Christian Smets de a Sareté de 'Etat, un général de gendarmerie, le juge de la jeunesse A., plus d'autres personnalités de haut niveau de l'état belge et de son monde économique. Pinon déclare également aux enquéteurs qu'il a enre- gistré le 30 aoat 1979 sur bande sonore les confi dences de son épouse, au bord du lac de Genéve, avec l'aide d'un détective privé, Bob Louvigny, dont le rdle autour des diverses affaires reste également a élucider. Cette complainte de Pinon a bien sar été classée sans suite. Des accusations confirmées par le journaliste Garot dont le journal «Pour» brala peu aprés et qui parle de «personnalités de premier plan». @roces verbal 15028 du 10 juillet 1981, 15029 du 13 juillet 1981 et 15030 de la PJ. de Bruxelles). Nroublions pas que nous sommes a la recherche de systémes de protection dans le cadre d'affaires d’as- sassinat qui ont déstabilisé Etat (tueurs du Brabant ou le rapport de la commission. parleu..ntaire conclut : «ll n'est dés lors pas exclu qu'il y ait eu des protections dans cette affaire») et de pédophilie et que depuis le 17 aodt 1981 existe une cassette audio ot 19 on interrogeait & son insu une certaine Madame Croc- kaert et surtout une certaine Madame Doret, partici- pantes et organisatrices de ce genre de réunions «roses» au club du Bercuit, qui y faisaient des confi- dences sur les clients réguliers de ces soirées plus que spéciales. Il s’agit d'une cassette Sony MC 60 et d’une cassette BASF 60 en possession ensuite du journaliste Garot du périodique «Pour», journal incendié peu aprés sous la surveillance de la Sdreté de I'Etat et de son agent Smets (voir plus loin). M™* Crockaert, décé- dée peu aprés dans un accident de voiture qui pour: rait étre un accident de voiture trafiquée afin de faire disparaitre ce témoin génant, y énumére les identités et les pratiques sexuelles d’un certain nombre de ses fréquentations et cite clairement dans son témoi- gnage que J'ai personnellement écouté (et lu la trans- cription officielle «pro justitiay qui en a été faite) le nom du prince Albert parmi d’autres personnalités du régime comme par exemple le fameux Guy Mathot. Ce qui permettrait déja de trouver une explication quant T'impunité dont jouit Mathot malgré toutes les casse- roles qu’ll traine depuis des décennies. Les mémes renseignements sortent d'un proces verbal (références : annexe 2 au PV 497 du 6 juin 84 - B.S.R. de Wavre) et de l'interrogatoire d’Albert Fauconnier, cafetier a Ottignies et en relation avec la compagne de Paul Latinus, ancien informateur réper- torié de la Sdreté de I'Etat, leader barbouze d'un groupe virulent d’extréme ‘droite «dirigé» par la Sareté de l’Etat et son agent Smets et assassiné (nous le prouverons plus loin) alors qu’il était entre autres en possession du dossier Pinon mettant justement en cause tous ces hauts personnages dont le prince Albert, aujourd'hui roi des Belges. Je ne puis que constater au vu de ce dossier ce que Fauconnier déclare en 1984 aux gendarmes de la B.S.R. de Wavre et dont le lecteur trouve le fac-similé de la déposition sur les deux pages ci-contre. Les relations Latinus- Fauconnier sont d’ailleurs confirmées par différents témoins entendus par diverses commissions parle: mentaires ainsi que par les auditions de plusieurs ex- gendarmes (Bouhouche, Lekeu) qui avouaient profi 20 | ter de ce dossier Pinon pour «faire chanter certaines personnalités» citées dans ce dossier. Un dossier Pinon, une piste Fauconnier-Latinus, qui, selon la premiére commission d’enquéte parlementaire en 1990, revient a dire : «(...) les ballets roses n'ont jamais fait l'objet d'une enquéte sérieuse et on a de ce fait également négligé une piste importante qui conduisait aux tueries du Brabant. Mais revenons a Fauconnier qui parle d'un «dossier appartenant a Latinus, intitulé dossier Pinon». Et Fauconnier continue : «J'ai également ce dossier ow il était question d’une affaire de meeurs avec des garcons et filles de douze ou treize ans et sous l'in- fluence de la drogue. On citait le nom de plusieurs personnalités dont le général Beaurir, le Prince Albert, le député Guy Mathot, Monsieur Van den Boynant (...) On parlait également de jeunes gens qu'on aurait aidé 4 se suicider». Un procés verbal 15268 de la PJ. de Bruxelles reprend cette mort de mineurs avec une audition de M™ Doret qui relate sa participation a ces ballets roses et qui cite les mémes noms que Latinus. Doret précise que des mineurs étaient amenés a ces parties fines par le juge de la jeunesse A. et que deux enfants s'étaient suicidés a ja suite de celles-ci. D'autres temoins ont été entendus a ce sujet et ont donné beaucoup de détails sur la présence, puis la mort, de deux mineurs, Ia présence de hautes personnalités aux diverses partouzes et les «accidents» de l'un ou de lautre des témoins. Le journaliste Lagasse, mis sur la piste par une déclaration de l'avocat général Jaspar témoignant de ce qu'il avait consulté ce fameux dossier «Pinon» dans lequel on cherchait a impliquer certaines personnes haut placées, avait mené en 1988 une enquéte qui confirme l'organisation de ballets roses avec des mineurs, qui récite les mémes lieux et noms et qui donne méme des détails sur les deux mineurs «suicidés», l'un par une balle de revolver, l'autre par pendaison. Lagasse précise méme que ces deux mineurs provenaient d’un home de Braine-I'Alleud et y avaient été placés par le... juge de la jeunesse A. 2 ee a (auesgs8 ne ondys 40 ogayos0d tamao0T sgadv ) CNIADYH 9Uou OqeTTeEINOf NU Fo Zed SoguUO 929 3tONOTERy 4UO saurav1 Jwuxesuoo exp SnOs 9p SuoyA of ond sueTAEATOSUT Sot osqnoy —— sSuoyqTTyouoses Sosnaquow BINST ep SLOT OsTUTPSMIOAUT,D: FArOD canoe yo,C seo gueuuon9,p woys q7eAe,u UTED onb SIT OTOP of “STTTOTTH se Sougtqosd ep 4Fae Thunb 35P 88 TE ‘hg THAe Lz Fpewes ot a7e3919 ‘quem ba quvas na Fe,T of end spor aspyusep by roTa ws tnod 47euITeLS nb po onbucotend eosuon op 4avd 4yes sFouul wa OU TI “eaquom Bop 05 oa ep gaitey Ja yom oo opwededosd op 3¥es Steel wT TI +a-N"m Ne auEy ides 0a SRHTLVT ep 993;a}30¥ Sep Wey ayeuuos ou of qwoueTTeMtoesog squowom zed Zotnqes Fetowes of SANTENT ce ayer ap cup anon ep saya of onb 09 y tezodde qned wo 4yp9a9 Tenb Sudtip roafesre 03300 sunpsoygaszecse oxjund no 4peAe £ TY pnb 95P Fa gene ET seq TOsavy op woPdar BT Step 3fESGed oF OFFeIa 2D “DX eT YOUTAMNOMNVA STTFeAtH Syeuuos ep reByeduexr enduet ue ompadxe,m op To9p Tab tg ou ‘uygzEH Pa “NUTT SoTuST90 F OFT 3° LH6L 9390390 OC et ATTFG ¥ gu txoFsesyo tenbruoH spiaNNGO NVA p xnodg ‘uyursyup ‘Tersaep ‘ureatés ‘eatseq taseaty FSTNNOOTWE f euopuoque snow teezney GorLL 48 EERE 90 OT (BRASS TESTES GG TIE So FE 23 Py Est-il étonnant de constater que certains de ces témoins, pourtant «en aveux» en dehors de toute enquéte, devant leurs relations, sur des bandes sonores enregistrées 4 leur insu et méme face a des enquéteurs, ont démenti plus tard leurs propos? Et que les rares enquétes menées n'ont abouti a rien? Quon est sagement allé enquéter aux lieux de rendez-vous comme le «club de golf du Bercuit» ou encore le «Royal Waterloo Golf Club» et «qu’aucune des personnes citées par Pinon (ou figurant sur les divers listings découverts chez Montaricourt ou Israél) n’était membre de l'un de ces clubs»? Une naiveté désarmante... ou voulue? Car malgré toutes les mauvaises volontés, une enquéte a néanmoins démarré relative au décés de six mineurs. En 1992, on constate «qu'il existe effectivement un dossier «décés suspects» pour trois de ces mineurs.» On est & ce jour sans nouvelle des suites de cette enquéte. Tout comme lenquéte sur un mineur, prénommé Charles et un autre dont lidentité est également connue et qui étaient actifs dans les ballets Pinon et dans les réseaux Montaricourt et Israél, est restée sans aboutissement. A la lecture de la déposition de Fauconnier, on apprend que la derniére copie du dossier Pinon a été remise au juge Slicker et que les renseignements y contenus ont été communiqués au journaliste René Haquin du journal «Le Soir». Or, il n'y a jamais eu de véritable instruction sur le dossier Pinon, la mort de mineurs et de témoins, l'implication des hautes personnalités et le journaliste Haquin s'est bien gardé de publier les éléments les plus brdlants du dossier. Il avait peut-@tre ses raisons, la plus impor- tante ayant pu étre sa survie, car comme je I'ai deja dit dans les pages précédentes, certains détenteurs dudit dossier ne sont plus parmi nous aujourd'hui. Je pense notamment a Madame Crockaert, morte dans un dréle d'accident de voiture, mais également a d’autres témoins et notamment Emile Lecerf, mort d'un empoisonnement tout aussi suspect et dont la veuve Betsy eut a subir d’énormes pressions. Et ce nest pas le journaliste Garot qui me contredira, car 24 | | | on V'avait mis en garde avant l’incendie de son jour: nal, notamment en lui faisant savoir que la publica- tion de ces informations étaient «de nature a désta biliser Etat belge> 11 est obligatoire, pour la bonne compréhension des choses, de faire ici une parenthese et d’évoquer brie- vement les deux réseaux de prostitution internatio nale et destinés a des personnalités élevées de l'état belge, le réseau Montaricourt et le réseau Israél. Dans les deux dossiers, des carnets d’adresses et des documents divers’ ont été saisis. Un magistrat en charge de ces dossiers signale : «Les objets et docu: ments saisis ont été soit détruits, soit joints au dossier, soit restitués @ Montaricourt!» Incroyable, mais vrai. Protection des grands dignitaires de l'état inscrits sur ces fichiers, oblige... Quant aux poursuites engagées contre ces réseaux illégaux, il n’y en eut pas du tout ou trés peu. Alors que parallélement aux pieces saisies et aux aveux partiels des organisateurs, il y eut des dépositions sans équivoque témoignant de relations sexuelles entre mineurs et personnes haut placées avec indication des identités (interrogatoire Maud Sarr par le policier Etienne Alain, le 7 février 1989). Le 28 juin 1992, Sarr déclare qu'il existe égale: ment une cassette vidéo issue du réseau Montari court sur laquelle apparaissent des personnes haut placées et que ces cassettes sont hautement compro: mettantes. Il y eut également des déclarations offi cieuses, comme celle du fonctionnaire en charge de Fenquéte Montaricourt qui dit : «/'ai entendu parler du dossier Pinon par la presse. Certains noms ont été cités par les journalistes et sont du domaine public. Curieusement, j'ai pu, sans hésitation, faire un rapprochement entre ces noms connus et les person- nages et personnalités qui faisaient appel au réseau de Montaricourt.» Avec, en toile de fond de ces histoires de meurs, toujours la présence de la pieuvre, la Stireté de I'Etat et de son agent a facettes multiples, le brave Smets. Ainsi, Joseph Kausse, commissaire a la Sireté de VEtat belge déclare-t-il le 7 avril 1988 dans un proces 25 verbal avec le numéro de dossier 2677/87 face au commissaire OPJ Francis Dorpe et a l'intention du juge d'instruction Collin de Bruxelles : «Ce que je sais, c'est que Smets a été l'amant, vers 1980-1981, de l'épouse du docteur Pinon, chez qui des parties fines étaient organisées, ce qui était Voccasion de compromettre des personnes haut placées». Smets, Vagent de la Sareté de Etat qui dépendait directe- ment du grand chef Raes, soupconné par ailleurs (nous y reviendrons plus loin) d’étre a la solde du KGB, instigateur de lincendie du journal «Pour», leader infiltré ou créateur-animateur du groupe d’ex- tréme droite W.N.P. & origine d’assassinats, était donc lamant de l'épouse du pauvre docteur Pinon par les enquétes privées duquel le scandale arriva. Lun des hommes forts de la Sdreté de I'Etat était donc a la source méme des soirées trés spéciales organisées pour profiter des faiblesses charnelles et des déviances sexuelles de hauts personnages de VEtat afin de pouvoir exercer des pressions sur ces personnes et de les tenir par leurs fantasmes sexuels mis en pratique. II n'est donc pas étonnant que le dit smets, malgré des parjures devant différentes juri- dictions, malgré Vorganisation et la protection de crimes, n’ait jamais eu & rendre compte de quoi que ce soit et ait pu impunément pratiquer son drdle de métier. Cette extréme droite belge infiltrée par la Sareté de PEtat au point que cet organisme dirigeait meme des mouvements comme le W.N.P. (4), cette extréme droite au centre des plus grandes affaires criminelles belges qui était en fait une émanation du commis- saire Smets et de la pieuvre étatique belge, était donc au courant de ce qui passait lors de ballets roses et de Fidentité de ceux qui s'y compromettaient. Dans une déposition faite le 13 avril 1988 et successive & celle que nous citons dans la page précédente, le méme commissaire Joseph Kausse de la Sareté, (4) confer fouvrage de Victor Massart, commissaire responsable & la Sdreté de (Etat, «les dés étaient pipés - conspirations a la Sireté de "Etats; aux éditions Quorum. 26 toujours en exercice au moment de son interroga- toire, rend ses interlocuteurs officiellement attentifs au fait suivant : «Ce sont des gens d'extréme droite qui tenaient le bar «Le Jonathan», rue M. Wilmotte, a Saint-Gilles, 04 se déroulaient des beuveries, ot on attirait des gens pour les photographier 4 leur insu et les faire chanter. Bultot fréquentait ce bar.» Et Kausse de conclure, tout en ne pouvant pas certifier que les commissaires Smets et de Roock fréquentaient bien «Le Jonathan», que Smets, via ses relations sexuelles avec lorganisatrice des «parties fines», Pinon, avait la mainmise sur toutes les informations scabreuses et compromettantes vis-a-vis de person- nages haut placés, parmi lesquels figurait, toujours selon le dossier Pinon, l'actuel roi de Belgique. Il faut noter ici que la classe politique belge prend conscience du fait que le scandale risque d’écla bousser a tout moment la Couronne. Et que cela n’ar- rangera personne. Il n’est donc pas étonnant de constater que juste avant I'été 1997, le comité direc- teur du parti socialiste a mis ce probléme ouverte- ment sur la table des discussions en posant a ses membres la question de principe fondamentale faut-il remonter jusqu’au Palais Royal de notre coté ou ne faut-il pas? Pour I'instant, la décision est néga- tive ou disons plutét, qu'elle n'a pas été prise. Mais il faudra bien la prendre a court terme, au parti socialiste tout comme dans tous les autres grands partis politiques belges Dans ces dréles de ballets roses - et sans que je puisse bien sir affirmer qui était présent a quel moment exactement -, les rites allaient de I’échan- gisme consentant a la relation prostituée de luxe - Client masculin, en passant par des faits sexuels sur des mineurs. Qui a amené les enfants, qui les a fait taire, quia réussi a cacher le décés de deux jeunes au moins? Je ne saurai répondre a ces questions, mais dans le cadre de ces ballets roses dont plusieurs temoins (et dont je cite lidentité de plusieurs plus haut) ont énuméré quelques clients haut placés, des rites sexuels ont abouti a la mort de deux enfants... ar au moins. C'est extrémement grave, mais vu l'identité de certains habitués des lieux, il n'est pas étonnant que les enquétes et poursuites soient restées inexis: tantes. Tout comme il est effarant de retrouver des déclarations faites par deux gendarmes, MM. Bihay et Balfroid a la commission parlementaire sur les «tueries du Brabant» ; ils affirment en effet que «la gendarmerie a assuré le service d'ordre autour des villas ou les ballets roses avaient liew». Déclaration bien sir aujourd'hui difficilement vérifiable, mais déposition quand méme. Une parmi des centaines. Mais revenons-en a notre fameux bar «Le Jonathan», que nous évoquons 4 travers la déposition du commissaire Kausse déja plus haut. La créativité des organisateurs n’a décidément pas son pareil. Il faut encore amuser les dépravés du sexe, les malades de Ia zigounette, alors qu'on leur a déja tout donné pédophilie, rituels sataniques, échangisme, sadoma- sochisme etc, etc... On crée donc une nouveauté au «Jonathan» pour ce cercle de politiciens, de magis- trats, de journalistes qui décident finalement de Yavenir et du cheminement du pays pendant leurs réunions spéciales : on leur présente un bateau pneu- matique gonflable qu'on remplit de confiture. Oui, vous avez bien lu : de la confiture! Et voila nos malades du sexe, nos obsédés de la déviation sexuelle, a la recherche de sensations toujours plus fortes, toujours plus neuves (et ce sont ces sensations sexuelles qui vont causer la perte de la Belgique), plongés en trés charmante compagnie (des prostituées la plupart du temps), souvent trés Jeune aussi, dans ce bain de confiture Au fait, pourquoi de la confiture? Je ne saurais pas répondre a cette question, puisque je ne trouve rien de stimulant dans le fait d'avoir les fesses et le zizi barbouillés de cette matiére collante et sucrée, mais jimagine qu’a la fois la perversité de la situation et ‘surtout la possibilité de débarrasser le corps de mon partenaire d’un instant par voie orale de sa garniture, doivent constituer les principaux attraits de ce genre 28 Le fameux bar a partouzes «Le Jonathan» mérite qu'on lui consacre quelques lignes qui prouveront au lecteur que nos informations viennent une fois de plus de premiére main et qui planteront un décor aussi scabreux que surréaliste. Les noms indiqués par des initiales sont bien stir connus de V'auteur. La configuration du «Jonathan» est a deux étages. Au rez-de-chaussée, on retrouve cette belle piéce contenant ce fameux bateau gonflable rempli de confiture. Une confiture dont il fallait renouveler périodiquement la couche supérieure, car celle-ci moisissalt assez rapidement. L'homme qui en était chargé en a gardé des souvenirs assez dégotitants. Cest cette piéce du bas qui donnait sur cette vitre sans tain derriére laquelle Smets et son adjoint Dossogne purent vaquer a leurs opérations de voyeurisme au nom de la Sareté de I'Etat. A étage se trouvaient deux pieces destinées aux partouzes et ot étaient posées plusieurs matelas par piéce et par terre afin de permettre le déroule- ment des soirées trés spéciales. Bien sir que l'immeuble contenait également des toilettes dont une disposait d'un vasistas qui permettait, en cas de descente policiéve, de s’échap- per. Deux mineurs déshabillés ont d'ailleurs un jour emprunté ce chemin et gelé pendant un bon bout de temps en période d’hiver a l'extérieur du batiment, le temps que la descente se termine. Mais le «Jonathan» n’était pas le seul endroit ayant droit aux actes d’espionnage des hommes de la Sareté de l'Etat. Ainsi, 'équipe de Christian Smets ‘sévissait également dans le bar homosexuel appelé «Le Macho», 00 les fonctionnaires d'Etat zélés filmaient les ébats d'homosexuels en chaleur, comme T., D., G., L., ou encore un clérical de la hiérarchie supréme de l'église catholique belge, H. 29 Extrait d’un rapport confidentiel de 1983 sur le «Jonathan» par la police judiciaire de Liége : On y avait "habitude « de prendre des photographies scabreuses, voire obscénes ou tourner des films ou enregistrements vidéo, et ce afin de pouvoir faire pression sur les personnes qui se sont laissées entrainer dans de telles situations. Il arrive méme qu’on incite des filles 4 enivrer certains clients pour les amener dans des situations équivoques afin d’en prendre photographie (...) Le patron se serait méme vanté d’avoir dans un coffre en banque, différents documents, photos, films ou K7 vidéo lui permet- tant de faire chanter (...) différentes personnes.» Bien pire encore : le rapport évoque un témoignage relatif & une cassette prise dans une maison du Rouge-Cloitre a la Hulpe. « Cette cassette aurait pour objet des faits de moeurs dans lesquels seraient impliquées diverses personnalités. Elle aurait en son temps été rachetée pour une somme de 140 millions (...)». Un rapport confirmé par le gendarme Balfroid de la BSR de Wavre dans un procés-verbal du 18 juin 1985 qui fait état de cette méme information d'une cassette compromettante rachetée pour 140 millions. Le gendarme Peelos (qui accuse égale- ment le procureur du Roi Dejemeppe d’avoir éliminé une farde de travail sur les ballets roses) reléve encore une déclaration du docteur Pinon selon laquelle ce serait le couple Dewit-Fourez (victime des tueurs du Brabant) qui aurait vendu la fameuse cassette pour 144 millions. Des clients capables de payer cent quarante millions pour racheter la preuve filmée de leurs ébats ne doivent pas étre légion en Belgique... Quels sont donc ces personnalités figurant sur ce genre de document pour justifier un tel prix? Et pour faire intervenir le ministre Gol afin de faire disparaitre certains procés-verbaux, notamment du dossier « Pinon» ? Un ministre Gol dont a un certain moment le garde du corps s’appelait... Christian Smets et l'une des employées du cabinet... M™ J.J. Pinon! 30 ] @ébat. Mais je suis peut-étre naif et certains partici pants a ces ébats és spéciaux doivent se marrer en douce devant autant de candeur. Nos hommes politiques, nos magistrats, nos journa- listes sont heureux et ils se sentent bien entre eux, réunis ici dans le vice, mais réunis dans la vie civile (ou habillée) dans le pouvoir. Ils cotoient du beau et du moins beau monde (le fameux Bultot qu’on retrou- vera a plusieurs endroits de ce livre est un client régulier du Jonathan»). Ils se regardent donc fiére ment et avec un certain plaisir dans une grande glace sans tain qui fait face 4 leur dréle de piscine. Sans savoir, pauvres imbéciles, qu’a deux trois metres de la pointe de leur organe sexuel et de l'autre coté du miroir, se trouve une caméra et qu'elle est manipulée par un membre de la Stireté de I'Etat. Tout est enre- gistré et l'histoire contemporaine de la Belgique est en train de s’écrire... alors que le patron de cette boite spéciale, Pierre-Paul Derijcke, a couché sur papier une liste des clients du «Jonathan» qui existe dans les documents judiciaires (FA 15, CA 52, pieces 288 et 298). Ce qui fera dire le 23 janvier a Victor Massard, commissaire responsable de section a la Stireté de VEtat 4 son nouveau ministre, Melchior Wathelet, qui Vinterroge sur son avis concernant les tueries du Brabant wallon : «les affaires de moeurs ne sont pas a Vorigine des tueries, mais elles empéchent probable- ' ment des langues de se délier». Et Massard de rappe- ler dans ses mémoires : «le ministre rajoute que d'autres sont aussi de cet avis». Importante également la constatation de la commis sion parlementaire sur les tueurs du Brabant qui. constate le 14 octobre 1997 : «(...) lexistence de «ballets roses» a bien été confirmée.» Et la commis- sion de poursuivre, en évoquant les dossiers «Montaricourts, «Israéb» et «Eurosystem Hospitalier», étroitement liés aux ballets roses et a la prostitution de haut niveau, ainsi que le dossier «Pinon» : «Les constatations faites concernant la maniére dont les 3t premiéres affaires citées ont été traitées (...), sont de nature telle que la «protection» ne peut étre exclue.» C'est dit avec prudence, mais c'est hautement signi- ficatif dans le rapport officiel et public d'une commission parlementaire qui continue : «Dans le dossier Montaricourt», on ne retrouve pas d’éléments relatifs & des recherches quant a la présence d'un mineur d’age qui aurait été actif dans le réseau. La commission rogatoire en vue d’enquéter sur les coffres-forts a l'étranger n'a pas été exécutée. Toutes les piéces saisies n’ont pas été déposées au greffe. On constate également la disparition d'un album de photos de call-girls, d’un dossier des gendarmes char- gés de Vaffaire ainsi que d'un agenda contenant le nom de personnes de premier plan. Ce dossier a enfin été traité avec une extréme rapidité. Le dossier Israél (..) a débouché sur un rapide classement. On assiste aussi @ la disparition d’un certain nombre de piéces a conviction emportées lors de perquisitions, en parti- culier d’un plan de table reprenant notamment le nom d’une ou plusieurs personnalités. On constate enfin le manque de rigueur dans I'enquéte en ce qui concerne les relations disraél avec certaines personnes. Il est étonnant que, dans I'enquéte menée dans le dossier Eurosystem Hospitalier, un classement sans suite ait été décidé rapidement alors qu’une apostille devait encore étre exécutée. Un des gendarmes chargés de V'affatre a également été invité au cabinet du ministre de la Défense nationale afin détre interrogé au sujet de ce dossier.» Et pour une fois, la dite commission est catégorique : «La commission estime que les dossiers en question n'ont pas été traités normalement.» Il est donc prouve ici par A plus B que tous les dossiers de ballets roses, avec ou sans mineurs, n’ont pas connu les enquétes auxquelles ils auraient da légalement avoir droit!!! Et la commission de continuer en s’attaquant d'abord aux pieces disparues mystérieusement et au non- accomplissement de devoirs prescrits dans les divers dossiers de mceurs et en constatant : «Dans ce dossier également, on n'a fait aucune recherche complémentaire concernant un mineur mentionné.» Il est donc évident que pour protéger les hautes 2 j | personnalités citées dans ces divers dossiers de meeurs, on a fait jouer des protections afin d’étouf- fer le scandale. D’autant plus que les divers juges en charge de ce dossier ont tous avoué qu'ils ne se sont pas occupés, pour des raisons aussi diverses que chimériques, de ce dossier des ballets roses. Des raisons évidentes... Qui cumulent dans l'interroga- toire du procureur du Roi Deprétre, auditionné quant au fait qu'il avait tout simplement caché le dossier Pinon dans son coffre-fort : «Je répete que je n'ai pas rangé ce dossier dans mon coffre-fort mais dans mon bureau afin de protéger la vie privée des gens.» Et le juge d’instruction Lacroix de compléter «Le plus génant (dans ce dossier), c’était les noms cités. I s‘agissait de personnes qui, a premiére vue, sont honorablement connues. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont rien a se reprocher.» On ne peut étre plus clair! Autre version dans ce cadre d’organisation de meurtres protectionnels et__—_d’hypothéses criminelles : celle de ancien directeur de la prison de Saint-Gilles, Bultot, qui glissa dans le grand bandi- tisme et qui doit savoir de quoi il parle ; en évoquant certaines personnes victimes des tueries du Brabant, il déclare : «si ces personnes sont assassinées, c’est qu’elies en savent trop, qu’elles sont des témoins prin cipaux dans cette affaire, parce que, quelle qu’en soit la raison, on veut se débarrasser de témoins, ceux-ci étant devenus génants, certains d'entre eux faisant peut-étre du chantage. Ces gens ont en tout cas été assassinés parce quills étaient au courant de ces trafics d’armes et de drogue». Et Bultot de citer les noms de certaines victimes des tueries : Finné, Van Camp, Mendez et surtout Fourez et Dewit, «parce qu’ils organisaient les distractions sexuelles prévues a Toccasion de la conclusion d'importants contrats pour la livraison d'armes et de drogue.» La commission denquéte parlementaire ad hoc a résumé les conclu- sions de Bultot : «ces personnes auraient été enlevées @ un endroit et emmenées sur les lieux de Vattaque avant d’y étre assassinées (...) Dans le cas de Fourez et Dewit, des gendarmes pourraient les avoir dirigés 33