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Desmond Leslie

&

George Adamski

Les soucoupes volantes ont atterri

Desmond Leslie & George Adamski Les soucoupes volantes ont atterri

Cet ouvrage a paru sous le titre original :

FLYING SAUCERS HAVE LANDED

© Desmond Leslie, 1970

Pour la traduction française :

Éditions J’ai Lu, 1971

Avant-propos

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE

1. Ce que les soucoupes ne sont pas

2. Le musée de la soucoupe volante

3. Les phénomènes du professeur Menzel

4. La revue des soucoupes volantes

5. Le silence des soucoupes volantes

6. Les vimanas

7. Soucoupes volantes antédiluviennes

8. Les soucoupes volantes de l’Inde

9. La musique des sphères

10. Les soucoupes volantes de l’Atlantide

11. Les vimanas sont-elles des soucoupes volantes ?

12. Le système solaire

13. Des soucoupes volantes sur la lune

14. Matières résiduelles

15. Une des premières qui atterrit

16. Une prophétie

17. Le mystère de la Grande Pyramide

18. Le premier vaisseau spatial

1. George Adamski

DEUXIÈME PARTIE

2. Cet inoubliable 20 novembre

3. 13 décembre — La seconde visite

TROISIÈME PARTIE

GEORGE ADAMSKI vu par Desmond Leslie

Note

Avant-propos

Il y a environ 18 millions d’années, selon les antiques légendes de notre petite planète, à l’époque où Mars, Vénus et la Terre étaient en étroite conjonction, un immense vaisseau étincelant vogua le long du chemin magnétique ainsi formé, pour apporter sur terre « trois fois trente-cinq » êtres humains d’une perfection dépassant notre idéal le plus parfait, des dieux plus que des hommes, des rois divins venus du fond des âges ; sous leur règne bienveillant qui s’étendait à toute la Terre, un monstre hermaphrodite sans âme et sans intelligence fut transformé en cet être pensant et sexué appelé l’homme.

Lorsque, en 1953, j’avançai cette hypothèse scandaleuse et prétendis que l’homme hantait la Terre depuis 180 000 siècles, je fus la risée de tous les milieux conscients et organisés. Cependant, à la suite de certaines découvertes, des archéologues ont prouvé depuis qu’un homme primitif existait bien sur la terre il y a 20 millions d’années. Ainsi, petit à petit, la science moderne vient confirmer les antiques traditions.

Les arts par lesquels ces aînés de la Famille Solaire propulsaient leurs vaisseaux, soulevaient des poids considérables et gouvernaient les éléments (selon les légendes) furent enseignés à nos premiers ancêtres qui, plus tard, construisirent à leur tour des vaisseaux scintillants, explorèrent les espaces sidéraux et cherchèrent les secrets des profondeurs. Ils comprirent et utilisèrent des états de la matière dont l’existence échappe encore aux savants modernes et construisirent des formes au-delà des limites de la matière tangible.

Depuis, et jusqu’à nos jours, des constructions terrestres et des objets provenant d’une myriade d’autres mondes ont été vus dans nos cieux.

À l’avènement de la presse et de la radio qui permirent à l’homme d’inonder le monde de ses bavardages jusque-là limités à la portée de leur voix, un objet lumineux observé dans le ciel de Londres ou en Amérique émerveille, grâce au progrès, au même moment l’Australie et l’Inde.

C’est pourquoi, lorsque le 24 juin 1947 Kenneth Arnold aperçut une flottille de dix rondelles scintillantes filant dans le ciel à près de 2 000 km à l’heure et tourbillonnant autour des sommets du mont Rainier dans l’État de Washington, la nouvelle se répandit tout autour du monde à la vitesse des ondes lumineuses et provoqua ce phénomène que nous appelons les « soucoupes volantes ».

Arnold déclencha véritablement quelque chose (ranima serait un mot plus juste) et dès lors un flot de rapports parvint aux autorités. Ils émanaient en général de personnes dignes de confiance, de bons observateurs qui avaient remarqué qu’un des premiers modes de locomotion était de nouveau en activité dans les airs. En dépit des démentis répétés et des explications les plus démentes, les gouvernements du monde ont été contraints d’accorder leur attention à l’affaire et de créer des organismes d’enquête, quelquefois secrets. Aujourd’hui, le gouvernement des États-Unis a renoncé à son attitude de scepticisme et reconnaît qu’il possède dans ses dossiers plus de 1 800 cas authentiques. Le ministère de l’Air britannique est plus prudent, mais avoue à contrecœur qu’il existe aussi chez lui un bureau confidentiel chargé d’examiner ces cas et de répondre aux questions qu’ils posent.

Le 25 septembre 1952, le gouvernement américain laissa entendre qu’on reconnaissait en haut lieu la réalité de ces phénomènes mais que, dans son intérêt, il valait mieux que la population ne fût pas mise au courant.

C’est assez inquiétant, pour dire le moins. Aussi, l’objet de ce livre est de découvrir et de révéler ce qu’au juste, les autorités veulent nous cacher. Cette curiosité de Pandore a eu pour résultat immédiat de nous faire plonger au fond des eaux stygiennes, où nous perdons pied, et où il est fort probable que les autorités, gouvernementales ou scientifiques, perdent pied elles aussi. Mieux vaut d’ailleurs qu’elles ne fassent pas le plongeon, car lorsque les gouvernements se mettent à sonder les eaux du Styx les résultats ne sont jamais excellents pour les gouvernés.

Cependant, puisque nous nous étions mouillés dans ces eaux tentantes, nous y avons, vaille que vaille, lâché

notre sonde et, au cours de notre étude, nous avons fait quelques découvertes fort inattendues, généralement en des lieux où les rares cartes précisent « sans fond », alors que dans d’autres, où la profondeur était hardiment indiquée, notre sonde a plongé dans des abîmes sans fond. Les chapitres qui suivent présenteront les découvertes comme elles sont venues.

Un mot en passant, et un avertissement. Cet ouvrage n’est en aucune façon dédié au statisticien, ni à quiconque confond les chiffres et les faits, pas plus qu’il ne cherche à plaire aux amateurs de ce que l’on appelle la Science Populaire. Un de ces vulgarisateurs se donna un jour beaucoup de mal pour expliquer à G.K. Chesterton que le diamant ne différait en rien d’un morceau de charbon. Chesterton écouta docilement, puis à la fin il s’exclama : « N’importe quel imbécile voit bien qu’ils sont différents ! »

C’est à cet imbécile-là, à l’hérétique solitaire qui aime suivre des chemins inexplorés, à celui qui croit que toutes choses sont possibles, en particulier celles que les esprits forts jugent impossibles, à celui qui retourne toutes les pierres et à celui qui accorde une seconde chance à « la pierre rejetée par le maçon », c’est à ceux-là que cet ouvrage est dédié.

Pour eux, je vais retourner de bien étranges pierres, mais je ne suis pas responsable de ce qu’ils pourront découvrir dessous.

PREMIÈRE PARTIE

1

Ce que les soucoupes ne sont pas

Depuis le jour où un facétieux a inventé le terme de « soucoupes volantes », le plus grand, le plus passionnant mystère de notre époque a été abaissé au niveau de la grasse plaisanterie. Les comiques de music-hall et les petits rigolos de l’État et de la Science se sont alliés, avec succès, pour pousser l’humanité à employer son moyen d’évasion le plus vieux et le plus facile : rire de ce qu’elle ne comprend pas.

Dès lors, quiconque disait « j’ai vu une soucoupe volante » ou, pire encore, « je crois aux soucoupes volantes » était considéré comme un farceur ou un doux cinglé. En dépit de toutes les preuves du contraire (qui suffiraient à remplir des volumes entiers) on persiste à penser, confusément, que les soucoupes volantes sont une espèce de blague de type américain, un coup de publicité des journaux ou une entreprise plus ou moins douteuse. À cela s’ajoute l’idée, plus confuse encore, que le mystère a déjà été résolu, que les cieux ont été purgés de ces objets sataniques et qu’il n’y a plus à s’en inquiéter [1] .

Pour ce qui est de cette dernière impression, nous pouvons en remercier les pseudo-savants et experts de tout poil qui ont tout simplement négligé d’étudier les faits. Trop de déclarations pontifiantes se sont abattues sur les têtes des Fidèles, lancées par des personnages qui auraient dû y réfléchir à deux fois. Des centaines d’explications fumeuses ont été avancées qui « expliquent » à peine une fraction des faits. Mais prétendre, comme le font leurs auteurs, qu’elles englobent tous les cas enregistrés est un mensonge flagrant dont la justice immanente pourra, ou non, les acquitter.

Pour ma part, je tiens à déclarer tout d’abord que j’ai consacré deux ans et demi à l’étude de ces phénomènes, que j’ai scruté des milliers de cas, que j’ai lu des rapports tant anciens que modernes, que j’ai examiné avec un esprit impartial des choses qui semblent possibles et d’autres qui paraissent impossibles et que je me sens tout aussi qualifié que le premier « expert » venu qui, au bout de quelques semaines ou même de quelques jours de recherches, donne calmement la seule et unique solution et retourne à ses activités.

Je tiens également à avertir le lecteur ; si je traite du mystère des soucoupes volantes sur un ton léger ou facile ce n’est pas parce que je ne pense pas très sérieusement ce que j’écris. Au contraire, je prends très au sérieux les soucoupes volantes ; mais je hais le pédantisme et, comme les anciens Toltèques, je considère les choses graves de la vie comme une source de joie et de plaisir et non comme les objets d’une pompe sinistre.

Enfin, bien qu’à mon goût je préfère les anciens noms attribués aux disques célestes tels que « véhicules du ciel », « vimanas » ou « chars flamboyants » je m’en tiendrai à la terminologie moderne afin d’éviter toute confusion ; ainsi tout au long de cet ouvrage, je parlerai de « soucoupes volantes ».

J’aimerais consacrer un peu de temps à prouver ou nier la réalité de ces merveilleux objets volants. En fait, je voudrais aller immédiatement au fond des choses et attaquer le vif du sujet, mais pour ceux qui ne connaissent les soucoupes volantes que par ouï-dire ou par les journaux à sensation, cela risque d’être déroutant, aussi consacrerai-je la première partie de ce livre à un exposé de tous les événements, jusqu’à nos jours.

Je tiens à dire également que si je cite ici près d’une centaine d’incidents, ceux-là ont été sélectionnés parmi plus de 2 000 coupures de presse, articles, rapports, manuscrits et documents anciens qui m’ont été fournis par des collaborateurs bénévoles de ce côté-ci du rideau de fer. Les citer tous est impossible. Depuis dix-huit mois il ne s’est guère passé un jour sans que l’on rapporte un passage de soucoupes volantes dans un coin quelconque du globe. Mais je suis au-dessous de la vérité. Certains jours, on en a observé jusqu’à dix, en des lieux différents et fort éloignés. Et si une chose est vue quotidiennement, jour après jour, mois après mois, par des gens ordinaires, par l’homme de la rue, dans tous les pays, il est bien évident que cette chose existe !

Le lecteur se rappelle-t-il le premier récit stupéfiant ?

C’était le 21 juin 1947, trois jours avant l’aventure d’Arnold au mont Rainier. Un nommé Dahl se trouvait près de l’île Maury, dans une vedette de patrouille de la rade de Tacoma. Il leva les yeux et vit six grands disques volant à environ 700 mètres. Cinq de ces disques tournaient lentement autour du sixième qui semblait se trouver en difficulté. Lentement, ils descendirent vers lui, jusqu’à 150 mètres du niveau de la mer, sans un bruit. Et puis soudain, il y eut une explosion, provenant du disque central, et une lumière en jaillit, puis un objet de métal sombre en tomba. Des fragments plongèrent dans la mer, près de l’île, provoquant un sifflement, comme de la vapeur, sur quoi toute l’escadrille s’éleva et s’éloigna rapidement vers le large.

Trois jours plus tard l’île Maury fut examinée et on y découvrit des couches de scories. Le bruit courut que l’on avait trouvé aussi des disques de métal de couleur sombre et de couleur claire. Les services de renseignement de l’armée de l’Air furent appelés sur les lieux et déclarèrent, ex cathedra, par la voix du major Sanders, que le métal n’était que de la lave. Ni le major ni Dahl ne semblent avoir observé que des scories, des cendres, de la glace bleue, des matières gélatineuses et du mâchefer sont arrivés en grandes quantités sur notre planète, dans des circonstances inexpliquées, au cours des trois derniers siècles.

Il se produisit alors une variante. Des aviateurs expérimentés se mirent à les voir. Deux pilotes de ligne, Adams et Anderson, se trouvaient dans le poste de pilotage de leur DC3 reliant Memphis à Little Rock dans la nuit du 31 mars 1950 quand une énorme soucoupe volante étincelante plongea du ciel à une vitesse vertigineuse pour venir les examiner de plus près. Sur la coupole centrale il y avait une espèce de projecteur clignotant blanc- bleu, soit un signal, soit une partie du mécanisme de propulsion. Et sur la partie basse, les pilotes observèrent une rangée de huit ou dix hublots brillamment illuminés. Sur le moment, ils crurent à des hublots mais reconnurent plus tard que c’était peut-être des espèces de tuyères par où s’échappait une source d’énergie puissante autant qu’inconnue.

« J’ai été un sceptique toute ma vie, écrivit Adams dans son rapport, mais que peut-on penser quand on voit une chose pareille ? Nous étions tous deux abasourdis. »

Les deux pilotes ont été éblouis par la lueur. « Jamais je n’avais vu de lumière blanc-bleu aussi vive », déclara Adams.

Quelque chose de tout aussi éblouissant mais très différent fut observé par deux autres pilotes, des Eastern Airlines, Chiles et Whitted, au début de juillet 1948, au cours d’un vol dans la région de Montgomery, Alabama. Un immense « sous-marin aérien », trois fois la taille d’un B29, s’approcha et fit le tour de leur avion. Il était en forme de torpille et scintillait, enveloppé d’une étrange lueur bleu sombre. Il y avait une double rangée de hublots ou de tuyères sur le côté, d’où jaillissait une lumière blanche irréelle. Après les avoir examinés un moment, la chose dégagea soudain un nuage de flamme long de 15 mètres, releva le nez et s’élança à une vitesse de plus de 1 500 km-heure, son souffle faisant danser le brave DC3 comme un fétu de paille.

Plus tôt encore, neuf soucoupes volantes en formation irrégulière avaient été observées par le capitaine E. Smith, des United Airlines, à huit minutes de vol de Boise, Idaho, le 4 juillet 1947. Smith et son copilote, Ralph Stevens, virent les disques en contre-jour devant le coucher de soleil et les prirent d’abord pour des avions. Remarquez au passage qu’ils étaient « silhouettés ». Les boules de feu, les illusions d’optique et les réfractions de lumière ne produisent jamais de silhouettes sombres sur fond de coucher de soleil ou même de ciel clair. Quatre autres soucoupes vinrent se joindre au groupe, permettant aux pilotes et aux hôtesses de les observer à loisir.

« Elles étaient plates et circulaires, dirent-ils par la suite, et plus grandes qu’un avion normal. »

Un énorme disque volant sur sa tranche fit un bout de conduite à un appareil à destination de Chicago dans la nuit du 27 avril 1950. Le commandant de bord, Adickes, déclara que cela ressemblait à une roue géante.

« C’était très lisse, aérodynamique, et ça luisait uniformément d’une couleur rouge vif, comme de l’acier rougi. Ça volait sur la tranche, comme une roue qui dévale une colline. »

C’était intelligemment contrôlé, soit par un mécanisme soit par des êtres pensants, car chaque fois que

Adickes tentait de s’en approcher, l’objet s’éloignait, maintenant la distance, jusqu’à ce qu’il en ait sans doute assez d’observer la ridicule machine terrestre se traînant à 800 à l’heure ; alors, dans un élan de vitesse soudain, l’objet plongea à 1 500 pieds et survola la ville de South Bend avant de disparaître dans le lointain.

Et puis ce fut le drame.

Une lueur rouge dans les nuages au-dessus de la base de Godman, Kentucky — « un disque grand comme le Pentagone » planant silencieusement au-dessus de la base, « un appareil bien plus grand que le Queen Mary » supporté par des flammes orangées — fit dépêcher le capitaine Mantell, de l’USAAF à bord de son petit chasseur pour voir de quoi il s’agissait. Quand Mantell trouva l’objet on entendit sa voix surexcitée à la radio.

« C’était immense, dit-il, un objet de métal colossal, de 100 à 300 mètres de diamètre, volant à une vitesse de croisière de 180 à l’heure. »

Il dit qu’il allait tenter de le dépasser. Dès que le géant l’eut aperçu, ou senti, il accéléra, plus vite que n’importe quel appareil à réaction et Mantell se lança à sa poursuite. On n’entendit plus le pilote et on retrouva son appareil en menus morceaux, strié d’étranges rides profondes, comme s’il avait subi une averse de quelque terrible « chose » inconnue, comme s’il avait volé dans le champ d’une tuyère monstrueuse, ou pire, à laquelle aucun métal connu ne pouvait résister.

L’Autorité parla, ex cathedra. Premièrement, Mantell s’était lancé « à la poursuite de la planète Vénus ». Quel aimable illusionniste aura l’obligeance d’expliquer comment la planète Vénus a pu apparaître sous la forme d’un disque de 100 mètres de diamètre, volant à 180 à l’heure et accélérant ensuite brutalement en produisant des flammes orangées ? Plus tard, nous eûmes droit à une nouvelle explication officielle : Mantell était entré en collision avec un ballon-sonde météo « Skyhook » et s’était écrasé.

Admettons. Est-ce que cette collision aurait mis son appareil en pièces ? Je ne demande pas mieux, si quelqu’un veut bien en faire les frais, que de piloter un avion de chasse et de le lancer contre un ballon-sonde, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, pour observer les résultats, sans craindre de me faire grand mal. Mais depuis quand les ballons-sondes Skyhook croisent-ils à 180 à l’heure, depuis quand accélèrent-ils brutalement en émettant, par-dessus le marché, des flammes orangées ?

N’empêche que, officiellement, Mantell est parti inconsidérément à la poursuite de la planète Vénus, métamorphosée ultérieurement en ballon-sonde, et a ainsi, hélas, trouvé la mort.

Or, en 1954, j’ai eu la chance de rencontrer un témoin oculaire de cet accident. En faisant la traversée sur ce bon vieux Queen Mary, je liai conversation avec un ingénieur nommé Scott, qui s’était trouvé à la base de Godman à l’époque, et qui avait vu la fameuse soucoupe volante. Voici ce qu’il me dit : Nuages environ 10/10 e . Plafond 5 000 pieds. Apparition d’un grand disque métallique gris foncé, environ 100 mètres de diamètre, volant lentement, environ 170 à l’heure. L’objet surgissait des nuages et il était relativement facile de calculer sa vitesse et sa taille. Mantell fut chargé d’aller enquêter de près et ses communications radio furent enregistrées par la tour de contrôle. Son dernier message fut le suivant :

« Mon Dieu ! C’est énorme ! Et il y a des hublots ! »

Scott m’affirma avoir entendu l’enregistrement de ce dernier message, qui fut promptement supprimé dans le rapport officiel.

Vénus aurait des hublots ? Depuis quand ?

Ses habitants vivraient donc dans le sous-sol ?

Nous n’avons pas fini d’entendre parler de Vénus. Après quinze ans, cette brave planète surgit régulièrement, citée par de prétendus experts qui n’ont jamais assisté à ces incidents et qui n’ont jamais pris la peine d’interroger les témoins.

Il fut ensuite question d’un mirage, ou d’un grossissement provoqué par des couches d’air chaud, ou froid, ou par quelque chose dont personne ne sait rien, mais dans ce cas, pourquoi ces phénomènes ne grossissent-ils pas la lune, ne déforment-ils pas les étoiles ? Pourquoi s’en prendre toujours à cette malheureuse Vénus ? Et si l’on

s’en tient à l’hypothèse Vénus, il est bien difficile de comprendre l’incident survenu au centre d’essai des fusées de White Sands, au Nouveau-Mexique où une soucoupe volante a été suivie par le radar galopant joyeusement dans les airs à quelque 30 000 kilomètre-heure !

Loin de résoudre l’énigme, le radar n’a fait que l’approfondir. Parfois, des soucoupes volantes « invisibles » ont produit le genre d’écho radar indiquant la présence d’un corps solide se déplaçant à grande vitesse. D’autres fois, quand l’objet volant est visible à l’œil nu, l’écran du radar enregistre une image confuse, comme celle que peut provoquer un nuage ou une masse d’air radioactive. D’autres fois encore, des soucoupes visibles, apparemment solides, ont provoqué des échos radar indiquant des vitesses allant jusqu’à 40 000 kilomètre- heure. Les rapports se sont multipliés depuis quelques années, et l’armée de l’Air américaine a fourni un matériel spécial à de nombreuses unités, afin de tenter de résoudre le mystère.

En Angleterre, la RAF a également observé des phénomènes, le plus souvent au cours d’exercices de vol. J’en citerai deux, observés par des officiers que je connais très bien. Certaines raisons m’interdisent de dévoiler leurs noms ; le premier est un savant ; l’autre le fils d’un célèbre journaliste de Londres, critique théâtral.

Ce dernier m’a raconté qu’en novembre 1952, alors qu’il était de service, il a observé et suivi un objet énorme, volant dans les nuages, depuis la rivière Humber jusqu’à l’estuaire de la Tamise ; cet objet a couvert une distance de quelque 300 kilomètres en moins de 125 secondes !

L’autre observateur (le savant) était aux commandes du poste de radar de la côte Est durant les manœuvres « Ardent ». À 3 h 20, son attention fut attirée par un « blip » sur l’écran de radar suggérant le vol de dix avions en formation serrée quittant les côtes britanniques et se dirigeant vers la Hollande. La vitesse incroyable de ces objets — ou objet — rendait impossible un calcul réel, mais selon les estimations ils volaient à environ 35 000 kilomètre-heure !

Et ce n’était pas tout ! Quand la chose atteignit les côtes hollandaises, tout disparut sur l’écran de radar. L’objet disparut soudain, sa présence physique s’évapora, ce qui est parfaitement impossible, comme vous le dira le premier écolier venu.

Des savants expliquèrent que la chose s’était « dématérialisée », ou plus simplement s’était transcendée sur une octave de matière plus élevée, dépassant notre entendement actuel. Cette explication vaut ce qu’elle vaut

Malheureusement, la plupart des savants et autres « experts » n’ont pas les idées aussi larges. Les soucoupes les irritent parce qu’elles ne peuvent être commodément classées dans « ce qui est connu et accepté ». Depuis la mort tragique du capitaine Mantell jusqu’à ce jour, les « experts » nous ont raconté mille fadaises sans crainte de se contredire.

Les soucoupes volantes seraient :

« Des poussières devant les yeux qui ont l’air d’énormes objets dans le lointain », selon un Group Captain.

« Folie collective », déclare un psychiatre américain.

« Illusion collective », affirme plus charitablement l'institut Australien de Psychologie Appliquée, partant du principe que l’illusion est moins grave que la folie.

« Des taches devant les yeux. »

« Des toiles d’araignée. »

« Des météores. »

« Des phares ou des projecteurs. »

« Vénus. »

« Les perséides. »

« Des ballons-sondes. »

« De l’air ionisé. »

« De l’air non ionisé. »

« De l’air froid et de l’air chaud en condensation. »

« Une hallucination. »

« Des nèfles ! » déclare le Pr Menzel, de l’Université de Harvard, dans une interview exclusive accordée à un magazine américain. (« Nèfles » n’ayant qu’un rapport lointain avec la botanique.)

« Sexe », proclament des psychiatres progressistes, traumatisés par leurs désirs.

Nous pensions bien que, tôt ou tard, le sexe allait montrer le bout de son nez.

Enfin, selon le Pr Koukarkine, de Moscou, les soucoupes volantes seraient « une manifestation de la psychose impérialiste guerrière. »

En bref, les soucoupes volantes sont tout ce que l’on voudra, sauf des soucoupes volantes.

Ahuris, déroutés mais pas impressionnés, nous nous tournons vers Washington. Là, sûrement, dans la ville des experts, nous allons dénicher un expert qui saura de quoi il retourne !

Nous nous trouvons alors devant des tonnes de documents, un gigantesque et coûteux monument appelé « Opération Soucoupes » qui, il y a quelques années, fut créé afin de découvrir la solution. L’opération a été abandonnée, ou classée, ou envoyée en disgrâce dans les oubliettes du Pentagone, condamnée pour ne pas avoir résolu le mystère. Un autre projet suivit, engloutissant des rames et des rames de papier, et subit le même sort. Beaucoup d’hommes firent énormément de choses, si bien que de temps en temps le Pentagone pouvait publier un nouveau dogme à l’intention des Fidèles.

Par exemple :

30 juillet 1952, déclaration du général Samford, de l’USAAF : 80/100 des objets non identifiés peuvent s’expliquer par des causes naturelles, mais 20/100 demeurent inexpliqués.

Un mois plus tôt, jour pour jour, un certain Sid Eubanks était arrivé à Ebid, Oklahoma, blême et tremblant ; il raconta à la police qu’une énorme soucoupe volante d’un diamètre « d’au moins 150 mètres » était descendue en piqué et avait failli renverser sa voiture « prise dans le tourbillon colossal de son pot d’échappement ou on ne sait quoi ».

Le général Samford n’est pas ému pour autant ; il n’y a rien à craindre : « Les soucoupes volantes ne représentent absolument pas une menace pour les États-Unis. »

M. Eubanks en est tout réconforté.

La veille de la déclaration du général, les Fidèles avaient appris que les soucoupes volantes n’étaient pas des armes secrètes américaines, mais plus simplement « des taches devant les yeux ».

Tout porte à croire qu’une tache de 150 mètres de diamètre devant les yeux de M. Eubanks a failli renverser son automobile, c’est évident !

25 septembre : le Pentagone annonce la publication d’un « rapport stupéfiant », selon lequel il paraîtrait évident que certaines soucoupes volantes sont d’origine interplanétaire ; ce rapport ne sera jamais publié, de peur « d’alarmer le public ».

Le 12 novembre, enfin, le dit public eut connaissance de la « solution officielle » exprimée de façon exquise par un porte-parole officiel, le colonel Watson :

« Sornettes ! »

« Ce sont des contes à dormir debout

Les soucoupes n’existent pas », déclara le colonel aux Fidèles.

Il semble donc que nous n’ayons rien à espérer de cette moderne tour de Babel qu’est le Pentagone. Mais la question demeure : « Les autorités nous laisseront-elles en paix ? »

C’est bien douteux.

Depuis longtemps, diverses puissances ont, en dépit de tous leurs démentis, cherché à construire leur propre soucoupe volante. On peut être certain, par conséquent, que lorsque cet appareil sera au point on nous

expliquera que c’est la solution du mystère, que l’on effectuait tout simplement des essais. On nous affirmera que toutes les soucoupes volantes observées (à l’exception des illusions, des ballons-sondes et de Vénus) n’étaient que les prototypes de cette merveilleuse invention, et rien de plus.

Le plus affligeant, c’est que le bon peuple le croira. Ce sera si convaincant ! « Vous avez vu des soucoupes volantes. C’est parfait. Nous, les Puissances, nous avons justement fabriqué des soucoupes volantes ! »

Quoi de plus simple ? Malheureusement je n’en croirai rien, pas plus que ceux qui ont véritablement vu des engins spatiaux mystérieux.

Aussi, afin de prévenir les Fidèles contre toute espèce de duplicité, nous allons, avec leur permission, faire un voyage dans le temps, bien avant l’existence d’une Russie soviétique, avant celle des États-Unis, de la Grande- Bretagne, avant la Gaule, Rome, la Grèce, l’Égypte antique, jusqu’à l’aube des temps.

Et qu’allons-nous y trouver ? La silhouette confuse d’une soucoupe volante préhistorique ? Hélas non ! Mais nous découvrons la silhouette bien précise de merveilleux véhicules, admirablement construits, propulsés par des sources d’énergie qui nous sont inconnues. Nous découvrons en fait que les véhicules spatiaux ne sont pas le produit de l’imagination du XX e siècle, mais qu’ils existent dans le souvenir humain, dans les documents humains, depuis que les premiers êtres ont commencé à penser et à se souvenir.

Alors, si les soucoupes volantes sont les prototypes d’une invention des gouvernements modernes, le moins que nous puissions dire c’est que le stade expérimental dure depuis vraiment très longtemps.

2

Le musée de la soucoupe volante

Depuis que l’homme a inventé l’écriture et a appris à faire des rapports, il a périodiquement noté le passage dans nos cieux de disques lumineux et d’objets flamboyants en forme de fuseau. Dans la Rome antique, il est très souvent question de « boucliers volants », l’équivalent latin de nos soucoupes, et leur apparition étant considérée comme un présage (à Rome tout était présage) les devins et augures firent d’excellentes affaires. En Chine, on les appelait des « dragons de feu » et leur parcours était soigneusement noté ; nul n’avait le droit de construire des maisons sur les « routes des dragons ».

Dans une église yougoslave du XIV e siècle, on peut voir des fresques représentant de petits hommes dans des capsules spatiales. Des inscriptions sur des tablettes ou des monuments anciens dépeignent non seulement le soleil, la lune et les planètes mais aussi des engins spatiaux en forme de disques ou de torpilles. Certaines peintures rupestres représentent des hommes en curieuses combinaisons qui ressemblent à s’y méprendre à celles que portent aujourd’hui nos astronautes. De nombreuses gravures médiévales illustrent la consternation provoquée par des processions de sphères sombres ou lumineuses dans les cieux, alors que les seules sources de lumière auraient dû être le soleil et la lune. Sondez le passé, allez aussi loin que vous le pouvez, et vous trouverez toujours ces objets, apparaissant avec une régularité monotone, à la joie ou à la terreur des témoins, selon leurs croyances religieuses. Nous découvrons ainsi qu’en Occident on les considérait comme des présages de catastrophes alors qu’en Orient elles portaient bonheur, là où la tradition enseignait qu’elles étaient les chars des dieux, les frères aînés qui avaient peuplé notre univers et dont la présence dans nos cieux ne pouvait être que de bon augure.

Mais laissons un moment le lointain passé et occupons-nous simplement des trois derniers siècles. Suivez donc le guide, Mesdames et Messieurs, et passons dans les salles des XVII e et XVIII e siècles de notre Musée de la soucoupe volante, où nous trouverons une collection d’engins spatiaux de toutes tailles, couleurs et dimensions, et bien rares sont ceux que nous pouvons négligemment écarter comme étant des météores, des aurores boréales ou tout autre phénomène naturel.

XVII e et XVIII e SIÈCLES

1619. Flüelen, Suisse. Énorme torpille volante flamboyante observée par le préfet Christophe Schere, volant le

long d’un lac.

1661.

Énormes objets volants flamboyants observés dans le ciel de Worcester, Angleterre.

1704.

8 janvier. Étranges lueurs dans le ciel d’Angleterre.

1704.

4 novembre. Suisse. Nuage lumineux volant à très grande vitesse et disparaissant à l’horizon.

1731.

9 décembre. Florence, Italie. Étranges globes de lumière dans le ciel.

1750.

Juin. Édimbourg, Écosse. Énorme boule de feu, volant lentement.

1752.

15 avril. Stavanger, Norvège. Étrange objet lumineux octogonal.

Augermannland. Sphères de feu émanant d'un long objet tubulaire flamboyant.

1755.

15 octobre. Lisbonne, Portugal. Immenses globes étincelants dans le ciel, observés plusieurs fois.

1761.

2 novembre. Une procession de « globes immenses » survole la Suisse.

1762.

9 août. Bâle, Suisse. Un énorme objet sombre en forme de fuseau, entouré d’un anneau flamboyant, passe

lentement devant le disque solaire, observé par les astronomes de Rostan, à Bâle, et Croste, à Soleure.

1777.

17 juin. L’astronome français Charles Messier observe un grand nombre de disques sombres dans le ciel.

1779.

7 juin. Boulogne, France. Un vol de nombreux disques lumineux passe au-dessus de la ville.

XIX e SIÈCLE

Cette vaste salle, Mesdames et Messieurs, qui semble s’étendre à l’infini, est la salle du XIX e . Entrez, je vous prie, suivez le guide, et constatez le nombre de soucoupes volantes qui vinrent observer l’Ère victorienne et la Révolution industrielle :

1802. 7 février. Un disque sombre passant devant le soleil est observé par l’astronome Fritsch à Magdebourg,

Allemagne.

1808. 12 octobre. Pienrolo, Piémont. Disques lumineux survolant la ville.

1813.

31 juillet. Tottenham, Angleterre. Lueurs clignotantes dans le ciel.

1816.

Lisbonne, Portugal. Objets étranges observés dans le ciel après un séisme. Automne. Édimbourg, Ecosse.

Énorme croissant lumineux volant au-dessus de l’horizon.

1817. Palerme, Sicile. Objet volant sombre, émettant un bruit de hurlement.

1818. 16 janvier. L’astronome Loft, de Ipswich, Angleterre, observe un objet étrange près du soleil, visible

pendant trois heures et demie.

1819. Printemps. Deux objets sombres passent devant le soleil, volant de conserve, observés par l’astronome

Gruthinson.

1820. 7 septembre. Embrun, France. Formation admirablement régulière d’objets volants passe au-dessus de la

ville en droite ligne, effectue un virage de 90° et s’éloigne, toujours en parfaite formation.

1821.

22 novembre. Un disque lumineux traverse la Manche.

1822.

23 octobre. L’astronome Pastorff observe deux objets inconnus passant devant le soleil.

1823.

22 mai. L’astronome Webb observe une chose très brillante dans le voisinage de Vénus.

1826.

1 er avril. Sarrebruck, France. Un objet gris en forme de torpille approche de la Terre à grande vitesse.

1831.

Du 6 septembre au 1 er novembre. Genève, Suisse. Le Pr Wartmann et le personnel de son observatoire

voient tous les soirs un étrange corps lumineux.

1831.

29 novembre. Thuringe, Allemagne. Disque flamboyant « apparemment grand comme la lune ».

1833.

Toland, Ohio. Très brillant objet en forme de crochet.

1833.

13 novembre. Chutes du Niagara. Immense objet volant lumineux, carré, observé pendant plus d’une

heure.

1834.

L’astronome Pastorff observe deux objets ronds, de taille différente. Il les reverra en 1836 et en 1837.

1835.

11 mai. Disque lumineux observé par Cociatore, un astronome sicilien.

1836.

12 janvier. Cherbourg, France. Un immense vaisseau plane au-dessus de la ville. Il pivote sur son axe et

semble avoir un trou au milieu, comme un sou percé.

1836. 15 mai. Le Pr Auber observe un certain nombre d’objets lumineux s’écartant du soleil en diverses

directions.

1837.

16 février. Pastorff voit encore d’étranges objets volant dans tous les azimuts.

1838.

Inde. Disque volant avec une longue queue orangée flamboyante.

1844.

4 octobre. L’astronome Glaisher observe un disque lumineux « émettant des ondes clignotantes ».

1845.

29 mars. Londres, Angleterre. Objet orangé stationnaire ressemblant à une brume lumineuse, soutenu

par quatre lumières étincelantes, comme des étoiles.

1845. 11 mars. Capocci, de l’observatoire de Capodimonte, près de Naples, voit un certain nombre de disques

brillants volant d’ouest en est, certains en forme d’étoile, d’autres avec des queues lumineuses.

1845. 18 juin. Trois disques lumineux s’élèvent de la mer et restent visibles pendant dix minutes, à un demi-

mille du navire Victoria (36° 40’ latitude N„ 13° 44’ longitude E.) Selon les témoins, extrêmement nombreux et dispersés, ces objets seraient cinq fois plus grands que la lune et sembleraient être reliés entre eux par des filins lumineux.

1845.

25 juin. Florence, Italie. Un énorme disque flamboyant « beaucoup plus grand que la lune », survole la

ville.

1845.

2 décembre. Lumières éblouissantes observées au large de Ryook Phyoo, Chine.

1846.

26 octobre. Lowell, Massachusetts, USA. Un disque volant lumineux lâche une masse gélatineuse à

l’odeur extrêmement fétide, pesant 200 kilos et mesurant plus d’un mètre de diamètre.

1847. 19 mars. Holloway, Angleterre. Vaisseau sphérique flamboyant s’élevant verticalement dans les nuages.

1848. 19 septembre. Inverness, Écosse. Deux immenses objets « aussi brillants que des étoiles », parfois stationnaires, mais se déplaçant parfois à très grande vitesse.

1849. Gais, Suisse. Des milliers d’objets lumineux sont observés par l’astronome Inglis, par ciel clair. Certains

semblent avoir des ailes, ou un halo lumineux.

1849. Automne. Deal, Angleterre. « Corps sombres dans le ciel ».

1850. 6 juin. Côte d’Azur, France. Un globe rouge passe dans le ciel laissant une traînée d’étincelles ; l’objet

lâche une masse sombre.

1851. 4 septembre. Angleterre. Comme s’ils s’intéressaient à la Grande Exposition de Hyde Park, d’innombrables disques lumineux arrivent de l’est et du nord. La procession, observée au télescope par le Révérend W. Read, dure de 9 h 30 à 15 h 30.

1852. 11 septembre. Fair Oak, Angleterre. Entre 4 h 15 et 4 h 45, plusieurs personnes matinales voient un

étrange disque lumineux entouré d’un halo près de la planète Vénus. À ce moment, l’orbite de Vénus est très proche de la Terre.

1853. 22 mai. Trois objets lumineux près de Mercure, un disque, une espèce de cigare et un disque plus petit,

observés par un certain R. P. Gregg.

1853. 15 juin. Le lieutenant Gazette rapporte la présence dans le ciel d’une « machine volante », 50 ans avant le

premier vol des frères Wright.

1853. 19 juin. La Société Météorologique de France rapporte « un grand nombre de points rouges dans 'le ciel,

comme de petits soleils ».

1853. 26 octobre. Raguse, Sicile. Un grand disque lumineux croisant d’est en ouest est observé à 2 heures du

matin ; visible pendant deux minutes.

1855.

11 juin. Un grand objet volant sombre est observé à l’œil nu par les astronomes Ritter et Schmidt.

1855.

11 août. Petworth, Angleterre. Un disque flamboyant, « comme une lune rouge », s’élève lentement,

traverse le ciel et disparaît à l’horizon. Il a des rayons, comme une roue. Visible pendant 90 minutes. Vénus de nouveau en conjonction avec la Terre.

1856. 6 avril. Colmar, France. Le Pr Dussort observe une « torpille » volante noire. En passant au zénith elle

émet un sifflement mélodieux.

1857. 8 octobre. Illinois, USA. Juste avant un tremblement de terre une lumière clignotante passe lentement

dans le ciel, suivie par une violente explosion.

1859. 1 er septembre. L’astronome Richard Carrington voit deux corps volants lumineux, « pas des météores »,

affirme-t-il. Son observatoire se trouvait à Redhill, en Angleterre.

1860. Printemps. Vol important de petits disques noirs observé par les astronomes Herrick, Buys-Ballot et de

Cuppis.

1863. 27 avril. Observatoire de Zurich. Le Pr Wolf voit un grand nombre de disques sifflants, venant de l’est.

Certains ont des queues, d’autres sont en forme d’étoile.

1864.

20 mars. Angleterre. « Objet inconnu de grande taille. »

1864.

10 octobre. France. L’astronome Le Verrier observe le vol d’un long objet lumineux en forme de cigare.

1866.

6 novembre. Un disque rouge flamboyant est observé pendant trois minutes par le consul britannique à

Cartagène, en Colombie.

1868. 8 juin. Observatoire de Radcliffe, Oxford, Angleterre. Plusieurs témoins voient un objet lumineux dans le

ciel, qui s’arrête, vire à l’ouest, puis au sud, et après quatre minutes, disparaît vers le nord. Vénus en conjonction avec la Terre. Tache rouge flamboyante observée sur Vénus.

1870. 22 mars. Le capitaine Banner et l’équipage de la Lady of the Lake, Lat. N. 50° 47’ Long. O. 27° 52’ voient

un extraordinaire objet volant circulaire, planant sous les nuages. La partie basse est nimbée d’un halo divisé en

quatre sections égales. Du centre part une longue queue incurvée. L’objet semble voler contre le vent et restera visible jusqu’à la nuit. Le capitaine Banner en fait un dessin.

1871. 1 er août. Un énorme disque rouge plane au-dessus de Marseille, France, à 22 h 43, reste stationnaire

jusqu’à 22 h 52, puis vole vers le nord pendant sept minutes, s’arrête, vire à l’est et disparaît enfin à 23 h 03. Vénus de nouveau en conjonction.

1871. 29 août. France. L’astronome Trouvelet rapporte la présence dans le ciel de formations d’objets

extrêmement complexes : triangulaires, ronds, octogonaux. Certains planent, d’autres passent rapidement. L’un d’eux paraît avoir des ennuis, tomber, s’écraser. Pendant sa chute, il oseille comme un disque tombant dans l’eau, ou comme un disque lancé par un athlète et qui a soudain perdu sa force de propulsion.

1873. 17 juin. Un projectile flamboyant fantastique jaillit de la planète Mars et explose en arrivant sur la Terre.

Observé en Autriche, en Hongrie et en Silésie, simultanément. L’astronome Galle, qui l’a vu dans son télescope, déclare que cet objet « a émergé et s’est séparé du disque de la planète Mars ». À Rybnik, en Pologne, le Pr Sage a également vu un objet se détacher de Mars et exploser à son arrivée dans la haute atmosphère terrestre. À ce moment il était justement en train d’observer la planète Mars avec attention.

1873. 30 août. Un objet flamboyant ressemblant à une étoile s’élève au-dessus de Bruxelles et monte pendant

10 minutes avant de disparaître.

1874. 24 avril. Le Pr Schafarick, de Prague, voit un objet éblouissant quitter rapidement la lune pour naviguer

dans l’espace.

Est-il besoin de continuer ? Nous avons visité la moitié seulement de notre salle du XIX e siècle. L’Allemagne a envahi la France. Les machines à vapeur couvrent toute l’Europe. On a atteint des vitesses de près de 100 kilomètres à l’heure sur la voie de chemin de fer reliant Londres à l’Ecosse. Des voix autorisées s’élèvent contre ces vitesses scandaleuses ; les médecins affirment que le corps humain ne saurait y résister. Cinquante ans plus tôt, on disait qu’il ne résisterait pas à des vitesses excédant 30 kilomètres heure. Cependant, dans le ciel, un énorme projectile, super-fusée, disque volant ou éclair, fait le voyage de Mars à la Terre en quelques secondes.

Et la ronde des phénomènes

Un objet flamboyant quitte Vénus, un autre part de la Lune et fonce dans l’espace

se poursuit. Dans le monde entier, on observe des disques volants, des « cigares », des étoiles, mais il faudra

encore quelques lustres pour que l’on songe à leur donner le nom facétieux de « soucoupes volantes ».

Si le lecteur est maintenant convaincu, à sa satisfaction et non à la mienne, que les soucoupes volantes visitent notre planète depuis des siècles et que bien rares sont celles que l’on peut expliquer en évoquant des ballons-sondes, des armes secrètes, des illusions, des météores, de l’air ionisé ou Dieu sait quoi, il est prié de se reporter dès maintenant au Chapitre 5 afin de continuer sa lecture.

Mais s’il croit, comme le Pr Donald Menzel, de l’Observatoire de Harvard, que tous ces phénomènes peuvent être aisément expliqués, il va être obligé de me suivre jusqu’au bout car je ne lui laisserai aucun répit.

Cependant, nous ne nous occuperons pas encore du Pr Menzel mais de tous les autres savants qui, contrairement à lui, n’ont jamais écrit de livres afin de prouver que les soucoupes volantes sont dues à l’ignorance d’un public stupide qui ne sait pas interpréter les phénomènes courants de la nature.

Incident N° 1. Le 25 août 1951 à 21 h 10, W. I. Robinson, professeur de géologie au Collège Technique du Texas, se trouvait dans le jardin de sa maison à Lubbock, Texas, en compagnie de deux collègues, A. G. Oberg, professeur de Chimie industrielle, et le Pr W.L. Ducker. La nuit était claire. Soudain, les trois hommes virent de nombreuses lumières filer sans bruit d’un horizon à l’autre, en quelques secondes. On aurait dit une trentaine de perles lumineuses, formées en croissant. Quelques instants plus tard une formation similaire traversa de nouveau le ciel. Cette fois, les savants purent estimer que les lumières passaient en une seconde par 30° d’un arc. Des renseignements pris le lendemain matin auprès de l’armée de l’Air révélèrent qu’aucun avion n’avait survolé cette région la veille. Ce n’était qu’un début ; le Pr Ducker observa douze vols d’objets lumineux du mois d’août au mois de novembre de cette même année. Certains de ses collègues en observèrent une dizaine. Des centaines d’observateurs non scientifiques virent, dans la région de Lubbock, jusqu’à trois vols de mystérieux croissants lumineux en une seule nuit. Le 30 août au soir, un jeune homme de 18 ans, Cari Hart, essaya de les photographier. Il parvint à prendre cinq clichés dont un très net, montrant dix-huit à vingt objets lumineux en forme de croissant, plus brillants que la planète Vénus. Sur d’autres clichés on distingue une luminosité, sur le côté, comme si un navire « mère » planait au-dessus de sa progéniture.

Observations. Les témoins sont trop nombreux et trop formels pour que l’on puisse douter de ce phénomène. De plus, l’armée de l’Air, après avoir examiné les photos du jeune Hart, n’y a rien trouvé qui puisse suggérer une fraude quelconque. Les lumières sont beaucoup trop vives pour être des reflets et doivent, par conséquent, être des objets contenant des sources de lumière. Comme les professeurs Ducker, Oberg et Robinson n’ont pu évaluer la taille des formations ni leur distance, ils n’ont pu donner une évaluation précise de leur vitesse. Cependant, ils ont calculé que si les lumières volaient à une altitude de 5 000 pieds elles devaient naviguer à environ 2 000 kilomètres à l’heure. Mais le silence total des objets ne pouvait s’expliquer que s’ils volaient à 50 000 pieds au moins (15 200 mètres d’altitude) et dans ce cas leur vitesse était non pas de 2 000 kilomètres mais de 20 000.

Incident N° 2. Le 10 juillet 1947, à 16 h 47, un des plus grands astronomes des États-Unis allait en voiture de Clovis à Clines Corner, Nouveau-Mexique, en compagnie de sa femme et de ses filles. (Pour des raisons professionnelles il a demandé au magazine Life de ne pas révéler son identité.) Il faisait très beau, le soleil brillait mais toute la partie occidentale du ciel était nuageuse. Tout à coup, comme la voiture se dirigeait vers la région nuageuse, ses quatre passagers aperçurent « un étrange objet brillant presque immobile » parmi les nuages. Machinalement, l’astronome se mit à faire des calculs avec ce qu’il avait sous la main. Il tint un crayon à bout de bras, mesurant la distance entre ses yeux et le pare-brise, etc. Sa femme et ses deux filles firent de même, calculant chacune de leur côté.

« L’objet, dit le savant, était nettement défini et présentait la forme d’une ellipse beaucoup plus solide

La couleur de cet objet lumineux était un peu moins blanche que

Ce

d’aspect, que les nuages environnants

celle de Jupiter par temps sombre, ni argentée ni platinée

frémissement permettait de voir clairement qu’il s’agissait d’un objet rigide, sinon solide. »

L’objet

frémissait

visiblement

Au bout de 30 secondes, l’ellipsoïde passa lentement derrière un nuage (azimut 273°, élévation 1°) et les témoins crurent l’avoir perdu. Mais 5 secondes plus tard environ il reparut (azimut 275° élévation 2°).

« Cette ascension soudaine me persuada que nous avions sous nos yeux une machine volante d’un type inconnu. »

Après sa réapparition, l’objet passa lentement du sud au nord, devant les nuages. « Sur ce fond de nuages

sombres, l’objet donnait une forte impression d’auto-luminosité. » Au bout de deux à trois minutes, il disparut derrière les nuages.

Observations. L’astronome se porte garant de ses observations et de ses calculs approximatifs ; Il détermina que l’objet n’était pas à moins de 30 kilomètres ni à plus de 50 de son point d’observation, qu’il était elliptique et rigide, qu’il avait environ 55 mètres de long et 20 mètres de haut s’il se trouvait à la distance minimum, ou 80 mètres de long sur 30 de haut s’il était à la distance maximum ; que sa vitesse horizontale se situait entre 150 et 250 kilomètres à l’heure, l’élévation verticale entre 800 et 1 500 à l’heure. Il observa également que l’objet se déplaçait en oscillant, en silence, et ne laissait aucune tramée de vapeur ou autre. Sa femme et ses filles confirmèrent ses observations.

L’aspect et le comportement de l’objet ne correspondent à aucun phénomène optique ou céleste connu. Aucun avion, aucune fusée, aucun missile téléguidé ne peuvent effectuer une ascension aussi rapide sans laisser de traînées de vapeur.

Incident N° 3. Le 24 avril 1949 à 10 h 20, un groupe de cinq techniciens dirigés par J. Gordon Vaeth, un ingénieur aéronautique du Bureau de Recherches Navales, se préparaient à lancer un ballon-sonde Skyhook près d’Arrey, au Nouveau-Mexique. Un petit ballon fut d’abord lancé pour déterminer les conditions atmosphériques. Charles B. Moore, aérologue de la société General Mills (les pionniers de la recherche des rayons cosmiques) suivait le ballon météorologique au moyen d’un théodolite, un instrument télescopique donnant les degrés de l’azimut et de l’élévation (horizontale et verticale) de tout objet observé. À 10 h 30, Moore s’écarta du théodolite pour regarder son ballon à l’œil nu. Soudain, il aperçut un objet elliptique blanchâtre, apparemment beaucoup plus haut que le ballon et se déplaçant dans une direction opposée. Il se précipita alors sur son appareil pour suivre l’objet à 45° d’élévation et 210° azimut tandis qu’il tombait rapidement à une élévation de 25°. L’objet était deux fois et demie plus long que haut. Brusquement, il changea de direction et disparut en quelques secondes. Moore l’avait suivi des yeux pendant soixante secondes. Les autres membres de son groupe confirmèrent son rapport. Aucun son ne fut perçu, il n’y avait eu aucune traînée de vapeur. Selon les calculs approximatifs de Moore et de ses collègues, l’objet était long d’environ 35 mètres, se trouvait à 75 kilomètres d’altitude et voyageait à la vitesse de 12 kilomètre-seconde.

Observations. Aucun phénomène optique ou atmosphérique ne concorde avec ces faits. Aucun objet naturel voyageant à 12 kilomètre-seconde n’a jamais été vu virer brusquement de bord. Il n’existe aucune source d’énergie silencieuse et sans vapeur capable de propulser une telle machine. Aucun être humain n’aurait pu supporter la monstrueuse force « G » s’abattant sur l’appareil au cours de son brusque virage vertical.

Incident N° 4. Le 29 mai 1951 à 15 h 48, trois rédacteurs techniques du bureau d’aérophysique de l’usine d’aviation North American, à Downey, dans les faubourgs de Los Angeles, bavardaient dans la cour de l’usine. Il y avait là Victor Black, Werner Eichler et Ed Sullivan. Tout à coup, leur attention fut attirée par quelque chose dans le ciel. Sullivan explique ce qu’ils virent :

« Une trentaine d’objets scintillants surgirent à l’est au-dessus de l’horizon, effectuèrent un virage à angle

un peu comme un diapason. Chaque objet

mit environ 25 secondes à traverser 90° de l’horizon avant de tourner de nouveau à angle droit, vers Los Angeles. Nous avons estimé leur diamètre à 10 mètres et leur vitesse à 2 500 kilomètre-heure au moins.

droit et traversèrent le ciel en formation verticale onduleuse

Chaque objet diffusait une lumière d’un bleu intense. Ils avaient l’air de ricocher. »

Aucun phénomène optique ou météorologique ne diffuse en plein jour la lumière attribuée à

ces objets par Sullivan et ses collègues. Comme dans le cas des objets observés par Moore, un tel virage aurait écrasé un équipage humain, sous l’impact de la force «G ». Enfin, aucun appareil connu ne peut voler à 2 500 à l’heure sans le moindre bruit et sans laisser une tramée de vapeur.

Observations.

Incident N° 5. Le 20 janvier 1951 à 20 h 30, le capitaine Lawrence W. Vinther, des Mid-Continent Airlines, reçut de la tour de contrôle de Sioux City l’ordre d’aller investiguer une « très vive lumière » au-dessus du terrain d’aviation. Il décolla à bord de son DC3 avec son copilote, James F. Bachmeier, et suivit la lumière. Tout à coup, la lueur plongea sur le DC 3 et passa à très grande vitesse, dans le plus grand silence, à environ 200 pieds de l’appareil. Les deux pilotes se retournèrent pour la suivre des yeux et s’aperçurent avec stupéfaction que la « chose » avait viré de bord et volait maintenant parallèlement à leur avion, dans la même direction. La nuit était claire et les deux hommes purent voir nettement l’objet. Il était aussi grand qu’un B 29, son fuselage avait la forme d’un cigare et possédait une espèce d’aile sur l’avant, mais on ne voyait ni moteur ni tuyères. Il n’y avait aucune traînée lumineuse. La lumière blanche semblait émaner du fond de l’objet. Au bout de quelques secondes la chose perdit de l’altitude, passa sous le DC 3 et disparut. Un agent des services de renseignement de l’Air, passager de l’avion, vit l’objet et confirma la description donnée par les pilotes.

Observations. La visibilité était excellente. Un seul des faits observés — l’ahurissant changement de direction effectué par l’objet — suffit à le classer dans une catégorie dépassant de loin les capacités de la science aéronautique moderne. Bien que sa forme ait été différente, le silence de l’objet et l’absence de moyens de propulsion visibles permettent de le classer parmi les soucoupes volantes.

Incident N° 6. Le 29 janvier 1952, peu avant minuit, un B 29 était en mission au-dessus de Wonsan, Corée du Nord. L’appareil volait à moins de 300 à l’heure, à une altitude d’un peu plus de 20 000 pieds. Le canonnier situé à l’arrière et le navigateur virent simultanément dans le ciel un objet circulaire orangé, près de l’avion. Selon les deux témoins, il mesurait un mètre de diamètre environ, volait en tournoyant et était entouré d’un halo de flammes bleuâtres. L’objet suivit le B 29 pendant cinq minutes, puis le dépassa soudain et disparut en virant de bord. La même nuit, un globe semblable fut observé par l’équipage d’un autre B 29, à 120 kilomètres de là, au-dessus de Sunchon, à la même altitude. Le globe suivit l’appareil pendant une minute et disparut.

Observations. Les théoriciens de l’armée de l’Air estiment que les boules de feu ne sont pas des phénomènes naturels mais des objets propulsés. Elles évoquent les « chasseurs fous » qui accompagnaient les appareils alliés au-dessus de l’Allemagne et du Japon en 1944-1945 et dont l’apparition n’a jamais été expliquée. Les boules de feu observées en Corée, par leur accélération rapide, leur lumière bleue éblouissante et leurs virages à angle droit, rappellent nettement les soucoupes volantes décrites plus haut.

Ces phénomènes ne datent pas d’aujourd’hui [2] . En 1619, Christophe Schere, préfet d’un canton suisse, écrivit à son ami Kircher :

« Étant demeuré sur mon balcon pour contempler l’admirable pureté du firmament, j’ai vu un dragon flamboyant s’élever d’une des grottes du Mont Pilate et se diriger rapidement vers Flüelen, à l’autre

extrémité du lac. De taille énorme, sa queue était plus longue que son corps et son cou tendu

J’ai d’abord cru voir un météore, mais bientôt, en regardant plus

attentivement, j’ai été persuadé, par sa façon de voler, que je voyais un véritable dragon. »

émettait d’innombrables étincelles

En volant, il

Existait-il réellement des dragons volants flamboyants, en Suisse, au XVII e siècle, ou bien le préfet, en contemplant « la pureté du firmament » a-t-il observé un objet similaire à ceux qui viennent hanter nos cieux aujourd’hui ?

Quel est donc l’étrange attrait de notre planète ? Est-ce un lieu touristique cosmique, une curiosité, une merveille de l’univers qui attire les touristes et les curieux de tous les coins des espaces intersidéraux, par centaines de mille ? Les routes célestes sont embouteillées. Le XIX e siècle semble avoir battu tous les records ; des millions d’extra-terrestres sont venus examiner et sonder notre planète.

Au mois de septembre 1851, un pasteur, astronome amateur, nommé Read, vit au télescope une armée de corps lumineux passant à très haute altitude. Certains objets volaient rapidement, d’autres plus lentement. La majorité se déplaçait d’est en ouest, mais quelques-uns vers le sud. Le carrousel fantastique dura dix heures, les

vols succédaient aux vols, le pasteur compta plusieurs centaines d’objets à la minute, comme si la flotte aérienne d’un autre système effectuait des manœuvres dans cette stratosphère que nous croyons être la nôtre.

Le 27 avril 1863, Henry Waldner vit une procession semblable, et quand il envoya son rapport au Pr Wolf, de l’observatoire de Zurich, il apprit qu’un même phénomène avait été observé par Capocci, de l’observatoire de Capodimonte à Naples, le 11 mai 1845.

1849, 8 août, 15 heures. Gais, Suisse. Un nommé Inglis voit des milliers de disques lumineux passer dans le ciel, pendant 25 minutes. Son domestique, à la vue plus aiguë, déclara que chaque disque était entouré d’un halo lumineux.

Cette même année, en Inde, le 17 et le 18 octobre, le lieutenant Herschel observait le soleil, à Bangalore. Dans son champ de vision apparut une procession de petits objets sombres, silhouettés contre le soleil. Quand ils eurent dépassé l’astre, ils apparurent comme des points ou disques lumineux. Herschel essaya diverses mises au point de son télescope, qui lui permirent de déterminer que les objets passaient à très haute altitude. Il crut voir un halo, mais ne put en être certain. Un des objets s’arrêta aimablement pour lui permettre de l’examiner à loisir. Il nota une espèce de tuyère, ou de queue. Puis l’objet s’élança brusquement à grande vitesse et disparut. Cette procession n’aurait rien de bien étrange, si elle n’avait duré sans interruption pendant 48 heures !

Changeons de continent et allons au Mexique. Observatoire de Zacatecas, 12 août 1883. M. Bonilla prend des photos du soleil au télescope quand le spectacle commence. Une longue file de corps scintillants passe en diagonale devant le disque solaire, en trois à quatre secondes. M. Bonilla les observa pendant une heure avant que des nuages viennent cacher le soleil. Il reprit ses observations le lendemain 13 août, et à sa stupéfaction, la procession défilait encore ! En contre-jour, les objets ressemblaient à de petites ellipses sombres à cinq rayons. L’un d’eux s’arrêta et plana pendant quelques secondes, permettant à Bonilla de prendre une photo, qui est sans doute la première jamais prise d’une soucoupe volante.

Bonilla télégraphia à l’observatoire de Mexico, pour qu’on observe aussi le phénomène. On lui répondit qu’on voyait effectivement les objets mais qu’ils semblaient plutôt être à côté du soleil. Cela permettait sans doute de calculer l’altitude par triangulation, mais Bonilla affirma que les objets étaient « relativement proches de la Terre, c’est-à-dire à une distance moindre que celle de la Terre à la Lune». Je suppose que, pour un astronome, quelque 380 000 kilomètres ne représentent pas une très grande distance.

Le Pr Ricco, de l’observatoire de Palerme, vit des objets similaires passant lentement devant le soleil en ligne droite, le 30 novembre 1880 à 8 h 30. D’après ses calculs, ces objets volaient à très haute altitude.

Une des plus belles processions fut observée le 21 septembre 1910. Pendant trois heures, sans interruption, des vols d’objets ronds et brillants passèrent au-dessus de New York. Il se produisit des embouteillages monstrueux, et la foule envahit les rues pour les contempler. Un million de personnes au moins furent témoins du phénomène.

Mais alors, pourquoi ne s’était-il pas trouvé parmi cette armée de visiteurs quelqu’un d’assez entreprenant pour venir nous voir de plus près ?

Sans doute notre planète a-t-elle mauvaise réputation dans les milieux interstellaires, sans doute est-elle déconseillée dans leurs brochures touristiques, sans doute y a-t-il des avis, comme ces écriteaux que l’on voit dans certaines jungles, qui prient les touristes de ne pas s’attarder ou de ne pas quitter la sécurité de leur voiture.

« Attention — N’atterrissez pas sur Terre. »

« Les indigènes sont dangereux ! »

3

Les phénomènes du professeur Menzel

Dans son ouvrage « Les Soucoupes volantes », le Pr Donald Menzel, de l’Université de Harvard, s’est efforcé de nous convaincre que les soucoupes volantes sont de simples phénomènes naturels et quotidiens. Il explique par exemple que des phares de voiture se reflétant sur une couche d’air froid peuvent provoquer l’apparition d’un disque mouvant dans le ciel. C’est sans doute possible, et même probable.

Mais alors que se passait-il quand il n’y avait pas de phares de voitures, au temps où l’éclairage artificiel le plus brillant était la bougie ou la lampe à huile ? Que penser, par exemple, de la soucoupe de l’Abbaye de Byland, observée en plein jour ? Aurait-elle été provoquée par le reflet des buissons de cierges brûlant dans la chapelle pour la fête des saints Simon et Jude ?

« Les météores, déclare l’éminent professeur, peuvent être une explication de soucoupes volantes. »

Sans doute quelques témoins ont-ils confondu météores et soucoupes. La plupart des météores ne sont visibles que pendant une brève seconde. Ils voyagent à près de 70 kilomètre-seconde, et sont généralement consumés par la friction en entrant dans notre atmosphère, bien avant de toucher le sol. Les météores, cependant, n’ont pas l’habitude de changer brusquement de direction en plein vol ; pas plus qu’ils ne se déplacent généralement à des allures fantaisistes variant entre 160 et 2 500 à l’heure.

Le Pr Menzel explique le plus simplement du monde les vols lumineux en formation. Dans son laboratoire, sous les yeux éblouis de ses étudiants de Harvard, il perça des trous en « V » dans une feuille de carton qu’il plaça devant une lampe braquée sur une bassine d’eau. Les reflets ainsi obtenus ressemblaient à s’y méprendre à des disques lumineux entourés d’un halo. Doit-on en conclure que dans diverses régions du globe d’immenses feuilles de carton ont été installées en des points stratégiques et que de puissantes lumières (empruntées sans nul doute à un fabricant de projecteurs fort obligeant) ont été dirigées sur une vaste étendue liquide à travers les trous pratiqués, afin de nous présenter une formation de soucoupes volantes ? Dans ce cas, il est tout de même curieux que personne n’ait encore découvert ces feuilles de carton. Pour produire un effet couvrant le ciel entier, capable de mystifier les professeurs Robinson, Oberg et Ducker, ces feuilles auraient dû être considérables et les lumières fort puissantes. On les aurait remarquées, assurément !

Le Pr Menzel et moi sommes d’accord sur un point, cependant : il est probable que certaines des soucoupes observées n’étaient que des ballons-sondes ; que penser alors des soucoupes observées aux époques où ces ballons n’existaient pas ?

Mais le bon professeur a encore un atout dans sa manche. Dans un jargon pseudo-scientifique qui ne peut éblouir que les profanes, il nous raconte comment l’air ionisé, à certaines altitudes, peut provoquer des disques lumineux se déplaçant en silence. À l’aide d’une cloche et d’une pompe cet effet fut produit en laboratoire.

Je n’en discuterai pas avec lui. Ni lui ni moi n’avons voyagé dans la stratosphère pour observer de près une « soucoupe ionisée » en formation. Il est probable que certaines soucoupes ne sont pas autre chose que des reflets. Mais si le Pr Menzel veut nous persuader que toutes les soucoupes lumineuses qui ne sont pas provoquées par des phares de voitures le sont par de l’air ionisé, alors je ne suis plus d’accord. Comment explique-t-il les soucoupes volantes qui ont largué des matières solides ? Comment explique-t-il les objets qui ont volé assez bas pour être entendus ? De nombreux témoignages font état de disques « bourdonnants » d’un son « comme de grandes orgues », comme « un aspirateur». L’air ionisé fait-il un bruit d’aspirateur ?

Et si le phénomène de l’air ionisé ne peut se produire qu’à des altitudes considérables, comment ce phénomène a-t-il pu être observé « volant au-dessus des arbres » ?

Mais soyons généreux.

En admettant un instant que tous les objets dont parle Menzel soient dus à une espèce de phénomène naturel causant une luminosité temporaire, comment diable peut-il expliquer les objets volants sombres observés par ses collègues astronomes depuis 1762, quand le 9 août de cette année les professeurs de Rostan, à Bâle, et Croste, à Soleure, ont observé un « énorme objet en forme de fuseau, très sombre », passant lentement devant le disque solaire ? Ce devait être quelque chose de particulièrement solide, pour être vu en silhouette devant le soleil !

Je me demande si le Pr Menzel a entendu parler du Pr Fritsch, un astronome de Magdebourg qui, le 7 février 1802, vit un grand disque sombre passer devant le soleil, ou de la chose noire hurlante qui survola Païenne en 1817, ou des deux corps sombres qui passèrent devant le soleil au printemps de 1819, observés par l’astronome Gruthison, ou de ce grand cigare gris foncé qui plongea des cieux sur la Terre à Sarrebruck le 1 er avril 1826, ou de l’immense chose volante noire observée à l’œil nu par les astronomes Ritter et Schmidt le 11 juin 1855, ou de la torpille volante noire « pointue à une extrémité, ronde à l’autre » qui stupéfia le Pr Dussort quand elle survola Colmar en sifflant, le 6 avril 1856, ou des 143 objets circulaires sombres que Bonilla vit au télescope, à l’observatoire de Zacatecas au Mexique, le 12 août 1883, ou du disque noir planant lentement que vit un astronome hollandais nommé Muller, le 4 avril 1892 ?

Je me demande si le Pr Menzel sait que l’observatoire Smith a rapporté qu’un grand objet circulaire sombre est passé devant la Lune, pendant quatre secondes le 1 er juillet 1896 ou que le 2 septembre 1905 un « objet extrêmement sombre » a survolé le pays de Galles à une altitude estimée à 10 000 pieds, ou s’il a entendu parler de l’immense torpille noire qui plana au-dessus de Burlington, Vermont, le 14 mars 1907 en émettant des jets de flammes orangées par des trous le long de ses flancs, pour ne citer que quelques exemples. Et s’il les connaît, comment les explique-t-il ? Je me demande bien comment il explique toutes les soucoupes qui « hurlaient », « bourdonnaient », « vrombissaient comme un aspirateur » ou comme « un essaim d’abeilles », pour ne citer que quelques témoignages ; car, à ma connaissance, aucun phénomène naturel ne produit de tels sons.

Menzel suggère, photographies à l’appui, que ces cigares sombres sont des mirages. Il nous montre un cliché sur lequel les sommets des montagnes, à l’horizon, semblent se détacher du sol et affectent la silhouette d’objets en forme de cigares qui ne ressemblent à rien d’autre qu’à des sommets montagneux « détachés » par un mirage. Comment pourrait-on les confondre avec un appareil en forme de torpille apparaissant en silhouette contre le soleil ? Cela, il ne nous le dit pas. Et si le mirage déformé paraît assez « solide » pourquoi le soleil ne serait-il pas déformé lui aussi ?

Il ne nous explique pas non plus comment des pilotes de ligne expérimentés ont pu voir des soucoupes flamboyantes, avec des hublots illuminés, voler à côté de leur appareil, pas plus qu’il ne peut nous faire croire que les histoires de nuages lenticulaires et autres sornettes peuvent convaincre ces pilotes et leurs équipages qui ont vu des formations de soucoupes lumineuses se transformant dès qu’elles s’élevaient brusquement en corps solides et sombres, contre le fond de ciel clair.

Il est trop facile de débiter quelques explications bien enveloppées dans un charabia hautement scientifique et de convaincre ainsi un grand nombre d’âmes simples pour qui le seul mot de « science » est un label suffisant.

Ni le Pr Menzel, ni les ballon-sonde, les illusions, les toiles d’araignée, les sauterelles, l’air ionisé, les taches devant les yeux, les vols d’oies sauvages, les meules de foin volantes, les mirages, les farceurs, les armes secrètes, les réfractions, les reflets, l’air froid, l’air chaud, ni la folie furieuse ne peuvent expliquer de façon satisfaisante une simple fraction des quelque 3 000 soucoupes volantes observées depuis 1947, et encore moins les myriades qui ont été aperçues depuis la nuit des temps.

Cependant, que l’on soit d’accord ou non avec le Pr Menzel, son livre aura servi à quelque chose. Il a exploré à fond la question des soucoupes causées par des phénomènes naturels, et nous a indiqué au moins les cas où de véritables soucoupes ne peuvent avoir été vues. Il nous a prouvé que certains témoignages ont pu résulter des causes qu’il indique, et que ces causes doivent toujours être prises en considération quand on examine chaque rapport. Il a également prouvé, volontairement ou non, qu’un grand nombre de soucoupes volantes ont été observées qui n’entrent dans aucune de ces catégories et dont l’origine doit être cherchée ailleurs. C’est de

celles-là que nous nous occuperons, car la réponse à la question des soucoupes volantes est complexe. Chaque nouvel ouvrage traitant de ce sujet ne peut que présenter des probabilités, (et des preuves quand cela est possible) à ceux qui s’y intéressent.

4

La revue des soucoupes volantes

J’ai écrit plus haut qu’il ne se passe pas un jour sans que l’on observe une ou plusieurs soucoupes volantes. Permettez-moi donc de présenter en témoignage un mois caractéristique, avril 1952, et quelques-uns des cas les plus intéressants de ces trente jours.

Je commencerai cependant par le 30 mars ; pourquoi ? Parce qu’une soucoupe particulièrement intéressante fut observée ce jour-là.

15 h. Greenfield, Massachusetts, USA. Lat. 42°, Long. 72°. Un bruit comme celui d’un vent violent est entendu dans le ciel. Puis un objet argenté, très brillant, apparemment plus petit que la Lune, descend à grande vitesse et s’immobilise soudain à une altitude d’environ 500 mètres. L’objet ressemble à une immense roue tournoyante, diamètre approximatif 10 mètres, le ciel visible au travers d’un trou au centre. Après plusieurs secondes, l’objet bascule sur sa tranche, et semble être composé de deux anneaux jumeaux. Il file alors sur sa tranche vers le sud-ouest, se redresse à l’horizontale, atteint une montagne à l’horizon où il plane pendant une seconde, puis il s’élève à une vitesse colossale et disparaît.

Source : Boston Traveller, 5 mai [3] .

I er avril. 13 h à 13 h 45. Stockton, Kansas, USA. Lat. 39°, Long. 49°. Un globe ou disque métallique très brillant, à très haute altitude, planant ou se dirigeant très lentement vers le sud-ouest est observé par un groupe de personnes, jugées « de confiance » par le journal local qui ne croit pas à un poisson d’avril.

Source : Salinas Journal, 5 avril ; Rooks Country Record, 3 avril.

3 avril. Matin. Benson, Arizona, USA. Lat. 37°, Long. 110°. Temps très clair, ciel bleu sans nuages. Un objet

ovoïde argenté, très brillant, sans ailes, apparemment cinq fois plus grand qu’un B 29, plane pendant une heure. Observé par plusieurs aviateurs dont deux pilotes de ligne.

Sources : Bisbee Daily Review, 4 avril ; Nogales Herald, 4 avril ; Phoenix Gazette, 4 avril ; San Diego Union, 4 avril.

4 avril. 22 h 30. Hammond, Colombie Britannique, Canada. Lat. 49°, Long. 123°. Ciel clair, excellente

visibilité. Une lueur verte apparaît au sud et se dirige lentement vers le nord, sans bruit. Sa couleur vire à l’orangé et quand l’objet arrive à la verticale du témoin, sa queue semble scintiller. L’objet vire alors brusquement vers l’ouest, s’immobilise et revient. Sa couleur devient rougeâtre. Quand l’objet atteint la zone sud, il se dirige vers l’horizon et sa couleur passe à l’orangé, puis au vert et enfin au blanc argenté.

Source : Vancouver Sun, 1 er mai.

9 avril. Pensacola, Floride. Lat. 30°, Long. 87°. Un objet ressemblant à un avion dégageant de la fumée

traverse le ciel, puis un autre objet semble plonger. Quelques instants plus tard, on perçoit une violente explosion, qui secoue toute la ville, brise de nombreux carreaux, fait tomber des objets placés sur des étagères et manque de renverser des ouvriers travaillant sur un échafaudage. Dix minutes plus tard, un cône métallique

brûlant est découvert sous un arbre par trois enfants qui pensent que la chose est tombée du ciel. Cependant, un examen attentif de l’arbre et de la région environnante ne révèle aucune trace de brûlures. L’analyse de l’objet effectuée en laboratoire indique qu’il s’agit d’une substance sulfureuse employée pour souder. On suppose alors que la chose a dû tomber d’un camion. Aucun avion à réaction n’était en vol à ce moment, aucun appareil ne s’est trouvé en difficulté et le centre d’essai d’Eglin, tout proche, n’expérimentait aucun explosif.

Source : Pensacola News, 10, 11, 12 avril ; Pensacola Journal, 11 avril.

12 avril. 20 h 30. North Bay, Ontario, Canada, Lat. 46°, Long. 79°. Un disque ambré extrêmement brillant

arrive du sud-ouest, survole un terrain d’aviation, s’arrête soudain, vire de bord et s’élève dans le ciel à une vitesse stupéfiante, à un angle de 30°. Observé par deux pilotes, dont un commandant de bord.

Sources : Montréal Gazette, 16 avril ; Ottawa Journal, 16 avril.

13 avril. 21 h 30 à 22 h. Cleveland, Ohio, USA. Lat. 41°, Long. 81°. Un objet en forme de disque, brillant sur le

dessus, sombre dessous, avec une lueur violacée à l’arrière, est observé à une altitude de 3 000 pieds. L’objet s’éloigne lentement vers le sud-ouest mais ne manœuvre pas. Il paraît vibrer légèrement. Observé par un opérateur radio et plusieurs de ses collègues, dans la tour de contrôle.

Sources : Cleveland Press, 18 avril.

14 avril. Anchorage, Alaska. Lat. 61°, Long. 150°.

Un immense disque traverse lentement le ciel, pendant 30

minutes. Observé par une dizaine de personnes, dont une possédant des jumelles.

Source : Fairbanks News Miner, 17 avril.

16 avril. 22 h. San José, Californie. Lat. 37°, Long. 122°. Deux globes lumineux apparaissent dans le ciel.

Examinés au télescope, ils apparaissent comme deux sphères rougeâtres ceinturées de noir, montant et descendant, sans déplacement horizontal, entre Mars et l’étoile polaire. Il ne pouvait s’agir d’étoiles car les objets passaient nettement devant les astres. Deux photos ont été prises et l’on peut distinguer sur un des clichés une double traînée lumineuse qui aurait pu être provoquée par deux objets lumineux navigants de conserve. Ce phénomène est observé par cinq personnes, parmi lesquelles un astronome amateur.

Source : San José Mercury News, 24 avril.

20 avril. 10 h. London, Ontario, Canada. Lat. 43°, Long. 81°. Un objet cylindrique sombre laissant un sillage

vaporeux traverse le ciel du nord au sud à une vitesse incroyable, et à une altitude d’environ 40 000 pieds. Deux chasseurs Mustang P 51 prennent l’objet en chasse mais ne peuvent le rejoindre. Le capitaine de l’escadrille déclare que ce ne peut absolument pas être un avion ; il estime la vitesse de l’objet à 1 600 ou 2 500 à l’heure. On supposa par la suite qu’il s’agissait d’un bombardier Canberra à bord duquel se trouvaient des personnalités à destination d’Omaha, Nebraska, mais dans les meilleures conditions, la vitesse d’un Canberra ne peut dépasser les 800 kilomètres heure. L’objet fut observé par des milliers de personnes.

Source : Toronto Globe and Mail, 21 avril.

Est-ce bien nécessaire de continuer ? Le lecteur comprendra certainement que nous ne pouvons donner ici tous les témoignages, faute de place. Il suffit de dire qu’ils sont nombreux, et que des millions de personnes ont réellement vu des soucoupes volantes, ou tout au moins des phénomènes que la science ou la météorologie sont bien incapables d’expliquer.

5

Le silence des soucoupes volantes

Le facteur le plus énigmatique du phénomène « soucoupes volantes » est que la plupart d’entre elles (à quelques exceptions près) traversent nos cieux dans le silence le plus total.

L’effet qu’elles peuvent produire est parfaitement expliqué par M. Saul Pett, un journaliste grand reporter qui, le 18 juillet 1952, aperçut un merveilleux globe lumineux glissant dans les cieux au sud-est de sa maison de River Edge, New Jersey.

« Un avion fait du bruit, dit-il, mais cet objet naviguait dans un silence de mort. Il se déplaçait trop rapidement pour que ce fût un ballon. Mais je n’ai pas eu peur du tout parce que cette chose étrange était merveilleusement paisible, sereine. On ne sentait aucune menace. »

La plupart des témoins ont éprouvé ces impressions ; ils se sont sentis bouleversés par la beauté, la sérénité et le silence de ces apparitions.

Nous dira-t-on comment ces objets peuvent se déplacer dans l’espace à des vitesses allant du petit trot à 23 fois celle du son sans causer la moindre commotion ? C’est bien ce qu’il y a de plus déroutant. Les soucoupes planent, se trament à l’allure d’un vieux tacot et puis accélèrent soudain à des vitesses plus grandes que celle de la rotation de la Terre, sans le moindre murmure.

Tout le monde a souffert de l’effet du « bang » des avions à réaction franchissant le mur du son. Mais les soucoupes volantes le franchissent le plus aisément du monde, sans fracas, sans bruit intempestif. Que peut-on en conclure ? Simplement que l’avion à réaction est une force brute et que les soucoupes ne sont pas matérielles, dans un sens physique, elles ne connaissent pas de barrières, pas de « mur », tout comme les ondes de la radio qui ne connaissent pas d’obstacles peuvent pénétrer l’air et les murs, sans perte de puissance.

« Il n’y a pas de puissances inconnues », nous affirme le bon technicien bien retranché derrière son rempart

d’éprouvettes et de becs Bunsen. Sur quoi il est permis de demander, très humblement, comment les Égyptiens, les Perses, les Chaldéens et autres Aryens ont pu atteindre de tels sommets de savoir et de civilisation, non pas pendant des siècles mais des millénaires, si leurs prémisses n’étaient que superstitions primaires ? Comment ces races ont-elles pu accomplir de tels exploits d’architecture et de science, qui échappent à l’entendement de nos chers savants d’aujourd’hui, si les forces subtiles qu’ils connaissaient, contrôlaient et décrivaient dans leurs

innombrables archives n’étaient que fumeuses visions de l’esprit ?

« Il n’existe pas de forces subtiles », déclare l’expert pontifiant.

Dans ce cas, quelqu’un aurait-il l’amabilité de nous expliquer par quelle magie marchent notre poste à transistors ou notre téléviseur ? Quelle force tangible, matérielle, connue, visible, permet à un fantaisiste d’amuser le personnel du studio et, simultanément, d’exaspérer une famille installée chez elle, bien loin de là ? Par quelle magie cette merveille est-elle possible ?

aux ondes de la radio », rétorquent nos savants, pas aussi simplement mais dans un

superbe volapuk technique accompagné de schémas compliqués autant qu’incompréhensibles destinés à vous expliquer «comment ça marche». Loin d'exposer la cause, ils présentent simplement quelques effets plus ou moins vagues.

« Grâce à l’électricité

Mais

vous est-il jamais arrivé d’entendre des ondes de radio passer en sifflant ?

Cependant, si vous tournez le bouton de votre récepteur, vous captez aisément des émissions musicales ou parlées provenant de toutes les parties du monde. Vous n’avez jamais rien vu ni entendu dans les airs, entre l’émetteur et vôtre poste. Mais il doit bien exister quelque chose, entre les deux. Nous ne pouvons qu’admirer

l’habileté du fabricant qui a mis au point cet instrument miraculeux, et nous demander comment il n’est pas devenu fou en se demandant le « pourquoi » de la chose.

Mais sans doute ne s’est-il pas posé de questions. Il savait ce qui se passerait s’il reliait tel fil à telle bobine. Et le miracle s’est produit. Sur quoi il est allé dormir du sommeil du juste, sans la moindre angoisse. Que j’aimerais connaître cette paix de l’esprit ! Malheureusement, j’en suis incapable. La radio demeure pour moi un mystère total. J’ai interrogé des experts, et ils m’ont expliqué les mécanismes de mon poste, en détails, mais aucun n’a pu me dire le « pourquoi » de la chose. J’en suis réduit à m’interroger moi-même, et mon esprit me souffle sa solution, « forces subtiles ».

Je ne peux donc qu’éprouver une affection filiale pour les auteurs des documents archaïques, chaque fois que

je tombe sur ces mêmes idées.

En 1951, quelques photographies remarquables furent publiées dans l’hebdomadaire lllustrated, montrant des tables, des chaises et divers meubles volant dans les airs tout autour d’une pièce brillamment illuminée, à la terreur des occupants qui tentaient de se mettre à l’abri au plus vite de crainte d’être assommés par une chaise

longue volante. Ces photos n’étaient pas truquées et le fait que je n’aie jamais eu l’occasion de voir de mes yeux un tel ballet n’est pas une raison de nier sa véracité. Il serait tout aussi grotesque de réfuter tous les récits d’objets (vivants ou morts) que l’on a vu de temps en temps défier toutes les lois de la gravité pour s’envoler de-

ci de-là.

Parlons un peu, justement, des lois de la gravité, dont nous ne savons pas grand-chose, au fond, sinon que ce qui s’élève doit retomber. Newton a exposé cette loi mais n’a rien expliqué de la nature de cette force magnétique terrestre, pas plus que les petits Newton d’aujourd’hui ne peuvent expliquer le magnétisme en général. Comme nous ignorons tout des courants magnétiques, induits ou planétaires, il est permis de supposer qu’il existe, pas nécessairement des exceptions, mais des conditions sous lesquelles ces règles sont violées.

D’autres personnes nous expliqueront le plus sérieusement du monde que lorsque du mobilier s’envole dans les airs, c’est parce que « les esprits » s’en sont mêlés. Va pour les esprits, mais ne serait-il pas plus juste de dire qu'une seconde force s’opposant à l’attraction terrestre est entrée en action ?

Et comment, par quoi, ces autres forces peuvent-elles être déclenchées ?

De toute évidence, par cette force si mal connue appelée volonté humaine.

Des expériences effectuées au moyen d’appareils ultra-sensibles ont prouvé ce que les auteurs sanscrits et Sensar savaient déjà, à savoir que le cerveau humain émet des courants électriques, que la pensée n’est autre qu’une impulsion électrique. Cependant, les auteurs de l’Antiquité sont allés plus loin. Ils estimaient apparemment que ces courants du cerveau étaient extrêmement puissants, au point de pouvoir influer sur la matière et soulever des rochers énormes. Le simple bouton qui met en marche une gigantesque machine n’est pas puissant en lui-même (un simple doigt suffit à le pousser) mais sous son impulsion des avions s’envolent, des paquebots franchissent les océans, des ascenseurs express montent au sommet d’un gratte-ciel. Supposons alors que les minuscules impulsions du cerveau puissent être dirigées afin de s’harmoniser (de se mettre sur la même longueur d’ondes) avec des forces beaucoup plus considérables. Quel serait le résultat ? Le contrôle subtil de la matière par l’esprit, mille fois plus puissant que la force brute de l’atome, par exemple.

Considérons un instant les dalles gigantesques de la Grande Pyramide, pesant chacune plus de 70 tonnes et transportées de très loin, les menhirs, les pierres colossales des ruines d’Amérique du Sud, le monolithe de

Tiahuanaco

le même résultat avec des matériaux plus petits et plus légers ? Comment les pierres taillées de 15 tonnes de la

Pourquoi avoir employé des pierres aussi monumentales alors que les bâtisseurs auraient obtenu

Grande Pyramide ont-elles été assemblées au millimètre, sans machinerie moderne ? Comment ont-elles même

été assemblées ?

Mais n’approfondissons pas trop, pour le moment, de crainte que notre esprit ne soit accablé en découvrant qu’une civilisation a pu exister jadis, à côté de laquelle la nôtre ne serait qu’une institution pour enfants attardés. Laissons la Grande Pyramide en Égypte, où elle se dresse depuis des millénaires et demeurera encore quand les derniers vestiges de Londres et de New York seront tombés en poussière, et revenons-en à ces objets

qui défient apparemment la gravité.

Sainte Thérèse d’Avila, selon l’intéressante biographie de Miss Sackville-West (d’autant plus remarquable que l’auteur n’est pas catholique, donc impartial), s’élevait fréquemment dans les airs, souvent aux moments les plus gênants. Cela lui arriva un jour, lors de la visite d’une abbesse voisine et l’on put entendre sainte Thérèse, du haut du plafond, se plaindre vertement au Tout-Puissant de la ridiculiser ainsi. Elle avait tort, cependant, de rendre son Créateur responsable d’un phénomène provoqué uniquement par le pouvoir de son propre esprit. Par hasard, elle s’était mise sur la « longueur d’onde » qui déclenche les forces opposées à celle de l’attraction terrestre et par conséquent, suivant l’admirable logique qui gouverne notre univers, elle s’était élevée dans les airs jusqu’à ce que le plafond arrête son ascension. Je cite sainte Thérèse parce que c’est un exemple bien connu, mais nous avons bien d’autres cas de lévitation.

Le plus intéressant est peut-être celui de saint Joseph de Copertino, un moine italien du XVII e siècle, qui non seulement s’élevait à volonté mais emportait parfois des passagers ou des fardeaux. Un jour, même, on vit le moine soulever une croix de bois monumentale que dix ouvriers n’avaient pu déplacer, et voler avec elle pour aller la placer à l’endroit choisi. Le calendrier des saints est une lecture passionnante, car il cite près de 200 saints et bienheureux qui se déplaçaient dans les airs le plus aisément du monde.

Le Pr W.J. Crawford a publié les rapports de 67 expériences de lévitation effectuées en laboratoire, au cours desquelles des tables, des chaises, des bibliothèques et des êtres humains s’élevèrent dans les airs et volèrent silencieusement tout autour de la pièce. D’excellentes photos ont été prises par M. Léon Isaacs, montrant des meubles en lévitation, au cours des expériences décrites par M. Harry Edwards.

Très bien, me dira-t-on, mais quel est le rapport entre sainte Thérèse et les soucoupes volantes ?

Sainte Thérèse et les meubles volaient silencieusement, sans forme visible ou audible d’un moyen de propulsion.

Les soucoupes volantes se déplaceraient donc dans l’espace grâce à la volonté colossale de leurs inventeurs et de leurs constructeurs ? Pas nécessairement. Mais c’est fort possible, à mon humble avis. Je dis « pas nécessairement » parce que la lévitation volontaire, selon ceux qui l’ont expérimentée, est une opération épuisante [4] . La force mentale nécessaire pour propulser un vaisseau spatial à 30 000 kilomètres à l’heure au- dessus du centre d’essais en vol de White Sands donnerait donc la migraine au plus remarquable des êtres. Et cependant je dis que la chose est possible, mais sans doute pas pour les pauvres mortels que nous sommes.

Chez les anciens mages d’Égypte, une tradition voulait que l’on pût reconnaître le véritable prêtre à sa faculté de voler ou de s’élever dans les airs à volonté.

On trouve en Amérique du Sud des légendes étrangement similaires, des traditions orales transmises de génération en génération, par les premières grandes races qui disparurent sans explication, laissant derrière elles d’admirables monuments. Selon ces légendes :

Tout était si léger, d’immenses pierres pouvaient être

Dans les temps anciens, les hommes pouvaient voler en chantant une chanson ou en frappant

« Dans les temps anciens, chacun pouvait voler

déplacées

sur un disque. »

Les deux premiers versets n’évoquent-ils pas la lévitation ? N’indiquent-ils pas l’existence d’une race oubliée qui avait vaincu la gravité ?

Et le troisième ?

Une note choisie peut briser un miroir. Cela dépasserait-il les limites du possible, si un son parfaitement compris sous ses sept aspects pouvait être harmonisé et mis en conjonction avec les forces électromagnétiques provoquant la lévitation ? Nous avons déjà réussi, après tout, à l’« harmoniser » avec les ondes hertziennes et à le faire voyager à la vitesse de la lumière ; si un visionnaire du siècle passé avait osé suggérer qu’un jour les images traverseraient les océans, les esprits forts auraient tôt fait de lui passer une camisole de force. Alors pourquoi le son ne pourrait-il être contrôlé, ou transformé en forces encore inconnues ?

Quel est ce « verbe » que nous rencontrons dans tous les anciens écrits, ce « son » tout-puissant connu des

seuls adeptes et initiés, devant lequel la matière s’inclinait, ce « son » qui atteignit son apogée dans le « Fiat lux », le Verbe de Dieu qui créa toutes choses ?

Nous le trouvons dans tous les écrits de toutes les races anciennes. Le Popol Vuh, la bible des Quichés d’Amérique du Sud, nous dit :

Que le vide soit rempli, que les eaux (la matière à l’état primitif) s’éloignent et forment

! La Terre ! Ils ont dit, et elle a été

« Puis vint le mot

un vide. Que la Terre apparaisse et devienne solide

créée instantanément. »

Que la lumière soit

On peut lire sur d’anciennes tablettes découvertes au Mexique :

« Que les gaz qui sont disséminés dans l’espace se rassemblent et qu’avec eux des mondes soient formés ! Alors les gaz se rassemblèrent en tourbillons (les nébuleuses) ».

« Le second commandement intellectuel fut : Que les gaz se séparent et qu’ils forment l’atmosphère et les eaux. »

Dans les deux textes nous trouvons le mot, le verbe, le commandement, ou la vibration cosmique à l’origine des sept manifestations, correspondant aux sept jours de la Genèse.

Les Stances Sacrées de Dzyan, que l’on dit d’origine atlante, contiennent la même idée, au début de la stance

3.

La vibration touche de son aile légère

Les ténèbres deviennent lumière et la lumière projette un rayon solitaire sur les eaux mères

se coagule et étend ses tentacules blancs (les nébuleuses) au travers des

« La dernière vibration de la septième éternité palpite dans l’infini

tout l’univers

(l’espace)

L’œuf lumineux

profondeurs. »

Dans cette brève formule abstraite nous trouvons l’explication de la formation des nébuleuses, créées par une vibration émise sur un plan plus élevé pour former les « tentacules blancs » que nous voyons aujourd’hui au télescope.

Comment les Anciens connaissaient-ils les nébuleuses, les systèmes solaires, et tout le reste ? Et quel rapport avec les soucoupes volantes ? Le Popol Vuh nous dit :

« Ils (la première race humaine) savaient tout, et ils examinèrent les quatre coins, les quatre pointes de l’arche du ciel et la surface ronde de la Terre. »

Saint Jean décrit le Créateur, au commencement de la création, comme un « son ».

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu ».

Cette connaissance sublime mais aujourd’hui perdue du Verbe — le Tau des Égyptiens, l’Aum de l’Inde et le J.H.V.H. de la Kabbale -— a dégénéré au fil des millénaires pour devenir des formules théâtrales, comme « Sésame ouvre-toi » ou l’« Abracadabra » des prestidigitateurs de salon. Mais même dans leur décadence, les souvenirs demeurent de la magie et de la puissance du son qui pouvait, quand il était émis par des lèvres divines ou humaines, provoquer la formation d’atomes solides et faire surgir des mondes du chaos universel.

Ce pouvoir est perdu et il semble bien difficile de le retrouver dans le bruit et la confusion de notre civilisation, car ce Verbe mystique doit être prononcé dans le silence de l’esprit. Il faut parvenir à un grand calme intérieur pour en percevoir l’écho. Je suis persuadé que ce « son », émis dans le silence parfaitement contrôlé d’un esprit développé, pourrait accomplir des choses fort étranges, soulever des tables pour la grande joie des photographes, ou assembler au millimètre près des pierres pesant plusieurs tonnes afin de construire les pyramides.

Propulser des soucoupes volantes ? Peut-être.

Pouvez-vous imaginer un être hautement développé dans son vaisseau spatial, émettant la vibration qui fera obéir les forces de propulsion et l’enverra dans l’espace vers notre atmosphère ? Et, à ce moment, pénétrant notre océan d’air dont il comprend parfaitement la nature, émettre une seconde vibration qui neutralisera toute la cacophonie provoquée par un corps solide poussé dans l’air par une force brutale ? Mais il n’a pas recours à la

force ; il comprend l’air et ses propriétés secrètes. Il le respecte. Il emploie des forces harmonieuses qui ne poussent pas, qui n’écartent pas brutalement, qui ne déchirent pas mais s’insinuent avec courtoisie. Quand nous aurons atteint un niveau plus élevé de véritables connaissances, sans doute pourrons-nous en faire autant ; pour le moment nous avons simplement appris à écarter les obstacles d’un coup de pied.

6

Les vimanas

Je m’interrogeais encore sur les sources de puissance possibles quand un étrange document tomba entre mes mains, un livre écrit près de dix ans avant le premier vol des frères Wright. L’auteur, Scott Elliott, y décrit en détail un type de disque volant ou de vaisseau spatial utilisé par la race dont les descendants nous ont laissé les immenses pyramides d’Égypte et du Mexique, les monolithes géants de Tiahuanaco et de Sacsahauman, les extraordinaires terrasses de Baalbek, les tablettes sacrées des Naacals et les sublimes Stances secrètes d’Asie. J’ai trouvé dans ce livre des termes et des expressions qui m’étaient parfaitement inconnus, comme « force éthérique » et « akkasha ». C’était un ouvrage passionnant mais à mesure que je lisais je sentais quelque chose de vaguement familier. Certaines caractéristiques concordaient presque mot pour mot avec les rapports de l’armée américaine sur les soucoupes volantes.

Voici le passage le plus significatif :

« Les moyens de locomotion des Atlantes étaient merveilleux, car la machine volante à laquelle travaillent

Keely en Amérique et Maxim chez nous (en Angleterre et en 1895) était alors un fait accompli

pas un moyen de transport pour les gens du commun. Les esclaves, les serviteurs et les masses laborieuses devaient aller à pied ou voyager dans des chariots grossiers tramés par d’étranges animaux. Les vaisseaux aériens étaient un peu ce qu’est aujourd’hui la calèche ou plutôt le yacht privé si nous considérons le nombre assez restreint de personnes qui en possédaient, car ils devaient être fort coûteux. Ces vaisseaux étaient généralement à deux places, parfois six ou huit places. Quand la guerre et les malheurs sonnèrent le glas de l’Âge d’Or, des navires de guerre pouvant se déplacer dans les airs remplaçaient de plus en plus les navires marins, car ils étaient naturellement des engins de destruction beaucoup plus efficaces. Ceux-là étaient construits pour transporter jusqu’à cinquante et même cent guerriers.

« Les vimanas (bateaux aériens) étaient faites de bois ou de métal. Les premières étaient en bois et les

Ce n’était

planches utilisées extrêmement minces mais on y injectait une substance qui n’augmentait pas leur poids mais les rendait extrêmement résistantes, apportant ainsi à la fois la légèreté et la force indispensables. Quand le métal fut employé, ce fut généralement un alliage, avec deux métaux blancs et un rouge entrant dans sa composition. L’alliage était blanc comme l’aluminium et encore plus léger. Sur la charpente du bateau aérien, on étendait une grande feuille de ce métal qui était ensuite martelé et soudé à l’électricité quand il le fallait. Mais qu’ils soient de bois ou de métal, leur surface était apparemment unie, sans soudures visibles, parfaitement lisse et ils brillaient dans la nuit comme s’ils avaient été recouverts d’une peinture lumineuse.

« Leur forme était celle d’un bateau, mais complètement ponté car à grande vitesse nul passager n’aurait pu rester sur le pont à découvert. Les appareils de propulsion et de guidage pouvaient être mis en action à chaque extrémité.

« Mais le plus intéressant concerne la méthode de propulsion. Dans les premiers temps, il semble que ce fut

le « vril [5] » personnel qui ait fourni la puissance motrice, mais cette méthode fut remplacée plus tard par

une force qui, bien que fournie par une matière qui nous est inconnue, opérait néanmoins grâce à des appareils mécaniques. Cette force, qui n’a pas encore été découverte par la science, était de nature éthérique. Mais bien que nous soyons encore loin de la solution du problème, sa méthode d’opération peut être décrite. Les appareils différaient sans doute, selon les vaisseaux.

« La description suivante est celle d’un bateau aérien qui conduisit un jour trois ambassadeurs du roi qui

régnait sur le nord de Poséidonis (l’Atlantide) à la cour du roi du sud. Un lourd coffre de métal posé au centre du bateau diffusait la puissance, par deux longs tubes flexibles le reliant à chaque extrémité du

vaisseau, ainsi que par huit tubes subsidiaires fixés aux parois, à l’avant et à l’arrière. Ces tubes avaient deux ouvertures, dirigées vers le haut et vers le bas, verticalement. Quand le voyage allait commencer, les soupapes des huit tubes latéraux pointées vers le bas étaient ouvertes et toutes les autres bien fermées. Le courant se précipitant par ces ouvertures frappait la terre avec une force telle que le bateau était projeté dans les airs. Quand l’élévation désirée était atteinte le tube flexible à cette extrémité du vaisseau éloignée de la direction choisie était mis en marche et une fermeture partielle des soupapes par lesquelles passait le courant réduisait l’élévation de manière que le bateau demeurât à la hauteur voulue. Le grand volume de courant dirigé maintenant par le grand tube situé à l’arrière et pointé vers le bas à un angle de 45° environ maintenait l’élévation et produisait aussi la force motrice nécessaire au déplacement du vaisseau. Il était gouverné par la décharge du courant dans ce tube car le plus léger changement de sa direction suffisait à altérer sa course.

« Mais il n’était pas nécessaire de le diriger constamment. Quand un long voyage était prévu, le tube pouvait

être fixé de manière à n’exiger aucun geste jusqu’à ce que la destination fût presque atteinte. La vitesse maximum était d’environ 160 kilomètres à l’heure et le vol ne s’effectuait jamais en droite ligne mais sous la forme de longues vagues, tantôt approchant de la Terre et tantôt s’en éloignant. Arrivé à destination, le vaisseau était arrêté au moyen d’un courant s’échappant par le tube situé à l’extrémité plongeante du vaisseau tandis que la force motrice à l’arrière était réduite par la fermeture des soupapes. Il reste encore à expliquer les huit tubes pointant vers le haut. Ils étaient utilisés en cas de combats aériens, les guerriers ayant à leur disposition une force aussi puissante, les vaisseaux de guerre dirigeaient naturellement leur courant l’un contre l’autre. Le navire ainsi frappé voyait son équilibre détruit et se retournait. Alors, quelle que soit sa position, les tubes pointant vers le sol étaient naturellement ceux par lesquels le courant devait jaillir, tandis que les tubes pointant vers le haut devaient rester fermés. »

Donald Keyhoe, dans son livre Les Soucoupes volantes existent (1950), rapporte une déclaration faite par un des « principaux ingénieurs de la NASA » qui répète presque mot pour mot ce que Scott Elliott explique des vimanas :

« Elle (la soucoupe) pourrait être équipée de tuyères ou de fusées à direction variable. Les tuyères seraient

placées tout autour du rebord et en changeant leur direction le disque pourrait monter ou descendre verticalement. Il pourrait cependant voler à l’horizontale et tourner à angle droit. Sa direction et sa vitesse seraient gouvernées par le nombre des tuyères en action, le volume du courant appliqué et l’angle auquel elles seraient inclinées. Elles pourraient être dirigées vers le sol, vers l’arrière ou vers les côtés. Un disque volant à l’horizontale, droit devant, pourrait virer rapidement à droite ou à gauche si l’on changeait l’inclinaison des tuyères ou si on réduisait le courant d’une partie du groupe. »

C’est suivant ce principe, très exactement, qu’opéraient les vimanas des Atlantes. Ainsi, les soucoupes volantes semblent être un perfectionnement des vimanas plutôt qu’une extension du principe adopté par les frères Wright et utilisé aujourd’hui au moyen de moteurs à combustion incroyablement puissants, bruyants et à l’efficacité relative.

Certaines autres caractéristiques font penser que la soucoupe volante n’est qu’un modèle de vimana perfectionné et interplanétaire, et aussitôt l’idée terrifiante, non par le danger qu’elle évoque mais par le coup redoutable infligé à notre orgueil, vient nous frapper : des dizaines de millénaires avant notre civilisation il existait sur terre une nation beaucoup plus avancée que nous au point de vue technique, une race capable de voyager vers d’autres planètes.

Scott Elliott semble bien avoir décrit une soucoupe volante, mais où a-t-il puisé ces renseignements ? Personne ne paraît le savoir. Le livre est rare, l’édition épuisée depuis longtemps. Elliott est mort. Quelqu’un qui l’avait connu me dit qu’il avait étudié d’anciens écrits, en Inde et en Asie, et que je devrais me tourner vers les musées et les librairies spécialisées dans l’Orient.

Très bien

Mais la recherche est une boule de neige; mise en mouvement, elle ramasse ceci ou cela et soudain elle prend

et me voilà en route vers les musées.

des proportions inattendues. Avant même d’atteindre le British Muséum (j’en étais à cent mètres) j’aperçus une petite librairie spécialisée dans les livres rares et insolites. J’y entrai sans réfléchir et me mis à bouquiner. Bientôt, le libraire s’approcha de moi et me dit : « J’ai là un livre qui devrait vous intéresser. »

C’était un homme étrange, au regard extraordinairement pénétrant ; ses yeux donnaient l’impression de pouvoir lire dans vos pensées les plus intimes, et de sourire de ce qu’ils y découvraient. Je ne lui avais pas dit ce que je cherchais, je ne le savais pas moi-même, d’ailleurs. Cependant, j’achetai le livre qu’il me proposait et m’en fus.

C’était un des ouvrages de James Churchward sur le Continent perdu, intitulé L’Univers secret de Mu [6] . J’y découvris le passage suivant (page 200 de la version française), qui m’apprit que j’étais sur la bonne voie. L’auteur raconte que, au cours d’un de ses voyages en Inde à la fin du siècle dernier, il eut l’occasion d’examiner de très anciens manuscrits hindous dont les prêtres lui dirent qu’il s’agissait de copies des archives d’un temple appartenant à une civilisation qui précéda celle de l’Inde. Voici ce qu’il y trouva :

« un dessin comportant les instructions pour la construction de la machine volante et de son moteur. Le

moyen de propulsion était tiré de l’atmosphère, d’une manière simple et peu coûteuse. Le moteur ressemblait un peu à notre turbine actuelle. Une fois mis en marche, le moteur ne s’arrête jamais, jusqu’à ce qu’on l’arrête. Sinon, il continue de tourner jusqu’à ce que les pièces s’usent. Ces navires volants pouvaient faire le tour de la Terre sans jamais se poser, jusqu’à ce que la mécanique s’épuise. Leur autonomie de vol était illimitée, ou plutôt limitée seulement par le degré d’usure du métal. J’ai trouvé des textes parlant de certains vols qui couvraient sans escale plus de 5 000 kilomètres.

« Tous les textes faisant allusion à ces machines volantes indiquent très nettement qu’elles étaient

autonomes, c’est-à-dire qu’elles volaient d’elles-mêmes ; autrement dit, elles fabriquaient leur propre pouvoir de propulsion en volant.

Elles n’avaient pas besoin de carburant. Sur la foi de ces récits, et en dépit de toute notre vanité, il me semble bien que nous sommes en retard de 20 000 ans ! »

Encore une fois, cela concorde presque mot pour mot avec la description de Scott Elliott. Ce moteur apparaît comme une forme simplifiée du mouvement perpétuel.

Churchward explique que l’air était employé pour la propulsion, grâce à une espèce de turbine, comme pour un avion à réaction. Elliott parle de « force éthérique » mais c’est exactement la même chose car les mots employés par les Anciens pour désigner l’air tenaient compte de ses qualités cachées, éthériques, plutôt que des gaz qui composent notre atmosphère.

Fort encouragé, je me mis à fouiller les anciens écrits dans l’espoir d’infirmer ou de confirmer l’idée que j’avais, que les soucoupes volantes n’ont rien de nouveau. Je fus récompensé au-delà de tous mes espoirs. Le Ramayana et le Maha Bharata fourmillent d’histoires d’immenses vaisseaux aériens préhistoriques, de toutes formes, de toutes tailles, certains propulsés par une turbine, d’autres par une source motrice que nous ignorons encore mais qui ressemble fort à la volonté humaine que nous avons évoquée au chapitre précédent.

Dans le Ramayana on trouve une excellente description de l’envol d’une grande vimana :

« Quand l’aurore se leva, Rama, prenant le Char Céleste (vimana) que Puspaka lui avait envoyé par

Vivpishand, se tint prêt au départ. Ce char se propulsait lui-même. Il était grand et finement décoré. Il avait deux étages et de nombreuses chambres avec des fenêtres, et il était drapé de drapeaux et de bannières. Il

émettait un son mélodieux en volant sur les chemins du ciel. »

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Soucoupes volantes antédiluviennes

Au cas où vous seriez tenté de vous exclamer avec mépris que les vimanas n’existent pas, je vais maintenant apporter de nouvelles preuves de la réalité de ces soucoupes volantes préhistoriques. J’emploie le terme « soucoupe » plutôt que celui d’« aéroplane » parce que le principe qui les maintenait en l’air n’avait aucun rapport avec des ailes. Elles étaient soutenues par la force qu’elles émettaient; elles n’avaient pas besoin d’ailes aérodynamiques placées à un angle de quatre degrés de la ligne de vol. C’était réellement des objets volants sans ailes. Donc, c’était des soucoupes volantes.

Nous sommes fortement tentés de mesurer la longueur, la largeur et la profondeur de ce que nous consentons

à croire, et de les circonscrire dans un cercle magique contenant de nombreuses incantations violentes (et

souvent peu courtoises) interdisant l’approche de toute idée nouvelle, esprit malin ou génie malicieux risquant de menacer notre petit troupeau d’idées bien-aimées. Dans ce cercle, pour faire bon poids, nous installons les trois idoles de Bacon qu’il appelait si justement l’idole de la Caverne, l’idole de la Place publique et l’idole du Théâtre, une trinité démoniaque dont le nom collectif est Préjugés. Ces idoles-là ont toujours formé pour l’humanité une triple divinité et continueront ainsi fort probablement jusqu’à ce que cette planète retourne en poussière ou explose par la faute de la science moderne.

tant qu’on ne les a pas lus. Les

anciens établissaient une distinction scrupuleuse entre les mythes, qu’ils appelaient « daiva », et les faits réels dont les archives se nomment « manusa ».

Dans les « manusa » on trouve des explications extrêmement détaillées concernant la construction des

vimanas. Le Samarangana Sutradhara dit qu’elles étaient faites d’un alliage léger, qu’elles avaient un « corps » parfaitement proportionné. Le fer, le cuivre et le plomb servaient aussi à leur construction. Elles pouvaient voler

à de grandes distances, propulsées par l’air. Mais on nous dit aussi, concernant le mode de propulsion, qu’elles avaient « du feu et du mercure dans le fond ».

Le Samarangana Sutradhara (ou Samar) consacre 230 strophes aux principes de construction des vimanas et

à leur utilisation en temps de paix et en temps de guerre. Elles étaient très manœuvrables et pouvaient attaquer

dans l’air ou au sol. L’auteur, tout comme Scott Elliott, leur reconnaît trois mouvements principaux, l’ascension, le vol à l’horizontale pendant des milliers de kilomètres et la descente. Elles se déplaçaient si rapidement qu’il

était pratiquement impossible de les entendre du sol.

Nous avons encore la description de la vimana Agnihotra avec ses deux feux propulseurs. Et puis, curieusement, l’auteur déclare que le pilote offre du lait à ses trois Agnis, ou feux. C’est manifestement un « masque » pour dérouter les curieux et protéger le secret de leur force, jalousement gardé de crainte qu’elle ne fut mal employée.

car si ce secret était révélé, les machines

Il est facile de hausser les épaules, de traiter de mythes les récits sanscrits

« Les détails de construction des vimanas sont tenus secrets seraient mal employées. »

Cela confirme ce qu’a écrit Scott Elliott, quand il nous dit que les vimanas n’étaient pas construites en grand nombre, comme nos avions modernes. Dans ce même texte sanscrit nous trouvons ce passage :

« Leur corps doit être solide et durable, comme un grand oiseau volant, en matière légère. À l’intérieur on

doit placer le moteur au mercure avec son appareil chauffant en fer dessous. Au moyen de la force latente dans le mercure qui met en marche un tourbillon, un homme assis dans cette machine peut voyager à de grandes distances dans le ciel d’une façon merveilleuse.

« De même en employant les processus prescrits on peut construire une vimana aussi grande que le temple

du Dieu-en-mouvement. Quatre vastes récipients à mercure doivent être incorporés dans la structure intérieure. Quand ils auront été chauffés par le feu contrôlé des récipients de fer, la vimana possédera la force du tonnerre au moyen du mercure. Et aussitôt elle deviendra comme une perle dans le ciel. »

Les livres thibétains, le Tantjua et le Kantijua contiennent aussi de nombreuses allusions à des machines volantes préhistoriques, souvent appelées « Perles dans le ciel ». J’ai reçu récemment une lettre d’amis californiens qui avaient observé une soucoupe volante pendant près de six minutes. « Elle avait la couleur et l’orient de la nacre. En fait, on aurait dit une immense perle ovale glissant silencieusement dans le ciel. » Je leur ai répondu en leur conseillant de dénicher un exemplaire du Tantjua et de faire leurs propres comparaisons.

L e Samar suffit à dissiper tous les doutes que l’on pourrait avoir encore et donne bien la preuve-que les vimanas ne sont pas le produit d’une imagination poétique, ni une allégorie. Cette description du « moteur à mercure » est étrange. Que signifie « la force latente dans le mercure » ? Les Anciens avaient-ils découvert comment libérer l’énergie contenue dans les métaux lourds, et l’utilisaient-ils comme mode de propulsion hautement efficace ? Le Pr Meade Layne, de San Diego, Californie, n’avait jamais entendu parler des vimanas avant que j’attire son attention sur ces machines volantes. Mais bien longtemps avant, il avait écrit qu’il avait la certitude qu’un certain type de soucoupe volante (« un type très ancien ») se propulsait elle-même par désintégration atomique de l’air, en voyageant dans l’atmosphère, et du métal dans le cosmos.

Le Samar nous donne enfin un exposé clinique de la versatilité des vimanas et des performances que bien des ingénieurs aéronautiques modernes pourraient envier :

« Les subdivisions des mouvements des vimanas sont : Inclinaison ; Ascension verticale ; Descente verticale ; En avant ; En arrière ; Ascension normale ; Descente normale ; Progression sur de longues distances, au moyen d’un ajustement des parties mécaniques donnant un mouvement perpétuel.

La force et la solidité de ces machines dépendent du matériel employé. Voici quelques-unes des qualités de ce char aérien : il peut être invisible; il peut transporter des passagers, il peut aussi être fabriqué en de très petites dimensions; il peut se déplacer en silence; si le son est utilisé il doit y avoir une plus grande flexibilité des parties mécaniques; il doit durer très longtemps, il doit être bien fermé et couvert, il ne doit pas devenir trop chaud, ni trop raide, ni trop mou; il peut être propulsé par des chansons et des rythmes. »

En fait, il semble qu’il n’y ait rien que la vimana ne puisse faire. Sa manœuvrabilité dépasse de loin celle de l’hélicoptère. Elle peut se déplacer en silence, contrairement à ce dernier. Elle peut planer à quelques centimètres du sol.

« La vimana de Yudhisthiva était restée à la hauteur de quatre doigts au-dessus de la surface de la Terre. »

Elle peut être propulsée uniquement par la force du son, « des chansons et des rythmes ». Elle semble également capable d’apparaître et de disparaître à volonté, grâce à quelque illusion d’optique savamment utilisée.

Toutes ces merveilles sont à la portée de la première soucoupe volante venue.

Tout cela est bien beau ! me direz-vous. En supposant qu’une civilisation oubliée ait su comment construire une espèce de soucoupe volante primitive ici sur cette Terre, vous n’allez tout de même pas nous raconter que ces gens pouvaient aller d’une planète à l’autre ? La crédulité a des limites !

Je m’en garderai bien, personnellement. Mais le Samar va justement vous le dire et, malheureusement pour votre scepticisme, c’est un de ces documents appelés « manusas », c’est-à-dire un exposé des faits réels, un rapport strict. Et, très strictement, le Samar déclare :

« Au moyen de ces machines, les êtres humains peuvent voler dans les airs et des êtres célestes descendre sur la Terre. »

Autrement dit, les Anciens avaient l’habitude de recevoir la visite d’êtres venus d’autres planètes !

Un autre passage nous affirme que certaines vimanas pouvaient monter dans les régions solaires (Suryamandala) et de là bien au-delà, dans les régions stellaires (Nakstramandala), ce qui signifie que certaines

vimanas étaient construites pour traverser le système solaire et voyager dans la galaxie !

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Les soucoupes volantes de l’Inde

Plus on étudie les anciens textes de l’Inde, plus on trouve de récits d’aéroformes, de forces motrices et d’armes de choc qui ne devaient pas signifier grand-chose, pour les traducteurs de sanscrit du XIX e siècle, mais qui évoquent pour nous des analogies redoutables.

Je ne cherche pas à démontrer que les Antédiluviens possédaient la bombe atomique ou une arme similaire et il me suffit de prouver qu’ils savaient comment construire un type de soucoupe volante. Mais j’aimerais citer quelques passages du Mahabharata, un texte qui remonte à plus de 3 000 ans et qui nous prouve sans l’ombre d’un doute que cette civilisation avait maîtrisé certaines forces cosmiques. Et si elle connaissait l’énergie nucléaire, il est évident qu’elle possédait aussi des machines volantes, donc que les textes sanscrits ne sont pas des fables.

Le premier extrait est un témoignage oculaire de la dévastation causée par l’arme appelée Agneya.

« Un projectile flamboyant fut lancé. Aussitôt les ténèbres recouvrirent les armées. Des vents mauvais se

mirent à souffler. Des nuages rugissaient dans l’atmosphère et il en pleuvait du sang. Tous les éléments semblaient confondus. Le soleil tournoyait. Le monde, brûlé par la chaleur de cette arme, semblait pris de fièvre. L’eau elle-même bouillait, et les créatures qui y vivaient étaient ébouillantées. L’ennemi tombait comme des arbres détruits par un horrible incendie. D’énormes éléphants, brûlés par cette arme, tombaient de toutes parts. D’autres couraient de-ci de-là en barrissant de terreur au sein de la forêt en flammes. Les chevaux et les chars, brûlés par l’énergie de cette arme, ressemblaient à des troncs d’arbres calcinés. Des milliers de chars tombaient de tous côtés. Les ténèbres recouvraient l’armée tout entière

« Des vents froids se mirent à souffler. L’horizon s’éclaircit. Alors nous vîmes un spectacle effroyable.

Calcinés par la puissance terrible de cette arme, les corps des blessés n’étaient même plus visibles. »

Cette épouvantable description de chariots et de cadavres calcinés remonte sans doute à 10 000 ans avant Hiroshima. Dans le Mausala Parva il est question d’une arme ressemblant à un « tonnerre de fer » par laquelle « tous les êtres des races de Vrishni et d’Andhaka furent réduits en cendres ».

Cette arme était si atroce que « le roi atterré fit réduire le tonnerre en poudre fine ». Malgré cela elle possédait encore un pouvoir mortel car « il employa des hommes pour jeter cette poudre à la mer ».

En dépit de ces précautions l’arme dégageait encore une radioactivité car les habitants perdirent du jour au lendemain leurs cheveux et leurs ongles, des vents violents balayèrent le pays, la vaisselle se brisa sans raison apparente, des oiseaux devinrent blancs et leurs pattes écarlates et les aliments se gâtèrent en quelques heures.

À part l’Agneya, cette civilisation possédait l’arme de Brahma, dont on disait qu’elle possédait la puissance de Dieu, un pouvoir tel que les immortels eux-mêmes ne pouvaient y résister. Cette arme est intéressante car elle ne ressemble à rien de ce que nous connaissons aujourd’hui. Appelée également le Dard d’Indra, elle n’était pas lancée mais braquée comme un projecteur. Une lueur jaillissait alors du mécanisme, un faisceau de lumière de plus en plus brillant qui finissait par consumer sa cible (un laser ?). Sa puissance était considérable car par temps clair elle pouvait provoquer des bouleversements de la nature. Les vents soufflaient, les eaux bouillaient, les animaux devenaient fous. La seule défense était une autre arme de Brahma. Deux de ces armes pouvaient s’annuler, ce qui permet de penser qu’elles marchaient selon un principe de vibrations qui pouvait être neutralisé grâce à des longueurs d’ondes opposées.

L’usage de ces armes était strictement réglementé. Elles ne devaient jamais être employées, sauf en des circonstances graves, lorsque toutes les autres armes s’étaient révélées inefficaces. Elles ne devaient jamais être utilisées contre des civils ou des armées en retraite.

Avant d’employer les armes de Brahma, il fallait toujours « toucher de l’eau », ce qui pour nous équivaudrait à opérer un contact électrique, ou une « prise de terre ». Plusieurs passages décrivent leurs effets.

« Le fils de Drona toucha l’eau et déchargea le Narayana. Des vents violents se mirent à souffler, la pluie

tomba en rafales. On entendit des coups de tonnerre, bien que le ciel fût sans nuages. La Terre trembla. Les mers s’agitèrent. Les sommets des montagnes se fendirent. Les ténèbres s’établirent.

« L’arme de Brahma affligea Partha et tous les êtres. La Terre et toutes ses montagnes frémirent. Des vents terribles se mirent à souffler. Les mers devinrent houleuses. »

Au cours de la déroute consécutive à ce désastre il se produisit un fait curieux. Les soldats en fuite se précipitèrent vers les ruisseaux et les rivières où ils se déshabillèrent précipitamment pour se laver, eux et leurs armes.

Pourquoi diantre ces malheureux soldats en déroute auraient-ils pris le temps de se baigner et de laver leurs armes à grande eau (ce qui ne devait guère les arranger) s’ils n’avaient pas craint une contamination, qui ne pouvait être que des retombées radioactives ?

Aujourd’hui, nos soucoupes volantes sont singulièrement pacifiques. Depuis des siècles, je n’ai pas trouvé une ombre d’activité hostile de leur part. Mais la soucoupe volante préhistorique, ou vimana, était une arme de guerre redoutable.

« Cukra, à bord de cette excellente vimana, propulsée par des Forces Célestes, partit détruire la Triple Cité. » En vue de cette opération, il avait été décidé « de construire une vimana de grande puissance ».

La ville est si bien retranchée que seule une arme capable de détruire à la fois ses trois parties peut en venir à bout : « Ces trois parties doivent être détruites par un seul projectile, par aucun autre moyen ne peut-on obtenir leur destruction. »

On commence par un bombardement général : « Cukra, entouré par les Maruts, se mit à lancer son tonnerre de tous côtés sur la Triple Cité. »

Et puis on emploie l’effroyable « projectile unique » : « Il lance alors un projectile qui contient les Puissances

de l’univers sur la Triple Cité cieux. »

Cette arme est si terrible que les dieux eux-mêmes ont peur : « Voyant les Puissances de l’univers réunies en un seul lieu, les dieux furent frappés de terreur. » Ils doivent alors intervenir pour éteindre le feu en disant : « Ne réduisez pas le monde en cendres. »

Je ne voudrais pas faire de digression mais en 1945 le gouvernement américain n’a-t-il pas réussi à fabriquer une arme contenant elle aussi les puissances de l’univers, les vimanas étaient également employées contre les armées :

« Une énorme et terrible vimana construite de fer noir, elle était haute de 400 yojanas et large d’autant,

équipée de moteurs bien installés là où il le fallait. Aucun cheval, aucun éléphant ne la propulsait. Elle était conduite par des machines qui étaient grandes comme des éléphants. »

Une fumée semblable à dix mille soleils envahit les

la ville se met à brûler

Un témoin raconte le bombardement aérien de son armée, par les Rakshasas :

« Nous avons vu dans le ciel ce qui semblait être une masse de nuages écarlates ressemblant aux flammes

d’un terrible incendie. De cette masse jaillirent de nombreux projectiles incandescents, et des coups de tonnerre comme des milliers de tambours. Et de nombreuses armes en tombèrent avec des ailes d’or dans un bruit de tonnerre, et des centaines de roues flamboyantes. Les chevaux tombèrent, tués par ces projectiles, et l’explosion abattit de puissants éléphants. Notre armée parut être anéantie sur l’instant. Ces terribles Rakshasas avaient la forme de monstrueuses montagnes suspendues dans le ciel. »

Un champignon atomique ?

L’armée aurait été perdue si Karna n’avait eu à sa disposition une arme secrète qui anéantit le bombardier des Rakshasas :

« Karna prit cette arme terrible, la Langue de Destruction, la Sœur de la Mort, et quand les Rakshasas virent

Le projectile resplendissant

et réduisit en cendres la vimana des

cette excellente et flamboyante arme braquée sur eux ils eurent grand-peur

s’éleva dans la nuit et pénétra la formation en forme d’étoile

Rakshasas. Le vaisseau ennemi tomba du ciel dans un fracas épouvantable. »

On trouve dans le Ghatotrachabadma un passage plus stupéfiant encore :

« Doué d’une grande énergie le Rakshasa redescendit sur la terre dans sa vimana dorée

on crut voir à la surface du sol une masse d'antimoine admirablement proportionnée. »

quand elle atterrit

L’antimoine est un métal d’un blanc bleuâtre, très brillant. N’est-ce pas une parfaite description des soucoupes volantes ? L’auteur précise que la vimana était « admirablement proportionnée ». Or, il est intéressant de noter que certaines photographies de soucoupes volantes ont révélé, grâce à la « projection orthographique », que leurs dimensions obéissaient au « nombre d’or » classique, considéré par tous les artistes et les architectes comme la proportion parfaite, telle qu’on la retrouve dans les grands temples de l’Antiquité grecque et dans les pyramides d’Égypte. Cette proportion parfaite n’a pas été découverte par l’homme, par hasard, mais lui a été révélée par les « Dieux » (les peuples de l’Espace).

9

La musique des sphères

Quel que soit le nombre de vimanas que nous révèle la littérature hindoue, brahmane, sanscrite ou pali, le secret de leur force motrice, silencieuse, musicale ou rugissante, nous échappe encore. Où trouverons-nous une force capable de transporter sur de grandes distances et à haute altitude une immense nef aérienne, sans le moindre carburant ?

On n’a rien sans rien, c’est bien connu et qui n’a jamais entendu parler d’une machine capable de marcher sans frais ? Jusqu’à ces derniers temps une telle conception allait à l’encontre de toutes les lois de l’énergie et le premier physicien venu vous aurait déclaré, poliment mais fermement, que la chose était impossible, tout comme un éminent professeur le déclara un jour à Edison qui lui faisait écouter sa première machine parlante. Il soutint que Edison était ventriloque car tout le monde savait que le son ne pouvait être conservé, et certainement pas dans de petits cylindres de cire. L’avenir donna tort au professeur et ses héritiers spirituels sont tout aussi marris depuis qu’ils évoluent dans les hautes sphères de la physique nucléaire où certains travaux — en particulier ceux qui concernent la bombe à hydrogène — supposent une « création » de la matière à partir de l’énergie. Les lois relatives à la conservation de l’énergie subissent aujourd’hui bien des modifications, mais leur signification ne serait pleinement comprise que dans vingt ans.

Chose curieuse, cette mystérieuse force fit déjà une brève apparition à New York à la fin du siècle dernier. Un inventeur solitaire nommé John Worrell Keely redécouvrit ce pouvoir oublié et lui donna le nom de « force dynasphérique ».

Les expériences de Keely éveillèrent un intérêt considérable à l’époque et les riches frères Barnato envoyèrent un de leurs associés, Ricardo Seaver, de l’autre côté de l’Atlantique pour étudier ces travaux. Cela se passait bien avant que l’on eût fabriqué un poste de télévision, découvert les rayons cosmiques ou imaginé les conditions existant au-delà de ce que l’on appelait alors le « quatrième état de la matière ».

Keely expliqua que, alors qu’il étudiait les forces magnétiques polaires, il avait découvert que des « corpuscules de matière pouvaient être fissionnés par des vibrations » et que ce principe pouvait s’appliquer à un moteur. Il fit une démonstration en présence de Seaver ; Keely se plaça à une extrémité de son laboratoire, le moteur se trouvant à l’autre bout. Il prit alors son violon et joua une certaine note, sur quoi le moteur de 25 CV se mit en marche ; il s’emballa au point de faire frémir ses cales et tourna ainsi à grande vitesse pendant un long moment, alors que l’inventeur ne faisait rien. Finalement, pour arrêter son moteur, Keely reprit son violon sur lequel il joua un accord discordant. Le visiteur stupéfait fut alors invité à mettre de nouveau le moteur en marche, au moyen du même violon. Il s’y efforça en vain, jusqu’au moment où Keely lui mit la main sur l’épaule ; alors Seaver fut capable de mettre en marche et d’arrêter le moteur.

Nous pouvons donc constater qu’afin de produire la vibration nécessaire, la vibration personnelle de Keely était indispensable. Il ne parvint jamais à construire une machine qui marcherait sans la vibration ou la volonté personnelle de l’opérateur. À ce sujet l’auteur de La Doctrine Secrète déclare :

« Parce que la découverte de Keely aurait permis de connaître un des secrets les plus occultes, un secret qui ne devra jamais tomber entre les mains des peuples, il n’a pas pu aboutir aux conclusions logiques qu’il

Les occultistes savent que les résultats obtenus à partir des cinquième et sixième niveaux

pouvait espérer

de la force astrale ou éthérique ne seront jamais autorisés à servir des propos commerciaux. »

La Doctrine Secrète confirme ce que j’avais déjà deviné, assez facilement :

« Si l’on demande pourquoi M. Keely ne fut pas autorisé à dépasser une certaine limite, la réponse est

aisée : c’est simplement parce qu’il avait découvert une terrible force sidérale connue des Atlantes et qu’ils

appelaient Mash-Mask, connue aussi des Rishis aryens. C’est le Vril de la Race Future de Bulwer-Lytton et de toutes les races futures de notre humanité. Le mot Vril est peut-être une fiction mais la force elle-même est une réalité puisqu’elle est mentionnée dans tous les livres secrets. C’est cette force vibratoire qui, braquée sur une armée depuis un Agniratha (char de feu) fixé sur un vaisseau volant, selon les instructions

Et

retrouvées dans l’Astra Vidya, peut réduire en cendres cent mille hommes avec tout leur armement. [

c’est cette force satanique qui, entre les mains d’un Attila moderne, pourrait en quelques jours réduire

Cette force doit-elle donc devenir la

l’Europe à l’état de chaos, ne laissant pas en vie un seul témoin propriété de tous les hommes ? »

La réponse à cette question, posée il y a bientôt cent ans pourrait être « oui » ; mais avant d’être réduits en cendres, examinons un peu la seconde expérience de Keely. Il fabriqua un modèle réduit de bateau, en métal, pesant environ 5 kilos et attaché à un fil de platine. L’autre extrémité du fil était reliée à son « transformateur sympathique » auquel était appliqué son mystérieux principe sonique. Grâce à lui il pouvait faire voler son vaisseau dans les airs, le faire planer, descendre et s’élever à volonté.

]

À la lumière de l’expérience Keely, étudions les faits suivants.

12 août 1950. La scène se passe dans le petit village de Campello, en Suisse, non loin du col du Saint-Gothard. De nombreux témoins, parmi lesquels un professeur de physique, ont vu passer dans le ciel de 80 à 100 soucoupes volantes. « En nous survolant, elles faisaient une musique d’orgue », dit le professeur. D’autres témoins parlent de « symphonie céleste ».

« Il émettait un son mélodieux en volant sur les chemins du ciel. »

Le 22 mai 1947, des groupes de soucoupes volantes survolèrent le Danemark à basse altitude en émettant un bourdonnement mélodieux évoquant un essaim d’abeilles, ou « un bruit d’aspirateur » selon un Danois plus prosaïque.

« Une vimana peut être propulsée par des chansons et des rythmes. » — Samar.

« Par la musique seule, certaines étaient mises en mouvement. » — Le livre d’Oahspe.

« Dans les temps anciens, on n’empruntait pas d’escaliers, disent les légendes des Caraïbes. On frappait sur

un disque qui émettait un son, la musique disait où l’on voulait aller

et on s’élevait ainsi. »

« Tout le monde pouvait danser dans l’air comme des feuilles au vent. Tout était si léger ! » Selon le folklore

On faisait

une chanson sur un disque ». Et aux Antilles on trouve cette légende : « Les sages des temps anciens pouvaient voler aisément. Ils n’avaient pas d’ailes. Ils frappaient un disque d’or, faisant une musique, et ils s’envolaient. »

Parmi les présents que Montezuma, le dernier empereur aztèque, remit à Cortez (qui le remercia par la torture et la mort) il y avait deux grands disques d’or. Ils auraient été les emblèmes de la royauté et destinés à l’empereur Charles Quint et à la reine d’Espagne. Le disque du roi était épais d’environ un centimètre, celui de la reine plus mince. Montezuma savait à quoi servaient ces disques, mais il est fort probable que Cortez n’en ait rien su, qu’il les ait jugés encombrants et sans doute n’arrivèrent-ils jamais en Espagne car on n’en trouve pas trace dans la liste des trésors. Ces disques étaient d’une largeur et d’une épaisseur correspondant exactement à la personne à qui ils étaient destinés, afin de s’harmoniser avec sa longueur d’ondes, avec ses vibrations personnelles. Ainsi, seul leur propriétaire pouvait s’en servir.

de Galway, en Irlande, « tout le monde dansait dans l’air comme les feuilles au vent d’automne

La machine de Keely ne marchait qu’en sa présence, lorsqu’il dirigeait sur elle ses propres vibrations.

Il est évident que Charles Quint ne reçut jamais les disques d’or ou qu’il n’essaya pas de voler avec, sinon on en retrouverait une trace dans les archives de l’inquisition, déplorant que « Sa Majesté, après avoir frappé une cymbale païenne, a été saisie par Satan et emportée dans les airs ».

Ces disques ont-ils un rapport avec les soucoupes volantes ? Je l’ignore encore. Je ne vois que de nombreux fragments d’information dispersés dans le temps et l’espace et cependant étrangement similaires. C’est comme si les pièces d’un puzzle avaient été éparpillées dans un champ. Il n’y a pas de rapport immédiat, cependant il y a

une unité évidente entre toutes les pièces.

Les disques aztèques étaient mesurés avec soin de manière à convenir à celui qui les employait. Se pourrait-il que le grand secret de la lévitation scientifique eût été préservé jusqu’au XVI e siècle, qu’il eût été le privilège royal des Aztèques ? Est-il encore préservé, transmis de génération en génération dans le plus grand mystère, de crainte qu’il ne tombât entre les mains du destructeur blanc ?

Le char céleste émettait un bourdonnement mélodieux. Construit par un peuple plus civilisé que les Aztèques, il obéissait peut-être au même principe que leurs disques. Peut-être contenait-il dans ses « deux étages et nombreuses chambres » des batteries de disques, ou un immense plateau résonnant qui, harmonisé avec les vibrations du pilote, était capable de soulever non pas un homme seul mais un vaisseau aérien ?

Les forces latentes colossales dégagées par certaines vibrations sont connues des savants, depuis longtemps, et je ne crois pas me tromper en affirmant que certaines découvertes ahurissantes ont été faites récemment qui risquent de révolutionner notre univers, pour le meilleur ou pour le pire.

Mais qu’est-il advenu de Keely ?

Son invention était en avance sur son temps. Il mourut dans la misère, le cœur brisé ; il avait détruit tous ses modèles réduits et brûlé presque toutes ses notes. Quelques papiers seulement furent sauvés, et publiés par sa mécène, Mrs Bloomfield-Moore, pour prouver que la « force dynasphérique » de Keely avait fait une brève apparition sur notre planète.

Cependant, nous construisons des fusées de plus en plus grandes, de plus en plus coûteuses, de plus en plus bruyantes ; des hommes vont dans la Lune et le prix de leur voyage suffirait à loger tous les sans-abris d’Europe. Des milliards seront encore gaspillés pour qu’un jour une malheureuse planète profite des bienfaits de notre civilisation, et devienne peut-être un nouveau Vietnam que se disputeront les puissances de notre fourmilière humaine.

Quelle dérision si une chanson suffisait à propulser ces véhicules dans l’espace !

10

Les soucoupes volantes de l’Atlantide

Une grande boule d’acier peut voler dans les airs si l’attraction froide de la terre est neutralisée par une force magnétique agissant dans la direction apposée. Rien ne paraît soutenir la boule. Rien n’est visible, rien n’est tangible, rien n’est audible. Si l’on pouvait étudier, mesurer et analyser le courant magnétique froid de la Terre, on trouverait tôt ou tard le moyen de produire des forces opposées qui provoqueraient l’apesanteur de tout corps solide auquel elles seraient appliquées. En les augmentant on pourrait la faire échapper à l’attraction terrestre et naviguer dans l’espace.

La vibration personnelle du corps peut-elle être suffisamment élevée pour aboutir à ce résultat ? Les cas de lévitation avérés semblent permettre de répondre par l’affirmative. Cela pourra se produire accidentellement, comme pour sainte Thérèse d’Avila et tous les autres saints qui se sont élevés du sol quand l’intensité de leurs dévotions a haussé leurs vibrations au degré nécessaire. Cela peut aussi se produire à volonté, si cette volonté est bien harmonisée.

James Churchward eut la chance de pouvoir parler de tout cela avec un vieux Rishi indien qui s’était pris d’amitié pour lui et lui parla de choses généralement réservées à sa secte et que l’on ne confiait jamais aux hommes blancs.

« L’homme a le pouvoir de surmonter ce que vous appelez la gravité, dit le Rishi. Il peut hausser ses vibrations au-dessus de la force magnétique froide de la Terre et annuler ses effets. C’est uniquement cette force qui l’attire et le retient au sol. Quand la force magnétique est neutralisée, le corps humain étant de la matière et la matière en soi n’ayant pas de poids, il peut élever son corps et flotter dans les airs. Il peut marcher sur l’eau comme sur la terre ferme. Le poids se mesure selon le degré d’attraction terrestre dépendant de la force magnétique. Sans cette attraction, l’homme n’a pas de poids. Le plus grand des corps célestes, étoile ou soleil, n’a pas de poids dans l’espace. Jésus, le plus grand Maître qui vécut jamais sur terre, nous a fait une démonstration de ce phénomène quand il a marché sur les eaux comme le raconte votre Bible. Il employait simplement une science bien connue, pratiquée jadis par nos grands ancêtres, ceux de la première civilisation terrestre. Mon fils, ces anciennes forces cosmiques doivent être retrouvées et réemployées avant la fin de ce monde, car sans elles l’homme ne peut devenir parfait. Or, il est écrit qu’avant la fin du monde, l’homme connaîtra la perfection. »

Des pierres gigantesques transportées sur des centaines de kilomètres pour

construire d’antiques monuments; les menhirs et les dolmens celtes pesant plusieurs tonnes dont la pierre, selon les géologues, ne se trouve à l’état naturel qu’en Afrique ; un obélisque égyptien long de près de 70 mètres couché dans sa carrière, que tous les esclaves du monde n’auraient pu extraire une fois achevé ; les immenses blocs de pierre taillée de Baalbek pesant 1 800 tonnes chacun extraits de leur carrière par les mêmes méthodes que le monolithe inachevé de l’île de Pâques, de l’autre côté du globe ; les marques de scie sur les blocs égyptiens qui d’après les calculs ne pouvaient être faites que par une scie exerçant une pression de plusieurs tonnes

Réfléchissons un instant

Chez les Arabes, on trouve une vieille légende relative au transport des immenses pierres égyptiennes :

« Ils placèrent sous les pierres des feuilles de papyrus sur lesquelles étaient inscrits de grands secrets et les frappèrent avec une baguette, sur quoi les pierres se déplacèrent dans l’air sur la distance d’une portée de flèche. De cette manière, elles atteignirent enfin les pyramides. »

Le « papyrus » était peut-être un isolant, neutralisant l’attraction magnétique de la Terre. Le coup de baguette qui parut magique à des esclaves effrayés était sans doute une sorte de conducteur, une barre de cuivre taillée

selon les vibrations de l’opérateur et qui appliquait ainsi une force sonique.

Alors pourquoi, me direz-vous, si les gens de cette époque étaient tellement plus savants que nous, ont-ils disparu si totalement et avec eux leur art et leur savoir ? La même question sera peut-être posée dans dix mille ans quand on verra les ruines de notre propre civilisation, et la même réponse sera vraie. La première civilisation périt comme doivent périr tous les hommes dont le pouvoir personnel surpasse leur sagesse. L’homme a appris les sciences subtiles et les a utilisées pour son confort personnel et pour des conquêtes, au heu de s’améliorer lui-même et de rechercher la sagesse. Il en est résulté une suite de catastrophes universelles, parmi lesquelles le Déluge, fort probablement.

Sur un autre continent, en Amérique du Sud, nous trouvons des légendes concernant la destruction de la première civilisation qui pourrait bien être celle de l’Atlantide fabuleuse. Il y avait, selon les traditions, un temple des mystères sacrés, appelé la « Maison de la Flamme » où les prêtres-savants conservaient les secrets de la puissance cosmique. Seuls, les initiés avaient le droit d’approcher de la « Maison de la Flamme » sans risquer la mort immédiate.

Mais un jour, un jeune prince s’aventura dans l’enceinte interdite et, comme un enfant qui touche à tout, il s’amusa avec les terribles pouvoirs contenus dans les vastes tunnels et dans les grottes souterraines. La puissance cosmique fut alors libérée, des flammes jaillirent de la terre et détruisirent le pays qui s’abîma dans la mer avec ses 60 millions d’habitants.

Dans la Genèse, nous voyons qu’Adam ne doit pas manger le fruit de l’arbre de la connaissance. Il désobéit, et le jardin d’Eden, la première grande civilisation glorieuse, est détruit. Un archange au « glaive flamboyant » le chasse et lui en interdit l’entrée.

On défendit à Pandore d’ouvrir une certaine boîte. Elle désobéit et la misère s’abattit sur le monde. Y a-t-il un rapport entre ces fables symboliques ? La boîte de Pandore, le fruit défendu, les secrets de la « Maison de la Flamme » semblent être la même allégorie : la première civilisation scientifique du monde périt par la faute de trop de connaissances et pas assez de sagesse.

Dans le Popol Vuh, les dieux craignent que l’homme en sache autant qu’eux, alors ils soufflent du brouillard dans ses yeux afin qu’il ne puisse voir à la fois loin et près. Autrement dit, l’homme ne peut plus connaître les sciences secrètes, pour son propre bien, et pour le salut de tout le système solaire.

Le Livre de Dzyan nous apprend :

« Alors la Quatrième Race (les Atlantes) se gonfla d’orgueil. Nous sommes les rois, dirent-ils, nous sommes les dieux. Ils construisirent des temples à la gloire du corps humain. Ils adoraient le mâle et la femelle (phallicisme). Puis le Troisième Œil leur fut arraché (la science humaine réduite, les organes psychiques cessant de fonctionner).

Les premières grandes eaux déferlèrent. Elles engloutirent les Sept Grandes Îles. Tous les saints furent sauvés, tous les profanes détruits. Et avec eux la plupart des gigantesques animaux (les sauriens) produits par la sueur de la terre. » En ce temps-là, les voyages aériens étaient chose courante. Selon une autre ancienne tradition, les grands rois de l’Atlantide quittèrent par la voie des airs leur continent condamné, après avoir détruit les vaisseaux aériens des méchants qu’ils avaient hypnotisés. Quand ceux-là se réveillèrent, il était trop tard, le Déluge déferlait, la terrible purification était commencée [7] .

11

Les vimanas sont-elles des soucoupes volantes ?

Des textes écrits il y a des milliers d’années au sujet des vimanas ressemblent étrangement à ce que l’on dit aujourd’hui des soucoupes volantes. Les vimanas sont rondes, parfois en forme de bateau. Elles luisent dans l’obscurité. Elles possèdent deux rangées de tuyères le long des flancs, par lesquelles la Force pouvait être libérée pour contrôler les manœuvres.

Le 22 mars 1950, deux pilotes de ligne américains, Adams et Anderson, virent de leur appareil un curieux objet. Il tournait avec aisance autour de leur avion, s’approchait assez pour que les deux hommes distinguent une double rangée de lumières bleuâtres, extrêmement vives, et qu’ils prirent pour des hublots ; ils furent surpris de ne pas voir de visages curieux. Ils trouvèrent passablement étrange que le poste de pilotage de ce monstre de l’air fût si brillamment illuminé, car de l’intérieur la visibilité devait être pratiquement nulle. Leur stupéfaction s’explique si ce qu’ils ont pris pour des hublots était cette double rangée de tuyères propre à un certain type de vimana de l’Atlantide.

Les vimanas brillaient dans la nuit, mais certainement pas dans un but décoratif. La couleur et des changements de couleur sont inséparables de l’opération d’une puissante force éthérique. Les soucoupes que nous voyons sont entourées d’un halo lumineux d’un vert étrange qui vire au rouge vif ou à l’orangé quand elles accélèrent. Le halo peut également être violet ou bleu. Il serait peut-être bon que les occultistes notassent soigneusement ces teintes pour les confronter à ce qu’ils connaissent des couleurs sur les différents niveaux ; ils obtiendront sans doute des résultats intéressants. Ceux qui ont sérieusement étudié la couleur abordent aujourd’hui un domaine qui sera connu dans le siècle qui vient. On découvrira sans doute bientôt que les vibrations, celles du son comme de la couleur utilisées conjointement, ont un pouvoir de propulsion qui manque à la plus puissante fusée encore à l’état de projet.

La « lueur surnaturelle » observée par Adams et Anderson n’est pas encore de leur temps. Pour leurs petits- enfants, elle sera aussi normale que l’est pour nous la lumière électrique. Nos grands-parents auraient pris une enseigne au néon pour une lueur surnaturelle, et probablement une manifestation de Satan.

Certaines vimanas volaient suivant de larges ondes, s’approchant de la Terre et remontant. Peut-être les pilotes suivaient-ils des routes magnétiques définies qui entourent et pénètrent notre globe. Ces forces magnétiques étaient connues des Atlantes, comme nous le prouve la Stance XI du Dzyan :

la roue invisible tourne en révolutions rapides à l’intérieur de la roue

« La matière de Fohat circule

extérieure plus lente (la croûte terrestre). »

Au sujet de ce mouvement d’onde des vimanas, lisez ce que Donald Keyhoe écrit dans son intéressant ouvrage Les Soucoupes volantes existent :

« Le même jour, deux heures plus tard environ, un phénomène céleste fut observé par plusieurs témoins

au-dessus de la base de Lockbourne, dans l’Ohio. Il s’agissait d’une chose ovale plus grande qu’un C47

Elle scintillait, sa couleur passant du blanc à

volant à une vitesse supérieure à 800 kilomètres à l’heure

l’orangé

elle montait et descendait comme un ascenseur et donnait parfois l’impression de toucher terre. »

Nous avons déjà vu que le 29 mai 1951 à 15 h 48, trois dessinateurs industriels du service d’aérophysique d’une usine d’aviation de Los Angeles, se trouvaient dans la cour. Tout à coup ils levèrent les yeux vers le ciel :

l’un d’eux décrivit ce qu’ils virent :

« Une trentaine d’objets brillants, comme des météores, se déployaient à l’est, à environ 45° de l’horizon ;

On aurait dit qu’ils ricochaient

ils virèrent à angle droit et traversèrent le ciel en formation ondulante comme des galets sur un plan d’eau. »

Or, la force émise par les vimanas était telle qu’elles pouvaient renverser un vaisseau aérien ennemi ou courber les arbres quand elles survolaient les grandes forêts préhistoriques. Keyhoe écrit :

« 24 juin 1947. Un prospecteur de Portland nommé Fred Johnson travaillait au sommet des Monts Cascade quand il aperçut cinq ou six disques passant dans le ciel… puis il remarqua que l’aiguille de sa boussole s’affolait. »

Et deux observateurs, à Twin Falls, Idaho, virent un disque passer assez bas au-dessus d’une forêt. Bien qu’il n’y eut pas le moindre souffle de vent les arbres se mirent à s’agiter comme si une tempête furieuse s’était soudain élevée. Cependant, l’objet leur paraissait à trop haute altitude pour causer un appel d’air aussi violent. Ce cas s’est produit plusieurs fois à ma connaissance.

Les vimanas étaient parfois construites en métal, d’autres fois de couches de bois très minces recouvertes d’un produit qui leur donnait la résistance de l’acier. Mais la compagnie d’Aviation de Havilland n’a-t-elle pas mis au point un procédé, durant la dernière guerre mondiale, appelé « bois laminé » consistant à cimenter de minces couches de contre-plaqué sous forte pression afin d’obtenir un matériau plus léger que le métal mais tout aussi résistant, avec lequel on construisit ces célèbres chasseurs tout en bois, le Hornet et le Mosquito ? Il semblerait bien que Sir Geoffrey de Havilland soit le premier à avoir de nouveau employé un procédé connu et utilisé par les Atlantes !

Pour en revenir à la boussole de Fred Johnson, de nombreux cas de pannes d’automobiles ou d’électricité ont été constatés pendant le passage de soucoupes volantes. Un des plus spectaculaires me fut raconté par la vedette de cinéma Ann Todd qui s’est trouvée sur le périphérique de Hollywood dans un bouchon de voitures en panne long de trois kilomètres, provoqué par une soucoupe volante qui venait de survoler une colline, et qui avait été aperçue par de nombreux conducteurs, en tête de la file.

La Commission Condon examina un moteur de voiture qui ne présentait aucune altération magnétique du métal. Les métaux soumis à un champ magnétique puissant, dirent ces experts, devraient présenter une altération permanente ; mais ce moteur était intact, ils déclarèrent que cette idée de champ magnétique était grotesque.

Chose curieuse, dans certains cas d’équipement électrique tombant en panne au passage d’une soucoupe volante, les effets ont été temporaires et tous les systèmes sont redevenus normaux après son départ ; mais dans d’autres cas des batteries ont été grillées et rendues inutilisables. Certaines personnes qui ont tenté de faire des signaux à une soucoupe avec une torche électrique ont vu les piles fondre littéralement. Dans certains cas, lorsqu’on tenta de filmer une soucoupe simultanément avec une caméra à piles et une autre à mouvement d’horlogerie seule cette dernière a pu fonctionner. L’autre est tombée en panne, et s’est remise à marcher plus tard.

Nous pouvons donc supposer que la qualité du champ magnétique diffère selon les soucoupes mais nous ne nous hasarderons pas plus loin. Jusqu’à ce jour notre technologie ne nous a permis d’engendrer qu’une seule catégorie de champ magnétique, ce qui nous ferait croire qu’il n’en existe qu’un. De même, durant de nombreuses années, nous avons supposé que l’octave électromagnétique appelée « lumière visible » était l’unique émanation, jusqu’à ce que nous découvrions 400 octaves de plus, allant des très grandes ondes radio aux ondes ultra-courtes, qui étaient là depuis toujours mais dont nous n’avions jamais soupçonné l’existence.

12

Le système solaire

J’ai bien du mal à croire que l’Économie cosmique ait pu fabriquer, ou fabriquera, une planète sans prévoir qu’elle donnera naissance, un jour ou l’autre, à une forme de vie intelligente. Selon les instruments que nous possédons, et les calculs qu’ils nous fournissent, le système solaire est un très vaste univers. Chaque planète est distante de sa voisine de plusieurs millions de kilomètres, et pour aller de notre système à celui qui a pour soleil l’étoile la plus proche de nous, il nous faudrait des dizaines d’années-lumière, en supposant naturellement que la lumière voyage invariablement à la vitesse de 300 000 km-seconde.

Mais supposons un instant que la lumière ne voyage pas, supposons que la « lumière soit » ? Supposons ensuite que l’étoile la plus proche de nous le soit bien plus encore que nous l’imaginons, ou qu’il existe des moyens de franchir les distances, dans lesquels le facteur temps tel que nous le connaissons n’intervienne pas

Franchement, tant que nous n’aurons pas fait nous-mêmes le voyage, je ne vois pas comment nous pourrons avoir une certitude. Ce n’est pas parce que certaines choses semblent s’emboîter à merveille ici à la surface de la Terre qu’il en est de même dans l’immense et mystérieux océan galactique où jamais un Terrien n’a encore pénétré. Tout ce que nous savons — ou croyons savoir — des autres corps célestes nous est parvenu par l’espace, en franchissant notre propre atmosphère ; il est concevable que le cosmos et l’atmosphère fourmillent de facteurs de distorsion que nous ignorons, et qui risquent fort d’invalider la plupart de nos renseignements.

Pour le poisson, le monde extérieur est singulièrement déformé par l’élément aquatique dans lequel il vit. Nous vivons nous-mêmes au fond d’un élément aqueux semblable, que nous appelons « air » et tant que nous ne nous serons pas aventurés très loin au-delà, nous devrons juger avec prudence, pour dire le moins, les calculs de nos éminents astronomes.

Les fervents de la fusée affirment que d’autres mondes ne peuvent venir nous visiter, car le coût de l’engin interplanétaire, du carburant et des aménagements rendraient l’entreprise impossible. Sans aucun doute. Tout comme il serait parfaitement impossible d’appliquer le principe de la première machine à vapeur de James Watt à une forteresse volante.

Dans le domaine de la vitesse, les fusées sont ce que l’on fait de mieux. Il y a cent ans, c’était la vapeur. Et bien peu de temps auparavant, le cheval et la voile bien orientée représentaient les méthodes de propulsion les plus rapides. Alors il est permis d’imaginer qu’un peuple n’ayant guère qu’un siècle d’avance sur nous (ou un peuple capable de créer des machines qui s’élancent dans l’atmosphère dans le plus complet silence ou en émettant un son mélodieux) puisse considérer ses propres fusées comme d’intéressantes pièces de musée.

Mon propre grand-père se rappelait le temps où l’on estimait que le corps humain ne résisterait jamais à une vitesse dépassant celle du galop d’un cheval rapide, et se désintégrerait instantanément. Les trains ont démenti cette singulière idée. Il y a quelques années à peine on nous affirma que rien ne pouvait dépasser la vitesse du son. Un avion supersonique se désintégrerait aussitôt. Sur quoi l’on construisit un appareil supersonique qui vola le mieux du monde, et une nouvelle théorie limitative fut détruite. Nous estimons aujourd’hui que la vitesse de la lumière est l’allure maximale à laquelle un corps humain peut se déplacer sans risque de désintégration immédiate. Nos petits-enfants auront peut-être l’occasion de constater que, loin de se désintégrer, un corps superluminaire conserve sa matérialité mais pénètre dans un domaine fort intéressant de matière-temps que nous appelons, faute de mieux, la Quatrième dimension, où le temps est annihilé et où le voyage dans l’infini devient possible.

Si cette hypothèse est avérée, alors le voyage intergalactique deviendra possible, même pour nous.

Supposons maintenant que la mystérieuse force qui fait tourner les atomes autour d’un noyau central, les

lunes autour des planètes, les planètes autour des soleils et les soleils autour des galaxies, et peut-être les galaxies tourbillonner dans un majestueux quadrille autour de quelque chose d’infiniment plus grand ; supposons que cette force primaire colossale (le Serpent cosmique des Anciens) puisse être utilisée pour faire ricocher les soucoupes volantes d’un système solaire à un autre, à des vitesses qui dépassent notre entendement

Alors que j’écris ceci, je voyage à bord d’un immense vaisseau spatial de quelque 40 000 kilomètres de circonférence volant dans l’océan de l’espace à plusieurs milliers de kilomètre-seconde. Depuis deux milliards d’années cet immense vaisseau tournoie dans l’océan dans le plus parfait silence, sans perte de vitesse, et continuera de le faire jusqu’à ce qu’il retourne à son premier état. Au lieu de nous amuser avec des fusées et des avions à réaction consommant des quantités extravagantes de carburant, nous ferions sans doute mieux d’étudier ce grand vaisseau spatial (car il est là, sous nos pieds) et de chercher à découvrir ce qui le fait « flotter » et ce qui le fait voler.

Nous devrions alors tenter de flotter nous-mêmes. Ensuite, nous devrions découvrir comment nous déplacer dans les airs. Cela fait, nous aurons découvert le secret des vols spatiaux. Ce n’est pas plus compliqué.

Je ne vais pas développer ce thème dans un superbe jargon pseudo-scientifique et j’imagine que personne ne m’en voudra ; car pas un seul mortel n’en sait assez sur ce sujet. Mais si jamais quelqu’un avait l’audace d’écrire un opuscule niant catégoriquement cette possibilité évidente, j’aimerais signaler qu’un ouvrage semblable fut préparé par un savant éminent à l’intention des frères Wright, en 1902, dans lequel il était prouvé pour leur gouverne que le vol d’un « plus lourd que l’air » était mécaniquement impossible.

En 1903, les frères Wright volèrent.

Beaucoup de choses sont mécaniquement impossibles. Le vol du bourdon est en contradiction flagrante avec toutes les lois de l’aérodynamique. La superficie de ses ailes est absolument inefficace ; elles sont placées beaucoup trop haut pour permettre un envol. Et pourtant le bourdon vole.

Christophe Colomb eut la témérité de découvrir l’Amérique alors que tout le monde savait, car les Sages le leur avait dit, qu’il n’existait rien au-delà de l’Atlantique, rien que le « bord du monde », un immense abîme dans lequel il sombrerait avec son bateau s’il s’aventurait trop loin. Et cependant Colomb découvrit non seulement un nouveau monde mais des hommes, des hommes comme lui, bien meilleurs si on les compare aux conquistadors cupides, des hommes pour qui l’or était un ornement plaisant à l’œil, et le grand Père-Soleil un dieu d’amour fraternel et non un totem de jalousie et de haine.

Ceux qui estiment que tout le monde doit penser comme eux ont élevé une autre objection, en déclarant que si les hommes de l’espace voulaient entrer en contact avec nous ils l’auraient déjà fait depuis longtemps. Je ne suis pas d’accord !

Nous nous plaignons de ne pouvoir comprendre la mentalité des Russes ou des Chinois, alors comment osons-nous deviner les processus mentaux des êtres beaucoup plus éloignés de nous ? Nous refusons de croire aux visiteurs de l’espace pour la simple raison que leurs visites n’ont pas été effectuées avec le panache qui serait le nôtre si jamais nous réussissions à atteindre une autre planète. Parce que les hommes de l’espace ne sont pas arrivés chargés de verroterie pour les indigènes et de chapeaux haut de forme pour les sorciers locaux, nous estimons, hélas, qu’ils ne sont jamais venus et nous allons même plus loin, nous refusons de croire à leur existence. Nous sommes en quelque sorte vexés qu’ils ne soient pas arrivés en fanfare, précédés d’une foule d’agents de publicité. Nous pensons que, par déférence, ils auraient dû se précipiter vers nous et atterrir comme des imbéciles là où les anges n’osent marcher. Pourquoi diantre ?

Mettons-nous à leur place un instant, si nous en sommes capables. Ils connaissent notre Vieille Terre. Elle porte différents noms dans, les antiques archives solaires, qui feraient réfléchir à deux fois les plus téméraires d’entre eux.

Quoi qu’il en soit, ils n’ont pas besoin d’atterrir pour obtenir des renseignements. Ces petits disques téléguidés, ces « chasseurs fous » — les « yeux volants » lancés par les soucoupes mères — leur renvoient des photos détaillées de tout ce qu’ils désirent voir. Ils ont peut-être même écouté, avec consternation, les émissions

de nos radios pour tenter de savoir ce que nous pensons, et s’ils n’avaient que cela à leur disposition il est fort probable qu’ils en aient conclu que nous ne pensons pas. Mais ils ont d’autres moyens, ils peuvent capter les courants de pensées diffusés par notre esprit, ils peuvent se braquer sur un groupe d’individus pour apprendre leurs secrets les plus intimes. En fait, au moment même où j’essaye d’expliquer bien maladroitement leurs pouvoirs, ils me contemplent peut-être avec une indulgence amusée.

Alors pourquoi prendraient-ils le risque d’atterrir chez nous, en public ? Ils savent ce dont une foule est capable, ce qu’elle peut faire à ce qu’elle craint, et à ce qu’elle adore. Leur vaisseau spatial serait confisqué parce qu’ils n’auraient pas payé la douane ; leurs vêtements seraient déchirés, vendus comme souvenirs. Ils seraient dénoncés, accusés d’être des saboteurs, des antéchrists, des fauteurs de troubles, des émissaires de Satan et Dieu sait quoi encore, comme cela s’est passé en France au temps de Charlemagne, et dont furent victimes des êtres mal avisés.

Le comte de Gabalis nous raconte qu’à cette occasion le célèbre kabbaliste Zedechias tenta d’améliorer les conditions de l’humanité en suggérant aux « peuples aériens » de venir sur Terre pour « une grande et merveilleuse démonstration. »

à bord de navires aériens

« Ils le firent somptueusement, dit Gabalis. Ces êtres furent aperçus dans le ciel admirablement construits. »

Cette expédition n’eut pas plus de succès que celles d’aujourd’hui, en admettant que les apparitions aperçues dans nos cieux découlent de la même tentative. Le bon peuple affirma que des démons et des sorciers avaient pris possession du ciel (aujourd’hui ce sont des « armes secrètes », ce qui ne vaut guère mieux). Les rois eux- mêmes le crurent. Charlemagne et Louis le Débonnaire rendirent des édits condamnant à la torture et à la mort ces « tyrans de l’air ».

Le premier chapitre des Capitulaires de l’Empereur nous apprend que les Aériens furent si bouleversés de voir la terreur qu’ils provoquaient, qu’ils descendirent sur la Terre dans leurs grands véhicules volants et emportèrent des hommes et des femmes afin de les instruire, « résolus à dissiper la mauvaise opinion que les

gens avaient de leur innocente flottille, en emportant des hommes de chaque village dans diverses parties du monde. »

Mais les infortunés mortels que l’on vit descendre de ces vaisseaux furent pris pour des saboteurs, des ennemis et des « sorciers venus empoisonner les fruits et les sources », et connurent promptement le sort horrible réservé à ce genre de malfaiteurs.

« Le nombre est incroyable de ceux-là qui furent mis à mort par le feu et le supplice de l’eau de par tout le

à Lyon, trois hommes et une femme furent aperçus, descendant de ces navires aériens.

La population entière de la ville se rassembla autour d’eux en criant qu’ils étaient des magiciens envoyés par Grimaud, duc de Bénévent, pour détruire les récoltes françaises. En vain, ces innocents tentèrent de se

justifier en disant qu’ils étaient français comme eux, qu’ils avaient été emportés peu de temps auparavant par des hommes miraculeux qui leur avaient montré des merveilles inouïes et avaient désiré qu’ils vinssent raconter ce qu’ils avaient vu. »

De même, lorsqu’un étrange vaisseau aérien contenant des hommes argentés atterrit en 1952 en Allemagne de l’Est et fut aperçu par un brave homme et sa fille, leur première crainte fut qu’ils étaient envoyés par l’ennemi, le Diable, Staline ou quel que soit le nom qu’on veuille lui donner.

Mais pour le moment, notre propos est de découvrir l’origine des véritables soucoupes interplanétaires. Les planètes voisines semblent apporter la réponse la plus plausible : Mars et Vénus. Mais alors, pourquoi pas aussi Saturne, Jupiter, Uranus, Neptune, Pluton et toutes les planètes encore inconnues ? On nous oppose que la chose est impossible car toutes les planètes au-delà de l’orbite de Mars sont trop glacées pour que la vie puisse y exister, et que Vénus et Mercure sont trop brûlants, mais rien ne nous affirme que la chaleur en tant que telle émane du soleil. Les textes anciens nous apprennent que le Soleil produit une énergie irradiante mais pas de chaleur (telle que nous la connaissons), que cette chaleur n’est qu’un sous-produit de l’énergie soumise à la friction de notre atmosphère. Dans ce cas, cela expliquerait la ceinture d’air chaud récemment découverte à 60

pour les déposer ensuite

royaume. Un jour

kilomètres d’altitude où toute vie serait impossible dans ces températures avoisinant 170°. Selon les Anciens, une atmosphère planétaire agit à la fois comme convertisseur d’énergie et comme filtre réglant la quantité de chaleur ainsi formée. Ainsi, il est fort possible que toutes les planètes de notre système aient une atmosphère semblable à la nôtre. Imaginons un instant que nous puissions emporter nos instruments sur Mars et contempler la Terre, nous verrions cette ceinture brûlante et nous penserions qu’à la surface de ce globe la température est de 170°. Et si les Martiens n’ont pas de meilleurs instruments que nous, on leur pardonnera de penser que toute vie humaine est impossible sur la Terre. Donc, tant que nous ne serons pas allés examiner de près les autres mondes, il serait plus sage de ne pas pontifier dans un sens ou un autre.

Nous ne trouverons peut-être pas les habitants des autres planètes très différents de nous ; certains nous paraîtront sans doute beaucoup plus plaisants. Et s’ils nous sont supérieurs ils éprouveront certainement un certain sens du devoir envers l’être attardé de la famille solaire, un désir de renouer des relations amicales — si tragiquement rompues à un certain moment du cycle — et de nous aider à retrouver un semblant de civilisation humaine.

On a longtemps voulu nous faire croire que la Terre, le système solaire en général et la race humaine en particulier étaient les résultats d’un gigantesque accident, un hasard incroyable, une chance sur dix milliards, la collision dans le cosmos entre notre Soleil et une étoile en folie. Cette théorie suppose donc que la possibilité de l’existence d’une forme de vie intelligente sur une autre planète de notre univers est une vue de l’esprit.

Je n’ai jamais pu accepter cette hypothèse, pas plus que je ne puis accepter l’idée d’un accident dans notre univers merveilleusement ordonné. C’est aussi grotesque que cette absurdité selon laquelle un groupe de chimpanzés cognant pendant des millénaires sur des machines à écrire finiraient par taper les sonnets de Shakespeare.

Maintenant que cette théorie a été jetée au panier il nous reste des planètes trop chaudes, trop froides, à l’atmosphère insuffisamment dense ou trop dense, ou hostiles à la vie, ou encore des planètes convenant à l’homme mais bien trop éloignées pour être atteintes au cours d’une vie humaine, même si l’on voyage à la vitesse de la lumière.

si les autres planètes de notre système solaire sont inhabitées et si les planètes

peut-être habitées sont trop loin de la nôtre, il est évident que toute forme de rapports physiques entre ces mondes et le nôtre est impossible. Malheureusement, les faits observés ne concordent pas toujours respectueusement avec les théories. Depuis une ou deux décennies (l’ère post-Adamski) des centaines de témoins sincères et stupéfaits ont vu atterrir des soucoupes volantes, des témoins ont vu leurs équipages, ont

communiqué avec eux, ont visité leurs véhicules et ont même fait des promenades dans l’espace.

La réaction générale fut que tous ceux qui n’étaient pas des farceurs patentés avaient souffert d’une espèce d’hallucination — une hallucination aux proportions cosmiques, une hallucination laissant des preuves physiques comme des dépressions dans le sol, des marques et des trous sur des routes où le train d’atterrissage de la soucoupe s’était enfoncé dans l’asphalte, ou comme ces champs brûlés marqués d’un vaste cercle, des hallucinations laissant des traces de radioactivité, des hallucinations collectives frappant de nombreux témoins et contaminant aussi un grand nombre d’autres fort éloignés qui virent la soucoupe arriver ou repartir et confirmèrent les récits des premiers témoins, des hallucinations enfin dont souffraient même des appareils photographiques et des caméras !

Peu de ces récits ont été publiés dans la presse mais ils ont été rassemblés à grand-peine, examinés, étudiés, sondés et classés, et publiés dans de nombreux magazines consacrés aux « objets volants non identifiés » ou OVNI, apportant la preuve irréfutable qu’il se passe quelque chose défiant toutes les règles et toutes les théories. La majorité de ces magazines sont parfaitement objectifs et leurs collaborateurs comptent des savants éminents, des astronomes et des personnalités qui comprennent que notre race est peut-être sur le point de découvrir le plus grand secret socio-cosmique de son histoire, comme en témoignent les articles du Pr Alan Hynek, un des plus grands astrophysiciens des États-Unis, blâmant ses confrères qui refusent de s’intéresser à

C’est la principale objection

ce qui pourrait bien être la plus passionnante découverte scientifique de tous les temps.

Encore une fois, en écartant les fumistes imbéciles, nous nous trouvons devant une alternative :

1) tous les témoins devraient sauter sur le divan du premier psychiatre venu pour faire entièrement réviser leur appareil mental, ou

2) les personnes parfaitement normales qui ont fait ces témoignages ont réellement vu des êtres, humains ou humanoïdes, qui n’appartenaient pas à cette Terre. Et bien qu’ils soient continuellement rappelés à l’ordre par les esprits forts, ces « hommes de la rue » obstinés sont de plus en plus nombreux, et continuent d’affirmer qu’ils ont vu atterrir des soucoupes volantes ; et les OVNI continuent de nous rendre visite.

Les soucoupes atterrissent mais leur péché mortel semblerait être qu’elles ne se présentent pas aux « gens qu’il faut », c’est-à-dire aux gouvernements et à tous ces sinistres petits fonctionnaires qui aimeraient diriger cette planète comme une triste école primaire. C’est extrêmement irritant, bien sûr, et même déroutant pour ces pauvres chers innocents qui s’imaginent que, quels que soient ces visiteurs, ils devraient penser et agir comme nous. Ils n’ont pas imaginé une seconde que les extra-terrestres n’aiment pas forcément nos gouvernements, ou les considèrent comme quantité négligeable. Le mot « gouvernement » est peut-être un gros mot, chez eux, ou un mot qui n’existe pas, pas plus que celui de « syphilis » n’existerait chez une race qui aurait vaincu la maladie depuis longtemps. Une race réellement civilisée ne peut être qu’une « non-archie », dont chaque membre est suffisamment spiritualisé et généreux pour subvenir aux besoins de la communauté, réduisant ainsi le gouvernement planétaire à un petit conseil central, et se passant fort bien des armes, massues, gaz, prisons, napalm et autres merveilles qui reviennent si cher aux contribuables.

Mais revenons-en aux soucoupes volantes qui continuent de se montrer et d’atterrir chez nous. Elles doivent bien venir de quelque part ! Mais d’où ? Énumérons quelques possibilités.

1) De notre propre planète. Ce sont des engins secrets, au stade expérimental.

Bon, mais alors pourquoi persistons-nous à construire des avions à réaction et des fusées, aussi coûteux qu’inefficaces ?

2) De l’intérieur de notre planète, elles sont manufacturées par une race vivant dans le sous-sol.

Fort peu probable. Cela ressemble trop à de la mauvaise science-fiction. Et d’ailleurs, qui voudrait redescendre sous terre après en être sorti ?

3) D’une autre dimension de notre propre planète.

Un long commentaire spirituel ou métaphysique est exigé ici.

4) D’autres planètes de notre système solaire.

Trop chaudes, trop froides, mauvaise atmosphère, mauvaise gravité, etc. mais parfaitement acceptable en termes de distance.

5) D’autres « plans » ou d’autres « niveaux vibratoires de la matière » des autres planètes de notre système solaire. (En Orient, ces « niveaux » ou qualités de l’être sont appelés « Tattvas » et bien connus et compris des sages orientaux.)

Fort possible. Nous aborderons ce sujet plus tard dans notre commentaire sur George Adamski. Ces « tattvas » sont contrôlés par la volonté d’un yogi et peuvent varier. Ainsi, une soucoupe et son équipage d’un « tattva » plus élevé pourrait, en pénétrant la substance plus dense de notre planète, réduire son niveau vibratoire de vie afin de paraître solide, et de la même substance que celle de la Terre. Cela pourrait expliquer l’apparition et la disparition soudaine des soucoupes volantes, rapportées par des témoins.

6) Des voyageurs dans le temps venus de l’avenir.

C’est concevable. Mais dans tous les cas où il y a eu communication, les visiteurs ont indiqué leur origine extra-terrestre, et nous espérons de tout notre cœur qu’ils ne sont pas tous de vilains menteurs !

Un certain nombre de questions inquiétantes se posent ici. Si un voyageur du temps décide de retourner au

point A, alors il a certainement dû le faire lorsque le dit point A est survenu dans notre passé. Si, à la dernière minute, il décide de ne pas retourner au point A, alors il y aura à cet instant un non-événement dans le lointain passé, un trou dans l’histoire menant à toutes sortes de complications désagréables. Alors mieux vaut pour le moment croire nos visiteurs sur parole.

7) D’autres planètes appartenant à de lointains systèmes solaires.

Impossible au niveau actuel de la science, mais possible si l’on se réfère à la supposition 5, ou au concept de « voyage » interdimensionnel dont nous ignorons tout mais qui existe en tant que possibilité théorique.

Pour illustrer cela, le meilleur exemple est un microsillon, 33 ou 45 tours, peu importe. Imaginons que le saphir représente l’être humain et le sillon le temps spatial tridimensionnel. Ainsi, le sillon devant le saphir représente l’avenir et le sillon derrière lui le passé. La position précise du saphir est le présent.

Normalement, nous ne pouvons que suivre notre sillon. Au-delà d’une certaine vitesse, le saphir saute et s’envole « dans l’espace » (analogie avec la vitesse de la lumière et la vitesse limitée de la matière). Mais si nous soulevons le bras du pick-up au commencement du disque pour reposer le saphir dans un sillon à la fin, nous aurons supprimé les vingt minutes d’enregistrement et le voyage aura été instantané. Avec un peu d’imagination, nous pouvons appliquer cet exemple à la seule méthode visible de voyage interstellaire et même intergalactique. L’espace-temps (le sillon) aura en quelque sorte été court-circuité et il est permis de supposer qu’une technologie en avance de quelques millénaires (ou même de quelques siècles) sur la nôtre peut avoir maîtrisé ses secrets et son application pratique.

13

Des soucoupes volantes sur la lune

En dépit de toute l’ingénieuse quincaillerie garée sur la Lune par la Russie et les États-Unis, j’ose avancer que cette planète morte est peut-être souvent utilisée par d’autres voyageurs qui y installent des bases, des observatoires et Dieu sait quoi, comme nous le faisons aujourd’hui à grands frais.

J’eus la chance d’avoir une très longue conversation avec le Pr Percy Wilkins peu avant sa mort ; il était considéré comme le plus grand astronome du monde. Alors qu’il voyageait en avion, en Amérique, Wilkins vit deux grandes soucoupes, l’une d’un gris argenté, l’autre plutôt dorée, et il en fut vivement impressionné ; il était certain qu’il ne s’agissait pas d’illusions d’optique mais bien de deux objets métalliques massifs, formés de deux surfaces lisses incurvées, réunies sur les bords.

Il avait également vu des choses fort étranges sur la Lune.

Il existe un cratère appelé Gassendi, dont on dit fort peu de chose et dont nos « Explorers » semblent s’écarter prudemment. Wilkins a fait de nombreux dessins très détaillés de ce cratère assez vaste, et nous avons eu entre les mains une photo prise par le télescope géant de Mount Wilson pour effectuer une comparaison (photo que l’observatoire refuse aujourd’hui de communiquer, sans raison apparente). Le fond du cratère est strié de raies parallèles, et l’on voit aussi des triangles et autres formes géométriques. Là où les lignes se croisent, il y a de petits trous ou des dômes (suivant l’angle de la lumière). Ces dessins géométriques peuvent fort bien être des crevasses ou fissures naturelles, mais dans ce cas, ils sont uniques à la surface de la Lune.

Wilkins me fit observer que certaines de ces raies parallèles se heurtaient à la paroi du cratère et reparaissaient de l’autre côté, sur plusieurs kilomètres, ce qui lui paraissait tout à fait étrange. Il me dit qu’il avait eu l’occasion de se servir du télescope réfracteur géant de Meudon et avait remarqué quelque chose qui ressemblait à des entrées de tunnels, là où ces lignes touchent la paroi du cratère, ainsi que des lignes régulières de points escaladant la montagne pour rejoindre les raies de l’autre côté.

« Comme de grands puits », me dit-il. Des puits qui, pour être visibles au télescope, devaient avoir au moins 100 mètres de diamètre. Mais ce n’était pas tout. Plus d’une fois il avait observé, au télescope réfracteur de Meudon, « un point de lumière très brillant sortant d’un de ces tunnels pour quitter ensuite le fond du cratère et s’envoler dans l’espace à une vitesse considérable ».

Je lui ai demandé ce que cela pouvait être, à son avis. Son regard pétilla. « Des taches devant les yeux, voyons », me répliqua-t-il.

Qu’avait-il dit alors à ses éminents collègues ? Rien. « J’avais trop peur d’être ridiculisé pour leur dire quoi que ce soit. » Il n’avait pas oublié l’énorme publicité et les commentaires acerbes dont il avait été victime quand il avait découvert un « pont » sur la Lune qui n’était plus là lors de nouvelles observations. Après mûre réflexion, le professeur pensa que ce qu’il avait vu — un demi-cercle brillant sur des roches sombres — n’était sans doute pas l’ombre de quelque immense arche lunaire, naturelle ou artificielle, mais un objet lumineux à l’ombre d’un grand rocher. Sa disparition s’explique si l’objet s’était envolé quand tout le monde avait le dos tourné.

Quelque temps après la mort du Pr Wilkins, les Russes réussirent à poser sur la Lune le premier objet fabriqué de main d’homme. Le lendemain même il se passa quelque chose de fort curieux, qui n’a jamais été expliqué. Le radiotélescope de Jodrell Bank capta une accélération ou une élévation rapide de la longueur d’onde de la sonde lunaire et en conclut aussitôt, par l’« effet Doppler », que l’engin revenait sur la Terre à grande vitesse. Cela expliquait le signal plus aigu, tout comme le sifflet d’un train est plus aigu quand il approche que lorsqu’il s’éloigne. Le mouvement du sifflet doit s’ajouter à la vitesse du son pour produire cette note plus aiguë.

De même, la vitesse d’un engin spatial revenant sur Terre s’ajoutant à la longueur d’onde de son signal expliquait cette curieuse élévation de la note.

Il y eut d’énormes manchettes sur les journaux occidentaux. « IL REVIENT ! » suivies aussitôt de furieuses manchettes des journaux russes. « NON ! PAS DU TOUT ! » L’excitation monta, rapidement calmée par Moscou qui s’entêtait à déclarer rageusement que la sonde lunaire de la glorieuse république populaire ne bougerait pas et ne pourrait jamais bouger de l’endroit où on l’avait posée.

Soupçonneux, les Américains annoncèrent alors qu’ils allaient envoyer à leur tour un véhicule Surveyor pour voir si la quincaillerie russe était toujours sur son site lunaire, une manière fort coûteuse de traiter son rival de menteur, à moins bien sûr que l’engin ait bougé, ou ait été déplacé, auquel cas cela valait bien la peine de dépenser quelques milliards de dollars pour en avoir le cœur net.

Et nous n’en entendîmes plus jamais parler.

Que s’est-il passé ? Les Américains ont-ils examiné le site et l’ont-ils trouvé désert ? Était-ce un monstrueux complot capitaliste destiné à priver les camarades de leur gloire bien gagnée ? Ou quelque tierce puissance, ayant un droit de priorité sur ces lieux, avait-elle expédié l’engin dans l’espace comme un pépin d’orange pincé entre le pouce et l’index ? Nous ne le saurons jamais.

Il semblerait que quelqu’un se soit amusé à nos dépens.

Les premières photographies de Mars arrivent sur Terre après un très long vol, brillamment calculé. Il se passe alors la seule chose qu’aucun astronome sensé n’aurait jamais pu concevoir : la surface de Mars ressemble singulièrement à la surface de la Lune. Pas de déserts rouges, pas de canaux, pas de petits hommes verts, rien de martien, en un mot. Mais cette photo, télévisée dans l’espace, montrait un groupe de cratères, une cinquantaine, disposés presque identiquement et un groupe similaire connu, sur la Lune. C’en était trop ! Les chances qu’il se produise une série d’événements produisant des cratères d’aspect presque identique sur deux planètes différentes sont de plusieurs milliards de milliards contre une. Et pourtant les photos sont nettes ; on voit un système de cratères martiens que le plus grand astronome du monde prendrait pour ceux de la Lune.

Alors, ou cette chance sur plusieurs milliards de milliards est une réalité, ou bien quelqu’un fait des farces avec notre matériel. Cinquante cratères entrent en éruption (ou cinquante météores s’écrasent) sur Mars, formant un schéma identique à celui de la Lune ou bien un « contractuel » de la circulation céleste, ayant eu son attention attirée par cet étrange engin primitif et non autorisé, ne peut résister au plaisir de s’amuser un instant et subtilise la photo de Mars pour la remplacer par une image légèrement déformée de la Lune. Les deux suppositions sont absurdes, impossibles, grotesques. Mais, ce qui est plus absurde encore, nous n’avons pas d’autre choix.

Mais ces contractuels de l’espace ?

Demandez à Glenn, à Armstrong, à l’ombre de Gagarine. Combien de fois n’a-t-on pas entendu dans la salle de contrôle : « Ah ah ! Nous avons encore de la compagnie ! » Tout cela très secret, motus et bouche cousue. Mais les secrets ont l’habitude de transpirer. Un astronaute américain au moins a été mis en disgrâce pour avoir annoncé la présence de plusieurs OVNI en formation accompagnant sa capsule, à un moment où la presse se trouvait dans la salle de contrôle. Et quelques-unes des premières photos de l’espace qui échappèrent miraculeusement au filet de la sécurité montraient une formation de soucoupes volantes suivant la capsule. Mais l’honneur fut sauf quand elles furent ignominieusement reléguées dans les limbes des « cristaux de glace ». Une autre fuite se produisit lors du premier rendez-vous de l’espace. Un certain nombre d’orbites supplémentaires et imprévues furent décrites, et la tentative faillit être abandonnée par la faute de l’intrusion, sur les écrans de radar, d’un troisième larron qui empêchait le contrôle au sol de savoir lesquels des trois objets étaient « les nôtres » et lequel « le leur ». Heureusement, lassé de ce ballet astronautique de l’âge de la marine en bois, l’intrus finit par s’en aller vers des lieux plus intéressants, ne laissant sur les écrans de radar que les engins spatiaux officiels ; sur quoi la tentative de rendez-vous put avoir lieu et les lèvres furent scellées, en principe.

Une troisième et plus spectaculaire intervention me fut rapportée par Colin McCarthy, un savant travaillant à

la Woomera au lancement des satellites, à l’époque du scandale des « aiguilles de l’espace ».

Rappelons les faits. Les aiguilles-dans-l’espace étaient l’œuvre lamentable de quelques retraités du Pentagone qui avaient eu la brillante idée de placer une couronne d’aiguilles de cuivre en orbite autour de la Terre, des millions d’aiguilles minuscules, qui devaient renvoyer sur terre les signaux radio et faciliter les communications militaires. Tous les savants du monde furent atterrés. De la Russie à Jodrell Bank les cris de protestation s’élevèrent. Pareille folie risquait de compromettre gravement la radioastronomie pour des générations. Elle pouvait affecter définitivement le délicat équilibre des climats. Les résultats étaient imprévisibles, mais très certainement désastreux. Le génie militaire ne s’en émut pas et poussa le projet. (Qui diable a jamais pu émouvoir un général dont la seule raison de vivre est de créer le chaos ?) Donc la première fusée s’envola ; la séparation s’opéra comme prévu et un nuage de petites aiguilles de cuivre jaillit, visible sur les écrans de radar, comme il avait été prédit. Ce qui se passa ensuite provoqua un silence gêné. La première orbite n’était pas achevée qu’un second objet fit son entrée en scène et « comme un gigantesque aspirateur (je cite McCarthy) nettoya les cieux en quelques minutes de ces aiguilles ».

Mais vous pensez bien qu’un incident de ce genre ne va pas calmer nos esprits belliqueux ; une seconde fusée fut préparée, bourrée de nouvelles aiguilles, lancée, mise sur orbite et une fois encore elle vomit sa cargaison,

comme prévu. Le Pentagone avait décrété qu’il y aurait des aiguilles dans le ciel, et scrogneugneu, y en aurait, ah

mais ! Mais

pas cette fois ? De nouveau, la nounou céleste descend, les petites saletés des

garnements médaillés sont balayées, la fusée confisquée et l’espace autour de notre planète laissé propre et net

aussi rapidement que nous le promettent les fabricants de lessives miracles à la télévision.

Du Pentagone monta un bêlement hasardant que le soleil avait dispersé son gâchis à la suite d’une erreur de

calcul. Et des savants du monde entier monta un soupir de soulagement ; l’irréparable avait été évité. Et que

penser de l’intrus venu si fort à propos

? Pourrons-nous toujours compter sur lui pour nous moucher ou pour

nous empêcher de tomber dans le feu ? Ne risquons-nous pas de faire perdre patience aux forces cosmiques ?

Il semble que la Lune, planète morte et inhabitée, soit utilisée par les voyageurs de l’espace comme observatoire ou escale commode, et que la première exploration complète de l’homme révélera de merveilleux engins (certains très anciens) destinés aux bons voyageurs spatiaux qui ne pensent ni à la guerre ni au viol des planètes. L’ombre du Pr Wilkins peut reposer en paix, car j’ai pris la peine d’étudier les rapports de ses confrères astronomes et j’y ai découvert qu’une activité considérable a lieu sur la Lune. Non pas la « pâle lueur de faible activité volcanique » observée par Patrick Moore mais des lumières vives se déplaçant rapidement, en particulier dans les environs du cratère Platon qui, selon toutes les apparences, semble être une espèce de quartier général lunaire.

George Adamski fut le premier astronome à photographier des lumières mouvantes sur la Lune ou alentour mais bien d’autres avaient observé avant lui des corps lumineux, des feux clignotants et d’autres signaux indiquant que notre satellite est très souvent visité par des explorateurs. En fouillant dans des archives, j’ai découvert de nombreuses observations de lumières qui ne peuvent absolument pas être attribuées à cette « faible activité volcanique » découverte par Moore. Il doit exister dans des greniers poussiéreux bien d’autres documents de ce genre que je serais ravi de connaître.

En 1871, l’astronome Birt déposa à la bibliothèque de la Royal Astronomical Society britannique un rapport concernant 1600 observations qu’il avait faites de changements de lumière, de corps en déplacement, de schémas géométriques et de signaux lumineux venant du cratère Platon. Personne ne semble avoir voulu les analyser, personne ne s’y est intéressé, sinon nous aurions aujourd’hui une connaissance plus approfondie des signaux de reconnaissance et des codes des voyageurs interstellaires fort utiles pour le programme Apollo.

oh non

14

Matières résiduelles

Depuis le XVII e siècle, des substances étranges sont tombées du ciel, pour navrer les sensibilités locales. Il s’est agi selon les cas de gélatine sanguinolente, de coke, de mâchefer, d’anthracite, de scories, de cendres, d’huile épaisse et jaune, d’acier trempé, de résidus de fourneaux et même de réceptacles. Ces matières sont arrivées parfois dans des récipients de métal bien bouchés mais il en émanait invariablement une puanteur abominable.

Depuis l’aube du XIX e siècle, l’ère des experts, de nombreux savants ont été chargés d’examiner, d’analyser et d’identifier ces substances.

Chaque fois que deux experts au moins ont été appelés en consultation chacun s’est prononcé sans la moindre hésitation, chacun de son côté et de manière diamétralement opposée. Dans le doute, on se rabattait sur le « fungus », et personne ne venait vous contredire.

À l’île de Maury, une soucoupe parut avoir des ennuis. Elle lâcha quelque chose près de la côte, après une explosion. Des morceaux récupérés plus tard furent diversement identifiés comme étant des matières volcaniques, du mâchefer, du basalte, un métal inconnu, etc. Au XIX e siècle, d’autres averses mystérieuses furent également précédées d’explosions ou de « coups de tonnerre insolites ». Il est possible que ces explosions aient été produites par les matières tombant de très haut en franchissant ce que nous appelons aujourd’hui le mur du son. C’était des « bangs » supersoniques avant la lettre.

L’affaire de Maury est la première, au XX e siècle, où la source des matières tombantes passa assez bas pour être vue. Y a-t-il eu d’autres instances, où des substances, gélatine ou mâchefer, ont été réellement vues en train de tomber d’une soucoupe volante ?

Certainement. Au mois d’août 1952, un cheftain de West Palm Beach, Floride, et deux jeunes scouts virent des éclats lumineux dans une région boisée. Ils allèrent investiguer et se trouvèrent soudain sous une soucoupe volante en forme d’arc, sifflant et planant à trois mètres du sol. L’appareil était massif et encerclé par un rebord phosphorescent. Soudain la machine projeta, ou laissa tomber, une boule de feu qui manqua de peu le chef tain ; il perdit un instant connaissance, ou fut asphyxié par la puanteur. Il déclara que la boule mystérieuse avait un halo brumeux ; elle le frôla, causant de légères brûlures. Les deux scouts confirmèrent ce témoignage et l’incident eut droit à la une de tous les journaux américains.

Mais quelque chose de similaire s’était produit le 26 octobre 1846 à Lowell, Massachusetts ; un objet volant survola la ville, toussa, hoqueta et éjecta une masse de gélatine au relent infect de plus d’un mètre de diamètre et pesant 211 kilos. Elle fut examinée, analysée sans grand enthousiasme car elle était « extrêmement odoriférante » et divers récits parurent dans les gazettes locales ; les éternels experts finirent par déclarer en pontifiant qu’il s’agissait d’une « gelée odorante ».

On découvre dans les Annales de la Philosophie que, au mois de mai 1652, dans les environs de Rome, une masse de gelée poisseuse tomba au sol au moment où l’on apercevait dans le ciel un grand corps lumineux. Et en mars 1796 un énorme caillot de gelée tomba à Lusatia d’une « boule de feu » aérienne. Une grande masse de matière poisseuse s’écrasa au sol après l’explosion d’un immense objet volant près de Heidelberg, en juillet 1811. Et l’American Scientific Journal rapporte qu’en 1718 une même masse de « substance gélatineuse » tomba sur l’île de Lethy, en Inde, d’un « globe de feu » passant dans le ciel.

Il est bien dommage que ces rapports ne nous disent pas ce qu’il est advenu de cette gelée, ni si elle a fondu, si elle s’est évaporée, si on l’a analysée ou simplement laissé pourrir. Car si des notes avaient été prises nous aurions aujourd’hui un point de comparaison avec l’extraordinaire événement qui se déroula dans le ciel de

Gaillac, dans le Tarn, le 29 octobre 1952, où de nombreux témoins virent tomber d’une escadrille de seize soucoupes, escortant un énorme cigare volant, des masses de matière qui se désintégrèrent malheureusement avant qu’on puisse les apporter à un laboratoire aux fins d’analyse.

Les soucoupes étaient entourées d’un halo lumineux bleuâtre, tout comme les vimanas, et le cigare volant déchargeait des « filaments lumineux blanchâtres, comme de la laine de verre ».

C’était la première fois que l’on observait une soucoupe volante en forme de torpille en compagnie de disques. Il était donc facile d’en conclure que les fabricants des deux types d’objets volants, jusque-là toujours observés séparément, étaient alliés. Si l’on va plus loin, on peut supposer que les fabricants des disques et des torpilles sont les mêmes. Par conséquent les disques et les cigares volants viennent du même lieu.

L’incident de Gaillac, rapporté par le London Evening News, est plus important encore car il est fait état de « morceaux de ces fibres brillantes qui descendirent jusqu’au sol, s’accrochèrent aux branches d’arbres et aux fils télégraphiques, et certains témoins en ramassèrent des touffes ».

« Malheureusement, cette substance se désintégra et disparut avant que l’on puisse la porter à un laboratoire. »

Le 1 er octobre 1951, le Sunday Express rapporta un curieux incident. Deux agents de police de Philadelphie, John Collins et Joseph Keenan, virent un grand objet brillant circulaire planer et atterrir dans un champ. Ils appelèrent un de leurs collègues, James Caspar, et leur brigadier, Joseph Cook. Le groupe s’approcha prudemment de l’objet mystérieux, immobile et silencieux au milieu du champ. Il paraissait phosphorescent à la lumière de leurs torches électriques. Finalement, après l’avoir examiné un moment, l’agent Collins prit son courage à deux mains et alla le toucher. Il garda un très mauvais souvenir de son aventure :

« J’ai touché ce machin-là, et ça s’est dissous, tout simplement, laissant mes doigts tout poisseux. Il n’y avait pas d’odeur, rien, rien que ce truc poisseux. »

Les policiers restèrent là pendant vingt minutes, médusés, tandis que l’objet devenait de moins en moins réel. Comme les fibres de Gaillac, il disparaissait lentement à leurs yeux ; il ne fondait pas, il ne s’évaporait pas, il disparaissait tout simplement, cessait d’exister. Au bout d’une demi-heure il ne restait plus rien, même pas une marque sur le sol, comme si l’objet avait été fait d’une « matière temporaire ».

Revenons-en à des objets plus solides et à des choses que nous connaissons mieux. Depuis des siècles, des blocs de glace tombent du ciel. Le Times de Londres du 4 août 1847 rapporte qu’un bloc de glace pure pesant 12 kilos est tombé dans un pré, à Cricklewood. Un glaçon de un mètre cube dégringola en Hongrie le 8 mai 1802 ; en 1882, à Salina, Kansas, un bloc de 40 kilos arriva ainsi et fut promptement placé dans la sciure par un marchand local. Plusieurs mètres cube de glace tombèrent en 1828 aux Indes. Mais voici le cas le plus extraordinaire : au mois d’août 1849 à Ord, en Écosse, on entendit une explosion, ou un « coup de tonnerre monstrueux », et un astéroïde glacé de 7 mètres de circonférence frappa soudain le sol.

Les experts ont essayé d’expliquer les petits blocs de glace qui tombèrent à Croydon et à South London en 1951 en disant que c’était du givre accumulé sur les ailes d’avions volant à haute altitude. Doit-on en conclure que le mètre cube de glace tombé un siècle plus tôt venait des ailes d’un appareil cent ou mille fois plus grand ?

La vimana Asura Maya du Samar avait 12 000 coudées de circonférence. Pourquoi pas 15 kilomètres ? Si nous-mêmes, les pygmées terrestres, pouvons fabriquer un satellite artificiel, pourquoi limiter sa taille, une fois l’attraction terrestre vaincue ? Alors pourquoi pas 15 kilomètres de diamètre ?

Phobos mesure 15 kilomètres de diamètre.

Phobos et Deimos sont les deux minuscules « satellites » de Mars, dont le diamètre serait (bien qu’il soit bien difficile de juger des objets qui apparaissent au télescope le plus puissant comme deux infimes points brillants) respectivement de 15 et 8 kilomètres. On en a dit bien des choses curieuses. On a fait des suppositions qui ne peuvent être vraies, d’après les lois de la physique. Swift disait que Mars avait deux petites lunes, un siècle avant qu’elles fussent découvertes. Intuition ? Accident ? Hasard ? Où diable Swift a-t-il obtenu ses renseignements ?

Dennis Wheatley estime, dans Star of Ill Omen, qu’une de ces minuscules « lunes » était une sorte de station

spatiale, comme celle qu’envisage de créer le gouvernement des États-Unis. Gerald Heard, dans Le Mystère des Soucoupes volantes, avait déjà émis la même hypothèse. Mais au moment de leur découverte « officielle », le Mahatma Kuthumi Lal Singh avait écrit, en 1882, à A.P. Sinnert :

« Le satellite intérieur, Phobos, n’est pas un satellite. Son temps périodique est trop court. »

Si tout à coup l’eau manquait sur notre planète, si la sécheresse devenait dramatique, que ferait une race hautement technologique ? Elle chercherait à contrôler les climats. Cela serait beaucoup plus facile si l’on se plaçait à quelques milliers de kilomètres d’altitude, d’où les conditions météorologiques du globe pourraient être observées toutes à la fois, que d’une station au sol. Peut-être est-ce ce que l’humanité de Mars en voie de disparition a fait. Un satellite artificiel peut être tout autre chose qu’une plate-forme commode d’où l’on peut anéantir la moitié du globe sans trop de frais ; il peut contrôler les climats et servir aussi d’escale aux véhicules de l’espace. Et qui nous dit que Phobos n’était pas justement cela ?

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Une des premières qui atterrit

Au printemps de 1952 se produisit en Allemagne de l’Est, à quelque 6 kilomètres de la frontière, un événement qui alarma singulièrement les autorités. Un ancien maire de quarante-huit ans nommé Linke roulait à cyclomoteur dans les bois près de Hasselbach, Meiningen, quand son pneu arrière éclata. Il descendit avec sa fille de 11 ans, Gabrielle, et ils poussèrent le vélomoteur vers le village. Soudain, Gabrielle aperçut quelque chose dans le sous-bois, à 150 mètres environ ; Linke crut que c’était un jeune cerf. Il laissa son vélomoteur contre un arbre et s’approcha prudemment.

Quand il fut à une soixantaine de mètres de l’animal, le cerf se transforma (le crépuscule peut vous jouer des tours) en deux étranges silhouettes humaines argentées. Leur peau (ou leurs vêtements) brillait d’un éclat métallique et l’une de ces créatures avait sur la poitrine une lumière qui clignotait comme pour envoyer des signaux.

Linke se frotta les yeux car, derrière ces êtres, un énorme objet circulaire luisait dans une clairière, « comme une gigantesque casserole », de 15 à 20 mètres de diamètre. Mais dans les pays civilisés normaux les cocottes minute géantes n’ont pas l’habitude de s’asseoir au crépuscule dans les bois. Linke se trouvait dans la zone russe, où tout pouvait arriver, où toute chose insolite était effrayante, où il ne faisait pas bon surprendre des objets inhabituels ou secrets, où les témoins de ces choses disparaissaient généralement sans laisser de traces. Linke s’immobilisa et regretta vivement d’être passé par là.

À ce moment, sa fille l’appela et les deux silhouettes argentées sursautèrent, coururent à leur soucoupe et grimpèrent précipitamment à la tour centrale, où elles disparurent.

Aussitôt, le rebord de la soucoupe se mit à scintiller. Linke remarqua une double rangée de trous d’environ 30 centimètres de diamètre. Le scintillement bleuâtre vira au rouge et un léger bourdonnement se fit entendre. Linke eut l’impression que l’énorme objet pivotait rapidement sur lui-même comme une toupie.

Puis la tourelle sombre disparut et la soucoupe s’éleva en tournant apparemment autour d’elle jusqu’à ce qu’elle ressemble à un gigantesque champignon. Cette rotation rapide lui permit sans doute de décoller car elle s’éleva lentement dans les airs, et prit de la vitesse. La tourelle se rétracta alors et reprit sa position normale au sommet et Linke vit disparaître la soucoupe dans les airs en « sifflant comme une bombe qui tombe ».

Linke ne fut pas le seul témoin. Le veilleur de nuit d’une scierie affirma avoir vu une espèce de comète jaillir de la colline où s’était trouvé Linke, et un berger, à huit cents mètres de là, crut voir « une comète rebondir sur la Terre ».

Lorsque Linke réussit enfin à se réfugier en territoire allié, l’alarme fut à son comble quand il révéla son secret si bien gardé. Il raconta qu’il aurait pu se persuader que sa fille et lui avaient eu une hallucination s’il n’avait pas vu sur le sol la dépression circulaire laissée par la tourelle.

Linke est donc le premier homme de notre race humaine à avoir vu de ses yeux les hommes qui pilotent la plus commune des soucoupes volantes, le disque à cabine centrale. Il jure qu’il n’avait jamais entendu parler de ces engins avant son évasion et qu’il avait été certain de voir un nouvel engin de guerre russe atterrir en zone orientale.

Il est bien évident que s’il s’était agi d’une arme secrète, nous en aurions tout de même entendu parler, depuis bientôt vingt ans !

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Une prophétie

Dans plusieurs des chapitres précédents, j’ai longuement parlé de ce que j’appelle, faute d’un meilleur terme, le « principe vibratoire ». Des preuves innombrables venues d’un monde ancien, depuis la nuit des temps, m’ont convaincu qu’un tel principe existe. Partout où vous verrez un inexplicable monument monolithique, vous trouverez dans les environs une curieuse légende le concernant. Les soucoupes peuvent varier, dans les détails, mais elles racontent invariablement que le bâtisseur de ce monument a émis un son, par sa propre voix (une mantra) ou grâce à une flûte magique ou au moyen d’une baguette ou de tout autre instrument, et qu’alors les pierres colossales volèrent dans les airs et se placèrent d’elles-mêmes.

S’il existe réellement une méthode de construction aussi simple qu’économique, alors les incroyables édifices de Tiahuanaco et de Sacsahuman deviennent possibles aujourd’hui et les récits celtes parlant de monuments gigantesques « bâtis en une nuit » paraissent moins exagérés.

Mais si le son peut être utilisé pour un travail constructif il peut également l’être pour la destruction. La Bible nous donne un exposé extrêmement précis, dans l’histoire des trompettes de Jéricho, de ce qu’un son progressivement augmenté peut faire subir à des fortifications. Des fouilles récentes ont démontré que ce n’est pas un mythe ; les remparts gigantesques, les murs énormes, se sont véritablement effondrés d’un seul coup, comme s’il y avait eu un tremblement de terre.

Jéricho est l’exemple le plus probant du son marchant « à rebours » et part du même principe que celui de la note aiguë qui brise un miroir. À l’aéroport de Dublin on a dû remplacer toutes les glaces du bar par du plastique, parce que le son des hélices (et nous n’en étions pas encore au bang des avions à réaction) était d’un aigu tel qu’il brisait le verre et les miroirs et que plusieurs passagers furent blessés, ce qui provoquait une avalanche de plaintes et d’exploits d’huissiers.

Le 22 novembre 1952 nous avons eu une démonstration flagrante de la puissance du son, quand un avion de chasse Hawker plongea en piqué près de l’aérodrome de Tangmere, Sussex ; quand il perça le mur du son, l’onde ainsi provoquée déplaça de deux centimètres le mur d’une maison située à plusieurs kilomètres de là. Cet incident nous apporta la première preuve visible que le son peut à lui seul provoquer ce que l’on attribuait jusqu’alors aux explosifs ou aux bombes ; il parut alors évident que c’était le son lui-même plutôt que l’impact qui causait les destructions lors des bombardements. Cela expliquerait aussi un certain nombre de phénomènes étranges comme par exemple les murs qui s’écroulent dans la direction opposée à celle de l’explosion, phénomène attribué à la « succion » ou à un vide causé par la déflagration.

Nous pouvons alors supposer que ce vide est le résultat du son et non de l’explosion physique qui pourrait n’être qu’un effet secondaire. Les Anciens affirmaient qu’ils savaient comment provoquer du vide avec du son, pour soulever de grands poids. Une étude approfondie de leurs méthodes pourrait aboutir à des découvertes qui révolutionneraient la science.

Pour nous, tout cela est hypothétique, mais pour les Anciens, et ceux qui conservent leurs secrets, c’était réel, concret. De gigantesques explosions incontrôlées, disent-ils, sont aussi dangereuses qu’inutiles pour obtenir un résultat ; comme Keely le découvrit en 1895, la musique fera un bien meilleur travail, et sans danger. L’explication la plus intéressante nous a été donnée en 1920 par le Mahatma Dhut Khul (appelé par ses adeptes le « Tibétain ».) dans son Traité sur le Feu cosmique.

« Les lois gouvernant l’érection de grandes constructions et le déplacement de poids considérables seront un jour comprises en termes de son. Le cycle revient, et dans l’avenir nous verrons, réapparaître les facultés

La

des Lémuriens et des premiers Atlantes, qui savaient comment soulever des masses énormes

compréhension mentale de la méthode se développera. Elles étaient soulevées parce que les premiers bâtisseurs savaient créer un vide grâce à des sons. »

Voilà enfin le chaînon manquant, entre les grands mégalithes préhistoriques et les effets alarmants de nos avions supersoniques. Si nous comprenions ces derniers, nous pourrions sans doute expliquer des mystères comme celui des dalles de 1 800 tonnes des terrasses de Baalbek.

Le Tibétain nous apprend ensuite que la vibration de la couleur peut être tout aussi, efficace.

En fait, toutes les vibrations, de quelque sorte qu’elles soient, seront un jour utilisées dans des buts constructifs ou destructifs.

« On apprendra que la destruction peut être provoquée par la manipulation de certaines couleurs et par

Dans ces deux idées réside le

l’utilisation des accords de sons. Ainsi de terribles effets seront obtenus

prochain échelon à gravir pour la science de l’avenir immédiat. »

Le Tibétain nous parle d’avenir immédiat, mais qu’entend-il par-là ? Ce retour aux méthodes antédiluviennes s’accomplira-t-il dans un millénaire, ou bien serons-nous encore là pour y assister ?

« La musique sera largement employée pour les constructions, et dans cent ans d’ici (en 2020) ce sera une méthode courante pour certains travaux de construction. Cela vous paraît absolument impossible, mais ce sera simplement l’utilisation des sons ordonnés pour arriver à certaines fins. »

Et voilà !

Bientôt, les légendes racontant que les bâtisseurs jouaient de leur luth ou de leur flûte pour soulever d’énormes pierres et les assembler ne seront plus des superstitions mais des faits définis. Et nos petits-enfants rentrant de l’école, qui s’arrêteront pour regarder travailler des ouvriers sur un chantier, n’entendront plus le bruit affreux des marteaux-pilons et des foreuses pneumatiques mais auront le plaisir d’écouter un concert d’un genre nouveau. Et les entrepreneurs de bâtiment seront devenus des compositeurs.

On se livre actuellement à d’intéressantes expériences dans les laboratoires « supersoniques ». Ce que Keely a réussi, ce que les Égyptiens ont accompli, ce que les Chaldéens et les prêtres de l’Atlantide ont fait, ce que les druides ont exécuté avec leurs menhirs et leurs dolmens gigantesques, nos savants l’ont peut-être déjà réalisé mais craignent de le révéler, de peur du ridicule, ou parce qu’ils répugnent à renverser des théories qui leur tiennent à cœur. Car, comme toutes les grandes découvertes, celle-là fut accidentelle, survenant au cours d’une tout autre expérience. Aussi est-elle négligée, oubliée, méprisée et le restera-t-elle jusqu’à ce qu’elle se répète suffisamment pour que les hommes y prêtent attention. Quelques avions à réaction franchiront encore le mur du son, d’autres murs seront poussés, de nouveaux plafonds s’effondreront. Bientôt une maison entière sera soulevée et déposée ailleurs à la suite d’un « bang ». Alors les autorités, accablées de plaintes en dommages- intérêts, seront bien obligées d’enquêter sur les véritables causes de ces phénomènes.

Mais il est à craindre qu’elles aient découvert bien plus tôt l’aspect négatif, la merveilleuse faculté d’anéantir ses ennemis — c’est-à-dire ceux qui ont commis le péché mortel de naître du mauvais côté de la planète — et de réduire ses villes en cendres par la concentration des ondes soniques à un point tel que la pression fissionnera la molécule et provoquera la désintégration. Comme toujours, hélas, il est plus facile de créer les ténèbres que la lumière, et nos savants modernes semblent bien n’être que des apprentis sorciers, de nouveaux adeptes de la magie noire.

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Le mystère de la Grande Pyramide

La Grande Pyramide fut construite, selon certains, par des milliers d’esclaves traînant les gigantesques pierres sur des rampes, une méthode qui fut certainement employée plus tard, pour la construction des autres pyramides lorsque les vieilles méthodes furent perdues et oubliées. Mais quiconque ira examiner de près les énormes pierres polies de 15 tonnes à la base de la face nord, qui ont échappé aux vandales, sera stupéfait. Ces pierres sont assemblées avec une précision stupéfiante, au demi-millimètre. Une mince carte de visite ne peut être glissée entre elles.

Mais quoi, dira le profane, qu’y a-t-il là d’extraordinaire ? Nous lui répondrons que, aujourd’hui, un maître maçon employant de simples parpaings faciles à transporter et disposant d’un matériel ultra-moderne est extrêmement satisfait de son travail s’il obtient une précision de 5 millimètres entre les joints.

Pourtant, nous le répétons, les pierres de la pyramide pèsent 15 tonnes. Quelle que soit la méthode employée pour les assembler, milliers d’esclaves, treuils, même des grues modernes, il n’existe pas de moyen concevable permettant de les assembler si parfaitement qu’on ne puisse glisser une carte de visite entre elles. Une fois qu’un bloc de 15 tonnes est posé, il est posé. Il n’est plus question de le manœuvrer, de tapoter ici et là pour le pousser bien en place. Aucun entrepreneur moderne n’accepterait une telle tâche. Il vous répliquerait que c’est impossible. Pas plus qu’il n’oserait affirmer qu’une construction aussi lourde et gigantesque préserverait sa forme interne après des millénaires. Avec le temps, toutes les pierres jouent plus ou moins. Et la masse colossale pesant impitoyablement sur les galeries et les salles finirait par les déformer. Mais les plans et les angles de la Grande Pyramide sont demeurés intacts et demeurent à ce jour les plans et les angles de la construction la plus précise du monde. Plus on l’étudie, plus on a l’impression angoissante qu’elle a été érigée par des hommes dont les pouvoirs et la technologie dépassaient de loin tout ce que nous connaissons aujourd’hui [8] .

Tout ce travail de titans pour un tombeau ? Un tombeau qui n’a jamais servi ? Ou plutôt qui a servi pour une tout autre « mort », un tout autre enterrement que l’ensevelissement d’un corps momifié. Alors comment, au nom de tout ce que nous croyons possible, les pyramides ont-elles été construites ?

Les arcanes de la tradition nous affirment, le plus calmement du monde, que la musique servit à la construction ; cette expression a maintenant une signification plus réelle pour nous. Certains renseignements graphiques sont donnés dans les légendes qui nous viennent des Arabes. La plus claire nous explique :

« Quand le Roi construisit les pyramides, les grandes pierres furent transportées de leurs lointaines carrières. Les pierres furent posées sur des feuilles de papyrus portant les symboles qui convenaient. Puis elles furent frappées avec une baguette, sur quoi elles s’élevèrent dans les airs et couvrirent ainsi la distance d’une portée de flèche. Ce fut ainsi qu’elles atteignirent le lieu où les pyramides étaient construites. »

Les « baguettes magiques » employées par les anciens savants étaient d’une longueur calculée avec précision pour correspondre à la longueur d’onde des vibrations nécessaires. Que le son contenant la puissance soit produit par la lyre d’Orphée, par le luth des Celtes qui « érigèrent en une nuit » le monument du Comté Louth en Irlande, ou par le violon de Keely à New York, le résultat et le principe sont identiques, comme nous le découvrirons sans doute après d’innombrables études de laboratoire coûteuses avant la fin de ce siècle.

Walter Owen, dans son ouvrage More Things in Heaven, nous en donne un exemple intéressant :

« Le son est une puissance dont les possibilités sont ignorées du profane, et son emploi, connu des sages de l’Antiquité, est une science perdue ou moquée par les savants d’aujourd’hui. C’est par la puissance du son que la substance et la forme du cosmos sont soutenues et c’est par la puissance du son qu’il peut être réduit

Les prêtres d’Égypte le savaient et les mots de puissance, les « mahtheru », ouvraient pour l’initié

les portes successives de la région des morts. Dans l’antichambre du Roi, la Feuille de Granit, aujourd’hui immobilisée à jamais dans les rainures de son chambranle par l’affaissement des fondations, pouvait être jadis levée et abaissée au son d’une formule secrète, et quand le néophyte se tenait sous elle, et que le prêtre prononçait les mots de relâchement, seule la connaissance du mot clef l’empêchait d’être écrasé et réduit en poudre. »

à néant

Dans Magie Chaldéenne, Lenormant nous dit :

« Il est certain que dans les temps anciens les prêtres d’On

tempêtes et portaient à travers les airs, pour la construction de leurs temples, des pierres que mille hommes

ensemble ne pouvaient soulever. »

au moyen de mots magiques, soulevaient des

Quand on contemple les blocs de granit rouge de 70 tonnes formant le plafond de la Chambre du Roi, venant de carrières situées à plus de mille kilomètres, il est difficile d’imaginer un autre moyen de les transporter et de les assembler avec cette incroyable précision.

Une des légendes concernant la construction des pyramides nous raconte qu’une pluie de météores frappa la Terre, provoquant de grands séismes et des raz de marées, mais que de « grands oiseaux blancs » descendirent sur la Terre et emmenèrent le peuple du Roi dans les cieux, en sécurité. Cette légende se présente sous deux formes, pratiquement identiques. Dans la première, il est dit que le peuple fut emporté par de grands oiseaux blancs, dans la seconde il fut transporté sur des « étoiles brillantes » qui étaient tombées sur la Terre. Une troisième légende nous raconte comment le raz de marée qui détruisit l’Atlantide fit le tour du monde, inondant l’Égypte. Un récit terrifiant montre les survivants affolés cherchant en vain à escalader les pentes polies des pyramides, et glissant dans le flot qui les emportait. Tous périrent, sauf ceux que les « oiseaux blancs » ou les « étoiles » avaient sauvés.

Quelles que soient vos origines et votre religion, vous trouverez toujours dans vos textes légendaires ou sacrés la même histoire, celle d’une civilisation anéantie par un déluge ou une catastrophe planétaire et de survivants choisis pour engendrer une nouvelle race et préserver les anciennes connaissances.

Les « Puranas » hindous vont plus loin. Ils contiennent non seulement des récits de « déluges » et de continents disparus (catastrophes, paraît-il, aussi prévisibles que les éclipses du soleil) mais aussi des textes allégoriques racontant l’éternel pèlerinage dans l’espace de l’homme universel. Ces documents parlent de l’arrivée de ces « semences » sur chaque nouvelle planète (Hymavat) et de leur croissance, passant par les cycles minéral, végétal, animal et humain jusqu’à ce que l’être devienne Vishnou, ou Dieu lui-même. Selon les « Puranas » et les anciens textes, lorsque l’homme a atteint la perfection, ses graines sont rassemblées et emportées dans l’espace à bord d’immenses vaisseaux célestes scintillants, jusqu’à la prochaine planète, afin de s’y développer de nouveau.

L’histoire détaillée de ces migrations, en particulier celle qui précéda la destruction de l’Atlantide, est conservée dans les livres secrets des Ordres mystiques, chez les Rose-Croix par exemple, et ne peut être révélée aux non-initiés pour des raisons évidentes. Mais on peut affirmer sans crainte de se tromper que plusieurs migrations interplanétaires ont eu lieu dans le passé, grâce aux vimanas qui, comme nous l’avons déjà dit, pouvaient atteindre non seulement les régions solaires mais les régions stellaires. Il est fort probable que le dernier départ se fit non pas du continent atlante mais de Giseh.

18

Le premier vaisseau spatial

Vénus est la « patrie des Dieux ». Ce fut de Vénus qu’arriva le premier véhicule de l’espace qui atterrit sur notre planète, en 18 617 841 av. J.-C., c’est-à-dire dix-huit millions six cent soixante-dix-sept mille huit cent quarante et un ans avant notre ère.

Selon les savants qui observent la planète au télescope, Vénus est entourée d’épais nuages d’oxyde de carbone où la vie, telle que nous la connaissons, est impossible. De même, le savant vénusien examinant la Terre au télescope, ou même avec un instrument plus perfectionné, voit notre planète nimbée d’un nuage d’azote, d’oxygène et d’hydrogène où la vie, telle qu’il la connaît, est impossible.

Mais qu’est-ce que la vie, au fond ? Si l’on considère le noyau de notre système solaire, on constate que le soleil est inhabitable ; toute forme de vie y serait instantanément anéantie. Et pourtant cet astre glorieux est la source, la cause de toute vie dans notre système, éventuellement de la VIE même dont les humains ne sont que les pâles ombres microscopiques.

Les très anciens enseignements affirment que toutes les planètes de ce système solaire sont habitées par des hommes ayant atteint des degrés différents de civilisation, et ils les appellent les « écoles de la vie ». Si l’on se réfère à cette allégorie, les plus petites planètes correspondent aux écoles primaires et les plus grandes, les plus éloignées du soleil, aux universités. La mythologie populaire et les enseignements les moins ésotériques des temples parlent tous de Vénus comme du « Foyer des Dieux », d’où des secours ont été souvent envoyés vers la planète voisine, la Terre. Notre planète est en somme la dure école, une espèce de cours accéléré dont les élèves surpasseront un jour tous les autres humains solaires, et seront les fils prodigues dont le retour éventuel réjouira davantage le Père que tous les succès des fils plus heureux.

Quant aux soucoupes volantes, rien n’interdit aux chrétiens orthodoxes d’y croire car s’ils ouvrent leur Bible ils y découvriront que le Christ nous a annoncé un très grand événement futur qui sera précédé de « signes et de merveilles dans le ciel ».

Selon les Arcanes, l’avènement de l’homme fut si difficile que les membres plus fortunés de la famille en furent désolés et décidèrent d’intervenir.

« Après trois cents millions d’années la Terre se retourna. Elle se coucha sur le flanc et de son sein surgirent des créatures aquatiques, terribles et mauvaises ». (Livre de Dzyan, stance II).

On retrouve le même concept dans le Livre des Morts égyptien et dans les tablettes de Cutchca. Ces textes font non seulement allusion aux difficultés de l’évolution mais aussi à un des terribles cataclysmes provoqués par un soudain déplacement des pôles. Le Popol Vuh parle aussi de plusieurs vaines tentatives de création, au cours desquelles les nouveaux hommes furent détruits.

Finalement, il y a environ dix-huit millions d’années, selon les enseignements des Anciens, quelque chose apparut sur la surface du globe, qui ressemblait à un homme ; mais il n’avait pas d’esprit car il n’était né que de la Terre. Cet être est peut-être le fameux « chaînon manquant » entre l’homme et l’animal qui déroute encore les anthropologues.

« La Vie avait besoin de forme. Les ancêtres la donnèrent. La Vie avait besoin d’un corps physique ; la Terre

le modela. La Vie avait besoin de l’esprit de vie ; les puissances solaires le créèrent. La Vie avait besoin d’un

miroir de son corps (le double éthérique) et les dieux le lui donnèrent, en donnant le leur. La Vie avait besoin d’un véhicule du désir (le corps astral). « Elle l’a », dit l’esprit des Eaux. Mais la Vie avait besoin d’une intelligence pour embrasser l’univers. « Nous ne pouvons la lui donner », dirent les ancêtres. « Je ne l’ai jamais eue », dit l’esprit de la Terre. « La forme serait consumée si je lui donnais la mienne », dit le

Grand Feu. L’homme n’était qu’un bhuta vide et sans esprit. » (Livre de Dzyan, Stance V.)

Autrement dit, l’évolution était dans une impasse, elle ne pouvait progresser si elle ne recevait pas une formidable impulsion que les puissances ordinaires de la Terre ne pouvaient lui apporter. Ainsi, Vénus envoya le plus grand de la planète, le « Sanat Kumara », le « Seigneur de la Flamme », l’esprit du Verbe vénusien en personne dont le souvenir demeure sacré et vénéré dans toutes les anciennes religions. De Vénus, disent les textes archaïques, vinrent les frères aînés, les Seigneurs de la Flamme, les humains parfaits appartenant à une autre branche de la famille planétaire. Ils arrivèrent de leur propre gré, par compassion, par amour pour les malheureuses choses sans esprit errant dans les jungles primitives.

La Terre, Mars et Vénus étaient en parfaite conjonction pour que leur immense véhicule couvrît la considérable distance physique séparant les deux planètes. Ainsi le Seigneur de la Flamme, ou Sanat Kumara, descendit sur la Terre avec ses quatre grands maîtres et cent assistants.

« Alors, avec le puissant rugissement de la descente rapide, plongeant de hauteurs incalculables, entouré de masses de feu rougeoyantes qui emplissaient le ciel de langues de flamme jaillissantes, le vaisseau des Seigneurs de la Flamme étincela dans les espaces aériens. Il fit halte au-dessus de l’île Blanche, au centre de la mer de Gobi. Elle était verdoyante, et parsemée des plus belles fleurs que la Terre pouvait offrir à son Roi pour lui souhaiter la bienvenue. »

Ce passage nous apporte le premier reportage de l’atterrissage d’un grand vaisseau spatial, ou soucoupe volante, il y a dix-huit millions d’années, selon les tablettes brahmanes.

Si tous ces renseignements se rapportant aux Vénusiens-Kumaras n’étaient pas uniquement des mythes, ne pourrions-nous pas espérer que d’autres habitants de cette scintillante planète suivent leurs traces et descendent sur Terre, cette parente pauvre, quand elle a besoin de secours ? Les Égyptiens ont parlé de dieux descendant du ciel dans leurs véhicules lumineux, et apportant aux hommes de multiples présents, des nourritures terrestres et spirituelles. Les Peaux-Rouges ont une tradition selon laquelle, avant l’arrivée de l’homme blanc, les frères aînés descendaient du ciel dans leurs véhicules circulaires scintillants pour les aider dans leurs tribulations et leur apporter leur enseignement. Les légendes de tous les pays celtes parlent d’immortels descendant dans des chars flamboyants de leurs palais lumineux dans le ciel pour vivre sur la Terre parmi les hommes. Et il suffit de bien peu d’imagination poétique pour considérer les planètes brillantes comme des « palais lumineux dans le ciel » et les soucoupes volantes comme des « chars flamboyants ».

À notre époque où les savants sont devenus fous et nous menacent d’un anéantissement atomique, il est permis de penser que si l’homme a besoin d’une nouvelle intervention, c’est bien aujourd’hui. Nous ne manquons pas de preuves indiquant que des êtres extra-terrestres intelligents surveillent avec intérêt notre progression. Et si le système solaire tout entier est habité par des membres de la même famille solaire, pourquoi nous étonnerions-nous que quelques-uns des deux milliards d’habitants de notre planète aient conversé avec des visiteurs de l’espace, ce qui paraissait courant aux peuples anciens ? Seules des idées préconçues nous empêchent d’y croire.

Pour ceux qui n’en ont pas et qui gardent un esprit ouvert, j’offre maintenant le témoignage de George Adamski, qui fut le premier à pouvoir raconter clairement ses impressions quand il se trouva en face d’un être venu d’une autre planète. Adamski n’eut pas peur lorsqu’il vit descendre le véhicule scintillant, ni quand il comprit avec stupéfaction qu’il se trouvait devant un être intelligent, un homme comme nous, un frère venu des espaces interstellaires.

DEUXIÈME PARTIE

1

George Adamski

Je suis George Adamski, philosophe, étudiant, professeur, intéressé par le problème des soucoupes volantes. J’habite Palomar Gardens, sur les pentes méridionales du mont Palomar, en Californie, à quinze kilomètres de l’observatoire Hale, qui possède le plus grand télescope du monde. Une petite mise au point s’impose ici. Contrairement à ce qui a été dit et répété, je n’appartiens pas au personnel de l’observatoire. Je connais quelques-uns des astronomes, mais je n’y ai jamais travaillé.

Je possède moi-même deux télescopes à réflecteurs, le premier de 38 cm à l’abri sous un dôme, et l’autre de 15,24 cm monté à l’extérieur, qui peut facilement pivoter pour être braqué dans n’importe quelle direction. Je peux également le détacher de son socle et l’emporter où je désire. Pour cela, j’ai un trépied qui me permet de l’installer où je veux. Ce petit télescope est équipé d’un appareil photographique que je puis rapidement installer au-dessus de la lentille. Avant de photographier les soucoupes volantes je m’en servais pour des clichés du ciel et des étoiles. Je dois dire cependant que je ne suis pas un photographe professionnel.

Ce petit télescope me fut offert il y a une vingtaine d’années par un de mes élèves et l’observation ainsi que la photographie des étoiles devint un passe-temps passionnant. Et puis les soucoupes arrivèrent. Depuis lors, le passe-temps est devenu une entreprise à plein temps, assez coûteuse, je l’avoue.

Depuis ma jeunesse, j’ai la certitude que d’autres planètes sont habitées. Cependant, jusqu’en 1946, je n’avais jamais pensé aux voyages interplanétaires. Je croyais, comme tout le monde, que les distances étaient trop considérables pour permettre à des machines de les franchir. Mais durant l’averse météorique du 9 octobre 1946, je vis de mes yeux un gigantesque vaisseau spatial planant au-dessus de la chaîne de montagnes au sud du mont Palomar, vers San Diego, à très haute altitude. Sur le moment, je ne compris pas exactement ce que je voyais. On se rappellera que les autorités nous avaient demandé d’observer les cieux cette nuit-là, et de compter le nombre de météores tombant à la minute.

C’était ce que nous faisions à Palomar Gardens. Mais soudain, après l’averse lumineuse, et alors que nous allions rentrer, nous observâmes, très haut dans le ciel, un grand objet noir, semblable à un dirigeable, et apparemment immobile.

Je remarquai bien qu’il n’y avait aucune nacelle, aucune cabine visible, mais je pensai que pendant la guerre on avait inventé et construit de nouveaux types d’engins aériens, et que c’était un de ceux-là que nous apercevions. Je me dis que cet appareil était là-haut pour étudier la chute des météores à haute altitude, aussi ne me posai-je plus guère de questions. J’étais pourtant surpris que la chose fût totalement obscure. Alors que nous la contemplions, elle bascula et monta rapidement dans le ciel, laissant derrière elle une tramée flamboyante qui resta visible pendant plus de cinq minutes.

Sans nous y intéresser davantage, nous rentrâmes dans la maison et nous écoutâmes les informations à la radio, sur une station de San Diego. Quelle ne fut pas notre stupéfaction lors que nous entendîmes le commentateur annoncer qu’un énorme vaisseau spatial en forme de cigare avait plané au-dessus de San Diego pendant la pluie d’étoiles filantes et que des centaines de témoins l’avaient remarqué. Sa description concordait avec ce que nous avions vu.

Même alors, nous ne pouvions croire que nous avions vu un vaisseau venu d’un autre monde. En fait, je refusai catégoriquement d’y croire, mais quelques semaines plus tard, au café, un groupe de personnes de San Diego me parlèrent de l’immense vaisseau spatial qu’elles avaient vu pendant la pluie de météores. Je protestai, et affirmai que c’était impossible, en me basant sur les distances connues séparant la Terre des autres planètes et sur les vitesses telles que nous les connaissons. Je parlai du facteur temps et des pressions qu’un corps

humain peut supporter. D’après tous les calculs, un voyage interplanétaire était impossible au cours d’une vie humaine.

Alors que nous discutions, six officiers assis à une table voisine nous écoutaient attentivement. Puis l’un d’eux intervint en nous disant :

— Ce n’est pas aussi fantastique que vous l’imaginez. Nous sommes assez bien renseignés à ce sujet.

Je leur demandai immédiatement ce qu’ils savaient, mais ils refusèrent de répondre. Ils m’assurèrent cependant que le vaisseau que nous avions vu et dont nous parlions n’était pas de ce monde. Je fus naturellement fort intrigué, car mon désir a toujours été de connaître la vérité. Je me mis donc à observer plus attentivement les cieux dans l’espoir que le spectacle stupéfiant se reproduirait. Durant l’été de 1947, on parla énormément des soucoupes volantes mais je dus attendre le mois d’août de cette même année pour être enfin récompensé de mes observations assidues.

Un vendredi soir, j’étais seul dans le jardin, contemplant le ciel dans toutes les directions. Soudain un objet très brillant apparut, passant dans le ciel d’est en ouest au-dessus de la chaîne de montagnes. Et puis un autre ! Et encore un autre !

Sans comprendre que c’était ce que j’attendais et espérais depuis si longtemps, j’observai les lumières pendant un moment. J’étais certain que ce ne pouvait être un phare. Aucun rayon lumineux n’émanait de ces objets brillants, et ils se déplaçaient trop vite pour être de simples reflets. Soudain, un de ces objets s’arrêta et repartit dans la direction opposée. Je me dis alors : « Ce doit être ce qu’on appelle des soucoupes volantes. »

J’appelai les quatre personnes qui étaient dans la maison pour qu’elles viennent voir ce qui se passait. Nous nous mîmes à compter. Nous arrivâmes à un total de 184. Les objets passaient en file indienne mais semblaient former des escadrilles de 32 vaisseaux. Il était facile de le constater, car le « chef d’escadrille » traversait la moitié du ciel et puis revenait en arrière et 32 objets lui passaient devant, comme pour une revue. Ils semblaient tous suivre une route définie, sauf que certains disparaissaient à l’ouest tandis que d’autres viraient de bord et filaient vers le sud. Quand ces objets viraient, nous pouvions voir une espèce d’anneau qui les encerclait.

Quand le dernier objet passa, il s’arrêta pendant plusieurs secondes dans l’espace et braqua deux puissants faisceaux de lumière, vers le sud et San Diego, puis vers le nord et le mont Palomar. Enfin il reprit sa route et nous ne vîmes plus rien.

À cette époque, un jeune agronome, nommé Tony Belmonte, habitait dans sa caravane sur notre terrain. Il était d’un scepticisme virulent quant au sujet des vaisseaux spatiaux et autres véhicules traversant notre atmosphère. Il avait souvent déclaré que les gens qui croyaient aux soucoupes volantes devraient se précipiter chez un psychiatre. Nous n’abordions donc jamais ce sujet devant lui. Mais le lendemain matin — un samedi — il se présenta chez moi et me demanda si je n’avais pas vu de soucoupes volantes dans la nuit.

Connaissant ses opinions, je lui demandai où il voulait en venir.

— Non, George ! s’exclama-t-il. Je parle sérieusement. Vous les avez vues, hier soir ?

— Si vous ne vous moquez pas de moi, répondis-je, oui, je les ai vues. Nous les avons tous vues !

— Combien en avez-vous compté ? demanda-t-il.

— Cent quatre-vingt-quatre, mais il devait y en avoir davantage, car nous n’avons pas compté dès le début.

Il me dit alors qu’au Ranch Dempsey, dans la vallée de Pauma, sur le versant ouest de Palomar, un groupe d’hommes était installé dehors pour discuter d’affaires. Il se trouvait parmi eux. Et tous, ils observèrent le phénomène dans le ciel. Ils avaient compté 204 de ces objets.

Dès lors, Tony Belmonte crut aux soucoupes volantes. Mais il refusait encore de croire à leur origine extra- terrestre et pensait qu’il pouvait s’agir d’engins de guerre au stade expérimental. ,

Peu après son départ, deux savants se rendant au grand observatoire situé au sommet du mont Palomar vinrent me poser la même question que Tony Belmonte. Je leur citai le chiffre que nous avions compté, et ils m’affirmèrent que je m’étais trompé, comme s’ils en connaissaient le nombre exact. Je leur donnai alors l’autre

chiffre que m’avait révélé Belmonte, et ils me répondirent qu’il était plus près de la vérité. Je compris alors qu’ils avaient observé aussi l’étrange phénomène de la veille. Ils ne voulurent pas m’en dire davantage mais purent cependant m’assurer que tout indiquait l’origine interplanétaire de ces objets puisqu’il ne s’agissait pas d’appareils militaires.

À la suite de ces événements, j’observai les cieux avec plus d’attention que jamais, mais sans grand succès.

Et puis, vers la fin de 1949, quatre hommes entrèrent dans le café de Palomar Gardens. Deux d’entre eux étaient déjà venus et nous parlâmes un moment de soucoupes volantes. Il était midi, et il pleuvait à verse. Ils commandèrent à déjeuner, et nous reprîmes notre conversation. Deux de ces hommes, J. P. Maxfield et G. L. Bloom, travaillaient au laboratoire d’électronique de la Marine à Point Loma, près de San Diego. Les deux autres venaient d’un établissement similaire de Pasadena. L’un d’eux portait un uniforme d’officier de marine.

Ils me demandèrent si je consentirais à collaborer avec eux, pour essayer d’obtenir des photographies des engins étranges volant dans l’espace, puisque je possédais des instruments plus petits et plus maniables que ceux du grand observatoire, en particulier mon télescope portable de 15 cm. Je pouvais le braquer comme un fusil.

Ils me dirent qu’ils allaient demander le même genre de collaboration au personnel du grand observatoire au sommet de la montagne.

Je leur demandai alors dans quelle direction je devrais regarder pour avoir le plus de chance d’observer les objets étranges qu’ils me demandaient de photographier. Nous discutâmes un moment de l’éventualité de l’existence de bases sur la Lune, pour les besoins des vaisseaux interplanétaires. Finalement, il fut décidé que la Lune était le meilleur des points d’observation.

Pour moi, maintenant, l’idée de ces engins spatiaux n’avait plus rien de fantastique, car depuis trente ans que j’étais professeur de philosophie et que je cherchais à comprendre les lois de notre univers, je m’étais persuadé qu’il était absolument logique que d’autres planètes de notre univers fussent habitées par des êtres qui nous ressemblaient, et qui ne différaient de nous que par les stades de leur développement. Mes observations personnelles, bien que rares, s’ajoutant à la logique, me firent enfin comprendre que si d’autres planètes étaient habitées par un peuple d’une technologie bien supérieure à la nôtre, les voyages interplanétaires étaient du domaine des possibilités.

Ainsi, quand l’armée me demanda de l’aider en essayant de photographier les objets inconnus voyageant dans l’espace, à l’aide de mon petit télescope, j’acceptai de grand cœur.

J’achetai donc des pellicules et préparai tout mon matériel pour accéder à leur requête. Et ce fut peu de temps après cette entrevue que je réussis à prendre deux photos, que je jugeai sur le moment excellentes, d’un objet se déplaçant dans l’espace. Je l’avais vu alors que j’observais la Lune.

Je ne me rappelle pas la date exacte mais je sais que cela se passait à l’époque où la radio parlait d’une soucoupe volante qui aurait atterri à Mexico. Je venais de régler ma radio pour écouter le bulletin de 16 heures de la KMPC, la station de Beverly Hills, quand M. Bloom arriva. Il vint s’asseoir près de moi, à côté du poste et me fit signe de me taire et d’écouter. Les informations terminées, il fit une curieuse réflexion :

— Ils n’ont pas dit toute la vérité. Il y a autre chose.

Je compris qu’il était au courant de l’incident mais il ne voulait pas en dire davantage. Nous bavardâmes un moment et juste avant son départ je lui donnai les deux photos que j’avais prises, en lui demandant de les communiquer à M. Maxfield. Il me promit qu’il le ferait.

La presse ne parla plus de l’atterrissage de la soucoupe à Mexico. La nouvelle fut étouffée, mais, en 1951, j’eus l'occasion de rencontrer un groupe de fonctionnaires du gouvernement mexicain et je leur posai des questions à ce sujet. Ils me dirent qu’un vaisseau spatial avait effectivement atterri, comme on l’avait annoncé. Mais dès que l’incident fut connu, les Mexicains, superstitieux, s’imaginèrent que la fin du monde arrivait. Alors le gouvernement, pour calmer la panique, expliqua au peuple qu’il s’agissait d’un missile téléguidé américain qui était tombé en panne et s’était écrasé là. Le peuple se calma.

Au cours de l’année 1950, et jusqu’au printemps suivant, je ne fus guère récompensé de mes efforts car je ne pus photographier que deux points blancs dans l’espace, deux lueurs assez informes bien incapables de convaincre des sceptiques. J’observais le ciel à longueur de journée et je voyais assez souvent des taches lumineuses, très loin de la Terre et apparemment dans le voisinage de la Lune, mais je ne pus jamais les photographier. Cependant, mes yeux s’étaient accoutumés à reconnaître ces taches, même en plein jour, et cela me prouvait amplement qu’il se passait quelque chose là-haut, qu’il existait des objets mouvants intelligemment contrôlés qui ne devaient rien à la seule nature.

Je persévérai donc dans mes observations, avec l’espoir que les objets s’approcheraient suffisamment de la Terre pour me permettre de prendre des clichés plus nets.

L’été et l’automne de 1951 et l’année 1952 furent beaucoup plus satisfaisants. Les vaisseaux de l’espace, en nombre croissant, semblaient s’approcher de plus en plus de notre globe. Je parvins à prendre de nombreuses photos montrant le contour de ces objets, mais malheureusement peu de détails.

Tandis que je poursuivais mes observations, de jour comme de nuit, je m’aperçus que le temps nuageux était beaucoup plus favorable que le temps clair. J’en conclus que les êtres inconnus qui venaient observer la Terre pouvaient le faire de très loin quand le temps restait clair mais que lorsque les conditions atmosphériques étaient défavorables ils devaient s’approcher et il arrivait parfois qu’ils fussent obligés de surgir des nuages. Peut-être observaient-ils nos conditions climatiques et voulaient-ils analyser les pressions atmosphériques.

Durant cette période, je pris environ 500 clichés, mais une douzaine à peine étaient assez nets pour prouver que ces vaisseaux spatiaux ne ressemblaient à rien de ce qui se construit chez nous. Il ne pouvait visiblement pas s’agir d’engins militaires.

De plus, ces étranges vaisseaux étaient observés dans tous les pays du monde, et aucun gouvernement ne songerait à faire survoler une nation étrangère par ses appareils expérimentaux. D’autre part, s’il s’était agi d’appareils militaires secrets, ou de prototypes, le gouvernement ne m’aurait certainement pas autorisé à publier mes photos. J’en fis parvenir une série à la base aérienne Wright-Patterson. Si j’avais photographié des appareils militaires secrets on m’aurait interdit de continuer.

Beaucoup de personnes ont photographié les soucoupes volantes, mais on m’affirme que bien peu d’individus ont consacré autant d’argent, de temps et d’efforts à cette entreprise. La plupart des autres photos de ces phénomènes ont été prises en quelque sorte par hasard.

Il faut dire que le mont Palomar est particulièrement bien situé pour ce genre d’observations. De mon installation à Palomar Gardens, sur les pentes de cette merveilleuse montagne à une altitude de près de 1 000 mètres, la vue s’étend dans toutes les directions. De nombreux sommets s’élèvent à l’est et au sud, tandis que, au sud-ouest, entre les cols, on distingue l’océan Pacifique par temps clair, sans avoir besoin d’un télescope. C’est vers cette côte que j’ai aperçu la plupart des engins spatiaux mais cela s’explique aisément, si l’on veut bien y réfléchir.

Si ces vaisseaux se propulsent suivant des forces magnétiques, ce que je crois, et si les tourbillons naturels de la Terre leur servent en quelque sorte de postes de ravitaillement, la région où j’habite se trouve justement sur leur ligne de vol, car, comme nos avions, ils ont des chemins aériens bien définis. Il existe un violent tourbillon naturel à Calexico, en Californie, et un autre dans la baie de Santa Monica, sur la côte du Pacifique. Si l’on place une règle sur la carte entre ces deux points on constate que les montagnes au sud du mont Palomar se trouvent situées au milieu de cette ligne.

Il est donc relativement normal que j’aie eu l’occasion de voir davantage de vaisseaux spatiaux, ou soucoupes volantes, que la plupart des gens. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Beaucoup d’autres personnes habitant Palomar Gardens et s’intéressant à nos visiteurs, qui observent les cieux avec attention, ont vu également bon nombre d’étranges visiteurs.

Si j’avais fait cela dans un but mercenaire, j’aurais sans doute fait fortune au moment où les journaux publiaient ma photo en première page, car j’étais le premier à « me mouiller » en évoquant publiquement le problème des soucoupes volantes. Mais je n’ai nulle envie de prostituer un sujet aussi grave ni de ridiculiser un

événement sans précédent. C’est sans doute pourquoi j’ai été la cible de certaines gens qui rêvaient de profiter de ce que j’avais vu.

Au cours des années 1951 et 1952, je reçus de nombreux rapports m’indiquant que des soucoupes volantes avaient apparemment atterri dans les déserts entourant le mont Palomar, à peu de distance de chez moi. Comme j’ai toujours travaillé seul, indépendamment de toute organisation, et dans l’espoir d’entrer en contact avec des êtres extra-terrestres et d’apprendre la raison pour laquelle ils venaient visiter notre planète, je me rendis souvent dans ces déserts, aux lieux indiqués, mais sans succès.

Cependant, comme le disait Guillaume le Taciturne, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Je persévérai donc, et le jour vint finalement où ma longue patience fut récompensée.

2

Cet inoubliable 20 novembre

C’est le jeudi 20 novembre 1952, à midi et demi, que je rencontrai un homme venant d’un autre monde. Il était arrivé sur la Terre dans son vaisseau spatial, une soucoupe volante qu’il appelait un Navire Éclaireur.

Cela se passa dans le désert de Californie, à 16 kilomètres environ de Desert Center, en direction de Parker, Arizona.

À la fin d’août 1952, Mr et Mrs A. C. Bailey, de Winslow, Arizona, vinrent me voir à Palomar Gardens. Je ne les connaissais pas du tout. Au cours de notre conversation, ils me parlèrent du Dr et de Mrs George H. Wlliamson, de Prescott, Arizona. Ces deux couples s’intéressaient comme moi aux soucoupes volantes. Ils avaient lu tout ce qui avait été publié à ce sujet. Eux aussi, ils avaient observé des objets étranges dans les cieux, à basse ou haute altitude. Et comme moi, ils étaient allés dans le désert dans l’espoir d’en voir atterrir un. Puis il avaient entendu parler de moi, aussi les Bailey étaient-ils venus me voir pour me parler de leurs observations.

Quelque temps plus tard, les Bailey revinrent avec leurs amis Williamson. Ils passèrent plusieurs jours à Palomar Gardens et avant leur départ ils me prièrent de leur téléphoner dès que je tenterais d’établir un contact. Je le leur promis mais les avertis que je projetais rarement ces déplacements plus d’un jour ou deux à l’avance.

Ainsi donc, dans la soirée du 18 novembre, je téléphonai au Dr Williamson pour lui dire que je partirais vers minuit, la nuit suivante, en direction de Blythe, Californie, et lui demandai de me rejoindre là-bas le mardi 20 au matin.

Il était libre, ainsi que les Bailey, et il me promit qu’ils seraient tous au rendez-vous.

Le 20, à 1 heure du matin, je quittai Palomar Gardens au volant de ma vieille voiture au risque de réveiller toutes les bêtes sauvages, et dévalai la route de montagne en lacets pour aller retrouver mes amis sur l’autoroute à l’ouest de Blythe. J’étais accompagné de Mrs Alice K. Wells, propriétaire de Palomar Gardens et du café qui s’y trouve, et de ma secrétaire. Lucy Mac Ginnis. Elles avaient toutes deux accepté de me remplacer au volant, car je n’ai pas l’habitude de conduire sur les grandes routes nationales.

Nous arrivâmes à destination vers 8 heures. Nos quatre amis d’Arizona nous attendaient à quelques kilomètres avant Blythe et nous nous rendîmes tous ensemble en ville, où nous déjeunâmes. Puis nous restâmes un moment sur le trottoir, en sortant du restaurant, pour décider de la direction que nous allions prendre. Al Bailey, propriétaire de l’autre voiture, me dit qu’il me suivrait, où je déciderais d’aller.

Finalement, nous reprîmes la route dans la direction d’où nous étions venus, sans raison particulière, sinon que j’ai pris l’habitude d’obéir à mes intuitions et qu’il me semblait que c’était la bonne direction.

Peut-être était-ce parce que, en arrivant à Blythe, j’avais remarqué une espèce de base militaire abandonnée et un grand terrain d’aviation. Au-delà, il y avait une route qui pouvait, à mon avis, nous mener vers les contreforts de la montagne que nous apercevions dans le lointain. Cependant, je n’avais guère prêté attention à la distance, et l’endroit, au retour, me parut beaucoup plus éloigné que je ne l’avais imaginé.

Quand nous atteignîmes Desert Center, nous vîmes aussitôt sur la droite la route nationale conduisant à Parker, Arizona.

Nous la suivîmes sur une quinzaine de kilomètres et puis je suggérai une halte, afin de m’orienter avant de décider de notre prochaine direction.

Le terrain n’était pas aussi sablonneux qu’on l’imagine dans un désert, mais rocailleux, et couvert de cailloux. Le Dr Williamson nous dit que c’était des roches volcaniques. Elles étaient déchiquetées, aux arêtes vives, et de formes diverses.

Çà et là, croissaient des buissons argentés aux baies rouge vif, le « houx du désert », et quelques autres arbustes rabougris que nous n’avions jamais vus.

Il était environ 11 heures quand nous arrivâmes en ce lieu et pendant une demi-heure environ nous examinâmes le terrain et les roches, ramassant de temps en temps un caillou bizarre pour le regarder de près. Un vent violent soufflait, très froid quand on le comparait à la chaleur du soleil, dès que la brise se calmait. Les femmes nouèrent des foulards sur leur tête, et nous prîmes soin de tourner le dos au vent.

Finalement, je ne sais qui suggéra qu’il était temps de déjeuner. Tout le monde approuva.

Comme nous ne savions pas ce qui nous arriverait avant la fin du jour, Alice avait apporté un repas léger, des œufs durs, des sandwiches, des biscuits et quelques bouteilles d’eau et de sodas. Nous nous installâmes pour pique-niquer, certains assis sur des rochers, d’autres debout, en parlant de ce que nous allions faire ensuite.

Le ciel était merveilleusement bleu, piqueté de légers nuages blancs qui se dissipaient rapidement comme des écharpes de brume. Nous savions que les montagnes qui bordaient l’horizon étaient à des kilomètres, mais dans l’atmosphère trompeuse du désert on croyait pouvoir les toucher de la main.

Nous étions tous en alerte, nous examinions le ciel dans toutes les directions et nous espérions de tout notre cœur voir une lueur vive annonçant la présence d’une soucoupe volante. Quelques rares voitures passaient sur la route et ralentissaient à notre hauteur, leurs passagers cherchant à comprendre ce que nous faisions là au milieu du désert.

Betty Bailey s’exclama enfin :

— Si on prenait des photos ?

Les Bailey possédaient non seulement un appareil photographique mais une caméra qu’ils avaient louée, et quelques bobines de film. Les Williamson avaient aussi leur appareil.

Un peu après midi, alors que Betty Bailey et Betty Williamson prenaient des photos, nous entendîmes le vrombissement d’un avion derrière la chaîne de montagnes se dressant de l’autre côté de la route.

Il convient de préciser que, lorsque je dis que ces montagnes se trouvaient « de l’autre côté de la route » elles en étaient éloignées de plus de deux cents mètres au moins. Cependant, dans le silence du désert, le son porte très loin et nous entendîmes cet avion une bonne minute avant de le voir apparaître à très basse altitude, au- dessus des montagnes. C’était un bimoteur normal, effectuant apparemment un vol de routine.

Nous suivîmes des yeux cet appareil quand il nous survola et finit par disparaître à l’horizon.

Soudain, nos têtes se tournèrent simultanément vers les montagnes, que venait de franchir le petit avion. Nous vîmes alors à très haute altitude un objet volant en forme de cigare, argenté, sans ailes, sans appendices, qui planait lentement, sans le moindre bruit, et semblait glisser vers nous ; puis il s’arrêta, et resta immobile dans le ciel.

Le Dr Williamson s’exclama, au comble de la surexcitation :

— C’est un vaisseau spatial !

À première vue, on aurait dit le fuselage d’un avion géant brillant au soleil, et il était fort possible que du sol nous ne puissions distinguer ses ailes, tant était grande son altitude.

Lucy, toujours prudente et un peu sceptique, répondit :

— Non, George, je ne crois pas que ce soit possible.

Al intervint, tout aussi surexcité :

— Mais il est très haut ! Et voyez comme c’est grand !

— Lucy, insista George, vous voyez bien qu’il n’a pas d’ailes, ni rien !

Avant que je puisse répondre, Lucy s’écria :

— Vous avez raison, George ! Regardez ! Le dessous est orangé

Adamski, qu’en pensez-vous ?

sur toute la longueur !

Tout le monde se mit à parler en même temps. Alice voulait que j’aille chercher mon petit télescope dans la voiture pour photographier ce merveilleux navire volant, si près de nous. Al Bailey insista pour que sa femme Betty prenne un film de l’objet tandis qu’il planait au-dessus de nous, mais elle était tellement énervée qu’elle ne parvint pas à mettre sa caméra au point. Et quand elle fut enfin calmée, le grand oiseau orangé était reparti.

Nous nous passions rapidement de mains en mains les deux paires de jumelles que nous avions apportées, et ce fut ainsi que George observa une marque noire, ou tout au moins sombre, sur le côté de l’objet, comme s’il s’agissait d’un insigne. George Williamson avait été pilote pendant la guerre et connaissait pratiquement tous les insignes de l’aviation, mais bien qu’il vît celui-ci très nettement, il fut incapable de le reconnaître.

Le spectacle était inoubliable. Les automobilistes passant sur la route auraient pu voir cet objet mais hélas, peu de gens ont appris à regarder en l’air. C’est d’autant plus vrai des conducteurs, et c’est heureux, qui ne regardent que la route.

Sans doute, si l’un de nous avait levé le bras pour montrer le ciel, une voiture se serait peut-être arrêtée, et ses passagers auraient pu voir alors aussi bien que nous notre gigantesque visiteur de l’espace. Mais nous ne désirions pas attirer l’attention.

Malgré notre surexcitation, je savais que ce n’était pas le lieu désiré ; que ce n’était peut-être même pas la soucoupe qui prendrait contact avec moi, si tel était le projet. Mais je sentais tout de même que ce cigare volant avait un rapport réel avec ce qui allait se passer.

Conscient de la curiosité que pouvait éveiller notre petit groupe, en plein désert, en un lieu où personne ne songerait à pique-niquer, je ne tenais pas à nous faire davantage remarquer en installant mon télescope et mon appareil photographique en vue de tous les passants. Avant tout, je ne voulais pas commettre la moindre faute qui risquât d’empêcher un atterrissage et un contact personnel avec un voyageur de l’espace, si la chose était concevable. Et je ne doutais plus que ce moment fût venu.

Je m’écriai vivement :

Il faut me conduire un peu plus loin. Ce vaisseau est venu me chercher et je ne veux pas

les faire attendre ! La soucoupe est peut-être déjà là-haut de les voir !

Ne me demandez pas pourquoi j’ai prononcé ces mots, ni comment j’ai pu deviner. J’ai déjà dit que j’ai toujours l’habitude d’obéir à mes intuitions, et à ce moment-là je n’ai pas réfléchi. Je suis incapable d’expliquer pourquoi j’ai eu ce sentiment. Pour ceux qui comprennent les subtilités de l’esprit, aucune explication n’est nécessaire. Pour les autres, elle risquerait d’être bien trop longue et trop difficile.

ils ont peur de descendre là où trop de gens risquent

— Vite ! Quelqu’un

Lucy sauta dans la voiture et prit le volant.

Al demanda s’il pouvait nous accompagner et sans attendre ma réponse monta à côté d’elle. Je dis aux autres de ne pas bouger et d’observer attentivement tout ce qui se produirait, puis je montai sur le siège arrière.

Tandis que Lucy faisait demi-tour pour reprendre la route, Al mit la tête à la portière pour regarder le ciel et je me tournai vers la lunette arrière ; nous constatâmes tous deux que l’énorme cigare volant avait fait demi-tour aussi et suivait silencieusement la voiture, mais à très haute altitude et à mi-chemin, semblait-il, entre la route et la chaîne de montagnes. Tout en roulant, sur environ 800 mètres, nous ne le quittâmes pas des yeux.

Je demandai alors à Lucy si elle pouvait tourner à droite sur une petite piste qui me conduirait vers un endroit que je jugeais idéal pour y installer mon télescope.

Ce chemin était très mauvais, semé de cailloux pointus et de débris de bouteilles et je craignais pour nos pneus, mais je savais que nous gagnerions du temps si nous pouvions aller en voiture au lieu que j’avais choisi, à 800 ou 900 mètres de la route, à la base d’une petite colline rocheuse, sans avoir à transporter tout mon matériel, c’est-à-dire mon télescope de 15 cm, un trépied et une sacoche contenant l’appareil photographique du télescope, sept bobines de pellicule ultra-rapide et un Kodak Brownie.

Nous décidâmes de tenter notre chance en voiture et arrivâmes ainsi sans incident à une soixantaine de

mètres du lieu que j’avais choisi. À ce moment, le grand cigare volant semblait se trouver juste au-dessus de notre voiture, et quand nous nous arrêtâmes, il en fit autant !

Al m’aida à décharger mon matériel, à installer le trépied et à y fixer le télescope.

Ce n’était pas commode car des rafales de vent violent secouaient le télescope, ce qui ne laissait pas présager de bonnes photos.

Mais je ne voulais pas perdre trop de temps en préparatifs parce que j’avais la très nette impression que je devais me hâter. À la réflexion, je ne saurais dire si ce sentiment m’était inspiré par les passagers du grand vaisseau spatial ou s’il était simplement dû à ma surexcitation.

Je priai Al et Lucy d’aller rejoindre les autres aussi vite que possible, et d’observer attentivement, tous ensemble, ce qui pourrait se passer.

J’avais bien souvent rêvé de rencontrer l’équipage de certains engins que je photographiais depuis des années. J’avais même déclaré à plusieurs reprises que mon vœu le plus cher serait de faire une promenade dans une de ces soucoupes volantes. Pourtant, j’ai bien souvent entendu parler de disparitions étranges, dont la seule explication semblait être que les personnes disparues avaient été emportées dans un engin spatial quelconque. D’après les faits qui m’avaient été communiqués, ces rumeurs semblaient fondées, et à ma connaissance aucune de ces personnes « kidnappées » n’était revenue sur la Terre.

Je me disais donc que s’il devait y avoir maintenant un atterrissage et si j’avais la joie d’entrer en contact avec des extra-terrestres j’aurais peut-être aussi la chance de faire un voyage dans un de leurs engins, et je voulais donc être sûr d’avoir des témoins de mon départ.

Ce fut pourquoi je priai mes compagnons d’observer avec attention tout ce qui pourrait m’arriver, mais de loin. Ils étaient alors à quelque 1 500 mètres de l’endroit où je me trouvais.

Avant de me quitter, Lucy me demanda combien de temps ils devraient attendre, avant de revenir me chercher, tout en étant sûrs que leur présence n’interromprait rien ; je lui répondis de revenir dans une heure, à moins que je ne leur fisse des signaux plus tôt. Après le départ de la soucoupe, s’il en venait une comme je l’espérais, je marcherais jusqu’à la route et agiterais mon chapeau. Mais quel que soit le cas, ils devaient revenir au bout d’une heure parce que j’étais certain qu’alors tout serait fini.

Quand la voiture fit demi-tour et s’éloigna selon mes instructions, le grand cigare volant tourna aussi. Silencieusement, mais très vite, il disparut derrière la crête des montagnes mais pas avant qu’une escadrille de chasse ne rugisse dans le ciel, cherchant apparemment à tourner autour de ce gigantesque objet étranger.

Al et Lucy purent le suivre des yeux pendant plus longtemps que moi parce que la route était plus éloignée des montagnes que je ne l’étais. Ce fut seulement lorsqu’ils eurent rejoint les autres que le cigare se dressa soudain à la verticale et fila dans les airs comme une fusée, laissant les avions interdits.

Seul avec mes pensées et mon télescope, je m’affairai autour de mes appareils et fis la mise au point de

l’objectif. Des idées folles tourbillonnaient dans ma tête, je craignais qu’il ne se passât rien, je me demandais si l’énorme vaisseau spatial reparaîtrait, ou si les avions l’avaient définitivement chassé ; et si un engin inconnu s’approchait, est-ce que je pourrais le photographier, prendre un cliché assez net pour convaincre tous mes

détracteurs

Bien que depuis très longtemps j’espérais un contact personnel avec un passager d’une soucoupe volante, à ce moment précis je n’y pensais plus. Je ne songeais qu’à prendre une bonne photo, peut-être un gros plan de quelque engin spatial.

La voiture n’était pas repartie depuis cinq minutes que mon attention fut attirée par un éclair dans le ciel et presque instantanément un merveilleux appareil parut planer au-dessus d’un col, entre deux sommets, et vint se poser silencieusement dans un vallon à 800 mètres de moi. Le petit engin ne disparut pas complètement derrière la crête ; le bas seulement toucha le sol mais la partie supérieure, une espèce de coupole, resta visible pour mes amis qui m’observaient. Cependant, de là où j’étais, je voyais tout l’appareil, et son équipage pouvait contempler la route et le terrain environnant sur plusieurs kilomètres.

mille pensées se poursuivaient ainsi sous mon crâne.

Rapidement, je braquai mon télescope dessus et aussi vivement que possible, sans prendre même le temps d’effectuer une mise au point, je pris des clichés et les sept bobines y passèrent. J’espérais que la chance était avec moi et que les photos seraient bonnes.

À mesure que je retirais chaque bobine de pellicule exposée de mon appareil — un vieux Hagee-Dresden Grafles — je la glissais dans la poche droite de ma veste. J’étais certain que, là, les pellicules seraient à l’abri.

Je démontai l’appareil photographique du télescope, le rangeai dans sa boîte et saisis mon Brownie. Au moment où je prenais la première photo, je vis la soucoupe scintiller vivement, reculer et disparaître derrière la crête d’où elle avait surgi. À l’instant, de nouveaux avions vrombirent au-dessus de nous.

Je les vis décrire plusieurs cercles et repartir. J’étais certain que la soucoupe leur avait échappé encore une fois et qu’elle était en route vers son vaisseau « amiral ».

Je pris alors deux ou trois photos avec le Brownie, pour montrer simplement le terrain de cette région au cas où les photos de la soucoupe seraient réussies, ce dont je n’étais pas du tout certain. Mais c’est le sort de tous les photographes amateurs ; contrairement aux professionnels ils ne savent jamais si leur cliché sera réussi.

Après avoir pris trois photos, je restai là un moment à regarder autour de moi, le Kodak à la main. J’étais encore tout émerveillé de m’être trouvé si près d’une soucoupe volante et je me demandai si les passagers

savaient que je la photographiais. J’avais l’impression qu’ils m’avaient observé. Je rêvais de voir un jour le pilote

de ce merveilleux engin, de lui parler

Soudain, j’aperçus un homme qui se tenait à l’entrée de la ravine, entre deux collines, à 400 mètres environ. Il me faisait signe d’approcher. Je me demandai qui il pouvait être, et d’où il sortait. J’étais certain de ne pas l’avoir aperçu plus tôt ; il n’avait pas été là, et il n’était pas passé près de moi. Sans doute venait-il de l’autre versant de la montagne. Je m’étonnais cependant de ne pas l’avoir vu descendre vers moi.

Un prospecteur, peut-être ? Ou un habitant de la montagne ? J’aurais pourtant juré que le lieu était désert, que personne ne vivait à des kilomètres à la ronde. Un minéralogiste, peut-être ? Mais pourquoi me faisait-il signe, à moins qu’il n’ait besoin de secours ? Je me mis donc en marche, en me posant encore des questions mais en pensant surtout à ma récente aventure.

Tandis que je m’approchais de lui, j’éprouvai soudain une étrange sensation, et j’hésitai. Je me retournai, afin de m’assurer que mes compagnons pouvaient me voir. Apparemment, rien ne justifiait cette impression, car l’homme avait l’air d’un homme normal, un peu plus petit que moi et beaucoup plus jeune. Quand je fus un peu plus près, je notai deux différences flagrantes.

1) Son pantalon n’était pas comme le mien. C’était une espèce de fuseau un peu large et serré aux chevilles, un peu comme un pantalon de ski, et je me demandai un instant pourquoi il portait cette tenue dans le désert.

2) Il avait, des cheveux très longs, tombant sur les épaules, que le vent ébouriffait. Cela, cependant, n’avait rien de vraiment étrange car j’avais déjà vu des garçons aux cheveux presque aussi longs.

Bien que je ne compris pas l’étrange sentiment qui m’envahissait et persistait, je sentais confusément que c’était un sentiment amical envers ce jeune homme souriant qui m’attendait. Et je continuai de marcher vers lui sans la moindre crainte.

Soudain, comme si un brouillard s’était dissipé dans mon esprit, je perdis toute sensation de prudence, au point que j’oubliai mes amis et que je me souciai pas un instant qu’ils m’observassent comme je les en avais priés. J’étais maintenant très près de l’homme. Il fit un pas vers moi. Nous étions maintenant à moins d’un mètre l’un de l’autre.

d’un ÊTRE HUMAIN

VENU D’UN AUTRE MONDE ! Alors que je m’approchais de lui, je n’avais pas vu son vaisseau, et je ne cherchai même pas à le voir. Je n’y pensais même pas, et j’étais muet de stupeur. Mon cerveau, pendant quelques

secondes, cessa de fonctionner.

Il me permettrait peut-être de visiter son appareil ?

Je comprenais enfin, avec stupéfaction, que j’étais en présence d’un extra-terrestre

La beauté de cet homme dépassait tout ce que je n’avais jamais pu imaginer. Son visage était radieux.

J’avais l’impression d'être un petit enfant en présence d’un être d’une grande sagesse, d’un grand amour, et je

me sentis très humble humilité.

Pour rompre ce charme qui me paralysait, il l’avait certainement compris — il me tendit la main comme pour serrer la mienne.

Car il émanait de lui une infinie bonté, une infinie compréhension et une suprême

Je réagis machinalement, comme nous le faisons tous en pareil cas.

Mais avec un sourire et un léger hochement de tête, il écarta mon geste et plaça simplement sa paume contre la mienne et la retira aussitôt. Je pris cela pour un signe d’amitié.

Sa peau était extrêmement fine, délicate comme celle d’un bébé, ferme mais chaude. Ses mains étaient fines, avec de longs doigts fuselés, des mains de femme douée pour les arts. En fait, différemment vêtu, il aurait pu être pris pour une très belle femme ; mais c’était manifestement un homme.

Il mesurait environ un mètre soixante-dix et devait peser — selon nos mesures — quelque chose comme 70 kilos. Il pouvait avoir vingt-huit ans, mais peut-être était-il plus âgé.

Il avait un visage assez rond avec un très grand front, de grands yeux gris légèrement en amande à l’expression calme, des pommettes saillantes mais pas autant que les Orientaux, un nez finement modelé, une bouche bien dessinée et des dents très blanches qui brillaient quand il souriait ou qu’il parlait.

Son teint, autant que je puisse le décrire, était doré, comme légèrement bronzé. J’eus l’impression qu’il n’avait jamais eu besoin de se raser car ses joues étaient lisses comme celles d’un enfant.

Il avait des cheveux blond cendré largement ondulés, plus brillants que ceux d’une jolie femme. L’idée m’est venue à ce moment que bien des Terriennes auraient aimé avoir ces cheveux-là. Il ne portait pas de coiffure et, comme je l’ai dit, le vent agitait ses longs cheveux.

Il était vêtu d’une espèce de combinaison qui me fit l’effet d’un uniforme quelconque, de couleur marron- chocolat, le haut un peu blousant avec un col montant, des manches longues bouffantes, serrées aux poignets.

Une ceinture large d'environ 15 centimètres, bordée en haut et en bas d’une espèce de galon dans le ton du costume, mais plus clair et plus doré, enserrait sa taille.

Le pantalon était légèrement bouffant aussi, et retenu aux chevilles par des bandes semblables à celles des poignets.

À vrai dire, je ne sais trop comment décrire la couleur de ce vêtement car je ne trouve dans notre langue aucun mot qui soit assez précis.

Le tissu était très fin, d’un tissage différent de nos étoffes. Il était brillant mais je ne saurais dire si cet effet était dû à une certaine finition ou si les fils eux-mêmes scintillaient. On aurait pu le comparer à du satin ou à une soie cirée car il était plus lumineux que luisant.

Je ne pus voir ni fermeture à glissière, ni boutons, ni agrafes d’aucune sorte ; on ne distinguait même pas les coutures. Je me demande encore comment ce vêtement était cousu, s’il l’était. Il n’avait pas non plus de poches.

L’homme ne portait aucune bague, pas de montre, pas d’ornements. J’eus l’impression qu’il n’était pas armé.

Ses chaussures étaient d’une couleur sang-de-bœuf, elles aussi en tissu mais différent de celui du costume, un tissu qui avait l’apparence du cuir. L’étoffe était très élastique car tandis que nous parlions je pouvais voir les mouvements de ses pieds dans les chaussures.

Elles étaient légèrement montantes, bien serrées autour des chevilles, mais n’avaient pas de lacets. L’ouverture se trouvait sur le côté externe, vers le talon. Je vis là deux étroites bandes mais aucune boucle et je supposai que ces bandes étaient faites d’une matière élastique.

Le talon était plus plat que celui des Terriens, et le bout des souliers tout à fait rond. Je remarquai particulièrement ses pieds, parce que, au cours de notre conversation, il me fit comprendre que les empreintes

de ses pas avaient beaucoup d’importance. Mais nous y reviendrons.

Je me rendais compte que le temps passait et que je ne pourrais obtenir de lui aucun renseignement en me contentant de le regarder, alors je lui demandai d’où il venait.

Il ne parut pas comprendre mes paroles, aussi lui posai-je de nouveau ma question.

Sa seule réaction fut un léger hochement de tête, et il eut l’air de s’excuser, ce qui m’indiqua qu’il ne comprenait ni mes mots ni mon intention.

J’ai toujours été convaincu que les gens qui désirent se comprendre le peuvent, même s’ils parlent une langue différente. On peut s’exprimer avec ses sentiments, par signes et, surtout, au moyen de la télépathie. Il y avait trente ans que j’enseignais cela et j’en conclus donc que je devais avoir recours à cette méthode si je voulais converser avec cet être. J’avais mille questions à lui poser, si seulement je pouvais y penser clairement.

Afin de lui faire comprendre ma première question, je pensai fortement à l’image d’une planète, tout en montrant le soleil, alors au zénith.

Il comprit cela, comme me le révéla son expression.

Puis je tendis le bras vers le soleil, traçai un cercle avec l’index, indiquant l’orbite des planètes les plus proches du soleil et je dis « Mercure ». Puis je traçai de même une seconde orbite et dis « Vénus » et enfin une troisième, « Terre », en montrant le sol où nous nous trouvions.

Je répétai ma pantomime, tout en conservant dans mon esprit l’image d’une planète telle que je l’imaginais, et cette fois je me désignai moi-même, en indiquant que j’appartenais à la Terre. Puis je le montrai du doigt, en l’interrogeant du regard.

Il avait parfaitement compris, et il sourit de toutes ses dents en montrant le soleil. Il traça une orbite, puis une deuxième et, plaçant sa main gauche sur son cœur il montra de la main droite la seconde orbite.

Je crus comprendre que la deuxième planète était la sienne, et je lui demandai en articulant bien :

— Vous voulez dire que vous venez de Vénus ?

C’était la troisième fois que je prononçais le nom de cette planète, et je le vis hocher affirmativement la tête. Puis, lui aussi, articula le mot « Vénus ».

Il avait la voix claire, plus aiguë que celle d’un homme adulte. C’était une voix de jeune garçon, avant la mue. Et bien qu’il n’eût prononcé qu’un mot, il y avait tant de musique dans sa voix que je voulais l’entendre encore.

— Pourquoi venez-vous sur la Terre ? demandai-je ensuite.

Cette question fut également ponctuée de gestes et d’expressions faciales ainsi que d’images mentales, comme toutes les questions que je lui posais. Je les répétais au moins deux fois pour m’assurer d’être compris. Ses expressions me l’apprenaient clairement, et lorsqu’il hésitait, je le voyais dans ses yeux. Je répétais également ses réponses, pour être sûr de bien le comprendre.

Il me fit entendre que sa visite et celles de ses congénères étaient amicales. De plus, il m’indiqua par gestes qu’ils s’inquiétaient des radiations émanant de la Terre.

Je compris cela aisément, car dans le désert, comme c’est souvent le cas, on pouvait nettement voir frémir des ondes de chaleur, rappelant des radiations. Il me les montra, puis désigna l’espace.

Je lui demandai alors si leur inquiétude était provoquée par les explosions de nos bombes, et les retombées radioactives.

Il comprit immédiatement et répondit par un signe de tête affirmatif.

Je demandai alors s’il y avait du danger, en formant dans mon esprit un tableau de destruction.

Il hocha de nouveau la tête, d’un air extrêmement compatissant, l’expression que l’on peut avoir pour un enfant tendrement aimé qui a commis des erreurs par ignorance ou manque de compréhension. Tant qu’il fut question de ce sujet, il garda cette expression.

Je voulus savoir si ces bombes représentaient un danger pour les espaces intersidéraux. Encore une fois, il me répondit par l’affirmative, d’un signe de tête.

Depuis longtemps, les savants de la Terre savent que le rayon cosmique, comme on l’appelle, est plus puissant dans le cosmos que dans notre atmosphère. Il est donc logique de supposer que les émanations radioactives des bombes que l’on fait exploser sur notre Terre sont plus dangereuses, et plus puissantes dans le cosmos, après avoir quitté l’atmosphère terrestre.

La logique confirmait la déclaration de cet homme de l’espace, mais j’insistai et demandai s’il y avait autant de danger pour nous, sur la Terre, que pour les choses de l’espace.

Il me fit comprendre, par gestes, que les formations de nuages en étaient affectées, en effet. Son hochement affirmatif de la tête était tout à fait catégorique, et il prononça même notre mot, « Oui ». Il était facile, d’après les mouvements de ses mains et de ses bras, d’imaginer les formations de nuages, mais pour indiquer les explosions, il dit : « Boum ! Boum ! » Puis, afin de se faire mieux comprendre, il me toucha, puis il toucha un petit buisson sauvage et désigna enfin la terre, le sol, et puis écarta les bras en disant encore « Boum », comme pour me dire que trop d’explosions détruiraient tout cela.

Cela me paraissait suffisamment clair, aussi passai-je à un autre sujet et lui demandai-je s’il était venu directement de Vénus dans l’engin que j’avais photographié.

Il se retourna alors et montra la colline proche. Je vis alors, planant à basse altitude, la soucoupe que j’avais vue plus tôt, et que je croyais partie. J’avais été tellement fasciné par cet homme que je n’avais plus songé à regarder derrière lui, vers ce vallon où l’engin venait de reparaître.

Ma surprise l’amusa et il rit de bon cœur. Mais je n’avais pas l’impression qu’il se moquait de moi, et ce rire ne me gêna aucunement.

Je ris avec lui, et puis je lui demandai s’il était venu de Vénus à bord de cette soucoupe.

Il fit un signe de tête négatif, et me fit comprendre que cet engin avait été amené dans l’atmosphère terrestre à bord d’un vaisseau beaucoup plus grand.

Je me rappelai alors le cigare volant gigantesque que nous avions vu, et je lui demandai s’il s’agissait de celui- là. Il me répondit par un signe affirmatif.

Dans mon esprit, je formai une image d’un certain nombre de petits engins, comme cette soucoupe qui l’avait amené, rangés à l’intérieur du grand vaisseau, et je compris à son expression qu’il recevait mes images mentales. Je comparai alors ce cigare avec nos grands porte-avions.

Un signe de tête m’apprit que je ne me trompais pas.

Je demandai alors si l’immense soucoupe pouvait être appelée une soucoupe « mère ».

Il parut comprendre le mot « mère » car son signe de tête affirmatif s’accompagna d’un bon sourire.

Je lui demandai ensuite si nos avions, qui avaient surgi autour de la « mère », et ceux qui étaient descendus en piqué pour m’observer pendant que je photographiais la petite soucoupe les avaient gênés.

Il me répondit « oui » d’un signe de tête.

— Comment marche votre vaisseau spatial ? lui demandai-je. Avec quelle force ?

Bien qu’il eut visiblement l’habitude de la télépathie, j’eus du mal à former dans mon esprit une image de cette question. J’avais beau gesticuler, il me fallut plusieurs minutes pour lui faire comprendre la signification de ma question, mais j’y parvins néanmoins.

Il me fit comprendre qu’il marchait selon la loi d’attraction et de répulsion, en ramassant un petit caillou qu’il fit tomber, et en le ramassant encore pour m’expliquer le mouvement.

À mon tour, pour être certain d’avoir bien compris, je pris deux cailloux, les approchai l’un de l’autre comme s’ils étaient aimantés, et écartai le premier en prononçant le mot « magnétique ». Au bout d’un moment il me répondit affirmativement, et prononça même à son tour ce mot « magnétique » que j’avais répété plusieurs fois.

Je me rappelai soudain les petits disques brillants si souvent observés. Ce ne fut pas difficile car, avec mes mains, je formai un petit cercle, puis je désignai la soucoupe et mon visiteur tandis que je demandai dans mon esprit si ces disques étaient pilotés. Il comprit rapidement et me répondit par la négative. Puis, formant aussi un petit cercle avec ses mains, il leva les yeux, puis montra sa soucoupe et ensuite l’espace, et je captai sa pensée.

Il me disait que les petits disques si souvent observés étaient en réalité les « yeux » d’un vaisseau spatial plus grand — une soucoupe ou un cigare énorme — téléguidés et sans pilotes. Je formai cette image dans mon esprit et il m’assura que j’avais compris.

Puis je vis en esprit une explosion dans l’espace accompagnée d’une vive lueur.

En « voyant » cette image il éclata de rire et me fit comprendre que, dans ces cas, les petits disques étaient tombés en panne et ne pouvaient être ramenés au grand vaisseau qui les avait lancés ; on les détruisait alors, comme nous détruisons nos fusées qui s’égarent, au moyen d’un court-circuit, et cela provoque l’explosion. Mais il m’assura que cela se produisait toujours assez loin de nous, et que nous ne pouvions courir aucun danger.

Soudain, l’idée me vint de lui demander s’il croyait en Dieu.

Il ne comprit pas, car ce mot « Dieu » le déroutait. Mais je finis par former dans mon esprit, tandis qu’il m’observait attentivement, l’image d’une création, en l’accompagnant de grands gestes symbolisant le ciel immense, la Terre, les étoiles, et en prononçant à plusieurs reprises les mots « Créateur de l’univers ».

Il finit par comprendre mes pensées, car je suis bien certain que mes gestes étaient maladroits.

Et il me répondit « oui ».

Je me rendais bien compte qu’il ne pouvait comprendre les mots avec lesquels nous désignons les objets ou les êtres et que pour lui « Dieu » était représenté sans aucun doute par un autre vocable.

Mais il me fit comprendre, à force de gestes et d’images mentales, que nous autres Terriens savions fort peu de choses de ce Créateur. Autrement dit, notre compréhension est limitée. La leur est beaucoup plus étendue ; ils obéissent aux lois du Créateur et non à celle du matérialisme, comme le font les hommes de la Terre. Il se désigna, puis montra le ciel — je compris qu’il voulait indiquer la planète où il vivait — et me communiqua la pensée qu’ils vivaient là-haut selon la volonté du Créateur, qu’ils n’avaient pas de libre arbitre, comme les Terriens.

Je lui demandai alors si nous pouvions espérer d’autres visites comme la sienne.

Il me répondit qu’il y avait déjà eu beaucoup de visiteurs, et qu’il en viendrait encore beaucoup.

— Les hommes de l’espace ne viennent-ils que de Vénus, ou bien d’autres planètes aussi, d’autres galaxies ? lui demandai-je, et là encore j’eus du mal à communiquer mes pensées, mais je finis par y arriver.

Il me fit alors comprendre que des visiteurs venaient vers la Terre d’autres planètes de notre système, et d’autres planètes de systèmes solaires plus éloignés.

Il y avait longtemps que je m’en doutais, aussi sa réponse ne m’étonna-t-elle pas. Mais j’avais encore plusieurs questions à lui poser :

— Est-ce que les voyages spatiaux sont chose courante chez les peuples des autres mondes ? Et ces déplacements sont-ils faciles ?

Il répondit affirmativement aux deux questions.

Je me souvins de rapports, parlant d’hommes trouvés morts dans des soucoupes découvertes sur la Terre, qui s’étaient apparemment écrasées. Alors je lui demandai si certains de leurs hommes avaient trouvé la mort en venant visiter la Terre.

Oui. Et il me fit entendre qu’à l’occasion leurs vaisseaux avaient des difficultés.

Je le comprenais aisément parce que je savais que le grand cigare que nous avions vu et la petite soucoupe que j’avais photographiée étaient des engins mécaniques. Et tout engin mécanique risque de tomber en panne.

Mais je n’étais pas satisfait. J’avais l’impression qu’il cherchait à me ménager et je voulais connaître toute la vérité. J’insistai donc, et demandai si des êtres de notre monde étaient responsables de certaines de ces morts.

Il répondit affirmativement, et en levant les mains plusieurs fois, ainsi que par d’autres gestes, il essaya de m’en donner le nombre.

Mais je comprenais mal. Je ne savais pas s’il indiquait les nombres réels, ou si je devais multiplier cela par dix ou par cent, ou par toute autre méthode de calcul.

Songeant alors à une question qui m’avait été très souvent posée, je lui demandai pourquoi ils n’atterrissaient jamais dans des lieux peuplés.

Il m’expliqua, par gestes et par pensées, que cela terrifierait les populations et que les visiteurs risqueraient d’être mis en pièces par les Terriens.

Je savais qu’il avait raison, et me demandai mentalement s’il viendrait un jour où un tel atterrissage serait sans danger. Je me demandai aussi, au cas où ce jour arriverait, s’ils tenteraient des atterrissages en public.

Il lut mes pensées à mesure qu’elles me venaient et m’assura que ce jour arriverait effectivement. Alors ils atterriraient dans des pays très peuplés. Mais il me fit bien comprendre que ce ne serait pas demain.

Au début de notre conversation, quand je compris que j’aurais besoin de mes mains pour faire comprendre le sens de mes questions à cet homme de Vénus, j’avais posé par terre mon petit Kodak. Je le repris alors et lui demandai si je pouvais le photographier.

Je suis certain qu’il comprit mon désir, puisqu’il savait si bien lire mes pensées. Et je suis absolument sûr qu’il savait que je ne pourrais lui faire de mal car il ne manifesta aucune peur quand je ramassai le Kodak. Néanmoins, il refusa de se laisser photographier, et je n’insistai pas.

J’avais entendu dire bien souvent que des hommes venus d’autres mondes vivent sur notre Terre. Si c’était vrai, je comprenais aisément qu’il ne veuille pas être photographié, car son visage avait certains traits distinctifs. À première vue, on ne les remarquait pas mais sur une photo ils pouvaient ressortir et servir d’identification à l’encontre de ses frères vivant sur la Terre. Je respectai donc ses désirs.

Je lui demandai si jamais des Terriens avaient été enlevés dans des engins spatiaux.

À cela, il sourit largement, et hocha vaguement la tête, comme s’il ne voulait pas trop en parler. Mais je devinai à son expression que la réponse était affirmative. Je changeai donc encore une fois de sujet et lui demandai combien d’autres planètes étaient habitées.

D’un grand geste, il m’indiqua qu’elles étaient nombreuses, dans tout l’univers.

Je voulus alors savoir s’il y en avait dans notre système solaire, et combien.

Il traça un grand cercle avec une main puis le balaya en quelque sorte avec son autre bras, comme pour me dire que toutes étaient habitées.

Je ne sais trop si je l’avais bien compris, mais il m’indiqua fermement que je ne me trompais pas.

Naturellement, ma prochaine question fut pour lui demander si dans tout l’univers les hommes avaient la même apparence que ceux de la Terre.

Sa réponse fut catégorique, comme s’il comprenait parfaitement de quoi je parlais, et d’après ses mimiques j’en conclus que les hommes sont les mêmes partout. Il s’efforça de me donner des détails mais je ne compris pas très bien si, selon les planètes, leur taille, leur teint et leur peau varient, ou s’il existe un mélange de races comme sur la Terre. Selon la logique, il me semble que cette dernière indication serait la bonne.

— Puisqu’il y a des hommes sur d’autres planètes, demandai-je, est-ce qu’ils meurent, comme sous ?

Il sourit avec indulgence, en se rappelant une de mes précédentes questions, quand j’avais demandé si des gens de sa planète étaient morts en venant sur la Terre.

Afin de s’expliquer clairement, il montra d’abord son corps et hocha affirmativement la tête, puis il se frappa le front en faisant « non » et, d’un geste de la main, me donna l’impression que l’intelligence continue de vivre

et d’évoluer. Puis, se désignant lui-même, il m’indiqua qu’il avait un jour vécu ici sur la Terre mais que — désignant l’espace — il vivait maintenant là-bas.

Je sentais que le temps passait, et que j’avais encore mille questions à lui poser mais je ne savais plus quelles étaient les plus importantes. Lui aussi devait sentir que sa visite tirait à sa fin et qu’il devait bientôt regagner sa soucoupe, car il montrait constamment ses pieds et me parlait dans une langue étrange, que je n’avais jamais entendue. On aurait dit un mélange de chinois et d’une langue morte quelconque. J’ignore si cela est vrai. C’est uniquement l’impression que j’ai eue en l’écoutant et en m’émerveillant de la clarté musicale de sa voix.

Voyant qu’il montrait ses pieds avec insistance, je compris qu’il devait y avoir là quelque chose de très important pour moi. Il fit un pas de côté et je remarquai alors les étranges empreintes qu’avaient laissées ses chaussures sur le sol. Il me regardait fixement, pour voir si je comprenais bien ce qu’il me demandait de faire. Et quand je lui indiquai que j’avais bien compris, et que j’obéirais, il se déplaça encore deux fois, laissant ainsi trois séries d’empreintes profondes. Je crois que ses chaussures avaient dû être faites spécialement pour ce voyage et leurs semelles profondément gravées, pour laisser des empreintes aussi précises et nettes.

Il me fit ensuite signe de l’accompagner et nous nous dirigeâmes côte à côte vers la soucoupe qui l’attendait.

C’était un petit engin merveilleux, ressemblant davantage à une lourde cloche de verre qu’à une soucoupe. Cependant, je ne pouvais pas voir au travers, pas plus que l’on ne voit au travers de ces briques de verre employées dans les buildings modernes, qui permettent, mieux qu’un mur de brique, à toute la lumière de pénétrer dans la maison ou dans le bureau.

Ce verre était translucide et d’une couleur exquise. Comme nous approchions, je vis soudain une ombre se déplacer dans le vaisseau, mais sa silhouette était confuse et je ne saurais dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme.

La soucoupe planait, légèrement au-dessus du sol, à une trentaine de centimètres du côté le plus proche de la pente du col, mais l’avant, ou plutôt la partie la plus proche de moi, se trouvait bien à deux mètres de hauteur. Le train d’atterrissage formé de trois espèces de boules était abaissé ; on le distinguait sous l’espèce de bandeau qui les protégeait et j’eus l’impression que c’était une mesure de précaution, au cas où ils seraient obligés de se poser. Le vent soufflait en rafales violentes, et chacune d’elles secouait la soucoupe. Le soleil se reflétant sur la surface de l’engin provoquait de merveilleux reflets prismatiques, comme ceux que l’on verrait jaillir d’un diamant noir.

Mes six amis qui nous observaient de loin remarquèrent aussi ce phénomène.

La splendeur de ces couleurs chatoyantes s’irradiant sous le soleil dépassait tout ce que j’avais pu imaginer.

car voilà que sous mes yeux, silencieux dans le désert et planant

en frémissant comme pour s’élancer dans les cieux, ce merveilleux vaisseau spatial d’un autre monde m’attendait !

J’étais muet de stupeur, j’étais bouleversé. Je n’avais littéralement plus les pieds sur terre. J’avais le sentiment d’exister à la fois dans deux mondes différents, et si je dois vivre cent ans, jamais je n’oublierai ma joie et ma surexcitation quand je vis pour la première fois un « navire-éclaireur » de Vénus, d’une autre planète, sœur de la Terre !

Quand je fus plus près de l’engin, je remarquai une boule à son sommet, qui me parut être une espèce d’objectif. Elle brillait. Je me demandai si cela pouvait servir de pôle magnétique afin d’attirer de l’espace la force nécessaire au déplacement. Sur les photographies, cette boule ressemble à un gros anneau et on m’a demandé si ce dispositif servait à accrocher la petite soucoupe et à la maintenir en place dans le grand cigare, ou « porte-soucoupes ». J’en doute, à moins qu’elle n’y soit maintenue par la force de son magnétisme, ce qui est possible.

Le dessus de l’appareil était arrondi en forme de dôme, encerclé par un anneau de fils métalliques ou électriques, qui brillaient.

Il y avait des hublots ronds sur un des côtés mais pas tout autour de l’appareil, certainement, parce que, sur la

C’était une vision de rêve. Un espoir réalisé

face qui se présentait à moi, et au-dessus d’une des boules d’atterrissage, la paroi était lisse. Je ne sais pas s’il en était de même au-dessus des deux autres boules qui m’étaient cachées, car je n’eus pas l’occasion de faire le tour de la soucoupe. Les hublots devaient être faits d’un autre matériau car ils étaient transparents.

Soudain, un merveilleux visage apparut à un de ces hublots et regarda dehors, puis disparut aussitôt. Je sentis que la personne qui se trouvait à l’intérieur s’impatientait et attendait mon visiteur, mais aucun mot ne fut prononcé. Le visage avait disparu si vite que j’avais à peine eu le temps de l’apercevoir, mais j’ai remarqué tout de même que cette personne avait aussi des cheveux longs comme mon nouvel ami.

J’étais fasciné par ce merveilleux vaisseau spatial et je me demandais comment ces gens faisaient pour le maintenir ainsi immobile à un mètre du sol.

Mon compagnon de l’espace m’avertit de ne pas trop m’en approcher, et lui-même recula légèrement. Mais je dus faire un mouvement inconsidéré car, en me retournant pour lui parler, mon épaule droite effleura le bord externe de l’espace de bande de métal et aussitôt mon bras fut soulevé et rejeté violemment contre mon corps. La force était telle que, bien que je pus encore bouger le bras, il était parfaitement insensible.

Mon compagnon fut désolé de cet accident mais il m’avait averti et je ne pouvais m’en prendre qu’à moi. Cependant, il m’assura qu’avec le temps je n’en ressentirais plus les effets. Trois mois plus tard, je m’aperçus qu’il avait dit vrai car la sensibilité était revenue et de vagues douleurs viennent seulement me rappeler de temps en temps ce choc.

Sur le moment, je m’inquiétais bien moins de mon bras que des négatifs que j’avais glissés dans ma poche. Je les pris vivement pour les mettre dans mon autre poche.

Je les pris vivement pour les mettre dans mon autre poche. Undestémoins,AliceWells,

Undestémoins,AliceWells, itcecroquisduvisiteur,aprèsavoirobservél’entrevueàlajumelle.L’aspectgénéralestbienrendu,ainsiquel’ensembledestraitsdu visageunpeularge,maiscedessinnepeutdonneruneidéedelabeautédecetêtre.

Comme je les avais à la main, ce visiteur de Vénus tendit la sienne, en indiquant qu’il aimerait avoir une bobine. Je les lui offris toutes, mais il n’en prit qu’une, qu’il glissa dans le devant de sa tunique, mais je ne vis pourtant ni poche ni ouverture d’aucune sorte.

Il me fit comprendre qu’il me la rendrait, mais je ne compris pas comment, ni où, ni quand.

Je lui demandai si je pouvais visiter son vaisseau volant, et peut-être faire une petite promenade mais il refusa

en souriant. Je compris que ce n’était pas possible pour l’instant, car il devait partir.

J’étais un peu déçu mais son attitude me fit espérer que je le reverrai.

En quelques pas il atteignit la paroi rocheuse derrière la soucoupe et monta sur la bande, à ce qu’il me sembla, mais je ne saurais dire comment il pénétra dans le vaisseau spatial. Toujours est-il que la soucoupe s’éleva silencieusement et s’éloigna en virant de bord. Je vis alors une petite ouverture vers le centre de la bordure, qui se refermait comme s’il y avait une porte à glissière. J’entendis également les deux occupants parler à mi-voix, et ces voix étaient comme de la musique, mais je ne comprenais pas les paroles.

Quand la soucoupe eut disparu, j’allai rapidement me pencher sur les empreintes laissées par mon ami de l’espace qui me manquait déjà.

En retraçant nos pas, je constatai que les siens et les miens étaient visibles mais que les siens étaient plus marqués que les miens. Quand j’atteignis l’endroit où il avait délibérément laissé ses empreintes, je ramassai quelques cailloux et en entourai chacune d’elles afin de les préserver, jusqu’à ce que les autres puissent les voir, et que le Dr Williamson en fasse des moulages.

Je savais qu’il le pourrait puisque, étant anthropologue, il avait l’expérience de ce genre de choses. Et nous étions venus bien préparés, nous attendant à tout, si bien que nous avions même emporté un sac de plâtre.

S’ils nous avaient bien observés, mes amis avaient certainement dû voir s’envoler la petite soucoupe, mais même si leur attention avait été distraite un instant ils auraient compris qu’il se passait quelque chose, en voyant le nombre d’avions militaires qui tournaient au-dessus de nous. Leur bruit contrastait étrangement avec le mouvement silencieux des deux vaisseaux de l’espace que nous venions de voir.

Mes compagnons s’apprêtaient à me rejoindre, l’heure étant écoulée, quand ils me virent agiter mon chapeau au bord de la route, comme prévu. Je les attendis et quand ils furent là, je leur conseillai de laisser les voitures sur le bas-côté plutôt que de risquer une crevaison sur ces rochers pointus.

J’étais surexcité et je pouvais à peine parler. Ils l’étaient aussi, naturellement, et posaient des questions tous en même temps. Je finis par leur dire que j’avais causé avec l’homme de l’espace et qu’il avait laissé des empreintes de pas.

— Venez

Venez voir !

Je n’eus pas besoin d’en dire davantage. Ils se précipitèrent tous à ma suite, après que George eut pris dans la voiture le plâtre, deux récipients et un bidon d’eau.

Le terrain était bien malaisé, mais ils me bombardaient de questions. Je ne pouvais leur répondre, j’avais l’impression d’être dans un autre monde. Il me semblait que mon corps était là sur la Terre mais mon esprit, ou mon âme, ailleurs. Je leur répondais machinalement. Cette sensation de vivre en même temps dans deux mondes différents persista pendant une quinzaine de jours et aujourd’hui encore, quand j’évoque le souvenir de cette merveilleuse aventure, ce sentiment me reprend.

Nous arrivâmes enfin à l’endroit où j’avais rencontré mon visiteur et tout le monde se pencha sur les curieuses empreintes de pas. Il était évident qu’il y avait là un message, qui serait bien difficile à interpréter.

Les deux Betty prirent des photos tandis qu’Alice en faisait des croquis, car chaque empreinte portait des marques différentes. Ce fut heureux, car aucune des photos ne fut assez nette pour montrer quoi que ce fût.

Pendant que George moulait les empreintes et que les femmes les photographiaient ou les dessinaient,

Pendant que George moulait les empreintes et que les femmes les photographiaient ou les dessinaient, des avions tournoyaient au-dessus de nous comme un essaim de mouches, et parfois une de leurs ombres passait sur le sol. Le bruit était infernal mais j’étais sourd et aveugle à leur présence. Je ne pensais qu’à mon visiteur et à son engin volant mystérieux.

Nous passâmes ainsi plusieurs heures à faire les moulages. George et Al me demandèrent l’autorisation de parler de l’événement à un quotidien de l’Arizona et je la leur accordai. Ils décidèrent de se rendre à Phoenix, la capitale de l’État, la grande ville la plus proche où le tirage des journaux était considérable. Ils me posèrent de nombreuses questions pour les aider dans leur récit, en particulier sur les dimensions de la soucoupe.

Je leur répondis qu’elle devait avoir environ 7 mètres de diamètre, mais j’étais encore sous le coup de l’émotion et je ne pouvais être sûr de rien. Cependant, je leur confiai deux de mes bobines de pellicule afin de confirmer leur récit, en les autorisant, à les faire paraître dans le journal.

Nous transportâmes ensuite tout notre matériel et mon télescope dans les voitures, puis nous allâmes prendre un repas bien gagné à Desert Center.

Le 24 novembre, le Phoenix Gazette publia le récit de mon entrevue avec le Vénusien, et des photos des quatre témoins qui avaient apporté la nouvelle au journal. Un cliché des croquis d’empreintes et un autre extrêmement flou de la soucoupe — le plus net de ceux que j’avais pris et dont le négatif se trouvait dans ma poche au moment où j’avais été choqué par la force émanant de l’engin — accompagnaient le reportage.

Comme il restait un certain nombre d’empreintes bien visibles sur le sol quand nous étions partis, George et Al proposèrent aux reporters de les accompagner sur les lieux, pour qu’ils puissent les voir de leurs yeux. Mais les croquis leur suffirent, comme preuve, et l’article parut dès le lendemain.

Rentré chez moi, je parlai à quelques rares personnes de mon aventure pour obtenir leurs réactions, mais comme mes photos n’étaient pas bonnes, je n’avais aucune preuve tangible à présenter. Je ne tenais pas à montrer les moulages, de crainte qu’on ne les brisât. Cependant, toutes les personnes à qui j’en parlai me crurent sur parole.

Une série d’articles parut également dans le Blade Tribune, d’Oceanside, Californie, racontant mon entrevue avec le Vénusien et publiant des photos de la soucoupe. L’auteur de ces articles s’était déplacé pour venir m’interviewer. Ce récit fit doubler le tirage de ce journal, que tout le monde s’arracha.