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MONNAIE

ET MARCHES FINANCIERS

Introduction générale

I) Raison d’étude des marchés financiers

Définition du marché financier : il s’agit du marché sur lequel se rencontrent l’offre et la demande de capitaux sur le long terme. Les intervenants sur ce marché sont des agents excédentaires ou à capacité de financement (les entreprises et les ménages) et des agents déficitaires ou à besoin de financement en l’occurrence l’Etat et les entreprises.

1) Typologie de marché de capitaux

Il est opportun de mettre en évidence les éléments suivants :

a) Mutation des marchés financiers : la transition d’une économie d’endettement à une économie de marchés de capitaux met en évidence deux notions contradictoires :

- La finance indirecte ou intermédiée marquée par la prépondérance des intermédiaires financiers dans la collecte des ressources et l’octroi de financement sous forme de crédits.

-La finance directe : permet de relier de gré à gré ou sur un marché organisé, tel la bourse, prêteurs et emprunteurs qui représentent des épargnants souscripteurs.

b) Globalisation financière et décloisonnement : la vague de mondialisation a provoqué un éclatement des compartiments des différents marchés. La disparition des frontières entre le marché monétaire (Court et Moyen Termes) et marché financier (Long terme) offre aux acteurs une gamme variée de produits financiers sur un marché de capitaux large, dont les échéances couvrent aussi bien le très court terme que le très long terme.

c) Classification classique en marché monétaire et marché financier : Le marché monétaire est la composante des marchés de capitaux où s’échangent les fonds à court terme (un jour à un an) et moyen terme (échéance < 7ans). Le marché financier est le lieu de rencontre des capitaux de long terme, il permet donc l’échange d’actifs financiers (actions, obligations) et de plus en plus leurs produits dérivés qu’on peut scinder en trois grandes familles : contrats à terme, contrats d’options et contrats d’échanges (swaps).

2) Importance économique des marchés financiers :

Le fonctionnement normal des marchés financiers est une condition nécessaire à la création d’une production économique maximale grâce à une efficacité économique en assurant la rencontre des agents à capacité de financement avec les agents déficitaires. En revanche, l’absence d’une allocation optimale des ressources s’explique par l’inefficacité des marchés financiers.

II) Des marchés financiers internationaux en expansion : Si l’essor des marchés financiers a commencé dès les années 1960, la véritable accélération n’a été observée que dans les années 1990. La capitalisation boursière est passée de 40% du PIB à plus de 90% à la fin de la décennie, soit 30.000 M de dollars.

1) Cette expansion spectaculaire s’est accompagnée d’une internationalisation remarquable, on distingue plusieurs étapes :

a) La circulation du dollar en dehors du territoire américain après la deuxième guerre mondiale.

b) L’apparition de marchés de capitaux internationaux spécifiques à partir des années 1960, connus sous le terme d’euromarchés.

c) Le recyclage des pétrodollars à partir de 1974, a constitué un coup d’accélération au mouvement d’internationalisation de la finance.

Remarque : L’eurodollar est une des euromonnaies, ce sont des dépôts à termes libellés en dollars et déposés auprès d’une banque établie hors des Etats-Unis. Les euromarchés : ce sont des marchés de capitaux sur lesquelles se réalisent les opérations financières (prêt et emprunt) libellées en euromonnaies, c'est-à-dire des monnaies différentes de la monnaie du pays où elles sont réalisées.

d) L’amplification de la globalisation financière par les trois D (déréglementation, décloisonnement, désintermédiation). L’expansion du commerce d’actifs financiers dépasse largement celle du commerce des biens.

e) Le développement du marché de changes est aussi révélateur de l’intensification de la globalisation financière.

f ) Le volume de transactions financières de devises sur l’ensemble des places financières est passé de 620 Md de dollars en avril 1985 à 4000 Md en avril 2010. Sur ce total les transactions de changes liées à des échanges commerciaux de biens et de services représentent moins de 2%.

2) L’apparition des nouveaux acteurs :

le

développement de la gestion collective de l’épargne.

b) Les actifs financiers sont de plus en plus confiés à des investisseurs institutionnels, des professionnels connus sous le nom familier de « Zinzins ». Il s’agit d’organismes collecteurs de l’épargne pour les placer sur les marchés, à titre principal les sociétés d’assurance, les banques, la CDG…

Ex : les fonds d’investissement permettent aux américains de placer leurs épargnes et de profiter d’une retraite par capitalisation.

Les Zinzin gèrent à la fin de 2009 peu plus de 70000 Md d’épargne contre 40000 Md en 2000. Ils sont chargés de gérer l’épargne de long terme - éléments stabilisateurs des marchés financiers et financement des investissements de long terme.

Avant la crise des subprimes ils ont confié leurs actifs aux fonds spéculatifs, ou les hedge funds.

c) Les fonds spéculatifs ou ‘’hedge funds’’ dits fonds de couverture ou fonds alternatifs. Leur faible réglementation a fait qu’ils sont réservés aux investisseurs institutionnels, aux banques et aux grandes fortunes. Les ¾ sont des américains ou britanniques et les 2/3 sont localisés dans les îles caïmans, le paradis fiscal des multinationales. Les HF restants sont principalement européens

a

)

l’expansion

des

marchés

financiers

a

aussi

été

entraînée

par

domiciliés à 70% au Luxembourg et en Irlande et dirigés à 90% depuis l’Angleterre et la France.

3) De nouveaux produits, en particulier les produits dérivés qui donnent droit d’acheter ou de vendre à terme un autre actif à un prix fixé à l’avance, soit dans le cas des Swaps, d’échanger deux actifs.

La technique de titrisation, qui a contribué à développer les marchés de produits dérivés, transforme des crédits bancaires en titres totalement liquides et réalise la liquéfaction des créances bancaires.

En 2008, avant la crise des subprimes plus de la moitié des encours de crédits étaient titrisés, contre à peine plus de 10% à la fin des années 1960.

Chapitre 1 : Le marché primaire

Le marché primaire permet l’émission et le placement des titres nouveaux, il est appelé aussi marché du neuf.

Il s’agit d’un marché délocalisé au comptant, qui n’est pas soumis à la loi de l’offre et de la demande car les émetteurs fixent unilatéralement les prix.

Pour effectuer l’augmentation de capital, des placements d’emprunts obligataires ou une introduction en bourse, des transactions sont effectuées sur un premier marché entre un émetteur et un souscripteur en deux étapes :

1 ère étape : les émetteurs (Etats sous forme de bons de trésors ou entreprisses sous forme de billets de trésorerie) déterminent la nature des titres à utiliser comme support dans cette opération (actions et obligations) et leurs caractéristiques (valeur nominale, prix de remboursement et modalités de souscriptions).

2 ème étape : les intermédiaires, c'est-à-dire les établissements de crédit et les banques d’investissement, tentent de vendre des actions ou des obligations, collectent des fonds auprès des souscripteurs et garantissent la fin des opérations.

Section 1 : le marché interbancaire

Le marché interbancaire est par excellence le marché de la liquidité, il est spécialisé dans les capitaux dont la durée est courte ou moyenne (< 7ans). Jusqu’en 1983, l’accès au marché monétaire était réservé aux seuls établissements financiers (banques, OFS, dont la C.D.G), c'est-à-dire que le marché interbancaire représentait le seul compartiment du marché monétaire.

I) Définition du marché interbancaire : Le marché interbancaire est un marché

délocalisé et fermé qui permet aux différents intervenants de procéder à des transactions de produits financiers (emprunts ou actifs financier). La mission de la banque centrale sur ce marché est d’injecter plus de liquidité ou d’en prendre pour

réguler le marché.

2) Fonction : La fonction généralement attribuée au marché interbancaire est celle

de refinancer les banques déficitaires et de permettre à celles qui connaissent des excédents d’y effectuer des placements en monnaie centrale. Bref, ce marché assure

la redistribution des liquidités entre les banques et la régulation de la liquidité bancaire par l’institut d’émission. L’objectif recherché par les établissements de crédit est d’avoir un compte équilibré en monnaie banque centrale car leurs comptes courants ne peuvent se présenter débiteurs en fin de journée.

3) Les acteurs : les acteurs sur ce marché sont les banques commerciales, la C.D.G,

la caisse marocaine des marchés, la caisse centrale de garantie et Dar Addamane.

4) Opérations et supports : Sur ce marché virtuel, les transactions électroniques (S.I.M.T), reflètent via un mécanisme de crédits croisés, un échange d’excédents et de déficits effectué par le biais des comptes des banques auprès de la banque centrale qui définit les opérations qui peuvent être réalisées sur ce marché comme étant « tous prêts ou emprunts au jour le jour, à terme fixe contractés entre banques et entre banques et établissements financiers, quelles que soient leurs échéances, leurs formes ou leurs modalités : avances en blanc, avances garanties, pensions d’effets »

a) Les avances en blanc : ce type de prêt n’exige aucun titre en contrepartie. En d’autres termes, ces avances en monnaie centrale sont accordées sans effet ou créance remis en garantie. Le recours à ce prêt se fait dans 2 cas :

-Lorsque l’emprunteur est à faible risque, les prêts sont non-gagés

(non garanties) en signe de la très bonne qualité du bénéficiaire.

-Si l’emprunteur ne dispose pas de titres éligibles à ce marché, les prêts interbancaires en blanc deviennent plus risqués et par conséquent plus chers.

b) Les avances garanties : il s’agit de vente de titres au comptant avec option d’achat. Le réméré offre la faculté de rachat au vendeur-emprunteur à un prix et un délai convenus à l’avance, des titres ayant servi de garantie, moyennant le versement à l’acheteur prêteur à réméré, d’une indemnité appelée aussi réméré. En revanche, si l’option d’achat n’est pas utilisée, les titres deviennent la propriété de l’acheteur et le réméré se transforme en une vente ferme.

c) Les pensions d’effets : La prise en pension peut être définie comme une vente temporaire assortie d'un engagement d'effectuer l'opération en sens inverse pour un prix et une échéance connus.

5) Durée: La durée de ces opérations, nouées à distance est dans la quasi- totalité des cas au jour le jour (70%). Pour le reste, les échanges de fonds ont lieu pour des termes variant entre 7 jours et un mois.

6) Taux: ils sont déterminés sur la base de la loi de l'offre et la demande de liquidités. Néanmoins, ces taux doivent osciller à l'intérieur d'une fourchette constituée par un prix-plafond (celui des facilités à 24 heures) et au prix- plancher (celui des pensions à 7 jours).

Les taux de prêts sur le marché interbancaire doivent s'inscrire entre ces taux directeurs de la banque centrale, qui diffuse chaque jour un taux de référence appelé le taux moyen pondéré, qui constitue son objectif opérationnel.

7) Dénouement des opérations: ce marché virtuel, qui prend la forme de transactions électroniques chaque jour ouvrable, se tient à Casablanca où siègent les grandes banques nationales grâce à la centralisation des trésoreries de leurs comptes courants auprès de la banque centrale. Cet échange de disponibilités en monnaie centrale ne donne pas lieu à un règlement effectif en monnaie centrale mais se fait à travers la compensation des créances et des dettes mutuelles.

Sur le marché interbancaire marocain le contact entre les différents acteurs se fait par téléphone. Ailleurs (en France par exemple) on fait appel à des :

-Agents de marchés ou courtiers chargés de la passation des ordres entre prêteurs et emprunteurs moyennant une commission payée par ce dernier.

-Les maisons de réescompte représentent des banques de dépôt spécialisées dans la confrontation de l'offre et la demande de monnaie centrale. Il s'agit pour elles d'emprunter les excédents pour une durée allant de 1 jour à un an. Le recyclage des capitaux permet de rendre la durée des prêts plus longue et grandit une meilleure fluidité du marché.

8) L'intervention de la banque centrale sur le marché monétaire:

Les opérations de prêts garantis (pensions) qui sont d’une maturité de 24 heures, d’une semaine, ou 3 mois au maximum, représentent avec l'open-market, la clé de voûte des interventions de BAM après le remaniement de juin 1995. ( voir cours de politiques économiques).

Section 2 : Le marché des titres de créances négociables

Le marché des titres de créances est un compartiment du marché monétaire qui offre à tous les opérateurs économiques la possibilité d'accéder aux marchés de capitaux pour émettre des instruments financiers sous la forme de billets à ordre représentatif de droits de créance et ce pour répondre à un besoin de financement à court, moyen ou long termes.

L'ensemble des agents économiques, résidents peuvent souscrire à ces TCN. Son institutionnalisation au Maroc par le Dahir du 26 janvier 1995 et son entrée en vigueur le 30 janvier 1996 répond à un double objectif:

*** la diversification de la panoplie des instruments financiers à travers l'extension du marché monétaire en 1995, en offrant aux établissements de crédit et aux entreprises la possibilité d'émettre des TCN destinés à l'ensemble des agents économiques.

*** le décloisonnement des différents compartiments du marché monétaire afin d'en augmenter la liquidité et d'encourager la fixation des taux à travers le libre jeu de l'offre et la demande. De ce fait, les différents intervenants peuvent procéder à des arbitrages entre la gamme des instruments financiers en

fonction de la durée des placements convoités.

Les TCN peuvent être énumérés de la manière suivante:

- Les certificats de dépôt négociables

- Les billets de trésorerie

- Les bons des sociétés de financement

- Les bons du trésor négociables.

Précisons d'abord que tous titres sont dématérialisés et librement cessibles par simple virement d'un compte à l'autre. Seuls sont habilités à procéder à ces opérations de placement et de négociation des TCN, les entités émettrices, les établissements de crédit, la CDG et les sociétés de bourses. Leur montant minimum a été fixé en 1995 à 250.000 et ramené à 100.000 dhs en 2001.

Paragraphe1 : les certificats de dépôts négociables (CDN)

Il s'agit d'un billet à ordre à travers lequel la banque émettrice s'engage à rembourser les fonds empruntés à un taux d'intérêt et une date fixés à l'avance, dont la durée peut varier de 10 jours à 7 ans.

Le remboursement anticipé n'est pas possible sauf autorisation exceptionnelle accordée par la banque centrale. Néanmoins, son caractère négociable lui confère la possibilité d'être cédé à un autre tiers en cas de besoin (difficultés financière ou choix d'un autre placement plus attractif). Le rachat par l'émetteur de son propre papier n'est possible qu'à concurrence de 20% du montant total des titres émis .En outre, le placement et la négociabilité des CDN relève de la seule compétence des banques, de la CDG et des sociétés de bourse.

Paragraphe2 : les bons émis par les sociétés de financement : Ils

permettent à ces entités émettrices, habilitées à collecter des ressources dont la durée est supérieure à 2 ans, d'effectuer une levée de fonds sur le marché de capitaux en contrepartie d'un intérêt comportant une prime de risque dont le montant varie en fonction du Rating de l'emprunteur librement déterminé, fixe ou révisable.

Ces bons, dont la durée est fixée à un minimum de 2 ans et ne peut dépasser 7 ans, sont destinés à toute personne physique ou morale résidente ou non résidente.

En outre, ces bons, comme tous les autres TCN, ne sont pas nominatifs et par conséquent sont librement transmissibles par simple jeu d'écriture d'un compte à un autre sur les livres des intermédiaires autorisés à effectuer ce genre d'opération. La négociabilité et le placement sont effectués à titre exclusif par les établissements de crédit, les sociétés de bourses et la C.D.G

Paragraphe3 : Les billets de trésorerie

Le billet de trésorerie est un TCN qui incarne un crédit interentreprises, ouvrant droit à un intérêt au profit du souscripteur. Il s'agit d'une solution de financement à court terme sur le marché monétaire pour une durée qui varie de 10 jours à 1 an.

-Cet instrument financier de face à face n'est éligible qu’aux personnes morales (à l'exception des banques et sociétés de financement) ayant un minimum de fonds propres de 5 millions de dirhams et trois bilans certifiés, c'est à dire trois ans d'activités. Le montant du billet de trésorerie est fixé par l'émetteur et ne peut être inférieur à 100.000 DHs, moyennant des intérêts, fixes précomptés. S’agissant de la domiciliation des billets, elle est obligatoirement faite auprès des banques, alors que leur négociabilité est réalisée par les établissements financiers, les sociétés de bourse, la CDG, outre l'émetteur lui-même, à travers lesquels transitent toutes les opérations d'achat et de vente de titres.

-L’assouplissement des conditions de financement à travers l’obtention de financements moins onéreux que les crédits bancaires classiques et par la même une meilleure allocation des ressources en les canalisant vers les entreprises déficitaires.

-Le placement de l'intégralité des billets de trésorerie sur le marché des capitaux est le signe d'une bonne santé de l'émetteur et de son autonomie financière, ce qui atténue amplement sa dépendance et renforce sa position à l'égard des établissements de crédit.

Paragraphe4 : Les bons de trésor négociables

Les titres publics représentent les établissements financiers les plus importants

sur le marché de capitaux, ils représentent une dette de l'Etat et sont émis en permanence, soit pour couvrir le déficit budgétaire.

Les BTN sont émis par adjudication et ont représenté au Maroc un encours global de 277.4 MDS au 31 décembre 2010, soit 95% de la dette intérieure.

A- les caractéristiques des BTN

a) la durée de ces valeurs de trésor varie de 52 semaines, 2 ans, 5 ans, 10 ans à 30 ans, ils sont négociables de gré à gré.

b) Dématérialisation: ces titres sont dématérialisés et se trouvent ainsi inscrits en compte courant de l'établissement souscripteur auprès de BAM.

c) Montant et intérêt : les BTN sont rémunérés à un taux fixe calculé pour une année de 360 jours et payés à l'échéance, leur montant minimum est de 100.000 à l'instar des autres TCN.

B- Les intervenants :

Sur ce marché l'Etat, émetteur unique, entre en contact avec les établissements autorisés à soumissionner ou avec les intermédiaires en valeur du trésor(IVT):

- les banques peuvent y souscrire pour leur propre compte ou pour

ceux de leur clientèle, elles sont souvent au premier rang des souscripteurs.

- les compagnies d'assurance, les organismes de prévoyance sociale

ou de retraite, les OPCVM, les sociétés de bourses peuvent souscrire

uniquement pour leurs propres comptes.

- les IVT ont pour vocation l'animation du marché et facilite le

placement en leur qualité de spécialistes des titres publics. Ils sont obligés de souscrire à un pourcentage de titres (10%) lors de chaque adjudication en contrepartie des conditions de taux privilégié qui leurs sont offertes (BCP,

Attijariwafa, BMCE, la CDG, City Bank et mediafinance)

C - le fonctionnement du marché : L'adjudication à la hollandaise:

Au terme d'un appel d'offre, la banque centrale utilise cette technique d'émission qui consiste à rémunérer les bons de trésors au prix, ou taux effectif de soumission, et les titres sont vendus aux plus offrants. Les soumissionnaires aux pris les plus élevés sont servis en premier lieu et le taux est progressivement abaissé jusqu'à la collection du montant souhaité. De ce fait, les offres sont servies par ordre décroissant au fil des besoins du trésor.

Chapitre 2 : le marché secondaire

Le marché secondaire est le compartiment du marché des capitaux qui permet l'échange des titres financiers déjà créés sur un compartiment primaire ou le marché des émissions à court, moyen et long termes. Outre l'évaluation des titres financiers, le marché de l'occasion secondaire fournit la liquidité aux investisseurs financiers remplissant par la même la fonction du marché du neuf, d'où le caractère complémentaire des marchés primaire et secondaire.

L’existence du marché secondaire s'explique par le caractère négociable des actions, des obligations et autre TCN, où l'on accorde un nouveau prix, dit de marché.

Section1:

le

marché

secondaire :

marchés,

structure

et

acteurs

La bourse des valeurs est un marché public qui permet la mise en contact des acheteurs et des vendeurs de valeurs mobilières et par la même la négociabilité de ces titres et la détermination de leurs valeurs. La bourse remplit une triple fonction:

- le financement de la croissance via les augmentations de capital des entreprises cotées sur ce marché.

- la mobilisation de l'épargne et sa canalisation vers les agents à

besoin de financement. Elle offre aux investisseurs des opportunités de placement avec un rendement optimal comparatif aux obligations ayant des

revenus plafonnés.

- une gestion collective et professionnelle offre aux épargnants des

possibilités de choix de valeurs mobilières les plus rentables: en effet, les banques ont confié aux OPCVM qu'elles ont créées la mission de gérer d'une manière professionnelle et rentable les fonds de leurs clients.

Depuis sa création en 1929, la bourse des valeurs de Casablanca (connue sous le non d'office de compensation des valeurs mobilières) a subi différentes mutations avant sa réforme majeure de 1993 qui a porté sur deux volets:

principalement sur les étapes

suivantes:

- la naissance d'un gendarme de la bourse (le conseil déontologique des

valeurs mobilières) dont la mission principale est la protection des épargnants

(juillet 1994).

- l'agrément au cours de la même année (octobre 1994) des sociétés de

bourse. En leur qualité d'intermédiaires spécialisées, elles ont le monopole des

transactions et donc de courtage sur les valeurs mobilières cotées (Aujourd'hui 17 sociétés de bourses) (exemple: BMCEcapital bourse, BMCI bourse, Attijari intermédiation).

- Casablanca (SBVC): il s'agit d'une société privée gestionnaire de la bourse.

- les OPCVM ont vu le jour en novembre 1995 pour gérer le portefeuille

des valeurs mobilières, pour ce faire, ces intermédiaires financiers appliquent le

principe de répartition des risques.

b) le volet technique a visé essentiellement plusieurs mesures dont les plans saillantes sont:

- le lancement d'un système de cotation électronique en mars 1997 pour exécuter rapidement les ordres de transactions mais aussi afin de les rendre plus transparents et plus sûrs. Cette mesure a été parachevée en délocalisant des stations de négociation dans les locaux des sociétés de bourse en janvier 2001.

- la mise en place en novembre 1998 du marché central et du marché de blocs en remplacement du marché officiel et du marché de cessions directes.

-L’application des standards internationaux en matière de délai de

août 1995 de la société de bourse des valeurs de

a)

le

volet

réglementaire

a

porté

la création en

dénouement théorique en le ramenant de j+5 à j+3 et ce à partir de mai 2001

Remarques :

Le marché central: permet la confrontation des ordres d'achat et de vente des valeurs cotés afin d'acheminer tous les flux d'ordre vers une même feuille de marché, par conséquent l'opération s'effectue dans des conditions optimales en rendant plus aisée la liquidité des titres.

Le marché de blocs: les investisseurs peuvent opérer sur des blocs de titres, les transactions se font de gré à gré, c'est à dire par entente directe en respectant une taille minimale fixée par la bourse, et le prix de transaction doit s'inscrire dans une fourchette fixée par la bourse sur la base des cours du marché central.

Paragraphe 1 : Le marché boursier : Marchés et structure

Ce paragraphe portera successivement sur les marchés da cotation et la structure du marché boursier.

A- Les marchés de cotation

L’introduction en bourse par l'émission d'actions se traduit par l'inscription dans l'un des marchés de cotation:

a) Les Marchés Action:

L'éligibilité par les entreprises à l’un de ces marchés est soumise au respect de conditions strictes telles que le capital minimum, le chiffre d'affaires, le nombre d'exercices certifiés ou encore les comptes consolidés. On distingue trois marchés d'actions qui remplissent des fonctions distinctes. Ces compartiments sont les suivants:

1) le marché principal : est destiné aux entreprises de grande taille. En cas d'existence de filiales, l’entreprise mère doit obligatoirement procéder à la consolidation de ses comptes.

2) le marché développement: concerne les entreprises ayant une taille moyenne et dont les perspectives de développement séduisent les investisseurs et permettent des rendements attractifs

3) le marché croissance a comme cible les entreprises caractérisées

par un taux de croissance élevé appuyé par un projet financier fiable.

Néanmoins l'accès à ces marchés et le recours au financement nécessaire auprès des investisseurs souscripteurs suppose le respect des conditions d'entrée suivantes:

Les marchés

 

Marché principal

Marché

de

Marché croissance

développement

Montant

minimum

à

75MDH

25MDH

10MDH

émettre

Nombre

de

titres

250.000

100.000

30.000

minimum à émettre

 

Nombres

d’exercices

1

2

3

certifiés

Néanmoins, le maintien de cet accès suppose lui aussi le respect de deux conditions :

- Une condition principale : le flottement minimum correspondant au nombre de titres qui ne doit pas être inférieur au nombre de titres minimum exigé lors de l’émission.

- deux conditions additionnelles sont nécessaires :

* un montant minimum de capitaux propres égal à 50 Ms de dirhams

* le chiffre d’affaire annuel de l’entreprise admise à la côte ne devrait pas pour sa part être inférieur à 50 Ms de DHs

Remarque:

La consolidation signifie grouper et le bilan consolidé établit, comme s'il s'agissait d'une seule entité, des Etas financiers d'un groupe de sociétés à travers l'agrégation des comptes de chacune de ses filiales.

Il est éclairant de mentionner qu’une entreprise ne siège pas éternellement dans un marché et que le reclassement des sociétés peut être effectué si une modification des critères de séjour requiert un transfert d’un marché à un autre

b) Le marché obligataire :

Il s’agit d’un marché de capitaux de moyen et long terme, le titre financier représentant le mécanisme de levée de fonds est l’obligation 1. Les Etats, les entreprises, les fonds souverains et les investisseurs particuliers y interviennent pour emprunter ou prêter contre un rendement quasi-certain, deux situations sont relevées :

-L’emprunt obligataire désigne la situation de demande de crédit par un agent économique déficitaire.

-L’émission obligataire désigne une offre de crédit par des acteurs (Etats, Entreprises) qui émettent ces instruments pour financer leurs besoins.

Ce compartiment du marché financier permet aussi bien à l’Etat qu’aux entreprises de s’endetter en émettant des obligations. L’émetteur-emprunteur des fonds demandés auprès d’un souscripteur- prêteur contre un rendement représenté par le taux d’intérêt qui dépend de la notation de l’émetteur et par conséquent reflète son degré de risque.

En juillet 2011, les obligations des Etats représentaient 46% du marché obligataire mondial.

1) Typologie des marchés obligataires

-Marché primaire : il représente l’émission de nouvelles obligations sous la forme de vente ferme par des investisseurs institutionnels ou encore par des particuliers. Le placement de ces titres neufs est effectué par un consortium des banques d’investissement choisies par l’émetteur-emprunteur.

-Marché secondaire : il est représenté par toutes les transactions sur les obligations cédées au moins une fois, il s’agit de titres d’occasion, ou encore déjà en circulation.

2) La détermination des taux sur le marché obligataire :

Si les taux d’intérêt à court terme sont fixés unilatéralement par la banque centrale, les taux d’intérêt à long terme sont représentés par les rendements obligataires, c'est-à-dire le prix des obligations. Celui-ci valorise un instrument à

fixer et se détermine comme suit :

-L’actualisation des flux de revenus futurs liés à cet emprunt sur la base des coefficients d’actualisation

-Coût de renonciation à la liquidité : il faut ajouter aux flux financiers actualisés une prime de liquidité qui représente une approximation du coût de négociation de l’obligation.

3) Marchés directeurs :

Il existe deux marchés de référence des taux d’intérêt de 0 à 30, voire 50 ans :

-Le marché des principaux emprunts-Etats qui constituent les taux d’intérêt sans risque. Ces taux des emprunts d’Etat à taux fixe se déterminent sur la base de la confrontation de l’offre et la demande instantanées sur les fûtures.

-Le marché des swaps contre IBOR, reflète les taux d’intérêt interbancaires.

Les emprunteurs s’engagent à verser au créancier un rendement fixé à l’avance à chaque période jusqu’à la maturité de l’emprunt : c’est le coupon qui donne le droit de se faire rembourser le capital plus les intérêts au porteur de l’obligation avant la distribution des dividendes aux propriétaires de l’entreprise. Celles-ci ne sont pas obligées d’ouvrir leur capital aux souscripteurs en cas d’émission des obligations, mais elles doivent disposer de deux exercices certifiés par des commissaires aux comptes.

En outre, le montant minimum d’émission est de 20M Dhs sur une durée qui est supérieure à 2 ans. Le nombre d’exercices certifiés (égal à 2) et la consolidation de comptes sont nécessaires si l’entreprise qui désire bénéficier d’un emprunt obligataire dispose de filiales.

c) Le marché des fonds

Ce troisième marché de cotation est particulier au regard de son affectation exclusive aux fonds de capital-risque et aux fonds de placement collectif en titrisation : l’accès à ce marché nécessite le respect du seuil d’émission qui est 20 MDHs.

B- la structure du marché boursier

La bourse de Casablanca est un marché réglementé qui permet la négociation des valeurs mobilières entre les entreprises déficitaires et les investisseurs.

Il s’agit d’un marché dirigé par les ordres exécutés soit sur le marché central soit sur celui des blocs. La structuration de la place Casablancaise sur ces deux marchés nous incite à jeter la lumière sur ces deux notions :

a)Le marché central

C’est un marché centralisé dirigé par les ordres, et non par les prix, qui permet la confrontation électronique de l’offre et la demande. L’introduction des ordres d’achat et de vente est assurée par les sociétés de bourse à travers leur station de négociation. S’agissant du prix d’équilibre, il est déterminé par le système électronique en confrontant l’offre et la demande des ordres de bourses.

Tout au long d’une séance de cotation, qui débute à 10h et prend fin à 13h, seule une bande de fluctuation de (+ou-) 6% du cours d’une action est tolérée. Ainsi la cotation d’une valeur sur le marché central est soumise au régime de cotation du continu ou du fixing, en fonction de la liquidité de la valeur.

b) Le marché de bloc

Ce marché est réservé aux ordres de taille importante donnés par les investisseurs institutionnels dont la transition par le marché central risque d’agir considérablement sur les cours. Les opérations sur le marché de bloc se font par ententes directes (de gré à gré). En d’autres termes, la négociation de blocs de titres est effectuée dans les conditions de cours issues du marché central( 1 ). Néanmoins, le passage par ce marché exige le respect de deux types de conditions :

-Conditions de taille : le respect de la taille minimum de bloc (TMB), c'est-à-dire le nombre de titre au moins égal à ce seuil fixé par la bourse des valeurs pour chaque valeur en fonction de l’évolution pendant une période déterminée des titres échangés et des cours constatés sur les marchés central et de blocs.

- Condition de prix : c’est le marché central qui détermine le cours des transactions de bloc pour toutes les valeurs soumises au régime du continu sous réserve de respecter la marge de fluctuation tolérée (bornes conclues) ±6%.

Paragraphe 2 : Les intervenants de la bourse

L’activité de la bourse de Casablanca est marquée par le rôle prépondérant de 4 acteurs suivants :

A)La bourse de Casablanca : la société de la bourse des valeurs de Casablanca (S.B.V.C) :

L’organisation de la bourse des valeurs a été confiée par l’article de 7, à une société concessionnaire, dénommée société gestionnaire. La gestion et le développement de ce marché boursier relèvent de la compétence d’une société anonyme à directoire et conseil de surveillance, dont le capital est réparti à égalité entre les sociétés de bourse qui opèrent sur la place.

Le cahier de charge approuvé par le ministère des finances, définit les missions de la société de bourse des valeurs de Casablanca comme suit :

- L’organisation des opérations d’introduction des sociétés en bourse.

- La gestion des séances de cotation.

- La diffusion des cours et indices.

- L’administration d’un système de compensation et de garantie.

- Prononciation de l’introduction à la côte et de la radiation des valeurs mobilières de la côte

- Vérification de la conformité des opérations de négociation et de dénouement effectués par les sociétés y cotées.

La nature de son activité, une société à but lucratif, l’oblige à tenir une comptabilité qui traduit la situation de son patrimoine à l’issue de chaque exercice.

B) Les sociétés de bourse

L’article34 de la loi de 1993 stipule clairement que les sociétés de bourse ont pour mission l’exécution des transactions sur les valeurs mobilières. Au nombre de 17, elles monopolisent aujourd’hui le courtage et les négociations dans la bourse ( 1 ).

Le passeur d’ordre, qui peut être soit un particulier sot un investisseur institutionnel, ne peut dénouer la transaction tout seul et doit faire appel aux sociétés de bourse et passer des ordres d’achat et de vente, seules habilitées à les exécuter.

Les sociétés de bourse assurent aussi :

titres émis par des

- Le placement de l’épargne sous forme de personnes morales

- La gestion de portefeuilles de valeurs si elles sont mandatées à le faire par les investisseurs.

- Le conseil et le démarchage de la clientèle en vue d’acquisition ou d’aliénation (cession, vente) de valeurs mobilières.

- L’animation du marché de valeurs mobilières des sociétés cotées.

C) Le conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM)

Il s’agit d’une autorité de contrôle (gendarme de la bourse), qui veille au bon fonctionnement de la bourse, à la transparence des opérations effectuées, à l’intégrité et la poursuite du marché des valeurs mobilières.

Cet établissement public, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière, est aussi chargé de la protection des épargnants et du respect des différentes dispositions légales et réglementaires régissant le marché financier. L'administration du CDVM est assurée par un conseil présidé par le ministre de la justice, du gouverneur de Bank-Almaghrib ou leur représentant. En outre, le ministre des finances peut désigner trois personnalités, connues par leur compétence dans le domaine économique et financier.

D) le dépositaire central : Maroclear

Acteur principal du marché financier, Maroclear (1) tient à jour sur ses livres à l'occasion de chaque émission de papier, le nombre total des titres émis et la part respective de chaque établissement ayant un compte chez lui : il s'agit donc d'un

organisme où sont comptabilisés les titres dont la propriété revient soit aux intermédiaires financiers (banques ou courtiers) soit à leurs clients.

Faisant officie d'un coffre fort (Safe keeping), le dépôt des titres auprès de Maroclear donne lieu à leur immobilisation et l'opération se déroule en deux étapes:

- les investisseurs déposent les certificats acquis sur le marché financier auprès de l'intermédiaire financier qui procède pour sa part à leur inscription en compte sur ses livres.

déposent à leur tour ces titres auprès du

dépositaire central qui les enregistre sur le compte du bénéficiaire.

Depuis le démarrage de ses activités en 1997, Maroclear s'est vu confié les principales fonctions suivantes :

- la centralisation de la conservation des valeurs mobilières gérées par ses

offices et soumise au système de la dématérialisation, c'est à dire au régime général de l'inscription en compte.

- l'administration des comptes courants détenus par les intermédiaires financiers auprès du dépositaire central et la facilitation de la circulation des titres.

- le contrôle de la tenue de la comptabilité des titres par les teneurs de compte et la vérification des équilibres comptables.

- la banque ou l'OPCVM

Section 2 : Les valeurs mobilières cotées en bourse

Les valeurs mobilières sont des titres financiers qui représentent un droit de propriété (c'est le cas des actions) ou une créance sur l'émetteur (obligation). Ces titres sont négociables, interchangeables et fongibles, ce qui leur confère le droit d'être côtés en bourse. Les deux grandes familles de valeurs mobilières sont les actions et les obligations, mais il existe d'autres types de titres tels que le certificat d’investissement, les droits d'attribution ou de souscription:

Paragraphe 1 : Les actions

L'action est une valeur mobilière représentant une part de capital d'une société de capitaux, seule autorisée à émettre des actions (société anonyme ou société en

commandite par actions). La détention d'une action signifie devenir propriétaire d'une partie du capital et participer à la gestion de l'entreprise et à son revenu (percevoir un dividende).

L'action classique ou ordinaire donne à son détenteur :

* D'abord, un droit politique prenant la forme d'une information des

actionnaires de la tenue des assemblées pour exercer leur droit de vote.

* Ensuite, un droit financier qui confère à l'actionnaire un droit de

participation, au bénéfice de la société (droit de dividendes) et aux opérations sur le capital (droit préférentiel de souscription et d'attribution). En outre, l'actionnaire jouit d'un droit au Boni de la liquidation, c'est à dire d'une partie de l'actif net de

l'entreprise (patrimoine-dettes).

donnant le droit à l'actionnaire de nantir

sa part dans l'entreprise pour obtenir un crédit ou encore de prêter les actions, d'où

le transfert de jouissance à un tiers.

Ces actions dématérialisées, c'est à dire représentées par une simple écriture auprès du dépositaire central (Maroclear), sont de deux types:

* Enfin, droits patrimoniaux

A) Les actions au porteur : Elles désignent les actions dont le nom du propriétaire n'est pas communiqué à la société. Par conséquent, ils ne sont pas enregistrées dans le registre de l'émetteur mais sont inscrites en compte chez un intermédiaire et sont librement cessibles. Les actions en circulation à la bourse de Casablanca sont dans leur majorité au porteur.

B) Les actions nominatives: Dans les entreprises non cotées, toutes les actions sont nominatives, elles sont enregistrées dans les livres de l'émetteur qui en assure la sauvegarde, de ce fait elles sont difficilement négociables.

Paragraphe 2 : Les droits et autres titres de capital

Il existe d'autres titres de capital négociables en bourse:

A)L'action à dividende prioritaire

Elle confère à son détenteur le droit de percevoir un dividende d'un montant

qui dépasse celui des actions de type classique, outre leur priorité dans l'octroi de dividendes. Même si la loi les prive du droit de vote, les ADP sont privilégiées lors de la liquidation judiciaire de la société en leur assurant la priorité pour le remboursement du capital par rapport aux autres actionnaires.

B) Le certificat d'investissement

Il s'agit d'un titre financier représentant une part du capital d'une entreprise. Il confère à son détenteur un droit pécuniaire, mais se caractérise par l'absence d'un droit de vote. L'assortiment d'un dividende vise donc à compenser la privation du droit de vote.

En cas de financement par émission de certificat d'investissement et pour maintenir l'influence des actionnaires existants sur la société, celle-ci émet deux titres :

a) les certificats d'investissement destinés aux apporteurs de capital, qui deviennent des actions sans droit de vote et le possesseur du certificat n'a pas le statut d'actionnaire. Par conséquent, l'accès à ce statut requiert l'achat de certificats de droit de vote.

b) Les certificats de vote sont remis aux actionnaires existants, dont le nombre est équivalent aux certificats d'investissement émis.

C) Les droits

On distingue deux types de droits:

a) Les droits de souscription : cherchent à accorder un avantage aux anciens actionnaires afin de sauvegarder leur taux de participation au capital. En cas d'accroissement du capital, son possesseur peut soit acheter les actions soit les céder sur le marché-boursier.

b) les droits d'attribution : l'émission des droits d'attribution vise la fidélisation de l'actionnariat, via l'attribution d’actions gratuites dont l'incidence sur la richesse de l'actionnaire est nulle. Le droit d'attribution permet à son détenteur de faire prévaloir ses droits sur les nouvelles actions. La cession sur le marché boursier est un signe de désintérêt des actionnaires

Paragraphe3:Types d'obligations et modes de remboursement

Les obligations peuvent être de différents types, il en est de même pour leurs modes de remboursement.

A) Types d’obligations

A cet égard, on distingue :

ou classiques : L’intérêt est

définitivement fixé à l’avance en pourcentage de la valeur nominale des titres. Ces obligations sont parfois assorties de bons de souscriptions négociables. Ces obligations, dites à Warrant, offrent à leur détenteur la possibilité d’acquérir les mêmes obligations à des conditions de prix fixés à l’avance et à une date préalablement déterminée.

a)Les

obligations

ordinaires

b) Les obligations à coupon : Emises par l'entreprise, elles offrent à

l’émetteur une alternative au financement par action et au souscripteur un rendement plus élevé que les obligations classiques émises par l’Etat. En effet, le coupon proposé dépasse souvent celui des obligations publiques.

c) Les obligations coupon zéro ne sont pas assorties de coupon. La

différence entre le cours d’émission et le cours de remboursement représente le revenu tiré par l’investisseur car l’acquéreur souscrit à l’obligation à un prix inférieur à sa valeur faciale (très utilisée dans les emprunts d’Etat aux USA)

d) Les obligations à taux variables ou flottants (Floating rate notes

ou FRN) ont rendement qui fluctue continuellement en fonction de la moyenne des taux enregistrés sur le marché obligataire ou éventuellement sur le marché monétaire pour les taux à court et moyen termes. Le coupon variable est simultanément une opportunité et un risque.

e) Les obligations indexées : l’indexation du coupon sur l’évolution du taux d’inflation permet à l’investisseur de se prémunir contre le risque d’inflation.

f) L’obligation perpétuelle : Marquée par le caractère indéterminé de son échéance, son détenteur reçoit un coupon chaque année. Les banques

émettrices de ce type d’obligation peuvent opter pour le remboursement du capital à une échéance fixée à l’avenir.

B) Modes de remboursement et de cotation des obligations

Plusieurs options peuvent être adoptées:

a) Remboursement In Fine : seul le remboursement des intérêts est effectué pendant la durée de l’emprunt, alors que le capital ou le principal est laissé à la fin de la durée du prêt ou l’échéance.

b) Remboursement par annuités constates : Ce montant du coupon et de la coupure est identique chaque année, d’où un amortissement progressif du capital et des intérêts au fil des échéances

c) Remboursement par amortissement constant : Le capital est divisé par le nombre d’années pour obtenir le montant à rembourser, identique à la fin de chaque période

e) Le mode de cotation des obligations est particulier, puisque celles-ci sont cotées en pourcentage de la valeur nominale : le prix d’obligation est égal à son cours multiplié par le nominal. Le coupon est également calculé séparément en pourcentage. Ainsi la valeur négociable d’un bon de trésor augmenté de la partie du coupon échu se détermine comme suit, en supposant que le nominal du bon de trésor est égale à 10dh, que les deux pourcentages du cours de l’obligation et du coupon sont respectivement de 103.37 et de 2.926.

Méthode : c’est la somme des deux pourcentages du cours de l’obligation et du coupon multiplié par la valeur nominale de l’obligation divisé par 100.

Calcul : VN=[(103.37+2.926)*10]/100=10.629 DHs

En outre la marge de fluctuation d’une obligation est de ±2%

Paragraphe4 : Les obligations convertibles

Situées à mi-chemin entre les actions et les obligations, elles sont de deux types :

A) Les obligations convertibles en action (OCA), L’obligation convertible s’assimile à une obligation classique avec une option d’achat sur des actions nouvelles de l’émetteur. Elles sont assorties d’un droit de transformation des obligations en actions de la société émettrice, offrant une grande souplesse d’utilisation avec des taux fixes, variable, indexé flottant ou révisable.

L’OCA offre à l’émetteur la possibilité de réduire le coût de la dette en réduisant le remboursement à zéro et en limitant les intérêts aux performances réelles de l’entreprise en cas de conversion de l’obligation. Elle permet aussi de différer une émission d’action potentielle à un prix supérieur au cours actuel du marché.

En revanche, l’émetteur encourt le risque d’un échange à un moment qui n’est pas favorable pour le cours de l’action. Pour éluder ce risque le recours à une obligation remboursable en action est meilleur en terme de rendement.

B) Les obligations remboursables en actions(ORA) : L’obligataire est remboursé en actions et l’émetteur n’a rien à rembourser à l’échéance et garantit de ce fait une émission potentielle d’actions à un cours futur qui dépasse le cours actuel.

A la différence des OCA, l’échange s’effectue à l’échéance finale de l’emprunt et non à tout moment, la conversion est automatique en terminaison. En plus de l’endettement à taux réduit, l’émetteur est sûr de capitaliser son emprunt ce qui évite le risque de déséquilibre financier lié au remboursement inférieur à celui des obligations ordinaires mais sensiblement supérieur au rendement de l’action sous- jacente, donc sans parachute à la baisse.

Paragraphe

valeur mobilière

Destinés aux petits épargnants qui manquent de culture boursière et ne disposent pas d’informations sur la valeur à acheter ou à vendre, elles ont pour objectifs :

-D’offrir une meilleure gestion des portefeuilles pour garantir une répartition des risques immanents aux fluctuations brusques des cours des valeurs mobilières

-De profiter des avantages fiscaux offerts par la loi tout en épargnant aux particuliers la délicatesse des tâches de suivi des cours boursiers.

Les OPCVM représentent donc des entités de gestion de portefeuilles à travers le placement de l’épargne collectée auprès de leurs porteurs de part, en valeurs mobilières. Celles-ci figurent à l’actif de l’OPCVM alors que les capitaux fournis par les épargnants sont classés au passif. La tradition financière classe ces organismes de gestion collective de l’épargne en deux catégories distinctes :

5 :

Les

organismes

de

placement

collectif

en

A) Les sociétés d’investissement à capital variable (SICAV) : Ce sont

des sociétés anonymes qui émettent ou rachètent des actions à un prix divulgué au public qui reflète la valeur de leurs actifs. A la demande des investisseurs, actionnaires de celles-ci, la SICAV peut vendre leur part sociale sur le marché boursier, leur offrant une meilleure liquidité, de ce fait, le capital de la SICAV varie continuellement au gré des achats et des ventes de titres (Actions, obligations, produits monétaires…)

B) Les fonds communs de placement : Il s’agit de portefeuilles dont la

propriété revient à des sociétés d’investissement qui collectent des capitaux en contreparties des parts vendus au public. Celles-ci représentent pour leurs propriétaires une part proportionnelle des actifs des portefeuilles du revenu net des dettes des frais, d’où le principe de la responsabilité limitée et non solidaire. Les FCP sont appelés aussi fonds à capital variable car le prix des parts, représentant les actifs du portefeuille, change chaque jour en fonction de l’évolution de la valeur du patrimoine du fonds, c'est-à-dire au gré des souscripteurs, et des liquidités des

actionnaires.

Aussi, la particularité des FCP vient de leur statut juridique marqué par l’absence de la personne morale qui en fait une copropriété de parts sociales représentatives des droits. De ce fait, les porteurs de parts ou leurs ayants-droit peuvent réclamer la répartition des FCP. En outre, les parts des FC sont des valeurs mobilières, c'est-à- dire des actifs financiers comme des actions, des obligations, des hypothèques ou encore des options….

SICAV

Fonds commun de placement

Ayant la structure juridique des sociétés anonymes

Copropriété de valeurs mobilières

Pas de personne moral

Ont une personne morale

Taille plus petite par que les SICAV

Conseil d’endettement

Emettent des parts sociaux

Droit de vote

Politique suivie correspond plus fidèlement aux souhaits de tous les parts sociales que celle suivie par les SICAV.

Emettent des actions

Souscripteurs obtiennent des actions

Section 3 : Les offres publiques et indices

Une offre publique vise à proposer aux actionnaires détenteurs de droit de vote de réaliser une opération d’achat, de vente ou d’échange de la totalité ou d’une partie des titres cotés en bourse. L’objectif de cette procédure, réglementée par la loi boursière, est d’assurer la transparence du marché à travers le respect du principe d’égalité des actionnaires d’intégrité du marché et de loyauté dans les transactions et la compétition. L’initiateur fait connaitre publiquement son intention d’acheter, de vendre ou d’échanger des titres ou des droits de vote et d’appliquer les mêmes conditions de prix et d’exécution à tous les porteurs

Paragraphe 1:L’offre publique de vente (OPV) est une proposition publique

par une entreprise à de potentiels épargnants ou investisseurs pour la cession d’une quantité de titres à un prix ferme déterminé à l’avance cette procédure met à la disposition du public une quantité de titres à un prix annoncé et fixe.

I.

2) offre public de retrait :

Destinés aux acteurs minoritaires d’une société de bourse, l’OPR permet de se retirer du capital en cédant ces titres aux actionnaires majoritaires.

3) offre public d’échange (OPE) :

L’OPE est une opération qui permet à son initiateur (personne physique ou morale) de faire connaitre publiquement sa proposition d’acquérir par échange de titres, tout ou partie du capital d’une entreprise cotée en bourse.

4) offre public d’achat (OPA) :

Une OPA permet à son initiateur de faire connaitre publiquement a proposition d’acquérir contre rémunération en numéraires tout ou partie du capital d’une société cotée en bourse.

II. INDICATEURS BOURSIERS :

a) La capitalisation boursière :

Qu’elle concerne une entreprise, un secteur ou une place financière, la capitalisation boursière renseigne, entre autres, sur la valorisation du marché et permet de calculer les indices. C’est la valorisation.

C’est le total de la capitalisation boursière de l’ensemble des entreprises cotées sur cette place.

Elle est égale eu nombre total des titres cotés * leurs cours respectifs. En 2004, la bourse de Casablanca a adopté une nouvelle méthode de calcul, des indices barrés sur le principe du flottant, c'est-à-dire la fraction du capital détenu par le public, et non sur la base du capital total. Comme s’était le cas auparavant. L’objectif est une meilleure adéquation entre le poids des titres dans l’indice est son poids dans la marché ? C’est-à-dire une meilleure cohérence entre la réalité boursière des sociétés cotées. Et la traduction de cette réalité dans les titres.

b) Le volume de transaction :

C’est la somme des volumes réalisés sur chacun des trois marchés sur l’ensemble des valeurs cotées sur cette place (place casablancaise) tout marché confondu. (Marché central, marché de bloc et le marché obligataire).

S’agissant du volume des transactions d’une valeur, il est égal au nombre de titres échangés sur cette valeur à une date donnée * le cours à cette même date.

c) Les indices MASI et MADEX :

En janvier 2002, la bourse de Casablanca a enregistré le démarrage de nouveaux indices :

- Le MASI (Morrocain All Shares Index) : c’est le principal indice de la bourse de Casablanca, il est composé de toutes les valeurs cotées sur la place casablancaise.

Il permet de mesurer la performance globale du marché c'est-à-dire l’évolution quotidienne de la capitalisation boursière flottante due aux variations de cours.

- Le MADEX (Morrocain Mast Actif Stranes Index) : c’est un indice boursier composé de 62 valeurs les plus actives à la place casablancaise.

Il s’agit d’un indice compact, composé des valeurs les plus actives de la cote en termes de liquidité mesurée sur le semestre précédent il se révèle ainsi l’instrument particulièrement adapté à la gestion de portefeuille.

d) Les indices sectoriels :

Il s’agit d’un indice compact composé des valeurs appartenant au même secteur d’activité : mines, pétrole et gaz, bâtiments et matériaux. Il s’agit d’une subdivision du MASI, la mise à jour s’effectue chaque année.

e) Les indices de rentabilité globale :

Dont le calcul permet de suivre de la rentabilité d’un portefeuille investi en action dans le quel serait réinvestis les dividendes et les comparer d’autres actifs.

L’indice de rentabilité se déduit, pour les actions dont le rendement est mesuré pour le MADEX, de l’indice global auquel il est adoré.

f) Les indices en devises :

Les indice en Dollars ($) et en Euro() représentent des instruments de références adaptés aux besoins des investisseurs étrangers : il s’agit tout simplement de calculer le MASI et le MADEX en Euro() et en Dollars ($).

FTSE CSE Morroco Index Series

FTSE CSE Morroco Index Series

1) FTSE CSE Morroco 15 Index

2) FTSE CSE Morroco All Liquid

1) Le FTSE CSE Morroco 15 Index : en temps réel est composé de 15 principales valeurs de la bourse de Casablanca, les valeurs sont classées selon la capitalisation boursière brute. 2) Le FTSE CSE Morroco All Liquid : en temps réel est indice de référence qui montre la performance de toutes les valeurs liquides de la bourse de Casablanca. Il est calculé toute 15 secondes.