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ENTREPRISES EN DIFFICULTE M 1 Cours de Monsieur Grégory MAITRE
ENTREPRISES EN DIFFICULTE M 1 Cours de Monsieur Grégory MAITRE
ENTREPRISES EN DIFFICULTE M 1 Cours de Monsieur Grégory MAITRE

ENTREPRISES EN DIFFICULTE

M 1

Cours de Monsieur Grégory MAITRE

TD 1

Distribution : janvier 2017

LES PROCEDURES PREVENTIVES DES DIFFICULTES DES ENTREPRISES

I. Programme des TD

1. Les procédures préventives des difficultés des entreprises

2. La qualité du débiteur

3. La cessation des paiements

4. Les créanciers antérieurs (I) déclaration de créance / compensation

5. Les créanciers antérieurs (II) : revendications / nullités de la période suspecte

6. Les contrats en cours

7. Les créanciers postérieurs

8. Les plans de sauvegarde et de redressement

9. La liquidation

10. Les responsabilités

II. Bibliographie

- Bibliographie générale (les ouvrages soulignés sont à jour)

Chaput, Droit des entreprises en difficulté et faillite personnelle, PUF, 1996 Coquelet, Entreprises en difficulté, Instruments de paiement et de crédit, Dalloz, Hypercours, 5 e éd.,

2015

Didier, Droit commercial, T. 4, PUF, 2000 Derrida, Godé, Sortais, Redressement et liquidation judiciaires des entreprises, 3 e éd., Dalloz, 1991,

avec la coll. D’A. Honorat D. Gibirila, Droit des entreprises en difficulté, Paris, Defrénois, 2009 Guyon, Droit des affaires, T. 2, Economica, 2003 Jacquemont, Droit des entreprises en difficultés, Litec, 10e éd., 2015 Jeantin, Le Cannu, Droit commercial, Entreprises en difficulté, Dalloz, 7e éd., 2006 Le Corre, Droit et pratique des procédures collectives, Dalloz Action, 2015/2016 Perrochon, Entreprises en difficulté, Instruments de crédit et de paiement, LGDJ, 10 e éd., 2014 Pétel, Procédures collectives, Dalloz, 8 e éd., 2014 Ripert et Roblot, Traité de droit commercial, T. 2, par Germain et Delebecque, LGDJ, 2004 Roussel-Galle, Réforme du droit des entreprises en difficultés, Litec, 2 e éd., 2007 Saint-Alary-Houin, Droit des entreprises en difficulté, Montchrestien, 9e éd., 2014 J. Vallansan et P. Cagnoli, Difficultés des entreprises, Litec, 6 e édition 2012 Vidal, Droit des procédures collectives, Gualino, 2 e éd., 2009

- Nombreux articles et numéros spéciaux consacrés à la réforme de 2005, parmi eux,

Le Corre, « Premiers regards sur la loi de sauvegarde des entreprises », D. 2005, p. 2299 Pétel, « Le nouveau droit des entreprises en difficulté », JCP E 2005, 1509

- Nombreux articles et numéros spéciaux consacrés à l’ordonnance du 18 décembre 2008 et l’ordonnance du 12 mars 2014, parmi eux,

Crocq, « L’ordonnance du 18 décembre 2008 et le droit des sûretés », JCP E, n° 13, 26 mars 2009,

1313

Lienhard, « Réforme du droit des entreprises en difficulté : présentation de l’ordonnance du 18 décembre 2008 », Dalloz 2009, p. 110 Le Corre et Montéran (sous la direction de), « Loi de sauvegarde : première réforme », Gaz Pal., numéro

spécial, 6 et 7 mars 2009, n° 65 et 66 Roussel-Galle, « Premier aperçu sur l’ordonnance du 18 décembre 2008 réformant le droit des entreprises en difficulté », LPA, 24 décembre 2008 n° 257, p. 3 P.-M. Le Corre « Premiers regards sur l’ordonnance du 12 mars 2014 réformant le droit des entreprises en difficulté » D. 2014, p. 733 Ph. Roussel-Galle, « La réforme du droit des entreprises en difficultés par l’ordonnance du 12 mars 2014, des outils plus performants, une plus grande sécurité juridique et des équilibres renouvelés », Revue des sociétés, 2014, p. 351 A. Lienhard, « Réforme du 12 mars 2014 : publication du décret d’application »

- Nombreux articles consacrés à la sauvegarde financière accélérée et à l’EIRL, parmi eux,

Damman et Podeur, « Sauvegarde financière : le « prepack » à la française », Dalloz 2010, p. 2504 Dondero, « L’EIRL, ou l’entrepreneur fractionné.- A propos de la loi du 15 juin 2010 », JCP E, n° 25, 21 juillet 2010, 679 Lebel, « Adoption de l’EIRL et autres mesures relatives à l’entreprise individuelle », JCP E, n° 26, 1 er juillet 2010, act. 362 Lucas, « L’entrepreneur à patrimoine affecté, est-ce une si bonne idée ? », Joly Société, 1 er novembre 2008, n° 11, p. 839 Lucas, Revet, Sénéchal « Le patrimoine professionnel d’affectation (premières analyses de l’EIRL) », Droit et Patrimoine, n°191, avril 2010 Montéran, « Rapide aperçu de la Sauvegarde financière accélérée », Gaz. Pal., 15 et 16 octobre 2010, n° 288 à 289, p.9 Roussel-Galle, « Premières vues sur la Sauvegarde Financière Accélérée et sur les modifications apportées au droit des entreprises en difficulté par la loi du 22 octobre 2010 », JCP E, n° 44, 4 novembre 2010, act. 591 Rouselle-Galle, « Une nouvelle « réforme » du droit des entreprises en difficulté et une procédure de plus ! », JCP E, n° 44, 1 er novembre 2010, 1072 Vallansan, « Le sort de l’éventuelle entreprise à patrimoine affecté soumise à une procédure collective. Quelques observations à propos du projet de création d’entreprise à patrimoine affecté », JCP E, n° 4, 28 janvier 2010, 1083

- Nombreux articles et ouvrages consacrés à l’aspect communautaire du droit des entreprises en difficulté, parmi eux,

Raimon, Le règlement communautaire 1346/2000 du 29 mai 2000 relatif aux procédures d’insolvabilité, LGDJ, 2007

Codes :

Code de commerce : Litec ou Dalloz, autorisé à l’examen. Code civil : Litec ou Dalloz, autorisé à l’examen

- Méthodologie

Les références indiquées sont utiles en toute matière et pour toute la vie d’un professionnel du droit …

Lire les arrêts :

M.

Cohen, « Comment lire un arrêt de la Cour de cassation ? », Dr. ouv. 1978, p. 123

J. Fossereau, « L’interprétation des arrêts de la Cour de cassation (en matière civile) », BICC 1 er octobre

1987, p. 3 M.-N. Jobard-Bachellier, X. Bachellier et J. Buk-Lament, La technique de cassation, pourvois et arrêts en matière civile, Dalloz, 2013

H. Motulsky, « Le manque de base légale, pierre de touche de la technique juridique », JCP 1949, I, n°

775

A. Perdriau, « Vises, chapeaux et dispositifs des arrêts de la Cour de cassation en matière civile », JCP

1986, I, n° 3257

A. Touffait et A. Tunc, « Pour une motivation plus explicite des décisions de justice et notamment de

celles de la Cour de cassation », RTDciv. 1974, p. 487

J. Voullet, « L’interprétation des arrêts de la Cour de cassation », JCP 1970, II, n° 2305

Le cas pratique :

J-L. Mouralis, Cas pratique en droit civil, 2010, Ellipses

F. Grua et N. Cayrol, Conseil pour le cas pratique, le commentaire et la dissertation, Dalloz, 2011

G. Goubeaux et Ph. Bihr, Les épreuves écrites en droit civil, LGDJ, 2013

III.

Exercices

Préliminaire : la méthode du cas pratique :

L'exercice de cas pratique vous soumet une situation de fait et vous demande d'apporter à la question qui en résulte une réponse juridique motivée, C'est un exercice dont la méthode reste souple car il ne s'agit pas tant de vous permettre d'améliorer des qualités formelles d'exposition mais de vous amener à maîtriser l'application pratique des connaissances. Vous pourrez à cette occasion en vérifier la solidité. Sont à cette occasion appréciées vos capacités à mener un raisonnement et à émettre une opinion justifiée. Vous ne pouvez en effet vous contenter d'exposer les solutions possibles sans prendre position. Il n'est ainsi pas très grave que le droit positif n'ait pas été dans le même sens que vous, dès l'instant que votre conclusion ne souffre pas de faiblesse logique! Pour mener à bien un cas pratique, vous devez dans un premier temps analyser les faits : un contresens, une inexactitude ou une présentation lacunaire à ce stade peuvent être très préjudiciables pour la suite de l’exercice. Vous devez donc avec tout le soin nécessaire reconstituer la chronologie des événements et, d'une façon plus générale, restituer les faits fidèlement. Cela vous permet alors de qualifier juridiquement les situations de fait: par exemple, un tel a commis un abus de droit, ou un tel a fait une promesse de contrat. Vous devez ensuite qualifier juridiquement les prétentions des différentes personnes impliquées:

par exemple, si un tel a promis d'exécuter une prestation, il prétend en être délié car une incapacité physique constitue pour lui un cas de force majeure. Cela aboutit à la formulation précise et juridique des questions posées ; par exemple -et pour continuer dans l'exemple retenu dans les lignes précédentes -, la situation invoquée constitue-t-elle un cas de force majeure? Il peut arriver que le cas pratique qui vous est soumis contienne expressément les questions qu’il vous est demandé de résoudre juridiquement. Mais il peut aussi arriver que l'exercice ne les mentionne pas et vous demande d'une façon très générale de résoudre les difficultés que soulève l'exposé. La formulation précise des questions de droit est alors une difficulté et un enjeu majeur de l'exercice, Il est fréquent qu’un cas pratique contienne plusieurs questions, ce qui implique souvent une série de réponses imbriquées. Dans les cas les plus simples, les questions juridiques peuvent être autonomes les unes des autres, mais il arrive aussi que leur résolution dépende des solutions apportées à des questions préalables. Cette complexité réelle des questions dépendant les unes des autres correspond à ce que sont souvent les problèmes juridiques dans la vie juridique pratique mais rend beaucoup plus difficile l'exercice. En effet. une erreur d'analyse d'une question entache d'inexactitude la résolution des autres… Une fois la ou les questions juridiques posées, il convient d’y apporter la réponse adéquate et juridiquement motivée. La qualité des réponses que vous apportez ainsi aux questions sera tributaire de deux aptitudes que l’exercice vise à développer en vous. En premier lieu. vous devez être à même d'utiliser à bon escient la somme des connaissances disponibles dans votre esprit pour choisir celle qui apporte la solution demandée, car il est fréquent que

la question posée à travers le cas pratique ait déjà trouvé sa solution en droit positif et il est souvent plus simple de reprendre une telle réponse dans un tex ou une jurisprudence que vous connaissez que

d'avoir à la reconstituer par la pure logique. Dès lors, s'il est vrai que le cas pratique n’est pas un exercice d’exposition de connaissances, il est néanmoins absolument nécessaire de maîtriser l'ensemble des éléments de droit positif exposés au cours de l'année, voire pendant les années précédentes, pour en faire un usage judicieux. En second lieu, vous devez faire preuve de votre ingéniosité, en essayant d' « inventer » les solutions

les plus astucieuses et les plus adéquates, notamment par

éparses. La démarche d'exposition des réponses relève d’un procédé « dialectique », en ce sens que vous devez reconstituer le débat juridique à l’achèvement duquel la solution adéquate se dégage d'elle-même. Il convient donc, en quelque sorte, de simuler un véritable dialogue judiciaire. A ce titre, il ne faut pas se contenter d'exposer les seuls éléments juridiques en faveur d'une solution mais d'imaginer qu'une autre partie peut opposer au raisonnement que vous venez d'exposer une règle de droit, une décision, un argument visant à remettre en cause ce premier raisonnement. Il convient alors de le reprendre à votre compte, de l'exposer et d’y répondre de la même façon. Cela correspond précisément au dialogue entre les parties au procès, réglé sur une semblable alternance. Lorsque vous trouverez une réponse à laquelle on ne peut plus rien opposer, vous pourrez la formuler en réponse définitive, comme l'aurait fait un juge. Le cas pratique est un exercice qu'on peut dire « transparent », puisque le devoir retrace le cheminement que vous avez parcouru pour aboutir à l'avis que vous émettez. C'est la qualité de votre recherche d'une solution qui en conditionne le succès. Sa présentation est donc soumise à peu d'exigence et le plan doit avant tout être simple et correspondre à votre démarche intellectuelle. Il s'articulera autour des différentes questions qui vous étaient posées ou autour des axes de recherches que vous aurez dégagés si la question posée était unique.

une combinaison de connaissances

Cas pratiques :

1°) La société STAR EXPRESS SA pensait tripler ses ventes en sortant son nouveau jeu en ligne « Star Game Express 3 » après l’immense succès enregistré précédemment avec ses deux derniers jeux « Star Game Express 1 et 2 ». Hélas, la lassitude de la clientèle conjuguée à la crise économique a refroidi les consommateurs. Deux tiers des jeux sont toujours invendus. Avec plusieurs centaines de milliers d’euros d’investissements non rentabilisés et aucun autre jeu suffisamment développé, la situation de STAR EXPRESS SA est délicate mais n’est pas irrémédiablement compromise. La société doit cependant rembourser à la banque CREDIT GREC et à différents établissements bancaires un prêt de 5 600 000 euros. Elle envisage une réduction de son personnel de 200 salariés, mais elle ne sait pas si cela sera suffisant pour faire face à la crise. Sur les conseils d’un ami avocat, le dirigeant de STAR EXPRESS SA, M. HOUQUIAN, avait demandé l’ouverture d’une conciliation pour négocier des délais de paiement et des remises de dettes avec divers créanciers. Nommé conciliateur le 4 Janvier 2015, M. CACHET avait presque abouti à un accord la semaine dernière avec les principaux créanciers, quand l’agence bancaire CREDIT GREC en charge du prêt de la société STAR EXPRESS SA changea de directeur. Le nouveau directeur refuse désormais toute négociation avec la société STAR EXPRESS SA. M. HOUQUIAN souhaiterait pourtant poursuivre, si cela est possible, les négociations avec l’aide de M. CACHET. Il vous indique enfin que STAR EXPRESS SA risque de tomber bientôt en cessation des paiements si aucune solution n’est trouvée.

Monsieur CARREZO, architecte en région parisienne, avait demandé la nomination d’un mandataire ad hoc le 15 mars 2013 suite aux difficultés financières rencontrées depuis plusieurs mois, conséquences de la crise des « subprimes » et du gel de ses principaux chantiers. Hélas au 1 er avril 2013, la situation financière de Monsieur CARREZO s’est encore dégradée et le mandataire ad hoc, Mme PIZZINI, ne parvient pas à un accord, faute d’entente avec l’un des principaux créanciers, la banque CREDIT IRLANDAIS, qui menace d’assigner l’architecte – sans préciser davantage l’objet de l’assignation. Il semble qu’il soit désormais en état de cessation des paiements depuis 10 jours même si la situation n’est pas irrémédiablement compromise.

Monsieur CARREZO souhaiterait poursuivre, si cela est possible, les négociations avec l’aide de Mme PIZZINI mais le CREDIT IRLANDAIS s’y oppose et souhaite que les négociations soient menées par un ancien salarié de la banque tout juste retraité. - Que pouvez-vous proposer à Monsieur CARREZO et que pensez-vous de la proposition du CREDIT IRLANDAIS ? Finalement, M. CARREZO à sollicité la nomination d’un conciliateur le 21 avril 2013. Dans le

cadre de l’accord amiable qui a été homologué le 25 mai 2013, son épouse s’est portée caution du remboursement d’un prêt bancaire que la Banque CREDIT IRLANDAIS a, en contrepartie, accepté de rééchelonner après d’âpres négociations.

- Quelle est la portée de ce rééchelonnement au regard de la situation financière de

Monsieur CARREZO ? La créance de la caution sera-t-elle privilégiée en cas d’ouverture d’une

procédure de redressement judiciaire subséquente à l’encontre de Monsieur CARREZO?

- L’Ordre des architectes est lui-même garant du remboursement de certaines dettes

de Monsieur CARREZO. Peut-il avoir communication de l’accord amiable qu’elle a conclu avec ses créanciers ?

IV.

Documents

Jurisprudence :

Com., 27 mai 2008, Bull., n° 636 (profession indépendante et ordre professionnel, Document

1).

Com., 16 juin 1998, Bull. civ. IV, n°193 (pour mémoire, solution consacrée par la loi) (Document 2) Com. 5 mai 2004, Bull. civ. IV, n°84 (pour mémoire, solution consacrée par la loi) (Document

3)

3 e Civ., 10 décembre 2008, Bull. civ. III, n°199 (Document 4).

Bibliographie :

M. Bayle, « De l’intérêt du règlement amiable », RTDcom., 1988, p. 1.

Rjcom, n° spéc. 1986, Le souci d’éviter la faillite des entreprises : la loi du 1 er mars 1984.

M. Jeantin, « Le paradoxe de la prévention », PA 15 déc. 1993, p. 12.

Lienhard, « Sauvegarde de Thomson : arrêté du plan de sauvegarde », Dalloz 2010, act. fév.

2010

Lienhard, « Sauvegarde de Thomson : confirmation de la décision par la Cour d’appel », Dalloz 2010, act. nov. 2010 (arrêt préparatoire à la réforme sur la SFA) M. Menjucq, « Affaire Heart of La Défense : incertitudes sur le critère d’ouverture de la

procédure de sauvegarde », JCP E, n° 3, mai 2010, étude 11 (exemple d’instrumentalisation de la procédure de sauvegarde)

G. Teboul, « L’affaire Technicolor : la sauvegarde en rose », PA, 1 er avril 2010, n°65, p.3

Sur le moyen unique :

Document 1 Com, 27 mai 2008

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Dijon, 23 janvier 2007), que sur assignations de l'URSSAF de Saône-et- Loire, du Trésor public de Chalon-Ville et de la recette principale des impôts de Chalon-sur-Saône

, profession d'agent de recherches privées, fixé provisoirement au 28 avril 2006 la date de cessation des

paiements et désigné M. Y

décision en ce qu'elle avait rejeté l'exception d'irrecevabilité tirée de la non-application de la loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises aux situations en cours et fixé la date de cessation des paiements, l'a infirmé pour le surplus et a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l'égard du débiteur ;

en qualité de liquidateur judiciaire ; que la cour d'appel a confirmé cette

qui exerçait la

Ouest, un jugement du 4 juillet 2006 a prononcé la liquidation judiciaire de M. X

Attendu que M. X

fait grief à l'arrêt d'avoir ainsi statué, alors, selon le moyen :

1°/ que la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005, entrée en vigueur le 1er janvier 2006, n'est pas applicable aux procédures et aux situations en cours à cette date ; qu'en l'espèce, les créances dont se prévalaient l'URSSAF, le Trésor public et le comptable des impôts résultaient d'une situation qui était en cours à la date d'entrée en vigueur de cette loi ; qu'en prononçant cependant le redressement

judiciaire de M. X

la cour d'appel a violé l'article 190 de la loi n° 2005-845 du 26 juillet 2005 ;

,

2°/ que le tribunal ou la cour d'appel qui se prononce sur l'ouverture d'une procédure collective à l'encontre d'un professionnel libéral statue après avoir entendu ou dûment appelé l'ordre professionnel ou l'autorité compétente dont il relève ; qu'ainsi, en l'espèce, l'Observatoire des détectives de France (anciennement ordre des détectives de France) ou la confédération nationale des détectives et enquêteurs professionnels auraient dû être appelés à l'instance tendant à l'ouverture d'une procédure

, prévu aucun ordre professionnel pour les agents de recherches privées, pour en déduire qu'aucun ordre n'avait à être entendu, tandis que l'article L. 621-1 nouveau du code de commerce n'impose aucunement que l'ordre professionnel ou l'autorité compétente à consulter aient été prévus par la loi, la cour d'appel

a violé ce texte, par refus d'application, en y ajoutant une condition qu'il ne prévoit pas ;

Mais attendu, d'une part, qu'il résulte des dispositions des articles L. 631-2, L. 640-2 du code de commerce et 190 de la loi du 26 juillet 2005 de sauvegarde des entreprises qu'à compter du 1er janvier 2006 une procédure collective de redressement ou de liquidation judiciaire peut être ouverte à l'encontre d'une personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante dès lors qu'elle est en état de cessation des paiements à la date à laquelle le juge statue, peu important que son passif ait été exigible avant le 1er janvier 2006 ;

collective à l'égard de M. X

agent de recherches privées ; qu'en affirmant cependant que la loi n'a

Et attendu qu'ayant relevé que M. X

son passif exigible avec son actif disponible, c'est à bon droit que la cour d'appel a ouvert à son égard

une procédure de redressement judiciaire ;

ne contestait pas se trouver dans l'impossibilité de faire face à

Attendu, d'autre part, que lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut législatif

ou réglementaire, le tribunal statue sur l'ouverture de la procédure de sauvegarde, de redressement ou

de liquidation judiciaire après avoir entendu ou appelé l'ordre professionnel auquel ce texte confère la mission de représenter la profession ;

Et attendu qu'ayant relevé que l'Observatoire des détectives de France et la Confédération nationale

des enquêteurs et détectives professionnels s'apparentaient à des syndicats professionnels, la cour d'appel a retenu, à juste titre, que ceux-ci ne pouvaient recevoir la qualification d'ordre professionnel et n'avaient donc pas à être appelés ;

D'où il suit que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ;

PAR CES MOTIFS : REJETTE

Document 2 Com., 16 juin 1998

Vu l'article 36 de la loi du 1er mars 1984 ; Attendu, selon ce texte, que quand un débiteur fait l'objet d'une procédure de règlement amiable et qu'un accord est conclu avec les principaux créanciers, le président du tribunal peut accorder au débiteur les délais de paiement prévus à l'article 1244-1 du Code civil pour les créances non incluses dans l'accord ; que ce texte spécial, dont le domaine couvre sans distinction toutes les créances non incluses dans l'accord, déroge à la loi générale qui exclut l'octroi de délai de grâce pour certaines créances, notamment fiscales ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Rennes, 27 mars 1996) que le conciliateur désigné par le président du

tribunal de commerce saisi sur le fondement de la loi du 1er mars 1984, avait obtenu le plein accord de

la quasi totalité des créanciers sur le plan d'apurement proposé qui permettait d'aboutir au règlement

de l'intégralité de leurs créances sur la société Soifilène et que la commission des chefs des services

financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale n'avait pas donné son accord sur le

plan proposé, lequel incluait les dettes fiscales et sociales de l'entreprise ; que la société Soifilène avait saisi le président du tribunal de commerce aux fins de bénéficier des dispositions de l'article 1244-1 du Code civil, en application de l'article 36, alinéa 9, de la loi du 1er mars 1984 et de l'article 38 du décret du 1er mars 1985, tel qu'il résulte du décret du 21 octobre 1994 ;

Attendu que le Receveur principal des Impôts de Rennes Nord et le Trésorier-payeur général d'Ille-et- Vilaine reprochent à l'arrêt d'avoir accordé à la société Soifilène des délais de paiement de sa dette fiscale alors, selon les pourvois, d'une part, que les dispositions de l'article 1244-1 du Code civil, qui relèvent du droit commun, ne sont pas applicables au droit fiscal qui reste soumis à des principes dérogatoires ; qu'en conséquence, le fait que l'application des dispositions de l'article 1244-1 précité soit prévue par la loi n° 94-475 du 10 juin 1994, modifiant la loi du 1er mars 1984 relative au règlement amiable des difficultés des entreprises, ne peut faire échec au principe général du droit de la séparation des fonctions administratives et judiciaires qui interdit aux magistrats de l'ordre judiciaire d'accorder des délais de grâce pour le règlement des dettes fiscales sur le fondement de l'article 1244-1 du Code civil ; qu'en décidant le contraire, la cour d'appel a violé les dispositions de l'article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ainsi que celles des articles 1244-1 du Code civil et 36 modifié de la loi du 1er mars 1984 ; alors, d'autre part, que le juge judiciaire est incompétent pour suspendre l'exigibilité des créances fiscales ; qu'en accordant à la société Soifilène, dans le cadre de la procédure de règlement amiable dont elle était l'objet. Un délai de deux ans pour s'acquitter de ses dettes fiscales, la cour d'appel a violé l'article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 et l'article 4 du décret du 16 fructidor de l'an III, outre l'article L. 277 du Livre des procédures fiscales ; alors enfin, et en tout cas, que les dispositions de l'article 1244-1 du Code civil, auxquelles se réfère l'article 36, alinéa 9, de la loi du 1er mars 1984 modifiée par la loi du 10 juin 1994, dispose que la décision du magistrat est prise, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier ; qu'en application de ce texte, le juge n'est donc pas tenu d'assurer une égalité de traitement des créanciers ; qu'en considérant néanmoins, pour imposer au receveur des Impôts l'application de l'article 36 précité, que le principe de l'égalité des créanciers était applicable à la situation visée par ce texte, la cour d'appel a violé cet article par fausse interprétation ;

Mais attendu, d'abord, que l'arrêt énonce, à bon droit, que l'article 36 de la loi du 1er mars 1984 ne distingue pas entre les différentes natures de créances ; qu'ensuite, par une décision motivée, il décide souverainement d'accorder des délais de paiement pour les dettes fiscales ; qu'ainsi, abstraction faite du motif erroné mais surabondant selon lequel la règle de l'égalité des créanciers, principe fondamental des procédures collectives, s'applique à la procédure du règlement amiable, la cour d'appel a légalement justifié sa décision ; que le moyen ne peut être accueilli en aucune des ses branches ; PAR CES MOTIFS : REJETTE

Document 3 Com. 5 mai 1994

Statuant tant sur le pourvoi principal formé par la Caisse centrale de réassurance, que sur le pourvoi incident relevé par la Banque d'entreprises financières et industrielles ; Attendu, selon l'arrêt déféré (Paris, 9 mars 2001), qu'au mois de juin 1989, le Groupement des industries du transport et du tourisme (GITT) a lancé une émission d'obligations, divisée en deux emprunts, dont l'un à taux variable de 3 000 000 francs, était, en particulier, destiné au financement de la Banque d'entreprises financières et industrielles (BEFI) et garanti par celle-ci à hauteur de 60/300èmes ; que cet emprunt était divisé en trois tranches A, B, C, venant à échéance respectivement les 17 juillet 1998, 17 juillet 1999 et 17 juillet 2000 ; que la sicav Rochefort court terme (devenue Chateaudun court terme) a acquis la totalité des obligations des tranches A et B, qu'elle a cédées à la Caisse centrale de réassurance (CCR) ; qu'à la suite du remboursement par la BEFI de sa quote-part, le GITT a utilisé les fonds pour assurer les besoins de trésorerie de la société Crédit touristique et des transports (C2T) ; que les obligataires des tranches concernées ont lors de l'assemblée générale du 27 juin 1995 refusé de ratifier les opérations de substitution de C2T à la BEFI dans l'engagement de garantie de l'emprunt ; que la CCR et la sicav Chateaudun ont, le 16 octobre 1997, assigné la BEFI aux fins de la voir déclarer garante, dans la limite de sa quote-part de 20 %, solidairement avec le GITT, du service en intérêts, principal et accessoires des tranches A et B de l'emprunt concerné ; qu'entre-temps est intervenu entre le GITT d'une part, et la CCR et la sicav Chateaudun, d'autre part, un accord, homologué le 12 décembre 1997, par le tribunal dans le cadre d'une procédure de réglement amiable régie par les articles L. 611-1 et suivants du Code de commerce ; que la BEFI a contesté sa garantie et sollicité la communication de l'accord ; que le tribunal a rejeté l'incident et dit que la BEFI

était garante solidairement avec le GITT, à concurrence de sa quote-part, du service des tranches A et

B de l'emprunt ; qu'en cause d'appel, la BEFI a réitéré son incident de communication de l'accord et a

appelé en garantie le GITT ; Sur le premier moyen du pourvoi incident, qui est préalable :

Attendu que la BEFI fait grief à l'arrêt d'avoir, confirmant le jugement sur ce point rejeté la demande de communication du protocole du 8 décembre 1997 homologué le 17 décembre 1997, alors, selon le moyen, que le secret professionnel entourant l'accord de règlement amiable est édicté dans l'intérêt

exclusif du débiteur pour protéger son crédit ; qu'il en résulte qu'il ne peut être utilement opposé par un créancier signataire dans le but de s'exonérer de ses engagements et que le débiteur peut autoriser la divulgation de l'accord de règlement lorsqu'il y a intérêt ; qu'en l'espèce, le GITT, débiteur principal, demandait le versement aux débats du protocole d'accord conclu le 8 décembre 1997 avec la CCR, son créancier, qui seul lui permettait de s'opposer tant aux demandes de paiement formées par la CCR à l'encontre de la BEFI, société garante, qu'à l'appel en garantie formée par la BEFI à son encontre ; que

la cour d'appel a constaté que le contenu de l'accord permettait effectivement de justifier des modalités

exactes des obligations auxquelles restaient tenues le GITT ainsi que ses garants ; qu'en refusant cependant de faire droit à la demande du débiteur de communication de ce protocole en raison du refus de communication opposé par la CCR, lorsque le GITT avait intérêt à une telle production, la cour d'appel a violé l'article L. 611-6 du Code de commerce et les articles 38 et 39 du décret n° 85 du 1er

mars 1985 ; Mais attendu qu'il résulte des dispositions des articles 38 et 39 du décret du 1er mars 1985 que l'accord amiable entre le débiteur et les créanciers, constaté dans un écrit signé par les parties et le conciliateur est déposé au greffe et communiqué au procureur de la République et qu'en dehors de l'autorité judiciaire, à qui l'accord et le rapport d'expertise peuvent être communiqués, l'accord ne peut être communiqué qu'aux parties et le rapport d'expertise qu'au débiteur ; que l'article L. 611-6 du Code de commerce dispose que toute personne qui est appelée au règlement amiable ou qui, par ses fonctions, en a connaissance est tenue au secret professionnel dans les conditions et peines prévues aux articles 226-13 et 226-14 du Code pénal ; Et attendu qu'après avoir relevé par un motif non critiqué que l'accord intervenu le 8 décembre 1997, homologué par le président du tribunal de commerce, était régi par les dispositions précitées, l'arrêt retient exactement, en se fondant sur l'obligation au secret professionnel auquel était tenue la CCR, que la communication de l'accord sollicitée devant les juges du fond aurait pour conséquence d'en faire prendre connaissance par la BEFI, qui n'était pas partie à cet accord ; que le moyen n'est pas fondé ; Et sur le second moyen du même pourvoi :

Attendu que la BEFI fait encore grief à l'arrêt d'avoir refusé de constater l'extinction des garanties par elle consenties au titre des tranches A et B de l'emprunt le GITT par l'effet de la substitution de la garantie de la société C2T à la sienne, alors, selon le moyen, que si la novation ne se présume pas, l'intention de nover peut résulter des faits et actes intervenus entre les parties manifestant de manière non équivoque cette intention ; qu'en l'espèce, il n'est pas contesté qu'en 1995, la société Crédit touristique et des transports est devenue bénéficiaire du prêt obligataire initialement consenti au bénéfice de la BEFI ce qui était de nature à la rendre garante du remboursement de l'emprunt consenti par la CCR au GITT, à concurrence de sa quote-part, aux lieu et place de la BEFI ; que, bien que les obligataires aient dans un premier temps refusé cette substitution de garantie, la cour d'appel a constaté que, par la suite, un accord était intervenu le 8 décembre 1997 entre le GITT et la CCR aboutissant à un plan de restructuration des emprunts destiné à rendre leurs caractéristiques compatibles avec le niveau des actifs de la société Crédit touristique et des transports et que cette restructuration des emprunts se soldait par la mise à la disposition des investisseurs sur la nouvelle identité de leurs bénéficiaires et garants, manifestait de manière non équivoque son intention de substituer cette dernière en qualité de bénéficiaire et de garante du prêt aux lieu et place de la BEFI qui se trouvait déchargée,

la cour d'appel a violé l'article 1273 du Code civil ;

Mais attendu que la novation ne se présume pas ; qu'elle doit résulter clairement des actes ; Et attendu qu'après avoir relevé que "selon la notice d'émission de l'emprunt le remboursement anticipé, total ou partiel, d'un prêt ne libère aucune des sociétés garantes de l'engagement pris vis-à-vis des obligataires, engagement qui subsiste à concurrence de la quote-part fixée, jusqu'à la mise effective en remboursement de la totalité des emprunts" mettant en évidence "le caractère détachable, relativement aux échéances fixées par l'acte à l'égard du débiteur, des obligations des sociétés garantes à l'égard des obligataires" et constaté que l'assemblée générale des obligataires avait refusé de substituer à la garantie de la BEFI, à celle de la C2T, l'arrêt retient que la substitution de garantie ne pouvait intervenir sans l'accord des obligataires ; que par ces seuls motifs dont il résultait que la novation n'avait pu s'opérer, la cour d'appel a légalement justifié sa décision ; que le moyen n'est pas fondé ; Et sur le moyen unique du pourvoi principal, pris en ses trois branches :

Attendu que la CCR fait grief à l'arrêt d'avoir dit irrecevable et mal fondée son action tendant à l'exécution ou, à défaut, à la reconnaissance de la garantie du remboursement d'une quote-part de l'emprunt obligataire par la BEFI, caution solidaire, alors, selon le moyen ;

1 / que le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-même le principe de la

contradiction ; qu'en relevant d'office la fin de non recevoir tirée du prétendu défaut d'intérêt de la société

CCR à poursuivre la société BEFI, sans avoir invité au préalable les parties à présenter leurs observations, la cour d'appel a violé l'article 16 du nouveau Code de procédure civile ;

2 / que la caution solidaire ne peut se prévaloir, pour se soustraire à son engagement, des remises et

délais de paiement consentis par le créancier au débiteur principal dans le cadre de la procédure de

réglement amiable instituée par la loi du 1er mars 1984 ; qu'en déclarant l'action de la société CCR irrecevable, faute pour cette dernière de justifier de l'exigibilité de la dette du débiteur principal, quant elle avait pourtant constaté qu'à son échéance, l'emprunt n'avait été que partiellement remboursé, d'où il résultait, en vertu des stipulations contractuelles liant les parties, que la garantie de la société BEFI était due, nonobstant d'éventuels délais de paiement ou remises accordés au débiteur principal dans le cadre d'un accord de réglement amiable, susceptibles d'être opposés par la caution au créancier, la cour d'appel a violé les articles 1134 et 2036 du Code civil, ensemble les articles L. 611-4 du Code de commerce et 31 du nouveau Code de procédure civile ;

3 / que la demande subsidiaire de la société CCR avait pour objet de faire juger que le remboursement

anticipé, par la société BEFI, de sa quote-part de l'emprunt, n'avait pas eu pour conséquence de faire disparaître l'obligation de garantie ; que le créancier avait intérêt à ce que ce point, sur lequel les parties s'opposaient, soit tranché, ne serait-ce qu'à titre préventif, avant que la dette principale ne soit devenue exigible ; qu'en déduisant dès lors l'irrecevabilité de la demande de ce que l'exigibilité de la dette principale n'était pas démontrée, la cour d'appel a violé l'article 31 du nouveau Code de procédure civile ; Mais attendu que l'arrêt, qui a examiné au fond la prétention, avant de la dire irrecevable, relève que "la CCR était parfaitement libre, dans le cadre du réglement amiable, de souscrire ou non à l'accord emportant restructuration de la dette, en accordant des remise ou des délais au débiteur" ; qu'il retient que la CCR ne peut, sans déséquilibrer gravement l'économie des relations contractuelles et sans s'affranchir de son obligation de se comporter en partenaire loyal, exiger de sa co-contractante, garante, qu'elle a exclu de l'élaboration du plan, l'exécution de sa propre obligation ; qu'en l'état de ses énonciations, la cour d'appel a fait ressortir à bon droit que les remises ou délais accordés par un créancier dans le cadre d'un réglement amiable bénéficiaient à la caution ; que le moyen n'est fondé en aucune de ses branches ; PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi principal et le pourvoi incident ;

Document 4 3 e Civ., 10 décembre 2008

Vu les articles 1244-1 du code civil et L. 611-7 du code de commerce ;

Attendu que, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, le juge peut dans la limite de deux années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues et que, si, au cours de la procédure de conciliation, le débiteur est poursuivi par un créancier, le juge qui a ouvert cette procédure peut, à la demande du débiteur et après avoir été éclairé par le conciliateur, faite application des articles 1244-1 à 1244-3 du code civil ;

a donné en location à la Société nouvelle

carrosserie automobile école militaire (SNCAEM) des locaux à usage commercial de garage ; que le bailleur a fait délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire le 6 juin 2006 ; que le juge des référés, par ordonnance du 2 octobre 2006, a accordé des délais de paiement à la locataire et suspendu les effets de la clause résolutoire ; que le président du tribunal de commerce a, le 9 octobre 2006, désigné un conciliateur ; que le bailleur a délivré, faute de paiement à l'échéance de la dette, un commandement de libérer les lieux le 9 novembre 2006 ; que la SNCAEM a saisi le juge du tribunal de commerce afin d'obtenir de nouveaux délais ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 6 juillet 2007) que M. X

Attendu que pour accueillir cette demande, l'arrêt retient que la délivrance, le 9 novembre 2006, du commandement de libérer les lieux constitue un acte de poursuite, que l'article L. 611-7 alinéa 5 du code de commerce autorise le débiteur à assigner le créancier devant le juge du tribunal de commerce

afin d'obtenir des délais dans les conditions des articles 1244-1 et suivants, qu'en vertu de l'article 488 du code de procédure civile, l'ordonnance de référé du 2 octobre 2006 n'a pas acquis l'autorité de chose jugée, que rien ne s'oppose à ce que la demande de délais de paiement soit examinée par le premier juge et que le fait que la SNCAEM n'ait pas respecté l'échéancier fixé par le président du tribunal de grande instance ne saurait constituer un obstacle à l'octroi de nouveaux délais en considération de la situation respective des parties ;

Qu'en statuant ainsi alors que la procédure de conciliation instituée par les articles L. 611-4 et suivants du code de commerce n'entraîne pas la suspension des poursuites individuelles et alors que l'ordonnance du 2 octobre 2006 était passée en force de chose jugée et que dès lors la clause résolutoire était acquise à la date de la première échéance non respectée, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a accordé un délai de six mois à la SNCAEM pour apurer sa dette locative, l'arrêt rendu le 6 juillet 2007, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée.