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Histoire du Valais

Histoire du Valais

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OccupÄ dÅs la prÄhistoire, le territoire du canton du Valais voit se dÄvelopper une civilisation originale lors de l'Çge du bronze. DÅs le IV e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., quatre tribus celtes se partagent son territoire, incorporÄ par Auguste dans l'Empire romain. Le Valais gallo-romain, situÄ sur l'importante route du Grand-Saint-Bernard est prospÅre. Le christianisme y est attestÄ dÅs 377 et un ÄvÑchÄ est sis Ö Martigny au plus tard en 381.

et un ÄvÑchÄ est sis Ö Martigny au plus tard en 381 . Carte du Valais

Carte du Valais de 1756

Ü la chute de l'Empire, la rÄgion devient burgonde avant d'Ñtre intÄgrÄe avec celui-ci dans le royaume

franc carolingien. Ü sa disparition, il fait partie du royaume de Bourgogne transjurane dont l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune est le centre religieux. Le comtÄ du Valais devient propriÄtÄ de l'ÄvÑque en 999, sur donation de Rodolphe III de Bourgogne et, au XI e ÉsiÅcle, il passe au Saint-Empire romain germanique et la fÄodalitÄ le fragmente en de nombreuses seigneuries et territoires. La partie amont du territoire se germanise en vagues successives entre les IX e et XIV e ÉsiÅcles ; parallÅlement l'influence des comtes, puis ducs, de Savoie augmente dans le Bas-Valais. Devenu alliÄ des cantons suisses Ö la fin du XIV e ÉsiÅcle, la frontiÅre est fixÄe Ö la Morge de Conthey. Lors des guerres de Bourgogne, le Haut-Valais envahit les territoires savoyards et annexe le Bas jusqu'Ö Massongex et l'organise en pays sujet. En 1569, le Chablais valaisan est conquis, toujours au dÄtriment de la Savoie. Le Bas-Valais reste sujet du Haut qui voit la puissance de l'ÄvÑque diminuer en faveur des Patriotes qui forment en 1634 une vÄritable rÄpublique fÄdÄrale, la RÄpublique des Sept-Dizains.

Ce n'est qu'avec la RÄvolution franáaise que le Bas s'Ämancipe. Le Valais est ballottÄ entre la RÄpublique helvÄtique (1798-1802), l'indÄpendance thÄorique (1802-1810) et l'incorporation Ö l'Empire (1810-1813). Ü la chute de NapolÄon I er , les AlliÄs le poussent Ö adhÄrer Ö la ConfÄdÄration suisse en 1815 dont il devient le vingtiÅme canton.

Toujours dÄchirÄ entre le Haut germanophone et le Bas francophone et majoritaire, il est proche de se diviser en demi-cantons (1840). Membre du Sonderbund (1845-1847), il est dÄfait. La deuxiÅme moitiÄ du XIX e ÉsiÅcle voit le dÄveloppement des transports (ferroviaires et routiers) et les dÄbuts du tourisme alors que le dÄbut du XX e ÉsiÅcle voit l'industrialisation (chimie Ö Monthey et ViÅge, aluminium Ö Chippis) du pays et l'exploitation des ressources hydrauliques. DÅs 1950 le tourisme de masse se dÄveloppe et de nombreuses stations apparaissent.

PrÄhistoire et protohistoire

PalÄolithique

Le Valais a ÄtÄ habitÄ dÅs la PrÄhistoire. Les seules traces de NÄandertaliens retrouvÄes, vestiges datant du PalÄolithique, ont ÄtÄ dÄcouvertes dans la rÄgion du lac de Tanay et datent d'environ 32 000 ans [1] . En effet, la glaciation de Wàrm, oâ de -25000 Ö -19000 le glacier du Rhäne recouvrait l'ensemble du Valais, a probablement bouleversÄ irrÄmÄdiablement la plupart des traces humaines antÄrieures. AprÅs le retrait glaciaire, des chasseurs-cueilleurs semblent avoir colonisÄ le Valais ; nÄanmoins, seule la grotte du Scex du Chãtelard a livrÄ quelques vestiges de ces chasseurs du palÄolithique rÄcent (-13000) [2] . En revanche, aucune trace des cultures de chasseurs-cueilleurs qui ont colonisÄ le reste des Alpes, Ö la fin du PalÄolithique, vers -10000, n'a ÄtÄ dÄcouverte [3] .

Du fait de l'extension du lac LÄman dont la surface Ätait Ö 405Ém, qui Ö cette Äpoque, remplissait la plaine du Rhäne jusqu'Ö la cluse de Saint-Maurice, il semble que les rennes, et par lÖ la culture du MagdalÄnien n'aient pas pÄnÄtrÄ en

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Valais [4] , bien qu'un Ätablissement soit attestÄ dans le Chablais vaudois Ö Villeneuve [5] .

L'abaissement du niveau du lac LÄman Ö l'åpipalÄolithique permet Ö l'Azilien de se rÄpandre dans le Chablais, mais moins probablement en amont de la cluse de Saint-Maurice [6] . Quoique aucun vestige n'ait ÄtÄ dÄcouvert, des camps de plaine et d'altitude, pour la chasse au bouquetin, ont dç exister [7] .

MÄsolithique

Un abri sous roche datant du MÄsolithique, vers -8000, a ÄtÄ fouillÄ dans la rÄgion de Vionnaz, associÄ au Sauveterrien [8] . Des traces d'occupation humaine de la mÑme Äpoque ont ÄtÄ retrouvÄes prÅs de Zermatt attestant la prÄsence de l'homme en altitude dÅs cette Äpoque reculÄe.

NÄolithique

en altitude dÅs cette Äpoque reculÄe. NÄolithique Trois ÄlÄments appuient l'hy p othÅse d'une

Trois ÄlÄments appuient l'hypothÅse d'une migration de population comme source de la NÄolithisation du Valais, par opposition au phÄnomÅne d'acculturation privilÄgiÄ dans les Alpes occidentales. Tout d'abord la simultanÄitÄ en Valais de la disparition des techniques du MÄsolithique et de l'apparition de toutes les techniques du NÄolithique : il n'y a pas d'Ätat intermÄdiaire [9] . Ensuite l'absence de la faune locale des ancÑtres sauvages des espÅces domestiquÄes, ce qui implique une importation des troupeaux. Enfin, l'absence de transition entre Äconomies fondÄes sur la chasse et celles sur l'Älevage [10] . Du fait de la proximitÄ de la cÄramique, on admet gÄnÄralement que ce sont des pasteurs du sud des Alpes [9],[11] qui, guidant les troupeaux Ö travers les cols alpins (Simplon, ThÄodule, Collon, etc.), ont amenÄ les nouvelles techniques agricoles [12] . Les villages sont alors situÄs en plaine, sur des cänes de dÄjection de riviÅre, sur le versant ensoleillÄ de la vallÄe. Le site de Sion (Planta) semble dÄjÖ bien occupÄ au VI e ÉmillÄnaire av.ÉJ.ÄC. et la chasse semble dÄjÖ ne plus Ñtre qu'une activitÄ accessoire [10] . Ü cette Äpoque le cheptel semble composÄ pour la majeure partie de caprinÄs et de bovins Ö part Ö peu prÅs Ägales [13] . Froment et amidonnier sont attestÄs [14] . La cÄramique, influencÄe par le sud des Alpes est diffÄrente de celle du Plateau suisse et la civilisation du Valais est qualifiÄe de culture du NÄolithique ancien valaisan. Certains auteurs voient dans l'importance du peuplement de la

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rÄgion le signe de l'importance du site dans l'exportation dans toute l'Europe de haches polies en obsidienne verte originaires des Alpes du Sud, alors symbole de pouvoir dans toute l'Europe de l'Ouest et du Nord.

Une nouvelle culture apparaét au dÄbut du NÄolithique moyen (dÄbut du V e ÉmillÄnaire av.ÉJ.ÄC.), apparentÄe au Cortaillod ancien du plateau suisse, mais prÄsentant des motifs distincts (cannelures sur la cÄramique) : c'est le Cortaillod ancien valaisan [15] .

Toujours au V e millÄnaire, une culture originale, dite de Saint-LÄonard, se dÄveloppe, caractÄrisÄe par des cÄramiques aux dÄcors originaux. Outre les influences du sud, des influences de l'ouest se font sentir. La culture de Saint-LÄonard est particuliÅrement reprÄsentÄe Ö Sion et en amont. En revanche, dans le Bas-Valais, Ö La Barmaz sur la commune de Collombey-Muraz, deux importantes nÄcropoles associÄes Ö la civilisation de Cortaillod ont ÄtÄ retrouvÄes [16] ; ce qui indiquerait deux aires culturelles en Valais : le Chablais sous l'influence de la civilisation de Cortaillod et le Valais en amont sous celle de la civilisation de Saint-LÄonard. C'est de cette Äpoque que datent les tombes composÄes d'une ciste, de type Chamblandes, contenant en gÄnÄral un seul squelette en position repliÄe. En Valais, prÅs de 900 de ces tombes ont ÄtÄ retrouvÄes (Sion, Sembrancher, Saint-LÄonard, La Barmaz prÅs de Monthey, Waldmatte, etc.)

Alors que la mÄtallurgie du cuivre est apparue sur le plateau suisse, aucune trace aussi ancienne de cette technique n'a ÄtÄ trouvÄe en Valais Ö cette Äpoque.

Au NÄolithique final, c'est une civilisation mÄgalithique qui se dÄveloppe. La nÄcropole du Petit-Chasseur Ö Sion, avec ses dolmens et ses stÅles anthropomorphiques, en est un tÄmoin monumental. Durant la premiÅre moitiÄ du III e ÉmillÄnaire av.ÉJ.ÄC., les stÅles, dites de type A, sont caractÄrisÄes par de petites tÑtes et le faible nombre de reprÄsentations d'armes. Les tombes sont collectives, quoique leur faible nombre par rapport Ö la population estimÄe fait penser Ö une sociÄtÄ inÄgalitaire [17] , probablement une sociÄtÄ Ö lignage : c'est le NÄolithique final valaisan.

Ö lignage : c'est le NÄolithique final valaisan . Aire de rÄpartition gÄographique approximative de la

Aire de rÄpartition gÄographique approximative de la culture campaniforme entre -2500 et -2200

Puis, entre -2500 et -2200, le Campaniforme se rÄpand aussi en Valais [18] . Les tombes du Petit-Chasseur deviennent individuelles et les stÅles, dites de type B, se caractÄrisent par des tÑtes plus grosses et un plus grand nombre de figurations d'armes.

PrÅs des voies d'accÅs des cols alpins, de nombreux objets Äpars ont ÄtÄ retrouvÄs, tÄmoins d'une probable intensification des Ächanges. On date Ägalement de cette pÄriode certaines pierres Ö cupules retrouvÄes en Valais (Zermatt, Anniviers, Saint-LÄonard, åvolÅne) [19] .

Au terme du NÄolithique final apparaét une mÄtallurgie locale, trÅs primitive.

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Åge du bronze

Histoire du Valais 4 Åge du bronze DÅs le XXII e É siÅcle av. É J.-C.,

DÅs le XXII e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., diffÄrentes traces de l'Çge du bronze ont ÄtÄ dÄcouvertes dans toute la haute vallÄe du Rhäne. Une culture spÄcifique, la culture du Rhäne s'y dÄveloppe. NÄanmoins, il n'y a pas de rupture avec la pÄriode campaniforme : ainsi la nÄcropole du Petit-Chasseur est toujours utilisÄe et des tombes individuelles Ö stÅle mÄgalithique de type B sont toujours ÄrigÄes. La premiÅre phase, la culture du RhÅne prÄliminaire, est caractÄrisÄe par des objets en cuivre (moins de 1 % d'Ätain) et semble spÄcifique au Valais central, bien qu'une tombe prÅs de Thoune puisse indiquer que cette culture s'Ätendait peut-Ñtre sur les deux versants des Alpes bernoises [20] .

La pÄriode suivante voit la culture du Rhäne s'Ätendre. Tout le Valais est dÄsormais partie du territoire de cette culture, de mÑme que les vallÄes de l'Aar et de la Sarine, et la rÄgion lÄmanique prÅs de Lausanne. La culture du Rhäne s'Ätend Ägalement au Jura franáais et une partie de la vallÄe du moyen Rhäne. Le Valais fait partie du groupe Rhäne-Aar. La culture du Rhäne classique subit des influences de la culture d'ènêtice attestÄe dans la rÄgion danubienne. Ces influences semblent provenir par les routes du nord des Alpes, mais Ägalement par celles du sud, et l'Italie du Nord [20] .

Entre -1800 et -1600, la culture du Rhäne, dans sa phase qualifiÄe d'avancÄe, s'Ätend encore territorialement pour le groupe Rhäne-Aar : les rivages des lacs de Neuchãtel, Bienne et Morat sont inclus de mÑme que l'extrÄmitÄ occidentale du lac LÄman, jusqu'Ö GenÅve. Les objets mÄtalliques sont trÅs nombreux en quantitÄ, bien que l'on remarque une diminution de la variÄtÄ des formes, annonáant le dÄclin de la culture [21] .

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DÅs le XVI e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., la culture du Rhäne dÄcline rapidement ; mis Ö part en Valais oâ il semble perdurer quelque peu, il est remplacÄ dans le reste de son aire gÄographique par la culture des Tumulus originaire d'Europe centrale. Les mines valaisannes ne semblent plus exportatrices et l'influence du sud des Alpes grandit peu Ö peu [22] .

DÅs -1450 le Valais, complÅtement hors de la culture des Tumulus dominant le plateau suisse, voit des habitats fortifiÄs se dÄvelopper et est sous l'influence de la culture d'Alba-Scamozzina et semble conträler le transit alpin [23] .

Ü la fin du XV e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., le sud du Valais semble sous l'influence nord-italienne de la culture de Canegrate bien que de nombreux ÄlÄments indigÅnes y soient mÄlangÄs, en particulier dans la rÄgion de Sion. Le Valais semble alors Ñtre Ö la limite des deux groupes culturels : Canegrate au sud des Alpes et la culture Rhin-Rhäne-Danube au nord. On qualifie la culture rÄgionale de groupe alpin de la culture de Canegrate. L'intensification des Ächanges alpins est manifeste [24] .

Des abris sous roche ont ÄtÄ dÄcouverts au-dessus de Zermatt et dans le val d'HÄrens : la transhumance saisonniÅre des troupeaux entre la plaine et les alpages, dÄjÖ attestÄe Ö la fin du NÄolithique, s'est maintenue.

attestÄe Ö la fin du NÄolithique, s'est maintenue. Fibule s dÄcouvertes, de g auche Ö droite

Fibules dÄcouvertes, de gauche Ö droite Ö Saillon (env. -1600), au col du Schnidejoch (env. -2000) et Ö Bex (-1600).

Åge du fer

och (env. -2000 ) et Ö Bex ( -1600 ). Åge du fer Le Valais est

Le Valais est Ö la frontiÅre des cultures de Golasecca au sud-est et de Hallstatt au nord-ouest.

ce qui concerne les rites d'inhumations.

Durant le premier ãge du Fer, entre -800 et -480, le Valais est Ö la marge gÄographique civilisation de Hallstatt qui influence profondÄment le Chablais et le Bas-Valais, mÑme si une Ävolution spÄcifique est notÄe en ce qui concerne la mÄtallurgie. Ainsi de nombreux bracelets lourds ont ÄtÄ retrouvÄs dans le Valais central, les bracelets valaisans [25] . Ces bracelets, Ägalement connus sur le plateau suisse, survivront en Valais jusqu'au I er ÉsiÅcle. Le Haut-Valais semble nÄanmoins Ñtre plus Ö l'Äcart de la civilisation de Hallstatt et est plus fortement influencÄ, par les civilisations de l'Italie du Nord, comme la culture de Golasecca, en particulier en

DÅs le IV e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., et le second ãge du Fer, quatre tribus celtes se partagent la rÄgion : les Nantuates, qui occupent la rÄgion de Monthey, les VÄragres la rÄgion de Martigny (alors appelÄe Octoduros), les SÄdunes (leur oppidum est l'actuelle Sion, peut-Ñtre dÄjÖ appelÄe Drousomagos Ö moins que ce nom ne lui ait ÄtÄ donnÄe qu'aprÅs la conquÑte romaine par TibÅre et Drusus) et les UbÅres (sur le territoire des actuels districts germanophones). Ces quatre tribus ont plus de points communs avec les pontiens et les Salasses, leurs voisins du sud des Alpes, qu'avec les HelvÅtes, leurs voisins du nord. La vallÄe de Binn, bien que situÄe sur le versant valaisan du col de l'Albrun reliant le Valais au val d'Ossola via le val Devero est, d'aprÅs les donnÄes archÄologiques, habitÄe par des LÄpontiens occupant le val d'Ossola, les vallÄes du Tessin et une partie du Milanais actuel [26] .

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L'inscription d'Ayent, dÄcouverte en 2003 au-dessus de Sion, confirme la proche relation entre le Valais et les populations celtes du sud des Alpes. Non seulement l'inscription, Äcrite en boustrophÄdon, est en alphabet de Lugano tardif, utilisÄ par les Celtes du bassin versant du Pä, alors que les Celtes de Gaule utilisaient en gÄnÄral l'alphabet grec, mais en plus le dialecte celte indique une Ävolution phonÄtique propre aux peuples d'Italie du Nord [27] .

La monnaie des VÄragres, attestÄe dÅs le II e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C. et Ägalement en usage chez les SÄdunes [28] , reprend des motifs du sud des Alpes et ne semble pas influencÄe par les monnaies de la moyenne vallÄe du Rhäne [29] .

On connaét peu la religion des Celtes du Valais : l'oppidum des Nantuates, Tarnaiae, l'actuelle Massongex, voit son nom provenir de Taranis, dieu celte [30] . Il semble Ägalement y avoir eu un sanctuaire Ö Saint-Maurice et des divinitÄs topiques, comme Poeninus au col du Grand-Saint-Bernard (Summus Poeninus) [31] et peut-Ñtre Sylvius au col du ThÄodule (Mons Sylvius), qui semble Ö l'origine du nom du Cervin.

Çpoque romaine

ConquÉte

Durant la Guerre des Gaules, Jules CÄsar, Ö l'aide de la douziÅme lÄgion romaine, sous le commandement de Servius Galba, tente d'occuper Martigny, clÄ de l'accÅs au col du Grand-Saint-Bernard (Summus Poenus), mais les Romains sont repoussÄs lors de la bataille d'Octodure Ö l'automne -57 [32] . La route du col est alors un chemin muletier rÄputÄ difficile [33] .

MÑme si l'incorporation Ö l'Empire romain des Salasses du val d'Aoste, soumis en -27, dut rÄduire dÄjÖ fortement l'autonomie des quatre tribus du Valais, c'est probablement en -15 [34] , aprÅs

une campagne militaire menÄe par le futur empereur TibÅre et Drusus, que les tribus celtes des Alpes sont vaincues et l'empereur Auguste incorpore la rÄgion Ö la nouvelle province de RhÄtie-VindÄlicie dont la capitale est Augsbourg. Chacune des quatre tribus forme une citÄ (civitas) romaine et semble avoir gardÄ tout d'abord une grande autonomie interne : les documents parlent de chacune des citÄs indÄpendamment ou les dÄsignent sous l'appellation gÄnÄrique des quatre citÄs valaisannes, indiquant la possible existence d'une ligue [35] . Dans tous les cas, les citÄs sont considÄrÄes comme conquises en -6, leur nom apparaissant sur le trophÄe des Alpes Ö La Turbie.

apparaissant sur le trophÄe des Alpes Ö La Turbie . Le trophÄe des Alpes ÄrigÄ vers

Le trophÄe des Alpes ÄrigÄ vers -6 Ö la Turbie, en France :

le Valais est romain.

Haut-Empire

Article connexe : Suisse gallo-romaine.

Sous le rÅgne de Claude (41-54), le Valais est dÄtachÄ de la RhÄtie-VindÄlicie pour devenir Vallis poenina, une province ayant souvent, peut-Ñtre toujours, le mÑme gouverneur que la Tarentaise (Alpes grÄes), autre province alpine [36] . C'est Ö proximitÄ immÄdiate de la celte Octodure que l'empereur fonde en 47 ou peu avant [37] , le Forum Claudii Augustii renommÄ Ö sa mort en Forum Claudii Vallensium [38] , capitale de la civitas vallensium [37] , unique citÄ regroupant les quatre anciennes tribus. La ville romaine, dont la population est estimÄe Ö 5 000

tribus. La ville romaine, dont la population est estimÄe Ö 5 000 L'amphithÄãtre du Forum Claudii

L'amphithÄãtre du Forum Claudii Vallensium

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personnes, est formÄe de dix insulae (quartiers) dont l'une est entiÅrement occupÄe par un forum [39] et compte un amphithÄãtre. L'organisation de la province semble classique, plusieurs Äpitaphes parlant de duoviri iuri dicundo ayant ÄtÄ retrouvÄes, indiquant la prÄsence de deux juges, probablement Älus pour des mandats annuels comme ailleurs dans l'empire.

Pour faciliter la mobilitÄ des troupes en prÄvision de l'invasion des ëles britanniques en 49, les Romains auraient rendu la route stratÄgique du col du Mont-Joux carrossable, mais cette hypothÅse est discutÄe [40] . Sur les axes principaux des relais (mutationes) et des gétes d'Ätape (mansiones) sont crÄÄs et entretenus.

La Pax Romana qui s'est installÄe pour prÅs de trois siÅcles, permet l'essor de la rÄgion, Acaunus voyant un poste de douane percevant le quarantiÅme des Gaules [41] . La civilisation romaine s'installe en Valais : Ö cätÄ de Martigny, seule vÄritable ville de la rÄgion et capitale de la citÄ, des vici se dÄveloppent, par exemple Ö Sion et Ö Massongex ; des villae sont crÄÄes mais restent peu nombreuses (par exemple la villa de Marendeux Ö Monthey), les exploitations indigÅnes celtes gardant leur importance. La Civitas Vallensium est soumise au droit romain et la citoyennetÄ romaine est accordÄe aux Ädiles locaux, ainsi qu'Ö leur famille en ligne droite ascendante et descendante, permettant ainsi l'acculturation des populations locales. Durant tout le Haut-Empire, aucune troupe permanente n'est stationnÄe dans les Alpes, quoique de petits dÄtachements chargÄs de la protection des routes soient attestÄs.

Les arts et traditions romaines se rÄpandent en Valais. On y a trouvÄ plusieurs thermes (Ö Massongex, Martigny et Sion) et l'art sculptural Ätait trÅs dÄveloppÄ. Ainsi les fouilles de l'amphithÄãtre Ö Martigny ont permis de mettre au jour plusieurs statues de bronze, dont une tÑte de vache de la race d'HÄrens [42] . Une seule mosaíque a ÄtÄ retrouvÄe, dans les thermes de Massongex ; comme les autres mosaíques du I er ÉsiÅcle retrouvÄes en Suisse, elle est monochrome.

Bas-Empire

Article connexe : Bas Empire romain.

Durant l'incursion des Alamans, razziant tout le Plateau suisse vers 275-277, ceux-ci semblent avoir ÄtÄ repoussÄs Ö la cluse de Saint-Maurice [43] . Ü la mÑme Äpoque, les localitÄs en aval de la cluse, en particulier Massongex, l'ancienne Tarnaiae (capitale spirituelle des Celtes du Valais), ont pÄriclitÄ, de mÑme que d'autres sur le plateau suisse.

DÅs le III e ÉsiÅcle, des cultes d'origine asiatique sont attestÄs, tels CybÅle et surtout Mithra, un mithraeum ayant ÄtÄ retrouvÄ Ö Martigny.

DÅs le milieu du IV e ÉsiÅcle, le christianisme se rÄpand en Valais. Le plus ancien tÄmoignage datÄ (377) est un chrisme sur une inscription faite par un Ädile romain, trouvÄe Ö Sion [44] . La premiÅre preuve d'un ÄvÑque en Valais, Ö Martigny, date de 381 ThÄodore signe les actes du concile d'AquilÄe comme ÄvÇque d'Octodure [45] . Une chapelle chrÄtienne datÄe du milieu du IV e ÉsiÅcle a ÄtÄ trouvÄe Ö Martigny, remplacÄe au siÅcle suivant par une Äglise double, typique des siÅges Äpiscopaux de l'Äpoque. C'est ThÄodore qui est Ö l'origine du culte de Saint-Maurice Ö Agaune oâ il ì dÄcouvre î les restes des martyrs de la lÄgion thÄbaine et y fait construire le premier sanctuaire chrÄtien du site.

DÅs le dÄbut du V e ÉsiÅcle, les alÄas Äconomiques et politiques de l'Empire romain se font sentir et les Ächangent commerciaux diminuent [46] . Le Forum Claudii Vallensium est abandonnÄ au profit du bourg d'Octodurus Ö proximitÄ immÄdiate ; les habitants de Sion abandonnent la rive droite de la Sionne, abandonnant thermes et habitations, et n'occupent plus que le quartier de la CitÄ, adossÄ aux collines de ValÅre et Tourbillon.

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Des Burgondes au royaume de Bourgogne

Lors de l'arrivÄe des Burgondes comme fÄdÄrÄs sur les terres de l'Empire romain (434), le Valais semble ne pas avoir fait partie de la Sapaudie qui leur est accordÄe. Qui plus est, il semble qu'une immigration de notables en provenance de celle-ci a lieu. Mais dÅs la fin de la puissance impÄriale en Gaule (454), prÄfigurant sa chute dÄfinitive de 476, le Valais est rapidement incorporÄ au royaume de Bourgogne : la sociÄtÄ est rÄgie par la loi Gombette dÅs sa promulgation par Gondebaud en 502 et le futur roi Sigismond (en 515) fonde l'abbaye de Saint-Maurice. Fraéchement converti de l'arianisme

au

catholicisme, il fait de ce lieu le symbole de la foi de son peuple et

un

lieu de pÅlerinage important.

de son peuple et un lieu de pÅlerinage important. Royaume des Burgondes au V e É

Royaume des Burgondes au V e ÉsiÅcle.

L'histoire du Valais se confond alors avec celle de la Burgondie, bientät annexÄe par la monarchie franque (534). La catastrophe naturelle du Tauredunum, peut Ñtre le Grammont, en 563 voit un pan de montagne s'Äcrouler, dÄtruisant un chãteau et un hameau et crÄant

une vague gÄante sur le lac LÄman causant d'importants dÄgãts jusqu'Ö GenÅve [47] . En 574, l'abbaye de Saint-Maurice est dÄtruite par les Lombards, finalement vaincus Ö Bex par les Francs [48] ; le roi Gontran fait reconstruire le monastÅre. Peu aprÅs, vers 585, probablement pour la protÄger des pillages et peut-Ñtre Ö la suite d'une tentative d'assassinat de l'ÄvÑque par des moines de Saint-Maurice, le siÅge Äpiscopal est dÄplacÄ d'Octodure Ö Sion, devenue entre temps la principale citÄ de la rÄgion [49] .

Deux ateliers monÄtaires de cette Äpoque sont attestÄs en Valais, Ö Sion et Ö Saint-Maurice [50] .

Le Valais fait partie de l'empire de Charlemagne, dont un corps expÄditionnaire en route pour lutter contre les Lombards franchit le Grand-Saint-Bernard en 773. C'est d'ailleurs Ö Worms en mai 839, Ö l'occasion d'un plan de partage de l'empire carolingien, que l'on trouve la plus ancienne mention du pagus vallensis, attribuÄ Ö Lothaire. L'appartenance du Valais Ö la Francie mÄdiane est confirmÄe lors du traitÄ de Verdun en 843.

En 859, le Valais appartient Ö Louis II, roi d'Italie.

En 888, le comte d'Auxerre, Rodolphe I er , fonde le royaume de Bourgogne transjurane, comprenant le Valais. Il se

fait d'ailleurs couronner roi Ö l'abbaye de Saint-Maurice. Son successeur, Rodolphe II achÅte le royaume de Provence

en 934 et fonde ainsi le royaume d'Arles qui survivra presque un siÅcle [51] .

C'est aux VIII e et IX e ÉsiÅcles qu'une partie du Valais se germanise, sous l'infiltration progressive de populations parlant des dialectes du groupe alÄmanique supÄrieur. D'origine alamane, elles proviennent de l'Oberland bernois et passent par les cols du Grimsel, de la Gemmi et peut-Ñtre du Lïtschen. Elles semblent coloniser de nouvelles terres qu'elles dÄfrichent en altitude. La frontiÅre linguistique, situÄe un temps entre Brigue et ViÅge se fixe vers le

XI e ÉsiÅcle plus en aval, le long de la riviÅre Lonza [52] .

Les Sarrasins, remontant la vallÄe du Rhäne depuis la MÄditerranÄe, pillent Saint-Maurice en 940 et l'occupent ; ils sont expulsÄs du royaume d'Arles en 974 par un soulÅvement populaire, marquÄ par la bataille de Tourtour (973), peu aprÅs avoir pris en otage l'abbÄ Maíeul de Cluny, en juillet 972 sur la route du Grand-Saint-Bernard Ö OrsiÅres,

au chãteau du Chãtelard [52],[53] .

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Le Valais fÄodal

En 999, le roi Rodolphe III confie les droits comtaux Ö l'ÄvÑque de Sion et Ö ses successeurs. Ce document, La charte de donation de 999 [54] , Ätabli Ö Cudrefin, au bord du lac de Neuchãtel, est le vÄritable acte fondateur du Valais comme åtat. C'est la premiÅre fois, avec une donation similaire Ö l'ÄvÑque de Bãle la mÑme annÄe, que, sur le territoire de la Suisse, des droits rÄgaliens sont transmis Ö des seigneurs locaux [55] . åtonnamment, les frontiÅres du commitatis vallensis n'y sont pas dÄfinies clairement ; ce n'est qu'au XII e ÉsiÅcle que la frontiÅre est fixÄe prÅs de la Dranse Ö Martigny, au lieu-dit de la croix d'Ottans, hameau aujourd'hui disparu [52] . La fÄodalitÄ se gÄnÄralise peu Ö peu dans toute la rÄgion, alors que le trafic transalpin reprend progressivement au cours du X e ÉsiÅcle, consÄquence de la stabilitÄ retrouvÄe du continent.

En 1032, Ö la mort de Rodolphe III, et comme l'ensemble du royaume de Bourgogne, le comtÄ du Valais est intÄgrÄ au Saint-Empire romain germanique. Le comtÄ bÄnÄficie dÅs 1189 de l'immÄdiatetÄ impÄriale [56] ; l'ÄvÑque de Sion devient prince d'Empire.

Les grands voisins fÄodaux, les Zñhringen au nord, les Savoie Ö l'ouest essayent d'Ätendre leur pouvoir sur le Valais. En 1211, Bertold V de Zñhringen est vaincu Ö la bataille d'Ulrichen [57] .

En revanche, le Bas-Valais entre peu Ö peu dans le giron des comtes de Savoie ; devant la menace, l'ÄvÑque Henri de Rarogne s'allie Ö Berne (1252), plaáant le comtÄ dans la zone d'alliances rÄgionales, relativement lãche et incohÄrente, appelÄe confÄdÄration bourguignonne par les historiens [58] : Pierre II de Savoie saisit le prÄtexte et envahit le Valais en 1260. Le chãteau de la

Bãtiaz Ö Martigny, celui du Crest Ö Ardon et le chãteau de la Soie Ö SaviÅse tombent sous sa coupe et l'ÄvÑque est contraint de signer la paix fixant la frontiÅre entre les deux åtats Ö la Morge de Conthey. Cette frontiÅre est rÄaffirmÄe en 1262. Le Valais Ätait dÅs lors coupÄ en deux :

le Haut-Valais indÄpendant aux mains de l'ÄvÑque de Sion, le Bas-Valais faisant partie des possessions savoyardes. En 1268, le val d'HÄrÄmence devient savoyard et est rattachÄ contre sa volontÄ Ö la chãtellenie de Conthey [59] .

sa volontÄ Ö la chãtellenie de Conthey [ 5 9 ] . Les grandes familles fÄodales

Les grandes familles fÄodales vers 1200

C'est aussi Ö cette Äpoque qu'apparaét dans le Valais Äpiscopal le Conseil gÄnÄral, la future diÅte. Il s'agit d'abord, vers la fin du XIII e ÉsiÅcle, d'une rÄunion exceptionnelle des grands fÄodaux, des reprÄsentants des communes et de quelques ecclÄsiastiques possÄdant un pouvoir temporel, principalement les reprÄsentants du chapitre de Sion. Suite Ö la disparition des grandes seigneuries laíques, le peu de pouvoir des ecclÄsiastiques hormis l'ÄvÑque, ainsi que le groupement des communes en dizains, le Conseil Ävolue au XIV e ÉsiÅcle en une entitÄ se rÄunissant Ö la demande Å mais au moins une fois, puis deux fois par an Å pour traiter des affaires du pays. Si le Conseil gÄnÄral rÄunit gÄnÄralement les sept dizains (Consilium generale patrie ou Consilium generale tocius terre Vallesii), des conseils rÄunissant les cinq dizains germanophones (Populares universitatis Vallesii Allemanorum) ont parfois lieu ; ils seront Ägalement nommÄs diÄtines par la suite. La noblesse, aprÅs la disparition des grands domaines laícs n'y participe plus comme corps particulier, mais elle garde son influence dans les dizains et leurs dÄlÄguÄs sont souvent choisis parmi ses descendants.

Histoire du Valais

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D'une maniÅre similaire, les seigneuries et communes du Bas-Valais, sous domination savoyarde, sont rÄguliÅrement reprÄsentÄes au

En 1348-1349, le Valais est ravagÄ par la Grande Peste. Entre 25 % et 50 % de la population est emportÄe, selon les localitÄs. La maladie, absente d'Europe depuis au moins cinq siÅcles, cause encore six ÄpidÄmies en Valais, jusqu'en 1450 [52] .

Parachevant la rÄunion des territoires Ö l'ouest de la Morge sous l'autoritÄ savoyarde, la seigneurie d'Ardon-Chamoson passe en mains savoyardes en 1348 [60] de mÑme que la chãtellenie Äpiscopale de Martigny en 1384 [61] . De mÑme, Ö l'est de la Morge, c'est en 1348 aussi que l'ÄvÑque de Sion, Guichard Tavelli, prÑte hommage pour la derniÅre fois au duc de Savoie pour la seigneurie de Mïrel en main Äpiscopale depuis 1224 au moins, aprÅs avoir ÄtÄ possession de la Savoie [62] . La seigneurie d'Ayent, quant Ö elle, change de mains en 1376 et devient propriÄtÄ de l'ÄvÑque.

mains en 1376 et devient propriÄtÄ de l'ÄvÑque. Le chãteau de la Bãtiaz qui changea de

Le chãteau de la Bãtiaz qui changea de main plusieurs fois durant l'Äpoque fÄodale

ParallÅlement aux prÄtentions savoyardes, dans le Haut-Valais,

quelques familles nobles arrivent Ö former des domaines importants :

on peut noter particuliÅrement les seigneurs de la Tour qui dominent le Lïtschental et la rÄgion de Niedergesteln, mais aussi une partie significative de l'Oberland bernois, ou encore la maison de Rarogne.

La Savoie continue Ö avoir des prÄtentions sur le Haut-Valais ; elle dÄsire conträler le trafic nord-sud Ö travers le col du Simplon. Les combats sont fÄroces, Sion est soumise plusieurs fois au pillage et son ÄvÑque Guichard Tavelli est mÑme dÄfenestrÄ en 1375 du haut du chãteau de la Soie, par des vassaux d'Antoine I er de la Tour alors alliÄ de la Savoie. La rÄvolte qui suit culmine Ö la bataille de Saint-LÄonard la mÑme annÄe oâ Antoine I er est vaincu. Ayant fui en Savoie, ses territoires valaisans, Niedergesteln et le Lïtschental, deviennent pays sujets des cinq dizains haut-valaisans (Conches, Brigue, ViÅge, Rarogne et LoÅche). En 1388, lors de la bataille de ViÅge, les patriotes haut-valaisans battent les troupes savoyardes. Le conflit se termine en 1392 : la Savoie abandonne dÄfinitivement ses vues sur le Haut-Valais, devenu par ailleurs moins important stratÄgiquement depuis l'ouverture du Gothard et l'importance amoindrie des foires de Champagne. La sÄparation du Valais Äpiscopal et du Valais savoyard est terminÄe. Le Haut-Valais se rapproche alors encore plus des cantons confÄdÄrÄs, maintenant un rÄseau d'alliances avec ceux-ci.

Le prince-ÄvÑque se bat encore contre les derniers grands fÄodaux du Haut : la maison de Rarogne est vaincue lors

Luttes entre les patriotes et le prince-ÄvÉque

Une

fois les grands fÄodaux disparus, ce sont les dizains et leur Älite, les Patriotes ayant assimilÄ la noblesse locale,

qui

dÄsirent dÄtenir le pouvoir temporel. Entre 1420, avec la chute de la famille des de Rarogne et 1634, avec

l'abolition de la Caroline et la fin du pouvoir temporel de l'ÄvÑque, prince Älectif, c'est vÄritablement deux siÅcles de luttes, souvent violentes, qui s'engagent, marquÄs par une participation aux guerres d'Italie et aux tentatives d'implantation de la RÄforme, utilisÄe Ö des fins politiques.

Histoire du Valais

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En 1415, les Patriotes haut-valaisans, sauf ceux de Sion, obtiennent, aprÅs avoir assiÄgÄ le chãteau de la Soie, de l'ÄvÑque Guillaume VI de Rarogne le conträle de la nomination de l'ÄvÑque et des hauts fonctionnaires. Ce droit est consacrÄ en 1435 par un document officiel, l'organisation judiciaire donnant Ö la diÅte le pouvoir de confirmer les prÑtres et les fonctionnaires ; l'ÄvÑque AndrÄ de Gualdo accorde d'ailleurs aux communautÄs des Sept-Dizains le droit de nommer elles-mÑmes, sur une base annuelle, leur chãtelain. Le 28ÉjanvierÉ1446, les articles de Naters, arrachÄs Ö l'ÄvÑque, donnent le pouvoir lÄgislatif Ö la DiÅte ; ils sont annulÄs le 7ÉfÄvrierÉ1451 par son successeur fraéchement Älu, Henri Asperlin.

p ar son successeur fraéchement Älu, Henri Asperlin . Le Valais Äpiscopal, alliÄ de Berne ,

Le Valais Äpiscopal, alliÄ de Berne, et les cantons suisses en 1474, avant la guerre de Bourgogne.

Les relations avec la vallÄe d'Aoste sont plus tendues au XV e ÉsiÅcle : alors que de nombreux nobles du val d'Aoste s'Ätablissent en Valais lors des siÅcles prÄcÄdents, que plusieurs ÄvÑques, comme Boniface de Challant, proviennent d'Aoste et que le Chapitre cathÄdral est parfois composÄ de prÅs de la moitiÄ de membres issus de la rÄgion, des conflits d'alpages entraénent des menaces d'invasion militaire du val d'Aoste par le Valais [63] .

En pleines guerres de Bourgogne, en 1475, l'ÄvÑque de Sion, Walter Supersaxo, alliÄ des Bernois, attaque Conthey, possession de la Savoie et alliÄe de Charles le TÄmÄraire. Ces derniers rÄagissent et la bataille de la Planta s'engage devant les murs de Sion le 13ÉnovembreÉ1475. La ville faillit tomber, mais l'arrivÄe de 3 000 soldats confÄdÄrÄs ayant franchi le col du Sanetsch la sauve et provoque la dÄfaite des troupes savoyardes. Les Valaisans occupent alors le Bas-Valais jusqu'au dÄfilÄ de Saint-Maurice et l'annexent le 31ÉdÄcembreÉ1476, peu aprÅs la signature du traitÄ de Fribourg. Le Bas-Valais devient un pays sujet du Haut-Valais. La Savoie ne reconnaétra cette annexion qu'en 1526. Dans le mÑme temps, les Bernois avec leurs alliÄs de Gessenay envahissent le Chablais sur la rive droite du Rhäne, le sÄparant dÄfinitivement du Valais sÄculier. Ainsi, pour un quart de siÅcle, le conflit entre les Patriotes et l'ÄvÑque est mis en sourdine, afin de reconquÄrir ì le patrimoine de Saint-ThÄodule î sur la Savoie. Il reprendra avec le successeur de Walter Supersaxo, Jost von Silenen.

Ü la fin des guerres d'Ossola entre 1484 et 1495, tentatives infructueuses (comme lors de la bataille de Crevola en 1487) d'annexer la vallÄe Äponyme, appartenant au duchÄ de Milan, l'ÄvÑque de Sion, Jost von Silenen, alliÄ de la France, signe un traitÄ de paix avec le Milanais en 1495 : le versant mÄridional du Simplon jusqu'Ö Gondo est incorporÄ au Valais. Dans les annÄes qui suivent, l'ÄvÑque de Sion, le cardinal Matthieu Schiner, est un grand partisan du pape (contre la France). Ses intrigues incessantes entraénÅrent le Valais et les cantons confÄdÄrÄs dans les guerres d'Italie et aboutissent Ö la dÄfaite de Marignan en 1515. Le Valais est alors partie, au cätÄ des Cantons suisses, de la Paix perpÄtuelle signÄe en 1516 avec la France [64] .

signÄe en 1516 avec la France [ 6 4 ] . Le cardinal Matthieu Schiner (1465-1522)

Le cardinal Matthieu Schiner

(1465-1522)

Sur le plan interne Matthieu Schiner s'oppose violemment Ö Georges Supersaxo, reprÄsentant des Patriotes. Il l'excommunie mÑme en 1512. Schiner se bat pour affirmer le pouvoir temporel de l'ÄvÑque et publie dans ce but en 1514 une loi instaurant un droit rÄgalien pour l'åglise. Mais Supersaxo, profitant d'une des nombreuses absences de l'ÄvÑque, proclame en 1517 la ì

Histoire du Valais

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paix des Patriotes î affirmant la prÄÄminence politique des Patriotes et le remplacement du prince-ÄvÑque aprÅs une absence de six mois. Schiner, alors Ö l'Ätranger, est banni et ne peut regagner le Valais; il s'Ätablit Ö Zurich et meurt cinq ans plus tard Ö Rome.

En 1536, lorsque Berne envahit pour la seconde fois, aprÅs 1476, le pays de Vaud, les Valaisans envahiront le Chablais jusqu'au lac LÄman, Ägalement aux mains du duchÄ de Savoie. Ils occupent mÑme la rÄgion entre Saint-Gingolph et Thonon et dÄsiraient pousser jusqu'Ö åvian, mais ils font jonction avec les troupes bernoises provenant de GenÅve Ö la Dranse. Par le traitÄ de Thonon, en 1569, le duc de Savoie leur accorde le Chablais et les Valaisans restituent Ö contrecóur ce qui est aujourd'hui le Chablais franáais, entre Saint-Gingolph et Thonon, la rive droite de la

Morge de Saint-Gingolph marquant la frontiÅre. La paroisse de Saint-Gingolph, Ö cheval dÄsormais sur deux Ätats relÅvent nÄanmoins toujours du diocÅse de GenÅve.

relÅvent nÄanmoins toujours du diocÅse de GenÅve . Carte du comtÄ du Valais en 1693 p

Carte du comtÄ du Valais en 1693 pendant la pÄriode de la rÄpublique des

Si la prÄsence de protestants est attestÄe en Valais dÅs septembre 1524, le choix de la religion est un moyen de pression contre l'ÄvÑque, une conversion importante pouvant entraéner la sÄcularisation des biens Äpiscopaux. Capucins et JÄsuites sont appelÄs et prÑchent la Contre-RÄforme. Finalement, le Valais renouvelle son alliance avec les cantons suisses catholiques et la DiÅte somme en 1604 les rÄformÄs de se convertir ou de s'exiler. Dans la pratique mis Ö part quelques exaltÄs exilÄs, la dÄcision est appliquÄe avec parcimonie, les protestants se voyant essentiellement barrÄs des hautes charges de l'åtat.

La RÄpublique des Sept-Dizains

Les patriotes remportent finalement la lutte du pouvoir en imposant en 1613 une charte, le Conclusum, au prince-ÄvÑque et au chapitre. Ce dernier peut toujours prÄsenter les candidats, mais c'est la diÅte, reprÄsentative des sept dizains, qui remet les insignes du pouvoir au nouvel ÄvÑque. L'ÄvÑque devient alors un vÄritable prince Älectif et le pouvoir appartient dÄsormais aux dizains qui forment une vÄritable rÄpublique fÄdÄrale : la rÄpublique des Sept-Dizains.

Sous l'impulsion de Michel Mageran, notaire protestant de LoÅche qui se convertit en 1624 afin d'accÄder Ö des charges politiques le pouvoir se concentre dans les mains de la DiÅte et des Conseils. En 1627, il obtient l'expulsion des JÄsuites, puis la condamnation et l'exÄcution d'Antoine Stockalper dÄfenseur de l'autoritÄ Äpiscopale. Mageran devint gouverneur de Monthey puis secrÄtaire d'åtat et enfin, en 1631, Grand Bailli, c'est-Ö-dire chef du gouvernement. En 1632 il convainc celui-ci d'instituer une caisse d'åtat

centralisÄe [65] . Il meurt en 1638 non sans avoir contribuÄ Ö forcer l'ÄvÑque et le chapitre Ö une deuxiÅme renonciation Ö la Caroline en 1634.

Ö une deuxiÅme renonciation Ö la Caroline en 1634 . Gaspard Jodoc von Stockalper Au XVII

Gaspard Jodoc von Stockalper

Au XVII e ÉsiÅcle, un nouvel essor Äconomique dÄbute, stimulÄ par l'amÄlioration des transports. Ainsi Gaspard Jodoc Stockalper organise en 1640 un service de courrier entre Milan et GenÅve, via le col du Simplon, et il finance un canal entre Vouvry et Collombey afin de baisser le coçt d'acheminement du sel dont il avait le monopole. Le canal est achevÄ le 10ÉjuinÉ1659.

Histoire du Valais

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D'autres travaux importants sont rÄalisÄs : ainsi l'HÅtel de ville de Sion est construit entre 1657 et 1665.

Durant cette pÄriode de nombreux valaisans servirent sous les drapeaux Ätrangers. Ainsi, le roi de France entretient le rÄgiment de Courten entre 1690 et 1792.

Le Valais pendant la RÄvolution et l'Empire franÑais

La rÄvolution bas-valaisanne

DÅs que les premiers Ächos de la RÄvolution franáaise retentirent, l'agitation s'installe dans les pays sujets des sept dizains. Ainsi, en 1790, la rÄgion de Monthey est secouÄe par l'affaire du Gros-Bellet et par la conjuration des Crochets l'annÄe suivante. Si les Ächos favorables aux idÄes rÄvolutionnaires circulent essentiellement par le bouche

Ö oreille et des pamphlets [66] , les Ächos dÄfavorables arrivent par les prÑtres franáais se rÄfugiant dans la rÄgion, fuyant la France et dÄcrivant les massacres de la Terreur [67] . Le gouvernement est inquiet et promulgue en 1794 un Code pÄnal pour le Bas-Vallais en franáais contenant un vÄritable plaidoyer contre la libertÄ [68] .

Certaines communautÄs profitent de la pÄriode pour racheter des redevances ou des servitudes ; ainsi, le Lïtschental

se libÅre de ses derniÅres servitudes fÄodales entre 1786 et 1790 [69] et Anniviers entre 1792 et 1802 [70] , complÄtant l'Ämancipation des communautÄs des dizains du Haut).

C'est Ö Saint-Maurice que le premier arbre de la libertÄ est plantÄ en Valais, le 28ÉjanvierÉ1798 [71] . La rÄvolution enflamme tout le Bas-Valais et le 5ÉfÄvrierÉ1798 une assemblÄe des dÄlÄguÄs du Bas-Valais, Ö laquelle assistait une dÄlÄgation des dizains du Haut prÄsidÄe par le bourgmestre de Sion, Pierre-Joseph de Riedmatten eut lieu. Ce dernier

y lut une dÄclaration renonáant Ö la domination des territoires du Bas-Valais par les dizains du haut [72] . Le

16ÉmarsÉ1798, une assemblÄe constituante proclame Ö l'abbaye de Saint-Maurice la RÄpublique des Dix-Dizains : les trois dizains de Monthey, Saint-Maurice et d'Entremont rejoignent les sept dizains du haut [73] .

L'historiographie de cette pÄriode est particuliÅre : les historiens du Bas-Valais ont tendance Ö renforcer l'importance des ÄlÄments de 1790 et considÅrent la rÄvolution comme Ätant d'abord une rÄvolte intÄrieure, alors que les historiens du Haut-Valais prÄfÅrent insister sur l'aspect externe, soit une rÄvolution fomentÄe par la France.

Canton de la RÄpublique helvÄtique

Article connexe : RÄpublique helvÄtique.

Finalement, Ö la suite de l'invasion franáaise de la Suisse, le Valais est incorporÄ Ö la nouvelle RÄpublique helvÄtique, aprÅs que le gÄnÄral franáais Lorge a dç battre une rÄbellion haut-valaisanne. Il vainc prÅs de 600 insurgÄs le 17 mai Ö Sion et livre la ville au pillage. Le pays n'est pas calme pour autant, les Franáais battent les troupes haut-valaisannes menÄes par Ferdinand Venetz les 27 et 28 mai 1799 lors de la bataille de Finges.

les 27 et 28 mai 1799 lors de la bataille de Finges . Le ministre du

Le ministre du Culte et de l'Instruction de

l'HelvÄtique, Philipp Albert Stapfer, prÄparant une loi suisse sur les Äcoles, conduit une Ätude : les dirigeants valaisans eux-mÑmes sont effarÄs par le bas niveau scolaire du Valais.

Carte de l'invasion franáaise de 1798-1799

Histoire du Valais

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Du 15 au 21 mai 1800, dans le cadre de la deuxiÅme campagne d'Italie, NapolÄon Bonaparte franchit le col du Grand-Saint-Bernard avec son armÄe de rÄserve. Cet ÄvÄnement fit l'objet du portrait Äquestre Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard peints par Jacques-Louis David.

En novembre 1801, le Valais est Ö nouveau occupÄ par les Franáais. Les troupes du gÄnÄral Turreau ne quittent le pays qu'en aoçt 1802, lors de la proclamation de l'indÄpendance.

La RÄpublique rhodanienne (1802-1810)

NapolÄon I er envisage l'annexion du Valais en 1802, alors qu'il ppare l'Acte de MÄdiation, afin de mieux conträler les passages vers l'Italie. Finalement il en fait une rÄpublique sóur ; aussi, le Valais retrouve une indÄpendance thÄorique en 1802.

AppelÄe RÄpublique rhodanienne, c'est en fait un protectorat franáais et NapolÄon n'a optÄ pour son indÄpendance que devant la volontÄ de rester suisses des communes, dont les reprÄsentants franchissent en hiver le col de la Gemmi pour afficher leur soutien Ö la RÄpublique helvÄtique [74] .

C'est la constitution du 30ÉaoçtÉ1802 qui rÄgit l'åtat.

L'organisation en dizains est modifiÄe ; aux dix dizains de 1798 deux nouveaux sont ajoutÄs : les dizains d'HÄrÄmence et de Martigny sont dÄtachÄs de ceux d'Entremont et de Sion [75] . Le nombre de reprÄsentants de chaque dizain Ö la DiÅte est proportionnel Ö sa population (1 dÄputÄ pour 2 000 habitants). Ceux-ci sont nommÄs par le Conseil de dizain et seuls sont Äligibles les citoyens, quelle que soit leur commune d'origine, ayant dÄjÖ revÑtu des charges politiques, les officiers et les notaires.

Le pouvoir exÄcutif est complÅtement sÄparÄ : il consiste en un Conseil d'åtat de trois membres nommÄs par la DiÅte ; son prÄsident porte le titre de Grand Bailli. Les dizains, contrairement Ö l'Ancien RÄgime, n'ont en revanche plus la possibilitÄ de refuser les dÄcisions de la DiÅte.

Franáois-RenÄ de Chateaubriand est briÅvement, en 1804, le reprÄsentant de l'empereur en Valais.

Le pouvoir central reste faible et les travaux de construction de la route du col du Simplon n'avancent guÅre. De plus dÅs la promulgation en France le 30ÉmaiÉ1806 d'une loi interdisant l'importation et le transit de marchandises en provenance d'Angleterre, transposition lÄgislatif du blocus continental dÄcidÄ par NapolÄon, se pose le problÅme de la contrebande [76] . Dans le rapport du 3ÉoctobreÉ1810, les commissaires franáais aux affaires valaisannes proposent de dÄplacer la frontiÅre douaniÅre aux limites du Valais [77] .

Le dÄpartement du Simplon (1810-1813)

En novembre 1810, le Valais est finalement intÄgrÄ au Premier Empire franáais sous le nom de dÄpartement du Simplon.

Il reprend une division du territoire similaire aux autres dÄpartements franáais : un prÄfet est Ö la tÑte du dÄpartement, divisÄ en trois arrondissements (Monthey, Sion et Brigue) dirigÄs par des sous-prÄfets, regroupant les treize cantons, correspondant aux douze dizains de 1802, plus celui de Mïrel, dÄtachÄ juridiquement de Rarogne, dont il n'est d'ailleurs pas contigu gÄographiquement.

L'organisation est identique Ö celle de tout dÄpartement franáais. Soumis aux lois franáaises dÄcidÄes Ö Paris, le dÄpartement se borne Ö un exÄcutif formÄ d'un prÄfet, chef de l'administration locale, nommÄ par Paris et d'un Conseil de

locale, nommÄ par Paris et d'un Conseil de Le Valais devenu le dÄpartement du Simplon dans

Le Valais devenu le dÄpartement du Simplon dans le Premier Empire

Histoire du Valais

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prÄfecture, tel qu'instituÄ par la loi du 28 pluviäse an VIII (17ÉfÄvrierÉ1800) chargÄ de rÄgler les contentieux avec l'administration. Le Conseil d'åtat franáais Ätant la voie de recours.

Le Conseil de prÄfecture du dÄpartement est formÄ de chacun des trois sous-prÄfets des trois arrondissements crÄÄs.

Le gouvernement de transition (1814 - 1815)

Le 26ÉdÄcembreÉ1813, aprÅs le dÄpart des notables franáais, dont le prÄfet Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau, fuyant l'arrivÄe imminente des Autrichiens le Valais est de nouveau indÄpendant ; cet Ätat de fait est confirmÄ de jure par le traitÄ de Paris du 30ÉmaiÉ1814 [78] . C'est le conseil de prÄfecture qui assure la vacance du pouvoir. Le 28 le colonel autrichien Joseph-Franz von Simbschen entre en Valais par le dÄfilÄ de Saint-Maurice et atteint Sion le lendemain. Il ordonne la levÄe d'une troupe dÄfensive, et malgrÄ le refus du conseil, les dÄputÄs du Haut rÄunis lui accordent finalement avec rÄticence 400 hommes et nomment la dÄlÄgation qui reprÄsentera le Valais auprÅs du prince de Schwarzenberg, commandant de l'armÄe d'occupation.

Le 31 dÄcembre, Simbschen proclame la destitution du Conseil de prÄfecture et nomme une Direction centrale composÄe d'un prÄsident et de douze membres et nomme un partisan de l'indÄpendance, Gaspard-EugÅne Stockalper, prÄsident. Cette structure, dont la composition varie au grÄ des diÄtines locales et des dÄcisions de Simbschen, est dissoute le 24 janvier aprÅs qu'elle eut refusÄ la levÄe de 466 hommes supplÄmentaires pour crÄer un bataillon au service de l'Autriche. Simbschen met en place un gouvernement provisoire de cinq hommes, et deux supplÄants, toujours dirigÄ par Stockalper.

Simbschen supprime Ägalement le 21 janvier les tribunaux du dÄpartement et les juges nommÄs par les Franáais ; il

supprime le code NapolÄon et rÄtablit les Statuta Vallesiae, rÄdigÄs en latin et encore manuscrits, en vigueur avant

1798 [79] .

NapolÄon I er abdique et quitte Fontainebleau le 20 avril 1814 ; deux jours plus tard, un officier franáais se prÄsente au col du Grand-Saint-Bernard en provenance d'IvrÄe avec une demande d'armistice, qui est ignorÄe par le gouvernement provisoire. Le 11 mai, Simbschen et ses troupes quittent le Valais. Sans consulter les Valaisans, les alliÄs avaient dÄcidÄ le rattachement du Valais Ö la Suisse [80] . Le gouvernement rÄunit une diÅte extraordinaire qui siÅge Ö Sion du 30 mai au 1 er juin 1814 et demande son incorporation Ö la ConfÄdÄration suisse.

Afin de pouvoir l'Ñtre, le Valais doit se doter d'une Constitution approuvÄe par la DiÅte fÄdÄrale et les alliÄs [81] . Une commission constituante est nommÄe, avec des reprÄsentants des treize cantons de la division administration franáaise, donc y compris celui de Mïrel, ainsi que de l'ÄvÑque. AprÅs deux longues sessions en aoçt et septembre 1814, c'est l'Ächec. Pour chaque article majeur, la commission produit deux versions, une pränÄe par les dizains du Haut et l'ÄvÑque, l'autre par ceux du Bas. Deux principales divergences divisent le Valais. Tout d'abord le systÅme de vote Ö la future diÅte : par dizain pour le Haut-Valais et l'ÄvÑque, proportionnellement Ö la population de chaque dizain, pour le Bas-Valais. Ensuite survient la division territoriale : l'ÄvÑque et le Haut-Valais dÄsirant dix dizains, soit le retour Ö la situation de l'ÄphÄmÅre RÄpublique valaisanne de 1798, le Bas-Valais dÄsirant douze dizains, soit la situation de la Constitution du 30 aoçt 1802. Mïrel soutenant la dÄcoupe en dix dizains, mais dÄsire vouloir demeurer un dizain, le treiziÅme, si la solution proposÄe par le Bas l'emportait.

Le 12ÉseptembreÉ1814, les AlliÄs proposent leur mÄdiation. Les Valaisans envoient quatre dÄlÄgations indÄpendantes Ö Zurich : une dÄlÄgation du Haut, une dÄlÄgation du Bas, une dÄlÄgation de la ville de Sion et une dÄlÄgation des communes rurales de la rÄgion de Sion (le val d'HÄrens et la rÄgion d'Ayent). La mÄdiation a lieu avec les reprÄsentants du Royaume-Uni, Stratford Canning et Henry Unwin Addington, de l'Autriche, Franz-Alban von Schraut et de la Russie, Jean-Antoine Capo d'Istria et Paul de Kràdner.

AprÅs avoir repoussÄ les propositions tant du Haut que du Bas et que la dÄlÄgation du Bas a fait une nouvelle proposition Ö quinze dizains, mais avec un vote par dizain comme le rÄclamait le Haut, ils publient un prononciatum dÄcoupant le Valais en treize dizains. Ainsi le dizain de Mïrel fusionne Ö nouveau avec celui de Rarogne, comme avant l'annexion ; le dizain de Conthey est crÄÄ ; celui de Martigny, crÄÄ en 1802 est confirmÄ, de mÑme que celui d'HÄrÄmence renommÄ en HÄrens et comprenant Ägalement la rÄgion d'Ayent qui n'est ainsi pas transformÄe en

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dizain ; de mÑme le dizain d'Entremont est conservÄ et non pas fractionnÄ en district de Sembrancher et de Bagnes. En revanche, chaque dizain possÅde une voix Ö la DiÅte, de mÑme que l'ÄvÑque. Ainsi le dÄcoupage territorial va dans le sens des anciens pays sujets alors que le systÅme de vote favorise le Haut.

ImmÄdiatement, le Bas-Valais procÅde Ö la crÄation du dizain de Conthey, alors que sous l'impulsion du Haut-Valais une AssemblÄe constituante est convoquÄe. Celle-ci fait un projet de constitution conforme au prononciatum, mais nomme le nouveau gouvernement deux jours avant que celle-ci soit ratifiÄe. Les dÄlÄguÄs bas-valaisans refusÅrent de participer au vote et leurs Älus n'acceptÅrent pas leur Älection. Une diÄtine est convoquÄe dans le Bas, proclamant l'indÄpendance de celui-ci. Les communautÄs du Bas Ätaient loin d'Ñtre unies face Ö cette dÄcision : de nombreux politiciens n'Ätaient pas d'accord et de nombreuses communes de la rÄgion de Saint-Maurice firent savoir leur attachement au Valais unifiÄ.

Avec le dÄbut des Cent-Jours un gouvernement d'union, aux compÄtences militaires, est mis sur pied et, aprÅs quelques atermoiements, le Bas accepte d'y participer.

Sous la pression des AlliÄs qui envoyÅrent des notes impÄratives dont l'une Ätait un nouveau projet de constitution, une nouvelle assemblÄe constituante est convoquÄe et la nouvelle constitution est adoptÄe le 12ÉmaiÉ1815.

Le 4ÉaoçtÉ1815 le Valais devient le vingtiÅme canton de la ConfÄdÄration suisse. Le 7ÉaoçtÉ1815 les deux dÄlÄguÄs valaisans Ö la DiÅte fÄdÄrale, Michel Dufour et LÄopold de SÄpibus prÑtÅrent serment au Pacte fÄdÄral au nom de la RÄpublique et canton du Valais.

Lutte entre conservateurs, libÄraux et radicaux (1815-1848)

AprÅs l'adoption de la Constitution cantonale de 1815, les tensions entre les anciens dizains sujets, libÄraux voire radicaux, et les dizains du Haut, conservateurs, ne cessÅrent pas. En effet, la nouvelle constitution a supprimÄ certains acquis des prÄcÄdentes : la reprÄsentation proportionnelle Ö la population des dizains de 1802 a ÄtÄ supprimÄe, mÑme si le nouveau dizain de Conthey a ÄtÄ crÄÄ pour compenser partiellement la sur-reprÄsentation Ö la DiÅte par rapport Ö leur population des dizains du Haut ; les conditions d'ÄligibilitÄ Ö la DiÅte sont draconiennes et privilÄgient l'establishment ; le droit de citoyennetÄ est communal, changer de commune signifie perdre ses droits politiques ; enfin, la sÄparation du pouvoir est Ö nouveau imparfaite, le lÄgislatif et l'exÄcutif Ätant dirigÄs par le mÑme prÄsident.

De plus, la situation sociale n'est pas bonne : non seulement dix-sept ans de troubles ont appauvri le canton (disette, mauvaise rÄcoltes, entretien des troupes ÄtrangÅres, levÄe de troupes), mais les rÄcoltes de 1816 et 1817 sont mauvaises et entraénent de sÄvÅres disettes ; la malaria est endÄmique. Enfin, le transit des marchandises par le Simplon est en rÄgression : le royaume de Sardaigne le grevant de lourdes taxes, le trafic tend Ö se reporter sur le mont Cenis. Le nombre de pauvres augmente et les mendiants sont nombreux. Le gouvernement doit lÄgifÄrer et publie une loi sur la mendicitÄ en 1827. L'augmentation des dÄlits contre les biens, vols de nourriture, de vÑtements et d'outils entre 1816 et 1839 est un autre tÄmoin de la dÄgradation de la situation. Un dÄbut d'industrialisation a lieu, mais les ouvriers restent peu nombreux et sujets aux alÄas Äconomiques. Si le service mercenaire a un certain succÅs, seuls quelques dizaines de Valaisans embarquent pour le Nouveau Monde, l'Ämigration restant limitÄe [82] .

La DiÅte publie en 1826 une nouvelle loi Älectorale, la loi organique du 20 mai 1826, qui institue un nouveau corps dans les dizains, le Conseil communal chargÄ, entre autres, d'Älire le Conseil du dizain, lui-mÑme chargÄ nommant depuis 1815 les reprÄsentants locaux Ö la DiÅte. Ce niveau supplÄmentaire dÄtache encore plus les citoyens des dizains de ceux qui prennent les dÄcisions. DÅs 1831, le mÄcontentement se transforme en rÄbellion dans le Bas-Valais. Le mouvement est dÄsorganisÄ, et tant les libÄraux que les conservateurs ne dÄsirant pas de bouleversement, il aboutit Ö une simple retouche de la loi organique permettant aux nouvelles classes libÄrales qui ont fait leur apparition, avocats, notaires et officiers, d'accÄder Ö des charges politiques.

En 1833, la consultation sur la rÄvision du Pacte fÄdÄral de 1815 dont la nouvelle version prÄvoit un pouvoir central fort, ravive les divisions entre le Haut et le Bas. Le 11 avril, une bagarre entre partisans et adversaires du nouveau

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pacte a lieu Ö Martigny. Le Haut, majoritaire Ö la DiÅte, l'emporte politiquement. Les forces du Bas, rÄformistes et unies pour la premiÅre fois, dÄsirent une rÄvision de la constitution cantonale. Leur pÄtition de 1834 est rejetÄe.

Les dÄputÄs du Haut-Valais quittent la DiÅte en 1839 et mettent en place un second gouvernement Ö Sierre. La mÑme annÄe, l'Äpisode de la guerre du Fromage tÄmoigne Ägalement des tensions.

Deux nouvelles constitutions sont adoptÄes en 1839. La premiÅre le 30 janvier, la seconde le 30 aoçt. La DiÅte est renommÄe en Grand Conseil, chaque dizain envoyant un nombre de dÄputÄs proportionnels Ö sa population. Ceux-ci sont nommÄs par le Conseil de dizain, ce qui en fait un systÅme d'Älection Ö deux degrÄs. Le titre de Grand Bailli est aboli et chaque corps de l'åtat, le Conseil d'åtat pour l'exÄcutif et le Grand Conseil pour le lÄgislatif, Ö nouveau sÄparÄs comme en 1802 ont chacun un prÄsident.

En 1840 le canton est sur le point de se diviser en deux demi-cantons ; Guillaume de Kalbermatten commandant de la garnison de Sion l'empÑche. Ü la tÑte des troupes de la Vieille Suisse, il bat les conjurÄs de la Jeune Suisse lors du combat du Trient en 1844. Plusieurs conjurÄs, dont Maurice Barman, doivent s'exiler. Une nouvelle constitution est finalement ratifiÄe par le peuple la mÑme annÄe.

Une nouvelle constitution est adoptÄe le 14ÉseptembreÉ1844. C'est le triomphe des idÄes conservatrices.

En 1845, le Valais rejoint les cantons catholiques membres du Sonderbund, crÄÄ en 1844. Peu aprÅs l'ordre de dissolution de l'alliance dÄcidÄe par la DiÅte fÄdÄrale, alors que la guerre semble inÄvitable, Guillaume de Kalbermatten est pressenti pour commander les troupes de l'ensemble du Sonderbund, il refuse cette distinction et se contenta du commandement des troupes valaisannes. NÄanmoins, le canton se rendit sans combattre en 1847 lors de l'arrivÄe des troupes fÄdÄrales commandÄes par le gÄnÄral Dufour. Le 30 novembre, 2 000 citoyens valaisans, rÄunis sur la place de la Planta Ö Sion

destituent le gouvernement ; ils instaurent Ägalement des lois visant Ö diminuer l'influence des prÄlats catholiques sur la politique. Ainsi les JÄsuites sont expulsÄs, le cumul de mandats religieux et civils est interdit et l'instruction publique est confiÄe Ö l'åtat [83] . Les relations entre l'åglise et l'åtat se normaliseront progressivement avec l'accession d'Alexis Allet au gouvernement cantonal, puis avec la nomination de l'ÄvÑque Adrien VI Jardinier en 1875 : un arrangement dÄfinitif est finalement signÄ en 1879 [83] .

dÄfinitif est finalement signÄ en 1879 [ 8 3 ] . Les belligÄrants lors du Sonderbund

Les belligÄrants lors du Sonderbund

Sous l'influence de Maurice Barman, de retour d'exil en 1847, le Valais se dote d'une nouvelle constitution en 1848.

C'est durant cette pÄriode que les derniers droits fÄodaux sont rachetÄs : ainsi Nendaz rachÅte ceux encore possÄdÄs par l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune en 1844, alors que l'ancienne seigneurie territoriale ne possÄdait plus la rÄgion depuis le XII e ÉsiÅcle [84] .

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L'industrialisation et la modernisation

DÅs 1850 le tourisme se dÄveloppe : des hätels sont crÄÄs dans les vallÄes latÄrales (Zermatt, Arolla, Lïtschental, etc.) C'est ì l'ãge d'or de l'alpinisme î ; des Anglais, comme Leslie Stephen, gravissent pour la premiÅre fois de nombreux sommets du canton, comme le Bietschhorn ou le Zinalrothorn.

L'arrivÄe du train au XIX e ÉsiÅcle (ligne du Tonkin et surtout ligne du Simplon) modifia l'Äquilibre linguistique du canton. L'allemand perdit de son importance au profit du franáais et les villes de Sion et Sierre redevinrent francophones. La ligne ViÅge Å Zermatt, Ö voie mÄtrique, est inaugurÄe en 1891, avant d'Ñtre prolongÄe jusqu'Ö Brigue en 1930.

L'industrialisation du pays progresse : l'industrie chimique fait son apparition avec l'ouverture de l'usine Ciba en 1904 Ö Monthey et les dÄbuts de la mÄtallurgie de l'aluminium ont lieu Ö Chippis en 1908.

de l'aluminium ont lieu Ö Chippis en 1908 . Sir Leslie Stephen, archÄtype de l'alpiniste

Sir Leslie Stephen, archÄtype de l'alpiniste romantique, vers 1860

En 1907 entre en vigueur une nouvelle Constitution cantonale.

1907 entre en vigueur une nouvelle Constitution cantonale. GÄo Chavez sur son Bleriot Ö Brigue ,

GÄo Chavez sur son Bleriot Ö Brigue, 23 septembre 1910.

En 1910, GÄo Chavez est le premier aviateur Ö franchir les Alpes par les airs, rÄussissant le trajet Brigue Å Domodossola par le col du Simplon, mais se tuant Ö quelques mÅtres de son point d'atterrissage.

En 1913 une ligne Brigue Å Berne est inaugurÄe, par le tunnel du Lïtschberg inaugurÄ en mÑme temps.

En 1916, la ligne ferroviaire Brigue Å Gletsch est inaugurÄe, par le tunnel sommital de la Furka, long de 1,8Ékm ; elle est prolongÄe en 1926 jusqu'Ö Disentis. En 1982, le tunnel de base de la Furka, long de 15,4Ékm, est inaugurÄ et permet le ferroutage des voitures [85] .

Le 25ÉjanvierÉ1920 la constitution est rÄvisÄe par l'introduction du scrutin proportionnel pour assurer une reprÄsentation plus Äquitable des partis au Grand Conseil, remplaáant le scrutin majoritaire en vigueur depuis toujours.

Durant la Seconde Guerre mondiale le valais se positionne comme un lieu stratÄgique au sein du rÄduit national, notamment sous la pression italienne au Sud et celle des troupes allemandes Ö la hauteur du Bouveret. Le tremblement de terre de 1946 affecte particuliÅrement la rÄgion du Valais.

La deuxiÅme moitiÄ du XIX e ÉsiÅcle voit le dÄveloppement du tourisme et dÅs 1950 de nombreuses stations se dÄveloppent, devenant une part importante de l'Äconomie rÄgionale.

dÄveloppent, devenant une part importante de l'Äconomie rÄgionale. La Grande-Dixence et ses 285ÉmÅtres de haut

La Grande-Dixence et ses 285ÉmÅtres de haut

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L'entrÄe du Valais dans la modernitÄ est Ägalement marquÄe par l'endiguement du Rhäne, dont la premiÅre phase a eu lieu entre 1863 et 1876. La dÄcision avait ÄtÄ prise suite aux terribles inondations de 1860 et les consÄquences sur le trafic ferroviaire naissant. Une deuxiÅme correction a lieu entre 1930 et 1960 et une troisiÅme est en rÄalisation entre 2008 et 2030 (date de fin prÄvue).

Le XX e ÉsiÅcle voit aussi le dÄveloppement de l'hydroÄlectricitÄ. Ainsi le barrage de la Grande-Dixence est inaugurÄ en 1961, noyant un ouvrage plus ancien de 1930. De nombreux autres barrages sont construits Ö la mÑme Äpoque.

Le Valais est le septiÅme canton suisse Ö accorder sur le plan cantonal les droits de vote et d'ÄligibilitÄ aux femmes suisses, le 12ÉavrilÉ1970, presque un an avant qu'elles ne l'obtiennent au niveau fÄdÄral. AprÅs plusieurs tentatives infructueuses dont celle de Gabrielle Nanchen, Älue en termes de suffrages exprimÄs mais non-Älue car un candidat mieux placÄ qu'elle provenait du mÑme district, Esther Waeber Kalbermatten est la premiÅre femme Älue au gouvernement cantonal en 2009.

Le 11ÉmarsÉ2007 la constitution est Ö nouveau modifiÄe : la compÄtence d'octroi du droit de citÄ est transfÄrÄe de la commune bourgeoisiale Ö la commune municipale.

Notes et rÄfÄrences

[1] ì Dans le vallon de Tanay, dans le Chablais valaisan, un petit abri sous roche situÄ Ö 1 800Ém d'altitude a livrÄ des ossements d'animaux et quelques Äclats en silex et quartzite ; ils sont attribuÄs par les chercheurs Ö l'homme de NÄandertal, qui vivait il y a 40 000 ou 30 000 ans. î (Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 19) [2] ì Pour cette Äpoque, le seul tÄmoignage du PalÄolithique est dÄcouvert Ö proximitÄ de Villeneuve, dans la grotte du Scex du Chãtelard, que des chasseurs occupent vers 13 000 avant J.-C. î (Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 21)

[3] ì Ü la fin du PalÄolithique, dÅs 10 000 avant J.-C., des communautÄs de chasseurs-cueilleurs colonisent les Alpes. Pourtant, en Valais, leurs traces restent Ö dÄcouvrir. î (Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 23)

[4][4] ì La fin du Dryas I et le Bïlling est caractÄrisÄ par un lac de 405 mÅtres et s'Ätendant probablement jusqu'Ö Saint-Maurice. (

) On peut donc

admettre que le renne n'a jamais pÄnÄtrÄ en Valais. Cette absence de gibier, jointe aux difficultÄs de pÄnÄtration due au lac, exclut pratiquement totalement la prÄsence du MagdalÄnien en Valais. î (Gallay 1983, p.É77) [5][5] ì Le site pionnier le plus proche reste donc le ScÄ du Chãtelard Ö Villeneuve (410Ém) dont l'existence est compatible avec un LÄman de 405Ém. î (Gallay 1983, p.É77)

[6][6] ì Le peuplement du Valais central jusqu'Ö Brigue paraét beaucoup moins probable, le peuplement ÄpipalÄolithique Ätant limitÄ aux massifs prÄalpins. î (Gallay 1983, p.É78)) [7][7] ì Le peuplement du Chablais par les Aziliens paraét possible et l'on peut admettre, comme en DauphinÄ, la prÄsence de camps de base en plaine en zone boisÄe et, au moins au dÄbut de l'Allerïd, des camps saisonniers sur les plateaux et les zones de moyenne altitude situÄes entre

100 et 1 500Ém (

),

camps liÄs Ö la chasse au bouquetin et Ö la marmotte en milieu partiellement dÄcouvert. î (Gallay 1983, p.É78))

[8][8] ì On admettra pour cette pÄriode une premiÅre forte pÄnÄtration des chasseurs du Sauveterrien en Chablais (Vionnaz) et dans le Valais central. î (Gallay 1983, p.É78) [9] ì L'apparition synchrone de ces ÄlÄments, cumulÄe Ö l'absence de tout trait mÄsolithique, plaide en faveur d'une colonisation par des populations agropastorales qui, d'aprÅs le style des cÄramiques seraient originaires du bassin du Pä.î (Pierre-Yves Nicod, Les premiÉres sociÄtÄs agropastorales dans les Alpes occidentales in Premiers bergers des alpes Ä de la prÄhistoire Ñ l'AntiquitÄ, Infolio, Gollion, 2008, page 46) [10] ì La chasse n'est plus qu'une activitÄ accessoire, si l'on en croit la raretÄ des os de cerf, de sanglier, d'ours et de loup retrouvÄs î (Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 32) [11] ì Pendant le nÄolithique ancien, l'importance des bovins dans le bestiaire de la table et, par extension, dans la constitution du cheptel semble Ñtre le produit d'une tradition agropastorale propre Ö une communautÄ d'Äleveurs dont la culture matÄrielle rÄvÅle des filiations avec un faciÅs sudalpin (groupe d'Isolino) proche des cultures de Fiorano, Fagniola, Gaban, et Vho, de la seconde moitiÄ du nÄolithique ancien de l'Italie septentrionale î (Hassan Sidi Maamar, Bestiaire de la table, pastoralisme et fÄtichisme en Valais du nÄolithique Ñ nos jours in Ötudes rurales, nò 153-154, 2000, (http://etudesrurales.revues.org/document12.html)) [12] ì On peut donc affirmer que les cols alpins ont jouÄ un räle clÄ dans la nÄolithisation du Valais. Il est plausible de mettre en avant les passages haut-valaisans qui relient directement la rÄgion des lacs de Lombardie occidentale Ö la haute vallÄe du Rhäne : le Nufenen, l'Albrun ou peut-Ñtre le Simplon, l'Antrona ou le Monte Moro. Toutefois, en l'absence de traces datant du NÄolithique ancien en amont de la rÄgion sÄdunoise, il faudrait peut-Ñtre prendre en considÄration d'autres cols plus occidentaux, tels le ThÄodule ou le Collon, qui Ätablissent une liaison directe avec le val d'Aoste î(Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 29)

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[13] ì Au sein des espÅces domestiques et dans les modes d'acquisition des ressources carnÄes, le taux des bovins culmine Ö 42 %, ce qui leur accorde une place de choix derriÅre les caprinÄs dont la proportion atteint 52,4 %. î (Hassan Sidi Maamar, Bestiaire de la table, pastoralisme et fÄtichisme en Valais du nÄolithique Ñ nos jours in Ötudes rurales, nò 153-154, 2000, (http://etudesrurales.revues.org/document12.html)) [14] ì Quelques graines carbonisÄes attestent la culture du froment et de l'amidonnier. î (Philippe Curdy, Assises lointaines (50 000 - 15 av. J.-C.) in Histoire du Valais, SociÄtÄ d'histoire du Valais romand, 2002, tome 1, page 35) [15] ì Heute erscheint mit der Fundkumplex von St-LÄonard Å von wenigen spñten Zwischenfuttern abgesehen Å so einheithlich, dass ich jetzt annehme, die Kannelurverziehung in St-LÄonard gehïre shon ins 5. Jstd. v Chr. Damit wñre die Kannelurverzierung eine Eigenheit des Wallis, die wohl àber mehrere Jahrhundere den Keramikstil prñgte. Auch formal setzen sich diese Gefñsse mit ihrem Kragenrand und dem kleinen Schulterabsatz, unter dem die lñnglichen ôsen angebracht sind, von den Formen des Cortaillod ancien im Vallon des Vaux ab. Damit fassen wir eine Kulturgrenze zwischen der Westschweiz und den Wallis, die allerdings viel schwñcher ist als jene zum Tessin. Dies wird auch richtig in den Kulturbezeichnungen "Cortaillod ancien" fàr die Westschweiz und "Cortaillod ancien valaisan" fàr das Wallis ausgedràckt. î (Werner E. Stïckli, Chronologie une RegionalitÜt des jángeren Neolithikums (4300-2400 v. Chr.) Ä Schweizer Mitteland, Sáddeutschland und Ostfrankreich, Antiqua 45, Publication d'ArchÄologie Suisse, Bãle, 2009, pages 47-48) [16] Alain Gallay,ÉìÉ Collombey-Muraz, PrÄhistoire (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F2739-1-1.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

[17] ì Un autre argument tirÄ du haut bassin du Rhäne, la rÄgion valaisanne bien connue sur le plan archÄologique, peut conforter cette derniÅre

hypothÅse. (

avait donc droit Ö une sÄpulture monumentale et ces sÄpultures Ätaient concentrÄes sur de trÅs rares sites. î (Gallay 2006, p.É99-100)

)

On peut conclure : au 3 e millÄnaire tout au plus la moitiÄ de la population estimÄe sur la base des deux prÄcÄdents millÄnaires

Alain Gallay,ÉìÉ Campaniforme (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F24665.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne. Urs Schwegler,ÉìÉ Pierre Ö cupules (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F18758.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

[20] (Mireille David-Elbiali, La Suisse occidentale au II e millÄnaire av. J.-C. : chronologie, culture, intÄgration europÄenne, Cahiers d'archÄologie romande nò80, Lausanne, 2000, page 309) [21][21] David-Elbiali 2000, p.É318-319 [22][22] David-Elbiali 2000, p.É323-325 [23][23] David-Elbiali 2000, p.É328-329 [24][24] David-Elbiali 2000, p.É337

[25]

historique de la Suisse en ligne. [26] ì Les fouilles archÄologiques ont permis de placer le territoire des LÄpontiens dans le val d'Ossola, le Haut-Valais (vallÄe de Binn), le Sopraceneri (oâ leur nom survit dans le nom moderne de la LÄventine) et la Mesolcina. î ( Gianluca Veltri,ÉìÉ LÄpontiens (http://www. hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8018.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.) [27] ì Ces raisons phonÄtiques, qui ne changent pas la traduction proposÄe, semble indiquer un lien dialectal plus proche du celtique de la Cisalpine (Italie du Nord) que de la Transalpine (Gaule du Sud). D'autre part, pendant tout l'ãge du Fer, les relations du Valais avec la Cisalpine occidentale sont trÅs fortes, comme l'attestent les dÄcouvertes archÄologiques et les auteurs antiques et le fait qu'on y Äcrive avec l'alphabet de Lugano et non avec l'alphabet grec comme dans le reste de la Gaule mÄridionale prÄromaine. î(Francesco Rubat Borel, L'inscription d'Ayent in Premiers bergers des Alpes Ä de la prÄhistoire Ñ l'AntiquitÄ, traduit de l'italien par Alessandra Antonini, Infolio, 2008, page 116)

[28][28] ì La rÄpartition des trouvailles de monnaies de ce type montre qu'en Valais central les SÄdunes ont adoptÄ ce numÄraire : on en a retrouvÄ Ö Sion, Ö Bramois, Ö Saint-LÄonard et sur le site du Mïrderstein, dans la forÑt de Finges. î (WiblÄ 2008, p.É64) [29] ì Autre trait mÄridional : dÅs la seconde moitiÄ du II e ÉsiÅcle av.ÉJ.-C., un monnayage local est frappÄ chez les VÄragres ; il se fonde strictement sur le numÄraire en cours dans la Gaule cisalpine, la crachme padane, elle-mÑme imitant le monnayage de Marseille. î (Patrice Curdy, Assises lointaines in Histoire du Valais, SHVR 2002, tome 1, page 72)

[19]

[18]

Biljana Schmid-Sikimiö,ÉìÉ civilisation de Hallstatt (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8014-1-3.php) î dans le Dictionnaire

[30]

Franáois WiblÄ,ÉìÉ Tarnaiae (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F28544.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne. Nathalie Pichard Sardet,ÉìÉ Col du Grand -Saint-Bernard (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8852.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

[31]

[32]

[33][33] Strabon (IV, 6, 7) [34] ì Un seul point est assurÄ : les quatre tribus du Valais (Uberi, Seduni, Veragri et Nantuates) sont nommÄes dans la liste des peuples alpins vaincus telle qu'elle figure sur le TrophÄe des Alpes, ÄrigÄ en 7-6 av. J.-C. Ö La Turbie, au-dessus de Monaco. Leur soumission a dç avoir lieu entre 25 et 7, soit au moment de la conquÑte de la vallÄe d'Aoste, soit, plutät, au moment de la campagne de RhÄtie, en 16-15 av J.-C. î (Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, 2e Ädition, Payot, Lausanne, 1986, page 54)

[35] ì Les quatre tribus pourraient avoir ÄtÄ rÄunies au sein d'une ligue, si l'on en croit des inscriptions datant de TibÅre et rÄdigÄes explicitement par les IIII civitates. Comme l'admettent plusieurs spÄcialistes contemporains, les bouleversements administratifs intervenus sous Claude doivent avoir conduit Ö regrouper les quatre civitates valaisannes en une seule, la civitas Vallensium, dont les habitants auraient ÄtÄ dotÄs du

Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XXXIX, 5

droit de citÄ latin (

aient conservÄ leur identitÄ propre et leurs chefs-lieux, mais cela paraét peu probable : le nom mÑme de Forum Claudii Vallensium indique que la citÄ dirigeait l'ensemble des Vallensii, les habitants du Valais. î ( Regula Frei-Stolba, Anne Bielman,ÉìÉ Les civitates des rÄgions alpines (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F7867-3-1.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 9 octobre 2006.)

)

Certes, en l'absence de tÄmoignages Äpigraphiques explicites, on ne peut exclure que les quatre civitates valaisannes

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[36] ì DÅs cette Äpoque, le Valais est certainement dÄtachÄ de la province de RhÄtie et VindÄlicie pour devenir une province alpestre indÄpendante, souvent rÄunie Ö la Tarentaise sous l'autoritÄ d'un mÑme gouverneur impÄrial. î (Franáois WiblÄ, Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 28)

[37]

deux bornes milliaires gravÄes en 47 aprÅs J.-C. î(Franáois WiblÄ, Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 27) [38] ì Plus tard, vraisemblablement pour la distinguer d'Aime-en-Tarentaise (ville crÄÄe elle aussi par Claude sur le versant occidental du col du Petit Saint-Bernard sous le nom de Forum Claudii Ceutronum), on lui donne le nom de Forum Claudii Vallensium (MarchÄ de Claude des Valaisans). î (Franáois WiblÄ, Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 28)

[39] (de) Rudolf Fellmann (trad.ÉUrsula Gaillard), La Suisse gallo-romaine [ìÉDie Rïmer in der SchweizÉî], Lausanne, Payot, 1998

(rÄimpr.Étrad. 1992) , p 103 [40] ì Certains historiens pensent que la route, jalonnÄe de bornes milliaires datÄes de 47 apr. J.-C., a ÄtÄ rendue praticable aux chariots Ö cette occasion. Cette interprÄtation est sujette Ö discussion. Les documents topographiques antiques (Table de Peutinger, ItinÄraire d'Antonin) et les dÄcouvertes archÄologiques attestent l'itinÄraire sans toutefois permettre d'en identifier les vestiges. Les tronáons de routes visibles depuis Bourg-Saint-Pierre, souvenirs de routes mÄdiÄvales ou construites au XIXe s. considÄrÄs aujourd'hui encore Ö tort comme antiques, de mÑme que les marches taillÄes dans le rocher facilitant ponctuellement le passage, visibles dans le dernier kilomÅtre de la montÄe au col en trois points, ne suffisent pas Ö valider l'hypothÅse d'une route carrossable. î (Nathalie Pichard Sardet, Grand-Saint-Bernard, col du in Dictionnaire historique de la Suisse, 23 fÄvrier 2009, ìÉ col du Grand-Saint-Bernard (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8852.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.)

ì (

)

dont la capitale est la nouvelle ville fondÄe par l'empereur, Forum Claudii Augusti (MarchÄ de Claude Auguste), nom qui figure sur

[41]

Laurent Flutsch, L'Öpoque romaine ou la MÄditerranÄe au nord des Alpes, 2005, page 80

[42]

(en) Gallo-Roman Museum - Martigny (http://www.waymarking.com/waymarks/WM1KAQ) sur waymarking.com. ConsultÄ le 16 avril

2009

[43] ì Le Valais semble avoir ÄtÄ ÄpargnÄ par les incursions des Alamans qui ravagent le Plateau suisse au cours de la seconde moitiÄ du

III e ÉsiÅcle de notre Åre et qui furent vraisemblablement repoussÄs Ö la cluse de Saint-Maurice en 275-277 aprÅs J.-C. î (Franáois WiblÄ,

Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 37) [44] ì Ü Sion, une inscription, gravÄe en 377, commÄmore la rÄfection de bãtiments officiels (aedes augustae) par le gouverneur Pontius

Asclepiodotus. Le monogramme du Christ y figure ; s'il n'est pas un rajout, il fait de ce document la plus ancienne inscription chrÄtienne datÄe

de Suisse î (Franáois WiblÄ, Öpoque romaine in Histoire du Valais, SHVR 2002, tome 1, page 111)

[45] ì En 381 de notre Åre, saint ThÄodore, "ÄvÑque d'Octodure", signe les actes du concile d'AquilÄe. î (Franáois WiblÄ, Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 37)

[46] ì DÅs la fin de l'AntiquitÄ, les Ächanges commerciaux se rarÄfient, les routes, mal entretenues sont infestÄes de brigands, les incursions des peuples "barbares" se font de plus en plus frÄquentes et la population s'appauvrit. î (Franáois WiblÄ, Martigny-la-Romaine, Fondation Pierre Gianadda, 2008, page 38)

[47] ì En 563 apr. J.-C. une montagne de ce nom s'Äcroule sur le territoire du Valais. (

pour qui la montagne s'abéme simultanÄment sur un castrum et dans le LÄman ; sa chute provoque un raz de marÄe jusqu'Ö GenÅve. î Justin Favrod,ÉìÉ Tauredunum (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F13170.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

[48] ì Ces derniers [les Lombards], peuple germanique qui avait conquis Milan en 569, envahirent le Valais et pillÅrent le monastÅre d'Agaune. Ils furent dÄfaits par les Francs en 574 dans un combat prÅs de Bex, comme le rapporte Marius d'Avenches. î (Jean-Pierre Felbert, De l'HelvÄtie romaine Ñ la Suisse romande, SociÄtÄ d'histoire de la Suisse romande, 2006, page 56) [49] ì On a supposÄ que les incursions des Lombards passant par le Grand-Saint-Bernard ont rendu Martigny peu sçre ; d'autres historiens ont pensÄ que les ÄvÑques ont voulu s'Äloigner de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune avec laquelle ils entretenaient, semble-t-il, de mauvais rapports. î(åric Chevalley et Justin Favrod, Les ÄvÇchÄs et leurs mÄtropoles in Les Pays romands au Moyen àge, 1997, Payot, Lausanne, page

)

Il faut donc suivre Marius d'Avenches (Chron. a. 563),

222)

[50] ì Les ateliers du Moyen Age les plus anciens apparaissent sous les MÄrovingiens (GenÅve, Lausanne, Avenches, Saint-Maurice, Sion, Bãle, Windisch). î ( Daniel Schmutz,ÉìÉ Ateliers monÄtaires (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F13655.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.) [51] ì Rodolphe II, fils de Rodolphe I er , acquit en 934-935 le "Royaume de Provence" pour constituer le grand royaume de "Bourgogne-Provence" ou "Royaume d'Arles", qui demeura autonome jusqu'Ö la mort de Rodolphe III, en 1032. î (Jean-Pierre Felbert, De l'HelvÄtie romaine Ñ la Suisse romande, SociÄtÄ d'histoire de la Suisse romande, 2006, page 63)

[52]

[53] ì En 972, l'abbÄ Maíeul de Cluny aurait ÄtÄ capturÄ par des Sarrasins sur le pont prÅs de [Chãtelard], dont l'origine reste obscure. î ( Werner Meyer,ÉìÉ Chãtelard (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F11504.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 14 juillet 2005.)

[54]

[55] ì En Suisse, les premiers seigneurs qui reáurent des droits rÄgaliens furent les ÄvÑques de Bãle, Sion (tous deux en 999) et Lausanne (en 1011), grãce aux donations et infÄodations de comtÄs faites par le roi de Bourgogne Rodolphe III. î( Ernst Tremp,ÉìÉ Droits rÄgaliens (http:// www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8038.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 14 fÄvrier 2006.) [56] ì L'ÄvÑque jouissait cependant de l'immÄdiatetÄ impÄriale accordÄe en 1189. î (Jean-Pierre Felbert, De l'HelvÄtie romaine Ñ la Suisse romande, SociÄtÄ d'histoire de la Suisse romande, 2006, page 108)

Jean-Pierre Felbert, De l'HelvÄtie romaine Ñ la Suisse romande, SociÄtÄ d'histoire de la Suisse romande, 2006

Notice contenant une image de la Charte de donation de 999 (http://www.mediatheque.ch/php/trousse/uploads/s16_F18.pdf)

Histoire du Valais

22

[57] ì Le passage du col [du Grimsel] en 1211 par les troupes du duc de Zñhringen, souvent mentionnÄ dans la littÄrature ancienne, n'est pas attestÄ par les sources : Gestinun, oâ eut lieu selon la chronique la bataille contre les Valaisans, est plus probablement Niedergesteln en Valais central qu'Obergesteln dans la vallÄe de Conches. î ( Hans von Ràtte,ÉìÉ Grimsel, col du (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8851.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 17 juillet 2007.) [58] Urs Martin Zahnd,ÉìÉ ConfÄdÄration bourguignonne (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F27284.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 11 fÄvrier 2005.

[59] ì En 1268, elle passe sous domination savoyarde et est rattachÄe Ö la chãtellenie de Conthey. L'Äloignement et l'absence de liaison la rendait difficilement conträlable et lui assurait une assez large autonomie. MalgrÄ certains privilÅges, les habitants n'apprÄciaient guÅre la domination contheysanne et dÄsiraient retourner sous la banniÅre sÄdunoise. î(Bernard Monnet, HÄrÄmence in Dictionnaire historique de la Suisse, 9 avril

2008)

[60] Danielle Allet-Zwissig,ÉìÉ Ardon-Chamoson (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8399.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 11 fÄvrier 2005. [61] FrÄdÄric Giroud,ÉìÉ Charrat (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F2728.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 11 fÄvrier 2005. [62] Arthur Fibicher,ÉìÉ Mïrel (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F2754.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 21 janvier 2009. [63] Alexis BÄtemps,ÉìÉ Aoste, val d' (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F7023.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 11 fÄvrier 2005. [64] AndrÄ Hollenstein,ÉìÉ Paix perpÄtuelle (1516) (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8898.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 14 mai 2009. [65] Philipp Kalbermatter,ÉìÉ Mageran, Michel (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F21482.php) î dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 20 aoçt 2008.

[66]

ì (

)

ils rÄvÅlent la diffusion des idÄes rÄvolutionnaires. Celles-ci se transmettent oralement. (

)

Elles se propagent aussi par les pamphlets

et les journaux, ces vÄhicules modernes des idÄes. î(Jean-Henry Papilloud, Le creuset rÄvolutionnaire Ä 1798-1815 in Histoire du Valais, tome 3, SHVR, 2002, page 459)

[67] ì Dans une sociÄtÄ largement bãtie sur l'inÄgalitÄ et l'arbitraire, les concepts de libertÄ, d'ÄgalitÄ et de fraternitÄ que la France lance Ö l'Europe sont reáus essentiellement Ö travers le miroir dÄformant des prÑtres franáais rÄfractaires qui ont prÄfÄrÄ l'exil Ö la prestation du serment civique. Nombreux dans le diocÅse de Sion,