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les mineurs auteurs ou victimes d’abus sexuels les points à aborder les erreurs à éviter

les mineurs auteurs ou victimes d’abus sexuels

les points à aborder les erreurs à éviter

BAÏS Céline Psychiatre CRIAVS c-bais@chu-montpellier.fr

Mineur auteur et victime

Pourquoi parler dans un même diaporama de l’auteur et de la victime? 1/3 des ados auteurs de violence sexuelle, ont été victimes d’abus sexuels Quelques chiffres (2010)

Mis en cause pour viol

mis en cause pour AS

sexuelle, ont été victimes d’abus sexuels Quelques chiffres (2010) Mis en cause pour viol mis en
sexuelle, ont été victimes d’abus sexuels Quelques chiffres (2010) Mis en cause pour viol mis en

Plan

1) L’enfant victime d’abus

Plan 1) L’enfant victime d’abus - Comment mener l’entretien? - Les problèmes: la crédibilité/le rapport au

- Comment mener l’entretien?

- Les problèmes: la crédibilité/le rapport au temps

- Évaluer la gravité du traumatisme 2) Le mineur auteur de violences sexuelles

- Jeux sexuels ou véritables abus?

- Comment mener l’entretien?

- La question de la récidive

L’enfant victime d’abus sexuel

L’enfant victime d’abus sexuel

Dans quel cadre?

Révélation du mineur victime (demande émanant des parents, de l’école ou du mineur lui-même)

Doute d’un proche sur une potentielle AS

Justice (expertise)

Consultation du mineur pour un autre motif

• Doute d’un proche sur une potentielle AS • Justice (expertise) • Consultation du mineur pour
L’entretien • Comment parler de l’abus? S’inspirer d’une méthode destinée aux enquêteurs surtout si l’on

L’entretien

Comment parler de l’abus?

S’inspirer d’une méthode destinée aux enquêteurs surtout si l’on est le 1er interlocuteur de l’enfant. Le dessin Les accessoires La paraphrase

Quels sont problèmes qui se posent chez l’enfant? La crédibilité Le rapport au temps

Comment évaluer les conséquences et la gravité de l’abus?

Le NICHD

Le NICHD • En 2000, 1ère version d’un protocole d’interrogation d’enfants victimes présumés d’agressions

En 2000, 1ère version d’un protocole d’interrogation d’enfants victimes présumés d’agressions sexuelles:

NICHD.

En 2007, sur plus de 40 000 entretiens, l’analyse de la littérature montre que cette procédure permet d’améliorer la qualité des informations obtenues de la part des victimes présumées. (Lamb, Orbach, Hershkowitz,

Esplin, & Horowitz, 2007)

Une autre méthode peut être utilisée: Memorandum of good pratice d'un institut britannique Home office

Les différentes phases du NICHD

Les différentes phases du NICHD • Phase d’introduction • Présentation • Clarification de la tâche à

Phase d’introduction

Présentation

Clarification de la tâche à accomplir (décrire des événements en détail et dire la vérité)

Expliquer les règles de communication de base « Je ne sais pas », « Je ne me souviens pas », « Je ne comprends pas », et corrections si nécessaire

Possibilité de poser des questions sur la différence entre vérité et mensonge.

Les différentes phases du NICHD

Les différentes phases du NICHD • Phase de contact (rapport-building phase) en 2 parties. • Création

Phase de contact (rapport-building phase) en 2 parties.

Création d’un climat détendu et positif et un lien avec l’enfant.

Souvenir d’un événement neutre en détails (familiariser l’enfant avec le questionnement libre utilisé ensuite lors de l’investigation des agressions sexuelles présumées et prise de conscience du niveau de détail demandé)

Les différentes phases du NICHD

Phase de transition

Les différentes phases du NICHD • Phase de transition • Introduction d’incitations de manière non

Introduction d’incitations de manière non suggestive/ouverte.

Possibilité pour l’enquêteur d’utiliser des incitations de plus en plus précises mais formulées avec la plus grande prudence.

Quand l’enfant fait une allégation, la phase de rappel libre commence.

Les différentes phases du NICHD

Les différentes phases du NICHD • Phase de rappel libre • Afin d’en savoir plus, possibilité

Phase de rappel libre

Afin d’en savoir plus, possibilité de poser des questions ouvertes faisant référence à des détails mentionnés par l’enfant lui-même

« Que s’est-il passé ensuite ? »

« Tout à l’heure, tu as parlé d’une personne/d’un objet/d’une action. Dis-moi tout ce que tu sais à ce propos. »

Les différentes phases du NICHD

Les différentes phases du NICHD • Phase de questionnement directif • toujours en référence avec ce

Phase de questionnement directif

toujours en référence avec ce que l’enfant a dit

« Quand cela s’est-il passé ? »

« De quelle couleur était la voiture ? »

Possibilité limitée de questions fermées

« Est-ce que tu as eu mal ? »

Il est fortement déconseillé d’utiliser des phrases suggestives contenant une information attendue, mais jamais exposée par l’enfant.

Le dessin

Le dessin • Pas après 12 ans (les adolescents n'aiment pas vraiment dessiner) • La présence

Pas après 12 ans (les adolescents n'aiment pas vraiment dessiner)

La présence de génitalité peut être un indicateur mais sûrement pas une preuve!

s'abstenir d'interpréter trop rapidement un dessin d'enfant en y projetant nos propres fantasmes

s'abstenir d'interpréter trop rapidement un dessin d'enfant en y projetant nos propres fantasmes micro pénis

micro

s'abstenir d'interpréter trop rapidement un dessin d'enfant en y projetant nos propres fantasmes micro pénis

pénis

Le dessin

« des mois après un abus sexuel répété et effrayant ce garçon de onze ans fantasme encore sur l'agression et la mutilation de son corps … »

répété et effrayant ce garçon de onze ans fantasme encore sur l'agression et la mutilation de

Les accessoires

Poupées, jouets, peluches…

Les accessoires • Poupées, jouets, peluches… N’ont pas fait la preuve de leur efficacité Aide pour

N’ont pas fait la preuve de leur efficacité

Aide pour les enfants en difficultés pour verbaliser Mais favorisent la distraction et donc les imprécisions Problème chez les moins de 6 ans avec la poupée comme représentation d'eux même

La paraphrase

La paraphrase Bien utile pour l’entretien répéter en totalité ou partiellement une réponse donnée par un

Bien utile pour l’entretien répéter en totalité ou partiellement une réponse donnée par un enfant But motiver le jeune à donner plus de détails sans pour autant devenir directif ou suggestif pour celui ci 2 ex: l'enfant dit "je me suis habillé" "tu t'es habillé? Peux-tu m'en dire plus?" "tu t'es habillé?"

Le problème de la crédibilité

La vérité sort-elle toujours de la bouche des enfants?

Problème l’affaire d’Outreau

« J’ai dit des choses mais c’est pas vrai »

de la bouche des enfants? • Problème l’affaire d’Outreau • « J’ai dit des choses mais

Les problèmes de la crédibilité

Les problèmes de la crédibilité • D’après une étude américaine en 2007, 23% des enfants se

D’après une étude américaine en 2007, 23% des enfants se rétractent totalement après une révélation et ceci d’autant plus s’il existe une « dépendance filiale ».

La phase de rétractation fait partie des 5 phases dans la révélation décrites par Summit. Elle peut être suivi d’une ré-affirmation par l’enfant de l’abus.

dans la révélation décrites par Summit. Elle peut être suivi d’une ré-affirmation par l’enfant de l’abus.

Pourquoi les enfants ont tant de difficultés à parler des violences subies?

La relation particulière abuseur/abusé

Pourquoi les enfants ont tant de difficultés à parler des violences subies? • La relation particulière

La relation abuseur/abusé

1) La manipulation mentale Enfant proie fragile et manipulable

2)Le chantage Le chantage affectif Les menaces

3)Le cloisonnement

mentale Enfant proie fragile et manipulable 2)Le chantage Le chantage affectif Les menaces • • •
mentale Enfant proie fragile et manipulable 2)Le chantage Le chantage affectif Les menaces • • •

La relation abuseur/abusé

4) L’impuissance acquise (Seligman 1975)

Théorie du désespoir État psychologique résultat d'un apprentissage dans lequel le sujet fait l'expérience de son absence de contrôle sur les évènements survenant dans son environnement. Cette expérience, tendrait à l'adoption par le sujet, d'une attitude résignée ou passive. La victime psychologiquement paralysée fait les gestes que son agresseur lui dit de faire: état de soumission

La relation abuseur/abusé

5) La culpabilité/la peur de décevoir Mécanisme de défense

6) Le plaisir sexuel mécanique Après stimulation d’une zone érogène:

mécanique Après stimulation d’une zone érogène: • « plaisir » automatique strictement physiologique •

« plaisir » automatique strictement physiologique

7)L’amnésie

Pour « oublier

Le problème de la crédibilité

Le problème de la crédibilité • Un outil: SVA (statement validity analysis) - Cohérence du récit

Un outil: SVA (statement validity analysis)

- Cohérence du récit

- Suffisance de détails

- Trou de mémoire avoué par l’enfant

- Émettre des doutes sur son propre récit

- Excuser l’abuseur

A contrario des allégations douteuses:

- un discours trop fluide

- une déposition qui petit à petit s'enrichie de détails

- des révélations sans émotion

- discours appris, thermes adultomorphiques "organes génitaux ou parties sexuelles"

- absence de craintes devant l’agresseur

- conflits parentaux (divorce en cours…)

Le rapport au temps

La mémoire chez l’enfant

Le rapport au temps La mémoire chez l’enfant

Le rapport au temps

Le rapport au temps • La restitution des détails est complexe: plus l’enfant est jeune, plus

La restitution des détails est complexe: plus l’enfant est jeune, plus il ne retient que l’action centrale et oublie les éléments périphériques.

Période de 0 à 2ans: amnésie infantile

Période de 2 à 5ans: période d'hyper suggestibilité, bribes d'évènements vécus. L'interprétation des évènements vécus est faite par l'entourage.

10 ans: capacité de relater à rebours la séquence des épisodes et à localiser dans le temps des moments ou les dates spécifiques. On peut dire que c'est à cet âge que les trois temps passé, présent, futur sont bien intégrés.

Évaluation du traumatisme et de sa gravité

Les troubles sont variés par leur nature et par leur sévérité, inconstants et évolutifs

traumatisme et de sa gravité Les troubles sont variés par leur nature et par leur sévérité,

Évaluation de la gravité

Évaluation de la gravité • En cas d’abus pérenne, l’amélioration symptomatique survient chez la majorité des

En cas d’abus pérenne, l’amélioration symptomatique survient chez la majorité des enfants entre 1 an et 18 mois après les faits. Une minorité (10 à 25%) présente une

aggravation secondaire (Conférence de consensus de 2003 par la fédération française de psychiatrie "conséquences des maltraitances sexuelles. Les reconnaître, les soigner, les prévenir" 2003).

Une échelle d’évaluation de la gravité: le CECA (Childhood Experience of Care and Abuse) en fonction de la nature du ou des abus, de la qualité de l’environnement familial et des évènements intercurrents.

Autres échelles: Child Behavior Check List (CBCL) que complète après 11ans le Youth Self report (YSR).

Les troubles les plus caractéristiques

Les troubles les plus caractéristiques 1-les troubles du comportement sexuel prévalence de 30 à 50%, pour

1-les troubles du comportement sexuel prévalence de 30 à 50%, pour des agressions sexuelles « sévères » ou répétées dans l’année qui suit l’abus

- jeux sexualisés avec des poupées, introduction d’objets dans l’anus ou le vagin, masturbation excessive ou publique, comportement de séduction, demande de stimulation sexuelle, connaissance inappropriée de la sexualité, comportements sexuels agressifs…

- A l’inverse: réactions phobiques et des inhibitions sexuelles chez les enfants abusés.

Les troubles les plus caractéristiques

Les troubles les plus caractéristiques 2-le syndrome de stress post traumatique(PTSD) La fréquence du PTSD en

2-le syndrome de stress post traumatique(PTSD) La fréquence du PTSD en cas d’abus sexuel (30 à 70%) varie en fonction de la nature de l’abus, la date, la durée, l’étayage familial… L’échelle: Trauma Symptom Checklist for Children (TSCC) pour des enfants de 8 à 16 ans Chez l’enfant le PTSD est souvent complexe surtout avant 5-6 ans: les manifestations psychosomatiques, les manifestations régressives et le trouble des conduites instinctuelles, l’anxiété de séparation sont plus fréquentes.

Les troubles les plus caractéristiques

Les troubles les plus caractéristiques 3-Troubles dépressifs et dissociatifs: Risque de suicide ou TS chez l’enfant

3-Troubles dépressifs et dissociatifs:

Risque de suicide ou TS chez l’enfant qui n’a pas un bon soutien familial Les signes d’une dissociation précoce chez les enfants sont des troubles de la mémoire, une imagination excessive avec de nombreuses rêveries diurnes, la présence d’un compagnon imaginaire, des épisodes de « black out ». Une échelle peut être utile : Adolescent Dissociative Experience Scale (A-DES)

Moins caractéristiques mais fréquemment retrouvés :

Problèmes de l’estime de soi (self perception profile for children: SPPC)

Problème d’affirmation de soi

Sentiment de culpabilité

Problèmes scolaires

Autres problèmes intériorisés: anxiété, isolement

Autres problèmes extériorisés: troubles de conduites, agressivité

problèmes intériorisés: anxiété, isolement • Autres problèmes extériorisés: troubles de conduites, agressivité

Ne pas oublier les conseils aux parents…

Ne pas oublier les conseils aux parents… • Déculpabiliser l’enfant • De le féliciter pour son

Déculpabiliser l’enfant

De le féliciter pour son courage (la révélation est toujours difficile). De lui montrer son soutien et son affection

Éviter les expressions types: « je ne peux pas le croire », « ce n’est pas vrai! ». L’enfant pourrait penser qu’on ne va pas le croire

Éviter les termes violents « je vais lui casser la figure » qui favoriseraient une rétractation

Dire à l’enfant que l’abus va cesser immédiatement (et le faire!)

Pas de confrontation sauvage entre l’enfant et l’agresseur présumé

L’hypersexualisation des enfants

Mr T. 53ans « je vous jure docteur, je croyais qu’elle avait 15/16ans, je ne comprends pas pourquoi je suis ici, elle était d’accord en plus! »

docteur, je croyais qu’elle avait 15/16ans, je ne comprends pas pourquoi je suis ici, elle était

L’hypersexualisation des enfants

Ces enfants victimes de la mode…

Attention n’oublions pas de les protéger…

des enfants • Ces enfants victimes de la mode… • Attention n’oublions pas de les protéger…
des enfants • Ces enfants victimes de la mode… • Attention n’oublions pas de les protéger…
des enfants • Ces enfants victimes de la mode… • Attention n’oublions pas de les protéger…
des enfants • Ces enfants victimes de la mode… • Attention n’oublions pas de les protéger…

L’hypersexualisation des enfants

La faille où s’engouffrent les auteurs de violence sexuelle…

Les signaux de disponibilité sexuelle sont allumés

faille où s’engouffrent les auteurs de violence sexuelle… • Les signaux de disponibilité sexuelle sont allumés

Le mineur auteur d’infraction à caractère sexuel

Le mineur auteur d’infraction à caractère sexuel

Au niveau juridique

Viol (Art 222-23 CP) : « tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature que ce soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise constitue un viol »

• Aggravation si moins de 15 ans, victime vulnérable, commission par ascendant ou personne ayant autorité, menace d’un arme, pluralité d’auteurs, mutilations ou infirmité

• Art 222-22 agression sexuelle : toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise

• Attention pas de consentement possible avant 15 ans

Atteintes sexuelles: exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise mais… L’auteur est trompé sur l’âge de la victime

Les motifs de consultation

Les motifs de consultation • Rarement une demande express du mineur auteur • Pression de la

Rarement une demande express du mineur auteur

Pression de la famille+++/école/travailleurs sociaux

Justice (via une obligation de soin)

CS pour une autre problème psy

Jeu sexuel ou véritable abus?

Le comportement est il normal? Situation 1

abus? • Le comportement est il normal? Situation 1 Paul 5 ans a montré à l’école

Paul 5 ans a montré à l’école son zizi aux filles qui n’avaient rien demandé. « C’était rigolo ». La maîtresse conseille aux parents de consulter au plus vite « l’exhibitionnisme ça peut commencer tôt »

Situation 1 • Fait isolé ou comportement répété? • De 2 à 5 ans: les

Situation 1

Fait isolé ou comportement répété?

De 2 à 5 ans: les comportements d’autostimulation, exhibitionnistes, voyeuristes, de jeux sexuels exploratoires sont fréquents

Étude sur 339 personnes adultes: 34% ont montré leurs organes sexuels avant l’âge de 13 ans à d’autres enfants (Kellogg ND. 2009)

Jeu sexuel ou véritable abus?

Situation 2

Paul 8 ans montre son sexe à l’école, ce n’est pas la 1 ère fois qu’il est repris par la maîtresse sur ce point. Ce matin, Magalie 8 ans vient vous voir en pleurant et vous dit que Paul l’a forcée à lui « toucher le zizi ». Paul ne nie pas les faits mais vous dit « je croyais que ça lui ferait plaisir, elle avait envie ». Paul vient consulter avec sa mère sur la pression de l’école « on ne va pas en faire tout un plat, mon fils est un gentil garçon »…

Situation 2

Situation 2 • Comportement sexuel problématique? Oui Incapacité de Paul de cesser ce comportement malgré

Comportement sexuel problématique? Oui

Incapacité de Paul de cesser ce comportement malgré l’intervention à plusieurs reprises de l’adulte Justification faussée de son comportement Coercition, force, menace Comportement exhibitionniste à 2-5 ans. Plutôt recherche d’intimité à 6-8 ans

Jeux sexuels ou véritable abus?

Situation 3

Tom (13 ans) et Léa (11 ans) ont été surpris nus en train de s’embrasser dans une chambre de la colo Embarrassés, Léa accuse Tom de l’avoir forcée et Tom proteste en disant que c’est Léa qui l’a dragué. Tous les deux jurent que c’est la 1 ère fois que ça arrive

Situation 3 • Abus ou jeu? Le doute persistera • Le comportement est il habituel

Situation 3

Abus ou jeu? Le doute persistera

Le comportement est il habituel par rapport à l’âge des enfants?

Quelles étaient les intentions réelles?

Développement psycho-sexuel différent entre les 2 enfants? Attrait pour l’autre sexe, baiser, petit copain ou copine: normal Véritable relation sexuelle: « anormale »

Les jeux sexuels normaux… • Volontaires • Correspondent au développement psychosexuel des enfants •

Les jeux sexuels normaux…

Volontaires

Correspondent au développement psychosexuel des enfants

Découverte de son corps et du corps de l’autre

Émotions positives

Enfants d’âge ou de développement comparables

Partenaires de jeu

Intervention de l’adulte stoppe ou diminue le comportement

Confusion et gène par rapport à la sexualité

Les questions à se poser

1-le comportement correspond t-il au développement psychosexuel de l’enfant? 2-existe t-il une différence d’âge entre les 2 enfants (> à 3ans) ? 3-les actes sont ils fréquents, non diminués par l’intervention d’un adulte? 4-y a-t-il eu présence de coercition, force, menace, chantage?

L’entretien

L’entretien

Le 1er entretien

Les problèmes

Le jeune a rarement envie de vous voir…

Les problèmes Le jeune a rarement envie de vous voir… Honte, angoisse, culpabilité par rapport à
Les problèmes Le jeune a rarement envie de vous voir… Honte, angoisse, culpabilité par rapport à

Honte, angoisse, culpabilité par rapport à la découverte des faits Agressivité à l’idée que les adultes pénètre dans son intimité sexuelle

Introduction

1) Est ce que tu sais pourquoi tu viens me voir?

2) Ton papa m’a dit que tu avais forcé Léa a te regarder tout nu, est ce que c’est vrai?

3) Ton papa m’a dit qu’il s’était passé des choses avec Léa, est ce que tu peux m’en dire plus?

vrai? • 3) Ton papa m’a dit qu’il s’était passé des choses avec Léa, est ce

Les règles

Les règles • Utiliser un langage compréhensible pour l’enfant • Éviter les questions fermées • Éviter

Utiliser un langage compréhensible pour l’enfant

Éviter les questions fermées

Éviter de suggérer

L’objectif du soignant n’est pas de prouver l’abus sexuel (il est de proposer/d’offrir des soins si ceux ci sont indiqués!)

Les connaissances pré-requises

Le développement psychosexuel

- 0 à 2 ans: exploration du corps y compris des organes génitaux, autostimulation, érection/excitation possibles.

- 2 à 5 ans: autostimulation, exhibitionnisme,

possibles. - 2 à 5 ans: autostimulation, exhibitionnisme, voyeurisme, jeux exploratoires avec les pairs. - 6

voyeurisme, jeux exploratoires avec les pairs.

- 6 à 8 ans: besoin d’intimité, recherche plus la compagnie du même sexe, comparaison des corps.

- 9 à 12 ans: attrait pour le sexe opposé (en général pas au delà de caresses et de baisers), masturbation plaisir.

Les points à aborder…

Les faits

L’examen psychologique/ psychiatrique

La sexualité

La famille

Compréhension de la loi et de la contrainte

Les risques de récidive

• La sexualité • La famille • Compréhension de la loi et de la contrainte •

Les faits

Les faits • La plupart des auteurs mineurs reconnaissent les faits mais modifient le contexte et

La plupart des auteurs mineurs reconnaissent les faits mais modifient le contexte et minimisent leur portée.

Ne jamais oublier que l’auteur a pu être victime.

- Nature/type de violence sexuelle

- Répétition (durée, fréquence)

- Différence d’âge entre la victime et l’agresseur, leur lien/relation, le nombre de victime

- Motivation du PA (curiosité malsaine, déviance sexuelle, dérapage dans la découverte de la sexualité, cpt d’imitation…)

- Les stratégies adoptées (menace, séduction, chantage, coercition…)

- Distorsion cognitive

Les enfants auteurs d’AS

Johnson 1988 : chez les enfants auteurs de comportement sexuel abusif Environ 1/3 des 11-12 ans

ont été victimes d’AS

1988 : chez les enfants auteurs de comportement sexuel abusif Environ 1/3 des 11-12 ans •

L’examen

psychologique/psychiatrique

L’examen psychologique/psychiatrique • Niveau intellectuel • Déficit dans les habilités sociales (affirmation de

Niveau intellectuel

Déficit dans les habilités sociales (affirmation de soi, estime de soi, relations interpersonnelles)

Problèmes émotionnels et de liens (alexithymie)

Troubles anxieux

Symptômes dépressifs

PTSD

Autres conduites déviantes (toxiques)

La sexualité

Le stade du développement psycho-sexuel de l’enfant

Ses connaissances sur le sexe, l’amour, la relation sexuelle, l’affection. Ses préférences

Les intérêts sexuels déviants? (échelle ASIC:

adolescent sexual interest cardsort)

Ses préférences • Les intérêts sexuels déviants? (échelle ASIC: adolescent sexual interest cardsort)

L’influence de la sexualité par la pornographie

Selon l’enquête ESPAD (2003): 77% des garçons de 15 ans et 45% des filles du même âge auraient vu au moins un film classé X, durant l’année écoulée

Risque: confusion entre le réel et le virtuel?

Le porno comme modèle

un film classé X, durant l’année écoulée • Risque: confusion entre le réel et le virtuel?

L’influence de la sexualité par le porno

Toujours en France, une enquête réalisée auprès d’adolescents de 12 à 16 ans a montré que 58% des garçons et 45% des filles ont vu leurs 1eres images porno

entre 8 et 13 ans (Marcano & Rozier,

2005).

porno entre 8 et 13 ans (Marcano & Rozier, 2005). • Une question: la pornographie favorise

Une question: la pornographie favorise t’elle la violence sexuelle?

L’influence de la sexualité par le porno

La question n’est pas encore « scientifiquement » tranchée…

La tendance est à dire que oui chez les jeunes fragiles avec peu de repères éducatifs ou de connaissances sur la sexualité

Mais une chose est sure les idées véhiculées :

peu de repères éducatifs ou de connaissances sur la sexualité • Mais une chose est sure

Les idées véhiculées par la pornographie

Les idées véhiculées par la pornographie • Modèles sexuels stéréotypés : rôle défini pour les hommes

Modèles sexuels stéréotypés: rôle défini pour les hommes et les femmes (femmes soumises)

Une sexualité abondante: les actes s’enchaînent, les positions sont variées…

Les pratiques « hard » semblent naturelles et sans douleur

Le porno passe l’idée que le consentement est toujours acquis « elle dit non mais en fait elle a envie »

L’autre est réduit à l’état d’objet

Tout est permis (la violence et l’agressivité y compris)

La famille et son influence sur les comportements sexuels problématiques

Enfants témoins ou victimes d’AS

Maltraitance autre que AS

Absence d’éducation sexuelle

Exposition fréquente à la pornographie

Vécu dans un milieu sexualisé

Manque d’intimité Parents « ouverts » à la nudité Absence d’isolement pour les relations sexuelles des parents Attitude intrusive des parents (inspection)

à la nudité Absence d’isolement pour les relations sexuelles des parents Attitude intrusive des parents (inspection)

Compréhension de la loi et de la contrainte exercée

Compréhension de la loi et de la contrainte exercée • Pourquoi les faits sont reprochés? •

Pourquoi les faits sont reprochés?

Pourquoi il existe une loi?

Reconnaissance de la contrainte

Appréhension du retentissement pour la victime

Rapport à l’altérité

• Reconnaissance de la contrainte • Appréhension du retentissement pour la victime • Rapport à l’altérité

La récidive

Un adolescent auteur infraction sexuelle débute t-il une carrière criminelle sexuelle?

Quel est le taux de récidive chez les adolescents auteurs d’abus sexuels?

t-il une carrière criminelle sexuelle? • Quel est le taux de récidive chez les adolescents auteurs

La récidive

La récidive • Méta-analyse sur la récidive de 11 219 AAAS sur 5 ans (Caldwell 2009):

Méta-analyse sur la récidive de 11 219 AAAS sur 5 ans (Caldwell 2009):

Récidive générale: 43 % Récidive sexuelle: 7 %

Autres études

En moyenne 50% de récidive générale et 10 % de récidive sexuelle

Echelle J-SOAP II (Prentky et Righthand, 2003) Juvenile sex offender assessment protocol

Outil de jugement clinique structuré (12-18 ans) 1ere échelle J-SOAP 1994 Cotation : 0-2 Pas de cutoff

1-conduite/préoccupation

1994 Cotation : 0-2 Pas de cutoff 1-conduite/préoccupation sexuelle (5 items) 2-comportement antisocial/impulsif (11

sexuelle (5 items)

2-comportement

antisocial/impulsif (11 items) 3-prise de conscience (5 items) 4-stabilité de l’environnement (5 items)

2-comportement antisocial/impulsif (11 items) 3-prise de conscience (5 items) 4-stabilité de l’environnement (5 items)

Echelle ERASOR (Worling et curwen, 2001) The estimate of risk of adolescent sexual offense recidivism

Outil de jugement clinique structuré (12-18 ans) à partir de HCR-20/SVR-20

Intérêts sexuels, attitude, comportement (4 items)

Histoire de l’infraction sexuelle (9 items)

Fonctionnement psychosocial (6 items)

Fonctionnement environnemental (4 items)

Traitement (2 items)

items) • Fonctionnement psychosocial (6 items) • Fonctionnement environnemental (4 items) • Traitement (2 items)

Différence entre les 2 échelles

ERASOR détaille beaucoup plus les critères « sexuels » (13 items vs 5 pour J-SOAP)

J-SOAP est plus précise pour la récidive générale (comportement antisociaux)

» (13 items vs 5 pour J-SOAP) • J-SOAP est plus précise pour la récidive générale

Les facteurs de risque de récidive de la violence sexuelle

Les intérêts sexuels déviants (jeunes enfants/violence)

Préoccupation sexuelle envahissante

Réticence pour changer le comportement déviant

Jeune garçon inconnu

Plusieurs victimes, plusieurs fois

Difficultés relationnelles, isolement social

Impulsivité

Environnement familial problématique

Comportement antisocial

Conseils aux parents…

Conseils aux parents… • Superviser les jeux • Être présent • Ne pas laisser l’enfant seul

Superviser les jeux

Être présent

Ne pas laisser l’enfant seul avec ses victimes ou des victimes potentielles

Reprendre avec l’enfant, réexpliquer les interdits

Enseigner à l’enfant la notion de privé et d’intimité

Revaloriser l’enfant (mauvaise estime de soi chez les agresseurs)

Conclusion

Conclusion • Une révélation difficile quelque soit le mode • Une nécessité si on est la

Une révélation difficile quelque soit le mode

Une nécessité si on est la personne ressource de l’enfant d’accueillir sa parole de manière adaptée (on ne suggère pas les faits à l’enfant!) et efficace

Tous les comportements sexuels entre enfants ne sont pas des abus ou des comportements déviants

Surveiller les enfants auteurs de violence sexuelle car risque de problèmes judiciaires futurs chez la moitié d’entre eux

Cas clinique

Qu’est ce que vous faites?

Cas clinique • Qu’est ce que vous faites?

Cas clinique

« Bonjour, j'ai un gros problème, ma fille de 5 ans se masturbe en se frottant sur des peluches ou avec tout ce qu'elle peut. Je suis désemparée, je ne sais plus comment m'y prendre afin qu'elle arrête ses obscénités. Pourtant, jamais il ne fut possible qu'elle nous voit avec son père même un bisou reste en privé, même les films à la télé, nous protégeons nos enfants de tout ce qui leur est interdit, qui ne concerne pas des enfants. Auriez vous quelques conseils à me donner ? avez vous déjà eu ce genre de problèmes? je vous remercie d'avance. »

La prise en charge spécifique des ados auteurs de violence sexuelle

1 ère évaluation pour « briser la glace » QICAAIS questionnaire pour aborder le comportement sexuel problématique avec le jeune

Évaluation des troubles psy

QI si besoin

Les axes à travailler…

Caractéristiques Psycho-criminologiques

Questionnaire

OBSERVATIONS

Reconnaissance des faits

   

Antécédents d'abus sexuels

   

Prise de toxiques

   

Vécu traumatique pour la victime

   

Rapports à la loi

   

Repérages des

situations à risque

   

Distorsion cognitive

ACS

 

Risque de Récidive

ERASOR

 

Caractéristiques Psychopathologies

 

Estime de soi

SEI

 

Impulsivité

(BIS-11)

 

Affirmation de soi

Echelle de Rathus

 

Gestion de la colère

   

Gestion du stress

   

Alexithymie

TAS-20

 

Insight

   

Reconnaissance de ses besoins

   

Pathologie de la relation

 

Capacité du lien = Relation interperso

   

= Relation affective et amoureuse

   

Rapport à l'altérité

= Reconnaît les désirs de l'a utre

   
 

= Empathie

Echelle de Bryant

 

Caractéristiques psycho-sexologiques

 

Fantasme et choix d'objet (Intérêts sexuels)

ASIC

 

Développement psychosexuel

   

Degré d'intimité et de pudeur

   

Représentations erronés de la sexualité

   

Dangers du net et des médias

   

La reconnaissance des faits

La reconnaissance des faits • Travail sur l’attribution de la faute • Prendre ses responsabilités •

Travail sur l’attribution de la faute

Prendre ses responsabilités

Reconnaissance des faits

Suite

Victime de violence sexuelle?

Prise de toxique

Vécu traumatique pour la victime Témoignage de victime

Rapport à la loi

Repérage de situations à risque

Le cycle du passage à l’acte

Séquence: une progression affective, cognitive et comportementale vers l’agression sexuelle.

Le premier élément de la séquence est une situation (conflit psychoaffectif) dans laquelle l’autocontrôle des comportements déviants est menacé

Les conflits psychoaffectifs engendrent des humeurs négatives favorisant l’émergence de fantaisies déviantes chez les délinquants sexuels, qui auront alors recours à des stratégies inappropriées

Suite

Distorsion cognitive: croyance erronée

« C’est elle qui m’a dragué » « elle avait envie de sexe j’en suis sur »…

Risque de récidive

Estime de soi

Affirmation de soi

Gestion de la colère

Gestion du stress

Activité de relaxation

Insight

Impulsivité/maitrise de soi

Activité dérivée de l’épreuve de Frustration de Rosenzweig

Impulsivité/maitrise de soi • Activité dérivée de l’épreuve de Frustration de Rosenzweig

Alexithymie

Reconnaitre les émotions sur le visage de l’autre

Alexithymie • Reconnaitre les émotions sur le visage de l’autre

Reconnaissance des ses besoins Valeurs

Reconnaissance des ses besoins Valeurs • Quelles sont mes valeurs touchant à la sexualité / à

Quelles sont mes valeurs touchant à la sexualité / à la relation?

Comment je peux être influencé?

Le fait de réfléchir à ses propres valeurs peut nous permettre de faire des choix lorsque nous devons faire face à des décisions importantes

Suite

Capacité du lien

Relations interpersonnelles Relation affective et amoureuse (prise de contrôle dans la relation)

• Capacité du lien Relations interpersonnelles Relation affective et amoureuse (prise de contrôle dans la relation)
• Capacité du lien Relations interpersonnelles Relation affective et amoureuse (prise de contrôle dans la relation)

Suite

Rapport à l’altérité

Reconnaître les désirs de l’autre Empathie

Fantasme et choix d’objet

Plus de la moitié des AS adultes ont vu apparaître leurs intérêts sexuels déviants avant leur majorité (Tingle et al

1986, Abel et al, 1985)

Les cpts sexuels génitaux non déviants peuvent précéder des cpts déviants (Becker et Kaplan, 1986) Facteur de risque de récidive de VS Évaluer échelle ASIC (Adolescent Sexual Interest Cardsort): 64 items

Suite

Développement psychosexuel

Degré d’intimité et de pudeur

psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •
psychosexuel • Degré d’intimité et de pudeur • Représentations erronées sur la sexualité •

Représentations erronées sur la sexualité

Danger du net et des médias

Conclusion

Une prise en charge difficile mais possible et indispensable pour une évolution positive.

L’alliance se fait, il faut parfois du temps et beaucoup de bienveillance

Merci pour votre attention…