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MINISTÈRES ENSEIGNEMOI - 19-10-2017 - - Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil

Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil

Page 1 - Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil

1 - Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil Dans ce dossier, vous pourrez lire

Dans ce dossier, vous pourrez lire plus de 80 biographies de revivalistes, d'hommes et de femmes de réveil et

remarquables, de prière et de foi, de styles et d'époques différents. personnages différents)

(40 biographies actuellement dont 36 de

Ces biographies sont tirées de plusieurs auteurs, et celles-ci vous seront utiles pour votre connaissance personnelle de l'Histoire de l'Eglise. Nous respectons ces biographies, même si parfois peut-être les styles et les coutumes peuvent aujourd'hui nous surprendre, ou encore certaines doctrines. Ces gens étaient à part et Dieu les a utilisés.

Page 2 - Biographie de John Wesley

Apôtre des foules, pasteur des pauvres

Un voyageur se penche sur son passé

La route, presque toute droite, monte insensiblement jusqu'au bourg construit au centre de la région marécageuse et monotone. Il fait assez froid: le 1er janvier, dans les grandes plaines anglaises, l'air vous cingle impitoyablement. Ce n'est pas la saison de chevaucher un livre à la main.

A la vérité, le paysage n'étonne guère le voyageur. L'a-t-il assez de fois parcourue, et dans les deux sens, à pied comme

à cheval, la route de Doncaster à Epworth, du temps de sa jeunesse! Mais, précisément parce qu'elle n'a plus l'attrait du

neuf, elle saisit son attention, elle provoque un serrement de coeur: l'homme de quarante ans se dirige vers son village

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natal, un village ordinaire, où on a eu des joies et des peines, où votre père fut pasteur, et dont vous connaissez encore

la plupart des gens

Il ne va pas vite, en tout cas: un peu de curiosité, peut-être, pousse John Wesley à le rattraper. L'homme est plus âgé

que John Wesley. Celui-ci, qui ne le reconnaît pas, remarque que l'inconnu se tient en selle avec difficulté. Est-ce donc par inexpérience? Ne serait-ce pas plutôt qu'on peut compter, à Doncaster, je ne sais combien d'auberges? Sur cette

route déserte, un compagnon ne se rencontre pas si souvent qu'on hésite à le saluer. L'inconnu prend les devants; Wesley répond. D'habitude, la conversation s'oriente vers le froid, la longueur de la route, la robustesse des chevaux. Le cavalier ne s'en tient pas à ces généralités dûment éprouvées; il s'intéresse vivement au livre qui sort à moitié de la poche de Wesley; au fait, en quel endroit se rend-il? Y a-t-il plusieurs jours qu'il voyage? A-t-il de la famille à Epworth? Ces longues absences sont-elles pénibles à sa femme? Tiens! Monsieur est donc célibataire? Un peu étonné de cette indiscrétion, John Wesley répond avec bonne grâce. A son tour de paraître indiscret:

- Savez-vous, monsieur, que nous sommes en route vers l'éternité?

L'homme ne rougit pas (ce n'est plus possible), mais, piqué, il répond vivement:

- Oh! je vous reconnais bien, allez! Wesley, c'est vous.

Un moment de silence. Les chevaux font sonner la route gelée.

- Quel dommage, reprend l'homme, quel dommage

- Quel dommage

pourquoi moi? Pourquoi vous fabriquer une nouvelle religion? La religion de nos pères, c'est toujours la meilleure, ou quoi? Moi, eh bien, je suis chrétien, monsieur Wesley. Je suis Anglican. Oui, monsieur. ça me suffit, monsieur Wesley Ayant soudain esquissé, sur ce dernier mot, une ombre de salut, il donne un coup de talon à sa monture et disparaît rapidement dans le lointain. John Wesley est trop habitué aux sottises écrites, imprimées, dites ou hurlées pour accorder quelque importance à ce que l'inconnu vient de dire. Il sait bien, au surplus, que nul n'est prophète en son pays: s'il se rend à Epworth, ce n'est pas pour qu'on l'y accueille avec des fleurs et des discours. Mais est-il bien vrai qu'il ait abandonné la foi de son père? Wesley songe à sa jeunesse, à son père: c'est comme si le passé se mêlait au présent, tout au long de la route.

Ce cavalier qui vous précède sur la route, c'est peut-être même un gars d'Epworth

Il semble réfléchir encore, puis continue:

Il faut croire que la religion de votre père ne vous suffisait pas. Vous vouliez du neuf. Mais, dites donc,

Si la piété filiale habite le coeur de John Wesley, elle ne l'aveugle pas. Il y a quelque chose de comique dans les reproches essuyés tout à l'heure par le fils, sur la route d'Epworth: car enfin, ce père dont il aurait dû garder la religion, ce pasteur Samuel Wesley offert en modèle aujourd'hui, se peut-il qu'on oublie que la paroisse ne l'a pas aimé? Wesley se rappelle plus d'un détail évocateur, plus d'une conversation surprise; il se souvient surtout d'une nuit tragique

Il faut bien avouer que le pasteur Samuel Wesley était un homme autoritaire, qui mêlait la politique aux affaires

religieuses, usait de son prestige aux élections et se liait avec des gens qu'à tort ou à raison ses paroissiens tenaient pour les ennemis de leurs intérêts matériels. D'ailleurs, les conflits politiques divisaient jusqu'au propre ménage du pasteur. En désaccord avec sa femme, il l'avait quittée durant un an en lui déclarant que "des époux qui n'avaient pas le même roi ne pouvaient plus partager le même lit". John, né en 1703, avait été le gage de leur réconciliation sur la question royale. Que la vie quotidienne au presbytère était dure! On y vivait de pauvreté, d'autant plus que le pasteur excitait assez de haine pour que, par trois fois, on eût tenté d'incendier la maison. Le dernier essai parvint à la consumer complètement; c'est à peine si Samuel Wesley put sauver ses nombreux enfants. En les recomptant à la lueur des flammes, il constata que manqua le petit John, alors âgé de six ans. En vain le pasteur voulut-il s'élancer dans le feu: il dut rebrousser chemin et, s'agenouillant, il commença à prier pour que Dieu reçût l'âme de son petit garçon. John, pendant ce temps, s'étant réveillé, courut jusqu'à la fenêtre; on l'y aperçut; un homme, monté sur les épaules d'un autre, put atteindre l'enfant et le sauver, tandis que le toit s'écrasait. Le père appela les voisins (parmi lesquels il y avait sans doute les incendiaires) pour remercier le Ciel. Ni la mère ni l'enfant n'oublièrent jamais cette nuit. A quarante ans, quand il y songe, Wesley y discerne encore le signe de la grâce de Dieu. Jusqu'à sa mort, il se considérera comme "un brandon arrache aux flammes". Suzanne Wesley, sa mère, n'était certes pas une femme ordinaire. Malgré un labeur acharné, dix-neuf grossesses, dix enfants vivants dont elle dirigeait aussi bien l'éducation que l'instruction, elle parvenait à prier et à méditer chaque jour pendant au moins deux heures et demie. Tous les témoignages concordent, qui attestent la ferveur de sa vie intérieure. On n'a pas tort de s'étonner de la sévérité de ses méthodes d'éducation; encore faut-il admettre que c'est à sa mère que Wesley doit la virilité de son caractère et sa silencieuse obstination. Elle était admirable de doigté, d'autorité, de perspicacité, de discernement - le mot n'est pas trop fort, - de sagesse et d'amour. Elle donnait à ses fils le spectacle quotidien d'une piété réelle, profonde, et leur apprenait à la pratiquer. John Wesley lui doit encore le souvenir des "petites compagnies" qu'elle avait établies dans la paroisse pendant les absences de son mari - nous dirions aujourd'hui des

"réunions de cuisine"; il lui doit l'entretien qu'elle lui accordait une fois par semaine, en tête-à-tête, sur sa naissante vie spirituelle; il lui doit l'orientation de son ministère vers la théologie pastorale et ascétique, plutôt que vers les travaux critiques où Samuel Wesley se complaisait, et où il eût aimé entraîner son fils. John se rappelle les encouragements qu'il

a reçus de sa mère avant de partir en mission, et l'appui qu'elle lui accorda dans les premiers temps du méthodisme. Sur

la route d'Epworth, c'est avec la plus virile tendresse que John Wesley songe à sa mère. Il sait bien que ce qu'il y a de plus brûlant et de plus vivant dans sa foi d'homme, c'est sa mère qui le lui a transmis. Songe-t-il à sa jeunesse? Sans doute, mais au hasard du souvenir; et peut-être à ses études, poursuivies selon l'engrenage d'alors: une protection obtenue par le père afin de permettre à John d'entrer dans une école secondaire - Charterhouse, - puis à l'Université (Oxford), en 1720. Ses études terminées, John Wesley avait été consacré pasteur de l'Eglise d'Angleterre à vingt-deux ans, en 1725; l'année suivante, il était élu agrégé à Oxford, c'est-à-dire chargé de cours à l'Université où il avait été lui-même étudiant.

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On reconnaissait ainsi les remarquables facultés intellectuelle et le savoir du jeune pasteur, capable dès lors de subvenir à ses propres besoins. Il donnait aux étudiants des conférences sur la théologie du Nouveau Testament et présidait les exercices de discussions philosophiques. Le reste de son temps lui appartenait. De telles fonctions font de lui un virtuose de la discussion, mais lui apprirent aussi les limites de la pensée et de l'intellectualisme. Un frère de John Wesley, Charles, de cinq ans plus jeune, vint étudier à l'Université à son tour. Si sa jeunesse d'étudiant ne fut point puritaine, il faut se garder de prendre à la lettre les récits qui font du jeune John un grand pécheur. La tendresse du jeune étudiant pour la fille d'un pasteur? Ce ne fut qu'une idylle, et la jeune fille influença John dans le sens le meilleur. Quand des obstacles matériels les séparèrent, Wesley continua de mener une existence studieuse et réglée. Il communiait fréquemment. Il y fallait du courage et des convictions solides. A Oxford, vers 1720-1725, communier en dehors dés trois grandes fêtes, c'était presque une inconvenance; et c'était essuyer à coup sûr les moqueries des copains et des professeurs.

Mais voici Epworth. Des rideaux se soulèvent discrètement aux fenêtres; on a déjà reconnu ce John Wesley qui divise les gens et les fait jaser: les uns le tiennent pour un fou, les autres pour un homme de Dieu. Dans quelques minutes; la nouvelle va avoir fait le tour du gros village. C'est le soir du samedi. Ses "partisans" l'attendent. Il sait bien que l'église

paroissiale ne va pas accueillir la réunion qu'il vient faire. Aussi rassemble-t-il les gens qui n'ont peur ni du froid pénétrant ni des quolibets dans le cimetière - un cimetière de village, étalé tout autour de l'église, où, du premier coup d'oeil, on reconnaît les tombes des parents et des voisins. Wesley s'approche de la pierre paternelle. Il prêche dans le silence du

crépuscule. Il ne dit que des choses simples, mais avec quelle force, avec quelle flamme!

monde se rend à l'église. Wesley aussi, qui s'assied sur un banc, à la place peut-être qu'il occupait dans son enfance. Mais le pasteur qui lit les prières, ce n'est plus Samuel Wesley. Le pasteur n'a pas reconnu le fils de Samuel. Il ne le reconnaîtra pas au cours du sermon. Mais quand Wesley s'avance pour communier avec les fidèles, le pasteur le reconnaît soudain, et lui refuse le pain et le vin.

Le lendemain matin, tout le

Quand les jeunes gens purifient leurs sentiers

Les directives de travail et les conseils spirituels que les jeunes amis de Charles acceptaient de la part de John constituaient une discipline studieuse et religieuse qu'un farceur, un jour, appela du nom de méthode. La méthode des copains de Charles et John Wesley! C'est quand le petit groupe s'en allait communier qu'éclataient les moqueries des étudiants. On n'a pas idée de communier en semaine ou un dimanche ordinaire! Le bon sens d'Oxford n'approuvait pas

de tels besoins, ça devait faire partie de la méthode, sans doute

Le sobriquet des Méthodistes date d'Oxford: John Wesley le releva, très dignement. Il faut insister sur le besoin qu'éprouvèrent les Méthodistes de rechercher une piété non plus individuelle, mais, pour parler le jargon d'aujourd'hui, communautaire. Cette quête est d'une importance extrême si l'on veut comprendre comment, du jour au lendemain presque, Wesley saura répondre aux besoins spirituels des communautés nées de sa prédication. La piété de la petite communauté d'Oxford, vers 1729, s'orientait vers la vie intérieure d'une communauté dont les membres priaient ensemble, jeûnaient ensemble, communiaient ensemble - au profond ébahissement des étudiants. Les jeunes étudiants qui acceptaient la direction spirituelle de John Wesley visitaient les prisons, soignaient et réconfortaient les malades, donnaient des aumônes considérables. John Wesley donna jusqu'à 75% de son revenu et renonça au port de la coûteuse perruque, où les hommes de ce temps-là mettaient leur argent et leur dignité. C'était s'attirer les moqueries des étudiants, l'incompréhension des gens convenables. Vous rendez-vous compte, un professeur sans perruque! Wesley, pour sa part, songeait plutôt au bon usage de l'argent qu'il économisait. Cet amour pratique, lié aux débuts même du petit groupe universitaire, demeura un trait permanent de l'apostolat de Wesley. Né d'un approfondissement spirituel, aussitôt incarné dans l'amour du prochain, le Méthodisme apparaît comme un bel exemple d'équilibre chrétien - mais aussi comme une leçon pour les chrétiens d'un siècle d'activisme qui néglige trop souvent les conditions spirituelles d'un amour efficace. Qu'on nous permette de souligner, d'autre part, que le mouvement est né parmi les étudiants. Le terrain est solide où s'aventurent tous ceux qui pensent qu'on ne saurait jamais trop prêter d'attention à la vie spirituelle des universités. La "petite communauté" s'affermit entre 1729 et 1735, autour des deux Wesley et du fils d'une servante, George Whitefield, qui deviendra le plus illustre prédicateur anglais du XVIIIe siècle.

"Regardez voir les Méthodistes qui vont communier!"

Ceux qui chantent dans la tempête

En 1735, forts de l'approbation de leur mère, les deux Wesley se décidèrent, assez inopinément, à partir en mission en

Amérique, dans la nouvelle colonie anglaise de Georgie. Les rai sons de ce départ pour une mission fort courte (1736-1737) tenaient peut-être à un désir inconscient d'évasion. Mais les autorités civiles, qui avaient trompé les frères

Wesley, leur interdirent toute évangélisation parmi les Indiens, qui n'étaient, somme toute, .que des ennemis

et tous les projets d'héroïsme chrétien, toutes les décisions de dépouillement, se réduisirent à la routine d'un ministère ordinaire en milieu colonial! John Wesley s'y montra zélé, fervent, peut-être trop puritain, saintement exigeant il osa prendre le parti des opprimés contre les prérogatives de certaines personnalités influentes; il fut enfin très maladroit dans une grande désillusion d'amour qui lui rendit le séjour de Savannah impossible. On alla jusqu'à lui faire un procès: il dut s'en aller. Son frère avait abandonné sa paroisse, devant une opposition semblable, quelque temps auparavant. Pourtant, Wesley revint d'Amérique profondément enrichi. Pour le chrétien, tout échec contient quelque grâce; et puis, Wesley avait rencontré, au voyage d'aller, et en Amérique même, des Moraves allemands, qui allaient, au cours des

La mission

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années suivantes, l'attirer toujours davantage.

Revenu d'Amérique avec l'amertume d'un échec qu'il attribuait à son incapacité spirituelle, Wesley en avait au moins rapporté une grande envie de mieux connaître la foi des Moraves. Dès son retour à Londres et à Oxford, il se mit à les fréquenter. Un représentant à Londres de Zinzendorf sut prouver à Wesley que sa foi intellectuelle devait s'attendre à l'expérience personnelle. C'est ce même Morave, Bohler, qui initia Wesley à la doctrine luthérienne de la foi. Sous d'aussi pressantes influences, Wesley abandonna quelque chose de sa piété anglicane - ou, si l'on préfère, il l'enrichit. Il ne se contenta plus de son rituel; il donna plus de temps à la prière d'abondance.

Fête d'amour et plénitude du Saint-Esprit

L'épisode le plus connu de la vie de John Wesley ne constitue cependant pas la page la plus claire de sa biographie:

nous voulons parler de sa "conversion" de 1738, durant l'époque "morave" de sa vie. Le 24 mai 1738, en ouvrant selon son habitude, vers 5 heures du matin, son Nouveau Testament, le professeur John Wesley lut dans la deuxième épître de Pierre une promesse qui l'impressionna: "Nous avons été mis en possession des plus précieuses et des plus grandes promesses afin que, par leur moyen, vous deveniez participants à La nature divine." Ouvrant encore le livre, il y rencontra cette autre parole: "Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu ." L'après-midi, au service anglican, où il ne manquait pas de prier malgré les suspicions de ses collègues, le chant du De Profundis lui parut admirablement exprimer les supplications dont son âme était emplie. Il se rendit à contrecoeur, il l'avoue, à une petite réunion morave qui se tenait ce soir-là à Londres. On y lisait la préface de Luther à l'Epître aux Romains. C'est pendant cette lecture, à 20 h. 45, tandis que le lecteur décrivait, à la suite de Luther, le changement que la foi opère dans l'âme de l'homme, que Wesley ressentit quelque chose qu'il décrit ainsi:

"Mon coeur s'échauffait étrangement; je met tais ma confiance dans le Christ, et dans le Christ pour mon salut. Et une assurance me fut donnée qu'il avait enlevé mes péchés, oui, les miens, et qu'il m'avait sauvé de la loi du péché et de la mort." Un flot d'amour l'envahit aussitôt, et particulièrement envers tous ceux qui lui témoignaient leur mépris. Prenant la parole, il rendit témoignage de ce qu'il éprouvait; et puis, accompagné de quelques amis, il alla porter la nouvelle de cette expérience à son jeune frère Charles, alors alité. Celui-ci avait connu auparavant, le jour même de la Pentecôte 1738, une expérience semblable. Or, Charles Wesley était poète (il sera l'hymnologue du Méthodisme); il avait déjà traduit sa joie dans un admirable cantique. Sans doute, dans les dernières heures du 24 mai, John Wesley se rappela-t-il le récit que son frère avait dû lui faire de l'inoubliable journée de Pentecôte. "Je crois!", s'écria John en s'approchant du lit de son frère. Tout le monde entonna le cantique que Charles venait de composer; puis l'assistance entière fléchit les genoux pour prier. Les jours suivants, au profond étonnement de plusieurs, John Wesley déclara qu'il était devenu chrétien. Faut-il en conclure que le grand revivaliste anglais se soit donné au Christ le soir du 24 mai 1738? Quand on lit son Journal, on soupçonne que, peut-être, Wesley ne pensait pas tellement à la nouvelle naissance, en s'écriant: "Je crois", qu'à un changement profond, à une expérience décisive, à quelque rencontre avec le Christ; ou, si l'on préfère, ce n'est pas sous l'angle de la justification par la foi que Wesley parlait à ses interlocuteurs de sa joie du 24 mai, mais bien plutôt en regardant à la foi sanctifiante, qui semblé avoir été l'aspiration maîtresse de sa vie, et probablement l'apport le plus pré cieux du Méthodisme aux Eglises nées de la Réforme. Entre 1735 et 1741, sous l'impulsion de Jonathan Edwards, l'Amérique anglaise connut un mouvement religieux qu'on peut appeler, à la lumière d'événements ultérieurs, un Réveil, et, très probablement, Wesley en eut quelques échos lors de son séjour en Georgie, en 1736-1737. En 1736, dans le Pays de Galles, un laïque qui ne put supporter l'atmosphère dissipée de l'Université d'Oxford, Howell Harris, fut l'instrument d'un mouvement revivaliste important, qui durait encore en 1739, lorsque Wesley et Whitefield en reconnaîtront le caractère évangélique et travailleront d'accord avec Harris. Deux ans plus tard, à quelques jours de distance, Charles et John Wesley reçurent l'illumination soudaine qui les emplit de joie, renouvela l'image du Christ en eux, et après laquelle, ils manifestèrent dans la prédication publique une puissance que les deux frères Wesley n'avaient encore jamais connue. Cette expérience de Wesley est en rapports avec une effusion particulière de l'Esprit qui, dans la chrétienté anglaise, s'est traduite, sur les deux rives atlantiques, par la "plus vigoureuse, la plus tenace des réactions au sein du protestantisme en quatre siècles". Le Journal de Wesley raconte que, le soir du 1er janvier 1739, Whitefield, les deux Wesley et une soixantaine d'amis se réunirent pour "une fête d'amour": c'était un usage morave qui rassemblait, comme dans le livre des Actes, les chrétiens désireux de passer une longue veille, au cours de laquelle on prenait le repas en commun et on priait, fort avant dans la nuit. "Vers trois heures du matin, raconte J. Wesley, comme nous persévérions dans une pressante prière, la force de Dieu vint puissamment sur nous, tellement que plusieurs se mirent à crier, ne se possédant plus de joie, tandis que d'autres tombaient la face contre terre. Quand nous sommes revenus quelque peu de l'effroi et de l'étonnement qui nous avaient saisis en présence de la majesté, nous entonnâmes d'une seule voix: "Nous te louons, ô Dieu, nous reconnaissons que tu es le Seigneur." On ose à peine commenter de telles lignes, qui éclairent singulièrement le 24 mai précédent. Whitefield, qui tenait aussi son Journal, écrit à propos de cette même "fête d'amour": "Ce fut une vraie Pentecôte." Cinq jours après la fête d'amour du 1er janvier 1739, il y eut une autre réunion, dans la prière et le jeûne, au cours de

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laquelle Wesley éprouva "la conviction inébranlable que Dieu était sur le point de faire de grandes choses au milieu d'eux". Or, une subite transformation allait faire de John Wesley, en six mois environ, le plus grand revivaliste du XVIIIe siècle. Pourtant, l'histoire prouve que plus d'un témoin du Christ n'a pas attendu sa trente-sixième année pour travailler glorieusement au nom de son Seigneur. Le ministère de J. Wesley dans la paroisse de son père avait été vraiment terne; son rôle à l'Université d'Oxford se borna, en réalité, à réunir une dizaine de jeunes gens; sa mission en Amérique parut être un échec. Mais, du 1er avril 1739 à la fin de la même année, Wesley tiendra 500 meetings en plein air et suscitera, dans le Pays de Bristol et à Londres, un véritable incendie religieux. Whitefield suggère la solution de l'énigme en écrivant que leurs soixante amis, après lui-même, et Charles, et John Wesley, connurent une Pentecôte en vue de la subite puissance qu'ils manifestèrent dans l'évangélisation tout aussitôt, comme les apôtres avaient reçu l'effusion de l'Esprit "avec impétuosité" avant que la parole de saint Pierre n'ajoutât trois mille personnes à l'Eglise. La "Pentecôte" du 1er janvier 1739, ou "fête d'amour", ou "réunion d'attente" (le terme importe peu, et varie selon les milieux chrétiens) éclaire le 24 mai précédent. L'Ecriture permet de choisir un terme moins ambigu que celui de "conversion": plénitude du Saint-Esprit, ou baptême dans l'Esprit-Saint, comme on voudra, puisque les conséquences de cette plénitude sont dans la vie de Wesley, comme dans les Actes des Apôtres, semblables malgré dix-sept siècles d'histoire.

Pèlerinage aux sources moraves

Puisque la grâce de Dieu l'avait saisi par le ministère des Moraves, John Wesley décida de se rendre à Herrnhut, au fond de la Saxe, sur la frontière bohémienne, pour rencontrer Zinzendorf et pour voir la communauté. Ce n'était pas dans le tempérament de Wesley de faire ou de croire quelque chose à moitié. Se mettre totalement à l'école des Mo raves, si Dieu le demandait; faire la part de l'excellent et du médiocre si c'était nécessaire, mais répondre aux questions nées de la fréquentation des Moraves, et agir à leur égard selon la parole évangélique: Viens et vois! Il va sans dire que, pénétré de reconnaissance, Wesley se rendait en Saxe (par la Hollande), le coeur empli de bonne volonté et d'amitié envers les disciples de Zinzendorf. Il ne fut pas déçu. La fréquentation de ceux que, de loin, il tenait pour les meilleurs des chrétiens, le remplit d'admiration. Il rassembla un véritable dossier sur l'organisation d'Herrnhut, où la vie communautaire mettait la louange et la prière au premier plan des préoccupations de chacun. Le caractère ascétique et quasi monacal, dans la libre acceptation de tous, l'organisation presque méticuleuse de la vie quotidienne, ne pouvaient que plaire à celui que les rieurs d'Oxford qualifiaient de "méthodiste" en toutes choses. Les Moraves se réunissaient régulièrement en groupes composés de gens du même âge et de la même condition: les célibataires entre eux, les femmes mariées ensemble, etc.; des subdivisions plus intimes permettaient la libre conversation spirituelle et la confession mutuelle. Wesley prenait notes sur notes. La petite communauté d'Oxford n'avait-elle pas pressenti quelque chose de cela? Dieu ne donnait-il pas, dans les expériences d'Herrnhut, une réponse aux recherches des jeunes "méthodistes"? Quand il revint d'Allemagne, Wesley nourrissait sans doute une sainte jalousie à l'égard des Moraves. Il n'allait pas attendre longtemps - Dieu allait lui ouvrir un champ d'activité auquel il ne s'attendait pas.

Le début de l'évangélisation moderne

George Whitefield, le jeune étudiant qui participait aux exercices spirituels d'Oxford et aux réunions d'attente à Londres, avait pris l'engagement d'aller collecter de l'argent pour un orphelinat d'une colonie anglaise d'Amérique. Car les Méthodistes joignaient, aussi bien en 1739 qu'en 1729, l'activité à la piété. C'est pourquoi Whitefield vint à Bristol, le grand port colonial, dans l'intention d'y recueillir de l'argent et de s'embarquer pour l'Amérique. "Puisqu'il a tellement envie de convertir les païens, que ne va-t-il à Kingswood?", dirent, entre autres commentaires désagréables, les esprits forts de l'endroit. Il y a toujours une part de vérité dans les sottises qu'on dit aux chrétiens. En vérité, à Kingswood, aux portes mêmes de Bristol, des hommes extrayaient le charbon exigé par le jeune capitalisme et la prospérité croissante du port de Bristol; mais on n'avait construit pour les mineurs ni temples ni écoles; aucun pasteur ne leur avait été accordé. On ne les admettait pas, pour autant, dans les églises ni les écoles de Bristol: il est vrai que s'ils fomentaient des émeutes, elles étaient réprimées sans ménagement. Kingswood représente parfaitement, dans toute sa nudité, l'état de déchéance où l'homme se trouva plongé aux premiers temps de la Révolution industrielle. Le clergé de Bristol ne s'intéressait pas plus à l'orphelinat de Whitefield qu'aux habitants de Kingswood: la prédication dans les églises fut interdite au missionnaire. Le samedi 17 février 1739, Whitefield décida de relever le défi lancé par les sceptiques, et les pasteurs anglicans. N'avait-il pas, huit jours, auparavant, parlé dans une auberge à une centaine de personnes? Ne se demandait-il pas depuis longtemps s'il fallait vraiment établir des distinctions entre le contenu des prédications destinées aux Anglais ou aux Indiens? Whitefield porterait donc la Bonne Nouvelle aux païens de Kingswood. Le même soir, du haut d'un tertre, il s'adressait à 200 mineurs. On se moqua de lui, il y eut des blasphèmes, mais il fut écouté. Le lendemain, 2000 auditeurs accoururent, et les chiffres augmentèrent les jours suivants jusqu'à 20.000 personnes. Ces foules-là entendaient pour la première fois une prédication de l'Evangile, et avec quelle puissance! On n'était pourtant pas en terre de mission, et ce n'était pas non plus une campagne revivaliste: le Réveil suppose un minimum de christianisation préalable. On avait affaire, dans ce district, à une population que les chrétiens avaient laissé véritablement retourner au paganisme. C'était là quelque chose de neuf: la première campagne d'évangélisation moderne en un pays de chrétienté. De nombreuses conversions dressèrent la première Eglise de Kingswood en même temps que la première communauté

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méthodiste depuis. celle d'Oxford, lorsque Wesley constata que les pasteurs de Bristol repoussaient de la Sainte-Cène ces gens qui, après tout, n'étaient pas leurs paroissiens, et qui éprouvaient soudain le désir de communier. Mais, auparavant, enhardi par le succès, Whitefield avait annoncé, avec le même bonheur, l'Evangile à Bristol même, dans le jardin public. Ce fut; en définitive, un incendie dans les milieux populaires, une explosion dans les cercles ecclésiastiques. On menaça Whitefield de tous les côtés, on le condamna dans des lettres pastorales. Il avait, cependant, des engagements en Angleterre; puis il devait partir pour l'Amérique: il appela Wesley au secours. Sans prendre aucun engagement auprès de Whitefield, Wesley arrivait à Bristol le 31 mars 1739. Il venait voir. Le lendemain, dimanche 1er avril, il accompagnait Whitefield, qui devait prêcher ce jour-là trois fois en plein air. Le même soir, après avoir donné son approbation à Whitefield, il expliquait à un groupe de chrétiens le Sermon sur la Montagne, "remarquable précédent, notait-il dans son Journal, de prédication dans les champs, bien que, sans doute, il y eût des églises en ce temps-là?" Le lendemain, lundi 2 avril 1739, à 16 heures, monté sur une butte proche de Bristol, Wesley haranguait trois mille hommes: "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.,." Il faut croire que Wesley s'accoutuma rapidement à cette "étrange façon de prêcher", s'il est vrai qu'au cours des neuf premiers mois de l'an l'évangélisation moderne, il prêcha cinq cents fois, dont dix à peine dans les temples. Ni la pluie, ni le vent, ni les sarcasmes ne réussissaient à disperser les foules accourues autour de Wesley, à Bristol ou à Londres (et cela dura un demi-siècle). Ce n'était pas toujours facile. Vingt ans plus tard, il notera dans son Journal, un soir: "Rien d'étonnant que le diable n'aime pas la prédication en plein air. Moi non plus; si je m'écoutais, je ne l'aimerais pas. J'aime une salle commode, un coussin confortable, une table, une chaire convenable. Mais que vaudrait mon zèle si, pour sauver une seule âme, je ne mettais pas tout cela sous mes pieds?"

Cinquante années d'itinérance

John Wesley se lève à 4 heures, chaque matin, pour tenir à 5 heures la première réunion de la journée. Après quoi, en robe de clergyman - mais sans perruque, - le rabat plus ou moins maltraité par le vent, un livre à la main, les jambes bottées, car les routes sont mauvaises, Wesley enfourche son cheval. Il a minutieusement préparé son voyage. Vent ou pluie, neige ou chaleur accablante ne l'arrêtent pas. Il réunira, une fois parvenu au village où on l'attend, les membres de

la communauté méthodiste. Si le pasteur anglican lui accorde l'usage de l'église, Wesley y prêchera volontiers. S'il y vient trop de monde, il parlera du parvis, ou d'une fenêtre, n'importe. Si les portes ne s'ouvrent pas devant lui, il parlera dans la halle du marché, dans une grange, sous un gros arbre, sur la plage ou dans un pré. De toute manière, une ou deux fois dans la journée, il adressera un appel aux gens du village, à l'improviste, monté sur une chaise ou sur une grosse pierre, dans la rue principale. Wesley n'oublie pas Kingswood. Puisque les gens ne viennent pas dans les temples, il ira les chercher dans les rues ou à la sortie de leur travail. Ni le jovial et irascible voyageur ni Wesley lui-même ne savent que cette existence, qui a commencé quatre ans plus tôt, va encore se prolonger pendant quarante-huit années. Quelle admirable monotonie dans la vie de ce voyageur! Il demeure quelques jours dans une ville, traverse un village, y exhorte les Méthodistes, appelle la foule à la conversion, s'en va coucher plus loin - durant des semaines, jusqu'à ce qu'il revienne à Londres pour quelques jours, afin d'y mieux préparer une autre tournée de ce genre. Il est impossible de raconter cette vie sans lasser l'attention; et pourtant, rien ne reflète mieux l'activité et la foi de Wesley que la monotonie laborieuse de son existence. Un labeur fait d'un constant, d'un héroïque oubli de soi. A quarante-neuf ans, malade, il note dans son Journal: "Etant à "

peu près capable d'aller à cheval, mais non de marcher, je me suis rendu à Bristol

cours de trois journées, prêcher dix ou onze fois en public, c'est-à-dire généralement en plein air, et tenir au moins trois réunions avec les Méthodistes eux-mêmes. Une grave maladie ne terrasse qu'à moitié l'énergique Wesley. A cinquante ans, il tombe malade. Le jour où il se sent mal au lever, il décide de tenir la parole qu'il a donnée et part pour Canterbury. Il voyage de 4 heures du matin à 1 heure de l'après-midi; à l'arrivée, il est saisi par les frissons de la fièvre. Les jours suivants, il joue à cache-cache avec elle. Le mardi soir, il prêche, ainsi que le lendemain matin à 5 heures; mais, dès 9 heures du matin jusqu'au lendemain, il doit rester au lit; dès le vendredi, profitant de ce qu'il appelle un "intervalle de santé", il part en chaise de poste et prêche le soir même. Tout au cours du mois de novembre, il doit emprunter des diligences et des chaises de poste, s'aliter constamment, sans jamais prendre de vrai repos, malgré la toux et les douleurs du côté gauche. Finalement, un médecin de ses amis lui intime l'ordre de se reposer à la campagne. Wesley, épuisé, se sent si mal qu'il compose son épitaphe: Ci-gît le corps de John Wesley, brandon arraché des flammes, qui mourut sans laisser 10 livres sterling derrière lui

A quarante-huit ans, on le voit, au

On calculera, après la mort de Wesley, qu'il aura parcouru 360.000 kilomètres - soit neuf fois le tour de la terre ou, si l'on préfère, une moyenne de 20 kilomètres par jour depuis 1739. On calculera encore qu'il aura prononcé ou écrit quarante mille sermons, et qu'il aura prêché cinquante mille fois. Il arrive que les chiffres aient leur éloquence.

Heureux serez-vous quand on vous outragera

En 1745, en Cornouailles, Wesley se rend chez une dame qui avait été longtemps malade. Il arrive chez elle vers 3

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heures dé l'après-midi. La foule de Falmouth encercle aussitôt la maison; les quatre personnes - Wesley et une jeune fille appelée Kitty, la dame et sa fille - sont bel et bien assiégées. Les cris retentissent sans cesse, repris par la foule en colère: "Sortez le canorum! Où est le canorun?" Canorum, c'était le surnom dont on avait affublé les Méthodistes en Cornouailles. La propriétaire de la maison et sa fille s'étant sauvées, les ennemis de Wesley parviennent à forcer la porte et à envahir le corridor d'entrée. Une autre porte fermée, une mince cloison protègent seules Wesley et Kitty. Wesley décroche une grande glace, de peur que tout le panneau ne soit renversé par les forcenés, au premier rang desquels se démènent les matelots de plusieurs navires corsaires récemment arrivés dans le port. La pauvre Kitty, épouvantée par le bruit du couloir, les soubresauts de la porte et de la cloison, les imprécations des marins, s'écrie:

- Monsieur, que devons-nous faire?

- Prier, dit Wesley, qui ajoute dans son Journal: "En vérité, nos vies ne valaient alors pas cher."

Cependant, l'opposition se manifeste, pour commencer, dans les milieux ecclésiastiques, et c'est chez eux qu'elle s'éteint en dernier lieu. Une espèce particulière de conspiration du silence atteint Wesley dès 1739; tandis que clergymen et évêques confient à l'impression d'acides appréciations sur le Méthodisme, ils interdisent la chaire aux pasteurs suspects. Wesley est, avec Whitefield, le premier visé. Ce ne sera qu'en 1748 que, pour la première fois, un pasteur anglican ouvrira son église à John Wesley. Il lui faudra du courage, et il ne sera que fort lentement imité. Le déchaînement de l'opposition au Méthodisme atteint tous les milieux. Oxford avertit son récent agrégé, après un sermon sur le salut par la foi: "Monsieur, vous ne prêcherez plus ici." Le théâtre et la presse calomnient la "nouvelle doctrine", ridiculisent Wesley, propagent sur son compte les pires âneries. La Loi sert à compliquer la tâche des évangélistes. C'est tantôt les interdictions locales appuyées sur l'autorité d'un magistrat passionné; ailleurs, la police refuse de faire son devoir; souvent, les partisans des combats de coqs, alors si florissants, voyant à juste titre en Wesley l'ennemi même de leur noble occupation, cherchent à le dégoûter de leur localité. Quand elle ne provoque pas elle-même des troubles dans les réunions, l'opposition civile et religieuse les tolère presque toujours. Elle intervient parfois en emprisonnant les victimes. Wesley fait connaissance avec plus d'une prison locale. Le procédé le plus original et le plus odieux, c'est l'enrôlement légal et forcé des auxiliaires itinérants du Méthodisme dans l'armée, sous le prétexte de vagabondage. L'opposition spontanée, tantôt gouailleuse, tantôt fanatique, met en oeuvre toute la gamme des chahuts pour gêner la prédication méthodiste. On hue, on siffle, on rit, on crie, on jette des pétards, on se bat. D'autres fois, on lance de la boue, des fruits pourris, des pierres sur le prédicateur. Wesley essuie personnellement soixante émeutes; il est sept fois blessé ou gravement frappé.

Un messager fidèle apporte la guérison

On aurait tort d'exagérer l'importance accordée par Wesley à la guérison divine; mais il est tout aussi tendancieux de

passer sous silence l'évident désir du Réformateur de manifester la miséricorde du Christ aux malades. En 1739, c'est-à-dire au lendemain de sa a conversion", ou plutôt de son baptême dans le Saint-Esprit, Wesley est appelé pour un cas extraordinaire. Un tisserand, touché par la prédication, puis, le lendemain, par la lecture d'un traité de Wesley, est en proie à une angoisse et à une agitation extrêmes. A la vue de Wesley, l'homme confesse que Dieu l'a "

vaincu, apostrophe Satan: "Tu ne vas plus me posséder plus longtemps. Christ va te chasser

comment Wesley prie alors, ni dans quels termes. Qu'importe? C'est par un exorcisme qu'il rend la paix à cet homme. Wesley n'hésite pas à s'emparer, pour son propre compte ou pour celui d'autrui, des promesses de guérison attachées à la prière. Parfois, c'est toute la "communauté" méthodiste qui prie pour des malades: par deux fois, en 1761 et en 1767, ils sont guéris instantanément. En 1790, Wesley note dans le Journal, à propos de la guérison d'une femme: "Je crois que le Seigneur n'a pas accompli de miracle plus évident aux jours de sa chair." La même année, Wesley guérit à Newcastle un neurasthénique.

Il faut donc expliquer par autre chose qu'un don magnétique de guérisseur les subits rétablissements de Méthodistes après la visite que leur fait Wesley.

On ne nous dit pas

Le coeur de John Wesley

Si l'homme d'action semble l'emporter dans le caractère de Wesley, on aurait tort d'oublier qu'il est avant toute chose un intellectuel. A cet égard, Wesley paraît fort proche de Calvin.

La culture de Wesley n'est pas négligeable. Philosophe, linguiste, théologien, il sait le latin, le grec, l'hébreu - cela va sans dire, - étudie l'arabe, le français, l'italien, l'allemand, l'espagnol. On nous le montre poursuivant des conversations dans ces quatre dernières langues. Il suit attentivement les recherches médicales, s'enthousiasme à propos des découvertes électriques, rend justice à Franklin avant la communauté royale de Londres, au point de soigner les pauvres avec une machine électrique. Il apprécie la littérature mondiale et en publie des extraits pour la Bibliothèque méthodiste. S'il n'est pas un grand écrivain, il s'exprime avec bonheur; et s'il n'est pas un poète aussi doué que son frère Charles, il goûte la poésie et la pratique parfois. Mais, quelque admiration qu'on ait pour Wesley, ce n'est pas une raison suffisante pour passer sous silence ses erreurs. C'en est une que son mariage. Après la déception d'amour éprouvée en Amérique, Wesley s'est cru destiné au célibat. Il

y a même consacré un petit ouvrage, où il conçoit le célibat comme une préparation au Royaume de Dieu. Il semble que

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l'heureux, mais tardif mariage de son frère l'incite à demander cependant la main d'une servante qui, après avoir agréé Wesley, épouse brusquement l'un de ses aides laïques. Certains amis, et Charles Wesley, ont sans doute contribué à ce revirement - dans la crainte d'une mésalliance. C'est pourquoi Wesley presse tellement les choses, plus tard, en 1751, lorsqu'il se croit destiné à épouser une veuve qui l'a fort bien soigné durant une maladie: il décide la chose et l'accomplit en quinze jours. Mais toutes les qualités de Mme Wesley se révèlent alors vaines: elle est jalouse, et inintelligente. La désillusion est si prompte que, trois jours après le mariage, Wesley écrit dans son Journal: "J'ai réuni les célibataires de

la communauté et les ai exhortés à rester célibataires."

Mme Wesley soupçonne, en effet, son mari de toutes les bassesses. Elle veut lui imposer la vie sédentaire, afin de le

surveiller. Elle explose en scènes continuelles, opère des perquisitions dans ses papiers, les vole, survient à l'improviste,

à 100 km de Londres, afin de vérifier la fidélité de son mari

qu'il se défende. Elle n'hésite pas à livrer aux ennemis de son mari des papiers qu'elle a saisis. Elle abandonne plusieurs fois le domicile conjugal et il faut que Wesley la supplie d'y revenir. Cela dure vingt ans. Un beau jour, elle quitte définitivement Wesley. On lit dans son Journal: "Elle est partie pour New-York je ne sais pourquoi, en me disant qu'elle ne reviendra jamais. Je ne l'ai pas délaissée, je ne l'ai pas renvoyée, je ne la rappellerai pas." Elle vivra encore dix ans après cette séparation. On a dit qu'une des preuves de la grandeur de Wesley, c'est que ses infortunes domestiques n'entraînèrent aucun contrecoup dans son ministère. Au contraire, "il en sortit transformé". Plusieurs historiens insistent sur l'orgueil de Wesley. Le reproche n'est pas injuste; mais il ne faut pas déduire des tendances autoritaires de Wesley qu'il n'agît que par orgueil. Il gouverne selon la logique de son rôle, à savoir qu'il est le chef d'un ordre. Lorsqu'il demande aux Méthodistes de ne publier aucun livre sans son assentiment, quand il institue de son chef une constitution (que ses disciples ne respecteront d'ailleurs pas), il n'essaie pas tellement de tout ramener à lui que de constituer un corps coordonné et de s'opposer aux tendances séparatistes qu'il voit s'enfler dans le Méthodisme. La réaction méthodiste, dès la mort du patriarche, suggère que le reproche d'autoritarisme recouvre des griefs d'un autre ordre: on décidera de ne plus tolérer de "dictature", de ne nommer le président et le secrétaire de la conférence que pour un an, on préparera la rupture effective avec l'anglicanisme. L'orgueil de Wesley, que nous ne nions pas, dissimule aussi l'acharnement du chef "d'ordre" à maintenir son oeuvre contre les tendances dissolvantes ou novatrices.

Elle le frappe, le jette à terre, le traîne par les cheveux, sans

Le havre de bien mourir

La vieillesse ne terrasse Wesley qu'à l'âge de 86 ans: le 1er janvier 1790, John Wesley constate dans son Journal qu'il

est désormais un vieillard affaibli, à la vue troublée, à l'écriture tremblante, à la bouche fiévreuse, à la démarche lente et pénible. "Mais, Dieu soit béni! Je ne ralentis pas mon travail et je puis encore prêcher et écrire." Les témoins rapportent qu'il continue à se lever à quatre heures du matin. Il prêche encore, aussi bien devant les adultes que les enfants. Il lui arrive de prêcher trois fois le dimanche, en trois endroits différents. A 87 ans, il fait une tournée de cinq mois en Angleterre et en Ecosse. On imagine l'accueil des communautés, qui se demandent si elles reverront le patriarche. Les mines sont désertées à Kingswood dès le seul bruit de son arrivée. Wesley ne renonce pas à prêcher en plein air. C'est au cours de ce dernier voyage qu'il guérit le neurasthénique de Newcastle. Il prêche devant un grand auditoire dans son village natal. Il peut encore présider la conférence annuelle. Il garde le même humour que dans sa jeunesse: à l'ouverture de la foire de Bristol, il prêche sur le texte: Achète la vérité et ne la vends pas. Le 7 octobre 1790, il prêche pour la dernière fois en plein air. Il abandonne son Journal et son livre de comptes. Il prêche, certains dimanches, dans des temples anglicans - rien que chez des anglicans. Son énergie étonne. Il parle certes de la mort, mais sa prédication est toujours aussi virile. "Si nous n'y prenons pas garde, écrit-il à un prédicateur, nous dégénérerons en efféminés. Soldats du Christ, debout!" Une semaine avant de mourir, il va prêcher à 32 kilomètres de Londres.

A partir du 25 février 1791, l'état de Wesley devient alarmant. Il perd conscience; mais quand il va mieux, c'est pour dire

en souriant au médecin: "Ils ont plus de peur que je n'ai de mal." Il récite des cantiques, parle de la sanctification. "Combien il est nécessaire que chacun soit sur ce bon fondement: Je suis le plus grand des pécheurs. Mais Jésus

mourut pour moi

avons la liberté d'entrer dans le lieu très saint par le sang de Jésus." Il chante encore des cantiques, mais il ne peut plus écrire. Il se contente de dicter: "Dieu est avec nous." On le voit prier, sans qu'on puisse toujours le comprendre. Une fois, se croyant sans doute à la fin d'une réunion, il dit: "Nous avons fini, séparons-nous." Il demande qu'on prie, et s'associe par un amen fervent à la prière d'un Auxiliaire qui demande la bénédiction de Dieu sur le Méthodisme après la mort de Wesley. Il veut qu'on distribue gratuitement son sermon sur l'amour de Dieu. Il parle du repos des serviteurs de Dieu, et s'écrie en recevant un ami: " Le meilleur de tout, c'est que Dieu est avec nous!" La veille de sa mort, il murmure encore des prières, des versets. Il dit: "Les nuées distillent la rosée." Il a la force encore de réciter le psaume 46. Le 2 mars 1791, après avoir dit: "Adieu", il expire. Ses amis entonnent un cantique de louange. On l'enterre de grand matin pour éviter la foule. Cinquante-six ans plus tôt, Wesley avait éprouvé une violente jalousie à l'égard des Moraves qui ne craignaient pas de mourir.

Nous devons être justifiés par la foi, puis tendre à une pleine sanctification." Il répète aussi: "Nous

Wesley mort, le réveil subsiste

Les Anglais ne rendent pas seulement justice au grand vieillard qui parcourut les pays noirs et les campagnes du Royaume; ils mesurent encore l'influence que les Méthodistes ont exercée dans les moeurs du XVIIIe et du XIXe siècles:

"Leur exemple, l'esprit d'émulation et d'imitation ranimèrent le zèle religieux dans toutes les églises protestantes. Leur

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influence se manifesta aussi par un admirable mouvement de charité, le mouvement dit philanthropique, qui devait aboutir à la réforme des prisons et, beaucoup plus tard, après une campagne acharnée contre l'abominable traite des nègres, à l'interdiction de la traite et à l'abolition de l'esclavage." Le mouvement ouvrier n'a pas eu, en Angleterre, ce caractère à la fois anticlérical et antireligieux, qui traduit le ressentiment du prolétariat continental à l'égard des Eglises qui se sont plus ou moins désintéressées de lui. On en a déduit que Wesley a évité la révolution à l'Angleterre. Quand ce serait vrai, nous n'y verrions pas de véritable éloge: la tâche particulière des chrétiens n'étant ni de susciter, ni d'éviter les révolutions; au surplus, l'Angleterre avait derrière elle, quand Wesley naquit, deux révolutions - et l'une d'elles, sanglante et acharnée, avait longtemps dressé le pays contre lui-même. Si elle s'est socialisée sans haïr le Christ, c'est sans doute parce que des témoins du Christ ont su obéir à l'amour plus qu'aux préjugés, devant les mouvements nés de la révolution industrielle, et qu'ils l'ont fait par obéissance au Christ, et nullement par calcul politique.

Mais quelle erreur ce serait de vouloir énumérer un a un les bienfaits - et les hauts faits - du Méthodisme! Dieu seul peut le faire. D'ailleurs, l'apport essentiel du Méthodisme n'est pas là. Un historien, qui n'est pas méthodiste, écrit: "C'est tout le protestantisme que l'esprit de Wesley allait renouveler ." L'esprit de Wesley, en effet, c'est le Réveil. Ce ne sont pas les Eglises méthodistes, ni les ouvrages de Wesley, ni la piété méthodiste qui peuvent à eux seuls circonscrire le rôle du troisième des Réformateurs. John Wesley informe toutes les églises, de la Réforme de la puissance du Saint-Esprit. Il leur rappelle que ni les traditions (même protestantes), ni les exigences de l'ordre ecclésiastique ne doivent s'opposer à la liberté du Saint-Esprit. Tandis qu'en présence de la succession apostolique et de la doctrine catholique des ministères, les protestants s'en tiennent à des positions surtout négatives ou défensives, Wesley les appelle à l'acceptation - non plus théorique, mais quotidienne, avec ses risques inévitables - des vocations et des ministères charismatiques. D'autre part, le Méthodisme met l'accent sur l'oeuvre positive du Saint-Esprit dans les coeurs des chrétiens. La doctrine de la sanctification est la réponse victorieuse aux deux tentations permanentes du protestantisme du XVIe siècle (que le Méthodisme n'a d'ailleurs pas évitées lui-même): le moralisme puritain, d'une part, et l'hérésie antinomienne, la passivité devant le péché, de l'autre. C'est dans cette double certitude, toute tissée de joie et de puissance victorieuse, que le Réveil allumé grâce à Wesley a enveloppé le protestantisme. De même que l'influence de Cook et de Haldane fut considérablement plus étendue que les chiffres des statistiques méthodistes ne l'indiquent; et de même encore que les 75.000 membres de l'ordre méthodiste en Grande-Bretagne, les 60.000 en Amérique, ne traduisent qu'en partie les fruits du labeur de Wesley quand il mourut; ainsi, l'action du Réveil dépasse toujours les limites des organisations et des Eglises qui y prennent naissance ou qui s'en réclament directement. Nous pensons que l'exemple personnel de Wesley demeure, à cet égard, toujours vrai. Que la grâce de Dieu nous préserve, les uns et les autres, du sectarisme chrétien, aussi bien que de l'aveuglement spirituel.

D'après F. Lovsky

Page 3 - Biographie de Smith Wigglesworth

L'enfance de Smith Wigglesworth :

Ses parents ne se disaient pas chrétiens mais ils élevèrent leurs enfants à respecter Dieu. Ils étaient pauvres et ils travaillaient durs pour gagner leur pain. C'est pour cette raison que Smith commença à travailler à six ans chez un fermier. Il n'eut donc pas le privilège d'aller à l'école.

La grand-mère paternelle de Smith était méthodiste et elle l'amenait à la chapelle. A l'âge de huit ans, alors qu'il chantait un cantique se rapportant au sang de l'agneau, Smith fut saisi par l'oeuvre expiatrice de Christ à la croix et il se convertit.

Avec le temps ses connaissances bibliques et ses réflexions spirituelles s'approfondirent mais il trouvait difficilement les mots pour exprimer ses pensées à cause de son manque d'éducation. Plus tard il inventera même des mots pour se faire comprendre.

Une des particularités du méthodisme de cette époque était les "class meeting" ou réunions de groupe. Ces réunions avaient été instaurées par Wesley pour que chacun puisse partager ses victoires, ses appréhensions et son témoignage afin de se fortifier au milieu de l'opposition. Quelques fois le jeune Smith essayait de parler dans ces réunions mais il

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cherchait tellement ses mots qu'il finissait par être confus et terminait en pleurant. Après un de ces essais infructueux, trois hommes du groupe décidèrent d'imposer les mains et de prier pour lui. Quoi qu'il eut encore de la difficulté à parler en public, les prières de ces hommes produisirent un effet déterminant dans sa vie. A partir de ce jour il eut un coeur de gagneur d'âmes et il était capable de parler aux gens de un à un. La première personne qu'il conduisit à Christ fut sa mère.

Le père de Smith demanda à ses enfants de participer aux réunions de l'église anglicane et bientôt il fut confirmé. Au moment où l'évêque lui imposa les mains il expérimenta la présence de Dieu. Cette sensation lui resta pendant plusieurs jours. Dès la sortie de l'église les autres garçons blasphémèrent et se querellèrent mais Smith sentait une différence et il se demandait pourquoi les autres étaient différents de lui.

A 17 ans sa famille déménagea et il chercha une église où il pourrait donner libre cours à son zèle d'évangéliste. Il se joignit donc aux méthodistes. Déjà à ce moment on pouvait remarquer deux traits distinctifs chez Smith. Premièrement, il portait toujours sur lui un Nouveau Testament même s'il ne pouvait pas encore lire. Deuxièmement, il n'était pas réputé pour sa courtoisie, particulièrement envers ceux qu'il considérait comme des pharisiens.

Un chrétien lui enseigna le métier de plombier et à dix-huit ans il débuta dans ce métier. Éventuellement il débuta son entreprise de plomberie à Liverpool et il prospéra dans ce domaine. Il aimait aider les pauvres et leur prêché l'Évangile, c'est pourquoi il se joignit à l'Armée du Salut. Ils reconnurent rapidement son zèle et son talent d'évangéliste. Son attention fut attirée par une jeune femme, Mary Jane Featherstone, que tous appelaient Polly.

Le mariage de Smith Wigglesworth :

Polly avait un caractère semblable à Smith. Elle était douce mais très déterminée. Elle avait la parole facile et devint officier dans l'Armée du Salut. Elle prêchait sur les places publiques et on la ridiculisait. Elle se faisait même attaquer et lancer des objets. Polly revenait souvent chez elle meurtrie ou blessée mais elle persévérait. Ce n'était pas un entêtement charnel qui la poussait à continuer mais une foi inébranlable. Par exemple, un jour elle priait dans une maison avec une femme dont le mari était très violent. Pendant la prière celui-ci arriva et se mit dans une terrible colère. Il menaça Polly de la jeter en bas des escaliers si elle ne partait pas, mais elle continua à prier. Cet homme la souleva de terre et la transporta jusqu'en bas des escaliers tout en l'injuriant et en criant. Polly priait pour lui à voix haute et à chaque pas elle demandait à Dieu de le sauver. Rendu à la dernière marche, il déposa Polly et fondit en larmes. Il se convertit à cet instant.

Smith et Polly se marièrent et elle lui enseigna à lire et à écrire. Smith disait: "Tout ce que je suis aujourd'hui, je le dois à Dieu et à ma précieuse épouse. Elle est toujours une inspiration vers la sainteté". Smith continua comme plombier et Polly comme évangéliste. Il vit plusieurs secteurs de la ville où il n'y avait pas d'église et Polly l'encouragea à trouver un bâtiment pour débuter une nouvelle oeuvre. Smith fondait toujours en larmes lorsqu'il essayait de prêcher et il finissait par céder sa place à un autre. Polly persévéra dans ses encouragements mais c'est elle qui prêchait et Smith parlait aux individus qui s'approchaient pour se repentir. Polly lançait le filet et Smith ramassait les poissons.

Au début tout allait bien. Ils priaient ensemble pour tout. Ils eurent cinq enfants qui furent baignés dans la prière. Smith s'occupait des enfants pour que Polly puisse évangéliser. La renommée de Polly grandissait et bientôt elle visita d'autres églises à l'extérieur. Smith se dévoua à son travail de plus en plus et il finit par délaisser l'oeuvre de Dieu. Son

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tempérament brusque devint explosif à tous égards. Sa quête de l'argent et du succès le conduisait vers la ruine émotionnelle. Polly redoublait d'amour pour lui et elle l'exhortait gentiment. Cette attitude dura deux ans. Finalement il craqua sous la pression de l'amour et de la prière et il se repentit. Il chercha la face de Dieu pendant dix jours et Christ le revêtit de son manteau d'humilité. Il resta brusque et expéditif toute sa vie mais sa transformation fut évidente pour tous. Alors qu'avant il critiquait toujours la nourriture de Polly, maintenant rien ne semblait l'agacer.

Réunions de guérisons de Smith Wigglesworth :

Sa ferveur d'évangéliste augmenta mais Dieu le mit à l'épreuve. Un jour où il se trouvait au centre-ville, il se sentit poussé à parler de Jésus à quelqu'un. Il demande donc à Dieu de le diriger vers la personne qu'Il voulait. Il y avait beaucoup de circulation, mais il attendait d'être guidé par Dieu. Après une heure et demie d'attente, il s'impatienta et il dit à Dieu de se dépêcher car il n'avait pas toute la journée. A ce moment il nota un homme seul dans un char tiré par des chevaux. Il sut que c'était son homme. Sans hésitation, il coupa au travers la circulation , sauta sur le char et s'assit près de l'homme. Sans préambule, il lui exposa le plan du salut. L'homme s'indigna et Smith demanda à Dieu s'il ne s'était pas trompé. Recevant l'assurance de continuer, il persévéra. Bientôt l'homme se mit à pleurer. Sachant que Dieu avait touché son coeur, Smith le quitta. Trois semaines plus tard, on lui dit qu'un homme malade s'était converti la dernière journée où il était sorti à l'extérieur car il se sentait bien. Cette journée-là, un homme s'était brusquement assis près de lui alors qu'il conduisait et lui avait parlé de Jésus. Il mourut de sa maladie quelques jours plus tard.

Pendant ses voyages d'affaires, il rencontra un groupe de chrétiens qui priaient pour les malades et certains étaient guéris. Smith fut convaincu par la Parole que c'était bon il amena plusieurs malades de sa ville dans ces réunions. Polly y alla aussi et elle fut guérie. Un jour que les dirigeants durent partir, on demanda à Smith de prier pour les gens. Il accepta et en fut grandement récompensé. Un des hommes pour qui il pria marchait avec des béquilles. Après la prière il lança ses béquilles et sauta d'excitation. Ceci fut le début d'un ministère de guérison unique en son genre.

Il débuta des réunions de guérison dans son église et douze personnes furent guéries instantanément la première soirée. Smith apprit bientôt la nécessité d'une foi ferme. Un pasteur baptiste lui dit que sa femme se mourrait à la maison. Il amena un chrétien qui aimait prier avec lui pour aller visiter cette femme. Il demanda à ce chrétien de prier, et celui-ci s'exécuta en priant pour la consolation du mari après la mort de la femme. Smith demanda alors au mari de prier et celui-ci pria tristement que sa femme ne souffre pas trop. Totalement exaspéré, il pria à son tour en faisant l'onction d'huile. C'était la première fois et il versa toute la bouteille sur la femme. Elle fut instantanément guérie. Tous n'étaient pas guéris mais plusieurs l'étaient à chaque réunion et de façon dramatique quelques fois. Il y eut même quatorze résurrections suite à ses prières.

Smith souffrait lui-même d'hémorroïdes et il prenait des sels pour se soigner. Sans connaître la situation, un prédicateur de la guérison divine lui dit que quelqu'un qui priait pour la guérison des autres sans être lui-même guéri ne mettait pas toute sa confiance en Dieu. Il avoua à ce prédicateur que c'était son cas et ils prièrent ensemble. Smith fut complètement guéri. A partir de ce moment il décida avec son épouse de ne plus jamais prendre de médicaments et de ne jamais consulter de docteur. Il n'imposa jamais cette décision sur les autres. Il considérait que c'était un choix personnel.

Le parler en langues :

Après plusieurs années de ministère, Smith entendu parler d'une certaine église où l'on parlait en langues. Comme pour

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la guérison, il fut convaincu par la Parole. Après quatre jours à rechercher la face de Dieu, la femme du pasteur pria pour

lui chez elle et il tomba sous la puissance et parla en langues. Il retourna à l'église et interrompit le pasteur en lui demandant de parler. Le pasteur surpris l'invita. Dès cet instant, sa confusion face au public disparut et il prêcha comme Pierre à la Pentecôte.

Son onction pour recevoir les langues était la même que pour la guérison. La plupart des gens pour qui il priait parlaient en langues. De retour à son église, il raconta son témoignage. Un homme se leva pour dire que lui aussi désirait ce don. En essayant de s'asseoir il manqua le banc, tomba sur le sol et parla en langues. Douze autres personnes firent la même déclaration avec le même résultat, dont son fils aîné. Par la suite son ministère d'évangéliste et de guérison l'amena dans tous les coins du monde avec toujours les mêmes résultats: saluts, guérisons et baptêmes du Saint-Esprit.

Son audace et sa foi étaient exemplaires, même par ceux qui étaient reconnus eux aussi pour leur foi. Dans une réunion il déclara en commençant que la première personne qui se lèverait debout serait guérie par Dieu comme un signe pour les autres chrétiens. Même ceux qui le connaissait furent étonnés et ils espérèrent que ce serait un cas mineur. La personne qui se leva était gravement malade et difforme. Cette personne fut immédiatement guérie au soulagement de tous. Pour Smith Wigglesworth, le doute ne l'avait même pas effleuré.

Il reconnaissait qu'il n'avait pas toute la foi possible et qu'il ne possédait pas la foi pour les finances comme d'autres

l'avaient. Cependant il portait de lunettes pour lire et un jour il expliqua en pleurant qu'il était affligé de ce problème car il s'était moqué d'un chrétien qui portait des lunettes en disant qu'il n'avait pas assez de foi. A partir de ce jour, sa vue diminua.

Smith mourut paisiblement dans son sommeil alors qu'il se reposait dans un fauteuil avant de prêcher dans une réunion pour l'unité des croyants.

Page 4 - Biographie de Kathryn Kuhlmann

Kathryn Kuhlman est née le 9 mai 1907 au Concorde, dans le Missouri (États Unis), de parents allemands, Joseph Adolph et Emma Walkenhorst Kuhlman. Elle est issue d'une famille de quatre enfants : Myrtle, Earl, Kathryn et Geneva. Kuhlman se convertit en 1921 dans une réunion de réveil d'une église méthodiste, dirigée par un évangéliste baptiste, le Révérend Hummel.

En 1923, sa soeur, Myrtle, se maria à un évangéliste missionnaire, Everette B. Parrott, ancien étudiant de l'Institut Biblique Moody. Myrtle pressa leurs parents de permettre à Kathryn de passer l'été avec eux, ce qu'ils acceptèrent avec réticence.

Cet été-là, l'itinéraire des Parrott les mena jusqu'à Oregon, et Kathryn Kuhlman participa plusieurs fois aux réunions de réveil en rendant son témoignage.

A la fin de l'été, les Parrott lui permirent de rester avec eux. Après avoir essayé de la renvoyer en Concorde, le révérend

Parrott lui promit qu'elle prêcherait occasionnellement, promesse qu'il ne tint jamais.

Cinq ans durant, Kathryn Kuhlman vécut avec les Parrott. Pendant cette période, les Parrott furent influencés par le Dr. Price, un évangéliste canadien qui enseignait Parrott sur le baptême du Saint-Esprit. Suite à cela, un ministère de guérison fut exercé dans les réunions.

En 1928, la première opportunité de prêcher se présenta pour Kathryn Kuhlman quand Everette Parrott ne put se rendre

à Boise, dans l'Idaho, avec l'équipe, pour une série de réunions. Cette équipe était composée à ce moment-là du couple

Parrott, de Kathryn Kuhlman et d'une pianiste, Helen Gulliford. Tout d'abord, Mme Parrott fut chargée de remplacer son

mari dans la prédication, mais elle dut rejoindre son mari un peu plus tard.

Devant l'insistance d'un pasteur d'une petite église de Boise, K. Kuhlman et H. Gulliford décidèrent de rester et de se

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mettre elles-mêmes au travail. K. Kuhlmann se chargea de la prédication et H. Gulliford de la musique. Pendant les neuf

années qui suivirent, elles se déplacèrent dans l'Idaho, et ensuite dans d'autres régions du pays. En 1933, K. Kuhlman et

H. Gulliford se rendirent à Pueblo, dans le Colorado, où elles tinrent des réunions dans un dépôt d'une entreprise, la

Montgomery Ward, et ce durant six mois. A la demande d'un homme d'affaires, K. Kuhlman se rendit à Denver, et commença à tenir des réunions dans un autre dépôt de la Montgomery Ward, situé en ville.

Peu de temps après, l'équipe se rendit à l'entrepôt du Monitor Paper Compagni (Entreprise de papier), qu'ils surnommèrent ensuite le « Tabernacle du Réveil » ( Kuhlman Revival Tabernacle).

K. Kuhlman obtint l'aide de trois soeurs, Mildred, Lucille et Biney Anderson, le 'Trio Anderson', pour la partie musicale de

son ministère. En 1935, l'équipe se rendit à un garage de camions abandonné, qu'ils nommèrent le « Tabernacle du Réveil de Denver ».

Les programmes du Tabernacle se développaient avec le ministère de K. Kuhlmann à Denver. Ils comprenaient une école du dimanche et un groupe de femmes. K. Kuhlman commença aussi à lancer un programme radio sur la station KVOD, programme appelé « Sourire jusqu'au bout ».

K. Kuhlman partageait son ministère à Denver avec plusieurs évangélistes de passage. C'est ainsi qu'elle rencontra

l'évangéliste Phil Keer, qui, parmi d'autres sujets, prêcha sur la guérison divine; son influence sur K. Kuhlman allait croître dans l'avenir.

Kuhlman fut invitée par Matthew J. Maloney à diriger une série de réunions.

Kuhlman commença à prêcher sur la radio, sur les stations WKRZ dans les environs de Oil City , en Pennsylvanie.

Après quelques mois, son programme fut ajouté à la programmation WPGH, une station de Pittsburgh. Vers 1948, Kuhlman commença des réunions dans des villes voisines, dont Pittsburgh même.

Au début de son ministère, Kuhlman était seulement évangéliste, et elle limitait ses prédications au message du salut.

A Franklin, elle prêcha quelquefois sur la guérison et fit des appels, non seulement pour que les gens s'engagent avec Jésus-Christ, mais aussi pour être guéris.

Surprise par les guérisons qui avaient lieu parfois, Kuhlman commença à rechercher ces manifestations de la puissance de Dieu de manière approfondie.

En 1947, elle prêcha ses premiers messages sur le Saint-Esprit. A la première réunion, une femme fut guérie d'une tumeur en écoutant sa prédication. Plus tard, un homme fut aussi guéri de la même manière. Ces évènements ont marqué le début du ministère de guérison de Kuhlman.

Kuhlman dut quitter le Tabernacle de l'Évangile à cause d'une affaire de contrat. Ellese servait temporairement d'un vieux skating (endroit où se pratique le 'skate board'), près de Sugar Creek, qui devint le « Temple de la Foi ». Kuhlman resta fidèle à la ville de Franklin; elle déclina l'offre de se déplacer à Pittsburgh, et elle continua à tenir des réunions dans le « Temple de la Foi », jusqu'à ce que le toit s'écroule lors d'une forte tempête de neige.

C'est alors que Kuhlman transféra son ministère à Pittsburgh. Elle avait déjà visité une première fois Pittsburgh, en y prêchant six semaines, en 1943. Cette fois, elle rencontra Maggie Hartner, qui devint plus tard sa secrétaire et son amie proche. Sous l'influence de M. Hartner, Kuhlman décida de donner en 1948 une série de réunions au Carnegie Hall, à Pittsburgh. Les réunions eurent beaucoup de succès, et, en retournant à Franklin, le ministère alla de l'avant. Ses programmes radio furent diffusés sur d'autres régions, et elle commença d'autres réunions dans les villes aux alentours, ainsi qu'à Youngstown dans l'Ohio. M. Hartner continua à encourager Kuhlmann à installer son ministère à Pittsburgh, ce qu'elle fit finalement à la fin de 1950, après le désastre du Temple de la Foi. Elle installa son bureau à Carlton House, et tint régulièrement des réunions au Carnegie, jusqu'en 1971.

Bien qu'elle fût vivement encouragée à aller à Pittsburgh, qu'elle eût reçu une opinion favorable de la presse et qu'elle eût un ministère béni ici, elle n'était pas la bienvenue aux yeux de beaucoup.

Des pasteurs locaux l'accusèrent de retirer des membres de leurs congrégations. Les accusations ne lui nuirent pas, en partie grâce au soutien qu'elle reçut du maire de la ville. Cependant, d'autres conflits se levèrent. Kuhlman fut invitée par Rex Humbard chez lui à Akron dans l'Ohio, pour une série de réunions. Kuhlman accepta, et entra sans le savoir sur le territoire du pasteur fondamentaliste, Dallas Billington, qui mena Kuhlman dans une longue dispute au sujet des guérisons intervenues dans ses réunions et du fait qu'une femme exerce le ministère (Kuhlman fut plus tard reconnue en 1968 par l'Alliance de l'Église Évangélique).

Ce conflit inclut même une offre de cinq mille dollars à celui qui prouverait qu'il pourrait guérir au moyen de la prière.

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En 1965, Kuhlman étendit son ministère jusqu'en Californie, par une série de réunions à Pasadena. Elle tint des réunions dans l'Auditoire Shrine à Los Angeles, jusqu'en 1975.

En 1973, Kuhlman tint sa première réunion au Canada, à Ottawa. Maudie Philips était chargée de l'organisation; elle était venue jusqu'à Pittsburgh pour assister aux réunions de Kuhlman depuis 1969. En 1970, M. Philips l'aida dans l'installation de la branche canadienne de la Fondation Kathryn Kuhlman. Cette branche fut mise en place pour répondre aux attentes du public de Kathryn Kuhlman, toujours grandissant.

Après la réunion de 1973, les compétences de M. Philips dans l'organisation de tels évènements furent utilisés pour les réunions de Kuhlman dans de nombreuses villes des États Unis.

Peu à peu, Kuhlman mit en place un personnel pour l'assister. Jimmy Miller, qui l'accompagnait au piano, et Charles Beebee, à l'orgue, étaient avec elle depuis ses premiers jours à Pittsburgh. Arthur Metcalfe devint le responsable de chorale en 1952, et ce jusqu'à sa mort en 1975. Jimmie MacDonald, un responsable vocal, et Dina Kartsonakis, un jeune artiste du clavier, appartenaient aussi à son équipe musicale, et tous les deux travaillaient dans les émissions télévisées de Kuhlman et ses réunions.

En ce qui concerne la gestion du ministère, Walter Adamach fut son comptable; il fut un précieux instrument dans la formation de la Fondation Kathryn Kuhlman. Gene Martin était responsable des missions lointaines de la Fondation. Jamie Buckingham surveillait la publication des livres. Kuhlman ajouta à son personnel Bartholomew, le beau-frère de Kartsonakis, en tant que distributeur pour les émissions télévisées, et en tant qu'administrateur personnel. Steve Zelenko devint son ingénieur du son sur la radio, et Bill Martin était son présentateur.

Les réunions de Kuhlman étaient composées par les chants de la chorale et de la congrégation, suivis d'un message sur la nécessité de « naître de nouveau », la puissance du Saint-Esprit ou la guérison, puis venait un temps où les gens témoignaient de leurs guérisons, ou demandaient qu'on prie pour eux.

Pendant que Kuhlman priait pour eux et leur imposait les mains, ils pouvaient être « immergés dans l'Esprit » ou se trouver « sous la puissance » de l'Esprit, une expérience que K. Kuhlman reliait directement à celle de Paul sur le chemin de Damas. Un des assistants de Kuhlman les récupérait pendant qu'ils tombaient sur le sol, et la réunion continuait. Kuhlman n'a jamais clamé que ces guérisons venaient d'elle-même, mais elle a toujours attribué les guérisons à Jésus seul.

Le ministère de guérison de Kuhlman et son association avec certains responsables charismatiques ont fait d'elle une des dirigeantes du mouvement charismatique. Ses activités comprenaient aussi la participation régulière à des réunions du Groupe des Hommes d'Affaire du Plein Évangile, et la direction d'une clinique charismatique à Melodyland, un centre charismatique en Californie.

Pendant qu'elle encourageait les gens à rechercher les dons du Saint-Esprit et le parler en langues, elle restait discrète sur sa carrière et son expérience personnelle.

La célébrité de Kathryn Kuhlman s'accroissait avec son ministère, et cela était dû à la fois aux guérisons qui avaient lieu et à l'attention que lui prêtaient les médias de communication.

Pour étendre la portée de son ministère, en 1965, elle commença à diffuser des émissions télévisées sur CBS, en compagnie de Dick Ross, son producteur. Plusieurs médias avaient parlé d'elle; ainsi, quelques périodiques lui avaient consacré des articles, tels que People, Christianity Today et Time. Puis elle avait participé à des interviews avec Johnny Carson, Mike Douglas, Merv Griffin et Dinah Shore.

Elle eut aussi l'opportunité de rencontrer des célébrités, à la fois dans le milieu artistique et religieux, tel que le Pape Paul VI, en 1972.

Comme dans le passé, l'opinion médiatique n'était pas toujours favorable à Kuhlman. En 1974 par exemple, un médecin, William Nolen, écrivit un livre dans lequel il remettait en question les guérisons qui étaient arrivées dans les réunions de Kuhlman, et décrivit Kuhlman comme une 'ignorante médicalement'. Mais elle ne manquait pas de soutien dans ce débat : H. Richard Casdorph, un autre médecin, favorable à Kuhlman et à son ministère, rencontra Nolen dans l'émission de Mike Douglas pour révoquer ces accusations.

Pendant que la Kuhlman connaissait une plus grande renommée au moyen de la télévision, elle hésitait à permettre d'enregistrer ses réunions. Elle le permit en quatre occasions uniquement : à la Convention charismatique de Melodyland, aux deux conférences mondiales en 1974 et 1975 sur le Saint-Esprit, et à une réunion à Las Vegas.

Bien que principalement reconnue pour son ministère de guérison, elle fut aussi honorée pour son travail à Pittsburgh

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(25ème anniversaire) par un médaillon commémoratif, dessiné par Evangelos Frudakis.

En 1972, elle fut aussi reconnue Docteur honoraire des Lettres Humaines par l'université Oral Roberts; puis elle fut nommée membre honoraire du Groupe International des Hommes d'Affaires du Plein Évangile, un prix attribué à Los Angeles, et faisait partie du Who's Who de Californie, puis celui de l'Amérique.

Les problèmes de santé de Kuhlman (des problèmes au coeur) furent d'abord diagnostiqués en 1955, mais devinrent plus sévères dans les dernières années de sa vie. Les tensions d'un emploi du temps chargé, particulièrement en 1970 quand elle dut visiter d'autres villes que Los Angeles et Pittsburgh pour des réunions, contribuèrent à aggraver ses ennuis de santé.

Elle continua aussi son ministère dans la télévision, et visitait les institutions soutenues par la Fondation.

Elle supportait en plus la tension qui résultait de problèmes personnels avec Kartsonakis et Bartholomew.

Des procès furent intentés, et les deux hommes furent renvoyés en 1975. La santé de Kuhlman déclina dramatiquement en 1975. Elle fut hospitalisée à Tulsa pendant l'été et à Los Angeles vers la fin de la même année.

Kuhlman mourut le 20 février 1976 à Tulsa, après une opération à coeur ouvert.

Sa mort ne fut pas sans agitation, de par le fait qu'elle était célèbre et qu'elle avait laissé un testament réécrit en faveur de Dana Barton 'Tink' et Sue Wilkerson; les Wilkerson avaient connu Kuhlman depuis 1972. Ils étaient devenus ses proches compagnons au début de 1975, et l'étaient restés jusqu'à sa mort.

Après de nombreuses années d'activité dans le ministère, Kathryn Kuhlman créa la Fondation en 1957, et y établit le siège dans le Carlton House à Pittsburgh.

La branche canadienne de la Fondation fut créée en 1970. La Fondation était chargée de l'administration du ministère de Kuhlman dans tout ce qui touchait à son organisation. En plus de coordonner ses réunions et ses émissions télévisées, la Fondation représentait aussi un support financier pour divers projets à travers le monde. La Fondation poursuivit son activité après la mort de Kuhlman, en gérant la diffusion de ses messages, et en répondant aux demandes de son auditoire.

En 1982, la Fondation mit fin à la diffusion radio des messages à travers le pays.

Merci au Wheaton College et aux Archives de Centre Billy Graham pour cette biographie.

Page 5 - Biographie de Charles Finney

Charles Finney (1792-1875) : évangéliste qui fut le 2ème grand initiateur du deuxième grand réveil américain.

Avocat de formation, il achète une Bible à cause des citations à la loi mosaïque dont font référence ses textes de loi. La Bible l'intéresse, et il se rend compte qu'il doit changer s'il veut aller au bon endroit après sa mort. Il se rend compte immédiatement que les plus grands obstacles dans sa vie pour son salut sont l'orgueil et la crainte des hommes. Cette crainte se manifestait par sa honte de lire la Bible et de prier en public. Il se convertit deux ans après le barreau, à genoux dans un boisé. Après sa conversion, il est surpris de ne plus sentir de culpabilité comme avant. Il essaie de se rendre anxieux à cause de son état de pécheur, mais la paix qui l'habite surpasse tout.

Après son expérience de conversion, il retourna à son bureau, et pendant ses dévotions il eut une vision du Seigneur. Il rencontra Christ face à face. Il pleura à chaudes larmes comme un enfant. Après cette vision, il reçut ce qu'il appellera lui même: un puissant baptême du St-Esprit. C'est une expérience qu'il n'avait pas cherchée, et dont il n'avait même jamais entendu parler. Il pleura bruyamment à cause de la joie et de l'amour qu'il ressentit. Il finit par crier: Seigneur, je ne peux plus le supporter. Je mourrai si cela continue. Cette expérience fut interrompue par un membre de la chorale qui fut alarmé par le bruit de ses pleurs, et supposant qu'il souffrait de douleur, cette personne fut confuse lorsque Finney lui répliqua qu'il n'était pas en douleurs mais tellement joyeux qu'il craignait d'en mourir. En dépit de cette expérience, Finney alla se coucher sans l'assurance ferme que ses péchés avaient été pardonnés, ou qu'il était pleinement accepté par Dieu. Ce fut une nuit sans sommeil. Le lendemain matin, lorsque le soleil pénétra dans sa chambre, ce fut comme un emblème de la lumière dans son âme. Il recommença à pleurer de joie. À ce moment-là, il sentit un doux reproche du Seigneur parce qu'il avait douté de sa miséricorde.

À partir de ce moment, il n'y eut qu'une pensée qui domina l'esprit de Finney. Il sentit que Dieu voulait qu'il prêche l'Évangile, et qu'il devait commencer immédiatement. Lorsqu'un client vint lui rappeler qu'il avait son cas à défendre ce matin-là, Finney lui dit que maintenant il défendait la cause de Christ, et qu'il devait se chercher quelqu'un d'autre. Celui-ci, au lieu de se chercher un autre avocat, (cet homme était un diacre de l'église) régla immédiatement sa cause, et

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se mit immédiatement à prier et à oeuvrer pour le salut des hommes. Finney sortit tout de suite de son bureau pour aller parler de religion avec ses amis et associés. Durant cette journée, il parla avec plusieurs personnes, et presque tous commencèrent une vie chrétienne active. Pendant la soirée, sans invitation, les gens se réunirent pour prier. La maison était pleine, mais personne ne semblait vouloir débuter la réunion. Sans qu'on le lui demandât, Finney leur raconta sa conversion. Aussitôt qu'il eut terminé, le pasteur confessa qu'il avait péché en limitant la puissance de Dieu, et en décourageant le peuple pour qu'ils ne prient pas pour Finney. À partir de ce moment, il y eut des réunions à l'église tous les jours, et cela pendant plusieurs semaines. De son côté, Finney se dévoua avec succès pour obtenir la conversion des jeunes gens qu'il avait auparavant éloignés du Seigneur.

Un puissant réveil se manifesta dans plusieurs villages, et Finney prit l'habitude d'aller dans une certaine maison, tous les matins, pour prier. Il persuada aussi un grand nombre de membres de l'église, ainsi que leur pasteur, de se joindre à lui pour ces dévotions matinales. Lorsqu'ils se relâchaient dans leurs présences à ces réunions, Finney faisait le tour de leurs maisons pour les réveiller et leur rappeler leur privilège et leur devoir.

Cependant, l'assistance baissa de plus en plus, jusqu'à ce qu'un certain matin il n'y ait plus que le pasteur à ses côtés. À ce moment-là, il eut une autre vision similaire à celle qu'il avait eue auparavant. Il fut saisi par la pensée, qu'alors que la nature proclamait haut et fort les louanges de Dieu, l'homme, quant à lui, objet suprême de son amour, demeurait silencieux. Au même moment, une lumière semblait l'entourer comme la clarté du soleil mais provenant de toutes les directions. Finney déclara que cette expérience lui fit connaître la lumière qui a aveuglé Paul sur le chemin de Damas. Il commença alors à pleurer bruyamment à la grande surprise du pasteur à côté de lui qui n'avait pas vu cette lumière. Ce genre d'expérience se répéta fréquemment durant les premières années de sa conversion. Il craignait toujours de les raconter à d'autres parce qu'il ne pouvait pas les décrire adéquatement.

Sa recherche de Dieu était si intense que si quelque chose venait interrompre sa relation intime avec Dieu, il lui était alors impossible de se reposer, d'étudier où d'obtenir quelque satisfaction que ce soit avant de s'être réconcilié avec son maître.

Contrairement à beaucoup d'autres hommes et femmes de Dieu, Finney avait beaucoup de qualités naturelles. Son corps était fort et en santé, ses mouvements étaient gracieux et son apparence inspirait le respect. Sa voix était celle d'un grand orateur. Il aimait la musique et il chantait bien. On se rappelait encore de ses cours de musique après plusieurs années. Il était un excellent cavalier, un chasseur habile, ainsi qu'un marin expérimenté. Son goût pour la littérature était raffiné et peu de gens pouvaient l'égaler dans la lecture des pièces de Shakespeare.

Lorsqu'il fit la demande pour être pasteur presbytérien on lui suggéra d'aller au séminaire. Il refusa toutefois parce qu'il ne voulait pas être soumis à la même éducation que ceux qu'il côtoyait. Puisqu'il ne voyait que peu de fruits dans la vie des pasteurs autours de lui, il ne croyait pas que la même éducation lui ferait du bien. On lui appointa donc deux pasteurs pour superviser ses études personnelles. Il passa ses examens avec succès.

Lorsque le comité presbytérien vota unanimement pour accorder une licence de prédicateur à Finney, c'était beaucoup plus pour des raisons politiques qu'une acceptation personnelle du candidat. Selon les exigences de ce comité il leurs présenta deux sermons écrits. Ceux-ci furent probablement les seuls qu'il écrivit de sa carrière, à une exception près.

Après son ordination, il débute une série de réunions à Evans Mills, ce qui attira plusieurs personnes. Tous s'en réjouissent sauf Finney. À la fin d'une réunion il leur dit qu'il ne prêchera plus dans cette église à moins qu'ils décident d'agir comme des chrétiens et de servir leur Sauveur. Il leur demande de se lever s'ils acceptent. Personne ne se lève. Il les avertit du danger qu'il y a à demeurer dans une telle attitude et qu'il leur prêchera un dernier sermon le lendemain soir. Ils sortent tous avec un air indigné. Il ne reste avec Finney et un diacre baptiste qui ne fait pas partie de cette congrégation. Il dit qu'il est d'accord avec ses méthodes. Ils décident alors de prier et jeûner pour la réunion du lendemain. Cette réunion était rempli de gens qui cherchaient Dieu avec ferveur et un réveil se produisit dans la ville.

On demanda à Finney de prêcher dans un autre secteur qui était reconnu pour son abondance de péchés. En toute innocence, Finney prêcha sur la destruction de Sodome et de la sortie de Lot de cette ville. Ce qu'il ne savait pas, c'est que les gens de la région surnommaient cette ville Sodome à cause de son état spirituel et l'on appelait Lot un homme pieux de cette ville. Pendant la lecture et la description du texte en question, la rage montait au coeur de plusieurs. Finney plaida alors avec eux pour qu'ils se repentent et une profonde conviction tomba sur tous ceux qui étaient présents. Avant même que Finney ait fini de parler, la majorité étaient à genoux et imploraient Dieu de les pardonner. Ce ne fut pas seulement un sursaut d'émotions car toute la ville en ressentie l'impact. Cinquante ans plus tard, l'église de ce village était encore forte et en santé.

Un jeune homme qui fut converti dans cette fameuse réunion raconte qu'en dépit des textes qui semblaient durs lorsque Finney prêchait, son attitude était pleine d'amour et de compassion pour ses auditeurs. Celui-ci devint prédicateur et trente ans plus tard il témoignait que Finney avait encore exactement la même attitude.

Peu de temps après ces événements, Finney se maria à Lydia Andrews. Celle-ci avait prié pour sa conversion durant

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sa période de rébellion. Il retourna prêcher à l'extérieur laissant Lydia dans sa ville natale et espérant la faire venir au bout de quelques jours. Toutefois on le demandait partout et en accord avec Lydia, elle ne put le rejoindre que plusieurs mois plus tard.

Pendant les réveils dans ces villes qu'il avait visitées, Finney subit beaucoup d'opposition de la part des gens de la ville de Gouverneur. Notre évangéliste reçut une révélation au sujet de cette ville pendant un temps de prière. Il déclara qu'il devait y aller pour prêcher car Dieu ferait un réveil parmi eux. Tout portait à croire le contraire mais c'est quand même ce qui arriva.

Ce fut à partir du réveil de la ville de Gouverneur que l'on commença à parler d'un pasteur presbytérien que l'on appelait le père Nash. Celui-ci était avancé en âge et il avait le désir de prier pour le ministère de Finney. Il le devançait dans les villes et priait pour les gens. On le critiquait car ses prières s'entendaient de loin peu importe où il priait. Un jour, un opposant au réveil l'entendit prier de loin et même s'il ne distinguait pas les paroles il présuma que les prières étaient à son intention. Cette idée lui fit une grande impression et il se convertit.

Lorsque Finney a commenté plus tard ces réveils, il a mis beaucoup d'emphase sur le fait que les gens changeaient radicalement. Les nouveaux convertis passaient beaucoup de temps dans la prière et les rencontres sociales se transformaient en réunions de prière. Finney lui-même devait constamment garder l'esprit de prière dans son coeur car s'il en déviait pendant une heure il perdait le pouvoir persuasif qu'il avait sur les gens.

De 1824-1832, ce sera ses 'neuf années de puissance' où Finney conduisit des rencontres de réveil dans neuf villes de l'Est des États-Unis. Lors de ses réunions à Rochester - New York, il y aura 1200 convertis dont tous les principaux avocats, médecins et hommes d'affaires. Quarante de ces convertis entreront dans le ministère. Ce réveil à Rochester eut pour résultat son expansion dans 1550 autres villes et villages.

Il est intéressant de noter que même parmi ceux qui favorisaient le réveil, il y avait des disputes. Dans un certain cas, des

presbytériens critiquaient des méthodistes parce qu'ils tombaient sur le sol et y demeuraient sans bouger assez longtemps. Les méthodistes quant à eux critiquaient les presbytériens car leurs critiques semblaient opposer le réveil. Peu de temps après cette dispute un des membres influents des presbytériens tomba à son tour, suivi de plusieurs autres cas. De façon surprenante toutefois, ce n'étaient que des presbytériens qui tombaient cette fois-ci. Durant sa dernière réunion dans cette ville, un de ceux-ci témoigna de la joie qu'il avait ressentie dans cet état humiliant. A ce moment toute la congrégation fondit en pleurs. Finney arrêta de prêcher et contempla le salut de Dieu parmi les gens présents durant toute l'après-midi.

Les disputes ne se limitaient pas aux partisans du réveil et plusieurs essayaient de revenir "à la normale". Un sérieux point de litige était les émotions manifestées lors des prédications de Finney. Bien que celui-ci essayait de les contrôler d'une certaine façon, les réactions étaient imprévisibles. En voici un exemple. Un pasteur fit venir Finney pour tenir des réunions dans sa ville. Il rassembla les membres le plus intelligents et influents. Pendant la réunion, Finney se rendit compte que les émotions étaient devenues si intenses qu'il était possible qu'un éclatement incontrôlable se produise et Finney était déterminé à l'éviter. Il leur parla donc de manière aussi calme et paisible que possible, sans excès ni passion. Il termina la réunion en les exhortant à rester silencieux et à restreindre leurs émotions. A ce moment un jeune homme s'évanouit et Finney fit ouvrir les portes et les expulsa dehors. Malgré cela, ceux qui étaient convaincus de péchés pleuraient bruyamment et on entendait cris. Le lendemain et pendant plusieurs jours on lui demanda de renconter les gens chez eux pour les conduire à la repentance.

L'onction de persuasion qui le suivait se manifestait même avant qu'il prêche. Lorsqu'il visita un certaine usine, son entrée dans le bâtiment provaqua une agitation chez les ouvriers et plusieurs éclatèrent en sanglots. Le propriétaire, lui-même un inconverti, arrêta toutes les opérations, et fit tenir un service religieux pour tous les employés. Après quelques jours, presque tous furent convertis.

Malgré ces signes évidents de l'oeuvre de Dieu, l'opposition continua et augmenta. Un certain groupe se sépara de leur église pour en fonder une autre parce qu'ils n'aimaient pas le réveil. Finney en fut grandement troublé et il passa

beaucoup de temps dans la prière. Dieu finit par l'assurer qu'Il serait avec lui et qu'il le soutiendrait. Ceci lui donna une paix et une confiance inébranlable. Ce fut la dernière fois qu'il s'inquièta à cause de l'opposition. Éventuellement après plusieurs années, ce même groupe demanda à Finney de leur prêcher la repentance et ils se convertirent tous sauf un. Il

y eut auusi des pasteurs très influents qui s'opposèrent à lui mais ce fut à cause de rumeurs non fondées. Plus tard ils se joignirent à sa cause et devinrent eux aussi connus pour les réveils qu'ils provoquaient.

Après un dizaine d'années de réveil et d'évangélisation, la santé de Finney était défaillante. C'est alors qu'on lui offrit un poste d'enseignant de théologie au nouveau collège Oberlin. Il était déjà pasteur d'une église à New York à cause de sa santé. Ce collège était innovateur parce qu'il acceptait des étudiants noirs. Le débat sur l'esclavagisme était très fervent à ce moment dans cette région.

Tous ses élèves l'appréciait et le respectait. Son humilité faisait en sorte qu'il reconnaissait ses erreurs devant tous.

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Lorsqu'il leur parlait de l'expiation, tous pleuraient, comme dans les réveils.

Doctrine :

Personne ne peut vivre les expériences de Finney sans recevoir aussi l'onction qui l'accompagnait. Toutefois la doctrine qu'il prêchait et qu'il vivait sont des parties intégrantes de son oeuvre que l'on ne peut pas négliger.

Voici les trois pilliers qui formaient la fondation du ministère de Charles Finney:

1. Repentance

2. Justice

3. Puissance pour évangéliser

Nous avons vu que dès le début, Finney était conscient de son état de pécheur. Il lutta longtemps par ses forces.

Lorsqu'il fut complètement désespéré il cria et implora le Seigneur de le délivrer. C'est à ce moment que Dieu lui accorda

la repentance et la délivrance. A cause de cette expérience et de son arrière-plan religieux, Finney ne croyait pas à un

"appel au salut". Le fait d'appeler à la repentance était vraiment innovateur à cette époque parmi cette dénomination. L'attitude théologique générale était que l'homme devait attendre que la grâce de Dieu lui accorde la repentance. En

attendant la personne n'avait qu'à entretenir le désir par ses lectures, l'église, ses fréquentations, etc.

Finney bouscula tout çà en décrivant la perdition des pécheurs, l'amour de Dieu et le besoin de repentance. Au début il envoyait les gens désireux de se repentir dans une salle à part et il leur parlait individuellement. Plus tard, il les fit venir dans des bancs désignés ou les faisait lever. Ce n'était que le début du processus. Il faut noter que la plupart de ces gens allaient régulièrement à l'église sans avoir changer leurs habitudes. Certains étaient très pieux mais ne s'étaient jamais repentis.

Page 6 - Biographie de William Carrey

William Carey est né le 17 août 1761 dans un village du comté de Northampton au centre de l'Angleterre dans le même district que Shakespeare, Wycliffe et Bunyan. Son père était tisserand. Aîné de cinq enfants, il fut élevé par sa grand-mère, et il eut son grand-père comme maître d'école. De très bonne heure, son intérêt pour les langues anciennes ou étrangères s'éveilla; il aimait la nature, et dans la forêt près de son école, il cherchait et observait, avec une rare patience que rien ne pouvait lasser, les fleurs, les insectes et les oiseaux. Déjà apparaissaient cette soif de savoir et cette persévérance à atteindre le but fixé, qui devaient le caractériser jusqu'à la fin de sa vie.

LA PREPARATION DU SERVITEUR

A douze ans, quand il quitta l'école, il connaissait le latin qu'il avait appris tout seul. De même, il se fit initier au grec et à

l'hébreu par un camarade qui fréquentait l'école et par le pasteur de son village. Successivement et très vite, le français, l'allemand, le hollandais et l'espagnol lui devinrent familiers. Et cela était d'autant plus étonnant pour un jeune homme qui ne semblait pas devoir en tirer avantage, enfermé dans son village avec pour perspective d'être tisserand ou paysan ou maître d'école. Il aurait voulu être jardinier, mais le soleil lui déclenchait une inflammation si douloureuse de la peau du visage et des mains, qu'il dut renoncer à cette carrière, non sans avoir persévéré pendant deux ans, ce qui altéra gravement sa santé. Il fut placé comme apprenti chez un cordonnier où une faute qu'il commit fut, par la providence divine, le point de départ de sa conversion.

Chargé par son patron de porter à domicile des chaussures réparées, il détourna un shilling pour un achat personnel. Au lieu d'être congédié, comme il s'y attendait, il fut pardonné. Travaillé dans sa conscience, il se repentit et s'humilia. Un camarade apprenti exerça sur lui une profonde influence, et l'entraîna dans des réunions de prières. A dix-sept ans et demi, il se convertit et il ne sut en fixer ni l'heure ni le jour. Le chemin qui le conduisit à Christ fut long. Après trois ans de recherches et d'efforts persévérants, il trouva la réponse aux besoins de son esprit, et son expérience profonde de la vérité chrétienne, soigneusement mise à l'épreuve, fit de lui un chrétien très enthousiaste tout au long de sa vie pour la cause de Jésus Christ. Plus qu'aucun autre peut-être de ses contemporains, il trouva la nourriture spirituelle de son âme dans la Bible, et se consacra à sa propagation, sa traduction, jusqu'à la fin de sa carrière.

En 1781, à peine âgé de vingt ans, il épousa une jeune femme dont il eut plusieurs enfants. Elle fut bientôt atteinte d'une maladie mentale qui s'aggrava rapidement et l'emporta au bout de vingt ans. Prédicateur dans une église, il exposait la Parole de Dieu, étudiant chaque jour la Bible dans les langues originales. Et cela tout en travaillant chez un patron, son beau-frère, qui mourut et lui laissa en plus de ses propres enfants la charge de sa veuve et de ses quatre enfants.

Il prêcha l'Evangile partout où on l'appelait. La pensée de partir au loin porter l'Evangile l'habita très tôt. L'idée de partir

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comme missionnaire fut manifeste dans ses prières, où il intercédait pour les contrées lointaines où l'oeuvre de Christ était ignorée. Il s'informa exactement de la géographie du monde païen. Il ouvrit une école, et ses élèves le virent aux leçons de géographie pointer souvent sur la carte ces pays mal connus et pleurer en disant: ce sont des païens. Son émotion était alors si vive, qu'il en restait sans mouvement. Parlant à ses collègues de son souhait de partir comme missionnaire, il fut tenu pour un fou, et ne trouva qu'incompréhension et répréhension.

Il écrivit un mémoire qui parut en 1792 sous un titre modeste: "Enquête sur les obligations des chrétiens de travailler à la conversion des païens." Il faut faire connaître à tous la bonne nouvelle que Dieu veut, par la grâce de la croix, guérir et sauver les hommes. Il prêcha avec une puissance convaincante devant une nombreuse assemblée, montrant les grandes perspectives qui, en cette fin de 18ème siècle, s'ouvraient devant les chrétiens, s'ils voulaient être fidèles. "Attendez, disait-il, de grandes choses de Dieu, mais entreprenez de grandes choses pour Dieu."

Une réunion de prière, le premier lundi de chaque mois, groupa ceux qui demandaient sur eux-mêmes et sur le monde une action puissante de l'Esprit de Dieu. Une oeuvre missionnaire allait commencer. La pitié du monde païen, perdu loin de Christ, dans l'ombre de la mort, s'était éveillée fortement dans son âme, et il était poussé d'annoncer l'évangile de la rédemption et de la vie éternelle par Jésus Christ.

LE CHAMP DE LA MISSION

Quelques mois s'écoulèrent avant que William Carrey partît aux Indes. Le voyage dura cinq mois. Sa femme l'accompagna et son fils. Partis sur un bateau danois, essuyant un orage qui détruisit presque le navire, ils arrivèrent à Calcutta le 11 novembre 1793. Les contretemps ne manquèrent pas: les désordres mentaux de sa femme s'aggravèrent, son fils malade de dysenterie paraissait mourir quand ses ressources s'épuisèrent. Un planteur d'indigo, providentiellement placé sur sa route, l'embaucha pour diriger sa plantation et sa fabrique. Pendant six ans, il fut fabricant d'indigo. Il appliquait son principe, selon lequel un missionnaire devait subvenir à ses besoins.

Les matinées suffisaient au travail de l'indigo, et Carrey en profitait pour poursuivre son activité missionnaire. Chaque dimanche et deux à trois fois par semaine, il allait, dans un des deux cents villages de son district, à pied, et grâce à son travail il entrait en contact avec les populations indigènes et apprit à connaître tous les détails de la vie du peuple. Il étudia leur langue "le bengali", et dès 1795, il pouvait prêcher dans cette langue de manière à être parfaitement compris. En même temp, il étudia le "sanscrit" et "l'hindoustani" qu'il put parler couramment et dans laquelle il prêcha dès 1796.

Il fut très éprouvé par la mort d'un de ses enfants et par la maladie de sa femme dont l'esprit sombra tout à fait.

Il traduisit le Nouveau Testament en "bengali", se procura des caractères d'imprimerie et une presse à imprimer. Si des auditeurs se groupaient autour de lui en grand nombre, il constata qu'ils étaient lents à accepter un message que leur milieu social les empêchait de recevoir. Les païens ne se convertissaient pas; les pratiques du paganisme se poursuivaient.

Il vit en 1799 brûler une jeune veuve, sans pouvoir, malgré sa profonde émotion, intervenir pour l'arracher à ce triste sort. Seul un Portugais de Macao, après avoir accepté l'Evangile, était devenu pour Carrey un vrai compagnon d'armes. Il lui fallait toute sa ténacité, sa foi et son amour pour Christ, et le vif sentiment que l'Inde avait besoin de lui, pour le préserver du découragement.

LE TEMPS DE LA MISSION

Ils se retrouvèrent un petit nombre de chrétiens aux compétences variées, et ils mirent en commun leur temps et leurs ressources. Ils achetèrent une maison, dans un petit port de rivière très fréquenté, Sérampore, qu'ils agrandirent avec des dépendances et un grand jardin.

Carrey devint professeur, Marshall ouvrit une pension pour jeunes gens qui prospéra rapidement. Ward fut directeur d'une grande imprimerie qui allait répandre la Bible à profusion dans les différentes langues populaires de l'Inde.

Le 24 avril 1800, la petite société était organisée et les bâtiments de la mission construits.

Ils célébrèrent par un jour d'actions de grâce à Dieu l'achèvement de cette oeuvre préparatoire. Carrey n'avait pas attendu ce moment pour son travail de prédication de la Parole de Dieu. Tous les dimanches, il prêchait pour les nombreux Européens qui peuplaient Sérampore, et deux ou trois fois pour les Hindous.

Pendant de longs mois, Carrey avait l'impression de labourer le roc, car les Hindous ne paraissaient pas ou ne voulaient pas comprendre les exigences profondes de l'Evangile, et il était souvent comme saisi de désespoir. Mais ce qu'il semait était plus solide qu'il ne pensait. Effectivement, vers la fin de l'année 1780, un charpentier, Krisna Pal, qui connaissait l'Evangile depuis des années, se décida avec un de ses amis. Et sans se laisser arrêter par les menaces que le

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gouverneur de la ville put seul détourner, il fut baptisé le 28 décembre 1780. Beaucoup d'autres allaient suivre.

LES TRADUCTIONS DE LA BIBLE

W. Carrey avait déjà traduit le Nouveau Testament en bengali. Conscient de l'importance d'une traduction populaire, il se rendait compte que sans elle aucune oeuvre définitive ne pouvait être faite. Ward s'était mis sans retard à l'impression. Le 1 Mars 1801, le premier Nouveau Testament en bengali était imprimé. C'était le fruit de sept années et demi de travail opiniâtre. Ce fut le point de départ d'une oeuvre merveilleuse de traduction des Ecritures dont Carrey fut le principal artisan.

Remarquablement doué, Carrey qui avait appris plusieurs langues hindoues, conçut le dessein de traduire l'Ecriture dans toutes les langues principales parlées aux Indes. Ce travail formidable fut entrepris avec le concours de lettrés ou pundits sous la direction et la révision de W. Carrey. Ne pouvant pas se fier en plusieurs de ses collaborateurs, il devait tout contrôler. En 1804, il écrivit à la Société Biblique Britannique, pour dire qu'il s'était engagé avec ses collègues dans la traduction de la Bible en six langues nouvelles, et qu'il estimait à quinze ans, environ, le temps nécessaire pour mener à bien ce travail.

Après le bengali, il avait abordé le sanscrit. Son zèle à apprendre les langues surprenait tous ses collaborateurs. Aucun travail, à ses yeux, ne l'égalait en importance. Ainsi, pendant quarante ans, il réserva quelques heures de sa journée à ce labeur, sans se laisser détourner à aucun prix. Non seulement ses collègues s'associèrent à cette oeuvre, mais les enfants des missionnaires eurent la charge d'apprendre chacun une langue hindoue en vue de la traduction de la Bible, outre le sanscrit que tous étudiaient comme la clef de toutes les autres. Ils arrivèrent à connaître le chinois et les langues indochinoises.

W. Carrey traduisit lui-même la Bible ou le Nouveau Testament en six langues ,et il surveilla la traduction et l'impression en vingt-huit autres. Au total, trente-quatre langues! Un travail gigantesque! Il n'a point eu d'égal dans toute l'histoire du christianisme. Au fur et à mesure que ces traductions étaient achevées, Ward les imprimait.

Avant la mort de W. Carrey, il avait imprimé 212000 exemplaires de la Bible ou du Nouveau Testament. Mais à son oeuvre de traduction qui apparaît comme suffisante pour la vie de plusieurs hommes, Carrey en ajoutait d'autres. Il était le seul à parler, aussi bien que les brahmanes, le bengali dont il avait fait une langue écrite, et le sanscrit dont il venait de composer une grammaire et un dictionnaire.

En 1801, il fut vivement pressé par le gouverneur Wellesley d'enseigner, au collège qu'il avait fondé, le bengali, auquel s'ajoutèrent successivement le sanscrit et l'hindoustani. W. Carrey accepta, à condition de pouvoir rester missionnaire. Il inaugura ainsi un professorat, qui devait lui assurer jusqu'à sa mort une autorité et des occasions pour la cause de l'Evangile par l'influence qu'il pouvait ainsi exercer sur les nombreux jeunes gens. Il rédigea six grammaires, dont quatre ne l'avaient jamais été, de bengali, sanscrit, mahratti, penjabi, telugu et canarese, trois dictionnaires et un vocabulaire étonnant par le nombre des mots que seule la connaissance du peuple et de ses moeurs lui permettait de savoir. Les leçons du collège lui prenaient trois jours par semaine, et le reste de son temps était pour la mission.

Le secret d'un tel sacrifice de soi-même, offert à Dieu avec une grande humilité, se trouvait dans l'amour brûlant pour l'oeuvre de Dieu et dans la communion qui existait avec les autres missionnaires. Leur but commun dans la prédication était d'imiter l'apôtre Paul en ne prêchant que "Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié".

Après la conversion de Krisna Pal, des hommes et des femmes, et parmi elles une veuve, une de ces victimes de la cruauté brahmanique qui avait échappé par miracle, un maître d'école, des mahométans, des brahmanes se convertirent à Jésus-Christ. En 1804, la mission comptait quarante-huit convertis, baptisés. En 1810, ils étaient plus de trois cents.

Carrey ouvrit, partout où il le put, des écoles qui donnaient l'enseignement élémentaire, l'instruction évangélique dans la langue des indigènes. En 1818, cent vingt-six écoles indigènes groupaient plus de 10 000 élèves.

OPPOSITIONS ET SOUFFRANCES

Il est facile de comprendre que tout ce travail ne se fit pas sans soulever une opposition souvent violente. Aux luttes du dehors s'ajoutaient les craintes du dedans. Plus que des craintes, des épreuves fort douloureuses, dont il semble que W. Carrey ait goûté toute l'amertume. La maladie due au climat atteignit tous les membres de la mission. Elle mit maintes fois W. Carey aux portes de la mort, et causa la mort de ses meilleurs amis dans le service.

En 1821, il perdit sa seconde épouse, une femme exceptionnelle qui s'était associée de toute son âme à la cause de la mission et de l'Evangile. En 1822 et 1823, le choléra emporta trois de ses plus intimes collaborateurs, dont le premier converti Krisna Pal et l'imprimeur Ward.

En 1822, un immense incendie détruisit la mission et l'imprimerie qui fut réduite à un tas de cendres.

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Vers 1830, des catastrophes économiques s'abattirent sur le pays qui fut ruiné au point de vue industriel et agricole.

Malgré tous les obstacles, alors que la carrière de W. Carrey touchait à sa fin, il eut la joie de constater que la moisson levait partout. Des jeunes gens pleins de foi venaient prendre rang à côté des anciens.

En Juin 1832, il termina la révision de sa traduction de la Bible en Bengali. Incapable de faire autre chose que de lire et de corriger des épreuves d'imprimerie, il s'affaiblit sans souffrances, et il resta jusqu'au bout en pleine possession de ses moyens. "En ce qui concerne mon salut personnel, disait-il vers la fin, je n'ai pas l'ombre d'un doute: je sais en "

qui j'ai cru

ne put en dire d'avantage, les larmes coulèrent de ses yeux. Les dernières lettres à ses deux soeurs, en Angleterre, furent des messages d'amour et d'espérance. Le 9 juin 1834, il entrait dans la joie de son maître. Des milliers d'Hindous s'étaient convertis par son moyen. Mais le résultat immédiat de l'activité de W. Carrey fut la fondation de nombreuses missions étrangères. Il restera l'exemple de ce

qu'un homme appelé par Dieu peut faire dans une vie entièrement consacrée. A sa suite, la mission s'est développée, et cette parole du Seigneur Jésus aux siens est venue trouver un aboutissement: "Allez dans le monde, et prêchez l'évangile à toute la création."

mais, quand je pense que je suis sur le point de comparaître devant le Dieu saint

je tremble

Il

Le monde païen s'est couvert d'un réseau de stations missionnaires aux mailles de plus en plus serrées. La Bible a été traduite en d'innombrables langues et dialectes. Travail qui apparaît comme le prolongement et le couronnement de l'oeuvre entreprise, avec une détermination et une volonté exemplaire, par ce serviteur de Dieu, dont le témoignage a été rendu qu'il était "d'une humilité enfantine".

Au jour du tribunal de Christ, tout sera mis en lumière pour ce chrétien que Dieu a employé pour Son oeuvre. On reste impressionné par la puissance et la capacité de travail de ce croyant qui a pu mener de front autant d'activités. Que la vie de cet homme soit en encouragement pour chacun de ceux qui, engagés dans le service chrétien, pourront rendre grâce à Dieu d'avoir choisi et qualifié de tels missionnaires, afin que l'Évangile retentisse "jusqu'au bout de la terre" (Actes 1, 8).

Page 7 - Biographie de James O. Fraser

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

Certains des serviteurs de Dieu les plus précieux ont passé la majeure partie de leur vie cachés et inaperçus. Oubliés ignorés par les foules religieuses, ils réussissent dans l'obscurité et la solitude. Leurs vies humbles semblent chanter t doucement ces paroles négligées d'un hymne de Charles Wesley : "Garde-nous petits et inconnus, précieux et aimés de D seul." William Jay, le prédicateur anglais, écrivait : "Beaucoup de ceux qui sont grands aux yeux du Seigneur vivent actuellem dans des petites maisons de campagne et des taudis, et sont rarement connus."

James O. Fraser, de la Mission Intérieure Chinoise, était un de ces serviteurs de Dieu de choix, qui éprouvait de la satisfactio faire son labeur dans une obscurité presque totale. Cet homme talentueux était prédicateur, linguiste, génie musical et ingénieu arriva dans la province de Yunnan en Chine en 1910 avec un coeur soupirant après les âmes de la tribu oubliée des Lisu. Pend tout le temps où Fraser se consacrait au travail missionnaire visant à atteindre les gens de la tribu des Lisu, il devint quelque oublié. Durant des années, il vécut seul, caché derrière les vastes chaînes de montagnes de l'Ouest reculées de la Chine.

Peu de personnes connaissaient réellement James Fraser. Il y avait une atmosphère de mystère entourant cet homme talentue qui avait choisi une vie primitive de pionniers au lieu des applaudissements d'une salle de concert en Angleterre. Certains disai que c'était absolument déplacé que Fraser gaspillât et enterrât ses dons sur le champ missionnaire. Cependant, Monsieur Fra fut admirablement utilisé par Dieu, à travers la prière et un labeur rempli d'amour, pour détourner des multitudes de Lisu l'esclavage dû à l'adoration des démons, vers la connaissance de Jésus-Christ. Après être parvenu à maîtriser la difficile lang Lisu, il développa sa propre "écriture Fraser", et traduisit les Ecritures en dialecte tribal.

Avant la fin de l'année 1916, il y eut une réelle visitation de l'Esprit parmi les Lisu, qui donna lieu à 6000 baptêmes l'espace de seulement deux ans. L'Eglise Lisu continua à croître, et devint en définitive l'un des plus grands corps trib chrétiens du monde.

Le succès de J.O. Fraser n'était pas le résultat de ses talents impressionnants ou de son intellect gigantesque. Monsieur Fra réussit là où d'autres échouent souvent, parce qu'il avait appris comment toucher Dieu à travers la prière. Isolé et caché aux y de tous derrière les montagnes, il fut contraint de chercher Dieu pour chacun de ses besoins. "Pour connaître le réel Fraser, o besoin de l'entendre dans la prière. La prière était la respiration même de la vie pour lui, et dans la prière il semblait s'échapper temps en direction de l'éternité." Pour beaucoup d'entre nous, la prière n'est pas le premier choix, mais le dernier recours. Fra avait appris, de par une absolue nécessité, à prier avec ferveur et continuellement.

"Fréquemment, les versants des montagnes étaient témoins des supplications importunées et pénétrantes de cet homme don

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temps de prière se comptait non en minutes mais en heures." Fraser n'était pas un homme qui disait simplement des prières, mais qui ENFANTAIT dans la prière. Il connaissait la nécessité spirituelle de la lutte et de l'agonie dans la prière. Il écrit: "Combien de vos prières ont-elles la sorte de qualité que nous trouvons dans l'amertume de l'âme chez Anne, 'lorsqu'elle pria le Seigneur ?' Combien de fois avez-vous jamais 'PLEURE AVEC DOULEUR' devant le Seigneur ? Nous avons peut-être prié beaucoup, mais nos aspirations n'ont pas été profondes en comparaison des leurs. Nous avons passé beaucoup de temps sur nos genoux, c'est possible, sans que nos coeurs pénètrent dans l'agonie du désir. Mais la réelle supplication est fille du désir venant du coeur, et ne peut pas triompher sans ce dernier; un désir non de la terre ni issu de nos coeurs pécheurs, mais imprimé en nous par Dieu Lui-même. Oh, qu'il y ait de tels désirs ! Oh, qu'il y ait la sincérité d'Anne, non seulement en moi-même, mais en tous ceux qui se joignent dans la prière pour ces pauvres païens aborigènes."

A notre honte, certaines des disciplines les plus élémentaires de nos pieux pères sont devenus étrangères et peu

familières à beaucoup d'entre nous. L'une des armes les plus efficaces des saints priants d'autrefois était la discipline de

la "prière jusqu'au bout". "J. O. Fraser à la fois encourageait et pratiquait cette puissante réalité.

A ce sujet, Monsieur Fraser écrit : "Nous devons nous préparer à une sérieuse guerre, et 'après avoir tout surmonté, tenir fermes', nous devons combattre jusqu'au bout et ensuite nous tenir victorieux sur le champ de bataille. Ceci n'est-il pas un autre secret de nombreuses prières non exaucées, le fait que nous n'avons pas combattu jusqu'au bout? Si le résultat ne se voit pas aussi rapidement qu'espéré, les chrétiens sont aptes à se décourager, et s'il est encore plus retardé, à tout abandonner. Vous connaissez le nom qu'ils donnent aux lieux en Angleterre où le bâtiment (ou n'importe quelle chose d'autre) est abandonné, lorsqu'il n'a été achevé qu'à moitié – Cette chose-là est une "sottise". Je me demande si quelques-unes de nos prières ne méritent pas la même marque de disgrâce. Luc 14:28-30 s'applique aux prières ainsi qu'aux tours. Nous devons estimer le coût avant de prier la prière de la foi. Nous devons être prêts à payer le prix. Nous devons considérer les affaires. Nous devons nous apprêter à "voir les choses jusqu'au bout" (Ephésiens 6:18, "en toute persévérance").

" Lutter contre les esprits démoniaques est une réalité journalière de la survie spirituelle. Le combat spirituel ne s'apprend pas dans nos temps de loisir, mais il nous est asséné sur la tête lorsque nous commençons à menacer le royaume des ténèbres . En 1913-1914, James Fraser traversa une période de profonde oppression spirituelle qui le força à traiter des questions que beaucoup préféreraient ignorer. Alors que Fraser atteignit les Lisu spirituellement aveugles, il devint l'objet d'une intense attaque démoniaque. Il se trouva lui-même dans la situation où il glissait progressivement dans un état paralysant de dépression et de désespoir. Il commença bientôt à remettre en question les fondements même de sa foi en Dieu. "Les fondements furent profondément ébranlés dans ces jours et nuits de conflit, jusqu'à ce que Fraser réalisât que derrière tout cela, se cachaient des "puissances des ténèbres" qui cherchaient à l'écraser. Il avait osé envahir le royaume de Satan, que nul n'avait contesté depuis des siècles. Tout d'abord, la vengeance était tombée sur les personnes en recherche parmi les Lisu, c'étaient des proies faciles. Maintenant, il était lui-même attaqué, et c'était une guerre à mort, spirituellement parlant.

Fraser fut grandement aidé dans son combat spirituel par l'arrivée au temps propice d'un magazine produit par Jessie Penn-Lewis s'intitulant The Overcomer (Le Vainqueur). "Ce qu'il m'a montré," écrit Fraser, "c'était que la délivrance de la puissance du malin vient à travers une résistance ferme sur la base de la Croix. Je suis ingénieur, et je crois dans les choses qui marchent. Je veux les voir marcher.

J'avais constaté que beaucoup d'enseignements spirituels que l'on entend ne semblent pas marcher.

Mon appréhension, à quelque degré que ce fût, par rapport à d'autres aspects de la vérité, avait été brisée. Le côté passif du fait de tout abandonner au Seigneur Jésus qui est notre vie, bien que vrai et plein de bénédiction, n'était pas tout ce dont j'avais besoin précisément alors même. Une ferme résistance sur la base de la Croix fut ce qui m'apporta la lumière. Car je vis que cela marchait. J'avais l'impression d'être un homme en train de périr de soif, sur lequel de l'eau froide, claire et belle avait commencé à couler.

Les gens vous diront, après une réunion utile peut-être, que telle ou telle vérité est le secret de la victoire. Non :

nous avons besoin de vérités différentes à des moments différents . 'Regardez au Seigneur', vous diront certains. 'Résistez au diable' se trouve aussi dans les Ecritures (Jacques 4:7) et j'ai vérifié que cela marchait ! Ce nuage de dépression se dispersa. Je trouvai que je pouvais avoir la victoire dans le domaine spirituel toutes les fois que je le voulais. Le Seigneur Lui-même a résisté au diable en prononçant des paroles : "Arrière de moi, Satan !" Dans mon humble dépendance à Lui, je fis la même chose. Je parlai à Satan à ce moment-là, utilisant les promesses de l'Ecriture comme des armes. Et elles marchèrent. Immédiatement après, la terrible oppression commença à s'en aller."

Vers la fin de sa vie, James Fraser se trouva lui-même dans une autre sorte de conflit spirituel. Il commença à se sentir de plus en plus insatisfait avec ce que beaucoup considéraient comme un ministère réussi. Il reconnaissait comme jamais auparavant le grandiose besoin d'un véritable réveil sur le champ missionnaire et dans son pays. Son coeur aspirait maintenant à une puissante visitation de la gloire de Dieu. Lorsque Dieu crée en nous un tout nouveau désir, nous pouvons toujours avoir confiance qu'Il se prépare à agir.

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Durant des congés, les aspirations de Fraser furent confirmées par l'opportunité qu'il eut d'entendre prêcher le missionnaire revivaliste Jonathan Goforth. Madame J. O. Fraser décrit cet événement important qui eut lieu dans la vie de Fraser. "Alors que le vieil homme de Dieu se levait pour prêcher, un sentiment écrasant de la présence de Dieu remplit la pièce, et alors qu'il parlait, nous n'étions rien d'autre que fondus sous la puissance de ses paroles, car Goforth avait été revêtu d'une onction divine venant de Dieu Lui-même, et c'était impossible de ne pas le remarquer. Fraser avait entendu parler auparavant des grands réveils dont Goforth avait été témoin dans son travail en Chine, mais de l'entendre parler fut quelque chose d'inoubliable et laissa sur son âme un profond fardeau. La grande question dans son esprit était de savoir si nous étions en train de travailler avec la puissance que Dieu nous avait promise."

Une nouvelle fois, Madame Fraser écrit à propos du nouveau fardeau de son mari : "Il voyait les millions de Chinois non atteints qui grouillaient, et la minuscule poignée de missionnaires, mais aussi grande que fût le besoin d'avoir plus de missionnaires, il y avait un bien plus grand besoin, celui que ceux parmi nous qui étions là-bas fussent revêtus d'une bien plus grande puissance. Fraser était quelque peu sous le poids d'un fardeau, parce que l'Eglise à la fois au pays et à l'étranger semblait avoir un impact réel si faible sur le monde. Il passait des heures dans la prière, se demandant si nous devions retourner aux apôtres en tant qu'exemples pour nous, et à la Pentecôte en tant que puissance qui nous était réservée. "

Nous étions maintenant au début des années 1930, et Fraser n'était pas seul à désirer le réveil. Le cri de soupir après un réveil s'élevait maintenant des coeurs de nombreux missionnaires tout comme des chrétiens chinois. Soudainement, Dieu surgit, levant Ses instruments dissimulés pour propulser l'Eglise dans un puissant réveil dans le Nord de la Chine. Ce fut là que Fraser trouva quelques esprits de la même affinité que lui chez les ouvriers de réveil suivants : Andrew Gih et John Sung de l'équipe Bethel. Ils goûtèrent à de puissants moments de prière ensemble qui souvent durèrent jusqu'aux premières heures du matin. Monsieur Fraser décrit cette période comme sa plus heureuse expérience vécue en Chine. Ce furent les jours de gloire du réveil de Shantung avec Bertha Smith et Marie Monsen. Anna Christiansen de la C.I.M. et Watchman Nee du "Petit Troupeau" récoltèrent aussi le fruit du réveil à cette époque.

Peu importe qui était le ministre, le message était essentiellement identique: la dénonciation du péché secret, un appel à la profonde repentance, le besoin de restitution, et l'espoir de la victoire totale à travers le Sang et la puissance du Saint-Esprit.

"Le Royaume de Dieu est forcé et ce sont les violents qui s'en emparent." - Matthieu 11:12. La vie de James Fraser fut une illustration vivante de ce verset. Comme Fraser, nous devons nous revêtir d'humilité alors que nous courons faire la guerre dans le combat de la foi. Nos prières doivent s'élever au-dessus de la simple rhétorique sentimentale et religieuse. Ce dont nous avons besoin, ce sont des gémissements et des pleurs violents de la prière d'enfantement ! Nous devons apprendre à être violents dans la prière avec Satan et avec notre propre ORGUEIL entaché de péché. Le Roi Jésus recherche un peuple qui Lui sera assujetti en toute sainteté et en toute humilité, et qui néanmoins tiendra ferme dans une foi audacieuse contre les puissances des ténèbres (Jacques 4:7). L'humilité en dehors de la foi courageuse devient du désespoir, et la foi en dehors de l'humilité dans un coeur brisé devient de la présomption. La vraie victoire de réveil viendra finalement lorsque les pauvres en esprit apprendront à marcher dans l'autorité et la puissance de l'Esprit."

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Page 8 - Biographie de Frère André

Le "contrebandier" de Dieu.

Il transporta des bibles en contrebande sous le nez de gardes armés, pour amener l'amour de Dieu à tous ceux qui

vivaient derrière le Rideau de Fer. Sa mission particulière lui fut montrée dans des circonstances des plus ironiques. Invité par les communistes à un rassemblement de jeunesse en Pologne, en juillet 1955, il y distribua l'Evangile de Jean, et le "petit livre rouge" du salut de la Scripture Gift Mission. À sa grande surprise, il découvrit que, bien que les communistes aient manifesté leur désir de liberté religieuse, ils avaient interdit le Livre! Aucune bible ne devait désormais être disponible où que ce fût derrière le Rideau de Fer. A partir de ce moment, frère André devint le "contrebandier de Dieu", portant des bibles dans le territoire interdit.

Obéir à Dieu n'est jamais illégal

"A contrecoeur, je suis devenu le contrebandier de Dieu" dit frère André. C'était le titre de son premier livre, édité par Hodder and Stoughton. "J'ai choisi ce titre pour le marché non-chrétien. J'avais suggéré un titre pieux et gentil, quelque chose comme : 'Dieu derrière le Rideau de Fer', mais le livre ne serait jamais devenu un best-seller. En regardant en arrière, je suis reconnaissant, mais je m'oppose toujours à ce titre! Je ne pense pas faire de la contrebande, je ne dis pas de mensonges, et je ne vends rien de ce que je prends avec moi. Je le fais à la demande du peuple du pays, les pasteurs en particulier, qui n'ont aucune bible et aucun livre chrétien. Obéir à Dieu n'est jamais illégal!"

Aujourd'hui nous sommes juste un groupe qui ose se mouiller !

"Nous avons des exemples dans les Ecritures où les gens ont obéi à Dieu plutôt qu'aux hommes. Pensez à la mère de Moïse, aux sages-femmes hébreux, à Daniel, et à Rahab. Si nous saisissons ce concept, alors nous pourrons prendre position fortement contre la décadence, le libéralisme, et chacun des maux de notre monde. Nous aurons des entrailles de compassion pour casser la loi des hommes, et garder la loi de Dieu. Aujourd'hui, nous sommes justes un groupe qui ose se mouiller ! Toute la question de la contrebande de bibles peut être vue comme une simple question historique :

devons-nous obéir à l'homme plutôt qu'à Dieu? Ne devons-nous pas évangéliser le monde entier, comme le Christ nous

a ordonné de faire? Cet ordre peut-il être court-circuité par les décrets d'un gouvernement hostile? Nous avons la double citoyenneté ! À chaque loi humaine, il existe une loi plus élevée, la loi de Dieu."

"L'épouse de Tim LaHaye l'écrivain, elle-même écrivain, s'occupe aux USA d'un mouvement de femmes très puissant. J'étais à la radio avec elle récemment. Elle m'a demandé: 'André, que pensez-vous de la chose terrible qu'a faite notre '

gouvernement ? Ils ont supprimé les prières à l'école

J'ai répondu: 'Ils n'ont pas supprimé la prière, vous l'avez laissé

disparaître. Si tous les professeurs chrétiens avaient décidé de prier malgré tout lundi matin, le gouvernement n'aurait jamais mis cent mille professeurs en prison! Vous avez cédé sans combattre".

Les vrais héros ont tous payé un prix élevé

Les affiches de Portes Ouvertes ont annoncé que frère André était un des grands héros chrétiens du 20ème siècle. Il n'était pas très heureux de cela, et quand dans une des réunions il fut présenté de la sorte, il objecta : "Je vous parlerai d'un vrai héros. Récemment je me suis retrouvé en Irian Jaya. Nous avons volé vers le Sud et la zone côtière, une zone de malaria, dangereuse et marécageuse. C'était un voyage dangereux pour arriver là-bas, mais nous y sommes arrivés grâce à la MAF (Mission Aviation Fellowship). Dans un petit village il y avait un évangéliste papou qui était là depuis six ans, sans jamais abandonner le village, bien qu'il eût perdu trois enfants à cause de la malaria. Son quatrième enfant

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était mourant. Il avait contracté lui-même une forme très agressive de cataracte. Encore trois mois, et il aurait été totalement aveugle. Mais il avait refusé de quitter le village. Qui est le vrai héros? Pas les prédicateurs ou les évangélistes que vous pouvez voir à la télévision. Cela n'a rien à voir avec l'héroïsme. Ainsi, je m'oppose à ce titre. Nous ne sommes pas des héros. Les héros, ce sont ceux d'Hébreux 11. Ils ont tous payé un prix élevé! Et nous, nous devenons même payés pour ce que nous faisons."

La seule chose qui m'importe, c'est ce que Dieu peut faire avec une personne qui s'est totalement consacrée à Lui

Je suis un fan inconditionnel d'Oswald Chambers. J'aime les biographies, comme celle de Hudson Taylor. Les biographies de missionnaires sont mes livres de chevet. Vous en trouverez presque un millier dans ma bibliothèque personnelle. La seule chose qui m'importe, c'est ce que Dieu peut faire avec une personne qui s'est totalement consacrée à Lui, comme Watchman Nee ou Gladys Aylward. Ces gens m'ont énormément influencé. J'ai eu le privilège de collaborer avec Corrie Ten Boom. Cette dame hollandaise qui a seulement commencé à faire parler d'elle lorsque

avait près de 75 ans, était ma compagne de déplacement préférée. Son ministère mondial de consolation et de conseil a commencé dans le camp de concentration de Ravensbruck, où elle avait trouvé, comme le prophète Esaïe l'avait promis,

"une cachette contre le vent, un abri contre la tempête

l'ombre d'un grand rocher dans une terre oubliée."

Miracle sur miracle

Les récits que frère André fait de sa mission sont pleins de péripéties rocambolesques et dangereuses. Il raconte comment ce capitaine communiste en oublia de l'arrêter, tandis que l'officier et le missionnaire discutaient avec passion de théologie durant des heures. Il rappelle ce pasteur sibérien d'une église dénuée de bibles qui voyagea plusieurs milliers de kilomètres sur l'ordre de Dieu et apparut sur la Place Rouge au moment même où lui-même arriva avec des sacs remplis des bibles qui étaient passées dans sa Wolkswagen bleue sous les yeux aveuglés des gardes ! De nombreuses fois, il a fait la prière du contrebandier de Dieu: "Seigneur, dans mes bagages, j'ai la Bible que je veux porter à tes enfants au-delà de cette frontière. Quand tu étais sur terre, tu as ouvert les yeux des aveugles. Maintenant, je te prie, rends aveugles les yeux qui voient. Ne laisse pas les gardes voir les choses que tu ne veux pas qu'ils voient."

Le riche héritage du calvinisme

Frère André a grandi dans une maison chrétienne d'une petite ville en Hollande. "Je pense que cela a joué un rôle important en créant la base, l'assise de ma propre vie : ma foi dans un Dieu tout-puissant, mon amour pour Jésus-Christ, mon respect pour Dieu, tout cela vient de mon père qui nous lisait la Bible après chaque repas, que nous la comprenions ou pas. Nous connaissions le Catéchisme d'Heidelberg par coeur. Nous avons un héritage riche dans le calvinisme. Quoi que je sois devenu plus tard, cela a été la base sur laquelle je me suis toujours tenu. Ma mère était une chrétienne pieuse. Elle aimait écouter les cantiques de Johannes de Heer. C'était l'unique raison pour laquelle nous avions acheté une radio avant-guerre. Nous étions la seule famille qui eût ouvert sa maison aux personnes de l'Armée du Salut qui venaient une fois par an dans notre village. En ce temps-là, l'Armée du Salut était considérée comme une secte, mais ma mère leur avait toujours donné une tasse de café ou de potage. J'en garde de bons souvenir, bien que je n'aie jamais aimé aller à l'église, les cultes étais trop longs de toute façon."

Paralysé par la théologie libérale

"Je suis très pensif à propos du conflit actuel. Lors de toutes mes réunions, je dis que notre grand besoin en tant que chrétiens, et les évangéliques en particulier, est que nous ne savons même pas verbaliser notre foi en Dieu. C'est

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épouvantable et d'une pauvreté consternante. Gloire à Dieu pour le catéchisme d'Heidelberg ! Combien de personnes connaissent cette Confession de foi aujourd'hui? A mon avis, c'est la plus éloquente expression de la foi que nous ayons eue tout au long des siècles. Nous ne nous élevons pas vraiment d'une voix forte contre l'islam. Nous n'avons pas été paralysés par la crainte de l'islam, mais par la faiblesse de la théologie libérale qui a emporté nos racines et notre base. "

Emporté sur une civière

Le frère André garde toujours un souvenir vivace de la Deuxième Guerre Mondiale. Il semble s'en souvenir presque chaque jour, y compris de "l'hiver de la faim" de 1944/1945. Les premiers avions ennemis avaient volé au-dessus de sa maison dans la nuit du 10 Mai 1940. Rotterdam était bombardée par les allemands et la Hollande bombardait ses propres digues pour ralentir la progression de l'armée allemande. L'occupation avait duré jusqu'au printemps 1945. Quand André ramena à la maison un petit sac plein de croûtes de pain, en criant : "Nourriture! Nourriture! Nourriture! ", sa mère rongea les croûtes sèches, les yeux pleins de larmes de gratitude envers Dieu. La guerre s'achevait, mais elle ne faisait que commencer pour le petit André, âgé alors de 17 ans. Le gouvernement hollandais fit alors un appel très solennel pour aller libérer l'Indonésie de l'oppression japonaise, et son idéalisme le conduisit dans l'armée. Il alla combattre outre-mer. Les massacres et la cruauté auxquels il participa durant son engagement de trois ans comme soldat le plongèrent dans l'apathie spirituelle. "En Indonésie, j'ai découvert qu'ils jouaient un jeu politique avec nous. Une balle m'atteignit la cheville, et c'en était fini de la guerre pour moi. Ils m'ont emporté sur une civière, loin de la guerre "

Voyant l'amour de Jésus

"J'étais à un tournant de ma vie. J'ai été emmené dans un hôpital, dirigé par des Franciscaines. Je suis bientôt tombé amoureux de chacune d'entres elles, me demandant comment elles pouvaient rester si joyeuses. Je ne les avais jamais entendues se plaindre. A ma question, l'une d'elles me montra ma Bible, posée sur ma table de chevet: "Vous avez la réponse là dedans". Depuis deux ans et demi que ma mère me l'avait offerte, je ne l'avais jamais lue. Je l'ai prise et ai commencé à la lire, encore et encore. Ce fut le tournant de ma vie.

Dieu choisit

Cette expérience et le fait qu'il participa peu après à une réunion de réveil à Amsterdam mirent André sur le chemin de la vie avec Dieu. "Je me souviens de cette petite pièce dans le grenier de la maison de le rue Pancrass, où je me suis mis à "

genoux et ai prié ma première prière consciente. Je me rappelle encore chacun de mes mots

André étudia ensuite

dans un séminaire assez peu orthodoxe, qui ne pourvoyait pas aux besoins de ses missionnaires et qui se contentait de les envoyer dans des champs de mission choisis par eux. Cependant, Dieu avait fait un choix pour le frère André : Il

l'avait choisi pour une mission des plus extraordinaires

Porter la Parole de Dieu à chaque pays communiste, prêcher

aux croyants des églises clandestines, et faire passer en contrebande la Bible aux chrétiens derrière le Rideau de Fer.

Une vision chrétienne des Droits de l'homme

"Pratiquement tous les problèmes de notre monde, matériellement et spirituellement, arrivent parce que Jésus-Christ n'est pas Maître et Seigneur dans les vies de tous les hommes." Chacun a le droit d'entendre l'Evangile et Jésus a ordonné qu'il en soit ainsi. Le fait est qu'un grand nombre n'ont pas rejeté Jésus : ils ne L'ont jamais vu ! Et ils ne l'ont pas vu parce que nous ne sommes pas allés jusqu'à eux.

Aujourd'hui, on parle tellement des Droits de l'homme. Dimanche dernier au matin j'ai prêché dans une assemblée à Auckland (Nouvelle Zélande) et plus de la moitié de la congrégation s'est avancée pour abandonner ses propres droits,

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afin que d'autres hommes puissent jouir des leurs. Si des hommes comme Paul avaient rechigné à aller en prison, à coup sûr notre Nouveau Testament n'aurait pas été très épais et l'on n'y aurait pas vu les plus beaux sermons qui eussent jamais été prêchés. Si nous ne ressentons pas la douleur de l'Eglise persécutée, alors nous ne faisons pas partie du Corps. Nous devons pleurer avec ceux qui pleurent, et parler pour ceux qui n'ont pas de voix.

J'ai dit à cette congrégation que nous devrions abandonner nos propres droits, afin que d'autres hommes puissent jouir

Brisons le silence, et partageons les

souffrances de ceux qui, autrement, devraient tout traverser seuls. Quand j'ai vu la moitié de la salle se lever, j'ai trouvé cela extraordinaire

des leurs. Et n'oublions pas : Jésus aussi avait le droit de recevoir Son héritage

Dieu fait une oeuvre puissante

Ce qui me frappe le plus dans cette Nouvelle-Zélande ce sont les réunions qui sont vivantes. Les églises baptistes sont comme nos églises charismatiques en Hollande. La louange est joyeuse, vivante et sincère. On voit tellement de vie dans

ces assemblées, surtout parmi les jeunes. Je suis très optimiste pour ce pays, bien que partout on me dise que c'est l'un des pays les plus éloignés de l'Evangile au monde. Je pense qu'il ne faut pas se focaliser là-dessus. Nous devrions

Dieu fait tellement de

choses si l'on y prend garde. Vous êtes libres, vous avez la Bible. Vos congrégations sont vivantes. Vous avez des écoles bibliques. De nombreuses vies se tournent vers le Seigneur! Au travail : l'Evangile doit être prêché au monde entier avant Son retour !

exploser de joie de voir ce que Dieu fait, au lieu de gémir et pleurnicher sur tous nos problèmes

Prophétie, pas spéculation

"Quand les disciples sont venus vers Jésus pour Le questionner sur les signes des temps de la fin, les trois récits de Matthieu, Marc et Luc rapportent la première réponse de Jésus : la confusion. Jésus continue en parlant de signes, y compris des tremblements de terre, mais il a précisé que ce ne serait pas encore la fin. Le véritable signe, donné dans les trois évangiles cités et que "l'Evangile doit être annoncé à toutes les nations. Alors viendra la fin." Si nous ne faisons pas le boulot, Jésus ne reviendra pas. Je lis dans Apocalypse que Jésus reviendra pour une jeune épouse préparée et bien disposée. Alors je vous pose la question : où est cette épouse qui s'est préparée? Parfois, j'en parle sans ambages dans certaines de mes réunions (pas dans toutes!), et je montre que Jésus ne reviendra pas dans un "lupanar", une "maison close" pleine de prostitution.

L'argent facile. Mais c'est criminel, et

anti-chrétien. Les gens sont trompés et on les illusionne en leur donnant l'impression que Jésus va venir les bénir eux, et les enlever subitement, égoïstement, dans le ciel, pendant que le reste du monde souffrira un avant-goût de l'enfer. Et c'est pour cette raison que je suis très reconnaissant pour mon arrière-plan réformé. Très honnêtement, ce que certains nomment prophétie, je nomme cela de la pure spéculation. C'est la politique de l'autruche, de la lâcheté. C'est une hérésie, de l'aveuglement. Une sinistre farce.

Il se passe tant de choses autour de l'argent dans bien des congrégations

Le message de la Croix pour Juifs et Arabes

Le Mouvement Musahala que nous soutenons à Portes Ouvertes est né dans l'Ecole Biblique de Bethléhem. Il part de la réconciliation entre chrétiens Arabes, Palestiniens et Juifs messianiques. Ils se réunissent pour apporter des solutions dans ce temps de crise et la seule solution est la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est là et uniquement là que nous devons revenir.

Nous devons oser prêcher l'Evangile de la Croix aux Juifs. L'enseignement officiel dans beaucoup d'églises en Hollande

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est : " Ne prêchez pas l'Evangile aux Juifs. " Mais cela n'apporte aucune solution concrète. Nous devons prêcher la crucifixion, la tombe vide, la résurrection et la seconde venue en gloire du Seigneur qui revient pour le monde entier, ce qui inclut aussi les Juifs. C'est seulement lorsque nous aurons fait cela que nous pourrons nous dire déchargés du fardeau que Dieu a placé sur nos épaules. Si nous n'appliquons pas ce message de la croix aux Juifs et aux Musulmans, c'est vraisemblablement que nous ne portons pas la croix nous-mêmes

"Les messianiques peuvent être des israélites, mais ils ne sont pas des juifs

"

Il n'y a pas très longtemps, frère André tint une conférence dans l'université même du Hamas, à Gaza, connue pour être la plus fanatique des facultés islamistes du monde. Il prêcha sur le Nouveau Testament, parlant de la Croix du Christ, le Messie. Il ne tourna pas autour du pot, mais il parla très ouvertement de tous les pays où des musulmans assassinent des chrétiens.

"J'ai aussi parlé au Ministre de la Religion à Jérusalem au sujet des juifs messianiques. Je voulais parler de leurs droits à eux aussi et les défendre. Mais cet homme était rempli de haine. Il m'a répondu : 'Ces gens sont peut-être des Israélites mais ce ne sont pas des Juifs. Ils n'ont aucun droit de venir habiter en Israël. Ils ne peuvent se prévaloir d'aucun droit à venir s'installer ici. On ne les laissera pas venir.' Et l'on voit donc actuellement des cas de personnes qui sont entrées en douce en Israël et qui sont jugées pour cela. Certains sont même expulsés parce qu'ils font savoir qu'ils connaissent et suivent Jésus, le Messie. Un jour, cette loi sera officialisée à la Knesset et nous verrons ce que tout cela cache réellement "

Assurez-vous que vous êtes prêts

"Pour le moment, nous voulons oeuvrer pour ce que je crois être la prophétie, sans spéculation. Qu'il y ait une tribulation, un enlèvement, la seule chose sur laquelle, je pense, que nous devrions insister est : assurez-vous que vous serez prêts et que vous serez là quand cela arrivera. De cela, il faut être sûr, et tout le reste n'est que vaines spéculations.

Cela peut paraître religieux, voire hypocrite, mais je continuerai simplement à faire ce que j'ai toujours fait, par la grâce de Dieu. Je sais que je fais la volonté de Dieu, en dépit de toutes mes limitations. Je continuerai d'arracher les mauvaises herbes de mon jardin et je me réjouirai toujours de voir mes belles tulipes. J'attends avec impatience la Seconde Venue du Seigneur Jésus-Christ. S'Il vient, et personne ne sait quand Il doit venir, je suis prêt, nous sommes prêts."

Page 9 - Biographie de Andrew Bonar

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

Les grands hommes véritables reconnaissent rarement leur propre valeur. Andrew Bonar était un tel grand homme. Son journal est un livre virtuel de textes traitant des qualités du brisement et de l'humilité. Pratiquement toutes les pages semblent être remplies d'expressions de sa transparence et de sa conscience de bassesse sans Jésus Christ. Pour le vrai saint, le chemin du brisement mène directement au trône de la grâce. Andrew Bonar n'était pas une exception à cette règle divine. Majory Bonar, la fille de Monsieur Bonar, décrivit le journal de son père comme "une révélation de celui qui priait toujours et qui priait partout." John J. Murray écrivit d'Andrew Bonar: "Il ne croyait en aucun raccourci vers la sainteté et l'utilité dans l'oeuvre de Dieu. Il savait que la seule et unique façon de croître dans la grâce et dans la connaissance du Seigneur Jésus-Christ était la communion quotidienne et de chaque heure avec le Père et le Fils". Andrew Bonar lui-même écrivit : "Il y a trop de temps pris par le travail actif pour le Royaume. Certainement que, si les

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serviteurs de Dieu désirent parler et prêcher dans la puissance du Saint-Esprit, ils doivent de nouveau se consacrer continuellement à la prière "

Andrew Bonar n'était qu'un des nombreux ministres écossais qui furent utilisés par Dieu durant le Réveil de Kilsyth entre 1839 et 1840. Les ministres le plus honorés par la présence de Christ pendant ce temps de rafraîchissement étaient W. C. Burns, Robert Murray McCheyne, Alexandre Moody Stuart et Andrew Bonar. Tous ces hommes étaient des amis proches qui s'encourageaient mutuellement dans la pratique de la prière constante. Peu de temps après le déclin du réveil de Kilsyth, Andrew Bonar déclara : "J'ai appris par expérience que ce n'est pas par beaucoup de travail, mais uniquement par beaucoup de prière que s'obtient le succès." Monsieur Bonar était capable d'accomplir beaucoup de choses en public avec les hommes parce qu'il passait beaucoup de temps avec Jésus-Christ en privé. Les entrées

quotidiennes du journal de Bonar témoignent de ce fait. Il écrivit, le 3 janvier 1856: "J'ai essayé de maintenir la prière à cette période chaque heure du jour, interrompant mes occupations, quoi qu'elles fussent, pour prier un peu. Je cherche à tenir mon âme à l'ombre du trône de la grâce et de Celui qui est assis dessus." Le dimanche 8 mars : "Je me sens effrayé par moi-même en raison du fait que je suis moins consacré à la prière que j'ai l'habitude de l'être, bien que je sois plus "

Mercredi 24: "Oh mon Dieu, ne me laisse jamais marcher même dans

souvent aidé dans les prédications que jamais

les verts pâturages sans Toi! Je me sens heureux de vivre comme un pèlerin et un étranger et plus, beaucoup plus qu'auparavant, je recherche par la prière et par de forts cris dans le secret à voir Dieu glorifié dans le salut des âmes."

Dans une lettre à un ami proche, Andrew Bonar écrivit: "Oh, frère, prie; malgré Satan, prie; passe des heures dans la prière, néglige des amis plutôt que de ne pas prier; jeûne, manque le petit déjeuner, le dîner, le souper et de sommeil aussi – plutôt que de ne pas prier. Et nous ne devons pas parler de la prière - nous devons prier dans la vraie ferveur. Le Seigneur est proche. Il vient doucement tandis que les vierges somnolent." Andrew Bonar vivait dans un temps de réveil et pourtant il priait toujours pour obtenir davantage de la puissance de réveil de Dieu. Son journal montre de nouveau cela clairement. Mercredi 21: "J'ai pu passer presque la journée entière dans la prière, la louange et la confession. J'ai été amené à l'humiliation profonde pour notre église et à la prière pour l'effusion du Saint-Esprit sur mes chrétiens. J'ai répandu plusieurs promesses devant le Seigneur, et mon coeur était endolori par le désir et cependant heureux, dans l'attente de ce que cette journée pourra me faire obtenir. Mais je trouve vrai ce que Samuel Rutherford a écrit : 'Un lit arrosé de larmes, une gorge desséchée par la prière, des yeux changés en une fontaine de larmes pour les péchés du pays doivent rarement se trouver parmi nous. ' "

Andrew Bonar était un homme qui avait une connaissance intime de Jésus-Christ. En conséquence, il voyait ce que Jésus voyait et donc se souciait, pleurait et priait comme Jésus. Bien trop souvent nos propres yeux sont secs parce que nos yeux sont aveugles vis-à-vis des besoins autour de nous. Beaucoup d'entre nous sont devenus aveuglés par le temporel, au point que nous ne pouvons plus voir la réalité éternelle de la sainteté du ciel et les horreurs de l'enfer. Seigneur, fais-nous retourner dans la chambre secrète de la prière où les yeux aveugles voient et où les coeurs endurcis sont brisés. Seigneur, aie pitié et amène-moi au brisement!

Page 10 - Biographie de Catherine Booth

La Prière façonne l'histoire par Gérard Poublan

Fille aînée de William Booth (le fondateur de l'Armée du Salut), Catherine Booth, celle que les titis parisiens surnommèrent "La Maréchale", a 23 ans quand, avec deux jeunes compagnes, elle lance l'oeuvre de l'Armée du Salut en France, en février 1881.

En 1882, elle pénètre en Suisse pour y faire aussi oeuvre de pionnière. Pendant quatorze ans, elle dirige l'Armée du

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Salut en France et en Suisse avec celui qu'elle épouse en 1887, Arthur Sydney Clibborn, dont elle a dix enfants. Après un long ministère en divers pays, elle décède à l'âge de 97 ans. "Le christianisme, c'est de l'héroïsme", disait Catherine Booth. Elle parlait par expérience. Sarcasmes, chahut, coups, saccage de salles et de biens, blessures mortelles, rien n'a été épargné aux premiers témoins de l'Armée du Salut en France et en Suisse.

A Neuchâtel, en 1883, Catherine fait dix jours de prison pour troubles publics avant de comparaître devant ses juges, qui

finissent par reconnaître son bon droit. Mais quelle épreuve, alors qu'il faut affronter une opinion nourrie des écrits malveillants de la comtesse de Gasparin et de certains journalistes, qui n'ont rien compris à l'esprit du mouvement. On s'en tient, pour juger, à l'uniforme étrange, à ces filles qui osent prêcher, aux règlements militaires, aux procédés publicitaires. Madame Booth écrit à sa fille en prison : "Tu verras que cela servira utilement les intérêts de notre oeuvre en Suisse.". Soixante-quinze ans plus tard, en 1958, le gouvernement Suisse émettait un timbre-poste en l'honneur de l'oeuvre accomplie par l'Armée du Salut dans ce pays. Ce timbre représentait un chapeau "Alléluia". La demande fut si grande qu'il fallut imprimer quatre millions de timbres au lieu du million habituel.

Catherine a laissé des textes à l'usage des soldats et des officiers de cette Armée, qui ne veut combattre que la misère et

le péché. Nous en citerons quelques-uns. Parlant de la situation telle qu'elle la trouve à la fin du 19e siècle en France et

en Suisse, voici ce qu'elle écrit : "L'idée d'un combat est terriblement absente de la religion de ce siècle. On va à l'église, on lit sa Bible, on se console, on chante des cantiques, on jouit de Dieu. Mais quant à la bataille, quant à cette lutte acharnée entre les ténèbres et la lumière, entre l'enfer et le ciel, on n'en voit presque rien. D'une manière générale, cette idée est absente de la vie religieuse, et elle entre à peine dans le plan des enfants de Dieu." " Je vois toujours plus clairement combien l'ennemi de nos âmes est intéressé à nous voiler notre véritable vocation. Tant que nous parlons de Dieu entre nous, que nous le contemplons, que nous nous édifions les uns les autres en priant, en chantant, etc., le diable ne s'en émeut pas beaucoup. Mais dès qu'il s'agit d'une invasion directe sur son territoire, d'attaquer, de marcher en avant, de risquer quelque chose, alors sa rage est excitée et il s'y oppose de toutes ses forces. Cependant, n'est-ce

pas là l'essence même du christianisme ? [

celui dont toute la vie a été dépensée pour autrui."

Nous sommes appelés à porter notre croix et à marcher sur les traces de

]

En 1865, on demandait à William Booth, l'initiateur de l'Armée du Salut, où il trouverait ses collaborateurs. Il répondit :

"Dans les bars et les cafés.". Quelque temps après son arrivée en France, sa fille Catherine, le coeur battant, se sent poussée, avec deux compagnes, dont l'une portait une guitare, à franchir la porte d'un des grands cafés de Paris. Elle se dirige vers le maître des lieux et lui demande la permission de chanter. Le trio fait entendre un cantique exécuté avec un tel talent et une telle âme qu'un silence admiratif s'établit dans la salle. Les paroles étaient des plus simples :

"Le ciel est ma belle patrie, Les anges y font leur séjour. Le soldat qui lutte et qui prie Y sera bientôt à son tour."

Visant à établir l'oeuvre sur des bases solides, Catherine crée rapidement des centres de formation pour officiers,

c'est-à-dire pour des jeunes gens et des jeunes filles qui, après une formation de deux mois à Paris ou à Genève, entrent

à plein temps dans le combat. Tant comme installation matérielle que comme programme d'études, ces écoles étaient

d'une grande simplicité. Tout y tendait à un seul but : mettre les apprentis missionnaires dans un rapport intime et

personnel avec leur chef, Jésus-Christ.

Catherine les exhortait ainsi : "Pour ce qui concerne votre propre vie spirituelle, il faut que vous possédiez la sainteté, que vous soyez sauvés de tout, non seulement du mensonge, du vol ou de la colère, mais de l'envie, de la jalousie, de la

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mauvaise humeur, de la timidité, de l'esprit de critique, de la recherche de soi-même et toutes ses formes. Vous ne

Une fois sanctifiés, vous

devez être baptisés de l'Esprit. Que chacun recherche ce baptême, cette onction d'en haut, avant de se lancer dans la

bataille

pouvez pas combattre le péché avec succès au-dehors tant qu'il existe encore au-dedans

."

Sortant d'une telle formation, dans une sorte de transfiguration, ces jeunes gens étaient capables d'être insensibles à toute contrariété. On leur arrachait parfois des mains le journal "En Avant", on dispersait leurs fanfares en les malmenant, on les poursuivait à coups de cailloux, on vociférait des insanités ou des blasphèmes en les menaçant. Ils continuaient à parler au coeur. C'était souvent les opposants les plus enragés qui, après bien des résistances, cédaient aux influences du ciel, se donnaient à Dieu, et proclamaient leur joie d'être "sauvés". Certains devenaient officiers à leur tour.

En 1895, Catherine écrivit un ouvrage en deux volumes intitulé "Miracles". Elle y raconte des dizaines de sauvetages

d'ordre physique et moral. Des fils prodigues, des prostituées - pour lesquelles trois centres de relèvement seront ouverts

-, des buveurs, des adultères, des fugueurs, des mères célibataires, des chômeurs, des orphelins, des jeunes filles

arrivant à Paris et cherchant un logement, des vagabonds, tous ceux-là et d'autres encore vont pouvoir, en quelques années, recevoir un secours. Comme son père en Angleterre, Catherine fut sur le continent l'initiatrice de cette oeuvre. Elle en avait l'étoffe.

A dix-sept ans, son activité était déjà intense, non seulement à Londres, dans les quartiers miséreux, mais dans d'autres

villes où la conduisaient ses campagnes d'évangélisation. A vingt-deux ans, elle était déjà l'une des principales forces

spirituelles de l'Angleterre. Ses dons éclatants, ses talents, sa beauté aussi, à laquelle, il faut le reconnaître, elle devait une part de ses succès, auraient pu exalter une fierté orgueilleuse. Mais on n'en constatait point. Elle-même disait : "Loin de moi l'insupportable vanité de croire que c'était moi qui subjuguais les foules ! Que suis-je, moi ? Poussière et cendres Mais en moi, en mes camarades, brûlait un feu, le feu qui consumait Jésus Lui-même quand il foulait le sol de notre

. Et Lui, en retour, nous

terre. Nous montrions aux multitudes Son divin visage, Sa patience inlassable, Son amour infini donnait la victoire sur le monde."

Avant de quitter la France pour poursuivre son combat en Hollande, l'anglaise Catherine Booth disait : "La France possède en elle des éléments n'appartenant au même degré à aucun autre peuple de la terre : un élan, une générosité,

une capacité de s'élever jusqu'au sublime là où elle est convaincue. Elle est sincère, enfant si vous le voulez; terriblement

Dire que cette nation ne veut pas de

indulgente pour tolérer le vice, mais inexorable jusqu'au dédain pour l'hypocrisie religion est une erreur, mais elle veut la vraie. "

Page 11 - Biographie de Edward McKendree Bounds

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

"Les réveils figurent parmi les droits privilégiés de l'Eglise

signifie une Eglise sur ses genoux confessant ses péchés - les péchés des individus et de l'Eglise - confessant les péchés de son temps et de la communauté." - E.M. Bounds

Un réveil signifie un pasteur avec un coeur brisé. Un réveil

E.M. Bounds, dans son livre "Prayer and Praying Men" (La Prière et les Hommes de Prière), écrivait : " Elie apprit de nouvelles et de plus importantes leçons sur la prière au moment de sa vie où il était caché loin de tout par Dieu et avec

Dieu

" Cette affirmation est certainement vraie aussi pour l'auteur. E.M. Bounds fut un homme caché loin de tout par

Dieu et avec Dieu dans la prière. Pendant la durée de sa vie il n'attira jamais un grand groupe de sympathisants, et

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n'obtint pas non plus la réussite et la réputation contrairement à ce que l'on pourrait s'y attendre. Après 46 années de ministère fidèle, il était encore de fait inconnu. Sur les huit ouvrages classiques sur la prière qu'il écrivit, seuls deux furent publiés pendant sa vie. Bien que caché et non reconnu de son vivant, E. M. Bounds est maintenant considéré par la plupart des évangéliques comme l'auteur le plus prolifique et le plus fervent au sujet de la prière.

E. M. Bounds naquit le 15 août 1835 et mourut le 24 août 1913. Il se peut que certains soient surpris par ce fait, pensant probablement que Bounds ait été un auteur contemporain, à cause de son style clair et direct. Jeune homme, E.M. Bounds exerçait dans le Droit avant de se sentir appelé au ministère. Il fut ordonné ministre méthodiste en 1859. E. M. Bounds travaillait aussi comme aumônier dans l'armée confédérale pendant la Guerre Civile. Il fut ainsi capturé et fait prisonnier de guerre pendant un temps court. Après son incarcération, Bounds retourna à Franklin, dans le Tennessee, où, lui et les Troupes Confédéres avaient expérimenté une défaite sanglante. Bounds ne pouvait pas oublier Franklin où tant avaient été ravagés par la Guerre Civile. " Quand le frère Bounds arriva à Franklin, il trouva l'Eglise dans un état désastreux. " Sur le champ il alla chercher une demi-douzaine d'hommes qui croyaient réellement dans la puissance de la prière. Tous les mardi soirs, ils se mettaient à genoux pour prier pour un réveil, pour eux-mêmes, pour l'Eglise et pour la ville. " Pendant plus d'un an, ce groupe fidèle invoquait le Seigneur jusqu'à ce que Dieu réponde finalement par le feu. Le réveil est descendu sans qu'il y ait eu auparavant d'annonce ou de plan, et sans que le pasteur fasse venir un évangéliste pour l'aider. "

Il devenait de plus en plus apparent que E. M. Bounds était doué pour construire et raviver l'Eglise. Ce prophète de la prière rendait souvent les prédicateurs mal à l'aise par son appel à la sainteté et ses attaques contre l'avidité pour l'argent, le prestige et le pouvoir. " Son appel constant au réveil ennuyait ceux qui croyaient que l'Eglise était

" Dieu lui donna un grand mandat dans la prière, ce qui requérait une intercession journalière. Il

labourait dans la prière en vue de la sanctification des prédicateurs, le réveil de l'Eglise en Amérique du Nord et l'extension de la sainteté parmi les chrétiens professants. Il passait un minimum de trois à quatre heures par jour dans la prière fervente. " Quelquefois, le vénérable mystique s'étendait sur le dos par terre et parlait à Dieu ; mais il passait "

plusieurs heures sur ses genoux ou allongé à plat ventre, et on pouvait l'entendre pleurer

essentiellement saine

W. H. Hodge, qui s'occupa de mettre la plupart des écrits de Bounds en impression, nous donne quelques aperçus de la vie de Bounds. Il écrit : " J'ai été parmi beaucoup de ministères et dormi dans la même chambre qu'eux pendant plusieurs années. Ils priaient, mais jamais je n'ai été impressionné par la moindre prière spéciale parmi eux, jusqu'au jour où un petit homme aux cheveux grisonnants, avec un oeil comme l'aigle, arriva. Nous avions une convention de 10 jours. Nous avions quelques prédicateurs merveilleux autour de la maison, et l'un d'eux était affecté à ma chambre. J'étais surpris le matin suivant, de bonne heure, de voir un homme prendre le bain avant le jour, puis descendre et commencer à prier. Cela attira mon intérêt car j'étais dans le ministère, et souvent j'avais désiré rencontré un homme de Dieu qui priât comme les saints du temps apostolique. Le lendemain, il était debout en train de prier encore, et pendant dix jours, il se levait tôt pour prier pendant des heures. Je devins grandement intéressé et remerciai Dieu de l'avoir envoyé. 'Enfin', disais-je, 'j'ai trouvé un homme qui prie réellement. Je ne le laisserai jamais partir. "

Pour conclure, considérons quelques remarques de E. M. Bounds sur le réveil : "Les réveils figurent parmi les droits

Un réveil signifie un pasteur avec un coeur brisé. Un réveil signifie une Eglise sur ses genoux

confessant ses péchés - les péchés des individus et de l'Eglise - confessant les péchés de son temps et de la communauté."

privilégiés de l'Eglise

Page 12 - Biographie de David Brainerd

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

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Deutéronome 6 : 5 5 Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force.

Par la grâce de Dieu, David Brainerd obéit à ce premier et grand commandement. Il pria avec une passion sacrificielle, poursuivit la sainteté parfaite et appela les pécheurs à la repentance; tout ceci parce qu'il aima avec ferveur le Seigneur Jésus Christ.

C'est un triste état de fait que certains chrétiens aient des difficultés à comprendre le zèle et l'amour de David Brainerd pour Jésus. " A ses yeux, le monde matériel et physique avait bien peu de valeur. Il était de la trempe des premiers martyrs. Pour lui, rien n'avait plus d'importance que d'avoir une communion toujours plus profonde avec Dieu. " On peut lire dans le journal de Brainerd : " Mon âme était possédée d'une faim et d'une soif languissantes pour la parfaite sainteté. Dieu était si précieux à mon âme que le monde avec tous ses plaisirs me paraissait vil. Je n'attachais pas non plus de plus grande valeur à la faveur des hommes, que ce que je ferais pour des cailloux. "

Il passait une grande partie du temps dans la prière et mettait fréquemment de côté des jours consacrés à la prière et au jeûne. Il aimait à se retirer dans les bois pour être seul avec Dieu. " La prière devint la priorité de Brainerd et c'était pour lui une joie de passer deux heures dans le secret de la communion avec Christ. Il avait l'habitude de se lever tôt le matin pour se mettre à l'écart avec Dieu afin de se réjouir de Sa présence. Il était assoiffé de Dieu, du Dieu vivant et il ne fut pas déçu. "

Déterminé à partager Christ, Brainerd embrassa une vie de renoncement et de sacrifice. Il passait une vingtaine d'heures à cheval. Son régime alimentaire consistait en pudding rapide, de maïs bouilli et de pain cuit sur des cendres, et parfois en un peu de viande et de beurre. Son logis était une minuscule pièce faite en bûches comprenant uniquement, en guise de lit, une couverture de pailles posée sur des planches de bois.

David Brainerd intercédait avec ferveur et sans relâche pour les âmes perdues des Indiens américains. Souvent il luttait si vigoureusement à genoux dans la prière d'enfantement que, lorsqu'il se relevait, il était couvert de sueur et avait de la peine à marcher droit. Comme la veuve importune de Luc 18, les prières de David Brainerd étaient exaucées en définitive. Des camps entiers d'Indiens étaient convertis par la puissance de Dieu alors qu'il proclamait le message de repentance et de grâce.

" Des hommes et femmes âgés qui avaient été des ivrognes invétérés pendant des années, et des petits enfants pas plus âgés que 6 ou 7 ans furent frappés de détresse dans leurs âmes. Il y eut une vague de prière et de pleurs quasi universelle pour implorer grâce. Beaucoup ne purent ni s'en aller ni se tenir debout. "

Les heures passées sans compter dans la prière et le jeûne, sa fidélité malgré sa faiblesse physique et le fait qu'il dut subir les privations les plus terribles, furent maintenant récompensées ouvertement. Le feu de Dieu tomba. La chose la plus remarquable est que ceci eut lieu au moment où il confessa que ses espoirs étaient au plus bas. Il avait été sérieusement tenté par la pensée de tout abandonner au point culminant même de la gloire et de la bénédiction.

Brainerd assista alors à un changement remarquable dans la vie des Indiens. Il nota dans son journal : " Je ne connais aucune assemblée de chrétiens où il y ait la présence de Dieu de façon aussi forte, où l'amour fraternel rayonne autant "

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David Brainerd déversa pendant quatre courte années une coupe de sainte passion, de prière et de prédication. Il exerça son ministère de 1743 à 1747, et mourut de la tuberculose à l'âge de 29 ans. Brainerd écrivit dans son journal : " J'aspire à être, jusqu'à mon dernier souffle, une flamme de feu flamboyant dans le service divin et construisant le Royaume de Christ. " Sa prière fut exaucée pleinement.

Page 13 - Biographie de William Bramwell

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

Amos 5 : 4 4 Car ainsi parle l'Eternel à la maison d'Israël : Cherchez-moi, et vous vivrez !

La vie de William Bramwell est un exemple vibrant de quelqu'un qui chercha Dieu en dépit de tout et qui ainsi expérimenta véritablement la vie. Animé par un fervent amour pour l'éternité dont la vision s'imposait à lui, William Bramwell chercha la face de Jésus de tout son coeur. "L'amour qu'avait Monsieur Bramwell pour Dieu grandissait continuellement. Les beautés de la sainteté enflammaient son âme d'un intense désir de ressembler à Dieu et en toutes choses Le glorifier."

C'est dans une lettre que Monsieur Bramwell écrivit en 1807 que nous avons un aperçu des passions motrices qui conduisaient et motivaient sa vie et son ministère. Il écrit : "Prie, oh prie, mon frère ! Ne quitte jamais, oh non jamais ta coupe de la plénitude de Dieu, parce que le temps est bientôt achevé, et si jamais cette plénitude devait être perdue, elle serait perdue pour toujours. Je suis étonné que nous ne priions pas plus, oui, étonné, que nous ne vivions pas chaque moment comme si nous étions au bord du monde éternel, et dans l'attente bénie de ce pays glorieux."

Il écrit encore : "Je suis affligé de ce que mon amour ne soit pas plus fort, et de ce que je ne Lui ressemble pas plus. Je languis après Sa gloire, et m'effondre devant Lui avec honte. Comment se fait-il que l'âme soit d'une telle valeur, que Dieu si grand, l'éternité si proche et néanmoins que nous soyons si peu touchés ?"

William Bramwell cherchait à racheter chaque instant pour le Royaume de Dieu. Ainsi il se consacra à la prière et à l'intercession littéralement jour et nuit. "Il passait deux, trois, quatre, cinq et parfois six heures dans la prière et la réflexion. Il entrait souvent dans sa chambre à 9 heures du matin et ne la quittait pas avant 3 heures de l'après-midi."

Comme tous ceux qui prennent plaisir à de si intenses saisons de prière, Monsieur Bramwell avait échangé ses préoccupations personnelles contre les préoccupations et les douleurs de Jésus-Christ. Le poids d'un monde perdu et d'une Eglise qui survit avec peine l'amena tant de fois à genoux dans la prière d'enfantement. "Le Saint-Esprit réveilla dans son coeur une grande compassion pour les âmes qui périssent. Il voyait des multitudes autour de lui sur le large chemin de la destruction, et désirait ardemment les arracher comme des tisons du feu."

"Il pleurait sur les impénitents et enfantait dans la prière avec douleur pour convaincre les contradicteurs. Il apportait les terreurs de la Loi et les douces convictions de l'Evangile qu'il imprimait sur le coeur de ses auditeurs en les pressant instamment à fuir la colère à venir."

Année après année, le ministère de prière et de prédication de Monsieur Bramwell produisait des résultats durables. Les

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églises furent réveillées, les malades guéris et même les plus vils pécheurs sauvés. Le succès de Monsieur Bramwell, sans aucun doute, fut le fruit de sa faim toujours croissante de plus de Jésus. Par la foi, il récolta les récompenses de sa recherche constante et intense.

Sommes-nous en tant que croyants véritablement affamés de plus de Jésus, ou sommes-nous simplement en train de proclamer les bénédictions divines du réveil, alors que nous ne satisfaisons pas aux conditions d'alliance d'un coeur qui Le cherche ? Proverbes 2:3-5 nous rappelle qu'il nous faut élever la voix en pleurant pour les richesses de Christ. Recherchons les voies de Dieu comme l'argent et comme un trésor caché, et ALORS nous serons récompensés par la crainte et la connaissance de Dieu. Si nous voulons sérieusement voir une vraie et durable visitation du Saint-Esprit, nous devons suivre l'exemple de Monsieur Bramwell et consacrer le meilleur de notre temps et de notre énergie à rechercher la face de Jésus dans la prière.

Page 14 - Biographie de Samuel Logan Brengle

L'Homme Humble Utilisable Par Dieu Compilé par Ensemble Rebâtissons la Maison

Samuel Logan Brengle servit l'Armée du Salut pendant plus de quarante ans. Jeune homme, possédant un coeur pour l'évangélisation et le ministère, il refusa la proposition tentante de devenir pasteur d'une église de très grande renommée, et à la place il se porta candidat au service dans l'Armée du Salut.

William Booth, le fondateur de l'Armée du Salut, avait choisi comme slogan : "Feu et Sang". Studebaker, le fabricant de wagons et de voitures, se tenait un jour à New Castle, en Pennsylvanie, à la fin de l'année 1890. Il était en train de dire au revoir à un jeune homme qui était l'orateur en milieu universitaire le plus brillant des Etats-Unis. Il s'appelait Brengle. Studebaker lui serra la main et lui dit : " Brengle, je souhaiterais être aussi certain de devenir président des Etats-Unis que je suis certain que vous deviendrez l'Archevêque de Canterbury." Studebaker et son ami avaient des camarades à l'université. Studebaker, le pauvre, n'est devenu que millionnaire. Le jeune homme avec son talent d'orateur, partit et déposa tout cela au pied de Jésus.

Il alla à Londres et au quartier général de l'Armée du Salut, tout épuisé; cela lui avait pris quatre semaines pour s'y rendre par bateau.

-"Voyons, qui êtes-vous ?" demanda William Booth.

-"Je suis Docteur Brengle."

-"Docteur Brengle ?"

Ils n'avaient pas besoin de médecins; leur théologie n'était pas malade. William Booth lui fit les remontrances suivantes: " Brengle, vous faites partie des classes dangereuses. Vous avez été votre propre patron pendant si longtemps que je ne pense pas que vous voudrez vous soumettre à la discipline de l'Armée du Salut. Nous sommes une armée et nous exigeons l'obéissance." Sans se laisser impressionner, Brengle rejoignit l'Armée en 1887, et fut rapidement envoyé travailler à laver les bottes dans une cave miteuse :

-"D'où venez-vous ?"

-"J'ai entendu dire que le Saint-Esprit est ici. J'ai traversé l'Atlantique, je veux être rempli du Saint-Esprit. Je ne suis pas

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dépendant de ma théologie, de mon savoir. J'ai beaucoup d'érudition, mais j'ai besoin de Feu, j'ai besoin de Feu, j'ai besoin de Feu !"

William Booth dit: "Vous avez visé juste. Demain matin, à cinq heures, vous allez polir les chaussures de cinquante étudiants."

Et aucun d'eux n'avait une seule jambe. Il y avait cent grosses bottes allongées ! Et il était hors de question de les asperger d'eau : il fallait les polir !

Après un certain temps, il s'interrogea sur l'utilité de cet apparent gaspillage de son temps et de ses talents. Tenté dans son coeur de chercher une rapide promotion, il pria : "Seigneur Dieu, est-ce que je suis en train d'enterrer mes talents? Est-ce là la meilleure chose qu'ils puissent faire pour moi à l'Armée du Salut? Est-ce que je suis fou?" Aussi rapidement qu'il avait demandé, la réponse lui vint alors qu'il voyait dans son esprit Jésus s'agenouiller et laver les pieds des disciples – son propre Seigneur accomplissait une tâche aussi peu "importante".

Des années plus tard, Brengle écrirait à propos de cette période des bottes étincelantes: "C'était le meilleur apprentissage que j'aurais pu avoir. Je mettais en pratique l'humilité. Cette expérience me conféra dans la main une clé pour déverrouiller les coeurs des personnes modestes dans le monde entier dans les cinquante années qui suivirent ! C'est là que Dieu m'a enseigné une leçon de patience."

Ils n'avaient pas ouvert la porte en disant: "Nous attendions un homme comme vous pour venir enseigner sur le livre de la Révélation. Nous aimerions que vous dirigiez la réunion de prière demain matin" Ils lui avaient dit: "Mets la main dans la pâte." Brengle l'avait fait. Et il s'était attendu à Dieu, et Dieu l'avait rempli du Saint-Esprit.

Plus tard, on demanda à une personne sourde après une des réunions de Brengle pourquoi elle s'était avancée jusqu'à l'autel si elle n'avait pas pu entendre le message. Elle répondit :

-"Parce que j'ai vu ce que jamais je n'ai vu chez un prédicateur de toute ma vie."

-"Qu'était-ce ?"

-"J'ai vu la beauté de Jésus en lui pendant qu'il prêchait. Je ne sais pas ce qu'il disait, mais je savais qu'il y avait quelque chose en lui que je n'avais pas!"

Brengle apprit sur le champ les véritables qualifications requises pour la personne que Dieu peut utiliser. Et alors qu'il marchait dans ces choses, il arrivait que ceux qui le connaissaient se souvenaient de lui comme d'un puissant évangéliste qui aimait profondément et servait l'homme de la rue.

Page 15 - Biographie de John Bunyan

Le rêveur immortel (1628-1688) par Orlando Boyer

" Dans mon voyage à travers le désert de ce monde, j'arrivai dans un lieu où il y avait une caverne. Je m'y couchai pour prendre un peu de repos, et m'étant endormi, je fis un rêve: je voyais un homme vêtu d'habits sales et déchirés. Il était debout et tournait le dos à sa maison. Dans sa main, il tenait un livre, et ses épaules étaient chargées d'un pesant

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fardeau. "

Il y a trois siècles, John Bunyan commençait ainsi son livre, Le voyage du pèlerin. Ceux qui connaissent ses oeuvres littéraires peuvent confirmer qu'il est bien " le rêveur immortel qui, même mort, parle encore ". Cependant, bien que des milliers de croyants connaissent Le voyage du Pèlerin, bien peu nombreux sont ceux qui connaissent l'histoire de la' vie dédiée à la .prière de ce courageux prédicateur.

Bunyan, dans son autobiographie intitulée Grâce abondante pour le premier des Pécheurs, nous apprend que ses parents, bien que très pauvres, réussirent à lui faire apprendre à lire et à écrire. Lui-même se nommait " le premier des pécheurs"; d'autres affirment qu'il eut " beaucoup de chance " bien que non encore croyant. Il épousa une jeune fille dont toute la famille était profondément croyante. Bunyan était rétameur, et comme tous ceux de son métier, très pauvre. De son côté, elle possédait pour tout bien deux livres: Le chemin qui mène au ciel et La pratique de la piété, oeuvres que son père lui avait laissées en mourant. Bien que Bunyan ait trouvé dans ces deux livres " quelques points qui l'avaient intéressé ", ce fut lors des cultes qu'il éprouva la conviction d'être sur le chemin de l'enfer.

Dans les passages suivants tirés de Grâce abondante pour le premier des pécheurs, on découvre comment il lutta par la prière pendant la période de sa conversion:

"J'eus entre les mains une oeuvre des Ranters, livre très apprécié de quelques théologiens. Incapable de juger par moi-même du mérite de ces doctrines, je m'appliquai à prier ainsi: "Ô Seigneur, je ne sais pas faire la différence entre l'erreur et la vérité. Seigneur, ne me laisse pas seul accepter ou refuser cette doctrine en aveugle; si elle vient de Dieu, fais que je ne la repousse pas; si elle est l'oeuvre du diable, ne me laisse pas l'accepter;" Dieu soit loué de ce qu'Il m'ait incité à me méfier de ma propre sagesse et de ce qu'Il m'ait gardé des erreurs des Ranters. La Bible me fut très précieuse alors.

"Pendant tout ce temps où je me sentais condamné aux peines éternelles, je m'étonnais de voir les hommes s'efforcer

d'obtenir des biens terrestres, comme s'ils espéraient vivre ici éternellement [

âme, je me serais senti immensément riche, même si je n'avais eu que des haricots à manger.

Si j'avais eu la certitude du salut de mon

]

" Je cherchai le Seigneur, priant et pleurant, et du fond de mon âme, je criai: ÔSeigneur, montre-moi, je t'en prie, que tu m'aimes d'un amour éternel. Alors, j'entendis mes paroles me revenir comme un écho: Je t'aime d'un amour éternel. Je me couchai et dormis en paix et, au réveil le lendemain, la même paix inondait mon âme. Le Seigneur m'assura: Je t'aimais quand tu vivais dans le péché; je t'aimais avant, je t'aime maintenant et je t'aimerai toujours.

" Un matin, alors que je priais en tremblant, convaincu que je n'obtiendrais pas une Parole de Dieu pour me consoler, il me dit: Ma grâce te suffit.

" Mon esprit s'illumina d'une grande clarté, comme si le Seigneur Jésus me regardait du haut du ciel à travers le toit de la maison et qu'il m'avait m'adressé ces paroles. Je rentrai chez moi en pleurant, transporté de joie et empli d'humilité au plus profond de moi.

" Cependant, un jour, alors que je marchais dans la campagne, la conscience inquiète, soudain ces paroles s'emparèrent

de mon âme: Ta justice est dans les cieux. Avec les yeux de l'âme, je crus voir Jésus-Christ assis à la droite de Dieu, et

qui se tenait là comme ma justice [

au contraire y porter .préjudice; car ma justice c'est le Christ lui-même, le même hier, aujourd'hui et toujours. Alors les chaînes tombèrent de mes chevilles: je me trouvais libéré de mes angoisses et les tentations qui m'assaillaient perdirent

En outre je vis que ce n'était pas la bonté de mon coeur qui pouvait l'améliorer ou

]

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de leur force; je ne craignais plus la sévérité de Dieu et je rentrai chez moi en me réjouissant par la grâce et l'amour de Dieu. Je n'ai pas trouvé dans la Bible la phrase: Ta justice est dans les cieux, mais il y a : Il a été fait pour nous sagesse et aussi justice, sanctification et rédemption (1 Corinthiens 1:30) et je vis que l'autre phrase était vraie.

" Alors que je méditais ainsi, la phrase suivante des Ecritures pénétra mon esprit avec force: Il nous a sauvés, non pas

pour les oeuvres de justice que nous avons accomplies, mais par sa miséricorde. Je fus ainsi élevé vers les cieux et je

me retrouvai au sein de la grâce et de la miséricorde. Avant, je craignais la mort, mais maintenant, je proclamai: Je désire mourir. La mort devenait pour moi chose désirable. On ne vivait pas vraiment avant de passer dans l'autre vie. Oh, pensais-je, cette vie est à peine un songe en comparaison de l'autre! C'est en cette occasion que l'expression " héritiers de Dieu " se révéla si pleine de signification pour moi que je ne peux l'expliquer en termes terrestres. Héritiers de Dieu! Dieu lui-même est la part des saints. C'est ce que je vis et qui me remplit d'admiration; cependant, je ne peux raconter

Christ était un Christ précieux en mon âme, il était ma joie; la paix et le triomphe en Christ étaient si

grands que j'eus les plus grandes difficultés à rester

tout ce que je vis

Bunyan, dans sa lutte pour se libérer de l'esclavage du péché, ne fermait pas son âme aux êtres désorientés qui ignoraient les horreurs de l'enfer. A ce sujet, il écrivit:

" Par les Ecritures, je compris que l'Esprit Saint ne veut pas que les hommes enterrent leurs talents et leurs dons, mais

Je rends grâce à Dieu de m'avoir donné la capacité d'aimer, d'avoir pitié de l'âme

de mon prochain et de m'avoir incité à m'efforcer de prononcer les paroles que Dieu pourrait utiliser afin d'atteindre les consciences et de les réveiller. En ceci le Seigneur a répondu au désir de son serviteur et les gens commencèrent à se montrer émus et angoissés, quand ils comprirent l'horreur de leurs péchés et la nécessité d'accepter Jésus-Christ.

au contraire qu'ils les développent [

]

" Du plus profond de mon coeur, j'ai crié vers Dieu sans répit pour qu'il rende efficace la Parole pour le salut des âmes

En fait, j'ai répété au Seigneur que si le sacrifice de ma vie devant tous pouvait servir à les réveiller et à les confirmer dans la vérité, j'accepterais avec joie.

[

]

" Dans l'exercice de mon ministère, mon principal désir était d'aller dans les lieux les plus obscurs du pays [

prêchais, je ressentais les douleurs mêmes de l'enfantement pour que naissent des enfants à Dieu. S'il n'y avait pas de fruit, je n'accordais aucune importance aux éloges que pouvaient me valoir mes efforts; s'il y avait des fruits, je n'accordais aucune importance à l'opposition rencontrée ",

] Lorsque je

Les obstacles que dut affronter Bunyan furent nombreux et variés. Satan, lorsqu'il se vit sérieusement menacé par l'oeuvre de ce serviteur de Dieu, commença à dresser des barrières de toutes sortes. Bunyan luttait fidèlement contre la tentation de s'enorgueillir du succès de son ministère, afin de ne pas tomber dans la condamnation du diable. Lorsqu'une fois, un auditeur lui dit qu'il avait prêché un bon sermon, Bunyan lui répondit :" Il n'est pas nécessaire de me le dire, le diable me l'a déjà murmuré à l'oreille avant même que je descende de chaire ".

Puis l'ennemi des âmes incita les impies à calomnier Bunyan et faire courir des bruits contre lui dans tout le pays afin de le pousser à renoncer à son ministère. On le traita de sorcier, de jésuite, de contrebandier, on affirma qu'il vivait avec une maîtresse, qu'il avait deux épouses et que ses enfants étaient illégitimes.

Lorsque tous ces stratagèmes du malin pour détourner Bunyan de son ministère glorieux eurent échoué, ses ennemis l'accusèrent de ne pas observer les règles du culte de l'Eglise officielle. Les autorités civiles le condamnèrent à la prison à perpétuité et se refusèrent formellement à révoquer la sentence, malgré tous les efforts des amis de Bunyan et les prières de sa femme; il devait rester prisonnier jusqu'au jour où il prêterait serment de ne plus jamais prêcher.

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Au sujet de son emprisonnement, il nous raconte:

me

fortifiant si tendrement avec telle ou telle parole des Ecritures, à tel point que j'en vins à désirer, si cela était permis, des tribulations plus grandes encore pour recevoir une plus grande consolation.

" Je n'avais jamais autant ressenti la présence de Dieu. à mes côtés à tout instant avant d'être emprisonné [

]

" Avant mon incarcération, j'ai prévu ce qui devait m'arriver et deux choses brûlaient dans mon coeur sur la façon dont je

pourrais faire face à la mort, si j'en arrivais là. Je fus poussé à prier, à demander à Dieu de me fortifier "à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. Rendez grâces au Père." Pendant toute l'année qui précéda mon arrestation, je ne priais presque jamais sans que ce verset des Ecritures ne me revienne à l'esprit et sans que je ne comprenne que pour souffrir avec patience et surtout avec joie, il fallait une grande force d'âme.

" La seconde considération fut dans le passage suivant: Et nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne

pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu, qui ressuscite les morts. Grâce à ce verset je compris que si j'en arrivais à souffrir comme je le devais, premièrement je devais condamner à mort tout ce qui appartenait à notre vie, considérant ma femme, mes enfants, ma santé, les plaisirs, tout, enfin, comme morts pour moi et moi pour eux.

"Je résolus, comme dit Paul, de ne pas regarder les choses qui se voient, mais celles qui ne se voient pas; parce que les choses qui se voient sont temporelles alors que celles qui ne se voient pas sont éternelles. Et. je compris que si je m'étais préparé seulement à la prison, je pourrais à l'improviste être appelé aussi à être fouetté ou attaché au pilori. De même si je m'attendais seulement à ces châtiments, je ne supporterais pas celui de l'exil. La meilleure façon de supporter les souffrances était d'avoir confiance en Dieu, pour ce qui était du monde à venir, et pour celui-ci, il fallait considérer le tombeau comme ma demeure, dresser ma couche dans les ténèbres et dire à la décomposition: c'est toi mon père et à la vermine: Ma mère et ma soeur (Job 17:13-14).

" Cependant, en dépit de ce réconfort, j'étais un homme en proie à la faiblesse. La séparation d'avec ma femme et nos

enfants, je la ressentais parfois en prison comme si ma chair était arrachée de mes os, ceci non seulement parce que je pensais aux épreuves et aux malheurs que subissaient ces êtres qui m'étaient chers, particulièrement ma fille aveugle.

Pauvre fille, comme ton existence en ce monde est triste! Tu seras maltraitée; tu demanderas l'aumône, tu souffriras de

la faim, du froid, du dénuement et autres malheurs! Oh, les souffrances de ma petite aveugle me déchiraient le coeur en

lambeaux!

"Je méditais également beaucoup sur l'horreur de l'enfer pour ceux qui craignaient la croix au point de se refuser à rendre gloire à Christ et de nier ses paroles et sa loi devant les fils des hommes. Mais je pensais encore plus à la gloire que le Christ prépare pour ceux qui avec amour, foi et patience rendent témoignage pour lui. Le souvenir de ces choses contribuait à diminuer la tristesse que je ressentais lorsque je pensais aux êtres chers qui souffraient à cause de mon témoignage pour Christ. "

Mais toutes les horreurs de la prison ne suffirent pas à ébranler le courage de John Bunyan. Lorsqu'on lui offrit la liberté en échange de l'engagement de ne plus jamais prêcher, il répondit: "Si je sortais aujourd'hui de prison, demain je prêcherais de nouveau l'Evangile avec le secours de Dieu ".

A ceux qui pensent qu'en fin de compte, John Bunyan n'était qu'un fanatique, nous conseillons de lire et de méditer les

oeuvres qu'il nous légua: Eclaircissements sur quelques vérités évangéliques, La prière, le voyage du pèlerin, Grâce

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abondante pour le premier des Pécheurs et beaucoup d'autres pas encore traduites en français.

John Bunyan passa plus de douze ans en prison. Il est facile de dire que ce furent douze longues années, mais il est difficile d'imaginer ce que cela signifie vraiment; il passa plus du cinquième de sa vie en prison, alors qu'il était dans la force de l'âge. Ce fut un Quaker du nom de Whitehead qui obtint sa libération. Une fois libre, il alla prêcher à Bedford, à Londres et dans de nombreuses autres villes. Il finit par devenir si populaire qu'on le surnomma " Evêque Bunyan ". Il poursuivit son ministère fidèlement jusqu'à l'âge de soixante ans, lorsqu'il fut victime de la fièvre et mourut. Des dizaines de milliers de personnes se rendent encore sur sa tombe.

Comment expliquer le succès de John Bunyan? Orateur, écrivain, prédicateur, moniteur d'école du dimanche ou père de famille, chacun peut tirer grand profit de l'étude du style et des mérites des oeuvres de Bunyan, en dépit du fait que celui-ci ne fut qu'un simple ferblantier sans aucune instruction.

Mais comment peut-on expliquer la réussite merveilleuse de Bunyan? Comment un homme inculte pouvait-il prêcher comme il le faisait et écrire dans un style susceptible d'intéresser les enfants comme les adultes, les rois comme les pauvres, les savants comme les profanes? La seule explication est que c'était un homme en communion constante avec Dieu. Bien que son corps était retenu en prison, son âme était libre. Car c'est dans une cellule que John Bunyan eut les visions décrites dans ses livres; des visions beaucoup plus réelles que ses persécuteurs et que les murs qui l'entouraient. Ses ennemis ont disparu depuis longtemps et ces murs sont tombés en ruines, mais les écrits de Bunyan continuent à apporter lumière et joie à toutes les générations partout sur la terre.

Ce qui suit montre la lutte que Bunyan soutenait avec Dieu lorsqu'il priait: " Il y a dans la prière un moment où il faut mettre à découvert la personnalité, ouvrir son coeur devant Dieu, épancher son âme affectueusement en demandes, soupirs et gémissements :

Psaumes 38 : 10 10 Seigneur ! tous mes désirs sont devant toi, Et mes soupirs ne te sont point cachés.

Psaumes 42 : 3-5 3 Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? 4 Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, Pendant qu'on me dit sans cesse : Où est ton Dieu ? 5 Je me rappelle avec effusion de coeur Quand je marchais entouré de la foule, Et que je m'avançais à sa tête vers la maison de Dieu, Au milieu des cris de joie et des actions de grâces D'une multitude en fête.

En une autre occasion, il écrivit: " Parfois les meilleures prières consistent plus en soupirs qu'en paroles, et ces paroles ne sont rien d'autre que la simple représentation du coeur, la vie et l'esprit de ces prières ".

Comment il insistait et importunait Dieu dans ses prières, se voit clairement dans le paragraphe suivant: " Je te le dis:

continue à frapper, à pleurer, à gémir et à supplier; s'il ne se lève pas pour s'occuper de toi parce que tu es son ami, au moins, en raison de ton insistance, il se lèvera pour te donner ce dont tu as besoin ".

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Indiscutablement, le caractère extraordinaire de la vie de Bunyan avait sa source dans sa profonde connaissance des Saintes Ecritures qu'il aimait tant et dans ses prières persévérantes à Dieu qu'il adorait. Si quelqu'un se demande si Bunyan a fait la volonté de Dieu pendant les douze longues années qu'il a passées dans la prison de Bedford, il doit reconnaître que ce serviteur du Christ, en écrivant Le voyage du pèlerin en prison, a prêché un sermon qui, près de trois siècles après, se lit toujours en cent quarante langues. C'est le plus fort tirage après la Bible. Sans un tel dévouement à Dieu, il n'aurait pas été possible d'atteindre le résultat incommensurable et durable de ce sermon prêché par un ferblantier pénétré de la grâce de Dieu.

Références: Les Héros de la Foi, Orlando Boyer - Editions VIDA

Page 16 - Biographie de William Burns

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

En septembre 1840, le pasteur Robert Murray M'Cheyne, très connu pour son esprit de prière, écrivit une lettre à William C. Burns : " Je suis profondément convaincu que si nous voulons être des instruments (d'un VERITABLE REVEIL), nous devons nous purifier de toute impureté dans la chair et dans l'esprit. Oh, demandez jusqu'aux larmes votre sainteté personnelle, une constante communion avec Dieu par le sang de l'Agneau ! Dorez-vous sous Ses rayons - retournez dans Ses bras d'amour -, soyez rempli de l'Esprit, ou alors vous ne connaîtrez aucun succès dans le ministère si ce n'est votre propre confusion éternelle."

William C. Burns, tout comme M'Cheyne, n'était pas seulement un homme rempli de bonnes théories et de vains discours. A travers ses prières et ses prédications, des milliers touchèrent la gloire tangible de Dieu. Très tôt dans sa vie, William C. Burns était brisé face à un monde perdu et mourant.

On raconte qu'à l'âge de 16 ans, il fut conduit par sa mère depuis la tranquille ville de Kilsyth dans la bruyante ville de Glasgow. La mère perdit le fils alors qu'elle faisait ses courses. En rebroussant chemin, elle le retrouva dans une ruelle où elle le vit le visage tout ruisselant de larmes. Elle s'aperçut qu'il souffrait d'une grande agonie et dit : "Willie, mon garçon, qu'as-tu donc ? Es-tu malade ?" Avec des pleurs arrachants, il répondit : "Oh, maman, le bruit assourdissant que font ces gens sans Christ qui s'acheminent vers l'enfer déchire mon coeur."

Les yeux du jeune William Burns avaient entr'aperçu les horreurs éternelles d'une éternité sans Christ. Cette vision sans aucun doute contribua à façonner ce jeune homme qui allait devenir plus tard l'un des instruments clé du grand réveil de 1839 à Kilsyth. Il se retrouvait souvent conduit à se mettre à genoux dans une intercession presque permanente. "Il pleurait pendant des heures dans une grande agonie de l'âme, en faveur d'une Eglise rétrograde et des âmes perdues allant en enfer." Son ministère était constamment marqué par un sentiment d'urgence et d'intensité divines. Le résultat direct était que sa prédication produisit des résultats extraordinaires.

William Burns se rappelle la fois où pendant le réveil de Kilsyth, des hommes forts tombèrent sous la puissance du marteau de l'Evangile. "Pendant tout le temps où je parlais, les gens écoutaient avec l'attention la plus solennelle. En définitive, leurs sentiments devenaient si forts qu'ils éclatèrent en pleurs, en lamentations, en larmes et en gémissements, le tout mélangé avec des cris de gloire et de louange venant d'un certain nombre parmi le peuple de Dieu. L'aspect qu'avait un grand nombre de personnes me donna une image vigoureuse de l'état des impénitents au jour du Christ venant pour le jugement. Certains hurlaient d'agonie. Des hommes forts tombaient au sol comme morts. Ainsi fut la commotion générale, même après des invitations urgentes et libres repérées à plusieurs reprises, de la part du Seigneur

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à l'attention des pécheurs."

Plus tard, William C. Burns apprit que la nuit précédant cette puissante réunion, un groupe de croyants s'était réuni pour enfanter dans la prière en faveur des perdus et des pécheurs. Pendant ces merveilleux jours remplis de la gloire du réveil, ce n'était pas chose rare que de voir Monsieur Burns et beaucoup d'autres prier et se jeter dans l'enfantement pendant des nuits entières. Ceci eut pour résultat logique de faire descendre la gloire de Dieu jour après jour. William C. Burns nous décrit une fois de plus l'effet merveilleux de l'Esprit du réveil, dans les termes suivants : "Après une forte injonction adressée aux âmes anxieuses, la puissance de Dieu sembla descendre soudainement, et tous baignèrent dans les larmes. Ce fut comme si une inondation qu'on avait voulu contenir faisait éclater les obstacles. Des larmes coulèrent sur les visages d'un grand nombre de personnes et certains tombèrent à terre, en implorant miséricorde Toute la ville fut remuée. Les impies étaient furieux mais la Parole de Dieu croissait puissamment et était victorieuse."

Bien qu'il fût utilisé par le Seigneur pour retourner sens-dessus, sens-dessous l'Ecosse, la passion qu'avait William C. Burns pour les âmes ne pouvait pas être satisfaite. Il dut ainsi partir pour la Chine pour prêcher l'Evangile à ceux qui n'avaient jamais entendu parler du précieux nom de Jésus ! Il était reconnu comme le premier revivaliste de son temps, et pourtant il s'abandonna avec joie à une vie faite d'obscurité et d'épreuves sur les terres de mission si négligées de Chine. Aucun autre épisode de l'incroyable vie de Burns ne révèle mieux la grandeur de son caractère que cette décision

de partir pour la Chine. Par cette décision, il laissait derrière lui toute popularité, tout prestige, la santé et des bien-aimés. Quand on lui demanda quand il serait prêt à partir pour la Chine, sa réponse fut : "Maintenant." Il déclara courageusement : "Je suis prêt à brûler pour Dieu. Je suis prêt à endurer n'importe quelle épreuve, si par un moyen ou un autre je réussis à en sauver quelques uns. L'aspiration de mon coeur est de faire connaître mon glorieux Rédempteur

à ceux qui n'ont jamais entendu parler de Lui." En d'autres occasions, on rapporta que Burns avait dit : "L'aspiration de

mon coeur serait de faire une fois le tour du monde avant que je meure, afin de prêcher à l'oreille de chaque créature l'invitation de Dieu à croire à l'Evangile." Sa propre mère le comparait à un couteau aiguisé qui s'userait plus à force de couper que par la rouille; et le jeune Burns désirait qu'il en fût ainsi !

En 1885, William C. Burns rencontra par hasard un jeune missionnaire en Chine du nom de James Hudson Taylor. Cette rencontre apparemment due au hasard apporta une grande bénédiction aux deux hommes. William Burns trouva en Hudson Taylor un homme selon son coeur, et pendant sept mois ils marchèrent ensemble comme des frères de sang et des compagnons d'oeuvre. William Burns reconnut aussi l'accueil chaleureux que Hudson Taylor avait reçu de la part des Chinois, à cause de sa façon de s'habiller comme les indigènes. Burns manifesta un vif désir d'apprendre de son nouvel ami et adopta vite son usage vestimentaire. L'impact qu'eut William Burns, Ecossais expérimenté, sur le jeune Hudson Taylor est clairement visible dans ses journaux et ses lettres.

"Jamais je n'ai eu un père spirituel tel que Mr Burns", écrivit Hudson Taylor. L'ouvrage autobiographique de Hudson Taylor, "Une rétrospective", donne un compte-rendu plus complet de la profonde impression que fit Burns sur lui. Il écrivait : "Ces mois pleins de bonheur ont été pour moi une joie indicible et un privilège. Son amour pour la Parole était magnifique, et sa vie sainte, pleine de révérence et ses constantes communions avec Dieu ont fait que ma relation fraternelle avec lui a satisfait aux désirs ardents de mon coeur. Ses récits de réveil et de persécutions vécus au Canada, Dublin et au Sud de la Chine ont été aussi bien édifiants qu'intéressants; car avec une véritable intelligence spirituelle, il mettait souvent en évidence les desseins de Dieu d'une telle manière que toute la vie prenait un nouvel aspect et une nouvelle saveur. La conviction qui l'animait selon laquelle l'évangélisation en particulier est la grande tâche de l'Eglise, et que la vérité, selon l'Ecriture, que l'ordre de mission est adressé à des évangélistes laïques, devait être restaurée, a été des semences qui ont porté du fruit dans l'organisation de la Mission Intérieure de la Chine."

William C. Burns était consumé par une passion brûlante pour l'Agneau de Dieu. En Burns, Dieu trouva un homme

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attentif. Burns était à ce point attentif qu'il écoutait, obéissait et demeurait à genoux. Burns reconnaissait que la prière superficielle et peu profonde était l'un des principaux obstacles au Royaume de Jésus-Christ. Il croyait que le manque de persévérance dans le lieu secret de la prière donne la victoire à Satan. Burns écrivait : "Beaucoup de ceux qui viennent dans le lieu secret et qui sont enfants de Dieu, y rentrent et le quittent comme ils y sont rentrés, sans jamais même prendre conscience de la présence de Dieu. Et il existe des croyants qui, même quand ils obtiennent une bénédiction, et reçoivent un attouchement dans leur âme, quittent le lieu secret sans rechercher plus. Ils vont dans leur chambre, et là se

rendent dans le lieu secret, et alors, aussitôt qu'ils se sont approchés de Dieu, ils pensent avoir été admirablement bénis,

Oh, comment se fait-il que le peuple de Dieu ait si peu de

et quittent ainsi la chambre pour retourner dans le monde

persévérance ? Comment se fait-il que quand ils se rendent dans leur lieu secret de prière solitaire, ils ont si vite fait de se persuader qu'ils y retournent vides ? Au lieu de combattre avec Dieu pour qu'Il déverse Son Esprit, ils quittent le lieu secret sans réponse, et interprète cela comme étant la volonté de Dieu."

Dans Ezéchiel 22:30-31, le prophète nous donne un avertissement au sujet de ce qui arrive quand Dieu ne trouve pas de vrais hommes et femmes de prière ayant un coeur brisé et obéissant.

Ezéchiel 22 : 30-31 30 Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas; mais je n'en trouve point. 31 Je répandrai sur eux ma fureur, je les consumerai par le feu de ma colère, je ferai retomber leurs oeuvres sur leur tête, dit le Seigneur, l'Eternel.

Qui parmi nous se TIENDRA sur la brèche pour prier, et encore prier jusqu'à ce que le ciel vienne sur la Terre?

Page 17 - Biographie de William Carey

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Père des Missions Modernes (1761-1834) par Orlando Boyer

Tout enfant, William Carey avait une véritable passion pour l'étude de la nature. Sa chambre était pleine de collections d'insecte de fleurs, d'oiseaux, l'oeufs, de nids, etc. Un jour, alors qu'il essayait l'atteindre un nid d'oiseaux haut perché, il tomba l'un arbr Lorsqu'il tenta d'y remonter, il tomba à nouveau. Il fit une troisième tentative, mais il tomba encore et se cassa la jambe. Quelqu semaines plus tard, la jambe à peine rétablie, William rentra à la maison, le nid à la main. " Tu es remonté dans cet l'arbre? s'exclama sa mère. "Je ne pouvais pas faire autrement. Il fallait que j'aie ce nid, maman " répondit l'enfant.

On dit que William Carey, fondateur des missions modernes, n'était pas doué d'un intelligence supérieure et qu'il ne posséd aucun des dons qui :fascinent les hommes. Cependant, ce fut cette capacité à persévérer, avec un courage indompté indomptable, qui le poussait à terminer tout ce qu'il entreprenait, qui fut le secret du succès merveilleux de sa vie.

Lorsque Dieu l'appela pour accomplir une tâche, il s'y tint fermement, jour après jour, mois après mois, et année après ann jusqu'à ce qu'il la mène à son terme. Il laissa le Seigneur se servir de sa vie, non seulement pour évangéliser pendant quarante un ans à l'étranger, mais aussi pour réaliser l'exploit, pour incroyable qu'il paraisse, de traduire les Saintes Ecritures en plus trente langues!

Le grand-père et le père du petit William étaient respectivement enseignant et sacristain dans la paroisse de l'Eglise anglican Ainsi, l'enfant apprit le peu que son père pouvait lui enseigner, mais cela ne lui suffisait pas et William continua à s'instruire p lui-même.

A douze ans, il acheta un exemplaire du Vocabulaire latin de Dyche et l'apprit par coeur. A quatorze ans, il commença à travaill

comme apprenti cordonnier. Dans la boutique il trouva quelques livres dont il tira profit pour ajouter à ses connaissances. Ainsi, se mit à l'étude du grec. C'est vers cette époque-là qu'il commença à se rendre compte qu'il était un pécheur perdu et il se mit étudier sérieusement les Ecritures.

Peu après sa conversion, à dix-huit ans, il prêcha son premier sermon. Après s'être rendu compte que le baptême par immersi était biblique et apostolique, il quitta la confession à laquelle il appartenait. Il empruntait des livres pour étudier, et en dépit de pauvreté, il en acheta quelques-uns d'occasion. L'une de ses méthodes pour accroître ses connaissances dans les autr langues consistait à lire tous les jours la Bible en latin, en grec et en hébreu.

A vingt ans, il se maria. Cependant, les membres de l'église où il prêchait étaient pauvres et Carey dut continuer son métier

cordonnier pour gagner sa vie. La paire de chaussures fabriquée par William Carey, que Monsieur Old, son patron, exposait da

sa boutique témoignait de l'habileté du jeune homme.

Ce fut à l'époque où il enseignait la géographie à Moulton que Carey lut le livre intitulé Les voyages du capitaine Cook, et Di

révéla ainsi à son âme la condition abjecte des païens qui vivaient dans l'ignorance de l'Evangile. Dans son atelier de cordonnie

il fixa au mur une grande mappemonde qu'il avait lui-même dessinée avec grand soin. Sur cette carte, il marqua toutes l

informations qu'il put se procurer; le chiffre exact de la population, la flore et la faune, les caractéristiques des indigènes de to les pays. Tout en réparant les chaussures, il levait les yeux de temps en temps pour regarder sa carte et il méditait sur l conditions des divers peup1es et la manière de les évangéliser. C'est ainsi qu'il entendit de plus en plus nettement l'appel de Di qui lui demandait de procurer la Bible en leur propre langue pour des millions d'hindous.

La confession à laquelle appartenait William, après avoir accepté le baptême par immersion, se trouvait en pleine décaden spirituelle. Certains pasteurs étaient bien conscients de cela et ils décidèrent de consacrer une heure à prier le premier lundi chaque mois pour demander à Dieu un grand réveil dans cette confession. En fait, on espérait un réveil, mais comme il arri souvent, personne ne pensait à la façon dont Dieu répondrait.

En ce temps-là, les Eglises n'admettaient pas l'idée d'aller porter l'Évangile aux païens, car elles la considéraient comme absurd Un jour, lors d'une réunion de pasteurs, Carey se leva et suggéra de discuter sur le sujet: Le devoir des croyants de répand l'Evangile dans les nations païennes. Le vénérable président de la réunion, surpris, se leva et s'écria: "Jeune homm asseyez-vous! Quand Dieu voudra convertir les païens, il le fera sans votre aide ni la mienne ".

En dépit de cet incident, la flamme continua à brûler dans l'âme de William Carey. Au cours des années suivantes, il travailla sa

répit par la prière, les écrits et les discours sur ce même sujet: porter le Christ à toutes les nations. En mai 1792, il prêcha s sermon mémorable sur Esaïe 54:2,3 : " Elargis l'espace de ta tente; qu'on déploie les couvertures de la demeure: ne retiens pa Allonge tes cordages et affermis tes pieux! Car tu te répandras à droite et à gauche; ta postérité prendra possession des natio

et peuplera des villes désertes ".

Il parla longuement de l'importance d'attendre de grandes choses de Dieu et, ensuite il insista sur la nécessité d'entreprendre grandes oeuvres pour Dieu.

Son auditoire se sentit coupable d'avoir refusé l'Evangile aux pays païens, à tel point qu'ils prièrent à l'unisson. On organisa alo

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la première société missionnaire de l'histoire des Eglises du Christ, pour prêcher l'Evangile parmi les peuples jamais encore évangélisés. Quelques pasteurs comme Brainerd, Eliot et Schwartz étaient déjà allés prêcher dans les pays lointains, mais sans que les Eglises s'unissent pour les soutenir.

En dépit du fait que la création de la société des missions était due à la persévérance de Carey, celui-ci ne prit pas part à son établissement. Cependant, on écrivit à cette époque à son sujet:

" Voilà Carey, de petite taille, humble, l'esprit serein et constant; il a éveillé l'esprit missionnaire dans le coeur de ses frères, et maintenant il désire qu'ils sachent qu'il est prêt à partir où on l'enverra et qu'il souscrit complètement à tous les plans qu'ils formuleront ".

Mais, même après cette victoire il ne fut pas facile à William Carey de matérialiser son rêve de porter le Christ dans les pays qui étaient plongés dans les ténèbres, bien qu'il se soit consacré de toute son âme indomptable à atteindre le but que Dieu lui avait fixé.

L'Eglise où il prêchait ne l'autorisa pas à laisser son ministère et ce fut seulement après que les membres de la Société aient rendu visite à l'église que ce problème fut résolu. Dans le rapport de l'Eglise, on peut lire: " Bien que de son avis, il ne nous paraît pas bien que celui que nous aimons plus que notre âme même nous laisse ".

Cependant, ce qui le peinait le plus était que sa femme se refusait formellement à quitter l'Angleterre avec ses enfants. Néanmoins, Carey était si convaincu que Dieu l'appelait à aller travailler en Inde que même la décision de son épouse ne put le faire hésiter. Il y avait encore un problème qui semblait insoluble: l'entrée de tout missionnaire était interdite en Inde. Dans de telles conditions, il était inutile de demander le permis d'entrée; c'est ainsi, sans ce document, que Carey et ses amis parvinrent à s'embarquer. Malheureusement, le bateau retarda son départ de quelques semaines, et peu de temps avant qu'il ne lève l'ancre, les missionnaires reçurent l'ordre de débarquer.

Malgré tous ces contretemps, la Société missionnaire garda confiance en Dieu; elle réussit à trouver de l'argent et acheta un passage pour les Indes sur un navire danois. Une fois de plus, Carey supplia sa femme de l'accompagner, mais elle persista dans son refus et notre héros lui dit en la quittant: " Si je possédais le monde entier, je le donnerais avec joie pour avoir le privilège de t'emmener, toi et nos chers enfants; mais le sentiment de mon devoir surpasse toute autre considération. Je ne peux revenir en arrière sans me sentir coupable en mon âme ". Cependant, avant le départ du bateau, l'un des missionnaires se rendit chez Carey. Grandes furent la surprise et la joie de tous quand ils apprirent que celui-ci avait réussi à convaincre la femme de Carey d'accompagner son époux. Dieu toucha le coeur du commandant du navire qui accepta de l'emmener avec ses enfants sans lui faire payer le voyage.

Naturellement, le voyage sur un bateau à voile n'était pas aussi confortable que sur les paquebots modernes. Malgré les tempêtes, Carey profita de son temps libre pour étudier le bengali et aider l'un des missionnaires à traduire le livre de la Genèse en bengali.

Pendant la traversée, William Carey apprit le bengali suffisamment bien pour pouvoir se faire comprendre des gens. Peu après avoir débarqué, il se mit à prêcher et de plus en plus nombreux étaient ceux qui venaient l'écouter.

Carey se rendit compte combien il était nécessaire que le peuple dispose d'une Bible dans sa langue maternelle et, sans attendre, il entreprit la tâche de la traduire. La rapidité avec laquelle il apprit les langues de l'Inde est une source d'admiration pour les meilleurs linguistes.

Personne ne sait combien de fois notre héros perdit courage en Inde. Sa femme ne s'intéressait pas du tout aux efforts de son mari et devint folle. La plupart des églises avec lesquelles Carey entra en contact, le prirent pour un fou; pendant près de deux ans, il ne reçut aucune lettre d'Angleterre. A de nombreuses reprises, Carey et sa famille manquèrent d'argent et de nourriture. Pour nourrir les siens, le missionnaire devint un travailleur manuel et travailla comme ouvrier dans une fabrique d'indigo.

Pendant plus de trente ans, Carey fut professeur de langues orientales à l'Université de Fort Williams. Il fonda également l'Université Serampore pour former les chrétiens qui se destinaient au saint ministère. Sous sa direction, l'université se développa et joua un grand rôle dans l'évangélisation du pays.

Une fois installé en Inde, Carey continua les études qu'il avait commencées dans son enfance. Non seulement il fonda la Société d'agriculture et d'horticulture, mais il créa aussi l'un des meilleurs jardins botaniques; il écrivit et publia le Bortus Bengalensis. Le livre Flora Indica, une autre de ses oeuvres, fut considéré comme une oeuvre maîtresse pendant de longues années.

Il ne faut pas penser, cependant, que pour Carey, l'horticulture était seulement une distraction. Il consacrait également beaucoup de temps à enseigner dans les écoles d'enfants défavorisés. Mais, surtout, brûla toujours dans son coeur le désir de poursuivre l'oeuvre de conquête des âmes.

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Lorsque l'un de ses fils commença à prêcher, Carey écrivit: " Mon fils, Félix, a répondu à l'appel à prêcher l'Evangile ". Des années plus tard, lorsque ce même fils accepta le poste d'ambassadeur de Grande-Bretagne au Siam, le père, déçu et angoissé, écrivit à un ami: " Félix s'est abaissé jusqu'à devenir ambassadeur! "

Pendant les quarante et un ans que Carey passa en Inde, il ne retourna pas en Angleterre. Il parlait couramment plus de trente langues de l'Inde; il dirigea la traduction des Ecritures dans toutes ces langues et se vit confier la tâche ardue de traducteur officiel du gouvernement. Il écrivit diverses grammaires hindoues et compila d'importants dictionnaires pour le bengali, le marathi et le sanscrit. Le dictionnaire bengali comprend trois volumes et on y trouve tous les mots de la langue, avec leurs racines, leurs origines et toutes leurs significations.

Tout ceci fut possible parce que Carey tira toujours le meilleur parti de son temps, comme on peut le voir d'après ce qu'écrivit son biographe: " Il accomplit ces tâches herculéennes sans mettre sa santé en péril parce qu'il suivait méthodiquement et rigoureusement un programme de travail, année après année. Il se changeait les idées en passant d'une tâche à l'autre. Il prétendait que l'on perd davantage de temps lorsqu'on travaille sans constance et de façon indolente que par les interruptions de visiteurs. C'est pourquoi il appliquait la règle d'attaquer sans hésiter le travail prévu et de ne laisser absolument rien le distraire pendant ses heures de travail ".

Ce qui suit, écrit pour s'excuser auprès d'un ami pour avoir tardé à répondre à sa lettre, montre comment il menait à bien plusieurs tâches à la fois: "Je me suis levé aujourd'hui à six heures, j'ai lu un chapitre de la Bible en hébreu; j'ai ensuite prié jusqu'à sept heures. Puis j'ai assisté au culte domestique en bengali avec les serviteurs. En attendant qu'on m'apporte le thé, j'ai lu un peu en persan avec un munchi qui m'attendait; j'ai lu aussi, avant le petit déjeuner, un court passage des Ecritures en hindoustani. Ensuite, après le petit déjeuner, je me suis installé avec un pundite qui m'attendait pour continuer la traduction du sanscrit en ramayuma. Nous avons travaillé jusqu'à dix heures. Je suis alors allé à l'université où j'ai donné des cours jusqu'à deux heures de l'après-midi. De retour à la maison, j'ai lu les épreuves de la traduction de Jérémie en bengali, et je venais de finir à l'heure du déjeuner. Après le repas, je me suis mis à traduire, avec l'aide du pundite qui dirige l'université, la plus grande partie du chapitre huit de Matthieu en sanscrit. Cela m'a occupé jusqu'à six heures. Ensuite, je me suis installé avec un pundite de Telinga pour traduire du sanscrit dans sa propre langue. A sept heures, je me suis mis à méditer le message d'un sermon que je devais prêcher en anglais à sept heures et demie. Près de quarante personnes assistaient au culte, et parmi elles, un juge du Sudder Dewany Dawlut. Après le culte, le juge a fait une offrande de cinq cents roupies pour la construction d'un nouveau temple. Tous ceux qui assistèrent au culte partirent à neuf heures; je m'assis alors pour traduire le chapitre onze d'Ezéchiel en bengali. j'en terminai à onze heures et maintenant je suis en train de t'écrire. Ensuite, je terminerai mes activités de la journée par la prière. Il n'y a pas de journée où je puisse disposer de davantage de temps, mais le programme varie ".

Lorsqu'il prit de l'âge, ses amis insistèrent pour qu'il réduise ses efforts, mais son aversion pour l'inactivité était telle qu'il continuait à travailler, même lorsque les forces physiques n'étaient plus suffisantes pour soutenir l'énergie mentale nécessaire. A la fin, il se vit obligé de rester alité, où il poursuivit la correction des épreuves de ses traductions.

Page 18 - Biographie d'Amy Carmichael

Finalement, le 9 juin 1834, à l'âge de soixante-treize ans, William Carey s'endormit dans le Christ.

L'humilité Une Vie d'Abandon fut l'une des caractéristiques les plus remarquables de sa vie. On raconte que, au faîte de sa renommée, il entendit par In Touch un officiel Ministries anglais demander cyniquement: "Le grand docteur Carey n'était-il pas cordonnier?". Carey entendit la question par hasard et répondit: " Non, mon ami, il n'était que savetier ".

Lorsque La vie d'Amy William Carmichael Carey arriva est un en modèle Inde, les de consécration Anglais lui refusèrent désintéressée l'autorisation au Sauveur, de débarquer. d'une vie de A discipulat sa mort, cependant, et d'abandon. le Elle gouvernement vécut pour ordonna une seule de raison, mettre les et cette drapeaux raison en était berne de pour faire honorer connaître la l'amour mémoire de d'un Dieu héros à ceux qui avait qui étaient plus fait emprisonnés pour l'Inde

dans que tous les les plus généraux profondes britanniques. ténèbres. Elle naquit au Nord de l'Irlande en 1867 et était l'aînée d'une famille de sept enfants.

La On mort estime prématurée que Carey de a son traduit père la lorsqu'elle Bible pour avait le tiers huit des ans habitants eut un profond du monde effet sur de son elle, époque. l'amenant Un à de penser ses successeurs, sérieusement le à

missionnaire son avenir et Wenger au plan de écrivit: Dieu "Je pour ne sa sais vie. pas comment Carey réussit à faire même le quart de ses traductions. Il y a vingt

ans (en 1855), quelques missionnaires, arrivant en Afghanistan pour enseigner l'Evangile, se rendirent compte que l'unique version que ce peuple comprenait était la pushtoo, traduite à Sarampore par Carey". Des années avant qu'elle devînt missionnaire, Dieu lui donna un aperçu du travail qu'elle aurait un jour. Son premier chuchotement Le corps de William survint Carey un dimanche repose, mais matin son d'hiver oeuvre tandis continue que la à famille être une revenait bénédiction à la maison pour une après grande le culte partie à l'église. du monde. Amy et ses frères observaient fixement une vieille dame qui portait un lourd paquet. Elle écrit qu'elle ressentait une terrible et écrasante envie de l'aider mais aussi un sentiment d'embarras. "Cela signifiait faire face à toutes les gens respectables qui, comme nous, étaient sur le chemin du retour. Ce fut un moment affreux. Nous étions seulement deux garçons et une

fille, et pas du tout des chrétiens exaltés. Nous détestions faire cela. Nous étions tout rouges de colère (du moins nous nous sentions rouges de colère, âme et corps) et nous continuâmes à marcher péniblement, un vent humide soufflait autour de nous et souffletait aussi les haillons de cette pauvre vieille dame, jusqu'à ce qu'elle ressemblât à un paquet de plumes et que nous nous trouvions confus au milieu de tout cela."

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MINISTÈRES ENSEIGNEMOI - 19-10-2017 - - Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil

Comme ils passaient devant une magnifique fontaine victorienne, elle entendit les paroles de 1 Corinthiens 3:12-14 dans son esprit :

1 Corinthiens 3 : 12-14 12 Or, si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, 13 l'oeuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'oeuvre de chacun. 14 Si l'oeuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.

Elle se retourna pour voir qui était là, mais il n'y avait personne – il n'y avait que le bruit de l'eau de la fontaine et le rire de quelques passants. Avant ce moment-là, Amy Carmichael admettait qu'elle se préoccupait de sa vie sociale. Cependant, maintenant il apparaissait que Dieu l'appelait à "construire certaines choses avec Lui."

La Main de Dieu

En septembre 1886, la famille Carmichael se rendit à Glasgow en Angleterre pour assister à une conférence à Keswick, dans le district de Lake. Ce fut là qu'Amy Carmichael sentit la main de Dieu sur sa vie.

Le but de la conférence était de promouvoir la sainteté ou la " vie chrétienne plus élevée. " Amy écrit : " La salle était remplie d'une sorte de brume grise, très sombre et froide. J'étais venue à cette réunion, à moitié craintive et à moitié

Le brouillard dans la salle semblait me heurter de

" Ô

Seigneur, nous savons que Tu es capable de nous garder de la chute.' Ces paroles me trouvèrent. C'était comme si elles étaient de feu. Et elles brillèrent pour moi. "

animée d'un certain espoir. Allait-il y avoir quelque chose pour moi ?

son humidité. Mon âme était dans un brouillard. Le président de la session se leva alors pour la prière finale

Amy Carmichael réalisa que rien ne pouvait être plus important que de vivre sa vie pour Jésus-Christ qui, sans aucune possession terrestre, avait donné Sa vie même pour elle. Elle savait qu'Il l'appelait à en faire de même et à lui donner tout d'elle-même. Cela signifiait qu'elle devait " mourir au monde et à ses applaudissements, à ses habitudes, ses modes et ses lois. "

En 1895, elle fut envoyée par l'Eglise d'Angleterre Zenana Missionary Society à Dohnavur, en Inde, où elle servit Dieu pendant 56 années comme une servante consacrée. La majeure partie de son travail là-bas consistait à secourir des enfants qui avaient été consacrés par leurs familles aux prostituées du temple. Amy Carmichael se rappelait souvent l'image de la vieille dame portant seule son lourd paquet. Elle réalisa que Dieu lui avait donné un amour pour ceux qui dans le monde étaient jugés indignes d'amour. C'était le débordement de cet amour que Dieu utilisa pour démarrer la Communauté Dohnavur en Inde qui devint un endroit sûr et un refuge pour les enfants du temple.

Plus d'un millier d'enfants furent sauvés de la négligence et des abus durant la vie d'Amy. A leurs yeux, elle était connue sous le nom d' " Amma ", ce qui signifie mère en langue Tamoul. Le monde était souvent dangereux et rempli de stress. Toutefois, elle n'oublia jamais la promesse de Dieu de " les garder en toutes choses. "

" Il y avait des jours où le ciel devenait noir pour moi à cause de ce que j'avais entendu et ce que je savais être vrai

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Quelquefois, c'était comme si je voyais le Seigneur Jésus-Christ s'agenouiller seul, tout comme Il s'était agenouillé il y a

longtemps sous les oliviers

doucement s'agenouiller à Ses côtés, afin qu'Il ne fût pas seul dans Sa douleur pour les petits enfants. "

Et la seule chose que celui qui se mettait en souci pouvait faire, c'était d'aller tout

Elle était un écrivain prolifique avec 35 livres publiés sous son compte. Dès son enfance, Amy avait manifesté ses talents d'écrivain. Cependant, après un tragique accident en 1931, elle passa la majorité de son temps confinée dans le complexe de la Communauté Dohnavur.

Obéissance, engagement total, et désintéressement furent les caractéristiques de la vie d'Amy Carmichael. Dans un monde où la pensée de vivre sa vie pour Jésus-Christ par dessus toutes autres choses s'évanouit rapidement, elle demeure un exemple lumineux et toujours brillant de celle dont l'unique existence était consacrée à son Seigneur et Sauveur bien aimé.

Il se peut que Dieu vous emmène ou non, comme Il l'a fait avec Amy Carmichael, dans quelque pays lointain. Néanmoins, Il a sûrement un plan pour votre vie – celui de vous utiliser comme Sa lumière d'espérance éternelle et de pardon aux autres. Demandez-Lui de rendre Sa volonté parfaitement claire. Les récompenses de Dieu ne sont pas basées sur des exploits humains ou le succès financier. Elles sont accordées, bien plutôt, à ceux qui " construisent certaines choses avec Lui " et se consacrent à Christ à travers une vie d'obéissance et de piété désintéressée.

Page 19 - Biographie d'Oswald Chambers

La Vie Abandonnée par In Touch Ministries

Oswald Chambers était un homme débridé par le monde et ses désirs. Certains affirment qu'il fut l'un des plus grands penseurs chrétiens de notre temps. Il avait l'habitude de dire que " s'il y a un quelconque mérite, alors donnons-le à Jésus Christ, mon Seigneur et mon Sauveur. " De façon très similaire à l'apôtre Paul, la vie pour Oswald Chambers n'était rien d'autre qu'une opportunité ouverte de glorifier Dieu.

Il naquit le 24 juillet 1874 à Aberdeen en Ecosse, où il devint chrétien pendant l'année de ses 10 ans sous le ministère de Charles Spurgeon. Dieu utilisa beaucoup de choses pour former et façonner Chambers. L'une d'elle fut son admission à l'université d'Edinburgh. Chambers connut un rapide développement spirituel à mesure qu'il s'intéressait attentivement aux choses de Dieu. Après avoir répondu à l'appel de Dieu à entrer dans le ministère, il étudia la théologie à l'Université Dunoon. De 1906 à 1910, il dirigea des ministères itinérants d'étude de la Bible aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, et au Japon. A son retour au bercail, il se maria avec Gertrude Hobbs.

En 1911, il fonda l'Université de Formation Biblique (the Bible Training College) de Clapham à Londres, dont il fut nommé principal. L'école ferma en 1915 à cause de la Première Guerre Mondiale. Chambers fut alors chargé par l'organisation YMCA d'aller à Zeitoun en Egypte où il exerça un ministère auprès des troupes australienne et néo-zélandaise. Un bon nombre des sermons inspirant la dévotion de Chambers constituent une grande portion de l'oeuvre " Mon Lieu Suprême à Sa Majesté " (My Utmost For His Highest), maintenant considérée comme un classique et son livre le plus connu. Sa mort qui arriva en conséquence d'un appendice déchiré, survint comme un choc pour tous ceux qui le connaissaient. Il avait souvent dit à des amis : " Je sens que je serai enterré pour un temps, caché dans l'obscurité ; alors, soudainement, j'éclaterai comme un feu, ferai mon travail, et partirai. "

Après sa mort, un collègue fit la remarque : " C'est une chose puissante que de contempler même une fois dans sa vie un

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homme dont l'expression de l'être est la Rédemption de Jésus Christ manifestée heure après heure et jour après jour dans le vécu. Il avait coutume de s'appeler lui-même [simplement] " un croyant de Jésus " " Le fait est que Dieu a fait de cet homme " un refuge contre la tempête " pour de nombreuses âmes abattues. A travers ses paroles écrites, Dieu continue de toucher et changer des vies pour la gloire de Christ.

A Travers l'Epreuve, Dieu Illumine la Flamme

Pourtant, il y eut un temps où il était difficile et douloureux pour lui de répondre à l'appel de Dieu. Pendant plusieurs années, la pauvreté et la solitude spirituelle voilaient sa vie. Puis vint la percée. Dieu avait utilisé l'expérience du désert pour " l'amener à la fin de lui-même ". Il devint vivement conscient de l'absolue inutilité de sa vie. Il trouva sa seule valeur dans ce que Dieu lui avait donné en Christ.

Là grandissait dans la vie d'Oswald Chambers un profond désir de tout abandonner pour le nom de Christ. Il écrit : " Une âme sanctifiée peut être un artiste ou un musicien, [qu'importe] ; mais elle n'est pas un artiste sanctifié ou un musicien sanctifié ; elle est celui qui exprime le message de Dieu par l'intermédiaire d'un moyen particulier. Tant que l'artiste ou le musicien imagine qu'il peut consacrer ses dons artistiques à Dieu, il s'illusionne lui-même. L'abandon de nous-mêmes est l'essence de la consécration, il ne s'agit pas de présenter nos dons, mais de nous présenter nous-mêmes sans réserve [à Christ]. "

Tôt ou tard, Dieu fait prendre conscience à chacun de nous des domaines de nos vies où " les intérêts personnels " survivent. Ce sont là les domaines qu'Il vient toucher et dont Il demande un abandon complet.

Vivre la Vie Abandonnée

La Croix de Christ revêtit une dimension nouvelle pour Chambers. Elle n'était plus seulement un point de salut; elle devint l'endroit d'auto-abandon et de reddition à l'appel de Dieu. C'était plus que l'endroit du pardon; c'était l'endroit de la terre creuse où nous et lui nous tenons et nous identifions volontairement à Jésus-Christ. C'est le lieu où nous " abandonnons nos droits sur nous-mêmes " et mourons à nous-mêmes. De cette mort viennent la vie et l'opportunité de vivre une existence remplie de l'Esprit (Jean 12 :24). Alors que nous répondons à Dieu dans l'obéissance, Il promet de nous conduire et de nous guider dans la vie avec un sentiment de victoire et d'espérance. Les temps d'épreuve, de détresse, et d'isolement sont des temps durant lesquels Dieu accomplit Sa plus grande oeuvre, lorsqu'Il nous façonne à la ressemblance de Jésus.

" Le grand besoin pour un missionnaire (Chambers utilise ce terme pour désigner ceux qui ont donné leur vie

complètement à Christ) est d'être prêt pour Jésus-Christ, et nous ne pouvons pas être prêts à moins de L'avoir vu. " La façon dont nous parvenons à Le voir est par l'abandon. La bénédiction découlant d'une vie qui Lui est abandonnée est de témoigner quotidiennement de Sa puissance et de Sa grâce vivifiante et coulant de nos vies vers la vie d'autrui. Dans l'abandon et la reddition, nous trouvons l'âme débridée – celle qui n'est pas tentée par les trésors du monde, mais attachée à la grâce et la gloire du Sauveur. Le message d'Oswald Chambers est un message qui nous interpelle encore aujourd'hui. C'est un appel à laisser derrière nous tout ce qui est en dehors de Jésus-Christ :

" La bataille est perdue ou gagnée dans les lieux secrets de la volonté devant Dieu, jamais d'abord dans le monde

De temps en temps, pas souvent, mais quelquefois, Dieu nous amène à un point culminant. Il s'agit de la

Grande Ligne de Partage dans la vie ; à partir de ce point, soit nous nous dirigeons vers un type de vie chrétienne de plus en plus inutile et dilatoire; soit nous devenons de plus en plus enflammés pour la gloire de Dieu – c'est notre Lieu Suprême pour Sa Majesté. "

externe

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Page 20 - Biographie de Charles Chiniquy

La Prière façonne l'histoire par Charles Chiniquy

L'abbé Charles Chiniquy fut un prêtre catholique canadien réputé. Né à Kamouraska, Québec, le 20 juillet 1809, il fut le premier à établir une société de tempérance (entraide anti-alcoolique) dans ce pays, ce qui lui valut le titre "d'apôtre de la tempérance" au Canada. Ses nombreux dons et sa piété lui valurent également la mission de confiance d'installer toute une colonie de Canadiens Français dans l'État d'Illinois. Vers la fin de sa vie, il fut l'ami d'Abraham Lincoln. Il fit plusieurs tournées de prédication en Angleterre, et ce court témoignage sur l'événement le plus important de sa vie fut donné à Londres. Il vécut jusqu'à 90 ans et mourut à Montréal le 16 janvier 1899.

Récit autobiographique de l'événement le plus important de sa vie de prêtre

"Je suis né au Canada en 1809, et je fus baptisé la même année dans l'Église Catholique Romaine. En 1833, je fus ordonné prêtre. Je suis maintenant dans ma 74ème année et cela fait donc près de 50 ans que je reçus la dignité du sacerdoce dans l'Église Romaine.

Pendant 25 ans j'ai été prêtre de cette Église, et je peux vous dire franchement que j'aimais l'Église Romaine et que l'Église Romaine me le rendait bien. J'aurais versé mon sang jusqu'à la dernière goutte pour mon Église, et j'aurais sacrifié mille fois ma vie pour étendre sa puissance et son prestige sur le continent américain et dans le monde entier. Ma grande ambition était de convertir les Protestants, et de les amener à mon Église, parce que j 'avais reçu l'enseignement, et j'enseignais moi-même que, hors de l'Église Romaine, il n'y a pas de salut. J'étais donc attristé à la pensée que toutes ces multitudes de Protestants seraient perdus pour l'éternité.

Quelques années après ma naissance, nous vivions dans une localité où il n'y avait pas d'école. Ma mère fut, de ce fait, ma première institutrice, et le livre dans lequel elle m'apprit à lire était la Bible. A l'âge de 8 ou 9 ans, je lisais le livre divin avec un incroyable plaisir et mon coeur était transporté par la beauté de la Parole de Dieu. Ma mère choisissait elle-même les chapitres qu'elle désirait que je lise, et ma lecture me passionnait au point que, bien des fois, je refusais d'aller jouer dehors avec les autres petits gars plutôt que d'interrompre cette lecture du saint livre. Il y avait des chapitres que j'aimais tellement que je les apprenais par coeur.

Mais après la mort de ma mère, la Bible disparut de la maison, probablement par les bons soins du curé, lequel avait déjà auparavant essayé d'obtenir qu'elle lui fut remise.

Or cette Bible est la racine de toute cette histoire. Ce fut la lumière qui fut versée dans mon âme d'enfant et qui, grâces en soient rendues à Dieu, ne s'est jamais éteinte. Elle demeure là. Et, par la miséricorde de Dieu, c'est à cette chère Bible que je dois aujourd'hui l'indicible joie que j'éprouve à me trouver parmi les rachetés, parmi ceux qui ont reçu la lumière et qui boivent continuellement à la source pure de la Vérité.

Peut-être quelques-uns sont-ils en train de se demander si les prêtres catholiques permettent aux gens de lire la Bible. Oui, et de cela je remercie Dieu! C'est un fait qu'aujourd'hui presque dans le monde entier, l'Église Romaine accorde la permission de lire la Bible, et vous pouvez la trouver dans certains foyers catholiques.

Mais, ceci reconnu et admis, il faut dire la vérité toute entière. Lorsque le prêtre autorise un laïc à lire la Bible, et lorsque le prêtre lui même reçoit cette Bible de l'Église, il y a une condition. La condition est que, quoique ce prêtre et ce laïc

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puissent lire la Bible, ils ne doivent jamais, en aucune circonstance, en comprendre un seul mot selon leur propre conscience, intelligence ou conception.

Lorsque je fut ordonné prêtre, je fis le serment de ne jamais interpréter l'Écriture autrement que selon ce qu'on appelle "le consentement unanime des saints pères".

Amis, allez donc questionner un Catholique aujourd'hui et demandez-lui s'il a le droit de lire la Bible! Il vous répondra oui! Mais demandez-lui: "Avez-vous le droit de l'interpréter c'est-à-dire de la comprendre vous-même?" Il vous répondra non. Les prêtres disent positivement au peuple, et l'Église dit positivement aux prêtres, qu'ils n'ont pas le droit de comprendre un seul mot de la Bible selon leur propre intelligence ou leur propre conscience et que c'est un péché grave que de se permettre de le faire. Les prêtres disent au peuple: "Si vous essayez de comprendre la Bible avec votre propre intelligence, vous êtes perdu. C'est un livre très dangereux. Vous pouvez la lire, mais il serait mieux de ne pas la lire puisque vous ne pouvez pas la comprendre!"

Quel est le résultat d'un tel enseignement? Le résultat est que, malgré le fait que les prêtres et certaines personnes aient la Bible entre les mains, ils ne la lisent pratiquement pas. Liriez-vous un livre si vous étiez persuadé que vous ne pouvez pas en comprendre une ligne par vous-même?

Voilà donc la vérité, mes amis, concernant l'attitude de l'Église Romaine. Ils ont la Bible, vous la trouverez sur la table des prêtres et de certains catholiques, mais il n'y a pas deux prêtres sur 10 000 qui lisent la Bible du commencement à la fin et y prêtent attention. Ils lisent quelques pages par ci par là et c'est tout.

Dans l'Église Romaine, la Bible est un livre scellé. Mais elle ne l'est pas pour moi! Je la trouvais précieuse pour mon coeur lorsque je n'étais encore qu'un petit gars, et lorsque je devins prêtre de Rome, je la lus pour devenir un homme fort et pour être capable de discuter et défendre "mon" Église.

Mon grand objectif était de confondre les pasteurs protestants d'Amérique. Je me procurai un ouvrage sur les Pères et je l'étudiai jour et nuit avec les Saintes Écritures, afin de me préparer pour la grande bataille que je me proposais d'engager contre les Protestants. Je fis cette étude en vue de donner de solides fondements à ma propre foi en l'Église Catholique Romaine.

Mais Dieu soit béni, à chaque fois que je lisais la Bible, il y avait une voix mystérieuse qui disait en moi: "Ne vois-tu pas que, dans l'Église Romaine, vous ne suivez pas les enseignements de la Parole de Dieu, mais seulement la tradition des hommes? "

Dans les heures silencieuses de la nuit, lorsque j'entendais cette voix, je pleurais et criais, mais alors la voix devenait comme un éclat de tonnerre. Comme je voulais vivre et mourir dans la "sainte Église Catholique Romaine", je priais Dieu d'étouffer cette voix, mais je ne l'entendais que plus forte. Ainsi pendant que je lisais Sa Parole, Dieu essayait de briser mes fers, mais je ne voulais pas que ces fers-là soient brisés. Il venait à moi avec Sa lumière salvatrice, mais je ne voulais pas la recevoir!

Je n'ai pas de mauvais sentiments à l'égard des prêtres romains. Certains d'entre vous s'imaginent que, peut-être, j'en ai:

ils se trompent. Parfois je pleure à cause d'eux car je sais que, les pauvres gens, ils font juste comme moi, ils luttent contre le Seigneur comme je le faisais, et ils sont alors aussi misérables que je l'étais moi-même. Si je vous raconte l'une de ces luttes dont je vous parle, alors vous comprendrez ce que c'est que d'être un prêtre catholique, et peut-être prierez-vous pour eux.

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A Montréal il y a une magnifique cathédrale capable de contenir 15 000 personnes. J'y prêchais souvent. Un jour,

l'évêque me demanda d'y prêcher sur la vierge Marie et je le fis avec satisfaction. Je prêchai donc aux gens en cette nouvelle occasion ce que je croyais être vrai, et que les prêtres croient et prêchent partout. Voici les grandes lignes de mon sermon :

"Mes chers amis, lorsqu'un homme s'est révolté contre son roi, vient-il lui-même après cela se présenter devant lui? Et s'il a une faveur à demander à son roi, osera-t-il, dans de telle circonstances, apparaître lui-même en sa présence? Non! Le roi le châtierait. Que fait-il donc? Au lieu de se présenter lui-même, il charge quelque personne amie du roi, l'un de ses officier, sa soeur peut-être, voire sa mère, de présenter sa pétition. Cette personne parle au roi en faveur du coupable, demande pardon pour lui, apaise la colère royale et souvent il arrive que le roi accordera à cette personne la grâce qu'il eût refusée au coupable lui-même."

Eh bien, continuai-je, nous sommes tous pécheurs, nous avons tous offensé le grand et puissant roi, le Roi des rois. Nous avons fomenté de la rébellion contre Lui. Nous avons piétiné Ses lois, et certainement provoqué Sa colère contre nous. Que pouvons-nous faire maintenant? Irons-nous nous présenter à Lui les mains pleines d'iniquités? Non! Mais, Dieu merci, nous avons Marie, la mère de Jésus notre roi, qui se tient à Sa droite et comme un bon fils ne refuse jamais une faveur à une mère tendrement aimée (*lisez jusqu'au bout cette biographie !) , de même Jésus ne refusera jamais rien à Marie. Il n'a jamais repoussé aucune demande de sa part lorsqu'Il était sur terre. Jamais, Il ne l'a rebutée en quoi que ce soit. Mais quel est le fils qui voudrait faire de la peine à une mère aimante lorsqu'il peut la réjouir en lui accordant ce qu'elle demande? Eh bien, je le dis, Jésus, le Roi des rois, n'est pas seulement le Fils de Dieu; Il est aussi le Fils de Marie, et Il aime Sa Mère! Et de même qu'Il ne lui a jamais refusé aucune faveur lorsqu'Il était sur la terre. Il ne Lui en refusera aucune encore aujourd'hui."

"Que devons-nous donc faire? Certes pas nous présenter nous-mêmes devant le grand Roi, tout couverts d'iniquités comme nous le sommes! Adressons-nous donc à Sa Sainte Mère! elle ira elle-même aux pieds de Jésus son Dieu et son Fils et elle recevra certainement tout ce qu'elle demandera. Elle demandera notre pardon et elle l'obtiendra. Il vous accordera n'importe quoi du moment que c'est Sa Mère qui le lui demande!"

Mes auditeurs étaient si heureux à l'idée d'avoir une telle avocate intercédant pour eux jour et nuit aux pieds de Jésus, qu'ils pleuraient tous et étaient transportés de joie de ce que Marie allait demander et obtenir leur pardon.

A cette époque je pensais que c'était non seulement la religion du Christ, mais le bon sens même, et qu'on ne pouvait

rien trouver à redire!

Après le sermon, l'évêque vint, me donna sa bénédiction et me remercia, disant que ce sermon ferait beaucoup de bien dans la ville de Montréal!

Ce soir-là, lorsque je m'agenouillai et pris ma Bible, mon coeur était rempli de joie à cause du bon sermon que j'avais fait

le matin. J'ouvris et le passage de l'Évangile selon Matthieu chapitre 12, verset 46 se trouva devant mes yeux.

"Comme Il parlait encore au peuple, sa mère et ses frères étaient dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit: Voici, votre mère et vos frères qui sont là dehors, et ils cherchent à vous parler. Jésus répondit à l'homme qui lui disait cela: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? et étendant la main vers ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère." (Traduction catholique du Chanoine Crampon). Lorsque j'eus lu ces lignes, une voix me parla plus terrible que le tonnerre

et me dit : "Chiniquy, tu as prêché un mensonge ce matin lorsque tu as dit que Marie avait toujours obtenu de Jésus ce

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qu'elle lui demandait. Ne vois tu pas ici que Marie vient demander une faveur, celle de voir son fils? "

Marie, en effet, venait demander la faveur de voir son fils mais, lorsqu'elle arrive à l'endroit où il se trouvait, il y avait tellement de monde qu'elle ne peut entrer. Que fait-elle donc? Elle fait ce que ferait toute mère en cette circonstance: elle élève la voix et le prie de venir lui parler. Mais lorsque Jésus entend la voix de Sa mère, et que Son regard divin la discerne que fait-Il? Lui accorde-t-il ce qu'elle demande? Hé bien non! Il ferme Ses oreilles à sa voix, et ferme Son coeur à sa prière. C'est une rebuffade publique et qu'elle peut ressentir cruellement. Les gens sont surpris, même déconcertés, voire scandalisés! Ils se tournent vers le Christ et lui font remarquer que ce sont Sa mère et Ses frères qui Le demandent. Que répond Jésus? Rien d'autre que cette extraordinaire réponse: Étendant la main vers Ses disciples Il dit: "Voici ma mère et mes frères, car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma soeur, ma mère." Ainsi Marie se trouve-t-elle publiquement repoussée et rebutée.

La voix me parla à nouveau avec la force du tonnerre me disant de lire le même récit dans l'Évangile de Marc chapitre 3, verset 31-35 et dans celui de Luc, chapitre 8 verset 19-20. Ainsi, loin d'accorder à Sa mère ce qu'elle Lui demandait, Jésus avait répondu par une rebuffade publique! Alors la voix me parla de nouveau avec une terrible puissance me disant que Jésus, tant qu'Il était un petit enfant, obéissait à Joseph et à Sa mère, mais dès qu'Il se manifesta Lui-même devant le monde comme le Fils de Dieu Sauveur du monde, la grande Lumière de l'humanité, alors Marie devait disparaître. Car c'est vers Jésus Seul que le monde doit tourner ses regards pour recevoir Lumière et Vie!

Je vous le dis, mes amis, la voix me parla toute la nuit! "Chiniquy, Chiniquy, tu as prêché un mensonge ce matin, et tu as raconté une quantité de fables et de niaiseries. Tu enseignes contre les Écritures". Je priai et pleurai et ce fut pour moi une nuit blanche.

Le lendemain matin, je me rendis pour le déjeuner, à la table de l'évêque coadjuteur, lequel m'avait invité. Il me dit: M. Chiniquy, vous m'avez tout l'air d'un homme qui a passé la nuit à pleurer! Que se passe-t-il? Je lui dit: Monseigneur, vous ne vous trompez pas. Je suis dans une tristesse qui dépasse toute mesure! De quoi s'agit-il donc? demanda-t-il. Oh, Je ne puis vous le dire ici, répondis-je, mais si vous voulez bien m'accorder une heure d'entretien seul à seul, je vous montrerai quelque chose qui vous rendra perplexe.

Après le repas nous nous retirâmes dans son cabinet et je lui dis:

– Monseigneur, hier vous m'avez fait de grands compliments sur mon sermon dans lequel j'avais affirmé que Jésus avait

toujours répondu favorablement à Sa mère. Mais, Monseigneur, cette nuit, j'ai entendu une toute autre voix, plus puissante que la vôtre, et ce qui me trouble c'est de croire que cette voix est celle de Dieu! Cette voix m'a dit que nous, prêtres et évêques catholiques, nous prêchons ce qui est faux chaque fois que nous disons au peuple que Marie a toujours le pouvoir de recevoir de Jésus-Christ les faveurs qu'elle Lui demande. Ceci est un mensonge, Monseigneur et, j'en ai bien peur, un mensonge diabolique et une erreur tragique.

– Qu'est-ce que cela veut dire, M. Chiniquy, dit l'évêque, êtes-vous protestant ?

– Non, dis-je, je ne suis pas protestant! – souvent j'avais été appelé protestant à cause de mon attachement bien connu à

la Bible – mais je vous le dis les yeux dans les yeux, j'ai bien peur d'avoir prêché hier un mensonge, et que vous-même, Monseigneur, n'en prêchiez un la prochaine fois que vous direz qu'il faut invoquer Marie sous le prétexte que Jésus n'a

jamais rien refusé à Sa mère! Ceci est faux.

– Vous allez trop loin, M. Chiniquy, dit l'évêque.

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– Non, Monseigneur, répliquai-je et d'ailleurs cela ne sert à rien de discuter: voici l'Évangile, lisez-le!

Je mis l'Évangile entre les mains de l'évêque et il lut de ses propres yeux ce que j'ai déjà cité. Mon impression fut que c'était comme s'il lisait cela pour la première fois. Le pauvre homme était si surpris qu'il demeurait muet et tremblant. A la fin, il murmura :

– Qu'est-ce que cela veut dire?

– Eh bien, répondis-je, ceci est l'Évangile et vous y voyez que Marie est venue demander quelque chose à Jésus et que

non seulement Il a publiquement refusé de la recevoir, mais Il a même refusé de la considérer comme Sa Mère. Il a fait cela publiquement afin que nous sachions bien que Marie est la mère de Jésus comme homme mais non comme Dieu.

L'évêque était hors de lui, et ne savait quoi me répondre. Je demandai alors la permission de lui poser quelques questions, et lui dis:

– Monseigneur, qui nous a sauvés vous et moi en mourant sur la croix?

– Jésus-Christ, répondit-il.

– Et qui a payé vos dettes et les miennes en versant Son sang: Marie ou bien Jésus?

– Jésus-Christ.

– Eh bien donc, Monseigneur, lorsque Jésus et Marie se trouvaient sur la terre, qui aimait le plus les pécheurs, Marie ou bien Jésus?

Il répondit de nouveau que c'était Jésus.

– Dites-moi, demandai-je, a-t-on jamais vu un pécheur venir à Marie, sur la terre, pour être sauvé?

– Non.

– Avez-vous mémoire que des pécheurs soient venus à Jésus pour être sauvés?

– Oui, beaucoup.

– Les a-t-Il repoussés?

– Jamais.

– Jésus a-t-Il quelquefois dit aux pécheurs d'aller à Marie?

– Non.

– Ne vous souvient-il pas que Jésus, par contre, a dit aux pauvres pécheurs: "Venez à Moi" ?

– Oui, Il l'a dit.

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– A-t-Il depuis rétracté ces paroles?

– Non.

– Qui donc avait alors le pouvoir de sauver les pécheurs? demandai-je.

– Oh, c'était Jésus!

– Fort bien, Monseigneur et maintenant que Jésus et Marie sont au ciel, pouvez-vous me prouver que Jésus a perdu quoi que ce soit de Son désir et de Son pouvoir de sauver les pécheurs, ou bien qu'Il a délégué ce pouvoir à Marie?

- Non, dit l'évêque.

- Alors, Monseigneur, demandai-je, pourquoi n'allons-nous pas à Jésus et à Lui Seul? Pourquoi enseignons-nous aux

malheureux pécheurs qu'ils doivent aller à Marie, alors que, vous-même venez de le confesser, elle n'est rien comparée à Jésus, ni en puissance, ni en miséricorde, ni en amour, ni en compassion pour les pécheurs?

Le pauvre évêque ressemblait à un condamné à mort. Il tremblait devant moi, et il invoqua une affaire urgente devant moi, pour me laisser. L'affaire en question était qu'il ne savait pas me répondre.

Je n'étais toutefois pas encore converti, loin de là! Il y avait encore beaucoup de liens qui me retenaient attaché aux pieds du pape. Il y avait d'autres batailles à livrer avant que je puisse briser mes chaînes! Et, bien que je fusse troublé, je n'avais rien perdu de mon zèle pour "mon" Église. Les évêques m'avaient donné une grande autorité et de grands pouvoirs, le pape m'avait élevé au-dessus de beaucoup d'autres, et j'avais l'espoir, comme beaucoup l'ont, que petit à petit, nous pourrions réformer l'Église en beaucoup de points.

En 1851, je partis pour l'Illinois afin d'y fonder une colonie de Canadiens Français. J'emmenai avec moi 75000 personnes et installai la colonie sur les magnifiques prairies de l'Illinois, prenant possession de ce terrain au nom de l'Église Romaine.

Mon travail de colonisateur fit de moi un homme très riche. J'achetai beaucoup de Bibles et en offris une à presque chaque famille. L'évêque était très mécontent de moi à cause de cela, mais je ne me préoccupai pas de ce mécontentement.

Je n'avais pas la moindre idée de renier l'Église Romaine, mais je voulais diriger mon troupeau du mieux possible dans la voie dans laquelle Jésus-Christ désirait me voir les conduire.

Il advint que l'évêque de Chicago fit à cette époque une chose que nous, Français, ne pûmes tolérer. C'était une action criminelle, et j'écrivis au pape et obtins sa déposition. Un autre évêque fut nommé à sa place, lequel me délégua son Vicaire Général. Le Vicaire Général me dit :

– M. Chiniquy, nous sommes tous très heureux que vous ayez fait déposer cet évêque qui était un homme vil. Mais dans

beaucoup d'endroits on s'imagine que vous n'êtes plus dans l'Église Romaine. On vous suspecte d'être un hérétique et d'être devenu protestant. Ne voudriez-vous pas nous donner une déclaration qui nous permette de prouver dans le monde entier que vous et vos gens êtes toujours de bons catholiques romains?

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– Je n'y ai pas d'objection, répondis-je.

Il ajouta que c'était le désir personnel du nouvel évêque d'avoir un tel document émanant de moi. Je pris une feuille de papier, et il me sembla que j'avais là une occasion unique de réduire définitivement au silence la voix qui me parlait jour et nuit et troublait ma foi. Je voulus, par ce moyen, me persuader moi-même que dans l'Église Catholique Romaine, nous suivions réellement la Parole de Dieu, et pas seulement des traditions d'hommes J'écrivis donc exactement ce qui suit :

"Monseigneur, nous Canadiens Français de la Colonie de l'Illinois, voulons vivre dans la Sainte Église Romaine, Catholique et Apostolique, hors de laquelle il n'y a point de salut. Et pour prouver ceci à votre Excellence, nous promettons de nous soumettre à votre autorité, en suivant la Parole de Dieu telle que nous la trouvons dans l'Évangile du Christ."

Je signai ce papier et l'offris à la signature de mes gens, ce qu'ils firent. Je remis ensuite le document au Vicaire Général, lui demandant ce qu'il en pensait. Il dit: C'est exactement ce que nous désirions. Il m'assura que l'évêque accepterait cette déclaration et que tout serait en règle.

Lorsque l'évêque eut lu l'acte de soumission, lui aussi le trouva correct et avec des larmes de joie, il dit: "Je suis heureux que vous ayez déclaré votre soumission, car nous avions tous la crainte que vous et votre colonie ne deveniez Protestants !"

Chers amis, pour vous prouver mon aveuglement, je dois vous confesser à ma honte que j'étais heureux d'avoir fait la paix avec l'évêque, un homme alors qui ne l'avait pas faite avec Dieu. L'évêque me donna une "Lettre de Paix" dans laquelle il déclarait que j'étais l'un de ses meilleurs prêtres, et je retournai vers mes concitoyens bien déterminé à en rester là. Mais Dieu me regardait avec Sa pitié miséricordieuse, et Il s'apprêtait à briser cette paix avec l'homme et non avec Lui.

Après mon départ, l'évêque se rendit au bureau du télégraphe, d'où il télégraphia mon acte de soumission aux autres évêques en leur demandant leur opinion. Ils lui répondirent tous le même jour et avec unanimité:

– Comment ne voyez-vous pas que Chiniquy est un Protestant déguisé, et qu'il a fait de vous un Protestant ? Ce n'est pas à vous qu'il se soumet, c'est à la Parole de Dieu! Si vous acceptez cet acte de soumission, vous devenez vous-même un protestant!

Dix jours plus tard, je fus convoqué par l'évêque. Et lorsque je fus devant lui, il me demanda si j'avais sur moi la Lettre de

Paix qu'il m'avait remise à ma précédente visite. Je sortis la lettre, et lorsqu'il eut constaté que c'était bien l'original, il courut à la cheminée et la jeta dans le feu. J'étais stupéfait et me précipitai pour sauver ma lettre, mais il était trop tard,

elle était consumée. Je me tournai alors vers l'évêque et dis:

– Comment osez-vous, Monseigneur vous emparer d'un document qui est ma propriété, et le détruire sans mon consentement ?

– M. Chiniquy, répliqua-t-il, je suis votre supérieur, je n'ai pas de comptes à vous rendre.

– Vous êtes en effet mon supérieur, Monseigneur, répliquai-je, et je ne suis moi qu'un pauvre prêtre, mais il y a un Grand Dieu, qui est au-dessus de vous et de moi, et ce Dieu m'a donné des droits que je ne renierai jamais pour plaire a un homme quel qu'il soit. En présence de ce Dieu je proteste contre votre iniquité.

– Êtes-vous venu ici pour me faire la leçon, dit-il ?

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– Non, Monseigneur, répliquai-je, mais je désire savoir si c'est pour m'insulter que vous m'avez fait venir ici.

– M. Chiniquy, répondit–il, je vous ai fait venir parce que vous m'avez remis un document dont vous saviez fort bien que ce n'était pas un acte clé soumission.

– Faites-moi donc savoir quel acte de soumission vous requérez de moi!

– Vous devez commencer par supprimer le mots: "

du Christ", puis écrire simplement que vous promettez d'obéir à mon autorité sans aucune condition, et que vous promettez de faire quoi que ce soit que je vous dise de faire.

la Parole de Dieu telle que nous la trouvons dans l'Évangile

suivant

Je me dressai et dis:

– Monseigneur, ce que vous me demandez là ce n'est pas un acte de soumission, c'est un acte d'adoration! Je vous le refuse!

– Eh bien alors, dit-il, si vous ne pouvez me donner un tel acte de soumission, vous ne pouvez être plus longtemps un prêtre catholique.

Je levai les mains vers Dieu et m'écriai: "Dieu Tout Puissant, sois à jamais béni!" Et prenant mon chapeau, je quittai l'évêque.

Je retournai à ma chambre d'hôtel, fermai la porte à clé, et tombai à genoux pour examiner en présence de Dieu l'acte que je venais d'accomplir.

Je vis alors clairement pour la première fois de ma vie que l'Eglise Romaine ne pouvait pas être l'Eglise de Christ. J'avais appris la terrible vérité, non pas des lèvres des Protestants, non pas de ses ennemis, mais de l'Église Romaine elle-même. Je vis que je ne pouvais y demeurer qu'à condition de renier la Parole de Dieu dans un document officiel. Alors je reconnu qu'il valait mieux renier l'Église Romaine. Mais, oh mes amis, quel épais nuage s'étendait maintenant autour de moi. Dans mes ténèbres je priais:

"Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi mon âme est-elle entourée d'un nuage si sombre ?" Avec larmes, je criai à Dieu de me montrer le chemin, et pendant un moment, aucune réponse ne me vint. J'avais quitté l'Église Romaine, j'avais renoncé à ma position, à mon honneur, à mes frères et soeurs, à tout ce qui m'était cher!

Je voyais d'avance comment le Pape, les évêques, les prêtres allaient m'attaquer dans la presse et du haut de la chaire, comment ils essaieraient de m'ôter l'honneur, le nom et peut-être la vie.

Je comprenais qu'une guerre sans répit avait maintenant commencé entre l'Église Romaine et moi, et je cherchais si quelque ami me restait pour être à mes côtés dans cette bataille. Mais je n'en vis pas un, car je savais que même mes amis les plus chers seraient dans l'obligation de me maudire et de me considérer comme un traître infâme. Je voyais mon peuple me rejeter, et ma patrie bien-aimée, où je comptais tant d'amis, me maudire; je comprenais que j'étais devenu un objet d'horreur pour le monde. J'essayai alors de me rappeler si j'avais quelque amitié parmi les Protestants. Mais j'avais tellement parlé et écrit contre eux ma vie durant que je n'avais pas un seul ami parmi eux. Je me vis bien seul dans la bataille.

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C'en était trop et si, en cette heure terrible, Dieu n'avait pas fait un miracle, je n'aurais pu résister. Il me semblait impossible de sortir de cette chambre pour entrer dans un monde glacé où je ne trouverai plus une main pour serrer la mienne, ou un seul visage pour me sourire, mais où je ne rencontrerai que les regards qu'on jette sur les traîtres.

Il semblait que Dieu était bien loin, mais Il était bien près. Soudain, la pensé me traversa: "Tu as ton Évangile, lis-le, tu y trouveras la lumière!" Agenouillé et la main tremblante j'ouvris le livre – ou plutôt ce ne fut pas moi qui l'ouvris mais Dieu, car voici le verset sur lequel mes yeux tombèrent: "Vous avez été rachetés à grand prix, ne devenez pas esclaves des hommes!" (1ère épître aux Corinthiens, chapitre 7, verset 23). Avec ces mots, la lumière entra en moi et pour la première fois je vis le grand mystère du salut dans la mesure où un homme peut le voir. Je me dis:

"Jésus m'a acheté, donc si Jésus m'a acheté, Il m'a sauvé: je suis sauvé! Jésus est mon Dieu. Toutes les oeuvres de

Dieu sont parfaites. Je suis donc parfaitement sauvé! Jésus ne peut pas me sauver à moitié. Je suis sauvé par le sang

de l'Agneau, je suis sauvé par la mort de Jésus."

Ces mots me furent si doux que j'éprouvai en les prononçant une joie indicible, comme si les sources de vie s'étaient ouvertes et des flots de lumière nouvelle inondaient mon âme. Je me dis:

"Non je ne suis pas sauvé, comme je l'avais cru, en passant par Marie, ni en allant expier moi-même dans un "purgatoire", ni par la confession, ni par les indulgences et les pénitences. Je suis sauvé par Jésus seul !"

J'éprouvai alors une joie telle, une telle paix, que les anges de Dieu ne peuvent pas être plus heureux que je ne l'étais. Le sang de l'Agneau ruisselait sur ma pauvre âme pécheresse. Avec un profond cri de joie je priai: " Ô Jésus Bien-Aimé, je

le sens, je le sais, Tu m'as sauvé. Ô Don de Dieu, je T'accepte. Prends mon coeur et garde-le à jamais à Toi! Don de

Dieu, demeure en moi pour me rendre pur et fort, demeure en moi pour être mon chemin, ma lumière et ma vie. Accorde-moi de demeurer en Toi maintenant et pour toujours. Mais, Jésus Bien-Aimé, ne me sauve pas seul! sauve mon peuple! Accorde-moi de leur montrer le Don à eux aussi! Oh puissent-ils t'accepter et se sentir riches et heureux comme je le suis désormais moi-même."

C'est ainsi que je découvris la lumière. J'avais ouvert mon âme et accepté le Don. Vous n'avez rien à faire d'autre que d'accepter ce Don, l'aimer et aimer Celui qui le donne.

Le dimanche matin, la foule se rassemblait dans l'Église, je leur présentai le DON. Je leur montrai ce que Dieu m'avait

présenté: Son Fils Jésus comme un Don – et en Jésus, le pardon de mes péchés et la vie éternelle comme un Don. Alors

ne sachant pas s'ils accepteraient le Don ou non, je leur dis: "Maintenant, mes amis, l'heure est venue pour moi de vous

quitter. J'ai quitté pour toujours l'Église Romaine. J'ai pris le Don de Christ. Si vous pensez qu'il vaut mieux pour vous

suivre le pape que suivre Christ et invoquer le nom de Marie plutôt que Celui de Jésus, afin d'être sauvés, faites-le moi savoir en vous tenant debout."

A mon immense surprise, toute la multitude demeura assise, remplissant l'édifice de sanglots. Je pensais que

quelques-uns d'entre eux me diraient de m'en aller, mais pas un seul ne le fit. Comme je les observais, je vis un changement se produire en eux, un merveilleux changement qui ne peut s'expliquer de manière naturelle, et je leurs dis dans un cri de joie: "Le Dieu puissant Qui m'a sauvé hier peut vous sauver aujourd'hui! Avec moi, vous traverserez la mer rouge et vous entrerez dans la Terre Promise: avec moi vous accepterez le Grand Don, et vous serez riches et heureux

en ce Don! Je vais vous poser la question sous une meilleure forme; si vous pensez qu'il vaut mieux pour vous suivre le

Christ que suivre le pape, et invoquer le nom de Jésus Seul qu'invoquer celui de Marie, qu'il est meilleur pour vous de mettre votre confiance seulement dans le sang de l'Agneau répandu sur la croix pour vos péchés plutôt que dans le

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Purgatoire imaginaire après votre mort, et si vous pensez qu'il vous est préférable de m'avoir, moi qui désormais prêcherai le pur Évangile de Christ, plutôt que d'avoir un prêtre qui vous prêche les doctrines de Rome, faites-le moi savoir en vous levant !" Et tous sans exception se dressèrent sur leurs pieds et avec des larmes me demandèrent de rester avec eux. Et les mots seraient incapables de décrire la joie de cette multitude. Les noms d'un millier d'âmes furent inscrits dans le Livre de Vie.

Six mois plus tard, nous étions deux mille convertis. Un an plus tard, environ quatre mille, et maintenant nous sommes près de 25000 qui avons blanchi nos robes dans le sang de l'Agneau. La nouvelle se répandit à travers tout le continent américain et même en France et en Angleterre que Chiniquy, le prêtre le plus connu du Canada avait quitté l'Église Romaine à la tête d'une noble compagnie d'hommes. Partout, le nom de Jésus-Christ fut béni et vous bénirez avec moi le Sauveur adorable et miséricordieux, maintenant que je vous ai raconté ce qu'Il a fait pour mon âme "

Page 21 - Biographie de Sarah A. Cooke

L'Intercesseuse Cachée par David Smithers

Les dons les plus précieux de Dieu sont souvent cachés dans les vases les plus obscurs et ordinaires. La perle de prix se trouve cachée dans une plate coquille d'huître grise et le Sauveur Lui-même S'est révélé sous la forme d'un humble charpentier. Pourtant, nous nous attendons toujours trop souvent à trouver la gloire de Dieu sur une certaine grande scène, baignée de feux brillants (1 Corinthiens 1:26-29).

Sarah Cooke (qui est mieux connue sous le nom de Tante Cooke) fut l'une de ces perles cachées du Maître. Son ministère était principalement celui de l'intercession fervente. Quoique frêle et petite, Tante Cooke prévalut avec Dieu et l'homme par la puissance de la prière. Son ministère était invisible, néanmoins il influença ceux qui étaient fortement respectés et estimés. Il toucha la vie d'hommes tels que Samuel Brengle, G. Campbell Morgan, B. T. Roberts, John Wesley Redfield, S. B. Shaw et D. L. Moody. Cette petite femme priante eut un grand impact sur tous ceux-ci et beaucoup plus. Sarah Cooke définissait la vraie prière comme celle qui est fervente, fervente et comme une lutte dans l'Esprit. Elle considérait chaque moment passé dans la prière réelle comme un moment passé dans le feu de la régénération de l'Esprit Saint. Elle était toujours prête à contribuer au soutien de l'oeuvre divine du réveil par l'arme de la prière. L'autobiographie de Madame Cooke est riche d'exemples de son ministère de prière. Elle écrit : "Ce fut à Ross que l'oeuvre surgit avec une grande puissance. Il semblait y avoir une explosion de la nuée de la miséricorde. A des kilomètres et des kilomètres à la ronde, les 'gouttes de la miséricorde' tombèrent sur les gens. La conviction saisit des hommes se trouvant à une distance de 20 kilomètres, qui n'avaient pas été à proximité des lieux de la réunion. Nous traversâmes un jour un endroit où les hommes avaient arrêté leurs batteuses et tenaient une réunion de prière. Un peu

plus loin, d'autres moissonneurs avaient interrompu leur travail et étaient à genoux en prière

Il y avait des périodes

fréquentes de prière fervente, victorieuse, de chant vivant, suivies de courts messages ardents et de témoignages. Nous n'avions aucun service formel, froid. L'Esprit Saint béni insufflait la vie et la puissance sur nous à chaque réunion. On entendait des éclats soudains de pleurs pour obtenir miséricorde et des cris de louange à la plupart des réunions. "

Une autre histoire qui décrit le fructueux ministère de prière Tante Cooke est liée au célèbre D. L. Moody. Madame Cooke décrit sa rencontre avec l'évangéliste : "Monsieur Moody était un ouvrier sérieux, pleinement dévoué, mais à moi il me semblait qu'il y avait une telle déficience dans ses paroles. Cela me semblait plus le fait de l'énergie humaine naturelle et de la force de caractère de l'homme, que quoi que ce soit de spirituel. J'estimais qu'il lui manquait ce que les apôtres avaient reçu le jour de la Pentecôte. La chère soeur Hawxhurst et moi-même, après les réunions du soir, lui en parlâmes. Au premier abord, il parut étonné, ensuite il fut convaincu. Alors il nous demanda de le retrouver chaque

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vendredi après-midi pour la prière. À chaque réunion, il arrivait avec toujours plus de ferveur dans l'agonie du désir de la plénitude de l'Esprit." En peu de temps, après ces réunions de prière, Monsieur Moody fut baptisé de l'Esprit. En arpentant Broadway à New York, "soudainement le Saint-Esprit tomba sur lui et il chancela sous le poids de gloire et la

richesse de l'amour. Il fut si écrasé par la révélation de Christ en lui qu'il s'écria : 'Oh, Seigneur, retire Ta main, retire Ta main, ou le vase va se casser. ' Moody rentra à Chicago et, comme il le dit lui-même, il prêcha les mêmes sermons, mais là où avant il avait dix convertis, il en avait maintenant des centaines." Tout cela peut être relié dans une grande mesure

à l'intercession constante de la petite Tante Cooke en faveur de Monsieur Moody. Samuel Brengle décrivit Sarah Cooke

comme l'une des femmes les plus débordantes de joie qu'il ait jamais connue. Jésus était la passion et la joie de son âme. "Elle ne perdait aucune occasion de parler au saint comme au pécheur du grand salut de Christ. Le Docteur Campbell Morgan raconte comment il entra un jour dans un tramway et vit un homme assis seul sur l'un des sièges. Il sentait monter en lui l'impulsion de lui parler de son âme, mais hésitait à rassembler son courage entre ses deux mains.

Quand il se tourna pour prendre la place, il la trouva occupée par une petite femme, qui parlait maintenant avec solennité

à l'homme. " Cette petite femme était Sarah Cooke.

Madame Cooke eut de nombreuses fois le coeur brisé par le péché d'absence de prière parmi les chrétiens. Pour conclure, ouvrons nos coeurs alors que Sarah Cooke nous décrit comment la prière est souvent négligée dans l'Église. "J'étais à une réunion dans l'Illinois où plus de vingt pasteurs étaient présents. Chaque jour une réunion de prière était tenue à six heures. Pendant trois matins, l'heure vint, mais pas un des vingt pasteurs n'était là. Mon âme était remuée au dedans de moi. S'ils avaient été vivants aux yeux de Dieu, n'auraient-ils pas dû s'emparer là de la bénédiction de Dieu pour les gens qui se réuniraient là pendant le jour ? Réveille-toi, bien-aimé prédicateur de l'Évangile!"

Jacques 4 : 2 2 Vous convoitez, et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas.

Page 22 - Biographie de Jonathan Edwards

La Prière façonne l'histoire par Leonard Ravenhill

Jonathan Edwards (1703-1758) atteignit la grandeur en tant que prédicateur-évangéliste américain, recteur d'une université, mystique et revivaliste.

"Jonathan Edwards est non seulement le plus grand de tous les théologiens et philosophes américains, mais aussi le plus grand de nos auteurs du pré-19ème siècle." écrit Randall Stewart dans son livre American Literature and Christian Doctrine (Littérature Américaine et Doctrine Chrétienne).

Voici un résumé concis de la vie d'Edwards de la plume habile de Perry Miller : "Jonathan Edwards fut l'un des cinq ou six principaux artistes de l'Amérique - qui par bonheur vint à travailler avec des idées au lieu de poèmes ou de romans. Il était beaucoup plus un psychologue et un poète qu'un logicien. Quoiqu'il ait consacré son génie à des sujets tirés du "

corps de la divinité (la volonté, la vertu, le péché), il les peignit à la manière du spectateur le plus excellent

Pour nous, voir Jonathan Edwards monter en chaire aujourd'hui, une bougie dans une main et le manuscrit de son

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sermon dans l'autre, causerait un gloussé dans l'assemblée. Installés sur nos modernes sièges confortables faits de mousse dans nos églises, avec leurs allées tapissées et une musique de fond reposante, nous pouvons à peine appréhender la dignité de l'Eglise sans prétention de jadis où Edwards et d'autres tenaient captifs les coeurs et les esprits de leurs auditeurs.

Quand Jonathan Edwards "s'exprimait" dans l'Esprit, l'on oubliait son visage sans expression, sa voix sonore, ses vêtements sobres. Il n'était ni un lourdaud, ni un paresseux. Il était un coeur consacré qui avait pour désir d'impartir fidèlement la Parole de vérité. Mais en faisant cela, Edwards s'enflammait. Cependant à ses yeux, la recherche du sensationnel était tout anathème. Il n'eut jamais l'arrière-pensée dans aucune de ses prédications d'impressionner. L'érudition en feu pour Dieu est à mon avis la huitième merveille du monde. Edwards la possédait.

La bouche d'Edwards a dû paraître comme une épée effilée à deux tranchants à ses attentifs auditeurs. Ses paroles ont dû avoir été aussi douloureuses à leurs coeurs et leurs consciences que le métal brûlant sur leur chair. Néanmoins, les hommes ont prêté attention, se sont repentis et ont été sauvés. "Connaître la terreur du Seigneur" (une chose apparemment oubliée à notre époque tant par la chaire que le banc des auditeurs), chérissait Edwards avec une sainte colère. Imperméable à toutes les conséquences d'une telle sévérité, il entonna ces paroles depuis sa chaire :

"L'arc de la colère de Dieu est tendu et Ses flèches préparées sur la corde. La justice dirige la flèche sur votre coeur et tend l'arc. C'est uniquement le seul plaisir de Dieu (et celui d'un Dieu courroucé sans aucune promesse ou obligation du tout) qui empêche pendant un moment la flèche de s'enivrer de votre sang."

Pour proclamer la vérité ainsi avec larmes et tendresse, il faut être un homme oint et donc intrépide et compatissant. Mais dans les coeurs et les esprits des auditeurs, il doit aussi y avoir eu un peu de grâce prévenante à l'oeuvre. Sinon, les hommes se seraient rebellés face à ce sévère flot de puissance coulant sur leurs âmes. Comme ce fut le cas, devant l'ouragan spirituel d'Edwards, la foule s'effondra. Certains tombèrent à terre comme terrassés. D'autres, la tête courbée, s'accrochèrent aux colonnes du temple comme s'ils craignaient de tomber dans les abyssales profondeurs de l'enfer.

Edwards pleurait lorsqu'il prêchait. En cela, il était un parent dans l'âme du puissant Brownlow North du réveil qui eut lieu quelques années plus tard en Irlande en 1859. La loi divine du Psaume 126:6 n'a jamais été, ni ne peut jamais être abrogée : "Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes."

En tant que pasteur d'une des assemblées de la Nouvelle Angleterre les plus grandes, les plus riches et les plus socialement conscientes, Edwards avait une rare perception des besoins de son troupeau. Il avait aussi un coeur pétri d'une grande tendresse pour leur santé spirituelle. Rendons-nous dans les bois là où Edwards est seul avec son Dieu. Rampons derrière ce vieil arbre noueux et écoutons sa prière brisée :

être vidé et annihilé, couché dans la poussière et rempli de Christ seul, L'aimer d'un

amour saint et pur, avoir confiance en Lui, vivre de Lui et être parfaitement sanctifié et rendu pur d'une pureté divine et céleste."

"Je sens une ardeur dans l'âme à

Edwards était aussi un parent dans l'âme de George Whitefield, son contemporain. Le puissant américain Jonathan Edwards avait-il été suscité par l'apôtre anglais, Whitefield ? Les mouvements tonitruants de l'âme vibrante de Whitefield, qui s'abattirent alors comme une tempête à travers toute la Nouvelle Angleterre, avaient-ils perturbé et défié la normalité de la vie de prédication d'Edwards ? Ceci n'est pas une question rhétorique. On ne peut pas répondre à cela entièrement, mais il contient plus d'une graine de vérité. Nous savons en réalité qu'après avoir rencontré le jeune George Whitefield, Jonathan Edwards changea son style de notes pour ses sermons.

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Il plut au Seigneur d'entraver Edwards dans son élan par un petit pastorat à Stockbridge, dans le Massachussets. Cet exil vit le jour à cause d'un différend avec un certain Monsieur Stoddard, qui avait administré le Repas du Seigneur à certaines personnes qui n'avaient pas rendu publique leur confession de foi en Jésus-Christ comme leur Sauveur personnel. Mais dans sa solitude, le brillant esprit d'Edwards prit son envol. Sa pensée longtemps incubée vint à la naissance. Ainsi, il est probable qu'il ait dit à Monsieur Stoddard ce que Joseph avait dit à ses frères : "Vous avez médité le mal contre moi; mais Dieu l'a changé en bien." Le Seigneur de nouveau changea la colère de l'homme en louange à Son nom, car, à cette période, l'âme d'Edwards obtint la mesure "des mots". De sa plume, coula le meilleur de ses écrits. Edwards dort, mais son message parle toujours.

Quand la mort avait depuis longtemps fait taire la voix de Milton, Wordsworth pleura :

Milton, vous devriez être en vie en cette heure :

L'Angleterre a besoin de vous; Elle est un marais d'eaux Stagnantes. Nous pourrions paraphraser ces paroles ainsi :

Edwards, vous devriez être en vie en cette heure :

L'Amérique a besoin de vous :

Elle est un marais (spirituellement) D'eaux stagnantes.

Une mince croûte, une très mince croûte de moralité, il me semble, empêche l'Amérique de s'effondrer complètement. Dans cette heure périlleuse, nous avons besoin d'une génération entière de prédicateurs comme Edwards.

"O Eternel des armées, tourne-Toi de nouveau vers nous; que Ta face brille sur nous, et nous serons sauvés."

Mettez en contraste ce grand homme de Dieu avec ses contemporains. Je cite Al Sanders dans Crisis in Morality (Crise dans la Moralité)!

"Max Jukes, l'athée, vécut une vie impie. Il épousa une fille impie et de l'union il y eut 310 qui moururent pauvres, 150 qui furent des criminels, 7 qui furent des meurtriers, 100 qui furent des ivrognes et plus de la moitié des femmes qui furent des prostituées. Ses 540 descendants coûtent à l'Etat un million et quart de dollars."

"Mais, louange au Seigneur, cela fonctionne dans les deux sens! Il y a le témoignage d'un grand homme de Dieu américain, Jonathan Edwards. Il vécut à la même époque que Max Jukes, mais il épousa une fille pieuse. Une investigation établit que sur 1394 descendants connus de Jonathan Edwards, 13 devinrent des présidents d'universités, 65 des professeurs de l'université, 3 des sénateurs aux Etats-Unis, 30 des juges, 100 des avocats, 60 des médecins, 75 des officiers de l'armée et de la marine, 100 des prédicateurs et missionnaires, 60 des auteurs proéminents, un vice-président des Etats-Unis, 80 devinrent des fonctionnaires publics dans d'autres fonctions, 295 des diplômés de l'université, parmi lesquels il y eut des gouverneurs d'états et des ministres à l'étranger. Ses descendants ne coûtèrent à l'Etat pas un seul centime.

Proverbes 10 : 7 7 La mémoire du juste est en bénédiction, Mais le nom des méchants tombe en pourriture.

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Pour nous, c'est la conclusion de tout le sujet.

Page 23 - Biographie de Jim Elliot

La Vie de Recherche par In Touch Ministries

Où que vous soyez, soyez-y pleinement. Vivez à fond chaque situation que vous croyez être la volonté de Dieu.

La vie et la mort de Jim Elliot furent le témoignage d'un homme consacré à la volonté de Dieu. Il recherchait la volonté de Dieu, priait avec ferveur pour la connaître, s'attendait à elle, et, ce qui est le plus important, y obéissait. Sa mort en martyr à l'âge de 38 ans et les livres dédiés à sa vie qui en découlèrent, écrits par son ancienne femme, Elisabeth Elliot, furent le catalyseur qui envoya des milliers sur les champs missionnaires et qui alimentèrent les feux d'un coeur consacré à Dieu. Il était un chrétien intense, résolu fermement à plaire à Dieu seul et non à l'homme.

"[Il fait de]Ses ministres des flammes de feu", écrivait Elliot lorsqu'il était étudiant à l'Université Wheaton. "Suis-je inflammable ? Dieu, délivre-moi de l'effroyable amiante des 'autres choses'. Sature-moi de l'huile de l'Esprit afin que je puisse être enflammé. Mais une flamme est provisoire, et sa vie est souvent de courte durée. Peux-tu supporter cela, mon âme – une vie courte? En moi, habite l'Esprit du Grand Un à la Vie Brève, dont le zèle pour la maison de Dieu L'a consumé. "

Elliot était un écrivain, orateur et enseignant talentueux. Il avait une présence qui commandait le respect alors qu'il était étudiant à Wheaton, et passait même pour une célébrité sur le tapis de catch dont il devint un champion. Un bon nombre de ses amis étaient convaincus que les dons spirituels d'Elliot devraient se concentrer sur l'objectif de l'édification de l'Eglise d'Amérique.

Elliot, pourtant, désirait la volonté de Dieu, et non celle de l'homme. Après de nombreuses sessions de prière solitaires et prolongées, Elliot sentait que Dieu l'appelait dans une terre étrangère, spécifiquement l'Amérique du Sud. "Pourquoi certains devraient-ils entendre deux fois", disait-il, "alors que d'autres n'ont pas entendu [l'Evangile] une seule fois ?"

Ses correspondances avec un ancien missionnaire en Equateur et le fait d'avoir entendu parler d'une tribu, les Aucas, qui n'avait jamais été atteinte par la nouvelle de la rédemption de Christ établirent son parcours.

Dans le courant de l'hiver 1952, Elliot et un ami qui partageait sa vision embarquèrent sur un navire de marchandises, la Santa Juana, en direction des jungles d'Amérique du Sud.

Centré sur l'Obéissance

La focalisation sur la volonté de Dieu d'Elliot le conduisit à faire la cour de façon disciplinée et quelque peu orthodoxe à Betty Howard, qu'il avait rencontrée à Wheaton. Ils aspiraient à devenir mari et femme, mais Elliot ne voulait pas accepter le joug du mariage à moins d'être certain que c'était là le plan de Dieu. Elisabeth and Jim furent tous les deux appelés à aller en Equateur comme missionnaires. Pratiquement une année après leur arrivée, ils se fiancèrent finalement. Le 8 octobre 1953, ils se marièrent dans une cérémonie civile à Quito, en Equateur. Après son mariage, Elliot continua son travail parmi les Indiens Quichua et établirent des plans pour atteindre les Aucas.

Au cours de l'automne 1955, le pilote missionnaire Nate Saint repéra un village Auca. Durant les mois qui suivirent, Elliot

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et plusieurs collègues missionnaires jetèrent des cadeaux depuis un avion, dans la tentative de nouer des liens d'amitié avec l'hostile tribu.

En janvier 1956, Elliot et quatre compagnons atterrirent sur une rive de la Rivière Curaray dans l'Est de l'Equateur. Ils eurent plusieurs contacts amicaux avec la féroce tribu qui avait auparavant assassiné plusieurs employés de la société Shell Oil. Deux jours plus tard, le 8 janvier 1956, les cinq hommes furent tous transpercés à coups de lance et massacrés à coups de machette par des guerriers de la tribu Auca. Le magazine Life publia un article de 10 pages sur leur mission et leur mort.

"Ils apprirent au sujet des Aucas alors qu'avec leurs épouses ils servaient les Indiens Jivaro qui parlaient le Quichua. Les Aucas avaient tué tous les étrangers pendant des siècles.

"Les autres Indiens les redoutaient mais les missionnaires étaient déterminés à les atteindre. Elliot affirmait : 'Nos ordres sont : l'Evangile à toute créature.' "

La Bonne Volonté de Dieu

Elliot désirait la volonté de Dieu. Elle s'acheva dans sa mort, mais ce fut une mort dont la semence produit encore du fruit pour la cause de l'Evangile.

Beaucoup d'Aucas en vinrent en définitive à accepter Christ comme leur Sauveur lorsqu'Elisabeth Elliot retourna bravement partager Christ avec ceux qui avaient tué son mari. Ses livres, Shadow of the Almighty (Ombre du Tout-Puissant) and Through Gates of Splendor (A Travers les Portes de la Splendeur), parlent avec passion de la puissance, la majesté et la souveraineté de Dieu, à travers une chronique de la vie de son mari.

Il se peut que vous soyez ou que vous ne soyez pas appelé au champ missionnaire, mais chaque chrétien est appelé à l'aventure délectable qui consiste à connaître et à accomplir la volonté de Dieu. C'est là l'émotion remplie de tressaillements de la vie chrétienne : expérimenter Dieu au centre de tous vos actes, pensées et paroles.

Recherchez-vous la volonté de Dieu pour votre vie ? Est-elle la racine de toutes bénédictions – pour votre famille, vos finances, votre travail, vos relations, votre service, votre vie ? La volonté de Dieu est la meilleure.

Le processus n'est pas toujours facile, mais Dieu est disposé à révéler Son plan à ces hommes et femmes qui Le désirent par dessus toutes autres choses et qui trouvent leur plaisir en Lui. Cela signifie mettre de côté votre agenda et demander à Dieu de vous donner "le vouloir et le faire selon Son bon plaisir" (Philippiens 2:13).

Il y a généralement une période de tamisage, d'attente en Dieu pour recevoir Son moment choisi. Les Elliot attendirent cinq ans avant de ressentir que le moment de Dieu était mûr pour une union maritale.

Approchez-vous de Dieu. Confessez votre péché et repentez-vous en. Neutralisez votre coeur et votre esprit, disant à Dieu que vous désirez seulement être un instrument dans Ses mains. Attendez Sa réponse à travers les circonstances, Sa Parole, ou le conseil d'autres croyants matures. Il vous montrera ce qu'Il veut que vous fassiez parce qu'Il vous aime.

Vous pouvez vivre "à fond" lorsque vous recherchez la bonne et acceptable volonté de Dieu et que vous y obéissez.

Page 24 - Biographie de Christmas Evans

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La Prière façonne l'histoire par David Smithers

Christmas Evans savait comment prier et par conséquent connaissait la puissance du Saint-Esprit. Il considérait la prière non comme une activité passive ou superficielle, mais comme une responsabilité qui doit être mise en pratique.

Christmas Evans, souvent surnommé " le John Bunyan du Pays de Galles ", naquit le jour de Noël de l'année 1766. " C'était un homme de prière éminent. La prière était son pain quotidien, la respiration même de son âme. Il se considérait lui-même comme revêtu, à travers Christ, de toutes les bénédictions de l'Evangile, et venait avec audace au trône de la grâce en tout temps de besoin. Durant toute sa vie de ministère, il passa la plupart de son temps dans la chambre secrète. Pendant plusieurs années, il avait l'habitude de se tenir en retrait trois fois par jour pour jouir d'un temps de dévotion, et se levait régulièrement à minuit dans le même but."

"Quand il devait prêcher à une association, ou à n'importe quelle occasion importante, il luttait durant des heures avec l'Ange de l'alliance, sans lâcher prise jusqu'à ce qu'il se sente lui-même revêtu de la puissance d'en-haut. " A ce moment-là, il sortait de sa cachette pour se rendre à la congrégation, tout comme Moïse sortait du tabernacle, après sa communion avec Dieu. " C'était son secret, persévérer dans la prière jusqu'à ce que l'onction de l'Esprit vienne. Bien qu'il s'habillât souvent de façon misérable et qu'il fût maladroit, de grandes foules venaient l'écouter prêcher et il y avait souvent des larmes, des pleurs et des excitations incontrôlables.

"A son arrivée en Angleterre, il trouva dix petites sociétés baptistes dans un état de distraction et d'apathie. Il était le seul serviteur de Dieu et il n'y avait pas un seul frère pour l'aider à plus de 200 kilomètres à la ronde. Il commença son oeuvre avec ardeur et sérieux. Une de ses premières dispositions fut de programmer un jour de jeûne et prière dans tous les endroits où il prêchait. Il eut très vite la satisfaction de voir se produire un réveil qui se répandit très largement et dura sous son fidèle ministère plusieurs années. "

Ceux qui furent les témoins de cette grande période de bénédiction spirituelle rapportèrent que les gens étaient si touchés par les sermons d'Evans qu'ils dansaient littéralement de joie. Cela leur valut le surnom de "Sauteurs gallois". D'autres disaient que les gens ressemblaient aux habitants d'une ville ébranlée par un tremblement de terre, ils se précipitaient dans les rues, tombaient par terre, hurlaient et criaient à Dieu.

"En 1794, l'Association Baptiste du Sud tint une convention à Caermarthenshire. Evans y fut invité comme un des orateurs à cette occasion. Il dut faire un voyage d'environ 300 kilomètres. Il le fit à pied, armé de son héroïsme habituel, prêchant dans différents endroits tout le long du voyage. La réunion devait commencer avec trois sermons consécutifs, dont le dernier devait être prêché par Evans. La réunion se tenait en plein air, et la chaleur était très accablante. Evans se leva et commença son sermon. A peine avait-il parlé 15 minutes qu'une foule de gens se mirent debout, certains pleuraient, d'autres louaient, d'autres encore sautaient et frappaient des mains tout joyeux. Tout cela continua malgré la fin du sermon. Pendant toute la soirée, et durant toute la nuit, le bruit des réjouissances et des prières pouvait être entendu dans toutes les directions alentour. Et le jour qui commençait à poindre, réveillant le petit nombre de personnes qui s'étaient endormies de fatigue, renouvela l'espérance de l'enlèvement céleste."

Christmas Evans savait comment prier et par conséquent connaissait la puissance du Saint-Esprit. Il considérait la prière non comme une activité passive ou superficielle, mais comme une responsabilité qui doit être mise en pratique. Dans un sermon sur le Saint-Esprit, il nous rappelle cette vérité souvent négligée : "Christ intercède pour nous, sans nous et indépendamment de nous. Mais le Saint-Esprit intercède au travers de nous, plaidant dans nos prières par nos soupirs

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inexprimables. Il n'agit jamais sans nous. Il nous inspire la prière, mais c'est à nous d'agir par la prière. Il oeuvre en nous afin que nous ayons le vouloir et le faire selon Son bon plaisir. Mais Il ne réalisera pas le vouloir et le faire à notre place !" Si nous voulons voir un réveil, NOUS devons prier !

Page 25 - Biographie de Ove Falg

Un des premiers collaborateurs de l'Evangéliste Douglas Scott par Vie et Lumière

Converti à Paris - Sa conversion en 1925

Il est né à Copenhague, le 24 novembre 1900, et a été élevé dans l'Eglise luthérienne au Danemark. Sans être un athée, il était assez indifférent quant aux questions religieuses. Sa position confessionnelle était cellee d'un protestant traditionaliste sans plus.

En 1925, il rencontra dans le foyer franco-scandinave à Paris, un groupe de jeunes anglais chrétiens, candidats destinés à une oeuvre missionnaire en France et appartenant à une branche du Mouvement de Pentecôte, et parmi eux, le futur évangéliste gallois M. Thomas Roberts. La rencontre eut pour résultat un bouleversement profond dans l'âme de ce jeune danois qui expérimenta une réelle conversion.

Etudiant sous la direction de G. Jeffreys à Londres

Cette conversion devait aussi donner une orientation entièrement nouvelle de sa vie. Après avoir reçu par un pasteur danois le baptême scripturaire (immersion après conversion) dans l'église appelée "Le Tabernacle " à Paris, il sentait en lui un puissant appel de Dieu pour travailler en France.

Cet appel devait se réaliser après une année d'étude biblique passée dans Elim Bible College à Londres, sous la direction de Georges Jeffreys.

Appelé à l'oeuvre missionnaire en France

Dans une réunion missionnaire au collège, une missionnaire anglaise, venue directement de la France, parla aux jeunes étudiants de l'urgent besoin des jeunes ouvriers pour la moisson d'âmes en France. Elle se faisait l'interprète de M. et Mme Scott. qui venaient de commencer un magnifique travail d'évangélisation dans la ville du Havre, en l'année 1930, date du début du réveil de la Pentecôte en France.

La soeur anglaise en question adressa à son auditoire de jeunes gens, un pathétique appel au secours : M et Mme Scott demandaient à des jeunes frères, baptisés du Saint-Esprit et zélés pour le salut des âmes de les rejoindre au plus tôt pour les aider dans leur mission en France. Pâle d'émotion et saisi d'une profonde conviction, il se dit en lui-même : "Cet appel te concerne."

Quelques semaines plus tard, il fut reçu les bras ouverts par Mlle Biolley et les amis Scott au célèbre "Ruban Bleu ", place de l'Arsenal au Havre.

Un miracle déterminant

Après sa conversion à Paris et avant son ministère au Havre, avec M. et Mme Scott, il avait passé, quelques années en

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Scandinavie. Dans une ferme jutlandaise, il reçut le baptême du Saint-Esprit et parla plusieurs langues inconnues. Encore assez sceptique quant à la possibilité de voir des miracles de guérison en nos jours, Dieu dans sa grâce Immense lui permit de connaître un des plus extraordinaires miracles qu'il a bien voulu nous relater.

"Je crois que cette expérience me fut accordée pour que je ne puisse plus jamais douter de la puissance divine capable d'opérer les miracles les plus surprenants. Le cas vaut la peine d'être raconté pour nous permettre d'affirmer cette vérité et nous y attacher avec une foi ferme et Inébranlable. Je le résume brièvement :

au Danemark. Une oeuvre d'évangélisation était en cours à cette époque et

un frère, assez rustre et avec un langage qui n'était pas ce qu'il y avait de plus académique, fut l'instrument dont Dieu se servit dans cette oeuvre particulière, et ce fait nous amène directement vers le texte dans la première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 1, versets 26 à 29. Nous étions en été et les réunions en plein air battaient leur plein.

"Je me trouvais en 1926 dans la ville de K

Un jour, notre frère fut appelé à visiter un foyer où la femme d'un pauvre cordonnier se mourait d'un cancer généralisé. Elle avait été opérée et le chirurgien avait enlevé des organes, ce qui rendait le sein maternel stérile à jamais. Or, la maladie gagnait les autres organes et la pauvre femme était maintenant déclarée incurable. Le médecin de la famille, qui était protestant pratiquant, avait prévenu la malade avec précaution qu'elle n'avait plus longtemps à vivre. Et c'est alors qu'elle entendit par la fenêtre ouverte, un beau jour d'été, la voix pénétrante de notre évangéliste. Ce jour-là, il devait souligner avec plus de force la vérité concernant la guérison de nos maladies que Dieu peut accomplir, si nous voulons croire.

" La foi vient de ce qu'on entend et ce qu'on entend vient de la Parole de Christ ". (Romains 10:17).

Et c'est ce qui se produisit ce jour-là. Malgré la réticence et les objections de son mari, lui aussi protestant luthérien, et très hostile au Mouvement de Pentecôte, il céda aux insistances de sa femme qui lui demanda de faire venir l'évangéliste en question pour qu'il priât pour elle. Il vint, et après la prière ardente faite avec une foi assurée, il quitta la famille avec un aimable mot d'encouragement. Apparemment rien ne se manifesta après cette prière; mais le soir, vers minuit, la femme qui couchait seule dans sa chambre eut une vision du Seigneur Jésus, qui se tenait debout près de son lit. Toute la chambre était illuminée d'une douce et merveilleuse clarté, la personne de Jésus était d'une beauté ineffable et radieuse, sans être aveuglante, ses deux mains portant les marques des clous de la Croix étaient étendues vers elle. D'une voix tendre et en même temps d'une grande autorité, Il lui dit : " Mon enfant, je suis venu pour exaucer la prière de mon serviteur ! Tu es guérie ". A l'instant même une douce chaleur traversa tout son corps malade et un sentiment étrange, comme un bouleversement dans ses entrailles, suivi d'un agréable calme et un parfait bien-être, se manifesta en elle. Après cela Jésus disparut et elle s'endormit profondément.

Le lendemain matin, elle se réveilla à l'heure habituelle, comme lorsqu'elle avait encore sa santé. Elle se leva pour préparer le petit déjeuner pour son mari et ses quatre enfants. Le premier moment de surprise passé, une joie immense remplit les coeurs de tous dans le modeste foyer du cordonnier, quand la réalité de ce grand miracle fut comprise. Le médecin traitant fut appelé, il croyait que c'était pour écrire le certificat de décès mais il avait des larmes aux yeux quand lui aussi constata qu'un extraordinaire miracle venait de se produire. Le chirurgien qui avait fait l'opération était stupéfait. Il n'était pas un athée proprement dit, mais se contentait d'une vague conception déiste de l'univers. Cependant, après avoir examiné très minutieusement celle qu'il avait lui-même opérée, il dit d'une voix tremblante et le regard longuement fixé sur l'heureux couple et leurs enfants : " Dieu m'oblige de croire aux miracles. "

Pour compléter ce récit, permettez-moi d'ajouter, que l'année après, un quatrième garçon est venu au foyer et l'année suivante, une fillette, portant le nombre des enfants de ce foyer à six, et donnant ainsi la preuve absolue de l'authenticité

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de ce miracle.

Pour moi, je ne peux louer Dieu assez d'avoir été le témoin oculaire d'un tel fait glorieux dans une de nos assemblées chrétiennes de la Pentecôte. Cette expérience au début de ma vie chrétienne m'a pour toujours mis à l'abri de tout doute sur le miraculeux dans l'Evangile et m'a donné un puissant argument contre ceux qui, dans leur ignorance et leur inexpérience, contestent la vérité scripturaire de la guérison divine. Gloire au Saint Nom de Jésus Christ !"

Là où Dieu manifeste sa puissance aussi merveilleusement, on peut, avec raison, s'attendre à ce qu'un grand nombre d'âmes se convertissent à Jésus-Christ, et cette petite ville jutlandaise devait, en effet, connaître par la suite un réveil spirituel qui toucha tous les milieux religieux de la ville.

Il me semble, en ce qui concerne le Mouvement de Pentecôte en France, que l'appel du Maître doit se faire entendre

dans nos coeurs brisés et humiliés : "Retournez, mon peuple, vers ce qui était eu commencement ! Retrouvez votre premier amour et faites de nouveau les oeuvres du début !"

Page 26 - Biographie de Guillaume Farel

Le réformateur français, le premier et le plus vaillant missionnaire du protestantisme de langue française. par Frédéric Godet

Or, en ce même jour, lorsque le soir fut venu, il leur dit : Passons de l'autre côté de l'eau. Et, laissant les troupes, ils l'emmenèrent avec eux, lui étant déjà dans la nacelle; et il y avait aussi d'autres petites nacelles avec lui. Et il se leva un si grand tourbillon de vent, que les vagues se jetaient dans la nacelle, de sorte qu'elle s'emplissait déjà. Or il était à la poupe, dormant sur un oreiller; et ils le réveillèrent et lui dirent : Maître ! ne te soucies-tu point que nous périssions ? Mais lui, étant réveillé, tança le vent, et dit à la mer : Tais-toi, sois tranquille. Et le vent cessa, et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n'avez-vous point de foi ? Et ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient l'un à l'autre : mais qui est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ? (Marc 4.37-41) Le catholicisme, c'est l'homme substitué à Dieu. Le protestantisme, c'est Dieu remis à la place usurpée par l'homme.

Et d'abord, le catholicisme substitue la parole de l'homme à la Parole divine. Ses autorités, ce sont les traditions des Pères de l'Eglise, les décrets des conciles et les décisions papales. C'est sous ce joug humain et faillible que le catholique fait plier sa conscience. Le protestantisme écoute avec respect ce que les chrétiens vénérable de tous les temps ont dit et pensé. Mais il n'attribue une autorité infaillible qu'à l'Ecriture Sainte.

Le catholicisme substitue, en second lieu, l'oeuvre de l'homme à l'oeuvre de Dieu. Ce qui nous sauve, selon lui, ce sont nos propres mérites acquis par les actes religieux de la confession et de la communion, par les pénitences imposées de la part de l'Eglise, par les Pater noster et les Ave Maria un certain nombre de fois récités, par l'achat des lettre

d'indulgence, par la soumission aux ordonnances de l'Eglise, et enfin, si, malgré tout cela, il reste encore quelque chose

à faire après cette vie, par les souffrances du purgatoire. Le protestant, au contraire, ne reconnaît de mérite que celui de Jésus-Christ seul, qu'Il a acquis par son obéissance sans tache et sa mort volontaire, et qu'Il fait rejaillir, dans son immense amour, sur quiconque accepte avec foi et humilié son oeuvre de Sauveur.

Le catholicisme va plus loin encore. Il ose en plus d'un point substituer la personne de l'homme à celle de Dieu. Il pose le prêtre comme intermédiaire nécessaire entre le Seigneur et le fidèle, tellement que dans la grande affaire du salut, l'âme

a beaucoup plutôt à s'adresser cette question : A quoi en suis-je avec mon prêtre, avec l'Eglise ? que celle-ci : A quoi en

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suis-je avec mon Seigneur, avec le Ciel ? Le saint béatifié, le patron du lieu, la vierge Marie, puis bientôt l'image matérielle, le tableau, la statue, la relique, l'os, le vêtement, sont également substitués au Dieu vivant et seul adorable, dans l'invocation populaire. Le protestantisme a horreur de tout ce qui tend à mettre une créature quelconque entre l'âme et son Sauveur, entre le sarment et son cep, et à reporter sur la créature l'honneur qui n'appartient qu'à Dieu. La subtile distinction catholique entre culte d'adoration et culte d'invocation ne tranquillise nullement la conscience. Son mot d'ordre est franchement et sur tous les points : Gloire à Dieu seul !

Cette chute profonde qu'a faite le catholicisme, ne trouve son pendant que dans celle du paganisme au sein de la première création. Au temps de la Réformation, elle n'échappait qu'aux regards de ceux qui fermaient les yeux pour ne point voir.

Aussi de toutes parts sentait-on le besoin d'une restauration religieuse et morale. Les peuples, les magistrats, les empereurs, trouvant tous dans la religion, telle qu'elle se pratiquait sous leurs yeux, moins de moralité que dans leur propre conscience, criaient d'une commune voix : Réforme ! De grands théologiens et ceux d'entre les évêques qui avaient encore le sentiment de la sainteté de leur charge, ne cessaient aussi de crier : Réforme !

Trois conciles, solennellement assemblés, s'étaient eux-mêmes associés à ce cri, dans le siècle qui précéda la Réformation, et avaient reconnu la nécessité d'une réforme dans l'Eglise, dans les chefs et dans les membres, dans la foi et dans les moeurs ! Le pape lui-même, enfin avait bien été obligé de se mettre à la remorque du sentiment universel et de répéter après tous les autres : Réforme ! Mais à chaque fois des obstacles, suscités par le mauvais vouloir et la perfidie de ceux qui ne se souciaient pas de réforme, précisément parce que c'était eux qui en avaient besoin, entravèrent la réalisation d'un voeu si juste et si général. Nous avons rappelé déjà, comme exemple, la conduite de Martin V, à Constance ! Et au milieu de cette tempête, dans laquelle menaçait de sombrer l'Eglise, Jésus semblait dormir ¨Les vagues de l'ignorance, de la superstition, de la corruption morale envahissaient la nacelle, la couvrirent de leur écume. Quelques nautoniers obscurs, connaissant seuls le vrai Rédempteur, l'appelaient avec angoisse, lui criant :

Seigneur ! nous périssons ! sauve-nous ! Il paraissait sourd à ces appels. Dormait-Il réellement ? Non certes ! Dans la gloire où Il est entré, le Gardien d'Israël, le divin Chef de l'Eglise, ne sommeille ni ne s'endort. Il attendait seulement que la détresse fût au comble, afin qu'il fût bien constaté que nul que Lui ne pouvait aider. Et alors Il se leva ! Et quelle ne fut pas la majesté de ce lever !

On a discuté pour savoir si la Réformation prit proprement naissance en Allemagne, en Suisse ou en France. La vérité est que, lorsque Jésus se leva pour sauver son Eglise, ce ne fut, à proprement parler, ni à Erfurt dans la cellule où priait Luther, ni à Einsiedeln dans l'église où prêchait Zwingle, ni à Paris dans la salle académique où enseignait Lefèvre et où l'entendait Farel; ce fut dans tous ces lieux à la fois. Ce que le Seigneur a dit de sa dernière venue : Comme l'éclair brille et se fait voir en même temps depuis un bout du ciel jusqu'à l'autre, il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme, cette parole s'applique déjà en quelque manière au grand jour de la Réformation, prélude de l'avènement final du Seigneur.

En 1512, Lefèvre, professeur à l'Université de Paris, opposait à la justice des oeuvres la vraie justice dont parle saint Paul quand il dit : Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi; et il annonçait en termes non couverts le prochain renouvellement de l'Eglise.

En 1516, Zwingle, sans jamais avoir entendu prononcer le nom de Lefèvre, prêchait dans les églises d'Einsiedeln et de Glaris, au coeur de la Suisse, le pur évangile de la grâce de Dieu : "J'ai commencé, dit-il lui-même, à prêcher l'Evangile l'an de grâce 1516."

En 1517, Luther, au nord de l'Allemagne, aux oreilles de qui n'avaient probablement jamais retenti les noms de Lefèvre et

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de Zwingle, affichait à la porte de l'église de Wittemberg ces 95 thèses qui parcoururent l'Allemagne et l'Europe avec une rapidité qui semble une anticipation de nos temps, et furent, pour le nouveau paganisme qui menaçait de submerger l'Eglise, le solennel : Tais-toi ! du Seigneur.

Cette simultanéité remarquable du mouvement réformateur sur des points aussi distants, montrerait à elle seule que cette oeuvre ne fut pas l'oeuvre d'un homme, mais celle de Dieu seul.

C'est ce que confirmera, j'espère, le tableau de cette oeuvre elle-même.

La réformation de Neuchâtel a eu lieu en 1530, treize ans après le commencement du mouvement religieux en Allemagne (31 octobre 1517). Cinq ans auparavant, Zurich, le premier d'entre tous les cantons, avait aboli la messe et rétabli l'Evangile (12 avril 1525). Il ne s'était écoulé que deux ans depuis que Berne (février 1528), un an depuis que Bâle avaient accompli la même oeuvre. En vous faisant faire connaissance aujourd'hui avec l'homme qui fut le principal instrument de la réformation de l'Eglise dans notre pays, Farel, en poursuivant dès l'enfance le récit de cette vie si active et si agitée, nous nous trouverons en contact avec l'oeuvre de la Réformation dans la plupart des endroits que nous venons de nommer, et nous aurons ainsi l'occasion de jeter un coup d'oeil rapide sur cette oeuvre hors de chez nous, aux différentes phases de son développement.

Au midi de la France, en Dauphiné, dans une contrée alpestre dont les vallons sont arrosés par les petites rivières qui, de leurs eaux écumeuses, grossissent la Durance, affluent du Rhône, dans le district dont les collines sont dominées par le Mont de l'Aiguille et le Col de Glaize, se trouvait, il y a plus de trois siècles et demi, et se trouve encore, un hameau entouré de gazons fleuris et caché à demi par les arbres qui l'entourent. Il s'appelle encore à cette heure : Les Farelles. (je tiens ce nom de M. Eward, ecclésiastique neuchâtelois, ancien pasteur à St-Laurent-du-Cros, à une lieue de ce hameau). Là se distinguait au-dessus des chaumières du hameau une maison de plus grande apparence, le château d'un noble de campagne, une gentilhommière, comme l'on disait, où vivait une famille qui faisait partie des serviteurs les plus dévoué de la papauté. Ce fut dans cette maison, dont l'emplacement et les ruines sont encore reconnaissables aujourd'hui, que naquit, en 1480, Guillaume Farel, le Réformateur de notre pays.

Il fut élevé dans les pratiques de la dévotion romaine la plus scrupuleuse. A l'âge de sept ou huit ans, son père et sa mère le conduisirent en pèlerinage sur une montagne qui dominait la Durance, et où se trouvait un endroit nommé la Sainte-Croix.

"La croix qui est en ce lieu, disait-on, est du propre bois en lequel Jésus-Christ a été crucifié, et le cuivre de la croix est du bassin dans lequel il lava les pieds de ses Apôtres." Les crédules parents et l'enfant contemplèrent avec dévotion ces objets sacrés; ils ouvrirent de plus grands yeux encore quand le prêtre, leur faisant remarquer un petit crucifix suspendu à la croix, leur dit : "Voyez ce petit crucifix : Quand les diables font les grêles et les foudres, il se meut tellement qu'il semble se détacher de la croix comme voulant courir contre le diable, et il jette des étincelles de feu contre le mauvais temps. Si cela ne se faisait, il ne resterait rien sur la terre."

D'un naturel ardent, d'une imagination vive, d'un coeur naïf et plein de droiture, le jeune enfant se jeta de toute son âme dans cette dévotion superstitieuse. Plus tard, quand la lumière de la Parole de Dieu l'eut tiré de ces ténèbres, il ne se rappelait pas sans amertume le temps ainsi employé.

"L'horreur me prend", écrit-il dans son livre intitulé : du vrai visage de la Croix, "vu les heures, les prières et les services divins que j'ai faits et fait faire à de semblables objets."

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Mais lors même qu'une si malsaine nourriture était offerte à cette avide, une vraie pitié ne s'en développait pas moins chez le jeune Farel. Les grandeurs de la création qui l'entouraient, les cimes couvertes de neiges éternelles qui dominaient son hameau, les rochers qu'il escaladait avec un indomptable courage élevaient son âme au-dessus de ses étroites superstitions vers ce Dieu qui n'habite pas dans des maisons faites de mains et qui n'a pas besoin d'être servi par les hommes, lui qui donne la vie et la respiration à toutes choses, et en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être.

Une ardente soif de vie et de lumière se développait ainsi dans ce jeune coeur. Farel, pressé par ces besoins d'une nature plus relevée, demanda à son père la permission d'étudier. Celui-ci aurait préféré pour Guillaume la carrière des armes, qui, dans ce temps, était ordinairement celle des jeunes nobles; mais il ne s'opposa pas au désir de son fils. Farel, après avoir travaillé pendant plusieurs années en Dauphiné et étudié la langue latine sous des maîtres fort ineptes, comme il le dit lui-même, partit pour la capitale, Paris, dont l'université remplissait alors le monde chrétien de son éclat.

C'était l'an 1510, ou peu après. Farel avait 21 à 22 ans. Ni les plaisirs de la capitale, ni même l'entraînement de l'étude, ne le détournèrent un instant de la voie d'ardente dévotion dans laquelle il s'était jeté. Dans ses pieux pèlerinages, Farel se trouvait souvent auprès d'un homme âgé d'une soixantaine d'années, et remarquable par sa dévotion. C'étai ce Lefèbre dont je vous parlais tout à l'heure; il était né en 1455,. à Etaples en Picardie,. dans une condition fort pauvre; mais par son génie et sa science il s'était élevé au premier rang parmi les professeurs de l'université de Paris. Sa dévotion surpassait encore, si possible, sa science. Il demeurait longuement prosterné devant les images, disant dévotement ses heures "tellement," dit Farel, "que jamais je n'avais vu chanteur de messe qui avec plus grande révérence le chantât."

Un tel professeur était fait pour un tel disciple. Ils se connurent, s'aimèrent, et rien ne sépara dès lors ces deux coeurs. On les voyait ensemble orner de fleurs une statue de la Vierge et s'en aller tous deux loin du bruit de Paris pour murmurer de ferventes prières dans quelque chapelle.

Néanmoins, l'âme du jeune homme n'était pas en paix. Il avait beau s'abreuver auprès de Lefèvre aux sources de la science, se nourrir journellement avec lui des oeuvres de la dévotion la plus fervente. Son âme n'était ni désaltérée ni rassasiée. Lefèvre, de son côté, travaillait à un grand ouvrage. Il voulait écrire la Vie des Saints selon l'ordre où il les trouvait rangés dans le calendrier. Déjà une soixantaine de vies, deux mois entiers de ce calendrier dévot, étaient imprimés. Mais comment faire ce travail sans être conduit à lire la Bible ? Plusieurs des saints du calendrier romain n'appartiennent-ils pas à l'histoire biblique ?

La Bible était déjà alors beaucoup plus répandue que dans les siècles précédents. L'imprimerie était découverte; le psautier avait été imprimé en 1457. C'est le premier livre qui ait été propagé par cet art. Puis on avait imprimé la Bible latine; la première édition date de 1462. Quand l'imprimeur Faust (ou Fust) vint la répandre à Paris, qu'il vendit l'exemplaire à 60 écus seulement, et que l'on remarqua que les exemplaires ne s'épuisaient pas et qu'ils étaient tous semblables les uns aux autres, comme des frères jumeaux, tout Paris s'émut; on crut à la sorcellerie; on prétendit que le titre en couleur rouge était du propre sang du vendeur, et que celui-ci avait fait un accord avec le diable. Faust n'échappa au bûcher qu'en dévoilant son secret devant le parlement de Paris.

A l'époque de la vie de Lefèvre où nous nous trouvons, la Bible était donc assez facilement accessible à tout homme qui savait le latin. Lefèvre étudia ce livre. A cette heure commença pour la France la Réformation.

Toutes les fables dont il s'était nourri jusqu'alors et dont il avait rempli l'esprit de ses jeunes disciples ne lui parurent (ce sont les expressions de Farel) que "comme du soufre propre à allumer le feu de l'idolâtrie." Revenu des fables du

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bréviaire, il étudia avec ardeur les épîtres de Saint Paul, sur lesquelles il publia un commentaire dès l'an 1512. "Ce n'est pas l'homme qui se justifie par ses oeuvres; c'est Dieu qui le justifie par sa grâce; il ne faut pour cela que la foi de la part de l'homme. La justice qui vient de l'homme est terrestre et passagère, mais celle qui vient de Dieu est céleste et éternelle" Ainsi parlait Lefèvre à ses auditeurs étonnés. Avec la parole divine, l'oeuvre divine reprenait sa place dans la conscience de l'Eglise. D'autre part, la parole et l'oeuvre humaines s'éclipsaient aussi à la fois. Jamais les salles de l'université n'avaient retenti de pareilles paroles. Ce qui est aujourd'hui pain quotidien pour nos plus jeunes enfants, était alors une découverte inouïe. C'était un trésor longtemps enfoui, qu'une main heureuse venait de retrouver. La rumeur était immense sur les bancs et dans les chaires de l'université de Paris.

Farel écoutait cet enseignement avec étonnement. La parole de Lefèvre, appuyée sur l'Ecriture qu'il lisait maintenant lui-même, le convainquait. Il était forcé de reconnaître avec lui "que sur terre tout était autrement en vie et doctrine qui ne porte la sainte Ecriture, et il en était fort ébahi."

Mais, d'autre part, les préjugés dont l'avait imbu son éducation, tenaient bon. "Pour vrai, a-t-il écrit plus tard, "la papauté n'était et n'est pas tant papale que mon coeur l'a été. Il a fallu que petit à petit la papauté soit tombée de mon coeur; car par le premier ébranlement elle n'est venue bas."

Enfin les écailles tombèrent. La Bible vainquit. Jésus, Jésus lui-même, apparut à son âme dans toute sa beauté et comme le seul être adorable. "Alors, dit-il, la papauté fut entièrement renversée; je commençai à la détester comme diabolique, et la Parole eut le premier lieu en mon coeur."

La parole, l'oeuvre et la personne du Seigneur furent glorifiées du même coup dans ce coeur si longtemps retenu au service de la parole, de l 'oeuvre et de la personne humaines. Toute sa vie fut transformée par cette glorieuse illumination : "Tout se présente à moi sous une face nouvelle; l'Ecriture est éclairée; les prophètes sont ouverts; les Apôtres jettent une grande lumière dans mon âme. Une voix jusqu'ici inconnue, la voix de Christ, mon berger, mon maître, mon docteur, ma parle avec puissance. Au lieu du coeur meurtrier d'un loup enragé, je m'en vais tranquille, comme un agneau, ayant le coeur entièrement retiré du pape, et adonné à Jésus-Christ."

Oh ! Comme il soupire alors sur les erreurs de sa vie passée ! "Que j'ai horreur de moi et de mes fautes quand 'y pense ! O Seigneur ! si je t'eusse prié et honoré comme j'ai mais tant plus mon coeur à la messe et à servir ce morceau enchanté, lui donnant tout honneur !" Ainsi saint Augustin, arrivé à la connaissance de Jésus, s'écriait autrefois avec larmes : "Je t'ai connue trop tard, je t'ai aimée trop tard, Beauté suprême !"

Trop tard ! Oui, en un sens; car il est toujours trop tard pour aimer et servir Jésus-Christ; mais non dans un autre sens :

car Farel, comme saint Augustin, put encore consacrer de longues années au seul Maître digne d'être aimé et servi.

La lumière allumée par Lefèvre se répandait dans Paris. Le clergé, l'université s'émurent. Lefèvre fut accusé d'hérésie

pour un écart insignifiant de la tradition reçue. Il avait prétendu que trois femmes bibliques, identifiées par la tradition, Marie, soeur de Lazare, Marie-Madelaine, et la pécheresse qui oignit les pieds de Jésus, n'étaient pas la même personne

!

Fatigué des tracasseries de ses collègues de la Sorbonne, il quitta Paris et accepta l'asile que lui offrait un ami puissant, Briçonnet, évêque de Meaux, qui ne visait à rien moins qu'à réformer son diocèse, sans rompre toutefois avec l'Eglise, et qui voulait pour cela profiter des lumières de Lefèvre. Bientôt Lefèvre fut suivi de Farel et de quelques autres de ses disciples qui ne pouvaient plus lutter à Paris contre les persécutions dont l'Evangile commençait à être l'objet. C'était en 1521. Farel avait une trentaine d'années. Sous l'influence de ces hommes réunis autour de Briçonnet, et dont la devis

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était : "La Parole de Dieu suffit", un mouvement puissant se déclara dan le diocèse de Meaux. L'Evangile retentissait dans les chaires et dans les assemblées particulières; il était reçu avidement par les artisans, les cardeurs de laine, les peigneurs et les foulons dont cette ville était peuplée. Cet évêché semblait destiné à devenir le foyer d'un incendie qui allait se propager dans la France entière.

Le clergé et l'université de Paris le comprirent. Deux ans n'étaient pas écoulés, que Briçonnet, accusé par les moines et les curés de son propre diocèse, dont il avait travaillé à réprimer les vices, fut cité à comparaître comme hérétique, et ne se sauva qu'en sacrifiant ses amis. Lefèvre fut le seul qui, en raison de la considération générale dont il jouissait, et par la protection du roi François 1er, put rester à Meaux. Quant aux autres, Farel, Roussel, etc., Briçonnet leur retira lui-même la permission de prêcher, et ils furent obligés de chercher du travail ailleurs. C'était en 1523. Cette première faiblesse entraîna bientôt Briçonnet à une seconde, plus grave encore. Le mouvement réformateur continuait à Meaux sans lui, malgré lui. Briçonnet fut accusé à Paris, plus violemment encore que la première fois. Ne trouvant plus à la cour l'appui dont il avait joui précédemment, il vit les flammes du bûcher prêtes à s'allumer pour lui. Son coeur faiblit. Il renia de nouveau sa foi. Dans une formule qui n'a pas été connue, il rétracta comme hérésie la vérité qui lui avait donné la paix. Lefèvre, le dernier de ses amis qui fût encore avec lui, fut aussi obligé de s'enfuir; il se réfugia à Strasbourg, où nous le retrouverons. C'était à la fin de 1525. "Quand même moi, votre évêque," avait dit Briçonnet à ses ouailles dans son beau temps, et comme dans le pressentiment de sa future apostasie, je changerais de discours et de doctrine, vous, gardez-vous alors de changer comme moi." - Ce fut le moment pour les chrétiens de Meaux de se rappeler cet avis anticipé. Nous verrons plus tard avec quelle fidélité ils le mirent en pratique.

Chassé de Meaux, Farel, semblable au chasseur qui s'enhardit à attaquer le lion dans son antre, retourna d'abord à Paris et s'y éleva énergiquement contre les erreurs de Rome. Bientôt, se voyant traqué de toutes parts, il s'enfuit et s'en alla porter l'Evangile à sa famille, en Dauphiné. Là, ses trois frères sont les premiers trophées de son zèle. La ville de Gap et ses environs retentissent de l'Evangile. Farel est cité devant les tribunaux, maltraité, chassé de la ville. Le voilà parcourant les campagnes et les hameaux sur les bords de l'Isère et de la Durance, prêchant dans les maisons dispersées, dans les pâturages, n'ayant d'abri que celui qu'il trouve dans les bois et sur le bord des torrents. Mais "Dieu est mon père" dit-il. Le bruit des bûchers qui déjà s'allument à Meaux et à Paris pour les partisans de l'Evangile ne l'effraie pas; il convertit plusieurs hommes distingués qui plus tard rendirent de grands services à la Réforme. Puis, devenu l'objet de la haine et des investigations du pouvoir, et soupirant après une activité plus libre d'entraves, il prend le parti de quitter une patrie qui n'a plus que des échafauds à offrir aux prédicateurs de l'Evangile.

Suivant des routes détournées et se cachant dans les bois, il échappe, quoique avec peine, à la poursuite de ses ennemis, et arrive, au commencement de 1524, dans cette Suisse où il devait dépenser sa vie au service de Christ.

C'est à Bâle q'il paraît d'abord. La Réformation s'y préparait par les travaux d'Oecolompade, docteur aussi attrayant par sa douceur que Farel était entraînant par son impétuosité. Oecolompade reçoit Farel en vieil ami, lui donne chez lui une modeste chambre, une table frugale, et l'introduit auprès des amis du Seigneur et de l'Evangile. C'était le temps où se renouvelait l'application de ces belles paroles : Ils n'étaient qu'un coeur et qu'une âme; toutes choses étaient communes entre eux. Spirituellement aussi tout était commun entre ces hommes de Dieu. Farel fortifiait le doux Oecolampade; celui-ci modérait le zèle souvent trop impétueux de son ami. Ils s'engageaient mutuellement à s'étudier à l'humilité et à la douceur dans leurs conversations particulières. Ils firent même un pacte dans ce noble but. Puis tous deux soutinrent ensemble publiquement des thèses rédigées par Farel, dont la première était un hommage à la Parole de Dieu, comme règle unique et infaillible de la foi et de la vie chrétienne; la dernière, un hommage à la personne de Jésus lui-même :

"Jésus-Christ est notre étoile polaire et le seul astre que nous devions suivre." On disait à Bâle, après avoir entendu cette discussion (ou plutôt cette prédication; car il n'y eut pas de discussion, aucun des adversaires n'ayant osé prendre la parole, malgré les sommations réitérées de Farel) : "Le docteur français est assez fort pour perdre à lui seul toute la

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Sorbonne."

A cette époque, la Réformation se répandait déjà avec puissance dans toute l'Allemagne. Le Montbéliard, soumis au duc

de Wurtemberg, qui était partisan déclaré de la rénovation religieuse, réclamait un homme pour travailler à cette oeuvre. Accablé par des malheurs terribles, le jeune duc s'était réfugié dans ce comté, sa seule de ses possessions qui lui restât.

Oecolampade engage Farel à s'y rendre. Il le consacre à ce ministère nouveau par l'invocation du nom de Dieu, et lui

donne au départ ce conseil de père : "Autant tu es enclin à la violence, autant tu dois t'exercer à la douceur et briser, par

la modestie de la colombe, le coeur élevé du lion. Les hommes veulent être conduits, non traînés."

Farel sut pendant quelque temps se conformer à cet avertissement affectueux. Voici le grand moyen d'évangélisation qu'il employa. Le Nouveau Testament avait été traduit à Meaux, en français, par Lefèvre, pendant qu'il était chez Briçonnet, et avait été publié, les évangiles, le 15 octobre 1522, et les autres livres, quelques semaines plus tard; le tout avait paru en un volume en 1524, à Meaux, chez Collin. Farel se mit à répandre le Nouveau Testament dans le Montbéliard, avec d'autres livres religieux, tels que la traduction de l'explication de l'Oraison dominicale par Luther : "4 deniers de Bâle l'exemplaire", écrivait l'imprimeur Vaugris, de Bâle, à Farel, en lui envoyant les caisses qui renfermaient ces livres si nouveaux pour ce temps, "ou en gros, les 200 exemplaires, à 2 florins." On le voit, c'était déjà une société biblique et de livres religieux. Les presses de Vaugris, à Bâle, étaient constamment occupées à l'impression de ces livres français. On les faisait parvenir à Farel, qui, du Montbéliard, les introduisait en France avec une incessante activité.

La mission de Farel dans le Montbéliard prospérait donc, pour la France du moins. Mais les moines s'irritaient; le peuple hésitait, quand, par un excès de zèle, Farel lui-même compromit tout. Vers la fin de février, jour de la fête de

Saint-Antoine, Farel marchait le long de la petite rivière qui traverse la ville, au pied du rocher élevé sur lequel est bâtie la citadelle, quand sur le pont il rencontre une procession qui chantait; deux prêtres en tête portaient l'image du saint. Son coeur bouillonne. Il ne se possède plus. Le coeur élevé du lion l'emporte en ce moment sur la modestie de la colombe. Il saisit des mains des prêtres la châsse qui renfermait le saint et la jette du pont dans la rivière, en criant au peuple :

"Pauvres idolâtres, ne laisserez-vous jamais votre idolâtrie ?" Il allait périr victime de la hardiesse et suivre dans le torrent

le saint qu'il avait osé y précipiter, quand le bruit se répand dans la foule qu'un gouffre vient de s'ouvrir dans la rivière et

d'engloutir l'image sacrée. Une terreur panique dispersa la procession, et Farel put mettre ses jours en sûreté.

Peu après, en août 1525, Farel dut quitter le Montbéliard, où, malgré la protection du duc, il ne pouvait plus prêcher qu'en secret, tant était grande l'animosité des populations attachées au catholicisme. Mais la semence qu'il y avait répandue ne quitta point avec lui ce pays.

Farel se rendit à Strasbourg, où la Réformation était déjà fondée par les travaux de plusieurs hommes célèbres, Bucer, Capiton et d'autres, et où elle se répandait avec une grande force. Cette ville était libre et n'appartenait pas encore à la France.

A peine y était-il arrivé, qu'il y goûta l'une des plus grandes douceurs qui pût lui être réservée, celle de voir arriver son

vieil ami Lefèvre, dont la persécution l'avait séparé depuis trois ans, et qui venait de quitter Meaux après la chute de Briçonnet. Avec quelle joie le jeune missionnaire serra la main de son vieil ami ! Ils demeuraient tous deux, avec d'autres exilés français dans la maison de Capiton, pasteur de l'église de Strasbourg. Car à cette époque les maisons de Capiton, d'Oecolampade, de Zwingli, de Luther, étaient comme des hôtelleries, ouvertes à tous les défenseurs de la vérité. Ils communiaient avec tous les frères à la Cène du Seigneur administrée conformément à l'institution de Jésus-Christ. Ils recevaient les marques les plus touchantes de respect et d'amour au sein de cette église nouvellement formée. Toute la ville, jusqu'aux enfants, saluaient avec vénération le vieux docteur français, le vétéran de la Réforme, lorsque, appuyé sur

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le bras de son jeune ami, il se rendait aux enseignements des illustres docteurs strasbourgeois. Farel rappelait alors à son maître que celui-ci lui avait dit autrefois à Paris : "Guillaume, Dieu renouvellera le monde et tu le verras." Et le pieux vieillard, les yeux mouillés de larmes de joie, répondit : "Oui, Dieu renouvelle le monde ! O mon fils, continue à prêcher avec courage le saint Evangile de Jésus-Christ."

Cependant Farel ne pouvait rester oisif. On prétend que pendant son séjour à Strasbourg, il jeta dans cette ville les fondements de l'Eglise française réformée qui y subsiste encore à cette heure.

Mais ce travail sans difficulté, sans danger, n'était pas ce qui convenait à un ouvrier de la trempe de Farel. Son oeil d'aigle cherchait quelque proie plus difficile à ravir.

La France lui était fermée. L'Allemagne n'avait pas besoin de lui. La Réformation dirigée par Luther, Mélanchton et tant d'autres, y faisait glorieusement son chemin. D'ailleurs la connaissance de la langue lui manquait. La Suisse devait se présenter d'elle-même à sa pensée. Zurich venait d'abolir la messe. Berne était sur le point de suivre cet exemple. Bâle se débattait encore entre ses bourgeois qui demandaient à grands cris la Réforme, et le clergé, appuyé par l'université, qui résistait à tout. Mais la différence de la langue était pour Farel un obstacle à une mission dans ces contrées. Lucerne et les petit cantons s'étaient déjà déclarés ennemis irréconciliables de la Réforme. Une tentative sur ce point était donc plus impossible encore. Restait la Suisse française ou romande, comprenant les pays de Neuchâtel, Vaud et Genève, et de plus, le Jura bernois, une partie de Fribourg et le Bas Valais. Dans cette partie de la Suisse on parle la même langue qu'en France. Cette contrée, en effet, ne fut pas envahie autrefois, comme la Suisse orientale, par le peuple grossier et cruel des Allemands; elle tomba sous le joug des tribus plus douces et civilisées des Bourguignons qui, loin d'imposer leur langue germaine aux peuples conquis, adoptèrent plutôt celle des vaincus. Au temps de la Réformation, la Suisse française était l'une des plus solides forteresses du papisme en Europe.

Quatre évêques, celui de Bâle, celui de Lausanne, au diocèse duquel appartenait notre pays, celui de Genève et celui de Sion, maintenaient à main-forte cette petite contrée sous le joug papal. Au Val-de-Tavannes, à Neuchâtel, à Lausanne, à Genève, des chapitres de chanoines, formés des hommes les plus instruits et occupant, chez nous du moins, de hautes places dans l'Etat, appuyaient l'évêque. Le bon Guillaume remplissait le coeur du peuple neuchâtelois de ses miracles passés et présents et était plus Dieu à Neuchâtel que Dieu lui-même.

Tel était chez nous l'état des choses, quand un autre Guillaume, inconnu jusqu'alors à Neuchâtel, vint faire oublier l'ancien et renverser dans notre pays l'édifice papal. Guillaume Farel quitta Strasbourg en 1526. Il était à pied, accompagné d'un seul ami dont le nom nous est inconnu. Le premier soir de leur voyage, ils s'égarent. Des torrents d'eau tombent du ciel. La nuit survient. Désespérant de trouver leur chemin, ils s'assirent au milieu de la route.

"Ah ! dit Farel dans une lettre à ses amis de Strasbourg, Dieu en me montrant ainsi mon impuissance dans les petites choses, a voulu m'apprendre mon incapacité dans les plus grandes sans Jésus-Christ." - Mais bientôt, fortifiés par la prière, les deux amis se relèvent, s'engagent dans un marais, nagent à travers les eaux, traversent des vignes, des champs, des forêts, et n'arrivent à leur but que mouillés jusqu'aux os et couverts de boue. Cette nuit, qu'il n'oublia jamais, servit à briser sa force propre, mais en même temps à lui communiquer une nouvelle vertu d'en haut.

Ce fut, à ce q'il paraît, à cette époque qu'il fit sa première apparition à Neuchâtel. Habillé en prêtre, il essaya d'y prêcher. Mais reconnu au moment où il allait monter en chaire, il fut expulsé de la ville. Ainsi raconte Ruchat.

Farel se rend à Berne pour s'entendre avec le pasteur Haller, qui était dans cette ville le principal promoteur de la Réformation. Celui-ci lui conseille d'aller s'établir à Aigle; ce bailliage, ainsi que tout le canton de Vaud, était alors soumis

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aux Bernois. L'usage de la langue française et la domination de Berne semblaient en effet désigner cette contrée, plutôt que tout autre dans la Suisse romande, à l'activité de Farel. C'était comme le côté faible de la forteresse. Ce fut par là que Farel commença l'attaque. Sous le nom de Maître Ursin, (nom qui rappelait sans doute à mot couvert le patronage de messeigneurs de Berne) et sous l'apparence d'un maître d'école, il s'établit à Aigle dans l'hiver de 1526-27. Le jour il enseigne à lire aux enfants pauvres; le soir, quittant ses abécédaires, il se plonge dans les Ecritures grecques et hébraïques, et médite les écrits de Luther et de Zwingli. Mais bientôt ce ne sont plus seulement les enfants, ce sont les pères de famille qui se réunissent pour entendre les leçons du maître Ursin.

Il leur explique l'Ecriture; à cette lumière c'en est bientôt fait dans ces coeurs du purgatoire et de l'invocation des saints. Un troupeau évangélique se forme autour du maître d'école. Le Conseil de Berne, apprenant ces succès, lui fait parvenir en mars 1527 des lettres-patentes par lesquelles il le nomme pasteur à Aigle, chargé d'expliquer les Ecritures au peuple de la contrée.

Et voici qu'un jour le maître d'école, quittant sa classe : "Je suis Guillaume Farel," dit-il. Puis il monte en chaire et prêche ouvertement Jésus-Christ au peuple stupéfait. Au premier moment, les prêtres et les magistrats du lieu restent interdits. Puis ils se ravisent, et, entraînant dans leur parti le bailli, Jacques de Rovéréa, ils défendent à Farel de continuer ses prédications. Les Conseils de Berne apprenant cette résistance, font afficher aux portes de toutes les églises du bailliage une ordonnance en faveur de Farel. C'est le signal d'une révolte. "A bas Farel ! A bas messieurs de Berne !" s'écrie-t-on dans toute la contrée. Un moment Farel et ses adhérents sont en péril. Enfin le Réformateur doit quitter la place et abandonner pour un temps cette contrée, non sans avoir reconnu que l'appui du pouvoir civil, en affaire religieuse, est souvent, pour celui qui s'y confie, une faiblesse plutôt qu'une force.

Peut-être était-ce sous le poids de cette expérience douloureuse que, le 10 mai 1527, Farel écrivait dans une lettre encore aujourd'hui conservée au milieu de nous : "Une charité fervente, voilà le "bélier puissant avec lequel nous pouvons abattre les orgueilleuses murailles de la papauté."

Après une tentative infructueuse à Lausanne, Farel ne tarda pas à revenir à Aigle. Une lutte publique qu'il soutint là avec un moine mendiant qui l'avait injurié. Lutte qui est racontée en détail dans les chroniques du temps et qui tourna à la honte du défenseur de la papauté, fit faire un grand pas à la cause de la Réforme.

Enfin, selon l'usage du temps, on procéda à une votation générale dans tout le bailliage sur la question religieuse. Des quatre districts, trois, ceux d'Aigle, de Bex et d'Ollon, se déclarèrent pour l'abolition de la messe. Aux Ormonts, la majorité fut pour le maintien du catholicisme.

Malgré la votation qui assignait le district d'Ollon à la Réforme, Farel courut un grand danger dans les montagnes de cette contrée. Les paysans ne voulaient pas permettre qu'il vint consommer chez eux l'oeuvre commencée. D'un autre côté, ils craignaient de s'attirer l'animadversion des Bernois, s'ils maltraitaient le Réformateur. Ils lâchèrent donc sur lui leurs femmes armées de battoirs de blanchisseuses. Farel n'échappa qu'avec peine à leur furie et à leurs coups. Son compagnon, Claude de Gloutinis, ayant essayé de prêcher dans le temple des Ormonts, on sonna tout à coup les cloches à pleine volée. C'était là un genre d'éloquence contre lequel les réformateurs se trouvaient sans armes. La réformation totale de la contrée ne fut accomplie qu'un peu plus tard.

Farel n'attendit pas ce résultat pour tenter l'assaut sur un nouveau point. L'étendard de l'Evangile flottait à Aigle. Il vint le planter à Morat. Les districts d'Orbe, Grandson et Morat étaient alors propriété commune de Berne et de Fribourg.

Lorsque le bailli était Fribourgeois, Berne envoyait les ordres; lorsque le bailli était Bernois, les ordres partaient de

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Fribourg. Sous la protection bernois Farel prêche à Morat, et les partisans de la Réforme ne tardent pas à y paraître assez nombreux pour que l'on puise procéder à une votation. C'était trop tôt. La majorité fut pour le maintien de la messe. Farel abandonna pour un temps ce champ de travail et retourna à Lausanne. Nouvel essai de prédication, mais aussi infructueux que les précédents. Les bons Lausannois aiment le plaisir. Sans doute ils s'indignent des orgies de leurs prêtres; mais quand ils rencontrent la figure austère du Réformateur, ils s'effrayent bien davantage; et, tout compté ils préfèrent encore la face réjouie de leurs chanoines.

De Lausanne, Farel se rendit à Berne pour y assister à la discussion solennelle qui décida de l'introduction de la Réformation dan ce canton. Elle dura du 7 au 25 janvier 1528. 350 ecclésiastiques suisses et étrangers y assistaient; une foule de laïques de tous rangs y étaient accourus : 4 présidents maintenaient l'ordre dans la discussion; 4 secrétaires tenaient le protocole. Toutes les questions en litige entre le papisme et la Réforme furent discutées à fond et avec une entière liberté pendant ces dix-huit jours. La science biblique et l'éloquence puissante de Zwingli, venu de Zürich, de Haller de Berne, et des autres théologiens protestants, au nombre desquels se trouvait Farel, firent pencher la balance du côté de la Réforme. L'Evangile l'emporta dans le canton de Berne sur les traditions humaines.

Après ce grand et solennel triomphe de la cause évangélique, Farel revint à Morat. Cette fois la vérité y fit de rapides progrès. De Payerne, d'Avenches et des contrées circonvoisines on accourait pour l'entendre. Aux jours de fête on disait gaiement dans les campagnes : "Allons à Morat entendre les prêcheurs." Chemin faisant, la bande folâtre s'exhortait à ne pas se laisser prendre au moins dans les filets de l'hérésie. Le soir, en retournant dans ses demeures, elle ne plaisantait plus : on revenait sérieux. Une grande question, celle du salut, préoccupait les esprits. On discutait avec vivacité sur ce que l'on avait entendu, et parmi ces troupes, le matin si rieuses, se comptaient maintenant en grand nombre les candidats de la foi. Farel vit que le feu était allumé et qu'il pétillait déjà dans les gerbes. Cela lui suffit pour le moment. Il partit. Une nouvelle conquête occupait déjà les pensées de cet homme infatigable.

Par delà la sommité du Vully, son oeil avait contemplé les cimes bleuâtres de notre Jura, et son coeur brûlait de tenter cette nouvelle conquête. Encore une fois il court à Aigle pour y travailler à la consommation de la Réformation. Il revient à Morat, s'en va prêcher à Bienne et dans les environs; visite pour la première fois la Neuveville, alors dépendante de l'évêque de Bâle, prince de Porrentruy. Celui-ci porte plainte à Berne contre Farel, qui ose venir prêcher dans son diocèse. Farel est obligé de quitter la Neuveville, et c'est en décembre 1529 qu'il met enfin le pied sur le sol neuchâtelois. Il n'ignore pas quelle lutte l'attend sur ce nouveau champ de bataille. mais que lui importe ? "Dieu est mon Père !" Dès longtemps voilà sa devise.

On a appelé Farel "le premier et le plus grand missionnaire de la réformation française". L'esquisse rapide que nous venons de tracer des travaux de cet homme de Dieu jusqu'au jour de son arrivée au milieu de nous, ne suffit-elle pas déjà pour justifier ce titre ? Sans doute, à voir ses allures impétueuses, on serait parfois tenté de se demander s'il ne confond pas la fougue avec le zèle, et de craindre que l'impatience de la chair ne domine chez lui l'impulsion de l'Esprit.

Un pareil soupçon sur le caractère de Farel et de son activité n'est possible qu'à la condition d'ignorer le zèle catholique de son enfance et de sa jeunesse, et les luttes violentes à travers lesquelles il était parvenu à la possession de la vérité évangélique, et l'illumination bienheureuse qui avait décidé de sa conversion, et le changement radial qui s'était opéré chez lui à cette époque de sa vie. Lorsqu'on a, comme nous venons de le faire, suivi Farel du hameau des Farelles à l'université de Paris, et de ses études à Paris à son arrivée à Neuchâtel, on sent bien que le feu qui l'anime est tout autre chose qu'un esprit d'opposition charnelle. L'on comprend que le mobile de cette puissante et incessante activité est celui-là même q'exprimaient les apôtres quand ils se justifiaient devant le sanhédrin en disant : Nous ne pouvons pas ne pas témoigner des choses que nous avons entendues et vues. On a dit de Farel "qu'un mot impie l'émouvait plus qu'un

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coup d'épée." Le coup d'épée ne s'adressait qu'a sa personne; le mot impie attentait à l'honneur de Dieu. Il s'inquiétait à peine du premier; mais il foudroyait le second. Entendre le nom de Jésus blasphémé, ou voir seulement sa glorieuse

figure éclipsée par les images de Marie et des saints, lui faisait le même effet qu'à un fils respectueux l'ouïe d'une insulte

à la personne de son père et de sa mère. Gloire à Dieu, à Dieu seul ! Ce fut bien là l'âme de sa dévorante activité.

A ce premier sentiment s'en joignait un second : Farel, tout en étant avant tout l'homme de Dieu, était aussi l'homme du

pauvre peuple. C'est un trait qui lui est commun avec le grand Réformateur de l'Allemagne, Luther. Voir le peuple retenu dans la superstition et dégradé par la religion qui devait l'éclairer et l'ennoblir, était pour lui un spectacle non moins intolérable que celui du nom de Dieu déshonoré.

Sans doute il a pu arriver que, comme à Montbéliard par exemple, la fougue de la chair ait fait irruption parfois dans son activité d'évangéliste. Farel n'était pas plus saint que l'Apôtre qui s'attira de la part de Jésus cette réprimande : Pierre, remets ton épée dans le fourreau. Le Maître seul a été sans tache. En lui seul une douceur accomplie se trouve unie à la plus indomptable fermeté et au zèle le plus ardent. Mais heureux le serviteur de Christ dont on peut dire qu'au milieu de tous ses défauts, la devise de sa vie fut néanmoins : Le zèle de ta maison m'a dévoré. Tel fut Farel ! Dieu veuille faire reposer toujours le manteau de cet Elie sur les épaules de quelqu'un de ses successeurs au milieu de nous !

La prudence de Lefèvre ne fera jamais défaut à l'Eglise neuchâteloise; mais le zèle de Farel

Page 27 - Biographie de Charles Grandison Finney

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

"Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son oeuvre. Dieu s'est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur coeur. Finney nous a aussi procuré, par le moyen de sa plume, les principes de base de tout réveil religieux. C'est pourquoi il parle encore et n'a jamais cessé d'être en bénédiction à de nombreuses âmes. Le message de Finney, si viril, si logique et si loin de toute ambiguïté, se présente comme une réponse à ce besoin de réveil dont beaucoup d'enfants de Dieu sont aujourd'hui comme dévorés. " (M. Weber, 1951 - préface à l'édition française des Discours sur les Réveils Religieux, Finney). Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit en toute logique des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile.

Comme le prophète Jérémie, Charles G. Finney fut oint de Dieu pour " arracher " et " planter " dans la vigne du Seigneur (Jérémie 1 :10). C'était un homme d'intense prière, de pureté et de passion. " Dénué de tout ego, il était rempli du Saint-Esprit. Ses sermons étaient des éclats de chaîne, déversant des sentiments de conviction dans les coeurs des sceptiques les plus endurcis. Simple comme un enfant dans sa façon de prêcher, il décontenançait parfois ses auditeurs uniquement par ses prières. " Il pouvait clamer les jugements de Dieu sur le péché avec la force du tonnerre et dans une grande liberté, pour présenter ensuite la miséricorde de l'Evangile avec tendresse et larmes. Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l'Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit régulièrement des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l'Evangile. L'autobiographie de Finney est remplie de récits relatant de puissantes manifestations du Saint-Esprit. A une certaine occasion où Finney prêchait dans un bâtiment scolaire, " soudainement une atmosphère de solennité terrible tomba sur l'assemblée et les chrétiens de la congrégation tombèrent de leurs chaises, pleurant pour obtenir miséricorde. " Finney déclara : " Si j'avais eu une épée dans chaque

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main, je n'aurais pas pu les frapper aussi vite qu'ils ne tombèrent. Je crois que toute l'assemblée était à genoux ou dans un état de prostration au bout de deux minutes. " Les cris et les pleurs des gens étaient si forts que l'exhortation que donna Finney à se confier dans la miséricorde de Christ n'était même pas audible.

"Finney semblait si rempli de l'Esprit Saint que les gens étaient souvent amenés à la conviction de péché rien qu'en le regardant. Lors d'une tournée d'évangélisation à Utique, New York, il visita une grande usine. En le voyant, un des employés, puis un autre et encore un autre s'arrêtèrent de travailler et pleurèrent sous la conviction de leurs péchés, et finalement le nombre de personnes qui pleuraient et gémissaient fut si important que les machines durent être arrêtées pour laisser à Finney le soin de les conduire à Christ. "

Finney semblait détenir le pouvoir d'imprimer dans la conscience des hommes la nécessité d'une vie vécue d'une façon si sainte qu'elle devait produire des fruits durables. " Plus de 85 % des personnes converties à Christ lors des réunions de Finney restaient attachés à Dieu, alors que 70 % de ceux qui avaient professé Christ dans des réunions tenues par un évangéliste même aussi illustre que Moody devenaient par la suite des rétrogrades. "

De tels résultats furent le fruit d'heures et d'heures de prière. Ce n'était pas les prières de Finney seul qui assurèrent de tels réveils envoyés du ciel. Finney était soutenu par les prières de deux dons cachés de Dieu. C'était l'intercession cachée et cependant puissante du "Père Nash" et d'Abel Clary qui posa les fondements et prépara le terrain à ces puissantes visitations de Dieu. " Abel Carry s'était convertit à peu près à la même période que Finney et avait reçu une formation qui lui permettait de prêcher également, mais il avait un si lourd fardeau de prière qu'il ne pouvait prêcher beaucoup. Tout son temps et toutes ses forces étaient consacrés à la prière. Il gémissait et soupirait dans l'agonie, incapable de rester debout sous le poids."

"Après la mort de Clary, Finney découvrit le journal de prière de Clary. Finney s'aperçut que l'ordre exact dans lequel le fardeau avait été déposé sur le coeur de Clary correspondait à l'ordre suivant lequel s'étaient manifestées les bénédictions déversées sur son ministère."

Le Père Nash vécut une vie d'intercession presque continue. "Il se joignait à Finney, entretenait une liste de prière et était sans nul doute le secret en grande partie du merveilleux succès de Finney. Il ne prêchait pas et bien souvent n'assistait pas aux réunions, mais il restait dans sa chambre, ou dans les bois, luttant avec Dieu dans une prière puissante. Souvent avant le crépuscule, on pouvait entendre à plus de 500 mètres à la ronde le Père Nash prier dans les bois, ou dans une église, et le sentiment de la présence de Dieu était incroyable. "

L'Eglise doit faire plus que d'avoir de l'estime pour l'histoire d'hommes tels que Charles Finney, le Père Nash et Abel Cary.

Si nous désirons expérimenter un réveil, nous devons nous repentir et pratiquer les vérités qu'ils ont proclamées : vérités d'une vie sainte et pure ; vérités d'une intercession secrète et d'un amour inconditionnel pour Jésus !

Page 28 - Biographie de George Fox

Le "Secoueur" de Dieu par Leonard Ravenhill

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Le grand secret de la puissance de Fox résidait dans sa foi en Dieu. Il commença pratiquement sans avantages mais il influença vite le monde entier pour Dieu. Son seul désir était l'avancement du royaume de Christ sur Terre. Au travers de son influence, l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosse se retrouvèrent bientôt en flammes.

"L'incident le plus remarquable de l'histoire moderne n'est peut-être pas la diète de Worms, encore moins la bataille d'Austerlitz ou Peterloo ou quelque autre bataille.

"L'incident le plus remarquable est simplement laissé de côté par la plupart des historiens et traité avec une certaine dérision par les autres : il s'agit en fait de George Fox se taillant pour lui-même un costume en cuir.

"Jamais rien ne fut accompli de plus grandiose que le moment où George Fox, s'habillant d'un costume en cuir, s'en alla bien déterminé à trouver la vérité pour lui-même et à livrer bataille pour elle contre toute superstition et toute intolérance."

C'était l'opinion de Thomas Carlyle au sujet de George Fox, le pauvre cordonnier sans instruction. Sa vie de prédicateur itinérant fut tellement rude qu'il se fit ce fameux pantalon en cuir qui devint légendaire par la suite. Ce pantalon était connu dans tout le pays, raconte l'historien Macauley. Au milieu du XVIIème siècle, les gens craignaient l'homme vêtu de ce fameux costume tout autant que les spectateurs du Jourdain craignaient, bien des siècles auparavant, l'homme qui avait la ceinture nouée autour de ses reins et qui se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Et l'on pouvait légitimement dire que George Fox et Jean le Baptiste étaient des âmes soeurs.

George Fox vit la lumière du jour en 1624 à Drayton-in-the-Clay dans le Leichestershire en Angleterre. Ses parents pieux appartenaient à l'Eglise d'Angleterre et s'efforcèrent d'élever leurs enfants dans la crainte du Seigneur. George fit son premier pas dans sa longue quête spirituelle à l'âge de 11 ans quand il livra son coeur au Seigneur. A partir de ce moment-là, il chercha toujours à vivre une vie honnête et droite.

Les feux de la Réforme d'il y avait cent ans s'étaient éteints à l'époque. Parmi le clergé là-bas abondaient beaucoup d'éducation, de débauche et de confort. L'Eglise Protestante n'existait plus que par son nom, elle était morte en réalité.

George Fox ne connut une relation personnelle directe avec Dieu qu'après l'âge de 19 ans. Ensuite, son âme fut remplie pendant un certain temps d'étranges désirs et de continuelles recherches de Dieu. Les chrétiens qu'il rencontrait ne possédaient pas ce qu'ils professaient. Il était si profondément attristé et désemparé par les exemples de leur hypocrisie qu'il pouvait passer des nuits entières à faire les quatre cent pas dans sa chambre et prier Dieu. Il chercha l'aide auprès des hommes mais n'en trouva point.

La famille de George ne savait pas quoi faire de lui. L'un disait gentiment que le mariage serait le remède à son esprit mélancolique. Un autre préférait penser qu'il devrait s'engager dans l'armée. Un troisième croyait que le tabac et le fait de chanter des psaumes lui apporteraient du réconfort. Il n'était pas étonnant que, dans ces conditions, notre âme en recherche pensait que ses conseillers étaient tous des "consolateurs fâcheux". Un certain homme, censé être expérimenté dans les choses de Dieu, parut "un tonneau vide" à George Fox. Alors qu'il recherchait conseil auprès d'un homme du clergé, Fox piétina par accident son parterre de fleurs ce qui lui valut de déclencher la fureur de son propriétaire.

Ne trouvant pas d'aide de la part des hommes, Fox arrêta de chercher à cette source. Avec sa Bible comme guide, il commença à chercher de l'aide auprès du Seigneur seul. Lentement, la lumière commença à se lever sur lui. Il fut conduit à constater que seuls ceux qui étaient passés de la mort à la vie croyaient vraiment en Christ. Une fois pour toutes, Fox décida que "le fait d'avoir reçu une instruction à Oxford ou à Cambridge ne qualifiait pas ou ne rendait pas un homme

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apte à être un ministre de Christ."

Vers l'âge de 23 ans, George Fox commença à prêcher les vérités qui lui étaient révélées. Il fut puissamment utilisé par Dieu. Il arriva ainsi à point nommé "pour sauver l'Eglise de la mort et du formalisme et le monde de l'infidélité". Il fut envoyé par Dieu pour appeler l'Eglise à une véritable adoration spirituelle.

Fox commença à prêcher avec peu d'instruction, sans formation particulière et sans aucun avantage particulier de quelque nature. Il prêchait tellement que les hommes en avaient des tremblements. Le nom de Quakers ("ceux qui tremblent") fut rattaché à Fox et à ses disciples à cause des tremblements des hommes, qui venaient pour se moquer mais restaient ensuite pour prier. Bien qu'il fît trembler les autres, aucun homme ne pouvait le faire trembler, lui.

Pieds nus à travers la foule du marché de Litchfield en Angleterre, cet homme au costume en cuir élevait ses mains et sa voix pour crier : "Malheur à toi Litchfield, la ville sanguinaire! Malheur à Litchfield!" Il ne craignait ni les hommes ni les conséquences de ses discours. Au début, cela amusait la foule, puis cela la rendit grave, et enfin terrifiée.

Voilà un homme dont le zèle était inextinguible. Il avait "entendu une voix". L'on avait beau le battre, le jeter en prison, se moquer de lui comme d'un fou. Il continuait à proclamer le message de Christ. Banni des églises, George Fox prenait une pierre comme chaire et prêchait aux foules dans les rues. Transféré de sa réunion de rue en prison, il transformait la prison en cathédrale pour proclamer les oeuvres merveilleuses de Dieu. Il fut souvent trouvé en train de louer le Seigneur dans une cellule puante de prison.

Qu'il ait à faire à un juge ou à un criminel, au Lord Protecteur ou à une servante de cuisine, Fox fut un témoin en flammes. "Il parcourait sans arrêt les Iles Britanniques," écrit un de ses biographes, "prêchant et protestant comme aucun autre homme ne l'avait fait avant lui. Dans sa prédication, il usa habits, chevaux, critiques, persécuteurs et finalement il s'usa aussi lui-même."

A maintes reprises, Fox prophétisa des événements qui lui étaient révélés. Des visions lui venaient souvent. Une fois

dans le Lancashire en Angleterre, pendant qu'il escaladait Pendle Hill, il reçut la vision d'un réveil à venir dans cette région. Il vit "la campagne grouillant d'hommes qui se dirigeaient tous vers le même endroit." J'ai moi-même participé à un culte dans la vieille maison de rencontre construite après la grande visitation de Dieu dans cette région.

En personne, Fox était un homme fort avec de remarquables yeux perçants. Ses paroles étaient comme des éclairs. Son jugement était clair et sa logique convaincante. Son don spirituel majeur était un discernement remarquable. Il semblait être capable de lire le caractère des hommes simplement en les regardant. Il assimilait les tempéraments des gens à ceux d'un lion, d'un serpent, d'un lion ou d'une guêpe. Il pouvait rencontrer une personne et dire : "Je vois l'esprit d'un renard rusé en vous." "Vous avez la nature d'un serpent." Ou encore "Vous êtes aussi vicieux qu'un tigre." Fox était bien en avance sur tous ses contemporains.

Le grand secret de la puissance de Fox résidait dans sa foi en Dieu. Il commença pratiquement sans avantages mais il influença vite le monde entier pour Dieu. Son seul désir était l'avancement du royaume de Christ sur Terre. Au travers de

son influence, l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosse se retrouvèrent bientôt en flammes. En 1661, plusieurs de ses disciples traversèrent les océans pour proclamer la vérité dans des pays étrangers. En 1664, il épousa Margaret Fell. Entre 1670

et 1673, il leva les voiles pour les Indes occidentales et l'Amérique du Nord. Bien qu'il y fût aussi persécuté, la parole se

répandait.

Jamais aucun réformateur religieux ou politique ne fut aussi souvent emprisonné que George Fox, et dans quelles

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prisons! Mais ces séjours en prison étaient des oeuvres missionnaires. Au lieu d'être confiné seul, il avait toujours avec lui une congrégation, et il faisait des convertis. Sa renommée se répandait et les gens venaient l'entendre par foules entières.

Un gouverneur américain distingué, Livingston, fut justifié en donnant la haute opinion suivante à propos du "secoueur inébranlable" : George Fox, sans avoir reçu d'instruction humaine, accomplit davantage que tout autre réformateur de la chrétienté protestante en faveur de la restauration du Christianisme réel, primitif et pur, et de la destruction du "professionnalisme ecclésiastique", de la superstition et des vains rites et cérémonies.

Il nous a laissé l'exemple d'un service dévoué et sans crainte mais que peu, hélas, ont jamais tenté de suivre. "Il voyait l'enfer et le ciel, Dieu et le jugement avec une telle clarté qu'il était contraint de sortir à la bonne et à la mauvaise saisons pour arracher les pauvres pécheurs de leur horrible destruction." Il faisait constamment des apparitions là où personne ne l'attendait, bloquant la route à l'enfer et montrant la route vers le ciel, tout cela parce qu'il était complètement délivré de la peur d'autrui et intraitable à l'égard de routines inutiles.

Comme les villes à travers le monde d'aujourd'hui pourraient se mettre à trembler sous l'impulsion de travailleurs aussi remplis de Dieu et de foi, aussi détachés de leurs propres vie, intérêts et confort, et aussi déterminés à dépouiller le royaume du diable que ne l'était George Fox!

Une fois que Fox eut saisi la vérité qu'il avait recherchée, sa vie spirituelle fut marquée d'un calme tranquille. Il n'eut pas des hauts et des bas. Sa vie fut pure, semblable à celle d'un enfant, véritablement cachée avec Christ en Dieu.

Sa prédication était simple mais puissante. Il est possible qu'elle ait manqué d'éloquence et de clarté, qu'elle ait été faite de phrases entrecousues, qu'elle ait été pratiquement inintelligible. L'Esprit Saint n'en était pas moins présent dans tous les discours de Fox. Il excellait à la prière.

L'oeuvre qui permit de connaître principalement Fox fut son journal. Ce livre, qui fut imprimé trois ans après sa mort, est l'un des livres les plus connus au monde, "riche par sa profondeur spirituelle, sa noble simplicité et sa force morale." C'étaient la présence de Fox et les paroles qu'il avait prononcées qui donnaient la profonde impression qui ressortait de son journal.

George Fox s'éteignit à Londres le 13 janvier 1691. Si jamais vous allez à Londres, rendez-vous à sa tombe exactement à l'opposé de l'église de John Wesley à City Road. En dépit de la mousse et de son âge, vous pourrez lire sur la pierre tombale " "Ci-gît George Fox!" Il se trouve en bonne compagnie car près de lui, dans l'attente du jour dernier, reposent Suzanna la mère de John Wesley, Isaac Watts, Daniel Defoe et d'autres célébrités. George Fox, qui honora le Fils, sera un jour honoré par Lui. Repose en paix, toi George le fidèle, le combatif!

"Plus que toute autre chose, George Fox excellait à la prière. La profondeur de son esprit, la révérence et la solennité de son discours et de son comportement, la rareté et la plénitude de ses mots ont souvent frappé d'admiration les étrangers mêmes tandis qu'il les employait à apporter aux autres la consolation. Le tableau le plus terrible, le plus vivant d'un pasteur que j'aie jamais contemplé ou qui m'ait jamais fait un si fort effet, je dois le dire, était la prière de George fox. George Fox connut et vécut plus près du Seigneur que les autres hommes car ceux qui Le connaissent le mieux ont davantage de raisons de s'approcher de Lui avec révérence et crainte."

Page 29 - Biographie de Jonathan Goforth

La Prière façonne l'histoire

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par David Smithers

Jonathan Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l'un des principaux obstacles empêchant à Dieu d'envoyer un réveil.

"Vous devez avancer à genoux", ce fut-là le conseil que Hudson Taylor prodigua à un jeune missionnaire canadien du nom de Jonathan Goforth. Jonathan Goforth s'appliqua fidèlement et avec ferveur à suivre ce conseil tout au long de son travail missionnaire en Chine. Cependant, après treize années de prière consacrée et de prédication fidèle, et après ce que la plupart qualifieraient de ministère réussi, Goforth en vint à un point d'insatisfaction où son âme ne trouvait point de repos. Ce fut à cette période qu'un parti inconnu en Angleterre commença à distribuer des tracts sur le réveil de 1904 au Pays de Galles. Goforth fut profondément interpellé alors qu'il lisait ces récits. "Une nouvelle idée, une nouvelle conception de Dieu le Saint-Esprit commença à faire jour dans son coeur." Il se livra donc à davantage de prière et d'étude de la Bible. Goforth se vit conduit par une vision fraîche, la vision d'une puissante effusion du Saint-Esprit.

Peu de temps après, il commençait à se retrouver dans la journée avec d'autres missionnaires pour prier pour un réveil. Ces hommes firent le voeu devant Dieu et firent le serment l'un à l'autre de prier jusqu'à ce que le réveil vînt en Chine. En 1908, la prière et les rêves de Jonathan Goforth commencèrent à se réaliser. Goforth commença à aller dans différentes stations missionnaires où il amena ses amis missionnaires dans la prière. Alors de façon soudaine, la prière droite et sincère ouvrit la porte à la confession ouverte des péchés.

Ce fut à partir du moment où les chrétiens vinrent avec un coeur purifié, confessèrent et abandonnèrent leur péché secret que le Saint-Esprit souffla comme un vent puissant. Vraisemblablement, cette confession de péchés honnête et ouverte fut la caractéristique la plus frappante du réveil. Partout où allait Mr Goforth le réveil éclatait, et presque toujours de la même façon. Premièrement, la prière était encouragée parmi les chrétiens, ce qui conduisait spontanément à la confession des péchés avec un coeur déchiré et brisé. Et ensuite, comme un fleuve, les perdus étaient introduits dans le Royaume par milliers. "Les hommes étaient pénétrés comme avec du feu." L'un après l'autre des croyants au coeur brisé se jetèrent eux-mêmes dans la confession de tout péché secret. Monsieur Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l'un des principaux obstacles empêchant à Dieu d'envoyer un réveil.

Walter Phillips nous décrit l'une des réunions de réveil que tenait Mr Goforth : "Immédiatement après que l'on pénétra dans l'église, l'on prit conscience de quelque chose d'inhabituel. L'endroit était rempli jusqu'à la porte et l'on pouvait voir une expression de révérence tendue sur chaque visage. Les gens s'agenouillaient pour prier, au début en silence, mais rapidement, ici et là, ils prièrent à haute voix. Les voix s'élevèrent, gagnèrent en volume jusqu'à former une grande vague de supplication unie qui grossit jusqu'au point de devenir un rugissement. Là je pus comprendre pourquoi le sol était si humide - l'atmosphère même était électrique et d'étranges impulsions remuaient les corps."

Quand Mr Goforth prêchait, "la croix s'enflammait comme un feu vivant dans le coeur de tous les auditeurs. " C'était la personne de Jésus Christ qui était exaltée pendant tout ce réveil, et présentée comme le Roi et le Sauveur devant lequel tous devraient rendre compte. Au milieu de ce grand réveil, Jonathan Goforth prit conscience que toutes ses transpirations et ses grands efforts déployés dans le passé ne lui permirent de récolter que frustration. Il en vint à la ferme conviction que le réveil ne peut être engendré qu'au travers de l'humilité, la foi, la prière et la puissance du Saint-Esprit. Goforth écrit :

"Si le réveil est encore retenu, c'est parce que quelques idoles conservent encore leur trône; parce que nous plaçons encore notre confiance dans des schémas humains; parce que nous refusons toujours de nous confronter à la vérité inébranlable que 'ce n'est pas par la puissance, mais par Mon Esprit.'"

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Page 30 - Biographie d'Edward D. Griffin

La Prière façonne l'histoire par Ensemble Rebâtissons la MaisonEdward D. Griffin

Talonnant de près le Premier Grand Réveil d'Amérique, vinrent la Guerre française et la Guerre indienne, la Guerre d'Indépendance, les fausses philosophies françaises et l'extension à large échelle de l'infidélité. Ce fut une période de grand découragement pour l'Église d'Amérique. Néanmoins, quand les choses semblèrent des plus sombres, les feux du réveil éclatèrent de nouveau. Depuis la grossière frontière occidentale du Kentucky aux couloirs de Yale et Princeton, le pays soudainement parut se consumer uniquement dans la recherche de Christ. Dès 1790 et durant les 45 annéss qui suivirent, l'Amérique entra dans une ère remarquable appelée " le Deuxième Grand Réveil ".

Un des géants oubliés de cette période de réveil continu fut Edward Griffin. "L'histoire de sa vie semble se coller de près à l'histoire d'un réveil ininterrompu; et il serait peut-être difficile de nommer un seul individu dans notre pays depuis les jours de Whitefield qui ait contribué à un aussi grand nombre de conversions pleines d'espoir." Si Edward Griffin avait vécu à une époque antérieure, il aurait certainement été reconnu comme un vrai homme de Dieu, cependant il entra dans les champs de la moisson de Dieu pendant la saison de printemps du réveil. Il surgit brusquement sur la scène au moment précis où tout fut préparé par la providence divine et la prière. Le ministère de M. Griffin fut béni dès son commencement avec un grand succès.

Un auditeur de M. Griffin au New Jersey en 1829 nous donne une description de ses prédications et de l'amour et du coeur brisé qui donnèrent à ces prédications leur puissance. "La plupart du temps pendant son sermon, son visage était

humecté de larmes et pendant presqu'une heure il nous parla avec des paroles d'une telle tendresse et si touchantes qu'il

semblait que ses auditeurs devaient crier dans une agonie de crainte et tout tremblants

fin! C'était étonnant de voir comment il supporta la tension aussi longtemps et qu'il n'avait pas lâché prise, sous l'effet de l'épuisement physique. L'agonie mentale, la compassion déchirant le coeur, était suffisantes pour démolir un ange! Quand il se jeta sur ses genoux comme s'il avait été frappé sur la tête avec une hache, avec les bras étendus, et des larmes qui coulaient sur son visage, il s'écria : ' Oh! mes amis pécheurs qui mourrez, je vous supplie de donner votre coeur au Sauveur maintenant. Donnez votre vie à Jésus Christ, ne le remettez pas! Ne quittez pas cette maison sans vous consacrer à Son service, de peur que vous ne soyez acculés à crier : 'la moisson est passée, l'été est fini et je ne suis pas sauvé. ' "

Mais quelle apogée ce fut à la

Les instruments d'un véritable réveil sont toujours modelés par Dieu dans le lieu secret de la prière. Edward Griffin était toujours conscient de son propre besoin d'atteindre le regard quotidien de Jésus dans la prière. Décrivant les effets transformateurs de tels moments, Monsieur Griffin écrivit: "C'est seulement quand, le visage découvert, nous contemplons la gloire du Seigneur que nous sommes changés de gloire en gloire. Une image de Dieu brillant sur la face de Jésus Christ est la foi qui épure et produit de bonnes oeuvres. Quand on voit Dieu dans toute la majesté de Sa gloire, dans l'effroyable pureté de Sa sainteté, le chrétien ne peut pas, n'ose pas pécher obstinément . Il désirait avec ardeur la pureté universelle avec des gémissements qui ne peuvent pas être prononcés. C'est ici la foi ' qui fonctionne par l'amour. ' Sous l'influence de ces vues le chrétien sait ce que c'est que d'être stimulé à l'action par l'amour de Dieu en Christ "

Même devenu un vieil homme, Edward Griffin poursuivit toujours un niveau plus grand d'intimité avec Christ. Armé d'une plus grande soif pour plus de Jésus, il écrivit, "Je soupire après une communion élevée avec Dieu et je prie pour cela, et après des affections toujours plus ardentes et plus agréables et douces que celles que j'ai ressenties jusqu'à présent." C'est le type de réveil dont nous avons besoin, un réveil de notre amour pour Jésus et de nos aspirations à Lui. En tant que nation, nos murs sont détruits et nos portes sont brûlées par le feu. Cette nation est en train de s'effondre de

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l'intérieur parce que la fondement même de l'Église a dérapé. Ce n'est plus Christ seul qui est tout-suffisant pour tous nos besoins. Jésus a perdu de loin Sa prééminence parmi ceux-là mêmes qui revendiquent Son nom. La brique et le mortier de nos méthodes charnelles n'ont pas réussi à réparer les brèches spirituelles de nos murs. Combien de temps essayerons-nous en vain de réparer nos murs extérieurs tandis que la maison de prière de Dieu se trouve toujours négligée et en ruines ?

Page 31 - Biographie de Mordecai Ham

La Prière façonne l'histoire par David Smithers

Quel est le secret de l'onction du Saint-Esprit ? Est-ce que Dieu revêt les hommes plus ou moins au petit bonheur la chance? A t-Il des privilégiés ? Certainement pas ! La difficulté du côté de Dieu est de trouver des hommes qui soient prêts à payer le prix." Mordecai Ham était un homme prêt à payer la prix, ce qui entraîna par voie de conséquence qu'il fut puissamment oint du Saint-Esprit. Dès les premières années de son ministère, il vécut un certain nombre d'expériences extraordinaires avec le Saint-Esprit qui le préparèrent au rôle de prophète-revivaliste qu'il allait exercer plus tard.

Monsieur Ham écrit : "J'ai eu une expérience époustouflante de la présence du Seigneur. Je me suis senti si puissamment vaincu par la proximité du Saint-Esprit que j'ai dû demander au Seigneur de Se retirer de peur qu'Il ne me tue. Cela a été si glorieux que je n'ai pu en supporter davantage qu'une petite portion." A mesure que sa vie spirituelle s'approfondissait, il connaissait un succès en tant que revivaliste toujours croissant. Les fruits bénis du ministère de Mordecai Ham se voient par exemple dans un compte-rendu du journal de Jackson, au Tennessee, daté d'avril 1905. On peut lire sur le compte-rendu : "Le feu spirituel du grand réveil au Pays de Galles a t-il traversé l'océan et embrasé les coeurs des habitants de Jackson ? Il semblerait que cela ait commencé au réveil de la grande tente conduit par le pasteur M.F. Ham."

Le succès de Mordecai Ham n'était pas le résultat des méthodes d'évangélisation traditionnelles, mais le fruit de la puissance apostolique. Souvent, il sortait chercher les pires des pécheurs dans la communauté et une fois qu'il les avait trouvés, se mettait à prier et à intercéder pour eux dans la supplication jusqu'à ce qu'ils s'abandonnent à Christ, ce qui donnait lieu à une grande moisson des perdus. En d'autres occasions, il affrontait face à face des opposants entêtés à l'Evangile, leur déclarant qu'il prierait Dieu pour que soit Il les convertisse, soit Il les tue. Dans la biographie de Mr Ham, plusieurs incidents sont rapportés où ceux qui avaient résisté et s'étaient s'opposé au Saint-Esprit furent conduits à un prompt jugement." L'évangéliste rappelle avec une grande répugnance que des gens tombaient morts durant beaucoup de ses grandes campagnes. Des ambulances devaient venir pour retirer des corps de nos réunions." "Un bon nombre parmi les personnes qui avaient combattu ouvertement une réunion de Ham expérimentèrent une forme quelconque de mort violente peu de temps après." (Actes 5:1-11). Ainsi, tandis que le Saint-Esprit était répandu, certains étaient visités par le jugement alors que d'autres étaient sauvés et même physiquement guéris.

Charles Spurgeon affirma à propos "qu'une église dans le pays sans l'Esprit est plus une malédiction qu'une bénédiction. Si tu n'as pas l'Esprit de Dieu, ouvrier chrétien, souviens-toi que tu te tiens dans le sentier de quelqu'un d'autre; tu es un arbre stérile qui se tient là où un arbre fructueux pourrait croître." La claire compréhension qu'avait Mordecai Ham de ce principe spirituel l'aida à mettre en oeuvre une stratégie pour atteindre les perdus. Sur ce point, il écrit : " Il y a beaucoup de chrétiens qui sont des personnes entre deux chaises. Ils se tiennent à la porte, s'attachant d'une main à l'Eglise alors que de l'autre ils jouent avec les jouets du monde. Ils sont à l'entrée et nous ne pouvons pas faire rentrer les pécheurs. Et tant que nous n'arrivons pas à avoir un certain nombre de gens droits dans le peuple de Dieu, nous ne pouvons pas

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MINISTÈRES ENSEIGNEMOI - 19-10-2017 - - Biographies de Revivalistes, hommes et femmes de réveil

espérer avoir des pécheurs régénérés. Maintenant ils m'accusent toujours de transporter avec moi un marteau pour briser le roc et de fracasser les membres de l'église avec. Oui, monsieur, je les fracasse; chaque fois que je descends, je butte sur un des gars qui sont entre deux chaises pour le faire sortir du couloir d'entrée, et chaque fois j'en fais déguerpir un à coups de pieds, je fais entrer un pécheur." Ce fut ce type de prédication biblique audacieuse qui amena un jeune garçon de 16 ans à Christ, nommé Billy Graham. On doit insister maintenant sur le fait que Mr Ham était continuellement un homme de prière zélée. "Quelquefois il passait des heures dans sa chambre à combattre avec Dieu." Il encourageait souvent les chrétiens à assister à des réunions de prière qui duraient toute la nuit et qui s'étalaient sur plusieurs nuits consécutives, afin de préparer correctement le terrain à la visitation de l'Esprit. Il apprit très tôt que la sagesse humaine ne pouvait pas accomplir l'oeuvre du Saint-Esprit.

Pour conclure, considérons quelques unes des pensées de Mr Ham sur les obstacles à un véritable réveil : "Un de nos problèmes est que nous ne sommes pas disposés à nous humilier. Nous ne sommes pas prêts à abandonner nos opinions concernant la façon dont les choses devraient être faites. Nous voulons qu'un réveil vienne uniquement à notre façon à nous. On n'a jamais vu venir deux réveils qui se ressemblent. Nous devons les laisser venir à la façon de Dieu. Les gens ont honte d'admettre qu'ils ont besoin d'un réveil. Si vous n'êtes pas disposé à prendre sur vous la honte, alors vous la laissez reposer sur Jésus-Christ. Vous devez porter le reproche pour le péché de votre état d'indifférence, ou la cause du Maître doit le subir."

Page 32 - Biographie de Richard Harvey

70 ans de miracles par Richard Harvey

"De nos jours, beaucoup de serviteurs de Dieu s'imaginent que les "miracles" n'ont été qu'une manifestation visible de

Dieu pour fonder l'Eglise primitive et pour l'investir de crédibilité. Ils affirment que nos besoins ne sont pas aussi grands aujourd'hui et que c'est pour cela que Dieu n'accomplit plus de miracles. Dans les pages de ce livre, le Dr Richard Harvey va s'empresser de réfuter cet argument. Son histoire n'est pas celle d'un seul miracle, mais d'une multitude de miracles

qui s'étendent sur une période de plus de soixante-dix ans! (

que Dieu peut accomplir par l'intermédiaire d'un homme déterminé à consacrer ses efforts et son enthousiasme à l'accomplissement du plan et des desseins de Dieu, ma prière est que ce récit vous inspire à "aller et à faire de même" pour le Royaume de Jésus-Christ." (Dr Richard H. Letourneau).

Pendant que vous lirez, dans les pages qui suivent, ce

)

"Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les oeuvres de l'Eternel"

Le 5 juillet 1905, à Grove City, en Pennsylvanie, dans une cabane vétuste baptisée pompeusement " presbytère ", il naquit à Emma et à Henry Harvey un enfant " bleu " atteint de strabisme et d'une malformation de la langue. Les parents apprirent qu'il ne restait à leur bébé que quelques heures à vivre.

Non convaincu, le père se tourna immédiatement vers Dieu avec cette prière : " Même lorsque les médecins affirmaient qu'il nous était impossible d'avoir un autre enfant, Tu nous en a donné un. Veux-Tu maintenant nous révéler Ta volonté au sujet de notre fils? " Puis, selon son habitude, il ouvrit la parole de Dieu pour y puiser la réponse. Dans le Psaume 118, au verset 17, Dieu lui donna cette promesse : " Je ne mourrai pas, je vivrai, et je raconterai les oeuvres de l'Eternel. " Dès lors, ces paroles constituèrent pour ce jeune père la promesse que son fils vivrait et qu'il servirait le Seigneur. Et mon père avait raison, puisque, au delà de 70 ans plus tard, me voici! Mais dans ma prime enfance mon père a dû s'appuyer de toutes ses forces sur cette promesse. En effet, le simple fait de rester en vie fut pour moi une suite de luttes terribles.

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A l'âge de 11 mois, je contractai une double pneumonie et la coqueluche. Une infirmière visiteuse venue aider ma mère,

annonça à mon père que j'étais mort. Mon père lui dit : " Ne dites rien à sa mère. Il n'est pas mort. " Il s'agenouilla près de mon petit lit et rappela à Dieu Sa promesse, jusqu'à ce qu'il fût satisfait de la réponse de Dieu et qu'il sût que la crise était passée.

Je devais avoir environ un an, lorsque mes parents acquirent la certitude que j'étais atteint de strabisme. Il ne s'agissait pas d'une simple faiblesse, mais d'un défaut permanent assez prononcé. Un jour, après avoir joint leurs mains au dessus de mon lit, ils me les imposèrent et demandèrent à Dieu de redresser ma vue. Et Il le fit! (Je ne suis pas très beau aujourd'hui, mais je devais être dix fois pire lorsque j'étais un bébé qui louchait!)

Avant d'atteindre ma troisième année, j'attrapai la diphtérie, et, encore une fois, quelqu'un vint à la maison et me déclara mort. " Surtout n'en parlez à personne ", dit mon père. S'enfermant dans ma chambre, il s'agenouilla près de mon lit, prit ma main dans la sienne et n'eut de cesse que je bouge. Alors seulement, il se leva, remercia le Seigneur et s'en fut dire à ma mère que tout allait bien.

Je n'avais pas encore quatre ans, lorsqu'un jour une infirmière se présenta à la maison. Elle s'entendit dire par mes parents : " Notre fils semble posséder une intelligence normale. "

" Mais Richard ne marche pas, et nous n'arrivons pas à le faire parler. " A 4 ans, je n'avais même pas encore pu

prononcer " maman " et " papa ". Au lieu de cela, j'émettais des sons pour me faire comprendre et obtenir ce que je voulais.

L'infirmière examina l'intérieur de ma bouche et dit : " Révérend Harvey, votre fils souffre d'une sévère malformation de la langue. Celle-ci est entravée dans ses mouvements par une fibre située en dessous de la langue. " Après le départ de l'infirmière, ma mère et mon père s'agenouillèrent près de moi. Ils m'imposèrent les mains et se mirent à prier. Une fois de plus, mon père cita la promesse : " Je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les oeuvres de l'Eternel. " Il dit à Dieu dans sa prière : " Seigneur, non seulement Tu as affirmé que mon fils vivrait et qu'il ne mourrait pas, mais aussi qu'il raconterait les oeuvres de l'Eternel. Comment peut-il raconter Tes oeuvres s'il a la langue liée? "

Dieu délia ma langue! Parfois il m'arrive de penser que Son travail a dû être trop bien fait, car ce petit membre m'a déjà souvent mis dans l'embarras! J'ai commencé à parler à l'âge de quatre ans, et aux dires de certains membres de ma famille, il ne m'a fallu que deux ans pour rattraper le temps perdu. "

La guérison ne s'obtient que dans la soumission à Dieu et dans la confession des péchés

Richard jeune homme ne voulait pour rien au monde être pasteur ou missionnaire car les maigres revenus de son père qui était pasteur les obligeaient à vivre dans des conditions difficiles et dans la privation. Mais voici que Dieu rattrape ce Jonas du 20ème siècle.

En me

promenant sur le site où avait lieu la conférence, je fis la rencontre de l'évangéliste invitée : Mme Cora Rudy Turnbull. C'était elle qui m'avait amené à Jésus-Christ quand j'avais huit ans. "Quelle heureuse surprise", s'exclama l'évangéliste. Et après quelques réflexions plaisantes, elle demanda: "A propos, Richard, as-tu déjà donné ta vie au Seigneur Jésus?"