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CHP – Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration
CHP – Puissance de la cogeneration
CHP – Puissance de la cogeneration
CHP – Puissance de la cogeneration

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration CHP – Puissance de la cogeneration 4 1. Introduction 4

CHP Puissance de la cogeneration

4

1. Introduction

4

1.1 Préface I

4

1.2 Préface II

5

1.3 Préface III

6

1.4 Misure de l’énergie et de la puissance

7

2. Fondamentaux

8

2.1 Qu’estce qu’un systeme de cogeneration

8

2.2 Équilibres énergétiques

9

2.3 Principaux avantages de laCHP

11

2.4 Schémas de base d’une CHP

12

2.5 Combustibles

13

3. Technologie

 

14

3.1 Moteur

à

combustion interne

14

3.2 Turbine à vapeur

16

3.3 Turbine a gaz

17

3.4 Cycle combiné

19

3.5 Moteur Stirling

20

3.6 Pile à combustible

22

3.7 Cycle de Rankine organique (ORC)

25

3.8 Stockage de la chaleur

26

3.9 Comparaisons qualitatives des appareils moteurs

28

3.10 Comparaisons quantitatives des appareils moteurs

29

3.11 Choix de la technologie appropriée

31

4. Dimensionnement d’une central CHP

32

4.1 Courbes de charge I

32

4.2 Courbes de charge II

. 33

4.3 Methodes de dimensionnement

35

4.4 Un example de dimensionnement d’une CHP

37

4.5 Rapport électricité/chaleur

39

5. Micro/mini centrales

CHP

5.1 Tailles des centrales CHP

5.2 mCHP: concept et avantages

5.3 Réseaux electriques intelligents et centrales électriques virtuelles

6.Trigeneration

41

41

42

44

47

6.1 Qu’estce que la trigeneration?

47

6.2 Refroidisseurs à compression

49

6.3 Refroidisseur à absorption

50

6.4 Comparaisons

52

CHP Puissance de la cogeneration

7. Chauffage et refroidissement urbain

la cogeneration 7. Chauffage et refroidissement urbain 54 7.1 Concept principal 54 7.2 Chauffage urbain

54

7.1 Concept principal

54

7.2 Chauffage urbain (DH)

55

7.3 Refroidissement urbain (DC)

57

8. Couplage des centrales CHP et des énergié renouvelable (ER)

59

8.1 Sources renouvelables disponibles pour la CHP

59

8.2 Principaux avantages

60

8.3 Principaux aspects des centrales CHP alimentées à la biomasse

62

9.

Faisabilité

64

9.1 Mise en œuvre

64

9.2 Coûts

65

9.3 Rentabilité

68

9.4 de l’unité CHP

Intégration

69

9.5 Contrôle et risques

71

9.6 Obstacles et barrières

73

10. Principales politiques en matière de CHP et conclusions

75

10.1 Principal mécanisme d’incitation

75

10.2 Conclusions

77

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 1. Introduction

1.1 Préface I

de la cogeneration 1. Introduction 1. 1 Préface I Le jour s’est levé ; c’est l’heure

Le jour s’est levé ; c’est l’heure d’aller au travail. Dès que je pointe le nez dehors, je me rends compte qu’il fait assez froid à l’extérieur. Je saute dans ma voiture ; l’habitacle est presque glacé. Je mets le moteur en marche et quelques secondes après, je mets le chauffage en route et laisse l’air chaud entrer par les petits ventilateurs placés juste devant moi. Je suis prêt ; je peux y aller. Pas si vite. L’habitacle est trop silencieux. Le CD de mon groupe préféré est encore dans le lecteur. Je n’ai qu’à appuyer sur le bouton pour jouer la musique qui m’égaye. C’est parfait. Je peux y aller maintenant. Ce qui s’est passé ce matin est probablement passé inaperçu par beaucoup ; ce matin en effet, le rendement énergétique de mon moteur a gagné des points de pourcentage non négligeables. Autrement dit, ma voiture a été sollicitée plus que d’habitude, c’està dire plus que lors d’une journée chaude normale, où le chauffage de l’habitacle n’est pas nécessaire. Ce matin en effet, le moteur de ma voiture est soudain devenu un système de cogénération, c’està dire de production combinée de la chaleur et de l’électricité (CHP)! En effet, à partir de l’énergie chimique contenue dans le combustible, il m’a fourni l’énergie mécanique pour me déplacer, l’électricité pour écouter la musique, et la chaleur pour me réchauffer.

Premier élément clef ! #production combinée Un système de cogénération est un dispositif capable de produire l’énergie électrique, mécanique et thermique partir de la récupération), directement où il est installé. L’hiver en Sibérie peut bien être pénible à vivre. Les températures chutent très vite endeçà de 60°C. La république de Yakoutie (Sakha) située au nordest de la Sibérie a un nombre incalculable de rivières et de lacs, ainsi que des centaines de glaciers et de croûtes de glace. Elle regorge de contrastes naturels : les hivers les plus longs et les plus froids et des étés pouvant être extrêmement chauds. Yakutsk est la capitale de la république de Sakha. C’est ici la base de l’entreprise Sakha Torg. Elle fait face à un problème très courant de nos jours : elle a besoin d’une source de chaleur et d’électricité indépendante et respectueuse de l’environnement. Pour résoudre ce problème, elle a choisi d’installer un ensemble de micro turbines qui fonctionnent au gaz naturel, un choix surtout fondé sur la fiabilité et la faiblisse des coûts d’exploitation du système. Actuellement, cinq microturbines ayant des modules de récupération de la chaleur produisent de l’électricité et de la chaleur pour les centres commerciaux, les bureaux et les entrepôts de la région 1 .

Second élément clef ! #sans danger et propre Les systèmes CHP se sont avérés être une source de chaleur et d’électricité sans danger et propre dans les régions froides et reculées.

1 Sakha Torg, Yakutsk, Russia Capstone, 2008

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1.2 Préface II

CHP – Puissance de la cogeneration 1 .2 Préface II En plus d’être un endroit fantastique

En plus d’être un endroit fantastique et incontournable, le Musée d’histoire naturelle de Londres, une des nombreuses raisons pour lesquelles des millions de londoniens devraient être fiers de leur ville, accueille des collections des sciences de la vie et de la Terre (environs 70 million de spécimens). Au regard de l’âge de cette institution, la plupart des collections ont une très grande valeur historique et une certaine valeur scientifique ; il s’agit par exemple des spécimens collectés par le père de la théorie de l’évolution, Charles Darwin. Le musée est également particulièrement célèbre pour son exposition des squelettes de dinosaures et son architecture très ornée . Au cours des années 2006 et 2007, le musée a décidé de relever un important défi : faire d’importantes économies, réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre, éviter les pertes de la chaleur, réduire l’impact environnemental et maximiser le potentiel futur. Tout ceci devait se faire sans compter sur un miracle du Ciel. En réalité, le miracle était une installation compacte composée d’un moteur à combustion interne alimenté au gaz ayant un circuit intégré de refroidissement du moteur qui fait office de force de chauffage et d’entraînement pour un refroidisseur à absorption . Par conséquent, le musée économise désormais 11 000 MWh d’énergie chaque année (la consommation classique annuelle de circa 550 familles britanniques ), a réduit la quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère de plus de 2 800 tonnes par an, et a fait d’énormes économies financières : 750 000 Livres par an.

Troisième élément clef ! #économies et refroidissement Les centrales CHP peuvent être un moyen fiable d’économiser de l’argent et réduire les émissions de CO2. Les systèmes de refroidissement peuvent être facilement intégrés à la centrale.

Quatrième élément clef ! #fiabilité

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 1.3 Préface III La technologie de CHP peut être d’une

1.3 Préface III

La technologie de CHP peut être d’une valeur critique en raison de sa robustesse et de sa fiabilité.

2012 – Du 22 au 31 octobre : l’ouragan Sandy fut l’ouragan le plus meurtrier et le plus destructeur de la saison des ouragans de l’Atlantique de l’année 2012 [2]. En Jamaïque, les vents privèrent d’électricité 70% des habitants, emporta les toits des maisons, firent un mort et des dégâts estimés à environ 100 million de dollars américains. Les bandes extérieures de Sandy provoquèrent des inondations à Haïti, firent au moins 54 morts, causèrent des pénuries d’aliments, et rendirent sans abris environ 200 000 ; l’ouragan fit également deux morts en République dominicaine. À Porto Rico, un homme fut emporté par une rivière en crue. À Cuba, il y eut une grande inondation côtière et le vent fit des dégâts à l’intérieur du pays, détruisit quelques 15,000 maisons, fit 11 morts et des dégâts chiffrés à 2 milliard de dollars américains. Aux Bahamas, Sandy fit deux morts et des dégâts chiffrés à 700 million de dollars américains. Au Canada, deux personnes furent tuées en Ontario et des dégâts chiffrés à 100 million de dollars américains furent causés à travers l’Ontario et le Québec [2]. À New York, le Gouverneur Andrew Cuomo déclara un vaste état d’urgence et demanda une déclaration d’état de précatastrophe le 26 octobre qui fut signée par le Président Obama dans la même journée. Après le passage de la tempête, plus de 8 million de clients à New York et dans le New Jersey furent privé d’électricité dont beaucoup pendant des semaines. Plus de 250 grands immeubles n’eurent pas d’électricité pendant des semaines, voire des mois pour beaucoup. Selon les économistes, la ville de New York à elle seule eut des pertes économiques d’environ 20 milliard de dollars américains. Mais, pendant tous ces jours, les services essentiels du Greenwich Village Campus de l’Université de New York (NYU) restèrent opérationnels. Comment cela fûtil possible ? En 2004, NYU avait planifé ses besoins futurs en infrastructures et identifié les buts suivants : améliorer la fiabilité générale, parvenir à l’indépendance énergétique, conserver une stabilité des prix, et augmenter les économies d’exploitation. L’adoption d’une centrale CHP entraîna des économies de 5 millions de dollars américains sur le budget énergie annuel de l’Université et une réduction des rejets du CO2 de 43,400 de tonnes par an 2 . Entre autres leçons et avec tout le respect aux victimes, on peut retenir que Sandy nous rappelle une fois de plus combien l’énergie est importante dans nos vies au quotidien. La technologie CHP s’est montré à son avantage lors de l’ouragan Sandy en prouvant sa robustesse et sa fiabilité comme source d’approvisionnement électrique et thermique. Des exemples comme celui de la centrale de cogénération de NYU soulignent la valeur de la CHP/cogénération pendant les grandes catastrophes climatiques. Alors l’essentiel de Manhattan était sans électricité, l’essentiel du Greenwich Village Campus de NYU avait l’électricité, le chauffage et l’eau. NYU était en mesure de produire sa propre électricité et son chauffage grâce à une centrale CHP de 15 MW. Quatrième élément clef ! #fiabilité

4 CHP as a Reliable Energy Model. A Case Study From NYU – International District Energy Association, 2013

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 1.4 Misure de l’énergie et de la puissance Afin de
CHP – Puissance de la cogeneration 1.4 Misure de l’énergie et de la puissance Afin de

1.4 Misure de l’énergie et de la puissance

Afin de renforcer les conclusions qui jaillissent des thèmes traités, beaucoup d’adjectifs seront utilisés, mais aussi (et surtout) de nombreux chiffres. Des questions cruciales seront posées : quelle quantité d’énergie chaque technologie peutelle produire, et pour quels coûts et risques économiques ? Bien sûr, nous ne pouvons pas simplement déclarer que « CHP est un gouffre financier » ou « Nous avons une énorme quantité de biomasses ». Le problème avec ce type de déclaration est qu’il ne suffit pas de savoir qu’une chose est suffisante ou non : il nous faut savoir la proportion de ce qui « est suffisant » par rapport à l’autre partie de « ce qui est suffisant ». Pour faire cette comparaison, il nous faut des chiffres, pas des adjectifs 3 . Les unités de mesure qui seront les plus largement utilisées dans ce traité sont le kilowatt (kW) pour la puissance et le kilowattheure (kWh) pour l’énergie. Une bonne façon d’expliquer l’énergie et la puissance est de faire une analogie avec l’eau et l’écoulement de l’eau des robinets [1]. En nous référant à la figure suivante, si vous voulez un verre d’eau, vous recueillez effectivement un certain volume d’eau un litre, peutêtre (si vous avez soif et votre verre est assez grand). Lorsque vous ouvrez un robinet, vous créez un débit d’eau un litre par minute, par exemple, si le robinet coule au goutte à goutte ; ou 10 litres par minute pour un robinet plus généreux. Vous pouvez obtenir le même volume (un litre) soit en laissant ouvert le robinet au goutte à goutte pendant une minute, soit en laissant ouvert le robinet généreux pendant 1/10 de minute. Le volume délivré pendant un temps particulier est égal au débit multiplié par le temps. Un débit est donc la vitesse à laquelle un certain volume est délivré. Si vous connaissez un volume délivré pendant un temps donné, vous obtenez un débit en divisant le volume par le temps. Voici le lien entre l’énergie et la puissance : l’énergie est comme le volume d’eau, et la puissance est comme le débit d’eau. Par exemple, quand une bouilloire moderne est allumée, elle commence à consommer la puissance à un débit de 2 kilowatts. Elle continue à consommer 2 kilowatts jusqu’à ce qu’elle soit éteinte. Autrement dit, la bouilloire (si elle reste allumée en permanence, mais ne le faites pas!) consomme 2 kilowatts d’énergie par heure (kWh) ; elle consomme aussi 48 kilowatts par heure par jour. On fera souvent la distinction entre l’énergie électrique et thermique. Par conséquent le kilowatt électrique (kWe) ou kilowatt/heure (kWhe) sera utilisé pour le premier, et le thermique (kWt, kWht) pour le dernier.

5 MacKay Sustainable Energy Without the Hot Air UIT Cambridge, 2009

CHP Puissance de la cogeneration

2. Fondamentaux

CHP – Puissance de la cogeneration 2. Fondamentaux 2.1 Qu’est ‐ ce qu’un systeme de cogeneration

2.1 Qu’est ce qu’un systeme de cogeneration

Imaginez un pétrolier navigant sur une mer – la mer Méditerranée par exemple – en provenance de l’Arabie Saoudite et à destination de l’Europe pour un réapprovisionnement. Comment vous sentiriezvous en apprenant que presque les trois quart du pétrole qu’il transporte seront entièrement perdus, jetés ou jamais utilisés ? Bien entendu, on ne vous demandera pas de deviner la quantité de combustible perdue. En effet, une centrale électrique au combustible fossile traditionnel a une efficacité qui varie entre 25 et 45%, en fonction de l’utilisation du combustible et des conditions de charge. Selon l’AIE 4 , en 2010, environ 70% de l’électricité produite au monde avait pour source les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel). Il y a pire : un moteur standard de voiture fonctionne essentiellement à charge partielle, surtout lorsqu’il est utilisé dans une ville qui connaît des problèmes d’embouteillage. Les efficacités moyennes de tels moteurs varient entre 8 et 15%. Ce sont les principaux problèmes liés aux concepts de la cogénération. Un système de cogénération est un dispositif capable de produire l’énergie électrique, mécanique et thermique directement à l’endroit où il est installé. Le terme « cogénération » tire ses origines du fait que ce système est capable de combiner la récupération de l’énergie thermique à la production de l’énergie électrique. Un système CHP comprend un certain nombre de composants individuels un appareil moteur (un moteur, par exemple), un générateur, un système de récupération de chaleur, une interconnexion électrique configurés et intégrés dans l’ensemble. Le type d’équipement qui fait marcher l’ensemble du système (c.à.d. l’appareil moteur) permet généralement d’identifier le système CHP. Comme on le verra dans le chapitre suivant, les appareils moteurs pour les systèmes CHP peuvent comprendre différents types de moteurs à mouvements alternatifs, divers types de turbines et de nouvelles technologies telles que les piles à combustibles. Ces appareils moteurs sont capables de brûler un ensemble de combustibles dont le gaz naturel, le charbon, le pétrole, et les combustibles alternatifs afin de produire la puissance à l’arbre ou l’énergie mécanique. L’énergie mécanique issue de l’équipement moteur est le plus souvent utilisée pour actionner le générateur qui produit l’électricité ; mais elle peut aussi être utilisée pour actionner les équipements rotatifs tels que les compresseurs, les pompes, et les ventilateurs. En effet, l’énergie thermique issue du système peut être directement utilisée à des fins de chauffage, ou indirectement pour produire la vapeur, l’eau chaude, ou l’air chaud pour certains processus spécifiques. Une autre alternative est d’utiliser la chaleur pour produire l’eau froide pour des besoins de refroidissement.

6 Key World Energy Statistics – IEA, 2012

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration Schéma de base d’un système de cogénération. Source : BKWK
CHP – Puissance de la cogeneration Schéma de base d’un système de cogénération. Source : BKWK

Schéma de base d’un système de cogénération. Source : BKWK

2.2 Équilibres énergétiques

Le système de cogénération vise l’autoproduction de l’énergie électrique et la récupération la chaleur des liquides de refroidissement de l’appareil moteur et des gaz d’échappement, afin de la fournir aux utilisateurs raccordés au système. Comparativement à une installation classique, les avantages sont nombreux tant du point de vue énergétique et économique que de celui de l’impact environnemental. Pour mieux apprécier ces avantages, il convient de comparer les bilans énergétiques impliqués. Comme communément admis, l’efficacité de la production de l’énergie électrique des centrales traditionnelles (alimentées par les combustibles fossiles) est généralement inférieure à 40%, tandis qu’elle est plus supérieure à 50% chez les nouvelles centrales ayant des cycles combinés. Par conséquent, à partir de 100 unités d’entrée énergétique et de combustible dans le système, environ 40 unités d’énergie électrique sont produites. Même un réseau de distribution d’électricité a une efficacité inférieure à 100% ; alors, des 100 unités d’énergie, seules environ 30 unités électriques arrivent aux utilisateurs. L’énergie thermique produite par le système est généralement perdue, sauf dans des rares cas de chauffage urbain (une technique de récupération d’une partie de l’énergie thermique et de sa réutilisation par distribution dans le quartier voisin), et non utilisée pour le chauffage des ménages ou pour la production de l’eau chaude sanitaire. De manière classique, l’énergie thermique est produite localement à travers une chaudière dont l’efficacité est d’environ 90%. En cas de cogénération, la chaleur produite par l’appareil moteur et une bonne partie de la chaleur de l’échappement chaud est récupérée. Ainsi, l’efficacité du système augmente comme illustré dans les schémas suivants, jusqu’à des valeurs totales d’environ 85%. C’est dire qu’en adoptant la combinaison chaleur et puissance, seul un peu plus d’un dixième de la cargaison de notre pétrolier est gaspillé (voir 1.1).

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration Génération classique de la chaleur et de la puissance, efficacité
CHP – Puissance de la cogeneration Génération classique de la chaleur et de la puissance, efficacité

Génération classique de la chaleur et de la puissance, efficacité et bilans énergétiques. Source: RENAC

efficacité et bilans énergétiques. Source: RENAC Génération CHP, efficacité et bilan énergétiques.

Génération CHP, efficacité et bilan énergétiques. Source : RENAC

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 2.3 Principaux avantages de laCHP Les principaux bénéfices obtenus

2.3 Principaux avantages de laCHP

Les principaux bénéfices obtenus lorsqu’une unité CHP fonctionne correctement sont :

Efficacité accrue de la conversion d’énergie et de son utilisation ;

Réductions des émissions dans l’environnement de tous les principaux gaz à effet de serre ;

Dans certains cas, les biocombustibles et certain matériaux résiduels tels que les gaz de raffinerie, les déchets de procédé ou agricoles, peuvent être utilisés. Ces substances peuvent facilement alimenter une centrale CHP et, s’ils sont directement disponibles sur le site où le système est installé, ils peuvent largement augmenter la rentabilité, surtout grâce à la réduction des coûts d’approvisionnement et de mise au rebut du combustible ;

Une vraie occasion de développer davantage de formes décentralisées de production d’énergie, dans lesquelles les centrales sont conçues pour répondre aux besoins des consommateurs locaux, dont une efficacité élevée, permettent d’éviter des pertes de transmission et augmentent la flexibilité d’utilisation du système ;

Une vraie occasion d’augmenter la diversité la production de l’énergie électrique et de susciter la concurrence sur le marché de la production de l’énergie. D’autres parts, les principaux inconvénients sont essentiellement liés à un dimensionnement de précision étant donné que la production de l’énergie répondre autant que possible aux besoins énergétiques : il est indispensable de disposer d’un expert et d’un savoir faire fiables. En outre, une centrale CHP a la mauvaise réputation de nécessiter des coûts d’investissement élevés et beaucoup d’efforts d’entretien. CHP n’est pas une technologie renouvelable au sens strict du terme, mais juste une façon plus efficace de produire de l’énergie. Néanmoins, un système CHP pose facilement les fondations d’une structure énergétique décentralisée qui peut être alimentée par les sources d’énergie renouvelable locales. Par exemple, les moteurs qui fonctionnent au gaz stationnaire peuvent utiliser un ensemble de combustibles dont le biodiésel, l’huile végétale, le biogaz ou la biomasse qui sont peutêtre produits localement. Si ces combustibles alternatifs sont indisponibles, un combustible fossile est utilisé, et tout ce que nous obtenons est néanmoins une solution bien plus efficace, mais qui reste non renouvelable. Il est évident que si nous voulons produire l’électricité, il vaut mieux le faire de la manière la plus efficace possible. En substance, une centrale CHP peut facilement fournir le cadre initial vers un système renouvelable de production d’énergie et de chaleur.

renouvelable de production d’énergie et de chaleur. Une centrale CHP à moteur. Source : Wikimédia 11

Une centrale CHP à moteur. Source : Wikimédia

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 2.4 Schémas de base d’une CHP De manière générale, un

2.4 Schémas de base d’une CHP

De manière générale, un système CHP peut être schématisé au moyen de deux principaux cycles : le cycle de production de l’énergie électrique (topping cycle) et le cycle de production de l’énergie thermique (bottoming cycle). Selon les figures ci après, dans le cycle de production de l’énergie électrique (topping cycle), l’électricité (ou l’énergie mécanique) est d’abord produite, puis la chaleur est récupérée pour répondre aux charges thermiques de l’installation. On le retrouve généralement dans les installations qui n’ont pas de besoins élevés en température pour procédé. Les cycles de base de Brayton et Rankine fonctionnent comme des cycles de production de l’énergie électrique. En effet, dans le cycle de production de l’énergie thermique (bottoming cycle), l’énergie thermique est le principal produit désiré et elle est produite directement à partir de la combustion d’un combustible. Cette énergie prend généralement la forme de la vapeur qui alimente les charges de chauffage du procédé. La perte de la chaleur du procédé est toujours présente, peut être récupérée à la chaleur et utilisée comme source d’énergie pour faire fonctionner une turbine, produire l’énergie électrique ou mécanique. Les systèmes qui utilisent communément ce cycle sont des applications industrielles ayant des températures de procédé élevées. On peut citer les fours de réchauffage d’acier, d’argile ou de verre, et les fours de fusion de l’aluminium.

et les fours de ré ‐ fusion de l’aluminium. Source: Energy Efficiency Indicators for Public

Source: Energy Efficiency Indicators for Public Electricity Production from Fossil Fuels IEA, 2008

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 2.5 Combustibles Il est essentiel de choisir un combustible approprié

2.5 Combustibles

Il est essentiel de choisir un combustible approprié pour une centrale CHP. Selon la technologie choisie, un ensemble varié de combustibles peut être utilisé : coûts actuels et coûts futurs probables, disponibilité et possibilité de stockage et de transport, valeur énergétique, émissions, etc. L’identification et la spécification du combustible prévu est essentielle dès le départ et le système doit être conçu en tenant de l’approvisionnement du combustible disponible ainsi que des variations de la qualité. En particulier, la teneur en énergie d’un combustible est exprimée en termes de son Pouvoir calorifique supérieur (PCS). Il s’agit de la quantité totale de chaleur par unité de masse ou volume produite par la combustion directe d’un combustible considéré comme étant totalement asséché (l’eau de la combustion est entièrement condensée et la chaleur latente contenue dans le changement de phase – de la vapeur à l’eau – est récupérée). On utilise moins le Pouvoir calorifique inférieur dans lequel les produits de la combustion contiennent la vapeur d’eau et la chaleur dans la vapeur d’eau n’est pas récupérée. Comme on le voit, un combustible ayant un PCS fournira plus d’énergie par unité de masse (ou volume).

Pouvoir calorifique,

 

Combustible

PCS (kWh/kg)

Densité (kg/m³)

Teneur en CO2 (%)

Charbon

8

160

200

13

Coke

7.9

360

470

13

Copeaux de bois (50% de teneur en humidité)

2.4

350

14

Tourbe (50% de teneur en humidité)

2.5

400

14

Gaz naturel

10.8

0.81

11.7

Hydrogéne

3

0.09

0

Kérosène

11.9

800

12

Mazout

11.9

840

12

Source : http://www.erab.com/skiss/uk68.pdf

Comme nous l’avons déjà mentionné, il n’est toujours pas possible de choisir le combustible ayant la plus forte teneur en énergie ou la plus faible teneur en CO2. Divers aspects entre en ligne de compte. De même, la disponibilité sur le plan local et les coûts impliqués doivent être pris en compte.

13
13

Génération du CO2 lors de la combustion des sources d’énergie fossiles exprimée en kg de CO2 par kWh de combustion du combustible. Source : asue

CHP Puissance de la cogeneration

3. Technologie

CHP – Puissance de la cogeneration 3. Technologie Un moteur à combustion interne – c’est celui

Un moteur à combustion interne – c’est celui de presque toutes les voitures et camions de nos jours – utilise un procédé à quatre (ou deux dans certains cas, mais cela n’est pas courant pour les centrales CHP) temps pour convertir le combustible en mouvement. Les quatre temps de procédé d’un moteur sont : admission, compression, combustion et échappement. En fait, le fonctionnement est quasi similaire à celui d’un cœur humain, hormis la combustion. Le temps d’admission est celui au cours duquel la soupape d’admission s’ouvre et le piston descend pour permettre au combustible et à l’air d’entrer dans le cylindre. Lorsque le piston remonte et réduit la surface du cylindre, il comprime le mélange d’air et de l’oxygène et donne lieu à une explosion issue de l’allumage, c’est la fin du temps de compression. Dans le temps de combustion, le piston atteint le sommet du cylindre et la bougie d’allumage émet une petite étincelle pour allumer le mélange d’air et de combustible. Ceci donne lieu à une petite explosion dans le cylindre, qui pousse le piston vers le bas. Une fois que le piston atteint le fond du cylindre, le temps d’échappement commence : la soupape d’échappement s’ouvre et les gaz d’échappement sortent du cylindre marquant ainsi la fin du cycle. Les moteurs à combustion interne utilisent des moteurs à allumage par étincelle traditionnels (qu’on retrouve dans les voitures et les petites génératrices d’électricité) pour fournir une certaine quantité d’énergie. Dans plusieurs applications CHP, ces moteurs sont convertis au gaz naturel ou aux biocombustibles. Pour ce qui est des installations CHP, l’efficacité électrique à pleine charge est généralement de 25 40% ; elle augmente proportionnellement à la taille. La chaleur produite est généralement de l’eau chaude, plutôt que de la vapeur et, en général, elles produisent 1 2 unité(s) de chaleur pour chaque unité d’électricité, le rapport chaleur/énergie diminuant généralement lorsque la taille est réduite .

3.1 Moteur à combustion interne

Les moteurs à combustion interne pour les CHP ont, en générale, une taille comprise entre 70 1500 kWe (mais sont aussi disponibles dans des tailles de 5,5 kWe à 5 MWe) et ils conviennent mieux pour des sites industriels de petite taille l’essentiel de la demande porte sur l’eau chaude. Ils sont généralement utilisés dans des centrales CHP monoblocs, en même temps que des échangeurs thermiques destinés à récupérer la chaleur provenant des nombreuses sources de chaleur perdues. Il s’agit essentiellement de :

circuit de refroidissement du moteur, gaz d’échappement du moteur (qui fournissent la température la plus élevée), et le circuit d’huile 5 .

7 Introducing Combined Heat and Power – Carbon Trust, 2010

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration Efficacité et pertes typiques d’un moteur à combustion interne .
CHP – Puissance de la cogeneration Efficacité et pertes typiques d’un moteur à combustion interne .

Efficacité et pertes typiques d’un moteur à combustion interne. Source: Schaumann, Schmitz KraftWärme Kopplung, 2010

Schmitz ‐ Kraft ‐ Wärme ‐ Kopplung, 2010 Exemple de schéma de CHP avec un moteur

Exemple de schéma de CHP avec un moteur comme appareil moteur. Source : ASUE

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration Les turbines à vapeur sont légèrement différentes des autres appareils

Les turbines à vapeur sont légèrement différentes des autres appareils moteurs de CHP, car elles font appel à une chaudière distincte pour créer un fluide de travail sous forme de vapeur. Dans les applications CHP, une chaudière génère de la vapeur qui est communiquée à turbine à vapeur. La turbine à vapeur produit l’électricité et le reste de vapeur d’échappement peut être utilisé pour fournir de l’énergie, pour générer l’eau chaude ou pour les besoins de chauffage/refroidissement.

Le procédé de base qui sous tend la production d’énergie grâce aux turbines à vapeur est le cycle de Rankine. L’eau est chauffée dans une chaudière spécifique. La température et la pression sont telles que l’eau devient vapeur. La vapeur est alors transférée à une turbine où la pression de la vapeur est réduite (généralement à des pressions sous atmosphériques) par expansion au delà des lames jusque dans un condensateur. Si la turbine est couplée à une génératrice, ce procédé génère de l’électricité. La vapeur d’échappement est recondensée en liquide. Cette eau que l’on appelle eau de retour est mélangée à la nouvelle eau que l’on appelle eau d’alimentation de Chaudière et est refoulée vers la chaudière afin de répéter le cycle.

De telles turbines sont particulièrement appropriées pour les CHP lorsque la vapeur est nécessaire, ou là où le combustible disponible ne peut être brûlé directement dans l’appareil moteur. Elles typiquement adaptées aux applications à large échelle ou là où la quantité de chaleur nécessaire est largement supérieure à la quantité d’énergie.

La chaleur perdue d’une turbine à vapeur peut être utilisée pour le chauffage ou le refroidissement domestique (voir la trigénération), pour les procédés, ou peut être utilisée pour créer l’eau froide ou chaude

3.2 Turbine à vapeur

Les énormes turbines à vapeur utilisées dans les grandes centrales à charbon ou nucléaires ont des efficacités électriques moyennes d’environ 36 38%. Mais dans les applications CHP où l’extraction de la vapeur réduit leur rendement électrique, elles ont des efficacités électriques typiques de 11 20%. Cependant, l’efficacité générale d’un système CHP à turbine à vapeur varie entre 78 83% 6 .

8 Introducing Combined Heat and Power – Carbon Trust, 2010

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration Schéma de centrale CHP avec une turbine à vapeur comme
CHP – Puissance de la cogeneration Schéma de centrale CHP avec une turbine à vapeur comme

Schéma de centrale CHP avec une turbine à vapeur comme appareil moteur. Source:

http://www.retscreen.net/ang/equipment_for_combined_heat_and_power.php

3.3 Turbine a gaz

Les principaux éléments d’une turbine à gaz sont un compresseur, qui comprime l’air entrant, une chambre à combustion où le combustible est brûlé avec l’air entrant, et une turbine appropriée pour convertir en électricité l’énergie des gaz d’échappement chaud et à forte pression. La turbine à gaz peut être considérée comme un moteur à combustion interne qui emploie un procédé de combustion continue, au lieu d’un procédé intermittent. La description de base du fonctionnement d’une turbine à gaz est le cycle de Brayton. L’air entrant à des conditions ambiantes est aspiré dans le compresseur où sa température et sa pression sont relevées. L’étape suivante est la chambre de combustion où le combustible mélangé à l’air est brûlé, ce qui entraîne une forte température et pression. Les gaz d’échappement qui en résultent entrent alors dans la turbine où ils actionnent les pales par dilatation, ce qui produit l’électricité. Les gaz d’échappement qui quittent la

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration turbine ne sont pas recirculés, d’où la classification du cycle

turbine ne sont pas recirculés, d’où la classification du cycle en cycle ouvert. Néanmoins, il y a certaines applications où ce cycle ouvert peut être modélisé en cycle fermé : étant donné que la température du gaz d’échappement qui quitte la turbine est souvent considérablement plus élevée que la température de l’air qui quitte le compresseur, ce dernier peut être chauffé par le transfert la chaleur vers lui même depuis les gaz d’échappement chauds. Normalement, ceci se fait à travers un échangeur thermique approprié qui est également connu sous le nom de regénérateur ou récupérateur. Selon la conception de la CHP, la chaleur issue des gaz d’échappement d’une turbine à gaz peut facilement être récupérée et utilisée pour le chauffage domestique ou pour la production de la chaleur industrielle. En général, cette technologie est employée dans des systèmes de grande taille (plus de 1 MWe), bien qu’il existe petites turbines dont la taille varie entre 80 kWe et 100 kWe qui sont disponibles sous forme de systèmes CHP monoblocs. L’efficacité électrique varie entre environ 21% pour les petites turbines et 25% pour les turbines classiques d’environ 1 MWe, et à jusqu’à environ 36% pour de très grandes turbines (plus de 100 MWe). Même si les turbines à gaz ont normalement une plus grande efficacité électrique par rapport aux turbines à vapeur, elles nécessitent un combustible plus propre. Cependant, elles ont généralement des efficacités électriques plus faibles que celles des moteurs à combustion interne, mais sont plus petites et nécessitent moins d’entretien 7 .

plus petites et nécessitent moins d’entretien 7 . Un schéma de centrale CHP à turbine à

Un schéma de centrale CHP à turbine à gaz. Source : Enertwin Schéma d’une turbine à gaz. Source : ASUE

Enertwin Schéma d’une turbine à gaz. Source : ASUE 9 ‐ Introducing Combined Heat and Power

9 Introducing Combined Heat and Power – Carbon Trust, 2010

CHP Puissance de la cogeneration

CHP – Puissance de la cogeneration 3.4 Cycle combiné De nos jours, le cycle combiné est

3.4 Cycle combiné

De nos jours, le cycle combiné est l’un des systèmes les plus utilisés dans les centrales électriques ; c’est une technologie hybride qui comprend un Cycle de Brayton sur la partie de production de l’énergie électrique et un Cycle de Rankine Cycle sur le côté de production de l’énergie thermique. Le gaz d’échappement à haute température qui sort d’une turbine à gaz est réutilisé pour générer une vapeur à haute pression qui passe ensuite par une turbine à vapeur pour générer plus d’électricité. Il est clair que cette combinaison fournit des efficacités plus élevées que celles des cycles uniques, jusqu’à 55%, et est généralement utilisée dans production de l’électricité à grande échelle. La chaleur peut toujours être récupérée du cycle de la turbine à vapeur pour des applications supplémentaires, exactement comme dans les installations à simple turbine à vapeur. Pour une efficacité plus élevée et plus d’électricité générée, il est évident que les cycles combinés sont plus intéressants du point de vue économique. En effet, au cours des quarante dernières années, les centrales à cycle combiné ont eu un grand succès dans l’industrie de la génération de l’électricité. À l’heure actuelle, environ 90% de centrales électriques de construction récente sont à cycle combiné. En