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3|L HISTOIRE DE LAE OY NAD, rT LA CAVALERIE ITALIENNE DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE Storer cost tae ec testes seme (Me West Re ES Vote REL} re] Directeur de la publicatior bar Mati Marine Coordination éditoriale : Juan Remén Azaola, Jean-Frangois Bueno Asian eon: “oe de Ci Traduction: Max Mandrin Garo Ubeyan corection: ‘Marie Laue Bartev, David awe Bongo Coordination de production: Palen ies ‘Concoption et maquette: Bole Eons Dirt Photocompesit row te Gees mute © pout a présente oon: Dora fteus, EURL, 2007 ue de Pam - 7508 Paris rat de The alin Army of Word War par Davi Nicole (© 2003 Osprey Publishing Lid stations: p.7,9 Rael ge Corser historique Pip Haytomthweite ‘© 207, Osprey Pabishing Limite, os cts résenés pours tees es iltations ISBN: pou few compote - 7843802019 Irie e Espenne Danae are rch djosrau vos oes vos empl de sie el Cl acta ae nas chee ie manta ura ous See af eater so, uous tat peo dedi but, Unset facens mais sua ibe pour be do sis ome a fete ation du doi mano decal. POUR TOUT RENSEIGNEMENT: fats Poi Abmés Pala Fane 0825500538 Nun digo (015 €TIClo int) Poa Bogie Siss0059 0582757479 frat Dau shen esa au marcas de ouraun et tars dope: 0581727617 Tas dsm. Lara dete wu praia ul dbo eites de ren el dat anon, gus es ensatas ened eur tesdonnags ins, omc gras pliant dsitowaent tv coruqauaintabliuo, dw st cu pate, re ove er, frit a equ os arfematn,nerptaon oy eosin aise ‘ne srvinpte gal sig ot cami tac inpte gel mye, sa “aaoretin cre Lider en editor a sure ds corpse olin lear ere paid a ove demo: rs gals cet ls cnt trie cuore vrs ig gies engages erat epi a Cavs cute insite Cos lens oot diy serslemet eau wg ‘hte sip rooiel ane leas sonar psdmmet ets. PLAN DE LCEUVRE Chaque numero de Histoire do Ta Gavaleri carost de ‘Une figune de cavalier présente lx ps wands nits de cal de THistore ‘© Un fascul ils consacé a igure, 1 Vente/Ditlusion og En France: En Belgique: Mp AvP Udo Ceses, Std dela Noi6e 1, rede a Petite le £2070 Sait Quen Fallaviar 070 Bales Tah 047490 1814 Tal (021505 1411 Fox: 0478 914191 F(a) san 1228, DISTR-MEDIAS. 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Léitau se réserve le droit imercompre la collection en cs do overt, La CAVALERIE ITALIENNE DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE urant la Grande Guerre, |'italie se trouva confrontée & une situation plus complexe que celle des autres grandes puissances belligé- rantes. Le royaume unifié d'italie état en effet de création récente, puisque I'unité du pays nlavait été réalisée qu’en 1861. Le chef de I'Etat, le roi VictorEmmanuel Ill (1869- 1947) était monté sur le tréne en juillet 1900, aprés I's sassinat de son pére, Umberto I, En dépit d'une industrialsation croissante, Italie res- tait un pays essentillement agricole, qui ne powait pré- tendre rivalser avec les autres grandes puissances dans la course aux armements qui marqua l'Europe avant I’écate: ment de la Premiére Guerre mondiale. Les Italiens étaient, certes parvenus 8 s‘emparer de la Libye et des ‘les ‘grecques du Dodécanése en 1911-1912, au détriment de empire ottoman, mais au prix de campagnes laborieuses qui avaient mis en lumiére les faiblesses de leurs forces ar- mées. Tandis qu’en Libye, l'occupation italenne continuait 2 rencontrer une certaine résistance dans les régions de la Tipolitine, de la Cyrénaique et du Fezzan, Iltalie elle- méme aveit dO faire face 8 une forte agitation politique, qui culmina dans un soulaverent violent lors de la « Semaine rouge » de juin 1914 Depuis 1882, Italie était allée avec IAllemagne, ainsi quavec son ennemi traditionnel, 'empire austro-hongrois des Habsbourg — lequol englobait toujours les anciennes, provinces de lita du Nord : le Trentin et 'istrie. Cette Tr plice était toutefois purement défensive, et les Italiens avaient clairement annoncé quis ne feraient jamais la ‘querre & la Grande-Bretagne. Crest pourquoi en eodt 1914, personne ou presque ne s'étonna que Italie refusat de se joindre a ses allés dans ce qui était largement percu comme une guerre dagres- sion. En fait, beaucoup d'ltaliens, en particulier dans les mi- ligux anticéricaux et nationalistes, estimaient que leur pays ovait salor & la France et 8 lAngleterre, puisqu'une dé- faite de Autriche-Hongrie permettrit enfin de libérer Italia Inredenta — ces provinces largement peuplées a'taliens dites «irédentes», mais toujours rattachées a empire des Habsbourg, 8 savoir le Trentin au nord et 'istrie (les régions de Goria et Trieste, sur la céte adriatique) au nord-est En Italie méme, Peppino Garibaldi, le petitfils du oé- lebre pattiote Giuseppe Garibaldi, prit la téte du mouve- ment des Irrédentistes — autrement dit de ceux qui éteient préts @ se battre pour I'italia Irredenta, Avec 4 000 volon taires italiens, il s‘engagea dans la Légion étrangére fran «aise. Ces volontaires combattrent vailamment sur le front de Vouest au cours de liver 1914-1915 ; ceux qui survé- ccurent rejoignirent par la suite les rangs de 'armée ita- lienne, aprés I'entrée en guerre de IItale. Entre aoat 1914 et mai 1915, l'armée italienne se pré- para au confit & venir, tout en devant faire face aux diffé- rents problémes survenant dans les colonies africaines. En Erythrée, oi les Italiens bénéficiaient d'un large soutien, la situation était calme, mais 'on redoutait une invasion éthio- pienne. Ltalie entretensit également de bonnes relations avec les drigeants de la province arabe dAsir, de l'autre C6té de la mer Rouge. Au sud, en Somalis itaienne, le gou vernement italien local avait pris en 1905 la reléve d'une so ciété commerciale privée, cette demiére ne pouvant venir & bout du mouvement de résistance mené par un poéte So- alien, Sayyid Mohammed Abdullah Hassan, que ses en emis avaient surnommé le « mollah fou », En 1914, Has- san et ses partisans, improprement appelés les La guerre dans les Alpe exgeat d'énarmes efforts, On voit ic wn groupe de mules & été um tlephérique mila, qui serait &acheminer les munitions sur le Monte Grappa Des caval appartenant& Pun de de Cavalleria di Linea esate des prisoners astro quatre régiment hongros caps tors de a prise de Tiariao en 1915. derviches », devaient intliger aux Anglais une série de dé- faites cuisantes dans la colonie voisine, la Somalie britan- nique. Pour les Italiens, le plus gros probléme restait la Libye. La résistance y était menée en particulier par la contrérie musulmane des Senoussis, mais elle s‘étendait audela. Lorsquiiis entrérent en guerre, en mai 1915, les ltaliens fu- rent obligés de replier leurs garnisons vers la cote, mais, méme sur le littoral, certaines régions passérent sous le contiéle des Senoussis ou d'autres « rebelles ». Dans les Balkans, hormis implantation de garnison: navales pour 'essentiel, dans les jles du Dodécanése, les Italions s'en tinrent durant la période d'avant-guerre au ter- rain diplomatique. Leur principal centre dintérét dans la = ion était 'Albanie : Findépendance du pays avait été pro- clamée le 28 novembre 1912, mais, dans les fats, le pays vivait dans un état d'anarchie & peu prés total. ‘Avant méme le déclenchement de la guerre, tretenait de bonnes relations avec les puissances de I'En- tente — la France, Angleterre et la Russie —, et des jan- vier 1916, le gouvernement autrichien commenca a recevoir des rapports indiquant que les Italiens se préparaient & er trer en guerre aux cotés des Alliés. Loffensive angloran- aise dans les Dardanelles (la campagne de Galipol) constitua pour les Itaiens un nouvel encouragement en sens ; si bien que le 26 avril 1915, Italie signa le traité de Londres, qui lui promettait de larges gains territoriaux en cas de victoire de I'Entente, Les dés étaient jetés : Italie Italie er déclara la guerre a Autriche-Hongrie le 24 mai 1915, & 'erm- pire ottoman le 21 aodt, a la Bulgarie le 20 octobre et enfin a [Allemagne le 28 aodt 1916. —____ Lari 1TALIENNE __ ‘Italie était encor une jeune Etat, et, a bien des égards, LE ‘armée y était alors la seule organisation véritablement nationale, méme si elle n’était elleméme qu'un amalgame des anciennes forces locales, réunies autour de I'armée pié- montaise (8 l'image de I'italie elle-m@me, unifiée autour de la monarchie piémontaise). C’est pourquoi les officiers d’ori- gine piémonteise bénéficiaient d'un traitement de faveur et de promotions plus rapides ; il y avait cependant des excep- tions, tee général Armando Diaz qu, bien que dorigine na- poltaine et dascendance espagnoe, alt accéder au com- mandement en chef de l'armée italienne et occuper brilamment oe poste durant la dernire année de la quete. En 1914, le chef d’état-major général et commandant on chef de 'armée italienne (sous I'sutorité supréme du ri VictorEmmanuel) était le général comte Luigi Cadorna. Chef irascible et intolérant, Cadorna limogeait quit n’était pas d’accord avec lui, quand il ne l'expédiait pas en prison (ce fut notamment le cas du colonel Giulio Douhet, le théoricien de la guerre eérienne). En mai 1918, Cadomna avait sous ses ordres 23 000 officiers, 852 000 sous-offi- clers et soldat, ainsi que 9 000 auxlaires civ. Lorsque la guerre éclata, ces effectifs assuaient aux aliens une certain supérorté numérique face aux forces nque austro-hongroises qui leur faisaient face. Toutetois, 'armée Gtait controntée a d'autres diticutés partculiéres. Les off ciers d'active étaient en nombre insuffisant et le taux dlanalphabétisme était tellement élevé au sein de la troupe qu'on ne trowvait pas sutfisamment dhommes aptes & ‘exercer les fonctions de sous-offciers. De plus, 'extréme variété des dialectes locaux rendait difficile la communica- tion ; certains groupes, les Serdes notamment, restalent pratiquement ininteligibles pour tout autre qu’euxmémes. Les soldats italiens étaient parmi les plus mal payés Europe otis étaient soumis @ un systme discipinaire fé- roce. Habitués aux normes en vigueur dens le nord de "Eu rope, les observateurs étrangers, quils fussent alliés ou en- emis, r’étaiant guére impressionnés par les unités de Vic~ torEmmanuel. Toutefois, le moral des hommes restait re- marquablement élevé, et leur volonté d’en découdre encore et tovjours, malgré leurs pertes effroyables, éton- nait jusqu’a leurs propres officiers. En 1917, ce moral com- menga & se lézarder, tout au moins sur le front italien lui- meme. Le message du pape Benoit XV, invitant en 2oat 1917 tous les belligérants & déposer les armes et & conclure Une paix « juste et durable », ébrania les soldats italions, profondément catholiques dans leur trés grande majorité. Paradoxelement, la défaite de Caporetto en octobre 1917 Leni dale Vitor Emmanuel IT (1869. 1947) & latte de son anne on 1915. Le ape italien était frappé des armes de la ‘maison de Savoie, qui sont rproduites en basa suche de (AKG Inages) Villucation Le pind Luigi Cadorna, Pimpopulie commandant en chef de année italienne ce 1915, et du mt traitionne! usfrme ben foe wl continua porter dans les cérémonies ofl, mde aps introduction des tenes gris-ver (Beagle) le) et la codteuse retraite, qui laissa une bonne part du nord- est de Italie aux mains de I'ennemi, firent basculer l'ati- tude du peuple italien en faveur de effort de guerre, Jusque-t, il avait considéré ce confit comme « la guerre du gouvernement », celle d’un Etat nowellement oréé, qui niavait pas eu le temps d'anorer profondément le patrio- tisme dans les ames de ses habitants. Désormais elle ap- pareissait comme le combat pour la survie nationale face & IAutriche, ennemi de toujours de Italie, Le moral remonta ot le detaitisme disparut. La CAVALERIE_ Ur début dela quere, 'xmée itaienne comptait rente Artgrons de cavalerie. Les quatre premiers, les régi- ments de cavalerie de ligne (Cavalleria di Linea), en consti- Des canes di 207 rginent de cavleve lire « Rome», Plisiuns rime de caver dont «Te Roma fret dsmonés ew cours de a ger af deserve ‘ore infameri ‘homme a premier plan cst cf de ta case mode 1915, ore de insigne de a caver Lge: or com, portant eso cent sé dient, dans Ungar tuaient (élite : le premier de ces régiments, et le plus an- cien, portat le nom de la vile de Nice (Nizza Cavalleria, rat tachée @ la France depuis 1860 : le second celui de Pie ‘monte (Piémont), le troisiéme celui de Savoia (Savoie) et le quatridme celui de Genova (Genes). Les régiments n° 5 & 10 ainsi quo les 25° ot 26° étaient des Lancierillanciers) les régiments n® 11 8 24 et 27 & 30 étaient des Cavallegieri (chevau-légers). Chaque régiment était constitué de cing escadrons de 142 hommes chacun (en 1912, en Libye, cing drentre eux se virent adjoindre un sixiéme escadron). De son cét, la milice mobile comptait trente et un escadrons de cavalerie, qui assuraient Instruction et servaient de ré- serve de cadres. Aucun régiment de cavalerie supplémen- taire ne fut constitué pendant la Grande Guerre. En 1915 les quatre régiments de la Cavalleria di Linea portaient le peu pratique casque de dragon en fer battu, modéle 1910, pourvu d'un cimier de laiton, d'un turban noir et d'une plaque frontale ornée de la cioix de Savoie ; cette emigre était peinte en noir sur les couvertures en tissu ris-vert que l'on portait en campagne. Les lanciers et les chevau-l6gers étaient coiffés du colbacco (colback) de four- rure, omé, pour les premiers, d'une lance couronnée et, pour les seconds, d'un cor. Toutefois, & partir d'avil 1916, les coiffures traditionnelles de la cavalerie cisparurent des zones du front, oi elles furent remplacées par les casques d'acier et les casquettes de service standard, La tunique de cavalerie modéle 1908, de couleur gris- vert, dfférait par quelques détails de celle des fantassins plus ajustée, elle avait des pattes d’épaule simples au lieu de pattes @ rouleaux et une martingale dans le dos, Outre la tunique, la tenue du cavalier, quel que soit son grade, se complétait d'une culotte de cheval, de hautes guétres de cuir lappelées guétres d'artileur, bien qu’elles fussent éga- lement portées par les cavaliors) et de la courte cape, au- trefois réservée aux seuls fantassins. Dans la Cavalleria di Linea et les Lancieri les cols étaient de la couleur de la tu nique, avec d'étroites bordures de couleurs différentes ; les Cavallegieri aveient des cols bicolores, tandis que la Mila territoriale oi Cavalleria se distinguait par ses cols écarlates et ses colbacks. Au début de la guerre, les officiers por- ‘eient leurs insignes de grade sur leurs pattes d’épaule. En plus de leurs sabres, les cavalers étaient armés de carabines de cavalerie MannlicherCarcano, modéle 1891, les Lancieri étant pourvus de lances. Alors que les fantes- sins portaient quatre cartouchiares 8 la ceinture, les troupes rmontées avaient des bandouliéres de cuir noir modale 1897 Qui comportaient deux grandes cartouchisres. lls pouvaient également porter un étui pistolet sur la cuisse droite, Le géntral Armando Diaz (1861-1928), qui sucéda «4 général Cadorsa da de de l'a-major général aps ffondrement di front italien & Capone en xtobre 1917. Diaz reconsnisit Varo itaienne et fine par chaser les Austro-Hiongrs hors de Mali en 1918. Hormis Vintroduction des casques d'acier et de sacs & dos légers, les seules modifications apportées @ I'équipe- ment des troupes montées durant la guerre ne concern rent que le harnachement des chevaux. Les sections de mi- tralleuses des unités de cavalerie furent assez rapidement transférées dans l'infanterie, et des unités de mitralleurs & pied furent constituées avec des réservistes de la cavalerie. Deux divisions entigres de cavalerie furent également dé- montées pour servir comme fantassins sur le front en 1916, Dans ce nouveau réle, is troquérent leurs guétres de cuir pour des bandes molletiéres et regurent I'équipement de campagne de I'infanterie, mais ils conserverent néan- moins leurs culottes de cheval La cavalerie servit non seulement sur le front d'talie, ‘mais également sur le front albano-macédonien, o¥ les forces italiennes subirent des pertes plus élevées que les Anglais ou les Frangais. Elle intervint aussi en Libye et en Erythrée. Les Carabinieri Reali (carabiniers royaux) étaient une police paramilitaire constituée de volontaires; ils faisaient partie de la cavalerie mais n'étaient pas considérés comme tune unité combattante opérationnelle. Les Carabinieri Guar- die (carabiniers de la garde} formaient quant & eux la garde du corps royale ;c'était une unité d'élite, qui assurait la pro- tection du souverain lorsqu'l se rendait prés du front, Cer- tains éléments de |'équipement des carabiniers étaient identiques 8 ceux des quatre régiments de la Cavalleria oi Linea. Les _CAMPAGNES ur le front italien plus que partout ailleurs en Europe, les données de le géographie exercérent une in- fluence déterminante sur le déroulement des combats, Bien que le front s'étendit de la frontiére suisse a la c6te ‘Adriatique, la majeure partie de son tracé se trouvait dans des régions si montagneuses qu’aucune opération mili- taire d'envergure ne pouvait y étre menée. Qui plus est, les Austro-Hongrois avaient fait du Trentin une vaste forte- resse, dont chaque endroit stratégique d‘importance était hérissé de canons. Dans les montagnes, certains postes déiensifs et des réseaux de barbelés étaient installés sur les sommets, le long de crétes escarpées ou en bordure de faleises & pic, constituant une ligne de défense prati- quement inexpugnable Entre aout 1914 et mai 1916, les Austro-Hongrois avaient également constitué un systeme de défense tres 6laboré dans les collines, les plateaux et les montegnes calcaires qui bordent IIsonzo, en utilisant et en agrandis- sant souvent le réseau de grottes et de cavités naturelles qui caractérise cette région. Instruits des legons du front de I'Ques, ils avaient renforeé les défenses offertes par le relief avec des réseaux de barbelés et multiplié les block haus desservis et reliés les uns et les autres par des routes et des voies ferrées militares construites spéciale- ment @ cet effet. Durant cette méme période, le chef d'état-major de I'ar- mée italienne, le général Cadoma, avait defini sa stratégie. Lorsque la guerre éclata, il établit son quartier général & moins de 20 kilometres de la frontiére austro-hongroise, & Udine, Le Trentin s'étendait 8 louest, jusqu’a la vallée de (Adige qui délimite les Alpes tridentines des Dolomites; au nord, les Alpes carniques formaient une barrie telle qu’au- cune offensive majeure n'y était concevable ; & lest, I'sonzo s’écoulait depuis les Alpes juliennes en direction du golfe de Trieste, dans une zone moins montagneuse, qui of- frait plusieurs possibiltés stratégiques. C’est par consé- quent & lest que Cadorna concentra ses offensives. En mai 1916, la 1° et la 4° armée, commandées res- pectivement par les généraux Brusati et Nava, tenaient le secteur du Trentin ; la ligne de défense des Alpes carniques était sous la responsabilité des Alpini (chasseurs elpins) du général Lequoi, soutenus par de l'artllerie et de la cavale- Tie ; les 2° et 3° armées étaient massées sur I'lsonzo, tan- dis que trois autres corps d'armées étaient plaoés en 16- serve. Ce dispositif allait rester le méme 8 quelques modifications prés durant deux ans et demi, jusqu’a la ba- taille de Caporetto Cadoma révéle sa stratégie d’attaque lors du « premier bond offensif » de mai 1918. Elle se solda par importants succes, les Italians s'emparent d'objectifs vitaux sur tous les fronts, dont un certain nombre de cols alpins. Cadorna ~ambitionnait rien moins que d'avancer jusqu’a Vienne et Bu- dapest, en passant par la trouge de Ljubljana, Cette straté- ie entraina de tés lourdes pertes lors des premiéres be- tailles sur I'Isonzo, contraignant le général & limiter ses objectifs & la seule libération de Trieste. Aprés onze offen. sives sur lsonzo, les Italiens parvinrent & grignoter un peu de terrein au-dela du fleuve, s'emparant en particulier de la ville de Gorizia, La cavelerie joua un réle significatif lors de l'avance ini tiale surle cours inférieur de I'isonzo, mais dés que le front s¢ fut stabilisé dans les colines, elle devint inutile, A Caporetto (la douzieme bataile de I'lsonzo), en oc- tobre 1917, les Austro-Hongrois (avec un soutien modeste, mais décisif, des Allemands) écrasérent la 2° armée, dé- bordant la 3° armée vers le sud et le front de Camie au ord-est. Les Italiens conservérent leurs positions sur le Trentin, mais, est, ils durent se replier et former une nou: velle ligne de défense sur le Piave, au pied des Alpes, avec ‘aide de six divisions frangaises et de cing divisions britan- niques. Le cavalerie italienne fut placée en réserve. Le désastre de Caporetto et la retraite sur le Piave avait colt aux Italiens pas moins de 300 000 hommes, tués, blessés ou capturés, mais aussi plus de 3 000 piéces dar tilerie, 1700 mortiers, 3000 mitrailleuses et 300 000 fu- sils. Larmée italienne était a reconstuire. Aprés Caporetto, Cadoma fut remplacé par le général Diaz. Celui-ci était bien conscient des faiblesses qui avaient conduit & la déroute de Caporetto, aussi, durant la premiére moitié de l'année 1918, s’employa-til & changer les tactiques démodées de I'armée italienne. Plutét que de Général de division, 1916. Lunforme grieve clair atl méme pour tous les gades officer. Les offices génbuaue se dstinguaens par les oles drées sur le ol et parle fond rouge de insige, Vaile couronné de a maison de Savoie, orsant leur cause. Les dens és sur les pattes de parcment argent bodes de rouge présente grade reconstituer les unités décimées @ Caporeto, il choisit de les dissoudre : quarante-six régiments dinfanterie, quatre de Bersaglie et quinze a’ Alpini ainsi que de nombreuses unités de soutien, furent ainsi supprimés. Larmée se re- trouve réduite & 33 divisions, mais elle connut un specta- culaire rétablissement en 1918, avec la levée de nouvelles Unités et la constitution de nouvelles formations. Lorsque la ‘guerre pit fin, pas moins de 5,2 millions d'hormmes se trou- vaient sous les drapeaux, au sein de neuf armées et d'un nombre incalculable d'unités situées @ Varrigre. Chaque corps comprenait deux divisions d'infanterie, un régiment de Bersaglien, un régiment de cavaletie, un régiment c’ar- tillerie de campagne & hut betteries, deux ou trois batteries d'obusiers lourds et diverses unités de soutien. ‘Abandonnant la coUteuse stratégie offensive de son prédécesseur, Diaz adopta une prudente posture défensive — en fait, si prudente que le gouvernement italien dut lui ‘ordonner formellement de lancer son offensive finale, re- doutant que les revendications territories de Italie ne soient pas prises en compte lors des négociations d’aprés- guerre, Diaz attendit jusqu'au mois doctobre 1918, au mo- ment oi les Empires centraux reculaient sur plusieurs fronts, avant d'autoriser une offensive qui submerge Iar~ mée austro-hongroise & Vittorio Veneto, sur le Piave. Prévue le 16 octobre, cette attaque fut repoussée jusqu’au 24 en raison du mauvais temps, Tandis que les troupes francaises, sous les ordres du (général Jean Graziani, tenaient la gauche du front, les troupes anglaises du comte de Cavan établirent une téte de pont du cété droit et réussirent 8 couper la 5° de la 6° ar- mée austro-hongroise. Les Itaiens s’engouffrerent dans la bréche qui ne cessait de s'sarair: le 29 octobre, ils atei- agnirent Vittorio Veneto, le 20, is étaiant & Belluno ete 1" no- vemore & Tagliamento. Entre-temps les Anglais pervinrent & Sacile le 30 et s'emparérent de Trente conjointement avec les Frangais. Leur résistance s’effondrant, les troupes aus- tro-hongroises recurent ordre d'évacuer Italie, mais Jour retraite tourna @ la déroute : 30 000 soldats autrichiens fur rent capturés par les Aliés. Le 3 novembre, [armistice entre I'ltalie et VAutriche état signé villa Giusti & Padoue. En dépit des efforts qu’elle avait consentis, et de la vic- toire de Diaz & Vittorio Veneto, Italia ne regut lors de la conférence de Paris que Trieste et leTrentin, soit bien moins ue ce que les Alliés lui avaient promis lots de la signature du traité de Londres en 1916. Il en résulta dans tout le pays tne puissante vague de ressentiment nationaliste envers le ‘gouvernement et envers les Aliés qui allt fare le lit du fas- cisme. LE FRONT ITALIEN Brescia | neers Frontines d’avant-guerre Zones conquises parle laliens a cours MB oorcnetpremitrsbatales de Ponsa Autres avancées italiennes en 1915 >< Cols stratégiques Front du Trentin en octobre 1918 (ligne du Piave) le 4 novembre 1918 (8 l'armistice) Put AIOE CAVALERTE Se OspREY PUBLISHING

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