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50072017 Cute rationale tcraltépopuare: Toute actual sur liberte-lgerie.com Autres / Chronique ramadhanesque ‘avenement de I'Islam au Maghreb Culture traditionnelle et oralité populaire ©D.R. (16e partie) Constituant un pan essentiel de la culture algérienne depuis des siécles, la tradition populaire orale se doit 'étro ‘évoquée pour rendre compte, plus ou moins de fagon appropriée, de la question du patrimoine littéraire oral, artistique et spirituel local. Au-dela de la période médiévale, caractérisée plus ou moins par une certaine effervescence litéraire savante et populaire, 'époque qui a suivi, celle qu'on a appelée ‘les siacles obscurs", inhérente notamment aux XV- XVile siécles, ce sont surtout les meddahs (poétes lovangeurs), les gouwalin (porteurs de mots fins), les bardes, conteurs et diseuses d'aventures, commentateurs des ghazaouat, des bougalat, etc., qui palligrent le vide culturel ambiant de la période qui brilat tout particuliérement par labsence d'une tradition littéraire scripturaire susceptible de perpétuer, & travers les Ages, la mémoire du pays : réle qui échut, par excellence, a la tradition orale, dans sa mission importante de conservation et de pérennité du patrimoine culturel national, perpétuant ainsi, réactivant, revalorisant et réinventant une somme d'histoires, récits, contes, légendes et paraboles, etc., lors des banquets, des fétes et des combats. C'est qu'on ne peut parter de littérature populaire sans évoquer, avec nostalgie, celui dont la mémoire, en absence de tout écrit, en était la gardienne fiddle : le meddah, c'était la mémoire collective, un livre vivant, un journal ot se consignaient tous les faits et événements, joies et peines, etc., des membres de sa communauté, Témoin de son temps, gardien vigilant des traditions, des valeurs morales, défenseur de Islam, pourfendeur de toutes les déviations, le meddah se considérait imbu d'une mission sacrée. La ghazoua, tel un credo, en est la véritable expression. En exaltant amour de la terre, le culte des ancétres, la haine des envahisseurs, elle est déja expression d'une forme de nationalisme, alors que la glorification des exploits des ancétres, les élégies sur le passé gloricux de Fislam, les satires contre les oppresseurs et leurs alliés en font les prémices du pattiotisme. La ghazoua apparait donc comme une ceuvre militante qui, en glorifiant le passé, cherche a rassurer sur 'avenir, en redonnant la confiance, la fierté nationale, & ceux ui les ont perdues. A Yorigine, le mot ghazoua désignait une expédition guerriére conduite par le Prophéte (QSSSL), elle lait appelée Saria, L’histoire a retenu le nom de ghazouat célébres telles que Badr, Ouhoud, etc. Déja au XIVe siécle, hp lberte-algere.comichronique-ramadhanesqueiculture-adiionnale-ct-oalit-populaire-25005tipin 12 osc22017 Cute rationale tcraltépopuare: Toute actual sur liberte-lgerie.com fleurissent les maghazi des Arabes, podmes glovifiant le passé & une époque ol! s'annongait le recul de Fislam, puis la chute de Grenade et les invasions des armées chrétiennes. La poésie des ghazaouat Dans la littérature populaire, la ghazoua désignait pratiquement tout récit guerrier, quel qu'il soit, et était devenue un genre littéraire proche par certains caractéres de lépopée. Les héros des ghazouat sont essentiellement Ali et Abdallah, familigrement appelés Haidar et Menad par les meddahs, ou Khaled, Zobeir, Mais le plus populaire reste, sans conteste, Ali le lion de fislam, le fils de la lionne, le destructeur des troupes de cavaliers, celui devant qui tremblaient également les hommes et les génies, La ghazoua, dont le but est clair, est sermonneuse, moralisatrice, donneuse de legons, et le meddah ne le cachait pas & ses auditeurs. “Suis avis de celui qui te fait pleurer, non de celui quite fait rire”, avertissait- il Parmi les ghazouat les plus populaires, citons entre autres la ghazoua des Bani Makhzoum, des Banou Sansal, de Ras El-Ghoul, Foutouh Tlemcen, cette demiére relatant notamment la conquéte de I'tigiya et le combat qui opposera le ‘gant Demdam auquel était promise Chouaa Ech-chems, la fille du roi Draouch, Demdam, monté sur son éléphant, sera terrassé par Abdallah (Menad) intrépide (1). Parmi les autres monuments anciens de la littérature orale algérienne ancienne, en vers comme en prose (répandus dans nombre des régions du Maghreb), histoire ou la Kégende célébre cd Embarka Bent El-Khass, cette femme réputée des Arabes du Sahara du XVe siécle qui incamait la sagesse populaire des anciens. Il en est de méme pour histoire non moins célébre, de cette mame époque, de Dyab le Hilalion, aux multiples versions sans doute, Claude H. Breteau en aurait recuell trois versions, dont une est la plus longue de toute ssa collection, comptant pas moins de sept mille mots. Dans leurs Réflexions sur deux versions algériennes de Dyab le Hilalien, C.H., Breteau et Micheline Galley (2) soulignent que “histoire de Dyab joult auprés du public d'un statut particulier — privlégié, en ce sens quill s'agit d'un texte universel qui peut tre entendu par tous, hommes, femmes et enfants, et également apprécié — mais statut complexe d'un récit, a la fois intégré au répertoire familier et raconté au méme titre que d'autres contes au cours de la veillée, et cependant relevant d'un cycle & part, venu diailleurs, ressenti comme exotique”. Les divers textes racontent en général, en arabe dialectal rimé, histoire de la belle Djazya que sa ‘bu hialienne, en proie & la sécheresse, accepte de donner en mariage au chérif Bnou Hichem de Tunis en contrepartie du foumissement de la nourrture, Dyab, I'un des chefs hitaliens épris d'elle, consent au sacrifice de son amour, mais lorsque rheure de lever le camp Sonne, un message est envoyé & Djazya pour rejoindre la tribu. Sortie victorieuse d'une partie d'échecs qui 'oppose au chérif, elle obtient daller voir ses fréres. Le chérif 'accompagne, on le renvoie seul & Tunis. II revient en force pour enlever Djazya, Dyab le rattrape sur le chemin de Tunis, triomphe de lui, Djazya rejoint défintivement la tribu. Ceci étant une version parmi tant d'autres des conteurs, talebs, meddahs, etc. On compte également nombre de poétes, meddahs, conteurs illustres de cette période, sinscrivant dans la lignée des grands, tels Ben Khlouf, Sidi Bournediene ou Sidi Benyoucef, etc, Ce qui est remarquable dans la litérature de cette époque, cété de l'abus de la prose rimée, c'est l'abondance des poémes, qui expriment les plaintes, les cris de douleur, les malédictions contre le siécle et ses gens ainsi que I'exhortation & la pratique de la vertu, au djihad, au courage et a la bravoure. Cet aspect montre I'étendue des calamités qui s'abattaient sur les populations en ces temps-Ia, les souffrances que leur feisaient subir les Espagnols qui tentaient d'envahir le pays. Et c'est répondant a rappel a la rescousse que les Ottomans, guidés par les fréres Barberousse, accourent pour alder “leurs fréres en religion” contre envahisseur étranger. Ce qui n'empécha pas, par a suite, les Ottomans d'imposer des lois d'airain sur a population algérienne offusquée par les traitements de ces “fréres de religion’, et le comportement les chefs féodaux alliés aux Ottomans, ainsi que Iétendue du désordre qui rongeait le pays, le menagant de dislocation. Ce qui incita des notables, Kouloughlis notamment, a réclamer plus de justice et plus de pouvoir de décision indépendamment de la tutelle de la Porte Sublime. C'est ainsi qu'une relative autonomie de la Régence d'Alger commenca a s’établir, étendant la domination de la flotte algérienne de époque sur tout le pourtour méditeranéen. (3) Notes (1) Cf, J. Desparmet : Les chansons de Geste de 1830 a 1914 dans la Mitidja, Revue Africaine 1939, (2) Cf. C.H. Breteau et Micheline Galley, Réflexions sur deux versions algériennes de Dyab le Hilalien, dans Actes du premier congrés d'études des cultures méditerranéennes d'influence arabo-berbére, éd. SNED, Alger 1973) (8) Cf. Consulter sur ce sujet les travaux méritoires de Dr Moulay Belhamissi, Enal Editions, Alger 1988. hp lberte-algere.comichronique-ramadhanesqueiculture-adiionnale-ct-oalit-populaire-25005tipin 22