Vous êtes sur la page 1sur 29

CANADA

PROVINCE DE QUÉBEC COUR SUPÉRIEURE


DISTRICT DE ST-HYACINTHE (Chambre civile)
_________________________________________
No : 750-
FÉDÉRATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA
SANTÉ DU QUÉBEC (FIQ), corporation légalement
constituée, ayant son siège social au 1234 avenue
Papineau, dans les ville et district de Montréal,
province de Québec, H2K OA4

- et -

SYNDICAT DES PROFESSIONNELLES EN SOINS


DE LA SANTÉ RICHELIEU-YAMASKA, corporation
légalement constituée, crée en vertu de la Loi sur les
syndicats professionnels (L.R.Q., c. s-40), ayant son
siège social au 2750, boul. Laframboise, dans les
ville et district de St-Hyacinthe, province de Québec,
J2S 4Y8

- et -

MADAME CHANTAL DÉNOMMÉE, infirmière


clinicienne, domiciliée et résidant au 4530, boul.
Laurier est, dans les ville et district de St-Hyacinthe,
province de Québec, J2R 2C2

- et -

MONSIEUR RICHARD BEAUREGARD, infirmier


clinicien, domicilié et résidant au 2945, chemin Giard,
dans les ville et district de St-Hyacinthe, province de
Québec, J2T 1A8

DEMANDEURS

c.

CENTRE DE SANTÉ ET DE SERVICES SOCIAUX


DU RICHELIEU-YAMASKA, corporation légalement
créée en vertu de la Loi sur les services de santé et
les services sociaux (L.R.Q. S-4.2), ayant une place
d’affaires au 2650, rue Morin, dans les ville et district
de St-Hyacinthe, province de Québec, J2S 8H1

DÉFENDEUR
- et -

M. YVES BOLDUC, à titre de MINISTRE DE LA


SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, 2021, rue
Union, 10e étage, suite 10.051, dans les ville et
district de Montréal, province de Québec, H3A 2S9

- et -

9104-8306 QUÉBEC INC., corporation légalement


constituée, faisant affaires sous le nom de « Urgence
Médicale Code Bleu », ayant une place d’affaires au
1896, rue Sainte-Catherine est, dans les ville et
district de Montréal, province de Québec, H2K 2H5

- et -

SANTÉRÉGIE INC., corporation légalement


constituée ayant une place d’affaires au 3645,
chemin Chambly, dans les ville et district de
Longueuil, province de Québec, J4L 1N9

- et -

GIRAFE SANTÉ INC., corporation légalement


constituée ayant une place d’affaires au 280 A, boul.
de la Seigneurie ouest, dans la ville de Blainville,
district de Terrebonne, province de Québec, J7C 5A1

- et -

S.P. SERVICES SANTÉ INC., corporation


légalement constituée ayant une place d’affaires au
14, rue Robert, bureau 1, dans la ville de Saint-
Basile-le-Grand, district de Longueuil, province de
Québec, J3N 1L7

- et -

SERVIR + SOINS ET SOUTIEN À DOMICILE INC.,


corporation légalement constituée ayant une place

2
d’affaires au 1014 rue Richelieu, ville de Beloeil,
district de St-Hyacinthe, province de Québec, J3G
4R2

- et -

GESTION HUNT GROUPE SYNERGIE INC.,


corporation légalement constituée ayant une place
d’affaires au 666, rue Sherbrooke ouest, bureau
1801, dans les ville et district de Montréal, province
de Québec, H3A 1E7

- et -

AGENCE M.D. SANTÉ INC., corporation légalement


constituée ayant une place d’affaires au 157, Saint-
Joseph, dans la ville de L’Assomption, district de
Joliette, province de Québec, J5W 3B7

- et -

SOINS INTERMÉDIAIRES INC., corporation


légalement constituée, ayant une place d’affaires au
6525, Somerled, dans les ville et district de Montréal,
province de Québec, H4V 1S7

- et -

Mme NANCY DURIVAGE, ayant une place d’affaire


au 2243, chemin du Fer-à-cheval, dans la ville de
Sainte-Julie, district de Longueuil, province de
Québec, J3E 2V3

- et -

EDITH HÉBERT INC., corporation légalement


constituée ayant une place d’affaires au 450, rue du
Golf, dans la ville de Mont-Saint-Hilaire, district de
Saint-Hyacinthe, province de Québec, J3H 6A5

- et -

RESSOURCES PRIMAIRES INC., corporation


légalement constitué ayant une place d’affaires au
255, des Spirées, dans la ville de Brossard, district de
Longueuil, province de Québec, J4X 2Y9

3
- et -

SOINSNOUVO INC., corporation légalement


constituée ayant une place d’affaires au 7915,
avenue Saguenay, dans la ville de Brossard, district
de Longueuil, province de Québec, J4X 1K6

- et -

9200-4522 QUÉBEC INC., corporation légalement


constituée, faisant affaires sous le nom de
« Regroupement des infirmières et infirmiers en
pratique autonome du Québec », ayant une place
d’affaires au 21, Juge-Guibault, dans la ville de Saint-
Charles-Borromée, district de Joliette, province de
Québec, J6E 4V5

MIS EN CAUSE

_________________________________________

REQUÊTE INTRODUCTIVE D’INSTANCE EN NULLITÉ ET EN JUGEMENT


DÉCLARATOIRE
(Articles 33 et 453 C.p.c., 264 et 265 L.S.S.S.S.)
____________________________________________

À L’UN DES HONORABLES JUGES DE LA COUR SUPÉRIEURE, SIÉGEANT DANS


ET POUR LE DISTRICT DE ST-HYACINTHE, LES DEMANDEURS EXPOSENT
RESPECTUEUSEMENT CE QUI SUIT :

Note préliminaire

Dans la présente requête :

Les mots « professionnelles en soins », « infirmières », « infirmières auxiliaires » et


« inhalothérapeutes » incluent le masculin lorsqu’applicable.

L’expression « professionnelles en soins » réfère aux personnes faisant partie de la catégorie 1, soit le
personnel en soins infirmiers et cardio-respiratoires, telle que définie et précisée aux articles 4, 5 et à
l’Annexe 1 de la Loi concernant les unités de négociation dans le secteur social (L.R.Q., c. U-0.1).

L’expression « professionnelles en soins du C.S.S.S. » réfère aux « infirmières, infirmières auxiliaires


et inhalothérapeutes » membres du Syndicat demandeur, alors que les mots « professionnelles en
soins assignées par l’agence » désignent les « infirmières, infirmières auxiliaires et
inhalothérapeutes » provenant d’agences privées de placement.

La notion de centre de santé et de services sociaux ou « C.S.S.S. » est définie de façon générale aux
articles 99.2 et suivants de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.S.S.S.S) (L.R.Q.,

4
c. S-4.2). Dans la présente requête, « C.S.S.S. » désigne généralement le défendeur C.S.S.S.
Richelieu-Yamaska.

Le mot « établissement » réfère à la notion d’établissement définie aux articles 79 et suivants de la


L.S.S.S.S., notamment aux articles 101 et 108 L.S.S.S.S.

L’expression « agence privée de placement » inclut généralement aussi la professionnelle en soins


agissant de façon autonome en son propre nom et offrant ses services de la même façon à un
établissement.

I– LES PARTIES :

A – LES DEMANDEURS

1. La demanderesse, la « Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec »


(ci-après « la FIQ ») est régie par la Loi sur les syndicats professionnels (L.R.Q., c.
S-40) ;

2. La FIQ regroupe soixante-et-une (61) associations dûment accréditées en vertu du


Code du travail (L.R.Q., c. C-27), lesquelles comptent 58 000 professionnelles en
soins infirmiers et cardio-respiratoires ; la FIQ agit à titre d’agent négociateur pour
ces salariées dans le cadre de la Loi sur le régime de négociation des conventions
collectives dans les secteurs public et parapublic (L.R.Q., c. R-8.2) ;

3. La FIQ a pour mandat de protéger et promouvoir les intérêts économiques,


professionnels et sociaux des personnes représentées par ses membres. Elle a
aussi pour mandat d’intervenir dans tout débat public relatif à la prestation de soins
dans le réseau public de santé au Québec, tel qu’il appert de ses statuts et de sa
déclaration de principe produits en liasse sous la cote P-1 ;

4. La FIQ, à ce titre, est intervenue à plusieurs reprises tant devant des instances
gouvernementales que devant les tribunaux afin de promouvoir la défense et la
sauvegarde du réseau public de santé, notamment en préservant la qualité et la
continuité des soins dispensés aux usagers d’un CSSS ;

5. La présente requête demande la nullité de plusieurs ententes touchant directement


les professionnelles en soins représentées par le Syndicat des professionnelles en
soins de la santé Richelieu-Yamaska (ci-après désigné « le Syndicat) ainsi que les
usagers du réseau public de santé eu égard, entre autres, à la qualité et la
continuité des soins ;

6. Le Syndicat est membre de la F.I.Q. et est l’agent négociateur dûment accrédité en


vertu du Code du travail pour représenter les professionnelles en soins du

5
C.S.S.S. Richelieu-Yamaska ; il a notamment pour mandat de négocier et signer
les dispositions locales de la convention collective concernant les vingt-six (26)
matières qui relèvent du palier local de négociation, le tout conformément à la Loi
sur le régime de négociation des conventions collectives dans les secteurs public
et parapublic, tel qu’il appert du certificat d’accréditation produit sous la cote P-2 ;

7. Le Syndicat détient le monopole de représentation à l’égard des professionnelles


en soins infirmiers et cardio-respiratoires exerçant leur profession au C.S.S.S.
Richelieu-Yamaska. Il représente environ cinq cent cinquante (550)
professionnelles en soins infirmiers et cardio-respiratoires;

8. Le Syndicat, dûment incorporé en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels,


a aussi pour objet l’étude, la défense et le développement des intérêts
économiques, sociaux et moraux de ses membres incluant, entre autres, la
défense et la sauvegarde du réseau public, la qualité et la continuité des soins qui
y sont prodigués par ses membres, tel qu’il appert de ses statuts et règlements
produits en liasse sous la cote P-3 ;

9. Le demandeur, monsieur Richard Beauregard, est un professionnel en soins


infirmiers (infirmier clinicien) à l’emploi du C.S.S.S. Richelieu-Yamaska ;

10. Il est le président du syndicat et un usager du C.S.S.S. Richelieu-Yamaska ;

11. La demanderesse, madame Chantal Dénommée Bédard, est une professionnelle


en soins infirmiers (infirmière clinicienne) à l’emploi du C.S.S.S. Richelieu-
Yamaska ;

12. Elle est agente de griefs pour le Syndicat et usagère du C.S.S.S. Richelieu-
Yamaska ;

B – LE DÉFENDEUR ET LES MIS EN CAUSE :

13. Le défendeur, le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska, est un établissement


multivocationnel créé et régi par la Loi sur les services de santé et les services
sociaux (L.R.Q., c. S-4.2), (ci-après « L.S.S.S.S. ») ;

14. Il gère le centre hospitalier Hôpital Honoré-Mercier, ainsi que trois centres locaux
de services communautaires (C.L.S.C.), soit le C.L.S.C. des Maskoutains, le
C.L.S.C. de la M.R.C.-d’Acton et le C.L.S.C. des Patriotes;

15. Il gère aussi cinq centres d’hébergement et de soins de longue durée (C.H.S.L.D.),
soit le Centre d’hébergement de Montarville, le Centre d’hébergement Hôtel-Dieu-

6
de-St-Hyacinthe, le Centre d’hébergement Andrée-Perreault, le Centre
d’hébergement de la MRC-d’Acton et le Centre d’hébergement Marguerite-Adam;

16. Le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska emploie directement environ cinq cent cinquante


(550) professionnelles en soins (infirmières, infirmières-auxiliaires et
inhalothérapeutes) à temps plein ou partiel ;

17. Le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska assigne aussi des professionnelles en soins par le


biais d’agences privées de placement et/ou agissant individuellement pour elles-
mêmes;

18. Ainsi, le C.S.S.S. a octroyé au moins neuf (9) contrats à des agences privées de
placement et/ou individus, tel qu’il appert des contrats produits en liasse sous le
cote P-4 , dont certains ne sont pas signés, la défenderesse CSSS étant sommée
d’en produire une copie signée, à défaut de quoi les contrats P-4 seront réputés
refléter l’entente intervenue entre les parties concernées:

1. L’agence 9104-8306 Québec Inc., faisant affaires sous le nom de


Urgence Médicale Code Bleu ;
2. L’agence Santérégie Inc. ;
3. L’agence S.P. Services Santé Inc. ;
4. L’agence Girafe Santé Inc. ;
5. L’agence Servir + Soins et Soutien à domicile Inc.;
6. L’agence Gestion Hunt Groupe Synergie Inc.;
7. L’agence Soins intermédiaires inc. ;
8. L’agence M.D. Santé Inc.;
9. et Mme Nancy Durivage agissant pour elle-même;

19. Le CSSS est sommé de produire les résolutions de son conseil d’administration
ayant conduit à l’octroi et à la signature desdits contrats P-4 ;

20. M. Yves Bolduc, à titre de Ministre de la Santé et des Services sociaux, est
chargé de l’application et de la mise en œuvre de la L.S.S.S.S. ;

21. L’agence Urgence médicale Code bleu (9104-8306 Québec Inc.), mise en
cause, est une corporation dont l’objet serait d’offrir de la « formation en RCR
(réanimation cardio-respiratoire) et premiers soins » et d’exploiter une « agence de
placement en soins infirmiers », selon ce qu’il appert des documents produits par
la mise en cause auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie
desdits documents étant produite sous la cote P-5 ;

22. L’agence Santérégie Inc. mise en cause serait une corporation dont l’objet est
d’offrir des « soins de santé à domicile » et de faire du « remplacement de
personnel infirmier dans les établissements de santé public », selon ce qu’il appert

7
des documents produits par la mise en cause auprès du Registraire des
entreprises du Québec, une copie desdits documents étant produite sous la cote
P-6 ;

23. L’agence S.P. Services Santé Inc. mise en cause est une corporation dont l’objet
serait d’offrir du « placement de personnel en soins de santé » et de la « formation
en santé au travail », selon ce qu’il appert des documents produits par la mise en
cause auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie desdits
documents étant produite sous la cote P-7 ;

24. L’agence Girafe Santé Inc. mise en cause est une corporation dont l’objet serait
d’offrir un « service de placement de professionnels de la santé », selon ce qu’il
appert des documents produits par la mise en cause auprès du Registraire des
entreprises du Québec, une copie desdits documents étant produite sous la cote
P-8 ;

25. L’agence Servir + Soins et Soutien à Domicile Inc. mise en cause est une
corporation dont l’objet serait d’offrir des « services de soins et soutien à
domicile », selon ce qu’il appert des documents produits par la mise en cause
auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie desdits documents
étant produite sous la cote P-9 ;

26. L’agence Gestion Hunt Groupe Synergie Inc. mise en cause est une corporation
dont l’objet serait de faire de la « gestion de franchises spécialisées en gestion,
recrutement et placement » et du « recrutement et placement de personnel
temporaire et permanent », selon ce qu’il appert des documents produits par la
mise en cause auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie
desdits documents étant produite sous la cote P-10 ;

27. L’agence Soins intermédiaires Inc. mise en cause est une corporation dont
l’objet serait « agence de placement des infirmières » et « recrutement et
formation », selon ce qu’il appert des documents produits par la mise en cause
auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie desdits documents
étant produite sous la cote P-11 ;

28. L’agence Agence M.D. Santé Inc. mise en cause est une corporation dont l’objet
serait « agence de placement et fourniture de personnel infirmier en centres
hosp. », selon ce qu’il appert des documents produits par la mise en cause auprès
du Registraire des entreprises du Québec, une copie desdits documents étant
produite sous la cote P-12;

29. Mme Nancy Durivage offre ses services comme infirmière à titre individuel ;

8
30. Par ailleurs, le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska a aussi recours aux services de quatre
(4) autres agences privées de placement :

1. Édith Hébert Inc. ;


2. Ressources Primaires Inc. ;
3. Soinsnouvo Inc. ;
4. 9200-4522 QUÉBEC INC. faisant affaires sous le nom de
Regroupement des infirmières et infirmiers en pratique autonome
du Québec ;

Les demandeurs requièrent du C.S.S.S. défendeur la production des contrats le


liant à ces agences, ainsi que les résolutions du conseil d’administration les
autorisant, si tant est qu’ils existent par écrit ;

31. L’agence Édith Hébert Inc. mise en cause est une corporation dont l’objet serait
« soins infirmiers à domicile » et « supervision des soins », selon ce qu’il appert
des documents produits par la mise en cause auprès du Registraire des
entreprises du Québec, une copie desdits documents étant produite sous la cote
P-13 ;

32. L’agence Ressources Primaires Inc. mise en cause est une corporation dont
l’objet serait « agence de placement pour infirmières », selon ce qu’il appert des
documents produits par la mise en cause auprès du Registraire des entreprises du
Québec, une copie desdits documents étant produite sous la cote P-14 ;

33. L’agence Soinsnouvo Inc. mise en cause est une corporation dont l’objet serait
« agence de placement infirmier », selon ce qu’il appert des documents produits
par la mise en cause auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie
desdits documents étant produite sous la cote P-15 ;

34. L’agence Regroupement des infirmières et infirmiers en pratique autonome


du Québec (9200-4522 Québec Inc.) mise en cause est une corporation dont
l’objet serait « agence de placement d’infirmières auxiliaires et préposés aux
bénéficiaires », selon ce qu’il appert des documents produits par la mise en cause
auprès du Registraire des entreprises du Québec, une copie desdits documents
étant produite sous la cote P-16 ;

35. Le Syndicat a présenté deux requêtes en vertu de l’article 39 du Code du travail à


la Commission des relations du travail visant à faire reconnaître que les
professionnelles en soins provenant de certaines agences mises en cause étaient
des salariées du CSSS intimé et donc visées par son certificat d’accréditation ; ces
requêtes visent deux centres d’activités du CSSS, à savoir la salle d’opération du
centre hospitalier Hôpital Honoré-Mercier et l’unité Verger du centre
d’hébergement Hôtel-Dieu-de-St-Hyacinthe, copie de ces requêtes étant produite
sous la cote P-17 , les listes des professionnelles annexées ayant

9
toutefois été amendées devant la CRT, notamment en excluant l’agence
Girafe Santé Inc ;

36. Ces requêtes P-17 sont vivement contestées autant par le CSSS que par
les agences concernées, au motif notamment qu’il n’existe aucun lien
d’emploi entre ces professionnelles en soins et le CSSS et à ce jour, aucune
décision n’a encore été rendue au mérite de cette affaire par la Commission des
relations de travail, tel qu’il appert de la copie du procès-verbal de la conférence
préparatoire de la CRT daté du 9 avril 2010 produite sous la cote P-18 ;

II – OBJET DE LA REQUETE

37. Les demandeurs requièrent que soient déclarés illégaux et nuls les treize (13)
contrats de services mentionnés aux paragraphes 18 et 29 de la présente requête
ainsi que les résolutions du Conseil d’administration du C.S.S.S. Richelieu-
Yamaska octroyant ou autorisant lesdits contrats ;

38. Plus particulièrement, mais sans limiter la généralité de ce qui précède, lesdits
contrats prévoient, entre autres, que les mises en cause assignent des
professionnelles en soins au C.S.S.S. aux fins de dispenser des soins infirmiers et
cardio-respiratoires aux usagers de l’établissement tout en prétendant que ce
personnel demeure exclusivement des employés de ces agences ou des employés
autonomes et ne deviennent pas, généralement, à court, moyen ou long terme,
des employés du C.S.S.S.;

39. Pour les motifs ci-après exposés, les contrats P-4 et les résolutions sont illégaux
du fait qu’un Centre de services de santé et de services sociaux n’est pas autorisé
par la L.S.S.S.S. à convenir de tels contrats, cette Loi devant être interprétée et/ou
appliquée de manière compatible, avec son esprit et ses buts, avec les autres lois
d’ordre public dont notamment le Code du travail du Québec et la Loi concernant
les unités de négociation dans le secteur des affaires sociales ;

III – LA LSSSS

40. La L.S.S.S.S. institue et encadre le régime de santé et des services sociaux au


Québec, plus particulièrement, elle organise le réseau, la dispensation des soins et
des services et elle répartit les droits et obligations de ceux qui la forment ou la
fréquentent, tel que décrit à l’article 2 de la L.S.S.S.S. ;

Art 2. Afin de permettre la réalisation de ces objectifs, la présente loi établit


un mode d'organisation des ressources humaines, matérielles et financières
destiné à:

10
1° assurer la participation des personnes et des groupes qu'elles forment
au choix des orientations, à l'instauration, à l'amélioration, au
développement et à l'administration des services;
2° favoriser la participation de tous les intervenants des différents secteurs
d'activité de la vie collective dont l'action peut avoir un impact sur la santé et
le bien-être;
3° partager les responsabilités entre les organismes publics, les
organismes communautaires et les autres intervenants du domaine de la
santé et des services sociaux;
(…)
8° favoriser la prestation efficace et efficiente de services de santé et de
services sociaux, dans le respect des droits des usagers de ces services;
8.1° assurer aux usagers la prestation sécuritaire de services de santé et
de services sociaux;
9° assurer la participation des ressources humaines des établissements
visés au titre I de la partie II au choix des orientations de ces établissements
et à la détermination de leurs priorités;

(Les soulignés sont nôtres)

41. La mission et la responsabilité des divers types d’établissements sont prévues aux
articles 79 à 91 de la L.S.S.S.S. ;

42. En tant que réseau local de santé et de services sociaux, le C.S.S.S. du Richelieu-
Yamaska assume les responsabilités décrites aux articles 99.2 à 99.8 de la
L.S.S.S.S. ;

43. De surcroît, le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska doit voir à ce que chacun des


établissements qui relèvent de lui assument et respectent les différentes missions
et responsabilités qui leurs sont assignées par la L.S.S.S.S;

44. La règle première est que tout établissement doit dispenser lui-même les services
de santé requis :

CHAPITRE II
FONCTIONS

100. Services offerts.


Les établissements ont pour fonction d'assurer la prestation de services de
santé ou de services sociaux de qualité, qui soient continus, accessibles,
sécuritaires et respectueux des droits des personnes et de leurs besoins
spirituels et qui visent à réduire ou à solutionner les problèmes de santé et
de bien-être et à satisfaire les besoins des groupes de la population. À cette
fin, ils doivent gérer avec efficacité et efficience leurs ressources humaines,
matérielles, informationnelles, technologiques et financières et collaborer
avec les autres intervenants du milieu, incluant le milieu communautaire, en
vue d'agir sur les déterminants de la santé et les déterminants sociaux et
d'améliorer l'offre de services à rendre à la population. De plus, dans le cas
d'une instance locale, celle-ci doit susciter et animer de telles collaborations.

(Les soulignés sont nôtres)

11
45. Ainsi, tout établissement du réseau de santé et de services sociaux au Québec
doit respecter sa mission première et, dans le cadre plus particulièrement de la
prestation de services de santé, il doit s’assurer de la qualité de ceux-ci, de leur
continuité ainsi que du fait qu’ils sont sécuritaires et respectueux des droits des
personnes ;

46. Un Établissement peut, lorsque nécessaire, conclure une entente de services de


soins :

101. Responsabilités de l’établissement.


L'établissement doit notamment :
1o recevoir toute personne qui requiert ses services et évaluer ses
besoins ;
2o dispenser lui-même les services de santé et services sociaux
requis ou les faire dispenser par un établissement, un organisme, ou une
personne avec laquelle il a conclu une entente de service visée à l’article
108 ;
3o veiller à ce que les services qu’il dispense le soient en
continuité et complémentarité avec ceux dispensés par les autres
établissements et les ressources de la région, et que l’organisation de ces
services tient compte des besoins de la population à desservir ;
4o diriger les personnes à qui elle ne peut dispenser certains
services vers un autre établissement ou organisme, ou une autre personne
qui dispense ce service.

(Les soulignés sont nôtres)

Note

Le terme « établissement » en lettres majuscules indique ci-après l’établissement au sens de la


première ligne de l’article 101.

Le terme « établissement » en lettres minuscules indique ci-après l’établissement au sens des


paragraphes 2 et 4 de l’article 101.

47. Le par. 101(4) de la L.S.S.S.S. concerne la situation où l’ ÉTABLISSEMENT n’est


pas en mesure de dispenser certains services de santé et services sociaux, il a
alors l’obligation de diriger, donc d’envoyer ailleurs, toute personne qui requiert ces
services de santé et services sociaux ;

48. L’ÉTABLISSEMENT doit diriger ces personnes vers « un autre établissement ou


organisme », ou vers « une autre personne en mesure de dispenser les
services recherchés » ;

49. Dans ce cas, l’ÉTABLISSEMENT n’a plus aucune responsabilité vis-à-vis l’usager
sauf dans le cas où l’usager n’est dirigé que temporairement ailleurs ;

12
50. De toute évidence, si l’ÉTABLISSEMENT en question ne peut dispenser certains
services, c’est qu’il ne peut les dispenser à l’interne. Donc, lorsqu’on fait
référence, à la dernière ligne du par. 101(4) de la L.S.S.S.S à « établissement ou
organisme ou autre personne », on se réfère uniquement à des ressources
autonomes et/ou, à tout le moins, des ressources externes à l’ÉTABLISSEMENT ;

51. Par contre, le par. 101(2) de la L.S.S.S.S. concerne la situation où un


ÉTABLISSEMENT est en mesure de dispenser lui-même les services requis par
un usager et stipule que, s’il ne les donne pas lui-même, il peut alors les faire
dispenser par « un établissement ou organisme ou une personne » avec lequel il a
conclu une entente de services visée à l’article 108 ;

52. Le paragraphe 2 de l’article 101, contrairement au paragraphe 4 de ce même


article, concerne la situation où les services requis par un usager sont et peuvent
généralement être donnés à l’interne par l’ÉTABLISSEMENT mais qui, pour toute
raison légitime, sont offerts à l’externe par « un établissement, un organisme ou
une personne » avec lequel l’ÉTABLISSEMENT a conclu une entente de services
visée à l’article 108 ;

53. L’article 108 L.S.S.S.S. stipule :

108. Ententes.
Un établissement peut conclure avec un autre établissement, un organisme
ou toute autre personne, une entente pour l'une ou l'autre des fins
suivantes:
1° la dispensation, pour le compte de cet établissement, de
certains services de santé ou services sociaux requis par un usager de cet
établissement ;
2° la prestation ou l'échange de services professionnels en
matière de services de santé ou de services sociaux.
(…)

54. Il ressort que, dans la situation prévue au par. 101(4) L.S.S.S.S., il n’y a pas
nécessité d’entente. En effet cet « autre établissement ou organisme ou autre
personne » ne dispensera pas les services requis pour le compte de
l’ÉTABLISSEMENT mais bien pour son propre compte ;

55. Quant au par. 101(2) L.S.S.S.S., les mots « un établissement, un organisme ou


une personne » doivent recevoir le même sens que les mêmes mots utilisés au
paragraphe 4 de cet article. La seule différence est qu’au paragraphe 2
l’ÉTABLISSEMENT offre généralement lui-même les services requis mais il les fait
dispenser par d’autres, c’est-à-dire un « autre établissement ou organisme ou
une autre personne » avec lequel il a conclu une entente, mais toujours pour son
propre compte dans la poursuite de l’une ou l’autre des fins prévues aux
paragraphes 1 et 2 de l’article 108 L.S.S.S.S. ;

13
56. Or les contrats tels que ceux sous étude ne sont pas le genre d’entente dont traite
le par. 101 (2) et qui est autorisé par l’article 108 de la L.S.S.S.S. ;

57. En effet, le C.S.S.S. a conclu des ententes pour que soient assignées à l’interne
des professionnelles en soins et non pas des ententes confiant à l’externe à « un
autre établissement ou organisme, ou une autre personne » la dispensation de
certains services requis, services que généralement le C.S.S.S. dispense lui-
même ;

58. Dans le cas de ces contrats P-4, même si les soins et services requis par un
usager sont dispensés par des professionnelles en soins assignées par une
agence privée de placement, les services sont considérés être dispensés par
l’ÉTABLISSEMENT lui-même;

59. En pareille situation, l’ÉTABLISSEMENT ne se retrouve pas dans la situation de


faire dispenser les services par d’autres; il les dispense lui-même, à l’interne, en
ayant recours à des professionnelles en soins assignées par des agences privées
de placement ;

60. Interpréter les articles 101 et 108 de la L.S.S.S.S. comme permettant à un


ÉTABLISSEMENT de conclure une entente avec une agence pour que cette
dernière lui fournisse des professionnelles en soins, employées de ladite agence et
non de l’ÉTABLISSEMENT, est incompatible avec certaines dispositions du Code
du travail du Québec, notamment le chapitre V.1 intitulé « Dispositions
Particulières Applicables aux Services Publics et aux Secteurs Public et
Parapublic », de la Loi concernant les unités de négociation dans le secteur des
affaires sociales (L.R.Q., chapitre U-0.1), de la Loi sur le régime de négociation
des conventions collectives, secteurs public et parapublic, et de la L.S.S.S. même
;

IV – INCOMPATIBILITÉ EU ÉGARD AU CODE DU TRAVAIL PLUS


PARTICULIÈREMENT LES DISPOSITIONS CONCERNANT LES SERVICES
ESSENTIELS

61. Les contrats P-4 stipulent qu’il n’existe aucun lien d’emploi entre les
professionnelles en soins assignées par les agences privées de placement et le
C.S.S.S. Suivant cette assertion, lesdites agences privées de placement, le
C.S.S.S. et les professionnelles en soins assignées par ces agences, en ce qui
concerne les tâches et fonctions exécutées par ces professionnelles en soins,
échappent ainsi aux « Dispositions Particulières Applicables aux Services Publics
et aux Secteurs Public et Parapublic » (chapitre V.1 du Code du travail du
Québec) ;

14
62. Conséquemment, en cas de grève, d’action concertée ou de conflit opposant
lesdites professionnelles en soins assignées au C.S.S.S. et leurs employeurs, les
agences privées de placement, ce seront les autres dispositions du Code du
travail qui trouveront application. Si ces professionnelles sont regroupées au sein
d’une association de salariés accréditée, la grève ou l’action concertée seront
permises selon des règles prévues au chapitre III du Code du travail. Si elles ne le
sont pas, regroupées sans être accréditées, alors toute grève ou action concertée
ne sera pas permise ;

63. Le but principal des dispositions du chapitre V.1 du C.t. est de permettre la grève
dans les services publics et parapublics, tout en restreignant les effets et en
obligeant les parties à maintenir les services essentiels ;

64. Le C.S.S.S. est considéré par l’article 111.0.16 C.t. comme étant un « service
public » dans lequel, lors d’une grève, il y a obligation pour les parties de maintenir
les services essentiels. Lors d’une grève dans ce centre à vocation multiple, le
pourcentage de salariées à maintenir par quart de travail, parmi les salariées en
fonction lors de cette période, varie de 60% à 90% selon le type d’établissement
concerné : centre hospitalier, centre local de services communautaires, centre
d’hébergement et de soins de longue durée (art. 111.10 C.t.) ;

65. Le C.S.S.S. et le Syndicat doivent négocier le nombre de personnes à maintenir


par unité de soins et catégories de services parmi les salariées habituellement
affectées à ces unités et catégories de services. L’entente entre le C.S.S.S. et le
Syndicat doit, en plus de se conformer à l’article 111.10 C.t., permettre d’assurer le
fonctionnement normal des unités des soins intensifs et des unités d’urgence ;

66. Les dispositions encadrant l’exercice du droit de grève ou toute action concertée
dans un service public comme celui de la santé sont si contraignantes que souvent
elles équivalent à une absence quasi totale du droit de grève ;

67. Cet ensemble de règles applicables en cas de grève ou d’action concertée dans
un « service public » est justifié, selon le législateur, par la nécessité de ne pas
risquer de mettre en danger la santé ou la sécurité du public ;

68. Or, plus le pourcentage de professionnelles en soins assignées par des agences
privées de placement sera haut, plus le pourcentage de professionnelles en soins,
membres du Syndicat en grève devant maintenir les services essentiels, sera bas;

69. Par exemple : dans l’hypothèse où seulement 1% des professionnelles en soins du


C.S.S.S. sont assignées par des agences privées de placement dans un
C.H.S.L.D. et que le nombre total de professionnelles en soins dispensant des
soins infirmiers et cardio-respiratoires dans ce C.H.S.L.D. est de 100, le nombre de
professionnelles en soins, membres du Syndicat, requis pour maintenir les

15
services essentiels dans ce C.H.S.L.D. (soit 90%) est de 89.1 professionnelles en
soins, soit 90% de 99 personnes ;

70. Si par contre, dans le même C.H.S.L.D., le pourcentage de professionnelles en


soins assignées par des agences privées de placement est de 25%, le nombre de
professionnelles en soins membres du Syndicat, requis pour maintenir les services
essentiels sera de 67.5 professionnelles en soins, soit 90% de 75 personnes ;

71. Plus le pourcentage de professionnelles en soins assignées par des agences


privées de placement augmente dans un établissement, moins les dispositions
concernant les services essentiels, en cas de grève, atteignent leurs objectifs ;

72. Même si les professionnelles en soins assignées par des agences privées de
placement, étaient membres d’un ou de plusieurs syndicats accrédités auprès de
ces agences, il n’en demeurera pas moins que lesdites agences privées ne sont
pas visées par les dispositions du chapitre V.1 du Code du travail puisqu’elles ne
sont pas un « service public » au sens de ce Code ;

73. En ayant recours à des professionnelles en soins, assignées par des agences
privées de placement, le C.S.S.S. se soustrait donc partiellement à ses obligations
relatives au maintien des services essentiels, ce qui est contraire aux dispositions
impératives du Code du travail, à son esprit ainsi qu’à ses objectifs. Au surplus,
les contrats P-4 n’offrent aucune garantie de disponibilité des professionnelles en
soins provenant de ces agences ;

74. Les articles 101 et 108 de la L.S.S.S.S. ne peuvent s’interpréter comme permettant
au C.S.S.S. de se départir de telles obligations ;

75. Les résolutions et les contrats P-4 sont donc nuls et illégaux en ce que l’on ne peut
par une entente, selon les articles 101 et 108 LSSSS, avoir recours à des
personnes morales ou physiques étrangères à l’ÉTABLISSEMENT lorsqu’il s’agit
de soins et de services de santé et services sociaux que l’ÉTABLISSEMENT
dispense lui-même à ses usagers;

V – INCOMPATIBILITÉ EU ÉGARD À LA LOI CONCERNANT LES UNITÉS DE


NÉGOCIATION DANS LE SECTEUR SOCIAL, MIEUX CONNUE SOUS LA « LOI
30 »

76. La Loi 30 a fait l’objet de contestation de la part de plusieurs associations


syndicales devant la Commission des relations du travail du Québec. Le
commissaire Robert Côté a rejeté les plaintes déposées par lesdites associations
dans une décision datée du 23 mars 2005, tel qu’il appert d’une copie produite
sous la cote P-19 ;

16
77. Le 30 novembre 2007, la Cour supérieure du district de Montréal a renversé la
décision P-19 et a déclaré que la Loi 30 porte atteinte à la Charte des droits et
libertés de la personne [L.R.Q., c. C-12], tel qu’il appert d’une copie dudit jugement
produit sous la cote P-20;

78. Le jugement P-20 de la Cour supérieure fait actuellement l’objet d’un appel à la
Cour d’appel du Québec (no. 500-09-018313-072), laquelle n’a pas statué à ce
jour;

79. Cependant, le résultat de cet appel n’aura pas d’impact sur l’argument qui suit car
cet argument a uniquement pour but de démontrer les intentions et finalités
recherchées par le législateur lorsqu’il a adopté cette Loi 30 et que les contrats,
tels que ceux produits sous P-4, entre un ÉTABLISSEMENT et des agences
privées de placement sont incompatibles avec les intentions et finalités
recherchées par l’adoption de ladite Loi 30.

80. Avant l’adoption de la Loi 30, les autorités gouvernementales ont identifié, à tort ou
à raison, cinq (5) situations leur causant problème dans le secteur de la santé et
des services sociaux au Québec :

• L’existence d’un même titre d’emploi, dans des unités d’accréditation


différentes, mais avec une même affiliation syndicale ;

• L’existence d’un même titre d’emploi, dans des unités différentes,


mais avec des affiliations syndicales différentes ;

• La présence d’unités de négociation plus larges, recouvrant des


mêmes titres d’emploi et avec des affiliations syndicales différentes ;

• La présence d’accréditations différentes, visant des titres d’emploi


exclusifs les uns des autres dans une même famille d’emplois ;

• La présence d’accréditations mutuellement exclusives ;

81. La Loi 30 a donc introduit des modifications majeures au régime d’accréditation et


de négociation collective dans le secteur des affaires sociales. Elle prévoit :

• L’établissement d’un régime d’accréditation qui fait exception aux


règles générales prévues au Code du travail ;

• L’établissement de modalités particulières concernant des sujets


définis comme étant objet de négociation à l’échelle locale ou

17
régionale au sens de la Loi sur le régime de négociation dans les
secteurs public et parapublic;

82. L’une des modifications les plus importantes vise la détermination statutaire des
unités de négociation pour lesquelles une association de salariés peut être
accréditée. Cette mission était auparavant confiée à la Commission des relations
du travail, qui décidait en vertu de critères développés par la jurisprudence ;

83. La Loi 30 a prévu le démantèlement progressif des unités de négociation


existantes à partir du moment de son entrée en vigueur (le régime transitoire des
articles 70 et suivants) et à l’occasion de fusions d’établissements ou d’intégration
d’activités (articles 12 et suivants) ;

84. Lorsque le processus de démantèlement est enclenché, chaque


ÉTABLISSEMENT dresse un état de la situation de la représentation syndicale
(articles 14 et 73) et identifie toute nouvelle unité de négociation correspondant à
l’une des quatre catégories de personnel prévue à la loi (articles 15 et 75). Une
association de salariés accréditée peut alors présenter une requête à la
Commission demandant l’accréditation pour représenter l’une des unités (articles
17 et 76) ;

85. La Loi 30 ne s’applique pas aux pharmaciens, biochimistes cliniques, physiciens


médicaux, résidents en médecine ou aux chercheurs (articles 94). Certaines
infirmières sont aussi expressément exclues de la Loi (ex. : infirmières
embauchées par l’intermédiaire d’un chercheur) ;

86. Le projet de loi initial comportait cinq catégories d’employés. La Loi 30 ne


comporte finalement que quatre catégories, dont la catégorie 1 qui regroupe
notamment les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes ;

87. La Loi 30 impose des unités de négociation prédéterminées, sépare des salariées
qui voulaient s’unir et unit des salariées qui voulaient être représentées, en raison
de leurs intérêts opposés, par des syndicats distincts ;

88. L’objectif poursuivi, selon les autorités gouvernementales, était d’insuffler dans le
réseau de la santé et des services sociaux des conditions favorisant une meilleure
prestation de services par une organisation du travail plus efficace ;

89. La Loi 30 vise trois éléments qui sont indissociables aux yeux du Législateur :

• Corriger une situation d’accréditations multiples unique dans le


domaine des relations du travail ;

18
• Organiser l’environnement des relations de travail, notamment les
unités de négociation, d’une façon qui soit en lien avec le milieu et
avec une logique organisationnelle, c’est-à-dire regrouper en quatre
catégories les familles d’emploi et stipuler qu’il ne peut y avoir plus
que quatre accréditations dans un même ÉTABLISSEMENT de santé
et de services sociaux ;

• Décentraliser vers la négociation à l’échelle locale 26 objets de la


convention collective en lien avec l’organisation du travail qui étaient
auparavant négociés à l’échelle nationale ;

90. Le fait, pour un ÉTABLISSEMENT, de conclure une entente avec des agences
pour la fourniture, dans ses propres installations, de professionnelles en soins crée
une multiplication des types de contrats d’emploi, plusieurs catégories des
professionnelles en soins infirmiers et cardio-vasculaires et des conditions de
travail variées au sein des professionnelles en soins qui exercent pourtant les
mêmes tâches et fonctions auprès des mêmes usagers de cet ÉTABLISSEMENT.
Cela va clairement à l’encontre des buts, objectifs et des finalités défendus par les
autorités gouvernementales pour soutenir et justifier l’adoption de la Loi 30;

91. Au surplus, ce qui est mentionné au paragraphe précédent a pour effet de créer
de multiples unités de professionnelles en soins au sein d’un même
ÉTABLISSEMENT, ce que la Loi 30 voulait justement éviter, le Syndicat étant ainsi
privé du monopole de représentation de toutes les professionnelles en soins,
autres que celles exerçant des fonctions d’encadrement, oeuvrant auprès d’un
même ÉTABLISSEMENT;

92. Ces buts étaient pourtant tellement importants, voire essentiels, pour le
gouvernement que celui-ci a fait adopter la Loi 30 par l’assemblée législative sous
le bâillon au risque de porter atteinte aux droits fondamentaux prévus aux chartes
canadienne et québécoise des droits et libertés ;

93. Des contrats comme ceux sous étude (pièce P-4) sont ainsi incompatibles avec les
buts recherchés par la Loi 30;

VI - INCOMPATIBILITÉ EU ÉGARD À LA LSSSS

94. En tout temps, un établissement qui conclut une entente en vertu des articles 101
et 108 doit demeurer responsable des soins prodigués, de la qualité de ceux-ci, de
leur continuité et du fait qu’ils sont sécuritaires et respectueux des droits des
usagers ;

19
95. Un ÉTABLISSEMENT ne peut, par le biais d’une entente de services avec une
tierce personne, non assujettie à la L.S.S.S.S., s’affranchir des obligations que lui
impose cette Loi ;

96. En l’espèce, les ententes P-4 conclues entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et les
agences privées de placement contreviennent aux obligations légales de
l’ÉTABLISSEMENT en ce que :

a) Elles ne respectent pas la structure organisationnelle de l’ÉTABLISSEMENT


telle que prescrite par la L.S.S.S.S. et elle néglige d’assurer de façon
appropriée la qualité, la continuité et le caractère sécuritaire des soins
prodigués ;

b) Elles portent atteinte au principe de responsabilité et d’imputabilité de


l’ÉTABLISSEMENT ;

c) Elles n’assurent pas adéquatement le respect du droit à la vie privée des


usagers, portant ainsi atteinte à leur droit à la confidentialité et au secret
professionnel ;

d) Elles ne permettent pas une utilisation économique et efficiente des


ressources financières et humaines;

A) INCOMPATIBILITÉ AVEC LA STRUCTURE ORGANISATIONNELLE TELLE


QUE PRESCRITE PAR LA L.S.S.S.S. ET L’OBLIGATION D’ASSURER LA
QUALITÉ, LA CONTINUITÉ ET LE CARACTÈRE SÉCURITAIRE DES SOINS :

97. En vertu des articles 206 à 208 L.S.S.S.S., la surveillance et le contrôle de la


qualité des soins infirmiers (infirmières et infirmières-auxiliaires) travaillant dans un
ÉTABLISSEMENT doivent être faits par le directeur des soins infirmiers (DSI),
sous l’autorité du directeur général, ce qui inclut de voir au bon fonctionnement du
Conseil des infirmières et infirmiers (CII) (articles 219 à 223 L.S.S.S.S.) et du
Comité des infirmières et infirmiers auxiliaires (CIIA) (articles 223 à 225
L.S.S.S.S.) ;

98. En vertu des articles 226 à 230 L.S.S.S.S., chaque ÉTABLISSEMENT doit aussi
instituer un Conseil Multidisciplinaire (CM) qui, sous la responsabilité du Conseil
d’administration, procède à l'appréciation et à l'amélioration de la qualité de la
pratique professionnelle et fait des recommandations sur la distribution appropriée
des soins et services dispensés. Il est aussi responsable envers le directeur
général de donner son avis sur l'organisation scientifique et technique du centre et
sur les moyens à prendre pour évaluer et maintenir la compétence de ses
membres; les inhalothérapeutes sont membres du Conseil multidisciplinaire ;

20
99. Les contrats P-4 ont pour effet ou tentent de soustraire les infirmières et les
infirmières auxiliaires assignées par les agences privées de placement au contrôle
direct du DSI car ces contrats stipulent généralement qu’il n’existe aucun lien
d’emploi entre ce personnel et le C.S.S.S. ou, à tout le moins, tentent de nier
l’existence d’un tel lien d’emploi;

100. Ce faisant, l’ÉTABLISSEMENT délègue les responsabilités dévolues au DSI et au


Conseil d’administration entre les mains des dirigeants des diverses agences
privées de placement ;

101. Soulignons que les dirigeants des diverses agences privées de placement mises
en cause n’ont pas l’obligation d’appartenir à l’Ordre des infirmières et infirmiers du
Québec (OIIQ), à l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ)
et à l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ);

102. Rien dans les contrats P-4 ne garantit une forme de contrôle de la qualité et des
compétences des professionnelles en soins assignées par les agences privées de
placement, celles-ci n’exigeant des personnes qu’elles assignent qu’une preuve
d’appartenance à leur ordre professionnel respectif, sans plus ;

103. L’intégration et la formation des professionnelles en soins des agences privées de


placement ne font l’objet d’aucune forme de contrôle effectif par l’intimé, le
C.S.S.S. Richelieu-Yamaska, tel qu’il appert de l’absence de mécanisme à ce sujet
dans les ententes P-4 et tel qu’il appert de la pratique observée sur place ;

104. La proportion de professionnelles en soins assignées par des agences de


placement privées a augmenté de 95% en 2009-2010 chez l’intimé C.S.S.S.
Richelieu-Yamaska par rapport à l’année financière précédente, imposant un
roulement important de personnel et une discontinuité néfaste des soins prodigués
dans l’ÉTABLISSEMENT, tel qu’il appert d’un article paru le 8 juillet 2010 dans le
journal Le Courrier de St-Hyacinthe, cahier Affaires, produit sous la cote P-21;

105. Au surplus, la L.S.S.S.S. institue le Conseil des infirmières et infirmiers (le CII, art.
219) lequel doit normalement comprendre l’ensemble des infirmières y exerçant
leurs fonctions ; or, il appert que les infirmières et infirmiers assignés par les
agences privées de placement, entre autres les mises en cause, ne participent pas
audit CII;

106. Les contrats P-4 sont encore une fois muets sur cette question alors que le CII est
responsable directement envers le conseil d’administration de l’établissement
d’apprécier la qualité des soins infirmiers :

220. Responsabilités.

21
Conformément aux règlements de l'établissement, le conseil des infirmières
et infirmiers est, pour chaque centre exploité par l'établissement,
responsable envers le conseil d'administration:
1° d'apprécier, de manière générale, la qualité des actes infirmiers
posés dans le centre et, le cas échéant, en collaboration avec le conseil des
médecins, dentistes et pharmaciens, des activités visées à l'article 36.1 de
la Loi sur les infirmières et les infirmiers (chapitre I-8) et exercées dans le
centre ;
2° de faire des recommandations sur les règles de soins infirmiers
applicables à leurs membres dans le centre ;
2.1° de faire des recommandations sur les règles de soins médicaux
et les règles d'utilisation des médicaments applicables à leurs membres
dans le centre ;
3° de faire des recommandations sur la distribution appropriée des
soins dispensés par leurs membres dans le centre ;
4° d'assumer toute autre fonction que lui confie le conseil
d'administration.

Rapport annuel.
Le conseil des infirmières et infirmiers doit faire un rapport annuel au conseil
d'administration concernant l'exécution de ses fonctions et des avis qui en
résultent.

107. La L.S.S.S.S. crée aussi un Conseil multidisciplinaire (article 226) composé des
personnes qui exercent pour l’ÉTABLISSEMENT des fonctions liées aux services
de santé, notamment les inhalothérapeutes ; les responsabilités du Conseil
multidisciplinaire sont décrites comme suit :

227. Responsabilités.
Sous réserve de ce qui est prévu aux articles 214 et 220, le conseil
multidisciplinaire est responsable envers le conseil d'administration :

1° de constituer, chaque fois qu'il est requis, les comités de pairs


nécessaires à l'appréciation et à l'amélioration de la qualité de la pratique
professionnelle de l'ensemble de leurs membres dans tout centre exploité
par l'établissement ;
2° de faire des recommandations sur la distribution appropriée des
soins et services dispensés par leurs membres, eu égard aux conditions
locales d'exercice requises pour assurer des services de qualité dans tout
centre exploité par l'établissement ;
3° d'assumer toute autre fonction que lui confie le conseil
d'administration.

Rapport annuel.
Le conseil multidisciplinaire doit faire un rapport annuel au conseil
d'administration concernant l'exécution de ses fonctions et des avis qui en
résultent.

108. Or, encore une fois, il appert que les agences privées de placement n’assument
aucune responsabilité à cet égard et les inhalothérapeutes assignées par ces
agences ne participent d’aucune façon au Conseil multidisciplinaire ;

22
109. Conséquemment, tel qu’il sera démontré à l’audition, le recours à des ressources
professionnelles externes équivaut en l’espèce à contourner la structure
organisationnelle instaurée par la L.S.S.S.S., structure qui a précisément pour but
d’assurer le maintien de services de qualité, continus et respectueux des droits des
usagers ;

110. Finalement, la gestion de la disponibilité des professionnelles en soins assignées


par les agences privées de placement échappe totalement au contrôle du
défendeur, le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska, celui-ci étant donc contraint d’exiger de
ses propres professionnelles en soins membres du Syndicat requérant une
disponibilité et des horaires de travail qui mettent sérieusement en péril la qualité
des soins prodigués;

111. Au surplus, cette situation et les contrats P-4 ont pour effet de créer au moins deux
catégories de professionnelles en soins (voire même jusqu’à 14 catégories) au
sein du même ÉTABLISSEMENT du fait que, entre autres :

a) Les professionnelles en soins assignées par les agences privées de


placement bénéficient d’un taux horaire plus avantageux et sont mieux
rémunérées que les professionnelles en soins membres du Syndicat
requérant ;

b) Ces professionnelles en soins assignées par les agences privées de


placement bénéficient généralement de meilleures conditions de travail que
les professionnelles en soins membres du Syndicat, notamment au chapitre
des congés fériés et du temps supplémentaire ;

c) Ces professionnelles en soins assignées par les agences privées de


placement n’offrent que les disponibilités qui leur conviennent, sans aucune
contrainte, évitant ainsi de travailler le soir, la nuit et les fins de semaine, si
ces plages horaires ne leur conviennent pas, contrairement aux
professionnelles en soins membres du Syndicat qui ne bénéficient pas de
pareils privilèges ;

d) Le recours à des professionnelles en soins assignées par les différentes


agences privées de placement a pour effet de contraindre les
professionnelles en soins membres du Syndicat à travailler au-delà de ce qui
est normalement acceptable, de les démotiver, de nuire au climat de travail et
de les conduire progressivement à l’épuisement professionnel ;

112. Cette situation est responsable de l’exode des professionnelles en soins du réseau
public vers les agences privées de placement, et explique la tendance des
professionnelles en soins nouvellement diplômées qui favorisent cette voie plus
lucrative, alors qu’historiquement, elles se dédiaient presqu’exclusivement au
réseau public de la santé;

23
113. Le MSSS est non seulement au courant de cette réalité nouvelle mais ne fait rien
pour empêcher que cette situation ne s’aggrave;

B) INCOMPATIBILITÉ AVEC LE PRINCIPE DE RESPONSABILITÉ ET


D’IMPUTABILITÉ DE L’ÉTABLISSEMENT :

114. Comme toute personne morale, l’intimé C.S.S.S. Richelieu-Yamaska est imputable
pour les fautes commises par ses préposés et commettants ;

115. Il est aussi, en vertu de la L.S.S.S.S., directement responsable de la qualité des


soins prodigués dans son ÉTABLISSEMENT ;

116. Cependant, en stipulant spécifiquement ou en prétendant n’avoir aucun lien


d’emploi ou de subordination, quel qu’il soit, avec les professionnelles en soins
assignées par les agences privées de placement, le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska
élude ses responsabilités auprès des autorités compétentes, que ce soit l’Agence
de la santé et des services sociaux de la Montérégie ou le ministre de la Santé et
des Services sociaux, et auprès des usagers ;

117. Les contrats P-4 précisent que les agences privées de placement doivent détenir
une assurance responsabilité pour couvrir les faits et gestes des professionnelles
en soins qu’elles peuvent assigner chez le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska ;

118. L’intention des parties dans de tels contrats est donc d’opérer un transfert de
responsabilité à l’égard de toute erreur pouvant se produire dans la prestation des
soins et services dispensés par les professionnelles en soins assignées par les
agences privées de placement vers ces dernières, tout en dégageant
l’ÉTABLISSEMENT de toute responsabilité ;

119. Ce transfert de responsabilité va directement à l’encontre des principes de base de


la L.S.S.S.S. relativement à la mission première d’un ÉTABLISSEMENT comme le
C.S.S.S. Richelieu-Yamaska ;

C) INCOMPATIBILITÉ AVEC L’OBLIGATION POUR L’ÉTABLISSEMENT


D’ASSURER ADÉQUATEMENT LE RESPECT DU DROIT À LA VIE PRIVÉE
DES USAGERS ET LE RESPECT DE LEUR DROIT À LA CONFIDENTIALITÉ
ET AU SECRET PROFESSIONNEL :

120. Le dossier d’un usager est confidentiel et nul ne peut y avoir accès sans son
consentement (article 19 L.S.S.S.S.) ; cependant, un établissement peut

24
communiquer un renseignement dans le cadre d’une entente conclue en vertu de
l’article 108 L.S.S.S.S. :

108.
[…]
Communication d’un renseignement.
Pour l’application d’une entente visée au paragraphe 1o du premier alinéa ou
au deuxième alinéa, un établissement peut communiquer un renseignement
contenu au dossier d’un usager seulement si la communication de ce
renseignement est nécessaire afin d’assurer, selon le cas, la dispensation
par cet autre établissement, organisme ou autre personne, de certains
services de santé ou services sociaux à l’usager concerné ou la préparation
centralisée de certains médicaments. Les dispositions des articles 27.1 et
27.2 s’appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires, lorsqu’un
renseignement est ainsi communiqué à un autre établissement, organisme
ou autre personne.
[…]

121. Or, l’article 27.1 L.S.S.S.S. stipule :

27.1
[…]
Conditions.
Dans ce cas, l'établissement doit confier ce mandat ou ce contrat par
écrit et, sous peine de nullité:

1° y indiquer les mesures qui doivent être prises par la personne


ou l'organisme pour s'assurer, en tout temps, pendant la durée de l'exercice
du mandat ou de l'exécution du contrat :
a) du respect de la confidentialité du renseignement
communiqué ;
b) de la mise en place de mesures visant à assurer la sécurité de
ce renseignement ;
c) que ce renseignement ne soit utilisé que dans l'exercice du
mandat ou pour l'exécution du contrat ;
d) que le renseignement ne soit pas conservé lorsque le mandat
est terminé ou le contrat exécuté ;

2° y prévoir les obligations suivantes que doit respecter la


personne ou l'organisme qui exerce le mandat ou exécute le contrat :
a) transmettre à l'établissement, avant la communication du
renseignement, un engagement de confidentialité complété par toute
personne à qui le renseignement peut être communiqué dans l'exercice du
mandat ou pour l'exécution du contrat ;
b) lorsque le mandat ou le contrat est exécuté dans les locaux de
l'établissement, ne transmettre aucun renseignement ni transporter aucun
document contenant un tel renseignement à l'extérieur de ces locaux, sauf
lorsque le directeur général de l'établissement le lui permet ;
c) aviser sans retard le directeur général de l'établissement de
toute violation ou tentative de violation par toute personne de l'une ou l'autre
des obligations relatives à la confidentialité du renseignement communiqué
prévues au présent article ;
d) permettre à l'établissement d'effectuer toute vérification ou
enquête relative à la confidentialité du renseignement communiqué.

25
Protection des renseignements.
À l'occasion de l'octroi d'un mandat ou d'un contrat de service,
l'établissement doit prendre les moyens nécessaires pour s'assurer que les
renseignements communiqués conformément au présent article
bénéficieront d'une protection équivalant à celle prévue à la présente loi
dans les cas où le mandat ou le contrat de service peut être confié à une
personne ou à un organisme à l'extérieur du Québec de même que dans les
cas où les renseignements peuvent être communiqués à l'extérieur du
Québec.

Mandat exercé par un tiers.


Le tiers qu'une personne ou un organisme s'adjoint pour exercer un
mandat ou pour exécuter un contrat est soumis aux mêmes obligations que
celles qui sont imposées à une telle personne ou à un tel organisme
conformément au deuxième alinéa. Toutefois, l'engagement de
confidentialité prévu au sous-paragraphe a du paragraphe 2° du deuxième
alinéa et l'avis prévu au sous-paragraphe c de ce paragraphe doivent être
transmis par ce tiers à cette personne ou à cet organisme.

122. Les contrats P-4 ne permettent pas ou ne sont pas conçus de manière à respecter
le droit à la vie privée des usagers, leur droit à la confidentialité et au secret
professionnel;

123. Le défaut de respecter strictement les obligations de la L.S.S.S.S. eu égard à la


confidentialité des dossiers des usagers est incompatible avec le droit à la dignité
et à la vie privée de ces derniers tels que protégés par la Charte québécoise des
droits de la personne (articles 4 et 5) et le Code civil du Québec (art. 3);

D) INCOMPATIBILITÉ AVEC L’UTILISATION ÉCONOMIQUE ET EFFICIENTE DES


RESSOURCES FINANCIÈRES ET DES RESSOURCES HUMAINES

124. Cette obligation pour le CSSS de gérer avec efficacité et efficience les ressources
financières et les ressources humaines est mentionnée à l’article 100 de la LSSSS
déjà cité au paragraphe 44 de la présente requête;

125. L’article 172 de la LSSSS prévoit qu’il revient au conseil d’administration de


l’établissement de s’assurer du respect de cette obligation :

172. Le conseil d’administration doit en outre pour tout établissement qu’il administre s’assurer :

1° de la pertinence, de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité des services dispensés;


2° du respect des droits des usagers et du traitement diligent de leurs plaintes;
3° de l’utilisation économique et efficiente des ressources humaines, matérielles et
financières;
4° de la participation, de la motivation, de la valorisation, du maintien des compétences et du
développement des ressources humaines.

26
126. La proportion des professionnelles en soins provenant d’agences est désormais
très importante;

127. Or l’utilisation de ces professionnelles en soins provenant d’agences engendre des


coûts beaucoup plus élevés que si le CSSS avait recours à son propre personnel
en soins, tel qu’il le sera démontré lors du procès et tel qu’il appert des contrats P-
4 et de la convention collective liant le Syndicat et le CSSS, comprenant le Décret
2006-2010, les nouvelles échelles salariales datées de février 2008 ainsi que les
dispositions locales, produits en liasse sous la cote P-22;

128. De plus, le recours par le CSSS aux professionnelles en soins provenant


d’agences ne cesse d’augmenter d’année en année de manière importante, ayant
pour effet d’augmenter considérablement les coûts des ressources humaines à
l’intérieur de l’établissement ;

129. Conséquemment, le recours aux professionnelles en soins provenant d’agences


chez le CSSS a atteint un niveau qui va à l’encontre des principes de bonne
gestion efficace des ressources dont le CSSS dispose, portant ainsi atteinte à ses
obligations en vertu de la LSSS;

VII - LES DÉLAIS :

130. La présente requête est déposée dans un délai raisonnable compte tenu que les
demandeurs ont pris connaissance des contrats P-4 le 16 juin 2010 après qu’ils
eurent fait une demande d’accès à l’information;

131. De plus, la présente requête soulève des questions d’intérêt public importantes qui
sont de nature complexe relevant du domaine de la santé et des services sociaux,
plus particulièrement, des soins directs aux usagers;

132. De plus, la présente requête soulève des questions qui ont un caractère et des
effets continus.

VIII- LES CONCLUSIONS :

POUR TOUS CES MOTIFS, PLAISE À LA COUR :

ACCUEILLIR la présente requête en nullité et en jugement déclaratoire;

27
DÉCLARER que les articles 101 et 108 de la L.S.S.S.S. ne permettent pas aux
établissements de santé et de services sociaux de convenir d’ententes
écrites ou verbales permettant la dispensation de soins de santé par
des professionnelles qui ne sont pas des salariées de
l’ÉTABLISSEMENT ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Urgence médicale Code bleu (9104-8306 Québec Inc.) ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Santérégie Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
S.P. Services Santé Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Girafe Santé Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Servir + Soins et Soutien à domicile Inc ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Gestion Hunt Groupe Synergie Inc ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Agence M.D. Santé Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence
Soins intermédiaires Inc.;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit le contrat de


services P-4 intervenu entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et
l’entreprise individuelle de Nancy Durivage ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit l’entente intervenue
entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence Édith Hébert Inc. ;

28
DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit l’entente intervenue
entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence Ressources
Primaires Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit l’entente intervenue
entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence Soinsnouvo Inc. ;

DÉCLARER nul et illégal et ANNULER à toutes fins que de droit l’entente intervenue
entre le C.S.S.S. Richelieu-Yamaska et l’agence Regroupement des
infirmières et infirmiers en pratique autonome du Québec (9200-
4522 Québec Inc.) ;

DÉCLARER nulles et illégales et ANNULER à toutes fins que de droit toutes les
résolutions du conseil d’administration du C.S.S.S. Richelieu-Yamaska,
autorisant lesdits contrats P-4 et toute entente écrite ou verbale entre le
C.S.S.S. et les agences mises en cause;

LE TOUT avec dépens en cas de contestation, y compris les frais d’expert, le cas
échéant.

MONTRÉAL, ce 23 août 2010

(S) Melançon Marceau Grenier et Sciortino


________________________________
MELANCON, MARCEAU, GRENIER et
SCIORTINO, senc
Procureurs des demandeurs

29