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Guide des affaires

Roumanie

Réalisé par Édouard RINALDI, Chargé de Développement Sous la direction de Yann FROLLO DE KERLIVIO, Directeur Pays

Juin 2015

Bureau Business France de Bucarest 24, rue Italiana Secteur 2, 020976 Bucarest

DE KERLIVIO, Directeur Pays Juin 2015 Bureau Business France de Bucarest 24, rue Italiana Secteur 2,

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Source : «GEOATLAS.com ® 2009 © Graphi-Ogre » Plans des principales agglomérations en Roumanie: Plan

Source : «GEOATLAS.com ® 2009 © Graphi-Ogre »

Plans des principales agglomérations en Roumanie:

Plan de Bucarest : http://www.salutbucuresti.ro/planoras/ Plan de Iasi : http://iasi.harta.orasultau.ro/ Plan de Brasov : http://brasov.harta.orasultau.ro/ Plan de Constanta : http://constanta.harta.orasultau.ro/

Remerciements

Le Bureau Business France de Bucarest remercie tout particulièrement pour leurs contributions à la réalisation de ce guide :

Arthur Hunt

Cabinet d’avocats Gruia-Dufaut

Cabinet d’avocats Leroy si Associatii

Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France de Bucarest

Finexpert

Mazars

Service Economique de Bucarest

Ses partenaires publicitaires :

Accor

Business Review

Cabinet d’avocats Gruia-Dufaut

Cabinet d’avocats Leroy si Associatii

Crédit Agricole

Dachser

Finexpert

Mazars

Renault-Dacia

Nous adressons aussi tous nos remerciements aux chefs d’entreprises et aux représentants des sociétés françaises et roumaines qui ont bien voulu nous apporter leurs témoignages :

Adriana RECORD, Directrice Exécutive de la CCI Française en Roumanie

Boris PIERRE, Business Development Manager DIY - Logistic Europe DACHSER

Bruno LEROY, Avocat Associé du Cabinet d’Avocat Leroy si Asociatii - Président de la section locale des CCEF

Christelle VAUTRIN, VIE chez MGI Coutier

Dana GRUIA DUFAUT, Avocate aux Barreaux de Paris et de Bucarest - Conseiller consulaire Roumanie - Moldavie

Didier BEAUVOIS, Directeur Général d’Air Liquide Roumanie

Édouard MILLOT, Associé Finexpert

Franck HAETTEL, Managing Director Total Romania

Frank REUL, Directeur Général Régional Accor/Orbis Roumanie, Bulgarie, Macédoine

Frederic LAMY, Directeur Général Leroy Merlin Roumanie

Gilles ANTOINE, Directeur Général l’Oréal Roumanie - CCEF

Jérôme FRANCE, CEO EMI International Roumanie

Laurent LALAGUE, CEO Apa Nova Bucarest (Véolia Eau) - CCEF

Marc HUOT, Directeur Général Eastratégies, Directeur Général Eurolaser

Nicolas MAURE, PDG Dacia et DG Groupe Renault en Roumanie

Pierre MARTIN, Directeur General Crédit Agricole Bank Romania CCEF

Rémi LEPRAT, Directeur de Filiale MGI COUTIER

Serge R. GONVERS, Associé MAZARS

Toutes nos publications sur la Roumanie : http://www.ubifrance.fr/roumanie/librairie-specialisée.html Tous les titres
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Tous les titres de la collection Guide des Affaires :
http://www.ubifrance.fr/prestations/conseil/marches-et-
secteurs/guide-des-affaires.html

Préface

À 2h30 de Paris, la Roumanie reste un pays souvent mal connu alors même qu’elle est le second marché d’Europe centrale et orientale avec près de 20 M d’habitants, et qu’elle connait une reprise dynamique de sa croissance depuis 2013 (+3% et plus), tirée par la consommation intérieure et les exportations. Dans ce pays, francophone et francophile, une dynamique renouvelée est apparue après l’élection d’un nouveau Président en décembre 2014. Ce dernier a fait de l’européanisation de la Roumanie une priorité de son mandat qui se traduit notamment par une lutte contre la corruption sans équivalent, visible chaque semaine. En parallèle, le pays cherche à mieux utiliser pour ses projets, les leviers offerts par les financements européens (plus de 40 Mds EUR alloués sur la période 2014-2020) qui impactent positivement différentes branches de l’économie :

compétitivité des entreprises, infrastructures (routières, énergétiques, réseaux), environnement, agriculture, santé… Les entreprises françaises ne s’y sont pas trompées : la France y est le 4ème investisseur - avec plus 3 500 sociétés locales à capitaux français, et le 4ème fournisseur de la Roumanie. Notre pays est présent avec des leaders dans les secteurs d’activité parmi les plus dynamiques :

l’industrie, dont automobile (le CA de Renault-Dacia équivaut à 3% du PIB roumain) ;

le BTP, avec des projets d’infrastructures soutenus par l’Union Européenne ;

la

pleine

l’agriculture,

la

Roumanie

disposant

de

6ème

surface

agricole

de

l’UE,

en

modernisation ;

l’informatique, avec un vivier de savoir et des universités de pointe ;

l’énergie, la Roumanie s’affirmant comme un producteur de pétrole et de gaz autosuffisant à 80%, et un exportateur régional d’électricité ;

les services (grandes distributions, télécom, banques et assurances…).

Aujourd’hui, la modernisation du pays (infrastructures, industrie, agroalimentaire mais aussi administration) représente l’enjeu majeur des élites roumaines pour accroître la valeur ajoutée nationale dans toutes les branches de l’économie, avec l’aide des bailleurs de fonds multilatéraux. Pour ce faire, les besoins sont immenses et demeurent sources de débouchés pour les entrepreneurs français qui misent sur le développement confirmé de ce grand pays européen. Ce guide vise ainsi à servir de fil directeur et à donner les outils pour approcher ce marché :

secteurs porteurs, démarches et règlementation, environnement juridique et bien sûr, contacts clefs. Savoir s’entourer des bons partenaires est en effet indispensable, tout comme s’imprégner de la culture roumaine pour y faire des affaires. Aussi cet ouvrage renferme-t-il un grand nombre de témoignages de filiales de sociétés françaises « vivant » la Roumanie au jour le jour. Bonne lecture,

Yann FROLLO de KERLIVIO Directeur Business France Roumanie

Sommaire

1. Connaissance générale du pays

13

Les points-clés du marché

15

La Roumanie : Second marché d’Europe Centrale et Orientale

15

La population

16

Économie

18

Caractéristiques sectorielles

20

Les points clés de l’environnement politique

22

Les institutions

22

La Roumanie et l’Union Européenne

24

Adhésion aux principales organisations internationales

24

Risque pays (COFACE)

25

Les points-clés des échanges

27

Le commerce extérieur : un moteur de l’économie roumaine

27

Structure du commerce extérieur de la Roumanie

28

Les Investissements Directs Étrangers

33

Les secteurs porteurs

36

Le développement des infrastructures : enjeu essentiel

36

44

Les industries mécaniques et le matériel de transport

45

Environnement

50

Énergie

53

Distribution : Une reprise de la croissance déjà confirmée

56

Télécommunications et audiovisuel

60

La filière agricole : nouvelle vagues d’investissements attendue

60

Services de santé et dispositifs médicaux

61

Le marché des cosmétiques

61

Le marché de la mode en Roumanie

63

Le luxe et la distribution spécialisée

64

Le marché des jeux et jouets

64

2. Faire des affaires dans le pays

65

Accéder au marché : contexte réglementaire, social et fiscal

Le système fiscal pour les entreprises et les personnes physiques

67

67

S’adapter aux spécificités locales de la pratique des affaires

74

La France et les Français vus par les Roumains

76

Les relations de travail

77

Organiser son voyage de prospection

80

Préparer son voyage : aspects organisationnels

80

Récapitulatif des frais à prévoir pour un voyage de prospection

81

Aides et appuis

85

Trouver le bon partenaire commercial

96

Les importateurs-distributeurs

96

Les agents, les représentants commerciaux

98

La vente directe

100

Établir le bon contrat commercial

101

Réussir son implantation

103

Ouvrir un bureau de représentation

104

Créer une succursale

104

Les formes de sociétés

106

Les autres formes d’implantation

109

Point immobilier

110

Point sur les ressources humaines

111

Se faire connaître

113

Les principaux medias

113

Faire un communiqué de presse et organiser une conférence de presse

116

Se faire payer

119

Moyens et délais de paiement

119

Litiges, impayés et recouvrement

121

Se protéger

123

Les brevets

123

Les marques

124

Les dessins et modèles

126

Les droits d’auteur

127

3. Contacts utiles

131

Logistique

133

Promotion

136

Représentations françaises

139

Institutions, ministères et administrations roumains

140

Finance

142

Cabinets et agences

143

1 Connaissance générale du pays
1 Connaissance générale du pays

1

Connaissance générale du pays

1 Connaissance générale du pays
1 Connaissance générale du pays

© 2015 - UBIFRANCE

© 2015 - UBIFRANCE

© 2015 - UBIFRANCE Les points-clés du marché ■ Monnaie La monnaie roumaine est le Leu

Les points-clés du marché

Monnaie

La monnaie roumaine est le Leu (RON), Lei au pluriel. Sauf mention contraire, le taux de change utilisé pour ce guide est de :

1 EUR = 4,4 RON. Le taux de change officiel est disponible sur le site internet de la Banque Centrale de la Roumanie. Le 10 avril 2015 le taux officiel était 1 EUR = 4,3965 RON :

La Roumanie : Second marché d’Europe Centrale et Orientale

Forte d’une position stratégique, au carrefour de l’Europe Centrale, de l’Est et du Sud, la Roumanie s’impose comme le deuxième pays d’Europe Centrale et Orientale en termes de population. 20 millions d’habitants, environ, sont ainsi répartis sur un territoire de 237 500 km². La densité de population, de 90 hab. / km², est comparable à celle de la France (100 hab. / km²).

Un pays latin proche de la France…

La Roumanie est un pays proche de la France, géographiquement, culturellement et sur le plan linguistique. D’une culture latine, elle fait exception en Europe de l’Est. Grâce à la proximité culturelle et historique liant ces deux pays, la France dispose d’un capital-sympathie important auprès de la population roumaine. Aujourd’hui, 20% des Roumains parlent le français, la moitié des élèves l'étudient dès l'enseignement primaire et le premier cycle du secondaire, et près de 90% des Roumains l'étudient au second cycle de l'enseignement secondaire général. Par ailleurs, la Roumanie est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie depuis 1991. La langue des affaires reste cependant l’anglais. De même, ce pays est géographiquement proche de la France. Bucarest est très bien desservie par voie aérienne au départ de Paris. Facile d’accès, le marché roumain ne se situe qu’à 2h50 de vol de Paris. Pendant longtemps, et en raison d’infrastructures obsolètes héritées de son passé, la Roumanie a été perçue par la France comme un pays difficile d’accès pour y développer des courants d’affaires. Avec le développement des infrastructures européennes, le pays offre désormais un accès immédiat à l’Europe Centrale, et raccourci vers les marchés les plus développés du continent.

…et une porte ouverte vers l’Est

Mais la Roumanie offre également une ouverture vers l’Est. La Mer Noire à elle seule offre un accès direct à des marchés dynamiques, Russie ou Turquie en tête. C’est pourquoi de nombreux groupes étrangers ont décidé de faire de la Roumanie la tête de pont de leur développement régional (à l’instar des Français Renault, Michelin ou Alstom).

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La population

La population est majoritairement roumaine (~89%) et de confession orthodoxe (~87%). Les minorités ethniques représentent environ 11% de la population. La communauté hongroise (~7%) est la minorité la plus importante et garde une forte identité. La communauté rom représente, quant à elle, 3,5% de la population. Bien que la part de la population âgée de plus de 60 ans augmente au détriment de la population de moins de 14 ans, la population active représentait environ 9 200 000 personnes en 2013.

Répartition de la population par tranche d'âge

Femmes Hommes 90 ans 75 ans 60 ans 45 ans 30 ans 15 ans 200
Femmes
Hommes
90
ans
75
ans
60
ans
45
ans
30
ans
15
ans
200 000
150 000
100 000
50 000
0
50 000
100 000
150 000
200 000

Source : Eurostat, données au 1er Janvier 2014

Depuis 1990 cependant, la croissance démographique est négative. Le faible taux de natalité ne permet pas un renouvellement de la population. L’émigration, qui était un phénomène majeur jusqu’à récemment, est désormais presque compensée par l’immigration. Il n’en reste pas moins que la diaspora roumaine, principalement dans les pays européens, est importante.

Un pays de disparités

La Roumanie est une terre de contrastes où disparités entre richesse et pauvreté, mondes rural et urbain sont très apparentes. La société est fortement polarisée : les 10% les plus riches détiennent 30 % de la richesse du pays, les 10% les plus pauvres moins de 3%. Les écarts de développement entre les 8 régions qui constituent la Roumanie sont également importants en termes de PIB par habitant et de conditions de vie. Il existe ainsi une forte disparité de revenus entre Bucarest, concentrant 12% de la population du pays, et la province. En moyenne, les salaires sont 50% plus élevés à Bucarest, un manager gagne de 1 000 à 1 500 EUR à Bucarest (et plus encore pour des postes à plus haute responsabilité) alors qu’il perçoit entre 700 et 1 200 EUR en province. La forte polarisation de la société s’explique également par la part importante de la population vivant encore en milieu rural (46,1% en 2013). Cette proportion est stable depuis 1990, même si la population en milieu rural est en général plus âgée et possède un niveau d’étude inférieur. L’agriculture vivrière reste encore très développée.

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Consommation des ménages roumains

Les ménages roumains, très hétérogènes à bien des égards, ont en commun d’épargner peu. Au second trimestre 2014, la moyenne des revenus mensuels des ménages (y compris en nature) était de 2 452 RON, soit 557 EUR. Les revenus des ménages roumains sont en moyenne de 1 603 RON par mois (environ 360 EUR), et de 2 200 RON par mois à Bucarest (490 EUR). Une partie non négligeable de la consommation des ménages est encore destinée aux produits agroalimentaires et boissons :

Structure des dépenses de consommation des ménages roumains

(%)

des dépenses de consommation des ménages roumains (%) Source : INS, second trimestre 2014 Ces données

Source : INS, second trimestre 2014

Ces données masquent des inégalités importantes, et une classe moyenne composée principalement de jeunes résidant en zone urbaine, employés dans le secteur privé, tend à émerger. Cette nouvelle classe sociale a épousé les valeurs et comportements occidentaux, ce qui se traduit par un fort niveau de consommation. Avec l’entrée de la Roumanie dans l’UE, une culture de la consommation due principalement à l’amélioration des conditions de vie est apparue. Même si la crise économique a affecté les comportements de consommation, de nombreuses études ont montré que la population restait toujours attachée aux produits de marque. Le consommateur roumain a besoin de montrer son statut social en affichant des produits reconnaissables. Bucarest, en particulier, compte plus de 2 millions d’habitants dont une part importante dispose de revenus disponibles comparables à ceux des Européens de l’Ouest. Le marché du luxe est ainsi le seul marché n’ayant pas été affecté par la crise, avec une croissance continue ces dernières années.

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Économie

Comparatif Roumanie France des principaux indicateurs économiques

Indicateur

Roumanie

France

PIB (aux prix du marché)

150 Mds EUR

2 142 Mds EUR

Déficit public

-2,2% du PIB (2013)

-4,1% du PIB (2013)

Dette publique

38,0% du PIB (2013)

92,2% du PIB (2013)

PIB par habitant (SPA)

14 500 EUR/hab (2013)

28 400 EUR/hab (2013)

PIB réel par tête

6 900 EUR/hab

31 100 EUR /hab

Taux de croissance

2,9%

0,4%

Taux d'inflation

1,4%

0,6%

Taux de chômage (décembre)

6,6%

10,5%

Source : Eurostat, INS Année : 2014 (sauf autre mention)

Évolution récente

La Roumanie a connu une croissance très soutenue entre 2002 et 2008 (+6,3% par an en moyenne). L'euphorie des années 2004-2008, liée à un boom de la consommation interne financé par l'endettement a laissé la Roumanie très vulnérable face à la crise économique. Le pays a connu en 2009 une récession sans précédent, avec un recul de son PIB de 7,1%. Afin de faire face à cette contraction de l’activité et à la détérioration des comptes publics, plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement roumain dès 2009. Un accord de soutien financier à hauteur de 19,95 Mds EUR a été signé avec le FMI et l’Union Européenne. Un plan de rigueur drastique a été adopté en mai 2010, comprenant une baisse de 25% du salaire des fonctionnaires, de 15% des prestations sociales et une hausse de la TVA, portée de 19 à 24%. La croissance s'est réamorcée en 2011 (+2,2%), ralentie en 2012 (+0,7%), mais réaffirmée en 2013, signant la seconde meilleure performance de l’Union Européenne avec +3,5%. En 2013 comme en 2011, l’agriculture et l’industrie (exportatrice) sont les deux secteurs d’activité dont la contribution à la croissance a été la plus importante. En 2012, la production industrielle avait maintenu sa progression mais une série de chocs externes, dont les mauvais résultats de l’agriculture suite à une vague de sécheresse, avaient limité la croissance du PIB.

Une croissance confirmée

Source : Service Économique de Bucarest

Le rythme de croissance est resté soutenu en 2014, à 2,9%. La faible inflation (0,83% en décembre), et les hausses de salaire, notamment dans le secteur public, ont permis à la consommation de redevenir le moteur de la croissance en 2014, avec une contribution de 2,9 pp. La consommation s’est ainsi substituée au commerce extérieur, qui avait tiré la croissance depuis la crise, tandis que les investissements publics (en baisse de 4% sur l’année) y ont contribué négativement. Du côté de l’offre, l’industrie reste le principal moteur de la croissance, avec une contribution de 0,9 pp, suivie de près par le secteur de l’information et de la communication (0,6 pp) dont le volume d’activité a augmenté de 11%. Les intempéries du 1 er semestre ont pénalisé la production

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agricole végétale, réduisant ainsi la contribution du secteur à la croissance à 0,1 pp, contre 1,1 pp en 2013. Les prévisions de croissance pour 2015 oscillent entre 2,9% pour le FMI et 2,7% pour la Commission Européenne 1 . Les hausses prévues du salaire minimum ainsi que l’inflation modérée devraient soutenir la consommation des ménages. L’investissement devrait repartir à la hausse, la Roumanie devant encore absorber 9 Mds EUR au titre des fonds structurels d’ici la fin de l’année 2015, afin d’atteindre l’objectif de 80% fixé par le gouvernement 2 . Le chômage reste stable depuis le début de la crise à 6,7% au quatrième trimestre 2014. Mais dans un contexte où une grande partie de la population active, 34% en T4, n’est pas insérée dans le marché du travail et où l’émigration des jeunes actifs reste forte, cet indicateur reste peu robuste.

Situation budgétaire

Source : Service Économique de Bucarest

La Roumanie a réduit de manière significative son déficit budgétaire, de sept points en 6 ans, grâce aux deux programmes successifs du FMI/CE, pour atteindre un déficit de 1,9% en 2014. Cependant, le troisième accord de précaution à titre de confirmation, associé à une ligne de crédit de 4 Mds EUR, est suspendu depuis juin 2014. La dernière mission du FMI et de la Commission Européenne, en janvier 2015, s’est soldée par un échec, sur fond de désaccord sur la libéralisation des prix du gaz ainsi que sur les privatisations de deux groupes énergétiques. Le projet de réforme fiscale qui prévoit, entre autres, la réduction du taux de TVA sur un ensemble de produits de base, et une nouvelle baisse des cotisations sociales, lancé sans l’accord préalable du FMI, pourrait entraver la poursuite de la consolidation budgétaire.

1 Prévisions d’hiver de la Commission Européenne 2 Le taux d’absorption des fonds européens atteint 52% en février 2015 (Fonds structurels hors PAC)

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Caractéristiques sectorielles

L’économie roumaine est marquée par le rôle important de l’agriculture, et un poids relativement modeste des services comparé à celui qu’il a dans les autres États membres de l’UE, mais surtout par une prédominance de l’industrie, avec la contribution au PIB la plus élevée parmi les pays d’Europe.

Structures comparées des PIB en 2013

Roumanie

France

Administration publique Agriculture, sylviculture et autres et pêche 11,89% 6,38% Industrie 34,26% Services
Administration publique
Agriculture, sylviculture
et autres
et pêche
11,89%
6,38%
Industrie
34,26%
Services
38,28%
Construction

Source des données : Eurostat

9,19%

Agriculture, sylviculture et pêche 1,80% Administration publique et autres Industrie 22,86% 12,79% Construction
Agriculture, sylviculture et pêche
1,80%
Administration publique et autres
Industrie
22,86%
12,79%
Construction
6,05%
Services
56,51%

Une forte industrialisation

La forte tradition industrielle ainsi que le faible coût de la main d’œuvre ont justifié le développement de ce secteur d’activité, favorisant, depuis les années 2000, l’implantation de nombreuses sociétés étrangères, originellement tournées vers l’export mais se concentrant de plus en plus sur le marché local. Par ailleurs, le secteur dispose d’une main d’œuvre de qualité dotée d’un excellent savoir-faire. L’industrie automobile, avec un chiffre d’affaires de 16,8 Mds EUR (en 2014, selon ACAROM), est un secteur de poids dans l’activité économique du pays. Deux constructeurs automobiles de rang mondial, Renault Dacia et Ford, sont présents en Roumanie avec les grands équipementiers et de nombreux sous-traitants. Métallurgie, construction navale, plasturgie, chimie et pétrochimie constituent également d’importants domaines d’activités. En décembre 2014, 1,3M de personnes étaient employées dans l’industrie, dont 1,08 M dans le secteur manufacturier.

Un pays fort d’une longue tradition agricole

La Roumanie demeure le deuxième pays agricole des PECO après la Pologne, avec 7,5% de la surface agricole utile de l’UE à 27, et 10,7% du cheptel ovin, 4% des porcins, 2% des bovins. L'agriculture représente un secteur de poids dans l'économie roumaine : sa contribution à la formation du PIB varie autour de 6% (la moyenne européenne est de 1,7%) mais reste très dépendante des conditions climatiques. Cette contribution reste cependant bien en deçà de son potentiel. L’agriculture roumaine demeure globalement peu performante et requiert des moyens modernes de production.

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La population agricole, bien que vieillissante, représente 30% de la population active occupée. Le secteur agricole compte 3,85 millions d'exploitations dont seulement 31 000 sous forme sociétaire.

Les services

Le domaine des services, loin d’être arrivé à maturité, se développe sous l’impulsion de certains secteurs, notamment la banque et les télécommunications. En 2013, les services concentraient 41,3% de la population active (Eurostat). Ce secteur est encore « sous-développé » par rapport à ce qu’il est en Europe Occidentale.

Témoignage

Frank REUL, Area General Manager Accor/Orbis Roumanie, Bulgarie, Macédoine

La Roumanie est un marché clé pour le développement du groupe Orbis

En janvier de cette année, Orbis, le premier groupe hôtelier de Pologne, a signé un accord concernant la reprise de 38 hôtels en Europe de l'Est et a conclu un contrat de licence de marque avec Accor, son actionnaire stratégique. Grâce à cette opération, Orbis a renforcé sa position de leader dans l'hôtellerie de l’Europe de l’Est et est devenu le seul concédant de licence de toutes les marques Accor dans 16 pays de la région. Orbis a acquis le réseau Accor comptant 38 hôtels dans 6 pays, y compris la Roumanie, où Accor, à travers Orbis Hotel Group, est présent avec 7 hôtels (1 334 chambres) : 4 Hôtels Ibis, un Pullman, un Novotel ainsi que le Mercure Bucarest City Center ouvert récemment.

La stratégie d’Orbis vise le renforcement de la position de leader dans la région par le développement continu et l'excellence opérationnelle de ses hôtels. La Romanie est un des marchés clés de la région et représente un élément important dans la stratégie de développement d’Orbis Hotel Group ; en effet, le pays offre de belles opportunités et un grand potentiel pour des marques internationales. Le Groupe prévoit de poursuivre son expansion également à travers des partenariats : des contrats de franchise ou de management ou encore des investissements propres. Je me suis établi récemment à Bucarest, non seulement pour être responsable de la gestion opérationnelle, mais aussi pour contribuer au développement. La Roumanie est un marché clé où Orbis aimerait avoir une présence consistante.

Propos recueillis en mai 2015

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© 2015 - UBIFRANCE Les points clés de l’environnement politiqu e Source : Business France et

Les points clés de l’environnement politique

Source : Business France et Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France à Bucarest

Dernières élections :

Élections Présidentielles le 16 novembre 2014 Élections locales le 10 juin 2012 Élections législatives le 9 décembre 2012

Prochaines élections :

Élections présidentielles novembre 2019 Élections locales mi 2016 Élections législatives fin 2016

Président de la République :

Klaus Iohannis

Premier ministre :

Victor Ponta

Les institutions

Source : Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France à Bucarest

La Roumanie est un État « national, souverain et indépendant, unitaire et indivisible » organisé sous la forme d’une république. La Constitution, adoptée par référendum en 1991, révisée en 2003, instaure un régime « semi-présidentiel ». Elle est semblable sur de nombreux aspects à la Constitution française de 1958 bien que le président de la République roumain ait un pouvoir plus restreint.

Pouvoir exécutif

Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour cinq ans (prochaines élections prévues en novembre 2019) et ne peut effectuer plus de deux mandats. S’il veut organiser un référendum, l’accord du parlement est nécessaire. Le premier ministre, chef du gouvernement, est nommé par le président et détient le pouvoir exécutif. Il nomme les ministres et décide du programme du gouvernement.

Pouvoir législatif

Le système législatif roumain est bicaméral. Le Parlement, élu au suffrage universel pour quatre ans, se compose d’une Chambre des députés et d’un Sénat. Il s’agit d’un bicamérisme égalitaire :

les deux chambres disposent de pouvoirs quasiment identiques et les élections se déroulent en même temps.

Pouvoir local

Même si, depuis sa formation, l’État roumain est fortement centralisé, le principe de l’autonomie locale, administrative et financière, est reconnu dans les limites imposées par la loi. Depuis 2006, les secrétaires généraux des collectivités locales ne sont plus désignés par le préfet, mais nommés par les autorités locales elles-mêmes. Le pays est divisé en 41 judets (départements), outre la municipalité de Bucarest qui a un statut particulier. Le territoire administratif est divisé en 8 régions de développement.

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Les maires et les présidents des Conseils départementaux (Conseils de Judet) sont élus sur la base du scrutin uninominal direct, à un seul tour pour les présidents des Conseils de Judet et à deux tours pour les maires si aucun des candidats n’a recueilli la majorité absolue des votes au premier tour.

Politique récente

Source : Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France à Bucarest

Le système politique multipartite de la Roumanie entraine régulièrement la formation de gouvernements de coalition. Les principaux partis sont le Parti Social-Démocrate (PSD), le Parti Libéral National (PNL), en processus de fusion avec le Parti Démocrate-Libéral (PDL), le Parti Conservateur (PC), l’Union Démocratique des Hongrois Roumains (UDMR), le Parti du Peuple (PP-DD) et le Parti des minorités ethniques.

Groupes parlementaires suite aux élections de 2012

0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% PSD PNL PDL PP-DD UDMR
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
40%
45%
PSD
PNL
PDL
PP-DD
UDMR
Minorités
Chambre des députés
(Total 407)
PC
Sénat (Total 176)
Non-inscrits
Source : Sites internet du parlement et du sénat roumains

Les élections législatives de 2012 ont été marquées par un fort succès du PSD, allié pour la circonstance au PNL de Crin Antonescu, formant l’Union Sociale Libérale (USL). Cette coalition a implosée en février 2014 avec le retrait du gouvernement du PNL. Cependant, un accord fut trouvé avec le parti des Hongrois de Roumanie (UDMR) qui entra au gouvernement. Fort de son alliance avec le Parti Conservateur (PC) et l’Union Nationale pour le Progrès de la Roumanie (UNPR), le PSD a conservé une majorité confortable dans les deux chambres. Aux élections présidentielles de 2014, le PSD a présenté Victor Ponta, premier ministre d’alors. Le PNL désigna tardivement son candidat, en la personne de Klaus Iohannis, maire de Sibiu, donné

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perdant avec plus de dix points d’écart dans tous les sondages. Malgré une campagne modeste, et une présence médiatique défavorable, Klaus Iohannis a profité des nombreuses erreurs d’appréciation de son adversaire. L’opinion a basculé entre les deux tours, avec l’appui de la société civile, des villes et de la diaspora. Les électeurs, animés par une farouche volonté de changement, ont su créer un engouement de dernière minute suffisant pour renverser nettement le score attendu, avec la victoire de M Iohannis. M Ponta a été reconduit dans ses fonctions de premier ministre.

La Roumanie et l’Union Européenne

Source : Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France à Bucarest

La Roumanie est entrée dans l’Union Européenne le 1er janvier 2007. La Banque Nationale de Roumanie fait partie du Système européen des banques centrales. Toutefois, la Roumanie ne fait pas partie de l’espace Schengen ni de la zone euro. Depuis 2011, le Parlement européen et la Commission estiment que la Roumanie répond à l’ensemble des conditions techniques exigées pour adhérer à l’espace Schengen. Aucun visa ou formalité n’est cependant nécessaire pour les ressortissants de l'UE souhaitant se rendre en Roumanie. Suite à son entrée dans l’UE, la Roumanie a été pendant quelques années sous “mesures restrictives transitoires” en France et dans sept autres pays, notamment en matière d’emploi. Au 1er janvier 2014, ces mesures ont pris fin et les Roumains peuvent venir travailler librement dans tous les autres pays de l’UE sans restrictions. La Roumanie est désormais soumise aux mêmes réglementations européennes qu’un État comme la France, à part quelques exceptions liées à son adhésion tardive et pour lui permettre de se mettre à niveau, en matière d’environnement notamment, et de justice. À ce titre, la Roumanie et la Bulgarie font l’objet d’une supervision via un mécanisme ad hoc de coopération et de vérification (MCV) régit par la Commission et dont la levée dépend de la décision prise par les États membres à l’unanimité. Au plan européen, la Roumanie élit 33 députés au Parlement et dispose de 14 voix au Conseil des ministres. Pour le mandat 2010-2014, c’est le commissaire Dacian Ciolos (indépendant) qui gérait le portefeuille de l’agriculture et du développement rural. Pour le mandat 2014-2018, Corina Cretu (PSD), vice-présidente du Parlement européen, a été nommée commissaire européenne à la politique régionale.

Adhésion aux principales organisations internationales

Source : Chancellerie Diplomatique de l’Ambassade de France à Bucarest

La Roumanie est membre de la plupart des grandes organisations internationales (ONU, BM, FMI, OMC, CNUCED, CSCE, etc.) pour certaines depuis longtemps. Depuis le début des années 1990, elle a intensifié ses contacts et développé l’ensemble de ses relations bilatérales. La Roumanie entretient aujourd’hui des relations diplomatiques avec près de 180 États.

L’OTAN 26ème membre de l’OTAN, depuis mars 2004, la Roumanie s’emploie activement à la consolidation de sa position au sein de l’OTAN (actions communes, offre et développement des facilités d’infrastructure et de logistique pour les troupes de l’OTAN, notamment dans le cadre de ‘‘l’Alliance Ground Surveillance System’’ – AGS).

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L’ONU

La Roumanie est membre de l’ONU depuis bientôt 50 ans, est résolument impliquée dans l’activité des structures spécialisées de l’ONU (ONUDI, OACI, OMPI, OMI, UIT, UPU, AIEA, FAO, FIDA). Elle a été membre non permanent du Conseil de Sécurité (1962, 1976-1977 et 1990-1991, 2004-2005) et a organisé à Bucarest le sommet du Conseil d’avril 2008. Elle participe également à de nombreuses conférences et programmes de l’ONU (Conférence sur le désarmement ; Commission de droit international ; Commission économique pour l’Europe ; Commissions pour les drogues, la justice pénale ; Programme des Nations Unies pour l’environnement, etc.).

LE GATT, puis l’OMC

Dès 1971, la Roumanie devient membre du GATT afin de bénéficier de la clause de la nation la plus favorisée, et d’accéder ainsi aux concessions tarifaires offertes par les autres membres. La Roumanie est membre fondateur de l’OMC, à la création de l’organisation au 1er janvier 1995.

Conseil de l’Europe, OSCE, ECE et SEECP

Membre du Conseil de l’Europe (1993), la Roumanie a ratifié depuis plus de 75 Conventions du Conseil (Conventions européennes : pour la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales, pour la protection des minorités nationales, pour la répression du terrorisme, pour l’assistance juridique mutuelle en matière pénale, pour la lutte contre la cybercriminalité, la Charte sociale européenne, etc.). Elle est aussi membre de l’OSCE (Organisation on Security and Coopération in Europe) et de l’ECE (United Nations European Economic Commission). Enfin, elle est membre du SEECP (Processus de coopération en Europe du sud-est). À ce titre, elle favorise des relations de bon voisinage et de coopération régionale avec les pays dudit espace.

L’OCDE

La Roumanie espère obtenir un jour le statut de membre de l’OCDE. Elle a ouvert un point de contact national chargé de promouvoir et d’appliquer les orientations principales de l’OCDE au regard des entreprises multinationales, ainsi qu’un Centre d’informations et de documentation sur les travaux de l’OCDE au sein de l’INCE (National Institute for Economic Research).

Risque pays (COFACE)

Note Climat des affaires : A4

Note Risque Pays : B

Points forts

Points faibles

Large marché domestique

Recul démographique

Important potentiel agricole

Déficience de l’administration et de la justice

Production d’hydrocarbures

Importante économie informelle

Industrie diversifiée (automobile…)

Insuffisance des infrastructures de transport

Stabilité du leu face à l’euro

Difficulté d’intégration des minorités hongroise, rom

Membre de l’U.E. et de l’OTAN

Source : Coface Mai 2015 -

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Témoignage

 

Édouard MILLOT, Partner FINEXPERT

Depuis 5 ans que vous êtes en Roumanie, quels sont les principaux changements intervenus ? En 5 ans nous avons assisté à une crise profonde, une période de stagnation et désormais le pays repart. Avec une croissance attendue de près de 3%, l’optimisme - et les investisseurs - sont de retour. La lutte contre la fraude, l’amélioration de la fiscalité ou encore l’émergence d’une classe moyenne sont autant de signes encourageants. Autre élément positif, toutes ces améliorations se font dans un contexte macroéconomique positif (déficit très faible, taux d’endettement du pays largement dans les limites imposées par l’Europe). Malgré cela il reste encore énormément à faire pour lutter contre la pauvreté, améliorer les infrastructures et permettre à ce pays de ne plus être à la traîne de l’Europe.

Il a été annoncé une modification du code fiscal. Que pouvez-vous nous en dire ?

Il faut pour l’heure, rester prudent, les lois n’étant pas encore publiées. Il est clair toutefois que, quel que soit la mouture définitive, ce code sera meilleur et ce pour 2 raisons principales :

Les clarifications apportées sur les textes actuels. De nombreux textes ont été revus, clarifiés et correspondent mieux à la réalité économique ;

Le renforcement de la compétitivité fiscale. Avec des annonces de baisse de l’IS (14% contre 16%), des dividendes taxés à 0% ou encore une baisse de 5% sur les charges sociales, le gouvernement prouve qu’il utilise désormais la « carotte » fiscale pour attirer les investisseurs. Autre évènement majeur, la récente annonce d’une TVA à 9% 3 sur les biens alimentaires aura des impacts positifs sur les industries agro-alimentaires mais également sur la consommation interne du pays.

Au rang des problèmes qui perdurent, les efforts en matière d’amélioration de la bureaucratie ne semblent plus être une priorité. L’annonce de l’obligation de déclarations de toutes opérations supérieures à 5 000 EUR de la part des comptables, avocats, banques etc. est un exemple démontrant que l’on ne prend pas en compte le besoin de simplification administrative de ce pays. Cela a un coût important pour les entreprises et ralentit la dynamique.

Que diriez-vous à un investisseur étranger ? Venez ! Soyez curieux, venez visiter ce pays en laissant de côté les clichés et vous découvrirez certainement une source de développement. Ce pays est attachant et évolue de manière positive chaque jour. Il est très agréable d’y travailler et de développer des affaires. D’autre part ce pays est accessible à beaucoup d’investisseurs. Il est amusant de constater que l’on voit s’implanter, en même temps, de nombreuses filiales de groupes IT à la recherche de main d’œuvre compétente et qualifiée et des sociétés de production à la recherche d’une main d’œuvre bon marché.

 

Propos recueillis en mai 2015

3 Note : ce taux de TVA a été validé et sera effectif à partir du 1 er Juin 2015.

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© 2015 - UBIFRANCE Les points-clés des échanges Source : Business France et Service Économique de

Les points-clés des échanges

Source : Business France et Service Économique de Bucarest

B

La Roumanie est un pays fortement ouvert sur l’extérieur ;

B

Le commerce extérieur roumain reste cependant peu diversifié, et fortement dépendant de la zone Euro, ce qui le rend très sensible à la conjoncture européenne ;

B

Dans le prolongement de la dynamique très positive de 2013, la France maintient son rang de 4 ème partenaire commercial en matière d’importations, et de 3 ème destinataire des exportations roumaines.

Le commerce extérieur : un moteur de l’économie roumaine

Le taux d’ouverture (somme des imports et exports rapportée au PIB) de la Roumanie a connu des niveaux très élevés dans les années 2000, atteignant jusqu’à 80% en 2003 et 2006. En octobre 2008, du fait de la crise économique, le commerce extérieur roumain a commencé à chuter et s’est contracté fortement en 2009. Mais la reprise économique a permis d’inverser la tendance dès 2010, et le taux d’ouverture a dépassé les 70% sur les quatre dernières années. En 2013, la balance commerciale était déficitaire mais les exportations avaient eu un rythme de croissance beaucoup plus rapide (+10,1%) que les importations (+1,1%). En 2014, le commerce extérieur roumain a poursuivi sa reprise mais en restant toujours en deçà de la croissance enregistrée en 2011. Le déficit commercial est reparti à la hausse (+6% à 6 Mds EUR), du fait de la reprise de la demande interne, et ce malgré le dynamisme des exportations (+5,8%). Grâce à sa position géographique stratégique, la Roumanie, située au carrefour de l’Europe, occupe une place privilégiée en tant que partenaire commercial des pays membres de l’Union Européenne. L’Union Européenne est restée, en 2014, le principal partenaire commercial de la Roumanie, avec des échanges en hausse de 6,6 %, représentant 73 % des échanges totaux, à 81,4 Mds EUR. La part des échanges avec la zone Europe + Russie + Turquie dépassait toujours les 80% sur chacune des sept dernières années.

Premiers pays fournisseurs de la Roumanie

 

Volumes (Mds EUR)

 

Part de Marché

Évolution

Rang

Pays Partenaire

2012

2013

2014

2012

2013

2014

2014/2013

 

Monde

54,64

55,28

58,54

100%

100%

100%

5,90%

1

Allemagne

9,51

10,23

11,19

17,41%

18,50%

19,11%

9,38%

2

Italie

5,90

6,00

6,26

10,79%

10,85%

10,70%

4,39%

3

Hongrie

4,94

4,56

4,59

9,04%

8,26%

7,84%

0,58%

4

France

3,09

3,20

3,32

5,65%

5,79%

5,67%

3,74%

5

Pologne

2,34

2,46

2,71

4,28%

4,44%

4,63%

10,45%

6

Chine Rép. pop.

2,08

1,96

2,35

3,80%

3,55%

4,01%

19,45%

7

Kazakhstan

2,27

1,79

2,29

4,16%

3,23%

3,92%

28,27%

8

Russie

2,39

2,36

2,28

4,37%

4,27%

3,89%

-3,55%

Source : Eurostat

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Premiers pays clients de la Roumanie

 

Volumes (Mds EUR)

 

Proportions

Évolution

Rang

Pays Partenaire

2012

2013

2014

2012

2013

2014

2014/2013

 

Monde

45,02

49,57

52,49

100 %

100 %

100 %

5,90%

1

Allemagne

8,39

9,18

10,10

18,64%

18,52%

19,24%

10,01%

2

Italie

5,31

5,62

6,15

11,80%

11,33%

11,71%

9,39%

3

France

3,14

3,35

3,56

6,98%

6,76%

6,78%

6,22%

4

Hongrie

2,41

2,46

2,66

5,35%

4,95%

5,07%

8,40%

5

Turquie

2,38

2,49

2,31

5,29%

5,01%

4,40%

-6,97%

6

Royaume-Uni

1,62

2,02

2,15

3,59%

4,08%

4,09%

6,16%

7

Bulgarie

1,73

1,69

1,77

3,84%

3,41%

3,37%

4,79%

8

Russie

1,05

1,38

1,45

2,33%

2,79%

2,77%

5,03%

Source : Eurostat

Structure du commerce extérieur de la Roumanie

Imports

Concernant les importations, en hausse de 5,9% sur 2014 du fait de la reprise de la demande interne, la Roumanie importe principalement des machines et dispositifs mécaniques, appareils et équipements électriques, chacun en hausse, des moyens de transport, des produits chimiques et plastiques, des produits métallurgiques, des produits agroalimentaires, des produits minéraux. Le tableau ci-dessous présente un aperçu des groupes de produits les plus importés par la Roumanie, ainsi que quelques détails :

Principaux imports de la Roumanie en 2014

 

Valeur

Part de marché de la France

Code SH

Libellé

(EUR

Part

 

Milliers)

'85

Machines, appareils et matériels électriques, leurs parties etc

8 550 059

14,62%

3,02%

Dont '8517

Appareils électriques pour la téléphonie/télégraphie par fil, etc.

1 266 119

2,16%

1,73%

Et '8544

Fils, câbles (y.c. câbles coaxiaux), autres conducteurs, etc

1 183 948

2,02%

2,23%

'84

Machines, réacteurs nucléaires, chaudières, appareils et

7

360 182

12,58%

10,37%

engins

 

Combustibles minéraux, huiles minérales, produits de leur

'27

distillation

5

458 318

9,33%

0,20%

'87

Voitures automob., tracteurs, cycles et autres véhicules etc

4 751 766

8,12%

10,64%

Dont '8708

Parties et accessoires des véhicules automobiles des n 8701 à 8705

2 269 865

3,88%

15,47%

Et '8703

Voitures de tourism. et autres véhicules automobiles etc.

1 076 122

1,84%

4,23%

'72'73

Fontes, fer et acier et ouvrages en ces matières

3 958 738

6,77%

6,39%

'39

Matières plastiques et ouvrages en ces matières

3 114 295

5,32%

5,71%

'30

Produits pharmaceutiques

2 620 840

4,48%

7,11%

'40

Caoutchouc et ouvrages en caoutchouc

1 142 591

1,95%

11,21%

'61'62'63

Vêtements, accessoires, autres textiles confectionnés

1 084 706

1,85%

5,37%

 

Total

58 495 282

Moyenne

5,68%

Source : ITC Trademap

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Exports

La structure des exportations fait également apparaitre la spécialisation marquée de la Roumanie dans l’industrie. Le pays exporte principalement des machines et dispositifs mécaniques, appareils et équipements électriques, des moyens de transport, mais aussi du textile, des produits chimiques et plastiques, des produits métallurgiques, ainsi que des produits alimentaires et des produits minéraux. Cette prééminence s’explique par la tradition industrielle, ainsi que par la présence des nombreux groupes industriels internationaux en Roumanie. L’augmentation de la production industrielle de 6,1% en 2014 explique la hausse des exportations de machines et dispositifs mécaniques. On entrevoit, à nouveau, l’importance du secteur automobile, voitures et accessoires exportés ayant une importance forte et représentant respectivement 7,52 et 5,69% des exports du pays. L’industrie des fils et des câbles compte également pour 5,51% des exports du pays :

Principaux exports de la Roumanie en 2014

 

Valeur

Part dans

Code SH

Libellé

(EUR Milliers)

exports

'85

Machines, appareils et matériels électriques, leurs parties, etc

8 152 720

15,54%

Dont '8517

Appareils electr. pour la telephonie/telegraphie par fil, etc.

942 424

1,80%

Et '8544

Fils, câbles (y.c.cables coaxiaux), autres conducteurs, etc

2 889 293

5,51%

'87

Voitures automob., tracteurs, cycles et autres véhicules, etc.

7 432 579

14,16%

Dont '8708

Parties et accessoires des véhicules automobiles des n8701 a 8705

3 948 721

7,52%

Et '8703

Voitures de tourism.et autres véhicules automobiles etc.

2 983 801

5,69%

'84

Machines, réacteurs nucléaires, chaudières, appareils et engins

5 494 094

10,47%

 

Combustibles minéraux, huiles minérales, produits de leur

'27

distillation

3 340 666

6,37%

'72'73

Fontes, fer et acier et ouvrages en ces matières

3 131 314

5,97%

'61'62'63

Vêtements, accessoires du vêtement, et autres textiles confectionnés

3 103 950

5,91%

'94

Meubles; mobilier medico-chirurgical; articles de literie, etc.

2 026 457

3,86%

'10

Céréales

1 973 704

3,76%

'40

Caoutchouc et ouvrages en caoutchouc

1 886 669

3,60%

'44

Bois, charbon de bois et ouvrages en bois

1 864 906

3,55%

'39

Matières plastiques et ouvrages en ces matières

1 065 390

2,03%

 

Total

52 478 769

Source : ITC Trademap

Balance commerciale

La Roumanie enregistre un déficit commercial de 6 Mds EUR, en augmentation de 6% par rapport à 2013. Ce dernier provient en large partie de l’Union Européenne. À noter, en 2014, l’augmentation du déficit commercial avec l’Asie - de 43%, du fait de la croissance des importations en provenance du Kazakhstan de 28% à 2,3 Mds EUR - principalement du pétrole et autres produits pétroliers.

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Balance commerciale de la Roumanie par zone géographique

Moyen Orient Afrique Amérique Europe hors UE Océanie Asie Union Européenne -8 000 -6 000
Moyen Orient
Afrique
Amérique
Europe hors UE
Océanie
Asie
Union
Européenne
-8 000
-6 000
-4 000
-2 000
0
2 000
4 000

Source : ITC Trade Map

Les échanges franco-roumains

2014Source : ITC Trade Map ■ Les échanges franco-roumains 2013 (EUR Milliers) Après une forte progression

2013: ITC Trade Map ■ Les échanges franco-roumains 2014 (EUR Milliers) Après une forte progression des

(EUR Milliers)

Après une forte progression des exportations roumaines vers la France durant la crise, les échanges bilatéraux se sont progressivement rééquilibrés grâce à la reprise des exportations françaises depuis 2010, ce qui a permis de résorber le déficit commercial accumulé par la France. Cependant bien qu’excédentaire depuis 2010, notre solde commercial tend à se réduire, avec une baisse de 19 % en glissement annuel, pour s’établir à 292 M EUR en 2014.

Échanges commerciaux avec la Roumanie vus de France

 

Évolution

(en Md EUR)

2013

2014

2014/2013

Total

6,33

6,57

3,74%

Exportations Françaises en Roumanie

3,35

3,43

2,50%

Exportations Roumaines en France

2,99

3,14

5,14%

Solde français

0,36

0,29

-19,27%

Source : Service Économique de Bucarest sur la base des données des Douanes Françaises

Note : ces chiffres peuvent légèrement différer des chiffres du paragraphe précédent en raison du mode de calcul. Les chiffres des douanes françaises offrent une meilleure prise en compte des pays de départ et d’arrivée des flux, indépendamment des pays de transit.

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À l’exception d’une baisse notable de 10% en 2009, et plus modérée en 2012, les échanges franco-roumains n’ont ainsi cessé de croître au cours de la dernière décennie :

Historique des échanges commerciaux avec la Roumanie, vus de France (unité : '000 EUR)

4 000 000 Exportations Importations Solde 3 000 000 2 000 000 1 000 000
4
000 000
Exportations
Importations
Solde
3
000 000
2
000 000
1
000 000
0
-1 000 000
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014

Source : Service Économique de Bucarest sur la base des données des Douanes Françaises

Les facteurs conjoncturels dynamisme de la consommation en Roumanie, rééquilibrage progressif de la parité Euro-Dollar ont pu contribuer au dynamisme de nos exportations en 2014, dont la nature en Roumanie est détaillée ci-dessous, aux côtés de nos importations :

Structure des échanges entre la France et la Roumanie en 2014 (point de vue français)

100,0%

90,0%

80,0%

70,0%

60,0%

50,0%

40,0%

30,0%

20,0%

10,0%

0,0%

3,0%

 

9,8%

12,6%

6,2%

5,3%

5,7%

8,0%

9,5%

1,8%

1,9%

5,7%

15,7%

23,0%

27,3%

31,2%

 
 

21,7%

5,90%

5,73%

Exportations

Importations

Divers  21,7% 5,90% 5,73% Exportations Importations Produits métallurgiques et métalliques Produits en

Produits métallurgiques et métalliques21,7% 5,90% 5,73% Exportations Importations Divers Produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux

Produits en caoutchouc et en plastique, produits minéraux diversImportations Divers Produits métallurgiques et métalliques Produits pharmaceutiques Produits chimiques, parfums et

Produits pharmaceutiquesen caoutchouc et en plastique, produits minéraux divers Produits chimiques, parfums et cosmétiques Textiles,

Produits chimiques, parfums et cosmétiquesproduits minéraux divers Produits pharmaceutiques Textiles, habillement, cuir et chaussures Matériels de

Textiles, habillement, cuir et chaussurespharmaceutiques Produits chimiques, parfums et cosmétiques Matériels de transport Equipements mécaniques, matériel

Matériels de transportet cosmétiques Textiles, habillement, cuir et chaussures Equipements mécaniques, matériel électrique,

Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatiquehabillement, cuir et chaussures Matériels de transport Produits agricoles et agroalimentaires Source : Service

Produits agricoles et agroalimentairesmatériel électrique, électronique et informatique Source : Service Économique de Bucarest sur la base des

Source : Service Économique de Bucarest sur la base des données des Douanes Françaises

L’industrialisation et la spécialisation de la Roumanie apparaissent nettement dans les échanges avec la France, par l’importance prise par certains secteurs comme les « matériels de transport »

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ou les « équipements ». Le solde commercial, en parallèle, met en avant les points forts de chaque pays comme montré par le graphe suivant :

Décomposition du solde commercial entre la France et la Roumanie en 2014

(point de vue Français, unité : M EUR)

Textile Divers Matériels de transport Bois, papier et carton Produits plastiques et caoutchouc Produits agricoles
Textile
Divers
Matériels de transport
Bois, papier et carton
Produits plastiques et caoutchouc
Produits agricoles
Produits agroalimentaires
Produits pharmaceutiques
Produits métallurgiques et métalliques
Produits chimiques, parfums et cosmétiques
Equipements
2014
2013
-400
-300
-200
-100
0
100
200
300
400
500

Source : Service Économique de Bucarest sur la base des données des Douanes Françaises

Les échanges bilatéraux sont désormais largement déterminés par l’importance des investissements de production français en Roumanie, dans l’industrie automobile notamment. Une grande partie de nos exportations est aujourd’hui constituée par les approvisionnements des groupes français, dans le cadre des échanges intra-firme. C’est particulièrement le cas dans la filière automobile, mais également dans l’industrie mécanique, la plasturgie, le textile, les services aux entreprises ou la grande distribution généraliste et spécialisée. La rubrique « matériel de transport », en particulier, est constituée, en très large partie, d’automobiles et de pièces automobiles. La France a pour particularité d’exporter en Roumanie à parts environ égales pièces automobiles et automobiles (respectivement 11,1 et 10,3% des exports totaux de la France en Roumanie), et d’importer en retour des véhicules (les véhicules automobiles constituent ainsi 16,1% des exports totaux de la Roumanie vers la France, auxquels s’ajoutent 5,1% constitués de pièces). Ceci, alors que les pièces automobiles constituent une part plus élevée que les automobiles dans le commerce extérieur global de la Roumanie. Ceci est lié, bien sûr, au succès des modèles Dacia en France, ainsi qu’à l’implantation en Roumanie de nombreux producteurs de pièces automobiles exportant leurs produits dans les usines des grands producteurs des pays de la région, jusqu’à l’Allemagne.

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Les Investissements Directs Étrangers

Le marché roumain, second d’Europe Centrale et Orientale derrière la Pologne, est très attractif pour les investisseurs étrangers. Le développement progressif des infrastructures en Roumanie, la richesse de ses ressources naturelles et ses besoins en transport d’énergie donnent aux investisseurs la perspective d’une croissance forte et durable dans de nombreux secteurs d’activité. L’adhésion à l’Union Européenne a fortement renforcé l'attractivité de la Roumanie qui offre, avec la stabilité géopolitique, des opportunités d’accès à de nouveaux marchés en croissance à des coûts relativement faibles, une bonne liberté d’action et une sécurité des investissements. Le gouvernement roumain soutient et encourage les investissements étrangers longtemps restés le principal moteur de la croissance économique du pays - dont certains peuvent bénéficier d’aides d’État. Plus récemment, les flux de capitaux étrangers ont décru pendant la crise et ne retrouvent pas leurs niveaux antérieurs mais ont tout de même permis de couvrir une partie importante du déficit de la balance commerciale :

Évolution des Investissements Directs Étrangers en Roumanie

10 000 8 000 6 000 4 000 2 000 0 2005 2006 2007 2008
10 000
8
000
6
000
4
000
2
000
0
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014

Source : Banque Nationale roumaine

En termes de stocks, estimés au total à 59,9 Mds EUR au 31 décembre 2013, les 7 premiers pays investisseurs en Roumanie sont membres de l’Union Européenne, devant la Suisse et les États- Unis. Les cinq premiers investisseurs sont, dans l’ordre :

Les Pays-Bas, détenant 24,4% du stock d’IDE ;

L’Autriche, avec 19,1% des IDE ;

L’Allemagne, avec 11,2% ;

La France, avec une part de 7,6% ;

L’Italie, avec 4,7%.

La domination des Pays-Bas est toutefois à relativiser, de nombreux investisseurs étant fiscalement domiciliés dans ce pays. La part des Pays-Bas dans le commerce extérieur de la Roumanie s’établit d’ailleurs - à peine - à 3,06% (8 ème position). La capitale accueille à elle seule plus de 60% des IDE, même si ce chiffre est à relativiser puisque de nombreuses sociétés, indépendamment de l'implantation de leur production, ont leur siège à Bucarest. La répartition sectorielle des stocks d’investissements étrangers, enfin, permet de distinguer encore une fois assez clairement la nature industrielle du pays, son attrait pour les groupes industriels étrangers et, comparée au PIB (150 Mds EUR), l’importance de l’implantation des groupes étrangers pour la Roumanie :

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Stocks d’Investissements Directs Étrangers en Roumanie, par secteurs

Autres

branches Agriculture 2% 4% Services/ Commerce 32% Industrie 42% Construction 20%
branches
Agriculture
2%
4%
Services/
Commerce
32%
Industrie
42%
Construction
20%

Source : BNR - Données au 31 décembre 2013

Rappel : répartition du PIB par secteurs

Administration

publique et

autres

11,89%

Agriculture,

Industrie 34,26% Services 38,28%
Industrie
34,26%
Services
38,28%

sylviculture et

pêche

6,38%

Construction

9,19%

Source : Eurostat Données 2013

Les investissements français en Roumanie

À quelques exceptions près, la quasi-totalité des entreprises du CAC 40 sont présentes sur le

marché roumain. La présence française en Roumanie est désormais effective à travers tous les secteurs d’activité, avec des entreprises de toutes tailles qui ont suivi le développement des grandes entreprises. Le registre du Commerce roumain enregistrait, en mars 2013, 7 286 entreprises à capital français, dont la moitié environ est considérée comme « active ». En 2012, le chiffre d’affaires cumulé de ces sociétés était de 16,2 Mds EUR et 129 sociétés enregistraient un chiffre d’affaires de plus de 10 M EUR. Les deux premiers investisseurs français en Roumanie sont Orange et Renault Dacia, avec près de 4 Mds EUR de stocks. Dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, Veolia et GDF-Suez comptent parmi les premiers opérateurs sur le marché roumain dans leurs activités respectives. En 2014, l’ensemble Renault-Dacia est devenu la plus grande entreprise de Roumanie en termes de chiffre d’affaires, devant le pétrolier OMV-PETROM. La France est leader dans le secteur de la grande distribution en Roumanie. Les enseignes

présentes dans ce secteur sont Auchan, Cora, et Carrefour (dont le chiffre d’affaires a atteint 956

M EUR en 2013), mais également des enseignes spécialisées comme Décathlon ou Leroy Merlin.

Dans le secteur des banques et assurances, BRD (groupe Société Générale), Groupama et le groupe Crédit Agricole ont des filiales en Roumanie.

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Présence française dans les secteurs porteurs roumains

 

Secteurs

Part de marché estimée de la France

1 Automobile

60 %

2 Infrastructures de transports : chemins de fer

25 %

3 Télécommunications

25 %

4 Banques, assurances

18 %

5 Grande distribution

15 %

6 Produits cosmétiques

14 %

7 Eau-Énergie-Environnement

12 %

8 Produits pharmaceutiques, santé, dispositifs médicaux

8 %

9 Produits agricoles et agro-alimentaires

4 %

Source : INS, Global Trade Atlas, estimations Bureau Business France Roumanie

Témoignage

Dana GRUIA DUFAUT, Avocate aux Barreaux de Paris et de Bucarest, Conseiller consulaire Roumanie Moldavie

Dans quels domaines faut-il investir aujourd’hui en Roumanie ? La Roumanie reste, même aujourd’hui, 25 ans après la chute du mur de Berlin, une terre vierge dans laquelle beaucoup de choses restent à faire, donc du potentiel pour les investisseurs étrangers. Ce pays grand comme la moitié de la France, n’a que 400 km d’autoroutes, pas encore de voies ferrées rapides, pas encore de tout à l’égout ni d’adduction d’eau dans tous les villages, etc.

Oui, ce pays a besoin qu’on vienne y investir dans tous les domaines : santé, industrie, agriculture, tourisme,

La France y occupe une place de choix, de très nombreuses grandes entreprises françaises

infrastructures

étant déjà présentes. Mais comme toute économie, celle roumaine a besoin de ce savoir-faire qui est celui de nos PME françaises. La Roumanie a un grand potentiel de croissance. Même en ces périodes difficiles, le pays connaît une croissance de +3% à +4% par an. Alors nos PME françaises ont une place de choix en Roumanie, elles peuvent qui plus est, s’adosser sur l’expérience des grands groupes en Roumanie, bénéficier du savoir-faire de Business France dans le pays, ou encore du système des VIE.

Comment « bien investir » en Roumanie ? La Roumanie n’a pas toujours bénéficié d’une bonne image en France. Mais tous ceux qui sont venus en Roumanie ont justement été éblouis par ce pays, constatant la grande différence entre ce qu’ils en avaient comme image et ce qu’ils découvraient sur place ! À 2 heures 30 de Paris, un pays riche d’opportunités, avec des Roumains dont la fibre latine les rapproche encore plus de nous, avec un très bon niveau professionnel. C’est un pays disposant d’un cadre juridique qui se rapproche de plus en plus du cadre européen, mais avec une fiscalité qui reste encore très avantageuse (l’impôt sur les sociétés est de 16%, l’impôt sur le revenu est également au taux unique de 16%). Cependant, comme tout investissement « loin de chez soi » et même si les Roumains sont très accueillants, il faut garder à l’esprit que « les bons accords font les bons amis ». Donc systématiquement matérialiser par écrit vos accords, un simple Bon de Commande n’étant pas toujours suffisant à l’international …. Investir hors des frontières de la France implique de s’entourer de bons conseils comptables, fiscaux et juridiques. Investir loin de chez soi, veut aussi dire qu’il faut tout vérifier et ne pas se fier aux apparences, car par exemple bien qu’ayant le même nom (société à responsabilité limitée) le contenu de la SARL roumaine est très diffèrent de la SARL française. Et certains « faux amis » peuvent jouer de mauvais tours. Arrivée en Roumanie au début des années 1990 et ayant monté à Bucarest le Cabinet d’Avocats GRUIA DUFAUT, je m’évertue à accompagner les Français souhaitant s’implanter en Roumanie au mieux de leurs intérêts. Notre devise aujourd’hui est «Protéger votre investissement en Roumanie, c’est notre savoir-faire». Une équipe bilingue de 30 collaborateurs est prête à expliquer à ceux qui souhaitent s’implanter en Roumanie comment le faire au mieux de leurs intérêts. Oui, la Roumanie a aujourd’hui de nombreux atouts qui font qu’elle reste l’une des dernières terres à conquérir en Europe !

Témoignage recueilli en mai 2015

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© 2015 - UBIFRANCE Les secteurs porteurs Le développement des infrastructures : enjeu essentiel Pays très

Les secteurs porteurs

Le développement des infrastructures : enjeu essentiel

Pays très ouvert sur l’extérieur et souhaitant attirer de nouveaux investissements privés étrangers, la Roumanie doit impérativement, pour s’assurer une croissance soutenue et durable, accélérer le développement de son réseau d’infrastructures de transports ferroviaires, routiers, autoroutiers, aéroportuaires, voire portuaires et maritimes. Bénéficiant d’une position stratégique et traversée par deux corridors du réseau primaire TEN-T, la Roumanie souhaiterait aujourd’hui s’imposer comme un hub logistique et industriel de première importance.

Corridors du réseau primaire TEN-T en Roumanie

importance. Corridors du réseau primaire TEN-T en Roumanie Source: Commission Européenne L es déplacements à

Source: Commission Européenne

Les déplacements à l’intérieur du pays étant encore très coûteux en temps, il existe une forte attente des industriels présents ou investisseurs potentiels, qui se traduit par une réelle volonté politique en faveur du développement des infrastructures de transport. Le transport sera, pour la période 2014 - 2020, le premier objectif sectoriel de l’action de l’UE en Roumanie, auquel devraient être alloués plus de 7 Mds EUR (sur un total de 30,4 Mds EUR de Fonds structurels et de cohésion pour le pays). La Roumanie bénéficie également d’une enveloppe importante au titre de la « Connecting Europe Facility » pour les projets transfrontaliers, en priorité les projets ferroviaires et fluviaux.

A l’heure actuelle, l’utilisation du réseau routier est encore largement privilégiée, aussi bien pour les passagers que les marchandises, et ce malgré ses lacunes :

Utilisation des infrastructures de transport - répartition modale

Transport de passagers

Aérien Ferroviaire 3,20% Voies navigables 18,08% intérieures 0,05% Routier 78,62%
Aérien
Ferroviaire
3,20%
Voies navigables
18,08%
intérieures
0,05%
Routier
78,62%

Unité : passagers transportés Source: INS, données 2014

Maritime

0,05%

Transport de biens

Voies Aérien navigables 0,01% Ferroviaire Maritime 8,71% 15,88% 13,68% Conduites pétrolières 1,99% Routier
Voies
Aérien
navigables
0,01%
Ferroviaire
Maritime
8,71%
15,88%
13,68%
Conduites
pétrolières
1,99%
Routier
59,74%

Unité : tonnes transportées

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Le réseau routier

S’étirant sur environ 85 000 km, il est beaucoup moins dense qu’en France, et reste structuré par des routes nationales. Avec 640 km d’autoroutes début 2014, la Roumanie dispose, en effet, d’un réseau peu étendu par rapport aux 10 842 km d’autoroutes françaises. Dans son « Rapport global sur la compétitivité » (version 2014-2015), le Forum Économique Mondial positionne la Roumanie en 121 ème position sur 144 pour la qualité des infrastructures routières. Néanmoins, le réseau routier est en plein développement. Une version du Plan Directeur Général de Transport pour la Roumanie a été soumise le 6 mai 2015 à la Commission Européenne, incluant la construction de 1 300 km d’autoroutes (13,7 Mds EUR), ainsi que voies rapides (9,9 Mds EUR), voies Européennes (190 M EUR pour 343km), et voies de contournement rapides (461 M EUR). La dernière version de travail du Plan Directeur Général de Transport propose ainsi une couverture totale du réseau de transport « Ten-T core » par des autoroutes ou voies rapides, selon le plan suivant :

Grands projets de développement du réseau routier à l’horizon 2020

Légende Français Autoroute en exploitation Autoroute en projet Voie rapide (projets à l’horizon 2020-2030)
Légende Français
Autoroute en exploitation
Autoroute en projet
Voie rapide
(projets à l’horizon 2020-2030)
Légende Roumain
rapide (projets à l’horizon 2020-2030) Légende Roumain Source : Plan directeur général de développement des

Source : Plan directeur général de développement des transports de la Roumanie (variante à mai 2015, attendant approbation)

Le plan directeur général prend en compte la viabilité économique et environnementale (Economic and Environmental Sustainability), ainsi que les sources de financement disponibles, incluant les emprunts publics.

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La source de financement retenue devrait introduire, selon le modèle, une quote-part de l’UE à hauteur de 25%, le budget de l’état couvrant 15 à 20% des coûts, le solde étant couvert pas des emprunts publics.

Témoignage

 

Franck HAETTEL, Managing Director Total Romania

Total célèbre cette année 10 ans de présence industrielle en Roumanie.

Nous sommes arrivés sur le marché roumain en 2005 sur le segment des lubrifiants dans un partenariat avec l’entreprise roumaine Lubrifin. Ce partenariat a doté Total d’une base industrielle dans le centre du pays, à Braşov, qui nous a permis de suivre nos clients dans leur développement régional et de disposer d’une équipe de vente sur le terrain. La même année, AS24 ouvrait également ses bureaux à Bucarest et Hutchinson son usine de Braşov en 2007.

Convaincus de son potentiel de développement, en particulier dans les secteurs de l’automobile (notamment avec le long partenariat entre Renault et Elf), de l’agriculture et des transports, nous souhaitons désormais nous positionner durablement sur le marché local en développant les ventes de lubrifiants au grand public. Total a marqué sa volonté de s’implanter plus encore dans le pays avec le rachat des parts de Lubrifin en 2011 et se situe aujourd’hui à la deuxième position en termes de ventes sur le marché roumain des lubrifiants.

Nous nous adressons également depuis quatre ans au secteur de la construction avec le négoce de bitume. Ayant évalué un marché à fort potentiel essentiellement importateur et, en tant que premier marketeur européen des bitumes, nous avons investi en 2014 dans des actifs logistiques et le marketing. Nous proposons désormais en Roumanie des bitumes standards et sommes à même de proposer également des bitumes de spécialités.

Depuis 2005, le groupe Total a ainsi développé ses implantations en Roumanie à travers trois filiales totalisant plus de 1 100 employés :

- Total Romania (commercialisation de produits pétroliers de spécialité) ;

- AS 24 Roumanie (réseau de stations-service dédié aux poids lourds) ;

- Hutchinson (fabrication d’éléments pour les industries automobile et aéronautique).

Nous avons trouvé sur place, sinon un besoin de réformes dans l’entreprise pour adopter les standards d’un grand groupe international, un personnel de qualité, motivé et ouvert. Les membres des comités de direction de nos filiales sont ainsi pour l’ensemble de nationalité roumaine. Parmi nos attentes en revanche, il est certain qu’une plus grande stabilité et sécurité juridique, ainsi qu’une simplification administrative offriraient au pays une dynamique encore supérieure pour le milieu des affaires. Une accélération de l’utilisation des fonds européens et des investissements en Roumanie, en particulier à destination des infrastructures routières et autoroutières, nous semble également critique pour la poursuite du développement économique du pays.

Enfin, ultime atout de la Roumanie pour notre développement industriel et commercial, sa position géographique privilégiée, qui nous offre une base solide vers les marchés de la région. Notre usine de lubrifiant exporte ainsi près de la moitié de sa production dans une zone s’étendant de la Russie à la Grèce, tandis que la filiale roumaine d’Hutchinson dessert les marchés automobiles de l’Europe centrale jusqu’à la Turquie.

 

Propos recueillis en mai 2015

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Le réseau ferroviaire

Structure des systèmes existants

Le réseau ferroviaire de la Roumanie est long de 10 629 km (environ 29 000 km en France), dont 2 909 km en voie double. 4 028 km sont électrifiés. L’écartement est standard, 1 435 mm, à l’exception de 135 km à écartement large de 1 520 mm, situés dans les zones de frontière avec la Moldavie et l’Ukraine. La densité du réseau est de 45 km pour 1 000 km², respectivement 5 km pour 10 000 habitants, valeurs similaires à celles de l’État membre de l’Union Européenne le plus récent, la Croatie, et en dessous des valeurs de densité de pays comme la Pologne ou la Hongrie. L’infrastructure ferroviaire publique de la Roumanie est détenue par l’État roumain, et est attribuée à une entreprise d’état de gestion de l’infrastructure ferroviaire : la Compagnie Nationale des Chemins de Fer CFR SA. Le contrat de concession s’étend sur 49 ans (depuis 1998). Des opérateurs autorisés, de fret comme de passagers, se partagent l’accès à l’infrastructure, sur la base d’une Taxe d’Utilisation de l’Infrastructure. La loi de 2004 opère une distinction entre lignes interopérables et non-interopérables. Ces dernières se caractérisent par un trafic réduit, principalement local, et peuvent être ouvertes en concession à divers gestionnaires privés. Malheureusement, l’étendue du réseau en complique l'entretien dans un contexte budgétaire contraint. Aujourd'hui, 80% de l’infrastructure ferroviaire roumaine nécessite des investissements, et les réparations - sur près de 8 000 km de voies - prennent du retard. En conséquence, le gestionnaire de l’infrastructure recentre son effort sur les portions les plus importantes, avec de nombreux projets de réhabilitation et de modernisation des infrastructures ferroviaires en cours. CFR SA se concentre actuellement à la modernisation de la voie ferrée sur la branche nord du corridor Rhin-Danube (voir carte « Corridors du réseau primaire » ci-avant). Suite à ce chantier, l’opérateur souhaite concentrer ses efforts sur le réseau du sud du pays. La construction d’un train à grande vitesse reliant Budapest-Bucarest-Constanta a également été approuvée (étude de faisabilité à produire), de nombreuses gares ferroviaires devraient être réhabilitées et des projets de modernisation des ponts et tunnels sont développés. CFR a préparé un plan d'investissements pour les prochaines années d'environ 1 Md EUR par an. L’ancienneté du parc de matériel roulant est le second point noir du transport ferroviaire en Roumanie, après l’état de l’infrastructure (et donc la lenteur des trains). Citons à titre d’exemple, CFR Călători (transporteur ferroviaire public de passagers, le plus grand acteur de Roumanie) :

malgré des programmes constants de modernisation du matériel roulant, les wagons de plus de 20 ans restent majoritaires dans la structure de son parc.

Projets

La Roumanie a préparé, en 2015, le nouveau Plan Directeur Général de Transport, qui prévoit, d’ici 2030 :

La remise à niveau de plus de 3 200 km de voie ferrée et la modernisation de 1 130 km de voie ferrée à potentiel économique ;

L’électrification de 425 km de voie ferrée sur le réseau central TEN-T ;

L’achat de 90 locomotives, rames électriques et diesels.

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Au total, sur la période 2015-2030, les investissements prévus pour le secteur ferroviaire sont chiffrés à 19 Mds EUR. Ces projets devraient être largement financés par des fonds européens (fonds de cohésion, fonds européen de développement régional et « Connecting Europe Facility »), qui sont disponibles pour la remise à niveau des infrastructures, mais également, en partie, au renforcement des opérateurs. Le ferroviaire est soutenu principalement par un nouveau programme dénommé « Programme Opérationnel Grandes Infrastructures 2014-2020 ». Sur la version préliminaire de ce dernier (encore en discussion auprès de la commission européenne à ce jour) 9,4 Mds EUR sont disponibles, dont 1,4 Md EUR alloués spécifiquement au domaine ferroviaire. Ces chiffres représentent uniquement le financement européen, auquel s’ajoute la part de l’État. Certains projets transfrontaliers, ou portants sur les corridors européens majeurs, sont également éligibles aux crédits de la « Connecting Europe Facility » (CEF) et la Roumanie a soumis début 2015, les projets que le pays souhaite faire financer par ce biais. Cette demande inclut plusieurs projets ferroviaires (construction et études de faisabilité), dont la continuation de la rénovation de l’une des lignes principales du pays, avec un montant de 890 M EUR demandé à la CEF (il s’agirait alors du plus grand projet financé par la CEF en Roumanie dans la période à venir).

Le réseau roumain de transport naval

Avec 35 ports dont 3 maritimes, 6 fluviomaritimes, 26 fluviaux et des voies navigables intérieures, le réseau roumain navigable, long de 1 779 km, se concentre dans la partie Sud - Sud-Est du pays. Les marchandises chargées et déchargées dans les ports roumains en 2013 sont présentées dans le tableau suivant :

Transport portuaire maritime en 2013

Total

Chargement (Mt)

 

Déchargement (Mt)

 

(Mt)

Total

Intra-UE

Extra-UE

Total

Intra-UE

Extra-UE

43,6

26,8

5,8

21

16,8

1,2

15,6

Source : INSSE

Transport portuaire par voies navigables intérieures en 2013

Total

 

National (Mt)

International* (Mt)

(Mt)

Total

Interrég.

Régional

Total

Chargement

Décharg.

26,8

12,8

5,1

7,7

9,8

3,5

6,3

Source : INSSE * : s’ajoute également le transit international (4,2 Mt), qui comprends également le transport entre ports Bulgares

Certains transporteurs se sont détournés du trafic fluvial ces dernières années en raison de points de blocage du trafic, que les Autorités souhaitent résoudre d’ici 2020. Parmi les ports de Roumanie, le port maritime et fluvial de Constanta s’impose largement par son trafic et sa position géographique stratégique. L’administration du port de Constanta a engagé Ernst&Young et Inros Lackner pour la réalisation d’un Plan Directeur Général pour le développement du port l’an dernier. Le Plan Directeur Général de Transport de toute la Roumanie, qui s’est également intéressé au port de Constanta, met également en avant le besoin de rénover et développer l’infrastructure de transport par conteneurs, mal adaptée aux pratiques modernes.

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Le développement du transport fluvial et maritime est présent dans la première version du Programme Opérationnel Sectoriel « Grandes Infrastructures ». Même si moins doté que ses homologues routiers et ferroviaires, le transport fluvial et maritime bénéficie d’un soutien pour les investissements dans l’infrastructure portuaire, la création et l’amélioration de voies navigables (points noirs de navigation sur le Danube et les canaux).

Le réseau aéroportuaire roumain

La Roumanie compte 17 aéroports dont 16 internationaux et 11 appartenant au réseau transeuropéen de transports (dont 2 « core » : Bucarest et Timisoara). Plusieurs plans de développement des infrastructures aéroportuaires sont en cours. À titre d'exemple : une nouvelle piste vient d'être terminée à Cluj-Napoca, la construction de l'aéroport de Brasov a repris en 2013 et un nouveau terminal est en projet à Timisoara. Au total, l'Association des Aéroports de Roumanie estime entre 200 et 300 M EUR les besoins en investissements au cours des 10 prochaines années. Le tableau suivant présente l’évolution (passée et attendue) du trafic passager dans les aéroports roumains.

Nombre de passagers et croissance du trafic des aéroports roumains

Aéroport

 

Nombre de passagers

 

2020*

2013

2010

2000

Henri Coanda (Bucarest-Otopeni)

9 712 332

7 622 727

4 916 964

1 841 925

Cluj

1 348 564

1 035 438

1 028 907

75 760

Timisoara

1 793 844

757 078

1 136 645

147 502

Targu Mures

302 113

363 398

74 353

5 051

Bacau

1 190 261

307 488

240 768

2 172

Iasi

713 929

231 933

159 615

7 166

Sibiu

1 517 612

189 269

198 751

14 390

Constanta

234 219

77 286

74 587

7 311

Craiova

2 012 088

40 291

24 884

625

Arad

36 621

39 901

13 257

33 846

Oradea

237 976

39 440

40 404

28 239

Suceava

233 816

19 981

34 437

5 380

Baia Mare

179 287

16 778

18 952

7 287

Satu Mare

30 550

16 341

18 859

10 300

Aurel Vlaicu (Bucarest-Baneasa)

N/A (absent)

6 036

2 117 668

131 832

Tulcea

191459

1 887

426

2 231

Total

19 734 671

10 765 272

10099477

2 321 017

Source : Association des Aéroports de Roumanie via le Ziarul Financiar. * : prévisions de trafic pour 2020 issues du Master Plan Général de Transport de la Roumanie

En interne, l’avion reste un mode de transport privilégié permettant de relier plusieurs points du pays en seulement 1h d’avion, contre 9h à 10h de route et/ou de train. La principale compagnie aérienne roumaine, TAROM, dessert les grandes destinations locales et internationales. De nombreuses compagnies comme Air France, Austrian, Swiss, Alitalia et Lufthansa sont présentes sur le marché roumain, aux côtés de « low cost » comme Blue Air ou Wizz Air.

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Logistique et transport multimodal

Comme précédemment mentionné, le Port de Constanta est le principal port de conteneurs sur la mer Noire. La Roumanie est cependant en compétition forte avec de nombreux autres pays en Europe du sud et de l’est, pour devenir le point d’échanges privilégié de cette région de l’Europe avec le monde. A l’heure actuelle, la Roumanie présente un faible taux de marchandises transportées par voie ferroviaire (moins de 5%). Le pays présente cependant de nombreux atouts, comme son réseau ferroviaire bien développé. La croissance des parts de marché du transport ferroviaire, comme demandée par la Commission Européenne (développement de modes de transport moins polluants), passera par la remise à niveau du réseau. Seules les réductions du coût et des temps de transport pourront accroitre la compétitivité du secteur. CFR marfa, le plus grand opérateur de transit de marchandises par voie ferroviaire, dispose de 14 terminaux multimodaux actifs (et 12 inactifs). Le Danube et ses canaux, enfin, représentent une infrastructure importante pour le transport de marchandises. Il existe à l’heure actuelle un important transit de minerai de fer par barge, du sud-ouest du pays vers le pôle industriel de Galati (où se trouve Arcelor Mittal). Le développement de meilleures interconnexions multimodales dans les ports permettrait une augmentation certaine du flux de transport interne par cette voie (le nombre de conteneurs déplacés sur le Danube représente environ 2% du nombre de conteneurs manipulés à Constanta). Enfin, il existe quelques terminaux multimodaux (et voies ferrées) administrés par des opérateurs privés. Certains sont liés à des activités industrielles, d’autres gérés par des entreprises spécialisées comme DB Schenker (terminaux à Aras, Iasi et Oradea). Le Plan directeur général propose le développement de terminaux intermodaux, suivant la carte suivante :

Terminaux intermodaux existants et proposés

Suceava Zalau Bistrita Iasi Oradea Cluj Bacau Arad Turda Brasov Timisoara Pitesti Ploiesti Craiova Bucarest
Suceava
Zalau
Bistrita
Iasi
Oradea
Cluj
Bacau
Arad
Turda
Brasov
Timisoara
Pitesti
Ploiesti
Craiova
Bucarest

Légende

Existant

Modernisé

Nouveau

Source : Plan directeur général de développement des transports de la Roumanie (variante finale à mai 2015, attendant approbation)

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Une partie du Programme Opérationnel « Grandes Infrastructures » devrait être dédiée au financement de ces terminaux (73 M EUR pour 8 ports et terminaux selon la version préliminaire du PO disponible à l’écriture de ces lignes). Le soutien aux plateformes multimodales est également le second point important pour lequel la Roumanie a soumis des projets auprès de la « Connecting Europe Facility » en mars 2015 (derrière le ferroviaire et la ligne de train Braşov – Sighişoara). Parmi les 14 projets se trouvaient notamment :

Projet de plateforme multimodale dans le port de Galaţi (demande de 136 M EUR) ;

Projet de réalisation dune plateforme pour le port de Constanta (92 M EUR) ;

« High Performance Green Port Giurgiu Stage II » : terminal intermodal dans la zone libre du port de Giurgiu (15,6 M EUR) ;

Guichet unique pour l’intégration du transport multimodal et des opérations portuaires. Études sur les « Intelligent Transport System » (6 M EUR).

Témoignage

Boris PIERRE, Business Development Manager DIY - Logistic Europe - Dachser

Dachser Roumanie est une filiale du groupe mondial Dachser Intelligent Logistic.

Nous avons créé notre propre réseau en Roumanie en 2006 pour offrir à nos clients toutes les prestations de service du groupe, tant en Transport qu'en Logistique.

Avec nos implantations à Bucarest, Brasov et Arad nous ouvrons les portes de ce marché en couvrant la distribution de tout le territoire. Nous gérons aussi bien vos importations en provenance de Roumanie que la livraison de tout le pays en moins de 2 jours. Ceci avec une traçabilité intégrale des flux et la mise à disposition de la preuve de livraison en temps réel, comme partout dans le réseau Dachser.

Dachser Roumanie accompagne également ses clients en proposant une externalisation logistique au plus proche du consommateur.

Nos plates-formes logistiques à Ploiesti (unique site autorisé SEVESO 2 en Roumanie) ainsi qu'à Bucarest correspondent aux plus hauts critères de qualité du groupe.

Nos lignes quotidiennes au départ de la France assurent fiabilité et rapidité du transport à destination de la Roumanie ; notre filiale est le point de relais logistique de nos clients pour développer leurs affaires avec ce pays francophone.

Nous livrons tous les jours des usines (industrie automobile,

magasins et grandes surfaces en périphérie des villes (Alimentaire, Sport, Bricolage,

En Roumanie Dachser est également en relation avec la grande distribution du Bricolage (Leroy Merlin,

notre expertise DIY-Logistics accompagne nos clients au cœur de ce marché.

Brico Dépôt, Dedeman,

des commerces en centre-ville, des

Brico Dépôt, Dedeman, des commerces en centre-ville, des ), ), Les plus grands groupes DIY Européens

),

),

Les plus grands groupes DIY Européens (ADEO, Kingfisher) investissent à l'international y compris dans ce pays de l'Est de l'Europe, si proche de notre culture.

Propos recueillis en avril 2015

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Les industries mécaniques et le matériel de transport

Généralités

L’industrie reste le secteur le plus performant de l’économie roumaine, avec une croissance notable : +7,1% en 2013 et +6,3% en 2014 (index ajusté de la production industrielle). L’industrie manufacturière seule affiche une croissance de +7,7%. Une grande partie des entreprises du secteur sont actives dans la fabrication de matériel de transport, surtout l’industrie automobile. Mais le pays compte également des constructeurs de trains, de pièces aéronautiques, et des chantiers navals. Notons également la présence importante de sociétés spécialisées dans le matériel pétrolier. Le pays reste attractif et de nouvelles multinationales font régulièrement part de leur intérêt pour la Roumanie :

Les coûts opérationnels restent parmi les plus faibles d’Europe Centrale et Orientale,

Le pays dispose d’un bon savoir-faire local ; la main d’œuvre est abondante, polyvalente et qualifiée (même si des tensions se font sentir sur certains métiers).

Témoignage

 

Didier BEAUVOIS, Directeur Général Air Liquide Roumanie

Un bureau d’Air Liquide a été ouvert en Roumanie dès 1999 pour l’activité Gaz et Services, mais nos activités se sont véritablement développées au démarrage de notre premier gros investissement en 2006. Nos gaz sont en effet difficilement transportables sur de longues distances, et nous produisons donc en Roumanie la grande majorité des produits que nous y vendons.

10 ans plus tard, nous avons atteint une taille critique, avec 4 unités de production, une part de marché croissante, et nous croyons beaucoup en la Roumanie.

Nous nous adressons directement et exclusivement à des clients industriels privés, tous secteurs d’activité confondus. Et à de nombreux points de vue, le marché industriel roumain en B2B est très intéressant et offre de bonnes perspectives. Le pays dispose tout d’abord d’une profonde culture industrielle, et même si les salaires augmentent, la main d’œuvre reste très attractive, impliquée et consciencieuse. La productivité est parfois présentée comme faible, mais des succès montrent qu’elle peut croitre rapidement avec des méthodes adaptées. La crise passée, nous voyons d’ailleurs les investissements revenir en Roumanie et les grandes sociétés réinvestir localement. Ces dernières années, la production industrielle roumaine a ainsi cru au rythme d’environ 5% par an, et les perspectives sont bonnes. Enfin, le pays dispose d’un environnement industriel diversifié. Cette caractéristique, dans notre métier, nous permet d’amortir les éventuelles fluctuations d’activité sectorielles.

Dans la pratique des affaires, les Roumains sont culturellement proches des Français et l’apprentissage du pays est rapide. L’intégration est beaucoup plus simple qu’on ne pourrait le penser, d’autant plus que la communauté d’affaires française est dense et très dynamique. Les contacts y restent simples et spontanés et permettent, en dehors du développement de relations commerciales, des échanges pertinents.

Schématiquement, nos clients en Roumanie peuvent être répartis en quatre segments:

De grands groupes industriels étrangers (européens, américains, asiatiques) ;

Des PME étrangères ;

Des PME roumaines impliquées dans des échanges internationaux ;

Des PME roumaines 100% locales.

Pour les nombreuses entreprises étrangères implantées en Roumanie, les codes de travail sont très proches de ceux de l’Europe de l’ouest. Les méthodes et organisations sont similaires, apportant un confort certain ; nous pouvons ainsi proposer des offres similaires et déployer avec certains des

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approches de type « grands comptes ».

Les PME roumaines locales, en revanche, perçoivent encore souvent nos produits comme une « commodité », et ont une attention fortement portée sur le prix. Or nos offres sont techniques, complexes et innovantes, et la mise en avant de notre valeur ajoutée nous demande régulièrement d’accompagner nos clients vers une réflexion plus large sur leur «Total Cost of Ownership». Cette maturation plus lente se fait même parfois sentir chez nos clients internationaux lorsque le management est local. Cependant, même si toutes les entreprises ne sont pas également sensibles à nos arguments, nous réussissons souvent à créer des accroches constructives chez nos clients. Le déploiement de techniques de ventes performantes est donc important, d’autant plus que certaines entreprises roumaines affichent un développement très rapide et méritent toute notre attention. L’avantage concurrentiel lié au coût de la main d’œuvre leur donne, en effet, des opportunités de positionnement très intéressantes en Europe de l’ouest.

Enfin, l’environnement roumain est fortement concurrentiel, c’est pourquoi une bonne analyse du marché et des acteurs est importante. Chez Air Liquide, nous tachons de bien sélectionner nos clients. L’éthique des affaires et la santé financière des entreprises, en particulier pour les PME roumaines, sont deux points de vigilance. Le marché est suffisamment large pour nous permettre d’être exigeants et, ainsi, limiter nos risques. Même avec ce parti pris, Air Liquide perçoit aujourd’hui en Roumanie de très belles perspectives pour son développement dans les prochaines années.

La présence d’Air Liquide en Roumanie:

Air Liquide est présent en Roumanie via trois entités :

Air Liquide Roumanie (Gaz et Services) produit et distribue des gaz industriels et spéciaux et développe des solutions à valeur ajoutée pour l’industrie ;

Ductil (Air Liquide Welding) fabrique, depuis notre usine de Buzau, des consommables de soudage pour le marché Européen ;

VitalAire Roumanie est spécialisée dans les métiers des soins à domicile.

Témoignage recueilli en mai 2015

L'automobile

L’industrie automobile est un des secteurs-clé de l’économie roumaine, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 18 Mds EUR en 2014, et 200 000 emplois. Elle est le premier secteur exportateur, principal moteur de croissance de l’économie, et a continué de croître pendant les années de crise, tirant l’économie roumaine malgré l’effondrement du marché local. En 2013, près de 90% de la production automobile roumaine est exportée, avec la France et l’Allemagne comme premiers clients.

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Chiffre d’affaires de l’industrie automobile roumaine

20

18

16

14

12

10

8

6

4

2

0

Producteurs Equipementiers 12,6 10,7 9,2 7,6 6 5,4 2,4 5,2 5,4 4,1 3,5 2,6 2,9
Producteurs
Equipementiers
12,6
10,7
9,2
7,6
6
5,4
2,4
5,2
5,4
4,1
3,5
2,6
2,9
1,4
2005
2009
2010
2011
2012
2013
2014

Source : ACAROM, Ministère roumain des finances publiques

Renault (via Dacia) est le premier investisseur industriel étranger et le second investisseur français en Roumanie : la Roumanie est le seul pays, avec la France, où le groupe compte tous ses métiers représentés, avec une unité de production, un centre de recherche (incluant un centre de design) et un centre d’ingénierie et d’essais. En 2014, Renault-Dacia est devenue la plus grande entreprise de Roumanie (voir témoignage).

Témoignage

Nicolas MAURE, PDG Dacia et DG Groupe Renault en Roumanie Le Groupe Renault en Roumanie : tous les métiers pour la performance

Depuis la reprise de Dacia par le Groupe Renault, suite à la privatisation, Dacia est devenu le premier constructeur automobile de Roumanie et est arrivé, en l’espace de quelques années seulement, à s’imposer comme un acteur important de ce secteur à l’échelle européenne. En 2015, Dacia est devenue, pour la deuxième année consécutive, la plus grande entreprise de Roumanie, avec un chiffre d’affaires de 18,8 milliards de lei (4,24 milliards d’euros).

Le Groupe Renault a installé en Roumanie toutes les compétences d’un constructeur automobile : les usines de Pitesti-Mioveni ont été complètement modernisées et sont aujourd’hui parmi les plus grandes et les plus performantes du Groupe Renault ; nous avons créé un centre de design auto, un centre d’ingénierie complet, un centre d’essais à Titu, unique en Europe Centrale et Orientale et un des plus importants centres logistiques de l’Alliance Renault-Nissan au monde. Notre réseau commercial est le réseau le plus dense dans le pays, avec 75 points de ventes Dacia, 45 Renault et 23 Nissan.

Le Groupe Renault emploie 16 600 salariés en Roumanie et représente l’un des piliers économiques de la Roumanie. Son poids dans l’économie peut être évoqué par quelques chiffres-clé : 3% du PIB, 8% des exportations du pays, plus de 1 000 fournisseurs (150 000 emplois générés) et plus de 110 millions d’euros payés chaque année en taxes et impôts.

Du point de vue commercial, les trois marques que nous commercialisons en Roumanie Dacia, Renault et Nissan représentent 40% du marché des véhicules neufs.

Dacia a aujourd’hui une gamme complètement renouvelée, comprenant 8 modèles : Logan, Logan MCV, Sandero, Sandero Stepway, Duster, Lodgy, Dokker et Dokker Van. Toute la gamme sera disponible en motorisations Euro 6 à partir de septembre 2015, avec des niveaux d’émissions et de consommation très compétitifs.

Renault se positionne comme leader européen des véhicules particuliers du segment B (Clio, Captur), revient en force dans le segment C avec un nouveau cross-over qui sera lancé à l’été 2015 (Kadjar), est