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Coutecrioy ABC Eeuitire ABC de Ayurveda S.Netis ‘ABC des Bories Detsews ‘ABC des Charar‘D- Lec ‘ABC de Ener pram 3 Wain ‘ABC Feng St, Sly ‘ABC de a Geoboioge D.Sc ‘ABC de Seine, C. Cindi ‘ABC de Magnime 1. Mandoea ‘ABC des Massager ratiomnels ‘than, D.Lamboley ABC dela Micron V. Bales ‘ABC der Maas F Deore ‘ADC es Peres teria, Mater} Mt alenbott ABC du 0 Gong. Dove ‘ARC de a Rolie pata, Lamy ABC da ei P Wagoet ‘ABC de a Relation 1. Coe ‘ABC de a Respiration, D. Lontast ‘ABC de Sp, 8. son Seco ‘ABC Ta Chi Chan, 1 Wan der Heyen ABC bu Td, Re Consol tS. Gin ‘ABC de Pom Sain ‘ABC dee Vt, Ged, ‘ABC i Yoga, ME. Lemoine Prychologie ‘ABC de Anase ransaconnle, ‘G.Gastl ABC de AueDe . Osaio ‘ABC des Codes, D. Berets ‘ABC de EMDR. S.No ‘cD Dumont ABC de Bdagranne, Semen, ‘ABC de a Gendt, V.Gasicr ‘ABC de a Gendloie naga, ‘A.Cams, ABC dee Grapotogie M. Merch ‘ABC de tspmane rcsonione, Gane Benbow ABC de ligence, ©. Monabe ‘td Manager. J- lise ‘ABC dela Morphchilosie 'M. Bolin &P Ree ABC de a MorphopmchaegeC. Bint ‘ABC da Mth gece, Pde Lowigny ABC dee Pose crarice.Y. Le Cam ‘ABC dels PNLL MDa ‘ABC dele Pcl de eran, © Morcl ABC dela Pcotosie ‘ede prychanale, C Morel ‘ABC de la Pycolgie jinn, Silo ABC des PrichahirapiesC. Mort ‘ABC deta Sra... Fase ‘Acid Symbol C See et Zana “ABC de a Sombie dan les ees, ‘CMe AMC de ves Genet ‘ABC deta Vino, S Madoun eG. Lager Santé ‘ABC dle Chrmahérpe 33, Qe. ‘ABC dele Diaique chinoise, ‘DeR Allard ABC des Doda article, P Wot ‘ABC des Eli flor. Maite ‘ABC de Homdopaie animale, B.Sasvan ‘ABC des Has Carts, Dr Tel ‘ABC der Madcines aces P Maney ABCs Named metal, ‘DM. Raine Mies Viet ABC des Ogocémens.N-Bles ‘ABC dele Pherae es Durford Lapaz Valet ABC des Tse, De Tpon Spiritualie ‘ABC de Anglo. -M. Patent ‘ABC de la Franc mayonmer, GCs ‘ABC dl Spirtuaic mosonniue, {de Bias, ABC di Zn, A, Saliba Wager Receie at alge se simple mane Doeteur Jean-Christophe Charrié Editeur : Michel Grancher AVIS AUX LECTE scent wife Terie pi te ire pos emeecin sinrese asses exe Gon mane ce aan ps gu es denne se Tes dponbes sur ce pe a stbwanes Sn pe penal. Wa recone aves ari et vc es plaiss mii nae et ar invodvon dans pages meio pum lave que gee easement etm son wes Talecas ul elt coum ten ed ool ie pat foporanc leur pe Gi spss hag esd monde vege et mina, Cat eo ue ds Tie dece enn te on conten. Si at seep dete ln isition do pale ce aqvibeventoirs ex parce qr ertamra cess Ae tner de ae we ste des dienes nfomatons qe al pcos ews maine ds stance ate fells uriculencn sect dsr, en jated inmene pour ssa de ican, ements cate det bi, dene cei ume le ts comet tps le posi, mai testevicimen pas esas oes snot a pores sot wens, Ie tar Te soar ABC de Arg pourra retrouver ainsi les sources nécessaires lui permettant aller plus loin dans sa propre recherche, Je Iai voulu accessible au grand public car celui-ci est directement concemé par usage de arg, mais aussi un public scientifique averti a Ia recherche de données plus techniques. C’est pourquoi, si la majorité des informations ccontenues dans ce livre até rédigée de facon & étre compré= hensible par tous, d'autres font appel & des données fonda- ‘mentales plus élaborées qui ne sont présentées ici que pour asscoir la enédibilité du sujet abordé, Cot ouvrage n'est pas I'exposition de recherches qui me seraientstrictement personnelles, mais il est le fruit d'un tra- vail d'équipe ainsi que d’informations qui m'ont été don- inées, et que j'ai synthétisées et regroupSes pour permettre au lecteur de comprendre ’intérét de usage de Vargileillive en ‘médecine humaine et vétérinaire, Peut-étre trouve-til aussi pour une part son fondement dans le désir avoué de sensibiliser les hommes de pouvoir, et ‘ceux porteurs dhumanisme a mieux considérer ces produits extraction naturelle, afin qu’ils comprennent que la Terre peut mettre & notre disposition les moyens de foumir des soins peu onéreux et efficaces & l'ensemble de I'humanité, alors que les traitements modemes et codteux ne sont acces- sibles actuellement qu’a un homme sur cing, Frespére que la lecture de ce livre vous permettra de pas- ser un moment la fois agréable et enrichissant. PRErAcES Je livre se termine, éangement, & Pheure od, sou dain, en un virage & 180°, dont elles sont coutu- ritres, V'autorité administrative, comme Vautorté médicale, pronent 'automédication. Elles mettent un terme brutal & quelques décennies de lutte acharnée contre tout ce ui pouvait, de prés ou de loin, lencourager. Sans plus de tmotivation, de fondement conformes & la réalité sociale. ‘Sans aucunement parler de la réalité humaine. En une méme incohérence de structure, Le prétexte ? La réduction des demandes de rembourse- ment ! Le biais ? Le contournement de la prescription méel cale, Par sa non-obligation, jusqu’a son interdiction ! Sans alffronter la vérité, aveu "impuissance, la remise en cause d'une santé offerte. Ce droit incontournable, assuré par 1a sécurité sociale. Ce dérapage phénoménal d'une démagozie politique, seule coupable du gouffre économique ainsi cn, du pige pathologique qui s'est vite refermeé sur notre evil sation, Cete politique d'imagerie démocratique, symptoma- tique de notte civilisation, posse en masque sur son fondement, Nasservissement de individu, & tout niveau. Le récanisme ? sempitermellement reproduit, aggravé, depuis, ses origines au milieu du sigcle demier. Les moyens ? ina- movibles, Linterdiction de fat, inaccessibilits& ta respon- uw ABC de Argite Sabi. Jusqua sa déresponsabitsation totale. A tous les niveaux de son rile social, comme eommurautaite, Et par-dessus tou, face 3 Iuiméme, dans ses ates, dans sa Vie comme dans sa surve. Dans la gestion de sa Sante Que devient a rele de précaution élémentaire, premier degré du terorisme médical, Tavis incontourable de votre médecin pour le moindre bobo : attention un mal peut en cacher un aur sous spectre de mor, sous menace de pars. Iysie, de gangréne. Ces risques minimum gui vous guctent Si vous cédez au charme de toutes ces pilules miracle des devantures des publications orem. Fi de Panémone, la petite pervenchs, du sale blanc, de ail de 'oignon et de leurs empires. De aril et de ses microbes, Hormis leur lange ininséque ! Bonjour Ie laxisme absolu : un mal dette n'est qu'un mal de te, un mal de jambes qu'un mal de james. Vive le pousse au crime, la recommandation forcenée toutes indica. tions confondues, de emploi sans restriction de ees mei caments décréés inal, indignes des prescriptions, des remboursements. Ces médicaments de 'inutile. Mais bons Pour vous, votre quotiien, jouez aux appents sores. Votre santé ? C'est votre choix, votre responsabilité (sic) !!! Enfin !? Non ! Rien de change dans nos programmes ant-santé! Toutes les comtaintes de note scigté qui mettentnowe santé en Dsl, des soins obligés, de T'iesponsabilité a Minconsé- ‘quence !Jasqu’ I dépersonnalisaton absolue! Nom tat la numérotation civil, socal, que le dmembrement pathogé- nique, la perte de la éalitéphysologique de 'intégrite bio. logique. De Videnitéendobiogsnique Un sitcle de veruillag,d'enchainement | Aucune édu- cation ala santé et soudain,.débrouilez-vous Prifaces ‘Alors ce livre tombe & point. Il vous montre I'usage pra- tique du patrimoine du milieu censé nous faire vivee. Sa richesse, son potenticl, ses suects et toute la démarche, 'ex- périmentation, scientifiques qui nous en donnent la certi- tude, TI vous explique le chemin parcouru de la tradition ala science, Et retour. Du bon usage de I'automédication jusqu'a sa médicalisation absolue, Du soin personnel, quotidien, préventif comme réparateu,& son usage répertrig,sympto- ‘matique comme spécifique, jusqu’a I’épidémie. ‘De humain a Phumanitaite Tl vous parle du bon usage de la médecine, de sa lutte pour le recouvrement de la santé, pour sa préservation, Dans le respect de la science, dans le respect de chacun. Docteur Christian Duraffourd Président fondateur de la SFEEM B ABCde VArgile oceientans narvent pus fae face au edt re sais ds dépenses des Le secteur meicament represent ure par de pas en nls imporante de ces dems ce qui a conte pouvit Politique a metre en pace ds nese de estiction pout tenter de diminuer ar mont’ en augmenaon coment Pari ces mesures, qu pension financement Tes malades comme bien portant, outela ita dee Cbs dct cen sin une elles consi dem. bowed cries pods esenisonent se plates mdicnales = dstibucs depuis tojous dan Te réseau pharmaceutique. " Hous dans I Bien qu depuis pscurs pains aver wests par des milion de personnes pou ater us mex quot fies, ex méicaments sn! butalemert vs legs 9 rang de moyers nals, av mot effeacé non po ‘ee, me rendat pas on «vat service mel td co fit dsqais parla médecine. Ne son ps rembousesdsrmas que les moles & activité phamacologiqe extrémement cbs, resonnace vrais méticsment, rit de la echerche fone Ia pls atalyique et igus. En se limita dsomnis 2 ni ue Ie tes des substances chinigues prcisment dit dan es, I: est reconnu par tous que les systémes de soins des pays 4 Préfuces ture simple et répondant aux critéres scientifiques des essais, comparatifs randomisés de forte puissance, c'est la théra- peutique modeme qui est, fondamentalement, & lorigine de exclusion des substances «extraction naturelle & composi tion multiple et dont les effets sur le vivant sont beaucoup plus complexes. Les décisions prises d'exclure de T'arsenal thérapeutique ‘du médecin une importante fraction des moyens dont il peut disposer l'ontelles été apres que des vérifications prouvant « labsence de service médical rendu » aient été conduites de fagon scientifiquement établic ? Des études épidémiologiques ont-elles 6¢é menées pour démontrer le bien-fondé du rejet des ‘médicaments qualifiés de « médicaments de confort », c'est- dire considérés comme dénués d’ activité réelle ? Des recherches comparatives ont-elles été effectuées en confrontation avec des produits exclusivement issus de la synthese chimique ? Contrairement & ce qu’on attendrait, la réponse est non. ‘Aucune de ces recherches n'a été méme envisagée, et alors que la preuve de son inefficacité n'a jamais été faite, immense domaine de la thérapeutique végétale a été radié de la prescription remboursable, et relégué au rang de I'au- tomédication sauvage. La paradoxale simplification actuelle de la pensée médi- ccale, qui multiplie les médicaments mais se limite & la seule recherche des effets sur homme de molécules chimiques simples ciblées sur tel ou tel sympt6me - comme le sont les ‘médicaments officiellement reconnus efficaces - est de ce fait, en réalité, la véritable cause de I’exclusion par la méde~ cine des substances complexes, telles que peuvent létre les ‘médicaments & base de plantes médicinales, ou certaines substances d'origine minérale comme largile, et qui grice & ABC de Argite Ja multiciplicité de leurs constituants peuvent générer des cffets physiologiques puissants, & condition d’étre bien utili- sés et adaptés de fagon précise & Iétat endobiogénique du patient, A cet égard, exemple de Margile vert illite est tout & fait démonstratif des obstacles auxquels se heurte le médecin qui veut apporter une validation aux recherches qu’il a conduites, avec cette substance pour traitercertaines des affections pré- sentées par ses malades. és le début de notre installation, des patients nous ayant rupporté les résultats positfs qu’ils avaient pu obtenir grace a cette argile pour soigner certains de leurs symptémes qui Schappaient aux thérapeutiques habituelles prescrites. par leur médecin, et notre propre pratique confirmant certains des effets positifs obtenus, nous décidimes, le docteur C. Duraffourd et moi-méme, de mettre en place une recherche rigoureuse dépassant largement le cadre de notre seul exer- ice libéral. La nécessité que nous avions davoir une meilleure connaissance du matériel utilisé (argile verte illite) nous mena a travaller avec le professeur Pézerat,tiulaire de la chaire de Physique des Solides (Université Paris V). Ses tra- vvaux de physique fondamentale sur cette substance nous en démontrérent 1a complexité, et furent alors pour nous un ‘encouragement & continuer nos recherches, d’autant plus 4que I'activité antimicrobienne de cette argile se révélait tant au laboratoire que sur nos propres patients tout 2 fait excep- tionnelle, sans compter les autres effets: I'argile a en effet nnon seulement une activité antimicrobienne mais elle est aussi anti-inflammatoire, cicatrisante, anti-infectieuse etc. ‘comme, avec d'autres médecins, nous avons pu le vérifier de fagon constante. Prifaces Des recherches avee des substances dextraction naturelle ‘comme les plantes médlcinales utilisées dans leurs extraits ‘globaux pourraient étre conduites selon les mémes regles ‘que celles que nous avons mises en place pour les recherches liniques avec Iargile vert illite. Elles pourraient apporter la preuve de la réalité de l'acti- vité thérapeutique de ces substances. Mais ces dernigres ne donnant pas naissance & la possibilité de brevets eommer- ciaux, on peut s‘interroger sur I'intérét que peut leur porter Vindustrie pharmaceutique... Et partant sur leur reconnais- sance comme moyens thérapeutiques. Par la suite, nous avons été amenés & mettre en place des actions humanitaires en Afrique et & Madagascar. Pour ce faire, nous avons sollicité les médecins de notre équipe de recherche, membres de la Socisté Francaise d’Endobiogénie ‘et Médecine (SFEM, anciennement dénommée Société Frangaise de Phytothérapie et d’ Aromathérapie SFPA) pour {quiils participent avec nous & ces projets. Les actions rmenées ont débouché sur des perspectives thérapeutiques, considérables, confirmées chaque jour davantage. ‘Témoin les résultats que vient de nous communiquer en {évrier 2007, le professeur Nejib Doss, chef du service de dermatologie de "hopital militaire de Tunis, et dont on trou- vera des échos dans cet ouvrage. Le docteur Jean-Christophe Charrié est I'un des membres de notre équipe & avoir collaboré 8 ces actions humanitaires. Confronté & la réalité du terrain, il s'est proposé pour éerire ce livre dans lequel vous trouverez. 2 la fois une partie scien- tifique, une autre plus anecdotique rapportant certaines des actions menées, et une autre enfin 2 usage de conseil au patient ABC de VArgite Actuellement, le médecin ne dispose plus officiellement que des seuls médicaments reconnus comme tels par le sys- téme de soins, rentrant dans le cadre de la prescription impo- sée : un symptme = un médicament reconnu contre le sympréme. Ce cadre constitue ce qu'on appelle les « réfé- rences médicales opposables ». Qu’advient-il de Ia respon- sabilité du médecin s'il sort du cadre Iégal obligé ? La prise en compte de la spécificité du patient unique qui a en face lui, et le choix de moyens micux adaptés & cette spécificité que ceux qui Iui sont imposés seront-ils ‘encore possibles dans quelque temps ? Ou alors, faudra-t-i considérer qu’il existe désormais ‘deux types de médecine ? Celle officielle de la maladie, soutenue par des médica- ‘ments exclusivement synthétiques. Celle de la santé disposant sans controle des moyens médicamenteux que la médecine de la maladie aura rejetés cen les abandonnant a I'automédication Ne laisse-t-on pas se mettre en place, de ce fait, une redoutable dichotomie maladie/santé, qui risquera de se retourner contre les malades et les bien portants ? Docteur Jean Claude Lapraz Secrétaire Général de la SFEM INTRODUCTION nité: fruit de Pobservation de la nature, de lenviron- fnement et de I'etre, le savoir des tradipraticiens ‘semble exister depuis la nuit des temps. Il s'est pérennisé de fagon orale selon un rituel propre & chaque culture, avec les limites lies & un tel mode de transmission du savoir. Mais "homme a inventé I'6criture. Outil incroyable qui ui a permis de s'alfranchir des mémoires incertaines, et ‘aussi, au travers des iges, de partager ses connaissances avec ‘un plus grand nombre. Au fil des sigcles et des cultures, et en fonction de tout le savoir transmis par les diverses traditions, ‘ces connaissances accumulées ont permis & la médecine de se constituer en science. En améliorant la plus grande performance des moyens diagnostiques et thérapeutiques ainsi que T'accés de tous & des soins plus efficaces, la médecine modeme a permis obtenir des résultats spectaculaires. Elle s'est ainsi mon- trée porteuse d'espoir, convaincue dapporter une solution definitive & toute maladie. ‘Malheureusement, les années passant, un ensemble de problémes inattendus ont vu le jour. Des thérapeutiques d'une sophistication extréme, décorées de médailles attri- bbuées aux meilleures innovations médicamenteuses de l'an- I fa santé est au coeur des préoccupations de I"huma- 9 ABC de VArgite née, commereatisées&1’échelle mondiale et prserites a des nillions de patients sont soudainement retitées de la vente Pour raison de dramatique toxicité Comment comprendre qu’ayant franchi avec succes toutes les étapes de conirble, d'elfcacité et de non-toxcité requises par la science modeme, et répondant aux lis les plus exigeantes de la mathématique, de tels médicaments aient pu connatre un tel destin ? [Ne fautil pas voir dans ces fits les limites d'une straté- sie thérapeutique basée exclusivement sur la statistique, €est-idre ignorant la spécificité de chacun, et voulant faire Porter & tous le méme chapeau ? La non prise en compte de 1a réalité particulire de chaque individu, et la généralisation ‘da méme traitement pour tous ne sont-elles pas lune des rai- sons permettant de comprendre de tels échees, Préconisé et appliqué au plus grand nombre, sans discr- rmination particligre, le reméde semble etre pire que le mal gu’ est censé gure ‘Au sein de la Société Frangaise d'Endobiogénie et Médecine (SFEM)*, association médicale scientifique dont je suis membre, nous pensons que ceci vient du fait que la médecine a « oublié » "homme. On I'a saucissonné, disséqué, on Ia réduit& n'éte plus 4qu'un organe ou une association d'organes. Ce n'est plus homme qui souftre, c'est son foie, son eeu, sa prosiate, 5 ovaires, ete: Mais en le reconsidérant comme un étre unique, avee une histoire qui li est propre, un capital génétique spéciique, on peut alors comprendre les raisons qui font qu'une thérapeu- tique dont I’évatuation se fait sur la seule justification statis- tique, sans prise en compte de 'originalits de chacun puisse donner naisance aux pires effets négatifs observés. Intrxtucton Pourquoi la médecine ne se pose-telle pas de questions sur les exceptions ? Une réflexion approfondie, basée sur les ‘données de la physiologic moderne qui démontrent avec € dence qu'on ne peut appliquer & tous le méme traitement, permet aisément de comprendre pourquoi celui-ci doit étre adapté en fonction de chacun. Ceci permet d'envisager les raisons qui font qu'un médi- ‘cament testé selon des eritéres standardisés, et statistiques, ignorant la réalité propre de chaque individu puisse appa- remment étre elficace chez le plus grand nombre, par exem- ple chez 80 % des malades testés, et se révéler a usage inefficace chez les 20 % restants, ou méme ~ et de fagon décalée et non d’embiée apparente ~ néfaste ou dangereux chez un grand pourcentage d’entre eux. Et pourtant, la ‘médecine le prescrira 100 % des individus. Et pourtant, elle maintienda le médecin dans lobligation stticte de prescrire & tous le méme traitement standard’, cexcluant de principe tout ce qui ne relevera pas de sa vision, rejetant de fat bien évidemment toute thérapeutique, ou tout 1 Ee fica anima abort Merck Sharp & Bie Ce Vw ton) ea mae mod SOsepiemine 2001 prs det alors gc eit Cabin ramus del Rechte avait dene ques ames se 2 ser Frama de Pye Aromatic SEPA), 0 Gian scien fut on lr aynt le ade i sane frees on TTT oomnee Sooke Fase &Endahopeie et Madcine(SFESD dep 2002, Lede © Daa en et p= Senet le doce}, Lapa ieee én Sia medi a a dels sede proscription sf ete des fences metals oppores (RAO) et det conenes de conser nosant a ut meted peers pat ds eb faves stand we pear n om Ia, xc principe ote etn sr pelt deine maa o Bien Por, Tot calcined condannations a ABC de VArgie vée. Les médicaments synthétiques importés sont hors d'at- teinte de la majorité de la population, Ces pays auraient done tout intérét & produire sur place une part de leur pharmaco- pée. Or, la seule production de médicaments ne nécessitant pas un outil industriel considerable est représentée par les, 'hérapeutiques dextraction naturelle dont font partie Vargile et la plante médicinale, Notre mission s"inserit dans une volonté dapporter au plus grand nombre, et en particulier aux plus démunis, [a ossibilité d'avoir recours & des soins efficaces, avec la {garantie des données de la science actuelle, Et largile n'est pour nous l'objet d’aucun enthousiasme extravagant, d’engouement ésotérique particulier ou écolo- szique béat. En plus de vingt-cing années d'utilisation prati- cienne, nous avons appris & en connaltre les possibilités et les limites. Pour nous, son usage rentre dans le cadre des substances naturelles & structures chimiques et atomiques t2s élabo- ‘ées, La science modeme commence & peine en déerypter Vétonnante complexité. L'attitude critique exclusive dans laquelle se cantonne la médecine & I’6gard des argiles face & des millers d’observations objectives faisant état d'une effi- ceacité réelle nest pas justilige au plan de la logique de la recherche. Le véritable esprit scientifique se soumet aux faits. I ne les refuse pas, méme lorsque ceux-ci s"inscrivent, en contradiction avec ses propres présupposés. Avant de conclu, il analyse et considere les résultats qui sont soumis {sa critique, Ce n'est qu’au terme dune vraie réflexion qu'il sera autorisé & les définir comme illusoires s'ils s‘averent ainsi. Mais jamais a priori, Crest pourquoi nous allons tenter dans ce livre d'apporter toutes les connaissances qui vous permettront de vous faire Introucton votre propre opinion. Ce sera a vous de die si usage de Fargile verte illite en médecine humaine est justfié. Sortir de empirisme est notre but primordial, avec l'espoir que les plus réticents de principe & ce type de produits auront ainsi & leur disposition toutes les références nécessaires leur per- ‘mettant d'approfondir leur recherche et de tier leurs propres conclusions. Mais commengons par parler de notre expérience et de notre véou avee cette amie quest large. 1 Lure, UNE HISTOIRE HUMAINE, 1.1 EXPERIENCE HUMAINE Crest au début de leur pratique médicale que les docteurs Christian Duraffourd et Jean-Claude Lapraz ont été confron- ‘és a des patients qui utlisaient 'argile de fagon empirique pour tenter de trouver un soulagement & leurs maux. Hommes de science, d'esprit ouvert et curieux, interpel- 1s par les résultats qui leur étaient rapportés, ils sont alors entrés en contact avec I'un des fournisscurs d'argile en France, la Société Argiletz', pour tenter d’approfondir leurs connaissances sur ce produit. Ils ont également tes t6t col- laboré avec un spécialiste francais des argiles, le professeur Henri Pezerat’, scientifique de haut niveau, bien connu pour avoir soulevé le probleme de I’amiante en France. I est res- sorti de ces rencontres une grande partie des résultats dont je ferai état au cours des chapitres suivant. ‘Laboratoire Arglew S.A 14, rout d'Echarmpeu 77440 Liny-sur-Oureq France. 5. Cxéaeur du groupe Francais des Aries en 1979, titular de la Chie ‘de Physique des Soldes Université Pierre et Mare Curie, Pais. 0 ABC de VArgile Depuis le début de leur recherche, ces deux médecins se sont placés dans une démarche s’efforgant de comprendre — ala lumite des connaissances de la science moderne ~ les raisons pouvant expliquer les effets thérapeutiques générés par les substances dextraction naturelle, au rang desquelles figurent les substances végétales (les plantes médicinales) et mingrales (les argiles). C'est ainsi qu’ils ont organisé & ‘Tunis, en 1993, avec le professeur Rachid Chemli, le pre- ‘ier congres intercontinental « Plantes médicinales et phy- tothérapic clinique », au cours duquel ils ont pu faire état des travaux qu’ils effectuaient depuis 1972. Ce congrés a réuni plus de 400 participants, chercheurs de diverses disciplines ‘médicales et pharmaceutiques, enseignants venus de 43 pays différents. Les textes des conférences ont été réunis dans un ouvrage intitulé La plante médicinale, de la tradition @ la science’. Frouvre ici une parenthése importante pour que le lecteur comprenne dans quelle dynamique nous nous situons. Lorsqu'on utilise des produits d’extraction naturelle, immé- ddiatement deux modes de pensée et d’approche s'opposent ‘quant leur usage : Ia vision irationnelle ~& fondement sou- vent ésotérique ~ et celle rationnelle, & laquelle en tant que médecin et scientifique bien évidemment j'adhte, aux c6tés de mes confteres qui participent & ce type de recherche et usage. Le poids de la tradition, avec sa transmission orale et toutes les informations successivement surajoutées au cours du temps, a donné naissance & de vastes compilations. Celles-ci contiennent des faits dobservation oit se mélent trop souvent, a c6té dinformations vraies, des projections ‘magico-religieuses, attribuant aux plantes et aux minéraux (dont 'argile) des. propriétés chimériques. Qui n'a pas 8 ite ne histoire humaine centendu parler des hommes-médecines, des marabouts, des sorciers, ou, plus proches de notre culture, des guérisseurs, encore bien présents dans nos campagnes : ces hommes et ces femmes qui utilisent depuis la nuit des temps, de fagon cempirique, les plantes et autres remédes dits « naturels » ? Test d'autant plus difficile de faire Ia part du vrai et du faux, du réel et de Villusoire, dans toutes ces données de la tradition, que les connaissances scientifiques modernes sont ‘souvent bien minces dans ces domaines, méme si des ethno- médecins et d'autres scientifiques travaillent sur ce sujet ‘pour tenter de déerypter ce qui se cache sous l'apparente magie. effet attribué a la magie (ou regardé comme ‘magique) ne serait-il pas celui que nous qualilions de pla- cébo? En tant que médecins ayant recours pour nos patients ~ 2 ‘e6té de médicaments synthétiques quand ceux-ci s'averent indispensables ~ & l'utilisation de plantes médicinales et de substances minérales, il est toujours facile pour nos détrac~ teurs de nous assimiler aux guérisseurs ou autres marabouts, tant T'orthodoxie classique peut rejeter par principe toute thérapeutique hétérodoxe, Ceci malgré des connaissances médicales en la matitre. ‘Alors méme que 'OMS' préconise un retour & la plante ‘médicinale pour permettre & l'ensemble de Phumanité ~ et rnon a un cinguidme, comme actuellement ~ d accéder a des soins, un courant de pensée, exclusivement attaché a Vallo- 6 Professeur de pharnacognosi, responsable denseignement la faculté de Pharmacie de Motastir— Tunisie 7. Sous Ia dretion des Docteurs C. Duraffourd et -C. Lapraz etd rofesseur R. Chem, éiions Grancher, 1997 1. In Panorama de Médecin du 240S102 N° 4849 )p. 13. Tt texte de OMS + « Strtéeies pour les mecines waditionselles pour 2002 2005 » » ABC de VArgile Pathie et convaincu que l'avenir de la médecine passe par la seule molécule chimique, réfute la nécessité dune réflexion ‘médicale véritable dans ce domaine, Nous sommes pourtant intimement persuades que la plante médicinale et les autres facteurs d'extraction naturelle représentent une part prépon- dérante de la médecine de demain, une médecine accessible tous, une médecine plus libre car non dépendante exclus vernent des brevets commerciaux, les produits d'origine naturelle n’étant pas brevetables. Nous sommes des médecins, et lorsque nous avons ecours aux substances d’extraction naturelle dans notre pra- tigue, ce n'est pas pour recourir a la magie. Nous ne nous inscrivons ni dans une vision sectaire, ni dans Villusion du. ‘miracle. Si nous avons parfois des résultats cliniques inespé- és, cela tient uniquement aux propriétés de l'outil thérapeu- tique que nous utilisons et aux efforts que nous faisons pour tenter d’en faire une utilisation rationnelle et cohérente. Si ‘nous nous sommes intéressés ala Tradition c'est pour y pu ser le fond de vérité qu’elle contient et que la science d'au- Jourd’hui commence a confirmer. Autrefois, la science était bbasée exclusivement sur observation empirique, ‘ayjourd’hui elle utilise des outils qui modifient son observa- tion et son interprétation des fats et apportent ainsi des now velles données, qui confirment ou infirment celles rapportées par la Tradition, Grace & ensemble des données que nous avons pu recucillir sur I’Argile, son usage a pu s'inscrire dans une logique médicale en tenant compte ala fois de ses propriétés, ~ justfiant ses indications et ses contre-indications d'emploi et du diagnostic clinique posé. Nous l'avons utilisée dans notre pratique quotidienne vee une efficacité qui dépasse parfois nos espérances. Cest 30 te, une histoire humaine tun bon outil a divers titres, En outre, la modicité des cotits de traitement et le bénéfice obtenu chez nos patients nous. ‘ont motivés pour promouvoir son usage de fagon étendue. Crest pourquoi nous avons proposé utilisation de 'argile dans de nombreux programmes humanitaires, Cette aventure, que je vous détaille ci-dessous, a été ‘conduite en Afrique par le docteur Jean-Claude Lapraz 1.2 UN ENGAGEMENT HUMANIPAIRE. Voici l'histoire d'une prise de conscience qui a conduit & un combat altruiste, sans autres moyens que ceux fournis par la bonne volonté. En ce dimanche de juillet 1994, le docteur Jean-Claude Lapraz regarde le journal de 13 heures de TF1. Des journa- listes montrent aux Frangais, un enfant qui se vide de ses entrailles, soutenu par deux médecins. L’agonie éludée, mais que tout le monde devine, est au bout de la pellicule. Cette image, c'est celle du choléra. Cet enfant, contaminé par le vibrion cholérique, qui s'est r6pandu Ala vitesse d’un few de palle dans le camp des réfu- ‘igs rwandais & Kigali, n’échappera pas & la mort En effet, selon les représentants des organismes officiels cen charge de Ia Santé dans le monde, aucun des antibiotiques les plus puissants mis au point par la science médicale ne présente la moindre efficacité sur ce type de germe. ‘L’enfant va mourir rapidement du fait de la déshydrata- tion intense que la toxine cholérique induit. Bien au fait des effets des thérapeutiques dextraction naturelle, le docteur Jean-Claude Lapraz sait - comme tout ‘médecin — que le seul traitement a proposer dans de tels cas 3 ABC de VArgile est une réhydratation & mettre en place de toute urgence. Mais ce traitement, qui permet certes de sauver des vies ‘humaines, ne peut concerner que quelques personnes et son application a grande échelle est inconcevable du fait des Conditions dramatiques régnant dans ce gigantesque camp de réfugiés, qui regroupe plus d’un million de personnes. Et, de surcroit il coite tres cher. En outre, il ne bloque pas Pac- tion de Ia toxine et ne permet d'arréter ni les vomissements, ni les diarshées consécutives & son ingestion, De plus, aucun ique n'est efficace & ce stade, comme le reconnat le ‘ministre de la Santé Iui-méme au cours de Tinterview qu'il donnée & TF dés son retour du Rwanda, Le docteur Jean Claude Lapraz sait aussi que l'argile verte illite ~ en vente libre dans toutes les pharmacies fran- saises et qu'il utilise depuis si longtemps dans sa pratique ‘quotidienne et dans des travaux de recherche — posséde des propriétés intéressantes sur le vibrion responsable du cho- 1éra, ainsi que sur sa toxine. Alors, pense-til, pourquoi ne pas utiliser, alors que son coat est dérisoire, et qu'il suit de donner aux réfugiés cee arte mélangée eur eau de Face a I'ampleur d’un tel désastre humanitaire, il ne se sent pas autorisé a rester dans le silence et l'inaction. Il décide alors de prendre son baton de pelerin pour informer et convainere les autorités politiques, médicales et adminis- tratives de lintéret que peut représenter cette argle illite comme aide possible pour ces milliers de réfugiés mourant du choléra, Et ily a urgence. Des dizaines de milliers de vies sont en jeu au Rwanda, Apres avoir contacté les grandes organisations humani taires & I’euvre dans les camps pour leur proposer de mettre €n place ce projet, il s'est trouvé confronts & un refus systé- 2 Ive, une histoire humaine ‘matique sous prétexte que cette manceuvre était trop difficile A gérer, compte tenu des conditions de vie sur place... Et bien qu’ayant pu obtenir les plus hauts contacts pos bles avec les autorités ministérielles frangaises et que, cconfrontées aux nombreux documents scientifiques qu'il avait mis & leur disposition, celles-ci aient été dans un pre~ rier temps favorables a un tel projet, elles relégudrent trts, vite celui-ci dans leurs cartons, alléquant le fait que jamais tune telle mesure n’avait été mise en place. L’éthique médicale, avec ses exigences tes spécifiques, imposait obligatoirement un tel refus ; les critéres scie fiques habituels n’étant pas « respectés », on ne pouvait prendre le risque d’apporter de l'argile en Afrique, méme si des milliers d'hommes, de femmes et enfants mour du choléra, alors que des milliers de personnes absorbent cette argile avec suceés, chaque jour en France depuis des décennies. (} situer la vraie cause d'un tel refus ? Ne trouve-telle pas en réalité son fondement dans le fait que le seientisme ‘occidental d’aujourd’hui, emprisonné dans sa culture, rejette de principe toute méthode qui se rattacherait 4 des données cempiriques ? Il a perdu les connaissances de ses peres, et naccorde sa confiance qu’a la seule chimie. Lthomme est ainsi réduit en quelque sorte &I'état d’étre « extra-errestre >, alors qu’il peut tirer beaucoup des ressources de la plante ‘Terre pour lui-méme et pour assurer le maintien de sa santé, La médecine actuelle s'est persuadée que l'avenir de homme malade ne peut étreassuré que grice aux manipu- lations chimiques. Or, celles-ci ne sont pas le seul recours, ppermettant & "homme d’échapper & sa perte. Force est de constater que dans le cadre du choléra, Vhomme n’a pas trouvé dans sa science modeme le traite- B ABC de Argile ‘ment efficace qui permettrait de sauver d'une mort certaine des milliers de sujets contamings lors de grandes épidémis. ‘Ainsi,rejeté sans appel, le projet d’apporter de T'illte au Rwanda n’eut pas lieu... Mais les contacts que le docteur Jean-Claude Lapraz avait pris pour tenter d'apporter une leur d'espoir & ce gigan- esque probléme humanitaire vont Iui permettre bientt ouvrir d'autres porte. Ces portes lui furent ouvertes par le professeur Jacques Reynier, qui I'avait soutenu au cours des démarches qu'il avait entreprises pour le Rwanda. Ce grand patron, doté de ‘qualités humaines exceptionnelles, chef de la clinique chi- rurgicale générale et oncologique de I'hépital Boucicaut (AP-HP Paris), présidait a cette époque la commission médi- cale de Ia Fondation des lépreux Raoul Follereau. I connais- sait bien les docteurs Christian Duraffourd et Jean-Claude Lapraz. pour les avoir intéerés depuis quelques années ‘comme attachés de consultation dans son service. Il les avait sollicités dans le but d’aider ses patients cancéreux ~ griice & des traitements endobiogéniques phytothérapiques — & ‘mieux supporter les effets néfastes des traitements chimio- thérapiques et radiothérapiques modernes qu’ils étaient dans obligation de prendre pour le traitement de leur cancer. Informe que leur projet humanitaire au Rwanda venait de se solder par un refus catégorique il leur proposa alors de mettre en place ~ loin de Meffervescence médiatique qui centourait Ia catastrophe humanitaire du Rwanda ~ un autre projet & plus longue échéance, pouvant parfaitement s'inté- agrer dans le cadre Iégal des statuts de Ia Fondation Raoul Follereau, association dont la finalité premiére est d'assurer la prise en charge des malades lépreux dans le monde, ey Mite, ane histoire humaine Pourquoi ces deux médecins, qu'il connait bien, ne reprendraienis pas leur projet, mais appliqué cette fois aux malades Iépreux ? Liargile pourrat-lleétre utilisse par voie cexterne chez ceux d'entre eux dont l'état catastrophique pose tant de problémes 8 la Fondation : ceux impotents dont les pieds ont été détruits parla lopre ? Er c'est ainsi qu le Dr Jean-Claude Lapraz se retrouva en C6te-d"Ivoire pour Nod! 1994. En collaboration avec la fon- dation Raoul Folereau, ily a fait son premier voyage de ta- vail. Son objecif consist évaluer sur place ce qu'il ait possible de réaliser avec Fargile — et peut-étre aussi avec les plantes médicinales — sur les complications cutanées de la lepre et dans Tulcére de Buruli,redoutable maladie qui <étrut la peau et Ie derme de celui qui en est frappé. Ta ains fat plusieurs voyages en Afrique. Que ce soit en Cote-d'Ivoire, au Sénégal, au Bénin, en Guinée ou au Mali Ses actions se sont toutes orientées vers I'établissement de relations de travail et de recherche, 1a fois dans les hopi- taux et surle terrain, avec les centres offciels des ministéres de la Santé et des services en charge des Grandes Endémies 4e ces divers pays, ou d’organismes tel l'Institut de Iéprolo- sie appliquée de Dakar (ILAD), ou de I'Ondre de Malte, ou encore le grand Centre de léprologic de l'Afrique de Ouest (Contre Marchoux au Mali). Les efforts considérables qu'il effectua seul pendant plusieurs années ont permis d'apporter des preuves offi- cielles de Mactivité thérapeutique de 'argile ilite, et de certaines plantes médicinales, dans les maladies de l'appa- reil digestif et de celles présentées par les malades lépreux (voir chapitee 3) 35 ABC de VArgite 13 Er Mapacascar, Madagascar, cette grande fle de Vocéan Indien, grande ‘come la France et le Benelux réunis, était jusqu'en 1999 indemne de choléra. Cela veut dire qu’aucun membre de sa population n’avait été contaminé par le vibrion et que, de ce fait, aucune défense immunitaire n'était acquise. Lorsque invasion eut lieu, celle-ci fut ravageuse, Touchant l'ensem- ble de la population, de nombreuses personnes moururent, (chiffre proche du millier). Malgré la mobilisation nationale ct internationale, I'épidémie ne fit que se propager et aucune des mesures mises en place par l'OMS n’arriva & Varrter, ‘Mis au courant des travaux de la SFEM/SFPA, le prési- dent de la République de Madagascar, Monsieur Didier Ratsiraka, soubaita alors rencontrer Te docteur Jean-Claude Lapraz afin de s'informer sur la possibilité de mise en place, dans le pays qu'il dirige, d'une action humanitaire de grande cenvergure & T'aide de 'argile pour tenter de lutter contre cette épidémie. CCelui-ci lui expliqua ators longuement que nous n’avions, pas d'expérience clinique concemant le choléra, mais que, ‘compte tenu de nos connaissances des propriétés de l'argile verte illite, il ne lui paraissait pas déraisonnable d'envisager cette thérapeutique en adjuvance des traitements établis par TOMS, sur un mode identique au projet qui avait déja été proposé quelques années auparavant au gouvernement fran- sais lors de la crise du Rwanda, Plusieurs raisons pouvaient justiier usage de 'llte pour tenter d’aider & utter contre une épidémie de cetie nature : = Vimportance de tous les travaux cliniques et fondamen- taux qui avaient déja été menés avec cette argile depuis de si rnombreuses années, et qui avaient démontré qu'elle possédait 36 Ite, une histoire humaine ‘des propristés thérapeutiques dont on pouvaitraisonnablement [penser ue les malades cholériques peuvent en bénélicier, = Pamélioration clinique qui pourrait, de ce fait, étre apportée aux malades, ainsi que lespérance dune augmen- tation du nombre de vies sauvées, = le faible codt thérapeutique global du traitement, ne ‘dspassant pas la valeur dun seu! flacon de 500 ml de solu- tion réhydratante injectable, + le fait de participer 2. une aventure humaine permettant de mettre en Evidence, a grande échelle, intérét des théra- ‘peutiques d’extraction naturelle et peu onéreuse dans la prise ‘en charge de maladies aussi graves que le choléra, = Ia possibilité qu'une telle action puisse déboucher sur la recherche de carrigres dillite sur place, tel que nous avait, Jaissé apparaitre comme hautement envisageable le profes- seur Rautureau?, ce qui pourrait permettre ainsi une indépen- dance thérapeutique, voire générer une certaine richesse ‘économique par une exportation de cette substance vers les pays voisins, = le fait aussi qu’un tel choix politique placerait Madagascar en tte des pays du sud investissant dans une politique de santé accessible au plus grand nombre et aux plus démunis, bénéfique aussi bien pour les pays dits du sud ‘que pour ceux dits du nord, et, au-dela de la seule utilisation de l'argile, le dévelop- ppement de recherches a grande échelle dans le domaine de la pphytothérapie permettrat aux pays en voie de développe- ment d'acquérir une plus grande indépendance sanitaire ‘geiice 8 la valorisation de leur propre pharmacopée. 1 Profescur M, Rautureau, Cente d'Euwdes de la Matire Divisée, Secraire honorsire da Groupe fungus des Arges, Laboratoire decis- tallsraphie, CNRS-Orléans. a ABCde VArgile Convaincu de Mintérét de toutes ces informations étayées par des dossiers scientifiques solides, le président Ratsiraka prit la décision + dans son pays un tel projet avec aide technique et humaine des médecins de notte équipe. Cette équipe de médecins, tous membres de la ‘SFEMISFPA et dont je fis partic, a done rejoint le docteur Jean-Claude Lapraz & Porigine de cette 6popée, Nous avons travaillé en collaboration étroite avec le directeur de cabinet du ministre de la Santé, le docteur Armand Ralaidovy, avec également le directeur de I’Agence du Médicament, le doc- teur Jean René Randriasamimanana, mais surtout, sur le ter rain, avec le docteur Roland Robinson Andrianirina, Le laboratoire Argiletz a fait un don de plusieurs tonnes argile pour permetre 1a mise en place immédiate des dif- férents.protocoles envisagés, et surtout pour soigner en "urgence les patients victimes du choléra. Nous avons ainsi pu apporter un soutien technique & Madagascar, de fagon bénévole. Ce soutien se résumera en priorité par la mise en place d'une étude sur lillite et le cho- léra, mais aussi, d'autres études sur 'action de Villite dans le ceas de diarrhées aigués infantles, ainsi que dans les maux perforants plantaires des lépreux. Commeneé des les pre- Imiers mois de l'année 1999, ce travail de grande envergure a été malheureusement interrompu par les événements poli- tiques qui ont gravement secoué Madagascar & la suite des lections présidenticlles de fin 2000. Notre équipe a réalisé pendant cette période sept missions humanitaires qui se sont 6chelonnées sur plusieurs mois. Je vous propose maintenant de reprendre avee vous ‘quelques lignes de mon caret de voyage. 38 ite, ne histoire humaine 1.4 MabaGAscaR, LA GRANDE ILE Histoire de notre arrivée sur la grande « ile » La vive chaleur éprouvée en ce mois de janvier 2000, dés ma dscente d'avion, est le premier souvenir que je garde de mon arrivée sur 'lle de Madagascar dont nous venions de survoler les rizitres. Il restera marqué & jamais dans ma mémoire. Et a chacun de mes retours sur cette grande ile, c'est toujours le souvenir de cette arrivée qui se présente & mon esprit. La cha- leurest tombée lourdement sur mes épaules ce jour-la comme Te fit, peu aprés, Ie poids de ma prise de conscience de la mistre da monde et de importance de I'humanisme et de Praltruisme dans la vie de tout individu. ‘Madagascar, nous voila ! Je me souviens de notre accueil & aéroport par le ditec~ teur de cabinet du ministre de ta Santé, le docteur Armand Ralaidovy, Le docteur Jean-Claude Lapraz le connaissait bien, pour I'avoir déja rencontré a plusieurs reprises lors de ses précédentes missions sur I'l et avoir développé avec lui tune stratégie humanitaire « agile illite » & échelle du pays. Immédiatement, notre conversation s'est portée sur les nou- velles concernant le choléra. L'extension de l’épidémie avait repris & cause du retour des pluies, mais annonce des résul- tats intéressants concernant l'utilisation de Vargile verte tige depuis quelques semaines a I'ile de Nosy Bé" chez les patients atteints de choléra me fit chaud au coeur. Ces résul- tats étaient prometteurs et cela se percevait de toute évidence sur le visage amical et chaleureux de notre interlocuteur. "Nous étions donc attendus, et cette chaleur humaine immé- diatement éprouvée auprés des médecins malgaches, qui se TO Révulas que vous poorer wowver dans le chapitre 3, » ABC de Vargile consacraient& une lutte désintéressée contre V'épidémie, m'a oui les profondes motivations nécessaires la poursuite des autres missions au cours desquelles nous avons eu. subir bien des déboires, provenant de fagon tout fit inattendue d’orga- nismes offices. A ma grande stupsfaction, je découvre us rapidement que nos projets génent. Notre innocence, ainsi que notre vision utopique du monde humanitaire, fondée sans doute trop naivement sur notre seul désir de vouloir apporter de aide & Phumanité font peur et dérangent. Nous sommes en quelque sorte des électrons libres, car nous n’appartenons & aucune structure Etat, ni A aucune ONG (Orzanisation Non Gouvernementale) et, de plus, Ie protocole proposé sort des cadres étoits définis par la science officielle... Une tele position, totalement inhabi- tuelle dans le monde trés structuré et encadré de Ihumani- faire, ne peut que troubler et importuner. Tout a alors été tenté pour essayer de nous déstabiliser. Jusqu'a la publication le lund 7 f€vrier 2000, en premitre page du quotidien malgache le plus Iu, L'Express de Madagascar, d'une photographie sur laguelle je figure aux c6t6s du docteur JC. Lapraz.et du Président de Ordre des Médecins, le docteur Jean-Louis Robinson. Cette photo avait été prise le 19 janvier précédent au cours de la conférence de presse qui avait été organise & la demande du ministére de la Santé pour nous permette d’ex- pliquer a tous les acteurs médicaux impliqués dans la lute contre Iépidémie les premiers résultats positfs obtenus & Nosy Bé, et quels enjeux humains et scientifiques se met- taient en place. EE, sous la photo, une légende de deux lignes : « argile verte et choléra, les promoteurs de Farge verte, une vaste ‘escroquerie ? » Suvait un article calomniateur et mensonger It, ume histoire humaine avbésitant pas A « crier @ la fumisterie »,& 1a manipulation scientifique par « suppression de lots-témoins » et par « les affirmations gratuites » ~ et, bien évidemment, sans aucun fondement — « faites par des gens plus ou moins liés aux pro- moteurs» En quoi consistat I'escroquerie dont on nous accusait publiquement ? Avoir apporté, pour les mettre au service des malades malgaches, plusicurs tonnes d’argile verte illite données gratuitement & Madagascar par la société Argiletz ? ‘Avoir donné notre temps & ce pays ? Avoir aussi fait abandon temporaire de notre activité professionnelle en France, et plas encore du temps que nous n’avons pas donné {anos familles ? Avoir dépensé sans compter notre énergie sur le terrain, dans les difficiles efforts consacrés a la réalisation de ce pro- jet humanitaire, en une collaboration étroite assurée jour et ‘nuit avec les médecins malgaches des services des Grandes Endémies ? ‘Avoir accepté délibérément de courir des risques en par- ticipant & des actions sanitaires dans les bas quartiers cloa- ‘eaux de La capitale, contaminée de fagon massive par les vibrions cholériques ? {A nvavoir enfin ~ alors que seul Pintérét humain et intel- Teetuel a motivé notre Equipe dans la poursuite prolongée de ces actions humanitaires désintéressées — aucun intéret finan- cier dans ce projet totalement bénévole, puisque notre équipe 1a jamais sollicité aucun dédommagement pour le manque & ‘gagner consécutif & l'art de notre exercice libéral ? "Nous n’éprouvons aucun regret ni aucune amertume d’avoir ‘eu a subir tlaques et critiques, car il nous semble que impor- tance des enjeux scientifiques et médicaux pour la santé des 4 ABC de VArgile ‘malades peut imposer le choix libre de quelques sacrifice. Nous avons toujours joué la transparence absolue, Cette confé- rence publique que nous avons donnée a Tananarive, &inten- tion des scientifiques malgaches, nous a permis 'exposer nos connaissances et aussi nos questionnements, selon la démarche scientifique habituelle. C’était pour nous lessentiel ‘Qui avons-nous dérangé ? A quels intéréts occultes nous sommes-nous heurtés ? Autant de questions auxquelles a ce jour encore nous n’avons pas de réponse: Ce qui est sir, c’est que I’argile, tout comme la plante, n'est pas brevetable. De ce fait, dans le monde d'au- Jourd"hui, ces produits naturels ne présentent aucun intérét €conomique pour les groupes financiers. Et pourtant, ces ‘mémes groupes ont peur de telles substances car ils redou- tent que leur efficacité scientfiquement reconnue ne vienne tun jour, dans un temps plus ou moins proche, metre & mal leurs propres productions. Heureusement, toutes les tentatives de par le monde qui Ont été menées pour tenter de breveter les plantes médici nales se sont soldées par des échees, La plante appartient & humanité tout entire. Liargile également L’expérience de Madagascar nous a montré, par la suite, 4que la promotion de projets humanitaires tels que ceux que ‘nous avons initiés li-bas, se heurte a des obstacles quasiment insurmontables : d'ordre & la fois intellectuel, idéologique, ‘administraifet surtout financier. II n'est d&cidément pas aisé de rester médecin humaniste dans un monde, oi hélas, 'at= gent prime sur humain, Au cours de nos différents voyages, nous avons edtoyé toutes les couches de la société malgache. Et nous avons été a Ite, une histoire humaine profondément touchés par la sympathie mais aussi la fierté dui émane de ce peuple. Ce contact intime que nous avons pu établir avec Iuin’a fait que renforcer notre volonté d’aider ce pays ~ I'un des plus pauvres du monde ~ non pas en se substituant & lui, mais en mettant& son service et a sa dispo- sition les compétences techniques que nous pouvions lui offrir, dans le but de lui permettre d’acquérir une plus grande autonome. Tel fut notre projet. Mais reprenons maintenant le cours de notre voyage. Une fois les bagages récupérés, nous avons eu droit & un chauffeur et son 4x4 pour nous conduire a’hotel. Le trajet de 'aéroport au centre-ville fut Porigine de mon deuxime cchoe, Nous étions dans un 4x4, anodin & premitre vue, ‘comme on en voit beaucoup dans nos villes occidentales, ‘mais ici, vu tat des routes, usage de ce genre de véhicule peut se justfier. La mistre qui s’offrait & notre regard pen~ dant que la voiture dévorait I'asphalte donnait un luxe inout a chaque détail de notre véhicule. Pour la premitre fois de ‘ma vie, je découvrais un pays pauvre. Ceci n'est pas péjora- tif, et je m'en excuse auprés de mes amis malgaches, mais Jusqu’a ce jour, avais eu peu de possibilités de sortir de France. C’ést sans doute pourquoi je fus si violemment ému. Je narrivais pas & comprendre ce qui manquait au paysage pour qu'il soit magnifique. Un petit rien subtil et pourtant fondamental manquait & mes yeux habitués a la banalité de la richesse d’une ville comme La Rochelle. L’argent n’était pas I, mais les traces de son passé du temps de la colonisa- tion, avant l'indspendance de Iile acquise en 1960, étaient encore incrustées dans le paysage, comme les cicatrices dou- Toureuses d'une époque od la misére avait d'autres causes. “6 ABC de Farge Nous roulons sur la route-digue, & notre droite se trouve la digue qui nous masque le paysage, & notre gauche I'éten- due des rizitres en contrebas. Visiblement, les riziéres sont au niveau de la nappe phréatique. Un minuscule monticule apergu au loin se révele étre une ferme qui semble &I'aban- don, Mais, surprise, j'apergois une multitude d’enfants jouer autour, et une femme, qui doit tre Ia mére, sortir avee une bassine émaillée comme celle qu’avait notre grand-mere, Cotte ruine perdue au milieu des rizires estdone habitée au ‘quotidien par une famille nombreuse ! Et elle n'est protégée de Peau que par la route-digue. Que se passerait-il sila digue venait a rompre. Toutes ces habitations éparpllées autour des rizidres seraient vraisem- blablement inondées jusqu’a hauteur des premitres fenétres. Lraceessibilité a I'aéroport serait compromise. Si j'insiste sur tous ces détails, apparemment anodins, est pour que vous compreniez que de telles conditions géo- logiques, od l'eau est omniprésente, stagnante, expliquent pourquoi le choléra peut se répandre si rapidement dans le pays a chaque pluie. Ici vous avez la maison, li endroit od Von puise I'cau, la une petite retenue od I’on éleve quelques Poissons, et lt & c6té ~ dans le méme bourbier ~ les latrines. Les habitants vivent au niveau de l'eau, et pourtant ils n'ont pas l'eau courante dans la cabane qui leur tient licu d'habi- tation, et surtout ils n'ont pas de systéme organisé d’évacua- tion des eaux sales, Je réalise alors trés rapidement que notre mission huma- nitaie, ainsi que celle des ONG sur place, n’aura aucune efficacité & long terme sur le choléra, car pour le combattre, il faut revoir toute I'infrastructure hydrologique du pays. Léradication du vibrion cholérique & T'échelle du pays ne peut se faire qu’au prix d'une vaste campagne de travaux ite, une histoire humaine publics dont le pays Iui-méme n’a pas les moyens. Madagascar étant une ancienne colonie frangaise, nous res~ sentons quelle lourde responsabilité notre pays porte, et ce sur plusicurs générations. Cette « grande ile » semble aban- donnée par l'aide internationale, Abandon ’autant plus évi- dent quand on connait extraordinaire amélioration des infrastructures réalisées ces demitres années a 'le Maurice = toute voisine. On ne peut pas comprendre pourquoi “Madagascar ne bénéficie pas daide en la matiére. Le poten- tiel touristique y est énorme, mais rien n'est fait Soigner chaque personne frappée par le choléra est bien str indispensable, mais ne pas soigner le pays du choléra constitue une erreur de stratégie thérapeutique. La vision slobale que nous apporte la médecine endobiogénique nous donne une compréhension plus générale des problémes & résoudre, qui ne saurait limiter la lutte contre fe choléra aux seuls apporis de soins médicaux :I’économique, le politique, ct bien d'autres secteurs doivent étre completement repensés sous peine d’échec, tous domaines qui ne sont, bien str, pas de notre ressort. Une fois la zone de campagne traversée, nous entrons. dans les faubourgs de la capitale, Antananarivo, La surprise, pour nos yeux d'occidentaux, c'est de découvrir les bou- tiques : de simples planches dune couleur indétinissable, sur lesquelles sont disposés ici des morceaux de viande posés péle-méle, avec un gamin qui agite au-dessus deux. tune queue de vache pour faire fuir les mouches. C'est de voir, Ia, sur Métal voisin, des Iégumes bien rangés, mais, ‘qu'on n’oserait pas méme toucher tant ils paraissent sus- pects. C’est aussi dobserver le camion, qui sert de bus privé, ‘en train de charger ses voyageurs tout en crachant par la ‘méme occasion ses poussigres de diesel sur les victuailles 45 ABC de Farge précitées. Voir les conditions d’exposition des dentées ali- mentaires, c'est voir aussi, comme en filigrane, le choléra qui tel le Malin se rrait de nous. Larrivée & Mhotel nous rassure car nous avons la chance dy découvrir un confort a occidentale. Mais, en méme temps, ce confort nous met mal A ’aise... Refermons les feuilles de notre caret de voyage et reve~ hhons au vif du sujet pour dresser un constat. * Chacun de nous a investi beaucoup de son temps pour promouvoir l'usage de lillite 4 Madagascar. Nous sommes hheurcux de la réussite partielle que nous avons obtenue. En effet, une premiére étude a été réalisée et a confirmé Mintérét de Villite dans le traitement du choléra". 11 faudra mainte rant que nos détracteurs composent avee ceite étude. Qu u'en disent les critiques, elle a été réalisée dans les mei leures conditions possibles, compte tenu du contexte épidé- mique généralisé et des conditions sanitaires épouvantables du pays. Grice surtout au professionnalisme et & I"huma- nisme du docteur Roland Robinson Andrianirina, homme de trés grand dévouement et pour lequel nous gardons une immense estime. Cotte étude a démontré que l'on pouvait, grice a Vlte, réduite la durée et la quamtité des vomissements induits parle vibrion responsable du choléra. Ce qui est considérable. Car {tant que persistent les vomissements, il faut faire aw malade des perfusions réhydratantes. Celles-ci coftent cher, et les conditions matérieles dans lesquelles elles sont réalisées sont parfois douteuses du point de vue de Phygitne, malgré Te haut niveau de compétence du personnel rencontré, et & ‘cause simplement et malheureusement de la pauvreté 1 Résaliats doris au capite 3 46 Mite, ne histoire humaine Elle a également démoniné que illite réduisait la durée et Ja quantité des diarshées émises, ce qui est considérable quand on sat qu'un cholérique peut perdre plus de 10 litres de sellesliquides par jour. Au total, les patients sous illite avaient une durée e’hospitalisation pratiquement inféricure de deux jours & colle des patients qui n’en prenaient pas, pour uné durée moyenne de cing jours d hospitalisation Done, un bénéfice économique considérable & l'échelle du pays. De plus, du fait de I'amétioration rapide des signes cl niques, la mortalité était bien moindre chez les patients sous ile, D’ou une économie de vie considérable, et cela est aussi trés remarquable Dans le cadre de ces recherches, un biologiste malgache a constaté que dans les selles des patients ayant absorbé 1 lite, le vibrion cholérique, bien que toujours vivant, avait perdu toute capacité de mouvement. Nous avons alors mmédiatement informe le médecin responsable sur place de Vinstiut Pasteur de intérét qu'il pouvait y avoir a tenter analyser scientifiquement un tel phénoméne non conn jusqu’alors. Mais sans suects aucun. Si j'ai parlé plus haut de réussite partielle, c'est parce ‘que, du fait des événements politiques, alors que nous étions proches du but, deux études & grande échelle ont été suspen ‘dues définitivement. Chacune de ces études devait inclure 200 patients et nécessitait au moins une année supplémen- taire de travail pour collecter les données, Leune portait sur Pintérét de usage de Villte dans les iarthées aigués infantiles, elle fut décidée devant les résul- tats promettcurs d'une pré-Stude qui avait été mise en place dans un service de pédiatrie du CHU de la capitate. a ABC de FArsite Lautre devait confirmer l'efficacité de Villite sur les plaies des lépreux. Elle fut décidée devant les résultats des ‘autres études réalisées quelques années plus tot en Afrique. Les médecins responsables étaicnt d’autant plus convaincus de son utilité qu’ils avaient eux-mémes constaté les premiers résultats positifs av cours d'une étude préfiminaire qu’ils venaient d’achever, Un étudiant thésard était affecté au suivi de chacune des ‘études, elles-mémes sous la responsabilité d'un chef de ser- vice. Lors des demiers contacts que nous avons cus, les deux ‘études étaient réalisées & plus des deux tiers. Nous n’avions Pas Jes résultats afin de respecter les critéres scientifiques tequis pour la réalisation d’études en double aveugle"®. Les événements politiques que l'on sait sont arrivés, et depuis ‘Rous n’avons plus cu aucun contact avec nos interlocuteurs. ‘Sans doute ont-ils eu & faire face & d'autres urgences, person- nelles, celles-Ia. Et nous étions loin d’eux. La vie est ainsi faite. 1S Ls Pensons maintenant & V'avenir. Je erois pouvoir assurer que notre équipe médicale reste préte aider n'importe quel pays ui souhaiterait promouvoir la connaissance et usage des produits d’extraction naturelle, tels la plante médicinale et argite. Nous souhaiterions bien évidemment développer ce type de travaux en France, mais, compte tenu de la conjonc~ ture actuelle dans notre pays, je doute que ce soit chez nous, ‘que nous soyons le micux écoutés. Laplante médicinale et argile devraient redevenir des é1é- ‘ments de base de la prescription du médecin, D'aprés notre ‘expstience clinique hospitalire et privée, ces substances nous 48 Mite une histoire humaine semblent étre en mesure dune part d’apporter des solutions positives & la majorité des affections eourantes rencontre en pratique quotidienne, d'autre part, en évitant de recouri des titements plus lourds, de permettre de réaliser une épargne iatrogéne et médicamenteuse, et done Economique en termes de santé publique (en France, en 2005, 130 000 personnes ont {6 hospitalisées du fait du médicament). Plusieurs conditions sont requises pour la réalisation dun tel projet = Connaissance et qualité 1a plus parfaite possible du matériel végétal (origine botanique, identification pharma- ‘eognosique et pharmacologique, propriétés, toxicologie, tc, et minéral wilisés, = Approche médicale correcte du patient, permettant «établir un diagnostic de maladie et de déséquilibre étiopa- thogénique, = Choix et ajustement de la plante médicinale selon une ‘démarche scientifique rigoureuse reposant sur une approche slobale du patient (théorie de 'endobiogénie) correspondant 2 son 3 niveau d'utilisation : la « phytothérapie clinique » (le 1® niveau est celui de la Tradition, le second celui de la pharmacologie). - Evaluation du service médical rendu, réalisée par des professionnels compétents en la matire, utilisant quotidien- ‘nement la plante médicinale en pratique clinique. ‘Alnsi, nous pourtions permettre, en premier liew aux ‘médecins de ville d’avoir une alternative thérapeutique entre le « rien faire » tle « fare le maximum ». Malgré les stages récents qu’effectuent les étudiants médecins en pratique de 12 Méthode valuation de Vactvté d'un produit qui ut que le méde

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