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Les régimes totalitaires en Europe

Introduction
Pendant les années 1920, et surtout les années 1930, on constate en Europe une
division très nette entre régimes démocratiques et dictatures. En effet, du fait d'un
contexte difficile (crise économique de 1929, crise sociale, crise politique liée à la
défaite de l'Allemagne), trois pays sombrent progressivement vers le totalitarisme :
l'Italie, l'Allemagne et l'URSS.
Problématique générale : Quels sont les points communs et les différences des
trois régimes ?

I – Différentes modalités d'arrivée au pouvoir


Problématique : Comment Mussolini, Hitler et Staline arrivent-ils au pouvoir ?
A – En Italie, s'opposer à la révolution
En Italie, il y a 4 crises :
– Morale → 500 000 morts pendant la 1ère Guerre Mondiale
→ « Victoire mutilée » ↔ Orlando, président du conseil italien : l'Italie n'a
pas obtenu les terres irrédentes malgré la victoire en 1919.
– Économique → Destruction des usines pendant la 1ère GM (Milan, Turin), ce qui
entraîne un retard
économique.
→ Chômage : 600 000 personnes.
– Sociale (p 276) : Contexte révolutionnaire (URSS) et les ouvriers prennent
possession des usines (les paysans prennent la terre) ; on s'approprie les moyens de
production → Idée de grève générale.
– Politique : Jeune démocratie, monarchie parlementaire, le pays est donc en position
de faiblesse et au même moment arrive un homme fort : Benito Mussolini (p 279 doc
5).

1919 → Mussolini crée le Faisceau Italien de combat (p 278 doc 3). Il crée une milice
(« Les Chemises Noires ») → Deuil (anciens combattants).
1921 → Mussolini crée le PNF (Parti National Fasciste). Les grèves paralysent l'Italie ;
Mussolini s'adresse au roi Emmanuel III et lui demande de mettre de l'ordre dans le
pays ou il s'en occuperait lui même.
→ « La Marche sur Rome » du 30 octobre 1922 fait peur au roi qui nomme
Mussolini président du conseil (coup de bluff).

B – En Allemagne, faire oublier la défaite et la crise


En Allemagne, il y a deux crises :
– Économique : conséquence de la crise de 1929 → la dévaluation du Mark et la
dépression de la monnaie entraînent la faillite des entreprises et banquiers (Konze). ↔
2 millions de chômeurs en Allemagne en 1929 contre 6 millions en 1933.
– Politique et morale : le Diktat de Versailles → humiliation pour les allemands.
En 1920, Hitler crée :
→ le NSDAP (Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands)
→ Les S.A. Sections d'Assaut ↔ Militaires
→ Les S.S. Sections de Sécurité (surveillent aussi les S.A.)
Il tente de prendre le pouvoir par la force (putsch de la brasserie à Munich) mais c'est
un échec. Il est arrêté et mis en prison, où il rédige Mein Kampf. Il sera libéré un an
plus tard. Il se présente aux élections pour prendre le pouvoir :
→ 12 députés en 1928
→ 107 députés en 1930
→ 230 députés en 1932
Le 30 janvier 1933, Hindenburg nomme Hitler chancelier.

C – En URSS, bâtir le socialiste en un seul pays


Lénine meurt en 1924 et nomme deux successeurs : Trotsky (Armée Rouge) et Staline
(Secrétaire Général).
En 1927, Staline crée le PCUS (Parti Communiste de l'Union Soviétique). Il élimine ses
opposants politiques et fait exiler Trotsky en 1928, puis il le fera assassiner le 21 août
1940. A partir de 1928, Staline est le chef incontesté.

II – A l'Intérieur, l'établissement d'une dictature


Problématique : Comment s'établit une dictature ?
A – Les idéologies totalitaires
1 - Le fascisme, idéologie de l'État
Mussolini : « Tout dans l'État ; rien contre l'État »
– L'individu n'existe plus, valorisation du groupe. Mussolini est omnibulé par le fait de
« restaurer la grandeur de l'Italie » (Empire Romain).
– Nostalgie du passé.

2 - Le nazisme : idéologie de la race


– Il existe une hiérarchie des races :
→ « race » supérieure : race aryenne : grands blonds aux yeux bleus.
→ « race » inférieure : juifs, hommes de couleurs, homosexuels, tsiganes,
débiles mentaux.
– La « race » allemande a besoin d'espace :
→ Conquêtes de pays au nom de « l'espace vital » ou « le bensraum ».

3 - Le stalinisme, idéologie de la classe


Pour Staline, la Révolution était nécessaire afin que le prolétaire arrive au pouvoir (qui
appartenait aux bourgeois).

B – Le totalitarisme politique et économique


Un Etat totalitaire se fonde sur :
– La toute puissance du chef :
→ Mussolini : « Duche » }
→ Hitler : « Führer » } Le guide, le meneur
→ Staline : « Vodj » }
– Le culte de la personnalité (immenses statues, affiches de propagande).
– Existence d'un parti unique (PNF en Italie, Parti nazi en Allemagne (NSDAP) et Parti
Bolchévik en URSS).
– Existence d'un régime policier traquant les opposants (OVRA en Italie, GESTAPO en
Allemagne et NKVD en URSS).

Le totalitarisme économique diverge selon les pays :


– En Italie et en Allemagne, c'est l'autarcie : politique économique visant à l'auto-
suffisance où l'Etat intervient fortement (dirigisme).
Mussolini se lance dans une politique de grands travaux d'irrigation et dans des
« batailles » (augmentation de la production du blé et du pétrole).
Hitler lutte contre le chômage (6 millions de chômeurs) par la construction
d'autoroutes et une politique d'armement.
– En URSS, on assiste à une planification quinquennale (5 ans), autoritaire et
centralisée, donnant la priorité à l'industrie lourde (sidérurgie). A cela s'ajoute une
collectivisation forcée des terres avec la création de Sovkhozes et de Kolkhozes.

C – Une société sous contrôle


Elle se traduit par :
– L'embrigadement de la jeunesse (Italie : « balilla » ; Allemagne : jeunesses
hitlériennes ou « Hitlerjugend » ; URSS : « Konsomols »)
→ Du scoutisme vers l'armée.
– L'encadrement des travailleurs par des organisations professionnelles (corporations).
– La censure dans les journaux, à la radio, au théâtre, au cinéma.
– Le contrôle des sports de masse : coupe du monde de football en Italie en 1934 et
Jeux Olympiques en Allemagne en 1936.
– La volonté de créer un homme nouveau (en URSS : l'homo-sovieticus).
Réponse problématique : Ce totalitarisme se fait par le contrôle des hommes, de leurs
idées et de l'économie.

III – A l'extérieur, une politique inquiétante


Problématique : Comment arrive-t-on à la Seconde Guerre Mondiale ?
A – Une volonté expansionniste
La guerre est inscrite dans le totalitarisme. La politique étrangère d'Hitler repose sur la
théorie de l'espace vital (Lebensraum). C'est pourquoi il envisage la construction d'une
grande Allemagne regroupant les populations de langue germanique (autrichiens et
Sudètes (Tchécoslovaquie)).
Mussolini, nationaliste virulent, rêve de reconstruire l'Empire Romain. Il agrandit son
empire colonial en faisant la conquête de l'Éthiopie et de l'Albanie.
Staline, quant à lui, rêve de reconquérir les territoires perdus par les Russes juste
après la Révolution (États baltes).

B – Les alliances diplomatiques


Isolée de la scène diplomatique après son départ de la SDN en 1933, l'Allemagne se
rapproche des autres dictatures par :
– La signature d'un axe Rome-Berlin et la signature d'un pacte d'acier (alliance
militaire entre l'Italie et l'Allemagne).
– Le soutien à Franco dans la guerre civile espagnole où les Allemands y envoient des
hommes et du matériel (test avant la 2ème Guerre Mondiale).
– La signature d'un traité secret entre Hitler et Staline en août 1939 : le pacte
germano-soviétique (pacte de non-agression).

C – Les coups de force d'Hitler


Ils se font de manière progressive :
– Remilitarisation de la Rhénanie en mars 1936, violant ainsi un des articles du traité
de Versailles.
– Réalisation de l'Anschluss, récupérant ainsi l'Autriche (mars 1938) et une partie de la
Tchécoslovaquie (Sudètes en septembre 1939) pour former la grande Allemagne.
– Annexion de la Bohème-Moravie (mars 1939).
– Invasion de la Pologne afin de récupérer la Prusse orientale (couloir de Dantzig) en
septembre 1939.

Conclusion

Très discrètes depuis 1936, les démocraties libérales (France, RU) reculent lors des
accords de Munich en ne s'opposant pas davantage à Hitler. Comprenant tardivement
l'ambition mondiale d'Hitler, ils décident d'entrer dans le conflit après l'invasion de la
Pologne. La guerre de 1939-1945 est donc l'opposition d'un monde totalitaire à un
monde démocratique.