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Argumenter dans une société ouverte Quiest-ce qu'une société ouverte if ine scide ouverte est une société dans laquelle le inivi- jus sont confronts des décsions personnels et dans laquelle fo inscutions sont assimées comme conventionnelis, done fomine potentellement amélorablesetciiquables, Dans une fale soc, les institutions ne templacent jamais Tes respons files individuelles. Au contaite,cest la critique individuelle fi conte le principe dynamique garacissanc Vouverture des veurs gui fondent fs instiutions. Un rel modele de soieeé et evidemment concevabl que dans une clare qui Sest pest | peu democrats x laicsge. Poureant, nous avons vu que st de tes angus sone bien anctés dans ls habitades des sociaés vhovernes is demeurent néanmoins fragils. Les individus ont ravent endanee 8 occuper des positions de repli, soit en cher ‘fant pour leus institutions des garanticsabsolues, soit en ‘enongane 3 a esponsabilitéindviducle consistant &critiquer Tears institutions ~ autant de fagons de renoncer & la dificile libereéacquise au cours des sices Tes deux conséquences majeure de ce repli sexpriment tr vers de tendancescourantes dans Tusage dela pale publique Ts premire conse 3 confondre le fa et le dit 8 réduite omention 3 nature, dans Tespoir qutune elle réduction ofi- rat des garances dfiniives 3 nos principe. La seconde conse 2 remplacr le aval de criique individuele par Pécho d'une parole collective, en réalfirmant 14 postion du plas grand hombre, exprimée par un slogan qui ex la voix du préjuge. Ces endances sont routes deux des formes de régresion vers des habitades de soviet fermécs,rligieuses,tradtionnele. 3 ul AUX ORIGINES DE LA RHETORIQUE Il faut donc bien voir que le fait que l’enthyméme soit un syllogisme incom- plet est une particularité liée a la présentation rhétorique de la matiére exposée devant I’ auditoire. Il ne s’agit donc pas d’un raisonnement qui serait inférieur ou de moins bonne qualité que ceux de la dialectique. Cette question a pourtant fait couler beaucoup d’encre car elle pose le probléme de savoir quel est le statut de ces prémisses que |’on n’exprime pas : existent-elles néanmoins ? Et dans ce cas, jouent-elles un réle formel dans le raisonnement méme lorsqu’elles ne sont pas exprimées ? Comme on le voit dans Vexemple choisi par Aristote, la prémisse non exprimée est une proposition générale qui décrit une habitude propre au monde grec et censée étre connu de tous. Une telle prémisse est un lieu commun, ce qu’Aristote nommait un topos. Il a d ailleurs consacré une réflexion entire A cette question dans les Topiques, réflexion qui doit nécessai- rement s’articuler 4 la question rhétorique. De telles propositions générales ont en effet une importance fondamentale en rhétorique, a laquelle nous reviendrons pour en examiner I’impact, tant au plan linguistique (chapitre 7) qu’au plan plus général des valeurs contemporaines (chapitre 9). Les genres de la rhétorique A cété des preuves de la rhétorique, Aristote stipule qu'il y a différents genres de discours, qui déterminent différents types de discours en fonction du but poursuivi par l’orateur. D’une fagon symétrique, 4 chaque type d’auditoire correspond un genre spécifique de discours : le genre délibératif, le judiciaire et I’ épidictique. Le genre délibératif Appelé aussi genre « politique », il regroupe les discours par lesquels une assem- blée est conduite A prendre une décision qui soit utile pour la cité. Dans un tel cadre, on prévoit que l’orateur conseille et que V'auditoire décide. Selon la conception d’Aristote, les sujets qui sont propres & la délibération sont assez réduits. Tl en dénombre cinq : les revenus ; la guerre et la paix ; la protection du territoire ; limportation et I’ exportation ; et enfin la législation. Il va de soi qu’ une telle limite peut nous paraitre artificielle, tant sont jugés nombreux les sujets qui concernent la vie politique et qui sont matiére 4 débats. Comment Aristote pouvait-il prétendre a Vexhaustivité a travers ces cing questions ? En définitive, celles-ci recouvrent un ensemble de débats dont le but ultime est le bonheur politique. Aristote ajoute qu’il y a un temps linguistique qui s’associe @ chacun des genres : le temps qui est spécifique au genre délibératif est donc le futur puisqu’il s’agit de prendre des décisions qui seront utiles pour Vavenir. Enfin, le type d’argument qui convient au genre délibératif est l’exemple, car c’est en consultant les événements récents qui sont encore présents dans la mémoire des citoyens que l'on trouvera souvent matiére a s’inspirer pour débattre du cas présent. De la sorte, on peut voir dans les exemples qui servent d’arguments dans les débats politiques une sorte de jurisprudence orale commune & tous les participants au débat. Le genre judiciaire Les discours qui appartiennent au genre judiciaireont pour but d’établir les faits. Dans un tel cadre, ’orateur accuse ou défend alors que l’auditoire juge. 36 a es ames sone dit La sxiew ouvers ne demperare quis comme un gprdme de prnesetion eonere cou Saute en se compris la démguegi, Les issivutions dm tiques sunt bie se musios ee comre-poavnieeficsces 0 cliiqaeeveres un tie de pardetou conte tout abu de f ne ds fo fy, se presence parce gue pu sre que Fan a youl imposes une Sgaleé de devi Vroserce menae da devt que le rgrris poliiqnes ne | pos sl parla sale le de ls nanan ar le J ct plas Wy pr colle des tae saurape re Man Boise areca na pouvoir swexpubles ue déries vor te ryrannie. [2 90 ‘orcite ne pear dane par se prsserver au niveau dese insrinstions, de cour see de ferimiue. 1a gvancie Pow -s paradoxes dans les débats sr le fminis wean cr cle Gs Be eminem a a ee Be ecleras winavi a Gla cap ie Bo on crn a Sek fel dient Vyredoat caer pa plu cy tis deren deh Gc te cate gaa wee iu nda, labors par es inviusee mms Distinguer le fait et le droit in Ladi la sien argunonre sr des peneipes qui stkembine dhl er ee Hee, one toujous aga fa psseoter ees principe cm se ke Réminisez, i arsive souvent que Fenserble ds pants neyrc ee repeats des réeterions indeFer- soiela postion defendue nies fap, Te sixchieme rradiiesnel = ln Lune des rendances cisoaigues du esque de rep quale Dans un pu Sense a eine’ Pargamener ~ alfiail que Ix aura tute ei ddiatatie epnsste 4 Sk Srione des fais, comme Sis dxieut détezmin’s arate des choss. Os, beu ss la tune ne seevitiqne pa Be i aauicde Hommes av hady apa Jour vauprunis cammenr ephr ce mécunieme aij ie le premier stile de le Declaail ‘univer der davies de octane Lous les nes nlsson Thos ce dau en digpité eh Ahvis fh sneer ons ae i silt ote paet lle Phu il enawene ds Actin des dita fait, Dans seca romps ba pasion Jinie sow Ye erkiqaée par un teminisae qui dass eduction ax reveliquant doo cane les ies: ge sls chances, des slates, de le represemtrvieé dans site Toot cain mar les» pypacenses linguistics». que 1 is Hames dans ce que wire pouvinir nvr Bunivere. gira eanteaine de Hons politique. On pebsins que la femene doe aretder dimes droits que les hommes malgr’ wes diftrences de his uo ne ale pan, Courts eda ws es wales nunc ae vie gs 4 ual lamer an droit dont doivenc dégouler des somporte ljyiqies & commencer par cles qi sone ies 2 La eas /Pourant, de ee point de vac, yui disci elatemeat Ib lie ot 8 corvantion. dévivene aujourd'hui autres posi towelan la vi polivaye, Particle en question enonce li tyke normative & Tanwe de laquelle on entend juger condamer des comporearietss qui la rangrserieht, OF se Gat ogre ce aunforvae Shore so a réductipa chianigns care, d’ane pare, 1 = qu sat des nocions de drut, — et, au pa ‘oul sizlarité, gui sant eles xuions de ie, Pour lene 6 fi plus paradoxales qui sout produives as sein mgs dl ite J jpersse wonsise 8 er pureent et snplemons ls ses cle fait. On fir cemene si Les ditfeences hiolegiques ks sexs ésient un pur fuuasne. Qu alee dow dedi ar A faut pour cela define tout dabord si Pacte dont il et question es juste ajuste au regard de la loi. C'est pour cela qu'on utlisera un faisonncment symématique eesti un syllogisme incomplet, afin de determiner st Hess ciscué reléve de Pillgzatité ou non, Pour cela Aristote se soucle de Sees els que ceux de intention criminelle et de la responsabilité. ce qu Signe dune conception du droit relativement modcme et laique, En Svanche, il prefere laisse le moins possible de latitude wu juge. avec Fespoir $$ des lois bien faites permettent do juger dune fagon quasi automatique en ‘Sivant simplement le principe d application de la los générale au cts pation Ber. De toute évidence, Amstote semble moins confiant dans la capacite Semaine de discemer le juste et Pinjuste que dans celle de premde des dc ‘Sons qui soient ules pour la eommunaut. I faut die que fa justice est une ase de Ja plus haute importance et fe fait de la laser aux mains des omnes n'est pas chose simple, comme en témoigne la dimension fortement ‘sroelle présente, aujourd hu encore, dans Finsitution judiciaire Le genre épidictique {Le genre icq, efi, es eligi est apparsmment plus éigmaique 3 ‘0s yeux de moderncs, méme si de tel discoursont encore largement pa ‘jour hi sagt de discours de ezconstances i permet de fenfore et ‘leurs auxgueleslacommunaué adhere semble ssi qu ce sit Ae foc ai pou les pls grandes ificulds hers fee gue seldn ARS ‘ot le seme Gidctique produit des escours d loge ou de blame. Laure tmlgne enn de ext hypertophie dla notion des penonne gu eoone gle de justice comme ine bsacton sam ule towe a insti dans une vison poigue cone Ain aque ton une extension de unirenlit se pos fremen. Na les débats auxquels donne liew cette question ne peuvent : 4 nce des postions cate que si Ton prend la pine de de focerTéthique da politique. A ce te, Perelman sournai tk) quel justice ee une valeur quiet directement oppose 1 pti, Cela est vaable en doi comme en politique. Meme Ai insitvement une tlle allgation peut nous surprendre, Yoire nous chaquer, elle a le mérite de souligner que, lrs- qulon argumente, on doit nécessairement faire Teffort de ‘pare les valeurs a niveas théorique, pour pouvoir ence les higrarchiser dans une optique pratique et politique. Mais Thabiude modeme de conserver les amalgames intacts dans les debats est motive parle désir na @éte toujours du bon. cite, du cbté des valeurs éidentes sans voir qu'en politique, ‘evidence nest rien d autre que la tyrannie. Persuader west pas juger La tenance poi comerer es amagames dans lesdébat es a consquence d'une abide deen courant Cri conse hyperopi les noone plus pour es ‘cc abces, Sven inerpree comme ue aan de ‘ius et de protection de nou grands pncipes,Phypero- hi des vaeas west poutanedoucune ute dan Face {tique quell exge a conaie,u agen us prs Seminar. Toute vendaton due ear comme abso Thc au sein un dba poltque méne foretnent 3 Vain el. lee qu, dans Fes de a crgue, on invoque bien Souven sales «comme lls Gant identes et d- ries, Pourane, bien» fécir nou ne sommes pa maf A fod, nos savons fot bin que les pincipes sot bls par des omvensons equi eolene ae soc Now stn done mime de on sound, qu nore abide CTeablutser le nonseu comme hei qu tos permet etn un sninene foe adhesion 8 nae frimoine commun, Mais longue a cage énoconnelle Aevien wp intense ous éprouvonsdavancage de iis {dmeae la nature conventonnelle ds valeur a Poutanr, ee nul ower 3 Rai er cance dali ei fe et pu commute dee gre maa hus pas heerique wren sn losses a audiroines sone hunuins, vivanis, vibraits au sprbine dioxins des indivi ui a enmponen: Adore tag bien emupri. Csr pouguc i seat pat Ieee a signe ei qu pda den lg es Ws ea meen dps sone Is compe cn lg pst j wa cone a es scissor ser mer or ede pe conaliai. Ce disposi dalle wjuurs eee oak righ: Das opts pr sey tant que rocieu nine sou egplaeieope ae ey pra al Pecirment ne pour valida tomcat ole a peur que wn pod sig gle de ea Seige mil ong ode Tas maghtos, eso joue !'doguence dans la conduite des debaus, q Write a nu ser ee pron erp ds ie pa novice pre proarer petal Gow TTaunes 9 Tae proets Hickman) ee « tur Ferme de sm eine, Fiumam esr htm exclu de lc issocité des hommes, Va nerd route hat ize morale fea dau libre cours aox instinct lex plus bas contr: lesquele Phoonme ii a dev une his de pruipins weds sine. Mm un muse en ditt Toosres ga #07 ge impr, se cmv ence farses de oe tov. Macs crane dei ec de gus jer les hanes, ec humane wit contain de ditai méme de le ae taut nor que he» procés ce Jéeasloun au comes dae) fon a jugé Purciew digital : Ssscrvintques importants, L’ahoed. it 4 toujaum jae toast Adolf Fickmane, a deus “a Jopscteo eesen9 qui Gait les gnoets des vaingueas veins qu st pie le prncts des vccimes este ite uh po “las Jequel Je jugernent lui-méme sézaie qalune mascarade yo a écsion siamposit& la souilé qui devaitjager de eee sues Ta devsigme eaeacrvsriqe dsmule de a premier, Pout Sonulscere ce soupenn, le procs fue organisé comme an pro- so muddle Bat eff he procuteur pedal seat boil de Jospocter I prnessare juridique ala lett, évizane er candae list porfis sévésemens cut débordement émotinnnel et rar ppel la ptié. Or en contradietion apparente avec cetee deci Sinn de nents le precnrear rermine spn réquisitalne par un Hime pur et simple = oa peue méme dire tan madile di fore aren le bannissenent ioral et Fel psycholugique ewe enue Mais il convient de soaligner que le cas du proces Fichesse, loin de dénoncer une concradistion, constiue au onuiite ue parla exemple de idussice dy stuel shctorique (On snael qu eonsise a 5 lacrtique vyeumentaive ls plus pointe ila persuasion la plus libre, en Jvcnantchacune pour ee quelle ot exactement Th hl de prendre un blame pour un argues. camino il inuel Wiasyiner que lt exsique seule ersportera Padhcsion, Ce qu allait de soi pour Avstoxe est dovenu A nos yeun de ‘nreraparains fa omsce dan riomle dane nas eames es erimes ou quotidien et done nore récorique svuffre de Le conventionnel et Parbitraire La théturique se uouve done face & se situation dicate il y 4 dans les dacs une oerniprésence des conveniions et ent, tne dificnlré chimique de la pare des actents nie social socinus 4 asuuner le staat eouversionnel ds Tun des dimaines of ete quession surgi de som pei lisremest manquée est eshni de Vasgnmenearion jucicain Dis, Arintoce ya seucontré plus Ue diliculés qu'slleur & ” sericea wotvebita i ioe 5 Paar de langage Tone des ineinonios humaines les pls anciennes, Pearéere 5: acetic aiecnen’ gui lulonns ee smut hybrid, 2 fs ois tres eonertrement hurin dans la gimduite de: debats ee dans Timporancs des éécisions, ris aussi profandémere marqas (po is fue instoiomnel: gril oe Li pstqunion sot ptf quae lpi. Cotes sraasion. prope aw genre jui= iyo ellie Uae le ve 8 Fagus dks jges. ins, om a tendence & se mefier de leur subjscivi {lsat que vis snr gersonnes ox leur pyehologic duiveneforsément nuirea lbicrivt’ des decisions jadicies, Diane corte perspective, am a soa epnite gps Tinie poate ae pela lie fond sue have apamenearinn qu paste sn mod UUaioa utadkniaigus .n bel exempleoit Vor prend ace de k pan bamaine ct epexcntionnele de Fiasitatian, mais) Pon men assume pir ce ps vraiment les vouséquences j comes, dans ev eas i plus {qh das rue ks artes. la présence de conventions noms pie veil dune gprunte sulfate pour diable la canflanee de hovers. On peur dilearssuppasee quels rs grande imoor- anes ch sul dang Tacailejudicnie e9t ame manidve de ‘conserve un eff de sar ne itstcution qa pourtat que touse he ainees Car afer de secre pues aus li apparerumen: sa source forme dan kes wait spécliques des fovigsés amsles. en nsarr dime parole magisue. empreinte Tue gotuely bien piéioe, fun oinimania, dont la di sion vestimertaie et spziale patiipe& la bonne réusie de la ie sunsion es le signe de le vésé. Bie ats, nous avons plus aucune croysnes mripnnclic en la mage du rime), reais i Wampédkie que sot execion couseve ua eel pen’ dons Vimpac est wallerent nécevaire 8 Jadbesion de laaditice fre Is Fa inscitation qu a pend tue carte w cagubles ds I eet nin indi ine por ee quest: a tere eligkee, Putas, comme dans de nomi cas, chug Fale das les ouages da oyséaue et susceptible Uatimer be $0 conlianss des cover. Le eeupyut ae tad lore po le mite ‘ex caune de la dimension comventionselle de Fiosiution, aectiet a Toceion «hc ne mascarade vile de sens. Les 1 ce Pads de conversion Plato. La chia réme ouer on ele distewents an crsur de Fargumenticon, biel Vexemple diane incerveution 9 intomer a piopos & us inerveanee dans le début «ear pour le disgralifis, a b manne pour rocks qui sat oa dane le cadre da genocide ewsdis «= oar le partians de Le compiencenniversll, a symbo. ‘nyu ck lasses avs es codes ees ayges ss sins of <5 fuscsemblus, gems dove un doubiz avanuage: elle ste Je garane de 'emengetce use vite qui fsse Seas pour tous ce: alle povmer Assurer le pasage cue gx’somt ot asin, mémoite ec projet pw Tee prineipaue ieéresiés, Qui, ras ue Iwincips de arane ve ce rile de» paosoor de rerape« me pew venti sponsor qe soa es Rabie gpa ne ppmerat-on desnauder ? La syembalique et le rieusl gai fou ss moneages sous sontile Fe monopale de POecidens et do ‘sare saubulique ct imepinaire rest le mie en cause ere ne (Une nelle argumentation i¢ cane de alice un ugemens. te anal que so ea joandle, dove do son sent be sigic de dlanancion cot Teidemment, 4 ae ade iwbioraine et done de st relivité ta seus de moder, i sit d'un kger tase dans un jastice pour que le nge de: Pavocnr, habicrepectable ety bole dela Fonction, se wrutsficrc «9 un dépaisement ridin rele, «gue mascarade, Le sntimen de la nascaad, #uel ‘Sroniqae de la dadwotiqus, trout sotrent son échaygaoine ‘ina be rovendiession dune positon ciqua sr nite On prefiac ie» clu & qué om te a fe a et eos dans Fe rem mouvener, lesscmteces icicles vec les pecipes tke valour qui ls Foudent. On pretie alienes ur elai= fognaling 1 Van pens alors dekapper 3 te’ Poi» cient aus cunntions » commen crit a: Poe Noa n La rhétorique et la vérité ateitade du sceptique «non naif» a aussi pour motivation «échapper&la peur de la manipulation, cele ee le citoyen lambda qui se seville un beau matin ec qui dit: « On nous a ment.» Les rapports entre la chéeorique ec la véité sont a complexes que souvent mal compris. I agit dune question tuts daca erste. Nous aborderons done pat un eas exem- plate de cette difficulté. Au moment de la seconde guerte du Golf, iléaie courant que le ministre du gouvernement irakien sienne ce genre de propos + Soyer rastuns, Bagdad exe sauvée, procégée. Il n'y a pas infidles americains 4 Bagdad, i 'y en aur jamais. Je vous le garants trois fois, il n'y a pas de soldatsameéicains 3 Bagdad. Is ne content rien. Is ne se conerdlent méme pas eux rmémes,» TI faut bien dite que, face & ces discours, la communauté internationale est monteée perplese. Comme les infor tions données par le port-parole iraken étaient manifistement “fises, deux hypotheses Soften & Fincerprécation. La. pre- mitre [a plus simple : le mensonge. Or pourquoi mentir ‘quand personne nest dupe ? Cet homme auraitil éé idioc au point de croie que les Irakiens et la communauté intern ral allaiene ére convaincus lorsquil nit Tévidence ? imposible. Sicet homme ne mentait pas, Cest donc qui sit autre chose. Mais quoi ? A y segarder de plus prés, ces paroles ont beaucoup & partager avec les harangues, typiques des discoursépidictiques, propres la mise en condition des soldat qui parten a guerre ow celle de quip de fosball qui Sappréte 2 affroner les adversates. Or om esata ehé= torique épdicrique nese soucie pas de vert. Fle veut seule- ment persuader. Les soldats qui partent au combat savent duis ne sont pas forcément les meilleurs et quis risquent de moutit, Mais les encouragements een ont pas moins les oes petsusif qui Savérenes importants pour le lien social. Os ce {qui est xrange et complexe dans ce cas pris, Ct le malenge des genre. Le porte-parale du régime irakien ne Fit pas une 2 huarangue = i donne des informations politiques et mila sur la sone internationale. A nos yeux, ces mots ne sont done adapts la situation ni §Tauditoie. D’ol la seconde hypo: thise + cet homme ext un inadapté, un iationnel. C'est ‘faileurs Pinterpréation qui a éeé massivementprivilégice par les Américain qui se sont emparés du personnage pour en faire une sorte de mascore, dépowvancal ridicule, reprenant chacune des citations de Meakien comme autane de » peels » pprovoquane Philarcé générale. Les Irakiens auraientis choisi nt inadapeé aux reals poliiques? I existe pourtane une troisitme hypothise, plus elite, La thétorique du porte-parole irakien puise ses habitudes dane une soideéfortement marguée par les habi tudes ores, oit Ton pratique courammenc un mélange de dé bration politique ct de harangue épidictique, en ce sens que les genres de la cheorique ne sont pas insiutionnellement séparés, comme ils le sont cher nous Iagtsimplemenc dha- bitudes shétriques caracréistiques d'une société fermée non lacige et non démocratique. La conscience des enjewx poli- fiques a beau étre adapeée & la daxa internationale, la héwo- rique reste a rhérorique, et es rateuts sont le efler de eur culture, Lexemple est doublemene éclairant. D'abord parce (qui permet de comprendre plus conerétement la thétorique des socicdsfermées, mais ausi parce ql démontte Fincapa- cité de TOccidene ‘hroriques de ses interlocuteurs. Cet incapacté es en partie pour les représener un dous réveur, coraen inerpréter correcrement les intentions Tie la représentation que Ton se donne dela write 4 son sta- tut critique, ainsi qu’ se utlisations rhécoriques La vérité est une norme Sion congoit la vtité comme le simple flee de la lines il slfirat d observer la nature pour ly découvee, comme on découvre des champignons dans les sous-boi. La véreé serait alors confondue avee U'évidence, un éat psychologique qui Simpose A nous dune fagon iréprssible. Or note rationale 3 cde modernes sit que la vérté nest pas ela mais quelle exe une rnorme, comme le sont le Juste et 'Utile. Nous disons, par exemple, qulune sentence judiciaire est juste ou qu/une déci= sion politique es rile ou bonne er nous entendons par fa que les hommes et ls femmes qui sient chargésd'argumenter en ‘vue d adopter une décision one conduit lex debate dune fagon ‘optimale ex que, en conséquenee, les options choisies sont jngées satshsances jusgu’preuve du contre. De la mime Fagon, nous dsons que quelque chose est veai lorsque nous avons de bonnes raisons de penser quil y une cortespon- dance sisonnable entre un événement e¢s2 description, jus (qi preave du conraire. Mais tout le monde peu se romper, et personne nest infallible, ni omniscient. Ains, les débats juuiciares er politiques, de méme que argumentation scienti- fique, fone sans cess intervenir la question de la wérieé. Dans chaque «ype de debat, son utilisation doit ére adaptée & la nature de Targumentation : la vig en justice et décarée, imposée par institution ellesméme ; cot le veil adage juri- slique:« La chose jugée est tenue pour vai.» En politique, la question de la vérté revér dautres formes de complexit calcd an ta ganic pris we expec de compel bil avec Tadhston sacs, Eni en scence le nese pas aon pls wie dela meme fon lous cen ‘gas dicate coce cura propor de moves ype on longi jue rl Perper dans un dar de soci bas ca dean teaps d pd) gecee casio ruaeds, ain sont per mina omnes Mi come ailleurs, nous ne distinguons pas roujours entee, une part, ce besoin de persuasion, qui nous pousse feindre de crite que tour est évident, et dautte part, note capacité 4 juger et comprendre es nuances des divers usages d'une convention, (Cesten cela ausi que nous sommes hunrains Pourtane, un mangue d’entrainemenc au cul thécorique a rendance 3 tout placer sur le méme plan le fue et le droit, Ia véricé et Pévidence, et Méternel dilemme plaronicienne impose une fois de plus son diksat & une opinion publique aussi pasive que déSenchantée. Contre route atente, notre 5 concepe de wérté est redevenu presque ausi religieux quil ne "tac dans la bouche des sharnans. Ainsi, chaque fois que on soupgonne un « défaut de vérté», on interpret la situation de figon floue, comme un magma informe confondant le mensonge, Vetteur, ironic et Fignorance. D'ot une aide de soupson pénéralis, Bien si, ne soyons pas nafs, le men- songe est régulitrement peatiqué dans les débats publics, par- fois méme de fagon ghontée. Mais nous avons la responsabi- lite, le devoir méme, de ne pas juger tous les débats en nous ‘eféeant un concepr nalf de vie au risque que celui-ci nous fngne aussi & la eyrannie. Cette utilisation quasi eligicuse de la vig, es ailleurs tréscourance dans les habitudes théro- riques anglo-stxonnes, txts marquées quelles sont par le pié= tise prorestane I agit fa d'une shétorique faite de cones sions publiques, de bkimes auro-adessés, de condamnations pour mensonges & propos de comportements totalement pri ‘és: autaned habisudes qui, cher nous, se manifesten davan tage dans les confesionnaux que sur la place publique. ins, cen politique, il west pas inutile de chercher 2 marier le souci dhe vvi€ avec la dignité, avec le respect del vie privée ou avec la protection des individus et des eollectivits La « transparence » et les médias Ans, souvent, lexigence de vérté se confond avec une revendication morale de transparence totale. Une tlle habi tude rhétorique sest généralisge dans les médias. Dans ce contexte, la transparence sinterpréte Ie plus souvent comme tun simple voyeurisme dont le public et la fis Vinstigateur ct la victime. Témoin de certe situation, la réflexion d'un journaliste dans un billee Phumeur d'un grand hebdoma- dive frangais :« Tout journalist, afirme-til est un servi- tur de luniversel, Cesta-dire dela “veri ! » La mise en cortespondance intuitive de Tuniversalité et de la vétité ~ née tempérée de guillemets — révele la réduction profonde