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SIR ARTHUR BENTON / L’ O R G A N I S AT I O N

SIR ARTHUR BENTON


LA GUERRE FROIDE Août 1945, des cendres encore chaudes de l’Europe en ruine,
ANNEES >
PREMIERES
LES

1946/47

de l’Asie du Sud-est et du Japon ravagés, deux superpuissances émergent :


États-Unis et URSS. La première détient le monopole nucléaire et dispose
d’une puissance financière inégalée avec deux tiers du stock d’or mondial.
La seconde dispose d’un prestige politique considérable après la prise
de Berlin par l’Armée rouge. Mais très rapidement les relations entre
les vainqueurs Américains et Russes se dégradent, donnant naissance
à un conflit d’un nouveau genre qui oppose les deux alliés d’hier…

H
L’OCCUPATION
DE L’ALLEMAGNE
Dès 1944, suite à leur succès sur les forces de l'Axe, les Alliés envisagent l’avenir
du continent européen. Plusieurs conférences et rencontres informelles se succèdent.
Le Protocole de Londres du 12 septembre 1944 définit les frontières et l’occupation
de l’Allemagne tandis que la Conférence de Yalta (4-11 février 1945) aborde le règlement
de la “question allemande” et le partage du monde “libre”. L’objectif avoué des Alliés
est que l’Allemagne ne doit plus jamais troubler la paix. En pratique, il lui sera interdit
de se réarmer et son économie sera affaiblie.
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européenne de coopération économique (OECE). En contrepartie,


QUATRE ZONES D'OCCUPATION LES CAMPS SPÉCIAUX EN ALLEMAGNE ils exigent que l’argent prêté serve à acheter des produits américains
et que les économies des bénéficiaires soient capitalistes. L’avantage
ET LE CAS PARTICULIER DE BERLIN Dès juin 1945, Beria se rend en Allemagne pour constater l’étendue
de la victoire soviétique. De passage à Torgau, il ordonne la construc- est double pour les Américains : elle fédère les alliés de l’Europe occi-

H LES SECTEURS D'OCCUPATION DE BERLIN (SEKTOREN) >


Après la capitulation du Reich, soviétiques et occidentaux tion d’un camp de concentration qui deviendra le camp spécial n°8. dentale et ouvre de nouveaux marchés à leur production industrielle.
prennent position dans leur zone d’occupation respectives Dans leur zone d’occupation, les Soviétiques mènent la dénazification
(Besatzungszonen) ainsi qu'à Berlin, celles-ci sont réparties ils sont délimités en fonction des districts administratifs établis avec vigueur. Sous la direction d’Ivan Serov, représentant du NKVD La politique d’endiguement (containment) repose sur l'assistance
en quatre secteurs. lors de la création du Grand Berlin. Un Conseil de contrôle allié dans ce pays, on remet en service Buchenwald, à peine libéré, en le militaire et financière américaine (plan Marshall) aux pays décidés
H LA ZONE AMÉRICAINE > la Bavière, La Hesse, Le Wurtemberg- qui siège dans la ville est créé pour discuter des questions renommant camp spécial n°2 : 122 671 Allemands considérés comme
éléments anti-soviétiques y sont internés, près de 43 000 d’entre eux
à s’ opposer à l’expansion du communisme. Au début, elle concerne
les pays les plus exposés comme la Grèce, la Turquie ou l'Iran,
Bade et le Land de Brême. Le QG est situé à Francfort-sur-le-Main concernant le territoire allemand sous occupation.
vont y mourir de faim… Sachsenhausen devient le camp spécial n°11. mais aussi les pays d’Europe de l’Ouest (la première grande opération
en Hesse. SECTEUR AMÉRICAIN >districts de Kreuzberg, Neukölln, Tempelhof,
H LA ZONE BRITANNIQUE > le Schleswig-Holstein, le Land
Jusque dans les années 50, cette politique d’épuration est menée de la CIA concernera l’Italie… et dure encore.). Puis avec la victoire de la
Schöneberg, Steglitz et Zehlendorf.
systématiquement tout comme la nomination de cadres communistes révolution de Mao Tsé-Toung en Chine, en 1949, elle s’étend à l’Asie.
de Hambourg, la Basse-Saxe et la Rhénanie du Nord-Westphalie SECTEUR BRITANNIQUE >districts de Tiergarten, Charlottenburg, aux postes-clés de l’administration, de la police et de la justice. Japon, Philippines et Indonésie vont alors bénéficier du soutien intensif
où est basé le QG dans la ville de Bad Oeynhausen. Wilmersdorf et Spandau. des Etats-Unis contre le communisme à la chinoise.
H LA ZONE FRANÇAISE > le Wurtemberg-Hohenzollern, la Bade, SECTEUR FRANÇAIS > districts de Reinickendorf et Wedding. L’Union soviétique ne pouvait pas réagir et va répondre à sa manière
la Rhénanie-Palatinat et la Sarre. Baden-Baden accueille le QG SECTEUR SOVIÉTIQUE >districts de Friedrichshain, Hellersdorf, à la doctrine Truman et au Plan Marshall…
des forces françaises. Hohenschönhausen, Köpenick, Lichtenberg, Marzahn, Mitte,
H LA ZONE SOVIÉTIQUE > le Thuringe, la Saxe-Anhalt, la Saxe, Pankow, Prenzlauer Berg, Treptow et Weissensee. Dans ce contexte tendu, de “Guerre Froide”, Jdanov, alors secrétaire
le Mecklembourg-Poméranie occidentale et le Brandenbourg. Jusqu’en 1989, la présence occidentale dans cette ville située du PCUS, affirme en octobre 1947 que le monde est divisé en deux
Le QG est situé à Berlin, dans le quartier de Karlshorst. en zone soviétique sera l’un des grands enjeux de la Guerre Froide ! camps antagonistes : d'un côté, les forces impérialistes et de l’autre,
les pacifistes. Son analyse de la situation politique mondiale accentue
la tension entre les deux blocs. Les États-Unis deviennent l’ennemi
à abattre et il n'est plus question, selon lui, de collaborer avec
“les bourgeois et les sociaux-démocrates”, considérés comme des alliés
“objectifs” de l’impérialisme. C’est à partir de ce moment que le PCUS*
oblige les communistes français et italiens à ne plus gouverner avec

STALINE-CHURCHILL... TRUMAN / JDANOV : les autres partis de gauche, et à suivre exclusivement une ligne
politique édictée par Moscou.

EN MARCHE VERS LA GUERRE FROIDE LA GUERRE DES DOCTRINES


Staline l’affirme : il veut garantir la sécurité de son pays en s'en-
tourant d’un “glacis” territorial à ses frontières. Du coup, son armée ne
La doctrine Truman, énoncée en 1947, servira de base à la politique
américaine contre le bloc communiste durant toute la Guerre Froide.
LE KOMINFORM
se retire pas des pays qu'elle occupe et n'organise pas les élections En 1947, Staline crée cette structure qui fédère le mouvement commu-
“Je crois que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres niste international jusqu’en 1956. Le but du Kominform est de contrôler
libres, pourtant prévues. Bien au contraire, elle conforte sa domina- qui résistent à des tentatives d'asservissement (…). Je crois
tion. En Pologne, des dirigeants de l’armée secrète polonaise sont l’évolution idéologique et politique des Etats ou partis communistes
que nous devons aider les peuples libres à forger leur des- “invités”. Pour des raisons de divergences politiques et hégémoniques,
arrêtés tandis que le comité de Lublin prend le contrôle du pays ; tin (…). Je crois que notre aide doit consister essentiellement les PC chinois et vietnamiens n’y sont pas conviés. La doctrine Jdanov
LA CONFÉRENCE DE POTSDAM l’Ukraine hérite d'une province tchécoslovaque (ce qui permet à
l’URSS dans le même temps d'obtenir une frontière commune avec la
en un soutien économique et financier (…) de maintenir y est énoncée lors la première réunion et c’est à la demande soviétique
(17 JUILLET - 2 AOÛT 1945) Hongrie…), à Bucarest, à Sofia, des partis communistes téléguidés de
Moscou s'installent au pouvoir ...
la liberté des États du monde et à les protéger de l'avancée
communiste.”
que le plan Marshall est rejeté par les pays d'Europe orientale.
En 1948, le Kominform jugeant le communisme de Tito hétérodoxe,
Elle réunit les trois “Grands” : USA, Russie, Grande-Bretagne Harry Truman, le 12 mars 1947 devant le Congrès. il exclut la Yougoslavie de son organisation.
qui souhaitent entériner les accords précédents sur le sort Winston Churchill s’inquiète de voir l’URSS bafouer la charte de
des “nations ennemies”. Les Alliés décident de fixer la frontière polon- l’Atlantique et la déclaration de Yalta sur l’Europe libérée. Il prévient
le président Truman du danger qui pèse sur tout le continent. Il pré- Le but du plan Marshall est d'améliorer le quotidien des gens pour leur
aise sur la “ligne Oder-Neisse” et acceptent le principe d’expulser
conise des mesures pour endiguer la volonté hégémonique de éviter de tomber sous le giron des Soviétiques. Un programme de rétab-
les populations allemandes d’Europe orientale. Tout ce qui se rap-
Staline. Dans les propos du Premier ministre anglais, il est déjà ques- lissement européen (European Recovery Program ou ERP) est proposé
porte au nazisme doit être détruit (dénazification) et il est décidé
tion du “rideau de fer”. Mars 1946, dans un discours retentissant à aux gouvernements européens pour les aider à reconstruire leur pays.
- en théorie - que tous les criminels de guerre seront jugés devant des
Fulton, aux Etats-Unis, Churchill dénonce ouvertement cette main- Le général Marshall, qui est à l’origine de cette idée, va permettre à des
tribunaux. L’Italie perd ses colonies et les territoires qu’elle occupe,
mise soviétique sur l’Europe centrale et orientale. Le gouvernement millions d’Européens d’envisager leur avenir avec plus de confiance.
alors que le Japon se retrouve limité à ses quatre îles principales et
doit renoncer aux territoires conquis. Les alliés exigent aussi que le américain commence à prendre au sérieux les mises en garde Le 3 avril 1948, Truman lance le plan avec l’accord du Congrès. Jusqu’en
Japon entre dans une ère “moderne”, instaure la démocratie, la liberté anglaise et s’affirme de plus en plus comme un rival de l’Union sovié- 1951, les Etats-Unis consacrent plus de treize milliards de dollars
de pensée et de culte. tique. La guerre froide est lancée. au rétablissement de seize pays regroupés au sein de l'organisation
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GÉNÉRAL KENSINGTON ALIAS“SIR ARTHUR BENTON” HERMAN BAUN


Bien avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, cet agent de l’ombre du MI6 Dès la fin de la guerre, cet ancien officier
infiltre le NSDAP (parti nazi) puis le gouvernement du Reich sans éveiller le moindre
soupçon (une mission à haut risque raconté dans le premier cycle de Benton...).
GÉNÉRAL ULRICH de l’Abwehr crée un groupe de renseigne-
ments avec d’anciens espions allemands
pour contrer la présence communiste
À son retour de captivité où il est interrogé par le colonel Marchand, il est promu général
par ses supérieurs pour le succès de son action en territoire ennemi entre 1930 et 1945. VON KESSERLING à l’Ouest et combattre les Russes. Benton
l’apprécie bien plus que Gehlen
Dans l’attente d’une nouvelle affectation, il s’installe dans son manoir situé dans le Kent. Officiellement mort au combat durant le siège de Stalingrad... En réalité, Canaris qui préfère jouer la “carte américaine”.
Le général de Gaulle et Churchill finissent par placer ce personnage expérimenté lui confie une mission délicate en Suisse qui ne devait être connue ni du SD, ni du
et ambigu à la tête de “l’Organisation” car il possède un réseau encore actif NSDAP. À la suite de l’attentat raté contre Hitler et la mort de son mentor, il bascule
en Allemagne. D’autant que de nombreux ex-agents du SOE l’apprécient et accepteront dans la clandestinité jusqu’à sa rencontre avec Benton. Son rôle d’intermédiaire
sûrement de travailler avec lui. entre les banques helvétiques et “l’Organisation” demeure un secret bien gardé
par les politiques en charge de ce dossier.

BRIGITTE LATTOUR COLONEL DE LA TAILLE KARL ARENDT


Cette unité secrète a été créée pour lutter
Elle rejoint “l’Organisation” à la demande
d’un conseiller du général de Gaulle. Celui-ci pense
ALIAS“ÉMILE MARCHAND” contre les agents communistes en Europe. ALIAS“HELMUT VON WILLOW”
qu’elle forme avec Marchand un duo efficace et com- Agent actif au service de la France Libre durant Elle est composée d’agents du renseigne- Depuis les années 30, il voue une haine tenace
plémentaire. Elle est restée très proche d’Helmut... la guerre et proche du général de Gaulle, il obtient ment des pays occidentaux, d’anciens espi- à Benton ! Lors de la chute de Berlin, il décide
le grade de colonel à son retour d’Allemagne. Il accepte de rejoindre l’Armée rouge pour combattre sans relâche
ons de l’Abwehr, de membres du SOE et des
la proposition de Benton à la condition d’être numéro les nazis. Beria l’intègre dans le NKGB en lui confiant
deux de “l’Organisation”. Il devient responsable des
mouvements de résistance polonaise. Bien une équipe. Sa situation est incertaine car il a peu
opérations à Berlin et à Vienne. Ses liens avec Helmut entendu, elle n’a aucune existence légale... d’appuis au sein du ministère de l’intérieur soviétique.
et certains résistants allemands pourront lui servir À partir de 1945, il obtient des postes à Berlin
le moment venu... Mais arrivera-t-il à s’entendre avec puis Vienne.
Sir Arthur Benton, son nouveau patron et ex-ennemi ?
L’ ORGANISATION

LES PROTAGONISTES
HEINRICH VON ALDRICH
REINHARD GEHLEN
(3 AVRIL 1902 - 8 JUIN 1979)
ALEXANDRE KOROTKOV
Résident des services de renseignement soviétique

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à Berlin jusqu’en 1946. Cet agent expérimenté
JOSCHKA HAMMER En mars 1945, Gehlen, général dans la Wehrmacht,

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Ami d’Helmut et résistant infiltré dans la Waffen SS, connaît bien l’Allemagne.

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il devient membre de “l’Organisation” dès et ses agents microfilment tous leurs documents

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sa création. Il se méfie de Reinhard Gehlen et Ce socialiste berlinois rejoint la résistance allemande secrets sur l'Union soviétique puis les cachent.

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de ses amis tout comme des nazis que les différents dès la fin des années 30. Il collabore avec Ils se rendent en mai aux forces américaines

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services occidentaux utilisent pour combattre les
communistes. Il défend l’idée d’une Allemagne
des membres du SOE en 1944 et se rapproche
de certains officiers proches de Claus von
qui ignorent encore l’existence de ces informations
cruciales. Trois mois plus tard, Gehlen en fait part à GÉNÉRAL LEONID
unifiée et démocratique... C’est uniquement pour Stauffenberg. Sur les conseils d'Helmut, Marchand l'OSS. Une fois libre en 1946, il crée l’Organisation Il succède à Korotkov. C’est son premier poste
cette raison qu'il travaille pour Benton et Marchand. lui propose de rejoindre son équipe. Gehlen avec la bénédiction de ses nouveaux à l’étranger, bien que membre des services
“amis”. Benton l’a rencontré à deux reprises dans de sécurité depuis les années 20.
les couloirs de l’immeuble de l’Abwehr à Berlin...

Dans les années 50, il fondera les services secrets


ouest-allemands (Bundesnachrichtendienst ou
BND) avec l’appui des puissances occidentales.

COLIN WALSH IGOR FERRIGNOV


Diplômé en droit à Harvard et parfaitement
germanophone (sa mère est Autrichienne), Beria confie à cet agent qui lui est totalement
il collabore régulièrement avec l’équipe dévoué la mission de surveiller Helmut.
de Marchand à Berlin. Cet ancien de l’OSS, Homosexuel, il sera fragilisé quand il voudra
en poste en Bavière de 1943 à 1945, sert d’agent dénoncer le rapprochement de son supérieur
de liaison entre “l’Organisation” et le CIC. avec “l’Organisation”.
S I SR I R
A RATRHTUHRU R
B EBNETNOTNO N
/ W/A NL N’ OS ER EG,A1N9I4S2A T I O N SIR ARTHUR BENTON / L’ORGANISATION

CHARLES IOSSIF
DE GAULLE
(22 NOV. 1890 - 9 NOV. 1970)
VISSARIONOVITCH
DJOUGACHVILI DIT LES SERVICES
Nommé général au début de la guerre, il prend
rapidement ses distances avec le gouvernement
français dès que celui-ci ne semble pas prêt
à combattre les Allemands jusqu'au bout.
Depuis son exil à Londres, il lance le fameux
appel du 18 juin et incarne la résistance
à l'occupation allemande en gérant les intérêts
“JOSEPH STALINE”
(21 DÉC. 1879 - 5 MAR. 1953)
La victoire de l’Armée soviétique contre
l’Allemagne nazie procure au “Petit Père
DE RENSEIGNEMENT
des Peuples” un prestige énorme dans

SIR WINSTON de la France Libre. Après la victoire finale,


il devient le chef du gouvernement provisoire
et relance les services de renseignement en vue
le monde entier. Il en profite pour imposer
ses vues aux autres vainqueurs et aux pays
UNION SOVIÉTIQUE ÉTATS-UNIS
OFFICE OF STRATEGIC SERVICES (OSS)
CHURCHILL de contrer la montée du PCF et l’influence
soviétique en Allemagne.
d’Europe centrale et orientale. Le secret et la
propagande sont entretenus systématiquement
NORODNYI KOMISSARIAT
GOSUDARSTVENNOE BEZOPASNOSTI (NKGB) À partir de 1942, le bureau des services stratégiques gère les opérations spéciales
en Europe. Le président Truman signe l’ordre de dissolution de l’OSS, dès la fin
(30 NOV. 1874 - 24 JAN. 1965) autour de ses actes, permettant de déguiser Le NKGB ou Commissariat du peuple aux affaires de l’Etat soviétique est le service
de la guerre, le 1er octobre 1945. La plupart de ses membres rejoindront la CIA
la réalité de son action. Autocratique, Staline de renseignement qui succède au NKVD en 1938. Le NKVD continue d’exister,
Premier ministre anglais pendant la guerre ne réunit pratiquement plus le Politburo lors de sa création.
mais s’occupe essentiellement des affaires intérieures, et sera remplacé en 1946
et chef du parti conservateur. Sa détermination et le Congrès du Parti. Entouré de “serviteurs” par le MVD.
sera pour beaucoup dans l’effort de guerre bri-
tannique et dans la victoire alliée sur l’Axe.
zélés qu’il terrorise, il leur fait miroiter à toute CENTRAL INTELLIGENCE GROUP (CIG)
occasion l’éventualité d'une disgrâce. Le Groupe Central de Renseignement remplace l’OSS en 1946.
Après la capitulation, il dissout le SOE et décide Il s'apprêtait à éliminer Lavrenti Beria avant MINISTERSTVO GOSUDARSTVENNOE BEZOPASNOSTI (MGB)
de créer “l’Organisation” avec les anciens que la mort ne l’emporte... Le MGB ou Ministère aux affaires de l’Etat soviétique remplace le NKGB de 1946
agents de ce service. Son ami de Gaulle à 1954, année où il prendra le nom encore célèbre de KGB (Komitet COUNTER INTELLIGENCE CORPS (CIC)
le soutient dans cette entreprise car tous les Gosudarstvennoe Bezopasnosti). Le KGB intègrera le MVD dans sa structure. Service de contre-espionnage de l’armée en Allemagne et en Autriche.
deux craignent de voir l’Europe basculer dans
le camp socialiste. ADMINISTRATION DU CONTRE-ESPIONNAGE SOVIÉTIQUE (UKR) CENTRAL INTELLIGENCE AGENCY (CIA)
En 1945, le quartier général de l’UKR est installé dans la ville de Potsdam L’agence centrale de renseignement est fondée en 1947 par le “National
à l’initiative d’Ivan Serov. Ce service chargé de lutter contre les espions occidentaux Security Act”. Elle est chargée de l'acquisition du renseignement, notamment
sera opérationnel jusqu’en 1994. par l'espionnage, et de la plupart des opérations clandestines effectuées à l’étranger.

EUROPE, DE L’OUEST (ALLEMAGNE, MILITARY INTELLIGENCE


“SECTION” 6 (MI-6)
LAVRENTI VIATCHESLAV ROYAUME-UNI ET FRANCE) C’est l'un des services de renseignement britannique (créé en 1909) : il a pour but
de sécuriser le pays de toute attaque extérieure et de s’occuper des activités
PAVLOVITCH MIKHAÏLOVITCH ABWEHR
d’espionnage. En 1946, il absorbe le SOE, répartissant son personnel et le matériel
entre ses différentes divisions opérationnelles.
BERIA SKRIABINE DIT Elle est créée en 1925 sous la République de Weimar. C’est le service de renseigne-
ments de l'état-major allemand de 1925 à 1944. À la suite de l’attentat manqué 2E BUREAU
(29 MAR. 1899 - 23 DÉC. 1953)
Ce natif de Géorgie, comme Staline, est le chef
“VIATCHESLAV contre Hitler en juillet 1944, de nombreux officiers de l’Abwehr, dont Canaris, seront
exécutés par les SS.
Le service de renseignement de l'armée française est usuellement désigné
de la sorte en référence au deuxième bureau de l'État-major général dont il était
suprême de la police politique et membre
du Politburo jusqu’en 1953. Il n’hésite pas
MOLOTOV” SICHERHEITSDIENST (SD)
une composante (créé en 1871).

à présider certaines séances de torture dans (9 MAR. 1890 - 8 NOV. 1986) Service de renseignement du parti nazi créé dès 1931 par Reinhard Heydrich. SERVICE DE DOCUMENTATION EXTÉRIEURE
son bureau de la Loubianka ou de la prison
de Lefortovo. Dès 1944, Beria, en charge
Depuis 1922, ce fin politicien doit son ET DE CONTRE-ESPIONNAGE (SDECE)
du programme nucléaire, mobilise des moyens
ascension au sein du parti à sa fidélité GEHLEN ORG Le comité français de la Libération nationale ordonne la fusion des divers services
et sa subordination à Staline. C'est lui qui Initialement composé de 350 anciens espions du IIIe Reich, ce réseau de renseigne- de renseignement dans une nouvelle structure : la direction générale des services
considérables en ressources humaines
rencontre Hitler et son homologue des affaires ment fondé par Reinhard Gehlen permet aux Américains d’espionner l’Europe spéciaux (DGSS). Celle-ci devient la direction générale des études et recherches
et industrielles, souvent puisées dans
étrangères allemand pour préparer et signer de l'Est et l’URSS sans prendre de risques. La Gehlen Org s’installe à Munich. (DGER) en 1944 puis en 1945, lui succède le service de documentation extérieure
le Goulag. Staline lui demande ensuite
le pacte germano-soviétique. Proche conseiller Dès 1946, elle recrute et forme près de 5000 agents d’Europe centrale et orientale et de contre-espionnage. Jusque dans les années 50, on utilise encore le terme de
de fabriquer la première bombe H. Conscient
de Staline, il restera Ministre des Affaires hostiles aux communistes, dont certains anciens nazis... 2e bureau.
qu’il risque d’être éliminé après, il laisse
étrangères jusqu'en 1949 où Andrei Vychinsky
traîner les travaux, éveillant les soupçons de
le remplacera... SPECIAL OPERATIONS EXECUTIVE (SOE)
son mentor, qui organise contre lui le complot
des blouses blanches, en janvier 1953 (cette Créé en juillet 1940 par Winston Churchill, ce service a pour but d’encourager
manipulation, accusant des “médecins-sabo- et de structurer la résistance dans l'Europe occupée. Il lui apporte un soutien
teurs” d’avoir tué deux dirigeants du régime, continu jusqu'à sa dissolution à la fin de la guerre.
permet à Staline de terroriser ses proches
et de leur retirer toute envie de critiquer
sa politique). Helmut est l’un de ses protégés,
même s’il le fait surveiller par Igor Ferrignov.
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