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LE CONDITIONNEL

Exploitation du conditionnel et des structures conditionnelles


En français il y a deux temps du mode conditionnel :

LE CONDITIONNEL SIMPLE et le CONDITIONNEL PASSÉ (ou COMPOSÉ)


Qu’on utilise soit dans des phrases simples, soit dans des phrases complexes.
Le conditionnel et les structures conditionnelles servent à :

•S'EXPRIMER POLIMENT (conditionnel au lieu du présent ou de l'impératif):


Pourriez-vous m'indiquer la direction pour aller à X ?
Je voudrais un peu plus d'eau s'il vous plaît.

•EXPRIMER UN DÉSIR ou UN SOUHAIT:


J'aimerais partir en France cet été. Je voudrais savoir si ...

•EXPRIMER LE DOUTE:
Il viendrait avec nous, peut-être ...
Ce serait plus facile comme ça, je crois

•SUGGÉRER, PROPOSER ou CONSEILLER quelque chose à quelqu'un:


On pourrait aller au cinéma soir ?
Tu viendrais au cinéma avec moi ce soir ?
Tu ne devrais pas lui répondre tout de suite

•FORMULER UNE HYPOTHÈSE, PRÉSENTER UNE INFORMATION NON


CONFIRMÉE :
L'accident aurait fait 2 morts et 3 blessés
Les négociations seraient sur un point mort en ce moment

•EXPRIMER LE REGRET DE CE QUI AURAIT PU ÊTRE ÉVITÉ:


Je n'aurais pas dû faire ça
Tu n'aurais pas dû me raconter tout ça ...
Il aurait dû éviter cette discussion
STRUCTURES DU CONDITIONNEL EN FRANÇAIS

Première structure conditionnelle

EXPRIMER UN FAIT FUTUR OU PRÉSENT SOUMIS À UNE CONDITION Remarque : on


n’utilise pas le mode conditionnel dans ce genre de phrases.

* Si … (PRÉSENT DE L’IND.) … [alors] FUTUR SIMPLE


Si tu viens à Barcelone, j’irai te chercher à l’aéroport

* Si … (PRÉSENT DE L’IND.) … [alors] PRÉSENT DE L’INDICATIF


Si tu viens à Barcelone, tu peux venir chez-moi

*Si … (PRÉSENT DE L’IND.) … [alors] IMPÉRATIF


Si tu viens à Barcelone, appelle-moi quelques jours à l’avance

Deuxième structure conditionnelle

EXPRIMER UN FAIT FUTUR HYPOTHÉTIQUE SOUMIS À UNE CONDITION

* Si … (IMPARFAIT) …. [alors] CONDITIONNEL SIMPLE ou bien CONDITIONNEL SIMPLE …


Si (IMPARFAIT)

Troisième structure conditionnelle

ÉVOQUER CE QUI AURAIT PU ARRIVER DANS LE PASSÉ MAIS NE S’EST JAMAIS RÉALISÉ

* Si … (PLUS-QUE-PARFAIT) …. [alors] CONDITIONNEL COMPOSÉ


ACTIVITÉS POUR REVISER LA THÉORIE

– Activité 1.
http://atschool.eduweb.co.uk/rgshiwyc/school/curric/French/Conditional/Conditional
1.htm Mettre la terminaison du verbe.
– Activité 2.
http://platea.pntic.mec.es/~cvera/hotpot/conditionnel_present.htm Faites clic sur le
formes du conditionnel
– Activité 3.
http://www.maisondequartier.com/cours_2/exercices.php?exo=conditionnel_2&lang=
en&number=1 Écrivez le verbe qui est entre parenthèse au conditionnel
– Activité 4. http://www.bonjourdefrance.com/n11/jeux/oiebdf3.html Rally de
conjugaison
Source:
http://www.prof2000.pt/users/tyny/condexplic.htm
http://www.ac.wwu.edu/~oussele/OusselinConjugaisons.html#Verbes au présent du
conditionnel plus d’exemples des verbes conjugués au conditionnel
http://www.xtec.es/~sgirona/fle/conditionnel_index.htm Dossier complet sur le
conditionnel
Exercices pour la classe.
Ces exercices on les fera en classe à partir des photocopies
– http://w3.restena.lu/amifra/exos/conj/condprs1_1.pdf
– http://w3.restena.lu/amifra/exos/conj/condprs2_1.pdf
– http://w3.restena.lu/amifra/exos/conj/condit.htm
LE SUBJONCTIF
Le ne explétif

- Le ne explétif n’a pas une valeur négative réelle. Il n’est pas nécessaire au sens de
l’enoncé ni exigé par la syntaxe, mais la négation flotte dans l’idée a exprimer. Il ne
joue donc aucun rôle grammatical, mais il exprime une nuance subjective (négative) de
la part du locuteur.
- On l’utilise couramment dans les subordonnées introduites par avant que et a moins
que. Ex. Ils quittèrent les lieux avant que les policiers n’arrivent. / J’irai à votre
rencontre, à moins qu’il ne pleuve.

LE PASSÉ SIMPLE

Les terminaisons en –us et –ins:


Et certains verbes du 3ème groupe (savoir, vouloir, pouvoir, apercevoir, croire,
connaître, vivre, mourir, courir).
Un certain nombre de verbes ont des bases particulières au passé simple.

Être – je fus
Avoir – j’eus
Faire – je fis
Pouvoir – je pus
Voir – je vis
Écrire – j’écrivis
Croire – je crus
Connaître – je connus
Mettre – je mis
Prendre – je pris
Vivre – je vécus
Recevoir – je reçus

Conjugue les verbes entre parenthèses au passé simple

C'est peine perdue, tu ne viendras pas avec nous, car tu n'as pas d'habits et tu ne sais
pas danser; nous aurions honte de toi.
Là-dessus, elle lui (tourner) ____________le dos et (partir) ____________à la hâte
avec ses deux filles superbement parées.
Lorsqu'il n'y eut plus personne à la maison, Cendrillon (aller) __________sous le
noisetier planté sur la tombe de sa mère et (crier) ________________ :
Petit arbre, ébranle-toi, agite-toi,
jette de l'or et de l'argent sur moi.
Alors l'oiseau lui (lancer) ____________une robe d'or et d'argent, ainsi que des
pantoufles brodées de soie et d'argent. Elle (mettre) _____________la robe en toute
hâte et (partir) _________________à la fête. Ni ses soeurs, ni sa marâtre ne la
(reconnaître)________________, et (penser) ______________que ce devait être la fille
d'un roi étranger, tant elle était belle dans cette robe d'or.

http://www.ortholud.com/conjugaison/passe_simple/texte1.php

Alors l'oiseau lui lança (lancer) une robe d'or et d'argent, ainsi que des pantoufles
brodées de soie et d'argent. Elle mit (mettre) la robe en toute hâte et partit (partir) à la
fête. Ni ses soeurs, ni sa marâtre ne la reconnurent (reconnaître), et pensèrent (penser)
que ce devait être la fille d'un roi étranger, tant elle était belle dans cette robe d'or.
Transformez les verbes au passé simple au passé composé

Vanina leva les yeux, et vit avec étonnement qu'une des fenêtres de l'appartement
que son père avait fermée avec tant de soin était ouverte. Elle se débarrassa de sa
dame de compagnie, monta dans les combles du palais, et à force de chercher parvint
à trouver une petite fenêtre grillée qui donnait sur la terrasse garnie d'orangers. La
fenêtre ouverte qu'elle avait remarquée était à deux pas d'elle. Sans doute cette
chambre était habitée; mais par qui?
L’IMPERATIF

Emplois de l'impératif

Critères sémantiques et modaux en fonction du verbe

donner un ordre Viens ici


Taisez-vous

exprimer un Restez encore un peu


désir

offrir un conseil Croyez-moi si je vous dis que c'est dangereux

faire une Faisons bien attention.


recommandation

faire une Dis-moi ce que tu penses.


requête

Forme de Veuillez fermer la fenêtre.


politesse Ayez la gentillesse de vous approcher.

L'impératif n'existe que sous trois formes, les personnes « tu », « nous» et «


vous ». Le verbe se conjuguent sans pronom. Les verbe en -IR, et les verbe en -RE
prennent la même forme que celle du présent de l'indicatif. Pour les verbes en -ER et
les verbes comme ouvrir et souffrir qui se conjuguent comme des verbes en -ER, il n'y a
pas de -s à la fin de la deuxième personne du singulier.

En présence des pronoms y et en, Le -s de la deuxième personne du singulier (tu)


réapparaît.

Marches-y
Vas-y
Manges-en

Verbes en –ER Verbes en -IR Verbes en -RE


Marcher Aller Finir Attendre
(tu) marche va finis attends
(nous) marchons allons finissons attendons
(vous) marchez allez finissez attendez
Verbes irréguliers
avoir être savoir vouloir
(tu) aie sois sache veuille
(nous) ayons soyons sachons
(vous) ayez soyez sachez veuillez

Forme impérative des verbes réfléchis


Forme affirmative Forme négative
lève-toi ne te lève pas
levons-nous ne nous levons pas
levez-vous ne vous levez pas

Attention à la place des pronoms des verbes de type s'en aller


Forme affirmative Forme négative
va-t'en ne t'en va pas
allons-nous-en ne nous en allons pas
allez-vous-en ne vous en allez pas
»A. Verbes sans préposition + infinitif
Certains verbes sont suivis de l'infinitif sans préposition. C'est le cas des verbes
de mouvement et des verbes qui expriment une opinion, une préférence, une
nécessité, un sentiment, un projet ou une volonté.

Exemples :
- Nous allons partir demain.
- Il est sorti acheter du pain.
- Je monte voir ma voisine.
- Nous pensons passer l'été en Auvergne.
- Il préfère aller à la montagne.
- Vous adorez lire sur la plage.
- Tu veux chanter ?
- J'aimerais venir à sa fête.
- J'espère pouvoir le voir.

»B. Verbes avec la préposition de + infinitif


D'autres verbes sont suivis de la préposition de.

Exemples :
- J'ai essayé de lui parler mais il a décidé de ne pas me répondre.
- Il a arrêté de crier et il a accepté de m'écouter.

Voici quelques verbes courants suivis de la préposition de.


A : accepter de - achever de - accepter de - attendre de - arrêter de
C : cesser de - continuer de - convenir de - craindre de
D : décider de
E : empêcher de - essayer de - éviter de
F : faire exprès de - faire semblant de - finir de
I : interdire de
M : menacer de - mériter de
O : ordonner de - oublier de
P : permettre de - persuader dep - promettre de - proposer de
R : refuser de - regretter de- rêver de - risquer de
S : suggérer de - souffrir de - supplier de
T : tenter de
»C. Autres verbes suivis de la préposition à.
Certains verbes courants sont suivis de la préposition à.

Exemples :
- Elle est arrivée à écrire sa lettre et je l'ai encouragé à la finir au plus vite.
- Vous hésitez à lui dire la vérité mais je vous incite à le faire.

Quelques verbes courants suivis de la préposition à.


A : aider à - apprendre à - arriver à - autoriser à
C : chercher à - commencer à - contribuer à
E : encourager à - enseigner à
F : faire attention à - forcer à
H : hésiter à
I : inciter à - inviter à
J : jouer à
P : parvenir à - penser à(= se souvenir de) - persister àp - pousser à
R : renoncer à - réussir à
S : servir à - songer à
T : tarder à - tenir à
V : viser à

Alors l'oiseau lui lança (lancer) une robe d'or et d'argent, ainsi que des pantoufles
brodées de soie et d'argent. Elle mit (mettre) la robe en toute hâte et partit (partir) à la
fête. Ni ses soeurs, ni sa marâtre ne la reconnurent (reconnaître), et pensèrent (penser)
que ce devait être la fille d'un roi étranger, tant elle était belle dans cette robe d'or.
La Voix Passive

Voix active : Le chat mange la souris.

sujet actif + verbe + complément d'objet direct

Voix passive : La souris est mangée par le chat.

sujet passif + verbe + complément d'agent

La transformation passive est soumise à certaines conditions :

 Le verbe actif doit être transitif direct (avoir un complément d'objet direct).
 Le sujet du verbe actif ne doit pas être un pronom personnel, car dans ce cas
on préférera l'utilisation du présentatif.

Exemple : " C'est moi qui ai peint ce tableau ".


et non " Ce tableau a été peint par moi ".

La transformation passive entraîne les modifications suivantes:

 Le sujet du verbe actif devient le complément d'agent, et il est généralement


introduit par la préposition " par ".

 Le complément d'objet direct devient le sujet du verbe passif.

 Le verbe actif se transforme. Le nouveau groupe verbal passif se forme avec


l'auxiliaire "être" conjugué au même temps que le verbe actif, suivi du participe
passé (toujours
accordé avec le sujet).

Remarque :

Quand le sujet du verbe actif est le pronom personnel "on", il n'y a pas de complément
d'agent dans la phrase passive.

Exemple:

Voix active : " On interdit l'utilisation des téléphones portables en avion ".

sujet actif + verbe + complément d'objet direct + complément de lieu

Voix passive : " L'utilisation des téléphones portables est interdite en avion".

sujet passif + verbe + complément de lieu


Le complément d'agent est introduit par la préposition " de " avec :

 Les verbes de description dont l'agent est inanimé.

Exemple :

Voix active : " Des meubles Louis XV formaient l'essentiel du mobilier ".

Voix passive : " L'essentiel du mobilier était formé de meubles Louis XV".

 Les verbes de sentiment.

Exemple:

Voix active : " Tous respectaient Mère Teresa ".

Voix passive : " Mère Teresa était respectée de tous ".

 Les verbes utilisés au sens figuré (au sens propre le complément d'agent est
introduit par la préposition " par ").

Exemple:

Voix active : " Mon refus catégorique le surprend ". (sens figuré)
Voix passive : " Il est surpris de mon refus catégorique ".
Voix active: " La police a surpris les cambrioleurs ". (sens propre)
Voix passive : " Les cambrioleurs ont été surpris par la police ".

Ou autrement dit certains verbes sont suivis de «de» à la voix passive :

accompagné de..., admiré de..., adoré de..., aimé de..., apprécié de..., bordé
de..., connu de..., couvert de..., décoré de..., détesté de..., entouré de..., équipé
de..., estimé de..., fatigué de..., haï de..., lassé de..., précédé de..., respecté
de..., suivi de... etc.

Exemple:
Le pré est entouré d'arbres.
La route est bordée de peupliers.
Les murs sont décorés de tableaux.
Il est aimé de tous.
LES VERBES FRANÇAIS
1. LE CONDITIONNEL ET LES STRUCTURES CONDITIONNELLES
En Français il y a deux temps du mode conditionnel: le conditionnel simple et le conditionnel passé (ou
composé) qu’on utilise soit dans des phrases simples, soit dans des phrases complexes.

Le conditionnel et les structures conditionnelles servent :

- À s’exprimer poliment (conditionnel au lieu du présent ou de l’impératif) : Pourriez-vous


m’indiquer la direction pour aller au Louvre ? / Je voudrais un peu plus d’eau, s’il vous plaît.
- À exprimer un désir ou un souhait : J’aimerais partir en France cet été. / Je voudrais savoir si
vous pouvez me renseigner.
- À exprimer le doute : Il viendrait avec nous, peut-être… / Ce serait plus facile comme ça, je crois.
- À suggérer, proposer ou conseiller quelque chose à quelqu’un : On pourrait aller au cinéma ce
soir ? / Tu ne devrais pas lui répondre tout de suite.
- À formuler une hypothèse, présenter une information non confirmée : L’accident aurait fait 2
morts et 3 blessés. / Les négociations seraient sur un point mort en ce moment.
- À exprimer le regret de ce qui aurait pu être évité : Je n’aurais pas dû faire ça. / Tu n’aurais pas
dû me raconter tout ça… / Il aurait dû éviter cette discussion.

STRUCTURES CONDITIONNELLES
PREMIERE STRUCTURE CONDITIONNELLE
Pour exprimer un fait futur ou présent soumis à une condition. (Remarque : on n’utilise pas le
conditionnel dans ce genre de phrases).

- Si … (présent de l’indicatif) … [alors] futur simple : Si tu viens à Barcelone, j’irai te chercher à


l’aéroport.
- Si … (présent de l’indicatif) … [alors] présent de l’indicatif : Si tu viens à Barcelone, tu peux venir
chez-moi.
- Si … (présent de l’indicatif) … [alors] impératif : Si tu viens à Barcelone, appelle-moi quelques
jours à l’avance.

DEUXIEME STRUCTURE CONDITIONNELLE


Pour exprimer un fait futur hypothétique soumis à une condition :

- Si … (imparfait) … [alors] conditionnel simple : Si elle voulait, nous achèterions un appartement.


- Ou bien : conditionnel simple … si (imparfait) : J’y reviendrais bien souvent, si c’était moins
cher…

TROISIEME STRUCTURE CONDITIONNELLE


Pour évoquer ce qui aurait pu arriver dans le passé mais ne s’est jamais réalisé

- Si … (plus-que-parfait) … [alors] conditionnel composé : Si elle avait voulu, nous aurions pu vivre
ensemble. / Si j’étais resté chez-moi, je n’aurais pas eu cet accident. / S’ils étaient venus, nous
aurions pu terminer ça plus rapidement. / Si j’avais suivi les conseils de mon père, j’aurais pu
choisir une autre profession…
2. LE SUBJONCTIF ET LE « NE » EXPLETIF

EMPLOIS DU SUBJONCTIF
1. LE SUBJONCTIF S’EMPLOIE AVEC DES VERBES QUI EXPRIMENT :
- Volonté, désir, souhait : (j’aimerais que…/ je souhaite que…).
- Nécessité, obligation (il faudra que…/ il faut que…/ il faudrait que…/ il est nécessaire que…).
- Émotion, sentiment, appréciation (je regrette que…/ il est surprenant que…/ je crains que…).
- Possibilité, impossibilité, probabilité, doute, incertitude (il est probable que…/ je ne suis pas sûr
que…/ il n’est pas certain que…).

2. LE SUBJONCTIF S’EMPLOIE AUSSI DANS DES PHRASES SUBORDONNEES , APRES CERTAINES


CONJONCTIONS OU LOCUTIONS CONJONCTIVES EXPRIMANT …
- La manière (sans que…) Ex. : Ils l’ont fait sans que leurs amis se soient méfiés de rien.
- Le temps (avant que…/ jusqu’à ce que…/ en attendant que…) Ex. : Je vais insister jusqu’à ce que
tu avoues la vérité. / Il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard.
- La condition (à condition que…/ pourvu que…/ à moins que…) Ex. : Nous le ferons à condition
qu’ils payent. / Nous ne dirons rien à personne pourvu qu’ils partent. / Je suis prêt à le faire à
condition qu’ils me le demandent.
- Le but (afin que…/ pour que…) Ex. : J’ai beaucoup insisté pour qu’il se rende compte de son
erreur. / Nous allons lui proposer un choix afin qu’il décide ce qui lui convient.
- L’opposition/la concession (bien que…/ quoi que…/ encore que…) Ex. : Bien qu’il soit trop tard,
je vais l’appeler. / Quoi qu’elle dise, je vais essayer encore une fois.
- La cause (de peur que…/ de crainte que…) Ex. : Elles font très attention au budget, de peur
qu’on ne refuse leur projet dès le début.
- L’hypothèse (en admettant que…/ en supposant que…/ à supposer que…) Ex. : Le contrat sera
signé demain à supposer qu’ils se mettent enfin d’accord.

LE « NE » EXPLETIF
Le « ne » explétif n’a pas une valeur négative réelle. Il n’est pas nécessaire au sens de l’énoncé ni exigé
par la syntaxe, mais la négation flotte dans l’idée à exprimer. Il ne joue donc aucun rôle grammatical,
mais il exprime une nuance subjonctive (négative) de la part du locuteur.

On l’utilise couramment dans les subordonnées introduites par « avant que » et « à moins que ». Ex. : Ils
quittèrent les lieux avant que les policiers n’arrivent. / J’irai à votre rencontre, à moins qu’il ne pleuve.

On peut l’utiliser aussi après les expressions comparatives exprimant l’inégalité (autre que, autrement
que, meilleur que, mieux que, moins que, pire que, plus que, etc.) Ex. : Pierre est plus studieux que tu
(ne) l’es. / C’est beaucoup moins difficile que je ne l’avais imaginé.

On l’utilise souvent quand la subordonnée dépend d’une principale contenant un verbe ou une locution
exprimant la crainte et que cette principale n’est pas négative. Ex. : Je crains qu’il ne soit trop tard. / Il
nous a rappelé le rendez-vous de peur que nous ne l’ayons oublié.
3. LA VOIX PASSIVE
La transformation passive est soumise à certaines conditions :

- Le verbe actif doit être transitif direct.


- Le sujet du verbe actif ne doit pas être un pronom personnel, car dans ce cas on préférera
l’utilisation du présentatif. Ex. : C’est moi qui ai peint ce tableau. Et non : Ce tableau a été peint
par moi.

La transformation passive entraîne ces modifications :

- Le sujet du verbe actif devient le complément d’agent, et il est généralement introduit par la
préposition « par ».
- Le complément d’objet direct devient le sujet du verbe.
- Le verbe actif se transforme. Le nouveau groupe verbal se forme avec l’auxiliaire être conjugué
au même temps que le verbe actif, suivi du participe passé (toujours accordé avec le sujet).

Remarque : quand le sujet du verbe actif est le pronom personnel on, il n’y a pas de complément
d’agent dans la phrase passive. Exemples :

- Voix active : On interdit l’utilisation des téléphones portables en avion. [Sujet actif + verbe +
complément d’objet direct + complément de lieu].
- Voix passive : L’utilisation des téléphones portables est interdite en avion. [Sujet passif + verbe
+ complément de lieu].

Le complément d’agent est introduit par la préposition de, avec :

- Les verbes de description dont l’agent est inanimé :


o Voix active : Des meubles Louis XV formaient l’essentiel du mobilier.
o Voix passive : L’essentiel du mobilier était formé de meubles Louis XV.
- Les verbes de sentiment :
o Voix active : Tous respectaient Mère Teresa.
o Voix passive : Mère Teresa était respectée de tous.

Ou autrement dit, certains verbes sont suivis de DE à la voix passive :

Accompagné de…/ admiré de… / adoré de…/ aimé de…/ apprécié de…/ bordé de…/ connu de…/ couvert
de…/ décoré de…/ détesté de…/ entouré de…/ équipé de…/ fatigué de…/ haï de…/ précédé de…/
respecté de…/ suivi de…/ etc.

Exemples :

- Le pré est entouré d’arbres.


- La route est bordée de peupliers.
- Les murs sont décorés de tableaux.
- Il est aimé de tous.
4. LE PASSE SIMPLE

SES EMPLOIS
- Action unique, ponctuelle et terminée dans le passé. Ex. : L’année dernière, je partis en
vacances en France.
- Actions qui se succèdent dans le passé (souligne le déroulement de ces actions). Ex. : À vélo, je
roulai au bord de la mer de Brest à Saint-Malo, puis je visitai Saint-Malo.
- Action nouvelle qui introduit un changement par rapport à une situation donnée dans le passé.
Ex. : Pendant que je visitais Saint-Malo, je pris beaucoup de photos.

Attention ! Le passé simple est un temps réservé à la langue écrite. À l’oral on préfère utiliser le passé
composé. Ex. : L’année dernière je suis parti en vacances en France.

FORMATION
Pour former le passé simple, on utilise le radical de l’infinitif, auquel on ajoute, selon les groupes de
verbes, les terminaisons suivantes :

- Les terminaisons en –a et –i :
o Trouver : je trouvai / tu trouvas / il trouva / nous trouvâmes / vous trouvâtes / ils
trouvèrent  Tous les verbes du 1 groupe.
o Agir : j’agis / tu agis / il agit / nous agîmes / vous agîtes / ils agirent  Tous les verbes
du 2 groupe.
o Entendre : j’entendis / tu entendis / il entendit / nous entendîmes / vous entendîtes /
ils entendirent  Beaucoup de verbes du 3 groupe (faire, dire, voir, prendre, mettre,
entendre, sentir, ouvrir, etc.).
- Les terminaisons en –us et –ins :
o Savoir : je sus / tu sus / il sut / nous sûmes / vous sûtes / ils surent  Certains verbes
du 3 groupe (être, avoir, vouloir, pouvoir, savoir, apercevoir, croire, connaître, vivre,
mourir, courir).
o Venir : je vins / tu vins / il vint / nous vînmes / vous vîntes / ils vinrent  Venir, tenir et
tous les verbes dérivés.

Attention ! Un certain nombre de verbes ont des bases particulières au passé simple :

- Être : je fus / Avoir : j’eus


- Faire : je fis / Pouvoir : je pus
- Voir : je vis / Écrire : j’écrivis
- Croire : je crus / Connaître : je connus
- Mettre : je mis / Prendre : je pris
- Vivre : je vécus / Recevoir : je reçus

EXERCICE
CONJUGUEZ LES VERBES ENTRE PARENTHESES AU PASSE SIMPLE
C’est peine perdue, tu ne viendras pas avec nous, car tu n’as pas d’habits et tu ne sais pas danser ; nous
aurions honte de toi.

Là-dessus, elle lui (tourner) le dos et (partir) à la hâte avec ses deux filles superbement parées.
Lorsqu’il n’y eut plus personne à la maison, Cendrillon (aller) sous le noisetier planté sur la tombe de sa
mère et (crier) :

Petit arbre, ébranle-toi, agite-toi, jette de l’or et de l’argent sur moi.

Alors l’oiseau lui (lancer) une robe d’or et d’argent, ainsi que des pantoufles brodées de soie et d’argent.
Elle (mettre) la robe en toute hâte et (partir) à la fête. Ni ses sœurs, ni sa marâtre ne la (reconnaître), et
(penser) que ce devait être la fille d’un roi étranger, tant elle était belle dans cette robe d’or.
MARQUEURS DE RELATION

1.- Définition et fonction.

 Le marqueur de relation est un mot ou groupe de mots dont la fonction dans le


discours est d’établir des relations logiques, spatiales ou temporelles entre les phrases.
 Le marquer de relation en exprimant les liens de sens qu’entretiennent entre elles les
idées assurent la cohérence du texte et jouent, de ce fait, un rôle sémantique
important.
 De plus, lorsqu’ils structurent l’information en marquant les transitions entre les
parties d’un texte, les marqueurs de relation occupent la fonction d’organisateurs
textuels.

Quels mots sont des marqueurs de relation ?

Des mots des catégories suivantes :

 Des adverbes ou des locutions adverbiales :


o Ainsi, plutôt, ensuite, néanmoins, alors, en somme, etc.
 Des prépositions ou des locutions prépositionnelles :
o Depuis, durant, pour, à cause de, en dépit de, etc.
 Des conjonctions ou des locutions conjonctives :
o Car, mais, or, dès que, parce que, afin que, etc.
 Certaines expressions courantes :
o Il est vrai que, cela dit, ce qui veut dire, etc.
 Et d’autres exprimant le temps et l’espace
o En 2002, aujourd’hui, en haut, à gauche, etc.
Jouent le même rôle sémantique et organisationnel que les marqueurs de relation.

Marqueurs de progression logique (énumération)

Introduction Continuation Conclusion

Premièrement deuxièmement finalement

D’abord ensuite enfin

Tout d’abord puis en définitive

En premier lieu en second lieu en dernier lieu

Avant tout en fin de compte

En conclusion

Non seulement mais encore

Mais aussi
Pour commencer de plus pour terminer

Encore pour conclure

Pour continuer pour finir

Je commencerai par j’ajouterai que je terminerai en disant que

D’une part/ d’ autre part

EXERCICE

Maintenant/d’abord/puis/la semaine prochaine/depuis/ finalement. Carte postale.

Chère Delphine :

J’ai eu un voyage mouvementé,__________ j’ai perdu le train de 9h, ________ celui de 9h30,
donc j’ai dû venir en bus. Il pleut _________ deux jours, mais je sors quand même. _________,
j’ai eu quelques jours de soleil et ________ je suis au Futuroscope. C’est génial.

_________ je rentre chez moi.

Grosses bises et à bientôt. Marguerite.

Marqueurs d’ajout ou d’addition :

 Ils permettent d’ajouter un nouvel élément ou d’en coordonner deux ou plusieurs.


o Et, de plus, en outre, également, aussi, de même , puis, etc.
o Elle est intelligente. En outre (de plus) elle est aimable.
o Je suis également (aussi, de même) très content de cette rencontre.
o Internet est une source inépuisable d’informations. De plus, c’est un
remarquable outil de communication.

Marqueurs d’opposition et concession

 Opposition ils introduisent une idée contraire à la précédente.


o Mais , cependant, en revanche, par conte, en contre partie, toute fois,
néanmoins, pourtant, or, par ailleurs, bien que, malgré que, etc.
o La navigation dans internet offre de nombreuses possibilités. Par contre (en
revanche, en contrepartie), elle comporte certains désavantages quant à la
qualité de l’information et à l’étique.
 Concession ils permettent de formuler une réserve, de nuancer une idée émise,
d’admettre un autre point de vue.
o Mais, cependant, en revanche, par contre, en contrepartie, (toutefois,
néanmoins, pourtant, or, par ailleurs, bien que, malgré que. De toute façon)
o Aujourd’hui, tout le monde est pour l’écologie. La protection de
l’environnement est néanmoins (pourtant, cependant, toutefois) une
préoccupation des pays riches.
 Explication ils permettent de développer ou de préciser la pensée.
 Cause ils annoncent une cause ou une preuve.
o Marqueurs en effet, c’est que, c'est-à-dire, en fait, car, grâce ci, étant donné
que, puisque, comme, parce que.
o L’écologie connaît en effet de sérieuses dérives. Par exemple la protection des
animaux. En son nom, on arrive à des aberrations.
o Sa rupture amoureuse l’a complètement anéanti, car (parce qu’) il était trop
dépendent de son amie.

Marqueurs – illustration

 Ils permettent d’illustrer, de concrétiser la pensée.


o Notamment, par exemple, ainsi, entre autres…
o Le tabac est également nocif pour les personnes exposées à la fumée,
notamment pour les nourrissons et les enfants.
o L’autoroute électronique comporte tout de même certains désavantages. Par
exemple (entre autres), la publicité inonde (pour ne pas dire agresse)
littéralement les internautes.
o Ainsi, je peux vous donner un exemple concret de ce que je prétends.

Marqueurs- conséquence, conclusion

 Conséquence : ils indiquent l’aboutissement d’une idée ou d’une suite d’idées.


 Conclusion : ils marquent la fin d’une démonstration ou d’une suite d’idées.
o Donc, en conséquence, par conséquent, c’est pourquoi, ainsi, alors,
tellement…que, si bien …que, en définitive, en fin.
o Les Blanchard ont décidé de vendre leur maison à la montagne. Par
conséquent, ils on passé une petite annonce dans la presse régionale.
o Ce film a été très mal reçu par la critique : il n’a donc pas eu la popularité
attendue.
o Ils savaient qu’il est strictement interdit de pénétrer dans cette enceinte ; c’est
pourquoi ils ont été expulsés.
o Il a tellement exagéré l’incident qu’il a semé la panique.
o L’industrie aéronautique a encore connu une baisse importante ce dernier
trimestre. Ainsi, l’impact des attentats du 11 septembre 2001 est bien loin
d’être éliminé.
Marqueurs – Synthèse

 Ils annoncent la synthèse d’un raisonnement ou d’une démonstration.


o Bref, en somme, donc, pour résumer, au fond…
o Bien qu’internet soit perfectible(…), de plus en plus de gens s’y abonnent et en
découvrent les multiples possibilités. En somme, l’inforoute demeure un
merveilleux outil d’information et de communication
o Bref, je suis ravie de notre discussion.
o Pour résumer, voilà ce que j’avais à vous dire…
o Au fond, ça s’est très bien passé.

EXERCICE- MARQUEURS LOGIQUES

Pour chacune de ces phrases, choisissez le mot entre parenthèses qui convient :

1) Hier soir je n’ai pas voulu sortir._______ , il n’y avait pas de film intéressant à voir.
(de toute façon- alors- c’est pourquoi)
2) Ce grand magasin ferme à 18 heures.__________, beaucoup de personnes aimeraient
faire leurs courses en sortant du bureau.
concession(en tout cas- par conséquent- pourtant)
3) Hier, nous n’avions pas toutes les informations nécessaires pour compléter le dossier.
________, nous avons réussi à le terminer.
concession(cependant- donc- par ailleurs)
4) Il n’y avait plus de place au théâtre. ________, nous avons décidé de rentrer à la
maison.
Conséquence (pourtant- alors- de toute façon)
5) Elle travaille dans un magasin de disques. ________, elle aide le soir son frère dans son
restaurant.
L’adition (alors- dont – de plus)

LES MARQUEURS DE TEMPS

 Ils permettent de signaler la simultanéité, l’antériorité ou la postériorité entre les faits


ou les situations.
 Temps présent : en ce moment, de nos jours, à l’heure actuelle, actuellement,
maintenant, aujourd’hui.
 Durée : depuis, pour, pendant, dans, en.
 Simultanéité : quand, lorsque, en même temps que, pendant+ nom, pendant que +
verbe à l’indicatif, au moment où. Gérondif.
 Succession : d’abord, ensuite, après.
 Antériorité : autrefois / avant+ nom / avant de + inf. / avant que + subjonctif/ il y a X
heures, jours, semaines, mois, ans…
o avant que tu ne rendes ce rapport, relis-le attentivement
o avant de leur téléphoner, je voudrais être sûr que tout le monde sit bien
d’accord.
 Postériorité : après que+ indic. /après avoir+ pp.
o Après que les invités sont partis, j’ai rangé la maison
o après avoir lu cet article j’ai été bouleversée.

LA DURÉE

 Depuis indique l’origine d’une action ou d’une situation toujours actuelle


o Je suis professeur depuis 1981.
o Je suis artiste peintre depuis 15 ans.
o J’habite à Paris depuis six mois.
 Pour indique la durée d’une action la durée d’une action incomplète au moment où on
parle, une durée prévue.
o Je suis en stage pour trois ans
o J’ai un traitement pour six mois
 Pendant indique la durée complète d’une action terminée au moment où on parle
o Le matin je me brosse les cheveux pendant cinq minutes
o Hier il a plu pendant cinq heures
 Dans exprime le début d’une action Dentro de
o Le spectacle va commencer dans quinze minutes.
 En indique une durée de réalisation
o Je fais six kilomètre en une heure
o En général je déjeune en quinze minutes.
o Ils font le ménage en dix minutes
 En indique aussi une saison de l’année (sauf pour le printemps : au printemps) ou une
date.
o Il es venu à Montréal en janvier 2001.
o Il est arrivé en hiver, il s’est marié au printemps, il a trouvé son premier emploi
en été et en automne il a acheté sa première voiture.

EXERCICE durée

Les expressions de temps

Complétez ces phrases avec : à, pendant, en, depuis, ou dans

1) Je reviens ______ une heure. Dans


2) Je l’ai connu__________1985. en
3) ______ le 5 octobre, j’habite ici . depuis
4) Je suis restée en Belgique ________ trois ans. pendant
5) Il a fini _______ trois heures. A
D’AUTRE MARQUEURS TEMPORELS

 Question correspondante : depuis combien de temps es-tu ici ?


 Marqueurs temporels en français :
o Je suis ici depuis dix minutes (temps présent)
o Il y a dix minutes que je suis ici (temps présent)
o Cela fait dix minutes que je suis ici.

ADVERBES DE FRÉQUENCE

Classification

 Toujours : 100%
 Habituellement : 90%
 Souvent : 80%
 Quelquefois : 50% algunas veces
 Parfois : 15% a veces
 Rarement : 5%
 Jamais : 0%

PLACE DE L’ADVERBE

RÈGLES :

1) L’adverbe est toujours placé après un verbe.


a. Je travaille bien, j’étudie beaucoup, il mange énormément !
2) Aux temps composés, l’adverbe est placé entre l’auxiliaire et le participe passé
(exception : la plupart des adverbes en –ment)
a. J’ai bien mangé ; elle presque fini
b. Il nous a parlé gentiment, elle a pleuré doucement
3) L’adverbe précède l’adjectif ou l’adverbe qu’il modifie
a. Vous êtres bien gentil ! il travaille très bien.

PRÉPOSITIONS DE TEMPS

Pour exprimer :

 L’heure : à 8 heures / à 8 heure du soir / j’ai le cours d’histoire de 8 :30 à 9 :15 / il


travaille tous les soirs jusqu’à minuit.
 Les dates précises : Quel jour sommes-nous ?- nous sommes le 2 janvier 1997 (note :
le 1er mars) / c’est le jour de Noël. C’est le jour des Rois.
 Les jours de la semaine : lundi, mardi, etc (sans préposition1) on dit le lundi seulement
si c’est une habitude.
o C’est mardi aujourd’hui/ le lundi, je joue au volley dans mon club / lundi, je
vais chez le dentiste
 Les journées de fête (fériées) : à Noël , à Pâques
 Les mois (janvier, février, mars, avril, mai, jin, juillet, août, septembre, octobre,
novembre, décembre) : En janvier, au mois de janvier
 Les saisons : en hiver, en été, en automne, au printemps
 Les années : Jean Jacques Cousteau est mort en 1997 / j’aime beaucoup les années 70
 Les siècles ; au XIXe siècle, les gens n’avaient pas de voiture.

EXERCICE

Utiliser les marqueurs du temps dans un dialogue (matin, heure, 16h30, après –midi,
aujourd’hui, tout à l’heure)

-allô , Brantano, bonjour.

-bonjour, je voudrais un rendez-vous avec le patron, Monsieur Dubois, _________, si c’est


possible, s’il vous plaît.

- il n’est pas au magasin ce ________. Vous pouvez venir cet_______ ?

- oui, vers quelle ___________ ?

-à ________ c’est possible ?

-très bien, je suis Mademoiselle Honoré.

-Mademoiselle Honoré, d’accord, donc _____________

Dimanche, à l’heure du déjeuner, midi et demie, horaire, tous les jours, après-midi

-allô , bonjour, quels sont les ____________d’ouverture du magasin ?

- nous sommes ouverts de 9h à_________ le matin, et…

-ah ! vous fermez à l’__________

LES EXPRESSIONS DE TEMPS. COCHEZ LA PHRASE QUI CONVIENT

Exemple : il vous a invité chez lui en mars 2000.nous sommes en 2002.

Pendant deux ans, il m’a invité chez lui.

Il y a deux ans, il m’a invité chez lui

Depuis deux ans, il m’a invité chez lui.

La réponse correcte :

1) Vous partez pour Lyon. Le voyage dure deux heures.


a. Je serai à Lyon dans deux heures
b. A deux heure, je serai à Lyon
c. Il y a deux heure, j’ai pris le train.
2) Il est 20 heures. Pierre a téléphoné à 19 heure, pour parler à votre ami Jacques.
a. Dans quatre heure, je rappellerai Pierre
b. Depuis trois heure, j’attends l’arrivée de Jacques
c. Il y a une heure, Pierre a appelé pour par ler à Jacques.
E XPRESSION DE LA C ONDITION ET L ’H YPOTHESE
L A C ONDITION
Définition : La condition exprime qu’un fait ou un état est indispensable pour que, en conséquence, un autre
fait ou état existe.

L’H YPOTHESE
Définition : Exprime qu’un fait ou un état est imaginé. Sa conséquence est donc éventuelle.

DIFFERENTES MOYENS D ’ETABLIR UNE PHRASE AU SENS CONDITIONNEL


OU HYPOTHETIQUE A TRAVERS D’UNE SUBORDONNEE INTRODUITE PAR
« SI ».

 Exprimer la condition avec « si » + présent d’indicatif ou passé composé :


o La conséquence est exprimée à l’indicatif ou à l’impératif. En d’autres mots, la condition ou
supposition est probable, elle peut être réalisée. Ex. : Si tu as le temps, tu viendras nous voir ?
o Forme négative : Présent / impératif + « sinon » + futur. Ex. : Il faut faire visite sinon nous
raterons le train.
o Attention ! En français on n’emploie jamais le subjonctif pour ce type de construction.
 Exprimer l’hypothèse avec « si » + imparfait ou plus-que-parfait :
o La proposition principale est au conditionnel, elle est donc éventuelle. Ex. : Si j’étais toi,
j’accepterais sa proposition.
o Forme négative : Imparfait / plus-que-parfait + « sinon » / « autrement » + conditionnel
présent ou passé. Ex. : S’il arrivait dans cinq minutes, on prendrait l’apéritif avec lui, sinon on le
ferait sans lui.
o Attention » En français on n’emploie jamais le subjonctif pour ce type de construction.

D’AUTRES MANIERES D ’EXPRIMER LA CONDITION ET L’HYPOTHESE

 Exprimer la condition  verbe de la proposition principale toujours à l’indicatif ou à l’impératif.


 Conjonctions :
o À condition que / pourvu que (con tal que) + subjonctif. Ex. : J’irai te chercher à condition/pourvu
que tu me fasses savoir l’heure d’arrivée.
o Pour peu que (a poco que) / il suffit que (basta con…) + subjonctif. Ex. : Pour peu qu’on…/ Il
suffit qu’on le fasse entendre, elle explose en colère (A poco que se lo hagamos oir, se encoleriza).
 Exprimer la condition  verbe de la proposition principale toujours à l’indicatif ou à l’impératif.
 Prépositions :
o À condition de / faute de (a falta de) / à défaut de + infinitif. Ex. : Faute de trouver une chambre,
vous pourrez toujours aller dans un camping.
o À moins de / au risque de + infinitif. Ex. : Au risque de te vexer, je n’aime pas beaucoup ta robe.
o Avec, sans + nom. Ex. : Avec un peu de patience, tu y arriveras.
 Exprimer l’hypothèse  verbe de la proposition principale presque toujours au conditionnel.
 Conjonctions :
o À supposer que / en supposant que / en admettant que / soit que … soit que / à moins que +
subjonctif. Ex. : Je lui donnerai un cadeau en supposant qu’elle vienne / Soit que tu veuilles voir une
pièce de théâtre, soit que tu préfères l’opéra, je pourrais te prendre des places / À moins que tu
veuilles faire un vrai repas, on mangerait un sandwich.
o Sauf si / excepté si + indicatif. Ex. : Nous ferons une randonnée à cheval, sauf s’il (excepté s’il)
pleut à averse.
o Au cas où / dans le cas où / dans l’hypothèse où + conditionnel. Ex. : Au cas où il aurait une
malaise, il faudrait le faire hospitaliser / Dans le cas où vous voudriez nous voir cet été, voici nos
coordonnées pour les mois de juillet et août.
 Exprimer l’hypothèse  verbe de la proposition principale presque toujours au conditionnel.
 Prépositions :
o Faute de / à défaut de / à moins de + infinitif. Ex. : Faute de revenir le vendredi soir, vous devriez
être là samedi avant midi.
o En cas de / en l’absence de / faute de + nom. Ex. : En l’absence des locataires, il faudrait laisser le
paquet au concierge.
o Avec / sans + nom. Ex. : Avec 100 euros de plus, vous auriez fait un travail beaucoup plus soigné.

E XERCICES
Deuxième structure conditionnel : Exprimer un fait futur hypothétique soumis à une condition  Si
(+imparfait) … [alors] conditionnel simple.

« Ah… les rêves… !

Si je passais mes examens au mois de juin, je (être) serais vraiment heureux/heureuse. D’ailleurs, mes parents
aussi (être) seraient heureux et ils m’(offrir) offriraient sans doute tout ce que je leur demande depuis
longtemps. Tout d’abord, ils m’(acheter) achèteraient une moto ou un ordinateur. Évidemment pas les deux
choses à la fois. J’(aimer) aimerais mieux l’ordinateur que la moto. Avec cet ordinateur je (pouvoir) pourrais
enfin me brancher sur Internet et ça me (permettre) permettrait de communiquer en français et en anglais
avec d’autres jeunes partout dans le monde ».
EXPRIMER LA CAUSE ET LA
CONSEQUENCE
LES CONNECTEURS EXPRIMANT LA CAUSE ET LA CONSEQUENCE

LA CAUSE

 LA CAUSE VERSUS LA CONSÉQUENCE :

Prenons ces deux phrases juxtaposées : Le vent a soufflé très violemment (fait A). Un
arbre est tombé (fait B). Deux manières de les envisager :

1) L’arbre est tombé parce que le vent a soufflé très violemment.  La cause est un
fait (A) qui se produit avant un autre (B). Elle entraîne d’autres événements. La cause
est considérée comme la source ou l’origine d’un autre fait.

2) Le vent a soufflé très violemment, c’est pour cela que l’arbre est tombé.  La
conséquence est un fait (B) qui se produit après un autre (A). Elle est le résultat, le
fruit, le produit des faits précédents.

EXPRIMER LA CAUSE

MOYENS DE L’EXPRIMER

a) Proposition indépendante juxtaposée, la cause est introduite par un deux-points


explicatif. Ex. : Elle ne lui dit rien : elle savait sa susceptibilité.

b) Groupe nominal introduit par une préposition, complément circonstanciel de cause


du verbe. Ex. : Il s’était fié par optimisme à sa chance.

c) Groupe verbal à l’infinitif introduit par une préposition, complément circonstanciel


de cause du verbe. Ex. : Elle était peinée de le voir contrarié. / Il s’irritait d’avoir négligé
ce conseil.

d) Proposition coordonnée, le plus souvent introduite par car. Ex. : Patrick voulait
s’approcher car il n’y voyait rien.

e) Groupe verbal au participe présent ou au gérondif. Ex. : La foule étant trop dense, il
y renonça.
f) Proposition subordonnée relative explicative. Cette subordonnée est précédée d’un
virgule à la différence de la déterminative. Ex. : Sa mère, qui le connaissait, ne lui en a
pas parlé.

g) Proposition subordonnée conjonctive. Ex : C’était difficile parce qu’il avait beaucoup


de monde.

DIFFERENTES CONJONCTIONS/LOCUTIONS CONJONCTIVES DE SUBORDINATION DE


CAUSE.

 À valeur générale et d’utilisation courante :


o Parce que (après la principale ou en tête de phrase pour une réponse). Ex. :
Il est allé voir le médecin parce qu’il avait de la fièvre.
o Puisque (cause présentée comme évidente par le locuteur). Ex. : Je ne
pouvais pas y aller puisque je n’avais pas été invité.
o Comme (en tête de phrase). Ex. : Comme il n’a pas plu depuis un mois, on
est obligés d’arroser le jardin tous les jours.
 À valeur nuancée :
o Une cause est reconnue (le locuteur rappelle un fait constaté) :
 Du fait que. Ex. : Du fait que tout le monde était fatigué, nous avons
arrêté la réunion.
 Étant donné que / Vu que (+ familier). Souvent en tête de phrase.
Ex. : Vu qu’il est malade (Étant donné qu’), il ne vient pas à l’école.
o Deux causes sont possibles : soit (parce) que (…), soit que (…) + indicatif.
Ex. : Il était de bonne humeur soit (parce) qu’il avait bien dormi, soit qu’il
avait reçu de bonnes nouvelles.
o Une cause est remise en question : sous prétexte que. Ex. : Il n’est pas venu
sous prétexte qu’il était malade. ( en réalité il ne voulait pas venir).
o Cause écartée au profit d’une autre : non que (verbe au subjonctif…), mais
parce que (…). Ex. : Il ne viendra pas. Non qu’il n’en ait pas envie, mais
(parce qu’) il sera à l’étranger (no porque no tenga ganas sino porque estará
en el extranjero).
o Cause + idée de démonstration ou d’argument :
 Car (variante de parce que dans un registre plus soutenu, mais sa
brièveté lui donne plus d’impact). Ex. : On juge exemplaire
l’implantation des nouveaux horaires car ils sont beaucoup plus
raisonnables.
 En effet (après la principale, précédé d’une pause, explicite ce qui
vient d’être énoncé). Ex. : L’année prochaine, l’entreprise connaîtra
un profond changement. En effet, notre directeur général prendra
sa retraite.
o Cause + idée d’intensité : d’autant plus…que / d’autant moins…que /
d’autant mieux…que. Ex. : Elle comprend d’autant mieux votre situation
qu’il lui arrive la même chose.
o Cause + idée de temps : du moment que (registre plutôt familier). Ex. : Un
père dit à son enfant : « Du moment que t’as fini tes devoirs, tu peu venir
regarder la télé. »

LOCUTIONS PREPOSITIONNELLES DE CAUSE INTRODUISANT DES GROUPES NOMINAUX


OU VERBAUX

 Cause simple  Du fait de (cause constatée, fait reconnu), à cause de, pour
(qualités ou défauts), en raison de (effet général). Ex. : Du fait de son accident, elle
ne roule plus en voiture. / Des centaines de poids lourds sont bloqués sur
l’autoroute à cause de la neige. / Il a été dégradé pour sa lâcheté. / Le match a été
rapporté à plus tard en raison du mauvais temps.
 Cause positive. Le résultat est considéré favorable  Grâce à (seulement avec un
nom ou un pronom), avec. Ex. : Grâce au docteur, mon fils a été sauvé. / Avec son
passeport périmé, il n’a pu passer la frontière.
 Cause négative. Le résultat est considéré comme défavorable  À cause de (avec n
nom ou un pronom), faute de + nom (cause + absence), par manque de (cause +
insuffisance). Ex. : J’ai raté mon train à cause de mon frère. / Faute de
médicaments, la petite fille est morte en quelques jours. / Par manque de
responsabilité, il a commis des erreurs impardonnables.
 Prétexte  sous prétexte de. Ex. : Sous prétexte d’aller chercher des cigarettes,
elle quitta sa famille pour toujours.
 Cause liée à un degré, à une intensité ou à une répétition  à force de. Ex. : À
force d’être méprisé, le jeune homme avait fini par répondre par l’indifférence.

QUELQUES VERBES A VALEUR CAUSALE

 Être dû à  La pyramide de verre du Louvre est due à un artiste chinois.


 Provenir de / être produit par / résulter de  Ces troubles digestifs proviennent
d’une mauvaise alimentation.
 Découler de / dériver de / émaner de  Bon nombre de termes maritimes français
dérivent du néerlandais.
 S’inspirer de  Stendhal s’est inspiré d’un fait divers pour écrire Le Rouge et le
Noir.
 Être causé par / être provoqué par  La police est arrivée pour constater les
dégâts (daños) provoqués par les cambrioleurs (ladrones).
 S’expliquer par / tenir à  L’humidité du climat breton s’explique par la proximité
de l’océan.
EXPRIMER LA CONSEQUENCE

MOYENS DE L’EXPRIMER

a) Une proposition indépendante juxtaposée introduite : soit par un deux-points, soit


par une virgule. Ex. : Il faisait très beau : nous sommes sortis.

b) Une proposition indépendante coordonnée, le plus souvent introduite par donc,


mais aussi par d’autres adverbes. Ex. : Il faisait très beau, donc nous sommes sortis. /
C’était le triomphe de la lumière et de la beauté, aussi la campagne bourdonnait-elle.

c) Un groupe nominal introduit par une préposition ou une locution. Ex. : Nous avons ri
aux larmes (morirse de risa).

d) Un groupe verbal à l’infinitif introduit par une préposition ou par une locution
prépositionnelle. Ex. : Nous avons chanté à en perdre le souffle. / Nous étions trop
heureux pour pouvoir dormir.

e) Une proposition subordonnée relative déterminative. Ex. : Nous attendions une


journée qui nous fasse plaisir.

f) Un verbe de sens consécutif, le résultat est indiqué par son complément direct. Ex. :
Cette journée avait provoqué en nous un immense bonheur.

CONJONCTIONS ET LOCUTIONS CONJONCTIVES (MOTS DE LIAISON) INTRODUISANT


UNE CONSEQUENCE ENTRE DEUX PROPOSITIONS INDEPENDANTES COORDONNEES.

 Et  Il avait mangé des champignons vénéneux et devait mourir empoisonnée


quelques heures plus tard.
 Donc (donne de l’impact à l’argumentation)  On a trouvé sur le corps une lettre
de vous. Donc vous connaissez forcément la victime.
 Aussi (En début de phrase, résultat d’un comportement, d’une manière d’être ou
d’agir. Inversion du sujet dans langage soutenu.)  Je suis arrivé en retard au
concert, aussi j’ai dû attendre l’entracte pour entrer.
 Ainsi (idem)  Cet étudiant enregistrait les cours, ainsi il les réécoutait (les
réécoutait-il) chez lui.
 Alors, dès lors (idée de déclic : à partir de ce moment-là)  Ils ont bien vu qu’ils ne
pourraient pas travailler ensemble, alors ils ont décidé de se séparer.
 D’où (rappel d’un résultat déjà connu)  Dans le guide culinaire, certains
restaurants de renom ont perdu une étoile ; d’où leur mécontentement.
 Du coup (conséquence brusque et inattendue)  Au moment de payer l’addition, il
s’est aperçu qu’il avait oublié son portefeuille. Du coup, c’est moi qui ai été obligé
de payer.
 Par conséquent, en conséquence  Tu n’as pas obtenu ta carte de travail, par
conséquent il est inutile de chercher un poste.
 C’est pourquoi, voilà pourquoi, c’est pour cela/ça que (résultat d’une
argumentation)  J’aime le risque… calculé. C’est pourquoi j’ai choisi une voiture
sure. / On m’avait posé un lapin (dar plantón), c’est pour ça que j’étais de très
mauvaise humeur.
 Ce n’est pas pour cela que, c’est pas pour ça que  Il est majeur, ce n’est pas pour
cela qu’il (c’est pas pour ça qu’il) a une maturité d’esprit suffisante.

LES CONJONCTIONS INTRODUISANT DES PROPOSITIONS SUBORDONNEE DE


CONSEQUENCE (A L’INDICATIF ET AU CONDITIONNEL).

Indicatif (conséquence réelle).

Conditionnel (conséquence imaginée).

 Conséquence + idée de manière  de (telle) façon que / de (telle) sorte que / de


(telle) manière que / si bien que (résultat d’un seul fait pris dans sa globalité). Ex. :
Il conduit de telle manière / façon / sorte qu’il constituerait un danger sur les
routes. / Victor Hugo s’est violemment opposé à Napoléon III si bien que ses
œuvres ont été interdites en France.
 Conséquence + idée d’intensité :
o L’intensité seule  Tel + nom + que. Ex. : Il avait un tel trac en scène qu’il
dut renoncer à faire carrière dans la chanson.
o Intensité + quantité  Tellement + adjectif ou participe passé + que. Ex. : Le
studio est tellement sale (sucio)[propre (limpio)] qu’il est inhabitable en
l’état actuel.
o La quantité  Tant + participe passé + que. Ex. : Il a tant mangé qu’il a
attrapé une indigestion.
o La qualité  Si + adjectif + que. Ex. : Elle traverse une si mauvaise passe
qu’elle a dû louer une robe pour assister au mariage de son frère.
 Conséquence + limite de l’intensité :
o Au point que / à ce point que / à tel point que (l’intensité aboutit à un point
de rupture qui est ainsi mis en valeur)  L’enfant avait de la fièvre au (à ce
/ à tel) point qu’il lui a fallut prendre un bain tiède.
o Tant et tant que / tant et si bien que (l’intensité est doublée d’une idée de
répétition ou d’insistance)  Il a pleuré tant et tant (tant et si bien) que ses
parents ont cédé à ses caprices.
LES CONJONCTIONS INTRODUISANT DES PROPOSITIONS SUBORDONNEES DE
CONSEQUENCE (A L’INFINITIF ET AU SUBJONCTIF).

Infinitif (vérité générale à caractère impersonnel, au même sujet que le verbe


principal).

Subjonctif (interprétation personnelle).

 Conséquence liée à une condition nécessaire :


o Pour que + subjonctif + il a fallu/il fallait + que + subjonctif  Pour que la
sécurité soit renforcée, il a fallu qu’il y ait une alerte à la bombe.
o Pour + infinitif + temps du passé du verbe falloir + infinitif  Pour être
compris, il a fallu me mettre en colère.
 Conséquence liée à une condition minimale :
o Pour que + subjonctif + il suffit / il a suffit + que + subjonctif (+de + nom) 
Pour qu’il retrouve son sourire, il suffit que le soleil rayonne un peu. / Pour
qu’il retrouve son sourire, il suffit d’un rayon de soleil.
o Pour + infinitif + il suffit/il a suffit + de + infinitif (+ que + subjonctif)  Pour
ne pas dormir la nuit, il me suffit de prendre une tasse de café. / Pour ne
pas dormir la nuit, il suffit que je prenne une tasse de café.
 Conséquence mise en doute (à cause d’une idée d’insuffisance ou d’excès
exprimée dans la principale) :
o Assez + adjectif + pour que + subjonctif  Ce historien n’est pas assez
objectif pour que ses théories fassent autorité. (Este historiador no es lo
bastante objetivo como para que sus teorías hagan autoridad). / Assez + de
+ nom + pour + infinitif  Fabrice possède assez de biens pour ne pas avoir
à se soucier de l’avenir. (Fabricio posee los suficientes bienes como para no
tener que preocuparse por el futuro).
o Trop + adjectif + pour que + subjonctif  Cet historien est trop partial pour
que ses théories fassent autorité. / Trop + de + nom + pour + infinitif 
Fabrice possède trop de biens pour ne pas avoir à se soucier de l’avenir.
o Suffisamment + de + nom + pour + infinitif  Fabrice possède
suffisamment de biens pour ne pas avoir à se soucier de l’avenir.

QUELQUES VERBES A VALEUR CONSECUTIVE

 Produire  Les diverses interprétations de la Bible ont produit bien des schismes.
 Causer / occasionner  Les traumatismes cérébraux causent souvent des pertes
de mémoire.
 Entraîner / déclancher / provoquer  L’indépendance de l’Algérie a entraîné une
vague d’émigration en France.
 Déboucher sur / aboutir à  L’échec des négociations a débouché sur une rupture
diplomatique.
 Conduire à / pousser à / entraîner à  Sa passion du jeu l’a poussé à la ruine.
 Être forcé de + infinitif  Désolé, je suis forcé de partir !

EXERCISES

Dans les énoncés suivants, la partie soulignée exprime-t-elle la cause ou la


conséquence ?

1. Comme tu as dix-huit ans, tu peux passer ton permis de conduire.  Cause

2. Bruno est si nerveux qu’il a du mal à s’endormir le soir.  Conséquence

3. Du fait de sa double nationalité, Hélène est parfaitement bilingue.  Cause

4. Salomé ne m’a pas appelé sous prétexte qu’elle avait perdu mon numéro.  Cause

5. Jean s’est couché tard hier. C’est pourquoi il est si fatigué ce matin.  Conséquence

6. Tante Olga vient par le train de 8 heures. J’irai donc la chercher à la gare. 
Conséquence

7. Les berges (orillas) de la Seine sont fermées en raison des inondations.  Cause

Cause ou conséquence ?

1. Le mistral souffle depuis trois jours, c’est pourquoi la plage est déserte. 
Conséquence

2. Je ne me baignerai pas car l’eau est très froide.  Cause

3. Comme il fait nuageux, je vais me promener dans l’arrière-pays.  Cause

4. Je vais chez le médecin car j’ai très mal au dos.  Cause

5. Il m’a conseillé le repos donc je n’irai pas travailler demain.  Conséquence

6. Paul ne quitte pas sa cabine tant il a le mal de mer !  Cause

7. Je travaille tout l’été si bien que je prendrai mes vacances en octobre. 


Conséquence

8. Étant donné que tu triches (hacer trampas), je ne jouerai plus avec toi.  Cause

9. Il n’a pas voulu nous répondre, alors nous sommes partis fâchés (enfadado). 
Conséquence

10. Il a tellement crié lors du meeting qu’il n’a plus de voix !  Cause

11. il marche très lentement à cause de son séjour prolongé au lit.  Cause
12. Tu as trop bu pour que nous te laissions conduire.  Conséquence

13. C’est une personne tellement bavarde que nous l’avons écartée de nos relations.
 Cause

14. La station de ski ferme plus tôt que d’habitude du fait du manque de neige. 
Cause
Exprimer le but
1. Le but est exprimé par une conjonction :
 Le résultat souhaité étant possible, mais pas certain, il est exprimé au subjonctif  Pour
que et afin que n’ont pas de nuance particulière, mais les sujets sont toujours différents.
Ex. : Ses parents l’ont envoyé très jeune en France pour qu’il puisse bien parler la langue.

Attention ! Quand il y a deux buts exprimés, le second est introduit seulement par que.
Ex. : Elle a fait des courses pour que nous ayons quelque chose à manger et que nous ne
soyons pas obligés d’en faire en arrivant.

 Mais, quand les deux sujets sont identiques, il faut employer : pour + infinitif ou afin que +
infinitif. Ex. : À 40 ans, beaucoup de femmes mettent en péril leur carrière pour avoir un
enfant.
 Quand les deux sujets sont différents et que l’on veut exprimer un but qu’on peut éviter,
on emploie : pour que + ne + subjonctif + pas ou de peur que + subjonctif. Ex. : Ils parlaient
bas pour qu’on ne les entende pas. / Nous partirons tôt de peur qu’il n’y ait des
embouteillages.
 Quand les deux sujets sont identiques et que l’on veut exprimer un but qu’on peut éviter,
il faut employer pour ne pas + infinitif ou de peur que + infinitif. Ex. : Nous sommes rentrés
sur la pointe des pieds pour ne pas les réveiller. / J’ai pris de l’aspirine de peur d’avoir mal
à la tête.

2. Le but est exprimé par une préposition


 Pour, de peur de sont obligatoirement suivis de l’infinitif lorsque les sujets sont identiques.
Ex. : J’ai réservé un mois à l’avance pour être sûre d’avoir des places. / Je lui ai téléphoné
avant de partir de peur de ne pas le trouver chez lui.
 Pour, de peur de peuvent être suivis d’un nom. Ex. : J’aimerais un produit efficace pour
l’entretien de la moquette. / Ils ne sont pas partis en bateau de peur d’une tempête.

3. Le but exprimé au moyen d’un infinitif


 Or, étant donné que le but exprimé au moyen d’un infinitif (introduit soit par une locution
conjonctive, soit par une locution prépositive) c’est la marque privilégiée du but, voici
d’autres possibilités de l’exprimer de manière nuancée.
o But + idée de manière : de manière / de façon à + infinitif. Ex. : Vous devez essayer
de ne pas vous coucher trop tard de manière (de façon) à être frais demain matin.
o But immédiat ou lointain : dans le but de / en vue de + infinitif. Ex. : Le syndicat a
donné l’ordre de suspendre la grève dans le but de ne pas envenimer la situation. /
Notre ville vient de créer de nouvelles zones piétonnes en vue de permettre à tout
le monde de circuler librement.
o But + idée ou sentiment personnels : dans / avec l’intention de + infinitif. Ex. : Si
des inconnus entrent chez vous avec l’intention de vous voler, que faites-vous ?
o But avec préoccupation vis-à-vis (con respecto a) des autres : dans l’intérêt / dans
les souci de + infinitif. Ex. : Dans l’intérêt de vous aider à mieux gérer vos affaires,
je vous propose une nouvelle méthode de gestion budgétaire.
o But au résultat incertain : dans l’espoir de + infinitif. Ex. : La police a entrepris des
recherches dans l’espoir de retrouver les corps des victimes.

4. Quelques verbes + infinitif exprimant le but


 But + idée d’effort : chercher / travailler à + infinitif. Ex. : Tout contribuait à désigner cet
élève comme coupable, alors le prof a cherché à démontrer son innocence.
 But + idée d’effort mais avec incertitude sur le résultat : s’efforcer de + infinitif. Ex. : L’ex-
champion du monde s’est efforcé de reconquérir son titre, mais il a été vaincu au 3ème
round.
 Le but est précis : se proposer de + infinitif. Ex. : Nous nous proposons de vous aider à
mieux vivre votre retraite.
 Le but est d’éviter : éviter de + infinitif. Ex. : Les manifestants ont évité de se heurter aux
forces de la police. / Empêcher de + infinitif. Ex. : Les banques centrales américaines ont
empêché le dollar de s’effondre (derrumbarse).
 Le but est de s’imposer un refus à soi-même : se refuser à + infinitif. Ex. : En France, un
certain nombre de médecins se refusent à pratiquer l’Interruption Volontaire de Grossesse
(aborto) (IVG).
 Le but est plus ou moins idéal : aspirer à + infinitif. Ex. : La retraite est normalement
destinée à ceux qui aspirent à se reposer. / Rêver à + infinitif. Ex. : Flora Tristan rêvait de
construire une société où hommes et femmes seraient sur un pied d’égalité.
 Le but est atteint : parvenir à + infinitif. Ex. : Après avoir été battu aux élections
présidentielles de 1965 et 1974, François Mitterrand est enfin parvenu à présider la
République en mai 1981.

Exercices

Le but
Complétez ces phrases selon le modèle suivant : Hier, elle a acheté des cotillons pour le
réveillon de la Saint Sylvestre  afin que son salon soit décoré. /  de peur qu’aujourd’hui
les magasins ne soient fermés.

1. Cette année, elle a loué une maison à la montagne pour…

 L’air de la mer ne soit mauvais pour les enfants.


 Toute la famille soit réunie en août.
 Passer ses vacances à Val d’Isère. [x]

2. Cette année, elle a loué une maison à la montagne de peur que…

 L’air de la mer ne soit mauvais pour les enfants. [x]


 Toute la famille soit réunie en août.
 Passer ses vacances à Val d’Isère.
3. Cette année, elle a loué une maison à la montagne afin que …

 L’air de la mer ne soit mauvais pour les enfants.


 Toute la famille soit réunie en août. [x]
 Passer ses vacances à Val d’Isère.

4. Nous avons acheté un paquet de beurre et six œufs pour…

 Préparer une tarte aux poires. [x]


 Mamie nous fasse goûter sa spécialité.
 Nos provisions ne soient pas suffisantes pour le week-end.

5. Nous avons acheté un paquet de beurre et six œufs de peur que…

 Préparer une tarte aux poires.


 Mamie nous fasse goûter sa spécialité.
 Nos provisions ne soient pas suffisantes pour le week-end. [x]

6. Nous avons acheté un paquet de beurre et six œufs afin que…

 Préparer une tarte aux poires.


 Mamie nous fasse goûter sa spécialité. [x]
 Nos provisions ne soient pas suffisantes pour le week-end.

Complétez ces dialogues avec : pour, afin que (qu’) ou de peur que (qu’).

1. Pourquoi est-ce que tu as fermé ton bureau à clef ?

- Je le fais tous les soirs pour/a fin de éviter que quelqu’un fouille dans mes papiers.

2. Pour quelle raison est-ce que l’oncle Gustave a encore téléphoné ce matin ?

- il nous a appelés de peur que nous n’ayons oublié l’heure exacte de l’arrivée de son avion.

3. Je n’ai vraiment pas compris pourquoi Odile ne peut pas partir en vacances cet été.

- Elle va rester à Paris afin que ses enfants puissent aller en Grèce : ils ont trois chiens et un
chat à nourrir, tu sais ?

4. Pourquoi ses amis ne l’invitent plus à leurs fêtes ?

- De peur qu’elle ne se présente avec son nouveau fiancé : personne ne l’aime.

5. Je ne sais pas pourquoi tu n’achètes pas cette grosse moto dont tu rêves depuis si
longtemps.

- J’ai décidé de faire des économies pour payer mon inscription à un cours d’anglais à Londres.

6. Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi les enfants ont l’air si malheureux aujourd’hui ?

- Ils insistent afin que nous allions le week-end de la Pentecôte à Disneyland, mais je leur ai dit
que nous n’en avions pas très envie.
L’expression nuancée du but
Choisissez les propositions subordonnées de but qui conviennent :

1. Elles ont appelé un taxi…  D

2. Quand je fais du shopping, j’emporte rarement ma carte de crédit…  G

3. J’ai donné mon adresse à Paola…  B

4. Joël interdit à ses enfants de faire du scooter…  C

5. Mon cousin Alexis économise depuis deux ans…  F

6. Marie a acheté un téléphone portable à son fils…  A

7. Manon suit les cours du conservatoire de Paris…  E

A) de manière à pouvoir le joindre à tout moment.

B) pour qu’elle puisse m’écrire là-bas.

C) de peur qu’ils n’aient un accident.

D) à fin d’être à l’heure chez-vous.

E) pour être pianiste professionnelle.

F) en vue d’acheter une voiture.

G) de crainte de dépenser trop d’argent.

Complétez chaque énoncé avec l’expression qui convient.

1. Nous avons acheté une tente de camping…

- (à fin de, de peur de, dans l’intérêt de) partir camper cet été.

- (en vue d’, afin d’, de crainte d’) un voyage dans le désert l’an prochain.

- (de peur que, afin que, pour que) les hôtels (ne) soient complets.

2. Le directeur a organisé une réunion…

- (pour, de crainte d’, afin qu’) annoncer officiellement son départ.

- (dans l’intérêt de, de peur que, pour que) tous les employés de l’entreprise.

- (dans l’intérêt que, de crainte que, afin que) des rumeurs (ne) circulent sur son départ.

3. J’ai acheté un appareil-photo numérique…

- (dans l’intérêt de, de manière a, de peur que) pouvoir stocker les photos sur mon ordinateur.
- (en vue de, afin de, de crainte de) mon voyage en Inde.

- (afin que, de peur que, dans l’intérêt de) mes enfants puissent l’utiliser facilement.

4. Les Français achètent peu sur Internet…

- (par crainte de, en vue de, afin de) donner leur numéro de carte bancaire en ligne.

- (pour que, de peur que, pour) des escrocs n’utilisent leurs coordonnées bancaires.

- (de crainte d’, afin d’, dans l’intérêt d’) éviter les risques de vol.

Quelques phrases à traduire (verbes à l’infinitif exprimant le but)


1. María y Ana evitaron enfrentarse con sus padres para que las dejaran salir esta noche.

- Marie et Anne ont évité de s’opposer à/se heurter à leurs parents pour qu’ils les laissent
sortir ce soir.

2. Antonio y Sara se esforzaron en estudiar más con el fin de hacer bien sus exámenes.

- Antoine et Sara se sont efforcés d’étudier plus/davantage afin de bien faire leurs examens.

3. Virginia e Irene soñaban con hablar varios idiomas con el objetivo de viajar por todo el
mundo.

- Virginie et Irene rêvaient de parler plusieurs langages pour voyager pour tout le monde.

4. Francisco y Alexia se propusieron aprobar todos los exámenes con miras a pasar el verano
divirtiéndose.

- François et Alexia se sont proposés de passer tous les examens en vue de passer l’été en
s’amusant.

5. Cristina y María aspiraban a comprarse un apartamento en la playa con la intención de


reunir a todos sus amigos.

- Cristine et Marie aspiraient à acheter un appartement sur la plage dans l’intérêt de réunir
tous ses amis.

6. José e Isabel buscaban demostrar que se esforzaban con el fin de que sus profesores los
consideraran unos buenos alumnos.

- José et Isabel cherchaient démontrer qu’ils se sont efforcés afin que ses professeurs leur
considèrent bons élèves.

7. Raquel y Patricia han conseguido obtener los resultados que se habían propuesto para no
pasarse el verano estudiando.

- Raquel et Patricia ont obtenu les résultats qu’elles se seraient proposées de peur qu’elles se
passent l’été en train d’étudier.
8. Marina y Carmen se negaban a dejar pasar la oportunidad de ir a Francia con el fin de
trabajar en un instituto.

- Marina et Carmen ont refusé de laisser passer l’opportunité d’aller en France afin de
travailler dans un lycée.
3. LOCUTIONS PREPOSITION. QUI INTRODUISENT DES GROUPES NOMINAUX OU VERBAUX:

-Cause simple: du fait de (cause constatée, fait reconnu), a cause de, pour (qualités ou
défauts), en raison de (effet général).

-Cause positive: Grace a, avec.

*Etre périmé: estar caducado

- Cause négative. Les resultat est considéré comme défavorable : a cause de, faute de (por
falta de) + nom (cause + absence), par manqué de (cause + insuffisance)

- Prétexte: sous prétexte de

-Cause liée à in degré, à une intensité ou à une repetition: à force de. Ex-> À force d’etre
méprisé, le jeune home avait fini par répondre par l’indifférence. (A fuerza de ser
menospreciado el joven había acabado por responder por la indiferencia)

*rate: perder

4. Quelques verbes à valeur causale:

- Être dÛ à –> La pyramide de verre du Louvre est due à un artiste chinois

- Provenir de / etre produit par/ résulter de -> Ces troubles digestifs proviennent d’une
mauvaise alimentation.

- Découler de / dériver de/ émaner de-> Bon nombre de termes maritimes français dérivent du
néerlandais.

- S’inspirer de -> Stendhal s’est inspiré d’un fait divers pour écrire Le Rouge et le Noir.

- Être causé par / Être provoqué par -> La police est arrivée pour constater les dégÂts. (la
policía llego para constatar los daños por los ladrones)

-S’expliquer par / tenir à -> L’humidité du climat breton s’explique par la proximité de l’océan.

Exprimer la conséquence

1. Moyens de l’éxprimer
- A) Une proposition indépendante juxtaposée introduite: soit par un deux-points, soit
par une virgule.
- B) Une propositon independante coordonnée, le plus souvent introduite par donc,
mais aussi par d’autres adverbes.Ex -> Il faisait très beau, donc nous sommes sortis.
- C) Un groupe nominal introduit par une préposition ou une locution. Ex -> Nous avons
ri aux larmes (morirse de risa)
- D) Un groupe vb à l’infinitif introduit par une préposition ou par une locution
prépositionnelle. Ex -> Nous avons chanté à en perdre le soufflé (jasta perder el
aliento). / Nous étions trop heureux pour pouvoir dormir.
- E) Une prep subordonnée relative déterminative
- F)Un vb de sens sonsecutif, le resulta test indiqué par son complement direct. Ex ->
Cette journée avait provoqué en nous un inmense bonheur.

2. Conjunctions et locutions conjonctives qui introduisent une consequence entre deux


prepositions indépendantes coordonnées:

- Et -> Il avait mange des champignons vénéix et devait mourir empoisonné quelques
heures plus tard.
- Donc (therefore) -> On a retrouvé sur le corps une lettre de vous. Donc vous
connaissez forcément la victime.
- Aussi (en début de phrase. Inversion du sujet dans la langage soutenu) -> je suis arrive
en retard au concert, aussi j’ai dÛ attendre l’entracte pour entrer.
- Ainsi (de cette manière) (idem) -> Cet étudiant enregristrait les cours, ainsi il les
réécoutait (les réécoutait-il) chez lui.
- Alors, dès lors (idée de déclic: ‘a partir de ce moment-là) -> ils ont bien vu qu’ils ne
pourraient pas travailler ensemble, alors ils ont decide de se séparer.
- D’où (de ahí que) rappel d’un résultat déjà connu) -> Dans pe guide culinaire, certains
restaurants de renom ont perdu une étoile; d’où leur mécontentement
- Du coup (consequence brusque et inattendue) -> Au moment de payer l’addition, il
s’est apercu qui’il avait oublié son portefeuille.

03/04/17

EXERCICE: CAUSE OU CONSEQUENCE?

1. Le mistral soufflé depuis trois jours, c’est pourquoi la plage est déserte 
consequence
Explication: c’est pourquoi signifie: c’est la raison pour laquelle la plage est déserte.
2. Je ne me baignerai pas car l’eau est très froide.  Cause
E: la conjunction car introduit une explication. Pourquoi?
3. Comme il fait nuageux, je vais me promener dans l’arrière-pays  cause
E: comme en debut de phrase
4. Je vais chez le médecin car j’ai très mal au dos  cause
E: Pourquoi je vais chez le médecin? Parce que j’ai mal au dos
5. Il m’a conseillé le repos donc je n’irai pas travailler demain consequence
E: Donc: conjonction exprime la conséquence de momn mal au dos et la conclusion de
la visite.
6. Paul ne quitte pas sa cabine tant il a le mal de mer! consequence
E: pourquoi Paul ne quitte-t-il pas sa cabine? Parce qu’il a le mal de mer. Avec
l’adverbe tant on introduit une notion d’intensité
7. Je travaille tout l’été si bien que je prendrai mes vacances en octubre  consequence
E: je travaille tout l’été: résultat? Je prendrai mes vacances plus tard.
8. Etant donné que tu triches, je ne jouerai plus avec toi  cause
E: Etant donné: presente une cause incontestable: puisque tu triches je ne jouerai plus.
9. Il n’a pas vouli nous répondre, alors nous sommes partis fâchés  consequence
E: alors utilisé dans le langage familier pour dire: par suite de cela, en consequence,
nous sommes fachés.
10. Il a tellement crié lors du meeting qu’il n’a plus de voix!  consequence
E: Il a tellement crié: résultat? Il ne peut plus parler
11. Il marche trés lentement à cause de son séjour prolongé au lit  cause
E: Pourquoi marche-t-il lentement? À cause d’un long séjour au lit.
12. Tu as trop bu pour que nous te laissions conduire  consequence
E: la proposition subordonnée est introduite par pour que. Il a trop bu: resultt? On
ne peur pas le laisser conduire. Remarquez que le verbe est au subjonctif.
13. C’est une personne tellement bavarde que nous l’avons écartée de nos relations 
consequencei
E: tellement…que. La personne parle trop: résultat? Nous la tenons à l’écart
14. La station de ski ferme plus tôt que d’habitude du fait du manque de neige cause
E: Du fait intoduit une cause incontestable

OPPOSITION ET CONCESSION

1.- Définition
2.- L’opposition
3.- La concession

Nuances entre les articulateurs qui servent à exprimer la concession ou l’opposition:


 OPPOSITION: il y a opposition quand on rapproche deux faits de même nature
(événements, comportements) pour mettre en valeur leurs différences. Ex.
Tandis que les méridionaux sont expansifs, les Nordiques sont réservés.
 CONCESSION: il y a concession quand in obstacle reconnu ou envisage reste ou
restera sans effet, c’est-à-dire elle exprime un événement qui n’a pas eu lieu
comme la logique l’exigeait. Ex. Malgré son mauvais caractère, je l’aime
comme elle est. (= je reconnais qu’elle a mauvais caractère, mais cela ne
change rien à mes sentiments pour elle).

L’opposition.1

 1.Adverbes
 Au contraire  indique une opposition radicale, totalement oppose, inverse. Ex: Je ne
déteste pas le chocolat, au contraire, je l’adore!
 En revanche ( = par contre) introduit un énoncé opposé à l’énoncé précédent. Ex. Cet
enfant avait de grandes facilités pour les langues, en revancha (par contre), il éprouvait
les pires difficultés en mathématiques et physique.

L’opposition.2

 2.Prépositions
 À l’opposé de, à l’inverse de. Ex. Jean aimait les sports violents, les sorties en
bande, tout à l’opposé de (à l’inverse de) son frère.
 3.-Conjonctions:
 Alors que + indicatif ou conditionnel. Il indique un rapport d’opposition. Ex. Alors
qu’il tutoie tout le monde, il vouvoie toujours son père.
 Tandis que indique une opposition avec un contraste, deux actions qui se
substituent l’une à l’autre. Ex. Tu as quitté l’école à 14 ans tandis que, moi, j’y suis
restée jusqu’au Bac.

L’opposition.3

 Alors même que, tandis que, quand (opposition dans le moment: au même moment,
en même temps). Ex. Alors même que je me préparais, mes amis sont arrivés chez
moi./ Je remuais ciel et terre pour trouver du travail quand, lui, il jouait aux cartes
dans les cafés.
 Pendant que (opp dans la durée). Ex. Pendant que tu te laissais dorer au soleil des
Antilles, moi, je te cherchais dans la grisaille de Paris.

1.- Signalez les phrases de ce texte qui expriment l’opposition et la concession:

Le 1er abril, c’est le jour des plaisanteries et des blagues, bien qu’elles soient autorisées toute
l’année. On dit ‘’poisson d’avril’’ aux personnes à qui on a fait une farce. Les enfants
accrochent des poisons en papier dans le dos de leurs camarades et à leur insu. Tandis que les
journaux, la radio et la télévision annoncent de fausses nouvelles. En dépit de votre vigilance,
ce jour-là il est facile de tomber dans le piège. Même si l’origine de cette fête n’est pas
déterminée avec précision, elle est pratiquée dans plusieurs pays.

(FALTA)

24/04/2017

EXPRIMER LE BUT (objectif, intention)

Le but peut etrè exprimé:

a. Par une conjunction


b. Par une préposition
c. Au moyen d’un infinintif exprimant le but
a.Le but expreimé par une conjunction:

- Le résultat souhaité étant possible, mais pas certain il est exprimé au subjonctif  pour
que et afin que n’ont pas de nuance particulière, mais les sjects sont toujours differentes. Ex-
Ses parents l’ont envoyé très jeune en France pour qu’il puisse bien parler la langue.

ATTETNTION! Quand il y a deux buts exprimes, le second est introduit seulement par que.
Ex. Elle a fait des courses pour que nous ayons quelque chose à manger et que nous ne
soyons pas obligés d’en faire en arrivant.

-Mais, quand les deux sujects sont identiques, il faut employer: pour + infinitif ou afin que +
infinitif. Ex. À 40 ans, beaucoup de femmes mettent en peril leur carrier pour avoir un
enfant.

-Quand les deux sujets sont different et que l’on veut exprimer un but qu’on peut éviter, on
emploie: pour que + ne + subjonctif + pas ou de peur que + subj. Ex. Ils parlaient bas pour
qu’on ne les entende pas./ Nous partirons tôt de peur qu’ol n’y ait des embouteillages.

-Quand les deux sujets sont identiques et quel’on veut exprimer in but qu’on peut éviter, il
faut employer pour ne pas + infinitive ou de peur de + infinitive. Ex. Nous sommes rentrés
sur la pointe des pieds pour ne pas les réveiller. / j’air pris de l’aspirine de peur d’avoir msl `s
ls tête.

b.Le but est exprimé par un epréposition:

-Pour, de peur de sont obligatoirement suivis de l’infinitif losque les sujets sont indentiques.
Ex. J’ai reservé un mpois à l’avance pour être sûre d’avoir des places./ Je lui ai téléphoné
avant de partir de peur de ne pas le trouver chez lui.

-Pour, de peur de peuvent être suivis d’un nom. Ex. J’aimerais un produit efficace pour
l’entretien de la moquette./ Ils ne sont pas partis en bateau de peur d’une tempête.

*EXERCISES: LE BUT (1)

Complétez ces phrases selon le modèle suivant: Hier, elle a acheté des serpentins pour le
réveillon de la Siant Sylvestre  afin que son salón soit décoré/  afin de décorer la maison
/  de peur qu’aujourd’hui les magasins ne soient fermés.

1.Cette année, elle a loué une maison à la montagne pour...

a.l’air de la mer ne soit mauvais pour les enfants : de peur que

b.toute la famille soit réunie en août: afin que

c.passer ses vacances à Val d’Isère: afin de

2. de peur que…
a.

3. =

4. Nous avons acheté un paquet de beurre et six oeufs pour… a.

a. préparer une tarte aux poires

b. mamie nous fasse goûter sa spécialité

c. nous provisions ne soient pas suffisantes pour le week-end

5 de peur que...

c.

6. afin que...

b.

7. Ils ont acheté une nouvelle voiture pour...

a. leur fille puisse prendre prendre la leur

b. partir en vacances

c. le leur ne tombe en panne pendant les vacances

8. de peur que…

c.

9. afin que

a.

LE BUT (2)

Complétez ces dialogues avec: pour, afin que (qu’) ou de peur que [por miedo a] (qu’).

1.Pourquoi est-ce que tu as fermé ton bureau à clef?

-Je le fais tous les soirs…pour… éviter que quelqu’un fouille dans mes papiers.

2.Pour quelle raison est-ce que l’oncle Gustave a encore(una vez más)téléphoné ce matin?

-Il nous a appelés…de peur que...nous n’ayons oublié(hayamos olvidado) l’heure exacte de
l’arrivé de son avion.

3.Je n’ai vraiment pas compris pourquoi Odile ne peut pas partir en vacances cet été.
-Elle va rester à Paris…afin que..ses enfants puissent aller en Grèce: ils ont trois chiens et un
chat à nourrir, tu sais?

4. Pourquoi ses amis ne l’invitent plus à leurs fêtes?

-........De peur qu’..........elle ne se présente avec son nouveau fiancé: personne ne l’aime.

5. Je ne sais pas pourquoi tu n’achètes pas cette grosse moto dont tu rêves depuis si
longtemps.

-J’ai décidé de faire des économies…pour... Payer mon inscription à un cours d’anglais à
Londres.

c. Or, étant donné que le but exprimé au moyen d’un infinitif (introduit soit par un elocution
conjonctive, soit par une oc. Prépositive) c’est la marque privilégiée du but, voivi d’autres
possibilités de l’exprimer de manière nuancée.

-But + idée de manière: de manière/de façon à + infinitif. Ex. Vous devez essayer de ne pas
vous coucher trop tard de manière (de façon) à être frais demain matin.

-But immédiat ou lointain: dans le but de / en vue de + infinitif. Ex. Le syndicat a donné l’ordre
de suspendre la grève dans le bir ne pas envenimer la situation. / Notre ville vient de créer de
nouvelles zones piétonnes en vue de (con vistas a) permettre à tout le monde de circuler
librement.

-But + idée ou sentiment personnels: dans / avec l’intention de + infinitif. Ex. Si des inconnus
entrent chez vous avec l’intention de vous voler, que faites-vous?

-But avec préoccupation vis-à-is des autres: dans l’intérêt / dans les souci de + infinitive. Ex.
Dans l’intérêt de vous aider à mieux gérer vos affaires, je vous propose une nouvelle method
de gstion budgétaire.

-But au résultat incertain: dans l’espoir de + infinitive. Ex. La police a entrepris des recherché
dans l’espoir de retrouver les corps des victimes.

d.Quelques verbes + infinitif exprimant le but.

-But + idée d’effort: chercher à/travailler à + infinitive. Ex. Tout contribuait à designer cet élève
comme coupable, alors le prof a cherché à démontrer son innocence.

-But idée d’effort, mais avec incertitude sur le résultat: s’efforcer de + infinitive. Ex. L’ex-
champion du monde s’est efforcé de reconquérir son titre, mais il a été vaincu ai 3e round.

-Le but est précis: se proposer de + infinitif. Ex. Nous nous proposons de vous aider à mieux
vivre votre retraite.
-Le but est d’éviter: éviter de + infinitive. Ex. Les manifestants ont évité de se heurter aux
forces de la pólice. / Empêcher de + infinitif. Ex. Les banques centrales américaines ont
empêché le dollar de s’effondre (caerse, venirse abajo)

-Le but est de s’imposer un refis à soi-même: se refuser à + infinitif. Ex. En France, un certain
nombre de médecins se refusent à pratiquer l’interruption Volontaire de Grossese (IVG).
[aborto]

-Le but est plus ou moins ideal: aspirer à + infinitive. Ex. La retraite est normalement destinée à
ceux qui aspirent à se reposer. / Rêver de + infinitif. Ex. Flora Tristan rêvait de construiré une
société où hommes et femmes seraient sur un pied d’égalité.

-Le but est atteint: àrvenir à + infinitif. Ex. Après avoit été battu aux élections présidentielles de
1964 et 1974, François Mitterrand est enfin parvenu à preside la République en mai 1981.

-Notons, por commencer, que l’hypothèse correspond en fait à deux utilisations posibles:

- la condition (fait, situation ou ontexte nécessaire à la réalisation d’autre chose)

-ou l’Eventualité (fait pouvant se produire, avec pkus ou moins d’incertitude).

Tableau

Hypothèse Concordance des temps Exemples Valeurs

Éventuel Si + present / future Si je suis riche, Réalisable


simple j’achèterai un château

Irréel du présent Si + imparfait / Si j’étais riche, Non réalissée dans le


conditionnel présent j’achèterais un château présent

Irréel du passé Si + plus-que-parfait / Si j’avais été riche, Non réalisée dans le


conditionnel passé j’aurais acheté un passé
château
Éventuel Si + present / impératif Si tu te sens mal, rentre Nuance de conseil
à la maison

Éventuel Si + present / présent Si tu n’arrêtes pas tout Nuance de menace


de suite, tu sors
Passé (1) Si + passé composé / S’il a terminé, il doit Déduction sous
présent être rentré condition

Passé (2) Si + passé composé / Si tu as terminé, viens Condition réalisée,


impératif avec nous faire les conséquence
magasins (ir de tiendas) immédiate
Passé (3) Si + passé composé + si tu l’as déjà fait avant, Condition réalisée,
futur tu réussiras aujourd’hui consequence à venir
certaine

ATTENTION!

Il est importante de se rappeler que le verbe placé après si est toujours à l’indicatif.

L’emploi le plus fréquent est si, mais vous pouvenz varier les structures en utilisant:

 Au cas où + conditionnel
 Dans l’hypothèse où + conditionnel
 À supposer que + subjonctif
 En admettant que + subjonctif
 Pourvu que + subjonctif
 À moins que + (ne explétif) + subjonctif

Voici quelques exemples…

1. Au cas où tu changerais d’avis, nous irions prendre un pot ce soir. (Introduit une
hypothèse. = Si tu changes d’avis, nous prendrons un pot (iremos de cañas) ce soir)
2. Dans l’hypothèse où vous travailleriez pour nous, que feriez-vous pour améliorer
notre service? (introduit une hypothèse. = Si vous travaillez pour nous, que feriez-vous
pour améliorer notre service?)
3. Nous pourrions faire l’excursion dans la vieille ville à supposer qu’il ne pleuve pas.
(introduit une supposition, parfois porteuse de doute. = S’il ne pleut pas, nous
pourrions faire l’excursion dans la vieille ville.)
4. En admettant qu’il dise la vérité (dando por hecho/admitiendo que diga la verdad), lui
pardonnerais-tu (lo perdonarías)? (introduit une suppositions, parfois porteuse de
doute)
5. Nous pourrions aller pique-niquer pourvu qu’il ne pleuve pas (podríamos ir de picnic
siempre que no llueva). (introduit une condition nécessaire pour que le fait principal se
réalise).
6. Il ne connait pas cette information, à moins que (a menos que) tu ne le lui aies dit.
(introduit l’hypothèse d’une restriction. Le fait principal se réalisera si le a fit
hypothétique ne se réalise pas).
Exercices

Question nº1

Que feras-tu demain?

 S’il fait beau demain, j’irai flâner dans la vieille ville


 S’il faisait beau demain, j’irais flâner dans la vieille ville
 S’il fait beau demain, je flâne dans la vieille ville

Question nº2

Si tu étais maire de la ville, que ferais-tu pour les jeunes?

 Je vais créer un espace jeune et leur proposer des activités qui vont leur
permettre de s’épanouir artistiquement
 Je créerais un espace jeune et leur proposerais des activités qui leur
permettraient de s’épanouir artistiquement
 Je créerais un espace jeune et leur proposerais des activités qui leur
permettront de s’épanouir (florecer/madurar) artistiquement

Question nº3

S’il n’avait pas plu hier, qu’aurais-tu fait?

 J’aurais fait une promenade en montagne et j’aurais passé su temps avec mes amis
 Je ferais une promenade en montagne et je passerais du temps avec mes amis
 J’aurais fait une promenade en montane et je passerais du temps avec mes amis

Dictée sur l’expression de l’hypothèse

Si l’enfant nous avait écoutes, il n’aurait pas glissé dans ce gouffre de glace. D’après les
temoins, il y est allé tout droit. On l’en tirera pourvu q’une nouvelle bourrasque n’éclate cette
nuit. Si l’obscurité ne gênait pas les recherches, on devrait l’apercevoir sans tarder. Mais si l’on
veut descendre une lanterne dans la crevasse, si elle s’éteint et si l’on n’essaie de s’en passer,
on n’y voit plus rien. En descendant à l’aveuglette, les souveteurs prendraient trop de risques.
Sans l’ingéniosité des uns, sans le courage des autres, nous renoncerions. Qui verrait cette
foule anxieusse et active serait fier de faire partie de la race humaine.

Si el niño nos hubiera escuchado, no se habría resbalado en el abismo/agujero de hielo.

Según los testimonios, fue recto/bien.

Lo sacaremos de allí a menos que una nueva borrasca estalle esta noche.
Si la oscuridad no entorpeciera/molestara/dificultara la búsqueda, deberíamos percibirlo sin
tardar/pronto.

Pero si queremos bajar una linterna en el agujero/pozo, si se apaga y si intentamos prescindir


(de la linterna), no se ve nada.

Descendiendo a ciegas (si descendemos a ciegas), los rescatadores correrían demasiados


riesgos. Sin el ingenio de unos, y sin el coraje/valentía de los otros renunciaríamos. Quien viera
a esta multitud ansiosa y activa se sentiría orgullosa de formar parte de la raza humana.
OPPOSITION ET CONCESSION

1. DEFINITION

Nuances entre les articulateurs qui servent à exprimer la concession ou l’opposition :

 Opposition : il y a opposition quand on rapproche deux faits de même nature


(événements, comportements) pour mettre en valeur leurs différences. Ex. : Tandis
que les méridionaux sont expansifs, les nordiques sont réservés.
 Concession : Il y a concession quand un obstacle reconnu ou envisagé reste ou
restera sans effet, c’est-à-dire elle exprime un événement qui n’a pas eu lieu
comme la logique l’exigeait. Ex. : Malgré son mauvais caractère, je l’aime comme
elle est. (= je reconnais qu’elle a mauvais caractère, mais cela ne change rien à
mes sentiments pour elle).

2. L’OPPOSITION

1- Adverbes

 Au contraire  Introduit souvent une proposition affirmative après une négative.


Ex. : Je n’avais plus peur. Au contraire, j’éprouvais (experimentaba) un grand
calme.
 En revanche, par contre. Ex. : Cet enfant avait de grandes facilités pour les
langues, en revanche (par contre), il éprouvait les pires difficultés en
mathématiques et physique.

2- Prépositions

 À l’opposé de, à l’inverse de. Ex. : Jean aimait les sports violents, les sorties en
bande, tout à l’opposé de (à l’inverse de) son frère.

3 – Conjonctions

 Alors que (personnes ou comportements). Ex. : Elle est originaire du Brésil alors
que lui, il vient de l’Algérie.
 Tandis que (actions et comportements). Ex. : Tu as quitté l’école à 14 ans tandis
que moi, j’y suis restée jusqu’au Bac.
 Alors même que, quand (opposition dans le moment : au même moment, en même
temps). Ex. : Alors même que je me préparais, mes amis sont arrivés chez moi. /
Je remuais ciel et terre pour trouver du travail quand, lui, il jouait aux cartes dans
les cafés.
 Pendant que (opposition dans la durée). Ex. : Pendant que tu te laissais dorer au
soleil des Antilles, moi, je te cherchais dans la grisaille de Paris.
3. LA CONCESSION

1- Adverbes

 Pourtant. Ex. : Il s’est engagé, les yeux fermés, dans cette affaire, pourtant (sin
embargo) douteuse.
 Cependant. Ex. : Elle confond les noms, les dates, les lieux. Et cependant, un
souvenir plus clair que les autres lui vient de temps en temps.
 Néanmoins. Ex. : Tous les incendies ne sont pas provoqués. Il est néanmoins
troublant qu’à chaque coup de Mistral, des foyers se déclarent simultanément.
 Toutefois. Ex. : Les manifestations des étudiants ont pris une ampleur inattendue,
toutefois le gouvernement a décidé de ne pas retirer la loi.

2- Les coordonnants

 Mais (opposition simple). Ex. : Paul était en retard dans ses études, mais son
intelligence lui permettra de rattraper très vite les autres étudiants. [être en retard,
être en avance, être à l’heure].
 Or (opposition pour une démonstration révélant une contradiction). Ex. : Nous
traversons une période de froid exceptionnelle, or nous sommes en juin.
 Et (précédé d’une virgule : opposition doublée d’un sentiment). Ex. : Elle n’a ni les
diplômes, ni la compétence nécessaire, et elle voudrait ce poste ! (sentiment de
réprobation).

3- Prépositions

 Malgré (+ nom ou pronom). Ex. : C’est vraiment un enfant méchant ! Malgré lui, il
ne peut s’empêcher de faire le mal.
 En dépit de (+ nom ou pronom). Ex. : En dépit du danger, ils tombèrent tous
d’accord pour continuer.
 Sans (+ infinitif). Ex. : Sans le connaître vraiment, je pouvais prévoir sa réaction.
(=bien que… ne… pas).
 Au risque de (+infinitif). Ex. : Au risque d’être exilé, Victor Hugo s’opposa
violemment au coup d’État de Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. (=Bien qu’il
risquât d’être exilé…)

4- Conjonctions

 Bien que + subjonctif / + adjectif / + participe passé. Ex. : Bien qu’il pleuve, les
Parisiens n’ont pas hésité à venir sur les Champs-Élysées à l’arrivée du Tour de
France.
 Quoique + subjonctif / + adjectif / + participe passé. Ex. : Quoiqu’elle soit guérie,
elle doit encore faire du repos.
 Encore que + subjonctif (idée de restriction). Ex. : Les connaisseurs considèrent
que le bordeaux est le roi des vins. Encore que le bourgogne ait aussi ses
partisans.
 Même si + sujet + présent ou passé composé. Ex. : Même si ce pianiste n’a
décroché aucun grand prix international, il poursuit sa brillante carrière dans le
monde entier.
 Quand bien même + sujet + plus-que-parfait. Ex. : Quand bien même Paris n’avait
pas décroché le titre de capitale olympique, son pouvoir d’attraction ne s’en
ressentira pas.
 Si + adjectif + que + (sujet) + subjonctif. Ex. : Si intéressante que paraisse cette
proposition, tâchez de prendre conscience des risques qu’elle comporte.
 Qui que + sujet + verbe être au subjonctif (surtout avec tu et vous). Ex. : Qui que
vous soyez, n’oubliez jamais que nous appartenons tous à une seule et même
famille : celle de l’humanité !
 Quoi que + sujet + verbes « faire », « dire », « penser »… au subjonctif. Ex. : Quoi
qu’on fasse, c’est toujours le portrait de l’artiste par lui-même qu’on fait.
 Quel(les) que soi(en)t + sujet. Ex. : Quel que soit le régime socio-économique
duquel ils dépendent, l’idéal scientifique demeure fermement accroché au cœur
des chercheurs.

5 – Tournure fréquente

 Avoir beau + infinitif (= bien que + subjonctif ; = faire des efforts en vain). Ex. : Il a
eu beau multiplier les démarches auprès du ministre, il n’a (pas) pu obtenir son
audience ! (= Toutes ses démarches ont été vaines). // Ses parents avaient eu
beau lui faire des prières (rogar) pour qu’il reste, il ne céda pas.  écouter :
http://www.edu.xunta.es/espazoAbalar/sites/espazoAbalar/files/datos/1294387634/
contido/escenario.html

EXERCICES
1 – L’opposition. Mettre en relation les phrases d’une colonne avec celles de
l’autre:

1. J’avais invité Sylvie à dîner… d) mais elle n’était pas libre.

2. Nous sommes décidés à entreprendre cette expédition… h) malgré les risques


qu’elle représente.

3. Elle ne parle pas très bien le français… e) bien qu’elle vive en France depuis 2 ans.

4. Jacqueline est malade… f) néanmoins, elle restera dans son appartement.

5. Elle a acheté une voiture… b) alors qu’elle est sans travail depuis un an.

6. Je pensais m’ennuyer…

7. Elle ne connaît pas son pays… c) par contre, elle voyage beaucoup à l’étranger.

8. Lucy aime beaucoup cette maison…

a) en fait, elle m’a beaucoup fait rire.

g) pourtant elle travaille.

2 – Signalez les phrases de ce texte qui expriment l’opposition et la concession :


Le 1er avril, c’est le jour des plaisanteries et des blagues, bien qu’elles soient
autorisées toute l’année (concession). On dit « poisson d’avril » aux personnes à qui
on a fait une farce. Les enfants accrochent des poissons en papier dans le dos de
leurs camarades et à leur insu. Tandis que les journaux, la radio et la télévision
annoncent de fausses nouvelles (opposition). En dépit de votre vigilance, ce jour-là il
est facile de tomber dans le piège. Même si l’origine de cette fête n’est pas déterminée
avec précision, elle est pratiquée dans plusieurs pays.

Opposition  Tandis que…

Concession  En dépit que… / bien (que) qu’… / même si…

3 – Complétez avec « alors que », « tandis que », « quand » (opposition), « si »,


« même si » (aunque), « quand bien même » (aun cuando) + conditionnal
(concession).

1. Je ne te pardonnerai jamais ton oubli pour la Saint-Valentin quand bien même tu


m’achèterais un bijou de grande valeur.

2. Le 31 décembre, a minuit exactement, les Français s’embrassent sous le gui-plante


que l’on accroche au-dessus des portes et qui porte bonheur pour le Nouvel An, tandis
que/alors que les Espagnols mangent un grain de raisin a chaque coup de minuit.

3. Le 25 novembre, les femmes célibataires de plus de 25 ans font une fête et portent
des chapeaux farfelus, même si cette coutume, qui avait disparu, revient au goût du
jour, elle est peu pratiquée.

4. Si la fête des mères est commerciale, elle est également un témoignage d’amour.

5. Nous célébrons Noël et le Jour de l’An autour d’une table abondante quand bien des
gens ne mangent pas à leur faim.

6. Pâques est une fête religieuse quand le 14 juillet est une fête civile.

4- Complétez avec « malgré », « en revanche », « néanmoins », « en depit de » ;


« à l’inverse de » :

1. La consommation de pain et de vin est en baisse. Néanmoins, les français restent


attachés leurs traditions culinaires.

2. Les jeunes attirés par la restauration rapides, à l’inverse de leurs parents, qui
préfèrent les traditionnels sandwiches.

3. Le petit déjeuneur reste frugal en dépit de campagnes d’informations sur


l’alimentation équilibré.

4. Malgré un certain talent culinaire, il a du mal à percer dans la restauration.

5. Les français apprécient la cuisine étrangère, en revanche ils choisiront un bon


restaurant Français pour fêter une occasion particulière.

5 – Signalez l’opposition et/ou la concession :

1. Depuis que – bien que – de sorte que – les enfants aient un bon professeur de
piano, ils ont du mal avec cet instrument.
2. Il persiste à prendre des leçons de violon quoique – tant et si bien que – si bien que
– son conservatoire soit éloigne de son domicile.

3. Elle a fait beaucoup de progrès de crainte qu’ – encore qu’ – afin qu’ elle ait échoue
à son examen.

4. Il m’invite à participer à la fête de la musique tant et tant que – au point que – sans
que – je sache jouer d’un instrument.

5. Mes parents ont assisté à un concert de jazz pour qu’ – quoiqu’ – de telle façon qu’ il
n’y ait que des disques de musique classique chez eux.

6 – Complétez avec « quoique », « quoi que », « quelles que », « quels que »,


« qui que » :

1. Quels que soient les transports publics, je ne les prends jamais.

2. Nous voyageons en bateau quoique nos enfants aient le mal de mer.

3. Quoi que tu appelles, leur agence est toujours sur répondeur.

4. Il sera malade en voiture qui que tu lui donnes.

5. Quelles que soient leurs prestations, les compagnies aériennes valent toutes.
Un entretien fait par la journaliste M.D à la thérapeute N.P.

-aborder un sujet

-porte sur le sujet

Trois questions sur portout sur répondre à un question

En premier lieu (fórmula), il s’agit de répondre à la question de savoir si…

Au debut – puis - anfin

Pour commencer - - pour finir

Tout d’abord - - pour conclure


L'AMANT

QUESTIONS QU'IL FAUT SE POSER CONCERNANT


L'AUTEUR

1-De qui s'agit-il? Données biographiques. À quelle époque a t-elle écrit et


vécu?

Marguerite, est une écrivaine, et aussi une dramaturge, scénariste et réalisatrice


française née en 1914 en l’Indochine française et morte en 1996 à Paris.

Elle passe toute son enfance au Vietnam, ce qui lui inspire à écrire ce roman, parce
que ses parents se sont portés volontaires pour travailler dans la colonie de
Cochinchine.

En 1943, elle publie son premier roman, Les impudents.

Elle aussi a développé son propre style expérimental, associant le mouvement littéraire
français « Nouveau Roman ».

Son œuvre la plus célèbre est sans aucun doute l'amant. Écrit en 1984, c’est un roman
semi-autobiographique reprenant la trame de son enfance qui, bien que son style initial
tendait plus vers le romantisme, bientôt

2-Qu'a-t-elle écrit? (Œuvres principales. Genres littéraires utilisés. Thèmes


dominants).

Les œuvres les plus célèbres sont l’amant, moderato cantabile et Un barrage contre le
pacifique.

Elle utilise le roman et l'autobiographique.

Dans ces textes, elle évoque ses relations amoureuses, le mirage colonialiste français
en Indochine ou encore l’addiction à l’alcool

3-Rapports entre sa vie et son oeuvre. Circonstances personnelles et


historiques qui ont déterminé la composition de ce roman.

Il s'agit d'un livre autobiographique reprenant la trame de son enfance en Indochine. La


narratrice, c'est l'auteur lorsqu'elle avait 15 ans. L’auteur évoque un des moments clef
de sa vie, celui où, à 15 ans et demi, elle fait l' experiment, son premier rapport sexuel.

QUESTIONS CONCERNANT L'OEUVRE


1-Quand?(Temps). L'action, quand se passe-t-elle? Contexte historique.

Au début de XXe siècle. Au cours de cette période, elle doit faire face à sa famille et la
société coloniale qui n'accepte pas les relations entre l'Asie et l'Europe.

2-Où?(Lieu). Où se passe-t-elle et pourquoi?

Elle se passe en l'Indochine française (l'actuelle Vietnam) parce que c'est ou


Marguerite (l'auteure) a habité pendant son enfance.

3-Qui?(Actants). Qui agit? Quels sont les personages principaux? Et les


secondaires? Quel rôle jouent-ils dans l'action?

La protagoniste(Marguerite) et le chinois, qui est l'amant, sont les personages


principaux.

La mère, son frère Pierre et son frère Paul. Sa famille s'oppose a sa relation
avec le chinois. Pierre frappe Marguerite pour sa relation avec le Chinois.

Pierre est le frère aîné, qui est violent à son frère et aussi avec le protagoniste
et vole l'argent de sa mère.

Le petit frère trouve son soutien dans sa sœur

Helene Lagonelle, sa meilleur ami qui vit avec elle dans la pension et qui est aussi
blanc.

5-Comment? Modalité littéraire. Genre littéraire.

C'est un roman seudoautobiographique.

6-Pourquoi? Quel est le message que l'auteure veut nous transmettre à


travers l'action déployé dans ce roman?

La liberation de le femme

4-Quoi?(Histoire racontée). Que se passe-t-il?


L'histoire est essentiellement sur l'histoire d'amour entre le protagoniste, 15 ans et demi
ans et un riche marchand chinois 26, qui a le rôle de l'amant.

L'histoire est basée sur l'un des moments clés de la vie de l'auteur: 15 ans et demi. Elle
vit avec ses 2 frères, Pierre et Paul et sa mère, professeur de jeunes enfants à Saïgon en
Indochine.

A 15 ans, sa mère la met en pension à Saigon.

Quand elle traverse le Mékong, le passager d'une limousine noire ne la quitte pas des
yeux.

Elle était vêtue d'une manière très particulière, un fait qu'elle se qualifie comme un acte
de liberté, de quitter l'oppression familiale dans laquelle elle vit.

À partir de ce moment ils deviendront amants, malgré toutes les différences qui les
séparent. Le père de l’amant est un banquier autoritaire a dors et déjà arrangé le mariage
de son fils à une jeune Chinoise. La mère de la narratrice, pauvre et raciste, veut profiter
de la générosité de l’amant de sa fille. Celle-ci doit un jour repartir pour la France : elle
reste sur le pont du navire qui l’emmène pour voir son amant, resté sur le quai. Plusieurs
années plus tard, il lui téléphonera pour lui déclarer qu’il ne cessera jamais de l’aimer, «
jusqu’à la mort »

Le passager de la limousine, un élégant chinois, aborde la jeune femme. Il propose, non


sans timidité, de raccompagnée la jeune fille à Saigon. Sur le trajet elle en apprend
davantage à son sujet: fils unique d'une riche famille, il revient d'un séjour à Paris.
Un après midi, il se présente à la pension pour la ramener dans son appartement situé
dans un quartier moderne de la ville. Elle découvre son désir ardent, et se laisse initier
aux plaisirs de l'amour.
Le chinois l'emmène au restaurant où il raconte les raisons de sa richesse.
La famille jouit des aménités du Chinois sans jamais le remercier. Il est méprisé. Le
frère ainé est certainement le plus cruel. Préféré de la mère, aucun enfant de la famille
ne saurait lui résister, le contredire. C'est lui qui a convaincu la mère de battre la jeune
fille afin qu'elle avoue ses amours coupables.

La narratrice se souvient: en 1942, Paris était occupée. A cette époque, elle rencontra
une riche américaine, Marie-Claude Carpenter et Betty Fernandez, une femme qu'elle
admire profondément.

A la pension de Saigon on tolère les escapades nocturnes de la jeune femme. Elle


rencontre Hélène Lagonelle, une jeune femme de 17 ans qui ignore tout du pouvoir
érotique de son corps. Pourtant ce corps séduit la narratrice si bien qu'elle imagine
l'offrir à son amant.

La narratrice revient sur le portrait de ce frère ainé détesté: voleur, escroc, il fut pourtant
adoré de sa mère qui renia ses enfants pour lui seul. Quand la mère mourut, le frère finit
sa vie seul et misérable. Il a été enterré aux cotés de sa mère.
Les nuits de saison sèche, la mère emmenait ses enfants contempler la campagne. Ce
spectacle de toute beauté a laissé une forte impression sur la narratrice.
Le Chinois n'a pas réussi à infléchir son père. Jamais il ne pourra épouser l'européenne.
D'autres souvenirs sont évoqués: la folle de Vinhlong ; une mendiante qui vendait ses
enfants; une riche et scandaleuse Dame de Vinhlong; les séances de photographie de
famille, seul instant privilégier où cette famille semblait unie.

Les deux amants savent leur relation sans issue. L'inéluctable séparation accroît
l'intensité de leur liaison, de leur intimité. Une fois seule, la jeune fille prend conscience
de ce qu'elle est et de ce qu'elle veut devenir: un écrivain.

La mort du premier enfant de la narratrice lui rappelle le souvenir de la mort de son


frère cadet.

La jeune fille doit retourner en France. Elle embarque sur un paquebot, abandonnant son
amant. Pendant la traversée, un jeune homme de 17 ans se suicide. Cette tragédie lui fait
prendre conscience de ses sentiments: elle aussi a été tenté de se suicider par amour.

Des années plus tard, la narratrice reçut un appel téléphonique: le chinois, de passage à
Paris, lui avoua toujours l'aimer.

* L’auteur évoque un des moments clef de sa vie, celui où, à 15 ans et demi, elle fait l'
experiment, son premier rapport sexuel. Son amant est un riche Chinois. Elle évoque
également sa famille, sa mère qui la pousse à chercher un riche amant, son grand frère très
brutal, et son petit frère qu'elle adore.

* La principale narratrice, âgée de quinze ans, rencontre sur le bas qui traverse le Mékong une
jeune et riche Chinois. Ils deviendront amants, malgré toutes les différences qui les séparent.
Le père de l’amant est un banquier autoritaire a dors et déjà arrangé le mariage de son fils à
une jeune Chinoise. La mère de la narratrice, pauvre et raciste, veut profiter de la générosité
de l’amant de sa fille. Celle-ci doit un jour repartir pour la France : elle reste sur le pont du
navire qui l’emmène pour voir son amant, resté sur le quai. Plusieurs années plus tard, il lui
téléphonera pour lui déclarer qu’il ne cessera jamais de l’aimer, « jusqu’à la mort »
Brève histoire de l’Algérie
1. De l’Antiquité aux Vandales : (V siècle après J.C.)
Royaume numide + comptoirs phéniciens puis carthaginois. Territoire intégré dans l’Afrique
Romaine (Mauritanie Césarienne) avant l’invasion vandale au V siècle.

2. Royaumes et dynasties arabes (VII – XVI siècles)

3. Sous la tutelle ottomane (XVII-XVIII siècles)


Conquise par les corsaires turcs, Alger devient (1587) une régence ottomane qui s’émancipe
d’Istanbul sous l’autorité d’un pacha puis d’un dey (1711).

4. De la colonisation à l’indépendance (1830-1962)


Commencée en 1830, la conquête française s’achève avec la soumission de l’émir Abd el-Kader
(1847). La colonisation favorise la naissance d’une importante communauté européenne mais
aussi du mouvement nationaliste  guerre d’Algérie (1954-1962)  Indépendance du pays.

www.acapela-group.com

www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Alg%C3%A9rie_histoire/185573
Annotation
Zohra, que fue nómada, tuvo que detener su eterno caminar, su razón de vivir. Con una parte de
su clan, se instala al pie de la duna, en la frontera entre dos mundos, donde se convierte en la
narradora de los viejos tiempos y de la tradición beduina. A través de esta novela, un verdadero
canto de amor a las mujeres del desierto y de la arena, aparece la historia reciente de una joven
nación que empieza a configurarse. Entre la guerra de la independencia y el terror de hoy, entre la
liberación y el integrismo, Argelia aparece bajo su cara más real y novelesca: femenina y plural.

MALIKA MOKEDDEM
Los hombres que caminan
Título original: Título original: Les hommes qui marchent
Traducción: Pilar y José Antonio Jimeno Barrera
© Ramsay, 1990
© Grasset & Fasquelle, 1997
ISBN: 84-8136-155-0
Depósito legal NA. 2057-2001
Primera edición Grasset, París, 1997
Primera edición de Txalaparta Tafalla, febrero 2000
Segunda edición de Txalaparta Tafalla, julio 2001
Digitalización: JJJM y slstc 2013
fb2: slstc 2013

Esta noche, mi corazón invita a cantar


a los ángeles que recuerdan una
voz casi mía...
Rainer María Rilke
Capítulo I
Era una mujercilla de piel morena, llena de tatuajes de color verde oscuro: cruces en los
pómulos, una rama en la frente, entre las cejas arqueadas y finas como dos medias lunas, y tres rayas
en el mentón. También tenía en las muñecas, cincelados como pulseras, y en los tobillos, a modo de
joljales.
—Joyas baratas que nadie me puede robar, decía mirándose las manos.
Enjuta, Zohra caminaba con paso vivo y elegante. Los brazos sueltos, el magrún ondulante: un
paso, otro paso, pisadas que tejen el hilo ciego de las horas. Día tras día.
La posición del turbante era el barómetro que mejor reflejaba su estado de ánimo. Cuando se
enfadaba, lo empujaba de un capirotazo hasta la coronilla. Pelo rojo de alheña; roja cólera. En
posición horizontal, rodeando la cabeza con varias vueltas disciplinadas, a la altura de las cejas, el
turbante se ajustaba a la gravedad del tono y de la reflexión. Ladeado sobre un ojo, el rostro de Zohra
y sus palabras se hacían de garduña. Un poco suelto, cayéndole sobre la nuca con desaliño
sabiamente estudiado, significaba alegría, o coquetería, balanceándose suavemente, acariciando sus
menudos hombros, a merced de su gracia, o reclamando cantos y bendires cuando se lo quitaba y lo
agitaba, colgado del brazo. El turbante frenético en torno a un cuerpo que se cimbrea embriagado.
¿Qué edad tenía la beduina?
—Nací el año de la gran sequía. ¡Un año en el que no cayó ni una gota!, afirmaba tajante.
¿El año de la gran sequía? ¿Acaso alguno no lo era, en el desierto? Pero la anciana no
bromeaba. No. Un velo de fastidio cubría sus facciones.
—¡Preocuparse por cosas así es lo que vuelve esclavos a los sedentarios! Como una epidemia
asoladora entre los muros de su prisión. ¡Y a ouili! Todo lo miden; hasta la vida.
¿Cómo afrontar el paso del tiempo en un paisaje inmutable como aquél, donde sólo se dice «el
año de esto» o «el año de aquello» para fechar un suceso? Sin nada detrás. Sin nada delante. No hay
límites capaces de contener la desmesura del Sáhara. Donde las luces borran e incendian los
confines. Donde el espacio y el cielo se devoran eternamente. Su esencia de eternidad vuelve
anticuados los periodos. Hay un tiempo para ponerse en marcha. Un tiempo para el dolor, para un
encuentro. Un tiempo para la lluvia, para que la tierra vuelva a renacer. El tiempo de una vida... El
tiempo es sólo una metáfora de quienes sobreviven. Travesía en la linde de los pensamientos, que los
viajes por el desierto agotan; que el fulgor de las palabras y los excesos de la imaginación consumen.
Cuando, movidos por una curiosidad malsana, la acosaban a preguntas, Zohra se encogía de
hombros. Y para poner fin al hostigamiento, añadía con desdén:
—Puede que tenga setenta y cinco años... En fin... Más o menos.
Durante años tuvo setenta y cinco. ¿Cuántos años tenía? ¿Diez, doce o quince más? A Zohra le
era indiferente. Lo que a ella le importaba era su vida nómada. Lo que la entristecía es que la
hubieran arrancado de ella.
La inmovilidad de la gente sedentaria es la muerte, que me tiene sujeta por los pies. Me ha
robado mi búsqueda. Ya no me queda más que el nomadismo de los muertos. Como a los exiliados.
Apremiada por la urgencia de hablar de aquel mundo en vías de extinción, Zohra volvía a
señalar a los beduinos las salidas y las paradas. Con los tambores de los ergs y sus orgías de arena.
Con el silencio sellado sobre los regs.
Zohra era el desierto.
Sentada con las piernas cruzadas ante la casa, los codos apoyados en las rodillas, oteaba el
horizonte. Una sonrisa triste afloraba a sus labios. El ceño se le fruncía, arrugándole los tatuajes.
Parecía hondamente sumida en algún recuerdo. Preocupada por encontrarlo intacto; por magnificarlo
tal vez un poco más. Decía:
—Venga, sentaos. Poneos cómodos. Probad el té con menta. Y, sobre todo, no volváis a
preguntarme la edad. En este momento es la de mis relatos. Tengo la cabeza atiborrada de palabras.
Prendidas en tormentas de imágenes, las palabras pueden volverse amargas, rancias, un vértigo, una
danza o un gorgeo en nuestras mentes semejante a la subida de un sinfín de volátiles albórbolas.
Otras son violentas. Como poseídas de continuo por un terrible vendaval de arena. Se agitan en
nuestro interior como un torbellino y azotan nuestra memoria. Quisiera contaros sus alegrías y sus
penas. Quisiera descargarme de ellas antes de dormir el último sueño. No obstante, habéis de saber
que un narrador es un ser antojadizo. Se burla de todo. Hasta de su propia historia. La adultera, la
retoca entre sus sueños y extravíos de la realidad. Sólo existe en ese lapso desplazado sin cesar.
Siempre reinven-tado. Habéis de saber también que vuestras murmuraciones no harán más que
divertirle. O suministrarle material para otros relatos. Quedáis advertidos.
Huyendo de las regiones costeras, comarcas predilectas de sucesivas invasiones desde la noche
de los tiempos, los nómadas se fueron adentrando cada vez más hacia el interior. De ellos
procedemos, de los hombres que caminan. Caminaban. Caminábamos con los ojos abrasados por la
luz, la piel curtida por la metralla de los vientos de arena, con polvo hasta en el alma...
Caminábamos. Caravanas de té. Caravanas de algodón. Caravanas de sal, mis preferidas... Imaginaos
el sol, allá, en lo alto, y otro sol, fragmentado en las jorobas de nuestros camellos, hiriéndonos los
ojos con su fulgor, deslumbrándonos con su blancura. Las caravanas de sal permanecen en mí como
un cuento de luz. Algún día os lo contaré... Una vida rigurosa, entre cansinas paradas. Un mundo en el
que la pobreza aún se engalanaba de majestad al sacar esperanzas del movimiento, del esfuerzo
físico de los nómadas. La vida sedentaria les produce un gran malestar, al reducirlos a la pasividad;
al empobrecer sus sueños, atrapados frente al horizonte abierto.
Pero no era de las caravanas de sal de lo que Zohra hablaba con más deleite. No. En la historia
de Yellul Ajalli, apodado «el hombre del cerdo», era donde su arte de contar se mostraba más
inspirado.
¿Cuántas veces había contado aquel relato? Conociendo su desprecio por cualquier clase de
cálculo, nadie se atrevía a importunarla con tales cuestiones. Por lo demás, tampoco en este caso
importaban las cifras.
¡Cuánta pasión ponía! Y las proezas de su narración despertaban el júbilo de sus oyentes, que
con sólo escuchar el nombre de Buhalufa, se dejaban cautivar por el mismo hechizo de la primera
vez. ¡Qué venganza, sabiendo que los Ajalli habían cubierto de oprobio al «hombre del cerdo» antes
de desterrarlo de la tribu! Zohra había conseguido convertirlo en un mito para sus descendientes.
Y Zohra refería la historia de Yellul.
—Yellul Ajalli era hermano de mi suegro, tío de mi marido, Ahmed el Sabio.
Desde su infancia, Yellul se mantuvo alejado de los otros chicos, cuyos juegos se negaba a
compartir. Todos llegarían a ser unos magníficos caballeros y guerreros. Yellul era un solitario, un
soñador. Pero, en ese desierto, viva imagen de la desmesura, donde el pensamiento se exalta, ¡se
teme tanto a la imaginación! Sí, en ese Sáhara, donde la horizontalidad teje hasta el infinito
espejismos propicios a los sueños fantasmagóricos, donde la mente tiene una necesidad vital de
fantasía para disfrazar la aridez, soñar es hacer gala de falta de bravura y de virilidad. Peor aún. Es
exponerse a la tentación de los yins. De ahí a convertirse en yin, no hay más que un paso.
Un día se unió a la caravana un taleb que emprendía la ruta de la sal bajo un cielo al rojo vivo
que abrasaba la tierra roja. Quería ir a Mauritania. Yellul se sintió cautivado al instante por aquel
hombre que escribía talismanes y que, en cada parada, sacaba un libro voluminoso, de páginas
apolilladas: Las Mil y Una Noches. Los niños no habían oído hablar jamás de la escritura. ¿Cómo
podían contener aquellos caracteres inertes tantas historias, intrigas, combates y belleza? A Yellul ya
no le fastidiaban las largas marchas. Deambulaba, al frente de la caravana, con la cabeza llena de
relatos de aventuras. A veces retrocedía para asegurarse de que el taleb aún seguía en el grupo de
los hombres. Allí estaba el oráculo, con sus bigotes de sabio y la mirada viva. El niño se
impacientaba por ver al hombre que iba en cabeza girar su camello hacia la cola de la caravana y
poner la albarda en el suelo, dando así la señal de parada. Entonces, Yellul encendía un quinqué y se
dirigía apresurado a reunirse con el docto personaje. Envuelta en un capullo de luz vacilante,
Sherezade, disfrazada de anciano, mantenía ansioso al chiquillo. En la jaima, plantada a toda prisa
para descansar unas horas, mientras los hombres, como petrificados por el atardecer, permanecían
agachados e inmóviles en torno a los braseros, envueltos por el frío y el silencio, Yellul descubría un
mundo de palacios. Un mundo desconocido hasta entonces para él. Se sentía hechizado por la
sagacidad de aquella mujer. Por el descubrimiento del poder y la astucia de las palabras, que, noche
tras noche, cual valientes diablillos, rescataban de la muerte unas horas de vida. A él lo rescataban
del aburrimiento. Fue un viaje excepcional.
Una mañana, el taleb dejó la caravana para dirigirse solo hacia El Aaiún, llevándose su obra
fabulosa y, sobre todo, el desenlace de la historia. ¡Maldición! ¿Cuánto tiempo seguiría aguantando
Sherezade? ¿Quién podría decírselo, en aquel desierto? Nadie. Yellul sintió un vacío insoportable,
un marasmo mortal. Entonces se puso a deambular por la cola de la caravana, a reflexionar. Miraba a
los suyos, que caminaban aspirados sin tregua por un horizonte imperturbable.
«¿Qué es lo que buscan? ¿Acaso lo saben? Unas veces dicen que van a trocar sus mercancías.
Otras pretenden que es vital encontrar pasto para los animales. Lo necesario, lo fundamental, parece
estar siempre en otra parte. ¿Qué esperan? Algo que, sin duda, nunca van a alcanzar», pensaba
Yellul, desanimado. Pero los demás no se hacían preguntas inútiles. Marchaban desde el amanecer
hasta el crepúsculo, envueltos en silencio y cubiertos de luz. Cuando se sentían fatigados, levantaban
un campamento. Se alimentaban frugalmente. Se agachaban y contemplaban el horizonte, o el cielo. Y
cuando la muerte les sorprendiera, atravesando senderos de arena o sentados, con ojos taciturnos,
imantados por el fulgor de los espacios, una vez que sus pobres cuerpos, pronto secos, se hubieran
convertido en polvo, otros seguirían caminando. Toda una vida. Su caminar perpetúa el desierto.
Yellul sentía que se estaba convirtiendo en un extraño para los suyos. Y tenía miedo. El miedo
le retorcía las entrañas. Introducía un poco más de confusión en su cabeza. Transformaba el desierto
en pesadilla. Arena, soledad y sol hasta el sofoco. El muchacho quería vivir algo diferente a aquella
marcha sin fin. Sentir una fascinación distinta a la que aquellas tierras áridas producían. Las palabras
escritas lo habían marcado con sus arabescos. Huellas que la marcha del taleb volvía
incandescentes. La escritura, apenas vislumbrada, ya era una meta para él, una sed desconocida, de la
que Yellul tomó conciencia con alegría dolorosa, volviéndose aún más taciturno. Pasaba largas horas
tumbado en la arena boca abajo, dibujando, intentando reproducir los signos, cronistas de fábulas.
Una mañana, cuando el sol, aún lejos en el cielo, derramaba en torno a las jaimas una luz color
de estaño, el frío despertó a Yellul. Un frío que picoteaba la piel como un sinfín de aguijones, que
agarrotaba las articulaciones y desgarraba el sueño. Yellul se estremeció. Se dio la vuelta en el
lecho. Se envolvió en la manta. Bruscamente, una decisión le inundó de dicha. Un presente
deslumbrador, un diamante que aquel amanecer depositó en el estuche de su espíritu, vacío por el
sueño. Tenía que aprender a leer y escribir. Tenía que convencer a los suyos. Había oído decir a los
habitantes de las ciudades del norte que existían las medersas. Así podría penetrar los secretos de
las historias mudas. Así, él mismo guardaría secretos que ahuyentasen su soledad. Era el principio de
la colonización. Los que hacen cuentas, seguro que os dirían «hacia finales de 1840». ¿Leer y
escribir? Una verdadera extravagancia en un mundo de tradición oral. Nadie en el clan, que se
recuerde, había tenido necesidad de la escritura. Del Corán, sólo se conocían los versículos
indispensables para orar. Nuestras costumbres estaban marcadas por el hadiz. Nuestra historia no
yace entre la tinta y el papel. Escudriña sin cesar nuestra memoria y puebla nuestra voz... Pero el
singular Yellul, con aquellas ideas descabelladas, no cejaba en su empeño. Su obstinación y su
carácter despertaban inquietud.
Sin embargo, numerosas yemaas y diversas opiniones desgranadas en torno a los braseros
hicieron madurar la reflexión. Rendidos por fin ante el acoso, los miembros del clan acabaron por
avenirse a su demanda. «Después de todo, puede que no sea tan mala idea tener un taleb en la
familia», decían para consolarse. Un hombre que supiera leer y escribir el Corán —¿qué más había
que leer?— podría, incluso, ser muy útil. Los protegería del mal de ojo y de los maleficios
diabólicos. Sin olvidar las ganancias que se podrían obtener de las peticiones de talismanes. ¡Qué se
le va a hacer! ¡Ya que no quiere ser un valiente caballero!... Un buen día, después de haber tomado la
decisión, plegaron las jaimas para subir al norte.
La tribu levantó el campamento más arriba de Mechenia, en las mesetas altas. Sólo unos cuantos
hombres conducirán al niño más al norte. El resto del clan esperará, lejos de Tell, lugar siempre
inseguro, de donde los rumíes echaron a los turcos, apoderándose de las tierras y arrojando a la
gente de sus propiedades. Les habían dicho que había revueltas y matanzas. ¡Qué siglo! Los hombres
se quedarán en la ciudad el tiempo imprescindible para confiar a Yellul a un taleb.
Después de varios días de marcha, llegaron a Tremecén. Envarados, envueltos en sus
albornoces, con una dignidad hosca, escrutaban en silencio a los habitantes de la ciudad. «¡Qué
personajes más curiosos, éstos que viven entre paredes! Seguro que tras ellas se oculta un buen
número de actos licenciosos»... Tremecén era la ciudad de las medersas, la ciudad cultural del oeste
argelino. Recabaron información sobre las diferentes escuelas y se decidieron por una cuya
reputación, según les aseguraron, estaba fuera de duda. En ella inscribieron a Yellul, confiándolo a
uno de los talebs. Gracias a las consiguientes dádivas, el hombre le daría alojamiento y completaría
su instrucción. Una vez satisfecho el extraño deseo del no menos extraño muchacho, los hombres se
reunieron con el resto del clan.
De vez en cuando, una vez al año por término medio, cuando sus peregrinaciones les llevaban
hacia el norte de las mesetas altas, los Ajalli enviaban a algunos de sus hombres para ir a buscar a
Yellul y hacer una nueva ofrenda al taleb. El joven venía entonces a pasar unos días con su familia.
Cada año le parecía que se distanciaba de ellos un poco más. Los Ajalli también se daban cuenta.
¿Qué sería de él más adelante? ¿Lograrían que se volviera a acostumbrar a la vida nómada? Estaban
muy preocupados.
El muchacho sentía veneración por su maestro, un hombre afable de gran cultura, y disfrutaba de
la vida de la ciudad. Yellul iba a menudo a callejear por la medina y por el zoco. Las murallas rosas
y almenadas que albergaban los jardines avivaban su curiosidad. Una oleada de efluvios atormentaba
sus sentidos. Todo le parecía impregnado por un perfume de mujer desconocida. En casa, las mujeres
eran solo hermanas, primas, tías... Y, salvo en contadas ocasiones, no veía a otras. Qué delicia
sentirse extranjero en una ciudad. Cada mujer que pasaba, oculta tras su velo, era un excitante
enigma. La medina era un incesante roce de almalafas. Sus sombras lo imantaban. Los asaltos del
deseo mortificaban su joven cuerpo. Se adentraba en el ksar. Olor a sombra fresca en donde
murmuraban las jasas perladas de risas. Olor a almizcle y ámbar, guardado en frasquitos labrados
que las mujeres llevaban entre sus pesados senos. Yellul se sentaba ante el hamman, acechaba la
salida de las mujeres, e inspiraba a fondo su fragancia con mirada hechizada y cuerpo tembloroso.
Pasaron diez años. Yellul se había transformado en un hermoso adolescente. Durante una de sus
visitas a Tremecén, los hombres se indignaron por su modo de vida y por la depravación en la que
cada vez encontraba más deleite. Lo hubieran querido, si no ascético, al menos sobrio, versado en el
Corán y henchido de hadiz islámico. Era evidente que el muchacho se entregaba a la voluptuosidad y
se apasionaba incluso por la poesía del Jahili, la era anterior al Islam. «La era de la ignorancia», la
llamarían después los musulmanes. Pero aunque se la hubiera repudiado durante mucho tiempo, nunca
la poesía árabe había sido tan delirante, precisamente porque todavía escapaba al dogmatismo de las
religiones monoteístas. Yellul se había entregado con gusto a la libertad de aquellos poetas que
celebraban las noches de amor y todo tipo de arrebatos.
En las ciudades que se abandonan a la ignominia, las almas débiles se encenagan en la lujuria y
a la insania se le otorga el rango de felicidad. Se tomó la decisión de alejar a Yellul de allí sin
demora. De apartar a aquel soñador de la influencia de tan libertino maestro. Por eso, a pesar de sus
vehementes protestas, se lo llevaron con ellos.
De regreso, Yellul no paraba de llorar por aquella deportación que tanto dolor le causaba. Y la
desaparición de la hermosa ciudad, cuna de sus sueños, cegó sus ojos a cualquier otra cosa. ¿Le iban
a privar para siempre del néctar de la poesía?
El viaje fue interminable y monótono. Los guijarros de los regs le hacían cortes en los pies. El
muchacho lloraba, caminando al paso de su asno. A veces lo montaba. Desgranando sollozos al ritmo
de su trote, sus ojos, cargados de hiel, fulminaban las espaldas de los hombres, que se balanceaban
ante él, a lomos de sus camellos. ¡Cómo hubiera querido poseer la facultad de convertirlos en
piedras, en aquella tierra calcinada! Sin dedicarles una sola mirada de compasión, desandaría el
camino y volvería a la ciudad rosada. A los perfumes de las mujeres. Pero los hombres que
caminanban eran tan insensibles como el desierto. No pensaban en la pena que le causaban,
caminaban. El sudor resbalaba por sus rostros cincelados. Mojaba sus turbantes y sus abayas. A
través de las lágrimas de Yellul, su imagen oscilaba como un espejismo.
El segundo día de bajada hacia el sur tropezaron con un jabato. El consumo de este animal, ya
sea salvaje o domesticado, está prohibido entre los musulmanes. Si alguno se les cruza en su camino,
lo matan y lo dejan de alimento a los chacales o lo dan a los perros. Aquel día Yellul se interpuso
entre los hombres y el jabatillo. Lo cogió en brazos y los miró desafiante. Una vez más los hombres
renunciaron a contrariarle por tan poca cosa. Dieron media vuelta y reemprendieron la marcha.
Yellul pasó un buen rato acariciando al jabato antes de dejarlo en el suelo. Luego, tras subirse al
burro, siguió a los hombres. Un poco más tarde, miró atrás y vio que el animal, con el hocico pegado
al suelo, lo seguía. «Habrá perdido a su madre, tenemos que socorrerlo, si no, morirá», pensó el
muchacho enternececido. Dio media vuelta. Las al-bardas de esparto con las que estaba aparejado el
asno contenían sus escasos efectos personales y algunos libros. En ellas hizo un hueco para alojar a
su protegido. Sin hacer caso de los reproches de los hombres, llegó hasta los suyos, con sus libros y
su cerdo. Y en el corazón, el rescoldo de la poesía prohibida.
La discordia irrumpió bruscamente, trastornando sus relaciones con los demás hombres del
clan. La vida se le hacía insoportable. Los excesos de su mundo también. Prefería las callejas de los
ksars donde ondulaban las blancas almalafas. Echaba de menos la rumorosa sombrilla de los
árboles sobre su cabeza. La bendición de su sombra en la piel. Otros olores, distintos al del polvo en
la nariz. La risa de las prostitutas en sus oídos. ¡Mejor pecar mil veces y hasta la condenación que la
lenta agonía de la existencia de los suyos... No, nunca más el fuego abrasador del verano que deja los
cuerpos desmadejados como odres vacíos. Nunca más aquel frío, más cortante que ningún otro, que
se abatía cual ave de rapiña sobre lo mejor del sueño. Nunca más aquel vacío interior. Nunca más
aquel reino de piedra y de polvo en torno a él, bajo un cielo de metal. Nunca más aquel silencio...
¿Por qué tenía que seguir soportando todo ese sufrimiento? ¿Por qué permanecían los hombres
aferrados a aquel infierno desde el momento en que nacían? Sus jaimas sombrías con pequeñas
aberturas negras, parecían cráneos carbonizados con las órbitas vacías. Los escasos arbustos del
camino eran como muñones calcinados que parecían predecir un mismo destino para todos. Y las
osamentas de hombres y animales, que el viento o algún chacal ponían al descubierto, auguraban lo
mismo. La carne calcinada, apenas apagado el último estremecimiento, se transformaba en despojo,
sin llegar a descomponerse. Los huesos desnudos, hincados en la arena como dedos señalando a los
vivos, adquirían un aspecto gredoso. Sólo con rozarlos se desmoronaban con un crujido, como si
emitieran el postrer gemido, antes de fundirse en el mineral.
Yellul se prometía a sí mismo que escaparía de aquel mundo. Que se iría lejos, muy lejos. Un
anhelo que se cuidaba muy bien de revelar.
Yellul aguardaba, apartado de los hombres, componiendo poemas. Su jabalí crecía y le seguía a
todas partes. Aquel que se atreviera a maltratar al animal, se exponía a su cólera. Exasperados por su
actitud, que consideraban extravagante, los otros le apodaron Buhalufa, «el hombre del cerdo».
¡Vano esfuerzo! Yellul recibía el insulto con el mismo orgullo que si se tratase de un halago.
Un suceso «más grave» hizo que la tensión generada por la situación estallara. ¿Qué es lo que
sucedió? Zohra siempre esquivaba la pregunta con habilidad. Tan sólo decía: «Algo grave,
gravísimo».
¿Acaso desconocía el final de la historia? ¿Se lo callaba para envolver a su ídolo en un halo de
misterio? ¿Cómo saberlo? Si insistían en preguntárselo, se mostraba de repente agobiada por el peso
del secreto. Durante unos instantes perdía el habla. Paseaba por sus oyentes una mirada severa. Los
secretos eran celosamente guardados si comprometían de algún modo la dignidad del clan. No dejaba
de recordarlo. Con el énfasis necesario.
Fuese lo que fuese, como consecuencia de aquel acontecimiento cubierto por la ley del silencio,
Buhalufa fue desterrado de la tribu. Aparejó su haluf, ya adulto, con cestas de esparto. Cargó su
chilaba, sus libros, una guerba de piel de cabra llena de agua y se marchó hacia el noroeste, con el
paso decidido del hombre que por fin se siente libre. Su familia no volvería a verlo.
Años después, los Ajalli se enteraron, por las caravanas procedentes de Marruecos, de que
Yellul había andado por aquel país vecino. Iba de ciudad en ciudad, nómada de las urbes, en busca
de otros deleites. Libaba el placer y alimentaba con él su poesía. Por las mañanas, sentado en el
zoco, ante una meida, ejercía el oficio de escribano público. Por las tardes, leía poemas o cuentos en
las casas de ricos marroquíes que se lo disputaban.
¿Y qué fue del haluf de Buhalufa? Le seguía a todas partes, con un andar «inteligente»,
transportando la meida y los libros. A los hombres que se detenían al verlos pasar, intrigados por la
indumentaria del animal, Yellul les decía: «Por Alá que este animal que aquí veis era un noble jeque
nómada de la tribu de los Ajalli. Se llamaba Yellul. La maldición de los suyos lo convirtió en un
haluf una noche de plenilunio. Yo estaba allí y pude ver la metamorfosis. Desde entonces me hace
compañía. Y, en las noches de plenilunio, recupera el habla y me cuenta su historia».
Algunos hombres huían atemorizados. Otros, cautivados por la leyenda, coman tras el cerdo y lo
acariciaban. El animal se hizo famoso en las ciudades por las que pasaban. Lo llamaban Si Haluf
Ajalli. Su muerte afligió a Buhalufa.
Como abandonar los restos de tan estimado compañero de bohemia era algo que no entraba ni
en las costumbres ni en la sensibilidad de un poeta, Buhalufa decidió darle una sepultura más digna
que la que ningún Ajalli hubiera soñado tener. Envolvió el cuerpo en un sudario de seda. Lo dispuso
de manera que el aspecto exterior fuera el de un cuerpo humano y se las arregló para cavar una tumba
en el cementerio de la ciudad. Al día siguiente, de madrugada, hizo que transportaran su haluf hasta
la última morada. Y para vengar al animal del daño que el Corán infligía a su raza, hizo que por la
noche una caterva de talebs recitara versículos en la mezquita.
Nadie en la ciudad supo jamás que, entre los cuerpos humanos, o lo que quedara de su
descomposición, reposaba el de un animal infamado: «Si Haluf Ajalli», bendecido por su dueño y
hasta por la mezquita.
«Hete aquí por fin entregado a ti mismo. Que Alá te proteja de los hombres del más allá, en
caso de que no sean muy distintos de los de aquí abajo», fue el epitafio que Yellul escribió en la losa
sepulcral.
Como se sentía solo, Yellul viajó a Bagdad, capital de los Abasidas. ¿Peregrinaba a orillas del
Tigris para testimoniar su admiración hacia Haroun-El-Rachid, aquel ilustre califa, filósofo, poeta y
héroe de numerosos cuentos de Las Mil y Una Noches? ¿O le habían transportado hasta allí las
emanaciones de algún perfume más cautivador que los demás? Nadie llegó a saberlo. Otro misterio
más, referente al hombre del cerdo. Durante más de veinte años recorrió el Oriente Medio. Cuando
regresó a Marruecos, se había convertido en un hombre rico. Y aunque su cabeza había encanecido,
su cuerpo conservaba toda la lozanía. El origen de su fortuna constituía otro enigma. Yellul se
estableció en Uchda, ciudad cercana a la frontera argelina. Compró una granja aislada en el camino
que, unos kilómetros más adelante, se adentraba en Argelia. Yellul nunca tomó aquel camino en
dirección a su pasado. Pero, allí estaba, ante la granja, serpenteando bajo la sombra de los grandes
algarrobos, como una posibilidad abierta a cuya orilla se adormecía su pesar.
Cuando Yellul tomó por fin esposa, sus sesenta plateados años recibieron el regalo de una joven
nubil. No obstante, sólo tuvo una hija que murió muy joven y dos hijos, Mohamed y Hamza, que
también fueron a la medersa. A menudo les hablaba de la familia que tenían allá, en el desierto.
«Gente honrada y generosa, pero... ¡tan altiva y tan dura! Gente cuya manera de vivir consiste en
caminar. Caminan tanto que la vida camina demasiado aprisa en ellos. Desde luego van en busca de
algo, pero no saben de qué se trata y hasta presienten que nunca lo encontrarán. Así que guardan
silencio y avanzan. Puede que posean la inteligencia de los primeros hombres, que comprendieron
que sobrevivir consistía en cambiar de lugar, la de los últimos hombres que acabarán huyendo de la
hecatombe de las ciudades o la de los rebeldes de siempre, que jamás se incorporan a ningún sistema
establecido. Ahora me parece que su caminar tiene que ver con su propia concepción de la libertad».
• • •
Los hermanos y hermanas de Buhalufa que se quedaron en la tribu, allá, entre los vientos de
arena, las plagas de langostas y la miseria, se casaron y continuaron su peregrinación a través de los
regs y las hamadas. Uno de ellos, Abdelkader, a quien apodaban el Colérico, dominado por una ira
que oscurecía su entendimiento, tuvo la desgracia de morir muy joven y de que sólo uno de sus seis
hijos fuera varón: Ahmed, el marido de Zohra. Todos decían que Ahmed era «un hombre sabio».
Había heredado las cualidades de su padre y de su tío, sin los defectos que les habían separado. Era
famoso por su bravura y por su apostura varonil, como su progenitor, de quien, sin embargo, no había
heredado los terribles ataques de cólera que le hacían injusto. De Buhalufa, el tío perjuro, poseía la
dulzura, la mente abierta y la sagacidad, pero no aquel carácter exagerado y antojadizo que le había
acarreado enfrentamientos con los suyos. Por eso lo apodaban el Sabio. Y toda la tribu acudía a
escuchar sus opiniones y consejos. Ahmed había prometido a su padre, Abdelkader, en su lecho de
muerte, donde ya había muerto la cólera que le había dominado en vida, que iría en busca de sus
primos de Marruecos. El ostracismo al que habían condenado a los hijos de Buhalufa no tenía
sentido. Había llegado el momento de apaciguar los ánimos y reanudar los vínculos familiares.
Ahmed y Zohra tuvieron tres hijos: Nazer, Tayeb y Jalil, y dos hijas: Fatna y Neima. Cuando el
primogénito cumplió diez años, Ahmed fue a a Uchda a visitar a sus primos. Encontró a los dos hijos
de Buhalufa rodeados de lujo y opulencia. Vivían en dos grandes edificios en su hacienda y poseían
una caballeriza y un rebaño de ovejas. También numerosos esclavos y aparceros.
Ahmed fue a visitar la tumba de su tío muerto años atrás... Allí, bajo unos palmos de tierra,
yacía aquel pariente excéntrico del que tanto había oído hablar y que nunca llegaría a conocer. Igual
de solo que cuando vivía, descansaba para siempre en tierras extranjeras, lejos de los suyos. Si
hubiera podido continuar sus estudios en Tremecén, si los otros hubieran sido menos intransigentes,
si... ¡Que Alá les perdone a todos! Te prometo, tío Yellul Buhalufa, que muy pronto iré a la Meca.
Postrado ante la tumba de nuestro Profeta, le imploraré que te acoja en el Paraíso y me permita
reunirme en breve contigo, para conocerte al fin. También le pediré que cuide a nuestros hijos y que
nunca conozcan el peor de los males, la intolerancia, que mutila las riquezas de la vida y que sólo
reconoce un camino entre los miles que existen.
Antes de que Ahmed volviera con los suyos, él y sus primos hicieron la promesa de unir a sus
hijos en matrimonio.
De regreso en su tribu, Ahmed relató a todos su estancia y les habló a todos de la promesa que
había hecho al muerto y a sus hijos. Luego se preparó para su periplo a la Meca. Un trayecto largo,
agotador y peligroso. ¡Había que atravesar tantos países antes de llegar a Arabia! Cada cual hacía
aquel viaje con arreglo a sus medios: a pie, en burro, en camello o a caballo. Tras meses o años de
ausencia, pocos eran los hayis que volvían con sus familias. A muchos de ellos les acechaba la
muerte por aquellos caminos sembrados de emboscadas.
Por eso antes de salir, Ahmed puso orden en sus asuntos. Sólo con formular su propósito, los
peregrinos elegidos por el Señor tenían ya un pie en el paraíso. Eran los únicos seres vivos que se
beneficiaban del privilegio insólito de organizar su propia aacha y de asistir a ella. Cuando
parientes y amigos se marchaban, con mirada envidiosa y después de muchas encomiendas y
bendiciones, podían partir serenos. La muerte tenía entonces derecho a sorprenderles en cualquier
lugar. Impaciente como era, se adueñaba de aquellos hombres reventados, cubiertos de polvo y de
sudor, con los pies ensangrentados y terriblemente solos por los caminos escabrosos, antes de que
hubieran alcanzado su meta, para ahorrarles sufrimientos. Para desbaratar todas las emboscadas.
Para impedir cualquier tentación de abandono y conducirlos lo antes posible a la morada de Alá.
Ahmed el Sabio salió, pues, un buen día en compañía de Mahmud, uno de sus tíos. Dejó su
jaima, a su mujer y a sus hijos. Toda la familia había contribuido con dinero al viaje y les había
regalado dos caballos.
—Dos hermosos caballos de un negro tornasolado —decía Zohra, la mujer de tatuajes oscuros.
Para añadir con satisfacción: —Mi esposo, Ahmed, hijo de Abdelkader el Colérico, al que también
llamaban el Sabio por sus virtudes, era un hombre tan apuesto... Muchas mujeres del clan suspiraban
por él. ¡Cuántos hombres de la tribu se hubieran sentido felices de haber logrado casar a alguna de
sus hijas con él en segundas nupcias! Él se reía y les replicaba retorciéndose el bigote:
«¡Ni que estuviera loco, ya conocéis a Zohra! Posee un poder temible, el de las palabras que, en
su boca, se vuelven sabrosas o cortantes. Son lo que a ella se le antoja. ¿Qué mujer podría competir
con ella? La desventurada que se atreviera, se lamentaría ante Alá antes de la boda. Y, además,
cuidaos de cómo os inmortalizan los que poseen las facultades de Zohra, por eso existen almas
encomiadas o ridiculizadas desde tiempos inmemoriales. En lo tocante a mí, mi única voluntad es
merecer el olvido en que caen la mayoría de los muertos.
»Zohra, cuida de tus hijos y háblales de mí. Dios te guarde, Bent Slimane. Y vosotros dos —
dijo, dirigiéndose a sus dos hijos mayores, Nazer y Tayeb—, cuidad de Jalil, de vuestra madre y de
vuestras hermanas. Si yo no regresara, me gustaría que Jalil aprendiera la lengua de los rumíes, de
ese modo, si su codicia les trae hasta los umbrales de estas tierras, tendréis a alguien capaz de
guiaros. Tayeb, cuento contigo para que se cumpla mi voluntad. No olvidéis que tenéis que casaros
con las primas de Uchda». Luego se marchó —prosiguió Zohra— y yo me quedé inmóvil, ante mi
jaima, mirándole hasta que desapareció en el horizonte. Dos inviernos después volvió Mahmud.
Solo. Mi Ahmed había muerto durante el viaje de regreso, en suelo libio, fulminado por unas fiebres.
Dios llama pronto a su lado a las buenas personas. Ahmed había muerto, pero yo no tenía su tumba.
No puede hacerse un duelo sin cadáver ni sepultura. Mi propio cuerpo me parecía entonces un
cadáver. Y así fue durante mucho tiempo. Algunos hombres casados quisieron desposarme en vano.
A las mensajeras que enviaban, les respondía yo: «¿Cómo? ¿No veis que sólo soy los restos de
Ahmed?». Ellas bajaban los ojos.
Para subsistir, trabajaba la lana. Mis hijos, Nazer y Tayeb, a la sazón adolescentes, me
ayudaban mucho. La vida transcurría penosamente. Una existencia vacía en la que respirábamos y
caminábamos para no morir. Y sin embargo, me quería morir. Desprenderme para siempre del peso
de mis huesos. Entregar mi miseria a la tierra y recibir su absolución de polvo.
Después, allá en Francia estalló la gran guerra. En el año cuarenta. ¡Ah, conozco bien esa fecha!
U n caíd de una tribu vecina vino a darnos la noticia. Reclutó a todos los jóvenes en edad de
combatir. Nazer fue movilizado y enviado al frente. Yo no comprendía los razonamientos de los
hombres. ¿Por qué tenía que ir mi hijo a batirse por un país al otro lado del mar? Aquella tierra no
era la nuestra. Sus habitantes no hablaban nuestra lengua. No creían ni en Mahoma ni en su religión.
Nada nos unía al pueblo que ocupaba el Magreb desde hacía tanto tiempo. ¡No es que tuviera nada
contra ellos! Hasta entonces no había visto ni rumíes ni «tomóviles». Ése era uno de los últimos
privilegios de nuestra vida nómada. Un siglo después de que llegaran a nuestro país seguíamos
evitándolos. Por desgracia, no sucedía lo mismo en otros lugares. Todo el tiempo oía contar cosas
horribles. Había habido revueltas y matanzas. Decían que en las ciudades, el argelino era el esclavo
del rumí. Rogaba a Dios que nos mantuviera alejados lo más posible de aquellas tragedias. Después
de mi marido, ahora le tocaba a mi hijo. Tenía la esperanza de que, por lo menos, éste regresara.
El año siguiente fue un año de epidemias: la viruela, el cólera y el tifus se abatían sobre el clan
como saltamontes sobre un campo de trigo. La enfermedad infectaba campamentos y aduares. Su olor
nauseabundo anidaba día y noche en mi nariz. Hedor a vómitos, orines y miseria. La muerte nos
rondaba sin tregua. Se adueñaba de los más débiles de cada jaima, causando los más atroces
padecimientos. Yo la sentía apostada como un centinela ante la mía. Se llevó a mi padre y a mi hija
pequeña, mi preciosa Neima. Pero eso no pareció bastarle. Seguía merodeando en torno a mí.
¡Metida siempre en mi nariz, en mi cabeza! Por eso yo salía de la tienda y la increpaba. Aullaba. La
fustigaba. Como todos los improperios con que la imprecaba me parecían pocos, mi impotencia y mi
infortunio se me hacían más patentes. Entonces, ya no me quedaban palabras.
El grupo quedó muy mermado. La hambruna engrosaba las hordas de bandidos y pordioseros.
Henchida con todo aquel sufrimiento, la desgracia esparcía su mala semilla. Desde entonces, un
clima de inseguridad se adueñó de nuestros desplazamientos, cuyo perímetro menguaba cada vez
más, reduciendo también las zonas de pasto. Hubo varios años de sequía total. Los animales morían,
al igual que la gente. Y los que sobrevivían estaban tan esqueléticos que ni siquiera se pensaba en
sacrificarlos.
En 1945, Nazer, que había caído prisionero en Alemania —un país aún más lejano que Francia,
me parece—, fue liberado y licenciado. Viajó directamente a Marruecos, a casa de sus tíos sin
tomarse siquiera la molestia de venir a darnos un abrazo. Seguramente hacía bien en huir de nuestra
terrible indigencia. Pero, con todo y con eso, ¡mira que abandonarnos de ese modo, él que era el
primogénito!
Por desgracia el mes de mayo de 1945 quedó grabado en nuestra memoria de modo bien
distinto: la victoria y la alegría en Francia; Sétif y el luto en Argelia. Cuarenta y cinco mil argelinos
muertos porque osaron reclamar la libertad. Y sin embargo, muchos de ellos acababan de dar la vida,
junto a los franceses, para que Francia recuperara la suya... Desde aquella fecha las mujeres del este
de Argelia cambiaron la blanca almalafa por otra de color negro: el negro de una tragedia que
hostigará la mirada de los rumíes; que se mantendrá alerta para que la clemencia del tiempo no les
conceda fácilmente el olvido de su infamia.
Decían que estaban ocurriendo cosas en el norte. Nosotros vivíamos fuera del tiempo. Teníamos
noticias, de tarde en tarde, por las caravanas que venían del Tell y que encontrábamos durante
nuestros desplazamientos. Por ejemplo, no nos enteramos de los sucesos de Sétif hasta que
transcurrieron unos meses.
Con las represalias militares y las expropiaciones, la hambruna había alcanzado su apogeo en el
norte y en todas partes. No me sentía segura en ningún sitio. La mayor de las epidemias se había
abatido sobre los nómadas. Una epidemia paralizante. La que, devorando la libertad, mengua el
horizonte hasta convertirlo en paredes cerradas sobre sí mismas, como las de una tumba. La que tiñe
todo de negro ante los ojos y en la cabeza: la inmovilidad sedentaria.
Mi hijo menor, Jalil, había cumplido siete años y había que llevarlo a la escuela, conforme a la
voluntad de su padre. Yo no quería volverme a separar de mis hijos. Quería tener cerca a los que me
quedaban. Me daba muchísimo miedo perderlos. Decidimos instalarnos en El-Bayad con mi hijo
Tayeb. La vida nómada había concluido. Tenía la impresión de enterrar así lo mejor de mí misma. La
condición sedentaria tiene ese aspecto inmutable de parálisis definitiva que me desespera. Es una
porción de muerte que, como un parásito, viene a vivir a expensas de la vida. Adiós a aquellas largas
jornadas en las que, con el cuerpo extenuado y la cabeza vacía, llegábamos a paso de autómata hasta
el límite de nosotros mismos. Al final de nuestros pesares surgían un oasis y la arena de sus dunas, un
regalo para el cuerpo baldado por el cansancio. A veces, hasta un hilillo de agua al que se lanzaban
los niños con alegría. ¡Qué gusto! Una mañana plegábamos nuestras jaimas y, otra vez, en marcha.
Como si la vida solamente valiera por el peso de sus pasos. Como si fuera indispensable extenuar el
cuerpo para agrandar el espejismo de la llegada. Como si la luz necesitara nuestras pisadas. Esa luz
tan intensa que era, para nosotros, la esencia de todas las miradas. Las miradas de todas esas
generaciones de nómadas que, desde hace siglos, caminan y pasan por el desierto sin dejar huella.
Sólo sus miradas permanecen vivas por siempre en la luz. Por eso es tan ardiente. Por eso los que
aún caminan tienen la extraña sensación de que una Presencia vela por ellos, mitiga el peso de su
soledad y, cuando sus cuerpos flaquean, tensa un poco más el arco de sus voluntades, entonces se
yerguen y los pies que habían tropezado recuperan el paso. ¡Cómo explicarlo! En ese último
esfuerzo, los nómadas se sienten poseídos por una suerte de embriaguez; tienen la impresión de
alcanzar una especie de ingravidez, de no ser más que un rayo en el firmamento.
Mi marido, mi hija pequeña, mi padre y muchos de los míos habían desaparecido. Ya nada era
igual a mis ojos. Además, el grupo entero se estaba desintegrando. Algunas familias se instalaron en
LabiodSid Cheikh. Otros, como nosotros, en El-Bayad. Por fin descubrimos a losrumíes y sus
«tomóviles» que no me impresionaron.
Tayeb encontró trabajo de jardinero en la vivienda de unos colonos. ¡Mi hijo jardinero! Pero
ellos eran amables con nosotros. Cuando intentamos matricular a Jalil en la escuela, nos
respondieron que era «demasiado tarde». ¿Demasiado tarde para un niño que tiene toda la vida por
delante? ¿Qué significaban esas palabras? Las gentes sedentarias se aburren tanto, que hasta
fraccionan los días del mismo modo que yo desgrano las cuentas de mi rosario para rezar. Y si uno
no se ajusta a su tiempo cautivo dicen: «¡Es demasiado tarde!».
Madame Pérez, la mujer del colono, hablaba árabe. Fui a verla para pedirle ayuda. ¿Tendría
ella, que poseía tantas cosas, la clave de la vida sedentaria? Mis consideraciones sobre el tiempo de
los habitantes de las ciudades la hicieron reír. Ella me prometió: «Tranquila, Zohra, haré que
admitan a tu hijo en la escuela».
Habló con el director y Jalil fue admitido. Había muy pocos argelinos en la escuela. Yo no me
sentía orgullosa de que mi pequeño fuese uno de ellos. Descubría que había dos leyes: una,
esclavista, destinada a mantener bajo su tutela a los Tayeb y a las Fatna, y otra, a la medida de la
arrogancia y los deseos de los que mandaban. Para agradecer a madame Pérez su amabilidad, le hice
un cuscús. Afirmó que era el mejor que había comido en toda su vida. Desde entonces, a menudo me
pedía que se lo hiciera. Como me aburría y no tenía nada mejor que hacer, cada vez que le apetecía
yo se lo preparaba. La vida en una casa, aunque la puerta estuviera abierta, se me hacía durísima. La
presencia de las paredes era suficiente para agobiarme. En una jaima, con sólo levantar una tela una
tropieza con caras amigas. Por lo demás, no nos hacía falta abrir la jaima a los insectos para
parlotear y reírnos de una tienda a otra.
En El-Bayad conocí por vez primera la soledad. Entonces empezó a entristecerme la nostalgia.
Aun así intentaba ser razonable. Pero, por más que me decía que la nostalgia era de la misma pasta
que el tiempo inmóvil de los sedentarios, que no era más que una rabieta, una obsesión, un trozo de
vida robado, perdido..., no había nada que hacer: la oscuridad, germen del tiempo que se dilataba
como una interminable queja muda, estaba dentro de mí. Malévolamente, mordía mis palabras,
alterando mis cuentos y mis relatos. Aquel tiempo inmóvil de los sedentarios se instaló en todos
nosotros como una enfermedad incurable.
Jadiya, mi vecina, una mujer desbordante de generosidad, me encontró aquel día ensimismada
en mis sombríos pensamientos.
—Zohra, ven conmigo. Caminemos hasta M’rabet Sidi Lakhdar. Vamos a apagar nuestro
tormento. A la vuelta te haré un buen bercuqes. Os invito a cenar, a ti y a tus hijos, ¿te apetece?
Acepté. La ternura de aquella mujer era un bálsamo. Su alegría me distraía. Me disponía a salir
hacia su casa cuando llegó la madame.
—Zohra, necesito un cuscús para doce personas.
—Muy bien, ¿para cuándo?
—Para esta noche.
—Esta noche no puedo. Voy a casa de mi vecina que me ha invitado a cenar.
—¿Cómo que no puedes? ¿Te niegas?
—Si me hubieras avisado antes... Mañana, si quieres.
Se puso roja y se encolerizó.
—Ahora mismo vas a venir conmigo.
—Yo no soy ni tu criada ni tu esclava, madame Pérez. Te hacía cuscús porque me apetecía y
porque, además, me lo pedías con buenos modales. Hoy no me encuentro muy bien. Voy a dar un
paseo.
—¡Eres una holgazana!
—¡Madame Pérez, yo no trabajo en tu casa! ¿Por qué me tratas así?
—Nómada o no, no eres más que una sucia muqer. ¡Deberías mostrar más gratitud! ¿Acaso te
crees mejor que las otras?
—¡Sal de aquí ahora mismo!
Y salió, con la boca torcida por la rabia y con espuma en la comisura de los labios. Aquella
misma noche, los Pérez despidieron a mi hijo Tayeb. Llevaba con ellos casi un año. Creían que
podían despojarnos del orgullo y de la dignidad a cambio de un salario de miseria.
Con la fragmentación y la dispersión del clan había desaparecido también la solidaridad
familiar. Tayeb intentó encontrar otro trabajo. Estábamos dispuestos a dejar El-Bayad, si fuera
necesario. Un día, mi hijo oyó decir que estaban contratando a gente en las minas de carbón de
Kenadsa, un pueblecito situado a unos ochocientos kilómetros de Orán. La última estación del
ferrocarril que iba de Orán a Colomb-Béchar, en pleno desierto. Conocíamos la existencia de aquel
lugar porque Bellal y Meryeme, los hijos de mi difunta hermana, se habían instalado allí años atrás.
Tayeb salió para explorar el terreno. Era durante las vacaciones de verano de Jalil. Si teníamos que
mudarnos, tendría que ser en verano para no retrasar su vuelta a la escuela ni tener que
entendérnoslas otra vez con el tiempo.
La idea de que mi hijo trabajara bajo tierra, se me hacía insoportable. Yo le repetía: «Tayeb, no
te vayas a la oscuridad de la mina. Prométemelo». Me lo prometía. Tengo que decir que yo no lo
obligaba, veía claramente que a él también le daba pánico. ¡Mi pobre Tayeb! ¿Qué otra cosa sabía
hacer que no fuera caminar por el desierto? Y desde luego, era un caminante infatigable. Pero las
caminatas no se vendían, así que tuvo que trabajar de vigilante y de jardinero. Le pagaban más que en
casa de madame Pérez. Unos días más tarde vino a buscarnos a Jalil, a Fatna y a mí.
Era agosto de 1946.
Matriculamos a Jalil en la escuela. Me sentía feliz de volver a ver a mis sobrinos, Meryeme y
Bellal. Tras la muerte de mi hermana había concentrado en ambos todo el afecto que sentía por ella.
Me sentía muy orgullosa de Meryeme, que tenía unos hijos tan guapos y de Bellal, que era un hombre
instruido.
Un año después le dije a Bellal que me escribiera una carta para mi hijo Nazer, que vivía en
Uchda. Se había casado con su prima Zina, la segunda hija de Mohamed Buhalufa. Tayeb también
estaba en edad casadera y yo me sentía envejecida. La perspectiva de verme un día rodeada de nietos
me devolvía la fuerza y la esperanza. Así que le dije a Nazer que escogiera entre sus primas una
mujer para su hermano.
Los nombres y los motes son un auténtico embrollo en nuestra tribu. Yellul, con la sorna que le
caracterizaba, inscribió a sus hijos en el registro con el apellido de Buhalufa. Pero los problemas
que aquel término acarrearía no surgieron hasta que sus dos hijos, Mohamed y Hamza, fueron padres
a su vez. Hamza se negaba a endilgar a sus hijos un apellido tan afrentoso, que sólo había aguantado
por amor a su padre. Pero su padre había muerto y Hamza prefería librar de él a sus descendientes.
Como no tenía sentido recuperar el apellido familiar que su padre había rechazado, sus hijos se
llamaban simplemente Bent o Ben Hamza, es decir, «hija» o «hijo de» Hamza.
En cambio, su primogénito, que tenía el mismo carácter que su tío Abdelkader el Colérico,
consideró un honor mantener para sus hijos el apellido Buhalufa. Por despecho hacia su hermano,
Mohamed llevó su celo aún más lejos, obligando a su familia a que, en adelante, sólo le llamaran
Buhalufa. Y se hacía el sordo con aquellos que, por descuido, se atrevían todavía a pronunciar el
nombre Mohamed que acabó cayendo en el olvido. Para todos era Buhalufa Segundo.
Algunas décadas más tarde, aquel exaltado Buhalufa no perdía la ocasión de reprender a los
suyos por este asunto. A veces se apoderaba de él una cólera tal que aterrorizaba a toda la granja, a
su gente y a los animales. Normalmente era él quien se marchaba de allí, a toda prisa, para no acabar
arrojándose sobre su plácido hermano. Ambos pasaban mucho tiempo sin hablarse y, para tratar los
asuntos de la granja, se servían de intermediarios. Pero sus disputas no dividían lo más mínimo a la
familia. Al contrario, cada uno iba a lo suyo.
Sin embargo, aquel cambio de apellidos les acarrearía, entre otros inconvenientes, enormes
problemas de sucesión.
En virtud del juramento hecho a su tío Ahmed el Sabio, Hamza concedió la mano de su hija
mayor a un sobrino al que todavía no conocía. Así, durante el verano de 1948, mi hijo Tayeb contrajo
matrimonio con Yamina, hija de Hamza y nieta de Buhalufa, que aún no había cumplido quince años.
Como era de suponer, nadie preguntó a Yamina su opinión. La muchacha tuvo que cambiar una
vida y un clima relativamente clementes por una existencia mísera, bajo un cielo infernal. Sólo tuvo
la menguada dote de unos cuantos vestidos y unas pocas joyas. «Si mi madre viviera, jamás habría
consentido este matrimonio. Me habría buscado marido en el seno de alguna familia acomodada de
Uchda».
Pero Yamina no tenía a su madre junto a ella. Ni siquiera había llegado a conocerla. Repudiada
poco después del nacimiento de su hija, la pobre mujer se dejó morir de desesperación. Y la
infortunada Yamina no cayó en gracia a los ojos de Zohra. Para ésta, Yamina tenía todos los defectos
de las habitantes de las ciudades. Carecía de vigor. Y, sobre todo, ¡no sabía trabajar la lana! ¿Cómo
era posible que una mujer de su edad no conociera a la perfección el oficio de tejer? ¡Con quince
años!... ¡Casi una solterona! A mí, con ocho, ya me había acogido la familia de mi marido para que
me fuera acostumbrando y amoldando.
En cambio, Zohra, siempre sintió cariño por Saadia, la hija mayor del segundo Buhalufa. ¡Qué
historia tan triste! Algunas malas lenguas decían que la maldición que había pesado sobre Buhalufa
volvía a golpear a sus descendientes, como una enfermedad que, al atacar las raíces de un árbol,
acaba por hacerle perder las hojas. Zohra temblaba al pensar que Saadia significaba, empero, «la
dichosa».
Capítulo II
Saadia, la hija del segundo Buhalufa, tampoco conoció a su madre. Muchas mujeres morían
durante el parto, pagando con sus vidas lo que daban. Su desaparición dejaba a sus maridos tan
indefensos frente a las tareas domésticas que éstos se apresuraban a enterrar su viudez volviéndose a
casar enseguida. Buhalufa hijo tuvo otros dos hijos con su segunda esposa Aicha: Zina y Alí.
Todos opinaban que Saadia era una niña espléndida, aunque muy melancólica. «El amor de una
madre es la luz del destino que el niño recibe con su leche. Su falta es lo que devora la mirada de la
pobre Saadia. Es lo que le da esa sombría avidez. Un hambre que nunca llegará a saciar», suspiraban
sus parientes.
Otra desgracia afligía a Saadia. La hostilidad de su madrastra Aicha. Nadie de su entorno
comprendía por qué Aicha, una mujer magnánima, por lo demás, odiaba a la niña hasta el punto de
relegarla al rango de esclava en su propia familia.
¡Tuve hasta que robar para calmar el hambre, habiendo tantas riquezas en la granja!, diría
Saadia más adelante. Menos mal que estaba allí Messauda, la mujer de su tío Hamza, que siempre le
guardaba un poco de comida y de ternura. Aunque Aicha y Messauda se reían con ganas de las
eternas disputas de sus esposos acerca del patronímico familiar, Saadia siempre fue el principal tema
de desavenencia entre ambas.
«Aicha, ¿por qué martirizas a la niña? ¡Si sigues haciéndolo, me obligarás a enemistarme para
siempre contigo!».
Aquellos enfados no conducían, por desgracia, más que a represalias contra la chiquilla.
Messauda acabó por darse cuenta y dejó de hacerle reproches.
Por temor a Aicha, Saadia nunca se atrevió a desvelar sus tribulaciones a su padre, quien, a su
vez, desconocía por completo las relaciones que de verdad imperaban en su hogar. En él reinaba el
orden y era tarea de las mujeres hacerlo respetar. ¿Acaso no se acomoda el orden con el aprendizaje
de la sumisión por parte de las niñas y el del machismo y la dominación por la de los muchachos?
Cuando los hombres se veían obligados a inmiscuirse era porque había habido una riña. Porque
algún peligro podía amenazar su honor y su tranquilidad.
«¡Maldita criatura! A tu madre la devoraste con tu primer grito», le echaba en cara Aicha
muchas veces. Esta acusación precipitaba a Saadia hacia el vecino cementerio. Allí, ante la tumba de
su madre, lloraba desesperada, implorando su perdón. A medida que crecía, se volvía más taciturna.
Huía de la casa y se pasaba días deambulando por el campo, lejos de la granja familiar, lejos de las
acusaciones de Aicha. A veces tomaba el sendero que serpenteaba, como ella, por el campo. Saadia
llegaba hasta el comienzo de la bóveda de espesa sombra que trenzaba el ramaje de los algarrobos
de sus orillas. Se sentaba en el lugar donde se acababan los árboles. Ante ella, el sendero que salía
de su frondoso escondite se cubría de una malla de insectos que brillaba con un sinfín de destellos
rojizos y pardos trazando volutas sobre la silueta de las colinas y discurría con las cabriolas del
viento por la frescura azulada de las cañadas.
Para Saadia, aquella senda, vinculada al trayecto de sus sueños, era una invitación a la holganza
y a la libertad. Al mirarla, el horizonte se poblaba de imágenes. Una tribu desplegaba el desierto
bajo sus pasos. Las albardas de los camellos iban cargadas de jaimas recogidas y de objetos
misteriosos. Hombres, mujeres, niños y animales avanzaban con un mismo movimiento, amplio y
lento, envueltos en un halo de polvo y luz. De pronto, Saadia se sentía ligera. En su cabeza
tintineaban cascabeles de risas. La arena le hacía cosquillas en los pies, le daban ganas de echar a
correr. Se precipitaba delante de la caravana y se volvía de vez en cuando para admirarla. Pero,
enseguida, la picadura de un insecto o un ruido en el campo colindante acababa por interrumpir sus
ensoñaciones. La mirada de Saadia recuperaba su expresión dolorosa al contacto con la realidad.
Allá abajo, el horizonte se borraba tras los grandes eucaliptos. Pero, más allá de aquellos árboles de
flores carmíneas, se hallaba Argelia, el desierto, una tribu: la familia de su abuelo Buhalufa, el
hombre del cerdo. Saadia sólo conocía el mundo nómada por las historias que contaban. La de
Buhalufa no sólo la fascinaba, sino que, además, la sosegaba. No sabía por qué. ¿Era porque
Buhalufa hablaba de la emoción que causaba esa mirada en la luz? A veces, Saadia tenía la
impresión de que aquella mirada atravesaba el desierto para posarse en ella, porque la reconocía...
Más adelante, cuando se hiciera adulta, iría tras ella para que la llevara hacia las tierras desnudas,
hacia los hombres que caminan en silencio.
Una mañana, Aicha se levantó de un humor de perros. Una vez más, Saadia le serviría de
remedio para desahogar su acritud. Petrificada en su lecho, miraba fijamente a la mujer que
vociferaba: «¡Deja de mirarme así! ¿A qué esperas para ir por agua?». Saadia salió de la casa con un
enorme cántaro en la cabeza y se dirigió hacia el pozo, inquieta y todavía soñolienta. En el patio
tropezó y el recipiente se le fue de las manos y se rompió. ¡Aquel hermoso cántaro al que Aicha tenía
tanto apego! Una oleada de alegría vengativa, pronto desplazada por el temor al castigo, recorrió a la
niña. Lanzó una fugaz mirada hacia la puerta del patio, abierta de par en par. Saadia la alcanzó de un
salto, la traspasó y escapó. Pero aquel amanecer, aún inmóvil, auguraba un día funesto. Por huir del
odio, Saadia sufriría la violencia y la abyección. Muchos años después, seguiría sintiendo una
mezcla de amargura y de cólera al evocar la tragedia de aquel día:
Me había detenido a la sombra de un bosquecillo, a orillas del Sidi Yahia. Me encantaba aquel
lugar, en el que me sentía resguardada. De camino había cogido fruta por el campo. Sentada en
aquella quietud, con el río cantando a mis pies, saboreaba mi botín, cuando de pronto vi aparecer a
un hombre. Debía de tener la edad de mi padre. Se detuvo a unos veinte metros y empezó a
escudriñarme con la mirada. Sin una sonrisa, sin una palabra. Había algo siniestro en él. Me levanté
para escapar, pero mis piernas se negaron a obedecerme. El terror me paralizaba. Cuando el hombre
empezó a acercárseme, encontré fuerzas para retroceder unos pasos. Pero él rasgó el aire a una
velocidad sorprendente para un cuerpo tan pesado. Unas manos velludas me sujetaron y me arrojaron
al suelo. Yo empecé a forcejear. Grité en vano. Estaba demasiado lejos de todo. Me violó. Mayor
que el dolor que me desgarró las entrañas fue el sentimiento de rebelión y de vergüenza, que se me
hizo insoportable. La rabia me hacía desear la muerte. Allí, en ese mismo instante.
Una vez concluida su fechoría, el hombre recompuso lentamente sus ropas. Yo permanecía
tirada en el suelo, observando con estupor la sangre que manchaba mi vestido. El hombre no dejaba
de mirarme. Entonces intenté levantarme. «¡No te muevas!», me advirtió jadeando. Su voz tenía algo
de gruñido animal. Un extraño resplandor helaba sus ojos. Nunca he podido olvidar aquella mirada.
Parecía poseída por una especie de locura asesina. De golpe me di cuenta de que se disponía a
matarme. Y también comprendí que sería inútil suplicarle piedad. El terror y una brizna de instinto de
conservación propulsaron mi cuerpo. Eché a correr, trastornada. Pasado el primer instante de
sorpresa, el hombre se lanzó tras mis pasos. Oía a mis espaldas su aliento ronco, entrecortado. Corrí.
Durante mucho tiempo, mucho. Los arbustos, erizados de espinas, que aparecieron al acabarse el
bosque, me hacían arañazos. Las piedras herían mis pies desnudos. En un momento de mi carrera
desenfrenada tropecé con una mata y me caí. Un dolor fulgurante me traspasó el tobillo. Estaba tan
segura de que el hombre me atraparía que, desesperada, rompí en sollozos. Me sorprendió que nadie
me agarrara. Guardé silencio y presté atención. Nada. Mis ojos escudriñaron los alrededores. Nada.
¡Un milagro! ¡Había dejado de perseguirme! ¿Desde cuándo?
Mi corazón desbocado me lanzaba un torrente de sangre a la cabeza y a los oídos. El fuego del
verano me abrasaba la garganta y la nariz. Me pegaba la lengua al paladar. Me ahogaba. Cuando mi
corazón se calmó, me incorporé. Eché a andar sin rumbo, cojeando y retorciéndome de dolor. No
sabía dónde estaba ni adonde me dirigía. Sólo quería seguir huyendo. Huir de la angustia y del terror.
De la violencia y del dolor. Huir también del acoso de las pesadillas. Todas las noches soñaba con
la muerte de mi madre. Me despertaban los estertores de su agonía. Y, cada vez, mi madre tenía un
rostro diferente. Un rostro inaprensible que acrecentaba mis obsesiones. Sí. Tenía que huir de todo
aquello, huir de mí misma para irme lejos. Hacia la nada. Caminé durante mucho tiempo, mucho. Con
la mente en blanco por el estupor.
Al caer la noche, extenuada, llegué a la orilla de un arroyo. Mi tobillo abultaba el triple. El
hambre me atenazaba las entrañas. Sentía como si tuviera arena en la garganta. Arena ardiente. Bebí
sin parar durante un buen rato. Luego, me dejé caer vestida al agua. Su frescura me devolvió la
fuerza. Me lavé el vestido. Después me acerqué a la orilla. Notaba que la realidad iba cobrando
forma en mí lentamente. ¡Las consecuencias de lo que me había sucedido eran terribles! ¿Cómo me
iba a atrever a regresar a casa después de aquello? Me matarían sin pensárselo dos veces. ¿Adónde
dirigirme entonces?
Estaba dando vueltas a tan sombríos pensamientos cuando un ligero ruido me sobresaltó. Al
levantar la cabeza vi acercarse a un hombre escoltado por dos muías. Durante unos segundos pensé,
de nuevo, en escapar. Me puse en pie. Pero, extenuada y con el tobillo clavado al suelo por el dolor,
lo único que pude hacer fue quedarme inmóvil ante la mirada estupefacta de aquel hombre, que se
detuvo y me escrutó durante unos segundos. Luego, dominando su sorpresa, me dijo:
—¿De dónde sales, pequeña? Estamos a mil leguas de la civilización...
Enjuto, con las corvas torneadas bajo un sarual amarrado con desaliño, tenía ojos color de
miel, sombreados por oscuras pestañas. Nunca olvidaré aquellos ojos. Desde muy joven era capaz de
interpretar las miradas. A veces dicen lo que la mente trata de ocultar y lo que la boca silencia. Los
ojos de aquel hombre carecían del menor asomo de hostilidad. Sólo reflejaban cosas buenas.
—¿Estás enferma?
Levanté el pie derecho y se lo enseñé. Se arrodilló frente a mí, lo tomó entre sus manos y lo
examinó.
—¡Ay! ¡Ay! ¡Ay! Espero que no te hayas roto nada. ¿Dónde te has caído? Pero, ¿de dónde
vienes? Tus padres deben de estar preocupados.
Traté de hablar, pero mi boca no lograba emitir sonido alguno. El hombre se percató de mi
aflicción. Con una mano reconfortante me acarició la cabeza.
—Cálmate, pequeña. Cálmate. Primero te voy a curar el tobillo y vas a comer. Luego, ya se
verá.
Fue a descargar las muías y las ató a un árbol. Con la ayuda de un cuchillo cortó una rama de la
palmera más cercana; arrancó las hojas del tallo; cortó tres varetas y se dirigió hacia sus bultos. De
un saco de tela extrajo un turbante y me vendó el tobillo, usando las varetas para entablillarlo.
—Esto te tiene que sujetar el pie sin apretarte demasiado.
Como yo no le respondía, me dijo riéndose:
—¿También te has tragado la lengua? ¿Espero que no seas muda?
Dije que no con la cabeza.
—¡El hamdou lillah! Entonces, ¿qué te pasa?
Al no obtener respuesta, añadió:
—Soy argelino, me dedico al comercio entre Uchda y las ciudades del otro lado de la frontera.
Siguió hablando. Me contó sus idas y venidas entre ambos países. Su voz me llenaba de calma,
aflojaba la tensión de mi cuerpo. El nudo que me oprimía la garganta se iba soltando. Bruscamente,
rompí en sollozos. Fue una verdadera liberación. Lloraba con rabia y con placer. ¡Qué sensación tan
curiosa! El hombre me miraba desamparado. Luego, en un impulso irresistible, me tomó en brazos y
empezó a mecerme apaciblemente, como se mece a un niño de pecho. Nunca había llorado
acurrucada contra alguien. Experimenté un sentimiento de bienestar mezclado con dolor. Ambos
intensos. Luego, cuando me hube calmado, sentí vergüenza y desprendiéndome de sus brazos me
enjugué las lágrimas.
El hombre se levantó y fue hacia su cargamento para ocultar turbación. Volvió con pan, khlii,
uvas y un melón. El hambre se me abrió al ver la comida. Comí con ganas. Eso es lo extraordinario
en los niños: cuando el hambre les apremia, sus penas, por intensas que sean, desaparecen de
inmediato ante la visión de los alimentos. El horror de aquel día no me había alterado el apetito. El
hombre sonreía observando cómo devoraba el pan y el khlii. Luego, él también se puso a comer.
—Dime qué te han hecho, pequeña.
Sentí que un calor febril me subía a la cara y se extendía por todo el cuerpo hasta llegar a la
punta de los dedos. Con los ojos clavados en el suelo, le conté mi desventura.
Al relatar lo que le había sucedido aquel día, Saadia se puso a llorar. No con esos sollozos
entrecortados que momentos antes habían desconcertado a aquel hombre, no. Lloraba vertiendo
lágrimas silenciosas, que resbalaban por sus mejillas de púrpura y que hacían temblar ligeramente su
voz infantil.
—¡Ya, Allah, ya Rabbi! ¡Qué miserable, qué repugnante, qué monstruo!
Y mientras pronunciaba aquellas palabras, el hombre se golpeaba la palma izquierda con el
puño derecho como si castigara al infame individuo.
—¿Sabes una cosa? ¡Lo encontraremos! ¡Pagará lo que ha hecho, te lo prometo!
Ante ella el crepúsculo empezó a teñirse de rojo en la cima de las colinas. A su espalda, la
noche guateada ascendía lentamente desde la tierra. La urdimbre del silencio se hacía más espesa.
Hasta las cigarras callaron.
Cuando acabó de contar su historia, Saadia se hundió en el sueño. El hombre la miraba. Con los
ojos cerrados, el rostro aún bañado en lágrimas y el cuerpecillo apoyado en una piedra, poseía una
belleza trágica y conmovedora. Un sentimiento extraño lo turbó. Le hubiera gustado volver a cogerla
en brazos, mecerla un poco más, pero se cuidó bien de no hacerlo por miedo a despertar su pena.
«Una hermosa niña, marcada ya de por vida», pensó. Fue a buscar su albornoz. Lo extendió en la
arena. Dobló su chilaba a guisa de almohada. Lo cubrió todo con una sábana. Cogió a Saadia
dormida, con cuidado, y la acostó en la improvisada cama .
Seguidamente hizo sus abluciones y oró. Se trataba de la Aacha, séptima y última oración del
día. Oró durante un buen rato. A pesar de todas las desgracias que habían jalonado su vida, había
sabido conservar la fe. De niño, una epidemia de cólera le arrebató a sus padres. Hacía algo más de
dos años que se había casado con una joven alegre y dulce, apenas mayor que Saadia. Su primer
embarazo se los llevó, a ella y a su hijo, cuando aún lo llevaba en el vientre. En sus oraciones, nunca
se olvidaba de pedir paz para su alma. Pero, aquella noche, las oraciones eran por Saadia.
Al día siguiente, Saadia se despertó al amanecer. Abrió los ojos y admiró, por primera vez, la
belleza del paisaje. El alba esmaltaba el cielo y producía reflejos tornasolados en el arroyo. Saadia
se puso a escuchar su murmullo risueño. Se levantó y fue a lavarse en sus aguas. Luego se puso a
cavilar, sentada en una piedra, con la mirada perdida en el correteo del agua entre las rocas. El
hombre aún dormía.
—¿Has dormido bien?
Saadia volvió la cabeza, con el ánimo atribulado por su historia. El hombre se había
incorporado en su lecho.
—Por cierto, ¿cómo te llamas?
—Saadia.
—Yo me llamo Mahfud.
Tras su oración, Mahfud recogió leña y encendió una hoguera. Sacó de entre sus cosas una
pequeña tetera, la llenó de agua y la puso en el fuego. Saadia seguía absorta en sus pensamientos.
Cuando la tetera empezó a silbar, Mahfud preparó el té. Sacó un tarro de miel y pan. Comieron y
bebieron en silencio. Saadia masticaba lentamente, mientras su mente trabajaba con viveza.
—Me estarán buscando todavía.
El hombre asintió y esperó una continuación que no llegó. Saadia siguió hablando para sí
misma.
Corría peligro de muerte, si pedía a Mahfud que la devolviera a la granja, o, por lo menos, de
recibir la paliza de su vida, y la humillación y el desprecio para el resto de sus días. Esta vez, con el
beneplácito de todos. ¡Una muchacha no pasa un día y una noche fuera de casa! Aicha llamaría
inmediatamente a una matrona del vecindario para que comprobara si seguía siendo virgen. Saadia
dirigió una mirada al hombre. La noche pasada había llorado en sus brazos, como en los de un padre.
Con la mente más clara y perspicaz, aquella mañana se dio cuenta de que Mahfud era joven. Apenas
tendría veinticinco años. Si la llevaba a su casa, su padre Mohamed, el más Buhalufa de la estirpe, la
mataría en uno de sus temibles accesos de cólera. ¿Cómo la podría perdonar? ¿Cómo iba a disculpar
a un hombre cuya sola presencia a su lado ya era un crimen? En un caso así, el clan familiar se
constituía en tribunal. Mahfud también estaba en peligro.
La virginidad de las muchachas, la noche de bodas, era un precepto categórico de la tradición.
Las que lo infringían se condenaban al repudio inmediato y, con frecuencia, a morir a manos del
macho más bragado de la familia. Las mujeres se encargaban de difundir un sinnúmero de tragedias
de ese estilo para aterrorizar a las niñas. ¡Ay de las que se saltaran el precepto!
Saadia rumiaba todo aquello mientras bebía el té caliente a pequeños sorbos. De pronto, se
puso a hablar, a pensar en voz alta, sin mirar a Mahfud. Éste, perplejo, empezaba a tomar conciencia
de la complejidad de la situación y sopesaba todas las consecuencias de aquel encuentro. ¿Tendría
que haberla acompañado enseguida a su casa? De haberlo hecho, no cabe duda de que la suerte de
ambos, común a partir de entonces, no hubiera cambiado lo más mínimo.
—¿Quieres volver a tu casa a pesar de todo?, preguntó estoicamente.
—No, me matarían. Diga lo que diga, haga lo que haga, toda la culpa será mía.
El terror afloró de nuevo a sus ojos. Mahfud conocía muy bien aquellas rudas mentalidades y
sus leyes de hierro. Su estupidez y su arrogancia, elevadas al rango de dignidad. Había tomado ya la
decisión. No abandonaría a la niña.
—Vámonos, rápido.
Cargó sus cosas en una de las muías. A lomos de la otra abandonaron aquel lugar a buen paso.
De camino, evitaron todas las poblaciones y atravesaron la frontera argelina. Al cabo de unos días
llegaron al pueblo. Un pueblo entre Orán y Tremecén.
Algunos habitantes los miraron con curiosidad al llegar. Pronto se desataron los rumores hasta
hacerse inquisitivos. Con la disculpa de comprar un turbante, un futao un pedazo de tela, los
habitantes del aduar salían a su encuentro, unos tras otros, en actitud de tenso reproche. Mahfud les
contaba que Saadia era su prima. Que iba a casarse con ella. La gente hacía muecas de
desaprobación a los más crédulos. Mahfud no era de su aduar. Ni siquiera de las comarcas vecinas.
Llegó una tarde, solo y taciturno, hacía cosa de dos años. Les dijo que no tenía familia. ¡Como si eso
fuera posible! Pero hasta entonces se había mostrado tranquilo y valeroso, por eso lo habían
aceptado.
Por la noche, tras una cena frugal, Mahfud habló a Saadia de sus proyectos: tenía que entregar
unas mercancías en un pueblo cercano. Se iría al día siguiente. Por un día, dos como mucho. Había un
pozo en el patio. Y en la casa, comida para varios días. Saadia prometió no salir ni abrir a nadie en
su ausencia. Cuando volviera, tendrían que casarse, si querían que les dejaran en paz. Ante la
inquietud de la mirada de Saadia, Mahfud sonrió: «Tranquilízate, haremos una falsa boda, sólo para
protegernos del peligro». Y si, con el tiempo, Saadia llegara a quererlo de verdad como marido... Ya
verían... Mientras tanto compartirían el trabajo diario.
—¿De acuerdo?, le preguntó tendiéndole la mano abierta.
Cómplices por fin, se dieron la mano. A la mañana siguiente, después del té, la llevó a casa de
una vecina costurera a la que entregó tela para que le hiciera unos cuantos vestidos. «Es para su
ajuar. Nos casamos la semana que viene», repetía Mahfud esforzándose en parecer convincente, lo
cual no fue óbice para que la mujer enjuiciara sin pudor alguno a Saadia mientras le tomaba medidas.
Mahfud prometió que volvería pronto y luego regresaron a casa a toda prisa.
—¡Prométeme otra vez que no abrirás a nadie!
—Te lo prometo. No estoy loca. Puedes irte tranquilo.
—Fi amen Allah. Queda con Dios.
Al día siguiente, Saadia pasó toda la tarde esperándolo. Cuando oía pasos, su mirada se
encendía y se clavaba en la pared como si fuera a traspasarla para ver a través de ella. Su corazón
daba saltos y le golpeaba el pecho. Pero la voz y los pasos se alejaban. La noche acabó por apagar
totalmente el aduar y por cerrar los ojos de Saadia. «Mañana volverá».
La noche siguiente, Saadia se repitió la misma frase, intentando adoptar un tono más firme para
no ceder al miedo que la acechaba agazapado en su interior. «Vendrá mañana». Lo mismo hizo las
dos noches siguientes hasta el alba. Pero fue en vano.
La espera de Saadia se asemejaba a la fiebre y la locura de un pájaro enjaulado. Su mente
quería escapar hacia el cielo abierto de la esperanza, pero se estampaba contra los altos muros del
patio y volvía a caer como una piedra. Saadia esperaba el regreso de Mahfud con una impaciencia,
con una obstinación que se convertía en pesadilla.
El quinto día por la mañana llamaron enérgicamente a la puerta. Saadia corrió a abrir. Por
desgracia era la costurera. En sus manos traía los vestidos que le habían pedido.
—Mahfud tenía que pasar a recogerlos... Como no ha venido... Y además quería asegurarme de
que te quedan bien.
Antes de que Saadia se percatara, la mujer se había adentrado hasta el patio de la casa. Sus ojos
indiscretos escrutaban aquel lugar, cubriendo de oprobio a la muchacha, que se hallaba en el colmo
de la zozobra.
—Mahfud no está, farfulló Saadia. Hace cuatro días que lo espero. No sé lo que le ha ocurrido.
La mujer la asaeteaba a preguntas. ¿De verdad era prima de Mahfud? ¿Cómo era posible que sus
padres la hubieran dejado marchar con un hombre con el que aún no se había casado?
La tortura de aquellos cinco días de soledad atormentada había acabado por minar la prudencia
de Saadia. Por fin cedió a la necesidad de sincerarse a una mujer y sin dejar de llorar, contó toda su
historia a la desconocida.
La costurera no paraba de exclamar: «¡Ya Allah! ¡Ya Alla!», sin una palabra de aliento para
apaciguar a la niña. Luego se marchó precipitadamente.
En la aldea, las lenguas enloquecían. Sólo las habladurías consiguen sacar a las gentes del
sopor de los días de calor ardiente, como si la exacerbación del comadreo tuviera que compensar
necesariamente el letargo de los cuerpos para mantener el flujo vital. Mientras el sol alardea y reina
como un déspota, la gente se espía y se encarcela en arcaísmos elevados al rango de costumbres con
la intención de protegerse de los hábitos del invasor.
Saadia se había dado cuenta de su error. Nunca hubiera debido confiarse a aquella mujer, ni
siquiera dejarla entrar. Pero Mahfud iba a volver y todo se arreglaría. Entrada la noche, Saadia oyó a
unos hombres que palpaban y arañaban la puerta. Sus risotadas restallaban. El pavor mantuvo a
Saadia agazapada en un rincón. A la mañana siguiente llamaron con violencia a la puerta. Se oían
varias voces de hombre.
Saadia no quería responder. Aterrorizada, advertía el traqueteo de la puerta. Estaban intentando
derribarla. Una voz fuerte la conminó a abrir. Saadia, con la voluntad quebrada, cedió al fin. Se
levantó como una sonámbula y alzó el pestillo de la cerradura. Una horda de hombres se la llevó por
delante y se coló en la casa.
Aquellos tipos registraron la casa de cabo a rabo. Saadia no sabía lo que buscaban. De pie a sus
espaldas, separado de los otros y con el porte tan arrogante como el resto de su persona, un hombre
la miraba de arriba abajo con desprecio. Los que le acompañaban, no dejaban de repetir con
reverencia: «Si El caid, si El caid». Saadia había oído hablar de los cadíes todopoderosos... Pero,
en aquel momento, ya no sentía miedo. A punto de desmayarse, observaba a los hombres con la
distancia de su lasitud. Al cabo de un rato, éstos se sentaron directamente en el suelo a parlamentar.
Era un cúmulo de palabras de condena, algunas de las cuales hicieron salir a Saadia del estado de
estupor en que se hallaba. El cuerpo de la muchacha se estremecía conmocionado. «Cahba...hay que
encerrarla en el burdel...». Los hombres no le quitaban la vista de encima. Gordos, canallas o
legañosos, no podían cebarse más en ella. Saadia estaba destrozada. Mahfud no volvería nunca.
¿Qué había ocurrido exactamente? Descubrieron el cuerpo de Mahfud, tendido a la orilla de un
camino, no muy lejos del pueblo adonde se dirigía. Le habían aplastado el cráneo. Nadie encontró
sus muías ni sus efectos. ¿Se trataba de un crimen execrable o de un ajuste de cuentas? La pregunta
quedó sin respuesta.
Las familias encierran a sus hijas celosamente. Las abuelas, las madres, las tías y las primas
establecen el primer muro contra cualquier intento de trasgresión. Los hombres acosan, vigilan y
recelan de semejante vanguardia femenina. Todos: hermanos, primos, tíos y padres, desde el niño
más imberbe al viejo más canoso, permanecen alerta para apartar el pecado y la deshonra. Así pues,
¿qué le correspondía a esta muchacha que, habiendo despreciado la tradición, aparecía como un
ejemplo de rebelión y de lujuria? ¿Qué hacer con una mala mujer que, surgida de la nada con
maneras ingenuas, tenía el descaro de venir a esparcir su suciedad por el pueblo? De ningún modo
iban a dejarla contaminar el aduar.
Como Saadia era una buscona, la encerraron en el burdel. Aún no había cumplido trece años.
De Argelia, aquel país tan soñado, el país de los hombres que caminan cubiertos de luz, «libres
como una mirada», Saadia no conocerá durante largos años otra cosa que los burdeles, cárceles del
placer y sepulcros del deseo. Las mentes permanecían ancladas en ideas retrógradas. La mínima
desviación de la rigidez de las costumbres les parecía una amenaza para la colectividad. Sus
sentencias, expeditivas y crueles, mostraban poco empacho por la falta de equidad. Existía un castigo
para cada acto de insumisión. Una justicia incontestable.
Durante más de diez años, Saadia no tuvo noticia alguna de su familia. Por su parte cuidaba muy
bien de que no se supiera nada de ella. Una carta, un mensajero habrían acarreado una segunda
expedición punitiva. La de los suyos. En Uchda, su escapada era una falta irreparable. ¿Qué castigo
podrían idear si se enteraban de que estaba en semejante lugar? Ni siquiera su muerte podría limpiar
tamaña deshonra. Que la hubieran secuestrado no era una circunstancia atenuante. Se lo había
merecido. El calvario que Saadia tenía que soportar era, pues, irremediable. Estaba condenada a
perpetuidad. Ya formaba parte del mundo de las desterradas. Tan segura estaba de ello que había
logrado borrar de su memoria toda la vida exterior.
Saadia crecía, se transformaba. Su melancolía se tornaba en combatividad y desafío. En
determinación. El dolor y el desprecio habían impregnado su carácter. Pero su cuerpo y su mente
triunfaban sobre aquel lugar y todos los tormentos: se enfrentaban al sufrimiento con armas tales
como el encanto, la insolencia y la socarronería. Y con la firmeza necesaria. Porque en las «casas
cerradas» se exacerbaban los celos, los rencores, las disputas... todo tipo de violencia inherente a la
promiscuidad carcelaria. Muchas mujeres acababan reducidas al temor y la apatía. Saadia había
luchado muchas veces con hombres que habían intentado forzarla. En dos ocasiones había causado
sensación al echar de su habitación a dos patanes y perseguirles hasta la puerta con mordaces burlas.
Poco a poco se había ganado la afabilidad y el respeto de todos.
Físicamente, Saadia se había convertido en una mujer alta y morena de ojos desmesurados, con
un fulgor líquido, avivado por un simpático parpadeo. Tenía un hoyuelo, graciosamente encastrado en
el extremo de la barbilla, que la mínima sonrisa rodeaba de pequeños surcos y, enmarcando su
rostro, dos trenzas negras que se animaban al ritmo de sus movimientos.
Una sólida amistad unía a Saadia con uno de sus clientes, llamado Kaddur. Aquel hombre se
dedicaba al comercio entre Argelia y Marruecos. «Como Mahfud», se repetía a menudo Saadia con
emoción. Mahfud, compañero y cómplice de un breve encuentro. Esperanza truncada antes incluso de
que su esbozo hubiera tenido tiempo de adquirir forma en las expectativas de la niña que entonces
era. Diez años después, Saadia seguía trastornada por aquel recuerdo. Mahfud, el hombre piadoso
que hubiera tenido que ser invulnerable, puesto que su nombre significaba «el protegido por Dios»,
había perecido de forma violenta, abandonándola al desprecio y el castigo de una plebe cruel, de
ideas retrógradas.
Kaddur era una buena persona, de profundas convicciones. Un día, Saadia se dejó llevar y le
contó su historia. Meses más tarde Kaddur le anunció que se dirigía a Uchda. ¡Uchda! ¡Cuántos
recuerdos le traía aquella palabra! Los campos de trigo que se mecían hasta donde alcanzaba la vista.
Los grandes algarrobos, cuyos frutos le gustaba tanto mascar, cuando todavía estaban verdes y
ácidos. Los eucaliptos, cuyas flores los volvían rojizos como el fuego. La senda sobre la que
planeaba, como una cometa, el espejismo de los sueños de una infancia apenas vivida. Dos niñas:
Zina, su hermana y Yamina, su prima. Yamina era una cría regordeta y tranquila, a la que le
encantaba coger en brazos. La estrujaba contra su pecho, que se estremecía con una agridulce
sensación. Como ella, Yamina era huérfana de madre. Eso la hacía más cercana, más querida... De
pronto, Saadia sintió un gran vacío. Las necesidades ocultas, los ecos ahogados resurgían del pasado
y se sintió sola, perdida. Una vez más, demasiado lejos de todo. De nuevo la proa del doloroso
vértigo que la zarandeaba entre la rebeldía y el desprecio, el rechazo y la incomprensión. Saadia
tenía plena confianza en Kaddur. Por eso le pidió que encontrara un ardid para reunirse a solas con
su hermana Zina y darle noticias suyas. Pero que de ningún modo se enteraran los hombres...
Después de escuchar un sinnúmero de observaciones atormentadas, Kaddur se marchó dejando a
Saadia febril, con la cabeza llena de preguntas y temores.
A la entrada de Uchda, Kaddur enseguida reconoció la granja. Sin embargo, siguió su camino
hasta el corazón de la medina. Allí se entrevistó con un picaro que, nada más oír el tintineo de unas
cuantas monedas en el bolsillo de su saroual se dirigió a todo correr a casa de los Buhalufa. Si los
chavales de las ciudades exigían dinero, no era tanto por los mensajes en sí, sino más bien por los
ardides que tenían que inventar y por los riesgos que tenían que correr para hacerlos llegar a sus
destinatarios. La juventud de los mensajeros era una gran ventaja para estos asuntos. Después de
jugar un rato con los hijos de Zina, el chaval se introdujo en su casa y, tras asegurarse de su
identidad, le susurró: «Un señor te espera mañana por la mañana en la tienda de Bualem, el zapatero
del zoco. Tiene noticias de tu hermana Saadia».
Zina, conmocionada, cerró los ojos. ¿Sería un ángel, un melek. ese querubín que acababa de
susurrarle lo que su corazón esperaba desde siempre? El niño tuvo que repetir el mensaje dos veces,
tres veces. El hamdou lillah, El hamdou lillafi, «Dios sea loado». Buhalufa y Hamza la habían
buscado con tanto afán durante meses, muchos meses, antes de resignarse a su pérdida. ¿Había sido
raptada por un comerciante de esclavos? Ni siquiera se atrevían a plantearse otras posibilidades.
Pero aun silenciadas, aquellas eventualidades eran tan espantosas que la habían dado por muerta.
Así, al menos, ella escapaba al sufrimiento y ellos, a la obsesión de atisbar por el horizonte el
espectro de la vergüenza. Y para que Saadia muriera por completo, invitaron a parientes y amigos a
una solemne aacha. Después del tradicional cuscús, unos cincuenta talebs recitaron versos del
Corán. Zina recordará durante toda su vida aquel funeral. Al principio no creyó que su hermana
hubiera muerto. Estaba tan convencida de que Saadia había huido de la crueldad de su madre que esa
aacha la había indignado. El coro de talebs enardecía su cólera. De ese modo, la sociedad quedaba
informada. Ellos no eran responsables de lo que pudiera haber acontecido a Saadia. ¿No lo eran? La
mirada acusadora de Zina se clavaba en la de su madre. No lloraba. Nunca hacía preguntas. Nunca
decía nada a Aicha sobre la ausencia de aquella hermana que la hacía sufrir. Sabía que su silencio
era la peor acusación. Cuando el recuerdo de Saadia se revolvía violentamente en ella, los ojos de
Zina se hacían tan elocuentes que a su madre la sacudía un escalofrío.
—Hija, tus ojos son a veces como el rayo. ¡Queman lo que tocan!
Tampoco Aicha tuvo el alivio de olvidar a Saadia. El remordimiento destiló insidioso su hiel,
enturbiando sus días hasta el último aliento. Antes de morir, ocho años después, hizo la siguiente
confidencia a su hija:
—Un tormento me está consumiendo. He sido cruel con Saadia. Si algún día la vuelves a ver,
dile que la he reconocido. Dile también que he purgado mi condena en la tierra. Háblale de tus ojos,
de los de tu tía Messauda y los demás, acusándome durante todos estos años. Háblale de mi
penitencia diaria. Si pudiera venir a arrodillarse ante mi tumba y otorgarme el perdón de viva voz,
mi alma encontraría sin duda la paz en la vida eterna.
Sólo entonces, los ojos de Zina dieron la absolución a la mirada implorante de su madre:
—La volveré a ver, madre. Estoy segura. Le diré que... Pero, también tengo la certeza de que te
ha perdonado.
Zina pasó el día con el corazón embargado por la emoción, disputando al miedo que le
infundían los hombres de la casa su legítima alegría. A la aprehensión de su descubrimiento, el
estruendo inalterable de un hecho. ¡Saadia está viva! Zina estaba ansiosa porque ya fuera mañana,
por ver a aquel desconocido y enterarse de la verdad. Con el ánimo exaltado, buscó a Messauda, la
mujer de su tío Hamza, y la hizo partícipe del secreto. Era una emoción demasiado fuerte para ella
sola. Y además, Messauda siempre había querido mucho a Saadia. Su feliz complicidad exaltaba a
las dos mujeres. No tardaron mucho en encontrar un ardid. Pero, ¡silencio!... El secreto no debía
llegar a oídos de los hombres.
Por una vez, las dos mujeres iban a ir solas al hamman, sin el habitual cortejo de niños. Lejos
de las miradas, por el camino, se separarían. Messauda se dirigiría directamente al baño. Protegida
por su complicidad, Zina daría un rodeo rápido por el zoco antes de reunirse con ella.
Con la impaciencia dando alas a su velo, Zina, la mujer de Nazer, el primogénito de Zohra, la
cuentista, fue en busca de noticias. Sentada sobre unas alforjas, en la trastienda del zapatero, escuchó
la historia de su hermana como un dardo en su dicha. Con voz apenada y lágrimas en los ojos le dio a
Kaddur un mensaje para Saadia, sin olvidarse de la petición de Aicha en su lecho de muerte. Luego
dejó al mensajero manifestándole su gratitud. La ignominiosa suerte de su hermana se le clavaba en
el corazón como una daga. Esta vez Zina lloró por ella y, apretando el paso, fue a buscar consuelo
junto a Messauda. Las dos mujeres guardaron el secreto durante años.
Saadia tuvo entonces noticias de los suyos. Mientras que ella sobrevivía apartada del transcurso
de los días, la vida había seguido tejiendo existencias normales, rodeando a unas de trabajo y de
niños, sellando otras. Y así Aicha había muerto; su prima, la pequeña Yamina, estaba casada en la
actualidad y era madre y ¡se habían establecido alianzas entre el clan de Uchda y el del desierto
argelino! Yamina y su familia vivían en un pueblo llamado Kenadsa. Kenadsa, ¡vaya nombre! ¿Dónde
estaba ese sitio? «Está en Argelia, en el Sáhara», le hicieron saber los pocos hombres que sabían
encontrar las tierras dibujadas en papel.
¡Yamina en Argelia! Saadia tenía tantas ganas de acercarse a ella... Y sus primos, los Ajalli,
con los que tanto había soñado cuando estaba en Uchda... Los sueños de su infancia le parecían más
inaccesibles que nunca. Pertenecía a un mundo desterrado de todos los clanes, de todas las etnias.
Pero como los Ajalli vivían en el desierto, quizás fuera posible encontrarse con ellos. Decía
Buhalufa Primero que allí los hombres eran tan especiales como el lugar que habitaban. Una tierra
tan desmesurada, por la fuerza tiene que dejar huella. A pesar de todas las dificultades, Saadia se
llenó de esperanza. ¿Y si fuera a visitar a sus primos? No tenía el mismo apellido que ellos. Por lo
tanto no podía importunarles. Saadia pidió que la trasladaran a Béchar. Por lo demás, la idea de
marcharse para siempre de aquel lugar la obsesionaba desde hacía algún tiempo. Asomarse por fin a
la vida. Saadia no tenía la menor idea de cómo iba a proceder. Pero aquel afán se iba fortaleciendo
en ella y no la dejaba descansar.
Una matrona condujo a Saadia hasta Béchar. Un trenecillo, tan negro como el humo que
despedía, la llevó hacia el desierto mordiendo los raíles con tos de tísico. No había imaginado que la
distancia fuera tan grande. Estaba aún más lejos que Marruecos. Los ojos ávidos de Saadia se
embriagaban de paisajes. Hacía más de diez años que no habían visto nada que no fuera el rectángulo
de cielo que dominaba el patio de Dar el kbirra, «la casa grande». El devanar infinito de inmensos
territorios llanos y desnudos; los cielos que los cercaban por todas partes y hacían retroceder los
horizontes por los cuatro puntos cardinales concentrando todas las estaciones, la eternidad en aquel
intenso azul... El desierto era aún más impresionante que en sus sueños infantiles.
Pero aquellos vastos territorios quedaron enganchados a las ventanas del trenecillo asmático.
En Béchar, una vez más, a Saadia sólo le dejaron un pequeño rectángulo de cielo. Sólo había trocado
una celda, cuya temperatura era al menos soportable, por otra idéntica, pero tórrida. La
desesperación se transformaba en furia. Saadia estaba dispuesta a todo con tal de escapar de allí.
Dispuesta a morir: ella o, mejor, los otros, aquellos cretinos que la habían condenado a una vida de
puta para el resto de sus días. Los castraría. Prendería fuego a aquella casa, a la ciudad. Destruiría
todo hasta encontrar una salida o se destruiría a sí misma por completo en el intento.
Saadia se negaba a «trabajar», a alimentarse, a discutir. Órdenes, chantajes, amenazas, ya nada
podía con ella. Por lo que se recordaba, en «la casa» nunca se había visto nada semejante. El pánico
a que cundiera el mal ejemplo hizo temblar a quienes beneficiaba el comercio del sexo. Como todas
las armas resultaban inútiles, los guardianes hicieron correr el bulo de que Saadia se había vuelto
loca para evitar que otras mujeres la imitaran. Y, alegando que los grandes calores del desierto
habían sido los causantes de aquel fatídico efecto, quisieron devolverla al norte. Nada se pudo hacer.
Antes morir que ceder. La muerte era sin duda la menos atractiva de las libertades. Pero, al fin y al
cabo, era una liberación.
Como no sabían qué hacer, fueron a buscar al doctor, un médico del Ejército francés que
examinaba a las «chicas» con regularidad. Era un hombre alto y desabrido. Sus ojos clarísimos le
daban un aspecto de frialdad. Saadia ya lo había visto una vez. Imperturbable, profería
incansablemente las tres mismas órdenes en árabe, «koh, tose», «gul, di treinta y tres», «hal fumec,
abre la boca», con un acento que hacía desternillarse a las chicas.
El hombre se plantó ante Saadia sin hablar, con aire ausente. La cólera de la joven volvió a
estallar. ¿Es que no habían comprendido que no cedería a nada ni a nadie? ¿Por qué habían hecho
venir a aquel extranjero con cara de camello al que el azul del cielo le habría quemado los ojos? No
estaba enferma. ¿Qué podía saber aquel ser glacial de las costumbres árabes? Dio un portazo bajo su
mirada impasible, pero él la siguió. Con estupor descubrió que dominaba perfectamente el árabe. Le
habló con suavidad. Su curioso acento dulcificaba los sonidos guturales. Su voz era sólo un susurro.
Sus ojos perdieron la frialdad, se llenaron de una dulzura atenta, persuasiva. Se disculpó. No había
dormido la noche anterior: el exceso de trabajo, las urgencias, su colega enfermo... Ella permanecía
en silencio. Él continuó su alocución con una voz apenas audible, como si hablara para sí mismo.
Luego se marchó sin haberle arrancado una palabra, pero el doctor Vergne, como se llamaba, volvió
al día siguiente, al otro y todos los días. A la segunda o tercera entrevista, Saadia se sinceró con él y
le relató cómo, una triste mañana se había encontrado en un Dar el kbirra. le explicó que le resultaba
asfixiante, que prefería la muerte a aquella agonía. Vergne la escuchó con una expresión de extrañeza
en la mirada. Ningún hombre después de Mahfud la había mirado ni escuchado de ese modo. Ella
había olvidado que tal cosa pudiera volver a suceder. Hasta entonces, en el mejor de los casos, los
demás no le habían manifestado más que una camaradería condescendiente. La aspereza de su vida la
había llevado a confundir la compasión con el afecto.
Los demás nunca habían despertado en su pecho aquel lento movimiento que le cortaba el
aliento. Físicamente, Saadia era robusta, poseía una fuerza minada por la falta de ternura y de amor.
Ahora lo comprendía y se puso a llorar sin pudor.
Vergne se levantó sin decir nada. Con las manos en la espalda, recorrió la habitación durante un
buen rato. Luego, parándose ante ella dijo:
—Saadia, ten confianza. Te sacaré de aquí, te lo prometo.
Vergne utilizó toda su autoridad, todos sus apoyos para liberar a Saadia de su prisión. El hecho
de que se hubiera vuelto molesta e inquietara a los gerentes de «la casa grande» facilitó su petición.
Así pues, cedieron como excepción. Al cabo de catorce años de encierro, Saadia recuperó la
libertad. Fue en 1953.
Un día radiante. La luz deslumbrante, una fiesta. Una fiesta, aquella tierra inmensa. Una danza
cósmica, el movimiento de las dunas retenido por el cielo. Un sueño, la ambladura de los camellos.
Saadia se sentía ebria. Olvidándose de la prudencia, se alejó de la ciudad. Caminó para
experimentar la libertad en su carne, con cada pisada. Y cuando sus músculos, paralizados por el
esfuerzo, se negaron a obedecer, doloridos, Saadia se dejó caer en la arena y miró extasiada el
horizonte tan lejano. Pero sin duda, aún tendrían que pasar varios meses, varios años quizás, antes de
que sintiera aquella sensación de la que tanto hablaba Yellul Buhalufa. Aquella mirada en la luz.
Aquella mirada que habita en la memoria de los nómadas y que parece que custodia el desierto.
Si Saadia pudo sentirse temerosa al comienzo de su nueva existencia, dos o tres años de vida
responsable le devolvieron la confianza en sí misma. Un día escribió una carta a su padre y le reveló
toda la verdad, pero Zina fue la única que, a escondidas, le respondió. Los hombres no querían oír
hablar de ella. Su vida incalificable no valía semejante tributo. Su resurrección en Uchda les
reduciría a la condición de «deshonrados». Le habían amañado y celebrado una muerte cómoda y
limpia. Lo mejor era que siguiera muerta.
Indignada, Saadia les envió una segunda y última carta: sus hombres, Buhalufa y Hamza,
acababan de morir para ella de la misma muerte. ¡Y ese duelo consumaba su libertad! La virulencia
de su respuesta no le reportó más que un débil consuelo. Se había animado a ir a ver a la lejana
familia de Uchda; se daba cuenta de que la distancia era una garantía de protección y de seguridad.
Pero quería evitar mostrarse a los primos que se hallaban sólo a unos treinta kilómetros. Esa
cercanía que tanto había deseado, la horrorizaba ahora. Y además, no podría soportar que se
volvieran a mofar de ella. No, ¡no volvería a permitirlo!
Fue Zina quien, otra vez, tuvo que abogar por su hermana. Pidió que escribieran a su primo y
cuñado Tayeb para ponerlo al corriente. En cuanto a Yamina, no se acordaba de Saadia. Era
demasiado joven cuando desapareció. Pero Messauda, su madrastra, le había hablado mucho de ella.
Saber que estaba viva y tan cerca la llenaba de emoción. Tayeb estaba exasperado. Que el destino
había sido implacable con la muchacha era evidente... Pero permitir que una mujer con semejante
pasado traspasara el umbral de su casa... Eso nunca. Yamina tendría el pudor y la prudencia de
callar. Si no, corría el riesgo de romper su matrimonio.
Zohra, la mujer de los tatuajes oscuros, permanecía callada y perpleja. No se metía en la
discusión, se negaba a tomar partido, a pronunciarse. Pero la existencia y el destino de aquella mujer
la angustiaba.
Capítulo III
Kenadsa es un pueblo grande del oeste del desierto, a menos de treinta kilómetros de Colomb-
Béchar. Allí, entre dunas y terreros, acababa su viaje el trenecillo procedente de Orán. Antes de la
era del carbón Kenadsa era famoso por la influencia de su zauia. Las gentes venían de todos los
confínes del desierto y de Tell a rendir pleitesía a los descendientes del jeque Sidi Mohamed Ben
Bouziane. Lyautey, cuyo ejército avanzaba al ritmo de la construcción de la vía férrea, envió a
Isabelle Eberhardt en 1904 para entablar contacto con tan influyente familia. Isabelle pasó los
últimos cuatro meses de su vida en la zauia y murió ahogada por la crecida del río de Ain-Sefra,
pocos días después de haber salido de Kenadsa.
Zohra y su prole se establecieron, más cerca de los terreros que de las dunas, en el nuevo ksar
El Yedid. De ksar aquel barrio no tenía por desgracia más que el nombre. No se parecía en nada al
antiguo ksar levantado en torno a la zauia y a la mezquita. No tenía el dédalo de callejas que tejían
una sombra espesa, salpicada de luminosas lentejuelas que la luz del sol dispersaba por patios y
terrazas. No tenía las casas de tob, esos ladrillos que ofrecían a las miradas toda la gama de colores
de la tierra, desde el verde violeta de los antiguos encalados al amarillo leonado o el ocre de los
recién revocados. Ni las almenas de los muros que ribeteaban el azul del cielo. Ni los jardines con
sus huertos ornados de granados que descendían hasta el corazón fresco y oscuro del palmeral, en
torno al río.
El ksar El Yedid había sido construido con materiales duros. Y duro era también el desprecio
con el que había sido diseñado en contra del buen sentido, al comienzo de la explotación de las
minas de carbón. Nada había en él que permitiera a la mirada posarse, al cuerpo encontrar refugio y
al espíritu solazarse. Estaba a merced del infierno del cielo sin el consuelo de la menor sombra.
Ksar de la miseria y la desolación. La maraña de casas ciegas como toperas trazaba largas calles
hechas para los náufragos del sopor del verano. Y mientras que la tierra desplegaba sus oros y sus
cobres hasta el infinito, el ksar había sido erigido detrás de los dos mayores terreros. Sin duda para
ocultarlo al resto del pueblo, como se oculta la vergüenza en los recovecos más recónditos de la
conciencia. O para que el minero, que vivía allí, se hundiera en las tinieblas sin tener tiempo de
pensar. Porque cuando por la tarde emergía de los abismos, la negrura le seguía acompañando hasta
su morada, pues las partículas de hollín culminaban aquel desastre con una pincelada de incendio a
punto de apagarse que vierte su ceniza en los ojos y las cabezas. No había ni un comercio, ni un
hamman, ni pozos en el ksar creado por el rumí para sus moros. Y, ¿por qué ksar El Yedid y no
pueblo negro, como lo llamaban en otros lugares?
Zohra odiaba aquel lugar. Por eso cada mañana corría al viejo ksar a respirar un poco de
humanidad. Un paso, otro paso. Con júbilo, los pies reencontraban la plasticidad de la arena.
Liberado de aquel siniestro entorno, el cuerpo recobraba su elasticidad. Un paso, dos pasos. Sin
velo, con el magrún vaporoso flotando sobre su vestido de grandes volantes y con las manos a la
espalda, Zohra caminaba fantaseando. Un paso, otro paso. Con la cabeza alta y los sentidos alerta,
observaba furtivamente la vida de la gente. Cuando ningún objetivo concreto los animaba, los
hombres se agrupaban fuera de las casas y aguardaban apaciblemente el paso del tiempo. Un tiempo
de silencio. Un silencio de fantasmas, de cosas inconfesables. Un paso, otro paso. En el laberinto de
callejas, el olor de la tierra que las mujeres regaban y barrían. El olor a canela, a comino, a jengibre,
a cilantro, a menta, a alcaravea, todos aquellos fragantes efluvios eran un placer para el olfato. Los
colores de las especias yuxtapuestas en grandes montones y de la tierra oscura de las paredes
componían una sucesión de matices que cautivaban la mirada. El balbuceo de los niños. La llamada
del muecín, que estremecía las entrañas. Las mujeres furtivas que, cubiertas con velos negros,
caminaban aprisa como las sombras de la noche, pegadas a las paredes.
Luego, la mujer de los tatuajes oscuros se dirigía hacia el palmeral. Era octubre y los dátiles
tenían un aspecto reluciente y se fundían en la boca con sabor a miel. A Zohra le encantaban los
palmerales en esa época del año. Con sus grandes racimos ambarinos adornados de palmas de un
verde satinado, las palmeras parecían ramos gigantes colgando del cielo. Zohra sonreía a las
palmeras y también a un pensamiento. Aquel mes iba a ser abuela, quizás ese mismo día. Y su nieto
sería un varón. Lo llamaría Ahmed, como su marido. Y seguramente sería tan guapo, tan fuerte como
su abuelo. Lo mecería entre sus brazos hablándole de las caravanas de sal. En ese momento se sentía
dichosa. La intensa luz se volvía más pura. Antes de volver, Zohra fue a comprar un gran racimo de
dátiles tan grandes como su apetito.
Y así fue como en octubre de 1949, en el ksar El Yedid, aquel lugar calcinado y sin alma, en
aquel barrio de desecho, nació, una noche de luna llena el primer nieto de la familia. ¡Una niña!
Zohra se enfurruñó y lanzó una mirada fulminante a la mujer de ciudad que tenía por nuera. Sin
embargo, un crescendo de albórbolas rasgó la noche, clavando como un dardo la noticia en la sonrisa
de la luna. No fueron, desde luego, ni la abuela Zohra ni las vecinas quienes anunciaron el alborozo
al aduar. No. ¡Nadie se desgañitaba con albórbolas por el nacimiento de una niña! «Cuando mi
madre era joven, decía a menudo Zohra, existían aún familias que enterraban a sus hijas al nacer. No
había lugar en sus vida para bocas inútiles», sostenían. Hoy ya no se mataba a las pequeñas, pero
seguían siendo no deseadas. Una especie de maldición que se aceptaba abrasando a la infortunada
madre con ojos furibundos y elevando los brazos hacia el cielo en señal de impotencia. Incluso
Zohra, mujer ingeniosa y tolerante, no conseguía eliminar por completo tal reacción. Fue la
comadrona del pueblo, una rumiya apellidada Bernard y a la que todos llamaban «la Bernard» quien
aquella tarde se atrevió a lanzar un gorgeo de agudas albórbolas.
—Zohra, no pongas esa cara. Tú no —dijo la Bernard pasando la niña a su abuela— ¿No ves
que hago albórbolas porque es una niña y porque hoy es mi cumpleaños? ¿Qué nombre le vas a
poner?
—¡Que Alá te otorgue larga vida! No lo sé... Jadiya, como mi vecina de El-Bayad a la que
quería mucho o... Tal vez Leila, como ha llegado de noche. Tenía preparado un nombre de chico —
objetó lanzando una indirecta a Yamina.
—Bueno, pues esta pilluela se va a llamar Leila. Leila, Noche. Es bonito, Leila. Y además,
¡hace una bonita noche! Ya tenemos bastantes Jadiyas, Fatihas, Zohras... —respondió, riendo, la
Bernard. Y añadió:
—Espero que venga a darme un beso el día de nuestro cumpleaños cuando tenga edad para
saber los buenos modales. ¡Ay de ella, si no! Esta tarde he tenido que dejar a mis invitados y mi
fiesta para ayudarle a venir al mundo.
A Yamina le siguieron poniendo mala cara, pero no por mucho tiempo. La decepción del primer
momento no pudo resistir la vista de aquel cuerpecillo que pataleaba. Las caras más hoscas no
pudieron reprimir las sonrisas. A fin de cuentas estaban muy contentos de que hubiera nacido el
primer hijo, fuera cual fuera su sexo. Su llegada enmascaraba la fealdad de los terreros, hacía
olvidar el hambre. Y al contemplar a la niña y ocuparse de ella, a Zohra le quedaba menos tiempo
para pensar en el pasado. Con mirada protectora, repetía a su nuera:
—Leila se hará pronto una mujercita. Ya verás cómo te va a ayudar. Se ocupará de sus
hermanos.
Yamina recibió complacida la absolución. Había vivido un año muy triste, de encierro y
soledad en aquel calor sofocante. De vez en cuando, abría la puerta de la casa y miraba,
desamparada, aquel paisaje desolado. Al norte, la montaña de carbón, lúgubre. Al sur, al este y al
oeste, nada diferente. De trecho en trecho, se apreciaba la pequeña masa parda, redonda y
encrespada de alguna planta efímera nacida de la ilusión de un chaparrón, pero enseguida calcinada
por el fuego del cielo. Parecían erizos fulminados por el rayo. Había magníficas dunas, un hermoso
palmeral y un ksar donde se debía de vivir bien... Pero eso era al otro lado de la negrura. Al otro
lado de la maldición. Yamina lloraba en silencio. Ella también estaba encantada de que fuese una
niña.
—Cuando la niña tenga quince años, yo aún no habré cumplido treinta. Será la amiga, la
verdadera hermana y la madre que nunca he tenido —se decía dándose ánimos para soportar los días
tórridos.
Al séptimo día, las viejas del barrio pusieron alheña en la frente de la niña y la mecieron
pronunciando sortilegios:
—Que sea merbufia. Que tras ella vengan muchachos y dinero.
El dinero... Los Ajalli empezaban a conocer el dolor de su escasez. Durante la vida nómada,
sólo habían practicado el trueque. Todo era más sencillo. En la actualidad, hasta para alimentarse
había que poseer aquellos pedazos de papel tan arrugados y mugrientos como la misma miseria. A
Zohra le parecía absurdo. Cambiar sal por otros productos alimenticios, de acuerdo. La sal era la
gema de la vida, un hechizo de luz, de caravanas y de leyendas. ¡Pero esos papeles, más sucios que la
cara de un huérfano, más manoseados y tristes que el tiempo inmóvil de los sedentarios! Y su pobre
hijo Tayeb deslomándose, con el pico en la mano, en la canícula de los jardines. Menos mal que
estaba Bellal, su sobrino. Un hombre culto que se ganaba la vida bastante bien y les ayudaba en la
medida de sus posibilidades, pues tenía mucha familia. Por cierto Bellal hizo algo maravilloso. Un
día encontró a Yamina que mezclaba sus sollozos con el llanto de la niña.
—¿Qué te ocurre? ¡Cuéntame!
Y Yamina no dejaba de llorar. Bellal, que se impacientaba, tardó un rato en arrancarle unas
cuantas palabras entrecortadas. Tuvo que agacharse y hacerle que se las repitiera para comprender la
razón de su pena: no le quedaba ni una gota de leche. Desde hacía dos o tres días, sólo le daba a la
niña agua con azúcar.
—¡No me extraña que no tengas leche tal como te alimentas!
Bellal se marchó con premura. Dos horas más tarde, estaba de vuelta con una buena cabra atada
a una correa:
—Aquí tienes un ama de cría para Leila —dijo echándose a reír— Que no se te olvide hervir la
leche antes de dársela. Yo traeré alfalfa para el animal todos los días.
Así fue como la niña que con cuatro meses había empezado a desmejorar visiblemente, dejó de
llorar y fue cogiendo peso.
Jalil iba a la escuela. Valía para estudiar. Tayeb trabajaba de jardinero para no tener que bajar
a la mina. Acababan de descubrir un importante pozo, muy lejos, al otro lado del pueblo, allá donde
comenzaba el erg. ¡Un manantial en los confines de la aridez! Decían que pronto sería una de las
reservas de agua más importantes de la región. La administración de las minas proyectaba construir
en las cercanías un taller para la maquinaria, una fundición e instalaciones deportivas. A Tayeb le
encargaron el trabajo de ajardinar el lugar, que ya animaban algunas palmeras. Así que plantó
tamarindos y una cantidad enorme de rosales... El hombre al que habían nombrado jefe de taller era
un tal Portales: un rumí, naturalmente. Pero aquel hombre no tenía ni un ápice de la arrogancia
habitual de los jefecillos. Sería tal vez la muerte de su mujer, acaecida unos meses antes, lo que le
había abierto los ojos al sufrimiento de los demás. Aunque puede que el hombre fuera así, sin más.
Cualquiera que fuese el motivo, llevaba en los ojos la dolorosa marca de la ausencia. Una vez
terminado el trabajo, todo el mundo se daba prisa en volver al pueblo, excepto Portales, que
demoraba cuanto podía el momento de volver a su casa. Al cabo de unos días, conmovido por la
tristeza de su mirada, Tayeb se atrevió a proponerle que compartiera un té con él. Los dos hombres
permanecieron juntos paladeando el té hasta el anochecer y se sintieron tan a gusto juntos en aquella
paz, lejos del pueblo del que sólo les llegaba un vago rumor, que aquel momento se convirtió muy
pronto en un ritual cotidiano. Una vez que los obreros se habían marchado, Tayeb y Portales se
sentaban a charlar en el crepúsculo. A veces, casi no hablaban. Se quedaban mirando sin más la
espléndida duna y el tono refrescante del verde incipiente en torno a ellos. Entre vasos de té y
palabras anodinas, entre silencios y confidencias, el rumí y el árabe se fueron haciendo grandes
amigos.
Un día Tayeb no pudo resistir la tentación de invitar a Portales a su casa a comer cuscús. Para
la ocasión no reparó en gastos y compró un kilo de carne, un bien escaso. El anuncio de aquel evento
provocó un revuelo entre los suyos. Porque, a excepción de la Bernard, que pasaba de vez en cuando
a ver a la pequeña Leila y a beber un vaso de té, Yamina y Zohra no tenían contacto alguno con el
mundo exterior. ¿Comer con un rumí? ¡Qué historia! Pero, cuando Portales llegó, saludó y se sentó
como ellas, con las piernas cruzadas sobre la estera de esparto y sus palabras fueron tan afables
como su sonrisa, Zohra olvidó sus temores. Con ojos cautivadores, le habló de su nomadismo con
tanto encanto que la melancolía de su invitado acabó por disiparse. Yamina puso todo su empeño en
preparar el mejor de los cuscús. Ya estaba muy entrada la noche cuando por fin se separaron.
Portales no esperó a que le invitaran por segunda vez para volver. Una semana después, empujó la
puerta de la dechra y depositó ante las dos mujeres un capacho que contenía carne y legumbres para
el cuscús. Sus sonrisas le dijeron que era bien venido. Pasó la tarde con la pequeña Leila en las
rodillas escuchando las leyendas que la anciana le contaba. Y cuando Yamina trajo la guessaa, sus
ojos resplandecieron de placer.
Un día Tayeb volvió muy pronto del trabajo, con el rostro transfigurado:
—Tengo un trabajo nuevo, mejor pagado. ¡Nos mudamos de este maldito lugar!
Allá, al pie de la duna, iban a comenzar a construir el depósito de agua. Portales hizo que
pusieran a Tayeb de vigilante.
—Hay agua. Podrás cultivar hortalizas para tu familia y ¡el lugar es tan hermoso! Me da pena
ver a una mujer de la talla de Zohra viviendo en este infierno.
La noticia llenó de alegría a la anciana:
—¿Vigilante de un pozo? Por Alá que un antiguo nómada no podría esperar nada mejor de la
vida sedentaria. Me gusta, hijo mío. Y además estaremos aparte, solos frente a los regs y las
hamadas. Casi como antes.
Así pues, construyeron la casa del vigilante a cien metros del taller. No era nada extraordinario,
desde luego, pero tenía las paredes encaladas, cemento en el suelo y todas las habitaciones con
ventanas. Los postigos y las puertas eran unas cuantas tablas y cuatro clavos, pero ¡qué espectáculo
al abrirlos! A cien metros a la izquierda de la casa, las ondulaciones del erg habían invadido y
recubierto toda una colina. A media altura de la duna que había enfrente, emergían las rocas de un
ocre uniforme, engalanando el dorado de la arena como un cinturón de coral. En la cima, una cresta
rocosa blanca llena de cuevas coronaba como una diadema las redondeces voluptuosas de la duna. A
la derecha de la vivienda, las altas palmeras horadaban el azul del cielo agitando sus penachos de
jade. Un cielo sin hollín de un azul tan deslumbrante que obligaba a cerrar los ojos. Hacia el sur se
podía ver uno de los terreros. Pero lejos, fantasmagórico por la intensa reverberación. No era más
que un lienzo de fondo cuya oscuridad hacía que el esplendor de aquel lugar, en el que las pesadillas
no tenían cabida, resaltase aún más.
En el ksar El Yedid el agua era distribuida con tacañería por un camión cisterna. En cambio
aquí, les bastaba con girar una llave a la que llamaban robini[1] y una fuente manaba por una boca de
metal. Junto a las acequias por las que corría agua en abundancia, crecían cañas cuyo interminable
murmullo liberaba la mente de las alucinaciones del silencio. Trazaban paseos y delimitaban un
amplio espacio, su huerto. Pronto nacieron zanahorias, nabos, habas, calabacines, cebollas,
pimientos, azafrán, menta, perejil y cilantro en cantidad... Muy por encima de las necesidades de la
familia, de Portales y de Bellal. Hasta podían permirtirse vender pequeñas cantidades para comprar
carne.
Que un árabe pudiera gastar el agua del municipio a su antojo no era plato de gusto para algunos
pieds-noirs del taller. Semejante bicoca hubiera debido beneficiar a alguno de ellos y no a aquel
moro y a toda su recua. No iban a permitir que la situación se prolongara por mucho tiempo. Pero
Portales no se dejaba influir por las habladurías. Muy pronto puso fin a los despotismos y a la
codicia.
La felicidad reinaba en la familia. Una felicidad casi completa. Para colmarla sólo faltaba que
naciera un hijo varón. La suerte seguía negándose a responder a la espera de la familia, al
padecimiento de sus mujeres. ¿Y el segundo retoño? Otra niña a la que llamaron Bahia. Esta vez, ni
siquiera la Bernard tuvo el valor de animar a la concurrencia mediante la insolente alegría de sus
albórbolas. A Yamina le pusieron cara de enfado durante mucho tiempo. ¡Caramba con la
señoritinga! ¡Hacerse asistir en el parto por una rumiya para traer al mundo sólo niñas! De seguir así
corría el riesgo de verse repudiada. El problema era que devolver a Yamina a Uchda o ponerle una
darra, una segunda esposa, daría lugar a otro altercado entre los dos clanes familiares recién
reconciliados. ¡No había por qué agobiarse! El hogar no estaba en peligro de momento. Ya se vería
más adelante.
Yamina no fue repudiada ni llegó a tener una darra. El tercer vástago, que fue niño, la libró de
la condena. Otros cinco vinieron tras él.
Una inefable alegría colmaba a los adultos.
Con frecuencia la gente susurraba a Bahia: «Hija mía eres una gran merbuha. Detrás de ti han
llegado varios varones. La suerte te acompañará durante toda la vida».
Leila guardaría un recuerdo imborrable del nacimiento del primer niño, aunque aún no había
cumplido cuatro años. En primer lugar porque a su carácter rebelde por naturaleza no se le escapó
aquella injusticia. ¿Por qué los padres preferían a los niños en lugar de a las niñas? Pero, sobre todo,
porque algo mucho más importante que la llegada de aquel hermanito había revolucionado toda la
casa: del bajo vientre le colgaba un pedazo de carne más arrugado que la cara de una vieja. Con
desdén observaba el ridículo apéndice que le robaba la atención de su abuela. ¿Qué tenía aquello de
extraordinario? Haciendo ascos a la fiesta y sus nubes de albórbolas, con la emoción del primer
enfado y del rencor en el vientre, Leila fue a refugiarse en el regazo de la duna.
Desde lo alto de su observatorio, Leila dominaba los alrededores. Le gustaba ir allí y
sorprender a los escorpiones, lagartos y escarabajos... Hacer salir a las víboras y a las culebras,
experimentar la punzada agridulce del miedo. Escuchar el rumor del pueblo. Perderse en sus sueños.
Mucho más tarde, por la mañana, vio a su padre que volvía del ksar en bicicleta. A pesar de la
cólera que sentía, no pudo evitar encontrarlo majestuoso y chocante sobre ruedas. Un gran sombrero
rifeño, forrado con un tejido abigarrado, proyectaba una sombra espesa en su rostro. Unas pinzas de
la ropa ceñían el pantalón a sus piernas huesudas. No conocía a nadie con aquel aspecto, insólita
mezcla del rudo bereber y el indolente pied-noir. Y, sin embargo, su padre, con su pachorra de
camello, era beduino. Pero, ¿qué le ocurría? En contra de lo habitual, pedaleaba con brío. Su prisa la
intrigó. Leila bajó corriendo de la duna para ir a su encuentro.
En el portaequipajes destacaba un enorme paquete cuidadosamente atado. Su tamaño, unido al
gesto solemne de Tayeb, excitó la curiosidad de la niña.
—¡Ah, ya verás, ya verás! Es una cosa mágica. No respira, pero está viva. No tiene boca, pero
habla y canta en todas las lenguas. Sólo tiene un ojo de cristal, pero tan poderoso que ve más allá de
las regiones, las montañas y los mares. ¡Casi como Alá! —exclamó.
¿De qué estaba hablando? Además, su padre no tenía ningún talento para contar cuentos. Más
bien era taciturno. ¿Es que el nacimiento del niño lo había vuelto majareta? Apenas entró en la casa
con medio rostro oculto por el ala de su sombrero, del que sólo escapaba su mirada de zorro del
desierto y con el empaque de un pachá, Tayeb se puso a abrir el paquete. Sacó una caja de madera de
un bonito tono brillante. En uno de sus lados había una tela tramada tirante. Tayeb enchufó el hilo que
salía de ella en el único enchufe de la casa. Al punto se iluminó aquel ojo único y vidrioso, de un
verde fosforescente y luego empezó a parpadear dejándolos atónitos con su aspecto de medusa.
—¡El ojo penetrante del Cíclope que ve todo lo que pasa en el mundo! —exclamó ceremonioso
el padre.
Luego, dio vueltas a un botón hasta que salieron palabras y música. Tayeb se sentía ufano al ver
el estupor de los suyos. Por fin, se quitó el sombrero y se acarició con fruición la calva incipiente.
—Es una radio, es la TSF. [2]
Cuando Tayeb detuvo el botón en una voz de hombre, Zohra lo miró con inquietud. Luego,
volviéndose hacia la nuera, le tapó el rostro con un faldón de su vestido. Tayeb soltó una carcajada:
—Ummi, cálmate. El hombre que habla no puede vernos. Tampoco nos oye.
—¿Estás seguro, hijo mío?
—¡U Allah Ummi!
—Bien... Bien...
Ella observaba «aquella cosa» sin despojarse de un gesto de desconfianza. Luego, de repente,
se le iluminó la mirada :
—Entonces enséñame cómo puedo oír la ciudad de El-Bayad. Me gustaría mucho oír a Jadiya,
mi antigua vecina.
Tayef soltó otra carcajada.
—Ummi, sólo se pueden sintonizar algunas emisoras. Con la TSF no puedes enviar palabras, ni
escuchar las de tus amigas. Pero parece que pronto será posible.
Era evidente que Zohra estaba demasiado intrigada para dejarse decepcionar.
—¡Pues esto es «Tisfe»! —concluyó Tayeb.
—¿Dime dónde puede uno encontrar canciones de las nuestras?
Él le indicó el emplazamiento de las emisoras árabes: El Cairo, Túnez, Tetuán. Y recuperando
su seriedad, añadió en tono confidencial:
—Hay guerra en Túnez y en Marruecos.
Yamina permaneció en silencio con la mirada clavada en la radio. Zohra movía la cabeza con
tristeza. Luego, presa de inquietud, dijo:
—Waladi, ¿no irás a meterte en «bolítica»?
Tayeb dejó escapar una sonrisa enigmática antes de escabullirse sin responder. Zohra se quedó
absorta mirando fijamente el aparato, con un oscuro presentimiento.
Todas las tardes, Tayeb escuchaba puntualmente la radio en compañía del hijo mayor de
Meryeme, de Jalil y Bellal. Bajaban el sonido hasta el mínimo y pegaban la oreja contra el ojo
vidrioso. Cuando Leila pasaba por allí, metiendo ruido, hacían ¡chsss!... suavemente con un dedo en
los labios. Leila oía: «Huna-el-Caira, aquí El Cairo» o «Huna London, aquí Londres». Esos
secreteos la intrigaban mucho. Pero el resto del día, la caja mágica vibraba con un sinfín de melodías
que alejaban de su mente todas las preguntas molestas que nadie se dignaba responder.
En septiembre de 1954, la tierra tembló en Orleansville, El-Asnam, Las Piedras. El ojo verde
dejó helados a los Ajalli cuando acababan de despertarse. Les trasmitió la noticia como si se tratara
de cualquier banalidad, con la misma expresión alelada.
«Fragor de la tierra que, de un único mazazo, sin tormenta ni truenos, bajo la indiferencia del
cielo, arroja a millares de hombres a la fosa común. Con sólo oír tu nombre, El-Asnam, las
generaciones futuras seguirán sufriendo irreprimibles temblores como si en ti mismo llevaras una
perpetua agonía», cantó Zohra con dolor.
Unas veces bendita y otras maldita, la «Tisfe» cautivaba a Zohra. En ocasiones intentaba
defenderse de ella, escaparse, pero sólo conseguía dar vueltas en torno al aparato, lanzándole
miradas furtivas y hoscas. Otras veces, con aspecto pensativo, le quitaba el polvo con cuidado, para
que no le vertiera a granel todos los males del mundo. Un poco como cuando acariciaba a alguno de
sus caprichosos nietos para intentar calmarle.
—¡Piensa por un momento en el tiempo que hubieran necesitado las caravanas para traernos
todas esas noticias que, con sólo un guiño de su ojo estúpido, «Tisfe» derrama en nuestros oídos!
En la cabeza de la abuela, las noticias se estremecían con la rapidez de los terremotos de El-
Asnam.
Un mes más tarde —¡qué estupenda idea!— Tayeb matriculó a su hija mayor en la escuela. ¿Qué
pudo pasarle por la cabeza para que él, que se había enfurruñado cuando nació, escolarizase a su
hija? ¿Qué milagroso azar le impulsó a llevarla a la escuela municipal en el momento en que sonó el
primer cañonazo de la guerra de Argelia. En una época en que los argelinos en el desierto empezaban
a escolarizar con cuentagotas a los niños y no, o sólo en rarísimas ocasiones, a las niñas? ¿Había que
intuir en ello la benéfica influencia de Portales y de su hermano jalil, que acababa de obtener el
certificado de estudios? ¿O era más bien la voluntad de Zohra, que seguía sintiéndose en deuda con
aquel original tío, el hombre del cerdo, desterrado de su tribu en cierto modo por su pasión por la
escritura? ¿Era la manera de acabar de rehabilitar a aquel hombre concediendo valor a lo que en su
época todo el mundo consideró una chifladura: aprender a leer y a escribir?
Tan pronto como Jalil obtuvo el certificado de estudios, lo apartaron de la educación, como a
algunos argelinos de su edad. Era cierto que la situación de esclavitud en la que los colonos
entendían que había que mantener a «la población árabe», no encajaba con el descubrimiento de la
Revolución Francesa o del Siglo de las Luces por parte de éstos. Era como si les sugirieran con voz
suavemente amenazadora: «Monto, trabaja con las manos, no con la cabeza. Aprende un oficio
insignificante para gente insignificante. Justo para malcomer y conservar el hambre en el vientre. Así
no olvidarás el respeto que debes a los grandes».
Menos mal que había otros franceses con ideas y pretensiones diferentes. Y no sólo entre los
laicos. Gracias a los Padres Blancos, Jalil pudo satisfacer sus ganas de estudiar. Lo cual no era
óbice para que en él germinara una profunda amargura y remachara a su sobrina:
—No hay muchos argelinos en la escuela. Pero argelinas todavía hay menos. Ya lo verás.
Tenemos que demostrarles que podemos ser brillantes.
Leila no comprendía del todo sus palabras. No captaba el matiz de revancha que vibraba en su
voz. Pero asentía con sinceridad porque se trataba de su tío. Le compraron una cartera y unas
sandalias. Su madre le hizo un bonito vestido. Y cuando llegó el gran día, la abuela la acompañó a la
escuela.
Fue un día inolvidable. Tuvieron que atravesar el barrio francés que habitualmente sorteaban
para dirigirse al ksar, los días de hamman. Ante las puertas de la escuela, Zohra soltó la mano de
Leila y otras manos se ocuparon de llevarla adentro. Arcadas blancas, risas, gritos y llantos
mezclados. Niñas con faldas de vuelo que ondeaban primorosamente. Cabezas morenas, cabezas
rubias, un aleteo de trenzas, gráciles cabelleras... Cuántas caras de muñeca. Aquel revoltijo
embriagaba a Leila, acostumbrada a la tranquilidad y la soledad de la duna. Pegada a un pilar,
miraba a todas partes con sus grandes ojos inquietos. Al otro lado de la verja cerrada, seguía su
abuela, con una sonrisa de aliento en los labios. Más lejos, sentado a horcajadas en la bicicleta, su
padre discutía con otros hombres. Era inútil buscar consuelo en sus ojos, ahogados en la oscuridad
de su sombrero. Como siempre. Pero era en el aula donde la mayor de las sorpresas aguardaba a
Leila: sentarse en un banco junto a una rumiya y coger una pluma. Hundirla por el cuello blanco del
tintero, mojarla en la tinta violeta y reproducir lo que la linda maestra acababa de dibujar en la
pizarra, una A. ¡Nunca olvidaría aquel primer chirrido de la pluma en el papel!
Por la tarde, en casa, el interés de los hombres por la radio iba en aumento. Se juntaban y la
escuchaban con solemnidad. Después de las noticias de radio El Cairo, Yamina traía té. Los
comentarios y las discusiones se prolongaban por la noche, a veces, hasta muy tarde. Durante el
comienzo de aquel invierno, Leila sentía confusamente que en algún lugar estaban ocurriendo cosas,
si no graves, al menos muy importantes. No sabía dónde. Pero le gustaban mucho aquellas veladas
envueltas en misterio y los cuchicheos en torno al fuego. El resplandor de las brasas enardecía aún
más las miradas. El viento frío de noviembre completaba la escena. Rugía y silbaba a través de los
intersticios de los tablones que eran parte importante de las puertas y ventanas. Gemía y azotaba la
casa. A Leila le parecía que sus lamentos se nutrían de todos los terrores, de todos los dolores del
mundo. Más adelante, mucho más adelante, la chiquilla sabría que la guerra de liberación había
comenzado el 1 de noviembre de 1954, un mes después de su primer día en la escuela.
Capítulo IV
Zohra, la mujer de los tatuajes oscuros, no dejaba de pensar en su sobrina Saadia. Hacía dos
años que había dejado aquel lugar de perdición... Un año que sabían que la tenían al lado. Un año
que Tayeb se ponía pálido y temblaba de rabia contenida, cada vez que Yamina le dirigía una mirada
implorante. La pobre Yamina no se atrevía a más... Un año que los hombres no permitían que su
nombre fuera pronunciado en su presencia. Zohra estaba exasperada: «¡Como si bastara con no
mentar a alguien para que dejase de existir! Los hombres se comportan a veces como niños
testarudos. Hay que encontrar un ardid, un rodeo, como en sus juegos de infancia, para hacerlos
entrar en razón. Un juego, eso es. Distraerlos de sus prejuicios para desbloquear las situaciones...
Las verdades hirientes son las primeras que uno quisiera arrojar al olvido. Y son ésas las que nos
hieren y nos encadenan. Sin la conciencia, la tierra sería un paraíso. ¡Es cosa sabida desde la noche
de los tiempos!».
Durante dos días, Zohra no salió de casa más que para ir a sentarse bajo una palmera. El
turbante apretado mordiéndole las cejas. La mirada sombría, fija en el reg. Ni una sonrisa. Ni un
gesto. Ni siquiera una respuesta a las impertinencias de Leila que enseguida volvía al ataque. Ahora,
tenía las cosas claras. Tenía que pasar a la acción.
Preocupado por su mutismo, Tayeb la rondaba todo el tiempo sin dejar de hacerle preguntas.
Ella lo ignoraba. El tercer día, se despertó por la mañana, con ese aire docto y distante de las
personas a las que corresponde tomar importantes decisiones. En el colmo de la inquietud, Tayeb
reiteró su pregunta.
—¿Ummi laziza, qué es lo que te aflige? Por favor, dímelo.
Ella no respondió ni se dignó a mirarle. Se agachó y bebió el té a ruidosos sorbitos, con la
mirada en el vacío. Después del segundo o tercer vaso, se decidió por fin a hablar:
—He visto a mi marido en sueños esta noche.
Su tono era más solemne que de costumbre. Abrasando a los asistentes con una mirada ardiente,
Zohra dejó pasar un buen rato para dar mayor trascendencia a su declaración. Todos estaban atentos.
Zohra continuó:
—Me ha pedido que vaya a ver a la sobrina con la que nadie quiere cuentas. Que haga como él
cuando, sin hacer caso a la intolerancia y el desprecio, se marchó a Uchda. No ha de haber una mujer
de «Dar el kbirra» para toda la vida, tal como Yellul, que fue «el hombre del cerdo» hasta su
muerte. Para seguir el ejemplo de mi marido, debo tener la sabiduría de terminar ahora mismo con
nuestra actitud de rechazo. ¿Será que me voy a morir pronto? ¿Será ésta mi última misión? Me ha
parecido que Ahmed me está esperando. Y la verdad es que tengo muchas ganas de marcharme
después de haber reparado la injusticia.
¿Se trataba de un sueño o era sólo una invención destinada a cerrar la boca a Tayeb? Qué mas
daba, el resultado era el mismo. Porque el hecho de que la chibania diera tanta importancia a que
ella soñara con los muertos y hablara de ellos y de su propia muerte con tanta seriedad hacía que
Tayeb se sintiera atado de pies y manos. Su obsesión era no sentirse nunca en la piel de un hijo
maldito. Pero la bendición de Zohra le exigía en este caso un precio desorbitado. ¡Qué dolorosa
perspectiva la de tener que escapar al infierno del más allá mediante la tortura de la vergüenza en
este mundo! El hijo agachó la cabeza en señal de capitulación. Zohra y Yamina evitaron a toda costa
exteriorizar su alegría. Para Tayeb la prueba era difícil. Había que tratarlo con mano izquierda.
Zohra había decidido ya el día de su visita a Saadia. Yamina y ella preparaban juntas la salida:
pasteles, alheña, ámbar y sonrisas a espaldas del macho que había caído en la trampa de las intrigas
femeninas. Leila, a la que Zohra y Yamina acababan de desvelar la existencia de aquella tía, cayó de
las nubes. ¿Por qué nunca la había visto? ¿Por qué nunca le habían hablado de ella hasta entonces?
Todas aquellas miradas sesgadas, aquellos silencios, aquellas palabras veladas... ¿Qué le estaban
ocultando? Su curiosidad creció aún más cuando su padre le prohibió, por primera vez, que siguiera
los pasos de Zohra.
Yamina que también se moría de impaciencia, abordó a Zohra en el umbral de la casa cuando
volvía.
—Tía, cuéntame todo vuestro encuentro desde el principio.
—Sólo le pregunté: ¿Eres Saadia Buhalufa? Contestó que sí. Entonces le dije: Soy tu tía Zohra
Bent Smilane, mujer de Ahmed Ajalli que, en vida, fue a ver a los tuyos, los Buhalufa en Marruecos.
Obedeciendo a su voluntad, puesto que me ha visitado en sueños, vengo a verte hoy. Que Dios te
bendiga, hija mía.
Mirando a Tayeb continuó:
—He dicho a tu prima que irías a visitarla pronto. Tú eres el jefe de la familia. Te corresponde
a ti invitarla a que venga a casa.
El hijo hizo cuanto pudo por escapar a aquel mandato, haciéndose el sordo. Pero el acoso de
Zohra no le dejaba escapatoria. Acabó por ceder. Así fue como Saadia llegó un día al pie de la
Barga, la duna, y se reunió por fin con los Ajalli.
• • •
Siguiendo los consejos de Vergne, Saadia abrió una lavandería. La primera de la ciudad.
Alquiló una casa de la que dispuso una parte como lugar de trabajo. Vergne le había adelantado una
cantidad para que pusiera en marcha el negocio. También le proporcionaba una vasta clientela: el
Ejército francés, desde el soldado raso hasta el de más alta graduación entre los asiduos del comedor
de oficiales. Saadia empezó a ganar mucho más dinero del que nunca hubiera soñado. En todo caso,
más que ningún otro argelino. Muy pronto pudo devolver el dinero prestado a su amigo y contratar a
nuevos empleados. También muy pronto empezó a suscitar envidias. Delante de ella, los envidiosos,
avaros y cobardes se tragaban la hiel y se deshacían en elogios. Pero las acusaciones y las críticas
empezaban a hostigarla antes de que se hubiera vuelto de espaldas.
—El vicio hace fortuna con facilidad. Sobre todo cuando hay de por medio descreídos. ¡La
amante de un rumí! ¡Menudo perjuro! Sólo sacan sus almas del cieno para arrojarlas sin perder
tiempo a la pocilga.
Aquellas habladurías no eran más que sandeces. Pruebas más terribles habían curtido a Saadia.
Por eso se mantenía radiante. Ahora era libre y su bienestar la hacía indulgente.
Muy pronto los Ajalli acogieron a Saadia. La belleza de su rostro, de su cuerpo alto y grácil, su
expresión decidida y su integridad Ies habían conquistado. Y, además, resultaba una ayuda
inesperada.
Todos los sábados por la tarde, Leila y Bahia, ya fuera tirando del pequeño Fauad o con él en
brazos, la esperaban a doscientos metros de la casa. En cuanto distinguían a lo lejos el taxi amarillo,
corrían a su encuentro. El coche se detenía. Saadia les abría la puerta. Se sentaban a su lado y la
besaban. Saadia las abrazaba con el rostro radiante. El chófer descargaba los canastos ante la casa y
pequeños y grandes rodeaban con premura a Saadia.
Gracias a Vergne y a otros oficiales con los que tenía tratos por el trabajo, Saadia tenía acceso
al economato del ejército. Por eso traía a los Ajalli productos alimenticios cuya existencia no habían
imaginado hasta entonces o que nunca antes habían probado: quesos variados, manzanas rojas,
plátanos, pescado, mantequilla... Entonces invitaban a Portales y se reunían para hacer un festín.
Podrían haber apodado a Saadia Fitcha, pues su llegada al pie de la duna era siempre una fiesta.
Sentada en el suelo, entregando su soberbio cuerpo al reposo, Saadia metía una mano entre sus
pechos, sacaba un paquete de tabaco, Braz Bastos sin filtro, y se ponía a fumar. Hay que decir que,
por los años cincuenta, hasta los hombres se escondían todavía del hermano mayor, de los tíos o del
padre para fumar. Era indecente. Saadia disfrutaba de sus cigarrillos sin mostrar vergüenza ni
ostentación. Sin intención de ofender. Y las volutas de humo parecían coronar con una aureola sus
pensamientos.
Era tan diferente del resto de las mujeres... Llevaba la almalafa como una toca dejando el rostro
al descubierto y los brazos libres. Su mirada altiva daba al traste con las costumbres y obligaba a los
hombres a bajar la mirada.
La curiosidad de Leila se transformó rápidamente en fascinación. La irrupción de Saadia en su
vida había trastrocado las convenciones. Fue un encuentro decisivo. ¡Así que en su país había
mujeres contestatarias, incluso en su familia! ¡Vaya descubrimiento! El mito de la uniformidad de la
sumisión femenina se había hecho pedazos. Sueños insensatos, desmesurados, empezaban a cobrar
forma en la imaginación de Leila. La muchacha quería a Saadia sobre todo por eso, por las brechas
que había abierto en una tradición cuyo corsé hacía tiempo que soportaba.
• • •
Comienzos de 1955. Si la radio continuaba magnetizando a los miembros de la familia, sus
noticias, o más bien la ausencia de las que esperaban, les angustiaba. La guerra que había estallado
en 1954 no se había extendido a la provincia de Orán. El oeste argelino permanecía sumido en el
letargo. La emisora Saut el arab. La voz de los árabes, que, desde El Cairo trasmitía a los argelinos
media hora de noticias y de propaganda, se había callado. Lo mismo ocurría con Marruecos y Túnez.
El aislamiento, la frustración y la espera despertaban recelos tras la esperanza. Los hombres
rebuscaban en las ondas. Jalil y Bellal descifraban la prensa local. Ésta se negaba a considerar las
escaramuzas en los Aurès y la Kabilia como el embrión de un movimiento estructurado, de una
guerra. ¿A quién pretendían engañar? En todo caso, los Ajalli no eran ingenuos. Aquellos a quienes
la prensa calificaba de bandas de malhechores eran claramente combatientes. En esas zonas, la llama
de la rebelión nunca se había apagado del todo.
Los Ajalli eran profundamente mesalistas, como algunos argelinos reflexivos de su entorno.
«¿Qué dice el jeque?», preguntaba Zohra con inquietud, temiendo que, llevados por la impaciencia,
los hombres quebrantaran los preceptos del hayi. Sin embargo, el jeque Messali Hayi, que se
expresaba tan bien y cuya voz tenía el don de exaltar y enardecer a las multitudes, no pasaba a la
acción. Sus discursos eran, sin duda, un lenitivo. Pero los doce años de vida sedentaria transcurridos
habían dejado maltrecha la dignidad de la tribu. Insidiosamente les habían dejado un sabor amargo en
la boca. Les habían hecho medir los abismos que separan a las distintas comunidades. Más que el
resto de los sedentarios, los colonos eran hombres de cuentas. Y con las cuentas eran avaros. A su
juicio, el ignorante indígena sólo valía para servirles como un esclavo. La acumulación de riquezas
los volvía más arrogantes. A fuerza de egoísmo y de racismo, los rumíes se encerraban en sus islotes
dorados, y empujaban a sus moritos a la insurrección.
Tayeb, Bellal y los demás habían puesto sus esperanzas en el gobierno de Mendés. Se promulgó
la Ley de 1947 y la Ley-marco. Esta vez, los colonos no tendrían nada que hacer. Los salarios de
miseria de los árabes lo notaron y su dignidad también. Pero el 6 de febrero de 1955, Mendès fue
derrocado gracias al empeño de algunos grandes colonos. Los poderosos franceses de Argelia
querían dictar sus leyes al gobierno de la República. No a la asimilación, no a la reforma. Los
gobernantes eran destituidos uno tras otro: Soustelle, Lacoste, después Delouvrier, ninguno
conseguiría, a pesar de ciertas veleidades, mejorar la suerte de los argelinos. Decepcionados o
resentidos, éstos habían perdido la confianza en las promesas de la metrópoli. Y ahora, cuando su
amigo Portales llegaba a casa por la tarde, Tayeb fingía escuchar la radio con desgana, dejando el
botón en la primera emisora que encontraba. Empezaba a imperar la desconfianza.
El grupo miraba con fervor hacia el Este. Hacia la otra Meca, los Aurés, de donde partiría, sin
duda, el aliento de la revuelta. Aquellas montañas escondían a los maquis desde hacía siete años,
cuando sonó el primer disparo de la guerra de Argelia. Manteniendo sus quejas en sordina, los Ajalli
escrutaban el impasible ojo verde del señor «Tisfe» con la esperanza de que se dignara a
recompensar su espera.
Bellal les daba ánimos. Había que prepararlos y mantener permanentemente la sangre caliente,
dispuesta a la acción. Era su líder incontestable. El sobrino de Zohra era un coloso determinado por
una voluntad de hierro. Hasta la blandura felina de su cuerpo en reposo resultaba engañosa, de lo
alerta que parecía mantenerse siempre su mente. Sus grandes ojos, de un color cambiante, acentuaban
esa impresión. Hombre culto y dotado de sentido crítico, había influido mucho en la precoz toma de
conciencia política de los dos hermanos Tayeb y Jalil. De madrugada, cuando los hombres del aduar
vecino que se habían unido a ellos habían regresado a sus casas, Bellal seguía allí, sentado con las
piernas cruzadas, hablando en voz baja. Una voz ardiente que vibraba como un hechizo. Bellal quería
luchar. No esperaba nada de las buenas intenciones de los demás. Si, con afecto, Zohra le reprochaba
a veces su falta de religiosidad, sus convicciones políticas le parecían impregnadas de misticismo.
Había convertido la libertad en su religión.
—¡Antes morir que dejar que el rumí siga aplastándome!
En su boca, esta frase era una muletilla.
Un espantoso suceso iba, sin embargo, a infundir valor a la pequeña célula. El 20 de agosto de
1955, aniversario de la destitución del rey de Marruecos, Mohamed Ben Youssef, la provincia de
Constantina se sublevó. Se trataba, diez años después, de la repetición de Sétif. Sombrío y sangriento
aniversario. Así pues, la lucha se extendía y daba el pistoletazo de salida al engranaje: represión,
violencia, represión. Lo irreparable había empezado ya.
Bellal prorrumpía en amenazas:
—Para ellos no somos más que chacales que infestan SU tierra. ¡Necesitan ciento setenta árabes
para vengar la muerte de un solo francés! Pero, qué importan los muertos, la revolución no ha sido
sofocada. Toda la sangre derramada le ha dado un nuevo impulso.
En efecto, las matanzas empujaban a la insurrección a los que hasta entonces se habían mostrado
tibios. Y a pesar de las atrocidades, los hombres que vivían al pie de la duna se alegraron.
Sentada en las rodillas de Zohra, Leila presenciaba la fiebre que cada tarde devoraba a los
hombres. A veces, los ojos de Bellal le producían escalofríos. Percibía en ellos una determinación
feroz, pero no entendía la causa. ¿Por qué hablaba tanto de la muerte? Leila se acurrucaba contra
Zohra que le acariciaba el pelo. Cuando Bellal se marchaba al fin, afloraba una gran angustia. La
noche se convertía en una amenaza confusa. Y el silencio recobrado no traía la calma. Daba la
impresión de que sólo era un hálito cortado por un peligro inminente. El frío mordía con más
crueldad. Recostada junto a su abuela, Leila temblaba. Zohra agarraba los pies helados de la
chiquilla y los metía entre sus muslos para calentarlos. Luego, rodeaba con sus brazos el delicado
cuerpo.
—¿Por qué tienes miedo, kebdi? No tienes nada que temer, estoy contigo. Escúchame, te voy a
contar historias de las caravanas de sal.
«Una mirada en la luz como recuerdo. Los hombres que caminan. Tierras quietas y desnudas»...
El resplandor de las sebjas desgarraba la oscuridad y disipaba la angustia. Su destello deslumbraba
a Leila, que cerraba los ojos para protegerse. La voz de su abuela se confundía con el tam-tam de las
dunas de las que hablaba. Los sonidos de la arena abrasada por el cielo en llamas golpeaban el
cerebro de Leila. El tam-tam que alucinaba la soledad de los regs se hacía cada vez más sordo. Leila
se alejaba, mecida por la ambladura de un camello. En sus sueños vivían las caravanas de sal.
• • •
En diciembre de 1955, durante las vacaciones de Navidad, Leila se marchó con su abuela a
Uchda. Fatna, la única hija que le quedaba a Zohra, iba a dar a luz a su primer hijo. A Fatna la habían
casado con un marroquí y vivía en un pueblecito en la montaña, cerca de Uchda. Leila descubrió
maravillada, la granja, el campo, las vacas... Allí estaba prohibido hablar de Saadia ante los
hombres. Las mujeres la evocaban con miradas torvas, cuchicheos y rostros culpables que indignaban
a Leila. Y lejos de empañar la imagen de su ídolo Saadia, aquel ultraje acrecentaba su prestigio.
Zohra había traído una foto de Saadia a Zina. Se la dio a escondidas. Zina contempló con
admiración durante un rato la foto de su hermana, luego la besó con ternura. Leila empezaba a
descubrir también a aquella otra tía, Zina. Una mujer de carácter, dinámica y espontánea, pero
sometida a continuas vejaciones. El borracho de su marido, Nazer, el tío paterno de Leila, regentaba
un cafetucho que apestaba a vino peleón y en el cual nubes de rollizas moscas disputaban los vasos y
el espacio a la fofa clientela. Nazer se volvía violento cuando bebía y pegaba a Zina con frecuencia.
El desprecio por Saadia y las lágrimas de Zina empañaban la belleza de la naturaleza circundante a
los ojos de Leila. El odio que la muchacha sentía por Nazer era tan grande como el amor que sentía
por Zina. Las ambigüedades y las paradojas del comportamiento de los adultos la dejaban perpleja.
¿Por qué seguía Zina con un hombre como aquél? ¿Por qué no se iba a vivir sola como Saadia? ¿Qué
esperaba para llevar a cabo lo que murmuraba a veces entre dientes?
—Un día me voy a vengar. Ya lo verá.
Sidi Boubekeur, el pueblo en el que vivía la tía Fatna, disfrutaba de un emplazamiento
privilegiado. Situado en una vertiente abrupta de la montaña, estaba rodeado de bosques. Se le
distinguía a lo lejos, por la carretera, en una arqueta oscura de cedros.
Asombrosamente nevó durante varios días. El cielo se fundía en copos. El suelo, los cedros, la
ropa de la gente, todo estaba blanco. Un sueño había trasformado la tierra en algodón, había
construido un mundo de cuento de hadas. Y cuando el cielo se despejó, Leila descubrió maravillada
los juegos del sol y el hielo en las ramas irisadas. Sus destellos la cegaban. «Como en las caravanas
de sal», se decía Leila. Como un eco de risas alocadas en aquellos paisajes esculpidos en cristal de
roca, los despeñaderos y las hondonadas inmaculadas penetraban en sus oídos con el mismo vértigo
que se elevan las albórbolas hacia el firmamento. La mirada de la niña, ávida de variedad, colmaba
su espíritu de sensaciones desconocidas para llevárselas, allá, al pie de su duna y saborearlas
lentamente.
Pero aquella estancia verde y opalescente, de una quietud sellada por la estopa de los copos,
fue desgraciadamente alterada por un telegrama de Uchda: «Alí ha muerto». El hijo de Mohamed
Buhalufa Segundo, el único hermano de Saadia y Zina. Tenía veintiséis años y tres hijos. Zohra y
Zina lo habían visto cinco días antes rebosante de salud. La anciana y la niña cogieron el autobús de
regreso a Uchda. Allí, descubrieron la verdad. La Mano Roja, una organización antinacionalista,
había matado a Alí, militante activo del Partido Comunista, de un tiro en el corazón, en Casablanca.
Buhalufa, que había ido a buscar su cuerpo, regresó por la noche, muy tarde. Su rostro, totalmente
crispado, había envejecido diez años en sólo unas horas. Tenía la mirada de un hombre
definitivamente roto.
Leila conservaba todavía en sus oídos la risa fuerte de aquel tío, cuando, la semana anterior, la
había encaramado a su alazán. Lo volvió a ver aquel día, rígido, lívido, con un enorme agujero rojo
en el pecho, con el rostro poseído por un dolor pertinaz. Nadie pegó ojo aquella noche. Fuera, el
viento aullaba. Agitaba los árboles como látigos amenazadores. Arañaba el cielo, la tierra y las
casas. Llenaba el brocal del pozo con un aullido siniestro y la oscuridad con crujidos inquietantes.
Dentro, en la habitación junto a la que reposaba el difunto, la voz de la abuela Zohra, desafiaba a la
muerte:
—La siento. Está otra vez aquí, en mis ojos, en mi cabeza y en mi nariz. Pero aún más fuerte que
antes. Más depravada. Más espantosa. Antes se contentaba con los débiles. Con aquellos a los que su
comparsa, la enfermedad, roía y habitaba alevosamente. Ahora ya no necesita cómplices. Tiene sus
propios instrumentos. Cañones, inmensas flautas de acero que no emiten otra música que el estruendo
con el que diezman a las gentes. Tiene pájaros de metal que no necesitan nido, ni llevan consigo
germen alguno de vida. Sueltan la muerte en el cielo, en pleno vuelo. En la tierra, se pavonea en
monstruos de chatarra que reducen a polvo el más duro de los suelos. Se achispa con el olor de la
pólvora. Se embriaga con sangre fresca y se alimenta de carne tierna. La tenemos aquí, merodeando
voraz, cacheando y acariciando a la juventud, con su mano traidora. Y se apodera de los más
intrépidos, de los más valientes, de los más robustos... ¡Pero que sepa que, mientras destroza los
cuerpos, está forjando una voluntad inquebrantable! ¡No nos quedaremos a verlas venir! ¡Las mujeres
van a engendrar hijos por encima de sus deseos! ¡La venceremos a fuerza de vida! ¡La esperanza
renacerá!
• • •
Allá en Kenadsa, Yamina, que estaba embarazada, dio a luz aquella misma noche. Mientras su
familia velaba al muerto en Uchda, ella trajo al mundo dos niños. Uno de ellos se llamaría Alí.
Ocurrió en enero de 1956. Leila y su abuela se enteraron del doble nacimiento por otro telegrama a
la mañana siguiente, cuando volvían del cementerio. Una afrenta, una réplica a la señora Muerte.
Entonces, Zohra cantó una vez más: «¡Alí no ha muerto. Acaba de volver a nacer. Sólo tiene un día!».
Inmóvil, Leila, contemplaba el campo. Algo gélido atenazaba sus miembros. Aquellas noches
frías e insomnes habían helado sus huesos. Solamente se movían sus ojos. Seguían, allá arriba, en el
cielo, la lenta evolución de un gavilán que, con el cuerpo pardo proyectado como una flecha y las
alas ampliamente desplegadas, describía círculos desiguales. Luego, plegando las alas, se dejó caer
con brusquedad. Antes de que Leila pudiera darse cuenta de lo que ocurría, él ya había remontado
hacia el cielo con un pollito dorado entre sus garras. Entonces, las palabras de la abuela sobre la
muerte le volvieron a la mente. Se estremeció: hasta el propio gavilán cuyo planeo la fascinaba, cuya
libertad celeste envidiaba, tenía aquella mañana los ojos y las garras de la muerte.
Saadia fue a visitar a Zohra en cuanto regresó de Marruecos.
—Mis ojos se han quedado secos. Alí estaba ya muerto en mi interior. Una muerte sin luto. No
hay palabras que describan lo que siento.
Sin embargo, de los gemelos, Alí y Bachir, era a Alí, que había heredado el nombre del difunto,
a quien los sábados, cuando llegaba al pie de la duna, apretaba contra su pecho, balanceando
suavemente el busto, con los ojos rezumando melancolía.
• • •
Apenas terminado el invierno, llegaba el verano sin solución de continuidad. Y cuando llegaban
las temibles vacaciones escolares, hacía tanto que los días eran tan abrasadores que el recuerdo de
los fríos de enero se había hecho ceniza. Durante todo aquel periodo interminable, Jalil ponía a
trabajar a su sobrina. La muchacha adoraba aquellos momentos que pasaba con él, todas las tardes.
El afecto mezclado con la complicidad que les unía suavizaba un poco la soledad que atormentaba su
espíritu. Cuando el sol empezaba a ponerse y el calor se hacía menos tórrido, los dos subían a la
barga. Encaramados en los despeñaderos blancos que la dominaban, admiraban el paisaje. Era sobre
todo el reg, un océano de arena de extensas ondulaciones petrificadas, lo que contemplaban
extasiados. Sólo el viento liberaba a aquel movimiento de su parálisis. Bajo su aliento, las dunas
comenzaban a hacer espuma, se erguían en grandes láminas rojas y se rompían con violencia. Cuando
el viento se iba a otros horizontes, la superficie de arena conservaba una fina ondulación, el
estremecimiento inmóvil de un orgasmo cósmico. Frente al erg, la horizontalidad del reg devanaba el
silencio. Y sólo la imaginación reavivaba los pensamientos. Sólo el ensueño podía engalanar aquella
infinita aridez.
Por fin acabaron las vacaciones y Leila volvió a descubrir la blanca escuela con sus bonitas
arcadas bordeando las aulas y el patio de recreo de techo alto y abovedado como el de las mezquitas.
Dominaba el palmeral y el río. Pero sobre todo, aquel año, Leila tuvo a la más guapa y dulce de
todas las maestras.
• • •
Los hombres se reunían siempre por las noches en torno a la radio. La emisora Saut el Djezair.
La voz de Argelia, les llegaba de nuevo desde El Cairo. Quién podría olvidar aquella voz, verdadera
deflagración radiofónica: «Saut el Djezair mina El Kafiira. asestaba palabras con tanta pasión, con
tanta fuerza, que Leila se preguntaba si el ojo verde no iba a estallar con sus embates. Aquellas
palabras que resonaban en su pecho la obsesionaban.
En torno a ellos, la gente robaba al hambre unas cuantas monedas destinadas a comprar un
pedazo de pan y las ahorraban para poder comprarse un transistor. Aquel invento supuso una
revolución. Se introducía en las dechras más perdidas, en la soledad de las montañas y de los regs,
se alojaba hasta en las albardas de los camellos de los nómadas o abría la marcha de las caravanas
en las manos de los guías. Su impacto fue considerable. Todos los que vivían en el mayor de los
aislamientos, olvidados por el resto del mundo, tomaron conciencia, gracias a él, de que pertenecían
a un país, a un pueblo oprimido, pero encaminado hacia la Huría, ¡la Libertad! El transistor socavó
los tribalismos y participó en la propagación del nacionalismo argelino.
Una noche, Bellal llegó con un sello del FNL en el bolsillo. Había que ver lo orgulloso que se
sentía al estamparlo en las listas y diversos papeles que circulaban entre ellos. La batalla de Argel
estaba alcanzando una violencia extrema. Las bombas estallaban en lugares públicos, matando a
gente inocente. En respuesta, una represión salvaje cayó sobre la ciudad. La tortura era habitual.
Los argelinos, miserables, analfabetos, y perseguidos, vivían con el miedo en las entrañas.
• • •
Durante el verano de 1956, el Athos, un barco que transportaba armas para el FNL, fue
abordado en el mar de Orán por el Ejército francés. En octubre de aquel mismo año, la noticia de la
captura «en pleno cielo» de Ben Bella y varios miembros del FNL, propagada por los aduares, por la
magia de las ondas, aterró a los más impasibles.
Tayeb no dejaba de lamentarse, con ojos dolientes: «¡Qué desastre!».
Bellal le contradecía con ojos febriles: «Nadie es irremplazable. Todos los hijos de Argelia
son Ben Bellas en potencia. ¡La consecuencia de su captura será la aparición de decenas... qué digo,
de cientos, de miles de héroes!».
—¿Y si nos quedamos sin armas?
—Lucharemos con armas blancas. ¡Mataremos con nuestras propias manos, con los dientes!
¡Venceremos, venceremos! Los que luchan por la libertad y la justicia poseen el arma más temible de
todas: una voluntad inquebrantable. ¡Venceremos!
La afluencia de soldados se notaba cada vez más. Kenadsa se había convertido en un enorme
cuartel y una prisión tristemente famosa. Todas las compañías del ejército estaban allí. Los grandes
camiones cisterna de los militares venían con regularidad a abastecerse de agua potable a casa de los
Ajalli. Tayeb accionaba la bomba con arrogancia mientras Leila observaba con curiosidad a los
hombres de uniforme. Las advertencias familiares le venían a la cabeza: «No cuentes a nadie nada de
lo que ocurre por las noches. No digas a nadie que escuchamos Saut El Yazair. No cantes el
Kassaman o Min jibalina en su presencia. Son capaces de meter a tu padre en la cárcel y hasta de
matarlo».
Sin embargo, hasta entonces, los militares no les habían molestado. Y Leila miraba los enormes
camiones que avanzaban por la arena renqueando como escarabajos gigantes. Siempre le entraban
ganas de echar a correr y encaramarse a la parte trasera de los vehículos como hacen los muchachos.
Pero no se atrevía. Y además, el rostro agotado por el calor de algunos hombres vestidos de caqui,
sus caras congestionadas, brillantes de sudor, que parecían hervir bajo los cascos, le provocaban
ataques de risa. Otros tenían la mirada ausente y vidriosa, revelando, más que cualquier palabra, el
hastío ante la visión del desierto, inconmensurable. A veces, junto a los pozos, la cogían en brazos y
le daban caramelos. Entonces, las contradicciones que chirriaban en su cabeza la dejaban perpleja.
Sin embargo, el miedo a los uniformes se iba a apoderar de ella y de todos, lentamente,
inexorablemente.
En primer lugar, instalaron un campo de tiro cerca de la casa de los Ajalli, al pie de la duna. A
veces, las ráfagas de metralleta les arrancaban del sueño al amanecer. Se despertaban sobresaltados.
Las paredes de su pobre vivienda vibraban peligrosamente. Las tablas de las ventanas y las puertas
crujían. Los niños, con ojos soñolientos, salían a sentarse afuera. Sus miradas fascinadas seguían el
vuelo fulgurante de los proyectiles que levantaban enormes puñados de arena. Aquella puesta en
escena les parecía grandiosa y aplaudían las deflagraciones más potentes, que levantaban géiseres de
arena y amenzaban sus tímpanos... Cuando los militares se marchaban, y a pesar de que los padres se
lo habían prohibido, corrían hacia aquellos lugares. El espectáculo era un hechizo de luz y el botín
fabuloso. El cobre de los cartuchos esparcidos en la arena como polvo de estrellas. El de los obuses
salpicaba la duna con un sinfín de soles oblongos. Las botellas se convertían en prismas de reflejos
cegadores. Los colores vivos de los paquetes de cigarrillos vacíos, desperdigados... Eufóricos, niñas
y niños hacía acopio de una buena colección de objetos preciosos para sus juegos. Por miedo al
peligro, los padres los castigaban con severidad, pero los niños utilizaban mil subterfugios para
burlar la vigilancia. Esperaban, por ejemplo, la hora en que el sopor del mediodía invitaba a los
adultos a echarse. Sólo entonces, con la deliciosa sensación de lo prohibido y de la complicidad, se
dirigían al lugar de sus espejismos... Hasta aquel terrible día... ¿Podrá Leila olvidar el infierno de
aquel instante?
Una explosión desgarró el silencio. En el mismo corazón de la explosión, un grito inhumano. El
grito rebotó de caverna en caverna. Atrapada por un miedo demoniaco, Leila echó a correr sin parar.
De repente, se detuvo fulminada... ¡Un brazo! Espantada, Leila miró fijamente aquel brazo irreal,
hecho un amasijo de carne ensangrentada, que yacía ahí, solo, con la mano cerrada. Leila apartó los
ojos del horror de aquella visión, pero enseguida fueron a dar con algo que parecía ser los restos de
otro miembro. Acorralada, en el colmo del espanto, la mirada de la niña recorrió la duna. No la
reconoció. No era más que un teatro trágico, una convulsión colosal. El cielo se escapaba de ella,
seco y violento, como un sollozo cósmico. El silencio era una cuchilla colgada del hilo de un
interminable grito mudo. Leila se desplomó. Y la duna que sus ojos ya no podían ver aplastó su
garganta y su pecho.
¿Cómo era posible que el tiempo trasformara a los hombres en monstruos perversos y crueles?
¿Qué clase de pesadilla era aquella en la que las mismas manos que daban caramelos a los niños,
eran también capaces de jalonar con bombas los caminos de Pulgarcito? Los crios burlaban la
vigilancia y salían en busca de basura y de todo tipo de desechos, los únicos juguetes que la miseria
les permitía. Y no era casual que la muerte, engalanada con sus encantos les acechara de camino
hacia el botín. Allí había aparecido, pulverizando a uno de ellos como a un objeto no deseado.
Por favor, recoged aprisa los pobres restos del niño. Por favor, ponedlos rápidamente fuera del
alcance del hombre, en una tumba. Por favor.
Capítulo V
Aquel mes de enero de 1957, los escalofríos del terror se sumaban al rigor del invierno. Los
líderes del FNL convocaban a los argelinos a la huelga general. El objetivo perseguido era doble.—
un golpe de efecto antes de una sesión de la ONU y tantear el apoyo popular. Un apoyo que los
civiles pagarían caro.
La fiebre de los preparativos de aquel memorable 28 de enero se apoderaba de todos. Las
familias hacían acopio de víveres con los que resistir un asedio de un mes y acumulaban tanta
angustia como para sufrir un ataque al corazón. Los argelinos parecían fantasmas a los que el miedo
seguía vampirizando: les impedía conciliar el sueño, se les agarraba a las entrañas, despojaba a sus
miembros de consistencia, les cortaba la respiración... Y como los fantasmas no tienen otra cosa que
perder más que la añoranza de la vida, los argelinos se sentían valerosos. Se aferraban a la
esperanza convirtiéndola en desafío para mantenerla firme, para mantenerse firmes ellos mismos,
para soportar a las patrullas militares, los registros cada vez más frecuentes, los toques de queda y
las humillaciones.
Aquella mañana, los Ajalli se levantaron temprano. Después del desayuno, tomado aprisa y en
silencio, Zohra se dirigió hacia la puerta. La abrió, atravesó el umbral, miró a derecha e izquierda, la
volvió a cerrar con brusquedad y se precipitó hacia los otros con ojos desorbitados:
—Tayeb, Tayeb, ¡el askar ejrrad! ¡Ou tanck!, ¡los militares como saltamontes!
Las altas paredes del patio les ocultaban el exterior. Pero en un rincón, el techo del horno del
pan brindaba una plataforma que servía de observatorio. Tayeb, Jalil y Zohra, seguidos por Leila, se
encaramaron a ella a toda prisa. Allí, apretados unos contra otros, descubrieron un espectáculo que
les heló la sangre al asomarse por encima de la pared. Vehículos de asalto y carros blindados
rodeaban la casa, el depósito de agua y los talleres.
—Su muerte viene vestida de hierro —murmuró Zohra.
Tres cañones giraron sobre su eje para apuntarles. Un violento dolor de vientre plegó a Leila en
dos. Tayeb descendió y la cogió en brazos.
—¡No tengas miedo, no tengas miedo! ¡Nos quieren asustar! ¡No dispararán!
Leila percibió que la voz de su padre carecía de convicción. Se separó de él, se sentó contra
una pared y buscó con los ojos a su abuela. Tayeb se puso en cuclillas a su lado. Un segundo
después, la puerta de entrada voló en pedazos y aparecieron cuatro militares, empuñando sus fusiles.
—¡Así que el moro no quiere trabajar! Pues entonces, a la cárcel. ¡Andando!
Ya le arrastraban hacia la puerta cuando llegó Portales corriendo:
—¡Por favor, por favor, señores, cálmense! Este buen hombre me está esperando para abrir los
talleres.
Portales sabía dónde se encontraban las llaves, colgadas bajo la bóveda. Las desenganchó y,
agarrando a Tayeb de un brazo, se lo arrancó a los militares y lo sacó de allí. Los hombres de
uniforme permanecieron unos instantes sin reaccionar. Luego, volviéndose hacia Bahia y Leila
gritaron:
—¡Hala, mocosas, a la escuela! ¡Vámonos! ¡Aprisa!
Dicho esto, uno de ellos las empujó hacia la puerta de una patada. Leila cogió a Bahia de la
mano. Lívidas, con los ojos clavados en Zohra y Yamina, salieron de espaldas. Delante de la casa, la
visión de los cañones estuvo a punto de dejarlas heladas. Dieron media vuelta y salieron corriendo.
Un maremoto militar había invadido el pueblo. Las calles eran un hervidero de uniformes.
Camiones cargados de hombres adelantaban a las muchachas que no paraban de correr. Los latidos
desbocados de sus corazones se añadían al estruendo circundante, que los ensordecía. Un coche se
detuvo a su altura. Ellas se sobresaltaron, pero sólo era la Bernard:
—¿Adónde vais tan deprisa? No es buen momento para andar por la calle.
—Nos han dicho que nos vayamos a la escuela —respondió Leila sin aliento.
—¿Sin cartera, sin nada? Vamos, ¡subid!
Les abrió la puerta del Dos Caballos.
—¿Qué tal en casa?
Las niñas, jadeantes, le contaron lo que había ocurrido.
—Voy a dejaros en mi casa e iré a echar un vistazo a la vuestra.
Después de haberles insistido en que no abrieran a nadie, la Bernard las dejó en su casa y salió.
Con ayuda de un taburete, Leila y Bahia treparon al alféizar de la ventana de la cocina. Desde allí,
ocultas por el mosquitero, pudieron observar a sus anchas la calle principal del pueblo. Grupos de
argelinos de rostro impenetrable pasaban escoltados por militares y se dirigían a la cercana
gendarmería, en donde empezaba a elevarse un rumor. Cientos de hombres permanecían de pie
amontonados, ofreciendo un penoso espectáculo. Las muchachas se dirigían miradas de inteligencia
con ojos asustados. Sin hacer comentarios. No les cabían dudas sobre la gravedad de aquel momento.
Algo irreversible acababa de suceder.
La Bernard regresó apenas transcurrida una hora. Indignada, cerró de un portazo, hurgándose el
pelo con rabia. Pero cuando vio a las muchachas, ojo avizor, disimuladas en el claroscuro de la
ventana, no pudo contener la risa.
—Bueno, las cosas no van tan mal en vuestra casa... Podría haber sido peor... No hay muchos
niños en la escuela. Se han ido en desbandada. Vuestra madre necesita que os ocupéis de los
gemelos. Los militares han destrozado todo, ¡los muy cabrones! Si Portales no hubiera llegado a
tiempo, Tayeb estaría ahora con los demás encerrado como un animal. ¡Qué cabrones!
Y siguió hurgándose el pelo.
—¿Tenéis hambre? No creo que vuestra madre esté en condiciones de cocinar a mediodía.
Con un nudo en el vientre y otro en la garganta, las muchachas guardaban silencio.
—Sobre todo no me respondáis las dos al tiempo.
Su tono se había vuelto ligero, pero sus facciones seguían reflejando abatimiento. Se desplomó
sobre una silla.
—¡Qué cabrones!
Las muchachas bajaron del alféizar y se acercaron a la Bernard que las apretó contra ella y las
mantuvo abrazadas. Luego soltó una carcajada. Al verla reír así, a mandíbula batiente, las muchachas
empezaron a reírse también, por fin tranquilas.
La Bernard había perdido a su marido durante la Segunda Guerra mundial. Poco después llegó
al desierto, se enamoró de aquellos paisajes y de sus gentes y decidió quedarse. Como estaba a su
lado en cada dolor, en cada alegría, en cada nacimiento, al haber aprendido su lengua, los autóctonos
acabaron por acogerla y también por quererla. Pero tanto la vida que llevaba de mujer libre,
hermosa, y que por añadidura no hacía ascos a los placeres, como su complicidad con las mukeres le
acarreaban enemistades y habladurías por parte de un sector de la comunidad francesa.
Leila ocultó su rostro bajo la espesa cabellera morena de la Bernard, a la que las frecuentes
aplicaciones de alheña daban tonos rojizos. Le gustaba ese olor en el cabello de las mujeres. Un olor
reconfortante. El olor de una persona para quien abrirse a las otras, significaba enriquecer su vida,
librarla de las trabas de las razas, las castas y las religiones. Leila sabía que esos afectos,
procedentes de otros lugares, habían destruido para siempre en su mente el rechazo y el desprecio
ligados a la incultura, la ignorancia y la intolerancia.
La Bernard apartó la cabeza de Leila y cogiéndole la cara entre las manos exclamó:
—Tenía miedo de que Yamina abortase. Está embarazada, ¿lo sabíais?
Las muchachas no respondieron.
—¿No tenéis nada que decir? Pues vaya efecto que os han hecho mis palabras.
—Es que mi madre siempre está embarazada. En mis pesadillas la veo con el pelo blanco y
dando a luz... toda clase de monstruos.
Había aflicción en la voz de la niña, una pena que no lograba disimular.
Por aquellos días Bellal se fue al maquis. Hasta entonces, su misión había consistido en
organizar la resistencia popular y recaudar fondos. Llevaba tiempo esperando el momento de coger
las armas haciendo un trabajo eficaz, pero con una impaciencia cada vez mayor. Su vida corría
peligro. Se había expuesto demasiado.
La tristeza y la inquietud estaban minando a Zohra. ¿Volvería a ver a aquel valiente al que tanto
quería? Sentada al sol, ante la casa, con la mirada fija en el horizonte, compuso una elegía a Bellal, a
quien ella llamaba S'baa, el león: «Ahora hablas a los de las montañas. Y tus palabras de libertad y
dignidad hacen temblar las rocas hasta resquebrajarlas. Tu voz es luz por sí sola, mi S'baa... hijo del
futuro, que Alá te devuelva con esa otra vida por la que luchas».
Al día siguiente, después del desayuno, la anciana dijo a Yamina:
—Voy a sentarme al sol, a ver si entro en calor. Se me ha helado el corazón.
Con Leila pegada a sus talones, salió de la casa. Leila también adoraba a Bellal. Desde que se
marchó, se sentía acongojada y el estado de su abuela no le infundía ninguna tranquilidad.
—Hanna, canta el S'baa por favor.
Balanceando suavemente el busto, Zohra acababa de comenzar su elegía cuando de golpe se
detuvo y se levantó de un salto. La niña también se levantó intrigada. Escrutando el horizonte hacia el
punto al que Zohra miraba fijamente, Leila vio aparecer una nube roja.
—¡Es el viento de arena, hanna!
La anciana aguardó un instante antes de responder:
—No, son camellos... Un grupo de nómadas. Pero ¿qué se les habrá perdido por aquí? ¡Estamos
fuera de las rutas habituales de las caravanas!
Rápidamente, Zohra les salió al encuentro a pesar de que sólo eran un pequeño halo en la
lejanía. Había escapado al sufrimiento.
Eran hombres azules. Se habían enterado de la existencia de aquel pozo a una distancia
considerable del pueblo. Evitando las ciudades de Béchar y Bidon-Deux, venían a hacer acopio de
agua y víveres, para regocijo de Zohra. Los camellos transportaban cargas que duplicaban su altura.
Contemplándolos así, enjaezados con la ambladura parsimoniosa, a Leila le parecían paquidermos
surgidos del pasado de Zohra para aliviar su tristeza. Estaba asistiendo asombrada a la metamorfosis
de su abuela. Si no fuera por la ropa de beduina de las mesetas, cualquiera hubiera creído que
realmente formaba parte de aquella tribu bereber. Cuando llegaron junto a la casa, les ayudó a clavar
las piquetas de las tiendas, a desplegar las jaimas... Zohra escuchaba las noticias de las nuevas
pistas, de los pozos, recababa información de algunas tribus... Leila admiraba sus gestos de antaño
recobrados. Una vez montado el campamento, Zohra fue a buscar provisiones a la casa y con
vehemencia, cerró la boca a Yamina que intentaba protestar:
—¿No sabes, desgraciada, que sólo viven de sémola, dátiles y té? ¡El olor a cebolla frita o el
de un tomate son para ellos aromas de fiesta! No seré yo quien les robe esa dicha... No voy a
privarme de su alegría.
Inmediatamente fue a la huerta, que sufrió la misma suerte que los víveres de la casa. Las
mujeres se dirigieron al pozo. Vestidos y turbantes de color añil. Cuerpos de luz negra restregados
con el polvo de los caminos. Lentitud en los gestos, entre la languidez y la consagración de lo
cotidiano. La noche de los ojos agotada por los espejismos del día. El estallido de las risas...
Por la mañana temprano plegaron las tiendas, dieron las gracias a la shaija con besos en la
cabeza y continuaron su camino. Sólo contaban con los ojos y la memoria para orientarse. Pero no
podían perderse. El caminar era su respiración. El único riesgo que les acechaba era la trampa de la
inmovilidad de los habitantes de las ciudades. Lejos de ellas se sentían en su medio. Eran gentes
necesitadas de espacio y movimiento que no admitían límites. Y, si a veces evocaban los del tiempo,
era para ubicarlos inmediatamente dentro del concepto de eternidad. Su existencia reunía a las
generaciones pasadas y futuras de nómadas en la inmaterialidad: eran una mirada que flotaba en la
luz.
Pronto, sólo fueron una nube de polvo; luego desaparecieron por completo. ¿De verdad eran
reales? ¿No los habría soñado Leila? Un sueño al que los hechizos de su abuela habían dado forma
en su cabeza. ¿No se trataría de un espejismo nacido de su deseo creciente de ir más allá de aquel
horizonte?
• • •
El 25 de febrero de 1957 encarcelaron a Larbie Ben M’Hidi. Pocos días después, un lacónico
parte anunciaba su muerte. Muerto bajo tortura, se repetían los argelinos. Aquel nombre figuraba
entre los más prestigiosos, junto a los de Yousef Saadi, Alí la Pointe, «las hermanas de la
revolución»: Zohra Drif, Djamila Bouhered, Hassiba Ben Bouali, Daniéle Mine, Nefissa Hamoud,
Raymonde Peschard... Aquellos nombres que sólo eran pronunciados en voz baja, iban a exaltar la
imaginación de Leila. Se los imaginaba como una especie de semidioses y de diosas que vivían en
las cimas de las montañas junto a la bóveda celeste. Un día, cuando fuera mayor, iría a reunirse con
ellos. Lo sabía.
Hasta donde le alcanzaba la memoria, Leila recordaba a su madre embarazada. No había
acabado de dar a luz, cuando ya estaba embarazada otra vez. Con aquella hinchazón por delante y dos
o tres crios pataleando a su alrededor, nunca había un sitio para Leila en su regazo o contra su pecho.
Lo mismo sucedía con las palabras tiernas, reservadas para los niños. La chiquilla sólo recibía
órdenes y reprimendas de Yamina: «¡Prepara el biberón del pequeño! ¡La sopa del otro! ¡Coge a tu
hermano, no le dejes llorar así! ¡Limpia esto! ¡Ve a tender la ropa! ¿Por qué me miras así? ¿Por qué
te quedas al sol? No tengo una niña, tengo una negrita. ¡Deja ese libro y haz lo que te digo!...». Ya
podía Yamina repetir su cantinela cuanto le viniera en gana que, en lugar de guardar el libro abierto
en sus rodillas y obedecer, Leila lo agarraba con ambas manos y lo enarbolaba, pegado a la cara,
entre ella y quien le daba las órdenes. Cansada de pelear y sabiendo que algunas faenas no podían
depender del antojo de una chiquilla tan testaruda, Yamina se levantaba y, maldiciendo la suerte que
la había hecho engendrar semejante calamidad, terminaba por hacerlas ella misma. Su enojo ni
siquiera la empujaba contra Leila para darle unos azotes. Sabía que, con tres zancadas, la muy
granuja escaparía a la calle y el exterior era un territorio prohibido a Yamina.
Leila la vigilaba furtivamente por encima del libro por miedo a dejarse sorprender por ella. A
veces se sentía feliz al ver la desesperación de su madre mientras mascullaba insultos. No, Leila no
pensaba dejarse devorar por el trabajo en cadena que acaparaba por completo a Yamina. Acunar a
los niños, darles el biberón, la sopa, quitar el pis, las continuas cacas, limpiarlos a toda prisa... Nada
de eso era asunto suyo. Ni lo sería nunca. Los libros se habían convertido en su refugio frente a
aquella madre a la que no quería parecerse. Un refugio también contra el griterío de la casa. Su
resentimiento contra Yamina llevaba a la desvergonzada a pronunciar frases que consideraba
vengativas e hirientes. Y que, de hecho, no eran sino banalidades trasnochadas:
—¡No eres más que una máquina de parir!
Desparramada, completamente hinchada, Yamina juntaba las manos sobre el vientre abombado
y lo acariciaba. En lugar de enfadarla, aquella frase la colmaba de satisfacción para fastidio de su
hija.
Entre los hermanos que habían sucedido a Bahia, estaba, en primer lugar, Jaouard. Luego,
Nourredine, que murió a los seis meses. Después, Bachir y Alí, los gemelos. Dos niños a la vez.
Yamina existía gracias a su vientre. Gracias también a él, de vez en cuando, tenía derecho a quejarse,
aunque nadie se sentía obligado a hacerle caso. Sin embargo, para hablar de ella, Tayeb se refería a
«la madre de mis hijos». Un detalle que hablaba por sí solo.
Y luego vinieron más hermanos. Y también hermanas. Leila estaba asqueada. Sólo los gemelos
lograban captar su atención. Contrariamente a lo que pudiera esperarse, eran diferentes en todo. Alí
era enclenque y callado, en cambio Bachir era vigoroso y alborotador. Hay que pensar que el nombre
que tenía, el del difunto hermano de Saadia, le protegía, porque a Bachir el saludable se lo llevó la
muerte. Dicen que ayudada por un rumí. ¡Quién sabe, en estos tiempos en que el miedo desata todo
tipo de rumores!
Bachir había vomitado y noté que tenía algo de fiebre. No me preocupé más de lo normal.
Cuando su padre llegó, le puse al corriente. ¡Ya sabéis cómo es cuando se trata de sus hijos! Se
empeñó en que acudiéramos a la consulta del médico a toda prisa. Salimos para el hospital después
de la comida. El médico había salido. El enfermero, al que imputan tantas maldades, nos arrancó a
Bachir de los brazos para examinarlo. «No es nada. Le voy a poner una inyección y se le pasará del
todo», nos aseguró. Le puso la inyección. Mi hijo se quedó rígido en un instante. Murió en el acto. El
enfermero escapó, perseguido por Tayeb que aullaba de dolor. El rumí consiguió encerrarse en un
despacho.
¿Cuántas veces había contado Yamina aquella muerte? ¿Fue un acto criminal o una reacción tras
haberle inyectado un producto farmacéutico? Nunca llegará a saberse. Tayeb quería matar al
enfermero. Informó de ello al FNL, que se lo quitó de la cabeza. Ellos pensaban investigar. El
hombre estaba bajo sospecha. Lo tomaron como un asunto personal. Un mes después, Tonio hizo las
maletas y desapareció inopinadamente.
¡Contaban tantas cosas horribles! Hacía poco más de un año que había llegado al hospital otra
comadrona, madame Rodríguez. En todos los aduares contaban que formaba equipo con el tal Tonio
y que liquidaba al nacer a cuantos fellagas podía. Contaban que hacían desaparecer a los varones
recién nacidos haciendo creer que habían nacido muertos. O que habían surgido complicaciones.
Ciertas o falsas o solamente un poco exageradas, aquellas cosas horribles espeluznaban a los niños,
que ya vivían aterrorizados por la violencia cotidiana.
Un día al salir de la escuela, Leila encontró a la Bernard ante el hospital. Ésta se agachó para
besarla y le dijo:
—He visto a tu madre esta mañana. El hermanito o la hermanita está a punto de llegar. ¿Tú qué
prefieres?
Como respuesta, Leila se echó a llorar.
—¿Qué te pasa? ¿Por qué lloras?
—No quiero que madame Rodríguez le ponga las manos encima a mi madre. Ella...
—Vas a hacerme el favor de no hacer caso de las habladurías.
Ante la vergüenza que la chiquilla sentía, la Bernard soltó una carcajada. Fue ella quien, como
de costumbre, ayudó a Yamina a traer al mundo a otro niño.
• • •
De Gaulle llevó a cabo una visita de inspección por el sur de Argelia. Llegó hasta Kenadsa,
hasta aquel lugar en el fin del mundo donde el ferrocarril y la carretera se acababan. Drif, el marido
de Meryeme, la hermana de Bellal, un spahi jubilado, desempolvó el uniforme y se colgó las
medallas para la ocasión. Luego, con la espalda encorvada por el peso de las condecoraciones, fue a
saludar al «General».
En las escuelas habían enseñado la Marsellesa a todos los niños. Les habían hecho
confeccionar banderas tricolores: una enorme hoja pegada a una regla que debían agitar gritando:
«¡Argelia francesa!». Preparados de esa manera, los escolares fueron conducidos en fila a la plaza
principal del pueblo. Sobre un podio cubierto de alfombras resplandecientes, sacando la cabeza a los
hombres que se apretujaban a su alrededor, el General recibía, como si se tratase de una deuda, las
aclamaciones de las tres comunidades. El gentío delirante hizo para él, en aquella inmensa plaza de
tierra, un espectáculo ecuestre y le prodigó una ovación tan grande como las esperanzas que habían
puesto en él. Esperanzas de carácter opuesto, como es lógico. Mucho tiempo después de su vuelta a
Colomb-Béchar, con Lacoste y otros oficiales, los argelinos seguían en la plaza haciendo cébalas.
«El General no ha venido hasta aquí para quedarse de brazos cruzados. Es un hombre de justicia y de
libertad. Lo ha demostrado. Seguramente sabe lo que le conviene a este país...».
Cuando todo el mundo se dispersó, Leila volvió a casa con su banderita en la mano. Su padre y
su tío estaban en el patio comentando la situación. Tan pronto como Tayeb vio a su hija, se abalanzó
sobre ella, le arrancó la bandera y se la hizo pedazos en la cabeza. Jalil se interpuso y se llevó a
Leila a una habitación para rescatarla de la cólera de su padre, que se desahogó con los restos de la
bandera, haciendo añicos la regla.
—Esto era lo único que me faltaba. Mi propia hija con una bandera francesa bajo mi techo.
Escarmentada por la cólera de su padre, Leila tomó conciencia de que no había participado en
un juego colectivo. Los hechos y las palabras tenían mucha importancia...
—Impresiona con su presencia ese «geleral». Se le nota una soberbia de camello cuando saca la
cabeza con petulancia por encima de la multitud, arrugando los ojos.
Leila se olvidó de la vergüenza que había sentido y estuvo a punto de desternillarse de risa. Se
cuidó muy bien de no hacerlo. Jalil también. Pues todos sabían que en la boca de Zohra, aquella
metáfora no era ni una burla ni un insulto, sino, muy al contrario, un homenaje.
A comienzos del verano, el sol se fundía sobre la tierra, transformándola en una hoguera. El
mundo se estremecía bajo una luz cenicienta. Era una tortura para los pies que no podían caminar
desnudos como de costumbre, sin tener la oportunidad de elegir entre las ampollas causadas por los
zapatos o las quemaduras ocasionadas por la arena ardiente. Una tortura para los ojos fusilados por
las reverberaciones que saltaban de todas partes. Una tortura para la piel, que, entre el calor y el
polvo, se cuarteaba como la de las serpientes. Y, para Leila, la tortura de lo que sus pequeñas
compañeras pied-noirs llamaban «las vacaciones largas» y que para ella no eran más que hastío y
soledad añadidos al agobio de los días.
El Ejército francés había cerrado la frontera entre Marruecos y Argelia con la intención de
atajar la huida de las familias al país vecino. Y las noticias de Uchda no eran buenas. El viejo
Buhalufa estaba gravemente enfermo. Desde la muerte de su hijo, arrastraba un cuerpo macilento sin
ningún apego a la vida. Su mirada vagaba por aquellas tierras que habían sido el orgullo de su padre,
y también el suyo y el de su hermano. Allí estaban abandonadas por sus descendientes, confiadas a
los aparceros. A su hermano Hamza, como a él, la vejez lo tenía recluido. Sus sobrinos se habían ido
al maquis argelino a combatir por un país que hasta entonces no habían conocido. Y a su hijo Alí lo
habían matado unos días antes de la independencia de Marruecos. ¡Qué desgracia! Alí había dejado
tres hijos. El Hamdulilah, alabado sea Dios, el apellido Buhalufa no iba a desaparecer con él. Pero
eran tan jóvenes aquellos muchachos. Y ya tenía los días contados. No los vería crecer y hacerse
cargo de la hacienda.
La presencia de Zina a su lado lo reconfortaba y entristecía al mismo tiempo. La pobre Zina no
se merecía un marido así. ¡Ay! Si hubiera tenido a otro de los Ajalli de yerno.
Liberado de la cólera que antaño ofuscaba sus pensamientos, Buhalufa Segundo reflexionaba
sobre el pasado con mayor objetividad. Lamentaba las ideas cerriles que le habían impedido ir a
Argelia. Argelia... ¿Cuánto tiempo hacía que Saadia vivía allí? ¡Como si no lo supiera! Veintidós
años exactamente. Toda una vida. Siempre había tenido un carácter entero y excesivo, tanto en sus
enfados y en sus rencores, como en sus afectos y en su largueza. Pero, por Alá, Saadia también era
una Buhalufa. Un intento, un solo intento y, luego, nada. Como si bastara una señal para redimir el
pasado. Ni siquiera dio señales de vida a la muerte de Alí. Sin embargo, ésa era la ocasión, aquella
o ninguna... Sólo las nuevas tragedias pueden hacer olvidar las antiguas. Y son las grandes
desgracias las que llevan a los hombres a deponer su orgullo y su vanidad. Por lo demás, fue tras
aquella pérdida cuando todo se tambaleó en su cabeza y el recuerdo de Saadia empezó a
obsesionarle.
—Zina, hija, mi final se acerca. Quisiera volver a ver a Saadia antes de morir.
Terribles palabras. Inesperado gesto. Buhalufa no tuvo que repetirlas. Sin perder tiempo, Zina
hizo que le enviaran una carta a Saadia. Gracias a la intervención de Vergne, ésta pudo obtener el
visado de salida. Gracia que fue negada a los Ajalli, como era de suponer... Saadia les hizo una
visita relámpago antes de volver a Marruecos. Con un aspecto perplejo y tenso, aspiraba febrilmente
el humo del cigarrillo, con la intención de disimular tras las volutas del humo lo que de inconsolable
había en su mirada. ¿Qué era lo que desesperaba a aquellos ojos sin lágrimas? ¿El dolor de volver a
ver los lugares de su memoria herida? ¿La recuperación de un padre que había muerto para ella hacía
tanto tiempo, para perderlo por segunda vez? ¿Los duelos encadenados a la pérdida de los seres
queridos, que habían cavado un foso en torno a su soledad?
Yamina, sin embargo, no derramó ni una lágrima. Una pena sin aspavientos ni sollozos, de un
silencio turbador. Zohra sirvió el té atormentando al turbante con una mano que no atinaba a
colocarlo.
—Tienes que ir a visitar la tumba de Aicha. Hay que aprender a perdonar después de tanto
tiempo.
Saadia asintió y dijo con voz apenas audible:
—No te preocupes, iré a su tumba. Nunca he odiado a nadie. Cuidaos todos hasta mi regreso.
Sois lo único que me queda de familia.
Buhalufa murió diez días después. Yamina, desamparada, no dejaba de llorar, Tayeb buscaba la
manera de consolarla. De pronto, se agachó frente a ella. Acababa de tener una idea:
—Cuando Saadia regrese, iremos todos a visitarla, yo volveré para trabajar, pero tú, la abuela y
los niños podréis pasar unos días con ella. Eso nos hará bien a todos.
Aunque Tayeb había aceptado a Saadia, aún no había dado permiso a su mujer para ir a su casa.
Pero ahora que tantos hombres estaban en el maquis o en la cárcel, muchos hogares eran mantenidos
por mujeres solas. Y el valor y la dignidad de éstas habían vuelto obsoletas las obsesiones que su
soledad inspiraba a los fantasmas masculinos. Sin depender de nadie, las mujeres no atraían a todos
los demonios de la creación. No era cierto que volvieran débiles a los hombres de su entorno a
fuerza de tentarlos. Todo lo contrario. Muchas de ellas se habían convertido en estatuas de piedra y
no cesaban de reprender a los timoratos y de empujarlos, si no a ser valientes, a que por lo menos se
tragaran sus calumnias y les mostraran respeto.
A Yamina nunca se le había pasado por la cabeza que Tayeb pudiera proponerle algo así, de
modo que como no acababa de creérselo, se olvidó de llorar. Él, sonrió, se levantó y se marchó.
Yamina se volvió hacia Leila:
—¿Lo has oído? ¡Ha dicho que puedo ir a casa de Saadia!
—Lo ha dicho para que dejes de llorar.
—No, no ha mentido. Lo conozco.
Desde la abuela hasta el más pequeño de los crios, todos acudieron a recibir a Saadia, que
volvió acompañada de Hadif, el primogénito de su difunto hermano. Antes de morir, su padre le
había pedido que tomara a su cargo a sus sobrinos. Los dos últimos llegarían más tarde.
—¿Sabéis que tras la muerte de su hermano, el tío Hamza también ha hecho que lo llamen
Buhalufa?
Todos se echaron a reír.
• • •
Octubre de 1957. Leila empezaba el tercer curso con la misma maestra. Al comienzo de su
escolarización, había tenido la sensación de haber entrado fortuitamente en un mundo al que no tenía
derecho. El número de argelinas que iban entonces a la escuela se podía contar con los dedos de la
mano. Pero, más adelante, aunque Leila siguiera sintiéndose limitada por su medio, por
preocupaciones distintas, por la miseria, en una palabra, aunque siguiera siendo una extranjera entre
las alumnas pied-noirs, la mirada benévola de su maestra la había estimulado tanto que la chiquilla
tenía la impresión de que madame Bensoussan sólo la miraba a ella. Sin duda se equivocaba. ¡Qué
más daba! ¡Sus toscos zapatos de desarrapada hechos por el zapatero del pueblo, sus vestidos
cosidos por su madre que consideraba elegante emperifollarlos con zigzags multicolores! Todo lo
que hubiera podido llenarla de vergüenza había sido barrido por aquellos ojos que no la juzgaban
por su peculiar indumentaria. Al contrario. Probablemente se mantenían más despiertos, más
animosos con ella en razón de sus mayores dificultades. Sin saber bien cómo mostrarle su gratitud,
Leila había puesto todo su empeño en no decepcionarla. Más que el hecho milagroso en sí mismo de
que la hubieran llevado a la escuela durante aquellos años, fue el interés que aquella maestra se tomó
por ella lo que en realidad abrió una boquete en aquel bastión de la Francia colonial que era la
escuela.
La tiza, la pizarra, el tintero, la pluma, los cuadernos, los libros... Leila había tenido al
principio un contacto físico y sensual con los elementos que iban a modelar su espíritu. ¿De dónde
procedía aquel placer táctil casi instantáneo? ¿Del hecho, todavía inconsciente, de que estaba
descubriendo un mundo nuevo, un universo en las antípodas del que mantenía a su madre
enclaustrada? ¿De la riqueza que Leila imaginaba que contenía y que despertaba su curiosidad? La
pluma, el cuaderno y los libros iban a convertirse en su única escapatoria frente a todo lo que la
mantenía confinada: las órdenes de su madre, las tareas de la casa, una tradición oxidada y
anquilosada, la nada de la inmensidad. Más adelante, serían sus armas y sus medios para resistir.
Gracias al interés y al afecto de su maestra, Leila se había atrevido a hacer proezas y tomado
por asalto todo lo que, hasta entonces, había creído reservado para las otras por un intocable sello.
Hacía ya un año que era la primera de la clase y no pensaba dejar que la superaran. Y entonces todo
el mundo empezó a interesarse por aquella niña de largas trenzas morenas que todas las mañanas
dejaba su duna para ir a la escuela. Llamaba la atención que una pequeña árabe fuera tan lista.
Madame Bensoussan se sentía muy orgullosa de ella. Y ésa era la mejor recompensa para su alumna.
Durante los recreos, la maestra retenía con frecuencia a Leila para charlar con ella. A veces le
deshacía las trenzas y la volvía a peinar a su manera, lo que despertaba muchas envidias. Algunos
padres de alumnos vinieron a quejarse:
—Su compasión por la pequeña árabe no tiene por qué convertirla en la primera de la clase. No
hay que confundir las cosas.
—¡En primer lugar no se trata de compasión como ustedes dicen, sino del justo reconocimiento
de su trabajo! Además, ¿quién está aquí confundiendo las cosas, ustedes o yo?
Ella los miraba de arriba abajo sobre sus tacones de aguja. Ante la obstinación en la estupidez,
se encogía de hombros y con un revoloteo de su falda hueca, les daba la espalda y se iba.
—¡Fíjate, Leila, la envidia que despiertas! Espero que sea así toda la vida. Eres una niña lista y
sería estupendo que continuases tus estudios hasta el final. Me daña náuseas que corrieras la suerte
de las otras argelinas. Aférrate a la escuela, es tu única tabla de salvación.
La niña la miraba con un amor desmesurado. ¿Qué sería de ella en un mundo tan hostil sin la
égida de la rumiya? Por pudor o por miedo, los comentarios de las pequeñas no eran más que el eco
de las habladurías de sus padres. Y el candor de su tono hacía aún más hiriente el desprecio. Por
entonces, Leila empezó a darse cuenta de que la escuela era su única tabla de salvación. El afecto de
aquella rumiya estaba abriendo en su mente horizontes insospechados. Ella la guiaba en una lengua
que no había escogido pero que ya empezaba a gustarle, el francés. Poco a poco y con la complicidad
de sus palabras y de sus libros, la maestra le iba desvelando aquel mundo que Leila sólo atravesaba
para ir a la escuela.
Capítulo VI
Zohra pasaba los días pendiente del cartero. En cuanto aparecía a lo lejos, salía corriendo a su
encuentro. ¿Traía carta de Marruecos? El tiempo se había detenido en el sufrimiento. Todas las
familias estaban rotas: quien no tenía un pariente en el maquis, lo tenía en la cárcel. Muchos otros
escapaban de la represión emigrando. La guerra, que no llevaba la cuenta de lo que devastaba, hacía
añicos la esperanza del reencuentro. Las familias contaban sus muertos. Pero era raro que la noticia
de la muerte de alguien llegara por escrito, en la saca del cartero. Viajaba de boca en boca desde los
yabals a las hamaadas, desde los guijarros del frente o desde la oscuridad de los calabozos a las
paredes de adobe de las metchas, hasta los oídos de las mujeres.
Zohra estaba rota hecha un ovillo en el suelo. ¡Han matado a Bellal! El cielo y la duna se
tornaron negros para sus ojos, que ya nunca volvería a abrir para contemplarlos. ¡Bellal! El preferido
de Zohra. Lo quería, sin duda alguna, más que a sus tres hijos juntos, porque era la quintaesencia de
su mundo, del mundo de los hombres del desierto. S’baa, el león, como le llamaba Zohra, era
también el ídolo de Leila, que lo consideraba una especie de demiurgo, líder de los semidioses de la
estruendosa montaña. ¿Muerto? ¿Cómo era posible? Leila estaba a punto de marcharse para huir de
lo insoportable, para ir a llorar sola al regazo de la duna, cuando empezaron a resonar estridentes las
albórbolas. Un escalofrío la detuvo. Se volvieron a oír las albórbolas. Aquellos gritos engañosos
acrecentaban su dolor. Con el cuerpo y las cuerdas vocales tensos hasta casi romperse y la mirada
clavada en Zohra, Yamina era una pura albórbola. Los peñascos que dominaban la duna la relevaban,
amplificando el grito y proyectándolo hacia lo alto en un crescendo obsesivo. ¡Y la abuela, poseída
por la misma locura, se puso también a gritar! Sombrío día aquel en que las albórbolas, que deberían
anunciar la alegría, tomaban por testigo a las alturas celestes del tributo que la Huría volvía a
reclamar. Tarde de hacha, de comida y Corán para otra velada fúnebre. Zohra, Yamina y Meryeme,
con las voces quebradas, con los ojos y los cuerpos abatidos por la tragedia, permanecían en aquel
momento ligadas por un silencio sin lágrimas al son de los versículos. Pero Leila sabía que con su
mutismo estaban componiendo un panegírico a Bellal, el S’baa. Mañana sus bocas contarán las
virtudes de Bellal y la pena de haberlo perdido. Mañana sus cánticos serán las primeras flores del
duelo. Y con la cabeza atiborrada por el soniquete de la letanía de los talebs. Leila volvió a pensar
en aquellas albórbolas que descargaban la pena en sus oídos. A partir de entonces entrenará el oído
para lograr discernir todos los matices. Y llegará a descubrir una gama tan rica que su mente
distinguirá en esos virtuosos sonidos el esplendor de la música, la poesía y el drama.
Porque la albórbola de la risa suena como un cascabel. La albórbola es un cántico que torpedea
el cielo en busca de angelitos. Albórbola, vértigo voluptuoso del sollozo, grito de lo indecible
lanzado hacia los cielos. Albórbola desaprensiva que incitas o provocas, que fanfarroneas o te
encanallas. Albórbola mimosa. Albórbola taimada que unes a las vírgenes y a las rameras por
encima de las paredes. Albórbola triunfal que te inflamas y empalas los corazones de los
adversarios. La albórbola puede ser la demencia de la cólera cuando ha quemado todo su fuego, la
llamada del dolor que sangra por todos los males. Albórbola, regalo de vida. Albórbola, esplendor
de boda.
Y ahora, la albórbola es también el adiós sublime a los muertos gloriosos. Albórbola, ala de la
emoción, escudo contra las conmociones. Albórbola, bandera que desfila. Albórbola dardo.
Albórbola estandarte que plantamos en el oído enemigo hasta que el alma se nos parte. La albórbola
se convierte en un arma que ahoga el llanto. La albórbola es para las mujeres todo lo que su suerte
les niega. La albórbola es el resplandor, el fulgor que no poseen las palabras. La albórbola es un
rayo de sol, maná del cielo.
AI día siguiente, al despertarse, con el turbante embridándole los párpados, con un ojo tapado y
los tatuajes torcidos, Zohra dijo a Leila con tono cansado:
—Ven conmigo a la hadra.
La s hadras son reuniones de mujeres relacionadas con el culto a Alá y su Profeta. Una
irreprochable coartada que forzaba a los hombres a mostrar una incómoda tolerancia cargada de
sospechas... Como la presencia de las mujeres manchaba la casa de Alá, sólo podían rezar juntas en
sus casuchas. Pero, ¿qué podían tener las mujeres de sagrado, si son la viva imagen de lo profano?
Sus oraciones sólo eran, como mucho, cánticos que con el paso del tiempo se habían convertido en
cantilenas de todo tipo. Un pasatiempo, en suma. Trances orquestados por el lirismo de los
encantamientos y del potente resonar de los tambores. Una danza liberadora de las tensiones
acumuladas. Aunque los cantos litúrgicos inauguraban siempre las hadras, sólo eran el breve
preludio del repertorio femenino. Y eso que sólo tenían tiempo de participar en semejantes
desahogos las mujeres redimidas de las tareas domésticas por su avanzada edad. Pero la guerra había
alterado todo. Las grandes conmociones reportan a veces algunos beneficios. Sin embargo, el
patriotismo mistificaba todos los actos y ocultaba algunas verdades.
Tales cánticos constituían un acervo trasmitido de madres a hijas. Las gargantas vibraban al
unísono al redoble de los tambores con palabras que eran miel y acíbar, espera y lágrimas,
cansancio... También eran fiebre, fuego y sangre. La tempestad de voces ascendía, semejante a la
embriaguez de la arena del viento del desierto. Los torsos empezaban a balancearse con lentitud. Los
párpados se cerraban y los ojos miraban hacia adentro. El tiempo se alargaba, la oscuridad lo cubría
todo, los jadeos se debatían. Los ancestrales lamentos de los tambores retumbaban en la cabeza. El
cuerpo vibraba con el rai, auténtico zarandeo de vitalidad en los momentos más duros. Raí de ayer,
rai de mañana, nudo en las entrañas, espina en las cuerdas vocales. Raí, ¿cómo transformar tu queja
en esperanza?
Con las heridas a flor de voz, con extraños gruñidos en el límite de la consciencia y con la
sensibilidad exacerbada por el trémolo de los coros, cada mujer aguardaba Su Canto. Ritmos y
palabras a la medida de su desazón que le ofrecían sus compañeras. Ella los recibía como una
descarga en el cuerpo y se dejaba llevar por la aceleración de los tambores. Con la belleza del furor
desencadenado, por desgracia transitorio, la mujer sumisa daba a luz a una diosa digna de figurar en
la mitología. Con el rostro desencajado por una repentina expresión salvaje, las trenzas y las ropas
convertidas en tormenta, golpeando el suelo con los pies con la misma violencia con que las manos
amigas golpeaban los tambores, entrechocando las ajorcas... La tierra retumbaba con esos golpes
como millares de corazones desbocados. Mujeres-peonza, mujeres-contoneo, mujeres-locura. Luego
rasgaban sus vestidos y con vehemencia muda daban rienda suelta al vientre y las caderas, que tanto
tiempo llevaban en las mazmorras. Comían puñados de tierra. ¿Qué sacaban de ello? ¿El sabor de la
muerte que había empezado a cubrir de luto sus vidas? ¿Los besos que nunca recibían? Aquellas
mujeres comían brasas, hasta quemarse el inconsciente, hasta la irrealidad.
Los tam-tam y los cánticos daban vueltas trabajándose los cuerpos que caían al suelo agotados.
Sólo entonces se calmaban y los mecían. Jadeantes, desprovistas de energía, de voluntad y de deseos,
las mujeres yacían en el suelo. Algunas, neutralizada la angustia y anuladas las inhibiciones, rompían
en sollozos. Un lamento las acompañaba elevándose por encima de la asamblea. Luego les tendían
las manos y les ayudaban a levantarse. Volvían a la fila. Les daban un vaso de té que bebían en
silencio. Finalmente, retomaban los cánticos y los tambores para que otras pudieran descargarse a su
vez de sus tribulaciones.
Aquellas efusiones, prohibidas en cualquier otro sitio, acababan entonces. La maalma,
guardiana de la tradición, las envolvía en los mendiles con los tambores para no sacarlos hasta la
siguiente hadra. Las demás volvían a cubrirse con sus velos y con su pasividad habitual. Volvían a
su soledad curtida de animales de carga, hacia una vida sin ningún valor. Ellas mismas se ponían los
arreos que los hombres les habían adjudicado. Sólo habían venido en busca de la extenuación
salvadora, para volver luego a toparse con el rostro liso de la fatalidad.
Con la guerra de liberación, las hadras se estaban convirtiendo en una formidable herramienta
de resistencia y propaganda: relatos de batallas, panegíricos a los héroes, cantos patrióticos e himnos
a la libertad acallaban los desesperados rais... Aunque las mujeres continuaban celebrando sesiones
de desahogo, éstas se hacían más cortas. Más tarde, con las piernas cruzadas, en pequeños círculos
de cuatro o cinco, con el tambor horizontal en lugar de vertical, en señal de duelo, sujeto con las dos
manos, el fuego se apagaba en los cuerpos para arder en los ojos y las voces. En las palabras. Cada
vez que se mencionaba el nombre de un héroe o un mártir, cada vez que se nombraba a la Huría. las
albórbolas se elevaban sobre la reunión. En adelante se harían eco de las noticias dolorosas,
contribuirían día tras día al avance de la libertad. Así fue como mujeres que se encontraban entre las
más conservadoras se habían puesto a difundir por todo el país y a comunicar a otras «hermanas»
noticias, movimientos de apoyo, ánimos y desafíos marcados por el siguiente estribillo:
—Si matan a mi marido, a mi hermano y a mis hijos, lanzaré albórbolas que les abrirán las
puertas del cielo y me iré al yabal a combatir por la libertad.
Y las mujeres volvían a sus casas exorcizadas y serenas, anestesiadas por un tiempo.
Regresaban llenas de esperanza y voluntad.
Aquel día, Zohra, la mujer de los tatuajes oscuros, les cantó la elegía de S'baa. Leila miraba a
todas aquellas mujeres de ojos ardientes. No se daba cuenta entonces de que no se trataba de un
anacronismo. Las miradas y los cánticos de aquellas mujeres que las hadras exaltaban se habían
liberado de su maldición. Aparecía un lenguaje nuevo. La libertad, la revolución y todos aquellos
nombres de heroínas. Era maravilloso. Seguro que llegaría un día en que todas las mujeres de
Argelia vivirían como su tía Saadia, como madame Bensoussan o como la Bernard.
• • •
Para todos, el terror tenía ahora el color de los uniformes de los hombres de Bigeard. Esos
militares tienen algo perverso. Perdieron sus corazones y sus almas en los arrozales de Indochina.
«Sólo son máquinas de torturar y de matar», decía la gente. Máquinas que habían hecho el rodaje en
las tácticas de la guerrilla. Iban en pequeños grupos a buscar al fell y a martirizar a la población.
Siempre aparecían en los sueños de Leila. Habían desplazado a las caravanas de sal y a todos
los personajes de los cuentos de Zohra. Ahora, las tormentas cargaban el cielo con sus uniformes,
cuyas manchas goteaban sangre. «¡La sangre de nuestros S'baas! ¡La sangre de nuestros S'baas!»,
gritaban. En las ráfagas de viento resonaban gemidos. La duna respiraba como un pulmón enfermo.
Levantaba arena, se expandía y zumbaba. Se erguía y reventaba en un enorme torbellino. La arena
alisaba y tamizaba los uniformes que desaparecían, como atacados por un ácido. En aquel estrépito,
una explosión, el grito de un niño y la visión de un bracito con el puño cerrado, y en el extremo, una
flor de sangre. Leila se despertaba. Temblorosa, escuchaba durante un buen rato la tormenta de arena,
la hadra de las dunas en la furia del viento.
El invierno de 1958 fue terrible para los habitantes de la casita blanca, aislada como una jaima,
al pie de la duna. Un punto neurálgico, uno de los escasos pozos en la región. Los militares estaban
convencidos de que los fellagas se abastecían de agua en él. Además, sospechaban que Tayeb
pertenecía al FLN. Por eso tenían la zona sometida a una intensa vigilancia y no dejaban de acosar y
maltratar a la familia.
Los paracaidistas llegaban a la una, las dos o las tres de la madrugada. Las tablas y los clavos
de la puerta, reventada con las primeras patadas, volaban en pedazos. Sus crujidos restallaban como
un grito de espanto. ¡Qué sobresaltado despertar para aquella familia! Los alineaban contra una
pared, en el cortante frío nocturno. Las llamas de las antorchas les cegaban. Patadas y culatazos.
Caras vociferantes y estupor frente a la violencia de los paracaidistas que saqueaban la casa.
Como vivían obsesionados, Tayeb y los suyos se habían acostumbrado a dormir vestidos y a no
cerrar la puerta más que con una piedra. Si no podían impedir que los militares se llevaran a Tayeb,
al menos ahorrarían tablas, que eran un bien escaso.
Tayeb volvía por lo general a la mañana siguiente. Con el rostro impenetrable y los ojos
hundidos, intentaba ocultar a su familia las manchas moradas de la piel.
—No me han aplicado la picana.
Eso era todo. Porque si sacaba fuerzas de su fervor, de su resistencia de nómada y de su
compromiso, la idea de la tortura con descargas eléctricas lo sumía en un pánico irreprimible. Pero
mientras no le retuvieran preso, era que no había ninguna prueba en su contra. Esa certeza
tranquilizaba un poco a los Ajalli que se mostraban aún más prudentes y vigilantes.
Un día se lo llevaron los militares, pero no volvió a la mañana siguiente. Por la tarde Jalil quiso
ir en busca de noticias. Zohra y Yamina se opusieron. Les daba demasiado miedo la posibilidad de
que también lo encerraran.
—Yo no corro ningún riesgo. Leila vendrá conmigo —decidió Zohra.
Ante la puerta de la gendarmería, se cruzaron con Berger, un oficial que solía aprovisionarse de
agua en su casa.
—No os preocupéis, Tayeb está bien.
—¿Cuándo lo van a soltar? —preguntó Leila inquieta.
Berger sólo pudo responder con un gesto de impotencia. Abatidas, Zohra y Leila se separaron.
Zohra, con los pliegues del turbante comprimiéndole las cejas, volvió a casa. Leila siguió hacia la
escuela. Solía ir al encuentro de madame Bensoussan en cuanto la veía a lo lejos para acompañarla.
De ese modo, la tenía para ella sola hasta que la campana sonaba por segunda vez. Aquel día, Leila
se quedó pegada a uno de los pilares de las arcadas del patio, sin moverse. Su maestra se detuvo ante
ella:
—Dime, ¿qué te pasa?
—Han metido a mi padre en la cárcel.
No pudo terminar la frase sin echarse a llorar. Madame Bensoussan la cogió de la mano y se la
llevó a clase.
—Escucha, la guerra es una monstruosidad. Pero no va a durar eternamente. No llores. Tienes
que ser fuerte. ¡Tenemos que evitar que los paracaidistas puedan con nosotros!
Tayeb no volvió hasta pasados unos días, con la cara verdosa y el cuerpo cubierto de
cardenales.
—Ya Allah, he estado a punto de venirme abajo, pero Berger me ha salvado.
Les contó el interrogatorio, los golpes y la actitud de Bergen El oficial se había opuesto a que lo
pasaran por la gehena. Se había mantenido vigilante, asomándose de vez en cuando a echar un
vistazo por la puerta. En cierto momento, Tayeb le pidió de beber.
—No podía aguantar más. ¡Estoy seguro de que estaba a punto de derrumbarme! Los otros
soltaron una carcajada. «¿Quieres gazouz? Pues aquí no tenemos. Berger montó en cólera y les
reprendió: «Cuando necesito agua voy a su casa, a cualquier hora. Tayeb nunca se ha negado a dejar
lo que se traía entre manos para servírmela. Así que, os guste o no, le voy a pagar con la misma
moneda». Salió del despacho y luego volvió con una buena jarra. Me llamó desde el umbral de la
puerta. En el momento en que me llevaba la jarra a los labios, Berger me susurró en árabe: «Tayeb,
aprieta los dientes, no flaquees, no tienen ninguna prueba contra ti. Es un farol. Aguanta, no te pasará
nada. ¡Si hablas, eres hombre muerto!».
—Se quedó en el pasillo sin que los otros le vieran. No sabía que hablaba árabe. De la
sorpresa, estuve a punto de que se me cayera la jarra. Dándome ánimos con la mirada, Berger me
indicaba que mantuviera la boca cerrada, haciendo una pinza con el pulgar y el índice. Aquellos
tragos de agua fresca en mi garganta ardiente, aquellas palabras y aquella mirada en la noche hostil
me devolvieron la firmeza. Me volví hacia los otros transformado.
Tayeb juntaba el dinero de las cotizaciones para el FLN y se ocupaba del avituallamiento de
materiales y víveres, de los cuales el más acuciante era el agua, que no procedía de su pozo sino del
viejo ksar, en el lado opuesto a la casa, si se tomaba como referencia el centro del pueblo. Y no era
él quien la transportaba al cementerio judío, lejos de las miradas indiscretas... A nadie se le había
ocurrido buscar miembros del FNL en el cementerio judío, de noche.
A partir del mes de mayo, con la llegada del calor agobiante, la familia cenaba y pasaba la
velada afuera, delante de la casa. Las paredes del patio de cemento retenían el aire cálido,
trasformándolo en un auténtico horno. Tras el marasmo del día, cuando el añil del cielo había
terminado de ocultar los últimos rayos de sol, las mujeres regaban durante un buen rato alrededor de
la casa. El agua desaparecía nada más tocar el suelo, sin humedecerlo. La tierra desprendía vapor
con un agudo crepitar y se convertía en una corteza resquebrajada. Había que coger otra vez la
manguera y regar unas cuantas veces más, para sentir una mínima diferencia.
Tampoco podrían los Ajalli ir a Uchda aquel verano. La frontera seguía cerrada. Una vez más
tendrían que hacer frente a la gehena del verano. A Leila la horrorizaban los cuatro meses de
vacaciones escolares. Aburrimiento y soledad adheridos al letargo. Y la desaparición de la coartada
de los deberes escolares la entregaba a los ataques de su madre. Sus compañeras, Claire y Gisèle, se
habían marchado. Una, a Biarritz y, la otra, a Niza. Antes, le habían descrito el bullicio costero en
periodo estival. Leila buscó la ubicación de las dos ciudades en el mapa de Francia. En cuanto a
ella, no había visto el mar más que en el cartel que la maestra había colgado en una de las paredes
del aula.
En la otra punta de la ciudad, en la mellah judía, vivía su amiga Sara. Pero a Leila no le daban
permiso para visitarla. A pesar de sus ruegos, Sara sólo se había atrevido a llegar hasta el pie de la
duna. El verano cerraba otras fronteras, las de las tradiciones. Y las de los diferentes barrios, que
quedaban hechas trizas por el callejeo en torno a la escuela y las amistades durante el curso.
Menos mal que tenía a las estrellas para colgar de ellas unos cuantos sueños. Recostada, con la
cabeza en las rodillas de su madre, Leila las admiraba. ¿Serían los cielos de Niza y de Biarritz tan
hermosos y estrellados? Aquí la extrema sequedad de la atmósfera daba al firmamento una
profundidad de polvo de oro y plata en la que los astros flotaban como lentejuelas. Y esa textura de
luz hacía que, hasta en las noches sin luna, el cielo nunca fuera negro sino de un terciopelo marino
irisado. Las estrellas brillaban, titilaban y luego se iban eclipsando. Leila pasaba horas con la cabeza
levantada, observando aquella retahila de vidas lejanas. Aquel sentimiento cautivador apaciguaba
los sentimientos de injusticia y acunaba sus sueños. De vez en cuando, se detenía unos instantes para
recorrer el suelo con la mirada. Los escorpiones y las víboras abundaban, atraídos por la luz.
Aquella noche había luna llena. La duna blanca mecía las sombras en su regazo. La palmera se
estiraba con la noche en el tronco y la luz en el penacho, guateado como una flor de algodón. El reg
se cubría de vetas con zonas oscuras salpicadas de rocas blancas. Las cañas parecían plumas de
plata. Los niños se aglutinaban en torno al farol. De sus ojos se elevaba el zumbido de los abejorros.
Sentado con las piernas cruzadas, Jalil redactaba una carta para Uchda. Zohra le había dicho lo
que quena que trasmitiera a su hija Fatna y a su hijo Nazer. Y Yamina a su padre. Tragándose las
lágrimas, Yamina pensaba en los tres años que la separaban del resto de su familia. El perro, al que
desataban por la noche, se había tumbado junto a ellas. Con la cabeza sobre las patas delanteras,
observaba a las mujeres con ojos tristes, como si estuviera exhausto por las perpetuas quejas de
ambas. De repente levantó la cabeza, movió las orejas y se puso a ladrar. Casi al tiempo, los Ajalli
escucharon un ruido de pasos. Pronto una docena de paracaidistas los rodearon. Órdenes bruscas,
armas encañonándolos, miradas enloquecidas. Uno de ellos, un gigante exaltado, que era puro
músculo, vociferó en dirección a Jalil:
—¡Haz que se calle el perro o acabo con los dos!
—¿Qué queréis que haga? Mientras estéis aquí, ladrará, es normal —dijo Jalil con tono
conciliador.
El otro gritó:
—¡Hostia! ¡O haces que se calle u os dejo como a un colador a los dos! Lo has enseñado a que
te avise de nuestra llegada, ¿eh?
Su fusil parecía formar parte de su cuerpo, de su rabia. Jalil con el rostro brillante de sudor,
cerró con una mano el hocico de Tobi. Con la otra lo empujó al interior de la casa. Toda la familia
guardaba silencio. Pasaron la tarde, una de las más tórridas, encerrados en una habitación con el
perro, abrazándolo y acariciándolo para que no ladrara.
Tobi tenía una función esencial dado el aislamiento en el que vivían los Ajalli: cuidar del
depósito de agua y de todo el material que dejaban en torno a los talleres y las fraguas. De día, la
presencia de los obreros les obligaba a atarlo en su caseta. Cuando se iban, era el guardián del lugar.
Unos días después de aquel incidente, lo oyeron ladrar hacia las tres de la mañana. Después de
que sonara una ráfaga de metralleta, Tobi lanzó un gemido lúgubre. )alil se levantó de un salto.
Tirada por el suelo Zohra agarraba las piernas de su hijo suplicándole:
—¡No, hijo mío, no salgas, te matarán también!
Una segunda ráfaga. El aullido del perro se detuvo. Por la ventana abierta, a causa del calor de
aquella noche, oyeron pasos que se acercaban:
—Acuéstate Jalil, hagamos como si estuviéramos durmiendo. Es lo mejor que podemos hacer
—aconsejó Zohra.
Leila temblaba. Se agarró a su abuela, que la estrechó contra su pecho. Unos instante después,
una sombra se perfiló en el marco de la ventana. El haz de una linterna barrió la habitación que
compartían los tres y se detuvo en ellos. La boca de un fusil brilló furtivamente. Permanecieron
inertes, como muertos.
Por la mañana encontraron el cuerpo de Tobi acribillado a balazos.
• • •
Yamina tenía ahora cinco niños y una expresión socarrona que se teñía de desdén en presencia
de las «pobres mujeres que sólo tenían niñas». Y si a veces aparentaba cierta condescendencia hacia
ellas, no era, desde luego, más que una manera distinta de restregarles su triunfo. Había salido
victoriosa de la guerra del vientre y saboreaba pequeñas crueldades para con las derrotadas de la
natalidad.
Todos opinaban que Nassim, el quinto de los hijos varones, era un niño precioso. Pero Leila
sentía preferencia por Alí, el cuarto de la prole. Un ser enclenque, que parecía un viejo en miniatura
de tanto como le arrugaba la piel la delgadez. Unos ojos inmensos le devoraban el rostro
confiriéndole una seriedad patética. Para conseguir que comiera, había que utilizar siempre la
astucia, para desesperación de sus padres. Leila lo tenía en cierto modo bajo su protección. Pero, por
desgracia, no era el último en exigir cuidados. Nassim, aquel vigoroso alborotado esgrimía el llanto
como una orden: «¡Hacedme caso!».
A veces, Leila imaginaba a Gisèle y a Claire jugueteando con las olas. Sus ojos se empañaban.
¿Era justo que no pudiera pasar las vacaciones de otro modo? Ella no tenía más que la muralla de
papel de los libros para protegerse de los biberones, las sopas, los gritos, los pipis... Sólo sus
historias para viajar. Un día, en un ataque de rabia, inspirándose en las metáforas de su abuela le
gritó a su madre en la cara:
—Tus embarazos son como pústulas en mis ojos. Y tus hijos, saltamontes que devoran mis días.
No quiero ser ni tu obrera ni tu esclava, eh, ¡reina de colmena!
Azarada por su insolencia, Yamina se arrojó sobre ella. No había contado con Zohra. Su
diáfano magrún era como un santuario contra los peores arrebatos de cólera. Y Tayeb no podía hacer
nada contra ello. La señora Zohra garantizaba su maldición a quien se atreviera a levantar la mano a
Leila.
—El yin de Buhalufa ataca otra vez. Y Zohra no me ayuda a llevarte por el buen camino. ¿Qué
puedo hacer contigo? —se lamentaba Yamina cuando su suegra estaba lejos.
Que la tentara el mismo demonio que a Buhalufa era un gran orgullo para Leila. Por eso se
empeñaba en cultivar aquella locura.
Durante los días de verano, la temperatura demasiado elevada de la arena le impedía trepar la
duna. La chiquilla tenía otro refugio, el tupido cañaveral. Echada a sus pies, en el limo húmedo de la
acequia, con las manos en la nuca, Leila se dejaba acunar por sus murmullos y dejaba volar la
imaginación o se ponía a leer. Cuando la llamaban para comer, no respondía. Mejor ayunar que tener
que hacer frente a la esclavitud de la sobremesa. Siempre podría escamotear un tomate, un huevo
duro, una rebanada de pan, cuando la modorra de la siesta se hubiera apoderado de los otros. Por
otra parte, la invadía un sentimiento de transgresión que daba un sabor exquisito a su soledad.
Consciente de su impotencia, su padre le dijo un día:
—Escucha, te propongo un trato: si aceptas ocuparte de tu hermano Alí, recibirás una paga. Ya
no serás una esclava como dices, sino que tendrás un trabajo remunerado. ¿De acuerdo?
Los ojos de la desvergonzada sondearon a los de Tayeb durante un buen rato, con la intención
de encontrar algún destello pérfido que hubiera minado cualquier pacto entre ellos. Tayeb ponía cara
de bonachón.
—¿Sólo de Alí? —adelantó la chiquilla con un mohín de duda.
—Sólo de Alí —la tranquilizó el padre, a pesar del gesto de contrariedad de Yamina.
—¡Qué bien!
Asunto resuelto. Tayeb le hizo a Leila una pequeña hucha de madera que confió a su madre.
Todos los finales de mes, le echaba cinco francos. De vez en cuando, Jalil depositaba también unas
monedas. A Leila, que cuidaba de Alí aunque no le sacara más que un palmo de altura, le encantaba
aquel prometedor tintineo. Consciente de su ascendente sobre el niño, dejaba volar la imaginación y
leía ahora en voz alta. Para los dos.
Una vez que hubiera amasado una pequeña fortuna, se compraría una muñeca enorme. Claire
tenía una tan bonita, con vestidos tan elegantes, que Leila no se atrevía a tocarla, contentándose con
mirarla con ojos tiernos. Y luego le haría un regalo a su tía Saadia acorde con la admiración que
sentía por ella. A Zohra le compraría una fíbula o un turbante. Y, sobre todo, podría tener por fin una
bicicleta, como sus amigas pied-noirs. Su abuela asentía con la cabeza. Con el paso de los meses, la
hucha iba llenándose. De vez en cuando, Leila la sacudía para que cayeran las monedas que su padre
o su tío sustituían por billetes.
—Pronto podremos abrirla e iremos las dos a Béchar. La tía Saadia nos llevará de tiendas.
Menuda sorpresa y menuda pena, cuando un día al volver de la escuela, Leila descubrió la
hucha reventada y vacía. Con la boca abierta, se volvió hacia su abuela.
—¡Ha sido tu padre, kebdi! Tenía miedo de que malgastaras el dinero en tonterías. Como había
visto una cabra horra en el mercado, se ha ido a comprarla con tus ahorros. Ya sabes, a tu madre no
le queda leche para alimentar a Nassim... Pero Tayeb me ha prometido que te dará el doble de tu
dinero cuando la revenda o cuando venda a alguna de sus crías, —dijo Zohra con un tono suave con
la intención de atemperar su pena— De momento, te has quedado sin dinero, pero tienes una cabra
magnífica. Ve a verla. La ha encerrado en el gallinero.
¿Qué podía hacer con una cabra, aunque fuese la más bonita del mundo, cuando la traición había
destruido por completo sus sueños, acariciados durante tanto tiempo? Que su padre le hubiera dado
un disgusto tan grande era insoportable así que, rumiando aquella infamia con una rabia muda, lo
esperó. Cuando llegó, se engalló con él y con todo el coraje de que era capaz, le gritó:
—Ya no eres mi padre. He confiado en ti y me has traicionado. ¡Te odio! ¡Te odio! ¡Nunca
hubieras hecho algo así a ninguno de tus hijos, lo sé y todavía te odio más por eso!
—¡Dios mío!, ¡Dios mío! ¡Qué he hecho yo para merecer a este demonio!
Ésa era toda la preocupación de Yamina. Tayeb intentó justificarse, azorado:
—Hija, ¡necesitábamos la cabra y yo no tenía dinero!
¡Pamplinas! Sí que tenía un poco. ¡Al menos el necesario ' para comprar una cabra! Desde hacía
varios meses, Jalil trabajaba también. Y los dos hombres se habían puesto a ahorrar. Sin duda,
porque había que ir pensando en casar a Jalil. Zohra, que escondía sus ahorros en su armario y
guardaba la llave en su cinturón de lana, lo sabía perfectamente. ¿Por quién la tomaban todos?
La susodicha cabra daría un montón de cabritillos. Era muy bonita, Leila no podía negarlo. Con
el pelo liso, de un beige casi blanco y los cuernos finos como de cobre entorchado, parecía una
gacela.
Leila se había vuelto más precavida y vigilaba a su padre; todas las diferencias que establecía
entre Bahia y ella, por una parte, y entre ella y sus hijos varones, por otra, todos los privilegios
reservados a los niños... No se le escapaba nada. ¿Por qué Leila sólo era un orgullo para su padre en
su condición de escolar? ¿Para darse importancia ante los rumíes? Nunca perdía la ocasión de
recordarle insidiosamente que a ella le aguardaba la misma suerte que al resto de las mujeres. ¿Iba
por lo menos a mantener su promesa el día que vendiera la cabra? Tayeb no la mantuvo. Entonces, es
que era normal mentir a una hija. Normal traicionarla y robarle. Normal hacerle perder todo hasta las
últimas alegrías infantiles, hasta la confianza. Una manera sistemática de limar las asperezas de su
carácter. Nadie se había tomado en serio su pena. Ni siquiera su abuela. Por primera vez, Leila se
sintió sola frente a una familia unida por la tradición. Una tradición en la que una mujer no conquista
un lugar más que a fuerza de heridas restañadas en silencio.
Mucho más adelante, Tayeb regalaría a pesar de todo una bicicleta a Leila. Pero sería por otro
motivo. Otro cambalache. Por entonces, Leila molestaba e inquietaba. Y cuando llegaron las
vacaciones de Navidad, la dejaron aliviados marcharse con Saadia a Béchar.
Capítulo VII
Había mucha gente en el mercado de Béchar. La comunidad francesa trabajaba en los últimos
preparativos de las fiestas de Navidad. Ante la insistencia de sus sobrinos Hadif y Leila, Saadia los
acompañó en primer lugar al mercado de ganado. Las emanaciones acres de los excrementos,
caldeados por el sol, producían picor en la nariz al acercarse. En aquel zoco reinaba como siempre
un guirigay que encantaba a los niños. Los balidos monocordes de las ovejas y los cacareos de las
gallinas formaban un canon a dos voces sobre el que se aceleraban las proezas de los gallos y los
balidos de los carneros. Éstos, electrizados, con ojos fulminantes y con la perilla sobresaltada, se
precipitaban hacia las cabras, viendo finalmente quebrado su impulso por las cuerdas que les
mantenían firmemente atados a los pilares. Las cabras, por su parte, pacían brazadas de alfalfa,
indiferentes a sus requerimientos. Muy cerca, destacando por su arrogante silencio sobre aquella
batahola sedentaria, los camellos abarracados se aplicaban en masticar, los ollares de la nariz
levantados hacia el cielo. Con fuertes voces, los hombres bromeaban, halagaban las cualidades de
sus animales y reían.
Al sur de la parte cubierta del mercado, abundaban los aromas entremezclados de las especias.
Un poco más lejos, daban paso al olor dulzón de la sangre, a la gama de sus matices cálidos en la
orgiástica bestialidad de las carnicerías. Los animales eran degollados allí mismo. Su sangre corría
delante de los mostradores por los regueros previstos a tal efecto y era expuesta en pegajosos
manteles ante la puerta este del mercado. Pululaban por allí enormes moscas verdes. La viscosidad
de sus patas repugnaba a Leila, que las espantaba con horror porque le parecían pequeños vampiros.
Colgados de enormes ganchos oxidados, los pulmones, todavía lacados de serosidad, eran de un rosa
inquietante, y sus tráqueas se erguían entre los lóbulos, como falos. Las cabezas de los carneros, con
los cuernos espléndidamente enroscados, el cuello seccionado y la mirada terrosa, helaban de
espanto a Leila.
Saadia saludaba, se dejaba agasajar y seguía su camino. Los tenderos se la disputaban lanzando
frases burlonas a los vecinos, se esmeraban con su dienta con más insistencia de la cuenta y la
admiraban a hurtadillas. Saadia bromeaba y les preguntaba por sus familias con desenvoltura. La
naturalidad con que se movía entre los hombres siempre sorprendía a Leila. Sin duda alguna era ese
aplomo lo que impresionaba a los más toscos. Pero aquel día, un hombre probablemente forastero
empezó a importunarla. Su conducta estaba tan fuera de lugar en la llaneza que reinaba en el ambiente
que todos intentaron ignorarlo. A pesar de la crispación de Saadia y de las breves miradas
exasperadas que le lanzaban los tenderos, aquel hombre se puso a seguir a Saadia sin dejar de
acosarla. Cuando ésta intentó disuadirlo, primero amablemente, luego con más firmeza, aquel patán
se puso grosero. La mujer soltó su cesta y con las manos en las caderas empezó a burlarse de él con
mordacidad, con los vendedores por testigos. Éstos se quedaron inmóviles, atentos al desenlace de la
trifulca. Era una actitud que la arrogancia de aquel hombre no podía tolerar. Furioso se acercó a
Saadia. Antes de que se diera cuenta de lo que le estaba sucediendo, ésta lo agarró del cuello con una
mano y con la otra le dio un par de sonoras bofetadas. Luego le empujó con fuerza. Lanzado a varios
metros de allí, el hombre fue a desplomarse contra las cajas de naranjas que le cayeron sobre la
cabeza con todo su contenido. La hilaridad se desató en todo el mercado. Los hombres se
desternillaban, dándose palmadas en los muslos. Nadie entre los tenderos recordaba algo parecido.
Dos de ellos fueron a ayudar al patán a incorporarse. Y de manera imperativa le echaron de allí bajo
amenazas. Los curiosos acudían corriendo desde todos los lugares del mercado. Los comentarios se
acrecentaban. Leila daba saltos en el colmo del alborozo. Hadif fanfarroneaba como los hombres,
asegurando al desconocido que, si le daba por volver, tomaría las peores represalias. Los tenderos
rodearon a Saadia. Bualem sacó una botella de gaseosa de su enorme heladera. Y Belkacem, el
dueño de la tienda de enfrente, le acercó una silla. Bebieron un vaso de gaseosa. Alrededor de
Saadia, la gente ya empezaba a contar, exagerando, lo que había sucedido.
—¡Alla kheir ya Zinna!, ¡con Dios, guapa! —le decían los tenderos, cuando se marchó
flanqueada por Hadif y Leila radiantes de alegría.
Al llegar la Nochebuena, Saadia se puso a preparar un banquete. Había invitado a su amiga
Estelle. Las manzanas del desierto eran tan hermosas, con su piel de color púrpura brillante y su
carne blanca de sabor ácido, que aquél fue un instante mágico.
Unos días después de la vuelta al colegio, Leila cayó enferma. Durante el recreo, su maestra la
llevó al hospital, situado justo enfrente de la escuela. «Paperas», diagnosticó el médico. Su maestra
la acompañó a casa. Leila, que no se sentía de ningún modo en peligro, no comprendió por qué al
besarla madame Bensoussan se puso a derramar lágrimas que empañaron sus ojos y precipitaron su
marcha. No quiso beberse un vaso de té y como si saliera huyendo de aquel lugar, dijo:
—Cuídate, gacelita, y no te olvides de mis consejos.
Leila no averiguaría la razón de aquella pena hasta unos días más tarde, al volver a la escuela.
Madame Bensoussan se había vuelto a Francia, obligada por un asunto familiar. ¡Leila no la volvería
a ver nunca más! Aquel día, la escuela le pareció de pronto lúgubre. La niña hizo novillos por
primera vez. Echó a correr hacia su casa. Sin apenas darse tiempo para arrojar la cartera en un
rincón, salió corriendo hacia la Barga, su duna. Y únicamente el cielo y la arena fueron testigos de su
dolor.
Uno o dos meses más tarde, madame Bensoussan envió a Leila una foto tomada en la escuela.
En el reverso había escrito: «No te olvides de que me has prometido trabajar con ahínco. Con todo
mi cariño».
Aquel detalle reavivó la pena de la niña y la emocionó profundamente. Leila conservó
religiosamente aquel inestimable recuerdo. En una de las paredes de su clase seguía el cartel que
representaba el mar. Era del mismo azul resplandeciente que los ojos de madame Bensoussan. Y
cuando Leila bajaba la cabeza para escribir, tenía la impresión de que su mirada, cómplice y tierna,
seguía allí observándola. Su corazón empezaba a latir con fuerza. Entonces dejaba de escribir, pero
no levantaba los ojos hacia el cartel para que aquella sensación no se desvaneciera. Cuando mojaba
la pluma en el tintero, su roce en la página del cuaderno hilaba entre ella y la maestra ausente un
sentimiento indescriptible que la chiquilla conservó por mucho tiempo.
Para ir a la escuela, Leila atravesaba el barrio más elegante del pueblo, el de los rumíes,
balanceando la cartera. Le parecía que los grandes chalés, de un rosa ocre, tenían la magnificencia
propia de un palacio, en comparación con su casita encalada. Sobresalían en la parte anterior de un
pequeño patio delimitado por una tapia, a la que se abrían las ventanas de la cocina. En la parte
posterior, los grandes jardines, prolongados por los de los vecinos, ofrecían sus ramos de flores a la
luz ardiente con la delicada fragancia de los claveles, el embriagador aroma a jazmín y a absenta,
aún más penetrante, o a menta, tan intenso...
Las calles habían sido trazadas a escuadra, sin imaginación. En febrero o marzo, las tormentas
de viento arenoso parecían un motín del desierto contra aquella intrusión de vegetación en su feudo
sagrado. Con rugidos obsesivos, con un furor opaco, se extendía por todo el pueblo. Una marea de
arena se apoderaba de las calles. Cuando las últimas notas del viento cesaban por fin, la arena,
apilada en camiones por un ejército de obreros, volvía a la duna.
En medio de aquel barrio se encontraba la atracción principal del pueblo, una enorme y
soberbia piscina, orgullo del municipio. Desde principios de marzo hasta finales de octubre, la
canícula de los días congregaba en ella a toda la juventud del pueblo, excepto a las argelinas, ni
siquiera a las chiquillas. La radio del bar difundía los mismos éxitos del verano. Las incansables
voces de Tino Rossi, de Aznavour o de Dalila se superponían a la algarabía. A los pieds-noirs les
gustaba reunirse allí por la tarde, a la agradable hora del anisete. Les reconfortaba observar cómo
chapoteaban los cuerpos empapados de aquella juventud despreocupada. Necesitaban tanto que les
tranquilizaran. Hablaban del país, de su país, de Argelia. Anisete, kemia y cigarrillos. Sonrisas,
empellones amistosos, oídos indulgentes con todas las bravuconadas, porque aquí estaban al sur de
todos los sures. Y allá arriba, su cielo rosa y violeta, sin parangón... De vez en cuando dirigían una
mirada pensativa hacia el niño árabe que jugaba con sus hijos. Quizás algún día, acabaría
convirtiéndose también en enemigo. Un día querría que Argelia, «ese país de los padres y los
abuelos de los pieds-noirs» que algunos dirigentes de la metrópoli pretendían «liquidar», fuera sólo
suyo. A esos políticos no les dejarían repetir aquí lo que habían hecho en Indochina. Permanecían
celosamente atentos. Eran ellos quienes con el apoyo de los paracaidistas, de Massu y de Salan,
habían llevado a De Gaulle al poder. Sí, gracias a ellos el General se pavoneaba por todas partes. Y
¿no era cierto que De Gaulle exclamaba «Argelia argelina» y hablaba de autodeterminación? Si el
hombre del 18 de junio no se andaba con cuidado, acabarían esgrimiendo a otro Pétain delante de sus
narices. Como aquel 13 de mayo...
Al otro lado del pueblo, separado del centro por toda una fila de cuarteles, se extendía el barrio
obrero francés, «el Pourini». Era algo diferente, otro mundo. Un mundo vocinglero, bullicioso y lleno
de vitalidad. Las familias de allí eran de origen español, maltés, siciliano, calabrés... El acento pied-
noir se había mezclado con todos los acentos que jalonan el perímetro del Mediterráneo. Las mujeres
tenían el porte de las mammas italianas o de las señoras andaluzas. Rodeadas de un montón de
chiquillos de cuerpecitos morenos e inquietos, hacían punto ante las puertas de sus casas cantando,
para ellas y para las vecinas, serenatas de la otra orilla del mar. Este barrio no olía a jazmín ni a
absenta. De las grandes ventanas abiertas, emanaba un fuerte olor a ajo y a pimientos fritos, a aceite
de oliva y a melón. Las calles, colmadas de arena, no eran despejadas con la misma regularidad que
las del barrio elegante. Hasta tenía otro color la arena de aquí. La proximidad de un terrero la tiznaba
alevosamente con un polvo fino de carbón. Pero nada en absoluto podía empañar ni mermar el buen
humor y la alegría de vivir de sus habitantes.
Entre aquellos dos extremos franceses del pueblo y la mellah y el ksar, estaban los edificios de
la administración: la gendarmería, el ayuntamiento, las escuelas, el hospital... Una especie de no
man's land desierta por las noches, cuando «los morenos parecían más morenos». Cuando cualquier
moreno se convertía en un fellaga en potencia.
La mellah albergaba a la población judía. Tanto geográfica como humanamente, hacía las veces
de tampón entre las dos comunidades restantes, la musulmana y la cristiana. La calle principal estaba
engalanada con tiendas de paredes de colores variopintos. Hombres con el sarual, la kipa en la
coronilla, de ojos vivarachos y brazos ágiles, se ponían a medir, en un bailoteo de palmos y codos, el
tejido que el cliente, atónito, había tenido la leve imprudencia de mirar. Y, aunque hubiera entrado a
la tienda sólo por curiosidad, era raro que saliera con las manos vacías y siempre con el sentimiento
de haber concluido el largo regateo con ventaja para él.
Luego estaba el viejo ksar. Atestado de niños y pobres. Un ksar pobre, pero que no era siniestro
como Hassi el-Frid o Ksar—el-Yedid. La escuela musulmana de Sidi M’hamed Ben Bouziane,
vestigio de un vasto palacio de adobe, ocupaba el centro. Las moles de algunos edificios, aún
intactos entre las ruinas, daban testimonio de un fastuoso pasado.
Por último, Hassi el-Frid de un lado y Ksar—el-Yedid del otro. Miserables, desolados y
desoladores. Nada para la boca, nada para los sueños. Allí, no sólo las calles eran tristes. La tristeza
reinaba en todas partes, hasta en las miradas sombrías de los niños hambrientos. Unos niños que
tenían los ojos y el vientre dilatados por el vacío, los miembros secos y acartonados. Sus miradas
parecían alimentarse de toda la adversidad del mundo, con algo de fatalidad y de hastío.
Así estaba dividido el pueblo. Cada cual en su sitio: primero, según su etnia, y después, según
su bolsillo. Cada uno en su territorio, fuera del cual se convertía en un intruso. No se mezclaban, no.
Se observaban y se vigilaban.
• • •
—¡Ya verás, Leila, con madame Toledano las cosas van a cambiar para ti! ¡Ya no serás el ojito
derecho de la maestra! ¡Ya no serás siempre la primera! —decían algunas alumnas con perfidia
después de que madame Bensoussan se hubiera marchado. Leila ya no sería el ojo derecho de
Toledano. Pero siguió siendo «una árabe diferente de las demás», puesto que aún era la primera de la
clase, para fastidio de las envidiosas. Experimentaba así una alegría vengativa que la exorcizaba de
toda su rabia. Pero eso le suponía no pocas vejaciones. Juliette, una chiquilla un poco cursi y
paliducha a la que ni el sol del desierto lograba poner morena, le dijo un día:
—¡Mi mamá dice que a una árabe no le sirve de nada ser la primera de la clase! De todos
modos, acabarán casándola y encerrándola a los doce años. Dice que no está hecha la miel para la
boca del asno.
Loca de rabia, Leila se arrojó sobre ella. Fue necesaria toda la autoridad y la fuerza de madame
Toledano para librarla de sus garras.
Para ir a la escuela, Leila dejaba un mundo para atravesar otro. La Barga, la duna, las palmeras,
la abuela con sus cuentos, aquella mirada en la luz, todo quedaba allá, al margen. Pasaba por aquel
mundo de ricos. A veces, llena de aprensión, caminaba deprisa y lanzaba un suspiro de alivio al
llegar ante las puertas de la escuela. Otras veces, cuando la curiosidad se imponía al miedo, paseaba
por allí y observaba la vida de los otros. La de las jóvenes sobre todo. Con la falda amplia o
ajustada, los tacones altos, claqueteando en el asfalto y el pelo recogido en una cola de caballo, se
ponían tiesas, adelantando el busto. Las chicas del ksar doblaban la espalda y la nuca para camuflar
los senos. Leila no tenía pechos todavía, pero se sorprendía enderezando la columna y estirando el
cuello con la ilusión de alargar su pequeña silueta... Admiraba las bicicletas, los coches, los
interiores de las casas que vislumbraba a través de las puertas y ventanas abiertas, los jardines
atestados de flores...
El trayecto hasta la escuela pasaba por la puerta de la casa de Gisèle Fernández, su mejor
amiga. Una amistad si no contra natura, sí contra la opinión de sus padres. La madre de Gisèle sentía
un racismo tan grande hacia los árabes como Yamina hacia los negros y los judíos. Una cosa absurda
que horripilaba a ambas chiquillas. Por eso, Leila nunca entraba en casa de los Fernández. Las dos
amigas se esperaban la una a la otra al final de la calle y hacían el resto del camino juntas. Muchas
veces, a la salida de la escuela, Gisèle dejaba la cartera en su casa y acompañaba a Leila hasta
donde acababa el pueblo, ayudándole de ese modo a atravesar su barrio sin engorros. Pero Gisèle no
había llegado nunca hasta el pie de la duna.
Un día, les habían entregado los cuadernos de redacción para que los devolvieran firmados. Al
llegar a casa de su amiga, Leila vio a madame Fernández en el jardín. Ésta se acercó y preguntó con
inquietud:
—Leila, ¿tienes aquí tu cuaderno de redacción?
—Buenos días, señora, sí lo tengo.
—¿Me lo puedes enseñar?
Leila abrió la cartera y le tendió el cuaderno. La mujer empezó a hojearlo, con las facciones
cada vez más crispadas. En cuanto vio a Gisèle, que salía de casa en aquel momento, hizo un rollo
con el cuaderno y dando gritos, la golpeó con él:
—¿No te das cuenta de que la pequeña árabe trabaja mucho mientras que tú te tocas las narices?
Palabra de honor que el mundo está del revés. Y además, creo haberte dicho en más de una ocasión
que no quiero que vayas con muqeres. ¡Si por lo menos tomaras ejemplo de ésta!
Gisèle dio un salto, le arrancó el cuaderno de las manos y replicó con vehemencia:
—Esta muqer te manda a la mierda y yo también, ¡vieja idiota!
De un salto, se puso fuera de su alcance. El cuaderno de Leila quedó maltrecho y arrugado. Su
orgullo también. Pálida y muda de rabia, alcanzó a Gisèle. Las dos chicas anduvieron un trecho en
silencio. Luego, Gisèle abrazó a Leila y le dijo con tono apesadumbrado:
—Sabías que mi madre es así. Si tus notas hubieran sido peores que las mías, tal vez te hubiera
soportado... A mí la escuela me importa un pimiento. ¡Lo que yo quiero es cantar!
Y con su bonita voz, entonó su canción favorita por entonces : «Ya el kaouini, ya el jafini, tú,
que me apasionas y luego me abandonas», que terminó en una sonora carcajada.
—¡Ay, ay! ¡La tunda que me van a dar esta noche! Imagínate, ¡si mi madre supiera que estoy
enamorada de Khefi!
—¿Que estás enamorada de Khefi?
—Para toda la vida, hasta la muerte.
Juntas se echaron a reír.
Por desgracia, el dilema de la infancia de Leila era que ninguna de las tres comunidades tenía el
monopolio del racismo. Su madre, Yamina, era tan virulenta como madame Fernández en ese tema.
«¡Ihudia. judía!», era uno de sus insultos favoritos, cuando quería herir a Leila. Y lo lograba. No
porque ese término fuera injurioso para la niña, ¡no! Lo que la hería era que fuera considerado como
un insulto, puesto que esa palabra afectaba a sus amistades íntimas. Leila tenía también una amiga en
la mellah. Sara, a cuya madre adoraba. Muchas veces encontraba a Emna Ben Yatto sentada ante su
casa, en un pequeño taburete oculto bajo sus enormes faldas. Su fular negro con franjas escarlata y
oro, ligeramente inclinado sobre un ojo, era el único detalle coqueto de su estricta vestimenta. Con el
cuerpo pesado e indolente apoyado en la pared, discutía con sus vecinas sentadas también en el
umbral de la puerta. Leila se abalanzaba contra su pecho y hundía la cabeza en la parte más cálida de
su opulento busto. Allí aspiraba un olor a almizcle, a clavo y a aceite de oliva mezclados, mientras
que la mujer la cubría de delicados besos, susurrándole al oído:
—Mi pequeña kahlucha, kahluchti.
El regazo de su propia madre siempre abultado por una barriga gorda u ocupado por un recién
nacido, siempre asaltado, rodeado por otros crios, le resultaba inaccesible. De la boca de semejante
madre, Leila sólo recibía órdenes... hasta ese adjetivo, kahlucha, morena, que dicho por ella se
convertía en un insulto, como ihudia, judía. «Kahluchti, morenita», la voz de Emna arrullaba sus
oídos. Y Leila se estremecía de felicidad. Una felicidad arrancada a las prohibiciones, semejante a
la que había experimentado con madame Bensoussan y con la Bernard, triunfo del afecto sobre la
estupidez, que la liberaría para siempre de sus miedos y de la reclusión.
Todos los viernes Emna preparaba una dolma de sardinas para comerla fría los sábados, días
en los que no se encendía el fuego en las familias judías. A Leila le gustaba asistir a aquel ritual.
Emna limpiaba el pescado, le quitaba las espinas y después lo maceraba y mezclaba con arroz,
hierbas, ajo y un huevo. Hacía albóndigas y las cocinaba en una enorme olla con una salsa de tomate
untuosa y perfumada. Al día siguiente, Sara y Leila, que venían hambrientas de la escuela, se iban
directas a la cocina. Salían con las manos llenas de albóndigas y sentadas, codo con codo, al sol,
saboreaban aquel sabroso manjar relamiéndose los dedos. Con una sonrisa en los labios, Emna las
miraba con ojos tiernos.
Como la mayoría de los judíos del pueblo, los padres de Sara hablaban sobre todo árabe.
Muchos no sabían francés. La presencia de esta comunidad en Argelia era anterior a la llegada de los
pieds-noirs. ¡Algunos de ellos decían entre risas que incluso era anterior a la invasión árabe! El
decreto de Crémieux había hecho franceses, de un día para otro, a quienes la religión era lo único
que los diferenciaba de los otros argelinos. La lengua, las costumbres, la manera de vivir... Todo era
idéntico. Y, aunque los judíos y los árabes no solían mezclarse, era un milagro que convivieran en
paz desde hacía tanto tiempo. Aquel decreto había hecho nacer el recelo de los musulmanes al
respecto. Los pieds-noirs les reprochaban que no se hubieran puesto de su parte por completo. Y
para acrecentar la ambigüedad de la situación, ¡el Estado de Israel se pronunciaba ahora por una
Argelia francesa!
Un enojoso suceso acaecido en 1958 iba a envenenar aún más la situación. Un judío, encargado
por el comité internacional de investigar las condiciones de vida de su comunidad en el sudoeste,
murió durante un enfrentamiento entre los hombres de Boumediene y el Ejército francés, que se
acusaron mutuamente de la responsabilidad del crimen. El conflicto internacional que desencadenó
envenenó la región por mucho tiempo.
Las aberraciones de la enseñanza y los manuales escolares despertaban en la mente de Leila una
extraña sensación de irrealidad. Las disonancias chocaban unas con otras en su cabeza. Aparte de la
letanía de «nuestros antepasados los galos» con la que martilleaban al conjunto de alumnos sin
distinción, todo se juntaba para desterrar la identidad, la cultura e incluso la existencia del entorno
cotidiano de Leila. Los textos de los dictados y las lecturas sólo mencionaban a Francia. Hasta los
motivos de las clases de dibujo tomaban únicamente a Francia como modelo. «Vais a dibujar un
chalé de montaña o una casa de campo». Leila no era tonta, no. Se divertía con esas cosas. Así pues,
dibujaba un chalé de montaña con miles de detalles. Un chalé de madera como los joyeros de las
desposadas, un arroyo, hierba y margaritas, pero solamente dibujaba las constelaciones de su cielo
nocturno, cuyo terciopelo marino hubieran trasformado en jade sus dedos burlones... Pero, ¿y su
casita árabe, pequeña concha varada en la orilla de un mar de arena? ¿Y sus palmeras proyectadas
hacia el cielo como una invocación al verde, color que nunca verían bajo sus pies? ¿Y su duna de
formas voluptuosas, morenas, doradas o rojizas según los despóticos calores del sol? ¿Y el fuego del
poniente, que consumía sus terrores y apagaba los rumores del ksar? Nadie pedía a Leila que
dibujara esas cosas. Esa otra vida estaba condenada al silencio. Empezaba a nacer en ella una
dualidad de agridulces alegrías y de desgarradoras contradicciones.
En Kenadsa se enteraron de que el FLN había establecido una base en Uchda, justo en la parte
posterior de la granja de Buhalufa. Había allí un cuartel que el Ejército americano había ocupado
anteriormente. Fue en su puerta donde Leila pudo admirar una moto por primera vez. Había visto
surgir aquel monstruo estridente mientras jugaba con sus primos a escasa distancia. La conducía un
coloso tan negro como aquel monstruo de hierro. Al ver cómo rasgaba el aire, Leila creyó por un
instante que iba a salir volando. Aquel hombre empezó a hacer derrapes que arrancaban gemidos a
sus neumáticos y, a los niños, gritos de asombro. Al darse cuenta del interés que éstos mostraban por
él, el hombre acabó por dirigirse a ellos. Los niños no comprendían ni una maldita palabra de su
idioma. Sólo se enteraron de que se llamaba John. Fascinada por aquella máquina, Leila dio una
vuelta a su alrededor acariciándola. De pronto, John la cogió y la izó sobre la moto que salió
disparada entre un mar de polvo. Asustada, Leila se aferró con las manos y los pies al gigantesco
cuerpo. El hombre volvía la cabeza hacia ella y se reía. El brillo de sus dientes, su risa atronadora,
la fuerza lubrificada de sus movimientos... Era la viva imagen de la potencia mecánica. John se
detuvo ante la granja y la dejó allí. Después de desplegar su enorme estatura, se quitó el casco y
saludó a Zohra. Sentada en el brocal del pozo, ésta hizo un salem con la mano, adornándolo con la
más hermosa de las sonrisas. Momentos después, cuando los otros niños llegaron con la lengua fuera,
abuchearon a Leila:
—¡Uuuuh!... ¡Ha montado con un senegalés!
—Senegalés no es un insulto. Y no es un senegalés. Es un americano —replicó Zohra.
—Es lo mismo, es un abd —arguyó Yacine sentencioso.
Zohra se levantó y con las manos en las caderas se le acercó:
—¿Un abd?, o sea, que es tu esclavo. Te prohíbo que uses esa palabra en lugar de khal. Si no,
serás tú quien será esclavo de los prejuicios. Y además, ¡si no te gusta el negro, tendrás que
arrancártelo de los ojos!
Yacine tenía los ojos más negros que la piel de John.
—Y no olvidéis ninguno que por vuestras venas corre sangre negra.
—¿Sangre negra?, exclamó Yacine estupefacto.
—Sí, sangre negra. Vuestras madres no os lo dicen nunca. Les da vergüenza. Uno de vuestros
antepasados le hizo una niña a una sirvienta negra. Una mujer tan hermosa que llegó a desbancar a las
esposas blancas. Procedemos de esa mujer, nunca lo olvidéis.
Serenándose y con un gesto maquinal, acarició la cabeza de Yacine. Sus dedos se detuvieron al
tacto de sus cabellos y cogieron un mechón entre el pulgar y el índice:
—Vaya, aquí tienes la prueba, pequeño, tu pelo crespo es la prueba de tus antepasados.
Yacine se soltó de un tirón y se fue enfurruñado golpeando el suelo con los pies. El
descubrimiento de un antepasado negro no le hizo ninguna gracia. Había negros en la granja, esclavos
libertos que se habían hecho aparceros...
Decían que Huari Bumedián, el comandante del oeste argelino, no se parecía en nada a los
maquis apasionados e impulsivos de los Aurés y la Kabilia. Lo describían como un hombre frío,
metódico, que no dejaba nada al azar. Había desarrollado un sistema de enlaces por radio en toda la
región y parecía estar al corriente de las más insignificantes acciones y gestos del Ejército francés.
La prisión de Kenadsa se estaba haciendo tristemente célebre. Ante sus puertas había a menudo
colas interminables de mujeres, niños y viejos procedentes de todos los rincones del país, con la
esperanza, a menudo inútil, de ver a un hermano, a un padre, a un marido o a un hijo.
Cansado del acoso de los interrogatorios cada vez más duros y frecuentes, Tayeb pedía que le
dejaran irse al maquis. El FLN seguía negándose. «Era mucho más útil aquí que en elyabah. Ahora
tenía en su poder una pistola, un máuser y también un machete. Leila los había visto una vez. Pero
desconocía el lugar en que Tayeb los ocultaba. Desde luego, no estaban en el interior de la casa. Los
paracaidistas los habrían encontrado.
Cada día contaba un montón de atrocidades: la tortura para arrancar una confesión, las
sanciones y represalias que se entrecruzaban y se sucedían unas a otras. Los muyaidines, por su
parte, acosaban a los colaboracionistas y hacían espantosas escenificaciones, para que sirvieran de
ejemplo. El espectáculo de los cuerpos humanos decapitados o despedazados obsesionaba a todo el
mundo.
Un día, Tayeb llegó a casa fuera de sí. Había oído a Drif, el marido de Meryeme, el antiguo
spahi, de las medallas, decir a unos hombres en el mercado: «El Ejercito francés es mucho más
fuerte que ese atajo de golfos del FLN. Deberían pararlo todo, rendirse y dejarnos vivir en paz».
—¡Está chalado! ¡«El atajo de golfos» le va a cortar la cabeza!
Zohra salió en defensa del viejo imprudente:
—Ya sabes que es un hombre tranquilo e inofensivo.
—¡Pero en los tiempos que corren, sus ideas pueden acarrearle la pena de muerte!
—Alguien tiene que hablar con él antes de que sea demasiado tarde.
—Yo misma iré a advertirle del peligro que corre. Seguro que me hace caso.
Los temores de Tayeb eran fundados. Días después, se tomó la decisión de liquidar al pobre
Drif y hubiera sido ejecutado de no haber sido por Tayeb, que abogó con convicción a favor del
viejo insensato.
El FLN imponía, por su parte, muchas prohibiciones. Consumir alcohol o fumar en lugares
públicos se había vuelto un acto punible. Saadia seguía fumando un paquete diario de Braz Bastos sin
filtro. Pero ahora era una militante experta en todo tipo de acciones, que no escatimaba ni sus fuerzas
ni su dinero. Un sábado por la tarde en Kenadsa, Zohra trató de hacerla entrar en razón:
—Deberías dejar de fumar, hija. No es bueno para la salud. La voz se te está poniendo ronca. Y
además, si está mal visto que un hombre fume, imagínate una mujer...
—Lo sé, lo he intentado varias veces y no he sido capaz.
—Vente conmigo mañana a la zauoia. Vas a dejar el paquete de cigarrillos abierto sobre la
tumba de Sidi M’hamed Ben Bouziane y le implorarás que te dé fuerzas. Luego daremos una limosna
a los pobres para que se cumpla tu deseo.
—Si eso es lo que quieres...
Al día siguiente por la mañana, Saadia dejó con pesar el paquete en la alfombra que recubría la
tumba de Sidi M’hamed. Mientras Zohra rezaba con fervor, sentada con las piernas cruzadas, los
codos apoyados en los muslos y la barbilla entre las manos, Saadia la miraba con aspecto de
abatimiento más que de recogimiento. Esperó a que la mujer de los tatuajes oscuros acabará sus
numerosas oraciones y bendiciones. Luego, magnánima, fue a comprar dátiles, higos y pan, que
distribuyó junto con algunas monedas entre los mendigos. Pero, ¿qué es lo que vio al marcharse, a
diez metros de la puerta repujada de la mezquita, junto a una pared? ¡Un paquete abierto de Braz
Bastos! Saadia dio un salto y con alegría nada disimulada lo cogió. Rápidamente lo introdujo entre
sus pechos y concluyó triunfante:
—Ah, tía Zohra, tú eres testigo de que ni siquiera Sidi M —hamed puede hacer nada. Ya me las
apañaré con los del FLN.
Y mientras Zohra movía la cabeza, contrariada, Saadia que había recuperado el ánimo y la
vivacidad de su mirada, se puso a hacer cabriolas ante ella.
Aquel largo verano de 1959, que pasaron esperando al cartero, a ver si traía noticias de
Marruecos, iba a terminar sin embargo con una nota alegre, con una esperanza.
A mediados de septiembre, De Gaulle proclamó el derecho de los argelinos a la
autodeterminación, mediante un referéndum. «Qué gran hombre», decían felicitándose los argelinos
que observaban con un temor socarrón la indignación que semejante declaración suscitaba en el seno
de la comunidad pied-noir y en un sector del ejército.
Por fin se acercaba la vuelta al colegio. Bastaba con mirar las palmeras para cerciorarse.
Cuando los dátiles se volvían oscuros y maduraban, cuando se despegaban como gruesas gotas de
miel, como racimos de canela y oro que las palmeras ofrecían todavía a un sol menos arrogante y
caían sobre las palmas al pie de los árboles como puñados de caramelos, cuando por la mañana al
despertar con los ojos pegados de sueño los niños podían saborear por fin esa ofrenda puesta todos
los días a su alcance por el árbol altivo, era que faltaba ya muy poco para la vuelta a la escuela.
Pero, cuando la fruta maduraba, había que tener cuidado con los ladronzuelos. El palmeral
pertenecía a la zauia. Los Ajalli se encargaban de su custodia y disfrutaban junto a su casa de
algunas palmeras, que daban dátiles para cubrir sobradamente sus necesidades, las de Saadia y las
de Meryeme. Y desde que los hombres azules surgieron en sus vidas, Zohra les guardaba con sumo
cuidado algunos racimos.
No había transcurrido una semana desde la vuelta al colegio, cuando un hombre de sarual
flotante empezó a trepar con simiesca facilidad por los troncos para cortar los arjunes, pesados
racimos cargados de frutos, Leila no dejaba de admirar su habilidad. Levantando la cabeza, le
observaba encaramado como un pájaro a la copa de la palmera, que se balanceaba con suavidad.
Unas palmeras tan altas que acariciaban el azul del cielo como si fueran abanicos. ¿Cuántas veces
había intentado Leila imitarle? Pero su temeridad se desvanecía en cuanto se veía a dos o tres metros
de altura y bajaba con prudencia. Decididamente, el cielo no estaba al alcance de todo el mundo.
Durante más de un mes, cuando salía de la escuela a las cinco, el supremo deleite para Leila era
beberse un vaso de leche fresca y coger unos cuantos dátiles, tan grandes como su apetito, del racimo
que colgaba bajo la pérgola de cañizo.
Capítulo VIII
A lo largo del curso escolar, Jalil había acarreado un corazón enamorado en pos de una
colegiala. Un día, radiante de felicidad, olvidándose del deber de reserva acostumbrado, confió a
Zohra y a Leila que, a su vez, era amado. «¿Qué ardid habrá encontrado para comunicarse con su
Dulcinea?», se preguntaba Leila. Porque la adolescente tenía por padre a un cancerbero. Nadie en el
pueblo lo ignoraba. Constantemente mantenida bajo su férula, a duras penas se atrevía la pobre a
sonreír a los escolares que se cruzaban en su camino. Ni siquiera tenía permiso para volver la
cabeza. Y sus pasos apenas se apartaban de la línea recta que le marcaba el camino, desde la puerta
de la escuela hasta la gandura de su padre, que era un suplicio. Por otra parte, las vacaciones de
verano no sólo se le hacían interminables a Leila. Durante aquellos cuatro meses, Jalil no había
podido ver la sombra de su amada. Se había dedicado a vagar como un abejorro sin flores y sin
jardín. Por las tardes, para soportar aquella espera tan interminable, leía a Leila las Fábulas de La
Fontaine y declamaba con énfasis los poemas de Lamartine y Musset. La tan esperada vuelta a clase
fue un martillazo a su paciencia. Su amada permanecía enclaustrada en su casa. A los doce años, su
pecho empezaba a despuntar y seguramente a su padre le pareció indecente continuar exponiéndola a
las miradas masculinas. Jalil metió prisas a su madre para que le pidiera la mano antes de que algún
intruso se la robase. Para la ocasión, Zohra se puso joyas de plata sobre el verde oscuro de sus
tatuajes. Escogió otras cabezas canas para formar su delegación y se fue fi Amen Allah, en la paz de
Dios. Por desgracia, aquel horrible padre debió de barruntar el idilio que había hecho fracasar su
custodia. Zohra adivinó que ése era el verdadero motivo de la interrupción de la escolaridad de su
hija y de su negativa a satisfacer su petición.
Jalil perdió el apetito y empezó a adelgazar de modo espectacular. Cuando no trabajaba, se
refugiaba también en la lectura o paseaba una mirada desencantada sobre sus allegados sin verlos.
Era el primer hombre que Leila veía enamorado y desgraciado por culpa del amor. Tan inestimable
ofrenda le hizo quererle aún más.
El tema del matrimonio se había vuelto un motivo frecuente de discusión entre Zohra, Yamina y
Jalil. Un día, en plena canícula, a la hora del té, Jalil, amargado, concluyó una larga diatriba contra el
miserable hayi que se empeñaba en negarle su hija, diciendo a Leila, que estaba sentada a su lado:
—¡Ya tendré yo cuidado de que te cases con quien quieras!
La muchacha sintió que empezaba a ponerse escarlata, cuando la respuesta de su madre la dejó
helada:
—Leila se casará con su primo Yacine. Es una promesa que hicimos cuando nació. Igual que
Bahia está prometida a Madjid.
—¡Se casarán con quien les dé la gana! ¡Estoy harto de estos arcaísmos!
Por una vez, Jalil había levantado la voz y remachado sus palabras. Pero su réplica no fue
suficiente para Leila, que se había armado ya con las respuestas apropiadas:
—Nunca me casaré con el mocoso de Yacine. Pero, ¿has visto lo cretino que es? ¡El
matrimonio! No tenéis más que esa palabra en la boca. Si es para estar como tú infectada por el
embarazo nueve meses al año, ¡de ninguna manera! ¡Además, nunca me voy a casar!
Yamina dio un salto con un fulgor demoniaco en los ojos. Pero Leila estaba ya lejos, galopando
hacia la duna. Fuera, delante del taller, había unos obreros trabajando. Y Yamina no podía dejar que
los hombres la vieran. Nadie la podía ver. Estaba presa en su casa. En la casa de la duna. La duna
prisionera de un celo inmutable. El cielo prisionero de un sol demencial. Por lo demás, no era
necesario salir de casa para escapar de Yamina. A la muchacha le bastaba con esconderse detrás del
magrún de Zohra y de sus improperios.
El afecto de Leila hacia Jalil se había multiplicado porque veía que lo estaba pasando mal, así
que nunca lo dejaba. Nunca volvía de la escuela sin hacerle una visita a su trabajo. Hay que decir
que le encantaba verle bregando con las máquinas entre zumbidos y crujidos. Jalil era ajustador-
fresador en el «taller de precisión» de la mina. Ponía un cuidado esmerado en la fabricación de
piezas que despertaban la admiración de Leila, cuando se las enseñaba ufano. De pronto, con una
sonrisa que atravesaba la tristeza de su rostro, exhibía orgulloso la pieza que había fabricado y el
trozo de metal sobre el que sus dedos habían triunfado, como si de un trofeo se tratase. A Leila le
encantaba su tío, que era capaz de domeñar el hierro a la vez que de enamorarse y de leer poemas.
Jalil había estudiado también contabilidad con los Padres Blancos. Hacía unos meses que las
Hulleras del Sur de Orán, las HSO, le habían llamado para que ocupara un puesto de contable que
había quedado vacante. Pero Jalil no quería aceptarlo. Aparte de Leila, nadie en su entorno
comprendía por qué se empeñaba en rechazar un prestigioso trabajo de «burócrata» generalmente
reservado a los rumíes.
—Me encanta lo que hago. Tienes que entender que el contacto con la materia me procura un
gozo que nunca me procurarían los números.
Hacia mediados de diciembre, Jalil sufrió un terrible accidente. Una de sus estupendas
máquinas, por las que tanto afecto sentía, le seccionó tres dedos de la mano izquierda, dejando
indemnes el pulgar y el meñique. Otra herida más para una moral que estaba sufriendo la tortura. Se
había acabado su bonito oficio para siempre. El tiempo lo había modelado sólo para privarlo
finalmente de su habilidad en el trabajo. Jalil se vio obligado a aceptar la mísera compañía de los
números.
Unas oscuras ojeras marcaban su rostro. A su abatimiento se unió una profunda fatiga. Tuvo que
guardar cama. Leila pasaba largas horas junto a la cabecera lacada, cuidándolo con ojos angustiados.
Un día lo encontraron rígido, violáceo y con los ojos convulsos. Se había tomado un tubo de
Gardenal.
—Ha sido un error... Me sentía tan mal. Sólo quería acabar con esto.
Los otros repitieron: «Es un error, un error...». ¿Es que estaban ciegos? ¿O es que no aceptaban
lo que era evidente? Es cierto que a los hombres sólo les estaban permitidas las manifestaciones de
machismo o de virilidad. Ante los ojos de las mujeres, sobre todo, cualquier manifestación de
sufrimiento por su parte era tachada de sensiblería. Leila estaba convencida de que había querido
acabar con todo aquello. A partir de aquel día, imitada por los restantes niños de la familia, empezó
a llamarle Habibi. Habibi o Habibti, querido o querida era a menudo empleado para designar a los
tíos o tías más entrañables. Era, por lo demás, la única ocasión en que se podían pronunciar esas
palabras. Porque aquí se persigue al amor hasta en las palabras a las que se les modifica el
significado para acabar de aniquilarlo.
Un buen día, Jalil salió del hospital para volver a casa.
31 de enero de 1960. Un infierno de helicópteros en un cielo de un azul de guerra. ¿Podrían
destruir, pulverizar aquel azul? La tierra se cubría de polvo por su culpa y los arbis, aterrorizados,
habían corrido a ocultarse en sus casas. Aquel ballet ensordecedor había arrancado al pueblo del
curso habitual de la mañana. A veces, un helicóptero se posaba para volver a despegar enseguida.
Los hombres «tiznados» de Bigeard habían tomado, a paso de carga, las plazas y las calles.
En la escuela, las pocas argelinas de la clase de Leila, presintiendo que algo grave ocurría, se
aupaban para intentar llegar a las altas ventanas y descubrir lo que ocurría en el exterior. La maestra
de ese año, una bretona cuadrada, de cara plana y ojos saltones tras unos cristales de culo de vaso, a
la que llamaban El Cloarech, no tardó mucho en darse cuenta de que no iba a poder controlar a las
niñas argelinas presas de pánico. Por lo demás, el estruendo impedía oírse. No habían acabado de
sonar las diez campanadas en el reloj de la iglesia, cuando ya estaban fuera todas las alumnas.
El enorme patio de la gendarmería, rodeado por una alambrada, estaba lleno a rebosar. Un
sinfín de ganduras se hacinaba en él. Había varios centenares de hombres silenciosos y tensos, y
seguían llegando más de todas partes, escoltados por militares que les encañonaban con sus
metralletas. En tomo a la alambrada, los carros de combate les apuntaban con sus cañones. Los
helicópteros se posaban, dejaban en tierra hombres esposados y luego reemprendían el vuelo. Otros
continuaban sus siniestras rondas en el cielo. Leila intentó descubrir a su padre y a su tío entre la
multitud. Con el corazón desbocado echó a correr. La calle principal estaba atestada de hombres y de
militares camino de la gendarmería. A trescientos metros de allí encontró a Jalil con todos sus
compañeros argelinos. Le cogió la mano sana y no quiso soltársela. Un militar le aconsejó:
—¡Vuelve a casa, niña!
Leila le lanzó una mirada furiosa y se encogió de hombros con desprecio. Aquello no impidió
que Jalil sonriera para intentar tranquilizarla:
—Escucha, no sé lo que quieren de nosotros. No sé por cuánto tiempo nos van a retener. No
tengas miedo. Cuento contigo para que intentes tranquilizar a los demás en casa. Tu padre debe de
haber llegado ya.
Vació sus bolsillos del dinero que tenía y se lo dio.
—Te tienes que ocupar de la compra mientras estemos fuera. Ve a ver si tu madre necesita algo.
No creo que tu padre haya tenido tiempo de ir al mercado.
Ella seguía cogida a él. Su padre estaba acostumbrado a los interrogatorios, Jalil no. Sentía
miedo por él. Aún estaba débil.
—Sé razonable. Está claro que no pueden metemos en la cárcel o fusilarnos a todos los
argelinos del pueblo. Hazme caso, vete a casa. Tu madre y tu abuela deben estar muy inquietas. Si
tenéis algún problema, llama a Portales.
Se agachó y la besó. Desesperada, le soltó la mano y observó cómo se alejaba el grupo. Unas
cuantas lágrimas resbalaron por sus mejillas. Un militar muy joven, apenas salido de la adolescencia,
se detuvo a su altura. Sacó un pañuelo del bolsillo y le secó los ojos y las mejillas. Éste, se dijo
Leila, es un soldado de reemplazo, no un militar de carrera. Había aprendido a reconocerlos por sus
miradas y su aspecto, antes incluso de aprender a distinguir sus uniformes. Era mucho más fácil
reconocerlos en el momento de su llegada de la metrópoli, antes de que la guerra, la sangre y la
promiscuidad con los militares de carrera echaran a perder a algunos de ellos, hundiendo a los otros
en una triste indiferencia. El soldado la observó durante un buen rato, antes de marcharse, sin aflojar
la mandíbula. Ella hizo lo mismo y se dirigió hacia la duna. Al pasar ante los talleres, vio a Portales
sentado en un escalón:
—Se han llevado a todos mis hombres. A tu padre se lo han llevado en un GMC, los otros han
ido a pie.
Portales cogió a Leila de la mano y la acompañó a su casa. Había intentado ya dar ánimos a las
dos mujeres. Las encontraron sentadas al sol en el patio. En sus rostros se notaba una intensa
inquietud. Portales se sentó junto a Zohra. Ella lo miró con aspecto cansado:
—Ya ves, ni siquiera hoy este sol tan cálido consigue derretir el espanto que me hiela el
corazón y el alma. Las noticias de la radio son bastante poco tranquilizadoras.
Portales le pasó un brazo por los hombros.
—Dime, hanna. ¿no irán a fusilarlos? —preguntó Leila con voz temblorosa—. ¡Hay tantos
tanques, tantos GMC, paracaidistas y helicópteros!
—Hija mía, los pies son mayores y más fuertes que los ojos. Son una sabia combinación de
huesos, músculos y tendones. ¡Los ojos no son más que un traguito de agua! Pues bien, por mucho que
corran los pies, por más que lo intenten, la mirada llegará siempre mucho más lejos que ellos... No
pueden encarcelar el deseo de libertad, ni la esperanza de lograrla.
Aunque Leila estaba acostumbrada a las metáforas de su abuela, no comprendió del todo ésta.
Pero Zohra se había expresado con convicción, lo cual serenó un poco a la muchacha.
Yamina necesitaba leche para su recién nacido. ¿Leche? Hablar de las cosas de la vida parecía
prosaico, hasta grotesco. La madre echó una mirada apesadumbrada y se encogió de hombros:
—Pase lo que pase, tengo que alimentar a los niños.
Portales se ofreció para ir a comprar a la ciudad los alimentos que faltaban en la casa. Aunque
sentía punzadas en el cuerpo, Leila decidió acompañarlo al pueblo. Por otra parte, le gustaba montar
con él en coche, pues Portales se empeñaba siempre en hacerla reír. Durante el invierno, cuando el
frío picaba, se metía las manos en los bolsillos y conducía con la barriga. La barriga de Portales era
gorda, redonda y muy firme.
—Estás embarazado; padeces la misma enfermedad que mi madre. Aunque tú no das a luz. Eso
debe de ser menos grave —le decía tamborileando afectuosamente su barriga con los dedos.
—Es menos grave, pero no hay que dejar de cuidarlo. Creo que el cuscús de Yamina es el mejor
remedio para mi enfermedad.
—¿Vas a comer con nosotros? —le preguntó Yamina antes de que se fuera.
Más que una invitación era un ruego.
—De acuerdo, hasta ahora.
Montó con Leila en el viejo jeep.
—Vamos a pasarnos por la gendarmería, dijo en el momento de arrancar.
La misma multitud sombría tras la alambrada. El mismo despliegue de armas y de fuerzas. A lo
largo del muro del hospital, justo en frente, se aglutinaban almalafas y niños llegados en busca de
noticias. De repente, Leila se dio cuenta de lo equívoca que era su situación. ¡Desfilar en un día
como aquel en el jeep de un rumí! ¿No iban a tomarla por una vendida? Enseguida le pareció que las
miradas pesaban sobre ella como una sentencia irrevocable. Se hundió cuanto pudo en su asiento.
¿Ocultarse en un jeep descapotable? Portales, observando sus manejos, le leyó el pensamiento. Su
rostro, en el que momentos antes podía leerse una violenta cólera, contrajo las mandíbulas y no pudo
reprimir una expresión de dolor. La miró y dijo con tono desalentado:
—¿Prefieres bajarte? Haz lo que quieras. Sabes que lo comprendo.
Una ola de calor le invadió el cuerpo y enrojeció su rostro hasta los lóbulos de las orejas. Se
sintió todavía más culpable... ¡Qué martirio estar dividida entre dos vergüenzas! Pero enseguida, su
afecto por aquel hombre se impuso sobre el sentimiento de una hipotética falta. Con valor, se
enderezó en el asiento, carraspeó y respondió con tono firme:
—Todo irá bien.
—¿Seguro?
—Sí, sí, seguro.
Hicieron las compras que necesitaban. Casi la única tienda abierta era la rumiya de
ultramarinos. Portales tenía que ir después a la librería.
—Voy a comprar el periódico. Hace tres o cuatro días que también pedí una cosa a la librera.
Tiene que haber llegado ya.
Entró en la tienda y salió con el periódico bajo el brazo y un paquete pequeño en la mano.
—Toma, ¡es para ti!
—¿Qué es?
—Ábrelo y lo verás.
Lo abrió. Era un libro, El Principito de Saint-Exupery. En el camino de vuelta se cruzaron con
un grupo de militares. Uno de ellos, con un gesto de desprecio, empujaba ante él, con la punta del
fusil, a un joven árabe. Portales, martilleando el volante con los dedos, dejó estallar su cólera:
—¡Puta mierda! ¿Sabes lo que están haciendo esos imbéciles? Están agotando las pocas
posibilidades que nos quedan, a nosotros que somos ciudadanos europeos, de poder vivir en paz en
esta tierra de Argelia. ¿Cómo puede uno mantener alguna esperanza cuando ve lo que ve?
—¡Qué desastre!
Por la tarde, los helicópteros en tierra parecían enormes cucarachas inmóviles. Todos los
hombres estaban en la gendarmería. Una marea de almalafas, blanca espuma petrificada, la rodeaba.
También se mascaba un silencio horrible que, cargado de amenazas, pesaba sobre el pueblo como
una losa. Los pieds-noirs se habían quedado en sus casas algo inquietos, algunos sin duda un poco
avergonzados.
—Niños, basta ya. Lo que está pasando afuera, aunque sea lamentable, no nos concierne.
¡Estamos aquí para estudiar! —dijo mademoiselle Cloarech a los pocos niños que habían acudido a
clase por la tarde.
—Señorita, nuestros padres están encerrados ahí como corderos, sin comer ni beber desde esta
mañana —replicó una chiquilla que casi nunca abría la boca.
El asombro volvió aún más borrosos los ojos de la maestra, que movió la cabeza con un gesto
grave y se contentó con decir:
—Lo sé, mi niña, lo sé.
A la salida de clase, a las cinco, se produjo un gran alboroto en la entrada. Antes de que las
maestras se hubieran enterado de lo que estaba sucediendo, se desencadenó una auténtica y seria
batalla que enfrentaba a las argelinas y a las francesas, divididas también en dos bandos. La
epidemia de la guerra no perdonaba ni siquiera a los niños de las escuelas.
Mohamed, el primogénito de Drif, el spahi, y de Meryeme, fue uno de los primeros en ser
liberado. Llegó para contar a las dos mujeres, que estaban solas, lo que estaba ocurriendo en la
gendarmería: los hombres desfilaban, uno tras otro, ante tres hombres con la cabeza cubierta con
pasamontañas que llevaban largas ganduras. Si ninguno de los tres levantaba un dedo acusador, el
hombre era liberado. Si cualquiera de los delatores lo señalaba, se lo llevaban los militares.
—Deben de andar buscando a los peces gordos —dedujo Zohra.
Las mujeres esperaron a Tayeb y a Jalil hasta muy entrada la noche. Ninguno de los dos volvió.
Soplaba un viento glacial, el temible viento de las noches de invierno en el desierto. Ululaba,
sollozaba y gemía en las ventanas. Zohra no pegó ojo. Sentada en su cama, envuelta en cobertores,
inmóvil, guardaba silencio. Sólo sus suspiros permitían a Leila enterarse de que estaba despierta. La
chiquilla leyó El Principito en la cama. Era la primera lectura que le hablaba de su desierto. Una
revelación que apaciguó el tumulto de sus pensamientos.
Jalil volvió temprano, a la mañana siguiente. No lo interrogaron hasta ya muy tarde por la
noche. «Ellos» habían intentado, sobre todo, sonsacarle información sobre las actividades de su
hermano. Aparentemente, ninguna sospecha recaía sobre él. Al amanecer, cansado y exasperado,
seguía resistiendo. El hombre que lo interrogaba le propinó una fuerte patada en la mano izquierda
accidentada.
—El dolor fue tan violento que perdí el conocimiento. Lo recuperé en el hospital. Volvieron a
ponerme un vendaje. El médico estaba furioso. Me ha prohibido que trabaje hoy. Esta vez tengo
miedo de que mi hermano no siga en la cárcel.
Portales llegó en busca de noticias.
—¿Labess, Jalil? Tengo una buena noticia que darte. Lagaillarde y sus esbirros acaban de
rendirse.
—Esos activistas quieren a Argelia, pero sin los argelinos. No nos toleran más que como
esclavos. Como nos rebelamos, ya no somos sus buenos árabes, les gustaría vernos a todos fusilados.
De Gaulle va a tener problemas con ellos.
¿Cuál era el objetivo de aquella redada? A Tayeb no lo soltaron al día siguiente. Portales fue a
informarse de los cargos que tenían contra él. A su vuelta intentó calmar los ánimos.
—No tienen más que indicios, ninguna prueba tangible. No podrán retenerlo por mucho tiempo.
Sin embargo, lo retuvieron todo un mes, un largo mes.
Los hombres de Bigeard han tendido interminables alambres, erizados de pinchos, incluso a
través del desierto. Las alambradas, por las que pasan rayos y relámpagos, están sembradas de
minas. Meten a los hombres en la cárcel y llenan de minas las ciudades con esos pinchos de acero
que matan. Ellos, los hombres de Bigeard, son de hierro. Meten la muerte en latas y la desparraman
por la quietud de las tierras eternas. Una muerte perversa que, no sintiéndose contenta con adueñarse
de la vida en su plenitud, despedaza también el cuerpo en un resplandor de luz. ¿La muerte, una luz?
Están en todas partes, en el aire, incluso en los mares de arena. Dificultan la marcha de las
caravanas. ¿Todavía se desplazan? Ellos tampoco son libres, sólo son instrumentos de tortura.
¡Siembran la miseria y el terror y reciben el odio como el agua de la fuente de la eterna juventud!
—Hanna —suplicó Leila dirigiéndose a su abuela—, cántame la elegía del S'baa.
—No, no, más tarde, Kebdi. Sabes que Bellal decía: «Busca la luz hasta en las tinieblas más
impenetrables. Si no la ves por ningún sitio, es que la tienes en tus ojos». Intentemos encontrar juntas
la luz. La verdadera, no la que mata. Una luz que aleje todos esos espectros horribles. Escucha,
¿conoces las leyendas de Jaha?
—Me has contado algunas, hanna.
—Te voy a contar unas cuantas más. ¡Me gusta tanto ese duende, que es una mezcla de astucia y
de ingenuidad! ¡Ese locuelo que hace reír a los niños desde la noche de los tiempos! Escucha...
Zohra, la mujer de los tatuajes oscuros, tenía una manera de hablar que conmovía y sus cuentos
se disfrazaban a veces de tragedias. A veces tenía que dominarse para no contar dramas en presencia
de su nieta.
Leila soñaba con el maquis. Llegaría un día en el que, de noche y en silencio, dejaría su casa
dormida. Al despertarse, sus padres se enterarían, por un mensaje que encontrarían en su cama, de
que había subido al yabal como Nefissa Hamoud y todas aquellas de las que se hablaba en voz baja,
con ojos llenos de admiración. Era su secreto. Un día se lo desveló a Jalil, que sonrió con dulzura y
le dijo:
—Bueno, espero que la guerra acabe antes de que puedas participar en ella.
Aquel mes de febrero de 1960, en Reggane, más al sur, en el gran Touat, estalló la primera
bomba atómica francesa. Otro motivo de preocupación para la población, ya que el nombre de
Hiroshima obsesionaba todavía a la gente. «Nos quieren exterminar», decían. Los hombres pasaban
mucho tiempo rezando en las mezquitas. Todos escudriñaban el cielo con angustia, olfateando el
siroco con desconfianza. Pero el cielo siguió limpio y el sopor cálido del viento del sur, fiel a sus
amores, sólo transportaba la arena de las dunas, que levantaba a veces en pequeños remolinos
opacos, horadando la atmósfera.
Eran las vacaciones de Pascua y hacía ya un mes que había llegado el verano. Aquí no hay ni
primavera ni otoño. Se pasa sin transición del invierno al verano y viceversa. El invierno dura tres
meses; el verano, nueve. Zohra se fue con Leila a pasar unos días a casa de Saadia. Estelle, su amiga,
vino a invitarlas a cenar.
Estelle era una mujer espléndida. Quizás la mujer más hermosa que Leila había conocido. Unos
grandes ojos verdes que el sol irisaba de polvo de oro realzaban la piel mate de su rostro. Su cuerpo
también era espléndido. Pero había que haberla admirado en el hamman para saberlo. Pues cada
mañana, al despertarse, Estelle se esmeraba en disimular sus encantos. Sus cabellos estirados hacia
atrás, se comprimían en un severo moño. Nunca realzaba con un cinturón ni con ningún motivo de
fantasía sus vestidos siempre oscuros y más bien amplios. Semejante rigor la condenaba a la
mortificación. A veces, sus facciones adquirían de pronto una expresión torturada. Su respiración se
entrecortaba y el habla se le volvía brusca. Estelle se daba cuenta y dejaba de hablar. La expresión
que adquiría entonces su mirada daba vértigo. Saadia no quería verla así. Durante unos segundos,
parecía estar luchando contra una ola de terror y desesperación. Luego se calmaba y retomaba la
charla. Sólo sus ojos, humedecidos por los recuerdos que acababan de aflorar, permanecían
empañados durante unos instantes.
De joven, Estelle había vivido en el norte de Francia. Casada con un judío alemán, tuvo dos
hijos. Tanto su marido como sus hijos murieron en Auschwitz en las cámaras de gas. Ella no corrió la
misma suerte de milagro. Después de la guerra no quiso buscar refugio en Israel. Prefirió salir del
rebaño para no acabar rumiando. Tampoco quiso ir a sentarse otra vez sobre un volcán a punto de
explotar en cualquier momento. Buscó la calma y el olvido en un lugar lejano.
—Quería irme al fin del mundo. Allá donde aún tuviera la posibilidad de encontrar hombres
íntegros.
Parte de su familia vivía en el oeste argelino, en Tremecén y Béchar. Sus antepasados se
establecieron allí, hacía varios siglos, huyendo de quién sabe qué matanza y en qué otro lugar del
mundo. Dejando la Europa asesina y xenófoba tras ella, Estelle había desembarcado en Argelia. Un
anciano tío que vivía en Béchar le había dejado en herencia dos casas y un hamman. Había llegado a
aquel sur más o menos por las mismas fechas que Saadia, a la que había conocido en su hamman.
Saadia estaba aún confinada en la casa cuando la amistad las unió:
—Me dio ánimos. Fue mi primera y única amiga del exterior durante mucho tiempo —decía
Saadia a menudo.
Aquella noche cenaron, en casa de Estelle, en la terraza. Bajo sus ojos se extendían el río y el
palmeral. En la otra orilla, la Debdaba, un barrio árabe. La noche atravesaba en silencio las dunas,
escalándolas, empujada por un viento tibio. Su aliento opaco colmaba poco a poco el cielo y lo
sembraba en secreto de polvo de estrellas. Aquella visión reconfortante, que incitaba más al ensueño
que al tormento, no le traía a Estelle la ansiada calma. Los acontecimientos eran muy poco
tranquilizadores.
—Al venir aquí pensaba en huir de cualquier lugar problemático del mundo. No he hecho más
que dar con lugares sumidos en la tragedia, uno tras otro. ¿Es que llevo el dolor adónde voy?
—¿Por qué tienes que preocuparte por la guerra? Cualquiera que sea su desenlace, te puedes
quedar aquí —aventuró Zohra.
—Después de lo que he vivido, no puedo burlarme de la guerra. Aunque siempre sea una
minoría quien la desencadena, nos afecta a todos. Y no podría vivir a gusto aquí si todos los judíos
se marcharan. Ya he perdido a mi familia. Perdería mi alma y mi comunidad. No tendría el valor de
marcharme otra vez ni fuerzas para empezar de nuevo.
Las malas noticias seguían llegando. En El-Bayad, Zobri, el único hermano de Zohra, había
perdido a dos de sus tres hijos en unos pocos días. Uno, en el maquis; otro, bajo tortura. El-Bayad, el
Aurés del oeste, un lugar donde reinaba un clima muy duro y que fue durante la guerra el más
sangriento de la región.
A pesar de todo aquello, 1960 no fue un año como los otros. En primer lugar, llovió. Llovió a
cántaros durante cuatro días. El cielo se volvió una témpera de color azul marino, ocre, violeta,
blanco y con todos los matices del gris. El sol desaparecía en pleno día. ¡Qué maravilla! Y todos
esos colores, allá arriba. ¡Qué maravilla! Atraídos por aquel cielo inusual, los ojos se elevaban y se
empapaban de todo aquello, sabiendo que era algo raro y fugaz. El trueno lo golpeó, los relámpagos
lo desgarraron y enseguida se fundió en un diluvio. ¡Qué maravilla!
La lluvia sorprendió a Leila en casa de su tía Meryeme, la hermana de Bellal, el S'baa.
Meryeme vivía en aquel barrio miserable llamado Hassi-el-Frid. Casas de adobe, devoradas por la
hambruna, gangrenadas por enormes montones de basura que se podrían a sus puertas. Termiteras en
las que los niños tenían los vientres y los ojos dilatados por el hambre.
En aquel barrio, el barro seco que recubría las palmas del techo se resquebrajó y luego se
derritió bajo aquella lluvia torrencial. Descendía por las paredes como gruesas lágrimas de arena.
Llovía casi tanto adentro como afuera. La lluvia era un don de la Providencia. Los niños salían,
corrían, reían, gritaban y la aplaudían. Formando impetuosos enjambres, cubrían el sordo tamborileo
de la lluvia con sus gritos cristalinos. La tierra saboreaba aquel placer y exhalaba un aliento
desconocido. Luego, las oscuras nasas del cielo estallaron, liberando una multitud de nubecillas
como pajarillos blancos que, empujados por el viento hacia lugares remotos, emigraban formando
locos remolinos. El cielo limpio tenía ahora un color de pervinca, amplio y profundo. Su azul se
derramaba sobre la tierra. Acariciaba su cuerpo, bañado en su luz de una pureza regenerada. Y esa
luz ya no era una quemadura en la retina que percibía también aquella sedosidad.
Los hombres se llamaban unos a otros y salían a examinar las casas por fuera. Chocaban las
palmas de las manos con las de sus vecinos y se partían de risa. Se daban palmadas en los muslos sin
parar de reír. Se habían quedado sin techo. Y se reían ¿Qué habían perdido? Unas cuantas palmas
secas y un poco de barro. ¿Para qué se iban a preocupar? Los techos servían para el sol, no para la
lluvia. Si la lluvia los destruía, mojaba la tierra para ayudarles a renovarlos. La lluvia era
bienvenida en todas partes. En las casas, en los ojos y en la piel bronceada; en las heridas del
corazón. No había que preocuparse. La lluvia era de buen augurio.
Nada más desaparecer la última nubecilla en el horizonte, empezaron a aparecer brotes verdes
en las ramitas más calcinadas, aquellas que parecían estar a punto de deshacerse en el polvo del reg.
Y, tan pronto como los brotes se cubrieron de perlas, empezaron a adornarse con minúsculas flores.
Quintaesencia floral en ejemplares reducidos que se apresuraban a nacer y vivir antes de que la
quemazón del sol regresara. Aunque fueran pequeñas y efímeras, aquellas flores tenían unos colores
tan vivos que saltaban a la vista como chispas. Y su perfume era tan fuerte que se adhería a la
pituitaria y la garganta de tal manera que parecía que la desmesura de aquellos espacios inundaba los
pulmones.
Otro verano sin poder ir a Marruecos. Otro verano sin vacaciones. Pero un verano que no tenía
nada que ver con los otros. Todo estaba cambiando, incluso Zohra. Ahora, la abuela contaba los años
que la separaban de sus hijos de Marruecos. Contaba también el dinero que ahorraban Tayeb y Jalil
para poder casar un día a este último. Y cual no sería el pasmo de la mujer de los tatuajes oscuros
cuando se vio en la circunstancia de tener que entregar a su hijo una gran cantidad de dinero:
—¿Para qué queréis tanto dinero? No hay nada que comprar antes de la Huría.
Jalil respondió:
—Ya que nunca nos podremos ir, nos vamos a permitir un pequeño capricho aquí mismo.
Frente a las miradas de estupor provocadas por esta respuesta, ambos hermanos se guiñaban los
ojos con complicidad sin desvelar su secreto. Luego, se marcharon intrigando. Dos horas después,
estaban de regreso con un frigorífico descomunal, de esmalte blanco y reluciente.
—Parece un enorme bloque de nieve —fanfarroneó Leila.
Pero, ¿y el otro paquete de tamaño más pequeño, qué era lo que contenía? Un acondicionador de
aire. ¿Era magia o se trataba de un espejismo? Pronto iban a saberlo.
Poder beber agua fresca en pleno julio y entregarse a una siesta sin hundirse en el letargo...
¿Cómo imaginar que aquel sueño pudiera estar de repente a su alcance? La habitación en la que
dormían Zohra, Jalil y Leila era la más grande de todas y fue en su ventana donde Tayeb y Jalil
instalaron el acondicionador. Ya se tratase de un espejismo o de magia, la habitación se transformó
en una isla de frescor en la casa agobiante. Una jugarreta a los calores del verano.
Todas las actividades de la familia se acantonaron allí. Su sueño, también. Cuando llegaba la
hora, todos se tumbaban, codo con codo, en unos colchones ligeros —o simplemente unas almohadas
— extendidos sobre la estera de esparto. Pero si su ámbito de vida se había reducido hasta tal punto,
el frescor liberaba el aliento de la tenaza de los meses ardientes.
Al principio con el magrún echado por los hombros, Zohra merodeaba en torno a los dos
aparatos, los auscultaba, los palpaba. En su asombro había una buena dosis de admiración.
—Ummi, el frigorífico es casi tan bueno como la guerba. Pero en cuanto al acondicionador, hay
que decir que por más que tus nómadas surquen todos los regs y las hamadas. jamás encontrarán un
oasis tan fresco. ¿A que es un buen invento? —le decía Jalil para hacerla rabiar.
—Después de la bomba atómica, tus ciudadanos han debido sentir mucho calor por culpa del
miedo y mucho miedo de ellos mismos... Seguro que necesitan inventar cacharros de éstos para
adormecer a los ingenuos.
Jalil sonreía mientras ella lo miraba de arriba abajo con arrogancia.
—Explícame cómo funciona.
—Es de una sencillez increíble. Mira, el agua que llega a la caja es aspirada por esta bomba.
Luego riega el entramado de los tres lados del cubo. Esto es un flotador que mantiene un nivel
constante de agua en la cubeta. Al circular, el agua se refresca. Lo mismo ocurre con el aire aspirado.
Es tan fácil que voy a construir otros para las demás habitaciones. Portales me ayudará. Me soldará
cajas de aluminio. Compraré ventiladores, flotadores, bombas de agua y ya está. Al ser de
fabricación artesanal, serán un poco menos potentes que éste, pero a pesar de todo...
Zohra salió de la habitación sin responder. Dio una vuelta por las otras habitaciones, luego por
la pérgola. La temperatura ambiente rozaba los cincuenta grados. Luego volvió. De pie, con las
manos en la espalda, movió la cabeza y admitió:
—Hijos míos, el que haya inventado esta máquina es un hombre santo. Ha encontrado la manera
de hacer que descienda sobre nosotros rih el genna.
«¡Rih el genna, el aire del paraíso!» Jalil y Leila reprimieron la risa. ¡Qué importaba aquella
metáfora impregnada de religiosidad! Sonaba tan bonito lo de rih el genna. Además, Zohra no
llamaba de otro modo al acondicionador. Siempre pedía a Leila que hiciera soplar o que cortara rih
el genna. En cuanto al frigorífico, pronto hizo ascos a sus servicios, pues no podía soportar aquel
bulto reluciente más que como un objeto decorativo, sin más. Como despreciaba su agua «tan fría que
quemaba el gaznate», siguió bebiendo el agua de las guerbas. Aparte de resbalar con delicadeza por
la garganta, tenía el gusto del gatrane, una esencia vegetal que servía de tanino y que coloreaba
ligeramente el agua, dándole un regusto bastante particular, el mismo que había acompañado a Zohra
toda la vida.
—¡Si bebéis el agua tan fría, se os va a helar la sangre! —les auguraba.
Aunque la sangre no se les heló, la llegada de los dos aparatos les causó un sinnúmero de
problemas. La diferencia de temperatura entre la habitación climatizada y el exterior era tal que
cuando se añadía a ello el efecto de una bebida demasiado fría, se daban todas las condiciones para
provocar anginas, resfriados, etc. La experiencia les enseñó a adaptar el comportamiento a las
nuevas condiciones de vida y a usar con mesura ambas maravillas.
Pronto los acondicionadores se multiplicaron en el pueblo. La mayor parte eran de fabricación
local. Cualquiera que fuera su procedencia, lo cierto es que trasformaron radicalmente los veranos.
Un verdadero aliento del paraíso.
Hacía más de un año que Jalil no había vuelto a ver a su amada, la hija de aquel tipo colérico
que se empeñaba en poner trabas a sus intenciones. Como el trayecto que le llevaba a su despacho
pasaba por la puerta de su amada, se había vuelto una tortura diaria.
Zohra, por su parte, a pesar de la aflicción en que la sumía el estado de su hijo, había aceptado
la cruda realidad:
—Este zopenco no va a cambiar de opinión. Arrastrarnos a sus pies no servirá de nada.
Tayeb decidió intentarlo por última vez. Tarea inútil. «¡Por Alá que ese caradura nunca
conseguirá a mi hija!», fue lo que obtuvo por respuesta.
Dos años de espera. Dos años sometido a aquella rígida costumbre. Jalil no aguantaba más. No
cedió a los requerimientos de Zohra, que pensaba salvarlo buscándole otra esposa. De eso nada.
Sólo tenía un deseo: marcharse, escapar de aquel camino que mantenía su dolor día tras día, escapar
de todo lo que en su entorno le resultaba insoportable... Irse lejos, todavía más al sur. Encontraría
trabajo por Timimoun, Tinfoud o Tamanrasset. Se pondría a buscar sin demora.
Jalil encontró enseguida un puesto de contable en las minas de hierro de Gara-Djebilet, entre
Tinfoud y la frontera saharaui, a más de mil kilómetros al sur. Sin dudarlo, pidió la baja a la HSO.
Encargó a su hermano que le encontrara un sustituto en sus funciones para el FLN y que pagara sus
cuotas. Luego se fue.
Después de que se hubiera marchado, Leila sentía la casa vacía. Pero Jalil escribía con
regularidad. Ella le respondía, dándole noticias de todos y de todo. Todos los fines de mes enviaba
un dinero que Zohra ponía a buen recaudo. Un día le haría una bonita boda que borraría la amargura
de su decepción.
Por fin, el verano fue mucho menos duro que los anteriores, sobre todo porque la esperanza de
paz empezaba a tomar forma. Los emisarios de De Gaulle y del gobierno provisional argelino se
reunieron en junio.
Capítulo IX
Luego maduraron los dátiles y llegó la vuelta al colegio. El primer día de clase una sorpresa
mayúscula aguardaba a Leila ante el pórtico de la escuela: un tercio de las alumnas argelinas, las que
habían cumplido diez años o alguno más, no acudió a clase. Aquellas chiquillas no iban a seguir
perdiendo el tiempo en tonterías. Había llegado el momento de un aprendizaje más serio que las
prepararía para los papeles de esposas y de madres que pronto llegarían a ser. Y además, en estos
tiempos turbulentos en que hordas de militares patrullaban por las calles, no era prudente exhibir a
las adolescentes cuyos pechos comenzaban a despuntar. Zohra, la segunda hija de Meryeme y Drif, el
spahi de las medallas, era, para disgusto de Leila, una de esas. El afecto que sentía Leila hacia esta
prima no tenía nada que ver con su nombre, que era un homenaje de Meryeme a su querida tía. Zohra
y Leila habían venido al mundo con pocos días de diferencia. Y como Meryeme tenía, al revés que
Yamina, importantes subidas de leche, había tomado por costumbre dar el pecho a Leila de vez en
cuando.
—Dios mío, tengo que sustituir a la cabra, como sea. Si la pobre criatura continúa bebiendo esa
leche, pronto empezará a balar en lugar de hablar —bromeaba.
De Leila y de Zohra decían que eran «hermanas de leche». Les gustaba que fuera así. Y muy
pronto, ambas desarrollaron una conmovedora ternura la una por la otra, incluso con el paso de los
años, se iba notando lo diferentes que eran.
A la vuelta de la escuela, a Leila le supieron muy amargos los dátiles de la merienda. Y la
hermosa luz de octubre le pareció un engaño, un espejismo que ocultaba sordas amenazas. Pensó en
habibi Jalil. Su ausencia en aquel crítico momento tenía visos de abandono. «La escuela, tu única
tabla de salvación», las advertencias de su querida maestra resurgían del limbo de la
despreocupación y resonaban en su cabeza. ¿Por qué era presa de semejante angustia? ¿Por qué no
era como las demás chicas de su edad a las que les daba lo mismo dejar la escuela? ¡Iban a
dedicarse a su ajuar, a hacerse mujeres! Zohra, y algunas otras a las que Leila iba a ver a la salida de
la escuela, parecían más bien tranquilas al no tener que soportar nunca más una obligación que
consideraban fastidiosa, incluso inútil.
¿Un año más o menos, qué más da? Tienes que meterte en la cabeza que pronto se acabará para
ti también. Tal vez puedas continuar yendo a la escuela el año que viene. Pero después, se acabó.
¿No creerás que tu padre va a dejarte ir a Béchar a hacer sexto?[3] ¡Una argelina que pasa los días
sola a kilómetros de su casa! ¡Cuándo se ha visto algo parecido!, pontificó la ingenua Zohra.
Leila había ocultado todo eso, porque estaba segura de contar con numerosos apoyos. Se había
dicho siempre a sí misma que, llegado el momento, Jalil encontraría argumentos inteligentes. Su
abuela lanzaría improperios. Saadia dirigiría una mirada terrible a Tayeb. Y su madre... ¿Se uniría a
las otras para obligar a Tayeb a ceder? Ahora, las certezas de Leila se tambaleaban y la entregaban a
las acometidas de la duda. El miedo empezaba a socavarla y una sensación de caída sin fin la
absorbía.
Se arriesgó a contar a su madre y a su abuela que Zohra había dejado la escuela, pero silenció
por precaución el alcance del fenómeno que a ella también afectaba. Yamina, que estaba lavando
ropa en el patio, detuvo su faena y apoyándose en el recipiente para la colada dijo:
—Sabes que para Zohra no tiene ninguna importancia. A ella la escuela le da igual. ¡Contigo es
otra cosa!
Había una nota de orgullo en su tono. Por una vez, Leila se quedó muda. Lanzó una mirada
furtiva hacia su abuela. La anciana estaba de su parte. Por ahora, podía estar tranquila. Por algunos
meses. Pero, ¿qué ocurriría cuando, el curso siguiente, tuviera que dejar el pueblo para ir al colegio
de la ciudad de al lado? ¿Qué sucedería cuando sus pechos, que por ahora abultaban un poco más que
un dátil, levantaran más su blusa? No lo sabía. Y si... ¡No! Nunca se dejaría atrapar por la epidemia
de hinchazón que se apoderaba de los vientres. Nunca aceptaría convertirse en un ama de casa de las
que encerraban a sus hijas cuando dejaban de ser niñas para no soltarlas más que a las puertas de la
muerte, cuando ya no tenían nada más que sacarle a sus maltrechos cuerpos de vaca. No, ella iba a
escaparse. Caminaría con la cabeza bien alta como Buhalufa. Dejaría atrás los palmerales y las
dunas. Caminaría hasta el límite de sus fuerzas, lejos de todo y de todos. Aunque el cansancio la
dejara tendida en la tierra desnuda, su voluntad seguiría siendo de hierro. Y por más que el desierto
intentara engañarla con sus puestas de sol, Leila sólo vería en ellas una tragedia. Su tragedia. Y
aunque las noches se engalanaran con sus miríadas de estrellas, ella sólo vería en ellas un hervidero
de libertades inalcanzables. Sin embargo, antes de hundirse en el último sueño, en el último miedo,
se sentiría, a pesar de todo, satisfecha: ¡los chacales y las hienas la devorarían, pero no habría
abdicado! Y quizás su voluntad, su afán, esa rabia que la hacía rebelarse, podría alcanzar esa
intensidad que en la luz es la quintaesencia de las miradas de los nómadas. Una pizca de dignidad
arrancada a todo lo que obstaculiza la vida en el infierno del desierto. ¿Pero era necesario morir
para alcanzar la libertad? Leila se estremecía al pensarlo.
Otro episodio ocurrió en la escuela. Era un año en que estaban pasando muchas cosas, había
nueva directora. La anterior, a la que Leila conocía de siempre y que se había jubilado, era una mujer
tranquila y lánguida, que había adquirido en la región la costumbre del gesto lento y la palabra
meditada. La que la sustituyó era una extraña mujer cuyo apellido era Charlier. De unos cincuenta
años, pequeña, rolliza, con el pelo siempre enmarañado y una mano nerviosa que no paraba de
subirse unas gafas rebeldes que le resbalaban por la nariz. Era una mujer que quería cambiarlo todo.
Calzada con alpargatas, recorría todo el edificio a la carrera. Innovaba, ponía todo patas arriba,
inspeccionaba, aconsejaba, inquietaba, intrigaba y molestaba a la comunidad francesa del pueblo.
—Dicen que ha recorrido toda África.
—¿Saben que es roja, que tiene carnet del PC?
—Y a ésa a la que llama «su hija» es una muqer marroquí a la que ha adoptado.
—Muqer o no, va al instituto de Béchar, ¡ni más ni menos!
—Sabe lo que le digo, esos aires de mujer enérgica que quiere darse son para ocultar un pasado
no muy limpio.
Las actividades en la escuela se diversificaron y se multiplicaron—, excursiones, proyecciones
de películas, creación de una biblioteca... Madame Charlier participaba en todos los combates, en
todos los debates, estaba en el centro de todas las controversias.
Invierno de 1961. Duro invierno. La guerra y el desconcierto se estaban haciendo eternos. Los
militares ejercían la represión. Acantonados en sus territorios respectivos, los civiles se espiaban.
Aprobada en referéndum, la política de De Gaulle no influyó en ningún aspecto de la vida cotidina de
los moros hambrientos y acosados. Si éstos habían recuperado por su cuenta el famoso «les
comprendo», desconocían cómo «aquel gran hombre» podría imponerse a los grandes colonos que
dictaban la política de Francia en Argelia. Estos últimos rumiaban su acritud, al sentirse traicionados
por De Gaulle: no nos queda más que la maleta o el ataúd. Allá arriba, en el norte, los ultras
amenazaban con pasar a Argelia a fuego y sangre.
Leila tenía once años. Con un gran plato de m'semen en las manos, fue a ver a la Bernard el día
del cumpleaños de ambas. Era un ritual establecido hacía años y que ellas celebraban con
ceremonia: té con hojaldres, que Yamina nunca dejaba de prepararles. Pero esta vez, la comadrona
no se mostraba petulante ni arrogante como de costumbre. Ella, que dejaba escapar su risa contagiosa
en los momentos difíciles, se sentía aquel día cansada y amargada.
—A tu salud, preciosa, por tus próximos cumpleaños. Tengo miedo de que sea el último que
celebremos juntas. Y esto me desmoraliza. Pero en cada uno de mis cumpleaños, en la metrópoli o
dondequiera que esté, me acordaré de ti. Me diré que allá en el desierto argelino, allá donde viví
veinte hermosos años de mi vida, se encuentra una niña a la que quiero mucho. Una mujercita con el
cerebro dividido entre dos mundos enfrentados y que picotea en uno y en otro con la misma avidez
deliciosa. Me imaginaré que estás celebrando tu cumpleaños comiendo m'semen, como hoy. Creo
que yo también tendré muchísimas ganas de comer y que se me encogerá el corazón.
Instalada en aquel pueblo desde hacía veinte años, había muy pocos partos que no hubieran
pasado por sus manos. Los argelinos la querían. Y aquellos pieds-noirs que propagaban chismes a
sus espaldas se deshacían en sonrisas y reverencias inermes ante su mirada. Entonces, ¿por qué tenía
que marcharse? Leila no lo comprendía. Luchando contra la emoción que la ahogaba, se lo preguntó.
—¡Algunos pieds-noirs son tan testarudos! No quieren comprender. Nunca han querido
comprender. Estamos en un callejón sin salida. Ya estoy harta de su manera de pensar, de este
lodazal, de estas matanzas. Prefiero irme. Y además mis ideas y mi apoyo a la causa argelina son
conocidos. Eso siempre me ha creado enemigos. Hasta ahora, no les hacía ningún caso. Pero ya no
puedo continuar ignorándolos. No tengo ganas de que me peguen un tiro. No voy a decir adiós a
nadie. No soporto las lágrimas ni las despedidas. Pero cuando me haya marchado, contarás a tus
padres y a Meryeme lo que te estoy diciendo. Diles que me los llevo, junto a todos a los que quiero,
en el corazón, y que nunca los olvidaré. Pero ¡prométeme que no dirás nada antes de que me marche!
Leila se lo prometió. La Bernard dejó el pueblo y Argelia poco tiempo después. La pena de
Leila tenía ahora dos rostros queridos, el de madame Bensoussan, la maestra, y el de la Bernard
cuyas albórbolas y risas habían sido el regalo de su nacimiento. Las lágrimas empañaban sus ojos.
Pero aquel dolor era un tesoro de afecto y reconocimiento. Las dos habían contribuido a inculcarle el
germen de la libertad que había echado raíces en ella; esa sensación de singularidad, de disidencia,
que daba a su soledad un gusto a la vez embriagador y acre. Muchos años después, ya sin m’semen y
lejos del desierto, siempre recordaría con nostalgia y cariño a aquellas dos feministas precoces que
habían venido a perderse en el corazón de su duna.
Todas las noches, los militares hacían guardia en el tejado de la casa. De día, patrullaban por
los alrededores del depósito de agua. Tayeb estaba a punto de perder los nervios. Aquel acoso había
reducido a cero sus actividades.
—No puedo más. Como no puedo ser de ninguna utilidad aquí, los del frente están de acuerdo
en que también yo me vaya al maquis. Pero antes quiero tener la certeza de que estáis en lugar seguro,
a cubierto de las represalias. Un pasador se encargará de llevaros a Uchda.
Su casa, como todas las viviendas árabes, tenía un patio central en tomo al cual se distribuían
las habitaciones. Para ir de una a otra había que atravesar aquel espacio. Si de noche les daba gana
de ir al baño o de beber un vaso de agua, nada más atravesar el umbral una linterna se encendía y les
enfocaba para seguir sus desplazamientos. Como los rumores de violaciones aumentaban la
inquietud, los adultos prohibían a los niños salir de la habitación donde dormían. Las latas de
conserva hacían las veces de orinal. Con tantos niños alineados codo con codo en el sueño, el
despertar tenía un fuerte olor a orina.
Abril de 1961, el golpe de los generales saludado por las «caceroladas» de los barrios pieds-
noirs, aclamado por los cánticos de las mujeres y maldecido en el recogimiento de las oraciones,
llevaba al paroxismo la exaltación de las mentes. Fuera uno del bando que fuera, se pegaba a la radio
para seguir el curso de los acontecimientos. Al tercer día, se supo con alivio que «el cuartelazo de
los generales jubilados» estaba fracasando. El golpe había sido abortado. Challe se entregó a la
justicia francesa. Salan pasó a la clandestinidad. Pronto se pondría a la cabeza de la Organización
Armada Secreta, la O.A.S., que iba a ensangrentar el país.
Los acontecimientos se precipitaban. Por fin, un mes más tarde, les llegó una buena noticia, tras
aquellos días de intensa angustia. A finales de mayo del mismo año, se convocó la conferencia de
Evian, acompañada de una tregua de los militares franceses y la liberación de un gran número de
prisioneros.
Los soldados dejaron el tejado de los Ajalli, llevándose con ellos la espada de Damocles que
hasta entonces habían mantenido sobre la cabeza de Tayeb. La idea del exilio cayó en el olvido.
Tayeb pudo reemprender discretamente sus actividades.
Otro feliz acontecimiento se perfilaba en el horizonte: la apertura de la frontera marroquí a las
mujeres y los niños que poseían un justificante de residencia de algún pariente cercano. Tayeb se vio
obligado a aceptar que su mujer y sus hijos se marcharan. Cinco años separaban a Yamina de su
anciano padre y tres habían transcurrido sin que Zohra hubiese podido besar a sus otros dos hijos.
Durante más de tres meses, estuvo saliendo diariamente hacia Marruecos un tren atestado de
mujeres y niños. Otro volvía con un cargamento idéntico. Ningún hombre pudo atravesar la frontera
aquel verano en ninguno de los dos sentidos. Era lo nunca visto. Durante los primeros días, un pánico
indescriptible envolvía aquellas despedidas. Algunas mentes calenturientas habían propalado
rumores aterradores: «Estos trenes no llegan nunca a Marruecos. Se llevan a las mujeres y a los
niños a campos de concentración en el desierto para hacerles correr la misma suerte que a los judíos
en Alemania. Lo mismo ocurre al otro lado, al este, entre Argelia y Túnez. Quieren exterminarnos.
Para conseguirlo, han empezado por las mujeres y los niños». Aquellos rumores fueron desmentidos
rápidamente por las primeras viajeras, que telefoneaban o telegrafiaban a su llegada. La gente lanzó
suspiros de alivio y las salidas se aceleraron. Los ksars se vaciaban de mujeres. Los hombres, con
frecuencia solos y desocupados, erraban por las calles.
Un tren polvoriento de color negro tembló y resopló como un dinosaurio al detenerse. Una
marea humana invadió el andén. Un sinfín de niños en el colmo de la excitación ante la novedad
salpicaba de manchas abigarradas el ondear de las almalafas. Luego, en un estrépito y en un
desorden inenarrables, la riada humana desbordó el andén al asalto del tren. Los portaequipajes no
bastaban para las maletas, serones y petates de todo tipo que se amontonaban también entre los
bancos y en los pasillos. Los hombres bajaron del tren. Con rostros tensos, solos en el andén, de
pronto parecían frágiles y perdidos. Las mujeres los observaban desconsoladas. Ellas que no dejaban
nunca sus casas solas más que para ir al cercano hamman. se marchaban a otro país, a un país libre,
dejándoles desamparados. El silencio planeó durante unos momentos sobre aquel panorama insólito.
Pero los hombres se liberaron finalmente de su desconcierto mediante algunas toses, carraspeos y
escupitajos. Y para defenderse de la sensación de abandono, al verse marginados, empezaron a dar
órdenes a sus hijos y a dar consejos en voz alta.
Sentadas contra los cristales bajados, con el rostro inquieto y atormentadas por el
remordimiento, las mujeres los escuchaban asintiendo. Un toque de silbato y un largo mugido del tren
acabaron con las baladronadas masculinas. El convoy empezó a temblar mansamente. Los hombres se
apartaron. Las mujeres se levantaron precipitadamente. Aferrándose a las ventanas los miraban
espantadas. Un vuelo de pañuelos, un velo en las miradas. Los ojos de los hombres que pretendían
aparentar tranquilidad no lograron más que parecer frustrados y sus sonrisas apenadas. Las mujeres
dirigían la mirada hacia quienes en el andén quedaban a la deriva hasta que la arena los hubo tragado
a todos. Luego, con las cabezas pegadas a las ventanas, empezaron a observarse. Liberadas de la
ansiedad de la marcha, sus sonrisas se volvieron tan radiantes de pronto que, a pesar de las caras
cubiertas por los velos, disfrutaban del fulgor del negro de los ojos que las examinaban. Y por fin
volvieron, juiciosas, a sus asientos.
Zohra permaneció pensativa un momento, luego murmuró:
—Kebdi. la guerra es terrible. ¡Cuántas cosas nos está imponiendo! ¿Cómo va a hacer mi hijo
para comer?
—No te preocupes, hanna, casi siempre irá a comer a casa de la tía Meryeme. Y además
aprenderá a apañárselas él solito. Comerá huevos, por ejemplo.
—¿Crees que sabrá freírlos? —ironizó Leila.
Los olores polvorientos del tren fueron rápidamente eliminados por el aroma de los pasteles
que exhalaban los cestos. Durante los días que precedieron su marcha, las mujeres habían hecho
tantos pasteles como si se tratara de la celebración del Aid el Seghir y galletas secas para el té, que
no se echaban a perder en muchos días. Maqruts de sémola, dátiles, almendras y miel. Griueches
para freír, recubiertas de semillas de ajonjolí. Cigarros de pasta de almendra... Los efluvios y la
excitación de los corazones saturaban los vagones. En los pasillos, los niños se balanceaban. Sus
gritos agudos parecían reducir el ruido sordo y continuo de las ruedas del tren. Las ancianas fueron
las primeras en moverse. Fueron a otros compartimentos a visitar a sus familias y contaban sus
historias en una sobrepuja de relatos de combate y resistencia que exaltaban las pasiones. Pronto,
cada familia supo todo sobre los héroes de las compañeras de viaje.
Mientras que la vida en los vagones discurría entre todo tipo de parloteos, el trenecillo
devoraba los raíles resoplando bajo un calor sofocante. Necesitaba más de cuatro horas para
recorrer los cien kilómetros hasta la frontera. Se detuvo y fue enseguida invadido por militares
franceses. La comprobación de los pasaportes y de los visados se estaba haciendo eterna. Era el mes
de julio y la detención del convoy aumentó la temperatura unos cuantos grados. Por fin, el tren se
puso a temblar de nuevo y reemprendió su laboriosa marcha, una vez que los últimos hombres de
caqui hubieron bajado. ¡Unos kilómetros más lejos estaba Marruecos! Nada más pasar la frontera,
una voz de anciana, áspera y temblona, entonó el himno nacional argelino. La gente contuvo la
respiración unos segundos. Solamente se elevaba aquella voz quebrada por la pasión, acompañada
por el redoble del tambor del tren. La atmósfera se electrizó y de repente el Kassaman resonó en
todos los vagones. Cientos de mujeres y de niños cantaron, por primera vez con fuerza, aquel himno
que hasta entonces sólo habían mascullado. Y aunque la aparición de la bandera argelina fuera un
milagro esperado, no por ello dejó de hipnotizar las miradas. Saludada por una salva de albórbolas
delirantes, empezó a ondear en una de las ventanas de un vagón. Otra apareció unos coches más lejos
y luego otra y otras más. Con los rostros descubiertos, los cuerpos trémulos y las miradas
encendidas, las mujeres que no tenían banderas, hicieron ondear sus almalafas. Sostenidas con
esfuerzo, golpeaban el aire tórrido. Los cantos patrióticos, las albórbolas y las llamadas se
extendían, se hacían eco. A la estación de Figuig, la primera ciudad marroquí, llegó un tren lleno de
velos y banderas al viento, un tren de mujeres exaltadas. Del andén se elevaron las mismas
ovaciones, la misma alegría. Los marroquíes y los refugiados argelinos que habían llegado a esperar
a los suyos o simplemente a manifestar su apoyo y a disfrutar del espectáculo, volvían a entonar
cantos, eslóganes y albórbolas y saludaban a Argelia en sus magníficas embajadoras. La gente se
daba las noticias a gritos, bramaba palabras hasta entonces prohibidas. Las mujeres llevaban la
cabeza descubierta y, por todo reproche, sus madres les lanzaban vertiginosas albórbolas en los
oídos. Y las albórbolas ya no sonaban quebradas por el dolor. Salían puras, como flechas de luz a la
conquista del sol.
Después, ya más lejos, sacaron termos de té con menta. En un compartimento, encendieron un
hornillo de petróleo para calentar tajín. En un vagón sin compartimentos, una anciana que estaba de
pie en una banqueta, con el cuerpo rígido por la solemnidad, soltaba a la audiencia el discurso que
había preparado para glorificar a los primeros combatientes, esperados en la estación de Uchda.
Escuchándola, se notaba que era el último ensayo de un texto trabajado y ejercitado hasta haber
logrado la perfección de las entonaciones, puntuaciones y silencios. Atentas, las otras mujeres
saludaban sus palabras levantando los vasos de té.
Años después, Leila conocería el trenecillo de la línea Béchar-Orán. Tardaba más de veintiséis
horas en recorrer los setecientos kilómetros que separaban las dos ciudades. Pero nunca volvería a
ver un convoy cargado con tanta emoción y comicidad, tan insólito. Como tenía conciencia de estar
viviendo un momento excepcional, no quería perderse nada. Su mirada recorría los vagones, los
rostros y las miradas, registrando la emoción, el color, el ruido y el olor. Todas las cosas que
hicieron de aquel viaje en un banal trenecillo del desierto un momento extraordinario, una joya para
la memoria.
Hacia la una de la madrugada, afónicas, pero radiantes de felicidad, las argelinas entraron en la
estación de Uchda. Allí estaban el abuelo Hamza, Nazer, su mujer Zina y sus hijos adolescentes. Allí
estaban todas las tías y todos los primos. Había llantos y risas, risas y llantos mezclados. Se besaban.
Se miraban unos a otros agarrándose por los brazos. Se miraban sorprendidos y se volvían a besar.
Las familias argelinas en Marruecos solían acoger a combatientes convalecientes. Qué gran
decepción sintió Leila al ver, cuando llegó, que no había ninguno en la granja. Pero su familia, como
muchas otras, no había aceptado a ninguno aquel mes para poder alojar a los recién llegados.
—Los verás mañana. Están muy cerca, en el cuartel. Invitaremos a unos cuantos a comer.
Hamza les comunicó que su hijo primogénito acababa de casarse en el yabal con una yundiya,
enfermera en el frente:
—Se han casado sin taleb ni caíd y sin sus padres: solos ante un grupo de combatientes.
Únicamente conocemos a nuestra nuera por una foto. Espero que le den pronto un permiso.
Al día siguiente, las albórbolas despertaron a Leila. Salió al patio. El sol estaba ya casi en su
zenit. Hacia el sur, la sombra azulada de una higuera se agitaba en la brisa. Allí bajo su sombra, solía
instalarse la familia al final de la primavera. El patio estaba desierto. Otra oleada de albórbolas
procedente del exterior guió los pasos de Leila. Todas las mujeres de la familia estaban ante la
puerta, reunidas en torno a un grupo de hombres de uniforme. En cabeza, Zohra y Yamina pasmadas
de admiración. ¡Los yunuds por fin! Asustada, Leila se quedó detrás, Su abuela se volvió y la vio. La
cogió de la mano y la llevó al centro del grupo.
—¿No te morías de ganas de verlos?
Los hombres la besaron y acariciaron sus cabellos.
—Sueña con irse al maquis —les dijo la abuela.
—¡Tu maquis está en la escuela! El nuestro se va a acabar pronto, inch Alá.
Enrollando el magrún. Zohra les hizo ver que se sentía orgullosa de ella:
—Trabaja mucho. Siempre es la primera.
—Entonces, un día serás maestra o enfermera —dijo uno de ellos sonriendo. Vamos a necesitar
muchas.
Todos entraron en el patio para beber té y comer pasteles. Zohra les contó su vida, los acosos,
los registros, la cárcel, en la ciudad de la que procedía el tren al que había llamado «El-Horre, El
libre». Ellos les contaron su vida en el yabal, las escaramuzas, el hambre, la sed, el cansancio, la
desmoralización, a veces profunda, la fuerza de voluntad, la esperanza.
Las mujeres escuchaban con una felicidad muda, subyugadas y con el corazón latiendo al ritmo
de sus relatos.
A petición de su cuñada, Saadia tenía que venir a llevarse a los dos hijos menores de su
hermano Alí: Madjid y Zouhair. Llegó con un rostro taciturno que desentonaba con la euforia del
ambiente. Vergne se marchaba a Francia. ¡Anda que no habían hablado de su relación con él! Los
calumniadores se habían entregado en cuerpo y alma a la difamación y habían imaginado, por
ejemplo, que los supuestos sobrinos que iba a buscar a Marruecos no eran sino sus propios hijos. Los
hijos del rumí, que había mantenido ocultos. Saadia tenía el cuerpo y la mente cubiertos por una
coraza. Y aquellos rumores, por muy venenosos que fueran, no le arrancaban más que una sonrisa
amarga.
Pero ahora aquella despedida había resquebrajado su coraza y estaba a punto de saltar en
pedazos. Vergne le había pedido que lo acompañara con sus sobrinos. ¿Marcharse con un militar
francés en el momento en que la esperanza de la independencia comenzaba a hacerse realidad? ¿Dar
al traste de golpe con todo el reconocimiento social que con tanta paciencia había conquistado?
¿Arriesgarse a verse rechazada por segunda vez por la familia de la que era ahora un pilar?
¿Encontrarse otra vez sin familia, sin patria, sola? Marcharse o quedarse era un doloroso dilema. La
aflicción le oprimía el corazón en el momento en que las fiestas comenzaban.
La viuda de Alí, el difunto hermano de Saadia, tenía que volver a casarse, pero sus tres hijos
eran un obstáculo para tal proyecto. Además, el consejo de familia no hubiera permitido que los
niños acabaran bajo la tutela de un extraño. El Buhalufa que aún vivía y el resto de la familia
tomaron la decisión de confiarlos a la pródiga Saadia. Así aquellos niños tendrían la educación, el
bienestar material y el afecto que ella estaba dispuesta a darles.
Saadia se marchó enseguida. ¿Podría llenar su vacío rodeándose de niños? Ahora tenía tres.
De la granja de Buhalufa sólo quedaban los edificios. Todas las tierras habían sido vendidas.
Grandes caserones de altos muros de piedra y puertas macizas se amontonaban ocupando el espacio
de los campos de trigo. Casi todos pertenecían a notables argelinos. La ciudad hacía retroceder los
paisajes campestres y se ensanchaba. Otro disgusto para Leila: la pérdida de los recuerdos agrestes
de su infancia.
A partir de 1957, la emigración se volvió masiva. Las familias cuyos hombres se habían ido al
maquis o que huían de la represión, de la cárcel y de la tortura, se habían replegado en oleadas
sucesivas hacia Marruecos. En algunas ciudades, sobre todo en Uchda, la afluencia de emigrantes era
tal que las fricciones con la población local eran inevitables. Sin embargo, a pesar de los problemas
que ocasionaba la superpoblación, ésta contribuyó innegablemente a la prosperidad de la ciudad. Las
organizaciones internacionales como la Cruz Roja y la ayuda financiera de numerosos países tenían
un alcance considerable. Muchos médicos, comerciantes y notables llegados de todo el oeste de
Argelia se establecieron allí. En el resto de Marruecos llamaban a Uchda la segunda Argelia.
Dos días después de su llegada, dos mujeres negras y recias, antiguas esclavas de la granja,
vinieron a visitar a Yamina. Se echaron a sus pies con la intención de besarlos, murmurando:
—Ama, qué contentas estamos de volver a verte.
Yamina, presionada por la mirada de hierro que al instante le lanzó Zohra, retrocedió y ayudó a
las mujeres a incorporarse. Pero si sus ojos traicionaban una ligera animosidad hacia su suegra, que
hacía las veces de centinela, la actitud de sumisión de las dos visitantes no le causaba por el
contrario ninguna molestia. Al revés. La expresión mezcla de ironía y arrogancia que iluminaba su
mirada, y su afectación, daban a entender que se sentía orgullosa de aquel homenaje.
Exasperada, Zohra se levantó, tendió la mano a Leila y dijo:
—Vente, vámonos. Necesito respirar un poco de aire puro. Aquí hay un hedor, un olor a cerrado
que me revuelve el estómago.
Por desgracia, ese olor a cerrado inficionaba toda África del Norte. Además de un
antisemitismo latente, apenas mitigado por la prolongada vecindad, un inalterable racismo hacia los
negros subsistía en toda aquella parte de África. La palabra Abd, que significa esclavo, era y es
todavía la apelación usada para designar a un negro. Bajo la influencia de Zohra, y debido a su
discrepancia con las manifestaciones de racismo de las diferentes comunidades, Leila había
adquirido una sensibilidad exacerbada respecto a ese fenómeno.
Un día, al volver de la escuela, encontró a su madre acicalándose ante un gran espejo. Sabía que
tenía un collar muy grande de luises de oro y de napoleones de veinte francos, que separaban perlas
de coral negro, a la moda marroquí-argelina. Leila preguntó a Yamina por qué ya no se ponía aquel
collar. Yamina se revistió de un aire altanero antes de responder:
—Hasta las abdates llevan ahora luises de oro. ¿Cómo quieres que me lo ponga?
Semejante respuesta dejó helada a la chiquilla. ¡Ah, aquella estupenda frase de Zohra!; «Si no te
gusta el negro, no tienes más que arráncatelo de los ojos». Leila la encontraba bonita y por desgracia
siempre actual. Su propia piel morena disgustaba a su madre al parecerle una profanación legada por
aquel antepasado lejano cuyo nombre nunca era pronunciado. Lo que había engendrado su vientre era
un vestigio de la pigmentación de los esclavos. Era un regalo envenenado de la familia de Zohra... A
Leila le gustaban esas cosas. A menudo se ponía a pensar en aquella mujer negra, en cómo habría
sido su vida. Así que ahora exhibía su cabello y su piel, esa herencia maldita, como su madre su
gorda barriga burlona. Cada una con sus emblemas y sus estandartes. Y cuanto más oscura se volvía
su piel y más se ensortijaba su pelo, más contenta se ponía. Para acentuar esa característica suya,
pasaba mucho tiempo holgazaneando al sol. Orgullosa reivindicación de aquel rasgo de negritud que,
aun diluido en las generaciones sucesivas de nómadas, salía por acá y por allá. Como si el fantasma
de aquella lejana antepasada mortificada acechase todas las barrigas de la familia depositando en
ellas de vez en cuando una gota de su sangre. Una gota de ébano que de vez en cuando hacía aparacer
unos labios negros en una cara de facciones de moro «puro» o emperifollaba una cabeza con una
cabellera encrespada entre otras de pelo lacio. A Leila le gustaban esas cosas.
Aquel reencuentro había reunido a los Ajalli y a los Buhalufa. Toda la familia estaba presente,
aunque el lugar había cambiado. En fin, casi toda. Unas diez mujeres. Unos treinta niños. Y perdidos,
en medio, sólo dos hombres: un anciano, el abuelo Hamza y un alcohólico de mirada apagada, Nazer,
el marido de Zina, el hermano mayor de Tayeb y Jalil. Los demás hombres yacían en el cementerio,
estaban en el maquis o se habían quedado en Kenadsa.
Capítulo X
Las siglas de la OAS aparecían por todas las paredes. Los atentados cometidos por los
miembros de la organización ensangrentaban Orán y Argel. Las negociaciones de Evian habían sido
interrumpidas. La duda disputaba de nuevo el futuro a la certeza de la paz. «Francia quiere quedarse
el Sáhara», pensaban con inquietud en el corazón del desierto. El Sáhara siempre ha sido y siempre
será de los saharauis, remachaba Zohra.
En octubre de 1961 nació otro hermano más. Y al comienzo del curso, algunas alumnas
argelinas dejaron la escuela. Más niñas usurpadas, enterradas en los ksars para ser moldeadas para
los trabajos caseros y las privaciones. También faltaban algunas pieds-noirs, absorbidas por otros
horizontes, también inciertos. La mezcla de miedo y prudencia aceleraba la salida hacia Francia o
España. La escuela se estaba quedando vacía. Aquel año representaba para Leila una apuesta de
importancia crucial. «¡La escuela es tu única tabla de salvación!». ¿Empezaría sexto curso en
Béchar? A veces buscaba ánimos en la luz de la que hablaban sus antepasados, pero sólo sentía
escozor en los ojos dañados por la reverberación. El cielo en el que se perdía su búsqueda y el
desierto permanecían indiferentes.
—Hija, tu abuela y yo hemos intentado convencer a tu padre de que te deje hacer sexto, pero no
quiere ni oír hablar de ello. Compréndelo, todos los hombres de su entorno han sacado a sus hijas de
la escuela. Se calientan la cabeza unos a otros. Y tu padre siente miedo de que lo critiquen, y también
por ti. Ya nos han pedido tu mano en varias ocasiones... En lugar de hacer sexto, tu padre piensa que
deberías sacarte el certificado de estudios. Es un buen diploma...
—¿Me han pedido en matrimonio? Pero, ¿quién? ¿Y vosotros qué habéis dicho?
—Bueno, se puede decir que no sin ofender. Tenemos una coartada estupenda. Estás prometida
a tu primo. De todos modos, ni tu abuela ni yo queremos que te cases tan joven. Esperaremos a que
cumplas dieciocho o diecinueve años. A mí me gustaría que continuases tus estudios y que te hicieras
maestra. Sí, me gustaría mucho, pero tu padre...
Yamina se dio cuenta de que el rostro de Leila había evolucionado hacia el gris. Entonces, puso
una voz y un gesto animosos:
—No te preocupes, tú sigue estudiando y, llegado el momento, Jalil acudirá en tu ayuda.
En octubre, De Gaulle se pronunció a favor de la autodeterminación mediante un referéndum, lo
cual no impidió que el primero de noviembre siguiente, aniversario del estallido de la revolución
argelina, fuera particularmente sangriento. Se habían retomado las negociaciones, lo cual dio origen a
atentados con explosivos plásticos y con bombas. En la escuela, las muchachas de las dos
comunidades se lanzaban miradas insidiosas y se dirigían frases vengativas que sus padres no se
atrevían a apoyar. Algunos gestos adquirían un carácter simbólico. Así una mano abierta, extendida
ante la cara de una compañera, ya no era una khemsa, una mano de Fátima, sino un palmo. El codo y
el palmo seguían siendo medidas utilizadas por los comerciantes judíos y árabes. Enardecidas, las
niñas argelinas se apropiaban de las palabras y de los gestos de sus padres para indicar al enemigo
que no le dejarían ni un milímetro de tierra.
Un cuaderno de redacción. Otro más. Tayeb hizo un garabato a guisa de firma en el lugar que le
indicaba Leila. Ésta se esforzó en disimular su decepción. Leila se sentía recompensada cuando Jalil
hojeaba orgulloso sus cuadernos. Pero que la mirada de su padre no se animara al ver sus notas, le
pareció de pronto a la muchacha la ruina de su mejor baza. Olvidándose de los juiciosos consejos de
su madre, y en un pronto de rebeldía, Leila le advirtió que pronto aprobaría el examen para empezar
sexto. Rojo de cólera, su padre remachó:
—De eso, ni hablar. Si el instituto estuviera en Kenadsa, no te diría que no. Pero como no es
así, ni lo sueñes.
Aquella misma tarde, Leila escribió a habibi Jalil pidiéndole ayuda. Y contó con angustia los
días a la espera de noticias suyas. Aún no le habían llegado cuando madame Charlier entró en el aula
para distribuir unos formularios:
—Son las solicitudes de matrícula de sexto. Tenéis que rellenarlas y llevarlas a vuestros padres
para que las firmen. El examen será el 10 de abril.
La congoja que sufría Leila desde hacía varios días la sacudió bruscamente. Madame Charlier
intentó enterarse del motivo, pero no pudo sacarle nada a la niña que empezó a llorar
desconsoladamente. Entonces la cogió de la mano y la llevó a su despacho. Cuando se enteró de cuál
era el problema, remachó estas palabras:
—Si sólo puede haber una niña de Kenadsa en sexto, esa serás tú, Leila. Te prometo que haré
todo lo que esté en mis manos. No temas, iré a hablar con tu padre a tu casa esta misma tarde. Voy a
guardar tu solicitud. Se la llevaré en persona. No digas nada al volver.
Llegó en su viejo Dos Caballos hacia las seis de la tarde. Sorprendido por la visita tan inusual
como intempestiva, Tayeb la invitó a entrar. Mientras que Yamina preparaba el té, madame Charlier
empezó su ofensiva en un árabe perfecto con un ligero acento marroquí, que hizo volver la cara a
Yamina y sonreír:
—Señor Ajalli, yo misma he traído la solicitud de matrícula de Leila para sexto. Lo considero
muy importante y quería asegurarme de su consentimiento.
Tayeb intentó protestar. Ella no le dejó tiempo y continuó con vehemencia:
—Señor Ajalli, ha escolarizado usted a sus dos hijas mayores. Para mí es un acto de coraje y de
resistencia. Porque la escolarización de las niñas es una de las prioridades del combate por la
libertad. No me cabe duda de que usted está en esta lucha.
Estupefacto, Tayeb abrió los ojos como platos. La mujer guardó silencio durante unos momentos
para dejar que sus palabras produjeran el efecto deseado. A Tayeb ni siquiera se le pasó por la
cabeza responderle. Ella continuó:
—Lo creo de verdad. Militar o tomar las armas para liberar a nuestro país, es un deber para
cada uno de nosotros. Como es nuestro deber también denunciar la injusticia y apoyar el combate de
los oprimidos en cualquier lugar del mundo. Esta guerra que enfrenta a dos comunidades desde hace
ocho años, en un país cuya extensión y recursos podrían permitirles vivir juntos a sus anchas, tendrá
que acabar. Mañana, dentro de unos meses, un año o dos como mucho, Argelia será un país libre.
Entonces comenzará otra lucha tan larga y ardua como la otra para lograr la independencia
económica, técnica, cultural... Habrá que asumir la libertad y no será tarea fácil, ya lo verá usted.
Para lograrlo, Argelia tendrá que echar mano de todos sus hijos, muchachas y muchachos, hombres y
mujeres. Mi mayor deseo sería vivir unos años en esa Argelia, contribuir en la medida de mis
posibilidades y de mi nivel a la construcción de este nuevo país. Pero, ¿quién ocupará mi lugar o el
de tantos y tantas como yo cuando nos hayamos marchado? ¿Quién asegurará el relevo? ¡Harían falta
tantas Leilas! La suya tiene todas las posibilidades. No se priven del orgullo de verla ocupar un día
un puesto de responsabilidad. No cercenen sus posibilidades la víspera de la independencia del país,
se lo ruego. Militar es también dar ejemplo. Es intentar combatir el oscurantismo, vencer su cohorte
de absurdos y hacer evolucionar las mentalidades. ¡También consiste en eso! En la Argelia de
mañana consistirá sobre todo en eso. No les digo nada nuevo al señalarles que se trata de un combate
muy duro, quizás más difícil que el que consiste en apuntar las armas contra un enemigo más
concreto.
Tayeb asentía apretando los dientes con gesto grave. Leila sintió vagamente que había ganado la
partida. No hubiera podido imaginar mejor defensa. La rumí había dado con las palabras y el tono
apropiados. Con su intuición, había dado en el clavo y había conmocionado a Tayeb, en el sentido
propio del término. Leila luchaba por contener las lágrimas con el vaso de té temblándole en la
mano. Ella había contado con que algunos parientes le echarían un cable y mira por donde la ayuda
decisiva le había venido de esa extranjera. Una ayuda que ni siquiera le había pedido. Los
argumentos de la rumiya habían fulminado toda la resistencia y conquistado a la familia. Sus
palabras resplandecerían en la memoria de Leila en los años oscuros como la Vía Láctea.
Ahora la mujer saboreaba el vaso de té en calma. Tayeb sorbió ruidosamente un buen trago para
darse aplomo. Se aclaró la voz y se puso a hablar con total libertad. Evocó la guerra, las injusticias y
las humillaciones, las negociaciones en curso, la esperanza del alto el fuego. Y por fin señalando a su
hija mayor, dijo:
—Su tío me telefoneó al taller hace dos días. La muy pilla lo había puesto en antecedentes. La
chiquilla, sabe usted, ha salido a la otra rama de nuestra tribu, tiene la chispa de los Buhalufa... Yo
no tengo ninguna gracia para contar historias. Y ésta sería muy larga de contar... Mi hermano piensa
lo mismo que usted. Creo que ustedes dos tienen razón. Si la guerra continuara, sentiría miedo por
Leila. Pero si nuestro país consigue la independencia... Pase lo que pase, le aseguro que Leila hará
sexto curso y hasta en Rusia si fuera necesario.
El corazón de la chiquilla dio un brinco. ¡Había ganado! El deseo de abalanzarse sobre su
maestra y besarla como una loca le pasó por la imaginación en un abrir y cerrar de ojos. Pero, por
encima de la emoción que sentía, el sentimiento de enorme gratitud que le inspiraba la mantuvo
clavada al suelo. Madame Charlier fue quien primero manifestó su alegría con una amplia sonrisa,
dándole una palmada en la espalda. Leila dijo con vehemencia: «Gracias, madame Charlier», con la
impresión de que su frase era muy pobre frente a lo que acababa de conseguir y a lo que sentía. Y por
primera vez se dio cuenta de que tenía más dotes para las bravatas, el desafío y la pelea que para las
efusiones afectivas. Y por primera vez, sin duda alguna, lo lamentó.
El futuro inmediato dio la razón a madame Charlier. El 7 de marzo de 1962 se inauguraban, esta
vez oficialmente, las negociaciones de Evian. Doce días después, la radio anunció la proclamación
del alto el fuego y la liberación de Ben Bella. Los Ajalli se quedaron atónitos y empezaron a dar
vueltas al botón de la radio, en busca de una voz extranjera y neutral, que les confirmara la noticia.
Pero todas las emisoras árabes y europeas difundían la misma información. Por mucho que se
hubieran preparado para la experiencia de una felicidad tan grande, su inmensidad les dejó sin voz.
En primer lugar, el corazón a galope, las acometidas de sangre y los ojos pulverizados de luz.
Yamina fue la primera que se repuso y corrió a sacar el tambor preparado para la ocasión. Su piel
translúcida estaba teñida con alheña y adornada con collares. Otro ritmo para otros tiempos. En
manos de Yamina, el bendir se puso a redoblar con todas sus perlas, con toda su alegría. Tayeb se
puso a bailar por primera vez. Saltaba, lanzaba hacia arriba su sombrero rifeño y lo volvía a atrapar.
Luego, en una deslumbrante demostración de allaui entabló un combate imaginario dirigido
alternativamente hacia el suelo y hacia el cielo. A Zohra se le cayó el turbante, lo recogió, le dio
vueltas como si fuera una cuerda y con un gesto teatral, rodeó por la cintura a su hijo y bailó con él.
Fue un momento espléndido que liberó los tambores de los sortilegios mientras las albórbolas
llenaban de color las nubes. Todo aquello alejaba de la duna las detonaciones lúgubres de los
campos de tiro y otros ruidos de muerte.
Al día siguiente llegó un telegrama de Tinfoud. Los acontecimientos empujaban a Jalil hacia los
suyos. Tayeb lo acorraló en cuanto que llegó:
—¡Ahora, tienes que quedarte a vivir aquí y sin demora! Te necesitamos, hay tanto que hacer
aquí.
Aquel día, al igual que los siguientes, los dos hombres apenas pararon en la casa. Les absorbían
numerosas reuniones. Una mañana, Zohra anunció, mientras estaban ausentes:
—Creo que he encontrado a una muchacha que le irá bien a Jalil. Sólo me falta convencerle de
que me deje casarle.
Hacía tiempo que Leila se preguntaba qué estaría tramando su abuela en el mayor de los
secretos. Ella, que la acompañaba siempre al hamman, había observado de qué manera escrutaban
sus ojos aquella atmósfera brumosa para examinar con detalle los cuerpos aplicados al aseo. ¿Es que
los vapores de aquella habitación tan caldeada difuminaban los contornos exangües de la realidad?
Porque de golpe conferían a las mujeres ese total y cándido impudor con el que exhibían su desnudez
ante los chiquillos. Toda la rigidez y el pundonor que afuera ocultaba y envaraba los cuerpos
quedaba en el vestuario. Allí sexos, traseros monumentales y adiposos cuerpos de piel satinada como
la de las ninfas, estriada por numerosos embarazos, senos de dimensiones agobiantes, semejantes a
cojines, se amalgamaban durante una tregua sorprendente de desinhibición... La mirada de Zohra
planeaba sobre todo aquello, se apropiaba de las nubiles, las juzgaba, las calibraba.
¡Por Alá, hay que ver con qué rapidez se trasforman las chiquillas en adolescentes! Una no las
reconoce ya. ¿Quién es aquélla? farfullaba. Alargaba el cuello, observaba la larga cabellera, el
contorno de las caderas, el pecho prometedor y cubriéndose con un futa, abordaba a moulette el
hamman la propietaria del hamman. Pero el cuerpo más hermoso, el más puro de los rostros, era
barrido al instante de su mente si la menor sombra oscurecía la conducta de la joven ambicionada.
Con cara de sabia y una doble barbilla que se prolongaba en una papada, moulette el kamman lo
sabía todo de todo el mundo. Nadie podía prescindir de sus consejos. En su hamman, las mujeres
quitaban la mugre en la habitación caldeada y luego iban a verter sus chismorreos y secretos en
aquellos oídos complacientes antes de regresar a sus casas.
Zohra se decantó por una adolescente originaria como ella de las altas mesetas, lo cual no era
poco.
La única pega que algunas podrían ponerle era que estaba muy delgada, casi flaca. Date cuenta
de que entre nosotras las mujeres nunca han sido ni blancas ni gordas, sino delgadas y... muy
morenas. ¿Cómo vamos a engordar y a perder el color cuando nos pasamos la vida al sol? ¡No somos
mujeres para estar en la sombra! Dijo mirando de reojo a Yamina. Como ésta no se daba por aludida,
continuó:
—Se pondrá más rolliza con los embarazos. Además parece que los jóvenes ahora las prefieren
delgadas. Sea como sea, su conducta es irreprochable. Dicen que nunca sale sin velo ni sin la
compañía de sus hermanos y que mantiene la casa de sus padres tan limpia que muchas madres se
pondrían pálidas de envidia.
—Haz como quieras, ummi, me pongo en tus manos —concluyó Jalil, cediendo a los argumentos
de su madre.
Aquella felicidad vino a añadirse a la que ya bañaba todos los corazones. Zohra se sentía
embriagada, Yamina también. La única que se sentía un poco decepcionada por aquella respuesta era
Leila. No es que tuviera algo que reprochar a la elegida, a la que sólo conocía de verla en el
hamman. A su entender, la respuesta de Habibi significaba que había firmado su capitulación. El
corsé de la tradición había acabado por vencer su resistencia. Bajaba de las nubes para asimilarse al
común de los hombres. Jalil debió leer sus pensamientos. La miró y se encogió de hombros con
aspecto hastiado. Parecía querer decir: ésta u otra, ¿qué más da? Dos días después se volvió a
marchar a Yebilet. Presentó la dimisión, cumplió el mes de notificación previa al despido y regresó.
En la escuela, en la clase de Leila, la mitad de las chicas, demasiado mayores para sexto curso,
se sacaban el certificado para cerrar el capítulo de los estudios. De las otras siete, sólo Claire Rixio
y Leila tenían que presentarse al examen de ingreso en sexto. Las otras tenían que repetir. Leila
esperaba los resultados con una impaciencia creciente. Una tarde, mientras estaba en casa, oyó a lo
lejos un coche que se acercaba. Reconoció el motor de un Dos Caballos. Madame Charlier llegaba
tocando el claxon. Leila había sido admitida. Mientras Tayeb recibía a la emisaria, Leila, paralizada
por el alborozo, observaba las caras radiantes. Tenía la impresión de que «La Mirada» de luz había
bajado de los cielos y estaba ahora en todos los ojos. Con una intensidad insostenible.
Bebieron té. Hablaron del alto el fuego, de la OAS que estaba saqueando el país, de la
desbandada de los pieds-noirs. Se marchaban todos, destrozados y amargados. Con la mente nublada
por un inmenso dolor, no comprendían cómo habían podido llegar a aquella situación. ¿Por qué no
había otra cosa que no fuera «la maleta o el ataúd» como única y terrible alternativa? Dejaban su
país y sus almas acarreando pesadas maletas llenas de pena. ¿Cuántos años habrá que esperar hasta
que enjuicien los hechos con objetividad y admitan por fin que la ausencia de equidad les arrojó
fuera de sus fronteras? De momento estaban sumidos en el caos y en la desesperación.
Tayeb le dijo a madame Charlier que quería que Leila se quedara en casa durante el mes de
mayo:
—Me hace mucha falta aquí. Me tiene que redactar listas. Estamos preparando el regreso de los
que emigraron a Marruecos. Van a llegar en masa. Toda la población está decidida a ayudarles. Los
donativos son cuantiosos y de todo tipo. Tenemos que inventariarlos.
Y le dieron permiso.
Los meses de abril, mayo y junio de 1962 fueron muy contradictorios porque todavía, en ciertas
ocasiones, la alegría dejaba paso al dolor. Había llegado la hora de hacer balance al ser inminente la
independencia. Se empezó a comunicar a las familias los nombres de los mártires. En casi todas
había alguno. Muchas no se enteraron de la pérdida de los suyos hasta el final de los combates. Tan
terribles noticias empañaban la paz recién estrenada. Por eso de vez en cuando se oía salir de alguna
casa un alarido lúgubre. Un grito surgido de la conmoción de un mundo de sufrimiento y de heridas
mezclados con la alegría de la independencia. Luego se oían voces que imploraban: Zeghuertou,
Zeghuertou, pero las albórbolas tardaban en llegar y mucho más en tomar fuerza. La alegría había
dejado inermes a las mujeres y aquel brote de dolor las cogía desprevenidas.
En la casa, al pie de la duna, reinaba la urgencia de los preparativos. Yamina pasaba mucho
tiempo pegada a la máquina de coser. Cosía banderas argelinas de todos los tamaños, uniformes de
los mismos colores para los niños, en previsión del gran día. Preparaba también el ajuar de Habibi.
La gente engordaba corderos desde hacía meses con vistas a las fiestas venideras. Tayeb cogió
dinero del que Zohra tenía guardado y compró algunos más.
—El precio de la carne se va a disparar este verano con todos los mechuis que se van a
organizar. Es mejor que seamos previsores. Haremos un mechui para Nazer, Zina y sus hijos, otro
cuando llegue el tío Hamza, otro para mi hermana Fatna y luego para la boda de Jalil y para que
coman los nuestros.
Tayeb utilizaba un hangar del taller para almacenar los regalos destinados a los emigrantes y a
las familias de las víctimas de la guerra, los chuhadas. Todos los días llegaba al pie de la duna un
camión cargado de donaciones. Cuatro muchachas militantes tenían la misión de inventariar y de
agrupar los objetos que tuvieran la misma utilidad. Las cuatro eran analfabetas, pero con miradas
burlonas y turbantes descuidados rubricaban con gesto magistral las listas que Leila les redactaba.
Todos aquellos trastos dispares eran depositados de nuevo en camiones y volvían a salir hacia los
lugares en los que habían de ser distribuidos. ¿Serían esas pobres y perentorias limosnas la garantía
de una vida más digna para las numerosas familias que se habían quedado sin recursos? Los cantos y
las conversaciones de las mujeres hacían olvidar aquel drama y disfrutar de las risas y de las
bromas. La llegada de los emigrantes iba acompañada de un sinfín de historias truculentas. Por eso,
aunque descargar, seleccionar, contar, inventariar, volver a cargar otra vez, todos los días, los siete
de la semana, representase un trabajo tedioso y repetitivo, las mujeres lo llevaban a cabo con coraje
y euforia. Algunos pasos de baile improvisados daban fe de su alegría en los momentos más
laboriosos. Andanadas de albórbolas. Buñuelos calientes y blandos de corteza crujiente, zlabias y
m’semen cuya miel chorreaba por los dedos. La hora del té se convertía en un momento placentero.
Hacía un mes que la muchacha no ponía un pie en clase. Fue un mes vivido como un sueño. Con
la certeza de que su trabajo en el grupo de mujeres era importante y embriagada por los sonidos y los
olores que perpetuaban la fiesta, a Leila se le pasó el mes de mayo sin enterarse. Poseídos por la
misma fiebre, los días habían empezado a adquirir una luz distinta. Al final del curso, Leila dejó a
las cuatro mujeres y fue a despedirse de la escuela. Entonces descubrió otro espectáculo, la otra cara
del alto el fuego, la desbandada de los pied-noirs. Los barrios franceses daban la impresión de haber
sido abandonados. Muchas casas estaban cerradas, envueltas en silencio. Algunos rezagados
deambulaban todavía, como los últimos fantasmas de un mundo devastado por la historia. Sus rostros
daban cuenta de sus pesadillas. Sus ojos parecían desear la muerte como una liberación. Su muerte o
la de los otros, aquéllos en cuyas caras la venganza mostraba una risa burlona. La muerte para todo
lo que les habían arrancado de sus vidas.
El mismo desafecto, la misma desolación esperaba a Leila en la escuela. Allí estaba madame
Charlier con unas pocas alumnas, sin maestra. Hasta ella, que había presentido la llegada de aquel
momento, se encontraba desconcertada. Daba vueltas por el patio, prodigando palabras de ánimo a
las que se iban, palabras de esperanza a las demás. En aquel lugar, habitualmente bullicioso, el
choque de la alegría y el dolor pesaba de un modo extraño sobre las muchachas de los dos bandos,
que no hacían ningún comentario al respecto. Madame Charlier pidió a Leila que acudiera a su
despacho. Tenía dos regalos para ella. Varios libros entre los que estaban La cabaña del tío Tom,
Éxodo, Nedima y un magnífico sombrero rojo adornado con margaritas que le puso en la cabeza
diciéndole:
—Te servirá para protegerte el cerebro, que ya te ha empezado a hervir por culpa del sol y de
los interminables desfiles y manifestaciones que se avecinan.
Leila no pasaba por el barrio judío, situado al otro lado del pueblo junto al viejo ksar, para ir
clase. Pero Sara también estaba en la escuela aquel día.
—Creía que me iba a marchar sin verte. ¡Ni siquiera has pensado en mi madre!
Atrapada por la efervescencia de los días, Leila no había imaginado ni por un instante que la
tragedia de los pied-noirs pudiera arrastrar también a los judíos. Y de golpe, merced al desaliento de
su amiga, se daba cuenta de la importancia de la onda de choque. ¿Por qué? ¿Cómo? No lo sabía,
pero el peligro estaba ahí, inminente e inapelable. Que la felicidad de los suyos tuviera como
corolario la desesperación de «los otros» le resultó de repente insoportable.
—Nos vamos primero a Francia, donde nos quedaremos sólo unos días, y luego a Israel.
Leila la miraba con consternación:
—Pero, ¿por qué?
—Mis padres dicen que, como los otros se van, no podemos quedarnos.
Leila no encontraba palabras para consolar a su amiga. Su propio pesar era indescriptible.
—Ahora mismo me voy contigo a darle un beso a Emna —murmuró.
Ambas hacían todo lo posible para contener las lágrimas.
—¿Qué ha sido de Gisèle y Claire? —Sara no las había visto desde hacía días.
—Puede que se hayan ido. Yo vengo todos los días para escapar de casa y de mi madre...
Salieron precipitadamente de la escuela.
El barrio judío parecía aún más silencioso y desolado que el barrio francés. Las pocas personas
con las que se cruzaron mostraban los mismos rostros taciturnos, las mismas miradas imperturbables.
El estupor reinante se había apoderado de la mirada de Leila. Y en su cabeza, el mazazo de una
pregunta: ¿por qué se tienen que ir los judíos? ¿Por qué ellos? En el hamman sus mujeres no se
distinguían de las demás. Las mismas posturas, las mismas actitudes, las mismas costumbres, la
misma alheña. El mismo acento típico de Kenadsa en el árabe que hablaban. Es cierto que algunas de
sus casas eran un poco más ostentosas, pero del mismo estilo que las vecinas del ksar árabe. ¿Por
qué se iban?
Los comerciantes judíos gozaban de la predilección de Leila no tanto por los productos de sus
tiendas, sino por su amabilidad. En cambio los comerciantes árabes se creían obligados a adoptar un
tono desabrido con los niños. Cuando Tayeb estaba ocupado y mandaba a Leila a hacer la compra,
ésta solía ir a la tienda de Ben Yetto, el padre de Sara, un hombrecillo regordete y jovial que la
recibía con cordialidad: «¿Qué tal benti? Cada día estás más guapa». Tenía la costumbre de
regalarle una botella pequeña de gaseosa. A veces ella se negaba a aceptarla para ver cómo se hacía
el ofendido. En primer lugar adoptaba un aire gruñón con el que sus ojos burlones echaban pestes.
Luego, con gestos simiescos daba golpes en su fez, encasquetándoselo hasta las mismas cejas y
escondía la cabeza en su enorme delantal azul. Era para partirse de risa.
—¡Cógela, estás entre judíos, en la civilización! —decía, ofreciendo a Leila la bebida ganada a
carcajadas.
—Monsieur Ben Yetto, ¿por qué se van ustedes también?
Le lanzó aquella pregunta que nublaba su entendimiento. Aquel barrio que tanto le gustaba era el
pulmón del ksar. ¿Cómo imaginar la vida de este último sin las mujeres de dicha comunidad?
Vestidas de negro, con fulares rutilantes y rostros impregnados de bondad se sentaban ante sus casas
y formaban un muro de ternura frente a la aridez de los corazones. Sin ellas, con toda seguridad, el
alma del ksar quedaría empobrecida.
El hombre la miró con tristeza luego, apartando la mirada, susurró:
—Nos vamos, hija mía, porque esto es la chumun. Una situación muy complicada. El miedo a lo
desconocido, el miedo sin más. ¡Hay gentes que ni siquiera saben por qué se van, pero se van! Es
más fácil dejarse llevar por la corriente que intentar salir del atolladero. El miedo está tan arraigado
en nuestra memoria...
Juntos, entraron en la casa. Emna Ben Yetto estaba sentada, con la mirada perdida, en el patio,
entre baúles, cajones y cajas de cartón atadas con cuerdas. Parecía la más afectada de todos. Cuando
vio a Leila, cerró los ojos sumida en el dolor y balanceó el tronco hacia atrás y hacia adelante. No
lloraba. Sollozaba débilmente. Y aquellos gemidos horadaban por sí solos el silencio que la
rodeaba. Con un nudo en el corazón y en la garganta Leila se acercó a ella. Su olor a almizcle, clavo
y aceite de oliva la invadió como un lamento. Leila hundió su pena en aquellos olores. Con gesto
lento, la mujer la apretó contra su pecho y tardó unos momentos en decirle:
—Kahlucha, morena, ¿cómo voy a vivir lejos de aquí?
Kahlucha; ella era la única persona que la llamaba de ese modo. Siempre la había llamado así.
Leila se dio cuenta de que ese calificativo estaba ligado a aquella mujer, a su olor, a su voz. Y le
pareció más sublime que nunca.
Después de un último beso, Leila se desprendió con pena de los brazos de Emna y salió. Una
vez afuera, Sara y ella se besaron y se abrazaron. Sospechaban que nunca más se volverían a ver ni a
comer juntas los sábados sentadas al sol, albóndigas de sardinas. En sus pechos afloró una sensación
de desgarramiento que les impedía respirar. Leila le puso a su amiga el sombrero rojo y se marchó
para no echarse a llorar con ella y huir de aquella monstruosidad que amenazaba con hacerle estallar
el pecho.
Corría sola por los barrios desiertos. Le daba la impresión de que un viento de arena le
abrasaba los ojos. El barrio francés. ¡La casa de Gisèle! Leila se detuvo. La puerta estaba abierta.
Por un instante sintió la tentación de llamar a su amiga, pero el miedo de encontrarse con su madre le
quitó el valor. Siguió su camino convencida de que Gisèle no se iría sin intentar verla. Más lejos, la
casa de Claire estaba cerrada. El jardín, habitualmente coqueto y lleno de flores, estaba mustio.
Algunas plantas, devoradas por las llamas del cielo, se habían quedado raquíticas. Así pues, ella
también se había ido. Desde enero, ambas se habían evitado con cuidado, tanto en los recreos como
fuera de la escuela. Se habían quedado atrapadas en mundos diferentes. Probablemente cada una
intentaba disimular su preocupación por la otra, insoluble, demasiado dura de soportar. Leila
permaneció un rato aturdida ante la casa, llena de pena y remordimiento.
Claire había pasado siempre las vacaciones en Biarritz, en casa de sus abuelos. Solía marcharse
el primer día de vacaciones. A veces, incluso antes. Daba patadas en el suelo con impaciencia y
contaba los días que le faltaban para marcharse. Durante el curso, le hablaba con cariño a Leila de
esa ciudad y le enseñaba fotos que admiraba, mientras se chupaba el pulgar. En esas instantáneas la
hierba tenía el verde de la imaginación de Leila y el océano se encrespaba formando espuma
plateada, que ascendía al asalto de oscuros acantilados. Seguro que Claire se había ido a vivir a
Biarritz y se sentía encantada. Leila prefería pensar que al menos una de ellas se sentía contenta de
haberse marchado...
Siguió su camino, dejando atrás los lugares que la vida había abandonado. Le parecía que
aquellas casas exhalaban un sufrimiento sordo. Había algo opresivo en aquel vacío. Una oscura
amenaza. Tenía que irse lejos del pueblo, a la casa blanca que albergaba su alegría al pie de la duna.
Llegó sin aliento.
En casa se habían preocupado por ella. Jalil había ido a buscarla. Una niña árabe sola por esos
barrios en los que la amargura y el dolor... ¡Por Alá!, ¡qué imprudencia! Al verla llegar, las mujeres
suspiraron con alivio. Pero la muchacha no pudo soportar el entusiasmo que, desaparecido el miedo,
se estaba apoderando de las mujeres. Dejó sus libros y escapó para buscar refugio en la duna. Se
dejó ir por la arena igual que cuando se mete uno en el mar. Luego se hizo un ovillo, como en el
regazo de una madre. Allí, todo se mitigaba, tanto las penas de los hombres como la ruina de sus
vidas. Todo estaba inmóvil, y el pesar que momentos antes le había parecido insuperable, se disipó
lentamente, apartado por el soplo tibio de la duna. Los latidos de la sangre en su cabeza resonaban en
la arena que los transformaba poco a poco en un tambor sordo y lejano en el erg. El bendir de las
dunas la acunaba. Empezaba a adormecerse. Y en sus sueños dejó el mundo agitado y mutilado de los
sedentarios. Empezó a caminar con los que andaban por la luz y el viento a través del desierto. Los
que no dejaban nada tras ellos, ni casas cerradas, ni recuerdos maltrechos, ni amores perdidos, sólo
una mirada libre en la luz.
Jalil, que la había buscado por todas partes, regresó sin aliento. Tranquilo al saber que se
encontraba allí, se marchó al pueblo sin perturbar su soledad. Todavía dormía en su lecho de arena, a
la sombra de una gruta, cuando el eco de una voz inundó los despeñaderos de la Barga. Al
despertarse sobresaltada, reconoció a Habibi al pie de la duna. Algo se movía a sus pies. Se levantó,
le hizo una señal y se dejó caer de nuevo en la arena. Él se puso a trepar en dirección a Leila. Hacía
calor y el sueño la había aturdido. Al cabo de un momento, cuando Jalil trepó unos cuantos metros,
distinguió a dos perrillos junto a él. Uno era color de arena y el otro completamente negro. Desde
que los militares mataron a Tobi, en 1958, no habían vuelto a tener perro.
—Habibi. gritó Leila. Y bajando a toda prisa de la duna, corrió a su encuentro reanimada de
repente.
—Portales los ha encontrado en casa de un pied-noir. ¿Qué nombre les vas a poner?
Leia empezó a dar vueltas a su alrededor dando saltos.
—Al negro Kahluch y al otro Tobi, como el anterior.
Los cogió en brazos uno tras otro y los acarició.
Tenían el pelo largo y sedoso y los ojos aterciopelados.
—Esto —añadió Jalil enseñándole el paquete al que, absorbida por la presencia de los
animales, no había prestado atención— es otro regalo. Mi regalo por haber aprobado el examen.
—¿Qué es? Parece pesado.
—Ya lo verás. Vamos a subir primero y allá arriba te lo enseño.
Feliz, no apartaba la vista de los dos perrillos. Le parecía imposible que alguien hubiera podido
hacerle mejor regalo. Aun así, el que descubrió minutos más tarde al abrir el paquete la llenó de un
placer al menos equivalente. Era un transistor.
«France-Inter»... Y la voz de Edith Piaf se elevó por la cima de la duna: Non, rien de rien. Non,
je ne regrette rien... El sol había desaparecido por el oeste y la noche se iba cerrando poco a poco
en largas y oscuras corrientes de lava sobre su estela ardiente, como polvo de ceniza en los restos de
una enorme hoguera.
Capítulo XI
El primero de julio de 1962 fue el día del referéndum para la autodeterminación. Hasta las
mujeres dejaron las dechras para ir a votar. Las almalafas, solemnes ante un momento de tanta
importancia, mariposeaban en torno a las casas. Luego, se alejaron y fueron a deshacer su espuma en
la blancura de las salas habilitadas para votar. Los corazones latían con fuerza. «¿Votar por la
independencia? ¡Pero si los militares, los paracaidistas siguen aquí!». Fuera de sus barrios, la
alegría disminuía. La travesía del centro, que se había vuelto aún más inquietante ahora que estaba
vacío, obligaba a apretar el paso, a reunirse en grupo durante los desplazamientos.
Los argelinos votaron masivamente por la independencia: el 97,72 % de los sufragios emitidos.
Dos días después, el gobierno provisional de la República argelina, presidido por Ben Jedda, se
instalaba en Argel. La independencia fue proclamada.
Desde marzo, la gente se había ido preparando para tal acontecimiento. Corderos para el
sacrificio, banderas, uniformes para los niños... Incluso habían encalado las casas. Aquel día, todo el
mundo se levantó con el sol, que a las ocho ya lanzaba sus rayos infernales sobre aquel gentío
enfervorizado. Bahia y Leila iban radiantes con sus faldas verdes de enaguas almidonadas y huecas,
camisas blancas y cinturones rojos. Unas cintas de los mismos colores completaban su atuendo.
La izada de bandera debía tener lugar simultáneamente en la gran plaza del viejo ksar y en la
del barrio francés. En esta última estaban ubicadas las oficinas de la administración de las minas, la
cantina de oficiales y la entrada a un cuartel todavía lleno de militares franceses. Parecía que les
habían dado la orden de no dejarse ver de día. La multitud que se agolpaba desde hacía varias horas
observaba aquellas grandes puertas cerradas con desconfianza. La euforia llegaba al paroxismo ante
la proximidad del peligro.
La bandera empezó a subir despacio bajo los acordes del himno nacional. Millares de miradas
hipnotizadas acompañaron su ascenso. La multitud se puso firme como un solo cuerpo, con una sola
emoción compacta. Cuando los colores llegaron al extremo del poste, un silencio de piedra cayó
sobre sus cabezas. Luego, hubo un pequeño revuelo en la multitud y enseguida empezaron a elevarse
las albórbolas. Muchos rostros se llenaron de lágrimas. Después un minuto de silencio para evocar a
los que faltaban aquel día. Alguien gritó: «¡Paz a nuestros mártires, viva la libertad!». Un gigantesco
coro sonó como un eco. Luego vino el delirio. La gente aclamaba la victoria, aplaudía la Huría. Las
albórbolas de las mujeres traspasaban las almas. Nubes de albórbolas que se transformaban de flores
en cardos, yendo desde la cima de la risa, desde los gritos de alegría al más lúgubre de los llantos
Albórbolas que giraban y ascendían hacia la quietud inmóvil del cielo ardiente.
La multitud enloquecida rodeaba los cuarteles, olvidándose del miedo. Los cánticos
remolineaban en el calor ardiente y abrasaban las gargantas. Las albórbolas de las mujeres eran
gorgeos y trinos que elevaban aquel momento hasta la cima de la felicidad. Una felicidad que
permanecería para siempre en todos aquellos oídos. Salvas de combate, ráfagas de allaui, ejercicios
ecuestres, bailes de todo tipo, un griterío sin fin, hasta que la multitud bañada en sudor se dispersó al
término de un día embriagador.
Afónico, con la cabeza y los pies ardiendo, un grupo de niños y adolescentes entre los que se
encontraba Leila se quedó rezagado al final de las largas filas. En el patio de un cuartel Leila vio a
un soldado que le hizo una señal para que se acercase. Intrigada, dio unos cuantos pasos en su
dirección, luego se detuvo, asustada. El hombre se le acercó.
—No tengas miedo, sólo quiero charlar un poco. Yo también estoy muy contento de que la
guerra haya terminado. Estamos todos encerrados ahí dentro. ¡Tengo tantas ganas de cantar y bailar
con vosotros! ¿Quieres beber algo?
Leila no fue capaz de negarse. El soldado entró en el edificio y salió con un gran barreño lleno
de Coca Colas frescas. Otros niños se sintieron atraídos pero se quedaron parados. También les
ofreció a ellos. Luego, cogió del fondo del patio una manguera enchufada a un grifo y dejó correr el
agua. Uno tras otro, los niños se rociaron la cabeza con el chorro. Aquella ducha improvisada lavó
los vestidos y el sudor de los cuerpos y atenuó el ardor de las mentes.
—Estoy muy contento de que haya terminado la guerra —repitió el hombre de uniforme—.
Sabes, también para nosotros era odiosa. ¡He visto tantas cosas horribles! He visto morir a mis
compañeros en una agonía atroz. Yo he salido con vida... Voy a poder volver a mi casa en
Normandía. La mayoría de los franceses nunca ha querido esta guerra...
Leila lo sabía. Otros trozos de conversación le vinieron a la mente. Se mantuvo callada. El
militar le sonreía. Ella le devolvió la sonrisa y, dando media vuelta, continuó su camino. Al cabo de
unos pasos se volvió. El hombre la miraba de pie en el mismo sitio, con el chorro de la manguera que
aún sostenía, rociándole copiosamente las piernas. Le dio la impresión de que tenía un rostro
patético. Pero el caqui de su pantalón corto la devolvió a la realidad. No le gustaba ese color. Hasta
en la ropa informal le molestaba. El hombre agitó una de sus manos para despedirse. Leila
desapareció a toda prisa.
Cuando, a punto de desvanecerse, llegó a casa seguida de Bahia, debían de ser las cinco de la
tarde. La osamenta de un cordero se secaba ya bajo el emparrado. Tayeb encendía el fuego. Portales,
con un largo pincho metálico que había dejado a su lado, preparaba la mezcla de aceite y especias
con la cual rociaría el mechui. Encaramado en una escalera, Jalil tendía cables eléctricos entre la
casa, dos postes cercanos y una palmera para iluminar la noche. Saadia llegó como una reina en un
taxi adornado con banderas, con el claxon sonando y rodeada de una nube de chiquillos.
—¿Por qué no has invitado a Estelle a venir contigo? No tenías que haberla dejado sola. ¡No es
bueno que se sienta abandonada en un día como éste! —le reprochó la mujer de los tatuajes oscuros.
—¡No está! Se ha ido con su familia a Tremecén. Todos se van. Estelle me ha prometido, me ha
jurado, que no se dejaría atrapar por el pánico. Pero tengo mucho miedo de que la huida de su familia
y de la comunidad judía acaben dándole el empujón definitivo. He reflexionado mucho y he pensado
en ella estos días. A su vuelta, voy a proponerle que unamos nuestras soledades en el trabajo, como
ya lo están en nuestra amistad. El hamman y la lavandería serán un mismo negocio y, nosotras dos
con los niños, una misma familia. Espero que así Estelle, que adora los niños, se sienta menos sola...
Tayeb, ocupado todo el tiempo en el fuego, dijo:
—Leila deberías ir a invitar a tu directora al mechui.
Luego dirigiéndose a Jalil, añadió:
—Ya sidi. esa mujer es la justicia misma. Sus palabras acaban por hacerte olvidar el rencor
hacia algunos rumíes.
—¡Y si sólo fuera ella! ¡No te olvides de que hay otro rumí contigo! ¡No vas a empezar a
echarnos a todos agua sucia encima! —manifestó Portales.
Se rieron al tiempo y Portales continuó:
—No creo que Leila se encuentre en situación de hacerlo. Mírala.
Tumbada en el suelo, sosteniendo la nuca con las dos manos, Leila, que momentos antes los
miraba con ojos nublados de fatiga, se había hundido de golpe en el más profundo de los sueños, al
igual que Bahia, que se durmió nada más llegar.
Fiestas y alborozo... Nunca se había visto en julio tanta vitalidad. Nunca habían brillado tanto
los ojos. Toda la familia de Uchda llegaba para asistir al matrimonio de Jalil y participar en el júbilo
del país. Hablaban de su ciudad y de Marruecos que se estaba quedando sin argelinos tan deprisa
como Argelia se quedaba sin pieds-noirs. Ésa era la única comparación posible entre los dos
movimientos de población que por lo demás en nada se parecían.
Allí estaban Zina y sus hijos, Hamza, el último anciano de los Buhalufa y las otras tías con sus
proles. Había más de treinta en la casa. Por suerte, todas las habitaciones estaban ahora climatizadas.
Los de Uchda descubrían el desierto. De día la casa parecía una colmena. A veces salían y, durante
unos segundos, lanzaban miradas inquietas hacia las dunas infinitas que aplanadas por una luz
ardiente, parecían lisas como una tela reluciente. El fulgor ambarino de la puesta de sol levantaba en
ellas un extenso oleaje y tapizaba los huecos con sombras; coronaba las crestas de arena con luz
amarillenta y recortaba los penachos de las palmeras, intensificando su resplandor para lanzarlos
hacia el cielo sin límites. Respondiendo a la llamada de la tarde, todos salían de la casa. Durante
unos instantes, aquella hora de belleza ofrecida en serenata en la Barga reducía el griterío al silencio.
Era un momento mágico que cortaba el aliento y cuyo mutismo despertaba la imaginación. Pero al
salir de aquella contemplación, la uniformidad de aquellas tierras dilataba la mirada hasta
extraviarla y depositaba un grito loco en los oídos. Era una sensación de la que sólo era posible
liberarse volviendo la cabeza de nuevo hacia el erg, descansando la mirada en el contorno
armonioso de la arena. Luego, suavemente, caía la oscuridad.
Pero cuando en las noches de plenilunio la duna adquiría el ópalo de un brazo de salina, todos
guardaban silencio para admirarla. El cielo reflejaba el día en la noche. Un día como una noche
suavizada, que recreaba un mundo de curvaturas y volúmenes. Las líneas horizontales se confundían
con los sueños y la luz con espejismos. Los Buhalufa no dejaban de admirar aquel espectáculo.
Decían que toda la brujería del mundo se hallaba en los colores del desierto. Los ojos de Zohra se
ponían entonces a brillar y sus palabras les llevaban siempre más lejos. Leila escuchaba con
voluptuosidad.
Una tarde, Saadia empezó a llorar nada más bajarse del coche. Había estado llorando antes
como evidenciaban su nariz y sus ojos irritados. Era la primera vez que la veían sollozar de ese
modo. Las mujeres y los niños la rodearon intentado enterarse de lo que le ocurría.
—Estelle se ha suicidado. Se ha ahorcado en Tremecén.
Trastornada, la muerte le había parecido a Estelle la única alternativa a la fatalidad de la
marcha de los suyos.
—Tendría que haberla acompañado o no haberla dejado que se fuera a Tremecén. Me sentía
impotente frente a aquel ambiente infernal de desbandada colectiva. Pero ni por un momento me pasó
por la cabeza la idea de que pudiera quitarse la vida —se lamentaba Saadia, sollozando de nuevo—.
Fui a ver a sus vecinos. Les pedí que cuidaran del hamman y de su casa. Estaban todos consternados.
No dejaban de decir cosas buenas de ella.
—Cuando nos enfrentamos a la mayor de nuestras angustias, todos nos deshacemos en elogios,
pero a los que acaban de entregar el alma, poco les importan nuestras lisonjas. Mejor haríamos en
prestar a los vivos un poco más de atención. Nuestros muertos descansan ya en paz. Hay que ver lo
poco que valen nuestras vidas —suspiró Zohra con amargura.
Saadia lloraba. Más que una amiga, Estelle era su «hermana del alma». La primera hermana que
tuvo. La que le había dado su afecto mientras permaneció encerrada en aquel lugar maldito, cuando
las mujeres de «su raza» la rechazaban, negándose a ir al hamman a las mismas horas, por miedo a
mancharse. Pero aquella tarde, las lágrimas de Saadia expresaban si duda otro dolor, el de un amor
perdido. Un sufrimiento que, como un grito ahogado, velaba su mirada y volvía amarga su sonrisa
desde hacía un año. Todos lo sabían, pero nadie dijo nada. Era bueno que por fin llorara.
Mientras Saadia sollozaba, Zohra compuso una elegía, la de la judía Estelle, a la que llamó
Nedima, estrella. Una estrella del Norte que se vino al Sur, empujada por una de las peores plagas de
saltamontes sufridas por la humanidad. Las palabras de la mujer de los tatuajes oscuros hablaban de
la luz de aquel astro en las tinieblas del cielo. Discurrían como lágrimas. Luego para reconfortar a
Saadia, cantó otra elegía: la de su sobrino Bellal, el S'baa, ese león cuya rebeldía habitaba ahora en
su memoria. Luego, las palabras de Zohra hablaron de otras heridas que sangran hasta cuando se
habla de ellas. Del temor que corta el aliento y del que se desprende el tiempo como un ala
amputada; de la soledad más extrema, semejante al desierto y a su quietud calcinada. Luego, las
palabras de la shaija se apartaron de las penas para adquirir la ternura de una canción de cuna.
Saadia se durmió con el cuerpo aún tembloroso por el llanto. Sobre el sueño agitado de Saadia,
Zohra hizo un canto a la esperanza, «al final de las tragedias que nos devuelven nuestra alegría de
ceniza». La angustia de los demás desapareció también. Quedaba sólo una gran languidez en el
cuerpo pesado de la noche. Y en los ojos, una ardiente plegaria de paz.
• • •
Un halo de polvo en el horizonte... como un sueño que visita al durmiente. Los hombres azules
regresaban. Los niños corrieron a dar la noticia a Zohra. ¡Había esperado tanto a esos fantasmas que,
atravesando los espacios desiertos, le devolvían su pasado al presente! Corrió a ver. De un
capirotazo, mandó el turbante hacia lo alto de su frente. Con el labio inferior tembloroso y la mano
derecha a guisa de visera, se quedó parada ante la casa, inmóvil, para verlos acercarse.
Dijeron que habían huido de los registros y de las alambradas hacia Malí y Níger. Ahora
volvían a encontrar su camino. Habían dado un rodeo de cien kilómetros para ver a la shaija Zohra y
decirle El hamduillah, alabado sea Dios, para la Huría. Zohra volvió a recuperar sus gestos de
antaño y, su cuerpo, un poco de juventud. Les ayudó a montar las jaimas, a descargar las albardas de
los camellos, a lavar a los niños... Les dio los sacos de dátiles secos que tanto tiempo había
guardado para ellos. La mayoría tenía ahora gusanos, pero, ¿no era aquel gesto un testimonio de
fidelidad? Había preferido dejar que el tiempo los echara a perder antes que dárselos a otros y
enterrar la esperanza de verlos regresar un día.
Las mujeres prepararon cuscús. Y cuando se hizo de noche comieron todos afuera, en grupos de
seis a siete personas, sentados en círculo en tomo a las guessaas. Los hombres azules se quedaron
unos días. Zohra les invitó a la boda de su hijo. Con las jaimas que habían plantado, la casa se
parecía en cierto modo a un santuario que hubieran venido a venerar los nómadas. La gente que de
día se ponía junto a los acondicionadores o a la sombra del emparrado, se acomodaba, cuando se
hacía de noche, en torno a los pozos. Portales era uno de ellos. Leila observaba al grupo que reunía a
tres mundos: el de los humanistas, encarnado por Portales, el de las gentes de ciudad, los Buhalufa y
sus parientes, y por último, el de los hombres de azul y Zohra. ¿A qué grupo pertenecía ella en
realidad? Con un entusiasmo no desprovisto de inquietud, se daba cuenta de que tenía algo de cada
uno y podía apelar a todos. Pero, ¿no acabaría por convertirse en una mestiza, a la que quizás un día
rechazarían todos al haber sido moldeada con tan dispar arcilla? Semejante ambigüedad la hizo
estremecerse; la desterró de su mente y prefirió preguntarse a qué grupo admiraba más. Si el universo
de Zohra continuaba fascinándola, la influencia creciente de los libros la remitía irresistiblemente
hacia otro mundo. En un segundo de perplejidad comprendió de pronto que la atracción por lo lejano
y lo desconocido era la esencia misma de la vida de los nómadas. Tal pensamiento la hizo sonreír.
Entonces con los brazos levantados hacia el cielo, la luz le pareció en aquel instante la quintaesencia
de las miradas de los nómadas que velaba sobre los horizontes abiertos, tantas veces evocados por
Zohra.
• • •
¿Qué se puede contar de las bodas a la argelina? Las mujeres comentaban a veces entre ellas el
recuerdo de tan terrible noche. Aunque no desconocía el ceremonial ni los tejemanejes que unían a
las dos familias, Leila no había asistido nunca a una boda. Su padre se había opuesto siempre.
A finales de agosto de 1962, los Ajalli se disponían a celebrar la boda de Habibi de la forma
más tradicional posible. Un sábado por la tarde, llevaron a la novia a la vivienda de su familia
política, acompañándola con albórbolas y bocinazos. Acabaron por dejarla en un rincón de la
habitación nupcial. Fue entonces cuando Leila se percató de la ridicula vestimenta de la muchacha.
Iba embutida en un caftán de terciopelo bordado, demasiado grande para ella y bastante poco
apropiado para la canícula de la estación. Y por si el peso del vestido no fuera suficiente, la habían
enjaezado de manera humillante con todo el oro que su familia poseía. Varias joljales en los tobillos.
Una ristra de pulseras desde las muñecas hasta los codos. De cintura para arriba, los collares se
escalonaban en filas apretadas hasta la barbilla. Los pendientes caían sobre las clavículas. Una
diadema... Caftán y oro para encarcelar a una adolescente. La pobre muchacha parecía a punto de
desmayarse.
Una vez que todas las invitadas la admiraron, la juzgaron y la valoraron con aire de
conspiradoras, las de más edad echaron a todo el mundo de la habitación. Inmediatamente hicieron
entrar al marido. Las voces de las mujeres se volvieron entonces más estridentes. Cantando el
repertorio tradicional, mencionaron la angustia de las madres durante aquellos instantes de la boda
de sus hijas. Dura prueba para todas. ¿Habían permanecido ojo avizor? ¿Habían sido las dignas
depositarías de la tradición? Por fin iban a saberlo. Ojalá hayan salvaguardado el honor de sus
familias para que la fiesta no acabe en pesadilla.
Los amigos del novio bailoteaban ante la puerta, que golpeaban sin discreción para acelerar el
deber del esposo. Las risotadas que ellos consideraban livianas sonaban falsas como toda aquella
alegría de repente eléctrica, histérica. Todos tenían la misma obsesión: que apareciera la enagua
manchada de sangre. Que aquella violencia fuera a transformar a la niña de momentos antes en una
mujer frígida de por vida no era nada malo. El placer estaba reservado a los hombres. La sexualidad
era para ellos la fuente de tantos terrores ocultos, que sólo auguraban depravación y lujuria si al
demonio femenino le daba por disfrutarla.
En la casa, bendires y albórbolas anunciaban el final de una infancia burlada. Albórbolas
perversas y retorcidas, tras el vértigo de la libertad, os hundís, sin remordimiento, en mazmorras y
arcaísmos. Albórbolas sin memoria, albórbolas de todas las decepciones, ayer al menos os
remontabais hacia la esperanza. Albórbolas masoquistas que nos alimentáis con vuestros propios
dolores. Albórbolas malditas, aquí estáis de nuevo enarbolando vuestra sentencia. Albórbolas
traidoras, ¡a cuántas niñas han engañado vuestros gorgeos, vuestro canto celestial!
A la vista de la enagua ensangrentada, las caras se distendieron y sonrieron. Las manos
empezaron a disputársela, exhibiendo las manchas de sangre. Aterrorizada, Leila retrocedió hasta el
fondo del patio. De pie contra la pared, observaba la estupidez que se había apoderado de las
mujeres. Sus albórbolas volaban bajo como vampiros, con alas viscosas y sonidos chirriantes.
Era costumbre vestir a las adolescentes con esa enagua, símbolo de pureza y que luego bailaran
en el centro de un círculo de mujeres en pleno delirio. Eso traería felicidad. En su noche de bodas,
ellas también serían vírgenes. Yamina se acercó a Leila con los brazos abiertos, pero la muchacha
escapó de un salto. Nada le hubiera repugnado más que haberse prestado a semejante ritual. Lejos de
su alcance, se volvió y vio cómo palidecía su madre. Las mujeres presentes podrían recordar para
siempre tan arisca actitud. Pero las demás chicas se entregaron con orgullo a la costumbre.
Unos días después de aquellos interminables festejos —el matrimonio se celebraba durante
siete días y cada día había una ceremonia específica—, Meryeme, la hermana de Bellal, llegó de
mañana con sus hijas Aicha y Zohra a la casa. Meryeme dio una voz a los muchachos: ¡hala a jugar
fuera! ¡No os quedéis aquí pegados, como mocosos, a las mujeres! Cuando obedeciendo la orden,
desapareció el último de ellos, Yamina cerró la puerta y quitó la llave de la cerradura. Esa puerta
siempre abierta al vacío... Leila se preguntó qué estaban tramando. No le dio tiempo a imaginar lo
que las mujeres preparaban; su madre le indicó:
—Ven conmigo. La tía Meryeme tiene algo importante que decirte.
Más intrigada que inquieta, Leila la precedió hasta la habitación en donde aguardaba Meryeme.
No había acabado de atravesar la puerta, cuando Yamina dio una vuelta a la llave tras ella.
—Hija mía, empezó Meryeme, tengo que comprobar si eres virgen y atarte. Es por tu bien.
—¿Que me tienes que atar?
—Claro, así nadie podrá arrancarte la virtud. Te desataremos cuando vayas a casarte.
Leila protestó. Clavados en ella, dos pares de ojos suspicaces la traspasaron, al tiempo que dos
pares de manos se apoderaban de ella. Leila forcejeó. Era inútil resistirse. Ya le estaban arrancando
la ropa y separándole los muslos. Una vez hecha la comprobación, Yamina la enderezó y la sujetó
con fuerza mientras Meryeme hacía mil aspavientos destinados a conservar «su virtud». En su
entrepierna colocó un pequeño candado, y dio varias vueltas a un cinturón de lana farfullando
palabras mágicas.
—Acuérdate de que a ti te toca el rojo. El verde será para tu hermana Bahia. Que, cuando llegue
el momento, no me equivoque de color —le dijo su madre soltándola.
Yamina no tendría ocasión de comprobar las proezas o los fallos de su memoria porque nunca
llegaría a «desatar» a su hija mayor. Leila salió temblando de rabia. En aquel momento, el odio que
le inspiraban las dos mujeres era mayor que cualquier otro sentimiento, peor que la humillación. Tras
ella, pasaron las otras chicas que había en la casa. ¿Creían de verdad en aquello las mujeres o era un
medio para amilanarlas ante los deseos prohibidos? Ambas cosas sin duda. Sin embargo, en su deseo
de no engendrar más niños, ellas se habían prestado muchas veces, sin éxito alguno, a tales parodias.
Ni los candados ni los amuletos habían evitado a Yamina pasar por doce embarazos y traer al mundo
doce niños. Y la puntuación de Meryeme era algo menor porque su marido era bastante entrado en
años.
Cuando terminada su tarea, las mujeres se dejaron ver de nuevo, Leila se dirigió a su madre:
—¡No me vuelvas a tocar nunca más! ¡Nunca me vuelvas a hacer esto! ¿Me oyes?
—¿Por qué?
—Porque te prometo que me entregaré al primero que llegue, sólo para demostrarte lo inútiles y
lo absurdos que son vuestros hábitos. Estoy hasta las narices de vuestros manejos.
Yamina se tiró al suelo y empezó a lamentarse:
—¿Quieres matarme? ¿Quieres que tu padre te mate?
—Lo único que quiero es que me dejéis tranquila.
En cuanto a su tía Meryeme, Leila no le dirigió la palabra durante meses.
• • •
Octubre de 1962. Leila estaba en el colegio. ¿Cuántos niños pieds-noirs quedaban en el
edificio? No más de cincuenta. Eran hijos de altos funcionarios o militares obligados por su trabajo o
por la delegación progresiva de responsabilidades, o bien de los que seguían retrasando el doloroso
momento de dejar el país, con la esperanza de poder conjurar tal vez su mala suerte, repitiéndose
que, además del amor por su tierra, sabían que estaban haciendo lo correcto.
En el colegio ya no existía animosidad entre los alumnos procedentes de las dos comunidades.
Habían empezado a manifestar una cortesía mutua. El choque final del drama de unos con la felicidad
de los otros parecía haberse llevado consigo la violencia, la indiferencia y el rechazo y los había
vuelto abiertos. Eran los primeros sorprendidos y ocultaban su desdicha, lamentándose todos de la
acogida que Francia reservaba a los repatriados, olvidándose de que ni siquiera ellos habían sido
capaces de vivir juntos en la tierra en la que habían nacido.
En la escuela, hasta entonces, no había más que tres o cuatro chicos árabes. La irrupción aquel
año de unos cien argelinos produjo un efecto más espectacular si cabe, al coincidir con la marcha de
sus ocupantes habituales. La clase de Leila, la de los tres sextos donde el árabe se estaba
convirtiendo en la segunda lengua, contaba con otras tres chicas de un total aproximado de treinta
alumnos.
Las HSO, Hulleras del Sur Oranés, habían puesto un autobús para el transporte de los alumnos.
Salía de Kenadsa a las siete de la mañana y de Béchar a las seis y media de la tarde. A mediodía,
Leila iba a comer a casa de su tía Saadia y disfrutaba de las horas que pasaba con ella. Así pues,
Leila salía de su casa por la mañana y no volvía hasta la tarde. Aquellas idas y venidas a solas le
daban un poquito de libertad. Un placer que cada vez se hacía mayor. A veces contaba la cantidad de
biberones y de sopas con los que ya no tendría que vérselas. Una risa callada aceleraba los latidos
de su corazón. No era una risa maliciosa, ni siquiera de triunfo. Sólo un poquito guasona, con una
pizca de regodeo en lo prohibido. Una burla lanzada a aquel enorme vientre materno, a aquel pulpo
de grotescas ventosas del que había logrado librarse. Y, además, por las noches se había vuelto
intocable. Jalil había decretado ante su mujer y Yamina:
—Leila tiene que hacer los deberes por las tardes y los fines de semana. Así que dejadla en paz.
Los ojos de Leila brillaron de gozo. La dejaron en paz. Tayeb contaba a veces con emoción la
plática de madame Charlier en favor de su hija. Un escalofrío recordaba a la muchacha el abismo
que acababa de saltar. Y la luz empezaba a brillar ante sus ojos. Ahora, su padre estaba contento.
Incluso estaba orgulloso de ella. Un día su hija llegaría a ser maestra, puede que directora de la
escuela. Aquella hija suya, la hija del vigilante, del jardinero, del analfabeto.
¡Los trayectos en autobús eran una fiesta! Y las tempestades de arena a través de los enormes
cristales del autobús, también. En su casa no había cristales, sólo postigos mal ajustados. Por eso,
cuando el viento de arena se levantaba, los Ajalli cerraban todo, pero sólo lograban ocultar el
espectáculo de la furia del viento. Porque la arena entraba por todos lados y se colaba hasta por las
partes más íntimas del cuerpo. Leila no soportaba que los postigos estuvieran cerrados. Por eso, el
viento de arena en la pantalla de los cristales era, en cierto modo, como si estuviera en el cine.
Dentro del autobús, Leila se sentía en el corazón de la corriente porque podía admirar desde dentro
ese viento antojadizo, violento y acre. Estaba el viento, y en el viento, las garras de la arena. Y era
como un torneo de sonidos entre la arena y el viento. El aliento cósmico bramaba, reducía la arena a
polvo, azotaba las dunas, raía los regs y las hamadas. La arena rechinaba, crepitaba, devoraba todas
las superficies, acababa con el infinito, con el cielo y con los ojos y hacía estallar aquel estrépito en
los oídos alucinados. ¿Se trataba de una cólera terrible o de una alegría demente? ¡Qué espectáculo
tan sublime!
¿Y la puesta de sol al volver de Kenadsa? El flujo rectilíneo de la carretera llevaba
directamente hacia el poniente cuyo esplendor rutilante le despertaba nostálgicos recuerdos. ¿La
Bernard, Sara, Gisèle y Claire? Sara, Emna, Estelle... Desde la desgracia de Estelle y la marcha de
Emna y de Sara, Leila devoraba todos los libros que hablaban de los judíos. La revelación del
holocausto la dejó horripilada. En lugar de responder a sus dudas, sus lecturas le hacían preguntas
nuevas, como gritos ahogados.
• • •
Para coger el autobús, Leila tomaba el mismo camino que la llevaba a la blanca escuela. Un día
tras otro comprobaba el progreso de la devastadora trasformación de aquellos barrios. Desde la
proclamación de la independencia, los argelinos habían dejado sus miserables dechras en las que la
ocupación les había mantenido confinados, para tomar por asalto los lugares que anteriormente
atravesaban como fantasmas, atreviéndose sólo a mirar de soslayo aquel lujo inaccesible. Pasar de
una chabola a una casa sólida, con suelo de baldosas, con agua corriente y jardín, era una revolución.
Pero todas las revoluciones, por muy nobles que sean, producen siempre destrozos. Los milagros no
responden a las prisas de la historia. Siguen siendo asunto de ocultistas o religiosos.
Las tapias de las viviendas eran demasiado bajas para los argelinos. Demasiado grandes las
ventanas que exponían a sus mujeres y las habitaciones a las miradas de los que pasaban. Para poner
remedio a aquella situación, los hombres se apresuraron a erizar las tapias de estacas de diferentes
tipos y tamaños, llegando con frecuencia a reventar las paredes. En esas estacas clavaban sin ton ni
son diferentes objetos recuperados de la basura. Aquí, bidones de aceite, armazones de chatarra junto
a un trozo de un depósito, una puerta o una ventana condenada. Ahí, pedazos de lona pronto
quemados por el sol. Un poco más lejos, unos cuantos pedazos de caucho convivían con una chapa
ondulada. Algunos, acuciados por una preocupación más a largo plazo, pusieron carrizo o
construyeron paredes de adobe. El conjunto era de una variedad desastrosa. Una auténtica feria de
los horrores. ¡Los argelinos habían logrado una proeza: trasformar en un mes el barrio más bonito en
un barrio de chabolas!
El viento que golpeaba aquellas mamparas, animándolas con un estruendo siniestro, emitía un
sonido nasal en la negrura del caucho, cloqueaba en la hojalata, lloriqueaba histéricamente entre las
tablas y se hería en el alambre oxidado como si interpretara una sinfonía macabra.
La arena invadía las calles formando pequeñas dunas. Pero ya no había brigadas acosadas por
jefes rumíes para despejar las entradas. ¡No iban a imitarles y a crearse un problema por cuatro
dunas en el país de los ergs! Ojalá las dunas puedan ahogar completamente con su color ámbar la
fealdad de las cicatrices de la Huría.
Al día siguiente de la independencia, la primera preocupación de los hombres seguía siendo, y
sería por siempre, esconder y encerrar a sus mujeres. Libertad sí, pero no para todos. Había que
poner de inmediato las cosas en orden, reafirmar las tradiciones y no dejar a las mujeres exaltarse y
parlotear por más tiempo. Había que ocultar a las mujeres a cualquier precio, incluso detrás de
montones de basura, mantenerlas en su antigua condición: la sumisión.
El oscurantismo se agazapaba tras el ideal colectivo de liberarse de la opresión del ocupante.
La independencia y el acceso al poder le restituyeron de pronto todo su horror: la peor de las
miserias humanas. Y de él vendrían los mayores peligros.
Leila tenía los ojos fijos en aquel desastre con la mirada de una niña engañada.
—Han manchado de negro las primeras alegrías de la independencia. Ya han puesto cadenas a
la joven Huría. del mismo modo que encierran a sus hijas en la pubertad. ¡Han destruido mis
recuerdos de niña y quieren poner freno a mi esperanza!
Ya empezaba a sentirlo.
Capítulo XII
Aunque la actividad de la lavandería de Saadia había disminuido desde la marcha del Ejército
francés, su mayor proveedor, su participación como militante en la resistencia le valió algunos
privilegios de los que supo sacar provecho. A ninguna de las mujeres más instruidas o meritorias que
habían participado en la resistencia o en el maquis se le concedió un ápice de poder. Sólo unas
cuantas ventajas en especie y a casa. Y qué trágica ironía, a Saadia le ofrecieron en primer lugar el
hamman de su amiga Estelle, pero lo rechazó para intentar conseguir una licencia de taxi.
La vida de Saadia se había vuelto todavía más hacendosa. No se permitía un respiro. Se
ocupaba de sus sobrinos, ayudaba a los demás, porfiaba por olvidar. Como no podía terminar con sus
tormentos en el trabajo, al menos hallaba en él una fatiga salvadora que la hacía hundirse en el sueño
en cuanto se detenía. Se dejó llevar por un frenesí despilfarrador, llegando a mimar de forma
extravagante tanto a sus niños y a los Ajalli como a sus amigas. También se compró un coche nuevo,
sólo por el gusto de verlo aparcado delante de su casa y para prestárselo a los machos de la familia.
Placeres ficticios que no lograban burlar el vacío que la minaba, ni su desesperación. ¿Por qué le dio
de golpe por querer casarse? Hasta entonces había rechazado a numerosos pretendientes, convencida
de que se interesaban más por su fortuna que por ella misma. A su alrededor nadie aprobaba tal idea.
Ni siquiera Zohra. Pero Saadia llevó la contraria a todo el mundo. Una tarde, apareció con uno de
esos jóvenes excéntricos que iban a sacarse las muelas sanas para reemplazarlas por prótesis de oro.
Tenía una de esas sonrisas de embaucador capaz de aguantar el dolor de sacarse una muela con tal de
exhibir una pretendida riqueza. Llevaba la fatuidad escrita en la cara. El tipo no pudo disimular por
mucho tiempo la naturaleza avarienta de sus sentimientos. Y sus relaciones con Saadia se degradaron
rápidamente. Una mañana, mientras Saadia estaba ausente, desapareció con el coche y con parte de
las joyas que ella no se había preocupado de poner a buen recaudo. No volvió a dar señales de vida.
En Kenadsa aconsejaron a Saadia que pusiera una denuncia. Pero ella se negó.
—¡Nunca podrá comprarse un alma con lo que me ha robado! Y yo tendré que pagar la tontería
que he hecho. Así aprenderé.
Zohra dejó caer:
—Saadia, si un día te casaras...
—¡No te preocupes, no volveré a tropezar en la misma piedra!
Zohra la miró con aire soñador antes de añadir:
—No encontrarás a nadie como Vergne.
Saadia la miró desconcertada durante un instante. Era la primera vez que Zohra pronunciaba ese
nombre. Saadia se limitó a responder:
—Sí, tuve a Vergne... Y ahora tengo a estos tres niños... Pero no sabes cuánto me hubiera
gustado tener una niña.
Yamina, embarazada por novena vez, estaba sentada a su lado y la miraba con los ojos
húmedos:
—Saadia, hermana —le dijo—, Alá me ha colmado. He tenido más niños y niñas de los que
hubiera deseado. Ojalá que su bondad me los conserve a todos sanos y vivos. Si quieres, y si la
próxima criatura es una niña, será tuya. Nunca he tenido mucha leche. Se me agota al tercer o cuarto
mes. Podrás llevártela entonces. Tú la criarás. Te lo digo de todo corazón. Lo único que habré hecho
es haberla llevado en mi vientre para ti.
Saadia se quedó con la boca abierta fulminada por la sorpresa. ¿Lo había oído bien? ¿No era
víctima de una alucinación auditiva? La sonrisa afectuosa de Yamina disipó sus temores. Saadia
tragó saliva con dificultad y logró articular:
—¿De verdad lo harías? ¿Es cierto? ¡Dímelo!
—Sí, te lo prometo.
—Pero y Tayeb...
—¡Estará de acuerdo porque se trata de ti!
Saadia se volvió hacia Zohra. La abuela asintió, con cara de complicidad. Los ojos de Saadia
se pusieron resplandecientes. Una sonrisa iluminaba su rostro. Una verdadera sonrisa, no aquel
rictus, aquel reflejo mecánico que distendía sus labios desde hacía dos años. Todo estaba dicho. Las
tres mujeres guardaron silencio.
Unos meses después vendría al mundo Nacira, llamada acertadamente Victoria. Una bonita niña,
toda regordeta y, para colmo, tranquila. En el momento en que a Yamina le empezaron las
contracciones, avisaron a Saadia. Fue ella quien cogió a la niña al salir del vientre de su madre.
Nunca una criatura había sido tan mimada al pie de la duna. Saadia iba a Kenadsa tres o cuatro
veces por semana para disfrutar de su hija y arrullarla. Y cuando no podía ir, esperaba a Leila por la
tarde junto al autobús, con un canasto cargado de ropa, leche y diversas cosas para su hija. De vez en
cuando, la asaltaban las dudas.
Entonces abría su corazón a Leila:
—¿Crees de verdad que me la van a dar? A veces, me digo que estoy soñando y que, cuando
despierte, mi esperanza se va a esfumar como el humo.
—Claro que te la van a dar. Todo el tiempo están hablando de ello.
—Pero tu madre va a sufrir.
—Un poco al principio. Pero no te preocupes por ella. Dos meses después, su vientre empezará
a engordar otra vez y se olvidará.
—Sí, tienes razón.
Un sábado, Yamina le anunció a su llegada:
—Hace unos quince días que no tengo leche. Te lo quería haber dicho la semana pasada... Si
quieres, te puedes llevar a Nacira mañana cuando te vayas.
Saadia apretó al bebé contra ella un poco más:
—Entonces prefiero irme ahora.
—Pero si acabas de llegar.
—No importa. Tenemos que acostumbrarnos la una a la otra y tú a su ausencia. Cuanto antes
mejor.
Cuando llegó el taxi, las dos mujeres se levantaron y se quedaron inmóviles con los ojos
bañados en lágrimas. Aquella inmensa prueba de amor hizo innecesarios los abrazos y las palabras.
La emoción las embargaba. Saadia fue la primera en recobrarse. Se volvió rápidamente, traspasó el
umbral y se introdujo en el vehículo. Sin haber besado a nadie. Era una verdadera huida. Cuando el
coche se alejó, Yamina se puso por fin a llorar.
—El lunes preguntarás, con discreción, a tu tía, si piensa venir el próximo sábado —dijo
Yamina a Leila.
—No te preocupes, ella sabe lo que sientes. Vendrá.
Un mes después de que Saadia se hubiera llevado a Nacira, la esposa de Jalil trajo al mundo a
Nuredine, nombre que habían puesto al pequeño de Yamina, muerto hacía unos meses y del que todos
habían alabado su hermosura: «Descanse en paz». Ahora en la casa había, pues, dos vientres
aspirantes al embarazo. Eso significaba una hornada de dos crios al año. O casi. Con sólo pensar en
ello, Leila se llenaba de una angustia nauseabunda: «Nunca tendré hijos». Semejante muletilla en su
boca tenía más de conjuro que de convicción. Y evidentemente no aliviaba en absoluto el nudo que
sentía en la garganta y en el pecho.
jalil y Munia vivían con el resto de la familia: trece personas en una casa de cuatro
habitaciones. Afortunadamente, podían vivir fuera buena parte del día y del año. jalil había
conseguido un puesto de jefe de servicio en una empresa estatal. Ahora, se ganaba muy bien la vida y
contribuía, como siempre, a mejorar la existencia cotidiana de todo el clan.
El auge del petróleo tuvo consecuencias nefastas en la región. El «oro líquido» devaluaba el
carbón. Los despidos dejaban las minas y los terreros abandonados. Rociadas de arena por los
vientos, las dunas negras perdían su resplandor y adquirían colores indefinidos y formas
fantasmagóricas en la refulgente luz.
Tayeb conservó su puesto y llegó a ser miembro permanente del buró político del pueblo.
Ninguna otra cosa le importaba. Para desesperación de su familia, descuidó hasta el jardín que
suponía un complemento nada despreciable a su escaso salario. Al revés que otros miembros del
mismo buró político, que aprovechaban sus responsabilidades para obtener privilegios en especie,
Tayeb se empobrecía. Era evidente que era demasiado ingenuo o demasiado crédulo para actuar de
otro modo. Tanto durante la independencia como durante la guerra, la militancia iba unida para él al
fervor y al desinterés.
—Si queremos tener plantas y unas cuantas legumbres habrá que coger un aparcero.
Aquella frase dejó consternada a su familia. Tayeb no perdió su aspecto bonachón. Acabó por
encontrar a un viejo macilento y de sonrisa desdentada al que toda la tribu acogió al poco tiempo.
Unos pequeños pechos empezaban a descollar bajo el vestido de Leila y las peticiones de mano
comenzaban a afluir. Algunas resultaban machaconas. Sus padres aguantaban firmes, repitiendo a
diestro y siniestro que era novia de su primo. Leila encontraba tan tonto a aquel primo que la sola
formulación de aquella idea le resultaba una ofensa. Una tarde, durante la boda de Jalil,
aprovechando el buen humor general, Leila se llevó a su tía Zina aparte:
—Jalti, nunca me casaré con tu hijo, ¡quitaos esa idea de la cabeza!
—¿Por qué? ¿Qué tienes contra él?
—Pero, ¡si es mi hermano! ¿Es que se casan los hermanos con las hermanas?
Zina soltó una carcajada:
—Tu madre dice que eres como la tiña, que tienes «el toque de locura» de los Buhalufa. Qué
pena que yo no lo tenga también. Mi vida habría sido menos triste. Ya ves a Saadia... En nuestra
casa, sólo lo que ellos califican de locura puede liberar a una mujer. Conserva tu locura, te salvará
de los demás. En cuanto a mí, nada tienes que temer. Sabes que me das envidia.
Por muy irritante que fuera el asunto de la boda con su primo, Leila reconocía que de momento,
la sacaba de apuros. Las mujeres eran siempre las primeras en venir con las peticiones de mano.
Llegaban en grupos de dos, de tres o de cuatro. De lejos, se distinguía la blancura perlada de las
almalafas, que destacaba desde las afueras del pueblo. Persuadidas de la importancia de su misión,
se acercaban con un balanceo cadencioso. Avisadas por los niños, las mujeres de Dar el Barga se
preparaban para recibirlas dignamente. Las visitantes elegían a menudo el domingo, con el fin de
sorprender a Leila en casa. La adolescente temblaba a la vista de aquellas miradas que traspasaban
las almalafas nada más atravesar el umbral de su casa. Notaba cómo se clavaban en ella con la
agudeza de los ojos de las aves de presa cuando salen a cazar.
—Diaf Rabbi, invitadas de Dios, se anunciaban.
—Marhaba, marhaba, bienvenidas.
¿Cómo no iban a ser bienvenidas unas «invitadas de Dios»? Ninguna de las dos partes se hacía
esa absurda pregunta. Cada una representaba su papel sin cortapisas ni objeciones, mientras Zohra
escuchaba las presentaciones y les daba conversación, Yamina y Munia se dedicaban a preparar
crépes o buñuelos y té. Leila no les daba el gusto de dejar que la escudriñaran por mucho tiempo,
desde el momento en que se quitaban el velo. Con los labios apretados, no tardaba en darse media
vuelta e ir a refugiarse a la cima de la duna.
La estopa del silencio, la suavidad del contorno de las dunas, la calidez de los colores de la
arena acababan siempre por calmar la turbación y la rebeldía que aquellas visitas le causaban. Por lo
demás, siempre era lo mismo. Cualquiera que fuera el motivo de su escapada, cuando Leila se veía
encaramada allí, sus sueños descollaban infaliblemente sobre las demás cosas, porque esa duna era
el trampolín de las únicas evasiones posibles, aparte de las que le permitía la lectura. Transportada
por las ondas inmóviles de la arena, Leila soñaba con el mar. Soñaba con los hombres azules.
Soñaba con lugares cuyos paisajes cubrían el oro del erg, cuyos perfumes embriagaban a los regs y
al cielo. Soñaba con el verde de la primavera y con un paisaje con los tonos castaños del otoño.
Soñaba con las estaciones. Soñaba con locuras en el ingenuo silencio de los sueños, al amparo de la
mentira de las palabras.
Un sábado por la tarde varias mujeres de una rica familia, que es lo mismo que decir de un
importante clan, vinieron a pedir su mano. Yamina pidió a la mayor de sus hijas que le trajera la
tetera, mientras, sentada con «las peticionarias», preparaba el té. Era la manera de darles la ocasión
de observar a su hija, si bien en general las mujeres no emprendían tales negociaciones mientras no
hubieran espiado lo suficiente a la adolescente en cuestión y se hubieran informado bien acerca de
ella. La apuesta era demasiado importante para lanzarse a ciegas. Leila dijo que no. Su madre
insistió:
—Si no te comprometes a nada. Es sólo cuestión de cortesía y de conveniencia. Les
responderemos lo mismo que les hemos dicho a las demás.
Por una vez Leila cedió, violentándose, a los requerimientos de su madre. Debía prestarse a
ayudar a sus padres con el fin de que continuaran rechazando oportunamente las peticiones, pensó.
Pero en el momento de obedecer, la asaltó el miedo. ¿No les tentaría aceptar una alianza con gente
«tan importante»? ¿No estaba sirviendo de cebo a sus intereses perfectamente calculados, que
acabarían por arruinar su vida? Rápidamente ahuyentó esas ideas y se inclinó por mantener la fe en
sus padres.
Ella, a quien tanto le gustaban los mercados de ganado, tuvo la desagradable sensación de
haberlos descubierto aquel día, del otro lado, del lado de los animales. Las miradas de las mujeres
que se cebaban en ella desde su aparición eran tan insistentes, que Leila tuvo la impresión de que la
palpaban de forma obscena desde las nalgas hasta los pezones. ¿Acabarían abriéndole la boca para
descubrir su edad por los dientes? Le daban ganas de gritarles: «Iros al cuerno, casamenteras
portadoras de desgracias, quebrantadoras de pubertades, rapaces». Fueran peligrosas o no, no las
dejaría que la humillaran por más tiempo. Pisando fuerte, Leila fue a dejar el hervidor y se fue
corriendo a la duna.
Era un día entre semana, probablemente un jueves, porque Leila no tenía clase por la tarde.
Debía ser por mayo, porque los días eran ya tórridos. El aire abrasaba. Se respiraba aquel fuego que
achicharraba la nariz, la garganta y hasta los bronquios. Era un día para dejarse caer en un sitio con
sombra y no moverse de allí. Hasta el siroco, agotado, había entregado el alma. El trayecto de la
plaza donde la dejaba el autobús le pareció interminable a Leila, a quien ya le ardía el cráneo, a
pesar de su abundante cabello. Su madre, que debía estar al acecho, salió a recibirla a la puerta. La
cogió de la mano y la obligó a detenerse. La adolescente sólo tenía un deseo: meterse en una
habitación y escuchar de nuevo el suave ronroneo del acondicionador. Adoptando un gesto grave,
Yamina le lanzó estas palabras:
—Hija mía, esta vez tu padre, tu abuela y yo estamos atados de pies y manos. Nada podemos
hacer. Tu tío abuelo te ha dado a Kaddur, el hijo de Lunis.
El suelo de cemento del patio empezó a oscilar ante los ojos de Leila. Sus altas paredes
aprisionaban el calor convirtiéndolo en un horno. Leila se ahogaba. «Tendría que haber sospechado
que iba a anunciarme una tragedia. Nunca me ha cogido la mano por cariño. Nunca me ha esperado al
volver por el simple gusto de verme».
—¿Zobri? Ah, sí, pero ¿con qué derecho? ¿Quién le ha dado vela en este entierro?
Zobri era el mayor y único hermano de Zohra, el patriarca de todo el clan. Fue el último que se
hizo sedentario. El encarcelamiento y la muerte de uno de sus hijos bajo la tortura, y de otro en el
maquis, había quebrado su espíritu rebelde de nómada y le había llevado a embarrancarse en El
Bayad desde hacía unos años. Había venido a visitarles en dos o tres ocasiones. Aunque apenas se
acordaba de sus facciones, Leila recordaba muy bien los ojos de Zobri. Era muy moreno, casi negro.
Sin embargo, el blanco de sus ojos era rutilante. Su mirada parecía siempre en ascuas, atizada por
extraños pensamientos, bajo la protección del turbante. Los Ajalli tenían noticias suyas en contadas
ocasiones: alguna carta, algún viajero o algún comerciante procedente de El Bayad.
—Zobri le ha escrito a tu padre hace unos veinte días. Portales le ha leído la carta. Él mismo ha
redactado la respuesta que tu padre le ha dictado, manifestándole a su tío respeto y sumisión a su
voluntad, pero también le pedía que dijera a los Lunis que tuvieran un poco de paciencia. Quería
conseguirte un aplazamiento de dos o tres años. El tiempo necesario para que te saques el certificado
de estudios y para que madures un poco. Tu padre había mantenido la carta en secreto, no quería que
Jalil la conociera. Tiene miedo de su posible reacción, miedo de que diga cosas ofensivas al viejo.
Aparte de tu abuela, Zobri es el único chibani de la familia de tu padre que aún vive. Hay que
tratarlo con deferencia.
Ante semejante respuesta, el viejo déspota de Zobri se encolerizó y dijo a los Lunis, cuando se
enteraron de la noticia:
—Por Alá que Tayeb desvaría. ¿Por qué quiere quedarse con su hija dos o tres años más? Sólo
las chicas feas o que tienen alguna tara se casan mayores. La niña es bonita. Ahora está en edad de
casarse. Adelante, ahora mismo os la entrego. Quiero que se celebre esa boda antes de morirme,
antes de que acabe el verano.
Una vez concedida su petición, los Lunis se presentaron con un cordero y regalos para festejar
el noviazgo y fijar la fecha de la boda. Azorada, Leila logró articular:
—¿Qué piensa la abuela?
—¿Qué quieres que te diga? Tu abuela no va a llevar la contraria a su hermano. Estamos tanto
más ligados en la medida en que los Lunis son muy importantes para nosotros. Te lo he comentado
muchas veces.
Leila recordaba que los Lunis habían sido vecinos de sus padres en el ksar El Yedid, aquel
barrio miserable. Las dos familias se sentían muy unidas. Leila tenía sólo unos días cuando la mujer
de Lunis la cogió en brazos y dijo a Yamina:
—Ésta será un día mi nuera. No tienes de qué preocuparte Yamina, seré su segunda madre.
Luego, regresaron a El Bayad, a principios de los años cincuenta. Y aunque dejaron de verlos,
sus padres seguían sintiendo gran afecto por ellos. Pero el tiempo y la distancia habían borrado de la
memoria aquella vieja promesa. Leila también la había olvidado por completo... ¡A cuántos
muchachos más la habían prometido, desde que nació, para estar seguros de que le encontrarían un
partido más adelante! Al haber dejado aparte a su primo, Leila pensaba que así se protegía de ese
tipo de amenazas. Pero ahora aparecía otra desde un lugar remoto. Ella se resistía. Tenía que pensar
muy rápido. ¿Qué hacer? En primer lugar no enfrentarse con su madre. Corría el riesgo de que
llamara a su padre al quite. Y de que acabaran por secuestrarla. Tenía que ganar tiempo.
—Ven, te voy a poner un fular en la cabeza y vas a ir a darles un beso.
Un fular. Siempre era así como empezaba todo: futa, fular, luego el velo y la muerte de todos
los sueños, de todas las esperanzas bajo una avalancha de nacimientos. El universo que no para de
encoger hasta permitir solamente el ahogo de la esclavitud entre suspiros de resignación. Antes la
muerte que ser estrangulada por aquel pañuelo o ser privada de la posibilidad de elegir su propia
vida. Pero en aquel momento, acuciada por la urgencia, Leila estaba a mil leguas de las reflexiones
que la ocupaban en tiempo de paz. Sólo la inminencia del peligro aceleraba sus pensamientos a la
vez que sentía su cuerpo dislocado.
—¡Espera! ¡Espera! Antes voy a dejar mi cartera y a lavarme la cara. Estoy empapada en sudor.
Iré a saludarlos dentro de cinco minutos —adelantó prudentemente Leila intentando zafarse de la
mano de su madre.
Llena de desconfianza, Yamina escrutó durante unos instantes su rostro, buscando algún signo de
rebeldía. Leila intentó poner cara de tranquilidad. Recuperada la confianza, Yamina le soltó el brazo
y se dirigió a cocina.
—No tardes y no te olvides de ponerte un fular.
Leila entró en la habitación que compartía con su abuela y su hermana Bahia. Dejó la cartera.
Luego, despacio, abrió la ventana que daba al exterior. Se subió en una silla, trepó hasta al bordillo,
saltó velozmente al otro lado y salió corriendo con la energía de un animal perseguido. No dejaba de
correr. El pueblo estaba desierto. Ya no sentía el fuego del día ni la luz que abrasaba los ojos.
«Conserva tu locura, te salvará de los demás». «La escuela es tu única tabla de salvación». Esas
sugerencias le calentaban la cabeza y aceleraban su huida sin rumbo. «Nunca, nunca fulares,
almalafas, ni calabozos ancestrales»... Un coche se detuvo a su lado. Ya está, la habían cogido. Las
albórbolas lúgubres de las mujeres. Su corazón dejó de latir. Se iba a morir, allí, enseguida.
—¿Adónde vas, de esa manera? —le preguntó una voz.
No había enojo en aquella pregunta. Ninguna hostilidad.
—¿Por qué corres?
Al reconocer la voz del almacenista del taller, dejó de correr y mintió con un grito liberador:
—Tengo miedo de llegar tarde a clase.
El hombre le abrió la puerta del coche. Leila se sentó a su lado. La llevó al pueblo. Por suerte,
pasó un taxi en aquel momento. El hombre le hizo una señal. ¡Uf! Estaba fuera de peligro, al menos
por ahora. Durante el trayecto a Béchar, intentó calmarse. Tenía que pensar, encontrar una salida.
Sólo Jalil podría sacarla de apuros. La angustia la hacía dudar, mezclando todo en su cabeza. Ahora
Leila dudaba de sus aliados más firmes. ¿Y si también él se dejaba atrapar por la trampa de las
costumbres? Después de todo, ya había abdicado una vez. Había dejado que lo casaran. ¿Qué podía
hacer? Se escaparía. No iría hacia los hombres. Nunca soportaría lo que habían hecho aguantar a
Saadia. Treparía por la Barga. Iría a morirse al erg. El mar de arena, cuna de sus sueños, sería
también su tumba. No la cogerían viva. Con el tiempo que pasaba y todas aquellas peticiones de
matrimonio rechazadas, con las palabras de madame Charlier resonando aún en la cabeza de su
padre, con el placer de la libertad que disfrutaba desde que iba al instituto, se había creído fuera de
peligro. Pero, ¿quién era ella para escapar al destino de todas las mujeres? No era ni más ni menos
que las otras. Quizás tenía una pizca de arena en la cabeza, la pizca de los Buhalufa que la llenaba de
las ilusiones más locas. Un dolor le desgarraba el vientre: ¿Cómo salir de ésta?
Una vez que hubo llegado a Béchar, siguió su carrera, irrumpió en el despacho de Jalil sin
aliento y gritó hecha una furia:
—¡Quieren casarme! Si no lo impides me escaparé. ¡Me mataré! ¡Nunca me tendrán! ¡Nunca,
nunca! ¿Me oyes?
—¿Que ocurre? Cálmate, siéntate ahí y cuéntame. Me has asustado. He pensado en lo peor.
—¡Pero si es lo peor!
Leila rompió a llorar. Cuando se hubo enterado de los pormenores de la historia, Jalil le dijo:
—Vete a casa de tu tía Saadia. Pasarás la noche con ella. Mañana por la mañana te traeré tus
cosas de clase. Ahora mismo voy a ir a decirles lo que pienso de su manera de actuar. No te
preocupes. Mientras yo viva, nadie te obligará a casarte en contra de tu voluntad. Ahora vete, tengo
trabajo. Te veré mañana por la mañana hacia las siete y media. Te contaré lo que ha pasado. Confía
en mí.
Ella se dirigió a casa de Saadia y la puso al corriente de su desventura.
—Has hecho bien escapándote. Más aún que la intervención de Jalil, tu huida te evitará el
peligro que pudiera venir de otros pretendientes. Tienes que confiar en mi triste experiencia. Una
chica capaz de desafiar de ese modo la autoridad paterna y de abofetear las tradiciones, da miedo.
Probablemente seguirá haciendo lo mismo. Además, creo que, incluso antes de que Jalil llegue a tu
casa, ésas que se llaman a sí mismas «invitadas de Dios» se habrán retractado ya. No querrán correr
el riesgo de que una futura mala conducta pueda deshonrarlas.
La risa de Saadia acabó por tranquilizar del todo a su sobrina. Al día siguiente, Leila pudo
verificar la exactitud de las deducciones de su tía.
Después de dejar a su hija, Yamina anunció a sus invitados que Leila había vuelto del instituto y
que había ido a refrescarse antes de venir a saludarlos. Como tardaba en aparecer, fue a buscarla y
descubrió que la habitación estaba vacía y la ventana abierta de par en par. ¡Traición! Yamina mandó
llamar a Tayeb para informarle discretamente de lo ocurrido. El padre buscó en vano a Leila
alrededor de la casa y por la Barga. Como no la encontraba por ninguna parte telefoneó asustado a
Jalil.
—Leila está en casa de Saadia y no volverá esta noche.
—¿Y qué voy a decirles a los Lunis? —se lamentó Tayeb.
—Yo me encargaré de los Lunis. Les explicaré que la avanzada edad de Zobri, no le otorga
ningún derecho sobre la vida de las personas.
—Sí, pero cómo hago ahora mismo...
—Diles sólo la verdad. Siempre me has prometido que yo decidiría en todo lo tocante a Leila.
Quiere seguir estudiando. Así que dejadla en paz. Los Lunis son buena gente. Seguro que lo
comprenderán.
—Comprenderán que he perdido los papeles para siempre.
—¿Prefieres perder a tu hija?
Los Lunis habían oído aquel trajín, se habían dado cuenta del desconcierto de los Ajalli y se
preguntaban qué era lo que estaba ocurriendo. ¿Por qué no venía su futura nuera a saludarlos?
Yamina acabó por confesar su vergüenza con rostro atormentado. ¡H'chuma!, ¡H'chuma! Decían los
atribulados ojos de las mujeres. ¡H'chuma! Desautorizar a un venerable tío abuelo. ¡H'chuma!, los
Lunis no merecen esta afrenta. ¡H'chuma! Todo el mundo se enteraría de que su hija es una
desvergonzada.
Al día siguiente, los Lunis se marcharon a El-Bayad con el orgullo maltrecho. ¡Una amistad tan
antigua rota por la arrogancia de una joven descerebrada! Tayeb y Yamina no encontraban consuelo.
El rencor obsesivo daba a veces a sus rostros una expresión de odio furioso que hacía estremecerse a
Leila. Zohra no hizo ningún comentario, ningún reproche. Cuando posaba los ojos en su nieta,
parecían decir: «Así es como eres». Leila se convenció de que su abuela estaba bastante serena.
La muchacha empezaba a comprender que su celo y su rebeldía iban a llevar al límite toda
aquella puesta en escena con un cortejo de palabras grandilocuentes: vergüenza, deshonor, pecado...
Soliviantada por aquella certeza, adoptaba una actitud definitivamente provocadora con respecto a
sus padres.
Su padre seguía en pie de guerra con ella y cualquier cosa era un pretexto para echarle una
reprimenda. A menudo la seguía a escondidas a Béchar. Leila se veía obligada a andar deprisa, con
la cabeza baja y a no dirigir la palabra a nadie durante todo el trayecto del autobús hasta el instituto y
luego del instituto a casa de Saadia. Una tarde, durante el recreo, estaba hablando tranquilamente con
sus compañeros y compañeras cuando vio a su padre ante la verja cerrada de la puerta, que la
observaba fijamente. A la salida, vino a buscarla con su viejo Peugeot 203 y le abrió la puerta. Ella
se sentó y se acercó a él para besarlo. Él la rechazó con violencia.
—¿Qué pasa? ¿Qué he hecho ahora?
—Espera que lleguemos a casa. ¡Ya me explicarás!
Con cara de pocos amigos y las manos aferradas al volante, no le dirigió ni una mirada, ni
aflojó la mandíbula durante todo el viaje. Cuando llegaron, entró dando voces al patio y dominado
por los nervios cogió a Yamina aparte:
—¡Puedes estar contenta de tu hija! ¡Ésta es la educación que le dan en el colegio: la señorita se
escapa por las ventanas a charlar sin pudor con los chicos!
Exasperada por la atmósfera asfixiante de sospecha y de inquisición que estaba soportando
desde que se escapó, Leila estalló a su vez:
—¿Y qué? Estaba con unos compañeros. Me paso todo el día sentada en clase al lado de esos
chicos en el mismo banco. ¿Por qué no voy a dirigirles la palabra afuera? ¡Es ridículo! ¿Quieres que
mienta? ¿Que sea falsa? Escuchadme todos. Estoy más que harta de todas vuestras tragedias. Si no
me dejáis en paz, si intentáis casarme otra vez, me volveré a escapar, hagáis lo que hagáis. Y será
para entregarme al primero que se me acerque en cualquier sitio público, ¡así os sentiréis de verdad
deshonrados!
Tayeb se puso pálido de rabia. ¿Cómo podía una hija hablar así a su padre? ¿Cómo se atrevía a
hablarle en ese tono y a amenazarle? Y ¡vaya amenazas! Ya estaba bien. Leila sentía que se iba a
lanzar sobre ella. Ella no bajó los ojos, no retrocedió. Le esperó con las piernas separadas y las
mandíbulas y los puños apretados. Tayeb tenía la costumbre de pegar. Por una tontería, molía a
golpes a Yamina ante sus hijos. Pero Leila no era Yamina. Estaba dispuesta a devolver los golpes
aun a riesgo de que el cielo le cayera sobre la cabeza. Tayeb lo comprendió. Durante unos segundos,
los ojos le brillaron con un fulgor verdaderamente asesino que la hizo temblar de espanto. Así
permanecieron de pie, el uno frente a la otra y temblando de rabia. Las palabras de su hija le habían
resultado humillantes. Arriesgarse a que ella le devolviera los golpes sólo tendría un final: la muerte
de uno de los dos. Fue Zohra quien relajó la tensión y salvó la situación:
—¿No te da vergüenza contestarle así a tu padre? ¡Ven aquí, que te dé el castigo que mereces!
Se quitó la zapatilla y le dio unos cuantos azotes más sonoros que dolorosos. Luego se la llevó a
su habitación y con todas sus fuerzas, se puso a dar golpes a un colchón que había en el suelo
diciendo:
—¡Toma! ¡Toma! Esto te va a enseñar a llevar la contraria a tu padre.
Yamina lloriqueaba en el patio, a causa de las invectivas de su hija:
—¡Ya Alá!, ¡Ya Alá! ¿Qué te he hecho para que me hayas dado a este demonio? ¡No tiene un
puñado de arena en la cabeza, tiene una duna que un día la va a enterrar!
El curso escolar tuvo un final apoteósico para la muchacha: un montón de matrículas de honor
en varias asignaturas y premio a la mejor alumna de su clase. ¡Qué magnífico desquite frente a los
problemas de los últimos meses! Si el hecho de competir con los chicos la había inquietado un poco
al principio, las primeras redacciones la tranquilizaron enseguida. ¿Qué desmentido más mordaz que
ése podría oponer a la superioridad masculina? Desde su nacimiento sin otras albórbolas que las de
la Bernard, la rumiya, no habían dejado de intentar moldear tanto su pensamiento como su
inconsciente en la condición de un ser inferior. La escuela, el saber, le abrían una vía hasta entonces
insospechada en el callejón sin salida de la fatalidad femenina. La habían arrancado a un destino
medieval para precipitarla, sola, en pleno siglo XX. Leila se daba cuenta de que se encaminaba hacia
una soledad cada vez mayor. Ése era el precio de su libertad. No tenía elección. Las otras tres chicas
argelinas que estaban con ella en clase confirmaron sus temores, haciéndole saber que todas se
casarían durante el verano.
Los últimos alumnos pieds-noirs habían salido del país para siempre, para dirigirse a Francia a
finales de mayo. Los tres o cuatro que quedaban tenían que marcharse el próximo curso al instituto
francés de Orán porque en todas las instituciones argelinas el árabe se había convertido en la
segunda lengua oficial. En Kenadsa, en la blanca escuela de las arcadas que se abrían hacia el río, la
misma directora madame Charlier no dejaba de luchar con denuedo para ayudar a las otras chicas a
salir de los límites del pueblo, hacia otras aulas. Al final lograría enviar a algunas de ellas al
instituto técnico, que por entonces abría sus puertas.
Todos los años, la proximidad de los cuatro meses de vacaciones estivales hundía a Leila en un
estado de postración. ¿Cómo aguantar el infernal verano sahariano cuando se es chica y la pobreza
impide cualquier intento de huida hacia lugares más clementes? ¿Cuando el despotismo de la
temperatura y la tradición misógina conjugan sus efectos para negar a las chicas la calle y las pocas
distracciones existentes? ¡Negarles la vida en definitiva! ¿Cómo soportarlo? ¿Cómo sobrevivir, nada
más? Leila se había vuelto anoréxica, pero devoraba los libros. Y antes de atravesar el maldito
umbral del verano, se preocupaba de sus reservas y hacía acopio de su alimento, los libros.
Necesitaba muchos para no dejar un solo instante al tiempo de encierro. Los necesitaba para soportar
el asedio de la soledad, para luchar contra «la vacación» de su vida, contra la desnudez demoniaca
del horizonte, contra el acoso de su madre y las tareas domésticas, contra las veleidades de la locura
y la muerte, las únicas que se disputaban la inanición de aquella inmensidad.
La lectura, que le descubría las otras libertades, era un derecho adquirido casi sin lucha. Sus
padres analfabetos no podían penetrar en la secreta perfidia de los libros. Sólo evaluaban su
«peligrosidad». Los observaban con una aprensión miserable y recelosa. Sin embargo, y a pesar de
los sermones, acabaron por resignarse a su omnipresencia, a su influencia creciente sobre Leila. Al
menos así, sumidos en el hechizo de la escritura, sus ojos no los desafiaban, su boca olvidaba su
constante rebeldía y ella permanecía cautiva, lejos de la codicia de las miradas masculinas, apartada
de los caminos de la tentación. ¡Si hubieran podido enterarse de lo que extraía de los libros con el
cuerpo retirado en su silencio, con las manos agarradas a la inmovilidad de sus páginas, con los ojos
transportados por la oleada de sus palabras para surcar el mundo con furia! En aquellas páginas de
falaz inocencia, la lectura le traía todo lo que le había sido prohibido, burlando todas las censuras:
sueños y pesadillas, vértigos y objeciones, vicios y pasiones, todas las sorpresas de la tierra y,
además, el regocijo que produce el sentimiento de transgresión.
El libro no era solamente un instrumento de evasión, era el cómplice, el apoyo, el educador que
la estructuraba y la moldeaba. Templaba, yugulaba su vehemencia y la transformaba en
combatividad, en tenacidad, en resistencia. Se había vuelto el símbolo de su rechazo hacia lo
cotidiano que querían imponerle. La apartaba de la vida en familia. Su madre se lamentaba,
considerando que había contraído una tara, una enfermedad poco menos vergonzosa que la locura.
Permanentemente en guardia ante el peligro, Leila sólo hablaba para defenderse. Ya no hablaba,
sólo gritaba para imponer sus opiniones. El resto del tiempo permanecía callada, leyendo. ¿Qué iba a
decir? ¿Con quién iba a charlar cuando sus palabras sólo podían acarrearle la censura y las críticas?
¿A quién dirigirse cuando los padres se convierten, si no en los peores enemigos, en personas que
pueden poner en peligro el porvenir de una chica cargándose de razón? Los libros eran el único
reducto íntimo en su vida divergente, los únicos compañeros durante su proceso de distanciamiento
en aquel exilio mental blindado con silencio durante los veranos eternos, mortalmente aburridos en el
bochorno.
• • •
Hamza, el padre de Yamina, se había reunido en Orán con sus hijos, que habían vuelto del
maquis. Zina, su marido y sus hijos, le habían seguido. Aquel exilio, que él no había elegido, daba la
impresión de estar acelerando la vejez de Hamza, que no dejaba de hablar de Uchda y de dar vueltas
obsesivamente a los mismos recuerdos.
Zina, su marido y sus hijos vivían en un edificio «sin dueños», abandonado por los pieds-noirs.
Nazer había abierto otro garito aún más miserable que el anterior. Si antes reservaba un poco dinero
para el hogar, ahora eso era agua pasada. El deterioro físico y la degradación de su espíritu hacían
que ahora ni siquiera ganara lo suficiente para saciar su sed. Su semblante había adquirido un color
violáceo y su mirada se hallaba inmersa en una bruma de la que era incapaz de salir. Zina se veía
obligada a hacer frente a las necesidades de su familia. Había comprado una máquina de coser y
pedaleaba con denuedo durante todo el día y parte de la noche, cosiendo vestidos de todas clases.
Tengo que encontrar un medio más lucrativo para alimentar a mis hijos. Pasarme cosiendo
quince o dieciséis horas al día me destroza la vista y me deja molida por un sueldo de miseria... Pero
ahora me siento en paz. Cuando Nazer vuelve a casa, está borracho como una cuba. Ya no tiene
fuerzas ni para pegarme. A veces es a mí a quien me dan ganas de darle una paliza de muerte.
Capítulo XIII
En los años sesenta, muchos profesores franceses, guiados por el deseo de vivir y de trabajar en
una Argelia por fin en calma, pisaban su suelo por primera vez en el marco de la cooperación. Los
que tenían una sensibilidad de izquierdas, es decir, la mayoría de ellos, aplaudían las reformas
gubernamentales: la enseñanza obligatoria con la supresión de las asignaciones familiares si los
padres quitaban a sus hijos o hijas de la escuela antes de los dieciséis años. Medicina gratuita para
todos... Sin embargo, la república popular no iba a tardar en mostrar sus imposturas y su tiranía
sectaria y militar. Pero, a pesar del recelo que pudieran despertar los desvíos del sistema, el inédito
acceso de millares de pequeños argelinos al saber y su sed de aprender abrían inmensas esperanzas y
despertaban el entusiasmo de todos.
Por otra parte «los encantos del desierto» en Béchar bastaban por sí solos para atraer y asentar
a profesores cualificados. Una suerte para Leila, a la que descubrían entre los cuarenta y cinco
chicos de su clase. Muy pronto, se convirtieron en su sostén, en sus padrinos. Dirigían sus lecturas y
le regalaban libros. Le ayudaban a enfrentarse a los obstáculos y a las prohibiciones y la llevaban
bajo su tutela al CCF, el Centro Cultural Francés. Leila disfrutaba curioseando en la biblioteca,
asistiendo a la proyección de películas, a los debates que suscitaban, a conferencias... Le gustaba
aquel ambiente en el que podía relajarse y olvidarse de los sermones y de los juicios. Por eso tomó
por costumbre acudir al CCF en compañía de algún profesor siempre que le era posible. Pero
aquellas atenciones particulares del cuerpo de profesores y la frecuencia de sus visitas al Centro
Cultural iban a acarrearle un montón de problemas. El primero y el más amenazador era que, al verla
a menudo entrar y salir del CCF, sus calumniadores encontraban material con que cargar sus armas y
sus reproches. Sin que ella lo supiera, Leila se estaba convirtiendo en «la chica de los cooperantes.
Una argelina que se vendía a los franceses». Las heridas y las torturas de la guerra de liberación
seguían vivas en la memoria. Y la independencia no había dotado a las masas del don de
discernimiento y la matización. Llevaran o no uniforme los rumíes seguían siendo enemigos. ¿Una
adolescente árabe en un medio tan depravado? ¡Vaya una perdida! Que su conducta chocara con las
costumbres locales, no era una novedad para Leila. Muy contenta de encontrarse por fin en un entorno
en consonancia con su carácter, no tenía la mínima conciencia de la amplitud del peligro al que se
exponía.
El personal administrativo del instituto, integrado en gran parte por hombres de mente
retrógrada, sobre todo en lo concerniente a la educación de las chicas, no dejaba de refunfuñar a sus
espaldas y de intentar que la amonestaran por mala conducta. Sus profesores se manifestaron en
contra de tal correctivo y la defendieron.
El hecho de que estuviera permanentemente en el punto de mira de todo el mundo disponía
igualmente en su contra a los chicos del instituto. Se trataba de una reacción de celos en unos o de
desdén y rechazo en otros, ya que los muchachos permanecían bajo el yugo de la tradición, a pesar de
la educación que habían recibido. Si tres o cuatro alumnos, entre los mejores de su clase, se
mostraban amables con ella, sus relaciones no iban nunca más allá de la camaradería. Leila no tenía
amigos de verdad. El resto de los muchachos la espiaba a distancia, como si fuera un animal
peligroso, y profería a sus espaldas expresiones infamantes.
Había transcurrido otro curso escolar. Con el relajamiento de la disciplina en los últimos años,
algunos bribones se atrevían a manifestar su brutalidad hasta dentro del aula. En dos o tres ocasiones,
al llegar al aula por la mañana, Leila descubrió escrito en la pizarra con grandes caracteres: «Leila
es la puta de los cooperantes». El silencio total de los alumnos contrastaba con la cólera del profesor
de turno.
Leila tenía la sensación de encontrarse, tanto en el instituto como en la ciudad, en medio de un
conflicto entre progresistas y conformistas que la superaba y la aplastaba, y en el que su voluntad se
alborotaba como una veleta azotada por todos los vientos. Aquella impresión acentuaba su inquietud.
¿Qué destino le depararían aquellos retos? ¿Una soledad triunfante, pero desesperada? Porque a
pesar de ciertas simpatías, se sentía sola. Y la soledad la empujaba a la lectura para huir de los
problemas, los temores y los disgustos. Cuando observaba con tristeza las continuas riñas entre
muchachos en el patio del instituto, sus propios ojos estaban fijos en ella misma. Era la secreta
compañera de los bancos de clase, símbolo inequívoco del interés que manifestaban por ella los
profesores y que no era otra cosa que la traducción de su singularidad, de su aislamiento, que se
estaba convirtiendo en un dolor sordo, agazapado incluso en lo más profundo de su alegría.
Y el naufragio de los veranos se repetía una y otra vez. No hay peor sentimiento de
claustrofobia que el que se experimenta frente a la inmensidad vacía, frente al infierno de una
tragedia petrificada por la eternidad, sin redención posible. El desierto sólo subyugaba a los
cooperantes franceses que lo surcaban de punta a punta y lo dejaban en verano en busca de otros
lugares más clementes. La tranquilidad de poder irse definitivamente cuando quisieran les permitía
vivirlo con agrado. Leila odiaba a aquel desierto tirano porque tenía miedo de no poder escapar
nunca de él. Su cielo torvo y su espantosa «tierra de nadie» extraviaban su mirada, consumían sus
esperanzas. La perspectiva de aquellos meses que agonizaban nada más nacer y que imponían la
imagen de la muerte por mucho tiempo, la angustiaban tanto que Leila olvidaba las verdaderas causas
de su encierro: la misoginia de la sociedad, por una parte, la indigencia de su familia y el número
demasiado grande de parientes, que excluía cualquier posibilidad de viajar, por otra.
Con las campañas de vacunación y la gratuidad de los cuidados médicos, la tasa de mortalidad
infantil del país, que antes era una de las más elevadas del mundo, bajaba espectacularmente. El
incipiente boom demográfico y la importancia del éxodo rural volvían pletórica a la población de las
ciudades. Y las viviendas más espaciosas «sin dueños» resultaban exiguas cuando en ellas se
amontonaban varias generaciones de una misma familia. Las pocas escapadas que se habían
permitido los Ajalli hacia Uchda no podían plantearse desde que su familia se había exiliado en
Orán. Perdidos los fastos de antaño tras la muerte de Buhalufa, los de Uchda, habían dejado tras
ellos sus últimas posesiones: los encantos y el amplio espacio de la granja. Se habían incorporado a
las apreturas y a la rutina de la vida de los habitantes de la ciudad.
Yamina y Munia exhibían año tras año, como trofeos sus enormes vientres burlones en Dar el
Barga, sin importarles el fuego estival, el escozor del frío invernal ni la metralla primaveral de los
vientos de arena. ¿Cómo se puede seguir haciendo niños en tales condiciones?, se preguntaba Leila
con estupor. A veces, recorría su vientre con una mano febril presa de un terror sordo. ¡Nunca!
¡Nunca! Y se echaba a temblar en el calor tórrido y sus ojos lanzaban miradas acorraladas a su
alrededor.
—¿Dios mío, es que estás enferma? —preguntaba su abuela con inquietud.
—No, no. No es nada.
¿Estaba enferma? ¿Estaba loca como con tanta frecuencia le repetían? Esas preguntas no la
atormentaban, centrada como estaba en una sola preocupación que, con el tiempo, se iba convirtiendo
en certeza, en obsesión: no le gustaba aquella vida. No soportaba las tareas domésticas y sus
sudorosas fatigas. No soportaba la sumisión. Ni las joljales, cencerros para animales al fin y al cabo.
Ni la férula que durante toda la vida hacía que las mujeres permanecieran encerradas en unos metros
cuadrados mientras que, afuera, las tierras se desgarraban entre una uniformidad sin límites y un cielo
en eterna fuga. Ni el horizonte cegado por las anteojeras de las almalafas. Ni el espíritu disminuido
desde la más tierna infancia y a quien no se reconoce más que un único camino: servir y traer niños
al mundo. Ninguna de esas cosas le resultaba soportable.
Leila se aislaba en la habitación que siempre estaba disponible para los eventuales visitantes,
«el cuarto de invitados». Y para que no la importunaran, había tomado la costumbre de pertrecharse
en ella. Pasaba las noches enteras leyendo sin dejar de escuchar la radio y se dormía al alba, cuando
oía los pasos de su abuela y de su padre, que se habían levantado para las primeras abluciones y
oraciones. Aunque se despertara antes, Leila no salía de su refugio más que cuando el sopor de la
siesta había llevado al lecho al resto de su familia. Con cuidado para no importunar su sueño, se
dirigía a la cocina, se servía una taza de café y la saboreaba al tiempo que se comía un tomate. Ése
era su único alimento durante el día. Vivía al revés que los demás para no tener que soportarlos.
Éstos se inquietaban por ella. ¿Por qué semejante actitud? ¿Por qué no quería comer? ¡Estaba tan
delgada! ¿Y si acababa muriéndose de inanición? A veces intentaban hacerla entrar en razón: tenía
que preparar su ajuar. Aprender a cocinar, a llevar una casa... Ella se ponía violenta, con una
agresividad desconsiderada y les amenazaba con irse derecha al desierto cuando estuvieran
durmiendo, derecha a la muerte. El miedo al escándalo les daba pánico. Entonces se callaban y Zohra
se ponía a rezar. «Buhalufa no pidas a esta niña que siga tu ejemplo. ¡No es más que una chiquilla,
Buhalufa! Los caminos que te han salvado la matarían. ¿Con qué sueña con los ojos tan abiertos?
¿Por qué no tiene la prudencia de las mujeres de mi estirpe que entran en la fila sin rechistar?
¿Quiénes llenan de orgullo nuestra sangre y recogen nuestras bendiciones? Buhalufa, quítale tu toque
de locura de la cabeza y pasaré el resto de mis días elogiándote».
Leila no abría la puerta más que cuando oía la voz de Zohra. La mujer de los tatuajes oscuros
miraba, intrigada, las pilas de libros que se amontonaban:
—¿Qué cosas tan bonitas te cuenta el mutismo de estos papeles para mantenerte tan alejada de
nosotros, kebdi?
—Hablan de la vida y del mundo, hanna. De lo que hay más allá de los ergs y de los océanos.
Tú que dices que el sedentarismo de los habitantes de la ciudad es la propia muerte, que te sujeta por
los pies, tú que no tienes más que tus palabras y tus cuentos para continuar respirando, para revivir tu
universo nómada y para no dejarte morir. Para mí, la muerte se encuentra en la inmovilidad de la
mente. Y para que mis pensamientos puedan seguir avanzando, necesito las palabras de los otros, de
sus libros. ¡Aquí reina un vacío tan grande! Dices que los ojos llegan más lejos que los pies, incluso
si estos últimos echan a correr. ¡Cómo me hubiera gustado que fueran tan lejos como la imaginación!
¿Más lejos que ella? Más lejos, como tus periplos de antaño, hanna. Los libros me liberan de la
permanente opresión que aquí hace estragos.
—No haces más que lo que te da la gana y hablas de opresión.
—¡No hago más que lo que puedo y a qué precio! Eso es lo que me está asfixiando cada vez
más. Aquí no vivimos, aguantamos. No nos reímos, perecemos día tras día. Aquí todo es dramático.
¿Por qué la liviandad y la risa sólo existen en mis libros, hanna?
—Kebdi, tanta soledad y tantos libros te están perjudicando, porque aunque esas palabras que
yacen en el papel te encantan porque te proporcionan cosas de las que reírte o motivos de reflexión y
te llevan más allá del poder de los ojos, no parecen hacerte feliz. Te llevan lejos, a lugares que no
son los nuestros. Te hacen rechazar a los tuyos. No creo que eso sea bueno para ti. Veo tanta
confusión en tus ojos... La guerra ha terminado, pero la colonización ha dejado una semilla en el país.
No se ha llevado todo por delante, me doy cuenta de ello. Me gustaría que nunca olvidaras de dónde
procedes, ni quién eres, sea lo que sea lo que te reserve el porvenir. Caminas, corres incluso, pero
hacia un mundo desconocido, kebdi. Siento que estás en peligro y no sé qué hacer para protegerte. A
veces cuando no estás, me dan ganas de prender fuego a tus libros para librarte de ellos. Pero
también sé que cuentan historias, así que siento respeto hacia ellos. Pero, ya ves, conmigo libran un
combate desleal. Yo estoy sola y ellos son numerosos y poseen por añadidura el poder del silencio.
Ahí reside la fuerza de la colonización: medios colosales frente a los débiles recursos de la
incompetencia. Ahí está la supremacía de la escritura sobre la palabra. Una tiene la voz y la fuerza
efímera de la vida y la otra la perennidad y la indiferencia de la eternidad. Al menos Buhalufa se
dejó llevar por la poesía árabe. Tú estás a punto de atravesar fronteras mayores. No me gustaría que
te devoraran.
—Lo que es diferente suscita en nosotros un interés mayor que el familiar. Es normal. Es una
fuente de riqueza y de equilibrio...
—No te veo lo que se dice equilibrada, kebdi... Yo también sueño con muchas cosas. Muchos
de mis cuentos sólo son fruto de mis sueños. Pero mis sueños hablan a los otros. Los llevan con
ellos, durante un rato compartido, mientras dura un recuerdo... Hay algo en ti tan conmovedor como
feroz: la intemperancia, el despotismo del sueño sobre la realidad... ¿La huida loca, hacia dónde,
kebdi? Tu sueño te arrastra sin tregua, sin descanso, a ti que tienes tantas ganas de vivir. Siento temor
por ti, porque te dé por emprender caminos que no me son familiares. Porque no sé cómo ayudarte.
En estos momentos, no me cabe duda de que tienes algo de Buhalufa. Quizás sea la fascinación que
siento por él lo que te ha orientado en ese sentido. Seguro que todo es culpa mía. A veces me
consuelo diciéndome que tal vez sigas el camino contrario. Huyó del mundo nómada porque sus
marchas interminables le resultaban áridas. Si tu aridez se encuentra en la inmovilidad, si te resulta
insoportable, ¿por qué no te vas con los hombres que caminan? El sedentarismo ha empobrecido y
encadenado la vida de todos. No sólo la de las mujeres. Piensa en una profesión que te permita
seguirles y ayudarles. Estoy segura de que eso te salvará. Cuando tú quieras, cuando tu deseo sea lo
suficientemente fuerte, me iré contigo. ¡Me gustaría tanto morirme viviendo ese tipo de vida!
Cuando por fin dejó el sol la hoguera del zenit, cuando descendió y dirigió sus brasas para
alumbrar el oeste del horizonte, empezaron a aparecer las sombras, al principio diáfanas, vibrando
por la reverberación, luego se alargaron y se consolidaron. Era la hora en que Leila desataba a los
perros. Ellos necesitaban correr y ella caminar. Caminaba como una loca, golpeando el suelo con los
pies, levantando volutas de polvo que la hacían toser, intentando matar bajo sus pasos la frustración y
el hastío. A veces daba un grito. Un largo grito. Sólo para quitarse la opresión del pecho. Sólo para
rasgar el silencio, ese otro lastre. Su grito rebotaba en las rocas dominando la duna que lo
propagaba. Leila se detenía y escuchaba. Le parecía que oía una melodía surgida del trasfondo de los
peñascos. Qué resonancias tan siniestras. ¿No eran los estertores de agonía de la colina enterrada
bajo la duna y de la que no se percibía más que unos cuantos peñascos esparcidos, por acá y por allá,
vestigios de una rebelión aniquilada hacía mucho tiempo? Leila se encogía de hombros y seguía su
camino. Seguía la hilera de palmeras, paralela a la duna. Ésta se alargaba cuatro o cinco kilómetros
para acabar en un pequeño palmeral en torno a una cavidad en la que antaño se cobijaba una fuente.
Hacía mucho tiempo que la fuente había desaparecido por alguna cueva subterránea, privando de
vida a aquel lugar. Más lejos, a la izquierda del palmeral que delimitaba el erg, la Barga se
encaminaba hacia Béchar. Luego el reg, cuyos guijarros parecían huesos roídos y apolillados, por
doquier, hasta perderse de vista, hasta la locura del cielo.
Leila contemplaba petrificada aquella inmensidad y el aliento que había ido a buscar allí le
faltaba más que nunca. A veces, un ataque de desesperación la abatía y la postraba. Tumbada boca
abajo, con la cara y el pelo en la arena, sollozaba y le daban ganas de morirse enseguida para
escapar a lo inexorable. ¡Cuántas veces, ahogando el llanto, se había dado la vuelta para recibir,
como un mazazo, el espectáculo de la puesta de sol, de un esplendor abrumador! Porque aquí el sol
es una divinidad más cruel que Alá. Calcina todo lo que este último ha perdonado, con la diferencia
de que no necesita la cohorte de esclavistas afanándose en ejecutar sus tareas. Con el cielo entero
por trono, consigue dotar de belleza a las tiranías con las que golpea a los humanos.
Las últimas lágrimas que resbalaron hasta la comisura de los labios de Leila tenían un gusto
agrio. Ella las enjugaba con el dorso de la mano y adoptaba cierto aire irónico para aguantar la
violencia punzante que se desprendía del resplandor del crepúsculo, del furor del día, del dolor del
cosmos trasmutado en multitud de colores para que por fin el sol pudiera ocultarse.
Las miradas de los nómadas, cegadas durante sus vidas por el exceso de luz, no podían
sobrevivirles entre tamaña desmesura. Leila dejó de buscarlos en el firmamento.
Los perros, que se habían cansado y luego repuesto, acudieron a lamerle los pies, manifestando
su deseo de regresar. Ella se levantó y desanduvo el camino sin prisas, un poco azorada, un poco
anonadada.
• • •
Jalil y Munia se mudaron al comienzo del verano a una vivienda para funcionarios en Béchar.
Resultó desgarrador, pero la vida en común ya no era posible. Era necesario escindir a la familia en
dos grupos para que todos tuvieran el espacio mínimo para dormir y poder moverse.
El 19 de junio de 1965, Radio Argel sólo trasmitía, de madrugada, canciones patrióticas, para
rememorar el triste episodio que, recién conseguida la independencia, enfrentó a los dirigentes de las
diferentes willayas. Luchas por el poder, conflictos personales y consternación de la población que
pensaba que sus males se habían ido pegados a las suelas de los hombres de Bigeard.
Zohra llamó con los nudillos a la puerta de la habitación en la que dormía su nieta y la sacó del
profundo sueño que el acondicionador acunaba con su ronroneo:
—¡Radio Argel sólo trasmite canciones desde el amanecer!
Leila se levantó de un salto y descubrió los rostros ansiosos de Yamina y de Zohra dirigidos
hacia la radio. Eso la trasladó unos años atrás. La muchacha encendió el transistor. Rastreando las
ondas, buscó la emisora tres, que era francófona. El mismo programa de himnos patrióticos. Leila
volvió a girar el botón y luego detuvo la aguja: «France Inter... Avance de noticias... Golpe de
Estado en Argelia...».
¿Qué tenía que reprochar el duro de Uchda a Ben Bella, al hombre cuyo recuerdo estaba
envuelto en una leyenda? «El ejercicio pernicioso de un poder personal que bloquea el
funcionamiento y las instituciones de la República».
Después de los calabozos franceses, el encarcelamiento en su propio país de aquel personaje
todavía mítico suscitó una desaprobación y una indignación tan grandes que, muchos argelinos, en
especial los del oeste, mirarían con malos ojos durante mucho tiempo a Bumedián y su política. La
nacionalización del petróleo, que verían con agrado, no disminuyó el recelo hacia aquel personaje.
Habría que esperar a la revolución agraria para observar un cambio notorio en la actitud de la gente.
Un mes más tarde Yamina dio a luz un niño, el décimo hijo y sexto varón de la prole. Aún no
había acabado el trimestre cuando Munia trajo al mundo a una niña. Por más que la tierra temblara,
que los países se declararan la guerra y que los militares dieran golpes de Estado... las dos mujeres
seguían haciendo niños. «Unos cuantos vientres de éstos bastarían para repoblar una región tras un
cataclismo», pensaba Leila a veces. Y desde entonces, empezó a mirar a aquellos vientres con
ternura porque le parecía que, al fin y al cabo, los embarazos eran una manera de vengarse de una
sociedad que las había enterrado vivas. Dar vida sin descanso, traer al mundo numerosas existencias
para hacer fracasar la miseria que devoraba su día a día.
Luego, los dátiles crujientes y dorados se volvieron blandos y melosos en las palmeras. Llegaba
el comienzo de otro curso. Bahia empezaba en el instituto. Al salir de Kenadsa había seis chicas en
total. Las otras cuatro iban al instituto de formación profesional. Vivían todas en el antiguo ksar y se
dirigían al autobús envueltas en almalafas. Entre aquellas chicas estaba la charlatana de Setti, a la
que nada hacía perder el humor ni la locuacidad.
—Sería incapaz de salir a la calle desnuda —en árabe, se dice «ir desnuda» en lugar de «con la
cara descubierta»—. Mis pies echarían inmediatamente a correr y acabaría cayéndome. Con la
almalafa no provoco ni excito a nadie. Me siento a gusto.
—La almalafa es tu primer sudario. Te entierra en vida —replicó Leila.
—Lo que me enterraría serían las miradas de los hombres. La almalafa es mi cobijo frente a
ellas.
Leila sabía que era inútil continuar por esos derroteros. Prefería fustigar a la prolija Setti con
las historias, a veces truculentas, del ksar.
Durante los tres primeros años de secundaria, Leila tuvo de profesores de árabe a dos argelinos
que habían emigrado a Egipto mucho antes de la guerra para estudiar la lengua arábiga. Aquellos dos
hombres enseñaron a sus alumnos algunos matices y encantos de aquella grafía, y a disfrutar de las
aventuras y de la belleza de la poesía. Por desgracia, la mayor parte de las clases no tuvo esa suerte.
Los acuerdos de cooperación para la enseñanza de la lengua árabe fueron establecidos
fundamentalmente con Egipto. Fue una magnífica ocasión para que aquel país se quitara de encima a
una gran parte de la horda de Hermanos musulmanes que estaban gangrenando el país desde hacía
mucho tiempo. A ninguna de las dos partes le hizo falta ningún cebo económico para precipitar a esos
fanáticos a Argelia. Este pueblo, durante tanto tiempo oprimido y ávido de llenar sus lagunas en la
materia, era una buena presa para ellos. Fue una verdadera cruzada. Miradas encendidas, barbas
hirsutas, discursos cargados de sentencias, cualquiera hubiera dicho que eran mensajeros crispados
por una nueva revelación. Pensaban que traían el mensaje de Alá a las gentes que, desde su
nacimiento, habían rezado al mismo Dios con sobriedad y serenidad. Aquellos que decretaron
obligatoria la enseñanza del Corán en los centros de enseñanza y pusieron en manos de los integristas
a una generación de niños, con la pretensión de construir una democracia, fueron unos funestos
gobernantes. Qué perversas maquinaciones las de aquellos dirigentes y, en primer lugar, del más
maquiavélico de todos, Bumedián, quien para dotarse de una legitimidad religiosa entregó la
enseñanza a los oscurantistas. La epidemia, tan galopante como la natalidad, se había desatado.
A finales de octubre, la luz perdió fuerza. El azul del cielo se volvía más profundo. A veces,
una pequeña y virginal nube atravesaba el cielo. Levantábamos la cabeza para admirarla y seguir su
migración hacia regiones más privilegiadas. Había más alegría y se respiraba mejor. También influía
en aquel estado el espectáculo de los racimos de dátiles, la fiesta de su sabor. Y el aire que se
condensaba por aquí y por allá en embriagadoras volutas.
Béchar se preparaba para festejar el primero de noviembre. Estaban previstos fuegos
artificiales y varias orquestas para el 31 de octubre a media noche. Era sábado. La familia de
Kenadsa había venido a pasar el fin de semana a casa de Jalil y de Saadia. Las mujeres de la tribu,
contentas por los reencuentros y excitadas por el proyecto excepcional de una salida nocturna, se
estaban preparando desde las primeras horas de la tarde. En primer lugar, el hamman y la alheña,
que eran el preludio de todas las fiestas. Pretextando un principio de gripe, Leila se disponía a
privarlas de su compañía.
—Ven con nosotras, no hay nada mejor para la gripe incipiente que el hamman. Sólo tienes que
abrigarte bien al salir. Después te haré una tchicha que te va a sentar de maravilla —dijo Saadia a la
joven cuyos ojos estaban ya clavados en un libro.
Últimos retoques en el baño, después de la cena. Roces de lentejuelas de los largos vestidos,
escándalo y griterío de niños. Un perfume fuerte, casi asfixiante, había velado los otros olores. Todo
estaba denso, lleno: el suelo de niños y de madres, el aire de efluvios cargantes y los corazones
henchidos por todas aquellas sensaciones. Las mujeres se acicalaron para ocultarse bajo los velos.
Aquella reunión de toda la familia molestaba a Leila, que no encontraba ninguna habitación en
la que aislarse. Esperaba con impaciencia que se marcharan. Por eso refunfuñó aduciendo que tenía
muchas cosas que hacer, para no tener que acompañarlas.
—Vente con nosotras al menos esta vez. Es el aniversario del comienzo de la guerra —le
imploró su abuela.
Leila, aunque contrariada, acabó por ceder a los requerimientos de Zohra. Jalil hizo varios
viajes con el viejo Peugeot 203 para llevar a todo el mundo a la fiesta que se celebraba en la plaza
principal del pueblo. Una plaza inmensa bordeada con arcos donde antaño había estado emplazado
uno de los mercados de camellos del Sur.
Todas las tiendas estaban cerradas excepto la de Ghani, el fotógrafo. Leila reconoció su
escaparate iluminado pintado de escarlata. «Seguro que va a sacar fotos de los fuegos artificiales y
de la gente», pensó. Ghani era de Kenadsa. A todos, también a las mujeres, les había hecho en sus
casas las primeras fotos para el carné de identidad. Iba de casa en casa con el trípode y la máquina
portátil a cuestas. Cuando las mujeres, con los ojos oscurecidos con kohl, se apostaban bajo la
mirada vigilante del marido, Ghani ya había metido la cabeza bajo la cortinilla. Se cubría, en cierto
modo, para poder fotografiar a las mujeres sin almalafa. Ellas se sentaban, se ponían bien derechas
en la silla, dejaban caer el pañuelo y se quedaban quietas, solemnes, hieráticas ante el ojo de cristal.
Aquel recuerdo hizo sonreír a Leila mientras miraba a lo lejos el escaparate iluminado. Después de
la independencia, Ghani abrió una tienda en Béchar.
Había mucha gente en la plaza. Una constelación de bombillas descubría un lío de pantalones,
saruales y ganduras por un lado, una nevada de almalafas por otro. La separación de sexos se
mantenía incluso durante una conmemoración tan importante. Leila se dio cuenta con estupor de que
Bahia y ella eran las únicas chicas sin velo. Las pocas mujeres y muchachas que se quitaban el velo
durante el día para ir al trabajo o al instituto se habían colocado una almalafa protectora para la
tarde. Leila se sintió ufana de su singularidad y levantó la cabeza llena de orgullo. Bahia llevaba un
pantalón de tubo y un largo jersey rojo, Leila un traje amarillo. Dos colores vivos ante la espuma de
l a s almalafas. Los hombres estaban a cinco o seis metros de ellas, oscuros, gesticuladores y
ruidosos.
No ocurría nada en especial todavía. De vez en cuando, los instrumentos de música, que un
grupo de jóvenes intentaba afinar, gemían en el podio. Al cabo de unos instantes, Leila sintió justo
tras su nuca un aliento cargado de alcohol. Sorprendida por aquel olor que le recordaba a un tío suyo,
se dio la vuelta y se encontró cara a cara con un joven de unos veinte años. No estaba solo. Un grupo
de muchachos de entre dieciséis y veinte años se había infiltrado entre las mujeres y permanecía
detrás de las dos adolescentes sin velo. Algunos, entre los que se encontraba el que rozaba a Leila,
tenían los ojos nublados por el alcohol y sonrisas idiotas. Todos parecían excitados. Leila agarró del
brazo a Bahia, intentando introducirse un poco más dentro en el grupo de mujeres. Dos arpías les
cerraron el paso:
—¡No, no pasaréis! Os van a seguir. Quedaos donde estáis. Aquí sólo hay mujeres decentes que
respetan las tradiciones. ¡Hay que verlo para creerlo, dos chicas tan mayores como vosotras y sin
velo! ¡Vuestros padres están locos o sois unas inconscientes! —las reprendió una de ellas.
De un codazo en las costillas, Yamina paró en seco la colérica respuesta de Saadia.
—Por favor, no quiero escándalos —le suplicó—, si nuestro grupo se hace notar todavía más
por los hombres, Tayeb no nos sacará nunca más. ¡Ya somos lo bastante fáciles de ver con mis hijas
mayores como dos estandartes!
Tal como estaban las cosas, Leila tomó la decisión de refugiarse en el silencio. Se contentó con
encogerse de hombros ante las miradas recriminatorias que atravesaban las almalafas. Minutos más
tarde, el muchacho volvió a la carga. Envalentonado por su silencio o por la instigación de sus
compañeros, alargó las manos y se las plantó en los pechos. Ella dio un bote, las apartó con energía y
volviéndose hacia él, dijo:
—¡Ya basta! ¡Voy a tener que llamar a un policía!
—Venga, venga, llama a quien te dé la gana.
Su cabeza se balanceaba y su cuerpo se tambaleaba en un equilibrio muy precario. Los que lo
rodeaban soltaron una carcajada. Leila dio media vuelta e intentó calmarse. Pidió a uno de sus
hermanos pequeños que fuera a buscar a Jalil que estaba con los hombres. No quería dar un
espectáculo, ni soportar por más tiempo las acometidas de aquel imbécil. Tras ella, los muchachos se
excitaban, hacían observaciones obscenas y todos le prometían «las delicias» de la violación. El
alboroto de los muchachos hacía sentirse a Leila insegura. Intentó por segunda vez alejarse de ellos,
pero aquel patán la siguió y volvió a la carga pellizcándole las nalgas. Fuera de sí, Leila dio media
vuelta y antes de que el chico pudiera darse cuenta de lo que le ocurría, le propinó un par de sonoras
bofetadas y un rodillazo en el bajo vientre. Éste se tambaleó entre los brazos de sus compañeros que,
con gritos de venganza, lo sujetaron para evitar que se cayera al suelo.
—¡Cahba, cahba! ¡Puta!
De repente, presa del pánico ante la posibilidad de que tomaran represalias, Leila cogió a Bahia
de la mano, la sacó del grupo de mujeres y echó a correr por medio de la plaza. Tras ellas, un grito
de Saadia, abucheos e insultos... De pronto, la travesía de aquella plaza le pareció interminable.
—¡Agarradla, no dejéis que escape! ¡Me voy a follar a esa puta! ¡Venga chicos! ¡Le vamos a
enseñar lo que sabemos hacer!
La horda se lanzó en su persecución. Alertado por el ruido, un policía se dirigió hacia ellas
corriendo.
—¡Por favor, por favor, protéjanos!
La jauría había ido creciendo y el pobre policía se vio pronto desbordado, golpeado y en el
suelo. Sin embargo, aquel incidente permitió a las adolescentes ganar un poco de terreno. En el
colmo del espanto, con la mano soldada a la de su hermana, Leila corría, enloquecida, por el medio
de aquella plaza hostil. Había comprendido que nada detendría a aquellos desalmados. Miraba atrás
sin cesar, con el temor de que le dieran alcance, huyendo velozmente como una posesa hacia la tienda
iluminada, allá en el otro extremo. Los hombres se apartaban a su paso con risas groseras. Uno de
ellos puso la zancadilla a Leila, que cayó de bruces contra el asfalto, arrastrando a Bahia en su caída.
Leila se levantó enseguida y tuvo tiempo de ver una cara socarrona a la que el vicio confería una
máscara de lobo. Probablemente la mujer y las hijas de aquel hombre se sentían seguras, cubiertas
con sus velos, entre la uniformidad de las mujeres. Probablemente era un padre de familia normal.
Normales o devastados por sus frustraciones sexuales, Leila sabía que no podía esperar nada de
aquellos hombres que estaban disfrutando del espectáculo y que confiaban en que éste acabara en
linchamiento. Seguramente contribuirían con un empujoncito a tal desenlace, como acababa de hacer
el que había intentado detenerlas. El instinto de supervivencia llevó a las adolescentes a una carrera
desenfrenada con la intención de evitar las manos, los pies y los proyectiles de todas clases que les
llovían encima.
No tenían tiempo de devolver los golpes. Ni de gritar cuando las piedras las alcanzaban. El
rectángulo de escaparate iluminado no estaba más que a unos cuantos metros. Ellas sólo eran puro
miedo y sufrimiento a punto de romperse, corriendo hacia aquella luz.
—¡Leila! ¡Leila! ¡Rápido! ¡Por aquí!
Ghani, el fotógrafo las había reconocido. Una vez que atravesaron la puerta de su tienda, bajó
tan deprisa como pudo la persiana de hierro. El escaparate ya había volado en pedazos por las
pedradas. Desde el fondo de la tienda, Leila tuvo tiempo de observar, durante breves segundos, a la
multitud desconcertada por la actitud de Ghani. Una pesadilla de rostros masculinos retorcidos por
los aullidos.
La persiana de hierro se bamboleaba por los golpes. Pegado al teléfono, Ghani estaba hablando
con la comisaría. A través de la histeria que reinaba ante la tienda, les llegaba ya el sonido de las
sirenas que se acercaban. Leila buscó la mirada de Bahia. Pegada a la pared, con un enorme chichón
que le deformaba la frente, la tez cerúlea y los ojos enormes por el espanto, su hermana temblaba con
todos sus miembros. Leila la rodeó con los brazos y le acarició la cabeza. Bahia se abrazó a ella,
mientras los sollozos sin lágrimas sacudían su cuerpo, aumentando el dolor de Leila.
Ghani, aterrorizado, intentó enterarse de lo que había ocurrido. Pero las muchachas eran
incapaces de pronunciar una palabra. El aullido de las sirenas y la disminución del barullo les
anunciaron la llegada de los policías que, protegiendo la persiana de hierro completamente
deformada y abollada, hablaron a través de ella con Ghani. Las adolescentes comprendieron que los
agentes esperaban refuerzos para «intervenir sintiéndose seguros».
Minutos más tarde se acercaron más sirenas que luego callaron. Al cabo de unos segundos la
policía pidió a Ghani que abriera. Como no podía, los agentes tuvieron que ayudarle a subir la
persiana completamente deformada hasta media altura. Tres o cuatro de ellos entraron en la tienda.
—¿Qué habéis hecho?
—¡No hemos hecho nada!
—¿Nada, nada? Y todos esos hombres furiosos, ¡algo tendrá que haber pasado!
Entonces entró el policía que había intentado defenderlas.
—Lo he visto todo, dejadlas tranquilas. Os lo voy a contar.
Estaba temblando de rabia. Tenía la cara y los brazos cubiertos de heridas. Narró la escena y
los disturbios acontecidos dando zancadas a lo largo y a lo ancho de la habitación, pegando de vez en
cuando puñetazos en la pared para puntuar su relato:
—¡Son unos salvajes! ¡Seguimos siendo unos salvajes! ¡Decenas de hombres que querían
lapidar a dos chiquillas sólo por negarse a que les pellizcaran las nalgas! ¡Vaya país que tenemos!
¡Vaya costumbres! ¡Bonita manera de conmemorar la revolución argelina! ¡Aún no hemos hecho la
revolución, la verdadera!
Los demás lo escuchaban guardando un silencio desabrido. Luego, uno de ellos dijo con tono
rudo, dirigiéndose a Leila:
—¿Por qué no llevas velo?
—Nunca llevo velo. Mi hermana tampoco.
—Si lo hubieras llevado, nada de esto habría ocurrido.
—No pienso llevarlo nunca.
El policía le lanzó una mirada arrogante.
Rodeadas por los cuatro agentes, Bahia y Leila salieron de la tienda y descubrieron el
dispositivo de choque que había hecho posible que las sacaran de allí. Un cordón policial a ambos
lados del comercio hasta la furgoneta de la policía aparcada al final de la acera. Bahia y Leila se
introdujeron en el vehículo seguidas del agente que había testificado en favor de ellas. Los intentos
del policía por darles ánimos, durante el trayecto, no surtieron efecto, de tan alterado como se
encontraba el hombre. Leila y Bahia, mudas, estupefactas, con el cuerpo dolorido, aún no habían
tomado conciencia de lo que les había ocurrido ni de lo que había estado a punto de sucederles.
En comisaría, sentado tras una mesa atestada de papeles, un hombre orondo, de grandes bigotes
que le enmarcaban la papada, las miró de arriba abajo:
—A ver, vosotras, ¿qué habéis hecho?
Leila recuperó el habla y le contó toda la historia en pocas palabras.
—Parece que es verdad, comisario —dijo uno de los policías. Mahmud estaba allí. Intentó
intervenir, pero lo han dejado malparado.
El comisario se levantó y se acercó a las muchachas:
—Y ¿cómo os habéis hecho todo esto?
Señalaba las heridas de las rodillas y los codos en las que la sangre se había coagulado, el
enorme chichón en la frente de Bahia... Leila se encogió de hombros. Sólo tenía un deseo: salir de
allí, volver a Kenadsa. El policía Mahmud entró y concluyó su relato:
—¡No me acabo de creer que no hayáis hecho nada!
Leila estalló desbordada:
—Le he dado un tortazo a un gamberro que me ha pellizcado. ¡Y si os creéis que después de
haber soportado a esos anormales voy a seguir soportando vuestras sospechas y vuestro sarcasmo,
estáis muy equivocados! Quiero que llaméis a mis padres inmediatamente. Quiero irme a mi casa.
¡No quiero ver a nadie más!
Durante unos segundos, el señor comisario pareció dudar entre la cólera y el desprecio. Se
decidió por el desprecio y, dirigiéndose al policía dijo:
—Sus padres están aquí, ¡que se las lleven! ¡Las desvergonzadas que quieren cambiar el mundo
por sí solas consiguen lo que se merecen!
Tayeb y Jalil estaban allí. Habían asistido impotentes a la escena. Con aspecto desesperado,
Jalil abrazó a Leila:
—Y pensar que no tenías ganas de salir y que te hemos hecho fuerza...
—Quiero volver a Kenadsa.
Tayeb daba la impresión de estar destrozado.
—Mañana por la mañana, al amanecer.
—¡Quiero volver ahora!
—Pero hija, son casi las dos de la madrugada...
No llegó a acabar su frase. Las miró a las dos y sus ojos se llenaron de lágrimas. Las cogió del
brazo y volviendo la cabeza para que no lo vieran llorar, las llevó al coche.
—Venga. Vamos a pasar por casa de Saadia para tranquilizar a las mujeres. Volveré a buscarlas
mañana.
Mientras el clamor crecía, el espectáculo propio de una pesadilla de las dos adolescentes
acosadas por toda la plaza había dejado helados a Tayeb y a Jalil. A pesar de haber intentado correr
hacia ellas, la refriega les impidió darles alcance. Cuando vieron que la persiana de hierro de Ghani
se cerraba tras ellas, corrieron hacia las mujeres. Encontraron a Saadia en medio de un corro de
adolescentes a los que mantenía a distancia blandiendo su cinturón. Jalil y Tayeb la liberaron.
Yamina y Munia se habían refugiado tras las arcadas y lloraban. Tayeb dejó a Jalil con ellas, fue a
buscar el coche y las llevó a casa de Saadia.
Yamina y Zohra no quisieron pasar la noche en Béchar. Saadia quedó al cuidado de los niños,
que en su mayoría se habían dormido. Durante el trayecto a Kenadsa, Zohra mantuvo un rostro
hermético. Las lágrimas bañaban las mejillas de Yamina. A Leila le hubiera gustado poder llorar
también. Poder gritar, escupir el asco que sentía hacia aquellos bárbaros. Aquella sensación en la
que se mezclaban una extrema tensión y el sentimiento de que algo se acababa de romper, le resultaba
curiosa. Leila sentía, por aquella carretera recta que se perdía en la noche, hasta donde alcanzaban
los faros, que su fe en aquel país, acababa de quebrantarse. Lo que había tenido que soportar, que se
suponía que festejaba el símbolo de la liberación, le pareció un síntoma de las amenazas que se
cernían sqbre ella. Y aquella intuición del desastre era una inquietud áñadida. El sentimiento de
soledad, experimentado antes, no era nada comparado con el abismo que, aquella tarde, se había
abierto en torno a ella.
Acababan de llegar a Kenadsa, cuando, a lo lejos, se oyó el rumor de una tormenta de arena que
se precipitó sobre la casa. Sus ráfagas resonaban en los oídos, ofuscaban la mente. Desmoronada en
un rincón, Leila escuchaba la terrible lucha entre la arena y el viento. Era una lucha cuerpo a cuerpo
entre las dos divinidades que amenazaba con arrancar los postigos, tronchar las palmeras, llevarse el
tejado. El viento levantaba la duna como un mar de fondo, como un huracán. La arena se tragaba la
luna llena, apagaba las estrellas, enterraba el cielo. Para Leila, la furia de la arena era el eco, la voz
de su tormenta interior. Su sangre corría al ritmo de los aullidos del viento, aún más fuerte, cargada
de gritos mudos. La tormenta afuera, la tempestad en su cuerpo. Entonces comenzó el combate entre
su cuerpo y los dos elementos del viento. Los latigazos de su sangre la azotaban. Los torbellinos del
viento estallaban. Sus venas ardían, amenazaban con abrasar su carne. La arena, la sangre del viento,
fulminaba, arañaba, desgarraba la noche.
Afuera, el alba no conseguía atravesar la atmósfera opaca. Había arena en la tierra, en el aire,
en el cielo. Leila tenía arena en los ojos, en la piel, en las venas... Hasta en el corazón sentía el peso
de las dunas. Ayudada por la fatiga, la cólera de Leila acabó por extinguirse en el estallido
alucinante de la tormenta.
—¡Serán cerdos, los muy canallas! Tenemos que poner una denuncia contra esos desalmados.
Al día siguiente, Jalil se sentía aún furioso. Denunciar, pero ¿a quién? ¿Quiénes eran los seis o
siete jóvenes que habían provocado el incidente? Las muchachas no los conocían. ¿Denunciar a la
multitud que había estado a punto de lincharlas? ¿Denunciar las frases hirientes de algunos policías y
las del comisario?
Bahia, con la frente vendada y enroscada en posición fetal, permanecía inmóvil. Sólo sus ojos,
dilatados por el terror, se movían barriendo con una rapidez inquietante a las personas presentes y
las paredes como si temiera ver resurgir la multitud aterradora. Leila, incapaz de quedarse quieta,
caminaba cojeando a lo largo y a lo ancho de la habitación. El médico del pueblo había pasado a
examinarlas a petición de Jalil. Consternado por la historia, hizo una incisión en un hematoma del
grosor de una mandarina en uno de los glúteos de Leila, renovó las vendas de las rodillas, de los
codos y extendió certificados médicos. Jalil y el médico discutieron acerca de la conveniencia de
intentar emprender alguna acción contra X. Yamina se quejó: «Eso no hará más que ponerlos en el
punto de mira y a nosotros con ellos...».
Saadia llegó con todos los niños. Les dijo que desde el día anterior circulaban rumores.
Contaban que los policías habían encontrado a las hijas de los Ajalli, las que iban al instituto,
completamente borrachas y en una actitud que no daba lugar a equívocos, en una esquina de la plaza
con los yunuds de permiso. En comisaría, el examen ginecológico había confirmado que no eran
vírgenes.
El domingo, el viento tormentoso continuó soplando con una violencia insólita en aquel período
del año, produciendo daños considerables. «¡Ojalá se vuelva un huracán y destruya la ciudad! ¡Que
la hunda en el erg, o que me lleve lejos de aquí!», pensaba Leila. En aquel momento ya había dejado
de moverse. El mínimo movimiento le producía dolor. Una de sus nalgas y un muslo no eran más que
un horrible cardenal.
Los hombres azules surgieron de la tempestad, como un sueño fabuloso en aquel día aciago. Y
con paso ligero y sereno hollaron las arenas ardientes del erg. ¡Milagro! Venían a buscar los dátiles
de octubre que Zohra les había guardado como un oráculo ofrecido por el viento a dos niñas de la
duna, heridas. La ambladura cansina de los camellos en la tormenta, la danza de las largas abayas de
color añil borraron la negrura de la desesperación.
—Hanna, hanna, ¡esta vez me quiero ir con ellos, ahora!
—Querías ser dotora... Ahora estás sola y lejos. No puedes detenerte en el camino. ¡Cuidado
con las trampas y los descarríos! Una marcha solamente vale si conduce a algún sitio. Te quedan
cosas por acabar. Nos iremos con ellos, en la hilera azul de la quietud, cuando te hayas liberado.
Dejando los camellos arrodillados y las tiendas sin desplegar, se metieron todos en la casa para
protegerse del viento.
—Me quiero ir con ellos, hanna. No quiero vivir aquí.
—No, kebdi, no. Espera a que puedas darles remedios... La muerte les acecha más que a los
hombres inmóviles. Cuando acabes tu periplo solitario podrás curar sus enfermedades, ellos te
enseñarán a conocer el desierto. Ellos cuidarán de tus inquietudes, paso a paso, lejos de la infamia.
Luego, volviéndose hacia los hombres azules, la mujer de los tatuajes oscuros les contó el
drama del día anterior. Ellos asintieron tristemente con la cabeza y dijeron:
—Los hombres de las ciudades se están volviendo locos. Nunca han sido libres. La
independencia les hace perder el equilibrio.
—Un día mi nieta será dotora. Entonces las dos nos iremos con vosotros. Pero mi camino se ha
deteriorado tanto desde que mis pies no lo transitan, desde que mis cuentos lo rastrean y lo excavan
en busca de aquellos días enterrados... Por eso, prometedme, amigos, que estaréis aquí para acoger a
kebdi, para devolverle la fe en sus antepasados, en caso de que yo falte.
—Tus palabras son una bendición para nosotros, shaija. Le construiremos un palanquín de
reina. Volveremos a buscaros a las dos —aseguró Tani—, el más anciano de los hombres.
Zohra se volvió hacia su nieta:
—Tú y yo emprenderemos el mismo camino, con tus libros y mis cuentos entremezclados. O tú y
tus libros con ellos y conmigo caminando en tus cuentos con Ahmed el Sabio y Buhalufa...
Afuera, el rumor del viento se llenó de golpe de gorjeos de albórbolas: un vuelo de aves
migratorias abriéndose paso en el firmamento, en la cólera de los cielos.
Capítulo XIV
Era un día en que las palmeras, cuyo polvo habían lavado los chaparrones rápidamente
desplazados por un sol resplandeciente, se volvían de un verde brillante, casi fosforescente. Para
festejar aquel regalo del cielo, para festejar la lluvia, habían sacado sus frutos, minúsculas perlas de
jade en racimos, en el extremo de largos tallos dorados. El cielo estaba de fiesta. Mientras tanto, el
sol, sin perder ni un ápice de su arrogancia, se volvía suave. ¡Qué impostura! La duna trocaba su
vestido de luz cenicienta en terciopelo anaranjado y su constelación de peñascos lanzaba destellos
cegadores. Era el último gesto de coquetería. La tierra se superaba a sí misma y, en el espacio de tres
días, se dedicó a esparcir, por aquí y por allá, en las matas antes calcinadas, un poco de verde, un
toque de blanco, un punto de amarillo. Unos colores prodigiosos. Mientras, el aire se saturaba del
perfume de las pocas plantas en flor, hijas de la lluvia. En una armonía inusitada, la tierra, el aire, las
palmeras y la duna habían decidido —una vez no hace costumbre—, regalarse una pequeña
primavera, un placer prohibido. La naturaleza estaba de fiesta y Zohra se apagó en silencio. Con la
mano izquierda entre las temblorosas manos de Leila y la derecha entre las de su hijo, implorantes,
les miró con gesto grave. Luego cerró los ojos con una lasitud tranquila. La última nómada acababa
de marcharse.
La víspera por la tarde, un sábado, parecía cansada. Los había dejado diciendo:
—Voy a echarme. Esta noche no voy a cenar.
Al día siguiente al alba, llamó a su nuera:
—Yamina, hija, levántate y ven. Siéntate ahí. En muchas ocasiones te he hablado con dureza. La
vida tiene a veces el don de volver arrogantes incluso a quienes la viven intentando mostrarse
tolerantes. Me gustaría que perdonaras mis faltas y mis excesos.
Una vez logrado el perdón sin reservas, Zohra añadió.
—Me estoy muriendo. Quizás no pase de este día que está empezando. El único tesoro que tengo
son los cien luises de oro ocultos en mi cinturón de lana. La mitad es para Leila. La otra que sea para
mi hija Fatna. A ti, te doy mi bendición, un capital del tamaño de mi consideración por ti. Llamad por
teléfono a Jalil, que se dé prisa en venir, tengo miedo de que llegue demasiado tarde. Si así fuera,
dile que también lo bendigo. Ahora, despierta a Leila y a Tayeb. Quiero que vengan para ayudarme a
dejar este mundo.
Zohra guardó silencio. Cuando Leila llegó a toda prisa, ya había dejado de hablar. A Leila sólo
le dio tiempo a sentir la presión de sus dedos, un destello en su mirada. Luego, como si el último
aliento de Zohra hubiera estado esperando aquel momento, se detuvo. ¡Ay! ¡Qué remordimiento por
haber dejado que la rebeldía de la adolescencia la alejase de ella durante los últimos meses! Aquel
día, Leila se dio cuenta de lo que acababa de perder a la vista de aquel cuerpo tan frágil, que durante
toda su vida no había llevado otro maquillaje ni otras joyas que sus tatuajes y al que iban a cubrir
para siempre con un sudario. Ella había sido la primera mujer que había sensibilizado su oído a la
sonoridad de las palabras, que le había enseñado a estar atenta a su significado, a su belleza y a su
sutileza y también a la ambigüedad y a los peligros que encierran. Había despertado su imaginación,
le había enseñado a inventarse mundos para disfrazar el miedo a la inmensidad del desierto. Había
forjado su capacidad de fantasear y había llenado de encanto los sueños de su infancia. Fue la única
mujer que pudo consolarla de sus penas y que le dejaba en herencia, mucho más que los luises de
oro, una pizca de su memoria de nómada exiliada en la inmovilidad sedentaria.
Como una sonámbula, Leila desafió la prohibición de seguir al ataúd. Las mujeres no asistían
nunca a los entierros a no ser que estuvieran muertas, pero era necesario que el dolor alcanzase su
zenit, hasta la fosa que iba a cerrarse sobre una mujer de espacios abiertos y de marchas.
Los días siguientes, Leila iba a sentarse al pie de la tumba delimitada por dos piedras de la
Barga y se ponía a hablar, con lágrimas en los ojos, al montoncito de arena que le daba forma. El
agotamiento acababa por devolverla a casa sin consuelo. Varias semanas transcurrieron sin que
apartara la vista de la misma piedra, de los mismos repliegues del suelo: la tumba, las tumbas, y más
lejos otras más, las casas de tierra del ksar, un cementerio para seres vivos.
Luego, una mañana, cambiando de sitio, Leila decidió colocarse junto a la piedra que había
enfrente. La Barga desbordaba la vista y ofrecía su regazo a las tumbas que trepaban por ella para
encontrar refugio. Las cubría con una capa de arena para ponerlas bajo su manto, para tomarlas juntas
en su mansedumbre, en su eternidad... Allá en uno de sus contornos, un paso, otro paso, unas huellas
subían en pos de la cumbre. ¿No sería Zohra, que había reanudado su camino?... «Yo, que camino por
tus cuentos con Ahmed el Sabio y Buhalufa...». Leila se sorprendió sonriendo.
Ahora los dátiles tenían el color de la miel y sus tallos se doblaban por el peso de los racimos.
La tierra, de nuevo sobria, había perdido su locura. Se había desmaquillado.
• • •
El instituto: los chismes y las amonestaciones basadas en mentiras eran un suplicio difícil de
soportar. Ya ni siquiera esperaban que Leila se diera media vuelta para bombardearla con palabras-
metralla. El instituto, una auténtica pesadilla.
La arabización, la islamización —para utilizar un término más exacto—, iba viento en popa. La
decisión gubernamental de acelerar el proceso haciéndola total en primaria, precipitaba y agravaba
el desastre. Qué amarga independencia aquella que entregaba hornadas enteras de niños a los
fascistas que utilizaban el Corán, una maravilla literaria, para matar la lengua árabe desde la escuela
primaria. Porque si los escolares recitaban de memoria los versículos del Corán, desconocían el
árabe y muchas otras cosas, debido a que los dogmáticos procuraban asfixiar en ellos el mínimo
espíritu crítico. Ya les habían puesto orejeras. Las mayores mezquitas no les bastaban a aquellos
bárbaros para quienes todo era corrupción que había que sanear. Todavía no hablaban de yihad,
hablaban de ijtihad, «esforzarse con uno mismo», y ese supuesto trabajo sobre ellos mismos
consistía en forzar a los argelinos al regreso a unas «fuentes» que no eran las suyas; a adoptar una
interpretación del Islam en las antípodas de la creencia fetichista y serena de los magrebíes; a
transformar las escuelas, las calles y las casas en «lugares respetables». A reducir la vida a una
plegaria sin fin. Había que poner, una vez más, a un pueblo de rodillas de por vida.
Desde finales de los años sesenta contaban con cohortes de adeptos que los seguían por
devoción. Por desgracia, los que se burlaban de esos rebaños que, contaminados por la propaganda
de su guía, no hacían otra cosa que balar, se quedaban detrás, divididos y vocingleros. A veces, los
alucinados acababan riñendo con los que se burlaban de ellos. Esos enfrentamientos auguraban los
desastres que se producirían más tarde.
Hacía dos años que Leila trabajaba de vigilante en un internado. La universidad más cercana
estaba en Orán, a más de ochocientos kilómetros de allí. Y la falta de personal cualificado en la
ciudad hizo que los puestos de auxiliares de educación del internado que abría sus puertas se
concedieran a los alumnos de primero de terminal. [4] Leila era la única chica entre unos diez
vigilantes de internado. Y de la noche a la mañana, se encontró con un sueldo mayor que el de su
padre, exceptuando los numerosos subsidios familiares. Ese dinero, que entregaba a Tayeb casi por
completo, la investía de autoridad y le permitía eludir otras prohibiciones. De ese modo, Tayeb
acabó aceptando que Leila viajara sola. Otra ventaja era que al vivir en el instituto se ahorraba los
trayectos diarios entre Kenadsa y Béchar y los comentarios venenosos que los jalonaban. Y Jalil
pudo dedicar sus ingresos íntegros a sus hijos, ahora numerosos.
Leila estudiaba, trabajaba y contaba con hastío las primaveras, es decir, las tormentas de viento
de arena. Pensaba que el infierno del desierto merecía aquella furia. ¡Cuánto le hubiera gustado que
la borraran por completo de este mundo!
Inscrita en la Unión Nacional de Mujeres Argelinas, UNFA, Leila no pasó de la primera reunión
en la que se encontró con mujeres de la mentalidad de su madre, sometidas por hombres, al lado de
los cuales su padre resultaba ser un inveterado progresista. Leila comprendió que la única función de
la organización era ejercer de correa de transmisión entre los órganos del Partido y la masa de
mujeres encerradas a cal y canto en sus casas. Ninguna protesta, ningún impulso favorable a
cualquier mejora de la condición femenina podría venir de esas gentes que tenían la verborrea y la
jactancia propias del Partido.
Dos o tres días antes del comienzo de terminal, el director llamó a Leila. Estaba tan
acostumbrada a sus advertencias, sus juicios y sus acusaciones, que apenas le producían efecto.
—Leila, la hemos favorecido a usted con un puesto de auxiliar de educación y no puede decirse
que nos esté agradecida.
—Intento hacer mi trabajo lo mejor que puedo...
—Tiene usted autoridad. El estudio a su cargo ha sido uno de los mejor llevados. Ayuda usted a
sus alumnos a hacer los deberes. Lo sé. Pero está usted destruyendo todos sus esfuerzos con una
conducta que perjudica a la reputación de esta institución. ¡Cuántas veces tendré que decirle que
tiene usted que ser un modelo, quiero decir un buen modelo para las otras chicas del instituto!
—Pero, ¿qué he hecho yo?
—¡Cállese! Controle su insolencia. Se pasea usted por todas partes en pantalón y encima sigue
usted pavoneándose con los cooperantes a pesar de todas nuestras advertencias. ¡Es intolerable!
Leila intentó responder que esos cooperantes eran sus profesores. Que el Estado argelino los
consideraba suficientemente dignos para poner en sus manos la educación de millares de argelinos.
Que no veía por qué tenía que avergonzarse de salir con ellos. Que no estaba haciendo nada que
pudiera ser moralmente reprobable. Que era la única gente por la que se sentía apoyada y con la que
su mente se enriquecía, lejos de las reacciones de rechazo, de hostilidad y de las críticas. Como de
costumbre, no pudo terminar su argumentación.
—Son gentes preparadas y dignas de confianza. Ése no es el problema. Pero dejarse ver fuera
del centro con ellos significa que adopta usted su modo de vida. No tenemos ninguna obligación de
aceptar todo de ellos en bloque. Usted hace caso omiso de las reglas de vida que nos impone el
Islam, nuestra religión.
«¡Que nos impone la jilipollez!», le daban ganas de gritar. Pero conocía las consecuencias que
podía acarrearle semejante respuesta. Una vez más optó por callar, dejando a su interlocutor el gusto
de desahogarse sermoneándola.
La atmósfera se iba degradando en la institución. Cicatería, rivalidades entre unos y otros... El
director y el vigilante general del internado, que se habían vendido a los integristas, apretaban cada
vez más la tenaza de «la vigilancia de las costumbres». Menos mal que el censor, un hombre creyente
y moderado, se unía a los profesores para defender a Leila. Aquel internado, que era una cala en la
que se había refugiado, se estaba convirtiendo en un infierno cotidiano. Sus amigos le daban ánimos:
«Mantén la sangre fría. No es el momento de claudicar. Sólo te quedan unos meses».
Hacía dos años que Leila se había hecho amiga de uno de los profesores de su hermana Bahia.
Paul se quedaba muchas veces a comer con ella en el instituto y le daba ánimos. Era joven y guapo.
Su cabello tenía el color de los dátiles en julio; sus ojos, el color de las palmas tras la lluvia. Y
aquel afecto masculino, más fuerte que los otros, iba alterando con profundidad la sensibilidad y la
soledad de Leila. Un amor estaba naciendo en aquel clima de intolerancia. Conscientes de los
peligros que podían correr, se decían el uno al otro: más tarde, lejos de aquí. Se armaban de
paciencia y se contentaban con comer juntos a mediodía en el instituto o con verse a veces en el
Centro Cultural. Un día Paul le dijo a Leila:
—¿Sabes?, el verano pasado solicité un puesto de lector en la facultad de Orán. Me lo
conceden, pero con la condición de que consiga el destino provisional en el distrito universitario de
Béchar. He ido a ver al inspector, un hombre encantador por cierto, y se ha mostrado conforme. Sólo
me ha pedido que le dirija una petición escrita a finales de curso. Te seguiré hasta allí. Ya verás lo
bien que vamos a estar lejos de aquí.
Al hilo de los días y de los meses, las cosas se iban deteriorando. Leila recibía cartas obscenas
en el instituto, amenazas e insultos. Todo anónimo. Sospechaba que era obra de un grupo virulento
del internado. No sabía cómo se habían enterado de que Paul había obtenido un puesto en la facultad
de Orán para el curso próximo: ¡él quiere seguirla, pero no lo conseguirá! Aquellas calumnias
acabaron por desencadenar una protesta generalizada en el instituto. Un mes antes del examen de
Bachillerato, Paul fue convocado por el inspector del distrito que le comunicó que lo habían
suspendido de sus funciones en el instituto de Béchar. Leila sufrió un auténtico ataque de nervios en
el despacho del director. Llamaron a su padre...
La muchacha se sentía destrozada por todas aquellas injusticias que se cernían sobre ella desde
hacía tanto tiempo. Y su amor se calcinaba sin que le hubieran dado tiempo a que se desarrollara.
Paul vino a decirle adiós:
—¿Vendrás a verme a Francia el año que viene?
No lo sabía. Se sentía hundida, sin voluntad. Le estaban arrancando del corazón aquel primer
amor, todavía incipiente, para sembrar en él la desesperación. Lo besó en las mejillas y se fue. Fue a
refugiarse a casa de Saadia y le contó todo.
Saadia la consoló, le preparó un té y le habló con ternura. Le dijo que se lo pensara bien. Era
demasiado joven para marcharse a un país extranjero. La vida en Occidente no debía de ser fácil
para una emigrante y «el amor es un gran nómada que puede cambiar de camino». Leila tenía un
objetivo y no debía perderlo de vista. Lo más importante era que acabara sus estudios. Que
consiguiera una posición que pudiera imponer a cualquier grupo, aquí o en cualquier lugar. Sólo
entonces sería libre de marcharse adonde quisiera, de querer a quien le apeteciera. Y «el amor es
como los nómadas, para él no existen fronteras». El camino... La voz de Saadia se fundía con la de la
abuela. «Estás aún lejos. Tienes que acabar tu periplo solitario. El camino sólo cobra sentido cuando
conduce a algún lugar».
La repentina enunciación del nombre de Vergne interrumpió la evocación de Zohra.
—Si hubiera tenido tu formación, seguro que me hubiera ido con él, pero soy analfabeta. Aquí
se sentía orgulloso de mí. No quería que se avergonzara de mí en Francia.
A pesar de todas las conjeturas, Saadia nunca había confesado su relación con Vergne. Sólo
Estelle y Zohra conocían la verdad. Aquella confesión alteró a Leila. Recordaba la ya desaparecida
mirada doliente de su tía que tanto tiempo le duró. Aquellos años le dibujaron unas arrugas de
amargura en las comisuras de los labios.
Saadia se levantó. Entró en su habitación y volvió con una maleta cerrada con llave. La dejó
delante de su sobrina y la abrió. ¿Cuántas cartas cuidadosamente dobladas y ordenadas en paquetes
contenía? Todas procedían de Francia y aún estaban cerradas. La joven miró a su tía con
estupefacción.
—Son cartas suyas. Cuando las recibo, las guardo aquí. No he abierto ninguna. Prefiero no
saber nada de él para sufrir menos, para lograr olvidarlo. Yo no le he enviado más que una carta. Le
pedía que no intentara volver a verme nunca más, en nombre de nuestro amor y de todo lo que nos
unía. Durante mucho tiempo viví obsesionada con la idea de que iba a volver. Ahora, por fin, he
encontrado la paz.
—¿De verdad que nunca has sentido deseos de saber lo que te decía?
—Podía adivinarlo, pero prefería no pensar en ello. Si supiera leer, no habría podido
contenerme. Ya ves, la falta de formación que me hacía sentirme desgraciada me ha ayudado a
aguantarme.
La joven miraba las cartas imaginando las palabras que habían chocado contra la sorda voluntad
de Saadia. Blancas mensajeras encerradas en un ataúd metálico con sus mensajes que habían nacido
muertos.
Tayeb se sentía dividido. Las calumnias le tocaban su dignidad. La tristeza que a veces leía en
el rostro de su hija le parecía conmovedora. Para animarse se decía que, con su inteligencia y su
tenacidad, Leila obtendría algún día un puesto muy importante. Sería su propia venganza sobre todos
aquellos rumores que «empañaban su honor» y que intentaba ocultar.
Bachillerato, las hojas que se vuelven blancas. Amnesia del presente. Anhelo de un futuro
perdido. Un vacío de ausencia en la cabeza. Indiferencia en el corazón. Bachillerato, examen sin
miedo, examen de todos los fracasos. La violencia del dolor y de la cólera anestesiaban y
paralizaban a Leila.
Al año siguiente, recibió con sorna el papelito que le entregaron por haber aprobado el
bachillerato. No se hacía ilusiones. Aquel diploma no era más que una engañifa. Un visado para
ninguna parte. Sentía que su horizonte estaba cerrado.
Leila vio llegar desde muy lejos a los hombres azules. ¿No se trataría de un resplandor de sus
recuerdos? ¿De las palabras de Zohra instaladas en la línea azul en donde se perdían los ojos? La
ausencia de la abuela la abrasaba aún más. Cuando llegaron a Dar el Barga, buscaron a Zohra, pero
ya no estaba. Nunca más estaría allí. ¿Nunca? Una palabra que sangraba sobre la agonía del tiempo.
Los hombres y las mujeres azules no dijeron nada. Levantaron altivamente sus tiendas. Luego, con
paso vivo, se dirigieron al cementerio. Leila corría en cabeza. Se sentaron, mudos, en torno a la
tumba. Sus miradas tenían la intensidad de la de Zohra.
Por la tarde comieron cuscús todos juntos. Luego, los hombres azules dijeron que querían rogar
por la shaija Zohra. Rezaron durante un buen rato. Dijeron que probablemente tardarían mucho
tiempo en volver a pasar por allí. Si hasta entonces acostumbraban a dar ese gran rodeo era para
ofrecer su caminar a Zohra. Ahora, viajaba con ellos. Sus desplazamientos volvían a ser peligrosos.
Varios gobiernos hostigaban sus rebaños y pretendían levantar fronteras en «su Desierto». ¡Qué cosa
tan absurda! El Estado argelino les imponía la escolarización de los niños. «Para qué necesitamos
nosotros la escritura. ¡Si el Estado la considera necesaria, que nos ponga profesores nómadas que se
desplacen con nosotros!».
—¿Vendrás con nosotros para la medicina y para la escuela? —preguntó el jeque Tani a Leila.
Con un nudo en la garganta, se contentó con asentir. Ellos sonrieron. Ella se perdió en sus
pensamientos.
¿Se iría algún día con ellos? Era una utopía de Zohra. Ahora se daba cuenta. Su modo de vida
sacrifica siempre las aspiraciones del individuo en provecho de la tribu. Acabaría siendo rechazada
también por ellos como le ocurrió a Buhalufa mucho antes. Zohra no había elegido dejar a aquellas
gentes. No había sido desterrada. Había acabado en el exilio de la inmovilidad sedentaria como si
hubiera contraído una enfermedad. Y para sobrellevar su desventura, se había forjado esperanzas
mezclando su pasado con el porvenir de su nieta. Y si Zohra simbolizaba la libertad de palabra y la
tolerancia, Buhalufa y Saadia, que se habían construido unas vidas tan divergentes y singulares, la
encarnaban en lo más profundo de sus entrañas. Leila tenía que encontrar su propio camino. Y sabía
que sería un camino solitario.
Se levantaron y después de un breve sale. siguieron su camino. Leila veía cómo se alejaban,
muda, con mirada doliente. Los largos cuerpos parecían ya irreales, una nebulosa que se fundiría
entre el cielo y la tierra. Y en el momento en que las azules abayas desaparecieran en el horizonte,
terminarían también las escapadas de la adolescencia en los espejismos de su añil.
¡Que los hombres inmóviles sigan promulgando leyes y erigiendo barreras! Los hombres azules
siempre se las arreglarán para sortearlos y pasar por caminos que sólo ellos conocen. Su cómplice,
el viento de arena, borraría sus huellas sin tardar. Luego, lejos de los habitantes de las ciudades, de
sus cadenas, de sus bravuconadas, les regalaría la mirada celeste y la flor del silencio de las tierras
desnudas.
• • •
¿La universidad? Habría que decir tantas cosas de ella, hanna. Tantos bonitos cuentos e
historias, y la virulencia de la endemia integrista de creciente sevicia. ¿La universidad? Una libertad
sometida a amenazas y asediada por los vigilantes de los canallas del Partido. Una juventud ardiente
que, a la manera de tu exilio, no tenía otra salida que la palabra vigilada y la esperanza incierta.
Pero al principio, Leila disfrutó de un pequeño respiro. La paz, sí, solamente la paz, porque la
libertad parecía desterrada de esta tierra. Encontró la serenidad en las vastas extensiones verdes, en
una especie de no man's lans de soledad, la universidad de los aledaños, de los extramuros de la
ciudad. Y la eclosión del verde que la rodeaba pudo serenar su mirada, igual que un aguacero aplaca
las tierras quemadas. Flotaba como un enorme nenúfar en las aguas de sus ojos, momentáneamente
quietas. Leila saboreó aquella inesperada tregua con ávida voluptuosidad, con el apremio del
arrebato de los sentidos que da el sentimiento de precariedad a los hambrientos.
Y su vida, que ella consideraba blindada para siempre y armada de sarcasmo, empezó a
estremecerse con las turbulencias de la sangre nueva y ardiente. Con la turbación del deseo. Y cómo
defenderse de la esperanza, hanna. cuando el deseo de dejarse llevar una vez más era tan grande.
¿Un amor? Ayer, era un rumí, hanna, y gritaron acusaciones y esgrimieron todas las prohibiciones.
Ahora era de Kabilia, pero se encontró con las mismas acusaciones e infamias. ¿Un muchacho de
Kabilia y una árabe? ¡Dijeron que eso era «imposible», hanna! Una árabe, y encima estudiante, igual
que la más pervertida de las prostitutas.
Otro acontecimiento, otra «tabla de salvación» a la que encaramar la ilusión: la revolución
agraria. Leila decidió militar en ella y sacrificarle sus veranos. Engañada por la eficacia de la acción
de los estudiantes de medicina en ese terreno —campañas de vacunación, lucha contra el tracoma, el
cólera—, Leila tardó tiempo en darse cuenta de que ese modo de producción, calcado de los koljoses
soviéticos, no se amoldaba de ningún modo a los campesinos argelinos. Guiada por la vehemencia
del trabajo y el entusiasmo del deber cumplido, miraba con fervor a Bumedián, el hombre por el que
vendrían otras reformas.
Pero por desgracia, bajo el poder de Bumedián surgieron en los años 1973 y 1974 «las brigadas
de costumbres», unos policías que respondían sin fisuras al mismo criterio: tipos fornidos con unos
músculos fortalecidos a expensas de las neuronas. Bestias con colmillos y bigotes, ungidos de una
misión capital para la construcción del país: detener a cualquier chica unida ilegítimamente a
alguien. El integrismo resplandecía y triunfaba, vistiendo el uniforme que mejor le sentaba, el de la
policía.
Limpiaban las ciudades y los campos cercanos persiguiendo a las parejas ilegales. Emboscados
en los aledaños de las ciudades, no se ocupaban lo más mínimo de hacer respetar el código de
circulación y sin embargo exigían el libro de familia como si fuera un visado. En las calles, en las
salidas de los cines o en los restaurantes, aunque nada indicara en la actitud de las parejas que fueran
amantes o que estuvieran enamorados. Solía darse el caso de que detuvieran a muchachas que iban a
la ciudad con compañeros de estudios. Los caminos de las mujeres eran callejones sin salida. Todos
los caminos, hanna. Si se dirigían a la ciudad solas, corrían el peligro de sufrir agresiones. Si con
ellas iban compañeros, la policía las detenía. Parecía que su único delito era existir.
En cuanto que los hombres de uniforme veían un grupo mixto, lo interpelaban:
—A ver, los libros de familia.
—¿Cómo que los libros de familia?
—Entonces, si estas jóvenes son vuestras hermanas, enseñadnos los carnés de identidad.
Sólo hablaban a los chicos. A las chicas les dirigían acusadoras miradas furtivas.
—No son ni nuestras hermanas ni nuestras mujeres, son amigas nuestras.
—Ah, qué bonita la amistad, ¡la máscara del vicio! Vamos, seguidnos a Cháteau-Neuf.
—¿Con qué derecho y por qué?
—Con el derecho de limpiar la ciudad de basura.
—Pero, ¿qué tienen que reprocharnos?
Con la mirada desdeñosa, siempre escupían las mismas arengas:
—No está permitido que las chicas salgan con los chicos, a no ser que sean sus hermanos o
maridos. Las chicas decentes se quedan en sus casas. Seguidnos.
En realidad, sólo hacían subir a las chicas a las furgonetas. Los chicos iban con ellas por
solidaridad. Una vez, dos veces, tres veces... Hanna, cuántas tardes fastidiadas y que terminaban en
comisaría, en enfrentamiento e incomprensión. La llegada de una furgoneta, destinada a otras
vejaciones, o los empujones que propinaban en los pasillos a otros hombres esposados acababan a
veces por liberarlas. Las soltaban diciéndoles:
—¡Ya podéis tener cuidado! ¡Como os volvamos a detener os ficharemos como putas!
A Leila la volvieron a agarrar muchas veces, hanna.
La revolución agraria estaba resultando un fracaso. Peor, un desastre. El amor era imposible,
todos los caminos estaban cortados, la paz era de nuevo perseguida. La exclusión de toda una
juventud de los bancos de las escuelas, insuficientes frente al crecimiento demográfico, engrosaba las
filas de los integristas. Los conserjes se convertían en chivatos de la policía, y la gente se esmeraba
en que cumplieran a la perfección con tan insigne deber. Si una persona que vivía sola recibía visitas
del sexo opuesto, la brigada de costumbres era alertada al instante. Ésta no contaba sus «bajadas» a
los apartamentos, hanna. Había vuelto el toque de queda para las mujeres. La abominable gente de
Bumedián superaba en arrogancia y en ignominia a los hombres de Bigeard. Ahora, han ensuciado la
religión añadiéndole otra. ¿En qué se había convertido la Huría para que en la Audiencia, el hecho
de pasearse o de quererse fuera objeto de persecución?
Un decreto ministerial prohibía cualquier tipo de contacto entre hombres y mujeres en las
ciudades universitarias para los años venideros. ¡Ahora había que luchar en tantos frentes, hanna!...
¡Qué año tan triste, aquel en que la libertad era perseguida hasta en los últimos santuarios, las
facultades y las ciudades universitarias!
Era agotador luchar siempre y en todas partes, hasta en los gestos cotidianos más elementales,
quemar tanta voluntad y energía en lo prosaico. ¿Amar y soñar todavía? Leila ya no podía, se estaba
asfixiando.
«El camino sólo sirve si lleva a alguna parte». Un camino tan largo no podía terminar en la
cárcel. El encierro no era un destino, sino un obstáculo que había que franquear. El camino de Leila
se revelaba mucho más largo y lleno de baches de lo que ella hubiera podido imaginar. La libertad le
exigía más despedidas, más rupturas, un aislamiento mayor. Tenía que marcharse, como Buhalufa,
con sus pocos libros solamente, en busca del oasis de su existencia, del santuario de sus anhelos.
Pero antes de marcharse tenía que volver a ver la duna. Volver a ver la cuna de los sueños
imposibles. Volver a ver el viento de arena. Ver una vez más la orgía de la arena en el viento, aliento
de la primavera de las dunas. No odiaba a aquel viento violento. Quizás hasta lo amaba. Llevaba
consigo su rebeldía. Era el amante de su duna, el cómplice de los hombres que caminan. Otra vez le
volvía a echar su aliento para empujarla hacia otros horizontes.
Al embarcarse en el avión con destino a Orán, Leila tuvo la agradable sorpresa de encontrar en
él a Sí Azzouz, el director de la compañía en la que trabajaba su padre. Su hijo Halim había sido uno
de sus más fíeles compañeros del instituto. Halim era el único chico al que Tayeb daba permiso para
que visitara a Leila al pie de la duna. Si algún asunto relacionado con los deberes preocupaba al
adolescente, éste iba en busca de Tayeb y le decía:
—Si Tayeb, me gustaría saber qué opina Leila sobre...
—¡Ve a verla, hijo mío!
Bien orgulloso se sentía de que su hija, la hija del antiguo jardinero, del vigilante, pudiera
corregir los deberes al hijo de su jefe. Y, sin duda alguna, alimentaba la secreta esperanza de verlos
casados algún día.
Después de acabar el Bachillerato, Halim fue a la Universidad de Argel y Leila lo perdió de
vista. Azzouz parecía muy contento de haberse encontrado con la joven.
—Vaya, Leila, me ha dicho tu padre que vas a acabar pronto Medicina.
—Me quedan todavía dos años de interna.
—Sí, pero esos dos años puedes pasarlos en cualquier sitio, ¿no es cierto? Escúchame, eres la
primera hija del pueblo, qué digo, de la región que se hace doctora, lo cual no es poco. El contrato
del médico cooperante que está actualmente en Kenadsa acaba en menos de dos meses. Todos
estaríamos encantados, tu padre más que nadie, de que ocuparas su puesto. Vente a verme mañana al
despacho, te haré un contrato magnífico.
—¿Cómo está Halim, Si Azzouz?
—Muy bien, gracias. Ya acabó la carrera. Hace dos años que se marchó a Estados Unidos para
perfeccionarse.
—Es usted muy duro conmigo, Si Azzouz. Manda usted a Halim a Estados Unidos y quiere que
yo me quede aquí.
—Tú eres una chica, hija mía, y tu familia, tu deber y tu pueblo te reclaman. Te necesitamos...
No había avisado a nadie de su llegada inesperada y aprovechó el ofrecimiento de Si Azzouz
cuyo chófer estaba allí. La acompañaron a casa de sus padres que habían dejado la casa de la duna
para mudarse al centro de la ciudad. Al oír que un coche se detenía ante la casa, su padre salió, la
besó y luego se quedó hablando con Si Azzouz que le puso al corriente de la proposición que
acababa de hacerle.
Leila los dejó y entró en la casa. Un momento después, su padre la siguió con el rostro
resplandeciente.
—Es maravilloso, Leila. ¡Es el puesto más prestigioso! ¡Y así podremos tenerte con nosotros de
vez en cuando!
Lo vio tan feliz que no tuvo el valor de decirle que se marchaba. ¿Cómo iba a entenderlo? Ella
le dijo que nada la apremiaba para el puesto de Kenadsa y que se lo iba a pensar.
En aquella casa, desde luego más amplia y más moderna, Leila se sentía tan lejos de todo, tan
lejos de ella misma, tan extranjera. Su madre, entusiasmada con la noticia, estaba todo el tiempo
pegada a ella contándole los chismes del pueblo y reprochándole su mutismo. ¿Qué podía decirle?
Contarle su vida, sus amores rotos, sus preocupaciones, que la habrían escandalizado y hecho
desgraciada. El silencio que las separaba era más denso que nunca y la distancia más insalvable. A
Leila le daba vértigo. Y sin embargo, de repente, se sintió cerca de aquella madre. Con la cercanía
de la despedida. Cercana y lejana al tiempo. Un dolor contra el que las palabras no tenían nada que
hacer.
Leila se levantó. Había vuelto para ir a la duna. A la Barga. Para volver a ver su cuna y extraer
de ella el valor de enfrentarse al exilio. Salió de la casa y se dirigió hacia ella.
El jardín, tanto tiempo abandonado, estaba seco y quemado. La tierra se había endurecido. La
arena formaba montones en distintas partes. No había ninguna huella de las cañas, muertas,
calcinadas. Sólo quedaban las acequias que las regaban. Pronto acabarían por colmarse y
desaparecer también. El viento de arena estaba alerta. Unos cuantos tamarindos porfiaban en una
lenta agonía. Muchas de sus ramas se habían momificado ya. ¡Su casa le pareció tan pequeña, tan
triste, tan abandonada! Su enlucido amarillento se estaba desprendiendo y cayendo en panes enteros,
dejando al desnudo las heridas del adobe, que sangraban a la luz del día. Ante la puerta de entrada se
había formado una duna. El desierto se había apropiado de su pasado.
Los dátiles abultados colgaban pardos y lustrosos en las palmeras. En el suelo, alrededor de los
troncos, yacían secándose los que se caían maduros y derretidos. Ya no estaban las bocas golosas de
los niños acechándolos.
¿La duna? Más hermosa que nunca, más fecunda, en una serenidad total. Leila contemplaba las
ondas doradas con la mirada mística del peregrino. Allá adonde la condujeran sus pasos, una parte
importante de ella se quedaría en ella, enroscada en el silencio y en las sinuosidades del erg. La niña
Leila y Zohra hablándole, con el turbante sesgado hacia el ojo izquierdo y con la mirada en la
lejanía... Lo sabía.
Portales, el jefe del taller, viejo amigo, se había jubilado. Los Ajalli recibían de vez en cuando
una postal de Alicante, ciudad en la que se había instalado. El taller y la fragua, cerrados hacía tres o
cuatro años, estaban en ruinas. El espacio en derredor estaba cubierto de chatarra oxidada y de
correas raídas. Esqueletos de unos tiempos revueltos, bajo los que pululaban colonias de
escorpiones amarillos y violetas.
Yamina dijo a Leila que Zohra, la hija de Meryeme, su hermana de leche, acudía a visitarla a
menudo... Muchos años las separaban a ella y a Leila. «¡Le gustaría tanto verte!».
Al día siguiente por la mañana se dirigieron juntas al ksar. Allí vivía Zohra, que ya tenía cinco
hijos. Leila no la hubiera reconocido. De la bonita niña delgada y ágil de su infancia, sólo quedaban
sus magníficos ojos que había oscurecido con kohl. La gordura la había remodelado en su totalidad,
hasta en sus facciones. De los cinco niños que la rodeaban, una chiquita de cinco años era la
reencarnación de su madre de niña. Leila las miraba fascinada alternativamente—, la veía con cinco
años y con veinticinco, veinte años después. Se le encogió el corazón.
—Di buenos días a la tía Leila. Sabes, muy pronto va a venirse a Kenadsa. ¡Va a ser nuestra
doctora!
—Sí, mi hija se va a instalar aquí muy pronto. Será la dotora y vivirá en la enorme casa blanca,
la más hermosa del pueblo. Tendrá su propio coche y su aparcero. Te acuerdas, Zohra, de cómo se
metía con nosotras porque en nuestro jardín sólo había hortalizas y nunca flores. A veces lloraba,
pataleaba y decía que éramos gente triste. ¡Que siempre seríamos pobres por culpa de esa falta de
amor por las flores!
Yamina empezó a reírse y, recreciéndose, continuó:
—¡Las flores! Era un lujo que no podíamos permitirnos. Ella, ahora, puede permitirse lo que le
apetezca. Puede permitirse hasta lo supérfluo que se tiene sólo para los ojos. En su jardín habrá unos
cuantos tomates, unas cuantas hortalizas, menta, cilantro. El resto del enorme jardín de mi hija estará
lleno de flores. ¡Caramba, habrá que pasarse el día regándolo! Ahora tengo más tiempo libre, iré
todos los días a hacerle la comida. No me gustaría que nadie se la preparara en mi lugar. Como sé
que le gusta tanto estar sola, no vendrá a comer a casa. Para la limpieza y para el jardín buscará a
alguien. ¡Con tanto trabajo como tendrá!... Su padre dice que cuando su hija esté aquí, irá todos los
días a sentarse junto a la tapia del hospital. Se bajará su enorme sombrero rifeño hasta los ojos y se
dirá a sí mismo orgulloso a más no poder: «Ahí dentro está mi hija que es la jefa». Y la gente le dirá
al pasar: «Buenos día Si Tayeb, venimos a ver a tu hija para esto o para aquello». Él asentirá con
orgullo.
Yamina se detuvo un momento para disfrutar de sus palabras y tomar aliento. Frunciendo el
entrecejo siguió:
—Sin embargo, hay algo que me preocupa. ¿Con quién se va a casar mi hija? Para mí, la
profesión de médico está por encima de todas, pero es absolutamente necesario que el hombre esté
por encima de la mujer para que el hogar tenga sentido. La mujer tiene que admirar a su marido, si no
la cosa no funcionará. Así que necesita un director muy importante o un coronel del ejército.
—Piedad —dijo la joven riendo—, un militar no.
—En todo caso, organizaremos la boda a lo grande. Estarán toda Béchar y Kenadsa y durará un
montón de días. Tus tías y yo haremos montones de pasteles, prepararemos cuscús y comeremos miel
para preparar las gargantas para las albórbolas. Sí, ¡albórbolas cálidas, dulces y alegres! Tengo tres
baúles llenos de ropa para la boda.
Fue el último sueño de sus padres. Un sueño que unos meses después enterrarían en la arena de
la Barga. En vida, su madre nunca llevó tejidos bonitos porque los reservaba para la boda de sus
hijas. Guardaría los baúles llenos, como prueba irrefutable de la traición hecha a toda una vida de
privaciones y de espera.
Pero, cómo podía decir Leila a semejante madre que su caminar estaba cargado de cadenas.
Yamina siempre las había llevado como llevaba pulseras o joljales. Su hija, que había alcanzado la
cima, no era libre. Así que aquellas palabras calladas horadaron el fondo de su pecho, pesadas y
amargas. Hanna, el peso de las palabras. Sobre todo, de las que nacen muertas.
• • •
Pasaron los años bajo otros cielos en otras tierras y, durante todo ese tiempo, la voz dura de
Zohra golpeaba su memoria. Con la incesante resaca de sus cuentos y sus historias, entre oleadas de
luz, hacía naufragar la nave del olvido:
«¡Cuidado con la inmovilidad! ¡No te dejes fascinar por las largas paradas, aunque sólo sean
las del pasado! Háblame... Háblame del erg rizado en su eterna parálisis. Háblame de su polvo de
oro en tus párpados embriagados. Háblame de las palmeras, pies clavados en la aridez y turbantes
acunados por el cielo, como tus sueños. Háblame de la llamada silenciosa de la esperanza. Háblame
del vértigo de la soledad unas veces oscura de inquietud, otras iluminada por la voluntad. Háblame
de nuestras costumbres sin condenarlas. Háblame de los reg. paralizados en la canícula. Háblame de
tus desilusiones sin remordimiento. Háblame de la guadaña del silencio. Háblame del dolor de la
guerra para conjurar las pesadillas. Háblame de las albórbolas de alas fulgurantes o cercenadas.
Háblame de las albórbolas del olvido, pero ten cuidado porque, como las aves migratorias, siempre
vuelven a atormentar el presente. Háblame de las albórbolas resignadas también. Que tu amor las
recoja caídas y rotas, que tus cuentos les devuelvan su vuelo sideral. Háblame de tus miedos para
que no te dominen. Háblame, con alegría, de las maravillosas volutas de nuestras veladas. Háblame,
kebdi, y camina, pues los desiertos son enormes extensiones en cuyas orillas la inmovilidad es una
herejía».
Leila se detuvo jadeante presa de tan obsesivo encantamiento. Cogió la pluma. ¿Contar?
Contar... Pero, ¿por dónde empezar? Tenía tantas cosas que decir que no tuvo que esperar mucho. Su
pluma se puso a escribir febrilmente, como si le estuviera dictando su abuela que revivía en ella. Un
potente soplo destrabó sus entrañas y liberó por fin su memoria. Había reemprendido el camino hacia
Buhalufa, hacia la abuela Zohra, hacia Saadia, Emna, Ben Soussan, la Bemard, hacia las luces que
balizaban las tumultuosas orillas del erg.
Glosario
Aacha: funeral y también última oración de la tarde.
Abaya: vestimenta de tejido ligero.
Abd: esclavo.
Abdates: femenino plural de abd, esclavo.
Albórbola: grito que emiten las mujeres para manifestar alegría o dolor.
Allaui: baile masculino acompañado de disparos.
Almalafa: velo blanco con el que se cubren las mujeres en África del Norte.
Arbis: oriundo del norte de África.
Bendir: tambor tradicional.
Bercuqes: variedad de cuscús de granos gruesos.
Cahba: puta.
Caid: juez musulmán.
Chibani (a): anciano, anciana, término más bien afectuoso para designar a los parientes y gente
de edad del entorno.
Chumun: término pied-noir para designar la mala suerte.
Darra: «dolor», palabra utilizada por las mujeres para designar a las otras esposas del marido.
Dechra: casa pobre, habitualmente de adobe con techo de palmas cubiertas de barro.
Dolma: albóndiga.
¡El hamdou lillah!: ¡Alabado sea Dios!
El Yedid: el nuevo.
Erg: desierto de arena.
Fell: partisano.
Fellaga: partisano.
Fitcha: fiesta.
Futa: rectángulo de tela multicolor con que las mujeres bereberes rodean sus faldas atándolo a
la cintura.
Gandura: túnica masculina sin mangas.
Gazouz: gaseosa.
Gehena: tortura en la que se aplica electricidad.
Guerba: odre.
Guessaa: plato grande de madera en el que se sirve el cuscús. Hadiz: recopilación de actos y
palabras del profeta.
Haluf: cerdo.
Hamada: llanura pedregosa de los desiertos saharianos. Hamman: baño.
Hanna: abuela.
Hayi: creyente que ha llevado a cabo la peregrinación a la Meca.
Horra: pura, libre. Aquí designa una raza de cabras de pelo corto y beige. laha: personaje de
leyenda dotado de gran malicia.
Jalti: tía.
lasa: fuente, surtidor.
Joljale—. ajorca, aro de plata que se lleva en los tobillos. Kassaman: himno nacional argelino.
Kebdi: “hígado mío", expresión de afecto filial que se diferencia de kalbi, "corazón mío”.
Khal: negro.
Khlii: carne de cordero seca, perfumada con especias.
Ksar: pueblo fortificado.
Labess: ¿Qué tal?
Magrún: especie de capa de un tejido fino y trasparente. Mechui: brocheta de cordero.
Medersa: colegio.
Meida: mesa baja de pequeño tamaño.
Mellah: barrio judío.
Mendil: chal grande de lana.
Merbuh (a): quien trae suerte o tiene suerte.
Metcha: aldea.
Min jibalina: «De nuestras montañas», canto patriótico argelino.
Muquer: derivado del español, mujer (aquí peyorativo).
Ou Allah Ummi. ¡Te lo juro por Dios, mamá!
Pieds-noirs: colonos franceses en Argelia hasta el final de la ocupación.
Rai: música popular argelina.
Reg: desierto de piedras.
Rumí: cristiano, para los musulmanes. Tiene un sentido despectivo.
Salem: paz, término de salutación.
Sarual: pantalón ancho de tela usado en el Magreb.
Sebjas: charca salada que a veces se seca.
Shaija: anciana, matrona.
Spahi: soldado árabe del Ejército francés.
Taleb: maestro; habitualmente designa al maestro de escuela coránica.
Tchicha: sopa de harina de trigo.
Tob: adobe.
Ummi laziza: mamá querida.
Waladi: hijo mío.
Willaya: región militar.
¡Y a ouili!: ¡Qué desgracia!
¡Ya, Rabí!: ¡Dios mío!
Yabal: montaña.
Yemaa: (viernes) reunión del viernes, día santo y por extensión, cualquier reunión o asamblea.
Yihad: combate, lucha armada.
Yin: genio, demonio. Siempre es bondadoso frente al ifrit, diablillo o duende que suele ser tanto
bueno como malo.
Yunud: soldado.
Zauia: institución religiosa regida por una cofradía de la estirpe del profeta.

notes
Notas
[1] Robini: del francés robinet, grifo. (N. d. T.)
[2] TSF: Télégraphe Sans Fils, Telégrafo sin cable, término que designa la radio en la Argelia
de los años cincuenta. Popularmente, se le llamaba la «Tisfe». (N. d. T.)
[3] Sexto curso equivale al comienzo de la educación secundaria. (N. d. T.)
[4] Terminal: equivalente a C.O.U. (N. d. T.)
El Imperio francés
Constituyó en el siglo XIX, tras el británico, el segundo gran imperio en importancia y
extensión. Su más significado impulsor fue Jules Ferry quien intentó mediante la política
imperialista contrarrestar la derrota infringida por los prusianos en 1870 y estimular la
autoestima nacionalista francesa. A comienzos de la centuria las posesiones ultramarinas de
Francia se centraban en las Antillas y algunas plazas de la India.
Mediado el siglo los territorios bajo su dominio se incrementaron y se extendían por todo el
orbe:
En África
En 1847 conquistó Argelia, centro de los dominios del noroeste del
continente.

Posteriormente, en 1881, conquistó Túnez y en


1905 estableció un protectorado en Marruecos
con la oposición de Alemania, provocando dos
crisis que a punto estuvieron de desembocar
en un conflicto bélico de carácter internacional. Alegoría de la conquista de
Argelia
El territorio conocido como Congo francés (el otro sería el belga) fue
declarado colonia en 1881.

Sin embargo perdió influencia en Egipto y


Sudán, ambos territorios cayeron bajo el
dominio británico. En el centro del continente
poseía Senegal, Guinea, Costa de Marfil,
Benín (Dahomey) y Chad.
Cartel comercial
En 1898 consiguió Madagascar, pero tras el incidente de Fachoda con los
británicos abandonó el proyecto de unir los extremos Este y Oeste del
continente que le hubiesen permitido abrirse a los océanos Atlántico e
Índico a través de Sudán.
Además de los problemas con Gran Bretaña, la expansión francesa por África
no estuvo exenta de tropiezos con otras potencias, como es el caso de
Alemania.
En un deseo de resarcirse de la pérdida
de Sudán (tras Fachoda) proyectó
controlar todo el Magreb (en especial
Marruecos), pero entró en colisión con
Alemania, dando origen a la crisis de
1905 que sería, solventada tras la
Postal de Casablanca (Marruecos)
Conferencia de Algeciras (1906).
En 1911 se desató entre ambas potencias
un nuevo conflicto que se saldó con la
concesión de la ampliación del territorio de
Camerún en beneficio de Alemania. Estas
desavenencias hay que enmarcarlas en el
clima de tensión que vivía la política
Postal militar de Marruecos internacional en la antesala de la Primera
Guerra Mundial.
En Asia
Conquistó Indochina: Birmania, Laos, Tailandia, Vietnam (Annam y Tonkín), Camboya y
Malasia, formando con ellos la “Unión Indochina”. Intervino en China consiguiendo trato de
favor para el comercio a través de los denominados "Tratados desiguales".
En Oceanía
Dominó Nueva Caledonia y otras islas del Pacífico.
En América
Controló en el océano Pacífico Tahití y las Islas Marquesas y el archipiélago de Miquelón en
Canadá. En América del sur controló la Guayana.

El incidente de Fachoda (1898-1899)

El conflicto de intereses entre Francia y


Gran Bretaña originó fricciones que a punto
estuvieron de desembocar en contiendas
armadas. Un ejemplo lo constituyó el incidente o
crisis de Fachoda (actual Kodok), localidad
enclavada en Sudán, donde coincidieron
franceses y británicos que pretendían la J. B. Marchand
construcción de un ferrocarril que uniese parte
de sus respectivas colonias africanas. Para abrir
camino y defender sus posiciones los franceses
enviaron desde el Oeste un ejército al mando del
comandante Marchand, mientras que los
británicos hicieron lo propio con tropas
incorporadas desde Egipto al mando del general Horatio Kitchener
Kitchener.
La retirada de los franceses ante la inferioridad
numérica de sus tropas permitió a los británicos
controlar la región de Sudán, consiguiendo con
ello el dominio casi ininterrumpido de los
territorios que enlazaban el norte y el sur de
Publicación África.
Los anhelos de Cecil Rhodes quedaban de este modo casi satisfechos,
pues sólo se interponían en ese camino los territorios del África
Oriental bajo soberanía alemana.
La colonización francesa de Argelia (en árabe, ‫ )ل لجزائ ر ال فرن سي اال س ت عمار‬se refiere al
período en el que Argelia estuvo bajo dominio colonial francés, de 1830 hasta 1962. Siendo la
colonia que más tiempo ha permanecido en manos francesas, Argelia estaba asimilada a tres
departamentos franceses y formaba parte íntegra de la metrópoli. Como tal, fue el destino de
cientos de miles de inmigrantes franceses, españoles, italianos, alemanes y británicos, primero
conocidos como colonos y pasando después a ser denominados pieds-noirs en la década de
1950. Sin embargo, los argelinos nativos siempre representaron la inmensa mayoría de la
población del territorio a lo largo de toda su historia. Gradualmente, la insatisfacción entre los
musulmanes con motivo de su opresión política y económica provocó numerosas
reclamaciones de mayor autonomía política, desembocando en una reclamación de
independencia. Las tensiones entre la población de origen y los colonos encontraron su
culmen en 1954, año del comienzo de la Guerra de independencia de Argelia. La guerra
terminó en 1962, cuando Argelia obtuvo la independencia gracias a los Acuerdos de Evian.
Camino de la guerra de independencia
En 1930, el gobierno colonial celebra con fastuosidad el Centenario de la « Argelia Francesa ».
Pero la diferencia entre el nivel de vida de la mayoría de los colonos, superior al nivel de vida
de la metrópoli, y el nivel de vida de los argelinos de origen, a menudo por debajo del nivel de
la pobreza y casi desprovistos de garantías sociales y jurídicas, se hace cada vez más patente
según avanza el siglo XX.
El 8 de mayo de 1945 se produjeron manifestaciones de los argelinos en varias ciudades del
este del país: Setif, Cabilia y Constantina, que recordaban sus reivindicaciones nacionalistas
junto a la victoria en la Segunda Guerra Mundial. En Setif, tras enfrentarse con la policía, los
nacionalistas se vuelven contra los « franceses »: muriendo 27 europeos y 103 morirán los días
siguientes. La represión del Ejército Francés fue de una brutalidad extrema, ordenada por el
General De Gaulle y ejecutada por el General Duval mediante la intervención de la marina y la
aviación. Hubo ejecuciones sumarias, masacres de civiles, bombardeos de mechtas, torturas a
civiles… durante 2 meses el este de Argelia se desangro. Oficialmente murieron 1 500
argelinos, pero el historiador Benjamin Stora calcula unas cifras de entre 20 000 a 30 000
muertos.

Protectorado francés de Túnez fue un protectorado del Imperio colonial francés establecido
después de que Francia obtuviera el control del Beylicato de Túnez (nominalmente parte del
Imperio Otomano) en 1881. Posteriormente daría lugar a un efímero estado tras la
independencia en 1956, que duró poco más de un año antes de la abolición de la monarquía y
la proclamación de la actual República Tunecina.
Antes de la llegada de los franceses, Túnez era legalmente una provincia del decadente
Imperio Otomano, el Beylicato de Túnez, que disfrutaba de una independencia de facto bajo el
reinado del Bey Muhammad III al-Sadick. Debido a la desastrosa política de los beys, al alza de
impuestos y a las interferencias extranjeras en la economía, el país debió enfrentar poco a
poco graves dificultades financieras. Todos estos factores obligaron al gobierno a declarar la
bancarrota en 1869 y a crear una comisión financiera internacional anglo-franco-italiana.3 La
constitución llegó a ser incluso suspendida el 1 de mayo de 1864. Fue la ocasión para que tres
de las grandes potencias europeas (Francia, Italia y el Reino Unido de Gran Bretaña e Irlanda)
ingresaran al país. Túnez se dirigía recién a una independencia real en 1873 con Kheireddine
Pacha, cuando cayó bajo el dominio de una potencia extranjera.
El destino de la Regencia de Túnez (nombre otorgado a la región bajo la dominación otomana)
se presentó rápidamente como un desafío estratégico de importancia capital debido a la
situación geográfica del país, en el cruce de las cuencas occidental y oriental del
Mediterráneo.4 Túnez se convirtió, por tanto, en objeto de codicias rivales de Francia e Italia: la
primera quería asegurar las fronteras de la Argelia francesa y evitar que la segunda perturbara
sus ambiciones en Egipto y el Levante mediterráneo por medio del control del acceso al
Mediterráneo oriental. Italia, que debió afrontar una sobrepoblación, ansiaba una política
colonial y el territorio tunecino, cuya minoría europea estaba compuesta principalmente de
italianos.4 Los cónsules franceses e italianos procuraron aprovechar las dificultades financieras
del bey; además, Francia contaba con la neutralidad del Reino Unido (poco deseosa de ver a
Italia tomar el control de la ruta del Canal de Suez) y se benefició de los cálculos de Bismarck,
que deseaba desviar su atención de la cuestión de Alsacia y Lorena.4 Después del Congreso de
Berlín llevado a cabo del 13 de junio al 13 de julio de 1878, Alemania y el Reino Unido
permitieron a Francia anexionarse Túnez, en detrimento de Italia, que consideraba a este país
como su dominio reservado.5
Las incursiones de "saqueadores" khroumires en territorio argelino proveyeron de un pretexto
a Jules Ferry, apoyado por Léon Gambetta frente a un parlamento hostil, para subrayar la
necesidad de capturar Túnez.4 En abril de 1881, las tropas francesas incursionaron sin mayor
resistencia y lograron ocupar Túnez en tres semanas, sin necesidad de combatir.6 El 12 de
mayo de 1881 se oficializó el protectorado, mientras que Muhammad III as-Sadick, gobernante
de Túnez, firmó bajo pena de muerte7 el tratado del Bardo,8 en el palacio de Ksar Said.9 Esto no
fue impedimento para que algunos meses más tarde las tropas francesas hicieran frente a
varias revueltas en las regiones de Kairuán y Sfax, mismas que fueron rápidamente sofocadas.4
Túnez accedería finalmente a la independencia el 20 de marzo de 1956.

Protectorado francés de Marruecos


Francia estableció oficialmente un protectorado tras la firma del Tratado de Fez el 30 de marzo
de 1912, por el que el sultán Abd al-Hafid abdicaba en favor de su hermano Mulay Yúsuf y
permite el establecimiento francés en el país. A continuación la zona norte del país (Rif) y sur
(Sidi Ifni-Cabo Juby) fue adjudicada a España, que al año siguiente se oficializaría con la
fundación del Protectorado español de Marruecos. El 17 de abril los infantes marroquíes se
amotinaron contra la guarnición francesa en Fez, aunque no estaban en condiciones de tomar
la ciudad y finalmente fueron derrotados por las fuerzas francesas. A finales de mayo fracasó
otro intento de revuelta contra la guarnición francesa.
La Compañía Franco-Española del Ferrocarril de Tánger a Fez estuvo encargada de la
construcción de un ferrocarril que uniera la Zona internacional de Tánger con la capital, Fez. La
línea, que entró en servicio en 1927, unió a su vez los protectorados español y francés.3
Marruecos era el único de los países del Norte de África que poseía costa atlántica, lo que ýa
había motivado los intereses estratégicos de varios países en la Conferencia de Algeciras. Bajo
el protectorado, los funcionarios civiles franceses hacían alianza con los colonos franceses y
sus apoyos locales para evitar cualquier movimiento dirigido a un aumento de la autonomía
marroquí. No obstante, como medida de pacificación, el gobierno francés promocionó las
inversiones y el desarrollo económico, con la explotación de los recursos minerales, la creación
de un mejor sistema de comunicaciones y la consolidación de una agricultura moderna que
estuviera ajustada al mercado francés. Decenas de miles de colonos franceses se establecieron
en el protectorado francés y compraron miles de hectáreas de terreno agrícola. Estos
formaron importantes grupos de presión que continuamente exhortaban a Francia para
aumentar su control sobre Marruecos.
Oposición al protectorado
El reinado de Mulay Yúsuf se vio constantemente salpicado por rebeliones de distinto signo,
pero la más seria de todas ellas fue la revuelta del Rif dirigida por Abd el-Krim. Aunque la
revuelta había sido dirigida contra España, tras la Batalla de Uarga también se extendió a la
zona sur y provocó la intervención francesa en el conflicto. La victoria conjunta hispano-
francesa puso fin a esta intentona pero la situación no quedó allí. Para asegurar la seguridad
del soberano, la capital fue trasladada desde Fez hasta Rabat, manteniéndose hasta la
actualidad en la misma situación.
Durante los años 30 y los años 40 empezaron a aparecer diversos movimientos políticos y
culturales, como el Partido Istiqlal, que buscan en última instancia la independencia de
Marruecos. La derrota francesa durante los primeros momentos de la Segunda Guerra Mundial
no hizo sino incrementar la actividad de estos movimientos, actitud que se vio incrementada
con desembarco de las Fuerzas aliadas en Marruecos en noviembre de 1942.
Independencia
En 1953 las simpatías y apoyos del sultán Mohamed V hacia los movimientos independentistas
habían provocado el recelo de las autoridades francesas, quiénes le enviaron al exilio a
Madagascar y depusieron por Mohámmed Ben Arafa. El nuevo sultán no contó con el apoyo
popular ni tampoco un excesivo entusiasmo de los franceses, quiénes acabaron permitiendo
en 1955 la vuelta y restauración de Mohamed V, como también la independencia del país. Así
pues, el 2 de marzo de 1956 se producía la independencia formal de Marruecos y el fin del
protectorado. Unas semanas más tarde el Marruecos español seguiría el mismo camino.

El Congo Francés (en francés: Congo français)? fue el nombre de la colonia francesa
originalmente asentada en el área que hoy ocupan la República del Congo, Gabón, y la
República Centroafricana. Comenzó en 1880 como un protectorado, y sus fronteras con
Cabinda, Kamerun, y el Estado Libre del Congo fueron establecidas por varios tratados a lo
largo de la siguiente década.
El Congo Francés fue temporalmente dividido entre Gabón y el Moyen-Congo (Congo del
Medio) en 1906, antes de ser reunido como África Ecuatorial Francesa en 1910, en un intento
por copiar el éxito relativo de África Occidental Francesa.

Senegal
Varias potencias europeas —Portugal, los Países Bajos e Inglaterra— compitieron por el
comercio en el área desde el siglo XV, hasta que en 1677 Francia terminó con la posesión de lo
que se había convertido en un importante punto de partida del comercio de esclavos, la isla de
Gorea cercana Dakar. Fue solo en los años 1850 cuando los franceses, bajo el gobernador Louis
Faidherbe, comenzaron a expandirse en el propio territorio senegalés.
Faidherbe, se conviertió en goernador de Senegal (1854-1861 y 1863-1865), penetró
lentamente en el interior del país, y sentó las bases del la futura África Occidental Francesa. En
una región donde, tras la abolición del tráfico esclavista, la argicultura se basaba en el mijo, el
sorgo y los tubérculos. Faidherbe promovió el cultivo del cacahuete. En la administración
impuso el fin de los gobiernos locales y creó tribunales autóctonos y escuelas que eran un
medio de ejercer coacción sobre los jefes locales como l'École des Otages, destinado a los hijos
de los jefes y los intérpretes. El 21 de julio de 1857 se creó el primer cuerpo de tropas
autóctonas senegalesas comandadas por Faidherbe.
Conducidas por el capitán de navío Protet, las tropas francesas tomaron posesió de las costa
en 1857 y se construyó un pequeño fuerte, pero el jefe de batallón Émile Pinet-Laprade, que
elaboró el primer plan catastral en junio de 1858 fue el auténtico fundador de Dakar. Los
trabajos del puerto de Dakar que originalmente no era más que una aldea de pescadores,
comenzaron en 1862.
Indepedencia de Francia
En enero de 1959, Senegal y el Sudán francés se unieron para formar la Federación de Malí,
que se convirtió en una nación totalmente independiente el 20 de junio de 1960, como
resultado de la independencia y el acuerdo de transferencia de poder firmado con Francia el 4
de abril de 1960. Debido a dificultades políticas internas, la Federación se disolvió el 20 de
agosto de 1960. Senegal y Soudan (renombrado como la República de Malí) proclamaron su
independencia. Léopold Senghor, un conocido poeta internacional, político y estadista, fue
elegido como primer presidente de Senegal en agosto de 1960.
Después de la disolución de la Federación de Malí, el Presidente Senghor y el Primer Ministro
Mamadou Dia gobernaron juntos bajo un sistema parlamentario. En diciembre de 1962, su
rivalidad política llevó a un intento de golpe de Estado por el Primer Ministro. El golpe fue
reducido sin derramamiento de sangre y Dia fue arrestado y encarcelado. Senegal adoptó una
nueva constitución que consolidó el poder del Presidente. En 1980, el Presidente Senghor se
retiró de la política y le transfirió el cargo a su sucesor elegido a mano, Abdou Diouf, en 1981.

Guinea Francesa (en francés: Guinée française)? fue una posesión colonial francesa en África
Occidental. De sus fronteras, que fueron cambiados con el tiempo, en 1958 nació la nación
independiente de Guinea.
Guinea Francesa fue creada en 1891, teniendo las mismas fronteras que la colonia anterior de
Rivières du Sud (1882–1891). Antes de 1882, las porciones costeras de Guinea Francesa
formaban parte de la colonia francesa de Senegal.
En 1891, Rivières du Sud fue puesta bajo control del teniente gobernador colonial en Dakar,
que tenía autoridad sobre las regiones costeras francesas al este de Porto Novo (actual Benín).
En 1894 Rivières du Sud, Costa de Marfil y Dahomey se separaron en colonias
'independientes', con Rivières du Sud siendo renombrada Colonia de Guinea Francesa. En
1895, Guinea Francesa se hizo una colonia dependiente, y su gobernador se convirtió de
vicegobernador a Gobernador-General en Dakar. En 1904, fue formalizado en el Afrique
Occidentale Française. Guinea Francesa, junto con Senegal, Dahomey, Costa de Marfil y Alto
Senegal y Níger cada uno regido por un teniente gobernador, estaban bajo control del
Gobernador General en Dakar.

Costa de Marfil se convirtió oficialmente en colonia francesa el 10 de marzo de 1893. El


capitán Louis-Gustave Binger, quien había explorado la frontera de la Costa de Oro, fue
nombrado el primer gobernador. Negoció tratados limítrofes con Liberia y el Reino Unido (por
la Costa de Oro) y más tarde comenzó la campaña contra Almany Samory, un jefe malinké que
luchó contra los franceses hasta 1898.
De 1904 hasta 1958, Costa de Marfil era una unidad constituyente de la federación de África
Occidental Francesa. Fue colonia y territorio de ultramar bajo la Tercera República Francesa.
Hasta el periodo siguiente a la Segunda Guerra Mundial, los asuntos gubernamentales en
África Occidental Francesa eran administrados desde París. La política francesa en África
occidental se reflejó principalmente en su filosofía de "asociación", queriendo decir que todos
los africanos en Costa de Marfil eran oficialmente "sujetos" franceses sin derechos a
representación en África o Francia.
Durante la Segunda Guerra Mundial, el régimen de Vichy permaneció en el control hasta 1943,
cuando miembros del gobierno provisional del general Charles De Gaulle asumieron el control
de toda el África Occidental Francesa. La conferencia de Brazzaville de 1944, la primera
Asamblea Constituyente de la Cuarta República Francesa en 1946, y la gratitud de Francia por
la lealtad africana durante la guerra llevó a reformas gubernamentales de largo alcance en
1946. La ciudadanía francesa fue concedida a todos los "sujetos" africanos, se reconoció el
derecho a organizarse políticamente y varias formas de trabajo forzado fueron abolidas.
Se alcanzó un punto decisivo en las relaciones con Francia con el Acta de Reforma de Ultramar
(Loi Cadre ) de 1956, la cual transfería un número de poderes desde París a gobiernos
territoriales elegidos en África Occidental Francesa y también removía las restantes
inequidades votantes.
Independencia
En diciembre de 1958, Costa de Marfil se convertía en una república autónoma dentro de la
Comunidad Francesa como resultado de un referéndum que trajo el estatus de comunidad a
todos los miembros de la antigua federación de África Occidental Francesa excepto Guinea, la
cual había votado contra la asociación. Costa de Marfil se independizó el 7 de agosto de 1960,
y permitió que su membresía comunitaria caducara. Estableció la ciudad comercial de Abiyán
como su capital.
La historia política contemporánea de Costa de Marfil está asociada de cerca con la carrera de
Félix Houphouët-Boigny, presidente de la república y líder del Parti Démocratique de la Côte
d'Ivoire (PDCI) hasta su muerte, el 7 de diciembre de 1993. Fue uno de los fundadores de la
Rassemblement Démocratique Africain (RDA), el principal partido político interterritorial pre-
independencia para todos los territorios africanos occidentales franceses excepto Mauritania.
Houphouët-Boigny vino primero a la prominencia política en 1944 como fundador del Syndicat
Agricole Africain, una organización que ganó condiciones mejoradas para los granjeros
africanos y formó un núcleo para el PDCI. Tras la Segunda Guerra Mundial, fue elegido por un
estrecho margen para la primera Asamblea Consituyente. Representando a Costa de Marfil en
la Asamblea Nacional Francesa desde 1946 hasta 1959, dedicó gran parte de su esfuerzo a la
organización política interterritorial y al posterior mejoramiento de las condiciones laborales.
Tras sus trece años de servicio en la Asamblea Nacional Francesa, incluyendo casi tres años
como ministro en el gobierno francés, se convirtió en el primer ministro de Costa de Marfil en
abril de 1959, y al año siguiente fue elegido como su primer presidente.
En mayo de 1959, Houphouët-Boigny reforzó su posición como figura dominante en África
Occidental al llevar a Costa de Marfil, Níger, Alto Volta (Burkina Faso), y Dahomey (Benín) al
Concejo de la Entente, una organización regional que promovía el desarrollo económico.
Mantuvo que el camino hacia la solidaridad africana era a través de la cooperación económica
y política paso-a-paso, reconociendo el principio de la no intervención en los asuntos de otros
estados africanos.
Las primeras elecciones multipartidarias se realizaron en octubre de 1990 y Houphouët-Boigny
ganó de forma convincente.

Chad era una parte del imperio colonial francés 1900-1960. El régimen colonial bajo los
franceses comenzó en 1900 cuando se creó el Territorio Militar de Chad. A partir de 1905,
Chad estaba vinculada a la federación de las posesiones coloniales francesas en África Oriental,
conocido a partir de 1910 bajo el nombre de África Ecuatorial Francesa .Chad pasó en 1920 a la
administración civil francesa, pero sufrió de la negligencia crónica.
Chad se distinguió en 1940 por ser, bajo el gobierno de Félix Éboué , la primera colonia
francesa en reunir a un lado de la Francia Libre . Después de la Segunda Guerra Mundial , los
francéses permitieron una cantidad limitada de representación de la población africana,
inaugurando el camino para el choque en la arena política entre la oposición y basada en el sur
de Chad Partido Progresista (PPT) y la islámica conservadora Unión Democrática del Chad (UDT
). Fue finalmente el PPT el que salió victorioso y llevó al país a la independencia en 1960 bajo la
dirección de François Tombalbaye.

Madagascar
Los franceses consiguieron su propósito de construir bases comerciales en las costas
malgaches, unas veces por la fuerza y otras diplomáticamente, a finales del siglo XVIII. Durante
las Guerras Napoleónicas, el rey Radama I de Imerina se puso del lado de los británicos, que
aumentaron su influencia en la isla a costa de los franceses y entrenaron a los nativos en el uso
de armas modernas. No obstante, a la muerte de Radama I en 1828 se persiguió a los
británicos, incluidos los misioneros. Durante el reinado de Radama II (1861–1863) se
introdujeron una serie de reformas modernistas y Madagascar se abrió al contacto con
franceses y británicos, lo que causó que los sectores más tradicionalistas mataran al rey y
dieran marcha atrás a los cambios. Francia se anexionó la isla por completo en 1895 tras
derrotar a la reina Ranavalona III. La guerra había durado doce largos años y al inicio de la
misma el Reino de Imerina tenía un ejército poderoso de 40.000 hombres armados y
entrenados por oficiales ingleses.4 La reina se exilió un año después, al tiempo que se instituía
un mandato militar francés y Madagascar era proclamada colonia francesa.
Ya en 1916 los franceses tuvieron problemas con las organizaciones secretas nacionalistas,
pero lograron mantener el orden. Francia sólo perdió el control de la isla durante 1942, cuando
los británicos la ocuparon por miedo a que Japón se hiciera con Madagascar. En 1943 fue
entregada a la Francia libre, y en 1958 dejó de ser colonia y se convirtió en territorio de
ultramar francés. Esto no impidió que al año siguiente estallase una revuelta que forzó a
Francia a convocar elecciones en la isla, que ganaron los independentistas moderados.
Independencia
En 1960 Madagascar se independizó totalmente de Francia y se instituyó una república bajo el
gobierno de Philibert Tsiranana, líder del Partido Socialdemócrata.
En 1975 hubo un golpe de estado militar que puso el gobierno en manos del capitán de fragata
Didier Ratsiraka, que gobernó con puño de hierro hasta que en 1992 las presiones populares le
obligaron a designar un gobierno de transición a la democracia. Ratsiraka fue derrotado en las
elecciones presidenciales de 1993 por Albert Zafy, pero ganó las legislativas que se celebraron
simultáneamente. La situación de tensión entre los partidarios de Ratsiraka y el gobierno de
Zafy llevó a la destitución de este último por el parlamento en 1996, siendo sustituido por
Norbert Ratsirahonana. Éste era un colaborador cercano de Zafy que gobernó bajo su sombra
hasta las elecciones de 1997, en las que Ratsiraka se hizo nuevamente con el poder.
Didier Ratsiraka conservaría el poder hasta las elecciones presidenciales de diciembre de 2001,
cuando tras unos resultados controvertidos, su rival, el hasta entonces alcalde de
Antananarivo Marc Ravalomanana se declaró ganador por mayoría absoluta de la primera
vuelta de las elecciones, acusando de fraude al gobierno, que había publicado unos resultados
que hacían necesaria una segunda vuelta.
La tensión de la primera mitad del año 2002 llegó a amenazar con la posibilidad de una guerra
civil. La sociedad y el propio ejército malgaches se dividieron en dos, con la capital
Antananarivo convertida en bastión de Ravalomanana, mientras Ratsiraka dirigía un gobierno
en la ciudad costera de Toamasina. La comunidad internacional hizo diversos llamamientos al
diálogo y a la calma. Ravalomanana consiguió consolidar su poder, mientras Ratsiraka iba
perdiendo apoyos. En junio de 2002, algunos países como Estados Unidos, Suiza y Noruega
reconocían ya al gobierno de Ravalomanana. Otros países europeos esperaron la decisión final
de Francia que, a principios de julio, ya se dirigía públicamente a Ravalomanana como
«presidente de Madagascar». El reconocimiento internacional confirmó el poder de
Ravalomanana, y Ratsiraka huyó finalmente del país, refugiándose en Francia.
Desde la consolidación del poder por parte de Marc Ravalomanana, el país ha conseguido
alcanzar unas cotas muy altas de crecimiento económico, apoyado por ayudas muy cuantiosas
de instituciones internacionales como el Banco Mundial.

La Indochina francesa (en francés: Indochine française; en vietnamita: Đông Dương thuộc
Pháp; en camboyano: ; en laosiano: ) fue una federación
de protectorados en el sudeste de Asia que formaba parte del Imperio colonial francés.
Oficialmente, fue conocida como la Unión Indochina (en francés: Union Indochinoise), y
después de 1946 se convirtió en la Federación Indochina (en francés: Fédération indochinoise)
como parte de la Unión Francesa. Estaba formada por una federación de tres regiones
vietnamitas (Cochinchina, Tonkín y Annam) junto a los protectorados de Laos y Camboya.
Dependió también del gobierno francés de Indochina la concesión de Kouang-Tchéou-Wan,
parte de la hoy Zhanjiang.
En 1902 la capital colonial fue trasladada de Saigón, en la Cochinchina, a Hanoi (Tonkín).
Durante la Segunda Guerra Mundial la colonia fue administrada por la Francia de Vichy y
quedó bajo ocupación japonesa hasta 1945. A comienzos de 1941 el Viet Minh, una guerrilla
comunista liderada por Ho Chi Minh, comenzó una revuelta contra el poder colonial francés y
la ocupación japonesa, que tras el final de la guerra mundial desembocaría en la conocida
como Guerra de Indochina (1946-1954). En Saigón el anticomunista Estado de Vietnam,
liderado por el antiguo emperador vietnamita Bảo Đại, obtuvo su independencia en 1949,
mientras el Reino de Luang Prabang y Camboya obtenían mayor autonomía. De acuerdo a los
acuerdos alcanzados durante la Conferencia de Ginebra, el Viet Minh reafirmó su gobierno
sobre Vietnam del Norte, aunque el gobierno de Bảo Đại continuó sus actividades y poder en
Vietnam del Sur.
Los acuerdos de Ginebra significaron el final del poder colonial francés en la península de
Indochina y también el principio del fin de su imperio colonial.
Administración francesa
Francia asumió la soberanía sobre Annam y Tonkín tras la Guerra Franco-China, que duró de
1884 hasta 1885. La Indochina Francesa fue formada en octubre de 1887 por Annam, Tonkín,
Cochinchina y el Reino de Camboya. Laos se agregó en 1893. La federación duró hasta 1954 y
la capital era Saigón. Los franceses dejaron en el poder a los soberanos locales, que eran los
emperadores de Vietnam, los reyes de Camboya y los reyes de Luang Prabang, pero en la
práctica estos actuaban solo como testaferros.
Tras el comienzo de la Segunda Guerra Mundial, en septiembre de 1940 la Francia de Vichy —
que se había sometido a la Alemania nazi— accedió a las demandas de Japón para conseguir el
acceso militar a Tonkín. Inmediatamente, esto permitió a Japón un mejor acceso a China
durante la Guerra chino-japonesa contra las fuerzas de Chiang Kai-shek, pero solo fue parte de
la estrategia de dominación de Japón del océano Pacífico y otras porciones del sureste de Asia.
No obstante, la ocupación militar no vino acompañada de una influencia en otros ámbitos,
dejando la situación administrativa tal y como estaba antes de su llegada.
El 9 de marzo de 1945, ante la situación en la que se encontraba la guerra, Japón decidió
aprovechar la coyuntura para tomar el control de la zona. Los japoneses establecieron un
control efectivo en la zona hasta que el gobierno japonés se rindió en agosto, después de que
las bombas atómicas fueran lanzadas sobre Hiroshima y Nagasaki.
Decadencia del poder colonial
Después de la guerra, Francia intentó controlar de nuevo la región, pero el Vietminh, una
organización de nacionalistas comunistas vietnamitas dirigidos por Ho Chi Minh, se opuso a los
franceses. Paradójicamente, los franceses se enfrentaban a un vietnamita instruido en Francia.
Durante la Segunda Guerra Mundial, los Estados Unidos habían apoyado al Viet Minh en la
resistencia contra los japoneses; este hecho facilitó que ocuparan el vacío de poder en el país
después de la marcha de los franceses en marzo de 1945. Tras persuadir al emperador Bao Dai
para abdicar en su favor el 2 de septiembre de 1945, Ho, ya como presidente, declaró la
independencia de la República Democrática de Vietnam. Pero antes del final de septiembre,
una fuerza conjunta de soldados británicos y franceses, junto con las tropas japonesas
capturadas, restauraron el control francés. La lucha dio como resultado la conocida como
Guerra de Indochina. En 1950, Ho declaró nuevamente una República Democrática de Vietnam
independiente, que fue reconocida por el Partido Comunista Chino y la Unión Soviética.
La lucha se mantuvo hasta marzo de 1954, cuando el Vietminh venció a las fuerzas francesas
en la decisiva batalla de Dien Bien Phu. Esto conllevó la división del territorio en la República
Democrática de Vietnam (en el norte, bajo el control del Vietminh) y el Estado de Vietnam en
el sur (con el apoyo de Estados Unidos, Reino Unido y Francia). Los hechos de 1954 también
marcaron el fin del control francés en la región y el inicio de la influencia de Estados Unidos en
Vietnam del Sur, hecho que años más tarde desembocaría en la llamada Guerra de Vietnam.
La separación fue acordada en la Conferencia de Ginebra, donde los Estados Unidos de
América, la Unión Soviética, Reino Unido, Francia y la República Popular China también
discutieron sobre puntos concretos a la Guerra de Corea. Tras lo acaecido en Ginebra Francia
abandonó cualquier intención de reclamar el territorio en la península de Indochina.
Entre 1853 y 1877 comenzó un movimiento de colonización francés en Nueva Caledonia. Los
primeros militares franceses que habían participado en la conquista se apoderaron de millares
de hectáreas de tierra y expulsaron a los nativos de los terrenos más fértiles. La población
indígena fue víctima de varias masacres.
En 1860 la colonia de Nueva Caledonia fue separada administrativamente de Tahití y fue
nombrado su primer gobernador, el contraalmirante Guillain, que comenzó a organizar una
colonia penal y la distribución de tierras (no sólo para que los presos cumplieran su pena sino
también para confiarles tierras una vez cumplida su pena y pudieran instalarse
definitivamente). Al mismo tiempo se creó la institución del “indigenado”, reservas para los
indígenas organizadas a partir de las tribus o “chefferies” (“jeferías”) ya existentes divididas en
distritos. El primer convoy penitenciario llegó en 1864 (criminales y delincuentes comunes con
delitos de muy diversa gravedad).
Los presos continuaron llegando entre 1864 y 1897. Tras el estallido revolucionario de la
Comuna de París en 1871, Nueva Caledonia sirvió como destino de deportación a muchos
miembros de la Comuna condenados en consejos de guerra por orden del gobierno de Thiers.
Estos condenados políticos fueron llamados “deportés” o “communards”. Entre ellos destacan
Henri Rochefort, que se negó a escapar a la represión tras el fin de la revolución y Louise
Michel. A los communards se unieron los argelinos que participaron en la revuelta del sheik El
Mokranien en 1871. La administración penitenciaria o “Tentiaire”, acumuló gran riqueza y
poder, ocupando a la mayoría del funcionariado colonial. Además, muchos de los presos que
redimían sus penas acababan trabajando para la administración penitenciaria.
Paralelamente se desarrolló una colonización civil aunque de forma desorganizada, con
“pioneros” llegados de Francia, y especialmente de Alsacia y Lorena, a los que se añadieron los
perdedores de la “fiebre del oro” australiana o familias que habían sido obligadas a emigrar
por la falta de tierras, recursos o por razones sociales, económicas o políticas para probar
suerte en las colonias. Estos primeros colonos se asentaron sobre todo en la costa oeste de la
Grande Terre, en los terrenos adyacentes a Numea y en Païta, Boulouparis, Moundou y Koné,
entre otros asentamientos. El descubrimiento de garnierita por parte de Jules Garnier en 1866
comenzó la explotación de este mineral, lo que atrajo a numerosos comerciantes y provocó un
auge financiero durante varios años (que pronto fue frenado por varias quiebras económicas
especialmente la del banco Marchand en 1878). La primera colonización realmente
estructurada procedía de la Isla de Reunión, como parte de un proyecto para cultivar caña de
azúcar en Nueva Caledonia (y que no tuvo éxito).
En 1874 tras la evasión de seis “communards” deportados con Henri Rochefort, el gobernador
Gautier de la Richerie fue sustituido por Léopold de Pritzbuër. Según el decreto del 12 de
diciembre de 1874 firmado por Patrice de Mac Mahon los poderes del gobernador de Nueva
Caledonia fueron igualados a los del director de la “administración penitenciara”.
El 22 de julio de 1884 fue nombrado el primer gobernador civil de Nueva Caledonia, y entre
1884 y 1894 se sucedieron los siguientes gobernadores:
 Le Boucher (22 de julio de 1884 - 13 de mayo de 1886)
 Teniente Coronel Orius (mayo-junio de 1886)
 Louis Nouet (5 de junio de 1886 – 30 de julio de 1888)
 Morrachini, después Coronel (30 de julio de 1888 – 12 de enero de 1889)
 Noêl Pardon (12 de enero de 1889 -14 de abril de 1891)
 Laffon (14 de abril de 1891 – 16 de diciembre de 1892)
 Picquie (16 de diciembre de 1892 – 21 de febrero de 1894)
 Ghouarhou (21 de febrero de 1894 – 1895)
En 1895 el nuevo gobernador, Paul Feillet puso fin a la colonización penal, y mediante varias
campañas de reclutamiento en Francia hizo venir a Nueva Caledonia hizo llegar la primera
oleada organizada de emigración de importancia: los “colonos Feillet”, llegados con el
proyecto de instalar plantaciones de café en el archipiélago, y que constituyó un fracaso
parcial, debido a las difíciles condiciones de vida (tras su llegada, las familias de colonos
quedaban prácticamente a sus propias expensas), el alejamiento de la civilización (en
ocasiones era necesario que el aprovisionamiento se complementara en barco). Los colonos
europeos recibieron tierras para cultivar café, mientras que los colonos asiáticos se dedicaron
a las explotaciones mineras que comenzaron en 1910. Una última oleada de colonización se
produjo durante la década de 1920, cuando llegaron los “colonos del Norte”, procedentes
principalmente del norte de Francia, y que trataron de cultivar algodón, con un completo
fracaso.
Un hecho notable es que Nueva Caledonia fue, junto con Argelia, la única colonia que fue
activamente colonizada con población francesa civil. La llegada de los franceses llegó
finalmente a igualar en número a la población autóctona (llamados “caldoches”). Mientras
llegaba la colonización europea, los canacos siguieron sometidos al régimen de “indigenato”
(que no fue abolido hasta 1946) y a los que no se permitía salir de las reservas. Azotados por
las enfermedades, el alcoholismo y la malnutrición, la población indígena, que era estimada en
unos 100.000 habitantes en 1853, fue reducida a 20.000 en 1920.

La Polinesia Francesa (en francés: Polynésie Française; en tahitiano: Porinetia Farani) es una
colectividad de ultramar francesa localizada al sur del océano Pacífico. Está compuesta de 118
islas y atolones de los cuales 67 están habitados.1 La isla Tahití, en el archipiélago las Islas de la
Sociedad, es la más famosa y poblada de las islas, con Papeete, la capital y localidad más
grande, localizada en ella.
El rey Pomare II de Tahití se vio obligado a huir a Moorea en 1803, él y sus súbditos se
convirtieron al protestantismo en 1812. Los misioneros católicos franceses llegaron a Tahití en
1834; su expulsión en 1836 causó que Francia enviara un buque de guerra en 1838. En 1842,
Tahití y Tahuata fueron declaradas un protectorado francés, para permitir que los misioneros
católicos trabajaran sin ser molestados. La capital de la localidad fue fundada en 1843. En
1880, Francia se anexionó Tahití, cambiando su estatus de un protectorado al de una colonia5
En la década de 1880, Francia reclamó el Archipiélago de Tuamotu, que perteneció a la
dinastía Pomaré, sin anexarlo formalmente. Tras haber declarado un protectorado sobre
Tahuatu en 1842, los franceses consideraron a todas las islas Marquesas como francesas. En
1885, Francia nombró a un gobernador y estableció un consejo general, dándole una adecuada
administración de colonia. Las islas de Rurutu y Rimatara estuvieron bajo presión para estar
bajo protección británica en 1888 sin éxito, por lo que en 1889 fueron anexadas por Francia.
Los sellos de correos emitidos originalmente en la colonia datan de 1892. El nombre oficial de
primera de la colonia fue Établissements de l'Océanie (Asentamientos en Oceanía); en 1903 el
Consejo General se cambió a un consejo consultivo y el nombre de la colonia fue cambiado a
Établissements français de l'Océanie (Asentamientos franceses en Oceanía).6
En 1940 el gobierno de la Polinesia Francesa reconoce las Fuerzas de la Francia Libre y muchos
polinesios sirven en la Segunda Guerra Mundial. El Gabinete Imperial Konoe en Japón el 16 de
septiembre de 1940 (Desconocido por los franceses y polinesios), incluyeron la Polinesia
Francesa entre los muchos territorios que se convertirían en las posesiones japonesas en el
mundo de la posguerra7 - aunque en el curso de la guerra en el Pacífico los japoneses no
fueron capaces de lanzar una invasión real de las islas francesas.
En 1946, a los polinesios se les concedió la ciudadanía francesa y la situación de las islas fue
cambiada a un territorio de ultramar, el nombre de las islas fue cambiado en 1957 a Polynésie
Française (Polinesia Francesa). En 1962, el cercano polígono de ensayos nucleares de Argelia,
no pudo seguir siendo usado por la independencia de esa colonia y el atolón de Mururoa en el
archipiélago de Tuamotu fue seleccionado como el sitio de pruebas de los nuevos ensayos que
se realizaron bajo tierra después de 1974.8 En 1977, a la Polinesia Francesa se concedió la
autonomía interna parcial, en 1984, se amplió la autonomía. La Polinesia francesa se convirtió
finalmente en una colectividad de ultramar de Francia en 2004.49
En septiembre de 1995, la política nuclear de Francia suscitó protestas generalizadas por la
reanudación de los ensayos nucleares en el atolón de Fangataufa después de una paralización
de tres años. La última prueba fue el 27 de enero de 1996. El 29 de enero de 1996, Francia
anunció que se unía al Tratado de Prohibición Completa de los Ensayos, y suspendió los
ensayos con las armas nucleares en al área.10
Entre los años 1990 y 2000, la vida política se estructura en torno a dos partidos: Tavini
Huiraatira (Temaru) y Tahoeraa Huiraatira (Gaston Flosse). En 2004, varios movimientos se
agrupan alrededor de la Tavini y dan forma a la UPLD. En 2008, la UPLD y Huiraatira Tahoeraa
celebran un acuerdo de coalición y se forma la UDSP.
Aunque no formó parte integrante de su territorio, la Isla de Clipperton, se administró desde la
Polinesia Francesa hasta 2007.
Desde 2013, Polinesia Francesa reintegra la lista de las Naciones Unidas de territorios no
autónomos.11

Guayana Francesa
Francia colonizó el territorio en el siglo XVII; esta colonización se realizó cuando Luis XIV envió
miles de colonos a Guayana. Los colonos fueron seducidos para realizar esta empresa con
historias de muchísimo oro y fortunas fáciles de hacer. Pero, por el contrario, se encontraron
con una tierra llena de nativos hostiles y enfermedades tropicales. Un año y medio después,
sólo unos pocos cientos sobrevivieron.
Los supervivientes huyeron a tres pequeñas islas que podían ser vistas desde la ribera y las
llamaron las Îles du Salut (Islas de la Salvación). Cuando los sobrevivientes de esta fallida
expedición regresaron a casa, las terribles historias que contaron de la colonia dejaron una
impresión duradera en Francia.
En 1794, tras la muerte de Robespierre, 193 de sus seguidores fueron enviados a Guayana. En
1797 el general republicano Pichegru y muchos diputados y periodistas fueron también
enviados a la colonia. Más tarde, fueron llevados esclavos desde África y se establecieron
plantaciones a lo largo de las zonas libres de enfermedades junto a los ríos, las cuales trajeron
cierta prosperidad a la colonia por primera vez. En 1848, Francia abolió la esclavitud y los
antiguos esclavos huyeron hacia la selva, estableciendo comunidades similares a las de donde
vivían en África en el momento de ser raptados.
En 1852, las primeras cargas de condenados encadenados llegaron desde Francia. En 1885,
para deshacerse de los criminales habituales y aumentar el número de colonos, el parlamento
francés aprobó una ley por la que cualquiera, ya fuera hombre o mujer, que tuviera más de
tres sentencias por robo de más de tres meses cada una, sería enviado a la Guayana Francesa
como un relegado. Estos relegados eran mantenidos en prisión allí por un periodo de seis
meses tras el cual eran liberados para convertirse en habitantes de la colonia. Sin embargo,
este experimento fue un fracaso: los prisioneros eran incapaces de ganarse la vida trabajando
la tierra, por lo que se veían forzados a delinquir nuevamente o ganarse la vida hasta morir. De
hecho, ser enviado a Guayana Francesa como relegado era una sentencia perpetua, y
normalmente una sentencia corta, puesto que la mayoría de los relegados morían
rápidamente de enfermedad y desnutrición.
La Guayana Francesa obtuvo la denominación de Departamento de Ultramar de Francia el día
19 de marzo de 1946. Las colonias penales, incluida la Isla del Diablo, fueron cerradas
formalmente en 1951. En primer lugar, sólo los prisioneros liberados que podían costear la
tarifa para su pasaje de vuelta a Francia pudieron volver a casa, y así la Guayana Francesa
sufrió tras el cierre oficial de las prisiones de la delincuencia ejercida por numerosos presos
liberados que llevaban una existencia sin objetivo en la colonia.

Canadá
Nueva Francia (1604-1756)
El primer intento de colonizar el Canadá fracasó en 1541. Terranova fue anexionada al Imperio
británico por sir Humphrey Gilbert en 1583. La primera colonia permanente francesa fue la de
Acadia (Nueva Escocia) fundada en 1604 por Samuel de Champlain, siendo seguida en 1608
por la Colonia de Quebec. En 1627 el cardenal Richelieu fundó una compañía por acciones: la
Compañía de los Cien Asociados para ser el núcleo de la civilización francesa en el Nuevo
Mundo. En 1628, sir William Alexander estableció una colonia escocesa en la actual Nueva
Escocia. Los franceses fundaron nuevos asentamientos en Trois-Rivières en 1634 y Montreal en
1642. En 1663 bajo el reinado de Luis XIV de Francia la colonia de Nueva Francia pasa a estar
bajo la autoridad directa del rey, Jean-Baptiste Colbert ministro de Finanzas impulsó una nueva
administración para la provincia similar a la de Francia, el comercio de pieles en Nueva Francia
fue otorgado como monopolio a la Compañía de las Indias Occidentales. En 1670 se funda la
Compañía de la Bahía de Hudson para permitir al Imperio británico explotar la región pero sus
bases cayeron ante una expedición francesa en 1686. Desde Nueva Francia se mandaron varias
expediciones, la de Louis Jolliet y Jacques Marquette en 1673 encargada de explorar el río
Misisipi y la de René Robert Cavelier en 1682 para tratar de obtener Luisiana. En 1689 las
luchas dinásticas en Europa provocaron el inicio de una guerra entre las colonias inglesas y
francesas de América que terminó en 1713 con el Tratado de Utrecht cediendo los franceses
Terranova y la bahía de Hudson, reteniendo la isla de Cabo Bretón y la isla del Príncipe
Eduardo. El tratado no impidió nuevas escaramuzas entre las potencias coloniales en 1744, los
conflictos entre ambos llevaron a una guerra abierta entre los 2 países en 1754 en el valle del
Ohio que se llegó al máximo en 1756 con la Guerra de los Siete Años.1245
Guerra de los Siete Años (1756-1763)
La Guerra de los Siete Años consistió en una serie de conflictos comerciales y rivalidades
coloniales entre franceses e ingleses que dieron como resultado una guerra que afectó a
Europa y a sus colonias. En América del Norte la creciente inmigración aumentó la presión de
los 400 000 colonos ingleses sobre los territorios franceses, escasamente poblados por 70 000
colonos, pero fuertemente protegidos por fortines. Las constantes escaramuzas se
transforman en 1754 en un conflicto armado en el valle del Ohío. Inicialmente Gran Bretaña
sufrió una derrota en Fort Duquesne y fracasó al intentar tomar Crown Point en 1755. Los
contraataques franceses tuvieron éxito al tomar Fort William Henry, Fort George y Fort
Oswego en 1756. Pero las fuerzas francesas dirigidas por el General Louis-Josep de Saint-
Véran, marqués de Montcalm no tardaron en verse incapacitadas de recibir ayuda desde la
metrópolis de Francia debido al bloqueo de la Marina Real británica. Pese a todo los franceses
lograron derrotar a los ingleses en Ticonderoga en 1758. Los británicos liderados por James
Wolfe lograron derrotar a las tropas del marqués de Montcalm, en las llanuras de Abraham,
cerca de Quebec en 1759 tomando la ciudad y muriendo el marqués de Montcalm y James
Wolfe en la batalla. El 8 de septiembre de 1760 cae Montreal y los ingleses ocupan totalmente
la colonia de Nueva Francia. El Tratado de París (1763) del 10 de febrero de 1763 hace que
Francia abandone sus posesiones en América del Norte excepto las islas San Pedro y Miguelón
y conservando derechos de pesca en las proximidades de Terranova. La mayoría de colonos
franceses decidió permanecer en Quebec pese a ser una colonia inglesa.4567
Marie-Ève Bélanger

GUERRE, GENRE ET RÉSISTANCE :


MALIKA MOKEDDEM ET FARIBA HACHTROUDI

Prix de publication du meilleur mémoire de maîtrise


Concentration études féministes
Année 2005
IREF-UQAM
LES CAHIERS DE L’IREF présentent une série de documents inédits dans le but explicite de contribuer
au développement des connaissances et de la recherche féministes.

Les manuscrits publiés sont soumis à un comité de lecture.

Distribution : Institut de recherches et d’études féministes


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Institut de recherches et d’études féministes


Dépôt légal : 4e trimestre 2006
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque du Canada
ISBN 2-922045-23-4

Les textes publiés dans les Cahiers de l’IREF n’engagent que la responsabilité de leurs auteures et auteurs.

Traduction libre des citations de langue anglaise : Julie Brunet


Couverture : Service des communications, UQAM.

Ce cahier est en partie financé par le Fonds Anita Caron. Nous remercions les donatrices et donateurs qui
contribuent à la réalisation de cette publication.
Table des matières

Remerciements ...............................................................................................................................................ix
Résumé..............................................................................................................................................................xi
Introduction......................................................................................................................................................1

Chapitre 1
Le genre comme origine de la guerre .......................................................................................................9
1.1 Le genre : une catégorie d’analyse ...................................................................................................10
1.1.1 Les théories féministes sur la différence des sexes et le concept de genre ......................10
1.1.2 Les théories féministes sur le rapport entre les femmes et la guerre ...............................16
1.2 Présentation des contextes socio-historiques des romans ..........................................................22
1.2.1 Le cas de l’Algérie ....................................................................................................................22
1.2.2 Le cas de l’Iran .........................................................................................................................29

Chapitre 2
À leur corps défendant : la représentation des femmes résistantes................................................39
2.1 La sexualité est politique ..................................................................................................................40
2.1.1 Le contrôle social du corps féminin ......................................................................................40
2.1.2 L’appropriation des femmes ..................................................................................................41
2.2 Le rôle des femmes dans la guerre : briser les stéréotypes ..........................................................42
2.2.1 Le voile et la voix au service d’une cause dans Les hommes qui marchent .........................43
2.2.2 L’utérus au service d’une cause dans Iran, les rives du sang .................................................47
2.3 Vers la reconquête du corps : repenser la sexualité et la maternité ............................................51
2.3.1 Le refus du corps approprié dans Les hommes qui marchent ...............................................54
2.3.2 L’affirmation d’une féminité subversive dans Iran, les rives du sang ..................................61
vii

Chapitre 3
Transgressions spatiales : vers une nouvelle vision du monde .......................................................69
3.1 L’espace sexué ...................................................................................................................................70
3.1.1 Le privé versus le public .......................................................................................................70
3.1.2 Le confinement des femmes ................................................................................................71
3.2 L’espace littéraire : la maison et la ville ..........................................................................................73
3.2.1 Divisions et injustices dans Les hommes qui marchent ..........................................................74
3.2.2 Hiérarchies et injustices dans Iran, les rives du sang .............................................................79
3.3 Vers l’écriture d’un nouveau monde : ouvrir les frontières symboliques ..................................83
3.3.1 Le métissage des espaces dans Les hommes qui marchent .....................................................84
3.3.2 Le dialogue entre les espaces dans Iran, les rives du sang .....................................................91

Conclusion ....................................................................................................................................................101
Bibliographie................................................................................................................................................109
ix

Remerciements

Je voudrais d’abord remercier ma famille, mes amis-es et mon copain, qui, par leurs
encouragements, leurs conseils, leur intérêt dans mon travail ou leur simple présence dans ma vie,
m’ont donné l’équilibre et la motivation nécessaires à la réalisation de ce mémoire. J’aimerais
également remercier l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM pour m’avoir décerné
la Bourse Anita Caron et pour m’avoir ouvert un espace d’échanges interdisciplinaires des plus
stimulants. Un merci tout spécial à Pierrette Desmarais qui a créé cette année la Bourse Pierrette
Desmarais en études littéraires ; son vif intérêt pour mes recherches et son soutien financier ont
représenté pour moi une véritable bulle d’oxygène pendant les derniers mois de ma rédaction. Enfin,
je voudrais remercier sincèrement ma directrice Lori Saint-Martin, professeure au Département
d’études littéraires de l’UQAM, pour sa grande générosité et sa rigueur intellectuelle ; elle a su
m’insuffler de la confiance en mes idées tout en me poussant à aller toujours plus loin.
xi

Résumé

L e présent mémoire propose une réflexion sur l’écriture des femmes sur la guerre à travers la
mise en parallèle de deux romans dont le thème central est la résistance. Il s’agit de Les
hommes qui marchent de Malika Mokeddem (1990) et de Iran, les rives du sang, de Fariba Hachtroudi
(2000). Puisque ces romans placent l’oppression des femmes à l’avant-plan d’un système guerrier, ils
soulèvent des questionnements similaires : Quels liens existent entre toutes les formes
d’oppression ? Comment la représentation de femmes résistantes transgresse-t-elle la conception
stéréotypée du genre sexuel en vigueur dans les sociétés dépeintes ? En quoi l’expérience spécifique
des femmes dans la guerre peut-elle engendrer une autre vision du monde ? Afin de répondre à ces
questions, ce mémoire fait appel à des théories féministes sur le concept de genre, sur le rapport
entre les femmes et la guerre, sur le corps approprié et sur l’espace sexué. Il permet ainsi
d’approfondir une réflexion féministe sur le lien entre la construction hiérarchisée des rapports
sociaux de sexe et le système qui engendre la guerre. L’analyse de la représentation des femmes
résistantes dans le corpus d’étude met en lumière des transgressions du genre sexuel, notamment à
travers la déconstruction des dichotomies nature/culture et privé/public. Du coup, comme les
structures sociales dépendent du genre, les œuvres de résistance étudiées tendent à construire une
nouvelle vision du monde, car elles proposent que celui-ci soit fondé sur des valeurs pacifiques telles
que l’égalité, le métissage et le dialogue avec l’autre.

Mots clés : littérature, femmes, genre, guerre, paix, corps, espace, Les hommes qui marchent, Malika
Mokeddem, Iran, Les rives du sang, Fariba Hachtroudi.
xiii

Car être féministe c’est peut-être refuser de savoir ce que femme veut dire pour écouter
ce que dit une femme. (Collin, 1990 : 18-19)
Introduction

Souvent privées autrefois de contact avec le monde extérieur, les


femmes ont peine à imaginer la grande scène dont on les a exclues.
Peut-être aussi ne ressentent-elles pas de la même façon le temps et
la vie, peut-être ne considèrent-elles pas comme vraiment important
ce qui importe aux hommes : la gloire, la guerre, la puissance.
(Didier, 1981 : 19)

L’ idée du présent mémoire a surgi d’un double questionnement portant sur l’écriture des
femmes ainsi que sur le rapport entre le genre (« gender ») et la guerre. Nous avons voulu
mettre à l’épreuve l’idée selon laquelle, d’après certaines théoriciennes et critiques, les femmes
s’intéresseraient davantage à l’intime qu’à la chose publique. Ainsi, par exemple, Béatrice Didier
affirme que « l’écriture féminine est une écriture du Dedans : l’intérieur du corps, l’intérieur de la
maison. Écriture du retour à ce Dedans, nostalgie de la Mère et de la mer. » (1981 : 37) Nous nous
sommes donc demandé comment les femmes écrivaient sur ce qui apparaissait essentiellement
comme extérieur : le système public, les conflits politiques, la guerre. Étant donné que la guerre est
traditionnellement considérée comme un domaine masculin, nous avons voulu savoir comment
étaient représentées les femmes dans celle-ci et quels étaient les enjeux d’une telle représentation.

Les dernières décennies ont été marquées par la violence : de nombreux pays ont été, ou
sont encore, déchirés par la guerre1. Nous avons donc scruté les textes d’une diversité d’auteures2
telles qu’Assia Djebar (Algérie), Sahar Khalifa (Palestine), Andrée Chedid (Liban), Venus Khoury-
Ghata (Liban), Yvonne Vera (Zimbabwe), Gioconda Belli (Nicaragua), etc. Nous avons enfin arrêté
notre choix sur deux œuvres écrites en français par des écrivaines exilées en France et dont le sujet
était bouleversant d’actualité. Les romans retenus3, Les hommes qui marchent, de Malika Mokeddem, et
Iran, les rives du sang, de Fariba Hachtroudi, se démarquaient des autres par le thème central de la

1 Par exemple, dans Les femmes et la guerre, Madeleine Gagnon (2000) rapporte les témoignages de femmes ayant vécu
la guerre dans des régions aussi variées que la Macédoine, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, Israël, la Palestine, le
Liban, le Pakistan et le Sri Lanka.
2 On pourra retrouver les titres dans la bibliographie.
3 Les deux romans ont été primés : Iran, les rives du sang reçoit le Grand prix littéraire des Droits de l’Homme en 2000
et Les hommes qui marchent obtient, en 1990, le prix Littré, le prix du Premier roman de Chambéry et le prix de la
Fondation Nourredine Aba (Algérie).
2 Marie-Ève Bélanger

résistance. Écrire sur « l’extérieur » devenait, chez ces militantes4, un prétexte pour transgresser,
subvertir et transformer l’ordre social.

Publié en 1990, Les hommes qui marchent de l’auteure algérienne Malika Mokeddem présente le
cheminement d’une famille à travers quatre générations, de l’époque coloniale (1830-1962) à la
guerre de libération nationale (1954-1962), puis de l’indépendance à la montée de l’intégrisme
religieux qui a suivi. On y découvre l’engagement des femmes dans la lutte contre le colonialisme
ainsi que la lutte individuelle de la protagoniste, Leïla, pour se soustraire à l’obscurantisme des
mentalités et s’émanciper. L’Iranienne Fariba Hachtroudi publie, en 2000, Iran, les rives du sang, roman
qui dévoile, à travers une enquête policière menée par l’inspecteur Tadjik, la misère et la résistance
de deux générations de femmes iraniennes. L’inspecteur reçoit le journal intime d’une certaine Fari,
exilée en France, qui l’incite à rouvrir son enquête sur la mort de la mère de celle-ci à Téhéran. Au fil
de ses interrogatoires, il découvre la réalité méconnue des femmes au cours des trente dernières
années : depuis la fin du règne du chah (1941-1979) jusqu’à la révolution islamique (1977-1979), puis
à la guerre avec l’Irak (1980-1988). Si ces deux romans sont issus de cultures très différentes (arabe
et perse), ils ont en commun des caractéristiques essentielles. D’abord, ils ont été écrits en exil ; les
critiques acerbes des romancières envers leurs sociétés seraient impossibles sans cette distance qui
permet à la fois franchise et survie. Ensuite, ils ont été rédigés dans l’urgence, alors que les tensions
politiques causées par l’intégrisme religieux étaient toujours contemporaines. En Algérie, c’est l’aube
de la guerre civile ; en Iran, la République islamique engendre oppressions, violences et meurtres. De
plus, il s’agit des premiers romans publiés par les auteures et ils sont d’inspiration autobiographique.
Mais ce qui unit surtout les textes du corpus étudié, c’est qu’ils présentent des personnages féminins
résistant à une double oppression : celle d’un contexte socio-politique de guerre et de violence, et
celle d’une société patriarcale. Ainsi, les protagonistes doivent lutter à la fois contre un système
élitiste et discriminatoire en tous points et contre l’oppression subie en tant que femme. Le corpus
d’étude soulève donc des enjeux et des questionnements similaires : Quels liens existent entre toutes
les formes d’oppression ? Comment la représentation de femmes résistantes transgresse-t-elle la
conception stéréotypée du genre sexuel ? En quoi l’expérience spécifique des femmes dans la guerre

4 Malika Mokeddem est une militante active contre l’intégrisme et Fariba Hachtroudi est engagée dans le Conseil
national de la résistance iranienne. Cette dernière a été condamnée à mort par contumace par les dirigeants iraniens
à cause de sa dénonciation du régime khomeyniste dans la presse européenne. En 1995, elle fonde l’association
MOHA, qui aide les Iraniens et Iraniennes et dénonce le régime qui les force à l’exil.
Introduction 3

peut-elle engendrer une autre vision du monde ? La critique des Hommes qui marchent s’est intéressée
aux transgressions féminines, mais dans de courts articles non exhaustifs qui ne nous permettent pas
de répondre à ces questions ; pour ce qui est de Iran, les rives du sang, aucune analyse de fond ne lui a
été consacrée. L’utilisation de théories féministes enrichira donc la lecture de ces œuvres de
résistance et de contestation.

Dans le cadre du présent mémoire, nous nous proposons de mettre en parallèle ces deux
romans issus de pays très différents afin de relever des constantes dans l’écriture des femmes sur la
guerre. (Soulignons tout de même que, malgré des divergences évidentes, les contextes sociaux de
l’Algérie et de l’Iran ont de nombreux points en commun, comme nous le verrons au chapitre
premier.) Nous partirons de l’hypothèse suivante : l’analyse de la représentation des femmes
résistantes mettra en lumière des transgressions de la conception stéréotypée du genre féminin en
vigueur dans les sociétés dépeintes, notamment à travers la déconstruction des dichotomies
nature/culture et privé/public. Du coup, comme les structures sociales dépendent du genre, la
société violente laissera place à un monde meilleur, basé sur des valeurs telles que l’égalité, le
métissage et le dialogue avec l’autre. Bref, nous verrons que les deux romans à l’étude placent
l’oppression des femmes à l’avant-plan d’un système guerrier, voire y décèlent la cause première de la
guerre. Par ailleurs, nous privilégierons l’approche féministe, puisque la situation des femmes est au
cœur des préoccupations des auteures. Comme les romans associent manifestement l’émancipation
des personnages féminins avec un changement profond de la société, les théories féministes nous
permettront de pousser plus loin une réflexion sur le rapport entre le genre et le système qui
engendre la guerre.

La littérature des femmes sur la guerre : transformer l’univers symbolique

Deux ouvrages fondamentaux ont servi de point de départ pour notre analyse. Il s’agit de
War’s Other Voices : Women Writers on the Lebanese Civil War de Miriam Cooke (1988) et de Des femmes,
des hommes et la guerre. Fiction et réalité au Proche-Orient d’Evelyne Accad (1993). Bien que ces deux livres
portent sur la littérature libanaise, nous verrons que leurs conclusions peuvent s’appliquer à notre
corpus d’étude. Dans le premier, Miriam Cooke identifie un groupe de femmes écrivant sur leur
expérience de la guerre dans la capitale du Liban : « the Beirut Decentrists ». Elle montre comment
4 Marie-Ève Bélanger

leurs œuvres se distinguent de celles des hommes, entre autres par la transgression des stéréotypes
liés au genre, l’absence d’un ennemi ou de la dichotomie bons/méchants et l’idée de la responsabilité
de chacun dans les conflits : « Au Liban, il n’y avait pas que deux camps qui s’affrontaient, ni même
une centaine : il y en avait autant que l’on compte d’individus. » (Cooke, 1988 : 38 ; nous traduisons)
Selon Cooke, le point de vue différent des femmes est dû au fait qu’elles restent à Beyrouth alors que
les hommes désertent en grand nombre. Elles vivent donc l’abandon, la solitude, la quotidienneté de
la guerre et la nécessité de survie. Leur expérience forme leur nouvelle conscience féministe et
influence leurs discours : « L’ennemi était partout ; idem pour le champ de bataille. La guerre était le
lot de tous. » (27 ; nous traduisons) Bref, Cooke montre que l’écriture des femmes reflète une autre
vision de la réalité.

C’est aussi ce qu’affirme Evelyne Accad (1993) dans Des femmes, des hommes et la guerre. Fiction
et réalité au Proche-Orient, où elle montre que la littérature des femmes sur la guerre du Liban brise
l’hégémonie des discours masculins. Elle consacre d’abord une section de son analyse à trois romans
écrits par des femmes. Ce qui ressort de ceux-ci, c’est que les personnages féminins, opprimés par
les structures sociales (familiales, religieuses, patriarcales, etc.), ont compris qu’il était important
d’incorporer l’émancipation des femmes dans le changement politique. Une seconde partie porte sur
trois romans signés par des auteurs masculins et dont les protagonistes sont également des femmes.
Ces écrivains sont manifestement conscients de la relation entre la guerre et la sexualité, mais leurs
personnages féminins n’arrivent pas à transcender la violence et la misère en imaginant des solutions
de rechange. Chez eux, les protagonistes femmes sont représentées comme étant les principales
victimes de la guerre, alors que les hommes en sont les héros. Ainsi, comme Miriam Cooke, Evelyne
Accad croit qu’il y a une différence fondamentale entre les perceptions masculine et féminine de la
guerre, qui s’explique par leur expérience différente des conflits. Cette idée peut paraître simpliste
ou dépassée, mais elle n’a rien d’étonnant dans une société où les rôles sexuels sont encore définis
nettement. Le point de vue des personnes, hommes ou femmes, dépend nécessairement de leur
position dans le monde. C’est pourquoi la littérature des femmes illustre le lien indissociable entre la
sexualité et la guerre. Car, selon Accad, la sexualité est la motivation centrale de la guerre et il est
impossible d’espérer la paix dans une société patriarcale où « la violence et la guerre s’enracinent
dans une sexualité mal vécue, conçue à l’intérieur d’un système tribal fondé sur l’honneur, la
virginité, la possession, la jalousie, et la propriété exclusive de la femme. » (185) Ici, on voit surgir
Introduction 5

l’idée selon laquelle les problèmes politiques prennent leurs racines dans les traditions du domaine
privé :

Je prétends que si les Libanais […] transformaient véritablement leurs rapports de sexes
dans leurs propres familles et dans la relation hommes-femmes, chacun acceptant le côté
féminin et masculin de sa personnalité, s’ils se débarrassaient du code de l’honneur, des rites
de la virginité, des mariages religieux arrangés et de toutes les dimensions de l’oppression
des femmes, si tout cela pouvait arriver, on pourrait s’acheminer vers une solution véritable.
(51)

Bref, la littérature des femmes construit un discours plaçant le genre et les oppressions sexuelles à la
base du système qui engendre la guerre. C’est d’ailleurs pourquoi, en fin de compte, la guerre et ses
combats seront peu décrits et resteront secondaires dans les romans à l’étude, car c’est plutôt le désir
de transformer la société, en commençant par le sort des femmes, qui sera central. Même si Cooke et
Accad se sont penchées sur des œuvres portant sur la guerre du Liban, leurs théories peuvent servir
à l’étude d’un corpus plus large :

Cette thèse n’est bien entendu pas seulement valable pour le Liban mais pour toutes les
régions du monde touchées par la guerre ou en passe de l’être, soit, la plupart des pays sur la
planète. […] Ce qui fait du Liban un paradigme, est que ces questions y prennent des
proportions extrêmes et sont plus manifestes qu’ailleurs. (Accad, 1993 : 54)

En effet, on retrouvera aussi, en Algérie et en Iran, une violence qui s’enracine dans la
hiérarchisation des rapports de sexe et l’oppression de la sexualité. En somme, ces deux ouvrages
nous ont permis d’établir le cadre conceptuel général qui guide toute notre analyse ; ils fondent notre
prémisse principale qui consiste à affirmer que l’écriture des femmes sur la guerre transforme
l’univers symbolique et les valeurs. Nous voulons donc approfondir cette réflexion en interrogeant
davantage, à travers l’étude des résistances féminines dans les deux romans, le lien original qui est
construit entre le genre et la guerre, entre l’émancipation des femmes et la construction d’un monde
meilleur. Pour ce faire, nous nous appuierons également sur les écrits de théoriciennes qui
s’intéressent à la littérature des femmes dans les contextes spécifiques de l’Algérie et de l’Iran, telles
que Christiane Chaulet-Achour, Marta Segarra et Farzaneh Milani.
6 Marie-Ève Bélanger

Une démarche en trois temps

Notre analyse s’inscrit évidemment dans une démarche féministe puisque notre hypothèse
s’articule autour de la notion de genre5 (« gender »). Bien que le genre soit un concept occidental, il
constitue une catégorie d’analyse indispensable pour développer notre réflexion. D’ailleurs, des
critiques de la littérature arabe ou iranienne en reconnaissent elles-mêmes la pertinence : « À ce
stade-ci de l’histoire littéraire iranienne, la reconnaissance du genre apparaît comme une perspective
critique nécessaire. » (Milani, 1992 : 12 ; nous traduisons) Ou encore :

Les analyses qui tiennent compte du genre sont indispensables dans les cultures où le genre
se présente comme un principe organisateur majeur, que ce soit dans les structures sociales
ou dans les mentalités, ou encore, comme c’est généralement le cas, tant dans les unes que
dans les autres. Qui songerait à nier qu’il en va ainsi dans la sphère culturelle arabo-islamique,
de même que dans le monde occidental chrétien et post-chrétien ? (Malti-Douglas, 1992 : 6 ;
nous traduisons)

Nous présenterons donc, dans un premier chapitre théorique et méthodologique, la vision du


genre de quelques théoriciennes fondamentales, notamment Carol Gilligan, Christine Delphy et
Françoise Collin. Ces auteures traduisent bien la richesse et l’hétérogénéité des discours féministes
sur la différence (ou non) des sexes. Le concept de genre nous permettra ainsi de comprendre les
relations de pouvoir représentées dans notre corpus d’étude et le point de vue féministe des
auteures. Nous exposerons ensuite des théories portant sur le rapport entre les femmes et la guerre.
Malgré la diversité des points de vue de Virginia Woolf, Sara Ruddick, Janine Chanteur, Martin van
Creveld ou Joshua S. Golstein, tous et toutes semblent reconnaître un lien indéniable entre la
construction du genre et l’existence même de la guerre. Nous tenterons enfin de voir comment ce
lien se manifeste dans les sociétés algérienne et iranienne. Pour ce faire, nous dresserons le portrait
de leurs contextes socio-historiques en nous basant principalement sur des écrits d’auteurs-es
originaires des pays en question. Nous bénéficierons ainsi d’un regard venant de l’intérieur,
dépourvu de préjugés et de stéréotypes occidentaux, et qui révèle les femmes comme enjeu central
des conflits politiques. Cette compréhension du contexte nous permettra, du même coup, de

5 Désormais, quand nous écrirons « genre », sans italique ni guillemets, ce sera pour signifier le concept féministe.
Quand nous ferons référence au terme littéraire, nous écrirons « genre littéraire ».
Introduction 7

présenter les romans en tant qu’« œuvres de résistance ». Bref, le premier chapitre établit les faits et
définit les concepts qui sont à la base de l’analyse qui suit.

Le système patriarcal fait usage de deux grandes stratégies d’oppression des femmes :
l’appropriation du corps et la ségrégation spatiale. C’est la raison pour laquelle le corps et l’espace,
grands thèmes des romans à l’étude, sont à tour de rôle les objets principaux des chapitres d’analyse.
Le deuxième chapitre porte sur la représentation des femmes résistantes face au système politique
répressif, d’une part, et face aux oppressions sexuelles, d’autre part. Dans les deux cas, mais à des
degrés divers, les personnages féminins transgressent l’image stéréotypée du corps féminin et, par
conséquent, du genre. Toutefois, nous montrerons en quoi la représentation du rôle des personnages
féminins dans la guerre ébranle peu la conception habituelle de la « féminité » puisqu’elle n’entraîne
aucun changement pour le statut des femmes. À l’opposé, la représentation des résistances féminines
face aux oppressions liées au corps transforme la conception du genre en révélant des personnages
féminins assumant une nouvelle liberté. Nous appuierons notre analyse sur les théories de Naoual el
Saadaoui et de Colette Guillaumin, pour montrer l’origine et la nature du contrôle social du corps, et
sur celles de Nancy Chodorow, Camille Lacoste-Dujardin et Françoise Couchard pour réfléchir sur
les symboliques de la maternité et de la mère, au sein d’une société répressive et en guerre.

Puisque la ségrégation spatiale caractérise les sociétés algérienne et iranienne, l’analyse de la


représentation de l’espace, qui fait l’objet de notre troisième chapitre, dévoilera un autre aspect des
transgressions du genre. C’est que la dichotomie public/privé, étroitement liée à la dichotomie
masculin/féminin, domine l’organisation sociale et spatiale et justifie l’oppression des femmes,
comme le montrent, par exemple, Jean Bethke Elshtain et Shirley Ardener. De plus, comme l’espace
littéraire reflète, selon Marta Segarra, la quête intérieure des personnages, l’analyse de celui-ci nous
permettra de comprendre à la fois l’évolution identitaire des personnages et la vision du monde
proposée par les romancières. Ainsi, le regard des protagonistes sur la maison et la ville met en
lumière un discours sur les hiérarchies et les injustices qui sont présentes dans les deux sphères. Par
ailleurs, en réconciliant des espaces symboliques habituellement opposés, les personnages ouvrent
une passerelle entre les univers féminin et masculin, révélant un monde basé sur des valeurs comme
la pluralité, l’égalité, le dialogue, l’amour et le métissage. Ce chapitre illustrera donc comment, dans
8 Marie-Ève Bélanger

les deux romans, transformer le genre revient à transformer les structures sociales basées sur les
rapports de pouvoir.

Bref, au terme de cette étude, nous en saurons davantage à propos de l’écriture des femmes
sur la guerre. Celle-ci questionne sans cesse le rapport entre le genre et le système qui engendre la
guerre. C’est sans doute pourquoi la représentation de femmes résistantes semble indissociable d’une
transformation tant du genre que du monde. Car l’une ne va pas sans l’autre : « Les régimes
politiques peuvent changer, si la symbolique n’est pas transformée, il y a fort à parier que les
exclusions des femmes se perpétueront. » (Chaulet-Achour, 1998 : 37) Ainsi, les romans de Malika
Mokeddem et de Fariba Hachtroudi s’inscrivent bel et bien dans un désir utopique de changer le
monde.
Chapitre I

Le genre comme origine de la guerre

[…] l’asservissement d’un sexe par l’autre est au


fondement de toute violence, de toute guerre.
Benoîte Groult6

L es deux romans à l’étude représentent des personnages féminins participant aux conflits
politiques de leur pays et luttant contre l’oppression sexuelle. Ces actes de résistance
subvertissent l’image traditionnelle de la féminité et, par conséquent, le rapport hiérarchique entre le
« masculin » et le « féminin ». Du coup, l’ordre patriarcal se trouve ébranlé, car le genre, principe qui
le structure, est transformé. Pour établir les bases de notre analyse, il nous apparaît d’abord
important d’éclaircir les théories féministes controversées sur la différence des sexes ainsi que sur la
notion de genre introduite par les féministes américaines des années 1980. L’hétérogénéité des
visions des théoriciennes nous permettra de faire ressortir le caractère fondamentalement construit du
genre. Celui-ci varie non seulement dans ses manifestations sociales, mais également dans ses
définitions conceptuelles. Nous pourrons ensuite montrer comment la construction sociale des sexes
influence les discours sur la guerre et la paix. Ainsi, selon plusieurs chercheurs-es, il existe un lien
indéniable entre le genre, tel que conçu dans les sociétés patriarcales, et l’existence même de la
guerre. Nous brosserons, dans une deuxième partie, un tableau socio-historique de l’Algérie et de
l’Iran afin de dévoiler la participation des femmes aux conflits politiques ainsi que « la guerre contre
les femmes7 » qui est à l’origine de l’écriture de la résistance des romancières. Car dans ces pays, les
femmes constituent un enjeu central des guerres. Nous présenterons également les romans de
manière à mettre en évidence les aspects discursifs et formels qui justifient l’appellation « œuvres de
résistance ». Ces éléments méthodologiques et de mise en contexte serviront de point de départ pour

6 Citation tirée de la préface de l’essai Les femmes et la guerre de Madeleine Gagnon (2000).
7 Nous nous inspirons ici du titre de l’ouvrage de Marilyn French (1992), La guerre contre les femmes, qui dénonce
l’agression systématique que subissent les femmes aux niveaux physique, politique, économique, religieux, culturel,
etc.
10 Marie-Ève Bélanger

réfléchir sur la signification et la portée des transgressions des personnages dans les chapitres
suivants.

1.1 Le genre : une catégorie d’analyse

1.1.1 Les théories féministes sur la différence des sexes et le concept de genre

Le terme « genre » permet d’analyser les rapports sociaux de sexe dans leur part construite
(masculin/féminin) et d’éviter ainsi l’apparence immuable, parce que biologique, du mot « sexe »
(homme/femme) :

Dans son usage le plus récent, le « genre » semble d’abord avoir fait son apparition parmi les
féministes américaines qui voulaient insister sur le caractère fondamentalement social des
distinctions fondées sur le sexe. Le mot indiquait un rejet du déterminisme biologique
implicite dans l’usage de termes comme « sexe » ou « différence sexuelle ». Le « genre »
soulignait également l’aspect relationnel des définitions normatives de la féminité. (Scott,
1988 : 126)

À l’aide de cette notion, on peut détourner le piège qui consiste à prendre comme objet
d’analyse les femmes, comme si elles étaient une catégorie indépendante de celle des hommes, car le
genre met plutôt l’accent sur un système de rapports sociaux hiérarchisés. Or, bien que le concept de
genre offre des avantages évidents pour l’analyse féministe, il est au cœur d’une controverse sur la
différence des sexes dont nous tracerons ici les grandes lignes. Bien comprendre ce débat féministe
se révèle fondamental pour notre réflexion puisque les points de vue des romancières étudiées, qui
mettent toutes les deux les rapports hommes-femmes au cœur de leurs préoccupations, doivent être
situés par rapport à celui-ci.

Lorsque le thème de la différence entre les hommes et les femmes est discuté, la théorie de
Carol Gilligan est fréquemment citée comme modèle du courant dit essentialiste. Dans Une si grande
différence, Gilligan (1986) tente de mettre en lumière le problème d’interprétation des études de cas en
psychologie : comment des chercheurs comme Freud, Piaget ou Kohlberg peuvent-ils faire des
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 11

interprétations objectives quand leurs attentes sont modelées par une société inégalitaire ? Elle
montre que la théorie du développement du jugement moral élaborée par Kohlberg est biaisée, car
celui-ci définit le plus haut degré de maturité à partir des stéréotypes masculins les plus valorisés. En
conséquence, les femmes ont une position nettement inférieure à celle des hommes sur son échelle
de développement. Par exemple, dans sa conception de l’âge adulte, les hommes mûrs donneraient
plus de valeur à l’épanouissement d’une vie professionnelle autonome qu’aux capacités d’expression,
d’amour et de souci de l’autre. À partir de ce constat, Gilligan développe, en étudiant la vie des
femmes, une conception de la morale différente, complémentaire, mais aussi valable que celle des
hommes. Elle divise donc la morale féminine et masculine en deux catégories distinctes. Dans la
première, les femmes ont une morale de la responsabilité axée sur les rapports et la connexion entre
les personnes. Leurs préoccupations fondamentales sont le bien-être d’autrui et la compréhension
des responsabilités et des rapports humains puisqu’elles perçoivent leur identité à partir de ce qui les
relie aux autres. Dans la deuxième catégorie, les hommes ont une morale des droits axée sur la
séparation et sur l’individu. Leurs préoccupations premières sont la justice et le respect des droits et
des règles. Ainsi, leur identité se forme à partir d’une hiérarchie, c’est-à-dire de ce qui les distingue
des autres. En élaborant une théorie du développement des femmes, Gilligan tente de revaloriser le
savoir que les femmes ont traditionnellement développé et qui a été systématiquement infériorisé.
Paradoxalement, si elle affirme au départ que les catégories de la masculinité et de la féminité sont
fondées sur des stéréotypes, elle ne fait que les renforcer en soutenant la complémentarité entre les
deux développements. Aussi, Gilligan expose la différence mais ne questionne jamais son origine.
Est-ce la situation d’oppression des femmes qui engendre une « maturité » différente ? Si c’est le cas,
peut-on vraiment parler d’une morale d’égale valeur et souhaiter son maintien ? Sa position est donc
essentialiste, même si, disons-le, elle ne parle jamais de biologie pour expliquer le fondement de ces
deux catégories, mais bien d’« expérience ». Elle appelle donc les théoriciens à tenir compte des
expériences des deux sexes pour être en mesure de mieux saisir la réalité :

Ce n’est que lorsque les théoriciens du cycle de vie partageront leur attention et
commenceront à vivre avec les femmes comme ils l’ont fait avec les hommes que leur vision
embrassera l’expérience des deux sexes et que, par conséquent, leurs théories deviendront
plus fertiles. (44)
12 Marie-Ève Bélanger

Enfin, son désir est de considérer les visions du développement moral des hommes et des
femmes comme complémentaires, sans leur accorder plus ou moins de valeur. Cette idée est sans
doute séduisante et des pistes semblables ont été ouvertes par d’autres féministes telles que Luce
Irigaray8, mais pour plusieurs féministes elle est utopique et comporte des dangers.

En effet, d’autres théoriciennes adoptent une position rationaliste et nous préviennent des
dangers de la réaffirmation de la différence sexuelle, qui nuit à l’égalité en plus d’être normative et
prescriptive. Par exemple, dans Sexe, race et pratique du pouvoir, Colette Guillaumin (1992) affirme que
le discours de la Nature — l’idée qu’il existe une « nature féminine » — justifie l’oppression des
femmes. C’est qu’en mettant à l’avant-plan la différence corporelle des femmes, on glisse
inévitablement vers l’idée que le corps motive la relation de pouvoir entre les sexes ; il en serait donc
la cause. Et comme le corps ne change pas, la domination masculine serait impossible à abolir.
Christine Delphy (1991) nous met également en garde contre l’idée de différence sexuelle dans Penser
le genre : Quels problèmes ?, car celle-ci engendre toujours, selon elle, une hiérarchisation. Elle dénonce
le flou intellectuel derrière les catégories binaires de sexe (homme/femme) et de genre
(masculin/féminin) : « On continue de penser le genre en termes de sexe : de l’envisager comme une
dichotomie sociale déterminée par une dichotomie naturelle. » (92) Dans cette manière de voir les
choses, la division sexuelle binaire est antérieure à la division des genres, elle est donc la cause
immuable de la construction sociale hiérarchisée. Mais pourquoi le sexe plus qu’un autre trait
physique entraînerait-il une hiérarchie ? Pour Delphy, c’est plutôt la hiérarchie des genres qui est à
l’origine de la division sexuelle et si le genre est une construction sociale, le sexe l’est aussi. Repenser
le genre dans son rapport au sexe est alors la seule manière d’imaginer la disparition des inégalités.
Elle dénonce la contradiction qui subsiste dans les théories féministes entre le désir de se débarrasser
de la domination et la peur de perdre des catégorisations (hommes-femmes) qui semblent

8 Luce Irigaray (1977) s’inscrit également dans le courant essentialiste puisqu’elle réaffirme la différence biologique
des femmes. Dans Ce sexe qui n’en est pas un, elle tente de rendre visible le sexe de la femme qui est, dans la
symbolique occidentale, caractérisé par le manque et considéré comme inférieur au phallus. Sa visée est de
déconstruire la dichotomie hiérarchisée entre le masculin et le féminin en montrant son asymétrie fondamentale, car
le sexe des femmes n’est pas l’envers de celui des hommes (le vagin complémentant le pénis), il est multiple et
différent : « Or, la femme a des sexes un peu partout. Elle jouit d’un peu partout. » (28) Le but d’Irigaray est donc en
quelque sorte de repenser et de rendre visible un féminin ancré dans le biologique et refoulé par la culture.
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 13

fondamentales9. De plus, les valeurs, tout comme le sexe, sont pour Delphy des constructions
sociales et toute vision essentialiste qui tente de revaloriser les valeurs féminines (comme celles de
Gilligan et d’Irigaray) cache le désir profond et inavoué de ne rien changer. Le désir de l’auteure est
de supposer la disparition du genre et l’émergence d’une société non hiérarchique qui produirait
d’autres valeurs, car « l’utopie constitue l’une des étapes indispensables de la démarche scientifique,
de toute démarche scientifique. Or, ce n’est qu’en imaginant ce qui n’existe pas que l’on peut
analyser ce qui est. » (100) Bref, il est nécessaire de questionner ce qui semble « naturel » pour en
faire surgir le social. Car ce qui n’est pas remis en question — la catégorie hommes-femmes — est le
noyau dur qui ne permet pas d’imaginer la disparition du genre :

Tout le monde veut garder quelque chose du genre, beaucoup ou peu, mais au moins la
classification ; peu semblent prêtes à se contenter de la simple différence sexuelle, toute nue,
non signalée par une reconnaissance et un marquage sociaux. (97)

Même si la théorie de Christine Delphy est révolutionnaire parce qu’elle ébranle nos
certitudes sur les catégories sexuelles en montrant qu’on leur a attribué des formes et un contenu
arbitraires, il nous semble qu’elle se bute finalement, comme Judith Butler, à la réalité de cette
« simple différence sexuelle, toute nue ». Car même si l’on admet que les hiérarchies sociales
construisent le genre qui, ensuite, construit l’idée qu’on a des sexes, les sexes existent ! Ce qui semble
dangereux ici, c’est le fait que cette existence pose problème, comme si dans le fait de voir des
hommes et des femmes, nous étions déjà piégés, déjà dans une conception créée par la hiérarchie,
déjà dans la différence… Bref, si Delphy a le grand mérite de nous confronter à la part de genre qui
est dans notre conception du sexe, peut-on vraiment éliminer la division sexuelle ? Il ne nous semble
pas, enfin, que cette vision soit un idéal : ni pour la plupart des femmes, ni pour les protagonistes
des romans étudiés.

9 Dans Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, Judith Butler (1999) explore les mêmes questions que
Delphy en dénonçant l’hétérosexisme à la base des théories féministes. Selon l’auteure, la hiérarchie entre les sexes
est insuffisante pour expliquer la construction du genre, c’est plutôt la sexualité normative (hétérosexuelle) qui
fortifie le genre normatif (masculin/féminin). Elle mise donc sur l’expansion des possibilités du genre à travers la
reconnaissance des pratiques sexuelles non normatives (homosexualité, lesbianisme, bisexualité, transgenre,
transsexualité, etc.) pour en finir avec son caractère binaire immuable.
14 Marie-Ève Bélanger

Dans « Pluralité. Différence. Identité », Françoise Collin (1991) propose plutôt l’idée de
pluralité pour parler des femmes. Selon cette auteure, les deux courants de pensée, essentialiste et
rationaliste10 (ou humaniste), sont insatisfaisants. Le premier maintient les catégories sexuelles, car il
vise à une autre définition de la féminité, plus valorisée, mais ne remet pas en question la
masculinité. Le deuxième a comme objectif l’abolition de ces catégories au profit d’une unique
humanité. Mais s’il est difficile de penser qu’il existe une « essence » féminine, il est également
utopique de penser que le donné sexué soit totalement indifférent et que l’on puisse en imaginer la
disparition (62). Selon l’auteure, les deux façons de voir supposent en quelque sorte un modèle
unique de femme émancipée (féminine ou humaine), ce qui est dogmatique et contredit l’idée même
de liberté : « Une femme est une femme mais n’est pas qu’une femme et n’est pas femme de la
même manière que toutes les femmes. » (69) Plutôt que d’éliminer la division sexuelle, Collin mise
sur la pluralité et sur les divisions existant entre les femmes mêmes. Le sexe constitue donc pour elle
une partie de l’identité d’un sujet mais ne doit être ni surévalué ni renié, car il fait partie d’une
multitude de caractéristiques identitaires :

Il est peut-être plus juste de penser que la différence des sexes est une composante relative
mais non déterminante de l’identité, qui ne barre ni ne conditionne l’accès à la position de
sujet. Car il n’y a pas de sujet abstrait, indemne de toute composante sexuée, nationale,
culturelle, historique, sociale ou autre, mais il n’y a pas non plus de sujet réduit à l’une de
celles-ci ou à leur somme. (70)

Dans Sociologie des rapports de sexe, Marie-Blanche Tahon (2003) soutient également l’idée selon
laquelle l’émancipation des femmes change le construit social qu’est le genre, mais qu’il n’y a nul
besoin d’espérer la disparition des catégories de sexe :

L’aliénation réside non pas dans le fait d’être femme ou homme — ce qui renvoie au « sexe »
institué par l’état civil — mais dans les attentes sociales construites à partir de la définition
conjonctuelle, historicisée, de « féminin » ou de « masculin » — ce qui renvoie à « genre ». La
libération de l’aliénation réside donc — pour l’un et l’autre sexe — dans le rejet de
l’assignation au « genre ». (12)

10 Nous nous sommes appuyée sur la terminologie de Françoise Collin (essentialiste/rationaliste) afin de faire ressortir
les différences fondamentales entre les deux visions féministes.
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 15

D’après Tahon, affirmer que le rejet de la notion de sexe est nécessaire à la libération des
femmes revient à penser que la domination des hommes sur les femmes est en quelque sorte
immuable ou naturelle : « Or, la domination masculine n’est pas un invariant, elle est également un
artefact, un “construit social”. Elle n’intervient pas partout et toujours de la même façon. » (15) Il y a
donc place à l’espoir, puisque si l’inégalité est une construction, l’égalité l’est également : « Jusqu’à
maintenant, c’est l’inégalité qui a été construite. Mais rien n’empêche un renversement puisqu’il s’agit
d’une construction. » (24) Les efforts des féministes pour transformer la représentation du genre
pourraient donc mener à un système de rapports sociaux où l’égalité serait la nouvelle norme.

Si nous avons voulu exposer les éléments essentiels de ce débat, c’est pour mieux établir
notre propre position. Nous utiliserons la notion de genre pour éviter le piège essentialiste du terme
de « sexe » et pour insister sur l’aspect construit des rapports sociaux inégalitaires. Toutefois, nous
savons que toute transformation du genre mènera à une nouvelle construction des rapports de sexe
et c’est précisément cette construction que nous chercherons à définir dans les deux romans. De plus,
comme les œuvres du corpus ont un fond historique et politique très important, le terme de genre
nous permettra de faire valoir l’importance du rapport masculin/féminin dans la constitution d’un
système politique fondé sur l’injustice :

Le genre est une des références récurrentes par lesquelles le pouvoir politique fut conçu,
légitimé et critiqué. Il se réfère à l’opposition masculin-féminin et fonde en même temps son
sens. Pour protéger le pouvoir politique, la référence doit sembler sûre et fixe, en dehors de
toute construction humaine, partie prenante de l’ordre naturel ou divin. De cette manière,
l’opposition binaire et le processus social deviennent tous les deux des parties du sens du
pouvoir lui-même ; mettre en cause ou changer un aspect menace le système entier. (Scott,
1988 :147)

Les romans à l’étude sont donc doublement subversifs, nous le verrons, puisqu’en
déconstruisant l’idée du genre en vigueur dans leur pays, ils ébranlent le système social dans sa
totalité.
16 Marie-Ève Bélanger

1.1.2 Les théories féministes sur le rapport entre les femmes et la guerre

Deux grandes tendances, tributaires d’une vision du genre essentialiste ou rationaliste,


semblent opposer les discours féministes sur le rapport entre les femmes et la guerre ; certaines
féministes défendent l’idée qu’il faut profiter du lien symbolique qui existe entre les femmes et la
paix afin de changer le monde alors que d’autres affirment au contraire que toute association absolue
entre femmes et paix est nuisible à l’émancipation de celles-ci. Les premières espèrent ainsi légitimer
les mouvements et les camps de paix initiés par les femmes. Dans cette optique, il s’est fait de
nombreuses anthologies regroupant des essais, des poèmes, des lettres, des manifestes et des
chansons de femmes sur la guerre11. Le but de ces ouvrages est de créer un espace pour les
protestations trop peu entendues des femmes contre la guerre, sous-entendant ainsi que du fait de
leur sexe, les femmes ont un message différent à transmettre. C’est d’ailleurs ce que défend Virginia
Woolf (1977) dans son traité féministe et antimilitariste des années trente intitulé Trois guinées.
Puisque les femmes de cette époque n’ont pas le même droit à l’éducation et au travail rémunéré et
qu’elles participent peu au pouvoir politique, leur perception du monde est différente : « Nous
voyons bien le même monde, mais avec d’autres yeux. » (57) Les femmes, affirme-t-elle, ne partagent
ni les bénéfices qu’apporte la guerre ni la satisfaction des instincts que peut procurer le combat. Elles
ne portent ni uniformes, ni médailles, ni perruques blanches de juges. Elles ne connaissent donc pas
les hiérarchies, les privilèges et les honneurs qui engendrent des divisions et des envies de
domination. C’est de ce raisonnement que naît son mot célèbre : « En tant que femme, je n’ai pas de
pays. En tant que femme, je ne désire aucun pays. Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier12. »
(210) Sa condition d’opprimée l’éloigne donc des enjeux de la guerre et lui permet de mieux assumer
une position pacifiste. Par ailleurs, ce lien qui se fait entre femmes et paix se justifie souvent par
l’argument de la maternité. Du fait qu’elles accouchent, les femmes connaîtraient mieux que les
hommes la valeur de la vie humaine. Dans Maternal Thinking, Sara Ruddick (1990) va jusqu’à montrer
philosophiquement comment la pratique maternelle peut inspirer une pensée capable de contribuer

11 Voir par exemple Marlène Tuininga, Femmes contre les guerres. Carnets d’une correspondante de paix, Paris, Charles Léopold
Mayer, 2003; Janice Williamson et Deborah Gorham (dir.), Up and Doing: Canadian Women and Peace, Toronto, The
Women’s Press, 1989; Cambridge Women’s Peace Collective, My Country is the Whole World: An Anthology of Women’s
Work on Peace and War, London, Boston, Melbourne et Henley , Pandora Press, 1984.
12 Le titre de l’anthologie citée dans la note précédente (Women’s Peace Collective) renvoie évidemment à ce mot
célèbre de Virginia Woolf.
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 17

au développement des politiques de paix : « D’un point de vue féministe, je considère la pensée
maternelle comme une perspective critique et visionnaire qui éclaire à la fois la destructivité de la
guerre et les exigences de la paix. » (136 ; nous traduisons) Selon cette philosophe, la pensée est
sculptée par les pratiques dans lesquelles les gens s’engagent. Elle cherche donc à saisir la pensée
surgissant du travail des mères, et non d’un instinct maternel « naturel ». Tout en admettant
qu’aucune mère n’est parfaite, elle tente d’identifier les pratiques maternelles tendant vers un idéal
non violent dans l’éducation des enfants :

Les quatre idéaux de la non-violence — la renonciation, la résistance, la réconciliation et la


paix — gouvernent uniquement les pratiques maternelles de certaines mères. Il est vrai,
néanmoins, que de chercher à clarifier ces idéaux revient à décrire, selon une perspective
particulière, les pratiques maternelles elles-mêmes. Les mères pacificatrices créent des
arrangements permettant à leurs enfants de vivre en toute sécurité, de se développer dans le
bonheur, et d’agir avec conscience. En somme, elles protègent, soignent et éduquent,
exemplifiant ainsi les engagements du travail maternel (176 ; nous traduisons).

Ainsi, les caractéristiques principales de la pensée maternelle seraient de nommer le mal


quand il advient en plus de travailler à conscientiser et à responsabiliser les enfants afin d’en arriver à
une réconciliation responsable lors de conflits. Elle oppose cette vision des choses à la pensée
militaire caractérisée par l’obéissance excessive et la confiance aveugle en l’autorité. En somme, sans
vouloir tomber dans les mythes de la masculinité de la guerre et de la féminité de la paix, Ruddick
reconnaît une contradiction indéniable entre la maternité (espoir de vie) et la guerre. Son but est de
mettre sur pied, grâce au savoir pratique des mères, un pacifisme actif et non une utopie de paix
dont le caractère passif serait dangereux. Enfin, les visions de Woolf et de Ruddick s’inscrivent en
partie dans le courant essentialiste dont nous avons parlé, même si le pacifisme féminin qu’elles
décrivent, qui dépend de l’expérience quotidienne, n’est jamais intrinsèque. Les deux auteures
traduisent néanmoins le désir de revaloriser une différence féminine qui pourrait être mise à profit
dans la sphère publique.

La masculinité de la guerre et la féminité de la paix sont bien sûr des mythes. Les hommes
n’ont pas tous la même attitude face à la guerre et les femmes ont, au cours des siècles, participé à la
guerre de plusieurs manières. Par exemple, elles ont fabriqué des armes, soigné des blessés, torturé
des prisonniers, encouragé l’engagement militaire de leurs fils, de leurs frères, de leurs maris, et, de
18 Marie-Ève Bélanger

plus en plus, elles se battent fièrement à leurs côtés. Certaines féministes pensent qu’il faut nier tout
lien symbolique entre femmes et paix si l’on veut vraiment changer le statut des femmes. Elles
défendent le droit des femmes à être admises dans le service militaire et brandissent les figures de
Jeanne d’Arc, de Madeleine de Verchères et des Amazones pour représenter le pouvoir des femmes
et imaginer une société alternative idéalisée. Car le danger réside en effet, comme le montrait
Delphy, dans le renforcement des vielles dichotomies essentialistes qui placent les femmes dans une
position d’infériorité par rapport aux hommes :

Les dichotomies associées au genre

Masculin Féminin
(valeurs positives) (valeurs négatives)

domination soumission

activité passivité
agressivité masochisme
raison émotion
guerre paix
esprit corps
culture nature
public privé

Dans son introduction à l’ouvrage Images of Women in Peace and War, Sharon MacDonald
(1987) présente une série d’articles qui montrent les rapports entre la guerre et les représentations
masculines et féminines. Si on prend par exemple l’image des femmes dans l’armée, elle est
fréquemment utilisée (tout comme l’image de l’homosexuel) lors de l’entraînement des soldats dans
le but de les humilier en l’opposant à l’image du vrai homme ou du héros. C’est en tuant sur le
champ de bataille ou même par des viols que le soldat peut enfin prouver sa masculinité. Le
paradoxe, c’est qu’il est placé dans un état de soumission à l’autorité, qui est une caractéristique
traditionnellement associée à la féminité. De plus, si les femmes sont admises dans l’armée, elles sont
souvent séparées des hommes lors des entraînements et se battront rarement à leurs côtés. La
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 19

dégradation de la femme a donc un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’institution militaire et


la présence de femmes réelles est dérangeante parce qu’elle remet en question la logique
dichotomique du système. Le mythe des Amazones est également exposé dans l’ouvrage pour
montrer en quoi la signification d’une image peut se transformer avec le temps. Ainsi, on apprend
que la mythologie grecque ne valorisait ni la force ni l’indépendance des Amazones. Au contraire, la
morale du mythe servait à restreindre les femmes dans leurs rôles traditionnels d’épouse et de mère.
Pourtant, cette image de la guerrière amazone a été reprise par les féministes pour symboliser la
femme libérée. Comme les images sont des constructions, leur signification peut être transformée à
des fins plus positives. Bref, la représentation des femmes dans la guerre soulève des questions
intéressantes par rapport au genre : « Considérer l’imagerie féminine liée à la paix ou la guerre, c’est
entrer dans un débat sur la nature même des sexes, de même que sur les besoins et instincts
humains. » (3 ; nous traduisons) Mieux comprendre ces images permet de mieux comprendre les
enjeux sociaux qu’implique la différenciation sexuelle. Notre but n’est donc pas d’associer naïvement
femmes et paix ou femmes et guerre mais d’étudier ces rapports socialement construits — qui
varient d’un endroit, d’une époque et d’une romancière à l’autre — pour mieux comprendre les
valeurs qu’ils véhiculent.

Une autre idée qui est développée par des féministes et qui traverse nos deux romans
consiste à lier la réconciliation entre les sexes avec la fin des guerres13. Cela implique que le
déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes rendrait la guerre plus probable. Cette idée
suppose aussi que les problèmes existant dans le domaine public ne sont que le reflet des problèmes
du domaine privé. Pour Virginia Woolf, la connexion entre ces deux sphères doit être reconnue pour
en finir avec les tyrannies et les servitudes :

Un intérêt commun nous unit ; il n’y a qu’un monde, qu’une vie ; les cadavres, les maisons
en ruines prouvent à quel point il est essentiel d’accomplir cette unité. Car telle sera notre
ruine, si, dans l’immense espace abstrait de votre vie publique, vous oubliez l’image intime ;
ou si nous oublions, dans l’immensité de nos émotions intimes, le monde extérieur et public.
(Woolf, 1977 : 261)

13 Cette idée traverse notamment l’essai intitulé Les femmes et la guerre de Madeleine Gagnon (2000).
20 Marie-Ève Bélanger

Dans La paix : un défi contemporain, Janine Chanteur (1994) affirme que c’est le dialogue
manqué entre les hommes et les femmes qui aurait engendré l’histoire meurtrière qui est la nôtre.
Elle expose d’abord les principales théories philosophiques qui se sont développées à l’égard de la
guerre et de la paix pour ensuite élaborer une théorie censée tracer la voie difficile vers la paix. Selon
elle, il existe une faille ontologique dans l’être humain qui sent qu’il n’est pas un tout. Celle-ci aurait
comme premier fondement la bisexualité ; comme il y a deux sexes, l’être humain serait confronté à
l’évidence de ses limites. Les deux sexes se présenteraient donc comme les deux fractions
inséparables de l’être humain et l’ambivalence de leur relation déterminerait la texture de toutes les
relations humaines : « Qu’une partie ou l’autre de l’être humain croie pouvoir triompher aux dépens
de l’autre et c’en est fini de l’être, la guerre continue, entre les sexes, entre les générations, dans les
États, à leurs frontières. » (365) Autrement dit, si les deux sexes assumaient consciemment la faille au
sein de leur être, ils se réconcilieraient par la parole et retrouveraient leur vocation créatrice… On
trouve écho à ces idées dans Les femmes et la guerre de l’historien militaire Martin van Creveld (2002),
malgré le fait que la visée de l’auteur ne soit ni pacifiste ni féministe. Selon lui, l’apparition des armes
atomiques en 1945 a rendu la guerre suicidaire et a provoqué le déclin de la chose militaire. L’entrée
des femmes dans l’armée n’est donc pas, selon lui, une conséquence de l’émancipation des femmes,
elle est le symptôme de ce déclin et contribue à l’accélérer, menaçant ainsi la sécurité nationale : « On
pourrait donc dire sans crainte d’exagérer que les armées qui ont été forcées d’incorporer des
femmes ne combattent plus, tandis que celles qui combattent encore ne comptent pas ou peu de
femmes dans leurs rangs. » (21) Il veut montrer que la participation des femmes aux combats a
toujours été modeste et de courte durée en raison de leur faiblesse physique, mais que les femmes
ont eu un rôle central dans les guerres en tant que causes, instigatrices, enjeux, victimes ou
protégées : « Supprimez les femmes, et la guerre aurait été inutile et sans objet. » (23) C’est que, selon
lui, le champ de bataille n’est pas et n’a jamais été le domaine des femmes et la distinction des rôles
masculins et féminins est nécessaire pour maintenir la puissance des armées. La violence serait une
caractéristique masculine qui permettrait aux hommes de compenser le fait qu’ils ne peuvent
enfanter. Ainsi, par la glorification, les hommes dépasseraient leurs « handicaps psychologiques »
(295) qui semblent en quelque sorte immuables :

À mesure que l’importance et le nombre des guerres, entre États développés en particulier,
va diminuer, il est probable que davantage de femmes vont entrer dans leurs armées. Plus les
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 21

femmes vont y entrer, moins ces armées seront combatives et aptes au combat. Cependant,
l’orgueil masculin, comme moteur véritable de la guerre, n’a pas, lui, disparu. Comme le
diable qui, chassé par la porte, revient par la fenêtre, il restera parmi nous aussi longtemps
que les hommes resteront des hommes et que subsisteront les différences entre les femmes
et eux. (302-303)

Tout en tentant de démontrer que le rôle des femmes dans l’armée est une « chimère » (303),
et que la violence et l’orgueil des hommes sont des caractéristiques naturelles, Creveld sous-estime
l’aspect construit des rapports de sexe et renforce l’idée selon laquelle le genre est un des éléments
essentiels à la base du système qui crée la guerre14.

En somme, ces théories nous apprennent que le rapprochement des termes « genre » et
« guerre » soulève un débat sur la relation entre la domination des femmes et la structure sociale
inégalitaire en général :

La légitimation de la guerre — sacrifier des vies de jeunes pour protéger l’État — a pris des
formes diversifiées, depuis l’appel explicite à la virilité (le besoin de défendre des femmes et
des enfants qui autrement seraient vulnérables), jusqu’à la croyance dans le devoir
qu’auraient les fils de servir leurs dirigeants ou le roi (leur père), et jusqu’aux associations
entre la masculinité et la puissance nationale. La haute politique, elle-même est un concept
genré, car elle établit son importance décisive et son emprise publique, les raisons d’être et la
réalité de l’existence de son autorité supérieure, précisément grâce à l’exclusion des femmes
de son fonctionnement. (Scott, 1988 : 147)

Ainsi, tout comme nous l’avons vu avec le concept de genre, le rapport entre les hommes,
les femmes et la guerre est aussi socialement construit. Les romans à l’étude lèvent le voile sur le rôle
des femmes dans la guerre et sur leur combat contre l’oppression sociale. Nous pouvons donc
prédire que l’analyse des transformations du genre au niveau des personnages littéraires fera

14 Joshua S. Goldstein (2001) montre également comment le genre construit la guerre et vice-versa. Dans War and
Gender: How Gender Shapes the War System and Vice Versa, il tente d’expliquer l’absence quasi-totale des femmes dans
les forces armées du monde entier à travers l’Histoire. En se basant sur les connaissances scientifiques actuelles, il
montre que les différences biologiques ne sont pas suffisantes pour expliquer les rôles masculins et féminins dans la
guerre. De plus, la participation des femmes dans les armées ou guérillas est une réalité, même si elle demeure
exceptionnelle, ce qui prouve leurs capacités physiques. Pour lui, c’est plutôt la construction du genre qui est à la
base de ce déséquilibre : « gendered war roles are nearly universal because men’s domination of women is nearly
universal. » (332) Il montre que les normes du genre modèlent les hommes et les femmes dès l’enfance aux besoins
du système guerrier. Il renverse la thèse habituelle qui consiste à voir la guerre comme conséquence du genre, car il
croit que c’est tout autant la guerre qui cause le genre : « To end denial and face war’s influence on gender is, I
believe, an important step in changing both sexism and the war system. » (411)
22 Marie-Ève Bélanger

également ressortir des changements possibles dans les structures de la société. Avant de les aborder,
il importe toutefois de situer brièvement la situation politique et le statut des femmes dans les
sociétés algérienne et iranienne, creusets des œuvres de résistance étudiées.

1.2 Présentation des contextes socio-historiques des romans

1.2.1 Le cas de l’Algérie

La participation des femmes à la guerre d’indépendance

L’époque coloniale (1830-1962) maintient le peuple algérien dans une position subalterne par
rapport aux pieds-noirs et n’aide en rien la situation des femmes. Selon l’étude exhaustive de Djamila
Amrane (1991), Les femmes algériennes dans la guerre, la réalité des femmes de cette époque est
caractérisée par un statut de paria dans le monde du travail, un analphabétisme quasi total et une
exclusion de la vie politique, ce qui leur laisse comme seule possibilité de réalisation le mariage et la
vie familiale. Paradoxalement, la colonisation n’a fait que renforcer les structures patriarcales déjà
présentes dans la société :

Le vieux fonds méditerranéen et la culture berbère ont imprimé à la société algérienne une
composante difficilement réductible : un patriarcat rigoureux qui relègue la femme dans un
statut social subalterne. Loin de transformer la situation de la femme, l’Islam, interprété dans
le même sens, conforte l’hégémonie masculine. La colonisation fige la situation en ne
permettant aucune évolution. L’image même de la femme moderne donnée par
l’Européenne, loin de servir d’exemple, devient, parce qu’elle est issue du monde colonial, le
modèle réprouvé. (Amrane, 1991 : 17)

Tous ces éléments maintiennent les femmes dans une situation d’infériorité sociale et
expliquent la surprise et l’engouement provoqués par la participation des femmes à la guerre
d’indépendance.

L’étude de Djamila Amrane montre que pendant la guerre de libération nationale (1954-
1962), on retrouvait des femmes militantes dans tous les domaines d’action : les maquis, la guérilla
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 23

urbaine, la militance civile et les manifestations populaires. Selon ses chiffres (1999 : 62), il y aurait
eu 10 949 combattantes recensées, représentant 3,10 % du total des militants, ce qui est non
négligeable puisqu’il est comparable au pourcentage des Européennes ayant participé à la Seconde
Guerre mondiale. Cependant, parmi toutes les militantes, ce sont sans aucun doute les maquisardes
qui ont le plus enflammé les imaginations. Les maquis sont les lieux retirés et peu accessibles où se
réunissent les résistants pour se cacher et passer à l’attaque. Même si les femmes y effectuent
essentiellement des tâches traditionnelles telles que la préparation des repas et le soin des blessés,
elles se trouveront projetées hors des limites d’un environnement jugé convenable pour une femme.
La proximité des maquisardes avec les hommes ainsi que leur ténacité malgré les marches
interminables, les intempéries et le manque de nourriture ébranlent l’image conventionnelle de
l’Algérienne. Mais c’est probablement dans la guérilla urbaine que l’engagement des femmes rompt
le plus avec les rôles féminins traditionnels :

La situation change quand la guerre se propage en milieu urbain à partir de 1957. Alors, des
femmes deviendront d’actifs agents de liaison et transporteront des armes. Certaines en
viendront même à perpétrer des attentats, à poser des bombes, par exemple, dans les cafés
fréquentés par des Européens. (Tahon, 1998 : 47)

Par ailleurs, les militantes civiles ont pris une place importante dans la construction de la
mémoire des événements à travers des chants soulignant l’héroïsme ou la mort de combattants. Elles
se sont aussi jointes massivement aux manifestations populaires. Djamila Amrane montre donc dans
son ouvrage que les participations des femmes ont été importantes et multiples. Tout comme Malika
Mokeddem, elle lève le voile sur une réalité qui n’est pourtant pas enregistrée dans les écrits
historiques : « La somme de tous ces courages et de toutes ces souffrances anonymes cimente la
lutte. Et pourtant tout cela reste absent de toutes les études faites sur la guerre d’Algérie. » (Amrane,
1991 : 215) Les femmes sont donc à la fois essentielles et effacées du discours public : elles sont
essentielles pour soutenir et défendre le système patriarcal, mais elles sont niées en tant qu’agentes
de changement politique. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un roman tel que Les hommes qui
marchent est subversif, car il réécrit l’histoire en restituant les joueuses oubliées.

L’absence d’écrits sur la participation des femmes à la libération nationale n’a rien
d’étonnant. La guerre aura été faite avant tout par et pour les hommes : « La guerre de libération
24 Marie-Ève Bélanger

nationale a d’abord été une guerre d’hommes et les populations étaient au service des héros. »
(Chergui, 1996 : 82) En 1962, on annonce un cessez-le-feu qui est suivi peu après par le référendum
d’autodétermination en Algérie qu’avait suggéré De Gaulle. Comme la quasi-unanimité des votants
s’exprime en faveur de celle-ci, on proclame, le 5 juillet 1962, l’indépendance de l’Algérie et on
instaure la République algérienne démocratique et populaire (1962-1991), qui sera dirigée par un
parti unique : le FLN. Étrangement, les idéaux de l’indépendance ne semblent pas avoir été pensés
pour tout le monde puisque la moitié de la population disparaîtra de la sphère publique et politique.
En effet, l’après-guerre sera marqué par un retour au foyer pour les femmes. C’est qu’au fond,
l’action des femmes aura toujours été assujettie au patriarcat et à l’idéologie nationaliste :

La participation des femmes à la guerre de libération nationale a peu modifié l’ordre


patriarcal traditionnel et ses hiérarchies, surtout dans les campagnes. Même les femmes qui
étaient sorties de l’anonymat durant cette période et qui jouissaient d’une grande
considération de la part de l’ensemble de la population, comme les moudjahidate15, ont été
totalement évincées. Elles ont brusquement disparu et n’ont pas occupé la place à laquelle
elles auraient dû prétendre sur la scène politique. (Mestoul, 1996 : 226)

À la suite de la guerre, le désir d’affirmer une identité nationale, différente du modèle


proposé par l’ennemi colonisateur, aura pour conséquence un repli sur les traditions islamiques. Les
femmes en seront les premières touchées puisque le contrôle de celles-ci est associé à la cohésion
sociale et leur liberté à l’anarchie :

La femme est la faille fatale par laquelle la société peut être à nouveau envahie par l’ennemi.
Elle en détruit la cohésion par sa libération, assimilée à la dilution des mœurs, facteur
d’anarchie. […] Cette étroite imbrication entre le sentiment national et la préservation de la femme se
retrouvent dans son intégralité dans le credo islamiste. (Chergui, 1996 : 82)

Cela revient à dire que changer le genre équivaut à changer l’ordre social. Pour remédier à
cette menace, on assistera à une montée de l’intégrisme religieux et à une plus grande oppression
sexuelle. Toutefois, on ne pourra enlever aux femmes leur « nouvelle conscience d’être » (Chergui,
1996 : 80), née de la découverte pendant la guerre de leur place au sein du monde public.

15 « Moudjahidates, féminin de moudjahidins, veut dire combattantes » (Chergui, 1996 : 87). Au féminin pluriel, on
accepte aussi « moudjahidate ».
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 25

Les femmes dans l’Algérie contemporaine : l’enjeu d’une nouvelle guerre

Un mouvement de contestation féministe est né dès les premières années de l’indépendance


pour contrer l’élaboration d’un Code de la famille visant un plus grand contrôle des femmes. En
dépit de la mobilisation de ces dernières en faveur de l’égalité des droits, le Code de la famille sera
promulgué le 9 juin 1984 et représentera un recul dramatique pour les femmes :

Ce texte entérine la pratique séculaire du code d’honneur patriarcal, encore vivace dans les
pays du pourtour méditerranéen et la loi islamique, la charia, dans son interprétation la plus
coercitive, c’est-à-dire rurale, rigoriste, austère et intransigeante. Il fonde le maintien de la
polygamie, l’obligation faite à la femme et ce quel que soit son âge, d’être assistée d’un tuteur
lors de son mariage sous peine de voir celui-ci frappé de nullité, l’obéissance et la soumission
à la famille de l’époux, la perte de son logement en cas de divorce, la non-tutelle de ses
enfants. (Chergui, 1996 : 87)

Ce recul pour les femmes s’explique en partie par la montée du fondamentalisme religieux. Son
influence obligera le gouvernement à céder à la loi islamique, mais seulement dans le domaine privé,
c’est-à-dire celui qui concerne les femmes : « Lorsque des concessions sont faites pour apaiser les
fondamentalistes musulmans, elles semblent généralement concerner les femmes, donc la famille, et
éventuellement la culture et l’éducation. » (Amrane, 1999 : 72 ; nous traduisons) Les femmes se
retrouvent donc au cœur du problème de l’élaboration d’une démocratie en Algérie.

En 1989, la nouvelle constitution autorise la création de partis politiques et le multipartisme.


Cependant, le gouvernement en place avait sous-estimé la menace du parti du Front islamique du
salut et quand, en 1991, le FIS remporte le premier tour des élections, il y aura un coup d’État
militaire. La prise de pouvoir par les militaires s’expliquerait par la contradiction entre l’idéologie
islamiste et le pluralisme politique :

Profiter du pluralisme de la démocratie pour atteindre le pouvoir, atteindre le pouvoir pour


supprimer la démocratie pluraliste, telle semble être l’équation islamiste, révélatrice d’un
machiavélisme politique qui exploite la démocratie à des fins antidémocratiques. (Dialmy,
1996 : 495)

De violents affrontements entre les militants islamistes et l’armée au pouvoir, des attentats
contre les forces de l’ordre et des assassinats d’intellectuels et d’étrangers constitueront le nouveau
visage de la guerre civile qui se poursuit encore aujourd’hui. Pour plusieurs, les femmes sont un
26 Marie-Ève Bélanger

enjeu central de cette guerre. Par exemple, d’après l’article de Lakhdar Belaïd, des centaines de
femmes ont été assassinées, enlevées ou violées par des islamistes. Mais cette violence a légitimé
injustement celle du pouvoir en place. Par exemple :

En 1994, en réponse aux menaces de mort du GIA contre les femmes refusant le foulard,
l’Organisation des Jeunes Algériens Libres (OJAL) avait annoncé qu’elle répondrait à chaque
meurtre de femmes non voilées en abattant dix porteuses du hijab. Même lorsqu’on défend
leurs « droits », à leur place, les femmes sont donc prises dans un tir croisé. (Belaïd, 1996 :
20)

Ainsi, la place centrale des femmes dans cette nouvelle guerre se traduit entre autres par les
débats idéologiques concernant le port du voile. Ghania Moufok abonde dans le même sens. Elle
s’attaque aux médias, aux intellectuels français et aux féministes qui appuient le pouvoir en place et
qui prennent le combat contre l’intégrisme pour un combat pour la citoyenneté. Selon elle, la guerre
qui se déroule actuellement a fait environ 40 000 morts parmi lesquelles celles causées par l’armée
algérienne ne sont pas moins condamnables que celles causées par les islamistes : « En réalité il s’y
déroule une guerre de moustaches et de barbes où les femmes sont un enjeu. Elles sont le lieu de
l’identité que se disputent deux volontés hégémoniques et totalitaires aussi éloignées de la
démocratie l’une de l’autre. » (Moufok, 1995 : 214) D’après Marie-Blanche Tahon, l’instauration de la
démocratie en Algérie est dorénavant impossible sans l’inclusion des femmes dans son projet. Car
tant que leur citoyenneté sera déniée, la guerre perdurera : « Voilà son originalité tragique : la guerre
civile s’affiche clairement guerre virile. Contre les femmes. » (Tahon, 1995 : 133) Bref, l’écriture des
Hommes qui marchent s’est réalisée à l’aube de la guerre civile qui s’est faite entre les hommes et aux
dépens des femmes. Comme aucun des partis ne s’est vraiment battu pour les droits des femmes, il
n’est pas surprenant que prenne naissance dans ce contexte une œuvre de résistance. Le roman
s’écrit donc pour dire la réalité des femmes exclues de l’histoire et pour résister au geste de retour
forcé au privé. Car le roman rend public l’invisible et permet aux femmes d’affirmer leur place dans
l’univers symbolique : « Prendre la plume signifie en effet prendre symboliquement la place du mâle,
s’approprier du logos, quittant la sphère du physique, du matériel, du “sémiotique”, qui avait été le
seul domaine des femmes, pour entrer dans celle du “symbolique”. » (Segarra, 1997 : 70)
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 27

Les hommes qui marchent : une œuvre de résistance

Dans Les hommes qui marchent, Malika Mokeddem (1990) s’inspire de sa propre généalogie
pour montrer le cheminement d’une famille algérienne à travers quatre générations, du nomadisme à
la vie sédentaire, du colonialisme à la libération nationale. Par l’entremise des membres de la famille,
on découvre les luttes et souffrances des femmes algériennes, qui inspirent ou révoltent la
protagoniste, nommée Leïla, et l’incitent à se soustraire à l’obscurantisme des mentalités. Il y a
d’abord l’arrière-grand-oncle de Leïla, Bouhaloufa (ou l’homme au cochon), dont la vie est racontée
par sa grand-mère Zohra, et qui fait figure de mythe dans l’imaginaire de la famille. Cet homme bleu
avait autrefois (vers 1840) défié l’hégémonie de son clan en exigeant qu’on lui permette de s’établir
en ville afin d’apprendre à lire et à écrire. Il y a ensuite la grand-mère paternelle de Leïla, Zohra,
également une nomade, et qui incarne la tradition orale algérienne. Ayant été contrainte à se
sédentariser avec sa famille à cause d’une épidémie (vers 1945), elle devient conteuse afin de résister,
grâce au mouvement des mots, à l’immobilité de sa vie citadine. Suit l’histoire tragique de la tante
Saâdia, enfermée dans un bordel pour avoir été « coupable » d’être violée, mais qui réussit à s’en
sortir, un an avant le début de la guerre, et à se libérer de toutes les contraintes sociales et familiales.
Leïla puisera donc au sein de sa généalogie des modèles de transgression lui permettant de défier les
traditions. Cependant, dans une société oppressive, le chemin vers l’émancipation individuelle est
parsemé d’embûches. Si l’école française sera pour Leïla une planche de salut, lui donnant des armes
pour résister aux oppressions, elle contribuera aussi à l’aliéner de sa culture :

Les aberrations de l’enseignement et des manuels scolaires imprégnaient l’esprit de Leïla d’un
étrange sentiment d’irréalité. Des dissonances s’entrechoquaient dans sa tête. Outre la litanie
de « nos ancêtres les Gaulois » infligée à l’ensemble des élèves sans discernement, tout
concourait à bannir l’identité, la culture et l’existence même de l’environnement quotidien de
Leïla. (HM : 159)16

Aliénée par la culture française et incomprise par ses proches, Leïla souffrira, tout comme
Bouhaloufa, de solitude et d’isolement. Bref, les personnages du roman se définissent avant tout par
le thème de la résistance.

16 Quand nous citerons un passage de Les hommes qui marchent de Malika Mokeddem, nous utiliserons le sigle « HM »
suivi du numéro de la page afin d’alléger les références.
28 Marie-Ève Bélanger

Au niveau formel, le roman mélange l’autobiographie et le récit historique, subvertissant ces


genres traditionnels. D’une part, Malika Mokeddem se met en scène à travers la figure de Leïla, ce
qui lui permet d’affirmer sa subjectivité, même si elle choisit finalement de privilégier la fiction :

Les Hommes qui marchent comporte une large part d’autobiographie. […] Dans le premier jet,
sorti dans l’urgence, je disais « je » et les membres de ma famille avaient leurs véritables
prénoms. Ensuite, une réécriture s’imposait qui procédait à une sorte de mise à plat. Cette
remise à l’ouvrage de l’écriture épuisait l’émotion. Le « je » devint Leïla et tous les autres
prénoms furent changés. (Helm, 2000 : 24)

L’auteure s’inspire donc de son vécu provocant, car dans un pays où les femmes sont
contraintes à l’espace privé, l’écriture autobiographique est dérangeante : « Publier son
autobiographie est une double provocation puisqu’on apparaît sur la scène publique et qu’on
s’exhibe comme individu distinct de la communauté. » (Chaulet-Achour, 1998 : 97) D’autre part, le
récit se déroule dans un cadre socio-historique précis qui est ponctué par une trentaine de dates
importantes. Mais l’aspect « objectif » est modelé par l’expérience subjective et quotidienne des
femmes, puisque c’est à travers les perceptions des personnages féminins, et surtout de la
protagoniste, que la romancière nous donne à voir la guerre d’indépendance et la montée de
l’intégrisme qui suit. Ainsi, Leïla porte un regard enthousiaste sur la participation des femmes à la
guerre de libération nationale. Elle rêve de rejoindre un jour les héroïnes maquisardes, ces « sœurs de
la révolution » : « Zohra Drif, Djamila Bouhered, Hassiba Ben Bouali, Danièle Minne, Nefissa
Hamoud, Raymonde Peschard… » (HM : 114) Ici, le fait que ces maquisardes soient nommées, avec
leurs prénoms, transgresse l’effacement et l’anonymat qui caractérisent la vie des femmes et les
montre occupant une place dans l’espace public. Dans une société où l’identité d’une femme dépend
du père, du mari ou du fils, le prénom est subversif, car il affirme une identité propre. Par ailleurs, le
regard de Leïla révèle aussi les peurs et les traumatismes reliés à la guerre. Par exemple, Leïla se
souvient de ses jeux sur le champ de tir des soldats défendant la colonie. Avec d’autres enfants, elle y
cueillait des cartouches, des bouteilles, des paquets de cigarettes vides et d’autres objets précieux,
jusqu’au jour où une bombe a explosé, laissant les restes d’un corps d’enfant éparpillés sur la dune.
Les yeux innocents de Leïla dévoilent donc un portrait absurde et tragique de la guerre et des
hommes : « Que se passait-il donc pour que les jours transforment les hommes en monstres de
perversion et de cruauté ? Quel était ce cauchemar où les mains qui tendaient des bonbons aux
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 29

enfants pouvaient aussi jalonner de bombes les chemins du Petit Poucet ? » (HM : 105) Des
contradictions existent donc au sein même de chaque individu. Ainsi, l’écriture de Malika
Mokeddem s’inscrit dans l’effort, décrit entre autres par Miriam Cooke et Evelyne Accad, de
montrer une réalité plus complexe :

[…] la plupart des écrivaines évoquant la guerre fuient le triomphalisme et le manichéisme


qui étaient de rigueur, surtout dans les premiers temps de l’indépendance, et abordent la
guerre à travers ses conséquences dans le monde quotidien, celui de la famille, du quartier, de
la vie des enfants ou des femmes restées à la maison. (Segarra, 1997 : 52)

De plus, après l’indépendance, Leïla dénonce la montée de l’intégrisme qui s’attaque


principalement à la conduite des femmes : « Si elles se rendaient seules en ville, elles s’exposaient à
des agressions. Si elles étaient accompagnées par des camarades, elles se faisaient arrêter par la
police. À l’évidence, leur unique délit, c’était d’exister. » (HM : 312-313) Le roman donne donc à voir
un regard féminin sur l’Histoire. Toutefois, si l’œuvre s’apparente au roman historique, elle subvertit
le genre littéraire traditionnel où les événements racontés, empreints d’héroïsme, sont réalisés par et
pour les hommes. Ici, la grande Histoire se mêle à la vie intime, ce qui conteste les dichotomies
public/privé, important/banal, visible/invisible, comme nous le verrons dans les chapitres suivants.
Bref, cette œuvre de résistance construit un discours subversif qui lie la vie publique à la vie intime,
le politique à la condition des femmes, tant sur le plan de l’intrigue (trois générations de femmes en
Algérie) que sur le plan formel (mélange des genres historique et autobiographique).

1.2.2 Le cas de l’Iran

La participation des femmes à la révolution iranienne et à la guerre contre l’Irak

Dans Les révolutions iraniennes. Histoire et sociologie, Rouzbeh Sabouri (1996) dresse le portrait
des facteurs ayant mené à la révolution islamique. L’Iran pré-révolutionnaire est marqué par
l’injustice et les inégalités sociales. Pendant le règne de la dynastie Pahlavi (1925-1979), on impose la
modernisation, l’occidentalisation et la sécularisation du pays de façon si radicale qu’on va jusqu’à
interdire le port du voile en public dans les villes. Rézâ Châh, le dernier souverain Pahlavi, lance un
programme de modernisation, la « Révolution blanche », qui ne favorise que les plus nantis et dont le
30 Marie-Ève Bélanger

caractère répressif provoque le mécontentement populaire. C’est dans ce contexte que se développe
une lutte armée clandestine dont les acteurs principaux sont l’organisation des Fedayines du peuple
iranien (marxiste) et l’organisation des Moudjahidines17 du peuple iranien (islam progressiste). Mais
bientôt, la révolte se transforme en mouvement révolutionnaire (1977-79) ; la population se dresse
contre l’ordre monarchique, l’absolutisme du chah, la corruption du gouvernement et l’influence
grandissante des Américains. La force et l’unité du mouvement s’expliquent par le nombre d’acteurs
sociaux qui se sont ralliés derrière les religieux modernistes, car dans le vide politique de la
monarchie, l’opposition laïque peu organisée ne pouvait offrir une alternative de poids. Ouvriers,
fonctionnaires, étudiants, intellectuels, petits commerçants, tous ont pris part au combat. D’ailleurs,
comme dans le cas de la guerre d’indépendance algérienne, les femmes ont eu un rôle très actif dans
la révolution, ce qui a précipité leur entrée dans la sphère publique :

Lors de la Révolution de 1979, des millions d’Iraniennes ont audacieusement franchi les
murs de leur foyer pour investir la sphère publique. Leur participation à cette révolution
revêtit de multiples formes : certaines se sont affairées à recueillir ou à diffuser des nouvelles,
ou encore à distribuer des prospectus ; d’autres ont hébergé des blessés ou des activistes
politiques victimes d’attaques. Plusieurs ont marché et manifesté dans les rues ; certaines
sont allées jusqu’à élever des barricades contre la police ; quelques-unes, enfin, ont même
pris les armes et, entrant dans la clandestinité, sont devenues membres d’une troupe de
guérilleros. (Tohidi, 1991 : 251 ; nous traduisons)

Mais c’est sans doute la participation massive des femmes aux manifestations qui a le plus
prouvé leur pouvoir collectif. Selon une vieille tactique révolutionnaire, les femmes et leurs enfants
étaient en tête des défilés populaires. L’image de centaines de milliers de femmes marchant dans les
rues en tchadors et en foulards sombres, signes d’une identité nationale et du refus du régime, était
des plus impressionnantes… Cependant, le 8 septembre 1978, leur défilé tourne à la tragédie. C’est
le « vendredi noir » où plusieurs centaines de manifestantes ont été massacrées par l’armée du chah
qui a ouvert le feu sur la foule afin d’étouffer la révolte.

Avec le départ du chah le 16 janvier 1979, la monarchie s’effondre et la République


islamique, dirigée par l’ayatollah Khomeyni, est instaurée. Mais les espoirs mis dans cette révolution

17 Les moudjahidines sont les combattants d’une armée de libération islamique. Au masculin pluriel, on accepte aussi
« les moudjahidin » ou « les moudjahidins ».
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 31

sont vite déçus, car les divisions de classes sont maintenues et le contrôle de la vie privée se voit
renforcé. Les femmes seront les premières touchées : « Pendant la période révolutionnaire, l’état
patriarcal, soutenu par les lois islamistes, institutionnalise l’inégalité des sexes en octroyant des
privilèges sans précédent aux hommes, et en faisant des femmes les cibles d’une importante
discrimination sur le marché du travail. (Kian, 1995 : 411 ; nous traduisons) En plus de la
discrimination au niveau du travail, on oblige le port du voile et on interdit les chants des femmes en
public. En gros, on cherche à effacer leur présence dans la sphère publique par l’effacement de leur
corps et de leur voix. Mais malgré l’oppression qu’elles subissent, les femmes continuent à lutter
pour leur place dans la société. Dans Female Warriors of Allah : Women and the Islamic Revolution, Minou
Reeves (1989) s’intéresse aux guerrières d’Allah qui attaquent ou appuient la révolution islamique :
les moudjahidates et les soldates de Khomeyni. Sa visée est de comprendre la motivation des
militantes qui sont retournées à l’islamisme. En effet, un paradoxe réside dans le fait que ces
combattantes défendent leur foi en prenant les armes, alors que l’image d’une femme armée rompt
complètement avec la féminité prescrite dans une société islamique. D’un côté, les moudjahidates se
sont massivement engagées dans les activités de guérilla de l’organisation des Moudjahidines du
peuple iranien, comme le démontrent ces statistiques :

Selon cette liste, publiée en 1982, 20,000 Moujahidines ont été exécutés et 50,000,
emprisonnés, entre 1974 et 1981. Les femmes représentant environ la moitié des victimes
d’exécution et d’emprisonnement, on mesurera l’importance de leur implication dans les
activités de guérilla. (Reeves, 1989 : 190 ; nous traduisons)

Les Moudjahidines du peuple proposent une vision progressiste de l’islam et s’opposent au


nouveau régime de Khomeyni. Cette organisation croit que le chiisme peut être libéralisé de façon à
abolir son dogme hiérarchique et à assurer l’égalité des femmes. Cependant, quand la nouvelle
constitution est discutée à la fin de la révolution, les 14 suggestions de l’organisation sont refusées,
dont l’égalité entre les hommes et les femmes. Les Moudjahidines entrent donc en résistance et des
milliers de femmes appuieront le mouvement par des manifestations qui auront, encore une fois, une
tournure tragique :

Le 20 juin 1982, 500,000 partisans des Moudjahidines, en majorité des femmes, marchèrent
dans les rues de Téhéran pour protester contre l’oppression. Khomeini ordonna à ses
32 Marie-Ève Bélanger

Gardes d’ouvrir le feu sur les manifestants ; un massacre, de multiples arrestations et des
exécutions s’ensuivirent. (Reeves, 1989 : 171 ; nous traduisons)

Du chah à Khomeyni, l’histoire semble se répéter. À l’opposé des moudjahidates, de


nombreuses femmes islamistes ont choisi d’appuyer le régime en participant à la guerre Iran-Irak
(1980-88). En 1980, l’Iraq envahit les régions produisant du pétrole au sud de l’Iran. Mais ce qui
paraît une guerre du pétrole est avant tout une guerre d’idéologies et quand l’Iran répliquera en
envahissant une partie de l’Irak, elle s’érigera en guide de la « révolution islamique » à travers le
monde. Les femmes ont joué deux rôles principaux dans cette guerre : elles ont été les mères
sacrifiant leurs fils et leur mari pour l’islam ou les soldates de Khomeyni. Les femmes combattantes
se trouvent donc divisées en deux camps (moudjahidates/soldates) où les visions du chiisme
s’opposent :

Aujourd’hui, deux armées de femmes, amèrement opposées, sont reconnues par la foi chiite.
Leurs philosophies sont toutes deux radicales, violentes et anti-occidentales. Toutefois, un
groupe appuie les règles islamistes orthodoxes et la hiérarchisation de la structure sociale,
alors que l’autre revendique une société sans classes, en accord avec les enseignements
premiers du Prophète de l’Islam. En effet, le soutien important apporté par les femmes
chiites à la guerre, à la révolution et au terrorisme suggère qu’elles ne se considèrent égales
aux hommes que dans des circonstances extrêmes. (Reeves, 1989 : 182 ; nous traduisons)

Les deux groupes de femmes luttent donc auprès des hommes pour défendre des idéologies
religieuses opposées. Dans leur combat, elles se sentent sans doute sur un pied d’égalité avec les
hommes, car elles se battent et agissent comme des hommes. Pourtant, rien n’indique qu’une victoire
leur donnerait l’égalité sur le plan des droits civils. Ce qui est certain, c’est que les deux groupes
contredisent l’idée d’un pacifisme naturel chez les femmes. En somme, la participation des femmes à
la révolution, à la guerre contre l’Irak et à la résistance contre-révolutionnaire a été très réelle. Mais
les répressions violentes contre les femmes, les massacres de manifestantes, les emprisonnements,
tortures et meurtres de résistantes prouvent que le système social repose toujours sur l’inégalité entre
les sexes. C’est d’ailleurs ce que dénonce Fariba Hachtroudi dans son roman.
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 33

La condition des femmes en Iran : baromètre de l’instabilité du pays

Avec un taux d’analphabétisme de 82 % (Kachoukh, 1999 : 134), la grande majorité du


peuple iranien subit les injustices de la République islamique. Cependant, c’est sans aucun doute la
situation spécifique des femmes qui est la plus défavorisée en termes de droits depuis la révolution :
le hijab est obligatoire ; la polygamie est réinstaurée ainsi que les mariages temporaires permettant
aux hommes de satisfaire leurs besoins sexuels en toute bonne conscience ; les droits de divorce et
de garde des enfants sont réservés exclusivement aux hommes ; les droits de contrôle par les
femmes de leur reproduction et de leur sexualité sont restreints ; la ségrégation sexuelle est décrétée
dans les espaces publics ; les femmes sont bannies de certains domaines de l’éducation supérieure ;
l’âge de consentement au mariage pour les filles est passé de 18 à 13 ans, et dans certains cas 9 ans
(Tohidi, 1997 : 38). Ainsi, les femmes ne contrôlent ni leur corps, ni leur destin ; la maternité et le
mariage sont leurs seules issues. Sous Khomeyni, elles vivent sous la menace de coups de fouet pour
« délit de flirt », de la lapidation pour « délit d’adultère », de l’emprisonnement, de la torture et de la
mort par pendaison, exécution ou immolation, simplement pour être en désaccord avec les principes
de la République islamique (Hachtroudi, 1999 : 120). Elles se font même surveiller et dénoncer par
des femmes, gardiennes de la loi théocratique : « Il [Khomeiny] établit une “police de mœurs”,
composée essentiellement de femmes (les sœurs Zeinab), pour surveiller les tenues et le
comportement des femmes, et éventuellement les arrêter. » (French, 1992 : 86) Heureusement, à
partir de 1990, un désenchantement se fait sentir par rapport à l’islamisme et provoque des
soulèvements dans la population :

Les Iraniens se sont progressivement rendu compte que les religieux au pouvoir ont
échafaudé une structure sociale qui institutionnalise l’inégalité des êtres humains. D’ailleurs, la
Constitution de la « République islamique » d’Iran établit une inégalité de fond à trois
niveaux entre les « citoyens » : entre les religieux et les autres, entre les musulmans et les trois
seules minorités religieuses reconnues par la loi et, enfin, entre les hommes et les femmes.
(Sabouri, 1996 :163)

Après la mort de l’imam Khomeyni, les pressions de la société civile ont obligé les nouveaux
guides à faire certaines réformes. Cependant, les lois qui concernent le statut de la femme sont
maintenues, en plus d’une nouvelle loi qui interdit de « susciter l’antagonisme entre la femme et
34 Marie-Ève Bélanger

l’homme par le biais de la défense des droits de celle-ci hors des dogmes et du cadre de la loi. »
(Kachoukh, 1999 : 135) De plus, les femmes sont fouettées ou arrêtées pour « délits vestimentaires »,
ont leur interdit de manifester ou de faire certains sports et ont garantit une totale impunité pour les
violences conjugales et familiales. Bref, seul un mouvement qui inclurait les revendications des
femmes pourrait réellement changer la société : « Car aucune société n’est “libre”, aucun pouvoir ne
peut prétendre s’exercer dans un État de droit lorsque la moitié de la population se voit réserver un
sort inique, se voit dénier les droits les plus élémentaires et, finalement, la qualité même de personne
humaine. » (Kachoukh, 1999 : 132) Enfin, comme nous l’avons vu dans le cas de l’Algérie, les
femmes constituent un enjeu incontournable dans la constitution d’une société démocratique en
Iran. L’écriture de Iran, les rives du sang s’inscrit dans l’effort actuel des femmes de résister à
l’oppression et de montrer l’importance fondamentale de leur voix dans la création d’un monde
meilleur :

Les femmes élèvent leurs voix, racontent leurs histoires. Même celles qui se peignent comme
des victimes de la société — se conformant, endurant et souffrant — remportent une
victoire significative en parvenant à plaider leur propre cause et à faire entendre leurs
histoires dans leurs propres mots. Elles sont des survivantes, d’ultimes rebelles,
irrépressibles, vibrantes et affirmées. (Milani, 1992 : 234 ; nous traduisons)

Iran, les rives du sang : une œuvre de résistance

Fariba Hachtroudi publie en 2000 Iran, les rives du sang, roman qui dévoile, à travers une
enquête policière, la condition des femmes iraniennes depuis le règne du chah jusqu’à l’instauration
de la république islamique et la guerre avec l’Irak. Fari, une militante « contre-révolutionnaire »
réfugiée à Paris, envoie à l’inspecteur Tadjik un manuscrit intitulé Une mort très violente qui, à la
manière d’un journal intime, raconte ses pensées, ses souvenirs, ses combats et ses peines, depuis la
mort suspecte de sa mère à Téhéran. Tourmenté par ce livre mystérieux et craignant un complot,
l’inspecteur décide de poursuivre l’enquête qu’il avait si précipitamment fermée quelques années
auparavant. Mais à travers les témoignages qu’il récolte au fil de ses interrogatoires, les causes de la
mort de Mme Echq semblent se multiplier et s’embrouiller. Ce qui est surtout dévoilé, ce sont les
réalités invisibles des femmes, leurs misères et leurs résistances dans un pays où elles n’ont pas de
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 35

voix publique. C’est d’ailleurs ce qui est annoncé dès la dédicace de l’auteure, qui s’adresse
exclusivement aux femmes :

Aux mères dont les enfants ont été torturés, violés et exécutés, aux mères des « enfants
martyrs » chair à canon de l’Imam, aux milliers de résistantes torturées et exécutées, aux
victimes d’assassinats politiques, à mes compatriotes bahaïes, juives, catholiques et
zoroastriennes persécutées, aux suicidées de la théocratie, ces centaines de jeunes filles qui se
sont immolées par désespoir, ces mères et grand-mères qui se sont pendues pour échapper à
la misère… aux femmes lapidées, aux combattantes de la liberté et à toutes celles qui disent
non à l’intolérance et la barbarie. (IRS : 7)18

Ce cri d’alarme sur la misère des femmes, accentué par les marques grammaticales du genre
et du nombre, met en lumière le caractère féminin et pluriel des problèmes en Iran. Mais ce portrait
peu réjouissant de la condition des femmes iraniennes laisse tout de même place à l’espoir. À travers
la prise de parole de la romancière ainsi que de ses personnages féminins, on assiste à une prise de
conscience de la responsabilité de tous dans la situation lamentable du pays et à un appel à la
résistance féminine face à la dictature islamique, qui n’est en rien révolutionnaire par rapport au
régime du chah.

Au niveau formel, le mélange des genres littéraires (polar, autobiographie, journal intime,
lettres) est également subversif. D’abord, le choix du roman policier permet à l’auteure de jouer sur
les frontières entre la réalité et la fiction. Tout en dénonçant des injustices réelles en Iran, l’auteure
crée un univers métaphorique où toutes les transformations sociales deviennent possibles. Les
personnages stéréotypés de l’inspecteur blasé ou de son chauffeur bavard établissent des balises
connues, nous préparant à une intrigue policière qui selon toute apparence se résoudra avec
l’arrestation d’un meurtrier. Cependant, le genre littéraire sera utilisé à d’autres fins, l’enquête
servant plutôt à dévoiler la complexité des personnages interrogés, tantôt victimes, tantôt coupables,
pris dans un système complexe et corrompu qui les dépasse. On ne découvrira donc pas un
meurtrier, mais on comprendra mieux l’engrenage qui rend chacun capable des pires atrocités, des
pires banalisations, ou de la pire indifférence. De plus, comme l’enquête dévoile ce qui est invisible
et mystérieux (la réalité des femmes), l’univers fictif du polar ouvre le champ à la magie et au

18 Quand nous citerons un passage de Iran, les rives du sang de Fariba Hachtroudi, nous utiliserons le sigle « IRS » suivi
du numéro de la page afin d’alléger les références.
36 Marie-Ève Bélanger

surnaturel. Ainsi, tous les repères rationnels et logiques de l’inspecteur sont confondus par les
témoins qu’il rencontre. Il en vient même à perdre le contrôle de son investigation et de ses
interrogatoires. Que peut-il faire, par exemple, face à la cousine Narguesse qui vieillit et rajeunit sous
ses yeux ? Comment expliquer les voyages dans le temps qu’il effectue avec la cousine Galia ?
Confronté à l’irrationnel, il ne peut qu’oublier ses anciens repères et écouter. Cela semble être le seul
point de départ d’une prise de conscience et d’un changement futur, comme nous le verrons dans
les chapitres suivants.

Par ailleurs, le roman est d’inspiration autobiographique et entremêle des faits vérifiables sur
la condition des femmes en Iran et sur la vie de l’auteure, créant une confusion entre la réalité de ce
que l’auteure a vu et la fiction. D’ailleurs, deux éléments à la base de l’intrigue policière, la visite
clandestine de Fari en Iran et la mort mystérieuse de sa mère à Téhéran, sont, selon les dires de
Fariba Hachtroudi en entrevue, des expériences vécues : « Ma mère, trop âgée pour partir, a fait le
choix de rester en Iran et elle en a payé le prix. » (Roy, 2000 : 30) L’auteure y explore également des
formes permettant aux personnages féminins de s’exprimer plus librement. Par exemple, le récit de
l’enquête policière est entrecoupé par des extraits d’Une mort très violente que Tadjik lit ou fait lire par
d’autres personnages. Ce livre écrit par la fille de la mère assassinée, Fari (dont le prénom rappelle
évidemment celui de l’auteure), s’inscrit dans un autre genre littéraire qui est le journal intime. Ici, la
subjectivité du personnage prend forme et ne reste pas enfermée dans la métaphore ; c’est une
parole vraie qui est en rupture avec un monde faux. Pas de jeux, de dissimulations, de magie, Fari
raconte son exil, ses souvenirs avec sa mère, son impuissance face à la mort de celle-ci, ses
soupçons, ses douleurs, ses rages et son engagement dans la résistance iranienne. Le bouleversement
que le livre provoque dans la vie de Tadjik est ainsi amplifié par le fait que la sobriété et l’intimité du
journal sont en rupture complète avec les extravagances que permet le genre policier. D’autre part,
le récit est interrompu par des lettres qui permettent aussi l’affirmation d’un sujet féminin. Par
exemple, Narguesse, gynécologue capable de lire le monde dans l’utérus des femmes, redevient plus
humaine dans les lettres qu’elle envoie à l’inspecteur. Dans celles-ci, elle raconte les expériences
traumatisantes qu’elle a vécues en exerçant son métier. Le journal intime et le roman épistolaire sont
des genres littéraires qui ont traditionnellement été privilégiés par les femmes pour l’espace qu’ils
offrent à l’affirmation d’un « je ». Comme le dit Béatrice Didier (1981), qui défend dans L’écriture-
Chapitre I : Le genre comme origine de la guerre 37

femme l’existence d’une écriture proprement féminine : « Plus la société les empêchait de dire “je”,
plus elles l’écrivaient dans leurs textes. » (19) Ces deux genres facilitent donc l’affirmation d’une voix
différente dans une société opprimante. Encore une fois, l’intrigue et les jeux formels de cette œuvre
de résistance vont de pair pour mieux dévoiler l’univers féminin tout en créant un lien subversif
entre l’univers intime et les problèmes politiques.

Conclusion

Le concept de genre s’inscrit dans le débat féministe sur la différence des sexes, qui oppose
les visions essentialiste et rationaliste. Ces visions forment deux pôles entre lesquels d’autres points
de vue plus nuancés se sont développés, comme celui de Collin, permettant de mieux saisir le
caractère construit, pluriel et mouvant du genre. Les théories sur le lien entre les femmes et la guerre
sont tributaires de la même controverse par rapport à la notion de différence et illuminent
l’importance fondamentale du genre dans la construction d’un système basé sur la guerre et les
injustices. Dans les deux romans à l’étude, les femmes, la guerre et les oppressions sociales sont au
cœur de l’intrigue. Nous pouvons donc prévoir que toute transformation du genre sera
éminemment politique et se positionnera par rapport aux visions féministes décrites. De plus, les
portraits socio-historiques de l’Algérie et de l’Iran nous ont permis de mieux comprendre le
contexte d’écriture des deux romans et de faire un rapprochement entre ces deux pays pourtant si
différents de par la géographie, l’histoire, la culture et la langue. Le système patriarcal, le
fondamentalisme religieux, l’oppression des femmes et l’absence de démocratie sont quelques-unes
des similitudes importantes que nous avons pu relever. De plus, nous avons pu voir que les femmes
ont participé massivement aux guerres et aux mouvements sociaux en Algérie et en Iran, ce qui leur
a donné une nouvelle conscience d’être, sans toutefois leur conférer de nouveaux droits. En gros,
nous avons compris que les femmes sont un enjeu politique et identitaire fondamental dans ces pays
et que leur exclusion de la sphère publique a assuré la cohésion sociale. L’écriture de la résistance,
liant le privé au politique à travers l’intrigue et la forme, en est d’autant plus polémique : « C’est
donc bien le regard que la société porte sur leur statut public de créatrices qui fait de leur geste
d’écriture une innovation inacceptable et surprenante. » (Achour, 1998 : 32) Enfin, ce chapitre nous
a montré à quel point le genre est politique. Dans le chapitre suivant, l’analyse de la représentation
38 Marie-Ève Bélanger

des femmes résistantes révélera l’importance du contrôle social du corps féminin dans la
construction du genre et du monde. Nous verrons ainsi que les auteures des deux romans
réinventent le genre à travers l’écriture de la guerre.
Chapitre 2

À leur corps défendant : la représentation des femmes résistantes

Quiconque juge bon de minimiser les problèmes de la femme


et de la sexualité ignore ou alors ne comprend rien aux
fondements de la politique. (Saadaoui, 1982 : 44)

L e chapitre précédent nous a permis de montrer l’importance du genre dans la construction


d’un système qui engendre la guerre. Nous verrons maintenant que pour maintenir les
structures sociales fondées sur le genre, le contrôle social du corps et de la sexualité des femmes est
fondamental. Pour ce faire, nous ferons appel, dans un premier temps, à des écrits sur la sexualité en
Islam ainsi qu’à des théories féministes sur l’appropriation du corps féminin. Nous montrerons,
dans une deuxième partie, en quoi la représentation des rôles des femmes dans la guerre ébranle la
conception habituelle de la féminité, mais n’apporte pas de changements véritables dans leur statut
social. C’est que leurs actions restent prises dans un système binaire et hiérarchique qui les aliène,
opposant féminin/masculin, objet/sujet, corps/esprit et nature/culture. Nous verrons, dans une
troisième partie, qu’à l’inverse, la représentation des résistances féminines face aux oppressions liées
au corps subvertit l’ordre traditionnel basé sur le genre en déconstruisant ces dichotomies. Les
femmes résistantes ouvrent donc des brèches dans le carcan de la tradition qui donne une apparence
immuable et naturelle à leur oppression. Comme l’appropriation des femmes se fait à travers le
mariage, la maternité, le confinement et le port du voile, ce seront quelques-uns des thèmes qui
seront abordés. Nous nous appuierons donc sur des théories psychanalytiques et féministes
permettant de réfléchir sur les symboliques du corps féminin, de la maternité et de la mère.
40 Marie-Ève Bélanger

2.1 La sexualité est politique

2.1.1 Le contrôle social du corps féminin

Puisque l’islam règle les mœurs en Algérie et en Iran, nous exposerons, dans un premier
temps, la sexualité à travers le discours religieux. Dans La face cachée d’Ève, Naoual el Saadaoui (1982)
nie que la religion soit à la base de l’oppression sexuelle des femmes et affirme que c’est l’inégalité
causée par le système économique et par la famille patriarcale qui explique son origine. Sa thèse
fondamentale est la suivante :

Que ce soit dans les pays arabes, en Occident ou en Extrême-Orient, la véritable libération
de la femme passe obligatoirement par l’abolition de la société de classes, de l’exploitation et
du système patriarcal avec toutes ses valeurs et ses normes. En d’autres termes, les femmes
ne seront véritablement libres que sous un système socialiste qui ne connaît ni classes ni
relations patriarcales. (354)

Ce sont les deux piliers du patriarcat, la descendance et l’héritage, qui engendrent, selon el
Saadaoui, les pratiques répressives concernant le corps des femmes ainsi que les interprétations
traditionnelles, et non progressistes, du Coran. Comme dans ce système les enfants sont attribués au
père, portent son nom et héritent de ses biens, il est indispensable d’assurer leur légitimité. Ainsi, la
sexualité des femmes doit être contrôlée pour protéger l’honneur de la famille, qui est basé sur la
virginité des filles et la fidélité des épouses. C’est donc pour se protéger de la menace du désir
féminin que des pratiques telles que l’excision, la lapidation, l’obligation du voile et la ségrégation se
sont développées :

Ce système n’aurait jamais pu exister et se maintenir s’il n’avait pas mis en place tout un
arsenal de mesures cruelles et ingénieuses destinées à maîtriser la sexualité de la femme et à
ne lui autoriser des relations sexuelles qu’avec un seul homme, son mari. (109)

Autrement dit, la répression de la sexualité féminine est une des stratégies pour maintenir les
structures sociales basées sur le genre. Par ailleurs, en faisant ressortir les contradictions dans le
Coran, el Saadaoui tente de montrer qu’il est possible d’en faire une lecture plus progressiste. Par
exemple, la religion islamique fait de la sexualité la cause de l’anarchie et de la déchéance puisque les
Chapitre 2 : À leur corps défendant : la représentation des femmes résistantes 41

femmes auraient le pouvoir d’affaiblir les hommes et l’ordre social : « par son art de séduire19, la
femme constitue le plus grand péril pour l’homme et la société. » (278) Pourtant, l’islam dit aussi que
la sexualité est un des plaisirs de la vie dont il faut jouir. En privilégiant une affirmation plutôt
qu’une autre, il est possible de faire des interprétations plus ouvertes du Coran. De plus, le prophète
dit qu’un homme peut prendre autant d’épouses qu’il le désire s’il les traite de façon juste.
Cependant, un verset du Coran affirme aussi que cela est impossible : « Vous ne pourrez jamais
traiter également toutes vos femmes, quand même vous le désireriez ardemment. » (285) Cette
contradiction explique en partie pourquoi la polygamie a été abandonnée complètement dans
certains pays musulmans. Naoual el Saadaoui tente donc de contrecarrer les discours occidentaux
qui voient dans l’islam la cause de tous les maux des femmes. Elle rappelle que le judaïsme et le
christianisme aliènent tout autant le corps féminin et que c’est plutôt le contexte socio-économique,
l’exploitation étrangère et le patriarcat qui expliquent l’asservissement des femmes et les courants
religieux réactionnaires qui veulent maintenir l’ordre établi. En somme, l’ouvrage de Naoual el
Saadaoui montre qu’il y a un lien indéniable entre la sexualité et le social :

Il n’est pas possible de fermer les yeux sur le fait que la discrimination des femmes et les
conditions relativement rétrogrades dans lesquelles elles vivent freinent la progression de la
société tout entière. C’est précisément la raison pour laquelle il faut voir l’émancipation des
femmes comme un apport d’une part à la lutte contre toutes les formes d’oppression et
d’autre part, aux efforts entrepris pour libérer tant sur le plan politique que sexuel toutes les
classes et les groupes exploités par la société. (Saadaoui, 1982 : 44)

Les structures politique, religieuse et familiale semblent unir leurs forces pour maintenir un
système qui favorise les hommes et asservit les femmes. Le contrôle social de la sexualité et du corps
des femmes est donc bel et bien un problème public.

2.1.2 L’appropriation des femmes

Dans Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Colette Guillaumin (1992) montre que la
spécificité de l’oppression des femmes réside dans l’appropriation de leur corps. Celle-ci s’exprime à
travers l’appropriation du temps (tâches domestiques non payées), l’appropriation des produits du
corps (enfants appartenant au père), l’obligation sexuelle (droit des hommes/devoir des épouses) et

19 On appelle « fitna » cet art de séduire des femmes qui menace la cohésion sociale.
42 Marie-Ève Bélanger

la charge physique des membres du groupe qui incombe aux femmes. L’appropriation des femmes
se caractérise donc, selon Guillaumin, par un rapport de pouvoir (sexage) — ressemblant en tous
points à l’esclavage — qui réduit les femmes à des êtres au service des autres. De plus, cette
appropriation est justifiée par le discours de la Nature, qui laisse entendre que l’oppression des
femmes est naturelle et donc éternelle. Ainsi, les structures sociales qui discriminent les femmes,
telles que le marché du travail, l’arsenal juridique et le droit coutumier, deviennent inapparentes :
« L’appropriation des femmes, le fait que c’est leur matérialité en bloc qui est acquise est si
profondément admis qu’il n’est pas vu. » (38) Le discours de la Nature propage donc l’idée que les
femmes sont plus « naturelles » que les hommes, car elles sont indissociables de leur corps
reproductif. Une série d’oppositions hiérarchisées découle de cette idéologie (nature/culture,
corps/esprit, intuition/intelligence, objet/sujet), construisant la domination des hommes sur les
femmes :

Les conséquences politiques de cette idéologie sont incalculables. Hormis le côté prescriptif
d’un tel discours (les dominés sont faits pour être dominés, les femmes sont faites pour être
soumises, commandées, protégées, etc.), ce discours de la Nature attribue toute conduite
politique, toute conduite créative, mieux toute possibilité même de ces conduites au seul
groupe dominant. (78)

En gros, l’appropriation du corps féminin et le discours de la Nature permettent de


maintenir le rapport de pouvoir entre les sexes. C’est d’ailleurs pourquoi représenter des
personnages féminins transgressant les oppressions liées au corps devient si subversif dans la
littérature des femmes. La construction invisible du genre se trouve ainsi dévoilée et transformée.

2.2 Le rôle des femmes dans la guerre : briser les stéréotypes

Les images traditionnelles des femmes dans la guerre exacerbent de façon radicale les
oppositions binaires de la construction du genre : à l’image du guerrier donnant la mort, s’oppose
l’image de la mère donnant la vie ; à l’image du héros actif, s’oppose l’image de l’épouse dans son
attente passive ; à l’image du meurtrier ou du violeur, s’oppose l’image de la femme victime ; etc.
Ces représentations renforcent les conceptions stéréotypées du masculin et du féminin.
Inversement, la participation des femmes au combat ou à la résistance pulvérise ces stéréotypes et
Chapitre 2 : À leur corps défendant : la représentation des femmes résistantes 43

remet en question toutes les oppositions binaires. On reconnaît ainsi la contribution des femmes au
social et au politique : « La participation de la femme à la lutte est un argument de ses droits à
prendre la parole et de la place incompressible qu’elle a désormais dans la nation. » (Chaulet-
Achour, 1998 : 27) C’est que la représentation de personnages féminins actifs, agressifs ou
meurtriers crée un renversement dans les dichotomies habituelles. Rendre visible le rôle des femmes
dans un domaine typiquement masculin transgresse donc la conception traditionnelle de la
féminité : « L’image des femmes complètement voilées et qui portent une arme à l’épaule, ou de
celles qui, plus couramment, prennent part à des activités conventionnellement masculines,
contraste fortement avec toute définition, traditionnelle ou non, de la féminité. » (Milani, 1992 : 43 ;
nous traduisons) Pourtant, comme nous le verrons à l’étude des romans de notre corpus, il n’est pas
évident que l’appropriation des rôles traditionnellement masculins soit le moyen le plus efficace
pour déconstruire les stéréotypes liés au genre.

2.2.1 Le voile et la voix au service d’une cause dans Les hommes qui marchent

Dans Les hommes qui marchent, les femmes sont représentées comme ayant un rôle actif dans
la guerre d’indépendance, ce qui a comme conséquence positive de leur ouvrir l’accès au monde
extérieur. Au cours du roman, chaque référence à un événement important dans l’histoire de
l’Algérie tient compte de l’apport des femmes. Par exemple, il est question de la révolte de Sétif, qui
explose en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La participation des Algériens dans l’armée
française avait inspiré à ces derniers un désir de liberté nationale. Mais leur rébellion a été réprimée
violemment par les autorités françaises, causant 45 000 morts. La grand-mère Zohra raconte
comment un changement dans la tenue vestimentaire des femmes servira par la suite de rappel
constant de la tragédie : « C’est depuis cette date que les femmes de l’Est algérien ont troqué le
blanc haïk contre un drapé noir. Noir d’une tragédie qui hantera l’œil roumi. » (HM : 31) Le port du
voile est ici subversif, car il affirme une tradition culturelle algérienne dans un contexte où l’identité
nationale est réprimée. L’action collective des femmes, bien que silencieuse, a donc représenté une
véritable résistance :

D’autre part, comme de nombreux romans qui traitent ce sujet le remarquent, le voile passa,
à une époque déterminée, de coutume traditionnelle et indiscutée, au signe politique
d’appartenance à une culture et à une religion, face à celles que le colonisateur voulait
44 Marie-Ève Bélanger

imposer. Porter le voile signifiait ainsi, spécialement pendant la guerre de l’indépendance


algérienne, une sorte de résistance culturelle, pour des femmes qui ne pouvaient la
manifester d’une autre façon plus active. (Segarra, 1997 : 86)

Paradoxalement, le voile, qui dans un autre contexte peut s’associer à l’oppression des
femmes, devient dans ce cas une arme politique. Par ailleurs, Leïla est fascinée quand elle apprend
l’existence d’héroïnes ayant rejoint le maquis pour se battre aux côtés des hommes et elle espère
pouvoir un jour les rejoindre. Comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, l’image de
femmes combattantes contredit radicalement la représentation traditionnelle de la féminité :

L’engagement des militantes est peut-être le phénomène le plus extraordinaire et l’une des
données décisives de la guerre d’Algérie. Rien pourtant ne laissait présager que l’Algérienne
des années cinquante, à la fois méditerranéenne, berbère, musulmane, colonisée et par là
même prisonnière d’un statut contraignant, puisse prendre part au combat. (Amrane, 1991 :
17)

Pourtant, dans les faits, les tâches des femmes dans les maquis s’associaient à leur rôle
traditionnel puisqu’elles étaient généralement infirmières ou cuisinières. En plus, si l’engagement des
femmes a été important (10 949 militantes répertoriées), il ne tient pas compte de celui, plus subtil,
de l’ensemble des Algériennes. Ainsi, l’aspect transgressif du rôle des femmes dans la guerre est
limité par des paradoxes et des ambiguïtés. Comment le combat des femmes peut-il réellement
transformer la conception stéréotypée du genre s’il s’inscrit dans des pratiques traditionnelles ? Il
n’est donc pas surprenant que les références aux femmes se battant aux maquis soient si peu
nombreuses au cours du récit. C’est plutôt la participation invisible des femmes, souvent soustraite
au regard des hommes et absente de l’Histoire, qui se révélera intéressante dans le roman de
Mokeddem, comme nous le verrons à l’instant. Par leurs complaintes, récits, chants patriotiques,
hadras et youyous, les femmes propagent la mémoire des événements, des héros et des martyrs de la
guerre. Le roman a donc l’avantage de montrer ce que la culture masculine a rendu invisible : le rôle
important des femmes dans la consolidation de la lutte algérienne.

C’est à travers la voix et la parole que les personnages féminins contribuent à construire un
discours sur la guerre permettant de pleurer les morts, de chanter l’héroïsme et de créer une identité
algérienne fière et solidaire. Par exemple, pendant une trêve militaire en 1961, la frontière marocaine
est ouverte pour permettre aux femmes et aux enfants de partir. Leïla raconte comment les vieilles
Chapitre 2 : À leur corps défendant : la représentation des femmes résistantes 45

femmes se déplaçaient dans le train les amenant au Maroc, racontant combats et résistances,
partageant les récits des héros de leur famille. Une vieille femme entonne l’hymne national algérien,
et à la vue d’un drapeau, toutes les femmes hurlent des chants et des slogans patriotiques. Dans cette
circonstance exceptionnelle où elles sont réunies, nu-tête, dans un espace public interdit aux
hommes, elles font circuler la mémoire des événements qu’elles pourront transmettre ensuite dans
leur famille. Mais plus que les récits héroïques, c’est l’événement lui-même qui est enregistré par
Leïla : « Son regard fouillait les wagons, les visages et les yeux. Il enregistrait l’émoi, la couleur, le
bruit et l’odeur. Toutes ces choses qui firent de ce voyage dans un banal petit train du désert, un
moment extraordinaire, un des joyaux de la mémoire. » (HM : 201) En fin de compte, on ne saura
rien des histoires de guerre racontées. C’est ce moment de liberté et de prise de parole par les
femmes qui mérite d’être retenu par la protagoniste. Dans le même ordre d’idées, Leïla assiste à une
hadra pendant la guerre. Cette réunion de femmes, tolérée par les hommes, sert à célébrer Allah et
son prophète. Traditionnellement, l’événement est décrit comme étant un divertissement pour les
femmes qui chantent, battent le bendir, dansent, entrent en transe, et vont jusqu’à arracher leurs
vêtements pour libérer leurs corps « relégués aux oubliettes » (HM : 131). Les hadras offrent donc un
espace de défoulement et de solidarité aux femmes subissant quotidiennement l’oppression des
hommes. Mais si l’événement offre un moment de répit et de liberté, il n’est qu’éphémère, car les
femmes reprennent ensuite leurs chaînes :

Elles repartaient vers les solitudes tannées des bêtes de somme, vers une vie de rien. Elles
reprenaient d’elles-mêmes les harnais dont les dotaient les hommes. Elles n’étaient venues
chercher que l’épuisement salvateur, pour retrouver le visage lisse de la fatalité. (HM : 131-
32)

En revanche, avec la guerre de libération, les hadras prennent une signification tout autre :
« le répertoire des hadras se transformait en formidable outil de résistance et de propagande » (HM :
132). Les hadras offrent non plus l’occasion de se replier sur les douleurs, mais celle de partager les
récits, les chants et l’espoir de la révolution à venir : « Ces femmes, que les hadras galvanisaient,
avaient à présent des regards et des chants délestés de leur malédiction. Un langage nouveau. La
liberté, la révolution et tous ces noms d’héroïnes, c’était merveilleux. » (HM : 133) Encore une fois,
Leïla observe et raconte la résistance et l’espoir naissant des femmes. Pourtant, si la guerre leur a
permis un accès au monde public, le patriotisme semble les éloigner de la prise de conscience de leur
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propre sort. C’est que l’expression collective des femmes demeure tributaire de la ségrégation de
l’espace : les hadras n’ont pas lieu dans la maison d’Allah mais dans un gourbi20 ; le voyage dans le
train n’est ouvert qu’aux femmes. Ainsi, comme leur prise de parole reste enfermée dans des espaces
qui leur sont réservés, leur voix collective est assourdie et leur liberté illusoire. Leur solidarité
momentanée ne garantira donc pas leur émancipation après la guerre.

On voit un autre exemple de l’ambiguïté de la participation des femmes à la guerre dans le


rôle subtil des youyous. Les youyous sont des cris de joie poussés par les femmes arabes lors de
certains événements, comme lors de la naissance d’un garçon. Bien entendu, ces cris n’équivalent pas
à une prise de parole, mais ils ont tout de même un potentiel subversif, défiant la sourdine qui est
mise à leur voix dans l’espace public. Par exemple, La Bernard, une sage-femme pied-noir, va lancer
au