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Une statue pour Suta !

Commençons par la fin. 75ème minute d’un match crispant au possible. Harder vient d’avancer jusqu’à dix
mètres sous les poteaux grenoblois. A peu de choses prés, le centième en-avant arrête l’action. Mêlée
grenobloise que la poussée montoise ne gêne plus guère. Ruck acharné puis dégagement de l’arrière rouge et
bleu au niveau de ses quarante mètres. On soupire devant cette dernière occasion perdue. Mynhardt vient d’être
remplacé par Rawls. Lancer montois perdu ! On n’a pas le temps de songer que ce remplacement pouvait
attendre qu’une chandelle grenobloise trouve Clerc à sa chute. Tergiversations malheureuses de l’ailier montois,
symbole des errements de l’équipe ce soir. Faute et coup franc se transformant en touche aux quinze mètres
montois. On s’inquiète à cette 78éme minute. Ballon pris en touche par les avants rouges et bleus et progression
au ras, à grands coups de casques comme depuis le début du match. Faute montoise selon l’arbitre. Le coup-
franc est tapé en touche, aux cinq mètres montois.79 ème On pressent le scénario : prise de balle grenobloise,
progression de petit tas en petit tas par les gaillards isérois, essai, transformation et victoire sur le fil. On
désespère donc, prêts à maudire la fatigue montoise, la roublardise grenobloise, monsieur Bexiga, la pluie, le
rugby professionnel la baisse du pouvoir d’achat, le réchauffement de la planète, cette vallée de larmes que
constitue, l’existence, bref tout quand sur le lancer du talonneur isérois, s’élève avec une tranquille vivacité Suta
qui s’empare à deux mains du ballon. Regroupement montois qui évite de justesse de se faire amener en touche.
La sirène. La délivrance. Merci José pour ce dernier fait d’arme salvateur succédant à trois ou quatre autres
actions pleines d’autorité, d'à propos, d’adresse et de solidité qui sauvèrent une barque montoise pas loin de
sombrer ce soir.

STADE MONTOIS : 12 GRENOBLE : 6

(Mi-temps : 6-3)

Malgré un ciel d’un gris à se pendre puis d’une bruine persistante à partir de la mi-temps, il y avait du monde à «
Guy Boniface ». Public décontenancé, agacé sans le montrer, fataliste puis très inquiet en fin de match soutenant
les siens, soulagé enfin.

Il est des matchs dont on a plus ou moins envie de rendre compte. Pour celui-ci, j’ai peu de goût à rapporter cet
ersatz de partie où des montois fatigués voire amorphes souffrirent auraient pu perdre contre des grenoblois plus
gaillards qu’imaginatifs, plus agressifs que talentueux.

Cela donna un match allant de touches en mêlées, de coups de pieds rendus à ballons gaspillés, de fautes de
mains récurrentes en fébrilité fréquente. Les montois n’eurent pas de franches occasions d’essais, les grenoblois
encore moins.

Beñat fit le sans-faute indispensable dans ce soir de médiocrité. Quatre pénalités entre les 30 et 45 mètres,
aucune facile : ( 8ème, 18ème, 46ème et 50ème ) pour des fautes grenobloises en mêlée, anti-jeu ou
regroupement. Resta pour s’en sortir notre défense au niveau habituel aidée par le peu d’inspiration grenobloise.
L’ouvreur Dut réussit deux pénalités et en manqua une très réalisable.

En revanche, notre mêlée n’apparut guère souveraine au fil de l’avancée de la partie. En touche, du correct
malgré quelques approximations. Des coordinations entre « 8 » et « 9 » parfois hasardeuses. Un Lopez pas
toujours lucide. Derrière Harder sauva la baraque par sa puissance. A souligner aussi la bonne partie de Larson
pilier actif et adroit.

Doit-on parler de l’arbitrage ? Disons que monsieur Bexiga fit la prestation qu’on pressentait…

On applaudit les montois à leur sortie comme on on encourage un enfant qui a beaucoup travaillé, qui a donné
beaucoup de satisfactions, mais qui a un coup de fatigue au troisième trimestre. C’est humain et pardonnable.[